AccueilCalendrierFAQRechercherConnexionGroupesMembresS'enregistrer

Partagez
 

 [Intrigue #14] L'heure du jugement

Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant
Abbadon Bynare
Voir le profil de l'utilisateur

Personnage RP
Faction : Spectre
Rang : Agent de terrain
Roi de la Chasse Sauvage
Messages : 662
Crédits : Impera tor Alicia - DeviantArt

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   [Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Icon_minitimeJeu 07 Fév 2019, 12:54

L’Heure du Jugement
15 Janvier 2204

Chasca



L’intérieur de la forteresse, après les légions d’ennemis écrasées à l’entrée et à la sortie du Limont, semblait vide. Pourtant, il ne l’était pas, et les troupes ennemies compensaient leur nombre plus faible par leurs compétences et leur équipement. La plupart des ombres avançaient derrière des boucliers de métal – technologie primitive au possible, incapable de résister à des projectiles atteignant une vélocité proche de la lumière – tandis que les immortels utilisaient enfin un véritable équipement de guerre, apte à menacer les envahisseurs à une distance plus importante que ce que la biotique permettait. Pire encore, ce n’était pas un mais deux élus qui tenaient la place : au loin, l’asari était visible dans ses déplacements, couvrant ses troupes de puissants boucliers. Plus proche, un krogan stoppait la colonne, attirant d’une lévitation avant de le détruire d’un coup de marteau biotique tous les véhicules d’avant-garde commettant l’erreur de trop s’approcher. Il s’approchait même peu à peu, bloquant l’avancée de la colonne, et dans une charge dévastatrice, il se débarrassa de Ravi encore trop affaiblie par son précédent combat pour lui résister.

Malgré les avancées, la situation devenait critique. Les nouvelles venant de Odin étaient désespérées, et le Spectre ne se faisait pas d’illusion sur leur renfort prévu pour l’assaut du Temple. Il ne fallait pas ralentir, enfoncer les derniers défenseurs et pénétrer le dernier bastion avant que l’armée ne puisse les prendre à revers. Il fallait se débarrasser de ces élus et raser ce lieu impie avec toute la puissance de feu de la galaxie. En d’autres termes, il n’était plus temps de s’économiser.

Abbadon sauta du bipède à partir duquel il observait la situation et commença à courir. Il n’avait que peu de temps pour agir avant que les assauts combinés n’enlisent définitivement la situation. Les hommes et els femmes de Valkyrie devraient trouver en eux les ressources pour prendre les bonnes décisions. Lui déclencha la libération de MER-12 dans son casque.

L’effet de cette drogue, comme de tant d’autre, lui était presque… Habituelle. Prudent, il évitait d’en devenir accro, mais n’hésitait pas à y avoir recours, et chaque utilisation le ramenait dans ce monde… confortable, où tout semblait plus facile, tout semblait possible. Ses doses étaient la version adaptée pour les biotiques, et couplée à la vitesse naturelle de l’esprit galarien, les effets sur la perception du temps étaient encore amplifiés. Dans la tête d’Abbadon, le présent semblait infini, et le futur proche presque déjà joué. C’était grisant et, si trop utilisé, mortel. Un risque à prendre, et le Spectre concentra ses capacités biotiques.

Le krogan n’eût presque pas l’air surpris en recevant la charge biotique du galarien de plein fouet. En fait, il n’eût pas le temps d’être surpris, et son manque de réaction physique venait surtout de sa grande force, le rendant presque inamovible. Mais Abbadon enserra la taille de l’élu et déclencha ses réacteurs dorsaux au maximum de leur puissance, l’armure soulevant les deux combattants dans une torpille incontrôlable vers le Temple.

Ils ne l’atteignirent pas. Le temps n’était pas réellement ralenti, et le krogan frappa le dos du galarien, les écrasant tous les deux sur le sol et les traînant sur plusieurs mettre. Il se remit debout, pour se retrouver face à son ennemi déjà armé de son Venom et prêt à tirer, l’obligeant à concentrer sa barrière. Une danse mortelle s’entama. Le galarien harcelait son adversaire, tentant de s’approcher suffisamment pour que ses tirs pénètrent les boucliers, mais devant rester à distance car incapable de tenir au corps à corps. Il l’apprit douloureusement lorsque l’élu parvient à l’attraper et l’écraser au sol, détruisant le jetpack au passage, et il n’eût la vie sauve que lorsque l’ambassadeur guerrier Ante entra à son tour dans l’affrontement.

L’élu était prudent, et restait conscient de ce qui était au-delà de cette lutte. Quand un véhicule de reconnaissance tenant de le contourner, une lévitation bien placée l’attrapa et l’envoya s’écraser vers Abbadon, qui dût se jeter au sol pour ne pas finir sous plusieurs tonnes de métal. Quand des snipers tentèrent de trouver un angle d’appui, le krogan chargea vers Ante et s’en servit comme d’un obstacle entre lui et ses ennemis. En maître de guerre, il tenait la position, jouant sur son endurance pour bloquer l’avancée concilienne, attendant que ses alliés vainquent.

Abbadon pesta dans son casque. La drogue de combat le tenait debout et au sommet de ses capacités, mais le problème lui faisant face ne semblait tout simplement pas posséder de solutions rapides. Se dégageant du combat, il sorti ses explosifs et plusieurs doses gazeuses de l’inhibiteur biotique pour les combiner. Si la barrière était insurmontable, l’armure, elle, ne l’était pas, et derrière, les gaz fonctionneraient. Le Spectre contacta rapidement ses alliés engagés dans l’affrontement contre l’élu.

-Récupérez les explosifs posés ici, et collez-les-lui dessus. Il faut franchir cette armure !

Il laissa plusieurs de ces ‘grenades-collantes-gazeuses’ improvisées derrière lui, et chargea à nouveau l’ennemi. Plus le temps de la prudence, il fallait vaincre. Au corps à corps, il tenta de coller l’explosif sur le krogan, qui intercepta le galarien et le jeta dans les airs. Puis, dans une démonstration de biotique surpuissante, il déclencha une singularité, et le sol semblait vouloir se détacher de lui-même pour rejoindre l’espace noirci par la biotique ennemie. Le Spectre tournait en l’air, mais aperçu du coin de l’œil l’élu qui se préparait à le recevoir de son marteau, dans un effort désespéré, le galarien lança une stase, ralentissant le bras du krogan. Au lieu d’être écrasé par le marteau, il le percuta violemment, rebondit et tomba plus loin, incapable de reprendre son souffle. Et toujours sans avoir pu percer l’armure ennemie.

Urdnot Ante
Voir le profil de l'utilisateur

Personnage RP
Faction : Clan Urdnot
Rang : Diplomate-Chef de Guerre
Membre
Messages : 107
Crédits : "Kronth" par Subzero-Ruykami

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   [Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Icon_minitimeJeu 07 Fév 2019, 22:44
Après son bref échange avec la lieutenant Bayard, Ante la remercia pour l'approvisionnement et ils reprirent l'assaut sur les murs de la forteresse.
Ils se perdirent de vue peu après, et le Krogan était déjà trop éloigné quand il vit la soldate se faire agripper par une nouvelle saloperie.

Alors qu'il poussait un soupir de soulagement en voyant la colonnelle McKnight lui venir en aide, une poignée de soldats fut consumée à côté d'Ante. Il eut juste le temps de se jeter au sol pour éviter d'être pris dans la déflagration biotique qui avait réduit les humains à l'état de pulpe.
Il aperçut au loin, flottant autant que courant sur les toits de la forteresse une Asari entourée d'énergie noire.

Pendant un instant, le sang d'Ante se glaça alors qu'il croyait reconnaître les trait d'Aria en personne.
Mais alors qu'elle s’arrêtait pour utiliser à nouveaux ses pouvoirs, Ante fut presque rassuré de ne pas reconnaitre son ancienne employeuse.

Sans grand espoir il ouvrit le feu dans sa direction.
La biotique causait des ravages dans les rangs de l'UCIP mais semblait inatteignable ainsi perchée.

Le Krogan se releva avec difficultés. Depuis combien de temps se battait-il sur cette planète ?
La jonction entre sa chair et sa prothèse devenait engourdit, presque douloureuse. Il ne risquait pas de faire un rejet, en théorie, mais il n'était pas vraiment à l'aise avec ce nouveau bras qui tenait mal l'usure.

Devant lui un autre combat se déroulait.
La Spectre Turienne fit un vol plané lorsqu'elle tenta d'amortir le marteau de l'élu Krogan avec son ventre. Ante savait les dégâts qu'une telle attaque pouvait causer, et il fut a la fois soulagé et impressionné lorsque Ravi parvint à remuer avant qu'Arcadia ne vienne la soigner.

De couverts en couvert, balayant les petits groupes d'ennemis qui se trouvaient sur son passage, il réalisa la jonction jusqu'au médecin au chevet de la Turienne.
Ante nettoya rapidement l'endroit des quelques curieux un peu trop intrusif avant de s'adresser aux deux femelles :

-Ça va aller pour vous ?

De l'autre côté du champ de bataille, le Krogan corrompu écrasait les véhicules comme s'il montait un meuble TU-KEA.
Son économie de mouvement et son potentiel de destruction le désignait automatiquement comme un guerrier plus que redoutable.
Ante émit un grondement.

-J'imagine que lui proposer d'aller se pinter la bosse plutôt que se battre n'est pas envisageable docteur ?


Pour faire chauffer son articulation cybernétique, Ante fit un moulinet avec son arme. On avait beau être aussi costaud que lui, faire face à son compatriote sur boosté ne le réjouissait pas franchement.
Mais si quelqu'un savait affronter un Krogan, ça devait être Ante. Qu'il s'agisse de sa vie de mercenaire, comme de son activité de diplomate pour Wrex, il avait affronté plus que son lot de congénères...
Alors qu'il s’apprêtait à charger, le Diplomate perçut à peine la comète qui s'écrasa sur l'ennemi
et l'emporta vers les cieux.
Les deux antagonistes redescendirent aussi vite qu'ils étaient montés, et bien plus violemment.
Les coups s'échangeaient rapidement, Ante ne parvenait pas à suivre les gestes fluides et prestes du chef d'escouade mais la force brute de son adversaire l'emporta sur la finesse.

Ante frappa à ce moment là, profitant de l'ouverture. Il chargea à son tour, sa large épaule en avant, il repoussa le Krogan avant d'enchainer un coup d'épée du bas vers le haut.
S'il réussit à peine à entamer les défenses de sa cible, l'attaque suffit à l'éloigner de sa victime.
Ante prit alors le relais du Galarien dans la danse.
Se disputant le rôle de meneur, les deux Krogans s'échangeaient de nombreux coups qui faisaient vibrer les boucliers et trembler les armures.
Une botte vicieuse d'Ante faillit porter de sanglants fruits, la pointe de son arme manqua d'ouvrir en deux l'autre belligérant mais ce dernier fut plus bien plus rapide et un coup de marteau le frappa juste sous le casque.

Ante lâcha un juron étouffé par le choc, forcé de reculer et de baisser la pression qu'il mettait.
Il fut projeter plus loin encore par une frappe biotique, prise en pleine poire !

L'autre reporta son attention sur Abbadon. Cela aurait pu donner du répit au Diplomate, le problème c'est qu'il choisit de soulever le véhicule dans lequel il venait d'encastrer Ante pour le balancer sur le Spectre.
Le gentil Krogan, bloqué dans le blindage de flanc tordu se retrouva expulsé par l'impact, heureusement relativement indemne.

Les voyants de son armure clignotaient de partout, il avait quatre ou cinq côtes cassées qui commençaient déjà à se ressouder, mais cela handicapait son souffle et son endurance. Si le combat ne finissait pas rapidement...
C'est en roulant encore dans la poussière qu'il se dit qu'il en avait un peu marre d'être trimballé comme ça par cette foutue énergie...

Il se releva encore, non sans lâcher un grognement, et reprit le ballet entre son arme et le marteau, bien plus sur la défensive cette fois. L'ennemi semblait sans faille et Ante ne devait sa survie qu'à son entrainement et ses réflexes reptiliens.

Il reçu alors la stratégie d'Abbadon. Devoir poser des charges n'étaient pas une mince affaire et plutôt risqué pour le poseur, mais il était temps de tester cette théorie folle que les scientifiques avaient fait courir à son sujet.
Si quelqu'un devait prendre le risque de s'exposer aux radiations de l'énergie noire pour tuer un élu Krogan, qui de mieux que le potentiellement Krogan porteur sain.

C'était surement un autre risque inconsidéré, et cette idée terrassait le Diplomate de peur.
Malheureusement, le Diplomate était occupé à autre chose, et le Chef de Guerre lui, ne reculerait pas devant une telle broutille probablement mortelle pour mener à bien la mission.

Ante reculait sous les coups alors que le Galarien chargea à nouveaux.
Profitant de l'occasion, son compagnon à écaille récupéra les charges posées au sol, planta son épée et s'élança juste après la chute de la rainette.
Le marteau quitta l'effet de stase et s'abattit dans sa direction, Ante ne put que tendre son bras droit pour bloquer la course meurtrière de l'arme. A l'impact l'armure craqua.
Un souvenir éclair rappela à Ante que la dernière fois que son armure avait fait se bruit là, il avait eu pas mal d’embêtement...
Son gantelet éclata et la prothèse à l'intérieur s'écrasa sous la force d'impact.
Décidément, elle n'avait vraiment pas tenu longtemps.
Mais le membre d'Ante tenu bon et dans un cri de douleur il put dévier l'attaque.
De la main gauche, il plaqua un pain d'explosif collant sur le ventre de son homologue.

-Le Vide nous as créé, Armax Arsenal nous as rendu égaux.

La détonation le propulsa en arrière. Encore...

Affalé sur le côté, son bras droit pendait lamentablement, la prothèse avait disparue et le reste ne voulait plus répondre. Tout l'avant de son armure était fissuré, son casque était fendu sur toute la longueur et un véritable orchestre de douleurs faisait chanter tout son système nerveux primaire.

Mais Ante semblait en vie. Il ne lui restait plus qu'à espérer pouvoir lutter contre la corruption en interne...

On dit qu'il y a des silences qui sont de dangereux explosifs, mais il y a aussi de dangereux explosifs qui produisent de sacrés silences !
Les sens du Krogan étaient en bordel, et pour la première fois depuis son arrivée sur Chasca, il n'entendait plus le bruit des tirs ou des explosions. Il n'entendait plus du tout d'ailleurs, mais cela avait de quoi être reposant.
C'était toujours plus reposant que cette vision distordue, que lui renvoyait ses optiques brisés, de cet énorme Krogan toujours vivant, toujours debout, un trou pas plus gros qu'un poing de Galarien au centre de son torse...

Le Diplomate eut tout de même la force de faire une petite note mentale : s'il survivait, il irait passer du temps sur une planète sans poussière, voir sans sol, et il commanderait une armure plus résistante...
Puis il adressa un geste obscène bien de chez eux à son adversaire.


Urdnot Ante, Krogan Diplomate.
Couleur de dialogue : #ff6600

Make Tuchanka Great Again !:
 



[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 1551201343-saint

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Xna4

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 1515799107-personnage-1
[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 1515799105-nouveau-3

Arcadia McKnight
Voir le profil de l'utilisateur

Personnage RP
Faction : UCIP
Rang : Colonel/Médecin en Chef
Membre
Messages : 421

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   [Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Icon_minitimeVen 08 Fév 2019, 00:56

L'heure du jugement
Ft. Audrey Bayard, Ravi Vertax, Urdnot Ante, Abbadon Bynare & Amnatiss Gallagher




Valkyrie comme Thor commençait à souffrir durement, chaque minute à combattre prélevait son lot de vie. Les deux médecins naviguaient au milieu du champ de bataille, prodiguant les soins dès qu'ils le pouvaient ou faisant charger les cadavres dans les blindés. Il n'y avait pas de temps à perdre avec les morts.
Abattant un ennemi par intermittence, courant la seconde d'après, diagnostiquant par la suite, le travail de toubib n'était pas de tout repos. Il y avait des jours ou l'on ferait mieux de rester au lit, ce jour en faisait parti. Mais comme le disait l'adage : « Pas de repos pour les braves ».

Au milieu de cette tempête se dressait le Krogan, indomptable, invincible, rien ne semblait l'atteindre, encaissant chaque attaque pour mieux redistribuer les coups. Les chars, Ante, Abbadon, tous se frottaient à ce champion de l'énergie noire mais personne n'avait réussi ne serait que lui faire mettre un genou à terre.
Même après cette terrible explosion, même avec un trou dans le torse, IL était toujours là, sauvage, glorieux et terrible. Le Krogan hurla d'extase, de joie alors qu'il s'abandonnait à sa rage du sang, la violence appelant toujours plus de violence.
Arcadia sourit jaune sous son casque, l'attaque ne l'avait pas laissé indemne, sans oublié qu'il se retrouvait privé de biotique. Pour combien de temps ? Seul Dieu le savait. Une chose était certaine, il fallait attaquer maintenant. L'occasion ne se représenterai peut-être jamais. La blonde avait l'occasion de se venger de l'humiliante défaite de l'année dernière. L'heure de régler les dettes était arrivée.

« Gallagher avec moi ! Faites diversion et préparez vous à porter le coup fatal. »

L'Accutaxime se libéra dans l'armure de la Martienne, un spray puissant vint remplir ses narines alors qu'elle inhalait à contre-cœur la drogue. Traversant la fosse nasale et les muqueuses, se dispersant dans ce corps frêle. L'effet fut fulgurant, excitant son réseau synaptique, traitant les informations à une vitesse sans commune mesure. Tout devint lent autour d'elle, terriblement lent, son cortex survitaminé couplé à ses yeux améliorés lui permettaient de décortiquer avec précision chaque mouvement dans son champ de vision.
Loin d'être une adepte de ce stimulant, elle connaissait très bien les effets. Le monde n'avait pas ralenti, c'était sa matière grise qui traitait les données à une vitesse bien supérieure.

Elle s'élança vers son ennemi, avec la ferme intention de diminuer encore ses capacités. Ce dernier combattait le lieutenant biotique de l'UCIP qui encaissait les coups grâce son bouclier. Le lance flamme rugit à nouveau, lapant le dos du colosse, brûlant sa chair qui luttait pour se régénérer. Agacé par ce nouveau moucheron, il se retourna, faisant décrire un large arc de cercle à son marteau.
La praticienne avait vu le coup venir, dès les premiers gestes. Se baissant pour éviter la masse, elle fut satisfaite en découvrant la mine surprise de son adversaire qui ne s'attendait pas à voir son coup esquivé. Elle se déplia tel un ressort, les mécanismes de l'armure libérèrent à nouveau cette force emmagasinée, la propulsant vers son objectif.
Malgré toute sa force, le Krogan ne pouvait pas retenir son élan, le laissant dangereusement exposé. Le poing de la quadragénaire vint s'écraser avec assurance sur le nerf glosso-pharyngien, le comprimant avec intensité.
Sonné par cette douleur fulgurante, il recula. N'importe quel individu aurait terminé par terre, pas lui. Mais elle n'avait pas fini il fallait lui couper la chique. Définitivement.

Repartant à l'assaut, la blonde se prépara pour frapper à nouveau. Feintant une attaque vers les yeux, elle passa sous la parade, ses doigts vinrent percuter une nouvelle zone sensible, coupant l'afflux d'adrénaline nécessaire à sa rage du sang.
Il était trop tard pour éviter le revers qui s'ensuivit, le poing vint la cogner dans le ventre, atténué par la protection de sa collègue. Sa puissance avait considérablement diminué, les frappes de précision l'avait secoué.

Le Colonel préféra en rester là pour le combat au corps à corps, l'effet de surprise était passé. Reculant pour mettre de la distance, elle retrouva l'étreinte brûlante du FireStorm. L'arme cracha à nouveau, embrasant l’Élu qui hurla.

« Maintenant Gallagher » rugit Arcadia alors que sa réserve de combustible expira.

(c) King (Sacrifars)


[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Pulse11
Audrey Bayard
Voir le profil de l'utilisateur

Personnage RP
Faction : UCIP
Rang : Lieutenant-Commandant
Membre
Messages : 186

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   [Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Icon_minitimeVen 08 Fév 2019, 19:21
Les trompettes de Jéricho résonnèrent dans un vacarme assourdissant et les murs de la citadelle s'effondrèrent. Ils y étaient enfin. Après un atterrissage mouvementé, une petite escapade sous marine, un affrontement avec un ver géant et une élue et le sacrifice de toute une unité, les conciliens pénétraient enfin dans la place forte de leur adversaire. Écrasant tout sur son passage, Thor se jetait dans les orifices béants qu'il venait de créer, accompagné par les fantassins de Valkyrie. La résistance semblait presque inexistante dans cette cours comparée à tout ce que les soldats avaient pu rencontrer jusqu'alors. Les chars avançaient plus vite qu'ils ne l'avaient encore jamais fait durant cette opération et les défenses disparaissaient les unes après les autres sous le barrage d'explosions que leur infligeaient ces monstres rampants. Pour un peu, on aurait presque pu penser que la bataille était pliée…

Ce n'est que lorsqu'ils pénétrèrent dans l'une des dernières cours précédant l'enceinte du temple que les soldats purent constater qu'il restait encore beaucoup à faire. La partie n'était pas encore gagnée. Si l'ennemi était peu nombreux par rapport à ce qu'il avait pu déployer précédemment, il paraissait en revanche plus malin et mieux équipé. Et surtout, les combattants purent se rendre compte que la turienne noire n'avait finalement était qu'une entrée, voire même un amuse gueule. Le plat de résistance arrivait à présent. Un énorme krogan, sans doute encore plus gros qu'Ante, semblait protéger le dernier portail avant le temple, tel un golem inamovible et millénaire, prêt à éliminer tous les imprudents tentant de le défier. Pour l'épauler, une asari bondissait de toit en toit pour appuyer les immortels qui usaient de leurs armes lourdes renforcées à l'énergie noire pour détruire les blindés les plus légers de la colonne.

Audrey n'eut cependant pas vraiment le temps de s'inquiéter de toutes ces nouvelles menaces. Alors qu'elle avançait sur le flanc de Thor pour éliminer les quelques ombres qui tentaient encore d'approcher, elle se retrouva soudainement bloquée sur place. Tel une espèce de piège à loup organique, du mucus s'était soudain refermé sur ses chevilles et remontait à présent le long de sa jambe. Voilà qui rappelait de mauvais souvenirs… Cependant, elle put constater que le procédé était différent lorsque la gelée qui lui emprisonnait les jambes commença à la déplacer pour l'emmener à l'écart de ses alliés. Luttant pour ne pas perdre son équilibre, la française appela à l'aide en tentant autant que possible de garder son calme. Elle vit alors une énorme bouche s'ouvrir dans la paroi vers laquelle elle se faisait tirer.

L'humaine essayait tant bien que mal de résister à la poussée que lui imposait cette boue vivante mais elle demeurait néanmoins contrainte de céder du terrain petit à petit sous peine de se retrouver avec les jambes brisées. Le plus effrayant restait néanmoins cette mâchoire encastrée dans la paroi. L'ancienne du SSC ne tenait pas spécialement à savoir quel sort elle lui réservait. Qu'il s'agisse de la hacher menue ou de l'enfermer dans une espèce de cocon pour la faire muter, aucune de ces alternatives ne semblait réellement enviable. Alors qu'elle dégainait son fusil à pompe pour envoyer quelques bastos à cette gueule quand elle serait à portée, la militaire entendit soudain une voix familière dans son dos. Tournant la tête, elle se retrouva nez à nez avec l'orifice fumant d'un cracheur de feu.

- Chaud devant !
- Non attends, tu es sûre de...

Le reste de sa phrase se perdit sous les flammes, tandis que la française fermait les yeux et détournait la tête par réflexe. Elle se félicita d'avoir pensé à vidanger avant son déploiement, sinon elle serait probablement en train de se faire dessus à l'heure qu'il est. L'image de la plus jeune de ses nièces lui disant “pipi culotte” d'un air désolé lui revint en tête, mais cela ne suffit pas à faire sourire la gendarme. Le stress et l'envie de dégobiller étaient trop forts. L'odeur de la planète était déjà épouvantable, mais avec la puanteur du mucus carbonisé (qui allait maintenant lui coller à la peau, ou à l'armure en l'occurrence), c'était pire. Heureusement pour elle, et pour la suite de son opération, le lieutenant parvint à se retenir de rendre son petit-déjeuner à l'intérieur de sa cuirasse. Il aurait sans doute été particulièrement désagréable de baigner dans son vomi... Lorsque le feu cessa, une main fut tendue à la terrienne. Celle ci s’en saisit et se trouva tirée abruptement vers celle qui l’avait embrasée.

- Ça va aller Audrey ?
- Non. Mais je suppose qu'on devra faire avec.
- Il le faut... Courage Audrey.

Les deux femmes restèrent un court instant là, à se regarder sans se voir à travers leurs visières, sans mot dire. La châtain n’aurait su dire combien de temps s’était écoulé exactement, probablement une simple poignée de secondes, mais une chose était certaine, ce silence avait beaucoup à raconter. Une fois de plus, ce n’était pas le colonel et le lieutenant qui se faisaient face, mais les deux adolescentes qui organisaient des concours d’enfournage de marshmallow et des batailles de polochon. Et ce qui les entourait les dépassait complètement. La plus jeune des deux eut envie de… pleurer ? Oui, c’était bien ça. Elle ressentait le besoin de fondre en larmes pour évacuer toute sa tension. Mais elle ne pouvait pas se le permettre, elle se devait de garder le contrôle.

Ce n’est que lorsque Arcadia lâcha son bras pour lancer une nouvelle gerbe incandescente sur une troupe d’ombres sans cervelle approchant, qu’Audrey réalisa qu’elle était restée accrochée à elle toute la durée de leur échange muet. L’ancienne du SSC constata aussi qu’elle n’avait pas réussi à totalement se contenir, sentant une goutte couler le long de sa pomette, trop fraîche pour être de la sueur. Elle porta instinctivement une main à son visage, mais ne heurta que le métal froid de son casque. Il faudrait attendre pour sécher cette perle. La militaire garda néanmoins la tête baissée le temps que le filet d'eau atteigne le bas de sa joue, comme pour masquer cet instant de faiblesse à une quelconque puissance capable de voir à travers son armure.

Lorsqu'elle releva les yeux, la française constata que la blonde était partie, se précipitant dans la mêlée pour porter secours aux blessés. La terrienne lui emboîta le pas avec nettement moins d'entrain. Elle demeurait totalement perdue. Suffisamment lucide pour aller se mettre à couvert derrière les blindés, mais encore trop déboussolée pour savoir quoi faire une fois là bas. Il ne lui fallut pas longtemps pour se reprendre une fois à l’abri derrière une carcasse. En effet, les corrompus, par leurs actions, lui fournir tous les objectifs dont elle avait besoin et la colère nécessaire pour chasser ses doutes et se ressaisir. Ces salopards prenaient pour cible les blindés légers derrière lesquels la toubib était allée s’abriter pour soigner une turienne. Ces enfoirés ne respectaient même pas les blessés...

Énervée, Audrey fonça sur un artilleur à l’abri derrière un autre couvert et lui arracha son lance-grenades du dos. Elle expédia l'intégralité du chargeur vers une fenêtre d'où étaient sortis plusieurs missiles d'énergie noire. La militaire garda le regard fixé sur la pièce encore quelques secondes après les six explosions, en profitant pour se calmer un peu. Elle ne décelait plus aucun mouvement dans le bâtiment. Impossible que quoi que ce soit ait survécu à ça. L'officier se réabita, évitant de justesse une projection biotique qu'elle n'avait pas vu venir. Elle rendit ensuite l'arme lourde à son propriétaire en lui plaquant dans les bras tout en lui aboyant des instructions.

- Occupez vous de ces nids d'armes lourdes ! Et que quelqu'un nous débarrasse de cette asari sur les toits !
- Elle bouge trop vite. Nos tireurs ne peuvent pas la viser.
- Alors contactez Thor. Qu'ils défoncent les bâtiments sous ses pieds, on n’aura plus qu’à lui rouler dessus !

Il ne fallut pas longtemps pour que l'ordre passe et que les blindés les plus lourds réorientent leurs tirs vers les abris ennemis. Les fantassins les protégeant des immortels lourdement armés, les chars purent se concentrer pleinement sur l'abattage des casemates. Un véritable festival d'explosions débuta, les énormes canons faisant feu les uns après les autres dans une symphonie presque harmonieuse. Avec un peu plus d'instruments, cela aurait sans doute pu donner une mélodie intéressante. Mais pour l'heure, le trop haut volume et le manque de notes empêchait de réellement apprécier la musique. Le concert prit fin lorsque les bâtisses s'effondrèrent sous leur propre poids, leurs piliers porteurs ayant été réduits à des tas de gravats. Ce bouquet final ensevelit les derniers corrompus encore à couvert et mit un terme définitif à leur tentative de détruire les véhicules. Il ne restait cela dit déjà plus beaucoup d'infectés avant l'achèvement de ce travail de démolition, la technique subtile et rusée suggérée par Bayard pour les déloger ayant visiblement porté ses fruits.

Tandis que l'un des édifices s'affaissaient dans un vacarme assourdissant et un nuage de poussière plus opaque que le brouillard d'Écosse, le lieutenant eu l'impression de distinguer une humanoïde chuter parmi les débris. L'asari avait probablement été mise au sol. Restait à s'assurer qu'elle était bien morte. Les blindés devant réorienter leurs tirs vers la citadelle, ils ne purent aller rouler sur la biotique comme l'officier l'avait initialement prévu. Cette dernière prit donc 3 soldats avec elle pour aller vérifier les décombres. Le sol n'étant pas très stable, il était un peu délicat de progresser dans les vestiges, mais rien d'insurmontable pour des soldats entraînés. Et puis, au moins là, le mucus ne risquait pas de vous bondir dessus pour tenter de vous bouffer.

Alors que le quatuor avançait toujours aussi fluidement que possible, un monstre s'extirpa soudain des gravats en poussant un hurlement qui semblait mêler la rage et la douleur. L'asari était encore en vie. Mais dans quel état… Son visage était fendu de tout son long par une énorme balafre dont s'écoulait abondamment du sang, derrière ce qu'il restait de ses vêtements on pouvait constater que son buste était lui aussi couvert d'entailles et si ses jambes semblaient avoir été miraculeusement épargnées lors de sa chute, son bras gauche en revanche était plié dans le mauvais sens. Sous l'hémoglobine qui couvrait sa tête, on pouvait lire la folie dans l'expression de la biotique. Le meilleur service à rendre à tout le monde, elle y comprit, était sans conteste de l'achever avant que sa cicatrisation ne commence, probablement dans la souffrance.

Audrey n'eut pas besoin de donner le moindre ordre pour que ses équipiers ouvrent le feu. Chacun savait ce qu'il avait à faire et l'escouade opéra comme une machine parfaitement huilée. Se déplaçant aussi agilement que possible autour de leur cible affaiblie, ils parvinrent rapidement à saturer ses barrières sous leur feu nourrie. Si elle ne put tenter la moindre contre-attaque dans son état, l'élue maintint néanmoins ses protections pour une durée plus qu'honorable. Cependant, contrainte de reculer sur un sol instable et sous un tir de suppression, elle finit par perdre l'équilibre et être victime d'une rafale en pleine poitrine. Difficile de dire qui du trébuchement ou du feu nourri était réellement venu à bout de sa concentration et de ses défenses cela dit. S'approchant du corps pour s'assurer qu'elle ne se relèverait plus, le commando put constater avec surprise que la native de Thessia respirait encore. Cela dit, compte tenu de ses difficultés à réaliser cet exercice le plus basique, elle ne s'en sortirait pas. Même les capacités de régénération hors normes de l'énergie noire ne pourrait rien pour elle. Ses poumons étaient perforés et du sang coulait à flot de son cou. Une balle avait dû toucher la carotide.

La corrompue tourna un œil suppliant vers ses bourreaux. A dire vrai, son regard semblait également empli d'une certaine peur. Avait-elle reprit conscience de qui elle était ? Était-elle effrayée par ce qu’elle avait fait ? A moins que les démons d'Aria ne ressentent encore la crainte de mourir... La gendarme n'aurait jamais la réponse. En effet, l'un des membres de son escouade, un turien, expédia une rafale en plein dans la tête de l'asari, la faisant exploser dans une gerbe de sang et de cervelle qui repeignit partiellement les armures. Il ajouta quelques balles de sécurité dans le buste. Un peu superflu. Il était peu probable qu'un infecté se relève sans sa tête. Ce n'est que lorsqu'il commença à hurler des insultes au cadavre tout en maintenant son tir que la française comprit que ce sous-officier était en train de craquer. Il ne s'assurait pas de sa mort, il profanait son cadavre pour se passer les nerfs !

- Tu aimes ça salope ? Putain de garce biotique de mes deux ! T'en veux encore ?
- Sergent ! SERGENT ! Ca suffit ! Elle est morte ! cria l’ancienne de l’UCIP en se jetant sur lui pour stopper sa folie sanguinaire. Lorsque le natif de Palaven cessa enfin de tirer, Audrey regarda le corps massacré avec une pointe de pitié.
- Combien des nôtres elle a crevé d’après vous ?

Le lieutenant ne répondit pas à cette question acerbe, se contentant de jeter un dernier regard au macchabée en charpie avant de lâcher les épaules du sous-officier. Réempoignant son fusil d’assaut, elle ordonna le retour vers les blindés, laissant le boucher seul avec son œuvre. Celui-ci expédia une dernière rafale sur la défunte, finissant probablement sa cartouche thermique, avant de se mettre en route. Une transmission de Thor arriva. Les trompettes n'allaient pas tarder à résonner de nouveau. En espérant que ce soit celles de l'apocalypse pour Aria et sa clique ce coup ci. La reine de la corruption avait lâché Guerre, Conquête et Maladie sur la galaxie, il était temps pour elle de recevoir Mort dans son salon...



Messages : 34

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   [Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Icon_minitimeSam 09 Fév 2019, 02:00
Lasciate ogne speranza, voi ch’intatre. Tel semblait être inscrit sur les murs éclatés de la forteresse. Amnatiss, marchant en sécurité entre les blindés, se signa, adressa une prière pour ceux qui n’atteindraient pas le temple, puis se lança vers le massacre. Étonnamment, celui ci fut unilatéral pendant un certain temps, le sacrifice d’Odin ayant emporté avec lui nombre d’ombres. Amnatiss ne gardait plus ses forces, mais les utilisait avec parcimonie pour protéger les blindés légers et les troupes à pied des attaques biotiques et des armes lourdes des immortels. Ses barrières pouvaient sans aucun problème faire face à leur puissance, mais jamais elle n’avait affronté un aussi grand nombre d’ennemis dotés de capacités biotiques. La fatigue et la migraine dansaient un ballet dans son crâne. Sans l’intervention de l’équipe médicale, il est très probable qu’elle aurait déjà été trop épuisée pour combattre.

Pas de bôle, l’UCIP avait des toubibs efficaces, et de sacrés bons soldats pour les défendre. Amnatiss était surprise de l’efficacité de ses alliés, qui ne reculaient jamais face à la horde, ni même face aux deux élus qui se présentèrent à eux. Une seule tactique semblait valable : avancer vers le temple. Même Loki, le régiment envoyé en renfort et dirigé par le colonel Fender, se taillait son chemin à travers la masse de cibles mouvantes que représentait les ombres.

A bien y regarder, les créations de l’énergie noire avaient de quoi avoir peur. Elles connaissaient désormais le goût d’un ennemi prêt à tout pour arriver à ses fins. Peut être avaient-elles supposé que la situation d’Odin les diviserait.

Petites créatures crédules.

Depuis que le régiment d’appui avait été laissé pour mort, nombreux étaient les soldats qui se battaient avec la rage vibrant dans leur tempes. La rancœur donnait des capacités impressionnantes, et sur Chasca, en ce jour, elle poussa autant de troupes qu’il en était disponible jusqu’au cœur du dispositif ennemi. La lieutenant à la crinière blanche en arrivait à un point où elle se disait que les gars sur le Rorke ne croiraient pas ses histoires, car elle serait complètement incapable de dire combien de cibles elle avait abattu. La situation était presque semblable à la Grande Guerre, tant la horde était immense et inexorable.

« Gallagher avec moi ! Faîtes diversion et préparez vous à porter le coup fatal ! »

Immédiatement, Amnatiss gueula des ordres à ses équipiers, et suivi la colonel du corps médical. Elle espérait ne pas avoir à affronter de nouveau un élu, pas aussi tôt en tout cas, mais on comptait sur elle. Et à raison : Ravi, Abbadon, Ante, les gros poissons du peloton avaient du battre en retraite chacun leur tour. Il ne restait que les laissés pour compte pour régler celui du guerrier corrompu.

« Eh, Kroggyboy ! On touche pas à mon prisonnier ! »

La salve du M15 de Gallagher faisait peine à voir après l’enfer qu’avait subit le bestiau, mais le but d’une telle rafale était surtout de prévenir son adversaire qu’elle arrivait, et qu’elle était sacrément remontée. Usant de stase, elle fit de son mieux pour paralyser l’imposant animal, et vint au contact lui gratter le lard à grand coup d’omnilame, assurée de sa propre protection par une escouade qui abattait toute ombre s’approchant trop près du corps à corps. Une bulle protectrice englobait les deux combattants, incluant également Arcadia McKnight et permettant de faire feu sans risquer le tir allié. Malgré des blessures accablantes, la créature se battait avec férocité. D’une main, elle souleva son marteau de guerre, et l’abattit de toutes les forces qu’il lui restait en direction d’Amnatiss, qui parvint à l’esquiver agilement. Elle n’en était pas à son premier gros costaud à base Krogan, et celui là ne finirait pas différemment des brutes de la Grande Guerre. L’arme éclata le sol sous leurs pieds en centaines d’éclats difformes, et la biotique utilisa sa stase pour l’y bloquer. Immédiatement, elle se jeta sur son adversaire, lui tranchant la chair du bras et, pour la forme, lui collant un coup de poing à la figure. Dès que l’ouverture offerte par les attaques provocantes de la lieutenant fut assez grande, Arcadia fit vrombir le canon de son firestorm, prenant à revers la bête immonde. Sa chair semblait se déformer sous les flammes.

Et l’assaut reprenait de plus belle. La stase se brisa, et le marteau vola en direction de la médecin. Heureusement, il était blessé, et la toubib, elle, pétait la forme. Elle lui envoya plusieurs coups tandis qu’Amnatiss se retira quelques secondes du corps à corps pour se dédier entièrement à ses pouvoirs. Au cœur de l’affrontement, un poing percuta le bas ventre de la médecin. Un dernier coup de rage, un excès de fureur, l’ultime sursaut d’orgueil d’un mort en sursis. La toubib n’avait presque pas du le ressentir, et pourtant, il avait brisé la barrière déployée par la lieutenant, coupant son souffle sur le coup. Jusqu’au bout, il avait été un guerrier raisonnable, et même au cœur de sa rage de sang il n’avait consommé ses forces qu’avec une colère mesurée, se nourrissant de la puissance de l’Énergie Noire sans jamais se retrouver sans ressources.

Mais désormais, il était forcé de se résoudre à lâcher ses derniers souffles. Ses capacités biotiques l’avaient quitté, et au passage une bonne partie de son ventre s’était également faite la malle. La rage du sang, à son tour, abandonnait son hôte. Les flammes d’Arcadia s’écartant, Gallagher bondi sur le dos de son adversaire. Bien trop handicapé pour la voir venir, il ne put l’empêcher de planter son omnilame dans son crâne, avant de retomber de l’autre côté, balancée par le monstre. Elle roula sur le dos, et repris immédiatement l’assaut. Elle ne lui laisserait pas le temps de s’en prendre à la médecin. Refermant son poing, elle resserra d’un coup la bulle biotique qui protégeait le combat autour d’Arcadia uniquement. Suffisamment d’ennemis avaient été abattus pour qu’ils puissent être désormais dans une zone qui ne subissait pas un feu nourri, mais la médecin n’était pas à l’abri pour autant. Avec un espace moins grand à couvrir, la lieutenant pouvait s’assurer de maintenir la barrière tout en se battant. Après avoir esquivé un assaut désespéré de l’élu, elle planta son omnilame dans sa cage thoracique, et éclata un grand pan des restes de son armure, qui vint s’écraser sur le sol. Retenant sa tête carbonisée avec son bras gauche, Amnatiss croulait presque sous le poids de sa victime. Privée de tout, accablée de mille morts, elle ne pouvait plus rien faire d’autre qu’espérer l’emporter avec elle.

Cela n’arriverait pas. La créature était bien trop affaiblie. Les assauts des Spectres, d’Urdnot et de McKnight l’avaient poussé jusqu’aux fins fonds de ses retranchements. Il n’était plus rien, à part un morceau de viande roussie qui tombait mollement sur le flanc. Comment il vécu, Amnatiss n’en savait rien. D’autres avaient des antécédents avec lui. Elle, non. Elle était une illustre inconnue, qui brandissait désormais au dessus de lui l’épée d’un autre Krogan, récupérée au sol. La lieutenant la laissa s’abattre sur son torse plus qu’elle ne frappait avec. Le poids et la colère devraient faire l’affaire. A plusieurs reprises, le guerrier chercha à se lever péniblement, et plusieurs fois la lame vint se ficher dans sa cage thoracique, le clouant au sol. Le monstre devait espérer que ses pouvoirs lui reviendraient. Mais l’acier avait un autre avis, et après trois coups précis et brutaux sa tête sectionnée roula sur le côté.

« Et un coup de grâce. Un. »

Amnatiss était sidérée par les efforts qu’il fallait déployer pour abattre un être censé être déjà à moitié mort. Des flammes vivotaient encore sur sa chair, seule chose vivace dans ce corps rompu autant que corrompu. La viande et les os se disloquaient, incapables de régénérer de tels dégâts. L’élu était mort, définitivement. Et bordel, il en avait fallu du monde pour lui faire plier le genou. Gallagher était couverte de sueur, et elle lâcha l’arme d’Ante qui dégringola pesamment sur le sol. Elle regarda dans la direction d’Arcadia. La barrière avait tenue, et la toubib était indemne. Une balle rafla la jambe de la lieutenant et ricocha au sol, lui rappelant qu’elle était à découvert. Elle bondit vers la barrière, et indiqua à la colonel de la suivre. Celle ci semblait subir le contrecoup de son incroyable sursaut combatif, et la biotique se doutait bien qu’il n’était pas venu de nul part. Alerte, elle avait changé la recharge de son lance-flamme, et cherchait déjà les blessés les plus urgents du regard, mais son temps de réaction semblait avoir subi une légère chute, surtout si on le comparait au combat qui venait de se dérouler. Couverte par les protections d’Amnatiss, elles purent rejoindre Urdnot Ante. Son état était pitoyable, mais lui avait affronté un élu en pleine forme, de front. Son armure était brisée, un signe de mort imminente sur Chasca. Immédiatement, une bulle particulièrement dense enveloppa le trio, les coupant du reste du champ de bataille.

« Ça va vous paraître dingue si vous n’avez pas été mise au courant, mais Ante peut s’en sortir ! Tu m’entends le Saint ? On va te sortir de là ! T’en a vu des pires hein, me tire pas cette tête, tenta Amnatiss avant de tourner son regard vers la médecin en chef. Sauvez le !
- J’ai lu son dossier. Je connais le spécimen, ajouta la toubib en préparant différentes seringues. Il survivra.
- T’entends ça, Urdnot ? T’as vaincu l’élu et t’en survivra. T’espérais quoi en faisant ça ? J’vais pas te laisser t’échapper si facilement, t’es mon premier prisonnier Krogan, tu sera pas le premier qui me claquera entre les mains ! »

La lieutenant ne savait pas où donner de la tête, regardant Ante, puis le champ de bataille, puis Arcadia, et recommençant le cycle. Elle continuait de lui parler, lui offrant une chose sur laquelle se concentrer tandis que McKnight s’occupait de son cas. Après lui avoir injecté plusieurs produits différents (et je vous prierai de ne pas venir demander de précisions quant à leur contenu à votre humble serviteur, qui ne possède ni ne cherche les connaissances de l’équipe médicale de l’UCIP), Arcadia s’appliqua à résorber les nombreux trous de l’armure. Le Krogan, lui, semblait complètement sonné. Ses yeux papillotaient bêtement, et il avait l’air presque énervé, comme s’il se concentrait pour mieux écouter, mais n’y parvenait que très peu.

« Je vous le laisse docteur. T’es entre de bonnes mains le Saint. De toute façon si tu crèves, j’te bute. J’ai déjà tué un Krogan biotique aujourd’hui, j’peux le refaire. Médic, faîtes moi signe quand je pourrai lever la barrière. Et bonne chance. »

Quelques instants plus tard, Amnatiss se résolvait à retourner se battre. Aux médecins les blessés, aux soldats les ombres et les immortels. Il semblait que la seconde élue avait elle même était terrassée. Plusieurs chars passaient les dernières murailles de la forteresses éventrée. La jonction avec les troupes de Fender était achevée, et on ne parlait même plus de poches de résistance pour les avortons qui étaient parvenus à rester en vie. Les chars d’assaut délogeaient les quelques tireurs encore suffisamment fous pour signaler leur position. Dans le conflit, Gallagher retrouva le calme. Affronter deux élus de suite avait lâché en elle des quantités d’adrénalines insoupçonnées. Abattre à une distance raisonnable des adversaires à la puissance limitée était presque rassurant.


Elle se détesta pour avoir retrouvé un degré de quiétude dans le meurtre.
Arcadia McKnight
Voir le profil de l'utilisateur

Personnage RP
Faction : UCIP
Rang : Colonel/Médecin en Chef
Membre
Messages : 421

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   [Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Icon_minitimeDim 10 Fév 2019, 16:36

L'heure du jugement
Ft. Audrey Bayard, Ravi Vertax, Urdnot Ante, Abbadon Bynare & Amnatiss Gallagher




« Eh voilà Ante. Un conseil ne forcez pas trop, les réparations ne sont que temporaires. Si vos mouvements sont trop brutaux, ça ne tiendra pas longtemps. Hey le pilote de mecha vient par ici me filer un coup de main. On va le charger dans un blindé, le temps qu'il reprenne ses esprits... Lieutenant vous pouvez retirer votre barrière. »

Aussi incroyable que cela puisse paraître, un Krogan ça pèse son poids, surtout pour une humaine. L'équipage du char ne fut pas de trop pour aider à faire embarquer le convalescent. Tout autour d'elle, le calme plat était revenu, les derniers Immortels et Ombres avaient été exterminés. Plusieurs tanks de Thor se trouvaient sur le toit, retournés comme de vulgaires crêpes, d'autres éventrés, les occupants écorchés vifs. Valkyrie commençait aussi à compter des pertes et quelques blessés légers. Sur Chasca il n'y avait pas de place pour les blessures graves.

Arcadia sentait poindre un mal de crâne particulièrement désagréable tandis que les effets de la drogue s'amenuisait. Elle aurait aimé se masser les tempes, retirer son casque, souffler un bon coup et repartir au charbon. Hélas il allait falloir patienter un peu avant de profiter de ce réconfort. Elle avait fort à faire avec son collègue. Il fallait remettre l'unité debout, et faire en sorte qu'elle soit capable d'aligner deux pas sans se vautrer par terre... et d'être un minimum présentable.
Les visages qu'elle connaissait étaient toujours présents, ce qui était une bonne chose en soit. Il n'y avait rien de pire que de perdre une personne que l'on appréciait.
Bien sûr plus d'un brave était tombé en ce jour, notamment chez Odin. Cela attristait la toubib qui savait pourtant très bien que des sacrifices étaient nécessaires. Que représentait quelques centaines de morts pour le salut d'une galaxie ? C'était un bien maigre tribut. Les vivants devaient simplement faire en sorte que ces morts ne soient pas vains. Ils étaient arrivés trop loin pour échouer.

Abbadon, Amnatiss, Audrey, Ravi avaient l'air d'avoir reprit leurs esprits, seul Ante prenait quelques minutes de repos, le temps que les injections et médicaments fassent effet. Les docteurs se chargèrent de soulager les douleurs des combattants, injectant des concentrés de protéines aux biotiques, ainsi que des anti-douleurs pour lutter contre les maux de tête pour ceux qui le désirait. Ce n'était pas forcément un cadeau, cela soulageait peut-être la douleur sur le moment mais ce ne serait rien de plus qu'un répit.
La blonde s'injecta une dose d'adrénaline pour lutter contre la fatigue qui s'emparait d'elle. Il était impensable qu'elle ne soit plus alerte à la situation.

Le tableau n'était pourtant pas si noir que ça. Une compagnie venait d'arriver, fraîche et débordante d'énergie. Ils avaient marqué leur arrivée par la destruction d'un canon de défense orbital. A la tête du détachement le Colonel Fender, en tenue de Furie, capuche rabattue sur la tête. Les pièces d'armure s'entrechoquèrent alors qu'elles se serrèrent le bras.

« Il me semblait bien avoir reconnu votre voix. Heureuse de vous retrouver à nos côtés.

- Toujours entière, je n'en attendais pas moins de vous. Un doigt ganté vint tapoter la visière du docteur. J'espère que vous gardez une dose de médi-gel à mon nom là dedans ou vous me verriez grandement chagrinée.

- Parce que vous en doutez », s'amusa t-elle.

Elle la salua d'un signe de tête, puis retourna à son travail. Principalement pour éviter à ses pensées de dériver vers les monstruosités qui les attendaient dans le temple. La quadragénaire alla se recharger en munitions et remplir sa pharmacie qui s'épuisait drastiquement. A nouveau le convoi se remit en route, l'UCIP n'avait pas commencé cette guerre mais l'organisation était déterminée à y mettre un terme.

(c) King (Sacrifars)


[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Pulse11
Ravi Vertax
Voir le profil de l'utilisateur

Personnage RP
Faction : Conseil
Rang : Spectre
Hé Hé !
Messages : 415
Crédits : Relais.314 / moi

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   [Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Icon_minitimeDim 10 Fév 2019, 18:33
L'heure du jugement
Le corps de la Turienne s'écrasa au sol avant de rouler sur plusieurs mètres par la force de l’inertie. L'armure endommagée se vit couverte de nouvelles rayures alors qu'elle frotta le béton, hurlant dans un crissement de métal la douleur qui l'aurait habité si elle avait été organique.
A l'intérieur, Ravi cligna des yeux; elle cherchait à aspirer l'air qu'elle pouvait, sans y arriver. Difficilement, elle réussit à porter une main à son plastron, glissant ses griffes dans une interstice, juste avant la jointure, et chercha à tirer pour l'ôter. Elle étouffait, répétait son cerveau en boucle, mettant la douleur de côté. Elle avait besoin d'air et cette saloperie d'armure l'en empêchait, continuait-il de lui chuchoter. Elle n'était pas en état pour se rendre compte de l'absurde de sa démarche : en aucun cas la Spectre n'aurait pu la retirer ainsi, même en pleine forme. Sans compter qu'ôter son plastron aurait signé une mort certaine et peu ragoutante et que ce n'était pas tant l'armure que l'enfoncement situé au niveau de la cage thoracique qui la faisait suffoquer.

Le monde qu'elle voyait était constitués d'ombres : non pas ces créatures dégénérés qu'ils affrontaient depuis leur arrivée sur Chasca mais bien des tâches mouvantes de couleur et d'images flous. Rapidement, son instinct reprit le contrôle sur son cerveau reptilien, et sa main quitta le plastron pour tapoter du côté de la hanche à la recherche de son arme. Son esprit réussissait lentement à remonter le fil des événements et le danger de la situation - sa blessure, son incapacité à se défendre, l'endroit - s'affichait désormais en lettres de feu.
Ses doigts n'avaient même pas effleuré la crosse de son Locust qu'elle se sentit soulevée et traînée. La femme réussit à rassembler assez de concentration pour se rappeler qu'une Ombre ou un Immortel ne porteraient pas une tenue complète et que si ça en avait été, ils n'auraient pas pris la peine de la traîner.

Arcadia - car c'était bien elle - finit de la déplacer en sécurité et commença à examiner les dégâts. Son armure bipait et affichait sur l'écran interne des informations qui n'étaient pas tant destinée à elle qu'à la médecin : impact, état global, réserve d'air et autres données générales défilaient devant ses yeux qui ne les voyaient pas.
La seule présence de l'Humaine était rassurante et la Turienne lâcha prise, s'efforçant de dompter son esprit agité.

Qu'est-ce qu'il s'était passé ?

Elle se souvenait vaguement.

Leur entrée dans la Forteresse. Les murs, hauts et terribles, partiellement grignotés par la masse noire et corrompue qui s'étendait même au sol. L'aspect à la fois en ruine et terriblement imposant. Les deux élus et leur armée d'Ombres et d'Immortels, équipés grossièrement pour les premières et dirigés par l'Asari. Le Krogan, qui avait écrasé un des blindés comme une feuille de papier.

Le Krogan, oui...

Elle était sur le point de lui tirer dessus au Sabre lorsqu'il s'était retourné, son regard malsain posé sur elle. Et il s'était élancé, entouré de cette biotique infâme qui l'enveloppait comme un funeste linceul. Elle avait voulu sauter en arrière. Une demi seconde trop tard. Le marteau, balancé vers sa poitrine...
Elle se remémorait la douleur alors que ses pieds avaient définitivement quitté le sol, comment son corps c'était presque gracieusement courbé sous le choc...

- Ravi, excusez moi mais ça va piquer un peu. Respirez un bon coup.

- ... ?

Son cri réussit à être mué en un gargouillement étouffé alors que les aiguilles transperçaient ses plaques pour s'enfoncer dans sa chaire et atteindre les os sans le moindre ménagement. Le produit s'écoula dans son corps comme un flot glacial, la réveillant toute entière alors que ses veines semblaient en feu. La femme cracha un flot d'insultes à l'attention du monde qui comprenait la mère d'une personne non désigné, des mandibules de ladite personne arrachées sans ménagement et un replacement à un endroit qui n'était pas prévu.
Le poids qui bloquait sa poitrine fut soudainement ôté et l'ancienne Cabale se mit à respirer à grande goulée avant de se calmer petit à petit, toussant et crachant durant le procédé. La douleur refluait, abandonnant le terrain.

La Spectre réussit à se redresser sur un bras. A côté d'elle, la médecin se déconnectait et lui adressa quelques mots d'encouragement.

- C'est terminé Ravi. Laissez deux minutes aux produits le temps d'agir. Je garde un œil sur vous. Ensuite de quoi... On pourra y retourner.

- Merci... Doc.

Roulant sur le côté, elle réussit à se mettre à genoux, lançant un regard morne sur le décor qui l'entourait. De nombreux blindés se tenaient en ligne devant les deux femmes. A moins qu'Arcadia n'ait réussi à elle seule à traîner la carcasse abîmée de sa patiente jusqu'ici, il semblait plus logique que les chars aient été placés après coup pour créer une zone de protection destiné à accueillir les blessés. Et des blessés, il y en avait quelques uns. Le docteur Turien volait entre les individus, plantant sans attendre des seringues de médigel, trouvant malgré tout le temps d'adresser un mot rassurant avant de filer vers son prochain patient.
Derrière la ligne le Krogan luttait contre Abbadon et Ante et l'Asari tentait d'échaper aux tirs d'autres M-080 décidés à l'abattre froidement.

- Filez Docteur. Le devoir vous appelle. Je survivrais.

La Spectre resta seule au milieu des blessés.

L'amertume commençait à la gagner. En aucun cas elle n'accepterait de rester ainsi à se reposer alors que d'autres menaient une lutte acharnée contre les Elus. Malgré tout, elle ne pouvait pas non plus foncer au cœur de la bataille comme à son habitude. Un instant, ses pensées se tournèrent vers les drogues de combat attendant sagement dans leur logement. Arcadia ne l'avait pas soignée pour qu'elle se foute en l'air la seconde d'après.

Aussi déplaisant l'idée lui semblait, il faudrait qu'elle se montre... raisonnable. Rationner ses pouvoirs, soutenir les troupes au contact, rester... derrière.
Ils n'avaient pas encore atteint le Temple, Aria avait sans doute d'autres cartes dans ses manches et le pire restait encore à venir.

Raisonnable donc.

Son pas, d'abord chancelant, se fit plus sûr alors qu'elle marchait vers les blindés, jetant un œil sur le champ de bataille.

Le bon docteur s'était ruée sur le Krogan pour couper net la rage qui l'habitait, Amnatiss l'avait achevé et Bayard ruait de coup une masse bleue qui avait sans doute été l'Asari jadis. Quelques ombres, privés de contrôle, erraient sans but parmi les décombres et se ruaient de façon désordonné sur les soldats à porté, quand elles ne s'attaquaient pas entre elle pour leur proie.

Ravi en acheva une partie avec un soupir.

Il fallait bien sauver l'honneur. Au moins elle n'allait pas vraiment devoir se forcer pour se montrer raisonnable...

Le calme retomba et Valkyrie et Thor purent se rassembler tant bien que mal. Certains étaient morts durant l'assaut et une grande partie se retrouvait blessée ou en mauvaise forme. Paradoxalement, Vertax semblait faire partie de ceux qui s'en étaient le mieux tiré. Ankylosée mais reposée, là où d'autres étaient souffrant et épuisés...
Elle aida les réguliers à relever des collègues et à les déplacer auprès du médecin. Les plus en forme se voyaient administrer une petite dose de stimulant, les plus graves étaient traités et consigné dans un blindé de transport afin de leur offrir du repos. Lors de ses fouilles, les soldats et elle même en profitaient pour vérifier que les cadavres en étaient bien, prêt à tirer en cas de feinte. Ce ne fut que peu nécessaire : seule deux détonations retentirent dans le silence.

Ils pouvaient désormais se mettre en branle vers le Temple, renforcés par l'arrivée de Loki. La Spectre marchait vers l'avant du groupe, ses sens en éveil et sa méfiance accrue : elle était bien décidée à ne pas réitérer les mêmes erreurs.


Urdnot Ante
Voir le profil de l'utilisateur

Personnage RP
Faction : Clan Urdnot
Rang : Diplomate-Chef de Guerre
Membre
Messages : 107
Crédits : "Kronth" par Subzero-Ruykami

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   [Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Icon_minitimeLun 11 Fév 2019, 10:51
Ce n'est pas peu dire que dans la tête d'Ante, en ce moment, c'était sacrément le bordel.

La corruption tentait de s'infiltrer dans son corps par les multiples failles dans son armure.
Ses systèmes immunitaires luttaient mais sa température corporelle grimpa en flèche, normalement seulement dépendante de l'extérieur. La fièvre s'empara du Krogan était le signe d'une intense bataille dans son fort intérieur.
C'est surement ce qui causa son délire passager.
Ante reçut une vision très particulière.
Alors que le combat contre le Krogan biotique battait son plein, une image le frappa, s'inscrivant avec force sur sa rétine.

Entourée d'un halo de flammes, une combattante soulevait son épée et abattait l'adversaire.
La tête du Diplomate était lourde et légère à la fois.
Il avait l'impression d'être balloté dans une tempête glaciale comme d'être bercé au sein d'un œuf couvé avec amour.

Une nouvelle chaleur prit vie au fond de ses tripes lorsque l'élu mourut.
Et elle remonta étreindre ses cœurs lorsqu'Amnatiss se pencha au dessus de lui.
Elle portait son casque et son armure, figure anonyme parmi d'autre, alors Ante n'aurait pas dû voir ce qu'il voyait...

Le visage de l'Humaine était découvert, ses traits si fins qu'ils paraissaient presque flous, et ses cheveux blanc, véritable crinière argentée, formaient une aura divine autour de la soldate.
Elle rayonnait.

-Magnifique. Ne put se retenir de balbutier Ante.

Les larsens qui bloquaient les sons dans ses ouïes diminuaient et il put entendre les paroles d'encouragements qu'elle lui criait dessus.
C'était pour lui la plus douce des mélodies. Les mots brusques coulaient sur lui et l'enveloppait.
Son prisonnier... Oui Ante était bien prisonnier d'Amnatiss...

Seul ce beau visage flottant occupait son champ de vision et il en était si troublant qu'Ante dût baisser les yeux, détourner le regard de peur d'être consumé par ce curieux élan qui l'emportait.

Il n'aurait pas dû.
Sous le faciès angélique il découvrit un corps, nu lui aussi, et pas n'importe lequel.
A la place de l'armure enserrant la frêle et peu agréable corpulence humaine, dénuée de tout atours érotiques, la capitaine était l'incarnation même de la sensualité Tuchankienne.
Elle avait des écailles fines de la couleur du sable le plus pur, des épaules larges et robustes, renforcées par de solides plaques.
Son ventre arrondit semblait fait de crème et elle avait les pattes courtes mais d'une courbure délicate ; bref, elle semblait idéale pour une ponte fertile.
Une tête d'humaine sur un corps de déesse.

Ante ne put se retenir, son bras encore doté d'une main s'éleva pour caresser le casque face à lui sans le voir. Il fit preuve de toute la tendresse qu'il put rassembler, juste avant que la soldate ne disparaisse.
Et dans un souffle, que plus tard il aurait espéré avoir retenu :


-Je veux que tu portes mes enfants.


Ante n'avait même pas remarqué qu'Arcadia s'occupait de lui.
"Bon sang, il y a des témoins" pensa t-il dans une phase de lucidité qui l'affligea alors qu'il était transporté à l'écart des combats. Il ne parvint même pas à sortir de sa torpeur pour la remercier.

Deux sentiments se battaient sous sa plaque. Il était énormément reconnaissant d'être en vie, d'avoir été sauvé mais quelque part, il espérait presque de ne pas survivre sur Chasca...
Peut-être qu'une mort glorieuse effacerait ce moment de honte atroce...


Urdnot Ante, Krogan Diplomate.
Couleur de dialogue : #ff6600

Make Tuchanka Great Again !:
 



[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 1551201343-saint

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Xna4

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 1515799107-personnage-1
[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 1515799105-nouveau-3

Maitre du Jeu
Voir le profil de l'utilisateur

Personnage RP
Faction : Aucune
Rang : Entité divine
Compte staff
Messages : 4753

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   [Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Icon_minitimeLun 11 Fév 2019, 21:12

[Intrigue #14] L'heure du jugement


Secteur Pandore
4 Mai 2203, 9 mois plus tôt



Essoufflé et en proie à la panique, Zaroth courait aussi vite que sa corpulence le lui permettait. Ses pas résonnaient dans le long couloir qu'il longeait, les parois vitrées sur l'un des flancs offrant une vue époustouflante sur le vide. La gigantesque bataille spatiale qui avait opposé l'Ordre de l'Accompli au Courtier de l'Ombre venait de prendre fin, Prometheus était en flamme et s'effondrait sur la planète, symbole de la défaite cuisante du Courtier. Même la puissance du cœur de l'Augure n'avait pas été suffisante face au Bellethium.

L'Ordre n'était pourtant pas hors de danger car déjà l'avant garde des flottes conciliennes se matérialisait dans le secteur, s'apprêtant à fondre sur leurs proies. Le Conseil sortirait vainqueur en ce jour, décapitant d'un seul coup les deux organisations les plus dangereuses de la galaxie.

Pourtant tous ignoraient la nature de ce qui s'apprêtait à s'éveiller, un ennemi bien plus redoutable et insatiable qui allait pouvoir grossir et grandir sans inquiétude maintenant que ses deux geôliers étaient anéantis. Avec la disparition des deux seules organisations capables de lutter contre l'énergie noire, rien ne serait en mesure de stopper la Corruption.

Zaroth savait, il avait vu ce qui était arrivé à Aria lorsqu'elle s'était exposée au résultat de leurs expériences. C'était devenu incontrôlable, tout avait dégénéré, il ne s'agissait plus du résultat d'une simple ambition, mais bien de la naissance d'un être aux pouvoirs incommensurables menaçant l'intégralité de la vie qui proliférait dans la Voie Lactée. Sans barrières pour la restreindre, son insatiabilité pouvait bien signer la fin de tout ce qui existait.

C'est pour cette raison que Zaroth fuyait, serrant contre lui le seul bloc de données qu'il avait pu sauver. Il devait s'échapper afin de donner ces précieuses informations à quelqu'un, aux conciliens même s'il le fallait. S'en servir permettrait d'annihiler le nourrisson tant qu'il était encore hésitant et balbutiant, l'empêchant de se répandre et de devenir inarrêtable. Le galarien devrait ensuite se donner la mort pour s'assurer qu'il emporterait avec lui toutes ses connaissances. Son travail avait été un échec, mais il pouvait encore tenter de rattraper ses erreurs.

La gravité autour du chercheur sembla soudainement s'intensifier et il s'effondra au sol, incapable d'y résister. Tournant difficilement sa tête en arrière, Zaroth ne fit que confirmer ce qu'il craignait.

Ce qui avait été autrefois une asari lévitait au centre du couloir. Une épaisse brume noire venait recouvrir cette silhouette féminine à tel point qu'il était impossible d'affirmer qu'il s'agissait bel et bien d'un corps organique. Deux yeux brillant d'une lueur surnaturelle venaient trancher avec ces ténèbres et une aura particulièrement puissante s'en dégageait provoquant le frisson, la terreur et la soumission.

Dans un effort douloureux, Zaroth attrapa l'arme à sa hanche et vint coller le canon contre con crâne. Il ferma les yeux se concentrant sur la morsure du métal froid contre sa peau. T'Loak était morte, sa conscience remplacée par cette... Chose. Ses connaissances étaient beaucoup trop précieuses pour qu'il ne puisse se permettre de finir entre ses griffes. Il devait mettre fin à ses jours ici et maintenant, espérant que quelqu'un finirait par trouver ses données.

Pourtant sa main tremblante refusait d'appuyer sur la gâchette. Quelque chose l'en empêchait. Ce devait être Aria. Il fallait que ce le soit. Jamais il n'oserait fuir ses responsabilités aussi lâchement, il n'était pas comme ces autres hypocrites, il avait toujours assumé ses erreurs, il...

Le métal couina à quelques mètres de lui alors qu'Aria venait de poser pied au sol, Zaroth ouvrit les yeux et son arme lui glissa des mains.


15 Janvier 2203



Bien à l'abri dans les profondeurs du Temple, les multiples yeux de Zaroth clignaient presque à l'unisson. Il avait pu sentir la mort des élus à l'extérieur. L'impulsive, le guerrier et la pieuse n'étaient plus de ce monde désormais. Seul demeurait le traître, mais il se camouflait encore parmi l'ennemi, attendant le moment le plus opportun pour frapper. Zaroth n'avait plus le choix, il était le dernier protecteur du Cœur, il allait devoir s'exposer.


Orbite de Chasca



Ici T'Derah, nos flancs sont exposés, nous avons besoin de soutien !


La situation en orbite était en perpétuelle évolution. Privés du cœur de leur formation, les vaisseaux de l'alliance étaient éparpillés, soutenant l'Hégémonie et la Hiérarchie dans leur chasse au Béhémoth. Mais face à la méga-structure seule la flotte des Républiques se dressait, encaissant toute la fureur de l'essaim de la Corruption. Des immortels avaient même réussi à aborder le cuirassé asari, de violents combats biotiques se déroulant dans les couloirs du vaisseau.

Trevillian et Velpius quant à eux demeuraient toujours sur la passerelle du Calmoren, les deux amiraux tentaient de gérer la situation de leur mieux.

Tenez bon T'Derah, la 7ème et la 18ème flottille sont en route.

Hunter 2-1, c'est le moment, allez y !

Le Béhémoth devait recharger une fois de plus son réacteur, immobilisé et harcelé de toute part par les bâtiments conciliens, le plus grand danger pour le mastodonte demeurait les escouades de chasseurs qui volaient près de sa coque, menaçant à chaque passage d'enfoncer ses défenses ou de détruire ses boucliers. Mais l'opération n'était pas sans risques pour les chasseurs conciliens, chaque pilote s'exposant à un gros danger face aux mitrailleuses lourdes et aux défenses à courte portée qui jonchaient la coque de leur cible, redoutables adversaires pour les véhicules légers.

Le métal qui recouvrait le générateur de bouclier était épais, mais les passages successifs des chasseurs avaient permis de l'enfoncer, réduisant petit à petit la seule réelle protection qui séparait le Béhémoth de l'anéantissement. Une autre percée, l'escadron de chasseurs tira dans la brèche dans l'espoir d'atteindre le générateur mais en vain, la coque malmenée résistait encore.

Fais chier ! On va devoir faire un autre passage.

Les petits vaisseaux conciliens se déplaçaient très agilement le long de la coque, esquivant tant bien que mal les mitrailleuses et les chasseurs ennemis. Mais leur nombre s'amenuisait à chaque fois et s'ils ne parvenaient pas à détruire les boucliers rapidement, il n'y aurait bientôt plus assez de chasseurs pour essayer.

L'un d'eux fut soudainement transpercé par une rafale de projectiles, son flanc implosant et rejoignant le nombre incommensurable de débris qui jonchaient déjà l'orbite de Chasca.

Merde, je suis touché !

Hunter 2-3 décrochez ! C'est trop dangereux pour vous de rester ici !

Négatif Hunter 2-1... Le moteur ne répond plus.

Hunter 2-3 qu'est ce que vous faites ? Lieutenant répondez !

Le pilote d'Hunter 2-3 opéra tant bien que mal un virage avec son engin, profitant de son inertie pour se diriger tout droit vers la brèche. Incapable de modifier sa vitesse, il se propulsa néanmoins au milieu des défenses adverses, maintenant le cap sur sa cible. Le chasseur s'y écrasa dans une puissante explosion, détruisant le générateur et le métal qui le recouvrait, provoquant l'évaporation pure et simple des boucliers du Béhémoth.

Maintenant! A tous les bâtiments feu, feu à volonté !

Les canons conciliens se mirent à rugir de concert. Disruption, torpilles, ogives, projectiles AM, le cuirassé de la Corruption disparut sous un déluge de flammes. L'opération visait non seulement à détruire définitivement le Béhémoth mais également à s'assurer qu'aucun survivant ne puisse être en mesure de s'en échapper. Les tirs continuèrent donc jusqu'à ce que même le squelette métallique ne soit brisé.

Plus aucune signature, le Béhémoth a été détruit avec succès monsieur.

De nombreux soupirs de soulagement furent lâchés alors que le plus grand danger de la flotte de la Corruption venait d'être supprimé. Les encouragements et l'humeur générale n'étaient cependant pas partagés par Velpius. L'amiral turien continuait d'observer le champ de bataille, constatant qu'il n'avait pas perdu en intensité. Il en arriva à une conclusion simple.

Aria n'était pas à bord.

Soit elle n'y avait pas mis les pieds depuis le début du combat, soit elle avait réussi à s'en échapper d'une façon ou d'une autre. Les deux possibilités n'étaient en aucun cas rassurantes.

Comment pouvez en être certain ?

Regardez autour de vous Trevillian, nous sommes toujours en guerre.

Mais c'est ridicule ! Vous pensez vraiment que...

Monsieur ! La concentration d'énergie noire dans la Méga-structure dépasse les milliers de Gray. Je pense qu'ils ne vont pas tarder à l'activer.

L'amiral turien ouvrit immédiatement le canal qui lui permettait de communiquer avec les troupes au sol.

Ici l'amiral Velpius, la méga-structure en orbite s'apprête à faire feu, vous devez détruire le temple MAINTENANT !


Surface de Chasca
Quelques minutes plus tôt



Dans la forteresse le calme s'était installé, une quiétude presque dérangeante suite au déchaînement de violence qui y avait eu lieu. Le deuxième canon de défense orbitale avait été détruit et Loki effectuait la jonction avec Valkyrie, aidant ces derniers à se débarrasser des quelques survivants. Thor continuait de progresser au sein du complexe, se dirigeant vers le troisième et dernier canon.

Blessés et épuisés pour la plupart, il fallait pourtant serrer les dents et continuer à avancer, la mission n'était pas encore terminée et nulle doute que la Corruption gardait encore quelques surprises en réserve. Les survivants de Valkyrie et de Loki fusionnèrent donc et entamèrent ensemble la montée des marches qui menaient au Temple surélevé.

Une vision presque apocalyptique s'offrit à eux alors que le ciel se teintait de lueurs ambrées et que des boules de feu se mirent à le traverser. Les carcasses des vaisseaux des deux camps victimes de la bataille en orbite et suffisamment imposants pour survivre à l'entrée en atmosphère retombaient sur la planète, générant une pluie de feu fascinante et terrifiante à la fois.

Pourtant ce n'était pas la plus grande inquiétude des conciliens qui atteignirent l'enceinte extérieure du Temple recouverte d'un mucus dégoulinant. Le silence y régnait, aucune défense ne se montra, aucun ennemi ne fit son apparition, les lieux semblaient vides de toute vie. Une sensation étrange commença à envahir l'escouade concilienne lorsqu'elle comprit que quelque chose n'allait pas.

Une voix grave s’éleva alors, profonde et impériale, elle résonnait dans les crânes comme si elle ne venait pas vraiment de l'extérieur.

Misérables. Vous vous précipitez aveuglément à votre perte, incapables d'appréhender ce qui se trouve devant vous.


Le sol se mit soudainement à trembler, les parois organiques bougèrent comme pourvues d'une conscience et une évidence s'imposa rapidement aux conciliens.

Le Temple n'était pas un bâtiment.

La gigantesque créature gronda sa fureur alors qu'elle s'élevait, toute la forteresse fut prise de violentes secousses alors que des excroissances organiques, épines géantes, tentacules et autres appendices sortaient de terre. Les parois extérieures du Temple qui étaient en réalité une peau épaisse dégoulinante de chair virent s'ouvrir de multiples mâchoires et le faisceau d'énergie noire continuait d'être expulsé par l'un de ses immondes orifices, à son sommet.

Le Temple n'était rien d'autre que le corps géant de Zaroth. Toute sa matière cérébrale était rassemblée dans une protubérance plus petite, à l'abri dans une chambre organique derrière plusieurs mètres de chair. Enraciné profondément dans le sol, son corps était immobile, mais il compensait cette faiblesse par sa taille et par ses nombreux appendices qui lui permettaient d'intervenir à l'extérieur. Toutes les entrées habituelles étaient désormais scellées par de la biomasse, la chair s'y engouffrant pour protéger ses faiblesses.

Prosternez vous mortels. Vous deviendrez ses esclaves et obéirez à sa volonté.


Soudainement, tous les conciliens présents s'effondrèrent au sol, se tordant de douleur. Les rares encore debout tentaient de se maintenir en s'accrochant à tout ce qu'ils pouvaient trouver. Tous étaient désormais dans un état de transe, luttant contre l'influence de Zaroth qui tentait de pénétrer leurs esprits, de dicter leurs pensées et leur volonté.

Certains revivaient des scènes traumatisantes de leur passé, d'autres étaient plongés dans une hallucination mettant en scène leurs plus grandes peurs. Zaroth tentait de plonger les esprits dans le désespoir et la folie pour les contrôler plus facilement.

Les plus instables et déséquilibrés commençaient déjà à succomber à son influence, le turien qui suivait le Lieutenant Bayard se releva, pointant le canon de son arme vers sa supérieure et s'apprêtant à tirer. Les excroissances du monstre profitaient également de la confusion générale pour frapper, l'une d'elle s'enroula autour du Colonel McKnight, la soulevant dans les airs et se préparant à broyer ses os sous la pression.

Fort heureusement, la plupart des conciliens parvinrent à sortir de leur transe et à reprendre pied dans la réalité lorsqu'une phrase résonna dans leur casque.

Ici l'amiral Velpius, la méga-structure en orbite s'apprête à faire feu, vous devez détruire le temple MAINTENANT !



____________INFOS MJ____________


Bien ! Sur ce tour comme vous vous en doutez, vous allez devoir tuer Zaroth. Peu importe à quel point vous parvenez à endommager son enveloppe externe, le seul moyen de l'achever, c'est de tuer sa "tête", son deuxième corps qui se trouve en profondeur et qui rassemble tous ses organes vitaux.

Et même si vous êtes sortis de transe, Zaroth essayera quand même de vous manipuler, vous aurez donc des maux de tête et des difficultés à vous concentrer tant qu'il sera en vie.

Voilà ! N'hésitez pas pour les questions !





[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 1408461301-sans-titre-1
Arcadia McKnight
Voir le profil de l'utilisateur

Personnage RP
Faction : UCIP
Rang : Colonel/Médecin en Chef
Membre
Messages : 421

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   [Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Icon_minitimeMar 12 Fév 2019, 01:41

L'heure du jugement
Ft. Audrey Bayard, Ravi Vertax, Urdnot Ante, Abbadon Bynare & Amnatiss Gallagher




La terre se fissura sous ses pieds juste après avoir entendu cette voix de stentor résonner dans son crâne. Le temple tout entier s'éveilla, monstruosité qu'aucun esprit sain n'aurait pu prévoir. Il s'anima secouant son immense carcasse pour déloger les parasites qui osaient le fouler.
Des extensions cartilagineuses s'extirpèrent du sol suivi par des masses de chairs suintantes de pus. Des appendices surgirent des gravats, fouettant l'air, des mâchoires béantes aux dents aussi longue qu'une main cliquetaient, prêtes à avaler les malheureux se trouvant à portée.

Arcadia sauta, se réceptionnant maladroitement sur les marches pour éviter de tomber dans la crevasse. A nouveau la voix parla, aussi effilée qu'une lame de glace qui vous pénétrait le cerveau, faisant crisser les dents sous la douleur psychique, comme une marque au fer rouge indélébile. Dans un effort surhumain, la toubib se releva, aidant un de ses frères d'armes au passage en le soulevant par le paquetage.
Son Phalanx rugit, plombant les différentes gueules, le mod anti corruption rongeant la masse de muscles avec joie, creusant de large sillons dans les tissus purulent, dévorant toute la matière organique. Elle rechargea.

« Ici l'amiral Velpius, la méga-structure en orbite s'apprête à faire feu, vous devez détruire le temple MAINTENANT ! »

Et qu'est-ce qu'il croyait que l'unité foutait en bas ? Qu'ils se tournaient les pouces ? Thor, Loki et Valkyrie ne tremblaient même pas sous la pression, putain de sa mère. Ils n'avaient pas cédé un seul pouce de terrain. Ce n'était quand même pas de leur faute si Odin et la flotte n'était pas capable de résister.
Trop absorbée par son action, elle ne s'aperçut que bien trop tard du tentacule qui fonça vers elle, la fauchant avant de se saisir du Colonel. Une forte constriction commença, enserrant le torse du médecin qui contracta ses muscles par réflexe. Elle hurla en sentant la pression devenir insoutenable. Ses poumons comprimés cherchèrent désespérément de l'air.
Des images de corps broyés lui revinrent en tête, une image d'elle même pressée comme un citron se dessina dans son esprit. Elle ne voulait pas finir ainsi, c'était une mort bien trop horrible.

L'étreinte se desserra autour de sa poitrine, lui permettant d'inspirer une bouffée d'air recyclée. Elle sentit les poils de sa nuque se dresser alors qu'une aura bleutée l'entourer, la protéger. La Martienne ne put distinguer quel biotique lui avait sauvé la vie, tout semblait pointer Gallagher, bien que cela restait difficile à discerner dans le tumulte de la bataille. En revanche elle comptait bien profiter de ces quelques secondes de répit offertes.

« Contre-mesure, souffla t-elle d'une voix saccadée.

- Activation contre-mesure », récita l'IV.

Des tubes émergèrent des épaulières, une aura blanche en jaillit, faible lumière dans les ténèbres. L'énergie blanche devint de plus en plus lumineuse, rayonnante face à sa Némésis. La jauge de chargement se remplissait lentement, alors que la barrière s'amenuisait, raffermissant sa prise sur sa proie.

« Seuil critique atteint. Déchargement. »

Une radiation se dégagea des spalières, d'un blanc pur et céleste, visible à l’œil nu. Le tentacule fut touché de plein fouet, irradié, atomisé par cette puissance. Il fut secoué de spasmes, tentant d'emporter sa victime dans la mort avec lui. L'onde se reproduit à nouveau, faisant imploser les cellules du membre par milliers. L'étau se relâcha alors que la dernière vague d'EB se propagea, laissant retomber la praticienne quelques mètres plus bas.
Les tubes s'éjectèrent, vide de toute énergie. Le diffuseur n'était pas assez puissant pour affecter une large zone. mais au moins il lui avait permit de survivre. Dommage que cela ne soit à usage unique.
Se remettant à nouveau sur ses deux pieds, essoufflée, sonnée, elle était encore en un seul morceau, ce qui était de loin la meilleure nouvelle de la journée.

Tout autour le chaos régnait, les soldats se battaient avec rage, luttant contre le désespoir. Face à un ennemi tout droit sorti d'un cauchemar. La blonde se secoua elle même. Elle ne devait pas hésiter, après tout le travail abattu elle n'avait pas le droit de perdre. Malgré le traitement que son armure avait subit, celle ci tenait toujours bon. L'humaine s'élança vers le chef d'escouade, lui attrapant le bras.

« Si personne ne rentre à l'intérieur du temple, hurla Arcadia pour surmonter le vacarme, cette saloperie va briser notre charge ! Il brisera notre percée ! Faite moi passer Abbadon ! Je vais frapper ! Je vais passer au travers !

- Certaine, McKnight ?

- Vous avez autre chose à proposer ?

- Très bien je vous ouvre la voie. Couvrez moi ! »

Le binôme s'écarta se rapprochant d'un mur de chair. Un groupe vint soutenir la toubib qui luttait contre le temple lui même. La bacriva mordait, dévorait, rongeait tandis que les excroissances piquaient, cinglaient, écrasaient dans un combat sans merci. Jusqu'à temps que le Spectre lui signale de se tenir prête à passer. D'autres volontaires se tenaient prêts à d'autres endroits, parés à pénétrer dans l'insondable.
Le Galarien l'appela, bataillant avec la régénération. Il ne tiendrait pas éternellement. Sans un regard en arrière, ni un mot, elle partit, pénétrant dans cette masse gélatineuse.
Aussitôt un sentiment de malaise s'imprégna sur elle, intrusif, désagréable, froid. Elle sentit cette présence chaotique observer les tréfonds de son âme.

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Line-p10
Son omni-lame se déploya, de haut en bas ou de bas en haut, la chirurgienne se taillait un passage à travers les toiles organiques filandreuse, la chair pestilentielle plus compacte ou les muscles viciés. Tout ne devint qu'une pulpe sanguinolente, parfois elle sortait son lance flamme, noyant la zone dans un déluge digne de l'enfer, continuant son œuvre macabre. Plus elle progressait plus son mal de crâne s'amplifia, brisant sa volonté, son envie de mettre un pied l'un devant l'autre. Le colonel se concentra, se répétant le serment qu'elle avait prêté le jour ou elle avait reçu son diplôme. Suivi du mantra que lui avait enseigné son professeur le jour de sa première suture : « Le rouge avec le rouge, le jaune avec le jaune, le blanc avec le blanc. Garde ces règles en tête et ça se passera sûrement très bien ».
La douleur était toujours présente, mais son rythme cardiaque revenait à la normale.

« Humaine, cloporte, je t'écraserai comme les autres. »

La voix résonna comme dans une église, l'assommant par sa violence elle tituba sous le choc mental. La menace était insidieuse, omnisciente est toute puissante. A nouveau elle récita les paroles avançant à travers les entrailles. Le temps lui paraissait une éternité, elle ne savait pas depuis combien de temps elle était ici. Elle trébucha une nouvelle fois, atterrissant sur un épiderme rouge. Elle était passée au travers.

« Ton voyage se termine ici. »

Quelque chose claqua dans son cerveau, l'empêchant de se relever. Un flot de sang coula par ses narines, coulant sur son menton, avant de tomber en goutte à l'intérieur de sa protection. Elle essaya de s'asseoir sur ses genoux pour récupérer son sens de l'équilibre. La mobilité de son corps lui revint doucement. Elle se releva. Encore. Le refus d'abandonner se lisait à travers les optiques fumés de son casque.

Elle marcha, une main contre sa tête, parfois elle manquait de tester à nouveau le confort du sol. Lorsque cette situation se présentait elle récitait son cantique, progressant mètre après mètre. Quelque chose se mouva au loin. Une ombre ? Un allié ? Dans le doute elle sortit son lance flamme, prête à s'en servir. Oui c'était un soldat de la Hiérarchie. Enfin quelqu'un ! Le Turien l'entendit, il se tourna fusil braqué sur l'arrivante puis tira sans crier gare. Quelques balles ricochèrent contre son bouclier, lui laissant tout juste le temps de se cacher dans une coursive.

« Ne tire pas ! UCIP ! »

Une nouvelle rafale lui répondit. Une autre victime de la corruption. La Martienne s'apprêta à tirer, elle n'en eut pas le temps, son ennemi tomba à terre, révélant une silhouette plus petite et plus fine. Avec son armure noircie, elle aurait été capable de la reconnaître parmi tout le contingent déployé sur Chasca.

« Audrey ! »

L'espace d'une seconde, les céphalés disparurent, laissant place à une joie et un bonheur sincère de retrouver une amie qu'elle prit dans ses bras avant de reculer pour la regarder. Une lueur de fierté dans les yeux. Elle n'aurait pas pu rêver meilleure alliée dans sa lutte.

« Dépêchons nous, il faut que l'on arrête cette chose au plus vite. »

Les deux femmes repartirent, arpentant les dédales de la monstruosité. L'accalmie avait bien vite cessé, laissant place à ce parasite psychologique qui harcelait sans pitié les intrus. Soufflant des phrases promettant une mort lente et douloureuse, prônant la supériorité de l'énergie noire sur toute forme de vie.
Il fallait se battre pour chaque pas, c'était une guerre comme elle n'avait jamais eut à livrer. La sensation du cerveau mis sous une pression invisible. Arcadia se récitait inlassablement le serment d’Hippocrate. Affrontant l'envie de prendre son Phalanx et de se le coller sur la tempe pour mettre fin à ses jours. Et Dieu sait que l'envie ne lui manqua pas.

« Vous mourez, seules, oubliées de tous. Moi Zaroth j'en fais le serment ! »

Zaroth ! Zaroth ! Elle planta ses doigts dans la chair des murs. C'était bien lui. Sous les gantelets, la jointure de ses articulations blanchirent. Sa volonté à deux doigts de vaciller. Sa main vint effleurer la crosse du pistolet. Non. Il ne fallait pas. Pas devant Audrey. Elle aussi semblait souffrir. Arcadia pensa à ses compagnons qui devaient encore se battre à l'extérieur: Abbadon, Ravi, Shura, Ante, Amnatiss. Ces mots lui revinrent à l'esprit.

Elle allait frapper ! Elle allait passer au travers !

Son poing frappa la matière organique, l'obstination de fer de son espèce reprenant le dessus. Si elle devait y laisser sa peau, autant le faire une fois son devoir accompli.

« Audrey ! Concentre toi sur ma voix... Ne le laisse pas te contrôler ! Nous y sommes presque. Je le sens. La voûte donne l'impression d'un sternum. On y est ! »

Elles marchèrent, accablées par l'effort de marcher. Une pulsion meurtrière la traversa lui soufflant de tuer la Française. Elle se mordit la lèvre jusqu'au sang pour chasser l'esprit qui la tourmentait. La pensée finit par disparaître. Que serait-elle devenue sans sa subalterne ? Elle n'aurait pas supporté d'avoir son sang sur les mains. A ce moment elle réalisa que sans le lieutenant elle n'aurait jamais pu allé aussi loin. Seule, cela aurait fait bien longtemps qu'elle aurait tourné de la carte.
Elle n'avait pas les mots pour l'instant. Mais une fois Chasca terminée, et si elles rentraient indemnes, les deux sœurs spirituelles auraient bien mérité une bonne balade en moto.

Le binôme arriva dans une pièce circulaire. Au milieu trônait une copie d'un corps Galarien ou n'était visible que ses organes qui palpitaient furieusement. C'était la fin de ce putain de voyage.
Il était inutile de tergiverser, elle allait réduire minutieusement en cendres cet endroit.
La plus jeune s'écroula au sol, hurlant, les mains sur son casque, secouée de spasmes irréguliers, suppliant et implorant de l'aide.
Le colonel embrasa l'hominidé pendant de longues secondes sans que la torture infligée à son ami ne cesse. Elle relâcha la gâchette, sa cible intacte n'avait pas bronché. Elle tira son pistolet et tira sans plus d'effet.
Alors c'était ainsi que la bataille entre deux personnes de sciences se terminerait.

Une large seringue émergea de son poignet, rempli d'un liquide lumineux et bouillonnant. Son poing fila vers le cœur de Zaroth, prête à libérer son contenu mortel pour toute créature existante.
Une barrière vint s'interposer, en temps normal la puissance opposée n'aurait causé aucun problème, mais la toubib se trouvait dans un état de fatigue intense et ce duel puisait avidement dans ses forces.
La voix tonna dans son crâne, lui vrillant les tympans, un liquide chaud s'écoula de ses oreilles, tandis qu'elle sentait son œil droit la picotait crescendo. Les vaisseaux sanguins pétaient un à un, alors que des larmes de sang vinrent tinter son visage d'un rouge carmin.
Sa combinaison piqua dans sa jambe lui envoyant une nouvelle dose d'adrénaline, emplissant la blonde d'une rage guerrière. Elle continua à pousser contre le champ, le poing et l'aiguille passa au travers, allant trouver l'organe vital, l'IV actionna le piston qui déversa le poison.

« Ça c'est de la part de tout les Conciliens que tu as buté, saloperie ! »

Elle cracha presque cette phrase au visage de son ennemi. Toute la haine qu'elle avait eu pour ce personnage vint s'ajouter à sa sentence, elle ne ressentait que du dégoût pour cette créature. Lui n'avait jamais eu aucune idée de qui elle était. Quant à elle, cela faisait des mois qu'elle espérait rencontrer ce monstre. Elle aurait aimé lui infliger une mort bien plus horrible qu'il méritait certainement. Hélas la guerre empêchait bien des choses.
Le cœur vira au noir, transmettant l'agent pathogène à tout les organes, les faisant imploser un à un, jusqu'à ce qu'il ne reste rien de plus qu'une flaque organique.
Arcadia resta immobile quelques instants, la pression du combat lui retomba soudainement dessus, la voix s'était tut. Le calme, le silence, et ensuite ? Ensuite elle ne savait pas. Elle se laissa tomber sur le sol, une migraine fulgurante lacérant son cortex. L'adrénaline l'empêchait de fermer les yeux. Une nouvelle fois elle se releva, pour retomber. Tant pis. Du repos... Oui du repos. Souffler un peu.

Hélas, même ce souhait ne lui fut pas accordé. Elle sentit quelqu'un la soutenir, l'aider à se remettre sur pied, la traîner. Audrey !

« Merci », murmura Arcadia.

(c) King (Sacrifars)


[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Pulse11
Abbadon Bynare
Voir le profil de l'utilisateur

Personnage RP
Faction : Spectre
Rang : Agent de terrain
Roi de la Chasse Sauvage
Messages : 662
Crédits : Impera tor Alicia - DeviantArt

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   [Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Icon_minitimeMar 12 Fév 2019, 20:26

L’Heure du Jugement
15 Janvier 2204

Chasca



L’Élu était tombé. Bien que n’ayant pas porté le coup fatal, ou même celui d’avant, Abbadon sourit : son plan avait fonctionné. C’était cruel, quelque part, que celui qui précipite la fin d’un krogan soit toujours un galarien. Les médecins pansaient les blessés, les tanks reprenaient leur avancée inexorable. Même si les pertes commençaient à se cumuler, même si la fatigue prenait peu à peu pied dans leurs corps, Valkyrie et Thor avançaient, et rien ne semblait les arrêter. Le chef d’escouade en fit autant, récupérant ses explosifs, refaisant le plein de munitions. Il s’assit sur un char pour la progression dans la forteresse, laissant à son corps quelques précieuses minutes pour se remettre de l’usage de la drogue de combat.

Il découvrit, en même temps que tous, le vide entourant le Temple. Il s’horrifia, en même temps que tous, quand il comprit qu’il s’agissait d’une créature particulièrement immonde. Puis il s’effondra, en même temps que tous, quand la volonté toute puissante de Zaroth s’abattit sur son crâne.

Ses genoux touchèrent une terre boueuse, une terre martelée par les pas des guerriers, où les flaques d’eau étaient rouges, où les lumières étaient des flammes. Le galarien releva lentement la tête, redécouvrant les bâtiments percés de tirs et en flammes, redécouvrant les cadavres. Des miliciens surarmés, les meilleurs combattants de l’époque, la garde rapprochée de la Dalatrace, finalement vaincus, par le nombre, la surprise et la trahison. Derrière eux s’étendait le Palais, le cœur du pouvoir de Bynare, et le sang ne cessait de couler sur les marches. Les cris ne cessaient d’en sortir. Les cadavres ne cessaient d’en être jetés.

La scène était surréaliste. Les corps semblaient projetés, comme recrachés d’une bouche sans fond. Ils roulaient ensuite paresseusement dans la boue, bien plus loin qu’ils ne l’auraient dû, poursuivant leur trajectoire partout dans la cour comme des jeunes dévalant une colline. Ils étaient vomis par ce palais devenu tombeau, hommes, femmes et enfants, le clan en son ensemble, annihilé. Et si tout ceci était surréaliste, tout ceci était aussi réel. Le galarien percevait chaque différence entre l’hallucination et ses souvenirs, aussi brillants que lorsqu’il en avait été témoin ; il se rappelait aussi le moindre détail de cette journée funeste.

Finalement, celle qu’il attendait arriva, vomie à son tour. La Dalatrace Nyll Bynare. Sa génitrice, à qui il devait une fidélité absolue, contre qui il avait ouvert les murs de cette imprenable forteresse. Comme les autres, elle roula paresseusement, jusqu’à quelques pas du galariens. Puis, la première, elle se releva, son corps ensanglanté inconscient de sa mort.

Tu n’es plus rien.
Tu seras seul.
Tu n’as plus rien.
Tu ne laisseras rien.


Un à un, ils se relevaient, se mettaient à parler. Reprochant sa trahison. Lui crachant la vérité en face. Lui faisant voir, percevoir, les échos de son avenir, son départ de son monde, de son peuple, pour cette errance définitive au sien des aliens.

Tu n'aura plus jamais de foyer.

Et il l’acceptait. Le Spectre referma ses yeux, alors même que la vision perdurait sur ses paupières, et reconnecta peu à peu ses sens au réel. La douleur de son corps meurtri par les combats. Les odeurs crasses, pourries, de la Corruption. Le goût du sang dans sa bouche, coulant de sa langue mordue. Les cris ordres dans son casque, hurlés par les amiraux. Il rouvrit les yeux, retrouva l’immondice qu’était Zaroth, et releva ses genoux du sol, ses dents crispées en un sourire douloureux, son esprit partagé entre une tristesse infinie et une haine infernale, son être traversant une géhenne comme il n’en avait pas connu depuis des décennies.

« DEBOUT ! Regroupez-vous en trio ! Surveillez-vous, protégez-vous, neutralisez ceux qui succombent ! »

Autour de lui, le chaos régnait, alors que certains tombaient sous la force de Zaroth, préférant obéir pour faire cesser la souffrance, d’autre résistant jusqu’à tomber au sol, les autres serrant les dents et tenant le coup en craignant un coup en traître. Montrant l’exemple, le responsable de cette mission suicide s’approcha d’un turien menaçant Bayard, lui frappant dans les genoux pour le faire tomber avant de lui lancer une décharge directement dans le crâne. Un court jus pouvant assommer n’importe qui, à cette distance. Dos à dos avec l’humaine, il tenta de ramener l’ordre dans ce chaos.

« En défense face aux tentacules ! Thor, restez à distance à tout prix, tirez si vous le pouvez ! »

Comment abattre ce monstre ? Il n’avait pas d’arme suffisamment puissante, Thor ne pouvait pas disposer d’un point d’assaut convenable sans s’exposer, la flotte subissait encore les tirs du canon sol-espace, et le temps pressait. L’étoile noire lui passa dans l’esprit, un instant, mais l’épaisse carapace de la créature était trop épaisse. Tirer pour créer une ouverture ? Cela fonctionnerait, mais Aria était encore à vaincre…

« Si personne ne rentre à l'intérieur du temple, cette saloperie va briser notre charge ! Il brisera notre percée ! Faite moi passer Abbadon ! Je vais frapper ! Je vais passer au travers ! »

Arcadia. Entrer dans le Temple, c’était du suicide. Mais aussi la seule chance d’en finir rapidement.

« Certaine, McKnight ?

- Vous avez autre chose à proposer ?

- Très bien, je vous ouvre la voie. Couvrez-moi ! »

Le dernier ordre était envoyé à l’ensemble des troupes. Abbadon courût droit sur la paroi, comptant sur les troupes de l’UCIP pour empêcher les tentacules de l’abattre. Finissant son sprint dans un glissé, toujours grimaçant sous les douleurs remuant son crâne, il ne s’embarrassa pas de fioritures. Saboter, détruire, était son métier, sa première formation, son meilleur réflexe. Abandonnant à son corps le contrôle, il se senti presque spectateur de la suite.

Détruire une carapace comme celle-ci était différent d’abattre un mur. Régénération, soutient de la part des muscles, empêchait l’ensemble de s’effondrer d’avant ou arrière. Il fallait le voir comme une paroi, ou une muraille bien conçue. Donc glisser les explosifs dans une brèche, l’agrandir, et répéter l’opération. Zaroth n’avait pas de brèche.

Aussi, le galarien colla le canon de son Javelot contre les chairs, enclencha une contre-mesure anti-corruption, et tira avec la puissance maximale de son arme. Le canon de celle-ci chauffa puissamment, faisant pleurer les yeux du Spectre, mais la manœuvre laissa un trou d’une cinquantaine de centimètres de profondeur dans les chairs. Sans attendre de voir si celles-ci se régénéraient, le saboteur y plaça l’un de ses explosifs, encore mêlé à la substance anti-corrompue, et déclencha la mise à feu avant de se jeter sur le côté.

Cette fois-ci, il n’était pas question de simplement détruire une armure, et la charge gagnait en puissance en conséquence. L’explosion cracha un long jet de flamme derrière elle, tout en réduisant en bouillie les chairs sur plus d’un mètre. Le galarien se releva, pénétra dans le trou, recommença. Encore, et encore, jusqu’à ce que finalement, l’intérieur apparaisse. Il fit alors signe à Arcadia, qui acheva le travail de son lance-flamme, ouvrant un passage suffisamment grand pour qu’un adulte puisse y passer. Derrière, les ténèbres, et des ondes psychiques si violentes que le galarien sentait son esprit dériver, plus surexcité encore que sous la plus puissante des drogues.

« Je garde le passage ouvert. Volontaires, chargez, désintégrez-moi cette saleté de l’intérieur ! »

La médecin humaine partie en tête, rapidement suivie d’autres. Le Spectre recula pour sa part, préparant d’autres charges, observant le champ de bataille. Conséquence de la folie, de nombreux soldats gisaient, inanimés, peut-être morts. Il voulait pourtant les rejoindre, fuir cet antre qui submergeait son contrôle pour l’assaillir de douleurs. Les larmes aux yeux, il resta pourtant sur place, reprenant son travail de sape, les chairs étant parfois rouges de sang, parfois des murs blancs, parfois les deux. Il fallait que quelqu’un le fasse. Il fallait. Que quelqu’un. Le fasse.

Messages : 34

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   [Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Icon_minitimeMar 12 Fév 2019, 22:59
Les hallucinations dues à la fatigue, aux blessures, au stress et à l’adrénaline n’étaient pas inhabituelles. Un guerrier endurci qui perd les pédales n’est pas une vision d’une rareté incroyable sur un champ de bataille, surtout lorsque l’on affronte un ennemi aussi terrifiant que l’Énergie Noire. Par conséquent, les mots d’Urdnot Ante avaient paru vides de sens à Amnatiss. Un cri d’espoir comme un autre, un soldat qui découvre qu’il a encore la possibilité de s’accrocher à la vie. Il lui devrait quand même quelques explications là dessus, si les deux survivaient à Chasca.

Depuis que Zaroth s’était révélé, on parlait d’hallucinations d’une toute autre catégorie. Sa voix vrillait les tympans comme un bombardement, une tempête d’épines au fond du crâne, des ogives éclatant le long des os, et à ce phénomène se greffaient des ennemis bien plus tangibles. Des mâchoires, des dents, des griffes, des tentacules, de cruels appendices violents et immondes qui, sous les yeux d’Amnatiss, attrapèrent un soldat et firent sauter sa tête hors de son corps. Elle n’avait même pas eu le temps de réagir.

Le colonel McKnight et d’autres soldats de l’UCIP étaient en train d’être étouffés par Zaroth. Par un inexpliqué miracle, Gallagher était encore saine d’esprit et, bien qu’elle devait lutter pour respirer convenablement, elle se sentait encore en possession de ses capacités. Elle utilisa ses pouvoirs biotiques pour offrir une marge de manœuvre à ceux qui subissaient ces contritions. Ils devraient faire le reste eux même, elle était trop faible pour sauver autant de personnes en même temps. Bien entendu, ils restaient avant tout l’élite de la galaxie, et ils étaient capable, grâce à ce coup de pouce, de s’en tirer sans trop de dommages pour la plupart. Les armures avaient pris un coup ; pas les hommes.

Puis Amnatiss compris pourquoi elle avait si bien tenu, comparé à certains autres combattants qu’elle voyait. Zaroth n’avait pas encore tourné son appétit vers elle. Lorsqu’il le fit, elle s’écroula immédiatement au sol, abattue par la puissance psychique du temple. Elle hurla, lâcha son arme, tenta en vain d’arracher son casque, cria à s’en brûler les poumons...

Et se releva. Deux doigts se portèrent à la visière de son casque. Elle était brisée, éclatée, l’impact de la balle était encore visible. La visière également. Elle voyait très mal. En touchant son visage, elle découvrit que son œil gauche était recouvert de sang. Son œil droit n’était une bouillie infâme, un magma purulent. La douleur lui vint d’un coup. Hurler, de nouveau, était sa seule arme. Elle fit tomber son casque, et regarda autour d’elle. Elle était de nouveau dans le vallon. Le piège. Athame. Les moissonnés étaient là, autour d’elle. Ses troupes gisaient à ses pieds. Le cadavre d’une Asari carbonisée fumait encore à quelques encablures sur sa droite. Hugues Tatcher, un de ses plus proches amis, était empalé sur un arbre tombé en travers de leur tranchée de fortune. Une brute s’acharnait sur son corps. Son regard livide fixait Amnatiss. Un cri, un second, puis aigu que celui de l’Humaine. Un cri porteur d’une souffrance indicible, celle d’une Asari transformée par les pouvoirs des moissonneurs, celle qu’elle causerait à son tour, en leur noms. Athame…

Non !

Athame, c’est de l’histoire ancienne !

C’est faux !

Tout ça est arrivé.

Il a raison…

Mourir là bas, c’était possible. Ça aurait été plus simple.

La bonne blague. Qui aurait annoncé les mort aux familles ? Qui aurait ramené les dogtags ? Qui aurait été là, aux enterrements ? Sans Amnatiss, il n’y aurait pas eu d’enterrement.

Il n’y aurait pas eu d’échec. Pas de mauvaise tactique. Pas d’indécision. Pas de choix catastrophique.

Ils seraient en vie.

Non !

Ils seraient tous morts. Il méritaient la mort. Une bande d’incapable. Des bons à rien. Pas à la hauteur de leur chef. Elle faisait tout pour eux, ils n’étaient même pas foutu de tuer du moissonné convenablement.

C’est faux !

Elle les aimaient tous comme des frères et des sœurs, certain comme des enfants. Leur mort l’avait plongé dans le désespoir, elle avait passé le reste de la guerre sur un lit d’hôpital.

Elle s’assit sur une souche renversée. Elle toucha son œil mort. Il n’était plus là, ça n’était plus qu’un abcès de chair nécrosée et de pus. Elle enfonça son doigt dans la plaie. La douleur ferait oublier la douleur. Elle se sentait mourir et cela dessinait un sourire sur ses lèvres. La furie la fixait d’un air lugubre et patient. Elle était immense, une colonne de muscles noueux et endoloris, qui pulsaient d’énergie à chaque pas. Les créatures derrière elle semblaient s’étendre à perte de vue. Ils n’avaient pas de nombre. Il était aussi large que la galaxie. Ils étaient partout. Mais la furie n’était pas la seule femme immense ce jour là, sur Athame. Il y avait Amnatiss. Sa grandeur venait de sa résolution. Sa puissance, de son abnégation. Son énergie, de sa volonté. Son courage, de sa capacité à faire usage de synonymes.

Car il fallait combattre les pensées par les pensées. Une attaque psychique n’est rien d’autre qu’un dysfonctionnement mental. Il fallait récupérer les contrôles de la machine. Se forcer à penser. A ceux que l’on peut encore protéger. Intérieurement, elle se répéta leurs noms. Ilyès Adjib Gallagher. Gilles Crossfin. Carole Windsor. Mélanie Donnel. Aller, même Salvidenius. Urdnot Ante.

« Urdnot Ante ! »

Urdnot Ante.

Dans son hallucination, elle avait hurlé. Aucun moyen de savoir si ses mots avaient dépassé son subconscient. Elle aurait aimé que ça soit le cas, ç’aurait été une preuve qu’elle reprenait le contrôle de son corps. Qu’est ce qui pouvait bien se passer, là bas, sur Chasca, alors qu’elle était encore ici, sur Athame ? Peut être en avait-elle tué une paire, haha. Elle ne devrait pas en rire. Non sérieusement, ça n’était pas le moment.

« Qui est ce Krogan ? demanda l’Asari mutée d’une voix crépitante et nerveuse.
- Mon prisonnier.
- Pourquoi penser à lui ici, dans ce cimetière ?
- Il livre un combat qu’il a déjà gagné par le passé. Il connaît la voie hors de la corruption. Il peut m’y guider.
- Tu es déjà morte une fois ici. Personne ne pourra te guider hors de ce lieu.
- C’est vrai. Par chance, ça n’était pas ma première mort. »

Amnatiss posa les genoux aux sols, quittant sa souche. Ilyès Adjib Gallagher. Gilles Crossfin. Carole Windsor. Mélanie Donnel. Taurus Salvidenius. Urdnot Ante. Alors qu’elle pensait à eux, Zaroth gagnait le contrôle de ses souvenirs les concernant. Les cadavres de son équipe, autour d’elle, se muaient lentement, métamorphosés en autant de Carole ou de Gilles.

« Ils mourront à leur tour. Aria ne peut être arrêtée.
- Nous vous avons arrêté vous, pourtant.
- Ah bon ? Je ne me rappelle pas t’avoir vu m’arrêter, lorsque je tuais tes hommes.
- La guerre est terminée, et vous n’êtes plus là.
- N’as-tu pas passé la guerre entre les murs d’un hôpital, sur la Citadelle ? Quelle héroïne tu fais !
- Je ne pouvais plus me battre, admis la lieutenant.
- Tu ne te battais plus.
- Tu as raison.
- Je peux finir ça maintenant, tout de suite.
- Ah ! Si seulement c’était possible, je te laisserai faire.
- Ramasse ton arme. Ce sera rapide.
- Tu vois ? Tu ne peux pas le faire. Je dois le faire pour toi. Nous sommes dans mon crâne. Ma prison. Mon enfer. Si je veux finir les choses, je dois le faire moi même. A la force de mes poings, j’ai arrêté la moisson. J’arrêterai l’Énergie Noire.
- Depuis ta chambre d’hôpital ?
- Sur le front, depuis le temple, entourée d’alliés.
- Tu ne sais rien faire seule.
- Je n’ai pas besoin d’être seule.
- Tu l’es, pourtant.
- Ici seulement. Quand je me réveillerai, ils seront là, autour de moi, et auront besoin d’une biotique pour les protéger.
- Une biotique ? Tu n’es qu’une parodie de soldate. Une mascarade. Une sportive qui veut jouer dans la cour des grands. Une enfant.
- J’étais meilleure biotique enfant que tu ne l’a été de toute ta vie, furie. »


Noir.
Le noir complet.
La solitude.
Un flash blanc.


Le sac se relève, découvrant les yeux d’Amnatiss. Les deux yeux d’Amnatiss. Au dessus de son œil droit, des cheveux noirs et sales tombaient. Elle ne se souvenait plus d’une époque où elle possédait deux vrais yeux. Une époque où sa crinière n’était pas blanche, là était un véritable mystère pour elle. Elle pouvait contrôler son esprit. Le forcer à penser d’une certaine manière. Mais sous ses yeux, les souvenirs qu’elle voyait déroulés… Ils auraient du être effacés par le traumatisme. Ils n’avaient été que refoulés. Les Butariens. Leurs affreuses narines. Leurs armes. Leur gestes brusques et violents, leurs coups de poings, de bottes, de genoux. Les insultes, les maltraitances, la numérotation. Le minuscule cagibi dans lequel l’anglaise était enfermée. Amnatiss sourit. Elle était déjà morte ici une fois, lors du raid skyllien. Pourtant, elle avait réussi à se battre jusqu’à Athame. En quoi Chasca serait différente ? Comment avait-elle émergée victorieuse, ce jour là, du haut de ses neufs ans ? A la force de ses poings. Comme toujours.

Après tout, la lieutenant n’avait pas besoin d’armes. Elle n’avait pas besoin d’alliés. Elle n’avait même pas besoin d’être en pleine possession de ses moyens. Si elle pouvait se concentrer ne serait-ce qu’un tout petit peu, elle le sentirait, à l’extrémité de ses doigts… Son pouvoir… La survie au bout des poings. Ses ongles s’étaient brisés, et la peau en dessous se déchiraient et saignait abondamment, à force de gratter la porte verrouillée du cagibi. Elle ne parvenait pas à faire appel son pouvoir. Comment avait-elle fait, là, sur la lune de Joppa, pour déchaîner cette tempête de puissance ? Elle ne l’avait jamais revu depuis. Une puissance brute, violente, mortelle, un coup de tonnerre, un volcan. Un animal sauvage, qui n’avait jamais connu de maître ni de limites.

Telle était sa puissance à l’époque.

Indomptable.


La lieutenant de l’UCIP Amnatiss Adjib Gallagher sourit. Rien n’avait changé depuis Joppa.

Il n’y a ni maître, ni limite.


Seulement la puissance.
Brute, violente, mortelle.


Un coup de tonnerre.

Un volcan.

Un animal sauvage.


Elle ouvrit les yeux. Le temple. Zaroth. L’arme d’Aria. Elle souffla sur sa mèche blanche. Elle sourit. Elle était en vie. C’était pas gagné d’avance.

« DEBOUT ! Regroupez-vous en trio ! Surveillez-vous, protégez vous, neutralisez ceux qui succombent ! »

La voix saine d’esprit du Galarien. Leur chef était encore debout. Coupez la tête, disait l’adage. A l’inverse, tant que la tête tenait, le corps pouvait suivre. Amnatiss n’abandonnerait pas Bynare. Elle décevait souvent ses supérieurs, mais certainement pas parce qu’elle refusait de se battre. Avec un hurlement qui lui servait à canaliser sa rage, elle plaça un pied devant l’autre, et continua jusqu’à arriver à l’entrée du temple. Elle devait rester ouverte, et elle le resterait aussi longtemps qu’il faudra. Elle aboya des ordres, et un soldat l’aida à pénétrer à l’intérieur. Tenir debout était douloureux. Mais c’est normal, elle n’était pas une randonneuse. Elle était une biotique.

Plusieurs combattants tentaient de suivre la colonel McKnight, mais tous étaient attaqués par les appendices de Zaroth, voir par des alliés. Sans aucun contrôle, l’élysienne senti sa main sortir une arme de poing et viser le spectre Galarien. Immédiatement, un combattant lui asséna un coup de crosse, et le projectile toucha la paroi. Amnatiss ne devait pas seulement protéger le régiment des ennemis, elle devait aussi le protéger d’elle même. Et il était possible de faire d’une pierre deux coups. Sous son ordre, la drogue s’injecta dans son système.

Le pouvoir affluait. La concentration, la lucidité, la puissance. Elle fit un signe au soldat qui l’avait arrêté, montra qu’elle était désarmée, se releva, puis compris de qui il s’agissait. Ravi Vertax, la Turienne. Elle aussi avait récupéré le contrôle. Tant mieux. Si elle cédait, peu survivraient. Amnatiss n’était pas capable d’articuler un merci, mais elle pouvait faire bien mieux. Tendant les bras, elle concentra ses capacités biotiques, et une barrière se dressa autour d’elle. Elle grandissait à vue d’œil, et bientôt léchait les murs. Les combattants la traversaient sans problème, mais les griffes et les tentacules de Zaroth ne parvenaient pas à la franchir. Tous les efforts de la lieutenant étaient dédiés à protéger cette ouverture, son esprit tout entier concentrait ses pouvoirs contre l’entité monstrueuse à l’origine de l’Énergie Noire. Chaque tentacule qui cherchait à émerger devait se confronter à la bulle d’énergie parcourue d’arcs bleutés. Les appendices qui parvenaient à traverser, elle vit des soldats les abattre au fusil à pompe ou les trancher avec leurs omnilame.

Elle pouvait tenir Zaroth. Pourrait-elle tenir les autres, désormais ? Plusieurs membres de l’UCIP, à l’intérieur de la bulle, se battaient contre les leurs. Savoir qui était dans quel camp était compliqué, mais le stratagème d’Abbadon permis d’en identifier quelques uns. Même ce système avait ses défauts, car certain s’étaient réveillés après que l’ordre ait été relayé, ou étaient coupés des communications par les voix dans leur crane. Seulement, ceux là ne tiraient pas sur tout le monde. C’était un début. Les yeux presque clos par la douleur et l’effort, Gallagher vit l’Asari qui avait partagé son M80 à l’intérieur de la bulle biotique. Elle préparait quelque chose. A l’ampleur des vibrations qui parcouraient ses bras, la militaire parvint à deviner une déchirure. Elle traça un itinéraire mentale pour celle ci, son cerveau marchant bien plus vite que ce qu’elle espérait. Elle visait Abbadon, qui, occupé à saper la porte, ne pouvait se dédier à se protéger lui même.

Elle chargea l’Asari. Son esprit était concentré à maintenir la barrière, mais la mémoire musculaire parlait pour son corps. Les drogues se consumaient à une vitesse incroyable à cause de l’activité mentale d’Amnatiss et de Zaroth, aussi elle devrait la neutraliser le plus vite possible. Sans réfléchir, elle attrapa son bras et, d’un coup de poing sec et amplifié par la biotique, le brisa au niveau du coude. La douleur ne réveilla pas la chasseresse de sa transe, bien au contraire. Comme Amnatiss, l’influence de Zaroth la rendait plus violente qu’à l’accoutumée, et elle se livrèrent à un brutal corps à corps. Augmentées par leurs pouvoirs biotiques, leurs attaques atteignaient souvent leur adversaire, qui ne dédiait que peu d’effort à esquiver. Il fallait faire plier l’autre avant de plier, c’était la seule voie possible. Mais l’Asari avait un objectif second, celui de tuer Abbadon. Sur le tard, l’ex-catheuse réalisait qu’elle même l’avait pris pour cible il y avait à peine plus de quelques minutes, impliquant un véritable souhait de la part du temple de le voir mourir. Il s’attaquait à celui qui lui avait fait du tort.

Deux soldats attrapèrent l’Asari par derrière, mais par une puissante impulsion, elle les repoussa immédiatement. Elle avait une cible et était bien décidée à l’achever. Elle jeta une onde de choc en direction du Galarien. Amnatiss s’interposa, et encaissa le coup avec ses avant bras. Une seconde attaque suivit, puis une troisième. Le scanner tactique indiquait toutes les données que la britannique souhaitait savoir. L’intégrité de l’armure tiendrait suffisamment d’ondes de choc. La durée estimée des drogues arrivait bientôt à son terme, entraînant probablement le contre coup qu’elle espérait. L’énergie dégagée par son adversaire atteignait des seuils critiques, qui l’empêcheraient de continuer, surtout avec un seul bras. Tant qu’Amnatiss restait debout et concentrée, la barrière tiendrait, le couloir resterait protégé et Abbadon survivrait à cette Asari.

Comme prévu, les effets des drogues s’apaisèrent brusquement. L’esprit affaibli d’Amnatiss chavira. Une nouvelle onde de choc la percuta de plein fouet alors qu’elle baissait lamentablement les bras. Elle fut projetée hors du temple, et en dévala les marches. Elle roula pathétiquement sur plusieurs dizaines de mètres, emportée par le choc biotique. Mais son plan avait fonctionné. Suffisamment de troupes étaient passées. La chasseresse avait pu être maîtrisée avant qu’elle n’atteigne le spectre. Et surtout, l’utilisation excessive des pouvoirs, la douleur et le contrecoup des drogues avait eu l’effet escompté : Amnatiss elle même était hors d’état de nuire. Elle sombra dans l’inconscience, satisfaite d’avoir réussi à s’épuiser avant de perdre le contrôle.

Quand son esprit se clos, la voix de la furie se tut à son tour.
Audrey Bayard
Voir le profil de l'utilisateur

Personnage RP
Faction : UCIP
Rang : Lieutenant-Commandant
Membre
Messages : 186

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   [Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Icon_minitimeMer 13 Fév 2019, 14:16
Audrey était au sol, les mains plaquées sur le casque. Elle criait de désespoir et de douleur face à la vision qui s'offrait à elle. Odin se faisait massacrer en direct. Et la française n’était pas simple spectatrice de cette boucherie, elle en était responsable. Transportée dans la tête d'une ombre, l'humaine voyait des soldats de l'UCIP fuir devant elle et ses semblables. C'était une débâcle. Mais ce n'était pas la guerre, simplement de la cruauté. Des bêtes féroces se jetant sur des hommes en déroute pour les exterminer jusqu'au dernier. La terrienne faisait tout pour ne pas assister à ça, mais elle n'avait aucun contrôle sur ce qui se passait. Elle avait beau tenter de se masquer les yeux, ordonner à son corps de cesser de courir après ces malheureux, rien n'y faisait. Si elle voyait à travers ses orbites, la jeune femme n'avait en revanche aucun pouvoir sur le monstre qu'elle incarnait.

Ce fut une communication radio qui libéra le lieutenant de l'emprise de cette vision. Quelqu'un hurlait dans l'oreillette. Le sol boueux et gluant de Chasca réapparut devant ses yeux. D'abord de façon brouillé, puis petit à petit de plus en plus nettement. La châtain distingua ses mains gantées plongées dans le mucus pour la maintenir. Un peu plus loin devant elle, son fusil d'assaut gisait, tombé là lorsque Bayard s'était effondrée. La combattante tendit une main vers son arme, mais une botte turienne vint se poser dessus. Redressant les yeux, elle se retrouva face à un canon à bout portant de son casque. C'est donc ainsi que cela se terminerait ? Abattue dans la gadoue comme un animal malade sur une planète morte ? L'ancienne du SSC n'avait même pas la volonté de s'opposer à son meurtrier. Et quand bien même elle l'aurait eu, dans sa position, elle n’aurait pas pu faire grand chose.

Elle songea à fermer les yeux, mais une petite voix résonna dans sa tête, lui hurlant de soutenir le regard de son assassin. Une réminiscence de son entraînement. On lui avait appris que certains n'osaient pas tirer sur une personne qui les fixait. Mais il était peu probable que ce soit le cas de ce piaf. Quand bien même, l'humaine l'observerait jusqu'au bout. Ce n'est pas parce qu'elle allait crever dans la fange qu'elle ne le ferait pas la tête haute ! Alors qu'elle s'attendait à entendre une détonation, ce fut en réalité un craquement suivi d'une impulsion électrique qui claquèrent. Le galarien, le spectre, venait de surgir de nulle part et de neutraliser le turien. Il passa ensuite derrière celle qu'il venait de sauver en hurlant des ordres à tout le groupe. L'humaine rampa jusqu'à son arme et la ramassa avant de se relever. Le combat continuait. Elle chercha une cible des yeux, mais ne parvint pas à comprendre ce qu'il se passait. Les conciliens semblaient tous se battre entre eux. Qu'est ce que c'était que ce merdier encore ?

Toujours plongée dans la perplexité, la militaire sentit soudain un tentacule s'enrouler autour de sa taille, avant de se faire violemment tirer en arrière. Elle survola le champ de bataille en hurlant, serpentant au gré des mouvements de l'excroissance, avant de finalement disparaître derrière un mur de mucus. Cette chose l'entraînait à l'intérieur et ce n'était certainement pas pour lui faire des câlins. Ou alors façon nippone. La châtain devait se libérer avant de se faire tuer, ou pire, transformer en monstre ! D'expérience, un pistolet n'avait pas la puissance de feu nécessaire pour sectionner un câble de cette épaisseur. Si on lui avait dit il y a 3 jours que se faire pendre par une IA lui servirait, l'humaine ne l'aurait pas cru. Son fusil à pompe était quant à lui inaccessible à cause de l'appendice enserré dessus. Ne restait donc plus que l'omnilame ou… les grenades. C'était risqué, mais cette saloperie n'apprécierait sans doute pas de se faire cramer les ventouses. L'officier attrapa une de ses bombes, la dégoupilla et… l'échappa lors d'une secousse brutale. Elle la vit s'écraser au sol dans une gerbe incandescente. Merde !

La concilienne s'assura d'avoir son dernier cylindre bien en main cette fois-ci. Prenant son temps avant de retirer la cheville, elle inspira un grand coup et lança le projectile. L’excroissance prit feu et commença à se tortiller dans tous les sens et à cogner contre les paroi les plus proches pour tenter de s'éteindre. Seul bémol, elle n’avait pas lâché sa proie. Celle-ci se retrouva donc ballotée dans toutes les directions, de droite à gauche et de haut en bas. Comme des montagnes russes, mais en pire. Finalement, alors qu’Audrey s’apprêtait à rendre son dernier repas dans son casque, la prise se desserra et la jeune femme se retrouva en chute libre. Cela ne dura guère, trois mètres, peut-être quatre. L’ancienne du SSC parvint à se réceptionner suffisamment bien pour ne rien se casser, en revanche elle sentit une violente douleur la lancer dans sa jambe gauche. Probablement une foulure. Cela risquait de la ralentir…

La gendarme se releva gauchement et sans aucune grâce. Le tentacule avait disparu, mais elle se retrouvait maintenant perdue au coeur du temple. Regardant autour d'elle, il s'avéra qu'elle se trouvait sur une plateforme intermédiaire. Plutôt une sorte de gros furoncle en réalité. Charmant… Elle ne voyait pas ce qu'il y avait en bas, mais il semblait en revanche y avoir une petite crête quelques mètres plus haut. La paroi ne semblait pas trop mauvaise et la distance n'avait rien d'impressionnant pour la grimpeuse. Elle avait fait des montagnes bien plus ardues dans sa jeunesse. D'un autre côté, elle n'avait pas une cheville potentiellement foulée à cette époque… Tant pis, elle ferait avec. En espérant qu'aucun appendice ne l'agresse pendant l'ascension.

L'escalade se déroula sans accroc. La sportive fut lente par rapport à ses standards, mais habituellement elle ne pratiquait pas son sport favori avec une jambe blessée, l'épuisement physique d'une opération militaire et la torture mentale d'une saloperie de corrompu géant. Atteignant la corniche, elle constata avec plaisir qu'elle arrivait sur une voie plus praticable à l'horizontale. Voilà qui allait lui faciliter les choses. Rester à décider dans quelle direction aller. Tant qu'à être à l'intérieur, autant essayer de trouver un point sensible pour y faire un maximum de dégâts. La jeune femme décida donc d'emprunter le couloir qui lui semblait le plus converger vers les profondeurs. Ayant perdu son arme principale lorsque l'excroissance l'avait attrapée, elle dégaina son fusil à pompe avant de se mettre en route. Ce n'est qu'après quelques pas boitillant que la voix de manifesta dans sa tête. Gutturale, grave et pourtant avec quelques sifflements stridents par moment. C'était la même que celle qui l'avait agressée à l'entrée.

Tu n'as rien à faire là. Regarde toi. Tu n'es qu'une mioche vagissante qui joue à la guerre. Tu n'as aucune idée de ce qui se joue ici !

Le lieutenant fit tout son possible pour ne pas prêter attention à ces insultes, ainsi qu'à celles qui suivirent. Plus elle progressait dans les entrailles de ce temple, et plus les aboiements se faisaient sonores. C'était sans doute signe qu'elle allait dans la bonne direction. Cependant, la migraine aussi se faisait de plus en plus violente, à tel point que la militaire ne pouvait plus se déplacer sans une main sur sa tempe. C'est alors qu'elle entendit des coups de feu droit devant elle. On se battait. Et si on se battait, ca voulait dire qu'il y avait des alliés ! La concilienne se précipita dans la direction des tirs et en trouva rapidement l'origine. Ce qu'elle vit était aussi inespéré qu'inconcevable. Sa meilleure amie se tenait là, à quelques mètres devant elle, en deux exemplaires. Et elle essayait de se tuer. Enfin, l'un des modèles essayait d'abattre l'autre.

Audrey n'arrivait plus à se concentrer ni à réfléchir, mais elle était presque sûre qu'il n'y avait qu'une seule Arcadia sur cette opération. L'une des deux qu'elle voyait était donc de trop. Mais laquelle ? Celle qui tirait, ou celle qui servait de cible à la première ? Impossible de rassembler ses pensées avec ce marteau qui tapait sans interruption dans son crâne. Cependant, dans ce qui ressembla à un éclair de lucidité, la française eu l'impression de se souvenir n'avoir jamais vu la toubib avec un fusil d'assaut durant cette mission. Mais pouvait-elle s'y fier ? Pouvait-elle jouer la vie de sa meilleure amie sur cette simple intuition ? Apparemment oui… La militaire leva son arme en direction de la tireur et lui expédia une volée. Il n'en fallut pas plus pour la neutraliser. Le sang gicla sur le mucus et la blonde qui faisait feu s'effondra mollement le long de la paroi. La châtain espérait vraiment ne pas s'être trompée… S'approchant lentement et prudemment du corps affalé, la jeune femme entendit une voix familière provenir de celle qui était toujours en vie.

- Audrey !

La médecin se précipita sur elle et la prit dans ses bras. La moins âgée des deux ne put s'empêcher de la serrer fort contre elle en réponse, pas plus qu'elle ne put se retenir de pleurer de soulagement. Sa sœur spirituelle était encore en vie, elle ne s'était pas trompée de cible. La colonel reprit contenance plus rapidement que sa subalterne, reculant de quelques pas là où la seconde aurait volontier fait durer ce câlin quelques minutes supplémentaires. Mais il était temps de repartir. La terrienne ramassa l'arme du cadavre, étant plus à l'aise avec un fusil d'assaut qu'un pompe. Le macchabée avait repris ses véritables traits. Il s'agissait d'un turien. Pauvre gars. Abattu par un tir allié après avoir perdu la raison. Le minimum à faire maintenant, c'était de s'assurer que sa mort ne soit pas vaine. Les discours démoralisants reprirent alors, en même temps que la marche.

- Tu ne voudrais pas changer de disque un peu !

Audrey ne prit conscience qu'elle avait parlé à voix haute que lorsque son amie se tourna vers elle, visiblement surprise par cette intervention agacée. Cela faisait plusieurs longue minutes qu'elles avançaient et le temple était toujours bloqué sur radio insulte FM. Cela devenait réellement usant. Sans compter la migraine qui continuait à progresser, à tel point qu'un tube entier de Doliprane n'aurait sans doute pas suffi à calmer la douleur. La française maugréa une explication, mais c'était inutile. La toubib comprit parfaitement à qui elle s'adressait. Nul doute qu'elle devait subir des agressions similaires depuis son entrée dans ce truc. Le duo se remit donc en marche, sans mot dire, gardant toute sa concentration sur le fait de mettre un pied devant l'autre et essayer de conserver un semblant de raison...

Et puis, les insinuations de Zaroth se firent plus vicieuses. Plus insidieuse. Plus sournoise. Il commença à essayer de persuader la terrienne que celle qui l'accompagnait se servait d'elle, qu'en réalité, elle la détestait et qu'elles n'avaient jamais été amies. Pour appuyer ses propos, le fourbe n'hésita pas à aller piocher dans les souvenirs de sa cible des morceaux choisis dans lesquels Arcadia se montrait colérique, froide ou distante. Mais il ne s'agissait que d'extraits sortis de leur contexte, et pour chacun d'eux, la terrienne pouvait au moins opposer deux excellents souvenirs en compagnie de la colonel. En vrac, elle se souvint d'une session de DDR plus ridicule qu'autre chose, une bataille d'eau épique, des fous rires autour d'une table de restaurant, une bataille d'oreillers se voulant vainement silencieuse et un bourrage de marshmallow dans une bouche pleine qui avait bien failli étouffer la blonde et faire littéralement mourir de rire celle qui en avait eu l'idée. Le diffamateur allait devoir faire mieux que ça s'il voulait les monter l'une contre l'autre. Beaucoup mieux.

Constatant que la subtilité et la perfidie ne fonctionnait pas, le sycophante opta pour une technique plus directe. Quand la ruse échouait, il restait toujours la force brute. Le maître des lieux commença à bombarder l’esprit de sa victime d’instructions lui ordonnant d’abattre la colonel. Accompagnant le tout de pensées violentes, il espérait bien faire perdre pied à son invitée et la faire sombrer dans une rage sanguinaire. C’eut été bien plus simple avec un krogan bien sûr, mais cette gamine n’avait pas assez de volonté pour lui résister éternellement de toute façon. Et même si elle parvenait à ignorer ses propositions assassines, elle finirait par s’épuiser et une prise de contrôle directe deviendrait possible. Ce n’était qu’une question de temps, mais Zaroth commençait à en manquer. C’est pourquoi il se mit à répéter en boucle d’un ton de plus en plus insistant un seul et même mots dans la tête de la châtain : “Tue”.

- La ferme, la ferme, LA FERME ! cria l’humaine en frappant son casque.
- Audrey ! Concentre toi sur ma voix... Ne le laisse pas te contrôler ! Nous y sommes presque. Je le sens. La voûte donne l'impression d'un sternum. On y est !

Les paroles du docteur n’apportèrent que peu de réconfort au lieutenant. C’est à peine si elle put percevoir sa voix derrière les aboiements et le brouhaha constant que lui imposait le temple. La française luttait pour garder le contrôle de son esprit, se sentant faiblir à chaque instant. Ses yeux ne voyaient déjà plus et elle n’avançait encore que parce qu’elle était devenu totalement incapable d’envoyer de nouveaux ordres à son corps. Ses oreilles cessèrent de percevoir l’extérieur à leur tour. Ce lieu impie gagnait peu à peu du terrain et enfermait sa proie dans un cocon virtuel où tout ce qu’elle pourrait discerner serait ce qu’il lui imposerait. Et il venait justement de trouver ce qu’il cherchait depuis le début, la dernière étincelle à laquelle se raccrochait son gibier pour continuer à avancer. La suite du spectacle promettait d’être grandiose. La corruption gagnerait bientôt une nouvelle marionnette.

- Arcadia, fais quelque chose je t'en supplie ! Pitié, je veux que ça s'arrête ! Qu'il sorte de ma tête ! Non ! NON ! Pas elles ! implora la terrienne en s’effondrant au sol.

Les corps sans vie et mutilés de la sœur et des nièces d'Audrey venaient d'apparaître devant ses yeux. Pure hallucination, fruit de la folie qui la gagnait peu à peu, elle n'en demeurait pas moins d'un réalisme saisissant, à tel point que l'humaine en avait oublié où elle se trouvait réellement. De son point de vue, elle était actuellement sur Eden Prime, devant les ruines fumantes de la maison d'Elise. Toute muette qu'elle était, la mère des deux petites avait néanmoins assez de voix pour lui faire porter la responsabilité d'une telle catastrophe, l'accusant de ne pas avoir été là. La cadette des sœurs Bayard accablait son aînée de reproches, la rendant plus ou moins coupable de la destruction totale de la galaxie en plus de celle de sa famille. La militaire succomba au chagrin et au désespoir, sa volonté brisée. Zaroth avait finalement réussi à faire mouche, la française était hors jeu.

Les visions s'arrêtèrent soudainement, presque aussi vite qu’elles avaient émergé, et l’intérieur de la forteresse reprit peu à peu forme devant les yeux du lieutenant. Toujours en proie à son affliction, celle-ci mit un moment à réaliser que c'était terminé, qu'elle n'avait été victime que d'un cauchemar. Un horrible cauchemar éveillé. La jeune femme eut besoin de plus de temps pour arrêter de sangloter, ces images d'un réalisme désarmant restant gravées dans son esprit. Elle ne se sentait plus la force de se relever. Mais son armure était d'un autre avis. La dose d'adrénaline que la soldat avait emportée s'injecta soudainement dans son sang, pour la pousser à se secouer. Vu l'état de la châtain cependant, cela suffit tout juste à la maintenir consciente et à lui donner la force de se redresser. Elle était loin d'être en état de repartir pour un marathon. Son corps aurait peut-être pu l'autoriser à courir quelques mètres, mais son mental ne le permettrait jamais lui.

A présent sur ses deux jambes, la gendarme aperçut son équipière vacillante. Dans un réflexe, la première parvint à se jeter poussivement vers la colonel pour la retenir et l'empêcher de s'effondrer sur le sol. La blonde ne tenait plus debout, complètement exténuée par ce qu'elle venait d'accomplir. Et qui pourrait l'en blâmer ? Son amie elle-même ne demeurait dressée que grâce aux substances que son armure lui avait injectées. Audrey plaça l'un des bras de la docteur sur ses épaules et l'aida à se traîner hors de la pièce. La seconde balbutia un remerciement auquel sa partenaire ne répondit pas vraiment. Elle ne pensait pas en mériter. Et elle était encore sous le choc, préoccupée par ses visions d'horreur. L'adrénaline l'avait aidé à récupérer certaines de ses facultés mentales les plus basiques, mais son esprit restait embrumé…

Alors qu'elle passait l'embrasure de la porte, l'ancienne du SSC s'arrêta. Et si ce truc n'était pas mort ? Et s'il venait à se relever ? À projeter d'autres atrocités ? La française ne voulait pas prendre ce risque. Elle assit donc Arcadia contre une paroi et lui demanda de rester éveillée le temps qu'elle revienne. Le lieutenant retourna dans l'antre de Zaroth. La pièce semblait morte, mais elle préférait s'en assurer. La militaire sortit l'une de ses charges de démolition et l'installa sur ce qui avait dû être le cœur de la créature. Restait le problème du détonateur. Les ondes radio ne passeraient sûrement pas depuis l'extérieur, il faudrait donc s'en remettre à un minuteur. Mais combien de temps ? Habituellement, une ou deux minutes auraient largement suffit pour s'enfuir, mais dans leur état… 5 minutes ? 10 ? Cela faisait long. Et plus la durée s'étirait, plus le risque d'une désactivation grandissait. Sa première estimation sembla finalement être le meilleur compromis pour avoir le temps de se mettre à l'abri sans risquer la neutralisation de l'explosif. Le lieutenant régla le décompte avant de retourner récupérer sa supérieure. Lui servant d'appui, elle la guida vers la sortie. Enfin, du moins, elle l'éloigna de cette salle dans une direction qui lui semblait pointer vers la sortie...

Quelques instants après, l'explosion retentit, faisant vibrer les couloirs. Les deux femmes avaient réussi à mettre suffisamment de distance entre elles et la charge pour ne pas être trop inquiétées, mais le souffle et les secousses parvinrent néanmoins jusqu'à elles. La plus jeune plaqua la quarantenaire à terre en se plaçant au dessus pour la protéger. Mais en dehors d'un gros courant d'air, rien ne vint les menacer. La châtain se releva donc une fois ce coup de vent passé et souleva son amie. Celle-ci avait de plus en plus de mal à tenir debout et se faisait donc de plus en plus lourde. Cependant Audrey devait la sortir de là. Elle lui devait bien ça. Pourtant, il devenait à chaque instant plus fastidieux de mettre un pied devant l'autre. Le stimulant se dissipait peu à peu et la fatigue, tant physique que mentale, gagnait du terrain. A chaque pas, la française craignait de ne pas pouvoir faire le suivant.

La première chute survint peu de temps après. Bayard trébucha, se rétamant lamentablement sur le sol avec sa partenaire. Après quelques secondes de halètement, elle parvint à se relever et à soulever Arcadia dans un effort surhumain. Cette dernière semblait avoir sombré dans l'inconscience, aussi la gendarme changea-t-elle de tactique pour la transporter. La toubib était à présent couchée sur les épaules de sa sœur spirituelle, qui se remit en marche péniblement. Elle devait continuer à avancer. Sortir de ce lieu maudit. Regagner la surface. Atteindre les secours. Plusieurs fois la châtain tituba, manquant de s'effondrer au sol. Si elle laissait le colonel ici, elle s'en sortirait probablement beaucoup plus facilement, mais c'était hors de question. Elles sortiraient ensembles ou pas du tout. Et le pas du tout semblait malheureusement favori…

A bout de force, la terrienne s'écroula au sol. Elle tenta de se redresser dans un ultime effort, mais ne parvint pas à dépasser la position à genoux. L'ancienne du SSC était exténuée. Ses jambes ne la portait plus. Ses yeux se fermaient tous seuls. Et la sortie lui paraissait encore si loin. L'humaine se demanda même si elle ne s'était pas perdue en errant au hasard des couloirs. Déposant sa charge en l'allongeant sur le dos, elle s'excusa auprès d'elle de ne pas avoir réussi à la sauver. S'effondrant à moitié sur le buste de la médecin, le lieutenant eut la présence d'esprit d'envoyer une ultime communication radio. Peut-être quelqu’un la recevrait-il. Peut-être pouvaient-elles encore être sauvées...

- Ici… Bayard… Lieutenant Bayard... Zaroth mort... Colonel McKnight avec moi… Besoin... médicaux… Évacuation...

Elle n'arrivait plus à formuler la moindre phrase correctement. Se souvenir de son propre nom lui avait déjà demandé un effort en soi, sans parler de son grade. Ce temple vivant lui avait grillé la cervelle. En espérant que ça ne soit que temporaire et non un effet permanent. Alors qu'elle s'abandonnait finalement aux ténèbres rassurantes et accueillantes de l'inconscience, Audrey entendit du mouvement accompagné de voix qui lui semblèrent familières. Quelqu'un criait les avoir trouvées. Lorsqu'on lui assura que l'on allait s’occuper d'elles, la jeune femme eut la force d'afficher un dernier sourire sous son casque, avant de totalement perdre connaissance.



Urdnot Ante
Voir le profil de l'utilisateur

Personnage RP
Faction : Clan Urdnot
Rang : Diplomate-Chef de Guerre
Membre
Messages : 107
Crédits : "Kronth" par Subzero-Ruykami

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   [Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Icon_minitimeJeu 14 Fév 2019, 11:27
Ante ouvrit les yeux et découvrit le plafond renforcé d'un véhicule de transport.
Il était allongé sur le dos, ses armes près de lui.
Ses blessures avaient en partie déjà guéries et son armure avait été re-scellée.
Avait-il dormit longtemps ?

Un fort sentiment de culpabilité le força à sauter sur ses pattes.
Il tenait debout sans faillir, c'était déjà ça, mais combien de personnes avaient péries entre temps ? Les combats faisaient-il toujours rage pendant que lui prenait le luxe de se reposer ?
Il alla frapper contre la paroi de la cabine pour alerter le pilote.

-Depuis combien de temps je suis out ?

-A peine 10minutes... Monsieur. Vous êtes apte à retourner au combat ?


-Ça devrait le faire oui, je crois que suis officiellement le plus gros prédateur de cette planète depuis peu. Je vais pas me permettre de traîner derrière.

-On va vous déposer au plus près alors. Le reste de Thor reste en arrière.


Après quelques minutes de trajet, la voix du pilote s'adressa à nouveau à Ante :

-On vient de pénétrer dans le périmètre du Temple et... Qu'est-ce que... GLARGH !


Du bruit et de l'agitation ébranlèrent le véhicule. Sentant un danger imminent, le Krogan essaya de déverrouiller le sas pour aider, mais la porte lui opposa un refus catégorique. Il se précipita alors vers celle menant vers l'extérieur, saisissant son équipement au passage.
Un coup de feu retentit dans le poste de pilotage et le véhicule fit une embardée et accéléra.
Ante fit sauter la porte et s'éjecta juste avant que le char ne s'écrase contre une paroi de chair tuméfiée.
Le Diplomate constata avec dégout l'ampleur des dégâts.
Dans sa course folle, les roues du tank avaient écrasées une poignée de soldats infortunés.
Un énorme bruit de succion résonna derrière Ante, alors que le blindé se faisait aspirer à l'intérieur de la structure vivante.

Oui d'ailleurs, parlons-en. De "Ça".
Ante pouvait déjà rayer la mention : "plus gros prédateur de la planète" sur son CV.
Pris de tremblements, le Temple prenait vie tout autour de la force d'attaque. Qui devenait force de casse-croûte.

-On en a vraiment pas finit avec les saloperies sur cette planète...


Ante tenta de repérer les têtes connues dans la mêlée.
La panique et l'horreur étaient devenues les seuls mots d'ordres.
Un frisson lui agita l'échine lorsqu'il aperçu Gallagher au devant de son unité biotique. Des éclats de souvenirs embarrassants lui revinrent, et en même temps il fut très heureux de la savoir toujours en vie.

Mais l'urgence de la situation reprit vite le dessus sur ses états d'âme.
Un peu plus loin les deux Spectres menaient une résistance acharnées contre les attaquants tentaculaires. Ante suivit leur exemple, tirant et tranchant à tout va, alternant armes et positions dans son bras valide.

La douleur avait disparu en revanche, tout son corps bougeait avec un certain engourdissement, contre coup de la journée d'enfer qu'il avait passé.
Profitant de cet état de faiblesse, un Turien se jeta sur lui, frappant sa carapace avec le cul de son fusil.
Ante ne comprit pas tout de suite se qui se passait, ne pouvant justifier cette agression spontanée et forcenée.
Si elle ne présentait pas beaucoup de danger pour le saurien, elle n'en était pas moins troublante !

Après avoir envoyé bouler le soldat au loin d'un revers du plat de sa lame, Ante le vit se redresser et foncer sur une cible plus proche en hurlant.
Et avant que le Diplomate ne puisse assimiler ce revirement de situation, la voix s'empara de lui, il prit l'attaque psychique de plein fouet.

Au fond de lui la rage de sang monta en force, sa vision se troubla de plusieurs teintes de rouge et des flashs de situations critiques lui parvinrent, réveillant son instinct le plus brutal. Des bulles de rage naissèrent à la commissures de ses lèvres. Les soldats comme les appendices devenaient flous, se confondaient.
Ante préféra s'évanouir que d'y céder.



Des dunes de sables noircies, bourgeonnantes de tentacules rampantes, recouvraient Tuchanka.
Il n'y avait plus rien.
La cité-capitale avait été ensevelis.
Dans le ciel, la pâleur d'Aralakh semblait aspirer toutes les couleurs de la planète.
L'étoile elle-même mourrait.

Il n'y avait que morts et désolation autour d'un minuscule Ante.
Le Diplomate n'était qu'un nouveau né balbutiant, tout juste sortit de sa coquille.

Il avait froid.
On avait pas froid sur Tuchanka....

Le bébé krogan rampa sur quelques mètres, à la recherche d'un peu de chaleur. Mais le sable épais était glacé sous ses petites pattes.

-Tiens, c'est là que tu te trouves.

Une voix puissante résonna sous son embryon de plaque.
Surpris, le petit Ante tenta de se redresser. Son équilibre était encore précaire et il bascula en bas d'une dune. Un objet dur arrêta sa chute.
Il aurait dû gazouiller de rire devant ses galipettes.

Mais il était seul et il avait froid.

-Seul ? Non, je suis là moi !


Les Krogans ne pleurait pas, même quand leur naissance mettait fin à la vie de leur mère.
Pourtant, la violence fit couler des larmes et de la morve sur le visage d'Ante.

-Oh ! Aurais-tu peur ? Me craindrais-tu ? Tant mieux.

Cette voix l'oppressait, le faisait frisonner.
Prenant appui sur l'objet pas plus grand que lui pour se redresser, Ante se dressa et poussa un cri vacillant, aigu, pas ce que se fait de plus impressionnant.
Mais c'était une première rébellion, un premier pas.

-Pas mal, mais tu pourrais faire tellement plus.

Une ombre écrasa le minuscule Ante, masquant la triste lumière de l'étoile. Devant lui se tenait un immense Krogan, nimbé d'énergie et bien plus que familier.

-Tout ce qui est, tout ce qui sera, finira comme ça. Regarde par là !

De son large doigt il désigna une forme gigantesque au loin.
Un squelette immense se desséchait, des bouts de chair gros comme des vaisseaux pourrissaient sur la carcasse.

-On a finit par l'avoir cette sale pute. La plus grosse et la dernière forme de vie de la planète.


Le regard du bébé se perdit dans l'énorme orbite vide d'un œil.

-Tu servais Aria avant...

Ante tourna son visage poupon vers son interlocuteur. Il ne parvint plus à contenir ses tremblements de terreurs.
La version du Ante qui le dominait était terrifiante. Son armure de guerre ruisselait de sang et des vagues d'énergies noires tressautaient autour de lui.

-Tu pourrais la servir à nouveau. Elle nous rendrait puissant, tellement puissant !

Du sang coula des orifices du visage du géant.

-Tu te rappelle ce sentiment qu'on avait quand on était sous Minagen ? Cette puissance, cette invincibilité ? On pensait pouvoir soulever des montagnes, rien ne nous aurait arrêter !

Ante convulsait comme une feuille face à ce gros monstre qui se mit à lui hurler dessus et à gesticuler.
Et plus ce dernier se déplaçait et plus le sol autour d'eux bougeait avec lui.

-ON PEUT RÉCUPÉRER TOUT CELA ! ET PLUS ENCORE ! TUCHANKA, LA CITADELLE, SUR'KESH MÊME ! TOUT !



L'autre était penché au dessus de lui, souriant. Du même sourire jovial qu'affichait souvent le Diplomate, mais les dents que ses lèvres retroussées dévoilaient étaient énormes, tordues et toutes en pointes.
Ante aurait voulu reculer, s'enfuit sur ses petites pattes mais son support le bloquait.

Il se retourna à la fois pour voir ce que c'était mais surtout pour fuir la vision cauchemardesque.
C'était un crâne de Krogan. Et une épaisse cicatrice striait sa plaque.
Ante se détourna.

-Tu n'as pas besoin de lui non plus. Prends le pouvoir que je t'offre, et tu mèneras les Krogans vers une gloire jamais atteinte par aucune autre race !


Quelque chose cliqua alors dans l'esprit du petit krogan.
Des rêves de puissance et de gloire, qui y aurait été insensible ?

Quelqu'un qui y avait déjà goutté, que ces rêves avaient détruit.

Autour du nouveau né le sable se réchauffa.

-Alors c'est toi ?

Son double écarquilla les yeux, il ne s'attendait pas à une opposition.

-C'est toi qui me maintien en vie ? Mon vaccin contre la corruption ?

-Oh, je suis bien plus que ça, j'étais là...

-Je sais, le coupa le minus, plus à l'aise. Il prit même le luxe de jouer avec ses pieds. Tu es un vestige, un déchet de ce que j'ai été il y a longtemps.

-Un déchet ?!


-Oui. Ronronna Ante. Un fantôme du passé. Ca ne m'étonne pas que tu ais céder à la corruption, tu es si faible.

Il avait presque l'air désolé pour le Ante corrompu, qui lui écumait.

--JE NE SUIS PAS FAIBLE !

-Si

-C'est toi qui es faible ! Seul ici, misérable, fragile !

-C'est celui qui dit qui est !

-JE SUIS LE DÉVOREUR DE MONDE, UN DESTRUCTEUR INVINCIBLE !

-Nan, tu es à peine un suceur de moelle, un charognard. Tu n'as plus rien.


L'autre enragea, il allait se jeter à la gorge de son fragile tourmenteur, mais ce dernier saisit le crâne dans son dos et le jeta à la figure de son adversaire.

-Tiens, t'as le bonjour de Wrex.

Le bébé se releva, commença à grandir. Il reprenait du poil de la bête, regagnait du terrain sur le monstre dominateur.

-Tu es celui qui ne vit pour rien, le parasite, le déchet sous l'influence d'une drogue, le minagen ou la corruption. Ta force ne t'appartient pas, pas plus que ta rage. Tu n'es pas digne à tuer.


Le Ante corrompu éclata de colère et se jeta à nouveau sur le nourrisson.
Mais l y avait eu du changement, de l'évolution. C'est un adulte en pleine puissance qui lui fit face.
Le monstre fut stoppé net et repoussé.
Les deux combattants échangèrent une volée de coups. Les plaques s'entrechoquèrent, les dents s'enfoncèrent dans les chairs épaisses et les poings claquèrent contre les protections naturelles.
La duel laissait entrevoir la domination du corrompu, malgré tous les efforts d'Ante pour lui échapper.
Si les coups ne suffisaient pas, l'impact de ses mots semblaient tout fois fragiliser l'autre et puis il avait tout le poids de ses souvenirs, de ses expériences. Il savait que l'autre Krogan n'avait rien de tout ça, il avait tout sacrifié dans sa cause folle, tout oublier pour ne pas s'encombrer.
Mais dans cet espace quasi onirique, le mental jouait autant que la force brute.
Peu à peu Ante reprit le contrôle et retourna la situation à son avantage.
Après un violent coup d'épaule, l'autre finit par s'effondrer dans le sable.
Ante s'avança vers lui, son regard plein de pitié.

-On reparle de ta toute puissance ? Esbroufe ! Esbroufe ! Esbroufe !


Là où le Diplomate marchait, la vie reprenait ses droits.
Le sable se teinta de vert et des pousses en sortir sous ses pas.
Derrière lui, son espoir avait fait jaillir une véritable jungle pleine de vie.

-Tu es vide.

Et d'un coup de poing Ante fit taire son alter-égo.
Le corps difforme de l'autre explosa et donna naissance à un nouveau ridicule Krogan gémissant. Un petit être biscornu et braillard.
Ante le saisit par la peau du cou et le pris sous son bras.

-Aller, tu vas rester à ta place bien sagement, et tu auras le droit de mordre de temps en temps. On laisse le passé derrière nous, on sort d'ici et on avance ça marche ? On va punir ceux qui t'ont mis dans cet état...



Ante ouvrit les yeux.
Le chaos autour de lui n'avait pas bougé, les soldats s’entre-tuaient au milieu d'un marécage de chair. Des formes repoussantes dansaient autour d'eux, les faisant disparaître dans des bouches encore plus ignobles.
Néanmoins, ces horreurs n'affectaient pas beaucoup un être qui venait de voir la destruction de sa planète.
La chose qui avait tentée de pénétrer son esprit avait commis une erreur. En le forçant à affronter son pire cauchemar, il l'avait aussi rendu plus fort. Si Zaroth voulait à nouveau s'occuper de lui, il lui faudrait beaucoup d'imagination pour le perturber.
Levant son épée bien au dessus de sa tête, Ante poussa une clameur tonitruante, pour chasser les dernières brides de confusions qui lui collaient aux pattes et pour rallier son énergie combative.
S'il était toujours affaiblie par son combat contre l'élu Krogan, son moral était en hausse et son armure scellée devrait lui éviter une autre crise de délire. Il ne se laisserait pas arrêter.

Au loin il repéra à nouveau Abbadon. Le chef d'escouade ralliait ses troupes, s'efforçant de creuser et de protéger une ligne autour d'une brèche dans la chose.
Quelqu'un devait être entrain de s'y frayer un passage dans cette horreur pour la détruire, il fallait assurer ses arrières.
Faisant de son mieux pour mettre hors d'état de nuire sans tuer les soldats possédés qu'il croisaient sa route, Ante rejoignit la poche de résistance devant la faille. Les marches qui menaient au cœur du temple étaient recouvertes du même tapis spongieux que le reste, mais un peu partout, des corps désarticulés, comme des pantins auxquels ont auraient coupés les fils, tentaient encore d'escalader.

Parmi cette foule désordonnée, une autre soldat en armure s’écroula du haut de la pente.
Ante reconnu sa belle, "humpf". Elle semblait en vie, mais complètement vidée, évanouie.
S'il devait sauver quelqu'un dans cette masse, ça devait bien être Amnatiss. Il rangea son épée dans son dos et attrapa le corps inanimée de la soldate, la tenant fermement contre lui et chargea de plus belle, jouant de son moignon et de son épaule pour écarter les gêneurs hostiles.
Arrivé au sommet, il se signala à l'escouade encore debout et reposa l'Humaine à l’abri près d'eux. Il ne voulait pas prendre le risque qu'elle se fasse elle aussi dévorer.
Son bras libre, il put reprendre ses armes et se mêla aux défenseurs.

Ante utilisait sa corpulence pour faire obstacle aux plus vindicatifs, offrant une barrière physique à Abbadon et à Amnatiss.
Un bras en plus lui aurait bien servit, le Krogan devait faire attention à chacun de ses coups, alternant entre soldats fous et appendices abominables. Malgré sa préoccupation, son handicap l'obligea plusieurs fois à mettre fin aux jours d'un des membre de l'UCIP trop dangereux.
Mais il fallait tenir la ligne. Les préoccupations morales viendraient plus tard.


Urdnot Ante, Krogan Diplomate.
Couleur de dialogue : #ff6600

Make Tuchanka Great Again !:
 



[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 1551201343-saint

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Xna4

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 1515799107-personnage-1
[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 1515799105-nouveau-3

Ravi Vertax
Voir le profil de l'utilisateur

Personnage RP
Faction : Conseil
Rang : Spectre
Hé Hé !
Messages : 415
Crédits : Relais.314 / moi

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   [Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Icon_minitimeDim 17 Fév 2019, 00:49
L'heure du jugement
L'immense cathédrale en était une au-delà de la raison ; un monstre de chairs noirâtres et difformes, un agglomérat impie dédié à la folie même. L'incarnation de la terrifiante incompréhension
Cette forme avait-elle été autre chose auparavant que cette déité monstrueuse ? Un être pensant au vu de son phrasé, une créature éduquée, voir même savante. Une personne pourvue de rêves qui n'avaient rien a voir avec les tentacules qu'il revêtait désormais ou avec cette boue visqueuse qui l'avait gobé tout entier.
Ou bien n'était ce qu'une création d'un esprit fou, un défi à la nature, un Esprit tordu et torturé transformé au bon vouloir de la Corruption ? A moins que la Corruption avait toujours été plus que de l'ezo modifié, avait toujours été une créature qui attendait patiemment son heure dans les tréfonds de la galaxie, guettant le moment pour agir et accomplir son œuvre.

Un nouveau Moissonneur avorté.

Quoiqu'il fût, sa simple présence révulsait le cœur et l'esprit. Parmi les soldats, certains étaient tombés a genoux en hurlant comme si leur peau venait d'être marquée au fer rouge. D'autres encore se tenaient debout, contemplant le ciel d'un air hagard, leur psyché ayant disparu dans quelque endroit innommable.
Certains luttaient encore, à l'instar de la Turienne.

Elle se tenait debout, bien que difficilement. Ses doigts crispés sur sa semi crête, elle tentait vainement de faire cesser le bourdonnement qui vrillait ses tympans. Une de ses jambes finit par se dérober et elle posa genoux a terre. Son cerveau en feu n'allait plus tenir longtemps, cédant petit à petite sous l'influence de la monstruosité.

- Prosternez vous mortels. Vous deviendrez ses esclaves et obéirez à sa volonté, gronda-t-il.

Et tout devint sombre.

Ce n'était pas l'obscurité de l'inconscience, se dit-elle, parce qu'elle arrivait toujours à penser. Ce n'était pas non plus comme si une chape d'ombre était venu recouvrir le monde à la manière d'une apocalypse.

Non.

La Spectre était trop seule au milieu des abysses, loin du bruit de ses compagnons qui s’égosillaient à peine une poignée de secondes plus tôt pour que ce soit le cas. C'est ainsi qu'elle aurait dû analyser les choses. Elle aurait dû savoir que c'était bien trop louche pour être réel, aurait dû croiser les bras par défi, attendre sur le qui vive. Garder la maîtrise de ses émotions, rester calme.

Elle ne le faisait pas.

Son corps refusait de lui obéir, préférant se recroqueviller partiellement sur lui. Et elle tremblait.
Une peur profonde, absurde, irrationnelle la secouait désormais.

L'obscurité n'était rien comparé à ce qu'elle sentait s'y tapir. Une présence maléfique, ancienne, insondable terrible.

Peur.

Elle avait peur.

Peur.

Peur.

Peur. Peur. Peur. Peur. Peur. Peur. Peur. Peur. Peur. Peur. Peur. Peur. Peur. Peur. Peur. Peur. Peur.Peur. Peur. Peur. Peur. Peur. Peur.Peur. Peur.Peur. Peur. Peur. Peur.

Il n'y avait aucune raison à cela, rien d'autres sous ses yeux que le vide le plus absolu. Alors pourquoi son cœur battait-il à s'en rompre, pourquoi son corps s'immobilisait, raide et que son cerveau submergé était incapable de prendre la moindre décision, tout juste bon à guetter d'où le danger pouvait venir sans savoir quoi faire ?

Ce n'était pas l'obscurité qui la terrifiait.

Et celui qui hantait les ténèbres le savait.

Aussi soudainement qu'était venu la nuit survint la lumière. Vive, brûlante : un feu dévorant aux couleurs rouges plutôt que d'une douce flamme blanche. Les abysses laissèrent place à l'horreur.
Devant elle s'étalaient des cadavres qui bleuissaient le sol de leur sang. Un sol tellement gorgé qu'il ne pouvait plus rien absorber, laissant des flaques azures à sa surface. Tellement de sang qu'on aurait pu s'y noyer, tellement de sang que son odeur saturait ses narines à lui en donner la nausée.

Ce n'était pas les simples cadavres de proches. Pas une quelconque scène de bataille. Pas un souvenir de guerre, pas une réminiscence des Moissonneurs.

C'était tout ça et bien plus à la fois.

Chacun des corps était des personnes que la Turienne avait connu. A à peine quelque pas d'elle gisait Latis, reconnaissable entre tous. Il portait son armure, celle qu'il avait revêtit comme à son habitude avant de partir en mission. Un trou la perçait au niveau du cœur. Sur le dos, il regardait un ciel que ses yeux gris n'avaient plus jamais vu depuis treize ans.
Rien que le revoir ainsi... Le cœur de la femme se serra.

Tout juste derrière lui, adossés les uns contre les autres, six membres des «Anciens» de la Neuvième gisaient là. Menir, Astat, Cleus, Ris, Amnum, Semper. Une portait sur son trace les profondes traces de griffures des Furies, un second n'était reconnaissable qu'à son armure, tant la Brute s'était acharné à le réduire en miette. Deux étaient criblés de balles, une presque dévorée ne tenait que parce que d'autres soutenait ce qui restait de son corps sans vie. Le dernier était le seul qui semblait dormir; le poison avait été autant rapide qu'efficace.
Ce n'étaient pas les seuls Cabales dans cette scène sordide : tant d'autres se trouvaient là, anciens amis de la 157ième Sections, mécaniciens, tech, médecins... Ils étaient mêlés à des Asaris, des Krogans, des Humains, tous compagnons de guerre, que ce fut durant l'attaque des Moissonneurs ou bien après. Tous portaient les marques de leur mort.

Certains visages n'auraient pas dû se trouver là. Watson, Ambuja, Aimy, Alec, Scipio, Aullius, Abbadon, Arcadia... Ils étaient vivants, pourquoi étaient-ils ici, déposés comme des poupées désarticulées ?

Seule Calida détonnait dans la scène. La mère de Ravi était assise sur un fauteuil, les bras croisés sur ses genoux, le menton posé sur sa poitrine. On aurait pu croire qu'elle se reposait. Les rapports parlaient pourtant d'explosion, d'ouvertures qui donnaient sur le vide... Rien qui n'aurait pu donner cette image si paisible, poétique et effrayante à la fois.

Ce n'était pas normal. C'était elle, le cœur de ce fantasme horrifique, l'incarnation de l'Esprit maléfique qui donnait forme à ce cauchemar.

Il fallait que la Spectre cesse de trembler, qu'elle se ressaisisse. Rien de tout cela n'était réel.

Ceux qui étaient morts l'étaient depuis longtemps. Son deuil avait déjà était fait. Elle ne craignait pas les défunts.
Même les horreurs tapis derrière leur trépas ne lui faisaient pas peur. Ils avaient pu être vaincus ! On avait cru que c'était impossible, mais c'était arrivé. Ils s'étaient révélés faillibles, mortels. Les Moissonneurs et leurs victimes ne lui faisait pas peur.

La vision des vivants allongés sur le sol la retournait; il ne s'agissait toutefois que d'une illusion. Un piège. Un très bon, certes, mais un piège tout de même.
La chose voulait lui triturer le crâne. Ils étaient encore en vie, encore que pour Abbadon, Arcadia et les autres, le doute était permis.
Mais pas les autres. Pas lui.

Lui...

Tib... il n'était nul part.

Deux bras vinrent l'enserrer par derrière ; le corps glacé d'Adrix se colla au sien. Ses mains étaient couvertes de sang, son cou aussi ; la source venait de l'entaille profonde qui marquait sa gorge.
La Spectre n'aurait pas pu se débattre, même si elle n'avait pas été paralysée. La poigne qui la tenait était pire qu'un étau.

- Tu n'as pas pu nous sauver. Pas un seul d'entre nous. Regarde... Regarde ce que tu nous as fais. Tu as été impuissante, susurra la chose qui semblait être Tiberius.

Impuissante... Impuissante... Impuissante...

Le mot se répéta dans un murmure parmi les cadavres. Désormais animés d'un semblant de vie, ils se redressaient pour la fixer. Ils ne venaient pas à sa rencontrer pour l'attaquer comme des zombies. Ils se contentaient de la regarder, continuant de murmurer inlassablement.

- Regarde ma belle, observe les tous. Où étais-tu pour nous ?
Lorsque Cleus tombait sous les balles, je crois bien que tu étais roulée au sol, à geindre que la douleur scindait ton pauvre petit crane et que tu ne pouvais plus utiliser la moindre particule d'ézo ?
Oh Astat ! Tu te rappelles d'elle, n'est-ce pas ? Bien sûr. Quels hurlements elle poussait alors qu'ils arrachaient la chaire de ses os ! Et tu as regardé le spectacle sans rien faire, ton Phaëton en main. Elle t'a supplié non ? Tu aurais pu l'abattre d'une balle dans la tête, simplement, mettre fin à ses jours avant que la douleur ne devienne son seul monde. Heureusement qu'un autre a su le faire à ta place et qu'on t'a traîné vers le Mako.
Ris... C'est vrai, tu n'as pas pu la voir se faire transpercer. Tu t'es laissée avoir par une Brute et tu as finis le reste du combat à faire une petite sieste sous les décombres. Tu penses qu'elle serait en vie si tu avais su esquiver ?

Et Latis bien sûr. Vieux frère ! Tu étais sagement assise chez toi à boire du thé alors qu'il mourait à bord d'un vaisseau piégé à l'autre bout de l'univers.
Tu n'as rien pu faire.


Impuissante... Rien pu faire... Impuissante...

- Et quand tu l'as appris, qu'est-ce que tu as fais ? Tu nous as abandonné, nous, ta soit disant « famille ». Tu étais trop triste ! Tu as préféré fuir comme une lâche. Ce qui ne m'étonne pas en fait, maintenant que j'y pense. Tu as toujours été douée pour ça : Fuir la Vertax Industries, fuir la mort de Latis, fuir tes sentiments, fuir tes responsabilités...

Impuissante... Rien pu faire... Lâche...

- Même moi tu m'as abandonné. Allons, soyons sérieux. Un pauvre petit mot pour me dire à quel point tu comprenais, que tu étais là si j'avais besoin de parler. Tu voulais « me laisser panser mes plaies et être prêt à parler ». Tu m'as tellement laissé que je suis parti. Tu aurais pu me chercher, tu ne penses pas ... ?

Non, tu as juste fait une croix sur moi.

Ironique non ? Alors que tu t'es précipitée dans mon lit à mon retour. Tu attendais que la place refroidisse pour ne pas trop culpabiliser, c'est ça ?

Je sais à quoi tu penses
, reprit l'illusion. Il l’obligea à tourner pour lui faire face. Sa bouche souriait mais ses yeux non; ses dents brillaient d'un éclat malsain et froid. Que c'était avant, que tout à changé désormais et que tu es devenu forte, si forte ! Oh, Ravi... Ma douce idiote...
Ce n'est pas parce que tu maîtrises quelques tours de passe passe en plus que quoique ce soit a changé.

Dahl, que tu as laissé embarquer sans rien dire ? Tu aurais pu te contenter de le tuer sous le regard des autres. Lâche.
Contre Machiavel ? Tu n'as rien fait.
Et quand Aria finira par submerger le monde et qu'elle nous englobera tout entier ? Que feras tu ? Tu seras impuissante.


Il avait raison. L'élu Krogan avait juste eu besoin d'un coup de marteau pour la mettre à mal. La Turienne noire ? C'était comme se réjouir d'avoir battu une enfant pour se rassurer.
Elle n'était pas assez forte. Elle ne pourrait pas les sauver.

C'était ça qui la terrifiait au plus profond d'elle.

- Tu n'es pas obligé d'accepter ça, reprit Tiberius avec douceur. Il laissa une main lui caresser la joue avec tendresse. Tu n'as pas à accepter de nous voir mourir.
Rejoins nous Ravi. Aria finira par gagner de toute façon. Ce que vous appelez Corruption est la prochaine évolution du monde. Je comprend que ça fasse peur. Il y a des ratés. Mais regarde les Elus et même les Immortels ! Ils sont vous mais leur puissance dépasse votre entendement.

Retire ton casque, inspire un bon coup... Laisse la Corruption t'aider. Toi qui es si fière de tes pouvoirs, tu comprendras qu'ils ne sont rien comparés à la vraie puissance.


Il avait raison. Il leur avait fallut être plusieurs et ils avaient dû recourir à des armes lourdes pour faire tomber un seul élu, même une impulsive. Et ils avaient l'audace d'imaginer pouvoir renverser Aria ? Ils en étaient incapables. Ils y avaient cru mais leur espoir vacillait comme la flamme d'une bougie dans le vent. Il suffisait de voir l'être tentaculaire pour s'en rendre compte. La Reine de la Corruption était miséricordieuse : malgré leur affront, elle lui offrait tout de même une chance.
Tout irait bien. Ils ne comprenaient juste pas encore.

Il suffisait d'ouvrir la vitre de son casque. Ils verraient enfin.

....

....

....

- Non.

Le mot avait demandé d'effroyables effort à la Turienne pour être prononcé mais elle avait réussi à le cracher au travers des muscles raidis de sa mâchoire. La peur refluait, repoussé par une émotion grandissante et dévastatrice à la manière d'un incendie. Un feu qui naissait du plus profond des entrailles et se rependait dans son corps entier jusqu'à brûler au feu de ses yeux verts.

- Je ne suis pas ton jouet, Créature.

La chose aux traits volés recula d'un pas, surprise. Sa proie se rebellait bien tardivement; sa résistance soudaine était imprévisible mais ne restait qu'un détail. Elle comprendrait ou finirait brisée. Quoiqu'il en soit, Aria en sortirait grandie.

- Pardon ? Tu préfères donc nous voir mort ? Pour quoi ? Ta fierté ?
Ne soit pas si bête Ravi. Bon sang ! Pour une fois dans ta vie ne soit pas toi !


Le silence retomba. Même les morts ne murmuraient plus, se contentant d'observer la suite de leurs yeux vitrés. Un gloussement finit par se faire entendre, d'abord faiblement, puis de plus en plus fort, s'amplifiant comme une avalanche.

- Hé... Héhé... Héhéhé ! AHAHAH !
C'est dommage, Créature, tu y étais presque. Tu aurais dû farfouiller mieux que ça; tu aurais vu que je déteste qu'on me manipule. Je ne laisserais plus jamais quelqu'un me dire qui être ou quoi faire.
Ne pas être moi ? Tu es mal barrée ici, petite chose. Parce qu'être moi vois tu, j'adore ça. Et c'est ici que j'ai toujours pu l'être
, continua-t-elle en tapant sa tempe d'une griffe. Réprimé à une époque, je le reconnais. Mais moi tout de même quelque part. Tu es sur mon terrain, le seul sur lequel j'ai toujours eu le contrôle. Et je ne te laisserais pas gagner.

Ceux que je perds resteront à mes côtés ; c'est le but de la spiritualité tu sais. Se rassurer, permettre d'avancer, continuer d'y croire malgré tout. Je ne dis pas que je n'aurais pas mal, je dis que j'aurais un réconfort. Même si je n'ai rien pu faire pour les sauver.

Et au fait, pour mon impuissance...

Elle porta deux doigts à hauteur de ses mandibules.

- Tu sais où tu peux te la foutre ?

Derrière sa visière, ses dents étincelaient dans un sourire mutin.




******




On avait rarement l'impression de renaître une seconde fois. Encore moins quand la renaissance s'accompagnait d'un mal de crâne plus violent qu'un lendemain de cuite au Ryncol, de douleurs, contusions et d'une envie de vomir tout ce qui avait été mangé depuis sa naissance. La lumière du réel frappa la pupille de la Spectre avec tant de violence qu'elle réussit à lui arracher un flot d'insultes bien sentis.
Elle réussit à refouler une grande partie en secouant la tête. Les maux de têtes restaient sous le bourdonnement incessant qui semblait émaner de la chose. La Cabale n'avait pas le temps d'être affaiblie ou de se reposer.
Le Temple allait comprendre que si la première règle d'Oméga s'appliquait à tout ceux qui y avaient vécu sous le règne d'Aria, celle de Ravi s'appliquait à tout ceux qui la croisaient.

- DEBOUT ! Regroupez-vous en trio ! Surveillez-vous, protégez vous, neutralisez ceux qui succombent !


La forteresse était en proie au chaos le plus total. Les membres de Valkyrie s'étaient battu contre leurs démons et certains avaient perdus, tombés aux tentacules de Zaroth. La confusion les poussait à attaquer leurs frères d'armes; le chien d'Aria avait réussi à briser leurs esprits, balayer leurs barrières, ouvrir les plaies de leurs peurs ou leurs regrets les plus anciens pour effacer leur personnalité. Il ne se contentait pas de simplement les retourner les uns contre les autres : les immenses tentacules venaient s'abattre violemment sur le sol à en faire trembler la terre. Enfin, il continuait de flairer leurs esprits, chercher les failles dans lesquels il aurait pu s'introduire pour chuchoter ses mots venimeux. Il était décidé à les détruire jusqu'au dernier.
La solution de facilité s'imposait à l'esprit de tous, et pourtant peu envisageaient réellement de l'appliquer. Ils auraient pu abattre les possédés afin d'éradiquer la menace et mieux se concentrer sur les tentacules. A côté de cette idée en battait une autre : Si la bête mourrait, alors leurs camarades avaient peut-être un espoir d'être sauvé. Un espoir possiblement infime mais bel et bien réel.

A côté de Ravi, une guerrière leva doucement son arme en direction d'Abbadon. La Galarien lui tournait le dos; il était occupé à maintenir l'ouverture qu'il avait réussi à percer ouverte. Au bout du couloir de chaire, Arcadia et Audrey disparaissaient déjà à un angle.
La main de l'Humaine glissa du pontet à la détente; celle de la Spectre glissa de son épaule jusqu'au casque de la femme. Si le coup de crosse ne réussit pas à la rendre inconsciente, il la fit tout de même perdre l'équilibre et reprendre ses sens; la femme montrait ses mains vides alors que la Turienne s'apprêtait à la frapper une seconde fois. Elles se reconnurent alors. Gallagher réussit à se relever péniblement et poussa même jusqu'à créer une bulle biotique autour d'elles. L'acharnement qu'elle y mettait pouvait se lire sur son visage.

- Continuez Amnatiss !

La Turienne bondit sur une Asari à la démarche saccadée. Elle l’entraîna avec elle au sol; la militaire n'était pas capable d’articuler le moindre son, ses yeux roulaient follement dans ses orbites et elle se tordait comme une démone. Dans le doute, Ravi abattit sa crosse jusqu'à ce que l'Asari ne bouge plus; un rapide scan confirma que ses fonctions vitales étaient toujours présentes. Au dessus des deux femmes, une tentacule frappa lourdement la sphère d'ezo sans réussir à la traverser.

Malgré leurs efforts, il y aurait des morts. Des compagnons assommés qui se feraient écraser alors que d'autres réussiraient à esquiver les attaques furieuses de Zaroth. Parmi les possédés, d'autres devraient être tués, trop enragés pour être calmés, trop puissant pour être neutralisés.

Ils jouaient contre la montre. Arcadia et Bayard avaient intérêt à se dépêcher.

- Abba ! Attrape !

Le Galarien rattrapa adroitement la ceinture de grenades incendiaires que sa collègue venait de lui lancer. Elles cautériseraient les plaies et avec de la chance ralentiraient leur cicatrisation.

- On te couvre.

Ils perdaient petit à petit du terrain. Amnatiss s'était retrouvée projetée à plusieurs mètres par une des possédée, vite maîtrisée par deux autres élites. D'autres guerriers se retranchaient au mieux devant Abbadon, la fatigue les empêchant de faire d'avantage. Trois biotiques tentaient encore de maintenir une bulle biotique qui faiblissait à chaque coup que Zaroth leur portait. Ici et là gisaient des membres de Valkyrie. Une partie se réveillerait, mais pas l'autre.

En fait, Valkyrie ne se réveillerait peut-être pas du tout.

Alors que tout semblait être perdu, le monstre tentaculaire se courba soudainement. Il poussa un cri effroyable, déchirant qui retentit dans le crâne des soldats encore debout. Puis il s'effondra, abattant pour la dernière fois ses tentacules sur le sol. Et plus rien ne fut. Plus un cri, plus un bruit, rien d'autre que l'ébahissement de la fin.

Un grésillement de radio apporta la confirmation de ce que tous espéraient.

- Ici… Bayard… Lieutenant Bayard... Zaroth mort... Colonel McKnight avec moi… Besoin... médicaux… Évacuation...

Ils avaient vaincus. Zaroth s'était dressé tel un mur invincible et ils avaient réussis !
Dans ta gueule, l'impuissance.

- J'y vais.

- Je viens. Le ton de la Colonel laissait clairement entendre que le moindre refus ne serait pas pris en compte. La Turienne haussa des épaules et se dirigea vers l'entrée avec prudence.

Rien ne bougeait au milieu des muscles morts. Le sang ne semblait plus battre dans les veines qui effleuraient la surface de la peau et on entendait nul bruit de respiration. Maintenant qu'elle tendait l'oreille, il semblait à Ravi que le bourdonnement avait aussi cessé. En tout cas ses maux de tête, quoi qu’encore présents, étaient moins violent qu'au début.
Le couloir qui s'étendait devant elle tourna brusquement à droite. Il continuait de s'étaler bien au-delà de l'angle, offrait plusieurs carrefours qui les entraîneraient jusqu'aux entrailles - non métaphoriques - de la bête morte. Mis à part l'entrée qui offrait un puits de lumière, le reste des corridors était plongé dans une obscurité abyssale. L'idée qu'il s'agisse d'un piège effleurait l'esprit et le corps; les six doigts de ses main se resserrèrent sur son Sabre tandis que l'omnitech allumait la lumière située sur son torse d'armure.

A ses cotés, Shura lança son logiciel, cherchant la fréquence de celui d'au moins une des deux femmes. Aussi étrangement que cela pouvait paraître, elle sembla trouver presque immédiatement l'omnitech d'Arcadia, comme s'ils étaient déjà liés. C'était sans doute du à leur appartenance respective à l'UCIP.
Le lien s'avéra en tout cas utile. Sans lui, elles auraient erré des heures dans le dédale avant de réussir à trouver celles qu'elles étaient venues chercher. Si elles avaient laissés des traces de leurs passages, Zaroth avait tout effacé de son vivant. Bayard et McKnight avaient parcouru une partie du chemin avant de s'effondrer l'une sur l'autre. Ce qui s'étaient passé avait drainer les moindres de leur force.

- Prenez le docteur. Je m'occupe de Bayard.

L'Humaine était légère malgré son armure, du moins pour les standards Turien. La Spectre la déposa sur son épaule avec autant de délicatesse possible. D'un signe de tête, elle indiqua à Shura de la rejoindre, son omnitech relié à celui d'Abbadon pour trouver la sortie.

L'ambiance malsaine qui se dégageait du cadavre lui collait à la peau. Elle avait hâte de rejoindre l'air pourri et vicié de l'extérieur.


Maitre du Jeu
Voir le profil de l'utilisateur

Personnage RP
Faction : Aucune
Rang : Entité divine
Compte staff
Messages : 4753

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   [Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Icon_minitimeLun 18 Fév 2019, 18:39

[Intrigue #14] L'heure du jugement
15 Janvier 2204


Surface de Chasca



Quelques éclats aussi brillants qu'éphémères venaient consteller le ciel par endroit, perçant à travers les nuages épais et envahissants qui constituaient quasiment la seule variation météorologique sur Chasca. En cet instant, des teintes ambrées venaient danser sur l'habituel fadeur grise et morose de l'atmosphère, alors que le feu continuait encore de tomber du ciel. Certaines des carcasses les plus massives engendraient des secousses d'une puissance phénoménale, fracturant la croûte par endroit déjà fragilisée par les parasites à sa surface. Car le sol lui était toujours recouvert de la même putridité maladive et dégoulinante, un reflet réaliste, sale et dégénéré de la beauté presque poétique de ce ciel dansant.

Au cœur de la forteresse de la Corruption, l'impensable s'était produit, Zaroth avait été tué. En l'absence de la volonté de son créateur pour maintenir sa forme, l'intégralité du Temple commença lentement à se désagréger, l'imposante créature devenant petit à petit une flaque plus insignifiante qu'un amas de biomasse. La chair coulait lentement le long des marches, symbole inéluctable de sa défaite.

Zaroth laissa derrière lui une pile de cadavres mais également des survivants, secoués, blessés, certains encore terrifiés alors que leur esprit leur appartenait pleinement à nouveau. La plupart avaient non seulement vaincu un adversaire redoutable mais également gagné un combat contre eux mêmes. Les pas étaient lourds, les mouvements approximatifs, l'esprit embrumé de fatigue et d'épuisement après avoir tant encaissé, mais la victoire avait été arrachée, le Temple était détruit.

Mais la guerre faisait toujours rage, et la Corruption avait toujours été une mauvaise perdante. Ici bas, la reddition n'existait pas, seule comptait l'extermination pure et simple d'un des deux camps. Car au loin résonnaient déjà les cris gutturaux et les gémissements de milliers d'âmes torturées, la horde d'ombres qui avait massacré Odin rentrait enfin à la maison.

Regroupant ce qui restait de Thor, Valkyrie et Loki rassemblèrent leurs blessés dans les véhicules aussi vite que possible. Il n'était plus question de faire front mais de fuir loin de cette marée organique et espérer qu'il restait quelque chose de la flotte en orbite pour les récupérer.

Le colonel Fender avait grimpé dans l'un des derniers méchas, l'absence de la vitre protectrice au niveau du cockpit ne laissant que peu de doutes sur le destin tragique de l'ancien pilote. Elle ordonna à quelques chars ainsi qu'aux membres de Loki les plus frais de la suivre. Il fallait préparer une ultime ligne défensive le temps que les derniers blessés soient installés et prêts à l'évacuation. Les grognements s'intensifiaient, les ombres venaient d'atteindre l'enceinte extérieure de la Forteresse, ce n'était plus qu'une question de temps.

Mais tout ceci fut soudainement perturbé par l'arrivée inentendue de ce qui s'apparentait à un missile, plongeant depuis les cieux et explosant à quelques centaines de mètres des restes liquéfiés de Zaroth. Lorsque la poussière retomba, tous purent constater la présence d'une silhouette féminine qui se mit à léviter au centre du cratère. Sa chair n'était pas visible, les limites du corps ne pouvaient être discernées que par un dégradé sombre, une brume noire et épaisse se dégageant de sa peau à chaque instant.

La reine de la Corruption montrait son visage pour la première fois depuis le début de la bataille, irradiant de puissance et d'élégance, être qui s'était affranchi des lois de la physique mais qui s'avérait également capable de les manipuler. Lévitant un instant hors du cratère avant de poser délicatement le pied au sol, elle contempla la matière noire qui coulait de ses mains. Elle avait consommé énormément d'énergie en alimentant le générateur du Béhémoth avec ses pouvoirs, son corps s'était affaibli en dépassant ses propres limites, atteignant un épuisement qu'elle n'avait encore jamais connu.

Mais ce qui plongeait la créature dans l'incompréhension demeurait ce paysage en ruine l'entourant, la carcasse de Zaroth surplombant la forteresse et les conciliens qui l'encerclaient déjà.

La barrière sombre qui l'entourait se mit à vibrer lorsqu'ils ouvrirent le feu, absorbant l'intégralité des balles et des attaques biotiques qui lui étaient destinées. Les tanks vinrent y joindre leur puissance de feu et d'un mouvement délicat de la main, la Reine manipula les missiles pour les renvoyer directement sur les tireurs. Le pilote du mécha krogan chargea au milieu de cette tempête de tirs, l'arme au poing, son marteau vint se fracasser sur le crâne de la reine qui recula de quelques pas. Ne lui laissant pas le temps de récupérer, le mécha contrôlé par Fender était déjà sur sa cible, le poing en métal pulvérisant la chair et faisant voler la créature sur plusieurs mètres.

La souveraine se releva en grognant. Si elle avait été encore capable de la ressentir, elle aurait sûrement eu la nausée en contemplant les tentatives désespérées de ces pitoyables insectes pour échapper à leur destin. Un troupeau de bêtes grasses et naïves combattant jusqu'à leur dernier souffle, persuadées du bien fondé de leur jugement et de leurs actes. Pourvus d'une incapacité alarmante à pouvoir constater leur propre obsolescence, luttant pour imposer la stagnation galactique de leur société et détruire les prémices d'une véritable ascension. Ils étaient même incapable de comprendre qu'ils ne pouvaient remporter ce combat, engoncés profondément dans leur ignorance dégénérée. De la vermine qu'il fallait éradiquer.

Pourtant, son âme n'était pas teintée par la haine, mais par une certaine fascination, celle de voir des êtres inférieurs en tout point continuer à persévérer futilement alors que le résultat en resterait inchangé.

La Reine se livrait donc à une boucherie répétitive dénuée de toute saveur, ses yeux luisant alors qu'elle observait les mouvements et les réactions de ses adversaires. Elle modifia localement la gravité d'un claquement de doigts, parfois faisant voler les corps, parfois les écrasant sous leur propre poids. Concentrant un moment ses pouvoirs sur l'un des tanks, elle parvint à le réduire à une boule de métal avant de le projeter violemment dans un bang sonore, provoquant une pluie de chair sur son passage.

Mais la violence du combat ne diminua pas, sa barrière céda même sous les tirs, la privant de toute protection. Plusieurs balles provenant d'un garde noir la transpercèrent alors, ce dernier lâchant une grenade à ses pieds. Le liquide qui en émergea recouvrit le bas de son corps avant d'être gelé par un agent cryogénisant, immobilisant la reine sur place.

Les ignorants se paraient souvent de cette force qui les poussaient à se battre dans un combat perdu d'avance, cette étincelle que l'on appelait l'espoir. Une arme des plus redoutables, alimentée par l'idée folle de pouvoir vaincre et la peur instinctive et inconcevable de l'échec, générant une ténacité récalcitrante qu'il était si difficile d'éradiquer.

Pourtant ses adversaires n'étaient pas que des bêtes ignares, il s'agissait de l'élite concilienne, des vétérans de nombreuses batailles, ayant survécu là où tant d'autres avaient succombé. Et ils se dressaient encore une fois en ce jour, luttant jusqu'à leur dernière étincelle de vie. Il s'agissait d'une force qui dépassait de loin celle de milliers d'âmes asservies à une volonté unique et suprême, il s'agissait d'une détermination éblouissante qui permettait d'accomplir l'impossible.

Si elle parvenait à maîtriser cette essence et à la faire sienne, plus rien dans cette galaxie ou dans les suivantes ne serait en mesure de se dresser sur son chemin.

L'avant garde de Loki avait été presque entièrement exterminée, ne restait plus que le garde noir et le pilote krogan, transperçant le corps de la souveraine de leur tirs, ainsi que le mécha de Fender qui chargeait dans sa direction, prêt à l'achever. L'un des bras de la créature se disloqua de son corps sous un coup de fusil à pompe, mais la Reine leva néanmoins son seul bras valide, tordant le métal du mécha sous son pouvoir pour l'empêcher d'avancer davantage. La pilote hurla de douleur alors que son véhicule se faisait broyer autour d'elle, mais elle parvint à s’éjecter du cockpit in extremis, soudainement propulsée dans les airs par son inertie.

La furie qui retombait vers sa cible concentra alors toute sa puissance biotique dans son poing. Trop même, l'adrénaline et les drogues la poussant à manipuler une force qu'elle était incapable de supporter, le sang dégoulinant sous son casque depuis ses orbites et la peau sur sa main commençant à brûler. Mais la douleur ne l'arrêta pas, l'éclat bleu de sa main se propageant sur le reste de son corps, la recouvrant d'éclairs biotique. Elle poussa alors un hurlement à travers son casque, celui de milliards d'âmes vengeresses qui s'apprêtaient à faire tomber le poing de la justice.

La Reine de la Corruption leva la tête vers son bourreau, observant la mort se rapprocher.

Magnifique.

L'onde de choc résonna comme si la foudre s'était abattue sur la terre, le corps de la créature se disloqua, ses chairs déchirées volant dans toutes les directions. Le silence s'imposa soudainement alors que la furie tomba à genoux, ses deux compagnons venant observer ce qu'il restait de leur cible. Aucun signe de vie n'émergea de l'amas de chair, la Reine de la Corruption était morte.

Les hurlements des ombres étaient toujours perceptibles, mais elles avaient cessé de se rapprocher. La marée organique se contentait d'encercler la forteresse sans y pénétrer, coupant toute retraite possible et formant une arène géante dont les gradins n'étaient autre que des milliers de créatures vociférantes.

Le sol d'une partie de la Forteresse derrière Zaroth sembla alors s'effondrer, révélant la présence du mucus et de la Corruption en souterrain. Le Temple n'était qu'une protubérance, appendice d'un corps qui trouvait sa source bien plus profondément. Lorsque la biomasse cessa de bouger, l'énorme cratère provoqué par sa disparition révéla la présence d'un cœur immense, dont le tempo régulier résonnait contre la chair et le métal. Il s'agissait du cœur de la Corruption, l'organe qui permettait de maintenir en vie la Corruption, ainsi que sa propre reine.

Car attachée au Cœur et semblant presque avoir fusionné avec, se trouvait Aria. Les membres de l'asari qui n'étaient pas en contact avec le Cœur pendaient mollement, des gémissements de douleurs s'échappant de son visage qui se tordait dans toute les directions, le regard fou. Première victime de la Corruption, elle avait d'abord alimenté par sa haine et ses ambitions celle que l'on appelait Reine avant de ne devenir rien d'autre que son pantin, son esprit et sa volonté utilisés pour contrôler les armées de la Corruption, son corps pour accorder l'immortalité à sa Reine.

Car le Cœur se retrouvait ainsi exposé pour lui permettre de renaître. Un amas de chair perça vers la surface, la protubérance s'ouvrant pour laisser apparaître une silhouette féminine. La Reine de la Corruption en sortit, écartant les bras et inspirant un grand coup, savourant ce nouveau corps plein d'énergie. La biomasse se referma alors derrière elle pour protéger le Cœur et la source de son immortalité.

Elle représentait la conscience de l'énergie noire, habitant un corps cloné sur celle qui lui avait donné naissance, celle qui lui avait permis d'apprendre, de comprendre l'univers en explorant ses souvenirs. Elle avait appris, encore et encore, suffisamment pour appréhender sa réelle place dans la galaxie et ce qu'elle était en mesure de lui apporter. Elle avait grandi, évoluée, elle s'était même créé un corps physique libéré de la plupart des imperfections organiques. Si seulement ses adversaires pouvaient contempler tout ce qu'elle avait pu voir, ouvrir les yeux sur leur réelle condition.

La Reine ne perdit pas davantage de temps et contrôla le mucus qui entourait les trois survivants de son combat précédent. Trop épuisés pour y échapper, la biomasse les recouvrit soudainement, les engloutissant un à un et mutant pour former des œufs dont ils étaient devenus les embryons. Plongés dans un liquide qui leur empêchait de se débattre, l'acide commençait à dissoudre leur armure, se préparant à injecter l'énergie noire directement dans leurs corps. Une fois les trois œufs géants formés, la Reine disparut dans une impulsion biotique, se matérialisant au milieu des survivants de Valkyrie. Il était temps de tester leurs limites.

L'air s'alourdit soudainement alors qu'elle emmagasinait son pouvoir, lévitant et s'apprêtant à le déchaîner.


Contemplez l'immortalité et noyez vous dans votre insignifiance.


Orbite de Chasca



Velpius porta sa main à son front, contemplant la scène surréaliste qui se déroulait à la surface et les écrans qui s'éteignaient les uns après les autres. La situation était bien plus dramatique qu'il ne l'avait imaginé, et couper la tête de la Corruption s'avérait particulièrement fastidieux.

La flotte asari est presque entièrement détruite, elle bat en retraite !

Monsieur, tous nos escorteurs sont abattus ou en déroute !

La passerelle subit une secousse soudaine alors que les vaisseaux de la Corruption s'en prenaient au cuirassé, le cœur de la flotte concilienne. Lorsqu'elle avait été privée de son alimentation avec la destruction du Temple, la Méga-structure avait commencé à lentement sombrer vers la planète. N'ayant désormais plus aucun objectif à défendre, les vaisseaux de la Corruption s'étaient alors acharnés sur leurs adversaires, les harassant tel un essaim vorace, opérant des attaques suicides qui avaient enfoncé leurs défenses. Désormais la Flotte concilienne se désagrégeait petit à petit et même le PSF Calmoren n'était plus à l'abri.

La situation était désespérée, le champ d'action rétrécissait à chaque instant. L'amiral turien serra les poings.

Finissons en.

Velpius se détourna de ses écrans et s'approcha de la carte de l'orbite.

Capitaine, éloignez le Calmoren du secteur, nous allons entrer en atmosphère.

Mais monsieur la gravité y est trop importante, nous ne pourrons pas quitter son champ d'attraction.

J'y compte bien.

Attendez, qu'est ce que vous faites ?

L'officier turien ignora Trevillian, ouvrant le canal permettant de communiquer avec les forces au sol.

Ici l'amiral Velpius, le PSF Calmoren est sur le point de pénétrer en orbite basse. Nous allons faire feu sur le Cœur, mais nous ne pouvons pas faire ça sans vous. Si l'ouverture se présente à nouveau, verrouillez sa position, nous ferons feu dès que possible.

Capitaine, concentrez l'énergie du générateur sur les canons AM et commencez l'évacuation.


Velpius, vous ne pouvez pas quitter la flotte !

Nous ne pouvons pas rester en orbite Trevillian, leurs vaisseaux se suicident sur nos projectiles. Et si jamais nos troupes au sol ne parviennent pas à verrouiller le Cœur, nous nous écraserons à la surface. Avec une accélération du réacteur, l'impact devrait vaporiser cette partie de la planète et tout ce qui se trouve sous terre. Si le Coeur est détruit, la guerre est gagnée.

L'amiral turien tourna la tête vers son second.

Capitaine, je vous ai demandé de commencer l'évacuation !

Oui monsieur !

Le turien s'éloigna de son poste et quitta la passerelle précipitamment.

Vous ne pouvez pas risquer le succès de la mission sur la base d'une intuition. Le vice amiral de l'alliance posa ses mains sur le métal. Le Calmoren est le vaisseau le plus puissant de la flotte, sans lui nous ne pourrons pas gagner en orbite.

Bon sang Trevillian, regardez autour de vous ! Nous avons déjà perdu, c'est notre toute dernière chance.

Alors je n'ai pas le choix.

Un cliquetis familier se fit entendre et l'officier humain pointa son arme de poing dans la direction de Velpius.

Annulez cet ordre.

L'amiral turien écarquilla les yeux un instant avant de lever lentement les mains en l'air.

Nous faisons tous des choix difficiles.

Le turien plongea en avant et tenta de désarmer son adversaire. Il y parvint, mais le tir réflexe de son collègue lui troua l'épaule dans une gerbe de sang. Velpius comprit cependant la situation lorsqu'il vit une brume noire s’élever de Trevillian. Une violente projection le percuta et l'amiral turien se fracassa contre le mur, retombant d'un coup sec au sol.

Amiral !

Deux gardes turiens apparurent précipitamment, ouvrant le feu sur l'élu qui grogna face à cette gêne temporaire. Velpius rampa jusqu'à l'arsenal de la passerelle tandis que le corrompu massacrait ses hommes. Trevillian était certainement mort pendant l'explosion de son bâtiment, les conciliens n'avaient fait que sauver une copie, un élu qui avait réussi à imiter ses traits à la perfection. Combien d'ordres volontairement mauvais avait-il pu donner depuis lors ?

Au moins une chose était certaine, sa réaction confirmait l'importance du Cœur pour la Corruption. Velpius parvint à se saisir d'une grenade et activa son omnitech.

Capitaine, poursuivez cet ordre, le Cœur doit être détruit à tout prix... Et abandonnez la passerelle.

L'amiral turien se sentit soudainement soulevé à nouveau. L'élu le fracassa contre l'une des vitres à l'aide de sa biotique noire.

Annulez cet ordre...

Velpius possédait encore un peu de temps car l'élu avait besoin de lui vivant. Il cracha un flot de sang bleu et gémit de douleur alors qu'il tentait de bouger son bras. Dans un ultime effort, il parvint à activer la grenade et la lâcha au sol, marmonnant une prière turienne.

Les vitres de la passerelle explosèrent soudainement, l'amiral et l'élu se faisant aspirer dans le vide alors que le cuirassé en flamme entamait son entrée en atmosphère.


____________INFOS MJ____________


Le tour final Sadik Guy !

Comme vous l'aurez sans doute compris, la Reine revient à la vie à chaque fois qu'elle meurt, votre seule possibilité pour la vaincre est donc de la tuer et de profiter du court moment où le Cœur est exposé pendant sa renaissance pour le verrouiller afin que le cuirassé puisse faire feu. (Dans l'idée, le verrouillage est similaire au combat entre Shep et le moissonneur sur Rannoch).

Attention cependant, le Cœur lui même possède quelques défenses et il faudra au moins trois personnages verrouillant le Cœur simultanément pour que ça fonctionne Razz

Il est également fortement possible que j'intervienne dans de petits post MJ pour jouer la Reine, voir le Cœur selon le contenu de vos posts.





[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 1408461301-sans-titre-1
Abbadon Bynare
Voir le profil de l'utilisateur

Personnage RP
Faction : Spectre
Rang : Agent de terrain
Roi de la Chasse Sauvage
Messages : 662
Crédits : Impera tor Alicia - DeviantArt

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   [Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Icon_minitimeMar 19 Fév 2019, 00:44

L’Heure du Jugement
15 Janvier 2204

Chasca



Quand Zaroth mourût, Abbadon sentit son corps et son esprit lui appartenir à nouveau. Dans un mouvement souple, non plus automatique comme le minage, mais contrôlé par l’expérience et l’attention, il interrompit un membre de l’UCIP souhaitant le frapper et l’écrasa contre le mur d’une projection. Puis il regarda autour de lui, reprenant peu à peu conscience de l’environnement.

Il n’avait pas su repousser Zaroth plus de quelques minutes. Mais il avait réussi à suffisamment s’isoler dans ses vieux réflexes, dans ses vieux souvenirs, pour que son corps surmonte son esprit et tienne son rôle. Et maintenant que le galarien corrompu s’effondrait – car Abbadon avait senti, intimement, qu’il avait s’agit d’un membre de son espèce – le Spectre retrouvait la pleine possession de ses moyens. Ses sens aiguisés, ses réflexes aboutis, son sang-froid. Ses larmes s’interrompirent, et il noirci la visière de son casque. Nul n’avait besoin de voir en quel état était le chef de cette escouade.

Laissant à d’autres le soin de récupérer les survivants au sien du Temple, il fit un tour d’horizon de la situation. Le rayon noir dirigé vers l’espace avait disparu, leur mission était donc, officiellement un succès. Mais Aria T’Loak n’avait pas parût en surface, et les rapports des snipers en hauteur, arrivés au sein de Loki, confirmaient que les corrompus étaient toujours organisés. La bataille n’était pas finie.

« Rassemblement ! On ne peut pas rester ici ! Que tout le monde se mette en ordre pour la zone d’extraction ! »

Inutile d’en dire plus. Tous connaissaient leur rôle. Sur des véhicules, semer lai horde en marche était largement envisageable, mais le galarien craignait une mauvaise surprise. Il ne lui fallût pas longtemps pour constater qu’en la matière, la Corruption n’était jamais à court.

Le combat sembla durer tout à la fois des heures, et quelques secondes. Une météorite, la Reine. Des tirs par centaines, rapidement par milliers, de tous calibres. Trop loin pour que le galarien tire, surtout que l’asari subissait aussi des assauts au corps à corps, mais il surveilla tout au travers de la lunette de son Javelot. La résistance presque désintéressée de la créature corrompue, les multiples dégâts subis, ses contre-attaques dévastatrices. Son démembrement.

Sa renaissance, sur ce Cœur hideux, enfouis sous le sol. L’emprisonnement de Fender, du krogan, du turien. Son arrivée parmi Valkyrie, tandis que le Cœur se couvrait d’une épaisse couche protectrice.

L’espace d’un instant, Abbadon ferma les yeux. Les nouvelles de la flottes, reçues avec parcimonie, n’étaient pas bonnes, Valkyrie devait cibler le Cœur elle-même. Ce qu’il n’aurait pas donné pour que les siens soient là, leurs vaisseaux furtifs aptes à disparaître et agir n’importe où. Pour que l’Alliance, la Hiérarchie et les Républiques aient osé risquer plus de vaisseau, que la bonne vieille tactique de l’extermination par le nombre ait été appliqué. Que cette opération ait su apprendre des erreurs de celle de Zanéthu. Puis il recentra ses aptitudes, concentra son esprit non-linéaire à la résolution d’un seul et unique objectif : anéantir cette créature pour que son point faible réapparaisse.

« Ravi, occupe la Reine. Je te veux en fer de lance. »

Cet ordre, seule l’autre Spectre l’avait entendu. C’était du suicide. Mais c’était nécessaire, et seule la Spectre avait la moindre chance de tenir un temps.

« Loki, en appuie de la Spectre Vertax, ne laissez pas la Reine souffler ! Valkyrie, en avant autour du cratère, ciblez le Cœur si tôt exposé, empêchez quoi que ce soit de corrompu de sortir de ces cocons ! Thor, empêchez la horde de nous rejoindre ! »

Si tout était perdu, autant jouer hors des règles. Si la survie de la galaxie passait par le sacrifice des soldats sur place, alors Abbadon ferait ce sacrifice. Et si leur survie n’était plus l’objectif, le potentiel destructeur atteignable était plus important. Le galarien laissa ses alliés à leur combat, et couru rejoindre un mécha. À l’intérieur, il ordonna au pilote de lui laisser la place, ouvrit les panneaux camouflant les moteurs, et plongea ses mains au cœur de la création.

Un mécha de cette trempe, une version moderne d’Atlas, consistait en un moteur, un blindage, des armes lourdes, et une structure incroyablement résistante. Pas suffisamment pour tenir face à la Reine, Fender l’avait prouvé. Mais Fender comptait sur la force des poings. Abbadon lui, voulait une bombe. Modifiant les branchements, faisant sauter les sécurités, le moteur se retrouva vite en surrégime. Laissant la puissance grimper peu à peu dans le mécha, le galarien passa à l’armement, déchargeant toutes ses réserves de contre-mesure dans le canon, à l’exception d’une installée dans son Venom. Enfin, dernière mesure, le Spectre entama le chargement de l’étoile noire.

Cela risquait fort d’être son dernier feu d‘artifice, mais il ne comptait pas le rater. Installé dans le siège du pilote, il visualisa sa cible : la Reine, debout, affaiblie mais encore bien trop puissante, si sûre d’elle qu’elle n’esquivait pas les coups, balayant le champ de bataille de revers paresseux. Pourtant, tout en elle était contrôlé, et ses attaques se montraient vicieuses derrière l’apparente nonchalance. Si ses adversaires vivaient, ce n’était pas par faiblesse ou par chance : sans aucun doute, elle voyait en eux ses futurs cocons.

Le galarien amorça la course du mécha. D’un pas lourd, le robot de guerre courût vers sa cible. L’asari tourna son visage, pour voir un tir s’écraser contre sa barrière biotique. Puis un second, et un troisième, alors que les obus s’engageaient les uns après les autres. L’asari répliqua, commençant à écraser le mécha comme elle avait déjà écrasé celui de Fender, et tous les indicateurs passèrent au rouge. Mais ceci n’arrêta pas la machine de guerre, qui s’écrasa tout bonnement contre la bleue et commença aussitôt à l’enserrer dans ses bras mécaniques.

Sous drogue, Abbadon s’éjecta du cockpit. Déjà, le moteur s’emballait. Peu à peu, l’asari repoussait également ses entraves, se dégageant, pour recevoir aussitôt une volée d’explosifs du Venom. Puis une seconde, qu’elle ignora, se dégageant totalement, avant de recevoir cette fois-ci un déluge de tirs. Derrière le Spectre, à quelques dizaines de mètres, les tireurs s’étaient rassemblés, et le harcèlement sur la bleue ne cessait pas. Souriant, Abbadon prit l’étoile noire en main. Il était, ils étaient tous, trop près, et le souffle de l’arme moissonneur comme du mécha dont le moteur commençait à brûler les projetteraient.

Peut-être que certains retomberaient mal. Peut-être que lui-même verrait son armure brisée, exposée à l’atmosphère extérieure. Peut-être que cela serait insuffisant, et que Vallkyrie aurait à achever la bleue. Peut-être qu’une approche plus prudente et misant sur l’affaiblissement lent et régulier de la Reine aurait été plus efficace.

Peut-être que Abbadon était impatient, autodestructeur. Mais rien de ceci, aucun de ses doutes, ne l’empêcha de déclencher le tir. Il eût encore le temps de se dire qu’il battait son record de joule dégagés en moins de dix secondes, puis l’explosion le souleva, et son esprit rendu hyper-conscient par les drogues se battit avec ses sens surpassés par les événements, alors qu’il volait, volait…

Arcadia McKnight
Voir le profil de l'utilisateur

Personnage RP
Faction : UCIP
Rang : Colonel/Médecin en Chef
Membre
Messages : 421

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   [Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Icon_minitimeMar 19 Fév 2019, 10:25

L'heure du jugement
Ft. Audrey Bayard, Ravi Vertax, Urdnot Ante, Abbadon Bynare & Amnatiss Gallagher




Patient U-00 : Arcadia McKnight

… Essai N°7... Réanimation...
...Échec essai N°7... Veuillez patientez...

Suractivité cérébrale... Augmentation critique du rythme cardiaque...
Activation protocole PID/// Injection///
Rythme cardiaque stabilisé. Retour à la normale de l'activité cérébral.

Phase 2... Démarrage...
Réveil Forcé... 3...2...1... Décharge...


La décharge électrique parcourut le corps inanimé, se répandant dans les muscles, les faisant se contracter violemment, se crisper sous l'impulsion. La bouche s'ouvrit dans un cri de douleur mais aucun son ne put en sortir tant sa gorge était sèche. L'air pénétra à nouveau ses poumons, elle inspira comme une camée pour ne pas rater une miette de l'oxygène. Une quinte de toux la prit, inarrêtable, sèche. Arcadia se pencha sur le côté de la couchette sur laquelle elle était installée. Un haut le cœur la prit la faisant régurgiter son dernier repas.

Dieu du ciel, quelqu'un lui avait collé un sac prévu à cet effet sur le casque. Un nouveau spasme douloureux la secoua. Elle resta haletante l'espace de quelques secondes, encore secouée par les derniers événements. Elle avait perdue connaissance, mais ne se souvenait plus précisément où ni comment. Ses souvenirs étaient flous. Les élus, la déclaration de Ante, les hanches fertiles de Amnatiss Gallagher, son dégobillage reprit de plus belle. Zaroth. Le nom lui revint en mémoire plusieurs fois. Le temple, les maux de têtes, Audrey. Tout lui revint en mémoire.

Décrochant le sac à vomi qu'elle scella, Arcadia se força à s'asseoir, son corps entier la faisait souffrir, tout ce qu'elle voulait c'était se reposer. Son regard fatigué se balada dans l'environnement, analysant l'endroit ou elle se trouvait. Des parois blanches, des couchettes multiples, de l'espace suffisant pour opérer. Elle se trouvait dans le camion médical blindé, dans une atmosphère aseptisée. Aucun mouvement de cahot ou de balancier. Ils étaient donc à l'arrêt. Sur les lits voisins Audrey et Amnatiss se reposaient, exténuées par la mission.
La toubib retira son casque, crachant par terre pour se défaire de l'arrière goût qui lui brûlait le palais, s'essuyant le menton d'un revers de gantelet. Se saisissant d'une petite bouteille d'eau à côté, elle en profita pour se rincer le gosier avant d'engloutir la moitié du contenant. Le sang avait commencer à sécher sur sa peau, formant à certains endroits une seconde couche qui courait de ses yeux à sa gorge.
Son esprit la ramena à des considérations plus importantes que son apparence esthétique. Elle activa les caméras extérieurs. Là ou régnait un silence de mort dans l'hôpital roulant, la mort se défoulait sur le champ de bataille. Il allait falloir tout le monde pour mettre fin à cette guerre.

Le médecin leva sa main droite faisant défiler les seringues jusqu'à en avoir une capable de réveiller ses collègues. Sa conscience professionnelle lui intimait de les laisser reprendre de force. Mais chaque personne pourrait faire la différence. S'approchant de l'humaine à la chevelure blanche, elle planta une seringue dans l'endroit prévue de son armure.

« Prenez votre temps Amnatiss. Et mangez ça vous allez en avoir besoin.

- Merci Doc. J'ai le droit au même traitement que tout le monde finalement?

- Tout à fait, la piqûre dans le derche, c'est cadeau de la maison. »

La blonde se dirigea vers Audrey, répétant l'opération puis s'agenouilla face à la Française qui semblait encore un peu désorienté. Un visage ensanglanté n'était sûrement pas la meilleure vision pour se revenir du monde des songes. Elle posa une main réconfortante sur l'épaule de son amie, heureuse de la savoir encore en vie, et surtout entière... du moins physiquement. Psychologiquement cela devait être autre chose. Mais aujourd'hui sur Chasca chacun devait porter sa part du fardeau et serrer les dents.

« Ça va Audrey ?

- J'ai l'impression que ma tête va exploser, j'ai mal partout et je boîte. Mais compte tenu des circonstances, j'imagine qu'on peut dire que ça va... Tu es blessée ?

- Je vais bien. Fais moi voir ta cheville. Je vais m'en occuper., elle examina la blessure appliquant un gel pour calmer la douleur et une injection pour réparer les ligaments. Voilà ça devrait aller mieux.

- Merci. J'ai le droit à une minute avant d'y retourner ?

- Souffle un peu et mange quelque chose. Je dois me réapprovisionner.»

Il n'y avait plus de protocole en place depuis un sacré moment, et de toute façon personne n'en aurait tenu rigueur à qui que ce soit. Beaucoup vivaient leurs derniers instants, ici sur ce monde pourri jusqu'à la moelle. Le moindre geste de réconfort devenait un luxe.
La Martienne se releva, prenant de nouvelles recharges dans la pharmacie du véhicule, remplissant les réserves de son armure. Elle en utiliserait sûrement encore bien plus avant la fin de la journée.

« Fender, Sylgatus et Guv viennent de se faire avaler par la biomasse. »

La voix retentit soudainement dans le casque de Arcadia, la frappant comme un coup de marteau. Son cerveau s'arrêta de fonctionner l'espace d'une seconde, son corps se pétrifia, avant que ses mains ne se mettent à trembler. Incapable de concevoir une telle information, elle lutta contre cette sensation oppressante.
La peur de perdre Shura lui tordit les boyaux, s'insinuant en elle comme un parasite. Des images de la Furie entourée par une énergie noire, rendue folle par cette puissance s'imprégnèrent dans son esprit. Elle ne pouvait pas concevoir que la biotique puisse se faire battre, même par la corruption.
La voix d'Abbadon se fit entendre, parlant de cocons, les incubateurs. Elle se souvenait en avoir vu sur Vana. Hors de question de laisser la N7 là dedans. Personne ne méritait ça, pas Shura.
C'était Arcadia la spécialiste de l'énergie noire et non le Spectre. Elle seule qui pouvait évaluer si oui ou non il était encore temps de faire une quelconque action. Les sentiments et l'émotion prenaient le pas sur sa raison, mais en cet instant là elle s'en foutait royalement. Et il n'était jamais trop tard pour tenter quoique ce soit.

« Préparez vous on y retourne. On va s'occuper de ces cocons , articula t-elle dissimulant non sans mal l'anxiété qui avait affecté sa voix. Notre priorité reste de récupérer le colonel Fender. Gallagher, il me faudra votre bouclier. Je me charge de fragiliser les enveloppes. Bayard, vous les ouvrirez. »

Elle ramassa ses armes, vérifiant la réserve de son lance-flamme. Son casque en place, elle s'avança jusqu'au sas, déverrouillant la porte d'embarquement qui s'ouvrit sur la représentation de l'enfer.

(c) King (Sacrifars)





[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Pulse11
Messages : 34

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   [Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Icon_minitimeMar 19 Fév 2019, 14:53
Amnatiss enfourna une grande cuillerée de céréales. Les freaky pops n’étaient pas aussi bons que les chocosplash, mais le jouet à l’intérieur de la boîte était plus intéressant. Ce jour là, elle avait eu une petite réplique en carton à monter sois même d’un vaisseau de course, et elle en était plutôt satisfaite. Elle pourrait probablement frimer un peu à l’école puis, d’un air faussement magnanime et franchement hautain, laisser les garçons jouer avec quelques minutes. Alors qu’elle achevait d’engloutir le lait de son bol, son père parvenait enfin à nouer ses cheveux couleur corbeaux en une longue tresse. L’élysienne voulait avoir une coupe courte, à la garçonne, mais ses parents le lui interdisaient. Elle avait vainement déclaré qu’elle se raserait le crâne lorsqu’elle serait majeure, mais ça n’avait pas intimidé le couple. Les menaces ne fonctionnaient pas sur les Gallagher, que ce soit les grands ou les petits. Hugo ajusta sa cravate, enfila ses lunettes, déposa ses lèvres sur le front de la gamine, puis attrapa son sac. Il s’en allait vers la porte quand il fut interrompu :

« Pourquoi j’ai pas le droit de passer chez le médecin avec les autres ? »

Il regarda l’heure, qui s’affichait sur le frigo, non loin derrière sa fille. Il n’avait pas franchement le temps de discuter s’il souhaitait être à l’heure, ni le loisir d’être en retard à son second jour de boulot. Le premier avait dors et déjà été un désastre…

« On en a déjà parlé Amna. Avant d’être née tu as été exposée à l’ezo et à cause de ça ton suivi médical est différent…
- Mais comment j’ai pu être exposée si je n’étais pas encore née?
- Tu... Tu réfléchis trop pour ton âge ma petite. »

« Tu m’emmerdes Amna » n’était pas une réponse acceptable.

« On en parlera ce soir, tu veux bien ?
- Je peux faire semblant sinon. Y aller avec tout le monde et ne pas passer les examens.
- Ce soir, Amnatiss…
- J’ai fais un cauchemar aussi. »

Hugo Gallagher soupira, déposa ses lunettes sur le buffet qui trônait dans l’entrée depuis le déménagement, puis retourna dans la cuisine. Il pouvait bien se permettre dix petites minutes de retard, non ?

« J’étais pas sur Elysium.
- Tu étais sur Terre ? A Londres ?
- Non plus. Je ne crois pas. Il n’y avait pas de ville. Enfin, il y avait une ville, mais elle ne tenait pas droite…
- Dans un rêve, ça n’est pas si anormal, tu sais.
- Parfois j’étais dans la ville, et parfois j’étais dans une forêt. Il faisait très sombre.
- C’est pour ça que tu avais peur ?
- Non, j’ai plus peur du noir.
- Tu m’en dira tant… souffla le père.
- Il y avait beaucoup de monde. Ils couraient partout, dans tous les sens, en se tenant la tête. Ça c’était dans la ville. Ils se battaient.
- Et dans la forêt ?
- Tout le monde était mort. »

Hugo blêmi, et passa une main dans les cheveux d’Amnatiss. Qu’est ce qu’elle avait bien pu voir pour penser à ça au beau milieu de la nuit ?

« Il y avait des amis, que je ne connais pas encore, et maman également. Il y avait des Humains, mais pas seulement. Il y avait un Turien, et une de ces grosses tortues…
- Un Krogan ?
- Oui, un Krogan. Il s’appelait Ant’.
- Comme une fourmi ?
- Oui. Presque.
- C’était une tortue-fourmi du coup ?
- Non.
- Ah.
- Bah oui, réfléchis. »

Agacée par le clair manque de logique de son paternel, la jeune fille se laissa glisser hors de sa chaise.

« Et comment s’est fini ton cauchemar ? Ça se finissait bien au moins ?
- Pas vraiment. Le monstre qui parlait dans ma tête a craché quelque chose dans le ciel, et des millions de gens en sont morts.
- Tu ne pouvais pas l’en empêcher ?
- Non, j’étais pas encore assez balaise.
- D’accord… Mais c’était qu’un rêve, donc tout va bien, non ?
- Je devrais quand même être plus balaise, tu ne penses pas ? Au cas où.
- On n’est jamais trop balaise. Surtout quand il faut battre un monstre dans sa tête, j’imagine. Il ressemblait à quoi, ce méchant ? »

La jeune fille pris une profonde inspiration, puis expira lentement. Elle déposa son bol et ses couverts dans l’évier, avant d’entreprendre une réponse :

« Il n’avait qu’un seul œil, et il était sévère. Sa peau était brune, comme maman, et ses cheveux étaient blancs. Il souriait souvent, mais c’est rarement avec beaucoup de plaisir.
- Ça n’était pas franc ?
- Si, je crois que si… Mais c’était un peu triste. Je crois... »

Elle regarda ses mains. Sa peau s’était craquelée à cause de la biotique, et ses ongles se parcouraient de fissures. Elle avait mal, elle avait froid.

« Je crois, je pense que parfois, le monstre se dit qu’il a trop vécu. »


***


L’œil droit indiqua que le visage qui lui faisait face appartenait à Arcadia McKnight, qui venait de lui sauver le cul de plus belle. Elle jetait une seringue dont le contenu devait désormais résider en Gallagher.

« Prenez votre temps Amnatiss. Et mangez ça, vous allez en avoir besoin.
- Merci Doc, lâcha la biotique d’une voix faiblarde mais revancharde. J’ai le droit au même traitement que tout le monde finalement ?
- Tout à fait, la piqûre dans le derche, c’est cadeau de la maison.
- Tiens, on parle enfin la même langue McKnight. »

Des heures que cette fichue bataille durait. L’étiquette pouvait aller au diable, et c’était très bien comme ça. Cherchant à récupérer le contrôle de sa propre respiration, la lieutenant observa la médecin en chef s’occuper d’un autre cadavre en sursis, la lieutenant Audrey Bayard. Les fixer ne lui servait qu’à garder sa concentration, car elle cherchait à démêler les communications qui traversaient son casque, qu’elle tenait à bout de bras. Les ordres fusaient dans tous les sens, et il était difficile de savoir exactement qui était encore en vie, et dans quel état.

Les flottes semblaient en déroute. Malgré les pertes infligées à l’armée de la Corruption, malgré la mort de Zaroth, les combats continuaient en orbite comme au sol. Amnatiss avait sincèrement pensé qu’ils avaient traversé l’enfer. Elle se rendait compte désormais qu’ils n’avaient fait que descendre d’un étage. Combien d’autre il y en aurait ? La guerrière aux cheveux blancs cherchait juste à savoir s’ils en avaient atteint un en particulier… Mais les troupes au sol n’avaient pas accès au détail des communications en orbite. Elle avait beau chercher, aucun moyen de savoir si le Rorke était encore en une pièce. Amnatiss se tint la gorge, qui se nouait à l’idée que sa seconde devait être en train de faire parti des débris qui ceignaient désormais l’orbite haute de Chasca.

Puis vinrent des ordres qui lui étaient destinés. Enfin, de quoi focaliser son attention.

« Préparez vous, on y retourne, lança la médic. On va s’occuper de ces cocons. Nous priorité reste de récupérer le colonel Fender. Gallagher, il me faudra votre bouclier. Je me charge de fragiliser les enveloppes. Bayard, vous les ouvrirez.
- Attendez McKnight. Je ne peux plus… Pour l’instant, considérez mes capacités hors services. En cas de crise, les stimulants qu’il me reste permettront de tenir une barrière quelques instants… Mais mon corps ne tiendra pas un assaut soutenu.
- Tout le monde est à bout Gallagher, trancha Arcadia. Si nous plions, nous sommes perdus. La reine est focalisée sur les autres. Protégez nous simplement des explosions. Tant que vous êtes debout il y a de l’espoir. Et tant qu’il y a de l’espoir il y a du travail. Alors en avant.
- Sacré brin de femme votre amie, détective Bayard.
- Vous n’avez pas idée à quel point. Vous allez tenir le coup ?
- Votre pote ne me laisse pas vraiment le choix. Et vous savez quoi ? Il paraît qu’il n’y a rien de plus inquiétant dans un mort qu’un cœur qui bat. Son Altesse devra bien finir par plier lorsqu’elle se rendra compte qu’elle n’est pas la seule qui se relève tout le temps. »

Le trio s’avança vers la sortie du blindé médical. Amnatiss avait fait le plein en cartouche thermique, et à sa ceinture pendaient trois grenades, deux destinés à couvrir leur présence de fumigènes, et la dernière si le feu devenait une meilleure solution. Elle vida une bouteille d’eau, d’abord dans sa gorge, puis sur son visage pour en retirer la crasse. Elle avait laissé son cache-œil sur sa paillasse, révélant son œil morne et le côté brûlé de son visage. Elle enfila son casque. L’armure se scella. Elle battait le canon de son M15 contre sa botte. Elle était prête.

Les trois femmes émergèrent de l’abri avec une résolution d’acier, l’esprit entier guidant les corps fatigués et brisés. Endossant un rôle de soutien, Gallagher détermina un itinéraire sûr pour ses alliées jusqu’aux cocons. Elle leur indiquait des directions, des couverts qu’elles pouvaient atteindre en peu de temps, et lorsqu’il n’y en avait pas elle concentrait quelques secondes de barrière biotique pour leur en offrir. Ces protections là étaient rares, et ne tenaient guère longtemps. Les dégâts collatéraux du combat contre la Reine risquaient à tout moment d'effacer toute trace de leur fragile commando. Les souffles des explosions balayaient des pans entiers de ruines et de décombres dans leur direction, et l’on ne parlait pas encore des tanks qui s’envolaient.

La lieutenant britannique était en retrait par rapport à ses deux comparses. Elle était l’arrière garde, les protégeant des dangers qu’elles ne pouvaient pas repérer. Il fallait ôter de leur esprit la moindre once d’incertitude. Elles pouvaient atteindre ces cocons, et une fois là bas elles pourraient sauver les trois prisonniers. Qu’elles y survivent serait une certitude, car elles avaient encore une biotique pour les protéger.


Dernière édition par Amnatiss Gallagher le Jeu 21 Fév 2019, 00:58, édité 2 fois
Audrey Bayard
Voir le profil de l'utilisateur

Personnage RP
Faction : UCIP
Rang : Lieutenant-Commandant
Membre
Messages : 186

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   [Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Icon_minitimeMar 19 Fév 2019, 21:12
Audrey reprit conscience subitement, écarquillant les yeux et inspirant de grandes bouffées d’oxygène. C’était comme se réveiller en sursaut après un cauchemar. En proie à une légère panique due à cette revivification brutale, les pupilles de la française filaient à toute vitesse de droite à gauche pour essayer vainement de capter des informations. Du blanc. C’est tout ce que l’humaine haletante parvint à appréhender, jusqu’à ce qu’une main amicale vienne se poser sur son épaule. La ressuscitée porta instinctivement son attention vers le propriétaire de cette main pour l’identifier. Encore légèrement brouillé, son regard parvint néanmoins à discerner Arcadia, ce qui apaisa légèrement la terrienne.

A présent un peu plus calme, la militaire tenta de remettre un peu d’ordre dans son esprit. La dernière chose dont elle se souvenait, c’était de s’être effondrée dans le temple après avoir porté la toubib. Etait-ce une autre forme d’hallucination ? Une forme de prison dorée ? Non, Zaroth était mort. C’était impossible. Mais où se trouvait-elle alors ? Un espace immaculé. Des couchettes étroites. La largeur d’un petit couloir. Un hôpital de campagne ? Aucune chance sur Chasca. Un blindé médical était plus probable. Vu la disposition des lieux, il était peu probable qu’il s’agisse d’une infirmerie de bord d’un vaisseau. Elles étaient donc toujours en enfer. Simplement isolées dans une petite bulle de paradis.

- Ça va Audrey ?
- J'ai l'impression que ma tête va exploser, j'ai mal partout et je boîte. Mais compte tenu des circonstances, j'imagine qu'on peut dire que ça va...

Ce n’est qu’alors que la châtain remarqua le large bandeau de sang qui ornait le visage de son interlocutrice.

- Tu es blessée ? s’inquiéta-t-elle.
- Je vais bien. Fais moi voir ta cheville. Je vais m'en occuper.

La médecin soigna la blessure en presque moins de temps qu’il ne lui avait fallu pour le dire. Enfin, la blessée ne serait sans doute pas apte à galoper immédiatement, mais au moins la douleur avait disparu.

- Voilà ça devrait aller mieux.
- Merci. J'ai le droit à une minute avant d'y retourner ?
- Souffle un peu et mange quelque chose. Je dois me réapprovisionner.

L'ancienne du SSC se redressa en ôtant son casque, remarquant alors seulement la présence d'une autre personne à bord. Le lieutenant Gallagher. Elle semblait avoir été pas mal secouée aussi, mais pas plus blessée que ça. Bayard la salua d'un signe de tête en se levant, avant de se diriger vers une des pharmacies du véhicule. Fouillant rapidement dedans, elle trouva des barres énergétiques. Ça n'avait en général pas très bon goût, mais le docteur lui avait dit de manger quelque chose. Ordre du médecin comme on disait. La gendarme déballa donc la nourriture et croqua dedans. Absolument dégueulasse. Si elle n'était pas aussi bien élevée, elle aurait sans doute recraché cette horreur. Cependant, la jeune femme se força à finir l’immondice. Elle aurait sans doute besoin de force pour la suite.

En cherchant autre chose à ingurgiter, ne serait ce que pour faire passer le goût, Audrey tomba sur l'armoire des stimulants et autres drogues de combat. Elle n'était pas du tout adepte de ce genre de saloperies, craignant de développer une dépendance ou que cela détraque son organisme, mais dans le cas présent, il était sans doute préférable de prendre le risque d'en consommer pour rester en vie. En fouinant dans le rangement, la gendarme tomba sur un produit qui retint son attention. Le MER-12… Avec un nom comme ça, ce devait être efficace. Les pharmaciens n’avaient même pas réussi à lui trouver un patronyme plus aguicheur qui sonnait comme une molécule. Et quitte à se foutre en l'air, autant y aller à fond non ?

Alors que la française saisissait le petit inhalateur, la martienne les informa que la récréation était terminé. Il y avait apparemment des cocons à détruire. Et le colonel Fender était en danger. N'ayant suivi absolument aucune communication depuis qu'elle avait sombré dans l'inconscience, le lieutenant n'avait aucune idée de ce qu'il se passait dehors. Mais si les ordres étaient tombés, elle n'avait pas vraiment besoin d'en savoir plus pour les exécuter pour l'instant.

- Sacré brin de femme votre amie, détective Bayard.
- Vous n’avez pas idée à quel point. Vous allez tenir le coup ?
- Votre pote ne me laisse pas vraiment le choix. Et vous savez quoi ? Il paraît qu’il n’y a rien de plus inquiétant dans un mort qu’un cœur qui bat. Son Altesse devra bien finir par plier lorsqu’elle se rendra compte qu’elle n’est pas la seule qui se relève tout le temps.

La châtain n'avait toujours pas l'habitude du franc parler de sa collègue. Mais ce n'était sans doute pas le meilleur moment pour s'en formaliser. L'ancienne du SSC prit une grande inspiration avant de s'injecter la drogue de combat. Il n'y avait plus qu'à espérer qu'elle ne paye pas cet écart toute sa vie. Enfilant son casque, la militaire scella son armure et vint se placer à l'entrée du SAS, derrière son amie, légèrement sur son flanc droit. Elle sentit une énergie nouvelle la gagner ainsi qu'une certaine forme d'enthousiasme, à la limite du malsain. Le stimulant commençait sans doute déjà à faire effet. Gallagher rejoignit le duo et la porte s'ouvrit, dévoilant ce dont elle avait protégé les occupants du blindé jusqu'alors...

Le champ de bataille se tenait devant la petite équipe. Sombre, bruyant, poussiéreux et chaotique, il contrastait en tout point avec l’immaculé blancheur et le calme de l’habitacle que le trio quittait. C’est sans doute à ça que ressemblait une sortie du paradis... Les femmes eurent un petit temps d’arrêt devant la scène qui se présentait. Arcadia tourna la tête en direction de son amie, comme pour s’assurer qu’elle allait tenir le coup. La française fixa sa supérieure quelques secondes, avant de simplement hocher affirmativement la tête, avec un air déterminé difficile à réellement percevoir à travers sa visière. C’était du suicide d’y retourner, mais elle la suivrait jusqu’au bout. La mort était une journée qui méritait d’être vécue, et que demander de plus que de le faire en compagnie de sa meilleure amie ?

L'équipe se jeta dans la mêlée. Courant entre les explosions et les débris qui retombaient, elles ne s'arrêtaient qu'occasionnellement pour reprendre leur souffle derrière un couvert. Le temps était compté. Qui savait quelle durée il fallait à une couveuse pour corrompre son occupant ? Très peu de tirs s'échappèrent des armes des combattantes de l'UCIP. Le but était d'atteindre leur objectif le plus rapidement possible. Et étrangement, il y avait peu d'opposants sur leur chemin. Un peu plus à l'écart, le combat semblait faire rage, mêlant les détonations d'obus, de grenades et de biotique. Probablement Aria qui se déchaînait. Les communications étaient confuses.

Le petit commando atteignit finalement le premier cocon et Arcadia l'embrasa sans attendre, tandis que ses deux subalternes la couvraient. Après une bonne demi minute de barbecue, le colonel ordonna à sa plus proche collaboratrice de trancher dans le mucus grillé. Voyons ce que ce Kinder surprise avait à offrir. Un turien. Ce n'était pas le jouet que cherchait la blonde. Elle fonça donc vers l'œuf suivant, sans s'attarder plus longtemps sur le prisonnier fraîchement libéré. Bayard aida tout de même rapidement le garde noir à sortir de son incubateur, avant d'elle aussi l'abandonner sur place pour rejoindre sa supérieure. Celle-ci avait déjà commencé son travail de pyromane, si bien que la châtain pu commencer la découpe sitôt arrivée. Bingo. Cela ressemblait à une Fender. État presque neuf. Alors qu'elle partait déjà pour la troisième chrysalide, la plus jeune se rendit compte qu'on ne la suivait pas. La médecin était restée au côté de la furie.

- Arcadia, il reste un prisonnier à libérer. Pas le temps de faire la sieste ! Lança-t-elle sans vraiment réaliser ce qu'elle disait. La drogue semblait avoir fait sauter certaines barrières protocolaires...



Arcadia McKnight
Voir le profil de l'utilisateur

Personnage RP
Faction : UCIP
Rang : Colonel/Médecin en Chef
Membre
Messages : 421

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   [Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Icon_minitimeMer 20 Fév 2019, 21:55

L'heure du jugement
Ft. Audrey Bayard, Ravi Vertax, Urdnot Ante, Abbadon Bynare & Amnatiss Gallagher




L'incubateur s'ouvrit, éventré de haut en bas sur sa chair parcheminée et brûlée, par l'omnilame du lieutenant, faisant s'écouler plusieurs litres de sucs digestifs sur le sol sale de Chasca. Il était aisé de deviner la forme humaine gisant à l'intérieur. Écartant les parois organiques, elle rentra son buste à l'intérieur, ramenant la Furie avec elle vers l'air libre. Bien que l'oxygène de la planète corrompue n'ait rien de libre.
La biotique inerte paraissait frêle dans ses bras, l'intégralité de son armure avait commencé à être rongé par l'acide sans pour autant compromettre l'intégrité. Elle ne bougeait ni ne parlait, sa protection empêchait de voir son torse se soulever sous l'effet de sa respiration. Seul l'IV médicale lui indiquait qu'elle était encore en vie. Faible, fatiguée, inconsciente mais en vie. La calant contre la biomasse morte, Arcadia regarda la N7, l'air interdit, incapable d'encaisser la réalité. Pour la première fois, en plus de vingt ans de carrière, le blanc. Rien ne vint à son esprit, chaque seconde lui semblait être une éternité tandis que son cerveau pédalait dans la semoule, son conditionnement de soldat essayant de reprendre le dessus sur ses émotions.

Elle avait toujours su quoi faire en temps normal, réagissant au quart de tour, maîtrisant le moindre de ses gestes. Maintenant elle en était incapable, la toubib sentait l'adrénaline retomber, la fatigue gagner chaque partie de son corps. Jusque où cela devrait il aller pour cesser ? Même elle, l'increvable toubib, l'enthousiaste, celle qui ne perdait jamais pied, toujours souriante, se sentait impuissante face à cette situation. Elle avait promit de protéger le plus de monde possible, quelle folie que d'avoir proféré de tels mots.
Audrey dit quelque chose mais elle n'entendait plus rien. Son regard vide toujours posé sur le colonel Fender.

On la secoua, essayant de la faire sortir de sa léthargie. Elle regarda ce casque au dessus d'elle qui tentait de la ramener à la réalité. Un casque à la visière fumé d'où aucune expression ne pouvait se lire, sans aucune humanité.
[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Line-p10
Que les hommes et mes confrères m'accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses.

Au souvenir de ces mots, elle ressentit un électro-choc la traverser, une énergie nouvelle se déversa dans ses muscles endoloris, un second souffle bienvenue brûlant la douleur, éveillant sa perception. La militaire écarta sa subalterne en se relevant, le lance flamme dans ses mains mugit de joie, retrouvant celle qui se voulait digne de le maîtriser. Un enfer de feu naquit dans le berceau de la corruption, la carbonisant.

Que je sois déshonoré et méprisé si j'y manque.

Sa puissance lui revint, les mots qu'elle avait prononcé lors de ascension en tant que docteur la traversait de part en part. Ses doutes, ses faiblesses, ses craintes et peurs s'effacèrent l'espace d'un instant. Arcadia s'éclipsa laissant place au médecin militaire. La coquille s'effritait lorsque la gueule de son arme cessa de cracher son brasier.
Une nouvelle incision dans l’œuf eut raison de son étanchéité, libérant le Krogan lui aussi évanouit. Elle s'avança, se saisissant du bras qui pendait à l'extérieur commençant à extraire le prisonnier.

Les muscles et servomoteurs de son armure protestèrent contre le mauvais traitement. La technologie de sa protection lui donnait peut-être une meilleure vélocité ainsi qu'une plus grande force mais bien trop insuffisante pour tirer un natif de Tuchanka. Deux autres personnes virent l'aider dans sa tâche, soulageant la charge imposée à son équipement.

« Lieutenants, ordonna t-elle d'une voix forte et claire. Allez prêter main forte aux autres. Je me charge des blessés. »

Ses seringues se remplirent de sérum anti-EN qu'elle injecta aux trois survivants de Loki, une simple mesure de précaution. Mieux valait prévenir que guérir. Par chance aucune des armures ne présentaient de brèche. Derrière le médecin le combat faisait rage, quelques pilotes sortaient de leurs tanks qui avait été neutralisés, les ralliant à elle via le canal de communication.

« J'ai besoin du camion médical sur ma position. J'ai des blessés avec moi. »

Le conducteur arriva brutalement, son véhicule ne représentant pour l'instant aucune menace par son manque d'armement, se dégageait la voix, son pare-buffle éjectant les carcasses de blindés de son chemin. Soulevant Shura, les autres rescapés prirent le garde noir ainsi que le pilote du mecha, les déposant dans le sas de décontamination. A peine les portes se refermèrent que le protocole d'extermination se lança, éliminant la moindre trace de corruption.
[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Line-p10
Le médecin s'avança dans l'habitacle, ses bottes magnétiques activées afin d'éviter une chute alors que le pilote s'éloignait de la zone de combat. Elle déposa Shura sur l'une des couchettes et la sangla. Libérée de son fardeau, la blonde s'équipa de l'exosquelette médical pour installer les deux autres aliens sur les brancards.
Son attention se concentra sur son devoir, uniquement son devoir. Plus rien ne semblait important si ce n'était de bien faire ce qu'elle savait faire de mieux. Perfusion, oscilloscope, oxygène elle connecta chaque patient aux machines du camion, l'IV s'occupant du reste. D'autres personnes avaient besoin de sa présence elle ne pouvait pas s'éterniser ici. Elle aurait aimé rester, souffler, s'occuper des victimes, mais leur état général était bon, le pronostic vital non engagé ne nécessitait pas sa présence permanente.
Dégainant son Phalanx elle le chargea avec un inhibiteur biotique. La physiologie d'Aria lui permettrait sans mal de surmonter ce problème en quelques minutes, si ce n'était secondes.
Mais le moindre gain de temps était vital, bloquer les pouvoirs de cette dégénérée signifiait donner aux forces Conciliennes l'occasion de se regrouper, de s'organiser à nouveau.

Arcadia jeta un dernier coup d’œil plein d'espoir vers la plus petite des silhouettes gisant sur le pajot, puis s'en alla, y retournant une énième fois. Son armure l'emmenant vers sa destination à pleine vitesse, semblable à une lionne qui s'élançait après sa proie.
Un grincement métallique résonna dans le ciel, levant la tête, elle aperçut le cuirassé dans l'atmosphère de Chasca. La structure du Calmoren grondait, malmenée par l'attraction planétaire. Ses énormes réacteurs luttaient pour le maintenir en l'air. Le béhémoth fit tomber la nuit sur la forteresse d'Aria, éclipsant le jour, dissimulant le soleil du système Matano. Le monstre de métal tonnait son cri de guerre, un ost vengeur tombant du ciel pour rencontrer celle qui se prétendait l'égal d'un Dieu, crachant son immortalité à la face des Conciliens, se vautrant dans sa puissance.

Toute puissante fut la Reine, elle saignait. Elle pouvait saigner. La chair était faible, éphémère, faisant défaut même au plus grand des combattants. Là ou le titan stellaire n'était fait que de métal. L'on pouvait battre son blindage, le tordre, l'enfoncer, sa coque ne se teinterait jamais de rouge. Le fer perdurait encore et toujours, immortel, éternel.

Un frisson parcourut l'échine du docteur. C'était la fin du voyage, la scène finale. D'une manière ou d'une autre le dernier acte allait s'achever ce 15 Janvier 2204.

(c) King (Sacrifars)





[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Pulse11
Messages : 34

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   [Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Icon_minitimeJeu 21 Fév 2019, 01:03
Le colonel-toubib McKnight et le lieutenant-détective Bayard parvenaient à extraire les trois soldats incubés par le Cœur. Ils extirpaient leurs alliés de ces caissons de biomasse sous le couvert d’Amnatiss et quelques autres survivants. Le sauvetage était insensé, brûlant des secondes précieuses pour les forces combinées de Loki et Valkyrie, ou du moins ce qu’il en restait. Mais ils avaient abandonné et sacrifié suffisamment de troupes pour le moment, il n’était plus question de laisser des alliés derrière. Et puis la britannique n’avait pas chômé pendant que ses collègues cuisinaient et evisceraient les cocons. Dors et déjà, elle transmettait aux différentes équipes des coordonnées de ruines et de particularités géologiques qui pourraient protéger du souffle du bombardement. Les informations de Gallagher furent immédiatement récupérées par Thor, qui se déploya afin d’agrandir ou de profiter de ces zones de couverture.

Aria venait de mordre la poussière, vaincu par le nombre et une quantité d’explosifs impressionnantes, vue de loin. Il était temps d’agir. Arcadia envoya les deux lieutenants supporter le reste de Valkyrie dans leur nouvelle entreprise : obtenir une acquisition de cible clair pour le bombardement chirurgical. Selon les ordres qui fusaient dans les oreilles d’Amnatiss, il fallait trois verrouillages pour que les coordonnées soient fiables.

« Bayard ! Suis moi, de là bas on aura une vue dégagée sur le cœur, et on sera proches d’une safe zone. Je t’ouvre la voie alors bouge ! »

Les deux soldates filèrent comme le vent, si le vent pouvait se fatiguer. Il fallait atteindre la position avant que les ombres et les immortels, qui commençaient à s’activer, ne les atteigne. Leur intellect était douteux, mais ils comprenaient vraisemblablement les objectifs des équipes de ciblage, et s’entêtaient à les empêcher de les remplir. L’élysienne pensait les distancer, mais elle fut surprise de voir le seul soldat qui accompagnait le duo ouvrir le feu. Elle jeta un coup d’œil par dessus son épaule. Ces saletés étaient rapides !

« Audrey, te retourne pas ! Fonce ! »

Posant un genou au sol, Amnatiss épaula son M80 et cracha les balles vers la masse qui fondait sur leur position. Ils avaient fait d’Odin un amuse gueule, mais maintenant ils tombaient sur un plat de résistance. Une première fumigène fut lancée, afin de couvrir les mouvements de la lieutenant Bayard. Gallagher, elle, n’avait pas besoin de se couvrir, bien au contraire. Son feu nourri était un phare vers lequel se diriger pour les ombres. Quelques balles firent crépiter son bouclier. Ces saletés d’immortels savaient encore viser…

Un cri indiqua que l’autre soldat s’était fait débordé. C’était comme un coup de poignard dans la poitrine d’Amnatiss. Encore un guerrier qu’elle voyait crever sous ses yeux. Encore. Mais elle n’avait plus les capacités de protéger les autres avec sa biotique. Tout ce qui lui restait, elle allait s’en servir pour être la barrière qui empêcherait ces crevures d’atteindre Audrey. Après tout, se dit-elle, elle avait un petit peu fait parti de son équipage. Et jamais elle ne laissait un membre de son équipage en arrière.

Mais le temps n’était pas à la nostalgie. Chaque balle comptait, et l’esprit ne pouvait se permettre de flâner. Les ombres arrivaient à courte portée. Amnatiss dégoupilla la seconde grande fumigène, et s’en servit pour empêcher les immortels de la transformer en gruyère trop rapidement, désormais que le nombre de cible s’était drastiquement réduit. Sous le couvert du gaz grisâtre, l’ex-catcheuse entama alors le corps à corps avec les créatures corrompues. Elles étaient féroces et nombreuses, mais leur adversaire combattait avec l’énergie du désespoir. Si trop d’entre elles passaient, Bayard serait débordée et ne pourrait pas transmettre les coordonnées de ciblage au cuirassé. McKnight avait raison, après tout, elle ne pouvait pas plier, même l'épuisement lui était interdit. Tant qu’Amnatiss était debout, c’est qu’il y avait du travail.

Le bouclier de Gallagher était entièrement déchargée, et elle s’injecta sa dernière dose de stimulant pour former une barrière biotique. Tant qu’elle tenait debout, il y avait de l’espoir. Chaque seconde passée à planter une omnilame dans une ombre, c’était une seconde gagnée pour l’acquisition de cible. Une projection frappa d’un coup la britannique à la crinière blanche dans le dos, la faisant décoller de plusieurs mètres, avant de s’affaisser sur le sol comme un gant de toilette. Elle roula sur le dos, et tint en respect une ombre qui en profitait pour l’assaillir. Quelques projectiles en travers de sa gorge la calmèrent. Une autre tomba avant qu’Amnatiss ne put se relever.

Deux immortels étaient arrivés si près d’elle qu’elle pouvait tirer au jugé et être sûre de tous les toucher. Ce qu’elle fit. Celui de gauche, un Galarien, était déjà dépossédé d’un bras, l’ayant sûrement perdu dans l’affrontement contre Odin. Celui de droite, un Turien, se jetait comme un rapace sur la soldate de l’UCIP. C’était lui qui l’avait atteint avec sa biotique, et un coup féroce vint inculquer un peu de respect à la lieutenant de plus belle. Cependant, à sa surprise, elle esquiva le suivant, et son poing chargé d’énergie biotique, elle éclata sa mandibule d’un coup sec. Se tenant le visage, il ne put voir venir la salve de trois balles qui vint changer la manière dont sa matière grise était rangée.

Le Galarien, lui, resta plus en retrait, et profita du couvert que les ombres lui donnaient pour harceler Amnatiss avec une arme de poing. Elle devait désormais affronter les sbires en même temps que leur patron, et qu’elle merde c’était ! L’une des créatures mutées parvint à arracher son M80 de ses mains (et, pour cet affront, fut perforé à plusieurs reprises par son omnilame). Bientôt, la faible barrière biotique craqua, et l’armure d’Amnatiss se recouvrait des griffures larges et profondes. Mais elle gagnait du terrain, avançant d’un pas à chaque ombre tuée vers l’immortel qui, lui, refusait de céder d’un pouce. Il avait l’air presque abasourdi que sa cible survive ainsi, utilisant les corps des engeances de l’Energie Noire comme autant de boucliers contre ses balles. Un autre immortel vint se ranger à ses côtés, accompagné d’un nouveau peloton de créatures difformes.

La stratégie de se protéger avec un mur de chair semblant fonctionner, l’élysienne tenta le tout pour le tout. Chargeant à travers les ombres, elle les piétina jusqu’à arriver aux deux immortels. Les deux derniers êtres capable d’empêcher Audrey d’effectuer ce putain de ciblage. Ils semblaient ravis de cet acte désespéré, souriant d’un air moqueur à la faible lueur biotique bleu qui ceignait son poing. Comme si, par ce poing fermé, elle parviendrait à les atteindre. Puis le poing libéra sa charge, et la grenade incendiaire les enveloppa tous les trois d’un halo incandescent. Le bras d’Amnatiss n’était qu’à peine protégé par ses pouvoirs, et son armure ne ressembla bientôt plus qu’à un amas de tôle brûlée et brisée. Elle s’effondrait sur ses genoux, se hissant au dessus des corps des deux immortels pour venir s’assurer d’un coup d’omnilame qu’ils étaient bien morts.

Son esprit vrillait dans son crâne. La fatigue, la douleur, la chaleur, le froid… Tout se ressentait avec bien trop d’intensité. Un regard circulaire devait lui assurer que la grenade avait éliminé les ombres, mais ne parvint qu’à la faire tomber sur le dos.

« Detective Bayard, périmètre sécurisé. Je v... »

La bile se mélangea au sang dans sa gorge, puis à l’intérieur de son casque.

« Je m’sent pas super bien bordel… Je t’ai envoyé des coordonnées à rejoindre. Safe zone la plus proche. Reste pas là, plus d’ombres qui se ramènent. »

La vitre crasseuse de son casque lui permettait à peine de voir le ciel de Chasca, obscurci par le Calmoren en chute libre. De toute façon, qu’est ce que ça pouvait bien changer ? Les plages chaudes de Khar’shan ou le sol glacé de Boro, un endroit n’était pas pire qu’un autre pour crever. Et puis, Chasca deviendrait un symbole de victoire et d’unité. C’était pas si mal, hein ?

Amnatiss chercha à se redresser, sans grand succès. Tant qu’elle était debout, il y avait de l’espoir. Et tant qu’il y avait de l’espoir, il y avait du boulot. Si elle pouvait concentrer un peu d’énergie, elle pourrait placer une bulle biotique qui…

Son bras craqua avec un son douloureux lorsqu’elle chercha à y accumuler de l’énergie. Plus d’armes, plus de biotique. Qu’est ce qu’il restait bien dans ce corps ? Se frayer un chemin à la force des poings, hein… ? Ça ne marchait qu’avec des mains en bon état. Elle cracha quelque chose de chaud et douloureux, ses propres blagues lui donnant envie de rendre son repas. Avec ses dernières forces, elle ouvrit un canal privé :

« Eh, le Saint... »

L’armure enfoncée comprimait sa cage thoracique et son ventre, mais elle parvenait à articuler difficilement des presque-mots. Putain que c’était douloureux.

« Dans une autre vie, ça sera avec grand plaisir. »

La mort a ceci de bon qu’on peut se confier à elle. De nouvelles ombres arrivaient au corps suffoquant d’Amnatiss Adjib Gallagher, la revancharde lieutenant de l’UCIP. Eh, au moins, pensait-elle, si elle crevait là, elle serait peut être la dernière personne à mourir sur Chasca aujourd’hui. La dernière victime de l’Énergie Noire. Ça aurait une certaine classe.
Audrey Bayard
Voir le profil de l'utilisateur

Personnage RP
Faction : UCIP
Rang : Lieutenant-Commandant
Membre
Messages : 186

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   [Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Icon_minitimeJeu 21 Fév 2019, 12:34
Une formidable explosion éclaira le champs de bataille d’une lueur rougeoyante, emportant probablement avec elle la reine de Chasca. Etait-ce terminé ? Audrey l’espéra pendant un court instant. Mais très vite, des communications affluèrent dans son casque pour lui assurer le contraire. Il restait un objectif prioritaire à cibler. Faisant écho aux ordres d’Arcadia, le lieutenant Gallagher ordonna à la chatain de la suivre jusqu’à une position de tir. Il fallait faire vite, la fenêtre ne resterait pas ouverte bien longtemps...

Le duo se rua vers ce qu’il restait d’un bâtiment en ruine. Un tas de gravats en somme. Courant comme des dératées, les femmes entendirent les cris de la horde qui se remettait en branle, se précipitant probablement vers elles pour les empêcher de remplir leur mission. La française s’arrêta soudain pour se retourner, lorsqu’elle entendit des coups de feu alliés en direction de la meute de décérébrés. Ils étaient tout près. Trop près.

- Audrey, te retourne pas ! Fonce !

La concernée hésita un instant. Elle ne pouvait quand même pas abandonner la borgne derrière elle à une mort certaine. D'un autre côté, si elle ne le faisait pas c’était le décès assuré pour tout le monde. On comptait sur elle pour verrouiller cette saleté de cœur. Merde ! La châtain se remit à courir vers la position du ciblage. Tout ce qu'elle espérait à présent, c'est que la corsaire puisse tenir jusqu'au bombardement.

S’engouffrant dans les décombres, la terrienne se rua entre les pans de murs éventrés pour gagner une terrasse d’où elle pourrait viser. Elle sentait que le MER-12 faisait toujours effet, lui donnant une énergie artificielle pour rester debout et remplir son objectif.. Une ombre eut à peine le temps d'apparaître sur son flanc droit qu'elle fut criblée de balles. Deux autres sur sa gauche reçurent chacune une rafale alors qu'elles se trouvaient encore trop loin pour représenter une réelle menace. Incroyable à quel point ce stimulant avait pu accroître sa réactivité. Elle eut même le temps de finir son chargeur sur le corrompu qui lui bondit dessus par surprise depuis un petit promontoire avant que celui-ci n'ait pu lui porter le moindre coup. Néanmoins, le monstre lui retomba tout de même dessus, l'entraînant dans sa chute. Rien de bien méchant et il ne fallut guère longtemps à la courreuse pour se remettre en route, essuyant le sang de son agresseur qui avait giclé sur sa visière.

La française n'entendait plus que le son de sa respiration haletante. C'était comme si les échos du carnage n'arrivait pas à se frayer un chemin dans ces ruines. Ce silence avait quelque chose d'apaisant cela dit. Il l'aidait à se concentrer sur sa tâche. Oh il n'y avait rien de bien compliqué à galoper, même sur ce terrain abrupt, mais au moins elle ne pensait pas à ceux laissés derrière. Ni à toutes les vies qui dépendaient de son ciblage. Simplement gagner le point le plus haut de ce tas de gravats et viser la corruption en plein cœur.

C'est la gorge sèche que le lieutenant atteignit sa destination. Ne prenant pas le temps de souffler, elle commença immédiatement à calibrer son pointeur. Le temps était compté. Les autres étaient probablement déjà en position. Après deux trois réglages, c'était bon, elle n'avait plus qu'à viser. S'y attelant, l’officier tenta de calmer sa respiration. Elle espérait vraiment ne pas être arrivée trop tard.

Un épouvantable grincement fendit le ciel alors que le Calmoren y surgit, luttant de toute la puissance de ses propulseurs pour ralentir sa chute. Sa carlingue hurlait à la mort alors que ses armes chauffaient probablement déjà pour finir le travail. Audrey ne put retenir une exclamation de surprise devant l’arrivée de ce mastodonte dans l’atmosphère. Même à cette distance, il semblait titanesque. Complètement absorbée par l’apparition de ce dieu de métal, l’humaine ne prêta aucune attention aux communications suivantes...



Ravi Vertax
Voir le profil de l'utilisateur

Personnage RP
Faction : Conseil
Rang : Spectre
Hé Hé !
Messages : 415
Crédits : Relais.314 / moi

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   [Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Icon_minitimeJeu 21 Fév 2019, 19:36
L'heure du jugement
- Ravi, occupe la Reine. Je te veux en fer de lance.

Le grésillement des communications n'empêcha pas Abbadon d'entendre la réponse - et le grognement qui l'avait précédé.

- Tu as intérêt à me payer un sacré paquet de verres une fois rentrés pour le coup que tu me fais.

Le cœur n'y était pas et même la Turienne trouva la provocation fade et sans saveur. Il n'y avait plus d'espoir. Elle, en tout cas, n'en avait plus beaucoup en stock. Si vaincre Zaroth leur avait permis de retrouver un second souffle, l'arrivée de la Reine et la démonstration démentielle de ses pouvoirs l'avait fait perdre immédiatement. A côté d'elle, même Sovereign faisait petit joueur. Et que dire de la Corruption en elle même qui dépassait en capacité ce que les Moissonneurs n'auraient que rêvés de faire ? Même les planètes tombés depuis un an en 87 n'avaient pas été totalement transformées en comparaison.
Il fallait que l'Energie Noire tombe. Les combattants se lançaient dans ce qui était clairement une dernière tentative pour abattre Aria. Si la Reine devait se relever... Il n'y aurait aucun survivant. Dans un camp comme dans l'autre.

Mais même mentalement épuisée, Ravi Vertax restait une Spectre et une Turienne de sucroît. Sa mission et l'exécution de cette dernière passait avant tout. Qu'importe ce que ça coûtait.
Un simple geste sur son omnitech libéra l'une des seringues stimulantes dans son organisme. Le monde sembla ralentir pour ses neurones surexcités et la fatigue devenait une lointaine pensée, étouffée par le son incessant de ses pensées. Ses doigts vinrent enserrer son Locust et la femme tira une rafale de balles vers la masse sombre - toutes arrêtées sans le moindre effort.

- Allez, viens !

La Reine donna l'impression de sourire. Elle ne ressemblait pas à l'Elue noire qu'ils avaient combattu il y a des heures, des jours, des siècles de cela. Elle n'était ni facile à berner, encore moins à provoquer, pas plus qu'une idiote téméraire. Le sourire le faisait bien comprendre : elle l'écraserait pour l'avoir attaqué. Puis exterminerait ainsi les unes après les autres les fourmis qui osaient s'en prendre à elle.

La créature fit un geste du bras, comme si elle cherchait à chasser un insecte du revers de sa main. Une orbe noire semblable à l'aura qui l'entourait se matérialisa devant elle avant d'être envoyée d'une pichenette désobligeante. Son adversaire ne resta pas sur sa trajectoire pour voir ce que la boule était capable de faire. Bien lui en pris; là où se tenaient ses pieds quelques secondes plus tôt la terre s'enfonça en craquelant.

Bien, nota-t-elle mentalement. Il s'agissait d'un équivalent de Projection bien plus puissant que tout ce qui avait déjà été vu.

Derrière la Reine et sa masse d'ombres tournoyantes, Vertax vit trois silhouettes s'acharner à sortir les prisonniers des cocons. Ses dents s'entrechoquèrent de colère. Les imbéciles ! Voilà pourquoi elle détestait travailler en grands groupes. Il y en avait toujours pour être incapable d'accepter des sacrifices nécessaires et qui essayaient de se montrer héroïque au lieu d'être pragmatique. A deux ou à trois, au moins, les risques de faire passer ses sentiments avant le bien commun étaient réduits.
Evidemment, elle ignora cette petite voix qui lâcha que, si elle avait eu des proches dans ces cocons, la femme n'aurait sans doute pas réagit comme elle l'annonçait.

Ses réflexions ne purent aller plus loin et elle se jeta une nouvelle fois sur le côté pour éviter une attaque.

La Reine ne lui laissait que peu de répit. Elle enchaînait, attaquant à distance comme si Ravi ne méritait pas qu'elle se déplace pour si peu. Ce n'était pas le pire : elle lui tendait des pièges, anticipait ses mouvements pour la briser une fois pour toute.
Une projection la força à reculer de plusieurs pas et ce n'est que de justesse que la Spectre réussit à ne pas se faire embrocher par la longue tige métallique que la chose lança sur elle moins d'une seconde après son atterrissage.

Une série de tir lui offrit un peu de repos. Loki s'était mis en place et lui apportait le soutien qu'Abbadon avait réclamé auparavant. Comme les balles de son propre Locust, leur assaut se fit malgré tout absorber par le flot de biotique obscur. L'Ombre couronnée leur jeta un regard lourd. On aurait presque dit qu'elle avait pitié pour eux.

Et elle tendit la main.

Dans l'avant garde, deux soldats hurlèrent alors que la gravité se tordit en même temps que leurs membres. Ils s'effondrèrent au sol instantanément à la façon de marionnettes dont on venait de couper les fils, leur corps ressemblant à des silhouettes grossières qu'aurait dessiné un enfant.
Ceux qui avaient esquivés sur la gauche se firent écrasés par un rocher. Les autres eurent de la chance, l'ancienne Ara se retourna vers sa première cible.

Le cœur de la combattante battait la chamade. Outre les drogues, son cerveau carburait à l'adrénaline. Face au danger, son sens de la survie et son instinct s'allièrent pour prendre un contrôle total sur son être. Elle ne réfléchissait presque plus, agissant avant tout. En somme, elle devenait plus animale que Turienne.
La drogue avait peut-être fini d'agir depuis un moment, d'ailleurs. Au fin fond de son cerveau reptilien, il lui semblait qu'elle voulait faire passer un message assourdi. Comme si son corps voulait lui rappeler qu'elle était épuisée, que ses muscles étaient courbaturés, ses gestes moins précis et ses réactions plus lentes. Que si elle n'optait pas pour la fuite, que si le combat durait encore ne serait-ce qu'une minute, c'en était fini.
Elle esquiva pour la énième fois un projectile envoyé dans sa direction, chancelant à l’atterrissage alors qu'elle força sur les muscles de ses cuisses pour sauter une nouvelle fois sur le côté afin de se tenir hors de portée de l'onde de choc.

Face à la combattante, la Reine continuait de briller, puissante, infatigable, cruelle. Sa biotique sombre s'enroula autour du canon déchiqueté d'un char et le souleva comme s'il s'agissait d'une brindille.

Elle donnait l'impression de jouer. Même Sykes le chat prenait moins de plaisir à courir derrière une pelote de laine que la chose en prenait à la faire courir et à l'épuiser.
Haletante, les jambes tremblantes à cause de l'épuisement, Vertax la regardait faire. Elle pourrait éviter le coup possiblement mais... Ce serait tout.

Tombé du rideau, fin du spectacle. Elle allait crever ici, comme les centaines d'autres qui avaient débarqués sur Chasca avec l'espoir de revenir vainqueurs.

Elle ne le voulait pas.
En même temps, à part les suicidaires, les fous en quête de gloire et les désespérés, qui appelait la mort de ses vœux, qui suppliait pour que ce combat soit le dernier jamais vécu et que son cadavre soit mêlé à la poussière d'une autre terre ? Les Krogans, mais ils rentraient dans les catégories précédentes.

Elle ne le voulait pas, mais ça allait arriver.
Elle n'arrivait qu'à tirer un regret un peu amer de l'idée de sa mort prochaine. Son peuple se préparait au combat dès l'adolescence. Mourir pour la Cause était leur hymne. C'était ce qui se passait actuellement.

Elle ne le voulait pas, et elle était prête.
La Cause était au dessus de tout, même de l'individu. Elle s'y était préparée depuis le début.

Le canon fut projeté vers elle. Par automatisme, son corps couru sur la gauche avant de trébucher et de s'effondrer. La Reine hocha doucement la tête, comme si elle approuvait avant de tendre sa main dans sa direction.

Elle n'eut pas le temps de faire plus. Un son semblable au fracas du métal retentit, montant en intensité au fur et à mesure que l'origine du bruit se rapprochait. La chose abandonna sa proie; elle la voyait qui se repliait mais savait qu'elle n'irait pas loin. Une fois la nouvelle menace éliminée, elle la retrouverait et l'achèverait.
Une série de missile s'abattirent sur la bulle obscure. Le mécha qui les avait lancé continua sa course folle sans faillir, même lorsque les pouvoirs de l'Asari vinrent l’assaillir et tordre son métal dans un craquement. Malgré sa tentative, la machine continua, enlaçant la Reine dans une étreinte puissante. Elle n'y resta pas longtemps, brisant les membres d'acier avant de se tourner vers le responsable.

Et tout devint blanc.

Malgré la distance qu'elle avait réussi à parcourir, Ravi s'était retrouvée projetée en avant, roulant sur le sol quelques secondes avant de réussir à s'immobiliser. La douleur vint se rappeler à son bon souvenir, notamment lorsqu'elle se mit à quatre pattes, tremblant de la tête aux pieds. Un haut-le-cœur lui prit et la bile vint rapidement encrasser les filtres de son casque, lesquels redirigèrent l'excédent vers d'autres filtres et récipients à laquelle il valait mieux ne pas penser. Dommage que l'odeur prenne plus de temps à partir.

Le rideau s'était relevé. Apparemment, le monde hurlait un bis. Pour la seconde fois de la journée, la drogue vint nourrir son système nerveux et lui donner les dernières forces nécessaires.
D'abord en se traînant doucement, la femme finit par réussir à se relever et à marcher d'une façon incertaine vers sa cible.

Au fond du cratère, le coeur, disproportionné, dégoûtant, battant à tout rompre était à découvert. La vraie Aria avait fusionné avec cette horreur, Esprits savaient comment. L'excroissance avait-elle poussée dans son corps ou bien l'Asari avait-elle trouvé la créature qu'était la Corruption et s'était fait avaler ainsi ? La question ne trouverait jamais de réponse.

Son omnitech bipa et la femme tendit le bras, scannant la chose, envoyant les coordonnées tant désirées au Cuirassé.

- Locké, cracha-t-elle dans le canal de communication.

Un bond en arrière lui permit de se projeter mais déjà des lueurs rougeoyantes commençaient à poindre. Malgré tout, elle tenta sa chance, dévalant les ruines devant elle, ignorant le hurlement de ses muscles, ignorant la douleur qui la faisait ralentir, ignorant le souffle qui lui manquait, ignorant cette idée qu'elle se traînait plus qu'elle ne courait vraiment. Quelque part dans son champs de vision, elle voyait les ombres qui accouraient ventre à terre pour se ruer vers elle.
Lorsque le son survint, annonçant l'inévitable, incertaine de sa sécurité, la Turienne décida de tenter le tout pour le tout; elle sauta une dernière fois, se retournant à mi saut pour faire face au rayon. La drogue biotique déferla dans ses veines, amplifiant son pouvoir. Elle réussit à rassembler l'ezo face à elle en un mur violacé et incertain, une parodie faiblarde de bulle biotique qu'elle ne maîtrisait pas.

Elle y mit toute son énergie, jusqu'à la dernière goutte.

Quitte à mourir, autant que ce soit en essayant de survivre.


Arcadia McKnight
Voir le profil de l'utilisateur

Personnage RP
Faction : UCIP
Rang : Colonel/Médecin en Chef
Membre
Messages : 421

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   [Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Icon_minitimeVen 22 Fév 2019, 01:19

L'heure du jugement
Ft. Audrey Bayard, Ravi Vertax, Urdnot Ante, Abbadon Bynare & Amnatiss Gallagher




La toubib avait rapidement changé ses inhibiteurs pour le mod anti-corruption, ses balles traçant des sillons au sein de la horde. Un M-35 Mako surnommé Conqueror lui ouvrait un large boulevard vers leur cible principal. Son canon résonna à nouveau transformant les ombres en une vaste purée organique. Elle avançait vers la seule et unique cible qui comptait : Aria.
Un mur de feu s'éleva à plusieurs dizaines de mètres de sa position, éclairant le pénombre tel un phare guidant les bateaux. Sur l'affichage du docteur nombre des vétérans de Valkyrie avait viré au gris signe qu'ils n'étaient plus de ce monde. Le nom de Gallagher s'afficha dans la zone critique. Elle eu un mauvais pressentiment.

« McKnight à Conqueror. Laissez moi m'accrocher à vous. A une heure de votre position. Soixante mètres. Emmenez moi là bas.

- Reçu ! »

Grimpant sur le blindé, elle frappa du poing contre le chassis. Ce dernier se mit aussitôt en branle, son auto-mitrailleuse fauchant les rangs devant lui. L'humaine se tenait couchée sur le toit, préférant éviter de trop attirer l'attention. Le stress lui tordait les boyaux.
Le tank s'arrêta au milieu d'un cercle de dépouilles. Arcadia reconnut l'armure d'Amnatiss. Elle sauta, écrasant un cadavre au passage, se précipitant vers sa collègue. Malgré un état lamentable, la vie continuait à exister sous cette armure. Cela tenait presque du miracle. Pour autant la pression ne retombait pas de ses épaules. Son état était grave, elle pouvait lui filer entre les doigts d'un moment à l'autre.

« Dr McKnight, j'ai besoin du medivac, en urgence ! »

A nouveau on lui répondit par l'affirmative. Le Mako luttait vaillamment, protégeant le médecin qui s'appliquait à prodiguer les premiers soins en attendant l'arrivée du camion. Broyant les ennemis sous ses roues, dispersant façon puzzle les Ombres. Mais c'était comme retenir une vague avec les mains. Pour un tué, deux autres prenaient sa place et un troisième passait outre le dispositif.

« Colonel ! Ils arrivent sur vous ! »

Arcadia se releva, son lance flamme entre les mains. Sa gueule bouillonnante fit apparaître une langue de feu avide, léchant la peau nue de la horde grouillante. Laissant sa patiente pour empêcher la masse de les massacrer toutes les deux. Un pas après l'autre, son arme ratissait large, se jetant sur ses ennemis comme un jet d'eau sur des pétunias. Épaulant le char, ce dernier se plaçait en bouclier lui évitant les tirs d'armes des Immortels restants. Finir ici, mourir alors qu'elle aurait pu quémander une place dans un hôpital de campagne, sans honte et attendre. Depuis le début des hostilités, elle soignait pour soulager, plus pour guérir. La soigneuse se demandait si elle survivrait à cette journée, ou si elle crèverait dans les minutes à venir. Une petite noix aplatie sur le sol de Chasca par cette ruche, nettement, crac, la boîte crânienne ouverte. Ce serait bien, rapide. Son corps était tendu par le stress mais aucun signe de détresse ne transpirait d'elle depuis plus d'une dizaine de minutes. Elle n'avait plus de spasmes. Elle était au-delà. Dans la quasi certitude d'y passer.

Tout du moins ce fut jusqu'à ce qu'une aide improbable surgisse. Urdnot Ante, le diplomate Krogan, utilisa sa masse comme un bélier, enfonçant la première ligne. D'autres pilotes survivants s'étaient ralliés au reptile, ouvrant le feu sur les Ombres. Ce soutien inespéré fut comme un baume au cœur pour la combattante, voir toutes les espèces s'unir pour lutter contre une seule et même menace avait quelque de réjouissant.

Le transport médical pointa le bout de son nez, plus haut et plus lourd que la moyenne, il s'enfonça telle une lance dans la marée, expulsant des corps désarticulés de chaque côté de sa calandre. Avant de se stopper net devant la praticienne.

« Grimpez vite ! »

Il ne fallut pas le dire deux fois. Attrapant sa subalterne elle retourna à l'intérieur du bloc. Le camion repartit en trombe avant d'être secoué brutalement, manquant de faire faire tomber la blonde malgré le magnétisme de ses bottes.

« Oh bordel, ils se jettent sous les roues. On est embourbé. Active la contre mesure du camion.

- C'est fait ! Je grimpe à la tourelle.

- Sortez nous de là, rugit la Martienne en sortant du sas de décontamination, alors que le moteur fulminait pour se sortir de cette amas de chair.

- J'essaie mais ça bouge pas !

- Putain ils reviennent à la charge !

- Conqueror au medivac. Accrochez vous ! On va vous sortir de là. »

Le tank cogna durement à l'arrière du transport, bousculant les occupants de la remorque. Le colonel serra Amnatiss contre elle pour éviter qu'elle ne s'abîme plus qu'elle ne l'était déjà. L'hôpital mobile s'extirpa du charnier, poussé par le blindé s'éloignant de la zone de combat.

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Line-p10
McKnight déposa Gallagher sur la table d'opération, première blessée à souiller le blanc immaculée de la table. Seule, sans aide expérimentée il allait falloir faire vite. Le casque de la biotique vola dans la cabine, alors que Arcadia s'appliquait à découper l'armure au laser mettant à nue le corps de la combattante, lui plaquant un masque sur le nez pour l'anesthésier. Le scanner se déplia analysant le corps de la femme.
Pendant ce temps Arcadia se débarrassa de ses gantelets ainsi que de son propre casque, enfilant une tenue de bloc opératoire complète par dessus son armure. Le médecin chirurgien était bel et bien de retour.
Couvrant le corps d'un drap chirurgical, elle l'ouvrit tout le long de l'abdomen

« J'ai besoin d'un assistant ici! Magnez vous les fesses j'ai pas toute la journée ! »

Elle vit le copilote arriver timidement, ne sachant pas trop ou se mettre. C'était un humain, jeune. La chirurgienne le jaugea du regard. Que savait-il faire ? Tenir les écarteurs ? Lui apporter les instruments ? Clamper ? La vraie question était : Quand est-ce que petit jeunot tomberait dans les pommes, laissant échapper les écarteurs et plongeant tête la première dans le ventre ouvert du patient allongé sur la table ? Les gens étaient si peu résistants dès qu'ils voyaient les boyaux à l'air.

« Prend une tenue petit, et prépare toi. »

Arcadia commença par une injection de nano-robot près de la cage thoracique, évaluant la gravité des fractures costales,du pneumothorax qui n'avait pour ainsi dire pas bonne mine, ainsi que du point de la fuite d'air. Thoracascopie oblige donc.

« Scalpel ! »

Le soldat prit une expression terrifié en lui tendant l'outil de travail, elle pratiqua deux ouvertures d'un doigté à faire pâlir n'importe lequel de ses collègues, puis y inséra des écarteurs.

« Pince endoscopique ! Non pas la laparascopique ! L'autre ! Et l'agrafeuse avec ! Celle dans le casier deux ! »

Plongeant les instruments dans la cage thoracique de sa patiente, elle procéda à l'ablation des bulles d'air, les perçants à l'aide de son agrafeuse chirurgicale. Ses yeux étaient rivés sur l'écran qui lui transmettait les images nettes des caméras robotiques. Plus rien ne comptait pour elle. Coupée des communications, l'UCIP aurait pu triompher comme perdre elle n'en savait rien. L'isolement acoustique du camion permettait de se concentrer sur son travail sans être dérangé par les combats.

« Compresse et Povidone ! Dans le placard en haut. »

Bien pour l'instant il suivait le rythme mais combien de temps cela allait durer ? Oh, elle le découvrirait bien assez tôt. La praticienne frotta la plèvre avec la compresse sèche puis appliqua le produit, créant une réaction inflammatoire et une adhérence entre le poumon et la paroi. Le temps défilait sans qu'elle ne s'en rende compte, nageant dans son élément, la pression de perdre quelqu'un la rendant bien plus performante.
Elle sutura les orifices cutanés, sa petite comptine en tête. Le rouge sur le rouge, le jaune avec le jaune le blanc avec le blanc. Garde bien ses règles en tête, et ça se passera très bien, puis inséra deux drains pleuraux dans la cavité pleurale, reliés à une valise stérile, permettant d’aspirer l’air et les sécrétions pleurales postopératoires.

Une machine se mit à biper furieusement indiquant un trouble du rythme cardiaque. Étouffant un juron, la blonde se jeta sur le défibrillateur, collant une électrode sur la clavicule droite l'autre sous l'aisselle gauche. Deux tentatives plus tard, la fréquence cardiaque revint à un rythme normal. Elle souffla de soulagement, essuyant la sueur qui perlait de son front à l'aide d'une compresse.

Le travail n'était pas terminé, plusieurs aiguilles vinrent de planter pour soulager la douleur des fractures de la cage thoracique. Le choc avait été violent mais pas suffisant pour décorer les lobes pulmonaires de fragments osseux.
Faisant à nouveau parler le scalpel, elle pratiqua une laparotomie très professionnel, suffisamment grande pour y travailler, suffisamment petite pour ne pas laisser une cicatrice trop profonde. Moins propre que le laser, elle n'avait surtout pas le luxe du temps, l'appareil restait très lent pour une incision. Les boyaux se retrouvèrent à l'air libre, dégageant une odeur forte, résultat d'une perforation intestinal.

La belle conséquence d'un coup au ventre, elle admirait la blessure comme un collectionneur devant ses trésors. Heureusement qu'elle savait comment transporter les éclopés, sinon il y en aurait bien plus dehors... Enfin elle présumait.

« Eh bien alors fiston ? Pourquoi fais-tu cette mine ? Tu ne connaissais les femmes que de l'extérieur, jusqu'à maintenant ?

- Perforation de la paroi intestinal, recomm...

- Diagnostique aussi pertinent qu'évident, coupa t-elle l'IV. Inutile même de regarder, il suffit de renifler. Allez plus vite l'éponge ! Tu vois bien que ça coule ? Putain retiens toi ! Les sacs sont là bas ! NON ! Ne lui vomis pas dessus ! »

Bousculant son assistant pour éviter le carnage, il lâcha la première partie de son déjeuner sur le sol, emplissant le compartiment d'une nouvelle odeur qui se mêla à celle des entrailles percées. Elle colla une bassine sous le nez du jeune homme, qui reprit de plus belle. Elle fronça les sourcils, en voyant de nouveau une fibrillation imminente.

« Par la peste, rugit Arcadia en bondissant et balançant le scalpel. Pourquoi ? Pourquoi ça doit se passer ainsi, putain ? »

Personne ne pouvait répondre à cette question alors que le cœur d'Amnatiss cessa de battre. S'acharnant avec l'énergie du désespoir, luttant contre la mort elle même telle une chatte protégeant ses petits, elle arracha le lieutenant des griffes de la faucheuse, la faisant revenir de par delà le Styx. Lâchant des larmes de joie face à son triomphe.

« Dépêche toi de finir avec ton vomi petit ! On a encore du pain sur la planche. »

Considérant le trou dans le gros intestin, blessure qui rappelons le, avait été infligée en l'espace d'une fraction seconde, il fallait néanmoins attirer l'attention sur le temps qu'il allait falloir pour mener à bien cette opération. Une excellente matière de réflexion ! Une résection donc. La greffe viendrait plus tard et dans un endroit bien mieux équipé.

Surveillant le rythme cardiaque de Gallagher, son scalpel commença à découper le boyau avec minutie. L'endroit précis se trouvait juste entre le côlon descendant et le côlon sigmoïde. A nouveau elle sentit la sueur perlait sur son front. Elle ne pouvait pas lâcher ce qu'elle faisait maintenant.

« Essuie moi les yeux et le visage, avant que ça ne tombe là dedans ! »

Reprenant son office avec ardeur, elle finit par enlever le morceau d'intestin incriminé, le laissant retomber mollement dans un plateau. L'agrafeuse chirurgical s'invita de nouveau, liant à nouveau les deux parties dans une union organique. Suture, suture, suture... Puis un adhésif chirurgical.
Elle regarda le temps écoulé entre le début de l'opération et le moment actuel. Elle traînait trop, Amnatiss ne pouvait pas rester plus longtemps sous anesthésie générale. Elle avait déjà grignoté plus de quarante minutes de temps additionnel. Le travail qu'elle avait abattu à elle seule était colossal mais restait un désastre en terme de respect horaire sur le plan médical.

L'essentiel du travail interne avait été réalisé, ne restait plus que l'amputation d'une partie du bras droit. Dont la chair avait fondu, sous la chaleur, endommageant le tissu jusqu'à l'os... Il allait falloir sectionner sans anesthésie. La patiente allait se réveiller d'une minute à l'autre, son cerveau serait peut-être étourdie mais la douleur serait bien là.
Attrapant le laser de découpe, elle cintra sa patiente à la table d'opération. L'outil correctement positionné juste en dessous du coude, elle l'alluma. D'un geste résolu, elle mania le pointeur qui pénétra dans la chair et sectionna en profondeur. La blessée se réveilla, hurla.
C'était une femme mais son cri n'avait rien d'humain.

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Line-p10
Arcadia se laissa tomber sur une couchette, éreintée par la tâche qu'elle venait d'accomplir. Sa subalterne se reposait dans un caisson de soins, elle avait failli à nouveau lui claquer entre les doigts, deux fois. Deux fois elle la sauva. Malgré les soins apportés, le pronostic vital restait engagé, incertain. La Martienne ne pouvait rien de faire de plus. C'était à sa patiente de se battre maintenant. Si elle n'était pas assez forte, alors elle y perdrait la vie.

(c) King (Sacrifars)


[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Pulse11
Contenu sponsorisé

[Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: [Intrigue #14] L'heure du jugement   [Intrigue #14] L'heure du jugement - Page 2 Icon_minitime
 

[Intrigue #14] L'heure du jugement

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 3Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Mass Effect Reborn :: Voie Lactée [RP] :: L'espace de l'Alliance interstellaire :: Mer pourpre-