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Tiberius Adrix

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MessageSujet: Retour aux sources   Lun 31 Déc 2018, 14:01

► █ Date :  Décembre 2203 RP Erotique?
Ravi Vertax ♦️ Tiberius Adrix
Retour aux sources


Dur réveil que celui de l'ancien Kabalim. Comme s'il émergeait de trois années d'un long coma. Trois années où s'étaient succédé le drame d'une vie, le besoin et même la soif dévorante d'une vengeance arrosée de sang, le besoin de mourir, puis ce qu'il avait pensé être un renouveau, une unique chance de se raccrocher à autre chose pour se reconstruire. Une "chance" qui s'était elle aussi conclue dans le sang. Le sien, oui, mais surtout celui de celle avec qui il se voyait passer des jours heureux et prolifiques encore quelques mois auparavant. Ce changement brutal et meurtrier ne s'était ainsi pas fait sans laisser des traces, pour certaines indélébiles, sur le vétéran aigri et désabusé qu'il était devenu après ses années de service et dans les Terminus.

Au delà de l'impact émotionnel qu'il avait bien du mal à gérer, et des cicatrices obtenues au combat comme dans l'arène, des blessures plus fraiches se refermaient tant bien que mal...

Adossé à la tête de lit d'une chambre qui n'était pas la sienne, admirant le lever de soleil sur Cipritine depuis la baie vitrée d'un appartement qui ne lui appartenait pas, le biotique s'efforçait d'étouffer quelques complaintes d'un réveil douloureux. Son flanc gauche et une partie du bras luisaient encore d'un éclat métallique, signe que les implants cybernétiques et plaques utilisés pour traiter la blessure profonde qu'on lui avait infligé n'était pas encore tout à fait en place. La chirurgie à laquelle il avait du se résoudre dans un cabinet miteux de Port Torak, dans l'Abysse de Némée, lui avait toutefois sauvé la vie. Grièvement blessé à son arrivée dans le système, la carapace métallique enfoncée sur plusieurs centimètres par un coup d'omnilame, brûlé au deuxième degré et certains os brisés, le Turien avait dépensé ses dernières économies emmenées avec lui pour se payer les meilleurs soins possibles dans un coin aussi mal famé.

Fort heureusement, si les conditions d'hygiène furent des plus douteuses, le matériel à disposition du praticien Galarien et la cybernétique utilisée pour traiter ses blessures se révélèrent suffisants pour lui permettre de se rétablir. S'étant fait la main sur de nombreux pirates et autres pilotes de course à la mort bien amochés, le chirurgie permit à son patient d'envisager de quitter les Terminus quelques semaines après l'intervention. Hélas, si le tout se révélait compatible avec l'usage de sa biotique, un élément sur lequel Tiberius avait fortement insisté avant d'être prit en charge, il n'en restait pas moins diminué au niveau de ses capacités si spéciales pour son espèce et qui constituaient l'atout principal faisant de lui une machine à tuer si nécessaire. Il avait bien payé une firme d'Illium pour le futur remplacement de tout cet attirail par des tissus clonés, mais plusieurs mois s'écouleraient encore avant de lui permettre de seulement y songer. Sans parler du temps de convalescence...

Ses derniers comptes ouverts sur la colonie Asari, devenue la nouvelle Oméga, avaient donc fondu comme neige au soleil, le laissant dans une situation précaire. Des moments difficiles l'attendaient en cette veille de nouvelle année, et en un sens, cela l'effrayait.

Associée à la douleur, cette crainte l'empêchait de fermer l’œil, mais il ne souhaitait pas pour autant réveiller ou inquiéter la silhouette féminine de sa congénère et veille connaissance allongée à son côté. Ce n'était pas la peine de l'inquiéter pour si peu... Pas après ce qu'ils venaient chacun de traverser...

***

- « Qu'avez-vous fait durant les trois années qui ont suivi votre renoncement au service actif, Commandant? »

L'individu qui lui faisait face, agent des renseignements Turiens, avait un air au moins aussi peu commode que lui. Le dévisageant d'un air dédaigneux, signe habituel de la méfiance envers les biotiques originaires de la Crête Apienne et des colonies, l'officier lui posait la question depuis la cinquième ou sixième fois déjà. Un interrogatoire qui se prolongeait depuis plus de deux jours maintenant. Depuis qu'il avait posé le pied sur Palaven à vrai dire, mais qui ne donnait guère satisfaction à celui qui le menait.

- « Pour la cinquième fois, je traquais les meurtriers de ma femme. Ce que la Hiérarchie n'a pas pris la peine de faire... Et ne m'appelez plus Commandant... »

La réponse d'Adrix, quoique pouvant paraitre cinglante, était pourtant des plus posé. Si on espérait obtenir de lui des éléments compromettants en se contentant de lui mettre la pression, de répéter jusqu'à ce qu'il soit induit en erreur par la fatigue ou l'exaspération... ll en faudrait plus pour faire céder l'agent chevronné et formé aux techniques d'assassinats, de sabotage - et autres disciplines peu ragoutantes - qui faisaient encore partie de son quotidien jusqu'à il y a peu.

- « Vous faites toujours partie des forces de réserve de la 4ème Brigade des Cabales de Palaven, de même que votre citoyenneté au sein de la Hiérarchie est toujours d'actualité... Vous êtes donc toujours inféodé à votre grade et aux prérogatives et responsabilités qui vous incombent... Donc... Vous avouez avoir commis plusieurs meurtres sur la seule motivation d'assouvir une vengeance personnelle? Êtes-vous au fait des conséquences d'un tel aveu? »

- « Une condamnation à vie aux travaux forcés dans un pénitencier militaire des colonies extérieures, je le sais... Mais encore faudrait-il que l'on puisse me reprocher les meurtres d'éléments recherchés dans plus d'une dizaine de systèmes et ne disposant d'aucune citoyenneté auprès d'un gouvernement de l'espace concilien ou affilié à la Citadelle... »

Le Kabalim avait rétorqué cette évidence non sans un certain sourire satisfait, qui ne fut pas au goût de son interlocuteur, certes, mais qui se trouvait fort à propos. Les Terminus se trouvant bien loin de la juridiction concilienne, ses victimes n'étant pas les plus respectables spécimens de leurs espèces respectives et les témoins venant à manquer, aucun tribunal, militaire ou civil, ne prendrait la réelle décision de l'accabler et le punir pour ces meurtres. Pas même au sein de la société si martiale et codifiée que celles des Turiens. Ce à quoi il n'échapperait pas en revanche, c'est de devoir fournir aux autorités des témoins de moralité qui pourraient se montrer garants pour lui. Quelqu'un d'assez respectable et volontaire pour témoigner et assurer qu'après une période aussi nébuleuse que celle qu'il avait passé, réintégrer la Hiérarchie lui était toujours possible...

- « La majorité des contacts que vous nous avez fourni sont décédés... Nous ne sommes parvenus qu'à contacter la Spectre Vertax... » déclara ainsi l'agent au terme de 56 heures retenu par les services de renseignement.

En plus de tiquer sur le nom, qui n'était pas sur le haut de sa liste, Tiberius fut surtout troublé par l'annonce du poste auquel avait pu finir par prétendre son ancienne camarade durant la période des classes, mais aussi pendant la Grande Guerre... Bien sûr, Adrix s'était retrouvé au fait de sa mutation au sein des services de sécurité de la Citadelle, raison principale pour laquelle elle ne figurait pas en tête de liste, mais jamais il n'avait su pour son ultime promotion.

- « Spectre Vertax? Intéressant... »

Elle avait fini par réussir en un sens... Mettre ses capacités si spéciales et craintes par les siens au service de quelque chose de grand. Lui... n'avait fait que sombrer à petit feu...

HRP:
 
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Ravi Vertax

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Hé Hé !
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MessageSujet: Re: Retour aux sources   Dim 06 Jan 2019, 23:58
Retour aux sources
La bouilloire siffla. Il s'agissait d'une vieille bouilloire en fer, comme celles qu'on ne trouve plus que dans des brocantes. Même pas une de ces éditions pseudo vintage moderne que les entreprises aimaient bien sortir de temps à autre, pour les nostalgiques. Non, celle-ci avait traversé la Guerre des Moissonneurs, l'Incident du Relais 314 et peut-être même la Guerre de l'Unification. Une fultitude de Trendiros se l'était passé de génération en génération, jusqu'à arriver dans les mains d'Aullius. Autant dire que pour le médecin, elle valait plus que la totalité des crédits en circulation dans la galaxie. Il assurait aussi qu'elle rendait divin même le thé le plus infâme mais il ne fallait jamais croire quelqu'un d'amoureux. Fut-ce-t-il amoureux d'un accessoire de cuisine.

Ravi regarda son ami remplir religieusement chaque tasse. Si on avait décidé de mesurer, on y aurait trouvé la même quantité d'eau dans chacune, au gramme et mililitre près. Puis, fidèle à son petit rituel, il trempa dans chacune des tasses un sachet - venu d'Esprits savent quel petit magasin se vantant de récolter les feuilles de thé à la main au fin fond d'une quelconque montagne - qu'il finit de noyer d'un coup de cuillère assassin. Enfin, il adressa à la Turienne un signe de tête qui signifiait, globalement « Tu peux commencer à la ramener proche de toi mais rappelle toi, il s'agit d'un thé blanc parfumé, donc c'est trois minutes maximum et croit moi que je te le rappelerais d'une petite toux polie si je vois que tu dépasses le temps imparti de la moindre seconde ».
Si la Spectre clamait apprécier le thé, Aullius lui se drapait du nom d'amateur. Un titre qui, à ses yeux, lui donnait bien plus d'autorité que le plus grand dirigeant du monde dans ce domaine.

- Alors ? Tu vas mieux ?

Il releva les yeux et la femme interrompit son haussement d'épaule à mi-mouvement. La question n'était pas une question : c'était le début d'un interrogatoire poussé que le professionnel de santé comptait bien mener jusqu'à son terme et peut-être que si elle était gentille, il garderait le dossier pour lui.

- ... Oui, finit-elle par répondre prudemment.

Le regard bleu continuait de la fixer. Ravi se surprit à tapoter des griffes contre la porcelaine. Elle hésitait entre s'agacer de cette inquisition mal venue- ce qui donnerait à un « je vois » de mauvaise augure - ou bien jouer le jeu et traverser cette épreuve en jurant vengeance. Elle pourrait, par exemple, le faire picoler jusqu'à la gueule de bois, la prochaine fois que le médecin subirait une nouvelle rupture amoureuse. Et lui demander, la bouche en coeur, s'il allait mieux lorsqu'il tenterait de décuver devant son verre d'eau.

- Je vais mieux ... ?, tenta-t-elle.

- Oh. Bien. Tu étais plutôt... nerveuse les dernières fois que je t'ai vu.

Il ponctua sa remarque d'une petite quinte de toux avant de boire une gorgée de thé. Machinalement, la biotique retira le sachet pour le poser sur la soucoupe prévue à cet effet. Pour peu qu'on fréquentait Aullius depuis plus de trois jours, on se surprenait à prendre des habitudes qu'on aurait jamais imaginé. Alors, pour une amitié vieille de vingt ans... A ce stade, on parlait de réflexes.
La sévérité dont faisait preuve Aullius était pourtant fausse. Ou plutôt, disons qu'elle s'arrêtait à un certain niveau. Dans le domaine médical et l'art subtil du thé, il était capable de se montrer intransigeant, mais en vérité peu de Turiens avaient un caractère aussi doux que le sien.

Il s'inquiétait pour elle. Et comme à chaque fois qu'il s'agissait de montrer qu'il s'inquiétait pour quelqu'un, il ressentait le besoin de se réfugier sous son masque professionnel.

Qu'il enchaîne les rencards foirés n'avait rien d'étonnant quand on savait cela.

Vertax soupira. Le tapotement des griffes sur la porcelaine reprit de plus belle.

- Je sais. Mais... J'ai fais mon deuil. Je veux dire, j'ai accepté que tout appartenait au passé. Machiavel, Latis, les Cabales... C'était les meilleures années de ma vie, tu sais. Mes souvenirs les plus précieux. Alors, quand on y a touché... J'ai vrillé. L'Energie noire n'a pas aidé. Elle revenait à un crachat dans la gueule.
Ça a failli me détruire.

Les mots filaient étrangement plus facilement qu'elle ne l'aurait cru. Ce n'était pas un aveux en vérité, qui s'arrachait avec une paire de pince et beaucoup de volonté. Il s'agissait d'un constat, amer et bien plus facile en somme.

- Et puis... J'ai compris que ça ne servait à rien. Cette colère, cette rancœur... Elle me retenait. M'étouffait. J'étais tellement haineuse que j'ai voulu rouvrir de vieux dossiers. Oh Esprits, j'était à deux doigts de me rendre auprès de la Kabalim principale et exiger d'avoir des infos sur la mort de Latis, tellement j'avais besoin de me défouler. Tu imagines ? Rouvrir un dossier vieux de treize ans ?
J'ai eu du mal à faire mon deuil. J'ai oublié Latis mais je n'ai jamais pardonné. Seulement, à quoi ça aurait servi ? Depuis le temps, le groupe qui l'a attaqué c'est soit fait bouffé par d'autres, soit à dû périr dans les attaques récentes.

Enfin, j'ai besoin de réponses. Mais j'ai refusé de regarder les choses en face pendant treize ans. Trop tard, je ne trouverais sans doute jamais la vérité. Je ne peux m'en prendre qu'à moi même.


Le thé était bon; elle en prit une gorgée avant de reprendre.

- De toute façon, même en tant que Spectre, biotique puissante et caractère de cochon - Aullius marqua son approbation d'un signe de tête et ignora le regard noir qu'elle lui rendit - je n'ai aucune influence sur le passé.

Alors.... Voilà.

C'est terminé. Des Cabales que j'ai connu, minus mon père, il reste toi, Druso, Nitia, Caen, Quinus, Amni, Septiim et moi.

Latis, Menir, Astat, Tiberius, Caelus, Ris, Amnum, Semper.... Les autres ne sont plus là. Et je l'accepte.


Le sourire doux qui éclaira son visage contrastait avec la nostalgie de ses yeux. Faire un deuil, c'était toujours difficile et ça prenait tant d'années... Mais quand il était fait, on ne pouvait que ressentir un sentiment de plénitude.
Pendant quelques secondes, il flotta dans la cuisine un silence qui respirait la paix et la sérénité. Une page tournée, un nouveau départ... On repartait sur des bases saines.

Trois tapes dans le dos redonnèrent au présent droit de cité. Aullius avait son visage d'agneau et le bleu de ses iris hurlait son soulagement.

- Je préfère te voir comme ça. Ravi-qui-fait-la-gueule-et-qui-se-morfond est flippante dans le mauvais sens. J'avais l'impression que tu étais un bébé Spuma qui allait crever d'une minute à l'autre,. On préfère la Ravi pleine de mordant qui n'hésite pas à se foutre de nous dès qu'on foire un truc.
Tu veux sortir ce soir ? Il y a un nouveau bar qui a ouvert en centre-ville, et c'est rare que tu sois sur Palaven. Je suis sûre que si je demande, Caen réussira à refourguer ses gosses à son mari. Druso a quartier libre ce soir, Septiim annulera sans doute sa soirée et je pense que si je parle de toi à Quinus, il trouvera une excuse pour se pointer.


C'était tentant. Les jours étaient devenus des mois depuis la dernière fois que Ravi avait vu les «Anciens» comme ils se surnommaient entre eux. Elle confirma son envie d'un signe de tête.

- Dommage que Nitia soit en mission... Et Amni n'a plus autant de disponibilité qu'autrefois. Tant pis. On boira à sa santé.
Et à ceux des disparus...

Mh ... ?

Sa mandibule cliqua au son de l'appel omnitech. Étrange. L'appel venait de sa fréquence professionnelle. Pas le canal réservé au Conseil et aux autres Spectres mais juste en dessous.

- Excuses moi un instant....
Vertax, j'écoute ?


L'hologramme du Turien lui était inconnu. Tout au plus l'omnitech indiquait qu'il provenait d'un membre de la Hiérarchie, service du renseignement ce qui la renseignait autant que de savoir qui'l portait des sous-vêtements noirs. A la réflexion, elle aurait été plus avancée si elle avait eu ce genre d'informations. C'était fou comme les petits détails permettaient d'en apprendre plus sur quelqu'un.

- Bonjour Spectre Vertax. Je suis le Lieutenant Kaerm, du Renseignement de Palaven.
Nous aurions besoin que vous passiez au service, Base principale de Cipritine.

Nous avons actuellement sous notre garde un homme qui se prétend de vos anciennes connaissances. Son identité a été vérifiée et attestée, de plus son dossier confirme qu'il a bien fréquenté votre unité par le passé.

Il s'agit du Commandant Tiberius Adrix.

Les regards des Cabales se croisèrent.

- Pardon ...?




-----------------------------------------------------------------------------------



Les bras croisés sur la poitrine, la Turienne observait l'interrogatoire qui se déroulait derrière la vitre sans tain. Un système cliché mais qui avait le gros avantage de ne pas pouvoir être piraté et nécessitait peu de matériaux.
Il s'agissait bien de Tiberius. Elle s'en était rendue compte dès les premières secondes de son observation mais avait préféré la prolonger pendant encore plusieurs minutes, dès fois qu'il s'agirait d'un imposteur qui arracherait son masque et ricanerait qu'il avait roulé tout le monde, dont des scanners de pointe que même des clones auraient eu du mal à tromper.

- C'est bien lui ... Son murmure n'avait pas échappé au Lieutenant Kaerm.

- Effectivement. Vous avez l'air de ne pas y croire. A quand remonte votre dernier contact avec le Commandant Adrix, Spectre Vertax ?

Il n'eut pas le droit au regard qu'il avait espéré capter. Impassible, la femme regardait toujours à travers la vitre.

- Deux ans et demi, trois ans... Quelque chose du genre, répondit-elle après une brève réflexion. On a continué à échanger après mon départ pour le SSC.

- Vous l'aviez revu depuis votre départ ?

- Oui. On se voyait moins pour diverses raisons- plutôt mourir que dire à un inconnu que voir Tib et Calneia ensemble réveillait trop de souvenirs douloureux.

- Vous savez où il est parti après la mort de Calneia Albatius ?


- Dites moi, Lieutenant, vous avez souvent l'habitude de mener un interrogatoire sur un Spectre ?

Etait-il allé trop loin ? En tout cas, le Turien avait finalement réussi à capter l'attention de son interlocutrice. Si son corps n'avait pas bougé de sa position initial, elle le dardait d'un regard sévère.

- Vous restez une citoyenne de la Hiérarchie. Et moi, un officier de la Hiérarchie. Je ne vous contacte pas dans le cadre d'une affaire du Conseil, mais pour un ancien Kabalim qui revient au sein de notre gouvernement après trois ans hors des radars après s'être « perdu » dans les Terminus pendant trois ans.
En temps normal, ce serait déjà assez étrange pour nous faire tiquer.
Mais vous n'êtes pas sans savoir qu'au vue des événements actuels, la prudence doit être notre objectif principal.

Palaven ne prendra pas le risque d'être infiltré.


Rien chez le Lieutenant ne frémit quand il entendit le rire amer de la Turienne.

- Et donc, vous souhaitez savoir si Tib est un espion ?
Je vais vous décevoir, Lieutenant. Il n'a pas parlé de rejoindre une secte ou un clan, n'a jamais dit qu'il haïssait la Hiérarchie ou qu'elle méritait de crever, pas plus qu'il a considéré qu'elle était coupable de la mort de Calneia.
Hélas, durant cette même période, des obligations personnelles l'ont poussé à devoir se rendre ailleurs. Une triste coïncidence, je vous l'accorde. Mais Tib n'a jamais haï la Hiérarchie.

Cet imbécile est fier. S'il voulait faire quoique ce soit, il ne le ferait pas en traître. Il afficherait son nom en lettre de feu et se monterait en le faisant.

Alors non Lieutenant. Je n'imagine pas un seul instant que le Kabalim Tiberius Adrix puisse être un espion, et je n'ai aucune information en ce sens.

Cette réponse vous convient-elle ?

- Elle devra. Vous vous portez donc garante de l'intégrité morale du Commandant - le mot Kabalim semblait lui écorcher les lèvres rien qu'à l'idée de prononcer un nom cabale - Tiberius Adrix ?
En temps normal, cela suppose l'engagement de votre responsabilité. Etant donné votre statut particulier, je préciserais donc qu'il s'agit de votre responsabilité personnelle et que votre rang de Spectre ne comptera pas dans la balance. Nous sommes d'accord ?
N'imaginez pas que j'ai quoique ce soit contre les Spectres
, continua-t-il alors qu'il rendait la même sévérité face aux yeux émeraudes. Mais votre irresponsabilité pénale me pousse à devoir faire des précisions.

Cela suppose aussi que vous restiez sur Palaven pour un temps donné. Exception faite, évidemment, des missions qui vous seront demandé durant la période. Il faudra nous signaler cependant vos départs, afin que nous puissions garder le Commandant Adrix sous surveillance.


- Pour résumer, ma garantie lui permettrait de sortir, mais la décision de sa réintégration prendra plus de temps - et les informations que j'aurais pu glaner durant la période énoncée ?

La tête du Turine s'inclina légèrement alors qu'il réfléchissait.

- C'est résumé grossièrement mais... oui.

- Je me porte garante de Tiebrius Adrix.
Maintenant, laissez le sortir. Je crois que votre interrogateur va finir par s'arracher les mandibules.




----------------------------------------------------------------------------------------



Une brise légère sifflait entre les bâtiments austère de la Base Principale de Cipritine. La nuit était sur le point de tomber ; les étoiles commençaient à pointer le bout de leur nez et le soleil finissait de battre en retraite, laissant leur place à Menae et Nanus. Les Anciens allaient bientôt se rejoindre chez Aullius. Ce dernier lui avait promis d'attendre une potentielle réponse et avait juré que, s'ils ne pouvaient pas venir à temps, il lui enverrait l'adresse exacte et garderait deux places, quoiqu'il arrive.
L'attention de Ravi fut captée par un mouvement. Derrière les grilles, entourés par deux soldats en armure, Tiberius était escorté jusqu'à l'entrée, ses quelques affaires sous le bras. Bras métallique, qui plus est. La femme l'avait remarqué, mais sous le soleil couchant, il semblait briller d'un éclat narquois. Il avait aussi quelques cicatrices de plus.

Oh, Esprits...

Les soldats le quittèrent aux portes et mis à part la présence de la vigie dans sa guérite, ils étaient les deux seuls sur le parvis de la base.
Quelle était la meilleure réaction à avoir face à une ancienne connaissance, qu'on avait plus vu depuis tant d'années ? Et qu'on avait cru mort ?

La tape sur l'épaule, malhabile et distante aurait peut-être été de circonstance. Ou bien le poing sur le coin de la mandibule. Rester debout les bras ballants était une solution de secours.
Le prendre dans ses bras était une réaction purement raviesque.

- Tib... Qu'est-ce qui t'es arrivé putain ... ?

Il y avait des tons qui à eux seuls tranchaient des glaciers.
Le sien oscillait entre la tendresse d'une gifle vengeresse et le mordant d'une accolade passionnée.
Un mouvement attira son attention. Les gardes les tenaient toujours à l'oeil, guettant leurs faits et gestes et peut-être laissant traîner une oreille, sait-on jamais. Et puis, la nuit commençait à tomber...

- Ce n'est peut-être pas le meilleur endroit pour parler... Viens. J'ai gardé l'ancien appartement, tu pourras y poser tes affaires.
Et... les Anciens ont prévu de se réunir ce soir. Je t'en dirais plus une fois partis d'ici.



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Tiberius Adrix

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MessageSujet: Re: Retour aux sources   Hier à 18:39


Un sac sur l’épaule. Un coffre où avait été consignés son armure et son armement par les services de renseignement. Quelques crédits d’un compte d’Illium qui fondraient bientôt comme neige au soleil. Voilà une liste complète, mais il faut bien l’avouer plutôt navrante, des possessions du Turien qu’on laissait sortir, sous surveillance,  après tant d’heures à répondre en boucle aux mêmes questions. Lui qu’on acclamait jadis dans les arènes des Terminus, sans vraiment connaitre son visage, certes, mais dont les capacités martiales suffirent un temps à lui assurer revenus et confort.

Aujourd’hui…

Le seul fait d’avoir reposé les pieds sur Palaven avait provoqué chez Tiberius un profond questionnement, voire malaise si l’on examinait en profondeur le problème. C’était comme s’il ne se sentait plus à sa place sur le monde qui avait vu naitre son espèce. Se réadapter à une vie « normale », le genre où l’on avait pas à sans cesse scruter derrière soi que quelqu’un s’y glisse pour vous faire la peau, lui paraissait insurmontable. Tous ces êtres qui vaquaient à leurs occupations sans se soucier du reste, à qui l’on confiait une tâche en attendant d’eux qu’elle soit faites et que l’on laissait libres de leurs agissements  pour peu que l’intérêt du groupe soit préservé… Une société où l’intérêt du groupe primait d’ailleurs sur celui de l’individu. C’était autrefois l’idéal du Kabalim Tiberius Adrix, lui que l’on méprisait pourtant de par ses dons acquis avant même la naissance.

Mais aujourd’hui… Après deux années de traque pour éliminer les responsables de la destruction de son univers, il était difficile de déterminer en quoi pouvait bien croire l’ancien Commandant. La planète mère de la Crête Apienne elle-même n’avait été sa destination que par dépit. Pas parce qu’il y connaissait encore quelqu’un, mais parce qu’il s’agissait du seul lieu où il avait encore des souvenirs qui valaient la même de se remémorer. Un sentimentalisme qui l’avait plus desservi qu’autre chose, car les quelques endroits qu’il avait entraperçu depuis qu’on l’avait extrait du spatioport n’avaient eu pour effet que de renforcer son malaise. Ou sa dépression… selon les points de vue.

Fait intéressant, on l’avait étonnement dispensé de suivre une expertise psychologique. Dès que les responsables de son interrogatoire eurent sous les yeux son dossier et échangèrent rapidement avec lui, ils en arrivèrent à la conclusion que la chose serait aussi longue et peu concluante. Du moins pour le moment. Entre son entrainement chez les Cabales et ce qu’il avait vécu ces dernières années, il avait été décidé de le garder à l’œil et de le soumettre audit examen lorsque le « sujet  serait plus à l’aise dans son environnement. Il n’apparut cependant pas comme une menace pour les autres, ce qui motiva sa remise en circulation sur recommandation de la Spectre Vertax.

Cette dernière occupait aujourd’hui les plus hautes fonctions de la sécurité concilienne, garante de la paix dans l’espace de la Citadelle, et avait pourtant trouvé le temps de se déplacer pour lui apporter son aide. Elle à qui il n’avait plus donné de nouvelles depuis des années. Elle qui se trouvait désormais plus près de lui que depuis… la fin de la guerre ? Difficile à dire tant ses propres souvenirs de cette époque étaient confus désormais. Pourtant, elle était bien là, à essayer de le faire parler et de continuer à l’aider.

Mais pour quelle(s) raison(s) ?

S’agissait-il de pitié ? D’une forme de nostalgie ? Ou même de culpabilité vis-à-vis de son ancienne existence de Cabale ? Non, c’était grotesque… Si quelqu’un devait se sentir coupable ici, c’était bien lui. De ne pas avoir donné de nouvelles, d’avoir quitté l’espace de la Hiérarchie pour se perdre dans une traque vengeresse en espérant mourir au bout du chemin. A y réfléchir, on faisait difficilement plus cliché. Mais ce fut tout de même sa seule raison de vivre pendant deux années complètes.

- « Qu’est-ce qui m’est arrivé... » répéta le Turien telle une machine, se posant semble-t-il la question à lui-même, perdu dans ses propres pensées.

Ils avançaient désormais en direction du périmètre extérieur de la base, cherchant inconsciemment à mettre le plus de distance possible entre eux et le cadre ultra dirigiste et indiscret de la sphère militaire Turienne. Seuls quelques lampadaires éclairant faiblement le chemin d’une lueur vacillante leur permirent de distinguer le chemin, bien que de temps en temps, des navettes ou chasseurs les survolaient brièvement, se livrant au manège habituel de manœuvres nocturnes.C’est dans ce genre de lieu austère qu’ils avaient passé quinze années de leur vie entre deux missions au service de la Hiérarchie Turienne. Un cadre de vie collectif et extrêmement codifié, dont ils n’étaient parvenus à s’affranchir qu’en partant au combat ou en luttant pour leur vie durant une année entière de conflit contre les Moissonneurs. En y repensant, ce que certains de leurs congénères nommaient affectueusement les « meilleures années » de leur vie lui semblaient bien vide de sens aujourd’hui.

- « J’ai fait ce qui devait être fait pour Calneia… Deux ans passés à parcourir la Travée et les Terminus dans tous les sens. Des crédits gagnés grâce à la mort d’autres personnes, et sitôt investis dans la traque. Crois-moi… Ceux qui disent que la vengeance n’apporte rien n’ont jamais essayé… Ce plaisir et cet accomplissement quand tu fais en sorte qu’ils souffrent un maximum avant de rendre l’âme… »

Une pointe de sadisme perlait à travers ses propos. De même que la paume de sa main droite se mit brièvement à luire d’un bleu caractéristique. Lui qui au combat avait toujours été partisan des mesures les plus extrêmes pour arracher la victoire n’avait pourtant jamais montré une once de sadisme en exécutant ses cibles. Pourtant, il était bien là… A croire que c’était dans le meurtre qu’il trouva, pour un temps, le réconfort nécessaire pour surmonter la mort de sa femme.

- «  J’aurai du mourir après mon dernier "meurtre". Au lieu de ça je me suis bercé d’ambition, mais surtout d’illusions grotesque pendant un an… Et me voilà. Avec des morceaux en moins, sur un monde que je ne peux même plus appeler chez moi, à ne pas savoir ce que je vais faire…  Écoute… Merci de t’être portée garante pour moi. Je ne ferais pas de vague et ne quitterais pas la ville jusqu’à la fin de leur enquête. Mais je ne suis pas vraiment d’humeur à me replonger dans le passé des Cabales ce soir. Et je ne suis pas de bonne compagnie non plus, donc… »

Regardant à droite à gauche maintenant qu’ils avaient atteint la sortie de la base, Adrix paraissait hésitant, dans ses mots comme sur la marche à suivre. Car cette fois-ci, tout ce qui aurait pu rappeler l’officier décoré et ami d’antan s’était envolé. Ravi n’avait plus devant elle qu’un Turien perdu, qui ne savait même pas de quoi demain serait fait. Le genre qui rappelait le spuma perdu livré à lui-même dans un monde qui le dépasse totalement.

Dire qu’il allait être compliqué pour lui de se réadapter était un doux euphémisme.

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