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 Une once de propagande et deux de courage

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MessageSujet: Une once de propagande et deux de courage   Mer 06 Juin 2018, 11:41
► █ Date : 6 juin 2203 RP Violent / RP Erotique
Au'n Talgar ♦️ Arcadia McKnight ♦️  
Une once de propagande et deux de courage


UXV-Abondance
Espace transitoire


« Commandeur, le Conseil n’a aucune objection concernant notre ordre de mission. »

Un large sourire déforma les traits sévères de la commandeur Gel’Bryn, au rang équivalent à celui d’amiral dans la quasi-totalité des autres armées connues. Dirigeant la troisième flotte depuis maintenant six longues années, elle était la première femme à diriger toute une flotte depuis la fondation de la Nouvelle Hégémonie et était clairement l’instigatrice majeure du coup d’état destiné à renverser Argonar Dal’Shan, fait qui avait changé sa carrière en faisant d’elle la plus influente conseillère militaire du Galant’Ark actuel.

« Parfait. Nous pouvons donc débuter notre opération de sauvetage. » La butarienne activa la communication dans tout le cuirassé-amiral, le seule de la troisième et le dernier né de l’Hégémonie, ainsi que sa plus grande fierté. Fleuron de technologie, l’UXV-Abondance était une machine de guerre qui n’avait pas à rougir, même devant l’éternel empereur de la destruction, le Kwunu. « A tout l’équipage, nous allons mettre en œuvre la première mission opérationnelle de l’Abondance, je compte sur chacun de vous pour faire preuve d’un zèle patriote d’une ardeur sans commune mesure. Aujourd’hui, nous entrons dans l’histoire. »

La commandeur se leva soudain de son fauteuil massif, symbole de commandement au sein des flottes de l’Hégémonie, plus proche du trône que d’autre chose d’ailleurs, et continua son petit discours, retransmis à tous les vaisseaux en présence, en l’occurrence un bon tiers de la flotte.

« Asteria est une colonie indépendante de la Travée de l’Attique en ce moment en proie à une contamination de la nouvelle grande menace galactique. » Petit sourire carnassier bien retransmis avec l’hologramme. « Car oui, l’univers a décidé que la Grande Guerre Patriotique n’était pas une mise à l’épreuve suffisante. La mission est extrêmement simple, la flotte va se placer en orbite et vitrifier le pôle nord de la planète pour tenter de ralentir la corruption. Durant ce laps de temps, nos ingénieurs et forces terrestres vont s’implanter à la frontière du pôle sud afin de bâtir une série de fortifications que nous transportons en partie dans nos transporteurs.

Sur place, personne ne sera autorisé à quitter son armure ou sa combinaison sous peine de mort. Des portiques à détection d’énergie noire vont être implantés sur place pour vérifier l’état de santé des survivants et de chaque élément sur place. Personne ayant refusé le portique ne sera accepté à bord d’un vaisseau et chaque transporteur sera indépendant jusqu’à ce qu’il soit intégralement vérifié avant toute autorisation pour se poser. Tout vaisseau ou unité refusant de se soumettre à vérification sera anéanti sans questionnements existentiels. »
La voix de la commandeur Gel’Bryn ne laissait aucun doute sur le fait qu’elle n’hésiterait pas une seule seconde. « Bien maintenant que tous et toutes se mettent en place, arrivée sur cible prévue dans une heure. »

Et la butarienne se replaça sur son fauteuil de commandement, l’air satisfait et la guerre en tête.

***

OXV-Vengeance
Orbite d’Astéria


Les rapports étaient clairement catastrophiques, la planète allait tomber sans qu’une hésitation soit possible. Une grande partie du patrimoine génétique de la faune et flore du pôle nord, si ce n’est l’intégralité, était déjà en train d’observer son patrimoine génétique se réécrire sans que personne ne puisse y faire quoi que ce soit. Pire, les sondes notaient déjà le début d’une production de matière noire par quelques plantes faisant partie de la première vague de corruption. C’était une atrocité.

Et l’Hégémonie était là pour empêcher la situation de dégénérer outre mesure. Surtout que le Conseil n’avait pas semblait porter un grand intérêt pour ce monde et n’avait envoyé qu’un bataillon très limité sur place pour observer et juger, sous le commandement d’une humaine, vétéran du conflit de Chasca et de l’opération Bellethium d’après les données transmises par l’UCIP elle-même. Toutefois, il était clair que les effectifs et l’équipement de ces individus étaient plus qu’inutile pour enrayer une telle propagation, en clair le Conseil avait jugé ce monde perdu et cherchait à ne pas perdre la face tout en déployant ses efforts sur d’autres mondes.

C’est là que l’Hégémonie entrait en scène, tentant de soutenir ses … alliés dans la crise actuelle. Il y avait de multiples objectifs en jeu, rétablir une partie de sa réputation guerrière, se racheter une conduite, gagner des points auprès des autres nations et surtout, surtout, ne jamais laisser la honte de la Grande Guerre Patriotique refaire surface. Cet instant ignoble ou des nations décidèrent consciemment d’abandonner certaines espèces sous des prétextes fallacieux. L’Hégémonie interviendrait pleinement dans cette crise, et ce dès le départ et sans oublier personne.

Pour Au’n c’était là une question d’honneur, de fierté et de logique pragmatique. Si l’Hégémonie ne venait pas défoncer la corruption, cette dernière n’allait pas manquer d’en faire de même chez eux. Le Galant’Ark semblait partager cette avis puisque quasiment une flotte complète avait été expédiée prestement en direction du monde le moins protégé contre la menace. Une décision risquée, surtout au vu de la puissance de la flotte d’Aria T’Loak et l’agressivité dont faisait preuve les corrompus de Chasca, mais c’était la seule décision à prendre.

« Commando, nos ordres sont pour l’heure extrêmement simples, on va rejoindre les forteresses du sud pour inspecter les groupes de réfugiés et intervenir en cas de problème. » Le colonel Talgar lisait son rapport tout en faisant le sien à sa toute nouvelle formation des forces spéciales. Tous les survivants de la précédente opération étaient présents, comme Solkan le chef ingénieur, mais l’unité comportait aussi des nouveaux, en remplacement des pertes, dont deux gardiens sortant tout juste des forges de l’école. Kel’Do, un butarien musculeux extrêmement réfléchis pour son âge et Balea, une butarienne belliqueuse mais zélée. « Normalement, on devrait recevoir des ordres plus précis par la suite pour quelques opérations plus au nord mais pour l’instant c’est quartier libre. »

En vérité, Au’n préférait de loin l’idée d’opérations sur le chemin de contaminés que de trainer dans un camp de réfugié ou les infiltrés devaient fourbir leurs armes pour tenter de rejoindre d’autres mondes. Heureusement, l’Hégémonie avait détruit quelques vaisseaux fuyards et alpaguer d’autres pour une quarantaine vitale, mais il était à prévoir que de nombreux réfugiés avaient déjà quitté ce monde, peut-être même avec des corrompus dans leurs rangs.
La galaxie était dans une sacré merde.

***

Asteria
Base avancée « PURETE »
Non loin du pôle sud


Les murailles en pré fabriqués étaient clairement de bonne qualité, comme pouvait le juger le colonel de l’OKS en effectuant, ce qui pouvait être, la millième routine de patrouille de la journée. Cela faisait déjà deux jours que l’Hégémonie se trouvait sur cette planète condamnée et ils n’avaient pas eu un seul combat digne de ce nom à se mettre sous la dent. Bien évidemment, ils se trouvaient à quelques dizaines de milliers de kilomètres du point zéro de la corruption mais c’était tout de même une petite déception. Heureusement, la hiérarchie avait prévenu le commando que demain ils allaient partir en opération avancée, en direction d’une base de l’UCIP nettement plus proche de la mêlée.

Les forces de défense planétaire, essentiellement menées par quelques chasseresses asaris et part pas mal d’anciens de l’Alliance tenaient encore le coup, sous les conseils de la commandant locale de l’UCIP d’ailleurs. Enfin en vérité vraie, elles se prenaient une déculottée qui repoussaient les lignes de défense chaque jour plus profondément dans les terres, poussant des milliers de réfugiés à fuir toujours plus loin, emportant des agents de l’énergie noire dans leurs sillons, amenant sabotages et corruption dans tous les coins.

Le commandement de l’Hégémonie ne donnait que quelques jours pour un effondrement de la défense et à l’usage de la guérilla comme seule moyen de combattre et quelques semaines pour la contamination totale de ce monde. Enfin ça c’était avant. Avant la vitrification totale du pôle nord sous un déluge de feu de la part du UXV-Abondance qui avait nettement freiné la croissance des bubons, comme l’appelaient les troupes butariennes, plus précisément les plantes contaminées, formant des espèces d’énormes bubons brillant d’un bleu malsain mais hypnotique.

Maintenant les rapports passaient fréquemment de, la défense pouvant tenir, à défaite repoussée de quelques semaines. Mais Au’n de son côté sentait très bien que la situation était dans une impasse, chaque territoire vitrifié devenait invivable pour les colons et la contamination semblait toujours réapparaitre là on personne ne l’attend, forçant à vitrifier toujours plus de territoires ou à laisser les défenses s’embourber dans des combats qui semblaient interminables pour la moindre parcelle de terre. C’était une lutte sans fin, enfin si celle d’Astéria. D’après les rumeurs, les têtes pensantes de l’Hégémonie travaillait sur un système de détection de l’EN à partir de satellites, mais cela arriverait dans tous les cas trop tard pour ce monde, et ne concernerait que les mondes sous constante surveillance, donc ceux de l’Hégémonie.

Bref là il ne s’agissait plus que d’une opération de sauvetage.

D’ailleurs, Au’n et son commando venait d’atteindre le camp de réfugiés, un vaste, très vaste terrain contenant d’innombrables tentes, préfabriqués comptant près d’un millions d’individus. Un vaste terreau à épidémies, révoltes et crimes en tous genres qui demandaient l’attention constante des soldats, médecins, ingénieurs et ouvriers de l’Hégémonie, bouffant l’énergie de tous les présents avec une avidité terrifiante. Et il y avait en plus les haut-parleurs.

« L’Hégémonie est là pour vous sauver. » « Ne demandez pas ce que l’Hégémonie peut faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour l’Hégémonie. » « Rejoignez les milices de protection d’Astéria. »

Et autres messages défilant aussi par écrits, une propagande constante qui semblait étrangement apaiser les réfugiés et les soldats car donnant un certain rythme à une vie qui avait perdu toute forme de routine. Le principal problème restant la politique de sauvetage de l’Hégémonie, qui ne manquait pas de faire croitre les tensions avec un énorme risque d’explosion. Se sachant incapable matériellement et financièrement de récupérer des millions de réfugiés, et n’ayant de toute manière pas les transporteurs nécessaires, le gouvernement avait mis en place une politique simple.

« Si vous souhaitez être exfiltrés d’Astéria par des vaisseaux de l’Hégémonie, les choix sont simples. Engagez-vous dans l’armée de l’Hégémonie et votre famille pourra être sauvée ou Signez un contrat de travail auprès de l’Hégémonie, et votre famille pourra être sauvée. »

Une politique qui n’allait certainement pas échapper à quelques scandales futurs mais qui était dans la droite lignée idéologique de la nouvelle constitution.

En vérité c’était un échange simple, en s’engageant dans l’armée, ou comme ouvrier, l’individu assurait à sa famille un départ de la planète pour un monde de l’Hégémonie pour qu’elle puisse y attendre le membre ayant signé un contrat. Le but était double et extrêmement clair. L’Hégémonie gagnait une main d’œuvre et des colons pour son monde de Vana, et potentiellement de futurs citoyens s’ils finissaient par rester vivre sur place, l’autre but était plus direct, une armée de soldats et d’ouvriers destinés à combattre l’avancée de l’énergie noire sur Astéria.

Pour l’heure ces ouvriers et troupes de réserves étaient avant tout destinées à creuser d’immenses tranchées tout autour des forteresses et camps de réfugiés afin de renforcer les défenses, et recevaient un équipement sommaire mais des rations supplémentaires pour eux et leurs familles. Seulement la chose n’était pas au goût de tous, et quelques bagarres avaient déjà éclatée en de multiples endroits. Et il y avait les éventuels infectés qui rôdaient dans les environs à la recherche d’un moyen de saboter les portails de détection ou d’un sabotage quelconque. Dans tous les cas, les premiers transporteurs avaient déjà décollé d’Astéria et se rendaient en ce moment même en direction du système Vular pour y être inspecté une troisième fois et déposer la première vague de civils dans le dôme de Vana.

Alors que le commando de l’OKS atteignait enfin son baraquement, la communication s’activa pour laisser paraitre l’hologramme de la commandeur Gel’Bryn. Baissant aussitôt la tête sur la gauche, le colonel laissa sa supérieure s’exprimer.

« Félicitation colonel, vous partez en opération dès maintenant. La base avancée de l’UCIP est votre destination. Sur place, vérifiez qu’ils tiennent bon et n’ont pas besoin de notre …. Aide. » La commandeur avait envie de dire protection, c’était plus qu’évident. « Vous attendrez sur place des directives plus précises. »

Au’n souffla de plaisir alors que la communication s’arrêtait, puis se tourna vers ses combattants.

« Je crois que nous avons nos vacances. »

***

Astéria
Base de l’UCIP


« Colonel, nous arrivons à destination. »

La voix du pilote était tendue, plus que tendue même. L’idée de quitter la sécurité relative du camp pureté ne semblait pas être pour lui plaire, mais cela importait peu. Au’n était lui pressé de se rendre sur place et de rencontrer les membres de l’UCIP, sûrement des sybarites, mais des courageux combattants à n’en point douter Et cette vétéran des opérations liées à l’énergie noire était peut-être la commandante Fender, cela pourrait être amusant que de travailler une nouvelle fois de concert.

Ou alors ils allaient tenter de faire une morale à la con concernant la politique particulière de l’Hégémonie sur Astéria, au choix.

Dans tous les cas, ils allaient le savoir rapidement car la navette lourde était sur le point de se poser sur le sol de la base de l’UCIP, révélant sous peu les individus avec qui ils allaient travailler …
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MessageSujet: Re: Une once de propagande et deux de courage   Mer 06 Juin 2018, 23:08

Une once de propagande et deux de courage
Le



campement avancé se trouvait au cœur de la tempête, profitant d'une accalmie avant qu'une nouvelle vague ne vienne se fracasser contre ce rocher qui la défiait avec prétention. Le Fort d'Hadès tenait bon, inébranlable. Cela faisait maintenant cinq jours que ce dernier avait dressé ses murs, creusé ses tranchées et miné le terrain l'entourant.
Il avait hérité du nom du Cluster, mais aussi de sa position périlleuse. Seul et unique gardien de l'enfer qui s'étendait devant lui. Sentinelle immobile qui empêchait les démons de traverser le Styx.
Depuis sa naissance il accomplissait son devoir sans faillir, rendant chaque coup donné.  C'était un combat perdu d'avance, et il le savait pertinemment. Chaque bataille livrée lui prenait un peu plus d'énergie. La fin viendrait un jour, mais jamais il ne l'avait envisagé ainsi. Personne ne l'avait imaginé ainsi.

Au sein de la citadelle, chaque personne était à son poste. La fatigue était palpable tout comme cette tension latente, mais rien n'écrasait cette volonté ou cette fureur qui habitait chaque soldat. Même acculés, ils se battraient jusqu'à la mort, et avec honneur. Ainsi aucun d'eux ne repartirait avec les chaînes de la honte.

L'expédition avait compté près d'une cinquantaine de membres de l'UCIP. Aujourd'hui il n'était plus que vingt. Comment en était-il arrivé là ?
La faute a pas de chance ? Peu probable. Quelqu'un avait-il vendu le peloton ? Des doutes étaient possibles.
Le groupe avait fait attention d'emprunter un itinéraire sécurisé, là ou la corruption était la moins présente, balayé plusieurs fois pour détecter une éventuelle présence d'infectés. Mais il y avait eu cette embuscade, inattendue, violente et incroyablement bien minutée.


Quelque part sur Asteria
Convoi de l'UCIP


Le véhicule de tête fût rayé de la surface de la planète d'un simple claquement de doigt. L'attaque fut fulgurante, le blindé suivant ne fut pas épargné, son cockpit détruit. Les véhicules rompirent la ligne, entourant le leur pour le protéger. Des hommes et des femmes sortirent, armes au poing, prêt à faire feu.
Parmi eux, Arcadia. Elle fut l'une des premières sur l'épave avec un technicien pour sortir les survivants. Les ombres surgirent à ce moment, sortant de sous la terre et le sable, enragés et difformes, assoiffés de sang. Un feu nourri les faucha, mais pour un tué deux autres prenaient sa place. Les spécialistes se hâtaient de charger les blessés à bord de l'Endurance, blindé médical de l'UCIP et véhicule attitré de la médic.
L'organisation était ô combien bordélique, le responsable de l'opération avait été volatilisé quelques minutes plus tôt avec son second.

La mort courait vers eux, puis elle se mit à pleuvoir sous la forme d'un bombardement biotique. Les corps volaient dans les airs, déchiquetés, broyés, des hurlements résonnant sur le vox général. La mission était en train de tourner au vinaigre, alors que la chair à canon entamait le cordon de sécurité.

« Dans les blindés », hurla t-elle pour se faire entendre par dessus les cris des mourants.

Le M-080 de McKnight prit la tête, écartant sans ménagement deux Makos déjà perdus, trois autres blindés suivirent. Voyant leurs cibles s'échapper, les ombres se jetèrent sous les roues du dernier véhicule, l'enlisant dans une purée organique, le laissant à la merci de ces créatures. Faire marche arrière aurait signé leur arrêt de mort, le convoi continua sa route, sourd aux suppliques des condamnés et aux vociférations de leurs ennemis.

Ils avaient roulé ainsi pendant plusieurs heures, s'éloignant d'un danger pour foncer vers un autre, bien plus grand. Ils trouvèrent une position défendable pour se soigner et évaluer les dégâts. Ils reçurent un soutien par la voie des airs, des blocs de défense pré-fabriqués, des fortifications et du matériel de survie.
Ils allaient devoir tenir cet endroit jusqu'à ce que des renforts arrivent, pour les aider dans leur tâche. Ou mourir.


Fort d'Hadès
Asteria

Le commandement avait échu à Arcadia... Et honnêtement elle s'en serait bien passée. Chaque jour l'ennemi lançait des assauts. Leurs troupes étaient intarissables, contrairement aux munitions de l'UCIP. En plus de voir gérer les stocks, les patrouilles, elle était la seule personne compétente pour donner des soins.
Il y avait aussi des survivants hagards, le plus souvent contaminés, qui demandaient de l'aide. Quatre ou cinq par jour en général, les personnes saines pouvaient rester, assignés à des tâches guère valorisantes. Mais 90% étaient déjà infectés, ces derniers terminaient le plus souvent avec une balle dans la tête avant d'être incinérés. La compassion n'avait pas sa place ici.
Malgré toutes ses responsabilités, le médecin refusait de céder face à l'adversité, abandonner ne figurait pas dans son dictionnaire. L'aide viendrait. Elle le savait.

La Martienne avait fait miné le terrain, protégeant les flancs les plus vulnérables, permettant d'orienter les mortiers vers des zones ou elle était certaine que les ombres passeraient en nombre.
Les blindés restaient à l'intérieur, ne sortant qu'en cas de nécessité absolu, aussi bien pour économiser les ogives que le carburant. La stratégie s'était révélée payante, infligeant de lourds dégâts aux assaillants.
Le seul problème était que ces petits salops s'adaptaient vite. Ils apprenaient de leurs erreurs, exploiter les points faibles etc... L'UCIP avait réussi à éliminer l'une des têtes pensantes lors d'une percée et grâce au soutien des chars. La bande avait été désorganisée, revenant à ses plus bas instincts. Mais dès le lendemain un autre immortel avait remplacé son prédécesseur, plus violent, plus rusé.

Le sixième matin, après une nuit de combat éprouvante, la nouvelle arriva. Des renforts étaient en chemin. La plupart des soldats se laissèrent aller à l'excitation. L'humaine resta plus mesurée dans sa réaction bien qu'une certaine joie remplaça sa morosité.
Son omnitech sonna quelques heures plus tard, le garde en poste l'informant de l'arrivée d'une navette. Elle reposa la tablette pour se saisir de son casque et rejoindre ses hommes.

« Vous auriez pu faire un effort Lieutenant-Colonel ! N'auriez vous pas pu remettre votre armure état ? »

Elle reconnut cette voix agaçante, Modow Ohe, un Galarien que leur avait collé le commandement de hadès dans les pattes. Un intermédiaire sans aucune compétence martiale si ce n'était l'art de vous briser les couilles, ou les ovaires en l’occurrence. C'était vraiment dommage qu'il n'ait pas succombé lors de l'embuscade.
Il est vrai que son équipement, autrefois immaculé, portait aujourd'hui les stigmates et autres traces d'usure du combat qu'elle avait mené. Le sang séché des blessés se mélangeait à cette maudite poussière, recouvrant la couleur originelle de sa seconde peau.

« Je sors à peine de l'infirmerie. Et avant cela j'éjectais des ombres des barricades en leur tirant dessus. Je n'ai pas eu le temps, répliqua t-elle d'un ton aigre en haussant les épaules.

-Vous savez quand même à quoi ressemble un chiffon à polir ? Je peux vous en montrer un. »

Elle lui tourna autour tel une lionne prête à sauter sur sa proie.

« C'est bizarre..., elle pointa un doigt vers le bassin du Galarien. Votre combinaison. Pendant un instant, j'ai cru voir un balai vous sortir du cul. »

Blessé dans son orgueil, il se renferma sur lui même. Tant mieux, elle avait la paix. Arcadia reporta son attention sur la navette, ses yeux améliorés couplés aux jumelles de son casque lui permit de déchiffrer les couleurs de la navette : L'Hégémonie. Pour une surprise... Elle observa ses survivants, tous en ordre, attendant la rencontre.
Le transport était un peu plus grand que ceux utilisés par l'Alliance. Il se posa dans un sifflement puissant, la porte s'ouvrant aussitôt. Un Butarien colossal en armure complète émergea, suivit de toute sa troupe.

Arcadia s'avança, seule, se plantant face à l'alien à la combinaison criarde. Il était vraiment grand d'aussi près. Elle inclina sa tête vers la gauche comme le voulait leur coutume. Elle avait eu une fois le malheur d'incliner la tête du mauvais côté, plus jamais s'était elle jurée.A ses yeux, il méritait amplement son respect. C'était lui aussi un guerrier et accessoirement le Butarien venait les sortir de la merde.

« Médecin en chef McKnight, se présenta t-elle, en charge du campement avancé. Votre arrivée est bienvenue. »

La Doctoresse le vit tiquer à la mention de sa fonction. Et c'était bien normal, même elle aurait été surprise de voir un membre du corps médical en charge d'une base.

« Si vous voulez bien me suivre Colonel Talgar ? Je vous expliquerai cette situation épineuse plus en détail dans le centre d'opération. »


QG du Fort
Asteria

C'était un bien grand mot pour un bâtiment pré-fabriqué, mais faute de mieux, elle faisait avec ce qu'elle avait sous la main. Le binôme se détacha du reste, chacun distribuant ses ordres. Le sas de décontamination passait, ils entrèrent dans le QG.
Elle retira son casque, dégageant une mèche de devant ses yeux. La militaire regarda l'envoyé de l'Hégémonie un peu plus en détail, ses traits sont durs, stricts. Ses yeux sombres tel l'Abîme galactique, dégagent une certaine forme de fierté. Sa démarche est véloce, presque animale. Tout en lui transpire le vétéran endurci.

Plus par réflexe que par politesse, elle lui demanda s'il souhaitait boire quelque chose. Puis le médecin commença son récit, ne se concentra que sur les grandes lignes, épargnant les petits détails futiles. Le départ, l'attaque du convoi, la résistance etc... Condensant les informations jusqu'à évoquer la mission.

« Comme vous avez pu le constater Asteria est condamnée, nous ne faisons que retarder sa chute. Et il est impossible d'évacuer tout le monde. Hadès est incapable de tenir la ligne. Tout ceux qui sont avec moi ont préféré partir pour cette mission suicide que d'assister à ce bordel, elle bu une gorgée du jus de chaussette qui servait de café en grimaçant. Nous devions ramener des échantillons de biomasse pour les faire analyser et si possible commencer à développer des contres-mesures. C'est la source la plus pur de la corruption, mais aussi la plus dangereuse. »

Elle le laissa ingérer les informations avant de reprendre.

« J'ai été avertie des frappes orbitales menées par votre vaisseau amiral. Même si cela est très efficace face aux infectés et les principales sources de biomasse, cela souffle également les particules de la corruption un peu partout. Cette dernière se reconstitue alors peu à peu. L'un de mes éclaireurs à repérer un nouveau  nid qui s'est formé il y a peu. Mais il est bien défendu. »

La réplique du Butarien fit mouche, laissant Arcadia avec un sourire carnassier.

« En vérité, il n'est peut-être pas aussi bien défendu que ça. »

(c) Alyss (Kanade A. J. Rye)


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MessageSujet: Re: Une once de propagande et deux de courage   Jeu 07 Juin 2018, 17:43
Lorsque la porte de la navette s’ouvrit, Au’n ne mentirait pas en déclarant qu’il ne fut pas partiellement déçu, et en même temps une nouvelle déçu en découvrant la personne qui devait l’accueillir. La première déception était légère, voire bénigne, il ne s’agissait nullement de la commandant Fender. Si cela restait un point de détail de l’histoire, la deuxième déception était légèrement différente et restait un héritage d’un passé normalement révolu. Le colonel Talgar était profondément de trouver une nouvelle fois une humaine au commandement d’une unité mixte, comme si cette espèce était incapable de partager le pouvoir sans tenter de tout s’accaparer comme des affamés.

« Colonel Au’n Talgar, officier des forces spéciales de l’Hégémonie de l’OKS. » Répondit sans la moindre sobriété le butarien à la suite de la présentation de son interlocutrice, observant avec curiosité les alentours, repérant déjà de nombreuses failles dans la construction des lieux, tenant essentiellement dans l’absence flagrante de soldats à des postes en nécessitant, mais aussi un extrêmement mauvais entretien du matériel militaire de la part des locaux, et plus particulièrement de la médecin chef. Mais dans son cas, ça lui conférait un aspect badasse loin d’être dénué de mordant.

Un autre problème était à soulever toutefois, la voix de l’humaine avait complètement hypnotisé le butarien qui avait un faible clairement défini pour une telle donnée. Sous le charme de ce ton, Au’n tenta de s’extraire de ce piège de miel en se concentrant sur d’autres choses, comme la concentration des alentours, donnant sûrement l’impression qu’il avait tiqué par le rang de son interlocutrice. Et si l’information avait étonné Au’n pour un membre de l’armée concilienne, elle n’était en soi pas surprenant, les médecins pouvant atteindre des rangs élevés au sein de l’armée de l’Hégémonie. D’ailleurs un médecin militaire portait en ce moment même le grade de général au sein du Ministère de Fer. Enfin bien évidemment qu’il n’était plus réellement militaire, mais la réalité médicale du monde moderne avait massivement modifié le rôle de ces individus au sein de l’armée.

Heureusement l’humaine, indiqua au butarien de la suivre et le guida, ainsi que son commando, à travers plusieurs éléments du camp de base, révélant que le principal problème de l’endroit n’était clairement pas la qualité ou l’emplacement mais bien des effectifs si maigres que la situation en devenait dangereuse. Hadès semblait réellement en train de se faire salement botter les fesses. Sur le moment, Au’n s’interrogea sur la capacité de dirigeant de cette humain qui ne montrait pas réellement les meilleures choses à son sujet. Pire, elle semblait plus s’interroger sur la nécessité ou non d’offrir à boire à ses hôtes que sur la raison de leur présence. Sûrement une bourgeoise déconnectée de la réalité qui jouait au soldat, ses combattants devaient réellement souffrir de la situation.

Puis l’humaine enleva son casque. Et clairement, il ne fallait pas se mentir, mais hormis l’absence d’une paire d’yeux supplémentaires, le top de la beauté, l’humaine était clairement très agréable à regarder, aussi la déception de travailler avec une nouvelle humaine n’était définitivement pas destinée à rester bien longtemps dans l’esprit du butarien qui commença à se rendre compte de l’immense hypocrisie de sa xénophobie sélective. Définitivement, il était parvenu à effacer sa haine envers l’humanité, mais cette de l’Alliance, et des mâles humains, restaient encore extrêmement vivace. Comme si les femelles de cette espèce étaient moins coupables des crimes commis. Ah la capacité du cerveau à s’en battre royalement les couilles de la logique.

Alors seulement vint le briefing, que le colonel écoutant autant pour le plaisir vocal et visuel que pour les choses qu’il pouvait dévoiler. Ne lâchant qu’une petite intervention durant l’intervalle.

« Pour un effectif aussi réduit de l’UCIP, sûrement. »

La phrase concernait clairement la partie sur le nid extrêmement bien défendu, se moquant ouvertement de son interlocutrice, les deux savant pertinemment que les effectifs de l’UCIP dans la base était clairement supérieurs à ceux de l’Hégémonie. Enfin en vérité, l’Hégémonie avait la capacité d’appeler des bombardements orbitaux, des centaines de renforts et tout un tas d’autres avantages aussi la vantardise était plus que moyenne qui l’utilité était ici de piquer l’hypothétique fierté de l’humaine qui semblait déjà préférer se suicider que d’avouer la défaite.

L’humaine réagit d’ailleurs étrangement à la réplique, par un sourire béat dévoilant sa dentition omnivore dénuée de toute forme de charme et incapable d’impressionner qui que ce soit. Et par une phrase un peu sotte. Il devenait de plus en plus évident que la pauvre était complètement perdue.

« Si vous estimez la situation perdue d’avance, vous pouvez donner le commandement de l’opération à l’Hégémonie, ainsi que votre base. Nous avons les effectifs et l’armement pour tenir la zone. »

Fut la première véritable réponse d’Au’n agacé par le pessimisme de son interlocutrice. Bien évidemment que la situation était désespérée et il y avait que peu de chances de sauver la population, surtout qu’il y avait de moins en moins d’individus sains, mais là n’était pas le problème. Astéria était une colonie à la con sans intérêt et les individus dignes d’intérêts étaient en train d’être évacués à l’heure actuelle. Ce champ de bataille était une chose extrêmement simple, un entrainement, une formation et rien d’autre.

Tout ceci était extrêmement excitant et appréciable, et allait permettre d’apprendre petit à petit comment exterminer ces saloperies sorties de l’imaginaire d’un décérébrés sûrement accros aux asaris. Pour le reste, aux historiens du Conseil de définir la tristesse de tant de pertes, les faits étaient clairs, la perte d’Astéria allait permettre de sauver des milliards de vies, et rien d’autre n’avait d’intérêt.

« Médecin Chef McKnight, l’Hégémonie s’occupe de sauver un maximum de réfugiés et de tout tenter pour sauver ce monde, le reste n’est que pertes de temps en réflexions contreproductives, concentrons-nous sur ce que nous pouvons, et devons faire. » Le ton d’Au’n était autoritaire. « Vous souhaitez des échantillons, soit. Une frappe orbitale sur le nid est donc à exclure pour l’heure, pour le reste quels sont vos besoins particuliers ? Un échantillon d’une plante, un spécimen vivant, juste des échantillons éparses ? Dans tous les cas, possédez-vous le matériel adéquat ? »
Le colonel Talgar scruta le QG, et plus particulièrement les participants, un galarien apparut dans son champ de vision et lui fut immédiatement antipathique sans comprendre pourquoi.

« Votre effectif est clairement insuffisant pour un assaut d’envergure, la situation est claire, nous devons nous concentrer sur une frappe chirurgicale … chose que vous maitrisez je puis espérer. » tentative d’humour famélique. « Véhicules terrestres, aériens et effectif total me serons nécessaire pour estimer la capacité opérationnelle et l’ambition à mettre dans l’opération. Notre objectif ici est simple, comprendre, apprendre et détruire. En attendant un rapport définitif de vos capacités, peut être que vous pourriez nous expliquer le fonctionnement de ces saloperies, faites comme si vous deviez expliquer tout cela à des gens qui n’y connaissent rien. N’omettez rien. »

Le ton était plus qu’autoritaire, et il devait être flagrant que le colonel tentait ouvertement de mettre en œuvre une tentative de prise de commandement à l’encontre de sa rivale. Il était en vérité compliqué de mettre en œuvre une hiérarchie, chaque faction agissant sur un territoire étranger sans commandement centralisé, dans les faits Au’n était le plus gradé, mais sur le coup il n’était pas particulièrement tenté par une prise de pouvoir totale, préférant jauger la combattivité de l’humaine afin de vérifier sa première impression. Hors de question de partie en mission avec une conne.
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MessageSujet: Re: Une once de propagande et deux de courage   Ven 08 Juin 2018, 00:20

Une once de propagande et deux de courage
Le



Butarien lui résistait, non pas que cela l'aurait dérangé si la situation avait été appropriée. Hélas elle ne l'était pas. C'était plus que de l'exaspération ou de l'agacement. Les propos déclenchèrent l'ire du médecin teintée d'un fort sentiment de déception. Ce trou du cul arriviste tentait de saper son autorité alors que la cohésion était de mise. Sa tentative était maladroite, sans aucune subtilité.
Sur le papier c'était bel et bien à lui que le commandement devait échoir. Et en temps normal elle le lui aurait transmis ses responsabilités sans broncher. Mais pas de cette manière, il en était absolument hors de question. Elle ne se soumettrait pas à ce parvenu, même si elle devait y laisser des plumes.

« Un, commença Arcadia en levant l'index, ne me donnez plus jamais d'ordre. Deux, continua t-elle en levant son majeur empêchant son interlocuteur de prononcer le moindre mot, ne me donnez plus jamais d'ordre !
Maintenant... vous n'avez aucune idée de qu'il se passe ici, où de ce que nous avons fais. Nous ne tentons pas, nous planifions et nous agissons. Tout ce que je suis pour vous et les autres c'est une figure d'autorité !
Je n'ai pas besoin de votre sympathie ou de votre admiration, tout ce que je veux c'est votre obéissance et vos talents de guerrier !
Si c'est trop pour vous, retournez torcher le cul des réfugiés et briquer votre armure pendant que nous combattons ce fléau. Est-ce que je me fais bien comprendre ? 
»

Son ton était d'une remarquable fermeté, sa fatigue recula, laissant place à une sévérité contrôlée. A l'heure actuelle, elle avait autant besoin d'un officier dissident sur les bras comme de se percer un trou dans le crâne.
La tension dans la pièce grimpa d'un cran, un froid s'installa entre les deux factions alors que les deux gradés s'affrontaient des yeux. L'humaine ne le laisserait pas marcher sur ses plates-bandes sans réagir. Le comportement de Talgar prouvait la vacuité de son esprit de collaboration. Elle espérait très honnêtement que Au'n ne commettrait pas l'erreur d'outrepasser  ses prérogatives. La Martienne préférait œuvrer de façon subtile, mais si elle continuait à être insultée de la sorte elle n'hésiterait pas le faire passer à l'état d'une simple statistique, catégorie tir perdu.

McKnight savait pertinemment que l'OKS devait attendre des directives plus précises sur place, de la personne en charge de la base. Autrement dit elle. Il était inutile de rajouter de l'huile sur le feu avec cette précision, pour l'instant.
Son regard venimeux était plongé dans celui du Colonel. Elle était suffisamment proche de lui pour détailler ses globes oculaires. Là ou elle n'avait vu que ténèbres auparavant, elle discernait à présent les iris, les pupilles, les cristallins. Un brasier ardent couvait à l'intérieur du soldat, alliance de noblesse, d'audace mais aussi d'un orgueil et d'une haine vivace. A son encontre ? Arcadia ne saurait le dire. Elle rompit l'illusion.

« Bien... Vu que j'ai toute votre attention, puis je commencer? »

Et arrêter de baver se retint-elle de dire.

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MessageSujet: Re: Une once de propagande et deux de courage   Ven 08 Juin 2018, 14:41
Au’n scrutait l’humaine avec ses yeux parfaitement noirs. Les quatre yeux ne lâchèrent pas une seule seconde son interlocutrice, inspectant chaque élément avec sérieux et avec passion. Ici le jugement physique était totalement mort, ainsi que le jugement moral, l’humaine n’était plus qu’une chose à étudier pour définir la solution à appliquer. Il était encore difficile de pleinement la juger, l’esprit du butarien oscillant entre la connasse imbuvable, bourgeoise bohème en poste par le soutien d’un père ou d’une mère dans l’armée et piquant une crise à l’idée que quelqu’un puisse la diriger, et l’officier autoritaire et anarchiste faisant ce qu’il peut avec ce qu’il a et qui ne se soumet jamais, à personne.

Un cas posait clairement problème, et la solution était toute trouvée, dans le second la situation devenait compliquée pour tout le monde. C’était donc au vétéran de guerre de prendre la décision et si possible la bonne.

« Ce que vous êtes pour moi est extrêmement simple, médecin. Vous êtes un potentiel problème sur le chemin de l’Hégémonie. Votre situation est extrêmement précaire et vous êtes clairement incapables de tenir une position que le gouvernement pourrait tout à fait prendre en main. J’ignore si la situation est dû à votre incompétence ou par le manque de soutien de votre hiérarchie mais je vais vous offrir un conseil généreux. » Le ton d’Auné était monstrueusement dur. « Ne commettez pas l’erreur de vous mettre à dos les seuls capables de vous sortir de ce merdier en vie. Alors comprenez bien une chose extrêmement simple, ce que vous voulez est le cadet de nos soucis et nos ordres sont extrêmement clairs. L’UCIP sur Astéria est en situation d’échec, et nous vous offrons la possibilité de survivre. Saisissez-vous de l’offre ou allez-vous suicidez dans un trou quelconque que nous puissions continuer cette guerre en toute sérénité. »

La réponse était sèche, la guerre d’égo devait se terminer maintenant ou la situation allait se terminer extrêmement rapidement. Il était temps de comprendre que l’humaine avait les clefs en main pour la conclusion de cette histoire. La coopération ou elle allait se faire foutre. Si elle imaginait que l’Hégémonie avait des problèmes à laisser des membres de l’UCIP crever comme des chiens elle allait avoir une grosse surprise, et cette illusion devait rapidement disparaitre.

« Si la situation est clair pour vous, alors elle l’est pour moi. Maintenant, si vous voulez bien nous faire ce briefing, médecin, nous sommes impatients de voir ce que vous avez à nous apprendre. »

A chaque fois, Au’n indiquait clairement le rang de la commandant de l’UCIP, rappelant systématiquement que le sien était plus haut dans la hiérarchie et qu’il pouvait toujours lui donner des ordres même dans le cas où elle se référait à son commandement pour régler la situation. En vérité, le butarien espérait toujours que l’humaine décide de travailler de concert et que cette situation se termine sur une révélation agréable, elle était une véritable officier compétente mais souffrant d’effectifs insuffisants. Dans le pire des cas de toute manière, l’OKS allait se replier le temps que la forteresse ne tombe ou que le haut commandement ne décida de bombarder une position tombée sous le contrôle des contaminés.

Astéria devait tenir, et si pour y parvenir, l’UCIP devait être mise de côté, qu’il en soit ainsi.
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MessageSujet: Re: Une once de propagande et deux de courage   Ven 08 Juin 2018, 23:40

Une once de propagande et deux de courage
Cette



charogne avait raison, Hadès avait désespérément besoin de soutien, de soldats frais prêt à se battre. Les défenseurs, en sous effectifs étaient fatigués, las de ces attaques chaotiques et imprévisibles. Sans oublier le rationnement, les sources d'eau étaient contaminées, infestées par la mort, le potentiel gibier, lui était corrompu jusqu'à la moelle. Les ressources étaient donc partagées avec soin.

Mais plus que les mots, c'était les revirements du Butarien qui l'intriguait. Elle lui avait tendu une main amicale, il l'avait refusé, et maintenant c'était lui qui faisait une offre. Soit il se jouait d'elle, soit il la testait, ou alors il souffrait de troubles de l'humeur. Bien que la dernière option soit peu probable. On ne devenait pas colonel dans les forces spéciales lorsque l'on était atteint de problèmes psychiatrique.
Ne restait que le divertissement ou l'épreuve. Dans les deux cas elle avait mordu à l'hameçon comme une débutante. Le manque de sommeil avait raison de son jugement et cela l'enrageait encore plus. Arcadia détestait perdre, mais les faits étaient là. Au moins elle n'avait pas mendié d'aide, réduisant l'amertume de ce déboire. Elle n'allait pas présenter d'excuses maintenant, trop fière, trop orgueilleuse, alors que le bon sens dictait le contraire, surtout lorsque l'on était dans une telle merde, abandonnée par sa hiérarchie. Elle ne comptait pas céder au désespoir, ce n'était pas dans ses habitudes.
Si elle crachait sur l'offre, l'Hégémonie partirait. Elle le lisait dans les yeux de Talgar. Continuer à débattre était stérile et n'allait apporter que plus de dissensions sans démêler le schmilblick. Et le médecin ne souhaitait pas alimenter un conflit stupide. S'il tenait tant à avoir le dernier, alors ainsi soit-il. L'Hégémonie pourrait sans mal contenir le mal qui rongeait Asteria... pendant un temps. Il avait peut-être la puissance de feu, mais n'avait certainement pas le matériel pour procéder à l'extraction et à l'analyse de la corruption. Ils avaient besoin l'un de l'autre, plus que chacun des officiers ne le pensaient.

Il y avait aussi ce ton, autoritaire, qui savait ce qu'il voulait. Ne laissant aucune place doute. Même si le membre de l'Hégémonie se dressait face à elle, elle devait lui avouer un certain charisme. Le Colonel attisait autant la curiosité de la militaire que son énervement.

Elle continua à fixer Au'n alors qu'elle alluma la table de projection holographique, faisant apparaître une silhouette difforme.

Spoiler:
 

« Ceci est notre ennemi. Nous les appelons « Les Ombres ». La forme la plus commune qu'il est possible de rencontrer. Ils servent principalement de chair à canon. Mais même dans ce rôle, ils sont bien plus résistants et rapides que dans leur forme originale. Ils sont facilement reconnaissables grâce aux mutations dont ils sont victimes. Les métamorphoses sont variables et peuvent évoluer. Les excroissances ne sont rien d'autres que des os, de la chair, ou du cartilage et sont dus à une division cellulaire accélérée des eucaryotes. En temps normal et dans des conditions optimales, cette division se fait en une heure et peut aller jusqu'à vingt quatre heures. Ici elle se fait en quelques secondes ou minutes selon les espèces de cellules. Cela leur confère donc des capacités de régénération incroyable. Leur cerveau est complètement ravagé par l'énergie noire, ce qui en fait des êtres dénués de bon sens. S'ils ne sont pas canalisés, ils attaqueront la cible la plus proche d'eux que ce soit un des leurs ou un ennemi. Leur inintelligence est compensé par une agressivité équivalente à un Krogan sous rage du sang.. Nous en avons un spécimen en stase ici même. Un survivant contaminé. »

Elle déplaça la forme humanoïde pour en faire apparaître une autre plus « normale ».

Spoiler:
 

« Ils sont appelés Les Immortels, à cause de leur résistance. Comptez plus sur de l'artillerie lourde pour les tuer que des fusils d'assaut. Ces dégénérés sont capables de contrôler leurs mutations, d'apprendre de leurs erreurs et de s'adapter en conséquence. Ils font office de lien synaptiques avec la horde. Ils la contrôlent et la guident. Ce sont des objectifs prioritaires, sans eux « l'esprit de la ruche » se dissipe, leur perte inflige un coup au moral des Ombres en plus de leur faire un choc psychique à cause de la rupture psychique, qui peut aller jusqu'à tuer les plus faibles d'entre eux, les autres sont sonnés pendant quelques secondes parfois une dizaine avant de reprendre leur esprit et de relancer une attaque désorganisée... ou de fuir si le vent tourne en leur défaveur. Les Immortels possèdent des compétences biotiques très puissantes, bien au delà ce qu'un biotique pourrait acquérir. Ils sont aussi plus agressifs et violents que les troupes qu'ils emmènent au combat. De ce que j'ai pu observer, chaque Immortel forme un clan avec les Ombres qu'ils contrôlent et se battent avec les autres clans, exception faite de s'ils ont un ennemi commun, autrement dit nous. Ces damnées ressemblent à n'importe quel individu lamba, si ce n'est cette énergie noir qui les entoure. »

Nouveau glissement, une forme colossale prit la place, rappelant de mauvais souvenirs au Docteur. LE Krogan de Prometheus. L'image venait de son enregistrement vidéo lors du combat sur le vaisseau du Courtier.

Spoiler:
 

« Eux.. Sont beaucoup plus rares. Aucun n'est apparu ici pour le moment. J'ai eu l'opportunité d'en croiser un une fois. Sur le vaisseau du Courtier. Ce sont des machines de guerre inarrêtables. Capable de raser des zones entières par leur simple puissance biotique. Contrairement à leurs homologues, ils ont l'air capable de contrôler leur rage... et de parler. Le vide spatial ne semble pas les affecter non plus. Mais une bonne part de ceci n'est que spéculation, je n'ai pas pu observer le spécimen d'assez près pour tirer des faits tangibles. Les chances d'en croiser un sont très basses, mais pas inexistantes. Et si vous voulez un bon conseil, face à eux, fuyez. Jouer les héros ne vous apportera rien d'autre que la mort... », elle savait de quoi elle parlait.

Spoiler:
 

« La Corruption se nourrit et évolue grâce à ces structures de biomasse, continua t-elle en faisait apparaître la dite chose en hologramme. La taille des structures peuvent varier. Les principaux facteurs de leur apparition sont dus à une présence massive de micro-organismes contaminés et/ou avec une présence d'organismes morts. Les bombardements comme le feu peuvent en venir à bout. Mais les spores résisteront toujours tant que des contre-mesures efficaces n'auront pas été trouvées. Ils se disperseront et forment à nouveau une bio-structure. Nous brûlons les cadavres de nos assaillants, si la biomasse venait s'accrocher aux fortifications du camp d'Hadès, la position serait intenable. Cette matière les rends encore plus brutaux. »

Elle fit une pause, pour permettre à tout ceux présent de bien intégrer son exposé.

« Je pense que vous le savez tous, mais l'air autour de nous est surchargé en énergie noire. Sortir sans son casque est égal à un arrêt de mort. L'énergie noire est synthétisé par les plantes. Cette souillure s'attaque à tout ce qui vit, réécrivant intégralement son code génétique dans un seul but : l'asservir. Les animaux participent activement à cette propagation. L'étanchéité de votre armure protégera votre intégrité physique, mais il est obligatoire de passer à travers un sas de décontamination avant de rentrer dans l'un des bâtiments. »

La Martienne afficha un plan de leur position géographique

« Nous nous trouvons ici, montra t-elle de son index. Le nid que nous avons découvert est à quatre kilomètres, il est situé dans une cuvette, dans un de ces petits villages d'Asteria. Il y a de la biomasse en bonne quantité. Un Immortel et sa bande ont élu domicile dans ces ruines. »

Arcadia sentait la fièvre la gagnait, la fatigue des combats n'était plus qu'un lointain souvenir. Elle parlait d'un sujet qu'elle maîtrisait et la passionnait, faisant remonter son moral qui n'était plus au beau fixe depuis quelques jours.

« La mission consiste à récupérer des échantillons de biomasse. Pour analyser plus en profondeur leur développement, trouver un moyen d'arrêter le processus, de purger l'énergie noire ou de l'empoisonner, peu importe tant que cela arrête ce fléau.
Mais cela ne sera pas sans risque. Il me faudra récupérer un large panel d'échantillons, aussi bien externe que interne. Je ne peux pas dire combien de temps exactement prendra le procédé, mais je ne pense pas dépasser les sept minutes.. L'UCIP a également fourni des tubes de transports renforcés pour ramener les exemplaires. Ainsi qu'une armure « spéciale » pour procéder à l'opération. Son utilisation première est pour intervenir en cas de catastrophes. Elle a été adapté pour un usage plus scientifique et n'a l'air d'être encore qu'à l'état de prototype. Avec les obligations de la défense du fort, je n'ai pas eu beaucoup de temps pour m'intéresser à celle-ci. Mais de ce que j'ai pu constater, il me sera impossible de me battre avec ou de courir très longtemps avec au vu de son poids. De plus elle ne m'offre aucune protection. Si les Ombres arrivent à m'atteindre je ne pourrais pas tenir longtemps avant qu'il ne dépèce l'armure. Idem si un Immortel me touche.
 »

Elle laissa une nouvelle seconde de flottement, s'hydratant alors que sa gorge était sèche.

« Nous disposons encore d'une quantité suffisante de munitions pour une attaque rapide. Nous avons également deux Makos ainsi que mon M-080, blindé médical. L'Endurance possède des caissons de stase, c'est le plus apte au transport des échantillons. Toutes nos mines ont été utilisés pour alimenter le marais et maintenir les corrompus à distance. Il reste une soixantaine d'obus pour les deux mortiers. Nous avons deux tourelles à trépied avec deux boîtiers de munitions complet. Quant aux hommes restants, nous  sommes dix neuf. Vingt deux si vous comptez les réfugiés que l'on a recueilli. »

Elle laissa planer un court silence.

« Nous avons également découvert ceci, reprit l'humaine. La carte s'éleva, dévoilant un petit réseau de tunnels et de galeries sous leur pied. Lors de l'embuscade, les Ombres sont sortis de sous terre. Mais depuis que nous sommes installés ce sont surtout des assauts frontaux. Jusqu'à ce que l'on en repère quelques uns qui jaillissaient du sol. Nous avons déployé un drone dedans. Ce dernier a fonctionné pendant cinq minutes avant que l'on ne perde le contrôle de celui-ci. La faute à l'énergie noire qui peut altérer les signaux. Nous ne nous sommes pas aventurés dedans, mais je pense que cela est bien plus profond que ce que nous pouvons imaginer. »

Elle regarda son auditoire, observant chaque Butarien et plus précisément leur leader.

« Avez vous des questions ? »

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MessageSujet: Re: Une once de propagande et deux de courage   Sam 30 Juin 2018, 12:27
Au’n, ainsi que toute son équipe, écoutait sagement, voir très sérieusement, le briefing de l’humaine, découvrant en toute honnêteté une sacré mine d’informations qu’il ignorait jusque là. La rareté des combats terrestres entre les forces de l’Hégémonie et les saloperies infectant la planète n’étant pas totalement innocente dans cette ignorance pouvant très rapidement devenir une menace sérieuse. Le respect pour la médecin connu dès lors une croissance vertigineuse tandis que le flot d’informations venait noyer la troupe qui tentait d’en conserver le maximum en une seule fois.

Les ombres, la piétaille à la con qui fonctionne dans le délire des zombies. OK.

Les immortels, des biotiques enragés et vicieux qui contrôlent les pécores, à éliminer en priorité. OK.

Et les trucs dangereux encore au dessus, une belle chaîne alimentaire, rien de nouveau sous le soleil. Le gros problème étant indubitablement la capacité de corruption de cette nouvelle menace et le nombre toujours croissant d’adversaires. Et d’ailleurs, il semblait que pour l’heure l’infection était incapable de produire ses propres troupes, préférant puiser dans les populations locales, une espèce de nouvelle menace Moissonneur, à la différence près que les espèces galactiques conservaient pour l’heure une hégémonie absolue dans le ciel.

Pour le colonel Talgar, le problème était évident, la quantité pharamineuse de civils traînant bêtement au sol, se massant à la frontière des zones de conflits, ou emportant épidémies et corruption dans tous les coins. La victoire sur la planète était donc indexée à deux choses, le traitement des civils et de la faune et flore, et pour Au’n une chose était claire, la défaite de cette menace allait devoir passer par des sacrifices brutaux. S’il avait eu l’autorité, il était évident qu’une partie non négligeable de la population était impossible à sauver, et qu’en vie ils n’allaient servir qu’un seul but, renforcer la puissance de la corruption.

Mais de cela, il ne serait jamais question, jamais la population accepterait de se faire vitrifier sans émeutes géantes qui affaibliraient forcément la défense planétaire, jamais les gouvernements humains et asaris ne pourraient accepter une telle action, alors tout le monde laissait la défaite se placer inexorablement comme la seule destination pouvant être atteinte. La situation était d’une tristesse affligeante, mais bon l’important restait que l’Hégémonie en sorte gagnante, d’un point de vue de l’expérience militaire, d’un point de vue politique et surtout en récupérant ce qu’elle était venue chercher. Pour se faire, Au’n allait devoir soutenir les efforts de cette compagnie mal en point , et cela allait passer par une mission foutrement dangereuse.

Et cela tombait bien, la médecin McKnight avait justement ce type de mission en tête.

« Pour le coup, il s’agit d’une mission classique. Frappe éclair pour briser les rangs adverses, le but étant d’abattre l’immortel dès le début de l’attaque. Une fois la situation en main, vous vous occupez de récupérer vos échantillons tandis qu’on essaye de survivre à ce qui va suivre.

Assaut terrestre et sous terrain à attendre, ennemi largement en surnombre et potentiellement dirigé par un ou plusieurs biotiques classifiés comme très dangereux et ou toute contamination est considérée comme une peine de mort.

Pas de question non. »
Au’n scruta son équipe qui acquiesça, motivée à l’idée d’enfin faire parler les armes. « Enfin si, une seule, Qu’est-ce qu’on attend ? »

***

Quelques minutes plus tard …

Au’n scrutait la cour intérieur de la base avancée, jaugeant les nombreuses, très nombreuses, fragilités observables. Il était plus qu’évident que l’endroit avait été bâti par les asaris, et à une époque ou Moissonneurs et corrompus n’étaient qu’un fantasme dans les holos guerriers, sûrement dans l’idée de rassurer les civils de la planète en s’imaginent à l’abri derrière de belles forteresses. Il était d’ailleurs plus que probable que la personne ayant conçu l’endroit n’y comprenait rien aux batailles de tranchées, de siège ou de toute autre chose liée de près ou de loin à une guerre menée par une véritable armée.

Il était dès lors aisé de comprendre comment l’Hégémonie avait pu balayer aussi facilement les troupes asaris sur Lorek, cette espèce n’étant tout simplement pas capable de combattre frontalement dès qu’elle quitte ses vaisseaux.

Enfin, pas que la chose fut réellement intéressante à cet instant précis, mais le butarien des forces spéciales de l’Hégémonie tentait simplement de se concentrer sur autre chose tandis que les forces de l’UCIP terminaient de se préparer pour la mission à venir, le commando de l’OKS ayant déjà terminé ses préparatifs depuis longtemps. Chose facilitée par le fait d’être venu directement prêts. Et l’appel à la hiérarchie avait été extrêmement rapide, mission autorisée, soutien aérien accepté et partenariat avec l’UCIP plus que validé. Même si l’idée avait plus semblait être une blague salace qu’une véritable pensée dans la bouche de la commandeur.

Aussi le commando, au nombre de dix, officier comprit, attendait-il patiemment dans la cour, observant avec respect, moquerie ou neutralité les différents préparatifs, seul Solkan, l’ingénieur de la troupe, tentait parfois de se mêler aux autres combattants, harcelant régulièrement l’équipage des Makos pour observer l’intérieur, le canon ou tout un tas d’autres trucs. Chaque individu réagissant différemment, certains étaient ouvertement méfiants et se retranchaient derrière le silence, d’autres refusaient carrément, et seul un turien avait accepté de laisser le butarien curieux grimper dans un véhicule. Pour le reste, une séparation fictive mais parfaitement observable régnait dans l’endroit, chacun tentant de faire comme si l’autre n’existait pas, ou qu’il faisait un truc sacrément honteux en publique.

Cette petite mise en scène dura jusqu’à ce qu’un véhicule blindé, plutôt massif, fut enfin prêt à partir, sûrement le fameux Endurance, QG médical mobile, ou la médecin devait d’ailleurs se terrer vu qu’elle n’était pas réapparue depuis lors. Finalement, tout le monde était prêt, et les portes de la forteresse s’ouvrirent pour laisser l’expédition sortir. Deux makos, un véhicule de transport lourd et une navette militaire se dirigèrent donc vers leur toute nouvelle destination, en l’occurrence un ancien village d’Astéria devenu le repère d’une belle quantité de merde corrompues. Au sein de sa navette, volant relativement bas, Au’n était en communication directe avec son alliée du jour, Arcadia McKnight, mais était tout aussi prêt à communiquer avec l’escadron de bombardiers censés les soutenir pour l’occasion.

Il était plus que temps de botter le cul de ces saloperies.
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MessageSujet: Re: Une once de propagande et deux de courage   Lun 02 Juil 2018, 01:53

Une once de propagande et deux de courage
Ft. Au'n Talgar



Un livret vola d'une manière élégante à travers le blindé, s'écrasant avec dignité contre la paroi, avant de retomber brutalement sur le sol. La personne qui l'avait jeté n'était autre que Arcadia, libérant toute sa rage et sa frustration sur le bouquin.

« C'est de la merde », grogna t-elle.

La cause à la notice d'utilisation de cette armure complètement incompréhensible. L’exosquelette n'était encore qu'un prototype, assemblé rapidement pour procéder à l'extraction du package génétique de l'énergie noire. A priori c'est ce qu'il se faisait de mieux... A priori. Car au vu du mode d'emploi elle commençait sérieusement à douter de l'efficacité de la protection.

Oh et puis zut, elle regarderait en route les fonctionnalités. Les jambières étaient déjà fixées sur les siennes. Pour le reste elle allait avoir besoin d'aide, il lui était impossible de s'équiper seule. Deux soldats vinrent lui prêter main forte. Ils passèrent le haut qui se verrouilla contre son plastron, l'énergie du générateur de son bouclier fut dérivée pour alimenter l'ensemble.
Même malgré les compensateurs, l'exemplaire pesait comme un âne mort. Une boite de conserve, voilà à quoi elle allait ressembler.
La Martienne étendit les bras alors que les assistants s'activaient pour terminer de l'équiper. Une fois fait, elle prit le casque entre les mains. Cela ressemblait à une demi-sphère, sans visière... Faille structurelle peut-être ? Elle le posa sur l'encoche, immédiatement un bruit de pressurisation se fit entendre.

Il faisait noir. L'IV capricieuse mit quelques secondes pour se réveiller. Une lumière blanche apparut. La médecin ferma les yeux, aveuglée. Elle voulut mettre sa main devant son visage, avant de se rappeler l'absurdité d'un tel geste dans sa situation. La luminosité s'adapta pour devenir confortable. Un gros « INITIALISATION » clignotait sur l'écran. Plusieurs petits bruits résonnèrent dans le casque, jusqu'à ce qu'une image fidèle à la réalité apparaisse.
Des caméras intégrées ? Elle espérait juste que les appareils soient bien incorporées. La cécité sur un champ de bataille était quelque chose de relativement handicapant.

Un flot d'informations défila, allant de la température extérieure, à l'activation des systèmes médicaux en passant par les capteurs auditifs.

« ...M'entendez ?

-Oui, ça y est, dit elle en regardant le Turien sans avoir besoin de lever la tête. Dites aux hommes de terminer les préparatifs, Avitus, T'vato, Compton et Ingle resteront ici. Je veux tout le monde de prêt dans cinq minutes ! »

Le Lieutenant-Colonel reprit le manuel, aidée par l'intelligence pour comprendre le fonctionnement de sa cuirasse.


L'Endurance en tête, les blindés roulaient à tombeau ouvert. Le terrain irrégulier secouaient les occupants, ces derniers gardaient un silence de mort. Le début de l'assaut n'était plus qu'une question de minutes. Certains ne reviendraient pas en vie. Cela était une certitude.  
Chacun s'occupait l'esprit comme il le pouvait. Arcadia continuait à étudier de manière studieuse son outil tout en communiquant de temps à autre avec son alter-ego Butarien.
Elle pesta intérieurement en constatant que son doigt ganté était trop gros pour se glisser dans l'interstice de la détente de son phalanx, sans oublier qu'elle n'avait aucun système d'attache pour son arme.

« Colonel Talgar, une fois sur place, je vous laisse le commandement des troupes de l'UCIP. Je ne pourrais pas me concentrer sur l'extraction si je dois coordonner la défense. Je ne garderai que mon véhicule et le pilote. Cela vous convient-il ? »

Cela allait aussi facilitait la cohésion et éviter les contradictions entre les ordres. Certains désapprouvaient cette passation de pouvoir temporaire. Pour être honnête elle n'en avait rien à foutre, les soldats étaient là pour exécuter pas discuter et penser. Plutôt tendre et sympathique en temps normal, la fatigue avait tendance à la rendre plus irritable et froide. Mais au vue de la nature de la mission, cela n'était peut-être pas une mauvaise chose.

« Une dernière chose. Une quantité très importante d'énergie noire entraîne des dysfonctionnements technologiques et biologique. Je serai à son contact et je n'ai aucune idée de l'efficacité de mon armure. Vous savez ce qu'il vous reste à faire si cela tourne mal. »

Cela aurait pu passer pour du pessimisme pour certains, pour elle c'était une sécurité. Arcadia ne souhaitait pas devenir un danger pour ses coéquipiers. Et puis personne ne méritait une telle fin. Elle préférait encore mourir de la main  d'un « collègue » que de devenir l'un de ces dégénérés.
Le Butarien la laissait dubitative, il avait vraiment une grande gueule, un ego surdimensionné, un orgueil démesuré, et s'il n'avait pas atteint un tel grade elle l'aurait jugé tête brûlée. Mais il les avait bien accrochées, c'était indéniable.

« Cible en vue ! »

La tension grimpa d'un cran, chacun y alla de son petit rituel, une prière, une photo à regarder, ou simplement vérifier une dernière fois son équipement. Les Makos se déployèrent, prêts à donner de la voix.

« Nombreux contacts à douze heures !

-Feu. Nous devons absolument attirer l'Immortel hors de son trou. »

Les blindés déchaînèrent leur puissance sur leurs ennemis, se libérant de cette frustration qui les jugulaient, les canons vengeaient les morts, les automitrailleuses clamaient leur défi.
Les premiers obus atteignirent leurs cibles, pulvérisant les créatures qui s'y trouvaient quelques secondes plus tôt. La houle brutale de la destruction se levait, les marées de la violence affluaient.
Dans le ventre des blindés, la cargaison mortelle attendait son heure, prête à se livrer sur l'autel de la guerre sous l’œil attentif de la faucheuse.

La bataille commença.

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MessageSujet: Re: Une once de propagande et deux de courage   Mer 25 Juil 2018, 12:37
Commander les troupes de l’UCIP … Cela était autant amusant qu’irritant dans l’esprit du colonel de l’OKS. Après tout, les deux groupes n’avaient ni la même manière d’agir ni les mêmes pensées tactiques et idéologiques sur le rôle d’un combattant. Toutefois, l’expérience, la première du genre pour Au’n n’était pas à refuser aussi facilement et surtout qu’elle restait d’une logique quasi imparable. Une hiérarchie unique allait rendre toute cette histoire bien plus simple, et vu la complexité de la tâche à venir, il était plus que bienheureux qu’un peu de simplicité s’en mêle.

« J’approuve la prise de fonction, je vais ajouter vos combattant à mon canal global. » Le colonel Talgar se plaignit légèrement, dans sa tête, du fait que l’idée intervienne aussi tardivement, et surtout après le départ du convoi, rendant les tentatives de réorganisation stratégique plus qu’hasardeuse voir suicidaire. « Et ne vous en faites pas, je sais très bien ce que j’ai à faire, vous concernant ou quelconque autre individu sous mon autorité. »

Puis Au’n coupa la communication privée et passa dans le canal global afin de s’exprimer directement à tous les combattants de cette opération.

« A partir de maintenant, je prends le commandement de l’opération, j’espère que tout se passera pour le mieux … » Le butarien hésita à faire un discours typique de son gouvernement mais se retint à la dernière seconde, les siens n’en avaient plus besoin à ce moment précis et les autres n’apprécieraient guère. Ego et fragilité. « … Nous fonctionnerons donc comme une seule et unique armée. Je possède déjà une expérience dans le combat inter-espèce et nous utiliserons donc le système de communication et d’ordre inhérent à l’UCIP. L’OKS ouvrira la route en prenant la tête du convoi, nous frapperons vite et fort pour désorganiser au maximum les troupes adverses.

Nous aurons pour objectif principal la neutralisation de l’immortel. Pour le reste, l’objectif est extrêmement simple. Trois combattants colleront aux basques de l’unité d’extraction génétique afin de couvrir ses arrières. Le reste de l’UCIP aura une mission simple, empêcher tout rassemblement adverse. Briser les groupes, n’hésitez pas à faire usage d’explosifs, notre opération se base sur la vitesse donc allez-y à fond. »


La vitesse était indubitablement le point clé de cette mission, car tout encerclement ou submergement signifierait une mort certaine, et la flotte de l’Hégémonie n’allait pas hésiter à vitrifier la zone dans une telle situation, qu’il y ait ou non des survivants. Quel dommage que la téléportation n’avait pas été inventée.

Le reste du trajet se déroula sans accrocs, hormis quelques bubons d’EN de croisés par ci par là, tous notés par l’OKS et l’UCIP pour un nettoyage ultérieur, nuls ombres ou encore moins d’immortels. Lorsque soudain une voix grésilla dans le canal vox, ils arrivaient sur place, et ils allaient être accueillis avec amour semblait-il. Au’n et son commando ne réagit d’ailleurs pas différemment des soldats de l’UCIP, certains appelant aux piliers de la force de les soutenir, d’autres fermèrent les yeux pour se remémorer des choses positives, Solkan et Au’n se contentèrent eux de sourire avec un plaisir sincère à l’idée de se dégourdir un peu.

« Escadron, nous arrivons sur cible, soutien aérien nécessaire. » Furent les premiers mots que lâcha le colonel alors que les canons des différents makos et véhicules lâchaient la pression, un mince accord grésilla et quelques secondes plus tard, un escadron de bombardiers lâchait plusieurs tonnes de bombes sur une zone capable de contenir plusieurs fois la base terrestre de l’UCIP, balayant d’innombrables ombres et bubons comme de vulgaires fétus de paille.

Le carnage avait été si violent, que durant plusieurs secondes la nature elle-même semblait avoir abandonné le combat, tout comme les saloperies qui étaient devenues la première menace galactique, seuls les craquements des cendres venaient couper le silence de mort qui s’était installé dans la zone. Puis des centaines de rugissements vinrent s’installer en maître tandis qu’une nouvelle horde surgissait de plusieurs failles dans le sol, mais aussi en direction de l’ancien village devenu le cœur de l’infection locale, zone qui avait été ignorée par les bombardements, contenant les échantillons nécessaires à la bonne réussite de l’opération.

Toutefois, aussi impressionnante que cet assaut pouvait être, il semblait ridicule en comparaison de la menace initiale, et surtout de certaines zones de conflits pouvant être observées sur la planète, ou des autres zones infectées. C’était ici une menace mineure, enfin pour l’heure. D’ailleurs cela s’observa encore plus tandis que les canons et mitrailleuses des véhicules décimaient généreusement les rangs des assaillants qui, et ce malgré leur régénération extraordinaire, ne pouvaient rien faire contre du si gros calibre. Néanmoins, les canons surchauffèrent rapidement avec une telle cadence, et les dernières lignes adverses menaçaient sérieusement d’atteindre les véhicules avant qu’ils ne puissent terminer leur œuvre de mort.

« Arrêt complet des véhicules. Unités à terre, deux lignes de combat. »

L’ordre était clair, fut rapidement suivi, même par l’UCIP, ce qui démontrait que la nouvelle hiérarchie avait été acceptée avec professionnalisme.

Les portes des véhicules s’ouvrirent donc, libérant la totalité des combattants qui se placèrent stratégiquement avant d’ouvrir le feu. L’objectif était clair, libérer un déluge de feu sur les assaillants afin de gagner suffisamment de temps pour les armements puissent à nouveau faire feu. Une fois en rang, Au’n donna enfin l’ordre tant attendu de faire feu, ce qui ralenti que légèrement l’assaut adverse. Le pire était cette capacité extraordinaire de l’ennemi à se régénérer, ce qui réduisait énormément les pertes, et très vite les ombres reprirent leur course à une vitesse telle qu’elle faisait craindre la possibilité qu’ils atteignent leur rang avant que les canons ne fassent feu. Enfin c’était sans compter les capacités que les troupes de l’OKS et de l’UCIP pouvaient posséder.

Les tirs percussifs et les projections claquèrent soudainement dès que les adversaires furent à porter, ne tuant que peu d’ombres, mais propulsant la plupart quelques mètres plus loin, brisant l’élan et faisant gagner de précieuses secondes. Les quelques ennemis encore debout furent rapidement éliminés par les snipers, puis les canons et mitrailleuses refirent feu, terminant les survivants.

« On grimpe dans les véhicules. » Déclara simplement le colonel, mettant en œuvre son propre ordre avec un zèle rapidement suivi.

La route reprit donc en direction du village cible, lorsque soudain une nouvelle vague d’ennemi surgit, cette fois-ci légèrement plus loin, plus précisément à l’arrière du village. Il y avait plusieurs options, la première, la plus simple mais la plus idiote consistait à s’enfoncer sur place et attendre la vague et l’éliminant méthodiquement comme la précédente mais cela ne faisait que repousser le problème. La deuxième consistait à tenter de prendre les ennemis de vitesse et se barricader dans le village mais cela réduisait considérablement les chances de briser l’assaillant avant le contact proche. La dernière consistait à pilonner l’adversaire tout en avançant mais augmentait considérablement les risques de démolir complètement le village, qui avait de quoi offrir une solide protection en cas de nouvel assaut.

Ils avaient tout misé sur la vitesse aussi Au’n prit rapidement sa décision.

« On fonce, on doit arriver dans le village avant l’adversaire. Une fois sur place, faites usage des grenades et armes lourdes. Que les canons fassent feu par-dessus le village. »

A peine les ordres étaient-ils donnés que les chenilles et roues des différents véhicules prirent de la vitesse, les véhicules partant à fond en direction de l’objectif. Évidemment à cette vitesse la précision en prenait un sale coup et la grande majorité des tirs ratèrent les cibles mais heureusement quelques obus atteignirent des tas d’ombres, puis l’un d’eux rebondit contre une bulle biotique noire. Évidemment l’immortel se ramenait maintenant. Et ces foutus bombardiers ne seraient pas là avant quelques minutes, laissant largement aux ombres de se terrer dans le village rendant le bombardement impossible.

« On accélère. » Ils allaient devoir faire usage de l’intégralité de leur puissance de feu dans cette foutue opération. En espérant que les échantillons n’allaient pas être trop longs à récupérer … Dans tous les cas, ils n’allaient pas tarder à le savoir, voilà déjà que les véhicules pénétraient dans la cible, révélant de nombreuses failles dans le sol, chaque faille dégueulant littéralement de structures imbibées d’Energie noire, mais dévoilant aussi qu’elles étaient plus que capable de cacher une armée de saloperies. Il était plus que vital de mettre rapidement à mort cette saloperie d’immortel s’ils ne voulaient pas se faire mettre en pièce ou, pire, transformer en cochonneries dégoulinantes.
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MessageSujet: Re: Une once de propagande et deux de courage   Jeu 26 Juil 2018, 03:33

Une once de propagande et deux de courage
Ft. Au'n Talgar



Engoncée dans son armure scientifique, Arcadia n'était pas sortie lors de l'arrêt des véhicules. Elle aurait été un boulet plus qu'autre chose et aurait ralenti le convoi s'il lui avait fallu remonter. A la place, elle était restée à l'intérieur, préparant les tubes de stase, prêt à recevoir les échantillons lors de l'extraction.
Elle n'intervint pas une seule fois dans les ordres du Colonel Talgar, lui ayant laissé les rênes, il aurait été plus que malvenu d'y mettre son grain de sel. Faire capoter l'opération était bien la dernière chose qu'elle souhaitait.
La tâche qu'elle devait effectuer allait lui demander toute son attention, se débarrasser de la gestion des troupes était une épine en moins dans le pied. Le Butarien lui avait bien confié trois gardes du corps, mais leur mission était on ne peut plus simple à comprendre : la protéger. Il était donc inutile de leur dire quoi faire.

Le convoi arriva au cœur du village, le tank n'était même pas arrêté que la Martienne était déjà prête à sauter hors du véhicule, les stabilisateurs de l'armure la laissant complètement indifférente aux cahotements.
Le pilote déverrouilla la porte, cette dernière tomba brutalement au sol, déchargeant des soldats prêts à en découdre. L'humaine surgit en première avançant d'un pas pesant sur la place. Les caméras intégrées s'habituèrent en un claquement de doigt au changement de luminosité, enchaînant sur le scan de la biomasse afin d'en trouver une source abondante pour les prélèvements.

Le relevé pointa une structure endommagée infestée par cette chair putride, sûrement une maison d'après l'agencement des blocs. La docteur dominait le champ de bataille par sa taille, seuls les Turiens l'égalaient. Son objectif trouvé, elle se lança, d'abord péniblement, puis d'un pas plus régulier mais lourd, suivie par ses gardiens qui avaient l'air ridicule comparé à elle dans sa boîte de conserve.

« Faites attention à vous Colonel, communiqua t-elle sur le canal privé avant de passer sur celui de son équipe. Je mettrai mon casque en sourdine pour ne pas être déconcentrée, si la situation devient intenable, transmettez moi un signal d'urgence ! »

Elle se retrouva devant cette immense amas organique, suintant un liquide corrompu. La texture offrait une sensation de mouvement comme si quelque de vivant se déplaçait en dessous... enfin oui c'était vivant. Qu'une telle chose puisse exister, dépassait l'entendement. Une insulte à toute forme de vie, un glaire à la gueule de la galaxie. Celui qui avait fait ça paierait un jour, elle s'en fit la promesse.
La praticienne commença alors le difficile processus d'extraction. La scie électrique sur le bras de l'armure jaillit, le moteur s'alluma, faisant tourner la chaîne de plus en plus vite. A pleine vitesse, elle plongea l'outil chirurgical sur un point névralgique. La lame s'enfonça, se dégageant un passage dans l'amas de biomasse, du sang corrompu jaillit, éclaboussant la praticienne. Aucune alarme ne retentit pour l'instant. Continuant son travail avec un plaisir malsain, elle nota que la chose réagissait à la douleur, par des spasmes. Les caméras enregistraient, ne perdant pas une miette de l'opération.

Elle prit un premier tube dans sa main gauche, saisissant quelque chose qui ressemblait vaguement à une artère  de son autre main. L'ayant tronçonné quelques secondes plus tôt, un liquide épais en coulait. Trois tubes plus tard, la blonde s'attaqua aux morceaux de peau, de cartilages, ou d'organes qui lui étaient inconnus.
Pour cela elle magna son laser de précision médical, parfois la scie etc... Elle dut même faire quelques prélèvements de fluides qui avaient une couleur complètement différente du sang sombre.
D'ailleurs en parlant de sang, elle baignait littéralement dedans, les gantelets enfonçaient dans la structure, triturant Dieu sait quoi, le liquide noirâtre dégoulinait en quantité le long de ses bras, tombant en filet sur les bottes renforcées. A ses pieds, se formait une mare boueuse qui ne cessait de grandir.
Elle avait du se reconnecter à la communication vocale pour demander à l'un des soldats de lui tenir les caisses de stase pendant qu'elle y déposait les échantillons, principalement pour éviter d'en foutre partout, et ne pas contaminer l'extérieur des boîtes. L'homme les emmenait ensuite dans le char.


En revanche, elle ne savait rien du déroulement de la bataille, cela faisait quatre minutes qu'elle « s'amusait », et elle était encore en vie. A priori Talgar faisait son boulot. Elle leva sa tête vers le ciel, son casque cyclopéen repérant l'une des dernières choses à récupérer : les capteurs d'énergie noire.

« Il faut que l'on grimpe, dit elle en désignant au trio ce qu'elle voulait, on va passer par l'intérieur du bâtiment, il doit y avoir une échelle pour accéder au toit. »

Elle passa devant, ouvrant la porte coulissante grâce au léger surplus de force offert par l'armure. L'escouade continua son avancée, prenant l'escalier pour passer au premier étage. Une porte plus simple se présenta à eux, cette dernière se trouvait être verrouillée. Ce ne fut en aucun cas une gêne, d'un coup d'épaule, le lieutenant-colonel l'enfonça, déboulant dans une chambre.
Elle sentit quelque chose lui tomber dessus, l'une des caméras se retrouva aveugle l'espace d'un instant avant de retrouver la vue, une traînée de sang en travers de la vitre de protection. L'infecté tentait de déloger l'appareil à la seule force de ses griffes, ses ongles raclaient contre l'armure, se brisant ou se délogeant des doigts, tandis que de nouveaux repoussaient.
Ses deux mains attrapèrent l'infecté sur elle, l'envoyant voler contre le mur. Le monstre en question, était un enfant, une petite fille, rendue folle par l'énergie noire.

Son visage était défiguré, une bouche garnie de crocs, un nez avalé par le visage, les yeux avaient fusionné dans une tentative grotesque de ressembler à un cyclope. Son corps avait subi des mutations tout aussi disproportionnées. La militaire se considérait comme une personne forte, qui n'hésitait pas à se salir les mains, elle l'avait fait dans le camp de réfugiés. Mais voir un tel résultat sur un enfant avait de quoi glacer le sang du plus brave des soldats.
La fillette profita de cette instant d'hésitation pour foncer à nouveau sur elle. La caméra arrière lui montrait que ses collègues étaient occupés eux aussi avec d'autres gamins.
Baissant son bras droit, l'outil de découpe s'activa, pénétrant sans mal la cage thoracique, poussant jusqu'à y faire rentrer son poing. Arcadia sentit ce qu'elle voulait. La mort dans l'âme, elle tira de toute ses forces, arrachant la colonne vertébrale d'un coup sec.

La fillette ouvrit son orbite en grand, offrant cette horrible sensation de retrouver son humanité l'espace d'une seconde. Elle s'effondra en se pliant de côté, son organisme essayant de résister à sa mort inévitable. Mais même l'endurance spectaculaire accordé par l'énergie noire ne pouvait l'empêcher de succomber à une blessure aussi grave. La vie de la gamine s'acheva dans une mare brillante de son sang, aux pieds d'une guerrière pour qui chaque vie retirée était une malédiction.
Derrière elle, les soldats se débattaient frénétiquement, l'un était tombé. Sa morale lui indiquait de prêter main forte, mais tous était au courant des risques. La mission avant tout. Grimpant à l'échelle, cette dernière produisit un bruit sinistre sous le poids de l'armure, mais tint bon.
Elle bascula la trappe, se hissant sur le toit, la refermant derrière elle. Prudence est mère de sûreté.

La quadragénaire s'approcha de la biomasse, les capteurs EN étaient à porté de main.
La quantité de particules était très importante, tellement qu'elle ne pouvait pas capter les communications radio de ses équipiers seulement quelques mètres plus loin. Le niveau de radiations grimpa en flèche. Il fallait faire vite.
Elle découpa grossièrement la partie souhaité, arrachant des veines quand elle recula précipitamment. Même les caméras avaient été brouillées l'espace d'un moment. Enfermant l'organe dans l'un des tubes de stase, elle souffla un bon coup.

« Colonel Talgar, j'ai terminé ! Je redescends.»


L'officier de l'Alliance s'agrippa à la rambarde du toit, puis se laissa chuter pour atterrir bruyamment trois mètres plus bas. Elle passa le dernier tube du prélèvement au pilote de l'Endurance. Ce dernier était prêt à repartir. L'Immortel se tenait encore à distance, se protégeant derrière ses boucliers, ses pions n'étaient là que pour fatiguer les défenseurs. Ce n'est pas pour autant qu'il adoptait une attitude passive, preuve en était de ce bloc de pré-fabriqué qui vola vers deux Butariens qui tenait le flanc droit.
Arcadia rugit sous l'effort alors que son armure se lançait au pas de course. Ses mains rencontrèrent le morceau d'habitation avant que celui-ci ne fasse connaissance avec les membres de l'Hégémonie.

Le champ de vision bloquait, elle n'eut pas le temps de prendre en compte le fait que l'Immortel avait prit sa charge comme une provocation. Il répliqua à son tour par une charge. Biotique.
Le choc fut brutal, déstabilisant l'humaine qui manqua de chuter, son morceau de pré-fabriqué vola en éclat. Le monstre enchaîna par un poing biotique dévastateur. Dans l'incapacité de parer, elle encaissa le coup, qui explosa littéralement le haut du prototype, fissurant le reste, sa porteuse vola dans les airs, retombant inconsciente sur le sol.
Elle n'entendit qu'un rugissement de douleur guttural. Après avoir mit une telle force dans cette attaque, le contrecoup était inévitable. Mais combien de temps cela allait-il handicaper la créature ? Quelques secondes ? Quelques minutes ?

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MessageSujet: Re: Une once de propagande et deux de courage   Mer 08 Aoû 2018, 18:11
« Contact sur le flanc est »

Les propos grésillaient à travers l’omnitech, et étaient clairement teintés d’une peur incontrôlable. Le genre de terreur qui ne nait que lorsque la menace comporte encore une part non négligeable de mystère, lorsque le danger peut surprendre à tout moment, lorsque l’imagination peut encore l’emporter sur la connaissance. Car rien n’est jamais plus effrayant qu’une chose que l’on imagine, la vérité étant tellement plus fade en comparaison.

« L’ennemi entre massivement dans le point alpha. »

Quelle dénomination étrange, utilisée sans hésitation par des membres de l’UCIP, ah l’humanité et ses lubies concernant les appellations. L’Hégémonie s’était toujours contentée d’utiliser des termes bien précis pour définir une chose l’étant tout autant. Village pour village. Et lorsque vraiment un nom de code devait être utilisé, alors la chose l’était en rapport avec la mythologie butarienne, ou le bestiaire, jamais avec de bêtes lettres de l’alphabet.

« La médecin-chef McKnight prend position. »

Enfin l’information tant attendue, enfin.

« Parfait. » S’exclama préalablement Au’n à l’écoute de la nouvelle. « Chars, pilonnez la zone entre McKnight et la sortie du village … du point alpha. » Toujours important de parler le même langage, à défaut de la même langue. « Forces de l’OKS, on s’occupe du flanc est. Personne ne recule avant que je le dise. »

La véritable bataille allait commencer.

Chose qui se vérifia immédiatement tandis que les portes du char contenant les forces de l’OKS s’ouvraient pour libérer les troupes dans ce qu’il restait du village. Autrefois de type asari, les lieux étaient désormais objet à cauchemar, et de nombreuses masses de chairs s’agitaient ridiculement en plusieurs points pour rappeler que cet endroit n’était plus de leur ressort, et seule une vitrification complète pouvait arracher le mal de ce sol corrompu. Mais le pire restait toute de même les imposantes failles qui rongeaient le village de part et d’autres rendant le spectacle réellement mirifique.

De ces abîmes étaient visible des monceaux de « plantes » bourrées à l’énergie noire qui débutaient déjà leur œuvre de mort, produisant une espèce de pollen noirâtre par gesticulations hypnotiques, semblables aux mimiques des anémones marines.

Mais le réel problème immédiat restait ces hordes de dégénérés encore plus laids que les cannibales et autres atrocités des Moissonneurs, qui se déversaient par dizaines en leur direction avec une violence dans le regard qui ne laissait aucun doute sur le sort qu’ils réservaient à ces intrus. Cette masse infecte faisait d’ailleurs un tel boucan qu’il aurait été impossible de la louper, ce qui rendait le travail légèrement plus facile, leur régénération cellulaire et leur résistance moins.

« Feu à volonté autorisé. Les bombardiers sont prévenus, ils repasseront d’ici quelques minutes. D’ici là, rien ne passe la dernière faille. »

La dernière était très exactement à deux mètres de leur position, et malheureusement n’était pas vraiment un obstacle pour la horde approchant, comme toutes les failles d’ailleurs, tant les plantes emplissaient tout l’espace, servant de pont naturel à ces créatures abominables. Toutefois, personne n’était assez stupide pour ne pas savoir qu’une telle horde arrivant à moins de deux mètres rendait les espoirs de survie plus qu’illusoires. Aussi les troupes de l’OKS firent très rapidement feu, tirant tout d’abord de manière réfléchie et mesurée, abattant les infectés les plus massifs en priorité, puis, à mesure que la masse s’approchait, les tirs se firent moins stratégiques et rapidement terminèrent en déluge quasi incontrôlé.

Du côté de l’UCIP, la situation était quasi identique à deux différences prêtes, la première était qu’ils avaient le soutien de plusieurs chars équipés de canons dévastateurs, la seconde que la masse d’adversaire était diablement plus nombreuse. Deux facteurs qui ne s’annulaient malheureusement pas. Et très rapidement il devenait évident que l’UCIP allait être dans une sacré merde, surtout lorsqu’un véhicule se retrouva propulsé à plusieurs mètre en hauteur, avant d’atterrir lourdement sur le toit, ses roues violemment arrachées. De toute évidence, l’immortel trainait aussi dans le coin.

Puis la situation se rééquilibra lorsqu’un pré fabriqué vola en direction de l’OKS, terminant sa course à deux doigt de broyer deux combattants butariens, emportant tout de même l’un d’eux avec lui, écrasant impitoyablement la jambe gauche de ce dernier. Heureusement pour lui, le flanc gauche avait été quasiment nettoyé, largement avant les deux mètres fatidiques, ne laissant que quelques saloperies, ou ombres, qui tentaient de ramper dans les failles pour se rapprocher. Sentant la situation sous contrôle, Au’n laissa le commandement de la situation à son second, Solkan, et fit signe à deux de ses soldats de le suivre.

Il était temps de mettre un terme aux agissements de ce soi-disant immortel.

Le trio se dirigea donc rapidement en direction de la cible qui effectua soudainement un bond proprement extraordinaire, révélant une fois de plus les pouvoirs exercés par cette énergie noire sur ses victimes. Enfin pas que ce fut réellement nécessaire étant donné la situation galactique, mais un rappel n’était jamais un grand mal. Toutefois, ce qui l’était, était le fait que la cochonnerie en chef avait subitement décidé de s’en prendre à la seule personne qui était réellement importante dans les survivants de l’UCIP, la médecin en charge du prélèvement des données.

Néanmoins, aussi inconvenante cet assaut pouvait être, il fut aussi une immense bénédiction, car la créature explosa littéralement son bras en frappant un grand coup dans l’armure prototype de McKnight, lui faisant lâcher un cri de douleur à la limite du vulgaire. C’était une sacré chance, et il était hors de question de gâcher cela. Ne pouvant user des canons des chars pour mettre en pièce ce salopard, risquant de mettre les prélèvements dans le même état, il était nécessaire d’effectuer une intervention directe.

« Assaut total. Je vais user de ma biotique, vous tirez sans discontinue, à tour de rôle, je veux que l’immortel n’ait pas le temps de se concentrer sur une menace. Projectiles cryo. »

Les deux soldats acquiescèrent immédiatement et s’espacèrent de plusieurs mètres, le premier, à droite, fit feu dès qu’il posa genou à terre et atteignit de suite les boucliers, biotiques, de l’immortel. Directement, les projectiles libérèrent leur charge cryogénique qui s’étala majestueusement sur la créature ne l’étant pas le moins du monde. L’immortel tourna alors sa tête en direction de cette nouvelle menace, lâcha un cri de rage inhumain et leva un bras dans le but de lâcher sûrement une nouvelle attaque. C’est alors que deux fouets biotiques frappèrent simultanément dans le seul bras valide, bloquant l’assaut, tandis qu’un deuxième tireur prenait la place du premier, lâchant une nouvelle salve cryo qui termina de briser la barrière, et glacer la cible.

C’est à ce moment-là qu’Au’n Talgar lâcha dans un cri.

« Feu à volonté, maintenant. »

Et les trois butariens firent feu simultanément perforant la bête à de multiples occasions, sans parvenir toutefois à la tuer, mais en terminant de la congeler quasi totalement. Lorsque les trois cartouches thermiques s’éjectèrent des trois armes, le colonel Talgar jeta la sienne au sol et activa sa charge biotique. Le choc fut magnifique, à la fois pour les éventuels spectateurs, comme Arcadia McKnight si sa visière laissait voir quoique ce soit, car lorsque le butarien atteignit sa cible, le temps sembla se figer alors que toute la masse du soldat des forces spéciales de l’Hégémonie percutait avec force le corps glacé de l’immortel, brisant ce dernier en une myriade de morceaux qui furent projetés en tous sens, sans projeter la moindre trace de sang, évitant dans le même une corruption pour les éventuels individus douchés par les fragments.

Puis Au’n termina son action en percutant le sol, effectuant alors une roulade plus involontaire qu’autre chose, pour se retrouver debout à quelques pas de sa défunte victime.

Immédiatement, l’esprit de meute de la horde se brisa et les survivants des ombres se replièrent, majoritairement au sein des failles, quelques-uns se répandant dans les plaines, rapidement éliminés par les snipers ou les canons de chars. Le commandant de l’OKS activa alors son omnitech, tout en se dirigeant vers l’immense armure gisant mollement au sol.

« Ennemi en déroute, confirmation nécessaire. Sous-officiers au rapport. »

Puis le butarien se pencha vers la médecin, partagé entre l’envie de voir l’officier en vie, et observer une corruption de l’individu. Dans un cas, l’Hégémonie pourrait récupérer pour elle seule les données et Au’n observer les réactions d’une personne contaminée, dans l’autre une humaine pas complètement débile et capable de bosser avec des butariens allaient continuer à servir la galaxie. Bon et elle n’était pas non plus complètement inutile étant donné ses nombreuses connaissances sur le sujet des corrompus.

« Alors, encore en vie ? »
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MessageSujet: Re: Une once de propagande et deux de courage   Mer 08 Aoû 2018, 23:15

Une once de propagande et deux de courage
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Perdue dans l'obscurité, il n'y avait rien qui occupé les pensées de Arcadia. Pantin désarticulé gisant pathétiquement à même le sol, sourde à l'action qui se déroulait autour d'elle. Le prototype avait été grandement endommagé par le coup qu'il avait subi, la plupart des systèmes étaient donc en rade. Il était inutile de compter sur les caméras ou les capteurs de sons.
Un bruit lointain résonna, puis se fit de plus en plus proche. Un tambourinement ininterrompu contre l'énorme casque battait son plein. Elle cogna sa main droite contre le sol, signe qu'elle n'était plus dans les pommes.
Oh bon sang ! C'était comme si un Cuirassé lui était passé dessus, avait fait un demi tour et lui avait re-roulé dessus pour s'assurer qu'elle avait claqué. Jamais elle n'avait essuyé une charge biotique jusqu'à aujourd'hui. Une chose était sûre, elle n'avait pas envie de remettre ça.

Arrachant le casque, il fallut plusieurs secondes le temps que ses yeux améliorés se réhabituent à la forte luminosité du soleil d'Asteria. Toujours allongée par terre, il lui fallut plusieurs secondes pour réaliser qu'un silence lourd occupait les lieux. Le tonnerre des tanks, le staccato des fusils d'assaut, le râle des ombres, tous s'étaient tus.  
Se redressant sur ses coudes, le docteur contempla la scène qui s'offrait à elle, des dizaines de cadavres déformés gisaient ici et là, parfois c'était un bras, une jambe, ou un corps sans tête. Le massacre n'avait pas été à sens unilatéral.
L'Hégémonie comme l'UCIP avait essuyé des pertes. De braves soldats qui s'étaient tenus face à l'inconnu, périssant sur une planète poussiéreuse, dans un combat sans gloire ni honneur. Le plus humiliant serait d'abandonner les corps, leur organisme exposé à la souillure représentait un risque qu'il était conseillé d'éviter.

On l'extirpa de son armure, trop heureuse de ne plus être coincée dans cette boîte de conserve, elle s'étira, appréciant cette liberté de mouvement. La mission était terminée. Ils avaient réussi ensemble. Mais cette victoire avait un goût amer. L'armée du Conseil avait perdu huit chars et plus d'une trentaine d'hommes depuis le début de l'expédition. Les Butariens s'en sortaient mieux... mais bon ils s'étaient pointés ce matin frais comme des gardons. Encore heureux qu'ils aient assuré.

« Où est le cadavre de l'immortel ? Dommage. Sa carcasse aurait fait un bon sujet d'étude. Je vais me débrouiller avec ce que j'ai sous la main. »

L'ennemi s'étant replié, il ne reviendrait pas à la charge tout de suite, sans un berger à la tête du troupeau, les infectés représentaient une menace moindre. Le médecin découpa grâce à on laser de précision chirurgical des morceaux corrompus des macchabées, remplissant autant de fioles que possible.
Vérifiant l'étanchéité de sa tenue de combat, elle fit main basse sur quelques plantes, les scellant immédiatement dans un caisson de stase.
Une fois la récolte faite, le convoi retourna au campement, il n'avait plus rien à faire ici. Les bombardiers allaient repasser pour nettoyer la zone.
Le chemin du retour fut calme, teinté de morosité. Personne n'avait le cœur de parler. La blonde ruminait dans son coin. Elle avait déjà récupéré quelques échantillons, presque un mois et demi plus tôt, en ce jour elle revenait avec de quoi occuper les scientifiques pour plusieurs jours. Il ne fallait plus qu’espérer que ces derniers développent des contres-mesures efficaces rapidement.


A peine sortie du blindé, la femme se fit accoster par ce foutu Galarien, qui était sidéré de voir un char manquer à l'appel. Lasse, elle ne prêta pas l'oreille à ce qu'il disait, préférant éviter un nouveau conflit.

« Colonel McKnight ! Écoutez moi ! braillait Ohe. Vous avez perdu un char, c'est une honte ! Le commandement en entendra parler ! MCKNIGHT ! »

Il courut après pour lui saisir l'épaule. Excédée, Arcadia lui saisit le poignet, le comprima et l'attira dans sa direction avant de lui envoyer son genou droit dans le ventre. Le souffle court, il chancela. Elle l'attrapa par le col et le secoua vigoureusement.

« Ne me touche plus jamais ! »

Remarquant que l'attention s'était portée sur eux, elle le lâcha, le laissant mordre la poussière.

« Colonel Talgar ? Je peux vous parler au QG ? En privé ? »

Le binôme se rendit dans le bâtiment de pré-fabriqué, auparavant blanc, il était maintenant couvert de cette maudite poussière rouge. Il fallut plusieurs minutes au sas de décontamination pour les juger aptes à rentrer, la faute au dernier déploiement qui les avaient menés au plus près de la corruption. La Martienne prit une profonde inspiration quand elle put retirer son casque. Nonobstant les règles écrites à l'entrée, elle tira une cigarette de son étui, l'alluma et tira dessus avec une certaine satisfaction, se laissant aller au plaisir de la nicotine. Son regard n'avait pas quitté celui du Butarien.

« Je tenais à vous remercier pour votre concours à cette mission. Rien ne vous y obligeait. Bien sûr, je me doute que vous n'avez pas fait ça uniquement pour mes beaux yeux... J'ai extrait des quantités importantes de biomasse et de tissus d'Ombre. Je vais faire en sorte que vous puissiez en ramener le plus possible à votre commandeur, dit-elle aspirant une nouvelle bouffée de sa clope. Ensuite j'ai une requête à vous soumettre. Mes connaissances médicales sont très limitées sur les membres de l'Hégémonie, j'aimerai les développer. Au côté de votre escouade. Puis-je compter sur votre soutien auprès de vos supérieurs? »

(c) Alyss (Kanade A. J. Rye)


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MessageSujet: Re: Une once de propagande et deux de courage   Dim 26 Aoû 2018, 16:16
La victoire était totale.

Sérieusement, c’était un véritable exploit, aucune perte au sein des forces de l’OKS, juste quelques blessures non létales, et surtout pas la moindre trace d’infection dans le lot. Pour le reste, les forces de l’UCIP en ressortaient encore plus affaiblies, rendant leur position encore plus précaire. Il était plus qu’évident que les forces conciliennes ne pourraient plus tenir la planète sans le soutien actif de l’Hégémonie ou l’envoi de nombreux renforts supplémentaires. C’était réellement bénéfique.

Rapidement les civils et forces des milices allaient comprendre la réalité de la situation, et même avec l’arrivée de ressources apportées par une société privée, très rapidement l’Hégémonie allait pouvoir s’imposer comme la seule puissance capable de protéger ce monde et toute défaite pourrait être mise sur le dos de l’UCIP, ayant échouée lamentablement à tenir son rôle, bloquant l’intervention de l’Hégémonie empêchant une victoire.

Tout ceci était absolument parfait.

Et puis la médecin chef de l’UCIP, Arcadia McKnight n’était pas tombée dans l’opération, une officier du Conseil acceptant de laisser le commandement à des membres de l’OKS était un individu à conserver surtout étant donné l’état actuel de la galaxie. C’était juste dommage que ce foutu galarie n’était pas de son côté tombé, il semblait être proprement insupportable, et si l’humaine n’avait pas récupéré son commandement à la suite de la bataille, il était plus qu’évident qu’Au’n l’aurait sérieusement corrigé, au risque de commettre une bévue.

Toutefois, McKnight semblait tout aussi allergique aux cons que son quasi homologue butarien, et cette dernière asséna une belle correction à son subordonné. Par contre, si dans l’armée de l’Hégémonie une telle chose pouvait être socialement acceptée, il semblait en contrepartie que dans l’UCIP la chose resta nettement moins appréciée, les différents membres de l’UCIP réagissant avec circonspection à l’action de leur supérieure. Sûrement qu’ils assimilaient sa brutalité au fait d’avoir laissé la direction à un étranger, butarien se surcroit, et s’en prenant à l’un des leur elle se mettait d’autant plus dans une position de semi traitresse.

Mais personne ne moucheta, car le galarien n’était guère apprécié, et que la chef démontrait là qu’elle avait les capacités d’imposer sa propre décision si cela était nécessaire. Respect, haine, jalousie, peur, tout cela semblait se mélanger dans l’esprit des membres de l’UCIP présents, tandis que dans celui des butariens de l’OKS seul le respect et l’amusement régnaient en maîtres. C’est d’ailleurs par respect qu’Au’n accepta de suivre l’humaine lorsqu’elle le lui demanda, bien qu’il eut d’autres choses à régler.

Quelques instants plus tard, le colonel de l’Hégémonie écoutait donc Arcadia lui soumettre une offre qui lui arracha un violent froncement de sourcil.

« Commencez déjà par éteindre cette foutue merde que vous inhalez stupidement. » Lâcha préalablement le soldat tout en réfléchissant sérieusement à la proposition de son interlocutrice. « Laissez-moi résumer votre proposition. Vous souhaitez rejoindre mon escouade des forces spéciales de l’Hégémonie ? Vous, une humaine. » Au’n lâcha un petit rire mêlé d’incompréhension et de moquerie. Puis le vétéran se dirigea vers le fond du préfabriqué. Une fois arrivé au fond du cul de sac, il se mit à faire les cent pas.

« Vous n’êtes pas totalement inapte, c’est un fait mais plusieurs problèmes se posent. Premièrement, les Ombres de Khar’Shan sont des forces spéciales qui ne peuvent se permettre d’emporter un poids mort en leurs seins. Bien évidemment ce problème ne se pose pas réellement avec vous, même s’il parait évident que vos compétences ne permettraient nullement de rejoindre définitivement une telle unité. » Le colonel Talgar jaugea l’humaine, pensant qu’elle avait réellement de beaux yeux. « Sans vouloir vous vexer. »

Puis Au’n s’arrêta net et scruta l’humaine entièrement, sans donner l’impression d’une intention lubrique mais plus comme on jauge du matériel.

« Le second problème c’est que vous appartenez à une nation qui n’a d’alliance que par le danger que cette corruption représente et que moult rancunes résistent encore au temps et menacent directement votre intégrité physique. M… » Le colonel s’arrêta net, il n’était ni le moment ni le lieu pour révéler que lui-même avait du mal à faire confiance à un représentant de l’espèce humaine.

« Mais malgré cela, je soutiendrai votre demande auprès de ma hiérarchie. Toutefois, il est vraisemblable qu’elle ne dure que le temps que l’Hégémonie reste sur ce monde, et qu’en échange vous soyez obligée de porter armures et autre équipements que notre arme utilise. » Au’n sourit alors à l’humaine, s’amusant à l’imaginer tout armurée comme une butarienne, son esprit passant soudain, et ce fugacement, à une version nettement moins équipée. Coupant court à son sourire, fronçant à nouveau les sourcils, lâchant une petite toux, le soldat se dirigea soudainement vers la sortie non sans lâcher une ultime phrase.

« Et personne ne fume dans mon unité. »

Le commando de l’OKS, déjà prêt, attendait sagement son supérieur, tandis qu’une navette de l’Hégémonie était déjà prêt à embarquer tout l’équipage vers un autre endroit. En l’occurrence rejoindre le cuirassé amiral, l’UXV-Abondance, chef d’œuvre architectural et martial de l’Hégémonie. Il était temps de rencontrer la commandeur Gel’Bryn, et au passage de transmettre la demande de l’humaine.

***

Astéria
3 jours plus tard
Messages reçu sur l’omnitech d’Arcadia


« Arcadia McKnight est formellement invitée à rejoindre le programme d’échange militaire, opération Correiro, afin de prendre sa place au sein d’une unité des forces spéciales de l’Hégémonie.

Ce message fait office de convocation et devra être présenté au pilote de la navette pour rejoindre la flotte de l’Hégémonie.

Commandeur Gel’Bryn de la troisième flotte, représentante officielle de l’Hégémonie et de son Galant’Ark. »


« Ici Au’n Talgar, colonel de l’Hégémonie, votre demande a été approuvée pour une durée indéterminée. Inutile d’emporter votre armure et vos armes, et pour le reste, attendez-vous à ce que vous portiez soit détruit par respect des règles de sécurité. Tout ce dont vous aurez besoin vous sera fourni par l’Hégémonie.

Evitez d’emporter des appareils inutiles, cela serait plus sage pour vous comme pour moi. »
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MessageSujet: Re: Une once de propagande et deux de courage   Lun 27 Aoû 2018, 20:27

Une once de propagande et deux de courage
Ft. Au'n Talgar



Arcadia patientait dans une pièce close du croiseur Asari Bairashi, vaisseau amiral de l'UCIP pour ce déploiement. Pas de hublot dans cette salle d'une blancheur éclatante, seulement une table ronde pour quatre personnes et un holo-tableau fixé sur l'un des murs. Assise dans l'une des chaises mises à disposition, elle tapotait nerveusement des doigts sur le plateau depuis presque dix minutes.

La matinée avait été dédiée à mettre au clair la situation qui l'opposait à Modow Ohe. La correction qu'elle lui avait infligé n'avait pas vraiment plu à ses supérieurs. Bien qu'assumant totalement son geste, l'humaine s'était rendue à quel point celui-ci était complètement stupide avec un minimum de recul, et il n'y avait vraiment pas de quoi être fier.
Elle était certaine que sans la fatigue et le stress de l'inconnu, le différent n'aurait peut-être pas vu le jour ou aurait été résolu plus diplomatiquement. Mais les faits étaient là, une cause, une conséquence.

Après une attente interminable, la porte coulissa, dévoilant une silhouette humaine. Elle reconnut l'officier qui lui avait servi d'avocat. Il s'avança d'un air austère, posa son attaché case sur la table ainsi qu'une tablette, puis se laissa tomber lourdement en soupirant.
L'accusée regarda son défenseur d'un air interrogateur, pendue à ses lèvres. Ce dernier la regarda, de la fatigue dans le regard. D'un point de vue extérieur cela ressemblait à une mauvaise scène de théâtre.

« Le jury a rendu son verdict... Ce n'est pas la première fois que Ohe rencontre des soucis avec des officiers. Et même si ton dossier n'est pas blanc comme neige, le succès de la dernière mission a été un bon point pour toi, ainsi que l'esprit de coopération avec l'Hégémonie.

- Ouf...

- Néanmoins, ne pense pas t'en sortir aussi facilement. Tu as beau avoir un grade élevé, il te faut maintenant assumer tes actes. L'Amiral te donne un avertissement, ainsi qu'une mise à pied avec sursis au sein de l'UCIP. Je te conseille donc de te tenir à carreau. Au moins jusqu'à la fin de l'année.

- Compris. »

Le médecin était satisfaite du jugement, elle ne s'en sortait pas trop mal. Certes, quelques lignes peu glorieuses s'étaient rajoutés à son dossier militaire, mais au moins elle avait vengé tout ce qui avait eu à faire avec ce maudit Galarien.
L'après midi fut consacré à la remise en état de son armure ainsi que de l'entretien de son armement. Profitant de ce calme relatif, ses pensées se tournèrent vers le colonel Au'n Talgar. Personnage haut en couleur, il lui était difficile de le cerner.
Elle ne pouvait vraiment dire si elle l'appréciait ou si elle avait envie de lui cracher un torrent d'insultes à la face. Pétri d'orgueil, le Butarien avait l'air de faire grand cas de l'honneur, ce qui n'était pas une mauvaise chose.
Durant toute sa carrière, elle n'avait que peu travaillé avec l'Hégémonie. En 2187. Après la défaite des moissonneurs. Et c'est tout. L'officier avait ce côté sauvage qui était très intéressant aux yeux de la Martienne. Mais son attitude condescendante la rebutait. Au fond elle, elle espérait sincèrement qu'il transmette sa requête.


Attablée au mess des officiers, son omnitech clignota. La bouche pleine de nourriture, elle lut le contenu des messages reçues. La praticienne manqua de s'étouffer en voyant la signature, une volée de semoules atterrit sur la table. Elle frappa du poing contre son sternum, reprenant difficilement son souffle, sous le regard consterné de ses semblables.

« Excusez moi », dit elle d'une voix étranglée.

Le serveur accouru pour nettoyer le gâchis, elle lui adressa un signe de tête désolé. Le repas terminé, elle prit l'une des combinaisons réservées aux visiteurs.
Arcadia ne doutait pas une seule seconde que l'Hégémonie balancerait ses effets personnels par le premier sas de décompression, il était donc hors de question qu'elle porte quelque chose qui lui appartenait. Les vaisseaux regorgeaient d'objets perdus. Il ne fallut pas longtemps pour trouver d'autres sous vêtements et une paire de bottes.
Une navette Butarienne l'emmena au Cuirassé UVX-Abondance ou un petit comité d'accueil l'attendait déjà sur place. Parmi eux elle reconnut Au'n.

« Merci Colonel », lui dit-elle, un large sourire sur le visage.

(c) Alyss (Kanade A. J. Rye)


[RP terminé]


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