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 Rêve de Planètes

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Ravi Vertax

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MessageSujet: Rêve de Planètes   Rêve de Planètes Icon_minitimeMar 23 Avr 2019, 22:01
► █ Date : De début Février 2204 à Début Mars 2204 RP Tout Publique pour l'instant
Ravi Vertax
Rêve de Planètes




Rêve de Planètes
Le tambourinement sourd de son coeur contrastait avec le silence de la nuit. Le réveil avait été dur, très dur, et même éveillée la Turienne continuait de percevoir des formes dans les ombres nocturnes. Ce mouvement qu'elle croyait voir au coin de l'oeil était-il dû à Sykes ou était-ce une masse sombre et dégénérée, survivante de Chasca, qui se tapissait au bout du lit, prête à engloutir le monde ?
Un miaulement aigü dissipa les doutes et le robot vint réclamer quelques caresses. Il se moquait bien qu'il fût à peine trois heures passées: sa propriétaire était éveillée et ne semblait pas prête à se rendormir, alors pourquoi se priver ? Il vint poser sa dizaine de kilos sur les genoux de la femme, se rassembla en une boule de fourrure et d'engrenages avant d'activer son mode veille. Un ronronnement continu s'échappa et du moteur, et d'un logiciel prévu à cet effet, créant un effet Doppler à en rendre jaloux plus d'un Turien.
Ravi passa distraitement les doigts de sa main gauche sur le pelage synthétique alors que la droite tâtonna vers l'intérieur du lit. Elle finit par effleurer un bout de peau écailleuse, remonta la courbe d'un coude, poursuivit le chemin d'un bras pour s'arrêter finalement sur une mandibule.

Tiberius Adrix était bien là, endormi à ses côtés, se reposant comme le juste. Les leds du radio réveil de même que les néons des lampadaires éclairaient faiblement les lignes de son corps, permettant à sa compagne de distinguer ses traits malgré la pénombre. Il n'avait pas frémit, pas même grommelé quoique ce soit dans un semi sommeil suite au réveil brutale de son amante. Son visage affichait un air paisible, ses lèvres à peine entrouvertes.
Il avait changé en à peine un peu plus d'un mois. Lui qui était toujours sur le qui-vive, qui avait pendant quelques jours gardé une arme de poing dans le tiroir - en pensant que Ravi n'en savait rien - avait fini par être assez en confiance pour ne plus ouvrir les yeux au moindre bruit.
C'était une belle avancée, songea la Cabale tandis qu'elle lui chatouilla la joue du bout de la griffe. Par réflexe, l'endormi attrapa sa main, la plaquant contre le matelas alors qu'il l'enserrait de sa lourde poigne. Tout ça sans qu'il ne se réveille.

Coincée d'un côté par son chat, de l'autre par son amant, Vertax resta un temps sans bouger dans une posture que d'aucun aurait qualifié de confortable. Son bras tendu forçait son corps à se tordre sur le côté alors que ses jambes coincées contraignaient ses genoux à rester dans une position aux antipodes de la première. La tête de lit l'obligeait à rester assise et se laisser tomber sur la droite aurait délogé Sykes en plus de la faire tomber sur Tiberius - lequel n'aurait sans doute pas apprécié.
Dégager l'un ou l'autre ne lui aurait demandé aucun effort, mais leur présence la réconfortait. Le ronronnement et la chaleur dans sa paume donnaient du réel au moment présent, lui permettant de mieux chasser les ombres et les cris qui arpentaient sa tête.

La mission était pourtant terminée depuis deux semaines. Même son corps meurtri suite au combat contre la Reine s'était remis. Quelques courbatures hantaient encore ses muscles lorsqu'elle faisait certains gestes mais c'était bien tout. Même ses brulûres, sévère lorsqu'on l'avait retrouvé allongée sur le sol, n'étaient plus que des marques discrètes sur sa carapace ébène.
Chasca aurait dû appartenir au passé. Chasca à vrai dire était du passé. La Corruption désormais exterminée, les Immortels et les Elus qui n'avaient pas mis fin à leur jour une fois leur conscience retrouvée étaient soit abattus, soit en exil dans une tentative désespérée de fuir l'horreur qui collait à leur peau. Même les planètes scarifiées entamaient un long processus de guérison et certains experts espéraient une reprise de la flore et de la faune dans moins de cinquante ans.

L'Univers hurlait que l'Energie Noire n'avait été qu'une parenthèse dans sa vie, à peine plus qu'une poussière qui aurait sali une tenue d'apparat.

Pourtant la Turienne n'arrivait pas à passer outre.

Au début, elle s'était dit que c'était normal, que son esprit combattait toujours sur ce champs de bataille qui l'avait marqué. Mais voilà, les jours avaient continués et rien n'avait changé. Les cauchemars s'enchaînaient nuit après nuit. Parfois ils étaient assez discrets pour lui permettre de rester endormie et de se lever à peine fatiguée, d'autres fois ils la tenaient éveillées de longues heures comme aujourd'hui.
Plus le temps passait, moins la compagnie de Tiberius et Sykes ne parvenaient à tenir ses démons à l'écart. Ils revenaient sous la forme de charnier, de culpabilité, de visages déformés, monstrueux, noircis par la masse corrompue qui absorbait les corps, les tordait pour satisfaire à ses envies impies. Ils étaient Zaroth, dont les tentacules spectrales tentaient de fouiller sa cervelle afin d'aviver la rancoeur, le remord, la peur et l'envie. Ils étaient l'Elue noire, presque son miroir, folle et impatiente qui mordait l'air comme un chien dans sa tentative de mordre plusieurs ennemis à la fois. Ils étaient la Reine et son sourire, ses promesses de pardon, son regard de glace écrasant, sa toute puissance à défier la raison.

Ils n'existaient plus que sous son crâne, et peut-être sous celui d'autres survivants. Le combat n'était donc pas terminé; il fallait trouver un moyen de les y déloger quitte à les tuer une seconde fois.
Restait à savoir comment faire. Ni la biotique ni les balles ne pouvaient venir à bout de cet ennemi là. Leur corps pourrissait depuis plusieurs jours, ils n'étaient que souvenirs et Esprits. Pour couronner le tout, cette bataille là était propre à chacun : on ne trouvait pas de solution miracle, pas plus que celle qu'elle trouverait ne pourrait s'appliquer la prochaine fois.

Le regard émeraude de la guerrière se posa sur la baie vitrée et le monde endormie de la Citadelle.

Ce n'était pas ici qu'elle y arriverait. Pas en parlant, elle qui avait l'habitude de se débrouiller seule. Pas en extériorisant par le combat ou le chant puisqu'il s'agissait d'un exutoire pour sa colère et qu'elle n'en avait pas. Pas en cherchant à penser à autre chose simplement parce que cette méthode là ne marchait pas.
Pourquoi pas... Pourquoi pas remplacer les décors pourris, la flore grottesque, la faune parasitée et déformée par autre chose ?

La Citadelle ne s'intéressait que peu à ce qui la touchait. La Corruption passée, les allocutions pour les morts prononcées, les larmes versées, il ne restait que l'oubli et une inscription dans les livres d'Histoire. Comme si tout ça n'avait été qu'un rêve.
Elle avait besoin de voir. Les déserts de glace et de sable, les mondes verts luxuriants, la vie qui continuait malgré la trace sombre qui avait cherché à l'engloutir. Se rendre compte, pleinement, que c'était terminé.
Voyager mais uniquement sur des mondes sauvages ou peu colonisés, des planètes qui n'avaient pas encore ou ne connaitraient jamais la présence de peuples intelligents. Des mondes hostiles, brûlants, glacés à fendre les os ou bien eden, qu'importait.

Mais pas de civilisations. Ils avaient tendance à tout gâcher.

Glissant lentement ses jambes sur le côté, Ravi réussit à s'allonger sur le côté, sa main toujours prise dans celle du Turien. Sykes tombé sur le matelas se réveilla, miaula pour râler avant de se remettre en boule entre les deux. Sa maîtresse se pelotonna contre le torse de l'homme. Peut-être l'avait-elle un peu réveillé malgré tout, car il passa son bras autour de ses épaules et la colla contre lui.

- J'ai besoin de partir, murmura-t-elle plus pour elle même que pour son amant endormi.

Bercée par la respiration, elle ferma les yeux et, pour cette nuit, les charniers furent remplacés par des rêves de planètes.




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MessageSujet: Re: Rêve de Planètes   Rêve de Planètes Icon_minitimeDim 28 Avr 2019, 18:15
Rêve de Planètes
Laban offrait à ses visiteurs un monde pourpre. La terre en avait la couleur, le ciel en reflétait le ton et même l'air devait en avoir le goût. De timides tâches ocres, obsidiennes et safran se trouvaient ici et là, essayant vainement de prendre le pas mais les teintes étaient encerclées par le rouge dominant, réduite à de simples marres dans un océan. Même la mer avait une couleur oxydée. Ses vagues léchaient les contrebas de la falaise, mouillant la pierre qui s'assombrissait dès lors. Sous les assauts impétueux de l'eau, elle s'effritait petit à petit. Dans des milliers, voir des millions d'années, si la planète existait toujours, il n'y aurait peut être plus de sol. Juste une étendue écarlate qui jouerait avec le vent jusqu'à ce que le néant engloutisse le système.

Pantelant dans sa combinaison d'exploration, Ravi s'était repliée à l'ombre de sa navette. Les capteurs se calmaient petit à petit et le système de survie cessait de s'affoler, faisant enfin taire les bips d'avertissement. Dans quelques minutes, elle pourrait se relever et courir jusqu'aux ruines qu'elle avait dans sa ligne de mire. Elle avait cru apercevoir des escaliers qui descendaient sous la surface et l'abriterait du soleil.
L'I.V de la combinaison indiqua un retour à la norme et prévint sa porteuse que la température était élevée, lui conseillant de rester dans les zones d'ombre. L'intéressée grogna. Comme si elle ne l'avait pas remarqué pendant les quelques minutes passées au bord de la falaise, à observer les vagues et leur iridescence. La chaleur l'avait étouffée, ne faisant que croître pendant que le système de ventilation tentait de suivre tant bien que mal. Même sans l'avertissement sonore, la femme serait vite repartie s'abriter.

Ce premier monde était hostile, rigoureusement inexploité et inexploitable. Les températures à la surface avoisinaient les trois cent degrés malgré un midi passé, la gravité était forte et la pression atmosphérique bien plus encore. Il était tout bonnement impossible de retirer son casque, à moins de vouloir brûler ses poumons ou de vouloir les voir s'écraser dans sa propre poitrine.
Il n'existait tout bonnement pas de flore et la faune se réduisait à des insectes et des lézards de la taille d'un poing. Peut-être que les océans et les rivières de souffre offraient des créatures marines et des algues, loin de la chaleur terrassante, mais la Turienne n'avait pas envie de savoir. Quoi qui pouvait survivre dans ces conditions, les choses peuplant la planète devaient avoir une sacrée niaque les rendant potentiellement dangereuses.
Évidemment, le bunker face à elle et qu'elle brûlait de découvrir pouvait abriter des créatures agressives. Si elle n'avait rien vu de bien impressionnant jusque là, c'était justement parce que la surface rigoureusement inhospitalière empêchait toute vie de se développer. Mais qu'est-ce qui pouvait se cacher dans les entrailles de la terre, là où le soucis de la fournaise et du soleil n'existait pas, ou en tout cas se trouvait fortement réduite ?
Peut-être rien. Peut-être que l'anéantissement massif de l'espèce qui avait jadis occupé Laban avait emporté avec elle la moindre créature plus grosse qu'un rocher. Peut-être que le génocide avait permis à plus gros de se développer.
Il n'y avait qu'un moyen de le savoir.

Rassemblant ses jambes sous elle, la Spectre souffla un mot aux Esprits, puis s'élança. A l'instant où le soleil frappa la combinaison, les capteurs recommencèrent à s'affoler. Sur l'écran interne de son casque, la barre montait doucement. Elle passerait d'un vert déjà bien orangé à un orange moyen, puis vif et enfin écarlate.
Quelques cinq cent mètres de plaine séparaient le rocher à l'ombre duquel l'exploratrice improvisée avait posé son véhicule du bunker. En tant normal, la distance n'aurait été rien qu'un petit sprint agréable mais elle devenait ici une véritable course contre la montre. La gravité ayant alourdie sa porteuse, l'exosquelette prenait le relais péniblement, une partie de son alimentation étant redirigée vers le système de survie. Les pas pesants s'enfonçaient dans le sol meuble, laissant une profonde trace que les âges et le vent effaceraient.

La course sembla longue. Lorsqu'elle atteignit enfin l'un des murs éventré du bunker et se jeta à l'abri dans son ombre, le bipement avait repris. Esprit, pensa Vertax, elle avait réellement choisit le meilleur coin pour commencer son voyage. En même temps, son choix était fortement réduit. Enoch, le secteur où se trouvait le relais cosmodésique, n'offrait que peu de planètes. Goliath était l'équivalent d'une planète-station, Mizraim était un désert sans intérêt, Joab était une colonie, ce que la Turienne préférait éviter pour l'instant, et enfin on trouvait Laban. Évidemment, elle aurait pu aller voir Phil Clio ou Alpha Draconis mais quitte à ravitailler sa navette en hellium-3, autant en profiter pour explorer les alentours.
Les capteurs s'étaient à nouveau calmé. Face à la combattante s'offraient de nombreux débris dû à un toit partiellement effondré. On pouvait cependant deviner qu'il avait s'agit d'un hall du bunker. Le bâtiment étant un long rectangle; elle y était rentrée par un des côtés le plus court. De rares meubles soufflés par l'explosion prouvaient que les lieux avaient été habités autrefois. Ils n'étaient désormais plus que des squelettes dont le corps était dévoré par l'oxydation et par la rouille.
Au milieu des débris et à demi enterrée sous des blocs de plafond, l'étroite ouverture d'un escalier offrait sa gueule obscure et béante. Nulle invitation à l'exploration n'était plus criante que celle-ci.

Après s'être assurée que le passage ne risquait pas de se refermer derrière elle, la biotique commença à descendre les marches. Peu de rochers les encombraient, les lourdes dalles ayant offert un plafond improvisé en tombant... Mais pas que. A la lumière de sa lampe, la femme pouvait voir de longues griffures marquant les pierres, signe que quelqu'un avait autrefois dégagé le chemin. Quiconque furent les habitants de Laban, leurs ennemis avaient voulu s'assurer qu'ils ne pouvaient pas s'échapper.

Comme supposé, les souterrains offrirent une fraîcheur bienvenue et un silence que seul perturbait le sifflement du vent au dessus. D'abord important, il se fit de plus en plus ténu à mesure qu'elle s'enfonçait.
Le tunnel descendait dans les abysses en une longue ligne droite et son plafond était décoré par des sortes de tubes longiformes. S'il s'agissait de lampes, elles étaient mortes depuis longtemps, tout comme l'alimentation qui avait permis de les alimenter.

L'architecture était brute et primitive comparée à ce que Ravi connaissait, tout en ayant une technique très avancée. On aurait presque dit que le sol avait été creusé à coup de griffes mais avec un schémas bien en tête pour ne pas risquer de fragiliser la structure et une régularité scientifique.

Au premier étage du souterrain, un croisement en T lui permettait d'aller à gauche, à droite ou de continuer tout droit. La gauche était tout simplement impossible à emprunter. Une lourde porte de fer condamnait l'accès car on l'avait barricadé en la soudant. La Spectre n'avait pas de quoi percer le métal sans doute épais. Quel dommage... Esprits savaient ce qui se trouvait derrière.
A défaut, elle tourna ses pas vers la droite. Passant le cadre d'une porte arrachée, elle avança le long d'un couloir percé à chaque côté par de nombreuses entrée. Chacune avait vu son battant détruit de force et révélait des sortes de cellules pourvues d'un équipement sommaire : lit et un coffre ou une armoire. Les tiroirs n'avaient pas grand chose à révéler, le temps et les insectes étant passé pour dévorer les objets avec gourmandise jusqu'à ce qu'il n'en reste que de la poussière. Au mieux elle trouva des éléments épars comme ce qui ressemblait vaguement à un carré de tissus tressé, ou une page aux caractères à trois quarts effacés et impossible à lire.

L'exploration reprit avec l'arrivée au second sous-sol. Elle y trouva ce qui était une sorte de cuisine poussiéreuse et un large mess la jouxtant. L'ensemble était positionné en arc de cercle, de telle façon qu'on pouvait entrer dans la cuisine sur la gauche du couloir central et ressortir du mess par la droite. Là encore, il n'y avait nulle connaissance à trouver. Les aliments étaient depuis longtemps perdus ou avalés et il ne semblait pas y avoir une seule conserve dans les placards. Pas même un ustensile n’était en vue.

Repartant pour la dernière fois, la cabale posa une griffe au dernier étage. Cette fois-ci il n'y avait pas d'autre choix que de continuer tout droit et de passer une double porte dont, miracle, un battant tenait encore debout.

La Turienne balaya du regard et de sa lampe torche l'immensité de la pièce. Il avait dû s'agir d'un centre de réunion de crise comme en témoignait l'imposante table trônant au milieu de la salle. Des sortes d'écrans couvraient les murs à mi hauteur. Juste sous eux se trouvait une longue tablette de pierre qui courait tout le long de la chambre et encore plus bas quelques chaises renversées indiquaient que ceux qui les occupaient avait cherché à fuir précipitamment... sans réussir. Ce qui n'aurait pu être qu'une hypothèse été corrélée par des impacts de balle un peu partout et des traces sombres sur la pierre. Du sang ou des fluides avaient coulés ici sans être touché, assez longtemps pour marquer le sol.
Ravi s'avança et s'accroupit à hauteur de la tablette. Elle était basse à ses yeux, tout comme l'avaient été les lits, tables et autres étagères rencontrées depuis le début. L'espèce précédente avait dû être petite, voir menue, encore plus que les Galariens.

Poussée par la curiosité, la femme continua d'inspecter chaque parcelle de la pièce, fouinant tout ce qu'elle pouvait, chassant la poussière, passant ses doigts sous les rebords à la recherche de ce qui aurait pu être caché.

Enfin elle trouva un véritable trésor sous la table centrale.

Ce n'était que quelques lignes gravées faiblement sur la pierre, peut-être même par la main d'un mourant vu que les caractères n'étaient pas profonds. Les traits n'avaient rien en commun avec les langues connues, qu'elles soient vivantes ou mortes et l'omnitech lui même ne trouva aucune traduction.
La Spectre prit une photo de sa découverte avant de se relever.

Peut-être s'agirait il d'une phrase stupide qu'un petit malin avait inscrite à une période sans guerre, peut-être était-ce une malédiction, les derniers mots de quelqu'un, un avertissement... Peut-être que les secrets de cette civilisation inconnue ne serait jamais dévoilés puisqu'en sachant trop peu sur elle et sur ce qui l'avait exterminé. Une partie de la Turienne pensait aux Moissonneurs, une autre se disait que les méthodes semblaient différer.

Les yeux verts balayèrent la salle pour la dernière fois.

Laban lui avait dévoilé quelques secrets. Par respect pour l'Esprit de la planète qui l'avait laissé aller si loin, elle fit demi-tour, le laissant couver le reste de ses mystères.





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MessageSujet: Re: Rêve de Planètes   Rêve de Planètes Icon_minitimeMer 08 Mai 2019, 23:04
Rêve de Planètes
La station de ravitaillement n'avait pas de nom. Cette absence d'appelation ne l'avait pourtant pas empêché de se développer en une ville mignature par le passé. Cependant, depuis que Joab était devenue une colonie, la plupart des commerces étaient partis s'y installer, ne laissant qu'une poignée de magasins pour les voyageurs de passage. On y trouvait encore un micro hôtel avec quelques chambres-capsules pour les gens lassés de dormir dans leur vaisseau et rêvant de prendre une vraie douche, quelques bouibouis aux ingrédients à la fraîcheur variables et un unique bar qui regroupait à lui seul plus de la moitié de l'activité de la station.

- Salut. Je t'offre un verre ?


En temps normal, le Turien qui venait de lui adresser la parole n'aurait pas eu le droit à plus qu'un sourire moqueur et un refus - presque - poli pour l'inviter à voir ailleurs si elle y était. Ce soir, il pouvait s'estimer en veine. C'était peut-être les trois bières déjà englouties et la quatrième en cours, ou bien le fait qu'elle était partie depuis plus d'une semaine de chez elle sans voir âme qui vive, mais quelque chose en Ravi la poussait à chercher de la compagnie. Sinon, comment expliquer qu'elle ait fait halte ici ? Passer plusieurs jours autour de Laban, à tenter en vain de percer les mystères des lignes qu'elle avait trouvé, ne lui avait pas fait que du bien.

- Vas-y, ça me rendra la cuite moins cher.


L'individu ne se fit pas prier, prenant place sur l'étroit tabouret du bar miteux.

- Patronne ! Deux bières s'il te plaît.

- Les crédits d'abord, chico, ronfla l'Humaine.

Elle n'avait pas une tête sympathique; ses traits tirés on pouvait se demander s'il lui était déjà arriver de sourire une fois dans sa vie. Ses yeux gris, presque noirs, semblable à des nuages un jour d'orage, étaient encadrés de sourcils noirs taillés en pointe et constamment froncés. Enfin, la coupe courte renforçait un côté militaire qui achevait de rendre sévère le moindre de ses regards, mots ou mouvement des lèvres.
Les deux pintes claquèrent sèchement sur le comptoir après que la femme eut raflé les crédits qu'on lui tendait.

- Ne fais pas attention à Gabriela, continua le nouveau venu. Elle parait aussi sympathique qu'un Vortcha qui a la chiasse mais elle l'est réellement. Sympathique. Quand tu payes.

L'intéressée renifla fortement, plissant son nez comme si elle venait de sentir une odeur déplaisante, puis se détourna du duo pour vaquer à des occupations qui, d'après sa façon de bouger, semblaient plus intéressante que de rester près d'eux. Comme essuyer quelque chose pendant cinq minutes.
Marrant, pensa la Spectre. Peu importait l'endroit de la galaxie où on se trouvait, peu importait le niveau de technologie qu'on avait atteint, peu importait l'espèce qui tenait ce rôle, les barmans et barmaids semblaient toujours avoir un besoin compulsif de passer un coup de chiffon. Sur le comptoir, dans les verres... partout où c'était possible. Ce n'était même pas une question de propreté : le plan de travail avait beau briller de milles feux et les choppes être plus séches que le désert, ils assénaient le linge vengeur envers et contre tout.

- Tu n'avais pas besoin de me le dire, ça crève les yeux, souffla Vertax en finissant sa choppe. Elle attrapa l'autre pinte et commença à y boire.
Et sinon ?

Il la regarda en levant un sourcil.

- Ton nom. J'aime savoir qui me paye un verre. Je peux t'appeler «Pinte gratuite» si tu veux. C'est moche mais c'est toi qui voit.

- Et bien. Quel caractère
, roucoula-t-il.
Je m'appelle Hossius, je suis mécanicien sur la station. Et toi ? Je peux t'appeler «Profiteuse» mais ça ne t'irait pas.

Pendant quelques secondes, ils se regardèrent sans rien dire. Lui en la toisant avec un sourire amusé au coin des lèvres, elle en le détaillant des pieds à la tête avec un regard pénétrant. Il ne frissonna même pas sous l'inspection froide des yeux émeraudes. Rien en lui ne donnait l'impression d'une menace. Il était jeune, oui, peut-être de dix ans le cadet de Ravi et avait un caractère qui, allant de paire avec son visage dépourvu de tatouages, indiquait clairement sa non appartenance à la Hiérarchie. Sa silhouette restait fine, même pour un Turien, mais il ne fallait pas l'imaginer faible pour autant : on devinait facilement les muscles qui se dessinaient sous la peau. Il n'avait rien d'un combattant et pas grand chose d'un assassin à part une vague carrure similaire.

- Vrai, finit-elle par reconnaître en se détendant un peu.
On m'appelle Ravi.

- Tu es une combattante, hein ?

D'un coup de menton, il désigna l'imposante cicatrice qui barrait son épaule gauche. Le débardeur qu'elle portait ne faisait même pas mine de vouloir cacher les chaires gris claires et l'enfoncement qui lui restait. Son souvenir du Bellethium, du jour où sa colère avait failli prendre le pas sur tout le reste, même sur son devoir. Un souvenir de honte et de fierté à la fois, aussi paradoxale que ça puisse paraître.
Ce n'était pas la seule cicatrice qui marquait son corps mais c'était l'une des plus impressionnantes encore à ce jour.

- Pas une mercenaire, continua-t-il. Il semblait curieux désormais. Je n'ai croisé aucun mercenaire qui portait les tatouages de Palaven, et pourtant j'ai grandi sur Oméga. Exilée non plus, ils effacent tous leurs marques quand ça arrive. Tu es seule, donc avec une navette de voyage au mieux...
Indépendante ? Porte-flingue ? Agent secret en voyage pour sauver la galaxie ?


- Loupé gamin. Je ne suis qu'une militaire en vacances. C'est moins classe que sauver la galaxie mais c'est aussi moins d'emmerdes.

Ses yeux bleus s'ouvrirent grand. Vacances et Nébuleuse de la Rosette n'allaient pas ensemble pour lui.

- Et tu choisis de venir ici ?! Merde, t'as vraiment fait un choix à la con si tu veux mon avis. Tu sais qu'il y a Joab pas loin ? Tu t'es paumée ?

Elle fit signe que non, ce qui ne fit qu’accroître l'étonnement de son compère.

- Bordel. Tu veux dire qu'il y a vraiment des gens qui veulent se rendre dans Enoch pour le fun ? Qu'est-ce qui t'as fait venir ? Notre planète torride caillouteuse ou notre colonie à moitié cannée ? Non, ne dit rien, c'est Mizraim et son dépotoirs orbital qui t'a fait rêvé, j'ai bon ?

- Nop. Je ne fais que passer dans Enoch. Pas la peine de poser plus de questions sur ma destination ou ma raison ici
, continua-t-elle en levant la main, interrompant le Turien alors qu'il allait parler. Je ne répondrais pas.

- Bon, dans ce cas, une raison particulière pour laquelle une belle femme comme toi cherche à noyer son chagrin dans la bière ? Coeur brisé ?

Ah, on y était. La raison pour laquelle il l'avait abordé en premier lieu. Ses dents se dévoilèrent un peu tandis qu'elle cliqueta des mandibules. Le gamin était audacieux pour essayer de s'attaquer à un morceau comme elle. C'en était diablement flatteur d'ailleurs.

- Tu t'y prends mal pour draguer petit. Le verre est un bon début, mais tu devrais clairement revoir ton approche.

- Petit, fit-il semblant de s'offusquer. J'ai presque trente ans pour te dire. Et ce n'est pas ma faute s'il y a peu de militaires Turiennes qui passent par ce coin paumé pour m'instruire. Peu de Turiennes tout court d'ailleurs. Je n'ai eu que des Humaines et des Asaris par ici. Et aucune aussi intéressante que toi... Je ferais tout pour sentir la chaleur d'une comparse contre ma peau... tout....

Sa voix était plus basse et plus sensuelle alors qu'il se rapprochait. Il était charmant oui, surtout au bout de la cinquième bière et la Spectre se sentait seule. Il dégageait un petit quelque chose, avec ses yeux clairs, son sourire qui se voulait carnassier. Il n'était pas difficile d'imaginer sa peau contre la sienne, sa langue dans son cou et son souffle chaud à son oreille. L'idée était plaisante d'ailleurs. Elle était seule, avec un petit vague à l'âme, à l'autre bout de la galaxie...

Ah ! A qui allait-elle faire croire qu'elle pouvait trahir ses idées pour un joli minois plus jeune qu'elle de presque dix ans ? Un rire cristallin s'échappa de sa gorge.

- Tu es tombé sur la mauvaise personne pour ça. On m'attends à la maison.


Son sourire s'effaça un peu à cette idée alors que la nostalgie revenait, portée par des flots d'alcool jusqu'à son cerveau. Un détail qui n'échappa au jeune prétendant. Il reprit sa place mais continuait d'espérer une ouverture.

- Donc, il y a bien une histoire de coeur derrière toute cette bière ... ?


Un nouveau rire éclata. Deux voisins de bar leur glissèrent un regard avant de retourner à leur propre affaire.

- Selon toi, j'ai la gueule d'une femme qui partirait à l'autre bout de la galaxie à cause d'un amant ? Non gamin. Il me manque, c'est tout.


- Et malgré ça, tu restes ici ? Tu es sûre de n'être ici que pour tes vacances ? Tu pourrais les écourter s'il te manque tant que ça.

Il n'eut pas le droit à la moindre réponse. Pour dire quoi de toute façon ? Tib et elle... C'était une relation particulière. A la fois vieille et neuve, elle reposait sur des secrets et des souvenirs. Ceux qu'ils avaient partagés chez les Cabales était commun, ce qui s'était passé une fois que le temps avait finit par les séparer restait propre à chacun. En tout cas, ils n'avaient jamais jugé nécessaire de fouiner de ce côté.
En vrai... Qu'est-ce qu'ils étaient exactement ? Amants, oui, mais à part ça ? Presque un mois et demi s'était écoulé depuis qu'elle avait retrouvé l'ancien mercenaire et pris sous son aile, dont presque un demi sur les routes et un demi à guérir des blessures de Chasca. En somme, peu de temps partagé ensemble.

Elle l'aimait oui.... De ça elle était sûre. Mais pourquoi ? Parce qu'il lui rappelait une époque où tout semblait plus simple ou parce que Tiberius Adrix était... et bien Tiberius Adrix ? Alors même qu'elle ne cherchait pas à en savoir plus sur lui ?
Elle l'avait bien abandonné après tout. Le terme était fort mais comment qualifier autrement son acte ? Elle lui avait tout juste dit qu'elle partait pour quelques temps et qu'elle serait difficile à joindre sans plus de précisions. Il avait dû imaginer que c'était pour une mission de Spectre. Et le manque de contact ? Un désir de sa part de s'isoler. Comme si se couper du monde permettrait de mieux en apprécier les beautés.
Maintenant, cette idée lui paraissait ridicule. Elle se sentait ridicule à vrai dire.

Hossius avait raison. S'il lui manquait tant que ça en plus, pourquoi ne pas rentrer... ? Pourquoi s'obstiner à rester ici ?

L'alcool commençait à embrouiller ses sens et à faire tanguer le monde dans lequel elle évoluait.

Hossius sembla sentir le doute qui l'avait saisi, car il posa sa main sur sa cuisse et lui sourit doucement.

- Ce qui se passe sur cette station reste sur cette station si tu veux...

Un mouvement de recul le saisit lorsque les yeux verts, désormais emplis d'une colère sourde, le clouait sur place. Il avait dépassé les bornes, ce n'était pas dur à deviner. A trop boire et trop réfléchir, la femme ne s'était pas aidé ceci dit.

- Propose moi ça encore une fois et je vais vraiment arrêter d'être gentille. La lourdeur ne te mènera nulle part, gamin.
Merci pour la bière
, claqua-t-elle en se levant.

Elle réussit à garder une démarche à peu près assurée et un air droit jusqu'à sa navette, ignorant les badauds qui l'observaient. Une fois à sa couchette, elle s'y laissa tomber. La tête lui tournait et les regrets venaient comme des vagues heurter son esprit. Tant de choses qu'elle avait gardé enfouis jusqu'ici, des envies, des rêves, des espoirs... Elle n'avait pas envie d'être seule ce soir. Un nouveau regret qui vint s'ajouter à la longue pile.
La lumière de l'omnitech frappa violemment ses yeux. Elle réussit à lancer l'enregistrement, quoi qu’avec un peu d'hésitation.

- Hey. Tu me manques.

Elle le coupa avant de parler trop et, après avoir manqué deux fois le bouton, finit par envoyer le message comme une bouteille à la mer. Il devait être tard sur la Citadelle.

Un battement de cœur plus tard, elle s'était endormie. Elle ne rêva ni ne pensa à rien cette nuit là, mais le réveil eut un goût amer.




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Ravi Vertax

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MessageSujet: Re: Rêve de Planètes   Rêve de Planètes Icon_minitimeLun 13 Mai 2019, 22:35
Rêve de Planètes
La navette se posa dans un vrombissement incroyable, faisant fuir une harde vers la jungle proche. Ravi n'avait pas réussi à distinguer de quelles créatures il s'agissait exactement mais supposa que les animaux étaient des herbivores : prompts à fuir et sans territoire particulier pour les retenir.
Elle descendit de son vaisseau, foulant l'herbe verte de son pied botté. Sur la visière interne de son casque, de nombreuses indications s'affichaient, comme le taux d'humidité dans l'air, la température, la présence ou non d'agents pathogènes dangereux et, finalement, si elle pouvait respirer sans le moindre équipement. C'était le cas, aussi retira-t-elle son casque et inspira-t-elle grandement.

La brise souffla sur son visage, y déposant la rosée de la brume matinale. Le vent lui ramena l'odeur de la pluie passée, de la terre gorgée d'eau, de l'herbe écrasée et de la nature en générale. C'était une senteur puissante, enivrante à laquelle elle n'avait pas goûté depuis ce qui lui paraissait être une éternité. En somme, c'était l'odeur de la vie.

Elle avait bien fait de s'arrêter sur 2175 Aeïa. La planète avait tout d'un monde-eden : le climat était tempéré, l'eau en abondance, de même que les plantes. Elle aurait pu être une colonie Humaine idéale si les fruits de sa végétation n'étaient pas si nocif pour eux. L'Alliance avait bien lancé quelques programmes d'adaptations afin de rendre la nourriture locale mangeable pour d'éventuels colons, mais d'autres priorités avaient retardés les recherches et, de toute façon, les résultats n'avaient pas été là. Peut-être que l'Humanité relancerait sa tentative de colonisation. Peut-être que dans cinquante ans, 2175 Aeïa serait pleine de villes prospères, un véritable coin touristique en plein coeur des Terminus.
En attendant ce jour fatidique, la Turienne avait l'endroit pour (presque) elle seule. Oh, elle avait bien vue quelques constructions en préfabriqués, sans doute pour les rares scientifiques qui travaillaient encore ici, mais ils étaient loin de la plaine qu'elle avait choisit. Ils ne s'embêteraient sans doute pas non plus à venir la voir dans l'éventualité où ils avaient repérés la petite navette.

Satisfaite par ses conclusions, elle embrassa le décor de son regard flamboyant.

L'aube matinale grisait le monde sans en cacher la beauté. Face à elle, baignant dans une brume fine, une épaisse forêt s'étalait jusqu'à une petite montagne escarpée aux roches saillantes. Elle n'était haute que de quatre fois le sommet des arbres, si bien que pendant quelques secondes, la Spectre se demanda si elle ne devait pas plutôt parler d'une colline. La jungle séparait son pied du campement d'un kilomètre, un kilomètre et demi peut-être. A gauche de sa position, une ouverture entre les arbres descendait le plateau en pente douce, menant jusqu'à une rivière située à une centaine de mètres de là. L'eau était claire et son chant, mêlé à celui des oiseaux qui passaient parfois dans le ciel, invitait au repos et à la relaxation. Sur la droite et derrière la combattante, la plaine s'étendait platement, dérangée par quelques surplombs ça et là.
Des fruits à l'air appétissants pendaient des branches. Ils étaient ronds, d'une couleur jaune qui tirait vers l'orangé et parsemé de zébrures ocres. Si la planète avait été dextro, peut-être que la biotique se serait laissée aller à en cueillir un et y goûter en dépit des risques. Juste afin de satisfaire la curiosité qui la saisissait à cet instant.

Profitant qu'il fit encore frais, la femme sortit de sa navette un coffre métallique et l'ouvrit. Il contenait le nécessaire pour installer un campement : une toile de tente hydrofuge, du cordage, une bassine métallique pour faire un feu, un lit de camp, un tabouret, et divers accessoires de cuisine. La toile fut tendue entre deux arbres, offrant un petit abri. En dessous, Ravi jeta une bâche pour s'isoler du sol et y posa un siège. Le brasero fut installé devant la tente de fortune et, à côté, se tenait le coffre et le reste de son contenu.

Monter le camp, même sommaire, avait prit du temps : le soleil était désormais assez haut dans le ciel, réchauffant de ses rayons la prairie. L'humidité ainsi que la brume de l'aube avaient disparue et il commençait à faire assez chaud. La guerrière se dirigea vers la gauche de la forêt, empruntant le chemin escarpé qui menaient à la plage caillouteuse. La rivière était large d'au moins dix mètres et le courant paisible. Des poissons de différentes tailles aux écailles iridescente le remontait sans difficulté, filant vers ce qui était probablement une zone de frai. Ce ne devait pas encore être la saison, car la femme ne vit que quelques petits groupes espacés, composés de cinq membres maximum, mais tout ceux qu'elle voyaient se dirigeaient inlassablement dans la même direction. Aucun animal ne se trouvait dans l'eau pour profiter de la curée. Seuls quelques oiseaux observaient la rivière, y plongeant parfois avant de ressortir aussitôt. S'ils ne réussissaient pas à attraper un poisson, ils revenaient se percher sur une branche, attendant une nouvelle occasion. Sinon ils s'envolaient, parfois poursuivis par des congénères malchanceux et affamés bien décidé à voler le précieux butin.

Vertax décida que l'endroit était assez sécurisé pour s'y baigner.

Sa combinaison glissa de ses épaules; elle l'abandonna sur un rocher plat avant de s'enfoncer dans l'eau. Celle-ci était froide, la faisant frissonner avant qu'elle ne s'habitue à la température qui contrastait terriblement avec l'air extérieur. Le premier choc passé, la militaire profita de son bain avec un plaisir qu'elle ne dissimula pas, allant et venant le long de la berge, en explorant un peu les alentours. Les poissons n'avaient pas bien pris cette intrusion et ils filaient désormais vivement dès qu'ils sentaient sa présence déformer le courant. Pendant plusieurs minutes, Ravi s'amusa à essayer d'en attraper à mains nues, sans utiliser sa biotique. Elle en manqua beaucoup et failli en prendre trois mais finalement ils lui échappèrent sans trop de difficultés. Traumatiser la faune locale ne faisait pas partie de ses objectifs; aussi n'essayait-elle pas vraiment.
Lorsqu'elle finit par s'extirper de l'eau, midi était déjà bien entamé. C'est fou comme il était facile de perdre son temps en vacances, à profiter des petites choses sans s'intéresser au temps qui passait.

S'allongeant sur la berge, la biotique laissa le soleil sécher sa peau nue. Une légère faim commençait à la saisir, mais pas assez forte pour la forcer à se dépêcher. Elle resta ainsi au moins une demi heure, se tournant et se retournant en s'étirant comme le faisait son chat parfois. Ce n'est qu'une fois lassée et surtout que son ventre se mit à se tordre qu'elle se releva, renfila sa combinaison puis remonta vers son campement. En chemin, elle ramassa quelques branches tombées et sèches qu'elle déposa dans le brasero une fois arrivée. Dessus, elle fit chauffer une de ses rations. L'odeur lui chatouilla les narines; la viande en conserve fut avalée rapidement une fois prête.

Raclant les parois pour récolter les dernières miettes de son repas, Ravi lança sa messagerie. Aucun nouveau message, lui annonça celle-ci.

Son humeur s'assombrit.

Tiberius n'avait toujours pas répondu à son mot. Elle avait supposé dans un premier temps que c'était à cause d'une heure décalée. Mais maintenant, vu le temps passé depuis son envoi, sa théorie ne tenait pas. L'ancien mercenaire était trop fier pour bouder comme un enfant ou l'ignorer. On pouvait aussi se dire que c'était à cause de la distance et le temps que mettait un message à s'envoyer et à arriver mais à bientôt deux jours ? Impossible.
Bien sûr, une autre hypothèse, évidente, était liée à la nature même de sa déclaration. Avait-elle vraiment besoin d'une réponse ? Non, évidemment. Il aurait très bien pu lire son message et en rester là. Ou bien l'avoir écouté avant que d'autres occupations l'empêchent de répondre et qu'il oublie finalement de le faire. Mais dans les deux cas, elle aurait malgré tout reçu un accusé de réception, confirmant la lecture de l'audio. Ce n'était pas le cas.

Quelque chose clochait. Si demain soir elle n'avait toujours pas eu de réponse, elle repartirait. Il lui faudrait environ deux jours pour passer d'Alpha Draconis à Enoch, où une étape serait obligatoire pour remplir en carburant la navette. Après quoi, les différents sauts lui demanderaient trois jours environ de voyage. Évidemment, avec une frégate, le trajet aurait été plus court mais aussi bien moins solitaire.

La Turienne sauta sur ses jambes, décidée à ne pas laisser ses inquiétudes prendre le pas sur le moment présent. Si quelque chose était en train de se passer actuellement, elle arriverait de toute façon en retard. S'il était déjà passé... Elle était déjà en retard. Il y avait longtemps qu'elle avait appris la fatalité de la vie.

Le reste de l'après-midi fut consacré à l'exploration de la forêt avoisinante. Par prudence, Ravi avait emmené avec elle un vieux fusil qu'elle arborait dans le dos. En aucun cas elle n'avait dans l'idée de l'utiliser : sa biotique pouvait aisément venir à bout de n'importe quelle bête sauvage, pourvu que celle-ci soit de taille raisonnable. Les rares rapports trouvés aux Archives indiquaient que rien n'était vraiment plus gros qu'un Torraste, ce qui était donc parfaitement dans ses cordes. Elle ne vit néanmoins aucune créature durant tout le temps de sa balade. Elle entendit le bruit de branches craquant sous un poids lourd, le bruit de buissons qui étaient traversés, cru apercevoir, du coin de l’œil, des ombres se mouvoir, mais toujours trop rapidement pour qu'elle puisse en saisir la forme. Il semblait que les animaux des alentours étaient des êtres nocturnes plutôt que diurne. Ce qui pouvait se comprendre : les épais feuillages abritaient les bois du soleil, mais il suffisait de s'approcher de la lisière pour sentir la température monter d'un coup. Ni proie ni prédateur ne trouvait la force de chasser ou de fuir à proximité de la plaine.
A la lumière de ces informations, la forêt prit des allures de cessez-le-feu. Seuls quelques oiseaux étaient assez braves pour s'aventurer hors de la zone, porté par des courants aériens qui devaient être agréables.

Le crépuscule était déjà bien entamé lorsque Vertax revint à son campement. Elle le retrouva comme elle l'avait laissé : vide de tout âme. Le brasero fut une nouvelle fois allumé et bien vite la Spectre se rapprocha de lui alors que la nuit couvrait le monde d'obscurité. La soirée se fit fraîche sans être froide, le genre de fraîcheur bienvenue après une journée d'été.
Une à une, les étoiles s'allumèrent dans le ciel, brillante comme des diamants et ce fut bientôt une rivière qui décora le ciel. La femme s'allongea, les mains derrière la tête et regarda la voûte céleste. Elle ne connaissait pas la moitié des constellations qui dansaient devant ses yeux mais elle savait une chose : elle avait rarement vu un spectacle aussi magnifique et éternel.

La Corruption avait cherché à engloutir tout ça avec un abrutissement désolant. A détruire la terre pour le couvrir d'un mucus noir, à détruire la beauté de la vie pour la corrompre et la tordre.
Ravi posa la paume de sa main sur la terre et ferma les yeux, respirant en même temps que l'esprit d'Aeïa. Elle pouvait presque sentir le coeur du monde battre sous ses doigts.
Lahban lui avait offert quelques mystères pour torturer son esprit et l'interroger sur le destin des civilisations. Aeïa lui offrait la magnificence immuable, qui existait sans avoir besoin de quiconque.

C'était un crève-cœur de le reconnaître, mais même si l’Énergie Noire avait réussi ses plans, rien n'aurait changé pour la galaxie. Des mondes auraient été détruits oui, leur civilisation serait devenue poussière mais ces mêmes mondes et ces mêmes civilisations connaîtraient une fin dans des millions d'années et même moins. Il y aurait toujours eu des étoiles, il y aurait toujours eu une pousse d'arbre pour sortir de terre ou une amibe pour s'extraire du bouillon originel une fois la Corruption elle même terminée. Peut-être même qu'elle aurait pu donner quelque chose, comme l'avait susurré la Reine. Peut-être que ça aurait pu être une évolution.
La Cabale secoua la tête pour elle même, chassant ses pensées. Elle était venue pour cesser de ressasser le passé, pas pour imaginer des futurs alternatifs. La Corruption n'était plus. Elle avait voulu voir la preuve de ses yeux, loin des villes, loin des murmures, loin des murmures des morts, que la galaxie était encore là. Que tout avançait et que tout continuait. Et c'était le cas. C'était toujours le cas.

Un long soupir déchira sa gorge. Et bien, la Ravi joyeuse aurait profité de la soirée pour chanter un air et serait partie en duo jouer les exploratrices. La Ravi Spectre ne savait que maugréer.

Ce boulot la tuerait un jour, se dit-elle. Mais pas ce soir.

Refrénant un bâillement, la biotique roula sur le côté avant de se relever et de s'étirer. Son regard vert couru sur le campement faiblement éclairé par le feu mourant.
Elle n'y dormirait pas le premier soir. La faune lui était inconnue mais ce ne serait pas surprenant qu'elle s'active très bientôt. Sans compter l'éventualité que le campement se trouve en plein sur le terrain de chasse d'un prédateur : il était hors de question qu'elle se réveille en pleine nuit yeux dans les dents d'une bestiole qui se demanderait ce que faisait une telle impudente ici.
Pour cette nuit, son lit de fortune dans sa navette serait largement suffisant.

Elle s'y allongea, ramenant une couverture légère sur ses épaules. Le sommeil ne fut pas long à la saisir et ses songes furent parsemés d'étoiles.




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