AccueilCalendrierFAQRechercherConnexionGroupesMembresS'enregistrer

Partagez | .
 

 Moelleusement benêt

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Tatanka Stultus

Personnage RP
Faction : Alliance
Rang : Soldat
Voir le profil de l'utilisateur
http://www.masseffect-reborn.fr/t5298-le-soldat-le-plus-stupefia


Messages : 17
Crédits : Studio Trigger tmtc

MessageSujet: Moelleusement benêt    Sam 09 Fév 2019, 21:39
► █ Date : 3 Janvier 2204 RP Tout public
Tatanka Stultus ♦️ Arcadia McKnight ♦️ Shura Fender ♦️
Comfortably Dumb


03/01/04 -- Station Gagarine

En vérité je vous le dis, le travail de soldat n’est pas de tout repos. Oh bien sûr je ne m’attendais pas à une promenade de santé, mais tout de même. Je suis sorti de l’académie hier.

Pas le temps de fêter, pas le temps de me reposer. Enfin, je serais trop stressé pour me reposer et je n’ai personne avec qui fêter quoique ce soit, je suis le seul du programme de réhabilitation à être sorti de l’académie. C’est probablement pour ça qu’on m’a directement dépêché pour cet « entraînement spécial » mené par des professionnels de l’UCIP. L’UCIP dont je suis en train de lire tout ce que je peux sur un pad que m’a donné mon supérieur hiérarchique, le capitaine Frédéric Camplain. Camplain, c’est celui qui a eu l’idée du programme, qui l’a mis en avant malgré le fait que personne n’était prêt à le soutenir. Je suis la seule preuve que son bébé ne soit pas un échec total et cuisant. Ça expliquerait pourquoi il a pris soin de moi sur les derniers mois à l’académie, pourquoi il m’a donné ce pad, et pourquoi il est en assis en face de moi dans la petite navette qui nous emmène là où je suis sensé être dans à peine cinq minutes.



J’ai tout lu. C’était long, mais j’ai tout lu. Je pose le pad à côté de moi et le regarde, comme pour attendre la suite. Un chic type, Camplain. C’est un humain tout ce qu’il y a de plus normal, comme moi, outre l’énorme cicatrice qui témoigne de la perte de son œil gauche. Il doit en être fier, à voir comment il ne prend pas la peine de mettre un simple cache-œil. Je crois que ça existe, la technologie pour remettre un œil en place, j’ai entendu parler de ça. Je me demande pourquoi il—

« Vous avez tout lu ? » Sa question, souffrant d’un fort accent français caractéristique, me coupe droit dans ma pensée.

« Oui, chef. J’ai tout lu. »

Un moment d’hésitation me parcourt l’échine. J’ai rien compris, en fait. Et ça c’est le genre d’information qu’on garde pour soi. Mais après tout, c’est Camplain, je peux bien lui dire.

« Mais je crois que j’ai pas compris grand-chose.
-Peu importe. On ne vous a pas emmené ici pour réfléchir. Contentez-vous de suivre les ordres qu’on vous donne et tout ira bien. »

Comme prévu, il s’en moque. Il s’en moque, et suivre les ordres, c’est bon, j’ai appris, je sais faire. Mais quand même.

« Chef, si ça vous dérange pas de trop, j’aimerais beaucoup savoir à quoi consiste cet entraînement, ça fait un bout de temps que je ne fais que ça.
-Absolument, et vos notes sont peu recommandables, soldat. » Aouch. « Mais cet entraînement n’a rien à voir. On vous a appris à survivre, maintenant, vous allez apprendre à travailler avec des gens… différents.
-Différents ?
-J’espère que vous avez au moins compris que l’UCIP regroupe plusieurs groupes, et que nombre d’entre eux ne sont pas humains.
-Ah oui ! Oui, oui, j’avais compris. » J’avais pas compris en fait.
« Bon. »

Cette conclusion laissée par mon supérieur me fit froid dans le dos. La raison pour laquelle j’avais pas compris ça, c’est parce que j’étais resté bloqué sur le côté « troupes d’élites ». Donc en résumé, moi, Tatanka Stultus, j’allais me retrouver seul au milieu de plein de gens vachement forts. Super, bon début. J’ai l’impression cher lecteur que ma carrière va se finir avant même qu’elle ne commence. Je vais rentrer là dedans, et ils vont voir que je ne suis rien d’autre qu’un raté, un soldat moyen et un criminel raté, donc un raté en somme, pas grand-chose de plus qu’un raté, premier à la course, bien sûr, premier en agilité, bien sûr, mais un sacré raté sur le tir, un raté sur le combat à main nues un raté sur la tactique un raté sur l’assistance médicale des premiers soins donc en somme un raté un raté et rien de plus qu’un—

« Je suis fier de vous, Stultus. »

Cette phrase lâchée comme une bombe venait de faire éclater le tourbillon de doute qui sévissait en moi depuis plusieurs longues secondes.

Ce tourbillon a disparu, donc, et a laissé place à une excitation qui m’émeut au plus haut point. Je ne sais quoi répondre à ça, moi. Il me parle du fait que je suis le dernier encore debout et que mes efforts sont magistraux, et que je mérite ma place autant que les autres. J’avoue que tout ça fait un peu brouillon dans ma tête, mais le je suis fier de vous Stultus je l’avais pas vu venir.



La navette se pose doucement au sol, la porte s’ouvre, il sort le premier. J’attrape mon casque et lui emboîte le pas. Je pose pied au sol et vérifie rapidement que ma coiffure me rend présentable en tâtant rapidement mes cheveux au travers de mon armure, avant d’abandonner l’espoir de me coiffer ainsi à l’aveuglette. C’est pas la première fois que je pose le pied sur la station Gagarine, certes, mais je ne l’avais jamais vue aussi occupée. Des gens courent partout en fait. Nous, on ne fait que marcher vite, on nous a déposé juste devant le point de rendez-vous. On s’arrête pour laisser passer un groupe de personnes qui ont l’air plus que pressés. La morphologie de certaines d’entre elles me semblent bizarre, mais mon œil est bien plus attiré par la masse énorme qui vient de me passer devant. Bouche-bée, je regarde la créature bipède la plus massive que j’ai vue de ma vie manquer de me renverser avant de le voir s’éloigner rapidement. Une main se pose sur mon épaule.

« Bah alors Stultus, on n’a jamais vu un krogan de sa vie ? » rigole mon supérieur.

« Pas d’aussi près… »

Il me tire presque jusqu’à une grande porte qui semble être notre destination. Il se plante tout droit, se tourne vers moi, puis je vois pour la première fois une expression autre qu’une moue contrôlée. Hésitation ou regrets, aucune idée, je suis pas mentaliste. Mais pour sûr je l’avais jamais vu aussi nostalgique. Il repose sa main sur mon épaule, de manière un peu plus paternelle cette fois. Il l’avait déjà fait à quelques reprises. Quand il a appris que j’étais le dernier du programme, ou quand j’ai passé l’académie. C’est pas désagréable comme sensation. Mais c’est-à-dire que j’ai pas vraiment l’habitude.

Après un silence qui aurait probablement pu être bien plus court pour notre confort commun, il finit par dire :

« Bon, Stultus. Vous me passez cette porte, vous me faites comme d’habitude.
-Comme d’habitude chef ? Vous êtes sûr ? »

Comme d’habitude genre, pas être bon dans quoique ce soit à part courir ?

« Oui, comme d’habitude. Vous faites de votre mieux. »

Ah. Oui, ça a plus de sens. J’acquiesce l’air de dire que j’avais déjà compris depuis le début. Il sourit. Il me connait bien le Camplin, pas facile de lui faire croire que je sais ce que je veux.

« Allez-y. Montrez leur ce que vaut la crème de la crème du Programme de Réhabilitation de l’Alliance. »

La crème de la crème, le seul quoi. Mais c’est d’accord chef. C’est d’accord.

Je me raidit tout d’un coup, je le salue comme si c’était mon dernier jour sur Terre (et ça l’était peut-être bien) et je passe la porte.



A l’intérieur, je suis accueilli par une autre vision qui me laisse bien plus surpris que nécessaire, mais que veux-tu, je suis du type impressionnable, faut bien l’admettre. Un grand truc tout dur avec des cornes me fait face. Je fouille dans ma mémoire à toute vitesse pour identifier la bête. Butarien ? Non, il a deux yeux. Asari ! C’est une asari !

« C’est pour quoi ? » me demande une voix particulièrement masculine.

« Hein ? Ah ! » Je le salue un peu perdu dans mes pensées. Un asari mâle, tiens donc, j’en avais jamais entendu parler. « Soldat Stultus de l’Alliance Interstellaire au rapport ! Je viens pour l’entraînement au sein de l’UCIP.
-Stultus ? » Ses mandibules se secouèrent d’une façon qui ne me fit pas trop plaisir. « Quelle division ? » Division ?

« Euh. C’est-à-dire que je ne suis pas encore proprement affecté, mooon…sieur ? » J’étais pas sûr de moi là.

« Pas encore affecté ? Qu’est-ce que c’est que cette farce ?
-Mon supérieur le Capitaine Frédéric Camplain a fait les démarches nécessaires pour que j’entre dans le programme de l’UCIP, mais mon affectation est en cours. Je suis sorti de l’académie hier, monsieur.
-Hier ?! »

Je ne sais pas ce que je viens de dire, mais j’ai l’impression d’avoir insulté tous ses ancêtres. Le mieux c’est d’essayer de me rattraper je pense.

« Oui monsieur, j’ai passé six ans à l’académie en tant que membre du Programme de Réhabilitation de l’Alliance, le PRA, un programme pour anciens criminels, j’ai été promu soldat, et pour me récompenser, la hiérarchie a décidé de m’envoyer à l’UCIP pour faire mes preuves auprès des meilleurs. »

Il y eut une longue pause. Je ne le compris que quelques secondes plus tard mais les trois quarts des informations que je venais de lâcher étaient plus ou moins compromettantes pour mon intégrité au sein d’un corps de soldats qui ont travaillé dur pour arriver là où ils sont. Oh j’ai travaillé dur moi aussi, c’est vrai. Mais tout le monde n’a pas la chance d’être pistonné comme je l’ai été. Et les pistons, je crois que les gens n’aiment pas vraiment ça. En tout cas pas cet asari.

C’est vrai ça, autrement, pourquoi aurait-il pesté « Foutue Alliance, foutus pistonnés… » en m’emmenant au lieu de rendez-vous ? Pas si loin que ça d’être mentaliste finalement hein ?



On m’emmena donc devant une autre porte. Ça ressemblait beaucoup à la scène précédente, sauf que là, au lieu de me poser une main amicale sur l’épaule, il me poussa plus ou moins gentiment devant la porte d’un « C’est derrière cette porte, piston. »

Ma foi, c’est l’heure de faire mes preuves alors !


Je passe la porte, colle un salut claqué comme si c’était mon premier jour dans l’espace (et ça n’est pas loin de l’être), et manque de hurler.


« Soldat Stultus au rapport, prêt à l’entraînement chef ! »


Ça va être stupéfiant, je le sens.

Revenir en haut Aller en bas
Messages : 340

MessageSujet: Re: Moelleusement benêt    Mar 12 Fév 2019, 17:01
Le papier couina son désaccord lorsqu'il fut broyé dans la poigne de Shura. D'un geste désinvolte, la furie lança le projectile sur son objectif, effectuant un vol plus ou moins élégant jusqu'à une poubelle prostrée dans un coin de la pièce. La boule de papier n'était cependant pas d'humeur, rebondissant volontairement sur le rebord et s'apprêtant à retomber mollement au sol pour plonger l'humaine dans le désarroi. D'une étincelle biotique, Shura s'assura que le projectile accomplissait sa destinée, soudainement projeté dans l'autre sens et tombant pile au centre de la poubelle.

La N7 se vautra alors dans son siège et posa ses jambes sur le bureau qui lui faisait face, comptant le nombre de projectiles potentiels qu'il lui restait. C'était un emmerdement profond qui l'avait poussé à trouver une occupation de ce style, d'aucun auraient pu le qualifier d'enfantin ou d'immature, mais pour Shura le terme était plutôt salvateur.

On l'avait collée dans un autre bureau, certes les murs et la déco avaient changé remplaçant un blanc austère par un gris fade et ancien, signe de l'ancienneté de la station, mais le travail y restait le même. Pire encore, elle ne gérait même plus ses hommes, on l'avait envoyée ici pour torcher le cul des bleus qui s'intéressaient soudainement à un programme de coopération inter-espèces maintenant que la guerre venait frapper à leurs portes.

Shura souffla, écartant une mèche rebelle qui venait lui brouiller la vue.

Elle avait toujours été un électron libre, peu appréciée par ses supérieurs et dieu sait qu'elle avait été forte pour leur rendre leur amour, et très volatile. Un respect minimum du protocole et des règles qui lui avait valu de finir pas mal de fois dans la merde, conservant son poste grâce à la bienveillance suprême et au pouvoir décisionnaire de son père d'amiral, ce qui ne l'avait pas pour autant épargnée des longues séances d'engueulades improductives, à l'époque.

Pour Shura la chose était simple, seule l'efficacité comptait. C'était d'ailleurs la raison pour laquelle elle s'était tant élevée après « l'incident », effectuant tout ce qui était en son pouvoir pour démontrer ses capacités et avoir les moyens de se venger. On ne pouvait pas vraiment parler d'un quelconque assagissement non, le terme était beaucoup trop extrême pour une créature aussi férale. Mais elle en avait bouffé de l’entraînement, grimpant les échelons N les uns à la suite des autres, suivant avec soin la formation pour furies et survivant avec peine à la dernière épreuve qui l'avait amenée au tant convoité N7.

Et dans tout ça une chose était certaine, elle n'avait pas rampé dans la boue et les tripes pour poser son cul derrière un bureau et trier de la paperasse inintéressante au possible. Shura était une femme qui ne supportait pas la stagnation, elle avait besoin de laisser sa bestialité s'exprimer, de bouger, de combattre, de voyager. Elle n'avait jamais demandé à avoir ce poste ridicule mais elle avait le sentiment qu'il s'agissait d'une sorte de vengeance de l'amiral Waylh pour avoir quitté l'alliance. Ce vieux con xénophobe qui pratiquait avec rigueur la gorge profonde face au Conseil avant de chier sur leur dos aussi talentueusement qu'une conspiratrice asari. Il n'avait pas sa place au Tirumvirat, pas plus que Malnis. Si les débuts de l'UCIP s'étaient avérés aussi catastrophique c'était en grande partie de leur faute.

Quoi qu'il advienne, lorsque la guerre serait terminée, elle trouverait un moyen de quitter ce poste.

***

Officier en ce jour sur la station Gagarine avait au moins un avantage. Habituée que Shura était de travailler avec des professionnels, il était plaisant de retrouver cette ambiance depuis longtemps perdue de vue à l’entraînement, de voir les bleus faire leurs premiers pas dans l'arène et patauger dans leur inexpérience. Si certains des soldats rejoignant le programme étaient des vétérans qui pouvaient même éventuellement prétendre à rentrer dans l'UCIP, la plupart étaient encore très jeunes, faisant partie de cette masse énorme de nouveaux volontaires qui avaient décidé de s'engager avec le début de la guerre. Certains n'avaient rien connu d'autre que leur planète et leur armée d'origine, le contact avec les autres espèces donnant parfois lieu à des scènes surprenantes.

La station était divisée en plusieurs pôles spécialement aménagés pour l’entraînement. La perte de Centuri avait été un coup dur pour l'alliance et la Hiérarchie qui avaient dû recentraliser à la hâte le centre principal où ils jetaient leurs nouvelles recrues.

L'activité principale demeurait une épreuve au sein d'un simulateur. Les bleus y étaient lâchés par groupe de trois, chacun d'une espèce différente, pour évaluer leur capacité à s'adapter, à communiquer et à interagir ensemble. Le simulateur avait même été récemment mis à jour avec un nouvel ennemi, la Corruption, mettant en scène des ombres dirigées par une escouade d'immortels. Bien évidemment, il était difficile de reproduire la réelle puissance de la biotique noire en simulation, mais l'épreuve demeurait un premier contact assez fidèle avec ce qu'ils pouvaient croiser sur le terrain.

Les autres pôles avaient chacun leur spécificité, comme apprendre les gestes de premier secours sur une anatomie alien ou s'habituer au maniement de leurs armes. La station fourmillait donc d'activités, chacune agencée et surveillée par les membres de l'UCIP, spécialistes dans leurs domaines. Shura avait donc décidé de déserter son bureau, prenant le relais sur certains entraînements et aidant à rediriger les flots de nouveaux arrivants.

C'est ainsi que la furie se retrouva à préparer les prochaines équipes qui allaient pénétrer dans le simulateur avec l'intention de se charger de leur observation. Mais l'organisation fut interrompue par un sas d'entrée s'ouvrant soudainement, dévoilant un jeune homme à la coupe original qui beugla son nom.

Stultus ?

Shura sortit son datapad, parcourant du regard la liste des recrues. Stultus oui, le nom venait d'être rajouté à l'instant. Un clampin seul, sans unité et... Aucune affectation ? L'alliance leur envoyait des putains de mercenaires maintenant ?

La N7 releva la tête et haussa un sourcil. Qu'importe, ce n'était pas son rôle de gérer l'administration de l'alliance, si elle n'était pas capable d'affecter correctement ses troupes sur son propre territoire ce n'était pas son problème. Le bleu était là, et il allait subir l’entraînement au même titre que les autres.

Vous tombez bien Stultus, vous allez rejoindre le dernier groupe pour l'arène.

La furie se retourna, ouvrant un casier et en sortant une arme, un modèle Avenger des plus classiques, avant de la lui lancer.

Ne vous en faites pas, ça ne fonctionne pas aux balles réelles, vous êtes encore trop jeune pour ça.


Avec un sourire, la N7 tapa dans le dos de Stultus, le dirigeant vers la prochaine salle, là où ses deux coéquipiers enfilaient déjà leur armure. Une jeune asari visiblement stressée par l'épreuve à venir et un krogan qui semblait particulièrement excité, frappant à plusieurs reprises du poing sur son crâne.

Allez y Stultus, et tâchez de ne pas faire dans votre froc.


Revenir en haut Aller en bas
Arcadia McKnight

Personnage RP
Faction : UCIP
Rang : Colonel/Médecin en Chef
Voir le profil de l'utilisateur
http://www.masseffect-reborn.fr/t4879-arcadia-mcknight
http://www.masseffect-reborn.fr/t4915-medicum-commentarius


Esprit de Lukesh
Messages : 371

MessageSujet: Re: Moelleusement benêt    Jeu 14 Fév 2019, 00:52

Moelleusement benêt
Ft. Shura Fender & Tatanka Stultus




La porte glissa, le néon du plafond s'alluma, illuminant la pièce qui n'avait pas vu la lumière depuis un bon mois. La pièce était ordonnée, propre comme à son départ. Arcadia pénétra dans son bureau, laissant tomber son paquetage à même le sol. Elle s'affala lourdement sur sa chaise qui grinça sous la soudaine pression.
L'humaine souffla bruyamment pendant que son terminal démarrait, pensant à la quantité de mails qu'elle n'avait pas pu ouvrir depuis qu'elle avait été en poste sur Nodacrux. Un long travail administratif l'attendait, la tâche serait rasoir et barbante. Elle ne prenait pas vraiment de plaisir à gérer la paperasse surtout lorsque la galaxie se trouvait à feu et à sang.
Avec le grade venait plus de responsabilités, la blonde le savait. Mais le fait d'y songer la fatiguait. Parfois elle aimerait tout envoyer bouler, dire merde au monde et partir avec sa mallette soigner la galaxie.

Hélas, le loyer ne se payait pas tout seul, tout comme le frigo ne se remplissait pas par magie. Être aussi matérialiste ne lui plaisait guère, mais la praticienne aimait avoir son havre de paix, un endroit calme ou se poser.Vivre d'amour et d'eau fraîche... Ce n'était pas pour elle, ou alors à petite dose.
Harassée par son voyage, la toubib se frotta les yeux puis commença la longue lecture.
Réunions passées et à venir, demande de rapports, tests annuels des troupes, la liste était longue comme le bras.
Ouvrant un nouveau courriel, elle le lut en diagonale, fit les gros yeux, avant de le relire à nouveau le contenu du message.

Dépitée, elle se saisit du combiné, appuyant sur une touche assignée.

« Centre de liaison j'écoute.

- Dr Mcknight, UCIP. Pourrais-je parler à la personne en charge du programme de coopération inter-espèces sur la station Gagarine.

- Je suis en charge, mon supérieur est absent. Que puis je faire pour vous ?

- Oh, parfait. Je viens tout juste de rentrer de mission, et j'ai un rendez vous chez le chirurgien pour soigner une blessure. Je ne pense pas pouvoir être présente à l'exercice.

- Vous avez été assignée à la station Gagarine. C'est non négociable. Vous vous devez d'être présente. Votre dossier médical indique que ce n'est rien de plus que de la chirurgie reconstructive que vous devez subir. Votre participation n'est pas requise pour combattre simplement pour faire des démonstrations médicales.

- Vous vous foutez de moi ? Je viens tout juste de rentrer, j'ai une quantité phénoménal de travail et on m'envoie changer des couches alors que j'ai des dossiers plus importants à traiter.

- Cela ne change rien, et sauf votre respect docteur je vous demanderai de rester polie.

- Avec tout le respect que je vous dois, allez sucer un varren ! »

Elle raccrocha rageusement son téléphone, hésitant presque à faxer une ordonnance à son interlocuteur. La praticienne résista à cette douce tentation, qui lui vaudrait sans aucun doute une remontrance si elle mettait sa provocation en œuvre. Elle se leva en attrapant sa veste d'officier, il allait encore falloir lui dégoter une navette et un pilote pour l'emmener sur cette maudite station.


Sa tenue boutonnait jusqu'au col, dissimulait les traces de brûlures qui couraient de sa gorge à sa poitrine. Ses cheveux détachés, encadraient son visage cassant l'air sévère conféré par ses habits militaires. Autour du médecin se trouvait des représentants de plusieurs espèces : Krogan, Asari, Turien, Humain. Certains osaient le mélange mais la grande majorité restait en communauté.
Il allait falloir un peu de temps, et surtout les faire suer ensemble pour que les différents groupes sympathisent.

On l'avait assigné à la démonstration des premiers secours et des soins d'urgence. Équipée de plusieurs mannequins, elle apprenait aux volontaires les procédures à suivre lorsqu'un allié était blessé au combat. Évaluer la gravité des blessures, les différents produits à utiliser et sur quelle race, les massages cardiaques, le bouche à bouche, l'utilisation d'un défibrillateur etc... Cette activité se trouvait être d'un ennui mortel.
Fort heureusement, la journée était parfois ponctuée par des cours avec d'autres confrères et consœurs qu'elle aidait à approfondir leurs connaissances médicales. Côtoyer des professionnels lui permettait de ne pas devenir complètement tsoin-tsoin, comme ce Krogan à qui il avait fallu expliquer pendant dix minutes, que non les autres espèces n'était pas aussi résistante que lui, qu'il fallait maîtriser un minimum sa force. Elle voulait un massage cardiaque, pas un enfoncement de la cage thoracique.

Après quelques heures de ce traitement, elle eut une soudaine envie de souffler. D'après ses informations et les on dit, une certaine Shura Fender se trouvait sur Gagarine. Pour rien au monde elle n'aurait raté l'envie de jouer un peu avec le feu.
Traversant les corridors d'un pas tranquille, le colonel arriva dans la zone administrative. Loin du brouhaha des pièces communes, le calme était le bienvenu.
Elle frappa à la porte, à la place du traditionnel « Entrez », une petite IV se matérialisa.

« Le Colonel Fender est absente. Elle se trouve dans la salle E-416. »

C'était reparti pour un tour de manège, tournant les talons elle se dirigea vers les salles d'entraînement. Ce fut sans frapper qu'elle débarqua dans la petite pièce, des moniteurs diffusant la simulation en cours éclairaient la pièce. Devant les écrans, les courbes d'une silhouette qu'elle ne connaissait que trop bien.
Sourire en coin, elle s'approcha de sa collègue. Son parfum vint lui chatouiller les narines.

« Si j'avais su dès le début que tu étais présente, je n'aurais pas envoyé bouler l'assistant des Amiraux. Pour être honnête je ne pensais pas te croiser ici. Participation forcée pour toi aussi je présume ? »

Un Humain, une Asari et un Krogan se trouvait dans l'arène, combattant la corruption.

« Ça va. Un peu déçue de ne pas profiter d'un peu de calme après mon affectation. Il va falloir faire avec. Au passage... J'ai reçu un message me demandant d'organiser les évaluations annuelles de condition physique. J'aimerai donc te voir rapidement et très prochainement dans mon cabinet pour un examen complet. J'espère que tu as du temps de libre car je suis très minutieuse, articula t-elle lentement en regardant avec avidité la biotique. Il ne faudrait pas que ces muscles se ramollissent », reprit-elle en pinçant l'une des cuisses de Shura.

Le trio à l'écran semblait patauger un peu dans les semoules, se battant sans réelle organisation. Si c'était ce genre de troupes que les armées leur fournissaient en cas de crise, l'UCIP serait bien dans la merde.

« Diable ! C'est qui cet humain ? Il vise comme un pied par contre il a un don pour fui... opérer des replis tactiques. »

(c) King (Sacrifars)




Dernière édition par Arcadia McKnight le Dim 17 Fév 2019, 03:22, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Tatanka Stultus

Personnage RP
Faction : Alliance
Rang : Soldat
Voir le profil de l'utilisateur
http://www.masseffect-reborn.fr/t5298-le-soldat-le-plus-stupefia


Messages : 17
Crédits : Studio Trigger tmtc

MessageSujet: Re: Moelleusement benêt    Ven 15 Fév 2019, 15:45
Ni une ni deux, je salue ma supérieure hiérarchique et me dépêche vers mes nouveaux coéquipiers. J’avoue qu’à ce moment-là, l’excitation et la hâte de faire mes preuves a un peu pris le pas sur le reste. Premier objectif, identifier les gens avec qui je m’apprête à combattre. Le gros c’est un krogan, facile ! L’autre, je l’ai d’abord confondue avec un humain, avant de me rappeler avec bienveillance que les elcors ressemblent beaucoup à nous autres évolués des singes. C’était pas facile de le savoir dès le premier coup d’œil, avec son casque et visière retranchés sur son visage. Je pouvais juste distinguer ses lèvres bleues semblant trembler de manière presque incontrôlable. Bah ! C’est le stress ça, c’est normal. Elle devait probablement être tout juste sortie de l’académie, comme moi. Le meilleur moyen de briser la glace, c’était de détendre l’atmosphère. Alors je tends simplement la main vers pour les saluer.

« Salut ! Moi c’est Tatanka Stultus, mais vous pouvez m’appeler Stultus !
-Ta gueule. »

Le krogan manque de me renverser en se dirigeant directement vers la salle d’entraînement, laissant ma main flotter quelques peu dans les airs. L’excitation venait de retomber comme un vieux linge.

« Okay. »

Mais je vois bien que la pauvre elcor est toujours aussi stressée, alors je ne me dégonfle pas et fait un pas vers elle.

« Je ne connais pas très bien vos coutumes, mais chez nous généralement on se présente en donnant nos noms hahaha. C’est quoi le—
-C’est à nous ! » Hurle-t-elle en me coupant. « Ah. C’est à nous. »

Et la voilà qui part vers la salle d’entraînement, me laissant tout seul derrière. Je finis par rétracter ma main.

« On dirait bien. »



La salle paraît immense. Mais affreusement vide. Je me demande quand même comment ils comptent nous juger. Probablement des cibles à toucher, ou des petits robots comme à l’Académie, rien de trop mauvais. Un grand panneau affiche nos visages et nos noms. Je fais un petit signe à l’elcor.

« Hey, voilà ton nom hahaha… »

Je sais lire hein ? Vraiment, j’ai appris et tout, je suis paré maintenant. Mais ça, je préférais pas y toucher.

« Je vais même pas essayer de prononcer ça. »

Oh ! Je suis trop con, j’ai failli oublier de m’étirer. Je range mon avenger et m'atèle minutieusement à mes exercices.

« Qu’est-ce qu’il fait ce clown ? »

La grosse voix du krogan semblait plus pleine de violence que de questionnement.

« Ça mon ami, c’est un étirement. » Je me mets au sol pour gérer mes jambes. « Je préfère ne pas me choper une crampe dès le début de l’exercice.
-Tapette. »

Sobre. Sympathique.

Je me relève pour finir avec mon dos. Soudain, comme une sorte de projection holographique, tout apparaît autour de nous. Je ne suis pas du genre à subir du stress post-traumatique, et bien heureusement, parce que j’étais presque sûr que c’était un Londres bien désolé que nous avions là.

« Huh, c’est très fidèle visuellement. » Je tape un petit bout de gravas du pied. « … C’est très fidèle sur le ressenti aussi.
-Peut-être qu’on devrait se dire quelles sont nos forces et faiblesses pour pouvoir mieux organiser des tactiques sur le terrain ? »

Grand éclair de lucidité de la part de l’elcor. Mais le truc c’est que des forces, j’en ai pas beaucoup.

« Ouais carrément. Tu sais quoi, vas-y commence ! »

Je fais quelques squats, et la prochaine étape, ça sera les bras.

« Hey, c’est quoi ça ? » demande le krogan en chargeant son fusil.

« Hein ? »


Spoiler:
 


Un coup de fusil retenti, mais c’était pas l’un des notre. Le krogan réagit au quart de tour en tirant à tout va sans ménagement, et je vis du coin de l’œil l’elcor avoir le bon réflexe et se jeter à couvert. Personnellement, il me fallait d’abord sortir mon arme, alors c’est que je fis.

Mais je crois que le stress eut raison de moi, je sorti l’arme de derrière mon dos, et pour une raison des plus obscures, celle-ci m’échappa des mains après avoir tiré une balle sans même le vouloir. Mon fusil fit une sorte de petit vol plané en avant, hors de ma portée.

Et c’est comme ça que je me suis retrouvé dans cette situation catastrophique.

Premier objectif, récupérer le fusil. Je me jette dans sa direction, mais un tir vient se loger juste à mes pieds, me faisant faire un 180 des plus rapides. Mais je me stoppe immédiatement sur place. Pas de fusil, pas de moyen de se défendre, il fallait que je le récupère. Je me retourne à nouveau et fait deux trois pas hyperactifs vers l’arme avant qu’une balle ne vienne se loger directement dedans. Elle est foutue tant pis ! On se casse ! 180 et un début de course. Mais attends, ça se trouve elle n’est pas totalement cassée, on sait jamais, et une arme cassée c’est mieux que pas d’arme du tout ! Je me retourne encore une fois pour tenter de la récupérer, je la vois, je n’ai qu’à plonger et je l’aurai dans mes mains ! Et puis j’ai vu un truc rebondir sur le sol. L’un des rares trucs sur lesquels on m’avait félicité à l’Académie, c’était ma réactivité physique. Réactivité physique qui fonctionnait au mieux lorsqu’elle était dirigée par mon instinct plutôt que par un temps de réflexion. Je suis incapable de le confirmer, mais je serais mort et enterré avant de patienter tranquillement pour savoir si ce truc est bien une grenade. Demi-tour immédiat, et fuite. Pardon, repli stratégique !

« GRENADE MERDE MERDE MERDE COURREZ »

J’ai souvent couru vite dans ma vie. Mais là, je suis en train de taper le plus grand sprint que je n’ai jamais tapé de toute ma vie. J’entends les projectiles rebondir derrière moi. J’accélère. Je sens des tirs me passer d’un rien tout autour de moi. Je crois percevoir une sorte de cratère un peu plus loin. Ça fera l’affaire ! J’accélère une ultime fois, déployant tout mon savoir faire pour courir plus vite que jamais un humain n’a probablement couru, et je saute, pieds devants dans le cratère, avant d’enchaîner avec une position fœtale pour me protéger la tête au moment où l’explosion retentit. Les grenades avaient du me suivre jusqu’ici car je ressentit des gravats me tomber dans les cheveux.

Mon cerveau allait à cent à l’heure.

Bordel c’est ça l’entraînement de l’UCIP ? C’est pas un entraînement ça c’est carrément la guerre ! Mais merde j’ai jamais fait ça moi. Je suis juste un pauvre soldat tout juste sorti de l’académie, laissez moi tranquille merde de merde. C’est quoi ces tirs, c’est le krogan qui hurle comme ça ? J’espère que l’elcor va bien. Putain arrête de penser aux autres pense un peu à toi Stultus bon sang de merde ! T’as pas de fusil, t’as aucune idée d’où t’as foutu ton casque, et t’as aucune idée d’où sont tes ennemis !

Où ?

Position de supériorité.

Vue d’oiseau.

Je lève la tête et je vois des bâtiments, des vraies ruines honnêtement, mais ils montent sur quelques étages.

Vue d’oiseau !

En route mauvaise troupe. Je me mets, le plus rapidement mais aussi le plus discrètement possible à courir vers les bâtiments. Pas le temps de voir s’il y a un escalier ou une échelle, on va faire ça à l’ancienne. Dakar style. Je rentre par une petite ouverture, probablement une fenêtre, à l’intérieur. Il y a un trou béant au plafond et une sorte de petit comptoir juste en dessous. Je l’utilise pour me propulser en hauteur et attraper le bord du trou, avant de me soulever derechef à l’étage supérieur. Ça continuait jusqu’au toit apparemment, car un trou très similaire au premier se trouvait juste au-dessus. Je prends appui sur le mur à mes côtés et me propulse à nouveau en hauteur. J’attrape les bouts de métal dépassant du béton et escalade la ruine. Arrivé au deuxième étage je me rends compte que, bien que je pourrais continuer à grimper, le bâtiment semble être tout en longueur et longer le champ de bataille. Je suis déjà pas mal haut, je devrais dès maintenant surveiller ce qui se passe. « Toujours avoir plus d’infos que l’ennemi » disait Camplain.

Je me mets à me déplacer en vitesse le long du couloir. Il y a un trou tout le long qui me donne une plutôt bonne vue de ce qui se passe. Le krogan est seul, à tirer à tout va. J’imagine que c’est parce qu’il est krogan qu’il fait ça, mais rien que là, je le vois se prendre pas mal de bastos dans le dos. Solide ce machin.

Mon moment d’inattention manque de me coûter la vie et une balle manque de me toucher en pleine tête. Si j’étais un brin plus lent, je l’aurais pris pour sûr. Mais à la place, le projectile vient se loger dans mon épaule gauche, et m’envoie valser en arrière.

Bien qu’elle me fît très mal, elle ne semblait pas avoir pénétré mon armure. Vu la puissance du coup, elle aurait dû. Je regarde mon épaule. Pas une goutte de sang. Je souris. C’est bien un entraînement. La douleur est bien réelle par contre. On ne risque pas de mourir, mais j’ai déjà vu des gaillards bien plus solide que moi tomber à cause de la douleur. Je ne préfère pas tenter l’expérience. C’est bien l’UCIP. C’est du sérieux.

« C’est moi que tu affrontes salope ! »

Je crois que le krogan les occupe assez pour que je puisse me relever et détaler discrètement. Merci l’ami, je te revaudrai ça.

Je me relève un peu plus loin et reprends ma course. A la fin du couloir, j’ai maintenant détourné le champ de bataille. Une pile de décombres me permet de grimper un étage de plus. J’aperçois un petit trou à même du sol et me glisse dedans. Un autre petit couloir, comme une sorte d’hôtel. Une porte défoncée est ouverte à quelques pas de moi. Derrière, j’entends le son singulier d’une arme, un peu comme un ‘thump thump’. Tout doucement, j’y glisse un regard. Je ne comprends pas trop ce que je vois.

C’est humanoïde, c’est sûr, mais ça ne ressemble à aucune espèce que j’ai vu dans les pads. J’essaye d’identifier la bête, et un éclair de lucidité me frappe. Dans le pad que m’a donné Camplain, ça parlait de la Corruption, de l’Energie Noire ? J’avais vu quelques photos. Donc ça c’était quoi… une ombre ? En tout cas, elle était debout comme un zombie et tirait presque au hasard en poussant des grognements abjects. Elle lorsqu’elle s’était un peu tournée sur le côté, j’avais aperçu ce qui ressemblait de très loin à un lance grenade. Eh bien merde.

Je me re-cache sur le côté. Je regarde mon omni-tool. Eh bien Stultus, c’est ton heure de gloire. Je sors une omni-lame. Allez, c’est comme à l’entraînement. C’est jusque qu’au lieu d’avoir des cibles ou des petits robots c’est un hologramme. Ou un truc. Super réel. Vitesse d’abord, le reste viendra derechef. Je me mets à sprinter vers la créature, lame toute sortie. Elle se retourne et tire au hasard une grenade. Mon cœur s’arrête pendant une courte seconde, mais je ne m’arrête pas. La grenade rebondit derrière moi et explose à peu près au même moment où je me projette sur mon ennemi, et où je plonge la lame profondément dans sa chair. Le souffle de l’explosion nous envoie valser au travers du trou depuis lequel notre ami dégoûtant s’était mis à tirer. Heureusement j’ai les bons réflexes. Je détache immédiatement la lame de mon omni-tool et me raccroche d’un rien à l’étage du dessous.

Alors que le corps de la créature tombe mollement quelques mètres plus bas, je reste accroché, ballant, à mon petit bout de béton. Et c’est précisément au moment où je me dis que je m’en suis bien sorti que je sens le solide devenir tout à fait meurtri. Mes doigts lâchent, où plutôt l’endroit où ils sont accrochés lâche. Et me voilà à tomber de plusieurs mètres de haut.

Au début je me dis que ça devrait aller, je ne suis pas si haut que ça. La pensée s’échappa de ma tête plus vite qu’un ballon percé lorsque je sens mon dos entrer violemment en contact avec quelque chose de dur et relativement obtus. Un énorme morceau de gravats dépassait en fait du sol. Je finis ma chute en même temps que mon cri de douleur. Si je n’avais pas eu mon armure je me serais peut-être bien cassé la colonne vertébrale. C’est beau le dévouement à la cause, mais c’est qu’un entraînement, faut que j’arrête de faire le con. Instinctivement, je roule sur le côté pour me cacher à la vue de potentiels ennemis. Finalement j’ai aucune idée de combien il en reste, ou quel est le véritable putain d’objectif. Des grognements peu communs et pourtant très reconnaissables se font entendre, et je me fais tout petit. Mais du genre, tout petit petit. Je m’écrase sur le sol et fais ma respiration minuscule, inaudible. J’essaye de voir sans être vu, mais ça s’avère plus difficile que prévu. Je ne perçois que globalement la scène. Des créatures similaires à celle que je viens de refroidir marchent en groupe, suivies d’un bipède qui ne leur ressemble pas. Celui-là a une démarche beaucoup plus… humaine. Une démarche presque démagogue. Quelque chose me dit que ce gaillard-là ressemble beaucoup plus à une cible potentielle. Mais pour l’instant, je reste dans mes gravats. Pas question de me faire éliminer sur un coup de tête impatient. A force de faire la même bêtise à l’académie, on finit par prendre quelques bonnes habitudes. Et puis quelque chose attire malgré tout mon attention. Le fusil de la créature tombée avec moi. Il est à quelques pas à peine.


Une fois partis, je me relève et me précipite sur le lance grenades. Je l’ouvre. Il reste des munitions dedans. Combien, aucune idée, mais il y en a. Un lance grenade dans un entraînement, mais putain. Je le referme. Faut vraiment être taré pour préparer un tel truc. Une chose à la fois Stultus. D’abord, trouver ce bipède à l’air plus que solide, puis lui éclater la face avec l’arme que t’as dans les mains. Ouais, bon plan ça. Je me mets à trotter dans les ruines, tentant de suivre et de contourner le son des tirs et des hurlements krogans. Enfin j’essaye. Je vois une masse valdinguer et me tomber juste devant. Une autre créature, envoyée probablement par notre ami le tank sur pattes. Mais là, je préfère pas m’attarder, je plonge à couvert dans une petite ruelle à côté. Je contourne un coin de bâtiment et me retrouve nez à nez avec un ennemi. Par réflexe je me mets en joue avant de me mordre la lèvre. Le petit cri de peur me signifie qu’il ne s’agit là que de notre bonne amie l’elcor. Je me baisse à ses côtés et lui fait signe de ne pas faire de bruit.

« Putain de merde tout est tellement vrai c’est quoi cet entraînement idiot j’ai pas signé pour ce genre de saloperies moi merde !
-Hey hey hey, tu te souviens de tout ce qui est tactique et tout tout à l’heure ? Eh bien c’est quoi les tiennes vas-y, donne moi tout ! T’as pas genre des supers pouvoirs de type biotique ou un truc dans le genre ?
-Non je suis pas très forte dans ces trucs-là…
-Hein ? Mais je croyais que les elcors étaient super forts en biotique ! » Je surveille nos arrières pour ne pas avoir de mauvaises surprises.
« Asari.
-Hein ?
-Je suis une asari. »

Mais ???

Je me retourne vers elle.

« Mais tu ressembles pas du tout à—enfin l’autre il-- » Je remarque le signe de main que je suis en train d’effectuer sur mon visage. Pas cool Stultus. Pas cool. Peut-être que les hommes et femmes asari se ressemblent pas du tout après tout ! « Aucune importance, écoute, je sais pas si on peut compter sur notre ami krogan pour faire autre chose que de les distraire alors-- »

Un hurlement de douleur violent et rauque se fit entendre, et les coups de feu cessèrent.

« Je crois pas qu’on puisse compter sur notre ami krogan tout court. Mais t’inquiète pas, j’ai ce qu’il faut. » Je montre le lance grenade.
« Où-est-ce que tu as trouvé ça ?
-Sur un de ces trucs.
-Et ton arme ? Et ton casque ?
-Ecoute faut se concentrer sur l’important là ! Tu me fais confiance ?
-Non ! On vient de se rencontrer, et t’as fui comme un lâche en lâchant ton arme avant même de tirer une balle !
-J’ai tiré avant de le lâch—écoute, tout ce qui nous reste là, c’est toi, et moi. Et un peu de courage ok ? Alors on va s’en contenter ! J’ai la puissance de feu, t’as… la visée ! Alors je vais les contourner, faut que tu les occupe !
-Comment ?
-Comment ça comment je sais pas moi, en utilisant des tactiques !
-Quelles tactiques tu veux que j’utilise ?
-… Tirer. Crier.
-C’est tout ?
-C’est mieux que rien, tu peux le faire ?
-… Ok, je vais le faire.
-Super ! Cool ! Ok ! »

Il y eut une petite pause un peu gênante.

« Bon j’y vais alors ! »

Une autre petite pause, et je me détourne. Que c’est bon d’avoir de la bonne communication entre ses coéquipiers. Par joie, je me tourne vers elle et je lui souris. Merde est-ce que le sourire c’est un bon truc chez les asari ? Elle a pas beaucoup souris depuis que je l’ai rencontré. Elle a pas souris du tout en fait. Je me retourne, et lève le pouce pour dire « ok ». Là, ça devrait le faire. Mais comment je sais que le pouce c’est pas insultant chez eux ? Merde merde merde. Je me retourne une dernière fois et joint mon indexe et mon pouce pour redire « ok ». Elle me regarde d’un air dubitatif. J’hésite, puis je commence à courir. Et je l’entends immédiatement commencer à hurler et à tirer.

J’aurais peut-être du lui préciser d’attendre un petit peu avant de commencer.

Plus de temps à perdre, je grimpe en deux temps trois mouvements un petit bâtiment face à moi pour avoir au moins un peu de hauteur. Au moins, ils sont tous tournés vers elle. Alors je commence simplement à mitrailler à tout va. Les explosions aussi paraissent très réelles, mais je vois bien à l’effet qu’elles ont sur le sol et les murs de la ville détruite qu’elles ne sont que faible en comparaison à des vraies. Les ennemis, eux, se font éjecter comme des moucherons par contre.

Soudain je vois ma coéquipière se faire éjecter par un grand bipède d’un violent coup de biotique. C’est le gaillard que j’avais aperçu plus tôt. Minute. C’est le seul à sortir du lot depuis tout à l’heure. C’est sûrement lui l’objectif ! Stultus, t’es un génie. Je me tourne vers lui et commence à mitrailler dans sa direction. Enfin mitrailler. Une grenade sort, et le thump thump distinctif se transforme en tchak tchak du manque de munitions. Et merde. La grenade lui éclate bien dessus par contre. Mais le vaillant sort relativement peu amoché de l’écran de fumée produit par l’explosion.

Je suis un chemin des yeux. J’avais développé cette petite habitude à Dakar en échappant aux flics. Là, en suivant le toit, le muret et en enchaînant un petit saut, je pouvais me retrouver à à peine deux mètres au dessus de lui. Ça valait le coup de tenter.

Enfin non, c’était du suicide.

Mais c’est un entraînement, la peur de la mort est déjà bien loin de mon esprit. J’ai plus de munitions, plus d’armes, plus rien à part mon objectif qui me regarde droit dans les yeux. J’active l’omni-poing sur mon omni-tool, et me mets à courir. L’immortel me tire dessus avec son arme. Les premiers tirs me ratent, mais lorsque je m’approche, je deviens une cible bien plus simple. Je sens de fortes douleurs, comme des piqûres de taon, me mitrailler le ventre, puis le bras gauche, puis la jambe droite. Je me sens vaciller, et je manque de tomber. C’est con à dire, mais la simple idée de perdre l’entraînement si proche de ce que je pense être si certainement l’objectif à abattre, cette simple idée terrible et indicible, me donne le peu d’énergie nécessaire à continuer. J’arrive au bout du muret, saute, et me projette droit sur ma cible.

Je vous assure que le premier coup était pour moi. Je l’ai vu, mon poing lui a éclaté le casque et le crâne. J’avais la vitesse et le momentum avec moi. Mais j’ai dû rater son propre poing qui est venu se loger directement dans mon ventre. Aucune chance de mourir, c’est sûr. Mais la douleur est si vive, si réelle, que je commence à voir flou. C’était pas juste un poing y’avait un autre truc avec c’est sûr. Toujours est-il que je sens ma vision me quitter. Je n’ai aucune idée de qui est tombé le premier, lui ou moi, mais le noir le plus total remplace tout le reste de mes pensées.



J’ouvre les yeux qui sait combien de temps après, sur le sol de l’énorme salle vide et quadrillée dans laquelle j’étais entré avant de finir dans les ruines de cette ville maudite. Autour de moi, je vois l’asari, mon supérieur hiérarchique, et une blonde que je ne connais pas. Je relève mon torse immédiatement, comme pris par un coup violent d’adrénaline. Sans me relever complètement, je me tourne vers le commandant et la salue vivement.

« Objectif éliminé chef ! »

J’espère.

Sinon ça restera dans les mémoires comme l’entraînement le plus désastreux de ma courte carrière.
Revenir en haut Aller en bas
Messages : 340

MessageSujet: Re: Moelleusement benêt    Sam 23 Fév 2019, 18:46
De l'inexpérience naissait un brouillon dans la majorité des cas provisoire, une ébauche instable et irrégulière qui voyait ses limites et ses détails s'affiner avec le temps, les essais et la persévérance. Un portrait griffonné digne des babillements d'un nourrisson devenant alors une véritable expression artistique et parfois même un chef d’œuvre. Cette évolution concentrait toute l'essence et la beauté de l'apprentissage, car la perfection ne provenait pas du produit final, mais bien de la progression nécessaire pour l'atteindre.

Hors parfois, l'expression artistique pouvait se manifester à un stade bien plus antérieur, le chaos père de tant de créations savait récompenser ses adorateurs. Et ceci provenait d'une situation que l'on pouvait décrire très aisément.

Une catastrophe.

Shura porta une main à son front alors qu'elle observait les écrans. Il était rare de pouvoir être témoin d'un enchaînement aussi limpide d'erreurs et de mauvaises décisions, à tel point qu'il en émergeait presque une certaine beauté. Cette équipe tout aussi médiocre pouvait-elle être avait réussit à atteindre une forme de perfection dans l'imperfection.

Si elle n'avait été qu'une simple spectatrice la furie s'en serait sûrement amusée, mais elle était malheureusement en cet instant la personne chargée de torcher le cul de cette bande de marioles, et cela l'emmerdait au plus haut point. Elle n'avait guère l'envie de jouer le sergent instructeur coincé du derche hurlant sur la bleusaille pour la faire filer droit, elle n'avait pas envie de devoir les évaluer, elle n'avait tout simplement pas envie d'être ici.

Shura lâcha inconsciemment un grognement. Elle allait s'entretenir personnellement avec les amiraux et frotter son N7 sur leur visage quitte à mettre son poste en danger. Elle avait passé l'âge de jouer les babysitteuses ou les expertes comptables, il était grand temps qu'elle regagne l'extérieur, le terrain, son véritable environnement.

Une voix familière retentit alors soudainement dans la petite pièce et Shura haussa un sourcil de surprise en constatant l'arrivée d'Arcadia. Un sourire se dessina naturellement sur son visage lorsqu'elle croisa le regard de la blonde, voilà au moins une personne qui avait les capacités de rendre cette journée et cet endroit moins moroses. Il était en effet rare de voir la chercheuse arborer autre chose qu'un sourire et une humeur ensoleillée, sa présence bien qu'inattendue fut donc fortement appréciée.

Mais ce fut surtout la suite qui étonna la N7 lorsqu'elle constata qu'Arcadia cherchait à entretenir cette tension sexuelle qui n'avait jamais vraiment disparue entre elles à l'aide de quelques allusions lubriques. Elle nota cet effort avec attention, appréciant le fait que l’uniforme ne représentait visiblement en aucun cas un frein aux désirs de la chercheuse, là où tant d'autres personnes changeaient subitement dès lors qu'ils étaient en fonction.

Une curiosité presque malsaine s’éveilla dans les entrailles de la furie, celle de tester les limites d'Arcadia et de voir jusqu'où la blonde enjouée pouvait continuer à exister avant d'être inévitablement remplacée par le Colonel McKnight. Shura était une créature malicieuse qui prenait grand plaisir à jouer avec les règles, à les tordre et à les étirer jusqu'à ce qu'elles se brisent.

Mais ce ne fut pas la seule chose qui s'anima dans son corps, car cloîtrée et envahit de travail comme elle l'avait été ces derniers mois, la furie n'avait eu quasiment aucune occasion de pouvoir se livrer toute entière aux plaisirs de la chair. Une autre frustration à ajouter à la liste qui débordait actuellement, Arcadia ignorant donc qu'elle n'était qu'un simple morceau de viande juteux lancé dans la cage d'un fauve affamé.

Fort heureusement pour elle, le fauve savait qu'il était nocif de la dévorer instantanément. Il fallait résister à ses pulsions et prendre son temps, déguster, savourer, car il était impossible de savoir quand un autre morceau serait lâché à travers les barreaux de la cage.

Un pincement, les muscles de la jambe de Shura se contractèrent soudainement sous l'impulsion électrique qui la parcourut. Arcadia était bien plus tactile et entreprenante que dans ses souvenirs, ce qui ne déplaisait pas particulièrement à la furie, mais cela démontrait peut être la présence d'une frustration similaire à la sienne dans les entrailles de sa collègue. Elle attisait un feu qui menaçait de l'engloutir à tout instant et la N7 avait bien l'intention de lui montrer que jouer avec les flammes n'était pas sans risques, lorsque le moment serait venu.

Lorsque la chercheuse se tourna vers les écrans, Shura s'approcha et vint se glisser malicieusement dans son dos, susurrant d'une voix mielleuse à ses oreilles.

Tu connais le respect profond et sincère que j'éprouve pour le protocole.


Ses mains s'insinuèrent innocemment sous l'uniforme de ses hanches.

Je te ferai une démonstration de la puissance musculaire d'une furie.

Il ne lui fallut que peu de temps pour atteindre sa cible, le bout de ses doigts irradiant soudainement de biotique et appliquant une déchirure. Pas celle qui ouvrait une armure en deux, une version bien plus faible mais suffisante pour déchirer la lingerie à sa portée. Shura tira alors d'un coup sec sur ce qui restait de la culotte, arrachant le morceau de tissu de sa propriétaire avant de le balancer dans la poubelle la plus proche.

Tu n'as guère besoin de te balader avec de telles futilités Arcadia.

Avec un sourire satisfait, la furie quitta alors la petite pièce pour aller rejoindre l'équipe qui avait terminé son entraînement.

***

Le simulateur était de nouveau vierge, affichant son quadrillage caractéristique tandis qu'un petit drone de nettoyage passait paisiblement au sol pour retirer les éventuels résidus du combat précédent. Les trois loques étaient là elles aussi, encore essoufflées après l'épreuve qu'elles venaient d'affronter. Stultus se releva avec un peu trop de précipitation à l'arrivée de Shura, faisant encore une fois preuve d'un enthousiasme débordant.

La furie appréciait ce caractère, mais malheureusement tout l'enthousiasme du monde ne pouvait sauver d'une médiocrité affligeante. Dans le chaos ambiant, l'équipe avait néanmoins réussie à venir à bout de l'immortel aussi ironique que cela puisse paraître. Si le talent était absent, ils étaient toute de même pourvus d'une certaine capacité d'adaptation, mais elle demeurait diffuse, enfoncée profondément sous des couches d'inexpériences.

J'ai failli applaudir à un moment mais je me suis souvenue que j'observais des soldats, pas des clowns dans un cirque.

Je me contrefout royalement de ce que l'on a pu vous apprendre là d'où vous venez, ici vous faites partie du programme de l'UCIP, et il va falloir rapidement vous sortir les doigts du cul si vous voulez pas que quelqu'un d'autre le fasse à votre place.


Il y eut soudainement une série de flashs lumineux très rapides, Shura regarda autour d'elle et constata qu'une partie du quadrillage était tordue. Quelque chose n'allait pas, mais elle n'eut pas le temps d'essayer de comprendre ce qu'il se passait qu'elle se retrouva incapable de respirer.

De l'air.

La furie suffoquait soudainement, gesticulant avec surprise alors qu'elle était entourée d'eau, complètement immergée. Remontant vers la surface qui s'avéra n'être qu'à quelques mouvements de bras, elle sortit sa tête et prit une soudaine inspiration, savourant un instant cette reprise de contrôle sur sa respiration.

La furie se trouvait au milieu de l'océan, quelques débris de vaisseaux flottaient tout autour d'elle mais l'eau semblait continuer de s'étendre à perte de vue. Le simulateur n'était pas censé pouvoir fonctionner sans intervention humaine et il venait pourtant de lancer l'un de ses programmes sans le consentement des membres à bord, était-il détraqué ?

Shura nagea jusqu'à un débris et sortit de l'eau, elle avait prit soin de retenir son orientation et sa position d'origine, de sorte à pouvoir visualiser où devait se trouver théoriquement le sas de sortie du simulateur. Alors qu'Arcadia et Stultus émergeaient à leur tour derrière elle, la furie progressa le long de plate-formes flottantes dans la direction supposée de la sortie. Dans tous les cas elle atteindrait forcément une paroi et n'aurait qu'à la longer.

Pourtant, alors qu'elle continuait inlassablement d'avancer, aucune surface ne se matérialisa devant elle, seulement encore et toujours le vide et l'océan à perte de vue. L'îlot central où elle était sortie de l'eau semblait pourtant bien loin et la salle n'était pas censée être aussi grande. La N7 regarda alors ses mains, le simulateur jouait-il aussi bien avec ses sens et sa perception ? Se pouvait-il qu'elle ait tourné en rond alors qu'elle était persuadée d'avoir suivi une ligne droite ?

Une autre série de flashs et le sol se déroba alors à nouveau sous ses pieds. Elle avait cette fois ci l'impression d'être en pleine chute libre. Quelle qu'en soit l'origine, le simulateur était devenu défectueux, mélangeant les programmes et les simulations les uns après les autres. La situation était dangereuse, car si les paramètres de réalisme étaient poussés au maximum, il était tout à fait possible de mourir au cours d'une simulation. Il fallait trouver un moyen de sortir, et vite.

Du sol à nouveau sous ses pieds, la furie leva la tête pour voir ce que lui réservait cette nouvelle simulation. Elle se trouvait cette fois ci dans un entrepôt gigantesque et il semblait aménagé d'une façon particulièrement étrange. Elle ne parvenait pas à comprendre de quoi il pouvait s'agir, elle n'avait pas souvenir d'une telle chose dans les programmes prédéfinis.

Shura mit un peu de temps avant de réaliser qu'elle était en réalité dans une pièce tout à fait normale mais qu'elle y avait une taille minuscule. Courant sur le métal, elle prit conscience qu'elle se trouvait sur un bureau de travail, l'écran gigantesque d'un terminal la surplombant de toute sa hauteur. Le sol se mit alors à trembler et plusieurs stylos tombèrent dans sa direction. Rien de bien dangereux d'ordinaire, mais ils avaient ici quasiment la taille de troncs d'arbre.

Bordel de m...

Prenant son élan, elle sauta par dessus le premier et parvint à glisser sous le rebond du deuxième se retrouvant soudainement dans une ombre qui ne faisait que grossir. Elle leva la tête et constata qu'une règle de la taille d'un camion s'apprêtait à l'écraser. Son corps entier s'embrasa alors d'un halo bleu et la furie concentra toute sa biotique sur la règle, levant ses mains en l'air et ralentissant sa chute autant que possible. L'ustensile stoppa finalement sa progression juste au dessus de la tête de Shura et elle le fit tomber sur le côté d'un grognement.

La surprise s'évaporant peu à peu, Shura se rendit compte qu'elle était en train de jubiler, le sourire aux lèvres et des étincelles biotiques crépitant tout autour d'elle. Son corps brûlait d'extase et ses membres frémissaient d'anticipation alors qu'elle s'éclatait vraiment pour la première fois depuis plusieurs jours.

La furie éclata alors soudainement de rire alors que la tension des derniers instants quittait son corps. Elle avait trouvé un moyen inattendu de fuir la paperasse envahissante de son bureau et de bouger un peu, l’imprévisibilité de la chose ne la rendant que plus délicieuse encore. Certes, elle se trouvait dans ce qui pouvait très bien être un piège mortel, mais en cet instant elle n'était rien d'autre qu'une gamine dans un parc de jeux.

Shura tourna soudainement la tête lorsqu'elle entendit un bruit sur sa gauche. Le drone de nettoyage était là, regardant autour de lui dans une panique palpable, ne comprenant pas ce qu'il se passait autour de lui. Le drone émit un grincement interrogatif lorsque la furie le souleva et l'embarqua sous son bras. Elle prit alors son élan et commença à glisser le long de la couverture d'un livre, bien déterminée à retrouver le reste du groupe.


Revenir en haut Aller en bas
Arcadia McKnight

Personnage RP
Faction : UCIP
Rang : Colonel/Médecin en Chef
Voir le profil de l'utilisateur
http://www.masseffect-reborn.fr/t4879-arcadia-mcknight
http://www.masseffect-reborn.fr/t4915-medicum-commentarius


Esprit de Lukesh
Messages : 371

MessageSujet: Re: Moelleusement benêt    Dim 24 Fév 2019, 18:09

Moelleusement benêt
Ft. Shura Fender & Tatanka Stultus




Le souffle vint à lui manquer lorsqu'elle sentit les mains baladeuses de sa supérieure serpenter sous ses vêtements, balayant au passage son interrogation. Surprise. C'était la surprise qui lui fit écarquiller les yeux. La blonde ne s'attendait pas à retrouver sa collègue aussi affamée, à attaquer le plat principal sans fioritures. La provocation avait très bien fonctionner, peut-être trop bien même. Sa prise s'était laissée avoir par un vulgaire appât, lancé à la va vite. A croire qu'elle se trouvait en période de disette.

Période de misère qui affectait tout autant la toubib, dont la vie professionnelle avait été fortement mouvementée ces derniers mois, en conséquence de quoi sa vie privée et sentimentale rencontraient une courbe de progression similaire aux trois soldats dans l'arène : proche du néant. Elle ne put s'empêcher d'éprouver une certaine satisfaction de savoir que son interlocutrice était si réceptive à ses avances, sans pour autant cacher cette légère amertume de la savoir aller si rapidement en besogne.
Un léger picotement vint la chatouiller près de l'aine, lui déclenchant un frisson qui remonta jusqu'à sa nuque. Couplé à la respiration de la Furie qui glissait le long de son col, elle sentait sa volonté de résister s'étioler. Jamais elle ne pourrait oublier le toucher de l'ézo, l'énergie pure qui embrassait sa peau, cette sensation qui réveillait des souvenirs ô combien agréable.

Elle sentit l'élastique de son sous-vêtement se détendre, ça ce n'était pas normal. La toubib voulut s'arracher de cette étreinte mais trop tard. La biotique tira d'un coup sec, arrachant ce petit bout de tissu protecteur à la dentelle si détaillée, faisant glapir de surprise sa porteuse qui se maudit aussitôt pour ce signe de faiblesse. Les restes atterrirent dans une poubelle, témoignant de l'adresse dont faisait preuve les officiers de l'UCIP pour viser une benne.

« Tu n'as guère besoin de te balader avec de telles futilités Arcadia.

- Ma culotte préférée... Quel gâchis. Il va t'en falloir beaucoup pour te faire pardonner. »

La stellaire sourit avant de quitter la pièce suivit par la spécialiste. Arcadia réalisa soudainement la différence entre se promener avec une robe ou une jupe, et un pantalon sans rien en dessous. Là ou la première option lui conférait une certaine liberté, la seconde se trouvait plus irritante, frottant avec insistance à chacun de ses pas, lui rappelant l'ascendant qu'avait Shura sur sa personne. Elle se mordit la lèvre inférieure, en pensant à son sac, posé dans sa chambre, attendant d'être ouvert, avec ses boxers qui n'auraient pas été aussi facile à rompre. Pourquoi s'était-elle laissée tenter par une culotte alors qu'elle ne portait quasiment jamais ce type de sous-vêtement. Bon sang la journée allait être longue.

L'équipe se releva en voyant le binôme approcher, le docteur se disait qu'elle avait l'air d'une folle, à regarder le trio de manière appuyée. Ceux qui ont la chance de porter un dessous l'ignoraient sûrement, mais le fait de ne rien avoir pouvait rendre particulièrement parano. Surtout au travail. L'idée de le faire en service ne lui avait jamais traversé l'esprit. Est-ce que ça se voyait ? Est-ce que ça se sentait ? C'était un peu la panique dans l'esprit de la Martienne.

Le colonel Fender déclama quelques mots durs mais justes... Pas très académiques non plus. Mais cela faisait partie du charme militaire. Une déformation attira son attention, s'ensuivant de flashs. Tiens c'est marrant elle n'avait jamais vu ça, à s'y méprendre cela avait l'air d'une erreur fatale dans le système. La porte par laquelle elles étaient entrées se referma.

« Euh Shu... *glub* ! »

La pression autour d'elle se fit plus dense, plus lourde, plus compacte. La chercheuse regarda autour d'elle, plus personne. La matérialisation subite de l'eau avait du les écarter. La nageuse s'élança, doucement puis de plus en plus vite jusqu'à atteindre la surface. Elle se trouvait au beau milieu d'un océan. Au loin, elle devinait la silhouette de la N7 sautant de plate-forme en plate-forme. Derrière surgit le jeune soldat de l'Alliance à la chevelure extravagante. Bon au moins il savait nager, c'était une bonne chose.

« Allez la bleusaille, suis moi ! »

La militaire nagea vers les débris, son crawl l'emmenant toujours plus loin, toujours plus vite. Pour une fois que la natation lui servait dans le cadre de son travail. D'habitude c'était le plus souvent courir, catégorie ou elle se trouvait dans la moyenne, soit la force brute, et là il fallait mieux oublier.
Posant sa main sur un décombres, elle regarda derrière ou le jeune homme avait plus de soucis à tenir la distance. Prenant appui sur le morceau pour sortir de la flotte elle retomba lourdement sur quelque chose de dur.

Elle se releva à côté d'un mur à la texture poreuse, de nouveau seule. Foutue machine. Est-ce que quelqu'un avait prit le contrôle pour s'amuser à leurs dépends. La blague aurait pu être drôle si elle avait eu son armure. En tenue d'officier et surtout sans une foutue culotte, la boutade avait plus de mal à passer. Le médecin s'avança vers le vide et fut aussitôt prise de vertige, posant un genou par peur de chuter, son rythme cardiaque commença à se calmer. Elle étudia cet environnement ô combien curieux, le groupe était maintenant dans un bureau, la praticienne se trouvait tout en haut d'une étagère. C'était vraiment haut, et un peu poussiéreux. Avait ils été rétrécis ? Ou était-ce l'endroit qui avait été agrandi ? Elle vit une forme humaine se débattre avec quelque chose qui ressemblait à une règle, au sol quelque chose de plus massif poursuivi par un robot ménager.

Rassemblant son courage, elle s'essaya à descendre à l'étage du dessous, évitant de regarder vers le sol. Il lui fallu un peu de temps pour accomplir cette action, sans matériel, ni sécurité. Ce fut un soulagement lorsque son pied toucha le plateau en dur. Se promenant entre les bibelots, elle retomba sur ce blondinet à l'air un peu nigaud.

« Le sprinter ! Tu t'appelles comment blondinet ?

- Soldat Tatanka Stultus, madame, au rapport ! Il salua d'une manière fort ostentatoire.

- Très bien Tatanka. Laisse tomber le Madame. C'est Docteur McKnight. On va essayer de rejoindre les autres... et trouver un moyen de sortir de cette machine.

- Oui chef... Mais euh. J'ai pas très bien compris ce qui se passait, c'est pas la suite du programme?

- Non. La machine détraque. Allez en avant on discutera plus tard. »

Le paysage changea à nouveau, brutalement. Les deux humains furent jetés à terre par la puissance du vent qui ratissait la ravine. De nouveau sur ses pieds, Arcadia eut froid, cette impression, qu'elle dispersait mal, d'être progressivement mise à nue, faufilée dans ses fibres. Son pantalon faseyait aux mollets, le tissu tirait au manche et au cou, jamais assez épais à cette vitesse, assez opaque. La pluie arriva d'un coup, des billes d'eau éclatantes sur son front, qui faisait des ronds sombres sur sa veste... Et aussitôt l'averse vira au déluge. Les gouttes devinrent si denses, et si puissant le vent, qu'elle resta quelques secondes sur place comme un caillou ripant au fond d'une rivière en crue.
A côté la première classe avait l'air un peu secoué par les événements.

Toi ouais : tu vas te faire dépuceler mon mignon...

Très vite, ce fut la gadoue. L'argile latéritique n'absorbait plus rien. Le duo se sortit avec difficulté de la ravine. La soigneuse en tête, le bras pour se couvrir le visage, elle avançait, enviant l'armure de son compagnon. Ils n'évitèrent pas la mélasse qui s'accumulaient sous les bottes. La pluie s'intensifia, le vent accéléra. Ils s'engluaient dans la glaise. Ses vêtements étaient complètement détrempés, collant aux articulations. Lorsqu'elle parvenu enfin à ouvrir les yeux, discernant avec peine le relier, elle vit les boules vertes des spinifex. Ils butèrent dedans, slalomant entre, s'y piquant. D'un vert presque luisant comparé à la terre qui a viré rouille. Cherchant désespérément un endroit ou s'abriter du vent.

Appelez cela l'intuition féminine ou ce que vous voulez, mais elle sentit quelque chose arriver, un moment unique, repérable, où le vent cessa de siffler. Le son perdit son ciselage aiguë, devenant ce qu'aucune personne ne pourrait effacer de sa mémoire physique. Elle attrapa le jeune homme qui avait continuait inconsciemment son chemin. L'onde de choc résonna brutalement en amont, le vent atteignit une vitesse proprement inhumaine. Et à ce moment là, même après avoir passé une vie à combattre, une terreur froide lui monta à travers l'axe de la colonne vertébrale, et le réflexe immédiat, impossible à contrer, inutile à acquérir...

« COUCHE TOI ! »

La quadragénaire eut le plus grand mal à se relever, en état de choc, pâteuse, sonnée, la clavicule striée de silice à travers l'épaisseur de son étoffe, jusqu'à la peau et les cervicales qui craquent comme des galets. Son dos lui faisait un mal de chien tant l'arc de sa colonne avait pliée avant de subir une torsion atroce, craignant presque que son tronc allait pivoter sur lui même. La simulation avait viré dingue.
Et le bleu qui voulait tracer sa route, sans s'inquiéter.

Vas-y, le combattant, montre nous. Shlaaa ! Le binôme broyé sur le granit. Ça aurait eu de la gueule pour leur légende. Groupe d'entraînement N°13, menée par le Colonel McKnight. Avenir prometteur, excellente adaptation. Meurt connement écrasée contre un mur sur une erreur de débutant. Enterrée avec les morceaux. Salutations à la 14, à vous la place.

Elle attrapa son protégé par le col puis le redressa sèchement. Il était encore en vie, il tiendrait debout. Il fallait vite retrouver les autres. Ils en retrouvèrent un, ou une. L'Asari qui n'avait visiblement pas eu le bon réflexe, son corps gisait au milieu d'une doline, les jambes tordues selon un angle inhabituel. Ça dans le rapport ça allait faire tâche... Peut-être moins qu'une officière supérieure exhibitionniste qui s'entraînait sans culotte cela dit.

(c) King (Sacrifars)


Revenir en haut Aller en bas
Tatanka Stultus

Personnage RP
Faction : Alliance
Rang : Soldat
Voir le profil de l'utilisateur
http://www.masseffect-reborn.fr/t5298-le-soldat-le-plus-stupefia


Messages : 17
Crédits : Studio Trigger tmtc

MessageSujet: Re: Moelleusement benêt    Mer 13 Mar 2019, 17:43
J’ai rien compris.


Déjà, j’avoue que le premier -ou deuxième selon la personne, mais on est pas là pour chipoter- contact avec mes supérieurs aurait pu être un peu plus sympathique.

Celle que j’avais vu auparavant n’a absolument rien fait d’autre que de me descendre, donc merci beaucoup, moi je fais de mon mieux. C’est toujours tout ce qu’on a demandé de moi, de faire de mon mieux. Ça se voit pas ?

Enfin là je vois surtout une femme blonde en train de me dévisager de manière un peu bizarre. Son regard est tel que j’arrive pas le supporter. On dirait qu’elle s’apprête à se jeter sur moi pour m’achever. J’aimerais bien qu’elle regarde autre part en fait. Le mieux c’est de se taire et d’écouter sagement en évitant de la regarder.

« Je me contrefout royalement de ce que l’on a pu vous apprendre là d’où vous venez, ici vous faites partie du programme de l’UCIP, et il va falloir rapidement vous sortir les doigts du cul si vous voulez pas que quelqu’un d’autre le fasse à votre place. »

Et voilà.

Je savais bien que j’avais rien à foutre là. J’ai pas le niveau. Honnêtement, cet entraînement était plus difficile encore que l’examen de sortie de l’académie, pourquoi est-ce que je devrais penser pouvoir survivre une seule seconde là dehors ? Bon, mieux vaut couper les liens maintenant honnêtement. Je vais m’excuser, leur dire qu’il y a eu erreur, que je ne fais pas vraiment partie de l’UCIP, et que je cherchais les toilettes ou un truc du genre. Puis je vais discrètement m’en aller retourner dans les jupes des soldats normaux comme tout le monde, et je trouverai un autre moyen de payer ma dette à la société. Camplain m’en voudra à jamais et voudra probablement me transformer en vinaigrette mais c’est probablement plus supportable que le regard meurtrier que sont en train de me donner ces femmes.

Donc, je commence.

« Glbllr »

Glbllr ?
Non c’est pas du tout ce que je voulais—

Oh.

Oh non.

Je ferme soudainement les yeux de douleur alors que l’eau les frappe de plein fouet.


Après ça, c’est très confus.

Donc comme je disais, j’ai rien compris.


Dans ces moments-là, généralement on a tendance à suivre son instinct.
Le mien me disait de suivre les ordres.
C’est ce que je fis.

J’ai rien compris en partie parce que la personne qui s’est mise à me donner des ordres, c’était la blonde un peu folle de tout à l’heure. A la regarder, elle paye pas de mine, mais là, c’est moi qui galère.
Comment elle fait pour nager aussi vite ?
J’étais pourtant le champion de la brasse à l’école. J’allais parfois plus vite que certains au crawl, mais là c’est juste inhumain de nager aussi vi—

MAIS PUTAIN

Je me relève, le menton rougis par le choc du sol dur apparut de nulle part. J’arrive même pas à savoir où je suis là. Qu’est-ce que c’est que cette merde ? C’est l’entraînement, une attaque, une vengeance, un rêve, une réalité alternative ? J’aimerais bien qu’on explique. Je pense honnêtement que la prochaine personne que je croise, je la chope, je la stoppe, et je fais en sorte qu’elle réponde à TOUTES mes questions ou sinon—

« Le sprinter ! Tu t’appelles comment blondinet ? »

La hiérarchie appelle, je réponds en saluant.

Tant pis pour les réponses concrètes et concises. Ma supérieure ne semble pas prête à m’en donner.

Critiquez autant que vous voulez, mais la prochaine, PROCHAINE personne qu’on croise, je la chope, je la stoppe, et je fais en sorte qu’elle réponde à TOUTES mes questions.


Le reste est toujours autant confus par contre. Mes bottes s’enfoncent dans de la gadoue soudainement, et je me mets à suivre simplement la femme.
Deux objectifs : se protéger du vent, et faire en sorte qu’elle n’ait pas l’impression que je lui mate le derrière.
Merde, en ne voulant pas lui mater le cul je me concentre que sur ça du coup.

Non, arrête de regarder.

Putain arrête.

Mais arrête !

Arr—

« COUCHE TOI ! »

Bon bah plus de fesses à regarder, mais j’aurais préféré qu’elle ne me saute pas dans les bras à ce moment là.
Enfin dans les bras.
Si on peut appeler un tackle puissant et violant digne d’un joueur de foot surentraîné se jeter dans les bras de quelqu’un. Elle me relève sans grand ménagement, l’air énervée. Je peux sentir tout le dos de mon armure pleine de boue et d’argile. J’essaye désespérément d’enlever le plus de saleté possible, mais mon attention est rapidement redirigée vers une forme pseudo-humaine.

C’était l’asari.
Elle avait pas l’air en forme.
Je me précipite vers elle. On dirait qu’elle morte. Je passe les détails, mais vraiment elle… elle a pas l’air en forme.

Tant pis pour les réponses.

« Oh merde. Merde ! Elle—Elle est morte ?
-Pas encore. »

La blonde m’avait répondu du tac-au-tac, comme si elle savait avant même que je ne pose la question.

« Mais si on la laisse ici, elle y passera à la prochaine lame. »

J’approche doucement ma main de son visage. Elle respire ?

« Ne la touchez pas. Je m’en occupe. Si elle a des vertèbres cassées il va falloir y aller en douceur. Protégez-moi du vent à la place. On reste en groupe ! »

Tant d’assurance, tant de commandement. Je peux juste pas résister, je m’exécute.

J’essaye tant bien que mal de me mettre en travers du vent pour les protéger, mais j’ai aucune idée de ce que je suis en train de faire. Le vent me fouette le visage, et je le tourne sur le côté. J’entraperçois le maniement délicat mais pressé du corps de l’asari. Le temps paraît si long.

« Et du coup euh. Vous êtes genre médecin ou quoi ?
-Dos au vent blondinet ! A ma droite ! »

Je m’exécute encore. Décidément, cette femme est drôlement maligne. Un médecin avec autant de réactivité ça réchauffe le cœur. Elle me regarde le plus sérieusement du monde.

« Non je suis la plombière. »

Hein ?

Euh. Mais… Mais—Mais c’est dangereux ça ! C’est comme genre tenter de réparer sa machine à laver soi-même sans appeler un électricien ! C’est comme vouloir réparer sa douche tout seul sans appeler un plomber !

« Et vous savez ce que vous faites alors ? »

Ça m’embêterait beaucoup de voir la pauvre asari crever juste parce que…



« Oh. »



Sans commentaire.

« Elle va s’en tirer ? »

Mieux vaut ne pas trop s’attarder sur cette situation de gêne.

« Elle survivra oui. Il lui faudra quelques semaines avant de revenir sur le terrain. »

Ouais, si elle a ne serait-ce qu’envie de retourner sur le terrain après ça.

« Dites-moi Stultus, ça fait longtemps que vous êtes sortis de l’école ? »

Mon cœur s’arrête.

J’avais complètement oublié le détail du j’ai rien à foutre là. Mais c’est vraiment pas le moment là. Je vais pas lui dire que je sers à rien dans une situation pareille !

« Hier… »

Mon dieu ce que c’est dur de mentir à son supérieur. Au dernier moment, j’avale le mot au fond de ma gorge.

« Quoi ? J’entends pas avec tout ce vent ! »

Ah euh—

« AHEM. HIER, CHEF »

Et voilà. Catz oute of ze bag.

Pour toute réponse, elle me répond un truc en marmonnant sèchement.

« Quoi ? J’entends pas avec tout ce vent !
-Je dis qu’il faut trouver un endroit où s’abriter ! A moins que le simulateur nous emmène dans une zone plus calme. »

Huh, c’est vrai que ça fait longtemps que la scène n’a pas changé.
Brrr, il fait rudement froid en même temps. J’avoue que je ne dirais pas non à quelque chose d’un peu plus—

Oh nique sa mère.

Une énorme goutte de sueur perle à mon front presque immédiatement alors que l’on gagne une trentaine de degrés en quelques secondes à peine.

Le simulateur venait de nous poser au milieu d’une mer de dunes sous un soleil cuisant.

Super.

Merci beaucoup.

Super bien joué, simulateur-chan.

Si je retrouve le programmeur de ce truc, je le chope, je le stoppe et…

Honnêtement je sais pas.


La chaleur est encore soutenable, mais ça durera pas longtemps je pense. Je m’époussette alors que des grains de sables commencent déjà à se coller à mes bottes. Bon, au moins on a un petit vent qui rend le tout relativement vivable.

« Vous pensez que le commandant ira bien ?
-Je ne m’inquiéterais pas trop pour elle si j’étais vous. »

Oui, enfin on l’a pas vu depuis un petit moment. Si elle est dans le même état que notre amie asari ici, je donne pas non plus trop cher de sa peau.

La femme se relève. La femme… huh, faudrait que je pense à demander son nom. Mais ça fait déjà un bail qu’on est là-dessus, elle connait déjà le mien, mais m’a jamais donné le sien. Demander maintenant serait beaucoup trop risqué, j’ai pas envie qu’elle pense que j’ai un mauvais ordre de priorité, j’aurais du le demander avant ou me taire à jamais, très clairement je—

« Sans matériel, je ne peux rien faire pour elle. Ça m’ennuie de la laisser là mais il faut se regrouper avec les autres.
-Ça marche. »

Ni une ni deux, je jonche le corps de mon ancienne coéquipière sur mon dos. J’ai beau faire attention, j’espère ne rien avoir cassé en plus là dedans. Manquerait plus que ça. Mais pas question de la laisser ici. Je peux comprendre le pragmatisme, mais là y’a des limites.

« On part vers où ? »

J’essaye de faire mine de rien, mais je suis 100% terrifié qu’elle m’ordonne de l’abandonner sur le champ. Je saurais pas trop quoi faire en cas de conflit avec mon supérieur.

« Allez-y doucement. Il ne faudrait pas aggraver son état. »

Ouf.

« Allons de ce côté-là. On va essayer de trouver le mur et de le suivre. »

Totalement arbitraire, mais ça me va très bien. Je n’aurais pas été capable de prendre une telle décision sans elle.

« Je vous suis, chef. »

Et nous voilà partis. Honnêtement, la chaleur commence à me taper sur le système. Dans tous les sens du terme. Descendre les dunes est aisé, mais les grimper est une autre histoire. J’ai l’impression que ça fait des heures qu’on marche, et la soif commence à être un vrai problème, mes lèvres sont si gercées j’ai l’impression qu’elles vont se décoller toutes seules. Même ma supérieure commence à avoir du mal à avancer. Et j’ai faim, maintenant. Et qu’est-ce qu’elle est lourde. C’est l’armure qui fait ça sans aucun doute mais bordel je sais pas si c’est moi qui suis faible ou si—

Minute papillon.

Juste en bas, là ! C’est le commandant ! Enfin une bonne nouvelle !

Je me mets à dévaler la dune vers elle, fou de joie. Peut-être qu’on va enfin avoir une foutue solution à ce problème.

« EHOO ! Chef ! On est là ! »

Et c’est à ce moment là que je compris comme j’avais merdé.

Au début, c’était dur de savoir pourquoi, mais j’avais soudainement trébuché. Sur un truc dur, je l’ai définitivement senti. J’ai dévalé la dune, tentant tant bien que mal de ne pas rouler sur le corps inerte de l’asari, avant de finir la tête la première dans le sable.

En la relevant, j’ai d’abord remarqué que je n’était qu’à quelques mètres du commandant.

J’ai aussi remarqué que dans la direction opposée à elle, il y avait un gros truc. Un gros machin. Un machin sauvage. Un machin dangereux.


Et là maintenant, vraiment, j’aimerais bien dire au revoir à l’UCIP.
Revenir en haut Aller en bas



Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: Moelleusement benêt    
Revenir en haut Aller en bas
 

Moelleusement benêt

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Mass Effect Reborn :: Voie Lactée [RP] :: L'espace de l'Alliance interstellaire :: Bulle locale-