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 Ascension

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Crédits : Mekken

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MessageSujet: Ascension   Ascension Icon_minitimeJeu 09 Mai 2019, 21:43
► █ Date : 10 Juin 2204 RP Tout public
Scipio Sempronia
Ascension








De : Scipio Sempronia (S.Sempronia@extranet.cit.mail)
A : Ravi Vertax (Ravi.Vertax@extranet.mail.gal)



Salut Ravi!

Si tu as reçu mon mail précédent, tu sais que je me suis offert quelques vacances, un peu sans prévenir. Maintenant que j'y suis, je t'écris pour t'expliquer plus en détail. Déjà, sache que Callastre est tout à fait apte à prendre les rennes des Bouchées sur la Citadelle en mon absence ! Je ne lui donne que quelques mois avant qu'elle ne devienne plus populaire que moi, si ça n’est pas déjà le cas lorsque je reviendrai.

Les derniers événements (Tuchanka & des trucs persos) m'ont pas mal fatigué et j'ai voulu me ressourcer. J'ai envisagé de voir des amis de l'armée à l'origine, mais tu sais comment ça se passe, ils sont pas en permission h24. Du coup j'me suis retrouvé tout seul, alors j'ai décidé de récupérer un vieux défi que je m'étais donné lors de mes classes : je veux avoir un nom dans l'alpinisme ! Même un petit. J'en fais depuis longtemps tu sais ? Je te raconterai. Mais pour se faire connaître dans le domaine il y a pas trente-six solutions, il faut être le premier dans quelque chose.

Du coup j'ai un peu enquêté et franchement, les grimpeurs ont pas chômé ! C'est dur de trouver une pente qui soit encore dispo et à ma portée ! Il a fallu try hard un peu pour en chopper une, mais ça y est. Et oui ! Je t'écris depuis la montagne, là. La surface Sud du pic de Gara, Noveria, en plein hiver. Personne n'a jamais fait cette ascension en solo ! J'ai d'abord repris mes marques à Ankarus, puis passé un bout de semaine dans un village-étape en bas (un reste d'un camp de réfugiés de la Grande Guerre en fait), en me renseignant et en observant la façade que je m'apprêtais à gravir. Il paraît que la plupart des monteurs abandonnent au second tiers, ou ont un accident au troisième. Ça fait un peu peur, mais je suis déterminé ! Et tu me connais, si je commence à avoir des problèmes je vais descendre illico presto.


Du coup voilà, j'en suis à quatorze heures d'ascension pour le moment. Le terrain a commencé en pente douce mais le deal avec cette façade Sud c'est qu'elle devient raide très vite (la Nord et la Ouest sont plus accessibles) et t'as intérêt à avoir un bon coup de marteau ! Mais bon pas le choix, les deux autres avaient déjà étaient faites en solo et aucune chance que je batte les temps. Les mecs sont trop rapides ^^. Le paysage est magnifique, je t'ai mis quelques photos en PJ. Je prends mon pied pour le moment, c'est exigeant mais gratifiant ! Je n'avais pas autant senti mes muscles depuis des lustres haha. Depuis la dernière fois que je me suis fait tabasser par un Krogan en fait.

Il y a déjà eu des passages un peu difficile à deux-trois endroits mais rien d'impassable. Je me suis fixé à une surface beaucoup trop friable à un moment et un piton à lâché. Heureusement, je n'avais pas encore réparti mon poids dessus, il est juste tombé dans le vide mais pas moi. Et puis, il y avait un petit plateau en dessous, j'ai pu le récupérer. Plus de peur que de mal, et j'ai pu analyser un peu la surface pour éviter de faire la même erreur si j'en croisais une nouvelle de ce type. On dirait un genre de roche calcaire à première vue, mais sa texture ressemble plus à un gros bloc de sel. Ça m'a rappelé Kavin-Sero.

Grace aux conseils des locaux je suis parti avec beaucoup de nourriture pour me ressourcer, et j’ai pu m’aclimater assez vite. A vrai dire, je mange presque mieux ici qu'à la Cita. Il paraît qu'elle va bouger, t'en as entendu parler oO ? Ça me paraît dingue après tout ce temps. Les gens du coin cultivent une plante qui sort des labos de Llowel City et qui fait de super infusions. Je t'en ramènerai, ici je vais surtout en prendre dans de la glace fondue, le cul a même le sol, mais je suis certain qu'enfoncés dans un canapé moelleux on saura en profiter tout autant ! 

J'espère que tout va bien de ton côté également. Je te donnerai des nouvelles lorsque j'aurais fini l'ascension ! Ou que je l'aurais raté en fait.

Amicalement, 
Scipio Sempronia.



Pièces jointes :

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MessageSujet: Re: Ascension   Ascension Icon_minitimeVen 10 Mai 2019, 20:04






De : Scipio Sempronia (S.Sempronia@extranet.cit.mail)
A : Audrey Bayard (audreybayard@extranul.fr)



Bonjour Audrey,

Je t'écris depuis le flanc d'une montagne dont j'ai entrepris l'ascension. Tu as repris du service, et beh à mon tour ! Se perdre dans le quotidien il n'y a rien de pire. J'espère que tu n'as pas trop de problèmes dans l'EF, mais je suis certain que tu pourra gérer si besoin !

J'en suis au second jour de ma grimpette, il y a de la neige partout ici! D'ailleurs, je t'écris depuis l'intérieur de ma tente, la nuit devrait tomber d'une minute à l'autre et le vent m'empêche de dormir. Je me demande où tu es, toi, quand je rédige ces lignes. Au cœur d'un vaisseau vibrant de puissance ? À l'abri sur ta couchette, loin du bruit ? Sur le terrain, à protéger la galaxie de quelques créatures qui nous veulent du mal ? Ou peut être que tu fais la rencontre d'un peuple alien pacifique ! Un premier contact par Audrey Bayard, ça serait génial. Quoi qu’il en soit, j’espère que tu va mieux, tu le mérites.

Il fait très froid et le vent m'empêche de dormir, à balancer la neige sur ma tente (elle est fixée sur le côté de la paroi), mais il paraît que j'ai passé de gros morceaux. Il y a eu des passages particulièrement compliqués qui m'ont un peu fait regretter d'avoir entrepris cette grimpe en solo. A un moment, j'ai vu une plaque de glace d'environ douze mètres de haut, juste au dessus d'un affleurements rocheux. Je grimpe sur l'affleurement, j'y laisse mon sac, et je commence à escalader la dalle. Pour une surface gelée aussi longue il n'y a pas trente six solutions, mais gagner un peu de poids est vital tant qu'on est pas certain de sa stabilité. J'arrive en haut (ça a l'air simple dit comme ça mais vraiment ça l'était pas ^^), et du coup j'entreprends de redescendre pour aller chercher mon sac. Il y avait un promontoire assez large pour deux personnes à trois ou quatre mètres au dessus de la dalle de glace, j'avais pu installer de quoi descendre en rappel à cet endroit. Mais là, vlam ! Le vent s'est levé d'un coup, une vraie tempête. J'avais beau être bien fixé, il m'a balancé contre la dalle tellement de fois que j'ai eu peur qu'elle se pète ! Mon casque a pris un sacré coup en tout cas. Il paraît que cette dalle a déjà tué sa paire d'alpinistes. Ça ne m'étonne pas : si tu te foire là, avec un peu de chance tu te jettes en arrière et tu pends dans le vide comme un connard. Et sans chance, tu te fracasse là où j'avais laissé mon sac et tu pends dans le vide comme un connard avec le crâne fendu ! Heureusement, j'ai pris mon mal en patience, et après deux heures fixé à la paroi, j'ai pu récupérer mon sac et remonter.

Après, il y avait eu le coup du nid. Je me suis un peu écarté du trajet classique lorsque j'ai aperçu un genre de nid qui tenait à moitié au dessus du vide. J'étais tellement curieux de voir quel oiseau pouvait vivre à cette altitude ! Eh beh c'était une mauvaise idée ^^. Déjà, le nid était vide donc le pay off pas génial, mais en plus je me suis retrouvé à faire des galipettes beaucoup plus loin que prévu. Lorsque je me suis écarté de la voie principal, j'avais estimé qu'il me faudrait environ vingt-cinq mètres à gravir pour y retourner. Ça peut être pénible juste pour voir un nid vide mais ça se fait, et puis c'est globalement plus facile de se déplacer latéralement qu'en ascension. C'était presque une pause au final !

Mais alors que j'arrivais presque au nid, plusieurs de mes attaches se sont décrochées de la paroi. Shlack ! Shlack ! Shlack ! D'un coup, tout ce qui me retenait à la montagne, c'était mes petits bras et un dernier piton. Je suspecte qu'un des piafs a essayé de protéger son territoire mais je ne l'ai pas vu faire et même les oiseaux ont le droit à la présomption d'innocence. Ça pouvait aussi bien être le vent qui était venu se moquer de ma maladresse. Seulement, en ayant été arrachées, plusieurs attaches ont emporté des morceaux de paroi un peu lâches. C'était devenu impossible de repartir de ce côté. Pour retrouver le chemin d'origine, il m'a fallu grimper sur deux cents mètres, et descendre sur trente. Un calvaire, toutes les prises me donnaient l'impression de pouvoir lâcher des qu'elles auraient tâté du piolet. 

J'ai installé ma tente quelque heures après ça. Je sirote un bon thé là, ce serait presque peinard si je n'avais pas peur que mes pitons me lâchent et que je sois projeté dans le vide. A ce niveau de fatigue, pas certain que je parvienne à réagir assez vite ! Mais impossible de fermer l'œil pour me reposer, c'est trop dangereux. Rester immobile sera tout le repos que j'accorde à mon corps et il devra bien s'en suffire.

Écrire est plus rassurant que ce que je pensais, ça me permet de prendre du recul sur ce que j'ai accompli. Même si demain matin, je réalise qu'il vaut mieux redescendre, je suis allé plus loin que pas mal de grimpeurs. Mais j'ai bon espoir d'atteindre le sommet demain au coucher du soleil. Et je poserai mon cul dessus pour enfin dormir ! N'hésite pas à m'écrire toi aussi. Entendre de tes nouvelles me fera du bien et, qui sait, peut être que ça t'aidera dans la foulée.

Non sérieusement, il doit y avoir des choses à dire dans l'EF ! J'en suis à chasser des oiseaux en montagne mais je suis sûr que toi t'as déjà pu poser tes yeux sur une demi douzaine d'espèces de piafs que personne n'avait jamais vu avant !

Et si tu es trop chargée pour un mail ou deux, tu sais où me trouver sur la Cita à ton retour Wink

Cordialement,
Scipio.



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Dernière édition par Scipio Sempronia le Sam 11 Mai 2019, 01:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ascension   Ascension Icon_minitimeSam 11 Mai 2019, 01:29






De : Scipio Sempronia (S.Sempronia@extranet.cit.mail)
A : Arcadia McKnight (arcadia.mcknight@ucip.net)



Salut ma poule,

Tu ne devineras jamais où je suis, et d'ailleurs tu ne me croira pas. Alors je t'ai mis des photos en PJ. Eh voilà, aussi étrange que ça puisse paraître, je suis actuellement tout en haut d'une montagne que j'ai gravie en plein hiver... En solitaire ! J’avoisine les cinq mille mètres d’altitude ! Je devine le sommet depuis ma tente, dès que j'ai fini d'écrire ce mail j'y cours, et je serai la première personne à avoir grimpé cette façade dans ces conditions !

Et tu sais quoi ? C'est toi qui m'a inspiré à faire ça. Ok, tu m'as pas fait commencer l'alpinisme, ça a la limite je donnerai plutôt le crédit aux moissonneurs (c'est qu'il fallait crapahuter pour trouver un lieu sûr sur Palaven à l'époque). Mais il y a quelques temps je repensais à ce que tu m'as dit lors de notre première rencontre : Rappelez vous qui vous êtes, caporal. Ou bien tu m'avais appelé Sempronia ? Franchement, je ne sais plus ^^.

Du coup, j'ai essayé de m'en rappeler. Difficile, parce que beaucoup de choses ont changé ces dernières années. Il y a une trentaine de mois je coulais une vie tranquille et solitaire de barman dans un taudis au fin fond des Terminus. Désormais, mon père est décédé, et ma mère l'a rejoint lorsque j’étais sur Tuchanka (elle qui était persuadé qu’on allait m’y dépecer vif). Mais il y a aussi du bon, je suis devenu le cuistot de mon propre taudis, et en plus j'ai d'autres bébé taudis qui commencent à éclore dans différents lieux de la galaxie. Et puis je t'ai rencontré toi, mais aussi Audrey, et Ravi Vertax (je t'ai déjà parlé d'elle, c'est la nana très stylée derrière le budget des Bouchées). J'ai failli te perdre sans ne rien pouvoir y faire, et tu es revenue. Ça fait beaucoup de nouvelles choses en si peu de temps !

Sur ma situation plus immédiate, je suis emmitouflé dans ma tente, une fesse sur une corniche, l'autre dans le vide. A cette hauteur, le seul moyen de s'abriter c'est suspendu au dessus du néant ! Ce serait grisant si mon matériel ne m'avait pas abandonné à plusieures reprises durant mon ascension. Je jure que si un piton de plus me claque entre les doigts, c'est du sabotage. J'ai la carapace toute givrée et je ne sens plus mes mandibules à cause du froid. J'ai du me débarrasser de mon casque parce qu'une roche l'a percuté et l'a fendu, il était devenu plus encombrant qu'autre chose. Maintenant j'ai juste une triple couche de bonnets qui ne réclament que de s'envoler au moindre de coup de vent. Et des coups de vent, il y en a ici ! En fait, et là dessus les locaux ne m'ont pas menti, à cette hauteur le pic est piégé dans des tempêtes qui peuvent durer plusieurs jours. Depuis ce matin, ça m'est impossible de voir à plus d'une dizaine de mètres au dessus et en dessous de moi. Par moment (comme maintenant, c'est pour ça que je me suis arrêté à l'origine) les vents sont si forts et soulèvent tellement de neige que je ne vois même plus le bout de mes bras !

D'ailleurs j'ai un doigt qui est devenu tout violet, mais il a repris une couleur normale lorsque je l'ai cuit sur mon réchaud. J'aurais préféré le mettre dans de l'eau bouillante mais la petite casserole a mettre au dessus du réchaud est tombée lorsqu'une chute de neige a bousculé mon installation la nuit dernière. J'ai perdu pas mal d'affaires dans l'opération, mais j'étais fermement accroché et... Je crois que mon instinct m'a soufflé que quelque chose allait arriver. Je ne sais pas trop, je crois que je commence à comprendre le language de cette montagne. Et elle a beaucoup de choses à confier. 

Dans le genre : à un moment j'arrive devant un segment de la montagne où la roche se fend en deux. Il vaut mieux éviter de se glisser dans la fente ou de prendre appui sur les deux morceaux, alors j'en choisis un. Je testouille un peu les deux hein (pas fou) mais il n'y en a pas un vraiment plus sûr que l'autre. Les deux passages sont complètement gelés et à vrai dire je n'atteint pas la roche sous la glace avec mon piolet. Je me décide : celui de droite. J'sais pas, il m’avait fait bonne impression, comme si le passage me disait que c'était lui que je devais emprunter, mais aussi que je devais faire vite. Et j'ai eu raison : alors que je suis arrivé au deux tiers de ce morceau de la paroi, d'un coup l'autre côté à été foudroyé ! Je déconne pas ! A environ huit ou neuf mètres de moi ! Des morceaux de glace et de caillasses me pleuvaient dessus (d'ailleurs c'est là que j'ai pété mon casque) mais au moins j'étais en vie ! J'ai rarement été aussi stupéfait par quelque chose, et je ne parvenais plus du tout à agir. J'étais comme un gros ver collé à un mur qui attends qu'un oiseau vienne le dévorer. Il y a eu d'autres coups de tonnerre, mais aucun aussi proche. Le dernier doit dater d'il y a une petite heure. 

J'ai beaucoup de mal à respirer ici. C'est probablement à cause de l'altitude (je suis oxygéné pourtant). J'ai fini par m'y accommoder mais ça a pausé quelques problèmes des fois. A un moment, j'ai voulu pousser ma chance et atteindre un promontoire qui me paraissait plus confortable que le petit perchoir sur lequel je me tenais le temps de reposer mes bras. Je me disais qu'il ne demandait qu'une douzaine de mètres de grimpette en diagonale et qu'il me permettrait de m'allonger. Donc ni une ni deux, je m'y met, et tant pis pour la fatigue ! On se reposera dans douze mètres après tout. Mais au beau milieu, je me suis retrouvé pris de vertiges terribles et de hauts le cœur à m'en tordre les boyaux. Je suffoquais comme un con, là, contre ma montagne toute froide, en me disant que j'avais été une sacrée andouille (j'ai appris à en faires une super bonne d'ailleurs récemment, je te ferai goûter ça la prochaine fois) de ne pas vouloir de compagnon de cordée. Le solitaire c'est pas pour tout le monde ! Et j'ai glissé. Vlam ! Ma gueule dans la glace, et une joie immense de ne pas être un Humain avez vos gigantesques appareils nasaux. Je me le serai éclaté à coup sûr.

Après, la difficulté à respirer, ça vient aussi probablement des côtes que j'ai du me fêler. Ah quelle belle connerie ça aussi ! C'est arrivé il y a quelques heures (six ou sept je dirais). Depuis, chanter me fait mal. Parce que oui en fait je chantais pour me donner du courage. Je t'expliquerai après. C'est surtout devenu des grognements depuis un bout de temps ceci dit, chanter à gorge déployée est épuisant, surtout quand la neige te rentre dans la bouche.

Donc, cette histoire de côtes. Je suis désolé si ce mail est un peu décousu, j'écris sans trop y réfléchir, j'attends que mes forces me reviennent pour la dernière montée. Tu sais que je me dissipe vite. Du coup, c'était à un moment où je commençais à m'inquiéter pour ma main engourdie, que je ne parvenais plus à utiliser correctement. Dès que j'accrochais quelque chose avec, je perdais du temps à m'assurer que c'était bien fixé, et à force de micro-allers retours je me fatiguais beaucoup plus vite qu'à mon habitude. Et à un moment, sans prévenir, je m'endors. Comme ça ! Le petit coma des familles ! Évidemment je me réveille immédiatement, mais dans la panique j'arrache l'un des pitons qui me tenait, et je chute d'un coup ! Je suis retenu par ma corde (encore heureux) mais elle me projette vers la paroi et je me bloque une jambe dans un interstice. Mes crampons sont encore là bas d'ailleurs (et j'ai froid au pied gauche depuis). Je ne sais pas si le choc de la corde m'a fait du mal, je ne pense pas, mais en revanche j'ai percuté la façade torse en avant comme une poupée de chiffon et je suis sur et certain que j'y ai laissé des os. Cette foutue tempête est épuisante, chaque mètre est susceptible de prendre plusieurs quarts d'heure tant les mouvements en sont ralentis et éreintants.

Du coup, je me rappelle un peu mieux qui je suis. L'entrepreneur dynastique Sempronia, bien entendu, mais aussi Scipio, celui qui gravit les montagnes en chantant au sujet du désert. J’ai pris avec moi le vieux carnet de foi de ma mère, que j’enterrerai en haut du pic afin que l’Esprit qui y habite en prenne soin. A l’intérieur, j’y ai retrouvé beaucoup de chants que j’avais entendu étant enfant. Ma famille maternelle est la dynastie Varin, un clan nomade qui vit dans le grand désert de Kavin-Sero depuis très longtemps (je ne saurais pas dater quand, mais elle aurait probablement pu). Ce sont des gens assez fermés sur eux même, et ancrés dans de vieilles traditions. Leurs marriages se font d’habitude matrilinéairement, ma mère étant une exception qui a été assez mal vécue par les siens. Pour autant, je retournais parfois avec elle chez eux, et nous dansions et chantions à la manière de leurs ancêtres. Les Esprits de Kavin-Sero sont âgés et exigeants, ce qui est probablement une manière de dire que les locaux sont très attachés à leurs coutumes. Je n’aimais pas beaucoup ces moments sur le coup, mais pourtant je détestais partir, et aujourd’hui je regrette de ne pas avoir su en profiter pleinement.

A m’époumonner sur les flancs de cette montagne de Novéria, j’ai l’impression de me rapprocher des Esprits. Je chante très mal, je sais bien que je n’atteindrai jamais le charme du chant de mon cousin (les aïeux disaient qu’il plaisait aux Esprits avec sa voix), mais ça n’est pas cette sensation que j’ai. Quand je jette un oeil par l’ouverture de ma tente, que je sens toute cette roche et toute cette neige autour de moi, je n’ai plus l’impression d’être un être vivant. Tout ce qui me maintient au monde tel que nous le vivons chaque jour, c’est ce mail que j’écris. S’il n’était pas là, je ne serais qu’un rapace perché sur un pic de pierre, surplombant les étendues de neige à perte de vue. Tu connais l’appel du vide ? Cette sensation, au bord d’un gouffre, que s’y projeter est la plus terrifiante et attirante des idées ? Cette ascension, c’est un peu comme un très long appel du vide. J’ai eu cette envie soudaine d’escalader malgré les dangers, et je l’ai fais. Et depuis… Quoi? Mille mètres d’altitude? Deux mille? J’ai envie, chaque seconde, de tout lâcher et faire un immense bond dans le vide ! La nuit, c’est encore plus flagrant, les ténèbres m’appellent. Et je réalise avec une pointe d’horreur tous les moments où j’ai ressenti cet appel : le couteau peut bien m’emporter la main s’il le souhaite après tout. Qu’importe si Tuchanka me brûle à la seconde où j’y retirerai mon casque, pourvu que j’en respire l’air vicié si attrayant.

Bien entendu, je ne suis pas suicidaire. Ca n’est pas l’idée. Ce ne sont que des passages, comme un cerveau qui se trompe dans ce qu’il devrait penser. Mais ici, il suffit d’une idée de travers pour chuter et se mettre en danger de mort. Et ça, doublé de cette conscience aigüe du monde sauvage autour de moi, c’est ce qui m’a donné à ce jour la plus forte impression de proximité avec les Esprits. En fait, je ne suis pas particulièrement croyant, j’ai juste été élevé dans une famille pratiquante. Mais je pense que tu peux comprendre ce que je veux dire ? L’idée d’un sacré, de quelque chose de grand et qui donne du sens… Je ne sais pas exactement comment expliquer ça. Mais je m’y sens connecté ici, dans certains instants après un effort immense et une détresse totale.

Voilà ! Je ne sais pas trop si c’est que tu espérais la dernière fois que tu m’as demandé de te donner des nouvelles à l’occas. Sinon, je reviens de Tuchanka, ça c’est super bien passé, on a été filmé donc tu pourra peut être trouver deux trois trucs sur Extranet. A part deux trois détails, l’acceuil était super sympa, et ils savent vraiment mettre l’ambiance les Krogans.

Donne moi aussi de tes nouvelles lorsque tu en aura l’occasion. Et si tu veux te faire une bouffe, tu passes à l’appart quand tu veux (et Shura aussi bien sûr ! ). Je te préviendrai dès que je serai de retour sur la Citadelle.

Des bisous à toi et à ta compagne,
Scipio.


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