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 Juges et flic

Audrey Bayard
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MessageSujet: Juges et flic   Juges et flic Icon_minitimeJeu 30 Mai 2019, 22:09
► █ Date : 1er juin 2204RP Tout public
Audrey Bayard ♦️ MJ ♦️ Amnatiss Gallagher
Juges et flic



Le réveil sonna. Trop tôt au goût d'Audrey. Les dernières journées avaient été éprouvantes et la nuit peu reposante. La jeune femme avait eu du mal à trouver le sommeil et quand il avait fini par arriver, il n'avait pas vraiment été paisible. Le jour fatidique était là. D'ici ce soir, Bayard serait jugée et condamnée pour ses exactions. Après près de 72 heures de rapports, débriefings et interrogatoires quasi ininterrompus, le commandement semblait prêt à statuer sur le sort de l'officier.

Malgré son épuisement physique et moral, la châtain se leva pour se diriger vers sa salle de bain. Il serait sûrement mal venu d'arriver en retard et encore à moitié amorphe à son propre procès. D'autant que l'humaine ne s'attendait pas à un jury très clément. Elle-même n'était plus certaine de la gravité de son crime. Ou plus précisément de son degré de préméditation…

Des heures d'interrogatoires aux questions orientées avaient fini par faire douter la gendarme sur l'origine du massacre. N'était-il qu'une conséquence désastreuse de son affrontement avec les guerriers indigènes ou avait-elle décidé dès le départ d'exterminer toute cette population ? L'esprit de la militaire était embrouillé sur ce point, comme sur multitude d'autres.

Evidemment, on lui avait aussi demandé pourquoi elle n'avait fait nulle part mention de Joru'En dans son rapport. Ce qui avait d'ailleurs permis à la terrienne de confirmer que l'asari n'avait pas suivi ses "recommandations" et avait donc choisi d'assumer pleinement sa participation à cette opération. Quoi qu'il en soit, la française pensait s'en être à peu près sortie en justifiant cette absence par le rôle minime que la biotique avait tenu. Dans tous les cas, ce ne serait pas cette omission qu'on lui reprocherait le plus...

Tout en prenant sa douche, l'ancienne du SSC se demanda comment allait se passer sa cours martiale. Et qui serait présent. Elle savait que le jury se composerait des têtes de l'UCIP, mais y aurait-il d'autres personnes venues assister à sa condamnation ? Des collègues ? Des amies ? Y seraient-ils seulement autorisés ? En avaient-ils seulement été informés ? Il était fort probable qu'Amnatiss soit de la partie pour témoigner, mais tout aussi plausible que les deux femmes ne puisse échanger.

La châtain eut un pincement au cœur lorsqu'elle enfila son uniforme. C'était peut-être le dernier jour où elle le porterait. Mais elle ne s'en jugeait plus digne d'un autre côté. Si tant est qu'elle l'ait été un jour. L'UCIP était censée regrouper la fine fleur de l'élite concilienne et Audrey était... juste Audrey. Une simple française qui voulait aider les autres, pas une personne d'exception au parcours parfait.

On frappa à la porte de sa chambre. C'était l'heure. L'officier alla ouvrir d'un pas lent, laissant échapper un soupir. Deux soldats l'attendaient. Ils la saluèrent très protocolairement, avait de l'enjoindre à les suivre. Aucune paire de bracelets, c'était déjà ça. Bayard essaya de se vider l'esprit. Ses états d'âme ne pourrait que lui nuire lors de l'épreuve qui arrivait. Elle se devait d'être pragmatique et professionnelle. Elle pourrait toujours déprimer une fois le procès passé.

L'humaine entra dans le tribunal avec l'expression la plus neutre qu'elle puisse afficher en ce moment. La salle était plutôt petite et il n'y avait pas foule. Ca valait sans doute mieux qu'un procès ultra médiatisé. Les juges étaient déjà là, en train de discuter à voix basse. Probablement une forme de débat préliminaire entre eux. La terrienne fut conduite au banc des accusés et son escorte se plaça de part et d'autre d'elle. L'audience allait pouvoir commencer...



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MessageSujet: Re: Juges et flic   Juges et flic Icon_minitimeVen 31 Mai 2019, 19:54

Juges et flics
1er juin 2204

Citadelle – Quartiers de l’UCIP


C’était la première fois que l’UCIP jugeait l’un de ses membres.

Bien sûr, il y avait eu d’autres accidents. D’autres débordements. Des morts parfois inutiles, des attaques peu légales. La colonelle Fender en était un parfait exemple. Mais à chaque fois, le Triumvirat avait pu régler la question sans passer par le tribunal. Les décisions prises étaient justifiées, le besoin d’agir immédiatement était obligatoire, retarder présentait trop de risques, les cibles méritaient leur sort. Le Triumvirat voulait entretenir une certaine image de l’UCIP : compétente, sur la pointe du combat, efficace quitte à prendre des risques ou des libertés.

Mais pas là. Audrey Bayard, sous-officier, ancienne du SSC, survivante de Chasca. De bons états de service, certes pas la membre de l’Unité la plus expérimentée sur le terrain, mais ayant fait ses preuves. Jusqu’à P3X-614. Et là… Ce devait être une mission simple. Une bonne occasion de reprendre le service, après la lutte contre la Corruption. Mais l’opération a tourné au carnage, après que des laksals aient été découverts sur place, qu’ils aient adoptés un comportement hostile, et enfin, que le lieutenant-commandant ait mené une expédition punitive contre eux.

L’enquête avait été menée par le commandant Lucius Darani, un vétéran de la Hiérarchie, qui était déjà dans leur police militaire à l’époque. Rigoureux, droit, parfait pour cette mission. Il avait interrogé les membres de l’expédition, croisé les rapports, vérifié l’utilisation des armes. Il était aussi allé sur place, pour enquêter sur les lieux, et possiblement discuter avec des laksals survivants, s’il y en avait. Il était revenu avec un rapport complet, détaillé, et avait interpellé le commandement sur l’importance du cas. Rigoureux, mais pas aveugle pour autant : négliger l’affaire serait exposer l’UCIP à un scandale de premier ordre après. Le Triumvirat avait pris les choses en main.

Bayard arriva, escortée, alors que tous étaient en place. La salle n’était pas une salle de tribunal, l’UCIP ne s’étant pas encore fourni le matériel nécessaire. C’était une salle de réunion reconvertie pour l’occasion. Le Triumvirat était sur une estrade. Face à celle-ci, des rangées de chaises pour les témoins. Entre les deux, un petit podium, où s’assiérait ceux appelés à la barre. Sur la gauche de la salle, le commandant Darani, qui dirigerait ‘’l’accusation’’. Et enfin, sur la droite, l’accusée elle-même, accompagné de la commandante asari Aenyl P’Atra, un vétéran et spécialiste du droit militaire qui avait conseillé Bayard ces dernières semaines, et l’assisterait dans sa défense aujourd’hui. Quand tous furent installés, le récemment arrivé Amiral Kurt, des Clans, prit la parole, d’une voix lente et profonde, solennelle aussi, comme s’il n’en avait pas l’habitude et récitait un texte par cœur.

-Nous sommes aujourd’hui réunis pour juger le cas du lieutenant-commandant Audrey Bayard. Lieutenant-commandant, venez à la barre. Vous êtes accusée d’avoir mené au cours de votre mission une opération de massacre auprès d’une population de laksals, des aliens intelligents bien qu’encore non-intégré à notre communauté galactique.
Qu’avez-vous à répondre sur cette accusation ?




____________INFOS MJ____________


Yop!

Bon, je précise : je n’ai aucune idée de comment se déroule réellement ce genre de procès. Trollface
Voilà donc ce que je propose : Audrey fait son résumé, puis les témoins (Amna, PNJs si vous voulez) présentent leur soutien, puis j’interviens avec Daranis, etc.

Ça vous convient ? Je suis ouvert à toutes les suggestions.





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Audrey Bayard
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MessageSujet: Re: Juges et flic   Juges et flic Icon_minitimeDim 02 Juin 2019, 20:33
- Il s'agissait d'une opération de sauvetage.
- Vous niez avoir massacré les laksals présents sur place ?
- Non madame. Mais ce n'était pas le but de l'opération à la base. Je n'ai pas ordonné une opération punitive sur une espèce primitive, j'ai lancé une mission de sauvetage pour secourir les nôtres capturés par une tribu hostile.
- C'est ce que vous dites aujourd'hui, mais êtes vous absolument certaine que c'était bien le cas à ce moment là ?

Absolument pas. Mais Audrey essayait de s'en convaincre depuis... et bien à peu près depuis que c'était arrivé. Il était plus confortable pour sa conscience de se dire qu'elle avait dérapé au milieu du bain de sang qu'avant qu'il ne commence. Et il était sans doute préférable pour sa carrière qu'elle s'en tienne à cette version. L'amiral Malnis reprit la parole, épargnant à l'accusée d'avoir à répondre à la question de l'asari.

- Le rapport psychiatrique indique que le lieutenant-commandant ne présente aucun signe de stress post-traumatique ou d'autre… désordre mental. Rien dans ses états de service ne laisse à penser qu'elle ait un goût particulier pour la violence abusive ou gratuite. D'après une note du colonel McKnight, ce serait même plutôt l'inverse. Bayard aurait proposé à un immortel de se rendre lors d'une intervention sur Nodacrux.
- Nous nous baserons donc sur sa bonne foi. Nous n'avons guère plus de toute façon.
- Il y avait une autre combattante avec elle lors de l'intervention. La chasseresse Joru'En.
- Nous l'auditionnerons plus tard.
- Très bien. Lieutenant-commandant Bayard, veuillez nous raconter les faits tels qu'ils se sont déroulés à partir de votre déploiement sur la planète.

La française s'exécuta. Elle essaya de se montrer la plus honnête possible. Elle décrivit l'installation du camp et les premières patrouilles qui n'avaient rien remarquées, si ce n'est l'aspect inquiétant de la forêt. Elle évoqua ensuite les jours suivants et la routine qui s'était installée peu à peu, admettant avoir autorisé une certaine relâche tout en conservant néanmoins des tours de gardes et des patrouilles régulières.

- Maintenir une discipline plus stricte durant toute la durée de l'opération n'aurait-il pas permis d'éviter un massacre ?
- Je n'en suis pas sûre madame. Lorsque les laksals ont attaqué, la discipline était revenue à la normale et la vigilance était maximale. Le lieutenant Gallagher a choisi de miser sur la carte de la diplomatie à tout prix, je ne suis pas certaine que j'en aurais fait de même devant une attitude ouvertement hostile.
- Vous êtes en train de nous dire que vous les auriez abattu à vue ?
- Non madame. Mais j'aurais ordonné une riposte proportionnée s'ils avaient commencé à s'en prendre à nous.
- Nous avons pu constaté ce que vous considériez comme une riposte proportionnée lieutenant-commandant.
- Avec tout le respect que je vous dois madame, lorsque j'ai attaqué ce village, je pensais tous mes hommes morts ou prisonniers.
- Justement lieutenant-commandant. Expliquez nous comment cette confusion a pu se produire. Pourquoi aucun appel radio n'a-t-il été lancé avant votre offensive ? intervint l'amiral Malnis pour mettre fin à la joute verbale qui s'installait. Vous auriez pu vous assurer que les autres membres de votre expédition étaient en vie.
- Je reconnais avoir commis une erreur de jugement monsieur. Le contact avait été rompu avec les premières classes Mathiasen et Bosworth et l'état du campement à mon retour m'a laissé penser que toute notre équipe avait également été capturée et donc que tenter de les contacter serait vain.
- Mais vous avez néanmoins décidé de lancer une contre-offensive sur une force qui avait selon vous réussi à neutraliser une vingtaine des nôtres. Comment espériez-vous triompher ?
- Je supposais qu'ils avaient dû avoir les soldats du camp par surprise. Et qu'ils devaient à présent se considérer seuls. J'aurais donc eu l'effet de surprise avec moi cette fois ci. Qui plus est, je ne servais que de diversion pour permettre à Joru'En de libérer les nôtres.
- Vous étiez donc prête à sacrifier votre vie pour garantir le succès du sauvetage ?
- Je vous avoue ne pas avoir envisagé cette issue sur le moment monsieur. Mais dans l'absolu, j'imagine que oui.
- Très bien.

Le jury marqua une légère pause, le temps de s'échanger quelques informations à voix basses ou par simples regards.

- Avez vous quelque chose à ajouter lieutenant-commandant ?
- Non monsieur.
- Très bien, vous pouvez retourner à votre place. Nous appelons à présent le lieutenant Gallagher à la barre, officier en second sur P3X-814.

La châtain s'exécuta et échangea brièvement avec son "avocate" une fois de retour sur le banc des accusés. Cette dernière lui indiqua que sa défense était loin d'être parfaite, mais qu'elle gardait tout de même espoir. Elle avait vu bien pire en plus d'un demi millénaire d'existence et le jury semblait... presque impartial. Voire même plutôt complaisant pour certains de ses membres.



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MessageSujet: Re: Juges et flic   Juges et flic Icon_minitimeSam 08 Juin 2019, 00:23
Ses bottes lui semblèrent particulièrement bruyantes au cœur de ce tribunal silencieux. Tout le monde était tiré à quatre épingles ici, et fixait leur regards sur la nouvelle invitée. Amnatiss n’était ni dans son élément, ni dans le même niveau de standing que ses hôtes. Elle portait un simple débardeur noir, par dessus lequel était jeté son uniforme. Son bras en écharpe rendait de toute manière impossible de l’enfiler, et on lui avait assuré qu’on ne lui en tiendrait pas rigueur. Elle se demanda subitement si c’était bien vrai, mais de toute manière, il était un peu tard pur faire machine arrière. Maintenant que les opérations de chirurgie reconstitutive étaient entamées, son bras resterait plâtré contre son torse un bout de temps.

Audrey Bayard était là, à droite de la pièce. Une Asari âgée non loin d’elle, et un air perdu sur le visage. Au moins ça, ça n’était pas dépaysant. Elle aurait aimé la rassurer, lui décocher un clin d’œil complice, ou au moins pauser une main rassurante sur son épaule, mais rien de ça n’était possible. Déjà, parce qu’elles étaient séparées de plusieurs mètres. Ensuite, parce que sa main droite était celle qu’elle utilisait pour ce genre d’entreprise, et elle était hors jeu pour le moment. Enfin et surtout, parce que ç’aurait été inconvenant, et probablement mal pris par les officiers qui se chuchotaient quelques messes basses. Le Krogan ne parvenait pas très bien à se faire discret, et la lieutenant l’entendit marmonner quelques uns des faits d’armes à son actif. Avoir le bras long dans les clans avait du bon.

« Lieutenant Gallagher, entama succinctement Darani, vous pouvez prononcer le serment.
- Je jure de parler sans haine et sans crainte, de dire toute la vérité, rien que la vérité.
- Veuillez nous rappeler votre rôle lors des événements ayant eu lieu sur P3X-614.
- J’y étais la subordonnée direct du lieutenant-commandant Bayard. J’avais pour tache de coordonner l’infanterie afin d’assurer la protection des agents civils lors des fouilles.
- Pouvez vous nous raconter les faits s’étant déroulé sur la planète » répéta le Turien.

La tête blanche prit une grande inspiration, et pesa le reste de ses mots avec diligence. Elle raconta la tension naît des propriétés saugrenues de la planète, et le havre de calme qu’elle et Audrey s’étaient échinés à construire pour que les chercheurs puissent œuvrer en paix. Elle admit, presque fière, le laisser aller des soldats, et leur rapidité à récupérer leur sérieux lorsque les choses commençaient à sentir le souffre. Elle parla des patrouilles, de la rigueur installée une fois loin du camp, et les plans d’évacuation des civils élaborés, principalement en cas de danger issu de la ruine. Puis elle parla de la précipitation de sa supérieure à sauver la patrouille prise d’assaut par les Laksals.

« Les choses devaient se faire rapidement, expliqua-t-elle. Sans quoi nous aurions perdu la trace des deux soldats. Le lieutenant commandant a décidé de prendre les devants, ce que je m’explique par son parcours personnel. Ayant la charge de protéger les civils en priorité, je n’y ai vu aucun inconvénient, sur le moment. Par la suite, j’ai fait évacuer les civils , et ait attendu l’arrivée des Laksals.
- Pourquoi ne pas avoir immédiatement contacté les Laksals, plutôt que d’attendre un assaut qui aurait forcément fini dans le sang ?
- Nous ne savions pas encore qu’il s’agissait de Laksals. Le lieutenant commandant a pris soin d’empêcher les troupes de satisfaire leur curiosité, conformément au protocole de premier contact non-intrusif de l’UCIP. Le message de Mathiasen et Bosworth ne contenaient pas d’information sur leurs agresseurs, comme vous avez sûrement du le constater. »

Protocole, information, les faits, les faits bruts et froids ! Amnatiss était comme un poisson dans l’eau. L’eau d’un labo dissecteur de poisson. Sans même s’en rendre compte, elle agrippait la barre devant elle de sa main gauche, à s’en blanchir les jointures.

« Pourquoi avoir chercher à négocier avec les Laksals ?
- Il s’agissait du plan que j’avais établi avant que nous ayons connaissance de leur espèce. Lorsqu’ils se sont avérés ne pas être membres d’une race non-répertoriée, il m’a semblé être le meilleur choix de ne pas envenimer la situation.
- Dans ce cas, interrompit T’Derah, la tête Asari du jury, pourquoi ne pas en avoir fait part à votre supérieure ? »

Ne dis pas n’importe quoi, Amnatiss ! Concentre toi, une provocation aussi évident ne peut pas te déstabiliser !

« Parce que je suis une idiote indépendante. »

L’Amiral Kurt du se retenir de pouffer, ce qui lui valut un regard noir de la part de l’Amiral Malnis, et d’être ignoré par Beauclair et sa pair Asari.

« Le plan s’est fait sur le tas, suivant les consignes de l’UCIP, or celles ci sont connues de chacun de ses membres, reprit l’élysienne. Et je m’évertue à les rappeler avant chaque déploiement. Je suis simplement parti du principe que si quelqu’un comme moi avait pu établir un plan raisonnable, quelqu’un comme le lieutenant commandant Bayard, qui brille bien plus que votre serviteur ici présente sur des questions de morale et règles, serait parvenu à la même chose, sinon mieux. Et, forte de cette certitude, j’ai préféré m’y loger plutôt que partager mon plan.
- Vous ajoutez l’insolence à l’incompétence, lieutenant, lança Malnis.
- Malheureusement, j’ai juré d’énoncer la vérité. »

Le jury lançait des murmures à tout va, Aenyl P’Atra se penchait à l’oreille de sa « cliente », et Lucius Darani se murait de silence, cherchant une manière de désamorcer la situation, et en revenir aux faits. Étonnamment, ce fut l’Amiral Beauclair qui y mit fin :

« Nous ne sommes pas ici pour juger le lieutenant Gallagher. Celle ci est au sein de l’UCIP depuis ses premiers jours, n’a jamais nécessité un tel rassemblement, et c’est son témoignage qui nous intéresse aujourd’hui. Pas ses manières. Lieutenant Gallagher, veuillez reprendre, en nous épargnant votre verve si vous le pouvez. »

La voix de Beauclair était ferme et calme, exactement le comportement nécessaire pour empêcher T’Derah de continuer ses diatribes. Impossible de traverser ce mur sans se ridiculiser, aussi joua-t-elle de patience, et la tête blanche pu elle même se calmer un peu.

« Par la suite, les Laksals nous ont emmené. Moi, Adanto et Tibor. J’ai entamé les négociations avec leur chef, et deux… Deux ministres, j’ai présumé. En tout cas, ils avaient un rôle politique certain parmi les leurs, ainsi qu’un vague état d’interprètes. La société Laksal telle que nous la connaissons n’avait pas cour sur P3X. Le déterminisme biologique amenant leur système de caste était renversé par l’état de la planète, un point que je pense important à prendre en compte lorsque celle ci s’ouvrira à l’espace. »

Elle s’éclaircit la gorge et continua, éludant les points ne concernant pas directement l’enquête :

« Le comportement des Laksals était brutal et peu porté sur la négociation. Leurs intentions à mon égard n’étaient mues que par la crainte de représailles, comme un instinct de préservation. Quoi qu’ait pu les amener sur P3X, nous devions le leur rappeler d’une manière ou d’une autre. J’ai usé d’intimidation afin d’assurer un traitement correct pour les deux autres prisonniers, et faire gagner du temps au lieutenant commandant.
- Que s’est-il passé lors de l’assaut ?
- Je me suis échappé lorsque j’ai compris qu’une intervention de l’unité était en cours. J’ai neutralisé deux sentinelles qui n'arrivaient pas à comprendre mes avertissements, puis j’ai trouvé et neutralisé le lieutenant-commandant.
- Vous l’avez neutralisé ? lâcha Malnis, le dédain dans la voix.
- Bien entendu.
- Développez, demanda Kurt, presque poliment.
- Eh bien, je suis arrivé sur son flanc gauche, et j’ai percuté son casque avec un coup de poing. Je nous ai isolé avec la biotique et…
- Excusez moi lieutenant, je pense que l’Amiral Kurt souhaitez connaître votre raison. »

Le Turien était venimeux, et l’air étonné du Krogan contredit son affirmation. Gallagher s’obligea malgré tout :

« Il était évident que sa diversion n’avait plus lieu d’être, et que le lieutenant commandant ne s’en rendait pas compte.
- Vous avez donc attaqué votre supérieure parce qu’elle perdait le contrôle ?
- J’ai maîtrisé mon supérieur parce qu’elle était au cœur d’un début d’incendie et faisait passer son objectif à court terme avant sa sécurité.
- Vous cherchez des excuses faciles.
- Cette accusation n’a pas lieu d’être, intervint Aenyl.
- Accordé, trancha Beauclair, bientôt reprise par ses collègues Asari et Krogan.
- J’aimerais savoir pourquoi vous n’avez pas essayer de convaincre le lieutenant commandant avant de l’attaquer. »

L’intervention du reste du triumvirat força Malnis à ronger son frein. Amnatiss, elle, ne savait comment répondre.

« Je… J’ai tenté de l’appeler, mais elle ne m’entendait pas. »

Ses mots étaient vrais, mais pourtant si hésitant ! Pourquoi sonnaient ils faux ? C’était pourtant parfaitement ce qu’il s’était passé ! Les rapports le consignaient, et même Darani hocha en jetant un coup d’œil discret à ses dossiers. Mais sans qu’il ne semble y avoir de raison, sa main gauche se serra encore plus sur la rambarde, et son bras droit la démangea affreusement, comme lors des épisodes de douleurs fantômes qu’elle avait expérimenté lors des mois précédents. Elle jeta un œil au procureur Turien, puis à Beauclair et Aenyl. Tous semblaient dans l’expectative d’une réponse plus satisfaisante, et commençaient à établir leurs propres hypothèses. Ça y est, elle le sentait ; ils devaient désormais penser qu’Audrey était passionnée par son massacre. Impossible à raisonner. Tous les regards étaient si fuyants. Étonnamment, elle trouva sa réponse en Kurt, le seul qui la fixait. Légèrement tourné sur le côté, il rivait son énorme orbite orange sur son œil unique.

« Madame… commença-t-il, avant de feuilleter un petit carnet en face de lui. Mademoiselle Amnatiss… Adjib Gallagher, c’est bien ça ?
- Eh bien, oui.
- Pardonnez mon accent, lieutenant. Vous avez juré, mademoiselle Gallagher, de nous révéler la plus stricte des vérités.
- Eh bien… hésita l’Humaine. Oui. »

Elle se tourna vers Audrey, réalisant qu’elle le faisait pour la première fois. Elle non plus ne fuyait pas. Son visage était celui d’une femme courageuse, et elle le pencha légèrement en avant pour acquiescer. C’était discret. C’était suffisant. Amnatiss se sentit soulagée. Elle eut du mal à détacher son regard de celui de son amie, mais finit par le reporter sur le Krogan. Il était attentif, et semblait également doté de la certitude que sa soif serait étanchée.

« J’ai cherché à me faire entendre, mais le bruit du chaos a couvert ma voix, amiral. Elle était armée, et faisait feu. Je devais l’arrêter avant qu’un Laksal de plus ne soit achevé. J’ai couru jusqu’à elle, je l’ai frappé juste là, indiqua-t-elle en montrant son propre visage. Elle a compris une partie de l’étendue de son erreur lorsqu’elle m’as vu saine et sauve, car elle avait auparavant aperçu des preuves que j’avais été blessée lors du premier affrontement, comme le commandant Darani l’a relevé.
- Vous conjecturez.
- Je sais, amiral. Lorsqu’elle a comprit ce qui s’est passé, eh bien... »

Elle se pinça les lèvres, mais continua :

« C’est à ce moment là qu’elle a perdu le contrôle, pas avant. La réalisation que l’assaut n’était plus une nécessité parce que les cibles pouvaient être évacuées retira de ses épaules le poids terrible qu’elle portait. La certitude de ma survie, et de celle des autres prisonniers, rien d’autre ne la fit craquer. Alors… Alors je me suis occupée d’elle et je l’ai sorti du village.
- Vous vous êtes… occupée d’elle ? Interrogea Beauclair, un sourcil levé.
- L’armée sait être une machine déshumanisante, amiral. Pas moi. Il fallait que j’assure d’une part la sécurité immédiate des Laksals, et celle, à moyen terme, du reste de l’unité. J’ai jugé que le lieutenant commandant n’était plus en état de diriger, une mesure de précaution plus qu’une absolue nécessité. Maintenant, j’ai la certitude que s’il avait fallu qu’elle agisse, elle l’aurait fait.
- Vous destituez vos supérieurs par précaution ?
- Mais un autre objectif était de m’assurer que ladite supérieure récupère ses moyens, conclut Amnatiss en ignorant cette fois ci la provocation. Je pense qu’il s’agit de l’entièreté de mon récit, commandant Darani, mais je suis bien entendu votre obligée si vous avez d’autres questions. »

Le Turien en question tapotait sur son coude, jaugeant ses mots. Les amiraux, eux, étaient plongés dans leurs propres pensées. Amnatiss prit le temps de réfléchir à ce qu’elle avait dit. C’était un peu tard, par ailleurs. Elle eut l’impression de n’avoir qu’enfoncer son amie. Elle se sentait mal à l’aise. Les cliquettements du greffier résonnaient encore dans la salle. Le procureur s'exprima :

« Votre témoignage est… convaincant, lieutenant. Mais il est difficile de l’utiliser pour peindre un portrait du lieutenant commandant tel que vous l’avez vu sur P3X-614. Les extrêmes atteints par son assaut semblent presque prémédités, lorsque l’on vous écoute. Si elle ne perdit le contrôle qu’en vous trouvant, que faisait elle alors, avant ?
- Les points qui ont été soulevés jusqu’ici permettent d’énoncer comme un fait l’idée que la récupération des otages était une priorité absolue pour le lieutenant commandant, intervint Aenyl. Le témoignage du lieutenant ne fait que corroborer cette thèse. Elle n’a en rien mit en avant une cruauté du lieutenant commandant Bayard. Au contraire, j’y vois un portrait très valorisant, qui met en avant des qualités humaines.
- Je peux l’admettre, mais il faudra avouer qu’un certain degré d’interprétation nécessaire.
- Peut être pouvons nous demander un portrait plus précis, en ce cas ?
- Je n’y vois aucun inconvénient. Lieutenant Gallagher ? »

Sa prise sur la barre noir qu’elle tenait s’était enfin relâché. Ses narines sifflèrent. Elle se remémora tout le bien qu’elle pensait d’Audrey, et déclara d’un trait :

« Il n’y a plus besoin de prouver les capacités du lieutenant commandant depuis longtemps. Elle est tout à fait dévouée à sa cause et à son unité. Elle sait se faire obéir et fait des merveilles lors des opérations à effectifs réduits, comme l’incident de Nodacrux. Parfois, elle est capable de pousser un soldat à être plus que ce qu’il pense être, et je continuerai de répondre à ses ordres sans une once d’hésitation, dans le cas où ce procès lui serait favorable. Cependant, son erreur face à l’absence du reste de l’unité est symptomatique d’un problème à mes yeux. La formation militaire du lieutenant commandant s’est principalement faite sur le terrain. Or, les terrains de l’UCIP ne sont pas les champs de bataille les plus calmes. Elle a encore des difficultés à déléguer et diriger afin que le tout soit plus grand que la somme de ses parties. Ces choses là ne peuvent pas toujours être apprises sur le tas. Sur le front. Selon moi, il a manqué au lieutenant commandant des automatismes qui sont inculqués lors des formations militaires que la majorité des autres officiers supérieurs ont reçus. La guerre contre l’Energie Noire n’est pas exactement propice au développement rigoureux d’habitudes d’état major. Le profil particulier du lieutenant commandant l’a rendu efficace de nombreuses fois, mais sur P3X, il lui a fait défaut. C’est une lacune à laquelle il est possible de remédier, malheureusement elle a dors et déjà causée du tort. Je ne peux pas nier ce qu’elle a fait. En revanche, je pense sage d’apprendre de son cas, et de prendre en compte la précipitation qu’a été le lendemain de la récente guerre lors de votre décision. »


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