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 Souvenirs

Ravi Vertax
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MessageSujet: Souvenirs   Souvenirs Icon_minitimeLun 28 Mai 2018, 22:18
► █ Date : De 2180 à 2194 RP Tout public
Tibérius Adrix ♦️ Ravi Vertax
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Souvenirs
La poussière et les domestiques menaient une lutte acharnée dans la chambre délaissée, que seuls de nombreux souvenirs occupaient désormais. Son occupante avait quitté les lieux depuis longtemps et ses visites peu fréquentes ne les menaient pas à rester souvent y dormir. Mais son père faisait en sorte que tout soit prêt, au cas où, s'il y en avait besoin un jour, sans déranger les lieux plus que nécessaire. Seuls les draps du lit étaient changés périodiquement. Le reste était laissé à l'emprise du temps et à la conquête vaine de cette fameuse poussière, dont chaque assaut était repoussé d'un coup de plumeau adroit.

Et les souvenirs restaient en place, intouchés, comme des reliques sacrées appartenant à un autre âge. Un où tout était peut-être plus simple.

Tous ces objets précieux avaient une signification chère au coeur de Ravi Vertax. Que ce soit cette bannière de la Treizième Compagnie accrochée contre la fenêtre, les différentes coupes qui étaient posées sur une étagère, les nombreux - très nombreux - instruments qui occupaient chaque recoin de la pièce, cette peluche de Spuma posée sur le lit ...

Ou bien cette photo, posée dans son cadre d'argent sur le bureau, montrant une section de jeunes Turiens au garde-à-vous, posant fièrement alors qu'à côté d'eux un formateur au regard féroce regardait l'objectif comme s'il cherchait à le transpercer ....


-------------------------------------------------------------------


Chez les réguliers, la cérémonie d'intégration était l'occasion de célébrer le début de l'entrée dans l'âge adulte. Quinze années dédiées à servir son peuple afin de devenir un véritable citoyen de la Hiérarchie, avec les droits et les devoirs que cela impliquait, était un véritable honneur. Un devoir même pour d'autres ! C'était l'occasion de réunir les centaines de Turiens habitants Palaven qui intégraient leur grande armée et qui seraient affectés, à la fin de leur formation dans les différents services et unités en fonction de leur prédispositions. Nombres de rapports seraient envoyés; certains continueraient d'apprendre, se dirigeant vers la médecine, la technologie ou plus humblement l'artisanat. D'autres, plus adroits sur le terrain, seraient envoyés à travers la galaxie, au grés des missions qui leur tenderait les bras. Certains deviendraient des élites vers la fin de leurs années, d'autres retourneraient à la « vie civile » dès la fin de leur service. Et le cycle se reproduirait, année après année.

Mais pour les Cabales... C'était une autre histoire. Un monde à part.

La cinquantaine d'élèves réunis sur la place d'arme avait revêtu leur uniforme. Le corps droit, le regard fixe, ils attendaient les ordres à venir. Ils ne se connaissaient pas encore il y a une trentaine de minutes de cela et, à vrai dire, ils n'avaient pas encore eu l'occasion de faire connaissance. Mais ils formaient déjà des sections complètes pour la formation à venir.
Leur nombre, risible si on les comparait aux non biotiques, ne garantissait même pas qu'ils soient tous dans des sections d'assauts ou de soutien. Car même celui capable de soulever une cuillère avec difficulté, et qui souffrait de mots de tête encore des heures après cet «exploit» rejoignait le corps biotique. Combien de ceux présents finiraient à servir en cuisine, seraient pilotes, s'occuperaient de l'administration et de la paperasse là ou, pour les plus adroits avec leurs études, finiraient par devenir docteurs ou informaticiens chez eux sous prétexte que l'ézo courait dans leurs veines ? Même des siècles après la Guerre de l'Unification, le spectre des biotiques espions et assassins continuaient d'errer dans les esprits et inspirer la méfiance.

Pourtant, même s'ils généraient du dégoût chez certains, ils restaient des Turiens au service de leur planète et de la Hiérarchie, soumis au service militaire. C'était une valeure connue, à laquelle Calista s'était désespéremment accrochée alors qu'elle préparait son aînée à rejoindre ce corps inconnu. Une valeur assez sûre pour qu'elle continue d'inculquer toute la discipline et toute la droiture dont elle était capable.

Et Ravi ferait honneur à sa famille. Si être moitié Vertax la condamnait à être Cabale, être moitié Varso impliquait une excellence militaire qui restait aveugle aux séparations. C'était sans doute pour ça qu'elle faisait en sorte d'être la plus droite possible, son visage totalement neutre alors qu'elle se montrait insensible au temps qui passait.

Face aux élèves, quatre formateurs attendaient, discutant entre eux alors qu'ils faisaient défiler quelque chose sur leur datapad. Ils avaient déjà eu le droit au discours de bienvenu, à une rapide présentation des lieux et aux honneurs à présenter au Cabalim dirigeant la base militaire dans laquelle ils se trouvaient. Il ne leur restait que la répartition et les choses pourraient commencer. Certains jetaient des coups d'oeils furtifs à gauche ou à droite, jaugeant du regard leurs futurs camarades. D'autres affichaient la même fierté familiale que la jeune Vertax, gravée par des années de discipline et d'éducation transmises de génération en génération. Une poignée, enfin, semblait s'apprêter à subir avec résignation quinze années d'isolement et d'une nouvelle vie à laquelle ils n'auraient pas aspirés s'ils avaient eu le choix. Mais tous étaient prêt à mettre en oeuvre ce sens du devoir, si particulier à leur race.

Enfin, après des minutes de silence et d'attente, l'un des Turiens fit un pas en avant. Son visage balafré, laissant une partie de ses dents à découvert, marquait des années de combat et la marque de sa mandibule laissait supposer qu'elle avait dû être rattachée plus d'une fois avant d'être totalement arrachée. Il se mit à parler d'une voix grave, profonde, qui laissait entendre toute la sévérité et l'austérité dont il ferait preuve envers ses futurs élèves.

- Je suis le Lieutenant Olymion. Les recrues dont le nom sera appelé formeront la 157ième Section. A l'appel de votre nom, vous vous avancerez face à moi, en ligne de quatre.

Recrue Aebudas. Recrue Sevetion. Recrue Adrix. Recrue Belldos. Recrue Vertax ...


Les uns après les autres, les membres de la 157ième se réunirent sous le regard imperturbable du Lieutenant. Ils étaient douze en tout. Puis, une Turienne s'avança à son tour.

- Je suis la Major Itaius. Formerons la 158ième Section les recrues Sulilan... Recrue Nartis. Recrue Pholin...

Et la liste continua ainsi jusqu'à ce que le dernier adulte, un Turien à l'air plus doux que les trois autres, finisse de nommer ses propres élèves. Puis, ceci fait, chacun prit la tête de son groupe, menant leurs désormais élèves dans leurs salles respectives.
Le Lieutenant entra le premier et, les bras croisés contre sa poitrine, nonchalament appuyé contre une table, il regarda les adolescents s'installer les uns après les autres dans un silence presque religieux. Attendant que le dernier s'installe et que quelques secondes se soient écoulées, il commença à parler de sa voix rauque.

- Bienvenu à tous. Comme je vous l'ai dis auparavant, je suis le Lieutenant Olymion et je serais votre formateur. Durant cette année, vous serez formé aux connaissances et formation les plus basiques.

Son regard argent embrassa la foule et il reprit.

- Ne croyez pas que vous serez des combattants, des assassins ou des biotiques d'exception. Vous n'êtes pas ici parce que vous avez les capacités suffisante pour devenir des «dieux biotiques» mais parce que vous êtes biotiques. Il y en a qui, parmi vous, ne seront jamais foutu de réussir à faire léviter une cuillère ou pour qui «ézo» ne rimera qu'avec «Mal de crane et nausées». Cette année ensemble vous permettra de cerner vos points forts et vos points faibles avant d'être orientés vers différents métiers.

Qu'on me comprenne bien : Je n'en ai rien à foutre que vos capacités soient médiocres. J'attendrai de vous la même discipline et le même acharnement que vos collègues les plus doués. Que vous soyez destinés à servir en cuisine ou à retaper ceux qui se blessent, vous êtes Cabales, qu'importe le rôle que vous aurez à jouer !

Et des plus forts, j'attend votre aide et votre dévotion la plus totale envers ceux qui ne tiennent pas le rythme. La force n'est pas ce qui définit les nôtres ! C'est notre cohésion et notre capacité à nous entre-aider et nous compléter.


Le Turien se redressa avant de commencer à faire les cent pas dans la salle. Il s'enflamma de fierté.

- Nous sommes les Cabales ! Une famille. Peu de Turiens sont comme nous, et nous ne pouvons pas nous mêler aux autres militairement parlant. Ceux qui ne savent pas apprendront le pourquoi.
Nous ne pouvons pas compter sur les autres. Votre pilote, votre cuistot, votre médecin... Tous seront Cabales.


Nous sommes une famille ! Nous veillons les uns sur les autres.

Il sourit d'une façon acérée, ses dents que nulle peau ne recouvrait se dévoilant un peu plus.

- Et la meilleure façon de comprendre ça, c'est encore le parcours du combattant...







Dernière édition par Ravi Vertax le Dim 16 Sep 2018, 23:04, édité 1 fois
Tiberius Adrix
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MessageSujet: Re: Souvenirs   Souvenirs Icon_minitimeLun 04 Juin 2018, 21:36

Ce devait être une occasion en or… Celle de repartir de zéro et de se trouver une place au sein de la glorieuse Hiérarchie Turienne. Celle de s’éloigner des regards méfiants, voire apeurés, de laisser derrière les insultes et quolibets qui fusaient dans son sillage. Celle d’enfin apprendre à maitriser un talent que les siens percevaient comme un fléau. Celle de quitter une planète pour laquelle il n’éprouvait qu’un attachement des plus limité, en totale contradiction avec l’esprit et la fierté territoriale qui animaient d’habitude son espèce.

Sans être un Turien des plus joyeux, crédule ou même fervent, le Tiberius âgé d’une quinzaine d’années vit dans son incorporation l’occasion de changer d’horizon. Au-delà du cliché du gosse s’engageant pour voir du pays et s’endurcir, l’adolescent d’alors ne souhaitait qu’une chose : respirer. Un but d’autant plus paradoxal au sein du cadre particulièrement strict et restrictif des forces armées Turiennes, à n’en point douter. Mais pour le dernier rejeton du clan Adrix, c’était là l’ultime occasion de faire autre chose que devenir un poids pour sa mère accablée par son éducation houleuse. Mais aussi une opportunité de vivre en dehors du carcan de paria qu’on lui avait toujours imposé durant son enfance. Désormais, c’est aussi en tant que membre d’un corps entouré de mystère qu’on l’assimilerait…

Appartenir à un groupe… Jamais il n’en avait réellement fait l’expérience durant sa courte existence. Y prendrait-il seulement goût? Si seulement il avait su, en passant l'enceinte du camp d'entrainement pour la première fois, ce que tout cela impliquait pour lui...

D’origine modeste, le biotique n’avait pu se raccrocher qu’à des liens familiaux des plus restreints, sa génitrice étant la seule famille qui lui restait après le départ soudain et lâche de son père. S’il en avait souffert un temps, c’est une haine envers ce dernier qui finit ironiquement de l'aider à faire son deuil et permit son développement. Hélas, il en ressortit bien évidemment une personnalité peu enjouée, parfois trop sûre d’elle et propre à chercher le conflit à la moindre provocation. Le parfait genre de trouble-fête que l’armée, et son instructeur, saurait mater.

***

Pourtant, lorsqu’on appela son nom pour faire partie de la 157ème section, Adrix ne lâcha pas un mot, par un regard à destination de ses futurs camarades. Il semblait déjà avoir pris le pli de la rigueur martiale, se montrant parfaitement impassible face au discours du Lieutenant au visage marqué par le service. A dire vrai, le sentiment de fierté de ce dernier, la ferveur et le patriotisme dans le ton et les mots, lui étaient parfaitement étrangers. Tout cela ne viendrait que bien plus tard, à mesure que les combats et ses propres cicatrices pour en témoigner défileraient dans son existence et sur sa carapace.

En attendant, sitôt qu’on les lâcha sur le parcours d’entrainement, c’est un Turien déterminé à faire voir ce dont il était capable qui s’élança.  Pouvant compter sur une constitution solide et légèrement plus imposante que la normale pour son âge, Tiberius fut de ceux qui distancèrent les plus timides dans l’effort à fournir. Haies et poutres d’équilibre furent bientôt de l’histoire ancienne, faisant place à des filets, fosses et autres obstacles de cordes bien plus fatigants et ardus à passer. Pourtant, le recrue Adrix, bien qu’essoufflée, fut le premier à se présenter devant le mur, suivit à quelques enjambées du peloton de tête.

Hélas, là où faire preuve de dextérité et de prouesses physiques était souvent mis à l’honneur dans les autres armées, il n’en était pas ainsi chez les Turiens. Le groupe primait avant toute chose, l’exploit se devant de mettre en valeur la communauté dans son ensemble. Celui qui ne cherchait qu’à attirer sur lui la lumière ne ferait que plonger d’autant plus vite. Mais cela, le jeune soldat l’apprendrait bien assez tôt, son supérieur se rappelant à son bon souvenir.

- « Bordel de merde Adrix… T’as fait le beau, t’es satisfait !? Et maintenant, hein ? T’as pas l’air con au pied de ton mur ! » hurla Olymion en faisant les cents pas, mains dans le dos, le long du parcours.

Le ton était tout sauf amical ou même synonyme d’une simple réprimande. Il s’agissait là de contrevenir à l’esprit même des Cabales. Il ne laisserait probablement pas passer cela…

- « Tu serais déjà mort sur le front, coupé de ton unité comme tu l’es ! Passe-moi cet obstacle ou bien je m’assure moi-même que tu n’oublies jamais la leçon ! »

Même s’il passait effectivement l’obstacle, le natif de Digéris allait déguster une fois l’exercice terminé, il pouvait en être certain. Question de cohésion à garantir au sein de l’unité. Olymion en ferait un exemple. La mine enragée du Turien, sublimée par l’impressionnante balafre de son visage, parlait d’elle-même. Quant à savoir comment tout cela s’articulerait… Encore fallait-il que leur souffrance s’achève pour le savoir. En attendant, c’est un spectacle des plus inhabituels –pour un premier jour d’instruction - qui accueillit les mots autoritaires de l’officier.

Tiberius comptait-il employer ses pouvoirs pour faciliter le passage du groupe, ou bien le discours de l’officier suffisait-il à réveiller chez lui une frustration capable de mettre en branle les nodules d’ézo parcourant son système nerveux ? Toujours est-il que sa biotique se manifestait avec une intensité que lui-même n’avait connu qu’en une ou deux occasions auparavant. Et toujours dans des moments où le stress rendait ses dons instables…

- « Moi c’est Tiberius… » glissa-t-il néanmoins avec un sourire carnassier et à clin d’œil appuyé à à la Turienne aux tatouages faciaux bleutés qui se trouvait non loin à le fixer.

S’il avait été dans un tout autre contexte, peut-être l’aurait-il abordé pour discuter avec elle… Une éventualité d’autant plus probable en sachant qu’elle était elle aussi une biotique, chose rare au sein de leur espèce. Mais ici, c’est une recrue prête à lui faire la courte-échelle qui luisait - littéralement - devant ses grands yeux verts si envoutants.

Sans doute que les occasions d’admirer les mensurations de la jeune Ravi ne manqueraient pas… sous l’angle de vue dont il s’apprêtait à voir la belle… Les ados et leurs hormones, vous savez…

Mais le narrateur s’égare, veuillez l’en excuser.

HRP::
 
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MessageSujet: Re: Souvenirs   Souvenirs Icon_minitimeMer 06 Juin 2018, 19:17
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Le but de l'exercice était simple, le formateur ayant particulièrement mis l'accent sur ce point tout à l'heure : il fallait s'entreaider avant tout. Au faible de montrer leur volonté à ne pas s'enliser, aux forts de veiller sur eux. C'était une consigne claire, qui avait, semble-t-il, échappé à l'attention d'une recrue malgré tout. Lequel était-ce déjà ? Aebudas ou Adrix ? La jeune Ravi n'y avait pas fait attention sur le coup, sans compter que la nouvelle section n'avait toujours pas eu le temps de faire les présentations. Quoiqu'il en soit, l'étrange Turien cavalait dans le peloton de tête, gagnant petit à petit du terrain. On aurait presque imaginé qu'il volait tant il se hâtait, ignorant ceux que le passage en équilibre faisait ralentir, ou qui s'enmêlaient gauchement dans les filets. Dans son esprit, il n'y avait sans doute que lui et lui seul.
C'était totalement l'inverse de ce qu'il fallait faire. Il n'en faisait clairement qu'à sa tête.

La Turienne claqua des mandibules tout en aidant une collègue un peu plus petite qu'elle à retirer les cordes qui s'étaient enroulées autour de sa cheville après une chute dans les cordes. Comment avait-elle réussi son coup ? Esprits seuls le savaient. Qu'importe la raison, l'essentiel était de se serrer les coudes. La pratique n'était pas exclusive aux Cabales. C'était la mentalité Turienne dans sa superbe. Calida lui avait bien assez répété. Et elle ne pouvait pas dire que sa fille n'écoutait pas. L'apprentie biotique veillait sur le groupe, s'arretant, comme en ce moment, pour aider ceux qui en avaient besoin. Il fallait exceller en tout : sport et secours, savoir et pratique. Elle serait la meilleure... Ils attendaient ça d'elle. N'est-ce pas ? Quand bien même les meilleurs ne devaient pas s'illustrer par le fait qu'ils l'étaient.
Pendant ce temps, le fanfaron arrivait au pied du mur tandis qu'elle attrapait le bras de sa comparse, la forçant à se relever. Puis, sa tâche finie, elle pivota sur ses talons, fonçant vers l'obstacle suivant, laissant derrière elle le début d'interrogation qui avait pointé le nez dans son esprit.

Adrix, puisque venait de le hurler leur formateur, en prenait pour son grade. Et ce n'était que le début de ce qui serait sans doute une magistrale engueulade. A se précipiter seul, il avait fini par arriver au pied d'une épreuve infranchissable. Littéralement. Le mur était haut, notamment pour des Turiens. Même si deux recrues se faisaient la courte-échelle, l'un devrait sauter pour agriper le rebord avant de seulement commencer à se hisser. Une Cabale expérimentée aurait peut-être pu s'en sortir toute seule, usant de sa biotique pour s'élever ou se faisant auto-léviter, ou n'importe quelle solution mystérieuse - et un brin flippante - qu'ils avaient dans leur manche. Pour la 157ième, il n'y avait que la cohésion qui pouvait les aider.
Les recrues s'étaient arrêtées, s'amassant petit à petit à quelques pas du Lieutenant et de leur infortuné confrère. Ils guettaient, attendant de savoir comment les choses se passeraient, figés face à la sainte colère de leur formateur. Mais l'insolent ne se démontait pas, laissant l'ézo chaotique entourer son corps, incontrolâble et incontrôlée, sans que Olymion ne s'en inquiète plus que de raison. Si les deux devaient se battre, le gagnant était connu d'office.

Les yeux verts de Ravi se plantèrent sur son collègue. Il était... étrange. Sauvage, très et clairement trop fier et... intriguant. Les deux n'avaient visiblement pas reçu la même formation. Discipline et maîtrise de soit ne lui étaient peut-être pas étranger, mais ce n'était pas ses meilleurs amis non plus.

- « Moi c’est Tiberius… »

Avait-il senti qu'elle l'observait ? Il s'était en cas retourné pour la regarder. Quant au clin d'oeil... La Turienne regarda le mur un instant, puis Tiberius.

...

Il avait raison. L'épreuve n'était pas terminée.

Elle s'élança alors vers lui, lui sautant littéralement dessus pour prendre appui sur lui, puis sauta une seconde fois, réussissant à agriper le bord du mur de la main gauche alors que l'autre bras battait l'air à la recherche d'un équilibre. Surtout, ne pas lâcher, pensa-t-elle. Poussant d'un pied sur le béton, elle réussit à se réélever un peu, assez pour que ses doigts saissisent leur prise. Puis elle se hissa avec le reste de grâce qu'elle pu retrouver, finissant par s'asseoir à califourchon sur ce foutu mur. Du coin de l'oeil, elle cru appercevoir Olymion afficher un air satisfait, sans pouvoir pousser plus loin son observation.
Son acte fut un électrochoc pour la troupe. Les uns après les autres, les élèves formèrent des duos ou trio improvisés, l'imitant tant bien que mal.

La Turienne se pencha vers Adrix, main tendue vers lui. Il ne manqua pas de la saisir, se hissant à son tour jusqu'au sommet.

- Ravi... Vertax.


Ces quelques mots glissés n'avaient l'air de rien. Toutefois, ce n'était pas exactement le moment pour de grandes et longues présentations. L'adolescente ne s'occupait déjà plus de lui, aidant ceux en bas à traverser. Elle fut parmi les derniers à redescendre, le bras douloureux et le muscle geignant. Ses lèvres restèrent scellées malgré tout et elle reprit sa route, quoiqu'un peu moins rapide qu'avant. Le mur avait été la dernière épreuve et seule une longue bande de terre d'environ 200 mètres les séparaient de la ligne d'arrivée.
Ses compagnons étaient restés, pour la très grande majorité et uniquement pour ne pas dire la totalité, à côté, assistant la réception de leurs camarades. La soufflante que c'était pris Tiberius en avait calmé plus d'un. A commencer par l'intéressé lui même.

Ce fut donc une section plus soudée qu'au départ qui franchit conjointement la ligne d'arrivée. Il y aurait quelques courbatures pour certains le lendemain, cependant la satisfaction était dans l'idée générale de la troupe.

Le Lieutenant Olymion fit un pas. Les sourires s'effacèrent et tous reprirent une posture plus formelle. L'imposant Turien fit quelques pas lourds devant eux, prenant son temps.

- Bien.

Si la voix avait eu une représentation graphique, elle aurait été celle d'un requin. Un requin avec des dents très, très acérée.

- Je suis, dans l'ensemble, satisfait de ce que j'ai pu voir. Certains se sont particulièrement illustrés. En bien...

Son regard traina sur les jeunes rassemblés devant lui. L'espace d'un instant, il s'arrêta sur Ravi, puis reprit son chemin comme si de rien était. Et l'arrêt fut bien plus long lorsqu'il tomba sur Tiberius.

- ... Comme en mal.

Le mot était tombé comme un couperet. Ils avaient même entendu le point de la phrase tant la froideur était présente.

- Je crois l'avoir déjà dit, les Cabales sont une famille. Je n'aime pas me répéter. Vous allez apprendre très vite que je n'aime pas me répéter.

Recrue Adrix... Avancez.


Ses dents dévoilées à cause de la blessure avait un éclat meurtrier.

- Puisque vous aimez être seul, Recrue Adrix, vous allez adorer nettoyer la base ce soir. Au balais.
En attendant, on remonte en salle. Premier cours théorique dans cinq minutes.

Un avertissement pour le premier jour plus qu'une vraie punition, sans doute.


---------------------------------------------

Le crépuscule commençait à étendre ses bras sur les plaines argentées de la région. Seul dans les ombres qui s'allongeait, Tiberius était sur la place d'arme. Vertax secoua la tête. Elle n'avait sans doute pas à s'en mêler. Mais... eh. Il l'intriguait. Habituée à un environnement stricte et à la droiture de tout les instants, voir un tel compatriote avait de quoi la surprendre. Même plus jeune que maintenant, la femme avait été entouré de fils de militaires de carrière, eux même d'issus de militaires et ainsi de suite jusqu'à la création de la Hiérarchie.
Elle s'avança prudemment, arrivant dans le dos du jeune homme.

- Tu as besoin d'aide ?


Mains dans le dos, elle avait adopté une attitude d'attente, détaillant Adrix du regard.

Curieux, oui.




Dernière édition par Ravi Vertax le Mar 12 Juin 2018, 22:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Souvenirs   Souvenirs Icon_minitimeDim 10 Juin 2018, 19:54

L’occasion fut parfaite. Celle d’imprimer son nom dans les esprits de ceux qui constituaient sa section pour l’année à venir. Turien fier et un peu trop direct, le Tiberius âgé de seulement quinze années avait de drôles d’idées en tête. A commencer par celle de s’illustrer en montrant bien qu’il serait le meilleur cette année. Et toutes celles qui suivraient. Bien sûr l’individualisme ne le mènerait nulle part, mais contre toute attente, le biotique était prêt à apprendre comment mettre en sourdine ce trait de caractère qui risquait d’amener à lui bien des ennuis. Cette petite entorse au code de moralité et à la façon même d’être des Cabales s’était avant tout avérée être un… test.

L’occasion parfaite de tester la réaction de leurs instructeurs sans risquer trop gros dès le premier jour. Car il le savait déjà depuis que l’âge du service approchait : il ferait carrière dans l’armée. Il était fait pour cela, il ne rêvait que de cela. Là où certains y voyaient une corvée ou un sacrifice nécessaire pour obtenir la citoyenneté et faire honneur aux leurs, lui n’aspirait qu’à s’extirper de son enfance peu enviable pour faire quelque chose de sa vie. Sa force de caractère, si elle lui coûtait aujourd’hui certains ennuis, finirait par le desservir. Il obtiendrait un commandement, il le savait. Ce n’était de toute façon que la seule voie qu’il s’imaginait emprunter.

Ces épreuves n’étaient là que pour forger l’arme qu’il aspirait à être. De bien plus effroyables suivraient dans quelques années, le changeant à jamais. Mais c’est bien ici que le futur Kabalim commençait son ascension. Là qu’il commençait à se construire pleinement.

***

Le jeune Turien aux tatouages faciaux d’un blanc d’albâtre se trouvait être songeur alors que celle dont il avait scruté avec tant d’intensité le regard l’abordait au milieu d’un cour d’entrainement absolument déserte. C’est à peine si l’on distinguait au loin les armure rutilante des quelques sentinelles de faction, dont les plaques luisaient aux derniers rayons du soleil Palavenni. Ca et là, on devinait encore les clameurs des différentes section discutant de leur premier jour de mobilisation. Sous peu, pourtant, ces quelques preuves de puissance disparaitraient dans l’obscurité alors que sonnerait le couvre-feu.

S’appliquant à ses corvées d’un air distrait, Tiberius n’accordait que peu d’attention à ce spectacle. Absorbé par ses pensées, le jeune biotique se remémorait les premiers moments de son incorporation. Evidemment, l’épisode du parcours du combattant constituait une bonne part de ses rêveries, lui arrachant même un petit sourire inexplicablement apparent. Les Esprits lui en soient témoins… Son instructeur se serait fait une joie de le lui faire ravaler il s’était trouvé en sa présence.

Au lieu de cela, c’est une voix qui allait bientôt lui paraitre familière qui l’interpella en se présentant dans son dos. Et si être pris par surprise de la sorte aurait déclenché chez le biotique de 2203 une réaction aussi brutale que fulgurante à coup de biotique, la scène qui se déroula sous le jour mourant se révéla bien plus banale.

- «  Tu as besoin d'aide ? »


La recrue ne lui accorda dans un premier temps aucun regard, comme bien trop absorbé par la tâche aussi barbante qu’instructive à laquelle il prenait part. Toutefois, ses mots trahirent sa satisfaction (joie ?) d’avoir quelqu’un d’autre à qui parler.

- « Si passer le balai te tente… » répondit-il sur le ton le plus neutre imaginable.

Mais quel pouvait bien être le sujet de discussion adapté à deux jeunes du même âge qui viennent d’entrer dans la cour des grands en prenant part à leur service obligatoire ? Au final, que la Turienne l’aide ou non n’était pas le plus crucial. Ce qu’ils pouvaient avoir à se dire sur cette journée l’était bien plus. Et qui sait ? Peut-être finirait-ils par s’apprécier ? En dépit de toutes les différences qui rendaient leur rencontre plus qu’improbable en dehors des sphères de la vie militaire.

L’adolescent rompit donc le silence ayant prit place entre eux depuis déjà quelques coups de balais, en profitant au passage pour de nouveau la contempler comme elle venait de le faire en se présentant à lui.

- « Une première journée instructive, tu ne crois pas ? Je sais désormais jusqu’où il est bon d’aller ou non… Et c’est bien la première fois que je croise autant d’êtres comme… nous. Reste à espérer que les instructeurs son à la hauteur… Je ne compte pas gâcher ce potentiel sur de simple exercices toute ma vie… » déclara-t-il d’un ton où perlaient curiosité et impatiente.

Sur ces mots, la main libre de l’adolescent se mit à luire de la même aura qui l’entourait précédemment au pied du mur. Adrix semblait s’en amuser, tournant tour à tour son regard vers son interlocutrice et la lueur qu’il dégageait. Cette petite démonstration, somme toute ridicule pour tout biotique de talent, révélait néanmoins une certaine maitrise de la part de la recrue. Il se savait être parmi les meilleurs dans ce domaine, quand bien même les exercices concernant l’utilisation de leurs pouvoirs n’étaient pas encore à l’ordre du jour.  Il avait appris de lui-même quelques petites tours alors qu’il vagabondait dans les rues de Digéris étant plus jeune. Solitaire contraint et forcé du fait de la nature de son foyer familial et ses pouvoirs, l’adolescent d’alors n’avait eu d’autre distraction que celle de « jouer » avec ses pouvoirs dans le secret le plus total. Restait encore à développer ce talent, le maitriser à la perfection et le mettre au service d’autre chose que sa seule fierté.

Car oui, sa nature fière et son arrogance seraient incontestablement ses plus grandes ennemies dans la poursuite de son objectif. Quinze années, au minimum, de service l’attendaient. Alors s’il partait sur une pente aussi abrupte tout du long… Qui sait où il se retrouverait au bout du compte. Si même il survivait à son entrainement.

Bien sûr, le lecteur averti sait qu’il parvint, plus ou moins, à réfréner sa nature la plus primaire. Quand et comment il y parvint… Voilà qui constituait toute fois une histoire à part entière.


Dernière édition par Tiberius Adrix le Lun 03 Sep 2018, 19:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Souvenirs   Souvenirs Icon_minitimeMar 12 Juin 2018, 22:19
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Le Turien feignait de se débrouiller très bien tout seul, acceptant la proposition avec un détachement faussé. Ravi ne dit rien dans un premier temps, se contentant de le scruter, comme on lui avait appris à faire. Il tentait de se draper de tellement de sérieux et de flegme qu'il ne se rendait pas compte qu'on pouvait facilement lire en lui. Certes, elle avait eu très tôt à étudier la façon des gens d'agir. Calida y avait tenu : on ne pouvait pas apprendre ce que les autres avaient en tête si on ne comprenait pas le but de chaque mot, de chaque mouvement, de chaque petit frémissement de la mandibule.
Tiberius n'échappait pas à la règle.
Finalement un léger gloussement, poli, délicat, tellement étouffé qu'il avait l'air de s'excuser d'avoir été lâché, retentit entre les mandibules de la femme. Pendant un court et très bref instant, elle se retrouva à sourire, dissimulant ce faux-pas derrière le dos de sa main.

Un apperçu de la future elle, que le présent chassa bien vite lorsqu'elle reprit l'attitude neutre qu'on pouvait attendre d'une fille de Générale.

- Bien.

Les dernières miettes d'amusement mourrurent avec sa voix. Le Lieutenant avait laissé au puni un ensemble de balais de diverses formes tellement vaste qu'on y retrouvait aussi des brosses et un étrange mélange des deux. L'apprentie se servit du premier qui lui tomba sous la main et se mit à sa tâche dans un silence presque religieux. Le duo passa quelques temps l'un à côté de l'autre sans rien dire, ayant pour seule musique le frottement des brins sur le sol.

- Une première journée instructive, tu ne crois pas ? ...

Tiberius relança la conversation le plus naturellement du monde. A côté de lui, son interlocutrice releva la tête et attendit d'entendre ce qu'il avait à dire. Le Turien n'avait pas hâte de faire ses preuves, non. Il n'avait pas besoin de montrer ce dont il été capable dans l'attente d'une quelconque validation. Il SAVAIT qu'il avait du potentiel. Et il le montrait bien, que ce soit dans son arrogance ou dans sa capacité à maîtriser la biotique, même à leur faible niveau.
Pour la seconde fois de la journée, il fit luire sa main d'une lueur bleuté. L'ezo lui léchait les écailles comme une flamme apprivoisée, se lovant au creux de sa paume. Les ondulations donnaient l'impression qu'il s'agissait de la respiration d'un petit animal.

C'était impressionnant, c'était vrai. D'autant plus qu'il y avait fort à parier que son collègue n'avait pas eu de maître biotique jusqu'ici.

Ravi Vertax était un ovni chez les Turiens. Les Cabales étaient peu, voir même très peu. Statistiquement, avoir des enfants exposés à l'ezo et y survivant, devenant de surcroît des biotiques était rare. Alors avoir un tel cas lorsqu'un des deux parents faisait déjà partie de cette partie très restreinte de la population devenait l'équivalent de gagner le gros lot à un loto à six bon numéros. Pour peu que gros lot signifie être vu d'un mauvais oeil et isolé par une partie de la communauté Turienne.
La plupart du temps, les futurs biotiques apprenaient sur le tas en attendant de rejoindre les rangs de l'armée, « bidouillant » comme ils le sentaient jusqu'à obtenir un quelque chose que les formateurs achèveraient de transformer en un semblant de résultat. Qu'elle ait pu apprendre de son père était une chance que beaucoup considérerait comme un avantage injuste.

Evidemment, l'intéressée ne le voyait pas de cette manière. Les souvenirs qu'elle gardait d'elle plus jeune, étant lévitée par son père en guise de jeux - Kacus étant plus tard disputé par Calida qui voyait d'un mauvais oeil tout ce qui avait trait à cet art - auraient toujours un goût particulier. Mais il n'empêchait qu'elle préférait taire cette différence.

Elle aurait pu faire léviter l'un des balais à son tour au plus haut qu'elle le pouvait - à savoir quelques centimètres - dans un moment complice, comme s'ils partageaient l'équivalent d'une confidence, chacun dévoilant ce qu'il savait faire. L'occasion d'essayer de tisser un lien avec ce Turien au caractère si particulier, de lui montrer qu'elle ne serait pas en reste et qu'elle relevait le défi.

Elle aurait pu oui.

Elle en avait envie.

Non.

Il ne fallait pas faire de vague. Ne pas trop en montrer, observer sans dévoiler, attendre d'apprendre l'autre avant d'abattre ses propres cartes, l'une après l'autre tout en étudiant attentivement les réactions.

- Les exercices ne seront qu'un début. Pour nous évaluer et nous permettre d'apprendre ensuite, petit à petit. Comme le Lieutenant le disait, nous n'aurons pas tous le même niveau.
Les choses sérieuses commenceront d'ici un an. Quand nous aurons nos affectations. Un futur chef cuisinier n'aura pas les capacités et facilités de soldats d'intervention après tout. Ou d'un Khabalim en devenir.


Le frottement du balais sur le sol décrut petit à petit jusqu'à se taire totalement. L'adolescente resta un moment immobile, le nez vers le sol. Elle serrait le manche un peu trop à la réflexion.

Elle pouvait peut-être lui faire confiance ? Essayer au moins ?

Au pire, que risquait-elle ? Qu'un camarade lui fasse clairement la gueule, qu'il devienne froid et distant... Ce genre de joyeuseté en somme.

Peut-être qu'elle pensait vraiment trop.

L'outil s'éleva un peu du sol, resta un suspens une seconde ou deux puis retomba dans les bras de sa propriétaire. Sa respiration était un peu plus rapide qu'avant. Comme si de rien était passé, elle reprit son balayage, frottant un coin de sol qui était propre depuis déjà cinq minutes.

- D'où tu viens ? Digéris, oui, ça se voit sur ton tatouage. Mais... Où exactement ?


L'obscurité continuaient de s'étendre dans la base. Dans une lutte presque éternelle contre le noir, les lampadaires s'allumèrent, repoussant la nuit pour permettre d'y voir. Le couvre-feu n'aurait pas lieu avant vingt-trois heures. Ils avaient encore le temps de s’acquitter de leur tâche un petit peu, et de discuter se faisant.


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MessageSujet: Re: Souvenirs   Souvenirs Icon_minitimeLun 03 Sep 2018, 19:41

L’ézo. Une substance aux propriétés bien mystérieuses et fascinantes lorsque l’on y pensait. Capable de lutter contre les effets de la gravité, de faire se mouvoir des vaisseaux à des vitesses indécentes, de créer des êtres aux capacités hors du commun. Il était la clé de la puissance militaire Turienne, alimentant son imposante flotte, mais constituait aussi l’un des plus grands paradoxes de cette espèce militariste. Ce minerai, utilisé par l’ensemble des races ayant atteint l’ère du voyage spatial, rendait méfiant les natifs de la Crête Apienne. La faute à des siècles d’agissements des plus troubles, et pas toujours des plus honorables, des biotiques de cette race. La Guerre de l’Unification avait tout particulièrement marqué les esprits à ce propos, créant des griefs qui perduraient encore aujourd’hui chez les plus conservateurs ou craintifs des Turiens.

Pourtant c’était cet élément encore si mystérieux par bien des aspects qui permettait à la Hiérarchie de disposer de troupes de chocs autres que sa Garde Noire. Des êtres capables de s’infiltrer derrière n’importe quelle ligne de défense pour y faire de lourds dégâts. Pour trancher la tête de l’ennemi lorsqu’une mission d’assassinat s’imposait.  Des êtres comme eux. Du moins d’ici quelques années…

Mais en attendant, elle avait véritablement quelque chose de particulier cette Turienne. Un petit air mystérieux. Quelque chose de piquant ? Non, pas encore. Sans doute le camp d’entrainement et quelques missions sauraient-elles toutefois révéler cela chez elle. Car si la Ravi Vertax âgée de quinze ans n’avait pas encore le caractère de feu de la future Spectre qu’elle serait, quelque chose se dégageait indubitablement d’elle. S’agissait-il d’une certaine assurance en ses propres capacités, travaillées et mises en éveil par une éducation bien particulière dont Tiberius ne soupçonnait même pas l’existence ? La démonstration de ses pouvoirs à un parfait inconnu traduisait-il cet état d’esprit ? Une confiance bien plus discrète et maitrisée que celle de son congénère ? Ou bien s’agissait-il de cette curiosité qui la poussait à en savoir plus à son égard, malgré l’arrogance dont il avait fait preuve au cours de cette première journée ?

Peut-être fallait-il y voir un savant mélange de tout cela.

Car jusqu’ici dans sa courte existence, le jeune biotique n’avait croisé que très peu d’êtres doués des mêmes capacités. Plus important encore,  jamais personne ne s’était intéressé à lui comme elle le faisait. Vu comme un paria par ses semblables de tous âges confondus, élevé au sein d’un foyer monoparental au sein duquel sa mère trimait pour assurer leur pitance, le futur Kabalim n’avait jamais eu l’occasion de parler de lui.

Voilà pourquoi l’intéressé tiqua à la question de son interlocutrice, qu’il analysa longuement d’un regard surpris avant de se décider à répondre. Son balai ne faisait déjà plus aucun mouvement depuis plusieurs minutes maintenant, mais il s’en moquait bien. Si leur instructeur débarquait en revanche…

- « Je viens d’Apparitus, la capitale. C’est plus un centre administratif à l’échelle planétaire et pour les chantiers spatiaux qu’autre chose… Pas vraiment le genre d’endroit qui offre des activités variées. La seule véritable distraction d’intérêt reste le passage régulier des bâtiments de la Marine et de leurs équipages avec eux… Ce qui permet quelques discussions intéressantes. Du moment qu’ils ignorent quelles sont tes capacités… » relata le jeune biotique, haussant nonchalamment les épaules en faisant mine de se souvenir.

Il était vrai que si Digeris occupait une place majeure au sein des colonies, c’est bien de par l’importance de ses chantiers spatiaux pour la première puissance militaire galactique. D’ici quelques années, l’envahisseur Moissonneur saurait illustrer parfaitement ce fait. Auparavant, l’endroit restait une fourmilière grouillante de vie, destinée à la seule fonction d’entretenir les capacités Turiennes de projection à travers les systèmes conciliens et au-delà.

- « Ma mère a travaillé un temps sur ces chantiers. C’est de là que je tiens ceci… » poursuivit-il en contemplant sa main de nouveau soulignée d’une aura bleutée.

D’ici un an ou deux, il finirait pas développer un style agressif dans l’utilisation de ses pouvoirs. Ce petit tour de passe-passe reflétant dont ce dont il était en mesure d’user à l’heure actuelle. Bien sûr il avait noté les éléments que Ravi lui avait apporté concernant les futures affectations. Et bien sûr il était hors de question qu’il soit affecté à une quelconque tâche de maintenance ou de logistique. Ç’aurait été gâcher son talent.

Oui, l’humilité ne serait pas pour tout de suite. Au mieux cela constituait-il une chose dfficile à acquérir, et même concevoir pour le jeune Adrix. Oh, il finirait bien par s’y faire… Leurs instructeurs y veilleraient. Eux. Et leurs sanctions. Voire châtiments. Pour le moment néanmoins, il pouvait encore mettre cela sur le compte de la jeunesse et de l’inexpérience. Lui qui serait pourtant bien plus intransigeant avec les nouvelles recrues lorsqu’il viendrait un jour à commander. Un comble… Aujourd’hui cependant, occupé à raconter les détails de sa courte vie, le biotique ne manquait pas de détailler du regard la jeune adolescente. Se jaugeant l’un l’autre, ce petit jeu avait pour avantage de combler les écarts et silences où les mots ne suffisaient pas. Mais aurait-il été présomptueux d’affirmer que le jeune Tiberius portait davantage qu’une curiosité insatiable à l’égard de la Cabale ?

Pas tant que cela…

Il avait un an pour apprendre à la connaitre du mieux possible. Un an avant qu’elle ne finisse par porter son dévolu sur un autre. Cela en revanche, il n’en savait encore rien à l’heure actuelle.

- « Tu es douée pour écouter… Mais est-ce que tu l’es tout autant pour répondre aux questions qui te viennent ? » finit-il donc par demander à la jeune femme, des plus attentifs à ce qu’elle serait d’accord pour dévoiler.
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MessageSujet: Re: Souvenirs   Souvenirs Icon_minitimeLun 17 Sep 2018, 00:07
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- Je viens d’Apparitus, la capitale.

La façon dont Tiberius décrivait son ancienne ville et vie était peu loquace. Comme s'il voulait vraiment retranscrire la monotonie qui avait selon lui animé sa vie jusque là. Racontait-il pour autant la vérité ? Dans les livres que Ravi avait lu sur le sujet, Digeris était pourtant une planète à l'histoire riche. Lors de la Rébellion Krogane, elle avait été en proie au terrible chef de guerre krogan Dhal qui n'avait pas hésité à bombarder les défenses. Bien sûr les Turiens avaient répliqué et remporté la victoire mais les pertes avaient été lourdes. Tant militairement que civilement. Et puis, il y avait la vie sur les chantiers spatiaux ! Voir se construire petit à petit une frégate ou une corvette, observer le balais des navettes acheminant les matériaux nécessaires, les ouvriers qui rythmaient le chantier de leur chant et de leur vie !
Son comparse le disait lui même, il y avait aussi les soldats qui faisaient parfois escales et ceux qui étaient chargés de surveiller les navires de guerre de la Hiérarchie en pleine construction ! Ils devaient avoir des histoires passionnantes, vivantes à raconter, pas comme celles, neutres et parfois mornes, qu'on retrouvait dans la bibliothèque des Vertax. Bien sur, les livres ça restait bien. Mais écouter un vieux brisquar raconter ses aventures dans un bar avec des compagnons d'armes tout autour... C'était carrément différent !

Et c'était tout juste si le futur cabal en parlait comme d'une «expérience intéressante à tenter une fois dans sa vie».

Cette fois-ci, la jeune femme ne parvint pas tout à fait à cacher son ahurissement. Elle le regardait comme s'il venait de lui annoncer avoir déjà vu un Spuma voler avant de faire un triple axel dans les airs puis d'enchaîner avec le jonglage de trois omnilames.
Il dû sans doute confondre son expression et croire voir en ce moment une sorte de révélation. Ou alors il préféra aiguiller la discussion sur un autre sujet.

- Ma mère a travaillé un temps sur ces chantiers. C’est de là que je tiens ceci…

Ravi resta silencieuse, se contentant de hocher la tête pour lui dire qu'elle avait bien compris. Les accidents, bien que rares, arrivaient sur les chantiers. C'était de là que, d'après Kacus en tout cas, une bonne partie de ses anciens camarades venaient. Les ouvriers des chantiers, les mécaniciens, les scientifiques ... ceux qui étaient constamment exposés à un risque de fuite pourtant bien surveillé. Autant dire que les Généraux ne faisaient pas vraiment parti de la liste.

A croire que les Vertax aimaient faire dans l'originalité de bon gré mal gré.

Le balayage repris et le silence se réinstalla entre eux. Les lueurs orangées commençaient à s'évanouir alors que des teintes plus bleutés avançaient lentement mais sûrement pour recouvrir le monde de nuit. Ici et là, quelques lumières s'allumaient aux fenêtres. Dans les hébergements, évidemment.
La jeune femme jeta rapidement un regard au bâtiment destiné à la formation théorique. Elle ne vit rien. Lorsqu'on voulait observer sans se faire remarquer, on faisait en sorte que sa silhouette ne se découpe pas à la vue du premier qui aurait l'idée de lever le nez en l'air. Aussi, point de Olumion en vue pour jeter un sourire toutes dents révélées (dans le vrai sens du terme).
Cependant, elle pouvait tout de même sentir un regard sur sa nuque.

Tiberius... Disons qu'il donnait l'impression d'apprécier ce qu'il était en train de regarder. Elle lui répondit d'un sourire insolent avant de lui tourner le dos, s'étonnant elle même de son audace. Pour elle peu, elle aurait été capable de jouer un air sur le tempo de son coeur. C'était un peu une première. Qu'on s'intéresse à elle déjà, et qu'elle se permette d'y répondre sans mettre les formes ensuite.
Oh esprits, il le prendrait peut-être mal. Ou s'imaginer des choses. Mais... ça lui faisait plaisir. De dépasser d'une griffe les règles qu'on lui avait imposé depuis si longtemps.

Et ce n'était que le début. Dans quelques temps la griffe deviendrait un pied, puis une jambe, puis tout le corps jusqu'à ce que finalement les limites ne soient qu'un vague point à l'horizon, loin, très loin d'une biotique aussi orgueilleuse qu'elle serait douée dans son art. Une femme que jeune Ravi rêvait de devenir sans le dire.
Le monde était bien fait.

- Tu es douée pour écouter… Mais est-ce que tu l’es tout autant pour répondre aux questions qui te viennent ?

Le frottement du balais s'interrompit un instant.

- Oui.

Il reprit. Il fut même le seul bruit pendant une grosse poignée de seconde avant qu'il ne cesse à nouveau. Encore une fois, elle le regarda avec malice, évitant à ses lèvres de trop se soulever.

- Tu ne m'as posé aucune question.

L'adolescente passa le balais fans son dos, regardant son collègue de (in?)fortune. Elle l'aimait bien. Il était tellement différent ! Il voulait jouer les mystérieux, faire celui qui cachait un lourd passé. Ou alors, il en cachait réellement un. Et puis, il n'avait pas l'air de connaître les Vertax. Assez évident à la réflexion, quand on prenait en compte que les produits pharmaceutiques de la firme se retrouvaient avant tout sur Palaven.

- Mais, si je dois répondre aux questions que je t'imagine vouloir poser...
Je viens de Cipritine, la Capitale de Palaven. C'est aussi grand et bondé que tu peux imaginer.


Et... Que dire de plus ? «Ma mère a été contaminée à bord du Croiseur qu'elle dirigeait et au passage mon père est un biotique ?». Impossible.

- Je crois que les tours de rondes vont bientôt commencer. Si je me fais attraper à t'aider, il est possible qu'on ait des ennuis. On se retrouve demain. Au revoir !


Ravi abandonna le balais là où elle l'avait trouvé, gratifia d'un signe de la main encore un peu timide Tiberius puis fila sans demander son reste jusqu'à sa chambre.



------------------------------------------------------------------------------------------


- Après la Guerre de l'Union, la Hiérarchie imposa aux Colonies le système des Primarques. Cette décision fut à la fois accueilli avec joie par ceux qui avaient subi l'influence de chefs locaux peut aptes à diriger et avec haine par ceux qui étaient encore marqué par un farouche désir d'indépendance. Afin de laisser aux Colonies une liberté, le Primarques Arius laissa à chaque Colonie la possibilité d'être menée par un Primarque venant de son propre sein. Afin de mettre un terme final à la haine et la ségrégation qui avaient fini par causer la discorde, il mena aussi une politique donnant à chaque planète la spécialisation qu'on lui connait aujourd'hui, afin que les ressources ne soient pas concentrées en un seul endroit. De plus...


La Turienne avait la peau aussi blanche que celle de Vertax était noire. Elle avait la démarche grâcieuse, le ton sûr et la voix douce qui pouvait se montrer dure dès qu'on faisait mine de ne pas l'écouter. Sur sa poitrine, des galons de sergent, entretenus avec soin, brillaient d'un éclat argent. Elle aurait pu être tout ce qu'elle voulait être mais avait préféré rester sergent.

C'était dire si elle captivait la jeune Cabale. Le Sergent Omnis enseignait Histoire et Stratégie, deux matières auxquelles elle avait été biberonnée par Calida dès le berceau. Et ce n'était même pas une métaphore.

Pourtant, toute chose même aussi bonne et hypnotisante avait une fin. L'horloge sonna, la Section 157 se retrouva avec quelques cinq minutes de pause devant elle avant que ne s'enchaîne la formation.
Deux mois s'étaient écoulés depuis leur intégration, et les élèves avaient pris le pli, doucement mais sûrement. Ils jonglaient entre formation basique et biotique et avaient leur comptant de formation physique. Si on oubliait leur isolement et les règles spécifiques à la maîtrise de l'ezo qu'on retrouvait, ils n'étaient peut être pas si éloignés que ça du service classique.

Ravi se leva de sa chaise, se glissant jusqu'à un Tiberius qui observait nonchalament la fenêtre. C'était presque devenu un petit rituel au fil du temps. Pas dans le premier mois, évidemment, mais au fur et à mesure qu'ils avaient commencé à se parler... Et bien la turienne avait découvert qu'elle aimait bien venir «l'embêter» comme elle disait. Ce n'était jamais méchant. Tout au plus des petites taquineries. En tout cas, il ne l'avait jamais repris, bien qu'elle lui ait déjà précisé de nombreuses fois qu'il pouvait.

- Tiberius !

Elle s'assit devant lui, s'acaparant la première chaise qui venait après s'être assurée que personne n'en avait besoin dans l'immédiat.

- Dis, c'est moi où il est bientôt onze heures et aucun formateur ne t'as encore demandé de taper un raport ou de faire des TIG ?

Son gloussement fut léger, presque pour elle. Elle osait certes un peu plus, mais pas encore tant que ça.

- Plus sérieusement... Si tu n'es pas occupé d'ici la fin de l'après-midi, ça te tenterait qu'on sorte en ville avant le couvre feu ?

Tous Cabales isolés des autres militaires réguliers qu'ils étaient, ils n'en étaient pas pour autant coupés du monde, condamnés à rester enfermés dans de hautes tours. Tout au plus ils étaient... laissés de côté. Régulièrement. A vrai dire, assez souvent même.

- On pourrait... je ne sais pas, aller boire un truc. Quelque chose comme ça ?



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MessageSujet: Re: Souvenirs   Souvenirs Icon_minitimeDim 05 Mai 2019, 23:31

Il aurait été facile de se perdre dans un environnement aussi étranger… Les écoles de formation de Palaven, si elles accueillaient de jeunes conscrits depuis des temps immémoriaux, n’en restaient pas moins très différentes des bas-fonds de Digéris. Pour un gamin n’ayant jusqu’ici connu le monde qu’au travers des récits de soldats stationnés près de chez lui, ou de la bouche des innombrables ouvriers et marchands infestant les chantiers navals de sa planète, Tiberius s’adaptait de façon encourageante à son nouveau milieu. La fougue de la jeunesse et son besoin de faire ses preuves n’avaient – malheureusement – pas encore éteint l’arrogance et les étincelles de rébellion de l’adolescent, symptômes d’une personnalité reposant de sur des bases encore bien précaires.

Pourtant, et en dépit de ses nombreux manquements et punitions, le jeune Turien se distinguait quelque fois par sa soif intangible d’apprendre et de parfaire la maitrise de son potentiel biotique naissant. Et s’il se montrait encore bien trop individualiste dans ses décisions et les manœuvres qu’on leur imposait de façon quotidienne, certains instructeurs voyaient dans ses pouvoirs un moyen pour lui de transcender sa condition et de devenir un excellent élément des Cabales… A condition de réussir à dresser l’animal blessé qu’il semblait être. Un défi que bien moins encore étaient enclins à relever, hélas.

Mais parce que les Esprits faisaient bien les choses, Adrix verrait peut-être bien son salut venir d’une toute autre personne.

Depuis qu’il côtoyait de près Ravi Vertax, le futur Kabalim s’était petit à petit ouvert aux autres. D’ordinaire livré à lui-même et méprisé par son entourage sur sa planète natale, Tiberius apprenait lentement à apprécier la compagnie de ceux dotés des mêmes capacités que lui. Des progrès rendus possible par la personnalité attachante, quoique de temps en temps volontairement horripilante, de la jolie Turienne. Un petit jeu de piques et taquineries que le biotique s’était surpris à apprécier. Tant à en faire l’objet que d’y répondre de la façon la plus virulente qui soit d’ailleurs. Quant à savoir si cela avait un rapport avec le fait qu’il aime la voir sourire…

- « Tiberius ! Dis, c’est moi ou il est bientôt onze heures et aucun formateur ne t’as encore demandé de taper un rapport ou de faire des TIG ? »

- « Et aucun ne t’as encore recadré parce que tu vocifères avec tes voisins. » Rétorqua un Turien sorti de sa torpeur par celle qui était l’autre protagoniste de leur petit jeu.

Avec quelqu’un d’autre, ses propos auraient sans doute été perçus comme offensants, mais il en fallait visiblement plus pour vexer Ravi. Au pire se contentait-elle parfois de feindre d’être offusquée pour mieux se moquer de lui par la suite lorsqu’il tentait maladroitement de s’excuser. Ce qu’il ne manquait pas de faire à chaque fois, se faisant prendre comme le gamin qu’il était encore cette époque. Bien évidemment, il trouvait toujours l’occasion de se venger d’une façon ou d’une autre, mais cela se finissait toujours par créer une surenchère en face. Amenant le duo dans un cercle vicieux mais pourtant si plaisant à arpenter pour oublier la pression et la fatigue de journées si remplies que les leurs.

- « Plus sérieusement… Si tu n’es pas occupé d’ici la fin d’après-midi, ça te tenterait qu’on sorte en ville avant le couvre-feu ? On pourrait… je ne sais pas, aller boire un truc. Quelque chose comme ça ? »

La proposition de la jeune créature aux yeux verts n’avait pas manquée d’arraché un sourire amusé (et charmeur ?) à son camarade. Il aurait été bien trop hypocrite de ne pas sauter sur l’opportunité de la taquiner un minimum. Et de soulever un début de vérité ?

- « C’est une proposition de rencard, pas vrai ? » S’était-il empressé de la questionner d’un air joueur, ne lui laissant toutefois pas le temps de répondre. « Je connais une adresse qui doit valoir le coup. J’ai entendu des cadets de la 103ème en parler… »

***

Quelques heures plus tard, ils y étaient. Situé à quelques blocs de leur base, l’endroit accueillait principalement de jeunes recrues récemment intégrées et réalisant leurs classes. Quelques têtes plus anciennes entraient dans le service actif ou revenaient de leurs premières missions, se targuant du récit de leurs exploits et voyages aux plus jeunes, mais la moyenne d’âge restait somme toute peu importante. Les galons que l’on pouvait voir sur les différents uniformes reflétaient cette réalité, faisant apparaitre bien peu d’officiers dépassant le rang d’enseigne. Ce qui n’était pas un mal lorsque des gosses encore pleins d’espoir et aux passe-temps innocents souhaitaient se détendre.

Bien sûr, l’adresse n’en restait pas moins Turienne, mais ce qui pouvait apparaitre comme un troquet austère pour les autres races restait un lieu chaleureux pour les natifs de la Crête Apienne. Ici et là, on discutait des prochaines manœuvres, des tableaux de scores entre les différentes sections, des prochains départs de bâtiments à destination des systèmes extérieurs ou de la Travée… Des sujets très Turiens…

- « Ça fait un moment que l’on a pas eu l’occasion sortir de la caserne… Je dois dire que ça fait du bien de ne pas avoir sans arrêt Olymion sur le dos. »

Bien plus à l’aise dans cette ambiance détendue que dans les dortoirs ou au mess, Tiberius s’était affalé sur une banquette en retrait de la salle principale. Ravi assise face à lui, le jeune cadet lui réservait un sourire carnassier, certaines de ses dents pointant un peu trop, comme il se jouait d’elle à appuyer sur leur petit jeu du chat et de la souris.

- « Alors… Que fait Ravi Vertax pour se détendre lorsqu’elle ne cherche pas à être première de la promo ou plaire à ses instructeurs ? »

La question, posée au détour d’une bière et d’un plateau de charcuterie Turienne, se voulait bon enfant. Mais aussi potentiellement très enrichissante dans sa réponse.
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MessageSujet: Re: Souvenirs   Souvenirs Icon_minitimeMar 07 Mai 2019, 22:01
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L'ambiance général sentait bon l'armée. Depuis leur cadre photo, côtoyant des drapeaux d'escouades, des sections entières accueillaient les visiteurs par leur regard fier et leur droiture. Sur chacune des photos plus ou moins jaunies par le temps on retrouvait le même instructeur. Les plus attentifs des clients avaient déjà remarqué la ressemblance entre lui et le patron du bar à l'instar de Ravi. Lorsqu'elle lui en avait fait la remarque, il s'était contenté de sourire pour lui même en déposant leur commande. Il souriait toujours d'ailleurs tandis qu'il rangeait verres et planches derrière son comptoir.

Abandonnant l'idée de tirer ses secrets du vieil homme, la jeune Cabale s'enfonça un peu plus dans le fauteuil moelleux qui lui servait d'assise et attrapa sa pinte. Sa fraîcheur lui chatouilla la paume et l'odeur les narines. Bien qu'isolés au fond du bar, le duo pouvait largement entendre les rires sonores des autres Turiens présents. Envers et malgré tout, crachée par un vieux juke box, la musique jazzy à souhait dominait l'ambiance sonore, sans pour autant rendre la moindre conversation inaudible. Elle redonnait un petit coup de pep's aux recrues fatiguées de leur journée.

Ravi respira un grand coup. L'odeur de bière et d'alcool était mêlée à celle de la sueur et des repas chauds que la petite kitchenette réussissait à sortir au gré des commandes. Elle pouvait aussi sentir un vague soupçon de parfum qui ne réussissait pas tout à fait à noyer celle des savons utilisés pour nettoyer le sol.
Rien dans ce bar ne laissait supposer à un rencard. Ce qui n'était pas du tout pour lui déplaire, attention ! Ce n'avait d'ailleurs jamais été sa proposition. Jamais elle n'aurait pensé que... Non, non ! Et dire que Tib avait cru qu'elle... Qu'elle puisse... Enfin qu'il avait imaginé qu'elle pensait à ... Dans le sens...
Non. Quoiqu'il ait imaginé, la réponse était non.

Là où une Humaine aurait rougit, Vertax fit cliqueter ses mandibules. Adrix l'avait bien eu tout à l'heure, avec cette petite pique. La preuve, elle y repensait encore, des heures plus tard. Le Turien n'aidait pas il fallait dire, allongé comme s'il était le roi du monde sur sa banquette. Elle lui rendit un petit regard faussement hautain comme Calida savait si bien les faire.

- Ça fait un moment que l’on a pas eu l’occasion sortir de la caserne… Je dois dire que ça fait du bien de ne pas avoir sans arrêt Olymion sur le dos.

- Tu exagères, ronchonna Ravi Vertax en relevant ses yeux de sa bière.

- Olymion peut paraître sévère, mais il reste juste. Clairement, te faire nettoyer la base tous les deux jours ne l'amuse pas mais tu le cherches il faut dire.
Tu as du potentiel Tib ! C'est ce qui est agaçant avec toi d'ailleurs parce que tu le sais. Si tu apprenais un tout petit peu à faire preuve d'humilité et à accepter la critique que tu estimes injustifié, tu pourrais devenir un véritable prodige.
Il le sait. Toi... moins
, finit-elle par dire en souriant dans son verre.

Si ses mots avaient avaient touché le fier Tiberius Adrix, celui-ci n'en montra pas grand chose. Il était ainsi.

- Alors… Que fait Ravi Vertax pour se détendre lorsqu’elle ne cherche pas à être première de la promo ou plaire à ses instructeurs ?

- C'est vexant, répliqua l'intéressée d'un claquement de langue. Je ne cherche pas à plaire aux instructeurs, je respecte juste leurs instructions. Il faudrait que tu essayes un jour, pour voir ce que ça fait.

Ses dents dévoilées ajoutaient du mordant à sa pique.

- Sinon... Et bien, on pourrait dire que les cours d'économie et de gestion optionnel sont un divertissement... S'ils n'étaient pas d'un ennui mortel.
Tu devrais entendre ma mère à ce sujet... « Ravi, si tu ne comptes pas faire carrière comme une Varso, alors tu prendras au moins la tête de l'entreprise comme une Vertax ».


Un voile passa devant ses yeux; ses lèvres et ses mandibules se tordirent en une grimace, laissant entendre ce qu'elle en pensait. La Grande Générale Calida suivait la scolarité de sa fille avec l'assiduité d'un vautour au plus grand détriment de cette dernière.
Très étrangement, la vie recluse et isolée des Cabales lui avait fait découvrir un bout de liberté, notamment celle de choisir ce qu'elle voulait faire. Mais même loin, sa mère avait trouvé un moyen de lui mettre des fers.
Avec le temps, elle finirait par lui laisser l'espace dont elle avait besoin mais ça, la jeune femme l'ignorait pour l'instant.

- Elle n'a pas compris que je me sentais bien ici. Pour elle, il n'y a que l'armée régulière qui existe...

La Turienne avala une grande goulée de bière avant de reprendre. Celle-ci lui réchauffa l’œsophage et un peu le coeur.

- Bref. Ta question porte sur moi et pas mes problèmes de famille.

Sinon, dans ce qui me fait vraiment plaisir ... Je lis. Le Sergent Omnis a parlé des Tactiques du Général Delius la semaine dernière, tu te souviens ? C'est passionnant, il a beau l'avoir écrit il y a trois siècles, un bon nombre de ses conseils sont encore applicables si on prend en compte l'évolution des technologiques et qu'on... Dis donc, tu te moques de moi ou je rêve ?


Tiberius avait beau jouer les innocents, son sourire goguenard parlait pour lui. Comme si apprendre ne signifiait pas se détendre !
Sa comparse envoya un morceau de viande séchée en sa direction, qu'il attrapa habilement entre ses griffes.

- Lire c'est se détendre je te signale !
Que dire de plus... Je m'entraîne au combat en dehors des heures et à la biotique ... Ah, tu vois que tu te moques ! Ne nie pas, je te vois sourire, espèce de perfide petit vortcha !

Et sinon, Monsieur « Pardonnez Miss Vertax ».... Tu connais Vivia ? C'est une Cabale de la 158ième Section. Elle m'apprend la musique. Pas l'histoire de l'art ou ce genre de chose.

Je veux dire... A jouer d'un instrument. Et à chanter.


Sa voix se fit moins féroce. A vrai dire, elle était même un peu hésitante désormais, comme si elle était en train de partager un secret honteux avec son camarade.
L'amour de la musique lui était venue il y a longtemps de cela, lorsque son père chantait pour elle. Un loisir qu'elle n'avait jamais pu vraiment pratiquer. Pouvoir apprendre à son tour cet art... C'était comme un vieux rêve devenu réalité.

- J'ai une belle voix d'après elle.
Elle chuchotait presque désormais mais finit par se ragaillardir. Et un bon sens du rythme. Elle a prédit que si je m'entraîne assez, je devrais savoir jouer l'hymne avant trois mois.
C'est une optimiste, mais j'ai bien envie de lui donner raison.


Elle vida sa bière d'un tiers, chassant la vague de nostalgie qui avait commencé à l'envahir, avala quelques morceaux de viande pour finalement retourner la question à l'envoyeur.

- Et toi alors ? Qu'est-ce que tu fais lorsque tu n'es pas en TIG ? Et que tu ne t’entraînes pas au combat ? Et que tu ne te bats pas avec Erain sur qui est le plus fort ? Et que tu n'es pas occupé à te plaindre que les formateurs sont sur ton dos ? Et que tu ....

S'il ne l'interrompait pas, il y avait moyen qu'elle continue comme ça un long, très long moment.




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MessageSujet: Re: Souvenirs   Souvenirs Icon_minitimeMer 17 Juil 2019, 22:09

Comment peut-on se confier à quelqu’un sans vraiment le connaitre ? Cette question, Tiberius se l’était posé tout au long de sa courte vie… Solitaire de nature, rejeté par ses quelques connaissances du fait de ses dons particuliers et honnis chez les siens, l’adolescent n’avait pas entretenu d’amitié solide à une ou deux exceptions près jusqu’ici. Le gamin renfermé qu’il était, et l’officier exigeant et introverti qu’il deviendrait par la suite, n’étaient au final pas si différents que cela. Seul leur rapport au monde, la tempérance dans l’attitude et les propos échangés avaient évolué. Certains diront en mal tant le Kabalim se trouvait parfois avare de mots ou d’empathie. Mais les quelques-uns qui vécurent assez longtemps dans son entourage pour survivre à la guerre savaient ce point de vue biaisé par une réalité plus relative.

En face, c’est une toute autre personnalité qu’il fréquentait depuis de longues semaines. Positivité, joie de vivre, humour acide et impertinence maitrisée à la perfection. Ravi Vertax possédait décidemment toutes ces qualités dès le plus jeune âge. Il s’en fallait de peu pour qu’elle devienne l’âme de la 157ème Section. En plus de se montrer horripilante sur commande… Un jeu dans lequel Adrix était devenu un acteur majeur, sans trop comprendre comment ni pourquoi, mais qui s’avérait finalement assez plaisant. Aussi, sans surprise, les conseils et remarques de la jeune Turienne sur son comportement glissèrent sur les plaques osseuses du natif de Digéris comme les avances d’une Asari libidineuse sur un Galarien modèle. Au lieu de tirer des enseignements des paroles pourtant censées de la future Spectre, c’est bien évidemment sur les passe-temps de la concernée qu’il jugea bon de s’attarder. Pour s’en moquer comme il était de coutume entre eux.

- « Toi ? Chanter ? Rappelle-moi de prendre une perm’ le jour où tu t’y essayeras devant un public. Que je puisse m’éloigner quelques jours… Sans rancune, hein. Tu es plutôt mignonne, mais je te vois mal en bête de scène… »
Rétorqua l’adolescent sur un ton moqueur.

Le compliment sur l’apparence de la jeune Vertax était pourtant sincère, quand bien même l’habillage laissait fortement à désirer dans ses propos. La chose devait lui avoir échappé, mais il sembla éluder la question. Ou ne pas du tout s’en être rendu compte, plus vraisemblablement. Toujours est-il qu’il enquilla rapidement sur la question qui fâche, et que l’on aurait pu grossièrement traduire par « Qui es-tu Tiberius Adrix ? ». Du moins du point de vue d’un gamin qui n’avait pas des masses apprécié se lier avec d’autres jusqu’ici. Bien sûr, ils s’étaient quelque peu confié l’un à l’autre au fil des dernières semaines, mais parler de lui le mettait toujours mal à l’aise un moment.

- « Eh ben… A part rendre dingues les instructeurs… »

Il vida d’une traite ce qu’il restait de son verre pour gagner un peu de temps. La brûlure qu’il ressentit au fond de la gorge au passage breuvage de confection Palavenni parut lui donner du courage. Ses mots n’avaient rien de naturels, mais au moins était-il plus enclin à parler. On peut le dire, le gamin arrogant qui cherchait à briller et effacer les autres par son talent en perdait sérieusement de sa superbe.

- « Je te l’ai dit le premier jour… J’ai rien du gamin très respectable ou même passionnant… Mon truc, c’était de chercher des histoires pour m’évader du trou dans lequel j’ai grandi sur Digéris. Ma mère a fait tout ce qu’elle a pu, mais j’ai toujours eu le don de la mettre dans la merde… Contrairement à l’image que je donne… Je pense vraiment que le service est ma chance. Alors en plus de l’entrainement… Ça m’arrive de peaufiner à l’écart les cours théoriques, là où j’ai encore le plus de progrès à faire. Je pourrais le faire avec les autres mais… Faut croire que j’ai encore du mal à faire confiance. Les récits de voyages, de prouesses guerrières, le sport et l’entrainement… Voilà ce qui m’occupe à défaut d’autre chose. Ce talent, c’est… »

- « Oh ! Vous deux ! Vous seriez pas des Erreurs par hasard ? Je vous ai déjà croisé… »

Des «Erreurs » … C’est le nom que donnaient parfois entre eux les plus méprisants des jeunes conscrits à l’égard de leurs homologues biotiques. Peu osaient l’évoquer en présence des destinataires de ce sobriquet à cause de l’aura qui entourait ces individus, mais un excès d’alcool ou une trop grande gueule faisaient parfois mentir cette habitude. Tiberius Adrix, cadet des Cabales pourtant si distant et taciturne avait commencé une longue confidence pour être stoppé dans son élan par un autre congénère, peut-être de deux ou trois ans plus vieux qu’eux. Marqué de tatouages distinctifs de Palaven, le type devait avoir sifflé un verre de trop. Mais juste assez pour lever certaines inhibitions. Et entamer une marche vers un comportement autodestructeur.

- « Oublie ce que j’ai dit… Les gars de la 103ème n’ont aucun goût… » Glissa Tib à l’attention de sa camarade après avoir jaugé du regard l’intrus. « Tu es sûr de vouloir faire connaissance ? »

- « Je suis sûr que vos tronches me reviennent pas… Comme ce que vous êtes d’ailleurs…»

Il n’en fallait pas plus pour ramener le futur gladiateur dans ces élans d’impulsivité pouvant lui coûter cher.

- « Franchement… La demoiselle ici présente à tout d’une fille de bonne famille, fille de Générale, des proportions qui sont plutôt plaisantes à regarder, non ? Mais à voir la forme de ta crête, je dirais que c’est plutôt toi qui tiens de l’erreur de conception… Tu es sûr d’avoir été conçu avec beaucoup d’amour ? De l’amour alcoolisé peut-être ? Mais si tu commençais par arrêter de claquer des mandibules pour te donner un air, on regarderait un peu moins ta tronche en biais… »

C’est sans doute à ce moment que l’ambiance déjà pesante autour de leur table et celles alentour se dégrada pour de bon. Tout ceux à portée d’oreilles cessèrent leurs discussions pour observer la scène avec intérêt ou réprobation de voir leur instant de détente si savamment gâché. Les choses devinrent dès lors plus concrètes lorsque leur encombrant invité esquissa plusieurs pas rapides en direction de Tiberius. Celui-ci accueillit l’approche de son interlocuteur en se levant avec plus de rapidité encore qu’il n’en fallait pour se mettre au garde à vous, sa main droite enveloppée d’une lueur bleue caractéristique. Il ne maitrisait peut-être pas assez son potentiel biotique pour tuer, mais ses récents progrès devaient bien lui permettre de parfaire l’art ancestral de la baston de comptoir… Assortie de sa sempiternelle raclée.
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MessageSujet: Re: Souvenirs   Souvenirs Icon_minitimeDim 28 Juil 2019, 22:24
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- Toi ? Chanter ? Rappelle-moi de prendre une perm’ le jour où tu t’y essayeras devant un public. Que je puisse m’éloigner quelques jours… Sans rancune, hein. Tu es plutôt mignonne, mais je te vois mal en bête de scène…

Il y avait différentes façons de réagir à une telle phrase : en ne se concentrant que sur les insultes, on pouvait s'effaroucher, bouder voir même hurler. Si on préférait le compliment - qui en était un sans trop en être - il y avait la gêne, la surprise, le très comique « J'ouvre la bouche, je la referme, on dirait un poisson et je bafouille » ou le bien plus pitoyable « K... kwa ? Pff, n'importkoi baka >.< ».
Ravi, en femme de goût, préféra le très classe, passe-partout mais aussi un peu lâche «faisons comme si je n'avais rien entendu». Ne serait-ce que parce que n'importe quelle autre réplique aurait entraîné une réaction en chaîne aboutissant à un des comportements ci-précédemment évoqué - voir à tous en même temps.

- Mais sinon..., ce que tu fais toi, à part insulter les gens ?, redemanda-t-elle d'une voix à peine plus aiguë qu'à son habitude.

Béni soit les Esprits, la discussion quitta le sentier boueux des demi aveux d'adolescents possiblement amourachés pour reprendre l'autoroute d'une saine discussion entre amis. Tiberius ne divergea pas trop, aussi Ravi n'eut pas à l'assaillir de questions. Elle l'écouta sans mot dire, buvant sa bière froide à petites gorgées. Elle n'en remarquait même pas le goût, intéressée par ce que son comparse disait. La pinte avait été largement fini avant le monologue du Turien.

- … Faut croire que j’ai encore du mal à faire confiance. Les récits de voyages, de prouesses guerrières, le sport et l’entrainement… Voilà ce qui m’occupe à défaut d’autre chose. Ce talent, c’est…

- Oh ! Vous deux ! Vous seriez pas des Erreurs par hasard ? Je vous ai déjà croisé…

Esprits, les imbéciles étaient de sortie. Le grossier personnage avait à peine la vingtaine mais se pavanait comme un vétéran de guerre humain ivre. Si les vétérans humains ivres se comportaient bien comme dans les holos, à savoir bavant leur succès, gonflant leur poitrine à la manière d'oiseaux en pleine parade nuptiale et cherchant des noises pour bien montrer qu'ils avaient la paire (de mandibule, évidemment. Le manque de mandibule n'était d'ailleurs pas la seule chose qui était absente chez eux) la plus grosse.
La biotique tiqua, faisant claquer sa langue contre son palais. Tiberius Adrix aurait pu être surnommé l'Huître de Digéris tant il se faisait un malin plaisir à rester cloîtré dans son mystère; il avait été interrompu alors qu'il commençait à s'ouvrir et ça, c'était très contrariant. S'il s'imaginait surpris en situation «de faiblesse» (et le jeune militaire était capable de se sentir honteux d'avoir parlé), il faudrait y aller au pied-de-biche la prochaine fois qu'elle voudrait en savoir plus sur lui. Métaphoriquement ou pas, d'ailleurs.

- Nous sommes moins des Erreurs que l'est vôtre éducation.

Vertax se mordit la langue tout de suite après. Répondre à l'insulte par une autre n'était pas très malin, ni poli mais il l'avait agacé. Néanmoins, ce faux pas - que Calida aurait sanctionné d'un regard noir - avait quelque chose de plaisant. C'était comme écraser son poing sur son adversaire sans pour autant le toucher. Leur aîné lui jeta un oeil mauvais tandis que son cerveau alcoolisé tentait de comprendre l'étendue de l'offense. Ce soir là, Ravi comprit que les mots avaient un pouvoir intéressant : bien manipulés, ils devenaient des armes bien plus efficaces que la force.

- Je suis sûr que vos tronches me reviennent pas… Comme ce que vous êtes d’ailleurs…

- Franchement… La demoiselle ici présente à tout d’une fille de bonne famille, fille de Générale, des proportions qui sont plutôt plaisantes à regarder, non ? - derrière lui, l'intéressée fit de grand signe pour nier les deux affirmations mais c'était trop tard. La moitié du bar avait entendu sa filiation. Bordel. Elle aurait dû préciser plus tôt qu'elle ne voulait pas que ça se sache plus que nécessaire. - Mais à voir la forme de ta crête, je dirais que c’est plutôt toi qui tiens de l’erreur de conception… Tu es sûr d’avoir été conçu avec beaucoup d’amour ? De l’amour alcoolisé peut-être ? Mais si tu commençais par arrêter de claquer des mandibules pour te donner un air, on regarderait un peu moins ta tronche en biais…

Que faire lorsqu'on se retrouve au milieu de deux mâles aux hormones en plein développement et avec une fierté digne d'un coq effarouché dans une basse-cour pleine de poules croisant un prétendant au trône ? On pouvait être la poule en question et se contenter de regarder en battant de temps à autre des ailes histoire de faire mine de participer. Ou on pouvait se comporter en Turienne et se jeter à son tour dans la bataille. Ou, dernière option, on pouvait se comporter en Turienne intelligente et se rappeler les divers interdits que les recrues rencontraient, à savoir : ne pas utiliser sa biotique dans le civil sauf danger imminent, ne pas se battre en permission sauf pour se défendre ou défendre autrui et ne SURTOUT pas se battre avec sa biotique sauf point un et deux rassemblés. Des règles qu'Adrix prenaient en ce moment pour de vagues recommandations et qu'il allait enfreindre dans la joie et la bonne humeur. Il était inutile de préciser que leur infraction entraînerait une sanction allant bien au-dessus de quelques heures de TIG.

Tout se passa très vite : L’intrus bondit sur Tiberius, Tiberius lui bondit dessus, son poing enveloppé d'ezo, la table chuta sur le côté, les clients retinrent leur souffle, plusieurs d'entre eux - plus âgé et donc leur supérieur - se levèrent avec la ferme intention de mettre un terme à la bagarre, le patron qui avait tout surveillé du coin de l'oeil hurla depuis son comptoir... Et Ravi sauta entre les deux comme un tigre saute à travers un cerceau enflammé.
Ce fut comme se retrouver entre le marteau et l'enclume : Tib' cessa l'attaque sous l'effet de la surprise, dissipant sa concentration et par là même sa biotique. Le coup de leur agresseur ne s'arrêta pas lui : il vint la cueillir sur la pommette gauche, écrasant son poing avec toute la force qu'il avait. La jeune femme fut envoyée rouler au sol dans un grondement. Elle sentit le pied de la table s'enfoncer dans son flan, lui coupant momentanément le souffle avant qu'elle ne finisse sa course contre la banquette. Ses réflexes lui avaient permis de se rouler en boule pour minimiser les dégâts mais la douleur était là.

De nombreux yeux passèrent d'elle à son agresseur. La situation venait de changer : ce n'était plus deux jeunes coqs orgueilleux qui se volaient dans les plumes désormais. Il s'agissait d'une pauvre Cabale gratuitement agressée en cherchant à séparer une bagarre et qu'un camarade totalement innocent se retrouvait à défendre contre un psychopathe qui continuait à vouloir en découdre.
Si elle l'avait pu - et si son collègue n'était pas présentement en train de casser la gueule à son adversaire - elle lui aurait adressé un triomphant pouce levé.

- VOUS ALLEZ VOUS CALMER TOUT DE SUITE ! J'VEUX PAS DE CA DANS MON BAR !, hurla le patron alors qu'il saisissait le plus âgé par le col, le poussant rudement en arrière. Trois de ses amis le plaquèrent immédiatement sur le sol alors qu'il se débattait, promettant à qui voulait l'entendre qu'il allait «dégommer ce fils de pute d'erreur de la nature qui avait osé le toucher».
Il danserait différemment, songea Ravi alors qu'on le traînait dehors, face au conseil disciplinaire demain.

Le calme revint et les discussions reprirent, mais différemment d'avant l’altercation. On faisait mine de parler tout en tendant l'oreille, histoire de voir quelle tournure allait prendre les événements. Une partie de ceux qui s'étaient levé sortirent à leur tour, sans doute afin de relever les identités des membres de la 103ième et en toucher un mot à leur superviseurs, d'autres se dirigeaient vers elle pour voir si elle allait bien.
Le patron la remit sur pied sans trop de ménagement.

- Blessures ?

- Je vais bien Monsieur. Un peu secouée, c'est le cas de le dire mais ça va.

Il renifla en la jaugeant d'un rapide coup d'oeil.

- Bien. Je ne sais pas si c'était réfléchit ou juste stupide, mais la prochaine fois, laisse ton camarade assumer ses conneries. C'est lui qui aurait dû attendre de recevoir le coup avant de frapper. Ou assumer le conseil disciplinaire après avoir joué les caïds dans mon bar.

- Et ben..., commença Ravi avec un grand sourire, comme le disait le Général Delius dans ses Tactiques : « Si, dans une situation de conflit, vous pouvez effectuer un sacrifice pour gagner un avantage, analysez bien la situation : si le sacrifice est moindre par rapport à l'avantage que vous gagnerez et que vous pouvez vous le permettre, alors saisissez l'occasion. ».

Elle adressa un clin d'oeil complice à Tiberius, ignorant la douleur qui la lançait dans la joue. Le grand Turien renifla une nouvelle fois. Son air était impénétrable, ne laissant pas vraiment deviner ce à quoi il pensait.

- Je t'apporte de l'eau. Bois un coup. Plus d'alcool pour vous deux pour ce soir.
Restez calme; si vous faites encore des merdes dans mon bar, premier coup ou non, je m'adresse directement à votre chef de section. Vu ?


Le bar reprit définitivement son ambiance précédente après que la table fut relevée. Ravi but son verre à petite gorgées et... attendit la suite.




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MessageSujet: Re: Souvenirs   Souvenirs Icon_minitimeHier à 19:47

Sanction disciplinaire, passage en cour martiale, faire du trou… Tous ces possibles dénouements à sa langue bien pendue et au coup de sang qui va avec, Tiberius les avait chassé de son esprit étriqué de gamin des rues bagarreur sitôt que le pouvoir qui sommeillait en lui se mit à être canalisé dans son bras pour se matérialiser au bout de ses doigts. Cette puissance grisante qu’il apprenait à maitriser depuis peu avait toujours été son meilleur allié comme son pire ennemi. Elle lui assurait protection et confiance en lui, mais ne faisait que l’éloigner des autres et le mettre dans des situations périlleuses depuis qu’elle s’était un jour manifestée. Une autre grande gueule du genre de celle qui lui faisait face, quoique bien plus jeune, en avait fait les frais ce jour-là. Il s’en était alors fallut de peu pour qu’il ne risque d’être séparé définitivement de sa mère… A partir de ce moment-là, il s’était fait un devoir d’apprendre de lui-même un maximum de chose sur ses capacités et d’apprendre à les connaitre, les contenir, puis un jour les maitriser pleinement. S’il était parvenu à remplir les deux premiers objectifs à force de pratique, ce n’est qu’en entrant chez les Cabales que le dernier et plus complexe d’entre tous lui avait semblé réalisable.

Pourtant… Pourtant face à ce type qui l’exaspérait et remettait en question sa propre existence et celle de sa comparse de beuverie, ses vieux démons remontaient à la surface. Ceux qu’il avait jusqu’ici exorcisé de son usage de la biotique, pour ne les écouter qu’en d’autres contextes. Impulsivité, élans caractériels et agressivité… Autant de facteurs qui consumèrent les dernières onces de raison qui habitaient l’esprit adolescent et sous hormones de Tiberius Adrix. Des facteurs qui firent briller d’un bleu vif le poing levé du jeune Cabale, lancé à toute vitesse en direction des mandibules disgracieuses de leur importun d’invité.

- « VOUS ALLEZ VOUS CALMER TOUT DE SUITE ! J'VEUX PAS DE CA DANS MON BAR ! »

La beuglante poussée par le patron du bar coupa le Turien aux tatouages blancs dans sa course. Brisant sa concentration, sa biotique s’effaça en même temps que son agression sur le visage grêlé de colère et d’alcool de son opposant. La concentration. Encore un truc qu’il se devait se travailler, en y repensant…

Ce qu’il n’avait également pas anticipé, en plus de l’intervention du maitre des lieux, c’est que sa camarade de Section, toujours aussi portée par son altruisme la forçant à vouloir sauver des causes perdues, s’interposa entre eux. Résultat des courses, lorsque c’est elle qui reçut le coup qui lui était préalablement destiné, le sang du futur Kabalim ne fit à nouveau qu’un tour. Le poing toujours serré fermement en l’air reprit un léger élan pour gagner en puissance et s’écrasa cette fois-ci en plein sur sa cible. Dénuées de renfort biotique, les phalanges du Turien parvinrent tout de même à coucher le jeune engagé. Quoique toujours trop loquace au goût d’Adrix si l’on s’infligeait la torture d’écouter ses vociférations et menaces. L’altercation serait sans doute montée crescendo si les esprits sensés occupant le débit de boisson n’étaient pas venus les séparer. Au grand dam de Tiberius, il fallait être honnête…

Ce dernier n’écouta d’ailleurs que d’une oreille l’échange entre le tenancier et sa camarade. Trop occupé à fusiller du regard le type que l’on exfiltrait des lieux, l’adolescent ressemblait alors étrangement à cette image que l’on peut avoir d'un spuma dressé pour le combat et avide d’en découdre.

- « Et ben..., commença Ravi avec un grand sourire, comme le disait le Général Delius dans ses Tactiques : « Si, dans une situation de conflit, vous pouvez effectuer un sacrifice pour gagner un avantage, analysez bien la situation : si le sacrifice est moindre par rapport à l'avantage que vous gagnerez et que vous pouvez vous le permettre, alors saisissez l'occasion. ».

Il n’y avait pas assez d’alcool sur tout Palaven pour qu’il écoute les leçons de stratégie de Ravi dans un moment comme celui-ci. Pas alors que le sang lui battait encore les oreilles. Mais cet état de rage se fit moins pressant et marqué lorsqu’il put de ses propres yeux constater l’effet qu’avait eu l’échange sur elle. Car si rien ne laissait supposer un traumatisme, le Cabale avait suffisamment prit de coups dans des "jeux mouvementés" avec les crapules en culotte courtes de Digéris pour imaginer quel genre de douleur son amie pouvait bien ressentir. Était-elle seulement une amie d’ailleurs ? Jusqu’ici, Tib ne s’était pas véritablement intéressé à la question… Mais peut-être que…

Peut-être pouvait-il désormais la considérer ainsi maintenant qu’elle venait de prendre un tel risque pour lui ?

- « Toujours à venir à la rescousse des cas désespérés… Tu aurais du me laisser l’étaler par terre. » Constata-t-il d’un ton amer en guise de réponse.

Le fait d’avoir été la cause de ses problèmes et qu’elle ait put être blessée par sa faute le mettait mal à l'aise. La jeune et jolie Cabale n’avait fait que lui porter un intérêt bienveillant – et moralisateur – depuis leur rencontre, et lui la remerciait en en faisant un punching ball sur pattes… Il pouvait littéralement compter sur les doigts d'une main les fois où quelqu'un lui avait apporté son soutien dans ce genre de situation. Et voilà ce qu'il en coûtait à la malheureuse. Les humains affectionnent tout particulièrement l'idiome "Trop bon trop con.". Mais dans le cas présent, c'est lui qu'on pouvait qualifier de con. Indubitablement. Pendant quelques minutes, il se mit donc à fuir le regard de Ravi. Se cherchant le courage de la regarder à nouveau dans les yeux au fond d'un verre... d'eau. Mais puisque ce breuvage sans âme ne peut aider que les plus malades en cure dans cet office, le jeune cadet finit par de nouveau porter son attention sur l'intéressée lorsque le contenu cristallin de son verre finit de disparaitre.

- « Désolé... Je me suis emporté, et t'en as fait les frais. Je sais que j'aurai du l'ignorer mais... Lorsque j'entends ce genre de trucs sur ce que nous sommes... Je l'ai trop entendu sur Digéris pour laisser couler. » Tenta t-il de se justifier maladroitement.
Le reste de leur présence dans le bar se résuma à des échanges gênants, et si Ravi tenta peut-être de désamorcer le malaise à sa façon, cela ne porta guère ses fruits. A la place, le Cabale chercha plutôt à s'amender de façon immédiate. Bien que leur permission ne verrait son terme qu'à minuit tapante, le duo repassa donc par leur caserne. Si des échos de l'altercation étaient parvenus jusqu'ici, on ne leur fit aucune remarque sur le trajet, signe que les choses verraient peut-être un dénouement plus lointain. Comme le lendemain matin à la premier heure... Encore que si c'était le cas, Tiberius ferait en sorte de tout prendre sur lui. Néanmoins, puisque l'heure n'était pas à la discipline, l'adolescent entraina sa comparse en dehors de la base sitôt le motif de leur passage éclair révélé.

C'est sur les hauteurs de Cipritine, alors que le soleil n'allait pas tarder à se coucher que les deux cadets s'installèrent au chevet de la ville. Sur le rebord de la corniche dont ils avait fait leur nid, le duo put admirer le spectacle de l'astre disparaissant peu à peu derrière les tours de cristal. Le cadre rêvé pour permettre à Tib' de faire usage de la trousse de soin qu'il s'était procuré auprès d'un camarade de leur section. Et de voler un baiser bref et sorti de nul part à la jolie Turienne de bonne famille...

- « Tu veux bien... chanter pour moi? » Demande t-il finalement à l'intention de Vertax, leurs visages s'éloignant l'un de l'autre alors qu'il cherchait à faire oublier ce "moment de faiblesse" en s'occupant de traiter sa mandibule désormais enflée par le coup de poing.

Elle avait bien tentée de l'en dissuader, de dire que ce n'était rien... Mais impossible de l'en empêcher. Pas après avoir prit un coup pour lui. Pas après avoir été la cible de ce geste d'affection à les surprendre tous deux. Celui de ses lèvres avides de garder les siennes pour elles...

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