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 Les Pacificateurs se souviennent

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Empereur-Dieu
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MessageSujet: Les Pacificateurs se souviennent   Mer 07 Mar 2018, 21:18
Intervention MJ : NonDate : 10 décembre 2202 - 7 mars 2203 RP Tout public
Anton Ardak ♦ Invité(e)s
Les Pacificateurs se souviennent


L’œil
Décembre 2202


« Quelle pitié. »

Le regard d’Anton scrutait avec mélancolie l’espace s’offrant à lui derrière sa vaste baie vitrée. Au loin, une musique résonnait avec lenteur et volupté, emplissant sans vergogne le moindre espace de cette immense salle. La résonnance avait quelque chose de mystique et se répandait dans l’esprit du seigneur de guerre avec une telle puissance qu’il en oublia presque qu’il n’était pas seul. Ce n’est finalement que lorsqu’un raclement de gorge se fit modestement entendre.

« Seigneur. » Le ton était hésitant, voir timide. « Que faisons-nous de lui ? »

En retrait dans les marches de la salle du trône, Deux Pacificateurs encadraient un turien, vraisemblablement passé à tabacs dans les heures précédentes, et celui-ci tentait d’éviter de toutes les manières possibles de regarder le butarien à trois yeux se trouvant plusieurs marches plus hautes. Cette technique semblait lui réussir jusqu’à maintenant.

« Silence, c’est mon passage préféré. »

Et Anton ferma ses trois paupières et écouta avec un plaisir non feint ce véritable moment de pur bonheur. Cette musique, une composition humano-butarienne était un morceau de blues rock. Une œuvre épique parlant de la dureté d’un monde divisé en deux, divisé culturellement et physiquement par l’esclavage. Cette musique représentait l’essence même d’Anhur, l’essence même d’Anton. Lui le seigneur de guerre sanguinaire et mégalomaniaque, lui le fidèle enfant d’une nation à la culture exceptionnelle.

Lorsqu’enfin les dernières notes s’éteignirent lentement, l’ancien chasseur de prime rouvrit les yeux et scruta avec une infinie douceur ce prisonnier. Ce turien qui avait beuglé dans un bar qu’Anton n’était qu’un foutu traitre et qu’il allait « disparaitre lorsque Shoran aurait fait un bon coup de balais dans la station ». Bien évidemment, l’information était tombée dans la mauvaise oreille et lorsque ce brave turien s’était rendu dans les docks pour acheter quelque chose, il avait mystérieusement disparu.

Au départ, Anton avait envisagé d’en faire un combattant d’arène, ou de le faire exécuter, mais finalement le butarien avait décidé qu’il était plus intéressant de s’amuser un peu. Aussi, le prisonnier avait été enchainé, drogué et ramené sur l’œil. Désormais, il attendait son jugement le regard vide et la mort dans l’âme.

« Cher ami. Toute cette histoire est d’une tristesse affligeante. Laissez-moi mettre un terme à ce malentendu. » Déclara subitement le seigneur de guerre, un large sourire lui déformant les traits.

Le turien sursauta à ces mots et scruta finalement le butarien, le regard dévoilant sans phare la surprise et le doute, mais aussi et surtout l’espoir. Mais tout cela s’estompa subitement lorsqu’Anton sorti subitement son couteau cérémoniel, cet énorme tranchoir et ses terrifiants crochets, outil de souffrance et de mort atroce. Ce fut même pire lorsque finalement la main du butarien agrippa violemment une mandibule et la tira de manière à la tordre, arrachant un cri de douleur au prisonnier, puis de souffrance lorsque la lame la lui sectionna définitivement.

« Quelle tristesse que toute cette discussion aboutisse sur une telle monstruosité. Je suis vraiment désolé. »

Et Anton réitéra son opération avec la seconde mandibule. Finalement, crachant le sang, le turien se mit à gesticuler pitoyablement, tentant maladroitement de s’extraire de ses liens. Dépourvu de ses mandibules, le seigneur de guerre put attraper la mâchoire du turien et l’ouvrir avec une puissance qui brisa presque le pauvre prisonnier. Finalement un garde vint en aide de son supérieur, et lui tint le tout pendant qu’Anton sectionnait la langue de son pauvre prisonnier.

« Quelle mauvaise langue tu fais. Franchement m’appeler un traitre sur MA station. » Clama avec un petit rire un Anton franchement amusé tandis qu’il agitait le bout de chair dans sa main libre. « Qu’on le soigne. » Ajouta le seigneur de guerre tout en jetant nonchalamment son trophée sur le sol. Ce cafard n’était pas digne de rejoindre l’armoire.

Et les gardes emportèrent le corps agité de spasmes du turien, s’empressant afin de lui sauver la vie. Après tout il avait une tâche plus grande que lui à accomplir.

Oméga, Appartement quelconque du territoire de Shoran
Début Janvier 2203


« Est-ce que tout est prêt ? »

Le galarien semblait extrêmement préoccupé par l’opération et c’était déjà la troisième fois en autant de minutes qu’il posait la question. La réponse restait invariablement la même.

« Oui monsieur, nous sommes sur le point d’atteindre la cible. »

Le sourire d’Anton était au beau fixe, et l’amusement pouvait aisément se lire sur ses traits dénotant combien le butarien était en pleine forme.

« Ca y est, la cible est sur place. » Une certaine excitation pouvait s’entendre dans la voix de l’humain et cela amusa d’autant plus un Anton pressé de voir tout cela. D’ailleurs tout était extrêmement fidèlement suivi par tout le monde depuis le centre d’opération qui visualisait la scène depuis un large écran. Le turien titubant, lourdement drogué et torturé, s’avançait maladroitement vers un bâtiment, repaire notoire d’un gang aux ordres de Shoran. Finalement il se fit interpeller par un ganger qui ne semblait guère apprécier qu’un junkie traine devant chez eux.

« Qu’est-ce que tu veux toi ? » Le turien, qui était dépourvu de langue ne pouvait rien dire, aussi un enregistrement le fit à sa place. « Pour la Reine pirate. » et l’explosion balaya l’image et le son.

Un grand éclat de rire traversa la pièce tandis qu’Anton appréciait la situation, comme l’on rit à un bon mot. Le turien avait été lourdement opéré et son corps truffé d’explosifs. Il restait à espérer que quelques témoins avaient eu la chance d’entendre la phrase déclamée par le « turien » et que tout cela remonterait jusqu’aux oreilles de Shoran. Le colonel Jazza, un galarien au corps aussi lâche que ses congénères, se tourna alors vers son maître.

« Pourquoi l’on pousse Shoran à penser que la maitresse des flottes est son ennemi. Cela va causer du tort à votre … favorite. »

La tête d’Anton se pencha massivement sur la droite et scruta sans ciller le regard batracien de son subordonné. Celui-ci tint malgré tout, sachant que le butarien n’allait évidemment pas le tuer pour une simple question. Après tout, le seigneur de guerre n’était pas l’un de ces pathétiques méchants d’holodisque massacrant ses hommes à la moindre contrariété, non il était ce maître impitoyable mais extrêmement loyal et attendant la même chose de ses soldats. Moitié gourou, moitié dictateur.

« Kydra ne mourra pas de la main de Shoran. Et tout se passe trop bien dans sa flottille, elle doit comprendre que la galaxie cherche à la détruire, elle doit comprendre qu’elle va se faire poignarder dans le dos. Tu verras que ses proches alliés sont loin d’être aussi fidèles qu’ils se proclament. Et en plus, cette foutue turienne va devoir concentrer ses forces sur deux endroits. Ce qui va réduire son efficacité. »

Le regard d’Anton devint extrêmement dur, tandis qu’un jet de haine pur vint déformer son visage. C’est là que Jazza détourna le regard, laissant son seigneur s’abimer dans la puissance de la colère. Puis rapidement le calme revint.

« Retournons dans notre quartier. Nous avons encore beaucoup à faire. »

Oméga, QG des Pacificateurs
Fin Janvier 2203


« … Nous avons inondé le quartier de drogue à prix sacrifié. Ça va nous couter tout un mois de production d’ézo mais plus personne ne va marcher droit … »

Le compte rendu du colonel Eisenhorn était extrêmement précis et minutieux, une qualité très pratique. Et Anton appréciait énormément le travail sérieux de son colonel humain. Et encore mieux, la stratégie imaginée par le butarien semblait parfaitement fonctionner. A l’heure actuelle, le quartier de Shoran devait ressembler au pire quartier junkie de la station tant le sable rouge, et autres saloperies, coulaient à flot quasiment gratuitement. La situation devait être compliquée à tenir.

« … évidemment quelques revendeurs se sont fait attraper, mais personne n’était au courant de qui fournit quoi, seulement qu’il s’agit d’une tentative de rafler le marché local en rendant un maximum de monde accros. Bien évidemment, il y a peu de chance que Shoran se fasse avoir par une ruse pareille. Dans tous les cas, tout va remonter jusqu’à un dealer qui se fait appeler la reine écarlate … »

Quel amusement que de passer son temps à foutre le bordel dans le camp adverse, et encore plus amusant que d’avoir construit méthodiquement un adversaire sur mesure pour Shoran. Une reine pirate se proclamant comme tel. La turienne devait être profondément enragé contre Kydra et dans le même temps, la rumeur d’une trahison de Kydra vis-à-vis d’Anton avait commencé à circuler quelques semaines auparavant. Tout le monde s’était empressé de croire l’information, après tout c’est en trahissant Shoran qu’Anton s’était élevé, pas étonnant que le traitre se fasse trahir à son tour.

Surtout que tout le monde trouvait étrange que l’humaine fétiche du seigneur de guerre se fut si longuement éclipsé de la station et rassembla une armée. Des rumeurs qui avaient permis à Anton de ne guère ressentir les vengeances de sa rivale. Une situation qui amusait grandement le butarien.

« Excellent colonel. Je veux que les dealers reprennent l’opération dès demain. Lorsqu’ils reviendront, assurez-vous qu’ils soient expédiés dans l’espace. Ils ne seront plus utiles. »

L’humain acquiesça non sans un petit rictus et s’éclipsa, laissant Anton seul dans son bureau. Après quelques minutes de réflexion, le butarien se leva enfin et se dirigea vers l’armurerie, après tout il avait une grosse opération à préparer pour demain …


Je suis la fille d'Anton Ardak. Et accessoirement, reine pirate profitant actuellement de ses congés.
Kydra Lifith, 27 janvier 2202

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MessageSujet: Re: Les Pacificateurs se souviennent   Jeu 08 Mar 2018, 14:52
Oméga, QG des Pacificateurs
Toute fin Janvier 2203


« Et jl’ai attrapé, je te dis pas par où … ahahahah. »

L’humain était hilare tant sa propre histoire semblait lui plaire. S’en était risible, d’autant plus avec sa face d’orange et sa coupe d’un blond ridicule, toutefois elle semblait malgré tout plaire fortement à ses compatriotes. Enfin c’était sûrement lié au fait qu’ils étaient tous complètement torchés, les cadavres de bouteilles gisant au sol dénotant une soirée agréable pour ces derniers.

Soudain la porte vola en éclat, propulsant ses morceaux ferreux un peu partout dans la pièce, un éclat vint même se fiche dans l’avant-bras du seul turien de la pièce. Ce dernier semblait clairement ne pas comprendre la situation et se contentait de regarder avec curiosité ce morceau métallique fiché dans son membre. Les autres n’étaient pas beaucoup mieux, et seuls deux humains bondirent de leur canapé pour se diriger vers leurs armes trainant misérablement sur un comptoir situé dans la cuisine.

Tout se déroula à une vitesse tout à fait remarquable, et quelques secondes après l’explosion de la porte, la plupart des gangsters gisaient dans un savant mélange de pisse, de sang et d’alcool. Les quatre Pacificateurs qui avaient nettoyé la zone, équipé d’une armure bleuté possédant une seule et unique marque, un vaisseau spatial, un destroyer plus exactement, agrémenté d’une couronne dorée. Seul un humain avait survécu au massacre et gisait pitoyablement au sol après qu’une balle lui eut explosé la cuisse droite, et une seconde la main gauche.

C’est seulement à ce moment-là qu’Anton entra à son tour et marcha nonchalamment dans la pièce, évitant méthodiquement les carcasses de bouteilles et les cadavres encore chauds. Il s’arrêta finalement juste à côté du dernier survivant et se mis en posture de squat russe, attrapa avec force la chevelure blonde de l’humain gémissant.

« C’est donc ça l’armée de Shoran. Tût tüt tüt. C’est pathétique. » Lâcha sobrement le butarien de sa voix trafiquée. Puis, le seigneur de guerre laissa retomber la tête du survivant et lui tira une balle pour mettre un terme à ses souffrances. « Bon, je veux que cet immeuble soit complètement nettoyé. Que les équipes de plastification s’occupe des étages inférieurs. »

Anton regarda tout autour de lui, cet immeuble d’Oméga était une aberration structurelle, une espèce de ghetto spatial. Il était pour le moment le repaire d’un gang ridicule, au nom encore pire, les serpents d’acier ou une connerie du genre. Ce n’était qu’une petite structure d’une trentaine de membres mais était farouchement loyal à Shoran. La turienne s’était d’ailleurs achetée avec une facilité déconcertante la fidélité de nombreux gangs mouchetant la station, laissant entrevoir la terrible possibilité d’une guerre sur tous les fronts.

La mission du jour consistait à terroriser les petits gangs afin qu’ils se sentent en danger et mal protégés par Shoran, histoire de mettre à mal son influence sur les gangs zonant en dehors de son territoire officiel. Il était intolérable que la turienne puisse frapper tous les quartiers en même temps, heureusement le territoire des Pacificateurs avait réussi à nettoyer ses petites frappes et restait relativement insensible à la force de persuasion de Shoran. Toutefois contrôler parfaitement son propre quartier n’est pas signe de sécurité, pour cela il faut réduire la capacité de l’adversaire à se projeter à néant. Ensuite les Pacificateurs pourraient profiter pleinement de leur équipement et de leur entrainement de bien meilleure qualité.

Entre les troupes recevant une formation militaire sur Lorek et les forces d’élite s’entrainant d’arrache-pied sur l’œil, Shoran n’avait aucune chance dans une guerre directe, restait le problème d’une guérilla sur le long terme, et sur ce plan il était indéniable que la turienne connaissait de nombreux secrets et avaient une mainmise sur une armée possédant des troupes plus que conséquentes. Et c’était bien sur ce point qu’Anton avait décidé de frapper.

Aussi le commando reprit sa route, éliminant méticuleusement les appartements occupés, abattant indifféremment civils et gangers. Finalement, tout dégénéra lorsqu’un signal d’alarme résonna subitement au sein de l’immeuble. La situation changea du tout au tout, de massacre méthodique cela devint combat sanglant dans les couloirs et les escaliers. Et pour être tout à fait honnête, c’est uniquement à ce moment que le seigneur de guerre prit enfin son pied.

***


Anton traversa l’appartement en courant tandis qu’un fusil mitrailleur déversait son chargeur dans la zone, inondant la pièce de rafales perforantes qui ravagèrent les lieux. L’équipement de ces rats était de bien meilleure facture depuis qu’ils avaient atteint le dernier étage. La course s’arrêta lorsque le butarien se jeta au sol, les trois dernières balles sifflant violemment au-dessus de lui. Le silence ne se fit pourtant pas alors que la voix de stentor de l’humain emplissait les lieux.

« Je vais tous vous buter bande de macaques. » La colère pulsait avec force dans la voix du chef de gang tandis qu’il rechargeait son arme. « On va s’occuper de votre putain qui se proclame reine. Retournez donc vous cachez dans l’espace comme les cafards que vous êtes ! »

Cette passion des humains pour les noms d’animaux n’était jamais pour lasser le seigneur de guerre butarien qui commençait tout de même à se demander comment cette espèce pouvait acheter autant d’animaux de compagnies s’ils haïssaient autant les espèces animales.

Mais nul moment de se poser ce genre de question, après tout Anton avait exigé que ses combattants terminent le travail, lui laissant le chef du gang pour lui seul. Il n’avait donc personne sur qui compter, juste cette sensation grisante de pouvoir perdre la vie s’il sous estimait son opposant. Quel plaisir.

Lorsque enfin le temps assurait la recharge de l’arme, Anton bondit, ruant en avant jusqu’à enfin voir son adversaire qui lâcha son plus sourire de plaisir à voir son ennemi se suicider aussi simplement. Enfin c’était sans compter une petite surprise que le butarien lui réservait, et lorsque l’arme se leva pour cracher son message de mort, l’omnitech d’Anton balança son petit cadeau, une petite surcharge d’arme provenant d’un programme pirate que le butarien avait soigneusement programmé les jours auparavant.

Le cliquetis d’une arme vide résonna comme une mélodie divine et lorsque le visage de l’humain se décomposa dans une surprise, puis une compréhension de la situation le rire d’Anton résonna au travers de la pièce tandis qu’il parvenait à distance respectable. Toutefois, plutôt que de charger complètement, le seigneur de guerre stoppa net sa course et expédia un puissant tir percussif qui éclata contre les boucliers du chef de gang, qui fit deux pas en arrière tout de même, surpris par l’action.

Cela n’était pas assez puissant pour passer les boucliers, mais ils commençaient déjà à montrer des signes de faiblesse, aussi Anton balança ses dards de combat qui perforèrent enfin la défense, néanmoins seul un dard parvint à atteindre sa cible et entra violemment dans le ventre de l’humain qui grogna tout en dégainant son pistolet. Le premier tir de l’ennemi frappa violemment le bouclier du butarien qui comprit aussitôt que cette arme était aussi pourvu de munitions perforantes, néanmoins le bouclier tint bon les deux tirs suivants et ne se brisa qu’à la quatrième balle qui frôla crânement l’épaule du colosse butarien, et manqua de peu d’abimer les crânes de varrens.

Mais Anton n’était pas resté inactif pendant ce temps et il termina de réduire la distance les séparant et frappa de son omnipoing qu’il chargeait depuis ce temps. Le premier coup fut un puissant uppercut qui atteignit le coude du bras tenant le pistolet, le brisant dans un grand bruit d’éclat d’os et de chair arrachant un puissant cris de douleur de la part de l’humain qui se retrouva à lâcher son arme. Toutefois, il semblait sous le contrôle d’une substance puissante car il dégainait déjà un couteau militaire de son dos et se ruait sur son adversaire qui l’accueillit comme il se doit.

L’humain était indéniablement un costaud, de son mètre quatre-vingt-dix il était une véritable armoire à glace et l’absence de cheveux lui donnait un air franchement belliqueux, néanmoins il était indubitablement tombé sur le mauvais combattant, car Anton le réceptionna d’un puissant coup de pied dans le torse, envoyant bouler son opposant dans une roulade mal réceptionnée puisque le ganger tenta de se repositionner en usant de son bras invalide, termina d’ouvrir la blessure en une fracture ouverte extrêmement méchante. Heureusement pour lui, l’armure empêcha l’os de ressortir, et la drogue lui permis de se relever même si sa peau pâlissait à vue d’œil.

Les deux colosses se jaugèrent quelques instants puis l’humain bondit vers son pistolet gisant encore au sol, toutefois il avait été trop prévisible, son regard ayant capté plusieurs fois l’objet de sa convoitise, aussi il libéra complètement son flanc, permettant à Anton de bondir à ses arrières tout en saisissant au passage le bras valide. Atterrissant lourdement au sol, sur un genou, il ramena le bras de sa victime en arrière, et profita de la charge de l’humain pour le lui déboiter complètement faisant tomber son opposant au sol.

Râles de douleur et de rage mêlés, le chef de gang propulsa un puissant coup de pied dans les côtes du butarien qui laissa le principe d’inertie l’emporter quelques pas plus loin puis il dégaina son pistolet et se retourna rapidement pour cueillir l’attaque de son adversaire avant même que le suivant coup de pied ne l’atteigne. Deux balles vinrent perforer un genou adverse, la seconde terminant sa course dans l’oreille de l’humain qui s’écrasa lourdement au sol, et cette fois-ci il y resta. Le seuil de douleur ayant vraisemblablement atteint un niveau que même la drogue ne peut compenser.

« C’était sympathique humain. Donne-moi ton nom, il serait dommage qu’un combat aussi plaisant disparaisse de ma mémoire. »

Le chef de gang crachait du sang et souffrait bien trop pour donner un nom, aussi Anton lui expédia un médi-gel qui stabilisa temporairement sa situation. Surpris, l’humain regarda quelques instants ce colosse en armure et lâcha un petit rire plus proche de la toux.

« Shoran aura ta peau. » Le talon d’Anton termina sa course dans ce qui servait autrefois de genou de l’humain qui hurla de douleur. « D’accord. Je suis Vincent Barteaux. Mais ne croit pas que tu as détruit les serpents de métal, nous sommes éternels. Et ta salope va cre… » Le poing d’Anton percuta avec violence le côté gauche du visage du chef de gang qui s’en alla percuter avec force le sol, le second coup lui brisa l’arcade sourcilière, le troisième fit ressortir l’œil droit de son orbite, le quatrième lui perforant l’os crânien et répandit les morceaux de cervelle dans les environs, le cinquième et dernier brisa complètement le crâne. Puis seulement Anton ramassa avec tendresse l’œil encore intact et le plaça dans une espèce de cuve de verre qu’il transportait à sa ceinture.

Alors seulement, le butarien se massa délicatement la main et regarda sans vraiment voir son environnement. Puis il contacta ses subordonnés.

« Opération terminée. On se replie. »

L’œil
Février 2203


Jagath’Ei, Narlon et Solan se tenait à droit du trône et regardaient avec amusement ceux qui se trouvaient en contrebas des marches. La réunion durait déjà depuis quelques minutes, et les informations étaient globalement très positives. Certains gangs avaient rompu leurs liens avec Shoran et plusieurs groupes souhaitaient se rallier à la reine pirate. Mais les représailles de la turienne était extrêmement violentes et plus personne n’osait clamer le nom de Kydra dans les parages.

Mieux encore, Shoran avait raté deux réunions du Conseil mercenaire, et les trois groupes se désintéressaient de plus en plus de cette réunion, cette dernière avait même été repoussée lors de sa dernière session. La date n’avait même pas été donné, et les habitants de la station commençaient à de venir nerveux dans ce déchainement de violence.

C’était encore Eisenhorn qui débitait les informations avec son indéniablement talent d’orateur, parvenant à rendre un simple compte rendu, une chose vivante et intéressante. Finalement l’humain se tut et s’inclina devant un Anton pensivement assis sur son massif trône de pierre. Alors seulement, le regard du seigneur se posa sur chaque membre présent, le grand superviseur, la totalité des superviseurs hormis Kyreshorl qui ne s’impliquait guère dans la politique depuis qu’elle faisait joujou avec son arène.

Mais il y avait aussi Deruuk, Ner’Liam et quelques Pacificateurs devenus chefs de divers groupes. Finalement, et après un signe de tête approbateur vers le colonel Eisenhorn, il se leva et commença à faire les cent pas.

« Je vois, le territoire est géré avec perfection. L’argent coule à flot, tandis que celui de Shoran est rongé par la criminalité et la drogue. Tout ceci est parfait, mais ce qui reste le plus plaisant est cette tyrannie mise en place par la turienne. Vraiment parfait.

Le jour de la conquête approche à grand pas mes fidèles lieutenants. Narlon, le colonel Attrebus sera temporairement placé sous tes ordres. Je veux que la sécurité des centres de divertissement soit renforcée. Les colonels Ibrahim et Wsoran gèreront la sécurité et s’assureront que rien n’arrive.

Jagaht’Ei, tu vas reprendre la direction du territoire et t’assurer que les finances et les travaux soient correctement contrôlés. Les colonels Eisenhorn, Nivianna, Mephi’Sto et Gorr seront chargés de la sécurité des rues et des bâtiments civils.

Zaekael, tu t’occupes de diriger le QG, personne n’entre ni ne sort sans une bonne raison. Les colonels Gaun’t, Lelianna et Morgan seront affectés à ton commandement.

Verra et Ner’Liam, vous vous occuperez de la sécurité de Wonderland. Deruuk, tu prends tes équipes et vous vous assurez que les transporteurs sont parfaitement prêts. Udhienel, assure-toi que les troupes sur Lorek sont rapatriées sur l’œil et sur Oméga d’ici le mois prochain.

Gorbag, tu es chargé de protéger les docks, rien n’entre. Solan te donnera les listes précises de qui ou quoi doit transiter. La moindre chose inhabituelle, tu allumes. Les colonels Azhag et Mag’Nuz Cruz seront sous tes ordres.

Colonel Grim’Morr, les sans visages s’occupent de la protection du centre d’entrainement biotique. Le reste attendra sur l’œil le début des hostilités pour intervenir. Solan sera aux commandes pour les renforts. Les colonels jazza et Arkio se chargeront de l’entretien et de la sécurité de l’œil.

Normalement deux nouveaux régiments devraient être formés d’ici là, aussi je déciderai sous peu de qui recevra un commandement. Fin du briefing. »


La discussion s’étendit encore quelques instants mais rapidement les lieutenants se dispersèrent, la plupart prenant leur transport pour rejoindre Oméga. C’est finalement Udhienel qui revint en premier vers un Anton déjà retourné sur son trône.

« Les nouvelles sont tombées, Tychus a pris le contrôle de la flottille et une bonne partie des soutiens de Kydra ont été exécutés. »

Lâcha, non sans un grand sourire sardonique le pirate, il n’avait jamais apprécié Kydra, trop humaine pour mériter son respect. Le regard froid d’Anton mit rapidement un terme à ce sourire.

« C’était inévitable. Sait-on pourquoi Kydra a bêtement laissé sa flotte aussi longtemps ? »

Le pirate butarien semblait hésiter, mais répondit finalement.

« Aucune idée. On ignore même si elle vit encore. »

Soupir de lassitude. Anton se releva et fit signe à Udhienel de le suivre, ce qu’il fit non sans laisser un bon espace entre eux. Tout le monde connaissait la puissance physique du seigneur de guerre. Ce geste amusa grandement l’ancien chasseur de prime qui travaillait depuis quelques temps à effacer les habitudes de son subordonné, mais il était difficile pour un pirate que de faire pleinement confiance à autrui.

« Elle est encore en vie. Je me demande comment elle va réagir à cette trahison. Si elle rentre sur Oméga pour demander mon aide, coupez lui la tête et balancez le tout dans l’espace. »

La surprise fut totale pour Udhienel, tout le monde savait combien Anton semblait attacher à cette humaine. Finalement, il haussa les épaules et se laissa aller à s’imaginer opérer lui-même la punition.

« Je veux que tu prépares tes chiens de chasse, Oméga sera la plus belle bataille de notre existence. Un transport d’arme appartenant à Eclipse va rejoindre la station d’ici deux semaines, Solan a déjà expédié à ton vaisseau sa trajectoire. L’équipement de Soleils Bleus est prêt pour l’assaut. Wsoran va enseigner à tes combattants la gestuelle et les mots à utiliser. Il vous attend dans le terrain d’entrainement de l’œil. »

Le pirate de l’Abysse se prépara à s’en aller lorsque la main d’Anton se leva, le stoppant net.

« Je veux savoir ce que fous Jila. »

Udhienel acquiesça et s’en alla, laissant le seigneur de guerre reprendre sa route le menant vers les entrailles de la station. Là où le prochain projet entrait en phase de test. Un large sourire de plaisir animait les traits froids d’Anton, qui se mit à siffloter.


Je suis la fille d'Anton Ardak. Et accessoirement, reine pirate profitant actuellement de ses congés.
Kydra Lifith, 27 janvier 2202

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MessageSujet: Re: Les Pacificateurs se souviennent   Lun 12 Mar 2018, 14:36
L’œil
Mars 2203


La nouvelle était rapidement tombée, Kydra avait repris le contrôle de sa flotte, perdant une partie conséquente de ses forces mais parvenant à expurger la faiblesse et la déloyauté d’un bon coup d’excès de violence. Cela soulageait le fondateur des Pacificateurs, mais dans le même temps la petite aventure spatiale de sa protégée se prolongeait de plus en plus hors de tout contrôle et cela devenait franchement gênant. Aussi Anton avait sonné le rappel de toutes les forces Pacificateurs sur la station Oméga. Que Kydra continue ses petites expériences avec ses troupes personnelles. La même chose avait été décidée pour le cas Jila.

Il était terminé le temps de l’inconscience et de la dispersion contre-productive, les troupes allaient rentrer et revenir dans le système pour se rendre utiles. Et ça allait donner l’occasion à ces deux lieutenants de se fonder enfin une troupe bien à elles, afin de pouvoir agir de manière totalement autonome. Après tout, Anton avait de grands plans pour Kydra une fois la situation terminée, et cette humaine au surnom amusant allait avoir besoin d’une troupe et de lieutenants parfaitement fidèles et déterminés pour mener à bien tout cela.

Les ordres de rappel et le message de félicitation expédiés, le seigneur de guerre pouvait se recentrer sur l’essentiel, la guerre à venir.

***

« Les dealers sont tous morts ou ont été arrêtés. Les rumeurs sur cette fameuse reine rouge circulent un peu partout. Un paquet de gens s’amusent à faire des paris sur la lutte entre les deux femmes les plus belliqueuses d’Oméga. Les demandes pour s’installer sur notre territoire ont explosé, surtout depuis que les Soleils Bleus ont augmenté leurs frais de protection. »

Arkio balançait son compte rendu tout en envoyant avec dextérité et force une balle rebondir contre l’un des murs de la salle. Le style dénotait fortement avec le sérieux d’Eisenhorn mais n’était pas moins plaisant. Le turien était un soldat compétent qui en avait connu des galères, c’était aussi le seul officier à avoir participé à l’opération contre Shoran l’année dernière, avec un galarien présumé Spectre.

« Ne laissez qu’un nombre limité recevoir une autorisation, je ne veux pas d’un afflux massif. Hors de question de se retrouver avec un nombre inconnu d’agents de Shoran dans le coin. Choisissez surtout des couples avec des enfants. »

Anton était allongeait dans un hamac, une délicieuse invention humaine qui avait connu un moment de gloire sur Anhur lors de l’après-guerre. Après tout lorsque l’économie est exsangue et le travail limité, autant aménager correctement ses longues heures d’inactions.

Le turien attrapa habillement sa balle, cessa ses gesticulations et scruta avec curiosité son boss tandis que ses mandibules s’agitait comme pour dire, on vire dans l’humanitaire maintenant chef ?

« Si l’on donne l’impression de protéger les gens, ils auront moins l’envie de se rallier à la turienne. Cette conne ne fait pas assez peur pour avoir éteint tout espoir dans le cœur des couillons qui hésitent encore. Pour l’heure je reste celui qui donne de l’amusement au peuple, qui reste en dehors des conflits et qui ne rackette pas, directement du moins, ceux sous son aile. Et puis, mes rues ne sont pas pavées de junkies à la con qui dégobillent dans tous les coins. »

La bouche d’Arkio tenta de former un O de surprise, mais cela était impossible pour cette espèce au visage particulier. Toutefois, le seigneur de guerre connaissait suffisamment son colonel pour lire en lui comme dans un holo.

« Hum, vous devez avoir raison comme d’hab, chef. » Agitation de mandibules, retour de la balle contre le mur. « Sinon on a reçu des nouvelles. La plupart des Pacificateurs prêtés à Jila sont de retour, les derniers la soutiennent pour une dernière action et seront là juste après. Ceux de Lifith …» Arkio avait toujours refusé de l’appeler autrement. «… arriveront demain si tout se passe comme prévu. D’après eux, elle s’obstine à fabriquer des méchas lourds et massacre les scientifiques qui ne vont pas assez vite. »

Roulement d’yeux de la part d’Anton.

« Elle a toujours été peu patiente. Je suppose qu’elle a vu cette trahison comme une marque de faiblesse de sa parte et renforce donc son contrôle en terrorisant ses larbins. »

Petit sourire amusé de la part du seigneur de guerre qui se releva enfin de son hamac.

« Il va falloir qu’on se parler, la petite et moi. Mobilise ton régiment, on va organiser une grosse session d’entrainement aujourd’hui. »

L’œil
10 Mars 2203


« Ma tendre Kydra,

Il est évident que tu es au courant de tout ce qu’il se passe sur Oméga, et combien Shoran est furieuse à ton encontre. J’espère que tes envies de méchas avancent bien, mais il parait aujourd’hui important que tu reviennes sur la station. Le changement est pour bientôt, et il serait dommage que tu sois absente pour ce grand moment.

Tendrement.

P.S. : pitié cesses de décorer tes petits joujous du symbole des Pacificateurs. »


Telle était le message que reçu Kydra Lifith en ce jour du 10 mars. Anton l’avait écrit rapidement et expédié de la même manière et depuis il s’était rendu dans les laboratoires de sa station spatiale. Désormais l’œil était une base militaire et scientifique en plein essor et l’intérieur de la structure s’en ressentait de ce changement de but. Autrefois minière, la station Magellan aujourd’hui nommée affectueusement l’œil est devenue un vrai centre opérationnel.

Et en ce jour particulier, l’œil recevait un grand nombre de visiteurs. Trois nouveaux régiments fraichement créent. Tous trois étaient majoritairement constitués d’une majorité de butariens et de turiens, mais étaient aussi composés de quelques humains, galariens et asaris. Ils étaient la source d’une immense fierté pour le fondateur des Pacificateurs, trois régiments entièrement équipés par Dahl Terminus et entrainés par l’Hégémonie selon des critères purement militaires. La naissance d’une armée des Terminus, la naissance de l’armée d’Oméga.

Et lorsque les quatre transporteurs transportant les soldats atterrirent dans un hangar de la station, et que les régiments se déversèrent dans un parfait enchainement que seul un entrainement rigoureux permet, alors un large sourire d’une sincérité éclatante vint éclairer le visage d’un Anton profondément ému. Un court moment, il se revit même défiler avec fierté dans les rangs des promus de son école militaire, lui le colosse naïf et dépourvu d’ambitions.

Finalement lorsque le défilé fut terminé, chaque régiment clairement défini et son colonel en tête de formation, Anton passa lentement et toujours souriant dans les rangs, observant et félicitant d’un signe de tête chaque combattant qui allait poser les fondations d’un empire à venir. L’inspection fut longue et s’étala très largement dans le temps, posant un sérieux défi de patience et d’endurance à ces soldats tout neufs. Ce n’est que lorsque le seigneur de guerre fut rassasié de cette inspection méticuleuse qu’il frappa dans ses mains et lâcha d’un ton amical.

« Ce soir nous allons boire, boire à nous faire oublier jusqu’à notre existence. »

Et les vives et autres manifestations de joie fusèrent emplissant l’esprit de l’ancien chasseur solitaire de l’euphorie d’avoir déjoué les pronostics et vaincu la fatalité. Il fit alors signe aux trois nouveaux colonels de le rejoindre, ce qu’ils firent sans hésiter une seule seconde.

« Félicitation, vous êtes de véritables Pacificateurs désormais. Les deux jours à venir, vous vous reposerez. Le 13, nous discuterons des évènements à venir. »

Les trois colonels, un turien, une turienne et une butarienne, sourirent avec fierté et s’inclinèrent devant leur chef. C’est finalement la turienne, Boetia, qui prit la parole pour les trois.

« Nous sommes heureux de pouvoir enfin revenir au sein de la famille. Aurum, Tann’Ka et moi avons passé bien trop de temps loin de tout. Nous sommes prêts à aller au combat. » Et les trois posèrent genoux à terre, têtes baissées. « Nous vous suivrons jusque dans la mort, seigneur. Nous mourrons pour ce que votre vision s’accomplisse. »

La main d’Anton vint se poser délicatement sous le menton de la turienne pour lui redresser la tête.

« Je n’en ai pas le moindre doute. » Le regard du butarien portait en lui une infinie tendresse. « Maintenant nous allons profiter de cette nuit pour gorger nos esprits et nos corps de cette débauche qui pousse souvent notre volonté dans l’égarement et l’abrutissement. Exorcisons pour un temps ce besoin autodestructeur. Que vous combattants soient prêts dans trois jours, là vous comprendrez l’ampleur de ce que nous avons à entreprendre. »

Puis Anton aida ses trois officiers à se redresser, l’un après l’autre, puis il se dirigea avec eux vers l’immense cantine qui allait servir à se vider complètement l’esprit. La zone avait été complètement réaménagée depuis la prise de contrôle des Pacificateurs. Désormais les tables étaient d’immenses meubles en bois provenant d’Anhur, les bancs étaient rembourrés avec des coussins et la zone complètement ressemblait plus à une immense salle d’un autre temps. Cette impression était renforcée par les deux fausses cheminées qui diffusaient des illusions de feux, produisant même le son caractéristique des braises qui crépitent.

Pour l’évènement, d’innombrables coussins emplissaient les lieux, permettant à tous de s’allonger à même le sol, tandis que de la musique était diffusée. Un colossal barman elcor était déjà à l’œuvre pour préparer cocktails et pintes de bières à profusion tandis que de nombreuses serveuses et serveurs s’agitaient pour maintenir le taux d’alcool à un taux respectable. Six danseuses asaris dansaient au cœur de la salle, sur une scène construite pour l’occasion. Tout était fait pour une soirée d’exception.

Bien évidemment, toutes les personnes ne faisant pas directement parties des Pacificateurs avaient été transportés dans des conditions particulières. Ils avaient été transportés dans des caissons ne laissant passer aucuns sons, ils avaient été endormis et ils s’étaient retrouvés directement dans cette pièce à leur réveil. Il en serait de même pour le retour sur Oméga. Hors de question que quelqu’un apprenne l’existence de la station ou au pire sa position.

Il serait dommage de tout gâcher pour une soirée, même extrêmement agréable …


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Kydra Lifith, 27 janvier 2202

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MessageSujet: Re: Les Pacificateurs se souviennent   Sam 17 Mar 2018, 15:51
#16 Mars 2203, Oméga

De magnifiques lueurs ambrées luisaient au loin, immortelles et inaltérables, elles étaient synonymes de foyer pour un grand nombre, de désespoir pour d'autres, de honte, de sécurité ou encore même, d'ambition. Symboles de l'une des extrémités de la société galactique, elles suscitaient tout autant la fierté que le dégoût. Mais elles n'avaient que faire des blasphèmes ou des adulations, elles étaient, et elles continueraient d'être tant que les conflits des mortels ne prendrait pas d'ampleur suffisante pour venir déranger leur douce quiétude.

En un sens, ce refus d'implication de leur part était la preuve la plus flagrante de leur existence et de leur statut. Quelle plus belle démonstration de vie que celle de refuser ?

Une bourrasque soudaine vint fouetter le visage de Kydra, mais la jeune humaine ne s'en formalisa pas plus que nécessaire, continuant son ascension malgré la soudaine intempérie locale qui avait décidé de venir exulter sa colère à cet endroit précis. Kydra grimpait actuellement une paroi métallique dont les fondations se perdaient dans le néant, bâtiment si représentatif de l'architecture verticale d'Oméga et dont le sommet n'avait de sens que pour ceux qui vivaient à ce niveau.

Les anciennes fonctions d'assassin de Kydra l'avaient forcée à apprendre de nouvelles façons de se déplacer dans cette jungle si particulière, raison pour laquelle cette escalade improvisée au dessus du vide ne lui paraissait pas si exceptionnelle. Une sangle reliée à son armure légère s'assurait de sécuriser ses prises, seule la force de ses bras et de ses jambes lui permettait de se hisser petit à petit vers son objectif.

Son visage recouvert de ses mâchoires d'acier contemplait le reste du parcours, l'émeraude se posant sur les différentes excroissances qui pourraient s'avérer lui être utile. Une nouvelle bourrasque survint alors, plus violente cette fois. Kydra se recroquevilla près de la paroi et s'y accrocha autant que possible. Le vent venait s'engouffrer dans le manteau recouvrant son armure, le déployant telle une cape de super-héroïne et l'attirant inexorablement en arrière. A contrecœur, la jeune femme décida de s'en débarrasser, offrant à son ancien couvre armure un dernier vol des plus spectaculaires avant d'entamer sa longue chute jusque dans les bas fonds d'Oméga.

Kydra reprit alors sa progression sans pour autant cesser de maugréer contre ce puissant courant d'air qui n'avait de cesse de se montrer désagréable. Les mains en armure de l'humaine attrapèrent alors finalement un rebord et elle s'y hissa, profitant d'un court moment de répit pendant lequel le sol était redevenu horizontal. La progression allait être facilitée à partir de ce point.

Elle sautilla sur place et frappa dans ses poings avant de prendre son élan. Son corps se propulsa en avant, prenant appui sur la base d'un mur pour en agripper le rebord, trois mètres plus haut. Elle passa par la suite devant plusieurs caméras et tomba même nez à nez avec un turien en armure. Un pacificateur. Ce dernier leva son arme à son encontre mais sembla soudainement hésiter en apercevant son visage. Kydra lui fit un signe de la main et continua son périple sans s'y attarder.

Son père avait sonné le rassemblement général de tous les membres de l'organisation, et le retour de Kydra sur la station avait suscité quelques hostilités, la plupart des pacificateurs n'appréciant guère la jeune humaine. Mais elle n'avait que faire de leurs états d'âmes, ils n'étaient qu'un problème plus que secondaire pour le moment. La reine pirate n'avait fait que de très rares apparitions en pleine rue, non pas qu'elle se cachait ou qu'elle ne trouvait pas que l'idée que Shoran apprenne sa présence sur la station soit salivante, mais Anton représentait le seul motif de sa venue, et sa seule priorité.

Elle parvint justement finalement à sa destination, utilisant son omnilame pour se tailler une ouverture dans une vitre et rattrapant in extremis le morceau de verre qui avait failli chuter dans la salle. Kydra s'engouffra alors dans l'ouverture, utilisant de nouveau le système de harnais de son armure pour se suspendre au plafond. Elle se trouvait dans une salle très particulière à ses yeux, car c'était ici que de nombreuses étapes de sa vie récente s'étaient succédé.

Le trône était vide et semblait pris dans une conversation invisible avec son inséparable bureau. Plus loin, le seigneur de guerre des pacificateurs pratiquait semblait-il la même activité que son cher repose-fesses, mais avec un groupe de butariens.

Kydra activa alors le déroulement de son câble, suspendue la tête en bas, telle une araignée au bout de son fil et descendant petit à petit jusqu'au niveau du trône. Anton avait congédié ses collègues et avisa rapidement la soudaine intrusion. Kydra détacha le câble de son support et il vint se rembobiner à sa taille, ses fesses tombant finalement sur le bureau.

La jeune femme tourna un instant la tête vers l'ouverture qu'elle avait laissé dans une des vitres du haut de la salle avant de se recentrer sur Anton.

Désolée pour les futurs courants d'air. Mais je voulais rentrer ici d'une manière moins conventionnelle, pour une fois. De toute façon j'imagine que tu t'y attendais vu toute la surveillance à l'extérieur.

Elle retira ses mâchoires d'acier et quitta le bureau, se dirigeant vers Anton avant de le prendre dans ses bras. Une étreinte aussi affectueuse qu'elle pouvait l'être pour deux personnes en armure. Kydra resta la tête posée contre son torse un instant avant de repartir vers le bureau.

Je dois dire que de toutes les surprises que tu as pu me faire, la dernière est sans doute celle que j'ai le moins apprécié. Je comprends bien sûr sa nécessité, mais il y avait tant d'autres façons de parvenir au même résultat. Mais qu'importe, je ne suis pas venue ici pour me répandre en jérémiades.

Elle s'était pourtant imaginée faire une scène bien différente lors de leur retrouvailles, mais sans qu'elle puisse vraiment l'expliquer, le simple fait de revoir Anton était un tranquillisant à sa frustration, lui donnant envie de profiter de l'instant plus que de le gâcher. La jeune reine pirate posa alors de nouveau ses fesses sur le bureau et croisa les jambes.

J'imagine que les choses avancent merveilleusement bien de ton côté pour vouloir ramener tout le monde au bercail. Dis mois Anton, quel est donc ce changement que tu mentionnes, serions nous à l'aube d'un nouveau crépuscule ?

Elle était plus que disposée à écouter son seigneur de guerre mais elle ne perdait pas pour autant de vue ses propres objectifs. S'il souhaitait un nouveau Fehl Prime, il allait devoir chercher ailleurs. Mais les temps semblaient enclins à accepter les changements récemment, et Kydra soupçonnait quelque chose de bien plus large de la part de son père butarien.



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MessageSujet: Re: Les Pacificateurs se souviennent   Lun 19 Mar 2018, 17:54
Bip Bip Bip.

Anton cessa d’écouter ce que ses lieutenants racontaient et activa son omnitech pour recevoir ce message si pressant.

« Kydra Lifith est sur le toit du QG, elle semble désirer descendre en rappel. »

Le seigneur de guerre eut un petit rire discret, ce qui fit sursauter le colonel Philippe qui se tenait juste à côté.

« Kydra a pris la décision se regarder bien trop d’holonets. Elle souhaite entrer ici via le toit, sûrement par la baie vitrée. »

Les différents lieutenants, trois être très précis, réagirent différemment, Morgan était amusé, Gaun’t semblait perplexe et Lelianna clairement méprisante avec son rictus. La chose n’était pas importante, que les gradés se détestent ou s’apprécient n’est pas un élément important tant qu’ils se soumettent à la hiérarchie.

« Continuez le compte rendu. » Leur déclara simplement le colosse butarien tout en expédiant une réponse rapide. « Assurez-vous qu’elle ne se tue pas inutilement, et laissez là faire son affaire. »

Et Anton reprit sa routine, écouter les propos de ses officiers et donner quelques ordres ou poser quelques questions. C’est ainsi que le temps s’écoula tandis que Kydra entamait sa grande descente. Quelques longues minutes plus tard, nouveau message.

Bip Bip Bip.

« Kydra Lifith est en train de pénétrer votre bur… »

Anton coupa subitement le message, après tout le butarien pouvait tout à fait voir sa protégée faire ses petites affaires vu qu’il était personnellement dans son bureau. C’est en voyant l’humaine détruire sa magnifique baie vitrée, qu’il comprit que Kydra devait lui en vouloir pour tous les évènements récents. Alors autant lui laisser terminer sa petite vengeance, aussi le butarien ne fit rien, tandis que Kydra entrait tranquillement dans son bureau, ruinant la température parfaite des lieux, et pire l’air recyclé de qualité.

« Terminé pour aujourd’hui, on reprendra demain. Qu’une équipe récupère le matériel qu’elle a laissé sur le toit. »

Les trois colonels s’inclinèrent et quittèrent les lieux, Gaun’t transférant déjà les ordres de leur supérieur. A peine ils disparurent derrière la porte que Kydra arrivait à la hauteur de son père spirituel autoproclamé. Honnêtement, Anton ne savait pas du tout comment sa protégée allait réagir, aussi il décida de lui laisser l’initiative, et celle-ci prit la décision la plus sentimentale, ce qui n’était clairement pas pour déplaire au seigneur de guerre.

Quelle sensation étrange d’être parent, surtout lorsqu’on est un père indigne qui a abandonné ses enfants biologiques et qui n’hésite pas à utiliser ceux qu’on s’est choisi.

Alors que Kydra lâchait Anton et retournait s’assoir sur le bureau, ignorant comme par habitude les chaises destinées à tenir ce rôle. C’était aussi ça qui avait attiré l’ancien chasseur de prime, au-delà de cette intelligence, de cette appartenance à l’espèce des guerriers, cette manie de prendre les choses de la manière dont elle le désire, et non comme les gens l’ont décidé. Cette indépendance d’esprit extrême, et cette fragilité inhérente à l’esprit libre. Tout ceci avait créé un attachement très particulier entre eux.

Aussi, plutôt que de lui répondre directement, Anton posa sa main sur sa joue et la lui caressa fugacement avant de se retirer et alla s’assoir sur son trône, scrutant tout du long sa protégée.

« Oméga est ainsi ma tendre, le pragmatisme est la seule voie envisageable. J’avais le choix de t’éviter toutes ces emmerdes, mais dans tous les cas Shoran ne t’aurait pas laissé en paix. Et les autres possibilités étaient clairement mauvaises, je pouvais lancer la turienne sur Deruuk, Jila ou le Brasseur, mais de vous quatre, il n’y avait que toi qui pouvait t’en sortir, voir grandir, dans l’affaire.

Je ne regrette rien, te voilà devant moi, moins fragile qu’hier et sûrement plus que demain. C’est ainsi, ma vision te concernant n’a jamais changé, pour moi tu es une rose parmi les orties et j’étais curieux de voir ce que tu pouvais faire des orties. Sur ce sujet, je ressens toutefois du doute. »


Anton ouvrit un tiroir et en sorti un bol de pisto-mangue et le posa entre eux deux.

« Sache que je suis heureux que tu ne sois pas venu me chercher lorsque la situation a dégénéré. Mais peu importe, tu as raison nous sommes à l’aube de quelque chose de merveilleux. Je ne vais pas tourner autour du pot, en mai nous allons relancer la guerre d’Oméga. Celle-là qui verra notre destruction ou notre victoire.

D’ici là, j’ai quelques opérations à mener pour réduire la difficulté. Mais qu’importe, d’abord je veux que tu me parles de toi, raconte-moi tout. Tes plans, ce que tu prévoyais de faire avec ces méchas, avec cette flottille, avec ces orties déguisés en Pacificateurs, avec cette secte asari, avec tout ce qui t’entoure.
Raconte-moi, cela fait bien trop longtemps que je n’ai pas entendu ta voix. »


Et Anton attrapa une pisto-mangue et l’enfourna avec gourmandise, quel plaisir que de dévorer une telle chose. Même s’il était compliqué de digérer un tel aliment, et qu’un tel plaisir en résultait de dévorer des médocs pour parvenir à ne pas souffrir de complications. Un peu comme cette passion pour le pouvoir.


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MessageSujet: Re: Les Pacificateurs se souviennent   Mer 04 Avr 2018, 20:59
En mai ? Le dénouement était-il donc si proche que cela ? Il est vrai que le temps avait filé à rude allure, et comme d'ordinaire, les quelques mois qui avaient séparé leur rencontre s'étaient avérés sacrément chargés en événements, positifs comme négatifs.

Mes projets ? Et bien, vu que je contrôle Arcturus maintenant, j'avais pensé attaquer la Terre la semaine prochaine...

Kydra détacha un datapad de son armure et le fit glisser le long du bureau, s'arrêtant juste à côté du bol.

Tout frais de cette semaine. Un rapport qui contient tous les détails sur l'état actuel de la flottille, vaisseaux, équipement, personnel.

Elle se tourna vers le trône, toujours assise sur le bureau mais cette foi ci, en tailleur.

Il ne me reste que trois frégates sur les dix que j'avais après Fehl Prime. On en a perdu quelques unes en détruisant ce foutu clan esclavagiste, certaines ont connu de graves accidents au vu de leur état délabré et les autres ont été détruites pendant... Comment le dire sans que le butarien ne prenne cela comme une attaque ? …L'«incident». Je n'ai aucun moyen d'en produire et il est difficile de les rénover correctement, si la situation stagne je crains bien qu'à terme, il n'y ait plus de flottille.

L'humaine se gratta la tignasse un instant.

Si je n'ai plus donné signe de vie pendant une période c'est parce que j'avais changé d'identité. C'était nécessaire, vraiment. La paranoïa liée à Shoran et à cette probatrice, ça commençait vraiment à me bouffer.

Une lueur vint éclairer l'émeraude de ses yeux alors que les souvenirs remontaient. Elle rampa jusqu'à l'autre extrémité du bureau, juste devant le trône, et y laissa pendre ses jambes.

Elle est morte d'ailleurs cette connasse ! C'étaaaaaiiiit... Particulier, on va dire.

Ses tympans reconstitués venaient douloureusement lui rappeler cette épreuve de temps à autre, sans parler du fait qu'elle avait encore un nouvel organe entièrement reconstitué, son ancien rein droit ayant rendu l'âme. Une des conséquences de la désoxygénation de ses tissus suite à son court, mais terrifiant passage dans le vide spatial.

L'humaine sauta du bureau et s'étira un instant, désormais debout face à son père affalé sur son trône.

Bref, les méchas c'est pour ça, c'est pour compenser la flottille qui se désagrège, histoire de transférer sa puissance dans quelque chose de terrestre j'imagine ? Ça en jette quand même, imagine des troupes appuyées par des méchas lourds.

Kydra mima alors un instant des bras robotique armés, imitant le bruit des tirs avec sa bouche.

Je dois bien avouer que j'avais la station Carthagène dans le collimateur, la prendre au nom des pacificateurs, tout ça.

Elle croisa les bras.

Ça aurait permis de renflouer les caisses et de repartir sur des bases saines. Mais l'intérêt s'en trouve limité si l'Aube d'Oméga est aussi proche. On aura pas le temps de bien l'exploiter, il vaut mieux garder les troupes et le matos frais pour le gros boom.

Elle se décida finalement à piocher dans le bol, s'interrompant le temps nécessaire à la mastication de cet étrange aliment qu'elle n'avait jamais vu ailleurs qu'ici.

Je n'ai pas de projets grandiloquents ou d'envies carnassières, enfin, pas spécialement. J'ai surtout hâte que la situation sur Oméga se décoince enfin, ça aurait déjà dû être le cas il y a un moment avec Fehl Prime, mais faut croire que l'alliance est encore plus paraplégique que je ne le pensais.

Un sourire vint étirer ses lèvres.

Et je pense ne pas être la seule qui commence à se lasser de cette attente.



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MessageSujet: Re: Les Pacificateurs se souviennent   Jeu 05 Avr 2018, 17:01
Anton aimait sincèrement Kydra.

Bien évidemment d’un point de vue extérieur, cette relation pouvait paraitre étrange, sûrement malsaine. Et elle pouvait tout autant surprendre, lui le butarien ayant appartenu à une armée qui a connu un conflit entre leurs deux espèces, elle l’humaine ayant appartenue à l’armée la plus anti butarien de toute la galaxie. Lui qui se targuait d’être un père mais qui n’avait jamais élevé ses enfants, elle qui se targuait d’être une fille mais qui n’avait su se soumettre à une quelconque autorité.

Et pourtant, Anton aimait sincèrement Kydra.

Cette humaine qui avait toujours eu un tempérament compliqué, des réactions extrêmement étranges et parfois contreproductive, elle qui donnait parfois l’impression de ne pas réellement comprendre le sens du mot autorité et qui ne avait une personnalité diamétralement opposée à l’identité et l’utopie imaginée par un Anton dénotant sérieusement avec sa fille adoptive. Elle qui avait du mal à être une Pacificateur, et qui pourtant en était une pièce maîtresse, elle qui n’était guère apprécié des éléments de l’organisation mais qui possédait une certaine autorité.

Mais pourtant, Anton aimait sincèrement Kydra.

Elle qui avait un humour extrêmement compliqué, enfin un humour qui devait être endémique aux humains de l’Alliance puisque jamais sur Anhur, Anton n’avait eu le malheur d’entendre ce genre de réactions et de piques si particulières, lui qui aime la soumission et l’ordre. Et c’était peut-être pour toutes ces raisons que l’humaine avait gagné le cœur de celui qui apprécie à se déclarer son père. Enfin parfois, dans d’autres occasions, elle parvenait sérieusement à l’irriter.

« Trois frégates. » Anton se caressait le menton d’un air songeur, alors qu’en réalité il se moquait éperdument des pertes de cette flottille qu’il ne contrôlait pas. Que sa fille perde ses joujoux étaient totalement secondaire, si ce n’est plus. « Au moins tu as réglé le souci des traitres dans tes rangs, et tu as éliminé ce seigneur de guerre qui t’accompagnait. Il n’est jamais bon de s’entourer d’individus capables de concurrencer ton autorité. »

Puis Anton apprit enfin ce qu’était devenu Kydra durant les mois de sa mystérieuse disparition. Finalement, elle avait réussi l’exploit de vaincre une probatrice, cela rendait l’humaine encore plus étonnante. Après tout, il avait fallu à Anton l’aide de Kyreshorl et de sa sœur pour en vaincre, et Kydra semblait dire qu’elle avait vaincu seule. Soit l’asari était une probatrice relativement jeune, soit Kydra avait confondu avec une chasseresse soit l’humaine était une guerrière proprement exceptionnelle soit la chance avait été d’une immense aide.

Et dans un milieu comme celui d’Oméga, il faut toujours partir du principe le plus dangereux.

« Impressionnant. Tu as donc vaincu une probatrice. Une telle chose fait de toi une guerrière extrêmement redoutable. »

Le reste était tout autant surprenant, Kydra pensait prendre une station spatiale avec trois frégates seulement, et semblait vouloir se créer une armée de méchas de combat.

« Concentre tes efforts sur les méchas, on va en avoir besoin sur Oméga. Pour la station Carthagène, tu as raison il n’est pas encore intéressant de prendre un tel lieu. Toutefois lorsque nous aurons conquis Oméga, il nous faudra nous projeter rapidement sur de nouveaux projets et celui-ci n’est pas le moins intéressant. Prépare-moi un plan d’attaque de la station, nous y porterons le regard le moment venu. »

Anton regardait avec amusement sa protégée piocher dans le bol, cessant lui-même de s’y servir.

« Tout le monde se lasse de cette attente, mais il est hors de question de précipiter les affaires sur un coup de tête. Pour l’heure nous avons le moyen de neutraliser Eclipse et nous travaillons massivement à la guerre contre Shoran. Toutefois le cas des Soleils Bleus et des Berserkers est encore extrêmement complexe. Ces deux groupes possèdent une puissance de feu et des troupes extrêmement conséquentes. La guerre de conquête ne pourra être lancée sans un plan solide pour contrer ce danger.

Je pensais justement m’attaquer à ce problème avant que tu n’arrives. »
Anton scruta sa fille droit dans les yeux. « Est-ce que tu aurais une idée ? »

Le cas des Berserkers était le moins complexe des deux. Extrêmement belliqueux, le chef Wurg, un krogan arrogant et cruel n’attendait qu’une occasion pour s’en prendre aux autres groupes de la station et devenait chaque jour plus agressif. Les deux dernières réunions au conseil des mercenaires avaient failli tourner à la bagarre général alors que le krogan avait violemment insulté Va’Rae et Torius, les menaçant d’une « guerre comme vous en avez jamais vu ». Et le mieux dans l’histoire c’est que Shoran s’était rangée du côté du chef des Soleils Bleus, enrageant comme jamais le chef des berserkers.

Le cas des Soleils Bleus est, lui, plus complexe. Proche de Shoran, le chef actuel de la faction est plus proche du mafieux que du para-militaire et déteste profondément les Pacificateurs, ignorant délibérément Anton à chaque réunion. Malheureusement, alors même qu’il exerce de nombreux changements au sein de l’organisation, il est globalement très suivi par ses lieutenants qui semblent étrangement loyaux au sein d’une organisation autrefois connu pour ses nombreux conflits et trahisons internes.

Dans les deux cas, Anton avait ses plans et ses idées, mais il était tout à fait curieux d’écouter l’avis de sa protégée, après tout elle avait gagné en maturité avec les différentes affaires l’ayant touché tout récemment. Et puis, il était plus que temps que Kydra s’implique d’avantage dans les affaires internes des Pacificateurs, après tout elle avait un grand rôle à jouer dans la guerre à venir. Et si l’humaine ne donnait pas l’impression d’avoir l’oreille d’Anton, il serait compliqué pour elle d’imposer son autorité aux différents groupes composant l’organisation … déjà qu’elle n’était pas la plus aimé des officiers.

Restait donc à voir si l’humaine était elle-même intéressée par l’idée de s’impliquer d’avantage et à tenir un rôle plus concret au sein des Pacificateurs, et pour cela il n’était rien de plus simple que de d’observer si elle avait déjà réfléchi à la suite des opérations ou si elle se contentait de vivre les évènements.


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MessageSujet: Re: Les Pacificateurs se souviennent   Mer 11 Avr 2018, 00:12
Concurrencer son autorité hein ? Elle se demandait à quel point Anton avait pu s'intéresser à ses activités et aux relations qu'elle avait noué autour d'elle. Peut être avait-il surveillé avec attention ses moindres faits et gestes afin de se nourrir des détails ? Ou peut être s'était-il simplement contenté d'en apprendre les grandes lignes de loin, lâchant sans grand intérêt le loup au sein du troupeau ? Elle ne le saurait jamais.

Kydra se demanda un instant si la remarque du butarien concernant la probatrice était un produit de l'ironie, mais elle se rappela rapidement qu'il ne pouvait connaître les détails de la confrontation. Elle n'avait jamais fait le poids contre l'asari, les circonstances particulièrement favorables et le vide s'étaient chargés du boulot à sa place. Et sans Tori, la jeune humaine y serait également restée.

Mais mieux valait garder ces détails inutiles sous silence et laisser le butarien avec sa conclusion qui n'en paraissait pas moins déplaisante à entendre, toute nimbée d'ignorance pouvait-elle être.

Mais la suite fut sans doute l'élément le plus intriguant de cette discussion.

Une idée ?

Kydra fit le tour du bureau à pied cette fois, laissant éclater un rire sincère avant de s'arrêter de nouveau bien en face du seigneur de guerre, de l'autre côté de la surface métallique.

Une idée ! Mais qu'est ce que j'ai bien pu faire pour rentrer dans les grâces du seigneur de guerre des pacificateurs et gagner ce soudain pouvoir décisionnaire ?

Elle posa ses mains recouvertes de son armure sur le bureau. Tout comme Anton s'était si magnifiquement bien occupé de la lutte contre Shoran en son absence de la station, il était plus qu'évident qu'il avait déjà mûrement réfléchi au cas des deux derniers groupes mercenaires. Il ne s'était jamais référé à elle pour la moindre décision, cette question venait d'être soudainement posée dans un but factice, un test. Peut être même tentait-il de la comparer à ses autres conseillers, de l'évaluer ? Cette idée lui donnait envie de vomir.

Je n'ai toujours été qu'un simple outil Anton, ça a toujours fait partie de notre contrat, que je courbe l'échine comme une chienne pour t'apporter du soutien là où il pourrait te faire défaut.

Elle se redressa et serra les poings, ses yeux luisant au travers de ses mèches noires.

Je n'ai jamais réellement fait partie des pacificateurs, tu le sais autant que moi. Inutile de vouloir camoufler ce fait en tentant de me donner une importance illusoire.

Depuis qu'elle avait remis les pieds sur la station, elle l'avait senti, une sensation désagréable qui l'avait suivi même jusque dans cette pièce. Un rejet pur et simple, un corps activant son mécanisme de défense pour extraire un élément étranger. D'anciens ennemis, d'anciens alliés, des voix qui lui étaient pourtant totalement inconnues, même Anton qui s'appréciait à lui offrir cet artifice soudain de responsabilité, jetant un os à son animal pour s'assurer que sa fidélité lui était toujours acquise.

Mais l'usure avait cette caractéristique de finir par entamer même les matériaux les plus résistants, de détruire les plus grandes civilisations et de faire tomber les plus grands guerriers. Le barrage avait cédé, elle n'était plus chez elle, elle se sentait presque en danger. Il ne s'agissait plus de paranoïa, simplement d'un instinct de survie exacerbé par un égoïsme de plus en plus envahissant. La disparition brutale et perpétuelle de personnes de confiance qu'elle avait autrefois tant estimé avait finit par atteindre les profondes couches de son optimisme et de ses rêves.

Je travaille avec des hommes qui ont survécu au pire à mes côtés. Elle tendit soudainement son bras gauche en arrière, pointant du doigt la porte dans son dos qui représentait l'unique entrée conventionnelle de la pièce. Pas avec des bouffons hilares qui n'ont pourtant pas versé la moitié du sang que j'ai pu sacrifier pour cette ambition.

Étrangement, c'est à ce moment précis en face d'Anton qu'elle se sentit pour la première fois depuis des années extraordinairement seule, abandonnée. Elle avait baigné dans un doux océan de suffisance, se complaisant dans sa situation et détournant le regard des endroits qu'elle ne souhaitait réellement assumer. Mais le résultat était là, traîtres, compagnons morts, matriarche, même la femme avec laquelle elle avait pensé finir ses jours n'était plus là. C'est sans doute cette érosion sociale plus que n'importe quelle blessure qu'avait pu lui infliger la probatrice qui fit réellement poser un genou à terre à celle qui aimait se croire intouchable.

Elle soupira, orientant son visage dénué de la moindre expression vers le butarien.

Si tu as besoin d'une aide que tu ne parviens pas à obtenir autrement, je m'en chargerais comme toujours. Dans le cas contraire, je crois qu'il n'y a rien à ajouter.

Elle ne craignait nullement sa réaction, ni même d'être définitivement écartée d'Oméga. D'un point de vue purement statistique, elle représentait un avantage dont il ne pouvait se séparer aussi idiotement. Une triste vérité qui était pourtant, de façon très ironique, la seule certitude qu'elle pouvait avoir.



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MessageSujet: Re: Les Pacificateurs se souviennent   Mer 11 Avr 2018, 10:25
« L’excellence. Voilà bien ce que cette école attend de chacun d’entre vous. » Le regard inquisiteur de Mustapha Ben Salamen jaugeait chaque élève à tour de rôle, semblant vous traverser l’esprit avec une aisance terrifiante. « Et pour atteindre cela, vous attendons une chose extrêmement complexe chez chacun de vous. Vous allez devoir éteindre cette étincelle … ou ce brasier … » Rires coincés dans la salle tandis que le professeur fixait un élève particulier, en l’occurrence son propre fils. « … de bêtise qui sévit en chacun de vos petits cerveaux. Chaque jour, nous essaierons de le noyer sous un flot de connaissances, de réflexions et la fatigue, et chaque jour nous échouerons. Car c’est à vous, et à vous seul de mener à bien cette lutte. Ce sera le seul et unique devoir que je vous donnerai à faire, mais il sera de tous les instants … » Ben Salamen scrutait désormais une poignée d’élèves avec une sévérité non feinte, s’arrêtant finalement sur un Anton Ardak encore bien jeune du haut de ses 13 années. Finalement un sourire remplaça l’air dur, et le butarien se laissa aller à une timide réponse.

***

Peut-on être idiot et intelligent dans le même temps ?

La réponse à cette question dépendrait sûrement de l’interlocuteur vous faisant face, et du degré de narcissisme l’animant, mais pour la plupart des gens elle était d’une simplicité sans non. Bien sûr que c’est impossible. Après tout, les deux sont choses opposées et indissociables. Pour Anton, la réponse est tout aussi évidente mais parfaitement contraire. Idiotie et Intelligence ne sont que des sœurs banales dans la vie des êtres doués de conscience, et même de toute forme de vies. Et les sœurs ça s’oppose, ça collabore, ça se dispute et ça vit toutes deux sans que l’une ne fasse disparaitre l’autre.

Et pour Anton, il avait devant lui une victoire flagrante de la sœur Idiotie en ce jour funeste. Non pas que Kydra fut bête, loin de là, mais à cet instant précis elle n’en était pas loin. Et cela enrageait sincèrement le seigneur de guerre qui agrippait avec une fureur parfaitement incontrôlée les accoudoirs de son trône de pierre.

« Un milkshake au goût de merde. »

Tonna subitement le colosse butarien alors qu’un rictus de colère pure traversait ses traits autrefois bienveillant.

« Voilà ce que j’ai l’impression d’avaler alors que tu débites tes conneries devant moi. Mais quelle pitié que d’envoyer ma protégée, ma FILLE, dans une mission extrêmement périlleuse, puis de l’inonder de menaces alors même que tu parvenais toute seule à t’en créer, et de voir revenir une pathétique petite chose pleurnicheuse.

Un outil ? Vraiment ? Alors même que tu jouies d’une liberté de mouvement et de décision qu’une seigneur de guerre même ivre ne donnerait jamais à quelqu’un, même s’il s’agissait de sa propre chaire ? Tu courbes l’échine comme une chienne ? Vraiment ? Alors même que tu décides toi-même de tes déplacements, que tu te présentes comme tu l’entends et en détruisant mes biens dans des tentatives désespérées de te rendre intéressante ?

Tu as une capacité innée à raconter de la merde, voilà ce que je peux concevoir aujourd’hui, pas le sang que tu as écoulé en hectolitres pour une cause que tu refuses de reconnaitre. »


Le ton était franchement passionné, voir enragé.

« La vie est injuste, ô quelle surprise immense que tu m’apportes là. Les Pacificateurs ne sont pas égaux entre eux, ô quelle surprise que tu m’apportes là. Certains ne sont que des plantons qui surveillent passivement les rues du quartier, d’autres dirigent les opérations car leur esprit est construit pour une telle chose. Le sang n’est pas la seule chose requise pour faire avancer la cause, et tu pourras en perdre autant que tu le désires cela ne fera pas de toi la reine des martyres et des malheureux pour autant.

Oméga ce n’est pas le ramassis de merde qu’était ton Alliance, ici il n’y a pas de pitié mal placée, de respect inné pour un rang imaginaire. Qu’imaginais-tu ? Que vaincre une colonie de bouseux allait faire de toi une reine, que combattre une probatrice inconnue de tous dans un lieu oublié des dieux allait faire de toi une déesse de la guerre ?

La plupart des Pacificateurs te jalousent par la position unique que tu possèdes, pas celle de chienne ou d’esclave mais de chef indépendante et respectée par moi, en tant que fidèle protégée qui te donne accès à des possibilités totalement inconnues de la plupart de mes soldats. Tu n’es pas une Pacificatrice parce que tu ne le mérites pas, tu t’imagines martyre alors que tu es bourreau, tu t’imagines esclave alors que tu souffres de liberté.

Je n’attends qu’une chose de toi, c’est de devenir une Pacificatrice, mais il semblerait que tu sois en train de te briser intérieurement comme une frêle et ridicule poupée. Alors la chose va être simple, soit tu prends enfin conscience de cette réalité, soit tu deviens vraiment une chienne qui courbe l’échine, c’est toi qui voit. »


Le ton était presque menaçant, mais il n’était pas dû à une volonté équivoque, mais plus à la violence contenue dans les propos.

« Donne-moi une idée. »

Anton se sentait étrangement triste au travers de tout ce brouillard de colère. Sa protégée, celle qu’il avait considérée comme sa fille pendant bien des années était sur le point de se briser sous le poids des peines fictives, sous le poids du rejet imaginaire. Elle s’imaginait esclave et rejetée, alors même qu’elle était libre et jalousée, se transformant en une espèce d’enfant devant porter le poids de la galaxie sur ses frêles épaules. Etait-il seulement possible de briser cette gangue du martyre qu’elle s’était mentalement créée ou était-elle déjà perdue ? A cette idée, le chagrin emplit momentanément l’esprit du butarien puis une force nouvelle surgit en lui. Rien n’allait le faire perdre pied, pas même une nouvelle perte difficile. Il avancerait, avec ou sans elle.
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MessageSujet: Re: Les Pacificateurs se souviennent   Jeu 12 Avr 2018, 02:30
Un fin sourire étira un instant les traits de Kydra. Elle avait finalement atteint ce stade particulier d'une franchise pure, là où l'âme parlait sans être entachée par le moindre artifice. Elle était si éloignée des grandes paroles gorgées d'éloges et d'ambitions, des phrases pompeuses auxquelles elle avait pu avoir droit avant de quitter la station à bord du Mégalodon. Non, là il n'y avait rien d'autre que l'agacement, voir l'énervement, d'un butarien qui se voyait perdre le contrôle de son investissement.

Il n'était plus nécessaire de charmer, mais de contrôler. Et cette fenêtre ouverte venait répondre à toutes les questions qu'elle avait pu se poser quant à la façon dont le butarien la percevait. Et le résultat était tout aussi triste que prévisible.

Je ne me suis jamais plainte de ma situation à tes côtés Anton, pas une seule fois, elle a toujours représentée une chance que je n'ai trouvé nulle part ailleurs. Mais si tu aimes penser que je suis en train de chialer comme une enfant trop gâtée, fais toi donc plaisir.

Non finalement, même sa certitude commençait à s'étioler. Le butarien utilisait un ton proche de la menace, un ton qu'elle n'avait jamais entendu auparavant, pas même lorsqu'elle avait pointé une arme sur lui, presque trois ans plus tôt.

Mais ne t'amuses pas à déformer ce que je suis. Je n'ai jamais demandé à jouir d'une liberté hors norme, je n'ai jamais demandé à accéder à un rang spécial, je n'ai jamais demandé à recevoir un traitement de faveur. Si tu juges que tout ceci est véritable en ce qui me concerne, il s'agit de décisions que tu es le seul à avoir pris, inutile de me le cracher à la gueule.


La rage vint s'emparer de son esprit. Elle n'était d'ordinaire que très peu réceptive à ce genre de discours dégradant la concernant, sauf lorsqu'ils venaient d'une personne qu'elle avait pensé sincère et qu'elle avait estimé. Ses mouvements se faisaient brusque, sa voix dégobillant ses pensées, son ton sec laissant la place à une tonalité emprunte d'ironie et d'énervement.

Mais tu as sans doute raison, je ne suis qu'une faiblarde jouant au martyr. Quelle faiblesse que de ressentir une honte incommensurable après avoir subi une purge, quelle faiblesse que de se sentir seule après avoir perdu tous ses soutiens, quelle faiblesse que de refuser de jouer soudainement à la conseillère pour l'effet placebo. Tu n'as vraiment pas de chance Anton, avoir ainsi recruté et tant apporté à la plus grande dégénérescence humaine de la galaxie.

C'était presque irréel.

Tes paroles suintent d'ignorance. Mais elles ont au moins l'avantage d'apporter des réponses. C'est presque triste de constater que tout le reste n'était que du vent.

Son poing en armure se fracassa violemment contre le bureau.

Mais je vais t'en donner une de putain d'idée puisque tu tiens tant à en avoir de la part de cette connasse d'humaine qui ne fait que raconter de la merde. C'est tellement primordial d'avoir l'avis d'un élément externe qui ne connaît aucun détail sur l'état actuel d'Oméga.

Son intonation était plus ironique que jamais.

Qu'est ce qu'on pourrait faire alors, je me demande bien... Assassiner des lieutenants ? Piquer leur matos et leur faire porter le chapeau d'un crime ? Oh non quel dommage, ça a déjà été utilisé.


Elle leva soudainement un doigt en l'air.

Mais je sais ! Je n'ai qu'à tenter de bombarder tes futurs quartiers en m'écrasant sur les défenses de la station. Ou alors je peux faire ça directement sur leurs planètes, ça ira plus vite !

Ou mieux encore, une épidémie. Je pourrais trouver le moyen d'infecter leur flotte avec une bactérie mortelle, ca serait fabuleux de voir tout le monde crever. C'est parfait ça, je vais partir dessus je pense.

Son poing droit tremblait presque, il valait mieux qu'elle s'éclipse avant qu'elle ne se laisse davantage submerger par la colère.

C'est donc bien ce que je pensais, il n'y a plus rien à ajouter.

Elle enfila ses mâchoires et grimpa rapidement à l'aide de son armure jusqu'à la fenêtre détruite. Elle enleva la sécurité de son canon lourd au cas où, dans l'optique où l'énervement d'Anton le pousse à ordonner à ses hommes de la neutraliser.

La descente allait être difficile.

La réalisation de ce qui venait de se passer, encore plus.



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MessageSujet: Re: Les Pacificateurs se souviennent   Jeu 12 Avr 2018, 12:59
« Qu’est-ce qui différencie un tyran d’un dirigeant ? » La question était posée d’un ton parfaitement neutre. Le professeur Ben Salamen s’aventurant avec décontraction dans les rangs de ses étudiants, en majorité humains, mais comportant quelques butariens, dont Anton Ardak, deuxième au classement général des notations, et premier de loin dans tous les domaines martiaux. Toutefois, il y en avait un qui le surpassait largement, son rival et meilleur ami, Yassin Al Shafiq.

C’est d’ailleurs vers ce dernier que le professeur se tourna pour une réponse.

« Un dirigeant unifie sa nation par la parole, et non la force. Il amène ses ennemis à reconnaitre son point de vue, il pousse ses alliés à se battre pour lui sans qu’il ait besoin de le demander. » Yassin était en vérité très proche de cette description. On aurait dit un éloge personnelle, enfin s’il avait en avait été conscient. « Un tyran, règne par et pour la force. Il soumet ses adversaires par la violence et pousse ses alliés à se combattre mutuellement pour s’assurer un contrôle pérenne du pouvoir. » Là on aurait peut-être dit Anton, même s’il n’avait qu’un seul véritable ami, et donc quelques difficultés à les faire s’entretuer.

Le professeur acquiesça d’un air satisfait et se projeta contre le mur quelques extraits d’œuvres traitant du sujet. De son côté, Anton balança une pierre, qu’il gardait soigneusement dans sa poche, dans la direction de son ami, qui eut un petit rire en le réceptionnant. Le butarien, pas encore colosse de son état, lâcha avec un sourire moqueur. « Le dirigeant c’est juste un mec qui a pas la force pour agir. »

***

Anton scrutait le dos de Kydra tandis qu’elle se dirigeait avec fureur vers la fenêtre, sa propre porte de sortie, il sentait bien qu’une cassure nette était en train de les séparer bien plus vite que n’importe quelle vitesse de marche que pourrait prendre l’humaine dans sa fuite éperdue. Ce conflit avait abîmé quelque chose, avec une force qu’aucune menace ne serait parvenue à produire. Les deux s’étaient affrontés avec une violence inouïe, tandis que l’incompréhension semblait la seule grand gagnante de l’histoire.

Pour le seigneur de guerre, Kydra restait celle qui était venue geindre, se placer en victime, et pendant quelques longues minutes, le butarien avait eu peur que la folie de l’humaine eut définitivement vaincue dans la guerre l’opposant à la santé mentale de sa protégée. Pendant quelques secondes il vit aussi cette relation définitivement brisée, réduite en cendre et jetée au vent.

Et cela lui créa trois sensations étrangement dissonantes. Tout d’abord il en fut triste, et il pouvait très bien survivre à ce sentiment, il avait connu déjà tellement de chagrins qu’un de plus ne serait qu’une peine sans lendemains. Puis il ressenti une violente et puissante joie, il venait d’expulser l’un des derniers êtres à lui refuser une soumission totale. Et ce sentiment lui apporta la dernière sensation, celle qui le décida. Il fut déçu. Profondément et sincèrement.

Déçu de Kydra, qui baissait les bras aussi facilement, et qui fuyait devant l’adversité et une vérité, peut-être pas absolue mais celle d’Anton, déçu de lui-même qui exaltait devant une victoire d’une fadeur terrible, devant une scarification de plus dans sa psyché. Mais aussi déçu devant la faiblesse de sa protégée, devant sa propre faiblesse.

Kydra était une arme hautement dangereuse, et il venait de l’enrayer pour l’avoir trop utilisé à mauvais escient. Il avait imaginé sa protégée à l’abri de la jalousie, de la peur, du chagrin, de la folie, et il s’était lourdement trompé. Il avait cédé à son besoin de domination et avait parlé avec une fureur qui supplantait la volonté de l’humaine. Il venait de produire un pavé de plus dans la route qui ferait de lui un Tyran sans avenir. Et il n’avait nul attention de céder à cela, il ne serait pas un simple tyran qui bâti sans fondations, un être solitaire qui se fait trahir dès que l’âge le permet. Non il serait le plus dirigeant des tyrans, et le plus tyran des dirigeants, et pour se faire il avait besoin d’alliés.

« Kydra. »

Le ton puissant et inflexible d’Anton atteignit Kydra alors qu’elle s’apprêtait à amorcer sa descente.

« Tu es tout sauf une chienne à mes yeux. A vrai dire tu n’es pas plus humaine, tu es un individu exceptionnel mais qui s’aveugle profondément plutôt que de prendre le risque de voir réellement. Pour moi, tu es ma fille. » Le butarien avait du mal à s’exprimer ainsi et butait parfois sur les mots.

« Oui, je pense que tu as raconté de … des idioties. Tu ne comprends parfois rien, je n’attends pas de toi que tu obéisses servilement, pas plus que tu acceptes bêtement tout ce que je te demande. Tu dois comprendre une chose, j’ai fait peser sur toi des risques inconsidérés, non pas parce que tu es quantité négligeable, mais parce que pensais sincèrement que tu pourrais y survivre et en sortir plus grande que jamais.

Tu as un rang spécial, non parce que tu l’as demandé mais parce que c’est une réalité. Tu n’es pas un soldat que je peux sacrifier car … je tiens à toi. Tu vois l’ignorance là où je vois la confiance. Tu n’es plus un outil depuis le moment précis où notre relation s’est construite sur autre chose que le contrôle. »


Anton attrapa le bol sur son bureau, trouvant les deux dernières pisto-mangues encore dedans et les attrapa. Il en dévora une et propulsa la seconde en directement de Kydra.

« Si tu veux m’en vouloir, libre à toi de le faire. Tu peux même t’en aller là tout de suite. Il n’y aura nulles représailles, tu pourras partir voguer librement dans l’espace, ou t’enchainer à un quelconque seigneur de guerre de passage. Mais sache une chose, de ma fille je n’attends pas qu’un pantin servile sans réflexions, j’attends une conseillère, une combattante, un soutien et enfin qu’elle soit une Pacificatrice digne de ce nom.

Si tu décides de rester, les choses vont drastiquement changer. Déjà tu vas porter l’armure des Pacificateurs, tu vas ramener tous tes protégés ici pour qu’ils passent l’examen d’entrée. Tu vas devenir superviseur et tu participeras aux réunions tactiques. Tu gagneras le respect des autres officiers et tu travailleras de concert avec eux.

Tu ne seras plus la reine pirate, tu ne seras plus reine du tout. Voilà ce que je te propose là, tout de suite. Fais ton choix. »


Anton termina la pisto-mangue et ouvrit un tiroir, révélant un badge des Pacificateurs flambant neuf, et pas n’importe lequel, un badge personnalisé comportant le sigle des Spectres des Terminus, symbole que l’individu est dans le cercle proche du dirigeant de l’organisation. Ouvrant de nombreuses portes dans le territoire et en dehors.

« Sois ma fille, ou disparais. »


Je suis la fille d'Anton Ardak. Et accessoirement, reine pirate profitant actuellement de ses congés.
Kydra Lifith, 27 janvier 2202

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MessageSujet: Re: Les Pacificateurs se souviennent   Dim 15 Avr 2018, 02:40
La fluctuation perpétuelle et toujours imprévisible du destin pouvait s'avérer particulièrement fascinante si l'on prenait le temps de s'y attarder un instant. D'une chute à une ascension, tout pouvait s'y construire ou s'y détruire en un clignement d’œil, mais la constante restait toujours l'évolution, forçant une décision de chaque instant qui modifiait en permanence les chemins qui représentaient l'avenir.

Ce flot constant de causalité pouvait s'avérer plus que vertigineux, si bien que certains aimaient à penser que leur route était déjà toute tracée, se déchargeant ainsi de toute responsabilité quant à leur avenir, d'autres se perdaient eux mêmes en tentant d'en comprendre la logique, d'autres encore y réagissaient avec une force bien particulière : la folie.

Pour Kydra, la fatalité n'était qu'un être gigantesque et inappréhendable, et l'homme qui parviendrait un jour à le comprendre serait en mesure de s'élever à un rang divin. Une personnification que beaucoup auraient pu comparer à une croyance religieuse mais qui n'était en réalité que le fruit de l'imagination d'une âme solitaire ayant frôlée de si près les abysses de la folie. Il était tellement plus facile de se croire être un jouet plutôt qu'un acteur quand la situation vous échappait. Cette tendance s'était cependant inversée avec les années, l'esclave devenant le maître, seule la personnification demeurait.

Et à cet instant précis, le déni et la colère étaient des armes plus que redoutables pour se sentir prête à entièrement assumer les conséquences de ce qui venait de se passer. Un coup vicieux du destin, qui avait pourtant été guidé par sa propre main.

Les muscles tendus prêt à s'immerger dans l'effort se figèrent cependant subitement lorsqu'elle entendit son nom. Si ses poings se serrèrent alors qu'elle se préparait à résister à la tentation de devenir violente face au flot d'injures qui allait suivre, il n'en fut rien. Contre toute attente, les mots du butarien avaient perdu leur teneur menaçante, sortant presque aussi fluidement que si leur conversation n'avait pas été interrompue et qu'elle se trouvait toujours assise face à lui, là en bas.

Kydra se retourna, posant ses yeux sur le butarien et attrapant par réflexe le fruit qui vola jusqu'à elle. Une fois encore la scène paraissait presque irréelle, elle était stupéfaite de constater le calme avec lequel Anton parvenait à parler, sur un ton si proche de ses habitudes que cela lui donna envie de rire nerveusement. Elle avait d'ailleurs presque envie d'ignorer ses paroles, enfermée dans sa colère, ne souhaitant pas envisager l'effort que cela lui demanderait d'éteindre ce tourbillon d'émotions.

Et pourtant, l'un des seigneurs de guerre les plus influents d'Oméga venait de ravaler sa fierté en tentant de s'exprimer ouvertement, laissant à Kydra un choix simple qui la plaçait au bord du gouffre. Littéralement d'ailleurs, car il ne s'agissait plus simplement d'une fuite éperdue en avant, elle se trouvait désormais à la frontière entre les deux mondes, et quitter celui dans lequel elle avait baigné devenait désormais un choix conscient de sa part.

Elle avait le vertige, sachant la situation trop importante pour prendre une décision sur un coup de tête. Elle venait de renier à l'instant sa croyance en tout ce que le butarien avait pu lui raconter, était-elle prête à déjà succomber à ce qu'elle avait pu qualifier de mensonges quelques instants plus tôt ? Elle entendait son cœur battre, brisant un silence terrifiant pendant lequel sa colère s'évaporait petit à petit, l'aidant à réaliser la gravité de la situation et ce qu'elle impliquait.

Il était difficile de s'arrêter à une émotion précise tant son état était instable. Comment en étaient-il arrivés là déjà ? Comment tout ce pourquoi elle avait combattu pouvait se remettre soudainement en question ? Mais bien qu'il lui semblait si difficile de ravaler sa fierté et sa sauvagerie libérée pour redescendre dans cette pièce, Kydra arriva rapidement à des conclusions plus qu'évidentes.

Elle n'était rien sans Anton. Le butarien avait construit ce qu'elle était devenue depuis le début de sa nouvelle vie sur Oméga. Et ses paroles, franches ou non, démontraient qu'elle n'était pas un investissement, mais un attachement. Sans quoi, il n'aurait pu réagir aussi naturellement, purgeant son exaspération pour pouvoir offrir une ultime chance. Kydra se sentait presque honteuse de ne pas avoir réagit naturellement de la même façon.

Elle ferma les yeux un instant avant de s’agripper au rebord de la fenêtre, entamant une nouvelle fois la descente à l'intérieur de la salle. D'une démarche légère, elle se planta de nouveau face au bureau.

J'ai fais mon choix.

Ses doigts se mirent à tapoter nerveusement sur la surface métallique, ses yeux perdus dans la contemplation d'une araignée qui venait de faire dépasser quelques pattes noires sur le rebord du bureau. Son regard glissa alors sur le fruit qui se tenait toujours dans sa main.

Je... me demande si c'est comestible pour un varren.

Elle déposa le fruit sur le bureau et l'émeraude alla de nouveau se poser sur Anton, Kydra émettant un cliquetis avec ses mâchoires d'acier.

Y'a ce petit truc qui te manque, une créature de compagnie, féroce ou terrifiante. Il existe certainement une bestiole exotique qui correspondrait à tes goûts... Et à ton style.

L'araignée s'était déplacée jusqu'au fruit, le recouvrant de ses pattes poilus et l'analysant à sa manière pour savoir s'il pouvait lui être d'une quelconque utilité. Kydra retira instinctivement sa main du bureau lorsqu'elle s'approcha, la plupart des humains possédaient cette peur héritée de leur ancêtres en ce qui concernait ces vicieuses créatures.

Des alliés peuvent être trouvés sous toutes les formes et les plus éloignées sont souvent les plus en mesure de mener une lutte qui ne les concerne en rien.

Pour peu que l'on réussisse à les comprendre, ils peuvent faire tomber le plus récalcitrant des ennemis.


Elle se gratta un instant la tignasse avant de croiser les bras.

Il faut toujours rester attentive, car même dans le chaos des pensées les plus folles, peut luire une vérité suprême. Rien ne nous oblige à nous débarrasser de nos ennemis avec des armes conventionnelles n'est ce pas ?

Ce n'était qu'une idée, folle et stupide peut être, mais loin d'être irréalisable. Les liens de l'Azur Stellaire ou un financement avec le reste de ses fonds au Courtier rendaient l'hypothèse plus que plausible.

Un essai pourrait s'imposer. Mais l'échec n'est pas à craindre, car je ne pourrais pas tirer fierté de la mort d'un ennemi outrageusement prévisible, je suis la fille d'Anton Ardak après tout.

Était-elle parvenue à s'en débarrasser ? De cette sensation de honte collante et désagréable qui l'avait forcée à tourner autour du pot ? La franchise et les émotions pures étaient bien souvent le meilleur moyen de se débarrasser d'une ambiance malaisante, mais la peur avait cédé à la colère et Kydra était contrainte de faire quelque chose dont elle avait peu l'habitude. Elle n'osait pas.





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MessageSujet: Re: Les Pacificateurs se souviennent   Dim 15 Avr 2018, 18:22
Chaque crise est une chance.

Si seulement Anton pouvait tenir devant lui l’individu qui avait eu la bêtise de déclamer cela en s’imaginant chantre de la vérité et de la bonne réflexion. A défaut de se venger sur cet être, le colosse butarien allait devoir négocier avec intelligence le changement drastique de situation qu’il avait à gérer. Désormais, les deux se faisaient quasiment face, Kydra se laissant enfin aller au rituel de paix maladroit alors que son protecteur et père de substitution jonglait difficilement entre bons mots et hésitations risibles.
Etant sûrement aussi gêné que se protégée, le seigneur de guerre décida préalablement de réagir aux problèmes les simples de l’équation.

« Un varren peut digérer quasiment toute nourriture existante. D’après certaines études, ils seraient même capables de digérer des pneus et autres choses que nous définissons comme des déchets impropres. Sûrement pour cela que ces créatures prolifèrent autant dans les zones sur polluées comme les anciennes colonies krogannes. »

C’était vraiment ridicule que de voir le fondateur des Pacificateurs tentaient de sauver la face en discourant sur le régime alimentaire des varrens, mais la vérité était que toutes les autres discussions allaient sûrement l'être encore plus.

« Malheureusement, les créatures qui colleraient à mon style sont bien trop imposantes et agressives pour que je les trimballe partout. Un dévoreur, un Névianar ou autre ça foutrait un peu le bordel dans les environs. »

Anton regardait mollement cette araignée qui semblait créer une espèce de frayeur chez Kydra, s’amusant même vaguement devant cette réaction épidermique proprement exagérée, surtout que la créature lui faisant face était un spécimen particulièrement pacifique, se nourrissant essentiellement d’insectes et de petits rongeurs. Chose extrêmement intéressante pour une station comme Oméga.

« Et ce sont aussi ceux qui hésitent le plus à perdre la vie dans un combat qui n’est pas le leur. Les individus qui sont prêts à mourir, sont ceux qui ont une idéologie puissante, une famille à protéger ou une haine particulièrement viscérale. Et tout cela tu peux le trouver sur Oméga, chez nous. »

L’ancien chasseur de prime savait bien combien tout cela était vrai, lui qui avait connu la guerre civile d’Anhur. Cette guerre, violente, sanglante et relativement longue avait laissé un monde exsangue, réduit à néant les relations entre deux communautés pourtant coopératives jusque-là, et bati le socle d’une inimité s’installant dans le temps. Les humains et les butariens d’Anhur étaient devenus de parfaits inconnus et cela n’était pas en mesure d’aider cette planète à se reconstruire, seulement à fonder des murs accroissant la peur de l’inconnue. Pour lui, une seconde guerre est chose inévitable, car il n’y a plus de partage, plus de mélange. Et ce même si l’économie repart.

« Qu’entends-tu par armes non conventionnelles ? Développe donc ton idée, je suis intrigué désormais. »

Et cela était on ne peut plus vrai, Anton était très curieux de ce que sa fille tentait de développer, car pour l’heure il n’était pas capable de déduire la chose. Les propos restaient nébuleux, les intentions illisibles, aussi le colosse butarien attendait qu’elle se mette à développer plus avant ses idées et plans. Après tout, il n’était pas à l’abri de découvrir une idée d’exception qui changerait la face de sa stratégie. Kydra l’avait déjà étonné de nombreuses fois par le passé après tout.

Et cela retardait ce qu’Anton craignait de faire, ce contact physique vital mais ô combien difficile. Cette cassure définitive dans cette crise qui avait frappé sans prévenir, et qui avait menacé de tout emporter avec elle. Et il y avait aussi autre chose, le seigneur de guerre portait régulièrement son regard sur la broche des Pacificateurs qui n’attendaient qu’une seule chose, être récupérée par sa future propriétaire, et cela ne se faisait pas, Kydra laissant trainer le temps, le laissant s’étirer paresseusement comme s’ils avaient toute la vie devant eux.

Et une sourde angoisse tenait l’ancien chasseur de prime aux tripes, une impression sourde que cette situation n’allait pas se conclure tant que sa protégée n’aurait pas attrapé et équipé cette petite marque d’appartenance à la grande famille des Pacificateurs. Comme si tout ceci était fictif, objet de rêveries brumeuses et lointaines. Puis il y avait cette petit voix, cette pensée de rage pure, qui ne supportait pas que lui, le seigneur de guerre des Pacificateurs, le membre du conseil des mercenaires, le combattant de trois guerres, qu’il se fut rabaissé à faire le premier pas, à chercher la paix sans soumettre par la force ou l’esprit son adversaire.

Mais cette voix n’était qu’un murmure lointain, obscur et incapable de vaincre pour l’heure. Et Anton avait une toute autre lubie pour l’heure à mettre en œuvre, celle de faire la paix avec sa fille, à reconstruire cette union sacrée et enfin porter la guerre à ceux qui le méritent vraiment, les autres.


Je suis la fille d'Anton Ardak. Et accessoirement, reine pirate profitant actuellement de ses congés.
Kydra Lifith, 27 janvier 2202

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MessageSujet: Re: Les Pacificateurs se souviennent   Mar 08 Mai 2018, 16:30
Le minucsule.

Les rares conversations qu'elle avait eu avec Anton ne lui avaient généralement guère laisser le temps d'exposer ce genre d'idées fantaisistes et chaotiques que la plupart considéraient comme des divagations stériles. Mais la jeune femme avait pour habitude de ne pas se laisser influencer par la masse et elle restait la plupart du temps solidement accroché à ses désirs les plus extravagant. Mais elle ignorait totalement la manière avec laquelle le seigneur de guerre des pacificateurs allait pouvoir prendre ce genre de propositions, un avis qui était bien l'un des rares à lui tenir à cœur.

Un poison, une maladie, des insectes, un virus, que sais-je encore ? Je sais que ça paraît idiot et purement fantasmé dit comme ça, mais il suffirait d'introduire une infection dans le bon quartier et hop, on se retrouve avec une population et des mercenaires affaiblis dans une zone pour le plus grand plaisir de leurs concurrents. Même pas nécessairement sur Oméga mais dans une région sous leur influence.


Elle posa ses deux mains sur le bureau.

Je sais que... Elle eut une légère difficulté à prononcer ce mot, « Tychus » voulait utiliser une arme biologique sur Maitrum. Je pense que nous avons les possibilités de nous en procurer en frappant à la bonne porte. Il y a cette organisation là, qui collabore avec l'Azur Stellaire ou bien on peut acheter ce dont on a besoin au Courtier, je suis certaine que c'est possible.

Si elle devait orienter ses désormais maigres finances dans la recherche d'informations, il lui faudrait stopper toute production de mécha et toute rénovation du matériel.

Comme je te l'ai dit Anton, je ne connais pas les détails de la situation actuelle des pacificateurs ni même celle d'Oméga, seulement ses enjeux. Je ne peux simplement qu'apporter mes idées de fille des bas fonds.

Elle se pencha alors en avant et observa le badge des pacificateurs.

C'est l'étape qui suit l'obtention de la lame cérémonielle butarienne ?

Elle attrapa le badge qu'elle conserva dans sa main.

Si tu juges que c'est nécessaire alors qu'il en soit ainsi. Je refuse cependant catégoriquement d'avoir à obéir à des directives autres que les tiennes. Si la moindre opération est déjà prévue contre les Soleils bleus et qu'elle nécessite des combattants, je souhaite y prendre part.

Elle fit claquer ses mâchoires d'acier.

J'accepte ce poste à responsabilité ainsi que d'offrir mes conseils avisés à des collègues qui seront, j'en suis certaine, plus que ravis de les entendre.

Kydra croisa les bras.

La plupart de mes combattants peuvent venir ici et je ne pense pas que tu seras déçu de leur qualité. Ils disposent d'une expérience non négligeable en ce qui concerne le combat contre des militaires. Mais je doute que ce soit nécessaire pour les équipages, en quoi pourraient-ils t'être utiles ? La faille doit être défendue, et une flottille pirate à l'arrêt ne rapporte plus rien.

Il serait aussi nécessaire de voir si l'Azur Stellaire allait s'interesser de prêt ou de loin à la future bataille sur Oméga. Rassembler des alliés était une chose, s'occuper de leur rétribution en était une autre.



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MessageSujet: Re: Les Pacificateurs se souviennent   Lun 28 Mai 2018, 12:32
Anton scrutait sa protégée avec une neutralité parfaitement maîtrisée.

« Oui c’est nécessaire. »

Puis encore une fois les tentatives de sa fille pour ne pas subir les affres de la hiérarchie, ce à quoi le seigneur de guerre s’était parfaitement attendu. Il était difficile de fonder des grades spécifiques au sein d’une armée parfaitement constituée mais peu importait au final.

« Nul souci à te faire avec ça, tu n’auras pas le moindre supérieur en dehors de moi. Tu vas fonder une branche totalement à part qui aura une mission extrêmement simple, servir bien évidemment à combattre mes ennemis, mais aussi une mission parfaitement essentielle. Tu seras là pour frapper tout superviseur qui déciderait de se révolter contre moi. La chose est pour l’heure peu probable mais sur Oméga, personne n’est assez paranoïaque. Tu n’as bien évidemment pas pour mission d’espionner ou autre, mais s’il doit y avoir une trahison, je veux que tu frappes avec toute la puissance de ta fureur le félon. Pour ça, tu dois rester loin de toute autorité différente de la mienne. Cela te va ? »

Enfin qu’importe que cela lui aille, c’était un ordre. Anton n’écouta donc qu’à moitié l’éventuelle réponse et retourna se poser en toute décontraction sur son trône.

« Maintenant il faut que l’on parle de mon plan à venir. » Le colosse butarien invita Kydra à s’assoir sur le bureau. « J’ai travaillé avec une raclure de Cerberus il y a peu de temps, et en échange j’ai reçu un virus informatique extrêmement agressif. Cette saloperie a les capacités de saboter tous les méchas d’Ecllipse et de semer un bordel sans nom dans son quartier. Le truc c’est qu’il faut parvenir à s’y infiltrer et disperser le cadeau aux trois réserves principales de ces trouducs.

Une fois les poussins éliminés de l’équation, les Berserkers et les Soleils Bleus sont encore une menace, le mieux serait ton virus dans le quartier du piaf. Tout le monde sait que les Berserkers sont de loin les plus raisonnables, et en voyant leurs deux rivaux sur les rotules je ne donne pas plus de quelques heures pour que la situation ne dégénère dans les grandes largeurs.

Lorsque la situation éclate, je veux que ta flottille se ramène autour de la station et prenne en traitre toute flotte qui pourrait s’amener. Dans le même temps, nous aurons une mission parfaitement simple, tuer cette vieille connasse de Shoran. Avec nous, nous avons les troupes des Pacificateurs, des forces spéciales de l’Hégémonie, les commandos Na’Hesits, des pirates de l’Abysse, trois clans Vorchas, les mafieux de Korlus et les quelques types de Jila.

Ça sera la guerre, la vraie. Cette fois-ci personne ne pourra nous empêcher de mettre un terme à la vie de Shoran. C’est le but absolu de ce conflit, au-delà même de toute conquête territoriale. Shoran en dehors de l’équation, le reste c’est terminé. Les bleus, les jaunes et les rouges ont dirigé leurs territoires avec la compétence d’une équipe d’enquêteur de l’Alliance personne ne les suivra. »


Anton plaça ses jambes sur le bureau et scruta sa protégée.

« Alors, tu me suis sur ce coup-là ? »


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Kydra Lifith, 27 janvier 2202

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Les Pacificateurs se souviennent

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