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 Les Gardiens de la Citadelle

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MessageSujet: Les Gardiens de la Citadelle   Sam 02 Fév 2019, 21:00
► █ Date : 8 Janvier 2204 RP Tout public
Shura Fender ♦️ Scipio Sempronia
Les Gardiens de la Citadelle



Une rafale soudaine se leva, agitant la chevelure ébène de Shura selon son bon vouloir. Quelle que puisse être son origine, elle ferma les yeux, savourant la sensation de cette pression externe sur sa peau, soudaine et violente, mais pourtant si éphémère. Il s'agissait d'un minuscule courant d'air à l'échelle de la station, mais d'un vent de fraîcheur pour ses habitants.

La Citadelle était une merveille de technologie mais elle ne pouvait que simuler maladroitement les conditions d'un véritable astre regorgeant de vie. Les journées étaient toutes les mêmes, pas de phénomènes météorologiques inattendus, pas de forte chaleur, pas de gel, juste une constante éternelle et horriblement monotone.

C'était peut être cette stagnation qui venait renforcer la fadeur des journées que vivait Shura sur la Citadelle. Dénuées de toute notion de surprise ou de changements, elles se ressemblaient quasi toutes, s’enchaînant les unes à la suite des autres avec un empressement presque maladif.

La jeune humaine avait initialement quitté sa terre natale pour découvrir les merveilles de l'espace, en explorer les moindres recoins et savourer tout ce qu'il avait à offrir. Elle voulait voyager, frissonner, vibrer, révérer l'inconnu avant de pouvoir profiter à nouveau de la douce étreinte réconfortante d'un foyer. Mais désormais, ses responsabilités la forçaient à demeurer sur cette station où elle n'était rien d'autre qu'oiseau en cage.

Sa frustration ne faisait que s'épaissir un peu plus chaque jour, et Shura pouvait le sentir, cette sensation juste là, sous sa peau. A mi chemin entre phénomène tangible et illusion de l'esprit, il y avait ce frétillement bouillonnant dans ses veines qui ne demandait qu'à exploser à tout instant. Elle avait la traîtresse impression de pouvoir la contrôler, mais elle ne faisait pas entièrement confiance à son intuition.

Shura se retrouvait donc à lâcher un soupir de béatitude, savourant la morsure de ce vent froid sur sa peau. Elle avait même la chair de poule, événement suffisamment rare ces derniers temps pour en justifier la mention. Du bout de ses ongles, elle longea son avant bras ainsi affaibli, sa chair se mit à vibrer à l'unisson et un frisson s'empara de son corps. Délicieux.

La N7 s'appuya sur une rambarde proche pour s'étirer. Vêtue d'un T-shirt surmonté par sa courte veste en cuir habituelle, un short noir venait recouvrir ses hanches, s'arrêtant en haut de ses cuisses pour laisser place à une paire de collants épousant parfaitement les courbes de ses jambes.

Si la furie ne pouvait se permettre de s'éloigner de la Citadelle, la station avait au moins l'avantage de son gigantisme et bien peu de conciliens pouvaient se vanter d'avoir explorer l'intégralité des secteurs sur chacune de ses ailes. Ce fut donc sur un territoire encore inconnu que Shura avait jeté son dévolu, explorant les alentours, une canette à la main.

Avec une légère impulsion, la furie s'installa sur la rambarde qui la séparait du vide, croisant les jambes et entreprenant de finir sa canette en observant la faune locale. Deux krogans étaient plongés dans une discussion visiblement tendue à quelques mètres de là. Un sourire se dessina sur le visage de Shura. Les mastodontes de Tuchanka promenaient leur ego surdimensionné partout avec eux et provoquaient bien souvent des situations dont ils étaient les seuls à avoir le secret.

Tu vas voir où j'vais t'la mettre ta substance miraculeuse, cupidon de mes quatre.

Tu refuses de comprendre mon frère, j'ai besoin d'ta putain d'aide !

Shura arqua un sourcil en secouant sa canette. Il lui avait pourtant semblé qu'elle était encore à moitié remplie quelques instants auparavant. Mais à en juger par son test, il devait lui rester tout au plus une poignée de gorgées. Tant pis, la N7 apporta l'ouverture à ses lèvres, laissant le liquide gazeux se déverser sur ses papilles.

Lorsqu'elle baissa à nouveau la tête, la première chose que vit Shura fut le corps massif d'un krogan projeté dans sa direction. Le choc inévitable eut lieu bien avant qu'elle ne puisse réagir, le corps de l'humaine balayé par le mastodonte passa par dessus la rambarde et se retrouva dans le vide.

La journée avait pourtant bien commencé.

Dans un réflexe issu de son entraînement, Shura parvint à tourner sur elle même, concentrant la biotique dans ses membres pour amortir sa chute. La paroi métallique qui venait à sa rencontre à grande vitesse n'en fut pas moins violente, l'impulsion biotique de la furie la percutant dans un grand fracas.

Le silence retomba autour d'elle et l'humaine redressa sa tête avec un grognement, encore sonnée par le double choc qu'elle venait d'encaisser. Bougeant un à un ses membres, elle vérifia qu'elle n'avait rien de cassé, mais aucune douleur particulière ne résonna dans son corps, sa biotique lui avait permis de s'en sortir indemne. Elle constata cependant la présence de sang sur ses mains et comprit rapidement que cela venait d'une de ses lèvres qui était fendue. Se relevant, la furie lança un regard noir vers l'étage d'où elle était tombée, mais aucune silhouette massive de kroganne ne semblait s'y être éternisée, seulement celles des passants curieux qui avaient dû assister à sa chute.

Elle serra les poings, une brume bleue commençant à en émaner. Son enthousiasme précédent ne s'était pas évaporé mais une rage bestiale venait désormais frapper aux portes de son esprit, frustrée de ne pas pouvoir se défouler sur l’instigateur de sa chute. La N7 ferma les yeux un instant et poussa un long soupir, tentant de se calmer, desserrant les poings et sentant ses épaules s'affaisser en même temps que ses muscles se relâchaient.

Jetant un coup d’œil à son nouvel environnement, Shura constata qu'elle n'avait pas atterrit sur le sol. Elle se trouvait sur une sorte de carriole dont le toit s'était légèrement affaissé et fissuré avec sa chute, un stand de nourriture à en juger par le néon publicitaire qui flottait à quelques mètres de là et par les douces effluves appétissantes qui commençaient à lui chatouiller les narines.

Oubliant un instant ses pulsions de génophage, la furie s'accroupit et posa ses mains sur le rebord du toit, se laissant guider par cette odeur qui venait d'ouvrir une porte particulièrement récalcitrante à refermer. Se penchant par delà le rebord, sa chevelure noire fut la première à dépasser tel un périscope, sa tête suspendue à l'envers la rejoignant bientôt. Elle avait vu juste, l'intérieur du stand était aménagé pour la cuisine, les ingrédients triés et rangés avec un soin plus ou moins relatif. Une chaleur agréable s'en échappait, accompagnée d'effluves envoûtantes.

Lorsque le regard de la N7 croisa celui de l'unique turien blanc qui semblait tenir la roulotte, elle afficha un sourire.

Désolée pour ça, je crois que votre stand a pris un peu cher... Mais je peux payer les réparations si besoin est.

Son regard se fixa alors sur les ingrédients qui traînaient et sur l’impressionnante quantité de pâtes stockées à l'intérieur de la roulotte.

Et j'aimerai bien vous prendre une boite tant que j'y suis. Avec de la viande, celle que vous voulez.




Dernière édition par Shura Fender le Mer 20 Fév 2019, 19:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les Gardiens de la Citadelle   Lun 11 Fév 2019, 21:13
« Quand elle me prend dans ses bras, qu’elle me parle tout bas... »

Un Turien faisait tressauter des poivrons au fond d’une poêle frémissante et flambant neuve. L’association Sempronia-Vertax avait permis de nombreux achats matériels fort saillants, et cet ustensile n’en était qu’un échantillon vibrant et brillant. Un témoignage d’un futur radieux et ravi-ssant. Scipio, ce jour là, était de bonne humeur, et les jeux de mots qui traversaient son crâne vide étaient par conséquent assez désastreux.

« … je vois la vie en rose ... »

Un Krogan s’égosillait à convaincre son compère. De sa bouche émanaient des mots pourtant absolument charmant de bienveillance. Lui même était convaincu de la valeur de ses propos, et que son interlocuteur ne le soit pas semblait être d’une incroyable invraisemblance. Bien entendu, tous deux étaient nés sous les augures de Tuchanka, et savaient que l’on ne peut convaincre sans vaincre. Pas vraiment de bonne humeur, le second en vint aux mains, prêt à se les salir un peu pour dégager l’énergumène de sa zone de confort.

« Elle me dit des mots d’amour, des mots de tous les jours... »

Une Humaine se baladait, une cannette au poing. Un sacré brin de dame, aux cheveux noirs, aux habits noirs, au tableau de chasse sacrément noir, et à l’esprit pourtant ensoleillé. Comme quoi, la furie ne fait pas le moine, ou quelque chose comme ça. Petite tache d’ombre sur le tableau d’une journée qui commençait bien, la boisson faisait dors et déjà son intéressante, presque vide. Grosse tache d’ombre sur la toile, celle qui se rapprochait à vive allure, et dont la silhouette rappelait une chaîne de montagne qui porterait une armure.

« … et ça m'fait quelque chose ... »

Shtong.

« Shtong ?
- Désolée pour ça, expliquait une petite tête qui dépassait du plafond, suivant l’inquiétant bruit comme un diablotin après une mauvaise action. Je crois que votre stand a pris un peu cher… Mais je peux payer les réparations si besoin est.
- Besoin est. Et que je n’vous r’prène pas à changer d’avis, il ne fallait pas proposer. »

Scipio leva les yeux pour inspecter les dégâts, tourna un peu sur lui même et, ce faisant, percuta la bosse que le popotin de sa nouvelle cliente avait formé dans la carlingue. Immédiatement, le soldat réserviste imagina un stratagème douteux : il pourrait exiger l’argent des réparations et, avec le prochain versement et la vente du stand, se payer un meilleur bouiboui ! La Guitoune Mk2. Peut être même que sur celle ci, il aurait la place pour mettre le nom de son commerce, qui jusqu’à aujourd’hui n’était trouvable que sur les cartes de fidélité (et à la quarante-septième page du chapitre « B » des pages jaunes de la Citadelle), « Bouchées de Palaven et d’ailleurs ». A la surprise du Turien, plutôt que de filer à l’anglaise, la tête retournée commanda un plat. Scipio haussa les épaules et commença à le préparer. Le client est roi, après tout. Même s’il s’agit d’une tête tombée du ciel. Machinalement, il se lança dans une carnivore, une portion de spaghettis qui s'entortillaient autour de quatre brochettes de viandes différentes, plongeant entre des cubes de fromage et des lamelles d'oignons comme les dents d'un prédateur dans un herbivore goûtu.

« Je vous fait ça… Et un premier tampon sur la carte de fidélité… Heu, j’vous la met où ? »

Dans sa bonne humeur, Scipio glissa le petit morceau de carton derrière l'oreille de l'Humaine, mais il manquait un certain nombre de détails. Déjà, que le visage encadré de cheveux avait probablement des bras qui pourraient émerger de l’encadrement du bouiboui à leur tour et auraient pu récupérer la carte. Ensuite, que le client précédent avait profité de l’échange impromptu pour partir sans payer. Mika était, de toute manière, sans gène, et par habitude le soldat du génie avait ajouté le prix de sa commande à son ardoise dès le début de la préparation. Une boite de plus ou de moins, de toute manière… Enfin, que les Bouchées de Palaven et d’ailleurs devenaient de plus en plus « d’ailleurs », alors que le véhicule, lançant des protocoles de sécurité, s’était mis à s’envoler lentement, et se dirigeait au dessus de la rivière artificielle qui lui faisait dos.




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MessageSujet: Re: Les Gardiens de la Citadelle   Mer 20 Fév 2019, 18:43
Le vide avait cette dualité commune à beaucoup d'autres pièges mortels, cette fascination exotique d'où émergeait pourtant une menace bien réelle, réveillant une peur profonde et ancienne héritée par de nombreuses générations organiques ayant appris à dompter la gravité. Échappatoire gorgée d'adrénaline pour ceux qui souhaitaient repousser leurs limites, il n'en restait pas moins la source d'une grande frayeur pour d'autres éprouvant des difficultés à évoluer si loin du sol.

Shura ne s'était jamais réellement rangée dans la deuxième catégorie, bien trop fière pour accepter d'être mise à mal par l'une des lois de l'univers les plus élémentaires. Et pourtant en cet instant elle présentait tous les symptômes prouvant le contraire. Ce picotement soudain dans les mains et plus particulièrement dans les pieds, cette sensation qu'ils lâchaient prise d'eux mêmes et presque volontairement comme pour tester sa réaction, ses doigts se crispant sur le métal, s'assurant inutilement la solidité de leur prise et ses yeux s'écarquillant en voyant le sol s'éloigner à une vitesse bien plus grande qu'en réalité.

Le stand s'envolait et une vague de stress soudaine parcourut le corps de la furie qui était encore penchée sur le rebord dans un équilibre précaire. Quelques effluves bleues incontrôlées la recouvraient, signe extérieur de sa détresse. D'un mouvement vif, elle lâcha une de ses prises et agrippa le turien blanc par ce qui lui servait de tenue de travail, le tirant dans sa direction.

Hé ! Faites moi redescendre ou vous allez voir où je vais vous la coller votre...

Elle prit soudainement conscience de la futilité de cette demande en se rappelant que le turien n'avait rien activé depuis son arrivée et que le stand n'était de toute façon pas équipé d'un quelconque poste de pilotage occupé par une tierce personne. Sans doute s'agissait-il d'une procédure automatique, le stand changeant d'emplacement selon des horaires programmés à l'avance.

Lâchant ses prises, la N7 opéra une rotation, glissant ses mains à l'intérieur de la baraque et laissant ses jambes pendre un instant dans le vide avant de prendre appui sur le comptoir, faisant tomber au passage quelques ingrédients et ustensiles dont le sacrifice s'avérait plus que nécessaire. L'opération bien que rapide avait été décomposée avec suffisamment de sang froid pour minimiser les risques, l'humaine se projetant ainsi vers l'intérieur du stand là où elle savait ne courir aucun risque.

Une acrobatie bien trop complexe pour passer simplement du toit au stand, mais l'unique spectateur de la scène n'eut pas le luxe de s'y attarder davantage puisque la furie lui tomba sur le coin de la crête. Trop stressée pour chercher à éviter le propriétaire des lieux à l’atterrissage, Shura eut néanmoins le loisir de constater qu'il y avait bien plus confortable qu'un turien pour amortir une chute.

Lorsque le monde autour d'elle fut de nouveau immobile, elle se redressa, regardant rapidement à droite et à gauche, s'assurant que tout danger était écarté. Une partie de ses cheveux était encore fièrement dressée sur son crâne par l'électricité biotique émanant de son corps. Le calme regagna son esprit, sa tension s'évaporant en même temps que sa biotique et ses épaules se décontractant sous le soulagement.

Ce ne fut que lorsqu'elle sentit du mouvement qu'elle constata être assise à califourchon sur le turien. Observant son visage de plus près, elle remarqua à quel point ses tatouages ressortaient sur ses écailles quasi blanches et la verticalité rigide et austère qu'ils conservaient autour de ses orbites. Prenant une de ses mandibules entre deux doigts, elle la souleva pour voir si le tracé se poursuivait même en dessous.

C'était en tout cas un résultat artistique impressionnant, elle s'imaginait presque un guerrier enduisant ses doigts de charbon et traçant à la main ces marques sur son visage, symbole de ses ancêtres de l'ère féodale ayant réussi à transcender la mort de génération en génération. Il était appréciable de voir des tatouages de ce genre, là où le crâne de certains turiens ressemblaient plus à des dépotoirs et des trottoirs mal entretenus qu'à une vraie expression guerrière des fils de Palaven. Elle allait garder ce visage en mémoire pour son prochain croquis, c'était certain.

Ce ne fut seulement qu'à cet instant qu'elle prit conscience de toutes les effluves envoûtantes qui l'entouraient. Si elle parvenait à en reconnaître certaines, la plupart demeuraient inconnues au bataillon, mais elles n'en restaient pas moins délicieusement attirantes. Le stand avait continué de progresser dans les airs depuis le décollage, la quiétude des lieux uniquement perturbé par le doux bruit salivant de la viande en train de cuir et par le ronronnement lointain des moteurs de skycars.

Son matelas turien sembla soudainement réagir avec plus d'insistance, marmonnant quelque chose que Shura ne prit pas la peine d'écouter. Elle recouvrit sa gueule de sa main pour le faire taire, refusant de le laisser la déranger dans ses pensées.

Shhhh...

Elle resta concentrée sur son environnement et sur son aspect serein. Il y avait quelque chose de fascinant à imaginer le bouiboui flottant paisiblement au cœur de la Citadelle, bourré d'ingrédients provenant des quatre coin de la galaxie et volant au secours des estomacs affamés. Elle avait presque l'impression qu'il s'agissait là du début d'un voyage onirique, évoluant au gré de personnages dansants et combattant des monstres gigantesques pour nourrir la galaxie.

La faim. En y repensant soudainement, elle avait sacrément la dalle, bavant presque inconsciemment tant son système olfactif était surchargé de saveurs. Et le seul être qui pouvait la sauver d'une mort cruelle et tragique par malnutrition était toujours bloqué entre ses cuisses. Shura grogna un instant, elle se retrouvait bien obligé de consentir à laisser son matelas se lever et continuer son travail.

La furie prit son élan et se retrouva sur ses jambes en un bond élégant, se penchant et offrant sa main pour aider sa paillasse à se relever.

Je me vois dans l'obligation de quémander une deuxième portion comme je suis bloquée ici, allez au boulot le matelas !


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MessageSujet: Re: Les Gardiens de la Citadelle   Jeu 14 Mar 2019, 21:23
Armée de menaces, l’étonnante cliente de Scipio lui appris qu’ils décollaient. Emporté dans ses préparations, il n’avait pas bien saisi que le véhicule s’était mis à bouger. La fatigue ne provoquait pas que la bonne humeur : il y avait également la perte d’attention. L’Humaine se faufila à l’intérieur de la carlingue, renversant la rappe à fromage préférée du cuistot, mais aussi un pot entier de serpolet de Thessia. D’un mouvement peu contrôlé, le Turien parvint à intercepter le récipient avant qu’il ne se vide complètement au sol. Pas peu fier de son geste, il n’eut que peu de temps pour en profiter, car bientôt son front vint faire la rencontre d’un impromptu genou.

Se découvrant jeté au sol et couronné d’une Humaine, il commença à paniquer. Qu’est ce qui se passait ? Ou plutôt, qu’est ce qui se passait bordel de merde ? D’où venait cette femme et, surtout, pourquoi sa peau frétillait d’énergie comme une anguille géante de Petra ? A peine Scipio eut-il le loisir de comprendre qu’elle était probablement une biotique en plein burnout que celle ci parvenait à récupérer la maîtrise de son corps. Ses cuisses cessèrent enfin de presser les flancs du pauvre cuisinier. Il allait se plaindre du manque de retenue des Humains, mais d’un coup, elle lui fit ouvrir la bouche en tirant sur sa mandibule. Cela ne l’empêcha, ceci dit, de râler :

« Ghais enfin ghous ghêtes tarée ?! »

Un peu plus ridicule qu’avant, Scipio était surtout surpris, et commençait à être intrigué. Cette dame longeait de l’ongle ses tatouages. Il ne pouvait pas bien voir le mouvement du doigt, mais son geste sur sa mandibule était familier. Le contact lui même était étrange mais rappelait la cérémonieuse course des appendices appliquant les marquages. Le symbole d’un peuple ; de la communauté d’Ankarus, mais également de tous les Turiens dans ce qu’ils ont de plus unis. Les forces de la tradition, pouvait-on résumer.

Mais l’attention de la cliente se portait déjà ailleurs. La gourgandine humait du bout des narines des tranches de viandes qui déposaient leurs gras au fond d’une poêle. Pourvu qu’elle n’y goûte pas, s’inquiétait le Turien. C’était sa bouffe ! Et puis, c’était dextro. Il tentait de se débattre et de baragouiner quelques apostrophes bien senties, mais il n’osait pas la toucher, et elle bien au contraire lui barrait le visage d’une main décidée. Quand elle se releva, elle passa immédiatement une seconde commande.

« Non mais quel culot ! Vous vous prenez pour qui ? Nan mais c’est bien les Humains ça, vous débarquez et immédiatement tout vous appartient, hein ? Bon, vous prendrez quoi ?! »

Tiraillé entre son professionnalisme, son épuisement constant des derniers jours et son agacement d’avoir été ainsi mis à terre par la première péquenaude venue, Scipio se rangea dans ce qu’il savait faire le mieux : se plaindre. Heu, la cuisine. L’autre ne comprenant pas que la salive était une réponse convenable, il jeta son dévolu sur une recette terrienne au hasard. Vue son sans gêne, elle ne devait pas être du genre à vouloir sortir de ses habitudes et essayer du galarien.

« Et puis vous êtes qui pour tout vous permettre comme ça ? On ne saute pas sur le cuistot enfin ! Ni sur le patron d’ailleurs. Alors surtout pas les deux en même temps ! »

Il la menaçait de sa râpe à fromage, dangereux instrument s’il en est. Celle ci balayait l’air entre eux deux tel un menaçant fleuret, tandis que d’une autre main il cherchait une épice à l’intérieur de son blouson. Saleté ! Tout était renversé au sol, ses poches s’étant vidées lors de l’impact.

« Non mais… Aaah ! s'enrageait le cuisiner. J’avais tout bien mis dans des petits sachets plastique, ça me prend toujours un temps de dingue. Et qu’est ce que tu r’gardes ? Garde ta bave, tu va tout dégueulasser ! Et bordel… »

La râpe vint donner un coup sur le comptoir, puis un autre sur la carlingue, jeté par son propriétaire à côté de la colonel afin d’atteindre l’enchâsse de l’IV de bord.

« Midas ! Qu’est ce qu’on fout au dessus des lacs du Présidium ?
- Il est probable que l’impact ait provoqué des dérèglements caporal.
- Et c’est maintenant qu’tu l’dis ?
- Il est probable que l’impact ait pr…
- Ferme là ! Toi là, va à l’avant et pose nous quelque part ! »




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