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 Jusqu'à l'aube, au Lady Luck

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MessageSujet: Jusqu'à l'aube, au Lady Luck   Lun 05 Mar 2018, 00:10
Intervention MJ : NonDate : Mars 2203 RP Tout public
Kydra Lifith & Mad Marshal
Jusqu'à l'aube, au Lady Luck







J'oublie, j'oublie...
Dans le tumulte d'un nightclub, soudain « pschiit » le bruit que fait un inhalateur. Une profonde inspiration le suivi... Un flottement. Vertige. Ivresse. Sublimation... Une expiration, un soupir de contentement. Ça y est, elle y était ; elle se trouvait là sur Tefnut, au beau milieu de la piste de danse du Lady Luck, comme engluée dans la nuée, les cheveux humides, le corps et la peau en nage. Langoureuse, elle se déhanchait, portant des vêtements reconnaissables car terriens, sportifs et à la fois sophistiqués ; pensés pour une conductrice de moto-jet. Bien que son blouson fini par être abandonné quelque part, sur ses épaules ne restait plus qu'un débardeur noir, comme s’effeuillant, tombant en morceaux, l'une de ses lanières glissant sur la courbe de son épaule.

J'oublie les caresses attendues, les regards entendus.
Cette fille dont le corps se pliait à l'envie et qui lentement s'endiablait, c'était Mad. Le serpent qui danse. On s'en méfiait, ici. On la connaissait. C'était une habituée, et c'est tout ce qu'on savait. Maintenant muette, envoutée, les paupières closes et les lèvres entre-ouvertes, elle s'abandonnait corps et âme au rythme et à l'extase. Et si on l'entendait auparavant se plaindre qu'elle manquait de crédits, c'est bien parce qu'ici filait sa pitoyable fortune : dans les bas fonds de la galaxie.

J'oublie les projets d'ailleurs et l'étreinte de la mort.
Là partout, il y avait comme une odeur de musc et de foutre. Va savoir pourquoi. En ces lieux où l'air était vicié, pas besoin de ses yeux pour comprendre qu'il y faisait toujours noir, bien que le flambeau des flash et des lasers pouvait encore flamber, révélant à peine l'aspect de son visage maculé de sueur, ou ses yeux vitreux dérobés par la transe, à l'heure où fuyait la mouche et paraissait le moustique... La nuit.

J'oublie l'instant qui fuse et le passé qui fuit.
Cette nuit démente et qui lui semblait éternelle voyait un nombre infini de vers luisants sur les parois de la salle. Ainsi brillaient fébrilement alcôves et galeries de flammèches sans nombre, de sorte que les yeux qui les suivaient ne pouvaient rien distinguer de plus que des néons et du feu. Chaque flamme révélant une table. Chaque table révélant une danse. Chaque danse se révélant nue.

J'oublie ma cible et je ferme les yeux sur la ligne de tir,
Les coups et blessures, trop lourds à pardonner,
J'emprunte cent détours, contre les tranchées ennemies,
Au hasard des ruelles et d'une navette manquée, j'oublie.


Une chaleur étouffante progressait ; se sentant fiévreuse. Mad avait la tête qui tournait, prise de vertiges, elle se déshydratait, si assoiffée qu'elle pensait perdre pieds. Même son Locust emboité dans son holster de cuisse lui sembla faire contre-poids. Tous étaient armés jusqu'aux dents ici, l'endroit était une véritable poudrière, si bien que, délirante, elle s'imaginait se fondre en étincelles pour que tous puissent exploser... A cause d'Arnold. Un dealer local. Il lui avait vendu sa daube sous la forme d'un inhalateur, une drogue dont elle en avait déjà oublié le nom. Elle n'en était plus certaine ; peut-être commençait-il par neuro-psycho-quelque-chose, ou portait-il un nom plus vendeur ? Sorte d'hallucinogène à la mode, elle voyait le monde plongé dans un brasier infernal. Partout des flammes s'étendaient à perte de vue ; à croire qu'elle avait lâché une grenade Mark au condensat de phosphore, soufflant la géhenne, dévorant par endroit le sol, grignotant les tables, les comptoirs, clients et danseuses déambulant à ses yeux telles des torches humaines.

« Waow... Fit Mad en perdant l'équilibre, nauséeuse tandis qu'elle s'agrippait sur le turien qui dansait par là où elle déviait.
- Ola... ..TOUT VA BIEN ?? Hurla cet humanoïde aussi crépitant qu'une braise, se penchant sur elle, tâchant de se faire entendre à travers le tempo sonore qui faisait vibrer les murs.
- Ne casse pas... mon délire... Souffla-t-elle avant de s'en extraire maladroitement, puis de se redresser et redécouvrir sa cadence. »

Quand tu marche on croirait que tu danse ; elle se faufilait parmi les silhouètes et les spectres enflammés, elle frôlait puis coulait son corps dans un mouvement chaloupé des épaules et des hanches. S'avançant comme un serpent qui ondule dans le sable, elle humait ce nouveau décors, s'empreignant du souffre et des odeurs, les pupilles explosées, dilatées à l'extrême, Mad se développant dans la brume des fumigènes où se découpait la rafale des faisceaux lasers. J'oublie les manœuvres au premier rang, à contrevent. J'oublie les liens dénoués, la route en solitaire sur des champs pilonnés.

Plongée en elle-même, savourant l'enfer que lui provoquait ses délires hallucinatoires, elle fini par s'installer à une table... Qu'elle soit occupée ou non, elle ne s'en rendait plus compte, seule une asari semblait se mouvoir sur celle-ci, les iris clairs de Mad se perdant sur ces lignes dénudées s'ondoyant puis se bouclant tout au long d'une barre de pole-danse. Une étincelle d'appréciation dans le regard -non perverse,- elle semblait plutôt déguster silencieusement une œuvre d'art. Décidément agréablement installée, elle croisa les jambes, l'angle de son bras doucement posé sur le dossier de sa confortable banquette. Dans sa main elle retenait encore l'inhalateur, comme toujours prête à en aspirer le parfum d'une bouffée... Mais qu'on se le dise, cette soirée s'annonçait bien plus mouvementée qu'il n'y parait, car au dehors sous le crachin de la pluie, les intrigants de Tefnut se préparaient.






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MessageSujet: Re: Jusqu'à l'aube, au Lady Luck   Lun 05 Mar 2018, 22:38
# 1er Mars 2203, Mégalodon

Des hurlements résonnaient le long des parois métalliques. La chaleur et l'humidité envahissaient l'endroit, les lumières vacillantes peinant à chasser la pénombre de ces couloirs étroits. Une silhouette se déplaçait en ces lieux lugubres, grande et élancée, ne semblant pas le moins du monde perturbée par ce qui l'entourait. Kydra enjamba un cadavre tout en poursuivant sa route, l'humaine portait une armure noire encore fumante, des impacts de balles ou des traces de coupure à l'omnilame se manifestaient par endroit. Des pas rapides confirmaient la présence de Nova à ses côtés, certains crocs du varren étaient brisés et du sang maculait les écailles de son museau.

Le Mégalodon avait connu une crise grave. Tychus et ses hommes avaient attaqué le destroyer de l'intérieur par surprise, massacrant tout ceux qui étaient restés fidèles à Kydra. Cette trahison était d'autant plus soudaine que douloureuse, car même Flavia y avait trouvé la mort. Les survivants s'étaient alors barricadés dans une partie du vaisseau, prolongeant le combat de plusieurs jours comme aucun des deux camps ne souhaitait infliger de dommages trop conséquent au Mégalodon. Seule l'intervention de la propriétaire des lieux désormais de retour et accompagnée de ses troupes les plus loyales avait permis de débloquer la situation.

Mais le Mégalodon était dans un triste état, d’impressionnants arcs électriques venaient parcourir les pièces où le câblage avait été arraché. Les blessés se baladaient dans les couloirs, recouverts de bandages et shootés au médigel, la plupart démontaient les barricades de fortune qui avaient été érigées à la hâte pendant le combat. L'infirmerie débordée, les moins chanceux s'allongeaient au sol là où ils le pouvaient, des gémissements de douleur étant perceptibles à tous les ponts du vaisseau. Kydra avait ordonné l'exécution d'absolument tous les traîtres. Une sentence effectuée par balle pour la plupart, d'autres en revanche étaient cloués sur les parois métallique, mourant lentement de déshydratation et de leurs blessures.

Kydra aperçut au détour d'un couloir quatre hommes et une femme agenouillés les mains en l'air face au mur. Un turien aux écailles noires passait derrière eux pour les exécuter d'une balle dans le crâne, un par un. Le bourreau s'arrêta un instant pour incliner respectueusement la tête au passage de Kydra. L'humaine jeta un coup d’œil au dernier condamné de la file, l'homme ne levait qu'une seule main en l'air, son autre bras tentait vainement de colmater une énorme blessure à son ventre, la chair dégoulinant de la plaie. Il pleurait, de douleur et de désespoir sans doute, mais ses jérémiades cessèrent subitement lorsque le turien noir passa derrière lui.

Un peu plus loin, un butarien, qui avait visiblement la moitié du visage brûlé, portait en boitant des cadavres et les empilait dans un des sas près de la coque. Des tirs se faisaient encore entendre par endroit, les loyalistes achevant les traîtres. Le sol était encore recouvert de sang, de métal déchiqueté par les explosions ou de morceaux de chairs. Un petite troupe d'asaris à l'armure impeccable se trouvait également là, visiblement impressionnées par leur environnement. L'Azur Stellaire avait envoyé de l'aide le temps que la situation redevienne stable.

L'humaine qui parcourait ces lieux envahis par le chaos se retrouva au sommet d'un escalier qu'elle entreprit de descendre. La pièce qui l’accueillit en contrebas était particulièrement étroite, une odeur pestilentielle l’envahissait. Deux butariens s'écartèrent respectueusement du passage lorsque la jeune femme y pénétra. Face à elle se trouvait le corps suspendu de Tychus, des chaînes aux épines enfoncées dans sa chair le maintenaient pitoyablement dans les airs. Le grand colosse de muscles était recouvert de sang, une partie de la peau du visage arraché lui donnant un air effroyable.

Kydra leva la tête en s'approchant, son regard émeraude venant se planter dans le sien. Il était rare de la voir arborer une expression aussi furieuse. Elle tremblait de rage, ses poings serrés tandis qu'elle continuait de toiser celui qu'elle avait jadis considéré comme un frère d'arme et qui affichait désormais une expression vide, presque dépourvue de vie.

Elle avait voulu des réponses, elle avait voulu savoir pourquoi l'un des membres de son alliance avait soudainement retourné sa veste en son absence, pourquoi celui qui avait combattu si vaillamment à ses côtés sur Fehl Prime avait fait changer la moitié de ses hommes d’allégeance et avait tenté de massacrer le reste. La réponse se résumait en un seul nom : Shoran.

D'un mouvement rapide trahissant l'expérience, Kydra dégaina l’impressionnante lame cérémonielle butarienne qu'Anton lui avait jadis offert, tranchant la gorge de Tychus. L'humaine se retourna, empruntant de nouveau les escaliers et s'adressant sans un regard aux deux butariens qui avaient assisté à la scène.

Balancez moi ça dans l'espace.

Shoran. En l'absence de Kydra, la catin noire était venue murmurer ses douces promesses à l'oreille de Tychus. Sans doute avait il pensé qu'elle représentait une alliée bien plus conséquente que la jeune reine pirate. Et la turienne n'y avait rien perdu, dans le meilleur des cas, elle récupérait le Mégalodon, dans le pire, l'équipage de Kydra se retrouvait meurtrie.

La jeune femme s'arrêta subitement et abattit son poing d'un mouvement rageur contre le mur. Flavia était morte, elle était morte par SA FAUTE. Kydra se recouvrit le visage avec une main tremblante, ses ongles écorchant sa peau et la faisant saigner. Combien ? Combien de morts allait-il encore falloir avant que tout cela ne se termine ? Un coup de museau contre l'armure de ses jambes lui fit baisser le regard. Nova la contemplait de ses grands yeux, la tête légèrement penchée sur le côté. Kydra relâcha alors son bras, le varren venant lécher le sang qui se trouvait sur sa main. Oui, elle devait faire comme elle l'avait toujours fait. Encaisser et continuer d'avancer.

La tête basse, Kydra monta les escaliers.


# Plusieurs jours plus tard, orbite de Tefnut, Lady Luck


Le sol semblait danser à un rythme si effréné que Kydra en avait la tête qui tournait rien qu'en imaginant l'arpenter. Le son était puissant, suffisamment en tout cas pour qu'une bulle se forme autour de la jeune femme, une bulle hermétique au delà de laquelle sa conscience du monde s'arrêtait. Un simple tissu noir aux lueurs parfois ambrées venait recouvrir la grande majorité de son corps. Des collants lui recouvraient les jambes et sa tenue ne s'ouvrait qu'en trois endroits, légèrement au ventre, au niveau de l'épaule gauche et au dessus de la poitrine. De timides effluves de tissu retombaient dans son dos, comme faisant office d'une fine cape. La jeune femme déposa le verre à moitié vide sur la table qui lui faisait face et lâcha un profond soupir.

Une fois la situation de sa flottille redevenue relativement stable, la jeune reine pirate était venue se perdre sur ces stations dont la décadence n'avait parfois rien à envier à celle d'Oméga. Mais elle n'errait pas sans but. Le contact de Shoran que Tychus avait fréquemment rencontré ces derniers mois était un habitué de cet établissement. Kydra n'était cependant pas en quête de vengeance, elle souhaitait simplement mettre la main sur l'agent et retourner les armes de Shoran contre elle.

Elle s'était fondue dans la foule de cet établissement, consommant et dévorant sans aucune retenue cette sensation qui l'envahissait toujours dans ce genre d'endroits. Qu'importe de garder suffisamment de sobriété pour rester concentrée, elle s'était déchirée à grand coups de cocktails pour pouvoir oublier momentanément les funestes événements des jours précédents. Mais son objectif était toujours là, dans un coin de son crâne, disparaissant et revenant à volonté, torturant indirectement son esprit qui ne souhaitait rien d'autre que de s'évader.

Elle releva alors la tête, en un frisson, la bulle avait éclatée. La danseuse asari sur la table face à elle occupait le centre du champ de vision de Kydra. Elle s'imagina venir à sa rencontre, glisser ses doigts le long de ses délicieuses courbes, ses lèvres rencontrant les siennes tandis qu'une lame lui transperçait délicatement la chair. Personne ne le remarquerait ici après tout, ou tout du moins, personne ne voudrait le remarquer. Le sang s'écoulant à grand flot sur le corps de la danseuse tandis que Kydra étouffait ses cris d'un baiser affreusement passionné, s'excitant jusqu'à l'orgasme sur l'asari qui perdait la vie, petit à petit...

Mais une nouvelle inconnue vint s'ajouter à l'équation. Une humaine aux cheveux cendrés, revenant tout juste de la piste de danse et à en voir son expression, beaucoup trop enfoncée dans son délire pour remarquer la femme à la tignasse sombre à quelques places libres de là. Elle avait cependant un objet en sa possession qui attisa la curiosité de Kydra. L'ex militaire attrapa donc son verre, le terminant en quelques gigantesques gorgées, le liquide brûlant se crachant violemment dans son estomac et la forçant à reprendre son souffle quelques instants.

En quelques mouvements de fesses, Kydra se rapprocha de l'inconnue. Elle tendit alors ses jambes et les posa sur les siennes, attrapant sans avertir l'inhalateur qu'elle tenait dans l'une de ses mains. Une pression et une inspiration plus tard, elle le lui rendit, croisant ses bras derrière sa tête et laissant son esprit s'enfoncer dans son trip.



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MessageSujet: Re: Jusqu'à l'aube, au Lady Luck   Mar 06 Mar 2018, 13:01



Mad pensait que la plupart des gens avaient quelque chose à lui dire, mais que jamais ça ne sortait vraiment. Pour elle, -bien que les galariens soient mis à part,- quand ils atteignaient un certain âge, ils finissaient par s'entraver d'obstacles, de barrières, pour finir par se confondre en excuses et en vaines politesses. L'air désolés. Comme s'ils s'interdisaient, tous, mutuellement, de ressentir et de penser. Par crainte que leur colère, et leur tristesse, et leur désir finissent par déranger ? Ou par peur de se retrouver au centre des attentions ; et de l'envie, et de la violence, et de la haine ? Un espace où l'on s'inquiétait hypocritement de la liberté ou du bien être des autres avait pour elle quelque chose d'irritant. Pourquoi peinaient-ils tous tant à hurler ? Juste hurler. C'était peut-être pour cette raison que Mad aimait fréquenter ces endroits ; ici elle y trouvait plus de vérités et de repères que nulle par ailleurs. On y vivait dans l'excès, mais sans détour. On allait droit au but et chacun, sans exception, savait où était sa foutue place. Même l'asari, qui dansait à un bras de là, savait.


Ou même elle, qui sait ; cette Inconnue à la chevelure d'obsidienne, qui partageait confortablement sa banquette. Lorsque ses jambes se tendirent pour se reposer sur les siennes, Mad frémit légèrement, se sentant extirpée d'elle-même alors qu'elle s'y noyait. Ses yeux glissèrent indifféremment tout du long des deux jambes qui s'étaient jointes sur elle. En temps normal, elle aurait pu s'en fustiger, mais à mesure qu'elle en parcourait les lignes, jusqu'à remonter lentement sur le tissu sombre et raffiné couvrant son bassin, sur la fine chair de son ventre, elle si disait que, peut-être, celle-ci était à sa place tout compte fait. Intriguée, elle releva donc doucement la tête, dévoilant son regard entrecoupé de quelques mèches humides... L'esquisse d'un fin sourire s'élongea sur ses lèvres au moment où l'Inconnue lui rendit l'inhalateur :

« Mff, j'hallucine. Tu brûles les étapes... Où est mon verre, mh ? »

Ses pupilles dilatées recherchèrent alors les siennes, laissant pour toutes deux l'espace d'un temps suspendu. Après tout, elle avait absorbé de sa substance hallucinogène, et devait se plonger peu à peu dans un délire semblable au sien, mais propre à elle-même. Un instant où le regard de Mad se fit complice, son sourire jusque là amusé prit le timbre de la douceur à mesure qu'elle en découvrait chaque trait. Comme si elle la moquait avec affection, puis finir par soulever une main amabile et tendre s'effleurant sur la joue de la pirate. S'assurant que son délire lui soi agréable, au possible. Ou simple curiosité tactile, laissant son pouce effleurer sa joue... L'Inconnue la troublait, un peu. Peut-être qu'elle l’inquiétait. Ou peut-être qu'elle se sentait séduite, qu'elle faisait face à un reflet du passé qu'elle avait toujours aimé. A moins qu'elle se méfiait d'elle comme d'un piège ? Tout cela à la fois, peut-être.

Elle s'en approcha d'une fesse ou deux, glissant plus confortablement sous ses jambes, joignant son flanc tout contre le sien. Comme si, au fond, elle avait envie de sa présence, de la même façon qu'elle aurait envie d'un rafraichissement, et n'approcha sa main sur sa peau qu'avec l'appréhension qu'on aurait d'une femme soupçonnée d'être une adroite voleuse... Un entrainement irraisonné vers sa possible douleur, c'est ce que lui disait la dureté de ce visage, dont les angles pouvaient trahir une psyché marquée par les coups de la vie... Mad faufila son bras dans le dos de l'Inconnue, s'enroulant alors doucement autour de sa taille, puis prit délicatement sa main. Son regard l'invitait, plus insistante : viens plus prêt...
Ses yeux l'inspectèrent quelques secondes, avant de la quitter pour se plonger enfin dans le creux de cette main, l'observant, l'air d'en consulter tout ce qui pouvait y être inscrit... C'est alors que ses doigts surgirent, soudain, de derrière sa taille pour s'inviter sur la paume qu'elle retenait ; ce simple geste la pressant innocemment tout contre elle. Dans cette dite paume, et telle une voyante, son index sembla lécher sa ligne de Cœur, puis celle de Tête, et enfin celle de Vie.

« Mmh j'le savais... ..Il y a entre toi et moi... une belle inimitié... passée, présente, ou future... dont la nature se trouve quelque part à l'intérieur de ta ligne de vie... ..Regarde ; c'est là. »

Fit-elle en opinant de la tête, l'air grave, son index continuant de parcourir la paume de sa main, alors qu'elle n'y connaissait rien... Elle s'amusait, voila tout, s'y penchant plus encore, se faisant plus attentive, studieuse tandis qu'elle semblait en déchiffrer d'autres marques :

« J'ai dis inimitié, mais... non... C'est plus fort... Il y a une parenté... une ressemblance... A ces mots, son regard se figea à nouveau dans celui de la pirate, comme pour en détailler l'état des pupilles, à présent tant proches que le bout de son museau glissait tendrement sur le sien... Seule notre route diffère. »

Dommage. De la même façon que l’Inconnue prenait le risque de manquer l'apparition du contact de Shoran, Mad quant à elle manqua de son côté un butarien frôlant leur table. L'air de rien. Il ne semblait pas faire partie de la fête, se démarquant des clients car il ne paraissait pas être ici pour se détendre, ou se défouler. On aurait dit l'un des videurs, mais pour qui connaissait la maison, il ne faisait pourtant pas partie du personnel. Marchant de quelques mètres supplémentaires, il leva sa main au niveau de son oreille comme le ferait un membre de la sécurité murmurant ses directives pour son oreillette. Puis il disparu dans la foule quand à l'extérieur les rouages d'une sombre mécanique se mirent virtuellement en branle ; un mystérieux compte à rebours qui, à son rythme, activait l'opération des intrigants.


Au même moment.

Dehors, un voile noir recouvrait un ciel nocturne. Des nuages obscurs crachaient leur pluie sur la station. Des chasseurs banalisés vrombissaient dans les airs, déployant depuis leur compartiments des cordes filant droit vers le sol. Des bruits lourds, semblables à un pas de course militaire, s'échappait des plus sombres ruelles, accompagnés des sons caractéristiques d'émetteurs radio, et de voix d'outre-tombe synthétisées à travers des visières hermétiques.
Quelqu'un gravit une échelle rubigineuse, ses semelles jouant d'un concert métallique sur chacun de ses échelons. Cette ombre rejoignait un toit, et fini par s’agenouiller tout contre sa bordure avant de se munir d'un M29-Incisor qu'il conservait auparavant pendu en bandoulière. Son équipement était de qualité, arborant une armure soignée, il semblait être l'un de ces para-militaire dont la méthode qu'il mettait dans ses déplacements témoignait de son entrainement. Il prit ses appuis sur le toit, la crosse de l'arme ancrée tout contre son épaule, sa lunette braquée en direction du Lady Luck. Tandis que là, tout autour, sur les escaliers et balcons abandonnés parsemant les ruelles, des silhouettes homologues semblaient l'imiter pour encercler le nightcub. Des tireurs d'élite... Un concert de déclics retentirent dans la nuit, les crans de sécurité ôtés ; ceux là étaient fins prêts.

« Feral 1, en position. »








Dernière édition par Mad Marshal le Jeu 08 Mar 2018, 18:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Jusqu'à l'aube, au Lady Luck   Mar 06 Mar 2018, 23:21
Le décor s'était ramolli, comme soudainement libéré des lois physiques, prenant la forme qu'il avait toujours secrètement rêvé d'arborer, ne formant plus qu'une seule et unique entité. Les lumières dansaient, les couleurs s’enchaînant les unes après les autres comme d'autant de néons publicitaires hyperactifs si fiers de faire vivre leur petit coin de rue.

Cet environnement n'était cependant pas sans remémorer certains souvenirs à celle qui plongeait actuellement dans un profond délire. Une chute. Soudaine, interminable. Le corps troué d'une balle, elle chutait au milieu de petites silhouettes dansantes, une main mue par la curiosité tentant de venir à leur rencontre tandis que résonnait le rire moqueur de Jikew.

Deux ans s'étaient écoulés depuis ce combat, le cadavre du drell servait désormais d'engrais aux valeureux agriculteurs de Fehl Prime. Un autre souvenir pris sa place, plus récent celui ci. L'humaine s’agrippait au sol, tentant vainement de s'y déplacer sous le regard froid d'une probatrice fraîchement devenue borgne. Le corps lourd, l'esprit léger, elle avait failli céder à la délicieuse tentation de rejoindre ceux qui étaient tombés ce jour là.

Les souvenirs étaient une teinte, apportant de très appréciées nuances à ce qui entourait la jeune femme. De nouvelles images défilaient, des sensations même, l'excitation se transformant en plaisir, l'extase du corps chaud d'une amante contre le sien. La réalité venait se mêler aux rêves, si heureux de constater que la limite entre les deux était quasi inexistante en cet instant.

Un regard se rapprochait d'elle, l'envahissait, s'enroulant autour de son corps comme pour mieux le conquérir. Elle se sentait déplacée, manipulée pour se rapprocher davantage encore de ce visage. Une étreinte légère, mais avide la contrôlait, et elle se laissa guider. Ses lèvres rencontrèrent les siennes, une main venant se perdre dans une chevelure humide de sueur et l'autre parcourant le corps du regard auquel elle avait succombé. L'extase avait pris une nouvelle forme, allégeant son esprit et envahissant ses sens.

Elle parvint ainsi à reprendre pied dans la réalité. Ce corps contre le sien était celui de l'inconnue à la chevelure cendrée, les lèvres de Kydra pressées contre les siennes, douces et sucrées. Le lien se brisa alors, les yeux de la jeune pirate s'animant d'une lueur qui confirmait leur présence en ce monde. Elle contempla l'inconnue, ses paroles résonnant désormais dans son esprit, comme un souvenir dont elle venait seulement de prendre conscience.

Elle se mit alors à rire. Un rire sincère qui ne dura pas plus que nécessaire. L'une de ses mains vint délicatement glisser le long de la cicatrice qui recouvrait la partie gauche de ce visage déterminé.

Moi je vois... Oh oui, je vois un passé commun, une divergence soudaine, une femme taillée comme une lame...

Ses doigts glissèrent jusqu'à son épaule dénudée.

Émoussée par endroit...


Kydra mordit alors cette peau à sa merci, un contact sans doute plus vif et physique que tous les autres ce qui lui permis de s'ancrer davantage dans la réalité. Et elle se souvenait de la raison qui l'avait poussé à venir se perdre dans cet endroit, une raison qui, peu importe son état d'extase, ne devait pas être totalement perdue de vue. Peut être qu'en se dirigeant au bar et en se mêlant à la foule, son attention s'avérerait moins volubile. Lâchant la peau de son épaule, Kydra se redressa, grimpant à califourchon sur sa compagne et penchant la tête sur le côté, certaines de ses mèches ténébreuses venant recouvrir son visage. Elle souriait.

Il se trouve que j'ai terriblement soif. Si tu le souhaites, je peux t'offrir de quoi t'aider à te perdre davantage.

Elle se cambra avec un petit rire, sa tête tomba en arrière et sa chevelure se mit à pendre dans le vide. Les gens dansaient au plafond, quel terrible manque d'originalité.



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MessageSujet: Re: Jusqu'à l'aube, au Lady Luck   Ven 09 Mar 2018, 14:20



Outre la chaleur sans cesse grandissante, Mad se sentait légère. Vraiment. Un sentiment d'allégresse croissant, à mesure que, lentement, elle se délectait de la pulpe de ses lèvres. Était-ce un larcin ? Elle aurait pu se sentir coupable. Coupable de profiter d'un baiser qu'elle ne reçu, peut-être, qu'en cet instant d'égarement, la jeune pirate s'oubliant entre deux chimères. Mais elle ne le fut en aucun cas, sans regret, les paupières closes pour ne les ouvrir que lorsque sa partenaire choisit de rompre le lien. Mad se pinça ensuite les lèvres tandis qu'elle la détaillait plus attentivement du regard, comme pour emprisonner encore un peu de sa saveur et ne la garder que pour elle. Et lorsque la jeune femme passa ses doigts sur cette balafre qui lézardait sur sa joue, elle pencha doucement la tête sur le côté, comme font parfois les chats pour appuyer une caresse.

La pirate lui révélait une nouvelle sensation. Son épaule dénudée, dont la chair lisse appela une morsure, poussa la Cendrée à reposer l'arrière de sa tête contre le mur, soupirant un imperceptible gémissement.. Pour ses yeux, et eux seuls uniquement, les flammes environnantes s'étaient soudain mises à palpiter, flamboyant avec plus d'ardeur.
Ses doigts s'agrippaient à la taille de l'Inconnue. Jusqu'au plus profond d'elle-même, cette morsure qu'elle adressa pour sa peau ravinait ses sens, faisant surgir en elle la sensualité et la réminiscence de ses instincts sauvages.... Ses pupilles dilatées poursuivaient les mouvements de l'Inconnue, ses yeux plus humides, brillant pour celle-ci qui s'installa à califourchon sur elle. Ses doigts glissèrent sur ses hanches, comme cherchant à faire corps sur chacune de ses lignes, s'amusant de sa douceur, de sa chevelure qui lui caressait la peau.

Ils pouvaient bien la traiter de tous les noms qu'ils voulaient, ses supérieurs, ses collègues ; les hommes, les femmes, les enfants. De paumée, de pute, de salope, ou de dégénérée. Ce n'était pourtant pas utile de vivre les pires atrocités pour comprendre. Il suffisait juste de quelques déceptions ; d'amers désillusions qui perpétuellement s'enchainaient, pour finir, au bout du chemin, par faire un trait sur chaque espoir, chaque rêve, chaque illusion, de la même façon que l'on raye chaque jour qui passe sur son calendrier. Mad, c'était l'abîme d'un feu dévorant pourvu d'yeux grands ouverts, qui pensait que la vie c'était ça. Que c'était un trait de lumière qui finissait dans la nuit ; Si l'espoir me couronnait, il devait me crucifier. Et s'il me faisait croître, il m'élaguait ensuite. Comme des gerbes de blé, il me rassemblait pour me faucher, pour me mettre à nue. Alors j'écrasais l'espoir dans une main pour que cesse l'espérance, pour qu'il me laisse divaguer sans rien attendre de cette soirée. Parce que je voulais profiter de ceux qui s'offraient à moi, de ce trait de lumière, de cet éclat. Maintenant, et jusqu'à l'aube.

« Qui que tu sois... Fit Mad en la détaillant un instant, songeuse, puis poursuivant : Ça ne peut pas se refuser ! L'invitant à s'en défaire pour qu'elle puisse toutes deux quitter la banquette, et s'en lever. Viens, suis moi, allons voir ce que le barman peut nous proposer. »

Mad glissa ses doigts entre les siens, l'attirant à elle, aussi pressante qu'elle semblait enjouée avant qu'elle ne prenne la tête, pour qu'alors d'une main elle puisse la guider aux abords et le long de la piste de danse. De temps à autres, elle lui lançait un sourire, parfois pointant du doigt la tête que faisait un client ivre mort, qui déversait les restes de son estomac par dessus une rambarde, au plus grand désaroi des danseuses qui se trouvaient au-dessous. Ou encore l'un de ces turiens, Mad retint un rire sous sa main, elle gloussait doucement tandis que celui-là dansait comme un ovipare constipé, bougeant la tête de mouvements saccadés comme l'aurait si bien fait une poule... La drogue, de toutes sortes, s'écoulait comme des petits pains par ici.


Puis, elle ralentit un instant, levant les yeux. Non loin, juste au-dessus du balcon accueillant le matériel du DJ, Mad lui indiqua les hauteurs où se trouvait la salle de contrôle et le siège de la maîtresse des lieux. Lui expliquant depuis quelques mots adressés à son oreille, qu'elle répondait au pseudonyme de Madame Flores ; une femme connue pour avoir subit nombres de greffes, une humaine qui intégrait dans son corps bien plus d'implants qu'il ne lui restait d'organes. A dire vrai, elle ne pouvait plus se déplacer que sous bonne escorte, car chacune des pièces qui la constituait valaient une petite fortune sur le marché noir de Tefnut, et des systèmes Terminus. Si on s'y attardait, elle finissait tout juste de s'entretenir avec un être au profil indistinct, celui-ci la saluant avant de quitter la pièce. Il descendait de pas sûrs chacune des plateformes et escaliers du Lady Luck, pour se rendre à son rythme en direction du bar, lui aussi. Était-ce le contact de Shoran ?

« Et dire que mon... père... m'encourage à veiller sur ma santé. Il disait que ma mère m'aurait engueulée si j'avais ne serait-ce qu'oublié mon écharpe... Il n'en rate jamais une pour essayer de me faire croire que la galaxie est bénine, et qu'on avait bien fait de me concevoir. T'y crois toi ? »

Arrivées au bar, Mad attira la jeune pirate à ses côtés, ramenant sa main pour la conduire autour de sa propre taille. Elles faisaient maintenant face à la rangée des verres et des bouteilles colorées qui y étaient installées, pianotant alors de ses ongles sur la surface du comptoir. La Cendrée étant compliquée, ne s'attachant à rien, n'ayant aucun goût particulier si ce n'était pour l'arabica noir profond et sans sucre -donc inapproprié,- elle dit :

« Enfin... On s'en moque... Qu'est-ce que tu prends ? Moi, je vais prendre comme toi. Montre-moi où vont tes goûts. »






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MessageSujet: Re: Jusqu'à l'aube, au Lady Luck   Ven 09 Mar 2018, 23:56
Elle fut attirée au beau milieu de cette masse grouillante, pénétrant au cœur de la ruche et se faufilant au travers de ce qui était un essaim. La plupart des notions de société habituelles n'avaient pas cours ici, il n'y avait que sa tête et ce qui s'y baladait avec ferveur. Des esclaves de leurs corps, de leurs pulsions primitives exacerbées par la musique psychédélique, la chaleur de la foule et les diverses substances consommables qui envoyaient le cerveau se foutre en l'air.

Un pur concentré de débauche, de ce qui dégoulinait de la si prestigieuse société galactique actuelle. En résumé, Kydra adorait ces endroits.

La main qui la guidait lui permis de prendre connaissance de cette Madame Flores, un être qui, à en juger par sa description et son apparence, lui rappelait fortement Tychus. Tychus, le fier seigneur de guerre qu'elle avait rencontré sur Taitus, par l'immonde déchet qui avait tenté de prendre le contrôle de sa flottille. L'apparence de la maîtresse des lieux était en tout cas assortie à son royaume, recyclée, décadente, pervertie. La jeune reine pirate se demandait quel genre de personnalité pouvait bien loger dans ce corps. Mais ce fut le turien qui descendait les marches qui attira suffisamment son attention pour lui faire hausser un sourcil.

Les deux femmes parvinrent finalement au bar, des rangées de fioles et de bouteilles s'alignaient derrière le comptoir, éclairées par des néons à l'humeur festive. Les paroles de sa chère compagne quant à elle, l'étaient soudainement beaucoup moins, mais cela ne dura fort heureusement qu'un bref instant. Elle était tactile, mais beaucoup l'auraient sans doute aussi été après avoir quasiment vidé un inhalateur. Cela n'empêcha pas le corps de Kydra d'y répondre, dos au bar, l'une de ses jambes se glissant discrètement entre les siennes, se frottant contre sa chair d'une façon presque provocante. Plus que n'importe où dans l'établissement, l’ambiance ici était presque étouffante.

Je te préviens, je favorise le caractère à la saveur. Kydra passa un doigt sur ses lèvres un instant. Mmh. Voyons ce que tu dis de ça.

Elle se tourna et fit signe à une serveuse.

Deux Anhur Bomb.

Un shooter dans un verre, un mélange butarien des plus puissants, épicé et pétillant à souhait.

Les lumières plus vives permirent à Kydra de détailler plus en détail le visage de sa compagne. Son regard était perçant, bien plus déterminé qu'il n'aurait dû l'être, dans cet état. Ses traits fins correspondaient parfaitement à ses yeux et à cette impression... Sauvage qui se dégageait d'elle. Le regard de Kydra dépassa cependant un instant ce petit bout de visage pour en apercevoir un autre, quelques places plus loin. Le turien qui s'était entretenu avec Madame Tychus s'appuyait désormais sur le comptoir, regardant presque nerveusement autour de lui.

Il n'y avait plus la place au doute désormais, Kydra reconnaissait ce turien. Et à en juger par son comportement, ce qu'il venait d'apprendre ne l'avait pas spécialement mis à l'aise, et pour cause. La jeune femme se décolla de l'inconnue aux cheveux cendrés et se dirigea vers sa cible, attrapant de sous sa tenue une seringue soigneusement préparée à l'avance et faisant lentement glisser une lame dans les doigts de son autre main.

Une fois dans le dos du turien, Kydra le tapota pour qu'il se retourne. Elle l’accueillit avec un grand sourire, s'amusant particulièrement de sa réaction stupéfaite... Et angoissée. Il savait très bien qui elle était et ce que sa présence ici signifiait. Kydra se lova contre lui, enroulant les bras autour de son cou et y injectant discrètement le contenu de la seringue avant de la laisser tomber au sol, la lame de son autre main plaquée à la jonction entre sa peau et sa carapace, lui faisant bien comprendre qu'il avait intérêt à jouer le jeu.

Elle se pencha alors davantage contre lui, lui murmurant à l'oreille.

Vilain garçon. Pourquoi diable viens-tu donc fureter si loin de chez toi, mh ?

La lame s'enfonça légèrement dans la chair, faisant tressaillir le turien déjà affaiblit par la drogue.

Tu vas retourner auprès de ta catin noire et tu vas lui dire que Tychus est mort, mais que la flottille de Kydra est toujours en proie au chaos. Tu me feras également le plaisir de contacter mes hommes pour leur faire part de tout ce que Shoran pourra te dire, tout ce qu'elle prépare à mon encontre ou à l'encontre des autres gangs de la station. Et s'il s'avère que les informations sont fausses ou que tu as parlé de tout ceci à Shoran...

Elle s'écarta du turien, allumant son omnitech et tapotant un instant dessus avant qu'une image ne s'affiche. Une turienne adulte et une autre beaucoup plus jeune, attachées toutes deux à un mur, du sang aux magnifiques nuances bleues coulant le long de leur carapace. Un sourire à l'innocence parfaite fit son apparition sur le visage de Kydra.

Face à cette vision, le turien qui lui faisait face tenta de l'attaquer, mais ses mouvements ralentis par la drogue ne causèrent pas le moindre soucis à l'humaine. Cette dernière stoppa son coup, lui faisant lâcher de force son poignard et le laissa légèrement sombrer sur elle.

Tu comprendras donc aisément qu'il est dans ton intérêt personnel de jouer le jeu.


Un butarien massif apparut tout près d'eux, croisant les bras, visiblement en attente. Kydra échangea un rapide regard avec lui.

Maintenant nous allons te coller un implant très très douloureux, juste au cas où tout ceci ne soit pas une motivation suffisante.

La jeune femme s'écarta à nouveau.

MAIS LACHES MOI GROS DEGUEULASSE !

Le poing de Kydra vint soudainement s'encastrer dans le visage de son collègue. Un contact douloureux, mais ô combien jouissif lorsque l'on voyait la mâchoire turienne se tordre et lâcher quelques dents un peu trop pointues. Le butarien ramassa la loque en sang au sol et l'aida à se relever, l'éloignant du bar. Sa famille avait déjà été tuée évidemment, il était inutile de s’encombrer de parasites.

Kydra se retourna alors vers le comptoir et lâcha un soupir d'extase, tout ceci lui aurait presque fait oublier qu'elle était défoncée. Elle aurait pu quitter cet endroit et rejoindre sa troupe là dehors, partant en direction de sa flottille. Mais le cas de l'agent était réglé et elle avait envie de profiter de cette nuit. Ses hommes s'amuseraient surement à légèrement charcuter le turien quelques heures après lui avoir installé l'implant, et Tefnut n'était de toute façon pas avare en divertissements. Kydra avait bien une commande qui l'attendait après tout, et cette musique était particulièrement entraînante.

Kydra sauta donc soudainement sur le comptoir, s'y installant en tailleur. Elle ordonna à la serveuse de se bouger le derche pour sa commande et se rappela soudainement de l'étrange créature qui l'avait accompagnée jusqu'ici, tournant sa tête en la cherchant du regard.



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MessageSujet: Re: Jusqu'à l'aube, au Lady Luck   Dim 11 Mar 2018, 08:59



« Deux Anhur Bomb. »

Ses iris d'un gris clair au fin halo noir l'incisaient tandis que l'Inconnue se chargeait de prendre leurs commandes ; rien que le nom donné à ce cocktail lui en disait suffisamment sur ce que subirait son gosier. Ce n'était peut-être pas un choix anodin, se disait Mad. Anhur était riche en histoire, non méconnue des humains, rimant tant avec guerre, politique, corruption et... butariens. Un choix peu commun pour une humaine, bien que l'on en voyait de toutes sortes et de toutes les couleurs débarquer sur les stations de Tefnut.
Elle la détaillait encore, faisant glisser sur elle la chaleur d'un regard sulfureux. Elles se tenaient si proches l'une de l'autre, la jambe de la pirate s'effleurant entre les siennes. Un geste qui l'invita à s'y presser d'avantage. Un brin provocante. Fatale. Sans que ses iris ne s'en détache pour autant, ses doigts jouèrent avec l'une de ses mèches noires, l'apportant délicatement sous son nez pour en humer le parfum. Elle semblait être une femme de goût, de caractère, qui savait prendre soin d'elle, et qui devait jouir d'un rang particulier auprès des siens, si Mad s'arrêtait sur l'apparence que prenait sa tenue de soirée. Une fine robe noire sur laquelle elle laissa filer distraitement le revers de ses doigts...

Mais elle baissa la tête, comme accablée, encaissant l'âpre séparation en soufflant un soupire lorsque la pirate s'en décolla. Un sentiment indescriptible l'envahissait ; insondable parce qu'elle ne parvenait à mettre un mot sur lui. Il était encore trop tôt pour comprendre, la substance qu'elle avait absorbé ne l'aidant en rien à y voir clair... Et puis, elle leva à nouveau les yeux dans sa direction, la suivant du regard, plissant les paupières lorsqu'elle l'a vit faire face à un mystérieux turien... Turien qu'elle prit aussitôt dans ses bras, lui murmurant quelques mots...

Mad fronçait les sourcils, à présent.

« Haha... La gueule que tu tire. Fit soudain la barmaid en préparant leurs deux verres. La jeune Marshal laissa échapper pour elle un regard noir avant de s'en détacher à son tour, prête à rejoindre le duo enlacé. Hé ! Pas d'histoire, okay ? Fit à nouveau la barmaid, lui empoignant le bras pour la retenir.
- Lâche-moi. Il ne va rien se passer. Et puis il est déjà en cendre, ton bar... »

Tout crépitait en ces lieux, pour celle qui déambulait sous l'effet d'un hallucinogène... Quoiqu'il en soit, se dégageant sèchement de la serveuse, elle fronça d'avantage les sourcils, non par jalousie, mais parce que le turien tenta de frapper sa partenaire après qu'elle lui ait mit sous le nez quelques images depuis son Omnitech. Leur discussion semblait prendre une tournure plus dramatique, le turien cherchant à la frapper de son poing, mais... Il défaillait lorsque la brune le stoppa net, se vautrant mollement sur elle.

« Hmf... Là, je suis jalouse.
- Quoi ? Fit l'humain, tout juste à ses côtés, qui pensait qu'elle s'adressait à lui. »

Blasée par cette subite intervention, Mad le repoussa d'une main, l'homme perdant l'équilibre comme pour mieux s'éparpiller bruyamment dans les tables... Le geste se devait d'être anodin, pourtant, une pichenette tout au plus. N'importe qui venant d'Oméga aurait compris que c'était une forme d'argot, que l'on pouvait traduire par « ce n'est pas à toi que je parle, vu ?" C'était tellement ridicule, qu'il y eut l'un de ces charivari ; des rires gras tout autour, braillés par une meute de clients complètement hilares. Ainsi noyée dans tout ce rafu, Mad tâcha de cerner ce qui se produisait auprès de la pirate ; un butarien était apparu à ses côtés, mais elle n'aurait pu dire de quoi il s'agissait. Ce pouvait être n'importe quoi, de l'extorsion au chantage, en passant par le remboursement d'une dette. Une chose était certaine, cependant, l'Inconnue avait suffisamment de pouvoir, ou de crédits, pour s'entourer de gros bras.

« MAIS LÂCHES MOI GROS DÉGUEULASSE ! »

Mad releva les sourcils, assistant au coup de poing magistral que la pirate adressa au turien ; l'impact fut si violent que ses dents partirent en éclat ! La jeune Marshal revint alors à proximité du comptoir, laissant un regard pour le turien amoché, trainé comme une loque par le dit butarien. Rien de grave, vu d'ici. Il s'en remettra, pensait-elle. Pour sûr. A vrai dire elle s'en lavait les mains ; c'était un rival de moins... Préférant jouer les idiotes plutôt que de s'attirer les foudres d'un clan qui verrait d'un mauvais oeil sa curiosité mal placée, Mad sauta à son tour sur le comptoir pour y déposer son fessier, croisant les jambes aux côtés de sa comparse. Elle s'y pencha un instant, s'appuyant d'une main qu'elle posa derrière son dos... Son regard parlait pour elle ; elle n'avait nul besoin d'ouvrir la bouche pour l'exprimer, car il s'interrogeait, il la questionnait. Est-ce que ça va ?

« Toi au moins, tu sais comment te débarrasser d'un ex... Fit-elle ensuite, sur le ton de l'ironie. Puis embrayant sur un timbre plus sérieux : J'espère qu'il n'aura pas nuit à ta bonne humeur... C'était bon de te voir rire tout à l'heure... Mais... Malgré tout, je te soupçonne d'avoir tout juste le brin de folie nécessaire pour me faire payer au centuple ce qu'il a bien pu te faire subir. A ces mots, lui adressant un petit coup d'épaule entendu, ses yeux clairs continuaient d'en détailler chaque trait. Quelque part, elle cherchait à être rassurée sur ses intentions ; de savoir si elle comptait poursuivre la soirée en sa compagnie ou non. Tu m'embrasses quand, mh ? »

La Barmaid apporta enfin leurs verres et leurs shooters, les déposant juste derrière elles, visiblement satisfaite qu'il n'y ait pas eut plus de grabuge... Pourvu que ça dure.


« Feral 2, 3 et 4, en déploiement sur Charlie-Lewis. »

Dans les rues, et sous le crachin de la pluie, des troupes dispersées en trois escouades encerclaient à présent le Lady Luck, aussi codé Charlie-Lewis pour l'opération en cours. Les donneurs d'ordres lâchaient de temps à autres un signe directeur, envoyant leurs hommes se déployer et prendre position sur chaque point stratégique. Longeant les murs, ils couvraient les issues sous l’œil concentré des snipers camouflés sur les hauteurs, braquant la lunette de leurs fusils en direction des étages, du toit, des sorties de secours.

On pouvait se demander, à juste titre, pourquoi aucune sirène ne retentissait dans la station. Simplement, parce qu'il ne s'agissait pas d'une invasion. Si aucun des locaux ne l'ouvrait, ou qui par malheur aurait assisté à ces manœuvres sans s'en alerter, c'était sans doute parce que ces soldats étaient accrédités, et ne devait en somme leurs ordres et leurs crédits qu'au plus hautes sphères de Tefnut. C'était des mercenaires sans réel réputation, ne partageant certes pas la même notoriété que les Soleils Bleus, ou l'Eclipse. Ils étaient tout bonnement à la mesure de la tâche, arborant plutôt les sombres couleur du Black Skull, une organisation para-militaire constituée de déchus de l'Alliance, rassemblés en un régiment de têtes brûlées, pour la plupart... Si le Commandant Felix Marshal ne veillait pas sur Mad, c'était bien là le genre de bande qui lui ferait de l’œil. Entre les deux, son cœur balançait.






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MessageSujet: Re: Jusqu'à l'aube, au Lady Luck   Dim 11 Mar 2018, 19:58
Elle réapparut soudainement à ses côtés, l'imitant en posant ses fesses sur le bar et en inclinant vers elle un visage qui semblait vouloir s'enquérir de son état. Mmh... Lui avait-elle tapé dans l’œil pour qu'elle souhaite rester ainsi, si proche d'elle ? Une telle constatation concernant une droguée sur une station paumée aurait pu faire frémir Kydra de dégoût en temps normal. Mais il y avait quelque chose de spécial chez cette étrange inconnue, les traits de son visage, sa cicatrice, la façon dont se mouvait son corps...

En apparence, elle avait tout d'une combattante, une guerrière forgée par les épreuve et dont le statut la plaçait donc bien au dessus de la grande majorité des miteux qui venaient se défoncer dans cet endroit. Et son regard... Il y avait quelque chose de sauvage dans ses yeux, d'animal, quelque chose qui ne laissait pas Kydra indifférente.

Il peut y avoir crépuscule, mais la nuit ne tombe jamais vraiment.

Elle pencha la tête sur le côté.

Un brin de folie ? Voyons chérie, pourquoi ferais-je cela, nous sommes semblables après tout, non ?

Elle lui adressa un clin d’œil avant de glousser après avoir entendu sa question. Question pertinente d'ailleurs, immergée dans ses yeux sauvages, Kydra s'imagina sans mal la plaquer le long du bar et commencer à l'embrasser férocement. L'idée s'installa dans son esprit, la rendant silencieuse un instant alors que son regard se baissa jusqu'à ses lèvres. Elle y déposa un doigt.

Ce n'est pas quelque chose qui se demande chérie, mais qui se mérite.

Elle avait une furieuse envie de s'amuser avec elle, de jouer à ce fameux jeu du chat et de la souris où les règles s'inversaient sans cesse, de voir qui des provocations de Kydra ou des yeux de l'inconnue aux cheveux cendrés allait gagner en premier. Et un nouvel élément allait permettre de sacrément corser la partie pour les deux camps.

Kydra sauta du comptoir et se retourna pour empoigner son verre, le shooter glissant doucement jusqu'à l'une de ses parois. Elle l'orienta dans la direction de sa compagne avec un sourire.

On se retrouve de l'autre côté.


Le verre toucha alors ses lèvres et le liquide se déversa en elle, brûlant son œsophage et percutant son estomac avec une force inouïe. C'était presque comme si elle aurait été capable de tracer sa trajectoire tant la sensation de brûlure se démarquait du reste de son corps. Et le flot continua de se déverser quelques temps avant que la jeune femme ne repose le verre vide sur le comptoir sans la moindre délicatesse.

Elle pouvait presque déjà en sentir les effets avec l'impression que la température de son corps montait et que sa respiration se faisait plus rapide. Kydra resta agrippée au bar quelques instants, profitant d'un moment de répit pour encaisser le choc, sa tête se balançant dans les airs tandis qu'elle laissait la musique faire vibrer son âme. Elle ne tenait pas l'alcool, et ce n'était pas spécialement un mal, car elle en recherchait généralement plus les effets que la saveur.

Kydra tourna alors sa tête pour s’enquérir de l'état de sa compagne. Une fois qu'elle fut certaine qu'elle avait terminé, la pirate vint se lover contre elle, rapprochant ses lèvres de l'une de ses oreilles. Sa main gauche glissa le long du ventre de l'étrange inconnue avant de s'arrêter doucement entre ses cuisses, appliquant une pression juste suffisante pour se faire remarquer.

J'espère que c'était à ton goût et que tu sauras profiter de ses merveilleux effets.

Kydra retira sa main et s'éloigna de quelques pas, se penchant en avant.

Si tu as la nuit devant toi, que dirais-tu de m'accompagner ? Je suis certaine que Tefnut s'est faite toute belle ce soir, il serait dommage de ne pas pouvoir profiter de ses autres merveilles tu ne penses pas ?


Elle se retourna sans même attendre sa réponse, s'éloignant du bar avec une démarche bondissante, dodelinant de la tête au rythme de la musique.



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MessageSujet: Re: Jusqu'à l'aube, au Lady Luck   Mar 13 Mar 2018, 19:59



Il peut y avoir crépuscule, mais la nuit ne tombe jamais vraiment.
A son tour, Mad inclina son visage sur le côté, continuant de l'éplucher des yeux. Est-ce que cette phrase signifiait qu'elle vivait dans l'espoir des lendemains meilleurs ? Ou signifiait-elle plus que cela encore ? Le regard de Mad, et bien que celui-ci ne semblait pas la contredire, n'ayant pas la prétention de tout savoir, s'en durcit néanmoins quelque peu. Il y avait des conflits intérieurs qu'elle devait taire.

Nous sommes semblables après tout, non ?
C'est sur ces mots qu'il devint changeant, ce regard. Il changeait, parce qu'il ne savait pas mentir, qu'il confirmait ses dires. Sa bouche retrouvait alors une fine risette, complice, comme pour répondre à son clin d'oeil. Jusqu'à ce que l'Inconnue pose son doigt sur sa bouche, pour qu'il change à nouveau lorsqu'elle parla du mérite qui l'incombe. Ses yeux la dévoraient, à présent...

« On se retrouve de l'autre côté.
- Tu joues avec des forces.. qui te dépassent. Finit-elle par dire en observant sa partenaire qui vidait cul sec son verre. »

A son tour, Mad attrapa son shooter du bout des doigts avant de le plonger dans son verre. Toujours assise sur le comptoir, elle l'apporta sous son regard, se jouant un temps de sa surface en y remuant un cercle à l'aide de son index. Comme indécise, détaillant ces lueurs qui s'y reflétaient. Sûr, qu'en bonne connaisseuse de ces choses dont elle s'était déshabituée, elle qui avait tant soif, l'aurait encore bien plus encore après ça... Mais qu'importait. Mad engloutit le contenu de son verre, le breuvage lui consumant et la gorge, et le larynx, et l'estomac ; les boyaux en feu ! La chaleur d'une fournaise s'était à nouveau emparée de tout son être, l'haleine brûlante, l'établissement tout entier s'étant mis soudain à tanguer... Tâchant alors de retrouver ses esprits et de sa contenance, elle papillonna brièvement des paupières avant de poser son verre d'un mouvement sec sur le comptoir.

Du nerf, soldat...
La paume de sa main frappa d'une unique fois sa poitrine ; elle faillit s'étrangler...

Se laissant retomber, les pieds au plancher, Mad se vautra pratiquement sur celle qui choisit de se lover tout contre elle. Comme toujours en quête de retrouver ses esprits dans ce paysage qui chancelait, la jeune militaire laissa échapper sur ses traits une expression de surprise où se mêlait l'agréable... Le revers de sa main glissa le long de son épaule, avant de s'enquérir délicatement de sa taille, son autre main s'arquant derrière sa nuque lorsqu'elle sentit la pression qu'elle exerça sur son entre-cuisse. Elle l'invitait alors tout contre elle, se pinçant les lèvres, comme prête à accueillir un nouveau baiser... Est-ce que... Est-ce ses joues passaient doucement du pâle au rose...?

Mais... La Pirate s'en écarta à nouveau en lui adressant quelques mots. Elle appréciait encore les effets de l'alcool, ses braises lui brûlant les entrailles, prête à y mêler de nouvelles saveurs, mais... Mais... !

« [...] Il serait dommage de ne pas pouvoir profiter de ses autres merveilles tu ne penses pas ? »

Mais... Très bien ! Elle laisserait parler l'alcool. Si l'inconnue voulait jouer au chat et à la souris, alors Mad se disait qu'elle emprunterait les rayures du Chat du Cheshire. Marchant à ses côtés quelques instants, les regards parcourant la foule en ébullition, il y eut soudain comme un crépitement dans le dos de la Pirate. Le camouflage optique de Mad s'était activé, absorbant sa silhouette toute entière dans le néant... Sa voix sembla alors résonner tout autour :

« Il y a avait un jeu... qui se jouait quand j'étais encore petite. L'idée était d'énoncer cinq mots qui définiraient le pourquoi on s'attachait à quelqu'un... C'était... vraiment de bon enfant. »

Un gobelet se renversait sur une table ; c'était là, sans doute, qu'elle se trouvait.

« ...Si l'on était incapable de les énoncer, ces cinq mots, cela voulait dire qu'on ne l'aimait pas tant que ça, sa copine... C'était rude. Mieux valait y répondre, avec célérité et le cœur à vif... Sinon... »

Puis elle réapparu soudain, faisant un pas vers elle, s'avançant face à l'Inconnue, le sourire carnassier aux lèvres et les yeux sanguinaires :

« ...Sinon "COUIK !",
Comme ces jours de guigne sur l’échafaud, à perdre la tête !
»

Tarée. Elle disparu à nouveau, aussi rapidement qu'elle était apparue, laissant échapper l'allégresse d'un petit rire amusé. Ses pas déambulaient une nouvelle fois aux hasards des alentours, sa voix qui vibrait encore à proximité, plus douce et toute proche :

« ...Pourquoi tu m'aimes ? Me demandait mon amie... Est-ce que, pour la contenter, ces cinq mots devaient ressembler à belle ! ...forte ! ...riche ! ...puissante, ...? »

Elle se tenait derrière elle à présent, son visage apparaissant au-dessus de son épaule, lui chuchotant à l'oreille comme si elle désirait mêler sa voix suave à ses pensées :

« ...démente ? »

Elle retourna à l'invisible, se mordillant la lèvre inférieur ; provocante. Quelques clients se bousculèrent alors subitement, comme s'ils avaient été écarté par une force indécelable. Un plateau se renversa, une serveuse perdait l'équilibre. Mad était complètement bourrée... Sa voix prit à nouveau source, quelques secondes plus tard, depuis un angle opposé au dernier. C'était à en perdre les sens, donnant l'illusion qu'elle pouvait surgir de partout et de nulle part à la fois.

« ... Au fond, aujourd'hui, tout cela me semble être du grand n'importe quoi. Tu sais. A l'époque, ce jeu ne considérait pas notre manque de vocabulaire, alors qu'il est nécessaire à l'expression de notre folie... Tu me suis ? »

Un crépitement électrique à sa gauche. Non, plutôt à droite. Une gerbe de fumigène festif surgissant sur sa route, suivie d'un client manquant soudain de percuter la jeune pirate. Trop tard, Mad s'était dissipée, là quelque part... La profondeur devait se cacher. A la surface, la parole reliait la trace visible à la chose invisible, à ce qui est désiré ou redouté, comme une fragile passerelle jetée par-dessus un grand vide. La simple expression, était-elle celle qui permettait de s'approcher de l'Inconnue avec discrétion, et prudence, en respectant ce qu'elle lui communiquait sans le secours des mots ?

« Comment l'exprimer, mh ? »

La Pirate reçu un coup de fesse la poussant doucement dans ce qui devait être l'énième angle d'une salle, où le large hologramme d'un colosse fit subitement son apparition. Une sorte de créature pachydermique rose fluo. Sa trompe, ses défenses, sa croupe énorme, ses quatre pieds pareils à des colonnes formaient, dans la pénombre et les néons, une silhouette surprenante et terrible. Une sorte de symbole local. Une immense énigme. C'était on ne savait quel fantôme puissant, visible et debout marchant par dessus la jeune pirate et la foule, comme si dans sa lente démarche il risquait à tout moment de la piétiner.

L'apparition disparaissait au loin, inoffensive, quand Mad réapparu dans un nouveau crépitement, assise sur un muret métallique, le visage incliné sur le côté, la toisant. Et ce vide derrière elle qui s'étendait vers d'autres terrasses, et d'autres pistes aux contours indistincts tant ils y avaient tout ce bas monde pour y grouiller. Ça, ou la vision d'une dimension infernale, et ses damnés plaintifs qui s'y tortillaient comme des vermisseaux rampant dans un bourbier, et la folle diablesse pour y siéger.

« ...Après tout, si à mes yeux tu semble être une plante hiémal, mais qu'aucune d'entre nous n'en connait ni la définition, ni le sens qui s'y cache, alors comment l'exprimer ? ... A tes côtés, j'ai fais le souhait de dériver plus encore, de m'abandonner à toi, à toi seule, d'éprouver ne serait-ce que du plaisir en buvant avec toi qui me ressemble, et dont je ne connais paradoxalement rien. Tout cela, peut-être parce que... »

Elle disparu, s'interrompant. Encore. Toujours. Se jouant de ses sens, elle se laissait pour quelques secondes encore à la méditation de ses songes... L'univers n'était qu'un délire bourré de mensonges. Plus on était éloigné et plus on pouvait fabuler, se réinventer. Et plus on s'en satisfaisait, et plus c'en devenait naturel et régulier. Pour elle, la réalité, ça ne se mangeait pas, c'était bien trop amer, et puis tout le monde la fuyait. La Voie Lactée faisait divertion. Repoussant la moralité que lui avait pourtant prodigué la Grande Guerre, mais toujours elle cherchait à s'évader. Elle voulait rêver. Les êtres conscients repoussaient la vie, et la nuit, et le jour, devant eux. Dans le bruit d'eux-mêmes ils n'entendaient rien, parce qu'ils ne voulaient rien entendre. Et plus leur ville était grande, et plus elle était haute, et plus ils s'en mouchaient tant ça leur dégoulinait par les trous de nez.

« Parce que... »

Elle réapparu enfin, songeuse. Cette fois-ci les coudes posés sur une rambarde, son regard parcourant les salles ouvertes en contre-bas. Elle semblait être la fille insensible qui ressentait pourtant les choses mais les connaissait si peu. La plus misérable des créatures penchée sous les néons du club, dont l'esprit rêveur semblait tiraillé par deux forces considérables... L'une d'entre elle était une force invisible qui la propulsait dans les nuages et lui montrait, au-delà des rêves embrumés, la beauté des quelques rares qui lui étaient semblables, et qu'elle voulait approcher... Et une autre de ces forces qui l'enchaînaient à la Terre, obscurcissant de poussière son discernement, la perdant dans les ténèbres.
Elle soupira un instant à travers quelques effluves d'alcool, quelques-unes de ses mèches humides pendulant devant ses yeux... Même si de dos, elle paraissait piteuse, son regard quand à lui restait vif, sans merci. Comme celui que montraient parfois les chats, ainsi posément installé sur le rebord d'une fenêtre et qui adressaient pour les passants trop pressés un regard détaché, sans scrupule.

« ... Parce que c'est une rencontre comme je les aime ; contrariée par le mystère, et la distance... Je n'ai pas le droit de m'en offusquer, ni de le discuter... Parce que c'est... irréfutable et réussi... Quand on n'a pas l'occasion de se rencontrer souvent, on ne peut pas s'engueuler, et... Elle sourit malicieusement : ...et c'est déjà beaucoup de gagné. »

Elle soupira... Mad était loin. En pleine descente, après tout ce qu'elle avait absorbé cette nuit, elle semblait se décomposer sur le rebord de son appui... La bombe d'Anhur portait décidément bien son nom.

« Comment exprimer... tout cela... en même temps... si ce n'est par... un baiser... »

Mad ne s'en rendait pas compte. Pas encore. Il n'y a pas plus de vingt secondes s'était formé en contre-bas un abysse recouvert de brume. Où pas un seul néons n'éclairaient les étages inférieurs, à croire qu'il y avait une avarie dans le système des sons et lumières, ainsi que des fumigènes qui, partout, avaient été installés dans les diverses salles du Lady Luck. En dessous de leur terrasse, le rez-de-chaussée ne ressemblait plus qu'à un gouffre sans fond... Suivit du premier étage, qui soudain fut plongé dans l'obscurité. Partout les lumières se mirent à clignoter, rendant l'âme les unes après les autres. La musique, elle aussi, se stoppa net... Le silence qu'offrait l'incident laissa peu à peu le temps au vacarme de s'installer, laissant la fourmilière que formait la foule de soulever dans les salles tant leurs plaintes que leurs interrogations... Et puis Pviouu firent les éclairages de leur propre étage, elles mêmes, Mad et la Pirate, furent plongées dans l'obscurité la plus totale.







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MessageSujet: Re: Jusqu'à l'aube, au Lady Luck   Mar 13 Mar 2018, 23:06
L'ambiance était magistrale et elle avait la fâcheuse habitude de le devenir plus encore lorsque l'on s’enfonçait dans les doux délices qu'elle proposait. C'était comme si Kydra pouvait avoir conscience d'absolument tous les événements dans tous les recoins du club et que d'une seconde à l'autre, la bulle se rétrécissait à l'extrême pour n'entourer que son corps et tout ce qui tendait à s'en approcher.

C'est peut être cette inconsistance dans sa perception de la réalité qui l'empêcha tout d'abord de comprendre ce qu'il se passait. La voix était distante puis devenait soudainement très proche, la voix de celle qui avait disparue et qui s'amusait désormais avec les sens de la jeune reine pirate. Un jeu ? Le rythme était lourd et endiablé, plongeant son esprit dans une vague qui ne cessait de se mouvoir, lui laissant de temps à autre quelques accès de conscience durant lesquels Kydra s'imaginait attraper avec une chance soudaine cette ombre qui lui tournait autour.

Mais l'image se matérialisa devant elle, soudaine, menaçante, sanguinaire. Les jambes de Kydra s'immobilisèrent brutalement, l'émeraude contemplant avec surprise ce prédateur surgis des ténèbres. Mais elle était déjà repartie, allant se tapir dans l'ombre avant le prochain contact. Une guerrière cela ne faisait aucun doute, une guerrière devenue lionne furetant autour de sa proie.

Kydra avait d'une certaine façon pris cette habitude d'accepter cette inversion des rôles, d'accepter de devenir la proie d'un ennemi invisible et redoutable. Tous ceux qui se livraient à ce jeu au moins une fois dans leur vie finissaient fatalement par connaître l'envers du décor. Ses pas reprirent, les poings serrés, un sourire se dessinant sous ses mèches noires. La menace se mouvait tout autour d'elle sans jamais vraiment passer à l'offensive, hésitante ?

Des mots qui n'avaient plus vraiment sens pour cet esprit aux instincts soudainement réveillés venaient se déverser dans ses oreilles. Tout cela était-il seulement réel ? Ne s'était-elle pas simplement effondrée après ce verre, en plein délire ? Les pas invisibles la frôlèrent à nouveau, le visage de la chasseresse apparaissait par endroit. Tout autour de Kydra n'était plus que néant, un gris uni et indivisible qui ne laissait place qu'à cette étrange danse.

La lame se glissait à nouveau doucement entre les doigts de Kydra. Qu'elle vienne... Plus près... Encore plus près... L'émeraude était vive, sans doute bien plus qu'elle ne l'aurait dû, ou était-ce simplement une impression ? Son corps se tendait, prêt à entamer de nouveau ces pas de danse qu'il ne connaissait que trop bien. Son sourire se fit carnassier, sa peau se hérissait, sa respiration s'accéléra davantage encore. Elle visualisait déjà l'étreinte mortelle à venir et la délicieuse humidité qui s'ensuivrait...

Mais la brume se fit plus épaisse, elle lui rentrait dans la tête, comme pour l'emporter dans un autre monde. Ou peut être pas, peut être Kydra n'allait-elle devenir elle aussi qu'un simple décor pour les futures âmes qui suivraient ce chemin ? Seule une silhouette demeurait, de dos, le silence et le calme battant de nouveau dans l'esprit de Kydra. Des paroles qu'elle connaissait résonnèrent alors, familières car elle les avait déjà formulé à une époque.

La silhouette qui lui faisait face c'était la sienne. Bien plus jeune cependant, un âge où Kydra portait encore les fières couleurs de l'alliance, ruminant son passé et son avenir, cherchant son chemin au milieu d'un univers qui ne l'avait jamais véritablement accepté.

La brume se dissipa et la bulle éclata, laissant Kydra contempler la silhouette devenir celle de cette étrange inconnue. Elles étaient... Semblables ?

Le chaos n'aimait cependant pas être mis au second plan. Il s'acharna de nouveau envahissant soudainement l'intégralité du club dans la surprise générale. Les ténèbres entouraient Kydra et elle se sentait dans son monde. Elle décida de s'y enfoncer davantage, esquivant une foule devenue agitée. Les lumières des omnitechs s'activaient un peu partout dans l'inquiétude, un krogan ivre se mit à charger dans le tas, un tir de panique s'y opposa, d'autre lui répondirent.

Les instigateurs de cette mascarade parviendraient sans doute à atteindre leur objectif. La foule était une arme que beaucoup avaient tendance à sous estimer, mais elle pouvait aussi s'avérer à double tranchant. Kydra ne s'y intéressa pas le moins du monde. Elle était de toute façon beaucoup trop torchée pour espérer combattre correctement, et elle n'avait pas d'armure ni d'arme lourde. Si ses hommes parvenaient à s'inquiéter de l'état du club et à se frayer une issue jusqu'à elle, elle aurait peut être droit à une exfiltration mouvementée... Si quelque chose ne venait pas répandre un gaz toxique ou faire exploser une bombe d'ici là.

Une seule et unique chose l'intéressait désormais dans cet endroit, et cette chose, elle la tenait actuellement dans les bras, guidant sa petite chevelure humide loin de tout ce bordel. Elle la traînait autant qu'elle la guidait, trouvant son chemin à l'aide de la lumière que produisait son omnitech, veillant à ne pas lâcher une seule seconde son précieux chargement. C'était presque métaphorique, ce qui la fit rire un instant.

Elles parvinrent finalement à l'une de ces tables où trônait jadis une danseuse, auréolée de fauteuils eu confort des plus appréciés. Kydra y déposa ses fesses, s'y étalant d'une telle manière que son corps épousa presque à la perfection la forme du fauteuil. Sa désormais protégée assise sur ses genoux, Kydra observa un instant les quelques éclairs des tirs d'armes qui venaient fendre l'obscurité, les cris et les questions angoissées résonnant tout autour d'elles.

Au moins ici, elles étaient seules, installées dans un renfoncement protégé par les ténèbres. Les doigts de l'une des mains de Kydra vinrent alors se glisser dans les siens, s'assurant de sa proximité et de sa présence à un niveau qui dépassait désormais de loin la simple curiosité. Elle posa sa tête contre la sienne et se mit à rire, tout simplement, profitant de son parfum entamé par ses activités nocturnes.

Est ce que tu as peur ?

Kydra redressa légèrement son buste. Sous cette ivresse se dissimulait une certaine anxiété, mais il avait toujours s'agit d'une émotion contradictoire avec elle. Et dans le cas présent, ce simulacre de peur l'excitait.

Est ce que tu trouves ça fascinant ?

Elle posa son menton sur son épaule dénudée.

Ils ont voulu mettre notre soudaine rencontre à l'épreuve dans le cadre de cette nuit. Nous avons dérivé bien loin de l'itinéraire prévu, et ça, ça ne leur plaît pas du tout. Je me demande s'ils vont nous laisser le temps de donner une dimension physique à la spontanéité de cette union cela dit...

Kydra se mit à sourire, son visage camouflé dans l'imperméabilité de la nuit qui les entourait.



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Jusqu'à l'aube, au Lady Luck

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