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 Des souvenirs une découverte, une nouvelle vie[Bee]

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Crédits : Moi-même, original: Albek42

MessageSujet: Des souvenirs une découverte, une nouvelle vie[Bee]   Jeu 11 Jan 2018, 12:06
Intervention MJ : NonDate XX/01/2073; 10/01/2186; 12/01/2203 RP Tout public
Urdnot Graash 1 ♦ Beeythia Moraios ♦
Des souvenirs, une découverte, une nouvelle vie


Un bar quelconque d’Oméga, 10/01/2203

Ça a commencé avec un courrier sur son omnitech . Il avait du retard, beaucoup de retard, c’était un turien qui venait de lui apporter, bon, Graash n’avait pas apprécié que ce type vienne l’interrompre en pleine bagarre de bar sur Oméga. Un bar paumé au beau milieu de la station, loin, très loin des luxueuses décorations de ce qu’aurait été celui d’Aria par exemple. Non, il était humble dans l’ensemble. Le turien, sapé comme un pape, était entouré de deux types armés jusqu’aux dents, énervés, en train de montrer que le premier s’approchant sans autorisation de leur client allait mourir. Mais lorsqu’ils virent Graash, ils inclinèrent la tête en guise de salutations. Le krogan répondit par un signe de la main, rappelant le garde-à-vous. Après avoir tripoté un court instant son omnitech, le turien prit parole.

« Monsieur … Urdnot Graash, je suis maître Nilnus Thraxis. Huissier de justice. Rassurez-vous, je ne viens pas pour vos impôts. »


Cette remarque fit rire l’homme, mais il était bien le seul à en rire. Le krogan lâcha le pauvre Butarien à qui il serrait la gorge qui lâchait un râle en toussant, Graash tapant d’un coup sec son dos. L’intention étant sans doute de l’aider à respirer, mais le bougre sentait surtout ses poumons sortir de sa bouche. S’approchant du turien, il désigna du pouce une table isolée. Une fois installé à la table, il prit un verre d’une boisson à l’allure particulièrement dangereuse, du ryncol. Buvant tranquilement son verre, il fit signe au turien de commencer à parler. Celui-ci, passa sa main sur la table qui était… poisseuse. Haussant son arcade sourcilière il frotta entre eux ses doigts, lâchant un léger soupire avant de prendre parole.

« Je viens de vous envoyer sur votre omnitech un message de la plus haute importance. Apparemment, Madame Liminya Moriaos vous connaissez bien. Ma seule mission avec vous était celle-ci, je ne connais pas le contenu de la lettre. Si ce n’est que vous devez aller aux coordonnées indiquées inscrites dans la pièce jointe avec le courrier. Sur ce monsieur, bonne journée. »


Le turien se leva sans demander son reste. Graash l’observait partir, pensant d’abord à un contrat sale, suffisamment sale pour qu’un faux huissier soit recommandé, mais, au vu qu’il était sur Oméga, cette histoire n’était pas franchement plausible. Il haussa les épaules, buvant une petite gorgée de son ryncol, avant de recracher la dîte boisson sur un type qui venait de voler contre le mur à côté de lui. Liminya Moraios qu’il disait ?! Toutes sortes de souvenirs revenaient en mémoire du Krogan, des souvenirs agréables s’il en était. Durant sa période de protection de cliniques dans les colonies reculées, il l’avait rencontrée. Ils avaient eu une relation, assez longue… C’était il y a une centaine d’années, tout au plus. Et là, le grand reptile repoussa sa bouteille dans un coin, lisant attentivement celle-ci.

« Graash,

Je sais que cela fait une centaine d’années que tu n’as pas eu la moindre nouvelle de moi.

Je suis désolée de ne te prévenir que maintenant, mais, cette lettre ne te parviendrait que si ma vie venait à s’éteindre.

Je ne suis même pas sûre que je t’aie manqué, une seule seconde durant toutes ces années. Mais il m’est arrivé de penser à toi. Et je me disais que tu devais être au courant. Tu as une fille. Elle s’appelle Beeythia. Officiellement, son père était un turien… Officieusement et dans les faits, c’est toi, il n’y a pas de doutes.

Rejoins-là. Si tu reçois la lettre, c’est qu’elle a besoin de son père.

Je n’oublierais jamais ces moments passés avec toi, même si … Je me suis laissée emportée par mes peurs.
Liminiya»


Graash refermait son omnitech, observant droit devant lui l’air vide. Ça, il n’en croyait pas ses yeux. Il avait une fille. Il lui fallut une bonne seconde, pour réaliser. Avant de lâcher un grognement de mécontentement, renversant la table, attrapant un type qui fonçait vers lui avec un tesson de bouteille, le Krogan lui assaini un coup de tête si violent que tout l’établissement pu entendre les os se fendre. Payant via son omnitech le propriétaire, manifestement habitué à son tapage, le krogan prit la sortie du bar, non sans envoyer bouler contre murs, table et tabourets les fous venant l’attaquer. Graash était perdu dans ses pensées. Graash était… Différent de d’habitude. L’alcool était mauvais aujourd’hui, le ryncol avait coulé à flots, les mauvaises pensées. Le Krogan était en colère, il ressentait des émotions qu’un krogan ne ressentait pas d’ordinaire. Tristesse, mélancolie. Son monde entier avait été ébranlé par cette nouvelle.

« Bordel ! Et si je me présente, elle va voir un krogan bardé de cicatrices « Salut Beeythia, je suis ton père au fait ! » Fais chier Limy ! »

Graash frappait dans un mur, à répétition, celui-ci se dessinait en un trou, toujours plus profond, bien que résistant, la main du krogan finissait ensanglanté, sans doutes même brisée. Pourquoi cela le blessait à ce point ? Ce n’est qu’une enfant illégitime comme il a dû en avoir des dizaines d’autres au cours de sa vie ! Etait-ce parce qu’il avait réellement aimé cette Asari ? C’était une possibilité. Il se tenait la tête, grognant, faisant les cent pas. Une dernière volonté devait être respectée, même par la pire des raclures… Graash avait ce principe. Bien entendu, Liminia n’était pas la pire des raclures au contraire. Elle était tout l’inverse. Son devoir était donc d’exaucer son dernier souhait.
Il marchait, errant dans les quais, réfléchissant, se remémorant des souvenirs passé, alors qu’il grimpait dans un vaisseau de transport, direction Illum.

Secteurs de la citadelle, année 2073


Lorsque Graash se trouve dans la citadelle, c’est en général pour semer le chaos dans les secteurs, tabasser du voyou, ou tout simplement chercher des contrats de mercenariat via des politiciens véreux, où même des criminels déguisés en honorables hommes d’affaires. Mais aujourd’hui, il était en quête d’autre chose, il voulait s’offrir une autre image, l’image d’un krogan qui protège aussi les méritants. Comme l’un de ces personnages de holo-films qu’il a vu et que, depuis il adore. Un de ces héros qui va de ville en ville, sauvant ceux dans le besoin puis il repart, ne demande rien d’autre que le pain et un toit pour la nuit. Graash voulait faire la même chose. Cela peut paraître égoïste mais, il voulait changer aussi. Ces holo-films ont été le déclencheur, mais ce n’était certainement pas sur un coup de tête. Le mercenariat, les meurtres sans foi ni loi, tout cela a été un déclencheur aussi.

Quoi qu’il en était, il errait dans les secteurs, jusqu’à tomber sur un bureau, avec un grand panneau publicitaire « Devenez un héros, protégez les nouvelles colonies ! » .Il n’en fallu pas plus pour titiller la curiosité du Krogan. Une fois rentré, un galarien et une asari regardèrent incrédule un mercenaire taillé pour tuer de 400 kg rentrer en disant « Je veux devenir un héros moi aussi ! ». Après une bataille verbale de quarante minutes, les deux promoteurs se résignèrent, signant un contrat avec le krogan. Ce n’était pas très bien payé, mais ce n’était pas ce qui l’intéressait pour le coup. Le Krogan embarquait dans l’heure qui suivait, direction les systèmes terminus.

Colonie des systèmes terminus, année 2073


Dans la navette, trois turiens armés jusqu’aux dents escortaient le Krogan jusqu’à la dite colonie. Ils n’étaient pas là pour le protéger, non, mais pour le surveiller. Avaient-ils tort ? Bien sûr que non ! Tout krogan était une menace potentielle. La rage de sang étant…problématique, mais pas que. La plupart étaient avide d’argent, ils pouvaient être des traîtres, engagés par une compagnie rivale pour mettre le boxon etc… Bien évidemment, ce n’était pas le cas de Graash, mais, il ne tenait pas rigueur de ces doutes de la part de la compagnie, honnêtement, à leur place, il aurait sûrement fait la même chose. Un des turiens regardait le krogan, avant de prendre parole.

« Bon, on te dépose, ta mission est simple, tu as une clinique à protéger de tout ce qui est armé et tout ce qui a l’air dangereux. Au sein de la clinique, tu dégages la première personne que tu estimes louche ou dangereuse. Pas de junkies dans la clinique, sauf s’ils se font sevrés. Lorsque tu toucheras le sol une asari t’accueuillera, ce n’est pas une médecin, mais elle aura souvent besoin de toi. »


Le Krogan esquissait un sourire, besoin de lui hein ? Le turien lâcha un soupire blasé.

« Pas de fausses idée mon gars, elle fait des recherches sur les maladies de la planète, ses excursions nécessitent une protection plus importante. »


A la fin de sa phrase, la navette venait de se poser. Lorsque le Krogan sortait de celle-ci, il pu voir qu’effectivement une asari était là. Elle était plutôt mignonne a tenir son datapad devant elle, l’air mi-impressionnée, mi-sérieuse à l’idée de le voir débarquer. L’air de cette planète était respirable, l’environnement était à mi-chemin entre Rannoch et une jungle luxuriante de Sur’Kesh. Poli, le Krogan saluant l’asari d’un signe de main s’approchait, alors que la navette décollait.

« Urdnot Graash, j’suis le gars qu’on envoie vous protéger. »



"Ils savaient qu'il viendrait, comme il l'a toujours fait, comme il le fera toujours, pour se repaître du sang de ses victimes, rependant la peur dans le coeur de ses ennemis. Seul lui peut se nourrir de la force des vaincus, amis et ennemis afin d'abreuver sa colère infinie."
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Dernière édition par Urdnot Graash le Dim 22 Avr 2018, 20:05, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Des souvenirs une découverte, une nouvelle vie[Bee]   Lun 15 Jan 2018, 00:56
Dans cette grotte sombre, vraisemblablement taillée par l’érosion d’une rivière qui ne passait pas loin, seule la respiration de plusieurs personnes - au travers de respirateurs intégrés dans une combinaison -, haletante et le doux écoulement de l’eau se faisaient entendre. Seules trois lampes, sur les cinq personnes en armures légères présentes, éclairaient vivement l’endroit apparemment désert. L’humidité suintait partout : le sol vaseux, les murs trempés et le plafond d’où pendaient des mousses et lichens en tout genre. Le groupe avançait doucement, faute de pouvoir marcher plus vite dans ce sol détrempé. Il faisait froid mais personne ne grelotait, leurs amures ajustant automatiquement la température interne. Une fine pellicule de condensation perlait sur leurs casques. Ils n’attendaient aucun danger particulier ici, si ce n’était une mauvaise chute sur ces pierres lissées et glissantes. Pourtant, ils étaient fébriles et peu rassurés.
Le petit groupe était composé de deux femmes, une Asari et une humaine ainsi que deux Turiens et un Galarien. Il n’étaient pas des combattants, non. Ils étaient des scientifiques. Mais leur mission n’en était pas moins importante. Seulement deux personnes portaient une armure, un pistolet de point de première nécessité de basse qualité mais suffisant pour se défendre correctement. Ils étaient accrochés à leur ceinture, cliquetant à la cadence de leurs pas. Ils n’étaient pas ici pour rien.

La colonie où ils se trouvaient se portait au plus mal depuis plusieurs semaines maintenant. Une mystérieuse épidémie avait fait son apparition aussi soudainement qu’elle n’était virulente. Elle affaiblissait les êtres les plus robustes et tuait sans peine les plus jeunes et les plus anciens. Des courbatures, bénignes puis une fièvre et la maladie devenait terrassante en l’espace de quelques jours. Des plaques apparaissaient parfois sur le corps et le sujet était pris de puissantes hallucinations. Sa période d’incubation avait été estimée à seulement vingt-quatre petites heures.
Des précautions drastiques avaient été mises en place. Désinfections répétées, port de gants et masques de protection, consultations régulières. Plus d’une vingtaine de scientifiques et médecins avaient été réaffectés à la création d’un remède utilisable. Jusqu’ici, seuls quelques médicaments, dont les réserves venaient à s’amenuiser, permettaient de renforcer très légèrement le système immunitaire pour augmenter les chances de survies des plus démunis.
Les prélèvements et les divers tests permirent d’isoler l’agent actif à l’origine de l’épidémie et tous les chercheurs en furent pantois. Des spores ! C’étaient des spores inhalés qui infectaient progressivement le corps réceptacle. Il avait fallu deux semaines supplémentaires pour identifier la provenance de ces spores. Des champignons. Des champignons que l’équipe tentait aujourd’hui de trouver.

Ils recherchaient à la fois un endroit froid, humide et sombre où il y avait peu de variations de températures et ce qu’ils exploraient actuellement correspondaient scrupuleusement à tout ces critères. Pour l’instant, ils n’avaient trouvé que ces mousses gorgée d’eau, des lichens envahissants et de petits animaux nocturnes agressés pendant leur repos. Ce n’est qu’après une heure quarante-cinq de marche, des dénivelés et l’escalade que le groupe trouva enfin ce qu’il cherchait. Profondément enfouis, s’échappant sans doute à l’aide de petits courants d’air au coeur des rochers poreux, de petites particules étaient très visible dans les faisceau de leurs lampes. Elles flottaient sans but apparent. A peine deux cents mètres plus loin, dans un coin sans aucune lumière et accrochés à de hautes parois, qu’une immense tapisserie de champignons avait élu domicile. Ils avaient l’air dégoutants, même pour des scientifiques avertis. Jaunâtres, à l’allure fétide, de petits ronds creux composaient leur surface, presque translucide. Quelques pas en arrière, un des Turiens eut un haut le coeur dans sa combinaison ne laissant pourtant pas passer l’odeur. Toutes les particules venaient de là. Ils avaient enfin trouvé ce qu’ils cherchaient !

Tous se trouvaient maintenant dans un bureau éclairé, moyennement grand, assez pour contenir une dizaine de personnes. Des documents étaient éparpillés sur un bureau dont on ne voyait plus la couleur et une cartographie en trois dimensions de la grotte qu’ils avaient exploré plus tôt tournait au centre. Parmi les neufs personnes se trouvait les cinq scientifiques du groupe d’exploration et les dirigeants de la colonie au nombres de quatre - pour les quatre responsables des différentes parties de la colonie. Dans un silence pesant, tous s’échangeaient des regards inquiets. Leur attention était absorbée par l’hologramme.

« Comment allons-nous sérieusement pouvoir combattre cette menace ? A moins de devenir auto-résistants, ça me paraît être un défi insurmontable ! De plus, nous avons subi sur les deux dernières semaines pas moins de trois attaques de pilleurs ! La colonie… » déplora l’un des responsables. Il retint sa respiration quelques secondes, soupesant l’atmosphère et l’attention des personnes présentes. « Va mal. Nous devrions demander de l’aide. » conclut-il.

« Nous devons recevoir des hommes supplémentaires dans les heures qui suivent. » déclara un autre. « Nous avons déjà pris la liberté de rendre compte de notre situation précaire. La population est en danger et nous ne pouvons le tolérer. Je propose que ces hommes soient chargés prioritairement de la protection des groupes expéditionnaires scientifiques. Nous ne pouvons nous permettre de perdre des vies importantes et la menace épidémiologique est plus dangereuse ! »

« Que faites-vous de la colonie ?! » rétorqua avec vivacité un humain grisonnant, à la voix grave. « La population ne compte-t-elle pas ? Peut-on réellement prioriser des vies ? Je suis contre ! Les groupes scientifiques peuvent rester sur place jusqu’à pacification des alentours et nous protégeront ainsi tout le monde ! » Des murmures se firent entendre. Le sujet portait à dissensions. Les scientifiques étaient plus contemplatifs qu’autre chose. Ils avaient reporté leurs résultats et assistaient maintenant aux difficultés de la gestion. Ils furent toutefois pris à parti.

« Très bien. » reprit le premier. « Nous devrions voter. Vous pouvez y prendre part. Votre avis extérieur compte, mesdames et messieurs. Ce sera fait à main levée, aussi précaire que cela soit. Qui souhaite que les groupes scientifiques expéditionnaires soient prioritaires pour la protection ? »

Des mains se levèrent. Les deux scientifiques Turiens, la scientifique humaine et le galarien ainsi que le second responsable. Une maigre majorité mais suffisante. La tension était palpable et le visage l'Asari était plus pâle. Le troisième humain maugréait silencieusement, son visage déformé par une sourde colère. L’injustice était faite !

« Bien, à cinq votes contre quatre, cela a été décidé ainsi. Erreur ou non, nous devrons vivre sur ce choix et l’honorer pour préserver la paix. » Une remarque fusa : « Comment pouvez-vous parler de paix… » mais elle ne fut pas relevée. « Vous, scientifiques, avez l’avenir de la colonie entre vos mains. Tâchez de ne pas nous décevoir. Nous devrions nous arrêter là pour aujourd’hui, dans l’attente des renforts. Liminya, vous serez chargée, en tant que scientifique en chef, de les accueillir. Les renseignements vous seront envoyé sur datapad. Au revoir messieurs. »

Le responsable, Kruger de son nom, était un élément indispensable face aux différends. ll avait toujours la tête froide et l’esprit ouvert ce qui en faisait un élément crucial pour maintenir la colonie à flot. Tous s’accordaient à le reconnaitre. Une fois encore, il avait permis de prendre une réelle décision, qu’elle soit bonne ou mauvaise. Mais quand il faut choisir entre la peste et le choléra…
Liminya, elle, fulminait. Certes, c’était une scientifique. Elle tenait à sa vie lors des expéditions. Mais… la population, les femmes et enfants, méritaient sans doute plus d’attention qu’elle. Les pilleurs n’étaient pas des sentimentaux et n’hésitez pas à tuer si l’on se mettait en travers de leur chemin. Il y avait des contrôles et des gardes mais personne n’était « de métier ». Ils étaient volontaires de part leur carrure et leur robustesse. Une maigre défense… Mais le choix était difficile, trop pour elle. Comment effectuer un choix ?
Elle se dirigea d’un pas rapide vers son bureau, qui sentait le renfermé depuis le temps qu’elle ne l’avait plus aéré par peur des spores, y récupéra son datapad et se rendit vers les postes de contrôles à l’entrée de la colonie et emprunta un chemin, légèrement sur la droite. Elle se rendait vers les plateforme d’atterrissage des navettes, sous le léger courant d’air qui lui faisait grand bien. Les longues périodes dans des armures lui asséchait la peau et créait des gerçures loin d’être agréables. Elle ralentit sa cadence, en avance de plus de dix minutes et arriva finalement sur place.

Cinq minutes plus tard, la navette attendu atterrit comme prévue. Protégée des graviers qui s’envolaient derrière une vitre, elle attendit l’arrêt de l’appareil. Trois Turiens et un… gigantesque Krogan en sortait ! Ses pensées furent mitigées et elle jeta un oeil sur les informations qui s’affichaient sur son datapad. Ils attendaient normalement une dizaine de personnes. Pourtant, d’un côté, elle entendait « seulement quatre individus ? Mais c’est tellement peu ! » et de l’autre, elle voyait ce Krogan et entendait « il doit être capable de neutraliser deux raids de pilleurs à lui seul ! ». Liminya resta toutefois concentrée et s’approcha des personnes, qu’elle salua d’abord d’un signe de tête.

« Quatre personnes ? C’est tout ? Notre appel à l’aide a-t-il été pris à la légère ? » entama-t-elle d'entrée. Elle était déçue mais loin encore de comprendre ce que l’un des Turiens se chargea de lui dire.

« Nous ne restons pas, Madame. Nous sommes des intermédiaires. Ce Krogan s’est… porté volontaire pour apporter son entière aide. »

« Oui, mais… » Elle n’eut pas le loisir de terminer son reproche que les Turiens remontaient déjà dans la navette qui vrombissait de nouveau. Liminya fit signe au Krogan de la suivre plus loin. Il tendit sa main vers elle. Elle l’a saisi après une légère hésitation et fut soulagée de voir sa main revenir en parfait état.

« Enchanté - répondit-elle poliment mais fermement. Je suis Liminya Moraios. Je suis la scientifique en chef sur la colonie. Suivez-moi si vous le voulez bien. Nous allons revenir vers la colonie. Vous connaissez votre mission ? - Elle ne prit pas le temps de laisser le Krogan répondre. - Vous serez chargé de protéger les groupes expéditionnaires scientifiques lors des incursions sur la planète. Nous sommes… victimes d’une épidémie que nous tentons de contrôler. - Elle jouait franc-jeu. - Et nous organisons très souvent des sorties. Je fais partie de ces groupes. Malgré tout, pendant votre temps sur la colonie, nous sommes parfois attaqués par des pillards sans foi ni loi. - Elle soupira et lâcha, presque pour elle. - La vie n’est pas si facile ici… Bref ! Avez-vous des questions ? Nous y répondrons puis je vous ferai faire le tour de la colonie. »


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MessageSujet: Re: Des souvenirs une découverte, une nouvelle vie[Bee]   Sam 20 Jan 2018, 14:48
« Vous connaissez la mission ? »

Le krogan inspira pour répondre mais sa parole fût coupée immédiatement par l’asari qui reprit son blabla sans concession. Apparemment, comme l’avait sûrement dit le turien que Graash s’efforçait de ne pas écouter, il y avait une drôle d’épidémie, lié à une maladie propre à cette planète. De sucroît, elle était victime de nombreuses attaques de bandits et de criminels. La planète idéale pour un Krogan voulant se racheter, tout en massacrant à tout va des ordures sans aucunes répercussions. Le reptile haussait les épaules avant de prendre parole. Tout ça semblait être une routine pour lui. A 500 ans passés, on ne se soucie pas de tout ça.

« Ne vous en faites pas madame, rien sur cette planète ne peut-être plus dangereux que moi. »


Et dangereux il l’était. Ce n’était pas une légende ou quoi que ce soit dans le millieu des mercenaires, mais tout le monde avait entendu parler de lui au moins une fois, tout le monde savait qu’il valait mieux l’avoir comme allié, tout le monde savait qu’en le combattant, mieux valait-il le tuer vite, très vite car une fois qu’il était à portée de mains, les balles ne l’arrêteraient plus, la mort elle-même ne l’arrêtait plus… Des questions, le Krogan en avait, quelques une. La première concernait son équipement. Si son marteau et sa biotique suffisent à éloigner les quelques pillards idiots, s’ils tombaient au cours d’une expédition sur un dévoreur, son marteau allait juste servir de masseur à la bête. Alors autant agir avec parcimonie. D’un autre côté, demander s’il aurait le droit à de l’équipement, c’était un peu désespéré. Communauté scientifique ou non, s’ils étaient armés, les pillards seraient déjà exterminés depuis longtemps à coup d’expédition punitive… Enfin, c’est comme ça que le Krogan aurait agit.

« Nope, j’ai pas de questions m’dame. »


Le Krogan se faisait donc guider au travers de la colonie. Il n’était que très rarement pris de remords, de doutes ou de pitié. Mais ce qui l’énervait le plus, c’était de voir des enfants mal en point. Une petite gamine emmitouflée dans des guenilles affreusement sales passait par là, le krogan retint la petite fille par l’étoffe, la soulevant au dessus du sol. Tous ont eu les yeux rivés sur lui, le peu de gardes présents semblaient prêt à lui tirer dessus alors que la petite gamine bleue, asari visiblement semblait terrorisée, le Krogan, qui la fixait se mit à sourire, sortant d’un des compartiments de son armure une barre énergétique, goût sucrée pour la p’tite bouille, la reposant sur le sol avec un p’tit « profites-en et file ! » en prime.

Dans certains holo-films, on pouvait parfois voir des scènes dans des marchés locaux, sales, poisseux et pourtant avec une animation et une vie qu’on ne trouverait jamais dans les secteurs huppés de la citadelle. Ce genre de vie, pauvre et pourtant joyeuse était ce qui plaisait le plus au Krogan. La visite continuait, sur les locaux, les visages déçus et effrayés de ne voir qu’un seul foutu Krogan pour les défendre. S’ils savaient… Graash n’est pas le meilleur, mais c’est une guerrier né pour tuer, comme tous ses pairs. Mais il laisse aussi son instinct animal parler lors des combats, son muffle sentir la peur, son ouïe écouter les plaintes. C’est au combat qu’il se détermine du reste de son espèce. Il instaure la terreur dans le regard de ses ennemis plutôt qu’à chercher à tous les exterminer. Les faire fuir, pour leurs laisser une chance. Une petite.

La visite se termina dans une salle de réunion. Remplie de scientifiques, dans une ambiance sombre et glauque. Est-ce qu’ils se rendaient compte que les maladies n’affectaient pas les Krogans et que l’avoir recruter était parfait pour ce genre de scenario ? Où ils ne voyaient que la brute épaisse ? Si un Krogan peut y penser, et qu’eux non, ces scientifiques ne sont pas forcément très intelligents. Enfin… Le mastodonte commençait à secouer des mains-délicatement ! – pour saluer tout le monde, sous le regard incrédule de la plupart d’entre eux avant d’aller se mettre dans un coin, croisant ses bras et commencer à se présenter.

« J’suis Urdnot Graash. Avant que vous ne disiez quoi que ce soit, voilà ce que j’ai à dire :
Je buterais toutes les menaces que vous me désignerez, civilisée ou non. Je garantie la survie de vos scientifiques. De la sécurité de cette ville, mais, j’suis pas un dieu, il va me falloir de l’aide, au moins pour surveiller. Mais à mon avis, une fois qu’ils verront que vous avez un Krogan avec vous, ils vous embêteront beaucoup moins. »


Il marqua une courte pause.

« Maintenant que ça, c’est fait, des questions ? »


"Ils savaient qu'il viendrait, comme il l'a toujours fait, comme il le fera toujours, pour se repaître du sang de ses victimes, rependant la peur dans le coeur de ses ennemis. Seul lui peut se nourrir de la force des vaincus, amis et ennemis afin d'abreuver sa colère infinie."
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MessageSujet: Re: Des souvenirs une découverte, une nouvelle vie[Bee]   Lun 12 Fév 2018, 14:57
Environ un mois et demi après l’arrivée d’Urdnot Graash

Loin d’être épargné par la force des choses, le camp subissait tout ce qu’il était possible de subir. Une insidieuse et fatale maladie qui rongeait des habitants déjà bien aigris.  Et très peu de progrès de la part de l’équipe scientifique qui se donnaient pourtant corps et âme. Ils n’arrivaient tout simplement pas à neutraliser le principe actif de ce spore et ne comprenaient encore sa composition que partiellement. A cela s’ajoutait deux problèmes majeurs : des rations de nourriture, pourtant réparties à l’unité prés, qui s’amenuisaient vite entre les ravitaillements qui étaient parfois attaqués et les fameux pirates locaux qui ne semblaient pas se fatiguer, loin de là. Ils paraissaient même curieusement épargnés par la maladie et ne se privaient pas d’abuser de la fragilité du camp pour semer la terreur. Pour toutes ces raisons, même si une seule aurait largement suffit, le moral était bien bas.

Il fallait toutefois noter une grande amélioration dans ce bourbier. Les pirates, qui jusqu’ici s’en prenaient aux groupes scientifiques isolés et forcément plus faibles, s’étaient fait plus… hésitants. Compréhensible lorsqu’un Krogan à l’allure gigantesque accompagnait dorénavant le petit groupe. D’abord craint, presque haï même pour ce qu’il représentait, le camp finissait par s’accommoder à sa lui… voire même l’apprécier. Il faisait maintenant partie de leur vie, bien misérable et sa seule présence, protectrice, suffisait à l’améliorer légèrement. Grâce à lui, plus de sorties scientifiques étaient possibles, qui ne portaient malheureusement pas leurs fruits. Qu’importe ! Vu leur situation, abandonner aurait signé leur arrêt de mort et celui de centaines d’autres personnes.  

En cette fin de matinée, déjà quelque dix heures quarante-cinq à l’horloge holographique, Limiya ouvrit difficilement un oeil, puis les deux. Dans sa chambre spartiate, son ordinateur ronronnait faiblement, occupé par des calculs visant à recouper de nombreuses données. Sur son lit, baigné par une lumière qui annonçait un jour radieux, des datapads en veux-tu-en-voilà. Elle s’était encore endormie sur l’un d’eux. Il faisait une chaleur étouffante et l’asari était ruisselante de sueur. Encore un cauchemar… Elle y voyait la destruction de leur camp, elle y voyait leur mort, lente, tragique. Elle ne savait pas encore que ce cauchemar allait s’avérer bientôt plus réel que jamais.

Liminya avait encore travaillé de longues heures durant pendant la nuit. Toujours à la recherche de l’éclair qui pourrait retourner la situation, toujours à la recherche de l’information qui aurait pu leur échapper. Elle lisait, relisait, recalculait et retournait de fond en comble tous les rapports et ce depuis plusieurs longues semaines, depuis qu’on avait placé l’avenir de leur colonie dans les mains des scientifiques. De profondes cernes habillaient désormais ses yeux pourtant si lumineux d’habitude. Leurs maigres progrès se comptaient sur les doigts d’une main. Elle lâcha un profond soupir, repoussa la couverture en prenant garde de ne pas faire tomber les datapads qu’elle posa sur une petite commode non loin. D’un pas encore endormi, presque voûtée par ce qui l’accablait, elle se dirigea vers la douche. Elle poussa un nouveau soupir, plus intense cette fois fermant les yeux sous le jet brûlant. Rien de plus merveilleux que les deux premières minutes.

Encore nue et complètement mouillée, elle entendit un bruit sourd mais terriblement proche. Comme… une explosion. Attrapant rapidement une serviette, elle se sécha et s’habilla du plus vite qu’elle put. Ce fut alors qu’elle comprit ce qui n’allait pas : le silence. C’était comme si un voile s’était doucement posé sur la colonie, étouffant à l’extrême tous les bruits. Puis, d’un coup, la panique prit le dessus. Des cris, des coups de feu. Liminya était en panique elle aussi. Elle ne comprenait pas ce qu’il se passait, elle ne voyait rien et s’empêtrait dans ses affaires en tremblant. L’asari arriva finalement à sortir quand un épais nuage de fumée l’assaillit à la gorge. Elle porta sa manche devant son nez et décela d’où le nuage s’élevait. L’entée sud de la colonie ! Elle brûlait. Elle eut un haut-le-coeur. Un cadavre gisait non loin, transpercé de tirs. Son sang écarlate se mélangeait à la poussière pour former une terrible aura autour de lui. Ses vêtements laissaient deviner que c’était l’un des gardes. Pendant plusieurs minutes, elle s’efforça de comprendre, même si la vérité se refoulait à elle au fur et à mesure qu’elle y pensait. Puis elle comprit.

Une petite cinquante de mètres plus loin vers l’est, un premier groupe de trois pirates déambulait joyeusement, des fusils d’assaut en main. Bien plus que ce possédait la colonie. Ils tiraient sans réellement savoir où. Vers le nord, un second groupe de quatre effectuait une fouilles systématique des lieux. Ils criaient. Les odeurs, les cris, les coups de feu s’emmêlaient pour ne former qu’un mortel brouhaha. Au loin, Liminya décelait même les pleurs d’un enfant. Elle eut l’envie de s’effondrer. Des larmes vinrent et elle ne put - ne voulut - les retenir. Elle ruisselaient. Elle rentra en vitesse, attrapa l’Acolyte qu’elle possédait et entreprit de rejoindre des survivants discrètement. Elle marcha d’un pas rapide, à moitié accroupie, directement sur la droite. Après un coup d’oeil, elle traversa une sorte de rue, toujours le plus discrètement et rapidement possible. Son pistolet tremblait, ses mains tremblaient. Son corps entier tremblait témoignant de la sourde terreur qui l’envahissait. Elle était parfois obligée de s’essuyer frénétiquement les yeux tant les larmes embuaient sa vision. Elle fila puis se cacha derrière un bloc, un peu plus loin. Un survivant gémissait de douleur à quelques mètres de là. En s’approchant, elle put très vite en comprendre l’origine. Une partie à droite de son abdomen était arrachée laissant un trou béant et ensanglanté. Son visage était pâle, ses yeux convulsaient mais il était encore assez conscient pour ressentir la souffrance qui l’accablait. Une main, faible, se leva vers elle pour implorer sa pitié. Réprimant un nouveau haut-le-coeur, elle ne se retenait plus de pleurer, étouffant cela comme elle le pouvait. Elle ne put que tirer le pauvre homme vers un endroit plus caché, sous le bloc et chuchoter d’une voix tremblotante « Je reviendrais, je vous le promets… Je suis… Je… Désolée… ». Elle eut soudainement l’envie de mourir elle aussi. Tout n’était que douleur, souffrance et désespoir autour d’elle. Combien de colons allait-elle encore retrouver gravement blessés, baignant dans leur sang, la terreur dans les yeux ? Elle s’éloigna quand même pour continuer vers le bloc suivant. Empressée et désorientée, elle ne vit pas les trois autres pirates qui inspectaient la zone. Un premier sifflement, puis un second. Liminya se rendit rapidement compte de son erreur, mais trop tardivement.

Un projectile vint se loger sans sa jambe droite, profondément, et lui arracha un long cri, aigu. Le sang gicla et sa tête se mit à tourner. Dans un spasme conféré par son instinct de survie, elle se traina, ses mains enserrant sa jambe blessée pour s’abriter - ce qui n’était absolument pas un abri - derrière un mur. Elle les entendait s’approcher, leurs rires et leurs paroles ne laissant que peu de doutes quand à ce qu’ils allaient faire d’elle. L’asari ferma les yeux. Son impuissance face à la situation s’était ancrée dans son esprit et elle l’accepta. Elle puisa dans les dernières forces qui animaient son corps et attrapa l’Acolyte, à quelques mètres, tombé lorsqu’elle avait été touchée.

Ses tremblements s’étaient évanouis. Elle était résignée et le canon appuyait maintenant sur sa tempe, emplie de honte à cause de sa lâcheté. Un craquement bruyant et peu ragoûtant se fit alors entendre et retint son geste dans les dernières secondes. 

HRP:
 


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MessageSujet: Re: Des souvenirs une découverte, une nouvelle vie[Bee]   Mar 27 Fév 2018, 23:12
Un mois et demi plus tard, Graash ressentait quelque chose qu’il n’avait jamais ressenti jusque-là. Il était…apprécié. Sur Oméga. On le craint. On le respecte, mais personne ne l’apprécie. Loin de là l’idée d’être dérangé, tant c’était devenu une habitude de vivre dans ce monde. Mais ici, bien qu’au départ haï de tous. Parce qu’il n’était « qu’un mercenaire véreux de plus qui se tirerait avec les pirates ou ailleurs dès que possible ». Le temps faisait son office, bien qu’un mois ce soit court, le fait qu’il était toujours présent, faisait lui-même des rondes, accompagné des gardes de fortune de la colonie. Il avait même commencé à les former un peu aux rudiments du combat. Par politesse, certains diront, d’autre par nécessité, il avait choisi de chasser la faune locale pour se nourrir, plutôt que de piocher dans les réserves trop minces de la colonie. Egoïste direz-vous et vous auriez raison. Mais il ne peut pas tout faire pour eux. Son but est de les protéger, pas plus. C’est ce qu’il s’efforçait de dire, pour faire taire sa conscience. Repensant à tous ces enfants affamés .

Il devait être pas loin de onze heures du matin. Graash faisait sa petite ronde habituelle, le long des limites de la ville. Il était accompagné de deux jeunes mâles galarien et turien. Les trois se regardaient dans le blanc des yeux. Graash, parce qu’il savait d’avance ce qu’ils allaient aborder comme sujet, et eux deux, prévoyaient la réaction très probablement violente du Krogan s’ils abordaient le sujet. Honnêtement, Graash n’était pas comme les autres Krogans. Oui il en voulait au peuple galarien en général pour avoir approuvé une telle chose que le génophage. De même pour les turiens. Mais il n’allait pas chercher à tuer chaque membre de ces deux espèces sous prétexte qu’un de leurs ancêtres était un pauvre crétin qui voulait dominer une race prédisposée à la domination.

La ronde était silencieuse, lourde, pour les trois partis. Il était difficile d’aborder un sujet avec ces deux-là. D’ordinaire, les autres s’en fichaient, discutaient de tout avec Graash, mais ils étaient décidés à se sentir mal à l’aise, alors, le Krogan se stoppa net, tournant les talons vers les deux gardes. Impossible de dire si les esprits de ses ancêtres l’avaient guidé jusqu’à ce pilier. Mais au moment de lancer un sermon sur les deux, un duo de bruit très familier au reptile retentirent. Deux coup de feu , terminant d’exploser le cervelet de ces pauvres bougres, alors que leurs cadavres tombent sur le sol. Habitué à ce genre de spectacle, le Krogan lâcha juste un soupire, las. Combien de pirates devait-il tuer pour qu’ils comprennent ?

Il n’était pas très discret, mais sa couverture du moment lui offrit un moment de répit pour se planquer plus à l’intérieur de la ville. C’était le chaos absolu. Des gens hurlaient, mourraient. Un carnage digne d’un champ de bataille. Non, c’était une boucherie. Un massacre que même un krogan ne pouvait tolérer. Lâchant un hurlement bestial, résonnant dans tout le quartier, il se mit à courir, marteau en main, à la rechercher du moindre pirate à éliminer, à écraser, mutiler. Ce n’était pas la rage de sang, mais la rage tout court. Il tomba sur un petit groupe d’entre eux. En train de s’adonner à une besogne qu’il préférait interrompre le plus rapidement possible. Arrivant dans leurs dos, il saisit par la tête l’un de pirates, l’enserrant dans sa main trifide. Il hurlait soudainement de douleur, alors que du sang coulait soudainement le long de son visage, paniqué, il agitait ses bras, désespéré alors qu’il semblait appeler ses camarades à l’aide. Les dits camarades, au nombre de deux voyaient une énorme silouhette exploser le crâne d’un butarien sur le sol après l’avoir enserré comme une vulgaire pastèque. Bien que ce soit une denrée encore inconnue à l’époque, l’image y est.

« J’ai beau vous buter par dizaines, vous revenez toujours, arrogants tas de merde de pyjaks. Cette fois je vais faire en sorte que l’attardé qui vous sert de chef retienne la leçon. »

Le krogan lâcha sa prise saisissant son marteau entre ses mains alors que l’un d’eux s’apprêtait à lui tirer dessus. D’un mouvement horizontal, le pirate senti toute une partie de son corps se faire broyée par une arme de guerre krogan, crachant tout ce qu’il avait mangé la veille, il commençait à ramper pour chercher son arme, sous le regard abasourdi de son autre collègue. Profitant du moment de stupeur, il moulinait son arme contendante, dans un bruit absolument ignoble d’os broyés. Ils étaient vivants, mais mal en point. S’agenouillant même vers l’un d’eux, il saisit son arme en main, en lui offrant le bonheur de sentir son bras se tordre dans un énième cri de douleur. C’était un pistolet basique. Graash, n’écoutant pas les supplications de ses victimes les acheva toutes avec ce pistolet.

Le regard plein de dégoût pour ces êtres, il jeta l’arme au sol et la détruit avec son pied. C’est alors qu’il s’approcha de la dîte « besogne » qui par les ancêtres, n’avait pas commencer. Et, de sucroît, c’était Liminya. Le krogan affichait soudainement un air plus doux. Il observait l’asari comme il observerait un compagnon d’armes qu’il respectait. Enfin, c’était plus que ça. Il l’aimait bien.

« Ils ne vous ont rien fait, c’est une chance que je sois arrivé à ce moment. »

Le reptile regardait le disciple, dans la main de l’asari, dans sa tête, deux options se présentaient :
Soit elle allait combattre quitte à mourir, mais très peu probable, soit cette arme était là pour qu’elle se tire une balle. Et c’était une idée plus plausible, étant donné la nature scientifique de l’asari, il était possible qu’elle préférait mourir que de devenir le jouet de ces timbrés. Après une analyse un peu plus poussée, le jaune vit qu’elle était blessée à la jambe. C’était minime oui, mais suffisant pour la clouer ici. Et n’étant pas un bon médecin, il préférait ne rien toucher à cette petite jambette. Observant les alentours, il tendait l’ouïe afin de localiser les pirates. Peine perdu, la ville est grande, les pirates probablement nombreux.

« Je ne peux pas vous laisser, mais je ne peux pas vous emmener au combat. Vous avez une suggestion ? »



"Ils savaient qu'il viendrait, comme il l'a toujours fait, comme il le fera toujours, pour se repaître du sang de ses victimes, rependant la peur dans le coeur de ses ennemis. Seul lui peut se nourrir de la force des vaincus, amis et ennemis afin d'abreuver sa colère infinie."
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MessageSujet: Re: Des souvenirs une découverte, une nouvelle vie[Bee]   Sam 07 Avr 2018, 20:22
[retour au présent]

17 ans, il a fallut dix sept années à Graash pour retrouver Beethyia. Elle est difficile a trâcer et...il fallait l'avouer, il manquait de courage. L’ambiance était différente, Graash était assis, dans un petit salon VIP d'Illum entouré de gens armés, craintifs pour la sécurité de la petite asari en face de lui, une asari qu’il reconnaissait via quelques traits qu’il partageait avec une ceraine Liminya qu’il avait connu autrefois. Elle écoutait attentivement son récit, récit qu’il avait commencé il y a plus d’une heure maintenant. Comme à son habitude, le krogan était debout. Très peu de sièges étant adaptés à son anatomie gigantesque. Il se grattait la joue, avoir deux fusils prêts à lui tirer dessus, ça il avait l’habitude, mais voir sa supposée fille devant lui, c’est autre chose. Il n’a pas de descendance. Du moins, pas qui vaille la peine d’être approché. Mais là c’était différent. Ce petit salon VIP était un lieu arrangé. Graash avait contacté Beethyia un petit peu avant son départ pour Illum. Étonnamment, elle avait accepté un rendez-vous dans ce salon VIP, les gardes, c'était sans doutes pour sa sécurité. Et elle avait raison. Le krogan poursuivit son récit.

« Après ça, ta mère était encore sous le choc. Elle ne pouvait rien dire. Alors je l’ai portée sur mon épaule et amenée dans un container que j’ai fermé. Je lui ait bien dit de ne pas sortir de là, que j’en avais pour un peu moins d’une heure pour tous les chasser. »

Oui, Graash aimait bien se la péter avec quelques estimations foireuses, même si, pour le coup, il n’était pas éloigné de la vérité. Dans son esprit, se repassait les images d’un carnage animal. Il avait hurler, un cri animal et sauvage, chargeant en quête de ses ennemis. Le bruit de ses pas lourds résonnaient malgré l’immensité de la colonie, entre quelques coups de feu rippant l’armure de notre bourrin et quelques blessures par balle, il y avait des cris, de terreur, de douleur. Des Galariens éviscérés, des Turiens à la tête arrachés, d’autres Krogans empalés. Et beaucoup, beaucoup d’autres criminels ayant succombé aux coups de marteau du Krogan. Le réptile était rouge de la tête au pied, son regard bleu saphir perçant et jurant avec tout le sang et la tripaille le recouvrant. Une cinquantaine, peut-être cent personnes sont mortes du côté des criminels ce jour-là, deux douzaines chez les civils. La mise à sac de la ville avait très vite été interrompue par un lézard de presque trois mètres de haut attaquant avec une barbarie sans nom.

« Les habitants de la planète m’ont donné un surnom ce jour-là. Celui de sauveur. Les criminels, de « Porteur de mort ». J’ai sorti ta mère du container, elle était encore en état de choc, comme la plupart des habitants, j’avais presque tenu ma promesse, j’étais revenu après deux heures. Couvert de sang, de tripes… Elle a cru d’abord que j’étais un criminel, mais elle a reconnu ma voix et, malgré tout le rouge sur moi, elle s’est jetée sur moi comme si j’étais une sorte de héros. Mais, il fallait que je lance un dernier petit message à ces pirates. Alors je suis parti, seul, avec un énorme filet plein de cadavres vers les camps des pirates et avec un message.»


Le krogan passa quelques autres détails, qui, le firent rire à gorge déployée, mais qui auraient sûrement fait vomir d’horreur les personnes présentes avec lui. Mais durant ce passage, il jeta le filet à l’entrée, clamant son haut-fait. Et qui pouvait en douter quand un machin pareil vient devant chez vous sans la moindre peur, couvert de tripes lançant un dernier avertissement. Evidemment, les pirates ne l’avaient pas écouté. Et heureusement pour Graash, il était d’humeur joueuse encore. Et ce qui se passa dans le camp était… effroyable. Une boucherie sans noms. Il laissa juste les chefs en vie, non sans les avoir torturés un peu au préalable. Laissant par la même occasion un message. Un message qu’ils comprirent clairement.

« Après ça…Ta mère et moi, je ne sais pas comment, nous avons entamé une relation…mouvementée. Je te passe les détails mais, si ta mère pense que je suis ton père biologique, c’est que ça doit correspondre à cette histoire. Et franchement, je la crois. »


Le krogan écartait les bras, observant la petite asari.

« Maintenant, me voilà, devant toi. J’ai le devoir de rester à tes côtés. Pour honorer sa mémoire. Mais si tu ne veux pas, je me tire. »



"Ils savaient qu'il viendrait, comme il l'a toujours fait, comme il le fera toujours, pour se repaître du sang de ses victimes, rependant la peur dans le coeur de ses ennemis. Seul lui peut se nourrir de la force des vaincus, amis et ennemis afin d'abreuver sa colère infinie."
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MessageSujet: Re: Des souvenirs une découverte, une nouvelle vie[Bee]   Lun 23 Avr 2018, 22:41
Dans son vaste appartement, Bee se trouvait – comme à l’accoutumée de ses journées de repos – seule. Elle accueillait cela avec bienveillance tant ces jours bénis étaient rares. Dans ces conditions, elle mesurait le caractère appréciable du silence, de « s’entendre penser », d’être entièrement maître de ses actions. Au bureau, elle était sans cesse appelée par-ci, questionnée par-là, décriée ailleurs parfois même. Difficile de faire le point. Et elle ne réclamait pas cela par égoïsme personnel, plutôt par pause nécessaire pour continuer à rester efficace. Malgré tout, elle profitait avec joie de ces périodes pour faire ce qu’elle avait toujours aimé : programmer, étudier, s’intéresser. Sur une grande table, face à une lumineuse baie vitrée, se trouvait un puissant ordinateur, relativement imposant, qui soufflait d’un bruit régulier et plusieurs datapad éparpillés sans ordre apparent. De sa chaise, Beeythia avait le loisir – qu’elle affectionnait tout particulièrement – de regarder la vie se dérouler à l’extérieur, du haut du soixante-douzième étage de ce luxueux immeuble d’où elle apercevait, telles des fourmis excitées, les gens en contrebas. Un lait fraise posé sur coin de cette table, dans un grand verre, concluait cette vision de bonheur pour la jeune Asari.

Depuis la fin de la Grande Guerre, après qu’elle eut retrouvé une situation stable, elle s’était mise en tête de se créer une IV pour elle toute seule, une assistance limitée, plus par défi que par réel besoin. Au rythme de toutes ses responsabilités, le travail n’avançait guère vite mais rien qui n’entachait la motivation de Beeythia. Aujourd’hui était un grand jour ! Le jour où, après tous ses efforts, son IV parlerait ses premiers mots. L’Asari était aussi impatiente que pouvait l’être des parents pour la naissance de leur progéniture. C’était un cap qu’elle avait soigneusement préparé. Elle avait trouvé, coupé et enregistré plus de cinq cents mots avec la voix qu’utiliserait l’intelligence artificielle et continuerait de développer son vocabulaire par la suite. Certes, par rapport aux moyens dont elle disposait alors qu’elle travaillait pour Synthetics Insights, ce n’était que de maigres miettes : pas d’ordinateur sophistiqué, pas de réelle « blue box » complexe. Mais Bee s’en accommodait modestement.
Les yeux dans le vague, regardant sans voir la pointe d’un gratte-ciel caché dans un nuage de pollution d’où perçait simplement une lumière clignotante, elle songeait fébrilement aux premiers résultats. Elle approcha sa main droite, le verre dans la main gauche, vers le clavier puis pianota quelques touches précises qui ouvrirent une fenêtre à l’écran. Plusieurs programmes compilaient un code difficile à comprendre pour le néophyte. Cela nécessitât plusieurs longues minutes pour qu’une ligne verte, signe positif, ne vienne clôturer le processus. Le feu vert était donné pour l’exécution de la suite. Beeythia porta le verre à ses lèvres, savoura quelques instants le breuvage frais pour combattre cette chaleur envahissante malgré l’air climatisé de sa pièce et appuya sur une dernière touche.


« Bonjour Beeythia. Je suis Henry. » La voix, robotique et masculine, prononça ces mots avec une élocution douteuse mais parfaitement compréhensible. Il avait reconnu l’Asari grâce à un système de reconnaissance faciale incorporé. Les grands yeux émeraudes de Bee dévorèrent l’écran. Il n’y avait pas encore d’interface utilisateur ni d’hologramme pour matérialiser cette voix mais cela viendrait en temps et en heure.
« Bonjour Henry. » – articula-t-elle doucement, presque timidement même. Elle était impressionnée d’avoir réussi à ne serait-ce que faire marcher ce programme gigantesque au milliers de lignes de code et autres joyeuseté. Sa gorge, par fierté, se serra.
« Le temps est chaud aujourd’hui, vous devriez penser à rester à l’abri. De même, à en juger par votre teint, vous manquez d’eau. Hydratez-vous ! Votre calendrier et vos messages n’indiquent aucun rendez-vous… ». Henry ne se taisait plus, accaparé par la tâche qu’elle lui avait confiée. Il prenait vraisemblablement le mot « assistant » au pied de la lettre. « Merci, merci Henry ! Je sais, je sais. » Il se tut comme vexé par l’interruption. Un silence régna alors dans la vaste pièce durant lequel Bee s’efforça d’analyser chaque ligne qui apparaissait sur l’ordinateur, chaque pièce, chaque exécution pour en prévenir les dysfonctionnements. Henry n’avait beau être qu’un enfant pour une intelligence virtuelle, il n’en demeurait pas moins extrêmement efficace et avait assimilé plus de savoir que la plupart des organiques moyens. Mais la jeune Asari avait appris des leçons du passé. Elle avait fragmenté les centres cognitifs pour qu’aucun d’eux ne soit trop puissant, elle avait considérablement limité ses autorisations et capacités à celles d’un assistant amélioré et conservait une clef de contrôle personnelle pour qu’elle seule – pas même l’IV elle-même – puisse accéder au noyau dur d’Henry. Cela et d’autres précautions en faisait un outil inoffensif tant qu’il restait entre de bonnes mains, mains qu’elle ne partageraient probablement jamais.
« Henry, ai-je reçu un message depuis la dernière actualisation ? » – tenta-t-elle alors finalement. Elle éclata de rire lorsque qu’Henry, d’un ton déterminé, annonça : « Non, je n’ai pas l’autorisation de mettre en marche la cafetière, Beeythia ! » et recentra son attention sur l’écran pour définir d’où venait l’erreur d’appréciation. Aussi bénigne soit elle, elle provenait d’une confusion entre « dernière » et « cafetière » due à un rapprochement de sonorité hasardeux. La correction, qui s’avéra plus longue prévue pour éviter que cela se reproduise, lui prit les quarante-cinq minutes suivantes et elle s’écroula finalement sur la table, épuisée.

« Beeythia ! Vous avez reçu un nouveau message d’un destinataire inconnu dans vos contacts habituels. Dois-je l’ouvrir et le lire ? » – lança le nouvel assistant, brisant le silence et le sommeil de la bleutée. Emergeant d’un sommeil léger en début de soirée, quelques marques sur le visage, elle répondit un « Oui » en se retournant vers le réfrigérateur pour en sortir une ration toute prête. D’une voix qui n’avait pas changée, Henry commença :

« Mademoiselle Moraios… Beeythia.

On se connaît pas, on s’est même jamais vu. Mais… je crois que le moment est choisi pour que l’on se rencontre. J’ai des informations sur votre famille qui pourrait vous intéresser et je parle sérieusement. J’entends par là que ce n’est pas un piège. Je vous laisse convenir du lieu et de la date de la rencontre si vous veniez à accepter.

Urdnot Graash.
»

Intriguée, Bee scruta son assiette réchauffée pensivement. Un mot précis résonnait encore dans son esprit : « famille ». Cette personne, dont elle ignorait tout, disait avoir un lien avec sa famille. La seule famille qu’elle n’ait jamais eu fut sa mère décédée en 2186 sur Thessia lors de la guerre contre les Moissonneurs. Liminya n’avait jamais été très loquace sur son ascendance, même sur son père. Les questions de Beeythia s’étaient terminées par des changements de sujets rapides et des faux-fuyants et, avec le temps, la jeune Bee avait abandonné l’envie d’avoir des informations. Pourtant, au détour d’une soirée comme une autre sans aucun signe annonciateur, ce message arrivait de nulle part, signé d’une personne – Beeythia fit le rapprochement entre Urdnot et les Krogan rapidement ! – qu’elle ne connaissait ni d’Adam ni d’Ève.

« Henry ? Qu’ai-je de prévu demain ? » – l’interrogea-t-elle. « Vous avez une réunion interne de quatorze heures trente à quinze heures puis une rencontre avec des fournisseurs entre quinze heures trente à seize heures trente. » Elle réfléchit. « Bien, réservez un créneau à partir de dix-huit heures. » Elle s’était volontairement laissé assez de temps accordant une attention bienveillante à tout ce qui touchait de près ou de loin à ce sujet devenu tabou chez elle. Beeythia avait ensuite répondu au mystérieux message par un message affirmatif puis avait renseigné l’adresse d’un lieu où elle rencontrait souvent des dignitaires et personnages haut-placés. Ici, elle était sûre qu’elle ne serait pas dérangée.

***

De longues larmes, brûlantes, descendaient et striaient mon visage. Je sentais mes joues rosies, je sentais les soubresauts alors que je laissais passer un discret reniflement. Est-ce que je pleurais de joie ? De tristesse ? D’amertume ? D’un peu tout à la fois ou d’autre chose ? Je n’en avais strictement aucune idée mais elles continuaient inlassablement de couler malgré ma gorge nouée. Nous nous trouvions dans cette pièce luxueuse que je connaissais parfaitement. Agencée sobrement, ne manquant d’aucun confort, elle était éclairée par les rayons ambrés d’un soleil couchant derrière les immeubles d’Illium. Deux gardes Turiens, le visage fermé qui laissait pourtant transparaître une certaine fébrilité, entouraient la porte de sortie et, face à moi, se trouvait un énorme Krogan, si impressionnant debout que je me sentais écrasée assise sur l’une des banquettes. De son imposante voix ne perçait que gêne et une pointe d’incompréhension. Il racontait les événements, depuis maintenant une heure presque, avec un détachement que je soupçonnais feinté. La violence, la mort, les combats, la haine. Il parlait bien de Liminya, ma mère mais… je ne reconnaissais rien d’elle dans ce qu’il me contait. C’était comme s’il évoquait une autre personne, une autre Asari physiquement ressemblante mais ô combien éloignée. Pourtant, mon ignorance projetait de puissants doutes dans mon esprit : je ne savais rien de sa vie précédent mon arrivée au monde pas plus que je n’avais rencontré mon père ni lu un acte de décès. Un long et intense frisson courut sur mon échine. Mon cerveau tournait à plein régime et j’avais quand même l’impression tenace que je ne suivais rien, que je ne comprenais rien. Que hier encore, j’étais assise chez moi dévorée par ma routine hebdomadaire et que, soudainement, un Krogan effrayant arrivait devant ma porte en m’annonçant connaître ma mère, lui avoir sauvé la vie et… être mon père.

« Je… euh… ehm… Je… Mmmh… » Je n’y arrivais pas. Je forçais mais impossible. Plusieurs longues minutes, silencieuses et accablantes, furent nécessaires pour que je fasse front à la réalité. « Mais… Ma mère ne m’en a jamais parlé ! Jamais, elle… Jamais ! Pourquoi ? Que… Elle pense que vous… vous êtes… Elle pense… mon père biologique ! Comment ? Est-ce que… analyses ? » Malgré le choc émotionnel, mon esprit entrainé à l’analyse cartésienne demandait des preuves. « Demandait » était un euphémisme tant il criait dans mes pensées. Je m’hasardais à prendre un verre mais les tremblements de mes mains ne me laissèrent pas faire. J’abandonnais l’idée, gauchement. Je me retournais quelques secondes puis reprenait ma position initiale avant de croiser les jambes, toujours insatisfaite.
« Comment… Quand vous l’a-t-elle dit ? Elle était vivante ? Pourquoi n’êtes-vous pas venu plus tôt si c’est vrai ! Hein ! » – lançais-je rageuse puis, étouffant un sanglot « mais… ça ne peut pas être vrai, ça n’est pas possible ! Pas… Pas possible ! » Pas une seule phrase n’était correctement construite, pas une seule phrase n’était pas ponctuée de pauses, de silences, de pleurs et de reniflements. Pas une seule phrase n’était pas teintée de toutes les émotions que je n’arrivais pas à retenir. Je jetais un coup d’œil vers les gardes qui devaient me juger, moi cette grande cheffe d’entreprise qui pleurait sans vergogne et sans retenue devant eux et devant ce Krogan. Et puis… Pourquoi un Krogan ? Je remontais mes yeux vers cette masse de muscles qui fixait ses yeux sur moi, inquisiteurs.


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MessageSujet: Re: Des souvenirs une découverte, une nouvelle vie[Bee]   Ven 27 Avr 2018, 11:19
La petite asari en face de lui était aussi confuse qu’il ne pouvait l’être. Six cent ans sur cette terre, a ne vivre que pour lui. A tuer, éviscérer, massacrer à tour de bras. Enchaînant contrats sur contrats. La « vraie vie » selon lui. Et là, il avait une petite gamine n’ayant même pas un sixième de son âge qui a toutes les possibilités d’être son enfant. En rage contre son récit, contre sa mère, peut-être même contre lui. Et à raison. Il pourrait inventer cette histoire. Graash s’était renseigné sur Beethyia, une PDG d’une entreprise d’armement. Ouaip , pour un mercenaire, quoi de mieux que de prétendre être le père du patron de la petite, profiter d’un armement de point pour massacrer des gens et pire encore. Il y a de quoi avoir des doutes. Même si le krogan est capable de ce genre de fourberies, c’est souvent à titre temporaire, et certainement pas avec des gens innocents. Enfin, aussi innocent qu’un vendeur d’armes puisse l’être. Mais ça, c’est un débat auquel il ne participera pas. Tant de questions frôlaient l’esprit de la petite bleue en face de lui, confuses, pleine de larmes…

Le krogan mit un instant avant de répondre. Lui laissant le temps de se calmer. Lui-même cherchait les réponses là-dessus, même si, du point de vue biologique, c’est tout bête. Observant la petite pleurer, il fouilla dans sa sacoche à la recherche d’un mouchoir, ce qui, éveilla la curiosité des gardes du corps de la gamine. Graash entendit le bruit familier de la sécurité qui s’est désactivée, mais, dans le plus grand calme du monde, il sorti le fameux mouchoir blanc, brodé de bleu. Il n’avait pas été utilisé, les krogan ne pleurant pas. Il semblait même neuf. Il tendit l’objet à la demoiselle avant de parler avec son tact légendaire.

« Je ne sais pas si je peux être qualifié de père. Si tu veux faire le test, on ira le faire. Mais je fais assez confiance à la parole de ta mère. »


Finalement, en ayant marre d’être debout, le Krogan s’asseyait à même le sol, grognant un peu sur la chute, il observait la p’tite bleue. Encore. Il y avait bel et bien le portrait de Liminya, peut-être ses propres yeux bleus ? Non, cela doit être dans le caractère. Dans les armes. Bien sûr !

« Hé, tu fais dans le vente d’armes, ça te fait au moins un point commun avec moi. On touche beaucoup aux armes à feu. »


Le Krogan se mit à rire un petit peu mais, reprit un peu plus de sérieux. Il ne devait surtout pas parler de ses passes temps et du combat en général. Surtout pas de comment il a tué le dernier type la semaine dernière. Si ses camarades d’Oméga apprécient ce genre de récits, elle, irait sûrement vomir voir pire… Le krogan tordait sa bouche, pensif.

« Après la grande guerre contre ces poulpes robotiques, j’ai eu beaucoup de temps de convalescence, et, j’ai repris ma vie de mercenaire, je ne vais pas te cacher, j’ai eu aussi la trouille. »

Graash avait joint ses mains entre elles, les regardant. Voilà une face de lui-même qu’il ne montre à personne si ce n’est à deux trois élus. Comme la mère de Bee ou sa fille. Puis il redressait sa tête vers elle une nouvelle fois.

« J’étais sur Oméga lorsque l'huissier turien, bien protégé débarque dans un bar miteux et pas très côté de la station. Il m’a envoyé la lettre de Liminya sur on omnitech, je l’ai lue… Je ne vais pas te mentir, j’étais furieux, en colère contre ta mère. Elle est morte, je ne sais pas de quoi, mais elle est morte, et en plus, elle m’annonce de manière nonchalante que j’ai une fille. »

Le gros lézard se mit à soupirer, on pouvait sentir une pointe de mélancolie.

« Je sais que le génophage a été guérit. Qu’être père, ce n’est plus quelque chose d’inaccessible. Mais, t’es ma fille. Et ça me fait bizarre. Et pas dans le mauvais sens. 600 ans que j’attendais ça. Et ça fait un siècle que t’es là.»

Graash se releva silencieusement. Son regard toujours posé sur l’asari, sur sa fille. Cela lui faisait bizarre. Il n’arrêtait pas de se le répéter. Jusqu’à ce qu’une idée lui traverse l’esprit.

« T’aime bien les mauvais films ? Pas les navets hein, mais les films tellement mauvais qu’ils en sont drôles.»



"Ils savaient qu'il viendrait, comme il l'a toujours fait, comme il le fera toujours, pour se repaître du sang de ses victimes, rependant la peur dans le coeur de ses ennemis. Seul lui peut se nourrir de la force des vaincus, amis et ennemis afin d'abreuver sa colère infinie."
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MessageSujet: Re: Des souvenirs une découverte, une nouvelle vie[Bee]   Dim 27 Mai 2018, 22:47
Je reniflais une énième fois. Les larmes s’étaient taries, inutiles finalement. Ou peut-être qu’il n’y en avait plus et je relevais enfin la tête. Devant moi se tenait toujours cet impressionnant Krogan, à la fois la personne la plus éloignée et la plus proche de ma vie dorénavant. C’était paradoxal, manifesté au détour d’un message bref et mystérieux. Comment ces quelques lignes avaient-elles pu chambouler ma vie ? Voilà que je me posais maintenant des questions rhétoriques et stupides. Sa main écailleuse s’avança vers moi avec une surprenante douceur. D’entre ses doigts, il me tendait un tissu, un mouchoir, bleu avec de délicates broderies. Une délicatesse qu’on l’on n’aurait jamais pensé voir dans les mains d’un Krogan. Je l’attrapai, ma main effleurai la sienne. Je sentis la rugosité de sa palme, de ses mains qu’il n’avait pas ménagé. Je ne dis rien tentant même de reprendre contenance. J’essuyai mes joues humides et je gardai ce mouchoir, coincé entre jambes, le regard fixé sur lui.


« Non… Ça ira, je fais confiance à ma mère, moi aussi… Mais, pourquoi tant de temps ? Pourquoi n’a-t-elle jamais voulu m’en parler ? Hein ? »

C’était plus une question désespérée qu’autre chose, je n’espérais même pas qu’il le sache. Et puis, je n’étais pas sûre de souhaiter une réponse non plus. Aussi superficielle que puisse paraître cette question, cela en disait long sur des sujets que je n’étais pas encore à l’aise d’aborder. Pas comme ça, pas d’un coup alors même que l’inconnu, un Krogan qui plus est, réputé comme l’une des espèces les plus belliciste et sanguinaire de la galaxie, se présentait comme mon père. Je n’avais jamais eu de figure paternelle et ma mère avait toujours fait en sorte que je n’en ressente pas le besoin, si subtilement. Je tressaillis.

« Vous savez, je… ne touche pas réellement aux armes à feu. Ce ne sont… ce n’est… que l’entreprise, dis-je sur la défensive. Mes yeux effectuaient des vas-et-viens entre le tissu et le visage perplexe du Krogan. La compassion s’imposa à moi. Mais, cela fait au moins un point commun, oui. »

Il parle, ses mots sortaient du cœur. Le regard baissé, je jugeais qu’il n’avait pas l’habitude d’en parler. Avec honte, j’en vins même à réaliser qu’il avait des sentiments, des craintes, comme moi. C’était toujours difficile d’imaginer une montagne pareille secouée par la peur. Mais elle existait, différemment. Je posais mes mains moites, un peu tremblantes et mystérieusement froides, sur les siennes. Je sentais la tension qu’elles véhiculaient. Jusqu’à temps qu’il se redresse de toute son imposante hauteur, je restais penchée sur lui. J’étais toujours profondément effrayée, déboussolée. Je flottais toujours dans un flot de pensées contraires, de questions invariablement sans réponses. Je me retenais de m’allonger simplement, recroquevillée, là sur ce canapé et de dormir. Dormir jusqu’à ce que le sommeil ait fait son effet, jusqu’à ce que la réalité soit devenue plus claire. Mais ça ne marchait pas comme ça, ça n’avait jamais marché comme ça. On m’avait toujours demandé de faire face et là, je faisais face tant bien que mal.

« Des nanars, vous voulez dire ? l’interrogeai-je, surprise de cette question. Oui ! J’en regarde parfois, seule ! » avouai-je avec un sourire. Rassurée, la tension et l’appréhension n’étaient plus les deux seules émotions qui avaient le contrôle de mes muscles.


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MessageSujet: Re: Des souvenirs une découverte, une nouvelle vie[Bee]   Sam 16 Juin 2018, 11:43
Pauvre gamine, c’était ce qu’il se répétait en la voyant reniflé comme ça, de tristesse, de détresse. Comment réussir à ne pas fondre devant une telle bouille ? Graash avait beau être une brute sans pitié avec un penchant sadique, il n’en était pas moins faible devant une p’tite moue pareille. Elle avait tous les traits de sa mère. Et puis, elle prit parole, demandant pourquoi aussi tard, pourquoi n’avait-elle jamais voulu en parler ? Des questions qui firent réfléchir Graash. Il plaçait sa main sur son gros menton, affichant une mine réfléchie, levant son index comme s’il avait une idée, puis une autre, essayant de mettre sa fierté de côté, il trouva.

« Tu penses qu’elle aurait voulu te dire que ton père est un mercenaire krogan qui gagne sa vie en tuant d’autres mercenaires ? Elle a attendu tout ce temps, parce qu’elle n’avait pas le courage de le faire de son vivant. Encore plus aujourd’hui maintenant que tu diriges une entreprise. Aujourd’hui elle ne peut plus veiller sur toi, et elle s’est tournée vers le seul autre parent pouvant te protéger si la situation le demande.»


Ce raisonnement semblait logique, même spontané, une façon de penser que Graash n’aimait pas forcément utiliser, il ne veut pas se montrer sage. Il voulait juste profiter de la vie avant qu’elle ne profite de lui. Et là, il était père d’une jeune asari. Qui évidemment avait du mal à le croire. Enfin, au moins, ils partageaient tous deux des passions communes, même si elle n’était que le visage de sa corporation, elle n’en était pas moins une vendeuse d’armes. Légale, au moins. Cela voulait dire, pas de gros joujous interdits par le conseil, mais peut-être un remplaçant pour son M-300 fatigué qui sait ?

En revanche, les yeux du krogans brillèrent d’une toute nouvelle lumière lorsqu’elle admettait apprécier les nanars, comme lui. Il semblait changer de personnalité du tout au tout, spécialement lorsqu’il souriait.

« Ah ouais ? Enfin ! Je cherchais quelqu’un avec qui regarder quelques holo depuis un bail ! Et en plus c’est ma fille. Que demander de plus ? »

Le krogan se marrait un peu, avant de regarder un peu la scène. Soupirant légèrement. Avant de partager des moments avec elle, il ferait mieux de la connaître un peu plus. Il cherchait un sujet de conversation. N’importe lequel, pour peu qu’il valait le coup.

« Et, comment ça t’es venu l’idée de vendre des armes ? Je ne te juge pas hein, mais, au premier regard tu n’as vraiment pas l’air d’en vendre ou t’y connaître. C’est vachement surprenant, je ne vais pas te le cacher. »



"Ils savaient qu'il viendrait, comme il l'a toujours fait, comme il le fera toujours, pour se repaître du sang de ses victimes, rependant la peur dans le coeur de ses ennemis. Seul lui peut se nourrir de la force des vaincus, amis et ennemis afin d'abreuver sa colère infinie."
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Des souvenirs une découverte, une nouvelle vie[Bee]

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