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 Les Gardiens de la Citadelle

Shura Fender

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Shura Fender
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MessageSujet: Les Gardiens de la Citadelle   Les Gardiens de la Citadelle Icon_minitimeSam 02 Fév 2019, 21:00
► █ Date : 7 Janvier 2204 RP Tout public
Shura Fender ♦️ Scipio Sempronia
Les Gardiens de la Citadelle



Une rafale soudaine se leva, agitant la chevelure ébène de Shura selon son bon vouloir. Quelle que puisse être son origine, elle ferma les yeux, savourant la sensation de cette pression externe sur sa peau, soudaine et violente, mais pourtant si éphémère. Il s'agissait d'un minuscule courant d'air à l'échelle de la station, mais d'un vent de fraîcheur pour ses habitants.

La Citadelle était une merveille de technologie mais elle ne pouvait que simuler maladroitement les conditions d'un véritable astre regorgeant de vie. Les journées étaient toutes les mêmes, pas de phénomènes météorologiques inattendus, pas de forte chaleur, pas de gel, juste une constante éternelle et horriblement monotone.

C'était peut être cette stagnation qui venait renforcer la fadeur des journées que vivait Shura sur la Citadelle. Dénuées de toute notion de surprise ou de changements, elles se ressemblaient quasi toutes, s’enchaînant les unes à la suite des autres avec un empressement presque maladif.

La jeune humaine avait initialement quitté sa terre natale pour découvrir les merveilles de l'espace, en explorer les moindres recoins et savourer tout ce qu'il avait à offrir. Elle voulait voyager, frissonner, vibrer, révérer l'inconnu avant de pouvoir profiter à nouveau de la douce étreinte réconfortante d'un foyer. Mais désormais, ses responsabilités la forçaient à demeurer sur cette station où elle n'était rien d'autre qu'oiseau en cage.

Sa frustration ne faisait que s'épaissir un peu plus chaque jour, et Shura pouvait le sentir, cette sensation juste là, sous sa peau. A mi chemin entre phénomène tangible et illusion de l'esprit, il y avait ce frétillement bouillonnant dans ses veines qui ne demandait qu'à exploser à tout instant. Elle avait la traîtresse impression de pouvoir la contrôler, mais elle ne faisait pas entièrement confiance à son intuition.

Shura se retrouvait donc à lâcher un soupir de béatitude, savourant la morsure de ce vent froid sur sa peau. Elle avait même la chair de poule, événement suffisamment rare ces derniers temps pour en justifier la mention. Du bout de ses ongles, elle longea son avant bras ainsi affaibli, sa chair se mit à vibrer à l'unisson et un frisson s'empara de son corps. Délicieux.

La N7 s'appuya sur une rambarde proche pour s'étirer. Vêtue d'un T-shirt surmonté par sa courte veste en cuir habituelle, un short noir venait recouvrir ses hanches, s'arrêtant en haut de ses cuisses pour laisser place à une paire de collants épousant parfaitement les courbes de ses jambes.

Si la furie ne pouvait se permettre de s'éloigner de la Citadelle, la station avait au moins l'avantage de son gigantisme et bien peu de conciliens pouvaient se vanter d'avoir explorer l'intégralité des secteurs sur chacune de ses ailes. Ce fut donc sur un territoire encore inconnu que Shura avait jeté son dévolu, explorant les alentours, une canette à la main.

Avec une légère impulsion, la furie s'installa sur la rambarde qui la séparait du vide, croisant les jambes et entreprenant de finir sa canette en observant la faune locale. Deux krogans étaient plongés dans une discussion visiblement tendue à quelques mètres de là. Un sourire se dessina sur le visage de Shura. Les mastodontes de Tuchanka promenaient leur ego surdimensionné partout avec eux et provoquaient bien souvent des situations dont ils étaient les seuls à avoir le secret.

Tu vas voir où j'vais t'la mettre ta substance miraculeuse, cupidon de mes quatre.

Tu refuses de comprendre mon frère, j'ai besoin d'ta putain d'aide !

Shura arqua un sourcil en secouant sa canette. Il lui avait pourtant semblé qu'elle était encore à moitié remplie quelques instants auparavant. Mais à en juger par son test, il devait lui rester tout au plus une poignée de gorgées. Tant pis, la N7 apporta l'ouverture à ses lèvres, laissant le liquide gazeux se déverser sur ses papilles.

Lorsqu'elle baissa à nouveau la tête, la première chose que vit Shura fut le corps massif d'un krogan projeté dans sa direction. Le choc inévitable eut lieu bien avant qu'elle ne puisse réagir, le corps de l'humaine balayé par le mastodonte passa par dessus la rambarde et se retrouva dans le vide.

La journée avait pourtant bien commencé.

Dans un réflexe issu de son entraînement, Shura parvint à tourner sur elle même, concentrant la biotique dans ses membres pour amortir sa chute. La paroi métallique qui venait à sa rencontre à grande vitesse n'en fut pas moins violente, l'impulsion biotique de la furie la percutant dans un grand fracas.

Le silence retomba autour d'elle et l'humaine redressa sa tête avec un grognement, encore sonnée par le double choc qu'elle venait d'encaisser. Bougeant un à un ses membres, elle vérifia qu'elle n'avait rien de cassé, mais aucune douleur particulière ne résonna dans son corps, sa biotique lui avait permis de s'en sortir indemne. Elle constata cependant la présence de sang sur ses mains et comprit rapidement que cela venait d'une de ses lèvres qui était fendue. Se relevant, la furie lança un regard noir vers l'étage d'où elle était tombée, mais aucune silhouette massive de kroganne ne semblait s'y être éternisée, seulement celles des passants curieux qui avaient dû assister à sa chute.

Elle serra les poings, une brume bleue commençant à en émaner. Son enthousiasme précédent ne s'était pas évaporé mais une rage bestiale venait désormais frapper aux portes de son esprit, frustrée de ne pas pouvoir se défouler sur l’instigateur de sa chute. La N7 ferma les yeux un instant et poussa un long soupir, tentant de se calmer, desserrant les poings et sentant ses épaules s'affaisser en même temps que ses muscles se relâchaient.

Jetant un coup d’œil à son nouvel environnement, Shura constata qu'elle n'avait pas atterrit sur le sol. Elle se trouvait sur une sorte de carriole dont le toit s'était légèrement affaissé et fissuré avec sa chute, un stand de nourriture à en juger par le néon publicitaire qui flottait à quelques mètres de là et par les douces effluves appétissantes qui commençaient à lui chatouiller les narines.

Oubliant un instant ses pulsions de génophage, la furie s'accroupit et posa ses mains sur le rebord du toit, se laissant guider par cette odeur qui venait d'ouvrir une porte particulièrement récalcitrante à refermer. Se penchant par delà le rebord, sa chevelure noire fut la première à dépasser tel un périscope, sa tête suspendue à l'envers la rejoignant bientôt. Elle avait vu juste, l'intérieur du stand était aménagé pour la cuisine, les ingrédients triés et rangés avec un soin plus ou moins relatif. Une chaleur agréable s'en échappait, accompagnée d'effluves envoûtantes.

Lorsque le regard de la N7 croisa celui de l'unique turien blanc qui semblait tenir la roulotte, elle afficha un sourire.

Désolée pour ça, je crois que votre stand a pris un peu cher... Mais je peux payer les réparations si besoin est.

Son regard se fixa alors sur les ingrédients qui traînaient et sur l’impressionnante quantité de pâtes stockées à l'intérieur de la roulotte.

Et j'aimerai bien vous prendre une boite tant que j'y suis. Avec de la viande, celle que vous voulez.


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Dernière édition par Shura Fender le Jeu 18 Avr 2019, 21:32, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Les Gardiens de la Citadelle   Les Gardiens de la Citadelle Icon_minitimeLun 11 Fév 2019, 21:13
« Quand elle me prend dans ses bras, qu’elle me parle tout bas... »

Un Turien faisait tressauter des poivrons au fond d’une poêle frémissante et flambant neuve. L’association Sempronia-Vertax avait permis de nombreux achats matériels fort saillants, et cet ustensile n’en était qu’un échantillon vibrant et brillant. Un témoignage d’un futur radieux et ravi-ssant. Scipio, ce jour là, était de bonne humeur, et les jeux de mots qui traversaient son crâne vide étaient par conséquent assez désastreux.

« … je vois la vie en rose ... »

Un Krogan s’égosillait à convaincre son compère. De sa bouche émanaient des mots pourtant absolument charmant de bienveillance. Lui même était convaincu de la valeur de ses propos, et que son interlocuteur ne le soit pas semblait être d’une incroyable invraisemblance. Bien entendu, tous deux étaient nés sous les augures de Tuchanka, et savaient que l’on ne peut convaincre sans vaincre. Pas vraiment de bonne humeur, le second en vint aux mains, prêt à se les salir un peu pour dégager l’énergumène de sa zone de confort.

« Elle me dit des mots d’amour, des mots de tous les jours... »

Une Humaine se baladait, une cannette au poing. Un sacré brin de dame, aux cheveux noirs, aux habits noirs, au tableau de chasse sacrément noir, et à l’esprit pourtant ensoleillé. Comme quoi, la furie ne fait pas le moine, ou quelque chose comme ça. Petite tache d’ombre sur le tableau d’une journée qui commençait bien, la boisson faisait dors et déjà son intéressante, presque vide. Grosse tache d’ombre sur la toile, celle qui se rapprochait à vive allure, et dont la silhouette rappelait une chaîne de montagne qui porterait une armure.

« … et ça m'fait quelque chose ... »

Shtong.

« Shtong ?
- Désolée pour ça, expliquait une petite tête qui dépassait du plafond, suivant l’inquiétant bruit comme un diablotin après une mauvaise action. Je crois que votre stand a pris un peu cher… Mais je peux payer les réparations si besoin est.
- Besoin est. Et que je n’vous r’prène pas à changer d’avis, il ne fallait pas proposer. »

Scipio leva les yeux pour inspecter les dégâts, tourna un peu sur lui même et, ce faisant, percuta la bosse que le popotin de sa nouvelle cliente avait formé dans la carlingue. Immédiatement, le soldat réserviste imagina un stratagème douteux : il pourrait exiger l’argent des réparations et, avec le prochain versement et la vente du stand, se payer un meilleur bouiboui ! La Guitoune Mk2. Peut être même que sur celle ci, il aurait la place pour mettre le nom de son commerce, qui jusqu’à aujourd’hui n’était trouvable que sur les cartes de fidélité (et à la quarante-septième page du chapitre « B » des pages jaunes de la Citadelle), « Bouchées de Palaven et d’ailleurs ». A la surprise du Turien, plutôt que de filer à l’anglaise, la tête retournée commanda un plat. Scipio haussa les épaules et commença à le préparer. Le client est roi, après tout. Même s’il s’agit d’une tête tombée du ciel. Machinalement, il se lança dans une carnivore, une portion de spaghettis qui s'entortillaient autour de quatre brochettes de viandes différentes, plongeant entre des cubes de fromage et des lamelles d'oignons comme les dents d'un prédateur dans un herbivore goûtu.

« Je vous fait ça… Et un premier tampon sur la carte de fidélité… Heu, j’vous la met où ? »

Dans sa bonne humeur, Scipio glissa le petit morceau de carton derrière l'oreille de l'Humaine, mais il manquait un certain nombre de détails. Déjà, que le visage encadré de cheveux avait probablement des bras qui pourraient émerger de l’encadrement du bouiboui à leur tour et auraient pu récupérer la carte. Ensuite, que le client précédent avait profité de l’échange impromptu pour partir sans payer. Mika était, de toute manière, sans gène, et par habitude le soldat du génie avait ajouté le prix de sa commande à son ardoise dès le début de la préparation. Une boite de plus ou de moins, de toute manière… Enfin, que les Bouchées de Palaven et d’ailleurs devenaient de plus en plus « d’ailleurs », alors que le véhicule, lançant des protocoles de sécurité, s’était mis à s’envoler lentement, et se dirigeait au dessus de la rivière artificielle qui lui faisait dos.


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MessageSujet: Re: Les Gardiens de la Citadelle   Les Gardiens de la Citadelle Icon_minitimeMer 20 Fév 2019, 18:43
Le vide avait cette dualité commune à beaucoup d'autres pièges mortels, cette fascination exotique d'où émergeait pourtant une menace bien réelle, réveillant une peur profonde et ancienne héritée par de nombreuses générations organiques ayant appris à dompter la gravité. Échappatoire gorgée d'adrénaline pour ceux qui souhaitaient repousser leurs limites, il n'en restait pas moins la source d'une grande frayeur pour d'autres éprouvant des difficultés à évoluer si loin du sol.

Shura ne s'était jamais réellement rangée dans la deuxième catégorie, bien trop fière pour accepter d'être mise à mal par l'une des lois de l'univers les plus élémentaires. Et pourtant en cet instant elle présentait tous les symptômes prouvant le contraire. Ce picotement soudain dans les mains et plus particulièrement dans les pieds, cette sensation qu'ils lâchaient prise d'eux mêmes et presque volontairement comme pour tester sa réaction, ses doigts se crispant sur le métal, s'assurant inutilement la solidité de leur prise et ses yeux s'écarquillant en voyant le sol s'éloigner à une vitesse bien plus grande qu'en réalité.

Le stand s'envolait et une vague de stress soudaine parcourut le corps de la furie qui était encore penchée sur le rebord dans un équilibre précaire. Quelques effluves bleues incontrôlées la recouvraient, signe extérieur de sa détresse. D'un mouvement vif, elle lâcha une de ses prises et agrippa le turien blanc par ce qui lui servait de tenue de travail, le tirant dans sa direction.

Hé ! Faites moi redescendre ou vous allez voir où je vais vous la coller votre...

Elle prit soudainement conscience de la futilité de cette demande en se rappelant que le turien n'avait rien activé depuis son arrivée et que le stand n'était de toute façon pas équipé d'un quelconque poste de pilotage occupé par une tierce personne. Sans doute s'agissait-il d'une procédure automatique, le stand changeant d'emplacement selon des horaires programmés à l'avance.

Lâchant ses prises, la N7 opéra une rotation, glissant ses mains à l'intérieur de la baraque et laissant ses jambes pendre un instant dans le vide avant de prendre appui sur le comptoir, faisant tomber au passage quelques ingrédients et ustensiles dont le sacrifice s'avérait plus que nécessaire. L'opération bien que rapide avait été décomposée avec suffisamment de sang froid pour minimiser les risques, l'humaine se projetant ainsi vers l'intérieur du stand là où elle savait ne courir aucun risque.

Une acrobatie bien trop complexe pour passer simplement du toit au stand, mais l'unique spectateur de la scène n'eut pas le luxe de s'y attarder davantage puisque la furie lui tomba sur le coin de la crête. Trop stressée pour chercher à éviter le propriétaire des lieux à l’atterrissage, Shura eut néanmoins le loisir de constater qu'il y avait bien plus confortable qu'un turien pour amortir une chute.

Lorsque le monde autour d'elle fut de nouveau immobile, elle se redressa, regardant rapidement à droite et à gauche, s'assurant que tout danger était écarté. Une partie de ses cheveux était encore fièrement dressée sur son crâne par l'électricité biotique émanant de son corps. Le calme regagna son esprit, sa tension s'évaporant en même temps que sa biotique et ses épaules se décontractant sous le soulagement.

Ce ne fut que lorsqu'elle sentit du mouvement qu'elle constata être assise à califourchon sur le turien. Observant son visage de plus près, elle remarqua à quel point ses tatouages ressortaient sur ses écailles quasi blanches et la verticalité rigide et austère qu'ils conservaient autour de ses orbites. Prenant une de ses mandibules entre deux doigts, elle la souleva pour voir si le tracé se poursuivait même en dessous.

C'était en tout cas un résultat artistique impressionnant, elle s'imaginait presque un guerrier enduisant ses doigts de charbon et traçant à la main ces marques sur son visage, symbole de ses ancêtres de l'ère féodale ayant réussi à transcender la mort de génération en génération. Il était appréciable de voir des tatouages de ce genre, là où le crâne de certains turiens ressemblaient plus à des dépotoirs et des trottoirs mal entretenus qu'à une vraie expression guerrière des fils de Palaven. Elle allait garder ce visage en mémoire pour son prochain croquis, c'était certain.

Ce ne fut seulement qu'à cet instant qu'elle prit conscience de toutes les effluves envoûtantes qui l'entouraient. Si elle parvenait à en reconnaître certaines, la plupart demeuraient inconnues au bataillon, mais elles n'en restaient pas moins délicieusement attirantes. Le stand avait continué de progresser dans les airs depuis le décollage, la quiétude des lieux uniquement perturbé par le doux bruit salivant de la viande en train de cuir et par le ronronnement lointain des moteurs de skycars.

Son matelas turien sembla soudainement réagir avec plus d'insistance, marmonnant quelque chose que Shura ne prit pas la peine d'écouter. Elle recouvrit sa gueule de sa main pour le faire taire, refusant de le laisser la déranger dans ses pensées.

Shhhh...

Elle resta concentrée sur son environnement et sur son aspect serein. Il y avait quelque chose de fascinant à imaginer le bouiboui flottant paisiblement au cœur de la Citadelle, bourré d'ingrédients provenant des quatre coin de la galaxie et volant au secours des estomacs affamés. Elle avait presque l'impression qu'il s'agissait là du début d'un voyage onirique, évoluant au gré de personnages dansants et combattant des monstres gigantesques pour nourrir la galaxie.

La faim. En y repensant soudainement, elle avait sacrément la dalle, bavant presque inconsciemment tant son système olfactif était surchargé de saveurs. Et le seul être qui pouvait la sauver d'une mort cruelle et tragique par malnutrition était toujours bloqué entre ses cuisses. Shura grogna un instant, elle se retrouvait bien obligé de consentir à laisser son matelas se lever et continuer son travail.

La furie prit son élan et se retrouva sur ses jambes en un bond élégant, se penchant et offrant sa main pour aider sa paillasse à se relever.

Je me vois dans l'obligation de quémander une deuxième portion comme je suis bloquée ici, allez au boulot le matelas !


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MessageSujet: Re: Les Gardiens de la Citadelle   Les Gardiens de la Citadelle Icon_minitimeJeu 14 Mar 2019, 21:23
Armée de menaces, l’étonnante cliente de Scipio lui appris qu’ils décollaient. Emporté dans ses préparations, il n’avait pas bien saisi que le véhicule s’était mis à bouger. La fatigue ne provoquait pas que la bonne humeur : il y avait également la perte d’attention. L’Humaine se faufila à l’intérieur de la carlingue, renversant la rappe à fromage préférée du cuistot, mais aussi un pot entier de serpolet de Thessia. D’un mouvement peu contrôlé, le Turien parvint à intercepter le récipient avant qu’il ne se vide complètement au sol. Pas peu fier de son geste, il n’eut que peu de temps pour en profiter, car bientôt son front vint faire la rencontre d’un impromptu genou.

Se découvrant jeté au sol et couronné d’une Humaine, il commença à paniquer. Qu’est ce qui se passait ? Ou plutôt, qu’est ce qui se passait bordel de merde ? D’où venait cette femme et, surtout, pourquoi sa peau frétillait d’énergie comme une anguille géante de Petra ? A peine Scipio eut-il le loisir de comprendre qu’elle était probablement une biotique en plein burnout que celle ci parvenait à récupérer la maîtrise de son corps. Ses cuisses cessèrent enfin de presser les flancs du pauvre cuisinier. Il allait se plaindre du manque de retenue des Humains, mais d’un coup, elle lui fit ouvrir la bouche en tirant sur sa mandibule. Cela ne l’empêcha, ceci dit, de râler :

« Ghais enfin ghous ghêtes tarée ?! »

Un peu plus ridicule qu’avant, Scipio était surtout surpris, et commençait à être intrigué. Cette dame longeait de l’ongle ses tatouages. Il ne pouvait pas bien voir le mouvement du doigt, mais son geste sur sa mandibule était familier. Le contact lui même était étrange mais rappelait la cérémonieuse course des appendices appliquant les marquages. Le symbole d’un peuple ; de la communauté d’Ankarus, mais également de tous les Turiens dans ce qu’ils ont de plus unis. Les forces de la tradition, pouvait-on résumer.

Mais l’attention de la cliente se portait déjà ailleurs. La gourgandine humait du bout des narines des tranches de viandes qui déposaient leurs gras au fond d’une poêle. Pourvu qu’elle n’y goûte pas, s’inquiétait le Turien. C’était sa bouffe ! Et puis, c’était dextro. Il tentait de se débattre et de baragouiner quelques apostrophes bien senties, mais il n’osait pas la toucher, et elle bien au contraire lui barrait le visage d’une main décidée. Quand elle se releva, elle passa immédiatement une seconde commande.

« Non mais quel culot ! Vous vous prenez pour qui ? Nan mais c’est bien les Humains ça, vous débarquez et immédiatement tout vous appartient, hein ? Bon, vous prendrez quoi ?! »

Tiraillé entre son professionnalisme, son épuisement constant des derniers jours et son agacement d’avoir été ainsi mis à terre par la première péquenaude venue, Scipio se rangea dans ce qu’il savait faire le mieux : se plaindre. Heu, la cuisine. L’autre ne comprenant pas que la salive était une réponse convenable, il jeta son dévolu sur une recette terrienne au hasard. Vue son sans gêne, elle ne devait pas être du genre à vouloir sortir de ses habitudes et essayer du galarien.

« Et puis vous êtes qui pour tout vous permettre comme ça ? On ne saute pas sur le cuistot enfin ! Ni sur le patron d’ailleurs. Alors surtout pas les deux en même temps ! »

Il la menaçait de sa râpe à fromage, dangereux instrument s’il en est. Celle ci balayait l’air entre eux deux tel un menaçant fleuret, tandis que d’une autre main il cherchait une épice à l’intérieur de son blouson. Saleté ! Tout était renversé au sol, ses poches s’étant vidées lors de l’impact.

« Non mais… Aaah ! s'enrageait le cuisiner. J’avais tout bien mis dans des petits sachets plastique, ça me prend toujours un temps de dingue. Et qu’est ce que tu r’gardes ? Garde ta bave, tu va tout dégueulasser ! Et bordel… »

La râpe vint donner un coup sur le comptoir, puis un autre sur la carlingue, jeté par son propriétaire à côté de la colonel afin d’atteindre l’enchâsse de l’IV de bord.

« Midas ! Qu’est ce qu’on fout au dessus des lacs du Présidium ?
- Il est probable que l’impact ait provoqué des dérèglements caporal.
- Et c’est maintenant qu’tu l’dis ?
- Il est probable que l’impact ait pr…
- Ferme là ! Toi là, va à l’avant et pose nous quelque part ! »


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MessageSujet: Re: Les Gardiens de la Citadelle   Les Gardiens de la Citadelle Icon_minitimeMer 08 Mai 2019, 21:11
Une scène ? Aux yeux de Shura, ça en avait des airs oui. Le bouiboui posait d'ailleurs un cadre parfait et très authentique, ni trop grand ni trop petit, et offrant ce magnifique panoramique en fond qui défilait de sa propre initiative. Les odeurs étaient toutes aussi chaotiques que les réserves d'ingrédients qui envahissaient les lieux, résultat des habitudes de travail du propriétaire qui favorisait davantage l'efficacité que l'esthétisme, offrant un spectacle submergé d'hétérogénéité.

Et que dire de l'acteur principal dans ce cas ? Celui qui devait savamment tirer sur les ficelles de ce décor pour sublimer la vie qui s'en dégageait, un rôle à l'importance capitale portant une lourde responsabilité sur ses épaules, celle de faire rentrer cet univers dans les imaginaires afin de lui donner une existence allant bien au delà de sa seule forme physique.

Et là encore, l'impression était confirmée. Le turien avait troqué sa veste d'honnête citoyen fondu dans la masse pour devenir le héros de l'histoire, le personnage principal sur lequel tous les regards se posait. Et pour capter l'attention, il y allait de son caractère, distillant un savant mélange de vociférations et de questions rhétoriques, saupoudrant le tout de gestes amples et de maladresse bien dosée.

Il s'agissait là d'une représentation parfaite des pièces de théâtre d'antan, un art qui s'était perdu au fil du temps avant de disparaître complètement de l'attention du plus grand nombre, désormais uniquement pratiqué par quelques niches qui se considéraient parfois comme l'élite artistique incomprise du 23ème siècle.

La furie se savait d'ailleurs avoir un rôle dans cette scène burlesque bien qu'elle avait du mal à pleinement le définir. Elle était d'une part la spectatrice, l’œil extérieur et critique nécessaire pour faire vivre tout ce qui pouvait se targuer d'être un tant soit peu artistique, et de l'autre, une actrice à part entière. Mais un rôle secondaire, inintéressant, loin des projecteurs, n'existant que pour justifier la colère et les émotions que traversait actuellement le héros de l'histoire.

Une râpe vint soudainement frôler la jeune femme qui était assise sur un morceau de comptoir depuis le début de la scène, la sortant de sa rêverie. Elle tenait dans sa main quelques petits cubes de viandes qu'elle avait récupéré dans un sachet parmi tant d'autres, en sélectionnant un entre ses doigts alors qu'elle observait sans intervenir, l'échange entre le turien et son IV.

Shura huma l'odeur alléchante du petit cube et entrouvrit les lèvres pour le gober avant de se figer subitement. Elle se rappela de l'endroit dans lequel elle se trouvait, et tout particulièrement de l'espèce à laquelle appartenait le propriétaire des lieux. Bien qu'il y ait bon nombre d'ingrédients levo à l'intérieur du boui boui, elle ne pouvait risquer une intoxication alimentaire mortelle alors qu'elle ne connaissait aucunement l'origine de la viande qu'elle tenait entre les mains.

Elle aurait très certainement pu demander conseil auprès du turien, mais il ne semblait pas vraiment enclin à faire dans le partage de connaissances, insultant son IV et profitant même de l'occasion pour donner des ordres à Shura. Elle trouva donc une toute nouvelle utilisation bien plus pertinente de ses cubes et commença à les lancer un par un sur le cuistot, tentant de les bloquer sous sa gueule dans la forme concave que formait sa carapace.

Une exercice qui s'avéra bien plus difficile que prévu tant le crâne imposant du turien constituait un obstacle de taille sur la trajectoire. De nombreux projectiles rebondirent donc pitoyablement sur sa mandibule et très peu d'élus parvinrent à se loger à l'intérieur de sa carapace. Une fois à court de munitions, la jeune femme se leva, rassemblant les perdants qu'elle avait fait léviter au dessus du sol avant de les poser dans un coin, tapotant ses fesses plus par réflexe que par réelle utilité.

Elle s'approcha du cuistot en quelques enjambées et attrapa l'une de ses mandibules dans sa main, un bien fort utile appendice, tirant dessus pour rapprocher sa tête de la sienne.

Et est ce que c'est une façon de parler à la clientèle ? Alors ça y est, sous prétexte qu'on est coincés tous les deux, y'a plus de protocole ?


Shura pencha légèrement la tête sur le côté, laissant un sourire étirer ses lèvres.

Ou peut être que tu souhaites simplement provoquer une réaction plus violente de ma part, mh ? C'est peut être ça que tu cherches, te faire maîtriser par une humaine et perdre tout contrôle sur ton corps et sur ce qu'il pourrait lui arriver...

Posant un doigt sur le front du turien, elle le poussa pour le replacer à sa position de départ.

Je vais m'occuper de ton bouiboui, tu as de la chance que je sois une fille bien élevée.

En réalité, elle était bien plus excitée à l'idée de conduire l'engin que d'obéir au turien, mais ce détail resterait sous silence. Sans un mot de plus, la furie disparut à l'avant du véhicule, découvrant par la même l'imposant tableau de bord qui trônait en son centre. S'asseyant souplement sur le siège, son regard parcourut les différentes interfaces holographiques affichant divers détails plus ou moins utiles pour la conduite.

Stoppant l'IV et prenant les commandes, Shura se rendit compte qu'elles n'étaient pas si différentes d'une skycar ordinaire. Elle se plaça alors confortablement dans son siège et laissa l'habitude parler, ses mouvements guidés par l'expérience d'une répétition quotidienne depuis de longues années. Le poids et la taille n'étaient cependant pas les mêmes, et le véhicule mit bien plus de temps à accélérer qu'elle ne l'aurait cru.

Ce fut donc après de longues dizaines de secondes que le bouiboui finit par atteindre sa vitesse de croisière, bien en deçà de la grande majorité des véhicules qui voyageaient au sein de la Citadelle. Shura parcourut du regard les étendues du présidium à la recherche d'un endroit où se poser et ne se rendit pas tout de suite compte que l’accélérateur n'était toujours pas désactivé.

L'engin commençait à atteindre une vitesse impressionnante pour sa taille et la furie ne constata le problème qu'à cet instant. L'accélérateur refusait cependant complètement de se désactiver, le moteur ne semblait pas avoir apprécié le choc qu'il avait subit et n'en faisait qu'à sa tête. Pilonnant la commande de frein, Shura avisa avec des yeux ronds le gratte ciel sur sa trajectoire qui s'approchait à grande vitesse.

Agrippant fermement les commandes, la furie mit toutes ses forces pour faire tourner le volant et l'engin, constatant au passage la souplesse quasiment absente du bouiboui dans les manœuvres. Elle serra les dents et se pencha avec ses commandes presque comme si la force physique pouvait avoir un impact direct sur le moteur. Le véhicule parvint à effectuer son virage en angle droit après avoir parcouru plusieurs centaines de mètres, frôlant un instant le building avant de le toucher.

L'intégralité de la carlingue se mit à vibrer alors que le côté droit du véhicule s'éraflait le long du verre de l'immeuble, laissant derrière lui une trace bien nette de son passage. Le supplice métallique ne dura pourtant que quelques secondes avant que le frottement ne cesse et que le bouiboui ne reparte gaiement dans les airs. Soudainement bien moins motivée à l'idée de continuer son escapade aux commandes d'un engin aussi instable, Shura chercha désespérément un endroit où se poser, survolant des esplanades et des parcs sans la moindre surface utilisable.

Elle finit alors par apercevoir une ouverture dans la paroi et vit une skycar ralentir avant de s'y engouffrer. Jonglant avec le tableau de bord, la N7 parvint à faire suffisamment ralentir le véhicule pour pouvoir s'y engager à son tour. Des pas se firent entendre derrière son siège alors que le cuistot venait râler face au traitement que subissait son commerce.

T'inquiète, on est arrivé !


S'engouffrant dans le tunnel, le bouiboui vint se poser avec une délicatesse toute relative sur le sol, faisant subir un nouveau choc à ses occupants. Il glissa sur quelques mètres avant de finalement s’immobiliser. Shura retomba dans le fond de son siège, maintenant la biotique qui s'évaporait de l'une de ses mains. Si son propre corps avait été retenu par sa ceinture, celui du turien était bien parti pour s'écraser sur le tableau de bord si la furie ne l'avait pas immobilisé avec ses pouvoirs.

Elle le reposa alors doucement au sol et retira sa ceinture.

C'était pas mal pour une première fois non ? Surtout avec du matériel aussi exécrable.

Le cuistot ne semblait pourtant pas du même avis, reprenant ses vociférations avec énergie. Le regard fauve de Shura se fixa sur l'une de ses mains volubiles un instant avant qu'elle ne plonge en avant et ne lui morde l'épiderme, étouffant sa phrase en cours dans un grognement de douleur.

Un bruit étrange envahit alors soudainement les lieux et en regardant rapidement à l'extérieur, la furie constata que le bouiboui se déplaçait alors que le moteur était bel et bien à l'arrêt. Retirant ses dents de sa victime, elle quitta le poste de pilotage et retourna dans dans la pièce phare des Bouchées de Palaven et d'ailleurs, slalomant entre les quelques ingrédients et ustensiles qui s'étaient répandus au sol suite au choc et se penchant sur le comptoir.

Elle comprit alors qu'il ne s'agissait pas d'un parking ou d'une voie menant à l'un des secteurs. Le bouiboui se trouvait sur un immense tapis roulant, quelques drones et bras mécaniques le replaçant parfaitement dans l'axe alors qu'en aval, de nombreux jets d'eau et de mousse surpuissant s'occupaient de la skycar qui l'avait précédé avant qu'elle ne se fasse absorbé par de gigantesques rouleaux de lavage.

Une caméra s'orienta vers le bouiboui pour scanner son immatriculation et l'omnitech du turien s'activa un instant pour le prévenir qu'un retrait avait été effectué depuis son compte. Shura tourna la tête dans sa direction, sans quitter son poste d'observation.

Hum... J'espère que t'as des volets ou quelque chose de solide pour fermer cette partie là...


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Scipio Sempronia
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MessageSujet: Re: Les Gardiens de la Citadelle   Les Gardiens de la Citadelle Icon_minitimeLun 20 Mai 2019, 20:52
Quel toupet ! Après avoir joué avec la viande comme une malpropre, elle le provoquait. Malgré ses vociférations, elle continuait de n’en faire qu’à sa tête. Scipio râla bien entendu quelque chose sur le fait qu’être client n’autorisait pas n’importe quoi, mais elle s’en ficha éperdument. Elle se glissa à l’avant du véhicule (enfin !), lui épargnant de se faire maîtriser par une humaine et perdre tout contrôle de son corps. Ce qui n’était qu’à moitié dommage.

« Tu va voir qui va bien t’élever… » grommelait-il sans vraiment y réfléchir.

Quel dommage ! Voilà que sa bonne humeur née de la fatigue se troquait à l’énervement. Il en fallait peu ! Il suffisait d’une humaine tombée du ciel et de son arrogance implacable. Sa maladresse et sa brutalité étaient rageantes, et par ailleurs il se demandait pourquoi il ne la bottait simplement pas hors du véhicule. Ah oui ! C’est vrai, elle conduisait. Comment s’était-elle retrouvait là ? Il l’avait envoyé, bien entendu, oui, mais… L’enchaînement des événements le dépassait tout à fait.

« J’te met du... » commença le Turien avant de valdinguer en arrière.

Quelle conne ! De l’arrière, impossible de savoir ce qu’elle pouvait bien branler ! Mais le décor défilait à vive allure devant lui, et parfois bien trop près au goût de Scipio. Un long crissement secoua le véhicule, son propriétaire et le petit cœur de celui ci. Il voyait déjà le prix des frais de réparation, et sa gorge se nouait alors que ses bras se tordaient pour rattraper tout ce qui dégringolait des étagères. Intérieurement, il se promit de ranger moins de choses en hauteur, bien qu’il émit à lui même une close indiquant qu’il ne tiendrait probablement pas cette promesse si ça n’était pas pratique. Mieux valait être prudent. Quand le véhicule s’immobilisa, Scipio était recouvert de victuailles, de sauces et d’une odeur de bière fraiche, le frigo s’étant ouvert et ayant renversé sur lui une partie de son contenu. Au moins, il était en vie ! Il bondit dans l’habitacle pour exiger à l’Humaine des explications, mais elle le devança avec une désinvolture qui servait de signature :

« T’inquiète, on est arrivés ! C’était pas mal pour une première fois, non ? Surtout avec du matériel aussi exécrable ?
- Exécrable ? Mais tout est hyper quali dans ma guitoune ! Tu ne sais juste pas conduire, espèce de tarAH ! »

Quelle sauvage ! Elle venait de le mordre. Elle avait sorti les crocs et s’en était prise à lui. Il se sentit pris de vertige face à l’idiotie de la situation, et eut envie de répliquer à toutes dents, mais la femme fila à l’arrière, et en la suivant avec l’idée fixe de se venger de cet affront, il aperçu ce qu’elle avait compris avant lui.

Oh merde.

« Hum… commençait-elle. J’espère que t’as des volets ou quelque chose de solide pour fermer cette partie là…
- Bien entendu. Tu penses que ça reste ouvert toute la nuit ? »

D’un clic sur l’omnitech, il ordonna la fermeture des volets. Au début, le temps d’attente lui sembla un peu long, et il prit peur que le mécanisme ait été endommagé par la chute de la furie. Ouf ! Ça y est, la descente s’amorçait. Heureusement, car les sons des jets d’eaux se faisaient de plus en plus nets !

« Tu vois ? Hyper quali. »

Puis le volet se bloqua, un message d’erreur fit son apparition à côté de la facture, et il fallut improviser. Avec la nécessité de penser plus vite que ne se déroulait le tapis-roulant sur lequel se déplaçait sa guitoune, il passa en revue ses options. Lancer l’alarme du bâtiment semblait être une bonne idée, ça provoquerait probablement un arrêt d’urgence. Mais comment l’activer sans que ça ne lui cause de soucis ? Il ne voyait pas de gros bouton rouge sur les parois… On en trouve pourtant toujours lorsque l’on en a pas besoin ! Deuxième solution : combler l’ouverture. Non, ça ne marcherait pas, l’espace vide était trop grand, le temps manquait, et puis, il n’avait rien d’assez grand. A moins que…

Le soucis lorsque l’on réfléchit plus vite qu’à son habitude, c’est que l’on trouve surtout des situations moins orthodoxes. Alors que l’étrange curiosité de Shura avait amené celle ci à venir tirer de nouveau sur la mandibule du Turien, probablement interrogée par son frétillement due au stress qui grimpait en flèche, il mit son plan mal échafaudé à exécution. Il l’attrapa et la balança sur le plan de travail, et d’un coup la fit rouler dans l’ouverture.

« Si t’as pété le volet, tu sera le volet ! »

Elle ne l’entendit pas de cette oreille, et bientôt la mêlée commença. Alors qu’il la maintenait à bout de bras, elle lui attrapa un poignet, lui décocha un coup de pied adroit dans l’épaule, et le tira à elle. Ils étaient désormais deux sur le plan de travail, heureusement débarrassé de tout instrument dangereux par les précédentes mésaventures de la guitoune. Ils roulèrent l’un sur l’autre dans le but d’être celui qui serait du côté sec, mais bientôt l’Humaine pris le dessus. Littéralement, car elle était accroupie sur son bassin, et tenait le haut du corps de Scipio en dehors de la carlingue. Il vit approcher, bien trop vite à son goût, les rouleaux de lavage. S’ils étaient à cette distance, ça voulait dire que les jets seraient… Merde ! Plus de temps à perdre.

Il attrapa le haut de son véhicule et se propulsa hors de l’emprise de la femme. Suspendu en dehors du véhicule, il paniqua une seconde, se rendit compte qu’il n’était pas très haut, et se laissa tomber de la vingtaine de centimètres qui le séparait du tapis roulant. D’un bond, il remonta sur le comptoir, mais elle l’attendait. Elle luisait d’un bleu profond et inquiétant. Lui bouillonnait d’un agacement exacerbé par la fatigue physique comme mentale. Il se jeta sur elle, et d’une vague d’énergie bleu marine, elle le projeta au plafond. Il retomba comme un livre mal rangé, et elle l’attrapa pour se servir de bouclier comme il l’avait lui même envisager. Il ferma les yeux, se sachant vaincu, mais les jets d’eau ne vinrent pas. Il avait du mal estimer leur distance. Scipio attendit encore un peu. Ils allaient forcément arriver. Il finit par ouvrir de nouveau ses mirettes, et se rendit compte que le tapis roulant n’avançait plus.

« Sauvés ! Par les Esprits ! Vengeance ! »

Et, sans y réfléchir, il mordit à pleine dent la main qui maintenait le haut de son corps. A la même seconde, le tapis embraya de nouveau, les jets s’activèrent, et le duo fut balayé à l’intérieur de la carlingue avec fracas.


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