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 Gala Acté

Arcadia McKnight
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MessageSujet: Gala Acté   Gala Acté Icon_minitimeMar 05 Mar 2019, 00:22
► █ Date : 20 Janvier 2204 RP Tout public
Shura Fender ♦️ Arcadia McKnight
Gala Acté




「 Gala Acté 」
Feat.
Shura
Fender


"Les cordonniers sont les plus mal chaussés." On fait notre travail avec soin et application pour nos clients, mais on le néglige quand l'objet nous revient.
La maxime s'appliquait très bien au monde médical. Combien de docteur prenait la peine de consulter ? Très peu, la grande majorité préférait s'auto-diagnostiquer, ne se fiant qu'à eux-même, optant pour l'auto-médication... Avec les risques que cela comportait. Bien évidemment Arcadia McKnight n'échappait pas à la règle.

Elle minimisait souvent ses problèmes de santé, même malade, elle préférait vivre dans le déni. La quadragénaire avait toujours apprit à être dans le don de soi aux autres. Dès ces années d'études, elle avait à charge des personnes malades, forçant un rythme de travail ou il fallait être dans le renoncement de soi : les nuits de gardes sans sommeil, les repas oubliés, des journées entières sans le moindre répit...
Être médecin donnait aussi ce sentiment d’immunité : Je suis du bon côté du bureau donc je ne peux pas être malade. Apprendre à faire l'autruche face à la maladie car elle savait pertinemment par où passait le patient : les examens complémentaires agressifs, les traitements lourds. Pour la blonde, s'avouer malade revenait inconsciemment à s'avouer mauvais médecin. Elle se devait d'être indestructible, au risque de se propre santé.

Les derniers événements l'avaient atteinte au plus profond de son être, brisant tout ce contre quoi elle pensait être immunisée. Elle avait vu ses convictions jetés à bas, sa joie de vivre fracturée, des peurs insoupçonnées surgir, l'étreindre, jusqu'à lui en glacer le sang, lui transperçant l'échine.
Sous la forme de cauchemars qui la harcelaient durant ses courtes nuits, l'arrachant silencieusement de son sommeil. Ses yeux s'ouvraient, terrorisés, elle se serrait contre son oreiller et sa couette, pantelante, cherchant à retrouver le contrôle de sa respiration. Un semblant de paix pour retourner dans les bras de Morphée. Un moment qui ne venait jamais, la maintenant éveillée jusqu'au petit matin.

Ce fut au prix d'un effort de volonté surhumain qu'elle s'était décidé à consulter, à se confier à quelqu'un, à trouver une oreille attentive qui l'écouterait sans la juger, à l'aider à se sortir du bourbier dans lequel elle s'enfonçait. C'était dur d'admettre sa propre faiblesse, de se retrouver de l'autre côté du bureau, dans la peau du nécessiteux. Elle se sentait faible et vulnérable comme jamais auparavant. A aucun moment elle n'aurait pu imaginer le bloc qu'elle était s'ébranler ainsi, tout bonnement incapable de se battre contre un sentiment si puissant, si fort, qu'il l'a laissé à nue, sans défense.

Enfoncée confortablement dans une montagne de coussins, ses jambes repliées sous elle, Arcadia faisait face à son psychologue qu'elle voyait pour le deuxième jour d'affilé. Un fait plutôt inhabituel, mais elle avait tellement à dire qu'il lui avait semblé nécessaire d'enchaîner sur une autre séance. Le professionnel qui la recevait étant tout juste installé n'avait pas encore une clientèle très importante, il fut aisé de caler un second rendez vous rapidement.

« Avez vous réussi à trouver le sommeil la nuit dernière ?

Le Krogan la questionnait avec une infinie douceur, vêtu d'un pull du siècle dernier et d'une paire de lunettes complètement obsolète, cela lui donnait néanmoins un look des plus inattendus. Était-ce voulu ? Ou une simple fantaisie ? Cela avait au moins le mérite de redonner le sourire. Même la blonde y avait succombé.

- Tardivement. Je me suis endormie vers trois heures du matin et je me suis réveillée moins de deux heures plus tard après un cauchemar.

- Toujours le même ? Ou était il différent ?

Le psy gribouillait sur une fiche, ne lui jetant que quelques petits coup d’œils successifs, se concentrant pleinement sur sa patiente.

- Ça a commencé de la même manière. Je rampais par terre, j'avais les jambes broyées. Mais cette fois c'était le sol dur, pas les cadavres de mes compagnons d'armes. J'avançais sans savoir ou j'allais. Tout autour de moi les survivants se battaient, contre les tentacules ou contre eux même. Mais je continuais sans me soucier de ce qu'il se passait. Je me suis calée contre un rocher, mon pistolet en main. Une créature m'a sauté dessus, j'ai tout juste eu le temps de l'abattre. Je ne sentais plus rien, plus aucune émotion. J'étais résigné à la mort, voir les autres mourir ne m'a pas ému le moins du monde, comme si j'avais un cœur de pierre...

La Martienne glissa ses doigts entre ses cuisses et ses mollets dans un geste de protection, se recroquevillant sur elle même. Aborder un sujet qui touchait à l'intime lui était toujours si difficile, la peur d'exposer une faiblesse, une ouverture que quelqu'un pourrait exploiter contre elle.

- Continuez.

Son timbre était toujours aussi calme, posé, relaxant. Il venait s'enrouler autour d'elle, apaisant ses craintes, l'enlaçant chaleureusement.

- Je l'ai vu sortir de son enveloppe, grande, terrible et puissante, recouverte par son aura noire. Elle marchait vers moi, le bas de son casque rongé. Elle s'approchait sans dévier. Elle s'est arrêtée à quelques mètres, me scrutant à travers ses lentilles noires comme un puits sans fond. Sans savoir pourquoi ni comment, j'ai levé mon arme... Je l'ai criblé de balles et elle souriait, encore et toujours. Quand mon chargeur s'est vidé, elle a franchi l'espace qui nous séparaient. Elle m'a soulevé jusqu'à je ne touche plus le sol. J'ai senti sa biotique, sa poigne qui m'enserrait la gorge comme un carcan. J'avais envie de hurler, de lui dire de ne pas le faire, mais je ne pouvais plus articuler. Je la sentais lutter contre elle-même, mais son étreinte continuait de me comprimer. La vie et mes émotions me revenaient pour être exterminés par sa main. Une main qui n'avait plus rien d'humaine.

- Vous avez pu la voir, lui parler depuis votre retour sur la Citadelle ?

- Non. Pas encore.

Elle baissa les yeux, incapable d'affronter le regard reptilien qui l'observait. Dans son ventre elle sentait une boule grossir, devenir de plus en plus grosse, lui coupant la respiration, lui comprimant les intestins.

- Pourquoi ?

- Parce que j'ai peur de la revoir.

Elle releva la tête vers le Krogan, déglutissant avec difficulté.

- Que craignez vous alors ?

- J'ai peur de ne pas pouvoir lui résister, elle agit comme un aimant, elle est intoxicante. J'ai cru pendant plusieurs mois que j'avais réussi à ne plus rien ressentir pour elle. Mais quand je me suis retrouvé avec elle entre les bras, quand elle était inanimée, j'ai eu l'impression d'avoir tout perdu.

La boule dégonfla, ses épaules s’affaissèrent. Elle se sentit libérer d'un poids, celui d'avoir pu parler, de partager son fardeau. Déballer ses problèmes existentielles était une expérience dont la toubib n'avait guère l'habitude. Si la veille elle s'était montrée plus interdite, aujourd'hui elle parlait avec plus de facilité, le Krogan avait des manières apaisantes, tout comme l'encens de son cabinet.
Le silence retomba dans la pièce, durant de longues secondes, lourd et pesant. Le psychologue se pencha légèrement, retirant ses binocles.

- Vous devriez sortir un peu vous promenez Arcadia. Cela fait quatre jours que vous broyez du noir chez vous. Voyez des proches, discutez, quelque chose qui vous amènera à penser à autre chose qu'à votre travail.

- Faire une activité ?

- Par exemple. Cela vous occuperez l'esprit... Quant à votre relation, je ne suis pas un expert sur le sujet. Mais vous devriez en rediscuter avec elle, vous confrontez à elle est sûrement la meilleure chose pour dominer votre peur. Sinon vous vivrez avec elle jusqu'à la fin de votre vie. Il est toujours difficile de réparer un cœur brisé. Mais cela vaut mieux qu'une vie de couardise. »

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Elle ressortit du bâtiment la mine songeuse. Elle avait trouvé des réponses à ces questions, mais de nouvelles interrogations surgissaient. Le colonel espérait y trouver des solutions avant sa prochaine consultation. Les gens vaquaient à leurs occupations, insouciants de ce que leurs protecteurs devaient endurer pour préserver leur petite vie tranquille. Parfois elle les enviait, d'autres fois elle comprenait le dégoût que ces personnes inspiraient.
Dans le mono-rail en direction de l'hôpital, son esprit bouillonnait, obnubilé par Shura. Comment pourrait-elle lui en parler sans se tourner en ridicule, sans qu'elle ne la juge froidement. Elle voulait lui parler, mettre des mots sur ce qui l'habitait sans y parvenir, tout se mélangeait dans sa tête. Embourbée dans sa méditation elle faillit manquer l'arrêt, sortant de justesse alors que les portes se refermaient derrière elle.

Elle pénétra dans l'hôpital militaire, ou régnait un calme plat, uniquement perturbé par le couinement des chaussures du personnel médical. La blonde s'approcha du guichet.

« Bonjour, je viens rendre visite à Audrey Bayard et Shura Fender. Pourriez vous m'indiquer la chambre ?

- C'est la 114 au premier étage pour le lieutenant commandant Bayard. Le colonel Fender est déjà partie, sourit l'hôtesse en reconnaissant sa supérieure.

- Merci bien. »

La combattante préféra prendre les escaliers plutôt que l'ascenseur, tout ce qui pouvait retarder l'interruption de ses pensées était le bienvenu. Qu'allait-elle faire maintenant que l'Énergie Noire avait été défaite ? Avait-elle encore sa place au sein de l'UCIP ? Une autre épidémie s'était achevée et peut-être avec elle, l'utilité de Arcadia en ce monde ?
Elle ne s'était jamais senti aussi vivante que face à cette menace. Deux ennemies qui s'étaient affrontées jusqu'au bout, jusqu'à ce que l'une succombe. Il n'y avait jamais eu aucune ambiguïté dans ce combat. Le plus fort l'emportait, le faible mourait. Mais maintenant tout lui paraissait si incertain.
Lutter contre une maladie était quelque chose d'aisé pour un médecin. Contre des sentiments qu'elle n'avait jamais éprouvé aussi fortement en était une autre.
Arcadia se ressaisit en arrivant devant la porte ouverte, elle frappa en entrant.

« Bonjour Audrey.

- Arcadia ! Comment ça va ?

- Ça va, je profite du calme, dit elle en s'asseyant sur le rebord du lit. Et toi ? Ta jambe ?

- J'ai connu mieux, mais les médecins m'ont dit que je pourrais remarcher d'ici une dizaine de jours. J'espère pouvoir courir bientôt aussi. Tu viens me faire passer d'autres examens ?

Un sourire traversa son visage face à la petite pique de son amie qu'elle balaya telle sa mèche de cheveux.

- Patient : Audrey Bayard. Résultat : Toujours aussi gauche. Faut-il vraiment que j'aille plus loin, se moqua sympathiquement l'aînée. Ce n'est pas à moi de te torturer. Je viens juste illuminer ta journée, elle sortit un épais roman de son sac, un thriller sortit le mois dernier. Elle doutait fortement que la Française ait pu se le procurer. Tiens pour faire passer un peu le temps, c'est un type du SSC qui l'a publié. Je sais pas si tu le connais? Koryus Hern.

- Jamais entendu parler. C'est bien ? Ça raconte quoi ?

- Bien sûr que le livre est bon. Tu crois vraiment que je suis sadique au point de t'offrir un navet alors que tu es dans ton lit d'hôpital ? Ça parle de la vie d'un flic lors de l'arrivée des réfugiés pendant la guerre contre les moissonneurs, comment certains secteurs ont sombré dans la violence... Ça va te parler plus qu'à moi je pense. Ah au fait félicitations pour ta promotion !

- Nous verrons ce que ça vaut alors. Ça nous fera un sujet de discussion au pire. Et merci. J'ai encore du mal à m'y faire. Je ne pensais pas monter si haut. Tu as des conseils à me donner pour gérer ça ?

- Absolument aucun. Rentre bien le balai, essaie de pas faire tâche dans ton uniforme. Les trucs habituels quoi... Tu tiens le coup depuis Chasca ?

- Je... fais avec. Et toi ?

- La même, elle regarda Audrey. Tu m'as foutu une peur bleue avec ton message.

- Je... Désolé... J'ai vraiment cru que ce serait la fin et... Je ne voulais pas partir dans l'anonymat et sans avoir dit au revoir...

- Je comprend. Ne t'en fais pas. C'est juste que j'ai vraiment craint le pire quand j'ai écouté ton message. Je ne sais pas si j'aurais eu le courage d'aller voir tes parents. La médic se trouvait tout aussi gênée que Audrey. Tu as besoin de quoi que ce soit ?

- Sortir d'ici ? Je n'en peux plus de ces murs blancs et de ces infirmières trop souriantes. Je veux de la verdure. Même aussi artificielle que celle du présidium ça m'irait.

- Hahaha, là dessus je ne peux rien faire. Je ne suis pas en charge... Pour une fois. Dès que tu seras remise, on ira se faire de la moto. J'ai une leçon de vie à apprendre à une petite morveuse !

- Oh arrête Arca. Tu sais très bien que je serai déjà à l'arrivée que tu chercheras encore comment démarrer ta bécane !

- Je vois que notre championne va déjà mieux ! Je crois que tu as d'autres visiteurs. J'essaie de repasser prochainement. Elle se pencha pour lui faire la bise. Prépare toi à perdre ton titre.

- J'aimerais bien voir ça. La toubib s'éloigna vers la porte. Arcadia... Merci d'être passée. Ça m'a fait plaisir. Prends soin de toi.

- Prend soin de toi aussi Audrey !

Elle ressortit de l'hosto le cœur plus léger qu'à son arrivée. Il lui faudrait avoir une discussion avec sa subalterne, en dehors du travail, loin de la Citadelle. Juste elles avec les motos, se retrouver autour d'un bon verre et se dire tout ce qu'elles avaient sur le cœur. C'était devenu une nécessité. Mais aujourd'hui, elle était heureuse de la savoir entière, elle n'avait pas perdu son humour ni sa répartie. Cette rencontre avait apporté un souffle de fraîcheur à la morosité de la Martienne.

Gala Acté Line-p10
De retour dans son appartement, elle se laissa tomber sur le sofa, ses yeux portèrent sur la table basse ou une collection de verres sales trônaient, tous vides, ainsi que divers alcools forts. La quadragénaire n'était pas très fière de son comportement, elle en éprouvait même une certaine honte. Se réfugier dans la boisson n'apportait jamais rien de bon.

Elle nettoya son bordel, il lui fallait oublier ça. Le plus vite possible. Les bouteilles retrouvèrent leur place dans les placards, les contenants partirent pour le lave-vaisselle. Une petite victoire pour continuer la journée. En balançant des prospectus, elle retomba sur un faire part reçu il y a deux jours pour un gala. La communauté scientifique était toujours aussi déconnectée de la réalité, à peine une menace était-elle éliminée qu'elle ne pensait qu'à ripailler, se murger et se baffrer.

La carte lui indiquait qu'elle faisait partie des invités d'honneur, des privilégiés de cette soirée, de ceux qui s'étaient le plus illustrés dans ce combat contre la corruption. Elle parmi tous, se trouverait aux côtés de quelques élus, désignés par des vieux croulants. Elle n'avait pas vraiment envie d'y aller, encore moins de jouer la comédie. Mais d'un autre côté elle se ferait mal voir si elle ne pointait pas le bout de son nez là bas.
Continuant à lire entre les petites lignes, elle découvrit que l'invitation était pour deux personnes.
Une seule personne lui vint à l'esprit, la seule personne digne d'être sa cavalière, la seule avec qui elle avait besoin de passer du temps. Peut-être que ce serait une bonne occasion pour parler.
Son omni-tech s'alluma, elle sélectionna sa conversation privée avec Shura.

Un gala ce soir ça t'intéresse ? A 19h. Je peux passer te chercher.

Elle fut heureuse que cette dernière accepte sa proposition. Passer sa soirée entourée de lèche-bottes n'avait rien de bien excitant, si en plus elle devait subir les tentatives de drague de ses confrères, un mort serait à déplorer durant la soirée. Arriver avec une autre femme instillerait le doute, surtout dans ce milieu aussi fermé ou elle n'était souvent apparue qu'avec des Turiens. Tout au fond d'elle, Arcadia espérait que la Furie fasse office de Cerbère, effrayant ceux assez fous pour tenter de franchir la limite. Il lui était impossible d'oublier ce regard si dur, montrant que quelque chose lui appartenait, qu'elle possédait sans possibilité de partager. Elle voulait le revoir et s'y perdre dedans à jamais.

Peu avant l'heure fatidique, elle se lava, échangeant sa tenue décontractée pour une longue robe rouge cintrée, dévoilant ses épaules dénudés d'une blancheur éclatante. La blonde attrapa des escarpins couleur peau, qui lui firent gagner quelques centimètres. Son maquillage comme à son habitude fut léger, un peu de brillant à lèvres, un fond de fard à paupière et une touche de mascara pour donner ce brin d'arrogance à ses yeux. La seule excentricité était un chignon avec du volume qui se voulait être fait négligemment. Coiffure qui lui avait prit près d'une demie heure avant d'arriver un résultat correct. Elle se regarda une dernière fois dans le miroir, souriant pour effacer son air triste. Son reflet lui plu.
Une odeur de violette embauma la chambre, discrète, entêtante. Sa senteur, sa toile, son filet. Un morceau de sa confiance lui revint, elle se sentit prête.

Le véhicule se posa justement le bloc d'habitation de Shura, une portière automatique s'ouvrit, lui permettant de voir la N7 sortir, toujours aussi sauvage que dans ses souvenirs.

(c) King (Sacrifars)


Gala Acté Pulse11


Dernière édition par Arcadia McKnight le Sam 04 Mai 2019, 03:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Gala Acté   Gala Acté Icon_minitimeMar 02 Avr 2019, 23:01
Ces feuilles là ne semblaient pas appartenir au monde du végétal, elles brillaient avec intensité, dégageant une lumière violacée qui n'aurait rien eu à envier aux plus puissants néons de l'avenue Stellargent. C'était presque comme voir ces cités dégoulinantes de technologie et d'éclairages agressifs réduites à l'état primordiale, redevenant de simples forêts, mais maudites à jamais par le passage de l'homme et de ses inventions.

Le feuillage demeurait immobile, figé à jamais dans une expression artistique sur laquelle il n'avait aucun pouvoir. Ce privilège n'appartenait qu'à la créatrice de ce monde étrange, l'artiste qui se réservait le droit de modifications sur l'ensemble de ses créations.

Shura naviguait justement au milieu de ces plantes technologiques, observant le reflet de leur lueur sur sa peau et savourant ce réalisme. Le corps de la furie n'était en effet encombré d'aucun vêtement, seul le port de son casque de réalité virtuelle la séparait encore de la nudité absolue. Il était pourtant une clé nécessaire pour pouvoir atteindre ce monde fictif, ce monde plongé dans le noir qui ne connaissait aucune limite et qui se retrouvait uniquement peuplé de ce que la furie avait bien voulu y créer.

En réalité Shura se trouvait au beau milieu de son appartement, occupant l'espace le plus libre qu'elle avait réussi à se dégager dans son petit foyer. Quelques mètres carrés où elle pouvait déambuler librement sans risquer de rentrer dans un meuble ou de se cogner contre un mur. Une surface plus que suffisante pour les quelques créations sur lesquelles elle travaillait.

La N7 s'éloignait justement de sa végétation atypique pour s'approcher de sa plus grande fierté depuis plusieurs mois. Il s'agissait d'une armure de furie, mais spécialement dessiné pour lui donner un aspect plus ancien, plus médiéval, et si Shura se débrouillait en général bien mieux sur papier qu'en trois dimensions, elle trouvait pourtant ce résultat magnifique. Elle avait travaillé de nombreuses heures sur les effets de lumière pour donner à l'armure le reflet métallique le plus réaliste possible.

Serrant le joint qui se trouvait dans sa main, Shura le porta à ses lèvres sans quitter son œuvre des yeux, faisant danser ses neurones l'espace d'une inspiration. Il lui fallait tout de même reconnaître que cette armure était grandement fantasmée, ressemblant plus à une seconde peau qu'à une réelle protection tant les courbes féminines étaient prononcées. La furie lâcha même un gloussement lorsque son regard se fixa sur ces hanches et ce fessier de rêve, ses fantasmes avaient inconsciemment interféré sur son coup de pinceau.

Cette représentation avait également permis à Shura de se rendre compte qu'une armure de furie moyenâgeuse avait un aspect très atypique. Cette capuche et cette cape noire retombant derrière le métal scintillant faisait penser à une traqueuse, une chasseuse de vampires, de démons, ou de tout autre cochonnerie issue du folklore médiéval. Peut être dans la longue lignée des Fender, l'un de ses ancêtres avait porté une armure semblable, chassant les sorcières et les créatures maléfiques de la Moscovie. Une vision fantasmée du combat qui pouvait opposer Shura aux Ardat Yakshis en somme.

Portant une dernière fois le joint à ses lèvres, elle le termina rapidement avant de lancer le résidu dans un coin de la pièce, approximativement dans la direction de sa poubelle. Shura déambula alors quelque peu avant de s'effondrer sur son lit. Son corps se tordant de plaisir tandis que son âme flottait sur un petit nuage. Quelques images lubriques délirantes lui traversèrent l'esprit avant qu'il ne se fasse complètement engloutir par un profond sommeil.

***

Le ronronnement familier des moteurs de Skycars se répandait à l'intérieur de l'appartement de Shura et l’accueillit délicatement alors qu'elle émergeait de son sommeil. La furie ouvrit lentement les yeux sur le néant, constatant qu'elle avait dormi avec son casque sur la tête. Se redressant légèrement, elle le retira et le posa sur le côté, observant d'un air encore bouffi de fatigue le reste de son appartement.

Une sensation chaude sur son bras attira son attention et l'éclat écarlate du liquide qui y reposait acheva d'éveiller totalement son esprit embrumé. Le sang n'avait pas fait que couler sur son bras, se répandant aussi en quelques tâches irrégulières sur sa couverture. La furie chercha la source de la fuite avant de remarquer qu'une autre goutte venait de tomber depuis son nez.

Elle quitta son lit et pénétra dans sa petite salle de bains, observant son visage dans le miroir à l'aide d'une lumière à l'éclat ambré très timide. L'une de ses narines était recouverte de sang séché tandis que l'autre semblait connaître la fin d'un flot qui était presque entièrement tari.

La furie commença à faire couler l'eau et entreprit de se nettoyer. Elle n'avait que peu de doutes sur la source de cette fuite soudaine. Son corps avait été bourré de traitements après son changement d'implant et il semblait ne pas avoir réellement apprécié sa petite fantaisie. Petite nature, incapable de faire la différence entre une substance bénéfique et quelques vapeurs absorbées pour s'éclater. Sa main trempée vint pincer un instant la peau recouvrant ses muscles abdominaux comme pour le punir.

Au moins ce n'était rien de grave, Shura s'estimait d'ailleurs heureuse de s'être sortie de Chasca avec si peu de séquelles. Qu'elles soient physiques ou d'ordre plus... Intangible. Si elle avait l'habitude d'affronter des horreurs immondes sur des astres paumés au fin fond de la galaxie, ce n'était pas le cas de tous, et l'opération avait déployé un effectif assez impressionnant.

Shura lâcha un soupir, se rendant compte qu'encore une fois ses pensées se tournaient vers un petit minois faussement innocent auréolé d'une toison d'or. Elle n'avait pas parlé à Arcadia depuis Chasca mais elle savait au moins qu'elle était en bonne santé. La chercheuse avait déployé tant d'efforts contre la Corruption, elle devait très certainement être encore très occupée et la N7 ne souhaitait pas la déranger pour...

Pour quoi au juste ?

Shura se frotta les yeux avec insistance. Arcadia était un mystère qu'elle ne parvenait pas à résoudre et cela la frustrait au plus haut point.

La furie quitta son miroir et entreprit de se laver entièrement, tentant de retirer cette sensation de crasse qui lui collait à la peau après s'être endormie aussi maladroitement. Ce ne fut qu'en sortant et en commençant à se sécher qu'elle reçut un nouveau message.

Arcadia McKnight. Avait-elle réussi à développer un appareil pour lire les pensées à distance ? La N7 espérait que non, il valait mieux que ce qui lui traversait fréquemment l'esprit reste du domaine du privé si elle souhaitait conserver un minimum d'interactions sociales.

Il s'agissait d'une simple invitation, chose à laquelle elle ne s'était pourtant pas le moins du monde attendue. Tout naturellement Shura accepta immédiatement, appréciant la simple perspective de passer un peu de temps avec sa collègue. Mais plus elle s'imagina la soirée et plus la furie commença à développer une motivation débordante pour y participer.

Elle se laissa aller à une petit peu de coquetterie, s'appliquant un maquillage léger, renforçant le contour noir de ses yeux et améliorant l'éclat de ses lèvres. Elle passa la main le long de son côté du crâne rasé, s'assurant que toutes les mèches de sa crinière de jais retombaient du bon côté. Sa chevelure était peu ordonnée et cela lui allait parfaitement, le chaos ne faisait que renforcer davantage l'aura sauvage qui se dégageait d'elle.

La furie vint recouvrir son torse d'une chemise noire, laissant la fermeture du haut volontairement déboutonnée puis enfila un pantalon lisse qui répondait au même code de couleurs. Shura n'avait que peu de tenues de soirée élaborées sachant que son corps musclé se mariait très mal avec des robes conventionnelles, mais la simplicité de cet accoutrement lui plaisait énormément. Sa crinière se fondait presque avec le haut de sa chemise et l'éclat de son visage félin ressortait avec le reste de sa tenue sombre. Le déboutonnage n'était là que pour rajouter une petite touche de provocation.

Tout apprivoisé pouvait-il paraître, le prédateur n'en oubliait cependant jamais sa vraie nature. Une lame était dissimulée sous ses vêtements, solidement attachée à l'une de ses cuisses. Mais son arme la plus redoutable demeurait en permanence à ses côtés, ondulant le long de sa peau en un courant électrique presque palpable, soulevant légèrement la tenue qui la recouvrait et crépitant dans les airs sous la forme de quelques étincelles l'espace d'un instant. La furie laissa l'ézo l'entourant se calmer et afficha une expression satisfaite en contemplant son reflet.

C'est ainsi que Shura quitta son appartement, avisant rapidement la skycar qui s'était immobilisée devant son bloc d'habitation. La portière s'ouvrit et dévoila une Arcadia rayonnante, soigneusement préparée et vêtue pour la soirée. Le visage de la furie s'étira rapidement en un large sourire. Il s'agissait là d'une vision réjouissante qui lui réchauffa le cœur, la promesse de passer d'agréables moments en compagnie de cette beauté à l'éclat doré.

Salut trésor.

Shura passa la tête dans le véhicule et déposa un baiser sur le front de sa collègue avant de s'asseoir. La portière se referma et Arcadia reprit tranquillement sa route vers sa destination.

Il n'y a bien que toi pour vouloir m'emmener à ce genre d'événements. Mais comment pourrai-je refuser de quitter ma tanière quand une telle beauté m'attend à l'extérieur ?


La furie fixa sa collègue avec un sourire, impatiente de pouvoir se plonger à nouveau dans cette complicité malicieuse qui les liait toutes les deux. Son regard glissa cependant rapidement sur sa tenue et elle s'arrêta au niveau de ses épaules. Était-ce une provocation ? Exposer aussi ouvertement ses épaules dénudées, vierges de toute marque ? Arcadia semblait formuler une demande silencieuse pour oser se vêtir ainsi juste sous le nez de Shura.

Vilaine fille. Penses-tu vraiment que je vais te laisser te balader ainsi ?

La furie retira sa ceinture et se rapprocha du siège d'Arcadia. Sans prévenir, elle planta ses crocs dans cette chair sans protection, posant une main sur l'une des joues de sa proie. Son parfum lui envahit alors immédiatement les sens et Shura ne put retenir un frisson. Cette chair sous sa mâchoire, cette peau chaude contre sa main, cette odeur... C'était enivrant. Elle prolongea alors un peu plus la morsure pour profiter de quelques instants supplémentaires de cette proximité.

Lorsqu'elle eut terminé, Shura se redressa, une lueur de malice éclairant son regard lorsqu'il croisa le sien. Cette marque avait une symbolique bien particulière, Arcadia était désormais sienne le temps de cette soirée et la furie n'était pas vraiment du genre à partager ce qui lui appartenait... La N7 regagna sa place et s'y vautra à nouveau, contemplant d'un œil brillant la marque bien visible de ses dents sur l'épaule de la chercheuse.

Voilà, maintenant tu es parfaite.

Shura gloussa avant de poser ses pieds sur le tableau de bord, dodelinant de la tête au rythme d'une chanson qu'elle seule pouvait entendre. La fenêtre ouverte côté passager laissait l'air s'engouffrer à grande vitesse dans l'habitacle pour le plus grand bonheur de la biotique. Elle anticipait avec joie la soirée à venir, emplie d'une curiosité presque malsaine. Mais elle remarqua cependant rapidement que quelque chose avait changé, un détail sur lequel elle venait seulement de s'attarder. Le visage d'Arcadia ne transpirait pas du même éclat éblouissant qui la caractérisait pourtant d'ordinaire.

Le sourire de Shura commença alors à s’effacer doucement sans toute fois totalement disparaître. Elle se rappela qu'il ne s'agissait pas d'une simple rencontre après quelques jours de travail. Arcadia avait vécu il y a peu une expérience traumatisante qui avait peut être même été le symbole de l'apogée de sa carrière. Bien que la furie avait initialement souhaité éviter le sujet, elle n'avait pas non plus envie de se livrer infantilement à leurs jeux habituels si la martienne n'avait pas le cœur à ça.

Tu vas bien ?

Son intonation trancha avec la voix mielleuse qu'elle avait utilisé jusqu’alors. La dernière fois que les deux femmes s'étaient parlées, elles étaient encore sur Chasca, chacune protégée par son armure et échangeant quelques politesses au milieu de la représentation physique des enfers. Une pluie de sang, de corps et de larmes s'était alors déchaînée et Shura avait même fini à l'intérieur d'un œuf de la Corruption.

La furie se rendit soudainement compte de l'immaturité dont elle faisait peut être preuve en agissant si nonchalamment alors qu'elles ne s'étaient pas revues depuis la boucherie de Chasca. Elle n'avait d'ordinaire que faire de l'avis des autres à ce sujet, mais Arcadia était l'une des rares personnes dont l'opinion lui importait. Peut être même que la Martienne avait perdu des êtres chers sur place. Shura lâcha une légère grimace, se maudissant intérieurement pour être aussi maladroite.


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Arcadia McKnight
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MessageSujet: Re: Gala Acté   Gala Acté Icon_minitimeMer 03 Avr 2019, 20:31

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Fender


Son cœur battit la cadence, d'un tempo endiablé, martelant sa poitrine tel un tambour de guerre. Boum-Boum. Inarrêtable. Boum-Boum. Se fracassant contre sa paroi. Résonnant dans les moindres parties de son corps. Boum-Boum. Incontrôlable.
Arcadia se laissa faire, surprise, désarçonnée par la manœuvre. Elle ne s'attendait pas à retrouver Shura aussi guillerette après Chasca, à la voir savourer la vie comme à son habitude. Moribonde ? Renfermée? Mystérieuse ? Ironiquement elle ne savait pas vraiment à quoi s'attendre.
La furie la marquait, se liait à elle, la faisant sienne. Ses dents labouraient la chair, s'y accrochant avec cette voracité animale, primale, à la limite du bestiale, s'enfonçant pour y laisser plus qu'une marque d'appartenance. C'était une promesse. Une promesse de péché, de luxure et d'une dépendance en devenir.

La respiration de la blonde se saccadait tandis que le souffle de son invitée roulait sur sa peau nue, à la manière de vagues. Rebondissant contre le tissu quelques centimètres plus bas, remontant en contre-vagues. Les forces s'affrontaient, se déchiraient, se percutaient jusqu'à l'union, donnant naissance à un vortex d'air. Un maelstrom qui l'assaillait, se glissant dans les pores de son épiderme pour se transformer en émotions : amour, passion, envie, désir.
Elle aurait voulu la repousser, en avoir le pouvoir, le volonté, lui demander d'attendre encore un peu, de prendre son mal en patience, que le jeu en vaudrait bien plus que la chandelle le moment venu. Jusqu'au moment fatidique du manque, de ce besoin insatiable de recevoir. De ce contrôle du pouvoir, de cette jouissance d'offrir.
Mais que pouvait-elle faire ? A peine la stellaire avait posé le pied dans la voiture que son charisme avait envahi l'habitacle. Sa démarche prédatrice, sa coiffure de jais, sa tenue aussi sombre que la nuit, sa chemise s'ouvrant sur un décolleté désinvolte, invitant à la découverte. A redécouvrir cette peau qui l’envoûtait.

Le contact bouillant de la biotique l'ensorcelait, cette douce caresse sur sa joue, la texture moelleuse de ses lèvres sur son épaule, ses cheveux soyeux qui ondulaient contre sa gorge. La blonde succombait face à cette aura, s'y abandonnant jusqu'à y perdre pied.

Un sentiment d'abandon lorsque le contact se rompit.

Elle s'en voulait d'être ainsi, d'effacer sa lueur, d'atténuer son éclat. Tiraillée entre ce qu'elle éprouvait pour la N7 et les récents événements. Perdue dans un océan d'incertitudes, loin de tout repères, de toutes lumières sous un ciel dissimulant la moindre direction à suivre.

Parler à son psy lui semblait presque plus facile que de trouver les mots qu'elle aurait aimé dire à Shura. Elle avait eu beau s'imaginer la scène des dizaines de fois, la réalité s'écroulait sur elle, écrasant ses projections. La lâchant face à ce futur incertain. Aujourd'hui plus que tout elle avait besoin de certitudes, d'outrepasser cette peur des réponses aux questions qu'elle se posait, de vaincre les démons qui la hantait depuis la chute de la corruption.
La difficulté venait de l'absurdité de sa perte de lucidité. Même au bout du rouleau, même au porte de la mort, elle avait toujours essayé de se distancier, de ne pas se laisser contaminer par les signaux de son corps, du moins mentalement. Cela l'avait aidait à survivre. Maintenant son discernement s'étiolait.
La toubib touchait le fond, la machine suivait difficilement. Elle en avait vu des gens mourir ça oui, des inconnus comme des proches. Le plus dur restait ceux de la deuxième catégorie. Personne n'a la carrure pour supporter de voir mourir. Personne. Une mort restait pire que n'importe laquelle des blessures, détruisant de l'intérieur, tuant une partie de soi même, tuant l'espoir, rendant tout vain.
Elle ne l'avait pas expérimenté, mais y était passée à deux doigts plus d'une fois lors de cette journée. Des amis qui lui étaient chers, et bien plus encore.

« Tu vas bien ? »

La question la surprit, l'extirpant de ses sombres pensées. Le visage de l'Humaine était redevenue sérieux, adulte, loin de l'amusement, à cause d'elle. Ambiance !
La voiture continuait à glisser tranquillement dans le flot de circulation, roulant légèrement en dessous de la limite de vitesse. Arcadia tourna la tête vers Shura, sa main trouva celle de la combattante, ses doigts s'infiltrèrent, s'entrelaçant avec ceux de la jeune femme.
La paume chaude de la biotique lui réchauffa le cœur, apportant une partie du réconfort qu'elle recherchait. Un univers protecteur, la lumière du phare au loin.
La praticienne tenta de la sonder, de déchiffrer à travers ce regard impénétrable de deviner ce que pouvait penser cette enfant turbulente. Avant de déclarer forfait face au stoïcisme dont elle pouvait faire preuve.

Plutôt que des mots, elle vint se coller contre la passagère, posant la tête sur son épaule. Lui rappelant avec un certain amusement que ce corps était plus ferme et noueux que ses précédentes relations humaines. La chaleur dans son ventre s'éveilla. Agréable. Apaisante. Relaxante. Se propageant en ondes à travers et au delà d'elle. Le médecin resta ainsi quelques secondes qui lui parurent une éternité, friande de l'odeur de sa compagne qui l'envahissait.

« Merci d'être là », lui murmura t-elle.

Chaque mot avait été choisi avec soin. Mais tous avaient été prononcés avec une force sans commune mesure, impactant la réalité, transcendant l'esprit. Cet enchaînement de son révélait bien plus que tout ce qu'elle n'avait pu lui dire jusqu'à présent. Loin d'être une déclaration, il révélait une partie de son attirance pour la biotique. D'une envie profonde et viscérale dont la dissimuler lui coûtait plus que de le dire.
Le poids qui alourdissait son fardeau semblait avoir dégonflé, ce poids qui comprimait sa cage thoracique, ce poids qui plus que tout l'affligeait. Une délivrance, la liberté des mots et des sentiments. Clac. Une chaîne se rompit.
Elle aurait aimé en dire plus, se libérer intégralement du carcan qui l'oppressait. Arcadia n'en avait pas le cœur, ne se sentait pas le désir de plomber l'ambiance de cette soirée alors qu'elle avait déjà grignoter une partie de la bonne humeur de son amie. Elle se promit de le faire après.

Gala Acté Line-p10
Arrivant à destination, elle se sépara à contrecœur de Shura, lui déposant un baiser sur la joue. Laissant ses doigts effleurer une dernière fois les courbes de ce visage qui occupait ses rêves les plus intenses. Le skycar se posa, ses portes papillons s'ouvrirent pour laisser sortir ses passagères, l'IV du taxi repartit aussi sec à un point d'ancrage.
Le gala se déroulait dans l'un des nombreux hôtels de luxe de la Citadelle, les navettes arrivaient au goutte à goutte, libérant les couples invités. Scientifiques et médecins étaient facilement reconnaissable à leur air hautain, aux costumes hors de prix qu'ils affichaient ou pour certains marginaux aux lunettes archaïques qu'ils adoraient arborer.

Elle présenta les deux invitations à la réceptionniste, cette dernière leur indiqua la salle en leur souhaitant une bonne soirée. La pièce de réception dans un style Asari affichaient une décoration légère mais bien présente. Une centaine de personnes l'occupaient déjà, se divertissant dans un calme mesuré, l'endroit aurait pu aisément accueillir trois fois ce nombre. Des chandeliers aériens et gracieux, de la tapisserie monochrome, de la baie vitrée qui occupait un mur entier, du sol en déicoon marbré pur, jusqu'aux meubles stylisés, tout ici respirait d'une opulence presque dérangeante.
Une longue table se trouvait surélevée par l'estrade. Les autres, rondes, étaient disposées à ses pieds. Dans un paroxysme de mortels vénérant des déités.
C'était la première fois que la toubib se trouvait dans les invités d'honneur. Elle, simple médecin militaire, souvent considérée comme un rebut pour avoir choisi de préférer le terrain au confort d'un bureau, la fange à la place du palais. Seul son air angélique attirait l'attention sur elle. La plupart de ses confrères et sœurs se demandant comme une chose à l'apparence si innocente pouvait survivre dans un milieu pareil.
Aujourd'hui les rôles s'échangeaient, Arcadia McKnight, spécialiste et l'un des fléaux de la corruption. Celle qui était allée l'affronter les yeux dans les yeux.

De l'autre côté de la pièce, un buffet chargé de petits fours et de mousseux subissait le pillage modéré des invités. Plusieurs têtes se retournèrent lorsqu'elles franchirent le palier, des mines surprises, troublés, déconcertaient, s'égarant et perdant leur contenance.
Elle se délecta de ses expressions, la présence de l'autre femme, l'entourait lui rendant sa confiance, son assurance et plus que tout son bonheur de la vie. Arcadia vint s'enrouler autour du bras de Shura l'emmenant avec elle.

« Ne restons pas près de l'entrée, cela est vu comme un manque de tact. Boire sans soif aussi. Quant à fuir une conversation, cela est vu comme un acte impardonnable.

Elles marchèrent doucement, avec lenteur tandis que Arcadia continuait sa leçon de morale au rythme des grognements de la biotique. Elle savait pertinemment que les règles insupportait sa compagne, mais il en allait de son image et de sa réputation au sein du monde médical. La trace de la morsure sur son épaule franchissait la limite du tolérable en cette soirée, il lui était inimaginable de ruiner son image en tant que docteur. Un gringalet montra la furie du doigt qui demanda aussitôt si cela était un manque de tact.

- Oui mais léger. Pour l'instant nous allons circuler, se saluer, flirter, converser et éviter de passer trop de temps devant le buffet. C'est aussi un manquement au savoir vivre. »

Elles sillonnèrent la salle, qui continuait à se remplir progressivement. Malgré la faim qui la tenaillait, Arcadia continuait à respecter les convenances en vigueur, se retenant de sauter sur les amuses gueules, affichant une mine presque dégoûtée dès qu'elle avait l'opportunité d'en déguster un. Et surtout surveillant Shura.
Chaque arrêt impliquait de s'adonner à des obligations mondaines. Quelqu’un vous remarquait, manifestait sa joie de vous avoir distingué, s’approchait et vous saluait, de manière aussi ostentatoire qu’hypocrite. Après la comédie d’usage, les rires hypocrites et les compliments qui l'étaient plus encore, quoique très bien amenés, suivait une conversation,courte et banale, sur tout et sur rien. Mais surtout sur rien.

Rapidement fatiguée par ce jeu et constatant la N7 au bord de la rupture d'anévrisme, elle la prit par la main, puis l'amena au centre de la salle, faisant de celle-ci le centre de curiosité de l'assistance. Regards malsains de la part des hommes, petits sourires énigmatiques des femmes, la Martienne était enchantée par son effet, admirative face à sa partenaire qui acceptait ce rôle, de se laisser exposer face à cette foule, acceptant temporairement cette forme de domination. La furie le lui ferait peut-être regretter plus tard. A l'instant présent cela importait peu.

Ce sentiment de chaleur interne, cette braise ronde, s'enflamma, lui tordant les entrailles, martyrisant les barrières de sa retenue qui lui soufflait de s'offrir, de combler ce manque, de jouir contre cette peau qui la faisait fantasmer.
Elle se retint, il était encore trop tôt pour céder à ses pulsions, au vice de la chair. La biotique affrontait ses œillades sans ciller, fière et animale.
Le duo marchaient lentement, très lentement, au pas de la toubib, traversant l'espace jusqu'à un autre buffet.

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« Arcadia ! Un Turien d'un gris bleu s'avança vers les deux femmes. Tu t'es donc décidée à venir ? Merveilleux ! J'ai l'impression que cela fait une éternité.

- Ronius ! Lâcha t-elle feignant la surprise, avant de se réjouir tellement sincèrement que tous, hormis Shura qu'elle avait prévenu, auraient pu s'y tromper. Mon cher, comme je suis contente ! Shura, tu permets, voici un ancien collègue, Ronius Gekalan.

Le natif de Palaven s'inclina légèrement face à elle avant de reprendre.

- Je pensais faire la rencontre d'un Turien ce soir. Tu m'en vois donc surpris. Néanmoins il n'y a vraiment pas de quoi avoir honte.

- C'est ce que je pense aussi, rétorqua la blonde en clignant doucement des yeux. Très beau costume Ronius. Très élégant. Tu ne trouves pas Shura ?

Feignant d'ignorer les regards sirupeux du Turien, elle continua la conversation.

« Quoi de neuf à Palaven ? La Hiérarchie n'a pas trop souffert de l'Énergie Noire ? Vos laboratoires sont-ils enfin parvenus à comprendre comment l'inhibiteur fonctionnait ?

- Laissons le travail en dehors de tout ça, dit-il en souriant. Nous en aurons bien assez avec ce qui sera dit ce soir, le besoin de coexistence pacifique, l'amitié, la nécessité d'adopter une position solidaire entre nous. D'ailleurs qu'à donc préparer l'UCIP pour la suite ?

- Tu as raison, laissons le travail en dehors de tout ça.

- Sage décision. Il laissa échapper un léger rire. Ah ! Travail et politique ce sont des débats sans fin... »

Les conversations se turent - au plus grand bonheur de la praticienne qui ne goûtait guère l'hypocrisie de son confrère - lorsqu'un groupe composé d'une dizaine de personnes pénétra dans la pièce.

« Ce sont les membres les plus importants du conseil des médecins, souffla Arcadia à Shura. Appelle les simplement docteur si l'un d'eux venait à t'adresser la parole. Viens allons nous asseoir. Tu peux aussi oublier les règles de tact. Dans quelques heures les trois quarts seront ivres morts. »

Elles grimpèrent sur l'estrade, prenant place là ou leurs noms se trouvaient, juste à côté du président.
Les conseillers prirent le temps pour arriver, saluant quelques éminents docteurs. Debout derrière les chaises, les invités d'honneur attendaient comme les autres pour s'asseoir.
Arcadia contemplait sa voisine, éblouie par son charme. A nouveau, comme une provocation face à ceux en dessous, elle vint lui prendre la main, l'enlaçant de ses doigts avec ivresse, se pencha près de son oreille.

« Plus tard après le banquet... Hum! Évite de manger de l'ail s'il te plaît. »


(c) King (Sacrifars)


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MessageSujet: Re: Gala Acté   Gala Acté Icon_minitimeJeu 04 Avr 2019, 23:06
L'inquiétude fut violemment balayée par cette proximité soudainement retrouvée, une dimension physique qui possédait un si puissant pouvoir sur l'intangible, une connexion qui transcendait la réflexion, le calcul ou toute autre forme de prévoyance. Sa simple existence surpassait tout ce que l'homme avait pu essayer de reproduire, de comprendre, d'appréhender, le rabaissant à son simple rang de créature vivante et mortelle.

Cette main chaude qui se glissa dans la sienne, cette tête sur son épaule et ces trois mots qui résonnèrent dans sa tête bien plus longtemps qu'elle ne l'aurait souhaité, Shura sentit son corps tout entier se crisper, paralysant involontairement ses mouvements l'espace d'un instant et coupant net sa respiration.

Il ne s'agissait pas là d'une passion, d'un désir charnel ou d'une quelconque autre représentation de cette attirance physique, animale et primitive. C'était quelque chose de bien plus simple, souvenir d'un temps lointain qui avait fini par être oublié et source d'une telle puissance qu'elle en devenait presque terrifiante, bien plus dangereuse que ses lointaines sœurs comme l’avidité et l'ambition.

C'était une parfaite démonstration d'affection, un monde dans lequel Shura n'avait plus mis les pieds depuis bien longtemps, une terre qui était devenue vierge, désolée, asséchée et vidée de toute son âme. Le torrent qui s'y écoula alors soudainement ne pouvait que provoquer un terrible cataclysme, secouant jusqu'à ses fondements un vieux territoire qui goûtait brutalement à nouveau à ses délices de jeunesse.

La furie ne sut pas comment réagir, restant parfaitement immobile. Elle avait tout oublié des délicates subtilité de la tendresse et de l'attachement. Elle aurait pu la repousser, lui faire gentiment comprendre qu'elle n'acceptait plus ce genre d'offrandes immatérielles. Mais son esprit se débattait, se noyant dans un torrent d'émotions qui l'emportait bien loin de la rive, le maltraitant avec une telle puissance qu'il luttait pour ne serait-ce que demeurer à la surface.

Comment aurait-elle pu agir ainsi alors que son corps semblait répondre à l'affection d'Arcadia d'une seule et même voix, alors que son cœur semblait s'être extrait de sa poitrine pour virevolter quelques instants dans les airs ? Une petite alarme se déclencha en son for intérieur, une voix qui tenta vainement de l'avertir du danger, de lui rappeler la raison de ses choix, mais elle disparut presque aussitôt, emportée à son tour par le déluge.

Shura se lova alors un petit peu plus contre sa partenaire, serrant délicatement sa main dans la sienne et déposant un baiser dans sa chevelure dorée. Son cerveau papillonnait, elle avait l'impression d'être ivre, comme une adolescente qui aurait descendu son tout premier verre d'alcool fort. Restée si longtemps sans affection, elle y était devenue complètement vulnérable, elle, la furie biotique qui avait été entraînée pour devenir une machine à tuer.

Mais pour le moment elle s'en fichait complètement, se contentant de savourer cette tendresse, ce petit moment d'intimité partagé avec celle qui faisait inexplicablement danser son cœur.

***

Ce ne fut qu'une fois arrivée à destination que la furie sembla regagner toute sa sobriété. Elle observa avec des yeux ronds la gigantesque salle qui se dessina devant elle, symbole d'une luxure et d'un style de vie qui semblait presque appartenir à une autre époque. Transpirant d'un style asari typique qui se mélangeait à merveille avec ce genre d'architecture, elle n'affichait pourtant pas de technologie ou de futurisme débordant, se complaisant dans l'affichage simple d'une opulence exacerbée.

Shura commença alors à suivre sa compagne, écoutant attentivement les recommandations de cette dernière. Si la N7 considéra tout d'abord ces limites comme un jeu, son visage se décomposa petit à petit alors que les règles et les interdictions s'accumulaient à n'en plus finir. Elle eut soudainement l'impression d'avoir été attirée dans un piège, un endroit où le moindre faux pas pouvait avoir des conséquences désastreuses.

Fauve soudainement placé en cage et grognant son mécontentement, elle commença à lancer des regards prédateurs à son environnement, se méfiant de tout ce qui l'entourait. C'était presque comme si tousser un peu trop fort risquer d’entacher l'image de sa compagne, car c'était bien de sa réputation qu'il s'agissait. Elle avait l'impression d'être enchaînée sans possibilité de se débattre sous peine de blesser Arcadia.

Elle s'y plia tout d'abord, décidant de courber l'échine sans faire la moindre remarque, réfléchissant à l'avance à ce qu'elle pouvait faire ou dire, tâchant de ne pas poser trop longtemps ni trop peu son regard sur telle ou telle personne, tartinant ses paroles de politesses et de fantaisies dégoulinantes. Mais toute cette comédie la lassa très rapidement et les efforts qu'il lui fallut faire pour se retenir commencèrent à se multiplier.

C'est à cet instant qu'emportée par la main douce de sa compagne, la furie se retrouva sans trop comprendre au beau milieu de l'attention générale. De multiples paire d'yeux se posèrent soudainement sur elle, chacune animé par une intention différente. C'était le paroxysme du jugement silencieux, le panthéon suprême de l'hypocrisie et de la fourberie.

Mais la furie n'était pas du genre à se laisser démonter pour si peu, elle soutenait chacun d'eux, ses yeux luisants d'une lueur sauvage, comme défiant chacun des regards qu'elle croisait. Peut être voyaient-ils pour la première fois l'une de ces personnes dédiant sa vie pour les autres, l'une de ceux qui combattaient dans la souffrance et la douleur, sacrifiant leur sang et parfois même leur vie dans l'anonymat le plus total pour leur permettre à eux tous de pouvoir continuer leur petite vie opulente sans le moindre soucis.

Elle leur aurait volontiers fait profiter d'un magnifique spectacle biotique mais l'infraction devait sans doute être bien trop grande pour ne serait-ce que l'envisager. Shura se contenta alors de suivre sa compagne à l'odeur, affichant un sourire vorace à ceux qui semblaient la fixer bien trop lourdement.

***

Vint alors ce qui pouvait se targuer sans grand orgueil d'être le moment le plus intéressant de cette soirée, à savoir le banquet. Tout semblait si préparé à l'avance et millimétré que cette ambiance festive en devenait presque malsaine. Sans même prendre en compte toutes ces règles assommantes de "bienséance", Shura ne se sentait pas particulièrement à l'aise. Elle aurait depuis longtemps fuit l'endroit ou provoqué un accident si Arcadia ne s'était pas trouvé à ses côtés.

Cette dernière semblait pourtant prendre ses aises et vint même lui murmurer quelques mots à l'oreille, plaçant sa main dans la sienne. Un effort qui fut plus que suffisant pour attiser cette braise avide, ce torrent de lave bouillonnante qui embrasait son corps dès qu'elle sentait la proximité de sa compagne. Le regard de Shura se fixa alors sur le sien et un sourire éclaira son visage.

D'ordinaire c'est pourtant mon rôle d'être celle qui chuchote des propositions salaces.

La furie serra la main d'Arcadia et se mordit les lèvres. Même cette salle oppressante ne pouvait combattre l'éclat du désir qui chauffait ses entrailles dès que ses yeux se posaient sur cette beauté blonde. C'était instinctif, une bestialité primitive qui ne répondait qu'à un code strict, l'obéissance et la soumission absolue au désir. Elle aurait tant voulu réduire cette distance qui les séparait, se laisser submerger par son parfum et par l'ivresse que provoquait sa proximité.

Shura supportait très mal la frustration, et sa résistance s'était déjà bien érodée avec le début de cette soirée. Elle espérait très sincèrement pour Arcadia qu'elle ne finirait pas par commettre l'irréparable, cédant à ses pulsions et s'emparant avidement et sans aucune retenue de ce qui lui appartenait. Fort heureusement, le repas arriva à point nommé pour alléger cette tension sexuelle qui devenait bien trop lourde à supporter.

Le banquet était à l'image de la salle et de tout le reste d'ailleurs, généreux et foisonnant à souhait. La présentation avait dû demander autant voir peut être même plus de travail que la conception en elle même. De multiples fumets s'élevaient dans les airs, confirmant la présence d'ingrédients provenant des quatre coins de la galaxie.

Shura contempla les plats et les paniers sur sa table avec insistance, écoutant sans grand intérêt le discours des plus éminents membres de la soirée. Son regard se fixa sur des tranches de varrens qui trônaient non loin, la viande avait été cuite avec un grand savoir faire affichant une chair tendre disposant par endroit de quelques nuances roses, le tout recouvert par une peau dorée presque entièrement homogène que Shura pouvait déjà imaginer délicieusement croquante.

Elle attendit patiemment, prête à commencer le massacre dès que l'autorisation lui serait donné.

***

La soirée avançait tranquillement au rythme d'un brouhaha général qui ne semblait pas avoir perdu en intensité. C'était même plutôt le contraire, les fils invisibles qui composaient cette toile de niaiseries et de faux semblants commençait à s'étioler, à l'image du banquet qui avait grandement perdu de sa superbe.

De son côté, Shura était satisfaite. La biotique avait en effet absorbé sans grande difficulté une quantité de nourriture qui aurait facilement pu rassasier deux personnes. N'ayant pas pris soin de s'hydrater correctement pendant le repas, elle s'était vengée sur les restes de bouteilles présentes sur sa table, prenant tout de même garde à la quantité d'alcool ingurgitée. Les joues légèrement rosies, elle afficha donc un sourire satisfait face à son assiette qui paraissait déjà complètement lavée.

Si l'idée de prendre congé de sa compagne ne serait-ce que l'espace d'un instant ne lui serait pas venu à l'esprit autrement, ce fut pourtant l'envie pressante de vider sa vessie qui l'y força, conséquence directe d'une hydratation bien trop abondante. Elle en informa tout de même Arcadia avant de s'éloigner, s'assurant qu'il ne s'agissait pas là d'une autre violation du protocole.

La furie se dirigea donc rapidement vers les toilettes, s'isolant dans l'une des cabines et appréciant à sa juste valeur cette soudaine déconnexion avec la soirée alors qu'elle se soulageait les hanches. Un silence complet l'entourait, signe qu'aucune autre femme n'était présente. Une fois qu'elle eut terminé, elle sortit de sa cabine et entreprit de se laver les mains, plongée dans ses pensées.

Cette soudaine solitude lui permettait de prendre un certain recul par rapport à l’événement. Si l'expérience, toute aussi frustrante pouvait-elle être, demeurait intéressante, ce n'était pourtant pas l'élément principal qui occupait le cœur de sa réflexion.

Arcadia. Le simple fait qu'elle traverse ses pensées provoquait une réaction dans son corps, elle le sentait. Si leur comportement l'une envers l'autre ne semblait pas avoir changé comparé à leurs habitudes, il y avait pourtant bel et bien une différence. Subtile, certes, infime et presque insignifiante, mais elle était bien là et son importance surpassait de loin tout le reste.

Ce n'était plus qu'un simple jeu, l'ampleur du désir qui consumait Shura était bien plus profond qu'elle ne l'aurait voulu, cette sensation dans sa poitrine lorsqu'elle croisait son regard pétillant, ce frisson qui lui traversait le corps lorsqu'elle sentait sa main dans la sienne...

La furie plaça une main sur son visage et ferma les yeux un instant. Elle avait l'impression que ce qu'elle redoutait tant était en train de se produire et elle n'avait aucune idée de comment y réagir. Elle avait vécu si longtemps ainsi, pensant avec naïveté qu'elle se trouvait en sécurité, que plus rien ne pouvait l'atteindre si profondément après avoir tant encaissé.

Elle se sentait perdue, nageant avec confusion au milieu de ses sentiments et cherchant désespérément une bouée à laquelle se raccrocher. Elle n'avait tout simplement plus du tout cette habitude simple d'aimer, et elle se sentait incapable de faire la différence désormais, incapable d'appréhender la véritable nature et les limites de ce qui lui traversait les entrailles.

Prenant une profonde inspiration, Shura s’aspergea le visage d'eau et contempla son reflet dans le miroir. Elle devait trouver un moyen de chasser ses doutes et de retrouver son assurance habituelle. Elle avait été la seule et unique maîtresse de ses sentiments pendant toutes ces années, elle ne pouvait se permettre de réagir comme une gamine énamourée pour la toute première fois.

Il lui fallait continuer de considérer tout cela comme un jeu, attendre et observer. Elle n'avait pas le choix, aucune autre alternative ne s'offrait à elle, rien d'autre que le temps ne lui permettrait de réellement appréhender la pleine portée des sentiments insidieux qui semblaient avoir pris racine en elle.

La furie se sécha le visage et offrit un clin d’œil aguicheur à son reflet, signe d'assurance. Il était temps pour elle de retourner dans l'arène. Ouvrant la porte des toilettes d'un coup sec, elle fut stoppée nette par un choc soudain, l'informant qu'elle avait certainement du taper dans quelque chose.

Elle rouvrit la porte, plus doucement cette fois ci, et parvint à se glisser en dehors. Elle tomba nez à nez avec une asari au sol, la main portée au niveau de son nez, le visage grimaçant de douleur. Shura n'avait absolument aucune idée de la façon dont elle était censée réagir dans cette situation et Arcadia devait être bien trop loin pour lui sauver la mise.

Euh, désolée je...

Pétasse !

L'asari se releva et sorti de la salle, claquant la porte derrière elle.

Shura sentit ses muscles se contracter inconsciemment alors que des regards se tournaient vers elle. Serrant les poings, elle se concentra sur sa respiration. Il y avait des limites à ce qu'elle pouvait supporter et il lui fallait prendre garde à ne pas soudainement perdre sa patience lors d'un événement inattendu.

Elle quitta rapidement les lieux, s'enfonçant au milieu de la foule et cherchant sa compagne du regard. Il ne lui fallut que peu de temps pour la retrouver, peu de convives pouvaient se vanter de concurrencer son éclat. La beauté ensoleillée était en pleine conversation avec l'un de ses collègues, affichant ce même sourire forcé que depuis le début du gala.

Son interlocuteur était un peu plus grand qu'elle, présentant une barbe très bien entretenu et un visage qui semblait très expressif malgré les quelques rides trahissant son âge, accoudé à un rebord, un verre dans une main. Il semblait mettre toute son énergie dans sa conversation, riant parfois aux éclats et regardant sa collègue d'un œil brillant. Sa main s'éleva même un instant dans les airs, venant replacer correctement l'une des mèches dorées d'Arcadia.

Un grondement sourd commença à s'élever depuis la gorge de Shura alors qu'elle marchait dans sa direction, les poings fermement serrés. Sa route fut cependant rapidement obstruée par un nouvel élément perturbateur, un homme qui tenta de l'interpeller.

Excusez moi, vous êtes bien Shura Fender ?

La furie s'apprêta à le projeter dans la foule pour continuer son chemin mais elle se retint juste à temps. Il lui fallut faire un immense effort pour lui afficher une mine souriante et lui répondre poliment.

C'est exact.

Son regard glissa à nouveau sur le duo un peu plus loin. La distance n'était pas réellement un problème pour elle, la furie leva légèrement sa main et entreprit de faire léviter le verre, juste assez pour qu'il échappe à la poigne de son propriétaire. Elle le relâcha ensuite subitement et il s'éclata au sol juste à ses pieds, aspergeant le bas de sa tenue de son précieux liquide.

Shura esquissa un petit sourire satisfait avant de reporter son attention sur l'homme qui l'avait interpellée. Un silence gênant s'installa et la biotique cligna plusieurs fois des yeux en constatant qu'à l'expression de son interlocuteur, ce dernier attendait visiblement une réponse de sa part. Elle réfléchit alors rapidement à une esquive.

Excusez moi, je n'ai pas l'habitude d'être au milieu de la foule, ça me déconcentre un peu...

L'homme remonta ses lunettes avec la paume de sa main et se mit à rire.

C'est normal d'avoir le trac face à de telles pointures, venez, allons discuter dans un coin plus tranquille.

Shura voulu refuser, mais la voix d'Arcadia résonna dans sa tête. "Quant à fuir une conversation, cela est vu comme un acte impardonnable." Elle lança un dernier coup d’œil désespéré dans la direction de la blonde avant de se résigner à suivre son interlocuteur.

Le duo atteignit un endroit relativement éloigné du centre de la salle et malgré la présence de quelques convives aux alentours, il y avait peu de chances pour qu'une oreille indiscrète puisse écouter leur conversation sans être repéré.

L'homme se replaça face à Shura, redressant une nouvelle fois sa paire de lunettes. Il n'était pas spécialement grand, mais sa corpulence carré lui donnait une certaine prestance, ses épaules larges roulant sous son costume d'un noir aussi profond que celui de la furie.

Laissez moi reprendre depuis le début. Je suis Lyonel Barton et je travaille pour le domaine d'Inveraray sur Terre.

Shura haussa un sourcil. Ce nom lui disait quelque chose.

Ma mère était employée à la Citadelle en tant que psychologue militaire, mais elle a été tué sur son lieu de travail lors de l'émergence de la Corruption. Les enquêteurs sont toujours restés très flous sur les circonstances de sa mort et je sais que l'armée y était liée, de près ou de loin.


La furie dissimula sa surprise derrière son expression stoïque. Elle connaissait très bien la psychologue Barton puisque c'était elle qui l'avait tué, peu après la chute de Shanxi. Une agente de l’œil, un pion formidablement bien placé, quoi de mieux qu'un psy militaire pour récolter des aveux et des informations en tout genre provenant du front ? Shura avait fait son travail, colmatant la fuite dans le sang.

Je me demandais donc si vous pouviez éventuellement m'aider à éclaircir les circonstances de sa mort. Compte tenu de votre rang...

La N7 se racla la gorge.

Toutes mes condoléances pour votre mère. C'est une affaire désormais classé, elle a été tué par l'un de ses clients, le membre d'un groupe de déserteurs qui ont été arrêtés quelques semaines après le meurtre. Ils ont perdu la tête après les horreurs qu'ils ont vécu au front, et votre mère en a payé le prix.

Courte pause.

Ils n'ont été que les premiers d'une longue liste pendant la guerre, mais l'alliance est peu disposée à partager publiquement la défection de ses troupes.

Un silence respectueux suivit ses propos et le scientifique contempla le sol un instant avant de hocher la tête, plantant à nouveau son regard dans celui de la furie.

Je comprends mieux à présent, je vous remercie énormément pour votre honnêteté.

Une sensation désagréable s'empara de Shura. Quelque chose n'allait pas avec cet individu, elle n'arrivait pas vraiment à mettre le doigt dessus mais elle le ressentait. Cet homme avait du sang sur les mains. Et pour avoir une mère suffisamment tarée pour rejoindre l’œil...

Je ne tiens pas à vous retenir plus longtemps, merci pour avoir pris le temps de me répondre.

Aucun problème.

La N7 s'inclina poliment avant de se détourner, restant néanmoins sur ses gardes. Le scientifique redressa une nouvelle fois ses lunettes avec la paume de sa main, prenant le verre qui traînait sur une table proche et le portant à ses lèvres.

Son regard continua de fixer la furie qui s'enfonçait dans la foule.

***

Arcadia se trouvait de nouveau seule, sa longue robe rouge scintillante venant sublimer l'éclat de son teint et de sa toison dorée. Son regard pétillant se tourna vers la foule, la scrutant à la recherche d'une silhouette bien particulière. La Martienne sentit alors soudainement une présence dans son dos et un corps chaud vint se lover sans prévenir le long du sien, la voix mielleuse de Shura retentissant à ses oreilles.

Tâche de ne pas oublier à qui tu appartiens.

Le souffle de la biotique se fit plus proche.

Il serait fâcheux d'avoir à te faire une piqûre de rappel dans un endroit où ton image est en jeu, mmhh ?

La furie lécha l'oreille de sa compagne tout en faisant glisser ses mains le long de sa robe. Elle mordilla alors son lobe et tira avec force sur ce tissu insignifiant qui la séparait de cette peau tant désirée. Une fois assurée que le message était bien passé, Shura se décolla de sa partenaire, se plaçant à ses côtés.

Elle souleva son coude en l'air avec un sourire, tel un majordome invitant sa maîtresse à prendre appui sur son bras.

Disposée à faire un petit tour, Docteur McKnight ?


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Arcadia McKnight
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MessageSujet: Re: Gala Acté   Gala Acté Icon_minitimeDim 07 Avr 2019, 01:12

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Shura
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Le vide. L'absence. Un pincement au cœur. Cette désagréable sensation qui s'empare de vous, s'accapare votre esprit lorsque cette aura envoûtante s'atténue, s'éloigne. Disparaissant sans disparaître. Visible mais inatteignable. Créant à nouveau ce désir, laissant place à ce manque, cette addiction incurable. Une dépendance mortelle, celle dont on ne voulait jamais oublier le baiser. Ce besoin de présence qui brassait le sang dans les veines.

Une main recouvrait son épaule marquée, elle la regarda s'éloigner de sa démarche féline, roulant légèrement des hanches sous l'effet désinhibant de l'alcool. Elle ne perdit pas une seule seconde cette silhouette des yeux, savourant la moindre de ses courbes. Même de dos elle était splendide, resplendissante au milieu des convives, exaltant cette énergie fauve. Son cœur se serra lorsqu'elle disparut de son champ de vision.
Arcadia reporta son attention sur son verre d'alcool qu'elle n'avait quasiment pas touché depuis le début de la soirée. Un fin liseré de brillant à lèvres en ornait le buvant. Jouant avec le contenu dans la paume de sa main, elle se décida finalement à le vider. Se donnant un brin de courage pour la suite de cette soirée.

Les yeux perdus dans le vague, ses pensées gravitaient autour d'une unique lumière : Shura. Cette créature qui la fascinait tant, lui faisant perdre tout ses moyens dès qu'elle se trouvait en sa présence. Cette créature dont les mots étaient insuffisants pour la décrire tant elle se nimbait de ce mystère attirant. Plus que tout, cette créature qui l'illuminait, l'envahissait, la subjuguait.
Son ventre couvait cette étincelle, la protégeant contre vents et marais, jusqu'au retour de la source mère qui l'embraserait. A l'image d'une lycéenne qui découvrait son premier vrai amour, elle pouvait sentir ses entrailles se jouer d'elle.

Au plus impénétrable de son for intérieur, la blonde l'avait ressenti. Quelque chose avait changé entre les deux femmes, un changement si minime qu'il aurait pu passer inaperçu. Si infime qu'il était dérisoire. Pourtant elle eut envie de s'accrocher à ce mince espoir, de le prendre entre ses mains, de le faire mûrir jusqu'à devenir une pousse fertile et de le partager.
Il y avait ces petits contacts. Ces mains qui se touchent. Ces doigts qui s'entrelacent. Cette peau qui s'effleure. S'apprivoise. S'embrasse. S'unit. Conquérant les étoiles. S'harmonise et s'épouse pour ne faire plus qu'une seule et même entité frissonnante de désirs.
Le besoin de retrouver sa chaleur, de l'avoir à nouveau sous les yeux, de la sentir devenait intenable, à la limite du manque.

Se calmer, redevenir maîtresse de ses émotions. Inspiration. Expiration. Il était difficile de rester intacte lorsque cette lame de fond venait vous percuter. Inspiration. Expiration. Cette attraction violente. La percussion de deux bolides qui foncent sur des trajectoires de collision. Ce cataclysme. Inspiration. Expiration. Elle ne voulait plus être à contre courant de ce flot. Elle voulait le rejoindre. S'insinuer et n'être plus qu'une partie de lui. Inspiration. Expiration. Car qu'y avait il de plus beau que cette fusion ? Cette connexion au maelstrom sauvage qui bouleversait tout ce qu'il rencontrait, promettant la plus pur des extases.

Son sang martelait ses tempes, il devenait impossible de se calmer. Museler ses pulsions, brider cette envie de la rejoindre devenait un supplice. La sonnerie de son omnitech fut salvatrice, l'arrachant à ses pensées qui l’obsédait pour ramener le docteur sur la terre ferme. Son père... Il avait vraiment le chic pour appeler dans les situations les plus délicates.

« Allô ! Papa ?

- Ar...dia !

- Je t'entends mal. La communication est mauvaise.

- Éc...te m... T. .oi. fai.. .tten.... .a fa.... .e.. te .éc..érer.

- Ça coupe papa !

- C'est mieux là ?

- Le jour et la nuit.

- Ta famille maternelle. Les McKnight fait attention à eux, surtout à Aileas. Ils cherchent à te ret... »

La communication coupa subitement, laissant la militaire dans la plus parfaite incompréhension. Sa famille maternelle ? Ça ne l'avançait pas vraiment. Il lui était arrivé de poser quelques questions sur le sujet à son père mais ce dernier était resté très évasif, prétextant des relations assez orageuses entre sa mère et ses parents. Jusqu'à se perdre complètement de vue. Arcadia avait bien essayé de chercher mais sans succès.
Et voilà qu'aujourd'hui son paternel l'appelait pour la prévenir. La prévenir de quoi au juste ? De parfaits inconnus ? D'une famille dont elle ne savait rien ? Bah, elle aurait bien le temps d'y repenser une fois au calme. Elle avait besoin d'un peu d'air frais, de Shura aussi. Surtout de Shura.


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« Ah ! Docteur McKnight ! »

La voix était forte, à la limite du désagréable, interrompant sa progression pour retrouver sa compagne. Elle se tourna pour tomber sur un homme d'âge mûr à la barbe bien entretenue, au physique tout ce qu'il y avait de plus banal. Le genre à se fondre facilement dans la masse. Absolument ce dont elle n'avait pas besoin.

« Permettez moi de vous dire que vous être ravissante ce soir. J'ai eu l'honneur de suivre vos avancées sur l'anéantissement de l'Énergie Noire, votre savoir est très impressionnant.

- Hum... Merci. Excusez moi, mais vous êtes ?

- Professeur Sobieski ! Dit-il comme si cela était une évidence. J'ai une chaire universitaire à l'EGS, j'ai été invité plus d'une fois à me pencher sur le cas de la corruption... »

L'homme se perdit en palabre vantant ses capacités intellectuelles, divinisant les compétences scientifiques du colonel, brossant un tableau flatteur d'une coopération entre deux tels cerveaux, l'invitant même à venir visiter son laboratoire sur la Citadelle.
Un sentiment d'anxiété s'empara de la Martienne, cette impression d'étouffer, de ne plus trouver d'air. Un sentiment d'oppression, cette impression d'asphyxie, de sentir sa cage thoracique comprimée. Le débit ne diminuait pas, toujours plus vite, toujours plus haut, crevant le plafond. Sa main. SA MAIN ! Le professeur venait de replacer l'une des mèches rebelles de la blonde. SA MAIN ! Il la touchait, s'attardait, profitait. Le sourire de Arcadia se crispa. SA M...A...I...N !

Elle se retint de le gifler tant son geste était déplacé, de lui écraser son poing dans sa tête de premier de la classe. Personne n'avait le droit de la toucher ce soir. Personne ! Et encore moins ce porc libidineux qui enchaînait les invitations. Elle la portait sur son épaule, non pas une marque mais LA marque, celle d'une promesse.
Ses muscles se raidirent face à une telle audace, jusqu'à ce qu'instinctivement elle se dégage de ce grossier hameçon.
La praticienne le remarqua, un nacre vint tapisser le verre de son interlocuteur. Bleu, légèrement électrique. L'objet grimpa l'espace d'une seconde avant de retomber aussi sec. GLING ! Brisé, explosé, éclaté. Arcadia avait anticipé le coup, se reculant, évitant le pire à sa robe flamboyante. Elle se laissa englober par la foule, absorber, disparaître.


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Son regard balayait la salle d'un air inquiet à la recherche de cette lueur, de l'éclat qui savait lui rendre ses couleurs, cette clarté qui sublimait ce qui l'entourait. La flamme vint à elle, comme à son habitude, silencieuse, prédatrice, sauvage. S'enroulant autour de celle qu'elle revendiquait comme sienne, clamant comme sa possession, sans lui laisser la moindre chance de s'échapper. Son corps tout entier vint s'accoler dans le dos de la chercheuse.

« Tâche de ne pas oublier à qui tu appartiens. »

Un frisson, un tremblement, une rafale, un cyclone. Son corps tout entier vibra en harmonie. La puissance de cette phrase la déchira, s'infiltrant dans les limbes les plus profondes de son esprit. Elle  appartenait à Shura, juste à Shura, uniquement à Shura. Rien ne comptait plus en ce moment que ces mots qui tonnaient dans son crâne, vrillant le flot de ses pensées, laissant d'anciens souvenirs ressurgir: des flashs, des odeurs, des goûts, des amalgames de sensations et bien plus encore.
Son cœur se souleva comme s'il cherchait à s'évader de sa prison, à s'offrir de lui même. La braise de son ventre s'enflamma face au magma de la biotique. Cette boule de désir grossissait, réclamant son du, suppliant de la satisfaire.

Le souffle de la biotique contre sa peau nue la fit frémir d'euphorie. Ses mains... Ses douces mains, descendaient le long de ses flancs, venant conquérir ce qui leur revenaient de droit. Ses douces mains glissaient sur la fine étoffe, transmettant la chaleur de ce volcan qui menaçait à tout moment de rentrer en éruption. Elle abdiqua face à ses douces mains.
La N7 osa. Osa briser les règles. Osa fouler du pied les tabous. Osa s'affranchir des règles. Sa langue chaude dessinant le contour d'une oreille, goûtant sa prise. Jusqu'à la curée. Les serres de la stellaire se refermèrent, tirant sur le tissu, malmenant l'habit. Ses crocs mordillèrent le lobe, marquant à la manière d'un avertissement. Un avertissement que sa conscience lui hurlait d'outrepasser. Elle retint ce spasme de plaisir qui menaçait de la ravager, luttant pour garder ce qui lui restait de contenance.

Heureusement ou malheureusement, Shura ne fit pas durer le supplice plus longtemps, libérant sa prisonnière. A la plus grande surprise de Arcadia, cette dernière vint se placer à ses côtés, lui offrant même son bras.

« Disposée à faire un petit tour, Docteur McKnight ?

- Avec grand plaisir Colonel Fender ! »

Un immense sourire, authentique et sincère se dessina sur le visage de Arcadia. Profondément touchée par cette attention, qui si elle ne coûtait rien, montrait à quel point sa compagne avait été attentive aux nombreuses œillades qu'elle avait jeté à la piste de danse. Bras dessus, bras dessous, elles prirent place au milieu des quelques danseurs qui étaient encore suffisamment sobres pour tenir debout.
Shura, main dans le creux des reins de sa partenaire, cette dernière avait posé la sienne sur l'épaule de la Furie. Leurs mains libres s'enlacèrent.

Elles commencèrent à se mouvoir, doucement avec calme et volupté. Juchée sur ses talons, Arcadia était presque aussi grande que sa cavalière, ce petit détail anodin la fit sourire. Elles étaient proches l'une de l'autre, très proche. Dans cet univers, à cet instant présent le trop proche n'existait pas. Leurs odeurs se mélangeaient, s'accordaient. Le parfum des deux humaines se diffusaient, enivrant d'une simple inspiration, hypnotisant par sa fragrance, fascinant par sa présence. Le feu et l'eau, la lave et la glace, l'été et l'hiver, l'ardeur et la fraîcheur. Les antipodes, ces contradictions vivantes, se tournaient autour, s'attiraient pour s'unir en cet instant.

Les pas étaient légers, presque aériens. La distance continuait de décroître tandis que la musique se faisait de plus en plus intime. Douce. Calme. Apaisante. Elles se collèrent l'une contre l'autre, front contre front, nez contre nez. La blonde sentait le souffle frais de sa compagne glisser sur son cou, s'infiltrer dans son décolleté, rouler sur son abdomen, attisant son feu intérieur. Elle ressentait le corps bouillonnant de Shura au travers de sa robe, traversant les mailles, la cajolant, elle, et elle seule.

Le son se tut, un silence de plomb. Brusquement la symphonie jaillit, déversant toute sa puissance. Inondant la piste de danse. Emportant tout sur son passage. Perturbant ce moment d'affection candide. La biotique s'adapta rapidement, suivit de se partenaire qui tenait le rythme sans coup férir. La toubib était une brêle en dessin, un désastre en chant, une catastrophe avec les instruments, mais une bête dès qu'il s'agissait d'esquisser quelques pas.
La stellaire se débrouillait bien. Adroite dans ses fluctuations, confiante dans sa position. Un vrai livre ouvert pour la Martienne.
Elle le sentit venir au fur et à mesure. La symphonie se complexifiait, déroulant ses charmes, les exposant l'espace d'une seconde, avant de les dissimuler, repartant dans une autre direction. Shura fatiguait, commençant à montrer quelques signes de faiblesses.

Arcadia laissa sa main descendre le long de son échine, la plaquant dans ce creux accueillant. D'un signe des yeux elle lui indiqua de remonter la sienne sur son épaule dénudée. Demandant par la même d'abandonner son contrôle, de lui laisser les rênes. Shura s'exécuta, sans broncher. Sa paume engloba la marque.


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        ·           · ,      ·                                      ,                                   .  '        ^                 «                 »,       ,                                            ·                .                   ,         ·       ·  ·             ·           ,   ·       ·  ·                  ,       ·  ·          '         ·   .
                                   ·                 ·                     ,        '             ,        '    '              .                                  ,                                     :         ·                 !

  rc    ia        · ,       ·                               yth   ,                                   .  '        îna                 «           on   »,       ,                                           tièr             .                   ,         ·       ·  ·                   ui    ,   ·       ·  ·          èbr    ,       ·  ·          '    sc  ·   .
                                  simples          ·                     ,        '             ,   squ'    '              .                       erf  ,                                     :         ·              le !

  rcadia dan  · , s   la·     nt emp      pa     rythme, e    enant S     ra avec e   .  'entraîna    dans     «       monde »,      e, la    ansportant                frontières   u r   l. Pas         pas,         ·       ·  ·                   uivre, lui      ·rait      ténèbre ,        ·  ·          'obscuri   .
                       les plus simples devenaient m j  stu     ,        ' sub        , jusqu'   '              .                           erflu,                e l'essentiel : la pass·      s      le !

Arcadia dansait, se laissant emporter par le rythme, emmenant Shura avec elle. L'entraînant dans « son monde », à elle, la transportant par delà les frontières du réel. Pas après pas, elle lui dévoilait le chemin à suivre, lui éclairait les ténèbres, la guidait dans l'obscurité.
Les mouvements les plus simples devenaient majestueux, jusqu'au sublime, jusqu'à l'excellence. Chassant le superflu, ne laissant que l'essentiel : la passion sensuelle !

Le rythme devint decrescendo, entamant sa chute après le bouquet final, semblable à un doux zéphyr. Coïncidence ou non, ce dernier était chargé d'émotions, de sentiments, d'une sensibilité sincère. Arcadia rayonnait de bonheur, envahit par cette ivresse musicale, oubliant ses soucis du quotidien, et par là même, la noirceur de cette galaxie. Dans le silence de ses yeux, la blonde la contemplait, sans un mot, sans un bruit. Des sourires fugaces, enjôleurs, sillonnaient son visage.

La musique cessa.

Son regard se posa sur cette bouche, qui plus que tout la décramponnait, une bouche de vin hors d'âge, hors de portée, à boire fou, et debout. Un nouveau sourire. Sa main s'engagea dans la vallée de son cou, effleurant le col ébène de la chemise.
Sa chair s'embrasa, sa respiration devint tremblante, soupirante, murmurante.

« Possède moi ! ».

(c) King (Sacrifars)


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MessageSujet: Re: Gala Acté   Gala Acté Icon_minitimeDim 07 Avr 2019, 17:41
Les percussions fouettaient violemment l'air, propulsant cette musique qui ondulait avec grâce sur ce territoire qui devenait sien, flottant sa symphonie, étouffant les convives de sa présence enchanteresse. Le tempo ne se contentait pas d'être simplement entendu, il s'infiltrait par la peau, calant son tempo sur le rythme des battements, de la circulation, les charmant, les sublimant, forçant le corps tout entier à vibrer et chanter au rythme qu'il imposait.

Shura y était particulièrement sensible, son corps ne semblait plus vraiment lui appartenir, soumis par enchantement ou maléfice à ce rythme qui résonnait dans sa tête et qui la forçait à réagir. Une bulle qui se refermait autour d'elle, un monde qui devenait sien et où n'existait plus que sa soumission consentante à cette vibration qui la contrôlait depuis l'intérieur.

Et pourtant en cet instant, cette bulle n'était plus uniquement la sienne. Ce monde ne lui appartenait plus, effaçant son nom pour afficher celui de la créature dorée et écarlate qui l'accompagnait. Une présence étouffante qui prit rapidement le contrôle, forçant le tempo à abdiquer face à son nouveau maître, balayant l'incertitude et l'approximatif par sa régularité presque parfaite.

La furie perdit ainsi peu à peu l'avantage, se laissant volontiers guider par sa compagne dans ce territoire inconnu qu'elle n'avait que trop peu exploré. Son corps entier était un instrument et Shura savait maîtriser avec excellence sa souplesse, ses muscles et ses mouvements. Mais il lui manquait cette fluidité, cette petite étincelle qui venait séparer l'essai du chef d’œuvre.

Un manque qu'Arcadia se fit un plaisir de combler, s'unissant avec ses mouvements pour leur apporter la perfection nécessaire. Une union par delà les mots, les sens ou l'imagination. L'éclat doré et les ténèbres se complétaient, ne pouvant espérer exister sans la présence de l'autre. De cette fusion naquit un besoin, vital, nécessaire, irrépressible, s'y creusant une place si profonde que la disparition de l'un des deux éléments ne pouvait résulter qu'en un terrible manque destructeur. Le prix à payer pour atteindre cette plénitude, cette perfection dans l'union.

Et il ne manquait plus qu'à lui donner une dimension physique.

Le regard de Shura glissa jusqu'à cette peau scintillante, ces lèvres frémissantes qui semblaient l’appeler, lui hurler de réduire à néant cette distance qui les séparait. Un soupir suivit d'un mouvement involontaire, la tension parvint à s'épaissir davantage encore, devenant si palpable qu'elle aurait pu la croquer. Les yeux d'Arcadia brillaient, un frisson, un murmure.

Possède moi !

Et soudain tout devint blanc. Un blanc immaculé, absolu, ne présentant pas la moindre trace d'imperfection. Shura ne comprit pas tout de suite ce qui lui arrivait mais elle sentit soudainement des lèvres se dessiner contre les siennes. Un contact doux et sucré, à l'ivresse incomparable. S'ensuivit une langue, puis un visage à l'éclat radieux. Une chevelure tendre le surplombant, un tissu écarlate s'étendant presque sans fin vers les abysses.

Le monde retrouva ses couleurs, ses nuances et la furie parvint à reprendre pied dans la réalité. Ses dernières barrières morales s'étaient effondrées face à la puissance du cataclysme qui s'était déchaîné suite à ce murmure. Un appel à l'aide, une supplique à laquelle elle n'avait pu résister. Il n'y avait plus rien désormais, rien hormis un désir profond et absolu de possession, une passion bestiale et primitive qu'il fallait rassasier.

Les deux amantes s’embrassaient désormais sauvagement, ne laissant pas transpirer la moindre once de retenue. Leurs lèvres fusionnées refusaient de se lâcher, continuant inlassablement de se consommer l'une et l'autre, de boire cette passion jusqu'à plus soif. Une onde d'excitation biotique émanait de la N7, recouvrant sa compagne de sa morsure tendre, l'ézo se faufilant un passage jusqu'à la peau pour lui faire profiter de son toucher si exotique.

La furie avait emprisonné sa proie dans sa puissante étreinte, posant ses griffes sur son dos, palpant avec frustration cette robe têtue qui refusait de lui laisser goûter au fruit de ses désirs, à ce contact brûlant qui embrasait ses fantasmes les plus fous. Le fauve gronda un instant sa frustration, mais il était libre désormais, sa cage grande ouverte n'était plus en mesure de lui imposer la moindre limite.

Un déchirement fendit l'air, le tissu écartelé dans la poigne de la furie émit un gémissement plaintif, n'opposant qu'une résistance sporadique face à son avidité envahissante. Une peau chaude jusqu’alors dissimulée par la robe se dévoila enfin et Shura posa ses mains sur ce dos à nu, labourant cette chair de ses ongles, la faisant sienne. Elle multipliait les marques sur ce corps, affirmant à chaque fois un petit peu plus son emprise sur sa victime.

Elle sentit Arcadia se raidir soudainement face à cette intrusion et cela ne fit qu'attiser son feu intérieur. La furie se pressa davantage contre son amante, collant ses hanches assoiffées aux siennes, l'enserrant avec force dans une étreinte sauvage et passionnée qui ne semblait pas connaître de ralentissement. Déshydratée, la biotique ne faisait que s'abreuver à la source, libérée de toute règle, de toute contrainte.

Ce ne fut qu'une fois temporairement rassasiée que la conscience reprit le dessus sur l’animal, l'étreinte s'apaisant et les lèvres se séparant. Shura ouvrit alors les yeux, à nouveau maîtresse de son corps et de ses pulsions. La chaleur n'avait pas quitté son corps et sa respiration saccadé trahissait l'état dans lequel elle demeurait. Son esprit papillonna, encore teinté par l'ivresse de l'instant. Son regard s'illumina tandis qu'il glissait aux alentours, croisant parfois celui d'autres convives proches.

L'une de ses mains se posa délicatement sur la joue de sa compagne tandis qu'elle les fixait. La lueur dans ses yeux avait changé, il ne s'agissait plus d'une fierté animale ni même d'une étincelle de défi. Son regard était dur, puissant et porteur d'une loi absolue. Elle possédait, qu'importe le lieu ou les circonstances, le fauve possédait à sa convenance et surtout, il ne laissait pas la moindre possibilité de partage. L'éclat blond dans ses bras était sien et personne n'était autorisé à le toucher.

Shura reporta alors son attention sur sa compagne, gloussant en constatant que le haut de sa robe était déchiré, affichant un haut de dos dénudé, des omoplates marquées par deux traces de griffures et quelques lambeaux de tissus rouges suspendus, ici et là. Elle croisa son regard et lui afficha un sourire presque innocent.

Désolée, je crois que j'ai voulu déballer mon cadeau avant l'heure.


***

L'air de l'extérieur fut une bénédiction après avoir passé tant de temps dans cette ambiance lourde et renfermée. Shura appréciait tout particulièrement la morsure de l'air frais sur la peau brûlante de son visage, fermant les yeux et affichant un sourire de satisfaction, sa chevelure de jais s'élevant légèrement au gré des courants d'airs.

La petite terrasse offrait une vue à l'intérêt plus que relatif, l'endroit était encerclé par les géants de métal et devenait par conséquent un point d'observation plutôt médiocre à moins d'apprécier contempler le passage inlassable et sans fin de la circulation aérienne.

Pourtant en cet instant, la terrasse était devenu le témoin d'une scène à la simplicité magnifique. Car entre les masses plongées dans les ténèbres des bâtiments alentours parvenait à se dessiner un petit coin de ciel, affichant un espace étoilé mais surtout une planète Terre endormie. Le berceau de l'Humanité n'était plus qu'une énorme sphère noire constellée en de multiples endroits par la lumière à sa surface, symbole de la vie qui y regorgeait. Même privé de son soleil, l'astre semblait capable d'illuminer l'espace à lui seul.

La furie sentit la présence d'Arcadia à ses côtés et elle s'arracha à cette vision, préférant contempler une lueur bien plus proche et bien plus tangible. Un silence apaisant les entourait, à peine perturbé par le vrombissement lointain des moteurs et l'ambiance festive qui résonnait à l'intérieur de la salle.

Shura regarda rapidement aux alentours, constatant qu'elles étaient pour le moment seules sur la terrasse. Elle se rapprocha alors de la chercheuse, lui murmurant à voix basse.

Accroche toi à moi. Fais moi confiance.

Il y eu un moment d'hésitation avant qu'elle ne sente les bras de sa compagne l'entourer et son corps se coller au sien. Un sourire se dessina sur son visage et la furie s'assura également une prise sur sa collègue au niveau de ses hanches, la soulevant légèrement dans les airs. La martienne n'était pas vraiment un problème pour les bras entraînés de la N7, mais elle souhaitait s'assurer plus que tout qu'elle était solidement accrochée à elle, quelle que soit les prises qu'elle puisse choisir.

Une fois qu'elle fut certaine qu'elle ne pouvait pas la lâcher, Shura commença alors à prendre son élan. Une impulsion lui fut suffisante pour passer par dessus la rambarde, et le couple se retrouva soudainement dans le vide. La chute fut aussi courte que soudaine, le sol se trouvait seulement deux étages plus bas et la furie n'eut aucune réelle difficulté à amortir le poids de leurs deux corps après avoir parcouru une si petite distance.

La biotique les enveloppa soudainement et les ralentit suffisamment pour que l'atterrissage se fasse en douceur, leur permettant à toute deux de poser presque délicatement pied à terre. Shura tituba un instant après l'effort fourni mais elle parvint à retrouver rapidement ses esprits. Son regard brillant se posa sur sa compagne, trahissant sa joie de se sentir à nouveau libérée, hors d'atteinte de toute contrainte.

Ses doigts vinrent enlacer avec tendresse ceux d'Arcadia et elle l'emmena à sa suite, longeant la paroi et progressant sur cette nouvelle surface. Elle ignorait complètement où elle allait et ce qu'elle pourrait y trouver. Mais Arcadia était à ses côtés, et le reste importait peu.


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Shura
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Plus rien d'autre ne comptait que ce baiser. Plus rien d'autre ne comptait que cette peau. Plus rien d'autre ne comptait que ce parfum. Plus rien d'autre ne comptait que ce visage de valkyrie. Plus rien d'autre ne comptait que ces cœurs qui battaient à l'unisson.
Arcadia la goûtait, la savourait, la dégustait. La pulpe des lèvres pressées contre les siennes, une embrassade timide, discrète. Poussée par une confiance mutuelle, les bouches s'ouvrirent, mûrirent dans cette recherche dévorante de l'autre. Le contact devint intime et sauvage, les langues se charmèrent, se conquirent, jouissant de cette proximité, se repaissant l'une de l'autre.

Elle buvait à cette corne d'abondance, s'en gargarisait pour éponger cette soif sans fin, s'y abreuvant égoïstement, sans aucune envie de partager. La blonde se laissa posséder de plein gré, sa tête tournait, le monde autour d'elle tournait. Ses yeux se fermaient pendant de longues secondes, se délectant d'un moment de pur bonheur avant de s'ouvrir, de se perdre dans le regard enflammé de Shura. Shura, si fière, si conquérante, si dominatrice. Sa conscience succombait face à cette femme, la désirant à jamais.

Un frisson la parcourut, étreignant son visage, ses bras, son torse, ses jambes, jusqu'à ses pieds. Persistant, addictif, la biotique roulait paresseusement sur son épiderme, s'infiltrant sans retenue, la recouvrant de cette aura bleutée. Ses muscles se détendirent sous cette caresse exotique au contraire de son désir charnel qui s'intensifiait seconde après seconde.

Tout s'accéléra brusquement lorsque l'avidité animal prit le dessus. Le bruit du tissu déchiré résonna aux oreilles de la Martienne, comme un signal, l'ultime signal, celui qui annonçait la tempête à venir, celui qui annonçait l'extrême amont du plaisir.
Son corps se tendit alors que l'air de la salle venait découvrir la peau de son dos surchauffée, rapidement secondait par les mains de la N7. Ses ongles lacéraient les omoplates du docteur, appuyant sur la chair pour la marquer. Pour marquer son territoire. Pour marquer sa propriété. Pour marquer Arcadia.
Elles se serrèrent l'une à l'autre, leurs âmes éprouvant ce besoin de fusion, de s'unir charnellement. La scientifique enfouit son visage dans le cou de sa cavalière, y trouvant un refuge bienveillant tandis que la stellaire poursuivait son œuvre, lui permettant de dissimuler ses gémissements, son souffle saccadé, les spasmes de son visage à chaque onde de plaisir. Ses mains s'infiltrèrent dans les poches arrières du pantalon, s'accaparant ce fessier, pressant ce bassin encore un peu plus contre le sien.

Les deux femmes se séparèrent, avec cette sensation que cette petite graine si dérisoire venait de grandir. Une pousse émergeaient du sol, fragile, incertaine mais bel et bien vivante, attendant de recevoir à nouveau cet amour pour se développer. Arcadia releva les yeux vers celle qui l'avait piégé dans sa toile. Elle se réjouit de ce regard inquisiteur qui la transperçait. Elle remerciait Shura pour ce lien invisible qui lui était impossible à retirer. Elle qui défiait quiconque de venir prendre ce qui lui appartenait. Elle qui les faisaient crever de jalousie. Son visage se détendit. Un gloussement. Un sourire enfantin.

« Désolée, je crois que j'ai voulu déballer mon cadeau avant l'heure.

La blonde sourit face à une telle entorse au protocole. Peu lui importait sa robe, son feu intérieur avait été attisé au delà du raisonnable, réclamant un combustible plus puissant.

- Allons dehors ! »

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La terrasse était déserte, coincée entre les buildings, et pourtant si agréable, loin de l'étouffante sale de réception. La Terre se dessinait au loin, Arcadia pouvait la voir chaque matin quand elle se levait, chaque jour quand elle vaquait à ses occupations, chaque soir quand elle se couchait.
Depuis Chasca, ses insomnies lui permettaient de l'observer pendant de longues heures à travers la baie vitrée de sa chambre, un verre de rhum à la main, seule. Mais cette nuit, c'était un autre panorama qui s'offrait à elle, plein de vie et de promesses. La biotique se rapprocha.

« Accroche toi à moi. Fais moi confiance. »

Une lueur d'hésitation brilla dans les yeux du médecin avant d'obéir. Ses bras s'enroulèrent autour de la taille de sa compagne. Cette dernière la saisit par les hanches, la décollant du sol. Un saut. Une impulsion. Un envol.
Arcadia ne comprit que tardivement l'intention de Shura. Incapable d'esquisser le moindre mouvement, elle se tétanisa l'espace d'une seconde. Incapable de savoir ou se trouvait le haut et le bas, le sol et le ciel. « Fais moi confiance ». Elle se calma, se lovant un peu plus contre sa propriétaire.
La chute fut aussi brève qu'intense, laissant place à un atterrissage tout en douceur. Le halo qui entourait les humaines s'évapora, au plus grand regret de la Martienne. Cette fine couverture d'ezo la passionnait. Difficile de décrire ce qu'elle éprouvait dans ces moments là. C'est comme si Shura s'insinuait en elle, la protéger du monde extérieur, l'envelopper de sa chaleur.

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Les évadées se regardèrent, pétillantes de joie à l'idée de se faire la belle, d'abandonner ce monde qui n'était pas le leur. Shura lui prit tendrement la main, l'entraînant à sa suite vers les rues désertes.
Elles marchèrent, parfois calmement, parfois avec empressement, mais toujours ensemble, main dans la main. Vagabondant sur la station sans but, errant dans le Presidium avec innocence. Pendant combien de temps ? Des secondes ? Des minutes ? Des heures ? Personne n'aurait su le dire. Encore moins Arcadia.
Le bruit des talons résonnaient dans les ruelles. Des rires cristallins se faisaient entendre, des gloussements. Le silence retombait, lourd, mystérieux, magique. Deux silhouettes se détachaient dans l'obscurité. Deux respirations haletantes. Deux cœurs qui battaient la chamade. Elles se rapprochaient à nouveau, s'embrassaient langoureusement, s'offraient l'une à l'autre. Répétant cette scène plusieurs fois à l'image de deux adolescentes qui se découvrent pour la première, vivant une idylle jusqu'alors fantasmée.

A chaque arrêt, un cran de retenu sautait, menaçant de l'engloutir sous un flot de luxure. Les griffures dans son dos et la morsure sur son épaule continuaient de la hanter. La proximité de Shura était intoxicante, l'enivrant de tout son soûl. Elle voguait sur ce petit nuage, sensible au moindre détail de sa partenaire. La blonde glissait ses mains sous la chemise pour se repaître de cette peau chaude, les passaient dans la chevelure ténébreuse, débraillant, décoiffant de plus en plus la furie lui redonnant toute sa beauté sauvage. Ce charme animale qui la caractérisait tant, cet attrait qui faisait fondre de plaisir la Martienne.

« Attend Shura », souffla t-elle.

La biotique s'arrêta, juste avant ce nouveau baiser, son visage trahissant une profonde interrogation. Arcadia sentit son cœur se serrer, elle était essoufflée par cette cavalcade, les escarpins devenaient un vrai supplice pour ses pieds. Elle voulait remettre un peu d'ordre dans sa tête, sans grand succès. Pourtant elle le savait, c'était le moment ou jamais, celui de parler, de se livrer.
Sa poitrine se soulevait d'appréhension, elle avait longuement réfléchi sur ce qu'elle devait lui dire à ce moment précis, mais rien ne vint, rien d'autre que le vide.
Arcadia vint se lover dans les bras de Shura, l'enlaçant tout contre elle. Elle respirait son odeur, doucement, avec parcimonie, sentant les mains de la biotique la couvrir. Elle se calma, apaisée par cette présence.

« Je... J'ai vraiment eu peur sur Chasca. J'ai eu peur de te perdre. Quand je t'ai sorti de l'incubateur, j'ai cru que tout était fini. J'ai essayé d'enterrer ce que je ressentais pour toi. Mais je n'y arrive pas. C'est plus fort que moi. Je n'arrive plus à penser à quoique ce soit d'autre que toi.

Quand tu étais dans mes bras, inconsciente, j'ai perdu pied. J'en perd le sommeil, chaque nuit ça me hante. Tu ressors du cocon, entourée par l'énergie noire. Et moi je suis là, impuissante, incapable de me défendre jusqu'à ce que la mort me réveille.

J'ai besoin de toi. Je veux être avec toi. Je sais que ta voie est dangereuse. Mais cette nuit, au moins cette nuit, j'aimerai partager quelque chose avec toi, te montrer à quel point tu comptes pour moi... et combien je tiens à toi. 
»

Sa voix était tremblante, hésitante. Elle s'était lancée, elle l'avait fait. Sa tête tourbillonnait violemment, son cœur tambourinait à tout rompre. La praticienne ne voulait pas passer une nouvelle nuit seule, dans ces ténèbres froides et hostiles, dans ces paysages cauchemardesques. Elle souhaitait un peu de réconfort, quelqu'un pour la soulager de ses troubles, de ses peurs. Les doigts de sa partenaire effleuraient son dos balafré avec une tendresse infinie, la rassurant.

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Elles repartirent, les doigts entrelacés, paume contre paume. Revenant vers les avenues plus peuplés du Présidium. Shura passa son bras dans le dos de Arcadia, une main sur la taille, maintenant les lambeaux de la robe en place, protégeant ce qui lui appartenait. La quadragénaire respirait, sa boule au ventre envolée, sa peur disparue, elle se sentait légère, insouciante. Son aura autrefois terne lui revenait, son sourire radieux jaillissait, elle se sentait elle.
Le couple passa devant une station de taxi, s'engouffra dans la première navette qui décolla une fois la destination énoncée.
Assise l'une à côté de l'autre, Arcadia laissait sa tête reposer sur l'épaule de son amante, l'une de ses mains caressait la cuisse tout en muscle de la N7. Mû par un signal invisible, la blonde remonta sa robe écarlate jusqu'en haut de ses cuisses, venant s'asseoir à califourchon sur sa compagne.

A nouveau les respirations devinrent irrégulières, la température monta subitement dans le petit habitacle. Les visages se rapprochèrent. Ses doigts caressaient la poitrine recouverte par ce tissu noir. Ils se refermèrent à la façon d'un oiseau de proie, puis s'écartèrent subitement. Les boutons de la chemise s'envolèrent, dévoilant un torse tout en muscle, recouvert par les cicatrices.
Un petit cri de surprise vint ponctuer ce geste inattendu, décrochant un large sourire à la scientifique. Le prédateur avait aussi ses points faibles.
Arcadia effleura les abdominaux du bout de ses digitales. Elle était fascinée, ensorcelée, les yeux brûlants d'envie. Elle plongea son regard dans celui de la furie, s'y noyant avec joie, souriant d'un air espiègle et sincère.
Sa bouche trouva le chemin de ce cou à nu, gracieux et sans défense. Ses lèvres s'y accrochèrent, suçant cette peau, la marquant à sa manière. Ce soir elle dormirait sans crainte ni cauchemar, mais avec le cœur léger. Laissant tout derrière elle, car devant, elle avait tout.


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MessageSujet: Re: Gala Acté   Gala Acté Icon_minitimeLun 08 Avr 2019, 19:44
Les gigantesques infrastructures de la citadelle se dressaient vers les cieux, fières et intemporelles. Cette jungle de métal était le théâtre d'une lutte silencieuse, chaque bâtiment tentant d'être plus imposant que ses voisins, plus exotique, plus remarquable. Un conflit d'orgueil qui se déroulait sous le nez de tous mais dont bien peu semblaient pourtant y être sensible.

La nuit, les ténèbres envahissaient le Présidium, loin d'afficher le spectacle de lumière des secteurs, le métal y demeurait austère et dénué de toute vie, acceptant sans broncher d'être ainsi plongé dans le noir et le calme absolu. Et pourtant en cet instant, deux silhouettes se dessinaient au milieu des colosses endormis, apparaissant et disparaissant au gré des éclairages timides, les gloussements envahissant temporairement le silence avant de le laisser reprendre ses droits.

Elles avançaient sans vraiment avoir de destination, naviguant au gré de leurs envies, évoluant au cœur d'un voyage onirique dans ce royaume des ombres, emportant leur éclat de vie partout où elles allaient, le conservant précieusement entre leurs mains, veillant à ce que jamais il ne faiblisse. Les ténèbres leur permettaient de conserver un voile de secret, de renforcer cette sensation d'isolation, le monde s'arrêtant désormais à cette bulle pétillante qui les entourait.

Un voyage que Shura aurait aimé ne jamais voir se terminer. L'insouciance était reine et les deux amantes goûtaient aux délices d'une joie simple, libre, bien éloignée des lois cruelles de cette violente galaxie qui les entourait. Ni mélancolie, ni tristesse ne venait transpirer de leurs rires. Ni honte, ni regret ne venait les envahir lorsqu'elles s'embrassaient.

C'était sans doute là, l'une des démonstrations les plus parfaites du bonheur.

La furie aurait voulu prolonger ce moment sans se poser de questions, elle aurait voulu rester à jamais dans cette étreinte de violette qui lui faisait tourner la tête, qui nourrissait ses fantasmes et qui attisait si délicieusement son feu intérieur.

La simple présence d'Arcadia faisait disparaître ce poids sur ses épaules et cette ombre malfaisante qui la suivait partout où elle allait. Elle ne se sentait plus oppressée entre ces murs invisibles, plus coupable de regarder en arrière et de contempler son sillage. Shura se sentait tout simplement légère, comme flottant au dessus du sol, emplie d'une énergie toute nouvelle qui lui donnait presque l'impression qu'elle pouvait voler, emportant Arcadia avec elle sous ses ailes biotiques, voyageant à travers l'espace vers une destination qu'elles seules pouvaient connaître.

Ses battements s'accéléraient dès qu'elle croisait le regard de sa compagne, son sang entrait en ébullition dès qu'elle voyait ses lèvres se rapprocher, sa tête perdait toute accroche à la réalité, étouffée par la puissance des sentiments qui l'envahissaient, qui prenaient le contrôle de son corps, de ses pensées, de toute son existence.

Et Shura s'y livra toute entière. Il n'était plus temps d'essayer de comprendre, plus temps d'essayer d'y résister.

L'idylle connut alors subitement une pause, la magie se brisa l'espace d'un instant. La voix tremblante d'Arcadia s'éleva, trahissant ses doutes, son hésitation. Ses paroles furent pourtant teintées d'une émotion profonde, sincère et absolue.

La furie en eu le souffle coupé, son cœur se déchirant soudainement sous la force des sentiments qui la transperçaient. Une joie immense et à la profondeur qu'elle n'avait pas connu depuis bien longtemps s'empara d'elle lorsqu'elle compris que ses sentiments étaient partagés. Mais une honte à la morsure toute aussi intense la foudroya lorsqu'elle se rendit compte de l'étendu de son insouciance.

Elle se maudit de ne pas l'avoir vu, de ne pas l'avoir sentit, d'avoir agit aussi égoïstement, enfermée dans sa tête avec ses petits problèmes insignifiants. Elle s'était concentrée sur elle même, pathétiquement terrorisée par ce qu'elle ressentait, complètement aveugle à la douleur qu'Arcadia traînait pourtant avec elle.

Elle n'avait même pas su que la Martienne avait été sa sauveuse, elle ne s'était même pas interrogé sur ce qu'elle avait pu ressentir à son encontre. Elle s'était isolée comme à son habitude, cherchant le réconfort dans la solitude, une fuite pure et simple loin de ses responsabilités et loin de la femme qu'elle aimait.

Qu'elle aimait oui, elle aimait Arcadia, elle l'aimait plus que tout. Et elle ne pouvait se pardonner d'avoir été si idiote, si aveugle, si naïve et infantile. Elle voulut en cet instant pouvoir lui transmettre tout ce qu'elle ressentait. Elle s'y essaya, sans doute vainement, enfermant Arcadia dans une étreinte à la tendresse infinie, aimante et rassurante.

Je suis désolée, je n'ai même pas été capable de m'en rendre compte.

Shura posa très délicatement son front contre celui de sa compagne, caressant avec affection la peau tendre de ses joues.

Je suis là pour toi, et je continuerai de l'être. Je ne conçois pas continuer ma vie sans ta présence à mes côtés.

Sa voix se cassa soudainement, sa gorge serrée par les émotions lui rendait l'élocution difficile. Elle ne connaissait pas ce terrain et cela la rendait nerveuse. Elle n'avait pas l'habitude de parler de ses sentiments, de ce qu'elle ressentait et ses paroles devaient sans doute être maladroites. Mais Arcadia avait parlé avec son cœur et elle se devait de faire de même.

Cette nuit ne sera pas une exception. Je ne te laisserai plus seule, je veux que tu partages ma vie. J'ai tant besoin de toi...

Elle se sentit maladroite et elle espérait que son attention physique viendrait combler ce que ses mots ne parvenaient pas à transmettre. Il était impossible de décrire à la perfection ce que sa présence lui insufflait, rien de ce qui existait ne le pouvait. Mais le langage physique, bien plus subtil et complexe, en avait peut être le pouvoir.

D'un commun accord les deux amantes quittèrent les lieux, le cœur léger. Elle grimpèrent dans un taxi et s'éloignèrent définitivement du royaume des ombres et du gala, une soirée anodine qui avait pourtant marqué leur relation à jamais.

Le voyage du retour fut à l'image de ce qui l'avait précédé, incandescent. La chaleur à l'intérieur du petit véhicule avait rapidement grimpé, les deux femmes se rapprochaient à nouveau, incapable de rester trop longtemps éloignée l'une de l'autre.

Shura laissa ses mains glisser délicieusement le long des jambes nues de sa compagne, savourant le contact de cette chair sous ses griffes. Mais la proie se faisait elle aussi impatiente, passant à l'offensive, la furie ne put retenir sa surprise lorsque son torse fut soudainement exposé à la merci d'Arcadia, trahissant sa faiblesse et arrachant un regard malicieux à la chercheuse.

Ses lèvres vinrent trouver son cou et s'y accrochèrent, la respiration de Shura devint saccadée, soupirant de plaisir sous cette emprise à laquelle elle ne pouvait pas résister, sous ces hanches affamées qui commençaient à se frotter avec envie contre les siennes.

Les mains de la furie se faufilèrent avec avidité sous la lingerie, épousant la forme ce fessier galbé, s'accaparant cette peau intime qui lui appartenait. Les lèvres de la blonde continuaient de lui sucer le cou et Shura se cambra de plaisir, poussant son amante à se coller davantage encore à elle, tentant de lui faire ressentir cette flamme brûlant d'un désir ardent, avide et sauvage.

Lorsque le véhicule arriva à sa destination, Arcadia s'apprêta à se séparer à nouveau de sa compagne, mais la biotique la retint, une lueur brillante dans ses yeux. Plaçant une main sous ses omoplates et une autre sous ses genoux, elle quitta le taxi, soulevant délicatement Arcadia dans ses bras, la portant telle la princesse perdue d'un royaume oublié.

Le taxi repartit doucement dans les airs et Shura marcha vers son appartement, posant un regard brûlant de désir, de passion et d'amour sur sa protégée. Elle ignorait tout du chemin qui se dressait devant elle mais une chose était certaine désormais, elle ne serait plus seule à le parcourir. Un chemin tendre, à la douce odeur de violette et aux reflets dorés d'une chevelure soyeuse.


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MessageSujet: Re: Gala Acté   Gala Acté Icon_minitimeMar 09 Avr 2019, 00:45

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Elle s'éveilla dans une quiétude qu'elle n'avait pas connu depuis des mois, dans un lit qui n'était pas le sien, au comble du bonheur. Son cœur, léger, était transporté par l'allégresse. Tout ses vieux démons avaient disparu, chassés et pourfendus par cette femme. Elle était en paix avec elle même, libérée de ses tourments, affranchie de ses doutes, soustraite de ses chaînes qui l'étouffait encore pas plus tard qu'hier.

Le jour de la Citadelle perçait à travers les stores, tamisant la chambre d'une couleur or. Sa robe gisait sur le sol, du moins ce qu'il en restait, l'autre moitié devait traîner quelque part dans la pièce. Arcadia sourit en repensant à Shura qui, prise d'une envie bestiale avait littéralement déchiré l'étoffe en deux, ne laissant plus qu'une fine lingerie entre l'objet de ses désirs et sa voracité.
Les souvenirs venaient les uns après les autres, se bousculant, lui faisant se remémorer cette soirée qui l'avait transcendait. La descente du taxi ou elle fut portée telle une princesse, la montée du plaisir lorsqu'elles avaient emprunté l’ascenseur, le moment ou elles avaient plongé dans l'intimité. Elles s'étaient aimées avec tendresse et passion, sans retenue, en se chuchotant leur amour. Elles s'étaient aimées sauvagement et n'importe comment. Elles s'étaient aimées tant et plus... Lorsque le calme était revenu, alors qu'elles étaient toutes tremblantes encore, tandis qu'elles s'embrassaient et séchaient leurs larmes de joie, elles furent heureuses de réaliser combien ce moment leur avait procuré du bonheur.

Le souffle chaud de la Furie vint se présenter à sa nuque, lui offrant un frisson de plaisir. Les mains de la biotique s'infiltrèrent sous les restes de la couette qui n'en avait que le nom, tant son utilité au petit matin était nulle. La blonde se retourna pour faire face à son amante, venant se coller contre elle, se perdant dans la contemplation de ce visage. Sa chevelure d'ébène en bataille, ses yeux en amandes, son petit nez relevé, ses lèvres pleines de promesses, cette cicatrice sur sa joue droite. Elle se mordit les lèvres en souriant, le regard embué de désir.

Elles s'embrassèrent, étreignant leurs corps nus, se cajolant avec délicatesse. Elles roulèrent sur le matelas qui avait chèrement lutté pour sa survie tout au long de la nuit. Grimpant l'une sur l'autre, se chevauchant sans pudeur.

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Arcadia savourait l'instant, une jambe entre celle de Shura, son bras barrait cette douce poitrine remontant jusqu'à sa main qui caressait ce cou qu'elle avait marqué la veille.

« Bonjour mon ange », ronronna le docteur.

Elles rirent de bon cœur. La Martienne aurait aimé que ce moment dure à jamais, rester à jamais dans ce lit avec Shura, sa Shura à elle, et à personne d'autre. Elle l'aimait, elle l'aimait à s'en damner, à en devenir folle. Elle repensa aux mots de la N7 alors qu'elle déambulait dans les rues du Présidium. La biotique avait été là, pour elle, mettant au ban les horreurs de Chasca, les remplaçant par sa douceur et sa tiédeur. Elle l'avait prise par la main, faible lueur sur le déclin, la ramenant sur son piédestal, lui redonnant son éclat d'antan. La praticienne rayonnait dans les bras de la biotique, l'une comme l'autre se complaisait dans ce silence complice et amoureux, échangeant parfois un baiser, quelques mots doux ou un câlin chaleureux.
L'heure défilait sans que cela ne dérange les deux femmes. Ce ne fut que la faim et l'envie de se soulager les hanches qui les forcèrent à abdiquer.

Arcadia retrouva l'un de ses dessous, enfilant la chemise sans bouton de la N7 par dessus son torse dénudé. Elles s'assirent par terre, incapables de se détacher, discutant de tout et de rien, laissant planer les blancs en se dévorant du regard, en se renvoyant les sourires, des papillons pleins l'estomac.

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Vêtue d'un pantalon treillis et d'un débardeur empruntée à sa petite amie, Arcadia se tenait sur le seuil de la porte, mains dans les mains avec cette dernière, dans un léger mouvement de balancier. Un sentiment de tristesse balayé les deux Humaines à l'idée de cette séparation temporaire, comme si on l'amputait subitement d'une partie d'elle même. La blonde n'était même pas encore partie qu'elle ressentait déjà ce manque, cette dépendance. Elle abaissa la bretelle de son haut, dévoilant son épaule vierge de toute marque, au contraire de son corps qui était couturé de griffures.

Pas un mot ne fut nécessaire, le regard suffit amplement, celui de s'offrir une toute dernière fois avant de se retrouver, un regard de possession, de soumission et d'acceptation. D'un amour véritable, pur et absolu.
Shura s'avança venant planter ses dents dans l'épiderme de la chercheuse qui gémit doucement aux oreilles de la stellaire. La blonde fit glisser ses doigts sous le T-shirt de la jeune femme y plantant ses ongles, la griffant comme un fauve piégé dans la mâchoire d'un prédateur trop puissant pour lui.
Elles échangèrent un dernier baiser.

« A bientôt », lança Arcadia lui faisant un signe de la main tandis que la porte de l’ascenseur se refermait.

Elle n'imaginait pas à quel point, elle se trompait. Arcadia McKnight flottait sur son petit bout de paradis ne pensant qu'à Shura Fender. Insouciante des pas qui convergeaient dans sa direction, ignorant jusqu'au dernier instant cette main de fer qui l'emprisonna. Cette main de fer qui l'étouffa jusqu'à l’inconscience dans le hall de son immeuble. Ainsi disparut Arcadia McKnight.


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