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 Par delà la chair

Shura Fender

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Shura Fender
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MessageSujet: Par delà la chair   Par delà la chair Icon_minitimeLun 30 Sep 2019, 01:20
► █ Date : 6 Octobre 2204 RP Tout public
Audrey Bayard ♦️ Shura Fender
Par delà la chair


「 Par delà la chair 」
Shura flottait. Ses mains s'étendaient vers le néant, comme tentant de s'accrocher à un support invisible qui ne venait jamais. Ses longues jambes s'étiraient dans le vide sans jamais croiser le moindre obstacle, la moindre résistance. Son corps cambré semblait planer telle une spirale, ses long cheveux noirs suivant le mouvement, le sublimant presque.

Mais plus que tout, Shura jubilait. Elle était enfin libérée des lois physiques, laissant s'échapper un ronronnement de bonheur alors que plus aucune tension ne venait tirer sur son corps épuisé. La douleur qui l'avait étreint à chaque inspiration un peu trop longue les jours précédents avait complètement disparu en l'absence de gravité. Et elle ne portait absolument rien, refusant de gâcher cette sensation par simple pudeur. Il n'y avait en cet instant rien d'autre que ses sens et le vide qui l'entourait.

De nouvelles marques récentes étaient venues se greffer sur le corps de la furie, apportant à sa féminité cette robustesse qui la caractérisait tant. Des zones de peau fraîche recouvraient les endroits de son corps qui avaient été irradiés et une plaie récemment refermée paradait au niveau de ses hanches. Des traces flagrantes qui allaient perdre de leur éclat avec le temps avant de totalement disparaître, comme absorbés par cette peau qui refusait de céder et les muscles tendus qui roulaient en dessous.

La furie ouvrit les yeux, accueillie par les ténèbres dans sa petite cabine, une obscurité à peine dérangée par l'unique fenêtre de l'endroit qui laissait passer quelques timides rayons de lumière. Ces derniers allaient se perdre dans les recoins sombres dans la pièce ou sur les formes de Shura, tentant d'apporter lueur dans l'antre du démon. Effort futile, il n'y avait qu'une seule entité dans cette galaxie qui en avait le pouvoir et elle avait déjà vendu son âme à la furie... Et son corps aussi. Un sourire vint étirer les lèvres de la succube à cette pensée.

Posant ses pieds sur l'une des parois, la N7 se propulsa sur l'autre extrémité de la cabine et posa sa main sur la fenêtre, contemplant le vide stellaire qui se trouvait de l'autre côté. Une étoile bien plus proche que les autres brillait au milieu du néant intersidéral, un astre que l'humaine avait appris à bien connaître au cours des semaines qui avaient précédées. Son éclat était partiellement masqué par Jörmungand, une très ancienne dyson sphere qui entourait son étoile d'accroche tel un gigantesque anneau. Structure sur laquelle l’œil avait jeté son dévolu, et le théâtre impuissant des violents affrontements qui l'avaient opposé au Conseil. Même à cette distance, son état détérioré était parfaitement perceptible.

La carte stellaire qui avait mené l’expédition de Shura dans ce système des mois plus tôt n'avait pas été retrouvée par hasard. Elle avait été soigneusement placée sur leur chemin par la Matriarche, celle dont la grande famille avait fondé l’œil, des millénaires auparavant. Elle avait fait parti des quelques matriarches choisies pour quitter Thessia vers les étoiles, et également de celle qui n'en étaient jamais revenues. Perdue dans les tréfonds galactiques, sa soif de technologie n'avait été motivée que par un seul et unique désir, surpasser l'organique pour atteindre l'immortalité.

Des motivations bien différentes de l’œil moderne qui vénérait la technologie telle une religion. Et c'était bien pour cela qu'elle avait amené le Conseil jusqu'ici, cherchant à reprendre le contrôle de l’œil à Évangile une fois ce dernier affaibli par les conciliens. Bien des combats eurent lieu, opposant la Matriarche, les loyalistes d’Évangile et les forces de Shura. Lorsque les renforts de la Hiérarchie avaient débarqué, la furie avait ordonné le bombardement de toutes les zones habitables de la structure, scellant la fin de son combat contre Évangile.

L’œil avait perdu, Jörmungand saignait et les forces conciliennes déployées dans l'espace frontalier pansaient leurs plaies. Et pourtant, alors que Shura contemplait tout cela de loin pendant son rétablissement, elle savait très bien que tout n'était pas encore terminé. Il lui restait une dernière chose à faire, un objectif pour lequel elle ne pouvait demander de l'aide à aucun de ses hommes.

Une mission qu'elle allait devoir accomplir en solitaire. Mais c'était bien là sa spécialité, opérer des combats à mort dont personne ne connaîtrait jamais l'existence dans les coins les plus reculés de la galaxie, seule face à ses peurs, loin de la gloire, de l'honneur ou de toutes ces conneries dont les militaires raffolaient. C'était sans doute pour ça qu'elle avait conservé sa place au sein de l'UCIP, même après les événements d'Inveraray ou même maintenant que sa relation avec le Triumvirat se trouvait au plus bas. Elle était un élément récalcitrant, mais si difficile à remplacer.

La furie se mit à sourire en repensant à la nonchalance avec laquelle elle avait fait ses derniers rapports à l'amirauté... Quand elle avait daigné leur répondre. Elle n'en avait tout simplement plus rien à branler de l'UCIP.

Elle s'était tant sentie trahie lorsqu'elle avait découvert qu'on lui avait collé une enquête sur le dos, lui retirant les pouvoirs de son rang et l'envoyant dans l'espace Frontalier pour l'isoler en attendant de régler son cas. Une situation qui avait pourri tout le début de son voyage. Elle avait essuyé une tentative d'assassinat chez elle pour s'être frottée à des officiers corrompus, elle s'était démenée pour sauver l'une des chercheuses les plus précieuses de l'UCIP, retirant par la même la cellule de l’œil sur Terre, mettant fin au règne tyrannique d'une famille bien trop puissante, purgeant l'alliance de ses traîtres et diminuant la dangerosité des plus grands gangs des terres mortes, quoi de plus logique après tout ces efforts que de remettre sa loyauté en doute et de lui retirer ses pouvoirs ?

L'UCIP ne changeait au final aucunement des autres armées, la même hypocrisie suintante y stagnait. C'était même pire puisqu'elle n'avait de compte à rendre à aucun gouvernement, mais elle exerçait pourtant sa justice intérieure comme une armée régulière. Imperméable au changement, incapable d'autoriser les écarts justifiés, les sanctions tombaient comme dans une institution politique. Il valait mieux laisser les gens mourir tant que l'on respectait les règles. A vomir.

Et dire qu'elle s'était tant donnée pour tenter de redorer l'image de l'Unité, allant jusqu'à détériorer ses relations avec son propre père.

Shura ne pouvait pas quitter l'UCIP, elle n'avait nul part ailleurs où aller, sa seule réelle porte de sortie demeurait l'invitation chez les spectres. Pouvoir accéder à une liberté inconditionnelle, pouvoir agir sans que personne ne puisse le lui interdire, pouvoir prendre les décisions elle même sans avoir à passer par des septuagénaires bien trop véreux. Elle savait pertinemment qu'il aurait été bien plus intelligent de continuer à se comporter comme un officier supérieur docile, agir dans les règles et bouffer la chatte de Sira pour pouvoir obtenir son invitation. Mais ce n'était pas dans la nature de la furie que de refréner ses pulsions, même alors qu'elle était pleinement consciente que cela mettait son avenir en péril.

D'une impulsion, elle s'écarta de la fenêtre afin de reprendre sa méditation flottante. Elle avait des affaires plus urgentes que l’ego froissé de quelques amiraux.

***

#5 jours plus tard

L'élastique claqua avant de finalement épouser la forme sur laquelle il se trouvait. Shura vint recouvrir ses longues jambes d'un pantalon noir moulant surplombé par une chemise dans les mêmes tons. Elle ajusta son décolleté en s'observant une dernière fois dans le miroir. Une mèche blonde glissa pour couvrir son œil gauche et la furie la rappela à l'ordre d'un mouvement de la main.

Changement d'éclat pour l'humaine qui se retrouvait désormais avec une toison dorée sur le crâne, un rien pour la rendre plus facilement méconnaissable. Mais même ainsi, l'allure ténébreuse qui l'accompagnait en permanence ne la quittait pas entièrement, les vêtements empruntés se trouvaient être particulièrement semblables à ses tenues habituelles pour son plus grand plaisir. Elle avait du mal à décrocher de ses habitudes et son comportement s'y collait d'ailleurs parfaitement.

Spoiler:
 

Même déguisé en ange, les cornes du démon restaient toujours visible.

Échangeant un clin d’œil avec son reflet, la furie quitta finalement sa chambre. Elle n'avait pas l'intention d'y retourner, son corps était presque entièrement remis et il était grand temps qu'elle remplisse son dernier objectif dans le secteur.

L'humaine se retrouva dans l'un des couloirs principaux d’Ascension. Un cargo abandonné recyclé en station spatiale de repos près des nouveaux relais, une tentative pour faire concurrence aux autres structures plus grosses qui s'étaient déjà bien installées dans l'Espace Frontalier. Voyageurs, militaires, entreprises, le trafic dans la zone était particulièrement dense et en attendant que les colonies grossissent, nombre de projets de ce genre fleurissaient un peu partout. La station était libre de toute juridiction mais la proximité des territoires conciliens dissuadait la racaille à y venir. Une petite milice engagée par le conseil des plus grosses entreprises d'Ascension suffisait à y maintenir un semblant d'ordre.

Malheureusement, le coup de poker s'était rapidement avéré foireux pour les fondateurs d'Ascension, le nouveau relais ne menait qu'à l'Abîme, un secteur galactique ravagé par la présence d'un trou noir, et l'autre système qui avait été découvert avait subit un conflit sanglant entre l’œil et le Conseil pendant les semaines qui avaient précédées. Si bien qu'au final la population de la station avait rapidement diminuée, de moins en moins de personnes venaient se perdre dans le « trou du cul de la Voie Lactée ».

Et c'est pourtant dans cet endroit entre tous que Shura fit une rencontre à laquelle elle ne s'attendait guère. Elle s'arrêta subitement devant l'accroche publicitaire d'un des rares restaurants de la station, haussant un sourcil. Ce n'étaient pas les néons violets hyperactifs qui avaient capté son attention mais bien ce qu'elle avait cru voir prostré à l'une des tables extérieures.

La furie opéra une marche arrière et il lui fallut quelque pas avant de retrouver sa vision initiale, lui confirmant bien l'impression qu'elle avait eu. Audrey se trouvait juste là, seule, contemplant son repas sans vraiment le voir. Il était étrange de la revoir en chair et en os, elle l'avait connu initialement comme une combattante ordinaire au sein de l'UCIP, limitant leur rapport au strict professionnel. Mais elle en avait une impression différente maintenant qu'elle connaissait sa relation avec Arcadia, et avec tout ce que la chercheuse avait pu lui raconter à son sujet.

Ces deux images de la même personne se superposaient donc pour donner un résultat assez particulier et au final la furie n'avait pas la moindre idée de ce que pouvait donner leur rapport. Elle regarda à gauche puis à droite avant de s'approcher de la jeune femme. Son objectif n'était de toute façon plus à la minute près, elle avait bien le temps de discuter avec une connaissance sur le chemin.

Shura posa son avant bras sur la tête d'Audrey.

Qu'est ce qui peut bien mener une fleur si fragile à venir se perdre dans un trou pareil, mh ?

La furie se faufila alors jusqu'à la place vide face à son interlocutrice, s'affalant dedans les jambes croisées.

C'est dangereux tu sais, il y a des prédateurs qui rôdent dans tous les coins. Et puis alors cette bouffe... Une vraie tentative de meurtre.








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MessageSujet: Re: Par delà la chair   Par delà la chair Icon_minitimeLun 30 Sep 2019, 18:51
Ascension. Un vieux débri à la dérive. Une épave à laquelle un jeune entrepreneur avait tenté de redonner une seconde jeunesse. L'idée avait du potentiel. Pendant quelques temps, celle qui s’était perdue à la lisière de l’espace frontalier avait même pu retrouver le sourire et la joie de sa jeunesse. Elle n’occupait certes plus sa vocation première, ayant, à la suite d’une défaillance, été abandonnée par ceux auquel elle avait dédié toute sa vie professionnelle, mais elle avait su retrouver une utilité dans la société. Ce patron débutant avait su voir au delà des apparences et faire ressortir le meilleur de cette carcasse sans but.

Mais le rêve n’avait duré qu’un temps. Comme toutes les illusions, il avait fini par s’évaporer. Ce que l’on aurait pu prendre pour une glorieuse renaissance n’avait finalement été qu’un sursaut de vie avant une seconde agonie. Tout le travail de rétablissement n’avait finalement été qu’une perte de temps. La reconstruction avait été basée sur une chimère. Sur la sensation trompeuse qu’il y aurait quelque chose de grand et de merveilleux qui donnerait sens à cette réanimation. Mais il n’y avait eu que du vide. Ou plus exactement, il n’y avait que des miettes du gâteau qui avait été promis. Et de fait, l’épave réssucitée avait recommencé à s’étioler, pour lentement redevenir un fantôme, pâle reflet de ce qu’elle avait pu être à son apogée.

En beaucoup de points, beaucoup trop peut-être, Audrey se reconnaissait dans ce vaisseau. Aussi ridicule que cela puisse paraître, elle ressentait une sorte de compassion pour cet amas de métal qui lui rappelait ses récents échecs personnels. Pour un peu, elle aurait presque pu se prendre d’affection pour ce mastodonte d’un autre temps.

Assise à la “terrasse” d’un restaurant de la station, la française fixait les rares passants sans vraiment les voir, un verre de rouge à moitié plein trônant devant elle. Perdue dans ses pensées, la jeune femme attendait l’arrivée de son assiette, bien qu’elle n’ait pas réellement faim. Il fallait bien se nourrir...

Cela faisait trois jours que la châtain était arrivée sur Ascension. Cela lui avait semblé être un bon endroit pour trouver des pilotes peu regardant sur leur destination et leur marchandise. Bien sûr, elle aurait pu en trouver des dizaines à Tortuga, mais l’ancienne flic ne tenait pas à engager des grands criminels. Elle avait juste besoin d’un chauffeur pour l’emmener dans un secteur interdit. Une petite entorse qui ne ferait courir à son auteur qu’un risque d’amende. Et quoi de mieux qu’un point de ravitaillement à l’agonie pour trouver des capitaines sans emploi et désespérément à la recherche d’une course ?

Mais visiblement, ça n’était pas si évident qu’elle le pensait. Peu de spatiaux s’étaient finalement échoués ici. Et la plupart de ceux qui passaient avait déjà un itinéraire prédéfini et des horaires qui ne permettaient pas vraiment de faire un détour. La terrienne se retrouvait donc coincée ici jusqu’à l’arrivée de la prochaine navette en direction de l’espace concilien. Ou jusqu’à l’apparition d’une personne pouvant lui rendre le service qu’elle demandait.

Toujours songeuse, l’ancienne lieutenant lâcha un remerciement mécanique lorsque le serveur déposa devant elle son assiette de spaghetti carbonara. Après quelques secondes, elle se décida finalement à y goûter. Dégueulasse… Enfin, ça n’était pas pire que des rations militaires. Ca aurait eu du mal en même temps. Tandis qu’elle se forçait à enfourner une autre fourchette, la concilienne regretta qu’il n’y ait pas une succursale des Bouchées d’Ailleurs sur place. Au moins cela aurait-il été l’assurance d’une certaine qualité culinaire. Mais Scipio avait sans doute déjà suffisamment de problème pour en plus ouvrir une guitoune qui serait assurément déficitaire...

La française attrapa son verre de piquette et en bu une gorgée, avant de repousser d’un mouvement de tête la mèche qui lui revenait dans le visage. L’humaine avait abandonné sa mythique queue de cheval il y avait plus d’un mois déjà. Constatant qu’elle ne prenait plus le temps de se coiffer convenablement, elle avait opté pour une coupe plus courte, s’arrêtant au niveau de sa nuque. Ne pouvant plus attacher ses cheveux en raison de leur longueur, il n’était désormais pas rare qu’ils viennent la déranger.

Spoiler:
 

Alors qu’elle se repenchait sans grande conviction vers ce qui lui faisait office de repas, la jeune femme fut interrompue par une petite tape sur la tête, accompagnée d’une tirade qui sonnait comme l’amorce d’une drague lourdingue de la brute d’un mauvais holo.

- Qu'est ce qui peut bien mener une fleur si fragile à venir se perdre dans un trou pareil, mh ?

La personne à l'origine de cette question vint s'asseoir face à la châtain. En temps normal, cette dernière aurait sans doute invité relativement poliment son interlocutrice à la laisser tranquille, mais alors qu'elle s'apprêtait à le faire, elle eut un moment d'hésitation. Elle connaissait ce visage. Mais dans son souvenir, elle avait les cheveux bien plus sombre.

- C'est dangereux tu sais, il y a des prédateurs qui rôdent dans tous les coins. Et puis alors cette bouffe... Une vraie tentative de meurtre.

Tu ? A quel moment le vouvoiement avait-il été abandonné entre elles deux ? Audrey ne s’était jamais sentie spécialement proche de la N7. Leur rapport avait été limité à une stricte relation professionnelle. Certes, la française savait que la furie avait une relation avec Arcadia, mais la biotique et l’ancienne flic ne s’étaient jamais réellement rencontrées en dehors du travail. Cela dit, Bayard n’avait pas vraiment de problème avec le fait qu’une supérieure, ex-supérieure, la tutoie. Elle n’y était juste pas habituée.

- Colonel Fender ? J’ignorais que l’UCIP opérait dans la région. Vous avez changé de cheveux non ?

Sans vraiment attendre de réponse, la terrienne posa une seconde question, bien moins futile, avant de reprendre une bouchée de son plat.

- Vous êtes ici pour me ramener devant la cour ?

Sa voix était neutre, bien qu'un peu lasse, la française n'étant pas vraiment inquiète. Elle ne risquait pas grand chose, n'ayant encore rien fait de répréhensible. Et en y réfléchissant bien, il était peu probable que la gradée soit là pour ça. L'UCIP n'avait aucune raison de suspecter ce que la réformée prévoyait. Et quand bien même, le commandement n'aurait pas envoyé une militaire aussi aguerrie que Shura pour une tâche aussi insignifiante.



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MessageSujet: Re: Par delà la chair   Par delà la chair Icon_minitimeJeu 03 Oct 2019, 17:28
「 Par delà la chair 」
Un accueil protocolaire ? Certaines habitudes avaient la vie dure. La furie ne s'était cependant pas attendue à la question que lui posa Audrey, lui rappelant subitement les événements récents qui avaient conduit la châtain a se faire exclure de l'UCIP.

Ah oui, cette merde là.

La N7 fit un mouvement de la main, comme balayant une nuisance invisible. Elle n'y avait pas particulièrement pensé en ce qui concernait la jeune femme qui lui faisait face, mais il était tout à fait possible qu'Audrey nourrisse une rancœur envers l'Unité, voir envers elle même, l'une de ses supérieure qui l'avait plus ou moins mené sur cette voie.

Non je te rassure, je ne suis pas là pour ça. Et je ne pense pas que tu as le moindre soucis à te faire à ce sujet.

La furie se redressa sur son siège.

Je n'ai même pas pu participer au tribunal, on m'en a retiré les droits après les événements sur Terre avec Arcadia, tu sais.

Une affaire presque similaire au final. Une infraction des règles pour pouvoir sauver des vies, bien que Bayard avait eu plus de mal à conserver son sang froid, ne possédant pas la même expérience que la N7. Mais l'UCIP semblait apprécier alourdir ses sanctions sans raisons apparentes, souhaitant afficher une image impeccable et intransigeante après ses débuts foireux, au détriment de ses membres et de leur liberté d'action.

Shura aimait s'imaginer une situation où les amiraux se trouvaient en danger de mort, mais leur sauvetage nécessitant une grave infraction protocolaire. Quel plaisir malsain ce serait que de se soumettre aux règles rien qu'une fois.

Une réflexion intéressante par ailleurs, si Malnis s'était retrouvé à la place d'Arcadia en Écosse, sa réaction aurait-elle été différente ? Très sincèrement la furie l'espérait. L'hypocrisie égoïste était préférable à un robot sans émotions vivant pour le respect du protocole quitte à en mourir.

Je ne suis pas sûr que votre présence aurait changé grand chose. On a estimé que j'avais fait preuve d'une violence excessive et inadaptée à la situation. Un reproche qu'on vous a sans doute fait également après l'Écosse.


La nouvellement blonde releva la tête vers son interlocutrice, soufflant du nez.

Je m'en branle pas mal de leur morale à la con. Ils ne méritent pas le respect de ceux qui les suivent.

J'ignore s'ils méritent notre respect ou non. Je ne me pose pas la question. De vous à moi, je m'inquiète plus des faits que de la façons dont ils ont été jugés par des bureaucrates. Je pense que vous êtes probablement la mieux placée pour savoir que la réalité du terrain nous pousse parfois à faire des choix controversés. Et que c'est encore pire quand les sentiments s'en mêlent. Mais jusqu'à quel point la réalité du terrain peut-elle justifier nos actes ? Où se situe la limite entre la riposte proportionnée et la violence excessive ?

Et c'était bien là que l'inexpérience d'Audrey parlait pour elle. Des questionnements enfouis qu'elle n'avait pas déterré depuis la Grande Guerre, il y avait bien longtemps que de tels doutes ne tourmentaient plus la furie. Ils avaient été remplacés par des questions à la nature bien plus sombre. Mais c'était ainsi, vivre ses premiers théâtre d'opérations d'importance finissait toujours par mener sur ce chemin avant que la fatalité ne fasse évoluer, par la force.

Ça, c'est le genre de questions que tu finis par ne plus te poser avec l'expérience. A force de vivre toutes ces scènes tu finis fatalement par t'y habituer, par gagner en sang froid. Ça ne devient plus que ce que c'est censé être, un travail, et c'est beaucoup plus facile de simplement accomplir ta mission sans te laisser déborder par ce que tu ressens. Maintenant, savoir si tuer ces trois gars là au lieu de les capturer est justifié ou non, en dehors des paramètres de la mission, ça dépend de ton jugement personnel. Mais c'est le genre de décisions revenant à des officiers, des personnes qui ont vécu et subit suffisamment pour que l'on puisse faire confiance à la justesse de leur jugement.

C'est donc la raison pour laquelle vous avez toujours votre emploi et moi non ? Vous avez suffisamment enduré pour le conserver malgré votre transgression ?

Shura haussa un sourcil. Elle était donc bien là cette rancœur.

J'ai enfreint le règlement en lançant un assaut sur Terre sans l'aval de l'alliance, cependant je n'ai jamais perdu le contrôle de la situation, ni effectué d'actes déraisonnés par manque de sang froid, les deux raisons principales qui ont scellé ton exclusion.

Comprends bien que je trouve la sanction qui t'a été attribuée bien trop sévère. Mais la nature de nos deux "fautes" n'est pas comparable.


L'expression sur le visage d'Audrey changea légèrement. Était-elle vexée ? La furie ne souhaitait pas s'en faire une ennemie, mais si la jeune femme avait décidé de la haïr pour alléger sa peine, elle ne pouvait pas y changer grand chose. Il était difficile d'enterrer le passé, même avec l'âge, et Shura n'était certainement pas la mieux placée pour faire la morale à ce sujet.

La N7 laissa tomber sa tête en arrière, observant les néons violets qui illuminaient les étages supérieurs.

Et donc, que venez vous faire dans ce coin perdu ? J'imagine que vous n'avez pas fait le déplacement juste pour discuter avec moi de votre désapprobation quant à mon renvoi.


Quoi, ça ne te plairait pas que ce soit le cas ?

Sa tête roula en avant et son regard croisa à nouveau celui d'Audrey, un sourire étirant ses lèvres.

J'ai vu ta bouille au loin alors j'ai eu envie de venir te voir. Arcadia m'a pas mal parlé de toi, et le fait qu'elle te tienne en si haute estime me suffit pour savoir que tu es une femme appréciable.

Shura étira ses jambes et posa ses pieds sur la table.

Mais non en effet, je ne suis pas là pour ça. Il me reste quelque chose à faire dans le secteur avant de rentrer à la maison.

Observant la jeune femme qui lui faisait face, une idée germa soudainement dans l'esprit de la furie. Audrey n'était plus rattachée à aucune entité militaire concilienne et sa relation avec Arcadia ainsi que ses états de service étaient symboliques de la confiance qu'elle pouvait lui porter.

Tu as sûrement entendu parlé de tout le bordel autour de Jörmungand. Les forces conciliennes sont sur place pour traquer les poches de résistance, mais c'est une structure vraiment énorme, c'est une opération qui prend du temps.

La N7 jeta un discret coup d’œil alentour avant de continuer.

Il se trouve que je possède les coordonnées de l'emplacement de la technologie la plus précieuse de l’œil. Une machine qu'ils utilisent pour pratiquer ce qu'ils appellent « l’Élévation », un processus au cours duquel ils perdent à jamais leur corps organique.

A bien y réfléchir, il était fort probable que la châtain pense qu'elle était venue la voir uniquement dans ce but.

J'ai l'intention de me faire passer pour une survivante de l’œil et d'aller la détruire avant que le Conseil ne mette la main dessus. C'est une technologie inhumaine, celle autour de laquelle gravite l’œil depuis toutes ces années, celle qui a scellé le destin de mon ancien équipage.

Tu penseras très certainement que pour me lancer là dedans, ma confiance envers le Conseil est fortement discutable, et tu auras sans doute raison. Le Conseil a des fondations saines et nobles mais avec le temps, elles pourrissent de l'intérieur. Hier Cerberus, Machiavel, le Courtier de l'Ombre, l’œil, combien d'autres ennemis vont encore se camoufler dans nos rangs en attendant de pouvoir faire renaître la galaxie à leur image, dans le sang.


Vivre une tentative d'assassinat chez soi pour s'être frottée de trop près à des officiers véreux laissait sa marque. Elle se savait pertinemment pas le moins du monde objective dans cette affaire, mais cela n'affectait en rien sa décision.

Je préfère savoir cette technologie détruite à jamais que dans les mains d'une bombe à retardement.

Un court silence s'installa.

Si ça te tente d'accompagner le Colonel Fender dans cette aventure, fais moi signe.






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MessageSujet: Re: Par delà la chair   Par delà la chair Icon_minitimeDim 06 Oct 2019, 23:33
- J'ai enfreint le règlement en lançant un assaut sur Terre sans l'aval de l'alliance, cependant je n'ai jamais perdu le contrôle de la situation, ni effectué d'actes déraisonnés par manque de sang froid, les deux raisons principales qui ont scellé ton exclusion. Comprends bien que je trouve la sanction qui t'a été attribuée bien trop sévère. Mais la nature de nos deux "fautes" n'est pas comparable.

Vraiment ? La furie n’avait-elle réellement jamais perdu le contrôle ? Elle en semblait persuadée. Et pourtant, Audrey doutait du fait que son interlocutrice aurait violer autant de protocoles pour n’importe quel autre soldat. Ce n’est pas uniquement l’urgence de la situation qui avait poussée la biotique à agir sans en référer à qui que ce soit selon la française. L’affect avait pris le pas sur la raison, ne serait-ce que partiellement et avait conduit à au moins un “acte déraisonné” pour reprendre les mots de la colonel : changer une mission de sauvetage en expédition punitive. Le massacre des résidents et l’incendie de leur demeure n’était sans doute pas nécessaire. Situations similaires, sanctions différentes...

Cela dit, la terrienne ne tenait pas forcément à se lancer dans un débat stérile et sans fin à ce sujet. D’une part, elle ne souhaitait pas vraiment ressasser encore et encore ces évènements, et d’autre part, que la N7 estime leurs situations différentes n’avaient finalement que peu d’importance. La châtain savait ce qu’elle en pensait elle et cela lui suffisait. Cette dernière tenta donc de changer de sujet en masquant le plus possible son désaccord.

- Et donc, que venez vous faire dans ce coin perdu ? J'imagine que vous n'avez pas fait le déplacement juste pour discuter avec moi de votre désapprobation quant à mon renvoi.
- Quoi, ça ne te plairait pas que ce soit le cas ? déclara la blonde avec un sourire. J'ai vu ta bouille au loin alors j'ai eu envie de venir te voir. Arcadia m'a pas mal parlé de toi, et le fait qu'elle te tienne en si haute estime me suffit pour savoir que tu es une femme appréciable.

Shura se mit à l'aise avant de continuer, posant ses pieds sur la table.

- Mais non en effet, je ne suis pas là pour ça. Il me reste quelque chose à faire dans le secteur avant de rentrer à la maison.

La gradée se lança dans un petit laïus pour expliquer la raison de sa présence. Apparemment celle-ci était liée aux affrontements récents qu'il y avait eu dans le secteur. N'écoutant que d'une oreille, Bayard parvint néanmoins à capter les informations principales en continuant son frugale repas. Oeil, technologie dangereuse, confiance toute relative envers le conseil et un soupçon d'affaire personnelle, qui menaient à une opération tout ce qu'il y avait de plus officieux et probablement illégale. Un bon vieux suicide professionnel en somme.

- Si ça te tente d'accompagner le Colonel Fender dans cette aventure, fais moi signe.

Audrey s’arrêta net dans son repas et releva des yeux ronds vers son interlocutrice.

- Vous n’êtes pas sérieuse ?
- Il semblerait pourtant bien que si. répondit simplement l’autre.
- Pourquoi ? Vous aviez visiblement estimé pouvoir le faire seule, alors pourquoi vous encombrer de ma présence ?

Qu’est ce qui pouvait bien motiver la furie à faire une telle proposition ? Avait-elle pitié de son homologue ? De ce qu'elle était devenue ? Voulait-elle la remettre dans le circuit ? Estimer par elle même si elle était réellement aussi inapte au terrain que les amiraux l'avait décrété ?

- Agir seule peut s'avérer plus efficace dans bien des situations, mais c'est également extrêmement dangereux. C'est pour ça que je ne refuserai jamais l'aide d'un partenaire assez fou pour m'accompagner.
- C'est une méthode qui marche de traiter les gens de fou pour s'en faire des équipiers ? Interrogea l'ancienne militaire avec un petit sourire amusé.
- Hélas, c'est bien pour ça que je me retrouve souvent à devoir agir en solitaire. Répondit l'autre sur le même ton.

La française prit un moment pour réfléchir. Avait-elle envie de faire ça ? En avait-elle les épaules ? Elle avait fait le serment de servir et protéger, mais probablement n'était il plus vraiment d'actualité ces derniers mois. Et en même temps, quand Scipio avait eu besoin d'elle, elle s'y était tenue. Certes les situations étaient différentes, mais la châtain risquait-elle réellement plus en assistant la N7 que ce qu'elle avait subi pour aider son ami ?

- J'imagine que ça ne me coûte rien de vous demander ce que vous avez prévu avant d'arrêter ma décision. Je pense avoir un stock restreint de folie. Trop restreint pour m'engager à vous suivre dans une mission sans savoir à quoi je m'expose.



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