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 Perdus dans les tréfonds

Abbadon Bynare
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MessageSujet: Perdus dans les tréfonds   Perdus dans les tréfonds Icon_minitimeMar 05 Mar 2019, 16:19
► █ Date : 5 mars 2204RP Tout public
Abbadon Bynare ♦️ Amnatiss Gallagher
Perdus dans les tréfonds



Perdu dans les tréfonds
5 mars 2204

FNV-3



Le galarien se tenait sur la passerelle de commandement, observant les scans de la planète. À ses côtés se trouvait Gallagher, la capitaine du vaisseau, qu'il avait déjà rencontré sur Chasca.

Cette fois-ci, les circonstances étaient moins dramatiques. Avec l'extension du secteur Nar'Jamon, de nouveaux systèmes avaient été ajoutés aux cartes galactiques, régulièrement fréquentés par une myriade d'indépendants profitant des lieux avant qu'une plus grande puissance en soit déclarée propriétaire. La plupart ne souhaitaient pas se faire repérer par les gouvernements, qu'il s'agisse de mineurs illégaux, d'espions envoyés par des entreprises voulant étudier de très près le potentiel des territoires avant d'investir, ou encore de pirates se cherchant un port d'attaches.

Mais la plupart n'était pas tous. Quand un vaisseau subissait une avarie d'urgence, illégal ou non, il appelait à l'aide. Était-ce le cas de celui-ci ? Un vaisseau mineur posé sur la troisième planète du système, un roc avec une atmosphère trop faible pour être colonisé en surface, sur lequel des imprudents se seraient écrasés ? Ou était-ce un piège, une nouvelle enclave de criminels, cherchant à piller les richesses minées par les travailleurs stellaires ?

Dans tous les cas, le message avait été relayé jusqu'à l'UCIP, et celle-ci prenant au sérieux l'exploration de l'espace Frontalier, souhaitant éviter qu'il devienne une nouvelle Travée de l'Attique, une expédition préventive fût mise sur pied. Au programme, la corsaire Gallagher, habituée à travailler en dehors de l'espace concilien et aux affrontements contre des pirates. Son équipe d'intervention était parée également, et invité de dernière minute, Abbadon avait décidé de rejoindre la troupe. Par curiosité pour le secteur, qu'il n'avait jamais visité ; intrigué par ce message qui, s'il était encore présent malgré le temps nécessaire pour que l'information arrive jusqu'à la Citadelle, indiquait plus probablement des pirates que des mineurs ; et enfin, pour voir l'UCIP à l’œuvre sur une opération plus 'normale'. L'Unité l'intéressait de près, et il devait construire une opinion mieux fournie sur ses méthodes.

Attentif, il se contentait d'écouter le rapport du technicien responsable des scans. Celui-ci résumait les quelques informations connues de la planète, et ce que lui-même pouvait observer.

"FNV-3. Petite planète tellurique, faible atmosphère, pas d'expédition faite à l'heure actuelle. Seule caractéristique notable : la planète semble quasi-intégralement couverte de réseau de caverne, s'étendant au delà de la portée des capteurs. On ignore s'il s'agit d'un phénomène naturel ou si c'est une trace d'activité alien datant d'un précédent cycle. Dans tous les cas, l'atmosphère est extrêmement fine, la température en surface glaciale, surface exposée aux chutes de météorites de grande taille, ce qui rend les lieux inhabitables."

Le technicien zooma sur une portion particulière de la planète. Comme ailleurs, des cavernes se dévoilaient, et plusieurs indicateurs clignotaient.

"Le signal de détresse provient d'une grotte particulièrement grande, ou un petit vaisseau peut entrer. Le signal en lui-même est standard, un simple SOS, aucune précision sur ce qui a mené à cette demande. Aucun vaisseau n'est détectable sur la surface, ni aucune installation, mais rien n'exclut une présence pirate dans les profondeurs."

Un salut, et le spécialiste retourna à sa place. Plusieurs regards se tournèrent vers le galarien, qui prit la parole à son tour.

"Merci. Tout d'abord, je vais juste préciser les raisons de ma présence : je ne sais strictement rien de plus que vous sur ce lieu, et je préfère vous apporter un soutien supplémentaire en cas d'imprévu. Je ne suis pas là pour commander la mission, c’est votre capitaine qui est en charge."

Un salut envers l'humaine. La présence d'un Spectre pouvait être difficile à gérer, et Abbadon souhaitait minimiser ces inconvénients.

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MessageSujet: Re: Perdus dans les tréfonds   Perdus dans les tréfonds Icon_minitimeMer 20 Mar 2019, 22:38
Un mois et quelques semaines après le massacre, elle fixait intensément les relevés topographiques. Elle ne les regardait qu’à moitié, plongée qu’elle était dans ses souvenirs. Une nouvelle mission, si tôt, et avec l’homme qui l’avait mené au dernier cercle des enfers qui plus est… Le pont commençait à se remplir, et elle reprit ses esprits juste à temps pour entendre l’enseigne Kovir finir son examen préliminaire, et Abbadon enchaîner. Quand elle estima que l’entrée de l’alien était suffisamment soignée, elle prit soin d’y ajouter sa patte.

« Vous avez entendu monsieur le Spectre. Considérez le soldat Bynare comme un stagiaire ; on l’emmerde pas, on le laisse faire sa vie de son côté, et s’il commence à être louche on dit rien et on vient me faire un rapport. »

La lieutenant Amnatiss avait rarement l’occasion de charrier un membre des Spectres, aussi s’y donnait-elle à cœur joie. Cependant, si elle savait que ses troupes comprenaient bien ce qu’impliquait le statut du Galarien, elle devait également prendre soin de leur rappeler qui était derrière le grade :

« Comme pas mal d’entre nous, Bynare est un vétéran de Chasca. Plus précisément, il était le commandant de l’unité d’infanterie Valkyrie lors de l’assaut. Oui, vous avez bien compris, vous êtes le gratin et on vient de vous trouver un nouveau fromage. Et pour les trois au fond qui ont rejoint le Rorke après la bataille, vous n’avez qu’à lire les rapports. On en a des tas, ils sont super bien rédigés et j’ai même perdu un bras à force de taper sur les claviers à longueur de journée. »

La bonne humeur de la tête blanche se transmettait à son équipage, malgré le malaise de quelques uns des soldats, notamment les plus récents. La prothèse de bras du capitaine était suspendue à sa taille, et fidèle à son habitude, ça ne l’empêchait pas d’illustrer ses propos avec de grands mouvements de bras. La vue d’un moignon a nu était perturbante pour ceux qui n’y étaient pas encore habitués, et elle prenait un petit plaisir à mettre mal à l’aise ceux aux cœurs les moins bien accrochés. Avec un air faussement perdu, elle sorti des notes et fit mine de devoir se rappeler ses prérogatives.

« Ah oui, c’est vrai ! FNV-3, c’est du terrain inconnu, donc la procédure veut que je vous remémore les protocoles de premier contact élémentaire. En tant que soldats de l’UCIP, nous sommes tenus d’exécuter un protocole de premier contact d’observation non-intrusive pacifiste. Ça veut dire qu’en bas, s’il y a du monde, on ne tire pas sous prétexte que ça bouge, on cause pas même si ça a un joli p’tit cul, on garde autant de distance que possible, et si c’est agressif on s’casse. Toute rencontre avec la moindre mouche à merde doit être reportée immédiatement à l’officier sur le terrain, et l’info transmise à l’officier à bord. L’officier sur le terrain, c’est bibi, ou le Spectre Bynare si je suis pas dans le coin. L’officier à bord, c’est la sous-lieutenant Windsor. »

Elle laissa à ses troupes quelques secondes pour ingérer les informations, avant de reprendre :

« Au sujet des risques de chocs bactériologiques, on ne quitte jamais son équipement complet, et le premier qui me sort que l’atmosphère avait l’air respirable ou que son casque sentait le renfermé je lui fais bouffer ma prothèse. Et enfin, la planète reste intacte : on ne cueille pas les plantes parce qu’elles ont des bonnes gueules, on ne fait pas sauter de la roche pour déblayer un passage sans mon accord direct, et on ne ramène pas de cailloux, même quand ils brillent. Oui c’est à toi qu’je cause Tibor. »

L’un des soldats de l’équipe d’intervention enfila immédiatement son casque pour cacher sa honte, alors que ses comparses se moquaient ouvertement de lui.

« Enseigne Kovir, on en est où sur l’analyse complémentaire ?
- Les scans ont permis d’en apprendre plus sur le réseau souterrain. Certaines alvéoles ne donnent que très peu d’informations, nous supposons que celles ci sont recouvertes en bonne partie d’un matériau assez semblable au plomb, qui bloque nos relevés. Il est très probable qu’une fois engagée dans une de ces alcôves, l’équipe d’intervention ne pourra pas contacter le Rorke tant qu’elle n’en sera pas sortie. Nous ne pourrons plus déterminer votre position également. Le signal ne provient pas d’une grotte dotée de cette particularité, cependant. Il est émis d’un troglodyte a un poil plus de quatre-cent mètres de la ZA. Les différents trajets disponibles se font sur un terrain couvert.
- Probablement pas un piège alors, ou alors c'est des sacrées baltringues.
- C’est ce que j’ai pensé également. Mais il faut prendre en compte des risques d’éboulement dues à des faiblesses structurelles. Il n’est pas impossible que les lieux soient piégés dans le but de s'effondrer.
- Beaucoup d’effort quand une balle dans la tête aurait suffit.
- Oui, mais si ça arrive je préfère savoir que ça a été dit au briefing.
- Pas faux » acheva sèchement la lieutenant.

De la main gauche, elle tapota de le bout de son nez, une habitude lorsqu’elle réfléchissait. D’ici quelques ordres et une poignée de minutes, elle serait sur la surface de cette planète non-cartographiée. C’était assez excitant.

« Bon… entama-t-elle. Mélanie, tu restes en orbite basse, si les communications sont compliquées par ces dômes de plomb mieux vaut que le Rorke ne soit pas trop loin, histoire de capter la moindre bribe de com. Vous seriez bien embêtés si vous ne m’entendiez plus râler pendant toute l’opération, après tout. Également, le major Qaradi restera à bord. On descend en effectif restreint, donc une extraction médicale doit pouvoir être rapide. Des questions ? Des remarques ?
- Lieutenant ?
- Salvi ?
- Puisse l’esprit du Rorke vous permettre de garder la communication ouverte.
- S’il peut faire ça, je prend volontiers, souffla Gallagher. Si c’est tout, équipe d’intervention, Spectre Abbadon Bynare, suivez moi. Nous allons fouler de nos grosses bottes ce joli caillou. »
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MessageSujet: Re: Perdus dans les tréfonds   Perdus dans les tréfonds Icon_minitimeDim 24 Mar 2019, 14:42

Perdus dans les tréfonds
5 mars 2204

FNV-3

Les soldats étaient professionnels, efficaces. Sans perdre de temps, ils descendirent au hangar du vaisseau, récupérèrent leurs armes et grimpèrent dans la navette. Une demi-douzaine d’individus pour l’équipe d’intervention elle-même, plus les deux pilotes. Deux étaient davantage techniciens que soldats, chargés d’analyses superficielles sur les lieux en plus de guider le reste de la troupe dans ce qui serait probablement un labyrinthe souterrain.

Sans aucun frottement, la navette quitta le hangar et pénétra la simili atmosphère de FNV-3. Se connectant aux capteurs extérieurs, Abbadon vérifia peu à peu si les observations se confirmaient : une atmosphère dont la composition était supportable quoique éloignée des standards considérés comme acceptables, mais une densité bien trop faible. La planète disposait pourtant d’un champ magnétique suffisant pour se protéger du soleil, le manque d’atmosphère devait donc avoir une autre explication. Peut-être la proximité avec la ceinture d’astéroïdes, qui devaient régulièrement s’écraser sur la surface. Ou la planète ne s’était formée que tard par rapport au reste du système, et n’obtiendrait une atmosphère qu’aux bout de plusieurs millénaires. De nombres autres possibilités existaient, que le galarien envisageait mal par manque de connaissance.

Quoiqu’il en soit, la faiblesse de l’atmosphère permit une arrivée en douceur à la surface, et la troupe posa pied à terre avec prudence, chacun couvrant le rang avançant. Le soleil brillait mais, si loin, il créait plus d’ombres qu’il ne donnait de visibilité, aussi tous allumèrent leurs lampes. Avec quelques signes, Gallagher prit la tête, tandis que la navette repartait en altitude pour couvrir les soldats si besoin. Le galarien accorda sa foulée sur celle des soldats, légèrement en arrière, son fusil de tireur d’élite en main.

Les 400 mètres disparurent sans aucun imprévu. Entre les soldats, quelques blagues filaient, parfois réprimées par le besoin de rester attentif. Le silence absolu de la planète n’aidait pas à calmer les nerfs, surtout qu’il n’indiquait pas non plus la sécurité : dans si peu d’atmosphère, un éboulement pouvait se faire sans que ses victimes l’entendent. C’était aux vibrations du sol qu’il fallait rester attentif, mais même là, rien ne se passait. Les seules animations provenaient des deux techniciens qui parfois, s’arrêtaient pour scanner les environs, qu’il s’agisse d’une roche à l’aspect particulier ou d’un scan global de la zone autour des l’équipe pour enrichir et détailler les plans. L’endroit avait visiblement eu une vie agitée : le sol relativement droit avec les montagnes visibles dans le lointain indiquait d’anciennes chutes de météorites, tandis que d’immenses crevasses montraient que les lieux avaient connu une activité sismique. Connaissaient peut-être même encore, d’ailleurs.

Les soldats firent une halte avant d’entrer dans la grotte d’où provenait le signal de détresse. Un trou noir sans aucune personnalité. Un bref repos, puis tous s’enfoncèrent dans les ténèbres. De son œil vif, le galarien regardait chaque angle et chaque recoin des lieux, les mémorisant, tandis que les techs envoyaient leurs drones devant, en explorateur. Ils ne pouvaient aller bien loin, mais sur tous les omnitechs, les galeries se dessinaient peu à peu, galeries vites empruntées par la force d’intervention. Sans surprises, elles s’étendaient loin, confirmant ce que tous les scanners soupçonnaient : la planète accueillait un labyrinthe.

Heureusement, ses explorateurs du jour disposaient d’un fil d’Ariane, en la présence de ce signal. Peu à peu, ils allèrent plus loin, plus en profondeur, le signal devenant toujours plus fort. Jusqu’à ce qu’au détour d’une salle sombre, d’où partaient plusieurs autres tunnels, la balise apparue. Une balise standard, en bon état, abandonnée en plein milieu des lieux. Elle ne disposait pas d’une source d’énergie autonome – ou pas seulement – puisqu’un long câble s’étendait derrière elle, s’enfonçant plus loin encore. Il rejoignait sans doute le vaisseau dont la balise était issue, et si elle était là, c’est que le vaisseau devait être dans une zone d’où les communications ne passeraient plus. Les techniciens partagèrent ces quelques informations avec le reste de l’équipe, laissant le soin à la cheffe de décider de la suite. Le galarien fit un tour prudent le long des différents tunnels, s’attendant presque à une embuscade, mais sans rien détecter de vivant. Cependant, ses capteurs indiquaient une température légèrement plus élevée qu’à l’extérieur bien que toujours négative, et une densité de l’atmosphère un poil plus forte quoique chargée de gaz carbonique. Un point au moins était confirmé : la planète connaissait un minimum d’activité sismique, disposait d’un cœur bien actif, et les grottes devaient s’enfoncer suffisamment loin pour en bénéficier.


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MessageSujet: Re: Perdus dans les tréfonds   Perdus dans les tréfonds Icon_minitimeDim 07 Avr 2019, 22:29
Le choix d’Amnatiss pour cette mission tombait sous le sens. Le Rorke était sorti avec des dommages réparables de Chasca, ce qui n’était pas le cas de bien d’autres vaisseaux ayant participé au carnage. Ses membres d’équipages avaient été remis sur pieds ou remplacés, et même sa capitaine était fonctionnelle émotionnellement et physiquement, officiellement tout du moins. Travailler en dehors de l’espace concilien était une habitude chez elle, et elle était renommée pour ses extractions depuis des années désormais. Aller chercher une bande de contrebandiers égarée au fin fond de l’espace frontalier, on parlait ici d’un travail quasi-routinier.

Alors elle choisit les même que d’habitude. Joru’En, Tibor, Alcion et Mieszko formaient l’équipe d’intervention classique, le dernier étant le seul petit nouveau. Mosi et Daphné les accompagnaient en endossant le rôle de scanner sur pattes. Le duo d’ingénieurs, qu’Amnatiss appelait les escrocs de la Rouge (ou les révoltés du Bounty, selon l’humeur) pour commémorer leurs pérégrinations au large du Soudan, suivait l’ex-catcheuse depuis longtemps. Comme elle, ils avaient été sous la tutelle de Gilles Crossfin lors de la Grande Guerre, et avaient rejoint l’UCIP avec sa bénédiction. Comme elle, ils avaient fait quelques écarts hors de l’armée entre temps. Moins légaux qu’une carrière de sportif professionnelle, mais non moins impressionnants aux yeux de la lieutenant.

En se remémorant les nombreuses histoires que le duo racontait de temps à autre, elle vérifia une dernière fois son équipement avant d’entrer dans la navette, achevant l’examen par l’enchâssement de son moignon dans sa prothèse. La connexion était toujours désagréable, malgré les promesses des médecins sur le fait que le malaise s’atténuerait. D’un côté, ils avaient également conseillé de ne pas s’amuser à sans cesse la retirer.

Il ne fallu pas longtemps avant que l’escouade ne mette pied à terre. Le secteur était dégagé, le Rorke encore visible dans le ciel, et l’objectif toujours aussi clair. L’opération était d’une telle banalité que la présence d’un Spectre en devenait le seul élément inquiétant. Amnatiss n’était pas mécontente d’avoir des effectifs supplémentaires, bien au contraire, mais elle avait entendu les bruits de couloir. Entre ceux qui parlaient d’espionnage galarien, ceux qui supposaient une mise en surveillance d’Amnatiss à cause de ses actes vis à vis du Saint, et ceux qui fantasmaient des complots exigeant à la lieutenant d’attirer le Spectre sur une planète isolé pour pouvoir l’y enterrer, il y avait de quoi faire.

Rien de cela ne se profilait pourtant. Uniquement une mission de sauvetage banale, à ceci près qu’elle avait lieu dans un secteur non-repertorié. Alors que l’escouade s’amusait des remarques de Mosi sur les similitudes entre le taux élevé d’acidité dans les rares dépots liquides et dans l’humeur de Daphné, la chef à la tête blanche pénétrait dans le réseau de tunnel. La source du signal fut découverte, mais le vaisseau qui avait du être utilisé pour amener les disparus était vraisemblablement enfoncé plus profondément sous la surface.

« Bon, lança Amnatiss. La thèse des contrebandiers devient de plus en plus probable. M’est avis qu’ils savent très bien que la structure les protège des scanners, et qu’ils se planquaient. Ils n’ont peut être plus assez de carburant pour décoller, ou bien ils ont eu des soucis, peut être d’éboulement, et ils ont besoin d’un coup de main. On n’oublie pas : survivants ou non, il nous faut la boîte noire de leur vaisseau. S’ils tiennent encore debout, on pourra voir si les données corroborent leurs dires. Si l’on en trouve pas, on aura peut être des moyens de les identifier malgré tout. »

Le chemin s’effilochait en plusieurs cavités, mais les câbles de la balise permettaient à l’escouade d’identifier un trajet clair, et ils l’empruntèrent sans hésiter. Bientôt, ils vinrent se fixer à une sorte de générateur, autour duquel était organisé un camp de fortune. Le tout existait sur le flanc d’un large appareil, à peine assez petit pour entrer, et qui se présentait clairement comme le vaisseau recherché. Du générateur, qui semblait être une pièce du véhicule détournée de son usage initial, émergeaient de longs tubes noir et gris qui s’enfonçaient dans différentes cavités. La piste continuait, se divisait, mais au moins, le vaisseau avait été retrouvé. Par quelques gestes, l’ordre d’explorer l’engin et son campement fut donné.

Si les câbles d’alimentation indiquaient la voie, il n’étaient pas nécessaire pour pousser Amnatiss plus loin sous les alcôves rocheuses. Elle fut rapidement prise d’une certaine fascination pour le lieu, l’explorant autant par curiosité que pour le bien de la mission. La lampe de son casque éclairait sur les parois des motifs sinueux, des cercles et des spirales, qui s’étendaient comme un labyrinthe tracé à même la roche. D’abondantes veines de métaux divers semblaient ainsi décorées de ces symboles relativement homogènes, et des lampes de chantier avaient été disposés non loin. La plupart était renversées ou brisées, mais l’attention de la lieutenant n’était pas sur ces déchets. Ses doigts gantés parcouraient la paroi, appréciant les aspérités si fines et délicates.

« Je n’suis pas géologue, commença la voix de Daphné dans le dos de sa patronne. Mais j’ai déjà vu des formations similaires, il y a deux ans. Une histoire d’érosion ou je ne sais quoi…
- Ça m’as l’air très régulier pour de l’érosion.
- Vous seriez surprise de ce que peut réaliser l’eau qui coule en plusieurs siècles. Moi, c’est leur nombre qui me semble étonnant. J’ai du mal à croire que quelque chose d’aussi étendu soit naturel. Peut être que nos contrebandiers sont aussi un peu artistes ? »

D’un soupir, Amnatiss éloigna la remarque de l’ingénieur.

« Scan moi ça, ou c’que tu fais d’habitude, et envoie les résultats au Rorke. Je veux que nos gars là haut nous trouvent des déductions un peu moins farfelues. Ah, et va prévenir le Spectre aussi. »
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MessageSujet: Re: Perdus dans les tréfonds   Perdus dans les tréfonds Icon_minitimeVen 12 Avr 2019, 18:28

Perdus dans les tréfonds
5 mars 2204

FNV-3

Les soldats étaient professionnels, efficaces.
Au bout du câble, le vaisseau se dévoilât. Un véhicule lambda, vers lequel s’orienta le galarien tandis que le reste de l’équipe analysait les lieux. Un camp de fortune, pour une poignée de personnes seulement, où le vaisseau servait d’abris tandis que les appareils autour recueillaient des données et servaient d’alarme. Le galarien haussa un sourcil. Ceci ne ressemblait pas à ce que l’on attendait de contrebandiers, malgré les dires de Gallagher.

Arrivant au vaisseau, le galarien travailla à l’ouvrir. Ceci ne lui prit que quelques minutes, le sas s’ouvrant permettant au Spectre de pousser plus loin ses investigations. Le bâtiment était petit, principalement doté de capteurs, avec un armement minimal, pas de soute, mais un laboratoire d’analyses préliminaires.

« Gallagher, c’est un vaisseau d’exploration. Des scientifiques, peut-être amateurs. »

L’agent prit place dans le cockpit, recherchant le journal du bord du capitaine. La dernière entrée de celui-ci remontait à une quinzaine de jour. Quelques minutes permirent d’en écouter les grandes lignes, et le galarien rejoignit la responsable de l’expédition.

« Écoutez ça. »

L’humaine connecta le journal à son omnitech. À son tour, elle entendit l’historie d’un trio de scientifique, qui tentaient leur chance au cas où la planète aurait recelé un secret. Un trio qui devint vite un duo lorsqu’un premier disparût – perdu dans les grottes ? – puis qu’un second soit retrouvé aux portes de la mort. La dernière entrée annonçait le départ imminent du vaisseau, mais rien ne mentionnait la balise.

« La balise n’a été détectée qu’une semaine après la dernière entrée. On peut donc supposer qu’ils aient été repérés et attaqués par des pirates, que l’un d’eux est parvenu à s’enfuir, a activé la balise, puis a été repris. Mais plusieurs éléments ne concordent pas : le fait que la balise ait été laissée en fonctionnement sans qu’une embuscade ne soit présente, l’absence de trace de tirs. Les pirates ont pu partir depuis, mais sans le vaisseau ? Quelque chose cloche. »

Le galarien se tût, marmonnant pour lui-même. L’un des techniciens en profita pour revenir avec ses scans des parois.

« Scans faits, mais on est sous le plomb, rien ne passe. J’envoie dès que la connexion reprend. En attendant, y a un truc intéressant : les motifs sinueux dégagent de la chaleur. J’ai poussé un peu plus loin, ils ne sont pas qu’en surface, ils s’enfoncent dans la roche et dans le sol. Je sais pas comment ça se fait, mais si ça continue comme ça, il fera presque chaud ici.

-Chaud ? Hmmm. Si les chercheurs sont allés plus loin et plus profond, et si effectivement, l’environnement est plus chaud… Peut-être que cette planète est habitée par un dévoreur ou une autre saloperie du genre. On n’a pas encore croisé de galerie ressemblant aux leurs, mais peut-être que l’on est trop en surface. Gallagher, qu’en pensez-vous ?

-On trouvait aussi que les motifs ont une forme artistique… »

Le galarien jaugea du regard l’humain, puis regarda les murs.

« Possible. Mais sans lumière pour les voir, l’artiste en question est bien étrange. Et j’imagine mal les chercheurs travailler à créer ça pour le plaisir. L’analyser, peut-être. Ils ont un laboratoire basique, si vous voulez tester un échantillon. »

L’humain partit aussitôt vers le vaisseau. Abbadon se recentra sur la capitaine.

« S’il y a un dévoreur, la situation se complexifie. Nous manquons d’armes lourdes, et l’espace est trop confiné. Mais je crois plus probable qu’une bande de pirates a élu domicile ailleurs dans les cavernes, a laissé la balise pour attirer une proie potentielle, puis rapidement fuit pour ne pas être appréhendée. Les chercheurs nous ont laissé un plan préliminaire à partir de leurs explorations, nous pouvons commencer par rejoindre l’endroit où le blessé avait été retrouvé. Au minimum, nous devrions trouver les traces de ceux qui l’ont attaqué, histoire d’évaluer les forces en présence. »

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MessageSujet: Re: Perdus dans les tréfonds   Perdus dans les tréfonds Icon_minitimeSam 13 Avr 2019, 18:40
La fascination devait malheureusement céder sa place au professionnalisme, si bien qu’Amnatiss prêta une oreille attentive aux analyses du Galarien. Trois visiteurs, de potentiels pirates, peut être un dévoreur qui viendrait gratter la surface… La lieutenant fit part de ses avis sur ces questions :

« Nous pouvons dors et déjà écarter la thèse du dévoreur, je pense. A notre connaissance, nos petits copains les archéologues du dimanche sont les premiers venus sur cette planète. Vu l’état de leur camp, ils ne sont pas là depuis une éternité non plus. Même si leur équipement militaire avait l’air mineur, je doute qu’ils aient eu le cul suffisamment bordé d’nouilles pour trimbaler des spores de dévoreur dans leur soute de trois mètres carrés, et qu’il ait en plus eut le temps de grandir pour les dézinguer tous les trois. »

Son argument semblait maigre, aussi elle s’expliqua plus en détail :

« Ce ne sont clairement pas de grand professionnels, et ces … Choses sur les parois, ça n’a pas l’air prothéen pour un sous, donc je doute qu’ils aient été envoyés par des grosses huiles. Cependant, pour financer d’eux même le voyage jusqu’ici et y rester… Je dirais, un peu plus d’un mois à vue de nez, ils étaient clairement préparés. Selon le manifeste, ils avaient bien l’intention de rester ici encore quelques temps. Ce que je veux dire, c’est que ce sont des amateurs, pas de complets ignorants. Leur disparition dans les crocs d’un dévoreur serait un énorme concours de circonstance, or, avec les différentes informations que l’on a, nous devrions juger à l’aune d’un rasoir d’Ockham.
- Vous pourriez éviter de causer comme une campagnarde et parler « à l’aune d’un rasoir d’Ockham » dans la même minute, chef ?
- Je peux Tibor, lui répondit-elle en adressant un large sourire que le casque dissimulait. Mais j’y perdrai en charme.
- Si vous l’dites chef.
- Bref, on devrait se pencher sur les hypothèses qui nous demandent le moins de « si ». Le dévoreur est bien trop improbable à mes yeux.
- Il reste les pirates, c’est ça ? avança Joru’En, l’autre biotique de l’escouade.
- Oui, mais comme l’as dit m’sieur Bynare, on est aussi face à un cas étrange. Pas d’impacts sur la carlingue, pas de cartouches thermiques vides au sol. Mosi, t’as des traces de pas ?
- Négatif, pas plus que nos trois zygotos.
- Zygoto, quel mot… bizarre.
- Et enfin, pas de piège, alors que la balise continue de faire coucou à tous les vaisseaux du secteur. Plus j’y pense, et moins l’embuscade me semble crédible, la puissance du signal n’est clairement pas dédiée à être discrète. On a mis du temps à le recevoir à cause de la structure de la planète, pas d’une tentative de restreindre la dispersion des ondes.
- Il nous apprend quoi alors, Ockham ? »

Amnatiss tapota le bas de son casque du bout de ses doigts mécaniques, s’accordant quelques secondes pour réfléchir.

« Les multiples semblent moins nombreux pour la thèse des pirates, mais elle n’en est pas très crédible pour autant. M’est avis que l’on cherche dans la mauvaise direction. S’il y a une bestiole ici, elle est autochtone. De toute manière, un dévoreur ne serait pas à ses aises sur une planète avec autant de métaux dans ses soubassements. Voyons voir, il donne quoi, ce plan... »

Avec Abbadon, la tête blanche se pencha sur les cartes des Indiana Jones amateurs de FNV-3. De longues minutes, ils établirent les différents trajets de l’équipe, proposèrent des buts potentiels à leur expédition, et déterminaient plusieurs lieux, qu’ils appelaient des foyers de recherche. Le passage de l’un à l’autre de ses foyers semblait fréquent pour le trio-qui-devenait-un-duo, et un peu d’exploration appris à l’escouade du Rorke que ces sentiers étaient balisés, sécurisés, et que le camp du vaisseau n’était pas le seul. Ils avaient installé des couchettes sommaires à chaque lieu, et il devint rapidement évident qu’ils étaient sur leur garde. Micro-sommeils, tours de garde, multiples lieux de repos, ils semblaient prêt à être frais et dispos à tout moment. Ça n’avait vraisemblablement pas été suffisant.

Daphné rapporta de l’intérieur du vaisseau les résultats de ses analyses, mais également celles du trio de chercheur. Selon elle, ils cherchaient un sens à ces inscriptions quasi-hyérogliphiques, et d’un air presque ennuyé, elle déclara :

« C’était des branquignoles, le genre qui se soignent à l'homéopathie. M’est avis que s’ils sont morts, c’est parce qu’ils sont tombé malades en léchant les cailloux et qu’ils ont essayé de se soigner aux placebos.
- Tu peux éclaircir un peu ton propos ?
- Ils pensaient que les motifs sur les murs étaient une espèce de carte des lignes telluriques de la planète.
- Les quoi maintenant ?
- Les lignes telluriques, un réseau Hartmann… C’est un truc de radiesthésie.
- Non franchement, ça ne m’a pas aidé à comprendre.
- C’est de la magie, explicita Daphné en agitant les doigts pour rendre le plus clair possible le ridicule de leurs recherches.
- Ah putain les cons. »

Alors qu’Amnatiss frappait son casque de la main d’un air abasourdi, les ampoules d’un duo de lampes de chantier éclatèrent avec fracas. Du tungstène désormais apparent se dégageait un filin de fumée grisâtre.

« Merde, lâcha irrévérencieusement Daphné, l’ingénieure turque. La température du côté du générateur est en train de grimper en flèche.
- Tu t’es connecté à leur réseau ?
- Eh, si ça marche, pourquoi pas ? »
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MessageSujet: Re: Perdus dans les tréfonds   Perdus dans les tréfonds Icon_minitimeMer 24 Avr 2019, 12:47

Perdus dans les tréfonds
5 mars 2204

FNV-3

Les soldats étaient professionnels, efficaces.
« Nous avons trois morts non-naturelles, archéologues, sur une planète déserte, adeptes de pseudo-science. ». Le galarien soupira. « La seule façon d’en savoir plus est de s’enfoncer plus profondément. Restez à l’affût de… n’importe quoi. De mousses toxiques peut-être ? »

Le Spectre s’interrompit, alors que les lampes explosaient une à une. L’ingénieure s’était rapprochée du moteur, tentant d’arrêter son emballement qui faisait griller une à une les sources de lumière. Mais en vain. Rapidement, seule restèrent les éclairages intégrés aux armures.

« Que s’est-il passé ?
-Aucune idée… Ça a fondu. Mais pas de l’intérieur. C’est comme si le générateur s’était retrouvé dans un four.
-Un four ? » Abbadon cligna des yeux. « Pour le faire fondre, la température doit être énorme. Et si ciblé… Que tout le monde reste à l’affût des sources de chaleur. Si votre armure vous indique que ça grimpe en flèche, mettez vous à l’abris. Que quelqu’un teste les motifs, voir si leur température a brusquement augmentée. Capitaine ? » Abbadon regarda dans les yeux la cheffe de l’escouade, passant sur un canal privé. « Je vais faire un tour sous camouflage optique. J’ignore ce qu’il se passe, mais cette surchauffe est trop ciblée. »

Un hochement de tête lui confirma que c’était bien compris. L’humaine à la crinière blanche réorganisa ses hommes, se préparant à aller plus loin. Rester immobile n’était pas une solution. Le galarien, pour sa part, s’éloigne un peu, éteignit sa lampe torche et activa son camouflage optique. Devant lui, les ténèbres, brièvement éclairées par les lumières de ses comparses dans son dos. Il s’avança encore, laissant son regard s’adapter au manque de luminosité. Peu à peu, le noir ne se faisait plus si sombre : les motifs à chaleur rougeoyaient légèrement, et ce même dans le lointain. Le galarien s’avança prudemment. Il était hors de vue de ses alliés désormais, attentif au moindre son, au moindre mouvement pouvant signaler la position de ce qui avait fait griller le moteur. Le pirate était improbable. Peut-être un robot, abandonné là les Cycles savaient quand, par d’autres explorateurs ? Ou par une espèce ayant habité la planète ? Poussé par la curiosité, Abbadon continua son chemin, s’éloignant encore de ses alliés.

« Bynare au rapport, toujours rien. Mais il fait bien plus chaud ici. J'aperçois de temps à autre des lumières plus violentes dans le fond de crevasses. Peut-être une activité volcanique. »

La grotte changeait. Un instant, le galarien eût une frayeur, alors que la température augmentait encore. Mais c’était global, et non centré sur lui. Plus il allait loin, plus il descendait, et plus il faisait chaud. Plus surprenant encore, la pression elle-même augmentait. Il s’interrompit. Ici, à cette profondeur, la vie était envisageable. Y avait-il…

Il n’y eut aucun avertissement. Le coup le frappa violemment dans le ventre, l’écrasant contre la paroi. Un second vain, qu’il esquiva de justesse, plus par chance que par technique. Puis Abbadon envoya une projection, repoussant son agresseur, avant de réactiver son camouflage. Il faisait noir, il était invisible, il recula silencieusement… Et reçu un nouveau coup, sa tête violemment repoussée en arrière. Son ennemi ne produisait aucun sein, n’était pas visible dans les ténèbres. Alors, en désespoir de cause, le galarien resta couché, braqua son fusil à pompe au-dessus de lui et tira quand l’être l’écrasa de tout son poids. Celle-ci recula aussitôt, toujours sans un cri. Le galarien repris son déplacement à reculons, se releva, approcha la main de sa lampe... et remarqua ses capteurs, indiquant que la température augmentait à toute vitesse. Il recula encore, frôla une paroi dont les motifs métalliques surchauffaient, tira en mode dispersion devant lui. La hausse de température s’interrompit aussitôt. Abbadon prit enfin le temps de réactiver sa lampe, n’apercevant que brièvement l’être qui disparaissait. Un pelage court et noir sur ses pattes antérieures, du muscle imposant avec des mouvements souples, des griffes acérées. Une main sur son venom, l’autre sur son ventre, le galarien constata la force de l’être, qui avait enfoncé quelques endroits de l’armure. Des dégâts superficiels, mais qui ne semblaient pas avoir été faits avec une arme !

« Gallagher, nous ne sommes pas seuls. Il y a au moins un… alien, présent sur les lieux. Il est dangereux, adapté à l’obscurité, et parvient à créer ces ondes de chaleurs. Je retourne vers votre position, soyez aux aguets. »

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MessageSujet: Re: Perdus dans les tréfonds   Perdus dans les tréfonds Icon_minitimeDim 28 Avr 2019, 19:20
Tout portait à croire qu’ils ne retrouveraient pas les « chercheurs » en vie. Pour autant, il semblait raisonnable de s’attarder pour trouver les corps, déterminer les causes de décès et récupérer le maximum de leur équipement. Si cette planète recelait un danger, il fallait qu’il soit répertorié et que tout visiteur puisse en être averti. Et surtout, si ce danger était vivant, il ne fallait surtout pas qu’il ait accès à de la technologie avancée.

C’est pour toutes ces raisons, et probablement aussi par curiosité, qu’Abbadon partit en éclaireur plus profondément dans le tombeau des pseudo-scientifiques, suivi de loin par l’équipe d’Amnatiss. Il les avertirait d’un danger s’il en trouvait, et son camouflage optique lui permettrait de se faufiler sous les yeux de ce qui avait pu attaquer les trois précédents habitants de ces alcôves de plomb.

Après de longues minutes de descente lente et méthodique, un coup de feu au loin vint se répercuter d’un mur à l’autre, jusqu’aux oreilles de l’escouade. Il fut bientôt suivi d’un autre, d’un troisième, d’un quatrième peut être. Les échos rendaient difficile d’estimer leur nombre exact, mais une communication tenta de préciser leur cause :

« Ga.l.gh.r, n.us ne s..me. p.s s.uls. I. y . .u m.i.. un… a.i.n, p..se.t s.r .es l..u.. .l es. d.n..reu., a.a..é à l’ .b..uri.é, .t pa.vi.n. à c.éer c.s o.d.s d. .h.le.rs. J. re.o..ne v.r. vo.re p.si.io., s.ye. a.x a.ue.s.
- Spectre Bynare ? On vous reçoit mal, les communications courte portée n’ont pas l’air de fonctionner au mieux ici. On se déplace sur votre position. »

Par quelques gestes du poing, Amnatiss mis en branle l’unité. Ils avaient cessé de s’éparpiller, maintenant que le danger semblait imminent. Leurs pas étaient feutrés, malgré le harnachement qu’ils portaient, ne souhaitant pas attirer sur eux ce qui avait poussé le spectre à faire feu. En espérant, bien entendu, qu’il était l’origine des tirs et pas leur cible. Bientôt, les troupes se mirent à suer abondamment sous leurs combinaisons, la température augmentant rapidement alors qu’eux même descendaient.

« Bynare, vous nous recevez ?
- M.l .i.ut..nt. »

Le reste du message se perdit en crépitement aigus puis, bientôt, en un son plat et continue. La communication semblait complètement perdu.

« Lieutenant, on a plus aucun contact du Rorke non plus. Mon omnitech ne détecte plus sa présence en atmosphère basse.
- Quelque chose doit dérégler nos appareils ici. Assurez que les systèmes de survie soient prioritaires. On peut se passer de com, pas d’oxygène. On avance. »

Et ainsi, ils reprirent la marche, et rapidement découvrirent au fond d’un tunnel la silhouette du Galarien. Il ne semblait pas blessé, mais sa démarche trahissait la fatigue d’un affrontement rapide et violent. Il aurait récupéré en une poignée de minutes tout au plus, Amnatiss n’en avait aucun doute, mais elle accéléra le pas dans sa direction afin de pouvoir lui parler de vive voix.

« Spectre Bynare, qu’est ce qu’il s’est passé ? interrogea la lieutenant.
- Contact avec un… Alien. Sauvage, probablement. Parfaitement adapté à l’environnement. C’est une espèce autochtone. Et elle semble dotée d’une capacité de surchauffe. J’ignore si cela vient d’un outil – récupéré sur les chercheurs ? - ou d’une capacité de l’espèce. Clairement hostile, et physiquement très puissant et résistant.
- Vous avez eu un affrontement ? »

Il acquiesça, mais rapidement la voix de Mosi les interrompit :

« On a des mouvements thermiques un peu partout chef.
- Encore les glyphes sur les parois ?
- Non, pas du tout. Et ça va vite !
- On se regroupe. Joru’En, bouclier biotique. Tibor, Alcion, arrière garde. Mieszko, avec le Spectre à l’avant. Mosi et Daphné vous restez au centre de la forma... »

Puis elle vit, plus haut sur le chemin, la forme trapue et vive qui se détachait en ombre sur le mur de la caverne. Le Turien en queue de fil fit feu, son tir éclairant vivement la grotte comme un éclair en pleine nuit. Difficile de voir s’il avait touché sa cible, et aucun cri ne venait confirmer une blessure.

« Joru’En ! »

Les deux biotiques de l’équipe se regardèrent, et les ondes bleus de leurs pouvoirs commencèrent à apparaître autour de leurs mains. Amnatiss se concentra, sentant la biotique courir sur sa peau. Le sentiment était grisant, et inquiétant. La première fois depuis Chasca. Bien entendu, il y avait eu les simulations… Mais le terrain était différent. Il y avait l’urgence, le danger. Tout se ressentait avec plus d’intensité que lors d’un simple exercice. Gallagher ne fut pas peu fière de voir la barrière bleu se dresser autour de l’escouade. Les coups de feu la traversaient sans difficulté, venant chercher les silhouettes qui se tapissaient dans les ombres.

« Lieutenant Gallagher, votre… !
- Qu’est ce qu… ?! »

L’énergie bleuâtre crépitait autour du bras gauche de la soldate. D’un coup, elle vit une barrière solide recouvrir son bras. Les ombres autour d’elle, le feu, la détective Bayard qui fuyait.

Chasca.

L’épée du Krogan, la douleur qu’elle avait ressenti lorsqu’ils avaient atteints le Temple. Les alcôves noirs du souterrain lui rappelèrent l’entrée du dédale de Zaroth. L’intense désespoir qu’elle y avait vécu. Le retour des Butariens, et ce jour là, sur Athame. Tout était de nouveau autour d’elle, et son corps n’acceptait pas ça. Elle serra les dents à se les briser, mais un cri rauque sorti malgré tout de sa gorge. Joru’En ordonna au reste de l’escouade de se disperser, alors qu’elle tenta de contrôler sa supérieure. Les pouvoirs biotiques projetèrent l'Asari contre la paroi, en dehors de la bulle biotique. L’unité était dans la débandade, le tout n’arrivant qu’en quelques secondes à peine. Des arcs électriques bleus et violets courraient le long de l’armure de la lieutenant, qui tenait son bras de chair de sa main mécanique en cherchant à se maîtriser. Puis, d’un coup, les capacités biotiques d’Amnatiss éclatèrent en une violente onde de choc qui l’assourdit. Elle fut projetée en arrière, percuta Abbadon et les faisant rouler sur trois bons mètres. Poupée de chiffon adossée à un stalagmite bouillant, la femme aux cheveux blancs était sidérée par ce qui venait d’arriver, le souffle coupé par les chocs multiples.

Les morceaux de sa prothèse s’étaient répandus sur toute la longueur de son vol plané. Des crépitements aigus émanant de son épaule faisaient gicler des gerbes d’étincelles sur la roche à ses côtés. La poussière volait en tout sens, agitée par plus de mouvements que ces couloirs n’avaient du en voir en toute une vie. Ces couloirs que l’on pouvait désormais appelé des impasses : l’onde de choc avait fait s’écrouler la structure sur elle même, d’épais blocs de roches ayant changé l’issu en épais mur. Un bras et une jambe se tordaient sous l’un des rochers massifs : Mieszko. Le cœur d’Amnatiss se noua, et elle regarda le Galarien qui peinait à se relever juste à côté d’elle. Ils étaient les deux seuls de ce côté, séparés du reste de l’escouade par le dérèglement biotique de la lieutenant.


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MessageSujet: Re: Perdus dans les tréfonds   Perdus dans les tréfonds Icon_minitimeMar 30 Avr 2019, 00:06

Perdus dans les tréfonds
5 mars 2204

FNV-3



La… bête, ne tarde pas à réapparaître. L’équipe de Gallagher se met aussitôt en position, se reposant cette fois sur les capteurs thermiques. Je prends la tête du triangle, Venom en main, un genou au sol, mais sans tirer. Elle n’est pas morte quand elle a été touchée, il y a de ça une dizaine de minutes. Elle n’a même pas saigné. Aucune chance de l’affecter à cette distance avec mon arme. Pour l’avoir, il faut percer son… épiderme ? Donc attendre le dernier moment…

Qui ne viens pas. La grotte est si sombre. Toujours pas. Pourquoi se débattent ils derrière ? Toujours…

Le choc soulève le galarien du sol, envoyé des mètres plus loin, à la fois par l’onde biotique qui se brise et par la masse de la capitaine humaine. Il retombe lourdement, roule, s’écrase contre la paroi, alors que les murs tremblent et que le plafond s’effondre. Il lui faut de longues secondes pour remettre un genou à terre.

Bon sang ! Mais que s’est-il passé ? Tout est si sombre. Abbadon réactive sa lampe frontale. Heureusement, l’autochtone n’est plus là. Mais le corps, sous les décombres… Non, ce n’est pas Gallagher, elle est ici. Sans sa prothèse. Et les autres… il cligne des yeux. Dessous également ou, s’ils sont chanceux, derrière. Espérons-le.

-Les médecins vous ont vraiment laissé reprendre du service, Gallagher ?
-Tous les entraînements s'étaient bien passé... Hier encore on revoyait notre déploiement de barrière avec Joru'En... Vous étiez là sur le Rorke ! Vous m'avez vu la faire !

Soupir. Ce n’est pas faux. Un simple raté. Ou encore une capacité de ces créatures ? Un dysfonctionnement de la prothèse ?

-Êtes-vous blessée ? J’ai du médigel si besoin. Mais si vous pouvez-vous en passer, c’est mieux. Déblayer cet éboulis va être complexe, et il serait mieux d'économiser nos ressources le temps de trouver un autre chemin.

Gallagher s’en est bien sortie. À l’exception de sa prothèse. Au moins, l’épaule tient toujours, elle ne risque pas d’hémorragie.

-Vous avez une arme de poing ? La femme montre son Predator. Parfait. Une idée de ce qui a raté avec la biotique ? Si non, évitez d’y avoir recours. Cette roche est bien moins solide que prévue.

Le cas de l’humaine est réglé. Maintenant, l’éboulis, et les parois. Abbadon scanne une partie des roches à l’omnitech, et rapidement, des fantômes d’explosions sont projetées autour de lui.

-Hmmm. Trop d’imprévus. Si la roche a cédé face à la biotique, il est très probable qu’une explosion à même de renverser l’éboulis nous ensevelisse avec les murs. Heureusement que les scientifiques en herbe ont entamé des cartes des lieux. Le Spectre pianote sur son omnitech. La caverne du vaisseau est atteignable, mais nous en avons pour… une journée complète de marche. Avec ces choses…

Ces, oui. La bête est trop adaptée à l’environnement, et donc autochtone. Et si elle est autochtone, elle ne peut pas être la seule. Si nous sommes chanceux, ce sont des êtres territoriaux, et il n’y en aura qu’une sur notre trajet. Si non…

-Je ne parviens pas non à joindre l’extérieur. Nouveau soupir. Mettons-nous en marche. Je ne sais pas pour vous, mais je n’ai que des rations énergisantes sur moi. De quoi couper la faim, mais pas de quoi nous nourrir. Après… Le batracien interrompt son débit de parole un petit instant. Il s’agit clairement d’un prédateur. Vu sa taille, sa vélocité, sa résistance et sa force, il consomme beaucoup de calories. Il doit y avoir de quoi se nourrir, dans ces cavernes.

Le trajet permettra d’en savoir plus. Même si j’aurai voulu l’éviter, il passe par des niveaux plus profonds, donc plus chauds, donc plus propices encore à la vie. Peut-être que cela permettra aussi de comprendre quelques petites choses de plus, comme la hausse de la pression atmosphérique à ce niveau, où comment cette espèce est parvenue à développer une telle capacité à émettre de la chaleur concentrée. Mais mieux vaut éviter d’importuner Gallagher avec ma curiosité dès maintenant.

-On est partis !

*****


-C’est… bien trop esthétique pour être naturel.

Il ne s’agit pas d’un simple niveau. C’est une caverne, de plusieurs mètres de hauteurs, de plusieurs dizaines de longs, et sans doute pas beaucoup moins de large. Mais la vraie surprise, ce sont les parois. Couvertes des veines métalliques déjà remarquées au début de l’expédition, elles ne sont pas ici grises et froides, mais rouges et surchauffées. La température s’en ressent, devenant même confortable, et les lieux sont ainsi baignés dans une lueur rouge. Mais ceci ne suffit pas à effacer les dessins composés par ces arabesques métalliques, allant du rouge au blanc éclatant.

-Je n’ai jamais entendu parler de ruines prothéennes similaires. Y a-t-il une espèce vivante sur cette planète ? Autre que ces bêtes ? Comment sont-ils parvenus à faire ça ? Ou peut-être un cycle plus ancien, et ces créatures sont apparues ensuite dans l'écosystème qui a été créé ?

Notre grotte débouche non sur le sol, mais à quelques mètres de haut sur la paroi. Une erreur par rapport à la carte des explorateurs, mais pas la première. Pour une raison encore inconnue, les tracés n’ont pas l’air fixe ici. Descendre est facile, à condition d’éviter les veines métalliques. Aisé dans ma condition, mais il faudra aider Gallagher.

-Je passe en premier, je vous réceptionnerai.

Facile à dire, presque aussi facile à faire. Si ce n’est que les humains pèsent leur poids, surtout en armure. J’espère que le trajet ne recèle pas d’autres surprises du genre, j’aurai beaucoup de mal à la porter. Elle et moi entamons notre chemin vers l’autre côté de la caverne. De nombreuses autres ouvertures percent la paroi, la plupart inexplorées, les autres tombant sur des culs-de-sac. Mais l’une… se distingue clairement des autres. Les veines qui en sortent sont presque rectilignes, et un grondement sourd… ne s’y entend pas, mais fait vibrer mes os.

-Gallagher, vous entendez ça ?


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MessageSujet: Re: Perdus dans les tréfonds   Perdus dans les tréfonds Icon_minitimeMer 01 Mai 2019, 15:28
L’agent Galarien s’était remis plus promptement que la soldat Humaine. Celle ci était abasourdie par ce qui venait de se passer, et elle ne repris ses esprits que lorsqu’il lui posa une question légitime. Mais pourtant, les faits étaient là ; elle avait passé tous les tests auprès des psychologues spécialisés, et avait même fait parti des rescapés les plus rapidement remis sur pieds après Chasca. Elle avait fait les simulations, et travaillait régulièrement avec Joru’En, l’autre biotique la plus douée du Rorke, pour récupérer sa maîtrise d’antan. Comment son incompétence avait-elle pu mener à la mort de Mieszko ? Elle se traina jusqu’à la roche, et tenta de déblayer le corps.

« Êtes vous blessée ? »

Abbadon Bynare expliqua calmement la situation, tandis que de son unique main valide, Amnatiss parvint à dégager une partie du buste du jeune polonais. Elle récupéra son dog-tag, l’enfila autour de son propre cou, puis récupéra la dose de médi-gel qu’il portait.

« Ça ira. Une contusion tout au plus… Joru’En ? appela-t-elle. Alcion ? Daphné ? Vous m'entendez ? »

Sa voix ne semblant pas traverser la pierre et les métaux, elle tenta d’ouvrir un canal de communication. La seule réponse fut un grésillement qui vint enfler la céphalée causée par l’explosion biotique. Tandis qu’elle cherchait à joindre le reste de l’escouade, le Spectre examinait l’affaissement. Il lui demanda également si elle savait d’où avait pu venir l’onde de choc, mais elle n’avait pas de réponse concluante :

« J’ai déployé le champ comme d’habitude, et puis… C’était comme si les nodules d’ézo avaient décidé de ne pas se plier à l’implant. »

Amnatiss cherchait à être analytique. Elle ne pouvait se laisser déborder par les événements, elle avait besoin de les comprendre. De retour dans le monde des manchots, elle devait être capable de déployer toutes ses armes. Rien n’assurait que son simple predator suffirait à faire face aux menaces de ces tunnels. Elle avait laissé son fusil d’assaut sur le Rorke, car elle n’avait pas encore tout à fait pris le pli de s’en servir avec un bras mécanique, mais c’était encore autre chose d’utiliser une arme de poing avec uniquement sa main non-directionnelle. Il y aurait toujours l’omni-lame en cas de besoin.

« Hmmm. Trop d’imprévus. Si la roche a cédé face à la biotique, il est très probable qu’une explosion à même de renverser l’éboulis nous ensevelisse avec les murs. Heureusement que les scientifiques en herbe ont entamé des cartes des lieux. La caverne du vaisseau est atteignable, mais nous en avons pour… une journée complète de marche. Avec ces choses…
- Charmant. »

Le reste de l’exposé n’était pas beaucoup plus optimiste, mais le Galarien exprima la possibilité que le réseau de grotte abrite quelques mets raffinés. L’Humaine n’était pas si optimiste :

« Il fait si chaud et sec ici, je doute que l’on trouve assez de champignons pour faire une salade. Il va falloir espérer que les proies de cette bestiole ne soient pas un danger elles même. Et m’est avis qu’avec le boucan que l’on vient de faire, on ne va pas en croiser avant quelques heures. »

Le duo partagea leurs informations, fit un point sur leurs ressources, s’accordèrent une poignée de minutes de repos, puis se mit en route.

Le trajet était physiquement désagréable. Gallagher avait retiré les restes de la prothèse pour éviter d’être encombrée, mais elle n’était plus habituée à ce déséquilibre. Le sol était très inégal, et aussi profondément, il fallait souvent longer les parois pour ne pas glisser sur le lit de poussière et de gravats qui composait le centre du sentier. C’était un phénomène étrange, comme une gouttière naturelle qui rejetait vers le fond les débris issus de la surface, lentement. Une caillasse éclatée par un coup de tonnerre à l’entré des cavernes mettraient des dizaines d’années avant de trouver leur fond, mais tôt ou tard, elle y parviendrait.

En revanche, le moral n’était pas si désastreux qu’il aurait pu l’être. Ils ne firent pas mention de Mieszko, bien qu’Amnatiss, intérieurement, pria pour lui. Abbadon était si incisif et calculé dans ses jugements qu’il aurait pu blesser la tête blanche, mais en vérité, sa rigueur avait plutôt tendance à l’aider. Il en fallait beaucoup pour entamer la confiance en soi de cette femme prête à sortir de cette chape de roche à coup de poing s’il le fallait. Lorsque le silence venait, et c’était là chose fréquente, Gallaher s’accordait du temps pour réfléchir à ce qui avait pu causer le dérèglement. Elle démonta et remonta avec soin les événements, comme une montre dont les cliquetis ne seraient plus sur le bon tempo. Lorsqu’elle eut l’impression d’avoir une certaine idée de la chronologie de la catastrophe, elle en fit part à la seule âme qui pouvait bien l’écouter :

« Maintenant que j’y repense, la bulle biotique était belle et bien dressée, commença-t-elle. Mais quand Joru’En m’a prévenu, j’ai senti les champs gravitationnels s’agiter autour de mon bras. Comme s’il s’attaquait lui même. J’ai juste eu le temps d’apercevoir les mêmes ondes qu’une stase, et… La douleur d’une déchirure, j’imagine ? Vous auriez déjà entendu parler d’un cas comme ça ?
- Non… Cela s’est senti comme une attaque ? Les créatures auraient des capacités biotiques ?
- Pas vraiment. Plutôt comme si les nodules d’ézo ne répondaient plus à mon ampli. »

Le Spectre ne répondit pas, mais il semblait évident qu’il réservait une partie de ses pensées à réfléchir à ce problème. L’intestin de pierre qu’ils sillonnaient s’ouvrit bientôt sur un palais métallique, et Abbadon ne put s’empêcher de le commenter d’une voix presque ingénue :

« C’est… Bien trop esthétique pour être naturel.
- Je n’vais pas mentir, c’est la première fois que j’ai l’impression d’être dans un four à micro onde. Et c’est plus impressionnant que ce que je m’imaginais. »

De fait, FNV-3 était une curiosité. Nul scan préliminaire ne présageait de ce que sa croûte superficielle pouvait dissimuler, et le duo n’était désormais nullement étonné que des chercheurs puissent décider d’y élire domicile. Et comme face à toute curiosité, Amnatiss était curieuse. Elle se rapprocha aussi près que possible des spirales métalliques, afin d’avoir un aperçu de leur température. Les données que lui relayaient son omnitech semblaient concorder. Au moins un appareil qui marchait, ici.

« Je n’ai jamais entendu parler de ruines prothéennes similaires. Y a-t-il une espèce vivante sur cette planète ? Autre que ces bêtes ? Comment sont-ils parvenus à faire ça ? Ou peut-être un cycle plus ancien, et ces créatures sont apparues ensuite dans l’écosystème qui a été créé ?
- Je met des doutes sur l’idée d’un cycle antérieur. On a fait l’expérience de la fragilité de ces cavernes, elles n'auraient pas pu tenir si longtemps complètement abandonnées. Mais les caractéristiques de ce niveau sont radicalement différentes de ce que l’on a trouvé à la surface, ou même sur le trajet. J’ai presque l’impression d’être face à un travail de terraformation, la création d’une bulle vivable artificielle au milieu d’un environnement hostile. Quel genre de peuple aurait pu faire ça…
- Je passe en premier, je vous réceptionnerai, fit remarquer le Galarien.
- Ah ! Et galant avec ça. »

Gallagher sourit à sa propre blague, rangea son arme de poing et se laisser guider par le Spectre. Elle avait la très désagréable impression d’être un poids mort, mais elle se rassurait en se disant qu’elle avait déjà vu les méthodes d’Abbadon. Il n’hésiterait pas à se servir d’elle comme de bouclier humain quand le besoin s’en fera sentir.

La traversée du dôme de roches et de métaux était étonnamment paisible. Certes, il faisait un peu chaud, mais les combinaisons hermétiques régulaient efficacement la température que percevait le duo. De petits picotement firent sourire la lieutenant, comme si elle ressentait la douceur d’une brise chaude qui venait caresser son bras. Mais bientôt, cette chaleur agréable se changea en une brûlure légère mais permanente. Elle avait l’impression que l’on tenait son membre à quelques centimètres d’une plaque de cuisson. Elle avait beau s’écarter des parois, rien n’y fit et pour cause : ce membre là était encore sur Chasca, à l’heure qu’il était.

Elle n’osa pas confier la douleur fantôme au Spectre. Comment aborder le sujet de toute manière ? « Eh, vous auriez du médigel pour le bras que je n’ai pas ? » La douleur ne se calma pas pour autant, et elle donna l’impression à Gallagher que l’on piquait son bras avec de longues aiguilles chauffées à blanc lorsque le grondement vint les surprendre. Fort heureusement, dès que ce tremblement cessa, il emporta l’horrible démangeaison avec lui.

« Je l’ai perçu, oui, grinça la sportive. C’était quoi à votre avis ? Ça… Les intervalles entre les grondements ont l’air réguliers. Comme une respiration. Vous ne trouvez pas ? »

Et puis, il y avait également les motifs sur les murs. Ils abandonnaient les formes convolutées de celles qu’ils avaient observé jusque là pour cette fois si devenir un labyrinthe rigide et qui semblait n’offrir qu’une seule issue : cette immense trou dans la paroi, la source de cet espèce de ronflement qui, à chaque pulsion, venait réveiller le membre fantôme d’Amnatiss. Elle était fascinée par ce lieu, mais commençait à sérieusement détester cette mission.

« On a pas franchement de choix plus évident que celui ci, et hors de question de se séparer avec les coms qui ne passent pas. On avance. »

Et ils s’engagèrent dans ce couloir, suivant les veines et les aspérités comme des guides muets, avec l’impression de franchir un seuil interdit.


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MessageSujet: Re: Perdus dans les tréfonds   Perdus dans les tréfonds Icon_minitimeLun 06 Mai 2019, 12:35

Perdus dans les tréfonds
5 mars 2204

FNV-3



-Ce n’est pas vraiment le chemin de la sortie… Les explorateurs n’y sont même pas allés. Mais nous avons des questions qui ont besoin de réponses.

J’emboîte le pas de l’humaine, réfléchissant aux possibilités. Les veines métalliques sont construites, c’est évident, bien que j’ignore comment. Elles dégagent de la chaleur, et se dirigent vers… la source de ce son. L’environnement à cette profondeur est étonnement chaud, suffisamment pour être considéré comme habitable, si de l’eau liquide s’y trouve. Ce qui est probable, vu que des créatures semblent y vivre. Je m’arrête un bref instant.

-Gallagher, je… pense que nous approchons d’une machine. Peut-être de terraformation. Mais en tous cas, qui entretient l’environnement souterrain. C’est la seule explication pour que la vie soit possible ici alors que la surface est morte.

Reprise de la marche, le long du couloir. Peut-on le dire éclairé ? Après tout, avec l’omniprésence des veines de métal surchauffées, la pénombre n’est plus qu’un lointain souvenir. Mais le rouge, partout, n’est pas vraiment une façon naturelle de voir le monde. Les lampes frontales sont une bénédiction ici.

Plus nous nous enfonçons, plus le grondement régulier est fort. La chaleur augmente également, mais pas assez pour submerger nos armures. Que va-t-on découvrir ? Je suis à peu près certain, pour la machine, mais y aura-t-il des systèmes de sécurité ? Des bêtes, profitant de la température généreuse ? Des robots, chargé de l’entretien ? Autant d’inconnues me déplaisant, alors que nous n’avons aucun moyen de communiquer avec l’extérieur.

Combien de temps allons-nous encore marcher ?

*****


Cela fait une bonne heure que nous marchons, mais nous touchons au but. Le tunnel, jusqu’ici rectiligne et en pente descendante, se redresse devant nous. La chaleur est élevée, vers la cinquantaine de degrés Celsius, et l’air est sec. Au moins, il est improbable de tomber sur une créature en continuant notre chemin.

Enfin, la fin du tunnel, et le spectacle devant nous est surprenant. La grotte, la pièce, semble être une demi-sphère, d’une trentaine de mètre de haut. La majeure partie de cet espace, à partir du centre, est occupé par une machine qui va du sol au plafond, et peut-être au-delà. Directement, j’aperçois ses nuances de matériaux, et je les soupçonne d’avoir des températures différentes. Là où la machine entre en contact avec la pierre, des veines métalliques partent, fuyant par des dizaines – des centaines ? – de tunnels allants dans toutes les directions.

-C’est… à peine croyable.

Accompagné de l’humaine, je m’approche. Un bref scan confirme mes soupçons : l’absence d’uniformité des matériaux n’est pas un hasard. L’engin est conçu pour être vu à partir d’une vision thermique.

-Gallagher, ceci n’est clairement pas prothéens. C’est conçu par et pour des êtres troglodytes. Peut-être comme la créature que nous avons vue. Mais elle était sauvage…

Nous contournons le pylône. Je cherche… une console, une interface, mais à quoi cela peut il ressembler quand on détecte les températures plutôt que la lumière visible ? Des écrans dégageant de la chaleur avec précision pour créer des formes ? Nous restons aussi à l’affût de menaces potentielles, mais les lieux sont calmes et silencieux, en dehors du grondement régulier. Enfin, nous cherchons des traces, et celles-ci finissent par apparaître…

Combien… d’année, de décennies, de siècles, cet endroit a-t-il ? Il s’agit d’un… campement ? Une sorte de palissade, des tentes, et des individus. Mais les palissades sont faites d’os brûlés en de nombreux points, les tentes de cuir déchirés, et les aliens sont des cadavres rongés jusqu’à l’os. Chaque squelette mesure environ un mètre cinquante. Ils sont trapus, des griffes osseuses prolongent des mains à quatre doigts, que l’on retrouve aussi bien sur les membres antérieurs que postérieurs. Le crâne est épais, avec une mâchoire ronde contenant de nombreuses rangées de dents, et trois orifices là où devraient se trouver les yeux. Les cadavres semblent anciens, mais conservé par la chaleur et la sècheresse des lieux.

Je balaie la scène d’un scan, tentant de la reconstituer. Visiblement, il y a eu une attaque. Une attaque à base de température élevée, suffisante pour brûler la palissade, ainsi que d’attaques physiques violentes. Je peux imaginer de nombreuses armes capables de ceci, mais pourquoi se creuser la tête, alors que la bête rencontrée plus tôt convient parfaitement ? L’explication la plus simple est souvent la plus probable… Et j’apprends même plus que je ne le croyais.

-Les ossements n’ont pas été nettoyé par des insectes, ils ont été dévorés. Et si j’en crois les traces, par des créatures similaires à celles-ci, qui ressemble fortement à celle que nous avons affronté. Ce ne sont pas des animaux sauvages, c’est une espèce cannibale.

Je regarde autour du lieu. Il n’y a pas trace de végétation ici, quoique certains creux semblent indiquer qu’il y a eu de l’eau, à une époque. Que s’est-il passé sur cette planète ?

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MessageSujet: Re: Perdus dans les tréfonds   Perdus dans les tréfonds Icon_minitimeMar 07 Mai 2019, 22:50
Le chemin était long, baigné d’une lumière rouge et désagréable, et il s’agissait globalement de ce qu’Amnatiss aurait appelé une bonne grosse situation de merde. Elle ne s’en priva pas, d’ailleurs, et sporadiquement le duo s’échangea quelques informations à l’utilité variable. Abbadon était capable de consacrer toutes ses pensés à la mission, mais sa partenaire était obligée de papillonner un petit peu pour ne pas trop penser au mort qu’ils laissaient derrière eux. Et puis, le lieu soulevait bien des questions, alors autant les poser.

Elle présentait des doutes sur ces questions de terraformation. Elle avait aperçu des engins dédiés à ce but plusieurs fois lors de ses pérégrinations, mais elles impliquaient un savoir technologique immense. Bousculer un climat, tout le monde en est capable. En revanche, connaître le fonctionnement des écosystèmes au point de savoir sur quel bouton appuyer pour déclencher le shmilblick, il s’agissait là d’une science complexe que seul un peuple avancé pouvait contrôler aussi efficacement.

Mais puisqu’elle n’avait pas de meilleure idée, ils s’étaient mis d’accord sur la théorie de la terraformation. Mieux vaut un but difficile à croire que d’errer sans la moindre idée de ce qui peut se trouver au détour d’un couloir. Ah ! Si seulement cette route tournait bel et bien au bout d’un moment. La chaleur venait peser à la monotonie. La situation exigeait d’être en alerte, mais elle n’y poussait pas franchement. Chaque minute passant ne faisait que prouver que rien ne les traquait pour le moment. Et des minutes, ils en avaient à revendre.

Puis vint s’offrir à leurs yeux l’épicentre du prob… Aïe ! La douleur revenait. Fantomatique, peut être, mais sacrément réelle. Ça n’était pas la première fois que quelque chose d’invisible voulait du mal à la lieutenant – il y avait eu les agents de Cerberus, et un Galarien, une paire de fois – mais c’était clairement une nouveauté d’être attaqué par une partie invisible d’elle même ! Il était difficile d’admettre, alors que la prothèse était devenu une habitude, que ça n’était pas invisible. Ça n’était tout simplement plus là.

La douleur ne s’en alla pas, mais elle se fit supportable pour un temps. Tant qu’elle n’avait pas une crise en plein combat, c’était tout au plus incommodant, mais pas handicapant. Enfin, autant que perdre un bras peut ne pas être handicapant. Il était temps, donc, d’observer ce fameux pylône, et l’amoncellement de dépouilles qui le bordaient. Le lieu éveillait une curiosité intense chez Amnatiss, mais les cadavres semblaient être d’une importance plus imminente, aussi elle se rangea aux côtés du Spectre pour les étudier.

« Cannibale, on est d’accord, mais maintenant… Par nécessité, ou par choix ? Leur… Chose, là, avec la chaleur. Ça m’a tout l’air d’être un outil de chasseur. Qu’il y ait d’autres espèces ou non sur notre chère cailloux, celle que l’on a sous les yeux n’est pas en bas de la chaîne alimentaire. Espérons que nous non plus. »

Avec la désagréable impression d’avoir juste offert des répliques de nanard, elle reprit :

« Vous pourriez me décrire votre affrontement contre le spécimen que vous avez rencontré ? Un détail nous a peut être échap-ARGH ! »

Son meilleur cri de pirate venait d’échapper de sa gorge, qui lui semblait avoir été brûlé par ce soudain accès de douleur. Le bras ! Ça revenait, bien plus intensément cette fois ci. Non ! C’était différent. Avec un bref coup d’œil à son omnitech, Amnatiss s’assura qu’elle pouvait bel et bien survivre dans cet environnement, et elle arracha d’un coup son casque, qui ricocha plus loin dans la pièce. Puis, avec ses dents, elle retira son gant et ses protections sur l’avant-bras. Son bras, valide et dénudé, lui sembla luire. Elle cligna des yeux, et l’impression disparu. Mais il y avait bien quelque chose.

Des points bleutés s’apercevaient sous son épiderme. Ils avaient toujours étaient là, stigmates portés par n’importe quel utilisateur des champs biotiques, mais jamais ils n’apparaissaient ainsi. L’écrasante majorité des biotiques ne décelaient la présence des nodules endophytique qu’à travers leurs expressions extérieures ; les vagues bleues et noirs qui courbaient la gravité au bon vouloir de leur utilisateur. Sous les yeux de la lieutenant et de son sois-disant stagiaire, l’exception arrivait. Elle pouvait compter le nombre de nodules, comme des taches d’encres à moitié effacées.

« C’est… Arrh ! s’interrompit-elle, coupée par la sensation de brûlure. Cette merde, c’est… Ah ! Ah… Juste, là, là où j’ai senti la déchirure. Avant la détonation ! »

Elle lâcha subitement un second râle, plus rauque cette fois ci, et qui la poussa à poser un genou à terre. Elle se sentait faible et inutile, elle qui voulait essayer de déceler les mystères de ce lieu. Puis le flot de ses pensées se déboucha, comme une vanne que l’on ouvre. Ou un barrage qui cède, plutôt.

« J’ai du faire réagir quelque chose. Dans la structure, ne… Bynare, n’utilisez pas vos pouvoirs, vous risquez de subir la même cho-ooo-aaah ! Putain ! »

Sa dernière élocution semblait presque plus énervée que blessée, et elle continua aussitôt, comme si elle avait peur de finir par manquer de souffle :

« A mesure que l’on se rapprochait d’ici, je ressentais de plus en plus une douleur, et, ah… Depuis l’entrée dans cette salle, ça n’a fait que s’intensifier. Et maintenant, ces nodules. »

Et ça y est, elle manquait de souffle.

« Putain, il faut chaud ici. C’était quoi ça ? »

Leurs têtes pivotèrent à l’unisson, et Amnatiss attrapa son arme malgré la douleur. Quelque chose avait fait du bruit. Quelque chose de lourd, mais pas quelque chose de vivant, et c’était déjà rassurant en soit. Le cylindre au cœur de l’édifice avait bougé. Ils ne l’avaient pas vu, mais il était claire qu’il était plus court d’un avant-bras. Puis, lentement, il tourna sur lui même, et émergea de nouveau du sol, révélant la section qui s’était enfouie. Elle était orange comme un fruit bien mûr, donnant l’impression de sortir d’un fourneau. Le segment pivota, et sa chaleur sembla se transmettre à la section qui lui était supérieure, avant de se répandre comme une cascade qui se moquerait de la gravité.

« Gnn, geint Amnatiss. Les motifs sur le pylone. Comme sur les murs. Ça, ah, aah… Ça doit servir à répartir la chaleur, quelqu’un a peut être activé ça à... »

Distance. C’était probablement là la fin de sa déclaration, mais sa gorge était asséchée par la température, et son souffle balayé par la douleur.


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MessageSujet: Re: Perdus dans les tréfonds   Perdus dans les tréfonds Icon_minitimeJeu 09 Mai 2019, 14:48

Perdus dans les tréfonds
5 mars 2204

FNV-3



Cannibale, par choix ou par nécessité ? Une question intéressante, dont la réponse probable permettait de mieux comprendre cette planète et son destin. Ou du moins, mieux comprendre ses habitants. Mais je n’ai pas le temps de répondre, alors que les nodules d’ézo apparaissent sur le bras de ma partenaire.

-Fascinant. Je dois vraiment arrêter de penser comme ça. Pardon, arrêtez de bouger, je vais essayer de calmer ça. Essayez de me prévenir plus tôt la prochaine fois.

Derrière moi, le grondement reprend. Comme Gallagher, je constate que la structure est mobile. Sans surprise, elle est bien la responsable de la chaleur environnante, que je vois se transférer dans les veines du métal. Peut-être ce pylône est il ‘simplement’ une pompe à chaleur, plongeant profondément, jusqu’au manteau terrestre ?

-Vous avez sans doute raison. Mais pas le temps de s’en préoccuper. Votre bras.

L’humaine me le laisse, enfin. J’active mon omnitech, diminue la puissance au minimum, et utilise une cryogénisation.

-Cela n’aura rien d’agréable. Mais le froid paralyse les nodules d’ézo. Ils devraient rapidement arrêter de s’activer et de vous faire souffrir.

Pas sûr que cela améliore la situation pour autant. La cryo est violente, suffisante pour passer une armure. Même au niveau minimum, elle peut causer des dégâts à la chair nue exposée. Mais j’estime qu’il vaut mieux ça que des réactions biotiques incontrôlées.

-Je vais vous aider à remettre votre armure. Nous sommes hors des cartes des explorateurs, mais au moins, nous comprenons mieux la situation. Une espèce, enfermée sous terre, adaptée à son environnement. Pour une raison inconnue, ils ont dû construire cette machine. Peut-être qu’ils sont originaires de plus profond encore, et qu’ils voulaient s’étendre. Ou que leur écosystème a commencé à disparaître, et que c’était l’unique moyen de le maintenir. Quoiqu’il en soit… Leur société n’a pas survécu. Le cannibalisme est une trace de désespoir, de famine. Combien de temps leur a-t-il fallu pour en arriver là, je l’ignore. Mais il n’y a plus rien à sauver, juste leurs ruines à contempler.

C’est triste, en fait. Sans doute ce peuple était-il comme les drells : il est né dans un environnement trop pauvre pour les soutenir jusqu’à ce qu’ils atteignent l’exploration spatiale et puissent découvrir de nouvelles ressources. Mais eux n’ont pas eu la chance d’être découverts un temps. Et il est trop tard pour les bêtes sauvages restantes.

-Nous avons nos réponses, il est temps de filer. Avec la carte des explorateurs, et le chemin enregistré par nos omnitechs, nous avons une idée globale de la direction à prendre. Je sais que de nombreuses heures sont passées, et que les humains ont besoin de repos. Mais nous ne pouvons pas dormir ici. Nous allons prendre l’un des tunnels, plus direct, vers la surface.

Seul, j’en aurai choisi un vertical, et escaladé le puit jusqu’à déboucher à l’air libre. Les bêtes auraient eu du mal à me suivre, j’aurai coincé mon armure pour dormir si besoin… Même si cela aurait signifié m’assécher et m’affamer, en l’absence de provisions. Mais accompagné, je dirige l’humaine vers un conduit plus simple à suivre, en espérant qu’il ne s’interrompe pas brusquement. L’ascension est plus raide qu’à l’aller, mais selon l’omnitech, nous nous dirigeons droit vers la plaine qui nous a accueilli à l’arrivée. Avec un peu de chance… Ce sera un direct jusqu’à la sortie.

*****



-Saleté de…

Une impasse, encore. Nous avons bien grimpé, repris espoir. La surface n’est, en théorie, qu’à quelques centaines de mètres. Mais sur ceux-ci, nous avons plusieurs fois dû rebrousser chemin, notre route étant entravée par des éboulements. Cependant, cette fois-ci, nous n’avons pas d’autres intersections à essayer.
Je regarde l’humaine. Nous avons marché… quasiment 15 heures, sans pauses, ne consommant que nos maigres barres protéinées et nos gourdes. Repartir en arrière, jusqu’au pylône, et tenté une autre voie est exclu. Gallagher ne tiendra pas… et même moi, j’ignore dans quel état je serai après avoir dormi.

-Il y a… Quelques crevasses, dans l’éboulis. Je vais tenter de passer. Si la route se poursuit derrière, tant pis pour les risques, je ferai sauter le passage.

Et nous userons de biotique pour nous en sortir… Je ne le précise pas, ne souhaitant pas l’inquiéter. Je n’ai pas trop envie d’y avoir recours non plus… Les douleurs en son bras reviennent régulièrement. Et si nous n’avons pas retiré l’armure pour le vérifier, il est sûr que l’ézo en est responsable.

-Gardez mon Venom. Pas très utile, dedans. Si une menace arrive, maintenez le doigt sur la gâchette, et le projectile deviendra une nuée de grenades de faibles puissances. Ça devrait décourager l’agresseur. Et gardez un œil sur d’éventuels rayons de chaleur, ne vous laissez pas cuir sur place.

J’ai l’impression de conseiller une recrue, alors que l’humaine est un vétéran, de Chasca en plus. Mais je préfère prévenir que guérir. Un dernier échange, et je grimpe l’éboulis, rejoint la crevasse, m’allonge et m’enfonce dans l’étroit passage.

C’est… claustrophobique. Si proche d’Oméga, quelque part, quand je devais ramper dans des canalisations ou des conduits d’aération pour surprendre une discussion ou une cible. Et en même temps si lointain, car la sensation des milliers de tonnes de roche tout autour de moi était incomparable. Je ne peux pas me retourner, et parfois même pas regarder autour de moi. Et pour l’instant, devant moi, seulement de nouveaux conduits… Rapidement, j’ai dû dévier de ma trajectoire, m’éloigner de l’éboulis pour continuer d’avancer. Je suis au-delà désormais, mais il me faut encore rejoindre la caverne, et remonter le chemin jusqu’à l’humaine.

-Gallagher, tout va bien de votre côté ?

J’attends un instant. Aucune réponse. Ai-je passé l’une de ces barrières minérales bloquant les communications ? Je l’espère. Je continue encore, ne souhaitant pas retraverser, à reculons, l’intégralité du chemin. Un peu plus loin, une nouvelle pause, pour reprendre mon souffle. Il fait chaud ici, une veine de métal passe sans doute à proximité. Même très chaud. Trop chaud.

Les capteurs me rappellent à la réalité. L’armure… va surchauffer. Ce n’est pas une veine de métal, c’est… Où est-elle, je ne la vois pas, comment peut-elle me viser, il me faut une sortie…

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MessageSujet: Re: Perdus dans les tréfonds   Perdus dans les tréfonds Icon_minitimeDim 12 Mai 2019, 17:01
Le Spectre était coincé au cœur d’un étau de roches et de métaux, des tonnes impossible à calculer qui menaçaient de l’écraser. Et dans ce décor gris et noir, une créature l’avait retrouvé. Était-ce la même ? La bête les avait-elle traquer, n’attendant qu’une séparation du duo pour passer à l’assaut ? L’heure n’était pas aux questions, mais le Galarien n’avait que peu de possibilités de toute manière. Et alors que sa cervelle turbinait pour fournir une solution et que les capteurs de ses armures relayaient des signaux critique, une secousse ébranla l’étroit tunnel, projetant un rideau de gravats autour de lui. Une seconde vint, et l’intense chaleur en sembla perturbée. Lorsque la troisième se fit sentir, elle cessa tout à fait, l’alien se reportant vers ce qui semblait être une nouvelle cible. Mais cette secousse là n’était pas tout à fait comme les deux premières, car elle semblait plus proche, et elle était accompagnée du bruit ronflant d’une détonation.

Puis le sol s’ouvrit comme un livre nonchalamment retourné, vomissant ses volutes de poussière, ses amoncellements de caillasse et son infortuné habitant, le tout dévalant une pente de plusieurs mètres avant de pouvoir retrouver une certaine stabilité. Le calme semblait revenu depuis à peine quelques instants quand deux nouveaux chocs se firent ressentir, ébranlant la minuscule grotte dans laquelle était piégé le Spectre, et faisant apparaître dans celle ci une ouverture à peine plus large que lui. Toute la structure semblait prête à s’écrouler sur elle même, et à vrai dire, elle avait déjà commencé, quand l’unique bras de Gallagher traversa la fente pour y tirer Abbadon. Peu de temps après, le tunnel éventré s’effondra parfaitement.

Mais le danger n’était pas écarté, loin de là, et tout semblait prêt à chavirer autour d’eux. Amnatiss, dont le bras luisait d’une aura bleue et violette, le poussa sans ménagement dans une galerie adjacente avant de lever la main au dessus d’elle. Un craquement se fit entendre lorsqu’elle déploya un début de barrière, qui vint éclater dans des crépitements aux multiples teintes azurées. Elle fut projetée en arrière, mais semblait tout à fait prête à encaisser, et immédiatement se rétablit pour courir après son unique allié.

« Avancez ! beuglait-elle alors que la transpiration faisait luire son front sous son casque. Ils sont sur nos talons ! »

Car en effet, ils étaient plusieurs désormais. Elle en avait compté au moins deux, mais était presque certaine qu’il y en avait trois. Il s’agissait bel et bien de prédateurs, qui avaient patiemment attendu la meilleure occasion pour s’en prendre à leurs proies. Peu de temps après qu’Abbadon se soit engagé dans sa cavité, elles étaient passé à l’attaque. Amnatiss s’était vite rendue compte qu’avec un unique bras et sans biotique, battre en retraite était la meilleure solution. L’idéal était de gagner du temps pour son coéquipier. Mais les chasseurs avaient du penser à la même chose, et une fois les deux soldats suffisamment écarté l’un de l’autre, ils avaient pu s’en prendre au plus dangereux, qui s’était mis de lui même dans une position difficile.

Incapable de prévenir son allié du danger imminent, Amnatiss avait du intervenir. C’était un jeu dangereux, mais pour attirer leur attention et libérer Bynare, elle avait choisi comme tactique de reproduire ce qui était arrivé au début de leur expédition. Elle n’avait presque aucun contrôle sur ces violentes explosions, mais au moins…

Au moins rien du tout. Elle n’avait aucun contrôle et c’était tout ce qu’elle savait. Le risque qu’elle avait pris était bien trop grand et elle en étant consciente. Elle devait le sauvetage d’Abbadon à la chance uniquement, et à vrai dire devait même admettre qu’elle avait mal estimé sa position. S’il avait bel et bien été là où elle pensait le trouver, il serait actuellement écrasé par plusieurs tonnes de pierre. Haletante, en pleine course, elle expliqua rapidement :

« Il y a de l’ézo dans certains alliages qui composent les glyphes sur les murs. J’en suis quasiment certaine. La biotique fout la merde là dedans, la structure n’est pas capable de tenir une intervention extérieure. »

Elle se stoppa pour vérifier qu'ils n'étaient plus suivis, et acheva :

« C’était le seul moyen. Sur le coup, ça avait l’air de l’être. Vous allez bien ? »

L’usage incontrôlé de ses pouvoirs (et le fait d’être projetée contre la paroi à chaque tentative) avait épuisé une Amnatiss dors et déjà fatiguée, mais son corps avait tenu le coup. En revanche, elle ne savait pas exactement ce qui avait pu arriver au Spectre à l’intérieur des tunnels, et s’inquiétait pour lui. Au moins, il avait encore tous ses bras et toutes ses jambes, c’était un bon début. Son propre cœur battait la chamade, poussant contre sa cage thoracique. Alors que le Galarien rampait, elle avait crapahuté dans de multiples couloirs pour semer, puis traquer, les aliens. Nombre d’entre eux étaient désormais effondrés.

« On va devoir trouver un autre passage. Le notre est clos, et la route est barrée par ces créatures. »

Elle regarda autour d’elle ; cette partie du réseau semblait plus ancienne et moins calculée que les autres. La fuite les avaient emmené dans un lieu plus brut, bien moins artificiel que la grande salle-radiateur. Amnatiss suspecta même que le passage s’était ouvert avec l’une de ses détonations, révélant un lieu qui était resté fermé depuis des lustres.

« Mais mon corps ne va pas tenir une éternité à ce rythme. Les douleurs dans mon bras reviennent, et ces créatures m’ont épuisé. J’ai l’impression qu’elles utilisent des méthodes de chasse à la cour, à essayer de nous crever avant de nous… Bah, nous crever. »

Elle s’affaissa sur une roche, offrant un peu de répit à ses jambes endolories.

« Désolé d’avoir fait s’effondrer le tunnel… Je ne sais pas si vous étiez en train de trouver quelque chose, mais sinon, les bêtes allaient vous tomber dessus. »


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MessageSujet: Re: Perdus dans les tréfonds   Perdus dans les tréfonds Icon_minitimeMar 21 Mai 2019, 18:14

Perdus dans les tréfonds
5 mars 2204

FNV-3



Quelle chute... Un instant, la peur m'envahit, alors que mon conduit de pierre s'effondre sous moi. Pour le mieux - car j'échappe ainsi au rayon de chaleur projetée par la créature - mais aussi pour le pire, car tout semble proche de l'effondrement définitif. Je suis dans une cavité, sans aucune sortie, et ce qui s'est ouvert sous moi s'est effondré derrière, m'empêchant de remonter. Le temps presse, je dois choisir une direction et forcer le passage...

Mais cette direction, c’est Gallagher qui me l'offre. Un couloir étroit, où je me glisse rapidement, avant de suivre ses directions. Elle a utilisé de biotique, son armure lui sous l'effet des nodules d'ézo, le danger doit être important. Ce qu'elle me confirme rapidement. Nous nous engageons dans une course effrénée, prenons des passages qui ont été ouverts par les effondrements. Cette planète est un gruyère à plus d'un niveau, les sorties doivent régulièrement apparaître et disparaître dans un capharnaüm interminable. Saurons nous y semer ces créatures ?

Si elles ont réussi à nous suivre jusqu'ici, j'en doute. Il y a des informations à en tirer, comme de tout. Mais une fois dans un endroit... moins dangereux, car rien ne sera sécurisé ici.

*****



Nous n'avons pas couru longtemps, mais il n'y a plus de son de poursuite. Gallagher est effondrée sur le sol. La fatigue de l'affrontement, de la biotique, et des nodules qui réagissent mal. Mais pas question de lui ôter son armure ici, nous sommes remontés bien plus proches de la surface que lorsque nous avons été enfermés. Retirer une portion de l'armure risquerait de causer une décompression de l'équipement.

-Comment ont elles pu me trouver dans le conduit... Vous avez bien fait, j'étais dans une posture dangereuse. Mon Venom ?

L'étais-je vraiment ? Difficile de l'évaluer sans connaître réellement les lieux. Peut-être y avait il une sortie proche, où j'aurai découvert et éliminé la bête. Et peut-être pas, et j'aurai cuit sur place. J'aime autant ne pas avoir eu à le découvrir.

Tant qu'à mon Venom, à voir la façon dont le casque de l'humaine s’est immobilisé, je me doute qu'il est resté derrière. Tant pis. Je retourne aux informations dont je dispose.

-De l'ézo dans les glyphes... Une hypothèse intéressante. Si c'est le cas, alors les autochtones ont du s'y adapter. Peut-être que leur formidable capacité à générer de la chaleur est une capacités biotique inconnue. Ou peut-être y sont il résistant ?

Je me remémore les événements. Une capacité biotique ? Peut-être. Résistant ? J'y crois moins. Les bêtes ont toujours fuit devant les explosions créées par Gallagher. Peut-être parce qu'elles craignent les effondrement, mais elles ont prouvé être résistantes et puissantes. Mais une autre idée me trotte en tête.

-J'ignore si elles ont des capacités biotiques, mais je ne serai pas étonné que oui. Et peut être même que leurs capacités réagissent avec les veines métalliques. Cela expliquerait comment elles ont été enfoncées si loin dans la pierre. Mais aussi comment elles nous suivent : peut-être que nous perturbons l'ordre naturel de ces métaux.

Est-ce seulement possible ? Franchement, pas la moindre idée. Je ne suis pas scientifique.

-Je ne m'attendais pas à ce que l'on affronte plus d'un être à la fois. Réduites au cannibalisme, elles devraient se fuir. Mais il est possible que celle que nous avons affronté en ait appelé d'autres en renforts.

Imaginons donc ça : deux à trois créatures, résistantes, puissantes, surchauffant par la biotique, nous traquant dans ces ténèbres. Les semer dans le labyrinthe ? Impossible, elles connaissent mieux les lieux, nous manquons de ressources. Trouver la sortie avant qu'elles ne nous trouvent ? Improbable, notre fuite nous a perdu, nous nous sommes éloignés des lieux connus, et il est possible que ces créatures nous attaquent volontairement quand nous approchons d'une issue. Je ne vois qu'une solution qui nous débarrassera de ce danger, et nous permettra d'obtenir les ressources nécessaires à notre survie.

-Gallagher, nous devons partir du principe que nous allons rester coincés un moment. Reposez vous un peu. Je vais me charger de monter la garde. Et... soyez prête au réveil. Nous serons sans doute attaqué. Je vais préparer les lieux dans cette optique.

L'humaine marche-t-elle dans le plan, va-t-elle résister au sommeil ? Je me contente d'attendre. De toutes façons, nous ne pouvons plus aller bien loin, et les humains se fatiguent bien plus rapidement que les miens. Et de fait, elle finit par s'endormir, la biotique prenant son dû dans ses réserves d'énergie. Et je me relève alors, m'emparant de mes explosifs.

Des êtes habitués à la chaleur, très résistants, sensibles à la biotique ? Qu'à cela se tienne. Voyons si je peut modifier ces C4, les rendre moins forts, mais les combiner à mon système cryo...

*****



Combien de temps s'est écoulé ? Peu, j'en suis certain. Plusieurs heures depuis que Gallagher s’est endormie, mais pas plus de quelques dizaines de minutes depuis que je me suis couché. Les autochtones sont affamés, ils n'ont pas su résister à la tentation... Et ont activé mes alarmes.

L'humaine les a entendu aussi, s’est relevée d'un bond, pistolet au poing. Devant nous, trois êtres. Chaque trio d'yeux luit légèrement en rouge, un rouge qui s'intensifie alors que nos armures commencent à capter la chaleur. Leurs bouche est un orifice fixe, fermé par des lèvres en forme d'étoile. Elles sont trapues, couvertes d'un poil sombre presque luisant - un liquide les isolant des variations de températures, je gage - avec des griffes acérées que je vois sortir peu à peu - rétractables donc. Des machines à tuer adaptée à la chasse en ce milieu hostile. Mais pas aux surprises de l'extérieur.

Un geste de l'omnitech, et les explosifs soigneusement placés font leur office. Le gel cryo est projeté partout dans la pièce, recouvrant d'une pellicule blanche les murs, les aliens, Gallagher,e t moi-même. Un monde blanc, facile à discerner avec une lumière, mais qui devrait aveugler les créatures, en plus de les ralentir dans ce froid, de nous protéger de leur feu. Le gel cryo de mon omnitech mettra des heures pour se régénérer, mais je ne le regrette pas, alors que les créatures se percutent les unes les autres maladroitement, battant de leurs bras en tentant d'atteindre... Nous même, ou une sortie ?

Je me rapproche, braque mon pistolet sur la tête de l'une d'elle, contre ses yeux. Elle s'immobilise, voyant à nouveau une cible, mais trop tard. Le tir lui perce la tête, la tuant sur le coup. Les deux autres paniquent, s'éloignent, sous les tirs de ma comparse, mais leur cuir épais semble les protéger - comment cela est-il seulement possible, leur peau face à des armes modernes ? J'hésite à les traquer, et finalement, je me contente de tirer une grenade collante sous contrôle omnitech sur chacune d'entre elle, sur leur front. Si elles reviennent, les abattre sera tâche facile. Après leur départ, le monde redevient silencieux.

-Je doute qu'elles attaquent à nouveau. Et maintenant... Nous avons de la viande.


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MessageSujet: Re: Perdus dans les tréfonds   Perdus dans les tréfonds Icon_minitimeJeu 04 Juil 2019, 00:03
Abbadon Bynare avait pris la décision de vaincre par la patience. Amnatiss, le sang toujours au bord de l’ébullition, avait accepté à reculons. Temporiser restait, en effet, le meilleur plan pour le moment. Cette stratégie ne fonctionnerait pas éternellement, mais il n’était pas encore possible de se précipiter. Il fallait qu’elle soit en pleine possession de ses moyens lorsque l’occasion se présenterait.

Cette bonne volonté ne rendit pas son sommeil très réparateur pour autant. La jeune femme était déchirée entre un bras absent qui hurlait sa présence, et un autre dont chaque centimètre semblait s’éclater vers un autre coin de la galaxie. N’importe où, si ça n’était pas dans ces tunnels ! Loin de ces glyphes, loin de l’ézo, et le plus loin possible de la douleur. Écrasant son bras valide sous elle, ou centre son torse et la paroi, la lieutenant serrait les dents en priant pour que la fatigue la rattrape.

Lorsqu’enfin le sommeil venait l’habiter, un mouvement du Spectre ou le son de ses travaux la réveillait aussitôt. Seul le fait d’enfin s’arrêter d’errer ou de courir lui permit d’appeler ce moment de répit un repos. Par conséquent, elle fut presque surprise de se sentir plutôt fraîche et dispo lorsque les créatures passèrent à l’attaque. Enfin, aussi fraîche et dispo que la situation lui autorisait. L’obscurité dissimulait les détails des aliens à la vue avec laquelle elle était née, mais son implant ajusta la quantité de lumière qu’il laissait entrer, lui laissant envisager une image bien plus exposée.

Comme nom temporaire, Amnatiss jugea à leur apparence que « lamproie-tigre-dégueu » était un choix satisfaisant. Quand Abbadon déploya son dispositif, sa partenaire était déjà parfaitement prête à se battre, estimant les trajectoires qu’emprunteraient les créatures. Lorsque le piège se déclencha, elle se sentit presque renaître. La fine pellicule de gèle venait lui rappeler qu’il existait autre chose que cette chaleur sèche et écœurante, et calmait même ses nodules. Dans la débâcle des aliens, chacun de ses tirs trouvait aisément une cible, et pourtant celles ci ne s’en inquiétaient qu’à demi-mot. La lutte fut courte, mais Gallagher était tout de même satisfaite de voir le long filon de sang qui suivait leur déroute. Peut être son arme de poing n’avait su prévaloir, mais son omni-lame, elle, avait laissé une marque que la bête n’oublierait pas de si tôt. Un seul bras, mais bien des cordes à son arc. Se tournant vers son équipier, Amnatiss accueillit sa remarque avec un rictus lugubre :

« Elles doivent avoir bon goût, vue comme elles se traitaient entre elles. Je vais nous débiter ça, tenez moi ça, là… Ah, et faîtes attention, avec votre arme. Plusieurs de mes cartouches thermiques ont grillé à cause de leurs attaques, lorsqu’elles me poursuivaient. Pas la peine de me dire que j’aurais pu prévenir avant, je viens de m’en rendre compte. »

Armée d’une acidité qui signifiait à ses yeux une certaine forme de respect, Amnatiss entreprit de s’occuper du lamproie-tigre-dégueu. Sacré bestiau, qui avait l’air de dépasser le mètre au garrot mais imposait surtout par son envergure. Une matière visqueuse recouvrait son épiderme mais, par chance, les plans du duo concernant la créature ne partaient pas du principe que la peau resterait fixé au reste.

« Griffes rétractiles, vue axée vers l’avant, leur anatomie continue de confirmer notre hypothèse. Prédateurs. De mes observations et de ce que j’ai sous la main… Mammifère, donc homéotherme. Généralement. D’où le… Truc qu’ils sécrètent, là, qui leur couvrent les poils. »

Les entrailles de la créature n’étaient pas vraiment plaisantes à voir, mais sa curiosité comme son estomac souhaitaient être assouvis, et elle était parfaitement consciente que le Galarien était également du genre à aimer se poser des questions. Elle n’avait pas été aveugle à la manière dont il l’avait jaugé lorsque les nodules avaient fait parlé d’eux. Elle n’y avait pas été indifférente non plus. Elle même souhaitait savoir comment tout ça marchait. Elle était parfaitement consciente des limites de ses connaissances, qu’elle ne comprendrait pas tout ce qu’on pourrait lui expliquer. Mais elle se contenterait du maximum. Comme d’habitude.

« Prémolaires et molaires proches de l’avant… Un peu comme nous… Enfin, comme des humains. Ça veut dire quoi, ça, omnivore ? J’y connais rien en dents. Ah, et je pense que vous l’aviez remarqué, mais au cas où, femelle. Comme les deux autres. Celle que j’ai blessé avec mon omni-lame est enceinte. »

Lorsque la bête ne fut plus qu’un charnier d’une part, et un amoncellement de morceaux de viande de l’autre, Amnatiss chercha tant bien que mal à nettoyer son bras couvert d’un tas d’immondices organiques. Son entreprise fut peu concluante, et elle se résigna à ressembler à un serial killer manchot particulièrement fatigué jusqu’à la fin de la mission.

« Bon. On a de quoi temporiser, de quoi les affronter, et de nouveaux tunnels à explorer. Accordons nous une heure pour que vous puissiez reprendre des forces, et ensuite, remettons nous en route. En attendant, je vais essayer de voir comment on va transporter ça. »

Avec un pragmatisme décidé, elle proposa également :

« Nous ne pourrons pas tout emporter, et les lamproies-tigres-dégueus sont vraisemblablement cannibales. Nous avons un gros appât prêt à l’emploi. »


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Perdus dans les tréfonds

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