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 Avant que l'aube ne se lève

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Estomac Tendre
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MessageSujet: Avant que l'aube ne se lève   Lun 04 Juin 2018, 00:47
► █ Date : Mai 2203 RP Tout public
Kydra Lifith ♦️ Flavius Arcanex
Avant que l'aube ne se lève



Les volutes de fumée gagnaient en altitude avant de disparaître peu à peu, perdant leur consistance pour rejoindre un grand tout, chacune prenant une forme plus aléatoire et désordonnée que la précédente. C'était amusant, pour un peu il y avait presque une métaphore extrêmement profonde à soulever avec ce simple phénomène. Ou bien on pouvait s'arrêter au fait qu'il s'agissait des traces d'un énième toxico sur une station pirate, moins poétique mais délicieusement plus essentiel.

Mais ce n'était pas exactement le cas cette fois ci, car les lèvres qui se trouvaient de l'autre côté du joint n'étaient nulles autres que celles de Kydra. Elle grimaçait justement, jetant par dessus la barrière l'objet de son dégoût et relâchant une ultime bouffée de fumée dans les airs. Un arrière goût de viande séché lui restait dans la bouche, ce qui ne lui était pas forcément désagréable en temps normal, mais pas quand il était mixé à une substance dont elle ignorait le nom et qui lui donnait l'impression d'avoir avalé une poignée de terre.

Et c'est ça que tu fumes ? C'est absolument immonde.

La jeune femme se trouvait sur la terrasse d'un appartement, assise sur le corps ensanglanté d'un butarien qui semblait avoir du mal à supporter le poids de l'humaine et de son armure avec les maigres forces qui lui restaient. Et peut être aussi la lame cérémonielle butarienne qui semblait presque lui traverser les deux cuisses, accessoirement.

Je m'attendais à quelque chose de plus... Opulent, de ta part. Nan mais c'est vrai quoi regarde l'état de cette terrasse, c'est n'importe quoi !

L'humaine gesticulant, la lame bougea dans la plaie et arracha un grognement de douleur au butarien. Kydra prit un air faussement choquée.

Et c'est tout ce que tu as à me dire ? Franchement je m'attendais à meilleur accueil de ta part trésor.

Le pistolet encore fumant du malheureux se trouvait à quelques mètres de là, un tir de surprise qui s'était perdu quelque part dans l'architecture verticale d'Oméga. Kydra n'avait eu aucun mal à prendre par surprise sa victime, habituée qu'elle était à devoir atteindre des cibles bien plus coriaces.

Elle se releva, arrachant la lame de la chair et se déplaçant jusqu'au bord de la terrasse. Elle orienta l'arme pour y déposer sa langue et avoir une idée du goût du sang de sa victime.

Vicié.

Toujours dos au butarien, la jeune femme plongea son regard dans le paysage ambré d'Oméga et repris la parole d'un ton plus sérieux.

J'ai du mal à vous comprendre. Vous vous enchaînez tous, les uns à la suite des autres, répétant toujours inlassablement la même erreur.

Les yeux du natif d'Anhur se posèrent sur son pistolet et il commença à ramper le plus silencieusement possible dans sa direction, laissant une traînée de sang derrière lui.

On pourrait penser qu'avec le temps vous finiriez par comprendre, et pourtant vous êtes perpétuellement là, en vous noyant dans un océan bien trop profond pour vous.

C'était peut être de ça aussi qu'Anton voulait parler quand il utilisait ce mot, la « stagnation ».

Les yeux brillants, le butarien parvint à poser sa main sur son arme, prêt à utiliser sa toute dernière chance de survie. Sa tête se redressa légèrement, se tournant vers l'humaine avant d'être accueillie par une botte qui la fracassa violemment contre le sol. Kydra attrapa le pistolet qui lui échappait des mains et le balança dans le vide.

Mmmh... J'ai comme l'impression que tu n'aurais pas du faire ça, chéri.

Elle grimpa à califourchon sur le torse du butarien et planta sa lame dans chacune de ses orbite, une par une. Un supplice qui ne dura que quelques instants, avant que la jeune femme ne se relève et quitte la terrasse, ne daignant pas poser une nouvelle fois ses yeux sur la loque qui traînait au sol.

Elle avisa les deux turiens en armure qui attendaient à l'intérieur.

Débarrassez vous en.

Kydra venait de nettoyer sa lame et de la rengainer avant que l'un de ses hommes ne lui tende un datapad. Elle prit connaissance de son contenu avant de tapoter sur l'holo-clavier un instant et de le lui rendre.

Demandez lui de me retrouver à ces coordonnées, dans deux heures.


***

Une véritable chance. Une nouvelle fois, le père de Kydra avait vu plus loin que quiconque en lui offrant une opportunité qu'elle avait pourtant bien failli refuser en détruisant tout ce pourquoi elle avait œuvré. Et tout ça par frustration, par honte de s'être fait avoir aussi lamentablement. Elle avait réagit en adoptant un comportement qu'elle exécrait d'ordinaire, mue par des émotions néfastes. Mais Anton avait su faire preuve de flexibilité, pardonnant son impulsivité et cherchant davantage sa proximité.

Un franc succès.

Le retour sur la station faisait le plus grand bien à la jeune femme, mais elle était également excitée d’exécuter au nom de son paternel et même d'officier au sein des pacificateurs pour la première et réelle fois. La vie d'une reine pirate était excitante mais sentir son importance auprès de la faction qui allait finir par gouverner la station l'était tout autant. Le temps avait fait son office sur la nouvelle Kydra, transformant la jeune assassin fanatique et sacrifiable en une meneuse qui commençait à prendre goût à l'importance que l'on pouvait lui accorder.

Le Mégalodon et les restes de la flottille demeuraient toujours sur les lunes de Kobayashi, surveillant les maigres ressources qui demeuraient sur place. La problématique du soir était d'ailleurs orientée vers ces vaisseaux en question. Un turien avait fait une demande peu commune à l'un des pirates, une demande que Kydra aurait d'ordinaire parfaitement ignorée mais qui était suffisamment osée venant d'un homme seul pour mériter son attention.

C'est pourquoi Kydra avait donné rendez-vous à cet « Arcanex » dans un endroit particulier, une rue qui avait été sévèrement touchée par le bombardement durant le crépuscule et presque entièrement rasée depuis. L'endroit était en pleine reconstruction, à l'exception de quelques maigres ruines qui demeuraient. La jeune femme se tenait justement au somment de l'un des monticules, attendant jambes croisées le turien qu'elle avait invité à ces coordonnées.

Elle ne portait pas d'armure, un jean noir moulant, une courte veste en cuir surmontant un T-shirt blanc et un varren dessiné sur sa poitrine. Elle gardait cependant son bouclier cinétique ainsi que son pistolet berserker sur elle, et quelques pacificateurs patrouillaient dans les ruelles environnantes. Il ne s'agissait en aucun cas d'une rencontre musclée, Kydra s'était donc permise de prendre peu de précautions et de venir en civil.

Dans le pire des cas elle exécuterait comme toujours son plan le plus efficace, l'improvisation.

Son invité arriva finalement, depuis le dédale d'une ruelle, débarquant au milieu de la clairière face au monticule de Kydra. Une armure, variant entre le blanc et le bleu, surmontée d'un visage qui affichait à peu de choses près les mêmes nuances de couleur.

Un sourire se dessina sur le visage de Kydra et elle écarta les mains.

Des cendres aux cendres. La renaissance par la destruction, n'est ce pas magnifique ?

Elle sauta du monticule, se dirigeant vers le turien de sa démarche féline habituelle, chacun de ses pas trahissant l'expertise qu'elle avait de son corps athlétique et de sa souplesse. Sans s’intéresser un seul instant à sa réaction, elle posa une main sur le haut de son armure et lui tourna autour en l'observant. Difficile d'en déduire quoi que ce soit, la grande majorité des turiens avaient tous cet aspect sauvage et brut qui se dégageait d'eux. Il allait falloir apprendre par la parole.

La jeune femme se planta face au turien.

Je sais ce qui t'as poussé à venir jusqu'ici trésor, mais je pense qu'il serait plus agréable de te comprendre dans un premier temps.  

Elle se plaça à ses côtés indiquant d'une main la direction qu'elle souhaitait prendre.

Marchons.

Le duo se mit en route et Kydra tourna sa tête en direction du turien, scrutant son visage de ses yeux émeraudes, son sourire envahissant de nouveau ses lèvres.

Qui es tu donc ? Je ne m’intéresse nullement à ton passé, je veux dire, qu'est ce que tu recherches ? Quelle est la chose qui vient t'arracher perpétuellement à ton lit, tous les matins ?



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MessageSujet: Re: Avant que l'aube ne se lève   Lun 04 Juin 2018, 20:50
Assis sur une barrière, les jambes dans le vide, Flavius regardait le paysage devant lui, celui d’une sombre cité aux lumières ambrées et tamisées. Un très léger brouillard de pollution remplissait l’air et troublait imperceptiblement la vue. Il n’y avait aucun doute, il était bien à Omega. La station pirate lui avait presque manqué, si ce n’était pour l’odeur, nauséabonde et empestant le carburant relâché par les multiples navettes qui voyageaient entre les piliers soutenant l’astéroïde sur lequel la ville s’était construite. Ou était-ce ce bloc de pierre qui la portait ? Une question dont la réponse attendrait un autre jour. Le Turien n’était pas ceux qui philosophaient, ou tout du moins, pas sur ces sujets-ci. Non, s’il devait se prêter à ce genre de réflexions, ce serait pour déterminer de quelle manière il assassinerait son pas-si-fidèle compagnon Bob de manière à ce qu’il souffrît le plus possible.

Il était en effet d’humeur assassine, il se sentait approcher son but, bien qu’il lui manquât encore quelques outils pour exercer sa vengeance. Il n’était pourtant pas de nature violente et avait même tendance à fuir le danger, plutôt que l’accueillir à bras ouverts. Certains le traiteraient de lâche, mais ce serait mal le connaître. Flavius était simplement une personne qui s’appliquait à se préserver autant que possible. Il n’était pas cruel non plus, il fallait le dire, il avait souvent pitié des misérables et des martyrs, préférant mettre fin à leurs souffrances plutôt que les laisser à leurs peines. Mais Bob avait commis un crime que le contrebandier ne savait pardonner, un acte des plus exécrables qu’il avait éveillé en lui une rage et une haine qu’il n’avait jamais connue ; il avait trahi sa confiance et l’avait poignarder dans le dos – même si, pour être plus précis, il s’agissait d’une balle et non pas une lame -. Pis encore, il lui avait tout voler. A quelques millimètres près, il lui aurait également ôté la vie. Et en bon Turien qu’il était, l’honneur était une valeur à laquelle Flavius portait énormément d’importance. Ou tout du moins, lorsque ça le concernait. Jamais on ne lui avait fait un coup bas pareil, et jamais il ne laisserait qui que ce fût briser sa confiance à nouveau.

Mais avant d’en arriver là, il avait besoin d’un vaisseau. En effet, s’être libéré de Nos Astra et avoir rejoint Omega était déjà un bon pas dans la bonne direction, mais sans moyen de locomotion, Flavius était au même stade qu’il était plusieurs jours de cela. Si la station pirate lui permettait d’avancer dans son investigation, elle ne lui présenterait cependant pas sa cible sur un plateau. Il avait des pistes, il savait dans quelle direction chercher, mais Bob n’était pas sur l’astéroïde. En conséquence, le contrebandier avait pris contact avec un ancien client, un pirate qui lui devait encore une faveur et dont il comptait bien prendre avantage. L’avantage de vivre dans cet univers était de pouvoir rencontrer de nombreuses personnes de divers horizons, et quoi de mieux qu’un brigand de l’espace pour obtenir un vaisseau ?

C’était donc pourquoi Flavius attendait, assis sur cette barrière, à contempler l’obscur paysage d’Omega. Il n’était qu’à un pas du vide, une personne mal intentionnée pouvait à tout moment débarquer dans la ruelle et le pousser. Il n’en avait guère à faire ; il avait déjà bravé la mort une fois, il recommencerait s’il le devait. Il était déjà en train de s’impatienter, le Butarien qu’il devait retrouver était en retard. Il passait du coup le temps en comptant le nombre de vaisseaux qui passaient en dessous de lui, il en était déjà à plus d’une centaine. Est-ce qu’il y avait beaucoup de trafic ? Ou était-ce parce qu’il patientait depuis déjà trop longtemps ? Dur à dire tant il s’ennuyait.

- Désolé, j’ai été retenu, me voilà. »

Une voix s’était élevée derrière lui, au centre du passage que scellait la barrière sur laquelle était stationné le Turien. Un Butarien un peu dodu et court sur pattes, de toute évidence essoufflé de la petite course qu’il avait faite, était en train de s’approcher.

- Bordel, enfin ! s’exclama le contrebandier, agacé. Ça fait un moment que je t’attends Raga’nor !
- Oui, oui désolé, c’était pour le boulot… répliqua le pirate, apparemment embarrassé. Ça fait longtemps, qu’est-ce tu deviens ?

Flavius n’était pas d’humeur à répondre à sa question, il ne se considérait pas un ami du Butarien et il n’avait que faire des formules de politesses. La courtoisie attendrait, le brigand n’en valait pas la peine.

- Tu me dois encore une faveur, lâcha-t-il froidement.

Le natif de Kar’Shan sembla troublé de cette déclaration, bien qu’il ne lui vînt pas à l’idée de contredire son interlocuteur. Non, au contraire, ce qui l’étonnait était la froideur dont le Turien faisait preuve. De son souvenir, le contrebandier était de ceux à faire des blagues et même détendre l’atmosphère lorsqu’elle se tendait ou n’était pas des plus légères. Il se souvenait l’avoir apprécié pour être si différent des autres criminels habitant Omega et d’être d’agréable compagnie, amicalement bien sûr. Il avait de la peine à croire que le glacial et sombre être devant lui était le même Turien se prenant peu au sérieux qu’il avait connu il y a quelques années.

- Oui… je crois bien… ? répondit le pirate, incertain et quelque peu intimidé.

« Je veux un vaisseau », expliqua Flavius, quittant sa barrière pour faire face au Butarien. Il le dominait d’une bonne tête et il lui semblait que les rondeurs de Raga’nor s’étaient accentuées depuis la dernière fois qu’il l’avait vu. Il lui paraissait si pitoyable qu’il avait presque envie d’aller trouver quelqu’un de plus sérieux, qui pourrait au moins lui induire une once de respect. « Qu’importe la taille du moment qu’il n’est pas un monoplace et qu’il peut voyager à travers les Systèmes Terminus », ajouta-t-il.

Confus, le pirate sembla pris au dépourvu, il sembla perdre sa langues quelques instants, avant de finalement répondre :

- Euh… ça va être difficile. Je ne suis plus exactement en position de te faire ça, en fait. Je suis toujours le second de mon capitaine, mais sa flotte n’est plus la sienne, il travaille maintenant pour Kydra… »

Flavius soupira. De mieux en mieux.

- Écoute, je m’en fous, débrouille-toi, il me faut se vaisseau, rétorqua-t-il. Parles-en à ta Kydra, trouve quelqu’un qui a un vaisseau à filer, voles-en un, je m’en fous. Mais si tu veux qu’on soit quitte, tu feras exactement ce que je te demande.

Puis le contrebandier s’en alla, manquant presque de bousculer le pirate au passage. Le pauvre Butarien ne méritait pas ce traitement, mais le Turien n’avait pas pu contenir sa mauvaise humeur et s’était lâché sur la première victime qui lui passait sous la main. Se savoir être sur les pas de Bob le rendait particulièrement froid.


***


S’il y avait bien une chose à laquelle Flavius ne s’était pas attendu, c’était bien de rencontrer en personne Kydra Lifith, fille adoptive du fameux Anton Ardak, un des leaders d’Omega. Devait-il se réjouir ou s’inquiéter ? Raga’nor lui avait-il mis à dos une des personnes les plus dangereuses de la station ? Il grommelait silencieusement à mesure qu’il marchait. Il avait failli retrouver le Butarien pour lui refaire le portrait pour l’avoir mis dans une telle situation. Il avait toujours tenté de se tenir à distance des gros gangs des Systèmes Terminus afin de s’éviter de se retrouver entre le marteau et l’enclume, à faire affaire avec des organisations ennemies et du coup se mettre lui-même en danger. Le voilà qui allait rencontrer l’une des figures les plus influentes des Pacificateurs. Peut-être qu’on allait juste lui enseigner une leçon, de se tenir à distance des vaisseaux des malfrats, peut-être même qu’il ressortirait de ce face-à-face avec un membre en moins. La seule chose qui le rassurait était le fait que si tel était le cas, Kydra Lifith n’aurait pas été celle à se salir les mains pour un simple contrebandier. Non, il était même convaincu que quelque chose de bien plus intéressant allait se produire. Il ne savait juste pas quoi, et cela l’inquiétait quelque peu.

La femme l’attendait sur un monticule de débris, de toute évidence en pleine admiration du paysage qui se dévoila devant elle. Ils se trouvaient dans un secteur où de lourds bombardements s’étaient produits, laissant en ruines de nombreux bâtiments, à présent en reconstruction, pour la plupart. La raison qui l’avait poussée à établir un tel lieu de rendez-vous lui échappait, mais il était évident qu’avec si peu d’obstacles, un sniper pouvait aisément surveiller la scène et s’assurer que le Turien ne mît pas en danger la vie de l’Humaine, bien que quelque chose lui suggérât qu’elle n’avait pas vraiment besoin de protection. Il avait vu quelques personnes se balader dans les rues normalement désertées du quartier, il savait qu’elle n’était pas seule.

Elle l’accueillit avec une question quelque peu philosophique à laquelle il ne répondit pas ; l’interrogation était sans doute rhétorique. Lorsqu’elle arriva à sa hauteur, Flavius se rendit compte que - comparé à la grande majorité des Humains qu’il avait rencontré - Kydra était très grande, égalant presque sa taille. C’était surprenant, d’autant plus qu’elle n’était pas frêle, comme l’étaient souvent les grandes personnes. Sa manière de s’adresser à lui était directe et frôlant le flirt, elle était dans son élément, parfaitement à l’aise et nullement intimidée par quoi que ce fût. Elle était une prédatrice et Omega était son terrain de chasse. Le Turien avait le choix entre être une proie ou ne pas se laisser intimider. Il était évident qu’il se devait de faire bonne impression, d’autant plus qu’elle savait exactement ce qu’il désirait. S’il voulait une chance d’avoir son vaisseau, il ne pouvait pas se défiler et apparaître apeuré comme l’avait été Raga’nor face à lui un peu plus tôt dans la journée.

- Qui es-tu donc ? demanda-t-elle alors qu’ils s’étaient mis en marche suite à son invitation. Je ne m’intéresse nullement à ton passé, je veux dire, qu'est-ce que tu recherches ? Quelle est la chose qui vient t'arracher perpétuellement à ton lit, tous les matins ? »

Le contrebandier ne répondit pas immédiatement, trouvant les mots pour s’exprimer le mieux sans trop en dire.

- Je souhaite tuer quelqu’un qui m’a fait du tort, répondit-il. On m’a trahi, je compte retourner la faveur. »

Il s’arrêta pour faire face à l’Humaine, qu’il pouvait regarder directement dans les yeux grâce à sa taille imposante pour sa race.

- Je ne suis pas un gangster du même calibre que vous, mais je ne laisse personne me trahir comme ça, ajouta-t-il, fermement. A toute action sa réaction. »

Puis il reprit sa marche, avant d’ajouter :

- Vous savez que je souhaite un vaisseau, et il va de soi que ça ne sera pas gratuit. Je ne désire pas le garder, mais l’emprunter le temps de régler mes comptes. Ça me rendrait service, et je paye toujours mes dettes. Argent, service, faveur, je pense qu’on peut trouver un arrangement. »

Puis il plongea son regard de saphir dans celui d’émeraude de son interlocutrice :

- Est-ce que je me trompe ? »
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MessageSujet: Re: Avant que l'aube ne se lève   Jeu 07 Juin 2018, 00:51
La vengeance. Un objectif classique, d'une simplicité telle que Kydra ne put se laisser décevoir par cette seule découverte. Elle devait creuser plus loin, plus profondément. Il était rare que sa curiosité ne l'emmène sur le mauvais chemin et elle restait persuadée que quelque chose dans cette rencontre qu'elle avait désiré avait un sens qu'elle ne percevait pas encore complètement.

La jeune femme gloussa un instant au mot « gangster », un qualificatif peu utilisé qui vint s'ajouter à la longue liste de tous les types de criminalité qu'elle avait pu orchestrer. Elle se demandait par ailleurs quelle était la réelle nature des activités du turien à ses côtés. A en juger par son apparence et son équipement, il s'agissait d'un combattant parfaitement en mesure de se défendre sur la station pirate. Bien évidemment elle avait lu qu'il s'agissait d'un contrebandier, mais le turien était loin de ressembler à ce qu'avait pu être Deruuk autrefois.

Et il comptait « emprunter » un vaisseau. Le sourire de Kydra s'élargit alors. Au vu du ton employé il ne s'agissait nullement d'une pique, peut être n'était-il simplement pas habitué à marchander de telles offres. Ou bien la sous estimait-il ?

Dans tous les cas, Kydra allait finir par le découvrir. Elle était en effet d'assez bonne humeur et se sentait l'âme à jouer avec son invité.

Nullement trésor. Je me demande néanmoins ce qui a pu te pousser à venir me faire cette demande, je ne pense pas être vraiment connue pour marchander des vaisseaux.


Le duo arriva à l'entrée d'une ruelle, un imposant turien noir en armure lourde se tenait là, le symbole des pacificateurs gravé sur sa protection. Le frère de Flavia, dernier survivant de sa famille et désormais quasiment devenu le bras droit de la reine pirate. Un signe de tête de sa part fit comprendre à l'humaine que les environs étaient vide de toute présence autre que celles des pacificateurs. Bien. Arcanex n'était donc pas un idiot qui aurait tenté de lui tendre un piège.

La jeune femme fit un léger signe de main et le mastodonte quitta son poste. Il allait emmener avec lui le reste des gardes des environs, elle n'avait désormais plus besoin de la moindre protection. Si Flavius devenait agressif il aurait l'immense honneur de découvrir ce qui faisait de Kydra une tueuse professionnelle. Elle emmena donc le turien à sa suite dans la ruelle, sentant une légère tension s'éveiller en lui après avoir sans aucun doute capté le dialogue invisible entre les deux pacificateurs.

Elle se tourna soudainement vers lui.

Il n'y aucune raison de laisser le stress s'éveiller, bien au contraire.

Kydra se rapprocha alors de Flavius, se pinçant les lèvres.

Nous sommes isolés ici, loin du monde et de la foule envahissante portant sans cesse son jugement. Tout pourrait arriver, personne n'en saurait jamais rien.

La jeune femme posa une main délicate sur l'une des joues du turien, caressant sa peau écailleuse. Son visage se rapprochait du sien et elle murmurait entre ses lèvres.

Tu pourrais être sur le point de vivre un instant délicieusement inoubliable...

Le bruit caractéristique d'une omnilame dégainée se fit alors entendre. La soudaine lueur ambrée vint éclairer leurs deux visages et l'humaine continua de balader sa main, l'arme vrombissante la suivant dans chacun de ses gestes.

Ou bien sur le point de vivre le tout dernier.

Elle fit voyager l'arme jusqu'à sa gorge, la chaleur de la lame touchant presque les écailles de sa peau. Le flirt appelait le sang. Cette sensation sauvage et brute, cette bête guidée par ses hormones qui ne souhaitait rien d'autre que la sensation de deux corps nus unis dans une étreinte torride, s'agrippant, se mordant et se griffant. Une pulsion animale qui souhaitait également voir couler le sang, dernier orgasme d'un corps qui voyait la vie le quitter.

S'il avait s'agit d'une asari, la jeune femme l'aurait certainement entaillée pour assouvir ce besoin sauvage. Mais les turiens portaient déjà en eux une certaine bestialité, une aura farouche qu'ils transportaient partout avec eux. C'est pourquoi Kydra n'infligea pas la moindre blessure à son invité. Elle se recula de quelques pas, rengainant son omnilame et observant avec avidité la réaction de son invité.

Elle lui tourna alors le dos, l'ignorant superbement et continuant sans un mot de plus son chemin au cœur de la ruelle. Elle avait déjà quelques idées pour lui, mais s'il refusait de s'accrocher ou de rentrer dans son petit jeu, il ne méritait pas qu'elle lui accorde davantage d'intérêt. Qui sait, peut être se trompait-elle et qu'il allait parvenir à la surprendre.

Cette demande inhabituelle était déjà une première preuve de l'existence de ce qui se tapissait dans les profondeurs, attendant la bon moment pour pouvoir faire surface.



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MessageSujet: Re: Avant que l'aube ne se lève   Ven 31 Aoû 2018, 13:21
Kydra Lifith sembla amusée par les réponses de Flavius, ce qui le déconcerta quelque peu ; il n’avait pas eu l’impression d’avoir dit quoi que ce fût de drôle. Peut-être se moquait-elle de lui et de son objectif ? Il était certain que son but était des plus simples. Il n’y avait en effet rien de plus trivial et basique que la vengeance, acte primitif aussi ancien que chaque espèce ayant développé une forme d’intelligence. C’était d’ailleurs probablement l’une des premières action spontanée - en dehors des instincts basiques tel que la reproduction et marquer son territoire - qui venaient à l’esprit de toute forme animale avec un minimum de réflexion. On pouvait l’observer chez certains animaux de compagnie, le simple fait de mordre un maître faisant quelque chose de traître, tel que punir la bête. Peut-être était-ce là la source de l’amusement de la femme, peut-être que la simplicité des désirs du Turien l’amusait, mais le concerné n’y voyait rien de drôle. Son humeur noire était possiblement la source de son incompréhension face à cette réaction plutôt simple. Il n’était pas des plus ouverts d’esprit lors de ces moments.

Cependant, aussi amusée qu’elle semblait être, l’Humaine semblait vouloir chercher plus loin que la simple réponse qui lui avait été donnée. De toute évidence, la raison de sa présence sur Omega ne lui suffisait pas, elle cherchait à comprendre ses motivations, ce qui le poussait à venir à elle pour lui emprunter un vaisseau. Flavius nota une petite incompréhension ; Kydra semblait penser qu’il avait été de la décision du contrebandier de venir à elle avec sa demande, mais la réalité était qu’il s’était trouvé face à elle par pur hasard. Jamais il ne lui serait venu à l’idée de venir quémander quoi que ce fût à l’une des plus grandes et puissantes criminelles de la station. Il fallait dire qu’il n’avait pas pensé que Raga’nor pût travailler, même indirectement, pour l’un des patrons d’Omega. Il n’avait pas pensé à prendre nouvelle de sa situation, savoir si les choses étaient telles qu’elles étaient lorsqu’ils s’étaient rencontrés pour la dernière fois, et cela datait d’il y a un moment. Il n’avait pas été malin et il se devait d’assumer son manque de vigilance. Il n’allait pas révéler son erreur à son interlocutrice, il passerait pour un incapable et perdrait toute forme de crédibilité, ce qui mettrait très certainement fin à leur entretien. Et connaissant la réputation de Lifith, elle pouvait très bien lui trancher la gorge pour la décevoir ainsi, et l’avoir fait perdre son temps.

- Disons que je suis ambitieux, je ne suis pas venu ici avec pour seul but de tuer un moins que rien, répondit-il. Je n’aurais pas demandé à rencontrer une personne de votre calibre. »

Il prit une inspiration, ce qu’il allait dire était très risqué et loin d’être ce qu’il avait réellement planifié. Il s’agissait d’un pur coup de bluff, mais il ne se voyait pas avoir le choix. Il n’était plus à une décision improvisée près de toute manière, et s’il jouait bien son jeu, il pouvait se retrouver propulsé à un niveau supérieur que celui de sa situation actuelle. Ou plutôt : celle où il se trouvait avant de perdre son vaisseau.

- J’ai mentionné un arrangement plus tôt, et j’en ai déjà un en tête, commença-t-il. Vous savez déjà que je suis un contrebandier. Vous m’aidez à récupérer mon vaisseau, je propose mon commerce en retour, avec un rabais sur mes meilleurs articles, tel qu’il convient à un client privilégié. »

La réponse de la femme ne fut pas celle qu’il avait espéré. Il n’en s’agissait même pas vraiment d’une à proprement parlé, d’ailleurs. Il semblait que Kydra avait d’autres plans en tête lorsqu’elle entra dans une ruelle plus sombre et étroite que la première. Ils avaient passé un Turien plutôt imposant, même pour leurs standards, et au signe de tête qu’il avait communiqué à sa patronne, il était évident qu’un message était passé. Flavius se sentit se tendre quelque peu ; il n’était pas à l’aise. Il ne savait pas s’il était entrainé dans un piège, un trou à rat ou s’il se faisait du souci pour rien. Il préféra ne pas tirer de conclusions hâtives, mais il se prépara mentalement à se défendre si le besoin s’en faisait sentir. Il ne se faisait pas d’illusions quant à ses chances contre l’assassin, mais il ne s’en irait pas sans laisser une marque, si la situation dégénérait dans cette direction.

Mais encore une fois, il fut surpris. L’Humaine était définitivement imprévisible et Flavius ne savait pas exactement dans quelle optique le prendre. Elle était très clairement une prédatrice et tout semblait être un jeu pour elle. La discussion avait évolué en devenant quasiment un flirt mortel ; dans quelle situation s’était-il encore fourré ? Une Omni-lame contre sa gorge, des suggestions implicites, qu’était-il censé faire ? Il sentait son cœur palpiter dans sa poitrine, mais il ne s’agissait pas de peur, il avait connu plus dangereux. Non, il s’agissait d’adrénaline, un mécanisme automatique qui pouvait tout - mais également rien – signifier, celui qui poussait ses sujets à faire ce qu’ils ne feraient normalement, qui les dopait et troublait les esprits pendant un court instant.

Et aussi vite que la lame plasmique s’était retrouvée à quelques millimètres de sa peau, elle disparut et Kydra se retira, fixant ce qui était très certainement son jouet du moment, observant sans doute sa réaction. Flavius était perplexe, mais il ne détourna pas le regard. Il savait pertinemment qu’il était testé. Certains auraient pris peur, auraient blêmi et auraient avalé leur salive en se crispant, produisant ce bruit d’ingurgitation synonyme d’effrayamment, mais le contrebandier était résolu à ne plus laisser passer ses chances de se sortir de son foutoir. Il n’allait pas reculer face au danger que représentait Kydra Lifith et la suivit lorsqu’elle lui tourna le dos et reprit son chemin.

- L’instant délicieusement inoubliable me semble être une option plus intéressante que la seconde, lâcha-t-il en arrivant à sa hauteur. Si vous remettez cette lame contre ma gorge, je ne garantis pas de rester immobile à nouveau, par contre. »

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Avant que l'aube ne se lève

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