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 Violation de domicile

Audrey Bayard

Personnage RP
Faction : UCIP
Rang : Lieutenant-Commandant
Audrey Bayard
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MessageSujet: Violation de domicile   Violation de domicile Icon_minitimeDim 05 Mai 2019, 23:14
► █ Date : Mai 2204RP Tout public / RP Violent (?)
Audrey Bayard ♦️ Amnatiss Gallagher
Violation de domicile


Salut Arca,

Comment vas tu depuis la dernière fois ? J'espère que tu te remets bien et que tu as repris quelques forces.
De mon côté, ça va faire 10 jours que nous avons quitté la Citadelle pour explorer l'espace frontalier et 10 jours qu'on est enfermé dans nos vaisseaux. Je t'avoue que je commence à trouver le temps long.
Le seul point positif dans tout ça, c'est que je me suis retrouvé à bord du Rorke, aux ordres du lieutenant Gallagher (le vaisseau hein, pas moi ^^). Je ne sais pas si tu te souviens d'elle, elle a été déployée avec nous sur Chasca. D'après ce qu'elle m'a dit, c'est à toi qu'elle tient sa survie.
C'est un sacré brin de femme, et un coup de boost pour le moral. Elle a toujours un membre d'équipage à chambrer. Et j'ai commencé à me prendre au jeu. Je t'avoue que la hiérarchie n'a pas vraiment cours à bord de son appareil. Ce n'est pas plus mal. Tout le monde fait son boulot, mais la bonne humeur règne. Ça évite de devenir zinzin enfermé entre 4 murs.
On vient tout juste d'atteindre un système à explorer. P3X. Certains gars l'appelle PEX. Sans doute des addicts de MMO. J'espère qu'on aura une planète sur laquelle descendre cette fois ci. Ça me ferait du bien de me dégourdir les jambes ailleurs que dans les coursives d'une corvette. Les sondes sont parties dès notre arrivée, réponse bientôt.


- Lieutenant-commandant Bayard, vous êtes attendue en salle de conférence. Lieutenant commandant Bayard.

Le devoir m'appelle, je te réécrirai bientôt. Prend bien soin de toi Arca.
Audrey.


La terrienne envoya son courrier à son amie avant de quitter sa cabine. Avec un peu de chance, cet appel impliquait une mission au sol. De quoi enfin s'aérer l'esprit après plus d'une semaine enfermée dans une boite à sardine géante. Atteignant sa destination, la militaire constata que Gallagher et Windsor étaient déjà présentes, de même que le colonel Irysa, par vidéo dans son cas. La représentation holographique d'une planète gravitait au milieu de la table de conférence. Une fois les saluts d'usage effectués, l'asari prit la parole.

- P3X-814. Planète tellurique viable au climat tempéré d'après nos premières observations. Atmosphère respirable, probablement légèrement euphorisante compte tenu du taux de dioxygène. Écosystème lévo-aminé. Nous n'avons rien repéré qui puisse laisser à penser qu'elle abrite une civilisation avancée. Aucune source d'énergie, aucune émission d'onde quelconque, aucune concentration de signe de vie supérieure à celle d'un troupeau.
- Aucune civilisation tout court donc.
- Ça n'est pas sûr. L'une de nos sondes a repéré ceci.

Un extrait d'enregistrement apparut à la place de la planète, affichant une grosse structure tout sauf naturelle. Elle semblait faite de pierre, ou d'un matériau semblable. On pouvait distinguer des restes de colonnes couvertes de végétation, ainsi que des pans entiers de murs massifs. Le tout devait bien faire une quinzaine de mètres de hauteur, mais semblait clairement à l'abandon depuis une ou deux éternités.

- Vu l'état, je pense que les propriétaires sont partis depuis un petit moment.
- C'est probable en effet. Toutefois, nous comptons envoyer une équipe scientifique sur place pour analyser ces ruines. Vous prendrez la tête de cette expédition et vous serez au commande de son escorte commandant Bayard.
- Quelles sont les paramètres de la mission ?
- Vous restez aux alentours des ruines et vous protégez l'équipe scientifique de la faune locale. Vous disposerez de 4h après l'atterrissage pour nous recontacter. Nous n'avons pas prévu de faire un arrêt trop prolongé dans ce système. Nous sommes ici pour faire une cartographie et une reconnaissance préliminaire des secteurs que nous traversons, pas pour établir des colonies.
- C'est bien clair mon colonel.
- Bien. Dans ce cas, rompez. Vous avez 30 minutes pour préparer vos hommes et gagner P3X-814. Bonne chance à la surface commandant et que la Déesse vous garde.
- Merci mon colonel.

La biotique disparut de la projection, ne laissant plus qu'une sphère bleutée flotter au dessus de la table. La française la fixa un instant, avant de se tourner vers la capitaine du bord.

- Vous descendez avec nous Amnatiss ?
- Et comment. J'attends de voir comment la Détective enquête lorsqu'elle est sur le terrain.
- Vous n'avez pas suivi le briefing lieutenant. Je suis là pour protéger l'équipe scientifique, pas pour faire son travail. rétorqua la française, amusée.
- Et ils ne brillent pas par leur efficacité pour le moment. C'est bien joli, les relevés topographiques et les analyses de sondes, mais m'est avis qu'il va nous falloir un peu de flair pour trouver un caillou intéressant.
- Celui ci semble plutôt prometteur. Mais vous avez entendu le colonel : "Nous ne sommes pas là pour établir une colonie". Une simple reconnaissance. Et en l'occurrence, pour nous, ce sera surtout du baby-sitting. Je doute que nous ayons l'occasion d'aller batifoler en forêt.
- Quel dommage... déclara la borgne avant de lever son bandeau pour cligner de son œil artificiel. J'adore les forêts. Allons-y, si on ne se dépêche pas les enfants vont se perdre.

Les deux femmes quittèrent la passerelle, laissant le commandement du Rorke au second Windsor. Bayard devait encore se charger de sélectionner les soldats qui descendraient avec elle à la surface de la planète. L'avantage d'avoir été enfermée pendant 10 jours à bord, c'est qu'elle avait eu le temps d'éplucher tous les dossiers. La sélection se fit donc rapidement et la petite dizaine de fantassins fut bientôt réunit dans le hangar à navette. La majorité était humaine, bien que l'officier ait également choisi quelques asari. Elle avait volontairement éviter les turiens compte tenu de l'écosystème de la planète, même si en théorie, tout le monde devrait rester dans sa combinaison pour la durée de l'opération.

Embarquant à bord du Kodiak qui l'emmènerait au sol, la châtain constata avec satisfaction que tout le monde était installé et prêt au décollage. Bien. Ils devaient être au sol dans 10 minutes. A priori, ils y seraient. Le transport était presque uniquement rempli de soldats, le gros de l'équipe scientifique venant d'une autre frégate. Il n'y avait que deux topographes à bord du Rorke. Audrey s'installa face à Amnatiss, à côté d'un première classe d'origine danoise.

- Mon commandant, pourquoi P3X-814 ? Il n'y a pas 814 planètes dans ce système.
- Vous n'avez pas lu la note sur le nommage des planètes Mathiasen ? P3X, c'est le code du système, 8 la position de la planète par rapport à l'étoile. 1 c'est pour dire qu'elle est tellurique et 4 c'est le nombre de ses satellites. Ça permet d'avoir toutes les informations utiles de base dans son nom.
- C'est pas bête !
- Oui, les scientifiques ont tendance à être plutôt futés. Ça fait partie de leur boulot je crois.

A peine la jeune femme avait-elle terminé sa boutade que le pilote, un turien, pénétra dans l'appareil.

- Bon, on va décoller. Si jamais z'avez envie de dégobiller pendant l'vol, j'vous conseille d'faire ça dans les sacs prévus à cet effet. Y sont sous vos sièges. Si j'vois la moindre goutte de gerbe sur ma carlingue, c'vous qui récurez, c'est clair ? Allez, attachez vos ceintures mes louloutes, on décolle dans une seconde.

Le conducteur gagna son cockpit sous le regard amusé d'une partie de l'escouade, en maugréant dans ses mandibules. Cela sentait le vécu. La française reporta son regard sur la borgne, le regard narquois.

- Il a votre charme ma chère !



Amnatiss Gallagher
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MessageSujet: Re: Violation de domicile   Violation de domicile Icon_minitimeSam 11 Mai 2019, 00:56
Les hommes d’Amnatiss n’étaient pas habitués à l’idée qu’il existait une hiérarchie au dessus de leur capitaine. Bien entendu, ils en étaient conscients, et les ordres venaient bien de quelque part. Mais rarement cette autorité était matérialisée dans la carlingue du Rorke. Mais les récents événement sur FNV-3 avaient poussé l’UCIP à se montrer prudente, et les bâtiments légers étaient désormais plutôt envoyés en flottille. C’est dans une formation de ce type qu’Audrey Bayard avait débarqué. Lors des premiers jours, sa présence avait détérioré l’ambiance générale du vaisseau, mais la lieutenant à la crinière blanche s’était plusieurs fois montré déférente et blagueuse avec elle, afin que ses gars l’acceptent autant que par franche sympathie. S’ils ne la voyaient non pas comme un obstacle à l’autorité de leur leadeuse, mais comme une de ses amies, ils lui obéiraient au doigt et à l’œil, comme ils le feraient pour leur capitaine.

Et ils avaient bien intérêt ! La détective Bayard était plus gradée, hors de question que les hommes d’Amnatiss la ridiculisent en mettant en doute la hiérarchie. Ainsi, la biotique prenait soin d’appeler sa comparse « lieutenant-détective-commandant Bayard » afin de rappeler à la fois son rang et la sympathie qu’elle lui inspirait, et les deux femmes se vouvoyaient avec respect. Et puis, la française avait quelques atouts à elle. En premier lieu, elle n’était pas difficile à vivre (pour quiconque avait vécu sous le commandement d’Amnatiss, en tout cas), et il ne s’agissait pas de sa première rencontre avec l’équipage. Ils l’avaient connu lorsqu’elle était l’égale de leur capitaine, et ils avaient également connu l’orbite de Chasca. Pour eux, tous ceux qui en avaient goûté la surface méritait le respect. Autant dire que s’il s’agissait de quelqu’un qu’ils avaient eu à leur table quelques semaines avant, l’équipage se sentait pousser des ailes. Lors du second jour de l’expédition, l’élyséenne avait même entendu un soldat demander à Carole ce que ça faisait d’être aux ordres de deux héroïnes. Elle lui avait rétorqué qu’il devrait se demander quelles impressions lui même avait de devoir en obéir à trois. En repensant à ce souvenir, Amnatiss sourit. Elle avait bien élevé sa seconde.

Mis à part le temps d’acclimatation qu’il fallu à l’équipage, le reste du trajet était monotone et routinier pour l’ancienne londonienne. Avoir une nouvelle tête au sein du Rorke lui faisait du bien. Et puis, elle avait moins de suspicions lorsqu’une femme comme Audrey était à bord que lorsqu’il s’agissait d’un Spectre comme Abbadon. Les marins d’antan pensaient qu’une dame à bord portait malheur. Amnatiss se disait qu’un fantôme était plus dangereux.

***

« Elle me détèste je vous dit ! C’est une raston ! Vous l’avez déjà vu faire confiance à un Turien ?
- Tu te fais des idées…
- Dans ce cas, pourquoi je ne sors pas avec vous ?
- Elle a de très bonnes raisons d’avoir sélectionné d’autres éléments.
- Je descends toujours avec vous capitaine !
- Parce que je fais passer mon expérience avec mes hommes avant les raisons terre à terre. Ce qui n’est pas une bonne chose, il faut savoir composer avec les deux.
- En tout cas elle compose très bien sans Turien.
- Elle n’est pas raciste. Je suis sûre qu’elle a de très bons amis Turiens.
- Oui bah bien sûr on me l’a jamais faite celle là !
- Alcion, du calme, s’impatienta la femme à la crinière blanche. Tu ne fais pas parti de l’équipe parce que Bayard juge que la nature de la planète te causera du tord et ferait de toi un potentiel poids mort. De plus, elle sait très bien que tu as dirigé l’équipe de sécurité pendant plusieurs mois, tu es l’un de nos meilleurs éléments à bord du Rorke s’il en vient à être attaqué pendant que nous sommes en bas.
- Comment elle saurait ça ?
- Tu penses quoi, qu’elle se tourne les pouces depuis dix jours ? Elle vous connaît sur le bout des doigts. Tu sais, la lieutenant-détective-commandant, elle n’a même pas besoin d’entendre le son de ta voix pour savoir ce que tu as dans le ventre.
- Vraiment ? »

Le soldat semblait dériver entre l’inquiétude et l’admiration. Il n’y avait jamais pensé sous cet angle. En voyant son air perdu, la roublarde aux cheveux blancs ne put se retenir de se jouer de lui :

« Tu sais… entama-t-elle. C’est quelqu’un de timide, la patronne. A mon avis, c’est surtout qu’elle n’ose pas t’aborder. »

L’instant d’après, elle filait comme un renard fier d’avoir volé une poule. La navette l’attendait, et elle y grimpa en toute hâte à la suite de sa supérieure. Son équipement, comme d’habitude depuis Chasca, était léger. Elle ne portait toujours pas de fusil d’assaut sur elle lors des déploiements, trop peu précis tant qu’elle portait une (nouvelle) prothèse. Certes, l’habitude revenait, mais elle passait plus de temps à entraîner ses capacités biotiques que son bras armé. Et puis, elle avait commencé à parler d’un nouveau bras. Peut être lorsqu’elle reviendrait de l’espace frontalier… Ces idées furent chassées de l’esprit errant d’Amnatiss par l’arrivée fracassante de Brevon, le pilote du kodiak.

« Il a votre charme ma chère ! fit remarquer Audrey.
- Oui, on dirait moi un lendemain de cuite. Sauf qu’il est toujours comme ça. »

Le Turien fit mine de ne rien entendre des jaseries de ses supérieures.

« C’est dommage qu’il soit doué, sans ça j’aurais pu m’en débarrasser depuis longtemps. »

L’ex-SSC adressa un sourire amusé au ricanement moqueur de l’ex-catcheuse. Entre les petits jeunes qui se demandent si les noms des planètes se jettent aux dés et les petits vieux qui n’attendent qu’un prétexte pour râler sur leurs passagers, il y allait avoir de s’occuper lors du trajet.

***

L’équipe scientifique envoyée par le colonel était d’accord sur un fait : d’amples études pouvaient être faites sur ce lieu. Amnatiss ne savait pas exactement ce que Mosi et Daphnée trouvaient à ces pierres empilées, mais si les deux escrocs de la Rouge déclaraient qu’il y avait quelque chose à dénicher, c’est que quelques indices avaient titillé leur curiosité. Cela faisait plus de trois heures désormais que la zone se faisaient passer au peigne fin, et la capitaine n’était pas plus satisfaite qu’à bord du Rorke. Bien entendu, les résultats des analyses n’étaient pas encore rendus, mais elle avait l’impression de pouvoirs dors et déjà s’ennuyer en les lisant.

Le seul intérêt du lieu aux yeux de la biotique était la manière dont la nature avait guerroyé pour récupérer ses droits. La pierre blanche et bleue qui composait les ruines dominait le lieu sur cinq mètres de hauteur, mais les bases de l’édifice étaient dévorées par un assortiment de buisson épineux qui n’étaient pas sans rappeler du chardon. Les chercheurs en avaient prélevé plusieurs spécimens différents pour analyse, pressés de déduire quelles formes de vie pouvait potentiellement trouver domicile sur ce lieu. Mais entre les broussailles et de manière plus impressionnante se dressait un arbre épais et tentaculaire. Ses racines (ou ses branches, car il était difficile de savoir de savoir où terminaient les premières et où commençaient les secondes) griffaient la roche et se plongeaient dans le moindre interstice, éclatant et cimentant à la fois la structure. S’il était clair que certains morceaux de l’édifice avait cédés à cause du poids de ce mastodonte, d’autres semblaient ne devoir leur survie qu’à ses nœuds boisés.

Le reste de la scénette était moins grandiose. Le bois qui cerclait la ruine semblait presque se tenir à distance avec une forme de respect, et les hommes qui y étaient postés se faisaient discrets. Aucun arbre n’était aussi impressionnant que celui qui vampirisait la construction. Peut être celui ci se nourrissait bel et bien de la roche elle même. Amnatiss haussa les épaules. Elle n’y connaissait pas grand chose en plantes. Elle savait juste qu’elle trouvait un certain charme aux lieux qui se savaient se livrer à cette calme sauvagerie. Elle sourit en se rappelant qu’elle pensait la même chose des personnes, et laissa son esprit rêvasser de diplomatie krogane.

De toute manière, l’endroit était libre de tout danger depuis des heures. Elle et ses hommes étaient sur leurs gardes, mais se doutaient bien qu’ils repartiraient bientôt en kodiak sans avoir eu besoin de faire feu. Ça n’était pas plus mal. Gallagher préférait s’ennuyer que ruiner une vie. Elle aurait juste préféré que la ruine soit un peu plus passionnante. Un souterrain enfui, une tour dressée vers les cieux, l’entrée d’une nécropole, n’importe quoi… Mais non, tout indiquait plutôt un vieux moulin décrépi et à moitié dévoré par un arbre aux pieds grimés en buisson. Le calme plat.


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Audrey Bayard

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MessageSujet: Re: Violation de domicile   Violation de domicile Icon_minitimeSam 11 Mai 2019, 23:01
L'équipe avait épuisé plus des 3/4 du temps qui lui était imparti et de ce qu'en avait vu Audrey, il ne semblait pas y avoir de découverte majeure. Certes les scientifiques avaient l'air de s'amuser comme des petits fous en effectuant leurs prélèvements ou en photographiant les ruines sous tous les angles, mais rien ne paraissait particulièrement probant pour le moment. Evidemment, nombre d'échantillons nécessiteraient des analyses plus poussées qui ne pouvaient être conduites sur place.

Aucun évènement extérieur n'était venu perturber la petite expédition. S'il y avait des animaux sauvages dans le coin, ils s'étaient tenus à l'écart. En un sens la française préférait cela à un bourbier sans nom, mais d'un autre côté, elle n'aurait pas été contre un peu plus d'exercice. Cela faisait plus d'une heure que la vigilance s'était relâchée (avec son accord) et que les soldats passaient au final plus de temps à bavarder qu'à scruter les environs.

Les quatre longues heures étant à présent presque écoulées, l'officier se rapprocha du site de fouille et s'adossa un morceau de granit qui avait dû servir de mur ou de pilier il y a bien longtemps. Elle allait maintenant devoir décoller cette bande de nerds de leur passe temps favori...

- Vous avez bientôt terminé ?
- On vient seulement d'arriver commandant.
- Ca fait plus de 3 heures qu'on est là...
- Déjà 3 heures ? On n'a pas vu le temps passer dites moi.
- Non vraiment pas… Et donc ?
- Ces ruines sont absolument fascinantes !
- Oui enfin ce sont des ruines, y a pas de quoi s'extasier...
- Mais rendez vous compte ! Il s'agit probablement des restes d'une civilisation pré prothéenne.
- Vous en êtes sûr ?
- Quasiment. L'architecture ne correspond en rien à celle des prothéens. De mêmes que ces inscriptions.
- Vous êtes certain que c'était une civilisation avancée au moins ? Si c’était le cas, ils auraient sans doute eu des moyens de communication plus évolués que des graffitis sur les murs.
- Commandant ! On ignore tout de ce peuple et de sa culture. Ces inscriptions avaient peut être une importance spirituelle ou artistique !
- Ouais, ou alors c’est le tag d’un ado.

L'archéologue répondit à la militaire par un regard noir. Celle-ci lui indiqua de ne pas tenir compte de sa remarque d'un simple mouvement de main.

- Quand bien même il s'agirait du “tag d'un ado” ou d'une civilisation peu avancée, ça ne veut pas dire qu'on ne doit pas les étudier. Ça nous en apprendrait plus sur l'histoire de cette planète et de la galaxie. Pensez à tout ce que nous apprennent les ruines sur notre histoires et les tags sur notre société.
- Ils nous apprennent surtout que les parents ne savent pas élever leurs gosses… Enfin bref, la récréation est finie. Remballez tout on remonte. déclara-t-elle en se redressant.
- Quoi ?
- Les 4 heures qui nous étaient imparties sont bientôt écoulées.

*****

- L’équipe archéologique voudrait rester mon colonel.

Bayard avait eu un long et éprouvant échange avec Kusworo, le chef de la dite équipe. Celui-ci était persuadé que les ruines avait énormément à offrir et qu'ils trouveraient des trésors derrière "cette grande porte qui sembl[ait] scellée". Au final, comprenant qu'il n'en démordrait pas à moins d'en recevoir l'ordre express d'Irysa, la terrienne avait ramené son compatriote à la navette pour qu'ils recontactent la hiérarchie ensemble. Ils auraient évidemment pu le faire depuis le site, mais le kodiak avait l'avantage d'embarquer un système de projection holographique basique, ce qui facilitait les conférences.

- Vous pensez que c'est dangereux ?
- Difficile à dire. Nous n'avons croisé aucun élément hostile jusqu'ici, mais nous sommes restés à proximité des ruines.
- Nous ne pouvons pas partir maintenant colonel, nous avons à peine gratté la surface du site.
- Combien de temps pour savoir si elles renferment quelque chose d'intéressant ?
- Trois jours minimum, probablement plus.
- Commandant, qu'en pensez-vous ?
- Et bien, j'imagine que nous pourrions en profiter pour cartographier un peu la planète. Il pourrait s'agir d'un bon emplacement d’avant-poste pour des expéditions ultérieures dans l'espace frontalier.
- Vous êtes bien tous les deux conscients que la flotte ne peut se permettre de vous attendre. Vous resterez isolés ici avec vos équipes pendant une semaine.

Les deux confirmèrent avec plus ou moins d'enthousiasme. L'asari sembla réfléchir un instant avant de fournir sa réponse. Probablement cela ne l'enchantait-il pas particulièrement de laisser une quinzaine de personnes derrière, même temporairement.

- Très bien permission de prolonger la mission.

L'archéologue sauta presque littéralement de joie à cette annonce et quitta instantanément le cockpit et la conférence.

- Commandant, je vous envoie une escouade en renfort avec le matériel. Ils ne seront probablement pas de trop pour quadriller le secteur. Vous êtes en charge du bon déroulement de cette opération.
- Vous pouvez compter sur moi mon colonel.
- Nous verrons bien. Irysa terminé.

Audrey quitta la navette à son tour, rendant sa cabine au pilote grognon qui avait été relégué dans l'habitacle le temps de l'appel. Apercevant Kusworo un peu plus loin, elle lui somma de ne pas s'éloigner sans elle. Ce crétin était tellement enthousiaste qu'il n'apprêtait à retourner au site tout seul. Certes il n'y avait eu aucune menace pour le moment, mais la châtain préférait rester prudente. Elle était là pour protéger les scientifiques après tout. Et cela ferait sans doute tâche si le chef de l'équipe archéologique finissait dévoré 5 minutes après avoir été autorisé à resté.

Le duo repartit donc côte à côte pour traverser les 750 mètres qui les séparaient du site d'atterrissage. En arrivant, l'homme se rua vers ses compagnons pour leur annoncer la bonne nouvelle et reprendre le travail, tandis que la militaire renseigna ses soldats, qui accueillirent l'information avec un certain enthousiasme.

- Amnatiss, j'ai besoin d'une équipe pour faire un petit tour en forêt et évaluer ce qui nous entoure, ça vous intéresse ?
- Allons-y. Cet endroit est sympa mais j'ai besoin de me dégourdir les jambes. Je veux dire, je ne peux pas laisser mon officier supérieur sans protection. Bien entendu. Laissons Joru'En en charge de l'équipe scientifique, elle saura les protéger si quelque chose arrive.
- Vous m'avez mal comprise. Vous partez en reconnaissance. Moi je reste ici pour accueillir les renforts et installer le campement. J'aurais volontiers été crapahuter dans la forêt avec vous, mais que voulez vous, les responsabilités... J'irai me promener demain, quand nous serons installés.
- Autant pour moi. J'y vais, et si vous l'permettez je vais prendre Mosi de l'équipe scientifique avec moi. C'est un bon élément sur le terrain, et il pourra peut être trouver des choses sur la route.
- Accordé. Mais c'est avant tout une reconnaissance basique pour le moment. Je veux savoir ce qui nous entoure directement. Ne vous éloignez pas trop et ne laissez pas Mosi prélever trop de carottes. Il aura la semaine pour le faire.
- Au hasard, je dirais des arbres. Je vous fais signe si je trouve d'autres choses.
- Soyez de retour avant la nuit
- Vous me réservez une surprise ?
- Allez au travail lieutenant, répondit simplement Audrey avec un sourire, avant de se tourner vers deux trouffions. Mathiasen, Bosworth. Retournez à la navette pour accueillir nos nouveaux arrivants. Guidez les jusqu'ici et aidez les à trimbaler le matériel.



Amnatiss Gallagher
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MessageSujet: Re: Violation de domicile   Violation de domicile Icon_minitimeMer 15 Mai 2019, 23:50
Qui pouvait prétendre savoir quelles merveilles cette planète recelait ? Pie jalouse et prétentieuse, qui gardait ses trésors de pierre sur ses cages de végétation. Combien d’autres lieux n’attendaient que le regard vigilant d’un chercheur ambitieux ? A vrai dire, plus d’un. Lors de cette première patrouille, Amnatiss et Mosi purent dénicher différentes stèles, la plus grande émergeant du sol sur trente centimètres. Le kenyan estimait qu’elles étaient enterrées sur deux tiers à trois quarts de leur taille réelle, mais il était bien moins sûr de leur utilité. Leur distances les unes aux autres et des motifs récurrents l’avaient laissé supposer un système archaïque de bornes indiquant des lieux ou leur proximité, mais leur nombre le laissait dubitatif.

« Des tombes ?
- Le sol ne conviendrait pas à des enterrements. Pas tels que nous les connaissons en tout cas.
- Si tu le dis. »

Mais il y avait d’autres découvertes, car à vrai dire le bois qui entourait la ruine principale était dense en informations. Tout y semblait en vie ; les insectes rampants à leurs pieds, les arbres moyens et grands aux branches agitées par la brise, les petites créatures bipèdes qui traversaient la canopée, la petite chose sauteuse qui se réfugiait dans les troncs lorsqu’ils s’approchaient, la mousse verte, rouge, blanche, orange, violette, jaune. Lorsqu’Amnatiss en avait touché une fine couche du bout de ses doigts mécaniques, celle ci s’y était fixé, se mouvant comme une chenille paresseuse. Sur le moment, ça l’avait fait sourire, bien qu’elle eut pris soin de la détacher avec son couteau. Mieux valait ne pas tenter le diable.

Beaucoup d’arbres étaient creux, bien qu’ils ne semblaient en rien morts. Au contraire, ils livraient à sa vue leurs bourgeons fades. Fades, certes, mais fades comme une peinture délavée, dont les couleurs passées n’en sont que plus douces. Quand elle jetait un œil dans leurs troncs grisonnants, elle apercevait des marres d’eau stagnante où logeaient des insectes calmes, comme endormis. Parfois, l’une des créatures bondissantes y avait fait festin, et elle se laissait flotter, le ventre vers le haut, comme un goret satisfait d’avoir bien mangé. Comme le faisait parfois Amnatiss, pendant ses permissions.

L’émerveillement finit pas laisser sa place au malaise. Tout ce bois était à l’image de ses arbres : creux. Fatigué, assoupi pour ce qui s’en sortait le mieux. Émacié et exsangue pour le reste. Pourtant, le premier avis de la lieutenant restait le même, tout était en vie. A peine en vie, s’accrochant par pulsations régulières à ce qu’il pouvait encore leur servir pour se nourrir. Une grimace habita son visage. Qu’était-il arrivé à ce lieu ? La vie était elle dans un équilibre si précaire depuis qu’elle était apparue ici ? Mosi, lui, était entièrement répugné. Quand ils jugèrent avoir vu assez de troncs moribonds et pas assez de prédateurs, il déclarèrent la zone suffisamment sûre, et rebroussèrent chemin.

***

Les hommes étaient calmes, si l’on omettait leurs rires épais qui pouvaient parfois briser la monotonie. En la présence de soldats issus d’autre bâtiments, les militaires du Rorke n’osaient pas tirer trop fort sur la cordelette du désordre. Amnatiss et Audrey leur en savaient gré, et les jours ne s’en écoulaient que plus sereinement. Les chercheurs tentaient de pénétrer la ruine sans l’abîmer, se désespérant de l’idée qu’ils n’étaient qu’une équipe de reconnaissance. Tôt ou tard des xénoarchéologues viendraient achever leur chanter lors de fouilles bien plus consistantes. Mosi et Daphnée, les deux éminences grises de l’équipage de Gallagher et Bayard, s’en réjouissaient au contraire. Ils étaient de ces personnes qui préfèrent effleurer un millier de possibilités qu’en approfondir une. C’est pourquoi ils étaient dans l’UCIP après tout. Quelle autre organisation offrait autant d’opportunités ? Quand l’un offrait cette interrogation, la réponse de l’autre était toujours accompagnée du même sourire : la piraterie, bien entendu.

« Nos blouses blanches ont trouvé quelque chose ? lança la lieutenant à sa supérieure.
- Aux dernières nouvelles ils étaient sur le point d’ouvrir ces fameuses grandes portes. Peut être ont-ils donc trouvé la clé sous le paillasson.
- Faîtes attention, l’humour peut les rendre nerveux. En tout cas ils s’irritent quand je me moque d’eux. L’habitude finira bien par arriver, conclut Amnatiss en haussant les épaules.
- Je crois qu’ils n’apprécient pas trop d’être entourés de militaires qui saccagent tout avec leurs grosses bottes, expliquait Audrey d’un air moqueur. L’autre jour Ramirez leur a proposé de faire sauter les portes pour aller plus vite, j’ai bien cru qu’ils allaient la massacrer sur place.
- Josette ? Elle s’y connaît suffisamment en explosifs pour me convaincre de quoi que ce soit. »

Le duo était assis sur un rocher bas, qui commençait à porter les marques de leurs fesses à force de les héberger. La châtain prélassait ses jambes devant elle, tandis que son acolyte aux cheveux blancs était accroupie sur sa gauche.

« Il me semble que les archéologues ont tendance à ne pas ouvrir les portes comme nous. Ils sont plus… délicats.
- M’est avis que plus d’un souhaite en finir. Ils sont surtout limités par les réglementations. Heureusement que nous ne le sommes pas. Attendez… Merde ! finit-elle avec un sourire.
- Ils vous ont donné l’impression d’avoir envie d’en finir vous ? Moi j’ai l’impression de voir un groupe de nerds qui s’éclate chaque jour un peu plus en sortant une pierre couverte de graffitis de la poussière…
- Enfin lieutenant-détective, ces hommes sont sous vos ordres. Ce sont comme vos enfants. Vous n’êtes pas censée vous en plaindre publiquement ! »

Amnatiss continua de charrier sa comparse un peu, avant de lui proposer :

« Si vous le souhaitez, j’ai bien quelque chose pour vous distraire. Mais j’espère que vous êtes brave.
- Brave ?
- Votre traducteur est défectueux ? Regardez mes lèvres : brave. Shujae. C’est presque pareil en anglais et en français.
- Attention à votre ton Amnatiss. Ne m’obligez pas à inscrire dans votre dossier que vous osez vous moquer de vos supérieurs durant des opérations critiques, blagua Audrey. Plus sérieusement, qu’est ce que votre épreuve de bravoure ? Cela m’intrigue. »

L’élysienne afficha un sourire vorace, révélant toutes ses dents blanches. D’un court appel, elle intima Daphné et Joru’En de les rejoindre. Entre filles, ce sera parfait.

***

Le second soir fut plus surprenant que le premier. Audrey était un peu plus à son aise, et tentait des choses sur lesquelles elle était timide lors de la veillée précédente. Joru’En restait la plus audacieuse (l’expérience, me direz vous), et Daphnée avait encore toute la sauvagerie qui faisait son charme. Elle ne passait pas par quatre chemin, quitte à être un peu intimidante pour la nouvelle venue. Plus d’une fois, l’absence d’Alcion fut remarquée par l’une ou l’autre des deux femmes. Il savait toujours égayer ces soirées. Mais même si elle était une partenaire plus assurée que la veille, la jeune française restait une très mauvaise joueuse de poker.

Pour des raisons d’équité, une règle imposait à Amnatiss de jouer à œil découvert, et son bandeau était par conséquent posé devant elle, juste à côté de ses jetons. Un voile orange ceignait son front, retenant sa jolie mèche blanche et dissimulant une partie de ses brûlures. Cet accoutrement était dédié à un cercle privé, et Audrey y avait été immédiatement hissé lorsqu’elle avait été invitée autour de cette table (pliante, basse et assez inconfortable par ailleurs). Ici, il n’y avait plus vraiment de grade, il n’y avait que les mains et les mises.

« On monte les blindes ?
- Va bien t’faire voir.
- Tu as des nouvelles de ton Krogan, Amna ?
- Tu ne m’auras pas avec une ruse aussi simple.
- Je n’en ai pas la nécessité, vous êtes toutes nées un siècle trop tard pour prétendre vous mesurer à moi.
- Tu suis, Aud ? »

La gradée tiqua un instant, et Daphné tira sur sa clope en attendant une réponse. Amnatiss désamorça la gêne de quelques mots secs :

« Dada, un peu de respect pour le lieutenant-détective-commandant. »

Le message était clair. Audrey Bayard n’en était pas encore à ce stade des familiarités. Elles trois pouvaient bien s’appeler comme elles le souhaitaient, mais elles devaient un certain degré de déférence envers leur chef. Même dans le privé. Mais « Aud » n’allait pas se laisser faire. Après tout, il faut diriger par les actes, non ?

« Je suis.
- Je suis.
- Je relance. »

Les filles se grattaient la tête, jaugeaient leurs chances, jugeaient leurs mains, râlaient un peu, parfois beaucoup, et chacune leur tour perdaient ou gagnaient leurs mises. Bientôt, les deux têtes de l’unité se retrouvèrent incapable de continuer, mais restèrent tout de même discuter quelques temps. La compagnie, après tout, était agréable. Daphnée avait toujours une anecdote à raconter, bien qu’elle ne s’attardait que sur les plus légales pour le moment, et Joru’En était agréable par sa seule présence. Une aura apaisante émanait de cette femme, une confiance en elle communicative. Certes, au jeu, c’était un requin, mais en dehors, elle était ce genre de personne qui ne souhaite que le meilleur pour les autres. Elle parvenait toujours à trouver le mot juste pour rendre évident le bon qui sortait d’une situation semblant pourtant terrible au premier regard. Elle avait cette capacité à faire des autres des meilleures personnes, là où Daphnée était capable de tisser des rêves en quelques phrases un peu grossières. Amnatiss ne dirigeait pas ses dames sans une once de fierté.

Bientôt, elle et Audrey quittèrent la table, appelée par leur semblant de devoir. Il n’y avait pas grand-chose à faire ici après tout, mais elles devaient fréquemment se réunir pour vérifier que tous et tout étaient à leur place. Cette fois ci, la nuit était d’encre, et elles n’étaient éclairées que par la lueur bleutée des datapads. Le tissu orangé qui paraît la crinière de l’élysienne était par à-coups soulevé par la brise. L’ex-SSC put voir qu’elle souriait calmement, un pli léger et pur aux commissures de ses lèvres. Les yeux fermés, elle profitait de la paix qui régnait sur la petite hauteur où elles étaient. Sa joie simple dût être communicative, car bientôt elles furent deux à sourire à la nuit.

Amnatiss eut l’envie de déclarer qu’elle aimait bien cet endroit, malgré les arbres-carcasses et les moustiques dans les marres d’eau, mais elle se tut. Le silence était agréable. Les scientifiques dormaient, les soldats de garde ne jacassaient pas. Même les insectes se taisaient. Elle rouvrit les yeux, dénoua sa coiffe, et enfila son cache-œil, prête à se mettre au travail. Non sans une remarque, bien entendu :

« Aller, jetons un œil à ces manifestes. C’est jamais très agréable mais on aurait pu tomber en pire compagnie.
- Dîtes moi Amnatiss, avec mon grade, je ne devrais pas pouvoir déléguer ce genre de tâches barbantes ?
- Et quoi encore ? Vous reposer ? Nous sommes des héroïnes de Chasca, lieutenant-détective-commandant. Par conséquent, les tâches les plus barbantes nous incombent. Et puis... »

Elle eut l’air de réfléchir quelques instants, avant de conclure en riant :

« Si vous me déléguez ça, je commencerai à réaliser que je peux faire la même chose. Et c’est encore Mathiasen qui fera tout à ma place. »


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MessageSujet: Re: Violation de domicile   Violation de domicile Icon_minitimeJeu 16 Mai 2019, 23:28
Audrey se réveilla douloureusement, avec un élancement dans le milieu du dos. Bon sang, encore une saleté de racine ou de pierre. À croire que ces cochonneries poussaient sous son sac de couchage pendant la nuit. Au moins la terrienne ne mettait pas 3 heures à se lever comme ça. S'extirpant de son duvet, la militaire entreprit de se laver afin d'enfiler son armure. Vivement qu'elle ait accès à une bonne vieille douche. Même celle minuscule du Rorke. La toilette à coup de serviettes humides et de gels hygiéniques avait ses limites. Elle manquait surtout cruellement de confort et de réel sensation de propreté...

L'officier sortit de sa tente et s'étira de tout son long avant de parcourir le camp des yeux. L'ambiance semblait à peu près aussi tendue que la veille. Les sentinelles discutaient avec ceux qui venaient de finir leur service et les soldats en attente d'affectation se divertissaient avec des dés et des cartes ou se lançaient dans des concours virilistes de force. Un peu à l'écart, Ramirez jouait avec son détonateur. Etait-elle en manque d'explosion ou s'était-elle encore pris le choux avec les archéologues ?

En parlant d'eux, la française aperçut Mathiasen sur le site, en compagnie de quelques uns des farfouilleurs. La jeune femme n'avait aucune idée d'où il en était avec son asari, mais visiblement il semblait se rapprocher du but. Le simple fait qu'il soit admis sur le terrain de jeu des creuseurs représentait déjà une victoire en soi compte tenu de l'estime que ces derniers portaient aux militaires. Ce couple était devenu le sujet des ragots et paris parmi les troupes, et même les chefs en discutaient à présent, même si elles tâchaient de rester plus sobres que leurs subalternes à ce sujet.

La gradé se dirigea vers le mess en faisant un tour rapide des recrues. Le moral semblait au beau fixe, bien que certains commencent un peu à avoir le mal du pays. L'humaine salua rapidement les scientifiques également, tentant tant bien que mal de donner l'exemple pour que les "clans" que s'étaient formés se mélangent un peu. Un peu plus que juste l'amoureux transi qui avait réussi à gagner sa place parmi les intellectuels...

La châtain atteignit sa destination. Comme on le lui avait dit, sa collègue à crinière blanche était là, sirotant tranquillement son ersatz d'arabica.

- Bonjour Amnatiss. Je n'ai pas trop bougé cette nuit ? Vous m'avez laissé du café ?
- Une vraie brique. Genre celles qu'on lance dans les vitrines pendant les manifs. répondit la concernée en lui tendant une tasse*.
- Merci. Je permute Mathiasen et Tibor pour la patrouille de ce matin. Notre danois préféré semble faire des progrès avec sa petite archéologue et je m'en voudrais de ruiner ses chances.

Audrey but une gorgée, avant de faire sa traditionnelle grimace. Elle n'était déjà pas une grande consommatrice de café, lui préférant le thé, mais celui ci en plus avait un goût abject.

- Toujours aussi mauvaise cette pisse de turien malade...
- Oh, parfois c'est tout ce qu'on a sous le coude et il faut bien se nourrir... Je parle de Mathi, pas de la pisse de Turien.
- Bien évidemment. Enfin il faut reconnaître que cette petite asari est plutôt mignonne. Si jamais par miracle il venait à conclure pendant mon absence, vous serez gentille d'attendre que je revienne pour le mariage. Et je veux un rapport détaillé à mon retour.
- C'est beau de croire dans vos troupes mais je ne me berce pas d'illusions. Il lui manque quelques millénaires et plusieurs tonnes de roche gravée pour l'intéresser complètement. Au mieux, il aura le droit à une aventure. Mais j'ai peur qu'il se soit attaché. soupira la borgne.
- Ne soyez pas si défaitiste. Il a réussi à se faire admettre sur le site de fouille tout de même. C'est bien la preuve qu'il a quelque chose en plus que nous autres détraqués fana de la gâchette non ?
- Je ne veux pas savoir ce qu'il y fait avec ses amis chercheurs.

Gallagher marqua une courte pause pour réfléchir, levant son unique œil visible au ciel.

- Si en fait, ca m'intéresse. Mais oui, il est calme et... Comment dire... Chiant ? Affable ! Oui. Pas contrariant comme petite tête blonde, et il est curieux, ça leur plaît. Je crois qu'ils aiment bien répéter à quel point leur intellect est développé. Et il est très bon pour le leur rappeler.
- Vous voyez les choses de façon bien trop négative ma chère Amnatiss. Nos amis archéologues ne sont pas si imbus de leur personne. Bon Kusworo si, mais les autres... Certains ont bien discuté avec nous l'autre soir et ils étaient plutôt sympathiques. En plus ils ne parlaient même pas de leurs cailloux pour une fois.
- C'est parce que vous les mettez à l'aise. Mais moi j'suis déjà une vieille ruine, ils n'osent pas me parler de peur de m'abîmer. Ma place est dans un musée.
- Une vieille ruine ? Merci pour moi ! s'exclama la plus âgée en rigolant. Et puis vous devriez les intéresser d'autant plus du coup, vous ne croyez pas ?
- Ils parlent pas aux cailloux, ils les mettent en vitrine. Et ne l'prenez pas comme ça, vous cachez bien mieux votre âge que moi, aussi vénérable puisse-t- il être. Regardez moi, vestige d'un autre temps, superstar tombée dans l'oubli. railla la capitaine du Rorke. Et puis si l'un d'entre eux ose venir m'inspecter à la loupe je la lui fais bouffer.
- Et après on s'étonne que les tables ne se mélangent pas plus au moment des repas... Enfin bref, ce n'est pas tout ça, mais il faut que j'aille explorer la forêt maudite. Je vous laisse la charge des enfants. Pas de fête en mon absence, je compte sur vous.
- Quand le chat n'est pas là, les souris dansent. Bonne chasse, lieutenant-détective-commandant Audrey Bayard.
- Et bien ne dansez pas trop bruyamment. Ah et gardez votre œil sur Ramirez. Elle a l'air grognon ce matin.


*****


- Hey Willie, tu as fait ta part contre la Corruption. Qu'est ce que tu demanderais si le conseil t'offrait une récompense ?
- Je demanderais à ce que ce soit la conseillère asari qui me remercie en personne. Seul à seul.
- Pfff

L'ambiance était détendue. Même en patrouille la vigilance avait commencé à se relâcher. Mais qui pouvait blâmer les soldats ? Cela faisait 5 jours qu'ils étaient sur cette planète, et ils ne croisaient rien de plus que des insectes et de petits animaux sautillant gaiement. Aucune menace à l'horizon, même minime. De fait, la mission dans son ensemble ressemblait plus à un camp de vacances qu'à un véritable déploiement sur le terrain. Mais ce n'était pas plus mal. L'énergie noire était encore assez ancrée dans les esprits et une opération tranquille et sans coup de feu ne pouvait être que bénéfique pour le moral des troupes.

Pourtant, Audrey était un peu nerveuse. Cette forêt la mettait systématiquement mal à l’aise. Elle avait une atmosphère oppressante. Cette demie vie qu'elle affichait était... incommodante. C'était comme si l'écosystème entier se basait sur le parasitage. Une faune exclusivement composée de charognards vampirisant sans scrupule une flore qui tentait tant bien que mal de se développer. Et puis aujourd'hui, il y avait autre chose. Peut-être était-ce l'ambiance de ce bois maudit qui la rendait paranoïaque, mais Bayard avait l'impression d'être épiée.

- Et vous commandant ?
- Hein ?
- Vous avez été sur Chasca non ? Vous demanderiez quoi si on vous proposez de vous récompenser pour votre service ?
- Pour l'instant je rêve d'une bonne douche bien chaude...
- Ah tu vois Willie, ça c'est parler !
- Et ensuite je prendrais 6 mois de perm' pour faire les 400 coups.

Le dénommé Willie éclata littéralement de rire face à cette réponse. Son camarade se retrouvait complètement prit de cours par cette deuxième réplique. Si la première moitié lui avait paru des plus sages, digne de celle que donnerait un noble héros romanesque bouffi d'humilité, la seconde partie brisait totalement cette image et ramenait sa supérieure au rang du commun des mortels. Les deux hommes échangeaient de bon cœur, mais la femme était incapable de se joindre à eux, même si elle essayait de ne pas paraitre trop à cran. Elle n'arrivait pas à se défaire de cette idée qu'on les observait. Mais elle avait beau chercher, elle ne voyait personne. Et la forêt n'était pas assez dense pour cacher quelqu'un...

Alors que le trio continuait de progresser, quelque chose retint soudain l'attention de Bayard. Une souche. Rien de surréaliste en soi, ils en avaient déjà croisé plusieurs durant les patrouilles, mais celle-ci était différente. Elle semblait coupée nette. Droite plus précisément. Trop pour être l'œuvre des parasites arboricoles habituels. Qui plus est, il y avait un autre souci. Le tronc avait disparu. Il paraissait peu probable qu'il ait été dévoré intégralement sans laisser la moindre trace. Et en si peu de temps. La française n'était pas experte en bucheronnage, mais la découpe semblait relativement fraiche. Ca ne remontait probablement pas à des années.

- Commandant, ici Naya, vous me recevez ?

L'humaine sursauta lorsque cette voix sortit de son communicateur.

- Je vous reçois Naya. Du nouveau ?
- Je crois que vous feriez bien de venir voir par vous même mon commandant. Il se pourrait qu'on ait un problème.
- De quel ordre ?
- Difficile à dire avec précision...
- Bon très bien, où êtes-vous ?
- Direction sud sud-ouest depuis le cadran où on s'est séparé. J'envoie Fujiko vous récupérer.
- Bien reçu, nous serons sur zone d'ici environ 15 minutes.


*****


Audrey n'en revenait pas. L'asari ne lui avait pas menti. Difficile d'évaluer l'ampleur exact du problème. Cela se situait probablement entre catastrophique et désastreux. Au moins l'humaine avait-elle retrouvé son tronc disparu, bien qu'elle serait incapable de dire duquel il s'agissait précisément.

A quelques kilomètres devant les militaires se dressait un village fortifié. Une palissade de bois plutôt haute entourait une vaste zone de laquelle s'échappaient de nombreuses fumées. C'était… impossible. Comment une tribu entière avait-elle pu échapper aux sondes et aux scans ? "Aucune concentration de signes de vie supérieure à la taille d'un troupeau" avait déclaré le colonel Irysa. Mais jusqu'à quelle taille allait les troupeaux sur Thessia ? A vue de nez, cette enceinte pouvait contenir plusieurs centaines d'habitants. Probablement jusqu'à un demi millier s'ils n'étaient pas trop gros et un peu tassés.

- Qu'est ce qu'on fait ?
- Comment ça qu'est ce qu'on fait ? On rentre à la base et on en informe le reste de l'expédition.
- Vous ne voulez pas aller voir à quoi il ressemble ? Rencontrer une espèce inconnue ?
- Il y a des protocoles très stricts en matière de premier contact Tibor ! Premièrement, nous n'avons aucun diplomate et deuxièmement, nous ne sommes pas censés interférer dans le développement des espèces primitives.
- Mais commandant, une nouvelle race !
- J'ai dit non Tibor ! Nous ne sommes pas là pour compléter votre album photo ou faire un documentaire. Naya, vous êtes sûr qu'aucun d'eux ne vous a vu ?
- Certaine mon commandant. Nous avons repéré la fumée de loin et nous avons pris soin de nous approcher prudemment. Nous ne savons pas plus que vous à quoi ressemblent ceux qui vivent derrière ces murs.
- Bien, dans ce cas restons en là. Allez tout le monde, on retourne au campement.


*****


L'ambiance ne sembla pas trop entachée par l'annonce du commandant ce soir là. L'on parla beaucoup de cette tribu qui avait réussi à passer inaperçu pendant près d'une semaine et que les sondes n'avaient pas su détecter. Chacun y allait de sa petite théorie sur l'apparence des habitants de ce village. De la nymphe des forêts enchantées aux monstres hideux et poilus des pires navets de série Z. Les scientifiques étaient évidemment bien plus terre à terre, cherchant à déterminer quelle espèce aurait pu s'imposer dans un tel écosystème. A dire vrai, ils semblaient plus intéressés par l'alimentation et le mode de reproduction de ces spécimens que par leur apparence.

Plusieurs personnes proposèrent d'envoyer une délégation rencontrer ces natifs. Le commandant s'y opposa farouchement, invoquant à raison les protocoles de premiers contacts. Outres ces procédures, l'officier voyait cette tribu comme une menace potentielle, bien qu'elle ne mentionne jamais cette crainte publiquement. Si jamais ils se montraient agressifs, même armés de gourdin, ils seraient capables de décimer cette expédition grâce à leur supériorité numérique écrasante. La gradée ne tenait pas à courir ce risque.

Après le repas, Allen offrit son traditionnel petit morceau d'harmonica, qui fut, comme à chaque fois, accompagné des applaudissements de la foule et de quelques pas de danse pour les plus audacieux. La musique parut un brin plus mélancolique qu'à l'accoutumée à la française, mais sans doute n'était-ce qu'une impression Audrey était nerveuse depuis la découverte de ce village indigène, mais les troupes ne semblaient pas plus tendues que ça. Paradoxalement, cela rendait leur dirigeante encore plus inquiète.

La nuit fut difficile. Bayard ne parvint pas à trouver le sommeil. Son esprit refusait tout bonnement de se détacher de la révélation de la soirée. Mais ce n'était pas le seul souci. L'apparition de cette peuplade amenait un tas d'autre question. La terrienne se demandait si elle n'avait pas été trop laxiste. Est ce qu'elle n'aurait pas du maintenir une meilleure discipline ? Cela aurait-il changé quelque chose vis à vis de la découverte des natifs ? Impossible à dire, on ne refaisait pas le passé. Et pourtant, la châtain le réécrivit de dizaines de façons différentes dans son esprit. Nul doute que son agitation empêcha sa subalterne au sommeil léger de se reposer, car elle tenta de la calmer.

Le lieutenant-commandant fut surprise d'ouvrir les yeux au matin. Après avoir remué dans tous les sens une bonne partie de la nuit, elle semblait finalement avoir réussi à s'endormir. Cela n'avait pas dû être bien long, car la concilienne ne se sentait pas très reposée. Elle n'avait même pas eu le temps d'avoir mal sur un caillou ou une racine...

La journée fut éreintante. L'officier avait du mal à réellement contenir sa tension. Elle s'assura nombre de fois que les sentinelles avaient bien retrouvé leur sérieux et réduisit considérablement le périmètre des patrouilles. Chaque soldat un peu trop détendu était une source de nervosité supplémentaire. Bien qu'elle fasse tout son possible pour ne pas leur hurler dessus, nul doute que les hommes sentirent son irritation transparaitre. L'humaine était semblable au dirigeant d'une cité en état de siège. L'ennemi arrivait, de même que l'évacuation. La seule inconnue portait sur l'identité de celui qui les atteindrait en premier...


*****


- Mon commandant contact hostile, je répète contact hostile ! Mathiasen est au sol !

Bon sang ! La dernière patrouille encore dehors. Mathiasen et Bosworth. L'officier venait tout juste de terminer une communication avec eux pour leur demander où ils en étaient de leur retour que l'un des deux soldats avait rouvert son canal pour hurler ceci dans sa radio, entre deux rafales de fusil d'assaut. Ces indigènes étaient donc bel et bien hostiles.

Le sang d'Audrey ne fit qu'un tour alors qu'elle se précipita hors de la tente de commandement en empoignant son arme. Il était hors de question qu'elle perde des hommes. Ordonnant à Joru'En de la suivre, la française se précipita vers la dernière position connue de ses troupiers en criant à Amnatiss de préparer les défenses du camp de base. Le bon sens aurait voulu que la gradée demande plus de détails sur la force hostile avant de ce précipiter vers elle, mais la raison semblait avoir déserté le corps de la châtain. Une seule pensée occupait son esprit désormais : ramener tout le monde en vie.






*En réalité, on pourrait débattre du fait que cela ressemble plus à un mug ou une chope, mais il s'avèrent que les militaires appelle cela tasse, malgré son aspect et son absence de soucoupe (aussi appelée sous-tasse), j'ai donc pris le terme adéquat. Cependant, en pareil situation, et si j'avais eu besoin de reparler de ce récipient, il eut sans doute été moins choquant d'utiliser les termes "mug" et "chope" en guise de synonyme. A contrario, parler de porcelaine ici serait totalement hors de propos.



Amnatiss Gallagher
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MessageSujet: Re: Violation de domicile   Violation de domicile Icon_minitimeVen 17 Mai 2019, 23:10
Le calme devait bien un jour ou l’autre laissait sa place. C’était l’Espace Frontalier après tout, pas Elysium. Et ici, le moindre cailloux retourné pouvait révéler une fourmilière. Un frisson parcouru l’échine d’Amnatiss. Elle en avait déjà fait l’expérience sur FNV-3. Mais cette fois ci, la fourmilière était encore habitée. Dès qu’elle avait appris la nouvelle, la lieutenant avait remis un peu d’ordre parmi ses hommes, et s’était elle même préparé à la rencontre. Elle n’était ni anxieuse, ni même inquiète, au sujet de ce peuple. Elle désirait ardemment découvrir de nouveaux peuples, c’était à ses yeux la meilleure chose que le réseau cosmodésique avait permis. Cependant, quelque chose la perturbait bel et bien. Depuis son perchoir, elle observait Audrey Bayard. Dès lors que celle ci avait aperçu les fortifications aliens, elle était devenue… Nerveuse. A défaut d’un meilleur terme.

Elle avait livré son lot de remarques au sujet des envies et phantasmes mal placés de ses troupes, et c’était là une bonne chose. Amnatiss l’avait suivi dans ce sens, intimant à ses hommes de calmer leurs ardeurs. Le même discours qu’avant la rencontre précédente : protocole de premier contact d’observation pacifiste non-intrusive, blah, blah, blah. Elle avait été très clair sur le fait que même une action hostile de la part des natifs n’impliquait pas une réaction proportionnelle pour eux. En tant que soldats de l’Unité Concilienne, ils devaient se montrer capable d’encaisser un premier affront sans rendre les coups. Ils étaient la paix du Conseil, son unique voix dans l’Espace Frontalier.

Mais malgré l’enthousiasme renouvelé des troupes et le qui-vive de sa lieutenant, Audrey restait ainsi. Nerveuse. Agitée, se dit Amnatiss, parvenant à mettre le doigt sur un mot plus juste. Il s’agissait de la première affectation lors de laquelle sa supérieure devait assumer ses nouveaux galons. Elle avait déjà dirigé, bien entendu, mais ici, elle avait les têtes de mules du Rorke et des civils à gérer. C’était sans conteste une pression supplémentaire. Et puis, l’élysienne avait entendu dire qu’il s’agissait de son premier déploiement depuis…

La nuit, Audrey avait pris l’habitude de réveiller Amnatiss. Involontairement, évidemment. C’était de toute manière bien connu que la tête blanche ne dormait que d’un œil, et qu’il suffisait du moindre rai de lumière pour la faire surgir de son sommeil avec l’attention d’un chat en chasse. Par conséquent, le rythme régulier de la lieutenant-commandant se tournant et se retournant à l’intérieur de sa couchette avait déclenché son alarme intérieure plus d’une fois, et il lui avait fallu plusieurs soirées pour s’y habituer. Mais la nuit précédente était différent. Audrey n’avait pas était simplement inconfortée par son environnement, son corps se mouvant de lui même pour se soulager. Elle semblait activement gênée, comme étouffant dans sa couchette. Avec une légèreté toute féline et une inquiétude maternelle, Amnatiss s’était glissé à ses côtés pour pauser une main rassurante sur son épaule. Elle lui avait simplement offert un « Là, là... » chaleureux, alors qu’une fine barrière bleutée s’était déployée autour d’elles, comme par réflexe. Elle les coupait des sons de l’extérieur, bien qu’il fallait admettre qu’il n’y en avait aucun. C’était un fragile cocon, une petite enveloppe pour la supérieure et la subordonnée qui se faisait du soucis pour elle.

« Tu t’en sors très bien, Audrey, avait été soufflé au cœur de la nuit. Tu n’as pas à t’en faire. »

Et Amnatiss pensait sincèrement ces mots. Même maintenant, alors que le stress de la détective était éclairé par le soleil. Elle eut un pincement au cœur, l’impression que sa supérieure ne réalisait pas qu’elle était encore en contrôle de la situation. Pour peu que tous soient suffisamment prudents, les choses ne quitteraient pas leurs rails. En revanche, des décisions précipitées par l’angoisse pouvaient mener à la catastrophe. Puis, d’un coup, la nouvelle se répandit comme une traînée de poudre dans le camp : la patrouille de Mathiasen avait été attaqué. Une maigre poignée d’ordres plus tard, Audrey et Joru’En quittaient le camp en direction de Bosworth. Amnatiss bondit de son perchoir et déploya ses troupes. Elle ordonna à Mosi et Daphnée, épaulés par deux soldats, d’évacuer les chercheurs en direction de la ZA. Là bas, la navette pourrait les transporter à une distance raisonnable de la potentielle zone de conflit. L’infanterie restante fut disposée en deux arcs de cercle. Le premier était situé entre la ruine et le bois, à couvert derrière les structures du camp et dirigés vers le bastion. Le second arc, plus restreint, été déployé sur une hauteur et sondaient la forêt, relayant le moindre mouvement perçu à leur lieutenant.

Mais pour le moment, c’était le silence qui régnait. Chaque soldat était agrippé à son arme, ses jumelles ou les relevés de son omnitech. Tous patientaient, et Amnatiss gardait la main en l’air, paume vers le bas, pour leur rappeler de ne pas faire feu. Même lorsque des silhouettes noires et violettes furent aperçues, elle continua. Elle eut une hésitation lorsqu’un observateur annonça un individu de quatre mètres de haut, mais elle ne céda pas à la tentation. Ils ne feraient pas feu. Ou en tout cas, pas les premiers. Puis, d’un coup, l’un des autochtones émergea des bois. Le cerveau d’Amnatiss eut à peine le temps de réaliser que ça, c’était plutôt cinq mètres de haut, qu’il avait déjà couvert la distance entre la forêt et elle. Elle fut percutée de plein fouet par le bestiau, et le temps sembla ralentir tout le temps qu’elle passa loin du sol. Elle eut presque le loisir de le dévisager.

Et c’était un Laksal, de la caste guerrière. Merde. Première fois qu’elle en voyait un en vrai ! D’aussi près, surtout. Elle déploya sa barrière en un éclair pour amortir le choc, mais la ruine ne dut pas être très satisfaite de recevoir une catcheuse de plein fouet, car elle projeta une violente douleur dans son dos. Amnatiss roula au sol, alors que d’autres de ces insectes géant pénétraient le périmètre. Les soldats battirent en retraite en bon ordre, ainsi que les choses avaient été planifiées. D’un coup d’oeil circulaire, Amnatiss put voir que les choses se déroulaient comme prévues. Si, bien entendu, on oubliait le fait qu’elle s’était faite blesser d’entrée de jeu, et qu’elle était désormais séparée de la plupart de ses hommes. Deux étaient restés pour l’aider à se relever.

Puis, le plan céda. L’un des soldats fit feu sur un Laksal approchant d’Amnatiss, probablement pour la protéger. Mais elle ne se sentait pas en besoins de protections, et les opportunités de diplomatie venaient de prendre un sacré coup. Le guerrier insecte s’écroula devant elle, un trou béant dans le dos. Yep, un sacré coup. Mais la situation était encore possible à sauver, et elle beugla un ordre au reste de l’unité :

« Escouade d’observation, assistez l’escouade de front pour l’évacuation. Rejoignez la ZA. Cassez vous et cessez le feu immédiatement ! Dégagez ! »

Et, immédiatement, elle jeta son arme à feu au sol. Son casque le rejoint juste après, et en le laissant tomber au sol, elle put voir du sang sur ses mains, qui marquèrent le côté de la visière. Elle avait du se blesser l’arrière du crâne avec le choc. Les deux guerriers à ses côtés déposèrent les armes à leur tour, et Amnatiss chercha à communiquer avec les attaquants, leur intimant qu’elle ne souhaitait pas leur être hostile.

« Est ce que vous me comprenez ? Je me rends. Je suis ici au nom de l’UCIP. Vous connaissez l’UCIP ? Vous n’avez pas de traducteurs icI ? Heu… Mi andando ? Ana dhahib ? Ek gaan ? Je commence à sécher. »

Mais, étonnamment, le message semblait être vaguement passé. Les Laksals avaient abandonné de poursuivre des ennemis sur un terrain qui leur été avantageux, et s’étaient reportés sur la lieutenant et ses deux acolytes. Ils étaient une vingtaine. Quatre (jadis cinq) d’entre eux étaient clairement des combattants, dotés d’une taille incroyable et d’une agressivité marquée. Amnatiss le sut de première main, car pour s’assurer qu’elle n’était plus un danger, ils la bousculèrent, inquiets dans un premier temps, puis nerveux. L’un des coups se fit plus puissant que les autres et l’atteint à la poitrine, lui coupant le souffle et la jetant en arrière. Mais elle ne rendrait pas les coups. Et, d’un regard noir et concis, elle fit comprendre à ses deux alliés qu’eux non plus. Les autres Laksals étaient beaucoup plus chétifs. Ils étaient, à vrai dire, plus petits qu’Amnatiss, et courbaient l’échine en permanence, comme s’ils étaient habitués à porter de lourdes charges. Le contraste entre eux et les quatre immenses gardiens était presque risible.

Le plan finit par fonctionner. Par des ruades et un ensemble de claquements que les traducteurs automatiques semblaient peiner à interpréter, ils dirigèrent les trois soldats hors du camp, à travers la forêt, et bientôt en direction de leur village. Sur le chemin, Amnatiss put mieux observer ses captifs : les grands avaient l’air moins costaud qu’à première vue. Ils étaient même probablement en sous-nutrition, au vue de leurs membres atrophiés. Les petits, au contraire, semblaient robustes. En se remémorant ce qu’elle connaissant de cette espèce, elle les identifia comme membres de la caste des esclaves, mais ils semblaient ici remplir un rôle d’auxiliaires. Ils se déployaient en avant et en arrière de la formation, relayant des informations aux guerriers et assurant un passage sans danger. Grâce à eux, même les plus gros Laksals parvenaient à se déplacer en ne se faisant presque pas remarqués, et durant un moment, Amnatiss pris peur. Peut être allait-elle se faire éxécuter avant que la situation ne se soit éclaircie, et que personne ne la retrouverait. Si ce serait le cas, elle s’en voudrait d’avoir emporté deux personnes dans sa tombe. Mais de toute manière, elle ne serait plus assez vivante pour s’en vouloir de quoi que ce soit. Intérieurement, elle intima une courte prière. Pourvue qu’Audrey les retrouve à temps.


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Dernière édition par Amnatiss Gallagher le Dim 19 Mai 2019, 20:18, édité 1 fois
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Audrey Bayard
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MessageSujet: Re: Violation de domicile   Violation de domicile Icon_minitimeDim 19 Mai 2019, 17:49
Bayard était arrivée trop tard… Ils avaient disparu. Ils avaient tous disparu. Bosworth et Mathiasen d'abord. Et maintenant, tous les autres. Il ne restait personne. Seulement elle et Jorun'En. Le camp, qui avait toujours semblé être un refuge rassurant par rapport à la forêt était devenu un désert seulement peuplé de fantôme. Il n'y avait plus personne. Amnatiss, les archéologues, l'équipage du Rorke et tous les autres... enlevés. Capturés. Tous sans exception. Mais dans quel but ?

L'humaine fit quelques pas au milieu de cette base à présent inoccupée. Il n'y avait pas le moindre cadavre. Pas de signe de lutte non plus. Comment ces créatures, ces insectes primitifs, avaient-ils pu venir à bout de toute la garnison sans que quiconque n'ait le temps de réagir ? Ca n'avait aucun sens. Le duo de trouffions en reconnaissance avait réussi à en abattre trois. Et ici, rien, pas la moindre trace de conflit. Ou presque...

Non loin des ruines gisait le cadavre d'un de ces laksals. L'officier s'en approcha lentement et s'assura qu'il était bien mort en le poussant du pied. Vu ce qu'il restait de sa cage thoracique, ce devait être bon. C'est alors que la française le remarqua. Un casque humain, par terre. Elle se baissa et s'en saisit. Un peu de sang qui n'avait pas encore séché s'en échappa, accompagné de mèches blanches. Amnatiss…

Dans quel état la capitaine du Rorke se trouvait-elle actuellement ? Blessée ? Mourante ? À l'agonie ? Déjà morte ? La terrienne n'osait l'imaginer, mais déjà un millier de scénarios apparaissait dans son esprit. Ces sauvages en train de manger ses restes ou bien de la sacrifier lors d'un rituel païen à une quelconque divinité… Elle ne pouvait pas laisser faire ça…

Ses pensées furent interrompues par une intervention de l'asari.

- Que fait-on ?
- Nous allons récupérer ce qui nous appartient. répondit sèchement la gradée.

A ces mots, elle se releva d'un bond et se dirigea vers les caisses de matériel. De ses yeux coulaient des larmes, de rage autant que de tristesse. La militaire fouilla sans ménagement dans les containers, y récupérant tout ce dont elle aurait besoin pour ses représailles. Des munitions, mais également de quoi attirer l'attention de cette race primitive et violente.

On lui avait refusé le sauvetage d'Odin. Elle n'avait rien pu faire pour aider Orianos. Elle ne comptait pas laisser mourir Amnatiss. Ni les autres hommes de cette expédition. SES hommes. Elle commandait aujourd'hui. Personne ne pourrait la forcer à appliquer la froide doctrine militaire des turiens. Elle ramènerait tous ceux qui pouvait encore l'être et vengerait les autres.

- Mon commandant, nous ne pouvons pas faire ça. Le protocole de premier contact est très clair sur la non ingérence avec les civilisations primitives.
- Le protocole nous autorise aussi à nous défendre si une espèce alien se montre ouvertement hostile et menace la vie des membres d'une expédition. En outre, il ne s'agit pas d'un premier contact, nous connaissons déjà les laksals.
- Mais il ne s'agit plus de défense madame, il s'agit d'une attaque.
- Vous préféreriez que nous restions là à ne rien faire ? À nous terrer dans un trou pendant que ces sauvages font dieu sait quoi au reste des nôtres ?
- Non, bien sûr que non. Mais comment espérez vous réussir alors qu'ils sont parvenus à capturer une vingtaine des nôtres en ne subissant visiblement qu'une seule perte.
- Observez ce champ de bataille. Aucune cartouche thermique et un seul cadavre. Ils les ont pris par surprise. Nos gars n'ont pas eu le temps de se défendre. Même Bosworth et Mathiasen ont réussi à en avoir trois malgré l'embuscade. Mais cette fois ci, nous aurons le temps de tirer…
- Je suis navrée mon commandant, mais je refuse de participer à une expédition punitive qui ne peut déboucher que sur un massacre.
- Vous préférez que ce soit les nôtres qui se fassent massacrer ? Bosworth ? Mathiasen ? Amnatiss ? L'équipe scientifique ? Tous vos camarades du Rorke ?
- Non mais…
- Alors vous allez les libérer ! Pendant que je m'occuperai de leurs guerriers et que je monopoliserai l'attention du village, vous aurez tout le temps qu'il faut pour vous charger de secourir nos gars.


*****


Audrey approchait de son poste de tir. Un tout petit pistolet à la main, elle avançait lentement vers une petite butte. À moins qu'il ne s'agisse d'un rocher ? Peu importe. Ce promontoire, quel qu'il soit, serait parfait pour ouvrir les hostilités. Elle pourrait envoyer son projectile juste au dessus du centre du village, ce qui ne manquerait pas d'en réveiller les habitants et de les mettre en alertes.

La française avait indiqué à Joru'En d'attendre exactement 10 minutes après son signal pour se diriger vers le camp et entreprendre la libération. Ce délai serait normalement plus que suffisant pour capter l'attention des insectes. L'asari ne semblait toujours pas enchanté par cette opération, mais elle semblait s'y être résignée.

Atteignant sa destination, l'humaine leva son bras droit devant elle et appuya sur la gâchette. La fusée partit à toute allure, laissant une légère traînée derrière elle, avant d'exploser dans le ciel dans une lumière blanche éclatante. Pour un peu, on aurait pu se croire en plein jour. Du moins pour ceux qui étaient en dessous. Le flash ne dura que quelques secondes et bientôt les restes de la chandelle disparurent dans l'obscurité revenue.

L'effet escompté semblait au rendez vous. Le village était en effervescence. Déjà les guerriers se pressaient à la porte, cherchant l'origine de cette magie. Ils n'eurent pas longtemps à attendre.

Le lieutenant-commandant craqua une torche chimique dans sa main et laissa la fumée rouge qui s'en échappait l'envelopper partiellement. Elle était bien trop loin pour que quiconque puisse percevoir les yeux qui se cachait derrière la visière de son casque, mais ces derniers étaient emplis de haine. Une colère pure, qui semblait grandir au fur et à mesure que les combattants primitifs approchaient. Ils avaient pris ses hommes. Elle prendrait leur vie...

La torche s’éteignit alors que les laksals arrivaient à portée moyenne. Peut-être les insectes discernaient-ils encore partiellement leur bourreau, mais peu importait. La militaire les voyait parfaitement elle, grâce aux bienfaits de la technologie moderne. Et plus que cela, elle disposait d’une solution de tir optimale fournit par son IV. Totalement immobile dans l’obscurité, elle empoigna son arme et visa le premier de ces monstres. En un flash lumineux, le crâne de celui-ci explosa. Les autres ne semblèrent pas impressionnés outre mesure et continuèrent leur charge vers l’origine du tir.

De nombreux autres flash percèrent l’obscurité, accompagnés de pétarades, faisant s’effondrer autant de guerriers. Quiconque était démuni de vision nocturne ne pouvait précisément appréhender ce qu’il se passait. Mais à chaque étincelle, le nombre de créatures immobiles semblait augmenter. Et puis, les tirs cessèrent. Ce ne fut que de courte durée. Un son différent fendit les cieux, plus grave, plus sourd, suivi de près par un cri strident et un second coup de feu. La meurtrière semblait avoir changé d’arme.

Quelques autres décharges se firent entendre. Uniques, plus espacées. Quelques derniers cris. Et puis, plus rien. Le silence et l’obscurité étaient revenus. Aucun son ne provenait plus du lieu de l’affrontement, aucun mouvement n'était perceptible. Et soudain, une nouvelle fumée rouge.

La bouchère se dressait au milieu du charnier, son pistolet encore fumant dans la main droite. Autour d’elle, une vingtaine d’insectes étaient amputés, déchiquetés, exterminés. La concilienne avança lentement vers le camp de ces animaux puants, les yeux emplis d’une rage inextinguible, brandissant une torche fumante de son bras gauche. Ces choses l’avaient touchée à la tête, la renversant et lui faisant échapper son arme principale. Aucun ne survivrait. La châtain était devenue l’avatar de la vengeance.

Elle était l'Apocalypse, elle était le quatrième cavalier. Devant elle, ils n’étaient rien. Leur extinction était inévitable. Leur sang inonderait les plaines et noierait leurs cultures. Ils ne pourraient s’échapper, ils étaient condamnés. Elle était le visage de leur destruction. La moisson commençait…

Quelques laksals, restés jusqu’alors à l’entrée de leur village, tentèrent de se réfugier à l’intérieur. Ils furent presque tous abattus dans le dos par le démon en approche. Seule une poignée de balles manqua ses cibles et s’échoua dans la palissade, faisant voler des copeaux de bois. Rechargeant méthodiquement son arme, la démente atteignit bientôt la porte de ce nid. Elle jeta sa torche encore fumante sur l’une des chaumières, embrasant rapidement la nuit d’une lumière vive et chaude, et plongeant le campement dans une panique encore plus intense. Bien, elle n’avait plus qu’à finir ces larves pendant que Joru'En s'occupait des prisonniers. Ce serait rapide...



Amnatiss Gallagher
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MessageSujet: Re: Violation de domicile   Violation de domicile Icon_minitimeMar 21 Mai 2019, 00:01
Compte tenu du premier échange qui contenait plus de violence que de patience, la suite se déroulait plutôt bien. Certes, des fers avaient été passés à Tibor et Adanto, mais en raison de l’autorité qu’elle représentait, ils avaient été épargnés à Amnatiss. Une fois arrivés dans le bastion des Laksals, on leur avait remis à tous les trois un collier doté d’une gemme grise et terne, dont le but n’avait pas été évident au premier abord. Après une discussion compliquée, elle put comprendre que cette pierre les désignait comme n’étant pas à manger. Plutôt une bonne chose, non ?

Les personnes avec lesquels Amnatiss s’entretenaient n’étaient ni les guerriers qui avaient attaqué le camp, ni les esclaves reconvertis qui les assistaient. Ils étaient trois, et le premier était plus imposant encore que ses soldats. Il semblait âgé au-delà de ce que son corps pouvait supporter, et plusieurs autres Laksals l’aidaient à se déplacer les rares fois où il s’en sentait le besoin. Gallagher ne put s’empêcher de penser que même lui n’était plus qu’un parasite. A croire que la planète ne les faisait pas seulement naître, elle accueillait également ceux qui venaient d’ailleurs. Dans cette pensée, elle ne put s’empêcher de s’inclure. Ils auraient du être plus vigilants avant de débarquer en grande pompe.

Les deux autres semblaient faire office de dignitaires ou d’interprètes. Ils étaient de constitution solide, bien que deux de leurs bras semblaient inutiles, portant des ailes vraisemblablement incapables de les soulever. Bien qu’elle s’adressait au grand manitou, c’était surtout avec ses deux ministres (elle décida de les appeler ainsi) qu’Amnatiss discutait. Ils semblaient mieux comprendre ses intentions, et les reportaient à leur gourou avec diligence. Principalement par des gestes et de simples dessins inscrits dans de la terre, l’ex-catcheuse s’improvisa diplomate, expliquant qu’elle n’était pas la dirigeante de cette expédition, et qu’elle appartenait à un organisme plus grand qui rassemblait plusieurs espèces issus de différentes planètes. Les Laksals présentaient une compréhension toute relative de ces idées. Ils devaient être ici depuis suffisamment de temps pour avoir oublié qui les avait amené, et le crâne d’Amnatiss était en pleine effervescence en ce qui concernait leur arrivée. Comment s’étaient-ils retrouvés là, et comment avaient-ils pu régresser technologiquement aussi vite ?

Les Laksals étaient un pur produit de l’évolution. Leur culture, leur politique, et peut être même leur religion s’ancraient sur un idéal quasi transhumaniste. Ils cherchaient à évoluer, à tout prix. Comment ceux là avaient pu à ce point bondir en arrière ? Est ce que cette volonté d’évolution était une pure construction, peut être due à une présence de ruines prothéennes sur leur planète ? Du contact avec les aliens ? Le dioxygène élevé de l’atmosphère rendait ses théories bien plus farfelues, à vrai dire. Elle avait parfois un grand mal à garder son sérieux, mais la seule présence des Laksals la rappelaient à l’ordre. Ils étaient souvent harcelés de petits moustiques qu’ils dégageaient nerveusement (ce qui n’arrangeait pas l’hilarité artificielle d’Amnatiss), mais lorsqu’ils pouvaient se concentrer plus de quelques minutes, ils reprenaient leurs habitudes brusques et violentes.

En fait, ils comprenaient mal et répondaient à la moindre maladresse par des ruades et des regards mauvais. C’était principalement comme travailler avec des Butariens, l’efficacité en moins. Mais l’élysienne s’y connaissait en Butarien, et lorsque le soleil vint teindre l’horizon, des progrès avaient été faits. Ils avaient établis des mots et expressions clés qu’ils pouvaient utiliser pour communiquer certaines idées simples, et les Laksals avaient accepter de s’excuser pour les morts qu’ils avaient causer. Ce qui n’était pas sans faire grincer des dents Amnatiss, qui se sentait en partie coupable de ces pertes. Elle aurait pu convaincre Audrey de changer l’emplacement du camp, ou même d’envoyer une délégation pacifiste pour éviter un conflit. Elle aurait pu la diriger elle même s’il le fallait, c’était après tout ce qu’elle faisait là. Non, c’est vrai, ils ne savaient pas à ce moment là qu’il s’agissait de Laksals… Elle aurait du lui dire de l’envoyer en éclaireur pour déterminer des informations sur l’espèce. Si une personne pouvait passer inaperçu et revenir, c’était bien elle.

Elle se mentait et le savait bien, mais elle ne trouvait pas vraiment mieux. Sa victoire principale avait été de soutirer aux Laksals qu’ils envoient une délégation au camp de lendemain, avec Amnatiss en porte parole, afin d’engager un contact moins belliqueux. L’un des deux interprètes s’était vivement opposé, mais le vieillard avait fini par intercéder en sa faveur. L’Humaine jugeait qu’il était quelqu’un d’à peine assagi par l’âge, et qu’il avait été férocement territorial dans sa prime jeunesse. Cependant, ce qui l’avait calmé se présentait plutôt dans le nombre de ses guerriers ayant péri aux mains de l’expédition. Jouant d’intimidation autant que de patience, Amnatiss avait été claire sur le fait que même si une bataille aurait pu être considérée comme une défaite par les siens, elle aurait tout de même résulté en l’extermination des leurs. Au début, ils s’étaient rebiffés, l’avaient menacé, frappé un peu, mais le temps et la réflexion leur inculquèrent qu’elle avait probablement raison.

Cependant, la tension était haute, et comme toujours, elle ne comptait dormir que d’une oreille cette nuit là. En vérité, craignant d’être égorgée durant la nuit pour ses mots pouvant passer pour insultant envers leur chef, elle ne put fermer l’œil du tout. Elle fit bien, car une âme brûlait plus fort qu’un soleil cette nuit là. Lorsqu’elle entendit le son crissant de la fusée éclairante, elle avait immédiatement cherché à quitter ses « quartiers », mais deux aliens l’en empêchèrent.

« Il faut que vous préveniez votre chef ! C’est un piège ! Putain mais vous comprenez rien vous ! Un piège ! N’y allez pas ! Je dois parler à votre chef en toute urgence ! »

Ils la bloquaient dans l’encadrement de l’entrée, et continuaient de la repousser vigoureusement vers l’arrière. Les premiers coups de feu retentirent, éclatant la nuit comme des coups de tonnerres distants.

« MAIS EN PLUS VOUS ÊTES CONS C’EST OUF ! »

Elle avait pris soin de ne pas déployer ses capacités biotiques depuis son arrivée au camp, aussi furent-ils surpris de voir son bras gauche s’envelopper d’une lumière bleue. Le premier garde vola jusqu’au bâtiment suivant sur la force de l’impact, et le second fut si surpris qu’il ne vit par arriver le poing mécanique vers sa tempe. Amnatiss espéra ne pas avoir frappé trop fort, mais elle n’avait pas le temps de s’en assurer. Elle fonçait à toute allure vers l’entrée du village, mais les habitations de celui ci étaient toutes recroquevillées les unes contre les autres, créant un réseau de ruelles odorantes dans lesquelles on ne pouvait souvent même pas voir le ciel. Le hasard et le sens de l’orientation perturbé de la lieutenant fit qu’elle trouva Joru’En avant la sortie.

« Jojo ! Il faut immédiatement faire cesser l’attaque ! Dis à nos hommes de se replier !
- Nos hommes ? Mais quels hommes ? lança l’Asari, la panique s’instillant dans son regard.
- Quoi ? Ils sont… ? commença Amnatiss, pleine d’une peur renouvelée.
- Nous n’en avons retrouvé aucun au camp !
- Bien entendu, ils se sont repliés en ZA !
- Je…
- Mais qui… ? Le lieutenant-commandant ? »

La subalterne ne put qu’acquiescer alors que Gallagher l’attrapait par les épaules.

« Seule ?
- Oui.
- Bon sang… J’y vais. Adanto et Tibor sont encore en vie, ils les tiennent prisonniers quelque part. Il faut que tu les retrouve avant qu’ils ne les exécutent en représailles de l’attaque !
- Et la… ?
- Je me charge d’elle. »

Poussant Joru’En sur le côté sans grande délicatesse, Amnatiss fila plus vite que le vent. Elle arriverait bientôt à l’artère principale, et là elle devrait trouver…

Le charnier. Plusieurs cadavres gisaient là, abattus dans le dos. La plupart étaient de la caste des guerriers, mais nombre de serviteurs avaient aussi été assassinés lors de cette « distraction ». Le cœur serré, Amnatiss commençait à réaliser que le sauvetage pouvait bien n’être que l’objectif secondaire de cet assaut. Lorsqu’elle aperçu certaines formes au sol dans la rue, elle en fut certaine. Ceux là ne se battaient pas. Ils n’étaient que des… Un coup de feu stoppa immédiatement le cours de ses pensées. Elle était là, à une vingtaine de mètres d’elle, tirant dans une rue étroite. Quiconque s’y trouvait avait été touché à coup sûr, l’élysienne le savait pertinemment. Elle s’engageait au croisement suivant, et déjà montait de nouveau le canon de son arme, non sans avoir auparavant dit quelque chose. Amnatiss lui répondit, elle lui dit qu’elle était là, l’appela à corps et à cris, mais les hurlements cliquetants des Laksals et les tirs couvrirent sa voix impuissante.

Elle prit la décision en un instant, et chargea. Elle couvrit la distance qui les séparait à une vitesse folle. Il fallait qu’elle l’arrête avant qu’elle ne finisse d’abattre ceux qui pouvaient bien se trouver dans cette ruelle. Pourvu qu’elle y parvienne à temps… Elle se sentit lente, et pourtant elle n’avait que rarement couru ainsi. Son poing percuta Aud sur le côté de son casque, et la fit reculer d’un bon mètre. Immédiatement, elle dressa son arme vers Amnatiss, et tira.

Le projectile vint se loger dans le mur derrière la lieutenant qui, surprise, reçu un coup de crosse dans la joue, la jetant à terre. Celui là laisserait une marque quelque temps… Mais pas autant que le reste. Amnatiss était fin prête à tabasser Audrey si c’était nécessaire pour l’arrêter, mais elle avait espérer qu’elle se reprendrait quand elle la verrait. Cependant, lorsque la britannique releva la tête, le canon de la française se trouvait juste sous son nez. Ironiquement, cette situation avait du arriver bien des fois.

Mais le tir ne sortit pas, car Audrey était paralysé. Pas son corps, car celui ci tremblait avec force, mais son esprit. Elle donnait l’impression d’avoir gelé sur place. Amnatiss se releva et pris son arme de ses mains. Elle se laissa faire, comme si une grande faiblesse s’était soudain emparée de ses bras.

« Le casque…
- Chut. »

La voix d’Amnatiss se voulait aussi douce que possible, mais la rage brûlait encore son œsophage.

« J’ai cru…
- Tais toi, s’il te plaît. »

Elle prit sa supérieure par le bras, pour la tirer hors de la ville, mais celle ci avait complémentent perdu le contrôle, et elle s’effondra à moitié sur elle. Elle eut envie de l’étrangler, mais se retint, car le désir de l’aider était bien plus grand. Cette femme avait clairement des problèmes et un grand besoin d’assistance. Elle dévissa son casque et l’utilisa pour parler à ses troupes :

« Joru’En, j’ai un code pourpre. Je m’en occupe. Je suis en charge de cette opération désormais, et je veux que tu évacues la zone dès que tu as trouvé les autres. Je ne veux pas un seul mort de plus. On s’en va. »

Elle soutenait Audrey, et la dévisageait. Celle ci avait l’air perdu, et bien que sa tête était fixe, son regard ne cessait de changer de point d’accroche. Elle se trouva incapable de soutenir le regard d’Amnatiss. Elle devait avoir honte. L’élysienne pouvait comprendre ça. La haine implacable, le sentiment d’échec, et la honte. Elle savait qu’elle ne l’excuserait probablement jamais, mais pour le moment, elle pouvait compatir. Elle assit Audrey par terre, l’adossant à un mur et se demandant où elles devraient aller pour rejoindre le reste des troupes. Mais quand elle la vit là, à même le sol, ce qu’elle aperçu fut tout à fait pathétique, et elle s’agenouilla devant elle et la prit dans ses bras.

« Audrey... »

Elle la serra de toutes ses forces, à quelques mètres à peine des macchabées les plus proches, mais séparés d’eux par une épaisse et quasi-opaque barrière bleu scintillante. Elle passa une main dans les cheveux rendus sales par la transpiration, et chercha à être aussi douce qu’une guerrière comme elle pouvait l’être.

« Là, là... »

Ses pouvoirs mettaient le monde autour d’elles de côté, mais elle savait très bien que la cervelle d’Audrey devait être un magma bouillonnant malgré tout. Elle prit son visage dans ses mains, et lui demanda doucement de la regarder. Elle lui murmura calmement :

« Je suis là. Tout ira bien maintenant. Nous avons été séparés, mais ils sont en vie. Et désormais, je suis là. Tu m’as retrouvé. Nous allons pouvoir repartir à deux. Joru’En est déjà dehors avec ceux qui m’avaient accompagné. Audrey, concentre toi, écoute moi. Tu me vois ? Je suis là. Oui, pleures, ne t’en fais pas, tu peux… Il n’y a que nous deux… Audrey, il faut que tu me regardes. »

De sa main de chair, Amnatiss épongeait désormais les larmes de la bouchère, qui se faisaient abondantes. De l’autre, elle la tenait droite. Malgré la barrière biotique, elle entendit clairement un craquement, et quelque chose qui s’effondrait. Dans sa vision périphérique, elle vit de courtes flammèches lécher le bas de la bulle bleue. Le chaos dans le village avait entraîné un incendie. C’est ça, de tout construire en bois. Elle fixa son regard dans celui d’Audrey, qui enfin parvenait à la regarder elle aussi. Elle toucha du bout des doigts la lèvre d’Amnatiss, marquée d’une coupure épaisse par l’un des coups qu’elle avait reçu.

« Oui, je suis là. Je n’ai rien. Ce n’est rien. Audrey, on va s’en aller. Cet endroit est dangereux, il faut que l’on parte. Je vais te porter loin d’ici. Tu va me laisser faire ? Tu me fais confiance ? »

Elle hochait silencieusement, les yeux rouges et la mâchoire tremblotante.

« Merci. Viens, laisse-toi faire. »

Elle glissa la meurtrière sur son dos, qu'elle tourna aux flammes. Il fallait sortir de cet enfer, et il fallait en extraire le diable.


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Audrey Bayard

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MessageSujet: Re: Violation de domicile   Violation de domicile Icon_minitimeMar 21 Mai 2019, 18:09
Ils couraient. Cherchant vainement à échapper à leur funeste destin, les insectes fuyaient. C'était inutile. Aucun n'en réchapperait. La mort était sur eux. Froide, implacable, inarrêtable, elle avançait calmement dans le village, trucidant tous ceux qui n’étaient pas parvenu à trouver une cachette. Les ruelles étaient jonchées de cadavres après son passage. Certaines victimes avaient même étaient abattus dans leur domicile, après que leur porte ait été défoncée par la grande faucheuse. C’était un carnage. C’était supposé l’être…

Éclairée par les flammes de l’enfer qu’elle avait elle-même allumée, la démente progressait lentement dans ce campement, ne s’arrêtant que pour vider une ruelle de toute vie ou massacrer les habitants d’une maison qui avaient eu le malheur de faire trop de bruit quand elle était passé à proximité. La meurtrière n’éprouvait aucun plaisir sadique à dispenser ainsi la mort, seulement la satisfaction de la vengeance. Son éradication était froide et méthodique, une seule balle par victime, à moins que la première n’ait pas été létale. Elle n’était pas venue pour les faire souffrir, elle était là pour envoyer un message. Personne ne touchait à ses hommes.

Alors que la désaxée s’apprêtait à nettoyer un autre boyau des grouillants qui s’y étaient réfugiés, elle reçut soudain une violente frappe sur le côté de son casque qui la déstabilisa un instant. Un de ses animaux avait-il trouvé le courage de se battre pour ses congénères ? Enragée, la bouchère riposta instinctivement en tirant dans la direction d’où était provenue l’attaque, mais son projectile partit dans le vent. Il semblait tout de même avoir figé l'agresseur qui reçut un puissant coup pour le projeter au sol. L'humaine pointa son arme sur sa cible, prête à l’achever et soudain, tout s'arrêta.

Cette crinière blanche, cet oeil unique la fixant… Amnatiss. Bayard avait failli l’abattre. Celle qu’elle avait voulu sauver. Celle qu’elle était venu venger. La rage laissa la place à la surprise, puis très rapidement à la terreur. Une image de l’egyptienne gisant dans son sang une balle dans la tête envahit l’esprit d’Audrey. Totalement paralysée par cette vision d’horreur, cette dernière était incapable de bouger, maintenant son canon à quelques centimètres du visage de sa subalterne. Cette position intensifia sa panique et la française commença à trembler de tous ses muscles. Son esprit avait beau lui hurler de baisser immédiatement cette arme, son corps refusait d’obéir.

Ce fut Gallagher qui se saisit finalement du pistolet en se relevant. Sans se déplacer d’un pouce, fixant toujours l’endroit où sa collègue était tombée, la terrienne essaya de se justifier. Balbutiant quelques mots, elle fut systématiquement interrompue par la biotique qui semblait ne rien vouloir entendre. La capitaine du Rorke tenta de l'entraîner à l’écart, mais l’autre fut incapable de suivre. Trop de pensées se bousculaient dans sa tête pour qu’elle puisse ordonner quoi que ce soit à son corps.

Le déclic fut soudain. La châtain serait incapable de dire exactement ce qui l’avait provoqué, mais il eut bel et bien lieu. Elle réalisa brutalement ce qu’il venait de se produire. Non pas ce qui venait de se produire, ce qu’elle avait commis. Les atrocités qu’elle avait commises. Ses jambes cessèrent de la porter. Chancelant, l’officier s’effondra sur son homologue, qui la retint tant bien que mal avant de l’asseoir au sol. Là, la seconde lui ôta son casque et sembla s’en servir pour donner des ordres. Le lieutenant-commandant ne comprenait plus ce qu’elle percevait.

Hagarde, ses yeux virevoltaient de droite à gauche, tantôt captés par une lumière orangée, tantôt attirés par des cris au loin. La jeune femme essaya par moment de fixer celle qui lui faisait face, mais elle ne parvenait pas à affronter son jugement. A assumer ses actes devant elle. Les événements de la nuit se répétaient en boucle dans son esprit. Combien en avait elle massacré ? Combien de femmes et combien d’enfants ? Combien de civils innocents avaient péri à cause de sa folie ? Amnatiss l’enlaça, mais l’égarée ne le sentit qu’à peine, toujours assaillie par ses interrogations et ses actes.

- Audrey…

L’énonciation de son nom tira partiellement la concernée de son état de torpeur sensorielle. La borgne serrait sa supérieur contre elle de toutes ses forces, comme une mère le ferait en retrouvant son enfant pour qui elle avait eu très peur. Les sons de la dévastation semblaient avoir quasiment disparu, n’arrivant plus que très étouffés jusqu’au duo. De même, ce qui les entourait était devenu flou et difficilement distinguable. Il n'y avait plus qu'elles deux.

La protectrice passe une main sur le visage de sa “fille” pour en écarter un rideau de cheveux sales. Ce fut trop pour la châtain. Elle ne put retenir ses larmes. Malgré tout ce que la terrienne avait fait, la borgne restait là, à prendre soin d'elle, à essayer de la faire aller mieux. Elle ne méritait pas autant d'attention. Elle était un monstre. L'élyseenne ajouta quelques mots simples à son geste pour tenter de rassurer l'égarée, avant de lui prendre doucement le visage pour le redresser.

- Je suis là. Tout ira bien maintenant. Nous avons été séparés, mais ils sont en vie. Et désormais, je suis là. Tu m’as retrouvé. Nous allons pouvoir repartir à deux. Joru’En est déjà dehors avec ceux qui m’avaient accompagné. Audrey, concentre toi, écoute moi. Tu me vois ? Je suis là. Oui, pleures, ne t’en fais pas, tu peux… Il n’y a que nous deux… Audrey, il faut que tu me regardes.

Elle n’y parvenait pas. Elle ne voulait pas qu’on la juge. Elle se savait coupable. Elle voulait s'excuser, expliquer à quel point elle était désolée, mais elle ne parvenait pas à faire sortir le moindre son de sa bouche. Amnatiss essuya quelques larmes sur le visage de la châtain, qui se risqua à croiser son regard. La meurtrière remarqua alors la lèvre blessée de sa subalterne et l'effleura du bout des doigts, se demandant si elle en était responsable.

- Oui, je suis là. Je n’ai rien. Ce n’est rien. Audrey, on va s’en aller. Cet endroit est dangereux, il faut que l’on parte. Je vais te porter loin d’ici. Tu va me laisser faire ? Tu me fais confiance ?

Cette question déclencha une nouvelle vague de sanglots. Bien sûr qu'elle lui faisait confiance. Mais c'est l'égyptienne qui aurait dû ne plus lui accorder la sienne. Tout en larmoyant, la terrienne parvint à hocher la tête affirmativement. Elle se retrouva alors sur le dos de la biotique et rapidement hors du camp. Là, la crinière blanche la reposa sur ses pieds et lui remit son couvre chef. Il ne fallait pas que les autres voient leur commandant dans cet état. Gallagher continua de soutenir son officier supérieur jusqu’à la base, mais cela pourrait passer pour une assistance à une blessée.


*****


Audrey fixait son casque. Assise sur ce qui leur servait de chaise dans sa tente, son regard ne pouvait quitter la protection entre ses mains. À travers la visière, elle revivait ce qu'elle avait fait la nuit précédente. Elle revoyait l'extermination des guerriers, l'incendie du village et les cliquetis suppliant des insectes alors qu'elle les abattait un à un. Une immense partie d'elle avait honte autant qu'elle était horrifiée par sa perte de contrôle. Mais tout au fond, une petite voix qui refusait de s'éteindre lui maintenait qu'elle avait fait ce qu'il fallait. Bosworth et Mathiasen étaient morts. Et de ce qu'elle croyait savoir à ce moment là, le sort du reste de l'expédition n'était guère plus prometteur...

Un simple appel radio aurait pu éviter ce bain de sang. C'est probablement ce qu'aurait fait un officier méritant ses galons. Mais visiblement, Bayard ne les méritait pas. Perte de ses moyens en situation de crise, prise de mauvaises décisions stratégiques ayant entraînées la mort de deux soldats, assaut sur une espèce primitive, massacre de population civile, dévastation d'un village… La liste commençait à être longue. Très longue…

Malgré cela, une petite flammèche de rancoeur semblait refuser de s'éteindre tout au fond de la française. Ces bestioles avaient tué deux de ses hommes et lui avaient complètement fait perdre ses moyens. En un sens, ils étaient responsables et témoins de tous ses malheurs sur cette planète. Et leur éradication lui avait été enlevée. La terrienne savait qu'elle s'en voudrait probablement encore plus si sa collègue ne l'avait pas arrêtée, à moins qu'elle n'ait encore plus succombé à la folie, mais une part d'elle regrettait néanmoins que la purge n'ait pas pu être menée à son terme…

La châtain ne cessait d'être assaillie par des sentiments contradictoires. Lorsque l'horreur et la honte faisait perler des larmes aux coins de ses yeux, une colère l'envahissait rapidement. Cette rage était dirigée vers la borgne pour l'avoir arrêtée, vers ces insectes pour avoir survécu, vers sa subalterne encore pour être une bien meilleure officier qu'elle et pour finir contre elle même pour penser toutes ces choses. Alors, la honte et l'horreur revenaient. Et ainsi de suite, dans un cercle vicieux semblant ne pas avoir plus de commencement que de fin...

Audrey était en train de devenir folle. Il lui semblait avoir encore tout juste assez de raison pour s'en rendre compte. Peut-être la fatigue y était elle également pour beaucoup. Cela devait faire plus de 30 heures que la militaire n'avait pas dormi et son dernier somme avait été tout sauf reposant. Mais manque de sommeil ou non, l'officier était devenue un danger pour elle même et pour tous ceux qui étaient sous ses ordres. Elle avait encore assez de lucidité pour le réaliser…

La capitaine du Rorke pénétra dans la tente, sortant sa supérieure de ses réflexions internes. Gallagher s'était occupé de remettre le campement d'aplomb depuis son retour, assurant les fonctions qu'aurait dû remplir Bayard, tout en maintenant cette dernière isoléee de ses troupes. Le commandant ignorait ce qui avait été dit à son sujet, mais sans doute était-ce mieux ainsi. La borgne semblait attendre que l'autre prenne la parole en première, attendant gravement à l'entrée de l'abri. La tête toujours baissée comme une enfant que l'on vient de gronder, la châtain prit une grande inspiration avant de se décider à parler.

- Amnatiss… Il faut que vous me releviez de mon commandement. Je ne suis plus en état d'assurer mes fonctions. Et vous devriez probablement aussi me mettre aux arrêts pour crime de guerre…
- A vos ordres. Mais pour le crime de guerre, laissez moi y réfléchir avant de monter sur mes grands chevaux. Je... ne prononcerai pas ces mots à la légère. Audrey, reprit le lieutenant d’une voix qui se voulait plus douce, j'aimerais que vous m'expliquiez ce qui s'est passé. Nous avons du temps, commencez par ce que vous voulez. Je ne suis pas votre psy, et aux dernières nouvelles, je ne suis pas votre supérieure, vous n'avez rien à craindre. Je veux juste vous comprendre, pour pouvoir vous aider.

La biotique marqua une petit pause avant de tendre une tasse à l’autre.

- Tenez, de la pisse de Turien.
- Merci... Je n'en sais rien... Je vous ai cru morte et ensuite... Tout est allé très vite. J'ai perdu le contrôle. Je... je ne pensais plus qu'à venger vos morts…
- Et avant ça ? Mathiasen, vous l'avez retrouvé ? Vous... Vous alliez bien, avant l'attaque ? Vous n'aviez pas l'air dans votre assiette.
- Non... Ils sont morts Amnatiss...Mathiasen et Bosworth... J'ai tué ces deux hommes en les envoyant en reconnaissance... Et pour ce qui est du avant... j'étais à cran. Je craignais qu'on en arrive là... Enfin, ma folie meurtrière en moins…
- Un ordre malheureux n'est pas un meurtre. C'est une erreur, qui a eu des conséquences désastreuses mais ça ne fait pas de vous une responsable de leur... potentiel décès. Ce que vous avez fait là bas est un meurtre... Mais eux deux ne sont pas décédés par votre faute. Vous n'avez pas appuyé sur la gâchette, tout comme vous ne l'avez pas fait lorsque vous m'avez vu dans le village. Votre grade vous fait endosser la responsabilité de l'échec, mais se tromper ne fait pas de vous une meurtrière.

Bayard laissa échapper un léger soupir. Ce que disait l’autre avait du sens, mais elle ne pouvait s’empêcher de se sentir coupable de la mort de ces deux soldats. Probablement parce qu’elle savait qu’elle avait perdu le contrôle de la situation depuis l’annonce de la présence des aliens sur la planète. De fait, elle remettait en cause tout ce qu’elle avait pu faire à partir de ce moment…

- Comment vont-ils ? Vous le leur avez dit ? tenta la tueuse pour changer de sujet.
- Audrey... Ils s'inquiètent pour vous. Joru'En se fait un sang d'encre en s'imaginant qu'elle aurait dû vous arrêter. Ceux qui ne sont pas du Rorke sont en attente d'ordres, de meilleurs ordres que les miens. Et mes troupes se rongent les ongles en se demandant si vous allez bien.
- Ils devront se contenter des vôtres pour le moment. Personne sur cette planète n’est en mesure d’en donner de meilleurs. Vous pouvez annoncer à vos hommes que non, je ne vais pas bien si ça peut les calmer. Quant à Joru’En… dites lui qu’elle n’aurait rien pu faire de plus sans m’abattre…
- Vous réalisez que Joru'En a été chasseresse plusieurs décennies avant de rejoindre l'UCIP ? Si nous lui apprenons que la solution aux mauvais ordres est de tuer son supérieur, je n'ai plus que quelques jours à vivre.

La borgne se risqua à un sourire.

- Être acide ne vous aidera pas. Vous... allez subir une énorme pression. Les procédures qui vous attendent sont... Elles... C'est déshumanisant. Bientôt, vous serez un dossier, pas un lieutenant commandant ni un criminel de guerre. Vous deviendrez du travail sur le bureau de quelqu'un d'autre. Il faut que vous ayez la tête sur les épaules pour tenir. Je souhaite vous y aider, et tant que vous serez à bord du Rorke je ferais tout pour. Mais une fois dehors, je ne sais pas ce que je pourrais faire pour vous. Je n'ai pas le bras long quand il s'agit de la bureaucratie. Vous risquez d'être seule, et il faut que vous soyez prête.
- J’assumerai les conséquences de mes actes Amnatiss. Je ne mérite pas ces galons et je ne compte pas les conserver. Au moins Luccedros avait raison. Je déshonore bel et bien l’uniforme. Il sera content, il est peu probable qu’il ait de nouveau à me surveiller à mon retour. déclara-t-elle en esquissant un sourire forcé.
- Bien sûr que oui, vous assumerez. Je ne vous laisseriez pas vous défiler de toute manière. Mais vous allez déjà subir beaucoup. Vous en avez eu un aperçu après Nodacrux j'imagine, mais ce sera pire... Audrey, il faut que vous soyez prête. Le système va vous écraser. Il fonctionne de cette manière. Vous aurez besoin d'aide, mais votre meilleure alliée, c'est vous. Il faut que vous vous repreniez.
- Nous verrons bien… Rendez moi juste un service Amnatiss. N’essayez pas de me couvrir. Je m’en voudrais de vous faire perdre votre poste en plus du mien. Et dites la même chose à Joru’En.
- Vous êtes relevée de vos fonctions, je ne prends plus mes ordres de vous.

La jeune femme aux cheveux blanc sourit avant de continuer.

- Je ne vous couvrirai pas, mais je vous défendrai.
- Est ce parce que je vous suis sympathique ou parce que vous avez une attirance naturelle pour le pétrin ? répondit l’autre avec un air reconnaissant.
- Je protège les miens. C'est mon truc.

La capitaine de Rorke plaça une main sur l’épaule de son ancienne supérieure, avant de la prendre brièvement dans ses bras. La française profita de cette étreinte réconfortante et serra elle même sa collègue contre elle. Se sentant un peu mieux, la terrienne se risqua à une petite plaisanterie pour conclure cette accolade.

- N’en profitez pas trop Gallagher. Je suis peut-être relevée de mes fonctions, mais le protocole demeure. Et on ne fait pas de calin en service.



Amnatiss Gallagher
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MessageSujet: Re: Violation de domicile   Violation de domicile Icon_minitimeMer 22 Mai 2019, 22:19
Le plafond blanc ne lui renvoyait pas ses soupirs. Les bips et les boups des machines autour d'elle l'énervaient. Elle ne parvenait pas à ouvrir son œil droit, qu'elle supposait tenu fermé par la masse de bandages qui recouvraient son visage. Elle n'avait aucun souvenir de son arrivée à l'hôpital, et découvrait sa chambre pour la première fois il y a à peine quelques minutes. Elle eut l'impression qu'une heure avant, elle était encore sur Athame, essuyant les tirs des moissonnés et vengeant chaque balle que son escouade recevait par douze morts. Elle se demandait s'ils avaient pu abattre la furie avant qu'elles ne les atteignent, et chercha à estimer le nombre de survivants probables. C'était une bonne tacticienne, et elle se souvenait plutôt bien des positions tenus par chacun. Weaver aurait probablement tenté une sortie pour disperser le feu ennemi sur deux fronts. Hughes aurait pu s'occuper des plus graves blessés et... Non, elle avait vu Weaver être terrassé par une salve dans le dos avant qu'il ne passe à l'intérieur de la barrière. Dans ce cas, c'est Canary qui aurait... Elle se souvenait désormais, Hughes aussi avait périt. Ça impliquait beaucoup d'autres morts, et douloureuses qui plus est. Maintenant, elle voyait clairement les cheveux blonds de Canary qui traversaient sa visière maculée de sang. D'un coup, elle réalisa. Elle était tombé en dernière. Tous les autres avaient du mourir avant elle.

« Pas seulement rouge, docteur. Pourpre, de la tête au pied. »

Une voix cherchait à se faire discrète de l'autre côté de la porte. Personne ne devait savoir qu'elle s'était éveillée, pourtant. Cette voix... Gilles Crossfin. Son supérieur, à qui elle devait tant. De quoi parlait-il ?

« Rouge, pourpre, ça n'est pas si…
- Le sang de ses alliés était mélangé à celui des Butariens et des Turien moissonnés, interrompit la première voix.
- Les Butariens ont un sang plus opaque et les Turien l'ont... Bleu, je crois. Ça ferait du violet, non ? Enfin, si ça avait une quelconque importance.
- Je gage que ça en a. Son visage était entièrement pourpre, même ses cheveux.
- A ce propos, elle les a étrangement blancs. Je ne suis pas certain que la guerre soit le meilleur moment pour une teinture.
- Qu'elle soit recouverte de sang à tel point qu'il parvenait à faire passer pour pâlot le chef des Krogans ne vous fait rien, mais trois cheveux blancs et vous vous émoustillez ? »

Elle sourit. Gilles la défendait toujours, bien qu'il cherchait systématiquement à le lui cacher.

« Épargnez moi votre mauvaise humeur et vos théories à deux sous, Crossfin. Tout le monde sait que vous lui donnez plus de marge que nécessaire et maintenant vous espérez que le traitement de faveur la suivra durant sa convalescence. »

Ce ne fut qu'à ce moment qu'Amnatiss comprit ce que signifiait être à l'hôpital. Elle avait été vaincue. La guerre était terminée pour elle. Non ! Elle se remettrait. Dans une semaine ou deux elle serait sur le front.

« Ce blanc est naturel. C'est baigner dans le sang qui ne l'est pas. Oh et arrêtez de soupirer espèce de tir au flanc. Venez quelques minutes sur le front et je vous donnerai des raisons de souffler du nez.
- J'en ai assez de votre insolence, et je me fiche qu'elle soit blanche ou pourpre ou quoi qu'ce soit. Signez là.
- Elle peut signer d'elle même.
- Monsieur Crossfin, elle est dans le coma depuis quatre jours. Actuellement, rien ne nous assure qu'elle pourra un jour tenir un stylo.
- Elle signera d'elle même. J'ai encore besoin de mes troupes et elle le sait.
- C'est bon, trop c'est trop, allez vous en. Vous serez mis au courant si son état s'améliore... Ou s'empire. »

Cette nuit fut pleine de rage et d'amertume. Elle haït les moissonnés, et ses troupes incapables, et les ordres idiots de Gilles, et les Asaris pas foutues de garder leur planètes elles mêmes, et les médecins qui n'étaient que des bouffons, et elle qui avait mené son escouade à la mort. Elle hurla beaucoup, et ce furent ses propres cris qui finirent par l'endormir.

Les nuits suivantes ne furent pas meilleures. La haine devenait tour à tout désir de mort ou de meurtres. Elle se remémorait ses erreurs tactiques, ses choix faits sous le joug de l'émotion, sa rage lorsqu'elle avait découvert le commando Asari massacré. Elle avait mené des assauts idiots dans le seul désir de faire connaître à ses ennemis la souffrance qu'elle subissait et, en agissant ainsi, n'avait causé que plus de tort à ses alliés. Et à chaque homme qui tombait, la rage doublait. Elle ne fut même pas satisfaite de savoir que lorsque l'équipe aéroportée était venue les extraire, les moissonnés étaient décimés. Ses plans désespérés avaient été efficaces, mais à ce prix, à quoi bon ?

Les mois passés derrière la vitre de l'hôpital furent ainsi remplis d'une haine qui s'accumulait, se ressassait. L'ennui l'amplifiait. Ce comportement était toxique, elle avait au moins la lucidité de s'en rendre compte. Elle déploya de grands efforts pour ne pas se noyer dans sa douleur, et aida de nombreux soldats à gérer la leur pour s'oublier. À déambuler dans les couloirs, elle apprenait le langage du personnel. Code bleu, arrêt cardiaque. Code rouge, alarme incendie. Code gris, fuite toxique. Code blanc, individu violent. Code brun, panne. Un code bien trop fréquent, par ailleurs.

Alors elle créa son propre langage. Le premier terme avait été emprunté aux mots de Gilles : le code pourpre. A utiliser en cas de soldat qui pète un boulard. Si l'un de ses hommes avait eu cette clé, si l'information avait pu être uniformément transmise et comprise, les choses se seraient passées différemment... L'erreur, si elle se reproduisait, pourrait être identifiée. Arrêtée à temps. Et tous sauraient comment gérer la situation.


***


Dans les faits, peu de personnes avaient entendu Amnatiss parler de son code pourpre. Les sous-officiers sous ses ordres étaient les seuls à en avoir besoin. Et ils le respectèrent scrupuleusement. De l’espace fut accordé au lieutenant-commandant, et aucune question ne lui fut adressée. Nul reproche, pas même un regard noir. Les troupes s’étaient tenus à carreau jusqu’au retour de la flottille. Et désormais, il fallait s’expliquer. Le rapport avait été envoyé au colonel Irysa, qui avait confiné Audrey au Rorke, sous la surveillance d’Amnatiss. Elle n’avait rien laissé transparaître quant à sa position sur la question, si ce n’est qu’elle émit des regrets à l’égard de Mathiasen et Bosworth. Tout le monde en avait.

Irysa n’était pas renommée pour sa grande mansuétude, et Gallagher avait le sentiment qu’elle aurait personnellement dévissé la boîte crânienne du moindre Laksal cherchant à s’en prendre à elle. Mais les faits étaient différents, et l’on parlait ici de populations civiles. La donne changeait entièrement. Cependant, pour peu qu’Amnatiss pousse les bons leviers, des circonstances atténuantes surgissaient. Elle avait été faite prisonnière, Tibor et Adanto également. C’était une opération de secours et…

« Oh ! »

Perdue dans ses pensées, Amnatiss n’avait pas exactement oublié qu’elle avait convoqué Audrey dans sa cabine. En revanche, elle avait omis l’idée que des deux, c’était elle, la feignasse désinvolte et peu ponctuelle. L’eau roulant encore sur les épaules, elle assura que sa serviette était bien serrée et attrapa ses vêtements. La première douche après un déploiement était toujours particulièrement enivrante.

« Je ne t’ai pas entendu entrer. Désolée. »

Elle n’était pas désolée. En fait, ça l’amusait beaucoup. Son corps était violent, musclé et marqué par les combats, surtout maintenant qu’elle avait un bras en moins. Ne partageant pas les pulsions de désirs que la plupart possédaient, elle n’éprouvait par ailleurs qu’une gêne minime dans ce genre de situation. En fait, c’était surtout l’absence de son cache-oeil ou du moindre voile pour le remplacer qui la mettait mal à l’aise. Et malheureusement, elles ne pouvaient plus rire à gorge déployée comme lors des jours qui venaient de s’écouler.

« Peut être que je ferais mieux de repasser d’ici cinq minutes, fit l’invitée d’un air gêné. Le temps que vous enfiliez une tenue un peu plus décente.
- Non non, ne t’en fais pas ! Je-suis-prête-dans-une-se-conde ! décortiquait la tête blanche de nouveau dissimulée dans sa douche. Voilà ! »

Elle émergea de nouveau, débraillée mais vêtue. Étonnamment, les deux femmes portaient leurs cheveux détachées. Bien entendu, ça n’avait rien d’exceptionnel, mais le hasard apportait un léger sourire à l’élysienne. Elle n’avait jamais vu Audrey avec autre chose que sa fidèle queue de cheval, et elle même portait par habitude sa crinière en une longue tresse. Elle se gifla intérieurement de nouveau : l’heure n’était pas aux joyeux détails, enfin ! Et pourtant, elle leur prépara un thé comme si rien n’avait changé.

Plusieurs fois, elle s’était interrogé sur le bien fondé de l’assistance qu’elle lui apportait. Elle était bel et bien un boucher, après tout. Elle avait tué des innocents à tour de bras, et parfois Amnatiss se laissait convaincre que ça lui avait plus. Au final, qu’elle accepte la future sentence ne faisait qu’admettre la conscience qu’elle avait de sa propre cruauté. Mais même en se forçant à penser ainsi, elle continuait de lui trouver des excuses, ou au moins des raisons. Elle lui tendit un mug bleu et chaud, pris le sien, s’installa sur sa couchette et l’invita à s’asseoir en face d’elle.

La cabine d’Amnatiss était… Reconnaissable, au minimum. On pouvait y trouver, étalés sur les murs, de multiples clichés arborant sa carrière sportive. L’un la montrait brandissant une ceinture épaisse et ringarde au dessus de sa tête, l’autre en haut d’une échelle, attrapant des deux mains une valise en écrasant le visage d’une rivale avec son pied. Le Money in the Bank de 2198, se remémorait-elle avec un sourire. Le seul qu’elle emporta, par ailleurs. Le cliché suivant était flou et taché, sans compter qu’il avait été troué par un projectile lors d’une fusillade, mais c’était l’un de ses préférés. La Vipère d’Aratoth avait la Sorcière Borgne sur ses épaules, l’Humaine se basculant en arrière. Elle s’en souvenait parfaitement, un très joli hurricanrana, le Butarien avait encaissé comme un dieu. Elle appréciait beaucoup se représenter contre lui. Egrarn Gradforah était un bon ami autant qu’un catcheur d’exception, et c’était probablement leur plus beau match à deux.

Cependant, les photographies la concernant étaient en vérité une minorité. Beaucoup se concentraient plutôt sur d’autres sportifs. Certains dans leurs costumes bariolés, d’autres dans des situations plus intimistes, loin des projecteurs. L’un des clichés montrait même Mélanie Donnel, la pilote du Rorke, soulevée à bout de bras par Pagan Paige, une diva Asari. Qu’elle était rouge, la jeune pilote ! Si émue ! Ça avait été une sacrée soirée. Plusieurs photos étaient si vieilles qu’Amnatiss n’y était pas tatouée. Et puis, il y avait l’époque de l’Alliance. Nombre d’images révélaient d’ancien coéquipiers, des supérieurs énervés, des subalternes éméchés, et, bien entendu, Gilles Crossfin. Mais, comme un testament du temps qui avait fait son office, juste sous les clichés trônait sa prothèse. Elle souffla doucement sur son thé puis, après s’être remis en mémoire tous ces bons souvenirs, elle demanda simplement :

« Vous allez un peu mieux ?
- Je n’ai plus envie de massacrer de l’insecte et j’arrive à penser à autre chose de temps à autre, alors que je suppose que ça va. Et puis, j’aurais pu être confinée sur pire bâtiment que celui-ci.
- Ah bon, la flotte krogane est dans le coin ?
- Je croyais que c’était votre vaisseau la flotte krogane. Compte tenu des passagers que vous convoyez habituellement. A ce propos… Le Rorke est-il toujours une cellule piégée ambulante ? »

Les plaisanteries d’Audrey sonnaient creuses, mais son interlocutrice lui renvoya la balle malgré tout. Aucun intérêt à lui jeter à la figure qu’elle se forçait. Et puis, se rappeler d’Ante n’était pas désagréable. Elle espérait le revoir un de ces jours. Son souvenir lui remis le sourire aux coins des lèvres.

« Bien entendu. C’est Mélanie qui pilote, après tout, blagua la lieutenant avant une pause. J’ai transmis mon rapports sur pex au colonel. Comme je vous l’ai dit, et comme il est de toute manière attendu de ma part, je n’ai pas essayé de cacher l’affaire. J’ai parlé de ma capture, du sauvetage que vous avez orchestré en vous assurant d’attirer le danger sur vous… Irysa est férocement indépendante, elle a longtemps servi dans les forces spéciales avant d’être mise à la tête d’autres personnes. Je me suis battu à ses côtés lors de la Grande Guerre, elle était tireuse d’élite à l’époque. Elle pourrait voir d’un bon œil votre… Bravoure.
- Le moins que l’on puisse dire c’est que vous n’avez pas traîné… Mais je ne me ferais pas trop d’illusions à votre place. Aucun officier, aussi indépendant soit-il, ne prendrait le risque de couvrir ce qu’il s’est passé. Si je n’avais abattu que des guerriers, peut être cela serait-il défendable, mais ce n’est pas le cas.
- Je ne pouvais pas me permettre d’attendre. Chaque minute sans rapport pouvait laisser supposer que j’arrangeais une version des faits avec vous. C’est aussi ce pour quoi je ne vous ai convoqué que maintenant. Je souhaite être lavée de tout soupçon. Sinon, je ne pourrais pas vous aider de manière crédible. Joru’En et Tibor ont fait de même. Adanto rédige le sien en ce moment même. Il a été un peu plus marqué par son emprisonnement. Il ne s’est pas encore ouvert à moi sur ce qu’il lui est arrivé, mais avec un peu de chance, il ne tarira pas d’éloge sur les hôtels Laksals, et ça jouera en votre faveur. »

Mais la flicette n’était pas convaincue pour un sous :

« Amnatiss, nous sommes restées plus de dix heures sur la planète entre les faits et l’arrivée de la flotte. Nous avons eu tout le temps nécessaire pour arranger une version. S’ils veulent nous soupçonner, ils trouveront un moyen de le faire, ne vous en faîtes pas. »

Elle marqua une pause, reprenant son souffle, comme si elle avait oublié de respirer pendant quelques instants.

« Vous savez, j’ai été flic. Je sais comment se passe une enquête. Et je sais aussi comment l’orienter, que ce soit lors des interrogatoires ou des prises en compte des témoignages. La seule chose qui déterminera de si votre rapport est pris en compte ou non, c’est s’il va dans le sens de la décision que souhaitera prendre le jury.
- Hep, fit Amnatiss en claquant des doigts.
- Qu… ?
- Vous fixiez mon moignon, expliqua-t-elle. Vous vous êtes emportée et vous avez arrêter de vous concentrer sur votre regard. Du coup, vous fixiez mon moignon. Je sens encore le membre par moment, ça peut être désagréable que quelqu’un d’autre me rappelle son absence.
- Veuillez m’excuser.
- Ce n’est rien. »

Elle lui adressa un sourire tendre, sirota un peu de thé, et pausa une main sur sa hanche.

« Vous peignez un tableau bien sombre du système que vous avez servi. Mais j’imagine que vous avez raison. Que pensez vous que je puisse faire pour vous aider ?
- A moins de remonter le temps et changer le cours des choses, pas grand-chose je le crains. »

Elle s’arrêta de nouveau, pour boire cette fois ci. Gallagher en profita pour finir son propre breuvage, et entama de peigner sa crinière.

« Pourquoi vous êtes vous engagée dans l’armée, Amnatiss ? »

Elle tira d’un coup sur le peigne et s’extirpa une grimace.

« Vous me prenez de court. C’était… Ça date !
- Vous préférez que je commence ? proposa l’aînée.
- Non, non, je me lance. Quand mes cheveux ont commencé à tourner au gris à l’âge de onze ans, j’ai su que je vieillissais vingt trois fois plus vite que la norme humaine. Voyant ma fin arriver, j’ai rejoint un projet secret de l’armée visant à créer une déesse biotique, à la fois belle, agréable, forte, terrifiante, résolue, indestructible et capable de tirer des rayons lasers avec l’œil droit. C’est pour ça que je porte un bandeau. Là je ne le porte pas, mais vous assure, ça demande un grand effort de concentration de ne pas vous griller sur place. Vous voyez mon tatouage ? Tout les participants du projet l’ont. On se reconnaît comme ça, entre nous. »

Son visage était décoré d’un large sourire révélant toutes ses dents. Cependant, ses propres mots lui rappelèrent qu’elle était à visage découvert, et elle rapprocha son cache-œil, presque par réflexe. Puis elle se remit à se peigner. Elle le mettrait lorsqu’elle en aurait fini avec sa crinière. Audrey avait déjà vu le côté brûlé de sa face et… D’une certaine manière, Amnatiss avait comme l’impression que la bouchère s’était elle aussi révélée à visage découvert.

« C’est votre façon bien à vous de me faire comprendre que vous préférez ne pas en parler ? interrogeait la détective, amusée.
- C’est la stricte vérité, à vrai dire. Mes cheveux ont véritablement perdu leurs couleurs après onze années, et j’ai véritablement cru que j’allais mourir de vieillesse dans les mois qui suivraient. Le reste, je vous l’accorde, est un peu romancé. Être biotique a beaucoup influencer mon choix. Vous n’êtes pas sans savoir que les gens comme moi subissent une stigmatisation quasi-institutionnelle. Ça s’est détendu ces dernières années, mais à l’époque, les choses étaient différentes. L’armée de l’Alliance était le seul endroit pour les monstres comme moi. Et puis, il y avait une bonne académie militaire, là où je vivais. »

Elle s’arrêta quelques secondes pour organiser ses souvenirs, mais reprit prestement :

« La Grande Guerre m’a fixé à l’Alliance. J’avais un sentiment d’appartenance là bas. L’impression que des personnes comptaient sur moi, que je pouvais servir à quelque chose, et même que c’était un peu pour ça que j’étais née. »

Son sourire devenait nostalgique, voir triste, mais elle conclut :

« Ça n’a pas du être étonnant pour grand monde que la fin de la guerre a également signé ma fin dans l’armée. Je me suis tiré quelques années après.
- Vous y êtes donc entrée plus par dépit que par choix si je comprends bien.
- Non je… Enfin, oui, au début. Un peu. Ça semblait être une porte d’entrée sur une vie qui pouvait mieux me convenir. Les premiers mois ont été un peu compliqués. Je ne sais pas si vous l’avez remarqué Audrey, mais l’autorité ne m’aime pas. Je le cache bien, hein ? Une fois ces menus problèmes dépassés, l’armée m’a semblé être une évidence. C’était devenu mon choix. Et vous ?
- Et bien, cela va sans doute vous paraître banal et terriblement cliché, mais je me suis engagé pour protéger mes proches. C’est pour ça que j’avais choisi la gendarmerie. A mi chemin entre l’armée et la police. J’ai toujours préféré être la protectrice des citoyens que celle qui va semer la mort chez l’ennemi. Oui je sais, ça paraît difficile à croire après ce qu’il s’est passé sur P3X.
- Pex.
- Je ne me voyais pas faire une carrière dans les forces d’assaut. Mais la corruption a changé pas mal de choses… Elle frappait partout, même dans les lieux supposément sûrs. Protéger les citoyens au SSC ne me semblait plus suffisant. Alors j’ai rejoint l’UCIP.
[color=#33ff33]- Au moins vous aviez raison. C’est hyper cliché, la railla Amnatiss. Mais c’est tout à votre honneur. Vous me connaissez désormais. Vous savez à quel point je peux comprendre le besoin de protéger l’autre. Quand j’ai grimpé dans mon bâtiment de la Seconde Flotte, j’étais persuadée que l’on allait repousser les Moissonneurs et que mes parents seraient saufs. Regardez autour de vous. Nous sommes dans le Rorke, nommé d’après une bataille que les anglais ont passé à défendre un hôpital. On sait y faire en clichés.
- Mais vous au moins, vous parvenez à protéger les vôtres. Moi… Et bien j’y arrivais avant d’intégrer cette « unité d’élite ». Mais je crois que je ne peux plus simplement me placer devant mes gars pour prendre la première décharge...
- Vous vous rappelez de mes mots, la nuit avant l’attaque ?
- La nuit avant l’attaque ? Non. Je me souviens avoir été très agitée. »

Amnatiss souffla du nez, amusée.

« Bon, au moins je ne me suis pas trop ridiculisée en ce cas. J’essayais de vous convaincre du contraire de ce que vous m’avancez aujourd’hui. Ah oui, j’ai des dons de voyance, aussi. Ça fait partie du programme militaire secret.
- Visiblement ça n’a pas marché. Il paraît que j’ai la tête dure, c’est sans doute pour ça que vous n’avez pas réussi à me convaincre.
- J’aurais peut être dû vous en parler quand vous étiez éveillée, aussi, soupira la lieutenant. Puis-je vous poser une question et espérer la plus franches des réponses, Audrey ?
- Posez toujours, nous verrons bien si je suis franche.
- Cette réponse ne me plaît pas vraiment, mais je n’aurais pas mieux, hein ? »

Elle ferma les yeux, ce qui se fit en un étrange décalé, et se redressa un peu, avant de reprendre la parole :

« Est ce que vous regrettez ce que vous avez fait ?
- Hum, je ne m’attendais pas à ça, admit l’interlocutrice. Une réponse franche, donc ? »

Et ce fut à elle d’accorder un peu de temps pour réfléchir à ses mots. Elle les articula du mieux qu’elle put :

« Est ce que je regrette ce que j’ai fait ? J’imagine que oui. J’ai massacré une population totalement gratuitement et foutue ma carrière en l’air. Sans compter les tracas que je vous cause à vous et à votre équipage. Ça, je le regrette. Et je regrette encore plus que deux de mes hommes soient morts par ma faute… Je regrette assurément tout ce qui s’est produit cette nuit là et ce qui en découle… Le problème, c’est que je suis incapable de vous garantir que je ne le referais pas dans les même conditions. Une partie de moi que je n’arrive pas à faire taire me maintient que mes représailles étaient justifiées... »

Amnatiss écouta patiemment sa déclaration hésitante, pesant chacun de ses mots avec diligence. Lorsqu’elle eut finit, elle clos de nouveau ses yeux, et s’accorda le temps de la réflexion. Elle cherchait à donner des noms aux sentiments qui vivaient dans le cœur de la lieutenant-commandant, à mieux identifier leurs contours. Finalement, elle se pencha vers son ancienne égale, puis supérieure, puis… Indéfinie. Elle prit l’une de ses mains dans les siennes.

« Je crois que nous sommes tous l’hôte de ce démon, Audrey. Cette voix en nous. Elle sait que devant le doute, nous ferons le mauvais choix. Elle souhaite ça de nous. Vous lui avez donné raison, et… Nous sommes toutes deux attristées par ça. Le démon restera. Longtemps. Il est… Vous, tout simplement. Et il continuera de se battre jusqu’à ce que vous acceptiez que vous n’êtes que lui. Je ne suis pas une sage, mais je pense qu’il nous faut accepter notre bête, admettre qu’elle est un morceau de nous. Vous avez fait un premier pas dans ce sens. La seconde étape est de lui interdire l’accès. Lui montrer que vous pouvez canaliser sa force lorsqu’elle vous est nécessaire pour protéger ceux qui vous sont chère. Et la taire le reste du temps, avec la même conviction. Nous sommes hôtesses de nos penchants, pas esclaves. Pour le moment… Pour le moment, vous pensez que si hier arrivait de nouveau, vos choix seraient les même. Ils pourraient bien l’être, mais avec du travail, je pense qu’un jour, vous pourrez au moins réaliser qu’il y avait bel et bien un choix. Avec un peu de chance, vous ferez le bon. »

Son pouce caressait la peau d’Audrey, la personne au bout du pouce se souhaitant rassurante et compréhensive. Tous ne le seraient pas avec la flic. La lieutenant borgne, manchot et frappée de canitie avait eu toutes les occasions du monde de laisser la haine prendre la place. Parfois, c’était arrivé.

« Un jour, Audrey, parlons de nos démons. Loin d’ici, et autour d’un thé meilleur que celui là. En attendant, je te remercie de m'avoir parlé de ça. Ça compte. »

Son sourire fut plein d’une amer tendresse, et bientôt elle invita la jeune femme à aller se reposer. Toutes deux en avaient besoin, mais Amnatiss resta éveillé encore longtemps, tressant sa longue tignasse en silence d’abord, puis en écoutant du métal butarien ensuite. Il lui fallait un exutoire, et ni les Moissonneurs ni l’Energie Noire n’étaient encore une menace. Trop de questions s’égaraient entre ses deux oreilles, et pour le moment, elle préférait les noyer dans des musiques aux sonorités violentes et grotesques. Pourtant, elle ne pouvait s’empêcher de se demander, dès que le calme revenait.

Pouvait-elle encore accorder sa confiance à la petite détective ?


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Audrey Bayard

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Faction : UCIP
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Audrey Bayard
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MessageSujet: Re: Violation de domicile   Violation de domicile Icon_minitimeSam 25 Mai 2019, 15:41
Audrey était attablée dans le mess du Rorke. À cette heure ci, il avait l'avantage d'être vide. Et si d'aventure quelqu'un venait y faire un tour, il avait en général assez de jugeote pour ne pas venir déranger la dégradée à sa table. Cela faisait quelques jour maintenant que celle ci évitait soigneusement l'équipage de la corvette, restant la plupart du temps enfermée dans ses quartiers et prenant ses repas en dehors des heures de pointes. Qu'elle traîne au mess comme elle le faisait aujourd'hui était donc suffisamment anormal pour être remarqué.

Les cheveux détachés, une petite pique en plastique dans la main droite, la française dégustait tranquillement une salade de fruit en jouant à un petit jeu stupide sur son datapad de son membre libre. Les premiers jours du retour avait été compliqués, la châtain ne cessant de ressasser les évènements de la dernière nuit sur pex et angoissant sur leurs conséquences. Et puis, concluant qu'elle était professionnellement condamnée, elle avait finalement décidé de s'en foutre. Après tout, ça ne pourrait pas être pire. Du moins, essayait-elle de s'en convaincre...

Tandis qu'elle abordait requérant un poil de concentration sur son divertissement, une ombre vint soudain recouvrir l'ancienne militaire. Quelqu'un venait de se planter juste à côté d'elle.

- Vous avez rédigé votre rapport ?

La française leva nonchalamment les yeux de sa tablette pour confirmer l'identité de son interlocutrice, avant de se reconcentrer sur son passe-temps.

- Non. Répondit-elle simplement avant d'enfourner une tranche d'ananas.
- Vous savez qu'Irysa l'attend. Audrey ? Audrey !
- Vous êtes pénible Amnatiss, vous venez de me faire perdre ma partie…
- Et vous m'avez fait perdre deux bons soldats, alors vous allez vous mettre au boulot immédiatement. Vous...

La borgne s'arrêta net et laissa échapper un soupir en se cachant le visage d'une main.

- Désolée, je ne voulais pas m'emporter.
- Non je vous en prie continuez. Vous avez l'air d'en avoir gros sur la patate, ça vous fera sans doute du bien de vous lâcher un peu.

Le ton était acerbe, mais la terrienne comprenait la réponse de l'officier en un sens. L'insolence d'adolescente rebelle dont elle faisait preuve avait de quoi énerver. Et puis, si le lieutenant avait quelque chose à lui reprocher, autant qu'elle le fasse. Bayard n'aimait pas les non dits et elle était déjà au fond du trou de toute façon. Elle n'avait plus grand chose à perdre.

- En effet, je suis un peu surbookée. Déclara la capitaine du vaisseau en s'adossant à la table à côté de sa “prisonnière”. Mais aux dernières nouvelles, pas vous. Vous avez tout le temps qu'il vous faut pour vous reprendre en main. Si vous avez besoin d'aide pour ça, il vous suffit de demander.
- Ne vous en faites pas pour moi. Comme vous le voyez, je sais profiter de tout le confort que le Rorke peut offrir. répondit simplement l'autre en recommençant à pianoter nonchalamment sur son datapad.
- Non, vous en êtes parfaitement incapable. Le seul confort du Rorke, ce sont ses locataires.
- Vous sous-estimez le talent de votre cuisinier. Il fait très bien les salades de fruits confits. Et puis en ce moment, je suis très bien toute seule. Je n'ai pas besoin que vos commères viennent me demander de leur raconter les aventures de la bouchère de Pex.
- Mes commères ne feraient pas... Oui, bon, ok, vous marquez un point.

Gallagher laissa échapper un soupir bruyant.

- Ne vous isolez pas, Audrey. Ca ne vous apportera rien de bon. Tous ne peuvent pas prétendre à être bons pour vous, mais peut être que quelques membres d'équipages seront à même de vous détendre un peu. Mélanie, Qaradi... Et bon sang, arrêtez de checker des memes quand je vous parle.
- Je n'ai pas le temps de mettre en place un système de tri Amnatiss. Et qui vous dit que j'ai envie de parler à qui que ce soit d'ailleurs ? Ou même besoin de le faire ?
- Moi, et vous êtes sur son mon bâtiment et sous ma responsabilité. Ma parole est loi, pour vous.
- Dans la situation actuelle, je ne suis plus contrainte de suivre les ordres de qui que ce soit vous savez. Qu'est ce que je risque au pire ? Un blâme ? Je suis déjà virée de toute façon. répondit la gendarme en haussant les épaules.
- Manquez de respect à moi ou à mon équipage, et vous perdrez bien pire que votre grade. N'oubliez pas à qui vous parlez, Bayard. Ma réputation ne s'est pas fondée sur un respect aveugle des règles, les briser pour vous rappeler votre place ne me fera pas beaucoup de peine.

L’élyséenne se leva pour quitter la pièce, ayant visiblement fini son sermon. Elle s’arrêta juste devant la porte, pour lancer une dernière consigne à son ancienne supérieure.

- Cessez de vous traiter comme un chien, c'est un manque de respect envers mon équipage. Vous êtes l'un des miens désormais.


*****


On avait toqué. Assise sur sa couche, Audrey fixait le mur qui lui faisait face sans le voir. Ses joues étaient trempées et ses yeux embués. Elle repensait à l’échange d’il y a quelques heures avec la propriétaires des lieux. “Et vous m'avez fait perdre deux bons soldats”. Etait ce vraiment comme ça qu’elle le voyait ? Amnatiss la tenait-elle pour responsable de ces deux garçons ? Peut-être avait-elle raison de le faire… la française elle même estimait être leur meurtrière...

On frappa de nouveau à sa porte. La terrienne ne réagit pas plus. Elle était perdue. Elle ne se reconnaissait plus. La capitaine du Rorke avait raison, il fallait qu’elle se reprenne en main. Se foutre royalement de perdre son boulot était une chose, mais manquer de respect à ceux qui étaient tombés par sa faute… cela ne lui ressemblait pas. Comment avait-elle pu dériver à ce point ? Bosworth et Mathiasen méritaient plus que cela. Elle leur avait fait défaut de leur vivant, le minimum était de ne pas les laisser en plus tomber dans les limbes de l’oubli.

De nouveaux, des coups répétés se firent entendre sur le sas de la cabine. Ils semblaient un peu plus sonores.

- Audrey Bayard ?
- Pas maintenant Amnatiss. lança la résidente sur un ton qui peinait à dissimuler son état.
- C'est l'autre biotique du Rorke. Répondit l'autre après s'être éclaircie la gorge. C'est Joru'En. Je peux entrer ? ajouta-t-elle devant l'absence de réponse.
- Un instant…

L'humaine tâcha d'essuyer ses joues et ses yeux à l'aide de ses manches. Il était peu probable qu'elle parvienne vraiment à dissimuler qu'elle avait pleuré, mais elle pouvait au moins essayer de sauver les apparences. Reniflant une dernière fois, elle ouvrit son écoutille, dévoilant ses pupilles rougies, son visage encore humide et ses cheveux en désordre.

- Entrez je vous en prie…
- Vous avez le regard de Lucen.
- Que puis je faire pour vous ?

L'asari entra dans la pièce avant de répondre.

- J'aimerais connaître la raison pour laquelle vous avez enjoint le lieutenant à ignorer mon rôle dans votre plan lors de son rapport.

L'ancienne flic prit quelque temps pour trouver une façon adéquate de formuler les choses.

- Vous n'avez pas à subir les conséquences de mes erreurs.
- Je ne comprends pas votre comportement. Pourquoi nier ma part de responsabilité ?
- Vous n'avez aucune responsabilité dans ce qu'il s'est produit Joru'En. Vous avez refusé de prendre part à l'attaque, vous avez tenté de me raisonner… Au final, vous n'avez obéi qu’à ce qui était moralement acceptable
- Je refuse que vous m'empêchiez d'endosser le rôle que j'ai eu dans cette... opération. Vous n'avez pas besoin de me couver. Et puis, que faisiez vous, à l'instant ?
- Et quel a été votre rôle exactement selon vous ?
- Je... J'ai... Pourquoi ignorez vous ma question ?
- Pourquoi êtes vous incapable de répondre à la mienne ?
- Vous savez que la réponse la plus évidente est de vous admettre que ce que j'ai fais, c'est suivre vos ordres. Vous devez probablement vous le ressasser, mais je n'en ai cure. Mon rôle a été de profiter d'un massacre pour libérer trois soldats. Un comportement acceptable pour une chasseresse... Pas dans l'UCIP. A vous, maintenant.
- Je... tâchais de remettre de l'ordre…
- J'ai été honnête avec vous. Rétorqua la biotique après avoir rapidement inspecté la cabine des yeux.
- Je ne parlais pas de la pièce....
- Oh… Et qu'avez vous pu établir ?

Une nouvelle fois, Bayard prit le temps de réfléchir. Mais cette fois ci, c'était plus à la réponse elle-même qu'à la formulation de celle ci. Qu'avait-elle pu établir ? Qu'elle était perdue ? Non, qu'elle s'était perdue. Elle avait manqué de respect à deux de ses hommes, elle s'était recroquevillée autour de son nombril et… à peu de choses près, elle avait chié au visage d'Amnatiss et de son équipage. La gendarme ne pouvait pas le formuler comme ca...

- Que Bosworth et Mathiasen méritaient mieux que moi comme officier supérieur... Vous méritez tous un meilleur officier supérieur.
- C'est... Tout ?
- Pardon ? Lâcha la terrienne, totalement surprise par cette réponse.
- Eh bien, nous étions déjà au courant de ça. Je pensais qu'après tout ce temps passé dans l'introspection, vous seriez arrivé un peu plus loin. Pas vous ?
- Désolé de vous décevoir une fois encore. Rétorqua-t-elle acerbe.
- Pourquoi vous morfondez vous ainsi ? Vous devez bien réaliser que ni Mathiasen ni Bosworth ne serait heureux de savoir que la manière que vous avez choisi pour aller de l'avant est de ressasser leur mort. Je ne pense pas que vos ordres furent mauvais, avec du recul. En revanche, vous semblez plus que prête à vous apitoyer sur votre sort. À quoi bon minimiser mon rôle si vous ne souhaitez pas non plus avancer. Ajouta la bleue en fronçant les sourcils.
- Vous croyez que c’est leur mort qui me met dans cet état ? Ou les ordres que j’ai pu leur donner ? Ce n’est pas le problème. Ce qui est fait est fait, et je ne pourrais revenir dessus. La mort peut être la conséquence de chaque déploiement pour chacun de nous. Commença à s'emporter l'ex-commandant.
- Si ce n'est pas ça... Quoi alors ?
- Ce que j’ai fait depuis ! Explosa finalement l'humaine, avant de s'arrêter net, comme si cela lui avait échappé.
- D'accord.

Joru'En sembla réfléchir un instant.

- Je comprends mieux. Puis je vous demander si vous comptez rectifier ça ?
- A votre avis ?
- Je ne suis pas dans votre tête, et n'ai pas envie de m'y inviter. Mais vous avez l'air un peu plus raisonnable. Je... crois que vous allez le faire ?
- J'ai plutôt intérêt si je ne veux pas subir la colère de votre capitaine. La française parvint à afficher un sourire qui parut presque naturel.
- C'est juste.

L'asari marqua une nouvelle pose interrogative.

- Dites moi, ai-je dit ce qu'il fallait ? C'est la première fois que je me retrouve dans ce rôle.
- Hum... en toute honnêteté, je pense que vous avez eu de la chance que le gros du travail ait déjà été fait. Et ça manquait peut-être un peu de tact par moment.
- D'accord. J'en prend note. Heu. Eh bien. Au revoir, du coup. Mademoiselle Bayard.

La native de Thessia parut un peu gênée lorsqu'elle prononça ces mots, avant de se diriger vers la porte d'une démarche bien étrange. Elle s'arrêta juste avant de la franchir.

- Tâchez de vous améliorer avant notre prochain poker. Lança finalement la tête de poulpe avant de disparaitre.


*****


Le mess était anormalement calme pour l'heure. Non, pas calme. Silencieux. L'agitation de l'équipage était palpable. Et compréhensible. Après près de 3 jours à s'isoler et les éviter, prenant systématiquement ses repas en dehors des heures d'affluences, le lieutenant-commandant Bayard faisait l'honneur de sa présence au personnel. Parfaitement impeccable dans sa tenue, elle prenait tranquillement son petit déjeuner en lisant quelques choses sur son datapad.

Aucun soldat n'avait pour le moment pris le risque d'aller s'asseoir près d'elle, chacun évitant autant que possible son coin de table. Et pourtant, toutes les messes basses la concernaient en n'en point douter. Les regards furtifs la visant à intervalles réguliers étaient une preuve suffisante en soi. Audrey avait décidé de ne pas en tenir compte. Après tout, elle ne pouvait y échapper et il était probablement plus que justifié que les ragots se développent en pareille condition.

Quelqu'un vint finalement faire de l'ombre à l'ancien officier. Le commandant aux arrêts leva les yeux. La seconde d'Amnatiss se tenait devant elle, droite comme un I.

- Lieut... Ba... Lieuten... Bayard, bonjour, j'aurais des questions à vous poser. Concernant P3X.
- Je ne savais pas qu’on vous avez chargé de la commission d’enquête lieutenant. Déclara simplement la concernée.
- Sous-lieutenant. Et non. Mais je m'inquiète tout de même.
- Et qu'est ce qui vous inquiète ? Demanda la française avant de croquer dans son croissant.
- Le lieutenant Gallagher est... A côté de ses pompes, si vous m'accordez l'expression. C'est ainsi depuis P3X, et elle refuse d'expliquer ses raisons.
- Vous m’en voyez désolé. Sincèrement. Mais j’imagine qu’elle a ses raisons pour ne pas en parler. Et si elle ne tient pas à vous dire ce qui la trouble, ce n’est pas à moi de le faire.
- Mais enfin, je suis sa... En tant que sous-lieutenant, je devrais être informée. Mais, la jeune femme prit le temps de se reprendre un peu avant de continuer, ce que je voulais dire, c'est que vous savez peut être comment lui... remonter le moral ? Vous étiez là bas, vous devez savoir ce qui la ronge. Et elle fait toujours ça pour nous, après tout.
- Laissez faire le temps. Parfois, il n'y a rien de plus à faire. Et puis vous êtes une jeune fille intelligente Carole. Vous devez bien avoir une idée de ce qui peut la ronger.

Windsor fixa son interlocutrice, comme si elle cherchait un sens caché dans ses paroles.

- Nous verrons bien. Je vous remercie. Conclut-elle avant de s'éclipser.

Audrey jeta un œil à l'assemblée, dont tous les chuchotements avaient cessé, probablement pour mieux entendre l'échange entre les deux femmes. Tous les soldats avaient fixé le duo dans un silence quasi religieux, mais immédiatement, ils se reconcentrèrent sur leur repas. Il était sans doute temps de les laisser ragoter à voix haute. La française termina sa boisson chaude d'une traite et quitta donc le mess d'un pas assuré.


*****


- Voici mon rapport lieutenant Gallagher. Vous pourrez le transmettre au colonel Irysa.

La châtain avait gagné le pont de commandement pour y trouver le capitaine du navire. Elle avait du travail en retard à rendre. La militaire aux arrêts avait été plutôt décontenancée de trouver Amnatiss dans un hamac installé sur le pont pour l'occasion, mais elle se retint bien de faire la moindre remarque. De toute façon, elle n'avait plus les autorisations pour.

- Oh, bien. Je manquais de lecture. Je plaisante, ne tirez pas une tête aussi formelle.
- Disons que c'est pour compenser les derniers jours. Et pour m'habituer aux prochains. répondit la terrienne en souriant.
- Bonne chance pour ceux là. Ca va vous faire bizarre, de ne plus entendre Daphné râler.
- J'aurai droit à mon lot de râleurs si vous voulez mon avis... Du coup, quelle est la suite du programme ? Vous me passez les bracelets pour la sortie du Rorke ? Irysa vient m'arracher mes galons en personne ?

La borgne posa le datapad sur ses genoux et s'étira en poussant une sorte de ronronnement étouffé.

- Je vous fais marcher sur la planche, et Alcion déguisé en requin nage en dessous. C'est la tradition.
- Il est trop tard pour m'éjecter dans une nacelle de sauvetage en vous criant que vous ne m'attraperez jamais ?
- Oh, je ne m'en fais pas pour ça. Si vous vouliez décamper, vous l'auriez fait depuis longtemps. Et vous auriez gouté de mon sabre ! Lâchez vos tripes, mécréante, car elles salissent ma lame !

L'élyséenne joignit le geste à la parole, mimant qu'elle embrochait sa collègue de son bras mécanique, manquant de faire chavirer son hamac par la même occasion.

- Vous semblez en meilleure forme que votre second ne le suggérait
- Je viens de confirmer un rendez vous avec un ami. Et puis, vous avez vous même l'air d'aller mieux. lui répondit-elle en souriant. Et ça m'fait du bien.
- Disons que j'ai reçu la visite d'une pirate qui m'a aidée à me rendre compte que je m'étais égarée. Et pour ça, je la remercie.
- Envoyez la moi, je déteste avoir un pirate au grand cœur dans mon équipage. Elle va salir ma terrifiante réputation.

Gallagher ponctua sa tirade d'un petit clin d'œil, avant de demander à son interlocutrice d'approcher un peu plus. Celle-ci obéit et se retrouva gratifiée d'un baiser solennel sur le front.

- Tu sera toujours la bienvenue sur le Rorke, Audrey. Je vais devoir te livrer comme une prisonnière, mais certainement pas comme une ennemie.
- Merci Amnatiss. Mais je crains que je ne puisse revenir avant un bon moment...
- Le temps passe, pas les amitiés.
- Je suppose que nous nous reverrons au tribunal. On vous demandera probablement de donner votre version des faits En attendant, je vais vous laisser à votre travail harassant. Je ne voudrais pas vous déranger plus longtemps.
- Vous êtes médisante, Audrey, je me donne du mal vous savez ? Aller, bon vent détective Bayard, et que ne vous reprenne plus à espionner mes hommes !

Le lieutenant ajouta une tape sur les fesses de la chatain après que celle-ci ait fait volte-face.

- Oust !

Lorsque l’écoutille de la passerelle se referma, Audrey laissa échapper un soupir. Dans quelques heures, elle serait mise aux arrêts, réellement mise aux arrêts, et la puissance du système judiciaire concilien s’abattrait sur elle. Elle avait tout intérêt à profiter du peu de temps de pseudo liberté qu’il lui restait. Retournant tranquillement vers le mess, elle se demanda si Alcion savait jouer aux échecs. Et s'ils auraient le temps pour une partie.



RP Terminé



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