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 Le coeur d'une femme

Arcadia McKnight

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Arcadia McKnight
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MessageSujet: Le coeur d'une femme   Le coeur d'une femme Icon_minitimeVen 26 Avr 2019, 22:40
► █ Date : 12 Avril 2204 RP Tout public
Shura Fender ♦️ Arcadia McKnight ♦️ Visiteurs
Le coeur d'une femme




「 Le Cœur d'une Femme 」
Feat.
Shura
Fender


Plus de quarante huit heures après l'assaut sur Inveraray, Arcadia n'avait toujours pas ouvert l’œil. Plongée dans un profond sommeil réparateur. Elle avait été déplacée en urgence dans une clinique de la Citadelle, ou elle avait quelques contacts qui lui garantissaient une bonne place... Ainsi qu'une assurance hors de prix.
Prise en charge dès son arrivée, elle venait de passer les deux dernières journées à aller et venir sur le billard, le tout sous anesthésie générale. Les professionnels avaient œuvré d'arrache-pied pour la soigner. Ils l'avaient nettoyé des pieds à la tête, retirant toute la crasse qui s'était accumulée dans ses pores, dégageant la saleté qui atténuait sa toison d'or, jusqu'à tuer cette odeur âcre qui avait prit possession de ce corps meurtri.
Les plaies et coupures avaient été désinfectées, purifiées de tout les organismes pathogènes qu'elles avaient pu abrité, il fut ensuite possible de les recouvrir d'un baume pour accélérer la cicatrisation. D'ici quelques semaines, il serait possible de commencer à envisager la chirurgie reconstructive pour que la blonde retrouve sa peau d'antan.

Le plus compliqué fut l'opération de sa main en charpie. Les chirurgiens passèrent plusieurs heures à ressouder les os entre eux, à greffer tendons et nerfs, ajoutant quelques éléments augmétiques pour améliorer la rééducation. Ces derniers seraient retirés d'ici quelques mois lorsque ses doigts auraient retrouvé une partie de leur motricité. Suite à quoi ils purent suturer et plâtrer le membre pour le protéger de tout dommage extérieur tant le travail accompli était digne des plus grands orfèvres.
Le trou béant de son orbite gauche avait lui aussi, demandé énormément d'attention. La méthode utilisée pour éjecter l’œil avait été extrêmement brutale, ravageant au passage la glande lacrymale, au delà de tout soin possible pour l'instant. Le personnel soignant avait donc décidé de l'ôter, préférant attendre l'ajout du nouvel œil pour en greffer une nouvelle. D'ici là, ils avaient installé un bionique qui paraissait aussi vrai que nature.

Le diagnostic se voulait plutôt rassurant. D'ici la fin du mois, les lasers élimineraient les nombreuses cicatrices qui marquaient sa peau. Il faudrait en revanche attendre la fin de l'été pour retrouver son œil et la mobilité de sa main. Les praticiens avaient prévu un retour sur le terrain d'ici Octobre dans le meilleur des cas, Novembre en cas de complications. D'ici là, il lui faudrait du repos, du calme et de quoi récupérer doucement les nombreux kilos qu'elle avait perdu pendant ce mois en détention.

Allongée sur son lit d'hôpital, la Martienne dormait, un air paisible malgré ses traits encore émaciés. Sa respiration très lente, faisait se soulever sa cage thoracique au rythme de ses inspirations et expirations. Les seules perturbations étaient causées par les appareils hospitaliers ainsi que les personnes qui allaient et venaient. Faute d'être éveillée, elle était pour l'instant nourrit en intraveineuse afin de rétablir un équilibre au sein de sa flore intestinale qui avait énormément souffert durant les intoxications alimentaires qui l'avait touché. Mais de tout cela elle n'en avait pas conscience, coupée du monde par son sommeil. Elle dérivait lentement, se laissant porter les rêves délirants que lui causait les anti-douleurs, mélange de lumières et de sons dont elle n'aurait jamais aucun souvenir.

Le coeur d'une femme Line-p10
Arcadia s'éveilla dans l'obscurité la plus totale. Seule. Sans aucun repère. Son souffle se transforma en un sifflement d'inquiétude. Elle tâtonna de sa main valide, cherchant quelque chose à quoi se raccrocher alors que la panique l'envahissait, se noyant dans les ténèbres. Elle voulut appeler à l'aide, hurler mais rien ne sortit de sa bouche asséchée qu'un râle plaintif. Les affres d'une terreur horriblement humaine vinrent effleurer son esprit, y enfonçant leurs funestes griffes, tourmentant son âme si fragile.

Une main aussi douce que la tendresse la plus pure. Un contact réconfortant comparable à un foyer chaleureux. Et ces paroles, calmes, apaisantes semblable à un nuage protecteur. Toutes. Tous. Ils vinrent s'enrouler gracieusement autour de sa maigre silhouette, la touchant, la rassurant, dissipant le mal qui la menaçait. De ses doigts bandés, elle remonta le long du bras, cherchant la source, ses souvenirs encore flous par l'anesthésie, essayant de placer les événements dont elle se souvenait dans l'ordre avec difficulté.
La blessée sentit un crâne lisse, rasé puis une crinière épaisse, douce qui invitait à plonger sa main toute entière dans cette toison soyeuse. Shura.

« Shu...ra... »

Elle prononça ce prénom difficilement tant sa gorge était serrée par l'émotion, la submergeant petit à petit. Une larme roula sur sa joue. Elle renifla, son corps prit de tremblement. Arcadia sentit Shura s'allonger à côté d'elle, se glisser sous les draps. La biotique vint l'étreindre avec une délicatesse infinie, faisant rempart entre le monde extérieur et sa protégée. La serrant contre elle avec soin comme si la toubib pouvait disparaître dans l'instant.
Toute la peine, toute la douleur, toute la souffrance accumulée au cours des derniers mois éclata. Une implosion terrible qui déchira tout, balayant la moindre résistance, fracassant les barrières de sa retenue. Puis tout s'effondra. Arcadia s'effondra, laissant libre court à ses sanglots, laissant libre court à tout ce qui devait être évacué, à tout ce qui l'avait rongé durant ce cauchemar.
Pour laisser place. Laisser place au renouveau et à ce qu'elle chérissait. Laisser place à ce dont elle avait envie. Laisser place à l'amour et cette passion qu'elle éprouvait pour Shura. Laisser place à Shura.

Cette femme qui était tout pour elle, pour qui elle aurait donné sa vie, avec qui elle avait envie de vivre pour toujours. Elle l'aimait d'un amour simple et fusionnel. Elle l'aimait d'un amour brûlant et suave. Elle l'aimait d'un amour naïf et romantique. Elle l'aimait.

Arcadia pleura, encore et encore, de tout son soul. Le visage enfouie dans le cou de son amante, qui l'aidait à se libérer de ce poids mort. Elle pleura toutes les larmes de son corps, continuant à pleuvoir sans discontinuer. Les mains de la biotique glissaient dans dos, caressant ses cheveux propres. Un frisson la traversa au moment ou une énergie bleue envahissait les deux femmes, les enveloppant dans son aura scintillante.
Les effets de l'ézo furent salvateurs, telle une berceuse, ils dissipèrent le mal, consolant la pire des peines. Semblable à celle qui le contrôlait, ce pouvoir était emprunt de sauvagerie mais savait se montrer attentionné dans la détresse. La blonde se calma, sa respiration se stabilisa. Seuls quelques reniflements subsistèrent. Les humaines restèrent collés l'une à l'autre, leurs cœurs battant à l'unisson, se calquant sur un rythme identique.

Les contours de la pièce se dessinèrent à mesure que ses yeux s'habituaient à la nuit de la Citadelle. Elle discerna les machines, la pièce, les traits du visage de Shura qui brillait sous la faible lueur du tensiomètre.

« Ai...soif... », murmura t-elle.

La furie attrapa la canule accrochée sur le rebord, la présentant à la patiente. Elle mordit faiblement dedans avant d'aspirer comme une camée, lâchant une larme de joie au contact de l'eau pure qu'elle buvait. La quadragénaire but durant de longues secondes, s'hydratant jusqu'à plus soif.
Elle lâcha le morceau, retournant se lover contre Shura, cherchant sa protection. Le silence reprit ses droits pendant de longues minutes, jusqu'à ce qu'une voix ne le brise.

« J'ai eu … si peur. J'ai cru que je … que je ne te reverrai pas … jamais. Arcadia parlait laborieusement, encore shooté par les antibiotiques, c'était si dur de se concentrer, de trouver ces mots. Mais elle le faisait, persévérant jusqu'à l'extrême. Pas parce qu'elle le voulait. Mais parce qu'elle le devait à sa moitié. Mais … J'ai toujours su … que tu … allais ve-venir ! J'ai tenu … pour te rev … oir. Je veux plus … être sépa … rée de toi!Être avec toi … pour toujours. Je... »

Une quinte de toux la fit se plier en deux, elle voulut reprendre dire à quel point elle avait occupé son esprit chaque jour, à quel point elle lui avait manqué, le vide qui l'avait assailli quand elle avait été séparée d'elle. Mais tout cela était inutile car elles étaient liées. Shura comprenait sans qu'elle n'ai besoin de lui dire. Shura comprenait car c'était sa moitié. Son élue. Elles se blottirent amoureusement. Arcadia pleura à nouveau. Non de tristesse ou de désespoir, mais de joie, de bonheur et surtout d'amour.

Shura et Arcadia s'endormirent, blotties dans une étreinte rassurante. Plus rien ne pourrait les séparer. Plus jamais.

(c) King (Sacrifars)


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Shura Fender

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MessageSujet: Re: Le coeur d'une femme   Le coeur d'une femme Icon_minitimeDim 28 Avr 2019, 23:41
「 Le Cœur d'une Femme 」

Quelques jours s'étaient écoulés depuis l'assaut sur Inveraray et les horreurs qui avaient été dévoilées derrière les murs du vieux château des McKnight. Une terre impie qui avait été réduite en cendres, supprimant de l'existence toute trace des lieux et de ses habitants, mettant un terme définitif aux agissements de la lignée. Un coup qui avait résonné dans tout l'espace de l'alliance, révélant la corruption dissimulée jusqu'alors, brisant l'influence tentaculaire qui s'était emparée de la hiérarchie militaire.

La seule survivante des McKnight avait été ramenée de toute urgence à la Citadelle pour être prise en charge au vu de son état critique. Une nécessité qui n'en était pas moins douloureuse pour Shura, condamnée à être déjà à nouveau séparée de sa compagne. La furie avait décidé de quitter l'hôpital, cherchant une occupation pour éviter de ronger inutilement son frein à attendre dans l'établissement.

Ses pas l'avaient menée jusqu'à Stellargent, animée par des intentions qui étaient bien moins joyeuses et pleines de vie que l'éclairage hystérique qui envahissait l'avenue. Il aurait sans doute été préférable de revenir en ces lieux en d'autres circonstances, mais le respect et un étrange sens du devoir l'y avaient forcée.

La furie se trouvait dans le couloir d'un bloc d'habitation, la mine sombre et le regard orienté vers le sol. Une silhouette chétive se dressait face à elle, son expression en partie dissimulée par le contre jour trahissait pourtant un poids énorme et soudain qui déformait ses traits et affaissait davantage encore ses épaules. « Je suis désolée », ces mots d'une futilité affligeante qui ne pouvaient pourtant pas être évités s'élevèrent un instant dans les airs. Shura se détourna presque précipitamment, cherchant à fuir cette responsabilité, abandonnant dans son sillage la silhouette de Richard Redfield qui paraissait plus âgé que jamais.

Elle se retrouva de nouveau dans l'une des rues de la célèbre avenue, l'éclat vif des néons publicitaires ne parvenant pas à apporter la vie sur son visage renfrogné, insensible à l'activité grouillante qui l'entourait. La furie fit quelques pas avant de poser une main sur l'une des barrières qui la séparaient du vide, nécessitant inconsciemment ce support physique pour la soutenir intérieurement.

Elle avait cette sensation désagréable d'avoir troqué une vie pour en sauver une autre. La fatalité demeurait toujours la même, quel que soit le degré de pouvoir utilisé pour la déformer. Cette recherche toujours perpétuelle et insatiable de puissance n'était au final qu'une chimère, un objectif qui ne pouvait coller avec une idéologie chevaleresque.

Une entité toute-bienfaisante ne pouvait pas être toute-puissante, ses échecs tombaient sur le compte de la faiblesse et de l'impuissance, laissant son blason de valeurs et de justice intouché, conservant cette volonté de sauver et de protéger intacte sans être réfutée par ses actes. Mais dès que le pouvoir décisionnaire entrait dans l'équation il n'était plus possible de maintenir cette bienveillance.

La toute puissance n'admettait qu'une solution, unique et absolue, écartant toutes les autres de sa réflexion, imposant sa vérité comme étant universelle. Les moissonneurs qui avaient régulé la vie galactique pendant des millénaires, la Corruption, qui avait voulu imposé sa vision de l'évolution organique, empêtrée dans sa recherche toujours perpétuelle de la perfection. Chercher la puissance revenait à vouloir imposer sa vision, à posséder le pouvoir de choisir entre l'annihilation et la perpétuité, à renoncer définitivement à l'honneur, la noblesse et la bienfaisance.

Mais était-il réellement utile de vouloir continuer à s'attacher à de tels concepts, à vouloir vainement conserver cette lueur éclatante au milieu d'une cruauté si envahissante ? Elle revit cette image marquée à jamais au fer rouge dans son âme, le corps meurtri et défiguré d'Arcadia dans un coin du mausolée... Les poings de la furie se serrèrent alors à nouveau de rage tandis que la biotique l'auréolait. Combien de personnes était-elle prête à tuer, quelle quantité de sang était-elle prête à faire couler pour protéger l'élue de son cœur ? Il ne lui semblait pas y avoir de limites, elles étaient perdues dans les profondeurs d'une brume et d'une étrange confusion qui l'envahissaient depuis son retour sur la Citadelle.

Ses valeurs et sa volonté de défendre le plus grand nombre s'effondraient dès qu'Arcadia rentrait dans l'équation. Comment pouvait-elle alors continuer de dresser cette bannière haut dans le ciel sans passer pour une hypocrite ? Comment pouvait-elle demander leur confiance, alors qu'elle était prête à les sacrifier au nom de la femme qu'elle aimait ? Elle ne voulait pas devenir un monstre égoïste uniquement régi par ses émotions, mais elle refusait de continuer sur cette voie de bienveillance en laissant sa propre impuissance réduire tout ce qui l'approchait en cendres, elle avait fait suffisamment de sacrifices pour toute une vie.

Shura était plongée dans une grande confusion, incapable de voir le futur se dessiner devant elle, incapable de savoir quelle était la bonne chose à faire. En cet instant, elle comprenait les probatrices plus que jamais. De vieilles guerrières usées par des siècles de combat et de sacrifices, se livrant corps et âmes à la vénération d'un code d'honneur strict. Il était si facile de ne plus avoir à réfléchir à la justesse de ses actions, de tuer si le code l'ordonnait, de mourir si le code l'ordonnait. Des héroïnes versées dans une bienfaisance perpétuelle et libérée de toute contrainte morale.

Délaissant lentement la barrière sur laquelle elle s'était appuyée, Shura reprit sa route d'un pas lourd. Elle devait s'abreuver à la seule source de lumière qu'il lui restait, un phare qui lui donnait une destination dans le brouillard, un ange tombé du ciel pour lui montrer la voie. Une douce odeur de violette et une chevelure à l'éclat inégalé.

***

Le sas grinça un instant avant de se refermer derrière Shura, affichant une interface holographique écarlate devant le verrou. La N7 s'était précipitée dans la chambre où reposait Arcadia dès que les médecins lui en avaient donné l'autorisation. La journée tendait vers sa fin, une lumière orangée éclairait partiellement la pièce depuis la fenêtre unique qui donnait vue sur le reste de la Citadelle.

Un silence presque impeccable régnait dans la chambre malgré l'activité permanente qui accaparait le reste de l'établissement et Shura prit conscience de la vitesse de ses battements en entendant son pouls résonner, son cœur percutant puissamment sa poitrine comme s'il cherchait à s'en extraire. Elle sentit une sensation étrange envahir son ventre alors que son regard se fixait sur le lit, remontant le long du drap au blanc immaculé pour finalement apercevoir l'objet de ses désirs.

Elle était éblouissante. Libérée de la crasse et de la pestilence, sa peau avait retrouvé cet éclat incandescent qui la caractérisait tant. Les rayons ambrés provenant de l'extérieur venaient éclairer timidement son visage, sa chevelure semblait s'embraser sous la lumière stellaire, et l'espace d'un instant, Shura crut discerner le reflet d'une auréole au dessus de sa tête.

La furie prit conscience qu'elle souriait bêtement, fixant Arcadia sans bouger depuis son entrée dans la pièce. Elle se déplaça alors aux côtés du lit et attrapa une chaise qui traînait dans un coin, s'asseyant doucement dessus sans quitter sa compagne du regard. Les yeux clos et le souffle régulier d'Arcadia qui venait soulever de temps à autre une mèche rebelle trahissaient la profonde torpeur réparatrice dans laquelle elle était plongée. Pour rien au monde Shura ne souhaitait l'en retirer, elle était juste là, en sécurité à ses côtés, le reste importait peu.

La furie fit alors glisser une main timide vers celle qui dépassait des draps, ses doigts venant recouvrir avec une grande délicatesse les siens dans un geste protecteur. La peau chaude de la chercheuse contre la sienne la fit frissonner un instant et elle se rendit compte à quel point elle chérissait ce contact pourtant emprunt d'une simplicité débordante. C'était la première fois depuis des mois qu'elle pouvait partager un petit moment d'intimité avec la femme qu'elle aimait et ses doigts se serrèrent inconsciemment autour de sa main alors que l'émotion montait en elle sans qu'elle puisse y résister. L'irréalité de la scène qui l'avait protégée jusqu'alors se brisa soudainement.

Sans qu'elle s'y attende, les traits de son visage se déformèrent en un léger sanglot et elle sentit une larme de joie couler le long de sa joue. Elle se pencha soudainement, enfouissant son visage dans le cou d'Arcadia et posant délicatement ses mains sur elle, tentant de dissimuler son émotion sous l'éclat radieux de sa compagne. Elle fut complètement incapable de retenir son sanglot, laissant la joie s'exprimer puissamment à travers son corps prostré et tremblant, sa main venant caresser avec une tendresse infinie la joue de la chercheuse.

Ce moment marquait la fin de plusieurs mois de traque, de paranoïa, de trahisons et de sang versé, plusieurs mois passés à courir après ce qui semblait être devenu une chimère, plusieurs mois passés le cœur brisé, étouffée par le désespoir et une folie menaçante qui n'avait jamais rôdé bien loin.

Elle ne sut pas combien de temps elle resta ainsi, agrippée à Arcadia comme une forcenée, noyant ses larmes dans l'oreiller comme elle le pouvait. Elle refusait de lâcher prise, elle refusait de s'éloigner à nouveau ne serait-ce que de quelques mètres de celle qu'elle avait perdu. L'obscurité se fit de plus en plus présente alors que le temps défilait. Les sanglots s'estompèrent, l'humidité s'évapora et seule une douce chaleur réconfortante subsistait.

Shura se redressa alors tout en conservant cette étreinte solide autour de sa main, tentant de retrouver sa consistance. Elle devrait se montrer forte pour Arcadia, ne pas laisser transpirer ses doutes et sa terreur comme elle l'avait fait dans le mausolée. La chercheuse avait enduré les pires atrocités en attendant sa venue, s'accrochant encore et toujours à la vie, à cette étincelle d'espoir. Et la furie devait s'en montrer digne, elle devait la guider à nouveau sur le chemin d'une vie normale, elle devait la protéger quoi qu'il en coûte. Elle ne pourrait jamais se pardonner ni racheter son échec, mais elle pouvait faire en sorte qu'il n'y ait jamais de récidive.

***

Une main tremblante se dessina, des doigts tapotèrent son crâne avant de s'insinuer timidement dans sa chevelure de jais. Shura sortit soudainement de sa semi torpeur, ses yeux félins prenant conscience de l’obscurité quasi totale qui s'était emparée de la chambre. Elle discerna cependant ce mouvement tout près d'elle, ce bras qui explorait à tâtons ses cheveux dans les ténèbres. Arcadia était réveillée, tournant son visage dans sa direction.

Shu... ra...

Le cœur de la furie s’accéléra à nouveau et elle n'eut même pas le temps de réfléchir à la situation qu'elle se glissait déjà délicatement sous les draps pour la rejoindre. Elle se lova avec une tendresse débordante contre Arcadia, refermant ses bras autour d'elle, la couvant dans une étreinte qui à elle seule démontrait tout l'amour qu'elle ressentait à son égard.

La chercheuse s'agrippa à elle, s'enfonçant dans ses bras et lâchant prise un instant sur la réalité. Le cœur de Shura se serra légèrement en la sentant pleurer tout contre elle mais elle n'intervint pas, laissant Arcadia déverser son trop plein d'émotion sur sa peau, laissant s'exprimer la moindre de ses larmes et de ses sanglots qui ne demandaient qu'à sortir depuis bien trop longtemps.

Les bras musclées de la furie s'enroulèrent alors davantage encore autour d'Arcadia, formant un bouclier, un rempart contre le monde extérieur et toute ses horreurs, créant un petit nid douillet, un nid d'amour réconfortant qui n'appartenait rien qu'à elles. Elle ferma les yeux et déposa un baiser dans la toison d'or de la chercheuse, cherchant à la rassurer, à la réconforter, à lui faire comprendre que tout était définitivement terminé et que jamais, plus jamais, elle ne la laisserait seule, loin d'elle, loin de son amour, loin de sa protection.

Shura l'aida un instant à s'hydrater avant qu'elles ne reprennent leur position initiale, collées l'une à l'autre avec une affection maladive, comme si le moindre instant qui les séparait était devenu insupportable. La chercheuse tenta alors de prendre la parole, sa voix déformée et saccadée par son état brisa le silence, chaque mot demandant un gros effort, l'articulation lente et hasardeuse n'étouffant pourtant pas l'émotion qui sortait de sa gorge nouée.

La furie l'écouta d'abord sans réagir, sentant son ventre se tordre un petit peu plus à chacun de ses mots. Elle pinça ses lèvres et fronça les sourcils pour retenir l'émotion soudaine qui l'envahissait, son cœur tamponnant directement dans son âme, elle ne sentait plus sa poitrine, disparue dans un léger frisson alors qu'elle perdait pied. Elle sentait son cœur fondre, embrasé par une bouffée d'affection, de culpabilité et de joie. Arcadia paraissait si fragile, si faible en cet instant alors qu'elle tentait de mettre des mots sur ce qu'elle ressentait, de faire comprendre à Shura toute la puissance de ses sentiments.

Mais elle n'en avait pas besoin. Ses derniers mots se perdirent dans une quinte de toux et Shura la serra à nouveau contre elle, l'étreignant amoureusement pour lui faire comprendre avec autre chose que des mots qu'elle savait. Le silence revint alors que les deux femmes lovées l'une contre l'autre pleuraient leur joie d'être à nouveau réunies, s'immergeant avec tendresse et affection dans un amour profond, un amour qui avait survécu aux pires atrocités, un amour qui n'avait pas besoin d'être décrit.

Pour la première fois depuis des mois, l'esprit de Shura s'enfonça dans le sommeil sans la moindre difficulté, glissant hors de la réalité sans la moindre inquiétude. Seul un avenir radieux se dressait devant elle, et elle pouvait enfin l'affirmer sans mentir. Plus rien ne serait jamais comme avant.







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Audrey Bayard

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MessageSujet: Re: Le coeur d'une femme   Le coeur d'une femme Icon_minitimeMar 30 Avr 2019, 01:58
Mercredi 18 avril 2204


Le réveil n'eut le temps d'émettre qu'un seul bip avant qu'une main ne s'abatte sur lui pour le couper. Cela faisait déjà plusieurs minutes qu'Audrey était réveillée, attendant patiemment que la machine ne lui signale qu'il était temps pour elle de se lever. Elle aurait pu quitter son lit plus tôt bien sûr, mais elle y était bien installée. Cependant, il était à présent sûrement temps de commencer la journée.

La française se redressa en s'étirant avant de laisser retomber ses bras devant elle. Assise sur son lit, elle fixait béatement la porte de sa chambre avec un petit sourire aux lèvres. Elle était de bonne humeur. La veille, la militaire avait été jugée apte à retourner sur le terrain. Il s'agissait d'une double bonne nouvelle. D'une part, cela signifiait qu'elle n'était plus folle (enfin d'après le psy) et d'autre part, elle allait enfin pouvoir faire autre chose que de la paperasse. Et en plus aujourd'hui, l'officier était en semi-perm. Une forme d'astreinte disons. Elle avait quartier libre mais devait rester sur la Citadelle et joignable par mail et téléphone en cas de souci.

La jeune femme se leva guillerette et gagna sa cuisine d'un pas léger. Mettant de l'eau à bouillir pour son thé tout en fredonnant une petite mélodie, elle arracha un morceau d'une baguette qui traînait de son repas d'hier soir. La terrienne ouvrit sa boîte mail en croquant négligemment dans son quignon. Parcourant ses messages, elle put constater qu'elle avait reçu une affectation. Officier de terrain au commande pour une mission d'exploration dans l'espace frontalier d'ici une quinzaine de jour. Intéressant.

Continuant à faire défiler les missives, la châtain s'arrêta soudain net, tant dans sa mastication que dans le reste de ses mouvements. Une joue gonflée par son contenu, elle se pencha vers son écran pour être sûr d'avoir bien lu. Arcadia ? Elle était revenue ? Elle était revenue ! Le courrier était bien d'elle ! L'ancienne du SSC fut prise d'une envie de sauter partout comme une folle, qu'elle parvint néanmoins à maîtriser. Après près de deux mois en sous-marin on ne sait trop où pour le compte de l'Alliance, sa meilleure amie était enfin de retour parmi les vivants.

L'enjouée se hâta de lire ce que la blonde lui avait envoyé après une si longue absence. Peu de mots. Une simple invitation à venir la visiter dans une clinique. Mais c'était plus que suffisant. Les deux humaines discuteraient bien mieux de vive voix. Et la plus jeune des deux avait bien envie de revoir son aîné après tout ce temps.


*****


Audrey atteignit la clinique T'Veix assez rapidement. Il devait tout juste être 10h lorsqu'elle franchit les portes coulissantes du bâtiment. Il faut dire que la perspective de revoir la médecin l'avait poussée à se préparer en toute hâte. Pour dire, la sportive avait même renoncé à son footing matinal pour retrouver la toubib plus rapidement.

- Bonjour, je viens voir le docteur McKnight. Déclara la châtain en se présentant à l'accueil.
- Très bien. Vous avez rendez vous ?
- Non.
- Bien il y aura peut-être un peu d'attente…

La réceptionniste asari pianota sur son clavier avant de reporter son attention sur l'humaine qui lui faisait face.

- Comment avez-vous dit que s'appelait le docteur que vous venez voir ?
- McKnight.
- Comment l'épelez-vous ?
- M C K N I G H T.
- Hum… je ne trouve personne de ce nom là.
- Nous sommes bien à la clinique T'Veix ?
- Oui.
- Alors elle devrait être là. C'est elle même qui m'a demandé de la rejoindre ici.
- Très bien, je vais appeler le médecin en chef. Un instant je vous prie.

La française obéit docilement à la demande. Elle n'était pas du genre à faire un scandale, et encore moins quand le problème semblait venir d'un bug informatique. Après quelques minutes d'attente, un turien en blouse blanche apparut et échangea très brièvement avec la native de Thessia avant de se tourner vers la visiteuse.

- Bonjour mademoiselle. Il paraît que nous avons un petit souci de médecin disparu. Alors qui venez vous voir ?
- Le docteur McKnight.

Les yeux du natif de Palaven s'écarquillèrent soudain de surprise. Celui-ci se rembrunit un instant avant de reprendre.

- Je vois d'où vient le problème. Vous êtes de la famille ?
- Euh non. Une amie. Pourquoi ?
- Arcadia se trouve chambre 232. Ménagez-la, elle a encore besoin de repos.

La châtain devint livide à cette annonce. Son amie était du côté des malades ? Des blessés ? Complètement aveuglée par l'enthousiasme de la revoir, la terrienne n'avait même pas envisagé que la blonde puisse être dans un lit d'hôpital. Au vu du message reçu, la militaire avait simplement supposé que la martienne officiait dans cette clinique.

Sa joie s'évanouit soudain alors qu'elle se sentait extrêmement stupide. Penaude, l'officier n'osa même pas demander dans quel état se trouvait sa supérieure. Le turien trouverait sans doute ça bizarre qui plus est. Déjà qu'il avait dû tiquer sur le brusque changement de couleur de son interlocutrice… Cette annonce changeait tout cela dit. La gendarme ne pouvait pas arriver les mains vides. Heureusement, la clinique disposait d'une boutique.


*****


Audrey déglutit alors qu'elle frappait à la porte 232. Bon sang qu'elle détestait sa situation actuelle. Le jeune femme avait toujours eut en horreur de visiter des gens à l'hôpital. Elle ne savait jamais ni quoi dire, ni comment se comporter. Mais il n'était pas question de se défiler. Arcadia avait besoin d'elle. Enfin, façon de parler… Une voix invita la française à pénétrer dans la chambre.

- Bonjour Arcadia, déclara-t-elle d'une toute petite voix en entrant, avant de remarquer l'autre personne présente dans la pièce. Oh euh, mes respects mon colonel. Mes colonels.

Oubliant qu'elle avait des fleurs dans sa main droite, la militaire entreprit de saluer ses supérieures et se flanqua le bouquet dans la figure. Voilà qui n'allait rien arranger à sa nervosité. Rendre visite à une connaissance à l'hôpital était déjà suffisamment compliqué sans avoir besoin de rajouter un officier supérieur devant lequel se ridiculiser. La subalterne vit les deux autres rirent doucement alors qu'elle essayait d'arranger son visage et son bouquet.

- Tu peux laisser tomber les formalités Audrey.

La concernée détourna rapidement le regard vers le colonel Fender, qui sembla confirmer d'un sourire avenant.

- Je suis vraiment heureuse que tu aies pu venir. Tu vas bien ?
- Mieux que toi j'ai l'impression. Bon sang, qu'est ce qu'il t'est arrivé ?

Bien que souriante, la martienne n'était pas vraiment belle à voir. Elle semblait épuisée et ses traits étaient émaciés. Et c'était sans compter les nombreux bandages qui recouvraient à n'en pas douter une multitude de blessures. Nom d'un chien, qu'est qui avait bien pu se passer durant cette opération sous couverture pour qu'elle finisse dans cet état là ?

- C'est compliqué... Assied-toi, ne reste pas debout. déclara-t-elle en désignant une chaise.
J'espère que tu as un peu de temps devant toi ?
- Oh moi j'ai tout mon temps. Mais je ne voudrais pas vous déranger trop longtemps. Vous étiez peut-être... occupées.
- Non ne t'en fais pas, on a tout notre temps ici.
- Tiens, je t'ai apporté des fleurs et un peu de lecture. Le roman m'a paru pas mal. Et je me suis dit que le magazine te plairait.
- Je pensais justement à changer de modèle l'année prochaine !

Arcadia fit une pause, ramenant délicatement le bouquet contre elle. Ses yeux se fermèrent alors qu'elle humait le bouquet avec bonheur, comme si elle n'avait jamais senti une quelconque odeur florale. Elle releva ensuite la tête avec un large sourire.

- Elles sont superbes ! Merci Audrey !

La concernée sourit de façon légèrement gênée, tout en rosissant un peu. A présent assise, elle fixa son amie sans mot dire, essayant de masquer autant que possible le malaise dans lequel son état la mettait.

- Je suppose que tu es aussi en droit de savoir.

La blonde tourna la tête vers le colonel Fender, comme pour y chercher une forme... d'approbation ? Ou de désapprobation ? Mais la furie resta relativement impassible. Du moins aux yeux d'Audrey.

- J'ai été enlevée et détenue par ma famille maternelle qui travaillait en étroite collaboration avec l'Œil. Je ne sais pas si tu connais cette organisation ?
- J'ai... eu affaire à eux.
- Bien. On va gagner du temps.

La blonde commença son histoire. Elle expliqua tristement comment elle s'était retrouvée prisonnière d'une prison dorée, bien que la moitié du temps, il se soit agi d'une prison tout court. Elle décrivit avec dégoût les horreurs qu'elle avait dû commettre pour se protéger elle même et les siens. Elle détailla avec un sourire les trésors qui lui avait permit de tenir. Les effets de sa mère, son journal qu'elle avait retrouvé et continué et qu'elle avait réussi à sauver avant le départ et enfin Cadyra. La médecin ne s'étendit pas vraiment sur le sujet, mais son amie put percevoir à son ton chevrotant qu'il avait dû exister un lien fort avec la jument.

Tout le récit fut ponctué de nombreuses pauses, la blessée ayant du mal à revenir sur certains points sans verser une larme ou voir son regard se perdre dans le vide un instant. Il y avait beaucoup de mauvais souvenirs. Beaucoup trop. Et puis, enfin arriva le sauvetage. La martienne tenta de rester la plus sobre possible, mais elle n'y parvint pas réellement. Elle parlait de Shura, du colonel Fender, comme s'il s'agissait du Messie. Et compte tenu des circonstances, elle avait du l'être. Mais il semblait y avoir autre chose. Plus qu'une relation sauveuse sauvée...

- Voilà toute l'histoire... J'ai laissé une partie de moi même là bas... Mais au moins je vous retrouve tous. C'est le plus important à mes yeux.
- Je... j'avais entendu parler de problèmes de famille mais là...

La française était totalement sous le choc. Jamais elle n'avait entendu pareille histoire. Il lui était arrivé de lire des choses similaires dans ses romans, de croiser des personnages aussi tordus au détour de ses pages, mais jamais elle n'aurait pu imaginer que de tels cinglés puissent exister.

- Mais alors, si je comprends bien, tu n'as jamais été en mission sous couverture. Tout ce temps tu étais...
- Prisonnière oui. La mission n'était qu'un leurre… C'est… C'est vraiment trop con ! la toubib s'essuya une larme en reniflant. Ça a été vraiment horrible. renâcla-t-elle de surcroit.

La terrienne réalisa. Elle réalisa à quel point elle avait pu se fourvoyer. A quel point elle avait pu être absente pour celle qu'elle osait appeler sa meilleure amie. A quel point cette dernière aurait pu mourir sans qu'elle ne se pose jamais la moindre question sur sa disparition... Elle avait honte. Terriblement honte... Elle en était même à se demander comment elle osait encore se présenter devant la docteur...

- Je suis désolé Arca je... j'aurais dû me rendre compte que quelque chose clochait, j'aurais dû être là pour toi, je...
- C'est de ma faute, j'ai mis trop de temps à percevoir la supercherie... Malgré mon rang. la coupa le colonel Fender.

La scientifique fit un signe à la châtain pour la faire s'approcher et l'enlaça dans son bras valide.

- Ça va aller petite sœur ! Je suis là maintenant.

La blonde laissa son amie pleurer un peu contre son épaule en silence. Celle-ci la serra fort contre elle, comme si elle avait peur qu'elle ne disparaisse à nouveau. Enfin, après plusieurs minutes de sanglots discrets, la gendarme décolla son visage humide du corps de sa grande sœur de cœur. Cette dernière lui sourit.

- Et puis j'ai toujours une victoire à t'arracher.
- Toutes les victoires que tu veux Arca ! répondit la plus jeune avec un large sourire, le visage encore couvert de larmes.
- Et toi ? Raconte moi ! La dernière fois que je t'ai vu, tu étais à ma place.
- Eh bien il s'est passé... pas mal de choses... Après Chasca ça a été un peu dur. Enfin rien de comparable à ce que tu as vécu. Mais j'ai eu un petit passage à vide. J'ai foutu en l'air une moto. Et je suis interdite du circuit d'Eden Prime. Mais j'ai gagné la course. déclara-t-elle avec un petit sourire amusé. Sinon beaucoup de paperasse. Je n'avais pas le droit de retourner sur le terrain jusqu'à hier. Et mon supérieur est un vrai enfoiré.
- C'est bien que tu sois allée de l'avant. J'espère que tu as bien arrosé ta victoire en tout cas ! Quand je serai dehors, on ira fêter dignement tes nouveaux galons.
- Hum... il a fallu que je rembourse la moto. Y avait plus trop de quoi faire pêter le champagne après ça. Mais oui, il faudra qu'on aille se prendre un verre. Ne tarde pas trop à sortir par contre, je pars pour l'espace frontalier dans deux semaines. A la découverte de l'inconnu !
- Je dois sortir à la fin du mois. Avec un peu de chance, je me ferai muter sur la flotte d'exploration en orbite cet été.
- Profite de ton temps libre pour te reposer et reprendre quelques formes quand même. Tu l'as bien mérité.

Les deux femmes discutèrent encore pendant une bonne heure avant que la blessée ne se sentent trop fatiguée pour continuer. Qui plus est, l'heure du déjeuner approchait. Arcadia avait probablement faim et le colonel Fender semblait quelque peu lassée de tenir la chandelle. Audrey elle même commençait à sentir naitre une certaine fringale. Elle se leva donc et fit la bise à son amie avant de prendre congé. Elle serra également la main de son autre officier supérieur par politesse.

- Merci d'être venue me voir. Ça me fait vraiment plaisir ! lança la martienne alors que sa visiteuse s'apprêtait à quitter la pièce.
- Tout le plaisir était pour moi Arca. Et puis c'était bien le moins que je puisse faire. J'essaierai de repasser dans la semaine.



Scipio Sempronia
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MessageSujet: Re: Le coeur d'une femme   Le coeur d'une femme Icon_minitimeMar 30 Avr 2019, 13:08
Vendredi 20 Avril 2204


Scipio évitait les hôpitaux et les cliniques. Par habitude, par peur, par manque de temps, probablement pour tout un tas de raisons différentes. Toujours était-il que les faits étaient ainsi : il n’était pas du genre à déambuler dans les couloirs blancs et gris. Il ne s’en enorgueillissait pas, loin de là, il se sentait même assez ridicule d’être intimidé par… Tout ça. Les files d’attente, les examens, les infirmiers & les médecins, les diagnostics, les opérations, les heures de visite, la paperasse, les malades…

Il imaginait simplement que personne n’aimait les hôpitaux. Comme lui, les autres devaient s’arranger pour faire le plus de choses possibles le même jour, afin d’éviter d’y retourner. Ce devait être ainsi. Il ne comprenait d’ailleurs pas les médecins, et n’en connaissait aucun, ou presque.

Ou presque.

Il vérifia plusieurs fois le numéro de la porte, de peur de frapper à celle d’un inconnu. Il serait si soulagé, en entrant dans la salle, de découvrir qu’il s’était trompé. Qu’il y avait eu erreur sur la personne. Qu’il y avait une autre Arcadia McKnight, et qu’elle connaissait un autre Scipio. C’était possible. La Citadelle était grande. Plein de gens pouvaient avoir son numéro. Les farces existaient. Il leva sa main, prêt à frapper, et hésita. Quelques secondes de trop, car il baissa de nouveau le poing, qu’il fourra dans sa poche. Nerveusement, il triturait les cartes de fidélité qui s’y trouvaient, tandis que de l’autre main il serrait un dossier contre son torse. Il prit une profonde inspiration et recula de quelques pas. Ferma les yeux. Se tourna vers la sortie. Personne ne saurait qu’il avait été lâche. Il n’aurait qu’à venir demain. Revenir à l’hôpital, traverser les étages, se retrouver devant la porte de nouveau… Quelque chose dans sa gorge se serra.

« Je suis contente de te revoir et surtout en entier Scipio, j’ai l’impression que ça fait une éternité ! »

« Santé ! »

« Je préfère une faveur ! Emmène moi quelque part. »

« Bienvenue chez moi ! »

« Tu as de la chance que je sois magnanime. »

« Je ne peux pas résister à un Turien qui me fait ses yeux de biche. »

« Tu reviens en un seul morceau hein ? »

Il fixait de nouveau la porte. Il l’avait fui pendant si longtemps. Combien de semaines avait-il reporté avant de reprendre contact ? Il n’était même pas au courant de sa disparition avant ces derniers jours ! Après Chasca, il avait redouté la moindre nouvelle la concernant. Il s’était réfugié dans son activité quotidienne, qui prenait de plus en plus de temps, et dans les malheurs des autres. Orianos, Audrey, ses parents… Il avait eu de quoi faire. Des bons moments également. Désormais, il fallait faire face. Pourquoi était-ce difficile ? Faire face à son amie ! Enfin, bon sang Scipio !

Il fit nerveusement tourner son bonnet autour de sa tête. Puis il mordilla le bout de ses doigts. Griffa un peu son menton. Tapota d’une main sur l’autre. Piétina encore quelques temps. Finalement, il frappa à la porte. Quelques courts mots lui intimèrent de rentrer, et il fallait bien admettre que sa main tremblait lorsqu’il activa l’ouverture. Mais d’un coup, il était à l’intérieur, et elle était là.

Arcadia McKnight.

Là.

Sous ses yeux.

Elle était incroyable.

A vrai dire, Scipio sortait lui même de quelques entretiens fâcheux, et sa cervelle vrillait d’une vilaine migraine. Il était frappé de l’impression que de vicieux gremlins acharnaient leurs scies à métaux sur sa boîte crânienne, comme ça arrivait si souvent après de longues heures de travail. Quand il eut sous les yeux le fait incontestable qu’elle était en vie, la douleur et les mauvaises nouvelles se volatilisèrent. Tout avait du sens à nouveau.

De fait, il perdit littéralement le contrôle. Les feuillets qu’ils tenaient en main ? Ils glissèrent hors de ses bras et vinrent s’éparpiller sur le sol. Il sentit l’une des lanières de son sac à dos glisser alors que ses épaules s’affaissaient. Il fixait la médecin, et elle lui rendait son regard. Ils avaient l’air un peu patauds, pour tout vous avouer, et aucun des deux ne savait comment entamer le gâteau. C’est Shura Fender qui amena la pelle à tarte, en lui faisant remarquer que ses affaires se dispersaient au sol. Avec un peu de ses pouvoirs, les restes épars du dossier voletèrent jusqu’au Turien, qui les regroupa avec précipitation avant de les poser au recto sur une table basse.

Il avait toujours la bouche à moitié ouverte, incapable de parler, et avança d’un pas ou deux. Puis, réduisant l’espace qui le séparait du lit d’hôpital en un instant, il se jeta au cou de son amie. De gros yeux ronds se dessinèrent sur le visage de celle ci, mais bientôt la surprise laissa place à son rire caractéristique. Arcadia serra le Turien avec toute la force que l’amitié pouvait fournir à son bras non-plâtré. Après une bonne minute, Scipio s’écarta, la tenant au bout de ses bras, sourit d’un air un peu idiot, puis se pencha de nouveau vers elle pour la serrer contre lui.

« Le jardin de Monsieur Ferio était très vide sans toi », remarqua-t-il.

Il riait avec simplicité, et pleurait avec abondance, alors qu’elle répondait, toute sourire :

« Tout comme le placard à balais je suppose. As tu pu récupérer ta veste au moins ?
- Tu m’es revenue toi, ça vaut bien toutes les vestes du monde. Mais pour te répondre, non. »

Il lovait la tête de l’Humaine dans le creux de son cou, mais finit par la laisser s’asseoir plus confortablement. Si, de l’autre côté du lit, la furie s’était tendue à la vue de quelqu’un d’aussi tactile avec sa compagne encore si affaiblie, elle put aussitôt remarquer que Scipio était quelqu’un d’incroyablement délicat, et qu’Arcadia semblait accoutumée à son contact. Car certes, vous connaissez notre soldat du génie désormais, et vous le savez maladroit et malhabile, mais ceux qui lui sont proches le savent également précautionneux et attentionné. Tout portait à croire qu’en quelques regards, il avait pris note de toutes les marques laissées par Inveraray, et avait pris soin de ne la tenir qu’avec de grandes précautions.

« Ouf ! J’ai cru que tu ne me laisserais plus respirer. »

Scipio ne sut pas quoi répondre ; et dans les faits, il ne répondit pas, tirant simplement un tabouret à lui pour s’installer à côté de sa commis. Il observa la main de son amie rejoindre celle de sa gardienne pour la rassurer, et sourit. Il avait l’air simplet, mais il était en effet devant un bonheur particulièrement simple. Pour la première fois depuis si longtemps, il était persuadé qu’Arcadia McKnight était en vie. Quelle joie ! Il débordait, et essuyait sa carapace rendue brillante par les larmes. Elle n’était pas en un seul morceau, contrairement à ce qu’elle lui avait annocé. Ça n’était pas difficile pour lui de reconnaître un œil artificiel, tant il en avait vu par le passé. Et puis, le plâtre offrait quelques indices également. Il finit par demander timidement à la colonel s’il pouvait avoir quelques instants seuls avec la toubib, mais celle dernière afficha une moue boudeuse.

« Je comprends, dit il doucement, avant d’ajouter avec un rire. Reste alors, j’en ai montré bien assez de toute manière ! Je ne peux pas avoir grand-chose de plus à cacher. »

Shura, malgré tout, se leva et marcha d’un pas léger jusqu’à la porte, sans un mot. Elle ne fit, à vrai dire, pas le moindre geste vers le Turien, et lui ne lui adressa pas un regard. Ils s’étaient déjà rencontré par le passé ; mais à sa connaissance, elle n’était pas Arcadia. Par conséquent, elle n’avait pas la moindre once de son attention. Pour autant, il resta silencieux encore de longues minutes. Il était un torrent de pensées, réfléchissant à ce qu’il pouvait dire. Il avait tant de choses à demander et à raconter, mais rien ne semblait avoir plus de valeur que le silence et le regard apaisé de la femme assise devant lui. Il avait tellement souffert de ses doutes qu’il n’avait pas pensé à ce qui se passerait s’il parvenait à aller la voir. Une nouvelle fois, ce ne fut pas à lui de prendre la parole :

« Tu m’as manqué, Scipio.
- C’est normal. A qui n’ai-je pas manqué ? plaisantait-il, ne faisant pas beaucoup d’effort pour se cacher derrière l’humour. Je suis désolé de ne pas être venu plus tôt… De ne pas avoir été là, surtout. J’ai entendu des rumeurs horribles, j’ai tellement de regrets désormais. Si j’avais su… soupirait-il. J’aurais du être là. »

Sa voix était grinçante et soulevait quelque chose de lourd. Une ancre qui plongeait profondément en Scipio. Elle était lestée de la haine qu’il se portait à lui même, et peu de choses rivalisaient en poids la rancœur que le Turien gardait sous scellé.

« Tu n’as pas à t’en vouloir, Scipio, rassurait la voix douce de la rescapée. Ça a été compliqué pour beaucoup de monde. »

Arcadia lui prit doucement la main, une main de géant comparée à la sienne.

« J’ai juste besoin de voir des gens. De voir qu’ils sont allés de l’avant. Le fait que tu sois là me fait énormément plaisir. Tout s’est passé très vite après Chasca, et personne n’a rien vu venir. Ni Shura, ni moi.
- Aucun de mon peloton n’est revenu de Chasca… Tous ceux qui avaient rejoint l’UCIP… On a enterré Orianos il y a deux mois. J’ai eu tellement peur pour toi. J’ai tellement honte. »

Il referma sa seconde main sur les doigts blancs de la jeune femme, et y apposa son front en sanglotant, comme dans un geste de prière :

« J’ai essayé d’avancer, je suis sûr que tu serais fière de tout ce qui a été accompli, mais je n’aurais pas du faire ça, j’aurais du être là pour toi.
- Je suis désolée pour Orianos. Je ne peux pas dire que je le connaissais bien. Mais tu le tenais en haute estime. Ça me suffit à savoir que c’était quelqu’un de bien. »

Ils s’accordèrent un peu de temps. La peine de Scipio se calma un peu, et elle reprit :

« Mais tu es là maintenant. Toi aussi tu as perdu un proche… Tu ne peux pas être partout. Moi aussi, je t’avais fais la promesse que l’on irait sur Palaven après Chasca.
- J’y tiens encore. Même s’il faut attendre. Je t’emmènerai à Palaven. Une fois que j’aurais enterré mon père, et que tu ira mieux. Rien ne t’atteindra là bas.
- Bientôt, je te le promets. Il me reste encore plusieurs jours à rester ici… et le temps d’obtenir les papiers pour aller sur Palaven… Je suis désolée pour ton père.
- Ne t’en fais pas, j’ai fais le deuil de mon père lorsqu’il a perdu la raison, ajoutait-il avec un étrange sourire triste. Ça me fait surtout de la peine pour ma mère, qui vit seule désormais. »

Il soupira, tenant les doigts d’Arcadia dans une main et affleurant doucement son avant-bras de l’autre. Elle l’avait déjà vu sous pression, en difficulté, calme, reposé, fatigué, énervé, joyeux. Mais jamais elle ne l’avait vu si doucement mélancolique. Sa peur de la perdre semblait l’avoir rendu particulièrement attentionné. Elle le sentait s’attarder sur la moindre aspérité de sa peau, comme s’il découvrait un artefact séculaire.

« Tu… Tu va mieux ? Tu t’en remettra ? Dis moi ce que je peux faire pour t’aider.
- Il va me falloir un peu de temps, mais oui les docteurs sont optimistes. Prépare moi juste un bon bol de nouilles quand je ressortirai de l’hôpital. J’en rêve depuis des mois.
- Tu es incroyable Arcadia ! »

Elle arborait un large sourire, et Scipio ne put se retenir de la prendre de nouveau dans ses bras.

« Tu es incroyable ! »

Ils rirent de bon cœur, et il mis moins de temps à accepter de la lâcher cette fois ci. L’impression qu’elle pourrait se volatiliser s’il la laissait quitter son étreinte s’effaçait peu à peu.

« Bon sang Arca… Que je regrette ! Tous ces doutes… Je me reprendrai, tu verra, je serais là pour toi. Je repasserai plus tard, la semaine prochaine. Non ! Demain ! Et la semaine prochaine en bonus. Et si tu as besoin de voir quelqu’un, tu m’envoies un message et j’arrive dans l’heure. »

Il s’agitait aussi vite qu’il broyait du noir, si bien qu’il ajouta aussitôt :

« J’ai manqué de vigilance, mais ça ne se reproduira plus si je peux l’empêcher. Je ne veux plus que tu ais… commençait-il, hésitant. Je ne veux pas que tu ais un jour l’impression d’être seule.
- Merci Scipio, ça me touche beaucoup. J’ai de la chance d’être si bien entourée. Maintenant je sais que je ne serais plus jamais seule. Et si jamais un jour tu as besoin de moi, je serai là. »

Le Turien eut quelques pensées sombres, incapable d’optimisme, mais son esprit virevolta :

« Je t’ai ramené des choses ! lança-t-il d’un coup avec un sourire éclatant. Regarde ! »

Et il entreprit de sortir de son sac à dos tout un tas de victuailles sélectionnées avec soin.

« Du chocolat ! Je n’savais pas ce que tu préférais alors j’ai tout pris. Et du rhum. Ça, je me rappelais que c’était ton truc. Je sais pas si t’as le droit d’en avoir ici, alors je t’ai pris une petite bouteille, t’aura qu’à la glisser sous les draps. Et puis, ajouta-t-il avec un clin d’œil, tu sais qui appeler s’il t’en faut plus. J’ai l’impression que c’est toi qui dois me rassurer depuis que je suis arrivé, hors de question que ça se passe comme ça ! Tiens, des biscottes, c’est ce que je mange quand ça ne va pas. Regarde, du saucisson ! »

La bouffonnerie de Scipio offrit un peu de baume au cœur de la toubib, et bientôt ils discutèrent avec plus de légèreté. Brandir un saucisson avait ce genre de propriétés. Ils purent aborder des banalités, et cela leur fit du bien. Le Turien était une ancre pour lui même : se retenant sans cesse en arrière. Mais il était aussi une ancre pour elle. Un pied dans le monde commun, un moyen de se rattacher à une vie normale, loin de la guerre et des complots. Quelqu’un qui ne voulait pas risquer sa vie sur le front comme tous les autres. Ce qui servait de poids pour l’un était une amarre pour l’autre.

Rapidement, Scipio anima presque seul la conversation, laissant à la patiente l’opportunité de se reposer. Il lui raconta Palaven, le désert de Kavin-Sero et la cordillère d’Ankarus. Il lui raconta la vie dans le bouiboui, ses entretiens réguliers avec sa financière, sa nouvelle employée, une ancienne collègue Asari. Il lui raconta comment, autour d’un verre, il avait perdu un client en cherchant à en réconforter un autre, une petite flicette à la toison brune.

« Je l’ai revu plusieurs fois depuis. Un joli brin de femme. Tu lui met dix-zéro sans aucune hésitation, mais j’imagine que pour les standards humains elle est pas mal. Elle vient aux Bouchées d’Ailleurs les mardis, et généralement un ou deux autres jours dans la semaine. Des fois, j’avais l’impression de m’inquiéter pour elle pour me dédouaner de ne pas oser te chercher toi, mais je pense qu’elle vaut simplement le coût d’être aidée. Maintenant que je te revois, je réalise que tout ce que je souhaite faire pour toi ne m’empêchera pas d’être là pour d’autres. Je me sens con d’avoir pu penser le contraire ! Elle retourne sur le terrain, c’est une UCIP comme toi. Qu’est ce que vous me faîtes flipper. Vous n’êtes pas bonnes pour ma tension !
- Audrey ? Tu parles bien de Audrey ? Une Humaine avec un air de Sainte Nitouche ?
- Je ne connais pas bien la religion de ton peuple, mais elle s’appelle Audrey, oui. Vous vous connaissez ? C’était une amie d’Orianos également, je ne serais pas étonné.
- Un peu que l’on se connaît. C’est ma meilleur amie, s’exclama la toubib en reprenant un peu de vigueur. Enfin si c’est bien de la même Audrey que l’on parle. Tu l’as rencontré dans ton resto ? »

Il se souvenait peu de cette journée là. L’enterrement d’Orianos, le vieux resto asiatique, Cody et sa femme miniature, l’alcool… Il avait une image assez nette de l’entrée des appartements d’Audrey, mais étonnamment, il s’était lui même réveillé devant le sien le lendemain, les clés encore dans ses poches. Il avait certainement dû passer un temps fou à essayer d’ouvrir la porte avant de s’endormir à ses pieds.

« Non. En fait, si. Mais c’était avant. C’était une cliente avant de… Enfin voilà, je ne pense pas qu’il y a mille personnes comme elle. Je vais finir par être le pivot de l’UCIP depuis mon bouiboui. Vous n’avez pas besoin de ravitaillement à votre QG ? »

Et ils continuèrent de discutailler, plus mollement désormais. Même Scipio semblait fatiguer, l’estomac probablement aussi vide qu’à son habitude. Ils se racontèrent un quotidien rassurant, commentèrent un peu sur les hanches de la lieutenant-commandant Bayard, et sur ce ton le Turien ne put s’empêcher un peu de malice :

« Et du coup, avec la colonel, on a des projets ?
- On s’intéresse aux ragots Scipio ? lança Arcadia en tirant la langue.
- Toujours.
- Oui, au moins un projet : celui d’être ensemble. Je l’aime. »

La médecin souriait timidement. Scipio ne se souvenait pas l’avoir déjà vu timide. Il se rappelait que cette femme avait vécu Chasca, et se remémorait les on-dits au sujet de son calvaire en Écosse. Il espérait ne jamais connaître ce qui s’était passé dans ces deux lieux de mort, mais il était rassuré de voir que son amie était parvenu à en survivre. Il se rappelait sa première impression, autour d’une table et de quelques rations militaires. Il s’était dit qu’elle était humble, bien plus que la plupart des personnes de son rang. Il semblait avoir eu raison.

« Tu va enfin pouvoir te débarrasser de tes placards de bouffe dextro.
- Tu ne comptes pas revenir profiter de mon hospitalité légendaire ?
- Si. Si ! Bien sûr. Dès que tu sors d’ici, je vous bichonne, toi et ta dame. Ah ! Quand on parle du pyjak. »

La porte d’entrée coulissa, révélant la silhouette de Shura Fender, qui avait de quoi se demander quel ouragan avait frappé la chambre. Les offrandes de Scipio (qui lui adressait un large sourire révélant toutes ses dents blanches) couvraient le lit et la table basse d’Arcadia, et il se leva de son tabouret avant qu’on ne puisse lui poser des questions à ce sujet.

« Je vais vous laisser profiter de votre temps à deux, maintenant. Comme dit, je repasserai demain. Je suis heureux que tu sois de nouveau là, Arca. Prends soin de toi. Et prends soin d’elle, ajouta-t-il à l’adresse de sa conjointe. Elle le mérite. »

Le Turien récupéra ses effets personnels et se dirigea vers la porte, croisant la colonel avant de se tourner une dernière fois vers Arcadia :

« Tu reviens en un seul morceau, hein ?
- Promis. »

Ils s’adressèrent un clin d’œil, et bientôt la porte conclut la visite. Dos à celle ci, Scipio poussa un long et pénible soupir. Elle portait encore sur son corps toutes les marques laissées par sa « famille ». Combien de temps prendront-elles pour s’effacer ? Et lorsqu’elles seront parties, pourra-t-elle récupérer une vie normale ?


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Arcadia McKnight

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MessageSujet: Re: Le coeur d'une femme   Le coeur d'une femme Icon_minitimeMer 01 Mai 2019, 02:07


「 Le Cœur d'une Femme 」
Feat.
Shura
Fender


Une nouvelle journée se levait sur la Citadelle. Une comme comme toutes les autres pour la population hétéroclite de cette station. Ensoleillée artificiellement, avec sa température ambiante propice à toutes les formes de vie. Ordinaire donc, me diriez vous ? Non. Non ce n'était pas un jour ordinaire. Il ne l'était pas pour tout le monde. Définitivement pas. Pas pour ces deux femmes blotties l'une contre l'autre dans ce lit d'hôpital.

La lumière du jour traversaient les stores de la chambre blanche, tamisant agréablement l'endroit de sa tiédeur matinale. Arcadia ouvrit doucement les yeux, prenant conscience du bionique qui avait prit place dans son orbite énucléé il y a de cela quelques jours à peine. Elle voyait ! Elle voyait la lumière du jour ! Elle voyait le confort de sa chambre ! Elle voyait Shura ! Elle la voyait ! Et cela la comblait.
Elle était là, dormant à poing fermé, lovée tout contre elle. Paraissant si paisible et si fragile à la fois, d'une sincérité terriblement touchante. Troquant sa sauvagerie habituelle par une tendresse naïve. D'une beauté à damner le plus saint des anges.

Arcadia resta immobile, luttant contre le désir de retourner se blottir contre sa petite amie, de retrouver sa protection. Elle ne bougea pas. La biotique avait besoin de sommeil, le perturber lui paraissait impensable. Alors la blonde attendit, son regard brillant d'affection rivé sur son âme sœur, l'observant de nouveau après tout ces mois de séparation. Retrouvant chaque petit détail de ce visage qu'elle chérissait tant, souriant devant cette innocence enfantine que dégageait la furie une fois assoupie.
Arcadia était heureuse car c'était son moment à elle. Le sien. Que jamais elle ne partagerait.
Shura était une femme forte, cela elle n'en avait jamais douté. Mais même les forces de la nature pouvait craquer, avait ce besoin de se confier, de partager le poids de leurs chaînes, ou d'un moment de tendresse comme cela était le cas en cet instant. La Martienne lui jura, se faisant la promesse qu'elle serait là à chaque fois pour sa moitié. Elle serait celle qui l'aiderait, l'écouterait, la soutiendrait et l'aimerait. Peu importe les obstacles, les difficultés ou les contraintes, elle serait toujours à ses côtés. Tel était le rôle de celle qui voulait partager la vie de Shura et elle l'acceptait avec joie car elle l'aimait de tout son être.

Pour l'instant Arcadia profitait de ce moment de bonheur, son corps la faisait encore souffrir mais celui lui importait peu. Il n'y avait que Shura. Le temps s'écoulait lentement, limpide et calme. La praticienne respirait l'odeur de la stellaire, s'en enivrant sans aucune retenue, lui faisant se rappeler la matinée qui avait précédé le gala. Elles s'étaient réveillées l'une à côté de l'autre comme aujourd'hui, s'étreignant avec passion... Puis elles avaient fait l'amour, d'une manière bestiale, sans aucune réserve, à en faire vibrer les murs. Un nouveau sourire rêveur vint traverser le visage de la quadragénaire à la pensée de ce souvenir si plaisant.

Shura ouvrit doucement les paupières qui papillonnèrent le temps de s'habituer à la luminosité. Malgré ses traits tirés, Arcadia lui offrit son plus beau sourire, se noyant dans ses yeux. Sa main valide vint se poser sur une joue tiède, savourant sa douceur sous les allers et retours de son pouce qui caressait cette peau douce. La blessée se rapprocha délicatement avant de poser avec légèreté son front contre celui de sa compagne, leur nez s'effleurant timidement. Les deux amantes restèrent ainsi de longues minutes, savourant chaque seconde cette idylle. Parfois, elles gardaient les yeux clos, écoutant leurs respirations qui venaient s'enrouler le long de l'oreiller, glissant avec volupté pour s'unifier en un ouragan d'amour près de leurs cœurs. Jusqu'à ce que leurs paupières s'ouvrent, les faisant se dévoiler. Chacune plongeait alors dans le regard de l'autre, s'y immergeant d'une étreinte fusionnelle.

Quelqu'un frappa à la porte avant d'entrer.

« Oh... Heu excusez moi. Je ne pensais pas que vous seriez réveillées. Vous voulez peut-être que je vous laisse ? »

La blonde sourit, caressant amoureusement le visage de son rayon de soleil.

« Non... Ça va aller. »

Elle déposa un baiser suave sur les lèvres de Shura. Le premier depuis trois mois. Son cœur s'embrasa, enflammé par l'amour que sa famille lui avait arraché, la privant du bonheur le plus simple : celui de se lier à quelqu'un et de l'aimer. Arcadia retrouva cette sensation exquise, ce moelleux, ce toucher onctueux. Arcadia retrouva cette bouche qui pouvait sans peine pouvait se targuer être aussi douce que l'étoffe la plus soyeuse, aussi délicate que le cristal le plus fin. Arcadia s'y accrocha, droguée par cette proximité, s'abreuvant de cette passion commune.

Malgré ses blessures physiques qui la tiraillaient, ses jambes encore trop faibles pour la supporter. Malgré sa psyché mutilée. Écorchée. Fracturée. Avec cette horrible intuition que le moindre souffle pouvait la faire basculer dans le plus profond des précipices. La praticienne sentit les vannes d'une écluse s'ouvrir en son sein, se déversant allégrement, avec cette impression plaisante que la vie venait abreuver son corps meurtri. La montée de l'eau vint emporter la douleur, nettoyant ce qu'elle pouvait sur son passage. Elle sut à ce moment que la vie valait d'être vécue, car si aujourd'hui était le meilleur jour de sa vie, alors demain serait encore meilleur.

Le coeur d'une femme Line-p10
Les jours défilaient lentement à l'hôpital. Mais cela importait bien peu au couple. Elles restaient côte à côte, silencieusement au début, s'échangeant ces regards amoureux dont elles avaient le secret, des papillons plein le ventre, se souriant à tour de rôle. Mais plus que tout c'était ces mains qui s'étreignaient, les doigts s'entrelaçant tendrement qui apportait ce réconfort inestimable. Un geste d'une simplicité enfantine, porteur d'une puissance incommensurable, créant un pont, un lien indestructible entre elles.
Arcadia aimait cette proximité, cette caresse sur sa peau encore marquée. Bien plus efficace que n'importe quel baume. Cela l'aidait à se reconstruire, petit à petit, à recoller les pièces du puzzle qui l'avait jadis composé. Ces mêmes morceaux que sa famille avait foulé du pied sans se soucier de ce qu'elle pouvait ressentir, le broyant millimètre après millimètre par son endoctrinement ne laissant rien de plus qu'un monticule de débris.

Mais maintenant la lumière était allumée, et puis il y avait cette silhouette qui venait s'accroupir à côté d'elle, qui l'aidait en lui souriant, la guidant dans ses gestes. Cela prenait du temps. Parfois les pièces ne s’emboîtait pas. Mais cela n'avait pas l'air de déranger cette forme féminine qui faisait preuve d'une incroyable patience à son égard, la couvant avec un amour maternel qu'elle n'avait jamais pu connaître.

Le troisième jour, la blonde se sentit prête. Effleurant du bout des digitales la paume de Shura, elle lui demanda de venir à côté d'elle dans son lit. La biotique installée, le médecin vint se caler confortablement contre sa petite amie. Elle lâcha un discret soupir avant de relever la tête, la regardant avec attention.

« Je... Je vais tout te raconter. J'en ai besoin. J'ai besoin d'en parler et d'évacuer tout ça. Ça ne te dérange pas », demanda t-elle d'une voix qui baissa subitement de volume.

Alors elle lui raconta ce qu'elle avait vécu, de la solitude qui l'avait collé du début à la fin, de la folie qui l'avait guetté durant ces semaines de détention, de Aileas, de Logan, des atrocités que le clan l'avait poussé à commettre, du lavage de cerveau perpétuel, des humiliations. Mais aussi de Cadyra, combien cela lui avait été salvateur pour ne pas sombrer dans la démence, combien sa perte l'avait abattu. Et surtout des souvenirs de sa mère. Arcadia demanda à sa petite amie d'attraper le journal qu'elles feuilletèrent ensemble, lui montrant les photos d'une personne partie trop tôt, partageant des récits tristes ou drôles, ainsi que les pages qu'elle avait noirci lors de sa captivité. De sa détresse lorsqu'elle en était venu à oublier le parfum de son amante au fait qu'elle n'avait jamais douté qu'elle viendrait.

Le récit dura de longues heures. Pas une seule fois la stellaire n'avait interrompu la scientifique, l'écoutant tout du long sans jamais faillir. Au fur et à mesure de l'histoire, Shura avait pris la place de l'oreiller, laissant sa moitié se reposer contre elle, ses bras accueillants venaient entourer la taille de la blonde, posant sa tête sur son épaule, faisant se mélanger ces coiffures d'ébène et d'or.
Les souvenirs revenaient douloureusement à la surface tandis qu'elle les évoquait, lui arrachant larmes et sanglots, il fallait alors plusieurs minutes pour se calmer, permettant à l'oratrice de reprendre d'une voix chevrotante, essayant de passer sur un sujet moins délicat pour continuer.
Son amante fut d'une grande aide, la consolant, la dorlotant, laissant sa biotique pulser, les entourer pour apaiser toute cette tristesse. Il y avait aussi des moments de bonheur, des sourires, des rires leur laissant découvrir que même dans la pire des ignominies, il restait cette infime partie incorruptible.

Lorsque enfin elle se tut, laissant le silence reprendre, sa compagne intensifia doucement son emprise. Arcadia posa son bras valide par dessus ceux de sa compagne, déposant un baiser sur la joue de sa compagne et se recolla tout contre elle.

« Mon ange à moi... »

(c) King (Sacrifars)


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MessageSujet: Re: Le coeur d'une femme   Le coeur d'une femme Icon_minitimeVen 03 Mai 2019, 18:03
「 Le Cœur d'une Femme 」

La lumière vint percuter les paupières de Shura en tentant futilement d'atteindre ses yeux. Derrière ces portes de la conscience qui étaient solidement fermées, seule une lueur légèrement écarlate était perceptible, mais elle se noyait dans un vide incolore à mi chemin entre perception et imagination. La douce chaleur qui venait se mêler à cet embrasement fut pourtant suffisante pour faire sortir la jeune femme de sa torpeur.

Shura reprenait conscience, voyant à nouveau derrière ses paupières closes où se dessinaient des formes qu'elle ne parvenait jamais à retenir, s'éveillant petit à petit à mesure qu'elle reprenait le contrôle de ses sens. Elle bougea légèrement ses muscles assoupis, fronçant les sourcils et refusant de quitter aussi abruptement le monde des rêves, refusant d'abdiquer face à cette lumière, le cerveau encore embrumé d'une profonde fatigue. Un léger grognement résonna au fond de sa gorge alors qu'elle cherchait à cacher sa tête dans un drap, un coussin, tout ce qui pouvait rapidement lui sauver la mise et empêcher le réveil d'être définitif.

Gesticulant maladroitement, Shura parvint à sentir le contact moelleux d'un oreiller contre sa joue et un sourire en coin se dessina sur ses lèvres alors qu'elle y plongea la tête avec un ronronnement de bonheur. Le contact était d'une douceur absolue, le tissu soyeux caressait sa peau et laissait sa joue s’enfoncer presque sans résistance. Elle inspira profondément, laissant cette sensation de bien être l'envahir et humant cette odeur de violette. Une odeur qu'elle connaissait bien, liée à des souvenirs qu'elle chérissait profondément. Il fallut plusieurs secondes à la stellaire pour qu'elle parvienne à faire le lien avec ce qui avait précédé sa nuit, réalisant subitement où elle se trouvait.

Les paupières de Shura se décollèrent soudainement, s'ouvrant petit à petit à mesure qu'elle s'habituait à la lumière ambiante. La première chose qu'elle vit fut ce visage angélique se dessinant devant elle, ces yeux cristallins aussi riches et profonds qu'un océan, ce petit nez délicat surplombant de séduisantes lèvres pleines de promesses et ces quelques mèches dorées insoumises venant recouvrir cette peau éclatante par endroit. Arcadia, un mot simple qui se forma dans l'esprit de la furie et qui déclencha chez elle une réaction sur laquelle elle n'avait aucun contrôle.

Son cœur fit un bond dans sa poitrine alors qu'un déluge d'émotion l'envahissait. Elle se mit à sourire bêtement, papillonnant des yeux alors qu'elle sentait une joie immense prendre possession d'elle, réalisant qu'il s'agissait là du plus beau réveil qu'elle avait eu depuis plusieurs mois. Depuis le gala, depuis que leur amour était né, rapidement condamné à ne pouvoir être consumé.

Tout ce qui traversa son esprit fut une puissante bouffée d'affection pour ce petit ange tombé du ciel à ses côtés. Elle sentit cette main délicate qui lui caressait tendrement la joue, comme pour lui rappeler que tout cet amour était partagé. Shura se déplaça alors doucement vers Arcadia, recherchant sa proximité, son contact, son odeur, sa tendresse, son affection, tout ce que la chercheuse était en mesure de lui offrir. Et la furie consommait tout comme une droguée, s'agrippant à sa compagne sans jamais la lâcher, oubliant le monde qui l'entourait pour simplement se concentrer sur ce qui lui était le plus cher, pour se plonger dans son addiction sans le moins du monde chercher à la combattre.

Elle aimait Arcadia plus que tout, et la sentir venir se blottir amoureusement contre elle lui procurait une sensation qu'elle aurait été incapable de décrire. Ce joli petit bout d'ange dans son étreinte était son bien le plus précieux, transformant la furie violente et guerrière en une simple femme éperdument amoureuse. Ses bras musclés qui pouvaient aisément briser une nuque s'enroulait avec tendresse autour d'Arcadia, ses jambes puissantes se verrouillaient derrière elle telle une serrure incrochetable, son corps souple s'adaptait pour pouvoir épouser celui de sa compagne, et sa biotique capable de déchirer les chairs se promenait voluptueusement sur la peau de la martienne, agissant non pas comme une menace mais comme le toucher empli d'affection et de bienveillance d'une mère.

Shura serrait amoureusement Arcadia contre elle, à mi chemin entre la furie bienveillante souhaitant protéger son morceau de soleil du monde extérieur et le prédateur qui emprisonnait jalousement sa proie contre elle, refusant de la laisser partir.

***

Les jours s’enchaînaient à l'hôpital, et si l'activité de Shura était quasi inexistante comparée aux mois précédents, cela ne la dérangeait aucunement. Rien ne pouvait remplacer le bonheur de se réveiller, de manger, de vivre tout simplement aux côtés de la femme qu'elle aimait. L'établissement ne laissait que peu de place à l'intimité, mais les deux humaines avaient réussi à se construire une petite bulle d'amour dans cette chambre, un petit cocon qui n'appartenait rien qu'à elles.

Arcadia se rétablissait petit à petit, ses mouvements devenaient plus vigoureux, plus énergiques, sa voix plus assurée, pour le plus grand plaisir de sa compagne qui voyait la vie la remplir à nouveau. Shura restait en permanence à ses côtés, aidant son petit ange brisé à se reconstruire tout doucement, l'accompagnant dans chacun de ses efforts, chacune de ses évolutions. Elle était là pour réconforter Arcadia quand elle était prise d'angoisse, elle était là pour l'aider à faire ses mouvements, à manger, s'hydrater et dormir, elle était là pour lui parler de tout et de rien, elle était là pour l'aimer et bien plus encore.

Il était si étrange de voir cette furie d'ordinaire si volubile, si peut encline à faire preuve d'autant de patience s'investir à ce point, faire preuve d'un tel dévouement. Mais l'explication se trouvait dans ses yeux, dans ce regard embué d'amour qu'elle posait sur sur la chercheuse, dans ces petits gestes emplis d'une affection infinie, dans cet éclat de passion scintillante qui rayonnait d'elle à chaque instant.

Un jour, Arcadia lui fit le récit de ce qui lui était arrivé en Écosse, un passage extrêmement douloureux et difficile pour la furie, mais qui était terriblement nécessaire. Elle était resté muette, s'accrochant à Arcadia autant pour se consoler elle même que sa compagne. Ses paroles lui déchiraient le cœur, lui rappelant toute l'étendue de son échec. Shura souffrait, mais elle ne le fit pas montrer par respect pour sa petite amie, la laissant parler de ce sujet qu'elle avait affreusement besoin d'évoquer.

La furie ne put cependant retenir quelques larmes en parcourant le journal, en lisant ces notes gribouillées dans un moment d'intense détresse, de peur, de confusion. Elle y lut le désespoir, la haine et une profonde lassitude. Cette envie d'abdiquer, de cesser de résister, cette envie de céder à sa famille et de devenir ce qu'ils attendaient d'elle. Un affolement profond s'empara de Shura en réalisant qu'elle était passée si près de perdre la femme qu'elle aimait, de la retrouver endoctrinée, le cerveau lavé et complètement soumise aux désirs de sa famille. Ils avaient tenté de la briser si profondément pendant ces quelques mois et la furie était admirative devant la force d'esprit dont avait fait preuve sa chérie.

Mais ces quelques notes avaient réveillé la culpabilité foudroyante qui étreignait son cœur. Cette douleur jamais véritablement endormie qui se faisait de nouveau si vive et insupportable. Une douleur qu'elle ne pouvait en aucun cas faire prendre conscience à Arcadia. La chercheuse avait besoin de se reconstruire, de voir en Shura une femme forte, aimante, attentionnée, bienveillante, libre de toute tare. Elle ne devait pas voir cette infamie qui la rongeait, cette confusion dans laquelle elle était profondément plongée et que la présence de la martienne avait réussi à faire oublier.

Cette nuit là, Shura ne trouva pas le sommeil. Se retirant délicatement du lit, elle se posa près de la fenêtre et laissa son regard se promener sur une Citadelle endormie. Elle tentait futilement de laisser son esprit voguer paisiblement, de penser à autre chose, en vain. Elle ne parvenait pas à faire sortir de sa tête cette image d'Arcadia plongée en pleine détresse, gribouillant des notes sur son journal, le corps et l'esprit blessés, plongée dans une profonde confusion alors qu'elle oubliait et qu'elle ne parvenait plus à trouver le moindre espoir sur lequel se raccrocher.

Ces passages où elle détaillait les horreurs que l'on lui avait forcé à accomplir, ces passages où le désespoir était tel qu'elle en venait à se demander s'il ne valait pas mieux mettre fin à ses jours. Il était impossible d'imaginer la puissance de la désolation qui avait dû envahir son esprit pour qu'elle aille jusqu'à envisager son suicide.

Seule. Personne ne viendra. Le maigre espoir de retrouver ma liberté s’amenuise de jour en jour. Suis je vraiment condamnée à ne plus revoir ceux que j’aime? Le rôle de Marquise, leur lavage de cerveau. Cela devient de plus en plus difficile de lutter contre moi même. Je ne sais pas ce que je dois faire. Ce que je dois penser.

Ces mots continuaient de lui tourner dans le crâne comme une punition. Shura serra la peau près de sa poitrine, fronçant les sourcils et grimaçant comme si la douleur était physique. Si seulement elle avait pu, par un quelconque moyen, lui faire comprendre qu'elle la cherchait, qu'elle ne devait pas perdre espoir... Les lamentations et les regrets étaient inutiles, mais la furie était impuissante face aux tourments qui l'envahissaient. Elle espérait simplement que le temps lui permettrait de supporter plus facilement sa culpabilité.

La furie se laissa aller à un sanglot silencieux, à peine éclairée par la lueur des étoiles. Inveraray n'était plus, mais son sinistre héritage ne l'avait pas rejoint dans son extinction.

***

Le temps continuait de défiler, et si la furie n'avait pas spécialement compté les jours, il devait s'être écoulé presque une semaine depuis son arrivée à l'hôpital. Bien de loin de son état après les opérations, Arcadia était de nouveau pleine de vie, dressée bien droite sur son lit, ses mouvements assurés trahissant la joie de vivre et l'énergie pétillante qui la parcouraient.

Les larmes avaient laissé place aux rires, n’entachant aucunement la puissance fusionnelle qui liait les deux femmes et Shura sentait son cœur s'alléger en voyant sa petite amie de nouveau aussi éclatante. Elle souhaitait toujours garder un contact avec elle, conservant la plupart du temps une main tenant la sienne, un geste simple qui remplaçait pourtant les mots à la perfection.

Elles s'embrassaient, s'étreignaient, riaient d'amour et d'affection, consommant la proximité de leur conjointe comme une drogue. Et bientôt, une certaine frustration commença à s'emparer de la furie. Cette petite bulle, ce petit nid douillet fictif qui les entourait dans cette chambre ne lui suffisait plus. Elle voulait vivre sa vie de couple avec Arcadia dans l'intimité, pouvoir être plongée dans un moment de tendresse sans risquer d'être interrompue à tout instant, elle avait besoin de profiter de son amour en privé et plus que tout, elle voulait partager un foyer avec sa moitié.

Elle ignorait combien de temps durerait encore la convalescence d'Arcadia, mais une légère irritation commençait à transpirer de son comportement et de ses paroles dès que leur idylle était dérangée.







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MessageSujet: Re: Le coeur d'une femme   Le coeur d'une femme Icon_minitimeVen 03 Mai 2019, 21:13

Le Coeur d’une femme
22 avril 2204

Citadelle - Hôpital



Les humains et les galariens ont une tradition en commun : nous nous offrons des fleurs en bien des occasions. Cependant, les symboliques de celles-ci sont très différentes d’une culture à l’autre. Les humains se basent sur les couleurs et l’harmonie de leurs bouquets. Nous avons un aperçu plus… fonctionnel, de ces plantes. Y réfléchir m’occupe, alors que j’attends patiemment que Arcadia soit disponible pour les visites.

Je suis arrivé un peu tôt. Parce que j’avais le temps, parce que j’étais inquiet en lisant les nouvelles, puis les rapports. Parce que je ne sais pas exactement comment aborder la situation. Mais ça devrait bien se passer. Une simple visite amicale. Une visite amicale pour celle qui m’a reconstruit, au cœur d’un hôpital militaire sécurisé, alors qu’elle a bien besoin des compétences dont elle m’a fait profiter. Je ne les ai pas, mais je peux sans doute apporter un peu de soutien. N’est-ce pas ? L’infirmière qui m’y emmène ne semble pas vraiment y croire, cela se lit dans ses gestes. Hé hé. Les miens ont leur réputation.

Chambre blanche, grand lit, plusieurs appareils dont je reconnais la majorité, Shura Fender à son chevet sans surprises, et Arcadia dans son lit. Le travail de reconstruction a bien démarré, mais l’on voit encore de nombreux indices sur ce qu’elle a vécu. On ne cache pas si facilement les traces du passé aux yeux d’un galarien.

-Arcadia… Quels bouchers. Ils ne t’ont pas raté. Sans doute pas la meilleure chose à dire. Je suis heureux que tu aies survécu. À peine mieux.

-Je me souviens d'un Galarien qui ressemblait à un puzzle il y a quelques années de ça. La médecin répond en souriant. Moi aussi je suis contente de te revoir Abbadon ! Comment vas-tu ?

-Assez bien. Le métier est presque calme, depuis Chasca.

Je m’approche, cette fois-ci vers Fender, à qui je tends la main.

-Merci, colonelle. J’ai lu les rapports… Les vôtres, et ceux sur votre absence. L’affaire aurait été découverte, mais si tard… Trop tard.

Le galarien se retourne vers l’alitée.

-J’ai ramené des fleurs. Une variété originaire de Sur’Kesh, qui s’est beaucoup répandue aujourd’hui. Elles ont une petite spécificité. Elles dégagent leurs phéromones après la bruine, et ces phéromones ont un effet légèrement anesthésiant, non-addictif. Loin d’être suffisant pour servir d’anti-douleurs mais, si tu cherches à te reposer ou te relâcher, un bref coup d’humidificateur suffit.

Sans doute pas la méthode la plus orthodoxe, mais chez les miens, c’est pour cela que l’on s’offre des fleurs. Certaines aident au rétablissement, d’autres sont connues pour être vénéneuses. Une symbolique très concrète finalement, qui permet de faire passer des messages.

-Parfait, je pense avoir déjà suffisamment d'addiction comme ça. Elles sont splendides en tout cas. Merci de l'intention ça me touche beaucoup.

Arcadia se tourne vers Shura. D’un geste, elle trempe ses doigts dans le pichet d’eau, humidifie la plante et la hume. Et malgré ses blessures, j’apprécie la fermeté du mouvement. Elle se remettra bien.

-J’ai aussi autre chose, mais il est peut-être encore tôt pour ça. Le galarien sort d’une poche un paquet de cigarettes, jette aussi un coup d’œil à Fender. Vous lui donnerez un coup de main ?

Le tabac est mal vu par la plupart des espèces, mais encore plus chez les humains. En temps normal, j’éviterai qu’un témoin assiste donc à cette scène. Mais je doute que Shura Fender empêche Arcadia de décider de ses actes.

- Ooooh ! Je crois que même pour un Spectre c'est répréhensible devant un médecin. La doctoresse s’empresse de cacher le paquet sous son oreiller arrachant un sourire au Spectre. Alors quoi de neuf depuis Chasca ? Tu traques les derniers corrompus ? Ou une autre mission ?

-La Corruption s’est effondrée en tous points. Les derniers survivants semblent morts, même si on soupçonne encore quelques présences dans les Terminus. Cela semble bien terminé.
J’ai repris les missions, mais plus proche de l’espace Frontalier, en collaboration avec l’Unité. Et j’ai une petite histoire à raconter, qui devrait vous occuper les esprits. Une nouvelle pas encore officialisée par le Conseil, mais cela devrait arriver dans les semaines à venir. Une nouvelle espèce a été découverte dans l’espace Frontalier. Par l’équipage d’Amnatiss Gallagher et moi-même.


Les deux femmes ouvrent des yeux ronds. Il faut le reconnaître, l’espace Frontalier est une zone riche en surprise jusqu’ici, et je ne m’y attendais pas non plus en posant le pied sur la planète.

-Tout se déroule sur FNV-3, un système où seuls pirates, trafiquants et mineurs illégaux voyagent…

*****



Finalement, la visite se passe plutôt bien. Je crains de fatiguer quelque peu la blessée, et le temps passant, je sais qu’elle a besoin de repos. Alors que le silence s’éternise, chacun réfléchissant à l’avenir, je me lève.

-Je ne vais pas vous déranger plus longtemps. Le devoir m’appelle, et le repos vous attend. Rétablissez-vous bien, et si je peux vous être utile… N’hésitez pas.

-Merci de ta visite Abba ! Bon courage à toi dans l'Espace Frontalier, avec un peu de chance on s'y croisera cet été. Sûrement pas sur le terrain, mais je devrais réussir à me faire affecter sur un vaisseau. Fais attention à toi !

Un salut de la tête, un geste de sa main, je quitte la pièce. Puis je saisi mon omnitech, et envoie un bref message à la colonelle de l’UCIP.

-Quand vous reprendrez votre enquête, considérez les ressources des Spectres comme les vôtres.

Arcadia McKnight

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MessageSujet: Re: Le coeur d'une femme   Le coeur d'une femme Icon_minitimeSam 04 Mai 2019, 23:25


「 Le Cœur d'une Femme 」
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Assise en tailleur sur son lit d'hôpital, le dos droit, Arcadia avait les yeux rivés sur sa main gauche. Elle exécutait doucement les exercices que sa kinésithérapeute lui demandait de faire, travail obligatoire si elle voulait retrouver sa mobilité d'autrefois ainsi que son indépendance.
Le moindre mouvement lui demandait beaucoup d'effort, ses phalanges refusaient de se plier bien qu'il lui était possible de commencer à mouvoir doucement ses doigts. Enserrer un objet léger était un peu plus chaque jour à sa portée. Mais le déplacer ou le porter lui demandait toute son attention, la faisant transpirer à grosse goutte.

La kiné utilisait un appareil à ultrason pulsée, la soulageant des éventuelles douleurs, simulant les nerfs de sa main pour l'aider dans sa rééducation. Le reste du temps, elle utilisait un gant extenseur des ficelles reliées à chacun de ses doigts, les étirant et les ramenant avec précaution, ainsi qu'une balle en mousse. Elle releva la tête, Shura était assise à son chevet, fidèle à son poste depuis le début de son hospitalisation, ne le quittant sous aucun prétexte. La Martienne aimait cette présence affectueuse, toujours présente, toujours là pour la réconforter, toujours là pour l'aider. Et l'aimer !
La biotique découpait avec assiduité la pièce de viande dans l'assiette de sa compagne, sacrifiant en partie la chaleur de son repas pour sa petite amie.

La blessée la regardait faire, son regard imprégné de l'amour qu'elle lui portait, son visage emplit d'un sourire heureux. Bien qu'il lui était possible de manger par seule, couper ses aliments se trouvait être hors de sa portée. Son amante avait l'air de prendre beaucoup de plaisir à effectuer cette tâche. A chaque repas.
La tâche terminée, elle plantait la fourchette dans un morceau, présentant la nourriture à l’alitée qui l'engloutissait tout rond dans sa bouche. Elles se regardaient alors, souriantes jusqu'aux oreilles, puis riaient de bon cœur face à ce moment qui leur appartenait. Cette accumulation de gestes simples était une véritable montagnes de bonheur, des instants magiques dont les deux femmes raffolaient. Comble du plaisir, les repas des cliniques privées étaient excellents.

La blonde replaça ses mèches rebelles en arrière, se délectant du contact de ses cheveux, ces derniers ayant retrouvé leur douceur, le souvenir de sa chevelure sèche comme de la paille s'écrasait au fur et à mesure pour laisser place à sa toison d'or brillante. Ses blessures avaient cicatrisé, simple marque sur sa peau d'albâtre, ce n'était plus qu'une questions de jours avant de passer sous le laser pour les faire définitivement disparaître. Elle avait vite retrouvé l'appétit, se remplumant chaque jour, reprenant du poil de la bête.

Il y avait aussi le fait de pouvoir marcher sans assistance, d'aller aux toilettes sans être accompagnée. Les premières journées avaient été particulièrement gênantes vis à vis de sa compagne alors qu'elle avait une sonde urinaire d'installée, le bruit du liquide qui coulait dans le sac de drainage à demeure lui paraissait horriblement bruyant. Lorsque l'objet fut retiré, Shura lui servit de béquille, un pilier inébranlable qui avançait à son rythme alors que ses jambes tremblaient comme des feuilles. Esquissant difficilement le moindre pas sans soutien par peur de chuter.

Tout cela lui semblait si loin et si proche à la fois par le fait de toujours se trouver dans cette chambre blanche. Elles avaient tissé ce petit cocon, cet abri que rien ne pouvait détruire. Avec des rituels faisant naître des boules de frissons dans le ventre de la chercheuse. Un lit supplémentaire avait été amené pour Shura qui au final ne l'avait jamais utilisé, partageant la même couche censé n'accueillir qu'une seule personne. Elles s'endormaient l'une contre l'autre chaque soir, s'étreignant avec tendresse pour se réveiller le lendemain blotties comme deux siamoises. Il en allait de même lors des siestes de l'après midi, qui loin d'être crapuleuse, baignée entre sensualité et câlins affectueux. La matinée était surtout dédiée aux séances avec les différents praticiens de la structure hospitalière tandis que l'après midi le couple se prélassaient dans la pièce, discutant de tout et de rien, se racontait des anecdotes, écumaient les plate-formes d'holo-séries au début, jusqu'à pouvoir sortir. Elles se promenaient lentement au travers du petit parc fleuri de la clinique, main dans la main, le cœur battant à l'unisson.

Arcadia fut heureuse de revoir des visages connus : Audrey, Scipio, Abbadon ainsi que plusieurs collègues lui avaient rendu visite pendant sa convalescence. La plupart d'entre eux avaient amené des fleurs qui ornaient les quatre coins de sa chambre à sa plus grande joie. Donnant un peu de vie et de couleurs à cet environnement aseptisé. Quotidiennement elle humidifiait les feuilles de l'Ove, la plante Galarienne inondait alors l'endroit de son odeur sucré.
Les provisions de Scipio avaient rapidement été grignotées, le rhum avait été consciencieusement partagé avec sa moitié. Légèrement éméchées ce soir là, elles avaient rit à s'en faire mal aux ventres en débitant des sarcasmes sur l'Alliance. Quant à la revue d'Audrey elle avait cru apercevoir son future bolide, la resplendissante H3s avec ses teintes noires et vertes.

Tout allait donc à merveille dans le meilleur des mondes. Arcadia était collée en permanence à sa chérie, s’intoxiquant sans retenue de cette aura sauvage, s'abreuvant du parfum de cuir et de vanille. Offrant son amour à Shura, l'enlaçant et la serrant tout contre elle avec ivresse et tressaillait lorsque les peaux se touchaient.
Dans cette océan de passion, restait ce point qui tâchait l'horizon. Un point qui se faisait parfois trop présent. Les visiteurs comme le personnel, bien qu'ils frappaient à la porte restaient intrusifs, brisant souvent la bulle dans laquelle elles évoluaient. Cela n'avait rien de bien dérangeant les premières fois, mais la répétition commençait à peser. Elle le voyait bien sur le visage de sa Shu qui tiquait de plus en plus violemment à chaque interruption d'un câlin. La toubib aussi était exaspérée, bien qu'elle ne laissait rien transparaître, détestant particulièrement être interrompue en plein milieu d'un baiser.
Arcadia ne souhaitait plus qu'une chose, quitter cette clinique, se retrouver avec Shura et uniquement elle, dans une intimité qui ne souffrirait jamais d'être perturbée, de continuer à partager ce contact de tout les jours pour toujours. Ses pensées dérivaient de plus en souvent vers son appartement l'imaginant remplit des affaires de sa compagne. Et comme à chaque fois son cœur se serrait. D'amour et d'envie. De passion et de désir. Pour celle qu'elle aimait.

Le coeur d'une femme Line-p10
Shura et Arcadia se baladait depuis une petite heure dans le parc, assises sur un banc sous une arche fleurie, le médecin avait posé sa tête sur l'épaule de la biotique, jouant avec une fleur de Deeenthea qu'elle avait cueillit quelques minutes plus tôt dans un parterre. Un geste totalement illégale en ce lieu, qui n'avait crée aucune gêne chez les deux rebelles. Une fleur d'un rose orangé signifiant la fusion chez les Asari.
Le jardin était calme en ce milieu d'après midi, comme à son habitude. Les résidents n'y allaient que très peu. Pourtant avec son herbe rase aussi vrai que nature, son petit ruisseau qui glougloutait paisiblement en suivant paresseusement son tracé, son arche floral, ses hautes haies vous dissimulant à la vue des autres, les quelques arbres qui procuraient de l'ombre face à la lumière artificielle de la Citadelle, son petit recoin de pierres blanches nacrées de Palaven et ses merveilles botaniques il avait tout du paradis.

Les bruits artificielles d'insectes bruissaient autour des deux femmes apportant ce petit morceau d'harmonie qui rendait ce tableau parfait. La quadragénaire sentait la main de son rayon de soleil s'enfoncer dans sa crinière dorée, massant l'arrière de son crâne tendrement. Elle laissait alors échapper des soupirs de satisfaction tandis que ses épaules retombaient, évacuant son stress.
Elles restèrent ainsi de longues minutes à profiter du silence, loin du monde. La voix de Shura s'éleva doucement en communion avec ce lieu serein.

« Est-ce que l'on pourrait... »

Sa phrase resta en suspens aux oreilles d'une Arcadia qui observait l'horizon. L'instant lui sembla s'étirer indéfiniment tandis qu'elle la laissait chercher ses mots. Pourtant ce ne fut qu'à peine une seconde avant que la pensée de la blonde ne résonne dans leur éden.

« Emménager ensemble ? »

Elle releva la tête abasourdie, réalisant que sa conscience venait de parler à voix haute, se projetant tout entière en dehors d'elle, son désir prenant consistance dans la réalité. Elle se mordit les lèvres en sentant le rouge lui monter aux joues. Elle regarda Shura qui elle aussi, avait prit la couleur d'une pivoine. Elles sourirent timidement. Le cœur de Arcadia fondit littéralement devant sa petite amie, si réceptive aux mots et à ses sentiments. De ses doigts blessés et tremblants, elle glissa les cheveux de sa petite amie derrière son oreille, venant y fixer la fleur avec lenteur, usant de toute sa volonté pour réussir cette action.

Lorsque enfin elle y fut parvenue, sa main droite se posa sur la nuque de sa petite amie, l'amenant à elle. Les deux femmes s'embrassèrent, fermant les yeux pour mieux apprécier le moment, bercées par cette nature idyllique.

« Oui, Shura Fender, lui murmura t-elle, insistant avec douceur sur chaque syllabe. Je veux vivre avec toi. »

Leurs lèvres se touchèrent à nouveau, se liant voluptueusement. Se collant l'une à l'autre, sans témoin, sans personne. Le rêve commençait à prendre consistance. C'était à elles de le faire exister au travers de leur amour.

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Shura Fender

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Shura Fender
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MessageSujet: Re: Le coeur d'une femme   Le coeur d'une femme Icon_minitimeDim 05 Mai 2019, 19:12
「 Le Cœur d'une Femme 」

La vie poursuivait son chemin au sein de l'Hôpital, et pas une seule fois Shura ne quitta le chevet de sa compagne. Une petite routine s'était mise en place au fur et à mesure de la répétition de certaines habitudes, un cycle qui réglementait leurs journées sans jamais faillir, et qui les rendaient sans doute aussi par la même, légèrement monotones.

Les matinées avaient été un passage difficile au début, voir Arcadia se faire ausculter et pratiquer quelques exercices, la voir fournir de gros efforts pour pouvoir effectuer un geste simple était particulièrement douloureux à observer. Mais les jours passants, les progrès étaient de plus en plus encourageants, et la douleur laissa place au bonheur de voir sa petite amie reprendre tout doucement le contrôle de son corps. Il y avait quelque chose d'adorable à la voir réaffirmer ainsi son contrôle sur la vie et cela ne faisait qu'éveiller en Shura une envie de protection qui pouvait presque parfois passer pour trop invasive.

Le reste des journées leur appartenait en revanche totalement. Les après midis étaient rythmées par les rires, les discussions passionnées et les câlins débordant d'affection et de tendresse. La furie s'immergeait dans cette passion dès qu'elle le pouvait, restant collée à sa compagne en permanence, s'enivrant de sa présence, de son odeur, et de son amour, passant sa main dans cette magnifique toison dorée, joignant ses lèvres aux siennes, caressant sa peau dans un frisson et l'enlaçant dans une euphorie absolue.

Cette bulle paradisiaque n'avait cependant jamais l'occasion de se prolonger bien longtemps, fréquemment perturbée par les praticiens, les différents employés de l'Hôpital, et bientôt également aussi par les visiteurs. La furie cacha son étonnement en constatant qu'elle connaissait déjà certains des amis proches d'Arcadia, allant du cuistot au spectre en passant par les membres de l'UCIP. Même Galbius et Yuri vinrent prendre des nouvelles.

Si Shura conservait un certain respect pour les amis de sa compagne, elle ne parvenait en revanche que péniblement à retenir son irritation à chaque interruption. Cette répétition perpétuelle commençait à lui taper sur les nerfs à une période où elle ne faisait que rêver d'une vie commune et intime avec Arcadia. La furie détestait la frustration comme à son habitude, et une furie amoureuse, d'autant plus. Elle espérait simplement que la convalescence de sa compagne n'allait pas s'éterniser ou elle craignait de finir par devenir agressive avec les troubles-fêtes.

***

Les petites balades au sein de l'Hôpital étaient les seuls réels moments où elles pouvaient s'échapper de cette bulle qui commençait à se fracturer. Shura les appréciait particulièrement, soutenant sa compagne à chaque instant, calant le rythme de ses pas aux siens comme si elles n'étaient qu'une seule et même personne, et lançant à certains visiteurs qui les fixaient un regard qui les dissuadait de continuer.

L'établissement était même pourvu d'un parc, petite oasis naturelle inattendue dans cette jungle de métal, un endroit que le couple appréciait particulièrement. Elles y étaient assises toutes les deux, surplombées par une arche florale et entourées par un jardin à la quiétude apaisante. Il était si facile de se projeter dans ce genre d'endroits, d'oublier qu'elle se trouvait sur un gigantesque morceau de métal flottant dans le vide, de se laisser aller aux rêves et à un voyage onirique.

Les deux femmes étaient collées l'une à l'autre comme à leur habitude, plongées dans le silence pour laisser l'ambiance des lieux les envahir. Mais les pensées de Shura ne flottaient pas aussi agréablement que ce qu'elle aurait voulu. Cela faisait en effet plusieurs heures qu'elle souhaitait poser une question à sa compagne, ou tout du moins, aborder le sujet avec elle. La furie souhaitait plus que tout partir vivre à ses côtés une fois sa convalescence terminée, mais elle craignait que cela paraisse trop précipité, ou qu'elle passe pour maladive si elle ne trouvait pas les bons mots.

Shura était donc immergée dans sa réflexion, tentant de réfléchir une fois encore à la façon dont elle pourrait en parler, se frottant les jambes l'une contre l'autre. Les mots lui semblaient beaucoup trop faibles et futiles pour parvenir à communiquer ses sentiments, faire partager à Arcadia cette envie de prolonger à jamais l'amour fusionnel qui les liait désormais.

Elle ouvrit la bouche pour prendre la parole mais rien n'en sortit, son cœur battait la chamade et une boule s'était formée dans son ventre. Elle se ravisa, joignant de nouveau ses lèvres et prolongeant le silence. Fronçant les sourcils, elle se maudit d'être aussi incapable de formuler une question pourtant simple. Il était inutile de perdre son temps à travailler chaque mot, elle devait parler avec le cœur, se lancer dans le vide sans même y réfléchir.

La furie prit donc finalement la parole avec l'impression que son cœur allait sortir de sa poitrine et cette chaleur qui venait recouvrir ses joues.

Est-ce que l'on pourrait...

Sa phrase resta suspendue l'espace d'un instant et son cœur percutait si puissamment sa poitrine qu'elle était certaine que sa compagne pouvait l'entendre.

Emménager ensemble ?

La furie ouvrit de gros yeux alors qu'elle se tournait vers Arcadia, le visage de son ange étant certainement aussi écarlate que le sien. Elle se mit alors à sourire amoureusement, les yeux brillants alors qu'un profond soulagement et une puissante bouffée d'affection s'emparait d'elle. Cette femme magnifique devant ses yeux partageait avec elle un lien qui transcendait les mots et la compréhension, elles étaient liées par une force qui ne pouvait être expliquée, fusionnelles jusque dans leurs pensées.

Elle l'aimait d'un amour si profond qu'il en était vertigineux. Ce n'était plus simplement une volonté pour Shura, mais un besoin. Elle avait besoin de rester à ses côtés, de s’enivrer d'Arcadia jusqu'à l'overdose, loin de toute morale, de toute réflexion. Sa peau, son parfum, sa voix, son regard, tout ce qui composait Arcadia faisait vibrer son âme à un tel point qu'elle en oubliait tout le reste.

Le cœur de la furie se mit à fondre alors que sa chérie effectuait un gros effort pour fixer sa fleur derrière son oreille.

Je veux partager ma vie avec toi Arcadia, le reste est sans importance.

Puis elles s'embrassèrent tendrement, donnant une dimension physique à leur amour, consumant cette drogue sans la moindre retenue. L'idylle prenait forme, la graine qui avait commencé sa croissance lors du gala parvenait enfin à se hisser hors de la terre, faisant connaissance avec la douce caresse du soleil et frémissant d'excitation à l'idée de tout ce qu'il lui restait encore à découvrir.

Les bras de Shura se glissèrent dans le dos d'Arcadia et elle la serra fortement contre elle, le cœur papillonnant alors qu'elle goûtait à un bonheur insondable. Le futur qui s'ouvrait devant elle était radieux et plus rien n'était en mesure de le lui retirer.


[RP terminé]

HRP:
 



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Le coeur d'une femme

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