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 La Pomme pourrie

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MessageSujet: La Pomme pourrie   Jeu 15 Nov 2018, 12:21
► █ Date : 15 Novembre 2203RP Tout public
Abbadon Bynare ♦️ Alec Sykes
La Pomme pourrie



La Pomme pourrie
15 Novembre 2203

Haratar


Abbadon n’était que rarement venu sur la station getho-quarienne. Il y était passé au cours de ses voyages et enquêtes, mais ne s’y étais jamais arrêté : sa présence n’y était pas nécessaire. Les peuples de Rannoch contrôlaient l’endroit, et leur maitrise technologique leur garantissait d’excellents résultats dans sa protection. Un agent du GSI y ferait doublon, ou pire, pourrait s’avérer gênant : les méthodes des forces spéciales galariennes avaient peu de chances d’être approuvées, et pouvaient distraire les forces de sécurité de la station. Sans oublier que ce territoire était celui d’une espèce concilienne et donc, théoriquement, hors de la zone de surveillance des galariens. Théoriquement.

Cependant, les choses avaient changé : Abbadon était Spectre, et Haratar était le cœur de la recherche contre l’énergie noire. Le galarien pouvait donc agir où il le souhaitait, et la station – ainsi que tout le territoire des peuples de Rannoch – était devenu la nouvelle cible prioritaire de la Corruption. Les vaisseaux de l’UCIP sillonnaient l’espace pour intercepter les transporteurs véhiculant des infectés, assistant les flottes quariennes et geth trop peu nombreuses, tandis que les forces spéciales collaboraient pour aider à la défense des territoires. C’est grâce à ce réseau que plusieurs corrompus avaient pu être interceptés ou arrêtés alors qu’ils ciblaient Haratar. Mais le dernier cas en date était inquiétant : l’asari, provenant directement de l’un des mondes infectés, et ayant pour mission de rallier des gens à cette cause, ne portait en elle aucune trace de l’énergie noire.

Abbadon avait aussitôt préparé son départ pour la station. Il avait aussi informé son collègue Alec Sykes, qui s’était fait remarquer sur place lors d’une autre opération. Si des individus sains pouvaient s’allier à Aria, Haratar était peut-être dans une situation plus dangereuse que prévue, et le renfort d’un combattant tel que l’humain ne serait pas de trop. Ils avaient rendez-vous sur la station, où ils pourraient rencontrer ceux ayant éliminé l’asari – vu le danger que représentaient les infectés, on ne tentait que rarement de les capturer vivant – et étudier tout ce qui avait été trouvé avec elle. Ensuite, si cela était nécessaire, une intervention chirurgicale extirperait les traîtres de la station.

*****


- Sykes, merci d’être venu.

L’humain n’avait guère changé, tout en force sous contrôle. Peut-être plus fatigué cependant, ou miné. L’Alliance subissait de nombreux assaut, Séléné n’était revenue dans son giron qu’à grand peine, tandis que Shanxi ne se remettrait peut-être jamais de ce qu’elle subissait. Il y avait largement de quoi souffrir moralement.

-Vous avez lu tout le dossier ? Je n’ai encore rien de certain, mais je crains que nous soyons tombés sur un membre de secte. Les interrogatoires du prisonnier volus ont montré des liens entre Aria et l’Azur, un groupe extrémiste religieux asari. J’ignore pourquoi ils seraient encore en contact, mais…

Abbadon haussa les épaules. Il concevait mal que l’on puisse s’associer volontairement à la Corruption. Il ne précisa pas non plus d'informations sur le volus : l'existence de Dahl et son incarcération dans les Archives de la Citadelle n'étaient connues que des Spectres et des hauts placés de l'UCIP. Inutile de risquer d'être entendu par accident.

-Peut être est-ce une fausse alerte, une simple déséquilibrée. Mais vu les recherches en cours, mieux vaut en être sûr.

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MessageSujet: Re: La Pomme pourrie   Sam 17 Nov 2018, 22:13


Il y a des fois où Alec Sykes, Spectre du Conseil, N7 et titulaire du grade de Commandant au sein de l’Alliance se disait qu’il aurait mieux valu que la mort le prenne en orbite de Chasca. Depuis ce jour funeste et la chute de la colonie, plus rien n’allait dans la galaxie. A supposer que l’état de celle-ci puisse évidemment être jugée viable depuis la défaite des Moissonneurs. Depuis cet épisode désastreux dans la Mer Pourpre, dont lui et bien d’autres estimaient qu’il avait une part de responsabilité dans la funeste résolution, plus rien n’allait. Des planètes brûlaient ou pourrissaient sous la coupe de la Corruption, le semblant de résistance envisageable dans les Terminus s’était effondré et l’unité – du moins apparente – de l’espace concilien volait chaque jour un peu plus en éclats. Combien de temps pour que les Galariens fassent pleinement sécession de la Citadelle ? Combien de planètes à devoir défendre ou abandonner à Aria et ses sbires ? Comment était-il possible de passer outre les vieilles rancunes pour établir un effort, un front commun ?

Toutes ces questions qui hantaient les plus fervents défenseurs de l’espace concilien, passaient pourtant pleinement au-dessus de la tête de l’Humain. Plus terre-à-terre, l’agent du Conseil se contentait d’enchainer les missions et d’intervenir là où il pensait pouvoir glaner des informations, apporter un quelconque soutien. Evidemment, la majeure partie de ses sorties s’effectuaient en collaboration avec les forces locales et le pouvoir en place, quand bien même le N7 ne se faisait pas d’illusion quant à la confiance qu’inspirait un « sbire du Conseil » comme il l’entendait parfois. Les récentes prises de décisions et le manque de résultats de la Citadelle n’aidant pas, il était parfois bien plus complexe d’obtenir la coopération de certains organismes. L’émancipation de l’UCIP des sphères d’influence des espèces fondatrices pour se retrouver dans le seul giron du Conseil de la Citadelle, pour ne citer qu’elle, en était le parfait exemple. Si l’institution gagnait dès lors en flexibilité, le peu de crédit qu’il restait encore au quatuor du Présidium rendait pour le moment la chose minime, voire dangereuse aux yeux de certains…

De par ses quelques contacts au sein de l’Alliance, Sykes avait eu vent d’une méfiance croissante à l’égard de l’organisation. Des visions faussées du problème considéraient la chose comme une force armée à part entière, une force d’opposition à l’énergie noire vouée à devenir un jour l’armée privée du Conseil, une initiative d’armée commune qui remplacerait toutes les autres. C’était ridicule… De force armée, l’UCIP n’en avait que l’apparence. Il fallait y voir une force d’intervention, de réaction rapide contre les plus importantes menaces. Un groupe d’élite qui viendrait en appui des forces conciliennes régulières.

Malheureusement, les rancunes et idées reçues ayant la vie dure, le manque de résultats concrets obtenus par le Conseil n’aidant pas, chaque espèce se dirigeait peu à peu vers la tentation de se défendre elle-même et de laisser les autres sur le carreau. Les mêmes tares nihilistes de 86-87 refaisaient peu à peu surface, mettant à mal la résistance offerte face aux abominations d’Aria.

Et pour être honnête… S’il n’y avait pas eu les importantes ressources dont disposait encore la Citadelle, la liberté d’action que lui permettait son poste, peut-être Alec aurait-il fait de même pour aller défendre Shanxi. Gamin des colonies, voir les planètes colonisées par son espèce brûler et devenir le nid purulent de l’ennemi était un déchirement pour l’ancien commando. La violence et soudaineté de l’attaque sur Séléné avaient toutefois renforcé sa résolution à poursuivre son engagement auprès de la Citadelle. Car s’il ne faisait plus véritablement confiance à la politique concilienne, le Commandant comptait parmi les plus fervents partisans de l’union des savoir-faire de différentes espèces. Des espèces souveraines les unes des autres, mais animées par une volonté commune d’aller de l’avant. Un idéal un peu trop utopique ?

Cela semblait être le cas à l’heure actuelle…

Toujours est-il que le Spectre passa près d’un mois au sein de l’espace de l’Alliance après le raid sur la Lune. Occupé à traquer ce qu’il pressentait être l’élément déclencheur de l’invasion, le N7 réalisa durant plusieurs semaines un travail d’investigation entre le front, Arcturus II et le système Hélios, qui l’amena à finalement localiser ceux qui permirent aux sbires d’Aria T’Loak de pénétrer au sein des chantiers spatiaux. C’est une véritable petite cellule de quatre individus qui s’était constituée au sein de la station abritant le Parlement de l’Alliance Interstellaire. Quatre officiers en charge du contrôle de vol à destination d’Hélios et de la Terre, avec des accréditations suffisantes pour changer certains plans de vol à la dernière minute. La tête pensante, présente sur Shanxi au moment de l’invasion, y avait été contaminée sans qu’on le détecte et s’était évaporée avec les premiers convois de réfugiés. Devenu un Immortel, l’officier de carrière et bon père de famille n’avait pas éveillé les soupçons, allant jusqu’à pouvoir contaminer trois de ses collègues pour appuyer ses efforts de sabotage.

Les efforts d’enquête, du Conseil comme de l’Alliance, avaient peu à peu permis d’isoler le profil des responsables, et de finalement remonter jusqu’à eux fin octobre. Toujours en poste, les agents de la Corruption espérèrent très certainement pouvoir réitérer la chose ou, à défaut, faire un maximum de dégâts avant d’être compromis. Finalement, leur élimination mobilisa une frégate en patrouille pour éliminer un transport de fuyards, un commando dépêché au sein de la station afin de neutraliser un saboteur, alors qu’Alec se chargea de mettre à mort le « cerveau » de l’opération. Ayant pris certaines précautions pour pallier à la menace, l’officier ne fut toutefois pas éliminé sans un certain nombre de dommages collatéraux au sein de la station, qui motivèrent le Spectre à se faire oublier quelques temps de l’Alliance. Sans oublier l'inimitié des Affaires Internes à voir un élément se mêler de leur champ d’investigation...

Alors lorsqu’un de ses collègues le contacta quelques semaines plus tôt pour œuvrer à l’autre bout de la galaxie et continuer à mettre des bâtons dans les roues de la Corruption…
 
***

Alec n’avait pas mis les pieds sur Haratar depuis deux ans. A l’époque, et même s’il ne le savait pas encore, il avait été confronté pour la première fois à l’Ordre de l’Accompli. Aujourd’hui, c’était pour aider à neutraliser une éventuelle menace pour les efforts de recherche contre la destructrice de ce même Ordre qu’il se rendait dans l’Amas du Phénix. L’endroit était devenu le point d’ancrage des efforts de coopération entre le Conseil, les Geths et les Quariens. L’implication d’autres espèces, à commencer par celles constituant l’organe dirigeant de la Citadelle, paraissait bien plus minime, pour ne pas dire inexistant. Du moins est-ce ainsi qu’on lui avait vendu la chose.

Rannoch gagnerait-elle une place au Conseil si l’arme miracle contre la Corruption provenait de ses installations ? Cela pouvait s’envisager. A condition que le conflit soit à la faveur de la Citadelle, et que le Conseil survive à ce même conflit…

- « J’avais besoin de m’éloigner un temps de la Terre… » répondit simplement le N7 pour se présenter à Bynare.

C’est bel et bien un homme miné et usé qui se présenta à Abbadon. Pas que le Spectre était au bout du rouleau, mais les dernières semaines n’avaient pas aidé en matière de sommeil à rattraper. Là-dessus, et malgré leur existence bien plus courte, les Galariens disposaient d’un avantage majeur. Ajoutez à cela les méthodes du GSI que son équipier du moment utilisait, sa maitrise des artifices technologiques les plus pointus et des compétences biotiques, quoique rares pour son espèce, et l’on commençait à cerner l’efficacité dont le rejeton du Clan Bynare pouvait faire preuve.

- « Donc les responsables de l’attentat de Thessia, que l’on a supposé être en contact avec l’Ordre, chercheraient aujourd’hui à aider Aria dans son entreprise de conquête…  » résuma l’Humain à voix haute de façon rhétorique.
 
La chose n’était pas dénuée de sens. Cerberus, en son temps, avait finalement vouée son existence aux Moissonneurs. Et même si l’endoctrinement avait eu raison d’eux, se sont au départ les idéaux suprématistes humains qui causèrent leur perte. Aria avait-elle donc proposé quelque chose aux fanatiques de l’Azur Stellaire ? Un contrôle de Thessia ou des Républiques ? Il était peu crédible de l’imaginer partager ses conquêtes, mais sait-on jamais… Les Asaris, pour certaines Ardat-Yakshi à la biotique surpuissante, de la secte faisaient des alliées de poids pour la Corruption…

- « J’ai uniquement rencontré des agents infectés jusqu’ici... Mais si l’on vient effectivement à se joindre à Aria sans l’être… L’Amirauté et le GIP sont à même de nous fournir les informations que nous pourrions demander,  ou d’accepter de nous laisser la main au besoin ? Je n’ai pas eu tous les éléments à ce propos… »

Il est vrai que Quariens et Geths s’étaient rapprochés du Conseil ces dernières années. Mais le statut de ces espèces restait encore bien particulier sur la Citadelle… Et si coopérer avec l’UCIP leur semblait tout naturel, peut-être n’en serait-il pas de même avec des agents aux prérogatives extrêmement larges. Peu importe la réponse à cette question, l’Humain n’était pas venu sans son matériel, l’hypothèse d’un combat n’étant pas à écarter. Restait cependant à mieux cerner le contexte de cette intrusion à bord de la station : identité de l’Asari, sa provenance, le compte rendu d’autopsie, tout ce que l’on avait trouvé sur elle et son comportement.

Sykes ne se fit donc pas prier pour emboiter le pas à son homologue Galarien pour retrouver les forces de sécurité responsables de la mise à mort de l’intruse. De là, peut-être pourraient-ils commencer à exploiter quelques pistes…

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MessageSujet: Re: La Pomme pourrie   Dim 18 Nov 2018, 13:52

La Pomme pourrie
15 Novembre 2203

Haratar


- L’Amirauté, le Nouveau Consensus, le GIP, et n’importe quelle personne concernée a sacrément intérêt à collaborer. En premier lieu, parce que c’est la meilleure option face à la menace qu’est la Corruption. Et en second lieu, parce que c’est une affaire trop importante pour que nous acceptions un refus. Surtout si des gens sains peuvent effectivement rejoindre Aria : avec cette nouvelle donnée, tout opposant est potentiellement un ennemi.

Le duo s’enfonça dans la station. L’un comme l’autre était équipé et Abbadon arborait de manière visible son insigne de Spectre : c’était encore le meilleur moyen de passer les contrôles de sécurité sans perdre trop de temps. Malgré ça, il eût à se soumettre aux détecteurs d’ézo noir, auxquels il se soumis de bonne grâce : une saine paranoïa ne faisait pas de mal, d’après son expérience.

Le centre de sécurité les intéressant était dans l’un des niveaux supérieurs de la station. Ce n’était pas le secteur où l’infiltré avait été éliminé, mais celui où son cadavre avait été transféré avec toutes ses possessions pour l’autopsie. Les responsables de l’arrestation, le corps et ses possessions, le médecin légiste geth, et plusieurs autorités étaient présentes.

- Abbadon Bynare et Alec Sykes, Service Spécial et Tactique de Reconnaissance. Nous sommes venus sitôt que nous avons vu vos rapports.

Le galarien parcourût du regard l’assemblée présente. Assez complète, plutôt une bonne chose. Pas réellement d’uniformes protocolaires chez les deux espèces présentes, mais des insignes indiquaient les noms et rôles de chacun. Il fixa le chef.

- Nous attendons votre pleine et entière collaboration face à cette crise.

- Celle-ci vous est offerte, Spectres. J’ai rassemblé les individus mêlés à l’arrestation, pour accélérer votre enquête. Nous avons aussi débuté une vérification systématique des habitants actuels de la station, mais ceci prend du temps.

- Parfait. Nous allons commencer par le corps et son autopsie.

Les agents spéciaux suivirent le geth, qui leur résuma la situation avec la précision froide et mécanique de sa nature. L’asari avait été interceptée peu après avoir passé les premiers contrôles de sécurité, afin de l’éloigner de la foule du spatioport. L’opération n’avait pas subis de difficulté majeure, la femme étant tombé dans une embuscade, et l’autopsie n’avait été réalisée que par habitude, prémices d’analyses plus poussées de la part des laboratoires travaillant sur les infectés. C’est là que l’absence de contamination avait été découverte. Les analyses s’étaient faites plus poussées, envisageant un nouveau genre d’infectés, mais toutes étaient revenues négatives.

Le corps de l’asari portait les traces de ces nombreuses opérations. Le galarien lança un scan extérieur par habitude, plus pour s’assurer qu’un aucun corps étranger anormal aurait infiltré le cadavre, mais rien n’en ressorti. Ses affaires étaient plus intéressantes : sa carte de crédits galactiques n’était pas connectée à un compte mais comportait une quantité non négligeable d’argent directement dessus, son omnitech était vide, mais elle transportait un datapad rempli d’informations circulant sur l’extranet : théories complotistes fumeuses sur la nature de la corruption, guides ‘touristiques’ des régions infectées telles qu’elles étaient avant la crise actuelle, livres concernant l’ancienne religion asari de vénération de la Déesse, et enfin, le manifeste de Dashanxa, la terroriste ayant frappé Thessia. Les enquêtes sur ces éléments étaient déjà démarrées, et les autres individus présentes firent tour à tour leurs rapports.

L’asari disposait d’un vaisseau personnel, mis en sécurité dans un hangar et encore en cours d’analyse pour s’assurer que rien n’y était caché. Le journal de bord permettait de suivre le voyage de la femme : jusqu’à il y a quelques mois, simplement sur Thessia. Elle avait quitté la planète ç la fin août, en direction d’Illium. Plusieurs communications enregistrées semblaient indiquer qu’elle voulait y retrouver quelqu’un. Vérité, ou excuse pour quitter l’espace concilien, impossible à dire. Quoiqu’il en soit, elle avait rapidement arrêté toutes communications, et n’était passé à proximité d’Illium que pour faire le plein de carburant – peut-être avait-elle rencontré quelqu’un en orbite ? Ensuite, une succession de destination au sein des territoires Terminus, toujours plus proche des zones infectées. Et enfin, Sanctum, la première planète tombée sous le joug d’Aria après Chasca. De là, elle était venue directement sur Haratar.

- En somme, elle a tout l’air d’une malade mentale isolée. Dangereuse, mais neutralisée. Nous avons quand-même demandé à Illium et Thessia si elle avait un dossier psychologique ou criminel. Nous sommes encore en attente des réponses. Et évidemment, il y a ce lien possible avec l’Azur, mais nous ne savons rien de plus.

Le quarien semblait presque vouloir claquer des talons. Un ancien militaire, au minimum.

- Nous sommes à votre disposition si vous avez quoi que ce soit à demander. Cependant, nous avons aussi beaucoup de travail, tâchez donc d’être synthétiques.

Le galarien eût un bref sourire à ce terme, songeant aux geths. Puis il eût un regard interrogateur envers son homologue humain.

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MessageSujet: Re: La Pomme pourrie   Ven 23 Nov 2018, 18:05

Des conclusions tirées sans aller au bout des choses. Sans même disposer des résultats finaux des analyses encore pratiquées alors qu’ils parlaient… Alec n’était pas le plus expérimenté des enquêteurs, sa fonction de Spectre étant somme toute récente et ses précédentes fonctions se limitant bien souvent à mener des opérations de combat clandestines. Pourtant, il était de ceux qui appréhendaient le mieux la menace de la Corruption et des organisations qui gravitaient autour. Tout ceci pour la simple et bonne raison que depuis maintenant deux ans, il avait œuvré sur tous les fronts pour la combattre. Aussi, entendre le responsable Quarien leur faisant face évoquer de façon si précipitée un avis tranché sur la question eut de quoi le faire tiquer.

Pas qu’il comptait exprimer son point de vue sur la question, mais l’officier ne se serait peut-être pas montré si catégorique si son espèce avait eu à pâtir de la Corruption. A l’heure actuelle, Rannoch, le GIP et Haratar restaient néanmoins la meilleure alternative pour les efforts de recherche contre la menace. Le niveau et savoir-faire technologique des deux espèces comptaient parmi les plus avancés de la galaxie, et la position excentrée de la station permettait de rester éloigner des lignes de fronts. Du moins jusqu’à ce qu’Aria se décide à un assaut de grande envergure dans les Terminus… Après Oméga, la chose n’était pas à exclure.

La coopération des locaux leur étant apparemment acquise, l’Humain eut au moins droit à la consolation qu’ils n’auraient pas à batailler pour obtenir les éléments nécessaires à leur enquête.  

- « Nous aurons besoin de disposer d’une copie de toutes les données qui ont été récoltées jusqu’ici pour mener nos propres analyses. Il nous sera également nécessaire d’avoir accès au vaisseau de la suspecte. »

- « Je vais demander à nos analystes de faire le nécessaire, et demander à notre équipe de maintenance de vous donner accès au hangar. Si vous voulez bien m’excuser… »

Le responsable leur faussant compagnie pour faire passer le mot, une escorte de Geths les raccompagna en dehors du poste de sécurité et les mirent sur la voie du hangar, prochaine étape de leur « aventure.

- « Les Quariens ont vécus des siècles sur des vaisseaux, sont passés maitres en robotique et IA, mais il leur manque parfois l’imagination nécessaire à… certaines pratiques criminelles… »
se permit de faire remarquer le N7 dans l’ascenseur qui les mena à destination.

Il s’agissait avant tout d’une impression qui lui était propre, évidemment. Leur société n’était pas exempte de tous les maux rongeant les systèmes conciliens. Mais il fallait tout de même reconnaitre que l’on voyait bien peu de Quariens versés dans le mercenariat, la chasse aux primes, tous types de trafics et autres économies parallèles. La chose pouvait aisément s’expliquer par le statut de paria de l’espèce jusqu’à la fin de la dernière guerre, ainsi que leur éternel combat pour faire fonctionner et vivre une Flotte Nomade forte de dix-sept millions de réfugiés. Sans compter toute la civilisation qu’ils s’efforçaient à rebâtir depuis. Au final, on pouvait difficilement y voir un mal dans ce constat, mais cela pouvait entrainer certaines lacunes dans les efforts d’enquête lorsqu’ils se trouvaient confrontés à certaines pratiques.

La remarque du soldat, que l’on pouvait assimiler à une réflexion à voix haute, servait donc avant tout à justifier la fouille plus poussée qu’il souhaitait pratiquer à bord de l’appareil du cadavre occupant désormais la morgue. Dirigés vers un hangar auxiliaire du GIP, à l’écart de toute présence civile, les Spectres purent se mirent à l’œuvre dès lors que les fouilles et analyses des forces de sécurité furent stoppées pour leur laisser le champ libre. Sans doute que certains ne devaient pas voir leur présence d’un bon œil, mais le duo n’avait que faire des questions de fierté.

Ils se trouvèrent donc face à un appareil tout à fait banal d’apparence. Long d’une vingtaine de mètres, l’engin construit sur deux ponts devait permettre le transport de six ou sept membres d’équipage tout au plus. Un degré avancé d’automatisation des systèmes, associé à une IV de bord, permettait toutefois à un unique pilote d’opérer des manœuvres de vol sur de longues distances sans recourir à davantage de secours organique. La possibilité que leur illuminée de l’Azur Stellaire embarque un ou plusieurs passagers clandestins n’était pas à écarter non plus. D’ailleurs, c’est peut-être après une bonne heure à fouiller les moindres recoins qu’ils finirent par dénicher des signes rendant cette éventualité crédible…

En retournant l’ensemble du vaisseau, les agents du Conseil tombèrent finalement sur une trappe savamment dissimulée dans l’entrepont. Collé au réacteur SLM, le compartiment n’avait jusqu’ici pas été détecté par les scans pratiqués grâce à la signature énergétique de l’ézo du réacteur. Une vieille ruse de contrebandier, mais qui permettait bien souvent de berner les procédures les plus basiques de contrôle. Suffisamment grand pour accueillir plusieurs personnes, la section n’abritait certes rien de vivant, mais quelque chose de tout aussi, si ce n’est plus, préoccupant…

- « Notre Asari était bricoleuse, ou connaissait quelqu’un qui l’était. L’attirail parfait du technicien en robotique, plusieurs armes et mods, et des carcasses de Geths en plus ou moins bon état… Elles doivent dater de l’attaque de Sovereign et des Hérétiques sur les systèmes conciliens. Il manque de quoi monter une ou deux plateformes Geths au complet… »

Penché au-dessus de la cargaison, le Spectre Humain mesurait petit à petit l’ampleur de la menace à mesure que sa torche parcourait l’obscurité de chaque recoin. Ces coquilles vides, où toute présence consciente manquait, constituaient le cheval de Troie parfait pour évoluer sur Haratar. On avait ainsi cannibalisé certaines épaves,  arrachant à chaque plateforme une pièce en particulier pour réaliser l’assemblage des « Geths » fonctionnels.

- « La méthode a prouvé son efficacité il y a deux ans avec l’Ordre. Si quelqu’un ou quelque chose contrôle des synthétiques à bord de la station… Il pourra accéder à toutes les zones qui ne nécessitent pas de contrôle d’accès. Et s’il dispose de programmes d’intrusion… » 

Tout était dans le non-dit… Avec les bons artifices technologiques, même les zones de haute sécurité du GIP et les laboratoires recherchant des contre-mesures à la Corruption étaient compromis. Les Geths eux-mêmes ne pourraient déceler la présence du ou des intrus par un simple scan de leur réseau, la création du Nouveau Consensus leur ayant donné à tous une totale individualité. Quant à déduire un quelconque mode opératoire… Un sabotage des systèmes de survie de la station ? Une intrusion pour s’emparer des résultats de recherche ou les détruire ? Les activités d’un éclaireur chargé de préparer le terrain pour Aria ? Allez savoir…

Consultant finalement son homologue Galarien pour avoir son avis sur la question, Sykes lui remit les quelques datapads qu’il put rassembler dans le compartiment exigu. Peut-être l’ancien agent du GSI saurait-il passer outre les codes perfectionnés qui protégeaient les documents numériques. Peut-être tomberaient-ils sur un journal, des instructions, quelque chose…
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MessageSujet: Re: La Pomme pourrie   Mar 04 Déc 2018, 18:02

La Pomme pourrie
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Haratar



Le vaisseau était bien conçu. Pour des contrebandiers, du moins : l'optimisation était loin d'être optimale pour le transport ou le voyage, mais parfaite pour cacher des choses. Le duo de Spectre identifia rapidement les systèmes - désactivés - permettant à l’appareil de fonctionner avec un équipage inexistant ; il découvrit ensuite plusieurs caches mineures, par réellement illégale, mais utile pour planquer rapidement quelque chose en cas de fouille surprise ; mais la cache la plus intéressante ne se révéla qu'après une bonne heure de fouille minutieuse. Plus qu'une cache, c'était presque une mini cale, où des carcasses de geths parsemaient le sol. L'humain expertisa rapidement les entités robotiques comme datant de l'époque de Sovereign, et résuma ses inquiétudes. Abbadon ne pouvait que le suivre.

- Des geths d'il y a vingt ans... Je n'en avais encore jamais vu. Leur technologie corporelle a progressé.

Le galarien observait de près les marchandises, sans rien toucher. Il récupéra les datapad du Spectre.

- J'ignore si Aria saura maîtriser des geths comme le faisait l'Ordre. La Corruption ne montre pas de niveau technologique impressionnant à l'heure actuelle... Mais il faut prendre des mesures. Les enjeux sont trop importants. Je vais scanner la zone, mettez vous en dehors... Merci.

Abbadon activa son omnitech. Cette méthode, il l'avait pratiquée des centaines de fois, au bas mot. Un scan approfondi d'une zone, détectant les accrocs, les différences dans la composition de l'air, les possibles empreintes. La cale ne semblait pas nettoyée ou visitée régulièrement, des traces pouvaient rester, permettant une reconstitution. Le Spectre fit attention a donner le plus d'informations possibles à son omnitech, puis lança ses programmes.

- Reconstitution holographique d'événements. Les résultats peuvent être surprenants. Les miens n'utilisent pas autant les IV de haut niveaux que les vôtres, nous nous basons davantage sur nos capacités propres, mais celle-ci permet des calculs stupéfiants. Je n'ai qu'à... faire varier quelques... possibilités.

L'agent manipulait les fonctions en parlant, concentré. Il hocha la tête pour lui-même, et une image se projeta, couvrant la cale d'une fine lueur. Rapidement, des silhouettes se mouvèrent. De temps à autre, Abbadon rappuyait sur son omnitech, et on les voyait se transformer : espèce distinctive ou non, plus ou moins nombreuses, parfois avec des objets.

- J'élimine les quelques interférences que nous avons causé... et les hypothèses improbables...

Plus qu'une silhouette régulière cette fois : une asari, celle décédée en fait. Peu d'actions vraiment discernables, si ce n'est qu'elle usait des outils présents. Jusqu'à quelques temps après son départ et sa mort, où un geth holographique se lèva. Abbadon ralentit les images. Le geth était seul, il s'empara de plusieurs choses, quitta la cale. D'après les pronostics, il était parti la veille, alors que le vaisseau était déjà sous surveillance, mais probablement pas lors d'une fouille. Le calme resta jusqu'à l'arrivée des deux Spectres. Le galarien retourna vers leur cible.

- Crise confirmée. Ne vous fiez pas à l'image, c’est un geth générique. Son exo-armure est sans doute en bon état, pour cacher ses éléments internes qui sont un assemblages des geths présents. Sans savoir ce que lui même possédait déjà, je ne peux pas confirmer son physique.

Abbadon grogna, réfléchissant. Trouver un geth précis sur Haratar n'était pas une mince affaire, si l'on ne connaissait ni son objectif ni son apparence.

- Il faut voir avec les caméras de surveillance, s'il s’est mêlé à la masse ou s'il dispose d'un camouflage... Il a aussi emporté des marchandises, j'ignore lesquelles, mais plus longues qu'épaisses... S'il mise sur une infiltration à long terme, il aura besoin d'un endroit où les entreposer, peut être que les geths ont un emplacement particulier pour ça, sur cette station ? Sauf s'il envisage une attaque rapide, il pourrait s'agir d'une bombe, mais les scans couvrant la station sont très sensibles, il serait remarqué bien trop rapidement... Ou bien un appareil permettant de paralyser les systèmes de la station, mais cela semble trop volumineux... Peut-être une simple arme, pour se faire passer pour un garde ? Il lui faudrait toutes les accréditations nécessaires...

Le Spectre s'interrompit dans son monologue, reprenant les datapad trouvés en main.

- Peut-être vais-je en apprendre davantage dedans. Je vais m'occuper de les décoder, vous vous chargez des caméras, et des pistes qu'elles peuvent ouvrir ? Je vous informe dès que j’apprends quelque chose.

Les deux agents spéciaux échangèrent encore quelques paroles, puis se séparèrent. Chacun était à même d'être efficace seul.

*****



- Sykes, j'ai le contenu des datapads. Le geth n'en est pas un, mais une IA d'un niveau assez faible. Elle dispose d'accréditations. Elles ont sans doute été utilisées, et peut-être en a-t-elle eu de nouvelles, il faut remonter sa trace !
Mais il y a plus grave. Si ce que je lis est vrai, Haratar est déjà surveillée et infiltrée par des espions prêt à fournir des informations cruciales. J'ignore s'ils travaillent pour Aria, ou si ce sont des indépendants, ou s'il y a des intermédiaires. Mais il faut identifier qui aurait pu accéder à ces codes.


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MessageSujet: Re: La Pomme pourrie   Ven 14 Déc 2018, 19:31

- « L’Amirauté est en session plénière et traite actuellement du plan de supervision pour l’effort de reconstruction, ils ne peuvent pas… »

- « Faites leur savoir que je respecte leurs efforts pour reconstruire leur culture, mais que les questions d’urbanisme attendront un autre jour. Nous avons des éléments solides qui permettent de mettre en évidence une menace pour les efforts de recherche contre la Corruption et peut-être la station toute entière… Nous avons besoin de ces informations dans l’heure. »

L’officiel Quarien, attaché auprès cabinet de l’Amirauté, maugréa un semblant de juron agacé alors que l’Humain coupait court à la communication. Du moins est-ce ainsi que le Spectre comprit la chose, son traducteur ne trouvant pas d’équivalent au terme employé. Toujours est-il qu’avec les informations en leur possession, le N7 avait cru bon de passer directement par-dessus le GIP et toutes les instances propres à Haratar. Au stade de leur enquête, il était impossible de déterminer jusqu’où remontaient les ramifications du réseau de l’Asari éliminée par les forces de sécurité locales. Sans oublier cette mystérieuse IA aux commandes d’une plateforme Geth…

Le pari porta toutefois ses fruits, puisque le commandement militaire de Rannoch prit la menace au sérieux. Désireux d’à la fois épargner une catastrophe aux siens et de montrer son ouverture à la coopération avec le Conseil, il fit parvenir dans la demi-heure au duo d’agents de la Citadelle les informations demandées. A savoir le journal des utilisations des codes et accréditations mis au jour par Abbadon lors de son analyse des datapads. De quoi permettre de faire un point sur la situation avec son homologue et décider de la marche à suivre.

- « Rannoch nous ouvre un peu plus les yeux sur l’ampleur de cette histoire… Selon les logs fournis et en recoupant avec les quelques prises de vue exploitables du système de surveillance, notre intrus synthétique a eu accès à une zone de stockage et maintenance des plateformes Geths… Il en est ressorti quelques dizaines de minutes plus tard avec deux unités opérationnelles dans son sillage… »

L’hologramme de la scène tournait en boucle devant eux. On y voyait en effet un Geth entrer dans un atelier de maintenance, s’affairer autour de plusieurs synthétiques en sommeil, en activer deux, puis ressortir à leur côté plus tard. Problème, aucun signe distinctif extérieur ne permettait de formellement identifier les carcasses de métal. Sans doute un numéro de série devait-il exister, mais à moins d’avoir les carcasses fumantes devant leurs yeux, l’information ne leur serait de toute façon d’aucune utilité. A leurs yeux, ils n’observaient que des synthétiques à l’enveloppe sortie d’usine, comme il en existait des centaines sur la station.

L’absence du fameux paquet mentionné par le Galarien sur les images avait également de quoi intriguer… Mais c’est sur un autre point que leur enquête allait avancer.

- « Officiellement, le synthétique aurait été autorisé à  télécharger des programmes Geths en attente de plateforme pour une mission de protection auprès de trois individus… Il a plus probablement prit le contrôle de ces deux plateformes pour ses propres projets. Mais nous disposons d’informations partielles concernant les destinataires de ces "Geths"… »

La scène disparut, laissant cette fois place à différents portraits et des extraits de dossier personnel à mesure que l’Humain poursuivait son exposé.

- « Velsius Barso, 42 ans, négociant Turien habitant la Cité d’Haratar. Il commercialise principalement des produits de premières nécessité et denrées dextro-aminées en provenance de la Hiérarchie. On aurait accepté sa demande de disposer d’un garde du corps Geth et agent de liaison avec le GIP suite à des menaces qu’il aurait reçu et parce que son commerce est vital pour les zones civiles de la station… Il dispose d’un entrepôt en ville… »

Le portrait du Turien, dont les marques faciales bleues dénotaient sa naissance du Palaven, fit place à deux autres éléments : un Quarien à la combinaison bleue, ainsi qu’un profil d’inconnu…

- « Walo'Cime vas Xaerah, 35 ans. Technicien de laboratoire. Il fait partie des équipes chargées d’étudier la Corruption… » annonça d’un ton lourd de sens le soldat. « Le GIP vient tout juste de signaler sa disparition. Lieu de vie et espace de travail passés au peigne fin, témoignages recueillis auprès de son entourage et ses collègues. Absolument rien ne ressort. C’est comme s’il avait simplement décidé de disparaitre de lui-même…

Et enfin, Pèlerin… Un nom de code, rien de plus. Il s’agirait d’un analyste de données sensibles si on en croit le registre fourni par le Geth. Problème, l’Amirauté affirme ne pas avoir d’agent sous ce nom de code. Soit ils mentent, ce qui ne serait pas dans leur intérêt, soit on a fabriqué un faux profil de toutes pièces pour justifier de sortir une plateforme de plus des ateliers et l’affecter à une taupe non identifiée… Peut-être celle avec le plus de valeur… »

Leur enquête avançait donc de façon conséquente. Même si de tout ceci ne se dégageait qu’une piste sérieuse et véritablement exploitable. Ainsi, d’un commun accord, les Spectres décidèrent de réaliser une descente dans l’entrepôt de Barso, voir s’ils pourraient l’y trouver lui ou tout élément compromettant. Le cas du Quarien, quoi qu’extrêmement sensible et prometteur en un sens, ne pouvait de toute façon leur apporter davantage dans l’immédiat, le GIP ayant tout passé au crible sans rien trouver. De même pour le cas de ce fameux Pèlerin, pour lequel ils n’avaient qu’un nom.

Les envoyés du Conseil se dirigèrent donc vers la Cité d’Haratar, l’agglomération où résidaient l’ensemble des civils de la station. Melting-point culturel, l’endroit grouillait de vie et constituait le foyer de peuplement le plus varié des Terminus depuis la destruction d’Oméga, grande concurrente de la station Getho-Quarienne. Leur périple s’effectua cependant sans le concours du GIP, les derniers éléments amenant à suspecter une éventuelle fuite au sein des forces de sécurité. L’Humain et le Galarien se trouvèrent donc à prendre position près du fameux entrepôt d’une zone industrielle pendant une bonne heure au moins, histoire de détecter tout signe de présence éventuelle près ou au sein du bâtiment. Mais lorsqu’il leur parut clair que l’endroit ne décelait pas de formes de vie, ils y pénétrèrent par effraction, ne regrettant bien vite pas d’avoir prit cette initiative.

Ainsi, en lieu et place de containers et palettes prêtes au chargement, c’est une véritable station d’écoute qui se trouvait là. Le repaire parfait de l’espion et de toute sa clique : datapads probablement cryptés à profusion, caisses d’armement et munitions,  des moniteurs et écrans holographiques en quantité, mais aussi ce qui ressemblait à une panoplie de mouchards… Une inventaire plus qu’incriminant pour l’occupant des lieux, mais qu’ils n’eurent pas véritablement le temps de parcourir puisqu’une présence fit son apparition. Alors qu’ils se dissimulaient derrière les nombreux rayonnages, dégainant leurs armes, l’entrée principale, celle destinée à recevoir les véhicules de chargement, s’ouvrit brusquement. Laissant deviner quatre Turiens en armure, dont trois dont l’armure lourde laissait supposer des mercenaires, mais aussi un Geth équipé d’un impressionnant fusil de précision Javelot.

- « Notre agent de liaison a été neutralisé. Ça bouleverse l’ensemble de notre planning. Dépêchez-vous de charger les dernières caisses. Notre transport part dans une heure… » lança de façon autoritaire le quatrième Turien, seul à ne pas porter de casque.

Velsius Barso, leur cible. Et le seul être en ces lieux dont la capture valait véritablement le coup. A l’exception peut-être de sa plateforme Geth, marionnette d’une IA à la personnalité et l’origine toujours mystérieuses…
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La Pomme pourrie

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