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 Illusion

Shura Fender

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Shura Fender
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MessageSujet: Illusion   Illusion Icon_minitimeDim 13 Jan 2019, 23:23
► █ Date : 12 Janvier 2204 RP Tout public
Shura Fender ♦️ Audrey Bayard
Illusion


Des éclats à l'ambre étincelante apparaissaient de temps à autre, perçant au delà de l'épaisse couche grisâtre qui recouvrait la planète et témoignant de la férocité de leur naissance. Des tâches minimes et parfois imperceptibles depuis l'espace, mais de gigantesques tempêtes de feu au sol, la terre rugissant avec ce qu'elle avait de plus féroce.

Sytau était une planète fascinante pour le cataclysme permanent qui avait lieu à sa surface, la terre et le feu avaient gagné depuis bien longtemps leur combat contre les autres éléments, en résultait une démonstration de ce que les astres telluriques avaient de plus violent à offrir. Un spectacle rare sur lequel Shura se serait davantage penchée en d'autres circonstances.

Car ce n'était pas l'exploratrice qui était venue jusqu'ici, mais bien la furie vengeresse à la tête d'une petite escouade de l'UCIP. La frégate furtive du Conseil se laissait dériver dans le néant comme l'aurait fait n'importe quel objet spatial inanimé. Sa cible n'était autre qu'une station en orbite de Sytau, une station appartenant à l’œil. Shura se trouvait dans le cockpit aux côtés du pilote, observant la planète et sa cible qui demeurait imperceptible à cette distance.

Il était pour le moment difficile de mettre le doigt sur ce qu'elle ressentait vraiment, car si dans le cadre d'une mission son professionnalisme avait tendance à prendre le pas sur le reste, dans ces circonstances ses sentiments étaient également chaotiques. Appréhension, excitation, peur, extase, un cocktail instable qui ne lui laissait guère le luxe de s'attarder sur un seul d'entre eux et de s'y fixer. Mais Shura avait heureusement depuis longtemps appris à faire la part des choses, à mettre de côté ses émotions quand il le fallait et surtout à ne jamais les laisser interférer sur son devoir. C'était la raison qui lui avait fait gravir les échelons, mais aussi commettre des actes qu'il était parfois difficile de se remémorer.

Mais l’œil était un adversaire qui ne lui laissait généralement pas vraiment le choix.

L'origine de l’œil remontait il y a bien longtemps, à l'époque de l'exploration spatiale asari. Né des litiges entre deux grandes familles dont l'animosité entre les Matriarches n'avait d'égal que leur réputation. Deux façons d'appréhender l'univers, le futur, l'évolution, deux visions diamétralement opposées qui s'entrechoquaient. Pour l'une de ces deux familles, la technologie représentait non pas un moyen mais un but, et la volonté de supprimer les erreurs et faiblesses organiques par le synthétique donna réellement naissance à ce qui allait s’appeler l’œil bien plus tard.

Vivant à l'écart de la société depuis la rébellion kroganne, les descendants perdirent en éthique mais gagnèrent en efficacité alors que de nombreux peuples venaient rejoindre la population galactique. L'utopie familiale forgée par sa vision idéaliste et quasi sectaire devient une organisation en marge des lois conciliennes. Le premier véritable litige intervint lorsque des agents de l’œil tentèrent de voler une partie de la technologie de l'arche des aliens virtuels, arche qui avait été et demeurait encore la propriété du Conseil.

Une intention louable face au péril moissonneur, virtualiser les clients, les libérant de leur enveloppe charnelle et leur offrant une vie éternelle dans un monde numérique à l'abri des périls de la galaxie. Peu d'informations ont transité sur l'état de l'organisation à cette époque, la seule certitude était que l’œil avait subi de profonds changements après la grande guerre et était devenu bien plus agressif qu'auparavant.

Ce fait avait été rapidement constaté lorsque la FEN, flotte d'exploration de l'alliance en quête de nouveaux mondes à coloniser avait découvert les complexes dissimulés de l’œil. Au delà des horreurs que l'organisation laissait alors dans son sillage, quelques uns de ses agents avaient infiltré l'espace concilien, disparitions, kidnapping, voir assassinats dans les moins inquiétants des cas.

Lorsque l'alliance avait remonté les traces de l'organisation jusque dans les stations d'extraction de Vaard, abandonnées par les krogans depuis la fin de la Rébellion, elle avait envoyé une expédition punitive pour détruire les lieux. L'alliance tomba dans un piège et seul l'intervention miraculeuse de la MEDC avait permis à l'opération d'être un succès. Mais à quel prix ? Shura fut la seule survivante de l'expédition, ayant perdu tout ce qui restait de son équipage ce jour là.

Depuis cet incident, l’œil s'était fait bien plus discret et aucune réelle intervention de sa part n'avait été recensée, mais Shura continuait de remonter les pistes, déterminée à mettre un terme à l'existence de l'organisation. La position de la station qui représentait la cible du jour n'avait été obtenue que grâce aux informations de la Lignée, descendants de l'autre famille qui avaient visiblement autant d'intérêts que le Conseil à voir les reliquats de leurs anciens rivaux disparaître. L'origine de l'information avait peu d'importance pour Shura tant qu'elle s'avérait pertinente.

Avec de la chance, cette station pouvait s'avérer être le sursaut de vie d'une organisation mourante qui tentait vainement de survivre. A cette pensée, Shura se mit à serrer les poings inconsciemment. C'était là, elle le ressentait pleinement désormais, il n'y avait plus de doute possible quant à sa nature. Le chaos laissa place à l'ordre et une anticipation presque maladive s'empara de Shura alors qu'un sourire macabre se dessinait sur son visage.

***

Aucun signe de vie et pas la moindre trace d'énergie n'émerge de la station, tout leurs systèmes sont éteints. Vous devrez redoubler de prudence.

La furie avait réuni le groupe pour l'intervention, une petite équipe de spécialistes à laquelle elle faisait parfois appel, mais également une jeune femme qu'elle n'avait pas encore côtoyé en mission. Lieutenant Bayard, ce fut à la suite de l'étude des rapports sur Shanxi que le Colonel de l'UCIP avait décidée de l'embarquer en mission dans un but double, observer ses compétences mais également déterminer ce qu'elle était en mesure d'apporter dans le cadre d'un travail de groupe, particulièrement dans des conditions hostiles et imprévisibles.

Les quatre membres de l'UCIP se trouvaient face à Shura, écoutant ses recommandations avant l'intervention.

Pour ceux d'entre vous qui n'ont jamais eu affaire à l’œil, sachez que leurs éléments combattants disposent d'implants et d'améliorations cybernétiques, c'est pour ça qu'on nous a fournit de l'équipement contre les synthétiques. Assurez vous toujours que votre cible est hors d'état de nuire, certains d'entre eux tiennent plus de la machine que de l'humain.

Pas de système de gravité artificielle actif, alors utilisez vos bottes magnétiques en permanence. Et restez toujours sur vos réserves d'oxygène même en environnement sécurisé, nous ne sommes pas à l'abri d'une décompression surprise.

Bien qu'elle était entourée de professionnels, il ne paraissait jamais totalement futile à Shura de rappeler les consignes de sécurité primordiales.

Nous ignorons sur quoi nous allons tomber sur place, alors pas de précipitation. On étudie systématiquement l'état des lieux et les nouvelles informations en notre possession avant d'agir. Inutile de jouer les héros, si la situation dérape, retour sur la frégate.


Shura enfila son casque de furie qui vint se verrouiller au reste de son armure avant de rabattre sa capuche par dessus.

Des questions ?





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Audrey Bayard

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MessageSujet: Re: Illusion   Illusion Icon_minitimeMer 16 Jan 2019, 21:44
Audrey était en train de somnoler, inconfortablement installée dos à une cloison. Les vrombissements de la coque avait étonnamment un petit effet lénifiant. Ballottée presque sans interruption de transport en transport depuis presque 48 heures, la jeune femme profitait d'un de ses rares moments d'inactivité pour récupérer un peu. Elle avait certes pu faire des nuits complètes, mais passer son temps dans les transports demeurait fatiguant. D'autant que le lieutenant ne savait toujours pas où elle était envoyée exactement. Lorsqu'elle s'était présentée au QG de l'UCIP ce matin, on l'avait redirigée sans plus de détails vers un quai où l'attendait une frégate, qui avait décollé peu de temps après son arrivée. Et quand la française avait cherché à se renseigner sur leur destination, on lui avait répondu d'attendre le briefing pour en savoir plus et poser ses questions. Elle s'était donc rendue dans sa chambrée pour s'y poser et se détendre un peu en attendant d'être autorisée à soumettre ses interrogations.

La décélération provoqua une légère secousse dans la paroi, qui tira l'officier de sa torpeur. Bien qu'elle ne saurait dire combien de temps elle était restée ici, ça n'avait pas dû être trop long car la terrienne ne souffrait d'aucune courbature malgré sa position et ne se sentait pas vraiment anesthésiée comme elle l'aurait été après un long sommeil. Elle était même plutôt réveillée compte tenu des circonstances, même si elle était loin de l'être assez pour sauter comme un cabri. Quoi qu'il en soit, la concilienne se leva avant de s'étirer de tout son long en inspirant à fond. S'ils avaient atteint leur destination, il y avait fort à parier que la militaire ait besoin d'être au maximum de ses capacités d'ici peu. Et effectivement, l'humaine reçut par radio une convocation pour le briefing une fraction de secondes après avoir fini son mouvement. Elle s'y rendit donc sans attendre, comptant sur la petite minute de marche pour finir de la réveiller.

En pénétrant dans la salle de réunion, la châtain constata que trois soldats s'y trouvaient déjà, discutant entre eux. Compte tenu du ton et de ce qu'elle percevait de la conversation, il y avait fort à parier qu'ils se connaissaient et que ce n'était pas leur première opération ensemble. Bayard les salua de façon informelle en passant avant d'aller s'installer un poil à l'écart en attendant l'arrivée du responsable de l'opération. Ce dernier, ou cette dernière en l'occurrence, ne mit guère longtemps à apparaître dans la pièce et à imposer le silence. La colonel débuta ensuite son briefing en entrant directement dans le vif du sujet, ce qui dérouta légèrement la gendarme. Elle avait vraiment la sensation de débarquer en touriste au sein d'une équipe qui connaissait déjà tous les tenants et les aboutissants de la mission qui allait suivre. A dire vrai, cela ressemblait plus à une mise à jour des paramètres de la mission et à des rappels de dernières minutes qu'à un véritable briefing. Le genre de discours qu'Audrey aurait tenu dans la navette juste avant le largage.

- Des questions ?
- Pardonnez-moi mon colonel, mais je n’ai reçu que très peu d’informations concernant cette opération durant mon transfert. Quel est notre objectif ? Collecte de données ? Sabotage ? Destruction ?

Audrey était extrêmement gênée d'avoir à poser cette question, mais comme elle l'avait dit, personne n'avait jugé utile de lui délivrer les détails de son affectation. L'officier supérieur ne sembla pas lui en tenir rigueur et répondit simplement à sa question. Leur objectif initial était d'investir la station et d'y collecter un maximum d'informations. Cependant, compte tenu de l'absence de signature énergétique émanant du complexe, le commando allait maintenant devoir étudier les raisons de son apparent abandon. La collecte de données demeurait néanmoins leur mission principale. D'autant qu'elle leur fournirait peut-être des détails sur ce qui avait poussé les précédents propriétaires à fuir. À condition qu'ils aient bel et bien levé le camp et que tout ceci ne soit pas qu'un énorme traquenard… Cette remarque provoqua la question suivante du lieutenant.

- Les scans de la station ont-ils révélé d'éventuels pièges ? Ou des traces d’explosifs ? Et dans le cas où il resterait des occupants à bord, doit-on s'attendre à pire que des Immortels en terme de combativité et de résistance ?

Le colonel ne pouvait pas vraiment affirmer quoi que ce soit pour la dernière question de sa subalterne. Ou plus précisément, Audrey ne pouvait rien déduire de la réponse qui lui avait été fournie. Et en même temps, ça paraissait logique. Sans savoir si la station était occupée, il était difficile d'évaluer la puissance de ceux qui pourraient se trouver à bord. Pour les précédentes en revanche, la réponse était claire. Aucun dispositif explosif repéré. Cela ne signifiait pas forcément qu'il n'y en avait pas cela dit. D'autant qu'il y avait peut-être des bombes qui ne s'activeraient qu'une fois le complexe remis sous tension. Mieux valait donc rester prudent à ce sujet. Règle numéro une quand on investissait une base inconnue avec tout plein de boutons : refouler ses instincts les plus primaires et ne toucher à rien. Laisser faire les spécialistes. Trop de soldats mourraient en se demandant simplement à quoi servait un bouton...

Aucune autre question ne fut posée. La troupe se mit donc en route, chacun ayant pris soin d'enfiler son casque, à l'image de celle qui commanderait durant l'opération. Bien qu'un peu plus au fait de ce qu'on attendait d'elle, la française restait dans le brouillard sur pas mal de points. Et parmi les plus importants demeurait celui des aptitudes de chacun des membres du commando. Si elle avait pu en déduire certaines selon l'équipement ou la race de ses équipiers, l'étendue exacte de leurs capacités ne lui apparaîtrait probablement que durant la mission. En espérant que cela ne s'avère pas problématique pour son bon déroulement. Tout ceci ne faisait que raviver une question qui brûlait les lèvres de la terrienne depuis maintenant bientôt deux jours. Et s'il aurait été malvenu de la poser durant le briefing, peut-etre le lieutenant pouvait-elle maintenant profiter du trajet pour s'autoriser à questionner sa supérieure en privée.

- Avec votre permission mon colonel, pourrais-je savoir pourquoi j'ai été si précipitamment transférée de Nodacrux pour cette opération ?



Shura Fender

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MessageSujet: Re: Illusion   Illusion Icon_minitimeVen 25 Jan 2019, 02:14
Ce ne fut que sur le chemin de la navette que Shura fut interpellée comme elle s'y était attendue. Les questions et les doutes du Lieutenant Bayard étaient plus que légitimes, mais la N7 ne pouvait lui confier la réelle raison de sa présence sans risquer de dénaturer le résultat de ses observations. Elle avait par ailleurs l'habitude de ne se concentrer que sur l'essentiel en mission et d'être peu bavarde avec ses hommes, plus encline à opérer en duo, voir en solitaire. La lourdeur hiérarchique et protocolaire, c'était bon pour l'alliance. La jeune humaine allait donc devoir composer avec la fermeté de sa supérieure en plus du reste.

Le casque de la furie se tourna dans sa direction.

Peu importe les raisons lieutenant. Adaptez vous et agissez en conséquence si vous voulez survivre et accomplir la mission. Le reste importe peu.

***

Filant silencieusement à travers le vide, la navette furtive de l'UCIP se dirigeait tout droit vers la station abandonnée. Shura se tenait debout dans l’habitacle, une main fermement accrochée à la paroi dans l'éventualité d'une secousse.

On maintient le silence radio aussi longtemps que nécessaire, aucune source lumineuse, restez sur vos visions nocturnes et on progresse dans le silence. On improvisera la suite on fonction de ce qui se trouve sur place. S'il y a contact hostile, n'hésitez pas à faire feu. Dans l’hypothèse où la situation dégénérerait, on se regroupe à la ZA, la navette viendra nous exfiltrer.

Elle n'avait guère l'habitude d'être aussi rigide en mission, mais en cet instant l'ombre noire et menaçante de la station qui grandissait à travers le cockpit provoquait chez elle une certaine appréhension. Donner des ordres clairs et précis permettait d'en atténuer les effets, mais rien ne pouvait tarir le flot d'horreurs qui s'écoulaient depuis son imaginaire, stimulé par ses souvenirs. La rigueur militaire seule ne suffisant plus, elle devait utiliser la haine pour se construire une protection préventive.

Un exercice qui n'en était pas à ses balbutiements, car si les états de services de la furie permettaient d'en faire ressortir une spécialité, c'était bien celle d'opérer dans des milieux inconnus, face à une menace non identifiée et où la santé mentale pouvait devenir aussi vulnérable qu'un corps humain sans armure. La furie savait gérer la tension et la peur bien mieux que la plupart et elle devenait ainsi un élément de choix pour explorer les lointaines profondeurs de l'espace que personne n'osait vraiment approcher. La peur ne disparaissait jamais, mais elle pouvait être apprivoisée.

Mais ironiquement dans le cas présent, étant la seule à avoir un passif aussi chargé avec l’œil, la furie était très certainement celle qui appréhendait le plus l'opération à venir.

***

Un silence absolu les entourait. Shura attendait collée à la paroi alors que le turien terminait son saut. La navette furtive s'était adaptée à la vitesse de rotation de la station, s'en approchant suffisamment pour permettre à l'équipe d'intervention de l'atteindre d'un bond. Les semelles magnétiques se chargeaient ensuite de maintenir les combattants sur leur objectif.

La N7 s'accroupit un instant en posant une main sur le rebord métallique. Ici, la verticalité n'avait plus vraiment de sens, mais Shura avait l'impression de se trouver au bord d'un plongeoir géant. Un saut qui la ferait tomber vers la magnifique planète ambrée qui paraissait bien plus impressionnante d'aussi près. Un contraste des plus percutants avec le complexe au métal noir sur lequel elle se tenait, tel une boite de pandore inquiétante défiant quiconque de l'ouvrir pour dévoiler ses immondes secrets.

Lorsque l'unité dans son entièreté eut atteint la station, la navette s'éloigna doucement, demeurant dans le secteur pour observer d’éventuels signes d'activités depuis l'extérieur. En l'absence de courant, ce fut à l'ingénieur de s'occuper de l'ouverture du sas, créant un faible flux énergétique local pour lui permettre d'accéder à l'interface holographique.

Les cinq combattants de l'UCIP se retrouvèrent donc dans l'un des sas de la station, une lente pressurisation démarrant autour d'eux. Shura inspira profondément, le son unique de ses battements de cœurs étant bientôt rejoints par de nombreux autres, des grincements proches comme le bruit lointain du métal en mouvement. La masse gigantesque du complexe orbital de l’œil était perceptible seulement aux sons, rendant le silence du vide bien plus réconfortant.

Après un signe de tête, l'ingénieur entrouvrit la porte, y glissant un drone invisible chargé de filmer et scanner les environs, retransmettant les images sur les omnitechs de toute l'équipe. Il s'agissait là d'une simple pièce plongée dans le noir, les différentes visions confirmant l'absence totale des propriétaires des lieux, de pièges, de tourelles ou d'explosifs dissimulés.

Shura fit signe au groupe qu'il était temps d'y pénétrer. L'imposant turien déploya son bouclier et fut le premier à entrer dans la pièce lorsque la porte s'ouvrit. La furie le suivit de peu, prête à intervenir avec sa biotique si quelque chose venait à se manifester.

Mais rien ne se produisit. La pièce était même en parfait état, ne présentant aucun corps, aucune trace de lutte particulière, rien ne laissait suggérer qu'un éventuel combat avait eut lieu. La zone ne s'en fit que plus étroite, oppressante. Porteuse d'un secret dont ils ignoraient tout et d'un danger qui les guettait peut être même déjà. Shura serra la poigne de son Eagle et laissa une étincelle biotique éclater entre ses doigts.

L’œil ne laissait rien d'aussi insidieux dans son sillage d'ordinaire. Que ce soit de puissants combattants ou des créatures abominables dans des laboratoires abandonnés, la menace se montrait toujours rapidement et permettait d'y réagir en conséquence. Ici seul l'écho d'une vie désormais révolue subsistait entre les opprimantes parois de métal. La N7 fit signe de poursuivre la progression, il était inutile de s'attarder dans un environnement aussi pauvre en informations.

La porte suivante menait cette fois ci à un long couloir et ses nombreux embranchements, l'équipe se sépara en deux afin de vérifier la gauche et la droite simultanément sans laisser d'angles morts. Suivie par le lieutenant Bayard, Shura pénétra dans une pièce plus vaste que les autres, présentant pour la première fois des objets brisés et un chaos apparent, jugeant nécessaire d'y enquêter plus en détail. Un léger éclat sur sa vision nocturne l'intrigua, la N7 la désactiva alors un instant et constata que son intuition avait été juste, une légère lueur apparaissait dans l'obscurité.

Lorsque les deux femmes s'en approchèrent, elles purent constater la présence d'une brèche dans la paroi métallique. Deux excroissances étaient accrochées aux câbles dans le mur, comme tentant d'en récupérer l'énergie. Mais le plus surprenant demeurait le robot affalé sur le sol au bout de ces deux excroissances, la moitié inférieure de son corps avait été réduite en miettes. Sa tête rectangulaire se leva alors et deux objectifs semblables à des yeux se fixèrent sur les combattantes.

Une voix féminine retentit.

Enfin ! Je commençais à me demander s'il restait quelqu'un à bord de ce vaisseau. Pouvez vous me dire ce qu'il se passe ? Et par pitié faites venir un médecin compétent, je ne sens plus mes jambes !

Le visage de Shura s'assombrit sous son casque. Connaissant l’œil elle savait très bien ce qu'était la chose sous ses yeux. Bien que cela ne résolvait en rien le mystère de la disparition des propriétaires des lieux, une certaine tension s'éleva de ses épaules. Ouvrant le canal général à l'équipe, elle brisa le silence radio, convaincue que si ennemi il y avait à bord, il était de toute façon déjà au courant de leur présence.

Ici Fender, on a la confirmation qu'il reste du courant à bord, tentez de trouver un terminal encore actif si c'est possible et restez vigilants.

La furie changea de canal, parlant cette fois ci en privé au Lieutenant Bayard et verrouillant son casque pour que le son n'en sorte pas.

C'était une personne avant, et elle est toujours convaincue d'en être une. Il s'agissait certainement d'une innocente qu'ils ont utilisé comme cobaye, condamnée à devenir une carcasse robotique suçant l'énergie d'un mur pour survivre maintenant qu'ils ont abandonné les lieux.

Shura s'accroupit alors face au robot et déverrouilla son casque.

Depuis combien de temps êtes vous réveillée ?


Euh... Depuis plusieurs heures je dirais ? Je ne sais plus trop, il n'y avait personne à mon réveil et tout était déjà plongé dans le noir...


Je vois.

La furie se leva et activa sa lampe, fouillant cette fois ci la pièce plus méticuleusement sous une forte lumière. La tête du robot se tourna vers le lieutenant.

Pourquoi ne sommes nous pas à la surface ? Y'a t-il eu un problème pendant mon opération ?


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Audrey Bayard

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MessageSujet: Re: Illusion   Illusion Icon_minitimeSam 26 Jan 2019, 14:25
- Peu importe les raisons lieutenant. Adaptez vous et agissez en conséquence si vous voulez survivre et accomplir la mission. Le reste importe peu.

Une façon polie de dire "fermez là et contentez vous de faire votre travail". Non même pas polie en fait, seulement avec plus de mots. Audrey avait déjà connu des officiers plus conciliants, mais elle ferait avec. Ca ne rimait à rien de se mettre à chouiner parce que sa supérieure lui avait répondu sèchement. Certains commandants se fichaient pas mal d'être appréciés de leurs subalternes du moment que le boulot était fait. Et si ce colonel Fender était aussi efficace et compétente qu'antipathique, alors tout devrait bien se passer. Et puis, personne n'avait jamais dit qu'il fallait nécessairement être apprécié de ses troupes pour les diriger efficacement.


----------


Le trajet en navette fut rapide. La chef de l'opération avait donné les dernières consignes une fois à bord. Pas de bruit, pas de lumière, pas de radio, tirer à vue. Au moins, c'était facile à retenir. Par souci de jusqu'auboutisme, Bayard demanda tout de même s'il fallait tirer pour tuer ou s'ils devaient en garder en vie pour interrogatoire. La réponse se résuma globalement à un "on verra au moment de défourailler". Bien... Depuis sa petite "altercation" avec Arcadia, la française préférait demander avant s'il était autorisé ou non de négocier avec les cibles. Si elle pouvait éviter de se refaire incendier par un colonel en colère, ça l'arrangerait.

Quoi qu'il en soit, ils étaient à présent arrivés à hauteur de la station. Ne pouvant pas s'y arrimer au risque d'être beaucoup trop facilement repérée, l'escouade allait devoir faire un petit saut dans l'espace. C'était la première fois que la terrienne allait évoluer en apesanteur et pour tout dire, elle était plutôt curieuse. Lorsque ce fut son tour, elle se lança hors de la navette. Ce fut court mais intense. Un moment tout à fait grisant. Plus que grisant, enivrant. Jouissif ! La châtain n'avait jamais rien ressenti de pareil. Cette sensation de légèreté, de libération, de délivrance absolue. L'espace d'un instant, c'est comme si toutes les contraintes de l'univers avaient disparu. L'humaine était aux anges, émancipée pendant quelques secondes de tout ce qui la retenait. Si elle n'avait pas été au beau milieu d'une opération militaire, la jeune femme aurait probablement lâché un hurlement de satisfaction. Malheureusement, les meilleurs choses ont une fin et elle arrive toujours trop tôt. Lorsque ses bottes magnétiques touchèrent la carlingue du complexe orbital, la gendarme eut soudainement l'impression de sentir tout le poids de ses obligations qui revenait d'un seul coup. Le plaisir était fini, il était temps de se recentrer sur la mission.

Le petit commando pénétra relativement rapidement dans la base, passant par un sas qui fut ouvert sans aucune difficulté. Après avoir envoyé un drone en reconnaissance, les fantassins s'aventurèrent plus avant dans la station. Cela se rapprochaient presque d'une intervention au SSC. Silencieusement, d'un pas aussi léger que les armures le permettaient, le groupe progressait dans les couloirs. Rapidement, ils durent se séparer à un embranchement pour couvrir plus de terrain. Audrey accompagna le colonel tandis que le reste de l'équipe partit dans une autre direction.

Les deux femmes pénétrèrent dans une pièce, aussi sombre que le reste du complexe. Presque aussi sombre en fait... Il semblait y avoir une très faible lueur émanant du fond de la salle. Le duo s'en approcha prudemment, armes levées. Il ne s'agissait que de deux câbles fichés une paroi éventrée, probablement pour en siphonner l'énergie. Les militaires suivirent les branchements avec le canon de leurs fusils et tombèrent au bout sur un demi robot étendu sur le sol. Celui ci se plaignit alors de ne plus sentir ses jambes et demanda à voir un médecin. Bayard n'avait jamais vu de méca parlant à ce point comme un être organique. Ce n'est qu'ensuite que la Furie lui expliqua en privé qu'il s'agissait probablement d'une personne qui avait été... "numérisé". Voilà qui faisait froid dans le dos. Le colonel Fender interrogea simplement l'automate sur son réveil, avant de l'abandonner froidement sur place pour aller fouiller la pièce. Les deux diodes se fixèrent alors sur celle qu'il restait.

- Pourquoi ne sommes nous pas à la surface ? Y'a t-il eu un problème pendant mon opération ?

L'ancienne du SSC ne pouvait s'empêcher d'éprouver une certaine forme de pitié pour cette personne réduite à un amas de tôles sur le sol. Elle s'accroupit alors comme l'avait fait sa supérieure un instant avant et engagea la conversation.

- Comment vous appelez vous ? demanda l'officier d'un ton compatissant, sans réellement tenir compte de la question de la machine pour le moment.
- Liz. Liz MacBeth.
- D'où vous venez ? Vous avez parlé de la surface.
- Comment ça d'où je viens ? Vous croyez peut-être que j'ai traversé la moitié de la galaxie pour venir me faire opérer spécifiquement dans la Travée ?
- Calmez vous Liz, tout va bien. Quelle est la dernière chose dont vous vous souvenez avant votre réveil ici ?
- Et bien on m'a endormi pour l'opération.
- Qui ça "on" ? Et quelle opération exactement ?
- Comment ça ? Pourquoi vous me posez toutes ces questions ? Et qui êtes vous d'abord ? Pourquoi vous portez une armure ?
- Répondez simplement aux questions s'il vous plait Liz, cela fait partie de la procédure. Il arrive que certains patients soient sujets à des pertes de mémoires ou de sensibilité temporaire après ce que vous avez subi.

Hum, pas trop mal pour un mensonge improvisé à la va vite. L'infirme sembla hésiter un peu, mais répondit finalement après un petit délai.

- Je... j'étais venue à bord pour une reconstruction de mon bras. Est ce que je pourrais voir un médecin maintenant ?
- Les secours sont en route, on va s'occuper de vous, ne vous en faites pas. En attendant essayez de rester tranquille et surtout ne bougez pas.

Bayard se releva et activa le canal privée que la furie avait utilisé un poil plus tôt.

- Colonel, j'ai terminé avec GladOs. Elle prétend s'appeler Liz MacBeth. Originaire de la Travée. Elle pense toujours y être d'ailleurs. La dernière chose dont elle se souvient c'est de s'être endormie sur un billard pour une reconstruction du bras. Elle n'a visiblement pas conscience de son état actuel, comme vous le supposiez. Je pense qu'on en tirera pas beaucoup plus sans être obligé de l'en informer au préalable et je doute que ce soit une bonne idée. On risquerait de la mettre en état de choc et elle pourrait bien se mettre à hurler à la mort.

Fender accusa réception du compte rendu du lieutenant sans donner d'ordre supplémentaire. La française prit donc l'initiative de surveiller les issues pendant que la furie fouillait la salle. Il ne semblait pas y avoir d'autre entrée que celle par laquelle les deux femmes étaient arrivées. Voilà qui allait lui faciliter la tâche. Audrey se plaça en faction dans l'embrasure de la porte, afin de garder un œil sur le couloir et l'autre sur sa supérieure qui farfouillait dans la pièce. La femme robot semblait plutôt obéir aux dernières consignes qui lui avait été données pour le moment. Alors qu'elle retournait son regard vers le couloir, la châtain aperçut soudain au loin un trio approchant. Elle s'abrita immédiatement dans la pièce et activa sa radio sur le canal privé qu'elle entretenait avec le colonel.

- Mon colonel, mouvements dans le couloir. Plusieurs individus en approche. chuchota le lieutenant dans sa radio. Évidemment, son casque empêchant le moindre son de sortir, elle aurait pu parler à voix haute, mais on ne revenait pas si facilement sur plus de 30 années d'habitudes. Ils n'ont pas de lampes. On devrait pouvoir les aveugler en pointant nos torches droit sur eux si vous le souhaitez.



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MessageSujet: Re: Illusion   Illusion Icon_minitimeJeu 31 Jan 2019, 23:48
Il ne demeurait en ces lieux que les cendres fumantes d'une vie antérieure viciée et putride et qui n'avait pourtant pas su s'adapter au changement. Le même scénario se répétait partout, encore et encore, l'avidité étouffante et maladive provoquait perpétuellement la destruction de ceux qui y succombaient, une loi implacable qui n'avait que le temps pour seule contrainte.

Shura ramassa un morceau de verre imprimé, contemplant le reliquat dans sa paume, la haine venant se mêler à une joie malsaine. Les victimes s'empilaient les unes sur les autres dans un sillage morbide que l’œil laissait en permanence derrière lui, et le voilà désormais qui commençait à s'étouffer dans sa propre crasse, incapable de s'arrêter, continuant de dévorer ce qui ne devait l'être jusqu'à provoquer sa propre perte.

Le verre émit un bruit de protestation lorsqu'il fut broyé à nouveau dans la poigne de l'humaine.

Elle écoutait d'une oreille distraite les questions du Lieutenant et se contenta de hocher la tête lorsque cette dernière lui fit part de ses résultats. Il n'y avait de toute façon rien à tirer de cet endroit et Shura n'avait aucune envie de s'y éterniser. Si le reste de la station n'avait rien à révéler, elle serait réduite en cendres pour effacer toute trace de son existence au reste de la galaxie.

La furie se leva, abandonnant ses recherches et se dirigeant vers le robot, s’accroupissant à nouveau face à elle.

Ne vous en faites pas, tout va bien se passer maintenant.

La tête rectangulaire du robot s'orienta vers l'obscurité alentour.

Je ne sais pas si je suis prête pour ça.

La N7 se figea alors que sa main venait d'atteindre les câbles. Elle ferma les yeux sous son casque.

Personne ne l'est.

D'un coup sec, la furie les arracha du mur, les lumières du robot se mirent soudainement à faiblir et sa tête s'affaissa petit à petit.

Non ! Qu'est ce que vous faites ? Je n'arrive plus à...

Shura accompagna doucement la tête de ses mains pour éviter qu'elle ne se fracasse au sol.

Personne ne mérite de vivre ainsi.

Elle posa délicatement la boite métallique sur le sol alors que plus aucune lumière n'émergeait de son corps.

Reposez en paix, Liz MacBeth.


Une poigne glacée venait d'étreindre son cœur. Elle ne connaissait que trop cette douleur, celle de prendre la vie d'autrui pour son propre bien ou pour celui de la majorité. Il s'agissait là d'une fierté pour elle, la fierté de ne toujours pas avoir plongé dans une insensibilité envahissante et destructrice. Mais il y demeurait une part d'hypocrisie, car quand le poids de ses actes finissaient par la rattraper, elle suppliait de pouvoir fuir ses responsabilités et ses souvenirs ne serait ce que temporairement.

Pourtant c'était bien cette souffrance et ce douloureux passé qui poussaient la furie à constamment aller de l'avant, continuant de faire tout ce qui était nécessaire pour protéger ceux qui n'avaient pas le pouvoir de le faire eux mêmes.

La voix basse du Lieutenant Bayard la tira de ses réflexions et attisa immédiatement son intérêt.

Négatif Lieutenant. Nous devons savoir de quoi il s'agit avant d'intervenir.

Les deux humaines se placèrent le long de la paroi métallique, dos au mur où se trouvait l'entrée, s'immobilisant dans l'obscurité alors que les pas se rapprochaient. Une seule silhouette pénétra dans la pièce où elles se trouvaient, observant le sol et semblant analyser son environnement. Il s'agissait d'une IV de combat, une armature bipède noire armée d'un fusil d'assaut.

Shura fit signe au Lieutenant Bayard de le neutraliser alors qu'elle se glissait hors de la pièce pour s'occuper des deux autres. Son déplacement fut rapidement remarqué, les deux automates se tournant vers elle, mais la furie avait déjà disparu dans une impulsion biotique. Elle se matérialisa à nouveau près de l'un d'eux, l'onde de choc de sa charge l'envoya percuter violemment un mur proche.

Le deuxième à proximité eut le temps de réagir, mais il ne s'agissait que d'une simple IV, reproduisant des séquences de mouvements et ne pouvant rien faire d'autre que s'adapter et offrir une réponse face à son environnement. Il ne disposait pas de l'initiative et de l'expérience instinctive d'un professionnel, manque qui le rendait plus que vulnérable face à la N7.

Un éclair ambré plus tard, sa tête fut séparée de son corps par un coup précis d'omnilame. Bien que l'automate ne serait pas désactivé, cela permettait au moins de le rendre inoffensif et d'éviter le risque d'une explosion en détruisant sa tête ou son torse.

La deuxième IV qui avait encaissé la charge biotique se releva naturellement, survivant à une attaque qui aurait pu briser les os d'un organique. La furie leva son bras qui s'entoura d'effluves bleues, l'IV soudainement soulevée dans les airs et incapable d'agir correctement dans un contexte similaire au G0. Quelques balles d'Eagle suffirent à détruire son bouclier et entamer sa carcasse, détruisant ses systèmes oculaires et moteurs. Le synthétique disparut dans une petite explosion, ce qui restait de sa chair métallique retombant lourdement au sol.

Shura soupira. Même pas de quoi pouvoir se défouler, cette station enchaînait les déceptions plus rapidement qu'une séance de speed dating. La peur accompagnant le mystère qui envahissait l'endroit s'était évaporée, mais la méfiance de la furie ne s'était pas pleinement endormie pour autant.

Elle vérifia rapidement que le lieutenant s'était occupé de sa cible avant de contacter le reste de l'équipe, les prévenant du danger potentiel qui se trouvait à bord. Bien que le générateur semblait encore actif et qu'il demeurait quelques bribes de courants par endroit, il était étrange de tomber sur des automates aussi tardivement.

Le duo se mit donc en route pour rejoindre le reste de l'unité, atteindre le cœur de la station et son générateur allait peut être permettre de trouver un terminal en état de marche et d'apporter des réponses. Reprenant leur progression habituelle agrémentée de l'inspection d'autres pièces vides et d'intervalles pendant lesquels l'ingénieur s'occupait d'ouvrir manuellement les sas, l'équipe de l'UCIP couvrit une bonne distance, parcourant ainsi une grande majorité de la station.

Ce fut dans une pièce isolée comme une autre que l'unité d'intervention tomba nez à nez avec un homme à l'allure décharnée. Simplement assis sur une chaise face à un terminal, il ouvrit de grands yeux en voyant les nouveaux arrivants et se leva avec précipitation. Ne lui laissant aucunement le temps d'agir, Shura le projeta contre le mur d'un coup de biotique, dégainant le poignard à sa cuisse et lui plantant la main contre la paroi, s'assurant son immobilité. La N7 étouffa le cri de douleur de sa victime et en lui fracassant le crâne contre le métal, brisant son nez et retirant sa lame dans une gerbe de sang.

Bien, maintenant que les présentations sont faites nous allons pouvoir discuter.

La loque humaine retomba au sol misérablement tenant ses mains ensanglantées sur son visage, encaissant la douleur pendant quelques secondes dans un cri sourd avant de pouvoir répondre, sa voix déformée par son nez fracturé.

Je... Je vous dirai tout ce que voulez savoir !

Une expression de dégoût se forma sous le casque de la furie.

Que s'est-il passé ici ?

Il fallut plusieurs longues secondes pendant lesquelles l'homme cligna des yeux à de multiples reprises, tentant d'accuser réception de la question. Sa voix chancelante ponctuait la monotonie de son dialogue.

Tout est parti en couilles. Je... Je sais pas ce qui a provoqué cette panique chez nos supérieurs, mais on avait... Une grimace de douleur. ...Pour ordres de cesser toute activité sur la station. On devait rentrer dans ces putains de cuves pour être plongés en stase, pour que ça camoufle nos signes vitaux. Mais l'IA qui devait nous surveiller a pété un câble, elle les a tous tué dans leur sommeil.

Pourquoi n'étiez vous pas dans une cuve ?


Je lui ai jamais fait confiance, je ne voulait pas laisser la station sans surveillance humaine, et mon intuition était bonne, elle nous a trahit...
Il cracha du sang sur le sol. Elle a verrouillé tous les accès et m'a enfermé ici quand elle a découvert mon existence, ça fait plusieurs jours que j'essaye de survivre avec la bouffe qu'il reste...

Nous ne sommes pas tombés sur elle pendant notre progression.

Elle a un corps physique, limité à la salle des cuves... Il grogna de douleur. Si vous voulez des infos, de la technologie, tout ce que vous voulez, vous devez lui arracher son générateur, vous pourrez reprendre le contrôle de la station si elle est désactivée... Moi je veux juste sortir d'ici.

Shura se baissa et lui appliqua une dose de médigel.

Lieutenant Bayard, prenez le reste de l'équipe et suivez notre nouveau guide, vérifiez que ses dires sont avérés. Je vais fouiller son terminal avant de vous rejoindre.

Alors que l'unité s'apprêtait à partir, Shura déploya l'interface ambrée qui était encore alimentée. Elle navigua dans l'holo interface, à la recherche de la moindre information utile, balayant de sa vue les différents calculs de rationnement de nourriture en fonction des apports nutritifs qui s'affichaient en premier plan. Elle devait essayer de remonter le plus profondément possible dans le système.


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Audrey Bayard

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MessageSujet: Re: Illusion   Illusion Icon_minitimeVen 01 Fév 2019, 23:45
- Colonel !

Audrey n’avait pu se retenir d'apostropher sa supérieure devant l'agressivité qu’elle venait de déployer contre ce pauvre bougre. Neutraliser une menace potentielle était une chose, mais la violence gratuite en était une autre. Et si la première réaction de l’officier en charge de cette opération pouvait tout à fait s’expliquer par la surprise, les sévices qui avaient suivi semblaient en revanche très exagérés et uniquement motivés par le sadisme. Quoi qu’il en soit, la furie sembla tout bonnement ignorer sa subalterne et se pencha sur sa victime qui venait de s’affaler au sol. La terrienne se raidit légèrement, anxieuse vis à vis de ce qui allait suivre. Mais la biotique ne dispensa plus aucun coup, se contentant d’interroger calmement le blessé. Quand elle eut fini, elle lui appliqua une dose de médigel avant de se retourner vers ses hommes.

- Lieutenant Bayard, prenez le reste de l'équipe et suivez notre nouveau guide, vérifiez que ses dires sont avérés. Je vais fouiller son terminal avant de vous rejoindre.
- A vos ordres. Lança la concernée avant de se tourner vers ce “guide”. Ouvrez la voie. Pas de gestes brusques et je veux voir vos mains.

Le prisonnier obéit docilement et passa entre les quatre cuirasses pour quitter la pièce. La châtain lui emboita le pas, rapidement imitée par les autres soldats. Les couloirs étant toujours dans la pénombre, l'ancienne du SSC consentit à fournir une torche à leur captif, afin qu'il puisse mieux s'orienter. Au pire, si un ennemi les repérait et se mettait à tirer sur la lumière, ce serait lui qui prendrait les premières rafales. A choisir, Bayard préférait que ça soit un hostile potentiel plutôt qu'un de ses équipiers qui se fasse descendre. Tandis qu'ils marchaient, la française entreprit de cuisiner un peu leur hôte sur ce qui les attendait à l'arrivée. Étant donné que la lampe signalait déjà leur position, ils n'était plus à un peu de bruit près...

- A quelle genre de défense doit on s'attendre dans la salle du générateur ? Est ce qu'il y a des tourelles ? Des méchas qui font des rondes ?
- Non. A part l'IA et ses excroissances, je n'ai souvenir d'aucun système de défense particulier.
- L'IA et ses excroissances ?
- Oui. L'IA dispose de longs câbles pour aller directement se connecter aux interfaces des cuves et des autres machines.
- Attendez, le générateur se trouve dans la même pièce que l'IA ?
- Et bien oui.
- Ce qui veut dire qu'elle nous verra faire… Et j'imagine qu'elle ne se laissera pas arracher le cœur sans réagir.
- C'est probable en effet. Mais si vous lui coupez ses excroissances, elle ne pourra sans doute plus faire grand chose pour se défendre. Pas facile de se débattre avec tous ses membres sectionnés hein ?

L'homme se mit à ricaner à sa propre blague de mauvais goût, ce qui sembla raviver la douleur dans son nez. Il toussa un peu de sang avant d'essuyer ce qui lui servait de pif et se remit en route. Après quelques instants, les soldats purent apercevoir de la lumière au loin. Leur guide leur indiqua qu'ils approchaient, ces pièces éclairées étant les plus proches du générateur. Le groupe avança prudemment, dans une formation plus apte à ouvrir le feu en cas de menace immédiate. Suivant les ordres du lieutenant, chaque troupier était légèrement décalé par rapport à ses collègues pour qu'ils puissent tous tirer en même temps et saturer le couloir de balles. Le prisonnier risquait de se transformer en passoire en revanche si une telle fusillade venait à éclater… Finalement, rien ne se produisit jusqu'à la porte de leur destination. A croire que cette station était réellement déserte en dehors de ce type et des 3 méchas et demi croisés précédemment.

- Ah, vous voilà enfin. Cela fait un moment que je vous attends.

Ces mots avaient été prononcés par une voix masculine. Les combattants scrutèrent quelques instants les murs à la recherche des hauts parleurs à l'origine de ces paroles. La française remarqua alors une caméra qui bougeait. C'est probablement par elle que celui qui avait parlé les observait à présent. L'officier repéra les enceintes une fraction de seconde plus tard. S'approchant du dispositif de surveillance, l'humaine put constater que celui-ci suivait ses mouvements. Qui qu'il puisse y avoir derrière, il avait visiblement fait une fixette sur elle. Peut-être avait-il compris que c'était elle qui dirigeait. Le ton de leur interlocuteur changea brusquement lorsqu'il reprit la parole.

- Qui êtes vous ? Vous n'avez rien à faire ici.
- Qu'est ce qui lui prend ? Pourquoi il a changé d'humeur subitement ?
- Ne me regardez pas comme ça, je n'y suis pour rien.
- Vous êtes en compagnie d'une personne peu recommandable. Cet homme n'est pas fiable et il vous a sûrement menti.
- Ne l'écoutez pas ! Il fera tout pour vous manipuler et nous monter les uns contre les autres.
- Qui ça il ? Qui nous parle ?
- Mais l'IA du complexe !
- L'intelligence artificielle ? C'est un homme ?
- Oui ! Et il faut qu'on le désactive au plus vite !
- C'est bien ce que j'ai l'intention de faire, mais n'allez pas croire que je vous fais confiance pour autant. Vous allez rester bien sagement ici et si jamais j'ai le moindre soupçon sur le fait que vous ayez pu me mentir, je vous promets que je reviendrai m'occuper de vous personnellement. Même si je dois revenir de l'au delà pour ça ! Attachez-le.

A ces mots, la châtain leva son arme et explosa la caméra par laquelle elle suspectait que l'IA les observait. Elle activa ensuite le canal privé d'escouade pour planifier l'intervention. Son idée était assez simple. Le turien allait contourner le verrou informatique de la porte. Une fois ceci fait, le lieutenant entrerait, seule dans un premier temps, pour s'assurer qu'il n'y avait aucun piège. Après, l'ingénieur la rejoindrait pour débrancher la prise de ce tas de cambouis, si besoin accompagné du reste de l'équipe. En cas de problème dès l'entrée de la première, les autres devraient assurer un tir de couverture et investir la salle un par un. Ensuite, ils avancerait petit à petit jusqu'au générateur, toujours en se protégeant mutuellement. Une fois que tout fut bien clair pour tout le monde, le piratage commença.

Audrey pénétra prudemment dans la pièce. Les lumières étaient éteintes, mais il ne s’agissait probablement pas d’un problème d’alimentation si l’on se fiait aux voyants lumineux sur les différentes machines. L’IA avait très certainement coupé tous les éclairages pour gêner ses opposants. A moins que ça ne soit simplement parce qu’elle n’en avait elle même pas besoin. Le fusil d’assaut levé droit devant elle, la française avançait lentement, un pas après l’autre, prenant bien le temps de scruter chaque recoin avant de s’enfoncer davantage dans cette salle. Elle venait d’enjamber un câble plutôt épais qui trainait sur le sol, probablement une de ces fameuses excroissances, quand la machine sembla soudain se réveiller, sortant de son mutisme.

- Je me dois de vous informer que si vous me désactivez la station entière s’écrasera sur la planète. C’est moi qui la maintient en orbite.

L’humaine s’arrêta nette à cette annonce, prise d’un doute. Etait-ce vrai ? Il arrivait que certaines station ait besoin d’une petite poussée de temps en temps pour rester en orbite, mais était ce la cas de celle ci ? D’un autre côté, l’UCIP avait l’intention de transformer ce complexe en champ de débris et il n’y avait aucun habitant sur la planète autour duquel il orbitait. Donc même si l’ordinateur disait vrai, ça n’avait au fond que peu d’importance. La militaire se remit en marche, tandis que la voix synthétique continuait à la mettre en garde contre tous les d’effets négatifs qu’entrainerait sa désactivation, parmi lesquels, en vrac, désactivation de la gravité artificielle, perte des systèmes de survie, activation des systèmes de sécurité d’urgence. Cela ressemblait plus à une tentative désespérée de rester allumée qu’à de véritables informations…

Alors qu’elle continuait de progresser précautionneusement, la gendarme perçut quelque chose bouger sur sa gauche. Elle pivota instinctivement et se raidit, en empoignant un peu plus fermement son arme. Le mouvement cessa aussitôt, son responsable se figeant avec une demi seconde de retard. Il s’agissait d’un câble. Un gros câble. Rampant sur le sol comme une espèce d’énorme serpent. Le lieutenant ne tirant pas, le branchement reprit doucement son déplacement. L’IA demanda à son invitée de ne pas faire attention, précisant qu’elle ne faisait que se livrer à quelques recalibrages de routine. La châtain continua néanmoins de suivre le trajet de l’anaconda du regard pendant une bonne minute, pour s’assurer qu’il ne s’agissait pas d’un coup fourré.

- Vous devez vraiment m'écouter. Cet homme qui vous accompagne, c'est moi. Je sais mieux que quiconque qu'on ne peut pas lui faire confiance.
- Mais à toi si ? Si vous êtes réellement la même personne, vous n'êtes pas plus fiable l'un que l'autre.
- Cela vous semble logique. Mais dans ce cas, pourquoi lui accorder votre confiance et vous montrer si méfiante vis à vis de moi ?

Audrey coupa court à sa conversation. Constatant qu'il n'y avait pas de danger dans la salle, enfin si l'on mettait de côté la machine visiblement cinglée qui occupait son centre, elle contacta l'ingénieur de l'équipe pour qu'il la rejoigne. Elle indiqua aux deux autres de tenir leur position pour le moment, craignant un piège mortel si tout le monde se retrouvait enfermé dans la même pièce que ce monstre de métal. Le technicien s'approcha du générateur et se pencha dessus, commençant à pianoter sur un clavier. Il lui fallait désactiver certains protocoles avant de pouvoir accéder à l'alimentation sans risque. Après quelques minutes, il sembla avoir fini et une trappe coulissa dans le sol, révélant ce qui ressemblait à une énorme pile. Il n'y avait plus qu'à l'enlever. Le spécialiste s'agenouilla donc et attrapa le cylindre à pleine main.

- Pour la dernière fois ne faites pas ça, vous allez tous nous tuer !

Le turien s’arrêta dans son mouvement et se tourna vers sa supérieure. Cette dernière lui indiqua de poursuivre d’un simple hochement de tête affirmatif.

- Vous ne me laissez donc pas le choix.

A peine l’IA avait elle prononcé ces mots qu’un câble s’enroula autour de la cheville du turien et le tira violemment en arrière pour l’éloigner du générateur. Bayard leva son arme pour tirer, mais avant qu’elle n’ait pu presser la détente, une autre excroissance vint s’enrouler autour de son cou et commença à la soulever du sol. Ce tas de ferraille était en train d’essayer de la pendre ! La terrienne porta instinctivement ses mains à sa gorge pour essayer de la dégager, mais ce truc serrait bien trop fort. Elle attrapa alors l’arme rangée à sa cuisse et plaqua le canon contre une partie exposée de son assassin avant de presser la détente. Une fois, deux fois, trois fois. Cela ne semblait pas suffisant pour sectionner ce serpent, mais au moins cela rameuterait les renforts ! En espérant qu’Audrey ait assez de souffle pour survivre jusqu’à leur arrivée.

Le son caractéristique d'un fusil d'assaut se fit entendre lorsque les deux derniers membres de l'escouade pénétrèrent dans la pièce pour porter secours à leurs alliés. L'humaine n'avait aucune idée de la direction des tirs, mais ce dont elle était sûr, c'est que s'ils ne venaient pas rapidement par ici, tout ce qu'on retrouverait d'elle serait un cadavre avec une tête couleur asari. Dire qu'elle avait survécu à un immortel pour finir pendue à un câble ethernet... Alors que cette sombre pensée lui traversait l'esprit, la militaire sentit soudain l'étreinte de l'excroissance se relâcher, puis céder totalement alors que le serpent s'arrachait sous les tirs. Elle tomba au sol à quatre pattes et porta immédiatement une main à sa gorge endolorie en toussant comme un asthmatique sur son lit de mort. Ramassant ses poumons, la française parvint à cracher un semblant d’ordre.

- Explosez moi cette saloperie !



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MessageSujet: Re: Illusion   Illusion Icon_minitimeLun 11 Fév 2019, 01:12
La situation avait soudainement dégénérée mais l'équilibre des forces était beaucoup trop déséquilibré pour pouvoir se permettre le moindre doute quand à l'issue du combat. Il ne fallut pas longtemps pour que la cible faiblisse sous les tirs, exposant ainsi son plus gros point faible à ses adversaires. La batterie de l'IA fut arrachée et le corps du robot se mit à pendre mollement dans le vide.

Libérée de la quarantaine qu'imposait la machine, l'intégralité de la station se retrouva à nouveau alimentée, l'éclairage envahit les lieux et tous les terminaux s'éveillèrent. Un vrombissement léger résonnait signe que l'infrastructure avait retrouvé un semblant de vie.

Dans la salle où se trouvait le Lieutenant Bayard, la lumière permit de découvrir la présence d'une petite vingtaine de cuves sur les parois devenues les tombes de l'ancien équipage. Le verre qui recouvrait chacune d'elle avait été cependant perforé par ce qui semblait être des impacts de balles.

Laissé seul à l'arrière, l'unique survivant retrouvé par les membres de l'UCIP se mit à ricaner, naviguant à travers l'interface ambrée de son omnitech. Maintenant que sa version numérisée était morte, il avait à nouveau un contrôle quasi total sur tous les systèmes de la station. Il tapota rapidement sur son omnitech avant de partir en courant vers les docks.

Un peu partout dans la station, des murs s'ouvrirent pour laisser sortir des escouades d'IV de combats et une alarme commença à résonner dans les couloirs.

Alerte. Surchauffe du générateur. Instabilité critique, évacuation recommandée.

Loin du reste de l'équipe, Shura ne put qu'être le témoin impuissant des événements qui s’enchaînaient autour d'elle. Elle n'avait pas fini de fouiller tous les dossiers du terminal que des pas pressants dans les couloirs avoisinants l'informaient qu'elle avait de la visite. Le message d'alarme qui résonnait et le chaos ambiant qui semblait s'être emparé de la station ne laissaient que peu de doutes sur ce qui allait se produire par la suite. Grognant de frustration, la N7 contacta le reste de son équipe.

Foutez le camp ! Évacuez la station le plus vite possible !

Elle tenta alors de copier le plus de données possibles du terminal avant de quitter les lieux, défendant les entrées de la salle qui étaient déjà prises d'assaut par les IV. Une fois que le transfert fut terminée, Shura récupéra le cube de données et entama une exfiltration improvisée. Elle se dirigea vers l'un des couloirs de l'enceinte extérieure de la station et colla une grenade sur la paroi.

L'explosion déclencha une décompression soudaine qui aspira la N7 dans le vide, la plongeant dans un silence soudain. Propulsée par son inertie, la furie continua donc de s'éloigner de la station, tentant de s'orienter autant que possible pour garder un visuel sur l'infrastructure. Son canal de communication grésilla alors, et ce fut l'équipage de la frégate qui la contacta.

Colonel, un véhicule non identifié vient de quitter le bâtiment cible et s'apprête à effectuer un saut SLM, que faisons nous ?

Shura comprit rapidement de qui il pouvait s'agir.

Détruisez le.

Il ne fallut que quelques secondes pour que le tir de la frégate concilienne transperce la petite navette, tuant son unique passager et transformant le véhicule en une boule de feu qui commençait lentement à retomber vers la planète. Peu de temps après, le générateur de la station s'effondra sur lui même déclenchant une résonance destructrice et une gigantesque explosion qui engloutit l'intégralité de l'infrastructure.

Les débris métalliques et les restes fumants de l'ancienne station de l’œil finiraient par se soumettre à la gravité et ce qui ne serait pas détruit par l'entrée en atmosphère n'aurait pas le luxe de survivre sur l'une des planètes ayant le plus haut taux d'activité volcanique de la galaxie. Il ne resterait aucune trace de la présence de l’œil en ces lieux.

L'humaine quant à elle continua de dériver dans le vide, attendant patiemment que la navette vienne la récupérer.

***

La frégate concilienne entamait le chemin du retour après une opération qui s'était avérée relativement courte. Shura était affalée sur son fauteuil sur le pont supérieur, son regard rivé sur le terminal qui chargeait les données qu'elle avait pu récupérer. Le sas couina un instant lorsque l'autre humaine présente lors de l'intervention fit son entrée, une présence qui avait été requise par sa supérieure.

Ah, Lieutenant Bayard.

La furie reporta son attention sur sa collègue, penchant légèrement la tête sur le côté.

Inutile de poser vos affaires une fois sur la Citadelle, vous repartez directement pour la Mer Pourpre. Le Conseil y prévoit une offensive d'envergure et vous allez en faire partie. Ne vous en faites pas, quelque chose me dit que vous allez vous éclater une fois sur place.

Et tâcher d'y survivre, recruter de nouveaux membres pour remplacer les pertes s'avère particulièrement fastidieux.


Elle se laissa aller à un sourire, jaugeant sa réaction après cette touche d'humour noir.

Vous pouvez disposer.

Ménager ses troupes physiquement comme mentalement était d'une importance capitale, mais il ne fallait pas pour autant oublier de les endurcir. Le Lieutenant Bayard s'était montrée apte à opérer dans un milieu inconnu sans laisser son environnement entacher son efficacité, mais elle avait fait preuve d'un manque d'assurance et d'une inattention qui avaient failli mettre en danger le reste de l'équipe. Une performance suffisante pour l'alliance sans doute, mais pas pour l'élite concilienne.

Hors, le Lieutenant Bayard avait accepté d'être intégrée dans l'une des forces de frappe les plus efficaces de la galaxie, en temps de guerre qui plus est. Il n'y avait pas de place pour le doute, le laisser aller, ou l'incompétence. Si elle survivait au conflit qui se préparait dans la Mer Pourpre, elle en sortirait changée d'une façon ou d'une autre, matière malléable commençant à prendre forme et à devenir une arme plus efficace. Elle serait alors apte à entamer un entraînement plus rigoureux et à commencer à prendre vraiment sa place au sein de l'organisation.

Shura fit pencher le siège en arrière, contemplant le plafond. C'était toujours ainsi, il lui fallait prendre suffisamment de distance pour considérer ses troupes comme des éléments, des outils et pas des hommes, facilitant ainsi les décisions et les calculs mathématiques. Il s'agissait d'un poste ingrat avec des responsabilités lourdes à supporter. Elle n'avait aucunement l'intention d'y rester, après la guerre, elle trouverait une solution pour fuir ce bureau, cette paperasse, tous ces chiffres, ces lettres, ces formalités qui la submergeaient et tentaient de la noyer à chaque instant.

Le siège craqua et la furie posa à nouveau son regard sur le terminal. Au moins l'une de ses inquiétudes principales s'étiolait. La mission n'avait pas été un échec, elle avait permis de constater quelque chose de très important, l’œil était dans un état lamentable. Une question subsistait cependant, qu'est ce qui avait pu effrayer l’organisation à ce point ?

Elle avait pensé au Conseil qui se serait éventuellement approché inconsciemment un peu trop près des centres d'activités de l’œil, mais cela ne justifiait pas une réaction aussi disproportionnée. La Lignée quant à elle agissait toujours dans la discrétion et les concernant la furie avait toute confiance sur le fait que leurs observations n'étaient pas détectables par leurs ennemis ancestraux. Il demeurait donc quelqu'un ou quelque chose, tapis là dehors, quelque part dans le néant, qui avait fait trembler de par sa simple présence l'une des organisations les moins éthiques de la Voie Lactée.

La galaxie conservait encore très précieusement son lot de mystères.


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MessageSujet: Re: Illusion   Illusion Icon_minitimeLun 11 Fév 2019, 20:44
Audrey se dirigeait diligemment vers le bureau de sa supérieure. Cette dernière avait requis sa présence après le débriefing. Cependant, la française avait été autorisée à enfiler une tenue un peu moins cuirassée avant ce rendez vous. Probablement la furie elle-même souhaitait-elle se mettre à l’aise et se décrasser un peu. L’évacuation avait été… mouvementée. La désactivation de l’IA avait déclenché la procédure d'autodestruction du complexe, forçant tout le monde à sortir par la voie la plus directe : un trou dans la paroi et un saut dans le grand néant. Ce passage dans le vide avait été bien moins grisant que celui de l’arrivée. Peut-être parce que la terrienne était trop préoccupée par l’explosion imminente pour pouvoir profiter de l’instant. Dans l’espace, il est difficile d’estimer les distances et l’humaine craignit d’être trop près de la station jusqu’à ce que celle ci ne se change en une énorme boule incandescente qui s’éteignit aussi vite qu’elle n'était apparue. Le tout se fit dans un silence des plus absolus, ce qui rendit la chose inexplicablement terrifiante.

Aucun débris ne vint heurter les soldats à la dérive, mais le lieutenant eut l’impression d’en voir passer quelques uns non loin d’elle. Un instant après, chacun des membres du commando confirma par radio être encore en vie avant que le silence n’envahisse de nouveau les oreilles de la châtain. Voguant doucement au gré de l’impulsion de départ que lui avait fournie la dépressurisation, elle contempla l’immensité du néant qui l’entourait. Elle se sentait minuscule, insignifiante mais curieusement apaisée. La jeune femme avait l’impression de n’avoir jamais goûté une telle plénitude. Après avoir passé ses derniers jours à courir d’un transport à un autre, se retrouver ainsi à flotter dans le vide et le silence était plus que bienvenue. La militaire serait probablement restée ici pendant des heures si on le lui avait autorisé, mais la navette avait fini par apparaître pour la repêcher, obligeant l'officier à se remettre dans un état d’esprit plus professionnel.

Le débriefing avait été fait à bord de façon succincte. Il n’y avait pas grand chose à rapporter que la furie ne sache déjà. Cette dernière demanda néanmoins à l’ancienne du SSC de la retrouver dans son bureau une heure plus tard, sans donner plus de détail sur les raisons de cette convocation. La gendarme se retrouvait donc à faire route vers le dit bureau dans les coursives de la frégate. Au moins, ce vaisseau était trop petit pour qu'elle s'y perde. L'officier arriva devant la porte avec un peu d'avance. Elle s'apprêta à frapper, mais la cloison coulissa simplement pour la laisser entrer. La française se demanda un instant si sa supérieure guettait son arrivée, mais elle ne semblait pas l'attendre impatiemment quand elle entra, ayant visiblement trouvé de quoi s'occuper avec autre chose qu'une partie de Galaga.

- Mes respects mon colonel. Salua la terrienne, joignant le geste à la parole.
- Ah, Lieutenant Bayard. répondit l'autre d'un ton accueillant. Inutile de poser vos affaires une fois sur la Citadelle, vous repartez directement pour la Mer Pourpre. Le Conseil y prévoit une offensive d'envergure et vous allez en faire partie. Ne vous en faites pas, quelque chose me dit que vous allez vous éclater une fois sur place.

Bien que professionnelle, l'ambiance semblait plutôt détendue et la biotique paraissait moins rigide qu'elle n'avait pu l'être précédemment. Sa subalterne se risqua donc à un petit trait d'humour.

- Vous m'en voyez ravie mon colonel, je craignais justement d'enchainer sur une mission d'un ennui mortel ou pire, du temps libre.
- Et tâchez d'y survivre, recruter de nouveaux membres pour remplacer les pertes s'avère particulièrement fastidieux.
- Je ferai de mon mieux madame. Cela m'embêterait de vous imposer un surplus de travail. D'autant que le recrutement est loin d'être la partie la plus passionnante de notre profession. Sans parler des lettres de condoléances...

La répartie de la gendarme sembla distraire la furie. Cependant celle ci n'avait apparemment guère plus à lui dire et la congédia donc peu après cet échange. Cette Fender n'était peut-être pas si renfermée qu'elle ne l'avait laissé penser de prime abord. La châtain avait du mal à l'imaginer se lâcher complètement comme une Arcadia, mais sans doute y avait-il néanmoins quelque chose à tirer d'elle. La colonel était visiblement capable de plaisanter avec des subalternes, c'était un bon début. Mais bon, Audrey n'était pas forcément pressée de servir à nouveau sous ses ordres pour autant...



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Illusion

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