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 Saint

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MessageSujet: Saint   Dim 13 Jan 2019, 19:32
► █ Date : 10 janvier 2204 RP Tout public
AUDREY BAYARD ♦️ AMNATISS GALLAGHER
Saint




La surface de Nodacrux reflétait les quelques rayons lumineux qui traversaient l’orage avec ténacité. Ils étaient peu nombreux, mais ils trouvaient un chemin, armés de l’inétanchable espoir de rayonner avec leur splendeur d’autrefois. A travers la verrière de l’avant poste, Amnatiss observait la plaine désolée, dont la seule animation était la foudre qui venait parfois agresser violemment le sol vitrifié. Quel dommage d'en arriver là. Un monde entier à reconstruire, si tant est que cela soit possible. Des forêts, des montagnes, des mers, des cultures, et des milliers d'habitants. Évanouis dans un souffle. Nodacrux n'était plus qu'un caillou flottant misérablement dans l'espace. Et une poignée de soldat vivait à sa surface.

« Le chargement est sécurisé, capitaine.

- Et qu’en est-il des passagers de dernière minute ?

- Ils devraient bientôt être là, l’un d’entre eux est venu apporter leurs affaires il y a quelques instants.

- Ils ont un groom en plus ? Ils pensent qu’on part en croisière peut être ? Ça y est, ça tue un immortel et ça ne se sent plus pisser.

- Il faut bien admettre que la lieutenant Bayard n’a pas démérité. Nous étions encore occupés à réparer le Rorke qu’elle enterrait dors et déjà un infecté de plus, et pas des moindres.

- Sa mort va causer du grabuge. Plus personne n’a confiance en ses alliés désormais. »

Le vieux quartier maître Turien hochait docilement la tête. Cet événement était salvateur pour l’avant poste, mais le serait-il pour l’UCIP, ou ne ferait-il qu’ébranler sa structure déjà fragile ? L’organisation ne cessait de trébucher et de se prendre les pieds dans ses propres lacets. Amnatiss en avait déjà assez de cet histoire d’amiraux et de triumvirs indécis. La chaîne de commandement était incroyablement dense et compliquée, si bien qu’un gradé de la Hiérarchie avait pu s’adonner à cœur joie à démantèler méthodiquement la station. Le SSV Rorke, la corvette de la capitaine Gallagher, était passé à deux doigts d’être éventré par un affaissement de la structure de l’avant poste. L’équipe de soutien biotique d’Amnatiss passa des heures à dresser des barrières pour permettre aux gars du génie de rafistoler l’abri sans être écrasé par celui ci. Un travail de longue haleine, qui aurait du être répété à de maintes reprises si la lieutenant Bayard et ses amis Krogans n’avaient pas arrêté cet immortel.

L’élyséenne parcouru les informations qu’on lui avait transmis sur son passager. Ex-SSC, elle avait rejoint l’UCIP depuis plus récemment qu’elle, mais elle n’avait pas un énorme trou dans son service actif, au moins. L’ordre venait d’en haut, le transfert devait se faire rapidement, avec le moins de danger possibles. Qui était donc cette lieutenant Bayard pour mériter que l’on apprête toute une corvette pour elle ? En tout cas, elle était la couverture parfaite, trop visible pour se douter d’autre chose, et trop peu importante pour qu’on trouve étrange qu’une tête brûlée comme Amnatiss ne s’en charge. Finissant son café, la capitaine ajusta son cache-œil, posa négligemment sa tasse sur un caisson, et attrapa son casque sous son bras. Entendant le verrou du sas s’ouvrir, elle se tourna vers l’entrée du hangar, et s’y dirigea prestement, flanquée par deux de ses plus proches coéquipiers. Dans le cadre de la porte se détachait la fluette silhouette de l’ex-flic. Amnatiss lui tendit sa main en se présentant :

« Lieutenant Amnatiss Gallagher, c’est moi qui vais vous faire sortir de cet enfer blanc lieutenant. Je vous présente mon second, Carole Windsor, et mon quartier maître, Taurus Salvidienus. »

A sa gauche se tenait le pataud Turien. Il avait une carapace grisâtre, aucun tatouage facial visible, et l’air globalement fatigué. Il tenait une tasse à café sale dans une main, et accompagnait la présentation de sa supérieur d’un salut militaire rigide mais pas franchement vif. A la droite d’Amnatiss, en revanche, se dressait une militaire bien plus motivée. Dotée de la même armure aux teints orangés que sa supérieure, Carole Windsor ne partageait en revanche absolument pas sa nonchanlence. Avec son fusil magnétisé dans le dos, son casque attaché à sa ceinture côtoyant un phalanx immaculé et ses cheveux impeccablement attachés en une tresse qui n’était pas sans rappeler celle de sa capitaine, elle ressemblait bien plus à une soldat classique de l’UCIP que ses deux alliés.

« On a entendu parler de votre confrontation avec l’immortel. Bien joué, je suis pressée d’en apprendre tous les détails. On devrait avoir le temps de voir ça avant de parvenir à la Citadelle. C’est bien votre destination, n’est ce pas ? Nous aurons juste un léger crochet à faire avant, l’ordre vient d’en haut. »
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Audrey Bayard

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MessageSujet: Re: Saint   Lun 14 Jan 2019, 13:05
- Lieutenant Bayard ? Caporal Trask au rapport mon lieutenant. De nouveaux ordres viennent d'arriver pour vous.
- Je suis un peu occupée pour le moment caporal, ça ne peut pas attendre.
- Sauf votre respect mon lieutenant, non. On vous attend sur le SSV Rorke pour un rapatriement sur la Citadelle. Il appareille dans un peu moins d'une heure, vous devez vous y rendre toute affaire cessante.
- C'est une blague ?
- Euh non mon lieutenant... Voici les ordres. déclara la jeune recrue en tendant un datapad. Vos affaires sont déjà en cours de transfert à bord du Rorke.

Audrey saisit l'écran qui lui était présenté et parcourut rapidement ce qui était inscrit dessus. Rapatriement d'urgence sur la Citadelle accompagné d'une réaffectation temporaire. Il y avait peu de détails, mais cela semblait venir d'assez haut dans la chaine hiérarchique. Les consignes indiquait que la française devait se présenter le 12 janvier à la première heure au centre de commandement de l'UCIP de la Citadelle, soit dans deux jours. Et elles étaient datées d'aujourd'hui. C'est le commandement local qui avait dû être ravi de recevoir ces instructions ce matin. Sans parler du capitaine de l'appareil sur lequel elle allait voyager qui devait probablement sauter de joie à l'idée d'avoir "la fouine de Nodacrux" en passagère de dernière minute.

- Si vous me permettez mon lieutenant, c'est vrai ce qu'on raconte ? Vous avez été dépêchée sur Nodacrux pour y éliminer les agents infiltrés ?
- Pourquoi ? Vous avez quelque chose à vous reprocher caporal ?

L'officier avait rétorqué de façon assez sèche. Cela faisait près d'un mois maintenant qu'il y avait toutes sortes de rumeurs qui circulaient sur elle parmi les hommes du rang, allant des éloges totalement irréalistes aux suspicions médisantes. De ce qu'elle en savait, et en recoupant les différentes versions, la gendarme avait été recrutée spécialement au sein des meilleurs enquêteurs du SSC pour traquer les traitres et les infiltrés. Dépêchée expressément sur cet avant poste, le fait qu'elle y soit encore même un mois après avoir mis au jour le saboteur impliquait qu'elle soupçonnait qu'il reste un traitre sur place et ce, même si aucun acte malveillant n'avait été relevé depuis.

Tout ceci n'était qu'un tissu de conneries bien évidemment, une montagne de commérages auquel même sa concierge n'aurait pas prêté attention, mais il n'empêche que cela avait tendance à devenir un peu étouffant pour la jeune femme. Si la plupart des soldats n'y prêtaient guère attention, en particulier dans son équipe, il y en avait néanmoins toujours au moins un par jour pour lui rappeler que ces rumeurs existaient. Et si ce n'était pas la première fois que la militaire était confrontée à des ragots la visant, ceux-ci avaient un effet parfois extrêmement néfastes quand certains troupiers se montrait subitement méfiants vis à vis d'elle, craignant qu'elle ne soit en train de moucharder... Finalement, cette mutation surprise tombait peut-être bien. Audrey allait pouvoir s'aérer un peu l'esprit et les potins finiraient par prendre fin, faute de matière.

L'humaine coupa le caporal qui tentait vainement de se justifier en lui ordonnant de retourner à son poste. Elle héla ensuite son second pour lui indiquer qu'elle avait été réaffectée et lui confier les rênes de son équipe, avant de quitter le dépôt en direction de sa chambre. Le messager lui avait indiqué que ses effets avait déjà été transférés, mais elle tenait à s'en assurer. Même si elle n'était pas venue avec beaucoup d'effets personnels, l'ancienne du SSC ne tenait pas à ce qu'une partie de ses affaires soient détruites parce que considérées comme abandonnées. Arrivée à sa piaule, elle constata que celle ci avait bien été vidée de tout son contenu. C'est à peine s'ils avaient laissé les meubles. La châtain ne serait pas étonnée si elle retrouvait parmi ses affaires une partie de la literie qui lui avait été fournie à son arrivée.

Quoi qu'il en soit, la française pouvait à présent se diriger vers le hangar où l'attendait le Rorke. En chemin, elle se demanda ce qui pouvait bien justifier un rapatriement aussi précipité. Est ce que quelqu'un tout en haut de la chaine alimentaire voulait des éclaircissements sur ses "actions d'éclats" sur Nodacrux ? Son profil pas si particulier avait-il attiré l'attention d'un officier de bureau ? Tout ceci paraissait fort étrange, mais la jeune femme serait fixée bien assez tôt de toute façon. Elle aurait tout juste de temps d'arriver sur la Citadelle et de se reposer un peu avant de devoir se présenter au rapport. Elle n'aurait probablement même pas le temps d'aller offrir la toque qu'elle avait achetée…

La gendarme atteignit finalement sa destination et s'engouffra dans le sas qui donnait sur le vaisseau. Un trio de personnes semblait l'attendre de l'autre côté. Deux humaines et un turien. Des ces trois gradés, c’est le natif de Palaven qui semblait le moins professionnel, ce qui mettait à mal bon nombre de clichés sur cette race. Pour tout dire il paraissait fatigué et usé. Probablement avait il vu plus de fronts qu’il ne l’aurait souhaité. La femme du centre ne paraissait pas trop portée sur le respect strict du protocole si l’on en croyait sa tenue pas très ajustée et le détachement dans sa posture. Elle portait en revanche un cache œil ce qui surprit la nouvelle arrivante. C’était un accessoire peu commun de nos jours, mais peut-être était ce dû à une blessure trop récente pour avoir pu être soignée. Enfin, celle qui se tenait à droite de la borgne apparaissait comme la plus méticuleuse, parfaitement droite dans sa tenue impeccablement briquée. Le portrait craché d’Audrey il y a 10 ans...

- Lieutenant Amnatiss Gallagher, c’est moi qui vais vous faire sortir de cet enfer blanc lieutenant. Je vous présente mon second, Carole Windsor, et mon quartier maître, Taurus Salvidienus.

La terrienne serra la main qui lui était tendue avant de saluer les deux subalternes. C'était bien la première fois que le capitaine d'un vaisseau venait l'accueillir en personne quand elle montait à bord. Mais c'était aussi la première fois qu'elle voyageait sur une corvette. Peut-être était ce la procédure standard sur les appareils de cette taille...

- Navrée de débarquer ainsi à l'improviste lieutenant Gallagher, je viens tout juste d'apprendre que l'on me transférait.

La navigatrice fit comprendre d'un geste qu'elle ne lui tiendrait pas rigueur de cet embarquement de dernière minute.

- On a entendu parler de votre confrontation avec l’immortel. Bien joué, je suis pressée d’en apprendre tous les détails. On devrait avoir le temps de voir ça avant de parvenir à la Citadelle. C’est bien votre destination, n’est ce pas ?
- Affirmatif. répondit la concernée d'un ton qu'elle trouva elle même bien trop sérieux.
- Nous aurons juste un léger crochet à faire avant, l’ordre vient d’en haut.
- Tout comme mon transfert... On vous a dit pourquoi vous deviez me ramener ?

L'interlocutrice du lieutenant Bayard répondit par la négative.

- Bien... J'imagine que vous avez beaucoup à faire pour le décollage lieutenant, je ne voudrais pas nous mettre plus en retard. Nous aurons plus de temps pour discuter une fois en vol je suppose, même si pour ne rien vous cacher, ma "confrontation avec l'immortel" n'a pas grand chose d'extraordinaire. En attendant, pourriez vous m'indiquer où se trouve ma chambrée s'il vous plait ?

La maitresse des lieux chargea son quartier-maitre de conduire leur "invitée" jusqu'à sa cabine, avant de la saluer une nouvelle fois et de retourner superviser les derniers préparatifs pour le départ. La châtain n'était pas franchement ravie à l'idée de devoir revenir une fois de plus sur son aventure sur Nodacrux, mais d'un autre côté, elle ne se voyait pas vraiment refuser cette "faveur" à son hôte. En revanche, cela lui posa plus de problème quand son guide commença à la questionner sur le sujet. L'humaine tâcha de dissimuler autant que possible son exaspération et fit un maximum d'effort pour répondre aussi poliment que possible aux questions du turien. Cependant, le natif de Palaven semblait bien plus intéressée par la traitresse que par les actions du lieutenant. La fait qu'il s'agisse d'une de ses congénères semblait le préoccuper. Mais en un sens c'était compréhensible. Ce genre d'évènement avait malheureusement tendance à raviver de vieilles méfiances interraciales...

Quoi qu'il en soit, le duo atteignit finalement les quartiers de la résidente temporaire, ce qui mit fin à la petite séance de questions réponses. Le quartier-maitre salua sa supérieure avant de la laisser s'installer. Après avoir constaté que son paquetage était bien arrivé, la française s'assit un instant sur sa couchette et laissa échapper un long soupir de lassitude. Le voyage risquait d'être long si le lieutenant Gallagher se montrait aussi curieuse que son subalterne...




Ce n'est pas parce que je suis fou que je suis de mauvaise compagnie.
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MessageSujet: Re: Saint   Mer 16 Jan 2019, 23:49
« La petite enquêtrice est dans sa chambre ? »

Salvidenius, le quartier maître, acquiesça.

« La cargaison est sécurisée ? »

Windsor, la second, opina du chef.

« Aller mes p’tits loups, on décolle. »

La jeune femme qui épaulait Gallagher se retint de plonger son visage dans ses mains, dépitée par si peu de professionnalisme, et sentit ses oreilles vibrer lorsque le Turien se mit à psalmodier à voix basse des prières pour apaiser l’esprit du Rorke. Pourquoi, de tous les vaisseaux mis à disposition de l’UCIP, était-elle tombée dans celui ci ? La lieutenant Amnatiss s’amusait de l’exaspération de sa subordonnée, mais l’heure n’était pas à l’amusement. Avec tous les dysfonctionnement du mois passé, aucun décollage n’était joué d’avance, et elle eut une légère sensation de soulagement en sentant la massive structure s’élever du sol pour quitter l’avant poste. Aux côtés de cette appréhension se lovait d’autres doutes, qui semblaient à ses yeux tout aussi légitimes.

Pourquoi tant de secrets ? La mission de la lieutenant Bayard était tenue sous scellée, et il en allait de même pour le cargo de SSV Rorke. L’UCIP ne faisait-elle pas confiance à ses troupes ? Les pontes, après avoir essuyé autant de problèmes, souhaitaient-ils que leurs faits et gestes soient voilés de mystère afin de ne pas s’embarrasser de légitimité ou de questions de la part de leurs hommes ? La présence de celle que tout le monde souhaitait voir comme l’espionne de service à bord d’une discrète corvette transportant une cargaison bercée de mystères semblait être une coïncidence un peu trop grosse. De qui Amnatiss devait-elle se méfier ? De ses supérieurs ? De ceux de l’ex-SSC ? De la fliquette elle même ? Était-elle réellement envoyée ici par des voies officielles ? Taurus avait bel et bien reçu le message, qui semblait tout sauf officieux, mais peut être que la médaillée, pourvue de ses nouveaux passe-droits flambants neufs, avait pu falsifier un document afin de mener ses petites enquêtes. Elle avait prouvé par le passé que ses méthodes pouvaient être non-conventionnelles. Un sourire se dessina aux commissures des lèvres d’Amnatiss, presque dissimulé par sa chevelure blanche. Cette Audrey Bayard, voilà une soldate comme elle les appréciait. Elle espérait ne pas devoir la compter dans ses ennemis à cause d’un conflit interne à l’UCIP et, d’un autre côté, elle sentait poindre le désir de devoir affronter une telle adversaire.

Le Rorke n’était désormais qu’une tache grise dans le vide spatiale, en route pour sa destination. Après quelques contrôles, la maîtresse à bord pu être rassurée, aucune anomalie ne se déclarant. Le quartier maître se sentit obliger de préciser que l’esprit du bâtiment avait protégé son corps physique, mais la lieutenant, elle, jeta quelques concises félicitations à ses mécaniciens. Habité ou non par un esprit, le vaisseau n’était qu’une carcasse sans eux.

Audrey et Amnatiss eurent l’occasion de se revoir au mess, alors que les officiers se mêlaient à la troupaille pour échanger quelques plats au goût un peu fade. Force est d’admettre que ça n’était pas pire que sur Nodacrux, mais les rations militaires à longueur de journée pouvaient peser pour les plus faibles d’esprit. Mais l’UCIP avait le bon goût de varier les plats fréquemment, et de ne pas engager de faibles d’esprit. Il suffisait de regarder autour de la table, qui était encerclée d’artilleurs et d’ingénieurs dédiés à faire de la corvette une arme de guerre, mais également de plusieurs soldats destinés aux interventions au sol. Parmi ceux qui étaient présents se trouvaient deux dotés d’un uniforme légèrement différent, qui les indiquait comme membre de l’escouade d’artilleurs biotiques. Presque tous les corps étaient représentés, le copilote ayant également abandonné son poste pour ce repas. Seul la maigre équipe médicale du Rorke était absente. L’ex-SSC était clairement en présence d’un melting-pot de soldats du rang et d’officiers, les frontières s’étant brouillées à la seconde où Gallagher était venu les rejoindre. Elle s’appliquait à appeler tout le monde par son prénom ou un surnom, ne laissant le loisir des civilités qu’à ceux qui semblaient apprécier un peu moins la familiarité. Seule Audrey avait le droit à un cérémonieux bien qu’un peu railleur « lieutenant Bayard », étant son égale dans la hiérarchie.

On lui fit évidemment raconter sa récente mésaventure, et chacun y allait de son commentaire. L’un disait qu’il aurait fallu déployer une barrière biotique pour protéger le Krogan, un autre avançait que le lance-flamme aurait pu être utilisé plus savamment, un troisième optait pour étrangler la Turienne avec ses médailles. Le seul point super lequel tous s’accordaient, c’était pour féliciter la jeune femme aux cheveux châtains, qui, selon eux, « avait un sacré courage, presque autant que de culot ». Audrey pouvait sentir les soldats se retenir de lui donner de franches tapes dans le dos, par manque familiarité avec elle. L’équipage du Rorke semblait très détendu, et les rares remarques de la maîtresse des lieux étaient prises avec humour, bien qu’immédiatement respectées. Elle semblait avoir un sens très précis de l’étiquette militaire ; ainsi, on pouvait l’appeler « Gallagher », « chef », « lieutenant » ou « patronne » avec le même résultat, mais il était exigé que chaque chef d’escouade soit appelé par son grade de sergent, que l’on précise que le quartier maître l’était « de première classe », et que l’on ne hausse pas la voix au dessus d’un certain seuil. Seule l’ex-SSC était épargnée par ces règles obtus, car tous savaient très bien qu’elle ne pouvait pas changer ses habitudes pour un simple trajet, y compris Amnatiss. Celle ci, par ailleurs, s’adressait à elle directement, lui accordant bien plus d’attention qu’à ses troupes :

« Alors, lieutenant Bayard, qu'est ce que ça fait d’être décorée pour avoir agi en marge des règles ? Ça doit être grisant d’enquêter sur ses supérieurs et ses consorts. Probablement un peu inquiétant, également.

-Grisant ? Pour être tout à fait honnête, ce n’est pas du tout le mot que j’emploierais lieutenant Gallagher. C’était extrêmement malaisant. D’une part, vous avez l’impression de virer parano, et d’autre part, vous savez qu’au moindre faux pas, au moindre soupçon infondé, à la moindre accusation abusive, vous risquez de finir votre carrière au trou. Et le pire, c’est que dans mon cas, si je faisais mouche mais que ma cible s’en rendait compte trop tôt, je finissais dans une autre sorte de trou. Celui dans lequel on se rend entre quatre planches. Non, grisant n’est pas vraiment le mot que j’emploierai. »

La tension était monté d’un cran entre les deux femmes, mais le reste des soldats n’en prenaient pas ombrage. Amnatiss chercha immédiatement à désamorcer la situation en grinçant des dents :

« Ne soyez pas si négative, vous en sortez en vie et grandie, pour ce que j’en sais. Mieux que ça, il n’y a eu aucun mort de notre côté, c’est une victoire unilatérale. Mais je me doute que la claustrophobie ambiant sur Nodacrux et la paranoïa que tout le monde subissait avec les dysfonctionnement de l’avant poste n’ont pas du vous mettre dans votre meilleur état. Ma remarque était déplacée, c’est facile de se sentir un peu trop l’aise chez soit.

- Ne vous excusez pas lieutenant. J’ai cru comprendre que de l’extérieur, mon… « aventure » sur Nodacrux faisait beaucoup fantasmer. En bien comme en mal d’ailleurs. Au moins vous ne semblez pas craindre que l’inspecteur Bayard vienne fourrer son gros nez dans vos affaires, rassura la jeune femme avec un sourire forcé. Mais oui, je vous avoue que j’ai hâte de revoir un peu de nature. Ne serait-ce qu’un bonzaï nain à moitié désséché au fin fond d’une cabine lugubre. Vous n’auriez pas quelque chose dans le genre à votre bord par hasard ? »

Son sourire était amusé et sincère, aussi Gallagher plaisant à son tour, dans un premier temps :

« Notre pilote garde un cactus près de sa couchette, mais elle vous assassinerait si vous le regardiez de travers. Ca vient de son époux. Mais dîtes moi, j’aurais des raisons de craindre l’inspecteur Bayard ? Je dois admettre qu’il y a un peu trop de secret à bord de ma corvette à mon goût. »

Quelques soldats plièrent immédiatement bagage, finissant leur ration avant de détaler, ne souhaitant pas assister à une confrontation entre les dieux lieutenants. La plupart, cependant, restaient assis à leurs côtés, dévorant leurs plats et plaisantant sans retenue.

« Franchement, non, répondit la française. Je ne suis pas assez payée pour enquêter sur tous les conspirateurs qui croisent ma route. Je ne le fais que quand ils mettent en danger la vie de mes hommes. Ou la mienne. En l’occurence, comme nous nous trouvons sur vôtre bâtiment, j’imagine que c’est à vous de jouer les fouines si vous avez des soupçons. Ou bien d’engager quelqu’un dont c’est le métier pour le faire. »

Avec une once de complicité, l’ex flic se pencha légèrement dans la direction de la britannique, afin de lui glisser quelques mots qui resteraient dans le secret, ce qui n’était pas bien difficile étant donné le brouhaha ambiant :

« Mais parce que vous m’êtes sympathique, un petit conseil d’un lieutenant à un autre. Ceux qui se sont levés précipitamment à l’instant sont probablement de ceux qui vous cachent des choses, déclara-t-elle avant de se redresser, comme si elle venait d’échanger une information capitale et impossible à deviner par soi même. Pensez-y. »

Amnatiss éclata d’un rire franc. Elle ne savait pas bien où s’arrêter le sérieux de son interlocutrice, mais qu’elle y croit dur comme fer ou qu’elle ait déclaré ça pour plaisanter, les deux situations plaisaient à l’ancienne catcheuse. Elle ne s’était pas trompé, cette Audrey Bayard, ah ! Voilà une soldate comme elle les appréciait. Capable de fourrer son nez partout, assez sage pour ne pas le faire, assez malicieuse pour te le rappeler.

« Ces hommes sont blancs comme neige. Enfin, ils ont du sang sur les mains, ils ne se sont pas arrêtés au tir sur cible, mais ils ne m’ont jamais fait défaut. Je peux leur faire confiance. Je pense qu’ils s’attendaient juste à ce que vous répliquiez à mes piques. Beaucoup le font. »

Puis elle se leva, bascula sa tresse devant elle, par dessus son épaule, ajusta un peu son cache-oeil, et demanda à l’enquêtrice de la suivre. Elles marchèrent jusqu’à la chambre d’Audrey, mais s’arrêtèrent devant la porte d’à côté. Amnatiss tapota sur son omnitech, l'accès nécessitant vraisemblablement un mot de passe en plus d'une autorisation. L’unique autre cabine pour le personnel à escorter.

« Mon autre invité m’a fait savoir qu’il désire vous parler. Je vous laisse entrer. »

La porte glissa, révélant une pièce chargée et deux silhouettes : une Asari penchée au dessus d’un écran et, derrière elle, comme dans un caisson, un autre alien bien plus imposant, mais également plus familier.


Dernière édition par Amnatiss Gallagher le Dim 20 Jan 2019, 14:54, édité 1 fois
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Audrey Bayard

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MessageSujet: Re: Saint   Ven 18 Jan 2019, 00:04
Audrey avait pris l'habitude qu'on l'évite au mess ces derniers temps. C'est donc tout naturellement qu'elle s'était installée seule à une table. Mais ici, la châtain semblait plutôt susciter l'intérêt de l'équipage. Beaucoup étaient venus s'asseoir spontanément à sa table et certains s'étaient même déplacés de la leur jusqu'à la sienne. Sur Nodacrux, les trouffions avaient tendance à faire l'inverse. Cependant, si la solitude avait pu être pesante sur l'avant poste, la française n'appréciait guère plus d'être le centre d'une attention qu'elle estimait ne pas mériter. D'autant qu'elle savait très bien ce qu'on allait lui demander et qu'elle ne mourrait pas d'envie de revenir une fois de plus dessus. L'attraction temporaire du Rorke se força néanmoins à le faire quand le capitaine du vaisseau vint elle même s'asseoir à sa table pour l'entendre raconter son histoire. L'ancienne du SSC put donc apprécier toute la finesse d'analyse et le grand esprit tactique du personnel de bord à travers les commentaires et autres propositions stratégiques qu'ils lançaient au fur et à mesure de son récit.

Le lieutenant Gallagher resta quant à elle silencieuse quasiment jusqu'à la fin de l'histoire, avant d'y aller elle même de son petit commentaire. De ce que la terrienne en avait vu, son homologue ne semblait pas vraiment imposer une discipline stricte sur son bâtiment, mais sa question révélait peut-être un problème plus profond avec la hiérarchie. Bayard y répondit néanmoins, de façon certes un peu cassante, mais en tâchant de ne pas manquer de respect à sa collègue. Il s'en suivit une discussion assez étrange, alternant entre échanges froids et petites plaisanteries. La conversation se termina finalement par un grand et franc éclat de rire de la borgne. Elle semblait apprécier le caractère de celle qui lui faisait face. Peut-être l'invitée était-elle influencée par le cache œil, mais par certaines de ses réactions, la navigatrice lui évoquait une de ses pirates hautes en couleur que l'on pouvait voir dans les holos. Enfin, dans le cas présent il s'agirait probablement plutôt d'une corsaire. Il ne lui manquait plus que la bouteille de rhum…

Cette idée fit sourire la jeune femme. Oui, elle imaginait tout à fait cette capitaine arrondir les fins de mois en faisant un peu de contrebande d'alcool bon marché à bord de son bâtiment. Hissez la grand'voile, barre à tribord et cap sur le large ! Préparez la bordée, nous avons rendez-vous avec le diable ! La commandante du Rorke arracha son hôte à ses pensées fantaisiste en se levant et en l'invitant à faire de même. Les deux officiers quittèrent donc le mess ensemble et remontèrent les coursives de la corvette en direction de la cabine de la résidente temporaire. Elles n'échangèrent guère plus dans le corridor faiblement éclairé, si bien que dans d'autres circonstances, Audrey aurait sans doute été plus mal à l'aise. Mais pour l'instant, elle était toujours sous l'effet euphorisant de son imagination délirante. Quoi qu'il en soit, le lieutenant Gallagher s'arrêta un peu avant leur destination et se tourna vers celle qu'elle accompagnait.

- Mon autre invité m’a fait savoir qu’il désire vous parler. Je vous laisse entrer.

La porte coulissa, laissant apparaitre une pièce bien plus lumineuse que la coursive. Et probablement beaucoup plus propre aussi. Tout laissait à penser qu’il s’agissait de l’infirmerie de bord. Mais pourquoi la propriétaire aurait-elle amenée sa collègue ici ? Et qui était cet autre invité qui désirait tant lui parler ? Comment qui que ce soit pouvait-il être au courant de sa présence à bord alors qu’elle même n’avait appris son départ qu’une heure avant le décollage ? Et enfin, dernière interrogation mais non des moindres, si cet invité existait bel et bien, qu’est ce qu’il fichait à l’attendre à l’infirmerie ? D’autant que le lieutenant ne voyait qu’un seul individu et elle ressemblait plus à l’infirmière du bord qu’à une invitée. Ce n’est que quelques instants plus tard qu’elle aperçut le mouvement dans le fond. Il semblait y avoir une sorte de seconde salle plus en retrait, dans laquelle une forme massive se déplaçait lentement.

- Il ne mord plus.

La capitaine lança cette petite saillie avec un sourire narquois avant de pénétrer dans la pièce et de se diriger vers le médecin du bord. La française se montra plus hésitante. Si elle s’engouffra bien dans le bloc, elle le fit beaucoup plus prudemment. Pas à pas, elle s'approchait du caisson au fond de l'infirmerie, tentant de discerner ce qu'il contenait. Pour un peu, elle aurait presque pu le faire arme au poing... L'ancienne du SSC finit par comprendre qu'il s'agissait d'un krogan. Mais qu’est ce qu’un natif de Tutchanka pouvait bien faire en isolement sur ce vaisseau ? Et qu’est ce qu’il pouvait bien vouloir à Bayard ? Elle ne connaissait pas des hordes de reptiles. A moins qu’il ne s’agisse de...

- Lieutenant Bayard ! C’est un plaisir de vous revoir !

Ante ! Mais qu’est ce qu’il faisait à bord ? Et à l’intérieur de ce truc, enfermé comme un animal en cage ? Et pourquoi diable Gallagher avait-elle tenu à le lui montrer ?

- Je vous ferais bien une accolade mais il ne vaut mieux pas que je sorte de... mon bocal.
Ainsi vous allez faire le trajet jusqu’aux gros bonnets avec moi ? J’espère que cela implique une promotion !


Une promotion ? Audrey espérait bien que non ! Elle estimait ne pas avoir les épaules pour le grade suivant. Il était parfois déjà suffisamment compliqué à son goût d’assurer les fonctions qui lui incombaient. Et puis cela l'embêterait beaucoup d'avoir du faire ce trajet en express pour soumettre un refus. À moins qu'on ne le lui laisse même pas le choix, ce qui serait encore pire. Mais au fond, s'il ne s'agissait que d'une montée en grade, rien ne nécessitait de la rappeler. Cela paraissait donc peu probable au fond. Du moins tâchait d'elle de s'en convaincre.

Tandis qu'une tempête mentale agitait l'esprit de la gendarme, le diplomate se tourna vers la femme aux cheveux blancs, le regard plein de malice, celle-ci s'étant rapprochée du caisson.


-J’espère, Capitaine, que votre nouvelle pensionnaire bénéficiera au moins d’une suite presque aussi luxueuse que la mienne ! C’est une personne de valeur !




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MessageSujet: Re: Saint   Dim 20 Jan 2019, 15:56
Audrey Bayard était entrée dans la pièce avec une hésitation presque palpable. Il est vrai que la quasi-quadragénaire aux cheveux déjà blancs avait ménagé son suspens, mais, comme elle l’avait fait remarquer, le Krogan était désormais inoffensif… Tant qu’il restait de ce côté de la cloison. Les deux eurent un rapide échange à travers une vitre ronde, bien qu’il soit plutôt à sens unique, l’ex-SSC incapable d’en placer une face à l’apparition déroutante du diplomate de Tuchanka. Amnatiss, qui faisait mine d’avoir une conversation anodine avec la médecin en chef Léona, était fière de son petit effet. La requête d’Urdnot Ante semblait être une bonne idée, au final. Elle appréciait ses deux passagers au caractère bien trempé.

« Gardez vos jolies courbettes pour Léona, Urdnot. L’inspectrice Bayard est incorruptible, et je vous ai déjà fait suffisamment de faveurs pour ce trajet. J’espère que vous appréciez votre local, ou bocal, quelque soit la manière dont vous l’appelez. Je sais que quatre mètre carrés sont un peu petits pour quelqu’un de votre statut et stature, mais le voyage ne devrait pas être trop long. Enfin, pour ceux de notre côté du mur, en tout cas. »

Les échanges entre Ante et Amnatiss étaient similaires depuis le début ; le Krogan était plaisant et pleins de compliments, auxquels l’Humaine répondait par des ricanements et des piques sur sa condition pour le moins hors-norme. On peut dire qu’ils s’appréciaient.

« Rationnez vous sagement, nous ne pourrons pas faire acheminer d’autres vivres facilement à votre cellule si vous dévorez tout. »

Avec désormais un peu plus de recul, Audrey pouvait se rendre compte que la pièce n’était pas la baie médicale, mais bien une chambre réaffectée. Tous les équipements semblaient avoir été déplacés pour l’occasion, et même le caisson dans lequel était placé Ante semblait avoir été construit sur place. Il était certain que le transfert avait du être un sacré problème logistique mais, par chance, un vieux Turien fatigué vivait à bord, et ces têtes de piaf s’y connaissaient en logistique.

Urdnot lui même était aussi rapiécé que la structure : solide, ô combien solide, mais morcelé. L’un de ses appendices était tout simplement absent, et l’état de sa plaie était reporté sur l’un des écrans de l’Asari en charge de cette baie de quarantaine de fortune. Un graphique prenait un écran pour lui tout seul, bien que ses valeurs soient drastiquement basse : « activité des radiations », indiquait-il, et jamais il ne quittait le champ de vision de Léona. Dès qu’elle devait se déplacer de plus d’un mètre de son bureau, elle basculait l’affichage sur un datapad et le gardait sous la main. Pas même les piques d’Amnatiss ne parvenaient à lui faire lâcher du regard ces chiffres. Face à l’incompréhension de la jeune femme aux cheveux châtains, l’unique maîtresse à bord demanda à sa subordonnée d’offrir quelques explications :

« Suite à votre rencontre avec la Turienne, votre ami a été exposé à l’Energie Noire. Et il y a survécu. Il n’est ni une ombre, ni un immortel, la radiation ne semble avoir aucun effet sur lui. Pas de relevés incohérents de capacités biotiques, pas de perte de la raison, pas de troubles du comportement, même pas une migraine… Une des hypothèses soulevées serait celle d’un pseudogène qui aurait récupéré sa capacité à conduire l’expression d’une chaîne protéique dotée de… »

La lieutenant toussa bruyamment, un moyen efficace de rappeler à Léona que son discours ne passait pas les traducteurs automatiques.

« Hum, comment vulgariser ça… Imaginez la radiation comme une maladie. Le sujet la porte, la couve, la nourrit presque, mais il ne tombe pas malade pour autant, parce qu'un pouvoir qui dormait en lui s'est réveillé. Il agit comme un porteur sain. Et, selon tous nos relevés pour le moment, il ne la transmet pas non plus. Cependant, le risque est bien trop grand pour que nous le laissions sortir sous la caution que jusque là, il n’a pas irradié d’Energie Noire, de la même manière que les immortels. »

Le sous-entendu était clair : personne n’était sûr à cent pour cent qu’Ante n’était pas un immortel avec un don incroyable pour le camouflage. Et personne ne souhaitait rencontrer un immortel Krogan.

« Le plus impressionnant dans tout ça, lâcha Amnatiss, c’est que si notre p’tit pote est ainsi imperméable aux radiations de l’EN, peut être qu’il pourra un jour être le premier Krogan a vivre sans combinaison sur Tuchanka, immunisé à ses rayons ionisants. Nous sommes incapable de déterminer à quel point le pseudogène le protège. Et si ça se trouve, d’autres personnes de sa lignée partagent son don. Tous ces éléments ont fait de lui le cobaye vivant idéal pour le premier essai de la contre-mesure anti-corruption développée par l'UCIP... sur une personne.»
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Saint

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