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 Stress Post Traumatique

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Audrey Bayard

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MessageSujet: Stress Post Traumatique   Stress Post Traumatique Icon_minitimeDim 05 Mai 2019, 18:20
Date : Du 5 février 2204 au 12 février 2204 RP Tout public
Audrey Bayard (solo)
Stress Post Traumatique

Lundi 5 février 2204


Eden Prime. Voilà un petit moment qu'Audrey n'y était plus revenue. Après sa sortie de l'hôpital et les funérailles d'Orianos, la terrienne avait vu un psychologue pour juger de son état. Peu de soldats étaient revenus réellement indemnes de Chasca. L'officier avait été surprise elle même de la facilité avec laquelle elle avait réussi à se confier à ce parfait inconnu. Elle n'était pas forcément du genre réservée, mais il est vrai qu'en règle générale elle évitait de déballer toute sa vie au premier quidam venu. Mais cette fois ci, cela avait été étonnamment simple. Le besoin de parler sans doute…

La française avait raconté tout ce qui lui était possible de raconter, des peurs passagères aux fantômes qui risquaient de la hanter pour un bout de temps. Elle avait repris les évènements dans l'ordre, ou presque. Autant qu'elle s'en souvenait. La traversée sous marine, l'abandon d’Odin, le turien qui avait craqué, Arcadia qui avait failli y rester, elle-même qui s'était vu mourir. Et puis l'hôpital, le réconfort qu'avait pu lui apporter Orianos avant son suicide. En fait, il n'y avait que deux sujets que l'humaine avait totalement et volontairement omis. L'état dans lequel elle se trouvait, ainsi que son appartement, depuis son retour et… la vision de Zaroth.

Ce dernier point était sans nul doute celui qui la tourmentait le plus encore aujourd'hui, la réveillant au beau milieu de la nuit, et pourtant, c'était aussi celui à propos duquel elle avait le plus de mal à se confier. Mais son psy n'avait pas été dupe. Il connaissait son métier et il savait dans les grandes lignes ce que les soldats avaient vécu dans cet enfer. Aussi avait-il insisté pour savoir de quelles hallucinations sa patiente avait été victime. Cette dernière avait tout d'abord essayé d'échapper à cette question par des ruses aussi grossières que malhabiles, avant de finalement se résigner à y répondre. Partiellement. La châtain s'était en effet contentée d'une phrase assez vague, indiquant simplement qu'elle avait vu sa famille mourir.

Constatant bien que cela la travaillait plus qu'elle ne voulait bien l'admettre, le docteur avait conseillé à la gendarme de visiter ceux qu'elle avait imaginé avoir perdu pour constater d'elle même qu'ils étaient bien vivants. Il avait ajouté que tant qu'elle ne serait pas apaisée sur ce point, il ne validerait pas son retour dans le service actif. C'est pourquoi, à peine deux jours après cette entrevue, Audrey avait pris la décision d'aller voir sa sœur, non sans une pointe d'appréhension. On avait beau lui répéter que ce qu'elle avait vu là bas n'était pas réel, cela faisait près de 3 semaines qu'elle voyait chaque nuit cette image de sa cadette étendue sans vie sur le sol, entourée des cadavres mutilés de ses deux petites filles. A force, face à une telle netteté, on finissait forcément par se demander s'il ne s'agissait pas du souvenir de quelque chose de réel.

La terrienne se trouvait donc sur Eden Prime. Le voyage s'était plutôt bien passé. Évidemment, la jeune femme avait été préoccupée tout du long, mais le trajet avait été tranquille et sans histoire. La navette était même arrivée avec quelques minutes d'avance (ce qui aurait ravi la passagère habituellement, mais dont elle se serait bien passée aujourd'hui). Quoi qu'il en soit, une fois les contrôles douaniers passés, la française décida de louer une moto. Elle aurait pu prendre un taxi, probablement plus pratique avec son gros sac, mais elle avait bien envie de rouler un peu. Habituellement, cela lui permettait de se vider l'esprit. Sur ce coup, elle doutait que cela soit le cas, mais cela resterait agréable de conduire.

L'humaine loua une citadine. Un véhicule bien moins puissant que ce dont elle avait l'habitude, mais la militaire n'avait pas vraiment prévu de faire du circuit. Elle ne prenait cet engin que pour faire quelques trajets sur sa semaine de vacances a priori, ce serait donc amplement suffisant.

Il faisait extrêmement beau. À cette époque de l'année, il s'agissait de la belle saison sur Eden Prime. La balade fut donc particulièrement agréable, malgré le déséquilibre certain causé par l'énorme sac qui ornait le dos de la pilote.

Et puis, Audrey atteignit sa destination. Elle se sentit soudainement extrêmement stupide et totalement désemparée. Après s'être garée, avoir couper le contact et ôté son casque, la motarde resta là sans rien faire, les yeux vers le bas, assise sur son véhicule. Elle ne savait ni quoi faire, ni quoi dire. Et surtout, la française avait peur. Peur de ce qu'elle allait trouver. Peur de comment elle y réagirait.

La terrienne cogita ainsi pendant de longues minutes. Elle ne saurait dire combien exactement, mais cela lui parut durer des heures. Plusieurs fois elle songea à repartir, sans oser relancer le moteur. Et puis finalement, sans trop savoir pourquoi, la jeune femme réussit à descendre de sa moto. Elle avança lentement jusqu'à la porte avant de sonner. De nouveau l'attente sembla interminable et la châtain hésita plusieurs fois à s'enfuir avant que quelqu'un ne vienne lui ouvrir.

La porte s'entrebailla, laissant apparaître le visage paisible d'Elise. La réaction de sa grande sœur fut instinctive et incontrôlable. Instantanément, l'ainée des sœurs Bayard attrapa sa cadette et la serra dans ses bras plus fort et plus longtemps qu'elle ne l'avait jamais fait aussi loin qu'elle s'en souvienne. Le soulagement qui envahissait la première était immense. L'autre sentit qu'il y avait quelque chose évidemment, mais dans cette position, elle ne pouvait rien demander. Et ça convenait très bien à la châtain qui ne tenait pas à s'étendre sur le sujet immédiatement.

Et puis, les petites arrivèrent en courant et en criant. Cette fois ci, leur tante ne put retenir ses larmes. Alors qu'elle les prenait dans ses bras pour les embrasser, des gouttes coulèrent le long de ses joues. Audrey se sentit soudainement libérée d'un poids énorme. Un fardeau qu'elle traînait depuis trois semaines et qui lui avait fait perdre le sommeil et une partie de sa raison par moment. Mais elles étaient en vie. Toutes les trois. Elles débordaient même de vie.

Bien sûr, personne ne comprit pourquoi la gendarme réagissait aussi violemment. Ses nièces étaient de toute façon trop jeunes pour entrevoir les raison d'un tel débordement d'émotion. Et quand bien même elles auraient pu, leur tata ne tenait pas à leur raconter ce qui l'avait provoqué. Élise elle même, pourtant probablement la personne dont la châtain était le plus proche, n'aurait droit qu'à une version très édulcoré des explications.

Après quelques câlins très serrés, la française finit par se relever, laissant les petites respirer un peu. Ses dernières s'inquiétant de son état, elle leur assura que tout allait pour le mieux et les encouragea à aller jouer. Une instruction que leur mère appuya. Les deux enfants repartirent donc, légèrement hésitante malgré le sourire de leur tatie. La sœur de cette dernière semblait plus inquiète. Jamais encore elle n'avait vu son aînée dans un tel état. De quelques signes, la muette lui demanda comment elle allait. Sa frangine lui répondit qu'à présent elle se portait très bien et lui proposa de passer au salon pour lui expliquer toute l'histoire. Enfin, tout ce que la militaire s'autoriserait à lui révéler...





Dernière édition par Audrey Bayard le Lun 06 Mai 2019, 20:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Stress Post Traumatique   Stress Post Traumatique Icon_minitimeLun 06 Mai 2019, 20:04
Jeudi 8 février 2204


Le piton de Yanovich. Nommé d'après le premier alpiniste à avoir planté son fanion au sommet, Yermilov Yanovich, il s'agissait de l'un des plus hauts sommets aux alentours de Constant, la capitale d'Eden Prime. Bien qu'il ne s'agisse pas d'une montagne extrêmement complexe à escalader pour des professionnels, elle représentait tout de même un petit défi pour les grimpeurs expérimentés, certains passages étant un peu délicat à négocier. De plus, les plateaux où s'arrêter pour faire une pause étant relativement rare, surtout sur la seconde moitié de l'ascension, il était finalement assez éprouvant de gravir les presque 2500km sans pauses régulières. C'est pourquoi au final, il n'était pas si fréquent que des gens tentent de reproduire l'exploit de Yanovich. Et pourtant aujourd'hui, quelqu'un avait décidé de s'y risquer…

Sur le versant nord, une française s'affairait à gravir cette aiguille de roche, bien décidée à planter son fanion au sommet, comme elle l'avait fait auparavant sur tous les reliefs de sa planète natale qui l'avait défié. Audrey n'avait pas refait d'escalade naturelle depuis son voyage en Norvège. Et à dire vrai, l'idée même d'en refaire cette semaine n'émanait pas d'elle. Il s'agissait d'une proposition d'Elise.

Après la longue discussion que les deux sœurs avaient eu lundi, l'aînée avait repris goût à la vie et avait dégusté avec grand plaisir le suprême de poulet aux morilles de son hôte. La châtain avait même passé sa première nuit paisible et complète depuis trois semaines. Cependant, la béatitude n'avait pas bien duré longtemps. Rapidement, un grand vide avait gagné la militaire. Celle ci n'était plus inquiète pour sa famille, mais elle avait l'impression qu'il lui manquait quelque chose. Comme si la plupart de ses émotions avaient disparu et que le peu qui restaient étaient amoindries. Sa cadette lui avait alors proposé de profiter de cette petite semaine de vacances pour s'adonner à des activités qu'elle aimait, afin de se changer les idées. De fait, la sportive avait fait une randonnée hier (qui ne lui avait procuré que peu de satisfaction) et s'attaquait aujourd'hui au plus haut sommet de ce secteur de la planète.

L'escalade se passait plutôt bien, offrant un défi raisonnable à la terrienne. La paroi ne débordait pas de prises. Il y en avait tout juste assez pour grimper et certaines n'étaient pas évidente du tout. Plusieurs fois la jeune femme avait échappé une aspérité ou bien avait vu son pied glisser sur une étroite corniche. Mais jusqu'ici, le reste de ses membres avait suffit à la maintenir à flanc de montagne.

Concentrée sur sa tâche, la grimpeuse se sentait moins vide que les jours précédents. Cependant, elle ne prenait pas vraiment autant de plaisir qu'habituellement lorsqu'elle pratiquait son sport favori. L'apathie qui semblait l'affectation continuait d'amoindrir ses émotions, réduisant de fait la joie que pouvait lui procurer sa grimpette.

Alors qu'elle approchait de l'un des derniers plateaux du pic où elle avait décidé de faire une pause pour déjeuner, la française glissa soudain. Alors que l'un de ses pieds ne parvenait pas à trouver d'appui convenable, l'une de ses prises lâcha. La sportive bascula donc dans le vide. Sa corde arrêta cependant la chute quasiment instantanément, d'une façon un poil douloureuse il est vrai. Tomber lors d'une session d'escalade naturelle n'avait rien d'inédit, c'est d'ailleurs pour cela que l'on s'assurait. Cependant, cette fois ci le rattrapage fut accompagné d'un bruit anormal en provenance du mousqueton. Ce n'était pas le son d'une cassure, la châtain l'aurait reconnu l'ayant déjà expérimenté, mais le cliquetis avait été différent de celui d'un simple arrêt.

Normalement, les règles de sécurité aurait dicté à Audrey de vérifier l'état de son matériel avant de continuer. Mais elle ne se trouvait qu'à quelques dizaines de mètres de son objectif de la matinée. Et elle serait bien plus à l'aise sur un plateau pour vérifier l'état de son attache. La jeune femme reprit donc son ascension, en faisant fit des consignes de sûreté qu'elle aurait pourtant mis un point d'honneur à faire respecter aux autres si elle avait été accompagnée.

Aucun autre incident ne se produisit jusqu'à la terrasse et l'humaine put s'y hisser avec une relative dextérité. Là, dressée sur ses deux jambes, elle prit une seconde pour admirer la vue, avant de s'asseoir sur le rebord en attrapant son sac à sandwich. Pouvoir contempler de tels panoramas était aussi un petit plaisir de l'escalade. Un plaisir que la terrienne n'avait découvert que bien après son point commun avec les singes.

Une fois encore, la satisfaction fut légèrement moindre qu'à l'accoutumée. La vue était splendide, ça ne faisait aucun doute, mais allez savoir pourquoi, la concilienne ressentait une pointe de mélancolie en l'admirant. Comme si elle avait perdu la faculté de s'émerveiller devant les beautés de mère nature. Tandis qu'elle croquait goulûment dans son jambon fromage crudité, la grimpeuse était ailleurs, fixant le décor sans réellement le voir. Elle repensa à sa mort sur Chasca. Elle n'en avait pas parlé à Élise, de peur de l'inquiéter.

Audrey n'avait jamais expérimenté son propre décès de façon aussi proche et aussi longue. Il y avait bien une fois au SSC où elle avait cru sa dernière heure venue lors d'une intervention, mais cela n'avait duré que quelques secondes. Le temps d'une décharge de fusil à pompe dans le buste et d'une chute. Au final, il y avait eu bien plus de peur que de mal. Sur Chasca, cela avait été différent. L'officier s'était perçu mourir de façon bien plus continue. Sentant son sang couler le long de ses membres, toussant de façon très sèche et crachant par moment son fluide vitale, incapable de se relever… Non, elle ne s'était vraiment pas attendue à se réveiller dans l'infirmerie d'un cuirassé. Ni à se réveiller tout court.

Mais si la française avait bel et bien survécu, elle avait l'impression qu'une partie d'elle était néanmoins morte là bas. Toute cette portion d'elle même qui lui permettait de profiter des petits plaisirs de la vie, des petites joies du quotidien et qui paraissait absente depuis bientôt trois semaines. Elle ne s'en était pas rendu compte jusqu'à très récemment, trop préoccupée par ses cauchemars. Mais à présent, et rétroactivement, il lui semblait ne pas avoir été réellement heureuse depuis Chasca. En dehors du moment où elle avait revu sa sœur et ses nièces. Il y avait eu des petites satisfactions comme la visite d'Arca ou les parties d'échec avec Orianos (paix à son âme), mais aucune exaltation pure et intense comme celle de lundi.

*****

Ayant fini ses deux sandwichs et son fruit, Audrey s'apprêtait à reprendre son ascension. Alors qu'elle se mettait face à la paroi, elle se souvint qu'elle devait vérifier l'état de son mousqueton. Celui ci avait émis un bruit étrange lors de sa dernière chute. Contrôlant son attache, la sportive remarqua instantanément qu'elle était tordue. Cela impliquait que l'assurage n'était plus assez fiable pour garantir un arrêt en cas de chute. Le plus raisonnable était donc de rebrousser chemin.

Cependant, la française était venue pour planter son fanion au sommet, pas sur un plateau à 1500 mètres. Habituellement, elle aurait su se montrer prudente, redescendant tranquillement en rappel et remettant à une prochaine fois sa victoire, mais aujourd'hui, il y avait quelque chose de différent. Cette idée de gravir le dernier kilomètre sans avoir le droit à la moindre erreur lui conféra une forme d'enthousiasme. Une sorte de défi à l'enjeu très élevé, mais qui semblait avoir une saveur toute particulière.

Abandonnant toute notion de sagesse, la terrienne débuta donc la deuxième phase de son ascension. Compte tenu de son absence de sécurité, elle aurait pu y aller doucement, mais au contraire, elle fit les 50 premiers mètres extrêmement rapidement, prenant à peine le temps de marquer ses prises. Une euphorie l'envahissait. L'humaine se sentait soudainement plus vivante qu'elle ne l'avait jamais été ces trois dernières semaines, libérée du poids des horreurs de Chasca. En cet instant, seul le présent comptait. Et celui-ci était enivrant.

Après un peu moins de 100 mètres, la grimpeuse dû ralentir un peu. Non pas qu'elle commençait à craindre pour sa vie ou à réaliser le danger auquel elle s'exposait, mais les prises se faisaient plus délicates et nécessitait un poil plus de doigté. L'imprudence avait l'impression de ne plus avoir été aussi joyeuse depuis sa toute première escalade naturelle. Cette session avait quelque chose de magique. Quelque chose d'envoutant. Chaque mètre parcouru donnait envie d'en avoir deux de plus à parcourir. En un sens, la châtain aurait souhaité que ce pic n'ait jamais de fin.

*****

Le sommet ! Audrey planta son fanion dans la roche du pic, marquant ainsi sa victoire sur cette arrogante aiguille de roche qui l'avait défiée en pointant ainsi vers le ciel. Elle l'avait fait ! Elle avait gravi le Yanovich ! Et avec un matériel défectueux s'il vous plaît ! Ah ! Ce ruskov pouvait aller se rhabiller ! L’ascension n’avait certes pas été des plus triviales, mais par chance (ou par miracle), l’imprudente alpiniste n’avait glissé à aucun moment, évitant à son mousqueton tout effort supplémentaire qui aurait pu lui être fatal.

Profitant cette fois ci pleinement de la vue, la française se sentait parfaitement vivante. Elle huma en plein poumon l'air pur et admira pendant de longues minutes le panorama qu'offrait cette position. La grimpeuse prit quelques photos à partager avec ses amis et sa famille, avant de prendre celle qui ferait office de trophée personnel. Le traditionnel cliché de sa figure réjouie devant son fanion planté au sommet. Bayard gardait la trace de toutes les hauteurs qu'elle avait conquises !

Après la séance photo, l'humaine resta encore un moment à contempler l'horizon, un sourire béat sur le visage. Elle se sentait bien. En paix avec elle même. Plus rien n'avait d'importance en dehors de la joie du moment présent. La militaire était de nouveau entière et bien vivante. L'avenir s'ouvrait devant elle et il paraissait radieux...



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MessageSujet: Re: Stress Post Traumatique   Stress Post Traumatique Icon_minitimeMer 08 Mai 2019, 21:46
Samedi 11 Février 2204


Les moteurs rugissaient. Le Grand Prix Motocycliste Amateur de Constant, ou MotoGPAC comme on l’appelait sur Eden Prime, battait son plein. Compétition un peu bâtarde à mi-chemin entre le speedway et la course de vitesse à cause de la forme de son circuit, elle n’avait d’un grand prix que le nom. Mais elle accueillait chaque année pas loin d’une centaine de concurrents. Il n’y avait pas grand chose à gagner en dehors d’un peu de renommée auprès des motards de la colonie, mais cela permettait aux passionnés de se retrouver et de se confronter les uns aux autres aux commandes de leur bolide. Et au club d’engranger pas mal d’argent en remplissant ses gradins.

C’était la première fois qu’Audrey participait à cette course. Il faut dire aussi que c’était la première fois qu’elle se trouvait sur la planète au moment de ce tournoi. N’ayant pas de moto éligible pour concourir, elle avait été forcée d’en emprunter une à l’organisateur. La française avait hérité d’une BMW taillée pour le circuit, lointaine descendante de la relique qu’elle gardait dans le garage de ses parents sur Terre. Si la châtain avait eu un peu de mal à prendre son véhicule en main au démarrage, elle slalomait à présent avec aisance entre les différents compétiteurs. La novice du circuit avait même réussi à se hisser à la troisième place et commençait sérieusement à mordre sur le second. Le résultat d’une conduite audacieuse d’après les commentateurs, même si imprudente aurait certainement été un qualificatif plus approprié.

Mais qu'il s'agisse de hardiesse ou d'inconscience, la performance de la sportive restait admirable. Certes il s'agissait d'une pilote accomplie, mais elle ne connaissait ni le circuit (même si un ovale n'avait pas grand chose de compliqué), ni son véhicule avant aujourd'hui. Et chacun avait pu le constater au numéro qu'elle arborait, ce dernier étant réservé aux “touristes”, ceux qui se présentaient sur ce parcours sans véhicule.

- Le numéro 99 devrait s’arrêter au stand à son prochain passage. Les données de son véhicule indiquent que ses pneus commencent dangereusement à chauffer.

En effet. Ce que les commentateurs avaient pu remarquer sur leurs écrans, la motarde le constatait elle même à présent. Un petit voyant venait de s'allumer dans son casque, lui indiquant que la température de ses chambres à air approchait d'un seuil critique. Ils ne risquaient pas encore d'exploser, mais à ce stade il était vivement conseillé de faire une halte pour pouvoir les changer en toute sécurité.

La voie de garage approchait. Si la pilote comptait remplacer ses pneus, elle se devait de ralentir et de commencer à se déporter sur sa gauche. Mais d'un autre côté, si elle continuait sur sa lancée à droite, elle prenait la deuxième place. Et en deux virages et une longue ligne droite, elle pourrait remonter le premier et peut-être même le doubler si elle la jouait fine.

En temps normal, la compétitrice aurait sans doute tenu compte du voyant orange qui s'était allumé et clignotait à présent. Mais aujourd'hui, la voix de la raison semblait s'adresser à un mur. Si elle s'arrêtait maintenant, la conductrice n'avait plus aucune chance de remporter la course. Et elle était sur le point de dépasser le second.

- Cette concurrente est complètement cinglée. Elle accélère !

A l'instant même où la motarde dépassa son adversaire (abandonnant par la même occasion toute possibilité de regagner le stand avant la fin de la course), le voyant de température de ses chambres à air vira au rouge. Ses roues étaient à présent officiellement en surchauffe. Chaque seconde passée à rouler augmentait leur risque d'explosion.

La gendarme accéléra néanmoins, ce qui n'était pas franchement une meilleure idée que la précédente. La distance qui la séparait du favori n'était pas si importante. Si elle parvenait à prendre suffisamment de vitesse, elle pourrait bien lui ravir sa place juste au niveau de la ligne d'arrivée...

- Elle remonte Dinocco. C’est incroyable !
- Si elle maintient cette allure elle ne pourra jamais négocier le prochain virage !

C’était du suicide. Audrey en avait parfaitement conscience. Si elle continuait à accélérer comme elle le faisait, elle quitterait la piste au prochain tournant. Elle n’aurait jamais le temps de ralentir suffisamment pour le prendre. A moins peut-être d’écraser la poignée de frein. Mais c’était probablement encore plus dangereux. Garder le contrôle d’une moto lors d’une décélération aussi violente n’était déjà pas chose aisée, mais avec des pneus sur le point d’éclater à cause de la chaleur, c’était totalement irréfléchi. Les chambres à air ne résisteraient jamais à cet échauffement supplémentaire. Mais avec un peu de chance, beaucoup de chance en fait, l’explosion se produirait sur la fin du ralentissement. Autrement, la motarde était morte.

La française était parfaitement au fait de cette situation. Pourtant, elle persistait à augmenter sa vitesse de façon inconsidérée. La jeune femme avait toujours eu un sens de la compétition assez développé, mais il ne s’agissait pas que de ça. Elle ne s’était jamais à ce point mise en danger simplement pour une chose aussi futile que la première place d’une course amateur. En cet instant, elle se sentait vivante, entière, libérée. Comme l’autre jour, lorsqu’elle avait grimpé sans s’assurer correctement. En cet instant, l’adrénaline était quasiment en train de prendre le contrôle de son corps et l’encourageait à profiter de cette vitesse, peu importe les conséquences.

Les chiffres continuaient de défiler sur le compteur de vitesse, accompagnés d’une alarme de plus en plus inquiétante dans le casque pour inciter la conductrice à ralentir. 295, 300, 310, 315, 320… La châtain arriva au niveau de son adversaire et le dépassa en une poignée de secondes qui lui parut durer une éternité. Ce dernier ne lutta pas pour garder sa place, ne tenant pas à mettre sa vie en jeu pour une victoire aussi insignifiante. La terrienne était à présent en tête. Elle aurait pu commencer à décélérer, une défaite étant extrêmement peu probable à présent, mais… non. Sa témérité du moment l’incitait à pousser cette bécane toujours plus loin tant qu’elle n’aurait pas franchi l’arrivée.

337. C’est le dernier nombre qu’Audrey distingua clairement avant de piler comme une folle. Sa moto chercha à partir dans tous les sens en laissant de grosses traces de gommes derrière elle, ne supportant pas ce freinage brutale. La course venait soudainement de virer au rodéo pour l’humaine, celle-ci luttant désespérément pour calmer sa monture sans se faire désarçonner. Le cadran avait presque du mal à retranscrire ce brusque changement de célérité et l’alerte de chauffe des pneus hurlait plus que jamais. C’est la roue arrière qui rendit finalement l’âme en première, aux alentours des 100km/h, à l’entrée du virage.

Le châssis protégea globalement la conductrice de l’explosion. Cependant, le bolide était devenu totalement impossible à maitriser à présent. Le cul de l’engin remuait dans tous les sens, alors que la motarde tentait désespérément de coucher le véhicule sur le flanc pour limiter la casse . Y parvenant finalement, l’humaine lâcha les commandes et se sépara de l’appareil. Elle roula sur plusieurs mètres tandis que sa moto partit en tonneau, décollant même du sol dans un rebond au moment où le pneu restant explosa, avant de retomber lourdement dans un bruit de métal écrasé. La pilote pouvait dire adieu à sa caution…

*****

Audrey se trouvait à l'infirmerie du circuit. Miraculeusement, elle n'avait rien de plus grave que quelques bleus et contusions mineures. Heureusement, elle avait réussi à coucher sa moto suffisamment rapidement pour s'en extraire sans risque. Autrement, elle serait sans doute dans une ambulance actuellement. Ou un corbillard…

La française avait gagné le centre de soin d'elle même, malgré ses réticences à s'y rendre. Constatant qu'elle tenait parfaitement debout et qu'elle n'arborait aucune plaie visible, ni ne semblait souffrir, le service de piste l'avait simplement escorté jusqu'à l'hospice pour s'assurer qu'elle y arrive bel et bien. Et après une rapide auscultation, il était assez clairement apparue que l'humaine n'accusait aucune blessure grave. Une information qui avait été transmise aux organisateurs, que la casse cou attendait à présent, assise sur son divan d'examen.

Ces derniers arrivèrent un instant après. Trois hommes, que la terrienne devina être le planificateur de la course, le gérant du circuit et… un avocat ou un comptable compte tenu de sa dégaine. Le dernier affichait un air parfaitement neutre dans son costume ajusté, tandis que les deux autres semblaient plutôt sous tension. Nul doute que son exploit avait déjà dû faire couler beaucoup d'encre.

- Mon médecin m'a appris que vous alliez bien. Je ne peux pas en dire autant de ma moto. J'imagine que vous réalisez que vous ne reverrez pas votre caution.
- Mais j'ai gagné non ?

En tant normal, la concilienne se serait excusée de cet acte irréfléchi et de la destruction du matériel d'autrui. Mais l'adrénaline ne semblait pas être tout à fait retombée. La motarde était redevenue l'adolescente irresponsable et irrespectueuse qu'elle avait pu être lorsqu'elle avait tout juste passé son premier permis deux roues.

- Est ce que vous vous rendez compte de ce que vous venez de faire ? Vous auriez pu vous tuer !
- Mais ça n'est pas le cas, autrement nous n'aurions pas cette discussion. Juste un peu de tôle froissée.
- Juste un peu de tôle froissée ? manqua de s'étrangler son interlocuteur.
- De quoi vous plaignez vous ? Votre bécane était vieillissante. Avec ma caution vous pourrez en acheter une flambant neuve. Et puis ça va vous faire de la pub dans les journaux locaux.
- De la mauvaise publicité ! reprit le propriétaire du circuit.
- Toute publicité est bonne à prendre de ce que j'en sais.
- Vous êtes complètement inconsciente !
- Je crois que les mots de vos commentateurs étaient “audacieuse”.
- Ne vous moquez pas de nous ! Vous êtes interdite du circuit du MotoGPAC pour le restant de vos jours. Et du circuit de Constant pour les 5 années à venir au minimum !
- Mais j'ai gagné n'est ce pas ?
- Vous m'entendez quand je parle ? Vous comprenez ce que je vous dis ?
- Oui oui oui, je n'ai plus le droit de refoutre les pieds ici, y compris dans les gradins, mais est ce que j'ai gagné ? Sauf erreur de ma part, c'est le premier qui passe l'arrivée qui remporte la course, même si son véhicule explose juste après.

L'organisateur de la course semblait à deux doigts d'exploser. Rouge de colère, une veine palpitant sur le front, on pouvait presque voir de la fumée sortir de ses oreilles. Et le petit sourire assuré d'Audrey n'arrangeait rien. Ce fut finalement le petit homme en costume qui répondit, évitant à son patron d'éclater.

- Vous avez effectivement remporté cette course mademoiselle Bayard. Rien dans les règles ne stipule que vous devez ramener votre véhicule entier au garage pour être reconnu vainqueur. Toutefois, dans les circonstances, j'imagine que vous comprendrez que nous nous passerons de célébration et d'une médiatisation excessive de votre victoire. Monsieur Baldini ici présent ne tient pas à ce que votre… exploit inspire d'autres casse-cous lors des prochaines éditions du MotoGPAC. Tous pourrait ne pas avoir votre chance.
- Je comprends bien. J'imagine aussi que c'est une façon diplomatique de m'inviter à quitter les lieux rapidement.
- Ce serait préférable en effet.
- Et bien ma foi, puisque nous sommes d'accord sur l'identité de la première place de cette année, je pense que plus rien ne me retient ici. Je vous souhaite donc un bon après midi messieurs.

A ces mots, la française bondit de son lit d'auscultation et quitta l'infirmerie, sous le regard énervé de l'organisateur, médusé du gérant et toujours aussi neutre de l'avocat. Une sous médiatisation l'arrangeait bien finalement. Au moins, Élise n'apprendrait sûrement jamais qu'elle avait failli se tuer pour une chose aussi insignifiante que la première place d'une course amateur.

Ce n'est qu'après être sortie du club que la châtain réalisa réellement ce qu'il venait de se passer. Elle fut alors saisie par une violente anxiété. Qu'est ce qui lui arrivait ? Cela faisait deux fois en deux jours qu'elle se mettait délibérément en danger de mort pour des raisons futiles, ne se rendant vraiment compte du danger que bien après. Elle allait devoir revoir son psy. Et de préférence avant qu'une troisième tentative de suicide ne survienne...



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MessageSujet: Re: Stress Post Traumatique   Stress Post Traumatique Icon_minitimeDim 12 Mai 2019, 17:16
Lundi 12 février 2204


- Vous avez besoin de côtoyer la mort pour vous sentir vivante. Une variante du syndrome de Cotard.

Audrey se trouvait chez son psy. Rentrée d'Eden Prime hier en fin d'après-midi, elle avait attendu nerveusement cette séance, ayant particulièrement besoin de se confier à ce type en blouse blanche pour savoir si elle devenait folle. Elle lui avait tout raconté. La joie des retrouvailles avec sa sœur, le vide qui l'avait envahie le lendemain, comment elle avait risqué sa vie pour planter un fanion au sommet d'un piton et le fait qu'elle n'en avait réellement prit conscience que plusieurs heures plus tard, après être redescendue, comment ses pulsions suicidaire l'avaient reprises alors qu'elle concourait dans une course amateur et que là encore, elle n'avait réalisé la chose que bien après et enfin, la nervosité qui l'habitait depuis.

- Cela dit, vous vous êtes aperçue vous même que vous vous mettiez anormalement en péril et cela semble vous déranger, ce qui est plutôt bon signe. Néanmoins, je ne peux pas vous considérer apte à retourner au front pour le moment. Encore moins à la tête d’une unité. Vous seriez un danger pour vous et vos hommes. En revanche, je vous estime apte à reprendre du service au sein des locaux de l’UCIP. Vous serez probablement cantonnée à de la paperasse pour plusieurs semaines, voire plusieurs mois, mais ce sera l’occasion de vous habituer à votre promotion. Je ne proscrits pas totalement l'usage d’arme, mais je conseille de le limiter au strict minimum pour le moment. Simplement les entraînements au tir pour vous éviter de perdre la main. Et de préférence sous surveillance. Vous ne semblez pas avoir de tendance suicidaire directe, plutôt une certaine attirance pour le danger quand vous vous y retrouvez confrontée. Cela devrait passer avec le temps. Vous devez simplement vous réhabituer à la vie civile et vous remettre de vos émotions. Pratiquez les activités que vous aimez sur votre temps libre, voyez vos amis et vos proches, cela vous aidera à vous réacclimater. Evitez tout de même les sports extrêmes pour le moment. Nous nous reverrons toutes les semaines jusqu’à ce que je vous estime apte à un redéploiement. Et nous nous reverrons au moins une fois après que ce déploiement ait eu lieu.
- Très bien... Vous m'autorisez à faire de l'escalade en salle ?
- Uniquement s'il y a des professionnels autour de vous pour s'assurer que vous êtes bien assurée.
- D'accord. Je reprends le travail quand ?
- Jeudi. Vous viendrez me voir tous les lundi matins à 10h, je le note dans votre dossier. Avez vous quoi que ce soit à ajouter ? D'autres questions ?
- Il ne me semble pas.
- Et bien dans ce cas, je vous dis à lundi prochain et je vous souhaite une bonne reprise. Ne vous en faites pas trop, d'ici quelques mois, vous pourrez de nouveau être déployée et quitter l'enfer des bureaux. déclara le docteur avec un air amusé.
- Merci docteur... répondit la concernée, un peu absente.

La militaire quitta le bureau. Reprise dans trois jours... Ca n'était pas plus mal, ça lui permettrait d'avoir une occupation pour ses journées et ça lui occuperait l'esprit. La jeune femme jeta un œil à sa montre. 11h. Cela faisait sans doute un peu tôt, mais Scipio serait peut-être ouvert. Elle ignorait pourquoi, mais la française avait envie de lui annoncer qu'elle reprenait le travail. Et puis, elle avait pensé à prendre son cadeau aujourd'hui. S'en souviendrait-il seulement après 8 mois ? Ai pire, cela leur ferait un sujet de discussion...



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