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 L'oeil du cyclone

Shura Fender
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MessageSujet: L'oeil du cyclone   L'oeil du cyclone Icon_minitimeSam 17 Nov 2018, 21:55
► █ Date : Septembre 2203RP Tout public
Shura Fender ♦️ Arcadia McKnight
L’œil du cyclone



Un vent paisible soufflait à travers la végétation luxuriante qui s'était affirmée maîtresse des lieux depuis des siècles. En témoignait la taille de certains des plus vieux conifères, des géants autour desquels venaient se rassembler les plus jeunes générations, rêvant de pouvoir un jour atteindre une telle majesté. La biosphère évoluait à un rythme qui n'était pas perceptible par la plupart des autres mortels, individualistes et la tête tournée vers les étoiles, ils passaient leur vie à poursuivre un but qu'ils n'atteignaient jamais vraiment, une existence vide de sens à l'échelle du vivant. Mais comme la vie savait si bien le démontrer avec chacun de ses partisans, il y avait toujours des exceptions.

Une silhouette avançait au milieu de cette forêt, chacun de ses pas félins venaient épouser le sol presque sans bruit, de légères effluves bleues apparaissant quelques fois autour de sa combinaison, comme tâtant timidement l'air qui l'entourait. Shura avançait inlassablement, son chargement posé sur les épaules, hermétique à tout ce que la forêt avait à lui offrir. Car bien que la bête jubilait à se retrouver ainsi dans un écosystème similaire à celui qui l'avait vu naître, l'esprit de l'humaine était là pour lui rappeler qu'il s'agissait d'un territoire inconnu et que les raisons qui l'avaient amenée ici n'étaient pas des plus réjouissantes.

Les arbres se firent moins denses, dégageant soudainement la vue d'une petite clairière à l'humaine. Là, assise au milieu d'une végétation exubérante ne ressemblant en rien à ce qu'elle avait pu observer plus tôt, se trouvait une autre silhouette. Elle se redressa lentement, une longe robe retombant sur des courbes généreuses alors qu'aucun pas ne semblait venir trahir sa démarche, presque comme si elle flottait doucement au dessus du sol.

Une voix mielleuse s'éleva alors que l'asari tourna légèrement sa tête en direction de la nouvelle venue.

Venue de toi même à ma rencontre, voilà qui est inhabituel. Souhaites tu donc finalement rejoindre notre lignée ?

Shura laissa tomber son chargement au sol, abaissant sa capuche et retirant son casque de furie.

Tu connais déjà la raison de ma présence.


L'asari s'approcha, un sourire sur les lèvres. Une puissante aura se dégageait d'elle et Shura ne savait que trop bien qu'il ne s'agissait pas d'une illusion. Malgré son entraînement de N7 et de furie biotique, elle se savait avoir peu de chances de survivre dans le cadre d'un affrontement.

Bien sûr, mais il est évident que cela aura un prix.


Que dirais-tu de T'Neza ?

La biotique vint entourer la main de Shura et cette dernière fit léviter son chargement jusque devant l'asari, lui dévoilant son contenu. Le corps d'une matriarche, le visage paisible semblant presque assoupie. Aucune trace de sang ou de lutte, la mort avait été propre, celui qui avait asséné le coup fatal était assurément un tueur professionnel.

Une lueur d'intérêt s'illumina dans le regard de son interlocutrice et elle s'abaissa, faisant lentement glisser ses doigts le long de la défunte.

Voilà qui est fort intéressant.

Avons-nous un accord ? J'aimerai ne pas perdre mon temps ici et je peux t'assurer qu'il s'agit bien d'elle.

L'étrange asari se redressa, allant poser une main délicate sur l'une des épaules de la furie.

Et bien... C'est un très généreux paiement en effet. Mais je crains que cela ne couvre que la moitié de ce que je demande très chère...

Le regard de Shura s'embrasa soudainement, repensant à toutes les difficultés affrontées pour pouvoir abattre la Matriarche. Une des mains de la furie vint soudainement saisir la gorge de l'asari et l'humaine la plaqua avec force le long du tronc d'un arbre. Le sourire de la fille de Thessia ne fit que s'élargir.

Mmmh, si violente...

Comment oses-tu me demander plus ? Ne sommes nous pas censées faire partie du même camp ?


Moi qui pensait que tu étais prête à tout pour voir l’œil s'effondrer...

L'humaine grogna avant de relâcher la gorge de l'asari.

Que peux tu bien vouloir de plus ?

Tes services. Si jamais il s'avère que nous en ayons besoin bien sûr, cela me paraît raisonnable n'est ce pas ?

Shura grogna à nouveau, laissant un court silence s'installer.

Très bien, j'accepte.


Elle tendit une main ouverte devant elle.

Maintenant donne moi ce que je suis venue chercher.

***

Voilà un univers qui obéissait à des lois bien particulières. Il était apparut il y a bien longtemps, dès que la conscience avait réussi à déchirer le voile de la réalité. Les désirs, les peurs, les doutes, tous ne représentaient qu'un carburant, continuant de nourrir inlassablement cette dimension, atteignant une taille et une importance dont aucune autre création de la conscience ne pouvait se vanter.

Elle restait cependant étroitement liée à ses créateurs, si bien que derrière une façade majestueuse se cachait généralement un amas dégoulinant de décadence et de malsanité, fruit des esprits les plus pervertis par les horreurs rampants dans leur crâne et les abominations qui peuplaient les abysses de la folie. L'art, ce qui se devait d'être ressenti, mais jamais totalement compris, l'univers de l'imaginaire qui ne cessait jamais vraiment de suivre ses créateurs, dans leur grandeur comme dans leur chute.

Shura avait beau être une machine à tuer, entraînée à manier ses armes et sa biotique pour pouvoir ôter la vie sans le moindre effort, elle n'en restait pas moins une âme vibrant à l'appel de ce monde imaginaire, une vocation qui la suivait depuis son enfance et dont elle ne s'était jamais lassée. La littérature et le dessin étaient des échappatoires, des mondes secrets dans lesquels elle pouvait se réfugier.

Et leur nécessité se faisait grandissante car désormais son foyer sur Shanxi n'était plus et elle se sentait étouffée par la civilisation de la Citadelle, prise au piège. Son petit appartement sur la station était la seule tanière où la bête acceptait de se réfugier pourtant à contrecœur.

Shura s'avérait par ailleurs plutôt douée pour le dessin, et il lui arrivait parfois de passer plusieurs heures à tenter de donner vie à ce qui passait dans son crâne. Vêtue uniquement de ses sous vêtements, elle était actuellement affalée dans le siège confortable qui faisait face à son bureau. Elle avait terminé son précédent concept, un turien en armure médiévale chevauchant une créature du désert. Peu satisfaite du résultat, le turien n'avait pas eu le droit à une quelconque couche de couleur.

La furie s'attelait donc à son nouveau projet, son casque sur les oreilles alors qu'elle était plongée dans une intense concentration, tentant de donner un sens à chacun de ses tracés. Ce qui s'avéra être le dos dénudé d'une femme commença à prendre forme, le détail des muscles se reflétant jusqu'à son bassin. Elle continua de descendre, prolongeant son esquisse jusqu'à ce que des jambes harmonieusement galbée ne finissent par apparaître sous un bassin aguicheur.

Elle aurait pu rester ainsi pour le reste de la journée jusqu'à ce que soudainement, sans en connaître l'origine, Shura fut en proie à un ennui terrible. La bulle éclata et la furie se rendit compte qu'elle aurait apprécié passer un peu de temps à l'extérieur. C'est ainsi que l'idée de croiser Arcadia pour la première fois dans des circonstances normales germa dans son esprit.

Suite à un court échange via omnitech définissant le consentement, le lieu et l'heure, Shura s'habilla, enfilant un jean noir et un T-shirt blanc recouvert par une habituelle veste en cuir.

***

Shura s'estimait être une éternelle étudiante, loin de s'enfoncer dans l'erreur de la suffisance. Elle était en apprentissage constant, nourrissant son esprit créatif mais élargissant également ses connaissances sur le monde via la littérature. Si la bête n'était pas spécialement friande de ces activités, elle se gardait pourtant bien de protester, car elle savait que les connaissances de Shura représentaient une force qui lui était hors de portée.

La furie se trouvait devant la bibliothèque située au sommet de la tour Cosmopolis, assise à une table publique et feuilletant les pages d'un livre tout en dévorant un croissant. Le papier était devenue une chose rare et quasiment inutilisée, relique d'un ancien temps. Il n'y avait que de rares domaines dans lesquels des humains persistaient à en faire l'usage, mais la seule véritable trace de sa gloire passée se trouvait dans les bibliothèques, recueil des plus anciens ouvrages qu'ils soient d'origine terrestre ou d'ailleurs. La furie n'était pas une experte dans le domaine ni une puriste, mais elle appréciait le contact du papier sous ses mains. Le charme des livres provenaient justement de cette consistance physique si inhabituelle.

Shura attendait ainsi, jambes croisées, plongée dans sa lecture alors qu'elle avalait ce qui restait de son croissant.


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MessageSujet: Re: L'oeil du cyclone   L'oeil du cyclone Icon_minitimeDim 18 Nov 2018, 05:54

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La navette portant fièrement les couleurs de l'UCIP vint se poser sur le spatioport militaire de la Citadelle. Une dizaine d'autres suivirent tandis qu'au sol des silhouettes agitaient des bâtons lumineux pour guider les pilotes. Des sas de décontamination furent fixer devant les portes des transporteurs afin de s'assurer qu'aucun germe pathogène ne soient restés sur les armures.
Première à franchir le portail de sécurité, le médecin en chef McKnight émergea du système de sécurité. Un pas plus loin, elle arracha son casque, poussant un râle de satisfaction, attirant indubitablement le regard du personnel au sol.

Qu'il était bon de sentir un air frais. Trois jours enfermés dans son armure avait été un supplice, impossible de se laver, de manger une nourriture consistante hormis la bouillie liquide dont la combinaison était équipée. Le plus désagréable restait de devoir faire ses besoins à l'intérieur de la protection. Bien que cette dernière soit équipée d'un produit pour tuer les odeurs et garder plus ou moins le corps propre, cela n'enlevait en rien la sensation de crasse. Une fois la tête de pont établie sur Séléné, elle avait dû partir pour les tréfonds des chantiers spatiaux ou la corruption s'était déjà confortablement installée. Ce n'est que soixante douze heures plus tard qu'ils furent relever de leur assignation. Un oubli du commandement à priori. Sûrement un trou du cul qui ne blairait pas l'UCIP. Mais bref c'était de l'histoire ancienne, maintenant ils allaient pouvoir profiter d'un peu de temps libre.

« Quelque chose de prévu McKnight ? »

N'Delena, Commandant au sein de la force armée du Conseil. Arcadia n'appréciait pas vraiment l'Asari, trop pédante et qui avait parfois une fâcheuse manie de foutre son nez là ou il ne fallait pas. Mais l'Humaine faisait l'effort de la supporter après tout, c'était bien là le but de l'organisation.

« Non.

- Tu ne dois pas aller faire un compte rendu au Capitaine Fender ?

Elle insista sur chaque syllabe du grade et du nom, un sourire narquois sur le visage. Arcadia choisit le prochain mot avec soin. Il n'était pas tant question de ce mot en lui même que de l'hésitation qu'elle plaça juste devant. Une hésitation voulant signifier je porte une armure de combat, je suis armée et je fais tout mon possible pour demeurer poli.

« Oui, dit elle.

- Et alors ?

- Et alors ? Je ne viens pas de passer trois jours dans une boîte de conserve pour aller enfiler mon uniforme d'officier, mes petites bottines et faire pignouf dans un bureau. Je passe pas une heure au siège. Je prends mes affaires et je rentre direct chez moi.

- Et si ce sont les amiraux ?

- J'irais pas non plus. Je veux pas les voir. Ni les amiraux, ni les autres. »

Un top modèle Turien aurait pu poser sur un lit, que le plumard aurait sûrement plus excité le médecin que son contenu. Elle ne souhaitait que dormir. Sans attendre de réponse, elle tourna les talons pour éviter une potentielle prise de bec avec la biotique, qui chose étrange l'ouvrait beaucoup moins en présence de sa supérieure.
En effet la toubib ne passa pas longtemps dans les locaux de l'UCIP, le temps d'une douche et de déposer les pièces de son armure qu'elle était déjà repartie. Le taxi la déposa devant son immeuble, ou elle s'empressa de rejoindre son appartement. Ses affaires tombèrent par terre, une par une, les laissant choir ainsi, contrastant avec l'ordre qui régnait dans son lieu de vie. Entièrement dévêtue, elle se glissa sous la couette moelleuse, se laissant aller à un sommeil réparateur.
L'oeil du cyclone Line-p10
Ce n'est que bien plus tard, qu'elle fut tirée du royaume des rêves, la sonnerie caractéristique de son omni-tech résonna dans la chambre silencieuse. Serrant l'oreiller contre son visage elle gémit de se faire réveiller d'une manière aussi sauvage. Repoussant le drap, elle se cala contre la tête de lit et affiche le message dans un bâillement disgracieux. Shura Fender... Mince. Est-ce que l'Asari était allée cafter ? Elle ouvrit le message et découvrit qu'il n'en était rien, au moins en apparence.
La demande en question était un rendez vous dans la tour Cosmopolis. Plutôt étonnant quand on connaissait le personnage. De un car elle ne pensait pas la Furie capable de faire un pas en avant, de deux car elle ne la voyait pas comme une aficionado du shopping. Après tout pourquoi pas, elle n'avait rien à perdre. Cela leur permettrai aussi de passer un peu de temps en dehors du boulot, elle répondit donc par l'affirmative à l'invitation.

La blonde se débarbouilla, attrapa une robe blazer cintrée bleu sombre ainsi qu'une paire d'escarpins noir. Ne s'arrêtant qu'une fois en chemin pour s'acheter un café bien serré.
Quelques personnes vagabondaient dans les rues, la plupart étaient déjà au travail. Cela facilitait grandement les déplacements, atteindre la tour se fit rapidement.
Après une ascension rapide grâce à l’ascenseur, les portes s'ouvrirent sur une bibliothèque ainsi qu'un panorama similaire à tout les derniers étages de ce genre de bâtiment.
Elle repéra la N7, assise à une table, pleinement absorbée par la lecture d'un livre papier. Décidément elle n'était pas au bout de ses surprises. Elle nota cette information dans un coin de sa tête, ne restait plus qu'à trouver le style qu'elle appréciait. La biotique était en train de mâcher quelque chose, frottant ses mains sur son jean.
Nouvelle note : il est préférable de l'avoir en photo plutôt qu'à table.

La Martienne disparut dans les rayons, parcourant d'un doigt distrait les reliures des différents ouvrages avant de tomber sur un bouquin qui attira son regard : ''Féodalité et ère Ghak'nacan''. Elle avait commencé à étudier l'histoire Butarienne et ne s'était jamais doutée une seule seconde que celle-ci pouvait être aussi intéressante.
Retournant près du coin de lecture, elle posa délicatement le livre en face de son amie.

« Puis-je, demanda t-elle en souriant.

- Je dois avouer que ta proposition m'a prise au dépourvu, mais cela me fait plaisir de partager un peu de temps avec toi en dehors du travail. Ouvrant le manuscrit, elle s'arrêta quelques secondes pour admirer la fresque imprimée. A moins que tu ne m’aie invité pour discuter boulot ?... Bien, cela me rassure. Attends ! Se penchant au dessus de la table, elle attrapa une miette à la commissure des lèvres de Shura, s'attardant peut-être plus qu'il ne fallait contre cette peau douce et chaude. Voilà, c'est mieux.Ça fait plus civilisé.

Elle se replongea quelques instants dans le bouquin, survolant le premier paragraphe.

- Je ne savais pas que la lecture était un de tes passes temps. Quel genre de style lis tu ?... Vu comment tu avais l'air concentré quand je suis arrivée, je suppose que ce livre est plutôt bon. »

Parfois le silence retombait entre les deux femmes, loin d'être gênant dans un lieu qui se voulait calme. Il permettait aussi de garder l'esprit clair. Une question brûlait la langue de Arcadia qui dissimulait sa curiosité par la lecture. Son for intérieur lui disait d'attendre, curieux de savoir ce qu'allait proposait sa compagne.

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MessageSujet: Re: L'oeil du cyclone   L'oeil du cyclone Icon_minitimeJeu 22 Nov 2018, 21:19
S'essuyant distraitement les mains, le regard de Shura ne quitta pas un seul instant sa lecture, ses yeux glissant le long des phrases sans réellement les voir. Les images se formaient tout naturellement et son imaginaire convertissait inconsciemment chaque mot en une scène qu'elle était la seule à percevoir. Tout disparaissait autour d'elle pour la plonger dans un monde solitaire de contes et d'aventures surnaturelles. Sa propriété du moment n'était autre que l'autobiographie romancée de l'un des premiers pionniers humains au delà d'Arcturus.

Mais c'était uniquement pour satisfaire sa curiosité que la furie se trouvait piégée en cette écriture. Certains auteurs parvenaient en effet à mettre les mots sur ce qui demeurait inexplicable pour la plupart et la jeune femme s'intéressait tout particulièrement à l'introspection dans le cadre de situations surnaturelles. La plume d'écrivains talentueux parvenaient à capturer cette essence particulière, ce qui n'était rien d'autre qu'une chute inéluctable dans les ténèbres, la rencontre entre l'âme humaine et les horreurs grouillantes contre lesquelles la conscience n'était plus une force, mais une faiblesse. Ces esprit se rattachant au rationnel pour ne pas sombrer dans les abysses de la folie sans aucun espoir de pouvoir en ressortir un jour. Autrement dit, observer l'âme se fracturer et se déchirer face à l'incompréhensible.

Une aberration qu'elle avait elle même déjà partiellement expérimenté, même si son destin demeurait bien plus enviable. Mais une fracture ne cicatrisait jamais vraiment et les séquelles invisibles qu'elle laissait restaient un poids que chaque âme se devait de porter seul. Shura avait au moins l'avantage d'être accompagnée de cette bête qui l'aidait à fermer les yeux depuis l'incident, utilisant l'ignorance comme une force.

Pourtant, combien de fois le poids de ses actions et de ses choix passés lui était-il retombé dessus sans aucune forme de pitié ? Combien de fois s'était-elle fait écraser par l'horreur de ce qu'elle était devenue ? Les choix pragmatiques, sacrifier une quarantaine de civils, hommes, femmes et enfants pour assurer la survie de milliers d'autres. La furie se voyait déjà ressortir de la pièce désormais dénuée de toute vie, les mains ensanglantées. S'il lui fallait ordonner le massacre de la population du présidium pour sauver le reste de la Citadelle, elle n'allouerait même pas le moindre temps de réflexion à cette décision.

Et c'était cette vitesse de réaction, cette indifférence qui l'effrayait plus que tout. Le temps d'un instant, la terreur pouvait lui nouer les entrailles, s'imaginant les dizaines... Non. Les centaines d'âmes qu'elle avait tuée de ses propres mains parce qu'elle avait jugé leur sacrifice nécessaire, l'emporter dans un torrent de haine vengeresse.

Elle s'était même imaginée avoir à effectuer la même chose avec Redfield, la personne qui lui était la plus proche actuellement. Malgré ses supplications, son esprit malsain s'était représenté toutes les situations et toutes les façons avec lesquelles elle pouvait être amené à le tuer, son inconscient la torturant par plaisir.

Dans ces moments de doutes, qu'aurait-elle donné pour se retrouver de l'autre côté de la gâchette pour une fois, de devenir la personne sacrifiable, d'enfin abandonner ce poids sur ses épaules. La mort était son seul refuge, une porte de sortie omniprésente qu'elle avait déjà était tentée de prendre volontairement. Mais une promesse l'en empêchait toujours, couplée à une haine viscérale d'un ennemi toujours existant. Des alliés qu'elle remerciait lorsqu'elle redevenait lucide, honteuse d'avoir pensé à une chose aussi déshonorable.

Alors, elle se contentait de courir en permanence le long de la voie de son destin, de fuir vers l'avant en espérant ne jamais avoir le temps de s'arrêter et de se retourner pour voir les horreurs gisants dans son sillage.

D'un geste, la furie ferma le livre et ses paupières un instant. Il était parfois nocif de tenter de creuser aussi loin.

Une douce voix lui fit rouvrir les yeux et Shura laissa un sourire envahir ses lèvres lorsqu'elle leva la tête en direction d'Arcadia, ses sombres pensées encore ancrées dans un coin de son esprit. Elle laissa ses paupières s'abaisser légèrement lorsque la blonde vint toucher la peau de son visage puis balaya d'un geste de la main la théorie du rendez vous professionnel avant de s'intéresser davantage à ce que la martienne lisait.

Je n'ai de style que ce que ma curiosité décide de prendre pour cible.

Elle tendit un doigt en direction de la couverture.

Très bon choix de lecture, même si j'avoue personnellement avoir un plus gros faible pour la période féodale turienne.

Shura ne rouvrit pas son livre, elle préférait attendre que ses pensées sombres s'évaporent. Et après tout, elle n'avait pas fait venir Arcadia pour que toutes deux lisent dans leur coin en silence. La chaise grinça son mécontentement lorsque la furie se leva, glissant le livre dans l'une des poches arrières de son jean. Elle fit le tour de la petite table en se rapprochant de sa collègue.

Il s'avère que je suis victime d'un ennui mortel.

La N7 vint poser un doigt sur le bout du nez d'Arcadia.

Je me suis dit que tu avais sans doute les compétences pour trouver une cure.


Elle laissa alors son doigt glisser jusque sur les lèvres de sa compagne. Elle ne pouvait l'ignorer par simple fierté, ce visage qui plongeait son regard dans le sien lui faisait son petit effet. C'était peut être pour ça qu'elle avait inconsciemment choisi de mettre en place ce rendez vous, pour retrouver cette compagnie agréable sans qu'elle ne parvienne à l'expliquer complètement.

Mais il y avait quelque chose d'autre, une chose enfouie qui frissonnait alors que son doigt allait et venait le long de la pulpe des lèvres de la chercheuse. Une attraction, certes. Arcadia était une femme attirante aux yeux de Shura, d'autant plus qu'elle avait pu goutter aux délices de son corps. Pourtant, demeurait ce petit quelque chose en plus que lors de ses relations avec d'anciennes amantes d'une nuit.

La N7 retira sa main et regarda autour d'elle.

Je ne connais cette tour que pour cet endroit, étrangement la curiosité ne m'a jamais poussée à en explorer les autres étages. Il est peut être temps de rattraper cette erreur, s'il s'avère que ma compagne y voit un quelconque intérêt, bien entendu.


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MessageSujet: Re: L'oeil du cyclone   L'oeil du cyclone Icon_minitimeVen 23 Nov 2018, 22:38

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Le livre se referma avec une infinie douceur, sans un bruit. Arcadia tapota la couverture du bout de ses ongles pendant quelques secondes, fixant intensément Shura sans ciller. Proposition plutôt inattendue de sa part, et qui surtout avait de quoi surprendre. Comme quoi tout pouvait vraiment arriver dans cette galaxie.
De plus, elle s'ennuyait. Rien d'étonnant de la part d'une pile électrique comme la biotique qui avait bien du mal à rester plus de cinq minutes à la même place. Problème quelque peu embêtant auquel avait été confrontée la blonde... quand elle était mineure. Mais pour une personne de presque quarante ans, cela devenait plus complexe. Bref, elle n'était pas là pour faire une nouvelle auscultation de sa collègue.

« Attends moi ici. »

La blonde se leva, prenant le bouquin pour le remettre à sa place d'origine, la laissant seule l'espace de quelques secondes. Revenant à son point de départ, elle prit le bras de la N7, faisant se réduire la distance qui les séparaient à peau de chagrin.

« Ta compagne y voit bien plus qu'un quelconque intérêt », dit elle à voix basse pour ne pas déranger les autres lecteurs.

C'est ainsi que le couple emprunta le premier escalator d'une longue descente. Le docteur essayait de redescendre de son monde. Cela faisait une éternité qu'elle n'avait pas arpenté un centre commercial aussi grand, surtout en compagnie de quelqu'un. Même à travers la veste en cuir, elle pouvait sentir la chaleur dégagée par la furie, cette fournaise d'émotions à peine contenue. Un parfum sauvage lui chatouillait les narines, réveillant quelques souvenirs lointain. Elle regarda la jeune femme, observant son visage en détail avant que celle-ci ne remarque son manège. Alors elle lui sourit.

L'avant dernier étage ressemblait à s'y méprendre à un labyrinthe, des murs fins étaient disposés aléatoirement, tout du moins du point de vue des consommateurs. La surface entière était consacrée à des œuvres d'arts, allant des tableaux à l'eau aux sculptures boisées. La toubib n'était guère insensible à l'art, dans une certaine mesure évidemment. Bien souvent l'art contemporain la laissait de marbre, ne trouvant rien d'attrayant dans la débauche de couleurs ou les décorations aux formes grotesques.
La Martienne était habituée à des œuvres faisant preuve de sobriété et de simplicité. L'abstrait, le surréalisme ou le figuratif lui parlait déjà un peu plus.

Elles arpentèrent les couloirs de l'exposition, s'arrêtant parfois devant un tableau qui attirait l’œil de l'une ou de l'autre. Les prix étaient bien souvent au tarif habituel pour ce genre d'objet : la peau du cul.
Une boiserie particulièrement imposante attira l'attention du médecin. Longue de presque deux mètres, c'était un cadre dans lequel de multiples triangles avaient été taillés les uns à côté des autres, tous dans des positions différentes, faisant ressembler l’œuvre à un kaléidoscope, mais d'une couleur uniforme. Elle voulut toucher l'immense rectangle mais se ravisa en voyant le message « Ne pas toucher » à côté.
La pièce avait l'air d'être très lisse et dégageait une certaine sérénité. D'une couleur claire, il occupait l'espace sans l'alourdir pour autant.

« Il serait parfait dans ma chambre, juste au dessus du lit », marmonna t-elle.

Son doigt tapa contre sa bouche tandis qu'une bataille se déroulait dans sa tête. Devait-elle l'acheter ? Non. Avait elle les moyens ? Oui. Était-ce raisonnable de dépenser une telle somme ? Non. Allez t-elle regretter de ne pas l'acheter ? Oui. C'était donc tout décidé.

« Je le prends », s'exclama la praticienne.

Tout sourire, elle finalisa l'achat, optant pour une livraison à domicile d'ici quelques semaines quand l'exposition en cours serait terminée. Elle regarda une dernière fois son achat. Oui. Il irait à merveille dans sa chambre.
Cela faisait plusieurs mois que Arcadia avait enchaîné les missions et faute d'un temps libre excessif ses soldes s'étaient accumulés. Lui faisant un beau pécule à dépenser, sans compter le reste. Il était grand temps de remédier à ce soucis.

« Je pense que mon compte en banque déteste déjà ton idée ! »

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MessageSujet: Re: L'oeil du cyclone   L'oeil du cyclone Icon_minitimeSam 24 Nov 2018, 01:43
Voilà qui était parfait. Shura avait de quoi satisfaire toutes ses curiosités, autant celles concernant la tour que celles concernant sa compagne tout en tuant l'ennui qui venait de s'installer. Une optimisation parfaite, réussite sur toute la ligne. C'était presque aussi savoureux qu'une mission aux objectifs clairs et limpides qui s’enchaînaient sans le moindre accroc.

La proximité d'Arcadia fut une surprise bienvenue, car outre la présence soudaine mais agréable d'un léger climat intime, cela signifiait également que la chercheuse était toujours plus ou moins réceptive à ce que pouvait dégager sa compagne. Shura ne savait pas vraiment en quoi cela pouvait passer pour un soulagement, mais ce fut pourtant une once de ce sentiment qui se mit à envahir son esprit brièvement.

Les deux femmes entamèrent donc leur route dont la destination et les péripéties demeuraient inconnues, atteignant l'étage qui se situait sous la bibliothèque. Une surface qui affichait sans grande surprise, une approche économique similaire à celle qui la surplombait. L'art s'y trouvait cette fois ci sous une forme moins spirituelle, plus palpable, tangible.

Le regard de Shura parcourait les étendues devant elle jusqu'à ce qu'elle croise le regard de sa compagne, un sourire aux lèvres. La furie ne put que l'imiter, chassant d'un geste une mèche blonde qui avait eu l'audace de venir se glisser devant ces deux bassins azurs. L'expression de la martienne transpirait presque d'une légère malice ce qui venait ajouter au charme de son visage angélique. Étrangement, elle l'imaginait facilement arborant un halo et une petite paire d'ailes blanches.

L'avant dernier étage de Cosmopolis était recouvert par une exposition artistique envahissante, la plupart des œuvres laissant la N7 perplexe alors qu'elle pouvait contempler la beauté de certains tableaux pendant de longues minutes, observant avec attention les moindres détails. Quelques photographies époustouflantes de par leur mise en scène s'étaient également hissées jusqu'ici, preuve de leur qualité aux yeux des professionnels.

Bien évidemment, certaines formes d'art beaucoup moins anciennes étaient également de la partie, comme ces tableaux tout particuliers qui utilisaient une technique de projection similaire à celui des camouflages optiques. L’œil était en effet plongé dans une illusion grâce à des millions de petits projecteurs créant une scène en trois dimensions devant le spectateur. L'impression qui s'en dégageait était proche d'une réalité artificielle et la furie repensa aux diverses œuvres qu'elle avait entamé dans certains univers virtuels sans jamais les terminer. Il lui faudrait assurément penser à dépoussiérer sa combinaison de réalité artificielle en rentrant.

Shura s'arrêta également un instant face à la représentation d'un éclair dont la forme était étrangement similaire à la cicatrice qu'elle portait sur la partie droite de son visage. Une sensation de gêne s'empara d'elle et elle préféra continuer son chemin sans s'y attarder.

Elle retrouva sa compagne victime d'un achat compulsif, s'assurant la livraison d'une œuvre particulièrement atypique moyennant un prix qui lui paraissait exubérant. La furie vint alors glisser quelques mots à voix basse dans l'oreille de la chercheuse.

Quel gâchis, et dire que je pourrais te procurer beaucoup plus de plaisir pour bien moins cher...

Elle gloussa légèrement en reculant de quelques pas.

Je me contenterai de représenter la sagesse face à l'impulsivité pour le reste de la journée dans ce cas.

Les deux femmes ne s'attardèrent donc pas plus que nécessaire à cet étage et continuèrent leur descente, empruntant un nouvel escalator. La concentration de Shura était fixée sur ce qui allait apparaître en bas lorsqu'elle entendit les grognements et les pas lourds d'un krogan qui se rapprochaient. Elle tira subitement sur Arcadia pour l'écarter du chemin du monstre vociférant, mais les deux femmes restèrent collées l'une à l'autre même alors que le « danger » s'éloignait.

La furie pouvait sentir la chaleur du corps de sa compagne à travers ses vêtements ainsi que diverses courbes généreuses qui se retrouvaient pressées plus ou moins volontairement contre les siennes, ici et là. Une douce chaleur se mit à envahir ses joues alors qu'elle en profitait pour retirer le tissu recouvrant l'épaule gauche d'Arcadia, constatant la présence d'une peau sans la moindre imperfection là où elle l'avait sauvagement mordue lors de cette fameuse nuit.

Je vois que tu as déjà perdu la marque de ta maîtresse, c'est très fâcheux...

Répondant à un ordre qui n'émanait aucunement de sa conscience, ses lèvres se mirent à effleurer cette peau à nu, son souffle rebondissant sur cette terre fertile alors qu'elle en humait les douces effluves. Il y avait une certaine tension, quelque chose d'électrique et de délicieusement irrésistible. Son corps ne réagissait définitivement pas avec Arcadia comme avec ses anciennes amantes d'une nuit. Chose qui s'avérait effrayante et excitante à la fois.

Recouvrant à nouveau cette épaule d'un geste souple, Shura reprit sa position initiale, quittant presque à regret la proximité intoxicante de la chercheuse.

Lorsque son regard se posa sur l'étage qui leur faisait face, la furie ouvrit grand les yeux. Une infinité de nuances azures les accueillit, de gigantesques colonnes et surfaces en verres remplies d'une eau limpide venaient accentuer les reflets timides des néons qui avaient trouvé refuge au plafond. Chaque bassin qu'importe sa forme et son volume était peuplé d'individus hauts en couleur, des myriades de petits êtres à des animaux plus imposants, chacun rivalisant avec son voisin en terme d'esthétique et de motifs.

L'aquarium s'étendait sur pas moins de trois étages et l'entrée du chemin prévu pour la visite dont le tunnel en verre passait même au cœur du plus gros bassin de l'édifice était bien évidemment payante. Shura fit un tour du panorama qui s'offrait à elle avant de poser à nouveau son regard sur Arcadia.

Puis elle se mit à rire, se tenant au bras de sa compagne.

Une telle chose serait déraisonnable, qu'en penses tu très chère ?


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MessageSujet: Re: L'oeil du cyclone   L'oeil du cyclone Icon_minitimeSam 24 Nov 2018, 18:31

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Son sang battait dans ses tempes, d'un rythme d'une rare violence. Ses mains posées sur le corps de la biotique l'électrisait, incapable de bouger. Le Krogan furieux avait été un bon prétexte pour briser la distance. Shura tira sur le blazer, mettant à jour une épaule blanche dénuée de tout marquages.

« Oui d'ailleurs à ce propos, j'ai du attendre presque deux semaines avant de pouvoir mettre autre chose qu'un pantalon. Je remarque que la sagesse perd vite ses moyens face à l'impul... »

Elle fut coupée par le souffle de la jeune femme glissant le long de sa peau, lui arrachant un frisson à chaque expiration. Arcadia se laissa faire, sentant les lèvres moelleuses de son amie effleuraient son épiderme. Elle ferma ses yeux, savourant l'instant jusqu'à ce que le tissu ne retourne à sa place.
Arrivant en bas de l'escalator, les deux femmes purent admirer sûrement l'un des plus gros aquariums de l'espace Concilien, dont la biodiversité aurait fait pâlir d'envie n'importe quel biologiste marin.
On y retrouvait des espèces de Palaven, Thessia, Sur'Kesh, la Terre et de biens d'autres planètes encore. Beaucoup étaient inconnus au médecin. Depuis que l'Humanité avait eu les yeux braqués vers le ciel, elle avait grandement délaissé la mer. La toubib n'avait jamais vraiment cherché à combler ce manque de savoir, surtout parce qu'elle n'aimait guère le poisson. L'océan n'intéressait plus que pour les croisières.

Néanmoins il fallait être stupide pour ne pas admirer un tel spectacle, le soleil se reflétait au travers des bassins, accrochant les écailles, les faisant briller de mille feux. Digne des plus beaux spectacles de lumière. C'était sans oublier ce calme quelque peu irréel qui régnait sur cet endroit, similaire aux abysses marines. Même les pompes à eau étaient inaudibles. Le silence régnait en maître sur les lieux.

« Et c'est exactement pour cela que nous allons le faire », s'amusa la blonde.

Les deux femmes marchèrent sans se presser au milieu du long tunnel qui traversait de part en par le bassin. Levant parfois le nez pour voir un poisson plus gros que les autres leur passer au dessus de la tête. La N7 se tenait toujours à son bras, offrant une présence réconfortante au milieu de cet endroit sans âme qui vive. La Martienne trouvait sa compagne plus sereine, son visage se décrispait petit à petit, signe qu'il lui était possible de se décontracter. Les sourires se faisaient moins rares, redonnant un air plus espiègle à la furie. Ce n'était peut-être pas grand chose mais cela suffisait amplement à la praticienne pour savoir que ce moment plaisait à la stellaire.

Le docteur s'arrêta pour s'orienter vers la vitre ou un long poisson aux écailles d'un rouge rubis se déplaçait paresseusement. Elle n'avait aucune idée de l'espèce dont il pouvait s'agir, mais cela n'enlevait rien à la grâce de cet animal. Mu par un signal, il disparut en deux coups de nageoire. L'humaine resta immobile avant de se tourner vers Shura. Se saisissant de la veste en cuir, elle l'attira contre elle.
Elles étaient proches, si proche l'une de l'autre que les souffles se mélangeaient. Mais Arcadia résista à la tentation.Sa main glissa sur la robe, puis fit sauter un bouton, brisant la tranquillité des lieux.Cette fois-ci son épaule se retrouva entièrement à l'air libre.

« J'en ai autant envie que toi », lui murmura t-elle.

Elle sentit à nouveau cette mâchoire se refermer sur sa peau nue, la pression se faisait de plus en plus forte sur sa chair. Les dents continuèrent leur progression sans se soucier de la respiration saccadée. Une main dans la crinière de son amante, elle vint plonger sa tête dans le cou de celle-ci, respirant à nouveau l'odeur enivrante de la biotique, la laissant terminer son œuvre.
A nouveau marquée, la quadragénaire remonta sa manche. La douleur encore fraîche lui provoquait des pics d'excitation qu'elle contenait non sans peine, tandis que son corps en demandait toujours plus. Offrant son bras à la N7, elles repartirent sans un mot, terminant la visite dans des sourires fugaces.
L'oeil du cyclone Line-p10
Les deux humaines reprirent leur descente de Cosmopolis. Se laissant aller au rythme lent des escalators.
L'étage suivant se dévoila peu à peu, et là ce fut le drame. Arcadia manqua de s'étouffer en voyant le contenu des rayons ainsi que les grandes affiches holographiques. Une surface entière réservée aux produits pour chiard en culotte courte. Des couches culottes, des poussettes, des doudous, tout ça n'était qu'un échantillon de ce que contenait cet enfer.

« Vite, on passe au suivant, supplia la toubib, je ne supporte pas ça !

- Excusez moi ! »

Une voix féminine les interpella, leur faisant tourner la tête dans la direction de celle-ci. Une Asari, à l'air fatigué vint dans leur direction. Un bambin était accroché contre sa poitrine par un porte bébé.

« Vous voulez bien me la garder s'il vous plaît ? Mon autre fille m'a échappé.

- Mais je... »

Sans attendre une réponse, elle confia l'enfant au médecin. Jetant un regard quelque peu suspicieux à sa compagne. L'extra-terrestre partit d'une démarche rapide pour retrouver son autre monstre.
La petite créature se tortillait entre les mains de la blonde, gazouillant en tendant les mains vers elle. La militaire était effrayée d'esquisser le moindre mouvement, de peur de faire une bêtise. L'énergie noire était peut-être la plus grande menace du 23ème siècle, mais comparé à ce petit asticot remuant la corruption n'était rien. Plutôt embrasser le cul d'une Ombre. Pourtant cette petite présence chaude et gesticulante avait quelque chose d'apaisante que la toubib faisait mine de ne pas ressentir.

« Shura... pitié fais quelque chose ! Et arrête de ricaner stupidement ! »

Bon sang, personne lui avait jamais apprit comment gérer ce cas à l'école de santé de l'Alliance.

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MessageSujet: Re: L'oeil du cyclone   L'oeil du cyclone Icon_minitimeMer 28 Nov 2018, 21:15
Shura hocha la tête avec un sourire, Arcadia avait réagi comme elle l'avait espérée.

Les connaissances de la furie en ce qui concernait la biologie sous marine se limitaient aux quelques souvenirs d'encyclopédies et de documentaires, c'était pourtant suffisant pour qu'elle soit impressionnée par le travail qui avait été effectué dans le cadre de cet aquarium. Faire cohabiter des espèces provenant de différents écosystèmes au sein d'une même planète était déjà retors, mais venant de différentes planètes ? La quantité de travail qui avait dû être fournie par les biologistes faisait tourner la tête.

La flore se révéla être tout aussi diversifiée que la faune et certains types de végétaux dont elle n'avait même jamais entendue parler laissaient leurs protubérances dériver au gré d'un très léger courant. Les coraux se montraient presque envahissants, recouvrant sol et paroi, chaque colonie rivalisant avec sa voisine en terme d'originalité. Certaines formes de vies éveillaient d'elles mêmes la curiosité et Shura pensa à toutes ces espèces rares, exotiques, ou même celles protégées qui ne pouvaient être observées en dehors de leur habitat naturel.

La furie repensa à une certaine planète océanique dans la Travée qui avait axé toute son économie autour du tourisme au sein de sa gigantesque ville sous marine. A bien des égards, vivre ainsi au fond d'un océan pouvait donner la même impression que de passer ses journées dans un vaisseau au milieu du vide spatial, mais il y avait quelque chose de bien plus fascinant là dedans. Fascination qui provenait sans doute de l'inhabituel, là où le vide spatial était un compagnon presque quotidien.

Mais la furie fut soudainement tirée hors de ses pensées par Arcadia, se retrouvant sans s'y attendre si près de son visage qu'elle fut sur le point de l'embrasser, faisant disparaître la martienne sous une possession et une avidité étouffante. Ce n'est que lorsque son regard se fixa sur l'épaule à nouveau dénudée qu'elle céda à cette pulsion, mordant cette chair vulnérable avec un désir à peine dissimulé.

Elle ne parvenait toujours pas à éclaircir cette situation car Arcadia ne ressemblait en rien aux personnes pour lesquelles son cœur craquait habituellement. Peut être était ce une simple question d'hormones, peut être que ces deux créatures étaient condamnées à s'attirer l'une et l'autre et ce quelque soit leur consentement ? Car il s'agissait de quelque chose d'animal, de primal, quelque chose qui faisait bouillir son sang et ses hormones.

Ce pouvait aussi être une frustration, céder à des pulsions charnelles dans une époque galactique si sombre venait peut être inconsciemment apporter une dose de culpabilité qui rendait le tout plus enivrant ? Quoi qu'il en soit, la furie n'avait pas la réponse, mais elle était certaine d'une chose en retirant ses mâchoires de sa victime. Cette marque était une promesse de possession, la promesse de délices sauvages dont il était impossible de se soustraire.

Le duo reprit donc sa visite suite à cette interruption particulière, le tunnel passant cette fois ci dans la partie la plus sombre de l'aquarium. Des sas délimitaient l'entrée et la sortie dont la présence était trahie par la seule lueur de faibles néons rouges, tout le reste était plongé dans le noir. Les abysses, cet endroit regorgeait de créatures ne vivant que dans les profondeurs les plus ténébreuses à une pression énorme que seul du verre renforcé présent également sur certains engins militaires pouvait soutenir. La moindre lumière artificielle pouvait rendre fou voir tuer ces habitants des ténèbres, d'où l'isolation complète de cette section de l'aquarium.

Les quelques lueurs qui se déplaçaient dans le bassin étaient organiques et venaient parfois éclairer un morceau de créature cauchemardesque. Mais seules les stations de vision nocturne incrustées dans le verre permettaient aux visiteurs de réellement contempler la fascinante laideur de la faune des abysses.

C'est ainsi que s'acheva la visite, le duo reprenant sa descente habituelle. L'étage suivant fut une surprise bien plus amusante que Shura ne l'aurait cru. L'inconfort visible de sa partenaire se retrouva décuplé lorsqu'elle eut soudainement la charge d'un bébé asari, arrachant un rire à la furie. Elle fit un peu durer le supplice avant de l'épargner, entourant la petite asari d'une aura bleue qui la fit léviter, de légères effluves crépitaient au dessus d'elle lui faisant tendre ses bras minuscules vers le ciel. Et dire que cette fragile petite chose deviendrait sans doute un jour danseuse dans un bar pour le plus grand plaisir des yeux de la furie.

La mère revint peu après avec son autre fille, une enfant au comportement hyperactif qui semblait la fatiguer bien plus qu'elle ne le laissait paraître. Elle remercia les deux humaines avant de reprendre sa route. Ce spectacle ne déclencha rien de particulier chez Shura, elle n'avait jamais vraiment eu pour vocation de finir ainsi, la voie qu'elle avait choisie l'interdisait de toute manière. Mais elle devait l'avouer, fonder une famille avec une asari avait quelque chose d'exotique, d'attirant. Un fantasme qu'elle avait sûrement dû réaliser, dans une autre vie.

La descente reprit donc une fois encore et les deux humaines se retrouvèrent cette fois ci sur une surface aménagées pour la saison. Halloween était une fête d'origine humaine qui avait su trouver des partisans chez les autres espèces, et cet étage en était la preuve. Déguisements et décorations, réels ou holographiques, venaient se mélanger à des jeux, jouets, holos et tout un tas d'autres fantaisies.

Shura ne suivait habituellement pas ce genre de festivités même s'il devait bien exister deux trois costumes et boites de maquillages abandonnés qui traînaient dans le fond de ses placards. Mais la présence de sa compagne pouvait changer ses motivations et la furie se tourna vers elle avec un sourire presque enfantin, trahissant ses soudaines intentions.


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MessageSujet: Re: L'oeil du cyclone   L'oeil du cyclone Icon_minitimeJeu 29 Nov 2018, 01:51

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Arcadia eut le plus grand mal à se retenir de rire alors qu'un sourire railleur apparaissait sur ses lèvres. La tête de Shura était impayable, en temps normal jamais elle n'aurait pu l'imaginer un air aussi niais. La Terre aurait pu être à feu et à sang, qu'il aurait été hors de question qu'elle loupe un truc pareil.
Le docteur trouvait parfois qu'elle manquait de maturité, mais comparé à la biotique... Elle cachait bien son jeu la garce.

Le magasin avait déjà son étage consacré à Halloween, alors que cette fête n'aurait pas lieu avant un bon mois. Elle ne se souvenait jamais d'en avoir fait un durant son enfance. Sur Mars ce genre d’événement n'était pas vraiment populaire, elle voyait mal les enfants frapper aux portes des scientifiques acariâtres.
Même aujourd'hui, elle n'éprouvait guère d'intérêt pour cette célébration. N'ayant ni enfant et vivant dans un immeuble sécurisé, le 31 Octobre restait une date comme une autre pour la quadragénaire.
Pourtant, à la vue de sa compagne dont les yeux brillaient d'espièglerie, elle se décida à faire un effort.

D'un point de vue externe, on aurait presque pu croire qu'elle se promenait avec sa fille attardée. Il fallait l'avouer le contraste entre les deux humaines étaient grands. Tout autant dans sa démarche que sa manière de se vêtir, Arcadia n'hésitait pas à dévoiler sa féminité. Elle avait beau faire moins que son âge, sa manière d'être et son corps témoignait de sa maturité.
Shura devait son air adulte à ses formes et cette cicatrice qui durcissait son visage, visage qui avait déjà réussit à se défaire de son air sévère. Son style vestimentaire et sa façon de se comporter en ce moment était en revanche plus proche d'une adolescente.

Mais cet air désinvolte amusait la toubib, loin de la laisser insensible à ce charme animal. Tandis que la N7 se regardait dans un miroir avec différents masques, la blonde massa son épaule meurtrie. Qu'est ce que cela représentait vraiment ? Après avoir discuté du sujet, il avait été décidé de garder une certaine distance, bien que récidiver ne fut pas interdit. La Martienne avait donc pu continuer ses aventures personnelles de son côté sans aucun remord.
Et pourtant les voilà à descendre un à un les étages d'une tour, flânant entre les rayons, échangeant même quelques moments intimes.

C'était une journée agréable pour elle, la présence de sa collègue était envoûtante, apaisante. Elle ne saurait dire si son ressenti envers la furie était toujours le même qu'auparavant. Ses émotions se noyaient entre elles : jalousie, joie, envie, tristesse, colère, extase, appréhension, rage, amour. Si tôt elle pensait savoir ce qu'elle éprouvait qu'une autre prenait le pas. Dans sa tête se dessinait la forme de deux aimants, tentant de s'attirer l'un à l'autre sans y parvenir. Resteraient elles comme ces aimants ? Sans jamais réussir à s'accorder ? Ou trouveraient elles un moyen de se lier ? Seul l'avenir le savait. Loin de ces questions, la praticienne se contentait de savourer le moment, riant de bon cœur à sa compagne dont l'accoutrement était aussi ostentatoire que sa personne.

Le médecin repéra un costume qui lui semblait assez joli, prenant un exemplaire emballé, elle attrapa la stellaire par le bras, l'entraînant à sa suite.

« J'ai repéré des cabines d'essayage là bas ! Tu m'attends !? »

Question rhétorique, qui tenait presque de l'ordre. Mais elle savait pertinemment que la jeune femme n'irait pas se perdre seule dans Cosmopolis. Retirant sa robe blazer, elle déballa l'habit de sorcière et s'équipa des différents pièces. La militaire fut satisfaite de constater que le corset se boutonnait par devant. Enfilant les longues cuissardes, elle put sentir les ailes dans son dos se rigidifier, s'illuminant d'une douce lumière jaune orangée. Posant le chapeau sur sa tête d'un air magistrale, elle se regarda une dernière fois sur le miroir. Ça lui allait plutôt bien en fait. La robe fendue... ou plutôt ouverte des deux côtés l'était peut-être un peu trop... Il y avait tout de même très peu de chance qu'elle sorte à l’extérieur dans un tel accoutrement.
Arcadia fit glisser le rideau, trouvant Shura là ou elle l'avait laissé.

« Tu en penses quoi », demanda t-elle l'air faussement intéressé. La réponse pouvait se lire sur la tête de la biotique, qui l'espace d'une demi seconde avait trahi ses pensées.

« Les ailes prennent un peu de place, mais j'en connais plusieurs que ce costume intéresserait beaucoup pour Halloween. Reste à savoir qui en profitera », reprit la magicienne en soulevant le bord de son chapeau d'un index.

Une humeur joueuse s'était emparée de la blonde après s'être costumée. Elle ne comptait pas la laisser filer ainsi, et faire bisquer un peu Shura lui paraissait amusant. Après tout à chacune son tour de souffrir.

« J'ai la sensation de me faire reluquer par tout le monde. Laisse moi deux minutes, je retourne me changer. »

Ressortant en civil, le costume pliait dans son emballage, elle attrapa au passage une énorme bonbonnière remplie de cochonneries en tout genre qui fit loucher tout les gamins dont elle croisa le chemin. Ses achats réglés et son premier sac en main, elle glissa une main autour de la taille de son amante, l'emmenant à l'étage suivant.
Divers bruits vinrent tinter aux oreilles de la Martienne, elle aurait pu les reconnaître entre mille. Devant le couple s'étendaient des machines à pince, des jeux de sous et des dizaines de bornes d'arcade. C'était les dernières qui attiraient l'attention de la toubib dont les yeux se mirent à briller.
Elle avait rendez vous avec le premier du classement sur l'un des jeux et elle n'allait pas le rater ce rendez vous.

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MessageSujet: Re: L'oeil du cyclone   L'oeil du cyclone Icon_minitimeSam 05 Jan 2019, 04:22
Ce qui les attendait par la suite ne fut autre que le reliquat d'un ancien temps, une période où le divertissement technologique nécessitait encore aux gens de se rassembler en des lieux prévus à cet effet. Chose aujourd'hui impensable tant le domaine s'était amélioré et élargi allant des casques et combinaisons d'ultra réalité artificielle aux mods d'Omnitech détachable et déployable n'importe où. Mais comme partout, le passé provoquait la fascination, une attirance inexplicable pour une période qu'il était impossible de vivre à nouveau et le commerce savait en profiter.

Le divertissement quelle que soit sa nature demeurait le cœur de la société. Sports, holos, jeux, musiques, voyages, ils parvenaient à faire tourner tant de choses à eux seuls tant l'âme était avide de ce genre de fantaisies, recherchant le plaisir pour oublier la répétition inévitable du quotidien et cette insipidité néfaste qui en résultait. Aucune entité tout aussi noble pouvait-elle paraître ne pouvait y réchapper. Tout investissement, tout sacrifice, même ceux qui combattaient et qui étaient prêts à perdre la vie pour leur cause ne cherchaient au final qu'à satisfaire leur conscience, à nourrir cette âme insatiable. Une âme qui souhaitait profiter au maximum de l'existence avant le retour inéluctable au néant. Il n'y avait que les mascarades de la société qui permettaient d’attribuer de la noblesse ou de la valeur à telle ou telle quête vers le bonheur.

Shura renifla bruyamment. Il s'agissait là de l'un des principes fondamentaux de la Lignée, déconstruire les échelles de valeurs instaurées par la société. Elle repensa aux paroles de l'humaine si étrange qu'elle avait justement rencontré dans un tel endroit. La furie n'avait en vérité jamais croisé une entité remettant à ce point en question l'évolution des civilisations intelligentes, pas même venant d'une IA.

Shura haussa un sourcil lorsque sa collègue lui tapota l'épaule, la ramenant dans la réalité. Arcadia se dirigea vers une borne d'arcade où se trouvait déjà un turien, visiblement plongé dans une intense concentration. L'humaine à la chevelure corbeau balaya l'étage du regard à la recherche de quelque chose qui serait éventuellement en mesure d'attirer son attention.

Elle passa à côté de quelques stations de jeux dont les manettes n'étaient autres que des pistolets reliés à un écran affichant en boucle les temps de survie des plus acharnés. Finalement, la furie jeta son dévolu sur un vieux casque de réalité virtuelle qu'elle fut curieuse d'essayer. Un détecteur de mouvement dans chaque main, le jeu se lança juste devant ses yeux, mimant une profondeur factice avec une simple superposition de vision, un procédé archaïque qui datait certainement de plusieurs siècles.

Shura se retrouva ainsi de nuit dans un manoir, visiblement armé d'un unique flingue et entendant les gémissements lointain de plusieurs zombies. Elle commença à se déplacer dans les différentes pièces avant de monter à l'étage, tombant nez à nez avec les premiers morts vivants. Mais très rapidement, Shura remarqua que quelque chose n'allait pas, lorsqu'elle utilisa son arme, quasiment aucune balle n'atteignit sa cible.

La balistique était non seulement peu réaliste mais l'humaine avait également anticipé le recul de l'arme par habitude, hors elle ne tenait ici en réalité qu'une morceau de plastique dans la main. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres lorsqu'elle comprit que ce ne serait pas aussi simple qu'elle l'avait pensé.

Le temps s'écoula plutôt rapidement tandis que Shura déambulait dans les méandres du manoir infesté, collectant des objets et résolvant quelques énigmes sur son chemin. Malgré la difficulté qu'elle éprouvait à tirer correctement, le jeu ne lui avait pas encore particulièrement résisté.

C'est à la fin d'un long couloir que Shura entendit des vitres se briser derrière elle, poursuivi par les grognements de chiens prêts à fondre sur leur proie. La furie se retourna avec un splendide réflexe, concentrant de l'énergie dans son bras et lâchant sa puissance biotique sur les chiens zombies. Mais rien n'émergea de sa main, les chiens se jetèrent sur elle et la dévorèrent. La jeune femme écarquilla les yeux en réalisant ce qu'elle venait de faire.

Retirant son casque à la hâte, Shura constata que la manette de sa main droite était désormais encastrée dans une vitre à plusieurs mètres de là, quelques effluves biotiques s'évaporant devant le regard surpris des personnes alentours.

Le regret assailli immédiatement la furie qui s'empressa de retirer la manette de la vitre, la mine sombre. Une décharge qui pouvait briser les os d'un individu en armure n'aurait eu aucun mal à tuer un civil sans protection s'il s'était trouvé sur la trajectoire de la manette. Elle préféra ne pas penser à cette possibilité, au corps d'un homme voir même d'un enfant, la boite crânienne brisée devant ses parents. Tuer par nécessité était une chose mais tuer par accident en était une autre.

Shura se retourna et tomba nez à nez avec plusieurs membres de la sécurité qui s'approchaient prudemment d'elle. Elle leur fit rapidement part de son identité et dédommagea les propriétaires de l'établissement pour les dégâts occasionnés avant de s'éloigner les lieux avec empressement. Un rappel à la réalité, elle ne s'était que trop éternisée ici. Une arme ne pouvait demeurer trop longtemps près de civils sans les mettre en danger. La bête ensommeillée jusqu'à présent était désormais pleinement éveillée et elle souhaitait quitter ce territoire inconnu pour rentrer dans sa tanière. Elle devait s'éloigner de tous ces gens, de toute cette foule.

Arcadia se trouvait toujours sur la même borne, visiblement en pleine compétition avec le turien. La furie lui tapota l'épaule et lui fit signe qu'elle souhaitait lui parler. Les bras croisés, elle parvint à dissimuler la soudaine tension qui tiraillait son corps, du moins elle espérait qu'elle y parvenait.

Désolée de t'annoncer ça aussi rapidement mais je pense que ce sera le dernier étage pour ma part. J'aimerai profiter un peu de mon chez moi avant de devoir repartir en mission mais c'était sympa quand même !

Un léger silence s'installa et la furie se rendit compte de l'absurdité de sa déclaration, elle avait été l'instigatrice de la sortie. Pour essayer de colmater la fuite comme pour empêcher un blanc gênant de s'installer, elle reprit rapidement.

Mais tu peux venir chez moi si tu le souhaites, ça ne me dérange pas du tout, j'aimerai simplement euh, être dans une ambiance un peu plus... Tranquille.

Il était rare que ses déclarations soient si peu assurées, mais lorsque ses vieux démons resurgissaient il lui était généralement difficile de garder un contrôle total sur ses réactions. Il lui aurait après tout suffit d'attendre juste un peu le temps d'inventer une quelconque excuse qu'Arcadia n'aurait jamais pu vérifier mais il était trop tard désormais. Elle n'avait pas l'intention de froisser sa compagne à la toison d'or mais elle ne pouvait pas s'éterniser davantage en public.


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MessageSujet: Re: L'oeil du cyclone   L'oeil du cyclone Icon_minitimeMer 09 Jan 2019, 01:46

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La culasse en plastique du pistolet claquait bruyamment, le bruit à peine recouvert par le son de l'écran. C'était déjà la deuxième partie de Arcadia qui avait réussit à se hisser dans le top 5 du classement en prenant la partie en cours de route. Recommençant depuis le début, elle était certaine de faire exploser le score et d'y laisser sa marque pendant un certain bout de temps. Le pseudonyme « Plague » commençait à se faire connaître des salles d'arcade pour le plus grand plaisir de l'humaine.

Son partenaire et rival était un jeune Turien plutôt adroit mais bien loin du niveau de son aînée, cette dernière se délectant des mimiques faciales ahuris de l'alien. En effet ce n'était pas tout les jours qu'il était possible d'admirer une quadragénaire coller une branlée à un jeune dont elle pourrait sûrement être la mère.

« ON FIRE* »

La machine rugit joyeusement sa réplique hollywoodienne, l'affichant brièvement en haut de l'écran de la blonde. Le mécanisme de son arme s'accéléra tandis qu'elle pouvait tirer sans recharger, arrosant avec une hargne renouvelée les positions adverses. Le compteur de points continua son ascension sous les yeux dégoûtés de son compagnon, qui devenait chaque minute un peu plus la cible des quolibets de ses camarades.

Et un pour papa, pensa t-elle tout sourire en alignant un nouveau tir à la tête, ce dernier allait certainement rejoindre son best-of.

Il était tout de même nettement plus agréable de dézinguer des troufions par paquet de dix sur un écran dans une tenue confortable, que de patauger dans cinq pouces de gadoue, avec une armure rigide et la mort planant au dessus de vous. Vraiment elle se demandait pourquoi elle n'avait pas fait carrière dans l'e-sport, dès l'âge de cinq ans elle avait excellé sur Adoubi, seul son paternel l'en avait empêché.
Une courte cinématique s'afficha, préparant les joueurs à prendre la fuite via une voiture volante le tout dans une course poursuite acharnée. Le visage impassible, la pointe de son pied battait la pédale au sol alternant entre sortie et position à couvert. Un tir d'une redoutable précision vint traverser le pare brise du véhicule d'une de leur poursuivant, tuant le chauffeur sur le coup. Haussant les épaules pour se débarrasser de quelque chose, elle fut surprise de voir Shura l'interrompre ainsi.

Déçue de ne pas pouvoir terminer, elle se résigna, envoyant la réplique aux groupes de jeunes avides de prendre sa place et d'écrire l'un de leur nom en haut de la liste. Mais d'ici que l'un d'eux triomphent des autres... La toubib dissimula un sourire sadique.
Sa joie disparue rapidement en voyant la biotique dont l'état émotionnel était passé de joyeux à préoccupé. Le mot était peut-être un peu faible vu sa mine. Y avait-il encore vraiment des gens qui pensaient pouvoir berner un médecin aguerri ? Visiblement oui.

Le corps de Shura parlait à sa place, la vaine tentative de contrôler ses gestes en croisant les bras, preuve supplémentaire qu'elle se refermait sur elle même, montrer son envie de rompre prestement le contact avec son environnement actuel, peut-être même un sentiment d'insécurité. Les muscles de sa gorge déglutissant plus vite que la normale. La biotique avait le regard fuyant cherchant une issue proche. Mais le plus éloquent reste sa voix mal assurée, hésitante qu'elle ne lui connaissait pas.

Le docteur regarda la furie droit dans les yeux, glissant les mains dans les poches de blazer. La N7 était stressée. Ça crevait les yeux. Dans ce genre de moment, la blonde préférait gérer ses moments seule. Mais tout le monde n'était pas comme elle. Sa conscience professionnelle lui interdisait de rester sans rien faire. Pour autant elle se voyait mal lui prescrire une cuillère de bicarbonate de soude à diluer dans l'eau et beaucoup de repos.
Bien que le comportement de sa collègue soit parfois incompréhensible, la Martienne appréciait le temps passé en sa compagnie. Le fait d'être avec quelqu'un dont on ne devine pas tout était peut-être cette particularité qui la rendait attirante.
Pour autant elle ne souhait pas en abuser, elle savait que cette fréquentation pouvait être à double tranchant. La preuve en ce moment même.

Désolé, je...

« D'accord. »

Hein ? Pardon ? Non ! Merde ! Elle ne voulait pas. Son esprit s'embrouillait tandis que l'équilibre travail et relation commençait à prendre l'eau. En tant que professionnel de la santé elle ne supportait pas de voir quelqu'un souffrir, pour autant elle ne souhaitait pas franchir certaines limites. Arcadia était aussi paumée que sa subalterne, heureusement cette dernière avait déjà tourné les talons, lui laissant le temps de cacher le trouble qui l'a marqué.
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Dans le taxi, l'ambiance était troublante, la biotique paraissait moins nerveuse, les yeux dans le vague.
La blonde entama une conversation légère avec le conducteur, qui se trouvait être un humain bedonnant à l'air jovial répondant au doux nom de Robert. A la retraite d'ici quelques mois, il ne put s'empêcher de partager sa passion pour les potagers.
D'ailleurs qu'il en avait même un sur la Citadelle et qu'y f'sait pousser des patates que comme on voit sur Terre. Eh oui ma p'tite dame ! Et qu'y fallait pas non plus blaguer avec les Brassicacées, qu'y fallait bien arroser si on voulait des belles plantes bien vertes surtout qu'ça fait d'sacrés économies. Par contre le cours du cucurbitacées bon sang y a d'ces salops qui s'en mettent dans les poches. Et pis il avait aussi gagner le titre du plus beau radis et qu'c'était pas rien ! Ça avait même ravie sa p'tite dame tiens ! Et sa maman elle avait été drôlement fière.

C'est donc forte du cours du céleri et sur le championnat annuel de la carotte la plus longue que les deux femmes débarquèrent. Suivant son amie en silence jusqu'à son appartement, elle eut un blocage l'espace d'une seconde avant de faire le « pas de trop ». Le talon de sa chaussure résonna dans le vestibule, tandis qu'elle s'arrêta de nouveau, observant l'univers qui l'entourait. Elle retira ses souliers, les laissant à côté d'un petit meuble.
Marchant sans bruit sur le sol, elle regardait autour d'elle. Les pièces étaient un peu désorganisées, rien de surprenant de la part d'un tel personnage, mais cela avait son charme. Plusieurs dessins traînaient ici et là. Son regard ne s'attardant jamais plus que nécessaire.

« C'est joli ! Je m'attendais à une décoration plus sombre. »

Un croquis d'un Turien en armure médiévale attira son attention. La Martienne n'avait pas vraiment de talent dans le domaine de l'art. Elle savait danser et c'était à peu près tout. Le chant ? Une catastrophe. Le dessin ? Est-ce que les personnages bâtonnets comptent comme de l'art... Elle ne le pensait pas vraiment.

« Shura ? Tu me fais confiance ? Alors allonge toi sur ton sofa. Sur le dos. Et détend toi. »

Prenant un tabouret Arcadia s'installa à côté du dossier du canapé. Elle glissa ses mains froides derrière la tête de la N7, ne la soulevant que de quelques centimètres. Pendant plus d'une heure elle manipula doucement le crâne de la biotique, faisant glisser ses mains entre la nuque, les cervicales, les épaules, la boîte crânienne. Rien ne vint perturber la pièce qui se reposa dans un calme plat.
Les manipulations terminées, elle rompit le contact, se relevant avec une grimace à cause de la position qu'elle avait du maintenir. Elle laissa un répit à la jeune femme avant de prendre la parole d'une voix tranquille et douce.

« Tu devrais consulter un spécialiste tout ton buste est littéralement sous pression. Et ce n'est pas avec mes maigres compétences que je pourrais faire quelque chose. Je connais de bons ostéopathes, si tu es intéressée. J'ai vu que tu dessinais. C'est bien. Cela permet d'évacuer une partie du stress. Mais ce n'est pas assez. Si tu continues dans cette voie, quelque chose finira par lâcher. Mais ce n'est que mon avis de médecin. Tu en fais ce que tu veux... Tu veux que je te laisse ? »

(c) King (Sacrifars)


*En Anglais dans le texte


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MessageSujet: Re: L'oeil du cyclone   L'oeil du cyclone Icon_minitimeMer 09 Jan 2019, 21:21
Désolée pour ça. Quand j'étais gamine la foule me terrorisait, et parfois c'est d'autant plus vrai aujourd'hui... Même si les raisons ont changé.

Le menton posé sur la paume de sa main, Shura avait le regard perdu par delà la fenêtre du taxi, contemplant les bâtiments à l'extérieur sans vraiment les voir. Il n'était jamais agréable de voir ses faiblesses, son âme ainsi mise à nue en public, face à des personnes que l'on pouvait difficilement qualifiées de proches. Tout le monde avait son petit jardin secret, son petit comportement qui n’apparaissait que dans la solitude et quelle que soit sa nature il représentait au final l'une des facettes les plus révélatrices sur la personne, un petit quelque chose intime qui définissait chacun différemment. Lorsqu'un stress intrusif et envahissant émergeait d'une telle profondeur de personnalité, il était impossible d'y réagir correctement.

Bien sûr, tout cela se travaillait, et Shura plus que n'importe qui avait fait l'objet d'un suivi attentif de son comportement suite aux événements traumatisants de sa jeunesse. Thérapies et codes de comportements de toutes sortes qui dataient de l'époque où son père s’inquiétait encore pour sa fille, ce fut sans doute grâce à ces traitements qu'elle se forgea une puissante volonté en grandissant, une force qui lui permit de ressortir saine des horreurs qu'elle avait pu contempler durant son service dans la FEN.

Mais des responsabilités avaient commencé à se poser sur ses épaules, et avec elles du sang recouvrant ses mains petit à petit. Des sacrifices et des décisions mathématiques à la logique aussi implacable que cruelle s'étaient dressés sur son chemin, des événements qui marquèrent profondément son âme, et ce à jamais. Bien du temps avait passé depuis, et des actes auxquelles elle n'aurait pu se résoudre par le passé lui paraissaient désormais d'une banalité affligeante, pourtant leurs poids refusaient de quitter ses épaules, même lorsque la furie redevenait une simple femme.

Être officier supérieur de la force militaire la plus élitiste de la galaxie s'accompagnait de devoirs, notamment celui de ne jamais laisser transpirer ses doutes face à ses hommes. Mais dans le cadre du privé, c'était une toute autre histoire. Une autre des nombreuses raisons pour lesquelles la furie préférait rester seule et n’apparaissait généralement en public que sous l'image de la vétéran endurcie.

Il existait bien sûr des entorses à ce règlement, l'une d'elle était d'ailleurs assise à ses côtés, plongée dans une discussion à la pertinence rare avec un chauffeur dont le métier l'était tout autant.

Ce fut dans un silence nouvelle restauré entre les deux femmes qu'elles atteignirent finalement l'appartement. Il ne s'agissait que d'un studio classique, un remplacement temporaire et obligatoire sachant que l'ancienne résidence de Shura sur Shanxi n'était plus vraiment en état suite aux récents événements. Des fringues et des sachets de bouffe entamés traînaient encore au sol, mais en dehors l'endroit démontrait un entretien régulier. Des néons et des jeux de lumières qui avaient demandé toute une après midi d'installation étaient accrochés autour de l'unique grande fenêtre parallèle au lit et permettaient à la propriétaire des lieux de recréer une ambiance « Stellargent » lorsqu'elle plongeait l'appartement dans le noir. Ce n'était pas grand chose mais cette tanière était coupée du reste du monde, un endroit où souffler n'était plus un luxe.

Shura fut surprise un instant face à la demande de sa collègue, mais elle obtempéra sans réellement poser de question, mue par sa curiosité. Elle déposa sa veste en cuir sur son lit, réajustant son débardeur et étirant ses bras musclés soudainement exposés à la fraîcheur de son appartement. Le dos de la N7 craqua brièvement lorsqu'elle allongea sa carcasse sur son fauteuil. Les mains d'Arcadia s'approchèrent alors de son crâne, la bête grogna sa désapprobation mais elle ne tenta rien de particulier. Le contact des doigts froids bien que désagréable au premier abord devint rapidement supportable et presque agréable. Shura n'avait absolument aucune idée de ce que tentait de faire sa collègue, mais ses palpations s'élargissant à sa nuque et ses cervicales commençaient à la relaxer, si bien que la furie ferma les yeux, se laissant aller à un monde noir où seul demeurait la sensation derrière son crâne.

Elle ne sut réellement dire combien de temps elle resta ainsi immobile, mais la « séance » se termina aussi vite qu'elle avait commencé et Arcadia lui fit un rapide résumé de ce qu'elle avait appris. Avait-elle fait cela par réelle inquiétude ou par pure conscience professionnelle ? Sans doute un peu des deux.

Avec une légère grimace, la furie se redressa. A être restée inactive autant de temps, son corps lui paraissait alourdi. Un léger sourire étira le coin de ses lèvres.

Je vais bien, je ne suis pas aussi fragile que ça.

Elle tapota un instant l'une de ses épaules. Sa fierté n'était en tout cas pas suffisante pour lui faire oublier les paroles de sa collègue.

Merci en tout cas, c'est toujours un réel plaisir de se faire peloter par une belle et jeune inconnue.

...Même s'il faudra revoir la partie inconnue, et surtout la partie jeune.


Assise sur son fauteuil, Shura joignit ses mains, balayant son appartement du regard. La présence d'Arcadia ne la dérangeait pas nécessairement, mais elle ressentait l'envie de s'isoler à nouveau dans sa bulle, liberté créatrice ou torpeur intime, il fallait dire que la dernière heure l'avait plus assoupie qu'autre chose.

Je pense qu'un peu de temps seule me fera le plus grand bien. Mais profites en tant que tu es là, sers toi à boire ou à manger, fais toi plaisir.

D'un geste, elle activa son omnitech et envoya un signal à ses enceintes, une douce mélodie relaxante se répandit alors dans l'appartement.


Shura reposa sa tête sur le dossier de son siège et croisa les jambes, s’affalant plus en profondeur tout en jouant avec le système d'équilibrage du fauteuil, se berçant légèrement.


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MessageSujet: Re: L'oeil du cyclone   L'oeil du cyclone Icon_minitimeJeu 10 Jan 2019, 00:50

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Ouvrant les placards un à un, la praticienne se demandait comment la biotique pouvait avaler autant de cochonneries sans se retrouver avec un gros cul. Certes son corps avait besoin d'énormément de calories... Mais quand même. Encore une personne qu'il valait mieux avoir en photo qu'à table.
Après quelques minutes de recherches infructueuses, elle finit par tomber sur du maïs sec à éclater. C'était pas la joie mais ce serait mieux que rien. Refermant la porte, elle mit un peu d'huile végétale dans une casserole propre, fit chauffer avant d'y plonger le maïs. Elle posa un couvercle dessus et attendit.

Continuant à fouiller sans aucune gêne dans la cuisine, elle tomba sur un stock de stylos usagés qui lui rappela quelques souvenirs d'enfances guère académique mais plutôt comique. Des petits bruits d'explosions étouffés se firent entendre dans la casserole, le maïs explosant pour laisser place à un ravissant pop-corn. Arcadia dut s'arrêter en pleine séance de bricolage pour débarrasser sa préparation de la plaque induction.
Une fois le maïs soufflé dans un saladier, elle rinça rapidement la gamelle, avant d'y remettre du sucre et de retourner à son bidouillage. La dernière fois qu'elle avait fait une telle connerie, elle avait bien trente ans de moins.
Revoir la partie jeune... Sale morveuse, marmot arrogant. En terme d'immaturité, la blonde lui était bien supérieure, et elle allait lui prouver rapidement.

« Oups ! »

Le docteur retira son caramel juste à temps pour ne pas le faire brûler, y plongeant immédiatement les pop-corn pour arrêter la cuisson. Elle remua adroitement pour imbiber les sucreries et renversa à nouveau dans le bol. Elle en prit un entre ses doigts, le secouant vigoureusement pour le faire refroidir puis l'avala. Pas mal ! Carrément bon même ! Ça demandait du temps mais ça en valait le coup.
La toubib s'apprêta à en reprendre un autre mais se ravisa, son regard se portant sur sa nouvelle arme. Un sourire sauvage sur les lèvres.
Embarquant les munitions, elle chargea un premier projectile dans la gueule du canon, partant à pas de loup pour chasser sa victime.

La Martienne s'arrêta dans l'encadrement de la porte, positionnant la gueule du canon vers sa proie. Cette dernière se laissant aller au rythme de la musique, complètement avachie dans son sofa. Erreur. Grossière erreur ! Un soldat ne doit jamais se laisser surprendre. D'un mouvement bref elle enfonça le piston avec une baguette. Le boulet sortit à pleine puissance dans un claquement sec touchant avec précision l'épaule de Shura.
Se rabattant dans le couloir en entendant les bruits de pas, elle expulsa une nouvelle munition de sa bouche, rechargeant sa sarbacane à air comprimé d'un geste expert.

« De la part du 3ème âge ! Grognasse ! »

Le médecin actionna le système à nouveau pour couvrir sa fuite, envoyant un morceau de papier s'écraser sur le mur. La Martienne alla se retrancher dans son dernier bastion pour la lutte finale, prête à défendre chèrement sa vie jusqu'à son dernier souffle. En position derrière le comptoir elle vit la N7 débarquer dans la cuisine.
Le mécanisme claqua de nouveau, touchant la cible en pleine poitrine. Voyant la fin approcher, elle engagea son dernier espoir dans la canon qui manqua son hôte de peu.

« Je peux tout expliquer ! »

Elle vit les muscles de sa camarade se tendre, signe qui la sauva des griffes de la bête. Dans une tentative de repli maladroite, la spécialiste réalisa que ses bas ne lui fournissaient aucune adhérence. Se rattrapant in-extremis avant de s'éclater le coccyx sur le sol, elle recula de quelques mètres sur ses mains et pieds avant de toucher un meuble, s'aidant de ce dernier pour se relever. Un sourire animal occupait le visage de la biotique, bien consciente que la blonde n'avait aucun échappatoire.
Arcadia la vit s'approcher, inéluctablement, dans un geste ultime de bravoure, elle se saisit d'un pop-corn et le posa sur les lèvres de sa collègue. Mordillant les siennes pour tenter de dissimuler son sourire.

« Du coup oui ou non pour le pop-corn ? »

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