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 Allô Chef!

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Arcadia McKnight

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MessageSujet: Allô Chef!   Allô Chef! Icon_minitimeVen 11 Jan 2019, 03:24
► █ Date :  10 Janvier 2204 RP Tout public
Scipio Sempronia ♦️ Arcadia McKnight
Allô Chef!



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Ft. Scipio Sempronia



Un nuage de vapeur s'engouffra par l'ouverture, tapissant le plafond blanc d'une fine couche fumante. Avançant inexorablement tel un tsunami, la brume disparut aussi rapidement qu'elle était apparue, ne laissant que de minuscules gouttelettes d'eau à peine visible vu du sol.
Arcadia émergea de la salle de bain dont l'utilisation avait été détourné en sauna. Une longue serviette enroulée autour son corps, de la poitrine jusqu'aux cuisses. Ses longs cheveux blonds étaient plaqués contre sa peau, encore imbibés par l'eau de son bain.

Après plusieurs semaines de labeur sur Nodacrux, la toubib était enfin de retour chez elle. Sûrement pas pour longtemps, mais retrouver le luxe d'une immense baignoire, d'un lit confortable et surtout d'une vraie intimité était ô combien jouissif. Pas d'aide de camp intrusif, pas d'appels intempestifs. La belle vie quoi.
De l'eau coulait le long de ses jambes, avant de retomber négligemment par terre. Cela n'avait pas vraiment l'air de déranger l'habitante qui savait pertinemment que ses robots ménagers s'occuperaient de nettoyer derrière elle. Elle alluma sa machine à café, y insérant une dosette. Quelques secondes plus tard, le délicieux breuvage bouillant fut prêt. L'humaine s'en saisit, inhalant avec extase cette odeur amère, puis en avala une gorgée.

« Bon retour à la maison ! »

Enfin c'est ce qu'elle croyait... jusqu'à ce que son omnitech commence à biper furieusement. Levant les yeux au ciel d'un air exaspéré, la blonde traversa la pièce à vive allure. C'est aussi à ce moment que son petit orteil décida de tenter une géolocalisation de la table basse, dans une rencontre aussi brève, qu'intense. Le visage de la Martienne vira au rouge tandis qu'une douleur désagréable l'assaillait. De rage elle lâcha une bordée de jurons tous plus imagés les uns que les autres, les mots étaient d'une telle puissance qu'ils auraient pu faire rougir de gêne un armada de charretier. Si tant est qu'il en existait encore de nos jours.
Elle se ressaisit rapidement, activant la communication pile avant la dernière sonnerie.

« Allô ?

- Bonjour, êtes vous Madame McKnight ?

- Elle même.

- Nous réalisons un sondage sur... *clic*»

Prenant une inspiration elle se retint de cracher à nouveau son venin, préférant maudire intérieurement les baltringues qui avaient fourni son numéro à ce standard. Et puis c'était mauvais pour sa tension de piquer des crises de colère.
Il suffisait de penser à quelque chose d'agréable, comme cette splendide journée ou elle allait pouvoir paresser, sans avoir besoin de penser à quoique ce soit. Une petite promenade pour s'oxygéner les neurones sur la Citadelle lui ferait le plus grand bien. Cela la changerait aussi des paysages morts de Nodacrux, ou tout avait été vitrifié.

Elle pensa quelques instants aux personnes restés en poste là bas. L'offensive allait bientôt recommencer. Les troupes de l’Énergie Noire avait essuyé un sérieux revers le mois dernier, allant même jusqu'à perdre un élu. Certes Palaven avait été menacé mais les Turiens avaient tenu bon. Ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'un assaut ne soit lancé sur Chasca. Elle espérait y débusquer Zaroth. Leur reine, Aria, n'intéressait absolument pas le docteur. Non, ce n'était définitivement pas ce gros thon frustré qui lui faisait de l’œil. Mais un bien plus gros poisson, le scientifique qui avait vendu son âme au diable pour entretenir et propager une maladie aussi dévastatrice. Non non non, stop avec le travail. Une prochaine fois.

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MessageSujet: Re: Allô Chef!   Allô Chef! Icon_minitimeSam 12 Jan 2019, 21:44
Il n’y avait pas de mauvaises matinées pour Scipio. Se réveiller avec des sueurs froides, ça ne gâchait pas une matinée. L’eau glacée qui tressautait péniblement du pommeau de douche, ça ne gâchait pas une matinée. Le couple d’Asaris d’au dessus qui hurlaient sur leur morveuse avec leurs voix à casser du verre, ça ne gâchait pas… Le Turien attrapa avec lassitude un balais et frappa par trois fois son plafond. Les voix n’offrirent que quelques secondes de répit. Il regarda son pathétique balais, se demandant si elles se tairaient avec le manche en travers de la gorge et, surtout, quand est ce qu’il aurait assez d’argent de côté pour le remplacer par un robot ménager.

Une vieille serviette bleue un peu fripée nouée lâchement autour de la taille, Scipio s’adonnait ainsi à sa routine matinale. Il enfournait une biscotte qu’il achevait en quelques bouchées, puis s’agenouillait devant trois pots blancs, près de sa fenêtre. Avec un petit bidon, il versa de l’eau dans de petites encoches prévues à cet effet, afin que les plantes qui y poussaient aient une réserve. On était mardi, après tout. Une étroite boîte, rangée dans la petite armoire qui longeait la fenêtre, conservait les graines qu’il n’avait pas encore planté. Chaque pot était un petit spécimen culinaire, et il n’hésitait pas à faire une récolte lorsqu’il souhaitait un peu de fantaisie dans ses plats, pour lui ou les très rares invités. Ainsi, le premier pot couvait du serpolet de Thessia, et le second de la menthe poivrée terrienne. Le dernier pot, dont le blanc virait au jaune, était le berceau d’une petite pousse verte, qui laissait deviner des bourgeons argentés. De l’orinon de Palaven.

La présence des bourgeons parvint presque à décrocher un sourire au Turien, qui était encore un peu trop fatigué pour s’en féliciter complètement. Il avait encore la brosse à dent qui dépassait des crocs lorsqu’il se décida à s’habiller, réalisant que l’heure d’aller bosser avançait à grand pas. Une fois présentable, il planta son bonnet sur son crâne, jeta son sac sur son dos, et cocha une case sur le calendrier à côté de sa porte.

« Hier, c’était le 9 janvier 2204, Scipio, et t’y a survécu. Tous n’ont pas eu cette chance, alors soit reconnaissant, et soit bon avec tes clients. Tu ne sais pas qui a passé la nuit à pleurer, de joie ou de douleur. Arrête de te plaindre et fous toi au fourneau. Tout ce que tu sais, c’est qu’ils ont faim, et c’est ton boulot de faire de leur midi un bon moment. »

Son mantra achevé, il sorti de chez lui, grimpa à l’avant de son véhicule, et s’envola vers son boulot. Chaises dépliées, pancarte installée, cartes de fidélité glissées à côté du comptoir, tout était prêt.

« Vous auriez un menu enfant ?

- Ce serait possible quatre suppléments viande de varren ?

- Je suppose que la réduction pour militaire ne vaut pas si c’était pour l’Hégémonie ?

- Alors j’ai de quoi payer mais c’est seulement en cryptocurrency, ça n’est pas un problème hein ?

- Aller, on se connaît depuis longtemps, tu peux me faire une ristourne !

- Vous pourriez retirer les poivrons et mettre des oignons à la place ? J’ai changé d’avis.

- Met moi comme d’habitude, c’est pour les gars. Audrey ? Non, elle ne bosse plus avec nous, désolé.

- Je suppose que c’est trop tard pour changer de viande, hein…

- C’est sans gluten, les œufs de Talat ? »

La file d’attente grossissait de minutes en minutes, dépassant allégrement au travers de la route, gênant la circulation des piétons et augmentant sensiblement la tension du Turien. Le coup de midi n’avait même pas encore sonné, alors d’où venaient tous ces tarés ? Le mantra de Scipio était vite tombé à l’eau, et il s’acharnait juste à finir les plats le plus vite possible, jetant à la poubelle les requêtes bien trop spécifiques de tel ou tel client. Une vingtaine de minutes avant midi, il put enfin souffler. Il changea de gants, se rinça le visage, s’assura que personne n’avait trafiqué Midas dans son dos, et posa son cul d’écailleux sur le sol, priant pour que personne ne l’aperçoive derrière le comptoir. Il n’y avait pas de mauvaises matinées pour Scipio. Seulement de sacrés journées d’merde.


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MessageSujet: Re: Allô Chef!   Allô Chef! Icon_minitimeDim 13 Jan 2019, 04:39

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Le temps était clément sur la Citadelle comme chaque jour de l'année, ainsi même en Janvier il était inutile de s'équiper d'une veste chaude ou de chaussures doublés. Enfilant un débardeur à lacets, elle arrangea sa chevelure dorée, qui pour la première fois depuis bien longtemps ne se trouvait pas attachée en queue de cheval. Lui donnant une allure radicalement différente dont elle avait l'habitude, néanmoins cela était loin de lui déplaire.

Attrapant la carte d'accès à son immeuble, elle quitta son appartement tout en sifflotant d'une manière épouvantable. L'humaine n'avait pas vraiment d'objectif précis, autre que celui de s'amuser. Il lui arrivait parfois de se promener pendant des heures, les mains dans les poches à déambuler dans les rues de la station, s'arrêtant dans une boutique qui lui faisait de l’œil ou plus simplement dans un pub pour faire le plein. Tant que le médecin pouvait oublier les petits soucis de la vie quotidienne, cela lui convenait amplement.
En pleine semaine, les alentours étaient très calmes, la majeure partie des habitants étaient en train de s'activer à la tâche tandis que leurs morveux se trouvaient coincés dans les écoles. Ce genre de détails facilitait grandement le déplacement. La praticienne emprunta l'un des transports en commun, jusqu'à ce que lassée, elle descende à un arrêt quelconque.

Elle passa devant un magasin de menuiserie qui alliait le bois et la résine. Charmée par cette idée, elle pénétra dans la boutique, où plusieurs exemplaires de tables basses ou hautes, des bureaux, portes etc...
Les meubles étaient d'une remarquable beauté, tout juste terminés et vernis, ils brillaient de mille feux sous la lumière des spots. Une vitre séparait l'échoppe du lieu de l'atelier ou plusieurs arpètes s'affairaient autour d'un immense bloc de bois, un autre faisait couler de la résine au milieu de deux planches qui deviendraient sûrement une jolie table.
Elle remercia gentiment le vendeur lorsque celui-ci lui demanda si elle avait besoin de renseignement ou d'aide, répondant qu'elle ne faisait que regarder pour le moment. La dernière folie de ce genre lui avait coûté une petite fortune, une somptueuse sculpture kaléidoscopique en acajou qui surplombait la tête de lit. Cela ne l'empêcherait pas de revenir une prochaine fois pour passer commande. Arcadia était une personne très sensible à l'art et aux jolis objets. Et indéniablement la production de ces artisans étaient de l'art.

Ainsi s'écoula doucement sa matinée, jusqu'à ce que la faim commence à tenailler son estomac. Aucun restaurant ne se trouvait dans le secteur ou elle était arrivée. Sortant son porte carte, elle fit défiler ses cartes de fidélités des meilleures adresses de la Citadelle, cherchant parmi laquelle elle dégusterait un bon repas. Celle d'un petit boui-boui proposant des pâtes lévo/dextro passa entre ses doigts. Arcadia revint un peu en arrière sur cette carte de visite, les souvenirs lui revenant en mémoire. Asteria, le Turien un peu gauche, le restaurant de nouilles dans le Présidium. Elle ne se souvenait pas lui avoir promit de passer, mais après tout elle ne risquait rien à aller y faire un tour.

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La blonde descendit du Citadelle-Express, il n'était pas encore midi, les lieux étaient déserts. Sortant de la station, elle remonta les allées, passant devant plusieurs stands fermés. Chose qu'elle trouva plutôt bizarre, normalement à cette heure là les commerçants devaient être prêts à recevoir les fonctionnaires. Une grève peut-être ? Elle n'en savait rien. Deux aliens passèrent devant elle, des pastabox dans les mains. Visiblement elle ne devait plus être très loin.
Accélérant le pas, elle tomba sur le bistrot convoité, le reconnaissant à sa bannière lévo/dextro mais là encore à sa grande surprise personne ne se trouvait du côté des fourneaux. Curieuse, la Martienne se rapprocha et passa la tête par dessus le comptoir ou elle y trouva un Turien à l'air désespéré assis à même le sol, un visage qu'elle connaissait bien.

« Eh bien Caporal Sempronia il y a du relâchement au travail ! »

Elle sourit à pleines dents, sincèrement amusée de voir son air étonné et de le retrouver. Il n'avait pas changé, si ce n'était cet air un peu dépité. Le cuisinier avait l'air d'être toujours en un seul morceau depuis leur dernière rencontre ce qui était plutôt encourageant.

« Je suis contente de te revoir et surtout en entier Scipio, j'ai l'impression que ça fait une éternité ! Tu vas bien ? »

Elle prit place sur l'un des tabourets placé à côté de la caisse.

« Je vais très bien ! Le boulot m'occupe toujours pas mal, mais comme tu peux le voir j'arrive à me trouver du temps pour me relaxer, et rendre visite à d'anciennes connaissances pour leur remonter le moral. Bon c'est pas tout mais j'ai une faim de loup. Qu'est ce que le chef peut me proposer ? »

Écoutant tout en regardant la carte, elle remarqua que le choix était énormément varié. Ça ne devait pas chômer aux fourneaux.

« Allez, je vais me laisser tenter par les Sempronia. Les œufs de talat sont sans gluten, demanda t-elle l'air innocente. Non je plaisante ! Hahahaha tu devrais voir ta tête, impayable ! »

Le coude posé sur le comptoir, sa main se perdant dans ses longs cheveux, elle regarda Scipio s'activer, jouant adroitement avec les poêles. Il y avait des heures d'entraînement derrière ces gestes.

« Je ne sais pas si tu connais ce comics. Ça s'appelle Nouilles Man, c'est assez caricatural mais vraiment drôle. C'est fait par un Humain. Il raconte les histoires d'un Turien qui le jour fait des nouilles et le soir combat le crime grâce aux pouvoirs des nouilles. C'est juste dommage qu'il ne sorte qu'une BD tout les trois ans. Non ? Je t'amènerai un exemplaire la prochaine fois alors ! »

Il posa le bol sous son nez avec deux baguettes. Le docteur lui tendit des crédits avant de s'intéresser au plat. Humant les arômes, son ventre gargouilla d'envie. Prenant les deux baguettes entre ses doigts, elle attrapa une généreuse portion qu'elle fit disparaître dans sa bouche.

« Elles sont vraiment excellentes tes nouilles Scipio ! »


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MessageSujet: Re: Allô Chef!   Allô Chef! Icon_minitimeDim 13 Jan 2019, 15:32
Un répit. Le temps de souffler, de reposer ses yeux, d’entrouvrir légèrement sa bouche desséchée et se laisser aller à…

« Eh bien Caporal Sempronia, il y a du relâchement au travail ! »

Scipio bondit sur ses pieds, percuta une étagère avec son crâne, fit tomber deux louches, en rattrapa une avant qu’elle ne fasse un boucan d’enfer sur le sol, et écouta l’autre lui vriller les tympans alors qu’elle dégringolait jusque l’autre côté du bouiboui.

« Vous ?! Mais ma parole, vous êtes partout !
- Je suis contente de te revoir et surtout en entier Scipio, j’ai l’impression que ça fait une éternité ! Tu va bien ? »

La question de la médecin était étonnante de banalité. Et Asteria ? Et cette fameuse mission aux enjeux tenus secrets de la troupaille ? L’Energie Noire ? Le blindé avait tenu jusqu’au bout ? Et Arcadia, elle, elle avait tenu jusqu’au bout ? « Ferme là ! » résonna la conscience du Turien, rebondissant dans son crâne. « Elle a faim, elle est probablement en perm, distrais la ! »

« Le commerce roule bien, j’ai eu droit à toute une armée ce matin, et même un Galarien qui m’a demandé un menu enfant sous prétexte qu’il n’a pas la majorité turienne. Donc globalement, on peut dire que ça va ! Et vous… Et toi, lieutenant-colonel ? »

Elle répondait avec entrain, et il appréciait de satisfaire ses questions. Le choix était vaste : Orientales, méditerranéennes, thaï, japcahe, au pesto, aux épinards, aux graines de sésame… C’était une facilité pour Scipio de parler en premier lieu des plats issus de la culture terrienne, car les humains en faisaient toujours leurs premières proies. La plupart n’osaient essayer les autres variétés qu’après avoir eu la certitude que les « plats de chez vous » n’étaient pas une invitation à passer le reste de la journée sur les toilettes. Mais Arcadia n’était pas « la plupart » des clients, et il aurait pu s’en douter. Elle prit le choix des Sempronia, un assortiment qu’il avait expérimenté pour la première fois sur une station aujourd’hui rayée des cartes, et qui mélangeait la forte saveur des œufs de Talat et des poivrons de Ranoch au fin relevé d’une moutarde bourguignonne, le tout délicatement bercé dans un cocon de nouilles sautées. Pourquoi les appeler selon la dynastie de Scipio, me demanderez vous ? Très bonne question.

Arcadia vannait le Turien sur le gluten, et il mit quelques secondes à comprendre le trait d’humour, devenant livide en entendant une énième demande improbable. Elle se moqua de sa gueule de déterré, et il se laissa aller à un vaste sourire.

« Le prochain qui me demande un truc du genre, il aura besoin de tes services illico ! Aller, on sort les œufs... »

Scipio ne réalisait pas tout à fait que son métier pouvait être respecté, et c’était non sans surprise que, du coin de l’œil, il voyait la chirurgienne l’observer. Sa présence n’était exactement perturbante, il avait l’habitude de servir des militaires en permission et savait que l’uniforme pouvait souvent rendre sa place à la coquetterie, mais… Il secoua la tête, chassant de son crâne ses boucles blondes. Il n’avait pas réalisé, sur Asteria, qu’Arcadia pouvait être autre chose qu’une médecin sur le front. Il découvrait avec fascination, dans le regard qu’elle portait sur ses gestes et dans sa plaisante conversation, qu’il y avait certainement un monde de choses qu’il ignorait à son sujet. Par exemple, il ne s’attendait pas à partager avec elle le goût des comics bas de gamme. Poussant la boîte de son côté du comptoir, il cacha tant bien que mal ses vastes connaissances sur Nouilles Man :

« Les Humains ont beaucoup trop d’imagination, si tu veux mon avis. Mais ne t’embête pas à me ramener ces bêtises, j’ai vu une pub dessus pendant qu’une cliente regardait les feux d’la mer, ça n’avait pas l’air si terrible. Si tu veux mon avis, un ramassis de cliché sur les Turiens. Pour les médias, on est tous des genre de super combattants, soit dans l’armée, soit de nuit lorsque quelqu’un a l’audace de nous accorder un vrai métier de jour. Aller, j’espère que ça te plaira, c’est le chef qui régale. »

Les Sempronia plurent à Arcadia, et ses compliments plurent à leur tour au Sempronia. Il balaya les éloges d’un revers de main, ajoutant que c’était juste une guitoune parmi tant d’autres. Mais alors qu’elle croquait dans une juteuse lamelle de poivron, une silhouette sombre et massive approchait au coin de la rue. Le visage de Scipio se pétrifia, et ses mains se mirent à trembler.

« Oh non. Oh non… »

Il regarda l’heure.

« Juste avant midi en plus, tout le monde va sortir du boulot au même moment... »

Il observa le vaste véhicule s’arrêter pour vomir ses passagers.

« Pas un bus scolaire ! » grinça-t-il entre ses dents en se tournant vers la chirurgienne. « Tu sauves des vies, non ? Sauve moi de là ! »


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MessageSujet: Re: Allô Chef!   Allô Chef! Icon_minitimeDim 13 Jan 2019, 21:55

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Attrapant avec une certaine adresse une tranche d’œuf de tallat avec ses baguettes, l’affamée continua son festin. Bon sang que cela faisait du bien de se remplir la panse, et chose plutôt rare, le plat n'était pas gras. Elle avait le souvenir de certains bols de nouilles qu'elle n'avait jamais pu finir tant ces derniers étaient lourds. Ici au moins, elle pouvait manger sans craindre pour son tour de taille, avec modération évidemment.
Croquant dans une tranche de poivron bien dodue, elle vit le visage du cuisinier se décomposer dans une horreur non feinte.

« Qu'eche qu'ya », demanda t-elle, les joues gonflées par les nouilles alors qu'elle tentait de ménager un peu d'espace dans sa bouche pour articuler correctement.
Se retournant de son siège elle vit un énorme bus d'où émergeait des dizaines d'enfants. Une sacrée vision d'horreur si vous vouliez l'avis du médecin. Même l'énergie noire ne lui avait jamais autant flanqué la frousse.

«  Sauve moi de là! »

Arcadia cessa de mastiquer l'espace d'une seconde, regardant Scipio droit dans les yeux. Ce dernier avait l'air vraiment abattu, presque misérable

« Pardon ?

- Trouve moi une excuse, prends moi en otage, dis leur que je suis tombé malade en les voyant, je n'sais pas, mais aide moi! Oh non non non, ils ont vu que c'est ouvert!

- Je peux te kidnapper mais ça impliquerait de finir sur une île sous le soleil. Mais... ton but ce n'est pas de remplir le ventre de tes clients ?

- Ce n'sont pas juste des clients, ce sont des mioches. La pire espèce de la Citadelle, la taille d'un Veilleur, la patience d'un Krogan et la furie d'un Galarien! Et tous les bobos du Présidium vont descendre ici juste à leur suite. Je veux bien leur remplir le ventre, mais survivre, c'est sympa aussi!

- Et donc tu vas être dans la merde, question purement rhétorique.

- Jusqu'aux bouts des ongles, bafouilla t-il en hochant frénétiquement la tête. Et mon incroyable optimisation des temps de cuisson ne me sauvera pas. Ils arrivent, merde ! McKnight, aide moi, sauve un frère d'arme en désarroi! Je sais ! »

Sur ces mots, il balança un tablier Turien bien trop grand par dessus la caisse qui recouvrit en partie la toubib.

« Mais j'ai pas fini mes nouilles... »

Scipio joignit ses mains dans une mimique d'imploration, l'air suppliant et au bord du gouffre. Son regard était humide, larmoyant tel celui d'un pauvre canidé battu. Mendiant une aide salvatrice.

« Si tu m'aides, tu aura le maxi-pass nouilles à l'oeil, une éternité de repas gratuits pour toi et ton compagnon!

- Les promotions ne concernent pas les suppléments et les boissons, récita l'IV.

- Si tu passes de ce côté du comptoir, la promotion concernera même les suppléments et les boissons. »

Elle le dévisagea intensément, puis soupira pour marquer son abnégation.

« Pas besoin de ça Sempronia, je le fais juste parce que je ne peux pas résister à un Turien qui me fait ses yeux de biche. »

Resserrant le tablier autour de sa taille, elle l'ajusta du mieux qu'elle pouvait pour camoufler les traces sèches de nourriture dessus et surtout ne pas marcher dessus. Elle sauta de l'autre côté du comptoir. Elle attacha ses cheveux en une queue de cheval, prête à opérer... derrière les fourneaux. Heureusement elle se débrouillait un minimum.

« Okay, commença t-elle avec entrain. Euh... Du coup je fais quoi ? Les cuissons et tu mets en boite ? »

- C'est des mioches, ils vont vouloir faire les malins et prendre de la viande de varren. Coupe en en tranche, comme sur l'image là. Prend ce couteau là... Et n'oublie pas les gants! Et embaume les lamelles avec ce qu'il y a dans ce bac. Pour les morveux 'faut toujours faire ça, ça évite que le varren leur donne des aigreurs d'estomac.

- Ah les chiards... C'est toujours un nid à emmerde. Ça marche chef ! »

Arcadia commença donc son long travail de commis, l'un des docteurs les plus reconnus dans la lutte contre l'énergie noire se retrouvait à nourrir une armée de marmots et bientôt les cols blancs du Présidium dans un petit boui-boui sans véritable nom. Ironique n'est-ce pas ?
Lente au départ car peu habituée à la cuisine professionnelle, elle gagna peu à peu en vitesse dans la découpe des aliments sous les ordres de Scipio.

Il y avait quelque chose de bizarre là dedans, et malgré la quantité de travail qui les attendaient à la vue de la file d'attente, elle se laissa prendre au jeu. Couper les légumes en julienne ou en brunoise, émincer les différentes viandes, sourire aux clients, échanger des politesses avec les plus avenants. Son tuteur la laissa ensuite commencer à cuire les nouilles, préparer les assaisonnements etc... Pendant ce temps le cuistot terminait d'assembler les plats dans les boîtes à une vitesse ahurissante, faisant parfois buguer la blonde qui devait se ressaisir pour ne pas perdre le rythme tant celui-ci était intense.
Elle observa sa manière de faire, enregistrant ses gestes, mémorisant l'emplacement de chaque ingrédient au montage. Retournant sur ses poêles, l'humaine les secoua, mélangeant les garnitures. Un œuf de tallat vola un peu trop haut, allant s'écraser au plafond. Oups ! L'air un peu bêta, la Martienne regarda sa bêtise, puis Scipio, puis sa bêtise. Personne n'avait rien vu. Elle le laissa à sa place pour l'instant.
Sous les encouragements du Turien, elle commença à composer les box pour les clients. L'heure tournait et la queue paraissait interminable. Ce n'est que deux heures plus tard que le service s'acheva.

Arcadia ôta son tablier, attrapa la canette qu'elle avait commandé lors de son arrivé puis se laisse tomber à même le sol tel une baleine bleue s'échouant sur une plage de sable fin. Elle en engloutit une bonne moitié avant de la tendre à son collègue.

« Ah non j'ai oublié. Dextro pour toi, elle lâcha un profond soupir. Tu as bien du courage si tu fais ça tout les jours. Je ne pourrais pas, trop crevant. »

Laissant un silence s'installer, elle sirota son soda quelques secondes, trop occupée à masser ses jambes douloureuses à force d'avoir piétiner tout ce temps. La praticienne resta ainsi pensive les yeux dans le vague, jusqu'à ce que ces derniers retrouvent leur aura espiègle.

« J'ai une idée ! Plutôt que ton offre, je préfère une faveur ! Emmène moi quelque part. Invite moi à sortir, où tu veux, tant que c'est divertissant ! »


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MessageSujet: Re: Allô Chef!   Allô Chef! Icon_minitimeMar 15 Jan 2019, 02:27
Scipio n’avait même pas eu le temps de demander ce qu’était une biche que la chirurgienne se retrouvait de son côté des plaques de cuisson. Ils commencèrent par des consignes de base : le tablier, les gants, les outils, prendre en compte la clientèle… Hey, elle se débrouillait pas si mal que ça avec un couteau, pour une petite bourgeoise. Les tranches étaient un peu larges, les stocks finiraient vite secs à cette allure, mais il lui avait intimé de suivre les photos de présentation, et elles étaient certes un brin menteuse sur les quantités.

« Non, pas comme ça enfin… Oui, le bac pour les oignons c’est celui ci. Quoi, ça fait pleurer les Humains, les oignons ? Laisse tomber, je m’en occupe ! Prends les commandes, Midas fais une crise de nerf, je n’sais pas ce qui lui arrive. »

Dans l’étroit espace du bouiboui de Scipio, leurs rôles s’interchangeaient sans cesse, l’un prenant la place de l’autre au fil des besoins et de leurs capacités. Tantôt Arcadia découpait avec ardeur carottes et gousses d’ails, tantôt il récupérait les couteaux pour émincer les poulets et le lard. Parfois, il attrapait sa main pour rectifier son geste. D’autres fois, il admirait son sang froid face aux requêtes improbables de l’armée de puceaux. L’exercice était éprouvant, car en plus de devoir supporter la clientèle, Scipio devait désormais inculquer les rudiments du métier à cet apprenti commis d’office. Au début, il n’était pas certain que cette aide providentielle soit si utile que ça, mais à chaque commande qui passait, Arcadia se prouvait de plus en plus efficace. Et puis, elle finissait par apprendre. Penne, tomates, feta, olives, huile d’olive et balsamique...

« Une mediterranéenne ! »

Spaghettis, oignon, calamar, emmental, jaunes d’œuf et coriandre.

« Et des carbonaras de Sur’Kesh pour le petit ! »

Coquillettes, thon, poivron rouge, citron, thym, courgette et une cuillère bien chargée d’huile d’olive !

« Un Bord de Mer, aïe, non, ça déborde de partout ! »

Udon, sauce soja, champignons, crevettes frites et un peu de ciboulette pour la forme.

« Des bienfaits de Bekenstein, c’est pour le couple là bas, va les servir à table s’il te plaît !»

Farfalles, viande hachée, ras-elhanout, cumin et compagnie, décoré d’une brochette de varren mariné.

« L’orientale supplément varren, bon appétit ! »

Arcadia parvint à accrocher un œuf au plafond, à glisser sur une serviette en papier, à mettre du poivre dans pas moins de quatre plats qui n’en nécessitaient pas, et failli intoxiquer un banquier Turien avec de la tomate. Mais s’il on omettait ces erreurs de débutants, elle se débrouillait très bien. Scipio lui même n’en était pas à sa première gaffe, et il s’infligea une longue estafilade sur l’index pendant qu’il regardait ailleurs, son attention happée par l’ajout de menthe glacée au dernier moment dans une salade de nouilles froides. Le sang dégoulinant de son doigt, il balbutiait que ça n’était pas la recette, mais fut surpris de voir le visage de la cliente Asari se fendre d’un ravissant sourire à la première bouchée. Éclaboussant ses post-its, il en arracha un nouveau et griffonna une recette qu’il allait devoir itérer à plusieurs reprises avant de la commercialiser. Eh mais, d’où elle sortait cette menthe glacée ? Heureusement, Scipio put prendre quelques instants pour nettoyer l’hémoglobine, tandis qu’Arcadia empêchait les clients de jeter trop de regards curieux. Lorsque le Turien revint aux commandes du navire, quelques clients offrirent l’occasion de plaisanter à son sujet :

« Alors caporal, on a trouvé une stagiaire ?

- C’est ma commis, elle est en période d’essai.

- C’est pas un peu tard pour un revirement de carrière ?

- Oh ça va, elle ne faisait rien de bien passionnant avant ! »

En rigolant et les mains pleines de victuailles, Scipio décocha un coup de hanche à sa comparse. Il était étonnamment enjoué, après l’état lamentable dans lequel Arcadia l’avait trouvé. Cuistot et médecin s’amusaient derrière les fourneaux, chacun y trouvant quelque chose qui sortait de son propre ordinaire. On était loin des champs de bataille, ici à l’abri derrière l’odeur du saumon fumé. Et ah ! Que l’on se sentait moins désespérément seule, à partager cinq mètres carrés à deux plutôt qu’à l’habiter seule. La médecin devait par ailleurs faire face aux nombreuses mauvaises habitudes du cuistot : les épluchures au sol, les notes écrites en alphabet Turien, illisible même pour les plus avancés des traducteurs automatiques, et son léger et irritant tapotement sur le comptoir dès qu’un client mettait plus de trois secondes et demi à choisir sa commande.

Les LEDs au dessus de chaque stock se mettaient petit à petit à s’allumer, au fur et à mesure que l’incapacité de Scipio à prévoir le nombre de client se prouvait. Le duo tombait même à court de boîtes et de cartes de fidélité. Les bobos du présidium aimaient les cartes de fidélité. Heureusement, après l’averse vint un moment de repos, et le coup de feu, aussi brutalement qu’il était arrivé, s’en allait sans crier gare. L’horizon absent de tout client, Scipio inspectait les maigres stocks et soupira :

« On est que mardi… Oh, merci.

- Ah non, j’ai oublié. Dextro pour toi, se corrigeait la médecin, alors qu’elle ramenait à elle la canette qu’elle tendait à son collègue de fortune. Tu as bien du courage si tu fais ça tous les jours, je ne pourrais pas, trop crevant.

- Ha ! Et je vois que tes gambettes en ont pris un coup. C’est une horreur, hein, de piétiner ? Mais non, tous les midis ne sont pas le même enfer. On est sur une journée particulièrement dure, aujourd’hui. Midas, donne nous un peu d’intimité s’il te plaît. »

Les volets virent voiler la rue à leur vue, et bientôt ils étaient dans la sûreté de l’habitacle, enfermés avec les odeurs de nourriture et la pâle lumière que l’IV émettait.

« Super, on va sentir les nouilles !

- Personne ne devrait nous croire ouverts, au moins. S’il y a des retardataires, ils iront manger ailleurs. Je n’ai pas la seule guitoune de la Citadelle, bon sang…

- Je n’en ai croisé aucune d’ouverte en passant cela dit.

- Ah mais si mes consorts n’étaient pas tous des feignasses, ça se saurait », plaisanta-t-il.

Puis il se tut quelques instants, glissa le long du mur pour s’asseoir à même le sol, et intima à Arcadia d’écouter attentivement. La « pièce » était complètement silencieuse, parcourus par nul son plus audible que leur respiration respective. Il rompu le calme en ouvrant une canette, et s’expliqua :

« J’adore ça. Le calme après la tempête. Passer des étudiants hyperactifs au doux silence. »

Ils laissèrent encore un peu d’espace à ce dernier, puis Arcadia fit une proposition :

« J’ai une idée ! Plutôt que ton offre, je préfère une faveur ! Emmène moi quelque part. Invite moi à sortir, où tu veux, tant que c’est divertissant ! »

Invite moi à sortir. L’expression sonnait étrangement. Était-ce un rencard ? Parlait-elle d’un restaurant, d’une boîte de nuit, ou bien avait-elle autre chose en tête ? Il ne pouvait pas se permettre de l’inviter au resto, elle avait sûrement des standards bien supérieurs aux siens. C’était une femme de la haute, après tout. Il aimait la bonne cuisine, mais il avait un carnet d’adresse de prolétaire quand il s’agissait de manger en ville. S’il avait une envie précise, il la cuisinait lui même, et c’était là la plus grande partie du fun. Il pouvait peut être l’inviter chez lui ? Elle avait une vie hyperactive, volant d’un théâtre d’opération à l’autre, il ne serait pas surpris qu’elle apprécie une soirée calme avec quelqu’un pour lui faire la cuisine, engoncée dans un canapé confortable… Ah mais merde, il y avait encore le carton de l’étagère sur le canapé. Et puis il n’y avait plus rien à bouffer ! Oh non, l’état de l’entrée, il n’avait pas eu la foi de ranger ses conneries la veille au soir…

« T’es sûre ? Des nouilles à vie, c’est quand même tentant. »

L’aveu de faiblesse cherchait à se camoufler en plaisanterie, à voir si celle ci tiendrait la route. Le doute s’immisçait dans l’esprit de Scipio, qui commençait sérieusement à se demander comment il pouvait tenir la route face aux attentes d’Arcadia. Mais si… Mais si elle n’attendait rien ? Elle sait très bien qu’il n’est qu’un minable soldat du génie et un cuisinier de seconde zone, il aurait été surprenant qu’elle espère de lui monts et merveilles. Que cherchait-elle, alors ? Qu’avait-elle vu, là bas, de si terrible, qu’elle en arrivait à vouloir passer sa journée avec un type comme lui ? Peut être que le voir échouer lamentablement était tout ce qu’elle attendait pour se rassurer… Puis vint l’idée.

« J’ai bien un endroit. Je n’te connais pas assez pour savoir si ce genre de connerie te plaisent, Arcadia, mais j’ai bien envie de m’y essayer. Et puis, si tu ne trouves pas ça divertissant, tu sera au minimum surprise ! Midas, réouvre un peu le bouiboui, on sort. Tu le ramènera à la maison. Moi, je nous appelle un taxi. »

Scipio arborait un sourire hésitant, mais tendis une main assurée à la médecin pour l’aider à se relever. Après avoir eu les mains gantées à tripoter de la viande vaguement froide pendant des heures, le contact direct avec une peau chaude provoquait presque un frissonnement dans sa paume et le long de son avant bras. Il lui offrit une seconde canette, « pour la route », et expliqua qu’il avait un petit coup de fil à passer avant qu’ils ne partent. Il quitta le véhicule, s’écarta un peu, et appela quelqu’un via son omnitech :

« Allô Momo !
- Allô chef !
- Ah flûte, t’es sur haut parleur, attends deux secondes que je règle ça. Hey Momo, comment ça va ? Ouais, ouais, nickel, journée chargée mais j’ai eu un coup de main, c’était salutaire. Tu pourrais me faire passer ? Disons dans une heure ? Oh, une heure et demi, c’est bon aussi. Pas d’problême. Non t’inquiète, on prendra juste du temps pour faire la route. Ah heu oui, je n’suis pas seul cette fois ci. Ça ne te dérange pas j’espère ? Mmh ? Ok, je prend note… N’abuse pas trop non plus, Momo. Tu pousses le bouchon, là... Bon ok, mais pas plus ! Aller merci mon gros, j’te revaudrai ça au centuple. Et arrête de m’appeler comme ça ! C’est caporal, pas chef !»

Il raccrocha, un sourire irrité traversant son visage, avant de se tourner de nouveau vers Arcadia :

« Les menus détails sont arrangés, mais on a un peu de temps devant nous. Ça ne te fera pas trop honte de le passer avec l’infanterie, j’espère ? »

Le rire facile et clairement d’une humeur rayonnante et communicative, Scipio emporta sa commis commis d’office dans un lieu étonnamment confidentiel pour les secteurs, précisément celui de Tayseri. Car il en existait bel et bien, dotés de parcs et de fontaines, de petites statues blanches coincées entre quatre bancs, à l’ombre des demeures raffinées des aristocrates n’ayant pas réussi à gratter leur place dans le Présidium, et ceux trop insupportables pour accepter de vivre avec le reste de la haute société. Le Turien soupira a lui même qu’Arcadia devait se sentir dans son élément, et que lui ressemblait à un intrus prêt à voler une radio à travers la première fenêtre ouverte, avec ses taches en bas des manches et son air fatigué.

« Ça commence à faire loin, où est ce que tu m’emmènes ? tenta la médecin.

- Je pensais que tu souhaitais être surprise ? Tu n’as qu’à essayer de deviner.

- Bon, qu’est ce qu’on y trouve… Ça se mange ? »

Scipio lâcha un rire à la remarque. Elle ne perdait pas le nord ! Lui même n’avait dévoré qu’une biscotte de toute la journée, mais c’est vrai qu’elle n’avait pas pu finir son plat. S’ils avaient le temps, il ferait un crochet par un resto à emporter après. Quelque chose dans son budget.

« Il faudrait me passer sur le corps, admis-t-il.

- Je n’hésiterai pas une seule seconde Sempronia, répondait amusement l’Arcadia. On peut toucher ?

- Tout son saoul, je me suis arrangé pour.

- Ça devient intéressant… Ça peut choquer la sensibilité des âmes sensibles ? »

Oula ! Elle allait vite en besogne !

« C’est triste… Mais non. Pas dans l’immédiat en tout cas, ajoutait-il pour sauver ses chances.

- C’est vivant ?

- Autant que toi ou moi. Enfin, plus toi que moi, je suis déjà un vieux croulant pour mon âge.

- On dirait mon paternel qui parle. C’est poilu ?

- Il y en a, oui, lâcha Scipio après quelques secondes de réflexions. Et c’est très agréable !

- Ça a peur du docteur ?

- Tu refroidis drastiquement.

- Ca marche sur quatre pattes ? »

La question fut réceptionnée par un signe négatif de la tête, ce qui n’empêchait pas la chirurgienne de continuer son travail d’investigation.

« Sur deux ?

- Du tout !

- Ça vole ?

- Seulement si tu les jettes.

- Ça marche au moins ?

- C’est bien là que tu te trompes, Arcadia.

- Diable, tu attises ma curiosité. On peut communiquer avec ? »

Le Turien fanfaronna, appréciant de se prendre au jeu :

« Je peux, pas toi.

- Ça vient de Palaven ? tenta la médecin.

- Pas seulement, beaucoup viennent de Terre ou de Mars. Ton coin quoi.

- Comment tu sais que je viens de Mars ?

- Tu es sûre que c’est pour trouver où je t’emmène ? Je ne savais pas, mais je suis ravi de l’apprendre. Je pensais que tous les Humains venaient de la Terre ou des Terminus. Après tous, tous les Turiens viennent bien de Palaven ! cingla-t-il en ricanant.

- J’en connais sûrement autant sur les Turiens que toi gros malin ! Est-ce que ça mange ?

- Ça tombe bien, moi j’n’y connais rien. Des dizaines d’années que je les côtoie, et j’ai toujours pas saisi pourquoi ils vont au casse pipe en file indienne. T’es médecin, donc je te dirais qu’au sens large, oui. Mais au sens courant, on a tendance à dire non.

- Non, là, je donne ma langue au chat, admis Arcadia. Je ne vois pas ce que ça peut être.

- Tant mieux, nous sommes arrivés, et c’est l’heure. Les caméras doivent être éteintes.

- Les caméras ? »

Sur le visage de Scipio vint se dessiner un sourire pourvu de maintes dents blanches et acérées. Il était content d’avoir réussi à glisser ça en douceur. Il s’approcha d’un grillage, tira une caisse de derrière un buisson, s’en servit comme marchepied, demanda calmement à Arcadia d’attendre une trentaine de secondes, et bondit d’un coup par dessus le mur. Quelques instants plus tard, le portique s’ouvrait non loin de la médecin. Si le mur était du même blanc sobre que celui des voisins, le jardin sur lequel il s’ouvrait, lui, en revanche, était particulièrement fastueux. Scipio tendis galamment une main à sa collègue, désormais partenaire dans le crime. Son autre main, elle, tenait fermement une carte d’accès, comme s’il redoutait de la faire tomber par maladresse. Derrière lui s’étendait une allée de quelques encablures, décorée d’arbustes et d’une fontaine en marbre, qui venait se terminer face à une façade recouverte de dorures ridicules, garni de petits angelots ringards et d’une tête de lion aux yeux d’airain.

« Bienvenue dans mon palace, lieutenant Arcadia McKnight. Prêté pour l’occasion, tu sais déjà que mon boulot ne permet pas ce genre de dépenses. »

Il la mena à l’intérieur, entrant avec une aisance qui indiquait clairement une certaine habitude. Il se permit même de jeter son gilet sur un porte manteau. Il précisa tout de même que le vaste hall d’entrée n’était pas l’intérêt principal de la demeure, ni la raison pour laquelle il l’avait emmené ici. « Viens, c’est à l’arrière ! » ajoutait-il, s’amusant à perdre la femme dans les nombreux couloirs recouverts d’écrans et de miroirs. Mais il serait de mauvais goût de s’étendre trop longtemps sur le faste presque répugnant de la demeure d’emprunt, alors que Scipio lui même n’avait d’yeux que pour le très particulier trésor qu’elle renfermait. Et s’il aurait été de bon ton d’appeler ainsi Arcadia, force est d’admettre qu’il s’agissait d’un autre joyau, caché derrière un rideau de velours rouge comme le serait une alliance dans un écrin. Scipio se faufila en dessous comme une ombre, et la médecin découvrit la raison de son impatience en soulevant doucement le drap pourpre.

« L’appartement » luxueux s’ouvrait sur une serre à la chaleur presque dérangeante, bercée de mille teintes de vert, d’orange et de rouge. Le Turien n’avait pas menti, la vue était surprenante, et on trouvait des plantes typiquement terrienne : des plantes chauves souris, des griffes du diable, de l’euphorbia obèse, de la tomate porc-épic, des cereus ne s’ouvrant qu’aux lueurs de la lune, ce qui n’était pas bien pratique sur la Citadelle, des lithops, des boquila trifoliolata, des mimosa pudica, tout un arsenal de plantes aux noms ardus à retenir, et même un arbre arlequin qui trônait au cœur de la verrière, flattant de ses multiples couleurs les rétines des invités vagabonds. On trouvait également une réserve de plantes hybrides issus des laboratoires martiens, des variétés difficiles à trouver en dehors des chambres de test. Des plantes commune – toute mesure gardée, car rien n’était parfaitement commun entre ces murs de verre – côtoyaient des raretés valant plusieurs mois de salaire, si on prenait Scipio comme base.

« Regarde, des oreilles d’ours ! Et des rossolis du cap ! Tu voulais savoir si c’était poilu, voilà ta réponse. »

Il désignait une petite plante, répandue sur Terre mais inconnue sur Palaven, l’épiaire de Byzance, dotée de petits poils particulièrement doux au toucher, qui côtoyait une pousse carnivore moins aguicheuse. Le Turien semblait parfaitement dans son élément, et il avait même attrapé un sécateur pour couper quelques tiges mortes.

« Quand j’ai un coup de blues, je demande à un ami de me laisser le remplacer à son boulot, ici. C’est un peu mon jardin autant que le sien. Certainement pas celui du proprio en revanche, on voit rarement le vieux trader quitter Bekenstein. Ne fais pas attention aux oiseaux immobiles près du plafond, Momo les a désactiver pour éviter qu’ils enregistrent mes allées et venues. »

Il se tourna vers Arcadia, particulièrement curieux de sa réaction. Il offrait une partie de son intimité à cette quasi-inconnue, il partageait avec elle ce petit délit innocent qui lui permettait de s'échapper d'une étouffante civilisation de temps à autre. Et puis, il allait falloir l'admettre un jour, il espérait qu'elle se plaise, car lui même trouvait sa compagnie plaisante :

« Lorsque tu m’a demandé de t’inviter à sortir, je me suis dis que tous les gars de l’UCIP devait déjà t’avoir proposé leurs boîtes de nuit préférées et leurs restos chics à s’en couper les bras pour payer l’addition. Tu ne me fera pas croire que tu n’es pas assaillie de courtisans. Je ne sais pas si ça t’amuses, mais j’espère au moins qu’après l’après midi de forcené que je t’ai servi en traître, mon petit coin de paradis est un peu reposant pour toi. »

En s’asseyant sur un banc mollement rembourré par quelques coussins, il réfléchissait. Il avait accès aux infos, et savait bien à quel point les soldats n’avaient pas la vie simple en ce moment, quel que soit leur rôle. Avec un peu de chance, son havre de paix à la chaleur suave l’apaiserait de quelque manière. D’un bond, il se releva :

« Et ici, j’ai découvert la musique humaine ! Mon traducteur a mis un peu de temps à s’adapter au grain du disque, mais je fini par apprécier. »

Scipio s’approcha d’un vaste bar en bois, qui devait avoir au moins un siècle d'existence, et qui prenait place entre une plante thessianne aux couleurs bleues et grises, et un large arbuste d’Amérique du Sud aux feuilles irisées de jaunes. Le Turien fit grésiller un disque noir sur une plateforme circulaire, qui était si courante à son époque, et si désuète désormais, tout en sortant deux bouteilles de sous le comptoir d’une autre main. S’il était ironique pour un piaf de mettre de l’Edith, il fallait admettre que les craquements de voix de Milord apportaient un charme amateur à ses tentatives qui, elles aussi, étaient frappées de désuétude. Quelques mouvements de poignets plus tard, il tendait un élégant verre en cristal à la jeune femme, n’appréciant rien de plus qu’offrir quelque chose de gratuit :

« Je ne t’ai pas demandé si tu en voulais, mais on instinct me souffle que tu n’as pas accepté de venir pour dire non. »


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Les couleurs de nos héros, le Jaune Midas #ff9900 et le Bleu Sempronia #0099ff


Dernière édition par Scipio Sempronia le Mer 23 Jan 2019, 17:46, édité 1 fois
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Arcadia McKnight

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MessageSujet: Re: Allô Chef!   Allô Chef! Icon_minitimeMer 16 Jan 2019, 02:19

Allô Chef!
Ft. Scipio Sempronia



S'il y avait bien une chose de sûr, c'est que Arcadia était surprise. Elle ne s'attendait absolument à quelque chose de ce genre. Néanmoins on ne pouvait pas nier l'originalité de cette excursion botanique. La température était relativement élevée dans la serre, donnant l'impression de se trouver sous le soleil d'une île tropicale. Elle était satisfaite d'avoir laissé sa veste chez elle et de ne porter qu'un haut léger.
L'intruse fit le tour du jardin d'un pas lent et calme, s'arrêtant devant chaque condiment, le regardant d'un peu plus près, sentant son arôme avant de passer au suivant. Elle vit Scipio, une petite cisaille à la main entretenant l'une des nombreuses plantes.

« Ils savent se tenir à l'UCIP tu sais ? Il y en a eu certains oui. Mais je ne suis pas du goût de tout le monde. J'ai largement dépassé l'âge de me laisser impressionner par la débauche de richesse et de luxe. J'ai des standards, loin d'être aussi extravagant que ce que certaines personnes peuvent penser. Mais pour répondre à tes interrogations. Oui. J'apprécie l'endroit, c'est bien plus calme et relaxant que tout à l'heure. »

Elle sourit lorsque ce dernier lui mentionna son attrait pour la musique Terrienne, alors qu'il déposait un vinyle sur le lecteur. Les premières notes grésillèrent avant de cracher une musique rétro. Tel un vieux film romantique datant d'avant l'exploration spatiale de l'humanité, le Turien sortit deux verres, les remplissant chacun d'un alcool différent avant d'en tendre un à l'Humaine.

« En effet Sempronia ! Il serait de toute façon malpoli de refuser un verre. Santé ! »

Le bruit du cristal contre le cristal se fit entendre dans le petit habitacle. Portant le récipient à son nez, elle crut reconnaître un whisky. Le médecin fit tremper ses lèvres dans le liquide. En effet du whisky. Du rhum aurait été mieux mais tant pis. S'en enfilant une gorgée, elle fit jouer le breuvage dans sa bouche pour en atténuer l'intensité puis le déglutit. La chaleur se fit tout de même sentir tandis que le rouge lui montait aux joues. Pour autant la quadragénaire garde sa contenance.

« Alors ? Qu'as-tu du promettre à ton ami ? Sachant que tu fais son boulot à sa place. Si tu veux mon avis, tu te fais enfler quelque part, plaisanta t-elle.

- Lui et sa femme mangent à l’œil, que ce soit au resto ou, il fit une pause puis soupira, chez moi.

- Sans déconner ?

- Ça va, c'est des amis, je peux bien leur payer un cassoulet de temps à autre. Il but une gorgée avant de reprendre. J'espère juste que ça en valait la peine.

- Ça en vaut largement la peine. Même si la décoration extérieure est kitsch, je ne m'attendais pas à trouver une serre à l'intérieur... En tout cas je vois que l'on a l'habitude des petits délits », dit la blonde un sourire aux lèvres

Une porte claqua bruyamment, ayant pour effet immédiat de se faire se regarder le binôme avec des yeux ronds. Vu le visage du caporal, cette visite ne devait pas avoir été prévu. Ils observèrent quelques secondes de silence, les verres toujours à la main, dans l'attente d'un autre bruit. On entendait plus que le chauffage électrique du jardin.

« Il y a quelqu'un ?

- Merde ! »

La grossièreté ne fut qu'un souffle, mais le stress était bien réel. Ni l'un ni l'autre ne devait se trouver ici. Dissimulant les verres entre deux pots, les deux compères détalèrent cherchant un endroit ou se dissimuler. Arcadia décela un petit cagibis, ça allait être serré à deux mais il n'y avait guère le choix, les bruits de pas se faisaient de plus en plus proches. Poussant presque Scipio dedans, elle s'y glissa à son tour, et referma en douceur la porte.
L'espace était restreint, encombré par de hautes piles de vieux papiers. Ils étaient serrés l'un à l'autre, le Turien se trouvait être dans une position inconfortable, bien trop grand pour se tenir debout, il devait plier les genoux pour ne pas toucher le plafond. Point assez problématique car sa cage thoracique venait directement écraser celle du médecin, rendant sa respiration difficile. Et c'était sans compter sa tête qui se trouvait plus ou moins dans le giron de Arcadia.
Un bruit sourd retentit, la Martienne sursauta, entraînant une chute de papier, qui ménagea quelques centimètres d'espace supplémentaires.

Tentant de regarder à travers les traits d'aération, la praticienne fut gênée par plusieurs rapports : Boursier, Comment éviter de finir au placard et Mes plus gros paris. Repoussant les documents sur le côté, elle constata que ce qui était tombé n'était rien d'autre que l'aspirateur qui effectuait sa tâche quotidienne.
Elle sentait le souffle angoissé du Turien sur sa gorge, glissant à travers les lacets de son débardeur. Tournant la tête vers celui-ci, ses yeux accrochèrent L'analyse sanguine de Mr Ferio, peu glorieuse, les Gamma GT étaient bien trop élevées comme le cholestérol. Décidément ce trader allait devoir consulter rapidement. Sa tempe heurta le Prêt Immobilier Année 2201 faisant tomber une nouvelle pile sur les deux intrus. Fort heureusement le bruit fut couvert par le robot.
Arcadia se débarrassa de la brochure Entretenir votre petit jardin, regardant de l'autre côté elle tomba sur un exemplaire de Bien cacher ses maîtresses. Scipio essayait d'émerger, se retenant d'éternuer à cause de la poussière. Chacun de ses mouvements venait chatouiller les flancs de son acolyte qui faisait de son mieux pour ne pas se débattre bruyamment. Un post-it avec Garder la tête hors de l'eau glissa sous son nez.

Plusieurs minutes passèrent, mais la voix ne se fit plus entendre, pas plus que l'aspirateur. Le calme était revenu, dégageant une lettre Remerciement pour votre chaleureux accueil, la toubib sortit marchant à quatre pattes, une avalanche de lettres derrière elle.

« On a eu chaud ! Ça te dit de terminer par quelque chose de plus calme ? Mon cœur ne tiendra pas une nouvelle infraction. »


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MessageSujet: Re: Allô Chef!   Allô Chef! Icon_minitimeJeu 17 Jan 2019, 01:57
Lorsqu’il était au lycée, Scipio avait reçu un cours de sensibilisation aux mœurs et comportements aliens. Il avait retenu énormément de choses, qu’il s’appliquait à appliquer : ne pas parler du Génophage, essayer de regarder un Galarien dans les deux yeux et non un seul, ne pas fixer les poitrines des humaines. Mais parfois, connaître la théorie n’est pas suffisant pour pouvoir en faire usage en situation réelle. Parfois, on est coincé dans un placard trop petit pour soit, recherché par le propriétaire de la demeure dans laquelle on est entré par effraction, et, bien entendu, on partage ce confortable lieu avec quelqu’un d’autre.

On peut donc avoir des grains de beauté là ? Le Turien pensait qu’ils étaient exclusifs aux visages et aux bras, mais il avait vraisemblablement beaucoup à apprendre. Après une course précipitée, des prises de décisions instantanées et une montée de stress implacable, Arcadia (la chirurgienne à la tête de la lutte contre la terrible énergie noire) haletait, et son cœur palpitait non loin du visage du soldat du génie. Celui ci craignait de l’empêcher de respirer, aussi tentait-il de relever la tête, mais la taille du cagibi l’en empêchait, sans oublier les boucles blondes de la jeune femme, qui venait frétiller sa nuque s’il tentait de rentrer le cou.

Alors il se résignait, acceptant son destin. Celui d’avoir le nez caressé par les lacets d’un haut choisi avec goût. Il entendait les tentatives de la chirurgienne, qui talonnait à la recherche de quelque chose, mais était incapable de voir ce qu’elle faisait. Ses bras à lui pendaient mollement dans le bas du dos d’Arcadia, incapables de bouger les coudes sans faire sauter la porte de ses gonds. Il sentait ses mains blanches courir le long des parois, passer à côté de son col pour écarter de la paperasse, provoquant de nombreuses chutes de feuilles. Si Scipio avait pu les lire, il se serait peut être amusé des titres, mais le pauvre garçon n’avait pas cette chance.

Il était victime d’un autre malheur, et son nez le lui rappela dangereusement. Au début, il avait surtout humé l’odeur de nouilles sautées que la médecin transportait avec elle depuis le début d’après midi, mais par la suite vint le ton de son parfum. Celui ci était léger, une agréable odeur de Provence et de fleurs. Une odeur de violette. Scipio grinçait furieusement des dents, incapable de se débattre, incapable de rester en place. Il sentait poindre son allergie, mais était coincé avec sa cause. Chaque fois que l’aspirateur venait frapper contre le meuble dans lequel le duo était dissimulé, la petite secousse menaçait le Turien de le faire craquer. Ne. Pas. Éternuer. Leur position aurait été révélée et ça aurait été, en règle générale, extrêmement gênant. Devait-on rappeler que l’impact du robot avait également provoqué un sursaut de la part du médecin, et une réaction en chaîne pour Scipio ? Afin de ne pas finir avec le visage enveloppé, il cambra douloureusement le dos, ce qui le força à plier encore plus les genoux, qui percutèrent chaque coin de l’armoire, provoquant un nouveau sursaut qui envoya le crâne du cuistot au plafond. Il revint à sa place initiale. S’il fallait mourir ici, plutôt d’allergie que de honte.

Les minutes passèrent et Arcadia, incapable de rester en place (ne l’en blâmons pas), fouillait autour d’elle, ses longs doigts courant sur les hanches du criminel qu’elle avait accepté de suivre. Parfois, c’était plutôt un coup de coude dans les côtes. Est ce qu’elle le faisait exprès ? Si c’était le cas, qu’est ce qui était volontaire, les violences ou les douceurs ? Il releva d’un coup une main, qui descendait trop bas contre son gré. Heureusement, le supplice s’achevait, et l’armoire finit par vomir le duo.

« On a eu chaud ! chuchota la chirurgienne. Ça te dit de terminer par quelque chose de plus calme ? Mon cœur ne tiendra pas une nouvelle infraction.
- Bah quoi, ricana le cuisinier. Tu n’es pas divertie ? »

Ils se faufilèrent en dehors de la demeure, abandonnant derrière eux verres en cristal et vinyles craquetant. Parfois, marcher dehors dans le calme n’est pas un si mauvais destin. C’était plus serein, en tout cas. Ainsi se retrouvaient-il à longer un lac artificiel en riant de leur mésaventure.

« Tu penses que c’est la musique qui nous a vendu ? plaisantait le Turien. C’était peut être de trop ?

- Peut être… Ou alors un Turien de deux mètres de haut qui passe au dessus du portail ? Qu’en penses-tu ? demandait l’Humaine en tirant la langue pour se moquer de son partenaire.

- Impossible, je le fais tout le temps !

- On peut toujours aller demander au voisin ? Lui saura nous le dire. »

Ils riaient de bon cœur ; à leurs pauvres décisions, à leur moment de répit, et à leur improbable escapade. Ils riaient aux yeux de Scipio, rougis par l’allergie, et à ses tremblements de froid. Si seulement il n’avait pas oublié sa veste là bas. Ils se souviendraient longtemps du jour où, pour voir des fleurs, ils avaient terminé engoncé dans une armoire. En marchant, ils étaient parfois pris d’un soudain fou rire en repensant à ce qui venait de leur arriver. Il suffisait que l’un se mette à ricaner, et l’autre y repensait immédiatement. Quelques secondes après, ils ne communiquaient plus que par rires, incapables de se raisonner.

« Je t’aurai bien proposé de venir chez moi, lâcha Scipio en essuyant une larme de rire (ou était-ce l’allergie?), mais Mr. Ferio m’a dérobé mes clés. Il est sûrement trop tard pour lui demander de les rendre. »

Il ricanait bêtement en imaginant le vieil homme fouiller son veston.

« On va chez toi ? On a toujours pas vraiment mangé ! »


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Arcadia McKnight

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MessageSujet: Re: Allô Chef!   Allô Chef! Icon_minitimeMer 23 Jan 2019, 00:03

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« Okay, dit Arcadia. Okay. Mais en échange, c'est toi qui fait la cuisine !

- C'était admis!

- Rassures moi, tu sais faire autre chose que des nouilles ?

- Eh bien, je fais un poulet basquaise pas piqué des hannetons. Je te conseillerai bien mon homaride à l'orinon mais tu vois, dextro, lévo, tout ça... Et puis ma spécialité, avant d'être les nouilles, c'est les cocktails tu sais. La guitoune est mon premier resto officiel, j'étais barman avant.

- C'est parfait ! Allez suis moi ! »

Il fallut presque une demie heure pour arriver au secteur Var Anahid. C'était un quartier résidentiel de la Citadelle, très calme et bien entretenu. Les immeubles récents se côtoyaient au milieu de petits parcs riches en fleurs et verdures. Quelques commerces de proximités s'étaient logés en bas des bâtiments, la plupart vendant des produits du quotidien et de la nourriture. Un lieu de vie comme tant d'autres sur la station. Les loyers étaient un peu élevés du fait que les habitations étaient en bordure d'un bras offrant une vue imprenable sur la Terre ou sur l'espace. Mais cela n'était pas vraiment un problème lorsque le dit loyer ne se trouvait pas à la charge de l'occupant. L'UCIP avait quand même du bon.

La blonde ouvrit sa porte d'entrée, laissant son invité rentrer en premier. Le rez de chaussée se paraît majoritairement de blanc, de noir et de différentes tonalités de bleu. Aucune cloison ne séparait les pièces. On y trouvait la cuisine ouverte avec un îlot central, offrant un large plan de travail ou trônait un robot de cuisine dernier cri que le médecin affectionnait beaucoup.
La salle à manger et le salon ne faisait qu'un. Au fond de la pièce, une table faite d'un bois Asari pouvait accueillir six convives, bien que pour l'instant elle était jonchée de paperasses, bouquins, bibelots et autres plantes vertes.
Le living-room disposait d'un sofa en L et de deux fauteuils dans les mêmes tons. Il y avait aussi la table basse, ignoble invention qui massacrait les petits orteils innocents. Le mur soutenait une télé de taille correcte, à côté reposait une cheminée électrique.
Cette dernière ne produisait guère de chaleur, elle était présente à titre purement décoratif et nostalgique. La blonde adorait passer des soirées à lire au "coin du feu". Bien sûr le charme était moindre comparé à un authentique foyer qui dégageait cette odeur de bois brûlé. Mais sur la Citadelle, il fallait faire avec. Au milieu de la pièce un escalier léger et aérien menait vers les appartements privés de la propriétaire. Une baie vitrée occupait l'immense majorité de la façade opposée, dévoilant le berceau de l'Humanité.

La décoration était choisie avec goût. Heureusement me diriez vous, car notre toubib vit ici. Un miroir mural avec des courbes gracieuses, diverses plantes qui ne nécessitaient que peu d'entretien, un tableau fait par un de ses patients, et un peu de bazar chaotique dont elle seule connaissait l'organisation.

« Bienvenue chez moi ! Je t'en prie, fais comme chez toi. La cuisine est à ton entière disposition. Je dois encore avoir un peu de produits dextro dans mes placards. Si jamais tu as la moindre question, je serai en train de lézarder sur le sofa  », s'amusa t-elle.

Elle se sentait un peu coupable d'exploiter ainsi ce pauvre Turien, en même temps ce dernier ne s'était pas gêné pour l'exploiter alors qu'elle était en pleine digestion. C'était un juste retour des choses non ? Et puis au vu de son expression il n'avait pas l'air à plaindre. Faisant tout pour se donner bonne conscience, Arcadia attrapa un roman qu'elle avait bien entamé et reprit sa lecture, laissant le chef lui préparer un bon plat.


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MessageSujet: Re: Allô Chef!   Allô Chef! Icon_minitimeMer 23 Jan 2019, 23:46
Poliment invité et sans même avoir eu la nécessité d’aborder l’idée lui même, Scipio se faufila à l’intérieur de luxueux appartement d’Arcadia McKnight. Certes, toute piaule possédant plus de trois salles différentes était un symbole éminent de luxe aux yeux du Turien, mais celle ci ne déméritait pas. Ses yeux brillèrent devant le petit robot ménager qui frottait le coin des murs, les nombreuses plantes vertes – bien que purement décoratives et trahissant une certaine fainéantise de s’en occuper, au vue des variétés – la table au bois verni, la fausse cheminée… Tout était élégant, de la table basse à l’escalier, et ce qui devait y avoir en haut de celui ci était probablement tout aussi impressionnant. Ah, ces babtous richoux, ils en mettront toujours plein les mirettes à Scipio.

Seul bémol dans ce tableau, l’affreux robot de cuisine qui trônait dans la pièce la plus importante de la maison, hideux comme une statue de Krogan au cœur du Présidium. Scipio n’aimait pas ces engins du démon tout juste bon à faire croire à la ménagère qu’elle sait faire autre chose que des soupes. Un peu plus, et il aurait dit qu’ils lui piquaient son travail. Arcadia proposa à son invité de se mettre à l’aise et au fourneau, lui expliquant son ô combien ingénieux plan de le laisser travailler pendant qu’elle prendrait le risqué rôle de se prélasser. Elle lui proposa de répondre à ses éventuelles questions et, lançant ses mots par dessus le plan de travail qu’il commençait déjà à s’approprier, il demanda :

« Qu’est ce que tu fais avec du dextro chez toi ? Je préviens, si ton mari débarque, je risque pas ma vie pour ces conneries hein. »

Distraitement, il saisit un couteau et entreprit de réduire un citron en quartiers.

« Relax, répondit-elle. Je suis célibataire. Quant à pourquoi j’ai de la bouffe dextro… Tu veux vraiment un dessin ? »

Elle riait doucement, et sa gaieté rappela à Scipio le placard de Mr. Ferio. Il étouffa son fou rire de peur de se planter une nouvelle fois le couteau dans un doigt. Puis, dramatiquement, il soupira :

« Ca y est, je suis tombé dans un piège et il se referme sur moi.
- Hahaha, tu es un peu trop jeune pour moi si ça peut te rassurer.
- Et ton parfum me rend malade, plaisanta-t-il. C’est bien, je préfère que la situation soit claire. Caipirinha ? Elle est légère. »

Du bout de la main, il tendait un léger cocktail aux tons verts. Il avait vraisemblablement déniché le minibar, et y avait trouvé la cachaça entre deux bouteilles de rhum, ses lointains cousins.

« C’est pour faire patienter, le temps que ça cuise. Je n’aime pas l’idée qu’on m’attende sans rien avoir à siroter pour patienter. »

Et à cet artifice, la caipirinha était l’une des reines. Très sucré, ce cocktail avait tendance à dissimuler habilement la saveur de l’alcool, offrant aux lèvres des convives un avant-goût de ce qui les attendrait par la suite. L’équivalent distillé d’une mise en bouche. Mais tout ne se faisait pas à l’apéro, et il allait désormais être nécessaire de commencer à cuisiner. Un plat, une idée de plat, avec les fonds de placard… Quelque chose qu’il pourrait cuisiner deux fois en peu de temps, histoire de ne pas continuer à vivre sur sa biscotte matinale. La dernière fois qu’une femme en avait appris sur ses habitudes alimentaires, il avait fini à l’hôpital. Quelque chose qui plairait à son hôte, qui l’emmènerait loin des champs de bataille et des cliniques de campagne. En fouillant la cuisine et en découvrant ses maigres possibilités, il se dit que la simplicité était de mise. C’était une femme sophistiqué, certes, mais lui, un homme de peu de manières. Un plat simple, c’était la garantie de ne pas la gêner par de trop ambitieuses entreprises, et en règle général, de ne pas trop se rater. S’il souhaitait qu’elle se détende, il valait mieux laisser le caviar là où il était. Avec un « Ah ! » satisfait, il sortit une boîte d’œufs du frigo.

« Mais du coup, t’es née sur Mars ? papota Scipio, en quête d’informations. Il n’y a pas que des blouses blanches qui vivent là bas ?
- Je suis née et j’ai grandi sur Mars. Dans mes souvenirs il n’y a que des blouses blanches. Tu vois Scipio, quand Papa blouse blanche et Maman blouse blanche s’aiment très fort… plaisantait la chirurgienne.
- Ralalaa, l’anatomie humaine ne m’intéresse pas, merci ! Ça n’est pas c’que je voulais dire. Je me demandais plutôt comment ça se passait pour… Tu sais, les écoles, les gamins, grandir quoi. Se faire des p’tits potes.
- Mmh, c’est pas vraiment la joie, surtout lorsque tu commences à rêver d’indépendance. La capitale reste très tournée vers le développement scientifique, il y a bien mieux comme endroit où grandir. Je n’ai pas de mauvais souvenirs, j’étais plutôt turbulente enfant. Je me souviens très bien de la majorité de mes conneries pour amuser la galerie. Et toi ? Avec ton tatouage facial… Je dirais Palaven ! »

La dernière fois qu’une femme lui avait parlé de son enfance sur Palaven, il avait également fini à l’hôpital. Mais pas cette fois, car désormais, il avait un atout de poids dans sa manche : la faim. Et il pouvait se concentrer sur sa cuisine pour chasser ses mauvaise pensées.

« Tout juste, Palaven. Je viens de la cordillère d’Ankarus, c’est un peu la cambrousse. Enfin, chez vous la cambrousse c’est des champs, chez nous c’est la montagne. Du coup, c’est un peu comme toi, l’enfance turbulente classique, juste la version Palaven. Se faire bizuter par son frangin, se cacher des Moissonneurs… Mais j’ai du mal à croire que toi, la petite génie, tu sois la gamine qui emmerdait le monde pour faire rire les marmots. Raconte un peu, pour voir. »

La diversion fonctionnait, et Scipio avait dors et déjà gagné assez de temps pour trouver du saumon, et le reste des ingrédients nécessaires pour sa préparation. Il rangea quelques épices : rappelle toi Scip’, fait simple.

« Un jour, j’ai détourné du matériel en cours de technologie pour me fabriquer un briquet. J’avais oublié le mien ce matin là. Ca aurait pu marcher… Si seulement je n’avais pas laissé le fer à souder allumé à côté de la recharge de gaz. Le prof m’avait accusé de terrorisme je crois.
- Ah oui ! lâcha avec surprise Scipio. C’était métal la primaire sur Mars !
- Mais non cornichon ! C’était au lycée, ça.
- Dans le même style, j’avais rafistolé la voiture d’un collègue quand je faisais mes classes. Le type emmerdait tout le monde, moi y compris, et pensait faire la loi parce qu’il était le fils de je n’sais qui… Pour venger et amuser les copains, j’avais remplacé son IV embarquée par Midas. Dès qu’on l’a vu partir, j’ai pu prendre les commandes à sa place. Là aussi ça a été… explosif, se remémora Scipio. Bon par contre ça n’avait pas plu à la hiérarchie.
- Ha ! Corvée de chiottes du coup ? »

Le Turien fit mine de prendre un air grave, et acquiesça solennellement. Puis ils rirent un peu à leur bêtise, se rassurant sur le fait qu’au final, personne n’avait été blessé. Trop gravement en tout cas. Et pendant ce temps, Scipio glissait les œufs persillés et chargés d’un ingrédient autour duquel le mystère restait entier dans une poêle frémissante. Intérieurement, le soldat du génie se félicitait de son coup de génie, et de ses étranges manies. Le pavé de saumon, lui, attendait son tour. Il fut réduit en plusieurs fines tranches, et le jeune homme à l’épiderme d’albâtre s’affaira à préparer un verre pour lui même tout en chantonnant. La conversation était plaisante, mais Arcadia semblait avoir besoin de repos, et le Turien n’en souhaitait pas plus pour elle. Ainsi, il chantonnait à voix basse en poêlant le poisson.

« J’irais jusqu’au bout du monde, je me ferais teindre en blonde… Si tu me le demandais… J’irais… Oups ! Lalala, on peut bien rire de moi, je ferais n’importe quoi... »

Préparant un plat différent avec chaque main, l’estomac vide et la fatigue commençant à poindre, Scipio se révélait un peu maladroit. Heureusement, les robots ménagers vrombissaient comme des « chats » (un mot que lui avait appris son mécène) entre ses jambes. Si cela provoquait encore plus de maladresses, au moins n’avait-il pas à nettoyer chaque tâche lui même. Il glissa les tranches de poissons sur le lit jaune que formait désormais les œufs, et vint rabattre celui ci par dessus comme une douce couverture. Il laissa le tout sur la poêle pendant encore quelques minutes.

« Dis moi, Arcadia. Ça te plairait des vacances à Palaven ? Une fois que, tu sais… Tout ça, ça soit terminé. Une amie m’a donné envie de retourner au domaine dynastique, et j’ai le sentiment que tu pourrais m’aider à y trouver ce que je recherche. Tu as le chic pour m’aider sur des points improbables. »

Il glissa doucement sur le sol du salon, et son visage émergea dans le champ de vision de la jeune femme. Il posa un plateau sur le canapé, juste à côté d’elle. Dans l’assiette, une omelette au saumon attendait son verdict. De petits points verts se laissaient deviner dans le lit jaune des œufs.

« Crois le, crois le pas, c’est une recette qui vient de Mars. L’aneth utilisé est synthétisée uniquement là bas, c’est une variété que des chercheurs ont développé pour faciliter sa culture. Ca n’a pas marché, mais son goût est unique, alors ils en ont quand même fait la commercialisation. S’il te plaît, ne me demande pas pourquoi j’en avais dans mes poches, ni combien d’autre condiments j’ai sur moi. Ce serait gênant. Pas autant que le placard ceci dit. »

Le sourire découvrait les dents blanches de Scipio, qui ne pouvait s’empêcher d’imaginer la tête de Mr. Ferio stoppant le vinyle de ses fantômes.


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MessageSujet: Re: Allô Chef!   Allô Chef! Icon_minitimeVen 25 Jan 2019, 23:28

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Arcadia sortit de sa léthargie en entendant la voix posée du Turien. Elle s'étira longuement, baillant à s'en décrocher la mâchoire, puis essuya les larmes qui perlaient à la commissure de ses yeux. Une odeur alléchante vint chatouiller ses narines, réveillant son estomac qui gargouilla d'envie.

« Visiter Palaven ? Ça ne se refuse pas. Je n'ai encore jamais eu la chance d'y aller. J'espère juste que mon cœur ne défaillira pas à la vue d'autant de Turiens, plaisanta-t-elle. Mais pas avant que tout cela soit terminé oui. En revanche tu as attisé ma curiosité. Que recherches-tu ?

- Je me pose des questions sur ma famille. Enfin, plutôt, mes ancêtres, mon héritage, tout ça. Étant le dernier de ma dynastie, j'ai un peu un poids sur les épaules, il grinça des dents. A une époque, le nom de Sempronia, c'était quelque chose.

- Des militaires je parie ?

- C'est... Ce que je me demande.

- Tu n'en as aucune idée ?

- On est connu pour ça, mais ça date surtout de mon père, et son père. Et mes oncles. Enfin, c'est récent quoi. Je ne connais rien de ma famille avant les Guerres Rachni, par exemple. Peut être qu'en remontant assez loin... Avec un peu de chance, en grattant et grattant, je trouverai une couche de Sempronia qui n'ont pas eu leurs médailles sur des champs de bataille.

- Oh, je vois ce que tu veux dire. Le lourd héritage familial. Je te dirais bien de ne pas y prêter attention. Mais je sais à quel point c'est important pour vous Turiens. Ce sera un plaisir de t'aider dans tes recherches. Mais parlons de quelque chose de plus joyeux. Qu'a tu préparé de bon ?

Elle regarda le plat, reconnaissant aisément une omelette, ronde, ventrue et cuite à point. Écoutant les explications de Scipio, elle se lécha les lèvres en coupant un premier morceau avec la fourchette. La panse laissa échapper un jus lié qui flattait à la fois la vue et l'odorat. N'y tenant plus, elle enfourna une première bouchée, mâchant le morceau un court moment avant de l'avaler.

« C'est super bon, commenta-t-elle une fois la bouche vide. Elle est baveuse juste ce qu'il faut. Du coup tu as combien de condiments sur toi ? Hep ! On ne se défile pas ! Tu as tendu le bâton pour te faire battre Sempronia », se moqua la toubib.

Non mais c'était une blague, le petit fumier était en train de se défiler. Hors de question de laisser passer un tel affront. Reposant l'assiette sur la table basse, l'humaine bondit comme une lionne sur sa proie. Le combat était inégal, même malgré l'avantage de la taille et du poids, le cuistot ne faisait pas le poids et termina rapidement sur le carrelage, face contre terre. La Martienne le maintenait cloué au sol.

« Alors normalement si je touche ici », ronronna-t-elle.

A peine eut elle posait le doigt dans le bas du dos que Scipio s'agita. L'alien couina de surprise, avant de laisser place à un rire et des supplications. Le bougre se débattait et Arcadia devait faire tout son possible pour ne pas se faire désarçonner du dos de sa monture.

« Allez Scipio, supplia la praticienne. Ne m'oblige pas à te faire les poches, tu sais très bien que tu n'as aucune chance ! »

Elle continua de lui infliger ce traitement pendant quelques secondes, sans aucune pitié. Appréciant la sensation de tenir quelqu'un à sa merci. Jusqu'à ce qu'un bruit sourd venant du dessous ne viennent perturber ses fantasmes de domination. Visiblement les voisins ne goûtaient pas à la plaisanterie.
Elle se dégagea, laissant sa pauvre victime reprendre son souffle. La militaire sourit avant de retourner sur le sofa.

« Tu as de la chance que je sois magnanime, Scipio. Et que tu saches bien cuisiner... Tu viens t'asseoir ? Ou tu restes à faire la serpillière ? »


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MessageSujet: Re: Allô Chef!   Allô Chef! Icon_minitimeJeu 31 Jan 2019, 01:14
« C’est super bon, lança Arcadia, non sans décrocher un peu de fierté pour son cuistot. Elle est baveuse juste ce qu’il faut.
- Heureusement, vu comme je t’en ai fait baver…
- Du coup, tu as combien de condiments sur toi ? Hep ! On ne se défile pas ! Tu as tendu le bâton pour te faire battre Sempronia. »

Ses mots n’avaient pas encore tous étaient entendus que le Turien faisait déjà mine de s’enfuir. Prestement, la toubib se déploya d’un bond qui la fit atterrir de l’autre côté du canapé, et elle s’en prit à celui qui, dix années durant, s’était entraîné à affronter les pires m…

Wo-how ! Un klang se fit entendre alors que Scipio mordait la poussière. Le jeune homme avait prévu de se laisser faire, mais il n’avait pas imaginé qu’elle n’en avait à ce point peu besoin. Habilement, il avait juste eu le temps de poser son verre sur un meuble afin d’éviter de toute renverser. L’alcool et les femmes étaient bien entendu une combinaison dangereuse pour quelqu’un d’aussi faible d’esprit que ce cuisinier.

« Alors normalement si je touche ici... » supposait la médecin. Ah ! Si faire plier Scipio était aussi simple, ça se saurait. Sincèrement, il ne pensait pas qu’elle trouverait son point faible avant un bon quart d’heure de recherches, et d’ici là, il aurait pris l’ascendant. A peine cette pensée eu traversée l’esprit du Turien qu’il se cabra, creusant le dos pour échapper aux vigoureux doigts de sa cavalière à l’attitude très cavalière.

La diablesse, du bout des digitales, pliait le corps de son partenaire à sa volonté. Son dos se tordait en une centaine d’angles différents pour échapper à l’avisée tortionnaire. Était-ce sérieusement si simple, de lui imposer ainsi la PLS ? Tandis que Scipio couinait comme un pyjak en cage, son échine était caressée par la chevelure de la blonde. Il éternua bruyamment, frappant douloureusement son nez sur le sol, alors que le parfum venait lui flatter les narines.

« Allez Scipio, ne m’obligez pas à te faire les poches, tu sais bien que tu n’as aucune chance !
- Je me rends ! Drapeau blanc ! »

Lâchant un peu de lest, la lionne permis au jeunot de se retourner afin de faire face à son calvaire. Elle était presque assise sur son torse, et il étouffait à moitié de rire, à moitié d’allergie. En une fraction de seconde, elle perçut un changement radical sur le visage de sa victime, qui cessa de singer l’hilarité pour lui offrir le regard perçant et rusé d’un prédateur.

« FEINTE ! » beugla-t-il, en tentant un brusque mouvement pour se dégager.

Cette fois ci, la médecin eut plus de difficulté à garder son patient sous sa terrible emprise, et s’ensuivit un dangereux rodéo qui les faisait tressauter sur le sol blanc de l’appartement. Chacun cherchait sur le corps de l’autre le moyen de le faire craquer, et à ce jeu la scientifique aux airs félins avait un net avantage. Elle était plus flexible. Ils éclatèrent de rire quand l’un des robots ménagers vint frapper le coin de la tête du Turien, avant de décider que le détritus était trop massif pour être ramassé, ou qu’il devait s’agir d’un nouveau meuble. Cette intervention extérieure, couplée aux assauts énervés des voisins sur leurs pauvres plafonds, mis fin aux ébats. Ah ! S’ils vivaient en banlieue comme Scipio, ils auraient le balais bien plus sévère ! L’aspirateur automatique venant taper sa tempe, il ne les avait presque pas entendu ! La colonel, essoufflée par ce soudain exercice, se laissa se vautrer sur son pauvre invité. Ils riaient de bon cœur, mais il était temps de rompre ce chaleureux corps à corps. Lorsque la médecin se redressa, elle sentit les mains du Turien sur ses hanches, qui la retenaient contre lui. S’il semblait bien entreprenant, elle comprit en voyant la crispation sur son visage qu’il se retenait surtout d’éternuer. Avec amusement, elle secoua sa crinière au visage du supplicié, qui retenait sa respiration comme si sa vie en dépendait. Dans le but de survivre, il dégagea doucement ses cheveux d’une main, les renvoyant derrière son visage et sur sa nuque.

« Pitié... » maugréa Scipio, le faciès coupé entre les larmes de l’allergie et le sourire que lui imposait la situation.

Arcadia finit par se lever et rejoindre le sofa, l’invitant à faire de même, non sans quelques provocations. Il se releva difficilement, courbaturé et éternuant, et descendit son verre sous prétexte que ça l’aiderait probablement à s’en remettre. Récupérant son assiette (et un second verre), il s’installa sur la seconde moitié du sofa en L.

« Quelle énergie… Je pensais que le boulot de commis t’aurais épuisé. J’avais zappé qu’épuisable n’était pas une de tes qualités. Ravi d’en découvrir d’autres, d’ailleurs. »

Le duo mangeait en haletant un peu, épuisés par leur affrontement soudain et vigoureux.

« Tu fais toujours ça à tes invités le premier soir ?
- Uniquement sur les Turiens.
- Moi qui pensait être unique. J’te remet un verre ? glissa-t-il subtilement en la resservant déjà. Dis moi, t’y retourne quand ?
- Tous ne m’ont pas fait terminer dans un placard. Et avec plaisir ! »

Elle but une gorgée de son second cocktail (un mai tai un peu corsé désormais), avant de continuer :

« Dans cinq jours. Direction Chasca. Ça fait un peu bizarre…
- Oh mince, déjà… Tu reviens en un seul morceau hein ? T’auras du mal à manger mes p’tits plats sinon. Et j’ai la flemme de te traîner sur Palaven en fauteuil roulant.
- Voyons tu me connais. Les missions suicides, c’est mon passe-temps favori ! Je ferai en sorte de t’éviter ce genre de désagrément, grinçait-elle. Et toi ? On ne t’a pas rappelé depuis Astéria ?
- Une fois, pour un déploiement sur l’arrière, ils avaient besoin de bras après Astéria pour retaper les véhicules. Rien de bien passionnant, je ne suis pas le héros que tu es. Un copain à l’UCIP m’a même envoyé une photo de toi posant avec une médaille flambant neuve il n’y a même pas dix jours. Tu te souviens d’Orianos, sur Astéria ? Non, probablement pas, c’était mon lieutenant, là bas… Il a pris du galon et il a rejoint les permanents de l’UCIP.
- Quoi ? Suis-je donc si célèbre au sein du génie Turien ? Fais voir la photo ! »

Scipio la fit défiler sur son omnitech, avant d’expliquer :

« C’est surtout que que j’ai gardé contact avec lui, et il sait qu’on s’connaît un brin. Il aime bien m’envoyer des photos, mais quand il fait ça il me donne l’impression de raconter ses vacances.
- Mince, la tronche que j’ai là dessus, on dirait que j’ai un balais dans le derch. »

Il était vrai que ça n’était pas l’image la plus flatteuse qu’il existait du médecin.

« Je crois me souvenir d’un Orianos à la table des officiers au nouvel an. Mais je t’arrête de suite. Je n’ai rien d’une héroïne. Le fait de penser à mettre le pied sur Chasca m’en a fait perdre le sommeil pendant quelques jours.
- Voile toi la face si tu le souhaites, je ne peux rien contre ça. »

Pour cacher son appréhension, Scipio entama de quelques gorgées sa boisson. Poser le pied sur Chasca ? Ils allaient à la surface de la planète ? C’était possible ? C’était envisagé ? Et son amie y allait ?

« Mais n’y pensons pas alors. »

Arcadia n’avait même pas vu quand ni comment c’était arrivé, mais les ingrédients de Scipio étaient posés sur la table basse, et alors qu’ils continuaient de discuter de mille sujets différents (et bien plus légers), il servait différents assortiments aux couleurs chatoyantes. Surpris par la quantité de rhums différents, le jeune Turien était parti du principe qu’Arcadia devait apprécier ça, et en faisait la base des concoctions. Pour lui même, l’horosk était un début solide, sa saveur proche de la vodka lui rappelait les soirées pendant les perms, au début de sa carrière militaire. Et de toute manière, il devenait clair désormais qu’il dédiait plus de temps à bichonner les plats et verres de sa compagne que les siens. Scipio était aux petits soins pour son hôte, et lui prêtait une oreille attentive.

Parmi les conversations qui s’échangèrent, la cuisine revint, le nombre d’aromates enfournés dans les poches de jean fut évité, la santé de Mr. Ferio fut rapidement évoquée, la coupure idiote de Scipio fut moquée, non sans être accompagnée du souvenir de cet œuf éclaté sur le plafond, la patience d’Arcadia avec les clients fut louée, la proposition de l’embaucher officiellement fut rapidement écartée, le salaire indécent de la jeune femme fut soulevé, le temps de survie possible à deux dans un placard fut calculé, les années d’études d’Arcadia furent rappelées, et les plantes dont s’occupait clandestinement le jeune soldat furent expliquées en détail. La quadragénaire découvrit que la plupart étaient dotés d’un surnom (que votre humble serviteur vous épargnera, car il admettra que les jeux de mot à base de vocabulaire Turien sont archaïques et hors de sa portée), et que leur protecteur en savait long à leur sujet, se révélant être une petite encyclopédie de savoir botanique vraisemblablement appris sur le tas. Selon lui, les plantes de la Citadelle étaient difficiles à garder en état à cause du manque d’animaux et d’insectes. Et puis, « à ce rythme là, dans deux siècles on vit tous en tuba comme des Quariens, à passer nos vies dans des caissons », ajoutait-il sans hésitation.

Le Turien réalisait que l’Humaine était de constitution robuste, mais ne mentait pas, et manquait clairement de sommeil. Il s’en voulait presque de l’avoir fait crapahuter à travers la Citadelle (mais absolument pas d’avoir abusé de sa générosité), désormais. Souvent, il voyait sa tête tomber sur le côté, les yeux mi clos, mais le verre qu’elle portait à ses lèvres en ce moments là l’aidait à se redresser et récupérer de la contenance. Madame tenait l’alcool comme une veuve. Le duo avait de quoi discuter, mais leurs esprits s’étaient accordés sur le fait qu’ils regardaient vers l’avenir, qu’il soit dans cinq jours où dans plusieurs mois. Aussi vint le moment où Arcadia demanda :

« Tu as des plans, pour l’année à venir ?
- C’est vrai qu’on ne s’est même pas souhaité nos vœux ! C’est que ça occupe l’esprit, de nourrir des marmots. Mais des plans, j’en ai, ouaip, et pas qu’un peu. Une nana très stylée m’a donné des ailes, et je vais pouvoir ouvrir un deuxième stand ! Je n’ai pas encore la licence pour ça mais je dois négocier avec le propriétaire des lieux dans peu de temps. Il est complètement injoignable en ce moment par contre, j’ai toujours le droit à un Vortcha qui répond à sa place, c’est très frustrant…
- Plus classe que moi tu veux dire ? Je suis vexée, s’amusa Arcadia. C’est plutôt une bonne nouvelle ça. Ce serait sur la Citadelle ?
- Sacrément plus classe ! C’est une Turienne, désolé, mais tes boucles blondes ne font pas le poids, malgré tous tes efforts. Et non, on est très loin de la Citadelle niveau ambiance.
- Eh bien accouche ! Ne reste pas stupide à me faire attendre. Sinon, je vais devoir te torturer à nouveau. »

Le sourire qu’affichait la demoiselle se passait de commentaires, et, de toute manière, elle illustra bien vite ses menaces, quand l’air mesquin de son partenaire admis qu’il ne lâcherait pas le plus gros poisson immédiatement. La colonel se jeta sur son ex-subordonné, roulant sur le sofa et provoquant quelques spasmes hoqueteux chez sa victime. « Tuchanka ! » avoua-t-il rapidement. « C’est Tuchanka ! » Mais les suppliques n’y faisaient rien, l’heure était à la vengeance. Désormais qu’elle n’était plus la plus classe, il fallait resserrer un peu l’autorité. Lorsque ses doigts de fées n’étaient plus suffisants, elle adopta comme arme un oreiller qui flânait jusque là derrière sa tête.

« J’ai compris ! suffoquait le Turien. T’es la plus classe, c’est toi la plus balaise, je m’incline, tu gagnes. Par pitié, maintenant arrête ! »

Elle ne se stoppa pas immédiatement, continuant de plier les intonations du fou rire du Turien au rythme de ses mains, que ce soit par quelques pressions sur ses hanches, ou en tirant doucement ses mandibules. En aucun cas il ne l’aurait imaginé si tactile, et il se demandait si l’alcool y était pour quelque chose. Elle lui avait sauté dessus dès les premières bouchées d’omelette, cependant. Peut être l’aneth martienne avait quelques effets secondaires indésirables sur les Humaines ? Avec un soupir, Arcadia laissa en vie sa proie et récupéra son verre. Scipio resta allongé quelques temps sur le canapé, réfléchissant à sa fragile attirance sois disant exclusive aux Turiennes. Habitué à ne parler aux Humains que depuis l’arrière de son comptoir, rarement il était dans d’aussi fréquents et assidus corps à corps avec eux. Certes, son parfum était un brin entêtant et avait la mauvaise idée de comporter de la violette, mais elle avait une grâce féline lorsqu’elle se déplaçait qui n’était pas sans impressionner le cuistot. Ses mains étaient douces, et ses doigts nombreux, si bien que leur sensation sur sa carapace était une découverte totale. Toutes les Humaines étaient-elles ainsi, ou bien était-ce seulement Arcadia ? L’idée que son amie relevait de l’exception lui plaisait, aussi accepta-t-il cette hypothèse.

L’héritier des Sempronia était heureux qu’Arcadia McKnight existe. Il avait une amie pour laquelle s’inquiéter désormais. Actuellement, elle bavait un peu, la tête reposée sur le bras endolori du Turien. Son verre était de nouveau sur la table, et la fatigue semblait l’avoir vaincue. Tant mieux, qu’elle se repose, elle aurait besoin de forces pour Chasca. Pendant quelques minutes, le cuisinier tenta d’imaginer ce qui se passerait là bas. Il s’en trouva incapable, et releva juste du bout des doigts l’une des mèches de la crinière de sa commis en espérant qu’elle en reviendrait. Il pouvait la séquestrer quelques jours, histoire qu’elle ne s’y rende pas. Non, mauvaise idée, elle le tuerait pour s’y engouffrer. Et c’était encore une fois illégal.

Il but une gorgée d’horosk, allégé d’un jus de fruit dextro qu’il avait déniché. Il ne pouvait pas trop bouger sans réveiller la toubib, désormais. Tant pis, pensa-t-il en haussant les épaules. Il resterait là le temps que la nuit réclame son dû. Bientôt, il s’assoupirait également, poussé dans les rêves avec un léger sourire. Et pour le reste, ça n’appartenait qu’à eux.






FIN DU RP


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