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 La ville des bébêtes !

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Tatanka Stultus

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MessageSujet: La ville des bébêtes !   La ville des bébêtes ! Icon_minitimeMer 13 Fév 2019, 02:38
► █ Date : 6 Janvier RP Tout public
Tatanka Stultus ♦️ Adrien Annaz
City of Dummies


Vous savez ce qu’on dit, ça fait toujours peur la première fois. Et pourtant, pour ma première permission, je suis allé pour la première fois en Asie. Moi, j’ai grandi dans les rues plutôt piteuses des bas-fonds de Dakar, alors la Chine et tout le pataquès, ça me semblait bien loin. Les collègues de mon nouveau contingent m’ont emmené à l’un de leurs endroits favoris : Hong Kong.


Spoiler:
 


06/01/04 -- Hong Kong


En préparation du nouvel an, la vieille ville est déjà pleine de vie. La douce lumière rouge des lanternes accrochées le long des rues donne un côté chaleureux à l’atmosphère plus que festive, et tandis qu’un énorme orchestre joue une musique traditionnelle entraînante, les gens font place pour laisser passer un défilé de comédiens costumés d’habits traditionnels et de créatures fantasmagoriques. Dépasse de la foule un énorme dragon rouge long de plusieurs dizaines de mètres, qui virevolte sans arrêt au rythme des tambours. La lourdeur humide de la nuit noire travaille de concert avec la chaleur et la lumière des feux d’artifices pour faire suer d’excitation toutes les personnes présentes. Les pétards, tout comme les feux artifices qu’ils accompagnent, semblent éclater éternellement sans faire peur aux nombreux enfants courant dans tous les coins.

Ça fait toujours peur la première fois hein ? Là, le plus stupéfiant de nous deux, c’est clairement le festival.

J’ai du mal à me frayer un chemin dans le monde qui comme une vague suit inexorablement le cortège. J’essaye tant bien que mal de ne pas perdre Chu, qui me sert de guide. Jeffrey Chu est sorti de l’académie il y a à peine trois mois. Trois mois c’est peu, mais c’est toujours plus que moi. J’ai beau beaucoup aimer faire le malin, dans ce genre de situations, je respecte la hiérarchie. On a le même rang, mais je lui dois respect. C’est un peu mon senpai, non ? Ah moins que ce ne soit les japonais qui disent ça ?

Chu a grandit ici. C’est un peu son Dakar à lui. Mais dur de penser qu’on a eu la même enfance. Je veux dire merde si j’avais grandi dans un endroit aussi magique j’aurais fini intermittent du spectacle. L’horreur.

J’essaye désespérément de suivre sa chemise rouge pétard, ce qui s’avère être plus difficile que je n’avais anticipé. Tout est si rouge, une chemise ça se perd facilement. Finalement, on parvient à dépasser la foule et le défilé. Il y a tout de suite moins de monde et on arrive finalement à distinguer les murs et les échoppes. Tout le monde hurle à qui veut l’entendre que ses croquettes sont meilleures que celles du voisin. Perso j’y connais rien. Je ne crois pas voir de mafé dans leurs menus, mais j’avoue que les brochettes caramélisées ont tout de suite attiré mon attention. Chu me fait signe, et me pointe une terrasse en hauteur du doigt.

« C’est là haut, vous allez voir, c’est un endroit génial ! Y’a tout, du bon alcool, de la bonne bouffe, et souvent des jolies filles. »

J’avais cru comprendre que c’était là qu’allaient tous les soldats en permission qui se baladaient dans le coin. Ma foi, ça me ferait pas de mal de m’intégrer un peu.

« Haha, ok alors. Ça m’a l’air parfait ! J’ai hâte de voir ça. »

Pas mon moment de sociabilité le plus glorieux, mais faut bien commencer quelque part. Je sens un coude me tapoter plus ou moins gentiment le bide. Le coude appartient à un blondinet correspondant parfaitement au genre dont les filles raffolent dans les séries. Depuis le début de la permission, ce gars là est la star du groupe.

« Hâte de voir les filles, Stultus ? »

Tout le monde pouffe.

J’ai jamais chopé son nom à celui-là, mais si cette tête à claque s’appelait Chad, ça ne me surprendrait pas. Mais écoute, je suis mature, moi. Alors je relève pas.

« Nan, je suis plus intéressé dans la nourriture. » Je porte à nouveau mon regard vers Chu. « T’as des trucs à me conseiller ?
-Evidemment qu’il est pas intéressé dans les filles ! » reprend l’autre blond. « Même s’il l’était, habillé comme il est elles voudraient pas de lui ! »

Tout le monde éclate de rire et se dirige vers la terrasse, me laissant un peu derrière.

Bah quoi ? Elle est très bien ma chemise ? Une belle chemise à manche courtes, noire avec des grands flamands roses dessus. Je l’ai achetée en ligne. Elle vient de Dakar. Je l’ai prise parce qu’elle avait un grand col, c’est super stylé. Bon elle est un peu plus grande que prévue. Je flotte un peu dedans. Enfin je sais pas, je l’aime bien moi cette chemise. Y’a même un peu de vert avec le feuillage et tout. Je comprends pas pourquoi ils aiment pas la manière dont je m’habi—

« Bon Stultus, tu te sors les doigts du cul un peu ? »

Chu m’appelle depuis les marches. Han, il a eu la décence de m’attendre. Un chic type ce gars, je l’ai toujours su. Je les rattrape en trottinant avant qu’un nouveau cortège ne rende la rue totalement inaccessible. En grimpant les marches, je reste malgré tout un moment pour observer le superbe tigre géant qui se trémousse au son d’une musique presque plus rythmée que la première. Finalement, je grimpe les dernières marches.


Le Ba Jin semblait un peu plus qu’un bar. C’était plus une sorte d’énorme taverne où se mêlait néons et lumière plus naturelle. Aux images du festival, des lanternes enguirlandées illuminaient la terrasse d’un rouge tamisé, contrastant fortement aux lumières de néon affichant le nom du bar et « karaoké à l’étage ».

La terrasse est noire de monde. Des gens dansent au rythme de la musique, d’autres regardent simplement les cortèges défiler depuis la rambarde. Les cris de joie et les conversations fusent de tous coins. Dans la foule d’inconnus, je reconnais quelques têtes de l’Alliance. C’est effectivement un endroit prisé. Une jeune femme en tenue traditionnelle me passe très près. Je vous passe les détails, mais c’était un regard bienvenu.

Chu nous dégote une place en poussant quelques autres gens plus saouls que nous, et on s’installe. La commande s’effectue rapidement, et très vite, mon tour arrive. Je me tourne vers Chu.

« C’est quoi l’alcool le plus traditionnel que tu puisses me recommander ? »

Il n’a pas le temps de répondre. Chad est plus rapide.

« Pourquoi tu poses la question, tu seras par terre avant la fin de ton premier verre ! »

Tout le monde rigole. Sauf moi. Et la serveuse. Elle a d’ailleurs du remarquer mon air peur fier de mes camarades. Elle se penche vers moi et me dit à l’oreille.

« Baijiu ? »

J’ai aucune idée de ce que c’est, mais ma foi, les recommandations des professionnels sont toujours bonnes à prendre. Je fais oui de la tête, et elle disparait avec une agilité particulière vers le bar. Je regarde un peu autour de moi. L’alcool coule effectivement à flot. Je ne vois pas de nourriture par contre. Je demanderai à la serveuse quand elle reviendra. Je distingue une autre musique que les deux précédentes provenant de la rue en bas. C’est particulièrement agréable comme ambiance. Je me demande ce que Camplain en penserait.

Pas le temps de réfléchir, la serveuse revient avec un énorme plateau. Je n’ai strictement aucune idée de comment elle a fait pour ne pas le renverser, ni comment elle fait pour le tenir d’une main pour nous servir, mais lorsqu’elle pose une minuscule coupelle en bois devant moi, je ne comprends pas très bien. Elle pose ensuite une bouteille fait du même matériau à côté.

« Attention, c’est très très fort. » Me dit-elle avec une douceur peu commune.
« Merci du conseil. » Elle me sourit, puis commence à se détourner. « Oh, excusez-moi mademoiselle ?
-Oui ?
-Où puis-je goûter des euh, brochettes caramélisées ?
-Je suis désolée monsieur mais nous ne servons pas de nourriture en terrasse, seulement à l’intérieur. »

Je passerai plus tard alors. J’ai vraiment envie de goûter. Je la remercie puis la vois repartir avec toujours plus d’agilité qu’un soldat entraîné. Bien jolie cette donzelle…

« Oooooh ! Stultus est amoureux les gars ! »

J’aurais du savoir qu’en la regardant une demi-seconde de trop, Chad allait relever le niveau de la conversation.

« Stultus est amoureux d’une petite chinoise ! »

Tout le monde pleure de rire. Sauf moi. Et Chu aussi pour cette fois.

Je me lève, attrape ma bouteille et laisse ma coupelle, puis me dirige vers la rambarde.

« Oh te vexe pas Stultus ! C’est juste pour rigoler ! »

Je pourrais lui répondre un truc super malin, là, un truc super cinglant. Genre un truc pour lui faire claquer son clapet de merde à ce blondinet idiot. Ouais ! Bah tu sais quoi c’est ce que je vais faire, prépare-toi au pire mon grand, parce que cette fois tu seras le seul à pas rire.

« Bah rigole tout seul !
-Tout seul ? Désolé, je préfère ne pas prendre exemple sur toi ! »

Tout le monde frappe sur la table et beugle de rire.

Sans commentaire.

Je m’appuie sur la rambarde et voit un cochon géant me passer devant. Intéressant. Je prends une grande gorgée de boisson depuis le goulot de ma bouteille.

Alors je préfère ne pas m’étaler sur les détails.

Mais ça brule.

Oh sa mère ça brule.

Je tousse bien fort et bien seul, suffisamment pour faire peur au couple qui se trouvait à ma droite. Je sens les larmes monter à mes yeux, mais je fais tout mon possible pour les retenir afin d’éviter une autre pique de Chad. Peut-être que je devrais boire des plus petites gorgées maintenant.


Eh puis je remarque un truc. Y’a une grosse foule de gens juste là. Mais ils regardent pas les défilés. Ils ont l’air de regarder autre chose. Je me faufile, bouteille en main. Un homme est assis derrière une table, en habits traditionnels. Devant lui, trois petites coupes et une petite balle.

« Messieurs dames je vous parie que même deux d’entre vous, unis d’une même force et d’un même intellect ne parviennent pas à trouver la balle ! Et pour vous le prouver tout de suite, je vais sélectionner deux personnes que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam et qui ne se connaissent pas ! Vous monsieur, vous ! »

Je regarde derrière moi. Hein ? C’est moi qu’il pointe là ? Je fais un petit pas en avant.

« Venez donc ne soyez pas timide ! »

Je fais un autre grand pas en avant et me retrouve bien plus proche de la table que l’homme n’aurait voulu.

« Oui bon. Et je vais choisir… Vous ! Vous monsieur ! »

Et voilà qu’il pointe un pauvre type qui était tranquillement en train de boire à la table d’à côté. Juste à côté de la mienne d’ailleurs.

Et nous voilà deux inconnus embourbés dans le même jeu.

On demande aux gens de parier si on parviendra à trouver la balle. Pour faire bonne figure, je parie 10 crédits que j’y arriverai. Je suis peut-être pas très malin, mais j’arrive quand même à suivre une pauvre balle sous des coupes.

« Et c’est parti messieurs-dames, je vous parie qu’à la fin de cet échange, ces deux messieurs ne parviendront pas à savoir où se trouve la balle ! »

Je jette un coup d’œil à ma droite. L’autre a quelques années de plus que moi à première vue. Je ne sais pas trop pourquoi, mais la première pensée qui me vient c’est « plutôt beau gosse ». Je jette un coup d’œil à ma bouteille. « Pour une nana je veux dire ! » Je corrige ma propre pensée. Pourquoi je pense à ça déjà ? Merde putain la balle !

Oh j’espère qu’il a plus suivi que moi.
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Adrien Annaz

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MessageSujet: Re: La ville des bébêtes !   La ville des bébêtes ! Icon_minitimeJeu 14 Fév 2019, 01:21


En matière de fête, Adrien pouvait constater que les Asiatiques pouvaient enseigner des trucs à pas mal de monde. Sans vraiment savoir pourquoi, il avait décidé d’aller à Hong-Kong peu après le nouvel an, un endroit où il n’avait jamais mis les pieds. Il regrettait d’avoir mis autant de temps à s’y rendre, tant la ville était animée. Les rues débordaient de vendeurs de nourritures, de boissons, de jeux, de défilés… Difficile de savoir où poser ses yeux.
Esquivant deux festivaliers, ignorant un vendeur à la criée et évitant un trou dans le sol, Adrien se décida pour une pause en terrasse. L’occasion pour lui de profiter des festivités tout en étant dans un calme relatif. Payant un prix exorbitant pour une boisson, il prit place à une table vide avant d’être servi par une jolie asiatique.
Pour une fois, Adrien ne se lança pas dans une introspection : il y avait trop à voir et à entendre pour ça. Des dragons, des feux d’artifices, des costumes traditionnels… Tout ici était fait pour rappeler qu’il n’y avait qu’une chose à faire : la fête. Et tous s’y donnait à cœur joie. Ce n’était pas trop le truc du Lieutenant, de se déhancher comme un Geth, et la dernière fois qu’il l’avait fait, avec la médecin qu’il avait rencontré lors d’un repas aveugle, il avait fini courbaturé comme si il avait dépassé le siècle d’existence.

Une animation plus importante commença à se rapprocher de la table d’Adrien. Se tordant le cou pour voir ce qui se passait, il constata qu’un des stands de jeu en plein air s’était rapproché, sans doute pour essayer d’attirer les consommateurs à participer. Cela dit, Adrien préférait observer que participer. Il vit donc l’un des badauds choisit par le maître du jeu pour participer, et regarder pour un deuxième candidat.

« Et je vais choisir… Vous ! Vous monsieur ! »

Sérieux.

Bien sûr qu’Adrien aurait pu refuser. Il aurait pu faire ça poliment, même. Mais il n’avait même pas envie d’essayer : le destin avait décidé que c’était pas son jour. Quelles étaient les chances, parmi la foule actuelle, que ce soit lui en particulier qui soit choisit ? Apparemment une chance de trop parmi les probabilités. Il se rapprocha donc de la table de jeu, son verre en main.

« Et c’est parti messieurs-dames, je vous parie qu’à la fin de cet échange, ces deux messieurs ne parviendront pas à savoir où se trouve la balle ! »

Bon, au moins, le jeu n’était pas trop compliqué. En fait, c’était même un jeu auquel Adrien aimait jouer, et il était plutôt bon sur ça. Il suffisait de garder les yeux bien au milieu et de faire confiance à sa vision périphérique pour ne pas se mélanger les pinceaux. Enfin, à la méthode Annaz, qui marchait plutôt bien. Adrien paria donc une vingtaine de crédits sur sa victoire, avant de regarder son partenaire.

Ho putain.

Le type à côté de lui était un attentat visuel à lui seul. On aurait dit un beauf des années 2000, avec sa chemise flamand rose, dans laquelle il flottait largement… Pour un peu Adrien l’aurait arrêté pour attentat à la pudeur : nu, il aurait sans doute était moins traumatisant. Enfin presque.

S’arrachant difficilement à l’examen vestimentaire de son coéquipier temporaire, il essaya à nouveau de se concentrer sur la balle. Le mec savait ce qu’il faisait, et il bougeait ses gobelets à une vitesse stupéfiante. Adrien avait du mal à garder en tête et en vue le bon gobelet. Heureusement le mélange prit fin alors qu’il pensait ne plus pouvoir suivre.

« Alors, nos deux candidats vont-ils faire le bon choix ? Madame, à votre avis ? 15 crédits que oui ? Vous semblez avoir confiance, l’un d’entre eux est votre fiancé ? Et vous monsieur, même chose ? Décidément, vous semblez inspirer les bonnes ondes messieurs ! »

Mouais, Adrien n’était pas sûr de ce qu’inspirait son collègues mais des bonnes ondes, sûrement pas.

« Alors, sous quel gobelet se trouve la balle ? »

« Celui de gauche. »

Sûr. Il avait gardé l’œil dessus. Pas simplement, il avait été parfois à deux doigts de le perdre, mais il était sûr de son coup. Il n’essaya même pas de demander son avis à au terroriste vestimentaire qui aurait sans doute tirer une tête pas bien différente si on lui avait demandé d’expliquer le théorème de gravité autour d’une planète pour une navette.

« Eeeeet c’est… Perdu quel dommage ! Pas loin, comme vous pouvez le constater, la balle était au milieu. »

Merde. Comment il avait pu se louper. Il était pourtant sûr de lui. Bien sûr il avait pu se louper mais il n’y croyait pas.

« Attendez, attendez, on recommence. Même pari. »

Il n’allait pas rester sur une défaite, surtout pour ça. Il en allait de sa fierté. Ce genre de jeu, il ne pouvait pas le perdre.

« Haaaa, monsieur est joueur ! On y retourne, peut-être aurez vous plus de chance cette fois ? Est-ce que la balle va être à gauche ? A droite ? Au milieu ? Est-ce que madame va à nouveau miser sur vous ? »

Gauche droite milieu milieu droite gauche gauche… Ok, c’est bon. Cette fois, Adrien l’avait, il ne l’avait pas quitté des yeux. Maintenant que le mec n’avait plus l’effet de surprise, ses mélanges semblaient plus simple.

« A droite. »

L’homme attendit plusieurs secondes que les paris soient fait, avant de commencer à lever les gobelets. Le gauche en premier… Rien. Milieu ou droite donc. Il souleva ensuite celui sur lequel Adrien avait misé…

« Eeeeeeeet quel dommage, encore perdu ! Il faut croire que ce n’est pas votre jour ! »

Ok, cette fois Adrien était vraiment énervé. Et suspicieux. Bien sûr, il pouvait avoir la grosse tête, mais il avait déjà participé à ce genre de jeux, plus d’une fois, et il gagnait régulièrement. Deux défaites de suite, c’était une première. Enfin il y avait bien eu cette fois où le maître de jeu était une jeune Asari avec une tenue qui en montrait plus qu’elle en cachait, mais c’était un cas particulier. Ici, il n’y avait rien qui le distrayait à ce point.

« Une dernière ! Et je double ma mise, je compte pas perdre celle-ci ! »

Voilà qui devrait motiver le patron à tout faire pour ne pas perdre. Avec une telle mise, il allait forcément se faire des sous sur les autres parieurs, qui allaient être en confiance.

« Ok, je pense que le mec triche. Tu vas suivre ATTENTIVEMENT les MAINS du mec, c’est clair ? Je veux que tu me dise si y’a un souci. »

Oui, le type à côté de lui ne semblait pas fut-fut, mais Adrien pensait avoir été suffisamment autoritaire pour l’obliger à être attentif.

« Alors messieurs, on met au point une stratégie ? On va voir si ça paye ! Peut-être ces messieurs dames vont-ils avoir confiance en vous. Ou alors le proverbe jamais deux sans trois prendra son sens. Qu’en dites vous ? »

L’homme essayait vraisemblablement de distraire la foule avec sa gouaille. Maintenant qu’il y réfléchissait, ça semblait logique à Adrien. Le feu d’artifice, la discussion, le festival… Tellement d’opportunités pour tricher.

« A gauche »

Non, cette fois, il ne s’attendait pas à gagner. Il avait bien suivi la balle, savait qu’elle aurait du se trouver dessous, mais qu’elle ne s’y trouverait pas. Il espérait juste que son coéquipier avait suivi le mouvement de l’homme.

« Encore une défaite, quelle dommage ! Ce n’était vraiment pas votre jour, la prochaine fois peut-être. Au revoir tout le monde ! »

Et il plia bagage. Bien sûr, après avoir plumé ses pigeons, inutile de rester, les gens allaient finir par se poser des questions.

« Alors, ses mains ? Il triche ? Quoi, comment ça, le dragon ? »

Ho putain, mais qu’est-ce qu’il avait fait pour mériter un boulet pareil. Il n’avait pas été foutu de resté concentré pendant 20 secondes d’affilé.

« Ok, tu vas me suivre, on va récupérer nos sous. C’est bon tu vas arriver à me suivre ou faut que je tienne la main ? »

Sans attendre de réponse, Adrien partit à la poursuite du propriétaire du jeu. Celui-ci se dirigeait loin du festival, tranquillement. Ce qui était plutôt arrangeant, tant Adrien voulait éviter un scandale en plein milieu d’une rue bondée. Au bout de 5 bonnes minutes de marche, l’homme entra dans une petite ruelle. L’endroit parfait pour demander des comptes. Vérifiant que son allié temporaire était encore là (et miraculeusement, c’était le cas), Adrien se rendit compte qu’il avait encore son verre à la main. Quel con.

Au fond de la ruelle, l’homme discutait avec une autre personne. Ce qui ne dérangeait absolument pas Annaz, cette fois : peut-être était-ce un collègue, un patron ou quoi, mais il allait devoir assister au règlement de compte.

« Hé ! » Grosse entrée en la matière. « Vous allez nous rendre l’argent que vous nous avez volé en trichant ! »

Les deux hommes se tournèrent vers Adrien, le collègue en retrait, le patron se dirigeant vers l’accusateur.

« Moi, tricher ? Je suis blessé que vous pensiez ça. Avez-vous des preuves, au moins ? »

«Bien sûr, mon ami vous a vu tricher »

Un mensonge éhonté, tant Adrien doutait que son ‘’ami’’ arrive à remarquer un éléphant dans un couloir.

Ha, je ne vois pas de quoi vous voulez parler, mais je suppose que vous ne lâcherez pas l’affaire.

Tout en parlant, il se rapprocha du duo. Adrien avait un mauvais pressentiment sur cette histoire, les choses étaient trop simple. Le mec allait vraiment les rembourser comme ça ?

Dites moi, connaissez-vous les triades ? »

Merde, bien sûr qu’il connaissait. Qui ne connaissait pas ? Bon, il avait sans doute un bon exemple de qui quelques pas derrière lui. Alors qu’il ouvrait la bouche pour répondre, un coup sur la tête le réduit au silence et l’envoya à la sieste.



Pourquoi est-ce qu'à chaque fois que quelqu'un dit "avec tout le respect que je vous dois", j'entends "ta gueule" ?

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Tatanka Stultus

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MessageSujet: Re: La ville des bébêtes !   La ville des bébêtes ! Icon_minitimeLun 18 Fév 2019, 00:40
Tout s’est passé si vite.

Vraiment, moi je tiens bien l’alcool, juré, foi de Tatanka. Mais ce bai-truc là, ça monte à la tête à une vitesse. Ma mémoire de toute cette période est très floue, alors je vais faire un effort pour toi cher lecteur, mais je crois que ça ne sera pas très fidèle.

On a joué deux fois, et on a perdu deux fois. Le gars à droite m’a demandé de suivre attentivement, c’est sûr. Mais tout ce que je pouvais voir c’était le dragon volant sous mes yeux. Il était deux à trois fois plus gros que le premier. Et pendant quelques secondes, j’aurais juré flotter dans les airs, face à cette créature mystique qui, et je n’invente rien, me regardait droit dans les yeux. Au diable la balle et les quelques crédits. Après une paye j’avais déjà plus d’argent légal que je n’en avais jamais eu. Je pouvais bien le larguer à quelqu’un qui en avait plus besoin. La tête du dragon me semblait immense, sage, et sublime. Tout le reste était occulté, tout le reste était noir, invisible. Et il ouvrit sa gueule, et de tout son être il me parla.


Spoiler:
 


« Alors, ses mains ? Il triche ? »

Pouah ! Il puait l’alcool. Peu importe. Moi aussi. Je secouai un peu ma bouteille pour calculer combien il m’en restait, et c’est à ce moment que je compris que j’avais vidé les trois quarts de celle-ci sans m’en rendre compte. Ça expliquait peut-être le vide de mémoire. Peut-être que le dragon en savait plus que moi ?

« Ehhh m’sieur dragon il est où mon alcool ?
-Quoi, comment ça, le dragon ? »

Et puis, comme un claquement de doigts, tout me ramena à la réalité. La musique perlait toujours à flot, les gens se bousculaient un peu, et les pétards éclataient toujours dans la rue. Le gaillard que je ne connaissais pas était désormais face à moi.

« Ok, tu vas me suivre, on va récupérer nos sous. C’est bon, tu vas me suivre ou faut que je te tienne la main ? »

Pour une raison que j’ignore, J’eut la vision de mon sergent à l’académie sous les yeux. Par réflexe, je le saluai en laissant éclater un « Oui Chef ! » de plus profond de mon être, avant que tout ne me ramena au moment présent.


Je suis tout seul à saluer là, non ? Il est—il est en train de partir. Je le rattrape rapidement et le talonne, prenant une autre gorgée de cette boisson des plus fameuse. Le voilà qui descend les escaliers. J’entends un « Stultus ! » Derrière moi. Si c’est Chad qui m’appelle, je préfère l’ignorer. Et, honnêtement, c’est ce que je fais. J’ai déjà un peu de mal à suivre le gars devant moi, je vais pas commencer à regarder derrière. Et j’ai beau passer mon temps à être distrait pas les beautés du festival, je ne le lâche pas des yeux. Je remarque à peine qu’on s’éloigne complètement de la zone dite touristique, et donc sûre, de la ville. Enfin, c’est vrai qu’on entend de moins en moins la musique et les gens. La lumière passe du rouge au gris, puis au blanc néon. Au bout d’à peu près une minute, il ralentit, et pénètre une petite ruelle. Je me retrouve enfin à portée de voix. Je l’ai suivi sans trop poser de questions, mais là c’est quand même un peu fort. Bien sûr, mon instinct, complètement croqué par l’alcool, ne réagit absolument pas au danger évident de la ruelle sombre dans une ville comme Hong Kong.

« Hey, euh, moi c’est Stultus, t’es dans l’Alliance ? Parce que tu ressembles un peu à—
-Hé ! »

Il m’écoute pas. Quel connard. Enfin connard c’est un grand mot, mais je sais pas, c’est pas super sympa quand même. Oh et puis merde, je suis bourré comme un coin de toute façon. Et puis je vois deux gars que je ne connais pas. Enfin presque. Après avoir plissé les yeux, je reconnais quand même le type qui jouait avec sa balle toute à l’heure.

« Oh, c’est lui ! Qu’est-ce qu’il fait là ? »

Je rejouerais bien à son petit jeu, là, c’était marrant. C’était quoi déjà les règles déjà ?

« Vous allez nous rendre l’argent que vous nous avez volé en trichant ! »

Hein ?

« Moi, tricher ? Je suis blessé que vous pensiez ça. Avez-vous des preuves au moins ? »

Non ? Enfin perso j’ai pas vu.

« Bien sûr, mon ami vous a vu tricher. »

Q U O I ?

Mais jamais de la vie !
Je—

« Ha, je ne vois pas de quoi vous voulez parler, mais je suppose que vous ne lâcherez pas l’affaire. »

Mais attendez, moi j’accuse personne de rien pour commencer ! Jamais j’irais faire ce genre d’accusations éhontées ! Bordel pourquoi aucun mot ne sort de ma bouche ?

« Dites-moi, connaissez-vous les triades ? »

Le mot me dit quelque chose mais—

Le type aux balles venait de coller un coup de matraque d’une violence peu commune dans la figure de mon nouveau « partenaire ». Mon sang ne fit qu’un tour. Enfin pas tout de suite. Le premier coup me réveilla. Mais c’est le crachat au visage qui m’énerva.

Je vide le reste d’alcool que j’ai dans ma bouteille en même temps que le type donne un coup de pied dans le ventre de son adversaire déjà au sol.

« Ok stop ! »

Je m’avance vers lui et lui pose la main sur l’épaule.

« Tu vas te calmer tout de sui-- »

Il me coupe la parole en me repoussant violemment.

« Dégage-toi, sinon t’es le pro-- »

Et là, c’est moi qui lui coupe la parole en attrapant son bras tenant la matraque de la main gauche, et en le tirant vers moi pour créer du momentum pour éclater mon poing droit directement dans son nez. L’adrénaline m’avait purgé des trois quarts de l’alcool que j’avais dans le sang, j’avais pu exécuter le mouvement sans trop de peine. Je pousse malgré tout un petit grognement de douleur et m’attrape la main. Il semblerait que l’alcool n’ait pas aidé quand même. Je jette un coup d’œil à mes phalanges. Ça va laisser une sacré trace. Je regarde le corps comateux de mon assaillant. J’y suis pas allé de main morte.

« Désolé. »

Je me secoue la main et me tourne vers mon nouveau partenaire, bien loin de me préoccuper du type en pleine fuite quelques mètres plus loin dans la ruelle. Je m’accroupis devant lui et lui tapote la joue.

« Eh, ça va aller ? »

Je ne sais même pas si c’est voulu, mais le petit grognement qu’il me sort me suffit à me dire qu’il est en vie. C’est mieux que rien, j’ai vu des types beaucoup plus solides ne pas se relever après un coup comme ça. Je passe la main sur sa tempe. Pas de sang. Il va juste avoir le droit à un sacré mal de crâne. Je fouille ses poches et y trouve un portefeuille. A l’intérieur, je trouve son ID. Adrien Annaz. Huh. Je referme le portefeuille, et le remets dans ma poche.

Non, merde, sa poche, SA poche.

Les mauvaises habitudes. Une fois m’être assuré que le portefeuille est dans la bonne poche, je soulève le gaillard pour l’emmener à la première clinique que je trouve. Y’a pas de sang, mais on sait jamais. Ça serait con qu’il devienne benêt juste pour ça. Je place son bras par-dessus ma nuque et sors de la ruelle. Et c’est là que ça me frappe.

Oh non.

Je viens de faire une terrible erreur.

Je me retourne vers la ruelle.

Et à sa vue je comprends et ferme les yeux dans le désespoir le plus total.



J’ai oublié de payer.
Je vois la petite bouteille de bambou et je me rends compte que j’ai oublié de payer.



Oh ce que t’es con Stultus, merde !

Je jette un coup d’œil à Annaz.
Boah.
Y’a pas de sang, va.

Et je me redirige vers le festival, comme sur un nuage à l’idée de revoir la jolie serveuse, et d’avoir l’occasion d’enfin goûter ces brochettes caramélisées.



Quand j’arrive au Ba Jin, la terrasse s’est déjà pas mal vidée. Le festival continue dans la rue, mais il semblerait qu’une vague de gens n’ait désertée. Enfin j’exagère, il y a toujours un sacré paquet de monde. Mais au moins on n’a plus besoin de bousculer qui que ce soit passer. Je me dirige vers l’intérieur. En passant devant mes camarades de boisson, j’entends bien sûr une voix mesquine qui m’interpelle.

« Bah alors Stultus ? On veut plus de la serveuse on va chercher des mecs bourrés dans la rue ? T’es désespéré à ce point là ? »

Tout le monde rigole.

J’entre dans le bar.

C’est quand même pas mal plus vide à l’intérieur. L’ambiance était très différente. Comme si c’était au loin, on entendait les gens hurler du karaoké à l’étage se mélanger à la musique du dehors. Derrière le bar, je retrouve la charmante serveuse qui m’offre un regard qu’un homme n’a pas l’occasion d’obtenir tous les jours.

Le genre de regards un peu horrifié à la vue d’un homme qui en transporte un autre qui paraît complètement mort.

« Il a un peu trop bu, je me suis dit qu’on pouvait peut-être le mettre au calme ? »

Elle me sourit. Annaz commence à se réveiller, il bouge un peu la tête.

« Il a beaucoup de place au fond, près des aquariums.
-Merci. » Je commence à me diriger vers le fond du bar puis me stoppe. Je me retourne vers elle. « Je vais vous prendre deux bai… euh. Bai…
-Baijiu ?
-Oui, c’est ça, deux baijius s’il vous plaît ! » Elle camoufle un petit rire. « Et si vous voulez bien, je vais goûter ces brochettes caramélisées. »

Elle me fait oui de la tête, et j’emmène le comateux au fond du bar.

C’est particulièrement cosy. En arc de cercle, le fond du bar suit l’énorme aquarium mural qui donne une lumière bleue néon à la pièce. Particulièrement vide, on a juste le droit à une petite musique traditionnelle ma foi très sympathique pour accompagner nos paroles. Il y a des petites lampes de bureau sur les tables, mais la lumière blanche m’attaque un peu trop la rétine, alors je les éteins toutes. Je nous installe sur les sièges face à l’aquarium. L’attente est plutôt longue pour le coup. Je perds la notion du temps, aspiré par les poissons flottant sans arrête en face de moi. C’est si féerique comme vue, que j’ai l’impression de redevenir alcoolisé. Adrien est encore très groggy mais il se réveille tout doucement quand l’odeur des brochettes et de l’alcool fort vient lui caresser les narines. Je me tourne vers la serveuse pour la remercier, mais me retrouve très embarrassé face à un homme d’âge mur plutôt bien habillé. Il pose les brochettes sur la table, et s’installe en face de moi alors qu’un autre homme extrêmement musclé pose trois baijius sur la table, un devant chacun d’entre nous. Il me regarde en souriant.

« Allez-y, c’est sur ma note.
-Vraiment ? Ha ! Merci beaucoup ! »

Et sans plus de respect ni de questionnement, je me jette sur la pitance. J’ai attendu dieu sait combien de temps, je meurs de faim et de soif.

« C’est bon ?
-Délicieux même, merci beaucoup, vraiment !
-Hahaha, ce n’est rien enfin. Tenez, goûtez donc le baijiu, il est délicieux.
-Oui ! » Sans réfléchir, j’avale une petite gorgée d’alcool. « J’ai déjà goûté, c’est fort, mais c’est rudement bon.
-C’est votre premier passage à Hong Kong ?
-Moi, oui ! J’ai jamais mis les pieds en Chine avant. Je viens de Dakar.
-Ah, le Sénégal. Ce n’est pas la porte à côté, hm ?
-Haha, non, mais je… »

Je me perds un peu dans ma pensée quand je remarque le malabar à ma droite qui bloque complètement l’entrée à toute personne tentant d’entrer. Je remarque aussi deux autres du même type juste derrière moi et mon partenaire. J’essuie doucement ma bouche et bois une autre gorgée de baijiu, sans quitter l’homme souriant des yeux.

« Vous êtes qui au juste.. ? »

Il sourit, puis allume la petite lampe de bureau.

« Dis-moi mon garçon. As-tu déjà entendu parler des Triades ? »

Je me laisse retomber sur ma chaise. Ah. Les rouages un peu lents de mon cerveau commencent à tourner. Je prends une autre brochette et mords dedans.

« Vous en faites partie ? »

Pour toute réponse, il fait signe à un homme hors de mon champ de vision de s’approcher. Le type aux balles et à la matraque, le nez dans un bandage, s’avance.

« Ming que tu vois là me raconte il y a à peine quelques minutes, qu’un homme te ressemblant beaucoup l’a agressé après que ton ami ait fait des accusations éhontées. C’est vrai ?
-Non. » Je réponds du tac au tac, sans vraiment réfléchir. « J’ai mis ko ce gars-là parce qu’il était en train de frapper mon ami qui était déjà au sol, et qu’il avait attaqué le premier. »

Enfin ami. « Ami », quoi. Enfin tu vois.

Le type en face moi rigole doucement.

« Hahaha, j’aime ton style, gamin. Défendre ses amis, c’est important. Presque aussi important que défendre sa propre famille. Mais tu vois, Ming, c’est un peu ma famille. Alors bien que ça me brise le cœur, ça risque de faire un peu mal. »

Hein ?

J’ai à peine le temps de réagir. Un malabar attrape les épaules d’Annaz pour l’immobiliser tandis que l’autre me retourne et m’inflige un coup de poing probablement aussi violent que celui que j’ai donné à Ming quelques temps plus tôt. Je laisse échapper un cri de douleur. Le sang se déverse sur mes vêtements et des larmes perlent à mes yeux. Sûr à 400%, je me retrouve avec le nez cassé. Et c’est à ce moment que je remercie l’alcool pour atténuer la douleur déjà abominable. Donc, tout ce que je trouve de malin à dire, c’est « Oh non, j’adorais cette chemise » en pleurnichant. Pas glorieux, mais sincère.

« Maintenant voici le problème. Pour des petits accrocs physiques, j’ai pour habitude de régler ça œil pour œil, dent pour dent. Mais les accusations fallacieuses, ça… ça je n’aime vraiment pas. Et généralement, pour les accusations et les mensonges, le mieux » Il plante violemment un couteau orné d’or sur la table en regardant Annaz droit dans les yeux. « c’est de faire en sorte que l’accusateur ne puisse plus en faire. »

Il a comme un silence. Cette fois, si Adrien n’est pas réveillé, je jure que je le replonge dans le coma moi-même. Enfin, une fois que mes mains seront libres. Là, j’essaye d’empêcher le sang de se s’étaler tout partout.

« Mais vous avez bien de la chance. » Le type recommence à sourire. « J’ai besoin de chair à canon pour un petit projet. Quelque chose de simple, bien sûr. Mais un peu dangereux. Donc écoute moi bien mon garçon. Soit tu fais ce petit travail pour moi.

Soit je te coupe la langue.
»

Pour une fois, j’étais vraiment content qu’on ne soit pas en train de me parler, là.
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MessageSujet: Re: La ville des bébêtes !   La ville des bébêtes ! Icon_minitimeMar 19 Fév 2019, 19:04


Adrien suivait l’homme, en compagnie de Tultu… Stulut… En compagnie de l’autre malheureux au nom imprononçable. Même les Asaris avaient des noms plus simple. Toujours était-il que l’autre ayant été victime de la même enterloupe qu’Adrien, ils étaient tout les deux à la poursuite du maître de jeu. Peut-être un peu malgré lui, car il n’avait pas eu son mot à dire sur le sujet. Et il ne voulait pas marcher en silence malgré l’absence de répondant.

Ils finirent malgré tout par arriver vers l’homme, au fond d’une ruelle. Il semblait être seul, l’endroit propice aux explications : il n’y avait pas de raisons d’attendre, Adrien se lança donc en l’interpelant.

Hé ! Patate avion mouchoir !

Hein ?

« Hein ? »

Bah oui, ça voulait rien dire. Pourquoi il avait dit ça ?

Elephant ! Salade ! Tomate oignon ?

Mais qu’est-ce qu’il racontait ? Pourquoi il n’arrivait pas à aligner deux mots sensés ? Et… Putain mais pourquoi il était en caleçon ? Regardant autour de lui, Adrien se rendit compte qu’il n’était plus dans la ruelle mais dans une pièce murée, décorée avec goût, mais dont la seule entrée était couverte par un rideau de soie rose. Autour de lui, deux Asaris pas beaucoup plus habillées que lui le caressaient lascivement. L’Humain se laissa faire un moment, appréciant le contact des mains frottant son corps.

L’homme ! Où était-il ? Adrien venait de se souvenir de ce qu’il faisait avant de se retrouver ici. Il essaya de se relever, mais se rendit compte que ses jambes ne lui obéissaient plus. Pas plus que ses mains. Il était bloqué ici. Il n’eut que le temps de voir que les Asaris avaient disparus que le rideau s’écarta, laissant passer deux hommes, l’un en costume, le deuxième dans les ombres.

« Allez-y, c’est sur ma note »

Adrien n’eut pas le temps de s’interroger sur ce que ça voulait dire, le deuxième homme sortit des ombres. Un grand black, nu. Cette fois, ça commençait à devenir VRAIMENT inquiétant. Adrien essaya de protester mais aucun mot ne sortit de sa bouche. Il n’avait plus aucun contrôle sur son corps. Le noir s’approcha de sa victime et commença à lui enlever son caleçon.

« [color:51f2=ffcc00] -C’est votre premier passage à Hong Kong ? »

Hong-Kong ? Ca rappelait quelque chose à Adrien… Le feu d’artifice, l’alcool, le jeu, la poursuite… Merde, il avait été assommé, voilà ce qu’il se passait.


__________________________


Le réveil fut plus douloureux que ce qu’il aurait cru, le coup à la tête avait du être bien violent. Mais au moins il était réveillé, ce qui était une bonne chose. La mauvaise, c’est qu’il semblait être dans la merde. La première phrase qu’il entendait au réveil était la même que celle qui l’avait envoyé au pays des rêves par la manière forte, autant dire qu’il avait un mauvais pressentiment sur la suite. Donc, pour l’instant, autant faire le mort. Enfin, l’endormi plutôt.

Difficile de suivre la conversation en faisant mine de dormir, mais Adrien avait l’impression de plutôt bien s’en sortir. En tout cas personne ne lui avait sauté dessus pour l’instant, ce qui lui permit d’admirer le courage de Tuktuk. Enfin, l’autre là. Le courage ou l’inconscience d’ailleurs, difficile de se faire un avis tranché sur le sujet. Toujours était-il qu’il n’hésitait pas à tenir tête à un membre des Triades, ce qui n’était pas rien.

Bon, ça aurait vraiment été admirable si le mec en face avait battu en retraite, s’était excuser ou aurait fait ami-ami avec l’autre à chemise rouge, mais il ne faut pas trop rêver. Non, les triades n’étaient pas du genre à danser sur la table avec des inconnus sous prétexte qu’ils portaient leurs couilles et qu’ils avaient bu un verre de trop. A la place, Adrien fut relevé manu-militari par un gorille tandis que le sang allait tâcher la chemise de son collègue après qu’il se soit pris un bon coup dans la gueule. Au bruit, il risquait sans doute de ronfler pendant un moment, tant son nez saignait.

« Maintenant voici le problème. Pour des petits accrocs physiques, j’ai pour habitude de régler ça œil pour œil, dent pour dent. Mais les accusations fallacieuses, ça… ça je n’aime vraiment pas. Et généralement, pour les accusations et les mensonges, le mieux, c’est de faire en sorte que l’accusateur ne puisse plus en faire. »

Un discours poignant, surtout le moment où il plante un couteau dans la table en regardant Adrien dans les yeux. Il avait le sens de la mise en scène. Adrien ne se laisserait pas faire de toute façon, même avec le mal de crâne actuel. Mais l’homme ne menacerait pas comme ça si il voulait vraiment passer à l’acte, aussi Adrien ne bougea pas pour l’instant.

« Mais vous avez bien de la chance. J’ai besoin de chair à canon pour un petit projet. Quelque chose de simple, bien sûr. Mais un peu dangereux. Donc écoute moi bien mon garçon. Soit tu fais ce petit travail pour moi.

Soit je te coupe la langue.
»

Adrien n’avait aucun doute sur le fait qu’il savait parfaitement s’y prendre, surtout avec King Kong pour tenir ses victimes. Du coup, le choix était vite fait, si on peut parler d’un choix.

« J’écoute. »

Bah oui, quoi d’autre ? Fuir et se retrouver avec les triades sur le dos ? Refuser ?

« Voyez-vous, l’un de mes… Concurrent… Possède des informations que je voudrais. Et il n’est pas enclin à partager. Il va donc falloir que je trouve un moyen pour les récupérer, et c’est là que vous entrez en scène. Vous allez dérober ces papiers pour moi, et me les amener. Une fois fais, j’oublierais notre petite mésaventure et vous pourrez repartir. Bien sûr » Il se tourna vers l’homme à la chemise rouge et sang. « Puisque vous étiez là et que vous n’avez pas empêché votre ami de proférer ces accusations, vous l’accompagnerez. »

« Et donc je suppose que si l’on refuse… ? »

« Si vous refusez, Dà xīngxīng ici présent devra s’assurer que vous ne puissiez plus nuire à la réputation de nos amis. »

« Il semblerait qu’on ait pas trop le choix… Très bien, où se trouve votre… Concurrent ? »

« Parfait ! Il se trouve qu’il est actuellement dans une salle de boxe illégale qui lui appartient, je vous donnerais l’adresse. Evidemment inutile d’essayer de vous faufiler jusqu’à son bureau, c’est peine perdue… Mais vous avez de la chance, car il invite parfois quelques boxeurs l’ayant impressionné, pour leur proposer des arrangements. Ca serait le bon moment. Sinon… Il a des goûts particuliers en matière de relations. Vous pourriez sans doute faire quelque chose. Ha, et pour être sûr que vous ne manquiez pas à votre parole, Dà xīngxīng vous surveillera. Simple précaution, bien sûr. »

L’homme ne laissa pas à Adrien le temps de réagir et lui indiqua la sortie. Le message étant assez clair, il se contenta de récupérer l’adresse et de quitter le bar sur ses deux jambes, contrairement à la manière dont il y était rentré.

Les choses avaient rapidement dérapé. Dire qu’à la base, il était là pour se détendre… C’était la dernière fois qu’il jouait au jeu des gobelets, parole d’honneur. Maintenant, lui et Tultus étaient obligés d’aller boxer ou draguer un Chinois. Sérieusement, si c’était pas la soirée la plus bizarre de sa vie, elle devait se classer sur le podium. Adrien préféra faire le trajet en silence pour le moment.

Cependant ils finirent par arriver non loin de l’adresse donnée. Difficile de croire qu’il y avait un club illégal dans le coin, les choses semblaient calme. Enfin, en même temps, crier sur tous les toits qu’on faisait des choses illégales… C’était pas l’idée la plus intelligente du siècle.

« Boooooon… Je pense qu’il est temps d’y aller, mais avant, on va essayer de mettre au point un petit plan. Je pense qu’on va essayer les deux options proposées par notre ami un peu plus tôt, c'est-à-dire la boxe et la… L’approche directe. Etant donné que tu a le nez cassé, je doute que tu puisses tenir longtemps sur le ring, je te laisse donc le soin de te rendre passionnant pour le patron des lieux. Pour ma part, j’essayerais de l’impressionner avec mes talents en boxe. »

Autant multiplier les chances, mais Adrien doutait sincèrement que Tulus puisse draguer avec succès autre chose qu’un caillou. Ou alors il avait des talents cachés, ce qu’il fallait espérer si ils voulaient avoir un peu plus d’une chance infime de sortir indemne de cette histoire.



Pourquoi est-ce qu'à chaque fois que quelqu'un dit "avec tout le respect que je vous dois", j'entends "ta gueule" ?

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MessageSujet: Re: La ville des bébêtes !   La ville des bébêtes ! Icon_minitimeSam 23 Fév 2019, 00:36
Honnêtement, j’ai suivi à demi-mot, mais la douleur de mon nez est telle que j’ai beaucoup de mal à me concentrer sur les détails.

Spoiler:
 

Une fois la discussion terminée, j’offre un dernier regard à l’homme, puis me traîne avec difficulté derrière Adrien, le nez dans ma main. J’hésite, puis me retourne vers le type au couteau pour lui faire une petite courbette. Aucune idée de si c’est de coutume, mais on sait jamais. Dà me poussa en avant pour me presser sans aucun état d’âme. Sympa. Ce dernier donne un pad à Annaz, puis disparaît dans les ruelles sombres de la ville. Mon partenaire de fortune regarde rapidement le pad, puis se met en route sans rien dire. Sympa. N’ayant pas grand-chose de mieux à faire, je le suis. Peu à peu, le sang arrête de couler et la douleur vive laisse place à un picotement abominable. Je ne parviens même plus à le toucher sans le faire suivre d’une saccade compulsive. Bien plus occupé sur mon nez que sur la direction à suivre. Bien heureusement, lui a l’air de savoir où aller. Une quinzaine de minutes plus tard peut-être, il s’arrête et se tourne vers moi.

« Boooooon… Je pense qu’il est temps d’y aller, mais avant, on va essayer de mettre au point un petit plan. »

Cette phrase seule me rassure plus que nécessaire. Un plan, j’en ai pas, donc s’il est prêt à m’en offrir un, je suis preneur.

« Je pense qu’on va essayer les deux options proposées par notre ami un peu plus tôt c’est-à-dire la boxe et la… l’approche directe. »

Yes je me démerde comme un chef en boxe -c’est faux, mais il a pas besoin de le savoir.

« Ça tombe bien je—
-Etant donné que tu as le nez cassé, je doute que tu puisses tenir longtemps sur le ring, je te laisse donc le soin de te rendre passionnant pour le patron des lieux. »

Et toi t’étais par terre y’a pas une heure, alors c’est kiff kiff si tu veux mon avis.

« Pour ma part, j’essayerais de l’impressionner avec mes talents en boxe. »

Pfeuh. Talents de boxe. Je l’avais vu dans sa petite ruelle, j’avais pas été impressionné. Je suis sûr que je pourrais le mettre à terre sur le ring.

Je commence à en avoir ras le bol de ce vieux gars. Je lui fais une fleur énorme en l’accompagnant pour l’aider dans sa merde, et lui il me traite comme si--

Il me balance le pad d’un air un peu dédaigneux, puis se dirige vers le bâtiment.

Gros con.

On s’est mis d’accord qu’il était plus sage de ne pas entrer en même temps pour ne pas attiser suspicion. Mais moi, là, j’ai quelque chose de plus important à faire que d’aller faire le coq devant un magnat de la boxe. En lisant le pad en diagonale, j’ai repéré quelque chose de très intéressant entre les coupures de journal sur la ‘cible’. Sur la carte du quartier, on pouvait voir une petite croix rouge avec l’inscription « Clinique Melypnos », à quelques pas à peine. Je préfère y faire un détour plutôt que de rester bêtement devant le bâtiment en attendant mon tour.


La Clinique Melypnos semblait toute neuve, elle luisait. Littéralement. La devanture était plaquée or, et l’entrée ressemblait plus à une entrée de palais que de clinique. Rien qu’à ça je sentais que toute ma paye allait être siphonnée par la facture, mais mieux valait un portefeuille vide et une gueule en or, que des poches pleines et un nez cassé. Ou une connerie du genre. A l’intérieur, une infirmière me stoppe l’air désolée.

« Je suis navrée, mais nous sommes fermés. Revenez demain.
-Fermés ? Toutes vos lumières sont allumées et j’ai le nez en sang. Vous pouvez pas rapidement aider un gars dans le besoin ?
-Désolée monsieur, ça n’est vraiment pas possible.
-Huh, bah la prochaine fois, éteignez les lanternes ! » Comme ça, ça m’évitera de faire le détour pour rien, aussi minime soit-il.

Mais aussitôt son expression changea.

« Oh, pardonnez-moi, je ne savais pas que vous passiez sur le ring. Par ici je vous prie.
-Le ring ? » Elle ouvra un petit rideau et m’invita à l’intérieur. Un vent d’épiphanie me caressa le bout du nez. « Ah oui, le ring ! Oui, bien sûr ! Le ring haha. Où d’autre me suis-je blessé ? Vous savez ce que c’est les combats, tout ça haha, la boxe ! Ouais, la boxe. »

Je ne l’appris que bien plus tard, mais « éteignez les lanternes » était le jargon utilisé pour les boxeurs de notre fameuse cible, appelé très sobrement « Johnny D » au sein des triades. Notre « employeur » n’avait pas daigné donner son nom, ce qui m’aiderait probablement à ne pas le laisser échapper sans le vouloir.

Je descends quelques escaliers et arrive dans une petite salle d’infirmerie où un homme en blouse blanche est en train de trifouiller un petit je-ne-sais-quoi sur une table. Il se retourne, et ne daigne pas m’adresser plus qu’un regard.

« Asseyez-vous sur la table. »

Il avait un fort accent méditerranéen, et ne semblait pas de très bonne humeur.

Je m’exécute.

« Vous direz à Johnny qu’il me prévienne un peu plus à l’avance quand il veut que je vienne soigner ses ‘champions’. Je n’annulerais pas une autre soirée avec ma fille. Comptez jusqu’à trois.
-Hein ? Euh, un, deux, tr-- »

Sans même me prévenir, il attrape mon nez, et d’une torsion sèche, il me le remet en place. Enfin sur le moment j’avais l’impression qu’il me l’avait re-cassé. Le cri que je laisse échapper aurait probablement pu être entendu depuis la rue si on ne se trouvait pas au premier sous-sol.

« D’habitude, ça fait un peu moins mal quand on ne le sent pas venir. » Il laisse échapper un ricanement qui se transforme peu à peu en rire. « Heh, sentir venir. Hahaha. »

Il est interrompu par deux grands costauds débarquant d’une petite porte, transportant un homme complètement ko.

« Salut, doc. Johnny veut que tu soignes celui-là, puis que tu lui coupe le petit doigt droit. »

D’un coup, mon instinct me dit de me faire tout petit. Le malabar continue.

« Il a perdu contre un petit nouveau alors que Johnny lui avait parié dessus. C’est féroce ce soir, possible qu’on t’amène pas mal de monde.
-Mettez-le sur la table. »

Et sans plus de cérémonie, les deux types lâchent le pauvre bougre sur la table en face de la mienne, se retournent, m’offrent un regard, l’un d'eux lâche un « sympa la chemise » et ressortent par là où ils sont entrés.

« Bon votre nez ira bien, vous êtes venus suffisamment vite. Évitez juste de trop le toucher. Je peux vous mettre un bandage, mais je vous recommanderais surtout de la glace à mettre délicatement dessus. Mon assistante en haut peut vous en donner une. Oh, et donnez ça à Johnny voulez-vous ? »

Maintenant que j’y pense, mon nez ne me fait presque plus mal du tout. Quand je le touche, le picotement revient, mais c’est tout. On dirait que j’ai eu beaucoup de chance. Il me tend une petite boîte enveloppée dans un linge. Je la prends. C’est plutôt léger.

« Merci beaucoup. »

Il me regarde comme si je venais de lui demander sa main, et lève un sourcil.

« Vous êtes nouveau, vous.
-On peut dire ça comme ça. »

Il sourit, puis se tourne vers l’autre gaillard, avant que je ne grimpe doucement les escaliers pour revenir au niveau de la rue.

En sortant, la glace me détend étonnamment bien, et je fais mon petit chemin vers la salle de boxe. Je n’ai pas la curiosité de savoir ce qu’il y a dans la boîte que m’a donné le doc, et avec un peu de chance, il n’y a rien de très important à l’intérieur, pas vrai ? Et puis elle est enveloppée de manière un peu spéciale, je ne sais pas si j’arriverais à la refermer après coup. Mais c’est une superbe lettre d’introduction que voilà. Avec ça je devrais pouvoir—

La glace m’échappe des mains alors que je sens une forte pression à la foi sur ma gorge et dans mon dos s’effectuer simultanément. Ce cher Dà a semble-t-il perdu patience. Foi de Tatanka, c’est un couteau que je sens dans mon dos. Son coude est juste autour de mon cou, serrant suffisamment fort pour que je ne puisse pas bouger, et laissant juste assez de leste pour que je puisse parler et respirer. Je m’immobilise, et le grand gangster me siffle dans l’oreille.

« On peut savoir ce que tu fais à aller te balader du côté de la Clinique Melypnos ? » La pression sur mon dos se ressert un peu. « Tu nous aurais pas balancé par hasard ? »

C’était pas la première fois que je me retrouvais dans une situation comme celle-ci. Ça m’arrivait tout le temps à Dakar, l’important, c’est juste de garder son calme et de rester sensible.

« Salut Dà, ça fait longtemps, je t’offre un glaçon ? »

La pression sur ma gorge se ressert tout d’un coup. Règle numéro un, ne pas jouer au con. Celle-là je l’avais peut-être oubliée.

« Ok ok ok ! » La pression se relâche un tout petit peu pour que je puisse parler sans m’étouffer. « J’étais allé me replacer le nez, celui que t’as cassé tu te souviens ? Je savais pas qu’elle appartenait à Johnny. Et comment tu veux que je vous balance, je connais même pas le nom de ton boss ! »

Je sens que la pression se relâche progressivement. C’est un bon début.

« Et ton pote il est où ?
-Déjà sur place. On va faire genre qu’on se connait pas, et tenter de choper les infos de manière un peu différée. »

Différée, c’était un mot que j’avais appris à l’académie. C’était aussi la première fois que j’arrivais à le placer dans une phrase.

Dà me relâche et range son couteau. Je récupère mon sac de glace.

« D’ailleurs ça serait vachement bien de connaître le nom du type qui nous emploie. Il m’a payé un coup et la bouffe, mais il m’a même pas donné son nom, c’est quand même vache. Je suis sûr qu’il connait même pas le mi—
-Ferme la Stultus. Un mot de plus et je t’éclate contre le mur. »

Okay, j’en conclue donc que nos employeurs en savent beaucoup plus sur nous que nous sur eux. C’est bon à savoir. Mais ça veut aussi dire qu’ils savent que je suis dans l’Alliance. Et ça je ne sais pas si c’est une bonne ou une mauvaise chose pour moi. Mais ça explique aussi pourquoi on a si peu d’informations sur nos employeurs et autant sur la personne qu’on essaye de casser. Mais alors c’est quoi comme genre d’infos qu’on doit récupérer exactement ? On a l’emplacement, la forme, tout le nécessaire pour voler un objet de valeur dans le noir. Après un silence, Dà se détourne de moi.

« Récupérez les infos, sinon j’vous bute.
-C’est noté. »

Je me gratte le dos là où se trouvait sa lame il y a quelques secondes.

C’est noté.


La simple mention du nom Melypnos me permet d’entrer dans la salle de boxe sans aucun remue-ménage, et me vaut même ma petite escorte dans les couloirs du bâtiment semblant très franchement abandonné. Enfin abandonné, c’est ce que je croyais jusqu’à ce moment où l’on passe une simple porte, et que le rugissement d’une foule englobe mes oreilles. Le couloir qu’on emprunte la seconde d’après domine une immense salle où une foule de gens acclament deux combattants, visible grâce au mur du dit couloir, entièrement fait de verre.

« Eh beh, c’est bien insonorisé hein ? »

Je crois que mon escorte n’a pas compris la blague, puis qu’ils se contentèrent de m’emmener dans un box dominant le reste de la salle où des hommes plus que bien habillés étaient assis, regardant le match en silence. En silence, presque. Un homme, en habits bien plus colorés, est debout contre la vitre et est en train de hurler aux deux combattants.

« Mais frappe ! Frappe je te dis ! Trois jab et il est par terre ! Non ! Espèce de petit fils de-- »

Le reste je ne le mettrai pas dans ces lignes. Mais je ne crois pas que les combattants puissent l’entendre. Outre le fait qu’ils soient en train de s’éclater la figure et que la foule couvre à peu près tout son possible, l’énorme vitre par balle semble aussi excellente pour couvrir le son. L’homme se rassoit, dépité, alors que le son de la foule, bien qu’étouffé, rugit une nouvelle fois lorsque l’un des combattants tombe au sol, sans vie.

« Je te le dis, Mickey, si je tenais ce foutu Pedro entre mes mains je l’étranglerais. » Il claque des doigts. « Étranglez-le. Non, l’étranglez pas, il me doit du fric. Amenez chez Melypnos, requinquez-le, coupez-lui une oreille, et dites lui qu’il a deux jours pour me rendre ma thune, sinon je l’encule moi-même. Mais cet Ulysse est quelque chose. Je vais le mettre face à un autre des petits nouveaux, s’il le défonce, soit je lui coupe un doigt, soit je l’encule, je verrai. »

Les hommes ont un regard perplexe, et l’un de mes gardes chuchote quelque chose à l’oreille de l’homme, qui se lève immédiatement et se tourne vers moi.

« Alors on connaît bien le doc il paraît !
-Euh, oui ! Oui je le connais bien, c’est… » Je sais pas où je vais avec cette phrase. « Mon cousin. »

Il y a comme un silence.

« Le père de mon cousin je veux dire. Mon oncle. C’est mon oncle.
-Vraiment, ton oncle ? Vous n'avez pas le même accent.
-J'ai grandis à l'étranger.
-T’as pas l’air de venir de Grèce pourtant. Jamais entendu parler de grecs blonds comme toi… »

Une réponse, vite, un truc malin et bien rodé.

« C’est pas un peu raciste, ça ? »

Bordel pourquoi je dis toujours le premier truc qui me vient à l’esprit, faut que j’arrête d’écouter mon instinct. Enfin, après un petit silence de gêne, il laisse échapper un rire plus que forcé, rapidement rejoint par les autres présents.

« Moi, raciste ? Enfin bien sûr que non, je suis pas raciste, enfin—viens donc regarder le prochain match avec nous hein ? C’est quoi ton nom ?
-Tatanka Stultus. »

Nouveau silence.

« Tatanka Stultus Melypnos. Stultus c’est mon deuxième prénom. »

Grand silence.

« Tatanka. Stultus. J’a-dore ta chemise.
-Oh, merci ! Elle est un peu tâchée malheureusement.
-Je vois ça, ça vient de ton nez ?
-Oui, j’ai eu un accroc avec des… délinquants. Qui voulaient me voler. Ce présent que j’ai pour vous de la part de mon cou—oncle. De la part de mon oncle. »

Je sors la boîte que m’a donné Melypnos.

« Oh ! J’adore les cadeaux ! Merci ! »

Ni une ni deux, il me fait un énorme bisou sur la joue. Un peu gênant, mais eh. Il m'installe à ses côtés sur le canapé puis s’empresse d’ouvrir le paquet.

Mon sang ne fait qu’un tour quand il y découvre l’énorme sexe qui se trouve à l’intérieur.

« Oh mon dieu. »

Je sens la sueur couler plus vite qu’une cascade de tous mes pores. Je cherche à toute vitesse une explication à donner. Qu’est-ce que c’est que ce bordel non de nom de nom de merde ???

« C’est parfait ! »

H E I N.

Il se tourne vers moi, le sourire aux lèvres.

« C’est celle de mon ancien champion ! Il a perdu contre Ulysse là dans l’arène hier. Du coup je l’ai buté. Mais j’avais envie de garder ce qu’il avait de meilleur. Tu comprends ? »

Je ne sais quoi répondre, alors je fais mine de savoir.

« Oui ! Oui oui tout à fait ! C’est euh, le plus important d’un homme n’est-ce pas ?
-Très heureux qu’on soit d’accord mon cher Tatanka. Tu veux quelque chose à boire ?
-Euh… Gaijiu ? »

Il allait m’en falloir beaucoup pour oublier ce que je venais de voir, d’entendre, et de dire.

« Tu bois local ? Mais c’est bien ça ! » Il claque des doigts, et une petite coupelle apparaît sur la table basse devant moi. « Tiens, je vais lancer le prochain combat, tu es bien installé ? » Oui. Mais j’aimerais être par terre loin d’ici. « Je vais voir si ce Ulysse mérite d’être mon nouveau champion. Voyons ce que ce petit nouveau vaut, on m’a dit qu’il était intéressant. »

Et du coin de l’œil, je vois le nom ANNAZ être sélectionné en gros sur sa tablette.

Et c’est au moment où il me fit un clin d’œil en trinquant que je me souvint que j’avais le pad avec toutes les infos de la mission dans ma poche, et que je compris réellement dans quelle merde je venais de me mettre.

Restais à savoir si mon partenaire en valait autant que ce qu’il prétendait. Ulysse avait tout l’air d’un colosse. Ou d’un héros.
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