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 [18+] Un oiseau tombé du ciel

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MessageSujet: [18+] Un oiseau tombé du ciel   Mar 14 Oct 2014, 21:20
Intervention MJ : Oui Année 2198 RP Tendancieux
Alessa N’Mara ♦ Joshua Gordon
Un oiseau tombé du ciel



Les Chroniques d'Alessa - Prélude 3

Joab. Nébuleuse de la Rosette / Un an plus tôt.

Tout avait commencé comme une journée des plus ordinaires pour Alessa. Levée de bonne heure, elle s’était rendue assez tôt à la clinique et s’était aussitôt mise au travail. Des dossiers médicaux devaient encore être mis à jour et malheureusement, personne ne le ferait à sa place. Lena, sa collègue, n’était pas mieux lotie. Elles n’étaient que deux à faire tourner ce petit centre médical se trouvant aux portes d’une petite ville du nom de Larson. Elles étaient les deux seuls médecins à des dizaines de kilomètres à la ronde. Et personne d’autre dans la région n’avait les compétences nécessaires pour ce travail. Pas facile donc de faire appel à quelqu’un de confiance pour les soulager un peu de toutes ces corvées. Et pour ne rien arranger, une grosse épidémie de grippe était attendue pour dans les jours à venir. Alessa et sa collègue s’attendaient donc à devoir redoubler d’effort pendant encore un moment.

Soupirant de soulagement, Alessa finit d’archiver le dernier dossier médical en attente. Dernièrement, la colonie avait été une fois encore victime d’un raid de pirates et nombreux furent les habitants de la ville à s’être retrouvés pris dans les dommages collatéraux : aucun mort à déplorer cette fois, mais des blessés par dizaines qui s’étaient retrouvés pris sous des décombres, soufflés par une explosion, voire fait tabassés dans les règles de l’art pour avoir voulu tenir tête aux assaillants. Alessa avait dû prendre sur elle pour ne pas céder à l’envie qu’elle avait eue de donner à cette racaille une bonne leçon. Hélas, si elle était Joab, c’était justement pour faire profil bas et se faire oublier du reste de la galaxie. Le fait de s’en prendre à une bande de pirates de l’espace n’était donc certainement pas la meilleure chose à faire pour éviter d’attirer l’attention. D’autant plus que seule contre une cinquantaine d’individus, les chances ne jouaient guère en sa faveur. Aussi s’était-elle contentée de s’occuper des blessés du mieux qu’elle put. Cela était largement dans ses cordes.

— Tiens, tu es déjà là, fit une petite voix en passant la porte du bureau. Encore tombée du lit ? (Alessa hocha simplement la tête.) Ma pauvre, tu sais ce qu’il te faudrait ? Un peu de sport en chambre.
— Quoi ? demanda Alessa en relevant la tête. Du… sport en chambre ? Qu’est-ce que c’est ?
— Tu ne sais pas ? (L’Humaine semblait très surprise.) Ça fait combien de temps que tu vis ici déjà ?
— Une dizaine d’années, répondit Alessa, évasive.
— Dix ans et tu ne sais toujours pas ce qu’est le sport en chambre ? Ma pauvre, tu es vraiment un cas désespéré ! Faut que tu sortes ! Va prendre un verre au pub du coin et trouve-toi un bel homme avec qui passer la nuit. Oublie un peu le travail et pense à toi pour changer. Tu verras, ça te fera du bien et je suis sûre qu’après ça, tu n’auras aucun mal à trouver le sommeil. Crois-en mon expérience.

Alessa venait enfin de comprendre ce que signifiait l’expression « sport en chambre ». Dévisageant un moment sa collègue, elle finit par secouer la tête en affichant un large sourire.

— Tu sais bien que ce n’est pas mon genre. Je… Je ne suis pas ce genre de personne.
— Il n’est pas question d’être ou non ce genre de personne. Il est simplement question de profiter un peu de la vie et de prendre du bon temps. À ton avis, comment j’ai rencontré Tommy ? Et maintenant, regarde où nous en sommes : mariés, deux enfants. Ça ne te fait pas rêver ?

Alessa se força à sourire mais sans se donner la peine de répondre à cette question. Vingt-quatre ans s’étaient écoulés depuis la disparition de son épouse et pourtant, son fantôme continuait de la hanter jour et nuit inlassablement. Et entendre en plus Lena parler d’enfant ne fit qu’accentuer cette douleur qui ravageait le cœur de l’Asari chaque fois qu’elle repensait au passé. Un enfant, elle aurait voulu en avoir ; même plusieurs. Malheureusement, Tarana était décédée avant qu’elles prennent vraiment le temps de réfléchir à cette éventualité ; et maintenant, il était trop tard pour ça. Comme elle regrettait à présent de ne pas avoir suivi ce que lui dictait son cœur. Les larmes menacèrent de la submerger.

— Oh ! s’exclama soudain Lena en redevenant sérieuse. (Alessa sécha son visage avant de se retourner vers elle, les sourcils haussés.) Il semblerait que le Ministre de la Défense en personne se trouve en ce moment-même à New Jericho pour discuter avec le Gouverneur de la mise en place d’un tout nouveau système de défense pour prévenir les futures attaques de pirates. Qu’est-ce que tu en dis ?
— Ce que j’en dis ? Que ce n’est pas trop tôt ! (Elle se retourna vers son écran et pianota distraitement sur les touches de son clavier haptique.) Ils auraient dû s’y prendre bien plus tôt que ça. À combien en sommes-nous maintenant ? Une dizaine de raids par mois sur l’ensemble de la planète et ce n’est que maintenant que votre gouvernement se décide à se bouger ? Mieux vaut tard que jamais.
— Faut dire aussi que ce ne doit pas être facile pour eux, les défendit Lena. Joab est située au fin fond des systèmes Terminus ; pas vraiment dans la sphère d’influence de l’Alliance.
— Votre gouvernement n’a-t-il pas juré de protéger toutes ses colonies ? rétorqua Alessa.

Sa dernière remarque se révéla plus agressive qu’elle ne l’aurait souhaité. Elle n’avait absolument rien contre sa collègue, mais l’entendre placer autant de confiance dans son gouvernement lui avait donné la nausée. Elle-même avait été abandonnée par les siens suite aux événements tragiques qui l’avaient privée de sa tendre moitié. Depuis son évasion de la clinique psychiatrique où elle était demeurée en état catatonique durant une année entière, le gouvernement asari n’avait pas cessé de la traquer dans toute la galaxie afin de l’appréhender et de la livrer à la justice pour un crime qu’elle n’avait pourtant pas commis ; du moins en était-elle pratiquement convaincue. Les événements de cette nuit-là étaient encore confus dans son esprit. Elle ignorait si elle était oui ou non responsable de la mort de Tarana et de ces quatre autres chasseresses qui avaient formé son ancienne unité de combat.

— Ça ne va pas ? demanda Lena de sa voix naturellement douce et conciliante. Tu as l’air énervée.
— Désolée, lui répondit précipitamment Alessa en se retournant. Ce n’était pas contre toi. Je n’aurais pas dû m’emporter. Excuse-moi.
— Ce n’est rien, lui assura l’Humaine. Dans le fond, tu as parfaitement raison. La visite du Ministre sur Joab n’a rien d’une coïncidence. L’Alliance a enfin pris au sérieux nos menaces de faire sécession. Tout ce qui leur importe, c’est d’éviter un nouveau scandale ; et un second Eden Prime. Ils cherchent avant tout à assurer leurs arrières, c’est tout.

Alessa se contenta d’un haussement de sourcils et d’un pincement de lèvres pour faire comprendre à sa collègue qu’elle partageait son point de vue. C’était bien là la réaction typique des politiciens. Tout faire pour garder la face et éviter de s’attirer les foudres du bas peuple. Mais au final, ils n’avaient que faire des intérêts du peuple. Ils souhaitaient juste garder leur poste et le pouvoir qui en découlait.

— Je vais aller me faire un café avant d’attaquer la journée. Tu en veux un ? demanda Lena.
— Non merci. Ça ira. J’ai déjà eu ma tournée tout à l’heure.
— Comme tu veux. Je n’en aurais pas p…

Lena fut coupée au milieu de sa phrase par une violente explosion qui secoua brusquement le centre médical. Instinctivement, Alessa se cramponna à son bureau. Le calme revint presque aussitôt.

— Est-ce ça va ? demanda-t-elle à son amie qui était tombée au sol. Tu n’es pas blessée ?
— Non. Mais qu’est-ce que c’était que ça ?
— Ça m’avait tout l’air d’être des pirates. Tu penses que… ?
— Encore ? Deux fois dans la même semaine ? J’espère que non.

Percevant des cris en provenance du dehors, Alessa et Lena se ruèrent à l’extérieur et découvrirent la cause de tout ce remue-ménage. Lena avait dit vrai : des pirates avaient tenté une attaque. Mais pour changer, ce n’est pas la ville qu’ils avaient visée, mais un vaisseau aux couleurs de l’Alliance qui s’était écrasé dans un champ rocailleux un peu à l’écart de la colonie. Dans le ciel, le vaisseau responsable de cette attaque avait pris la fuite avec une escadrille de chasseurs à ses trousses. En quelques secondes, ils avaient disparu dans la haute atmosphère, mais Alessa se doutait qu’ils n’iraient pas loin. L’Alliance n’était pas du genre à lâcher le morceau quand on s’en prenait à elle. Mais qu’importe, Lena lui tira le bras en désignant la navette écrasée au sol.

— Attrape ta trousse de soins, il faut aller leur porter secours.
— Je te suis. Il n’y a pas de temps à perdre.

Les deux médecins emboîtèrent le pas aux locaux qui s’étaient déjà précipités vers le lieu du crash afin de venir en aide aux éventuels survivants. Quelle pagaille ! Pourtant, la vue des débris de l’appareil ne dérangea aucunement Alessa. En fait, ils ne dépareillaient pas avec le champ de ruines qu’était devenue la colonie depuis la Grande Guerre – champ de ruines qui n’avaient jamais été vraiment réhabilité. La faute encore au gouvernement de l’Alliance trop occupé ailleurs à remettre en état ce qui avait le plus d’importance à leurs yeux : leurs propres maisons et appartements de luxe. Typique.


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Dernière édition par Alessa N'Mara le Jeu 23 Oct 2014, 12:16, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [18+] Un oiseau tombé du ciel   Mar 14 Oct 2014, 23:54
Un oiseau tombé du ciel
"...Lorsqu'un ange perd ses ailes..."

L'année 2198 avait été pour Joshua une année de changement et de succès. En effet, c'était à cette époque qu'il gagna le titre de Ministre de la Défense, lui permettant d'atteindre cette place au Parlement qu'il convoitait tant. Il avait toujours eu les affaires de l'Alliance à cœur, surtout sa protection. Avec ce nouvellement acquis, il était à même de s'occuper personnellement de tout ce baratin. Il avait toujours estimé que la Terre et ses colonies manquaient de moyens de défense, que l'Humanité était vulnérable. Il ne fallait pas prendre sa prudence pour de la xénophobie, bien au contraire. L'homme était tout sauf cela, mais s'il prônait l'ouverture et la collaboration inter-espèces, il en estimait pas moins nécessaire que sa nation soit bien préparée à toute situation. Faire confiance à ses alliés ne voulait pas dire que l'on était à l'écart de tout danger ! Mais la tâche n'était pas aisée et il s'en était vite rendu compte. A peine avait-il été promu, qu'Eden Prime avait lancé une révolte, gagnée par un vent séparatiste qui s'en était déjà pris à Horizon en 2185. L'année avait donc bien commencé pour Joshua, qui déjà devait s'occuper de maintenir la coalition entre les colonies et la Terre. Il aurait voulu avoir un peu de répit, le temps de s'adapter à ses nouvelles fonctions, mais le sort en avait décidé autrement et son expertise était déjà mise à l'épreuve. Le nouveau Ministre de la Défense n'avait jamais été un grand appréciateur de discours et belles paroles ; il préférait l'action, agir, plutôt qu'amadouer un public. Il n'était pas comme la majeure partie de ses collègues, qui préféraient lambiner dans leur bureau et profiter de leur pouvoir pour s'accorder certains privilèges. Joshua était un homme d'honneur et de parole. Il avait fait des promesses en accédant à son nouveau rang et allait s'efforcer de les tenir, bien qu'il sût que cela allait être impossible, et ce non-pas parce qu'il manquait de moyens, mais parce que la politique et le Parlement le restreindraient.

***

Vancouver, bureau de Joshua Gordon, 11:48

C'était donc par une belle matinée de ce mois de juin 2198 que Joshua, à peine installé dans son nouveau bureau, reçut un appel de sa secrétaire, lui annonçant qu'un ambassadeur souhaitait le voir de toute urgence. Surpris, l'homme lui communiqua de faire entrer le nouveau venu, lui demandant par la même occasion des explications, ce à quoi la femme répondit qu'elle ne savait pas, l'invité ne désirant parler qu'au ministre. Etait-ce cela d'être Ministre de la Défense ? Recevoir des visites impromptues et improvisées de la part de politiciens en détresse ? Si c'était le cas, Joshua avait certains ressentiments à propos de ce qui allait l'attendre pour la durée de son mandat. Mais il ne s'en plaindrait pas plus que ça. Il savait ce qu'il était susceptible de devenir s'il ne faisait rien. L'après guerre avait fait de lui un légume alcoolique au bord de la rupture bancaire, chose qui lui avait valu de perdre sa femme et presque perdre son fils. Le travail, la politique, avait été sa rédemption, une seconde chance, et il n'était pas prêt de la lâcher, elle avait trop de valeur pour lui. Alors si le prix à payer était quelques visites imprévues, il ferait avec. Il s'était engagé dans cette voie, pour le meilleur ou pour le pire, il en assumerait les conséquences et les responsabilités.

- Monsieur le ministre ? fit une voix, tirant Joshua de ses réflexions.

L'homme qui venait d'entrer dans la pièce se situait probablement dans la cinquantaine, un peu plus vieux que le Ministre de la Défense. Il avait l'air fatigué et victime d'un grand stress. Les larges cernes qui bordaient ses yeux étaient le signe d'un manque évident de sommeil. Le pauvre bougre n'avait pas fier allure et Joshua se demanda bien ce qui pouvait être la source d'un tel état. Surmenage ? Problèmes personnels ou professionnels ? Il n'en savait rien et il n'allait pas prendre la peine de lui poser la question, ce n'était pas son rôle, mais celui d'un psychologue.

- Oui, pardon, j'ai eu un moment d'absence, asseyez-vous seulement ! répondit le défenseur de l'Alliance, en se redressant. Que puis-je faire pour vous ?
- J'ai bien peur que l'heure soit grave, monsieur Gordon... commença son interlocuteur, dont il ne savait même pas le nom. Joab, la colonie que je représente est en proie à de nombreux raids de pirates. Le manque d'intervention du gouvernement a pour effet de lasser la population, qui se sent délaissée et commence à développer des pensées séparatistes qui m'inquiète au plus au point...

La nouvelle troubla quelque peu Joshua, qui n'avait pas encore pris le temps de se pencher sur les dossiers des colonies, dont il était également responsable. Il savait que depuis la guerre, certaines d'entres elles se trouvaient dans une situation précaire et étaient de facto vulnérables aux attaques extérieures. Si sa mémoire ne lui faisait pas défaut, Joab était une petite colonie se situant dans les Systèmes Terminus, la pire zone de la Galaxie, d'après lui, surtout pour une colonie qui n'avait pas les moyens de se défendre contre des attaques répétées. Le ministre comprenait ainsi la lassitude et l'énervement que pouvaient ressentir les colons, et il savait qu'il devait rapidement agir pour éviter une Eden Prime-bis. Il avait su prendre la situation en main cette fois-ci et calmer les ardeurs, il pouvait recommencer, il le devait. L'Alliance ne pouvait pas se permettre de perdre une colonie par manque d'attention envers une, cela pouvait être un élément déclencheur d'une réaction en chaîne qui pouvait fortement nuire au gouvernement Humain. Il était donc impératif qu'il apaise la colère des habitants de Joab au plus vite. Si d'un côté cela ennuyait Joshua, cela l'excitait également, car il aimait l'action, et c'en était en ce cas particulier, même s'il allait devoir préparer un discours réconfortant et probablement teinté d'hypocrisie. Il avait pris l'habitude, mais il n'appréciait toujours pas cela.

- Oui, je comprends, ambassadeur, je vais m'occuper de ce problème au plus vite, répondit Joshua, l'air grave.

Le concerné se leva, remerciant chaleureusement le ministre, puis quittant la pièce. Joshua s'adossa au dossier de son fauteuil et soupira. C'était la sa deuxième intervention sur une colonie depuis son entrée en fonction, la deuxième en deux mois. Cela ne pouvait pas continuer ainsi. Il allait devoir se pencher sérieusement sur la situation des colonies de l'Alliance pour s'assurer que cela ne se reproduise pas de si tôt. Il ne pouvait pas être efficace en son rôle s'il devait régulièrement voyager à l'autre bout de la Galaxie pour apaiser des âmes en colère. Il fallait mettre fin à se vent séparatiste qui traversait les colonies, et vite.

***

Joab, navette de transport du Ministre de la Défense, 9:56

Après quelques jours de voyage, Joshua était enfin arrivé à destination : Joab, cette petite colonie perdue dans les Terminus. Victime des Moissonneurs, elle avait subi de lourdes pertes et avait depuis eu beaucoup de peine à se redresser, non seulement à cause du manque de soutien de l'Alliance, mais également à cause des innombrables raids de pirates sur les différentes villes de la planète. Lorsqu'il avait lu son dossier, le Ministre de la Défense avait été ahuri par le manque d'attention qui lui avait été accordé. Les colons d'Eden Prime passaient pour des adolescents en crise à côté d'eux, et il s'était étonné que les "Joabiens" ne se soit pas révoltés plus tôt. Quoi qu'il en fût, mieux valait tard que jamais et Joshua était déterminé à enfin accorder à la colonie les soins qu'elle méritait. Il n'était jamais bon d'ignorer la situation d'une planète perdue dans les Système Terminus, que ce soit en matière de pertes humaines, ou économiques. Son prédécesseur devait avoir été une personne particulièrement égoïste ou incompétente pour ne pas s'en être rendu compte plus tôt. Mais c'était de l'histoire ancienne, Joshua était là pour effacer les erreurs du passé.

La navette, un Kodiak aux couleurs de l'Alliance, fraichement partie de la frégate qui l'abritait quelques minutes plus tôt, venait d'entrer dans l'atmosphère de Joab. Joshua regardait par la fenêtre latérale du véhicule le paysage qui se dévoilait devant lui. Il appréciait toujours particulièrement ces moments où les pressions atmosphériques n'étaient pas suffisantes pour faire trembler l'engin. Il avait l'impression que le temps s'arrêtait, que le monde entier n'importait plus et qu'il n'y avait plus que ce décor sous ses yeux qui comptait. Cela lui apportait une certaine sérénité qu'il appréciait beaucoup. C'était comme être dans un rêve. Et, au fur et à mesure qu'il s'approchait des nuages, les turbulences commençaient à se faire sentir et la réalité revenait à l'homme, pris dans ses pensées. Et cette fois-ci, la réalité lui revint brutalement, car des tirs se firent entendre ; quelqu'un faisait feu sur la navette du Ministre de la Défense ! Etait-ce les colons ? Il ne voulait pas le croire, il préférait se dire qu'il s'agissait d'une attaque pirate. Mais dans tous les cas, il était la cible d'un ennemi, et son pilote commença à exercer des manœuvres brusques pour éviter d'être touché, ce qui eu pour conséquence de projeter les passagers - car Joshua était accompagné d'une garde personnelle -  dans tous les sens. Il put apercevoir par la fenêtre qu'ils avaient atteint l'altitude des montagnes de la planète, là où les villes étaient installées, la pression au niveau de la mer étant trop élevée pour les Humains. Ce fut d'ailleurs la dernière chose qu'il vit, avant qu'une détonation assourdissante se fasse entendre et que sa vision s'obstrua, perdant ainsi connaissance.

Lorsqu'il ouvrit les yeux, Joshua n'était plus dans sa navette. Il se trouvait dans une pièce blanche et dénuée de toute décoration, si ce n'est du matériel médical. Le bip sonore et régulier qu'il entendait ne laissait pas de doute ; il avait survécu au crash et on l'avait soigné. Il tenta de se relever, mais une douleur cuisante au niveau de ses côtes gauche l'en empêcha, l'obligeant à rester allongé sur le lit sur lequel il reposait. Il étouffa un juron et se décida à attendre. Quelqu'un allait bien finir par arriver.



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MessageSujet: Re: [18+] Un oiseau tombé du ciel   Ven 17 Oct 2014, 18:27
Alessa était assise à son bureau, la tête dans les mains. La nuit avait été particulièrement longue. L’un des rescapés du crash de la navette n’avait malheureusement pas survécu. Lena et elle avaient fait de leur mieux pour le maintenir en vie ; mais passé un certain point, il n’y avait eu plus rien à faire. Alessa était vidée. Perdre un patient était toujours une épreuve difficile à surmonter et ce quand bien même elle en avait pris l’habitude depuis quelques temps déjà. Par chance, le dernier raid pirate n’avait fait aucune victime ; mais ce n’était pas toujours le cas. Lors du raid précédent, un homme était également décédé sur sa table d’opération et deux enfants n’avaient pas survécu suffisamment longtemps pour recevoir ne serait-ce que les premiers soins. Dans ces moments-là, il n’y avait rien à faire, si ce n’est se calfeutrer dans un coin et faire son possible pour ne pas laisser la tristesse vous submerger.

— Alana ? souffla la douce voix de Lena depuis le pas de la porte. Est-ce que tu te sens bien ?
— Oui, tout va bien, mentit Alessa en prenant une grande inspiration. Je suis fatiguée, c’est tout.
— Tu es sûre ? Si tu veux je peux m’occuper des rescapés. Tu n’as qu’à rentrer chez toi te reposer.
— Merci, Lena, mais ça ira. J’ai besoin de travailler pour me changer les idées et penser à autre chose que… Enfin bon, tu vois ce que je veux dire. (Lena acquiesça tristement.) Toi tu n’as qu’à rentrer auprès de ta famille. Ils ne t’ont pas vue depuis un moment. Profite de ta soirée. Je vais rester pour veiller sur nos miraculés. Au moindre souci je t’appelle.
— Tu es sûre ? (Alessa acquiesça vivement.) Promis, au moindre souci…
— Promis. Maintenant file avant que je ne change d’avis.

Alessa et sa collègue échangèrent un sourire amical avant que cette dernière ne quitte la pièce. Alessa demeura un instant assise à son bureau, la tête de nouveau dans les mains. Dormir un peu lui aurait à coup sûr fait le plus bien ; mais le fait est qu’elle n’aurait pas réussi à fermer les yeux même si sa vie en avait dépendu. Il en allait toujours ainsi quand elle perdait un patient. Devenir médecin avait été pour elle un moyen de tirer un trait sur son passé. Toute sa vie avait été dévouée à la violence et à la mort ; elle avait décidé que le temps était venu de tourner la page et de sauver des vies pour changer un peu et équilibrer d’une manière ou d’une autre la balance karmique. Un concept qu’elle avait découvert au contact des Humains. Devenir médecin lui avait permis de faire un peu la paix avec elle. Et sauver des vies étaient de loin bien plus gratifiant sur un plan personnel que de les ôter.

Prenant une grande inspiration, Alessa releva la tête et saisit le datapad le plus proche d’elle avant de se décider enfin à quitter son bureau. Lena était partie. Il ne restait donc plus qu’elle et les deux seuls rescapés duc rash de la navette. Une tragédie ; compte tenu de la chance qu’avait eu Larson durant le précédent raid pirate. Qui eut cru qu’ils réattaqueraient aussi rapidement. D’ordinaire, ils espaçaient les attaques sur quelques mois, concentrant leur attention sur d’autres villes. Là, Larson avait eu droit en peu de temps à deux attaques consécutives. Mais peut-être les choses allaient-elles enfin changer pour Larson et toutes les autres villes de Joab. En effet, l’un des survivants n’était autre que le Ministre de la Défense en personne. Pour avoir été lui-même victime des pirates, peut-être envisagerait-il enfin de faire évoluer la situation en faveur des colons. Alessa n’était certes pas humaine, mais elle avait appris à aimer les gens de cette planète et les voir se débattre ainsi sans soutien était consternant.

Alessa se rendit tout d’abord dans la première chambre. Elle y trouva une jeune femme étendue sur le lit, inconsciente. Elle n’avait pas rouvert les yeux depuis le jour du crash de la navette. Pour employer un terme médical humain : son pronostic vital n’était pas engagé. Elle survivrait. Elle était simplement plongée dans un état comateux en vue de permettre à son corps de se remettre du choc. Il lui faudrait probablement encore quelques jours avant qu’elle reprenne conscience. Alessa prit donc simplement en note les constantes vitales de la patiente avant de quitter la pièce pour aller faire de même avec le second miraculé. Elle avait les yeux rivés sur son datapad lorsqu’elle mit les pieds dans la chambre du Ministre. Aussi ne se rendit-elle pas compte immédiatement que son patient était réveillé. La surprise se lut sans peine sur son visage quand elle retint de justesse un cri apeuré.

— Oh ! Vous êtes réveillé, dit Alessa en portant sa main à sa poitrine. (Son cœur battait la chamade.) Depuis longtemps ? (Elle vit le Ministre tenter de se redresser dans son lit.) Attendez, ne bougez pas. (Elle s’avança précipitamment au chevet du patient et poussa le bouton contrôlant l’inclinaison du lit.) C’est mieux comme ça ?

Elle écouta distraitement la réponse de l’Humain tout en reportant son attention sur le datapad. Selon les estimations précédentes de la jeune femme, il aurait dû rester inconscient encore un peu. De toute évidence, c’était un battant. Avoir survécu au crash de la navette était déjà un miracle en soit ; et voilà que maintenant il récupérait plus vite qu’il ne l’aurait dû. Alessa était impressionnée. Mais pas autant qu’elle l’avait été à son arrivée sur Joab. Depuis lors, elle avait mainte fois découvert que les Humains étaient bien plus déterminés et résistants que n’importe quelle autre espèce douée de conscience de toute la galaxie. Rien d’étonnant donc à ce que le sauveur qui avait exterminé les Moissonneurs ait été l’un des leurs. Alessa reporta son attention vers le patient avant de lui demander :

— Comment vous sentez-vous ? Vous souvenez-vous de ce qui s’est passé ? Savez-vous où vous êtes ?

Alessa avait conscience que cela faisait beaucoup de questions d’un coup ; mais elle devait en premier lieu s’assurer que les fonctions cérébrales du patient étaient intactes. Les moyens mis à la disposition de Lena et Alessa étaient pour le moins rudimentaires. Tous les instruments médicaux encore en état de marche dataient d’avant la Grande Guerre. Les dernières technologies en vogue dans les secteurs les plus favorisés de la galaxie n’étaient pas à la portée de Joab et de ses maigres revenus. L’Asari n’avait pas d’autre choix que d’employer des méthodes moins sophistiquées : comme le dialogue.


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MessageSujet: Re: [18+] Un oiseau tombé du ciel   Sam 18 Oct 2014, 18:58
Un oiseau tombé du ciel
"...Lorsqu'un ange perd ses ailes..."

Joshua ne sut pas vraiment combien de temps il dut attendre avant qu'une bonne âme ne daigne s'aventurer dans sa chambre. Il ne savait pas également où il était, si ce n'était Joab. Il ne se situait de toute évidence pas à New Jéricho, le matériel médical présent dans la pièce étant trop archaïque et rudimentaire pour que cela soit possible. Ou bien s'y trouvait-il et la situation de la colonie était pire encore que ce qu'il avait pu anticiper. Mais dans tous les cas, capitale ou non, il était nécessaire que l'Alliance fasse quelque chose pour les colons de la planète, car il avait bel et bien l'impression de se situer dans un hôpital du XXIème siècle, en soit quelque chose d'absolument intolérable et à changer absolument. Certes, les inégalités sociales étaient encore fortes sur Terre, les pays du tiers-monde fonctionnaient encore pour la plupart au pétrole, mais les colonies se devaient d'être des symboles pour une faction, elles étaient sensées représenter la puissance et l'audace de l'Alliance, montrer que la race Humaine était en pleine expansion. Mais ici, ce n'était pas le cas. Joab avait triste allure et faisait peine à voir, elle était une honte qui souillait l'image des Hommes en les faisant passer pour une espèce ne connaissant pas ses priorités et son gouvernement pour des ingrats ne cherchant qu'à s'enrichir ! Qu'elle était belle cette Humanité que le Ministre de la Défense chérissait ! Joshua était désemparé ; incapable de se défendre contre les fréquentes attaques pirates, Joab devait souvent avoir à soigner ses victimes, et, dans ces conditions, la tâche devait très probablement être complexe pour les médecins, qui devaient s'arracher les cheveux face au manque de matériel dont ils disposaient. Seul point positif au tableau, à première vue : l'hôpital était propre, ce qui était déjà un luxe que les colons devaient avoir peine à s'offrir. Rien n'étant gratuit, il y avait probablement un prix à payer pour cela, et Joshua allait très probablement le découvrir bientôt, lorsqu'il sortirait enfin de la clinique.

La porte de sa chambre s'ouvrir tout à coup, laissant entrer une Asari plongée dans la lecture de son datapad et tirant l'homme de ses réflexions. C'était là chose anodine, car il y avait peu d'aliens dans les petites colonies humaines se situant loin de la Bulle Locale, étant plus conservatrices, probablement par instinct de protection. Bien entendu, cela ne dérangeait absolument pas Joshua, qui était ouvert aux autres espèces, il ne faisait que noter un fait. La femme ne s'attendait d'ailleurs très probablement pas à ce que l'homme soit réveillé, car, en détachant son regard de sa lecture, elle sursauta en lâchant un cri de surprise à la vue du blessé en train de l'observer. Ou bien Joshua était-il extrêmement laid pour les standards Asari, effrayant la concernée. Cette idée ne lui plaisant pas, il préféra se dire que ce fut par surprise de le voir conscient que la doctoresse eut cette réaction. Ce qu'elle dit par la suite confirma sa théorie, le rassurant quelque peu. Elle ne perdit d'ailleurs pas de temps à s'enquérir de sa situation, profitant par la même occasion de redresser le dossier de son lit, permettant à Joshua de se trouver dans une position un peu plus confortable et lui permettant de tenir une conversation et, surtout, rester éveillé.

- Oui, c'est bien mieux ainsi, merci, répondit-il. Je dirais que je suis réveillé depuis... une dizaine de minutes, environ.

Puis le silence s'installa, l'Asari étant replongée dans la lecture de son datapad. Avait-elle seulement écouté sa réponse, ou se fichait-elle totalement de celle-ci ? Aucun moyen de le savoir, mais cela importait peu à l'homme, au final. Le temps que la femme reporte son attention sur le ministre, ce dernier profita de cet instant de vide pour observer quelque peu celle qui s'occupait de lui. Elle était une Asari pour le moins "classique" - dans le sens qu'elle ne se démarquait pas réellement de ses consœurs -, mais n'en manquait pas pour le moins de charme. Elle portait la tenue habituelle des médecins d'hôpitaux, ainsi que quelques petites autres choses, comme un badge d'identification et son datapad. D'un physique élégant et aux courbes gracieusement féminines, elle rappelait en tout point les Humaines, mais son teint violacé et ses peintures faciales d'un ton plus clair, ainsi que les excroissances semi-cartilagineuses propres à son espèce et le manque de pilosité, rappelaient qu'elle n'était pas d'origine terrienne, mais bien extraterrestre. Il était à noter qu'elle était très légèrement plus large qu'une femme ordinaire, indiquant que sa masse musculaire était supérieure à la normale, mais sans aller jusqu'à être aussi ferme qu'une femme de formation militaire. Sportive ou anciennement combattante, cela était dur à dire, surtout lorsque l'on sait que les natives de Thessia pouvaient vivre jusqu'au millénaire. Parlant d'âge, elle ne semblait pas très vieille, sans pour autant paraître trop jeune. Elle faisait probablement partie de cette génération appelée "matrice" par les Asaris, plaçant ses années entre les trois cents et sept cents, chose paraissant énorme pour un Humain, mais étant tout à fait normal pour elles. Les délicats traits constituant son visage, fin et élégant, soulignait le soin apporté à son entretien, qui la débarrassait de toute imperfection malvenue. Cependant, le léger maquillage bordant ses yeux, à l'iris d'un violet profond, peinait à dissimuler les petites cernes qu'elle abordait, signe évident d'un manque de sommeil, qu'il soit dû au travail... ou autre chose. Elle était somme toute une femme très agréable au regard d'hommes tels que Joshua, qui se garda bien de laisser ses yeux trainer plus que nécessaire sur la concernée, pour éviter de passer pour une sorte de pervers qu'il n'assumerait pas être et dont détesterait porter l'image.

Finalement, l'Asari, dont nom était encore totalement inconnu à Joshua, releva le regard, après avoir brièvement lu ce qui était inscrit sur son datapad, et posa trois petites questions à son patient, suivant de toute évidence un protocole défini que le ministre avait déjà eu l'occasion de subir, lors de la Grande Guerre, qui avait faussé l'Humanité - et les autres races également -  de tout moyen d'analyse efficace des blessés, les forçant à revenir à des bases plus classiques telles que le simple dialogue interrogatif. L'homme prit le temps de réfléchir quelque peu à ses réponses, pour être le plus honnête possible et ne pas répondre impulsivement, chose qui pourrait corrompre la qualité des informations données et mener à un mauvais diagnostique de la part de la doctoresse, qui ne serait en rien fautive de l'erreur du patient.

- Je ressens une certaine douleur au niveau des côtes gauches, mais autrement, je me sens bien, et totalement lucide, commença-t-il par répondre. Nous avons été attaqués par un vaisseau ennemi, je ne pourrais pas dire son origine, qui nous a fait nous crasher. En conséquence, je ne sais absolument où je me trouve, si ce n'est Joab.

Il avait répondu aux trois questions et il laissa l'Asari prendre note de ce qu'il venait de dire, la laisse établir son diagnostique, qu'il prévoyait être bon. Il s'attendait sûrement à l'entendre lui dire qu'il avait une côte ou deux brisée et peut-être quelques petits bobos ci et là, mais il savait qu'il s'en était tiré à bon compte de l'incident, chose assez rare. Il s'enquit d'ailleurs de l'état de sa petite garde personnelle, s'ils avaient survécu ou non, mais également de l'identité de la femme, qu'il se devait de connaître.

- Est-ce que ce médecin a un nom par lequel l'appeler, ou je peux vous en donner un ? demanda-t-il d'un ton léger, n'appréciant que moyennement l'ambiance froide propre aux hôpitaux. Mes hommes, qu'en est-il d'eux, autrement ?

Si son diagnostique s'annonçait certainement positif, il en était très probablement autrement pour celui de ses accompagnants. Il avait eu de la chance, mais cela ne voulait pas indiquer que les autres en avaient eu. En conséquence, Joshua se prépara au pire.


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MessageSujet: Re: [18+] Un oiseau tombé du ciel   Dim 19 Oct 2014, 17:43
Alessa avait littéralement submergé de questions le pauvre Ministre qui venait tout juste de reprendre connaissance après deux jours passés dans le coma. Le fait est qu’elle avait besoin de se faire une idée précise sur l’état de ses fonctions cérébrales. Elle tenait à s’assurer que son patient ne souffre pas de troubles cognitifs ou autres désordres mentaux tel qu’un éventuel stress post-traumatique. Après tout, il avait reçu un sacré coup sur la tête et avait été victime d’un crash de navette qui pouvait au final se révéler particulièrement traumatisant. Il pouvait tout aussi bien souffrir de complications psychiques et mentales. Le fait qu’il puisse parler et répondre à ses questions était déjà un bon signe. Mais qu’en était-il du reste de ses facultés ? Sur un plan purement physique, tout avait l’air d’être en ordre. Il avait parfaitement répondu aux différents stimuli auxquels Alessa et sa collègue l’avaient confronté ; et de toute évidence, il ne souffrirait d’aucune complication motrice. Son système nerveux était intact, de même que sa colonne vertébrale. Pour être un miraculé, le Ministre était un sacré miraculé.

— Je ressens une certaine douleur au niveau des côtes gauches ; mais autrement, je me sens bien, et totalement lucide, répondit finalement le Ministre à la myriade de questions qu’Alessa lui avait posée juste avant. Nous avons été attaqués par un vaisseau ennemi, je ne pourrais pas dire son origine, qui nous a fait nous crasher. En conséquence, je ne sais absolument pas où je me trouve, si ce n’est sur Joab.

Alessa acquiesça pensivement. De toute évidence, les facultés cognitives du jeune homme semblaient intactes : il était en mesure de raisonner, sa mémoire était indemne, il pouvait parler et ne souffrait à première vue d’aucun trouble de l’attention. Pour faire simple : il ne souffrait d’aucune complication d’ordre physique ou mentale et ses constantes étaient dans les normales. Légèrement en deçà de la moyenne, certes, mais rien d’alarmant en soi. Après tout, il sortait tout juste d’un crash de navette. Miraculé ou non, il avait souffert de multiples blessures et mettrait sûrement encore plusieurs jours avant de s’en remettre ; si ce n’est même plusieurs semaines pour certaines de ses blessures – comme ses deux côtés cassées par exemple. Alessa pianota donc quelques mots sur son datapad avant de reporter son attention sur son patient.

— La bonne nouvelle, c’est que vous vous en êtes tiré sans trop de dégâts, lui annonça Alessa en serrant son datapad contre sa poitrine et en croisant les bras. Vous avez eu beaucoup de chance. La douleur que vous dîtes ressentir dans votre flanc gauche est due à deux côtes cassées. Elles sont d’ores et déjà en cours de cicatrisation. Vous risquez cependant de ressentir une certaine gêne et une douleur sourde pendant encore plusieurs jours ; quatre à cinq semaines dans le meilleur des cas. Si jamais la douleur devenait vraiment trop insupportable, n’hésitez pas à vous administrer un calmant. (Elle désigna un boitier se trouvant à portée de main du Ministre.) Ce bouton vous injectera une dose de morphine en cas de nécessité. Il est programmé pour vous délivrer une certaine quantité journalière. (Elle marqua une pause avant d’ajouter.) Sinon, hormis cela, rien à déplorer au niveau cérébral. Vous ne semblez pas souffrir de perte de mémoire et votre œdème cérébral s’est rapidement résorbé sans laisser à priori de séquelle. Juste pour être sûr, je vous ferai passer un nouveau scanner en tout début de matinée. (Elle réfléchit un instant.) Je pense avoir fait le tour de la question.

Alessa réfléchit un instant. Elle pensait effectivement avoir fait mention de tout ce qui avait un rapport avec l’état de santé de son patient. Elle finit par déposer le datapad sur le lit avant de s’avancer vers le Ministre.

— Ça vous dérange si je… ? demanda-t-elle en désignant le torse du patient. Elle voulait juste jeter un œil au pansement qui enserrait son thorax et qui était censé le soulager de la douleur en cas de mouvements.

Alessa approcha les mains et ouvrit la tunique légère que Lena et elle avaient enfilée au Ministre lors de son admission au centre médical. La poitrine du patient était bardée de capteurs censés mesurer son rythme cardiaque et sa pression artérielle. Et enroulé autour de son large torse qu’Alessa n’avait pas pu s’empêcher de trouver particulièrement athlétique et bien développé se trouvait une bande extensible qui enserrait sa cage thoracique. La bande couvrait la blessure en elle-même, aussi Alessa ne put-elle jeter un œil directement à la plaie. Cependant, en observant la coloration de la peau autour de l’hématome, elle jugea que la situation était de bon augure. Cela prendrait le temps qu’il faudrait, mais le Ministre devrait vraisemblablement s’en tirer sans la moindre séquelle.

C’est à ce moment-là que le Ministre lui posa une question qui la prit complètement au dépourvu :

— Est-ce que ce médecin a un nom par lequel l’appeler, ou je peux vous en donner un ?

Alessa, qui avait les yeux rivés sur l’hématome violacé qui colorait tout le flanc gauche de son patient, releva la tête en gardant ses mains en contact avec la peau du jeune homme. La perplexité se lisait sur son visage. De quoi parlait-il ? Il était tard et elle n’avait pas particulièrement bien dormi depuis qu’était survenu le crash de la navette. En fait, c’est à peine si elle avait fermé l’œil depuis, se contentant de dormir une heure ou deux ici ou là quand Lena était de garde et qu’elle veillait sur les patients à sa place. Pourquoi ? À cause d’un vague sentiment d’appréhension qu’elle n’arrivait pas à réprimer. Son instinct la poussait à rester sur ses gardes. Son passif de militaire et de mercenaire la poussait à redouter des représailles de la part des pirates qui avaient ouvert le feu sur la navette du Ministre. Et si jamais ils découvraient que leur cible avait survécu ? Et si par hasard il leur prenait l’envie de venir terminer le travail ? Peu importe. Elle se faisait sûrement des idées. Ces vingt-quatre dernières années de cavale n’avaient fait qu’accentuer sa paranoïa et il ne se passait pas un jour sans qu’elle craigne de voir surgir de nulle part ses vieux démons. Peut-être ne s’agissait-il que de ça dans le fond. Peut-être devenait-elle simplement folle à force de voir le mal partout.

— Excusez-moi ? finit par demander Alessa avant que la lumière se fît soudain dans son esprit. Oh ! Je viens de comprendre. C’est de moi que vous parlez. (Elle secoua la tête, gênée.) Pardonnez-moi, je n’ai pas vraiment la tête sur les épaules depuis quelques jours. Je dois manquer de sommeil. (Elle sourit.) Alana. Je m’appelle Alana. Et si je ne me trompe pas, vous devez être M. le Ministre, c’est bien cela ? (Elle désigna les effets personnels du patient posés sur une chaise dans un coin de la pièce.) J’espère que cela ne vous ennuie pas : nous avons dû fouiller dans vos effets personnels pour nous assurer que vous ne souffriez pas d’une maladie quelconque ou de quoi que ce soit qui pourrait poser problème.

Alessa reporta son attention sur la poitrine du patient. Mais n’ayant rien de plus à observer, elle mit un terme à son examen et le laissa se rhabiller en l’entendant alors demander :

— Mes hommes, qu’en est-il d’eux, autrement ?

Alessa ne répondit pas tout de suite. Elle fit mine d’être absorbée dans la lecture des constantes que l’appareil relié au Ministre enregistrait. Elle cherchait ses mots pour annoncer la mauvaise nouvelle au patient.
C’était probablement ce qu’elle détestait le plus dans ce métier : annoncer les mauvaises nouvelles aux proches. Finalement, ne pouvant se dérober plus longtemps, elle finit par reporter son attention vers le Ministre et dit :

— Je suis désolée de vous l’apprendre, mais vous êtes l’un des deux seuls rescapés de la navette. Le pilote était déjà mort à l’arrivée des secours ; de même qu’un autre passager. Et nous en avons perdu un troisième la nuit dernière. Je suis sincèrement désolée. (La voix d’Alessa était pleine de douceur et de compassion. Elle faisait de son mieux pour ne pas brusquer son interlocuteur. Mais de toute évidence, celui-ci savait d’ores et déjà à quoi s’attendre. Son visage était fermé et sa mâchoire serrée, comme s’il s’était préparé au pire.) Une jeune femme a cependant survécu au crash de la navette. Je… Je ne connais pas son nom. Brune, à peu près ma taille, des yeux bleus. Vous voyez de qui il peut s’agir ? Nous n’avons rien trouvé dans ses effets personnels qui aurait pu nous donner son identité. Est-ce que vous la reconnaissez ?

Alessa laissa le soin à son patient de lui répondre. Lorsqu’il eut terminé, elle jeta un rapide coup d’œil à sa montre et avisa qu’il était déjà très tard. Quand bien même le Ministre venait juste de reprendre connaissance, un peu de repos ne pourrait que lui faire le plus grand bien. Mais avant de couper court à cette discussion, Alessa prit quand même le temps de demander :

— Avez-vous d’autres questions à me poser ? Il est déjà tard et je ne voudrais pas vous déranger plus que nécessaire. Vous avez encore besoin de repos. Vous êtes encore loin d’être remis de cette terrible catastrophe. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n’hésitez pas.


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MessageSujet: Re: [18+] Un oiseau tombé du ciel   Dim 19 Oct 2014, 22:16
Un oiseau tombé du ciel
"...Lorsqu'un ange perd ses ailes..."

Comme il s'y était attendu, le diagnostique de la doctoresse était positif - très positif - pour une personne ayant survécu à un crash. La nouvelle réjouissait Joshua, qui se disait qu'il n'allait pas avoir à rester trop longtemps sur la planète, chose qui l'embêterait assez vu ses responsabilités de Ministre de la Défense ; il ne pouvait pas s'offrir le luxe d'un temps de repos pour guérir de ses blessures, surtout qu'il avait encore pour mission d'apaiser la colère des colons de Joab et qu'il ne savait pas depuis combien de temps il reposait dans cette pièce. La surprise de son "ange gardien" montrait qu'il avait été inconscient pendant un certain temps. Etait-ce l'ordre de l'heure ? Du jour ? De la semaine ? Il n'avait pas moyen de le savoir et il découvrirait la réponse tôt ou tard de toute manière, il ne devait simplement pas trop méditer là dessus, car ce n'était pas ce qu'il y avait de plus important en l'instant présent. L'important était de mener son objectif à bien et, bien heureusement, si ses deux côtes cassées seraient quelque peu douloureuses, il ne serait pas handicapé plus que nécessaire. Quelques jours de convalescence lui suffiraient amplement pour se remettre d'aplomb et finir ce qu'il était venu accomplir sur la planète. Il écouta donc patiemment l'Asari lui expliquer le fonctionnement de ses calmants et la manière de les appliquer. Elle parlait beaucoup, mais chacune des informations qu'elle transmettait était utile, et sa voix était agréable à l'écoute, douce et calme, ce qui fit que l'homme but ses paroles sans broncher, malgré la longueur de son discourt. Ces femmes avaient vraiment tout pour envouter leurs interlocuteurs, c'était certain. Mais ce n'était pas tellement la voix de la doctoresse qui fascinait le plus Joshua, mais bel et bien ses yeux. Pourquoi ? Il ne pouvait pas le dire, mais une partie de la réponse était probablement leur couleur, violette, totalement inconnue aux Humains, mais pourtant si commun chez les natives de Thessia. Il ne s'en rendait peut-être pas forcément compte, mais son manque de contact avec les espèces aliens faisait qu'à chaque fois qu'il en rencontrait une, il avait ce sentiment de les découvrir pour la première fois. Les Asaris était clairement les plus intéressante, ne serait-ce pour le physique, si ressemblant à celui des Humaines. Elles étaient faites de grâce et de douceur, mais elles savaient également mordre, un véritable piège suivant comment. Et c'est avec une certaine douceur - professionnelle - que la demoiselle examina la blessure du ministre, s'appliquant à ne pas réveiller la douleur que pouvait lui occasionner ses côtes. Le contact de ses doigts froids contre sa peau fit d'ailleurs légèrement frissonner Joshua. Mais, à l'air satisfait qu'elle aborda en se redressant, Joshua sut que la chose était en bonne forme, et donc en état de guérir.

La question qu'avait alors posée le politicien, désireux d'avoir un nom à accorder à la personne qui s'occupait de lui, avait de toute évidence perturbée l'Asari, dont la réponse fut une excuse, suivie d'une justification, parlant de son manque du sommeil que Joshua avait pu observer plus tôt, lorsqu'il avait observé en détail la femme. Alana était donc ainsi le nominatif par lequel elle répondait et le ministre tâcha de s'en rappeler, défi peu ardu à relever, sa mémoire étant très sélective et se souvenir du nom de la doctoresse faisant partie de cette sélection que privilégiait son esprit, sans qu'il puisse en décider autrement. Cela lui avait joué des tours parfois, même souvent, mais il se pouvait que cela puisse se montrer un avantage également. Il avait simplement appris à faire avec et se débrouillait comme un charme. Aussi, son interlocutrice lui avait d'une certaine manière retournée la question, l'appelant "Monsieur le Ministre", terme que Joshua entendait si fréquemment et de manière si laborieuse, qu'il en était venu à le déprécier, étant trop formel à son goût, surtout lorsqu'il était employé par une personne qu'il trouvait sympathique. Sa réponse fut donc de tout simplement redresser le tir et laver la formalité dont faisait preuve l'Asari.

- Joshua, dit-il simplement avec un sourire. Vous devriez vous reposer un peu plus, vous savez, le surmenage n'est jamais une bonne, je sais de quoi je parle. Enfin, qui suis-je pour vous dire ce que vous devez faire ? Vous avez probablement vos raisons. Mais faites attention.

Il eut un moment d'hésitation, puis ajouta, joueur :

- Vous m'avez bien examiné le torse avant même que je puisse vous dire si ça me convenait - non que ça m'ait déplu -, je pense que je survivrai à une fouille de mes effets personnels.

Il était ce genre de personne totalement décomplexée qui n'avait aucune peine à parler sur le ton de la plaisanterie même avec des inconnus, alors que la situation n'était pas forcément prompte à cela. A dire vrai, Joshua ne se prenait pas la tête avec ce genre de chose, encore moins en présence d'une femme. Il avait toujours ce désir de se montrer sous son visage agréable et plaire aux gens. Il était comme ça et l'assumait totalement, après tout, avait-il une raison de ne pas le faire ? Et puis il semblait qu'Alana prenait sa position de ministre assez au sérieux pour se montrer formelle au possible, chose que le concerné cherchait à éviter. Il était certes une figure importante du Parlement de l'Alliance, mais il était avant tout un homme comme un autre, il refusait catégoriquement que l'on le place au dessus par des formules de politesse ou par du respect qu'il ne méritait même pas.

Mais vint alors l'annonce du décès de trois des cinq passagers du Kodiak. Le pilote, comme cela arrivait beaucoup trop souvent dans ce genre de scénario, n'avait pas survécu au crash, ainsi qu'un autre faisant partie de sa garde personnelle. Un second avait succombé de ses blessures un peu plus tard, faisant de Joshua le seul survivant avec la seule femme du groupe. Le ministre baissa la tête, la mâchoire crispée. Il s'y était attendu, mais il était toujours difficile d'apprendre ce genre de nouvelle. D'une certaine manière, ces personnes, même s'il ne les connaissait pas vraiment - à part Joffrey, le pilote -, étaient mortes à cause de lui. Certes, c'était le risque qu'ils avaient accepté de prendre en se lançant dans leur métier, mais s'il n'avait pas foncé en direction de Joab sans prendre un minimum de précautions, ils seraient alors encore en vie en ce moment même. Joshua savait cependant qu'il ne devait pas se morfondre plus que nécessaire ; ce n'était pas bon lui, d'une première part, mais c'était également totalement inutile. Se sentir responsable pour un accident qui ne dépendait de personne, revenait au même que de se sentir coupable pour la mort d'une mouche dans une chambre. C'était pragmatique, mais il avait appris ce genre de chose pendant la Grande Guerre, durant laquelle il avait perdu d'innombrables frères d'armes. Au final, on pouvait toujours chercher un bouc-émissaire pour porter la responsabilité de l'événement en question, mais il fallait bien se rendre compte que certaines choses nous dépassent et arrivent peu importe ce que l'on voudrait. Alors au lieu de se blâmer sur ce qu'il s'était passé, Joshua se concentra sur l'aspect positif de la tragédie ; il était en vie, à même d'accomplir ce qu'il avait encore à faire, et une autre personne avait survécu. Alana lui demanda d'ailleurs s'il connaissait cette inconnue, ayant été dans l'incapacité de lui donner une identité, et, fort heureusement, le ministre avait la réponse à la question, étant la seule personne qu'il connaissait réellement des quatre l'ayant accompagné.

- Oui, je la connais, répondit-il, relevant la tête pour regarder l'Asari dans les yeux. Son nom est Hannah, c'est un bon soldat. Comment va-t-elle ?

Mais il semblait que son temps avec la doctoresse se fût écoulé, car celle-ci annonça qu'il se faisait tard et qu'il devait se reposer. Joshua était tenté de lui retourner la remarque, mais se retint, ce serait chose déplacée alors qu'elle se montrait très compréhensive et attentionnée, comme tout médecin qui se respecte. Elle lui laissait l'opportunité de lui poser une dernière question, avant de le laisser seul. Le concerné réfléchit un peu puis, de nouveau sur un ton léger, émit une remarque :

- Il me faudra vous remercier pour vous être occupé de moi, alors que je ne me suis pas occupé de vous. Il doit très probablement y avoir un restaurant quelque part sur cette planète. Ca vous tente ? Enfin bon, j'aurai le temps de vous convaincre plus tard. Bonne nuit Alana, essayez de vous reposer.

Puis il laissa l'Asari quitter la pièce, le laissant seul allongé sur son lit avec pour seule chose à faire la rumination de tout ce qui avait été dit. Trois de ses hommes morts, une femme qu'il considérait comme une amie dans un coma, une colonie au bord de la crise, des raids de pirate... le bilan était triste à voir.



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MessageSujet: Re: [18+] Un oiseau tombé du ciel   Lun 20 Oct 2014, 17:38
Alessa était rassurée de voir que son patient se remettait sur pied étonnamment vite. Ses côtes étaient certes encore loin d’être ressoudées, mais le fait est que deux jours seulement après avoir été victime du crash de sa navette, le Ministre était d’ores et déjà sorti de coma et parfaitement lucide qui plus est. À n’en pas douter, quelques jours seulement de repos suffirait à le remettre d’aplomb. La douleur serait quant à elle plus longue à s’estomper, mais Alessa se doutait que cet homme n’était pas du genre à se laisser dicter sa conduite aussi facilement. Il n’avait pas l’air douillet et semblait décidé à toujours aller au bout de ce qu’il avait entrepris. C’était de toute évidence un homme de volonté, déterminé. Alessa ne put qu’être admirative. Elle appréciait tout particulièrement qui savait ce qu’ils voulaient.

Ayant fini d’examiner le thorax du Ministre, Alessa s’était reculée et avait laissé ce dernier remettre en place la tunique en coton qu’elle avait écartée pour pouvoir accéder à la plaie. Au passage, elle n’avait pas pu se retenir de jeter un dernier regard à la musculature de son patient. Ce n’était certes pas très professionnel de sa part, mais dans le fond elle restait une femme, et une Asari de surcroit. Lena avait peut-être raison après tout. Il était vain de croire qu’on pouvait tirer un trait sur ses habitudes passées. Les Humains ne disaient-ils pas que « chassez le naturel, il revient au galop » ? Elle était et resterait à jamais une Asari. Toutes les races de la galaxie s’accordaient à dire que les Asari étaient le peuple le plus paradoxal qui soit : elles étaient au sommet de la chaîne alimentaire, et pourtant, entretenaient sans gêne un idéal sensuel qui faisait naître le désir et l’envie en tout à chacun. Sa nature profonde essayait-elle de lui envoyer un message ? Avait-elle besoin de « s’envoyer en l’air » pour pouvoir enfin faire le vide dans son esprit ? Était-ce donc pour cette raison que la vue du corps à moitié dénudé du Ministre lui donnait des fourmis dans les membres.

Heureusement pour elle, Alessa n’eut pas à répondre à sa propre question rhétorique. Le Ministre de la Défense avait en effet tenté d’engager la conversation en lui demandant si elle avait un nom ou s’il devait lui-même lui en trouver un. Brusquement tirée de ses pensées où deux corps enlacés roulaient sous les draps, l’Asari avait mis quelques secondes pour retrouver le fil de la réalité. Étant parvenue à remettre ses idées en ordre au final, elle avait fini par donner son nom d’emprunt au Ministre : Alana. Elle ne pouvait pas prendre le risque de donner son véritable nom. Le secret était le seul garant de sa longévité. Tant qu’elle resterait sous le radar, dissimulée dans les ombres, ses vieux démons auraient toutes les peines du monde à retrouver sa trace. C’était le prix à payer pour pouvoir continuer à vivre encore quelques années. Avec le temps, la fugitive avait fini par se faire une raison et par accepter cet état de fait. Elle passerait le restant de ses jours à vivre dans le mensonge. Mais au moins, elle vivrait. C’était tout ce qui importait à ses yeux. Continuer à vivre.

Politesse oblige, Alessa avait retourné sa question au Ministre. Elle savait déjà qui il était. Elle avait en effet fouillé dans ses effets personnels au cas où il aurait eu en sa possession un document indiquant, ou bien une quelconque allergie, ou bien d’éventuelles complications médicales antérieures. On était jamais trop prudent avec ce genre d’informations ; surtout sur Joab, où l’équipement laissait quelque peu à désirer. Dans tous les cas, mieux valait prévenir que guérir. Toutefois, Alessa ne s’était pour sûr pas attendue à cette réaction de la part du Ministre.

— Joshua, avait-il dit simplement en la reprenant et en esquissant un sourire.

Un moyen comme un autre de faire comprendre à la jeune femme qu’il n’était pas utile de faire usage des formalités en présence d’un comité si réduit. Après tout, elle était le médecin et lui le patient. En pareille circonstances, des liens se créaient d’eux-mêmes et rendaient caduque l’emploi des tournures pédantes et des titres en tous genres. C’était le genre d’intimité qui facilitait les rapprochements et les confidences. Alessa acquiesça alors doucement en répétant à mi-voix :

— Joshua. (Ça ne valait pas une poignée de mains officielles, mais au moins cela prouvait qu’elle était d’avis de suivre l’exemple du Ministre et qu’elle acceptait ce rapprochement mutuel.)

Le Ministre avait alors repris la parole et ajouté presque aussitôt :

— Vous devriez vous reposer un peu plus, vous savez. Le surmenage n’est jamais une bonne chose, je sais de quoi je parle. (Il avait parfaitement raison. Surtout pour un médecin. Une erreur de diagnostic était si vite arrivée sous le coup de la fatigue. C’était jouer avec le feu et avec la vie des patients que s’entêter à rester éveiller plus que de raison. Comme de fait, elle retint de justesse un bâillement qui n’aurait fait que donner raison à son interlocuteur.) Enfin, qui suis-je pour vous dire ce que vous devez faire ? Vous avez probablement vos raisons. Mais faites attention.

Sur ce point aussi, Alessa ne pouvait que donner raison à son interlocuteur. Elle avait effectivement ses raisons ; mais des raisons qui dépassaient l’entendement et la logique. C’était une question d’instinct. Elle ne pouvait pas faire autrement. C’était plus fort qu’elle. Comme si ses tripes essayaient de lui dire que quelque chose de grave risquait de survenir si jamais elle prenait le risque de fermer les yeux ne serait-ce que quelques minutes. Ce n’était pas facile à expliquer. Un truc de militaire sans doute. Mais une chose était cependant certaine : Alessa ne pouvait ignorer son instinct. En aucun cas.

De nouveau tirée de ses pensées, Alessa vit le Ministre hésiter un instant avant d’ajouter deux ou trois mots sur le fait qu’elle avait fouillé dans ses effets personnels :

— Vous m’avez bien examiné le torse avant même que je puisse vous dire si ça me convenait – non que ça m’ait déplu. Je pense que je survivrai à une fouille de mes effets personnels.

Alessa secoua la tête. Était-ce sa nature d’Asari qui lui faisait entendre des choses ou le Ministre était-il tout charmant avec elle ? En bonne professionnelle, Alessa préféra mettre cette idée de côté. Joshua était un patient. Quand bien même il lui avait demandé de l’appeler par son prénom, elle se devait de respecter une certaine distance entre elle et le patient. Les Humains appelaient cela l’éthique. Les Asari elles-mêmes faisaient preuve d’éthique dans ce genre de situation. Alessa ne désirait pas déroger à la règle. Elle n’était pas un animal non plus. N’était-ce pas d’ailleurs ce qu’elle avait dit deux jours plus tôt à Lena qui l’avait encouragée à sortir et à se laisser aller le temps d’une nuit avec un parfait inconnu ? Elle n’était pas ce genre de femme. Elle l’avait été, il y a bien longtemps, dans une autre vie ; mais cela remontait à loin maintenant. Dans une autre vie qu’elle s’efforçait d’oublier et de rayer de sa mémoire pour de bon. Elle valait mieux que ça quand même.

Le Ministre avait alors demandé des nouvelles de ses hommes. Alessa avait donc eu la lourde responsabilité de lui annoncer le décès de trois d’entre eux. En dehors de lui, un seul membre de l’équipage de la navette s’en était sorti en vie : une femme. De toute évidence, le Ministre avait fait de son mieux pour se préparer à cette tragique nouvelle. Mais cela ne l’empêcha pas de serrer la mâchoire et de baisser la tête en coupant tout contact visuel avec l’Asari. S’efforçait-il de retenir ses larmes ou de contenir sa tristesse ? Alessa n’aurait pas été gênée de voir un homme pleurer. C’était somme toute quelque chose de parfaitement naturel que de laisser libre court à sa douleur. Mais Alessa n’était pas télépathe, elle ne pouvait donc deviner les pensées du Ministre. Craignant cependant qu’il souffre de la perte de ceux qui s’étaient trouvés avec lui dans la navette au moment du crash, elle avait tenté de lui remonter le moral en lui parlant de la miraculée qui avait survécu à cette tragédie elle aussi. N’ayant trouvé aucun effet personnel sur la jeune femme – pas même la plaque d’identification qu’elle aurait normalement dû porter autour du cou comme tout bon militaire qui se respecte – elle avait fini par demander à son interlocuteur si par hasard il ne la connaissait pas.

— Oui, je la connais, avait répondu le Ministre en relevant la tête. (Il avait plongé ses yeux dans ceux de l’Asari qui avait cru percevoir une pointe de tristesse dans le fond de ses prunelles.) Son nom est Hannah, c’est un bon soldat. Comment va-t-elle ?

En faisant montre d’autant de douceur et de compassion que possible, Alessa s’efforça de rassurer son patient en lui donnant des nouvelles de la dénommée Hannah. C’était en théorie contraire au règlement, mais comme elle n’avait aucun moyen de contacter les proches de la jeune femme et que le Ministre était lui-même un miraculé de l’accident qui avait failli leur coûter la vie à tous les deux, Alessa estima qu’il était en droit d’être tenu informé de l’état de santé de la militaire.

— Elle va bien, ne vous inquiétez pas pour elle, le rassura l’Asari. Son état est stable pour le moment et sa vie n’est plus en danger. Elle est toujours plongée dans le coma ; mais il n’y a rien à craindre. C’est tout à fait naturel. Son corps a besoin de temps pour se remettre du choc et pour récupérer. Elle devrait revenir à elle d’ici quelques jours. Après tout, il ne s’est passé que deux jours depuis votre accident. Elle n’est pas aussi robuste que vous, mais elle s’en remettra, n’ayez aucune crainte.

Et voyant qu’il était tard, Alessa décida qu’il valait mieux pour son patient qu’elle le laisse se reposer un peu. Peut-être n’en avait-il pas conscience, mais son corps avait encore besoin de repos. Dormir quelques heures de plus ne serait pas du luxe pour lui. Et puis cela l’aiderait à oublier quelques temps le destin tragique de l’équipage de la navette. Ce n’était pas grand-chose, mais peut-être serait-il un peu soulagé de pouvoir oublier ce qui s’était passé deux jours plus tôt pendant ne serait-ce que cinq ou six heures. Aussi Alessa demanda-t-elle à Joshua s’il avait encore une dernière question à lui poser avant qu’elle le laisse se reposer. Il réfléchit un instant et ses prunelles s’éclairèrent soudain de malice.

— Il me faudra vous remercier pour vous être occupée de moi, alors que je ne me suis pas occupé de vous, souffla alors le Ministre sur un ton léger. (La remarque prit Alessa au dépourvu. Était-il en train de flirter avec elle ? Certainement pas. Ne venait-il pas d’apprendre la mort tragique de trois individus qu’il avait côtoyés quelques minutes seulement avant leur décès ? À moins que cette légèreté soit sa manière à lui de gérer sa peine. Alessa sentit néanmoins le rouge lui monter lentement aux joues.) Il doit très probablement y avoir un restaurant quelque part sur cette planète. Ça vous tente ?

— C’est bien aimable à vous, Monsieur le… Joshua, se reprit Alessa en sentant peser sur elle le regard du politicien. Sachez cependant que je n’ai fait que mon travail. Vous n’avez pas à me remercier ; ni même à m’inviter au restaurant. Ce serait d’ailleurs peu professionnel de ma part d’accepter ce genre d’invitation. Tout ce qui m’importe, c’est de vous savoir en vie et en bonne santé.

Une tentative bien maladroite de refuser poliment l’invitation sans pour autant froisser l’ego du jeune homme. En d’autres circonstances, peut-être aurait-elle accepté. Après tout, pour être honnête, le Ministre avait beau avoir atteint la quarantaine, il n’en demeurait pas moins physiquement un homme très agréable à regarder. Et pour avoir déjà eu un avant-goût de ce qui se dissimulait sous sa tunique en coton, Alessa savait qu’il avait une belle musculature et un corps de rêve. Qui plus est, il avait l’air tout particulièrement charmant et attentionné ; et le fait qu’il ait survécu au crash de sa navette tout en reprenant connaissance deux jours seulement après ledit événement lui donnait un petit air de « dur à cuire » qui mettait à rude épreuve la résistance de l’Asari. Mais le fait est qu’elle avait tourné la page de son ancienne vie. Sortir et rencontrer des gens étaient certes assez banal et parfaitement naturel ; mais pas pour Alessa. Voilà des siècles qu’elle ne s’était pas livrée à ce genre d’expérience et il fallait avouer que l’appréhension l’empêchait de sauter le pas. Une autre fois peut-être.

— Enfin bon, j’aurai le temps de vous convaincre plus tard, ajouta le Ministre en sentant peut-être que la balle était encore dans son camp. Bonne nuit Alana, essayez de vous reposer.
— Vous aussi. Je repasserai vous voir dans la matinée, pour votre scanner, ajouta Alessa en désignant la tête du Ministre. Dormez bien.

Alessa offrit au dénommé Joshua un sourire timide avant de prendre la direction de la sortie. Sur le pas de la porte, elle s’immobilisa un instant avant de jeter un dernier regard vers le patient. Puis pressant l’interrupteur contrôlant les spots au plafond, elle sortit dans le couloir et laissa la porte se refermer en silence dans son dos. Là, elle se laissa aller à soupirer profondément. Et indépendamment de sa volonté, un nouveau sourire étira ses lèvres tandis qu’elle prenait la direction de son bureau. Compte tenu des derniers rebondissements, elle avait deux nouveaux dossiers à mettre à jour. Et vu l’heure tardive, un café ne lui ferait sûrement pas de mal non plus.

***

Alessa entendit quelqu’un frapper doucement à la porte de son bureau. Elle avait encore le nez plongé dans sa paperasse. À croire qu’elle n’en verrait jamais le bout. Si seulement elle pouvait s’octroyer ne serait-ce qu’une brève pause ; juste le temps de s’étirer et de se dégourdir un peu les jambes. Était-ce donc trop demander ? La porte… Quelqu’un avait frappé.

— Entrez, souffla-t-elle en relevant la tête vers la porte qui coulissa pour libérer la voie.

Un jeune homme se tenait dans l’encadrement de la porte. Il portait une casquette et tenait dans ses mains une sacoche rouge et verte. Le dessin d’une pizza ornait le haut de la tenue du nouveau venu. Il était peut-être un peu tard pour manger une pizza ; qui plus est, Alessa n'avait pas souvenir d'en avoir commandé une. D’où sortait cet inconnu ? C’est alors qu’elle reconnut son visage.

— Monsieur le Ministre ? demanda-t-elle.

C’était bien lui : le Ministre de la Défense en personne. Il était affublé d’une tenue aux couleurs du sac qui contenait les pizzas qu’il était supposé livrer. Ses magnifiques yeux bleus semblaient briller dans la pénombre d’une malice qui fit se dessiner un sourire charmant sur ses lèvres à croquer. Alessa sentit un frisson courir le long de son épine dorsale. Le Ministre s’avança d’un pas dans la pièce.

— Voyons, ne soyez pas timide, Alana. Appelez-moi Joshua. J’insiste. Après tout, je vous ai apporté ma spécialité : une pizza au saucisson. Un bon gros saucisson. Vous m’en direz des nouvelles.

Avec un nouveau sourire sensuel, Joshua laissa tomber sa sacoche et il entreprit de retirer un à un ses vêtements. Toujours assise à son bureau, Alessa était comme paralysée. Elle ne pouvait pas quitter sa chaise ni bouger le moindre muscle de son corps. Elle ne pouvait qu’observer les mouvements lents et gracieux avec lesquels le Ministre de la Défense ôtait son t-shirt pour dévoiler une plastique de rêve. Il entreprit ensuite de déboucler sa ceinture. Et s’attaqua ensuite au bouton de son pantalon. Ce n’était plus qu’une question de secondes avant que le vêtement ne glisse au sol. Et pourtant…

Un bruit suspect attira soudain l’attention d’Alessa. Se redressant en sursaut, l’Asari se rendit compte qu’elle avait fermé les yeux une minute de trop avant de sombrer pour de bon dans les bras de Morphée. Son terminal informatique l’informa qu’elle avait dormi pratiquement deux heures et qu’il était maintenant aux environs de trois heures du matin. Alessa frissonna. L’air s’était effectivement rafraîchi et l’aube ne tarderait plus. Tout était silencieux à présent dans le bureau. Peut-être avait-elle simplement imaginé le bruit. Peu importe. Alessa était réveillée maintenant et elle avait bien la ferme intention de le rester jusqu’au retour de Lena. Il lui fallait une nouvelle dose de caféine.

Quittant son bureau, Alessa sortit dans le couloir et s’immobilisa en sentant un nouveau courant d’air frais. Tout était calme dans la clinique ; mais quelque chose ne tournait pas rond. Alessa n’aurait pas su dire quoi cependant. Il s’agissait juste d’une impression. Un vague pressentiment. Et c’est là qu’elle sentit d’où venait le problème : elle sentait le souffle du vent sur sa peau. C’était comme si quelqu’un avait laissé la fenêtre ouverte ou quelque chose dans le genre. C’était subtil, mais suffisant pour retenir son attention.

Demeurant sur ses gardes, Alessa remonta le corridor en quête de la source de son malaise. Elle découvrit alors la porte arrière de la clinique entrouverte. Personne ne se servait jamais de cette entrée de secours. Alessa n’avait même pas souvenir de l’avoir jamais ouverte depuis son arrivée ici. Et soudain, tout devint clair dans son esprit : ce qu’elle avait redouté était en train d’arriver.

— Joshua ! souffla-t-elle en faisant volte-face et en se précipitant vers la chambre du Ministre.

Une trentaine de secondes seulement lui furent nécessaire pour rejoindre la chambre de son patient. La pièce était plongée dans une obscurité précaire que peinait à repousser la maigre lumière qui filtrait à travers les stores tirés. Sans perdre un instant, Alessa pressa l’interrupteur des lampes suspendues au plafond et la lumière envahit brusquement la pièce pour révéler la présence d’un tueur professionnel debout à côté du lit du Ministre, une seringue à la main. Joshua était assoupi et il n’avait pas conscience que la mort était pratiquement penchée sur lui. Alessa devait agir et vite.

Le meurtrier tourna vivement la tête dans la direction de l’Asari quand la lumière repoussa violemment les ténèbres de la chambre. Il hésita une demi-seconde avant de se retourner vers Joshua pour lui administrer Alessa ne savait quel produit qui à coup sûr provoquerait la mort du Ministre. Le tueur professionnel ne voulait pas prendre le risque de laisser sa cible en vie. Il tenterait le tout pour le tout avant de s’occuper ensuite du témoin à qui il ne manquerait pas de faire porter le chapeau pour la mort suspecte d’un politicien haut placé de l’Alliance.

Le fait est cependant que le tueur avait sous-estimé Alessa. N’ayant pas le temps de se jeter sur ce mystérieux individu avant qu’il ne fasse l’injection mortelle au Ministre, l’Asari concentra ses pouvoirs biotiques dans ses mains et accumula suffisamment d’énergie pour libérer une vague biotique qui déferla jusqu’au tueur avant de le projeter en arrière, loin de sa cible prioritaire. Hélas, le contrecoup de cette brusque dépense d’énergie ne se fit pas attendre. Voilà presque onze ans qu’elle n’avait pas fait usage de ses pouvoirs biotiques dans ce genre de situation. Ce qu’elle n’avait pas perdu en force et en précision, elle l’avait perdu en termes d’endurance et de maîtrise. Le souffle coupé, Alessa se retrouva pliée en deux, nauséeuse. Ses jambes se mirent à trembler sous elle et ses mains furent agitées de spasmes.

— Toi d’abord, je m’occuperai de l’autre crétin ensuite, souffla le tueur en se remettant sur pied.

C’était un homme. Grand et large. Ses yeux gris étaient froids comme l’acier et son sourire carnassier. C’était un tueur pathologique, un sociopathe qui prenait plaisir à ôter la vie. Il suffit d’un simple coup d’œil d’Alessa pour se rendre compte de cela. Mais plus effrayant que tout : le tueur se précipitait vers elle en brandissant cette fois-ci un couteau. Il avait lâché la seringue qui avait dû rouler quelque part dans la pièce. À présent, il comptait découper l’Asari en morceaux avant de retourner faire son affaire à Joshua sans risquer d’être une nouvelle fois interrompu.

Alessa se prépara à le recevoir comme il se devait. Adoptant une posture défensive comme marquée au fer rouge dans ses muscles, elle bloqua le premier coup de l’assaillant ainsi que le second avant de tenter une contre-attaque quand l’opportunité se présenta à elle. Ce fut une erreur. Elle était tombée dans le piège et lâcha un cri quand la main de son adversaire se referma comme un étau sur son bras pour le lui retourner dans le dos. Dans la seconde qui suivit, Alessa sentit le mur de la chambre venir à sa rencontre et elle se retrouva au sol, avec un début de migraine et le goût du sang dans la bouche. Sa main se couvrit d’un liquide mauve quand elle essuya le coin de ses lèvres.

Voyant le tueur se rapprocher d’elle avec ce sourire de prédateur savourant déjà sa victoire, elle tenta de se redresser mais sans succès. Sa tête tournait et son bras lui faisait trop mal pour qu’elle s’appuie dessus. Elle eut beau secouer la tête pour tenter de retrouver ses esprits, cela ne servit à rien. Le tueur se rapprochait toujours d’elle, lentement mais sûrement. Il leva son couteau.

— Désolé, ma belle. Disons que tu étais au mauvais endroit au mauvais moment.

Alessa n’eut d’autre choix que de se résigner. Elle ne pouvait rien faire. Elle était perdue. Ses yeux se fermèrent d’eux-mêmes et elle attendit de recevoir le coup fatal. Elle attendit que la mort referme les bras autour d’elle pour lui ôter toute vie. Ce n’était qu’une question de secondes...


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MessageSujet: Re: [18+] Un oiseau tombé du ciel   Mer 22 Oct 2014, 01:52
Un oiseau tombé du ciel
"...Lorsqu'un ange perd ses ailes..."

Hannah allait bien, d'après Alana, qui lui assurait que son état était stable et qu'elle avait été mise hors de danger. Cela rassurait quelque peu Joshua, car il se serait réellement senti coupable si quoi que ce soit de pire était arrivé à la jeune femme. Elle était plus qu'un simple soldat à ses yeux, contrairement à ses autres collègues, décédés dans le crash. En effet, si les autres avaient été de parfait inconnus pour le ministre, Hannah était bien la seule à avoir osé lui adresser la parole et faire connaissance avec lui, alors que les autres s'étaient toujours contenté d'en rester au statut de garde. Elle était audacieuse et n'avait pas froid aux yeux, et c'est donc sans craintes qu'elle avait tapé la discussion avec son patron, brisant le conventionnel pour des raisons que seule elle connaissait. Joshua avait grandement apprécié son initiative et son courage, car il fallait en avoir dans le ventre pour parler à une figure politique aussi imposante que la sienne comme elle l'avait fait. Elle ne s'était jamais limité au protocole et, contrairement à ce que ses collègues avaient pu penser, elle n'en avait jamais souffert, bien au contraire, vu qu'elle devint la favorite du ministre, qui la prenait avec lui pour tous ses voyages à travers la Galaxie. Elle était ce genre de personne un peu je-m'en-foutiste et n'accordant que peu d'importance aux protocoles de conduites. Elle était également tête en l'air, chose qui était probablement la raison de l'incapacité du personnel médical à l'identifier ; elle avait très certainement encore oublié de mettre ses plaques d'identification. Elle les détestait, les considérant comme un collier pour chien, quelque chose de trop masculin pour elle, elle qui était si coquette, chose rare chez les femmes militaires. Elle était unique et Joshua ne la voyait plus comme un employé, un garde, d'ailleurs, mais bel et bien comme une amie, avec qui il appréciait discuter. Il n'aurait pas su vraiment définir leur relation, tant celle-ci était étrange. Car d'un côté, il y avait tout de même une certaine distance entre les deux personnes, due à leurs rangs si différents et éloignés sur la hiérarchie, mais d'un autre côté, il y avait cette complicité certaine qui faisait qu'ils se comprenaient tout à fait, et c'était là quelque chose que Joshua refusait de perdre, son statut de Ministre de la Défense rendant ses rapports avec les autres soit totalement superficiels, soit hypocrites, soit trop professionnels. Se faire des amis étant en somme un défi pour lui, et Hannah faisait partie de ceux qu'il pouvait considérer comme tel. Elle était un peu la sœur qu'il n'avait jamais eue. La nouvelle d'Alana rassura donc l'homme, qui lâcha un soupir de soulagement en entendant l'Asari lui décrire la situation de la femme.

La situation qui suivit, lorsque Joshua proposa à la doctoresse d'aller manger une fois au restaurant pour la remercier, le fit rire intérieurement tant elle était absurde. L'Asari était de toute évidence très gênée par la demande, rougissant à vue d'œil, chose atypique chez les native de Thessia et qui donnait un résultat très étrange, mais, tout comme chez les Humains, c'était drôle à voir, sans être dérisoire, mais plutôt touchant, à dire vrai. Et puis, de  l'autre côté, il y avait Joshua, fraichement arrivé sur la planète d'une manière assez remarquée et explosive, sur son lit d'hôpital, deux côtes cassées et trois de ses hommes six pieds sous terre, invitant à dîner le médecin s'occupant de lui, alors que d'autres ne penseraient absolument pas à ça en premier lieux. Il était un cas social à lui tout seul, un énergumène du plus étrange des genres, mais ce n'était pas là quelque chose qui dérangeait le concerné, voire pas du tout. Il se plaisait à se dire que cela constituait son charme, et sans doute avait-il raison, d'une certaine manière, car c'était souvent ce genre de personne qui, au final, était le plus décomplexé, et s'attirait le plus de faveurs, n'étant pas retenu par la peur de se mener en ridicule ou autre phobie qui empêchait tant d'hommes à faire le pas et adresser la parole aux femmes. Il ne faudrait cependant pas aller jusqu'à dire que le ministre était un playboy qui avait énormément de succès auprès du sexe opposé et qu'il était un parfait connaisseur de l'art de la séduction et que son comportement décalé le rendait insensible à la peur, car ce serait se tromper ! Joshua avait déjà eu à de nombreuses reprises peur d'adresser la parole à certaines femmes, certaines l'avaient même terrifié ! Son ex-épouse, par exemple, faisait partie de cette dernière catégorie l'ayant terrifié. Heureusement pour lui, elle n'avait pas trouvé son insécurité ridicule et s'était finalement intéressée à lui. La suite de l'histoire est bien connue, son statut d'ex-femme ne laissant pas vraiment de doute sur ce qui se fut passé entre les deux adultes. Et, exemple plus récent démontrant qu'il n'était pas Don Juan, Alana avait décliné son invitation, chose à laquelle Joshua s'était quelque peu attendue. Il savait qu'il aurait une autre chance pour retenter sa chance, il y en avait toujours une, et il n'était pas le genre d'homme à baisser les bras facilement, bien au contraire ; il saisirait cette opportunité et ne la laisserait pas s'échapper. Il avait une certaine expérience en la matière, son rang de Ministre de la Défense démontrant bien cela.

Puis l'Asari quitta la pièce, la conversation étant de toute évidence terminée et l'heure trop tardive pour laisser court à plus d'échanges vocaux. Joshua s'adossa à son lit, encore incliné, et reprit tout son sérieux. S'il s'était montré léger et souriant avec l'Asari, il ne fuyait cependant pas la réalité ; trois de ses hommes étaient morts, trois bons et loyaux soldats ayant très certainement une famille qui les attendait quelque part dans l'espace de l'Alliance, et qui ne les reverraient jamais. Avaient-ils reçut des funérailles dignes ? Ou bien avaient-ils été vulgairement enterrés comme on enterre un objet indésirable que l'on désire oublier ? Impossible à savoir. Le pire allait être d'annoncer leur décès à leur épouse - ou époux -, chose que l'homme désirait faire personnellement, plutôt qu'envoyer un émissaire faire la sale besogne à sa place. Il n'aimait pas ce genre de situation, mais il tenait à les affronter personnellement, à assumer les conséquences de ses actes. Car même s'il ne devait pas se morfondre pour ce qu'il s'était passé, il restait responsable de leur mort, il était celui qui avait  été la cible de l'attaque et c'était lui qui aurait dû mourir. Ils avaient été victimes des dégâts collatéraux, et il ne pouvait rien faire pour changer cela. "Les risques du métier", invoqueraient certains comme raison pour ne pas se sentir coupable, et ils avaient raison. Cependant, il y avait une grosse différence entre "la théorie" et "la pratique" ; on n'avalait pas si facilement la chose, à moins d'être un monstre, ce dont Joshua était sûr de ne pas être. Il ne se réconfortait qu'en se disant qu'il avait déjà perdu des hommes - parfois des amis - par le passé, surtout pendant la guerre, et qu'il avait toujours su tirer la page ensuite. Cette fois-ci ne changerait pas des autres, il le savait, il ne devait simplement plus y penser, pas plus qu'il n'était nécessaire. Il ferma donc les yeux et tenta de s'endormir, chose qui n'était pas aisée, s'était réveillé il y a moins d'une demi heure. Mais le manque de lumière et son immobilité eurent finalement raison de lui, et il sombra dans les méandres de son esprit, à la recherche de ses rêves.


***


Joshua était sur la terrasse d'une large maison de style victorien située au somment d'un petit mont, donnant sur un large domaine décoré de nombreux arbres et autres buissons. Au loin, un lac, et, au-delà de celui-ci, des montagnes aux sommets enneigés, dominés seulement par le ciel, d'un bleu immaculé. La température était douce pour la saison, suffisamment pour que l'homme eût pu ouvrir sa chemise et s'installer confortablement sur une chaise longue, profitant du soleil, ayant pratiquement atteint son zénith. Les oiseaux chantaient à tue-tête, heureux de la météo généreuse de ce mois d'avril, très estival. Si les moineaux dominaient la chorale, un merle se faisait tout de même entendre, son chant doux et joyeux contrastant avec les piaillements stridents de ses petits congénères bruns. On pouvait également deviner, bien qu'il fût très discret, les sifflements aimables d'un rossignol, caché dans son nid, timide de s'affronter à son voisinage. Une petite brise faisait danser les branches des arbres encadrant la propriété, ajoutant le calme son du bruissement des feuilles naissantes. Les premières fleures ajoutaient au tout un parfum enivrant et apaisant qui mettait Joshua dans un état de calme et de confort absolu.

Dans l'énorme jardin faisant face au ministre, deux personnes couraient. A y faire attention, on remarquait rapidement qu'il s'agissait d'une femme et un jeune garçon, ne devant certainement pas dépasser la dizaine d'années. Joshua connaissait bien ces deux individus. La première était Jessica, sa femme - ou plutôt son ex-femme, dans le monde réel, car Joshua était effectivement en train de rêver -, et le second était Eliot, leur fils. Les deux proches du quarantenaire étaient en train de jouer à un jeu qu'il n'aurait pas pu identifier, mais qu'ils semblaient apprécier, à l'expression de joie qu'ils abordaient. Le ministre sourit, il aurait voulu rester ainsi à regarder cette scène pour toujours, mais il avait cette pizza à livrer et ne pouvait pas se permettre d'arriver en retard. Il se leva donc et se retourna, faisant face à une porte, une pizza en boîte ne main (l'absurdité du rêve n'étonna même pas le concerné), et appuya sur la sonnette, signalant sa présence. Ce fut Alana qui ouvrit la porte, chose qui perturba quelque peu Joshua, mais qui ne fit pas de commentaire. Comment avait-elle le temps d'être baby-sitter et en même temps, médecin ? Et comment savait-il qu'elle était baby-sitter ?

- Je n'ai pas l'argent pour payer, mais... peut-être que je peux payer... "autrement"... dit-elle, un sourire coquin et une lueur sauvage animant ses yeux.


Ce fut un énorme bruit qui tira brusquement Joshua de ses rêves de livreur de pizza et de baby-sitter, et, l'esprit encore un peu embrumé, il fut témoin de la scène la plus étrange qui lui avait été mené à voir depuis longtemps, au point qu'il se demanda s'il n'était pas encore en train de rêver. Un homme habillé de noir, armé, de toute évidence, était en train de se battre avec Alana, la doctoresse. Ce n'est que lorsque l'inconnu plaqua l'Asari contre un mur que le ministre se rendit compte de la gravité de la situation. Aussi rapidement qu'il le put, il détacha tout le matériel médical qui lui était attaché au corps et quitta son lit, cherchant un objet qu'il avait entendu tomber près de lui, allant probablement lui servir d'arme, si tant était qu'il s'agît de quelque chose pouvant infliger des blessures. Il trouva alors une seringue remplie d'un liquide opaque et, quoi qu'il put s'y contenir, la ramassa, tirant à l'occasion une grimace de douleur, ses côtes lui faisant un mal de chien en exécutant le mouvement. Joshua se releva et se dirigea vers l'agresseur, qui semblait sur le point d'achever Alana, vaincue. Il planta la seringue dans la nuque de l'inconnu et y déversa l'intégralité du contenu. L'homme se tourna brusquement, portant la main à sa blessure, l'effroi s'affichant sur son visage, avant que le ministre lui administre une puissante droite, envoyant son adversaire s'effondrer à terre, le nez en sang et commençant à souffrir de spasmes. Joshua observa le spectacle en silence, jusqu'à ce que l'inconnu cesse tout à fait de bouger, mort empoisonné. Il se retourna ensuite vers Alana et posa les mains sur ses épaules, lui permettant de regarder son visage et s'assurer qu'elle aille bien.

- Alana, est-ce que ça va ? demanda-t-il, inquiet à la vue du sang de l'Asari. Vous êtes blessée ?

Ecoutant sa réponse, il se rendit compte que celle-ci ne souffrait pas de graves blessures. Elle s'en était bien tirée, contre son agresseur, qui était de toute évidence un assassin professionnel et surentrainé, ce qui étonnait beaucoup le ministre. Elle avait forcément reçu une formation, pour tenir tête au tueur ainsi, mais une formation de base. Finalement, elle se montrait être une femme bien plus intéressante que ce qu'elle en avait l'air au départ ! Pour le coup, le ministre avait envie d'en savoir plus sur elle, car elle avait de toute évidence des choses à dire.

- Vous m'avez sauvé la vie, je vous ai sauvé la vôtre, nous trouverons bien un moyen de se remercier mutuellement, n'est-ce pas ? déclara-t-il, ensuite. Et peu importe le protocole, c'est un truc de machine ça ! Faites ce que vous voulez, lorsque vous en avez l'occasion, c'est le principe de liberté d'action et de pensée. Venez au restaurant avec moi, vous ne pouvez pas me refuser deux fois ça !

Joshua avait dit ça sans arrière pensées, mais lorsqu'il se rendit compte de ce qu'il venait d'impliquer, son cœur ne put s'empêcher de battre la chamade. Que faisait-il ? N'importe quoi, c'était certain. Mais le bon genre de n'importe quoi. C'était ce genre de petite bêtise qui le menaient à beaucoup s'amuser, de manières diverses et variées, et en ce moment, il voulait briser les conventions.



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MessageSujet: Re: [18+] Un oiseau tombé du ciel   Jeu 23 Oct 2014, 02:22
Le tueur se tenait juste devant elle à présent et il n’y avait rien qu’elle puisse faire pour l’empêcher de la tuer ici et maintenant. Il brandissait une lame au tranchant acéré et un sourire de sociopathe étirait ses lèvres retroussées. Il salivait déjà à l’idée d’ôter la vie à une innocente. Que faire ? Elle n’avait plus la force d’invoquer ses pouvoirs biotiques. Elle était trop faible pour ça. Et elle était trop faible aussi de toute évidence pour se remettre debout et pour affronter son adversaire en face. Elle ne pouvait que se résigner à voir sa vie prendre fin dans les quelques secondes à venir. Aussi ferma-t-elle les yeux et se prépara-t-elle à recevoir à tout moment le coup fatal. Elle attendit. Encore. Et encore. Mais rien ne vint. Lorsque ne tenant plus elle rouvrit les yeux, elle découvrit que l’assassin lui tournait le dos. Il avait porté une main à son cou dans lequel était enfoncée une seringue hypodermique. Celle-là même qu’il avait eu l’intention d’utiliser contre Joshua. Comment s’était-elle retrouvée là ?

Un coup sourd résonna dans la chambre et le corps de l’assassin bascula à la renverse en révélant une autre silhouette. Celle de Joshua. Alessa le vit se masser la main droite en fusillant du regard l’homme à présent étendu sur le sol. Succombant lui-même au poison qu’il avait tenté d’injecter au Ministre, le tueur se débattait maintenant contre un ennemi invisible en battant vainement des pieds. De l’écume se forma sur ses lèvres et il finit par exhaler un râle sourd avant de s’immobiliser complètement. Une chape de plomb tomba sur la chambre et le silence se fit soudain assourdissant. C’était enfin terminé. L’assassin avait rendu l’âme. C’était fini. À bout de forces, c’est tout juste si Alessa parvint à garder la tête droite une seconde de plus. Elle bascula sur le côté à son tour.

Elle vit cependant Joshua se précipiter à ses côtés pour venir s’assurer qu’elle n’était pas blessée. Ses traits étaient tirés par la douleur qui l’assaillait très certainement au niveau de ses côtes douloureuses, mais le Ministre semblait ne pas se soucier de la douleur. Il avait l’air d’avoir plus à cœur les intérêts de la jeune femme que les siens propres. Il avait glissé une main contre sa joue pour la contraindre en douceur à tourner la tête vers lui pour le regarder en face.

— Alana, est-ce que ça va ? demanda-t-il, sa voix tremblant quelque peu sous le coup de l’inquiétude. Vous êtes blessée ? (Il retira sa main de la joue de l’Asari pour découvrir sa paume couverte de mauve. Telle était la couleur du sang de ces plantureuses créatures dont la grâce et la beauté n’avaient aucun égal à travers toute la galaxie.)

Joshua venait d’avoir la réponse à sa question. Oui, Alessa était blessée ; mais ses blessures n’avaient pas graves. Elles étaient même principalement superficielles. Son épaule était sûrement démise, et le sang qui avait coulé au coin de ses lèvres devait provenir d’une petite plaie à l’intérieur de sa bouche. Alessa avait dû se mordre la joue au moment où son corps était venu percuter de plein fouet l’un des murs de la chambre. De même, la douleur lancinante dans son flanc droit présageait à n’en pas douter un début d’hématome là où elle avait tapé le mur. À part ces quelques petites blessures superficielles, Alessa estima se porter comme un charme. Aussi se contenta-t-elle de répondre au Ministre :

— Ne vous inquiétez pas pour moi. Tout… va bien. Je… Je suis une fille qui sait encaisser les coups.

Elle avait dit cela en esquissant un sourire maladroit. Une tentative comme une autre pour dissimuler sa crainte et le contrecoup de sa défaite. Elle n’était pas passée loin de la mort cette fois-ci. Ce n’était pourtant pas la première fois qu’elle s’était retrouvée dans une situation aussi précaire. Néanmoins, il s’en était fallu de peu pour que ce soit effectivement la dernière. Elle ne devait son salut qu’à Joshua, dont l’intervention inespérée lui avait sauvé la vie de justesse. Alessa se savait redevable au Ministre. Elle avait laissé la peur dictait sa conduite et elle avait baissé les armes, acceptant la mort de plein gré alors qu’elle aurait dû faire face la tête haute et tenter le tout pour le tout. Elle se sentait honteuse et se promit de faire pénitence pour tâcher de comprendre la motivation de son abandon.

Mais cet intense moment de réflexion devrait attendre. Pour l’heure, elle avait besoin de se remettre debout. Quand bien même elle était honteuse de sa réaction, elle avait toujours sa fierté ; et être ainsi étendue au sol n’était pas vraiment une posture des plus avantageuses. Et certainement pas en aussi galante compagnie. Aussi Alessa tenta-t-elle de se relever ; mais une fois encore son bras douloureux l’en empêcha. Attentionné au possible, Joshua lui présenta sa main et son bras pour soutenir le poids de l’Asari et lui venir en aide. Au point où elle en était, Alessa accepta. C’était toujours plus digne que de rester allongée sur le sol froid. Joshua en profita alors pour dire :

— Vous m’avez sauvé la vie, je vous ai sauvé la vôtre, nous trouverons bien un moyen de se remercier mutuellement, n’est-ce pas ? demanda-t-il de cette voix douce et charmante, avec cette petite pointe d’innocence et de candeur qui ne manquait pas de charme. Et peu importe le protocole, poursuivit-il sur sa lancée, c’est un truc de machine, ça ! Faîtes ce que vous voulez, lorsque vous en avez l’occasion, c’est le principe de la liberté d’action et de pensée. (Il marqua une courte pause avant d’ajouter.) Venez au restaurant avec moi, vous ne pouvez pas me refuser deux fois ça !

Alessa hocha la tête distraitement. Joshua l’avait aidée à se remettre debout, mais quelque chose était bizarre. Au moment où elle ouvrit la bouche pour répondre à la question du Ministre de la Défense, le sol se déroba brusquement sous ses pieds et elle bascula en avant dans les bras de son sauveur. Avant d’avoir compris ce qui lui arrivait, elle avait tourné de l’œil et sombré dans l’inconscience.

Les événements survenus un peu plus tôt dans la chambre du Ministre défilèrent alors à toute vitesse dans la tête d’Alessa. Elle se revit remontant le couloir à toute allure pour se ruer dans la chambre de Joshua où l’attendait justement l’assassin venu pour achever son patient. Rêve ou réalité ? Alessa eut du mal à faire la distinction. Tout se passait si vite. Elle se voyait entrer dans la pièce et découvrir que Joshua était à deux doigts de recevoir une injection mortelle. Elle se vit prendre une grande inspiration avant de tendre une main en direction du tueur qui fit un vol plané à travers la pièce. Et puis soudain, en un clignement de paupière seulement, le voilà qui se tenait devant elle avec un long poignard dans la main. Il frappa à deux reprises et à deux reprises elle le tint en respect. Et survint la contre-attaque. Le piège qu’elle n’avait pas su flairer avant de tomber dedans. Et la douleur dans son bras quand celui-ci fut replié brutalement dans son dos. Et enfin le moment où elle avait été projetée contre le mur de la chambre avec une violence rare. Son crâne qui avait heurté ensuite le sol et sa tête qui s’était mise à tourner dans tous les sens. Et voilà qu’il se rapprochait à présent, arme au poing, pour l’achever.

Alessa revint à elle brusquement, comme sous l’effet d’un électrochoc. Le souffle court, elle émergea de l’inconscience en se redressant soudain dans le lit qu’avait jusque-là occupé le Ministre. Comment s’était-elle retrouvée là ? Elle l’ignorait. Tout était embrouillé dans sa tête et elle avait des difficultés à remettre les événements dans le bon ordre. La clinique ! Un coup d’œil alentour l’informa qu’elle était toujours dans sa clinique. Dans la chambre de Joshua et dans son lit. Mais lui, où était-il ? Assis sur une chaise, juste à côté. Il avait bondi de celle-ci justement en voyant l’Asari revenir brusquement à elle.

— Que s’est-il passé ? demanda Alessa, perdue. (Des flashs lui revinrent en mémoire. Des images tirées de sa mémoire et d’autres de son étrange rêve.) Un assassin ! s’exclama-t-elle en se remémorant cette attaque qui avait manqué coûter la vie au Ministre. Où… Où est-il ?

Elle avait bondi hors du lit, tous ses sens en éveil. Son cœur battait la chamade dans sa poitrine. L’effet de l’adrénaline à n’en pas douter. Elle balaya rapidement la pièce du regard et repéra le corps sans vie de ce professionnel envoyé pour terminer le travail qui avait été bâclé deux jours plus tôt. Elle n’avait donc pas rêvé. Quelqu’un s’était bel et bien introduit dans sa clinique. Elle s’approcha avec précaution du corps inerte. Étendue sur le dos, l’homme fixait de son regard vide le plafond de la chambre sans le voir. De sa bouche s’écoulait un filet de bave et d’écume mêlés. Ses yeux gris étaient injectés de sang et sa peau commençait à prendre une teinte violacée. Combien de temps s’était-il donc écoulé ?

— Est-ce que… Est-ce que je suis restée inconsciente longtemps ? demanda Alessa à Joshua.

Son instinct lui soufflait qu’il n’avait dû s’écouler que quelques minutes seulement ; entre une dizaine et une quinzaine de minutes tout au plus. Elle pouvait pratiquement sentir l’adrénaline s’écouler dans ses veines. Elle subissait donc encore le contrecoup de l’affrontement brutal qui avait manqué la tuer. Cette idée lui traversant l’esprit, elle fut soudain prise d’un nouveau vertige et ne put compter que sur la réactivité de Joshua pour ne pas se retrouver de nouveau étendue au sol. Il la rattrapa par le bras et l’invita à s’appuyer sur lui pour garder l’équilibre. Il la ramena près du lit. Il avait la peau agréablement chaude et Alessa sentit un faible courant électrique courir sur son avant-bras. Les Asari étaient sensibles à ce genre de choses. Le Ministre ne s’était pas non plus remis de la tentative d’assassinat menée sur sa personne. Il semblait encore tendu et particulièrement nerveux. C’était compréhensible.

Alessa se rassit sur le lit et s’accorda quelques secondes pour prendre une profonde inspiration. Elle se retourna alors vers le Ministre et lui dit :

— Je... Je crois me souvenir que je vous la dois la vie, non ? (Elle baissa les yeux et esquissa un sourire, un sourire qui suffisait à lui seul à exprimer à son sauveur toute sa gratitude et sa reconnaissance. Elle releva ensuite la tête et plongea son regard dans celui de Joshua.) Merci. Merci pour tout. (Son sourire s’accentua et elle se rappela alors que le Ministre de la Défense était encore en phase de rémission et qu’il n’était pas encore totalement remis de son récent accident.) Et vous ? Comment allez-vous ? Vous n’êtes pas blessé ? Il ne vous a rien fait ? Est-ce que tout va bien ?

Alessa céda soudain à la panique. Ou plutôt, elle devint quelque peu hystérique, craignant qu’il ne soit arrivé quelque chose au Ministre durant l’absence qu’elle avait eue ou alors que celui-ci se soit blessé en tentant de lui venir en aide. Il aurait normalement dû garder le lit pendant encore au moins cinq ou six jours. Et pourtant, il se tenait debout devant l’Asari comme si tout allait bien et qu’il n’avait pas été victime d’un crash de navette moins de deux jours auparavant. S’efforçait-il de souffrir en silence pour ne pas inquiéter la jeune femme ? Elle était le médecin et lui le patient : c’était son rôle à elle de faire tout son possible pour qu’il aille bien et non le contraire. Pourtant, c’est bien à lui qu’elle devait d’être encore en vie maintenant. Et elle savait exactement comment lui exprimer toute sa gratitude :

— Vous n’aviez pas parlé d’aller dîner au restaurant, tout à l’heure ? demanda-t-elle. (Elle avait retenue l’attention du Ministre.) Après ce qui vient de se passer, je pense qu’il serait très impoli de ma part de refuser votre invitation. C’est donc d’accord. Pour le restaurant, je veux dire.

Alessa esquissa un nouveau sourire avant de se lever du lit sans subir de vertiges cette fois. Sa tête ne tournait plus et elle commençait à se sentir mieux. Elle dit alors :

— Il est cependant encore un peu tôt pour le restaurant. (Elle se tourna vers le corps inanimé toujours étendu au sol.) Il faut d’abord que je m’occupe de ça. Hors de question qu’il reste là. Aucun doute qu’il sera parfaitement à sa place à la morgue en attendant que les autorités se chargent de lui. Mais après, que diriez-vous de partager un en-cas ? Sauf erreur de ma part, vous n’avez encore rien mangé depuis votre accident. Quel piètre docteur je fais. Je ne vous ai même pas proposé une collation à votre réveil. (Alessa soupira en levant les yeux au ciel.) Qu’est-ce que vous en dites ?


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MessageSujet: Re: [18+] Un oiseau tombé du ciel   Jeu 23 Oct 2014, 19:25
Un oiseau tombé du ciel
"...Lorsqu'un ange perd ses ailes..."

Alana allait bien, de toute évidence, bien qu'elle parût totalement sonnée et fatiguée, probablement suite à l'utilisation de ses pouvoirs biotique. Joshua n'avait pas été conscient lorsqu'elle en avait fait usage, mais pour balancer l'assassin à l'autre bout de la pièce, il lui avait fallu faire usage de ses capacités, si commune à son espèce, qui les maîtrisait mieux que quiconque. Elle avait quelques blessures, mais le tout était de l'ordre de l'égratignure, même si elle devait souffrir de deux-trois autres choses, son plaquage contre le mur ne l'ayant très probablement pas laissée indemne, au vu de la puissance et la violence dont avait fait usage le tueur. Mais quoi qu'il en fût, elle était en un seul morceau et c'est tout ce qui comptait. Cependant, alors que le ministre venait de la relever et fit son commentaire, dans le but d'alléger l'ambiance, pour le moins moribonde, l'Asari perdit soudainement connaissance, s'effondrant dans les bras de l'homme, qui eut le réflexe de la retenir, prévenant une chute lourde. Hébété, Joshua ne sut vraiment que faire en cet instant. Il regarda cependant autours de lui et décida qu'il valait mieux étendre la femme sur le lit ; il n'en avait plus besoin, pas autant que sa camarade d'infortune, en tout cas. L'opération fut quelque peu compliquée, ses côtes cassées l'entravant énormément, mais il finit par parvenir à ses fins, couchant l'inconsciente sur le dos, le plus confortablement qu'il put. Ceci fait, il commença à ressentir une vive douleur au niveau de sa blessure ; le calme étant revenu et l'adrénaline ayant diminué en quantité dans son sang - ou en tout cas ses effets s'adoucissaient-il -, le prix de ses actions se fit sentir, rendant sa respiration douloureuse et l'empêchant d'inspirer plus qu'il ne le voudrait. Coupé de son matériel médical, le blessé se résolut à attendre que la souffrance passe et alla s'assoir sur le seul siège qui décorait la pièce. Débarrassé de toute fatigue et sa douleur aux côtes étant trop vive, il lui était impossible de se reposer, alors autant rester éveillé et veiller sur la doctoresse, encore dans les vapes.

Cet instant de solitude et de silence lui permit de réfléchir à ce qu'il venait de se passer et Joshua décida de méditer quelque peu sur les récents événements. Si l'attaque sur sa navette avait pu être due au hasard d'un passage d'une équipe de pirate, la tentative d'assassinat, elle, ne l'était pas. Quelqu'un voulait sa mort, et c'était bien la première fois que l'on attentait à sa vie. Il savait qu'il n'avait pas que des alliés, mais jamais avait-on envoyé d'assassin à sa rencontre. Etait-ce les pirates qui cherchaient à couper Joab de l'Alliance ? Les colons ? Ou peut-être un rival politique ? Impossible à dire. Il pouvait bien entendu fouiller le corps du tueur, mais il était pratiquement certain qu'il n'avait pas été assez stupide pour porter sur lui une quelconque information le reliant à son employeur ; il était de toute évidence un professionnel et ce genre de mercenaire savaient que cas d'échec de leur mission, il était impératif de garder la source du contrat inconnue aux enquêteurs. Cela faisait partie du business qu'était le meurtre à gage. Joshua n'avait pas honte de s'admettre qu'il avait peur. C'était la première attaque contre lui, il y en aurait d'autres. Mais quand surviendrait la prochaine ? Le jour qui venait ? La semaine suivante ? Il était dans le noir et cela l'effrayait, et le pire dans tout cela était le fait qu'il ne pouvait rien faire contre, si ce n'était s'entourer de plus de gardes et établir des réseaux de sécurités plus fiables autours de lui, mais également de ses proches, qui étaient de potentielles victimes également. Il n'y avait aucune pitié lorsque l'on voulait la mort d'une personne. Mais une chose était certaine, la peur ne le ferait pas fuir ; il avait des responsabilités à tenir et il les tiendrait, même si cela le mettait en danger. Mais il refusait cependant que sa famille, ses amis, soient mis en danger à cause de lui, il prendrait donc les précautions nécessaires pour les maintenir hors de danger.

C'est à ce moment qu'Alana reprit conscience, de manière plutôt explosive, celle-ci étant complètement sur les nerfs, de toute évidence encore sous l'emprise de l'adrénaline et de la panique. La pauvre ne comprenait pas ce qui lui arrivait, mais elle allait bientôt se rendre compte que le danger était passé et qu'il n'y avait plus rien à craindre, plus pour le moment. Elle remarqua le cadavre de l'assassin et sembla redevenir lucide et être au clair avec la situation. Entre temps, Joshua s'était levé, chose qu'il eut bien fait de faire, l'Asari étant reprise d'un vertige et titubant, évitant la chute uniquement grâce à l'intervention de l'homme, qui la retint à nouveau de tomber, toujours un peu stressé par les récents événements et, en conséquence, ses sens et réflexes à l'affut. Alana se rassit sur le lit et exprima sa gratitude au ministre, lui demandant par la même occasion s'il allait bien.

- Ne me remerciez pas, il est normal que j'intervienne, je n'allais pas vous laisser vous faire tuer, lui répondit-il calmement. Je vais bien, je n'ai rien eu grâce à votre intervention. Merci.

La femme craqua soudain, probablement dû à une vague de sentiments trop forts se bousculant dans son esprit comme le feraient les vagues d'une eau agitée par la tempête. Joshua s'assit à ses côtés, non sans tirer une grimace à cause de ses côtes, qui le gênaient encore en ses mouvements, et posa une main sur son épaule. Dans ce genre de situation, il n'y avait que ça à faire pour aider pour aider une personne à se calmer, ou un câlin, chose que l'homme ne pouvait pas faire dans sa situation. Lorsqu'elle se fut calmée, elle mentionna l'invitation à dîner du ministre, qu'il avait réitérée sans vraiment réfléchir, sans doute sous le coup de l'adrénaline, qui ne lui avait pas fait prendre conscience de la gravité de la situation. L'esprit de l'Asari fonctionnait réellement à folle vitesse, elle pensait à de toute évidence à tout ce qu'il s'était passé et n'était apparemment pas désireuse de décliner une seconde fois la proposition du politicien. Joshua soupira et lui répondit :

- Ne vous sentez pas obligée d'accepter mon invitation, j'étais un peu dans un état second lorsque c'est arrivé. J'ai apporté plus d'ennuis qu'autre chose, alors bon, si c'est pour ruiner ça encore...

Mais Alana ne semblait pas avoir écouté le ministre, car elle partit dans son raisonnement, expliquant que le restaurant devrait attendre pour le moment, le cadavre de l'assassin devant être déplacé et certaines choses nécessitant son attention avant. Elle proposa cependant un casse-croûte en attendant, se rendant compte que son patient n'avait rien mangé depuis son crash. A la mention de nourriture, Joshua se rendit compte qu'il mourrait de faim et se dit qu'il ne pouvait pas refuser cela à l'Asari, chose qui, en plus, serait totalement inconsciente de sa part.

- Très bien, il est vrai que je pourrais avoir besoin d'un petit quelque chose à manger, répondit-il en se relevant. Pour le restaurant, je pense que cela peut attendre mon retour de New Jéricho, le temps que les tensions se dissipent sur la colonie et qu'elle soit rendue un peu plus sûre. Il serait dommage que l'on essaie de nous tuer alors que nous passons un moment agréable, n'est-ce pas ? Et détrompez-vous, vous êtes un médecin exceptionnel Alana, ne pensez pas si piètrement de vous-même.

Puis il attendit que l'Asari se relève pour la suivre là où les attendrait de la nourriture.


***


Une semaine plus tard...

Joshua était dans une navette qui lui avait été fournie par le gouvernement de New Jericho, se rendant à Larson, la petite ville où il s'était crashé quelques jours plus tôt. Il y avait encore une dernière chose à accomplir. Il avait réussit à quelque peu calmer les ardeurs des colons de la planète à l'aide d'un long discours plein de promesses qu'il savait capable de tenir, chose qu'il avait déjà commencé à faire. En effet, une des premières choses qu'il s'était juré d'accomplir était d'apporter un soutien militaire à Joab, lui permettant de se défendre contre les raids pirates, leur donnant l'occasion de se concentrer sur la reconstruction des villes encore endommagées depuis la guerre, chose rendue possible par l'apport d'un soutien financier non-négligeable. Cela allait probablement augmenter de quelques centimes les impôts des habitants de la Terre, qui râleraient, mais c'était au final pour une bonne cause. On n'obtenait jamais rien sans rien sacrifier, rien n'étant gratuit en ce monde. Il y avait encore d'autres choses à faire pour la colonie, mais celles-ci viendraient plus tard, étant moins importantes  dans l'immédiat que la protection et le soutien économique de la planète. Il ne les oublierait pas, pas après avoir passé toute une semaine parmi les habitants de la colonie et s'être rendu compte de la situation, pas après que l'on ait attenté à sa vie et lui ait fait perdre trois de ses gardes personnels. Joab connaîtrait une nouvelle une jeunesse, le ministre s'en assurerait. Elle avait été une colonie resplendissante, elle le sera une nouvelle fois.

Mais Joshua avait une autre promesse à tenir avant cela, avant de quitter la planète et s'en retourner sur Terre fouetter d'autres chats. Il avait un certain rendez-vous à tenir, avec une certaine Asari qui s'était occupé de lui pendant son coma et s'était occupé de ses côtes, qui, même si pas encore guérie, se portaient beaucoup mieux qu'avant. Un simple passage au restaurant, tel son esprit fou l'avait proposé lorsqu'il était encore en convalescence. Après tout, pourquoi pas ? Alana était une femme charmante, et Joshua appréciait tout particulièrement passer du temps en bonne compagnie, c'était toujours plus intéressant que les sempiternels meetings où il devait parler politique avec des abrutis à cravate plus intéressés par le nombre de personnes votant pour eux, que par ces personnes en question. Un peu de détente ne lui ferait pas de mal et il se réjouissait dans une certaine mesure de l'événement. Cela faisait un moment qu'il n'avait pas côtoyé une Asari, son travail le mettant plus en relation avec des Humains, que des aliens. En somme, un peu d'exotisme lui faisait plaisir.

Le véhicule du ministre se posa à l'entrée de l'hôpital où travaillait Alana et Joshua quitta l'engin, escorté par Hannah, à nouveau en service après s'être réveillée, quelques temps après lui. Arrivé à la réception, l'homme demanda à voir celle qu'il attendait (car il s'était assuré qu'elle soit disponible lors de son retour, de manière à ne pas avoir de mauvaise surprise en revenant), qui ne tarda pas à arriver.

- Bonsoir Alana, cette tenue vous va à merveille, lui dit-il, très originalement. Prête ?



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MessageSujet: Re: [18+] Un oiseau tombé du ciel   Ven 24 Oct 2014, 20:47
Le retour à la réalité s’était avéré pour le moins brutal. L’adrénaline saturant encore son organisme, il ne fut pas étonnant de voir Alessa émerger brusquement des tréfonds de l’inconscience comme si elle venait de recevoir un électrochoc. Ses souvenirs s’étaient révélés quelque peu embrouillés et c’est en demandant au Ministre de la Défense qui veillait à ses côtés ce qu’il s’était passé qu’elle s’était soudain souvenue des événements survenus un peu plus tôt dans la soirée. Et la vue du corps inanimé de celui qui avait intenté à leur vie à tous les deux suffit à lui remettre les idées en place.

Alessa avait alors pris soin d’exprimer à Joshua toute sa reconnaissance. Elle s’était juste contentée de lui dire merci ; mais toute sa gratitude s’était exprimée à travers son regard. On se retrouvait parfois à ne pas trouver les mots justes pour exprimer tout ce que l’on avait sur la conscience. Cela avait été son cas justement. Un sourire et un regard plein d’émotions avaient suffi à remplacer un long et pompeux discours. Le principal : c’était que tout soit enfin terminé et qu’ils soient tous les deux en vie. Sains et sauf. Sans Joshua, cela n’aurait pas été possible. Il était un héros.

Sentant alors la panique la gagner, Alessa s’était enquise de l’état de santé de son patient. Avait-il été blessé au cours de l’altercation ? Le tueur s’en était-il pris à lui pendant qu’elle était inconsciente ? La jeune femme avait peur qu’en volant à son secours, son sauveur se soit fait plus de mal que de bien.

— Ne me remerciez pas, il était normal que j’intervienne, la rassura le Ministre en faisant preuve d’un peu de modestie. (Ce n’était pourtant pas nécessaire. Il lui avait sauvé la vie après tout. Ce n’était pas si anodin.) Je n’allais pas vous laisser vous faire tuer. (Et pour mettre un terme aux craintes infondées de la jeune femme, il ajouta.) Je vais bien, je n’ai rien eu grâce à votre intervention. Merci.

Alessa avait vainement insisté. Elle tenait à s’assurer que le jeune homme était en parfaite santé – ou du moins compte tenu de la situation. Après tout, elle était le médecin et lui le patient. Il ne fallait pas inverser les rôles. C’était à elle de veiller sur la santé de son patient et non l’inverse. Elle était formelle sur ce point et refusait de céder du terrain. Néanmoins, en sentant la main de Joshua se poser sur son épaule, ce fut comme si soudain plus rien n’avait d’importance. Son inquiétude s’estompa pour n’être plus qu’un lointain souvenir et l’Asari sentit tomber de ses épaules le poids invisible qui menaçait de la rendre folle. C’était terminé. Il n’y avait plus rien à craindre. Son patient était indemne et il n’était pas blessé. Ses jours n’étaient plus comptés. Il ne risquerait plus rien à présent. C’était fini. Il n’y avait plus rien à craindre. Alessa avait alors soupiré et fini par retrouver un rythme cardiaque normal.

C’est à ce moment-là qu’Alessa avait relancé la conversation sur la proposition de Joshua : l’invitation au restaurant. Quand bien même elle avait refusé une première fois poliment sous prétexte qu’en sa qualité de médecin, cela ne serait pas très éthique de fréquenter un patient, le fait est que la situation avait quelque peu changé depuis lors. Rien de tel qu’un assassin et que passer à deux doigts de la mort pour vous ouvrir les yeux et vous faire prendre conscience que la vie est courte. Joshua avait eu raison de lui faire remarquer qu’il fallait profiter de chaque opportunité se présentant dans la vie. N’était-elle pas libre de faire ce que bon lui semblait ? Ou était-ce simplement le soulagement d’être encore de ce monde qui lui montait à la tête et lui donnait des idées ? Mais ce n’était qu’un dîner au restaurant. Pas de quoi en faire toute une histoire. Et Alessa s’estimait dans le fond redevable envers Joshua.

— Ne vous sentez pas obligée d’accepter mon invitation, dit-il alors en faisant preuve d’une soudaine gêne et se montrant quelque peu hésitant. J’étais un peu dans un état second lorsque c’est arrivé. J’ai apporté plus d’ennuis qu’autre chose, alors bon, si c’est pour ruiner ça encore…

Mais de toute évidence, l’excuse tomba dans l’oreille d’une sourde. Pourquoi changer d’avis tout d’un coup ? Joshua n’avait-il plus autant envie que précédemment d’aller dîner avec cette ravissante jeune femme qui s’était occupée de lui durant deux jours en veillant à peine quelques heures quand elle ne laissait pas l’inquiétude et l’appréhension prendre trop d’ascendance sur elle ? Regrettait-il à présent sa proposition et tentait-il le tout pour le tout pour l’en dissuader maintenant qu’elle avait accepté ? Il devait forcément s’agir d’autre chose. Et dans ce cas, ce fut une aubaine pour lui qu’Alessa n’entende pas sa remarque. S’étant finalement redressée, la doctoresse avait constaté toute l’étendue des dégâts et fait remarquer au Ministre qu’avant de pouvoir prendre le temps de dîner au restaurant, il faudrait qu’elle dispose du corps et contacte les autorités. Jusqu’à présent, la jeune femme s’y était fermement opposée de peur que les pirates soient en mesure d’intercepter les appels de détresse envoyés vers la capitale. Cela était déjà arrivé dans le passé ; ou du moins l’avait-on suspecté ? Étrange effectivement qu’après avoir demandé des renforts afin de repousser un assaut mené contre Larson par des pirates, ces mêmes pirates soient parvenus à quitter précipitamment la région avant l’arrivée des troupes que le Gouverneur avait dépêchées pour tenter de maîtriser la situation. Coïncidence ? Pas étonnant donc qu’Alessa ait refusé de prendre ce risque. Il en allait de la survie du Ministre.

Cependant, force est de constater que toute cette prudence n’avait servi à rien. Peu importe comment ils s’y étaient pris, les pirates avaient découvert que le Ministre avait survécu au crash de sa navette et ils avaient également découvert dans quel centre médical il séjournait. Ce n’était donc plus la peine de jouer la carte de la prudence. Dès qu’elle en aurait l’occasion, Alessa contacterait les autorités pour les informer de la situation et l’Alliance se chargerait alors d’envoyer une unité pour assurer la défense de leur précieux Ministre. C’était le mieux à faire. Elle n’était pas vraiment en mesure d’assurer la sécurité de l’homme politique toute seule désormais. Autant laisser faire les professionnels.

Alessa avait alors proposé un en-cas à son patient. Honteuse, elle venait seulement de se rappeler que le Ministre n’avait pratiquement rien avalé depuis son accident. Et cela ne lui avait même pas traversé l’esprit plus tôt. C’était une honte. Vraiment. Alessa tenta de rattraper son erreur.

— Très bien, répondit Joshua en acceptant sa proposition, il est vrai que je pourrais avoir besoin d’un petit quelque chose à manger. (Il se releva péniblement, les dents serrées. Alessa eut mal pour lui. Le pauvre n’avait plus sa pompe à morphine et il ne pouvait endormir la douleur sur commande. Hélas, il aurait beau aller un peu mieux dans les prochains, la douleur ne disparaîtrait complètement que dans quelques mois.) Pour le restaurant, je pense que cela peut bien attendre mon retour de New Jericho, poursuivit Joshua en tirant Alessa de ses pensées, le temps que les tensions se dissipent sur la colonie et qu’elle soit rendue un peu plus sûre. Il serait dommage que l’on essaie de nous tuer alors que nous passons un moment agréable, n’est-ce pas ? (Alessa ne put s’empêcher de sourire tout en acquiesçant. Il avait parfaitement raison.) Et détrompez-vous, finit-il par ajouter en plongeant ses yeux dans ceux de l’Asari, vous êtes un médecin exceptionnel, Alana, n’ayez pas si piètre opinion de vous-même.

Alessa demeura silencieuse quelques secondes, se contentant de fixer à son tour Joshua dans le blanc des yeux. Puis elle hocha la tête et lui offrit un nouveau sourire. Il avait comme un don pour trouver les mots justes et pour rassurer son entourage. Peut-être serait-il également le sauveur de tout Joab ? De toute évidence, il en avait l’étoffe. Prenant la direction de la sortie, Alessa lui rétorqua cependant :

— Attendez d’abord que je vous fasse une nouvelle injection de morphine, avant de dire que je suis un médecin exceptionnel.

Jetant un coup d’œil par-dessus son épaule, Alessa sourit à Joshua avant de quitter la chambre. Quand le Ministre et elle furent sortis, la porte se referma en silence derrière eux.

***

Une semaine plus tard…

Comme à l’accoutumée, Alessa se trouvait dans son bureau, au centre médical. En fait, elle aurait aussi pu y installer un lit et considérer ce petit espace comme son chez elle. Après tout, c’est pour ainsi dire là qu’elle passait le plus clair de son temps. Elle rentrait rarement chez elle, dans son petit studio aussi propre et accueillant que pourrait l’être une déchèterie à l’abandon. Larson était loin de ressembler à un havre de paix. Faute d’argent, seules les villes de l’envergure de New Jericho avaient retrouvé une prestance d’avant-guerre. Les cités secondaires et toutes les petites villes comme Larson devaient se contenter de sauver les apparences en fermant les yeux sur la triste réalité des choses.

Lena vint frapper à la porte du bureau et dit à Alessa :

— Quelqu’un demande à te voir à la réception. (Un sourire radieux illuminait son visage et ses yeux se posèrent sur la silhouette longiligne de sa collègue en soufflant.) Tu es magnifique. Je suis sûre qu’il va adorer. Tu es à croquer dans cette robe. Elle te va comme un gant.
— Tu es sûre ? demanda Alessa en sentant sa voix trembler sous l’effet du doute.
— Sûre et certaine, acquiesça Lena. Reste ici encore quelques minutes et ensuite viens nous rejoindre à la réception. (Devant la mine interrogatrice d’Alessa, elle ajouta.) C’est comme ça qu’il faut faire, ne pose pas de question. C’est une règle d’or chez les Humaines : il faut savoir faire patienter un homme. C’est tout un art, tu sais. Et c’est le seul moyen pour rendre ton entrée inoubliable. Tu verras.

Avant qu’Alessa ait pu dire quoi que ce soit, Lena s’était éclipsée, la laissant seule avec ses pensées. Il ne se passa guère plus de quelques secondes avant qu’Alessa ne perde patience et ne sorte de la pièce dans laquelle elle avait l’impression d’étouffer. Et c’est en remontant le couloir qu’elle repensa à cette semaine qui venait juste de s’achever. Sept jours s’étaient écoulés depuis la nuit de la tentative ratée d’assassinat contre la personne du Ministre. Sept jours pratiquement durant lesquels Alessa n’avait eu aucune nouvelle de cet homme qui lui avait pourtant promis un dîner au restaurant. Rien. Elle n’avait pas même reçu de sa part un holomessage. À croire qu’il l’avait oubliée à la minute même où il s’était glissé dans cette navette censée le ramener à la capitale où l’attendait un Gouverneur fort soulagé de savoir que le Ministre de la Défense avait survécu au crash de sa navette. Après, pour sa défense, il est vrai que Joshua avait fort à faire avec la révolte de la colonie qui menaçait de faire sécession. Peut-être était-il trop occupé pour penser à elle ? Et d’ailleurs, pourquoi s’en formalisait-elle à ce point ? Dans le fond, il n’avait été question que d’un hypothétique dîner. Pas de quoi en faire toute une histoire.

Aussi Alessa avait-elle décidé de tirer un trait sur cette histoire. Après tout, elle n’avait pas besoin de ce genre de distractions. Elle avait donné dans une autre vie et devoir s’en passer dans celle-ci n’était pas non plus une torture en soi. Et puis, un peu de solitude ne faisait pas de mal à personne. La preuve, la jeune femme ne s’en portait pas moins bien que sa collègue mariée et mère de famille. Elle ressentait certes une pointe de jalousie vis-à-vis de Lena, mais rien d’insurmontable. Joshua et elle avaient passé un bon moment. La discussion qui avait suivi la tentative d’assassinat avortée avait été riche et pour le passionnante. Mais c’était tout. Peut-être s’était-elle imaginé des choses. C’est pour cela qu’elle avait décrété que la solitude était le mieux pour elle. C’était tellement plus simple. Pas de contrainte. Pas de remise en question perpétuelle. Une panacée en somme. Et peut-être le Ministre de la Défense s’était-il montré trop charmant pour être honnête. Il avait peut-être flirté avec elle à seule fin d’oublier cette terrible tragédie dont il s’était sorti vivant que de justesse. Il avait certes tenu sa promesse envers les citoyens de Joab en officialisant le fait que l’Alliance ferait tout ce qui est en son pouvoir pour redorer l’image de la colonie et lui rendre son éclat et sa splendeur passée. Mais cela ne l’engageait pas à tenir sa promesse également envers elle. Peut-être avait-il une femme et des enfants. Un foyer.

Et voilà que finalement, pour ainsi dire la veille au soir, elle avait fini par avoir de ses nouvelles. Joshua l’avait contactée par message extranet afin de s’assurer qu’elle était toujours intéressée pour dîner en tête-à-tête avec lui. Peut-être était-ce enfantin de dire cela, mais Alessa s’était sentie pousser des ailes en découvrant que le Ministre ne l’avait finalement pas oubliée. Peut-être dans le fond Lena avait-elle eu raison : Alessa avait cruellement besoin de compagnie. Aussi avait-elle assuré au jeune homme que son emploi du temps était libre pour le restant de la semaine. Il avait proposé le lendemain soir et elle avait de suite accepté. C’est la raison pour laquelle elle remontait donc le corridor en portant sur le dos une robe de soirée que Lena avait eu la gentillesse de lui prêter pour l’occasion. Elles faisaient plus ou moins la même taille. Une aubaine pour Alessa qui ne portait pour ainsi dire jamais de robe. Ce faisant, elle n’en possédait aucune digne de ce nom qui aurait satisfait le dressing code instauré par Joshua : il avait décrété qu’une tenue formelle était exigée. La robe de soirée était donc de rigueur.

Enfin arrivée dans le hall de la clinique, Alessa découvrit Lena derrière la réception et Joshua qui parlait au soldat lui servant d’escorte. Elle fut contente de découvrir qu’il s’agissait de la dénommée Hannah, l’autre miraculé qui avait échappé de peu à la mort dans le crash de la navette du Ministre, il y a de ça une semaine maintenant. Elle avait l’air de s’être remise très vite sur pied. Une excellente nouvelle en soi. Alessa en ressentait une certaine fierté. Lena et elle avaient permis que ce miracle survienne.

Debout à l’entrée du hall, Alessa resta là un moment à observer Joshua en silence. Personne ne s’était encore rendu compte de sa présence. Le Ministre s’était fait beau en vue de la soirée à venir. Il portait pour l’occasion un costume très saillant noir et blanc. Le tissu tombait parfaitement en épousant sans pudeur les formes de son corps et en mettant en avant sa silhouette athlétique. Nul doute possible, le Ministre était très bel homme ainsi paré de ses plus beaux atours. Alessa appréciait le fait qu’il ait fait un effort. Cela en disait long sur le genre d’homme qu’il était. Un bon point pour lui. Maintenant, il ne restait plus qu’à croiser les doigts pour qu’il la trouve également à son goût.

Mais pourquoi faire autant de chichis ? Ce n’était qu’un simple dîner au restaurant. Un moyen comme un autre qu’avait trouvé le jeune homme pour remercier l’Asari de lui avoir sauvé la vie. Peut-être que les mots n’étaient pas suffisant à ses yeux pour lui exprimer toute sa reconnaissance. Ce ne serait rien de plus qu’un dîner de remerciement. Pas de quoi en faire toute une histoire. Alessa espérait vraiment passer un bon moment, mais c’est tout. Elle ne cherchait rien d’autre. Du moins, pas inconsciemment.

Alessa perçut un toussotement et elle vit la militaire faire un signe du menton à son interlocuteur pour l’informer que sa compagne était parmi eux. Joshua se retourna et posa les yeux sur elle. Que pensait-il de sa tenue alors ? Alessa ne pouvait pas lire dans ses pensées et elle ne savait pas comment prendre le fait que Joshua l’ait observée de haut en bas avant de se décider enfin à la saluer.

— Bonsoir, Alana. (Il avait marqué une pause. Ses yeux continuaient de l’observer intensément.) Cette tenue vous va à merveille.
— Vous n’êtes pas mal non plus dans votre costume, Monsieur le Ministre, minauda la jeune femme.

Alessa détourna les yeux en sentant une vague de soulagement la submerger. Elle remercia en silence Lena de lui avoir prêté la robe. De toute évidence, elle avait deviné les goûts et les envies du Ministre. Néanmoins, quand bien même Alessa ressentit de la fierté de sentir tous les regards rivés sur elle, elle éprouva également une certaine gêne quand elle pensait à la soirée à venir. En effet, elle ne s’était pas retrouvée dans une telle situation depuis bien longtemps. Depuis qu’elle était en cavale, elle ne s’était jamais accordé une pause comme celle-ci. Elle n’avait jamais profité d’un dîner au restaurant. C’était, à bien des égards, comme une première pour elle. Elle était donc un peu soucieuse.

— Prête ? lui demanda Joshua en lui présentant son bras avec galanterie.

Alessa acquiesça et s’avança pour venir crocher le bras de son cavalier. Quel gentleman ! Elle échangea un rapide coup d’œil avec Lena qui l’encouragea à profiter à fond de la soirée en levant devant elle ses deux pouces et en affichant un grand sourire tendancieux sur ses lèvres. Joshua entraîna l’Asari jusque devant l’entrée de la clinique où la jeune femme fut surprise de découvrir une navette parquée juste devant les portes du centre médical. Elle s’était au mieux attendue à une voiture ; voire à se rendre au restaurant à pied. Il y en avait un tout près, au bas de la rue. Alors pourquoi Joshua l’entraînait-il vers la navette ? De toute évidence, en conclut Alessa, le Ministre n’avait pas l’intention de dîner à Larson. Mais où dans ce cas ? Où comptait-il emmener dîner la jeune femme ?

— Je pensais que nous irions dîner au restaurant qui se trouve en bas de la rue, l’informa Alessa en se retournant vers son cavalier. Alors pourquoi la… navette ?
— C’est une surprise, se contenta de lui répondre le jeune homme avant de l’inviter à monter à bord.

Alessa lâcha son bras et attrapa le bas de sa robe pour ne pas se prendre les pieds dedans. Elle monta ensuite à bord de la navette en frissonnant d’appréhension tandis que les portes se refermaient juste après que Joshua et Hannah l’eut rejointe à bord du Kodiak. Où se rendaient-ils comme ça ?


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MessageSujet: Re: [18+] Un oiseau tombé du ciel   Dim 26 Oct 2014, 01:51
Un oiseau tombé du ciel
"...Lorsqu'un ange perd ses ailes..."

Cette semaine où Joshua dût s'occuper de la situation de Joab fut pour le moins intensive et il n'eut pratiquement pas de temps libre. Les seuls moments dont il disposait pour sa personne, il les passait à se reposer pour rattraper ses heures de sommeil. Il était dur de tenir le rythme, car il y avait énormément à faire. Le statut de la colonie était pire que ce que les dossiers laissaient entendre ; les fonds dont disposaient les colons étaient presque vides, ce qui restait étant dépensé surtout pour le maintien de New Jéricho, délaissant purement et simplement les autres villes mineures de la planète, faisant d'elles des choix de prédilection pour les pirates, qui se faisaient une joie de les piller et s'enrichir sur leur dos, faisant des victimes à chaque fois. Joab avait un sérieux besoin de soutien militaire, pour se défendre de ces raids, de plus en plus fréquent. Elle avait également besoin d'un soutien financier pour apporter de réelles rénovations de ce qui avait été détruit pendant la Grande Guerre et qui avait été abandonné à l'état de ruine depuis, soit douze années. Il fallait assurer un meilleur ravitaillement de la planète en ressources et matériel, dont les colons commençaient à manquer. L'hôpital dans lequel il avait séjourné en était la preuve concrète et solide ; il était tout bonnement inexcusable que les médecins disposent d'un équipement aussi archaïque et rudimentaire, alors que des centaines de civils souffraient des inattentions de l'Alliance. Tout cela nécessitait de la part du Ministre de la Défense énormément d'appel, de négociation et de communications extra-stellaires avec différents tiers, dans le but de tirer la colonie de cette situation catastrophique, ce qui n'était pas tâche facile pour l'homme, qui ne dormait plus beaucoup et s'arrachait les cheveux pour arranger les choses. De plus, il avait un discours à préparer, des meetings à faire, des âmes en colère à calmer ; il n'avait plus de temps pour lui-même.

Mais, pas à un seul moment Joshua oublia son invitation à dîner qu'il avait faite à Alana. Ou peut-être était-ce l'Asari en elle-même qu'il n'oubliait pas, il ne pouvait pas le dire. Cela faisait très longtemps qu'il n'avait pas eu l'esprit aussi préoccupé par un simple rencard, pas depuis Jessica (son ex-femme), en tout cas. Il avait certes fréquenté d'autres femmes depuis son divorce, mais le tout n'avait été que des jeux pour lui, et la grande majorité étaient des Humaines. Ici, il s'agissait de toute autre chose, en des circonstances totalement inhabituelles et uniques pour le ministre, ce qui faisait qu'il ne savait pas trop quoi faire, chose rare pour lui, lui qui savait toujours quoi dire et quoi faire en n'importe quelle situation, normalement. Non, ici, il s'agissait certes d'une inconnue fort jolie, mais il était question d'une Asari, qu'il n'avait non-pas rencontré dans une soirée mondaine pleine de politiciens et de femmes désireuses de se trouver un homme riche et à divorcer rapidement, mais dont il avait fait la connaissance en des circonstances plus qu'anodines et qui s'était occupé de lui alors qu'il avait été victime d'un attentat l'ayant laissé dans le coma pendant deux jours. La nature de la relation était donc déjà totalement différente de ce dont il avait l'habitude. Alana n'était donc pas cette femme superficielle ne cherchant qu'à vivre sur le dos de personnes riches, elle était cette personne simple, une doctoresse dans un hôpital perdu au beau milieu de nulle part et à la personnalité de toute évidence bien plus intéressante que celle dont Joshua avait l'habitude, l'éloignant totalement de la superficialité et de l'extravagance que certaines avaient. Elle n'était donc pas cette femme n'étant au final qu'un tas de viande sur lequel passer ses désirs les plus primitifs, elle était cette inconnue à qui l'ont voulait s'intéresser et que l'on voulait connaître, cette inconnue qui vous obsède une fois que vous savez plus que leur nom, cette inconnue dont la mysticité était irrésistible. Et puis elle était une Asari. Joshua n'avait pas l'habitude de les fréquenter, ce qui, en conséquence, aussi humaine avaient-elles l'air, lui donnait l'impression de redécouvrir ses premières tentatives d'approchement du sexe opposé. Il se retrouvait donc dans cette situation d'hébétement et de trac où il était dur de ne pas paraître ridicule. Le seul avantage dont il disposait était qu'il savait cacher cette peur, au prix de parfois carrément cacher son jeu et paraître être une façade fade à observer, ce qui n'était vraiment une bonne chose. Il espérait donc ne pas se ridiculiser devant son invitée, qu'il espérait revoir rapidement et pour qui il travaillait pour deux, pour terminer sa mission le plus rapidement possible.

Et ce jour vint enfin, après une longue semaine de travail, s'étant terminé sur une journée de repos où Joshua dormit la plus grande partie du temps, non sans oublier de contacter - enfin - Alana pour lui informer qu'il ne l'avait pas oubliée et qu'il viendrait la chercher pour ce dîner, tout en précisant le code vestimentaire qu'exigerait la soirée. En effet, sa position le permettant, et sans doute son côté extravagant l'y poussant, il avait réservé une place dans le restaurant le plus chic de New Jéricho. Juste ça. Ce n'était pas pour en mettre plein la vue à son invitée, ni pour frimer, mais bel et bien parce qu'il voulait ce qu'il y avait de mieux, pour une soirée qu'il voulait parfaite. Et c'est en conséquence qu'il avait fait préparer son plus beau costume et avait passé l'intégralité du trajet jusqu'à la clinique de l'Asari à imaginer différents scénarios possibles sur le déroulement du dîner. Sans doute se faisait-il trop de souci, mais Joshua ne voulait pas se retenir, pas après s'être rendu compte à quel point cela lui avait manqué de réellement s'investir dans ce genre d'événement. Il y  avait toujours la possibilité que le tout finisse mal et donne une rencontre fade et inintéressante, ne donnant rien de satisfaisant, mais il avait ce sentiment qu'avec Alana, il sortirait souriant de l'affaire ; l'aperçu qu'il avait eu lors de son dernier jour à l'hôpital de Larson le mettait en confiance. Cette dernière grandit encore lorsqu'il vit l'Asari, après une attente qui, même courte, lui avait semblé longue, car elle s'était préparée avec soin pour paraître sous son meilleur jour, ce qui était une réussite, car elle était splendide. En la voyant, il n'avait pas pu s'empêcher de lui faire un compliment, mais, pantois qu'il avait été sur le moment, il n'avait rien trouvé de mieux à dire qu'une phrase peu originale et, au final, bien fade. Heureusement pour lui, avant qu'il ne se maudisse lui-même pour sa stupidité, Alana lui avait retourné le compliment, de manière timide, montrant qu'elle était probablement dans le même étant que le ministre. Elle portait une robe blanche et rouge, quelque peu ouverte vers le milieu, sans être trop osé - une mode typiquement Asari, bien que très appréciée par les Humaines -. La tenue épousait parfaitement les courbes gracieuses et féminines de son corps, le blanc des tissus mettant en avant la couleur violette de sa peau et le rouge rendant le tout pas trop austère. Il y avait une tonne de chose à dire sur ce vêtement, mais ce qu'il fallait retenir était qu'il allait parfaitement à sa porteuse, la rendant plus désirable que jamais.

Le trajet de retour vers New Jéricho ne s'était pas fait dans le silence, mais il n'avait pas été riche en conversation. En effet, Joshua n'était pas à l'aise en présence d'Hannah, qui écoutait le moindre mot que les deux adultes échangeaient. Joshua n'était pas paranoïaque, mais il avait très vite l'impression de se ridiculiser lorsque l'on écoutait ses conversations avec une femme, comme s'il appréhendait le fait qu'on le juge ou que l'on se moque de lui. Il savait pourtant pertinemment que ce n'était pas le genre d'Hannah et que jamais elle ne lui ferait le moindre commentaire en ce genre de situation, mais le ministre ne pouvait s'en empêcher. Et Alana cherchant à savoir où ils se rendaient - ne s'étant pas attendue à quitter Larson -, il s'appliquait à ne pas céder et gâcher la surprise. Car il tenait à ce que son invitée découvre le restaurant dans lequel elle allait manger, que l'étonnement embellisse sa soirée, plutôt que de tout lui dire et la rendre nerveuse à l'idée d'aller dans un établissement de luxe. Sans doute se doutait-elle déjà de la situation, n'étant pas bête, mais il ne confirmerait rien avant d'être arrivé.

- Tout ce que je vous dirai est que vous ne regretterez pas l'attente, dit-il pour seule information.

La navette allait à toute vitesse, dans le but de rendre le trajet le plus rapide possible, mais dut ralentir à l'approche de la capitale de New Jéricho. Joshua sentait le trac monter en lui, il ne savait vraiment pas si Alana allait apprécier sa surprise, ou si cela allait être tout simplement trop. Elle était simple, peut-être que cela ne lui faisait pas particulièrement aimer l'extravagance. Et il ne voulait pas qu'elle ne se fasse une fausse idée de ses intentions, qu'elle imagine qu'il fût superficiel et arrogant, car c'était tout sauf la vérité quant à ses motivations. Mais il ne pouvait rien faire de plus sans gâcher ses efforts. Mais le moment tant attendu arriva finalement et la navette se posa sur le parking aérien d'un haut bâtiment. A la sortie du véhicule, Joshua tendit la main à l'Asari pour lui permettre de descendre et l'accompagner, tel ses parents lui avaient enseigné. Il informa également Hannah qu'elle pouvait dès à présent disposer et partir, laissant les deux énergumènes seuls. Le restaurant était en face, resplendissant de lumière et, bien évidemment, dévoilant la surprise à la femme. Joshua se tourna vers elle et lui dit :

- J'espère que ce n'est pas trop, mais je voulais vraiment le meilleur pour cette soirée. J'espère que vous saurez me pardonner ce petit caprice. Je vous ai déjà dit que vous étiez ravissante dans cette robe ?



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MessageSujet: Re: [18+] Un oiseau tombé du ciel   Mar 28 Oct 2014, 00:39
La navette dans laquelle se trouvait Alessa était dépourvue d’inhibiteurs inertiels. Ce faisant, chaque fois que le Kodiak modifiait sa trajectoire, un soubresaut survenait. De toute évidence, il ne devait pas voler très haut ; aussi était-il souvent contraint de modifier sa course pour éviter les obstacles qui jaillissaient brusquement sur sa route. À chaque virage donc, un nouveau soubresaut agitait la navette. Encore heureux qu’Alessa n’ait pas le mal de l’air. Heureusement aussi qu’elle était assise. Ce n’était pas le cas de la dénommée Hannah qui veillait sur le Ministre. Debout, elle devait se retenir à la barre suspendue au plafond à chaque changement brusque de trajectoire pour ne pas perdre l’équilibre.

Il régnait dans l’habitacle de la navette un silence pour le moins gênant. Personne n’avait osé prendre la parole depuis un moment déjà. Ayant fini par plonger dans ses penses, Alessa se demanda une fois encore où ils se rendaient. Joshua avait dit qu’il s’agissait d’une surprise. Mais de quel genre de surprise ? Alessa n’aurait su le dire. Et comme son cavalier ne comptait pas vendre la mèche, elle n’avait pas insisté. Mais le fait est que demeurer dans l'ignorance la dérangeait et la mettait fort mal à l’aise. C’est une chose qu’elle détestait plus que tout au monde. Après tout, l’information était une arme puissante pour quiconque savait la maîtriser. Le tristement célèbre Courtier de l’Ombre en était d’ailleurs la preuve vivante. Quiconque possédait l’information détenait un pouvoir sans précédant. Il détenait un avantage certain sur ses adversaires et pouvait se servir de ce plus pour changer complètement la donne d’une situation quelconque.

Alessa était une militaire de formation ; son esprit avait été façonné de sorte qu’elle comprenait que détenir toutes les informations possibles était un gage de réussite. C’était un avantage tactique à ne surtout pas négliger. Jamais ! Et c’est justement ce qui lui avait permis de rester en vie si longtemps. Savoir à l’avance où étaient ses ennemis et quand ils risquaient de débarquer était ce qui pouvait faire toute la différence entre la vie et la mort. Alessa n’avait pas survécu aussi longtemps depuis le début de sa cavale en se reposant uniquement sur sa chance et sur sa bonne étoile. Dans certains cas le hasard s’était révélé être effectivement de son côté ; mais le plus souvent, elle s’en était tirée de justesse en ne comptant que sur l’avantage que lui procuraient les informations en sa possession. Aussi la « surprise » concoctée par le Ministre avait-elle de quoi la mettre tout particulièrement mal à l’aise. Certes, elle n’avait pas à craindre de tomber dans un piège ni de se retrouver en réel danger de mort, mais le fait est que cela ne l’empêchait pas pour autant de ressentir une certaine appréhension. Quelle était donc cette mystérieuse surprise que lui réservait Joshua ?

Reportant son attention sur son compagnon, Alessa se rendit compte qu’il fixait du regard la structure interne du Kodiak d’un air absent. Il semblait être particulièrement mal à l’aise lui aussi. Il jetait de temps à autre des regards discrets en direction de la militaire qui fixait elle aussi les parois du Kodiak sans prononcer un mot. Elle s’efforçait de se faire aussi discrète que possible. Mais de toute évidence, Joshua ne se sentait pas particulièrement à l’aise en présence de la jeune femme. Alessa avait bien tenté de détendre un peu l’atmosphère en relançant la discussion peu après leur départ de Larson ; mais le fait est que le dialogue s’était à peu de choses près résumé à échanger quelques banalités. Ils avaient parlé un peu du beau temps et avaient demandé l’un à l’autre comme ils allaient. Puis Alessa avait rapidement fait mention du discours que le Ministre avait fait quelques jours plus tôt et auquel elle avait assisté en visionnant la retransmission en direct à la télé. L’Asari avait alors dit au politicien qu’elle entrevoyait enfin un avenir meilleur pour la colonie. « Radieux » avait même été le mot qu’elle avait employé. Elle était dans le fond ravie des promesses faites par le Ministre et elle était certaine que cela permettrait à toute la colonie de retrouver sa splendeur passée. Puis le silence était revenu. C’est là qu’Alessa avait basculé dans ses pensées.

Mais ce silence était tout bonnement insupportable. S’éclaircissant la voix, Alessa tourna la tête vers la femme militaire et lui demanda comment elle se sentait. Une semaine à peine s’était écoulée depuis le crash de la navette et elle était déjà retournée au service actif. Que Joshua décide de ne pas suivre ses recommandations et qu’il s’entête à vouloir mener à bien la mission pour laquelle il était venu sur Joab à l’origine était une chose, mais que Hannah refuse de s’accorder plus de repos pour laisser à son corps le temps de récupérer en était une autre. Le Ministre de la Défense et elle n’avaient pas à faire face aux mêmes exigences. Alessa ne se serait jamais permise de dénigrer le travail de Joshua ; mais le fait est qu’un politicien et un soldat n’avaient pas du tout le même mode de vie. La vie de soldat était bien plus éprouvante physiquement que celle de Ministre. Mais Hannah lui avait fait comprendre qu’il n’était pas utile qu’elle s’inquiète pour elle. Elle était forte et savait ce qu’elle faisait.

Sur ce point, Alessa ne pouvait pas la contredire. Une semaine plus tôt, peu après la tentative avortée d’assassinat contre Joshua, Alessa et lui s’étaient retrouvés à partager un en-cas de fortune. Au cours de la conversation, ils avaient été amenés à échanger quelques mots sur la militaire toujours plongée dans le coma. Alessa avait ainsi pu en apprendre davantage sur elle ; mais rien qui ne relevât de la vie privée bien sûr, juste de quoi se faire une idée du personnage. Aussi n’était-elle pas étonnée de la voir de nouveau en service actif alors qu’il aurait plus sage de prendre une à deux semaines de repos bien mérité. Mais Hannah était têtue et elle n’en faisait toujours qu’à sa tête.

Hannah quitta alors Alessa des yeux pour croiser le regard du Ministre. Elle reporta son attention sur Alessa en esquissant un sourire avant de dire :

— Si vous voulez bien m’excuser, je vais aller voir comment se porte notre pilote.

Hannah quitta la cabine principale et disparut derrière la porte du cockpit qui se referma en coulissant en silence dans son dos. Ce faisant, Alessa et Joshua se retrouvèrent seuls. Alessa se tourna alors vers son cavalier et tenta une nouvelle fois de lui soutirer des informations.

— Vous n’êtes toujours pas décidé à me dire où nous nous rendons, Monsieur le Ministre ? demanda-t-elle en minaudant et en espérant que son charme suffirait à lui délier la langue.

Mais hélas, Joshua se révéla bien déterminé à garder le secret jusqu’au bout. Il refusait de céder.

— Tout ce que je vous dirai, c’est que vous ne regretterez pas l’attente, se contenta-t-il de répondre, un sourire bien mystérieux aux lèvres.

Alessa rendit son sourire au Ministre et le silence reprit vite possession de la navette. La jeune femme sentit alors que le Kodiak avait entamé sa procédure de décélération. Elle avait perçu le changement du régime moteur et la navette se mit à trembler presque imperceptiblement. Comme elle ignorait où Joshua avait l’intention de l’emmener dîner, Alessa ne se douta pas que la navette venait de pénétrer dans l’espace aérien de New Jericho. Cependant, elle devina que si la navette avait commencé à ralentir, c’est qu’ils ne devaient plus être loin de leur destination. Une nouvelle vague d’appréhension submergea alors la jeune femme qui sentit un frisson courir le long de son échine.

Depuis le début de sa cavale, c’était la première fois qu’Alessa se laissait aller à vivre avec insouciance le temps d’une soirée. Elle avait en effet passé ces vingt-quatre dernières années à vivre constamment sur le qui-vive sans s’accorder un moment de répit. Elle avait longtemps craint que si elle baissait sa garde ne serait-ce qu’un instant, le pire surviendrait. Mais le fait est que depuis qu’elle vivait sur Joab, il ne s’était jamais rien produit. Douze ans déjà qu’elle était arrivée dans cette colonie et rien de grave n’avait jamais été signalé – hormis bien sûr les raids pirates. Jamais elle n’avait redouté que survienne une attaque dont elle aurait été la cible principale. Elle avait presque fini par se faire à l’idée que tout était enfin terminé. Son passé était peut-être resté derrière elle, toute trace de son existence effacée par la guerre contre les Moissonneurs. Peut-être était-elle finalement libre de vivre sa vie comme elle l’entendait. Mais les habitudes étaient tenaces. On ne pouvait pas les oublier aussi facilement. Mais après vingt-quatre années de cavale, Alessa avait bien le droit de s’octroyer une soirée de calme et de détente. Dans le fond, qu’avait-elle à craindre de Joshua ?

Alessa avait été entraînée à suivre son instinct et à lui faire aveuglément confiance. Celui-ci lui certifiait justement que le Ministre était un homme digne de confiance. Elle n’avait donc rien à craindre de la surprise qu’il lui réservait. Cet homme ne lui voulait aucun mal ; que du bien. Elle en était persuadée.

La navette s’immobilisa alors complètement. Et un dernier soubresaut signala que le Kodiak s’était posé au sol. Les moteurs se coupèrent et la porte latérale s’ouvrit enfin. Au même moment, la porte intermédiaire qui donnait sur le cockpit coulissa également et Hannah demanda au Ministre et à sa compagne de bien vouloir patienter quelques instants le temps qu’elle aille inspecter le terrain. Alessa et Joshua demeurèrent donc un moment dans la navette, silencieux, à se regarder sans rien trouver de particulièrement intéressant à se dire. Ils se contentèrent d’échanger des regards gênés. On aurait dit deux jeunes adolescents se préparant à avoir leur tout premier rendez-vous galant en tête à tête. Bien que gênante, la situation avait tout de même quelque chose de tendre et d’attachant.

Hannah reparut alors pour leur signaler que la voie était dégagée et qu’ils pouvaient sortir. Alessa se redressa donc et quitta son siège, mais ce fut Joshua qui sortit de la navette le premier. Quand elle se présenta à son tour face à la porte pour descendre de l’appareil, il se retourna vers elle et lui tendit la main pour l’aider à descendre la marche. La jeune femme fut touchée de l’attention qu’il témoignait à son égard et elle ne manqua pas de le remercier pour son geste galant. Ce n’était pas très évident de se déplacer avec cette robe sur le dos. Elle limitait beaucoup les mouvements du corps et c’était une chose à laquelle Alessa n’était pas vraiment habituée. Mais le simple fait de voir les beaux yeux bleus de son compagnon briller chaque fois qu’il se tournait vers elle pour la dévorer du regard justifiait à lui seul qu’elle subisse cette torture en gardant le sourire.

Une fois sortie de la navette, Alessa découvrit que Joshua et elle se trouvaient au sommet d’une petite tour, sur un parking construit en hauteur. L’espace d’un instant, Alessa se crut revenue sur Illium. Elle avait visité la planète dans un lointain passé, quand elle était encore une chasseresse. Quelle planète magnifique. Avec ses tours en verre qui s’élevaient haut vers les étoiles avec le vain espoir de pouvoir les toucher du bout des doigts. Balayant des yeux la vue qui s’offrait à elle, Alessa découvrit une ville brillante d’éclat dont la lumière embrasait le ciel. La vue était à couper le souffle, littéralement.

Alessa quitta des yeux ce magnifique panorama quand elle entendit s’éleva la voix de Joshua. Mais ce n’est pas à elle qu’il s’adressait. Se retournant, elle le découvrit en train de congédier sa garde du corps en lui assurant que tout irait bien. Il n’avait pas besoin d’un chaperon et était convaincu de ne courir aucun danger. Depuis son retour à New Jericho en début de semaine, il n’avait été victime d’aucune nouvelle tentative d’assassinat. Les chances étaient donc bien minces pour qu’un attentat ait lieu précisément cette nuit-là. Hannah eut beau insister, elle finit par obtempérer.

Alessa ne put s’empêcher de sourire. Elle estimait qu’il s’agissait là d’une bonne nouvelle. Même une très bonne. Non pas qu’elle avait quoi que ce soit à reprocher à la militaire. C’était une jeune femme assez sympathique. Les quelques mots qu’elles avaient toutes deux échangés dans la navette avaient été agréables ; mais Alessa avait craint en réalité que la jeune femme ne leur tienne lieu de cinquième roue du carrosse durant toute la soirée. Autant se l’avouer : Alessa avait un faible pour le Ministre. Se voiler la face plus longtemps ne servait à rien. Elle avait un faible pour lui depuis le tout début. Il faut dire aussi qu’elle gardait un très bon souvenir de cette soirée où ils avaient manqué perdre la vie. Des heures durant ils avaient discuté autour d’un en-cas improvisé et l’échange avait été pour le moins mémorable. C’est à partir de ce moment-là que l’Asari avait commencé à ressentir cette attirance vis-à-vis de l’Humain. Et elle n’était pas dupe non plus. Cette attirance était de toute évidence réciproque. Il n’y avait qu’à voir la manière dont Joshua se comportait avec elle. Il était charmant et attentionné. Il attendait d’elle quelque chose en retour. Mais pas dans le sens négatif du terme. Il s’efforçait de se montrer sous son meilleur jour pour s’attirer les faveurs de la demoiselle. Il voulait qu’elle s’intéresse à lui autant qu’il s’intéressait à elle. Aussi Alessa se doutait-elle que ce dîner ne serait pas qu’un simple dîner de remerciement. Le code vestimentaire imposé par son compagnon et le fait qu’ils se trouvent actuellement en plein cœur de New Jericho en disaient long sur les intentions du Casanova. Le Ministre l’avait tout bonnement conviée à un dîner romantique. Alors quitte à passer la soirée avec Joshua, en tête à tête, Alessa préférait autant qu’ils soient vraiment tous les deux. Elle désirait un peu d’intimité, comme tous les couples normaux. En réalité, elle aspirait à un peu de normalité, après tant d’années passées en cavale à multiplier les identités et les vies imparfaites. Un peu de normalité, était-ce donc trop demander ?

Hannah cédant aux exigences du Ministre, elle leur souhaita de passer une bonne soirée et se retira à bord de la navette. Le Kodiak prit son envol et disparut dans la nuit, laissant Alessa et son cavalier en tête à tête pour le restant de la soirée. Quel soulagement ! Joshua se retourna alors vers Alessa en lui proposant de nouveau son bras. Ne pouvant s’empêcher de sourire, l’Asari accepta l’invitation de bon cœur et posa sa main sur le biceps bien proportionné de son compagnon. Celui-ci l’entraîna alors vers l’entrée du très chic restaurant qui se trouvait juste en face du parking où les avait déposés la navette. Le restaurant brillait lui aussi de milles feux, comme le reste de la capitale de Joab. De toute évidence, c’était un restaurant dont la réputation n’était plus à faire. Le genre de restaurant où tout n’était que luxe et opulence à perte de vue.

Tout en continuant d’avancer vers l’entrée du restaurant, Joshua tourna la tête vers Alessa et lui dit :

— J’espère que ce n’est pas trop, mais je voulais vraiment le meilleur pour cette soirée. J’espère que vous saurez me pardonner ce petit caprice.

Il esquissa un sourire qui fit fondre la jeune femme. Comment pourrait-elle lui en vouloir ? Il avait de si beaux yeux et ces derniers brillaient tant qu’elle lui aurait donné le bon dieu sans confession comme ils disaient sur Terre. Alessa secoua donc la tête pour le rassurer.

— Cet endroit a l’air de toute beauté. Ne vous inquiétez pas, vous n’auriez pas pu mieux choisir.

Alessa n’avait que faire de la richesse de cet endroit. Ce n’est pas ce qui importait. Joshua aurait aussi bien pu l’emmener manger un morceau dans un vieux bar miteux qu’elle aurait été aux anges. Tout ce qui importait vraiment à ses yeux, c’était le fait qu’elle soit en compagnie de ce ravissant et charmant gentleman. Le reste était sans intérêt. Ce n’était somme toute qu’un petit bonus.

— Je vous ai déjà dit que vous étiez ravissante dans cette robe ? ajouta Joshua après avoir laissé courir une fois de plus son regard sur les courbes enchanteresses du corps de sa compagne.
— Oui, admit Alessa, une ou deux fois déjà. Je vous remercie. (Elle sourit, en détournant légèrement la tête pour ne pas lui montrer ses joues empourprées. Puis elle lui rétorqua sur un ton non dénué de sensualité.) Mais que cela ne vous empêche surtout pas de recommencer. Je dois avouer que c’est particulièrement plaisant à entendre et je ne m’en lasse pas. Vous savez trouver les mots justes pour mettre une femme en confiance, Monsieur le Ministre.

Elle avait prononcé le titre de Joshua en accentuant bien chacun des mots. Si le politicien avait encore des doutes quant au fait que l’Asari flirtait ouvertement avec lui, ces mêmes doutes devaient à présent s’être envolés. Peut-être le départ d’Hannah allait-il être une bonne chose. Les inhibitions d’Alessa et Joshua commençaient d’ores et déjà à se lever sans la présence castratrice de la militaire. Le jeu de la séduction pouvait reprendre sans avoir à craindre le jugement et le regard des autres. C’est comme si un poids avait été retiré des épaules d’Alessa. L’Asari n’avait aucun doute quant au fait que plus aucun silence gênant ne viendrait gâcher cette soirée.

Reportant son attention devant elle, Alessa pénétra à l’intérieur du restaurant au bras de son élégant cavalier. Cette soirée promettait d’être mémorable. Du moins, c’est ce qu’elle espérait de tout cœur.


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MessageSujet: Re: [18+] Un oiseau tombé du ciel   Mar 28 Oct 2014, 22:29
Un oiseau tombé du ciel
"...Lorsqu'un ange perd ses ailes..."

Le restaurant était de ceux que seuls les membres de la haute société de la Galaxie pouvaient accéder. Il était luxueux, chic et, de toute évidence, très coté. L'architecte qui avait conçut sa structure interne - car l'extérieur se mêlait au reste du gratte-ciel - s'était de toute évidence inspiré de l'ambiance bourgeoise du XXème siècle humain, tout en modernisant l'aspect pour y ajouter des tournures contemporaines, donnant un résultat imposant et majestueux, très éclairé, très propre, et donnant une véritable atmosphère de richesse et de pureté. Une musique lounge flottait dans l'air, discrète, mais bien présente pour offrir une ambiance détendue et soutenue, comme l'exigeait la notoriété de l'établissement. Les serveurs, pour la grande majorité Humains, étaient tous habillés de manière élégante et se déplaçaient à travers le restaurant calmement, mais rapidement, pour assurer un service efficace, mais dénué de tout stress, pour ne pas entrer en contradiction avec la musique qui imposait son rythme aux lieux. Les voix des clients, plus nombreux qu'on pourrait le croire, s'élevaient dans l'air, sans créer de cacophonie ; il était malvenu de crier, ou rendre ses discussions trop audibles dans un tel endroit, les oreilles indiscrètes étant partout, et la chose n'étant pas digne de ces personnes, qui se devaient de bien se comporter et aborder un comportement exemplaire, pour ne pas nuire à leur image. On pouvait rapidement croire que cela rendait l'atmosphère de l'établissement lourde et très réglementée par tous ces codes de conduite, mais il n'en était rien, car il n'était pas difficile de s'y plier, et cela rendait même le repas plus agréable à consommer que si l'on devait crier pour se faire entendre. Non, l'ambiance était légère, tout sauf stressante, le volume des sons n'étant pas trop fort pour créer une cohue et pas trop bas pour que cela soit morne. On pouvait ne pas aimer ce genre de lieux, mais on ne pouvait pas critiquer le confort dans lequel on y était plongé, qu'il soit physique - les fournitures étant de la meilleure qualité qu'il soit -, ou psychologique, pour toutes les raisons citées plus tôt.

Il allait sans dire que Joshua était très fier de son choix, sentiment sans doute augmenté par le fait qu'Alana s'emblait s'y plaire. Il aurait pu choisir un lieu un peu plus populaire, avec une ambiance plus chaleureuse, moins "coincée", mais il avait décidé de permettre à l'Asari d'accéder à un monde qui lui était fermé en temps normal, sa condition ne faisant pas d'elle une bourgeoise. Il avait eu peur qu'elle y voit de la vantardise, de la superficialité de sa part, mais elle avait au contraire apprécié et cela enlevait un poids de ses épaules, déjà lourdes par le stress qu'il s'imposait en ce genre de situations. Il était d'ailleurs intéressant de noter que la femme semblait être aux anges, très heureuse de se retrouver dans cette situation, que ce soit pour avoir l'opportunité de fréquenter brièvement l'élite de la société Humaine, ou d'être avec le ministre, chose que le concerné n'aurait pu dire. Il se contentait de tirer satisfaction de l'effet que sa surprise avait sur sa cavalière, qu'il désirait combler, en bon gentleman qu'il était. Et puis, il ne fallait pas se leurrer, Joshua n'était pas indifférent à l'Asari, celle-ci lui avait fait une certaine impression depuis leur première rencontre et il ne s'en était toujours pas remis. Que ce soit son physique ou sa personnalité, elle l'éblouissait tel que cela ne lui était pas arrivé depuis fort longtemps. Il ne savait pas si cela était simplement dû au fait qu'elle était une Asari, connue pour leurs charmes difficile à résister, ou s'il s'agissait bel et bien de la personne qui lui avait tapé à l'œil. Mais il préférait se dire qu'il était au-dessus de ces bassesses, qu'il ne se laissait pas dominer par ses instincts primitifs ainsi, qu'il avait passé l'âge pour être aussi faible, mais que c'était quelque chose bien plus sincère qui s'était emparé de lui. Il était très clairement curieux de voir où cela allait l'emmener et n'avait pas peur de s'avouer qu'il avait sans aucun doute besoin d'un peu d'autre chose que de cette hypocrisie constante dans laquelle il vivait à cause de sa position de Ministre de la Défense, et donc de politicien. Aussi était-il agréablement surpris de constater que la femme flirtait avec lui sans aucune gêne et sans déguiser son entreprise. Il aimait que l'on prenne des initiatives avec lui, et que l'on ne se laissât pas arrêter par la bonne conscience, il aimait les prises de risque et l'audace, chose dont Alana faisait preuve et qu'il lui plaisait. Elle se montrait provocante, désirant te toute évidence donner une direction bien précise à la soirée, qu'elle ne désirait pas qu'uniquement amicale, chose qui entrait en accord avec les attentes mêmes de Joshua.

- Oh, je ne sais pas si je vais continuer, il me semble que je vous gâte un peu trop ce soir, madame la doctoresse, répondit-il à la remarque de la femme, joueur. Je devrais peut-être entrer seul dans ce restaurant et profiter moi-même de ces cadeaux que je vous offre !

Puis le ministre se tut, laissant un petit silence s'installer, avant de rajouter en riant :

- Mais après réflexion, votre présence risque de me manquer, il faut dire que cette semaine a été bien ennuyeuse sans personne pour me sauver d'un assassin !

Puis le couple entra dans l'établissement, où ils furent accueillis par une réceptionniste, qui leur demanda à quel nom ils étaient enregistrés, le restaurant n'étant accessible que sous réservation. La situation de Joab n'étant pas favorable au tourisme, Joshua n'avait eu à être mis dans une liste d'attente, chose qui lui aurait fait faire jouer de ses relations pour obtenir une place sans à suivre la procédure habituelle, étant impatient en ce genre de situation. C'était sous nom que la table était réservée, une deux place située prêt de la baie vitrée des lieux, profitant d'une vue imprenable sur New Jéricho et les étoiles, qui, malgré la hauteur des gratte-ciels, semblaient encore si loin. C'était un peu le paradoxe de cette époque qu'ils vivaient. Les astres stellaires n'étaient plus inaccessible, le voyage spatial n'était plus un fantasme, c'était chose possible, et pourtant, lorsque l'on se situait sur terre ferme, on avait toujours l'impression qu'elles n'étaient qu'une illusion fantasmagorique ; elles avaient toujours cet effet enchanteur sur ceux prenant la peine de les observer. Et lorsque l'on se trouvait en plein cosmos, on se sentait ridiculement petit, mais c'était là une autre discussion. Ce qui importait était que Joshua avait consciencieusement choisi sa place au sein du restaurant pour profiter de la meilleure vue et de la meilleure ambiance. Et c'est vers cette table précisément qu'ils furent, son invitée et lui, dirigés et où ils s'assirent. On leur servit un verre d'eau, on leur proposa la carte des vins, on leur souhaita un agréable moment au sein de l'établissement - chose sur laquelle Joshua comptait - et ils furent laissés seuls.

- Alors dites-moi, Alana, est-ce qu'une envie particulière vous traverse l'esprit ? demanda l'homme, tout bêtement. Lâchez-vous et déboursons sans compter. Cette nuit est la vôtre, pas de patients dont il faut s'occuper, à part moi, pas d'assassin à neutraliser, juste la paix et la liberté dont vous avez besoin.

Joshua tenait effectivement offrir l'opportunité à l'Asari de profiter de sa soirée de la manière dont elle souhaitait, libérée de ses soucis qu'il avait bien remarqué lui être un poids dont elle semblait souffrir et qui l'essoufflait. Elle se surmenait de toute évidence et prenait son travail de médecin beaucoup trop sérieusement, chose qui la rendait terriblement efficace (il en avait eu la flagrante preuve), mais qui lui coûtait trop en énergie. Elle avait besoin de vacances et il lui proposait cette soirée, bien que ce soit peu, pour décompresser un peu. Bien entendu, ce n'était pas seulement pour elle qu'il faisait cela ; ce serait mentir que de dire qu'il était à ce point altruiste. Non, il y avait également ce désir de la voir et de lui parler qui l'avaient rongé toute la semaine, qui le poussait à être si généreux. Il ne savait pas pourquoi, et ne cherchait pas à comprendre, mais c'était ainsi.



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MessageSujet: Re: [18+] Un oiseau tombé du ciel   Jeu 30 Oct 2014, 19:35
Alessa et Joshua se trouvaient encore devant l’entrée du restaurant quand celui-ci avait complimenté sa compagne une seconde fois. À l’entendre, Alessa était particulièrement ravissante dans cette robe qui mettait en valeur chacune des formes de son anatomie : depuis la courbe de sa poitrine jusqu’à sa chute de reins enchanteresse. Les joues de la jeune femme s’étaient empourprées et la réponse de la doctoresse ne s’était pas fait attendre. Flirtant ouvertement avec Joshua maintenant qu’ils étaient de nouveau seuls et que Hannah n’était plus là pour surprendre leurs échanges, Alessa avait encouragé le politicien à ne pas se montrer avare en compliment. S’entendre dire qu’on était belle et pulpeuse était on ne peut plus plaisant. Alors Joshua pouvait continuer autant qu’il le désirait si cela lui chantait, elle ne chercherait pas l’en dissuader. Qui plus est, elle serait une femme comblée.

Cependant, la réponse du politicien eut de quoi doucher les espérances de l’Asari. Pour cause, Joshua se retourna vers elle et lui rétorqua :

— Oh, je ne sais pas si je vais continuer. Il me semble que je vous gâte un peu trop ce soir, madame la doctoresse. (Un sourire joueur s’épanouit sur ses lèvres et ses yeux brillèrent de malice.) Je devrais peut-être entrer seul dans ce restaurant et profiter moi-même de ces cadeaux que je vous offre !
— Ah ? Eh bien dans ce cas...

Alessa s’arrêta et fit mine de vouloir se détourner. Mais Joshua la retint par un bras. Elle souriait.

— Mais après réflexion, votre présence risque de me manquer, reprit Joshua – riant à son tour. Il faut dire que cette semaine a été bien ennuyeuse sans personne pour me sauver d’un assassin.
— Ah vraiment ? Et vous trouvez que c’est un mal ? (Alessa sourit de nouveau.) À votre place, je serais plutôt soulagée de ne pas avoir été une fois de plus la cible d’une tentative d’assassinat. Je ne sais pas pour vous, mais une seule me suffit amplement. (L’Asari reporta son attention sur Joshua.) Et puis, je préfère de loin vous savoir en sécurité plutôt qu’en train de risquer votre vie à seule fin d’attirer mon attention. La vie est courte. Inutile de tenter le diable. (Elle lui fit un clin d’œil charmeur.) Pourvu que rien ne vienne perturber cette soirée qui promet d’être mémorable.

Alessa espérait effectivement ne pas rencontrer un autre tueur professionnel de sitôt. Elle n’était plus au niveau. Il s’en était fallu de vraiment peu pour que celui qui avait été envoyé s’occuper du Ministre ne lui fasse la peau à elle aussi. Sans l’intervention de Joshua, tout aurait été terminé voilà maintenant une semaine de ça. Elle lui devait la vie ; chose rare en soi dont elle n’avait plus l’habitude. Car depuis le début de sa cavale, elle avait pris l’habitude de ne compter que sur elle-même. À qui faire confiance au juste dans cette galaxie remplie de traîtres et de gens prêts à tout pour s’enrichir eux-mêmes et ce au détriment des honnêtes gens qui s’efforçaient seulement de survivre en ce triste monde. Si Joshua n’avait pas été là… mieux valait ne plus y penser désormais. C’était de l’histoire ancienne. Du moment qu’aucun autre assassin ne tentait de lui faire la peau, c’est tout ce qui comptait. Le reste était sans la moindre importance. Seule cette soirée comptait. Ce dîner en tête à tête avec Joshua.

Une fois passées les portes du restaurant, Alessa eut le souffle coupé en découvrant le lieu où allait se dérouler son tête à tête intime avec Joshua. Certes, elle s’était attendue à découvrir un établissement haut de gamme n’étant pas à la portée de toutes les bourses ; mais découvrir un lieu aussi richement décoré et aussi luxueux eut le mérite de lui ôter les mots de la bouche. Seules les plus grosses fortunes de la colonie devaient être en mesure de se payer une table dans ce restaurant élitiste à souhait. Alessa devait admettre que Joshua avait fait fort en l’invitant dans un endroit pareil. Elle était trop subjuguée par la richesse de la décoration pour se formaliser de l’arrogance du jeune homme. Alessa savait bien que la vie était courte et qu’il fallait savoir profiter des bons moments quand ceux-là se présentaient. Un mantra dont elle avait certes oublié jusqu’à maintenant la raison d’être mais qu’elle s’était promis de suivre au moins cette soirée. Après tout, ce n’est pas tous les jours qu’on pouvait mettre les pieds dans un endroit pareil. Plutôt que de rester focalisée toute la nuit sur le fait que Joshua déployait des trésors de richesse à seule fin de l’acheter, elle préféra mettre l’accent sur le fait qu’il se montrait plus généreux avec elle qu’il n’aurait dû. Qu’il ait choisi pareil lieu n’était pas de la vantardise. De cela, elle était convaincue. Le souvenir qu’elle gardait de leur premier tête à tête à la clinique lui assurait que le Ministre n’était pas ce genre d’homme. Joshua n’était rien de plus qu’un homme bon et généreux qui désirait offrir à sa compagne ce qui se faisait de mieux sur la planète. Il n’avait aucune arrière-pensée, si ce n’est s’assurer qu’elle profite de chaque seconde qu’elle passerait en sa compagnie.

Le fait qu’il fasse autant d’effort pour plaire à la jeune femme la toucha. Il marqua quelques points de plus en ayant fait de son mieux pour lui offrir le plus agréable des moments. Alessa ignorait le nom du restaurant ; mais nul doute que si elle l’avait cherché sur l’Extranet, elle aurait découvert en quelques clics qu’il comptait parmi les plus cotés de la capitale. L’ambiance y était très guindée et bourgeoise – imposante et majestueuse, à l’image de l’arrogance si propre à l’espèce humaine aux yeux des autres espèces conciliennes. Ce n’était pas du tout une critique de sa part. Juste un constat. Elle ne détestait pas les Humains ; elle les trouvait au contraire dignes et courageux. Leur arrogance n’était qu’un trait de caractère parmi tant d’autres ; au même titre que les Krogans étaient belliqueux, les Turiens très à cheval sur la hiérarchie militaire, les Galariens bien trop curieux et les Asari très portées sur le sexe. Ce n’est pas pour autant qu’elle allait juger Joshua sur le restaurant pour lequel il avait opté. Elle le savait au-dessus de ces bassesses et savaient aussi qu’il possédait bien plus de qualités que de défauts.

Alessa balaya du regard l’immense salle de réception dans laquelle se dressaient des dizaines de tables richement décorées. L’endroit était très lumineux et très propre. De même, celui qui s’était chargé de l’agencement des tables avait pris soin de les maintenir suffisamment distantes les unes des autres afin d’offrir à chacune un semblant d’intimité et pour permettre une circulation facilitée et fluide pour les nombreux préposés au service qui s’affairaient d’une table à l’autre avec une aisance et une grâce sans pareilles. En arrière-plan, Alessa perçut les notes apaisantes d’une douce musique se faisant si discrète qu’elle parvenait à couvrir la rumeur des conversations sans pour autant les gêner complètement. De fait, l’ambiance était calme et sereine, apaisante même. Et c’est tout juste si on remarquait la présence des serveurs, Humains pour la plupart, qui passaient d’une table à l’autre pour servir ici une assiette, là remplir un verre ou apporter un menu. Il se dégageait de cet endroit quelque chose d’éthéré, comme dans un rêve. Et comme dans un rêve, Alessa entendait les voix des clients, mais sans que cela ne soit un brouhaha inaudible. La musique couvrait juste assez les discussions pour assurer également à tout un chacun un semblant d’intimité. Cet endroit était tellement paisible. Nul doute qu’elle allait adorer.

Alessa remit les pieds sur terre en percevant une douce voix leur souhaitant la bienvenue. Quittant le décor du restaurant des yeux, elle reporta son attention sur la réceptionniste qui se tenait derrière un pupitre à quelques pas seulement de l’entrée. Joshua s’était approché d’elle et elle lui avait demandé à quel nom il avait réservé sa table. Le Ministre de la Défense répondit « Gordon » et la jeune femme baissa les yeux sur son registre pour vérifier si une table avait bien été réservée à ce nom. Acquiesçant avec un grand sourire, la réceptionniste invita Joshua et sa compagne à la suivre jusqu’à la table ayant été préparée à leur intention. De toute évidence, on ne pouvait pas débarquer ici à la dernière minute et exiger d’avoir une table. La preuve : il n’y avait aucune file d’attente à l’extérieur ; chose plutôt rare selon Alessa. La seule explication était effectivement que sans réservation, inutile de prendre la peine de venir. Joshua invitant Alessa à suivre la réceptionniste, elle leur emboîta le pas sans décrocher son bras de celui de son beau cavalier.

La table que Joshua avait réservée se trouvait au fond du restaurant, près de l’immense baie vitrée qui couvrait un pan entier du mur de l’édifice. La vue qui s’offrait ainsi à leurs yeux était imprenable. Tout New Jericho s’étendait à leurs pieds comme un tapis de lumière. Et au-dessus de leur tête, c’est le ciel étoilé qui étendait son drap de velours couvert de centaines de milliers de diamants étincelants. C’est le genre de vue qu’on pouvait sans peine qualifier de magique. C’était extraordinaire. À tel point même qu’Alessa demeura sans voix un moment à contempler cette vue somptueuse imprenable. Au bout de quelques secondes, la jeune femme baissa la tête vers la table et ses yeux se posèrent sur la vaisselle, la nappe et les couverts hors de prix sous lesquels elle croulait. Tout ici transpirait la richesse et le luxe dans les moindres détails. Même les chaises au coussin rembourré devaient valoir une petite fortune. Elles étaient rehaussées de fils d’or et taillées dans un bois rare des plus exotiques. Quelle beauté !

Joshua attira alors l’attention d’Alessa. Il tira une chaise et invita sa compagne à prendre place. L’Asari s’exécuta en remerciant le Ministre pour sa galanterie avant de se glisser à table. Son compagnon prit ensuite place à son tour en face d’elle. La table en elle-même n’était pas très grande, mais cela n’était en aucun cas un point négatif. Bien au contraire, cette proximité avait le don d’accentuer le caractère intimiste de leur dîner. Si elle l’avait voulu, Alessa n’aurait eu qu’à lever la main pour toucher le visage de Joshua, et vice versa. En soi, cela n’avait rien de dérangeant.

Quand Alessa et Joshua eurent enfin pris place autour de la table, la réceptionniste fit signe à l’une de ses collègue de venir se charger de la table et elle leur souhaita de passer une agréable soirée avant de retourner à son poste à l’entrée. Une Asari se présenta alors et offrit à Alessa et à Joshua une carte du menu. Elle leur servit ensuite un verre d’eau et les informa qu’elle repasserait d’ici quelques minutes, leur laissant ainsi tout le temps de consulter la carte et de faire leur choix tranquillement. Et sans faire un seul bruit, la serveuse disparut et ce fut comme si elle n’avait jamais été là.

Tenant la carte ouverte devant elle, Alessa laissa son regard courir sur le menu. Celui-ci était à l’image du reste du restaurant. Richement décoré et insolent comme personne. L’écriture était manuscrite et une quantité non négligeable d’arabesques dorées enjolivaient le tout de tous les côtés. Un travail qui de toute évidence était soigné et en parfaite harmonie avec tout le reste. Alessa était sous le charme. Aussi jeta-elle de temps en temps des regards furtifs par-dessus son menu, en direction de Joshua. Le Ministre avait décidemment choisi de lui servir le grand jeu pour s’attirer ses faveurs. Alessa ne put se retenir d’en éprouver une certaine fierté. Cela faisait longtemps que quelqu’un n’avait pas fait autant d’efforts pour s’attirer ses bonnes grâces. Personne depuis Tarana en fait…

Voyant Joshua qui levait les yeux vers elle, Alessa reporta vivement son attention sur son menu avant qu’il ne se rende compte qu’elle l’observait à la dérobée. Repenser à sa défunte femme lui avait laissé un goût amer dans la bouche. Mais elle refusait de laisser ses vieux démons entacher cette magnifique soirée. Pas cette fois. Elle refusait de laisser sa peine et sa douleur assombrir ce beau moment qu’elle passait en compagnie de Joshua. Aussi prit-elle une grande inspiration avant de repousser au loin tout souvenir de sa vie passée. Cette nuit, elle n’était pas Alessa. Elle était Alana. Et Alana n’avait jamais eu de femme. Alana était quelqu’un de respectable qui avait choisi de dédier sa vie à sauver des gens. La doctoresse n’avait ainsi rien à se reprocher. Elle n’était pas en cavale et n’avait donc absolument rien à craindre. Et elle n’avait pas non plus à pleurer la disparition tragique d’une femme qui était l’épouse d’une autre. Pas cette fois. Pas cette nuit. Les yeux posés sur la carte, Alessa se força à oublier tout le reste pour se concentrer uniquement sur l’intitulé des plats. Cela avait l’air rudement appétissant.

La voix de Joshua se fit alors entendre de nouveau et le Ministre brisa le silence momentané qui s’était immiscé entre eux deux le temps qu’ils prennent connaissance du menu chacun de leur côté.

— Alors dites-moi, Alana, est-ce qu’une envie particulière vous traverse l’esprit ? demanda-t-il en jetant un regard à l’Asari par-dessus son menu. Lâchez-vous et déboursons sans compter, ajouta-t-il avec un petit sourire charmeur au coin des lèvres. Cette nuit est la vôtre. Pas de patients dont il faut s’occuper, à part moi ; et pas d’assassin à neutraliser. Juste la paix et la liberté dont vous avez besoin.

Alessa baissa sa carte et observa un moment Joshua en plongeant ses yeux mauves dans les prunelles bleues de son cavalier. Un sourire gêné finit par étirer les lèvres de la jeune femme et elle rétorqua :

— Est-ce donc si évident que j’ai besoin de faire une pause et de passer un moment de détente ? (Elle baissa les yeux et son sourire s’accentua.) Vous avez raison. Je ne me suis pas accordé un moment de répit depuis si longtemps. Ce dîner est sûrement la meilleure chose qui pouvait m’arriver. Si j’avais su qu’il suffisait pour cela qu’un bel inconnu tombe du ciel et manque ensuite de se faire assassiner dans ma clinique pendant son sommeil, j’aurais sauté le pas bien avant cela. Mais je suis contente que cela soit tombé sur vous, ajouta-t-elle après avoir reporté son attention sur le jeune homme. (Un frisson de désir remonta le long de son échine quand elle plongea les yeux dans le bleu des prunelles de Joshua.) Oui, très contente, ajouta-t-elle distraitement presque à mi-voix, comme si elle était subjuguée.

Se rendant compte qu’elle fixait le Ministre comme un objet qu’elle convoitait, elle s’éclaircit la gorge et reporta vivement son attention sur son menu en sentant ses joues s’empourprer de nouveau.

— Y’aurait-il quelque chose que vous me conseilleriez, par hasard ? demanda-t-elle en sentant sa voix vibrer légèrement sous le coup de l’émotion. Entre nous, je n’ai jamais eu ni la chance ni l’honneur de dîner dans ce genre de restaurant. Que devrais-je commander à votre avis ?

Alessa risqua un nouveau coup d’œil par-dessus son menu. Ses yeux souriaient autant que ses lèvres. La vue était tellement agréable. Et elle ne parlait pas de celle qui se trouvait de l’autre côté de la baie.


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MessageSujet: Re: [18+] Un oiseau tombé du ciel   Lun 03 Nov 2014, 22:00
Un oiseau tombé du ciel
"...Lorsqu'un ange perd ses ailes..."

Il était évident qu'Alana cherchait également à passer une excellente soirée avec Joshua, et cela lui fit plaisir de savoir que l'Asari accordait tout de même un minimum d'importance à la rencontre, au lieu de n'avoir simplement fait qu'accepter le petit caprice nébuleux qu'il avait eu à l'hôpital, où l'adrénaline l'avait rendu un peu trop insistant. Il aurait été fort fâcheux que les sentiments de l'homme n'aient été qu'à sens unique, le cas contraire aurait rendu la situation quelque peu ambigüe et inconfortable, chose plutôt gênante pour lui, qui n'avait pas pris autant de peine à faire plaisir à une femme depuis des années. Il n'était pas amoureux d'elle, non, ce serait aller trop vite, il ne la connaissait qu'à peine, il fallait l'avouer, mais il ne nierait pas ressentir une certaine attirance pour elle, chose qui, en plus de ne lui être pas arrivé depuis fort longtemps, et sans vouloir être audacieux, lui semblait être réciproque. Elle était joueuse, se prêtait à ses tentatives maladroites d'installer une ambiance un peu plus légère et pas trop pompeuse pour passer un moment agréable et semblait réellement apprécier ses efforts de lui apporter un certain confort, le tout couronné par le fait qu'elle se dévoilait sous son meilleur jour pour lui, ce qui était très encourageant. Et puis, c'était elle qui avait entamé un flirt, et non pas lui. Certains diraient que c'était pour éviter qu'elle ne s'ennuie, pour rendre la soirée plus épicée, par crainte qu'elle ne soit ennuyeuse, mais Joshua ne voyait pas les choses ainsi ; pour lui, et peut-être s'avançait-il un peu trop en son hypothèse, c'était simplement parce que, malgré tout, elle était intéressée par lui. Il avait l'impression d'être revenu à l'adolescence, de ne plus avoir quarante ans, mais d'être un jeune homme encore inexpérimenté, qui découvrait les joies de la séduction et qui s'imaginait déjà milles scénarios dans sa tête, et parfois, se faisait un peu trop d'espoir. Car c'était bien là ce que vivait d'une certaine manière le ministre. Après des années à ne pas s'être réellement intéressé à une femme, il s'en était trouvé totalement rouillé et ne savait plus ce qu'il devait dire, ou ne pas dire, il avait l'impression d'être un débutant à nouveau, et ce malgré toutes les femmes qu'il avait fréquenté depuis son accession à la scène politique, petites choses qui n'avaient jamais eu d'importance à ses yeux. Non, ici, il accordait une réelle importance à la soirée, il voulait qu'elle soit parfaite, il voulait se prouver à lui-même qu'il était encore capable de jouer à ces petits jeux innocents que l'on se faisait lors d'un rencart.

- Je vous avouerai qu'il serait fort fâcheux que je doive vous sauver à nouveau, mais je suis certain que cela ne vous dérange pas que l'on joue les princes sauveurs avec vous, répondit-il à la remarque d'Alana. Et puis gagner votre attention est tout de même quelque chose qui m'avait tenu à cœur. Mais rassurez-vous, je compte bien à ce que rien ne vienne nous déranger.

Il lui était étrange de remarquer que lorsqu'il avait entamé la conversation avec elle, toute trace de nervosité l'avait quitté, comme si sa conscience avait pris conscience qu'il n'avait rien à perdre et que l'Asari était de toute évidence intéressée, il n'aurait pas à mener le jeu seul. Ou peut-être son esprit s'était-il résout au fait qu'il avait franchi le point de non-retour et qu'il n'avait pour seule possibilité de se jeter à l'eau, au risque de se noyer. Il ne savait pas, il ne l'avait jamais su, il ne le saurait jamais. C'était l'un de ses mystères du fonctionnement du cerveau qu'on ne pouvait élucider et Joshua n'allait pas perdre son temps à essayer de comprendre son propre comportement ; il y avait une femme qui demandait son attention, et il n'allait pas la laisser en second plan, elle valait la peine que l'on s'intéresse à elle et son éducation lui interdisait de faire une telle chose, qui serait horriblement impolie.
Le restaurant était pour lui comme bien d'autres qu'il avait déjà fréquenté, et qu'il fréquenterait plus tard encore, il ne s'attarda donc pas à l'étude approfondie des lieux. Ce n'était pas de la vanité, ni du snobisme de sa part, c'était simplement une réalité. Aussi beaux étaient-ils, ces restaurants, au final, se ressemblaient tous, d'une certaine manière. Tous visaient la même clientèle, tous cherchaient à en mettre plein la vue à ses visiteurs, tous faisait étalage de richesse et beauté, mais une fois que l'on avait vu quelques uns, on s'habituait à cette superficialité - tout de même plus qu'appréciable - qui, finalement, n'impressionnait que les néophytes. Non, c'était sa cavalière que le ministre observait, car c'était elle qui occupait ses pensées. Elle était de toute évidence enchantée par l'établissement, et il ne pouvait pas lui en vouloir : elle n'avait jamais mis les pieds dans un lieu pareil, et il avait compté sur cela pour lui faire cette surprise qu'il espérait éclatante. Ce premier effet était donc réussit et il fut heureux de voir la joie s'afficher sur ce visage qu'il avait vu sous un tout autre jour une semaine auparavant. Alors que lorsqu'il l'avait vu pour la première fois, elle affichait une mine fatiguée et quelque peu usée, elle était en cette soirée épanouie et resplendissante de vie, se redécouvrant une énergie nouvelle et une joie qu'il ne l'avait pas vu exprimé une seule fois. Cela n'en rendait que plus beau son visage, déjà particulièrement agréable à l'œil de celui qui prenait le temps de vraiment observer le visage d'une femme.

Elle se l'avoua d'ailleurs, après la remarque de son cavalier, mais déclara être contente de pouvoir avoir l'occasion de profiter un peu de sa vie en présence du ministre, qui ne manqua pas de sourire un peu plus lorsqu'elle glissa discrètement un compliment quant à son apparence. Aussi, se rendit-il compte qu'elle n'y connaissait absolument pas en restaurant de luxe, car celle-ci, suite à sa confession - qui avait été accompagnée d'un moment d'observation un peu trop intense pour être inaperçu -, elle demanda conseil à l'homme, ne sachant que prendre parmi les choix donné par le menu holographique.

- Eh bien, il est de bonne conduite de prendre un menu, c'est ce qui se fait normalement, répondit-il paisiblement. Et votre choix devrait se porter sur celui qui vous fait le plus envie, les plats sont précisés en touchant le menu. J'ai noté en visitant le site extranet du restaurant que le menu "platine" était leur meilleur, avec une variété de plat conséquente, sans être trop consistant en contenu. C'est apparemment un mix de cuisine humaine, notamment au niveau de la viande, et d'un mélange de petits plats asaris et galariens pour le reste.

Joshua n'était pas particulièrement un amateur de cuisine galarienne, mais ce n'était pas là quelque chose d'immangeable, d'autant plus que le tout était préparé par des cuisiniers professionnels, ce qui garantissait une qualité irréprochable à la nourriture. Et puis dans un menu, il était rare d'aimer tous les plats proposés, il fallait surtout retenir l'ensemble du tout et retenir ce qui était bon, le plat principal, dans la majeure partie des cas. Et il ne fallait pas oublier le vin, qui permettait, en règle générale, de passer le goût de ce qu'on n'appréciait moins. Le choix du ministre, quant à ce dernier élément, se porta d'ailleurs sur un vin bleu Asari qu'il avait déjà eu l'occasion de goûté et qu'il avait trouvé tout simplement sublime. Le prix du breuvage était énorme, mais, dans sa situation, cela n'était pas un problème, il ne fallait simplement pas que sa cavalière ne voit la facture. Sa décision pour son repas était d'ailleurs prise. Il attendit encore un peu, avant de remonter les yeux sur son invitée, qui semblait plongée dans l'étude de la carte des menus. Il en profita pour encore admirer un peu la vue, chaque instant qui passait rendant son attirance pour elle un peu plus forte, découvrant à chaque fois de petits détails charmants, qu'ils soient de l'ordre du physique, ou de ses petits tics, puis il se décida à enfin reprendre la parole.

- Mon choix se portera sur ce menu "platine", le château Briand me fait de l'œil, déclara-t-il. Enfin, pas autant que vous, mais suffisamment pour que je m'y intéresse. J'ai aussi trouvé le vin qu'il nous faut. Vous êtes prête à prendre commande ?





Dernière édition par Joshua Gordon le Mer 12 Nov 2014, 00:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [18+] Un oiseau tombé du ciel   Mer 05 Nov 2014, 17:30
Alessa avait les yeux rivés sur son menu. Et de son côté, Joshua était lui aussi perdu dans la lecture de cette carte richement décorée qui listait tous les plats du restaurant. Un silence s’était immiscé entre eux, mais cela n’avait absolument rien de dérangeant. L’un comme l’autre étaient simplement perdus dans la lecture du menu en se demandant que choisir comme plat. Et justement, brisant ce silence le premier, Joshua avait fini par demander à Alessa ce qu’elle désirait prendre. Étant son invitée, il l’avait encouragée à se faire plaisir sans y regarder à la dépense. Ce à quoi la jeune femme lui avait demandé si par hasard il conseillait quelque chose en particulier. En effet, Alessa n’avait pas l’habitude de dîner dans des restaurants de ce standing. Si cela avait été le cas à de rares occasions du temps où elle était plus jeune et vivait encore avec ses parents sur Thessia, cette période de sa vie était à présent révolue depuis longtemps et elle avait perdu l’habitude de tout ce faste et de tout ce luxe.

— Eh bien, répondit Joshua après avoir jeté un bref coup d’œil à sa carte, il est de bonne conduite de prendre un menu, c’est ce qui se fait normalement. Et votre choix devrait se porter sur celui qui vous fait le plus envie, ajouta-t-il en reportant son attention sur la jeune femme. Les plats sont précisés en touchant le menu. (Alessa en eut confirmation quand elle laissa glisser son doigt à la surface du menu, sur l’intitulé d’un plat. Une image du plat et un texte visant à le présenter aux clients apparurent alors à la surface de la dalle holographique avec en accompagnement la liste des ingrédients utilisés pour la recette, ainsi que le lieu de leur provenance. Le soin du détail était on ne peut plus satisfaisant et digne du standing de cet établissement renommé.) J’ai noté en visitant le site Extranet du restaurant que le menu « platine » était le meilleur, avec une variété de plats conséquente, sans être trop consistant en contenu, poursuivit le cavalier d’Alessa de cette voix douce et chaleureuse qu’elle ne se lassait toujours pas d’entendre. C’est apparemment un mix de cuisine humaine, notamment au niveau de la viande, et d’un mélange de petits plats asari et galariens pour le reste.

— Ah vraiment ? Pour tout vous avouer, je n’ai jamais été très portée sur la cuisine galarienne, mais je dois avouer que je suis curieuse de voir ce que donne ce mariage de plats asari, humains et galariens. Peut-être vais-je porter mon choix sur cela tout compte fait. (Elle marqua une pause avant de lever les yeux vers Joshua.) Et vous ?

— Mon choix se portera sur ce menu « platine », répondit Joshua. Le chateaubriand me fait de l’œil. (Il marqua une pause et posa les yeux sur la ravissante femme assise en face de lui.) Enfin, pas autant que vous, mais suffisamment pour que je m’y intéresse. (Un sourire charmeur fleurit sur ses lèvres.)

Alessa ne put s’empêcher de lui rendre son sourire. De même qu’elle ne put s’empêcher de sentir ses joues s’empourprer lorsqu’elle perçut cette pointe de séduction dans la voix de Joshua. Elle avait hâte de voir ce que pourrais donner la suite de ce tête à tête. Cependant, elle refusait de trop brusquer les choses. Elle prenait vraiment plaisir à demeurer ainsi en cette agréable compagnie. Elle ne voulait pas précipiter les choses et les voir prendre fin trop vite. Surtout pas. Elle voulait prendre son temps.

— J’ai aussi trouvé le vin qu’il nous faut, poursuivit Joshua. Vous êtes prête à prendre commande ?
— Je pense que je vais faire comme vous et prendre un menu « platine », répondit Alessa en hochant la tête pensivement. Le Délice des Anges bleus me tente bien. Et comme vous avez l’air d’être le genre d’homme à avoir très bon goût, je pense ne pas faire un mauvais choix en suivant votre conseil. Je vous fais entièrement confiance sur ce point.

Alessa referma son menu. Elle n’en avait plus besoin maintenant que son choix était arrêté. Au même moment, Joshua leva la main et fit signe à leur hôtesse. La serveuse asari ne se fit pas attendre et dès qu’elle remarqua que Joshua tentait d’attirer son attention, elle répondit à son appel dans la seconde et revint à leur table en moins d’une minute.

— Avez-vous fait votre choix ? demanda-t-elle de cette voix éthérée si caractéristique des Asari.

Alessa laissa le soin à Joshua de passer commande pour elle. Quand la serveuse asari eut tout ce dont elle avait besoin, elle récupéra les cartes et s’en retourna prestement en cuisine pour faire suivre leur commande au chef étoilé. Comme la première fois, elle avait pratiquement disparu sans faire de bruit. De nouveaux seuls, Alessa et Joshua se dévorèrent mutuellement du regard sans ressentir le besoin de prononcer un seul mot. C’était ce genre de moment intime, d’échange secret, où un silence valait bien mieux qu’un long discours. Alessa souriait tant des yeux que de la bouche. Son cavalier avait cet effet sur elle. Dès qu’il tournait la tête dans sa direction, pour la couvrir du regard, elle ne pouvait se retenir de sourire, c’était plus fort qu’elle. Elle n’avait aucun pouvoir sur cette réaction physique. Mais cela ne la dérangeait pas tellement. Car chaque fois qu’elle souriait, Joshua souriait à son tour et ce spectacle valait son pesant d’or. Alors à quoi bon vouloir réfréner cette pulsion plus que bienvenue ?

Au bout d’un long moment, Alessa finit par décrocher son regard de Joshua. Elle ne voulait surtout pas mettre le jeune homme mal à l’aise en le fixant trop longtemps. Quand bien même il avait des yeux on ne peut plus magnifiques, ce n’était pas une raison valable pour le dévorer trop longtemps du regard. Aussi décida-t-elle de porter son attention sur la baie vitrée et la vue qui s’étendait au-delà. Bien qu’il fît à présent nuit au dehors, la baie vitrée ne renvoyait en aucun cas la lumière provenant de l’intérieur du restaurant. C’est ce qui arrivait pourtant en temps normal. Les rayons se reflétaient à la surface du verre et créaient un effet « miroir ». Dès lors, il devenait pour ainsi dire impossible pour une personne se trouvant à l’intérieur de voir ce qui se passait à l’extérieur. La vitre avait dû être traitée de sorte que ce ne soit pas le cas, afin que les clients du restaurant puissent de tout temps profiter de la vue. Celle-ci était vraiment à couper le souffle. Alessa avait eu beau se faire déjà cette remarque à deux reprises, elle ne put s’empêcher d’y penser une troisième fois, mais à voix haute cette fois.

— Cette vue est vraiment incroyable, souffla Alessa, émerveillée. C’est comme avoir tout New Jericho étendu à nos pieds, tel un tapis de lumière. (Elle leva les yeux vers la voûte céleste.) Et ce ciel étoilé…

Quittant des yeux le panorama, Alessa reporta son attention sur le Ministre. Un nouveau sourire étira ses lèvres lorsqu’elle se rendit compte qu’il la fixait en silence. Elle décida alors d’entrer dans le vif du sujet et de soutirer autant d’informations que possible à son cavalier.

— Alors, Monsieur le Ministre, parlez-moi un peu de vous, dit-elle en se penchant légèrement en avant sans vraiment s’en rendre compte. (Une réaction inconsciente. Le fait de se pencher vers la personne avec qui l’on discutait trahissait un vif intérêt pour celle-ci. Le langage du corps était celui de la vérité.) Que pouvez-vous me dire sur vous ? J’aimerais en apprendre plus sur l’homme qui se cache derrière le masque du politicien ; cet homme dont j’ai déjà eu un vague aperçu lors de notre précédent tête à tête informel, à la clinique. Dîtes-m’en plus au sujet de ce… Joshua.

Volontairement cette fois, Alessa avait prononcé le nom de Joshua en y mettant autant de sensualité que possible sans pour autant chercher à paraître vulgaire ou trop entreprenante. Elle avait juste joué la carte de la séduction. Et cherchant à accrocher le regard de son cavalier, un nouveau sourire fleurit sur ses lèvres quand enfin elle plongea les yeux dans les prunelles océan du politicien.


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MessageSujet: Re: [18+] Un oiseau tombé du ciel   Mar 11 Nov 2014, 22:18
Un oiseau tombé du ciel
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Tout comme Joshua, Alana décida de prendre le fameux menu "platine", se fiant aux goûts du ministre pour faire son choix, qui se releva probablement judicieux au vu de la réputation que la série de plats avait. Même si elle n'était pas particulièrement amatrice de la cuisine galarienne, celle-ci préféra faire confiance à son cavalier, ce qui flatta quelque peu le concerné, encore une fois. L'Asari était de toute évidence sous le charme de l'Humain, rougissant à chacun de ses compliments et lui jetant très régulièrement des coups d'œil pour l'admirer, comportement que Joshua avait remarqué peu de temps après s'être assis à la table, mais qu'il donnait l'illusion de ne pas remarquer, s'arrangeant pour toujours regarder ailleurs lorsqu'elle déposait son regard d'améthyste sur lui, juste pour lui laisser le plaisir de le dévorer du regard, chose qui plaisait au politicien, qui ne manquait pas de lui retourner la pareille lorsqu'elle admirait la vue sur New Jéricho ou que son attention était prise par quelque chose d'autre. Il ne se lassait pas d'admirer la perfection des traits de la femme, si gracieux et régulier, dénué de toute impureté et au maquillage délicatement posé. Et ce n'était pas sa race qui la rendait belle comme elle l'était, c'était quelque chose qui lui était propre. En comparaison, l'Asari qui avait pris leur commande était bancale. Certes élégante et agréable à l'œil comme bien d'autres, mais pas comme l'était Alana. Elle avait quelque chose de plus, un charme qu'il ne pouvait définir, une délicatesse physique et cet air faussement innocent qui cachait en réalité une prédatrice féline et probablement pleine de surprises. C'était probablement ce qu'il aimait le plus chez elle, le fait de sentir qu'elle était tout sauf fragile, mais qu'elle était en réalité une femme pleine de ressources et de secrets ; cela lui donnait un air presque menaçant, mais ô combien plaisant. Simple, mais raffinée, elle provoquait chez le ministre un désir qu'il n'avait pas ressenti ainsi depuis plusieurs années. Elle éveillait le fauve qui se cachait en lui, ses instincts les plus primitifs s'agitaient, sans toutefois le perturber ; ce n'était que les prémices d'une attirance physique particulière pour la femelle.

Alana parlait, s'émerveillait face à la beauté du paysage qu'offrait le restaurant sur New Jéricho et ses environs montagneux, la pression atmosphérique de la planète n'étant pas idéale pour établir des colonies au niveau de la mer. L'effet que Joshua avait cherché faisait visiblement effet, ce qui lui fit plaisir. Il avait pris du temps pour choisir l'établissement où les deux adultes passeraient leur soirée, il avait tenu à ce que cela soit mémorable, et il était bien connu que la vue de quelque chose de magnifique s'encrait mieux dans la mémoire que tout autre chose. Il avait fini pas trouver ce restaurant très coté, offrant un diaporama tout simplement enchanteur, et il n'avait pas hésité. Il avait pris la réservation et avait insisté sur son intention d'obtenir une table à côté de la baie vitrée, volonté qui lui fût accordée, et qui se révélait avoir visé juste.

Mais Alana reporta brusquement son attention sur Joshua, le surprenant alors qu'il l'admirait discrètement. Elle voulait qu'il parle de lui, elle voulait mieux le connaître, chose qui confirma son intérêt pour lui... à moins de cacher un ennui qu'elle tentait de combler en entamant une discussion. La question prit quelque peu au dépourvu le ministre, qui, sur le coup, ne sut trop quoi répondre. Il ne s'était jamais estimé comme étant une personne intéressante. Il avait eu une vie normale, au sein d'une famille certes riche, mais banale, avait grandi au sein des Etats Nord-Américains Unis, où il avait suivit une éducation normale, dans une école normale, avant d'entamer des études de science politique, désirant devenir un politicien plus tard, chose qu'il était devenu. Il avait fondé une famille, mais les conséquences de la Grande Guerre l'avaient détruite, même s'il avait gardé contact avec son ex-femme et entretenait de bonnes relations encore avec elle. Non vraiment, si Alana pensait que l'homme qui lui faisait face était intéressant, elle se trompait et allait être déçue si elle cherchait à se divertir.

- Oh vous savez, il n'y pas grand-chose d'intéressant à dire à propos de moi, répondit-il avec une moue dubitative. Ce n'est pas que je n'ai pas envie d'en parler, mais cela risquerait de vous ennuyer au plus haut point, car, même si je suis Ministre de la Défense, je n'en reste pas moins une personne banale ayant suivi un cursus banal. J'ai grandi sur Terre, avec mon grand frère, mort pendant la guerre, j'ai eu une enfance paisible et heureuse au sein d'une petite famille bourgeoise et je suis le père d'un enfant de douze ans dont la mère s'est totalement désintéressée de moi à cause de certaines choses que j'ai faite. Désolé de vous décevoir.

On apporta le vin, qui demanda alors l'attention de Joshua, qui dut le goûter pour confirmer son achat. On lui versa un fond de verre, dont il remua le contenu, avant de le porter aux lèvres et boire le liquide bleuâtre. Il était parfait. Sucré et doux, avec ce goût particulier des raisins bleus de Thessia, c'était un choix de qualité, reflété par le prix de la boisson, exorbitant, mais dans le budget du ministre. Il confirma son choix au serveur, qui servit complètement son verre cette fois-ci, et celui d'Alana. Une fois à nouveau seul, l'homme reporta son attention sur sa cavalière.

- Et vous, Alana ? demanda-t-il. Qu'y-a-t-il de beau à raconter sur vous ? Vous m'avez l'air d'être ce genre de personne ayant vécu de nombreuses choses, surtout avec l'espérance de vie de votre espèce. J'aimerais mieux connaître cette femme qui me flatte la rétine depuis que je l'ai rencontrée.

Joshua commençait de moins en moins à dissimuler son attirance pour la femme. A quoi bon ? Si cela se trouvait, cela allait peut-être lui rendre service ! Car au fond, il ne se le cachait pas : si passer une soirée avec elle le mettait déjà d'une humeur particulièrement positive, il n'était pas contre l'idée de faire plus que simplement manger dans un restaurant bourgeois, au fond, il espérait que cela aille plus loin. Ce désir n'était pas seulement motivé par ses seuls instincts de mâle, mais également par le fait que l'Asari lui plaisait beaucoup, plus qu'aucune autre femme ne lui avait plu avant cela. Ce n'était pas simplement pour l'amusement, ni même pour assouvir ses besoins, mais aussi parce que quelque chose, au plus profond de lui même, s'était ravivé, cette quête d'unification avec une personne spéciale, ce désir de partage qui s'était étouffé lorsqu'il s'était séparé de sa femme, événement qui l'avait quelque peu brisé. Alors pourquoi pas ? C'était une renaissance.



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MessageSujet: Re: [18+] Un oiseau tombé du ciel   Jeu 13 Nov 2014, 23:01
Alessa avait de toute évidence pris le jeune homme au dépourvu en cherchant à en apprendre plus sur lui. Il ne savait pas quoi répondre et semblait chercher ses mots. Alessa avait froncé les sourcils et avait commencé à craindre le pire. Elle avait peur d’avoir posé l’une de ces questions qui fâchent et qui n’ont pas leur pareille pour gâcher l’ambiance. Venait-elle de plomber le dîner sans le vouloir ? Elle espérait bien que non. Pas alors qu’elle était en si galante compagnie.

— Oh ! s’exclama-t-elle face à la réaction de son compagnon. Je suis désolée. Si j’ai dit quelque chose qu’il ne fallait pas, veuillez m’excuser. C’est juste que…

Mais elle n’eut pas le temps d’achever sa phrase. Joshua s’empressa de la rassurer en disant :

— Oh vous savez, il n’y a pas grand-chose d’intéressant à dire à propos de moi. (Joshua fit une moue, ce qui inquiéta quelque peu Alessa ; même si elle n’en laissa rien paraître.) Ce n’est pas que je n’ai pas envie d’en parler, mais cela risquerait de vous ennuyer au plus haut point, ajouta-t-il comme s’il venait de lire dans les pensées de sa compagne, car même si je suis Ministre de la Défense, je n’en reste pas moins une personne banale ayant suivi un cursus banal. (Cela, Alessa refusait d’y croire.)
— Ce n’est pas possible, se permit-elle de le contredire d’une petite voix. Vous n’avez rien de banal.

Alessa sourit de nouveau et ses joues se remirent à la picoter légèrement, signe qu’elle recommençait à rougir. Décidément, elle avait passé l’âge de se comporter comme une adolescente. Et pourtant, elle ne pouvait pas s’en empêcher. C’était plus fort qu’elle. Elle se fit toutefois violence pour ne pas perdre une miette de la suite de la conversation. Joshua s’ouvrait à elle et elle voulait tout savoir de lui.

— J’ai grandi sur Terre, avec mon grand frère, mort pendant la guerre, poursuivit le politicien. (Alessa sentit son visage se fermer en apprenant que son compagnon avait subi la perte d’un proche lui aussi. Elle comprenait mieux que quiconque la douleur qu’on pouvait éprouver à la mort d’un être aimé. Elle exprima donc ses sincères condoléances et invita Joshua à poursuivre.) J’ai eu une enfance paisible et heureuse au sein d’une petite famille bourgeoise, ajouta-t-il alors sur le ton détaché de la conversation, et je suis le père d’un enfant de douze ans dont la mère s’est totalement désintéressée de moi à cause de certaines choses que j’ai faites. (Il marqua une pause avant d’ajouter.) Désolé de vous décevoir.

Alessa secoua vivement la tête et assura à Joshua qu’il n’avait pas à être désolé de quoi que ce soit.

— Au contraire, poursuivit-elle afin de rassurer son compagnon, je suis contente que vous ayez partagé un peu de votre vie avec moi. Et je ne suis pas déçue. Ce que je viens d’apprendre en révèle beaucoup sur l’homme que vous êtes. Vous êtes donc papa ? D’un petit garçon ou bien d’une petite fille ? Et quel est son nom ? (Alessa était véritablement intéressée par la question. Elle expliqua très vite pourquoi.) Vous avez beaucoup de chance, vous savez ? Moi-même je n’ai pas eu le plaisir de pouvoir expérimenter les joies de… comment dites-vous ? La maternité ? (Joshua hocha la tête.) Je n’ai pas eu cette chance ; et je le regrette beaucoup. (Sa voix se brisa net et un silence pesant s’abattit soudain sur la table tandis que le spectre de sa défunte épouse venait planer au-dessus de leurs têtes. Mais Alessa fit en sorte de se ressaisir rapidement avant de plomber l’ambiance pour de bon.) Je suis désolée. Je…

Elle n’eut jamais l’occasion de terminer sa phrase. Sauvée in extremis par l’arrivée du sommelier et du serveur, Alessa eut tout le temps de prendre une profonde inspiration pour calmer ses nerfs et faire en sorte de ne pas baisser sa garde. Elle passait un si bon moment qu’elle ne voulait pas gâcher ce dîner à cause de ses vieux démons. Cette fois, juste cette fois, elle désirait passer un moment agréable avec ce charment jeune homme qui semblait vraiment s’intéresser à elle. Était-ce donc trop demander ? Après toutes ces années de cavale, était-ce trop demander que de vouloir profiter de quelques heures de répit ? Elle espérait que non. Elle tenait vraiment à ce que cette soirée se passe dans les meilleures conditions.

Joshua avait l’esprit occupé ailleurs. Le sommelier était en train de lui présenter la bouteille de vin que le Ministre avait commandée. Il en versa d’ailleurs un fond dans le verre du politicien qui s’en saisit et le porta à ses lèvres pour goûter la savoir de la boisson. Il s’agissait d’un vin bleu de Thessia. Alessa ne put s’empêcher d’y voir un possible clin d’œil à ses propres origines. Qu’il s’agisse effectivement d’une tactique du ministre pour s’attacher sa sympathie ou non, Alessa devait admettre être touchée par ce clin d’œil. Cela faisait tant d’années déjà qu’elle n’avait pas remis les pieds sur sa planète natale. Mais c’est un risque qu’elle ne pouvait pas se permettre ; pas avec le gouvernement toujours à ses trousses. Pourtant, la Déesse savait combien son monde d’origine lui manquait. Elle souffrait dans le fond d’être ainsi contrainte à l’exil et de devoir vivre continuellement terrée en dissimulant sa véritable identité. Il ne s’était pas passé un jour depuis son départ de Thessia où elle avait pu vraiment être elle-même, et non un substitut lui servant de couverture pour se dissimuler au milieu des autres. Vivre ainsi était dur pour elle. Aussi était-elle heureuse de pouvoir profiter de cette soirée pour mettre de côté l’espace de quelques heures seulement ses vieux démons qui ne cessaient de la hanter continuellement. Mais de toute évidence, le destin en avait voulu autrement. Alessa soupira distraitement.

Joshua confirma son choix et le son de sa voix ramena Alessa sur terre. Reportant son attention sur lui, elle vit le serveur remplir le verre du politicien ainsi que celui de sa compagne avant de laisser le reste de la bouteille à leur entière disposition et de s’effacer en toute discrétion sans faire le moindre bruit. Le compagnon d’Alessa reporta alors son attention sur elle tandis qu’elle le dévorait une nouvelle fois du regard. Ils échangèrent un sourire tendre et sincère. Et ce qu’Alessa redoutait plus que tout advint.

— Et vous, Alana ? demanda alors Joshua en reprenant la conversation là où ils l’avaient laissée avant l’interruption du sommelier. Qu’y a-t-il de beau à raconter sur vous ? (Alessa détourna le regard en se sentant soudain mal à l’aise sur sa chaise.) Vous m’avez l’air d’être ce genre de personne ayant vécu de nombreuses choses, surtout avec l’espérance de vie de votre espèce. (Alessa reporta son attention sur Joshua en se contentant simplement de lui sourire comme pour donner raison à ses dires.) J’aimerais mieux connaître cette femme qui me flatte la rétine depuis que je l’ai rencontrée.

Pour la première fois depuis le début de la soirée, la tentative de séduction de Joshua tomba à l’eau. Il avait pourtant tout fait dans les règles de l’art pour arracher un nouveau sourire à sa compagne, ainsi qu’un rougissement pudique ; pourtant, Alessa ne réagit pas. Elle demeura là, pensive, le regard perdu dans le vide. Que répondre au juste aux questions du politicien ? Bien entendu, elle ne pouvait pas lui révéler sa véritable identité. Pourtant, la simple idée de devoir lui mentir et lui dissimuler la vérité sur ses origines était source de malaise pour elle. Ça la dérangeait de devoir mentir en fixant droit dans les yeux cet homme qu’elle ne connaissant pourtant que depuis une semaine. Mais que pouvait-elle faire d’autre ? Elle aurait aimé être sincère avec lui et pouvoir lui confier ses secrets les plus sombres et les moins inavouables ; hélas, elle devait faire passer la sécurité avant le reste. Elle avait été formée pour penser et agir ainsi. Quand bien même elle avait fini par se tourner vers la médecine pour absoudre ses péchés, elle n’en demeurait pas moins un soldat dans l’âme. Elle ne pouvait tourner le dos à toute une vie dédiée à la discipline et au combat sans en garder quelques restes bien malgré elle. Et les secondes qui continuaient de défiler tandis qu’elle tardait à répondre à son compagnon.

— Eh bien, finit par souffler la jeune femme, qu’y a-t-il de beau à raconter sur moi ? (Elle essayait tant bien que mal de gagner un peu de temps pour trouver un mensonge crédible.) Pas grand-chose. Pour être honnête avec vous, j’ai eu moi aussi une vie tout ce qu’il y a de plus banal et ordinaire. (Alessa dut se faire violence pour poursuivre sur la voie du mensonge.) Je suis née sur Thessia, poursuivit-elle sans oser croiser le regard de Joshua. Moi-même j’ai grandi dans une famille bourgeoise, mais cela s’était il y a bien longtemps. (Relevant les yeux vers Joshua, elle ajouta.) Et comme vous le dites si bien, c’est en effet vrai : je suis le genre de personne à avoir expérimenté bien des choses. J’ai touché un peu à tout, avant de finalement me dédier entièrement à sauver des vies. C’est pour cela que je suis ici, sur Joab ; je me trouvais dans un système voisin quand j’ai appris pour l’attaque des Moissonneurs et les dégâts causés à cette colonie. Dès la fin de la guerre je suis venue ici pour tâcher d’aider ceux qui étaient dans le besoin. Et j’ai fini par m’attacher à cette planète. Douze ans déjà que je vis ici.

Alessa se tut finalement et s’efforça de sourire pour dissimuler sa gêne. Mais son sourire sonnait faux. Elle s’en voulait de ne pas pouvoir être plus honnête avec Joshua. Quand bien même elle ne connaissait le politicien que depuis une semaine, elle se sentait suffisamment en sécurité à ses côtés pour pouvoir le laisser entrevoir toute la noirceur qui régnait au fond de son cœur. Pourquoi au juste ? Elle n’aurait pas su le dire. Une question d’instinct sûrement. Alessa savait depuis longtemps qu’elle pouvait lui faire aveuglément confiance. Jamais il ne l’avait déçue et jamais il ne l’avait trompée. De toute évidence, même si elle ne savait pas grand-chose sur lui, Joshua semblait à ses yeux quelqu’un digne de confiance. Mais cela ne l’avait pas empêché de lui mentir en le regardant droit dans les yeux et en lui livrant juste assez d’informations vraies pour rendre son récit crédible. Elle avait honte. Tellement honte.

Un silence pesant finit alors par s’installer à table. Le premier depuis longtemps. Et cela ne fit rien pour mettre Alessa à l’aise. Tout était de sa faute. Peut-être ferait-elle mieux de partir tant qu’il était encore temps. Ses yeux se tournèrent vers la sortie et elle envisagea un instant de se précipiter à l’extérieur. Fuir était certainement ce qu’elle savait faire de mieux. Néanmoins, elle n’en fit rien. La douce voix de Joshua attira de nouveau son attention et elle se laissa complètement charmer quand elle plongea les yeux dans ses prunelles si bleues et si envoûtantes.


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MessageSujet: Re: [18+] Un oiseau tombé du ciel   Dim 16 Nov 2014, 18:26
Un oiseau tombé du ciel
"...Lorsqu'un ange perd ses ailes..."

Malgré la normalité de la vie de Joshua, Alana se montra reconnaissante envers son cavalier d'avoir partagé avec elle des détails sur sa vie, même si cela s'était montré quelque peu maigre, ayant pu en dire plus sur sa personne que ce qui avait été raconté déjà, mais n'étant pas particulièrement emballé par l'idée de diriger la discussion sur ce chemin, n'estimant pas son parcours des plus glorieux et intéressant. Mais le détail qui retint l'attention de l'Asari fut celui que le Ministre de la Défense était père d'un enfant, sur lequel elle posa plusieurs questions, semblant particulièrement intéressée par le sujet. Elle avoua avoir voulu en avoir un elle-même, mais n'avait pas eu la chance de rendre ce vœu réalité, ce qui la bouleversa et manqua de la faire pleurer, ce qui fit lever des questions à l'homme, qui, dans sa tête, tenta déjà à trouver la cause de sa tristesse. Stérile ? Porteuse du gène Ardat-Yakshi ? Divorce ? Ou peut-être même pire, la perte de son ou sa compagne... Par politesse et respect de sa vie privée, Joshua ne demanda pas à Alana ce qui la mettait dans cet état, mais il était évident qu'il s'agissait de l'origine d'une blessure profonde dans l'esprit de l'Asari, qui ne s'était apparemment pas refermée ; on disait que le temps cicatrisait toutes les blessures, mais pour certaines personnes, il se montrait plus lent que pour d'autres. D'une certaine manière, le ministre pouvait relativiser, ayant connu cela avec la perte de son frère, mais les Humains avaient cette capacité à se remettre de leurs émotions beaucoup plus vite que les Asaris, qui, de par leur longévité, fonctionnaient beaucoup plus lentement. D'une certaine manière, il trouvait que c'était quelque chose de fort handicapant, mais d'un autre, il se disait que tout était proportionnel à la durée de vie, et que du point de vue des native de Thessia, c'était les Terriens qui étaient tout simplement dénué de pitié et d'empathie, tout comme on pouvait penser les Galariens cruels pour se remettre si vite de leurs émotions. C'était naturel et il ne fallait tout simplement pas juger ceux qui avaient la malchance de souffrir, il fallait compatir à leur sort et les aider, si possible à tourner la page, ou les soutenir moralement. Dans le cas de Joshua, il ne pouvait malheureusement pas prétendre à faire une telle chose ; il ne connaissait pas Alana si bien que ça et ne pouvait pas devenir son confident du jour au lendemain, c'était une besogne qui incombait les amis, ce qu'il n'était pas. Il se contenta d'afficher une moue compatissante, avant de répondre aux questions de la femme.

Mais elle fut interrompue par l'arrivée du serveur, ce qui l'empêcha de fondre en larmes et lui permit de se concentrer sur autre chose, se changer les idées. De son côté, Joshua goûta le vin bleu de Thessia qu'il avait demandé, avant de confirmer sa décision et laisser les verres de la table se faire remplir. Il appréciait particulièrement ce breuvage asari pour son goût sucré et doux, ce qui en faisait plus un vin à consommer pour les desserts, mais l'homme n'apportait pas vraiment d'importance aux conventions, il préférait se faire plaisir, plutôt que faire plaisir aux traditions. S'il aimait quelque chose, il ne s'en priverait pour rien au monde. Il attendit que le serveur place la bouteille dans une cuve remplie de morceaux de glace, dans le but de garder la boisson fraiche, puis reporta son attention sur Alana.

- Il s'appelle Eliot et c'est un vrai cancre, répondit-il, avant de poser sa main sur celle de sa cavalière et lui dire. Vous n'avez pas eu cette chance, pas encore. Vous êtes encore jeune, pour une Asari, vous avez encore des siècles à vivre, qui seront remplis d'opportunités de rattraper le temps perdu.

Puis il changea de sujet, ne désirant pas transformer la conversation en thérapie psychologique, il y avait mieux à faire et le ministre ne tenait pas à voir la femme fondre en larmes à cause de lui, le sujet lui était de toute évidence trop sensible. C'est pourquoi il retourna la question originelle d'Alana contre elle, dans le but d'en savoir un peu plus sur elle. Cependant, sa réponse fut des plus étranges, paraissant honnête d'un côté, mais également obscure, presque inventée sur le coup. Son regard fuyait dans un premier temps celui de Joshua, lorsqu'elle décrit son passé comme étant banal également, et son discours manqua de conviction, avant de se raffermir lorsqu'elle évoqua la variété d'expériences qu'elle avait vécue, et ce jusqu'à son arrivée sur Joab, douze années plus tôt. Le ministre en conclut que l'Asari cachait la nature de son passé et ne désirait pas le partager avec son cavalier, sans doute n'étant pas fière de celui-ci, ou le fuyant. Avec l'espérance de vie de son espèce, il était certain qu'elle avait dû vivre une grande quantité d'événements, expérimentant de nombreuses choses, étant témoin d'une tonne d'autres. Joshua décida de laisser passer ce détail, ne désirant pas forcer la femme à parler de quelque chose qu'elle ne voulait pas partager, il respectait sa vie privée, et si elle désirait lui cacher son passé, elle devait très probablement avoir ses raisons, qu'il respecterait. Il était un peu vexé, mais au fond, elle ne le connaissait pas bien, elle n'allait pas se confier à lui dès leur premiers rencart.

- Je vois, je vois, mais vous me permettrez de douter de la banalité de votre vie, avec des siècles de vie, on en voit des choses ! dit-il avec un sourire. Et si nous dégustions ce vin en attendant la suite ?

Accompagnant le geste à la parole, il leva son verre en direction de l'Asari. C'était là une tradition purement humaine, mais Joshua était confiant qu'Alana la connaisse, après douze années à fréquenter les enfants de Gaïa.


***


Le couple sortit du restaurant le sourire aux lèvres, la tête tournant quelque peu à Joshua, qui avait oublié que le vin bleu de Thessia, bien que doux  et  sucré au palais, était plus alcoolisé que la plupart des autres boissons du genre, ayant une teneur de 18%, ce qui était presque de l'alcool, et non-plus du vin. Après un copieux repas composé de plats tout simplement excellents et ayant largement convaincu le ministre sur la qualité des menus du restaurant, il était temps de rentrer, surtout qu'il se faisait tard. Précise comme une montre suisse, Hannah attendait les deux adultes sur le parking aérien du bâtiment. Joshua l'avait chargée de ramener Alana à Larson, pour qu'elle puisse retourner chez elle en toute sécurité et assez rapidement, mais, alors qu'ils s'approchaient de la navette, une idée, née de la brume qui envahissait l'esprit du ministre, jaillit, folle et fort intéressante. Elle ne semblait pas raisonnable, mais l'homme n'était pas d'humeur à être raisonnable. Pourquoi l'être alors que rien ne le retenait ? Y avait-il une raison, autre que le bon sens, qui pouvait le pousser à se retenir ? Il avait beau chercher, il n'en trouvait pas, ce qui était pour lui le signe qu'il pouvait le faire. Il se tourna donc vers l'Asari, accrochée à son bras, et lui dit, alors qu'ils étaient encore à plusieurs mètres du Kodiak.

- Et si nous allions prendre un dessert dans mes quartiers ? demanda-t-il, une lueur malicieuse dans les yeux. Larson est loin, je ne suis pas sûr que vous ayez le temps de rentrer avant qu'il ne soit vraiment tard !

Ramener l'Asari chez lui n'était sans doute pas la meilleure idée qu'il ait eue de la soirée, mais Joshua n'en avait que faire. Il voulait s'amuser et ne se priver d'aucun plaisir.



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MessageSujet: Re: [18+] Un oiseau tombé du ciel   Lun 17 Nov 2014, 22:07
N’était-ce pas quelque peu paradoxal de vouloir en apprendre plus l’autre sans pour autant vouloir se livrer soi-même et partager avec lui ses plus sombres secrets ? C’est pourtant la situation dans laquelle se trouvait Alessa actuellement. Elle désirait en apprendre plus sur le jeune homme qui lui faisait ainsi de l’œil ; elle voulait apprendre à le connaître autrement que sous son masque de Ministre et d’homme important. Néanmoins, elle ne pouvait se résoudre à être entièrement honnête avec lui étant donné le passé pour le moins chaotique qui était le sien. Elle ne pouvait se permettre de prendre le risque de lui révéler qui elle était et ce qu’elle avait fait de bien ou de mal dans sa vie ; ce serait mettre sa sécurité en péril par caprice. Mais le mal était déjà fait.

Sa première erreur avait justement été de questionner son compagnon sur sa vie privé à lui. Ce à quoi il avait répondu qu’il n’y avait pas grand-chose à savoir. Il avait perdu son grand frère au combat durant la guerre contre les Moissonneurs – nouvelle qui avait attristé Alessa. Pour avoir elle-même perdu un être cher, elle savait à quel point il pouvait être difficile de tourner la page. Elle lui avait alors exprimé ses sincères condoléances en ne pouvant s’empêcher d’avoir un pincement au cœur en repensant à sa défunte épouse : Tarana. Mais ce ne fut rien en comparaison de ce qu’elle éprouva en apprenant que Joshua avait lui aussi été marié et qu’un enfant été né de cette union. Il avait beaucoup de chance ; et c’est ce qu’Alessa lui avait fait remarquer. Elle-même n’avait pas été autant gâtée par la vie. Tarana et elle avaient repoussé encore et encore le moment de concevoir un enfant car Alessa estimait qu’elles étaient encore trop jeunes pour devenir mères ; et le destin lui avait ensuite arraché son épouse, ainsi que tout espoir de pouvoir avoir un enfant d’elle. La vie pouvait être si amère parfois.

C’est la raison pour laquelle Alessa témoigna autant d’intérêt à propos de l’enfant de Joshua. Elle était en quelque sorte jalouse de lui et avait bon espoir qu’en en apprenant plus sur l’enfant en question, le trou dans sa poitrine disparaitrait pour un temps. Elle avait ainsi demandé à Joshua s’il avait un fils ou une fille et aussi quel était son nom. Son intérêt était sincère, mais il masquait avant tout la pointe de jalousie que la jeune femme ne pouvait s’empêcher d’éprouver. Après tout : lui avait pu jouir des joies de la paternité et pas elle. Ce n’était pas sa faute à lui ; mais pourquoi n’y avait-elle pas eu le droit elle aussi ? Elle aurait certes pu se trouver un autre compagnon – ou une autre compagne – mais personne n’avait jamais pu lui faire éprouver de nouveau ce qu’elle éprouvait du temps où elle était encore avec sa femme. Personne… jusqu’à Joshua. Mais de là à tirer des plans sur la comète, non. Ils venaient tout juste de se rencontrer et même s’il s’était livré à elle, elle ignorait pratiquement tout de lui. C’est juste qu’il était le premier Humain aux côtés duquel elle se sentait suffisamment en sécurité pour désirer lui confier ses plus sombres secrets. Mais peut-être faisait-elle erreur ? Mieux valait prendre son temps.

Ce fut à ce moment-là que le sommelier et un serveur les avaient interrompus. Repenser à Tarana et à cet enfant qu’elles n’avaient pas eu ensemble était un coup dur pour Alessa. Elle avait manqué perdre son sang froid devant Joshua. Elle devait à tout prix se ressaisir pour ne pas gâcher ce moment magique qu’ils passaient l’un en compagnie de l’autre. Aussi profita-t-elle que Joshua était occupé à valider son choix de vin pour remettre ses idées en place et se recomposer un visage serein. Une fois leurs verres remplis et les deux hommes partis, Joshua reprit la conversation là où il l’avait laissée.

— Il s’appelle Eliot et c’est un vrai cancre, plaisanta Joshua avec une pointe de fierté paternelle dans la voix. (Il tendit alors le bras par-dessus la courte distance qui le séparait d’Alessa et il posa sa main sur celle de sa compagne avant d’ajouter.) Vous n’avez pas eu cette chance, pas encore. (Sa voix était pleine de douceur et de compassion à l’égard de la peine qui affligeait la jeune femme.) Vous êtes encore jeune, pour une Asari, poursuivit-il sans se départir de sa tendresse, vous avez encore des siècles à vivre, qui seront remplis d’opportunités de rattraper le temps perdu.

Alessa acquiesça distraitement. Peut-être ne dirait-il pas cela s’il savait la vérité. Mais elle était touchée qu’il ait tenté de la consoler de son mieux. Ses paroles étaient réconfortantes et sincères. Hélas, Alessa doutait de pouvoir un jour fonder une famille. Du moins, pas compte tenu de sa situation actuelle. Elle était une fugitive activement recherchée. Ce n’était pas une vie ; du moins pas une vie propice à élever un enfant et à fonder un foyer. Ce serait égoïste de sa part et cela reviendrait à mettre inutilement en danger tous les gens qu’elle aime. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle limitait ses contacts sociaux au strict minimum et qu’elle ne fréquentait personne intimement. Elle s’efforçait de ne pas s’attacher au cas où elle devrait de nouveau fuir du jour au lendemain sans prévenir. Pourtant, douze ans s’étaient écoulés déjà et elle était toujours là. Aucun nuage sombre ni aucune menace à l’horizon. C’est pour cela qu’elle avait baissé sa garde et cédé aux suppliques de sa collègue. À cause de Lena, elle était en ce moment-même assise devant Joshua et se rendait compte qu’elle prenait beaucoup de plaisir à nouer des liens avec lui. Et pourtant…

La roue tourna quand Joshua retourna la question à Alessa. Que répondre, au juste ? Alessa éprouvait des remords à l’idée de mentir à son compagnon ; mais que pouvait-elle faire d’autre ? Elle ne pouvait pas lui dire toute la vérité. Aussi se contenta-t-elle de lui mentir en distillant juste assez de vérité dans ses propos pour ne pas qu’il suspecte quoi que soit. Mais le fait est que c’est à peine si elle parvint à se convaincre elle-même. Elle sentait qu’elle avait trop hésité et qu’elle s’était emmêlé les pinceaux. Elle était d’ordinaire plus douée que ça. Après tout, le mensonge était toute sa vie. Du temps où elle servait encore les Républiques asari de Thessia, elle était souvent envoyée en mission secrète aux quatre coins de la galaxie sous couverture pour infiltrer tel ou tel opposant ou espionner tel ou tel ennemi  à même de représenter un danger potentiel pour les intérêts asari. Parfois, c’est pour une mission d’assassinat que ses talents étaient requis. Elle était une arme mortelle opérant sous couverture dans pratiquement tous les cas. Mentir était une seconde nature chez elle. Et elle était douée pour ça. Et là, pourtant, elle avait lamentablement échoué. Quelque chose avait cloché, elle le sentait. Aussi fut-elle tentée l’espace d’un instant de prendre la fuite. Là aussi, c’était un domaine dans lequel elle excellait. Pourtant, elle ne se jeta pas sur la sortie. Elle ne bougea pas de sa place.

La voix de Joshua avait su retenir de nouveau son attention. Il dit :

— Je vois, je vois, mais vous me permettrez de douter de la banalité de votre vie, avec des siècles de vie, on en voit des choses ! (Il sourit. S’il se doutait de quoi que ce soit de la supercherie d’Alessa, il n’en laissa rien paraître.) Et si nous dégustions ce vin en attendant la suite ? proposa-t-il alors en prenant en main son verre rempli du liquide bleu à la saveur douce et sucrée.
— Avec plaisir, acquiesça Alessa en prenant son verre et en le faisant tinter contre celui de Joshua afin de trinquer dans les règles de l’art. Que cette soirée soit magique, ajouta-t-elle en portant un toast.

Au même instant, les premiers plats arrivèrent à table. Une entrée. Celle-ci était à base de poisson. La recette était à n’en pas douter galarienne. Mais Alessa ne se montra pas réticente à goûter à son plat. Comme dit plus tôt, elle faisait confiance au jugement de Joshua qui lui avait recommandé cette entrée. Y plantant donc sa fourchette, elle porta un morceau de poisson à sa bouche. Elle soupira de plaisir en sentant les différentes saveurs se répandre sur sa langue. Elle ferma les yeux et sourit.

— Un délice, souffla-t-elle en reprenant une autre bouchée, conquise.

***

Deux heures plus tard.

Alessa et Joshua sortirent du restaurant le sourire aux lèvres. Contre toute attente, et malgré la gêne, celle-là même qui avait manqué pousser Alessa à prendre la fuite, celle-ci trouvait que la soirée s’était très  bien passée. Elle ne regrettait rien du moment passé en tête à tête avec Joshua ; hormis bien sûr le moment où elle avait été obligée de lui mentir. Coïncidence ou non, Joshua n’avait pas cherché à en apprendre davantage. Il avait dévié la conversation sur quantité d’autres sujets plus banals les uns que les autres sans jamais chercher à revenir vraiment sur leur passé à tous les deux. Chose dont Alessa lui sut gré d’ailleurs. Ils avaient ainsi parlé du Joab d’avant la guerre et du Joab de maintenant ; ils avaient aussi parlé des Humains et des Asari en général ; de la bonne cuisine et du bon vin. Et aussi des étoiles. Bref, rien qui aurait pu pousser Alessa à envisager une seconde fois de fuir le restaurant et la compagnie de Joshua. Et voilà qu’était à présent venu le moment pour eux de se quitter. Joshua lui avait dit que la navette allait la ramener à Larson. Il n’avait pas l’intention de la laisser rentrer chez elle seule et par ses propres moyens. Il tenait à s’assurer qu’elle rentre saine et sauve.

Mais tandis qu’ils se dirigeaient vers la navette et la silhouette féminine de Hannah qu’Alessa voyait au loin, Joshua tourna la tête vers elle. Depuis l’instant où ils avaient vu Hannah, la conversation et les rires s’étaient tus. La présence de la militaire était la preuve vivante que la soirée touchait malheureusement à sa fin et cela avait quelque chose de triste et exaspérant. Ce n’était pas du tout contre elle, mais tout de même. Sa présence était dérangeante. Alessa était accrochée au bras de Joshua, la main en contact avec son biceps. Il lui demanda alors :

— Et si nous allions prendre un dessert dans mes quartiers ? (La lueur malicieuse qui brilla un instant dans ses yeux ne pouvait laisser planer de doute quant à la nature de ce « dessert ».) Larson est loin, ajouta-t-il pour donner plus de poids à son argumentation, je ne suis pas sûr que vous ayez le temps de rentrer avant qu’il ne soit vraiment tard !

Alessa ne se fit aucune illusion sur la proposition de Joshua. Elle se doutait qu’il attendait d’elle quelque chose qui ne nécessitait pas forcément le port de vêtements. L’idée en elle-même était tentante, mais pouvait-elle se permettre de se laisser aller à succomber à la tentation ? Cette soirée était déjà parfaite comme ça. Et Joshua qui semblait en avoir un petit coup dans le nez ; rien de bien méchant, non, mais suffisamment pour que l’alcool ait levé ses inhibitions avant de le pousser à proposer à la jeune femme de venir prendre un second dessert chez lui. Pour sa part, Alessa avait les idées claires. Elle avait beau avoir bu autant de vin que Joshua, elle demeurait une Asari et ce vin était originaire de Thessia ; d’une certaine manière, elle était prédisposée à tenir mieux cet alcool que le jeune homme. Mais le savoureux nectar bleu avait également levé ses inhibitions à elle. La preuve : elle entendait la voix de Lena dans sa tête lui enjoindre de profiter de cette soirée. Et en acceptant la proposition de Joshua, c’est ce qu’elle ferait : profiter de la soirée, dans tous les sens du terme. Après tout, ils avaient passé un bon moment ensemble et ils étaient tous deux des adultes consentants. Qui plus est, cela remontait à plusieurs mois déjà - si ce n’est des années – depuis la dernière fois où Alessa avait succombé à ce genre de tentation. Alors pourquoi pas cette fois ? Pourquoi pas avec lui ? Il avait tout pour plaire à la jeune femme.

— Le gâteau au… comment appelez-vous ça ? Du chocolat ? (Elle hocha la tête.) Le gâteau au chocolat ne vous a-t-il donc pas suffi, Monsieur le Ministre ? Seriez-vous plus gourmand que je ne l’aurais cru ? (Alessa et Joshua n’avaient pas cessé de flirter tout au long de la soirée ; et au moment du dessert, la jeune femme l’avait laissé goûter le délice au trois chocolats qu’elle avait commandé. Il avait eu l’air de l’apprécier autant qu’elle.) Pour être honnête avec vous, je pense avoir encore un peu place pour une autre part de dessert. (Elle avait soufflé cela sur le ton de la confidence ; ses yeux brillaient avec autant de malice que ceux de son partenaire.) Et puis nous passons là un si agréable moment. Pourquoi vouloir y mettre un terme si vite ? Profitons-en encore un peu, qu’en pensez-vous ?

Alessa sourit à Joshua et lui fit un clin d’œil pour appuyer ses propos tandis qu’ils arrivaient au niveau de la navette. Hannah leur demanda alors s’ils avaient passé une agréable soirée et s’ils étaient prêts à rentrer. D’ordinaire, un tel comportement de la part d’un officier aurait été inadmissible ; mais Alessa savait que Hannah et Joshua étaient pratiquement amis. Elle ne se formalisa donc pas de la complicité de la jeune femme avec son supérieur. Mais elle laissa cependant Joshua de répondre à ses questions en se serrant un peu plus contre lui et en lui coulant un regard complice. Il fallait avouer que le temps s’était quelque peu rafraichi depuis leur arrivée au restaurant. Mais ce n’était pas à cause de cela que la jeune femme frissonnait. Était-ce le chocolat ? le vin ? ou la perspective d’une autre part de dessert qui la faisaient ainsi trembler d’excitation ? Peut-être était-ce les trois à la fois.


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MessageSujet: Re: [18+] Un oiseau tombé du ciel   Mer 19 Nov 2014, 20:09
Un oiseau tombé du ciel
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L'Asari donna son accord pour se rendre dans l'appartement du ministre, sous la couverture d'un second dessert, la gourmandise des deux complices n'étant pas satisfaite par la seule nourriture du restaurant qu'ils venaient de quitter, bien qu'elle fût excellente. Alana se prêta au jeu de Joshua, qui avait très bien compris qu'elle avait percé à jour ses machineries et la proposition suggérée par son invitation soudaine, qui ne laissait pas vraiment de doutes sur ses intentions, qui, de leur côté, soulevaient un certain désir auquel la femme n'était pas insensible et semblait même partager, ne souhaitant pas mettre fin à cette soirée qu'elle appréciait décidément beaucoup. L'étincelle qui brillait dans ses yeux suite aux paroles de l'Humain laissait clairement entendre qu'elle appréciait l'audace de son cavalier et se réjouissait de la suite, prête à passer à la suite de ce que ce rencart avait à leur offrir, ayant "de la place pour une autre par du dessert", qui, celui-ci, serait fait maison.

- J'ai toujours de la place pour le deuxième dessert, surtout en présence d'une appréciable compagnie, répondit-il avec un sourire aux commentaires de sa partenaire. Et puis je ne rate jamais une occasion de rendre une soirée plus agréable qu'elle ne l'est déjà...!

Joshua ne manquait effectivement jamais une occasion de s'amuser un peu, lorsqu'il pouvait. Alana avait été pour lui une femme des plus attirantes, dégageant une aura spéciale qui ne lui donnait qu'envie d'en savoir plus sur elle, de la découvrir. Sa beauté et son charme ne lui avait pas fait détacher son regard d'elle pendant tout le repas, il l'avait attentivement examiné, admirant ses traits réguliers et gracieux, faisant plaisir à sa rétine et, en contrepartie, ne faisant qu'augmenter son attirance physique pour elle, sans oublier l'alcool, qui éveillait ses instincts les plus primitifs, déjà quelque peu bouleversés dans leur sommeil par l'apparence de l'Asari, si plaisante. Il ne faisait aucun doute qu'il voulait dépasser l'étape du simple rencart et obtenir un peu plus qu'un simple souper dans un restaurant chic, et il ne se le cachait pas. A quoi bon se mentir à soi-même ? C'était là la meilleure manière de se priver de ce que l'on désirait réellement, il ne fallait jamais renier ses désirs, à moins qu'ils ne soient vraiment déraisonnables. Ici, il n'était pas sage de tenter quoi que ce soit avec Alana, mais il s'agissait plus d'un péché mignon que le sujet d'un scandale, il se permettrait donc de tenter le diable, surtout que le comportement de sa cavalière ne laissait pas de doute sur la mutualité du sentiment que ressentait le ministre.

C'est donc le sourire aux lèvres que Joshua rejoignit le Kodiak avec l'Asari, encore accrochée à lui et resserrant son étreinte à la vue d'Hannah, qui leur demandait comment s'était déroulée leur soirée, ce à quoi le ministre répondit qu'elle fut fort satisfaisante et la nourriture excellente. Puis ils s'installèrent à l'intérieur de la navette, avant que l'homme ne reprît la parole pour informer le pilote de directement se rendre à son appartement, plutôt que de faire le détour par Larson, suite à quoi il porta son regard au le hublot de la porte coulissante, cherchant à éviter le regard de son garde du corps, un peu honteux d'afficher de manière si évidente ses projets nocturnes. S'il savait qu'Hannah n'était pas le genre de personne à le juger, il ne pouvait s'empêcher de se gêner en ce genre de situation, il avait toujours cette peur irrationnelle qu'elle ne le juge et affiche sa désapprobation, et ce malgré le fait qu'elle ne fasse cela qu'en cas d'un comportement ou une décision réellement stupide et non-recommandable de sa part. Lorsqu'il revenait chez lui avec une invitée surprise, elle ne disait jamais rien, elle se contentait d'examiner méticuleusement du regard la concernée, afin de déterminer si elle représentait un potentiel danger pour son employeur, ou non. Elle ne s'opposait jamais à ce qu'il passe du bon temps avec de la compagnie féminine et, s'il se put qu'elle désapprouvât cela parfois, dépendamment de la partenaire de Joshua, elle ne le faisait jamais remarquer, n'estimant pas être de son ressort de juger l'homme, ou lui faire de reproche, et ce malgré leur amitié. Tout cela, le ministre en était parfaitement conscient et c'était bien là la raison pour laquelle il ne se laissait pas souvent dominer par ses instincts primitifs, préférant à tout prix éviter de décevoir Hannah, par peur d'être jugé. Cela le rendait plus raisonnable, d'ailleurs, et, en ce cas-ci, il n'avait pas peur de ramener Alana en ses quartiers. Cependant, il ne pouvait s'empêcher de regarder ailleurs qu'en direction de son garde du corps.

Le trajet, bien que court, se fit donc dans le silence, Joshua préférant garder tout ce qu'il pourrait dire à l'Asari pour eux deux, lorsqu'ils seraient seuls dans son appartement. Lorsque la navette se posa enfin sur le balcon de l'appartement, sorte de mini-parking pour privilégiés, les deux partenaires de crime sortirent et très rapidement laissé seuls, leur laissant le loisir de rejoindre les intérieurs de l'immeuble, où reposait l'antre du ministre, dont les lumières s'allumèrent à son approche, dévoilant un vaste appartement richement décoré dans un style sobre et moderne. En entrant, Joshua traversa le salon, invitant Alana à s'installer à son gré, et alla chercher deux verres, qu'il remplit de liqueur de pomme de Sur'kesh, une boisson sucrée et alcoolisée qu'il appréciait beaucoup pour son goût fruité et raffiné. Cela fait, après avoir enclenché une musique d'ambiance, il rejoignit l'énorme canapé circulaire qui trônait au centre de la pièce et tendit un des verres à l'Asari.

- Alors, madame la doctoresse, quel sera votre choix pour ce dessert ? demanda-t-il, l'air taquin.



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MessageSujet: Re: [18+] Un oiseau tombé du ciel   Jeu 20 Nov 2014, 19:28
La soirée touchait à présent à sa fin. Sortie du restaurant, Alessa frissonna au contact de l’air qui s’était rafraichi entretemps. La navette était en vue, non loin de l’entrée du très chic établissement dans lequel Joshua et elle venaient de passer un très agréable moment de complicité. C’est justement la direction dans laquelle ils avançaient ; droit sur la navette venue pour les récupérer et les ramener chez eux. Ils progressaient cependant d’un pas lent et mesuré. Ni l’un ni l’autre ne semblait vouloir que cette soirée s’achève de sitôt. Mais hélas, c’était inéluctable et ils ne pouvaient rien y changer : une fois qu’elle serait à bord de la navette et en route pour s’en retourner à Larson, tout serait terminé. Alessa avait passé un excellent moment, plus agréable encore qu’elle n’aurait pu imaginer. Elle avait trop longtemps redouté de se laisser aller et de profiter de l’instant présent. La faute à son instinct de préservation. La paranoïa aussi l’avait contrainte à se renfermer sur elle-même. Mais le fait est que dans tous les cas, cette soirée allait prendre fin bien trop vite à son goût. Elle aurait voulu que ça dure encore un peu.

Par chance, Joshua choisit cet instant précis pour lui faire une proposition pour le moins alléchante : en effet, il demanda à sa compagne si elle ne serait pas tentée par l’idée de prendre un « second dessert » dans ses appartements privés. Alessa n’était pas dupe. Elle se doutait bien qu’il n’était pas question de partager un véritable dessert au sens culinaire du terme. Mais était-ce bien raisonnable ? Ne serait-ce pas mettre la charrue avant les bœufs ? Elle avait passé un moment particulièrement agréable et aurait volontiers apprécié le fait de poursuivre l’entrevue dans un lieu plus intime ; mais n’était-ce pas jouer avec le feu et risquer de mettre en péril cette relation naissante ?

La vérité lui était alors apparue claire comme du cristal : personne n’était en mesure de prédire ce dont demain serait fait ; aussi valait-il mieux profiter de l’instant présent tant que cela était encore possible. Elle était d’ailleurs bien placée pour le savoir. Ses beaux projets de carrière et de vie de famille avaient tous volé en éclats en une fraction de seconde le jour où sa vie avait complètement basculé. Peut-être était-ce un peu pessimiste de sa part de voir les choses sous cet angle : mais qui sait si demain Joshua et elle seraient encore de ce monde ? Le Ministre était passé à deux doigts de succomber à un attentat contre sa personne voilà tout juste une semaine et elle-même était en cavale depuis plusieurs années et pouvait soudain voir débarquer du jour au lendemain un commando d’élite venu pour la ramener à la maison. Qui sait donc si cette nuit ne serait pas la seule qu’ils pourraient passer ensemble ?

Alessa avait l’esprit vif et toujours en alerte. Toutes ces pensées se bousculèrent dans sa tête le temps que Joshua et elle parcourent à peine quelques mètres. Elle avait beau avoir consommé plus de vin que de raison, elle demeurait parfaitement maîtresse de chacune de ses pensées et de chacun de ses faits et gestes. Cependant, ses inhibitions levées par l’alcool, elle se laissa rapidement convaincre qu’il valait mieux profiter de cette opportunité tant qu’elle était encore d’actualité. La roue de Fortune pouvait tourner à tout moment sans prévenir et changer complètement la donne en un battement de cils. Il n’y avait donc pas de place pour la réflexion. Aussi Alessa avait-elle fait comprendre à Joshua qu’elle n’était pas contre l’idée de poursuivre la soirée en sa compagnie dans ses quartiers privés. Ce à quoi il avait répondu dans la foulée :

— J’ai toujours de la place pour le deuxième dessert, surtout en présence d’une appréciable compagnie. (Un sourire éloquent avait alors fleuri sur ses lèvres.) Et puis, je ne rate jamais une occasion de rendre une soirée plus agréable qu’elle ne l’est déjà…, ajouta-t-il en avouant sans détour à la jeune femme que lui aussi avait passé un très bon moment en sa compagnie.

Joshua et Alessa se retrouvèrent alors devant la navette où ils furent accueillis par Hannah. Celle-ci leur demanda s’ils avaient passé une bonne soirée. L’Asari estimant que ce n’était pas à elle de répondre à la question de la jeune femme, elle avait laissé le soin à Joshua de satisfaire la curiosité de la militaire. Après tout, ils étaient plus ou moins amis. Joshua était donc le mieux placé pour savoir ce qu’il était bon ou non de partager avec elle et ce qu’il valait mieux garder pour lui et sa compagne. Il lui répondit alors simplement que la soirée avait été fort satisfaisante et la nourriture excellente. Si Alessa fut surprise de le voir se contenter de si peu pour satisfaire la curiosité de son amie, elle n’en laissa rien paraître. Dans le fond, elle aurait probablement agi de la même manière si Lena lui avait posé la question tout de suite après qu’elle fut sortie du restaurant ou eut fait ses adieux à Joshua. Question d’égoïsme ; et l’envie de garder pour soi-même quelques heures encore les souvenirs d’une soirée particulièrement agréable.

Joshua proposa alors sa main pour aider Alessa à monter à bord du Kodiak. Puis il la rejoignit et Hannah ferma la marche en verrouillant le sas derrière elle. Alessa reprit la place qu’elle avait occupée à l’aller. Et Joshua demanda alors au pilote de les emmener directement à son appartement au lieu de faire un détour par Larson. Alessa, qui venait de croiser le regard de la militaire assise en face d’elle, sentit alors ses joues s’empourprer. Tout comme Joshua, elle détourna les yeux pour fuir le regard de Hannah et se retrouva soudain à contempler avec intérêt la poignée de la porte du Kodiak. Si Joshua pouvait se sentir quelque peu gêné d’avoir sans le vouloir exposé à son amie ses projets intimes pour la nuit, pourquoi Alessa rougissait-elle ? Elle n’avait rien fait de mal et n’avait de surcroît rien à se reprocher. Joshua et elle étaient deux adultes consentants. Ils n’avaient pas à se justifier devant Hannah. Cependant, depuis le début de la soirée, la jeune femme avait endossé sans le vouloir le rôle de chaperon et cela lui donnait une aura maternelle teintée d’autorité. Alessa se serait cru revenue trois-cents ans auparavant, quand elle avait commencé à flirter avec les jeunes de son âge et que son père avait vu d’un très mauvais œil qu’on vienne tourner ainsi autour de sa fille adorée. Un sourire se dessina sur les lèvres de l’Asari à ce bon souvenir. Comme cette époque bénie de la Déesse lui manquait…

Bien que le trajet fut court, les quelques minutes qui furent nécessaires pour rallier l’hôtel dans lequel séjournait Joshua depuis quelques jours s’écoulèrent dans un silence quasi religieux. L’ambiance était si tendue qu’Alessa n’osa même pas bouger sur son siège de peur qu’un bruit aussi infime que celui du frottement de sa robe sur le métal ne les assourdisse en les prenant soudain par surprise. Elle ne chercha même pas à échanger un regard avec Joshua. Si elle s’y était risquée, il lui aurait d’abord fallu croiser celui de Hannah ; et malgré plus de trois-cents ans de différence d’âge avec la militaire, Alessa n’avait pas osé prendre un tel risque. Mais heureusement pour elle, le supplice prit fin rapidement.

La navette finit par décélérer et vint se poser sur le balcon d’une haute tour dont la plupart des niveaux étaient occupés par une célèbre chaîne d’hôtels de luxe répartis un peu partout dans l’espace concilien. Le Gouverneur n’avait pas fait les choses à moitié en accueillant le Ministre de la Défense sur sa colonie le temps que celui-ci règle les différentes affaires urgentes concernant les menaces de sécession dont Joab avait fait mention quelques semaines auparavant. À peine la navette posée, le sas du Kodiak s’ouvrit et un air frisquet pénétra à l’intérieur de l’habitacle en faisant de nouveau frissonner Alessa. Joshua ne perdit alors pas une seconde : il remercia le pilote et sa garde du corps avant de sortir de l’appareil en proposant de nouveau sa main à Alessa pour l’aider à descendre la marche haute. Quand elle fut enfin sortie du Kodiak, Alessa se retourna et remercia à son tour les deux militaires pour leurs services. Puis la porte du Kodiak se referma et la navette disparut rapidement dans la nuit.

— Enfin seuls, souffla Alessa d’une petite voix en sentant l’air mordre les parties à nu de son anatomie.

Joshua l’invita alors à le suivre à l’intérieur où il faisait bien meilleur. Alessa ne se fit pas prier. Et tandis que les lumières s’allumaient d’elles-mêmes à l’approche du Ministre, elles dévoilèrent aux yeux de la jeune femme un appartement fort luxueux à la décoration sobre et moderne. Une décoration somme toute splendide mais typique des hôtels. On aurait presque pu se sentir chez soi s’il ne manquait pas à la décoration cette petite touche personnelle rappelant tant la chaleur d’un doux foyer : des photos de famille disposées ici ou là dans la pièce pour la rendre plus vivante et gommer cet effet « catalogue ». Mais l’illusion était pratiquement convaincante. Alessa était sous le charme.

Dès qu’ils eurent pénétré à l’intérieur de l’appartement, Joshua invita Alessa à faire comme chez elle et à se mettre à son aise. Puis il s’éclipsa quelques instants. Arpentant seule le vaste salon avec vue sur la lumineuse ville de New Jericho, Alessa finit par se rabattre vers un imposant sofa circulaire trônant au centre de la pièce. Le canapé était confortable à souhait. En attendant que Joshua la rejoigne, la jeune femme continua de balayer du regard les environs. Ses yeux se posèrent alors sur une cheminée dans laquelle se consumaient des bûches en bois. Elle se laissa ensorceler un instant par les flammes venant lécher la vitre transparente ; jusqu’à ce que Joshua revienne et s’installe près d’elle sur le canapé. Il lui présenta alors un verre contenant une mystérieuse boisson transparente qu’elle porta délicatement à ses narines pour en humer la saveur. De la pomme, reconnut-elle. Certainement une liqueur galarienne dont ces derniers étaient très friands. Bon choix de la part du Ministre.

— Alors, madame la doctoresse, quel sera votre choix pour ce dessert ? demanda le politicien, taquin, en se mettant à son aise sur le canapé.
— Eh bien, tout dépendra de ce que vous avez à me proposer, Monsieur le Ministre, répondit à son tour la jeune femme en se calant dans le fond du canapé et en croisant les jambes avant de porter son verre à ses lèvres. (Un sourire malicieux se dessina un instant sur ses douces lèvres avant que le verre ne le fasse disparaître. Mais le sourire malicieux perdura dans les yeux de l’Asari qui n’attendait plus qu’une chose : que Joshua prenne l’initiative de faire le premier pas.)


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MessageSujet: Re: [18+] Un oiseau tombé du ciel   Lun 24 Nov 2014, 19:31
Un oiseau tombé du ciel
"...Lorsqu'un ange perd ses ailes..."

Ce fut avec un sourire plein de malice qu'Alana accepta le verre que lui tendait son cavalier, tout en répondant, sur le ton du flirt, que ses envies pour le second dessert dépendraient des offres de l'homme, laissant clairement entendre qu'elle était disposée à diriger la soirée dans une direction bien précise et atteindre une étape supérieure, qui décidément plaisait au ministre, qui n'allait pas ralentir la machine, déjà lancée. Non, changer d'avis tout à coup, alors qu'il avait ramené sa cavalière dans ses quartiers, se serait se défiler et faire preuve d'une lâcheté qu'il n'était pas prêt à assumer et qui ne lui ressemblerait pas, en plus d'être un manque flagrant de politesse et de respect pour l'Asari. Il s'était mis dans cette situation lui-même, avec la participation de la charmante compagnie qui l'accompagnait, et irait jusqu'au bout des choses, aussi peu raisonnable cela pût être. Et puis il était à noter qu'il était libre de s'amuser avec qui bon lui semblait, qu'il était un adulte indépendant et autonome qui ne devait rien à personne et qui n'allait en tout cas pas se priver de plaisir, surtout lorsqu'il était question d'une Asari telle qu'Alana, qui, bien que totalement différente des femmes qu'il avait coutume de côtoyer, était des plus charmantes. La simplicité et la modestie avaient toujours été pour les des facteurs clés de son attirance pour les femmes ; il n'avait que peu d'intérêt pour la superficialité et l'extravagance, qu'il voyait comme une tentative de combler un manque de profondeur de la personne. Il préférait celles qui ne se couvraient pas d'apparats et de maquillage pour se faire belle, celles qui n'avaient pas à simuler une intelligence qu'elles ne possédaient pas pour se rendre intéressantes, celles qui ne riaient pas faussement aux plaisanteries pour contrefaire un humour dont elles étaient dépourvues, celles qui restaient fidèles à elles-mêmes et étaient pourvues de véritables qualités. Alana faisait partie de ces femmes que Joshua admirait tant et qui étaient si rares à trouver dans la société qu'il avait à fréquenter tous les jours, source d'une solitude dont il se laissait et qu'il était prêt à combler dès qu'il trouvait l'une de ces perles rares dont il se languissait, et c'était également là la raison de sa témérité en cette situation, étant allé jusqu'à ramener l'Asari à son appartement, sachant pertinemment que leur monde respectif les séparaient impitoyablement et que c'était là leur unique chance de partager un moment qui n'aurait jamais eu lieu sans les circonstances qui les avaient mené à se trouver. Il savait parfaitement qu'une fois son séjour sur Joab terminé, il ne reverrait sans doute jamais sa cavalière, c'était inévitable et cela l'attristait, tout en lui donnant une raison supplémentaire d'aller au bout de son ambition en cette soirée, qui ne se répéterait fatalement pas. Le monde était certes interconnecté grâce à la technologie dans lequel il baignait, mais la distance aurait raison de la relation qui pouvait naître de cette nuit, il n'en doutait pas. Cependant, en cet instant précis, où le temps lui semblait avoir perdu son cours, il ne désirait pas penser à ce que demain lui réservait ; il préférait se focaliser sur l'instant présent et consumer les plaisirs que pouvaient lui partager cette femme qu'il admirait. La fatalité de leur situation était regrettable, mais il était certain qu'Alana ne se faisait pas d'illusion non-plus, et que le sentiment qu'il ressentait était partagé.

Le Ministre de la Défense tourna alors le dos à la femme, non pas pour l'ignorer, mais pour se diriger vers la baie vitrée à laquelle faisait face le large canapé de cuir noir qui ornait le salon de la suite où logeait l'homme. Depuis là, deux vues s'offraient à lui. L'une dévoilait New Jéricho, affichant dans le noir ses tours lumineuses, devant lesquelles passaient d'autres points de lumière, émanant des véhicules circulant dans la ville. Quoique moins prenante qu'au restaurant elle était tout aussi agréable à voir, et, d'une certaine manière, relaxante, ce qui conférait une ambiance décontractée à la pièce, ce à quoi s'ajoutait la musique d'ambiance activée par le soin du locataire. Et la seconde n'était d'autre que le reflet de l'Asari, sur lequel son regard se portait de temps à autre, ne pouvant se détourner trop longtemps. Joshua avait en tête de faire mijoter un peu le plat, avant de le goûter, il ne tenait pas à se jeter dessus comme un malpropre sans éducation le ferait, non, ce ajouter une fausse note à la sonate qu'était cette soirée.

- J'ai un large choix de desserts à proposer, mais, dans l'immédiat, il n'y en a qu'un qui ne me fasse de l'œil, dit-il simplement, le regard rivé sur la ville, sirotant sa liqueur.

L'homme se retourna lentement et, d'un pas au rythme calculé pour ne pas être trop rapide, il se rapprocha du canapé sur lequel siégeait encore l'Asari, visiblement en train d'attendre que la suite des événements se déroule. Elle tenait de toute évidence à ce que son cavalier fasse le premier pas. Après des années de vie commune avec des Humains, la voici qui se comportait comme l'une des femelles des natifs de la Terre, attendant que le mâle fasse le travail, joueuse d'esprit et donnant la fausse idée de ne pas être entreprenante. Cela convenait à Joshua, qui n'allait pas se plaindre de la tournure de la soirée ; Alana était là, clairement décidée à obtenir plus qu'un simple rencart, et cela lui suffisait amplement pour le mettre de bonne humeur, pour jouer le jeu qu'avait lancé sa cavalière, conséquence de sa propre audace. Atteignant sa destination, il s'assit sur le sofa, posant son verre sur la table basse qui le côtoyait, et s'adossa au dossier du meuble, juste à côté de la femme. Une fois installé, il se tourna vers son invitée et l'observa, admirant une nouvelle fois ses traits. Ses yeux passèrent sur son visage, appréciant la délicatesse des courbes qui le formaient, notant les détails de sa peau, semblant douce et veloutée, observant son nez droit et régulier, bordés de pommettes équilibrées et rebondies juste comme il fallait, avant de se reposer sur ses lèvres pulpeuses et humidifiées par la liqueur qu'elle buvait, surplombant un petit menton arrondi et mignon. Puis il planta son regard de cyanite dans celui d'améthyste de l'Asari, se délectant de la couleur pourpre dont il était doté.

- J'ai fait mon choix, finit-il par souffler, avant d'embrasser la femme doucement.



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MessageSujet: Re: [18+] Un oiseau tombé du ciel   Ven 28 Nov 2014, 15:20
Joshua ne resta pas très longtemps aux côtés d’Alessa. Il venait de lui servir sa liqueur en lui demandant par quel genre de dessert elle pourrait être tentée. Alessa lui avait répondu que son choix dépendrait de ce qu’il avait à lui proposer. Le politicien s’était contenté de lui tourner le dos avant de s’éloigner de quelques pas. Pourquoi n’avoir rien répondu ? Alessa aurait été bien en peine de répondre à une telle question. Peut-être cherchait-il une réponse suffisamment bien tournée pour lui faire comprendre ce qu’il avait en tête sans pour autant risquer de la choquer ou de heurter ses sentiments. Ou peut-être, mais cela elle en doutait, ne savait-il tout simplement pas quoi répondre. Toujours est-il que Joshua se dirigea vers la baie vitrée et qu’il observa un moment la vue qui s’offrait à lui en demeurant pensif. De là où elle était installée, Alessa l’observa à son tour en silence.

La jeune femme avait passé la soirée à dévorer son compagnon du regard à la dérobée. Même si cela elle ne s’en doutait pas, Joshua le savait et en avait d’ailleurs tiré profit tout au long de leur dîner. Mais le fait est que le jeune homme n’en demeurait pas moins un très beau spécimen. Oui, il fallait admettre que Joshua était très bel homme. Mais Alessa ne s’était pour le moment contentée de voir en lui qu’un galant compagnon, un individu plaisant et charmant avec qui elle avait passé une bien agréable soirée. Le fait est qu’à présent qu’elle se trouvait ici en sachant pertinemment ce qui allait advenir, elle voyait à présent en cet homme un amant potentiel ; et ce faisant, elle le découvrait en quelque sorte sous un nouveau jour : son regard ne se contentait plus seulement de le dévorer pour le simple plaisir des yeux. La jeune femme ne pouvait s’empêcher à présent de déshabiller mentalement son compagnon afin de mettre en lumière les points forts de son physique ô combien attrayant. La largeur de ses épaules et la forme athlétique de son corps. Mais surtout, ses fesses fermes qu’elle dévorait toujours du regard en sirotant sans bruit son divin cocktail. Elle aussi trouvait la vue à son goût. Joshua n’était pas le seul.

Pensive également, Alessa entrevoyait déjà vaguement ce qui pourrait advenir de cette soirée ; et cette pensée suffit à elle seule à lui donner des frissons. Resserrant sa main sur son verre, la jeune femme se fit violence pour prendre une grande inspiration et refroidir ses ardeurs. Elle n’était pas une sauvage ; ni une prédatrice. C’est le plaisir des sens qu’elle recherchait et celui aussi d’une agréable compagnie. Elle se devait de rester maîtresse de ses pulsions et de ses instincts. Elle valait mieux que ça.

C’est à ce moment-là que Joshua, sans quitter la baie vitrée des yeux, lui lança :

— J’ai un large choix de desserts à proposer, mais dans l’immédiat… (Il se retourna lentement, sirotant toujours sa liqueur.) Il n’y en a qu’un qui me fasse de l’œil.

Le politicien accrocha le regard de sa compagne avant d’avancer d’un pas calculé dans sa direction. La jeune femme ne le quitta pas des yeux et sentit son cœur battre de plus en plus rapidement à mesure que le Ministre se rapprochait d’elle. Joshua finit par s’asseoir sur le canapé ; suffisamment près de sa partenaire pour que celle-ci puisse humer le doux parfum de son aftershave. Et se débarrassant de son verre, le politicien finit par s’enfoncer à son tour au fond du sofa pour se mettre à son aise.

Alessa ne l’avait pas quitté des yeux un seul instant depuis qu’il s’était de nouveau intéressé à elle. Et tout en sirotant sa liqueur du bout des lèvres, elle lui offrit un de ses sourires radieux quand elle le vit se tourner vers elle et l’observer en silence sous toutes les coutures. Alessa subit ce bref examen sans rechigner. Elle-même ne pouvait s’empêcher de laisser son regard courir sur la mâchoire carrée de son compagnon ; sur ses lèvres rosées dont les commissures frémissaient sous les assauts de cette tension  palpable dont Alessa elle aussi était la proie ; ou encore l’arrête droite de son nez dont les ailes frémissaient au rythme de sa respiration rapide et saccadée. Alessa sentait que le moment où son partenaire allait faire le premier pas était proche maintenant. Ce n’était plus qu’une question de secondes.

Distraitement, elle leva son bras gauche et posa le coude sur le dossier du sofa avant de tendre la main vers la tempe droite de son compagnon. Ses doigts glissèrent alors dans les cheveux de l’Humain sans rencontrer la moindre résistance. Joshua avait les cheveux doux. C’était plaisant de les caresser.

Et quand Alessa croisa de nouveau le regard azur du politicien, elle vit au fond de ses prunelles l’instant fatidique où celui-ci lâcha la bride à toute forme de retenue. Une fraction de seconde plus tard, ce fut comme dans un rêve. Un rêve éveillé.

— J’ai fait mon choix, souffla-t-il en avançant les lèvres et en déposant un tendre baiser sur celles de sa compagne.

Le temps parut alors suspendre momentanément sa course. Leurs lèvres scellées, les secondes s’écoulèrent en silence sans que ni Joshua ni Alessa ne tentent de mettre un terme à cet échange. Le contact était doux et tendre. Plaisant. La main qu’Alessa avait glissée dans les cheveux de son compagnon glissa vers l’arrière de sa tête avant de l’attirer un peu plus vers elle. Et sans décrocher ses lèvres de celles du politicien, Alessa reprit son souffle et Joshua et elle partagèrent ensemble la même bouffée d’oxygène. La jeune femme prit ensuite l’initiative du second baiser. Et leurs salives s’entremêlent tandis que leurs langues s’effleuraient timidement, se découvrant l’une l’autre dans une étreinte torride.

Au bout de quelques instants, Alessa mit fin à cette étreinte. Mais son visage demeura tout près de celui de Joshua ; si près même qu’elle put encore sentir son souffle chaud sur ses lèvres humides. Sans même regarder ce qu’elle faisait, la jeune femme se débarrassa alors de son verre encombrant en le déposant au bord de la table basse. Elle porta ensuite sa main à présent libre sur la joue chaude de son partenaire qu’elle effleura du bout des doigts. Et tout en souriant, elle dit :

— Au risque de me répéter : je n’ai pas regretté de vous avoir fait confiance au restaurant ; là encore, je ne regrette pas non plus de vous avoir laissé choisir. Vous avez très bon goût, Monsieur le Ministre.

Un nouveau sourire fleurit sur les lèvres de l’Asari quand elle se rendit compte du double sens que ses paroles pouvaient avoir. Effectivement, Joshua avait très bon goût au sens figuré ; mais également au sens propre. Elle s’en lécha d’ailleurs distraitement les lèvres avant de se mordre celle inférieure avec un éclat de malice dans les yeux. Puis tout en prenant une courte inspiration, elle avança une nouvelle fois les lèvres très légèrement, laissant ainsi à Joshua le choix de combler ou non le maigre espace qui les séparait l’un de l’autre. Le jeune homme ne put résister à la tentation et il appuya ses lèvres contre celles de sa compagne et ils échangèrent l’un l’autre un nouveau baiser langoureux.

Les doigts d’Alessa continuèrent de courir dans les mèches de cheveux de Joshua ainsi que sur sa joue. Celle qui balayait son cuir chevelu descendit lentement sur sa nuque où l’Asari ressentit les picotements électriques en provenance du système nerveux de son partenaire. Ces minuscules décharges électriques la firent frissonner tandis qu’elle continuait de descendre sa main en épousant la courbe des épaules du politicien avant de poser sa main à plat sur sa poitrine dans laquelle battait son cœur. Les battements étaient rapides et sourds. Un cœur fort et endurant. Et chaud sous la paume de la jeune femme qui ne décollait pas ses lèvres de son amant. Et les secondes qui défilaient toujours en silence.

Puis prise d’une envie soudaine qu’elle ne put réprimer, Alessa mit fin au baiser langoureux et se recula lentement de Joshua en se passant de nouveau la langue sur les lèvres et en haletant légèrement. Avec des mouvements et des gestes graciles et voluptueux, elle se leva du canapé et tourna le dos à Joshua avant de lui demander – en le regardant du coin de l’œil par-dessus son épaule :

— Pourriez-vous m’aider à… (Elle n’acheva pas sa phrase. Ce n’était pas nécessaire. La fermeture éclair de sa robe était suffisamment éloquente pour que le politicien comprenne ce qu’elle attendait de lui.)

Effectivement, la tenue portée par Alessa était très près du corps et limitait grandement ses gestes et ses mouvements. Si elle voulait pouvoir agir à sa guise, elle allait d’abord devoir se libérer de l’étreinte de la robe. Et une petite voix soufflait à Alessa que le Ministre ne verrait aucun inconvénient à ce qu’elle se mette « à son aise ». Et justement : Alessa entendit Joshua se lever du sofa et elle sentit une fraction de seconde plus tard sa main sur sa peau quand il fit glisser très lentement la fermeture éclair jusqu’au creux de ses reins en effleurant très chastement la peau de sa compagne.

Libérée du vêtement encombrant qui tomba en tas à ses pieds, Alessa se retourna vers Joshua avant de le repousser sur le canapé. Puis lentement, elle s’avança de nouveau vers lui en ondulant du bassin et des hanches comme une sirène cherchant à envoûter son partenaire ; puis le chevauchant, Alessa vint s’asseoir sur ses genoux avant de prendre son visage entre ses deux mains et de river ses yeux dans les deux saphirs qui ne cessaient de la dévorer du regard depuis qu’elle avait dévoilé toutes ses formes en ôtant sa robe contraignante. Avançant finalement les lèvres, la jeune femme embrassa de nouveau le Ministre avec une passion dévorante et énivrante.


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[18+] Un oiseau tombé du ciel

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