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 Gabriel Allen

Messages : 7
Crédits : Mirror's Edge Catalyst

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MessageSujet: Gabriel Allen   Gabriel Allen Icon_minitimeJeu 10 Mai 2018, 21:57
Registre Galactique des espèces
GABRIEL ALLEN

Informations primaires

Sexe : Masculin
Espèce : Humain
Âge : Quarante ans
Faction : Indépendant
Poste / Grade :
Parenté : M. et Mme. Allen
Situation maritale : Célibataire
Planète d'origine : Terre


Histoire

Né en 2163, la vie de Gabriel n’a rien de bien marquant. Il est né dans cette famille aux revenus moyens, permettant leur subsistance et leurs loisirs, mais guère plus. Son éducation n’a pas été plus stricte ou coulante qu’un autre enfant ; ses parents veillaient à ce que chaque punition ou remarque — quelle qu’elle soit — soit comprise et assimilée. Les fondations furent un apprentissage du respect, de la décence et de l’ouverture d’esprit. Ils l’encourageaient à lire, à écrire et en grandissant, à être conscient de son environnement à toutes les échelles. Gabriel avait une sœur, de douze ans son aînée, qui fut parfois sa mère lorsque celle-ci avait des difficultés. Ils en gardent tous deux, à l’heure actuelle, une forte complicité et une compréhension mutuelle. Il étudia l’économie et la sociologie dans une faculté et fut contraint, pour financer ses études, de devenir coursier pour un modeste courtier en information humain. Dans certains cas dangereux, toujours physique, il était l’émissaire et, avec le temps, était devenu un moyen plus sécuritaire pour le transfert d’informations hors des réseaux surveillés.
Alternant ses obligations scolaires avec ses courses quotidiennes durant plusieurs années, Gabriel et son employeur ne prirent conscience de la réalité des Moissonneurs que tardivement, vers la fin de l’année 2185, juste avant que la Terre ne soit attaquée l’année suivante. Si jusqu’ici les alertes n’avaient jamais été relayées sérieusement, elles se firent plus insistantes et paniquées et le dédain cynique de la population laissa progressivement place à une préoccupation prioritaire : sauver sa vie. Interrompant d’abord leur activité, sans grande surprise, les deux hommes usèrent de leur réseau pour transporter — et vendre, le business ne devait pas être oublié — des informations aux différents acteurs militaires en manque cruel d’intelligence. Les armées n’avaient jamais été sollicitées de la sorte, si intensément, et une grande partie du budget des divers camps partait, sans doute aucun, vers les ressources militaires. Durant ces deux années qui pour beaucoup d’individus, si ce n’est la majorité, furent les plus éprouvantes de leur vie, Gabriel continuait inlassablement de transférer des informations à une cadence plus qu’effrénée. Les longues courses, habituellement rythmées par les seuls déplacements et les extractions, nécessitèrent de plus en plus de combattre contre des ennemis sans cesse plus redoutables : des profiteurs sans foi, des déments déconnectés et des aliens fous furieux qui vous glaçaient le sang à la seule entente de leurs bruits dégoûtants. Il dut mettre de côté sa réticence à tuer, cette fois-ci, sa vie était en jeu et la réussite de nombreuses opérations dont, involontairement, il dépendait. Malgré le chaos ambiant, la paranoïa permanente et des moyens alimentaires et basiques qui s’amenuisaient comme neige au soleil, ce fut une fastueuse période, riche en crédits. À la fin de la guerre, en 2187 et alors qu’il fêtait à peine ses vingt-quatre ans, il se souvient de lui comme un homme amaigri et faible, mais comparativement en bonne santé par rapport à une population majoritairement souffrante, de maladies et de carences fortes principalement. Paradoxalement, il était devenu bien plus athlétique et endurci qu’il ne l’était trois années auparavant et choisissait bien moins souvent la fuite au combat, maintenant qu’il parvenait à maîtriser correctement des armes qui suffisaient à effrayer l’idiot comme l’intelligent au premier coup d’œil. Au milieu des décombres, des blessures physiques comme morales, la reconstruction commença parce qu’ils étaient tous obligés même si quatre-vingt-dix pour cent de la Terre ressemblait à un tas de gravats poussiéreux et encore fumant cachant encore, telles d’affreuses tombes, des corps dont l’absence déchirait les familles meurtries.

La vie de Gabriel changea une nouvelle fois, positivement cette fois, à l’aube de sa trente-deuxième année. Pour suivre la piste d’une information, bien plus importante qu’à l’accoutumée selon leur source.

***

D’un rictus étirant ses lèvres, Gabriel réalisait que rencontrer une source potentielle dans un bar était décidément très cliché. Un peu comme ces holo-films pas forcément mauvais, non, mais passables, à l’écriture approximative usant de raccourcis taillés dans la roche. Et pourtant, son corps vibrant au tempo de cette musique électronique sur laquelle il tapait le pied en cadence, il se trouvait là. La clientèle de ce bar, tenus par deux jeunes humains qui avaient eux aussi leurs petits secrets avait-il entendu, était hétéroclite : du pauvre bougre finissant sa journée de labeur à l’outrecuidant cadre affichant ostensiblement sa réussite au yeux de tous. Les habitués. Oh oui, Gabriel avait aimé faire la fête, lui aussi. Consommer plus d’alcool que de raison, finir les nuits en flottant dans un voile tournoyant. Mais c’était révolu. Sa trentaine récemment fêtée, deux ans plus tôt, avait sonné le glas des réjouissances pour des raisons autant professionnelles — il devait rester disponible à toute heure — que personnelles. Il admettait plus difficilement ces dernières qui trahissaient avec virulence le temps qui passait. Une bouteille, intouchée, trônait sur la table entre deux verres vides. « J’attends quelqu’un. » Avait-il évasivement lancé au serveur. Il l’attendait toujours, le regard fuyant parfois vers la trotteuse de sa montre qui enchaînait les tours plus vite qu’un sportif dopé. Lorsqu’enfin, ce « quelqu’un » pointa le bout de son nez, la porte claquant derrière lui à cause d’un courant d’air, il se leva pour le rejoindre. Tout se déroulait naturellement, comme si deux amis se retrouvaient pour trinquer à la récente promotion de l’un d’eux à la différence près qu’ils ne se connaissaient ni d’Adam ni d’Ève. Les deux hommes étaient du même âge environ. La source en question disait s’appeler Paul ce que Gabriel considérait comme un pseudonyme. Lui aussi n’avait pas donné un vrai nom et Paul ne loupa pas l’occasion de le lui rappeler, sans vergogne.

« Dogen. Eh bien… On t’a déjà dit que ton pseudo sonnait chintoc. Remarque, t’en as bien la tronche ! » commença-t-il d’une voix grasse. « Pfeuh ! » Les yeux de Gabriel se firent plus fins, comme s’ils cherchaient une information cachée. Peut-être que ce blanc-bec souhaitait simplement évacuer le stress. Il paraissait stupide.

« T’es venu là pour disserter sur mon pseudo ou bien c’est juste ta bêtise qui te démange ? Bref, je n’ai pas tout mon temps et je suis prêt à te laisser la bouteille déjà payée. Qu’est-ce que c’est que cette fameuse information si importante ? » Le coursier marqua une pause, courte, et avala une olive apportée entre temps. « Putain, ça n’a pas intérêt à être une connerie. » Il avait lâché cet avertissement à peine voilé à la manière d’une plaisanterie. Paul ne le releva pas et écarta les remarques d’un geste rapide de la main.

« Oh que non, l’ami. C’est pas des conneries. Cette info vaut cher, très cher. Plus cher que ce que t’as brassé dans le mois. » C’était un opportuniste lui aussi. Mais il ne valait guère mieux qu’un animal excité par l’odeur du sang, sauf qu’il était excité par les crédits. Il ponctuait ses paroles de gestes théâtraux grandiloquents qui exaspérèrent rapidement Gabriel, pourtant patient. Il opina, confortant Paul dans la vérité tronquée qu’il venait d’exposer, pour le mettre en confiance.

« Certes, certes. 
— Je l’ai écrite sur papier pour plus de sécurité. Aucune trace électronique et je doute que vous soyez devancés sur ce coup, sauf si tu fais de la merde, bien sûr. 
— Tu ne t’occupes pas de ça. – Il fit un mouvement en direction de son OmniTool. – Les crédits sont là, prêts, au chaud si tu te décides enfin à lâcher l’info.
— Okay, okay… »

Un papier, sali et froissé par les poches successives, glissait furtivement sur la table collante. Gabriel l’empoigna rapidement et, entre ses doigts, en parcourut le contenu. Il dut faire forcer son regard pour distinguer les signes au travers des lumières qui virevoltaient dans tous les sens, dans l’obscurité ambiante. Ses yeux s’écarquillèrent de surprise, la bouche entrouverte. Il entendit Paul rire. Le coursier prit le temps d’analyser, de comprendre l’information et d’en mesurer les conséquences tentaculaires.

« D’où tu tiens un tel truc ? D’où ? Tu peux m’affirmer que c’est vrai ?
— Oh, tout ce que je peux te dire, c’est que ça vient d’une source que je considère sûre, bien plus sûre que tu ne l’es pour moi maintenant. Mais rien de plus, faut pas déconner non plus.
— Vu l’ampleur, j’exige que ça soit vrai.
— Tu t’en fous que ça soit vrai ou pas ! Tu la revends encore plus cher, tu te fais ton pain.
— Qu’est-ce que ça peut te foutre. Tu m’assures que c’est vrai ?
— Oui, acquiesça-t-il. »

Comment croire cet énergumène ? Difficile de penser que quoi que ce soit de vrai pouvait sortir de sa bouche. Et pourtant… l’information paraissait trop grosse, trop précise pour être fausse. Trop précise ? Oui... Ce pouvait être un argument positif comme négatif. Il marquait un point : la véracité importait peu à son patron. Mais à lui… Les conséquences de cette révélation lançaient la funeste promesse de vies détruites, de carrières finies. Quitte ou double. Soit on assistait à un coup de génie, un coup de poker. Soit on assistait à un idiot allégé de quelques milliers de crédits. Mais, si cela s’avérait exact, le prix était dérisoire. Résigné, Gabriel passa une main pensive dans ses cheveux déjà grisonnants et donna un coup sur l’OmniTool.

« Okay, tu l’as, tu l’as. Tiens. Dix milles, comme convenu. » En hommage à ses films préférés, il adorait lancer ce « comme convenu » avec un air confiant. Un « haha » victorieux parvint à ses oreilles à travers une musique particulièrement mauvaise, cette fois.

« Bon, tu veux b…
— Non, non, je ne veux pas. Je te souhaite une bonne soirée. » Il les connaissait aussi, les gaillards qui cherchaient à vous enivrer, grisé par votre récente acquisition, pour finalement vous refroidir une fois les crédits en poche. Gabriel refusait systématiquement ces offres, aussi innocentes furent-elles proposées.

Lestement, il se leva et se dirigea vers la sortie, les oreilles sifflantes, le cœur battant. Il réajusta négligemment sa coutumière chemise en lin, l’autre main sur la poche contenant le papier. Derrière lui, beuglant, Paul venait de dépenser un quart de ses crédits dans plusieurs boissons excessivement chères.

***

Le soir même, chez lui, Gabriel évoluait dans un calme absolu, presque pesant. Il avait à peine touché un plat réchauffé qui traînait dans un coin de son bureau et dont l’odeur artificielle flottait encore dans l’air, pensif. Au cours des deux dernières heures, il avait effectué des recherches plus poussées sur l’entreprise dont il était question sur ce bout de papier sale. Son nom lui était familier : la Lumiena Corporation. Œuvrant normalement dans la construction de vaisseaux, il découvrit qu’elle avait étendu progressivement son activité vers les armes et les armures, plus récemment. Ancienne de 323 honorables années, sa position est assise et stable. Enfin, « était stable » serait plus exact. Myra Lumiena, l’actuelle dirigeante et fondatrice de la corporation n’agissait pas que du bon côté de la loi. Griffonnés d’une main gauche, très peu habitué à écrire à l’ère où la technologie était légion, des noms, des chiffres et des lieux étaient apposés sur cette feuille, tous censés prouver que cette Myra avait détourné et blanchi des sommes astronomiques, autant pour son intérêt personnel que professionnel. Revendue, cette information mènerait la dirigeante à la déroute et ferait peser des risques sur l’entreprise entière. Comment une telle information s’était retrouvée dans les mains ce gars mal léché ? Comment et pourquoi s’était-elle retrouvée sur Terre ? Son enquête lui apprit pourtant que ce n’était pas infondé, des soupçons pesaient déjà, incertains et timides, depuis trois ans environ.

Gabriel nageait dans un flou complet et opaque. Mais, d’un autre côté, sa valeur lui garantissait une somme rondelette, parfaite pour fuir le courtier vieillissant qu’il servait depuis toutes ces longues années et même, rêvait-il, de lancer sa propre organisation. À cette douce pensée, l’ambition prit le dessus et il ouvrit une nouvelle fenêtre sur son ordinateur. Pendant la moitié de la nuit, il parcourut, non sans aucun remord qu’il effaçait en se répétant les merveilleuses promesses d’avenir qui s’ouvraient à lui, des réseaux borderlines et illégaux sécurisés. Les raclures de la galaxie naviguaient là, il en était conscient et s’en méfiait comme la pire des maladies. Les enchères grimpaient à une vitesse vertigineuse devant les yeux ébahis du petit coursier, sept chiffres même ! Au petit matin, entouré de tasses vides d’un café qui aurait réveillé un mort, un rendez-vous avait été arrangé et un message envoyé à son employeur.
« Quand c’est trop beau pour être vrai, ça n’est jamais vrai… Je crois que ça s’est vérifié aujourd’hui. Le gars était un connard de première. Il bluffait et n’avait rien sous la main. » Basique, mais le patron lui faisait confiance à lui, ce petit Dogen avec son pseudonyme de « pédale » comme il disait. Jamais il n’aurait les couilles de le trahir, pensa-t-il en lisant le plus gros mensonge de sa vie.

***

Sans le savoir, le jour de la rencontre, Gabriel avait vendu l’information à un cadre influent et réfractaire de la politique de Myra. À lui aussi, ce bout de papier apparut comme l’opportunité inespérée. Avec l’argent dûment gagné, Gabriel avait fui la Terre et le courtier qui pensait toujours au petit Dogen comme un homme bien, pas tellement courageux et probablement mort. Il avait laissé une partie de la somme à sa famille, annonçant son retour durant un au revoir déchirant. Sa vie, Gabriel la voyait maintenant sur Illium, plaque tournante de tout commerce à la frontière entre les Conciliens et les Systèmes Terminus, aux régulations légères et contournables. D’un côté, c’était un beau clin d’œil puisque c’était également la planète où se trouvait le siège de l’entreprise qu’il avait ruiné en tant qu’intermédiaire.

***

Les stores rabattus sur les grandes baies vitrées de son bureau ne laissaient filtrer que de fins rayons lumineux zébrant l’intérieur de la pièce. Il y avait assez de lumière pour que l’on puisse distinguer les personnes et les objets sans allumer une source lumineuse artificielle. Engoncé dans ses vêtements habituels, chemises bleue en lin et veste grise brillante, Gabriel tenait fébrilement entre ses mains une bouteille transparente laissant apercevoir un liquide ambré à l’odeur forte. Il l’agitait pensivement en faisant de petits cercles, dans sa main droite, et se saisissait de deux verres sur la commode adjacente.
« Le bal est maintenu malgré tout ?
— Oui », dit une voix qui s’élevait d’une chaise, derrière lui. L’homme était bien plus vieux, mais sa stature et sa prestance lui donnaient un air fort et vigoureux. Curieusement, sa voix était chantante marquée d’un accent que Gabriel ne put déchiffrer. Les jambes croisées, il faisait cliqueter deux bagues entre elles, une à son majeur et l’autre à son annulaire gauche, en maintenant un rythme dont lui seul connaissait le tempo.
» Les informations n’ont pas dû arriver à la bonne oreille sinon, sûr qu’ils auraient entrepris quelque chose. Pourtant, aux dernières nouvelles, fraîches de ce matin même, tout était en ordre pour « le plus beau des bals ». Espérons qu’il n’arrive rien, nous ne pouvons rien faire de plus. L’information a été transmise, en bonne et due forme selon vos recommandations. Vous faisiez confiance à ce transfert ? 
— Bien sûr, je ne l’aurai jamais donné à quelqu’un d’inconnu. Fais chier ! Pourquoi ne font-ils rien ? » Gabriel était irrité. Voilà qu’il transmettait des informations d’une importance capitale et que les destinataires ne daignaient lever leur petit doigt. Ne le croyaient-ils pas ? D’ici quelques semaines, devait se tenir un fastueux bal, un bal qui rassemblerait parmi des personnalités très importantes et les rumeurs d’un danger s’étaient faits plus courants. Au début, il les avait ignorés comme toute source qui ne provient que d’une simple rumeur. Mais leur intensification attira vite son attention et il approfondit le sujet. Malheureusement, il ne put rien relever de précis. Lorsqu’il l’avait transmis, omettant de préciser qu’il en était à l’origine — confits d’intérêts obligent —, il avait espéré qu’à défaut d’une réaction, il éveillerait au moins la méfiance des autorités autour de cet événement. Mais rien, rien du tout. Des vies étaient en jeu et pour une fois, il prenait cela au sérieux. Ce genre de chose ne courrait pas sans raison dans le milieu. Certes, il avait tout à gagner à ce que ces invités de marque restent en vie et entiers de plus. Mais il faisait d’une pierre deux coups.
« Bien, commença-t-il. Tu es une figure politique d’Illium et tu es assez respecté. Ce n’est pas la première fois que je leur rends grâce d’un service. Tu transmettras toi-même tout ça et tu insisteras bien sur l’inconsistance des détails, mais que quelque chose se trame. Qu’ils usent de leurs moyens, vu qu’ils en ont tant. Et surtout, tu diras bien que cela vient de Dogen.
— Toi ? Tu t’en mêles ouvertement, maintenant ?
— Je pense que c’est le seul moyen pour que l’on y donne une seule once d’attention, à cette rumeur. Je n’ai pas pour habitude de m’y fier, à ces ragots de rues. Mais cela revient trop souvent, sous trop de formes différentes éparpillées dans des centaines de versions. C’est trop pour être “naturel” si tant est qu’une rumeur puisse l’être. Je suis prêt à mettre ma main au feu, ça n’est pas d’aujourd’hui que je suis dans le métier. L’instinct a autant de raisons que la raison ignore elle aussi.
— Arrête ! Tu vires dans la poésie et je vais verser une larme ! »
Entre temps, Gabriel était venu s’installer face à l’homme posant au passage un verre contenant ce fameux liquide, un whiskey. Pas le meilleur qui soit, il piquait un peu la gorge, mais « c’était pour les hommes » balançaient-ils en riant. En arrivant sur Illium, cet homme-là avait été le premier à lui faire confiance et à lui offrir ses premiers réseaux de relations. « Tu te démerdes avec ça, par contre. » Il avait une verve intarissable et un vocabulaire plus fleuri que la haie de rhododendrons de sa tante. Mais derrière ces manières bourrues se cachait un homme influent et raffiné.

***

Gabriel apprendrait, quelques jours après le bal à partir d’un rapport qu’il s’était innocemment procuré, que le bal avait été visé par une bombe. Désactivé de justesse, le pire fut évité. Pour combien de temps ? Dans les réseaux informatifs, c’était l’effervescence complète avec un nom qui revenait sans cesse, glissant sur les lèvres comme si leurs propriétaires n’attendaient qu’une chose : s’en débarrasser. Machiavel. Sa sonorité suffisait à provoquer des frissons et, lorsqu’on connaissait le terroriste, bien plus encore.

Aujourd’hui, Gabriel Allen, alias Dogen dans le monde des affaires, gère son organisation en tant que courtier en information de moyenne facture. Ses revenus lui permettent de vivre aisément et il continue, lorsque cela est nécessaire, d’aller chercher l’information lui-même à la source du haut de ses quarante années.


Apparence

Physiquement, Gabriel est un homme dans la fleur de l’âge, à quarante ans aujourd’hui. Il passe ce cap avec une prestance subtile. Des cheveux noirs, peignés vers l’arrière, rehaussent les traits marqués de son visage et donnent une expression de sagesse précoce. Deux rides, marquées, descendent de ses narines jusqu’aux coins de sa bouche soigneusement dessinée, concentrée. Son front, lui, en est exempt comme si aucun souci ne l’accablait. Ses sourcils, arqués, encadrent deux yeux perçants aux iris marrons. Saillantes, ses pommettes donnent une marque de fabrique à ce visage.

Même si son IMC affiche un indice un tout petit peu au-dessus de la limite, faute à la délicieuse nourriture terrestre qu’il affectionne sans gêne, il possède une bonne santé physique. Cela reste un combattant depuis plusieurs années maintenant. Il aurait certes aimé, pour lui et son portefeuille, que les transactions ne soient pas si musclées parfois. Mais la fin justifie les moyens et la violence appelle invariablement la violence lorsqu’il n’y a pas d’autres solutions. De son mètre soixante-quinze, sa démarche est droite, légèrement claudicante à cause d’une jeune déformation mal soignée mais cela ne l’handicape pas. Il sait combattre, il ne combat pas mieux qu’un autre, il n’excelle pas mais c’est un soldat de fortune aguerri par l’expérience. Il connaît les bases du maniement d’une arme lourde et se débrouille plutôt bien avec des fusils légers et des pistolets de poing qu’il garde parfois, par sécurité, dans un holster sous son aisselle.

Son habillement est de rigueur, imposé par le métier qui commande d’être présentable et d’inspirer une confiance superficielle. Il porte souvent une chemise sans col en lin d’une légère bleu ainsi qu’une veste cintrée d’un grise. Son pantalon, à sa taille précise, conclut un costume générique.


Caractère

Ses parents, tous deux de caractères différents, ont eu une grande influence sur lui – sans surprise. D’un côté, son père a été une figure douce dans la famille, cherchant le consensus, l’acceptation de tous. Derrière se cache l’idée même de ne froisser personne lorsqu’un choix doit être fait. Gabriel a toujours admiré son état d’esprit placide, diplomatique. De l’autre côté, sa mère a toujours eu plus d’aplomb, dans ses paroles comme dans ses actes. Souvent, quand la méthode paternelle ne fonctionnait pas, sa mère prenait le relai, plus directement, sans ambages, et obtenait le résultat désiré. De ses parents, Gabriel retient une posture résumée à « une main de fer dans un gant de velours » : la fermeté de l’action dans le tact des paroles et inversement. Il n’est pas avide de pouvoir mais cela le flatte. L’autorité, diriger et donner une impulsion lui offre une dose « d’adrénaline ». Les responsabilités, le fait d’avoir un ascendant, d’avoir une marge d’erreur fine agit sur lui comme un puissant stimulant.

Agir avec ouverture d’esprit, parcimonie et surtout proportionnalité : répondre à ce qui est donné et admettre que toute connaissance d’une situation est lacunaire, relative et subjective. Il met en avant les traits d’indépendance, de probité et d’intégrité. Quoique que l’on fasse, que cela soit discutable ou non, ces traits sont unis et nécessaires pour lui. Dans son activité, il sait qu’il peut être amené à faire « le mal », une action, une vente, un achat, une décision répréhensible d’un point de vue moral ou juridique. Mais jamais il ne recherchera précisément ce résultat, caractérisant plus un opportuniste neutre qu’un réel méchant. Il reconnaît les valeurs morales inculquées par ses parents et ne prend jamais de telles décisions à la légère, parfois même avec réticence.

Pragmatique, Gabriel n’oublie pas que chaque vécu, chaque expérience, apporte un savoir. Il ne dénigre pourtant pas les études qui apportent un savoir plus théorique, nécessaire pour autant pour les matérialisations. Le personnage n’est pas plus intelligent que la moyenne, il est vif d’esprit et intellectuel. Sa force réside dans la prise en main des situations : la compréhension, la prudence, la sollicitude dans un premier temps, il donne des limites qu’il estime, à défaut de l’être, justes et censées. Il fait, à l’égard de ses relations professionnelles, preuve de neutralité, de déférence. Il les respecte pour ce qu’elles sont : des personnes, dotées de sentiments, d’un passé, qui agissent pour des raisons précises et personnelles connues ou inconnues.

Professionnellement, Gabriel a une vision très libérale de l’économie en général et du milieu dans lequel il évolue. Il connaît son instabilité et s’en méfie. Pour lui, les mécanismes mercantiles, l’offre et la demandé ainsi que la qualité, arrivent à terme à réguler toute chose qui se vend ou s’achète non sans remous. La concurrence, au sein des acheteurs ou des vendeurs, est source d’équilibre bénéfique qui permet de forcer le progrès et l’amélioration de la qualité. Dans le domaine de l’information, cela oblige Gabriel à chercher – non sans peine – l’information qui sortira du lot, l’information inconnue mais pourtant voulue, l’information qui vaudra son pesant de crédits qui renteront dans sa poche. Son ouverture d’esprit et sa fermeté lui permettent de s’intégrer dans ce milieu avec une aisance relative : ne sous-estimer aucune source mais toujours agir avec prudence calculée.


Compétences / Profil

Voir ce topic pour l'aide.
Profil :

Profil : Fantôme - Intermédiaire — 6 point militaire ; 8 points technologique
Équipement :

Armes : M-5 Phalanx
Armurerie : M-12 Locust

Compétences :

Militaire : Maitrise basique du combat à distance / combattant novice / discrétion naturelle (0) ; camouflage optique (3) : cryogénisation (3)
Biotique : Non biotique
Technologie : hacker entrainé / Drone (1) + caméra (1) - scanner (1) ; tourelle volante (1) + déplacement (1) - tir (3)




Compléments

Signe(s) distinctif(s) : Dans son milieu, il est connu sous le pseudonyme de Dogen exclusivement.
Relations avec les autres :
Des liens prédéfinis ? :
L'objectif de votre personnage à long terme ? : Développer son organisation le plus loin possible et se positionner avec neutralité.


Hors Personnage

Célébrité sur l'avatar (seulement si besoin) : Dogen (comme l'inspiration du personnage) de Mirror's Edge Catalyst.
Comment avez-vous connu le forum ? Double-compte
Est-ce un double compte ? Oui, de Beeythia Moraios
Des remarques ? Pouet pouet boom boom canard



RP d'introduction

Si vous comptez faire un personnage puissant (militairement ou politiquement), vous devez faire un RP solo (au moins 700 mots) sur le sujet que vous voulez, en lien avec votre personnage. Ce RP n'aura aucune influence et n'existera pas dans la trame de votre création. Ce texte servira uniquement à la personne chargée de valider votre fiche.
Cette partie est facultative et ne concerne que les personnes ayant une grande ambition à terme (Spectre, Dirigeant d'une Espèce, Faction d'élite, etc, etc...)


Adrien Annaz
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Personnage RP
Faction : Alliance
Rang : Lieutenant
Administrateur
Messages : 8532
Crédits : Matt Bomer - Lleyton Benam

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MessageSujet: Re: Gabriel Allen   Gabriel Allen Icon_minitimeLun 14 Mai 2018, 21:05
Ca me semble tout bon. Je te montre pas le chemin, tu connais déjà les lieux.


Pourquoi est-ce qu'à chaque fois que quelqu'un dit "avec tout le respect que je vous dois", j'entends "ta gueule" ?

Gabriel Allen 1354559290-leeroyjenkins
Gabriel Allen 14101411370511408112613199
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Gabriel Allen

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