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 [Intrigue #14] L'heure du jugement

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Abbadon Bynare

Personnage RP
Faction : Spectre
Rang : Agent de terrain
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Roi de la Chasse Sauvage
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MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   Jeu 07 Fév 2019, 12:54

L’Heure du Jugement
15 Janvier 2204

Chasca



L’intérieur de la forteresse, après les légions d’ennemis écrasées à l’entrée et à la sortie du Limont, semblait vide. Pourtant, il ne l’était pas, et les troupes ennemies compensaient leur nombre plus faible par leurs compétences et leur équipement. La plupart des ombres avançaient derrière des boucliers de métal – technologie primitive au possible, incapable de résister à des projectiles atteignant une vélocité proche de la lumière – tandis que les immortels utilisaient enfin un véritable équipement de guerre, apte à menacer les envahisseurs à une distance plus importante que ce que la biotique permettait. Pire encore, ce n’était pas un mais deux élus qui tenaient la place : au loin, l’asari était visible dans ses déplacements, couvrant ses troupes de puissants boucliers. Plus proche, un krogan stoppait la colonne, attirant d’une lévitation avant de le détruire d’un coup de marteau biotique tous les véhicules d’avant-garde commettant l’erreur de trop s’approcher. Il s’approchait même peu à peu, bloquant l’avancée de la colonne, et dans une charge dévastatrice, il se débarrassa de Ravi encore trop affaiblie par son précédent combat pour lui résister.

Malgré les avancées, la situation devenait critique. Les nouvelles venant de Odin étaient désespérées, et le Spectre ne se faisait pas d’illusion sur leur renfort prévu pour l’assaut du Temple. Il ne fallait pas ralentir, enfoncer les derniers défenseurs et pénétrer le dernier bastion avant que l’armée ne puisse les prendre à revers. Il fallait se débarrasser de ces élus et raser ce lieu impie avec toute la puissance de feu de la galaxie. En d’autres termes, il n’était plus temps de s’économiser.

Abbadon sauta du bipède à partir duquel il observait la situation et commença à courir. Il n’avait que peu de temps pour agir avant que les assauts combinés n’enlisent définitivement la situation. Les hommes et els femmes de Valkyrie devraient trouver en eux les ressources pour prendre les bonnes décisions. Lui déclencha la libération de MER-12 dans son casque.

L’effet de cette drogue, comme de tant d’autre, lui était presque… Habituelle. Prudent, il évitait d’en devenir accro, mais n’hésitait pas à y avoir recours, et chaque utilisation le ramenait dans ce monde… confortable, où tout semblait plus facile, tout semblait possible. Ses doses étaient la version adaptée pour les biotiques, et couplée à la vitesse naturelle de l’esprit galarien, les effets sur la perception du temps étaient encore amplifiés. Dans la tête d’Abbadon, le présent semblait infini, et le futur proche presque déjà joué. C’était grisant et, si trop utilisé, mortel. Un risque à prendre, et le Spectre concentra ses capacités biotiques.

Le krogan n’eût presque pas l’air surpris en recevant la charge biotique du galarien de plein fouet. En fait, il n’eût pas le temps d’être surpris, et son manque de réaction physique venait surtout de sa grande force, le rendant presque inamovible. Mais Abbadon enserra la taille de l’élu et déclencha ses réacteurs dorsaux au maximum de leur puissance, l’armure soulevant les deux combattants dans une torpille incontrôlable vers le Temple.

Ils ne l’atteignirent pas. Le temps n’était pas réellement ralenti, et le krogan frappa le dos du galarien, les écrasant tous les deux sur le sol et les traînant sur plusieurs mettre. Il se remit debout, pour se retrouver face à son ennemi déjà armé de son Venom et prêt à tirer, l’obligeant à concentrer sa barrière. Une danse mortelle s’entama. Le galarien harcelait son adversaire, tentant de s’approcher suffisamment pour que ses tirs pénètrent les boucliers, mais devant rester à distance car incapable de tenir au corps à corps. Il l’apprit douloureusement lorsque l’élu parvient à l’attraper et l’écraser au sol, détruisant le jetpack au passage, et il n’eût la vie sauve que lorsque l’ambassadeur guerrier Ante entra à son tour dans l’affrontement.

L’élu était prudent, et restait conscient de ce qui était au-delà de cette lutte. Quand un véhicule de reconnaissance tenant de le contourner, une lévitation bien placée l’attrapa et l’envoya s’écraser vers Abbadon, qui dût se jeter au sol pour ne pas finir sous plusieurs tonnes de métal. Quand des snipers tentèrent de trouver un angle d’appui, le krogan chargea vers Ante et s’en servit comme d’un obstacle entre lui et ses ennemis. En maître de guerre, il tenait la position, jouant sur son endurance pour bloquer l’avancée concilienne, attendant que ses alliés vainquent.

Abbadon pesta dans son casque. La drogue de combat le tenait debout et au sommet de ses capacités, mais le problème lui faisant face ne semblait tout simplement pas posséder de solutions rapides. Se dégageant du combat, il sorti ses explosifs et plusieurs doses gazeuses de l’inhibiteur biotique pour les combiner. Si la barrière était insurmontable, l’armure, elle, ne l’était pas, et derrière, les gaz fonctionneraient. Le Spectre contacta rapidement ses alliés engagés dans l’affrontement contre l’élu.

-Récupérez les explosifs posés ici, et collez-les-lui dessus. Il faut franchir cette armure !

Il laissa plusieurs de ces ‘grenades-collantes-gazeuses’ improvisées derrière lui, et chargea à nouveau l’ennemi. Plus le temps de la prudence, il fallait vaincre. Au corps à corps, il tenta de coller l’explosif sur le krogan, qui intercepta le galarien et le jeta dans les airs. Puis, dans une démonstration de biotique surpuissante, il déclencha une singularité, et le sol semblait vouloir se détacher de lui-même pour rejoindre l’espace noirci par la biotique ennemie. Le Spectre tournait en l’air, mais aperçu du coin de l’œil l’élu qui se préparait à le recevoir de son marteau, dans un effort désespéré, le galarien lança une stase, ralentissant le bras du krogan. Au lieu d’être écrasé par le marteau, il le percuta violemment, rebondit et tomba plus loin, incapable de reprendre son souffle. Et toujours sans avoir pu percer l’armure ennemie.

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Urdnot Ante

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Faction : Clan Urdnot
Rang : Diplomate-Chef de Guerre
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MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   Jeu 07 Fév 2019, 22:44
Après son bref échange avec la lieutenant Bayard, Ante la remercia pour l'approvisionnement et ils reprirent l'assaut sur les murs de la forteresse.
Ils se perdirent de vue peu après, et le Krogan était déjà trop éloigné quand il vit la soldate se faire agripper par une nouvelle saloperie.

Alors qu'il poussait un soupir de soulagement en voyant la colonnelle McKnight lui venir en aide, une poignée de soldats fut consumée à côté d'Ante. Il eut juste le temps de se jeter au sol pour éviter d'être pris dans la déflagration biotique qui avait réduit les humains à l'état de pulpe.
Il aperçut au loin, flottant autant que courant sur les toits de la forteresse une Asari entourée d'énergie noire.

Pendant un instant, le sang d'Ante se glaça alors qu'il croyait reconnaître les trait d'Aria en personne.
Mais alors qu'elle s’arrêtait pour utiliser à nouveaux ses pouvoirs, Ante fut presque rassuré de ne pas reconnaitre son ancienne employeuse.

Sans grand espoir il ouvrit le feu dans sa direction.
La biotique causait des ravages dans les rangs de l'UCIP mais semblait inatteignable ainsi perchée.

Le Krogan se releva avec difficultés. Depuis combien de temps se battait-il sur cette planète ?
La jonction entre sa chair et sa prothèse devenait engourdit, presque douloureuse. Il ne risquait pas de faire un rejet, en théorie, mais il n'était pas vraiment à l'aise avec ce nouveau bras qui tenait mal l'usure.

Devant lui un autre combat se déroulait.
La Spectre Turienne fit un vol plané lorsqu'elle tenta d'amortir le marteau de l'élu Krogan avec son ventre. Ante savait les dégâts qu'une telle attaque pouvait causer, et il fut a la fois soulagé et impressionné lorsque Ravi parvint à remuer avant qu'Arcadia ne vienne la soigner.

De couverts en couvert, balayant les petits groupes d'ennemis qui se trouvaient sur son passage, il réalisa la jonction jusqu'au médecin au chevet de la Turienne.
Ante nettoya rapidement l'endroit des quelques curieux un peu trop intrusif avant de s'adresser aux deux femelles :

-Ça va aller pour vous ?

De l'autre côté du champ de bataille, le Krogan corrompu écrasait les véhicules comme s'il montait un meuble TU-KEA.
Son économie de mouvement et son potentiel de destruction le désignait automatiquement comme un guerrier plus que redoutable.
Ante émit un grondement.

-J'imagine que lui proposer d'aller se pinter la bosse plutôt que se battre n'est pas envisageable docteur ?


Pour faire chauffer son articulation cybernétique, Ante fit un moulinet avec son arme. On avait beau être aussi costaud que lui, faire face à son compatriote sur boosté ne le réjouissait pas franchement.
Mais si quelqu'un savait affronter un Krogan, ça devait être Ante. Qu'il s'agisse de sa vie de mercenaire, comme de son activité de diplomate pour Wrex, il avait affronté plus que son lot de congénères...
Alors qu'il s’apprêtait à charger, le Diplomate perçut à peine la comète qui s'écrasa sur l'ennemi
et l'emporta vers les cieux.
Les deux antagonistes redescendirent aussi vite qu'ils étaient montés, et bien plus violemment.
Les coups s'échangeaient rapidement, Ante ne parvenait pas à suivre les gestes fluides et prestes du chef d'escouade mais la force brute de son adversaire l'emporta sur la finesse.

Ante frappa à ce moment là, profitant de l'ouverture. Il chargea à son tour, sa large épaule en avant, il repoussa le Krogan avant d'enchainer un coup d'épée du bas vers le haut.
S'il réussit à peine à entamer les défenses de sa cible, l'attaque suffit à l'éloigner de sa victime.
Ante prit alors le relais du Galarien dans la danse.
Se disputant le rôle de meneur, les deux Krogans s'échangeaient de nombreux coups qui faisaient vibrer les boucliers et trembler les armures.
Une botte vicieuse d'Ante faillit porter de sanglants fruits, la pointe de son arme manqua d'ouvrir en deux l'autre belligérant mais ce dernier fut plus bien plus rapide et un coup de marteau le frappa juste sous le casque.

Ante lâcha un juron étouffé par le choc, forcé de reculer et de baisser la pression qu'il mettait.
Il fut projeter plus loin encore par une frappe biotique, prise en pleine poire !

L'autre reporta son attention sur Abbadon. Cela aurait pu donner du répit au Diplomate, le problème c'est qu'il choisit de soulever le véhicule dans lequel il venait d'encastrer Ante pour le balancer sur le Spectre.
Le gentil Krogan, bloqué dans le blindage de flanc tordu se retrouva expulsé par l'impact, heureusement relativement indemne.

Les voyants de son armure clignotaient de partout, il avait quatre ou cinq côtes cassées qui commençaient déjà à se ressouder, mais cela handicapait son souffle et son endurance. Si le combat ne finissait pas rapidement...
C'est en roulant encore dans la poussière qu'il se dit qu'il en avait un peu marre d'être trimballé comme ça par cette foutue énergie...

Il se releva encore, non sans lâcher un grognement, et reprit le ballet entre son arme et le marteau, bien plus sur la défensive cette fois. L'ennemi semblait sans faille et Ante ne devait sa survie qu'à son entrainement et ses réflexes reptiliens.

Il reçu alors la stratégie d'Abbadon. Devoir poser des charges n'étaient pas une mince affaire et plutôt risqué pour le poseur, mais il était temps de tester cette théorie folle que les scientifiques avaient fait courir à son sujet.
Si quelqu'un devait prendre le risque de s'exposer aux radiations de l'énergie noire pour tuer un élu Krogan, qui de mieux que le potentiellement Krogan porteur sain.

C'était surement un autre risque inconsidéré, et cette idée terrassait le Diplomate de peur.
Malheureusement, le Diplomate était occupé à autre chose, et le Chef de Guerre lui, ne reculerait pas devant une telle broutille probablement mortelle pour mener à bien la mission.

Ante reculait sous les coups alors que le Galarien chargea à nouveaux.
Profitant de l'occasion, son compagnon à écaille récupéra les charges posées au sol, planta son épée et s'élança juste après la chute de la rainette.
Le marteau quitta l'effet de stase et s'abattit dans sa direction, Ante ne put que tendre son bras droit pour bloquer la course meurtrière de l'arme. A l'impact l'armure craqua.
Un souvenir éclair rappela à Ante que la dernière fois que son armure avait fait se bruit là, il avait eu pas mal d’embêtement...
Son gantelet éclata et la prothèse à l'intérieur s'écrasa sous la force d'impact.
Décidément, elle n'avait vraiment pas tenu longtemps.
Mais le membre d'Ante tenu bon et dans un cri de douleur il put dévier l'attaque.
De la main gauche, il plaqua un pain d'explosif collant sur le ventre de son homologue.

-Le Vide nous as créé, Armax Arsenal nous as rendu égaux.

La détonation le propulsa en arrière. Encore...

Affalé sur le côté, son bras droit pendait lamentablement, la prothèse avait disparue et le reste ne voulait plus répondre. Tout l'avant de son armure était fissuré, son casque était fendu sur toute la longueur et un véritable orchestre de douleurs faisait chanter tout son système nerveux primaire.

Mais Ante semblait en vie. Il ne lui restait plus qu'à espérer pouvoir lutter contre la corruption en interne...

On dit qu'il y a des silences qui sont de dangereux explosifs, mais il y a aussi de dangereux explosifs qui produisent de sacrés silences !
Les sens du Krogan étaient en bordel, et pour la première fois depuis son arrivée sur Chasca, il n'entendait plus le bruit des tirs ou des explosions. Il n'entendait plus du tout d'ailleurs, mais cela avait de quoi être reposant.
C'était toujours plus reposant que cette vision distordue, que lui renvoyait ses optiques brisés, de cet énorme Krogan toujours vivant, toujours debout, un trou pas plus gros qu'un poing de Galarien au centre de son torse...

Le Diplomate eut tout de même la force de faire une petite note mentale : s'il survivait, il irait passer du temps sur une planète sans poussière, voir sans sol, et il commanderait une armure plus résistante...
Puis il adressa un geste obscène bien de chez eux à son adversaire.


Urdnot Ante, Krogan Diplomate.
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Arcadia McKnight

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MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   Ven 08 Fév 2019, 00:56

L'heure du jugement
Ft. Audrey Bayard, Ravi Vertax, Urdnot Ante, Abbadon Bynare & Amnatiss Gallagher




Valkyrie comme Thor commençait à souffrir durement, chaque minute à combattre prélevait son lot de vie. Les deux médecins naviguaient au milieu du champ de bataille, prodiguant les soins dès qu'ils le pouvaient ou faisant charger les cadavres dans les blindés. Il n'y avait pas de temps à perdre avec les morts.
Abattant un ennemi par intermittence, courant la seconde d'après, diagnostiquant par la suite, le travail de toubib n'était pas de tout repos. Il y avait des jours ou l'on ferait mieux de rester au lit, ce jour en faisait parti. Mais comme le disait l'adage : « Pas de repos pour les braves ».

Au milieu de cette tempête se dressait le Krogan, indomptable, invincible, rien ne semblait l'atteindre, encaissant chaque attaque pour mieux redistribuer les coups. Les chars, Ante, Abbadon, tous se frottaient à ce champion de l'énergie noire mais personne n'avait réussi ne serait que lui faire mettre un genou à terre.
Même après cette terrible explosion, même avec un trou dans le torse, IL était toujours là, sauvage, glorieux et terrible. Le Krogan hurla d'extase, de joie alors qu'il s'abandonnait à sa rage du sang, la violence appelant toujours plus de violence.
Arcadia sourit jaune sous son casque, l'attaque ne l'avait pas laissé indemne, sans oublié qu'il se retrouvait privé de biotique. Pour combien de temps ? Seul Dieu le savait. Une chose était certaine, il fallait attaquer maintenant. L'occasion ne se représenterai peut-être jamais. La blonde avait l'occasion de se venger de l'humiliante défaite de l'année dernière. L'heure de régler les dettes était arrivée.

« Gallagher avec moi ! Faites diversion et préparez vous à porter le coup fatal. »

L'Accutaxime se libéra dans l'armure de la Martienne, un spray puissant vint remplir ses narines alors qu'elle inhalait à contre-cœur la drogue. Traversant la fosse nasale et les muqueuses, se dispersant dans ce corps frêle. L'effet fut fulgurant, excitant son réseau synaptique, traitant les informations à une vitesse sans commune mesure. Tout devint lent autour d'elle, terriblement lent, son cortex survitaminé couplé à ses yeux améliorés lui permettaient de décortiquer avec précision chaque mouvement dans son champ de vision.
Loin d'être une adepte de ce stimulant, elle connaissait très bien les effets. Le monde n'avait pas ralenti, c'était sa matière grise qui traitait les données à une vitesse bien supérieure.

Elle s'élança vers son ennemi, avec la ferme intention de diminuer encore ses capacités. Ce dernier combattait le lieutenant biotique de l'UCIP qui encaissait les coups grâce son bouclier. Le lance flamme rugit à nouveau, lapant le dos du colosse, brûlant sa chair qui luttait pour se régénérer. Agacé par ce nouveau moucheron, il se retourna, faisant décrire un large arc de cercle à son marteau.
La praticienne avait vu le coup venir, dès les premiers gestes. Se baissant pour éviter la masse, elle fut satisfaite en découvrant la mine surprise de son adversaire qui ne s'attendait pas à voir son coup esquivé. Elle se déplia tel un ressort, les mécanismes de l'armure libérèrent à nouveau cette force emmagasinée, la propulsant vers son objectif.
Malgré toute sa force, le Krogan ne pouvait pas retenir son élan, le laissant dangereusement exposé. Le poing de la quadragénaire vint s'écraser avec assurance sur le nerf glosso-pharyngien, le comprimant avec intensité.
Sonné par cette douleur fulgurante, il recula. N'importe quel individu aurait terminé par terre, pas lui. Mais elle n'avait pas fini il fallait lui couper la chique. Définitivement.

Repartant à l'assaut, la blonde se prépara pour frapper à nouveau. Feintant une attaque vers les yeux, elle passa sous la parade, ses doigts vinrent percuter une nouvelle zone sensible, coupant l'afflux d'adrénaline nécessaire à sa rage du sang.
Il était trop tard pour éviter le revers qui s'ensuivit, le poing vint la cogner dans le ventre, atténué par la protection de sa collègue. Sa puissance avait considérablement diminué, les frappes de précision l'avait secoué.

Le Colonel préféra en rester là pour le combat au corps à corps, l'effet de surprise était passé. Reculant pour mettre de la distance, elle retrouva l'étreinte brûlante du FireStorm. L'arme cracha à nouveau, embrasant l’Élu qui hurla.

« Maintenant Gallagher » rugit Arcadia alors que sa réserve de combustible expira.

(c) King (Sacrifars)


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Audrey Bayard

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MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   Ven 08 Fév 2019, 19:21
Les trompettes de Jéricho résonnèrent dans un vacarme assourdissant et les murs de la citadelle s'effondrèrent. Ils y étaient enfin. Après un atterrissage mouvementé, une petite escapade sous marine, un affrontement avec un ver géant et une élue et le sacrifice de toute une unité, les conciliens pénétraient enfin dans la place forte de leur adversaire. Écrasant tout sur son passage, Thor se jetait dans les orifices béants qu'il venait de créer, accompagné par les fantassins de Valkyrie. La résistance semblait presque inexistante dans cette cours comparée à tout ce que les soldats avaient pu rencontrer jusqu'alors. Les chars avançaient plus vite qu'ils ne l'avaient encore jamais fait durant cette opération et les défenses disparaissaient les unes après les autres sous le barrage d'explosions que leur infligeaient ces monstres rampants. Pour un peu, on aurait presque pu penser que la bataille était pliée…

Ce n'est que lorsqu'ils pénétrèrent dans l'une des dernières cours précédant l'enceinte du temple que les soldats purent constater qu'il restait encore beaucoup à faire. La partie n'était pas encore gagnée. Si l'ennemi était peu nombreux par rapport à ce qu'il avait pu déployer précédemment, il paraissait en revanche plus malin et mieux équipé. Et surtout, les combattants purent se rendre compte que la turienne noire n'avait finalement était qu'une entrée, voire même un amuse gueule. Le plat de résistance arrivait à présent. Un énorme krogan, sans doute encore plus gros qu'Ante, semblait protéger le dernier portail avant le temple, tel un golem inamovible et millénaire, prêt à éliminer tous les imprudents tentant de le défier. Pour l'épauler, une asari bondissait de toit en toit pour appuyer les immortels qui usaient de leurs armes lourdes renforcées à l'énergie noire pour détruire les blindés les plus légers de la colonne.

Audrey n'eut cependant pas vraiment le temps de s'inquiéter de toutes ces nouvelles menaces. Alors qu'elle avançait sur le flanc de Thor pour éliminer les quelques ombres qui tentaient encore d'approcher, elle se retrouva soudainement bloquée sur place. Tel une espèce de piège à loup organique, du mucus s'était soudain refermé sur ses chevilles et remontait à présent le long de sa jambe. Voilà qui rappelait de mauvais souvenirs… Cependant, elle put constater que le procédé était différent lorsque la gelée qui lui emprisonnait les jambes commença à la déplacer pour l'emmener à l'écart de ses alliés. Luttant pour ne pas perdre son équilibre, la française appela à l'aide en tentant autant que possible de garder son calme. Elle vit alors une énorme bouche s'ouvrir dans la paroi vers laquelle elle se faisait tirer.

L'humaine essayait tant bien que mal de résister à la poussée que lui imposait cette boue vivante mais elle demeurait néanmoins contrainte de céder du terrain petit à petit sous peine de se retrouver avec les jambes brisées. Le plus effrayant restait néanmoins cette mâchoire encastrée dans la paroi. L'ancienne du SSC ne tenait pas spécialement à savoir quel sort elle lui réservait. Qu'il s'agisse de la hacher menue ou de l'enfermer dans une espèce de cocon pour la faire muter, aucune de ces alternatives ne semblait réellement enviable. Alors qu'elle dégainait son fusil à pompe pour envoyer quelques bastos à cette gueule quand elle serait à portée, la militaire entendit soudain une voix familière dans son dos. Tournant la tête, elle se retrouva nez à nez avec l'orifice fumant d'un cracheur de feu.

- Chaud devant !
- Non attends, tu es sûre de...

Le reste de sa phrase se perdit sous les flammes, tandis que la française fermait les yeux et détournait la tête par réflexe. Elle se félicita d'avoir pensé à vidanger avant son déploiement, sinon elle serait probablement en train de se faire dessus à l'heure qu'il est. L'image de la plus jeune de ses nièces lui disant “pipi culotte” d'un air désolé lui revint en tête, mais cela ne suffit pas à faire sourire la gendarme. Le stress et l'envie de dégobiller étaient trop forts. L'odeur de la planète était déjà épouvantable, mais avec la puanteur du mucus carbonisé (qui allait maintenant lui coller à la peau, ou à l'armure en l'occurrence), c'était pire. Heureusement pour elle, et pour la suite de son opération, le lieutenant parvint à se retenir de rendre son petit-déjeuner à l'intérieur de sa cuirasse. Il aurait sans doute été particulièrement désagréable de baigner dans son vomi... Lorsque le feu cessa, une main fut tendue à la terrienne. Celle ci s’en saisit et se trouva tirée abruptement vers celle qui l’avait embrasée.

- Ça va aller Audrey ?
- Non. Mais je suppose qu'on devra faire avec.
- Il le faut... Courage Audrey.

Les deux femmes restèrent un court instant là, à se regarder sans se voir à travers leurs visières, sans mot dire. La châtain n’aurait su dire combien de temps s’était écoulé exactement, probablement une simple poignée de secondes, mais une chose était certaine, ce silence avait beaucoup à raconter. Une fois de plus, ce n’était pas le colonel et le lieutenant qui se faisaient face, mais les deux adolescentes qui organisaient des concours d’enfournage de marshmallow et des batailles de polochon. Et ce qui les entourait les dépassait complètement. La plus jeune des deux eut envie de… pleurer ? Oui, c’était bien ça. Elle ressentait le besoin de fondre en larmes pour évacuer toute sa tension. Mais elle ne pouvait pas se le permettre, elle se devait de garder le contrôle.

Ce n’est que lorsque Arcadia lâcha son bras pour lancer une nouvelle gerbe incandescente sur une troupe d’ombres sans cervelle approchant, qu’Audrey réalisa qu’elle était restée accrochée à elle toute la durée de leur échange muet. L’ancienne du SSC constata aussi qu’elle n’avait pas réussi à totalement se contenir, sentant une goutte couler le long de sa pomette, trop fraîche pour être de la sueur. Elle porta instinctivement une main à son visage, mais ne heurta que le métal froid de son casque. Il faudrait attendre pour sécher cette perle. La militaire garda néanmoins la tête baissée le temps que le filet d'eau atteigne le bas de sa joue, comme pour masquer cet instant de faiblesse à une quelconque puissance capable de voir à travers son armure.

Lorsqu'elle releva les yeux, la française constata que la blonde était partie, se précipitant dans la mêlée pour porter secours aux blessés. La terrienne lui emboîta le pas avec nettement moins d'entrain. Elle demeurait totalement perdue. Suffisamment lucide pour aller se mettre à couvert derrière les blindés, mais encore trop déboussolée pour savoir quoi faire une fois là bas. Il ne lui fallut pas longtemps pour se reprendre une fois à l’abri derrière une carcasse. En effet, les corrompus, par leurs actions, lui fournir tous les objectifs dont elle avait besoin et la colère nécessaire pour chasser ses doutes et se ressaisir. Ces salopards prenaient pour cible les blindés légers derrière lesquels la toubib était allée s’abriter pour soigner une turienne. Ces enfoirés ne respectaient même pas les blessés...

Énervée, Audrey fonça sur un artilleur à l’abri derrière un autre couvert et lui arracha son lance-grenades du dos. Elle expédia l'intégralité du chargeur vers une fenêtre d'où étaient sortis plusieurs missiles d'énergie noire. La militaire garda le regard fixé sur la pièce encore quelques secondes après les six explosions, en profitant pour se calmer un peu. Elle ne décelait plus aucun mouvement dans le bâtiment. Impossible que quoi que ce soit ait survécu à ça. L'officier se réabita, évitant de justesse une projection biotique qu'elle n'avait pas vu venir. Elle rendit ensuite l'arme lourde à son propriétaire en lui plaquant dans les bras tout en lui aboyant des instructions.

- Occupez vous de ces nids d'armes lourdes ! Et que quelqu'un nous débarrasse de cette asari sur les toits !
- Elle bouge trop vite. Nos tireurs ne peuvent pas la viser.
- Alors contactez Thor. Qu'ils défoncent les bâtiments sous ses pieds, on n’aura plus qu’à lui rouler dessus !

Il ne fallut pas longtemps pour que l'ordre passe et que les blindés les plus lourds réorientent leurs tirs vers les abris ennemis. Les fantassins les protégeant des immortels lourdement armés, les chars purent se concentrer pleinement sur l'abattage des casemates. Un véritable festival d'explosions débuta, les énormes canons faisant feu les uns après les autres dans une symphonie presque harmonieuse. Avec un peu plus d'instruments, cela aurait sans doute pu donner une mélodie intéressante. Mais pour l'heure, le trop haut volume et le manque de notes empêchait de réellement apprécier la musique. Le concert prit fin lorsque les bâtisses s'effondrèrent sous leur propre poids, leurs piliers porteurs ayant été réduits à des tas de gravats. Ce bouquet final ensevelit les derniers corrompus encore à couvert et mit un terme définitif à leur tentative de détruire les véhicules. Il ne restait cela dit déjà plus beaucoup d'infectés avant l'achèvement de ce travail de démolition, la technique subtile et rusée suggérée par Bayard pour les déloger ayant visiblement porté ses fruits.

Tandis que l'un des édifices s'affaissaient dans un vacarme assourdissant et un nuage de poussière plus opaque que le brouillard d'Écosse, le lieutenant eu l'impression de distinguer une humanoïde chuter parmi les débris. L'asari avait probablement été mise au sol. Restait à s'assurer qu'elle était bien morte. Les blindés devant réorienter leurs tirs vers la citadelle, ils ne purent aller rouler sur la biotique comme l'officier l'avait initialement prévu. Cette dernière prit donc 3 soldats avec elle pour aller vérifier les décombres. Le sol n'étant pas très stable, il était un peu délicat de progresser dans les vestiges, mais rien d'insurmontable pour des soldats entraînés. Et puis, au moins là, le mucus ne risquait pas de vous bondir dessus pour tenter de vous bouffer.

Alors que le quatuor avançait toujours aussi fluidement que possible, un monstre s'extirpa soudain des gravats en poussant un hurlement qui semblait mêler la rage et la douleur. L'asari était encore en vie. Mais dans quel état… Son visage était fendu de tout son long par une énorme balafre dont s'écoulait abondamment du sang, derrière ce qu'il restait de ses vêtements on pouvait constater que son buste était lui aussi couvert d'entailles et si ses jambes semblaient avoir été miraculeusement épargnées lors de sa chute, son bras gauche en revanche était plié dans le mauvais sens. Sous l'hémoglobine qui couvrait sa tête, on pouvait lire la folie dans l'expression de la biotique. Le meilleur service à rendre à tout le monde, elle y comprit, était sans conteste de l'achever avant que sa cicatrisation ne commence, probablement dans la souffrance.

Audrey n'eut pas besoin de donner le moindre ordre pour que ses équipiers ouvrent le feu. Chacun savait ce qu'il avait à faire et l'escouade opéra comme une machine parfaitement huilée. Se déplaçant aussi agilement que possible autour de leur cible affaiblie, ils parvinrent rapidement à saturer ses barrières sous leur feu nourrie. Si elle ne put tenter la moindre contre-attaque dans son état, l'élue maintint néanmoins ses protections pour une durée plus qu'honorable. Cependant, contrainte de reculer sur un sol instable et sous un tir de suppression, elle finit par perdre l'équilibre et être victime d'une rafale en pleine poitrine. Difficile de dire qui du trébuchement ou du feu nourri était réellement venu à bout de sa concentration et de ses défenses cela dit. S'approchant du corps pour s'assurer qu'elle ne se relèverait plus, le commando put constater avec surprise que la native de Thessia respirait encore. Cela dit, compte tenu de ses difficultés à réaliser cet exercice le plus basique, elle ne s'en sortirait pas. Même les capacités de régénération hors normes de l'énergie noire ne pourrait rien pour elle. Ses poumons étaient perforés et du sang coulait à flot de son cou. Une balle avait dû toucher la carotide.

La corrompue tourna un œil suppliant vers ses bourreaux. A dire vrai, son regard semblait également empli d'une certaine peur. Avait-elle reprit conscience de qui elle était ? Était-elle effrayée par ce qu’elle avait fait ? A moins que les démons d'Aria ne ressentent encore la crainte de mourir... La gendarme n'aurait jamais la réponse. En effet, l'un des membres de son escouade, un turien, expédia une rafale en plein dans la tête de l'asari, la faisant exploser dans une gerbe de sang et de cervelle qui repeignit partiellement les armures. Il ajouta quelques balles de sécurité dans le buste. Un peu superflu. Il était peu probable qu'un infecté se relève sans sa tête. Ce n'est que lorsqu'il commença à hurler des insultes au cadavre tout en maintenant son tir que la française comprit que ce sous-officier était en train de craquer. Il ne s'assurait pas de sa mort, il profanait son cadavre pour se passer les nerfs !

- Tu aimes ça salope ? Putain de garce biotique de mes deux ! T'en veux encore ?
- Sergent ! SERGENT ! Ca suffit ! Elle est morte ! cria l’ancienne de l’UCIP en se jetant sur lui pour stopper sa folie sanguinaire. Lorsque le natif de Palaven cessa enfin de tirer, Audrey regarda le corps massacré avec une pointe de pitié.
- Combien des nôtres elle a crevé d’après vous ?

Le lieutenant ne répondit pas à cette question acerbe, se contentant de jeter un dernier regard au macchabée en charpie avant de lâcher les épaules du sous-officier. Réempoignant son fusil d’assaut, elle ordonna le retour vers les blindés, laissant le boucher seul avec son œuvre. Celui-ci expédia une dernière rafale sur la défunte, finissant probablement sa cartouche thermique, avant de se mettre en route. Une transmission de Thor arriva. Les trompettes n'allaient pas tarder à résonner de nouveau. En espérant que ce soit celles de l'apocalypse pour Aria et sa clique ce coup ci. La reine de la corruption avait lâché Guerre, Conquête et Maladie sur la galaxie, il était temps pour elle de recevoir Mort dans son salon...




Ce n'est pas parce que je suis fou que je suis de mauvaise compagnie.
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MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   Sam 09 Fév 2019, 02:00
Lasciate ogne speranza, voi ch’intatre. Tel semblait être inscrit sur les murs éclatés de la forteresse. Amnatiss, marchant en sécurité entre les blindés, se signa, adressa une prière pour ceux qui n’atteindraient pas le temple, puis se lança vers le massacre. Étonnamment, celui ci fut unilatéral pendant un certain temps, le sacrifice d’Odin ayant emporté avec lui nombre d’ombres. Amnatiss ne gardait plus ses forces, mais les utilisait avec parcimonie pour protéger les blindés légers et les troupes à pied des attaques biotiques et des armes lourdes des immortels. Ses barrières pouvaient sans aucun problème faire face à leur puissance, mais jamais elle n’avait affronté un aussi grand nombre d’ennemis dotés de capacités biotiques. La fatigue et la migraine dansaient un ballet dans son crâne. Sans l’intervention de l’équipe médicale, il est très probable qu’elle aurait déjà été trop épuisée pour combattre.

Pas de bôle, l’UCIP avait des toubibs efficaces, et de sacrés bons soldats pour les défendre. Amnatiss était surprise de l’efficacité de ses alliés, qui ne reculaient jamais face à la horde, ni même face aux deux élus qui se présentèrent à eux. Une seule tactique semblait valable : avancer vers le temple. Même Loki, le régiment envoyé en renfort et dirigé par le colonel Fender, se taillait son chemin à travers la masse de cibles mouvantes que représentait les ombres.

A bien y regarder, les créations de l’énergie noire avaient de quoi avoir peur. Elles connaissaient désormais le goût d’un ennemi prêt à tout pour arriver à ses fins. Peut être avaient-elles supposé que la situation d’Odin les diviserait.

Petites créatures crédules.

Depuis que le régiment d’appui avait été laissé pour mort, nombreux étaient les soldats qui se battaient avec la rage vibrant dans leur tempes. La rancœur donnait des capacités impressionnantes, et sur Chasca, en ce jour, elle poussa autant de troupes qu’il en était disponible jusqu’au cœur du dispositif ennemi. La lieutenant à la crinière blanche en arrivait à un point où elle se disait que les gars sur le Rorke ne croiraient pas ses histoires, car elle serait complètement incapable de dire combien de cibles elle avait abattu. La situation était presque semblable à la Grande Guerre, tant la horde était immense et inexorable.

« Gallagher avec moi ! Faîtes diversion et préparez vous à porter le coup fatal ! »

Immédiatement, Amnatiss gueula des ordres à ses équipiers, et suivi la colonel du corps médical. Elle espérait ne pas avoir à affronter de nouveau un élu, pas aussi tôt en tout cas, mais on comptait sur elle. Et à raison : Ravi, Abbadon, Ante, les gros poissons du peloton avaient du battre en retraite chacun leur tour. Il ne restait que les laissés pour compte pour régler celui du guerrier corrompu.

« Eh, Kroggyboy ! On touche pas à mon prisonnier ! »

La salve du M15 de Gallagher faisait peine à voir après l’enfer qu’avait subit le bestiau, mais le but d’une telle rafale était surtout de prévenir son adversaire qu’elle arrivait, et qu’elle était sacrément remontée. Usant de stase, elle fit de son mieux pour paralyser l’imposant animal, et vint au contact lui gratter le lard à grand coup d’omnilame, assurée de sa propre protection par une escouade qui abattait toute ombre s’approchant trop près du corps à corps. Une bulle protectrice englobait les deux combattants, incluant également Arcadia McKnight et permettant de faire feu sans risquer le tir allié. Malgré des blessures accablantes, la créature se battait avec férocité. D’une main, elle souleva son marteau de guerre, et l’abattit de toutes les forces qu’il lui restait en direction d’Amnatiss, qui parvint à l’esquiver agilement. Elle n’en était pas à son premier gros costaud à base Krogan, et celui là ne finirait pas différemment des brutes de la Grande Guerre. L’arme éclata le sol sous leurs pieds en centaines d’éclats difformes, et la biotique utilisa sa stase pour l’y bloquer. Immédiatement, elle se jeta sur son adversaire, lui tranchant la chair du bras et, pour la forme, lui collant un coup de poing à la figure. Dès que l’ouverture offerte par les attaques provocantes de la lieutenant fut assez grande, Arcadia fit vrombir le canon de son firestorm, prenant à revers la bête immonde. Sa chair semblait se déformer sous les flammes.

Et l’assaut reprenait de plus belle. La stase se brisa, et le marteau vola en direction de la médecin. Heureusement, il était blessé, et la toubib, elle, pétait la forme. Elle lui envoya plusieurs coups tandis qu’Amnatiss se retira quelques secondes du corps à corps pour se dédier entièrement à ses pouvoirs. Au cœur de l’affrontement, un poing percuta le bas ventre de la médecin. Un dernier coup de rage, un excès de fureur, l’ultime sursaut d’orgueil d’un mort en sursis. La toubib n’avait presque pas du le ressentir, et pourtant, il avait brisé la barrière déployée par la lieutenant, coupant son souffle sur le coup. Jusqu’au bout, il avait été un guerrier raisonnable, et même au cœur de sa rage de sang il n’avait consommé ses forces qu’avec une colère mesurée, se nourrissant de la puissance de l’Énergie Noire sans jamais se retrouver sans ressources.

Mais désormais, il était forcé de se résoudre à lâcher ses derniers souffles. Ses capacités biotiques l’avaient quitté, et au passage une bonne partie de son ventre s’était également faite la malle. La rage du sang, à son tour, abandonnait son hôte. Les flammes d’Arcadia s’écartant, Gallagher bondi sur le dos de son adversaire. Bien trop handicapé pour la voir venir, il ne put l’empêcher de planter son omnilame dans son crâne, avant de retomber de l’autre côté, balancée par le monstre. Elle roula sur le dos, et repris immédiatement l’assaut. Elle ne lui laisserait pas le temps de s’en prendre à la médecin. Refermant son poing, elle resserra d’un coup la bulle biotique qui protégeait le combat autour d’Arcadia uniquement. Suffisamment d’ennemis avaient été abattus pour qu’ils puissent être désormais dans une zone qui ne subissait pas un feu nourri, mais la médecin n’était pas à l’abri pour autant. Avec un espace moins grand à couvrir, la lieutenant pouvait s’assurer de maintenir la barrière tout en se battant. Après avoir esquivé un assaut désespéré de l’élu, elle planta son omnilame dans sa cage thoracique, et éclata un grand pan des restes de son armure, qui vint s’écraser sur le sol. Retenant sa tête carbonisée avec son bras gauche, Amnatiss croulait presque sous le poids de sa victime. Privée de tout, accablée de mille morts, elle ne pouvait plus rien faire d’autre qu’espérer l’emporter avec elle.

Cela n’arriverait pas. La créature était bien trop affaiblie. Les assauts des Spectres, d’Urdnot et de McKnight l’avaient poussé jusqu’aux fins fonds de ses retranchements. Il n’était plus rien, à part un morceau de viande roussie qui tombait mollement sur le flanc. Comment il vécu, Amnatiss n’en savait rien. D’autres avaient des antécédents avec lui. Elle, non. Elle était une illustre inconnue, qui brandissait désormais au dessus de lui l’épée d’un autre Krogan, récupérée au sol. La lieutenant la laissa s’abattre sur son torse plus qu’elle ne frappait avec. Le poids et la colère devraient faire l’affaire. A plusieurs reprises, le guerrier chercha à se lever péniblement, et plusieurs fois la lame vint se ficher dans sa cage thoracique, le clouant au sol. Le monstre devait espérer que ses pouvoirs lui reviendraient. Mais l’acier avait un autre avis, et après trois coups précis et brutaux sa tête sectionnée roula sur le côté.

« Et un coup de grâce. Un. »

Amnatiss était sidérée par les efforts qu’il fallait déployer pour abattre un être censé être déjà à moitié mort. Des flammes vivotaient encore sur sa chair, seule chose vivace dans ce corps rompu autant que corrompu. La viande et les os se disloquaient, incapables de régénérer de tels dégâts. L’élu était mort, définitivement. Et bordel, il en avait fallu du monde pour lui faire plier le genou. Gallagher était couverte de sueur, et elle lâcha l’arme d’Ante qui dégringola pesamment sur le sol. Elle regarda dans la direction d’Arcadia. La barrière avait tenue, et la toubib était indemne. Une balle rafla la jambe de la lieutenant et ricocha au sol, lui rappelant qu’elle était à découvert. Elle bondit vers la barrière, et indiqua à la colonel de la suivre. Celle ci semblait subir le contrecoup de son incroyable sursaut combatif, et la biotique se doutait bien qu’il n’était pas venu de nul part. Alerte, elle avait changé la recharge de son lance-flamme, et cherchait déjà les blessés les plus urgents du regard, mais son temps de réaction semblait avoir subi une légère chute, surtout si on le comparait au combat qui venait de se dérouler. Couverte par les protections d’Amnatiss, elles purent rejoindre Urdnot Ante. Son état était pitoyable, mais lui avait affronté un élu en pleine forme, de front. Son armure était brisée, un signe de mort imminente sur Chasca. Immédiatement, une bulle particulièrement dense enveloppa le trio, les coupant du reste du champ de bataille.

« Ça va vous paraître dingue si vous n’avez pas été mise au courant, mais Ante peut s’en sortir ! Tu m’entends le Saint ? On va te sortir de là ! T’en a vu des pires hein, me tire pas cette tête, tenta Amnatiss avant de tourner son regard vers la médecin en chef. Sauvez le !
- J’ai lu son dossier. Je connais le spécimen, ajouta la toubib en préparant différentes seringues. Il survivra.
- T’entends ça, Urdnot ? T’as vaincu l’élu et t’en survivra. T’espérais quoi en faisant ça ? J’vais pas te laisser t’échapper si facilement, t’es mon premier prisonnier Krogan, tu sera pas le premier qui me claquera entre les mains ! »

La lieutenant ne savait pas où donner de la tête, regardant Ante, puis le champ de bataille, puis Arcadia, et recommençant le cycle. Elle continuait de lui parler, lui offrant une chose sur laquelle se concentrer tandis que McKnight s’occupait de son cas. Après lui avoir injecté plusieurs produits différents (et je vous prierai de ne pas venir demander de précisions quant à leur contenu à votre humble serviteur, qui ne possède ni ne cherche les connaissances de l’équipe médicale de l’UCIP), Arcadia s’appliqua à résorber les nombreux trous de l’armure. Le Krogan, lui, semblait complètement sonné. Ses yeux papillotaient bêtement, et il avait l’air presque énervé, comme s’il se concentrait pour mieux écouter, mais n’y parvenait que très peu.

« Je vous le laisse docteur. T’es entre de bonnes mains le Saint. De toute façon si tu crèves, j’te bute. J’ai déjà tué un Krogan biotique aujourd’hui, j’peux le refaire. Médic, faîtes moi signe quand je pourrai lever la barrière. Et bonne chance. »

Quelques instants plus tard, Amnatiss se résolvait à retourner se battre. Aux médecins les blessés, aux soldats les ombres et les immortels. Il semblait que la seconde élue avait elle même était terrassée. Plusieurs chars passaient les dernières murailles de la forteresses éventrée. La jonction avec les troupes de Fender était achevée, et on ne parlait même plus de poches de résistance pour les avortons qui étaient parvenus à rester en vie. Les chars d’assaut délogeaient les quelques tireurs encore suffisamment fous pour signaler leur position. Dans le conflit, Gallagher retrouva le calme. Affronter deux élus de suite avait lâché en elle des quantités d’adrénalines insoupçonnées. Abattre à une distance raisonnable des adversaires à la puissance limitée était presque rassurant.


Elle se détesta pour avoir retrouvé un degré de quiétude dans le meurtre.
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MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   Dim 10 Fév 2019, 16:36

L'heure du jugement
Ft. Audrey Bayard, Ravi Vertax, Urdnot Ante, Abbadon Bynare & Amnatiss Gallagher




« Eh voilà Ante. Un conseil ne forcez pas trop, les réparations ne sont que temporaires. Si vos mouvements sont trop brutaux, ça ne tiendra pas longtemps. Hey le pilote de mecha vient par ici me filer un coup de main. On va le charger dans un blindé, le temps qu'il reprenne ses esprits... Lieutenant vous pouvez retirer votre barrière. »

Aussi incroyable que cela puisse paraître, un Krogan ça pèse son poids, surtout pour une humaine. L'équipage du char ne fut pas de trop pour aider à faire embarquer le convalescent. Tout autour d'elle, le calme plat était revenu, les derniers Immortels et Ombres avaient été exterminés. Plusieurs tanks de Thor se trouvaient sur le toit, retournés comme de vulgaires crêpes, d'autres éventrés, les occupants écorchés vifs. Valkyrie commençait aussi à compter des pertes et quelques blessés légers. Sur Chasca il n'y avait pas de place pour les blessures graves.

Arcadia sentait poindre un mal de crâne particulièrement désagréable tandis que les effets de la drogue s'amenuisait. Elle aurait aimé se masser les tempes, retirer son casque, souffler un bon coup et repartir au charbon. Hélas il allait falloir patienter un peu avant de profiter de ce réconfort. Elle avait fort à faire avec son collègue. Il fallait remettre l'unité debout, et faire en sorte qu'elle soit capable d'aligner deux pas sans se vautrer par terre... et d'être un minimum présentable.
Les visages qu'elle connaissait étaient toujours présents, ce qui était une bonne chose en soit. Il n'y avait rien de pire que de perdre une personne que l'on appréciait.
Bien sûr plus d'un brave était tombé en ce jour, notamment chez Odin. Cela attristait la toubib qui savait pourtant très bien que des sacrifices étaient nécessaires. Que représentait quelques centaines de morts pour le salut d'une galaxie ? C'était un bien maigre tribut. Les vivants devaient simplement faire en sorte que ces morts ne soient pas vains. Ils étaient arrivés trop loin pour échouer.

Abbadon, Amnatiss, Audrey, Ravi avaient l'air d'avoir reprit leurs esprits, seul Ante prenait quelques minutes de repos, le temps que les injections et médicaments fassent effet. Les docteurs se chargèrent de soulager les douleurs des combattants, injectant des concentrés de protéines aux biotiques, ainsi que des anti-douleurs pour lutter contre les maux de tête pour ceux qui le désirait. Ce n'était pas forcément un cadeau, cela soulageait peut-être la douleur sur le moment mais ce ne serait rien de plus qu'un répit.
La blonde s'injecta une dose d'adrénaline pour lutter contre la fatigue qui s'emparait d'elle. Il était impensable qu'elle ne soit plus alerte à la situation.

Le tableau n'était pourtant pas si noir que ça. Une compagnie venait d'arriver, fraîche et débordante d'énergie. Ils avaient marqué leur arrivée par la destruction d'un canon de défense orbital. A la tête du détachement le Colonel Fender, en tenue de Furie, capuche rabattue sur la tête. Les pièces d'armure s'entrechoquèrent alors qu'elles se serrèrent le bras.

« Il me semblait bien avoir reconnu votre voix. Heureuse de vous retrouver à nos côtés.

- Toujours entière, je n'en attendais pas moins de vous. Un doigt ganté vint tapoter la visière du docteur. J'espère que vous gardez une dose de médi-gel à mon nom là dedans ou vous me verriez grandement chagrinée.

- Parce que vous en doutez », s'amusa t-elle.

Elle la salua d'un signe de tête, puis retourna à son travail. Principalement pour éviter à ses pensées de dériver vers les monstruosités qui les attendaient dans le temple. La quadragénaire alla se recharger en munitions et remplir sa pharmacie qui s'épuisait drastiquement. A nouveau le convoi se remit en route, l'UCIP n'avait pas commencé cette guerre mais l'organisation était déterminée à y mettre un terme.

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Ravi Vertax

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MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   Dim 10 Fév 2019, 18:33
L'heure du jugement
Le corps de la Turienne s'écrasa au sol avant de rouler sur plusieurs mètres par la force de l’inertie. L'armure endommagée se vit couverte de nouvelles rayures alors qu'elle frotta le béton, hurlant dans un crissement de métal la douleur qui l'aurait habité si elle avait été organique.
A l'intérieur, Ravi cligna des yeux; elle cherchait à aspirer l'air qu'elle pouvait, sans y arriver. Difficilement, elle réussit à porter une main à son plastron, glissant ses griffes dans une interstice, juste avant la jointure, et chercha à tirer pour l'ôter. Elle étouffait, répétait son cerveau en boucle, mettant la douleur de côté. Elle avait besoin d'air et cette saloperie d'armure l'en empêchait, continuait-il de lui chuchoter. Elle n'était pas en état pour se rendre compte de l'absurde de sa démarche : en aucun cas la Spectre n'aurait pu la retirer ainsi, même en pleine forme. Sans compter qu'ôter son plastron aurait signé une mort certaine et peu ragoutante et que ce n'était pas tant l'armure que l'enfoncement situé au niveau de la cage thoracique qui la faisait suffoquer.

Le monde qu'elle voyait était constitués d'ombres : non pas ces créatures dégénérés qu'ils affrontaient depuis leur arrivée sur Chasca mais bien des tâches mouvantes de couleur et d'images flous. Rapidement, son instinct reprit le contrôle sur son cerveau reptilien, et sa main quitta le plastron pour tapoter du côté de la hanche à la recherche de son arme. Son esprit réussissait lentement à remonter le fil des événements et le danger de la situation - sa blessure, son incapacité à se défendre, l'endroit - s'affichait désormais en lettres de feu.
Ses doigts n'avaient même pas effleuré la crosse de son Locust qu'elle se sentit soulevée et traînée. La femme réussit à rassembler assez de concentration pour se rappeler qu'une Ombre ou un Immortel ne porteraient pas une tenue complète et que si ça en avait été, ils n'auraient pas pris la peine de la traîner.

Arcadia - car c'était bien elle - finit de la déplacer en sécurité et commença à examiner les dégâts. Son armure bipait et affichait sur l'écran interne des informations qui n'étaient pas tant destinée à elle qu'à la médecin : impact, état global, réserve d'air et autres données générales défilaient devant ses yeux qui ne les voyaient pas.
La seule présence de l'Humaine était rassurante et la Turienne lâcha prise, s'efforçant de dompter son esprit agité.

Qu'est-ce qu'il s'était passé ?

Elle se souvenait vaguement.

Leur entrée dans la Forteresse. Les murs, hauts et terribles, partiellement grignotés par la masse noire et corrompue qui s'étendait même au sol. L'aspect à la fois en ruine et terriblement imposant. Les deux élus et leur armée d'Ombres et d'Immortels, équipés grossièrement pour les premières et dirigés par l'Asari. Le Krogan, qui avait écrasé un des blindés comme une feuille de papier.

Le Krogan, oui...

Elle était sur le point de lui tirer dessus au Sabre lorsqu'il s'était retourné, son regard malsain posé sur elle. Et il s'était élancé, entouré de cette biotique infâme qui l'enveloppait comme un funeste linceul. Elle avait voulu sauter en arrière. Une demi seconde trop tard. Le marteau, balancé vers sa poitrine...
Elle se remémorait la douleur alors que ses pieds avaient définitivement quitté le sol, comment son corps c'était presque gracieusement courbé sous le choc...

- Ravi, excusez moi mais ça va piquer un peu. Respirez un bon coup.

- ... ?

Son cri réussit à être mué en un gargouillement étouffé alors que les aiguilles transperçaient ses plaques pour s'enfoncer dans sa chaire et atteindre les os sans le moindre ménagement. Le produit s'écoula dans son corps comme un flot glacial, la réveillant toute entière alors que ses veines semblaient en feu. La femme cracha un flot d'insultes à l'attention du monde qui comprenait la mère d'une personne non désigné, des mandibules de ladite personne arrachées sans ménagement et un replacement à un endroit qui n'était pas prévu.
Le poids qui bloquait sa poitrine fut soudainement ôté et l'ancienne Cabale se mit à respirer à grande goulée avant de se calmer petit à petit, toussant et crachant durant le procédé. La douleur refluait, abandonnant le terrain.

La Spectre réussit à se redresser sur un bras. A côté d'elle, la médecin se déconnectait et lui adressa quelques mots d'encouragement.

- C'est terminé Ravi. Laissez deux minutes aux produits le temps d'agir. Je garde un œil sur vous. Ensuite de quoi... On pourra y retourner.

- Merci... Doc.

Roulant sur le côté, elle réussit à se mettre à genoux, lançant un regard morne sur le décor qui l'entourait. De nombreux blindés se tenaient en ligne devant les deux femmes. A moins qu'Arcadia n'ait réussi à elle seule à traîner la carcasse abîmée de sa patiente jusqu'ici, il semblait plus logique que les chars aient été placés après coup pour créer une zone de protection destiné à accueillir les blessés. Et des blessés, il y en avait quelques uns. Le docteur Turien volait entre les individus, plantant sans attendre des seringues de médigel, trouvant malgré tout le temps d'adresser un mot rassurant avant de filer vers son prochain patient.
Derrière la ligne le Krogan luttait contre Abbadon et Ante et l'Asari tentait d'échaper aux tirs d'autres M-080 décidés à l'abattre froidement.

- Filez Docteur. Le devoir vous appelle. Je survivrais.

La Spectre resta seule au milieu des blessés.

L'amertume commençait à la gagner. En aucun cas elle n'accepterait de rester ainsi à se reposer alors que d'autres menaient une lutte acharnée contre les Elus. Malgré tout, elle ne pouvait pas non plus foncer au cœur de la bataille comme à son habitude. Un instant, ses pensées se tournèrent vers les drogues de combat attendant sagement dans leur logement. Arcadia ne l'avait pas soignée pour qu'elle se foute en l'air la seconde d'après.

Aussi déplaisant l'idée lui semblait, il faudrait qu'elle se montre... raisonnable. Rationner ses pouvoirs, soutenir les troupes au contact, rester... derrière.
Ils n'avaient pas encore atteint le Temple, Aria avait sans doute d'autres cartes dans ses manches et le pire restait encore à venir.

Raisonnable donc.

Son pas, d'abord chancelant, se fit plus sûr alors qu'elle marchait vers les blindés, jetant un œil sur le champ de bataille.

Le bon docteur s'était ruée sur le Krogan pour couper net la rage qui l'habitait, Amnatiss l'avait achevé et Bayard ruait de coup une masse bleue qui avait sans doute été l'Asari jadis. Quelques ombres, privés de contrôle, erraient sans but parmi les décombres et se ruaient de façon désordonné sur les soldats à porté, quand elles ne s'attaquaient pas entre elle pour leur proie.

Ravi en acheva une partie avec un soupir.

Il fallait bien sauver l'honneur. Au moins elle n'allait pas vraiment devoir se forcer pour se montrer raisonnable...

Le calme retomba et Valkyrie et Thor purent se rassembler tant bien que mal. Certains étaient morts durant l'assaut et une grande partie se retrouvait blessée ou en mauvaise forme. Paradoxalement, Vertax semblait faire partie de ceux qui s'en étaient le mieux tiré. Ankylosée mais reposée, là où d'autres étaient souffrant et épuisés...
Elle aida les réguliers à relever des collègues et à les déplacer auprès du médecin. Les plus en forme se voyaient administrer une petite dose de stimulant, les plus graves étaient traités et consigné dans un blindé de transport afin de leur offrir du repos. Lors de ses fouilles, les soldats et elle même en profitaient pour vérifier que les cadavres en étaient bien, prêt à tirer en cas de feinte. Ce ne fut que peu nécessaire : seule deux détonations retentirent dans le silence.

Ils pouvaient désormais se mettre en branle vers le Temple, renforcés par l'arrivée de Loki. La Spectre marchait vers l'avant du groupe, ses sens en éveil et sa méfiance accrue : elle était bien décidée à ne pas réitérer les mêmes erreurs.


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Urdnot Ante

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MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   Lun 11 Fév 2019, 10:51
Ce n'est pas peu dire que dans la tête d'Ante, en ce moment, c'était sacrément le bordel.

La corruption tentait de s'infiltrer dans son corps par les multiples failles dans son armure.
Ses systèmes immunitaires luttaient mais sa température corporelle grimpa en flèche, normalement seulement dépendante de l'extérieur. La fièvre s'empara du Krogan était le signe d'une intense bataille dans son fort intérieur.
C'est surement ce qui causa son délire passager.
Ante reçut une vision très particulière.
Alors que le combat contre le Krogan biotique battait son plein, une image le frappa, s'inscrivant avec force sur sa rétine.

Entourée d'un halo de flammes, une combattante soulevait son épée et abattait l'adversaire.
La tête du Diplomate était lourde et légère à la fois.
Il avait l'impression d'être balloté dans une tempête glaciale comme d'être bercé au sein d'un œuf couvé avec amour.

Une nouvelle chaleur prit vie au fond de ses tripes lorsque l'élu mourut.
Et elle remonta étreindre ses cœurs lorsqu'Amnatiss se pencha au dessus de lui.
Elle portait son casque et son armure, figure anonyme parmi d'autre, alors Ante n'aurait pas dû voir ce qu'il voyait...

Le visage de l'Humaine était découvert, ses traits si fins qu'ils paraissaient presque flous, et ses cheveux blanc, véritable crinière argentée, formaient une aura divine autour de la soldate.
Elle rayonnait.

-Magnifique. Ne put se retenir de balbutier Ante.

Les larsens qui bloquaient les sons dans ses ouïes diminuaient et il put entendre les paroles d'encouragements qu'elle lui criait dessus.
C'était pour lui la plus douce des mélodies. Les mots brusques coulaient sur lui et l'enveloppait.
Son prisonnier... Oui Ante était bien prisonnier d'Amnatiss...

Seul ce beau visage flottant occupait son champ de vision et il en était si troublant qu'Ante dût baisser les yeux, détourner le regard de peur d'être consumé par ce curieux élan qui l'emportait.

Il n'aurait pas dû.
Sous le faciès angélique il découvrit un corps, nu lui aussi, et pas n'importe lequel.
A la place de l'armure enserrant la frêle et peu agréable corpulence humaine, dénuée de tout atours érotiques, la capitaine était l'incarnation même de la sensualité Tuchankienne.
Elle avait des écailles fines de la couleur du sable le plus pur, des épaules larges et robustes, renforcées par de solides plaques.
Son ventre arrondit semblait fait de crème et elle avait les pattes courtes mais d'une courbure délicate ; bref, elle semblait idéale pour une ponte fertile.
Une tête d'humaine sur un corps de déesse.

Ante ne put se retenir, son bras encore doté d'une main s'éleva pour caresser le casque face à lui sans le voir. Il fit preuve de toute la tendresse qu'il put rassembler, juste avant que la soldate ne disparaisse.
Et dans un souffle, que plus tard il aurait espéré avoir retenu :


-Je veux que tu portes mes enfants.


Ante n'avait même pas remarqué qu'Arcadia s'occupait de lui.
"Bon sang, il y a des témoins" pensa t-il dans une phase de lucidité qui l'affligea alors qu'il était transporté à l'écart des combats. Il ne parvint même pas à sortir de sa torpeur pour la remercier.

Deux sentiments se battaient sous sa plaque. Il était énormément reconnaissant d'être en vie, d'avoir été sauvé mais quelque part, il espérait presque de ne pas survivre sur Chasca...
Peut-être qu'une mort glorieuse effacerait ce moment de honte atroce...


Urdnot Ante, Krogan Diplomate.
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MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   Lun 11 Fév 2019, 21:12

[Intrigue #14] L'heure du jugement


Secteur Pandore
4 Mai 2203, 9 mois plus tôt



Essoufflé et en proie à la panique, Zaroth courait aussi vite que sa corpulence le lui permettait. Ses pas résonnaient dans le long couloir qu'il longeait, les parois vitrées sur l'un des flancs offrant une vue époustouflante sur le vide. La gigantesque bataille spatiale qui avait opposé l'Ordre de l'Accompli au Courtier de l'Ombre venait de prendre fin, Prometheus était en flamme et s'effondrait sur la planète, symbole de la défaite cuisante du Courtier. Même la puissance du cœur de l'Augure n'avait pas été suffisante face au Bellethium.

L'Ordre n'était pourtant pas hors de danger car déjà l'avant garde des flottes conciliennes se matérialisait dans le secteur, s'apprêtant à fondre sur leurs proies. Le Conseil sortirait vainqueur en ce jour, décapitant d'un seul coup les deux organisations les plus dangereuses de la galaxie.

Pourtant tous ignoraient la nature de ce qui s'apprêtait à s'éveiller, un ennemi bien plus redoutable et insatiable qui allait pouvoir grossir et grandir sans inquiétude maintenant que ses deux geôliers étaient anéantis. Avec la disparition des deux seules organisations capables de lutter contre l'énergie noire, rien ne serait en mesure de stopper la Corruption.

Zaroth savait, il avait vu ce qui était arrivé à Aria lorsqu'elle s'était exposée au résultat de leurs expériences. C'était devenu incontrôlable, tout avait dégénéré, il ne s'agissait plus du résultat d'une simple ambition, mais bien de la naissance d'un être aux pouvoirs incommensurables menaçant l'intégralité de la vie qui proliférait dans la Voie Lactée. Sans barrières pour la restreindre, son insatiabilité pouvait bien signer la fin de tout ce qui existait.

C'est pour cette raison que Zaroth fuyait, serrant contre lui le seul bloc de données qu'il avait pu sauver. Il devait s'échapper afin de donner ces précieuses informations à quelqu'un, aux conciliens même s'il le fallait. S'en servir permettrait d'annihiler le nourrisson tant qu'il était encore hésitant et balbutiant, l'empêchant de se répandre et de devenir inarrêtable. Le galarien devrait ensuite se donner la mort pour s'assurer qu'il emporterait avec lui toutes ses connaissances. Son travail avait été un échec, mais il pouvait encore tenter de rattraper ses erreurs.

La gravité autour du chercheur sembla soudainement s'intensifier et il s'effondra au sol, incapable d'y résister. Tournant difficilement sa tête en arrière, Zaroth ne fit que confirmer ce qu'il craignait.

Ce qui avait été autrefois une asari lévitait au centre du couloir. Une épaisse brume noire venait recouvrir cette silhouette féminine à tel point qu'il était impossible d'affirmer qu'il s'agissait bel et bien d'un corps organique. Deux yeux brillant d'une lueur surnaturelle venaient trancher avec ces ténèbres et une aura particulièrement puissante s'en dégageait provoquant le frisson, la terreur et la soumission.

Dans un effort douloureux, Zaroth attrapa l'arme à sa hanche et vint coller le canon contre con crâne. Il ferma les yeux se concentrant sur la morsure du métal froid contre sa peau. T'Loak était morte, sa conscience remplacée par cette... Chose. Ses connaissances étaient beaucoup trop précieuses pour qu'il ne puisse se permettre de finir entre ses griffes. Il devait mettre fin à ses jours ici et maintenant, espérant que quelqu'un finirait par trouver ses données.

Pourtant sa main tremblante refusait d'appuyer sur la gâchette. Quelque chose l'en empêchait. Ce devait être Aria. Il fallait que ce le soit. Jamais il n'oserait fuir ses responsabilités aussi lâchement, il n'était pas comme ces autres hypocrites, il avait toujours assumé ses erreurs, il...

Le métal couina à quelques mètres de lui alors qu'Aria venait de poser pied au sol, Zaroth ouvrit les yeux et son arme lui glissa des mains.


15 Janvier 2203



Bien à l'abri dans les profondeurs du Temple, les multiples yeux de Zaroth clignaient presque à l'unisson. Il avait pu sentir la mort des élus à l'extérieur. L'impulsive, le guerrier et la pieuse n'étaient plus de ce monde désormais. Seul demeurait le traître, mais il se camouflait encore parmi l'ennemi, attendant le moment le plus opportun pour frapper. Zaroth n'avait plus le choix, il était le dernier protecteur du Cœur, il allait devoir s'exposer.


Orbite de Chasca



Ici T'Derah, nos flancs sont exposés, nous avons besoin de soutien !


La situation en orbite était en perpétuelle évolution. Privés du cœur de leur formation, les vaisseaux de l'alliance étaient éparpillés, soutenant l'Hégémonie et la Hiérarchie dans leur chasse au Béhémoth. Mais face à la méga-structure seule la flotte des Républiques se dressait, encaissant toute la fureur de l'essaim de la Corruption. Des immortels avaient même réussi à aborder le cuirassé asari, de violents combats biotiques se déroulant dans les couloirs du vaisseau.

Trevillian et Velpius quant à eux demeuraient toujours sur la passerelle du Calmoren, les deux amiraux tentaient de gérer la situation de leur mieux.

Tenez bon T'Derah, la 7ème et la 18ème flottille sont en route.

Hunter 2-1, c'est le moment, allez y !

Le Béhémoth devait recharger une fois de plus son réacteur, immobilisé et harcelé de toute part par les bâtiments conciliens, le plus grand danger pour le mastodonte demeurait les escouades de chasseurs qui volaient près de sa coque, menaçant à chaque passage d'enfoncer ses défenses ou de détruire ses boucliers. Mais l'opération n'était pas sans risques pour les chasseurs conciliens, chaque pilote s'exposant à un gros danger face aux mitrailleuses lourdes et aux défenses à courte portée qui jonchaient la coque de leur cible, redoutables adversaires pour les véhicules légers.

Le métal qui recouvrait le générateur de bouclier était épais, mais les passages successifs des chasseurs avaient permis de l'enfoncer, réduisant petit à petit la seule réelle protection qui séparait le Béhémoth de l'anéantissement. Une autre percée, l'escadron de chasseurs tira dans la brèche dans l'espoir d'atteindre le générateur mais en vain, la coque malmenée résistait encore.

Fais chier ! On va devoir faire un autre passage.

Les petits vaisseaux conciliens se déplaçaient très agilement le long de la coque, esquivant tant bien que mal les mitrailleuses et les chasseurs ennemis. Mais leur nombre s'amenuisait à chaque fois et s'ils ne parvenaient pas à détruire les boucliers rapidement, il n'y aurait bientôt plus assez de chasseurs pour essayer.

L'un d'eux fut soudainement transpercé par une rafale de projectiles, son flanc implosant et rejoignant le nombre incommensurable de débris qui jonchaient déjà l'orbite de Chasca.

Merde, je suis touché !

Hunter 2-3 décrochez ! C'est trop dangereux pour vous de rester ici !

Négatif Hunter 2-1... Le moteur ne répond plus.

Hunter 2-3 qu'est ce que vous faites ? Lieutenant répondez !

Le pilote d'Hunter 2-3 opéra tant bien que mal un virage avec son engin, profitant de son inertie pour se diriger tout droit vers la brèche. Incapable de modifier sa vitesse, il se propulsa néanmoins au milieu des défenses adverses, maintenant le cap sur sa cible. Le chasseur s'y écrasa dans une puissante explosion, détruisant le générateur et le métal qui le recouvrait, provoquant l'évaporation pure et simple des boucliers du Béhémoth.

Maintenant! A tous les bâtiments feu, feu à volonté !

Les canons conciliens se mirent à rugir de concert. Disruption, torpilles, ogives, projectiles AM, le cuirassé de la Corruption disparut sous un déluge de flammes. L'opération visait non seulement à détruire définitivement le Béhémoth mais également à s'assurer qu'aucun survivant ne puisse être en mesure de s'en échapper. Les tirs continuèrent donc jusqu'à ce que même le squelette métallique ne soit brisé.

Plus aucune signature, le Béhémoth a été détruit avec succès monsieur.

De nombreux soupirs de soulagement furent lâchés alors que le plus grand danger de la flotte de la Corruption venait d'être supprimé. Les encouragements et l'humeur générale n'étaient cependant pas partagés par Velpius. L'amiral turien continuait d'observer le champ de bataille, constatant qu'il n'avait pas perdu en intensité. Il en arriva à une conclusion simple.

Aria n'était pas à bord.

Soit elle n'y avait pas mis les pieds depuis le début du combat, soit elle avait réussi à s'en échapper d'une façon ou d'une autre. Les deux possibilités n'étaient en aucun cas rassurantes.

Comment pouvez en être certain ?

Regardez autour de vous Trevillian, nous sommes toujours en guerre.

Mais c'est ridicule ! Vous pensez vraiment que...

Monsieur ! La concentration d'énergie noire dans la Méga-structure dépasse les milliers de Gray. Je pense qu'ils ne vont pas tarder à l'activer.

L'amiral turien ouvrit immédiatement le canal qui lui permettait de communiquer avec les troupes au sol.

Ici l'amiral Velpius, la méga-structure en orbite s'apprête à faire feu, vous devez détruire le temple MAINTENANT !


Surface de Chasca
Quelques minutes plus tôt



Dans la forteresse le calme s'était installé, une quiétude presque dérangeante suite au déchaînement de violence qui y avait eu lieu. Le deuxième canon de défense orbitale avait été détruit et Loki effectuait la jonction avec Valkyrie, aidant ces derniers à se débarrasser des quelques survivants. Thor continuait de progresser au sein du complexe, se dirigeant vers le troisième et dernier canon.

Blessés et épuisés pour la plupart, il fallait pourtant serrer les dents et continuer à avancer, la mission n'était pas encore terminée et nulle doute que la Corruption gardait encore quelques surprises en réserve. Les survivants de Valkyrie et de Loki fusionnèrent donc et entamèrent ensemble la montée des marches qui menaient au Temple surélevé.

Une vision presque apocalyptique s'offrit à eux alors que le ciel se teintait de lueurs ambrées et que des boules de feu se mirent à le traverser. Les carcasses des vaisseaux des deux camps victimes de la bataille en orbite et suffisamment imposants pour survivre à l'entrée en atmosphère retombaient sur la planète, générant une pluie de feu fascinante et terrifiante à la fois.

Pourtant ce n'était pas la plus grande inquiétude des conciliens qui atteignirent l'enceinte extérieure du Temple recouverte d'un mucus dégoulinant. Le silence y régnait, aucune défense ne se montra, aucun ennemi ne fit son apparition, les lieux semblaient vides de toute vie. Une sensation étrange commença à envahir l'escouade concilienne lorsqu'elle comprit que quelque chose n'allait pas.

Une voix grave s’éleva alors, profonde et impériale, elle résonnait dans les crânes comme si elle ne venait pas vraiment de l'extérieur.

Misérables. Vous vous précipitez aveuglément à votre perte, incapables d'appréhender ce qui se trouve devant vous.


Le sol se mit soudainement à trembler, les parois organiques bougèrent comme pourvues d'une conscience et une évidence s'imposa rapidement aux conciliens.

Le Temple n'était pas un bâtiment.

La gigantesque créature gronda sa fureur alors qu'elle s'élevait, toute la forteresse fut prise de violentes secousses alors que des excroissances organiques, épines géantes, tentacules et autres appendices sortaient de terre. Les parois extérieures du Temple qui étaient en réalité une peau épaisse dégoulinante de chair virent s'ouvrir de multiples mâchoires et le faisceau d'énergie noire continuait d'être expulsé par l'un de ses immondes orifices, à son sommet.

Le Temple n'était rien d'autre que le corps géant de Zaroth. Toute sa matière cérébrale était rassemblée dans une protubérance plus petite, à l'abri dans une chambre organique derrière plusieurs mètres de chair. Enraciné profondément dans le sol, son corps était immobile, mais il compensait cette faiblesse par sa taille et par ses nombreux appendices qui lui permettaient d'intervenir à l'extérieur. Toutes les entrées habituelles étaient désormais scellées par de la biomasse, la chair s'y engouffrant pour protéger ses faiblesses.

Prosternez vous mortels. Vous deviendrez ses esclaves et obéirez à sa volonté.


Soudainement, tous les conciliens présents s'effondrèrent au sol, se tordant de douleur. Les rares encore debout tentaient de se maintenir en s'accrochant à tout ce qu'ils pouvaient trouver. Tous étaient désormais dans un état de transe, luttant contre l'influence de Zaroth qui tentait de pénétrer leurs esprits, de dicter leurs pensées et leur volonté.

Certains revivaient des scènes traumatisantes de leur passé, d'autres étaient plongés dans une hallucination mettant en scène leurs plus grandes peurs. Zaroth tentait de plonger les esprits dans le désespoir et la folie pour les contrôler plus facilement.

Les plus instables et déséquilibrés commençaient déjà à succomber à son influence, le turien qui suivait le Lieutenant Bayard se releva, pointant le canon de son arme vers sa supérieure et s'apprêtant à tirer. Les excroissances du monstre profitaient également de la confusion générale pour frapper, l'une d'elle s'enroula autour du Colonel McKnight, la soulevant dans les airs et se préparant à broyer ses os sous la pression.

Fort heureusement, la plupart des conciliens parvinrent à sortir de leur transe et à reprendre pied dans la réalité lorsqu'une phrase résonna dans leur casque.

Ici l'amiral Velpius, la méga-structure en orbite s'apprête à faire feu, vous devez détruire le temple MAINTENANT !



____________INFOS MJ____________


Bien ! Sur ce tour comme vous vous en doutez, vous allez devoir tuer Zaroth. Peu importe à quel point vous parvenez à endommager son enveloppe externe, le seul moyen de l'achever, c'est de tuer sa "tête", son deuxième corps qui se trouve en profondeur et qui rassemble tous ses organes vitaux.

Et même si vous êtes sortis de transe, Zaroth essayera quand même de vous manipuler, vous aurez donc des maux de tête et des difficultés à vous concentrer tant qu'il sera en vie.

Voilà ! N'hésitez pas pour les questions !





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Arcadia McKnight

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MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   Mar 12 Fév 2019, 01:41

L'heure du jugement
Ft. Audrey Bayard, Ravi Vertax, Urdnot Ante, Abbadon Bynare & Amnatiss Gallagher




La terre se fissura sous ses pieds juste après avoir entendu cette voix de stentor résonner dans son crâne. Le temple tout entier s'éveilla, monstruosité qu'aucun esprit sain n'aurait pu prévoir. Il s'anima secouant son immense carcasse pour déloger les parasites qui osaient le fouler.
Des extensions cartilagineuses s'extirpèrent du sol suivi par des masses de chairs suintantes de pus. Des appendices surgirent des gravats, fouettant l'air, des mâchoires béantes aux dents aussi longue qu'une main cliquetaient, prêtes à avaler les malheureux se trouvant à portée.

Arcadia sauta, se réceptionnant maladroitement sur les marches pour éviter de tomber dans la crevasse. A nouveau la voix parla, aussi effilée qu'une lame de glace qui vous pénétrait le cerveau, faisant crisser les dents sous la douleur psychique, comme une marque au fer rouge indélébile. Dans un effort surhumain, la toubib se releva, aidant un de ses frères d'armes au passage en le soulevant par le paquetage.
Son Phalanx rugit, plombant les différentes gueules, le mod anti corruption rongeant la masse de muscles avec joie, creusant de large sillons dans les tissus purulent, dévorant toute la matière organique. Elle rechargea.

« Ici l'amiral Velpius, la méga-structure en orbite s'apprête à faire feu, vous devez détruire le temple MAINTENANT ! »

Et qu'est-ce qu'il croyait que l'unité foutait en bas ? Qu'ils se tournaient les pouces ? Thor, Loki et Valkyrie ne tremblaient même pas sous la pression, putain de sa mère. Ils n'avaient pas cédé un seul pouce de terrain. Ce n'était quand même pas de leur faute si Odin et la flotte n'était pas capable de résister.
Trop absorbée par son action, elle ne s'aperçut que bien trop tard du tentacule qui fonça vers elle, la fauchant avant de se saisir du Colonel. Une forte constriction commença, enserrant le torse du médecin qui contracta ses muscles par réflexe. Elle hurla en sentant la pression devenir insoutenable. Ses poumons comprimés cherchèrent désespérément de l'air.
Des images de corps broyés lui revinrent en tête, une image d'elle même pressée comme un citron se dessina dans son esprit. Elle ne voulait pas finir ainsi, c'était une mort bien trop horrible.

L'étreinte se desserra autour de sa poitrine, lui permettant d'inspirer une bouffée d'air recyclée. Elle sentit les poils de sa nuque se dresser alors qu'une aura bleutée l'entourer, la protéger. La Martienne ne put distinguer quel biotique lui avait sauvé la vie, tout semblait pointer Gallagher, bien que cela restait difficile à discerner dans le tumulte de la bataille. En revanche elle comptait bien profiter de ces quelques secondes de répit offertes.

« Contre-mesure, souffla t-elle d'une voix saccadée.

- Activation contre-mesure », récita l'IV.

Des tubes émergèrent des épaulières, une aura blanche en jaillit, faible lumière dans les ténèbres. L'énergie blanche devint de plus en plus lumineuse, rayonnante face à sa Némésis. La jauge de chargement se remplissait lentement, alors que la barrière s'amenuisait, raffermissant sa prise sur sa proie.

« Seuil critique atteint. Déchargement. »

Une radiation se dégagea des spalières, d'un blanc pur et céleste, visible à l’œil nu. Le tentacule fut touché de plein fouet, irradié, atomisé par cette puissance. Il fut secoué de spasmes, tentant d'emporter sa victime dans la mort avec lui. L'onde se reproduit à nouveau, faisant imploser les cellules du membre par milliers. L'étau se relâcha alors que la dernière vague d'EB se propagea, laissant retomber la praticienne quelques mètres plus bas.
Les tubes s'éjectèrent, vide de toute énergie. Le diffuseur n'était pas assez puissant pour affecter une large zone. mais au moins il lui avait permit de survivre. Dommage que cela ne soit à usage unique.
Se remettant à nouveau sur ses deux pieds, essoufflée, sonnée, elle était encore en un seul morceau, ce qui était de loin la meilleure nouvelle de la journée.

Tout autour le chaos régnait, les soldats se battaient avec rage, luttant contre le désespoir. Face à un ennemi tout droit sorti d'un cauchemar. La blonde se secoua elle même. Elle ne devait pas hésiter, après tout le travail abattu elle n'avait pas le droit de perdre. Malgré le traitement que son armure avait subit, celle ci tenait toujours bon. L'humaine s'élança vers le chef d'escouade, lui attrapant le bras.

« Si personne ne rentre à l'intérieur du temple, hurla Arcadia pour surmonter le vacarme, cette saloperie va briser notre charge ! Il brisera notre percée ! Faite moi passer Abbadon ! Je vais frapper ! Je vais passer au travers !

- Certaine, McKnight ?

- Vous avez autre chose à proposer ?

- Très bien je vous ouvre la voie. Couvrez moi ! »

Le binôme s'écarta se rapprochant d'un mur de chair. Un groupe vint soutenir la toubib qui luttait contre le temple lui même. La bacriva mordait, dévorait, rongeait tandis que les excroissances piquaient, cinglaient, écrasaient dans un combat sans merci. Jusqu'à temps que le Spectre lui signale de se tenir prête à passer. D'autres volontaires se tenaient prêts à d'autres endroits, parés à pénétrer dans l'insondable.
Le Galarien l'appela, bataillant avec la régénération. Il ne tiendrait pas éternellement. Sans un regard en arrière, ni un mot, elle partit, pénétrant dans cette masse gélatineuse.
Aussitôt un sentiment de malaise s'imprégna sur elle, intrusif, désagréable, froid. Elle sentit cette présence chaotique observer les tréfonds de son âme.

Son omni-lame se déploya, de haut en bas ou de bas en haut, la chirurgienne se taillait un passage à travers les toiles organiques filandreuse, la chair pestilentielle plus compacte ou les muscles viciés. Tout ne devint qu'une pulpe sanguinolente, parfois elle sortait son lance flamme, noyant la zone dans un déluge digne de l'enfer, continuant son œuvre macabre. Plus elle progressait plus son mal de crâne s'amplifia, brisant sa volonté, son envie de mettre un pied l'un devant l'autre. Le colonel se concentra, se répétant le serment qu'elle avait prêté le jour ou elle avait reçu son diplôme. Suivi du mantra que lui avait enseigné son professeur le jour de sa première suture : « Le rouge avec le rouge, le jaune avec le jaune, le blanc avec le blanc. Garde ces règles en tête et ça se passera sûrement très bien ».
La douleur était toujours présente, mais son rythme cardiaque revenait à la normale.

« Humaine, cloporte, je t'écraserai comme les autres. »

La voix résonna comme dans une église, l'assommant par sa violence elle tituba sous le choc mental. La menace était insidieuse, omnisciente est toute puissante. A nouveau elle récita les paroles avançant à travers les entrailles. Le temps lui paraissait une éternité, elle ne savait pas depuis combien de temps elle était ici. Elle trébucha une nouvelle fois, atterrissant sur un épiderme rouge. Elle était passée au travers.

« Ton voyage se termine ici. »

Quelque chose claqua dans son cerveau, l'empêchant de se relever. Un flot de sang coula par ses narines, coulant sur son menton, avant de tomber en goutte à l'intérieur de sa protection. Elle essaya de s'asseoir sur ses genoux pour récupérer son sens de l'équilibre. La mobilité de son corps lui revint doucement. Elle se releva. Encore. Le refus d'abandonner se lisait à travers les optiques fumés de son casque.

Elle marcha, une main contre sa tête, parfois elle manquait de tester à nouveau le confort du sol. Lorsque cette situation se présentait elle récitait son cantique, progressant mètre après mètre. Quelque chose se mouva au loin. Une ombre ? Un allié ? Dans le doute elle sortit son lance flamme, prête à s'en servir. Oui c'était un soldat de la Hiérarchie. Enfin quelqu'un ! Le Turien l'entendit, il se tourna fusil braqué sur l'arrivante puis tira sans crier gare. Quelques balles ricochèrent contre son bouclier, lui laissant tout juste le temps de se cacher dans une coursive.

« Ne tire pas ! UCIP ! »

Une nouvelle rafale lui répondit. Une autre victime de la corruption. La Martienne s'apprêta à tirer, elle n'en eut pas le temps, son ennemi tomba à terre, révélant une silhouette plus petite et plus fine. Avec son armure noircie, elle aurait été capable de la reconnaître parmi tout le contingent déployé sur Chasca.

« Audrey ! »

L'espace d'une seconde, les céphalés disparurent, laissant place à une joie et un bonheur sincère de retrouver une amie qu'elle prit dans ses bras avant de reculer pour la regarder. Une lueur de fierté dans les yeux. Elle n'aurait pas pu rêver meilleure alliée dans sa lutte.

« Dépêchons nous, il faut que l'on arrête cette chose au plus vite. »

Les deux femmes repartirent, arpentant les dédales de la monstruosité. L'accalmie avait bien vite cessé, laissant place à ce parasite psychologique qui harcelait sans pitié les intrus. Soufflant des phrases promettant une mort lente et douloureuse, prônant la supériorité de l'énergie noire sur toute forme de vie.
Il fallait se battre pour chaque pas, c'était une guerre comme elle n'avait jamais eut à livrer. La sensation du cerveau mis sous une pression invisible. Arcadia se récitait inlassablement le serment d’Hippocrate. Affrontant l'envie de prendre son Phalanx et de se le coller sur la tempe pour mettre fin à ses jours. Et Dieu sait que l'envie ne lui manqua pas.

« Vous mourez, seules, oubliées de tous. Moi Zaroth j'en fais le serment ! »

Zaroth ! Zaroth ! Elle planta ses doigts dans la chair des murs. C'était bien lui. Sous les gantelets, la jointure de ses articulations blanchirent. Sa volonté à deux doigts de vaciller. Sa main vint effleurer la crosse du pistolet. Non. Il ne fallait pas. Pas devant Audrey. Elle aussi semblait souffrir. Arcadia pensa à ses compagnons qui devaient encore se battre à l'extérieur: Abbadon, Ravi, Shura, Ante, Amnatiss. Ces mots lui revinrent à l'esprit.

Elle allait frapper ! Elle allait passer au travers !

Son poing frappa la matière organique, l'obstination de fer de son espèce reprenant le dessus. Si elle devait y laisser sa peau, autant le faire une fois son devoir accompli.

« Audrey ! Concentre toi sur ma voix... Ne le laisse pas te contrôler ! Nous y sommes presque. Je le sens. La voûte donne l'impression d'un sternum. On y est ! »

Elles marchèrent, accablées par l'effort de marcher. Une pulsion meurtrière la traversa lui soufflant de tuer la Française. Elle se mordit la lèvre jusqu'au sang pour chasser l'esprit qui la tourmentait. La pensée finit par disparaître. Que serait-elle devenue sans sa subalterne ? Elle n'aurait pas supporté d'avoir son sang sur les mains. A ce moment elle réalisa que sans le lieutenant elle n'aurait jamais pu allé aussi loin. Seule, cela aurait fait bien longtemps qu'elle aurait tourné de la carte.
Elle n'avait pas les mots pour l'instant. Mais une fois Chasca terminée, et si elles rentraient indemnes, les deux sœurs spirituelles auraient bien mérité une bonne balade en moto.

Le binôme arriva dans une pièce circulaire. Au milieu trônait une copie d'un corps Galarien ou n'était visible que ses organes qui palpitaient furieusement. C'était la fin de ce putain de voyage.
Il était inutile de tergiverser, elle allait réduire minutieusement en cendres cet endroit.
La plus jeune s'écroula au sol, hurlant, les mains sur son casque, secouée de spasmes irréguliers, suppliant et implorant de l'aide.
Le colonel embrasa l'hominidé pendant de longues secondes sans que la torture infligée à son ami ne cesse. Elle relâcha la gâchette, sa cible intacte n'avait pas bronché. Elle tira son pistolet et tira sans plus d'effet.
Alors c'était ainsi que la bataille entre deux personnes de sciences se terminerait.

Une large seringue émergea de son poignet, rempli d'un liquide lumineux et bouillonnant. Son poing fila vers le cœur de Zaroth, prête à libérer son contenu mortel pour toute créature existante.
Une barrière vint s'interposer, en temps normal la puissance opposée n'aurait causé aucun problème, mais la toubib se trouvait dans un état de fatigue intense et ce duel puisait avidement dans ses forces.
La voix tonna dans son crâne, lui vrillant les tympans, un liquide chaud s'écoula de ses oreilles, tandis qu'elle sentait son œil droit la picotait crescendo. Les vaisseaux sanguins pétaient un à un, alors que des larmes de sang vinrent tinter son visage d'un rouge carmin.
Sa combinaison piqua dans sa jambe lui envoyant une nouvelle dose d'adrénaline, emplissant la blonde d'une rage guerrière. Elle continua à pousser contre le champ, le poing et l'aiguille passa au travers, allant trouver l'organe vital, l'IV actionna le piston qui déversa le poison.

« Ça c'est de la part de tout les Conciliens que tu as buté, saloperie ! »

Elle cracha presque cette phrase au visage de son ennemi. Toute la haine qu'elle avait eu pour ce personnage vint s'ajouter à sa sentence, elle ne ressentait que du dégoût pour cette créature. Lui n'avait jamais eu aucune idée de qui elle était. Quant à elle, cela faisait des mois qu'elle espérait rencontrer ce monstre. Elle aurait aimé lui infliger une mort bien plus horrible qu'il méritait certainement. Hélas la guerre empêchait bien des choses.
Le cœur vira au noir, transmettant l'agent pathogène à tout les organes, les faisant imploser un à un, jusqu'à ce qu'il ne reste rien de plus qu'une flaque organique.
Arcadia resta immobile quelques instants, la pression du combat lui retomba soudainement dessus, la voix s'était tut. Le calme, le silence, et ensuite ? Ensuite elle ne savait pas. Elle se laissa tomber sur le sol, une migraine fulgurante lacérant son cortex. L'adrénaline l'empêchait de fermer les yeux. Une nouvelle fois elle se releva, pour retomber. Tant pis. Du repos... Oui du repos. Souffler un peu.

Hélas, même ce souhait ne lui fut pas accordé. Elle sentit quelqu'un la soutenir, l'aider à se remettre sur pied, la traîner. Audrey !

« Merci », murmura Arcadia.

(c) King (Sacrifars)


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Roi de la Chasse Sauvage
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MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   Mar 12 Fév 2019, 20:26

L’Heure du Jugement
15 Janvier 2204

Chasca



L’Élu était tombé. Bien que n’ayant pas porté le coup fatal, ou même celui d’avant, Abbadon sourit : son plan avait fonctionné. C’était cruel, quelque part, que celui qui précipite la fin d’un krogan soit toujours un galarien. Les médecins pansaient les blessés, les tanks reprenaient leur avancée inexorable. Même si les pertes commençaient à se cumuler, même si la fatigue prenait peu à peu pied dans leurs corps, Valkyrie et Thor avançaient, et rien ne semblait les arrêter. Le chef d’escouade en fit autant, récupérant ses explosifs, refaisant le plein de munitions. Il s’assit sur un char pour la progression dans la forteresse, laissant à son corps quelques précieuses minutes pour se remettre de l’usage de la drogue de combat.

Il découvrit, en même temps que tous, le vide entourant le Temple. Il s’horrifia, en même temps que tous, quand il comprit qu’il s’agissait d’une créature particulièrement immonde. Puis il s’effondra, en même temps que tous, quand la volonté toute puissante de Zaroth s’abattit sur son crâne.

Ses genoux touchèrent une terre boueuse, une terre martelée par les pas des guerriers, où les flaques d’eau étaient rouges, où les lumières étaient des flammes. Le galarien releva lentement la tête, redécouvrant les bâtiments percés de tirs et en flammes, redécouvrant les cadavres. Des miliciens surarmés, les meilleurs combattants de l’époque, la garde rapprochée de la Dalatrace, finalement vaincus, par le nombre, la surprise et la trahison. Derrière eux s’étendait le Palais, le cœur du pouvoir de Bynare, et le sang ne cessait de couler sur les marches. Les cris ne cessaient d’en sortir. Les cadavres ne cessaient d’en être jetés.

La scène était surréaliste. Les corps semblaient projetés, comme recrachés d’une bouche sans fond. Ils roulaient ensuite paresseusement dans la boue, bien plus loin qu’ils ne l’auraient dû, poursuivant leur trajectoire partout dans la cour comme des jeunes dévalant une colline. Ils étaient vomis par ce palais devenu tombeau, hommes, femmes et enfants, le clan en son ensemble, annihilé. Et si tout ceci était surréaliste, tout ceci était aussi réel. Le galarien percevait chaque différence entre l’hallucination et ses souvenirs, aussi brillants que lorsqu’il en avait été témoin ; il se rappelait aussi le moindre détail de cette journée funeste.

Finalement, celle qu’il attendait arriva, vomie à son tour. La Dalatrace Nyll Bynare. Sa génitrice, à qui il devait une fidélité absolue, contre qui il avait ouvert les murs de cette imprenable forteresse. Comme les autres, elle roula paresseusement, jusqu’à quelques pas du galariens. Puis, la première, elle se releva, son corps ensanglanté inconscient de sa mort.

Tu n’es plus rien.
Tu seras seul.
Tu n’as plus rien.
Tu ne laisseras rien.


Un à un, ils se relevaient, se mettaient à parler. Reprochant sa trahison. Lui crachant la vérité en face. Lui faisant voir, percevoir, les échos de son avenir, son départ de son monde, de son peuple, pour cette errance définitive au sien des aliens.

Tu n'aura plus jamais de foyer.

Et il l’acceptait. Le Spectre referma ses yeux, alors même que la vision perdurait sur ses paupières, et reconnecta peu à peu ses sens au réel. La douleur de son corps meurtri par les combats. Les odeurs crasses, pourries, de la Corruption. Le goût du sang dans sa bouche, coulant de sa langue mordue. Les cris ordres dans son casque, hurlés par les amiraux. Il rouvrit les yeux, retrouva l’immondice qu’était Zaroth, et releva ses genoux du sol, ses dents crispées en un sourire douloureux, son esprit partagé entre une tristesse infinie et une haine infernale, son être traversant une géhenne comme il n’en avait pas connu depuis des décennies.

« DEBOUT ! Regroupez-vous en trio ! Surveillez-vous, protégez-vous, neutralisez ceux qui succombent ! »

Autour de lui, le chaos régnait, alors que certains tombaient sous la force de Zaroth, préférant obéir pour faire cesser la souffrance, d’autre résistant jusqu’à tomber au sol, les autres serrant les dents et tenant le coup en craignant un coup en traître. Montrant l’exemple, le responsable de cette mission suicide s’approcha d’un turien menaçant Bayard, lui frappant dans les genoux pour le faire tomber avant de lui lancer une décharge directement dans le crâne. Un court jus pouvant assommer n’importe qui, à cette distance. Dos à dos avec l’humaine, il tenta de ramener l’ordre dans ce chaos.

« En défense face aux tentacules ! Thor, restez à distance à tout prix, tirez si vous le pouvez ! »

Comment abattre ce monstre ? Il n’avait pas d’arme suffisamment puissante, Thor ne pouvait pas disposer d’un point d’assaut convenable sans s’exposer, la flotte subissait encore les tirs du canon sol-espace, et le temps pressait. L’étoile noire lui passa dans l’esprit, un instant, mais l’épaisse carapace de la créature était trop épaisse. Tirer pour créer une ouverture ? Cela fonctionnerait, mais Aria était encore à vaincre…

« Si personne ne rentre à l'intérieur du temple, cette saloperie va briser notre charge ! Il brisera notre percée ! Faite moi passer Abbadon ! Je vais frapper ! Je vais passer au travers ! »

Arcadia. Entrer dans le Temple, c’était du suicide. Mais aussi la seule chance d’en finir rapidement.

« Certaine, McKnight ?

- Vous avez autre chose à proposer ?

- Très bien, je vous ouvre la voie. Couvrez-moi ! »

Le dernier ordre était envoyé à l’ensemble des troupes. Abbadon courût droit sur la paroi, comptant sur les troupes de l’UCIP pour empêcher les tentacules de l’abattre. Finissant son sprint dans un glissé, toujours grimaçant sous les douleurs remuant son crâne, il ne s’embarrassa pas de fioritures. Saboter, détruire, était son métier, sa première formation, son meilleur réflexe. Abandonnant à son corps le contrôle, il se senti presque spectateur de la suite.

Détruire une carapace comme celle-ci était différent d’abattre un mur. Régénération, soutient de la part des muscles, empêchait l’ensemble de s’effondrer d’avant ou arrière. Il fallait le voir comme une paroi, ou une muraille bien conçue. Donc glisser les explosifs dans une brèche, l’agrandir, et répéter l’opération. Zaroth n’avait pas de brèche.

Aussi, le galarien colla le canon de son Javelot contre les chairs, enclencha une contre-mesure anti-corruption, et tira avec la puissance maximale de son arme. Le canon de celle-ci chauffa puissamment, faisant pleurer les yeux du Spectre, mais la manœuvre laissa un trou d’une cinquantaine de centimètres de profondeur dans les chairs. Sans attendre de voir si celles-ci se régénéraient, le saboteur y plaça l’un de ses explosifs, encore mêlé à la substance anti-corrompue, et déclencha la mise à feu avant de se jeter sur le côté.

Cette fois-ci, il n’était pas question de simplement détruire une armure, et la charge gagnait en puissance en conséquence. L’explosion cracha un long jet de flamme derrière elle, tout en réduisant en bouillie les chairs sur plus d’un mètre. Le galarien se releva, pénétra dans le trou, recommença. Encore, et encore, jusqu’à ce que finalement, l’intérieur apparaisse. Il fit alors signe à Arcadia, qui acheva le travail de son lance-flamme, ouvrant un passage suffisamment grand pour qu’un adulte puisse y passer. Derrière, les ténèbres, et des ondes psychiques si violentes que le galarien sentait son esprit dériver, plus surexcité encore que sous la plus puissante des drogues.

« Je garde le passage ouvert. Volontaires, chargez, désintégrez-moi cette saleté de l’intérieur ! »

La médecin humaine partie en tête, rapidement suivie d’autres. Le Spectre recula pour sa part, préparant d’autres charges, observant le champ de bataille. Conséquence de la folie, de nombreux soldats gisaient, inanimés, peut-être morts. Il voulait pourtant les rejoindre, fuir cet antre qui submergeait son contrôle pour l’assaillir de douleurs. Les larmes aux yeux, il resta pourtant sur place, reprenant son travail de sape, les chairs étant parfois rouges de sang, parfois des murs blancs, parfois les deux. Il fallait que quelqu’un le fasse. Il fallait. Que quelqu’un. Le fasse.

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MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   Mar 12 Fév 2019, 22:59
Les hallucinations dues à la fatigue, aux blessures, au stress et à l’adrénaline n’étaient pas inhabituelles. Un guerrier endurci qui perd les pédales n’est pas une vision d’une rareté incroyable sur un champ de bataille, surtout lorsque l’on affronte un ennemi aussi terrifiant que l’Énergie Noire. Par conséquent, les mots d’Urdnot Ante avaient paru vides de sens à Amnatiss. Un cri d’espoir comme un autre, un soldat qui découvre qu’il a encore la possibilité de s’accrocher à la vie. Il lui devrait quand même quelques explications là dessus, si les deux survivaient à Chasca.

Depuis que Zaroth s’était révélé, on parlait d’hallucinations d’une toute autre catégorie. Sa voix vrillait les tympans comme un bombardement, une tempête d’épines au fond du crâne, des ogives éclatant le long des os, et à ce phénomène se greffaient des ennemis bien plus tangibles. Des mâchoires, des dents, des griffes, des tentacules, de cruels appendices violents et immondes qui, sous les yeux d’Amnatiss, attrapèrent un soldat et firent sauter sa tête hors de son corps. Elle n’avait même pas eu le temps de réagir.

Le colonel McKnight et d’autres soldats de l’UCIP étaient en train d’être étouffés par Zaroth. Par un inexpliqué miracle, Gallagher était encore saine d’esprit et, bien qu’elle devait lutter pour respirer convenablement, elle se sentait encore en possession de ses capacités. Elle utilisa ses pouvoirs biotiques pour offrir une marge de manœuvre à ceux qui subissaient ces contritions. Ils devraient faire le reste eux même, elle était trop faible pour sauver autant de personnes en même temps. Bien entendu, ils restaient avant tout l’élite de la galaxie, et ils étaient capable, grâce à ce coup de pouce, de s’en tirer sans trop de dommages pour la plupart. Les armures avaient pris un coup ; pas les hommes.

Puis Amnatiss compris pourquoi elle avait si bien tenu, comparé à certains autres combattants qu’elle voyait. Zaroth n’avait pas encore tourné son appétit vers elle. Lorsqu’il le fit, elle s’écroula immédiatement au sol, abattue par la puissance psychique du temple. Elle hurla, lâcha son arme, tenta en vain d’arracher son casque, cria à s’en brûler les poumons...

Et se releva. Deux doigts se portèrent à la visière de son casque. Elle était brisée, éclatée, l’impact de la balle était encore visible. La visière également. Elle voyait très mal. En touchant son visage, elle découvrit que son œil gauche était recouvert de sang. Son œil droit n’était une bouillie infâme, un magma purulent. La douleur lui vint d’un coup. Hurler, de nouveau, était sa seule arme. Elle fit tomber son casque, et regarda autour d’elle. Elle était de nouveau dans le vallon. Le piège. Athame. Les moissonnés étaient là, autour d’elle. Ses troupes gisaient à ses pieds. Le cadavre d’une Asari carbonisée fumait encore à quelques encablures sur sa droite. Hugues Tatcher, un de ses plus proches amis, était empalé sur un arbre tombé en travers de leur tranchée de fortune. Une brute s’acharnait sur son corps. Son regard livide fixait Amnatiss. Un cri, un second, puis aigu que celui de l’Humaine. Un cri porteur d’une souffrance indicible, celle d’une Asari transformée par les pouvoirs des moissonneurs, celle qu’elle causerait à son tour, en leur noms. Athame…

Non !

Athame, c’est de l’histoire ancienne !

C’est faux !

Tout ça est arrivé.

Il a raison…

Mourir là bas, c’était possible. Ça aurait été plus simple.

La bonne blague. Qui aurait annoncé les mort aux familles ? Qui aurait ramené les dogtags ? Qui aurait été là, aux enterrements ? Sans Amnatiss, il n’y aurait pas eu d’enterrement.

Il n’y aurait pas eu d’échec. Pas de mauvaise tactique. Pas d’indécision. Pas de choix catastrophique.

Ils seraient en vie.

Non !

Ils seraient tous morts. Il méritaient la mort. Une bande d’incapable. Des bons à rien. Pas à la hauteur de leur chef. Elle faisait tout pour eux, ils n’étaient même pas foutu de tuer du moissonné convenablement.

C’est faux !

Elle les aimaient tous comme des frères et des sœurs, certain comme des enfants. Leur mort l’avait plongé dans le désespoir, elle avait passé le reste de la guerre sur un lit d’hôpital.

Elle s’assit sur une souche renversée. Elle toucha son œil mort. Il n’était plus là, ça n’était plus qu’un abcès de chair nécrosée et de pus. Elle enfonça son doigt dans la plaie. La douleur ferait oublier la douleur. Elle se sentait mourir et cela dessinait un sourire sur ses lèvres. La furie la fixait d’un air lugubre et patient. Elle était immense, une colonne de muscles noueux et endoloris, qui pulsaient d’énergie à chaque pas. Les créatures derrière elle semblaient s’étendre à perte de vue. Ils n’avaient pas de nombre. Il était aussi large que la galaxie. Ils étaient partout. Mais la furie n’était pas la seule femme immense ce jour là, sur Athame. Il y avait Amnatiss. Sa grandeur venait de sa résolution. Sa puissance, de son abnégation. Son énergie, de sa volonté. Son courage, de sa capacité à faire usage de synonymes.

Car il fallait combattre les pensées par les pensées. Une attaque psychique n’est rien d’autre qu’un dysfonctionnement mental. Il fallait récupérer les contrôles de la machine. Se forcer à penser. A ceux que l’on peut encore protéger. Intérieurement, elle se répéta leurs noms. Ilyès Adjib Gallagher. Gilles Crossfin. Carole Windsor. Mélanie Donnel. Aller, même Salvidenius. Urdnot Ante.

« Urdnot Ante ! »

Urdnot Ante.

Dans son hallucination, elle avait hurlé. Aucun moyen de savoir si ses mots avaient dépassé son subconscient. Elle aurait aimé que ça soit le cas, ç’aurait été une preuve qu’elle reprenait le contrôle de son corps. Qu’est ce qui pouvait bien se passer, là bas, sur Chasca, alors qu’elle était encore ici, sur Athame ? Peut être en avait-elle tué une paire, haha. Elle ne devrait pas en rire. Non sérieusement, ça n’était pas le moment.

« Qui est ce Krogan ? demanda l’Asari mutée d’une voix crépitante et nerveuse.
- Mon prisonnier.
- Pourquoi penser à lui ici, dans ce cimetière ?
- Il livre un combat qu’il a déjà gagné par le passé. Il connaît la voie hors de la corruption. Il peut m’y guider.
- Tu es déjà morte une fois ici. Personne ne pourra te guider hors de ce lieu.
- C’est vrai. Par chance, ça n’était pas ma première mort. »

Amnatiss posa les genoux aux sols, quittant sa souche. Ilyès Adjib Gallagher. Gilles Crossfin. Carole Windsor. Mélanie Donnel. Taurus Salvidenius. Urdnot Ante. Alors qu’elle pensait à eux, Zaroth gagnait le contrôle de ses souvenirs les concernant. Les cadavres de son équipe, autour d’elle, se muaient lentement, métamorphosés en autant de Carole ou de Gilles.

« Ils mourront à leur tour. Aria ne peut être arrêtée.
- Nous vous avons arrêté vous, pourtant.
- Ah bon ? Je ne me rappelle pas t’avoir vu m’arrêter, lorsque je tuais tes hommes.
- La guerre est terminée, et vous n’êtes plus là.
- N’as-tu pas passé la guerre entre les murs d’un hôpital, sur la Citadelle ? Quelle héroïne tu fais !
- Je ne pouvais plus me battre, admis la lieutenant.
- Tu ne te battais plus.
- Tu as raison.
- Je peux finir ça maintenant, tout de suite.
- Ah ! Si seulement c’était possible, je te laisserai faire.
- Ramasse ton arme. Ce sera rapide.
- Tu vois ? Tu ne peux pas le faire. Je dois le faire pour toi. Nous sommes dans mon crâne. Ma prison. Mon enfer. Si je veux finir les choses, je dois le faire moi même. A la force de mes poings, j’ai arrêté la moisson. J’arrêterai l’Énergie Noire.
- Depuis ta chambre d’hôpital ?
- Sur le front, depuis le temple, entourée d’alliés.
- Tu ne sais rien faire seule.
- Je n’ai pas besoin d’être seule.
- Tu l’es, pourtant.
- Ici seulement. Quand je me réveillerai, ils seront là, autour de moi, et auront besoin d’une biotique pour les protéger.
- Une biotique ? Tu n’es qu’une parodie de soldate. Une mascarade. Une sportive qui veut jouer dans la cour des grands. Une enfant.
- J’étais meilleure biotique enfant que tu ne l’a été de toute ta vie, furie. »


Noir.
Le noir complet.
La solitude.
Un flash blanc.


Le sac se relève, découvrant les yeux d’Amnatiss. Les deux yeux d’Amnatiss. Au dessus de son œil droit, des cheveux noirs et sales tombaient. Elle ne se souvenait plus d’une époque où elle possédait deux vrais yeux. Une époque où sa crinière n’était pas blanche, là était un véritable mystère pour elle. Elle pouvait contrôler son esprit. Le forcer à penser d’une certaine manière. Mais sous ses yeux, les souvenirs qu’elle voyait déroulés… Ils auraient du être effacés par le traumatisme. Ils n’avaient été que refoulés. Les Butariens. Leurs affreuses narines. Leurs armes. Leur gestes brusques et violents, leurs coups de poings, de bottes, de genoux. Les insultes, les maltraitances, la numérotation. Le minuscule cagibi dans lequel l’anglaise était enfermée. Amnatiss sourit. Elle était déjà morte ici une fois, lors du raid skyllien. Pourtant, elle avait réussi à se battre jusqu’à Athame. En quoi Chasca serait différente ? Comment avait-elle émergée victorieuse, ce jour là, du haut de ses neufs ans ? A la force de ses poings. Comme toujours.

Après tout, la lieutenant n’avait pas besoin d’armes. Elle n’avait pas besoin d’alliés. Elle n’avait même pas besoin d’être en pleine possession de ses moyens. Si elle pouvait se concentrer ne serait-ce qu’un tout petit peu, elle le sentirait, à l’extrémité de ses doigts… Son pouvoir… La survie au bout des poings. Ses ongles s’étaient brisés, et la peau en dessous se déchiraient et saignait abondamment, à force de gratter la porte verrouillée du cagibi. Elle ne parvenait pas à faire appel son pouvoir. Comment avait-elle fait, là, sur la lune de Joppa, pour déchaîner cette tempête de puissance ? Elle ne l’avait jamais revu depuis. Une puissance brute, violente, mortelle, un coup de tonnerre, un volcan. Un animal sauvage, qui n’avait jamais connu de maître ni de limites.

Telle était sa puissance à l’époque.

Indomptable.


La lieutenant de l’UCIP Amnatiss Adjib Gallagher sourit. Rien n’avait changé depuis Joppa.

Il n’y a ni maître, ni limite.


Seulement la puissance.
Brute, violente, mortelle.


Un coup de tonnerre.

Un volcan.

Un animal sauvage.


Elle ouvrit les yeux. Le temple. Zaroth. L’arme d’Aria. Elle souffla sur sa mèche blanche. Elle sourit. Elle était en vie. C’était pas gagné d’avance.

« DEBOUT ! Regroupez-vous en trio ! Surveillez-vous, protégez vous, neutralisez ceux qui succombent ! »

La voix saine d’esprit du Galarien. Leur chef était encore debout. Coupez la tête, disait l’adage. A l’inverse, tant que la tête tenait, le corps pouvait suivre. Amnatiss n’abandonnerait pas Bynare. Elle décevait souvent ses supérieurs, mais certainement pas parce qu’elle refusait de se battre. Avec un hurlement qui lui servait à canaliser sa rage, elle plaça un pied devant l’autre, et continua jusqu’à arriver à l’entrée du temple. Elle devait rester ouverte, et elle le resterait aussi longtemps qu’il faudra. Elle aboya des ordres, et un soldat l’aida à pénétrer à l’intérieur. Tenir debout était douloureux. Mais c’est normal, elle n’était pas une randonneuse. Elle était une biotique.

Plusieurs combattants tentaient de suivre la colonel McKnight, mais tous étaient attaqués par les appendices de Zaroth, voir par des alliés. Sans aucun contrôle, l’élysienne senti sa main sortir une arme de poing et viser le spectre Galarien. Immédiatement, un combattant lui asséna un coup de crosse, et le projectile toucha la paroi. Amnatiss ne devait pas seulement protéger le régiment des ennemis, elle devait aussi le protéger d’elle même. Et il était possible de faire d’une pierre deux coups. Sous son ordre, la drogue s’injecta dans son système.

Le pouvoir affluait. La concentration, la lucidité, la puissance. Elle fit un signe au soldat qui l’avait arrêté, montra qu’elle était désarmée, se releva, puis compris de qui il s’agissait. Ravi Vertax, la Turienne. Elle aussi avait récupéré le contrôle. Tant mieux. Si elle cédait, peu survivraient. Amnatiss n’était pas capable d’articuler un merci, mais elle pouvait faire bien mieux. Tendant les bras, elle concentra ses capacités biotiques, et une barrière se dressa autour d’elle. Elle grandissait à vue d’œil, et bientôt léchait les murs. Les combattants la traversaient sans problème, mais les griffes et les tentacules de Zaroth ne parvenaient pas à la franchir. Tous les efforts de la lieutenant étaient dédiés à protéger cette ouverture, son esprit tout entier concentrait ses pouvoirs contre l’entité monstrueuse à l’origine de l’Énergie Noire. Chaque tentacule qui cherchait à émerger devait se confronter à la bulle d’énergie parcourue d’arcs bleutés. Les appendices qui parvenaient à traverser, elle vit des soldats les abattre au fusil à pompe ou les trancher avec leurs omnilame.

Elle pouvait tenir Zaroth. Pourrait-elle tenir les autres, désormais ? Plusieurs membres de l’UCIP, à l’intérieur de la bulle, se battaient contre les leurs. Savoir qui était dans quel camp était compliqué, mais le stratagème d’Abbadon permis d’en identifier quelques uns. Même ce système avait ses défauts, car certain s’étaient réveillés après que l’ordre ait été relayé, ou étaient coupés des communications par les voix dans leur crane. Seulement, ceux là ne tiraient pas sur tout le monde. C’était un début. Les yeux presque clos par la douleur et l’effort, Gallagher vit l’Asari qui avait partagé son M80 à l’intérieur de la bulle biotique. Elle préparait quelque chose. A l’ampleur des vibrations qui parcouraient ses bras, la militaire parvint à deviner une déchirure. Elle traça un itinéraire mentale pour celle ci, son cerveau marchant bien plus vite que ce qu’elle espérait. Elle visait Abbadon, qui, occupé à saper la porte, ne pouvait se dédier à se protéger lui même.

Elle chargea l’Asari. Son esprit était concentré à maintenir la barrière, mais la mémoire musculaire parlait pour son corps. Les drogues se consumaient à une vitesse incroyable à cause de l’activité mentale d’Amnatiss et de Zaroth, aussi elle devrait la neutraliser le plus vite possible. Sans réfléchir, elle attrapa son bras et, d’un coup de poing sec et amplifié par la biotique, le brisa au niveau du coude. La douleur ne réveilla pas la chasseresse de sa transe, bien au contraire. Comme Amnatiss, l’influence de Zaroth la rendait plus violente qu’à l’accoutumée, et elle se livrèrent à un brutal corps à corps. Augmentées par leurs pouvoirs biotiques, leurs attaques atteignaient souvent leur adversaire, qui ne dédiait que peu d’effort à esquiver. Il fallait faire plier l’autre avant de plier, c’était la seule voie possible. Mais l’Asari avait un objectif second, celui de tuer Abbadon. Sur le tard, l’ex-catheuse réalisait qu’elle même l’avait pris pour cible il y avait à peine plus de quelques minutes, impliquant un véritable souhait de la part du temple de le voir mourir. Il s’attaquait à celui qui lui avait fait du tort.

Deux soldats attrapèrent l’Asari par derrière, mais par une puissante impulsion, elle les repoussa immédiatement. Elle avait une cible et était bien décidée à l’achever. Elle jeta une onde de choc en direction du Galarien. Amnatiss s’interposa, et encaissa le coup avec ses avant bras. Une seconde attaque suivit, puis une troisième. Le scanner tactique indiquait toutes les données que la britannique souhaitait savoir. L’intégrité de l’armure tiendrait suffisamment d’ondes de choc. La durée estimée des drogues arrivait bientôt à son terme, entraînant probablement le contre coup qu’elle espérait. L’énergie dégagée par son adversaire atteignait des seuils critiques, qui l’empêcheraient de continuer, surtout avec un seul bras. Tant qu’Amnatiss restait debout et concentrée, la barrière tiendrait, le couloir resterait protégé et Abbadon survivrait à cette Asari.

Comme prévu, les effets des drogues s’apaisèrent brusquement. L’esprit affaibli d’Amnatiss chavira. Une nouvelle onde de choc la percuta de plein fouet alors qu’elle baissait lamentablement les bras. Elle fut projetée hors du temple, et en dévala les marches. Elle roula pathétiquement sur plusieurs dizaines de mètres, emportée par le choc biotique. Mais son plan avait fonctionné. Suffisamment de troupes étaient passées. La chasseresse avait pu être maîtrisée avant qu’elle n’atteigne le spectre. Et surtout, l’utilisation excessive des pouvoirs, la douleur et le contrecoup des drogues avait eu l’effet escompté : Amnatiss elle même était hors d’état de nuire. Elle sombra dans l’inconscience, satisfaite d’avoir réussi à s’épuiser avant de perdre le contrôle.

Quand son esprit se clos, la voix de la furie se tut à son tour.
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Audrey Bayard

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MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   Mer 13 Fév 2019, 14:16
Audrey était au sol, les mains plaquées sur le casque. Elle criait de désespoir et de douleur face à la vision qui s'offrait à elle. Odin se faisait massacrer en direct. Et la française n’était pas simple spectatrice de cette boucherie, elle en était responsable. Transportée dans la tête d'une ombre, l'humaine voyait des soldats de l'UCIP fuir devant elle et ses semblables. C'était une débâcle. Mais ce n'était pas la guerre, simplement de la cruauté. Des bêtes féroces se jetant sur des hommes en déroute pour les exterminer jusqu'au dernier. La terrienne faisait tout pour ne pas assister à ça, mais elle n'avait aucun contrôle sur ce qui se passait. Elle avait beau tenter de se masquer les yeux, ordonner à son corps de cesser de courir après ces malheureux, rien n'y faisait. Si elle voyait à travers ses orbites, la jeune femme n'avait en revanche aucun pouvoir sur le monstre qu'elle incarnait.

Ce fut une communication radio qui libéra le lieutenant de l'emprise de cette vision. Quelqu'un hurlait dans l'oreillette. Le sol boueux et gluant de Chasca réapparut devant ses yeux. D'abord de façon brouillé, puis petit à petit de plus en plus nettement. La châtain distingua ses mains gantées plongées dans le mucus pour la maintenir. Un peu plus loin devant elle, son fusil d'assaut gisait, tombé là lorsque Bayard s'était effondrée. La combattante tendit une main vers son arme, mais une botte turienne vint se poser dessus. Redressant les yeux, elle se retrouva face à un canon à bout portant de son casque. C'est donc ainsi que cela se terminerait ? Abattue dans la gadoue comme un animal malade sur une planète morte ? L'ancienne du SSC n'avait même pas la volonté de s'opposer à son meurtrier. Et quand bien même elle l'aurait eu, dans sa position, elle n’aurait pas pu faire grand chose.

Elle songea à fermer les yeux, mais une petite voix résonna dans sa tête, lui hurlant de soutenir le regard de son assassin. Une réminiscence de son entraînement. On lui avait appris que certains n'osaient pas tirer sur une personne qui les fixait. Mais il était peu probable que ce soit le cas de ce piaf. Quand bien même, l'humaine l'observerait jusqu'au bout. Ce n'est pas parce qu'elle allait crever dans la fange qu'elle ne le ferait pas la tête haute ! Alors qu'elle s'attendait à entendre une détonation, ce fut en réalité un craquement suivi d'une impulsion électrique qui claquèrent. Le galarien, le spectre, venait de surgir de nulle part et de neutraliser le turien. Il passa ensuite derrière celle qu'il venait de sauver en hurlant des ordres à tout le groupe. L'humaine rampa jusqu'à son arme et la ramassa avant de se relever. Le combat continuait. Elle chercha une cible des yeux, mais ne parvint pas à comprendre ce qu'il se passait. Les conciliens semblaient tous se battre entre eux. Qu'est ce que c'était que ce merdier encore ?

Toujours plongée dans la perplexité, la militaire sentit soudain un tentacule s'enrouler autour de sa taille, avant de se faire violemment tirer en arrière. Elle survola le champ de bataille en hurlant, serpentant au gré des mouvements de l'excroissance, avant de finalement disparaître derrière un mur de mucus. Cette chose l'entraînait à l'intérieur et ce n'était certainement pas pour lui faire des câlins. Ou alors façon nippone. La châtain devait se libérer avant de se faire tuer, ou pire, transformer en monstre ! D'expérience, un pistolet n'avait pas la puissance de feu nécessaire pour sectionner un câble de cette épaisseur. Si on lui avait dit il y a 3 jours que se faire pendre par une IA lui servirait, l'humaine ne l'aurait pas cru. Son fusil à pompe était quant à lui inaccessible à cause de l'appendice enserré dessus. Ne restait donc plus que l'omnilame ou… les grenades. C'était risqué, mais cette saloperie n'apprécierait sans doute pas de se faire cramer les ventouses. L'officier attrapa une de ses bombes, la dégoupilla et… l'échappa lors d'une secousse brutale. Elle la vit s'écraser au sol dans une gerbe incandescente. Merde !

La concilienne s'assura d'avoir son dernier cylindre bien en main cette fois-ci. Prenant son temps avant de retirer la cheville, elle inspira un grand coup et lança le projectile. L’excroissance prit feu et commença à se tortiller dans tous les sens et à cogner contre les paroi les plus proches pour tenter de s'éteindre. Seul bémol, elle n’avait pas lâché sa proie. Celle-ci se retrouva donc ballotée dans toutes les directions, de droite à gauche et de haut en bas. Comme des montagnes russes, mais en pire. Finalement, alors qu’Audrey s’apprêtait à rendre son dernier repas dans son casque, la prise se desserra et la jeune femme se retrouva en chute libre. Cela ne dura guère, trois mètres, peut-être quatre. L’ancienne du SSC parvint à se réceptionner suffisamment bien pour ne rien se casser, en revanche elle sentit une violente douleur la lancer dans sa jambe gauche. Probablement une foulure. Cela risquait de la ralentir…

La gendarme se releva gauchement et sans aucune grâce. Le tentacule avait disparu, mais elle se retrouvait maintenant perdue au coeur du temple. Regardant autour d'elle, il s'avéra qu'elle se trouvait sur une plateforme intermédiaire. Plutôt une sorte de gros furoncle en réalité. Charmant… Elle ne voyait pas ce qu'il y avait en bas, mais il semblait en revanche y avoir une petite crête quelques mètres plus haut. La paroi ne semblait pas trop mauvaise et la distance n'avait rien d'impressionnant pour la grimpeuse. Elle avait fait des montagnes bien plus ardues dans sa jeunesse. D'un autre côté, elle n'avait pas une cheville potentiellement foulée à cette époque… Tant pis, elle ferait avec. En espérant qu'aucun appendice ne l'agresse pendant l'ascension.

L'escalade se déroula sans accroc. La sportive fut lente par rapport à ses standards, mais habituellement elle ne pratiquait pas son sport favori avec une jambe blessée, l'épuisement physique d'une opération militaire et la torture mentale d'une saloperie de corrompu géant. Atteignant la corniche, elle constata avec plaisir qu'elle arrivait sur une voie plus praticable à l'horizontale. Voilà qui allait lui faciliter les choses. Rester à décider dans quelle direction aller. Tant qu'à être à l'intérieur, autant essayer de trouver un point sensible pour y faire un maximum de dégâts. La jeune femme décida donc d'emprunter le couloir qui lui semblait le plus converger vers les profondeurs. Ayant perdu son arme principale lorsque l'excroissance l'avait attrapée, elle dégaina son fusil à pompe avant de se mettre en route. Ce n'est qu'après quelques pas boitillant que la voix de manifesta dans sa tête. Gutturale, grave et pourtant avec quelques sifflements stridents par moment. C'était la même que celle qui l'avait agressée à l'entrée.

Tu n'as rien à faire là. Regarde toi. Tu n'es qu'une mioche vagissante qui joue à la guerre. Tu n'as aucune idée de ce qui se joue ici !

Le lieutenant fit tout son possible pour ne pas prêter attention à ces insultes, ainsi qu'à celles qui suivirent. Plus elle progressait dans les entrailles de ce temple, et plus les aboiements se faisaient sonores. C'était sans doute signe qu'elle allait dans la bonne direction. Cependant, la migraine aussi se faisait de plus en plus violente, à tel point que la militaire ne pouvait plus se déplacer sans une main sur sa tempe. C'est alors qu'elle entendit des coups de feu droit devant elle. On se battait. Et si on se battait, ca voulait dire qu'il y avait des alliés ! La concilienne se précipita dans la direction des tirs et en trouva rapidement l'origine. Ce qu'elle vit était aussi inespéré qu'inconcevable. Sa meilleure amie se tenait là, à quelques mètres devant elle, en deux exemplaires. Et elle essayait de se tuer. Enfin, l'un des modèles essayait d'abattre l'autre.

Audrey n'arrivait plus à se concentrer ni à réfléchir, mais elle était presque sûre qu'il n'y avait qu'une seule Arcadia sur cette opération. L'une des deux qu'elle voyait était donc de trop. Mais laquelle ? Celle qui tirait, ou celle qui servait de cible à la première ? Impossible de rassembler ses pensées avec ce marteau qui tapait sans interruption dans son crâne. Cependant, dans ce qui ressembla à un éclair de lucidité, la française eu l'impression de se souvenir n'avoir jamais vu la toubib avec un fusil d'assaut durant cette mission. Mais pouvait-elle s'y fier ? Pouvait-elle jouer la vie de sa meilleure amie sur cette simple intuition ? Apparemment oui… La militaire leva son arme en direction de la tireur et lui expédia une volée. Il n'en fallut pas plus pour la neutraliser. Le sang gicla sur le mucus et la blonde qui faisait feu s'effondra mollement le long de la paroi. La châtain espérait vraiment ne pas s'être trompée… S'approchant lentement et prudemment du corps affalé, la jeune femme entendit une voix familière provenir de celle qui était toujours en vie.

- Audrey !

La médecin se précipita sur elle et la prit dans ses bras. La moins âgée des deux ne put s'empêcher de la serrer fort contre elle en réponse, pas plus qu'elle ne put se retenir de pleurer de soulagement. Sa sœur spirituelle était encore en vie, elle ne s'était pas trompée de cible. La colonel reprit contenance plus rapidement que sa subalterne, reculant de quelques pas là où la seconde aurait volontier fait durer ce câlin quelques minutes supplémentaires. Mais il était temps de repartir. La terrienne ramassa l'arme du cadavre, étant plus à l'aise avec un fusil d'assaut qu'un pompe. Le macchabée avait repris ses véritables traits. Il s'agissait d'un turien. Pauvre gars. Abattu par un tir allié après avoir perdu la raison. Le minimum à faire maintenant, c'était de s'assurer que sa mort ne soit pas vaine. Les discours démoralisants reprirent alors, en même temps que la marche.

- Tu ne voudrais pas changer de disque un peu !

Audrey ne prit conscience qu'elle avait parlé à voix haute que lorsque son amie se tourna vers elle, visiblement surprise par cette intervention agacée. Cela faisait plusieurs longue minutes qu'elles avançaient et le temple était toujours bloqué sur radio insulte FM. Cela devenait réellement usant. Sans compter la migraine qui continuait à progresser, à tel point qu'un tube entier de Doliprane n'aurait sans doute pas suffi à calmer la douleur. La française maugréa une explication, mais c'était inutile. La toubib comprit parfaitement à qui elle s'adressait. Nul doute qu'elle devait subir des agressions similaires depuis son entrée dans ce truc. Le duo se remit donc en marche, sans mot dire, gardant toute sa concentration sur le fait de mettre un pied devant l'autre et essayer de conserver un semblant de raison...

Et puis, les insinuations de Zaroth se firent plus vicieuses. Plus insidieuse. Plus sournoise. Il commença à essayer de persuader la terrienne que celle qui l'accompagnait se servait d'elle, qu'en réalité, elle la détestait et qu'elles n'avaient jamais été amies. Pour appuyer ses propos, le fourbe n'hésita pas à aller piocher dans les souvenirs de sa cible des morceaux choisis dans lesquels Arcadia se montrait colérique, froide ou distante. Mais il ne s'agissait que d'extraits sortis de leur contexte, et pour chacun d'eux, la terrienne pouvait au moins opposer deux excellents souvenirs en compagnie de la colonel. En vrac, elle se souvint d'une session de DDR plus ridicule qu'autre chose, une bataille d'eau épique, des fous rires autour d'une table de restaurant, une bataille d'oreillers se voulant vainement silencieuse et un bourrage de marshmallow dans une bouche pleine qui avait bien failli étouffer la blonde et faire littéralement mourir de rire celle qui en avait eu l'idée. Le diffamateur allait devoir faire mieux que ça s'il voulait les monter l'une contre l'autre. Beaucoup mieux.

Constatant que la subtilité et la perfidie ne fonctionnait pas, le sycophante opta pour une technique plus directe. Quand la ruse échouait, il restait toujours la force brute. Le maître des lieux commença à bombarder l’esprit de sa victime d’instructions lui ordonnant d’abattre la colonel. Accompagnant le tout de pensées violentes, il espérait bien faire perdre pied à son invitée et la faire sombrer dans une rage sanguinaire. C’eut été bien plus simple avec un krogan bien sûr, mais cette gamine n’avait pas assez de volonté pour lui résister éternellement de toute façon. Et même si elle parvenait à ignorer ses propositions assassines, elle finirait par s’épuiser et une prise de contrôle directe deviendrait possible. Ce n’était qu’une question de temps, mais Zaroth commençait à en manquer. C’est pourquoi il se mit à répéter en boucle d’un ton de plus en plus insistant un seul et même mots dans la tête de la châtain : “Tue”.

- La ferme, la ferme, LA FERME ! cria l’humaine en frappant son casque.
- Audrey ! Concentre toi sur ma voix... Ne le laisse pas te contrôler ! Nous y sommes presque. Je le sens. La voûte donne l'impression d'un sternum. On y est !

Les paroles du docteur n’apportèrent que peu de réconfort au lieutenant. C’est à peine si elle put percevoir sa voix derrière les aboiements et le brouhaha constant que lui imposait le temple. La française luttait pour garder le contrôle de son esprit, se sentant faiblir à chaque instant. Ses yeux ne voyaient déjà plus et elle n’avançait encore que parce qu’elle était devenu totalement incapable d’envoyer de nouveaux ordres à son corps. Ses oreilles cessèrent de percevoir l’extérieur à leur tour. Ce lieu impie gagnait peu à peu du terrain et enfermait sa proie dans un cocon virtuel où tout ce qu’elle pourrait discerner serait ce qu’il lui imposerait. Et il venait justement de trouver ce qu’il cherchait depuis le début, la dernière étincelle à laquelle se raccrochait son gibier pour continuer à avancer. La suite du spectacle promettait d’être grandiose. La corruption gagnerait bientôt une nouvelle marionnette.

- Arcadia, fais quelque chose je t'en supplie ! Pitié, je veux que ça s'arrête ! Qu'il sorte de ma tête ! Non ! NON ! Pas elles ! implora la terrienne en s’effondrant au sol.

Les corps sans vie et mutilés de la sœur et des nièces d'Audrey venaient d'apparaître devant ses yeux. Pure hallucination, fruit de la folie qui la gagnait peu à peu, elle n'en demeurait pas moins d'un réalisme saisissant, à tel point que l'humaine en avait oublié où elle se trouvait réellement. De son point de vue, elle était actuellement sur Eden Prime, devant les ruines fumantes de la maison d'Elise. Toute muette qu'elle était, la mère des deux petites avait néanmoins assez de voix pour lui faire porter la responsabilité d'une telle catastrophe, l'accusant de ne pas avoir été là. La cadette des sœurs Bayard accablait son aînée de reproches, la rendant plus ou moins coupable de la destruction totale de la galaxie en plus de celle de sa famille. La militaire succomba au chagrin et au désespoir, sa volonté brisée. Zaroth avait finalement réussi à faire mouche, la française était hors jeu.

Les visions s'arrêtèrent soudainement, presque aussi vite qu’elles avaient émergé, et l’intérieur de la forteresse reprit peu à peu forme devant les yeux du lieutenant. Toujours en proie à son affliction, celle-ci mit un moment à réaliser que c'était terminé, qu'elle n'avait été victime que d'un cauchemar. Un horrible cauchemar éveillé. La jeune femme eut besoin de plus de temps pour arrêter de sangloter, ces images d'un réalisme désarmant restant gravées dans son esprit. Elle ne se sentait plus la force de se relever. Mais son armure était d'un autre avis. La dose d'adrénaline que la soldat avait emportée s'injecta soudainement dans son sang, pour la pousser à se secouer. Vu l'état de la châtain cependant, cela suffit tout juste à la maintenir consciente et à lui donner la force de se redresser. Elle était loin d'être en état de repartir pour un marathon. Son corps aurait peut-être pu l'autoriser à courir quelques mètres, mais son mental ne le permettrait jamais lui.

A présent sur ses deux jambes, la gendarme aperçut son équipière vacillante. Dans un réflexe, la première parvint à se jeter poussivement vers la colonel pour la retenir et l'empêcher de s'effondrer sur le sol. La blonde ne tenait plus debout, complètement exténuée par ce qu'elle venait d'accomplir. Et qui pourrait l'en blâmer ? Son amie elle-même ne demeurait dressée que grâce aux substances que son armure lui avait injectées. Audrey plaça l'un des bras de la docteur sur ses épaules et l'aida à se traîner hors de la pièce. La seconde balbutia un remerciement auquel sa partenaire ne répondit pas vraiment. Elle ne pensait pas en mériter. Et elle était encore sous le choc, préoccupée par ses visions d'horreur. L'adrénaline l'avait aidé à récupérer certaines de ses facultés mentales les plus basiques, mais son esprit restait embrumé…

Alors qu'elle passait l'embrasure de la porte, l'ancienne du SSC s'arrêta. Et si ce truc n'était pas mort ? Et s'il venait à se relever ? À projeter d'autres atrocités ? La française ne voulait pas prendre ce risque. Elle assit donc Arcadia contre une paroi et lui demanda de rester éveillée le temps qu'elle revienne. Le lieutenant retourna dans l'antre de Zaroth. La pièce semblait morte, mais elle préférait s'en assurer. La militaire sortit l'une de ses charges de démolition et l'installa sur ce qui avait dû être le cœur de la créature. Restait le problème du détonateur. Les ondes radio ne passeraient sûrement pas depuis l'extérieur, il faudrait donc s'en remettre à un minuteur. Mais combien de temps ? Habituellement, une ou deux minutes auraient largement suffit pour s'enfuir, mais dans leur état… 5 minutes ? 10 ? Cela faisait long. Et plus la durée s'étirait, plus le risque d'une désactivation grandissait. Sa première estimation sembla finalement être le meilleur compromis pour avoir le temps de se mettre à l'abri sans risquer la neutralisation de l'explosif. Le lieutenant régla le décompte avant de retourner récupérer sa supérieure. Lui servant d'appui, elle la guida vers la sortie. Enfin, du moins, elle l'éloigna de cette salle dans une direction qui lui semblait pointer vers la sortie...

Quelques instants après, l'explosion retentit, faisant vibrer les couloirs. Les deux femmes avaient réussi à mettre suffisamment de distance entre elles et la charge pour ne pas être trop inquiétées, mais le souffle et les secousses parvinrent néanmoins jusqu'à elles. La plus jeune plaqua la quarantenaire à terre en se plaçant au dessus pour la protéger. Mais en dehors d'un gros courant d'air, rien ne vint les menacer. La châtain se releva donc une fois ce coup de vent passé et souleva son amie. Celle-ci avait de plus en plus de mal à tenir debout et se faisait donc de plus en plus lourde. Cependant Audrey devait la sortir de là. Elle lui devait bien ça. Pourtant, il devenait à chaque instant plus fastidieux de mettre un pied devant l'autre. Le stimulant se dissipait peu à peu et la fatigue, tant physique que mentale, gagnait du terrain. A chaque pas, la française craignait de ne pas pouvoir faire le suivant.

La première chute survint peu de temps après. Bayard trébucha, se rétamant lamentablement sur le sol avec sa partenaire. Après quelques secondes de halètement, elle parvint à se relever et à soulever Arcadia dans un effort surhumain. Cette dernière semblait avoir sombré dans l'inconscience, aussi la gendarme changea-t-elle de tactique pour la transporter. La toubib était à présent couchée sur les épaules de sa sœur spirituelle, qui se remit en marche péniblement. Elle devait continuer à avancer. Sortir de ce lieu maudit. Regagner la surface. Atteindre les secours. Plusieurs fois la châtain tituba, manquant de s'effondrer au sol. Si elle laissait le colonel ici, elle s'en sortirait probablement beaucoup plus facilement, mais c'était hors de question. Elles sortiraient ensembles ou pas du tout. Et le pas du tout semblait malheureusement favori…

A bout de force, la terrienne s'écroula au sol. Elle tenta de se redresser dans un ultime effort, mais ne parvint pas à dépasser la position à genoux. L'ancienne du SSC était exténuée. Ses jambes ne la portait plus. Ses yeux se fermaient tous seuls. Et la sortie lui paraissait encore si loin. L'humaine se demanda même si elle ne s'était pas perdue en errant au hasard des couloirs. Déposant sa charge en l'allongeant sur le dos, elle s'excusa auprès d'elle de ne pas avoir réussi à la sauver. S'effondrant à moitié sur le buste de la médecin, le lieutenant eut la présence d'esprit d'envoyer une ultime communication radio. Peut-être quelqu’un la recevrait-il. Peut-être pouvaient-elles encore être sauvées...

- Ici… Bayard… Lieutenant Bayard... Zaroth mort... Colonel McKnight avec moi… Besoin... médicaux… Évacuation...

Elle n'arrivait plus à formuler la moindre phrase correctement. Se souvenir de son propre nom lui avait déjà demandé un effort en soi, sans parler de son grade. Ce temple vivant lui avait grillé la cervelle. En espérant que ça ne soit que temporaire et non un effet permanent. Alors qu'elle s'abandonnait finalement aux ténèbres rassurantes et accueillantes de l'inconscience, Audrey entendit du mouvement accompagné de voix qui lui semblèrent familières. Quelqu'un criait les avoir trouvées. Lorsqu'on lui assura que l'on allait s’occuper d'elles, la jeune femme eut la force d'afficher un dernier sourire sous son casque, avant de totalement perdre connaissance.




Ce n'est pas parce que je suis fou que je suis de mauvaise compagnie.
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Urdnot Ante

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Faction : Clan Urdnot
Rang : Diplomate-Chef de Guerre
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MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   Jeu 14 Fév 2019, 11:27
Ante ouvrit les yeux et découvrit le plafond renforcé d'un véhicule de transport.
Il était allongé sur le dos, ses armes près de lui.
Ses blessures avaient en partie déjà guéries et son armure avait été re-scellée.
Avait-il dormit longtemps ?

Un fort sentiment de culpabilité le força à sauter sur ses pattes.
Il tenait debout sans faillir, c'était déjà ça, mais combien de personnes avaient péries entre temps ? Les combats faisaient-il toujours rage pendant que lui prenait le luxe de se reposer ?
Il alla frapper contre la paroi de la cabine pour alerter le pilote.

-Depuis combien de temps je suis out ?

-A peine 10minutes... Monsieur. Vous êtes apte à retourner au combat ?


-Ça devrait le faire oui, je crois que suis officiellement le plus gros prédateur de cette planète depuis peu. Je vais pas me permettre de traîner derrière.

-On va vous déposer au plus près alors. Le reste de Thor reste en arrière.


Après quelques minutes de trajet, la voix du pilote s'adressa à nouveau à Ante :

-On vient de pénétrer dans le périmètre du Temple et... Qu'est-ce que... GLARGH !


Du bruit et de l'agitation ébranlèrent le véhicule. Sentant un danger imminent, le Krogan essaya de déverrouiller le sas pour aider, mais la porte lui opposa un refus catégorique. Il se précipita alors vers celle menant vers l'extérieur, saisissant son équipement au passage.
Un coup de feu retentit dans le poste de pilotage et le véhicule fit une embardée et accéléra.
Ante fit sauter la porte et s'éjecta juste avant que le char ne s'écrase contre une paroi de chair tuméfiée.
Le Diplomate constata avec dégout l'ampleur des dégâts.
Dans sa course folle, les roues du tank avaient écrasées une poignée de soldats infortunés.
Un énorme bruit de succion résonna derrière Ante, alors que le blindé se faisait aspirer à l'intérieur de la structure vivante.

Oui d'ailleurs, parlons-en. De "Ça".
Ante pouvait déjà rayer la mention : "plus gros prédateur de la planète" sur son CV.
Pris de tremblements, le Temple prenait vie tout autour de la force d'attaque. Qui devenait force de casse-croûte.

-On en a vraiment pas finit avec les saloperies sur cette planète...


Ante tenta de repérer les têtes connues dans la mêlée.
La panique et l'horreur étaient devenues les seuls mots d'ordres.
Un frisson lui agita l'échine lorsqu'il aperçu Gallagher au devant de son unité biotique. Des éclats de souvenirs embarrassants lui revinrent, et en même temps il fut très heureux de la savoir toujours en vie.

Mais l'urgence de la situation reprit vite le dessus sur ses états d'âme.
Un peu plus loin les deux Spectres menaient une résistance acharnées contre les attaquants tentaculaires. Ante suivit leur exemple, tirant et tranchant à tout va, alternant armes et positions dans son bras valide.

La douleur avait disparu en revanche, tout son corps bougeait avec un certain engourdissement, contre coup de la journée d'enfer qu'il avait passé.
Profitant de cet état de faiblesse, un Turien se jeta sur lui, frappant sa carapace avec le cul de son fusil.
Ante ne comprit pas tout de suite se qui se passait, ne pouvant justifier cette agression spontanée et forcenée.
Si elle ne présentait pas beaucoup de danger pour le saurien, elle n'en était pas moins troublante !

Après avoir envoyé bouler le soldat au loin d'un revers du plat de sa lame, Ante le vit se redresser et foncer sur une cible plus proche en hurlant.
Et avant que le Diplomate ne puisse assimiler ce revirement de situation, la voix s'empara de lui, il prit l'attaque psychique de plein fouet.

Au fond de lui la rage de sang monta en force, sa vision se troubla de plusieurs teintes de rouge et des flashs de situations critiques lui parvinrent, réveillant son instinct le plus brutal. Des bulles de rage naissèrent à la commissures de ses lèvres. Les soldats comme les appendices devenaient flous, se confondaient.
Ante préféra s'évanouir que d'y céder.



Des dunes de sables noircies, bourgeonnantes de tentacules rampantes, recouvraient Tuchanka.
Il n'y avait plus rien.
La cité-capitale avait été ensevelis.
Dans le ciel, la pâleur d'Aralakh semblait aspirer toutes les couleurs de la planète.
L'étoile elle-même mourrait.

Il n'y avait que morts et désolation autour d'un minuscule Ante.
Le Diplomate n'était qu'un nouveau né balbutiant, tout juste sortit de sa coquille.

Il avait froid.
On avait pas froid sur Tuchanka....

Le bébé krogan rampa sur quelques mètres, à la recherche d'un peu de chaleur. Mais le sable épais était glacé sous ses petites pattes.

-Tiens, c'est là que tu te trouves.

Une voix puissante résonna sous son embryon de plaque.
Surpris, le petit Ante tenta de se redresser. Son équilibre était encore précaire et il bascula en bas d'une dune. Un objet dur arrêta sa chute.
Il aurait dû gazouiller de rire devant ses galipettes.

Mais il était seul et il avait froid.

-Seul ? Non, je suis là moi !


Les Krogans ne pleurait pas, même quand leur naissance mettait fin à la vie de leur mère.
Pourtant, la violence fit couler des larmes et de la morve sur le visage d'Ante.

-Oh ! Aurais-tu peur ? Me craindrais-tu ? Tant mieux.

Cette voix l'oppressait, le faisait frisonner.
Prenant appui sur l'objet pas plus grand que lui pour se redresser, Ante se dressa et poussa un cri vacillant, aigu, pas ce que se fait de plus impressionnant.
Mais c'était une première rébellion, un premier pas.

-Pas mal, mais tu pourrais faire tellement plus.

Une ombre écrasa le minuscule Ante, masquant la triste lumière de l'étoile. Devant lui se tenait un immense Krogan, nimbé d'énergie et bien plus que familier.

-Tout ce qui est, tout ce qui sera, finira comme ça. Regarde par là !

De son large doigt il désigna une forme gigantesque au loin.
Un squelette immense se desséchait, des bouts de chair gros comme des vaisseaux pourrissaient sur la carcasse.

-On a finit par l'avoir cette sale pute. La plus grosse et la dernière forme de vie de la planète.


Le regard du bébé se perdit dans l'énorme orbite vide d'un œil.

-Tu servais Aria avant...

Ante tourna son visage poupon vers son interlocuteur. Il ne parvint plus à contenir ses tremblements de terreurs.
La version du Ante qui le dominait était terrifiante. Son armure de guerre ruisselait de sang et des vagues d'énergies noires tressautaient autour de lui.

-Tu pourrais la servir à nouveau. Elle nous rendrait puissant, tellement puissant !

Du sang coula des orifices du visage du géant.

-Tu te rappelle ce sentiment qu'on avait quand on était sous Minagen ? Cette puissance, cette invincibilité ? On pensait pouvoir soulever des montagnes, rien ne nous aurait arrêter !

Ante convulsait comme une feuille face à ce gros monstre qui se mit à lui hurler dessus et à gesticuler.
Et plus ce dernier se déplaçait et plus le sol autour d'eux bougeait avec lui.

-ON PEUT RÉCUPÉRER TOUT CELA ! ET PLUS ENCORE ! TUCHANKA, LA CITADELLE, SUR'KESH MÊME ! TOUT !



L'autre était penché au dessus de lui, souriant. Du même sourire jovial qu'affichait souvent le Diplomate, mais les dents que ses lèvres retroussées dévoilaient étaient énormes, tordues et toutes en pointes.
Ante aurait voulu reculer, s'enfuit sur ses petites pattes mais son support le bloquait.

Il se retourna à la fois pour voir ce que c'était mais surtout pour fuir la vision cauchemardesque.
C'était un crâne de Krogan. Et une épaisse cicatrice striait sa plaque.
Ante se détourna.

-Tu n'as pas besoin de lui non plus. Prends le pouvoir que je t'offre, et tu mèneras les Krogans vers une gloire jamais atteinte par aucune autre race !


Quelque chose cliqua alors dans l'esprit du petit krogan.
Des rêves de puissance et de gloire, qui y aurait été insensible ?

Quelqu'un qui y avait déjà goutté, que ces rêves avaient détruit.

Autour du nouveau né le sable se réchauffa.

-Alors c'est toi ?

Son double écarquilla les yeux, il ne s'attendait pas à une opposition.

-C'est toi qui me maintien en vie ? Mon vaccin contre la corruption ?

-Oh, je suis bien plus que ça, j'étais là...

-Je sais, le coupa le minus, plus à l'aise. Il prit même le luxe de jouer avec ses pieds. Tu es un vestige, un déchet de ce que j'ai été il y a longtemps.

-Un déchet ?!


-Oui. Ronronna Ante. Un fantôme du passé. Ca ne m'étonne pas que tu ais céder à la corruption, tu es si faible.

Il avait presque l'air désolé pour le Ante corrompu, qui lui écumait.

--JE NE SUIS PAS FAIBLE !

-Si

-C'est toi qui es faible ! Seul ici, misérable, fragile !

-C'est celui qui dit qui est !

-JE SUIS LE DÉVOREUR DE MONDE, UN DESTRUCTEUR INVINCIBLE !

-Nan, tu es à peine un suceur de moelle, un charognard. Tu n'as plus rien.


L'autre enragea, il allait se jeter à la gorge de son fragile tourmenteur, mais ce dernier saisit le crâne dans son dos et le jeta à la figure de son adversaire.

-Tiens, t'as le bonjour de Wrex.

Le bébé se releva, commença à grandir. Il reprenait du poil de la bête, regagnait du terrain sur le monstre dominateur.

-Tu es celui qui ne vit pour rien, le parasite, le déchet sous l'influence d'une drogue, le minagen ou la corruption. Ta force ne t'appartient pas, pas plus que ta rage. Tu n'es pas digne à tuer.


Le Ante corrompu éclata de colère et se jeta à nouveau sur le nourrisson.
Mais l y avait eu du changement, de l'évolution. C'est un adulte en pleine puissance qui lui fit face.
Le monstre fut stoppé net et repoussé.
Les deux combattants échangèrent une volée de coups. Les plaques s'entrechoquèrent, les dents s'enfoncèrent dans les chairs épaisses et les poings claquèrent contre les protections naturelles.
La duel laissait entrevoir la domination du corrompu, malgré tous les efforts d'Ante pour lui échapper.
Si les coups ne suffisaient pas, l'impact de ses mots semblaient tout fois fragiliser l'autre et puis il avait tout le poids de ses souvenirs, de ses expériences. Il savait que l'autre Krogan n'avait rien de tout ça, il avait tout sacrifié dans sa cause folle, tout oublier pour ne pas s'encombrer.
Mais dans cet espace quasi onirique, le mental jouait autant que la force brute.
Peu à peu Ante reprit le contrôle et retourna la situation à son avantage.
Après un violent coup d'épaule, l'autre finit par s'effondrer dans le sable.
Ante s'avança vers lui, son regard plein de pitié.

-On reparle de ta toute puissance ? Esbroufe ! Esbroufe ! Esbroufe !


Là où le Diplomate marchait, la vie reprenait ses droits.
Le sable se teinta de vert et des pousses en sortir sous ses pas.
Derrière lui, son espoir avait fait jaillir une véritable jungle pleine de vie.

-Tu es vide.

Et d'un coup de poing Ante fit taire son alter-égo.
Le corps difforme de l'autre explosa et donna naissance à un nouveau ridicule Krogan gémissant. Un petit être biscornu et braillard.
Ante le saisit par la peau du cou et le pris sous son bras.

-Aller, tu vas rester à ta place bien sagement, et tu auras le droit de mordre de temps en temps. On laisse le passé derrière nous, on sort d'ici et on avance ça marche ? On va punir ceux qui t'ont mis dans cet état...



Ante ouvrit les yeux.
Le chaos autour de lui n'avait pas bougé, les soldats s’entre-tuaient au milieu d'un marécage de chair. Des formes repoussantes dansaient autour d'eux, les faisant disparaître dans des bouches encore plus ignobles.
Néanmoins, ces horreurs n'affectaient pas beaucoup un être qui venait de voir la destruction de sa planète.
La chose qui avait tentée de pénétrer son esprit avait commis une erreur. En le forçant à affronter son pire cauchemar, il l'avait aussi rendu plus fort. Si Zaroth voulait à nouveau s'occuper de lui, il lui faudrait beaucoup d'imagination pour le perturber.
Levant son épée bien au dessus de sa tête, Ante poussa une clameur tonitruante, pour chasser les dernières brides de confusions qui lui collaient aux pattes et pour rallier son énergie combative.
S'il était toujours affaiblie par son combat contre l'élu Krogan, son moral était en hausse et son armure scellée devrait lui éviter une autre crise de délire. Il ne se laisserait pas arrêter.

Au loin il repéra à nouveau Abbadon. Le chef d'escouade ralliait ses troupes, s'efforçant de creuser et de protéger une ligne autour d'une brèche dans la chose.
Quelqu'un devait être entrain de s'y frayer un passage dans cette horreur pour la détruire, il fallait assurer ses arrières.
Faisant de son mieux pour mettre hors d'état de nuire sans tuer les soldats possédés qu'il croisaient sa route, Ante rejoignit la poche de résistance devant la faille. Les marches qui menaient au cœur du temple étaient recouvertes du même tapis spongieux que le reste, mais un peu partout, des corps désarticulés, comme des pantins auxquels ont auraient coupés les fils, tentaient encore d'escalader.

Parmi cette foule désordonnée, une autre soldat en armure s’écroula du haut de la pente.
Ante reconnu sa belle, "humpf". Elle semblait en vie, mais complètement vidée, évanouie.
S'il devait sauver quelqu'un dans cette masse, ça devait bien être Amnatiss. Il rangea son épée dans son dos et attrapa le corps inanimée de la soldate, la tenant fermement contre lui et chargea de plus belle, jouant de son moignon et de son épaule pour écarter les gêneurs hostiles.
Arrivé au sommet, il se signala à l'escouade encore debout et reposa l'Humaine à l’abri près d'eux. Il ne voulait pas prendre le risque qu'elle se fasse elle aussi dévorer.
Son bras libre, il put reprendre ses armes et se mêla aux défenseurs.

Ante utilisait sa corpulence pour faire obstacle aux plus vindicatifs, offrant une barrière physique à Abbadon et à Amnatiss.
Un bras en plus lui aurait bien servit, le Krogan devait faire attention à chacun de ses coups, alternant entre soldats fous et appendices abominables. Malgré sa préoccupation, son handicap l'obligea plusieurs fois à mettre fin aux jours d'un des membre de l'UCIP trop dangereux.
Mais il fallait tenir la ligne. Les préoccupations morales viendraient plus tard.


Urdnot Ante, Krogan Diplomate.
Couleur de dialogue : #ff6600

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[Intrigue #14] L'heure du jugement

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