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 La croisée des destins

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Estomac Tendre
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MessageSujet: La croisée des destins   Mer 10 Jan 2018, 23:45
Intervention MJ : NonDate : Janvier 2203 RP Tout public
Kydra LifithTori Jorunn
La croisée des destins





Lusia. Un nom désormais presque oublié, enterré suite à des millénaires de guerres et de ravages, mais qui avait pourtant occupé une place de choix au sein de l'histoire galactique, déclenchant l'un des conflits les plus meurtriers que la Voie Lactée ait jamais connu. Mais la resplendissante colonie asari n'avait désormais plus rien à voir avec son sanglant passé. Monde luxuriant ouvert au tourisme et à l'apaisement de l'âme, il était devenu un symbole de paix et une fenêtre ouverte à la puissance des républiques au sein de la galaxie. Ses magnifiques nuances colorées digne d'un monde éden étaient visibles depuis l'espace, et c'était un spectacle des plus appréciables pour tous ceux qui avaient l'occasion d'y poser leur regard.

Une légère secousse traversa l'appareil mais le pilote ne sembla pas s'en effaroucher. Il s'agissait d'un humain en armure de la tête au pied, et aux commandes d'une navette qui se trouvait actuellement en orbite autour de Lusia. Une petite photo enfermée dans un cadre à l'ancienne trônait au dessus de son tableau de pilotage, représentant un homme d'une quarantaine d'année et ce qui semblait être sa fille affichant un grand sourire à l'objectif. Le reste de la cabine était plutôt sobre, hormis l'étrange présence d'une plante exotique près du pilote qui semblait se pencher près de la vitre, comme pour avoir un meilleur aperçu du vide spatial.

Daniel de son nom, s'arracha à la vue de Lusia, il s'apprêtait à entamer les délicates manœuvres d'entrée en atmosphère. La navette semblait plutôt récente mais portait déjà les marques profondes des nombreuses péripéties qu'elle avait dû subir. Elle transportait bon nombre de colis, Daniel effectuait ses livraisons de planètes en planètes, explorant, découvrant, s’émerveillant au gré de ses courts mais nombreux séjours sur chacune de ses destinations. Aujourd'hui, il s'agissait de Lusia, il était rare qu'il ait à voyager aussi profondément dans les systèmes conciliens, mais c'était une nouveauté dont il ne se plaignait pas.

***

Ce sera l'histoire d'une petite semaine, nous vous recontacterons lorsque nous constaterons un avancement.


L'asari avait annoncé la nouvelle d'une voix qui se voulait autoritaire, joli contraste avec celle grave et incertaine de Daniel.

Une semaine !? Il n'y a vraiment aucun moyen de raccour...

Nous sommes débordées actuellement, votre vaisseau jouira de toutes les réparations dont il a besoin, mais cela va nécessiter du temps.

Évidemment, il n'existait aucun moyen de modifier la durée, pas avec le salaire d'un livreur semi indépendant. Ce fut sur ces mots que l'asari pris congé de l'humain, s'éloignant en direction des autres clients qui l'attendaient déjà. L'homme posa un instant sa main sur son casque avant de s'éloigner à son tour. Sa navette s'était ajoutée au nombre incommensurable de vaisseaux arrimés dans ce gigantesque spatioport, lieu de transitions très fréquenté pour une colonie touristique. La carlingue avait subi quelques dégâts qu'il valait mieux évaluer avant de repartir pour un voyage FTL, condamnant Daniel à rester sur place tant qu'il n'avait pas à nouveau la permission de décoller.

L'homme quitta le spatioport avec ses maigres effets personnels, toujours équipé de son armure. Choisir de rester ainsi vêtu de sa tenue de protection pouvait sembler excessif, il ne s'agissait cependant pas d'un choix, mais d'une nécessité. Daniel avait en effet eu un grave accident plusieurs mois plus tôt, lorsque des pirates avaient attaqué sa cargaison. Il avait survécu de justesse à une explosion au prix de très profondes brûlures, et ne pouvant se payer une reconstitution corporelle complète, il avait dû apprendre à vivre avec la faiblesse de sa nouvelle peau. Il ne pouvait être exposé à aucune lumière, qu'elle soit d'origine naturelle ou artificielle, et ne pouvait donc se permettre de quitter sa combinaison ou son armure, que dans l'obscurité la plus totale.

Un nouveau mode de vie qui n'avait au final rien de véritablement handicapant pour un homme qui passait le plus clair de son temps au commande de sa navette. Au moins avait il soudainement éprouvé un grand intérêt pour les différentes méthodes d'ingestion des quariens via leur combinaison, des connaissances très utile à appliquer en public.

***

Daniel pénétra dans sa petite chambre d'hôtel, l'austérité de l'endroit ne le choqua pas vraiment, habitué qu'il était à envisager la luxure uniquement de manière utopique. Il y déposa son maigre baluchon et verrouilla le sas de l'entrée à plusieurs reprises. L'homme vint alors se placer devant le lit, faisant face aux deux fenêtres de la pièce qui donnaient vue sur le reste de la florissante cité asari.

Chose alors impensable, ses mains vinrent se placer de part et d'autre de son casque, le décrochant délicatement du reste de l'armure et le soulevant dans les airs, exposant ainsi son visage à la lumière qui pénétrait dans la chambre. Une longue chevelure noire se déversa soudainement sur son torse. Une mâchoire féminine, des lèvres fines et un regard vert émeraude...

Kydra Lifith déposa le casque sur le lit avant de détacher rapidement les autres compartiments de son armure. Elle se retrouva uniquement vêtue de ses sous vêtements, son corps de guerrière, musclé et féminin à la fois, baignant dans la lumière du jour. Un long soupir se mit à franchir ses lèvres tandis qu'elle savourait la sensation de l'air sur sa peau, l'armure de l'homme dont elle avait pris la vie dans tous les sens du terme traînant à ses pieds.

Cela faisait plusieurs mois que Kydra avait disparu. La paranoïa quasi perpétuelle dans laquelle elle avait baigné lui avait fait prendre une décision. Son vaisseau s'était dirigé dans le berceau de Siegfried et elle n'avait soudainement plus laissé la moindre trace. Elle menait une vie simple de livreur désormais, à l'aide de cette armure masculine et de ce synthétiseur vocal. Loin des assassins de Shoran, loin de la probatrice, loin des enquêteurs de l'alliance, loin de tout ce stress dévorant, à l'abri derrière cette nouvelle identité qui lui permettait de voir la galaxie avec un regard complètement neuf.

Même les événements qui avaient suivi Fehl Prime ne lui avaient pas apportés autant de stabilité mentale. Pourtant, même si Kydra avait appris à savourer ces moments de paix, sa véritable nature n'était jamais vraiment bien loin, son sang en ébullition, son corps si impatient de ressentir à nouveau l'extase. Plusieurs fois les semaines qui avaient précédé, cette idée lui avait trottée dans la tête. Peut être était-il temps d'abandonner Daniel et de redevenir Kydra la fille d'Anton, la reine pirate. Cette dernière escale prolongée pouvait-elle symboliser la reprise de service de Scylla, de l'assassin d'Oméga, ou de n'importe quel autre surnom pompeux et ridicule sorti d'on ne savait quelle colonie ? D'une légère secousse de la tête, l'humaine chassa ses pensées. Elle était bloquée sur cette planète pendant plusieurs jours et absolument rien ne pressait, elle aurait tout loisir d'y réfléchir à nouveau.

Le naturel de Kydra reprit alors immédiatement le dessus. En quelques bonds, la jeune femme se dirigea vers l'unique porte de la pièce, celle qui menait à la salle de bains. Quelques mèches noires précédèrent une tête qui se décala lentement de l'encadrement de la porte pour en observer l'intérieur. Le regard émeraude se posa alors sur la baignoire qui trônait au milieu de la petite pièce tandis que le corps venait lentement rejoindre la tête.

La jeune femme s'accroupit à côté de la baignoire et la tapota du bout des doigts un instant, écoutant le bruit métallique en penchant la tête sur le côté. Ses doigts longèrent alors la surface, remontant petit à petit jusqu'à une extrémité et pianotant finalement sur une interface lumineuse. Le remplissage de la baignoire commença dès qu'elle eut terminé, l'eau bouillante et savonneuse répandant déjà une odeur des plus agréable dans la minuscule pièce et le corps de la jeune femme se mit à frémir devant ce petit plaisir qu'elle était sur le point de s'offrir.

***

Le sas glissa derrière Kydra avec un bruit suffisamment dérangeant pour comprendre que le mécanisme devait être endommagé. L'humaine était de nouveau enfermée sous son armure, se tenant devant l'entrée de l'hôtel, sur l'une des terrasses qui reliait les infrastructures asari entre elles. Des myriades de skycars obstruaient le ciel, symbole de l'effervescence presque intarissable de la colonie, laissant dans leur sillage un bruit qui venait se mélanger avec les annonces publicitaires et autre news diffusées à même la rue. Cet endroit était gorgé de vie, et il tardait à l'humaine d'en explorer les recoins les plus sombres, emplie d'une envie presque malsaine de pouvoir profiter très ironiquement des délices de la vie sur un monde asari.

La jeune femme enroula une écharpe autour de son armure pour se donner un style et s'engagea d'un pas motivé sur la terasse.



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MessageSujet: Re: La croisée des destins   Ven 12 Jan 2018, 01:34
La journée avait pourtant bien commencé.

Voici ce qu’elle pensa alors que son corps s’envolait délicatement, fracassé par une vague biotique qui l’avait envoyé valdingué par la fenêtre. Au moins, ladite fenêtre était ouverte. Le monde vola dans tous les sens alors que son corps subissait l’inertie de l’explosion.

Tout avait commencé dans un de ces petits bars cosy. La drelle s’y était rendue pour se détendre et profiter d’un peu de repos à l’issue d’une mission. Elle n’y avait pour commencer par consommé d’alcool mais une de ces superbes décoctions de plante. Elle aimait leurs parfums colorés, épicé ou suave qui se déroulait dans son palais, pour venir mourir au fond de sa gorge. Ah, ça lui émoustillait la collerette ! Et plus sérieusement, elle était détendue, affalée dans un fauteuil aux coussins d’une tendresse déconcertante. Qu’il était bon de n’avoir rien à faire.

Elle eut même le droit à un peu de compagnie, une asari vint lui demander permission de s’assoir à ses côtés. Puisqu’elle était d’une politesse exemplaire, la drelle accepta évidemment sa proposition. Inutile de préciser qu’elle était magnifique, elles le sont toutes ces bleutées ! Les Trois lui en soient témoin ! Ainsi donc, cette dame s’assit et eut lieu une discussion charmante. Intéressante de sur croit, c’est ce qui est pratique avec ces belles dames, à force de vivre si longtemps on apprend forcément quelque chose.

Inutile de dire qu’une mémoire éditique c’est hautement pratique dans ce genre de situation. Cette gorge qui d’une élégance indéniable menait à un décolleté affriolant qui ne pouvait décemment pas être oublié. Il faudra avouer que c’est surtout la main, tout sauf innocente qui se posa sur sa cuisse qui acheva de la persuader quand la belle lui susurra un très classique, je n’habite pas très loin si tu désires poursuivre cette conversation dans un cadre plus sympathique. Pourquoi pas, avait-elle répondu. Pourquoi pas ?! Bien sûr, toujours garder un air digne et blasé pour ne pas paraître trop ferrée. Eh.

Avouons également, qu’aucun doute ne traversa son esprit quand elle suivit la bleutée et son … magnifique… dansant… galbé… ah… quel postérieur ! Par les Trois, elle tomberait presque amoureuse, là, sur le champ. Les choses furent tout aussi parfaite, la belle habitait un petit appartement très coquet et bien rangé. Rien d’alarmant et comme elle ne ressentait rien de malsain, elle se laissa volontiers charmer. Un peu de piment dans sa vie, ça ne pouvait pas lui faire du mal.

Là où les choses se gâtèrent… c’est que les mains de la bleutée venait à peine de la délester de ses vêtements pour la laisser dans ses sous-vêtements que la porte s’ouvrit. L’asari qui entra sembla tout sauf heureuse de les voir dans une position aussi éloquente. La drelle eut juste le temps de s’extirper de sous sa presque amante, que l’autre avait déjà agrippé sa congénère par la nuque en la traitant de trainée. Bien déterminée à les laisser régler leurs histoires de couple, la drelle ramassa sa chemise et s’apprêtait à déguerpir sans demander son reste. Bienséance la plus élémentaire.

C’est là que les choses ont véritablement mal tourné. Au lieu de blâmer sa libertine de compagne, la seconde asari sembla très décidée à s’offrir des nouvelles bottes en peau de drell ! Il faudra qu’elle pense à faire déposer une mention espèce protégée auprès du conseil.

Voilà pourquoi Daniel vit, de la fenêtre du troisième étage une explosion de biotique et un corps verdâtre littéralement voler et s’écraser contre la paroi de l’immeuble de l’autre côté de la rue. A la fenêtre, une asari se montra et proféra un flot d’injures. L’autre individu avait visiblement réussi à amortir sa chute et à se stabiliser grâce à son omnilame entre autre chose. La position restait scabreuse, suspendue au-dessus du vide. La situation se compliqua alors que l’asari dégaina son pistolet et se mit à arroser la façade en direction de la personne éjectée. Un retour de tir de la personne accrochée du mur obligea l’autre à se reculer dans la pièce. Ce léger répit fut saisit par l’autre pour effectuer une prouesse de grimpe. Enfin, de descente. A une vitesse surprenante, la créature descendit, semblant par moment presque tomber. Pourtant, ses pieds touchèrent le sol de manière presque délicate. Enfin, vu de loin, parce que de près, c’était une véritable débandade.

Toujours en culotte, enfin boxer, pour ce que ça change... sa chemise était tombée dans l’équation. Ah. Elle repéra le bout de tissu au milieu de la rue. Ce n’est pas parce qu’elle était aussi plate qu’une planche qu’elle devait tout montrer à tout le monde. A la fenêtre, les tirs repris, la drelle piqua un sprint. D’une glissade elle récupéra la chemise et avoina la belliqueuse amante. La course repris et c’est à ce moment-là, que son destin rencontra celui du fameux Daniel. Percuta sera le terme, trop occupée à s’assurer que l’autre n’était pas en train de l’ajuster, elle courrait sans regarder devant elle.

Ce qui n’est pas une chose recommandable à faire.

Inutile de préciser aussi que de se prendre une armure alors qu’on est si peu vêtue, ça fait mal.

Merde.
Quelle sale journée !


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Estomac Tendre
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MessageSujet: Re: La croisée des destins   Dim 14 Jan 2018, 00:55
Bon sang, ça n'avait ni queue ni tête. Les vociférations de l'homme qui avait emprunté l'esplanade faisaient parfois se retourner quelques têtes surprises ou dérangées. L'holoplan en trois dimensions de la ville fournit sur Omnitech était complètement inutilisable, impossible de se repérer ni dé prévoir à l'avance quel chemin était réellement employable dans ce dédale de géants métalliques.

Kydra avait alors fouillé dans son baluchon qui ne la quittait jamais, contenant certains de ses plus précieux effets personnels, y écartant sa peluche krogan pour en sortir un plan papier cette fois ci. Mais rien à faire, elle ne parvenait pas à s'orienter sur cette foutue planète, retournant désormais le dépliant illisible dans tous les sens dans le vain espoir de repérer une quelconque destination et un itinéraire y menant.

Ce fut donc après quelques instants que Kydra jeta le plan au sol, déchargeant sa frustration en dégainant son arme de poing à la hanche et en tirant sur la misérable feuille de papier. L'humaine rangea son canon lourd et se mit à regarder alentour avec inquiétude, se rappelant soudainement qu'elle n'était pas sur Oméga ni sur un monde pirate. Ses pas s’accélérèrent alors subitement tandis qu'elle s’éclipsait des lieux en essayant de se faire toute petite, ou tout du moins, autant que cela était possible avec une armure masculine.

Sa progression fut cependant une nouvelle fois interrompue par une explosion cette fois ci. Elle leva la tête, observant les effluves bleues rémanentes de la déflagration biotique qui avait eu lieu dans l'un des immeubles, mais observant surtout le corps qui venait de s'offrir le luxe de voler jusqu'à la paroi d'en face. Un court échange de tirs força Kydra à se mettre instinctivement à couvert, même s'il était évident que les balles ne lui étaient pas destinées.

Ce qui s'avéra être une drelle parvint à atteindre le sol avec une aisance relative et sans se disloquer la colonne vertébrale. Kydra tenta alors de se rapprocher de la scène afin d'offrir son aide, mais la rescapée avait déjà repris sa course, essuyant toujours des tirs. L'humaine vit la drelle lui foncer dessus et n'eut pas le temps de l'esquiver.

Atten...

Un bruit sourd symbolisa le violent choc entre les deux destins. Même sous son armure, Kydra avait reculé de quelques pas alors elle n'imaginait pas à quel point l'impact avait dû être violent pour la pauvre drelle. Cette dernière était recroquevillée, visiblement bien sonnée. Une impression très étrange s'empara de Kydra maintenant qu'elle la voyait de près, elle n'arrivait pas à savoir quoi exactement, mais l'inconnue venait de réveiller quelque chose en elle. On ne pouvait pas vraiment dire qu'une aura particulière se dégageait de la drelle en cet instant précis, mais il y avait autre chose...

Kydra se baissa pour l'aider à se redresser, lui tendant sa main.

Est ce que vous allez bien ?

Question idiote et ô combien futile mais pourtant presque fondamentalement obligatoire. La drelle releva alors son visage vers Kydra et tout s'arrêta soudainement. L'humaine fut projetée deux ans en arrière, à une époque où elle n'était encore qu'une simple assassin au service des pacificateurs traquant sans relâche Jikew, l'ancien bras droit de Shoran. Une robe, une collerette, des écailles et quelques coups de pieds merveilleusement bien placés, un seul nom se forma dans son esprit.

Tori.

Les deux femmes ne s'étaient côtoyées que le temps d'une journée, mais cette rencontre avait profondément marqué l'esprit déséquilibré et instable qu'elle possédait encore à l'époque. De nombreuses fois l'image rémanente de Tori était apparue dans ses cauchemars et même directement lors de son combat final contre Jikew. Cet être dont la rencontre avait été si fugace qu'elle en était même venue à douter de sa réalité, cette image de la drelle qu'elle avait depuis longtemps attribué à ses rêves et ses désirs d'autrefois, cette femme était désormais là, juste devant elle, levant ses fascinants yeux sauvages dans sa direction.

Kydra recula de quelques pas, tentant d'encaisser le choc de cette vision et de cette avalanche d'émotions qui se déversait en elle. Une autre rafale de tir ne lui en laissa cependant pas le temps, et l'humaine plongea en avant pour tirer la drelle et l'emmener à l'abri derrière un immeuble. A moins que l'asari courroucée n'en vienne jusqu'à la chercher ici, elle y était en sécurité. Kydra s'accroupit alors à ses côtés et se tourna vers la rescapée.

La vache, je ne sais pas ce que vous lui avez fait mais...

C'est à cet instant que Kydra constata réellement pour la première fois la tenue très légère de Tori. Seul un boxer venait recouvrir ses hanches et apporter un minimum de décence à l'ensemble. Un boxer qui épousait à la perfection ses courbes et qui laissait place à une paire de jambes verdâtres délicieusement dénudées... Kydra se rinça sans aucun doute beaucoup trop l’œil pour que cela passe inaperçu. Elle s'en rendit compte, et plaça immédiatement une main devant elle en prévention.

Euh... Attendez ! Vous êtes blessée ?

Elle fouilla en toute vitesse dans sa sacoche à la recherche de médigel. Il lui était difficile de réfléchir rationnellement alors que Tori se trouvait juste devant elle. La drelle n'avait pour l'instant évidemment aucune idée de qui se cachait réellement sous cette armure, mais l'humaine ressentait pourtant la pression dû à sa présence, d'autant plus qu'elle avait encore du mal à concevoir qu'il s'agissait bel et bien de Tori. Après quelques secondes de fouilles, Kydra sortit un objet et le tendit à la drelle.

Tenez, ça vous aidera à aller mieux.

Silence.

Kydra écarquilla les yeux sous son casque en comprenant que l'objet qu'elle tenait dans les mains n'était rien d'autre qu'un vibromasseur. Avec l'armure, elle avait du mal à réellement ressentir les objets et son esprit était encore actuellement en pleine confusion. Là voilà donc qui se retrouvait à tendre l'ustensile à Tori de la façon la plus naturelle qui soit.

Ah... Non, pardon c'est pas ça, je suis désolé !

Elle plongea son autre main dans sa sacoche et lui tendit réellement une dose de médigel cette fois ci, tentant de faire comme si rien ne s'était passé. Elle enchaînait les bourdes et se retrouvait donc dans une situation complètement merdique. Et histoire de ne pas arranger les choses, des pas précipités se firent entendre derrière elle. Kydra se tourna et fit face à l'asari qui n'avait visiblement pas dans l'intention de lâcher la drelle. Elle avait dû amortir sa chute à coup de biotique pour les avoir rejointes aussi vite.

Vibromasseur toujours en main, Kydra lança un rapide coup d'oeil à l'ustensile avant de le jeter dans la direction de l'asari. Cette dernière pencha la tête sur le côté pour éviter le jet et fit voler l'armure et sa propriétaire d'un violent coup de biotique. L'humaine eut besoin de quelques instants pour retrouver ses esprits et n'eut pas le loisir d'observer ce qui se passait entre la bleue et la verte, mais son instinct combatif était désormais parfaitement éveillé.

L'armure qu'elle portait était encombrante et rendait ses mouvements lents et peu précis, très loin donc de l'agilité et la souplesse dont elle avait besoin d'ordinaire pour se battre. Mais la contrepartie de cette perte de mouvement était une puissance bien plus conséquente. C'est donc après avoir pris une impulsion que Kydra se jeta sur l'asari trop occupée par Tori pour la surveiller, elle, la désarmant d'un coup sec et enchaînant avec une autre attaque. La bleutée ne semblait cependant pas être une novice en terme de combat, esquivant les attaques de Kydra avec une fluidité il fallait le dire assez remarquable. Mais l'humaine, bien que ralentie par son armure masculine, n'en restait pas moins une grande maîtresse des arts du combat au corps à corps, et une simple militaire n'était rien à côté d'une probatrice, elle en savait quelque chose. C'est donc après un échange de coups secs relativement bref que Kydra parvint à enfoncer son poing en armure dans le visage de son adversaire.

Sonnée pendant un moment, voilà de quoi leur donner du répit. Kydra attrapa Tori ne lui laissant pas le temps de protester et se mit à la porter comme une princesse, un bras dans le dos et l'autre sous les genoux.

On décampe !

Courant aussi vite que son armure et son précieux chargement le lui permettaient, la jeune femme se dirigeait à nouveau vers l'esplanade, dans l'espoir de mettre suffisamment de distance entre les deux querelleuses pour ne pas avoir à clore cette histoire dans le sang. Mais il fallait dire que la bleue était plutôt coriace et têtue. Elle s'était déjà remise debout et Kydra eut tout juste le temps de s'en apercevoir avant qu'une ultime explosion ne la propulse, elle et Tori par dessus la barrière qui séparait l'esplanade du vide. Quelle malencontreuse erreur de jugement.

Les deux femmes se retrouvèrent quelques mètres plus bas, sur la terrasse à l'étage du dessous. Une nouvelle boulette, une nouvelle chute pour la drelle, une nouvelle excellente raison de déprécier cette journée. Kydra étalée sur le sol, tourna sa tête vers le ciel, un sourire sous son masque.


Très belle journée n'est ce pas ?



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MessageSujet: Re: La croisée des destins   Dim 14 Jan 2018, 15:13
Elle secoua la tête. Une ou deux fois, elle avait l’impression que ses crêtes vibraient encore en conséquence du choc. Elle attrapa la main tendue et ne pris pas la peine de répondre à la question. Elle se massa la mâchoire, non, ses mandibules ne s’étaient pas disloquées, pourtant, elles lui faisaient un mal de chien. La réaction de l’humain l’étonna un peu. Elle manqua de lui aboyer un : « Quoi, t’as jamais vu un lézard qui parle ?! » mais se retint. Enfin, fut retenue, car elle se trouva propulsée sur le côté, littéralement tractée par son interlocuteur. Cette salve la ramena à la réalité. Elle eut tout de même le temps de voir augmenter son agacement lorsque l’humain la reluqua. Elle enfila ce qu’il restait de sa chemise. Elle failli passer son bras dans un des trous situés dans son dos à la place des manches. Hm. Elle pourrait lancer une nouvelle mode, le lambeau carbonisé, super novateur. En qualité de drell, elle ne possédait pas de mamelle et donc pas de pudeur à montrer son torse comme d’autres races. Cependant, elle préférait éviter de se faire écrouter pour atteinte à la pudeur en se baladant aussi légèrement vêtue.

Bon, finalement, cet humain était tout de même prévenant. Il lui offrit même de quoi se soigner, ce qui la soulageait, car quelques de ses côtes avaient peu apprécié l’explosion, ou le vol plané… ou les deux. L’atterrissage contre le mur, peut-être… Heureusement qu’elle était un soldat d’élite, elle n’aurait jamais survécu sinon. Elle commença un très rapide inventaire de ses fonctions motrices. L’humain pu constater que globalement, elle avait l’air en état de marche.

Pardon ?

Mais cet humain était complètement cinglé ! Elle observa l’objet, interloquée, mettant un instant à se persuader que oui… c’était bien ce qu’elle pensait.

« Connard. »

Elle prit le medigel tout de même, parce que oui, elle avait vraiment mal au flanc, mais cette injure fleurie fut son seul merci. Non, mais vivement qu’elle se tire vite fait bien fait d’ici. Visiblement, cette asari avait décidé de la poursuivre. Elle lui aurait bien volontiers réglé son compte mais l’humain la prit de court. Une attaque au vibromasseur, pas sûr que ce soit efficace. Au moins, cela eut un effet de diversion. Oui, oui, madame, il me l’a fait aussi ce cinglé, le coup du vibro… Si elle n’était pas en train d’attendre que le médicament fasse tout à fait effet, qu’un flingue était pointé sur elle : elle aurait explosé de rire. Elle se contenta de tirer quelques coups dans sa direction qui actionnèrent les boucliers de la bleue. Oui, rire ça fait mal aux côtes, elle préféra donc opérer un tir de couverture et se déplacer derrière un container. L’humain prit la relève et profita de l’inattention de la bleue pour s’approcher dans sa zone de corps à corps. Elle dut avouer qu’il remonta dans son estime, on voyait qu’il savait très exactement ce qu’il faisait et que c’était un professionnel.

C’est au moment où quelques dents et un peu de sang volèrent que dans la rue, non loin d’elles, apparurent trois silhouettes noires. La sécurité. Merde. C’est sûr que de voir un humain massacrer à coup de poing une de leur congénère… n’était pas à leur avantage. Inutile de préciser que plaider la légitime défense ne leur sera guère avantageux. L’humain dut parvenir à la même conclusion, car il sonna bravement la retraite. Elle était campée sur ses appuis, prête à donner une impulsion pour piquer un énième sprint quand elle se sentit encore une fois soulevée. Aïe mes côtes. Ses dents grincèrent une insulte. Elle n’eut pas le temps de protester, de gigoter pour qu’il la repose qu’elle se sentit à nouveau voler. C’est le dos de l’humain qui s’était pris la projection, ce qui dans sa position lui évita tout dégâts biotiques supplémentaires.

Au moins, après cette chute-là, elle ne se prit ni mur, ni armure… des trois impacts, ce fut certainement le plus clément.

Des impacts de tir ne lui laissèrent pas le temps de profiter de cette « charmante journée ».

« AArrrh »


Marre, c’est marre. Gonflant son énergie vitale et propulsa une puissante projection. La biotique éclaira ses écailles de milliers de reflets irisés. De son bras tendus l’énergie s’échappa et vint percuter l’asari qui à son tour culbuta. Chacun son tour.

« Mal baisée ! » adressa-t-elle en direction de la terrasse supérieure.

Eh ouais, elle aussi savait faire des tours de passe-passe biotique. Magique, surprise, surprise. Elle se sentait exaltée. Premièrement parce que la colère avait, en plus de l’action, certainement activité ses hormones. De plus, la pratique de la biotique avait un côté très galvanisant, euphorisant.

« Eh. Bouge. »
Adressa-t-elle à l’humain.

Elle observa les lieux, il ne lui fallut qu’un flash pour repérer exactement là où elle se trouvait et quelques secondes de plus pour réfléchir au meilleur chemin pour s’en échapper. Pas besoin de carte quand vous êtes une drelle, un repérage suffit.

Cette fois, ce fut elle qui en l’attrapant par le bras, tira la lourde armure. Inutile de préciser qu’elle le fit sans effort visible. La densité de leurs muscles était une chose très enviée des autres anthropoïdes. Le nombre d’humain qu’elle avait éclaté au bras de fer ne se comptait plus. Le corps quasiment nu témoignait de cette force de la nature musculaire qu’elle était.

« J’ai aperçu des gardes, on ferait mieux de filer. »


Elle appuya sur son poignet et activa son camouflage optique.

« Si tu peux, fait de même. »

La perturbation indiqua que la drelle était déjà partie. Suit ou crève, elle n’avait pour l’humain aucun égard. Il s’agissait là de survie élémentaire. Si elle ne bougeait pas vite et bien, c’est derrière des barreaux qu’elle finirait et c’était absolument hors de question. Elle bénit le ciel et sa précédente mission, son brouilleur de scan était toujours programmé. Son identité véritable ne pourrait être lue que calmement au prix d’un piratage. Tant qu’elle était loin et en mouvement, elle serait tranquille.

« Quelle fouttue journée de merde ! »
s’exclama la silhouette translucide qui courrait devant l’humain.

Elles coururent ainsi pendant une à deux minutes, jusqu’à ce que cette terrasse meurt et qu’elles fassent face à un mur aussi lisse que haut. Son camouflage lâcha. Elle souffla brièvement et son cou s’élargit, la collerette prit de l’ampleur et elle écouta très attentivement derrières elle. Son cou retrouva un aspect normal alors qu’elle observa le mur à nouveau.

« Bonne nouvelle numéro un, on est suivi, mais on a de la marge. Mauvaise nouvelle pour toi, on passe par-là ! J’y vais en premier. »


L’avantage de sa courte tenue c’est qu’elle n’était pas du tout alourdie. Mis à part le pistolet et son holster ceinture qu’elle avait pris le temps de récupérer avant de devenir un oiseau. Rapidement et sans hésiter, elle se ramassa sur elle-même et s’élança. Il lui suffit de trois foulées pour gagner un élan suffisant. La hauteur qu’elle parvint par ce seul saut était déjà impressionnante, elle devait bien avoisiner les trois mètres. Elle se réceptionna en frappant le mur de son omnilame. Son poignet ramassa une décharge de plus et elle serra la mâchoire. Le medigel avait été efficace, mais n’était pas un produit miracle. Toujours avec l’élan de sa course, elle fit pivoter le bas de son corps, tournant autour de l’axe causé par l’omnilame et parvint à saisir une branche d’arbre qu’elle crocheta de ses pieds. Un petit cochon pendu plus tard et un second saut, elle parvint à agripper le bord supérieur du mur. Elle n’eut de cette position aucun mal à se hisser et se trouva bien vite assise sur le bord, contemplant bien plus bas, l’homme à l’armure. L’action n’avait duré qu’une poignée et témoignait d’une habitude de grimpeuse chevronnée, en sus de qualité sportive évidente. L’homme, lui, n’arriverait jamais à faire un tel saut. Elle-même en armure ne l’aurait pas tenté de cette manière.

« Si tu n’as pas de grapin… prend ton élan et saute en direction du mur aussi haut que tu peux. »
Les mains de la drelles s’animèrent d’une aura bleutée. « Je te ferais léviter »
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MessageSujet: Re: La croisée des destins   Dim 14 Jan 2018, 19:23
Le doux crépitement des balles au alentours, voilà bien une mélodie qui lui avait manquée. Mais elle perdait une grande partie de sa saveur sans l'adrénaline habituelle qui se mettait à dévorer le corps en situation de survie. Et ici, il n'en était pas vraiment question. Toute cette journée paraissait si irréaliste que Kydra n'eut presque pas conscience des tirs qui visaient leur terrasse, c'était presque comme si elle flottait au dessus de la scène.

Pourtant, la contre attaque de Tori la ramena à la réalité, écarquillant les yeux sous son armure en voyant la drelle décharger une projection biotique en direction de son assaillante qui tomba elle aussi à son tour. Elle ne se souvenait pas avoir connu une Tori possédant de pouvoirs biotique. L'avait-elle oubliée ? Ou peut être que la drelle n'en gardait simplement l'usage que pour les situations qui l’exigeaient vraiment ?

A voir l'expression que Tori affichait actuellement, la deuxième option était à considérer sérieusement. Kydra se releva dans un grognement tandis que sa compagne observait les lieux. L'humaine se sentit alors tirée, constatant que la drelle s'occupait désormais de remplir le rôle de guide, déplaçant l'humaine et son armure sans véritable effort apparent.

Des gardes ? Merde, s'il y avait bien une planète sur laquelle elle ne devait pas trop foutre le bordel, c'était celle là. Kydra se concentra, activant à son tour son camouflage et tentant de suivre tant bien que mal la forme translucide qui vociférait devant elle. L'humaine se sentait coupable, elle avait l'impression d'avoir encore plus enfoncé Tori dans les emmerdes et le comportement de cette dernière était totalement justifié.

Les deux femmes arrivèrent finalement à l'extrémité de la terrasse, extrémité délimitée par un mur qui stoppa complètement leur progression. Beaucoup trop haut pour être escaladé de manière conventionnelle, Kydra se mit à réfléchir. Elle possédait bien un mécanisme de rappel sur son armure, mais celui ci n'avait jamais vraiment fonctionné à merveille, et les quelques chocs que venait d'encaisser l'équipement ne l'avait sans doute pas arranger dans le bon sens. Le mur ne sembla en revanche, pas un seul instant poser de problème à la drelle qui se mit à l'escalader avec une fluidité déconcertante, s'aidant de la proximité d'un arbre pour en atteindre le sommet en seulement quelques instants. L'humaine enfermée dans sa lourde armure observa la drelle assise sur le bord, se sentant totalement ridicule.

Tori se pencha alors vers elle, lui proposant de la faire léviter jusqu'au sommet tandis que des effluves biotiques entouraient déjà ses mains. Kydra eut un mouvement de recul. Elle détestait la biotique, et à juste titre, toutes les manifestations biotiques qui avaient touché son corps avaient toujours eu pour but de lui disloquer la colonne vertébrale. Et même si la proposition venait d'un visage amical, elle refusait de laisser cette essence bleutée entourer son corps consciemment.

Non ça va aller, j'ai ce qu'il faut.


Il ne lui restait plus qu'à prier que cela fonctionne. L'humaine se plaça face au mur et activa le mécanisme au niveau de ses hanches, un crochet partant à toute allure pour venir enfoncer ses griffes dans le métal. Le petit moteur s'enclencha alors, rembobinant le câble grinçant et soulevant la lourde armure lentement dans les airs. Le mur n'offrait absolument aucun prise, et Kydra ne pouvait même pas s'assurer d'avoir quelque chose à quoi se raccrocher en cas de problème.

Mais ce ne fut pas le grappin qui la trahit.

Le mécanisme se disloqua soudainement, le moteur s'arrachant de l'armure dans un grand crac et laissant sa propriétaire chuter. Kydra se rattrapa in extremis à l'aide du câble, le serrant de toutes ses forces en espérant que la friction serait suffisante pour ne pas laisser ses mains glisser. Grimaçant sous l'effort, elle commença alors à lentement se hisser à la main, exercice ô combien fastidieux et pénible au vu du poids de l'armure. Merde ! Elle commencer à sérieusement l'handicaper.

La jeune femme n'eut cependant pas le loisir d'atteindre le sommet. Des tirs visant ses mains la firent lâcher prise et l'humaine ne put rien faire d'autre que tenter de vainement ralentir sa chute. Elle se fracassa une nouvelle fois sur la terrasse, deux asaris la tenant en joue s'approchant d'elle.

Les mains en l'air !

Kydra se redressa lourdement, jetant un rapide coup d’œil en haut du mur. Tori n'était plus là. Et il n'y avait rien de vraiment étonnant là dedans. L'humaine encore légèrement sonnée avisa donc les deux asari en tenue de combat légère, elles semblaient également rien ne porter de plus lourd qu'une arme de poing. Des gardes sensées maintenir l'ordre au sein de la cité, super. Une seule journée sur Lusia et elle était déjà à deux pas de se retrouver derrière les barreaux. Tori avait décampé, et elle se retrouvait seule sans aucun moyen apparent pour se sortir pacifiquement de cette situation. Kydra n'avait de toute manière pas le choix, elle ne pouvait pas se laisser capturer par les autorités. Elle allait devoir se frayer une sortie par la force. Une chance pour elle, elle était encore sous une autre identité avec son armure et les asaris n'étaient encore que deux, il lui fallait donc agir vite avant que d'autres unités ne convergent vers sa position.

Levant donc lentement les mains, Kydra en profita pour ouvrir subtilement un compartiment de son armure. Elle se rapprocha des deux gardes et une grenade flash tomba au sol. La déflagration soudaine aveugla momentanément les deux asaris et l'humaine plongea en avant, dégainant l’impressionnante lame cérémonielle butarienne qu'Anton lui avait offert. Kydra n'était cependant plus aussi sanguine qu'autrefois, et tuer les deux gardes n'aurait fait qu'aggraver la situation.

C'est donc avec le pommeau de son arme qu'elle assomma sans grande difficulté la première asari déjà désorientée. La deuxième retrouva cependant ses esprits bien plus rapidement qu'elle ne l'aurait pensée. Kydra n'eut que le temps de se tourner vers elle pour la voir libérer une nova. La puissante vague biotique vint percuter l'armure et sa propriétaire de plein fouet, l'humaine étant repoussée au loin tandis qu'elle lâchait un hurlement.

Elle eut de nouveau droit au contact violent du sol, sa sacoche retombant quelques mètres plus loin. Une vive douleur lui secouait les côtes et la maintenait éveillée. La jeune femme leva péniblement la tête et avisa sa peluche kroganne qui s'était échappée du baluchon, étalée sur le sol de la terrasse. Une expression de colère vint recouvrir le visage de Kydra à cette vision alors qu'elle commençait à être sacrément en rogne.

La jeune femme se leva et vint se caler le long de l'arbre en espérant y être à l'abri des tirs qui avaient déjà repris. Une étrange sensation de froid vint alors soudainement lui mordre les côtes et en baissant la tête, l'humaine constata qu'un morceau de l'armure s'était détaché de son flanc, et son flingue avec, laissant sa peau à l'air libre. Sa protection se fissurait de toute part, extrêmement fragilisée par ce qu'elle venait de subir.

Non, pas maintenant, pas comme ça ! Kydra savait parfaitement que cette armure n'avait pas été prévue pour le combat mais uniquement pour protéger son porteur des radiations lors des excursions dans l'espace en dehors du vaisseau. Mais les chocs à répétition qu'elle venait de subir avaient scellé son destin, et Kydra contemplait désormais son autre identité qui s'effondrait, morceau par morceau.

Il fallait agir vite, elle n'avait pas le choix, il fallait que les deux gardes continuent de penser qu'elles avaient été agressées par un homme. Sans arme de poing, il allait falloir également trouver le moyen de s'approcher pour la neutraliser. Kydra activa son omnitech et sortit de sa cachette accroupie, déchargeant un tir percussif sur son adversaire.

L'asari s'effondra suite à l'impact, offrant à Kydra quelques secondes de répit qui lui furent salvatrices. La bleutée n'eut le temps de tirer qu'une unique fois après avoir retrouvé ses esprits, la balle s'enfonçant dans l'armure de l'humaine et la fragilisant davantage encore. Kydra désarma son adversaire avec une relative aisance avant de l'assommer avec la crosse de sa propre arme.

L'humaine qui était alors à moitié découverte par son armure, retira les morceaux restants, le bruit métallique de leur chute symbolisant la fin de celui qui s’appelait Daniel. Même son casque et son synthétiseur vocal furent laissés à l'abandon.

Il fallait bien que ca arrive un jour.

Kydra se retrouva donc en tenue légère, au milieu des corps des deux asaris. Des voix continuaient de sortir de leur omnitech, indiquant que d'autres unités n'allaient pas tarder à débarquer.

Fait chier !

L'humaine rengaina alors comme elle le put sa lame et son pistolet dans son short, récupérant en toute hâte ses effets personnels dans sa sacoche et entamant une nouvelle fois l’ascension du mur, se hissant cette fois ci le long du câble avec une grande facilité. Elle ne mit que quelques secondes à atteindre le sommet, reprenant son souffle.

C'est fou comme il faisait froid, soudainement.



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MessageSujet: Re: La croisée des destins   Dim 14 Jan 2018, 22:26
Après avoir observé l’humain crocheter son grappin et actionner le mécanisme de treuil de son armure, elle se décida à faire un petit repérage aux alentours. Il avait, en effet, ce qu’il fallait et elle ne cracherait pas sur une économie d’énergie dans ce genre de situation. Elle tenta de nouer sa chemise sur le devant pour que les lambeaux fassent moins… lambeaux. Le résultat ne lui plus guère, mais cela faisait un peu plus soigné. Chez elle, il était courant de s’habiller de manière légère. Elle pourrait tout à fait faire passer cela pour une mode drelle. Elle fureta à droite et à gauche et ne repéra pas d’avancée hostile. Il ne fallait cependant pas trop traîner, l’alerte donnée, les renforts ne tarderaient pas à quadriller la zone. Etre prise en tenaille était la dernière chose qu’il fallait. Et puis… demandez à des passants, avez-vous vu passer une drelle… inutile de dire qu’il feront attention à elle, bien plus qu’un humain, asari ou autres races. Quel handicape que d’être en voie d’extinction de nos jours !

Des bruits de luttes parvinrent à ses oreilles et elle grogna. Merde, l’humain… concentrée sur son repérage, elle l’avait un peu oublié ce lourdaud. Elle fit demi-tour et se précipita vers la rambarde d’où elle était venue. Alors qu’elle s’y pencha pour voir ce qu’il se passait, elle se retrouva nez à nez avec… une humaine. Une. Le regard reptilien se porta plus loin, observant les asaris au sol, les traces de combat et l’armure en pièce. Oh. Elle reposa ses yeux sur l’humaine. En contre bas, puis à nouveau sur l’humaine. En plus, il s’agissait d’un visage connu. Inutile de dire qu’elle n’oubliait jamais personne. Elle cligna de ses doubles paupières, par automatisme et courtoisie, elle l’aida à passer la rambarde. L’étonnement avait agrandit les yeux fauves.

« Ah… c’est pour ça que tu avais un vibro. »
Fut la seule chose intelligente qu’elle trouva à dire en réaction à cette étonnante situation.

Elle reprit plus sérieusement, effaçant le sourire narquois qui avait éclairé son visage.

« J’ai fait un bref repérage, il n’y a pour l’instant pas de renforts par-là, mais il faut se dépêcher. Si tu veux partir de ton côté… après tout ils cherchent une drelle et un humain en armure … ? »

« Sinon, je vais par-là, la zone commerciale. Il faut que je puisse me planquer avant de programmer mon évacuation des lieux… »


Se faire oublier un moment, trouver une foutue navette et décamper. Rien de plus simple
Un sacré merdier, oui. Elle soupira et décida de se mettre en route. Si l’humaine la suivait, tant mieux, elles avaient beaucoup à se dire. Sinon, elle comprendrait. Si elle se cachait derrière une grosse armure, c’est qu’elle préférait éviter d’attirer l’attention. Cette situation n’était donc pas à son avantage. Elle comprendrait tout à fait qu’elles se séparent séance tenante. Elle lui avait attiré assez d’ennui comme cela.

« Ca m’a fait plaisir de te revoir cela dit. »
Dit-elle en pivotant, continuant à marcher à reculons. « J’ai du shopping à faire, ça te branche ? » Elle souleva un pied et agita ses doigts de pieds nus. « Je pense qu’il y a pas mieux comme moment pour faire quelques achats compulsifs. On m’a dit qu’ils vendaient des bottes à tomber par ici. »

Ses chefs lui passeraient un savon quand ils verront la facture. Comment vous expliquer… j’ai fini à moitié nue dans la rue, il fallait bien que je me rhabille. Et puis, tout a été compliqué par cette asari cinglée, à juste titre cela dit, parce que j’ai bien failli devenir la maîtresse de sa compagne. Hm. Ah, il y avait une humaine dans une armure de mec, ouais, délire de travesti, du coup, je l’ai emmenée avec moi pour la relooker… vous comprenez, ça ne la mettait pas du tout en valeur cette vieille armure… non, il valait mieux trouver une histoire un peu plus vraisemblable à raconter. Elle aurait le temps d’y penser.

« Je te dois un de ces masseurs, je crois qu’il t’a servi à éconduire une asari un peu trop jalouse… »

Cette fois-ci, elle éclata d’un rire moqueur et pivota à nouveau. Elle s’enfila dans une ruelle sans demander son reste. Elle visualisait parfaitement son chemin et misait sur un mouvement rapide et un changement d’apparence discret pour semer leurs poursuivantes. Après tout, rien de mieux qu’une rue bondée et un centre commercial fréquenté pour passer inaperçue. Se fondre dans la masse restait la meilleure de ses options actuelles.

Elle fit rouler ses épaules, la vache, elle allait le payer sérieusement demain. Elle sentait toute sorte de petite tension de mauvaises augures. Elle commençait à se faire trop vieille pour ce genre de bêtises.

Finalement, outre quelques accrochages, cette journée se révèlerait peut-être fort intéressante. La créature reptilienne se sentait de bien meilleure humeur. Un peu d’action, finalement, ça ne pouvait lui faire que du bien.

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MessageSujet: Re: La croisée des destins   Lun 15 Jan 2018, 01:24
Se hissant au sommet, Kydra tomba nez à nez avec Tori. Elle s'immobilisa alors soudainement, attendant, voir craignant la réaction de la drelle. Mais cette dernière ne sembla pas le moins du monde s'en étonner, réagissant comme si elle était au courant depuis le début, et c'était très bien ainsi. Elle venait d'enlever une dose de stress plutôt conséquente des épaules de Kydra, stress qui s'était installé depuis qu'elles s'étaient croisées. Mais cela ne rendait pas les choses plus faciles pour l'esprit de Kydra, l'irréalité de la situation semblait toujours aussi grand, peut être même plus.

Se séparer ? Oui, peut être. Mais il était vrai que Kydra était désormais théoriquement hors de danger, ce qui n'était pas le cas de la drelle. Elle avait le choix, suivre Tori ou bien partir de son côté et... Et quoi exactement ? Daniel n'était plus, elle n'avait aucune raison de poursuivre cette mascarade. Une chance que son omnitech portait toujours l'identité du défunt, mais de réelles questions se soulevaient désormais, qu'allait-elle faire, où allait-elle aller ?

Tori se retourna alors, lui lançant une invitation du bout de ses doigts de pied, faisant par la même occasion prendre conscience à Kydra qu'elle était également pieds nus. La drelle ne put cependant pas s'empêcher de faire une dernière remarque sur le vibro avant de s’éclipser, l'humaine gloussant en l'observant s'engager dans une ruelle.

Elle n'était plus Daniel, elle n'avait plus à se cacher, elle, ou toute les impulsions qui venaient guider son esprit. Kydra avait toujours vécu en cédant au moindre de ses désirs, quelles qu'en soient les conséquences, et c'est bien ce qu'elle comptait faire à nouveau.

C'est ainsi qu'elle commença alors à progresser approximativement dans la direction donnée par la drelle, la marche rapide se transformant petit à petit en sprint, l'humaine jubilant de pouvoir se déplacer aussi rapidement sans aucune entrave à ses mouvements. Elle s'arrêta dans un dérapage peu élégant, à quelques mètres d'une patrouille asari. Un grand sourire s'afficha sur le visage de Kydra tandis qu'elle tira une révérence exagérément basse aux agentes de l'ordre, savourant la douce ironie de cette scène. Elle reprit alors sa route, fredonnant gaiement, savourant tout simplement cette impression de liberté qui l'envahissait. Aie aie aie ! Elle marcha rapidement vers une autre surface, s'éloignant de ce métal exposé au soleil qui lui brûlait les pieds. Être aussi légèrement vêtue n'avait hélas, pas que des avantages.

Kydra n'avait en tout cas aucune putain d'idée d'où elle se trouvait, mais au moins sa destination était clairement définie pour une fois, de nombreuses indications lumineuses pointaient la direction menant au centre commercial. Mais plus Kydra s'en approchait, plus elle commençait à se demander de quelle façon elle allait bien pouvoir y retrouver une drelle souhaitant se faire oublier de la sécurité ? Sans compter le fait qu'il y avait du monde.

Beaucoup de monde.

Le problème d'une planète touristique, c'est qu'il y avait autant d'aliens que d'asaris, et Kydra se retrouva rapidement noyée au milieu d'une foule de toute forme et de toute taille. Bordel, elle n'était même pas encore à l'intérieur du moindre magasin. La jeune femme avisa alors un krogan immobile devant une vitrine. Elle se faufila jusqu'à lui et à l'aide de quelques mouvements fluides qui trahissaient l'expérience, elle se hissa sur le sommet de sa bosse, regardant alentour à la recherche de la moindre chose verte mouvante.

Le mastodonte ne sembla cependant pas disposé à la laisser plus longtemps l'utiliser comme perchoir, se retournant d'un coup sec avec un grognement. Kydra abandonna immédiatement le navire et se faufila à nouveau dans la foule. Une odeur délicieuse vint chatouiller ses narines, mais la jeune femme fit son possible pour ne pas se laisser déconcentrer.

Elle s'arrêta devant une carte, espérant y trouver un endroit qui serait plus propice pour une personne souhaitant se cacher. Mais la zone était vraiment immense, rassemblant plusieurs gigantesques tours et entrepôts et une expression déconfite se dessina sur le visage de Kydra. Elle avait bien pensé à utiliser les annonceurs d'une boutique afin de retrouver une personne perdue, mais que le nom de Tori se répandent ainsi dans la rue n'était sans doute pas une si bonne idée. Mais qu'il aurait été drôle de demander à la petite Tori de venir la rejoindre à l’accueil.

Kydra se dirigea alors vers une plante qui trônait au milieu d'un carrefour de galeries. Elle s'installa en tailleur sur le rebord et croisa les bras, penchant la tête tantôt à gauche, tantôt à droite. Son regard émeraude scrutant la foule avec une vivacité des plus déconcertantes. Il ne lui fallut pas longtemps pour apercevoir avec une chance inouïe, une silhouette verte se faufilant au milieu de la masse grouillante.

Saisissant sa chance, Kydra se jeta dans sa direction, ne la quittant pas des yeux. Ce n'est qu'une fois que la drelle s'autorisa une pause que l'humaine s'approcha d'elle, tapotant sa tête du bout des doigts comme elle l'avait fait autrefois, un grand sourire sur son visage.

Les grand yeux sauvages de Tori se tournèrent alors vers elle. Ils avaient la capacité de faire s'arrêter tout ce qui existait autour d'eux, et Kydra avait l'impression qu'elle aurait pu s'y noyer. Ce regard était bien plus déstabilisant que celui d'un butarien, à son sens. L'humaine cligna plusieurs fois des yeux avant de légèrement pencher la tête sur le côté.

Plus d'asaris sanguinaire à tes trousses ? Elle était sacrément têtue celle là, mais je me demande surtout pourquoi tu n'avais plus de...

La drelle l'interrompit alors, traînant une Kydra surprise et presque réticente vers une boutique de vêtements, lâchant une remarque taquine sur la lenteur de l'humaine. Elle n'avait jamais mis les pieds dans un commerce asari et Kydra voyait donc la boutique s'approcher d'elle à une vitesse presque effrayante. Des habits de facture asari... C'était presque décadent d'imaginer en acheter, pire encore, de les porter.

Mais une fois l'entrée passée, seule une curiosité dévorante s'empara de Kydra. La boutique était énorme, de longues rangées de vêtements de toutes tailles et pour toutes espèces s'étendaient de part et d'autre du bâtiment, et l'humaine avisa le vendeur près de la caisse qui n'était autre qu'un elcor. Ce dernier ne sembla pas se formaliser des deux femmes très légèrement vêtues qui venaient d'entrer.

Kydra sauta alors sur Tori grimpant sur ses épaules.

On ne sait jamais, ça se perd vite les drelles par ici.

Elle se pencha en avant, sa tête se retrouvant à l'envers face à Tori, sa chevelure ébène tombant en cascade, un sourire innocent sur le visage.



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MessageSujet: Re: La croisée des destins   Jeu 18 Jan 2018, 16:06
Urf.

Par les Trois, était-il possible d’espérer un peu de répit pour ses pauvres côtes ? Visiblement pas. Elle ceintura de ses bras, un peu par réflexe, les cuisses de l’humaine qui la prenait pour un perchoir. Elle souffla sur la cascade de cheveux pour dégager sa vue.

« Je n’ai toujours pas besoin d’une perruque, Kydra. »

Elle toléra son fardeau jusqu’aux rayons pour vêtements d’humain et là, se baissant et lâchant ses cuisses, obligea sa comparse à quitter son dos. Il était évident que malgré le choix, la mode drelle n’était absolument pas répandue. Son espèce n’était pas répandue tout court. Elle choisissait donc ses vêtements chez les races morphologiquement proche de la sienne, humain, asari, etc. Puisqu’elle était avec une humaine, il était naturel qu’elle fasse son choix dans cette gamme. Elle observa les rayons, les survolant rapidement du regard. Elles n’auraient pas le temps pour un shopping flâné, du moins pas tout de suite. Il fallait en priorité changer d’apparence.

« Je pense qu’on pourra trouver ici quelques choses de satisfaisant. »


Elle tira quelques vêtements. Elle ne voulait quelque chose de discret. Voyant ou non, cela lui était égal, mais supprimer au maximum les différences de sa race pour mieux se fondre dans la foule. Un ensemble pantalon pull, couleurs gris mate aux motifs un peu métallisé et visiblement moulant attira son attention. Très bien, avec ça, il suffira d’ajouter un haut… la drelle se déplaçait rapidement dans les rayons. Ah, une veste en tissu courte au col latéral, de couleur rouge. Si elle n’envisageait pas de perruque, son crâne vert et ses crêtes restaient quelque chose à masquer. Ah, un foulard à nouer, très bien, l’étoffe brune était sympathique. Si elle trouvait un bijou à ajouter ce serait parfait.

Elle jeta un œil à l’humaine, elle aima la voir à l’œuvre. Il est toujours plus plaisant d’être en galère avec quelqu’un que seul. Bien que la solitude fasse partie intégrante de sa vie, elle chérissait les moments qu’elle pouvait partager. Vêtements sous le bras, elle se rapprocha d’elle.

« Hm. Cette couleur ne te va pas du tout au teint, prend plutôt celle-là. »

Elle se pencha par-dessus son épaule et désigna de sa main à quatre doigts, un vêtement similaire mais dans une autre teinte. Elle recula légèrement.

« J’ai ce qu’il me faut, dépêche-toi et retrouve moi au rayon chaussure, un peu plus loin à droite. »

Elle lui laissa en guise d’au revoir une petite tape sur son fessier gauche.

Il lui était plus compliqué de trouver des chaussures, leurs formes de pieds variant légèrement. Elle trouvait plus souvent son bonheur dans les souliers d’homme humain que chez les femmes. Elles ont des pieds incroyablement fins. Il faut croire que pour marcher dans le sable, il vaut mieux des pieds plus larges. Plusieurs essais furent infructueux avant qu’elle ne trouve une paire qui lui convenait. Très simple, des bottes souples noires. Très bien, il ne lui restait plus qu’à payer. S’assurant que l’humaine avait trouvé ce qu’il lui fallait, elle paya le tout au vendeur. Il lui serait compliqué de s’habiller aux yeux de tout le monde, elle prit la main de Kydra et l’entraîna vers les toilettes les plus proches.

Dans la cabine, elle ôta sa chemise, enfin ce qu’il en restait et enfila rapidement la combinaison. C’était une tenue sympathique, elle appréciait sa manière souple et légère, une merveille de synthétique. La veste ajoutait une touche de couleur, s’arrêtant sur le haut de son ventre, elle présentait une échancrure très à la mode. Les chaussures étaient bien plus basiques en comparaison. Elle noua le foulard sur son crâne et y plaça un collier de perle qu’elle avait trouvé en guise d’ornement. Parfait, l’ensemble ôtait à son apparence un repérage trop rapide dans une foule. Elle Déchira et jeta ensuite les lambeaux dans le toilette et en tira le système d’évacuation. Bye.Bye.

Une fois sortie, face au miroir, elle put observer sa transformation. Satisfaite, elle rendit au miroir un sourire moqueur.

« Tout ce sport m’a donné faim, partante pour une petite collation ? Je connais un quartier sympathique… »


Surtout, éloigné de tout ce modernisme et vidéosurveillance à gogo qui finirait par les faire repérer avec les reconnaissances faciales, une fois les données recueillie par les enquêtrices.

« … et calme. »


Un peu de calme, cela leur ferait le plus grand bien, n’est-ce pas ?
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MessageSujet: Re: La croisée des destins   Ven 19 Jan 2018, 00:34
La monture improvisée de Kydra ne sembla pas se formaliser de ce soudain changement de rôle et consentit à emmener l'humaine jusqu'à leur destination, un rayon qui ne contenait que des tenues pour humains. Un choix qui ne s'avérait au final pas si surprenant que ça pour une Kydra qui ne se souvenait pas avoir déjà vu la moindre boutique de vêtements réellement spécialisée pour les drells.

La jeune femme laissa donc les épaules de Tori souffler et s'approcha emplie d'une curiosité avide du large panel de tenues qu'offrait le rayon. Une question des plus logiques se forma dans l'esprit de Kydra tandis que son regard arpentait les reliefs plus ou moins réguliers qui se dressaient face à elle, que pourrait elle porter ? Mais cette question amenait quelque chose de plus profond, un concept pourtant simple mais dont elle n'avait plus réellement l'habitude, le simple fait de se représenter et de s'imaginer en tant que Kydra Lifith.

Même si le soudain changement ne semblait pas la perturber plus que de raison, son esprit était tout simplement en train d'encaisser doucement le retour à la réalité après ce rêve qui avait été bien trop long. Un rêve ? Peut être pas au sens positif du terme, avoir vécu tout au bas de l'échelon galactique n'avait pas été une expérience des plus appréciable, mais cela avait au moins permis à son esprit de reprendre son souffle, de se laisser aller à une simple contemplation du monde qui l'entourait sans toute cette terreur qui ne s'était que trop accumulée.

Et le retour à la réalité faisait ressurgir des envies qui étaient restées jusqu'alors enfouies. Revoir Anton, Dashanxa, Erika, Narak, Tori... Ah. Il était vrai que la créature verte qui piochait des vêtements à ses côtés était déjà présente. Quelle ironie, il avait fallu changer d'identité pour croiser son chemin à nouveau. Et plus encore, la drelle avait été une messagère inconsciente de son propre rôle dans sa destinée, indiquant à Kydra quel nouveau cap sa route devait prendre. Esquissant un petit rire, l'humaine la remerciait silencieusement pour cela.

Mais il fallait revenir à ses elcors, l'esprit de Kydra de nouveau libéré était bien trop volubile. La jeune femme se pencha alors sur les rangées de vêtements face à elle et se gratta un instant la tignasse. Elle avait longtemps réfléchi à se constituer une tenue prestigieuse, quelque chose indiquant son statut de reine plus que de mercenaire, mais ce n'était ni le lieu ni le moment pour ce genre de considérations. Il lui fallait quelque chose de relativement simple, mais qui ne se détachait pas trop de son style habituel car il y a des choses qu'elle refusait catégoriquement de porter. Kydra attrapa donc une série de vêtements, les ajustant sur sa peau un par un en s'imaginant les porter et les jetant à nouveau dans le rayon lorsque le résultat ne la satisfaisait pas.

Tori passa à son niveau, lui donnant son avis sur un des T-shirt qu'elle tenait et lui donnant au passage une petite tape sur une fesse. Kydra se tourna vers elle mais elle s'était déjà éclipsée. Elle reporta alors son attention sur les vêtements qu'elle avait présélectionné et s'aperçut sans grande surprise qu'ils ressemblaient énormément à ce qu'elle avait déjà pu porter sur Oméga. Peu importe ! Elle n'était pas là pour innover bien au contraire.

C'est donc après avoir choisi une paire de bottes punk que l'humaine rejoignit Tori près du vendeur. La facture n'était pas si salée que ça, la boutique n'avait pas pour vocation de vendre des produits de luxe. Enfin, pour Daniel, la somme aurait sans aucun doute été plus que conséquente.

Kydra se fit alors soudainement emportée par Tori dans les toilettes les plus proches. Elle aurait pu protester, mais il y avait bien pire comme situation que de se faire emmener dans un coin isolé par une drelle guerrière à moitié dénudée. La jeune femme gloussa à cette idée avant de pénétrer à son tour dans une cabine pour se changer.

Elle retira son short mais conserva néanmoins son soutif de sport, un jean parsemé de petites ouvertures venant soudainement recouvrir ses jambes nues. Kydra enfila un T-shirt blanc plutôt court et vint le recouvrir d'un gilet noir. La paire de bottes acheva l'ensemble tandis que la jeune femme réajustait ses cheveux dans son dos.

C'est donc ainsi vêtue qu'elle sortit de sa cabine, avisant une Tori qui avait dit adieu une bonne fois pour toutes à sa chemise trouée. Elle portait une tenue sobre qui venait pourtant ajouter une petite touche d'exotisme très appréciée à son apparence.

Magnifique.

Kydra s'approcha de Tori.

Tu n'as pas à me le dire deux fois, allons y !

La main de Kydra vint percuter soudainement le derrière de Tori, l'humaine sortant des toilettes après la fessée. Les deux femmes au look désormais complètement différent se mirent donc en route vers une destination qui était encore inconnue pour l'humaine, mais elle avait déjà suffisamment expérimenté la gastronomie asari pour en saliver d'avance. La tête dodelinante, Kydra jeta alors un coup d’œil à Tori.

Alors, dis moi Tori, les affaires se portent bien ? J'imagine que tu n'étais pas ici pour une mission diplomatique ou alors elle s'est aussi mal terminée que la dernière fois.

Kydra gloussa.

Une chance pour toi, tu es de nouveau tombée sur l'humaine la plus sexy des Terminus.

Elle lui adressa un sourire et un clin d’œil.

Je dois bien avouer que j'avais perdu espoir de te revoir un jour, c'est assez... Étrange de te rencontrer en ces circonstances, mais je ne m'en plains pas. Ça me fait vraiment plaisir que tu sois là.

Un franc sourire vint éclairer le visage de Kydra.

Eeeeet avant que tu ne poses la question, oui, je me faisais passer pour un homme sous cette armure. Disons que j'avais besoin de me faire oublier quelques temps. Des gens un peu trop collants... Tu sais ce que c'est.

Une odeur vint alors titiller les narines de la jeune femme et interrompre ses paroles. Ses yeux se posèrent sur le néon presque hyperactif qui symbolisait l'entrée de ce qui semblait être un point de restauration, sur le bâtiment juste en face d'elles.

Kydra sautilla jusqu’à la source lumineuse et tenta de toucher son extrémité basse du bout des doigts. Elle se plaça sur la pointe des pieds, sortant la langue tandis qu'elle tentait d'allonger son corps du mieux qu'elle le pouvait. La jeune femme prit alors une impulsion sautant aussi haut que possible et attrapant la partie basse du néon avec un cri de victoire. Le signe publicitaire ne parvint cependant pas à tenir son poids, et un morceau de l'éclairage se détacha soudainement.

Kydra se retrouva les fesses au sol sous une pluie d'étincelles et un morceau de néon dans les mains. Elle regarda autour d'elle avec de grands yeux puis à travers la vitrine du restaurant avant de jeter le morceau en question au loin, comme si sa vie en dépendait.

L'humaine revint en quelques pas près de la drelle, espérant que personne ne l'avait vue, les mains croisées dans le dos et un sourire désolé sur le visage.

Euh... J'espère qu'il y en a d'autres dans ce quartier...



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MessageSujet: Re: La croisée des destins   Lun 22 Jan 2018, 23:50
Une fois que l’humaine eut fini ses pitreries, la drelle l’observa et se décida à lui accorder une réponse. Non pas qu’elle jugeait l’effrontée de manière négative, mais qu’elle préféra la laisser finir. Elle avait visiblement besoin de s’exprimer. Ce qui pouvait se comprendre si cela faisait un moment qu’elle s’était cloitrée dans cette armure.

« A dire vrai, j’ai terminé ma mission et buvait une décoction dans un agréable salon. Il n’est pas nécessaire d’être en mission, lorsqu’on a mon talent pour que tout dégénère… visiblement. »

Elle soupira. Amonkira devait se venger de son enfant qui le délaissait trop souvent ces temps. Bien qu’il soit égoïste de présumer d’une telle importance, elle ne doutait pas que les destinées y soient pour quelque chose. Elle ne tenait, cela dit, pas à s’appesantir sur le détail de l’affaire. Après tout, elle était passablement gênante et elle n’appréciait pas faire l’étalage de ses coucheries en publique.

« La dernière, si tu fais référence à celle qui nous a réunie, n’était pas un échec. Mon objectif a été pleinement rempli et je n’ai eu à déplorer aucune égratignure, ni situation réellement dangereuse. »
Elle haussa les épaules.

Cette mission avait été une franche rigolade. Les affaires fonctionnaient bien, elle avait eu fort à faire et de nombreux dangers à surmonter. Certaines zébraient encore son corps de larges cicatrices claires. Un fait qui faisait l’admiration de toutes les jeunes recrues, mais qui l’ennuyait. Si on comptait qu’elle avait fini irradiée, à deux doigts de la mort une bonne poignée de fois, avait failli laisser quelques écailles face à des insectes géants dans une planète vraiment inhospitalière… on ne comptait pas non plus les réunions affreusement longue et compliquée sur des questions diplomatiques qui la dépassait littéralement… Somme toute, depuis qu’elles s’étaient séparées, il s’était passé tant de chose, qu’elle ne saurait les résumer. Elle n’avait pas envie de s’y replonger non plus. Elle cligna des yeux, chassa ces pensées.

Elle aurait aussi pu lui dire qu’elle avait trouvé plus sexy, mais cela lui aurait fait de la peine. Elle préféra rester coite à ce sujet. Non pas qu’elle ne soit pas sexy, elle avait cela dit un fessier moins tentateur que l’asari qui lui avait valu tous ses malheurs de la journée. Et c’était bien mieux ainsi ! Non pas que son fessier ne soit pas harmonieusement galbé… voilà, surtout pourquoi elle tut sa réflexion, en plus d’une évidente politesse.

« Je n’ai pas de problèmes de ce genre. »
Elle réfléchit brièvement. « Non, je n’ai eu personne à décoller. Je ne suis pas une crapule sexy du terminus il faut dire… et si je dois finir flinguée par un quelconque mécréant, ce sera mon destin. Les Trois y veillent. » Elle observa la rue. « Je vis avec une fatalité bien pire que ma propre mort. Comment vivrais-tu à l’idée que les humains existants actuellement ne seront qu’une race éteinte dans quelques générations ? C’est une idée révoltante. Pire. »

« Cela permet de relativiser beaucoup de choses. »

« Viens et tiens-toi un peu, j’ai vraiment faim. »


Si l’humaine avait été plus petite, elle aurait certainement agité sa tignasse familièrement. Gamine va. Elle la faisait rire, au fond, mais il valait mieux qu’elle évite de démonter tout leur potentiels lui de nourrissage. Elle l’entraîna à sa suite, obliquant dans plusieurs ruelles sombres. Finalement, elle s’arrêta devant un petit établissement, un peu glauque d’apparence. Parfait, il n’avait pas fermé. Elle entra et l’asari qui tenait la petite gargote la toisa. L’allure n’était très accueillante.

« Deux menus du jour, Ephira. »
Elle pianota sur son omnitech et activa le paiement. « Ajoute deux bières, la salle du fond est libre ? »

« Oui, oui, installez-vous… »

Elle opina du chef et se dirigea vers le fond de la salle. Il y avait deux clientes attablées au bar qui retournèrent à leur conversation en voyant que les étrangères étaient visiblement familière ou introduite. Il fallut descendre un escalier passablement scabreux pour atterrir dans une petite salle exiguë qui comprenait une banquette pourvue de coussin et une table basse. Si l’allure de l’établissement était de pauvre gamme, l’ensemble était propre et plutôt familier.

La tenancière fut bientôt là avec deux canettes bien remplies.

« Dis-moi, tu aurais une chambre de libre, voire deux ? »

« Il me reste que celle du dernier étage. Pour la nuit ? »


« Pour l’instant, je te confirme demain. »

« Payable d’avance, comme tu le sais. »

« Bien sûr, je fais le virement. »

L’asari remonta sans rien ajouter.

Elle observa l’humaine.

« Ce n’est pas luxueux, la nourriture est bonne et le logement en toute discrétion. Donc parfait en ce qui nous concerne. J’espère que ça te convient. »


Heureusement qu'après quatorze ans de service elle avait développé une bonne connaissance de nombreux terrains et avait ce genre de contact de remplis.

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MessageSujet: Re: La croisée des destins   Mar 23 Jan 2018, 22:34
L'extinction de l'humanité ? A vrai dire, c'était une fatalité que Kydra avait parfois souhaité au vu de la situation dans laquelle son espèce s'était embourbée. On aurait pu qualifier ces pensées comme étant de simples moments de folie, et pourtant, Kydra n'était pas attachée plus que de raison à l'Humanité. La Terre oui, sa planète natale ainsi que toute la culture qui gravitait autour restait quelque chose de profondément ancré dans son cœur. Mais son instinct de survie n'englobait pas le peuple dont elle faisait partie, pas alors qu'elle souhaitait en changer sa nature profonde.

Qui sait, cet avis aurait peut être été différent si la fatalité de l'extinction pesait véritablement sur la tête de son espèce, mais Kydra était une créature qui avait purgé son esprit et bon nombre de ses principes héréditaires il y a bien longtemps de cela. Devenue une esclave qui avait été torturée et dont on avait abusé, elle avait appris quelle était la véritable saveur de la liberté. Affranchie dans le sang, combattant dans les arènes clandestines des systèmes Terminus, elle était parvenue à sortir des bas fonds galactiques pour retrouver un semblant de vie, réapprenant avec difficulté toutes les bases élémentaires de la vie en société.

Une « crapule », une raclure, un déchet de la société, beaucoup considéraient Kydra ainsi, et même Tori en faisait partie. Il était si facile de critiquer et de juger pour ceux qui se prélassaient dans l'opulence, ignorant tout des luttes qui avaient lieu dans les recoins les plus sombres de la galaxie, quand bien même la plupart étaient parfaitement incapables d'y survivre. Mais Kydra était habituée à être traitée ainsi, et elle avait pour ainsi dire appris à s'en foutre royalement. Elle avait survécu et elle n'avait rien à prouver. Seuls lui importaient désormais, ceux qui souhaitaient se rallier à sa flamme et ceux qui souhaitaient avoir une place dans son cœur.

L'image d'Anton passa alors furtivement dans son esprit, il avait été le premier à croire en elle, le premier à lui offrir une chance de rédemption et à la guider dans les ténèbres. Celui qu'elle considérait véritablement comme un père et qui avait acquis toute sa loyauté. D'autres visages s’enchaînèrent alors, Dashanxa, Goliath, Erika...

Kydra secoua sa tête pour éviter de se perdre trop profondément dans ses pensées.

Elle avait suivi un peu par automatisme Tori dans le dédale de ruelles et les deux jeunes femmes étaient arrivées à un établissement qui semblait des plus charmant. Cette impression se confirma lorsque le regard de Kydra croisa celui de la tenancière. La sévérité qu'elle parvint à y lire attisa la flamme rebelle en elle, et l'humaine lui tira une de ses plus magnifiques grimaces.

C'est donc une fois parfaitement installées et un coussin calé entre ses cuisses que Kydra constata que Tori n'en était pas à sa première fois ici. Une chambre ? Ce mot venait de rappeler à l'humaine qu'elle en avait loué une également, avec encore quelques affaires à elle qui y traînaient, rien de relativement grave, mais elle se tapa la tête pour cet oubli.

Bien sur que cela me convient, je ne suis pas difficile à satisfaire.

Il était vrai qu'elles avaient aussi pour objectif de se faire oublier. Kydra posa ses lèvres sur le rebord de la canette et entama sa bière. Elle repensa à la discussion qui avait eu lieu un petit peu plus tôt, et sa curiosité la força à entamer le sujet à nouveau, avec la délicatesse d'un ours en chaleur comme à son habitude.

Euh... C'est vrai que vous êtes vraiment en voie de... Euh, de disparition ? Désolée pour cette question idiote, mais je ne connais pas ton peuple.

Ses yeux émeraudes étaient grands ouverts, fixant Tori en espérant obtenir une réponse constructive et non pas une remarque acerbe. L'humaine posa ses jambes sur la table.

Je crois que t'es la drelle avec qui j'ai le plus parlé dans ma vie, pour te donner une idée.

Hum, venait-elle de faire pire que mieux ? Mais l'asari revenait déjà, portant dans ses mains les deux plats que Tori avait commandé. La tenancière foudroya Kydra du regard en voyant que celle ci avait déposé ses mollets et ses bottes sur la table. L'humaine leva les yeux au ciel avant de reposer ses pieds au sol, faisant mine de s'incliner beaucoup trop respectueusement devant l'asari. Cette dernière soupira avant de déposer les plats et de repartir.

Kydra chuchota tout bas à Tori sur un ton à moitié sérieux.

Rassure moi, elle va pas essayer de me tuer pendant la nuit ta copine là ?

La jeune femme reporta alors son attention au plat devant elle, l'odeur la faisait saliver. Des filets de viande dont elle ignorait l'origine étaient mélangés à divers légumes colorés, accompagnés de féculents et assaisonnés de façon bien visible, et bien entendu, de la sauce Thessienne. Avec une expression de dégoût, Kydra retira à la main les légumes qui s'étaient perdus dans son assiette et les jeta avec taquinerie dans celle de sa compagne.

Cela ne l'empêcha cependant pas d'entamer avec voracité le reste de son plat, engloutissant comme à son habitude avec rapidité et bien entendu sans quasi aucune réelle politesse l'intégralité des aliments qui s'y trouvaient. Elle avait oublié qu'elle avait faim, n'ayant pas mangé depuis son arrivé sur Lusia. Si bien que quand elle eut terminée, c'était presque comme si il n'y avait même pas besoin de laver l'assiette.

Kydra serra alors son coussin contre elle et entreprit d'observer la drelle manger, épongeant avec une serviette le surplus de nourriture et de sauce qui était resté collé à ses lèvres. Mais le temps passant, Kydra se rendit compte que cela pouvait être similaire à lorsque que l'on observait un animal, et que la drelle pouvait mal le prendre. La jeune femme détourna alors le regard, tentant de trouver quelque idée farfelue à expérimenter parmi l'environnement relativement pauvre qui l'entourait.

J'ai vraiment l'impression que cet endroit est comme une cachette camouflée.

Elle reporta son attention sur la drelle.

Si tu es habituée à venir ici et que tu ne te sens pas à l'aise en ma présence, je peux parfaitement trouver un autre endroit où dormir. Sois franche, inutile de faire ceci par simple politesse.

Elle n'avait pas spécialement envie de retourner seule à son hôtel, mais si ces lieux représentaient en quelque sorte une cachette où Tori aimait se sentir en sécurité, elle pouvait parfaitement comprendre qu'elle souhaite y être seule. Kydra avait horreur d'être considérée comme un poids.

Ah et au fait, je te rembourserai le repas, son intégralité. Plus la chambre évidemment, même si je n'y loge pas. Tu as l'air d'avoir suffisamment dépensé à cause d'imprévus aujourd'hui et je peux te soulager de ces quelques frais.



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MessageSujet: Re: La croisée des destins   Mar 23 Jan 2018, 23:22
« Eh bien, les hanaris n’ont pas sauvé beaucoup des nôtres, assez tout de même pour garantir un brassage génétique. Nous sommes au bord de l’extinction, mais le point de non-retour n’a pas été franchi. Pour l’instant aucun protocole de reproduction programmée n’a dû être mis en place. On y viendra peut-être si notre nombre diminue encore. S’il n’y avait pas le Syndrome de Képral on se porterait bien mieux. »

Elle sourit à l’humaine.

« Il est toujours très instructif de connaître un membre de mon espèce. »
Un léger rire fila, un rien railleur, synonyme d’autodérision. Une part d’elle semblait sérieuse, cela dit.

Elle observa très satisfaite le plat qu’elle déposa devant elle et la remercia. Elle commença à découper sa viande et secoua négativement la tête à la question de Kydra. Bien sûr que non, elle n’allait pas s’en prendre à ses clients. Elle s’employa à mastique lentement, mais surement son plat. Une mastication lente promettait une digestion saine. La satiété était également un but autant physique que philosophique. Elle ne commenta pas sa double ration de légume qu’elle mangea tout naturellement.

« Je suis venue plusieurs fois, mais on ne peut pas réellement me qualifier d’habituée. C’est un endroit que les gens discret apprécient et la patronne en fait son commerce. Tant que tu paies, elle n’en a rien à faire que d’une fois à l’autre ton identité change, que tu sois aussi armé qu’un tank ou que tu sois recherché par toutes les polices de la galaxie. C’est commercial. Et pour sûr qu’il ne lui viendrait pas à l’idée de rompre cette harmonie, au vu de sa clientèle, elle ne survivrait pas à une tromperie. Littéralement. »


Elle reposa ses couverts et porta sa boisson à sa bouche pour en avaler plusieurs gorgées.

« Comme ça, tu connais aussi ce bon plan, toi qui a des gens à décoller visiblement. »


Elle se redressa.

« Je vais être franche avec toi, puisque c’est ce que tu souhaites. Si je n’avais pas voulu de toi, cela fait longtemps que tu m’aurais perdue de vue. »


Elle aurait eu plusieurs occasions de la perdre. Il n’aurait pas même été nécessaire de réellement faire appel à ses talents, puisqu’elles avaient été séparées à plusieurs reprises durant leur fuite.

« Je vais clarifier les choses, Kydra. »

Elle inspira.

« Dès mon enfance, j’ai été formée à combattre, à tuer. Si aujourd’hui, mon expérience fait que mes fonctions se sont agrandies à de la relation publique… je reste avant tout une arme. Je suis une enfant d’Amonkira, dans tous les sens du terme. »

« Je n’ai pas pour habitude de me formaliser pour des détails. »

« Tu sais… l’année de notre rencontre, à sa fin… »
Les grands yeux se fichèrent dans ceux de l’humaine. Rendus profond par une nuance de strie ocre. « J’ai combattu comme j’ai l’habitude de le faire, louée par mon organisation. Cette mission-là, a bien failli avoir ma peau pourtant coriace. Bon, avoir buté Machiavel m’aura outre un séjour hospitalier, offert une belle publicité. Ce qui répond à ta précédente question, j’ai donc été passablement occupée depuis notre séparation. »

« Enfin, tout cela pour dire qu’à mon âge et après avoir vécu main dans la main avec la mort depuis si jeune… je ne me serais vraiment pas encombrée d’une humaine si je ne l’avais pas voulu. Alors laisse ces politesses, reste si cela te plait. Ah, ne t’en fais pas pour l’argent, être un combattant d’élite chez soi à des avantages… »


Elle reposa sa canette.

« Par ailleurs, il me semble que la raison première de tous ces ennuis est partie d’un vol plané en slip. Je dois avouer, que c’est une expérience que je n’avais pas encore testée. Et je te la déconseille vivement ! »


Elle éclata d’un rire sincère. Ce dernier lui fit un peu mal aux côtes et lui rappela qu’en effet, ce n’était pas une expérience sympathique ou ludique.
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MessageSujet: Re: La croisée des destins   Mer 24 Jan 2018, 20:09
Le... syndrome de Kepral ? Il n'était pas utile de poser davantage de questions à son sujet pour comprendre qu'il s'agissait sans aucun doute d'une maladie mortelle. Les humains avaient eux aussi pas mal de saloperies du genre qui pouvaient éteindre une vie, mais rien qui ne semblait aussi fataliste que ce syndrome inconnu. Par logique autant que par respect, Kydra n'interrogea pas plus sa partenaire.

L'humaine pencha sa tête sur le côté, écoutant en silence la drelle lui donner ce qu'elle avait demandé, de la franchise. Ses yeux s'écarquillèrent alors un instant et elle posa ses deux mains sur la table, se penchant en avant.

Tu as... Tu as tué Machiavel ?

Jamais Kydra n'aurait pensé que Tori avait fait partie de la fameuse équipe qui était allée occire le monstre. La vache, à ce point ? Certes Kydra avait eu à affronter une probatrice au cours des deux dernières années, mais rien de comparable à ce que pouvait représenter le frère de Shoran. En terme d'exploit, la drelle l'emportait haut la main. Mais ce fait venait également confirmer à quel point Tori était dangereuse. Au delà de ses compétences de combat dont elle avait de toute façon déjà eu quelques aperçus, la drelle travaillait également sous tout type de missions, même celles visant à éliminer un leader des Terminus.

Eh ben, t'as du sacrément en baver ma belle.

Tori avait combattu l'un des plus redoutables turiens de la galaxie et y avait survécu. Elle était véritablement spéciale. Forte, rusée et dangereuse. Kydra serra le coussin contre elle un instant en la regardant.

Elle s'affala alors de nouveau et posa le support duveteux sur la table, attrapant sa bière.

Tu seras grandement étonnée de constater que je décide de rester. Je sais qu'on se verra pas de nouveau avant deux ans, alors j'aimerais bien en profiter à fond cette fois.

Elle gloussa avant de terminer les dernières gorgées de sa canette.

Qui serais je pour refuser de loger dans une résidence aussi peu regardante sur ses locataires ?

Kydra vint donner une petite pichenette sur le nez de la drelle.

Et j'ai dit que les frais seront pour moi.

Elle lui tira la langue. Le bruit des marches se fit alors entendre à nouveau, l'asari revenait, débarrassant la table de l'assiette désormais vide de l'humaine. Cette dernière se pencha vers la bleutée un instant.

Un digestif s'il te plaît, rien d'autre pour moi.

C'est donc quelques instants plus tard que Kydra agrippa le petit verre que la tenancière venait de lui ramener, avalant d'une traite le liquide bleu qui y avait trouvé refuge. Sa gorge et son estomac la brûlèrent un instant tandis que la jeune femme encaissait cette sensation qu'elle connaissait bien, mais qu'elle ne parvenait pourtant toujours pas à réellement maîtriser. Un long soupir franchit ses lèvres et elle releva la tête vers Tori.

D'ailleurs, je ne sais pas si tu suis beaucoup les médias dans les Systèmes Terminus, mais j'ai remporté la toute première course de modules de Wonderland.

Un grand sourire s'afficha sur son visage.

Certains ne me connaissent qu'ainsi, l'humaine et son compagnon turien qui ont brillé lors de l'inauguration. Si un jour tu passes dans le coin, n'hésites surtout pas à acheter une des figurines à mon effigie.

Elle s'esclaffa, se remémorant de bons souvenirs. L'un de ses pieds toucha alors furtivement ceux de la drelle sous la table et l'humaine replia ses jambes, s'installant en tailleur. La jeune femme vint poser son menton sur le coussin, certaines mèches rebelles tentant de lui barrer la vue.

Si jamais à tout hasard tu n'arrive pas à finir ta viande, je suis preneuse.

Elle ouvrit de grands yeux innocents tout en mordillant son coussin.



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MessageSujet: Re: La croisée des destins   Dim 28 Jan 2018, 23:08
« Quelques fractures dues à l’explosion du hangar où nous l’avons achevé, mon coéquipier et moi. J’ai été passablement irradiée. Une mission explosive, c’est ce qu’on pourra conclure. Ce ne sont pas des choses importantes, ce qui l’est plus, c’est que mon intégrité d’âme n’a pas été compromise. Je me suis donc remise très rapidement. Lorsque la tête va, le corps s’harmonise et est en pleine possession de ses moyens. »

Elle pouvait d’un clignement d’yeux revoir le film violent de cette mission. Dans chacun de ses détails. Elle en avait bavé ? Expression qui signifiait que cela avait été dur, lui semblait-il. Le niveau de difficulté avait été en effet, particulièrement élevé, mais il ne lui laissait pas un mauvais souvenir. Cela avait été particulièrement instructif. Elle en était sortie grandie. Son organisation avait par ailleurs pu jouir de nombreuses retombées, ce qui avait été une grande source de fierté pour elle.

« Quant à se revoir, il te suffisait de m’écrire si tu le désirais. Je comprends qu’on se laisse porter par le destin, même si ses facéties hasardeuses ne sont pas toujours les meilleures compagnes. Par ailleurs, c’est déjà payé, tu m’offriras autre chose. » Elle ne lui tira pas la langue en retour, mais ses mâchoires craquèrent et se positionnèrent d’une certaine manière. C’était quelque chose de tout à fait humain, que de montrer sa langue. Ce genre de langage non-verbal n’avait pas ce genre de signification pour les drells. Heureusement, Tori était un spécimen qui avait vagabondé aux quatre coins de la galaxie et rencontré toutes les races intelligentes y vivant. Elle avait pris soins d’enregistré ce genre de données culturelles. Par curiosité et également parce qu’elles lui étaient utiles dans son travail. De plus, les humains étaient devenus une race assez bruyante et inévitable en ces lieux.

« Commande un deuxième plat, si tu veux, je vais finir le mien. La biotique est certes efficace et jolie à voir, mais la dépense énergétique générée est affolante. Ah.. Ephira. »
La patronne revenait avec le verre commandé par l’humaine. « Je vais t’en prendre une deuxième, s’il-te-plait. »

« Je te félicite pour ta victoire. Cela dit, je ne mène pas une vie qui me permette de collectionner des objets de cet acabit. Je ne suis pas très matérialiste. Cela dit, si tu m’en offres une personnellement, je ne la jetterais pas. »

La deuxième assiette fut mangée avec un peu plus de précipitation. Pour ne pas faire attendre sa compagne et parce que c’était finalement sa manière naturelle d’absorber de la nourriture. Lorsqu’on a une densité musculaire accrue et qu’on a biologiquement été formé pour vivre dans des déserts où il vaut mieux pouvoir rester chasseur que proie, être capable de se nourrir vite et bien fut un objet de sélection naturelle. Elle eut tout de même la courtoisie de céder une part de sa viande à l’humaine qui semblait avoir toujours faim.

Elle ne souhaita pas trop perdre de temps au restaurant et emmena à sa suite l’humaine pour gagner les étages. En vérité, il fallait sortir par une porte de derrière, passer dans une seconde rue et monter dans un immeuble d’apparence classique. Si les chambres étaient parfaitement discrètes et sécurisées, le restaurant l’était un peu moins. Rançon de son succès, certaines enquêtrices infiltrées dans les milieux pouvait venir y jeter un œil. Elles n’avaient rien commis qui nécessitent une enquête approfondie, mais il fallait se méfier tout de même. Puisqu’elles n’étaient pas identifiées, elles pouvaient avoir été catégorisées par précaution, dans une catégorie criminelle.

La chambre du haut était la moins confortable, mais avait assurément une meilleure vue. La drelle grimpa une échelle murale et ouvrit une trappe au plafond de l’étage qu’elles venaient d’atteindre en ascenseur. Elle s’y glissa et parvint devant un petit replat et une porte. Ephira avait ajouté se container d’habitation après coup, ce qui expliquait sa disposition isolée. Elle badgea devant la porte à l’aide de son omnitech et la porte coulissa. Les lieux n’avaient pas changés, un grand lit confortable, un vieux bureau, une chaise, une armoire un peu rachitique. Seules les fenêtres évitaient aux plus claustrophobes de faire une attaque de panique dans ce lieu quelques peu exigu. Au fond, une petite cabine était fermée par une porte et devait être la salle d’eau.

« On ne sera pas trop mal, ici. »

Elle posa son sac d’habits au sol et renifla.

« Je dors à gauche ! »
S’exclama-t-elle en se laissant tomber sur le matelas. « Au fait, as-tu une possibilité d’exfiltration discrète de cette planète ? Ou dois-je faire jouer quelques contacts ? »



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MessageSujet: Re: La croisée des destins   Mar 30 Jan 2018, 19:31
Des radiations... Voilà qui était suffisant pour comprendre à quel point neutraliser Machiavel avait dû être pénible. Le terroriste avait tout de même tenu tête au Conseil quasiment seul pendant plusieurs années, mais Kydra restait déçue de la fin abrupte et précipitée qu'il avait connu. Un autre grand destin qui n'avait pas eu le loisir de pouvoir s'épanouir, fauché beaucoup trop tôt au cours de son ascension.

Tori demanda une deuxième ration à l'asari rappelant à Kydra la nature biotique de la drelle. L'humaine eut cependant le plaisir de constater cette fois ci qu'une portion de viande lui fut offerte. Un échange plutôt rentable, la matière végétale transmise un peu plus tôt devenue une fière pièce de viande toute chaude. L'humaine s'imagina alors de grandes usines transformant le vert en morceaux de charcuteries, les plantes devenant des... Animaux morts ? Eurk.

Ce fut peu après que les deux femmes quittèrent la table pour se diriger vers leur chambre. Kydra ne connaissait pas du tout les lieux et se laissa guider silencieusement par la drelle, surprise de voir toutes les précautions que prenait l'établissement pour loger ses clients, établissement qui semblait ne pas avoir volé sa réputation. Tori semblait en tout cas bien connaître son chemin, emmenant l'humaine jusqu'au sommet d'un immeuble et même jusqu'à une trappe. Ce ne fut que derrière un dernier sas qu'elles atteignirent finalement leur destination.

Kydra pénétra dans la pièce et parcourut l'endroit du regard. Elle s'y sentit très rapidement à l'aise, complètement tranquillisée par le fait qu'il était si bien planqué. La jeune femme restait inconsciemment toujours sur ses gardes, par habitude, et la différence de sensation était flagrante lorsque son esprit se sentait en sécurité. Même si elle ne courait aucun réel danger sur cette planète, se trouver dans un endroit caché à la vue de tous, ou tout du moins du plus grand nombre, avait toujours cet effet très agréable.

Elle posa ses bras sur le dos de la chaise et s'installa dessus à l'envers, faisant face à Tori. La drelle venait de soulever une question intéressante. Kydra n'avait aucune idée de comment joindre l'Azur Stellaire sur cette colonie, et sa navette était clouée au sol pour une bonne semaine. Elle pouvait toujours payer une navette de ligne afin de quitter l'espace concilien, mais le risque restait présent, sans compter qu'elle ne pouvait pas réellement contrôler sa destination.

Kydra n'était pas spécialement fan d'avoir à dépendre de Tori sur ce coup là, mais la drelle lui en faisait la proposition ouverte, pourquoi refuser ?

Tu dois sûrement te douter que je n'avais pas vraiment prévue d'avoir à la quitter ainsi. Si tu peux me rendre service sur ce coup là, ça serait top !

La chaise couina, le bois protestant contre le traitement un peu brusque que lui infligeait les fesses de l'humaine. La concernée se levait justement, s'approchant de Tori et pianotant un court instant sur son Omnitech. Elle se glissa alors furtivement aux côtés de la drelle, tirant la langue et fermant un œil tandis que la lumière ambrée sur son bras prenait une photo.

Pour ma collection personnelle !

La jeune femme lâcha sa sacoche aux pieds du lit et se dirigea d'un pas enjoué jusqu'à l'unique porte de la pièce.

Maintenant si ma très chère compagne me le permet...

Kydra pénétra dans la salle de bain et constata qu'elle ne paraissait pas si différente de celle de sa chambre d'hôtel. Juste la baignoire en moins quoi. Et un peu plus petite. Et aussi une lumière qui semblait avoir une volonté propre... Cela ne la dérangeait pas plus que cela, au moins avait-elle trouvé une nouvelle idée de jeu avec l'ambiance jour/nuit très réactive de la pièce, un jeu que les enfants humains aimaient pratiquer et qui nécessitait un compte à rebours jusqu'au soleil. La jeune femme se déshabilla alors et profita d'une bonne douche, lavant son corps et son esprit de toutes les choses néfastes qui avaient pu s'y agglomérer. Profitant des quelques moments d'éclairement, Kydra s'observa un instant dans la glace, sa chevelure ébène désormais complètement hors de contrôle.

L'humaine sortit donc en sous vêtements de la salle de bains, tenant dans ses bras ses nouvelles affaires pliées qu'elle déposa sur la chaise. Elle se tourna vers Tori.

La place est libre si jamais tu veux y faire un tour.

Kydra se glissa alors sous la couette, de son côté du lit, laissant échapper un ronronnement en sentant la couverture délicate caresser sa peau. C'est à cet instant qu'elle se rendit compte que son corps était en réalité épuisé. Elle n'avait pas fermer l’œil depuis un moment et les péripéties récentes avaient pas mal pompé dans son énergie. Pourtant Kydra se savait parfaitement incapable de dormir rapidement, beaucoup trop de pensées se baladaient dans sa tête pour cela.

Elle cala sa tête sur son oreiller et chargea un jeu sur son omnitech, observant avec intensité le plafond si près de leur tête, si austère, si froid.

J'aurais bien aimé voir le ciel.

Kydra tourna la tête vers Tori.

Ah et je préfère te prévenir, je bouge vraiment beaucoup pendant mon sommeil.



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MessageSujet: Re: La croisée des destins   Sam 10 Fév 2018, 17:30
« Très bien, je vais faire une demande d’exfiltration. Il faudra cependant certainement attendre un peu, à ma connaissance j’étais la seule dans ce secteur. »

Inutile de lui préciser les détails de ce genre de procédure, c’était après tout son business interne. Elle pianota sur son omnitech et en une poignée de seconde ledit message était parti. Elle fut donc surprise, en relevant le nez, de se faire tirer le portrait. Collection personnelle ? Qu’ils sont étranges ces humains…

« Lorsqu’on a une mémoire eidétique, la notion de photo souvenir est très surfaite. »
Elle rit, le sourire élargissant ses lèvres retroussait l’étrange articulation de sa mâchoire.

En tout cas, cette manie de tout photographier était très loin des habitudes de la créature plutôt nomade qu’elle était. Il lui suffisait de fermer les yeux et d’un peu de concentration pour repiocher avec une netteté affolante un souvenir. Une image, un dialogue… un sentiment. Ces affreux sentiments dont elle se méfiait, sa mémoire avait l’intérêt de lui épargner les simagrées des photographies, mais il lui apportait bien d’autres soucis.

Elle patienta sur le lit, assise en tailleur, yeux clos. Elle méditait sur fond du bruit de l’eau qui coulait à côté. L’une lavait son corps, l’autre son âme. C’est calmée et ressourcée qu’elle rouvrit un œil quand l’humaine ressorti enfin de sa retraite humide. Elle déplia soigneusement et posément ses jambes pour descendre du lit. Elle prit donc la place de l’humaine et se décida à laver son corps. Elle n’avait jamais apprécié l’eau depuis la mort de son père. Non pas qu’elle lui était directement nocive ou que c’était propre aux siens… mais elle avait toujours eu un peu de mal. Une association d’idées enfantine qui avait perduré avec le temps. L’humidité était responsable de tant de morts… Sa douche fut donc martiale, il ne lui fallut pas plus de deux minutes pour avoir frotter l’entier de ses écailles. Elle frotta encore plus vigoureusement avec le linge pour les sécher. Elle prit par contre le temps de soigner sa dentition, cet aspect était plus important pour elle que le reste.

Elle laissa la serviette sécher à la salle de bain et ressorti dans son plus simple appareil. Après tout l’humaine avait déjà eu plusieurs fois l’occasion de la voir aussi peu vêtue. Elle ne tarda cela dit pas à prendre dans son sac de shoping un boxer qu’elle enfila prestement. L’absence de pudeur ne voulait pas dire exhibitionniste… Elle sorti également un short bleu et un t-shirt qu’elle enfila dans la continuité.

« Ne t’en fais pas, je dors très peu. Je peux te laisser le lit, si tu te sens plus à ton aise de cette manière. »

Elle s’étira des oreilles au bout des doigts, cherchant à toucher le plafond. Puis laissa retomber doucement ses bras, elle ralluma son omnitech qui lui indiquait la réception d’un message.

« On pourra partir d’ici demain soir. » Commenta-t-elle à l’intention de l’humaine.

Une bonne chose, des agents se trouvaient dans les mondes asaris sans affectation urgente. Ils allaient pouvoir lui arranger tout cela. Elles n’avaient plus qu’à attendre sagement. Si l’humaine était un minimum capable d’être sage ? Elle observa Kydra, non, ça ne semblait pas être une de ses principales qualités. Elle s’assit sur le lit à côté d’elle.

« Alors, que racontes-tu depuis notre dernière rencontre ? »

Deux années s’étaient déjà écoulées. Que le temps file… gentiment, mais surement, elle s’approchait de la quarantaine. Elle porta toute son attention à sa camarade d’infortune. D’apparence, elle n’avait pour ainsi dire, pas réellement changé. Cependant, il lui semblait que l’énergie qu’elle dégageait et son attitude avaient subtilement changé de couleur. Elle était curieuse de savoir un peu plus ce qui était arrivé à cette humaine. Il y avait toujours eu au sein de la mémoire drelle une place particulière pour cette mélancolique créature si brièvement rencontrée. Une étoile filante dans son ciel.


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MessageSujet: Re: La croisée des destins   Sam 10 Fév 2018, 18:54
Une seule journée ? Voilà qui allait être rapide. Une bonne chose, Kydra n'avait pas l'intention de s'éterniser plus que de raison sur cette colonie. L'envie de rentrer à la maison se faisait de plus en plus pressante. Le regard émeraude de Kydra dévia de son écran lorsque Tori vint s’asseoir à ses côtés, s'intéressant à ce que l'humaine avait pu traverser au cours de ces deux ans.

La jeune femme éteignit son omnitech et se redressa sur ses fesses, le dos plaqué contre son coussin. Qu'allait elle dire à Tori ? Masquer la vérité était-il vraiment nécessaire avec elle ? La drelle avait mis fin à la vie de Machiavel et parcourait l'espace tentant d'apporter toute l'aide possible à sa cause, peu importe sa forme. Elle représentait un danger, c'était indéniable. Mais ce danger était-il vraiment valable dans le cadre de cette chambre ? Sans doute pas. Mais après tout, Kydra s'en foutait pas mal des conséquences, autant être franche.

L'humaine laissa pendre sa main d'un côté du lit, fouillant à l'intérieur de sa sacoche. Elle en sortit sa peluche kroganne qu'elle posa sur ses jambes et également un léger plaisir auquel elle n'avait pas goutté depuis si longtemps. Un joint dans une main, elle l'alluma et observa un instant les particules s'embraser avant de disparaître.

Tu as certainement entendu parlé de la Matriarche qui a attaqué Thessia il y a deux ans ? J'en ai fait parti. On a combattu les forces asari et j'ai même eu droit à un petit duel avec une probatrice.

Elle tira sur le joint et expira la fumée au dessus du lit.

Je l'ai rendue borgne et elle... Et bien, elle m'a quasiment tuée. Grâce à elle, je suis un petit peu plus synthétique et un petit peu moins organique.

Elle gloussa.

Mais cette catin est toujours en vie, là, quelque part, attendant sans aucun doute le moment où elle pourra venger la perte de son pauvre neunoeil.

Kydra tourna le joint et le plaça devant le museau de sa peluche, lui offrant la possibilité de fumer également.

Après les choses se sont rapidement enchaînées. J'ai réussi à réunir une flotte pirate pour attaquer une colonie de l'alliance en se faisant passer pour des troupes de Shoran. Cette mission aussi c'était l'éclate, j'avais jamais essayé de chevaucher un krogan en plein combat auparavant.

Mais du coup, Shoran m'a collée ses assassins au cul, ça plus la probatrice, j'ai préféré me faire discrète un moment, changer de vie quelque temps. Je suis alors devenue Daniel le livreur dans sa petite navette. J'ai vogué de planètes en planètes et tout à coup, paf la drelle. Tu connais la suite.


Elle tira à nouveau sur le joint.

J'ai un vaisseau maintenant, des potes un peu tarés parfois et... Ah oui ! J'ai aussi un varren trop mimi ! Bon il a un peu grossi depuis le temps, mais il a gardé sa trognette de petit tueur.

Kydra tourna son visage vers Tori avec un sourire.

Alors, ça fait quoi de partager son lit avec une criminelle ? Est ce que Tori serait prête à lever la main sur moi maintenant ? Ou bien à me tendre un quelconque piège pendant l'extraction de demain ?

L'humaine s'affala un petit peu plus sur le matelas et glissa une main derrière sa tête.

Fais comme tu l'entends, ça n'a pas vraiment d'importance. Je ne vis plus dans la peur désormais, j'ai réussi à retrouver cette douce insouciance de vie. Je ne sais même pas si je vais passer l'année, une guerre va éclater de nouveau dans la capitale des Terminus et j'y laisserais peut être la vie, qui sait.


Elle se mit à sourire à nouveau.

Je n'ai aucun regret.



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MessageSujet: Re: La croisée des destins   Sam 10 Fév 2018, 21:19
Si elle avait eu des sourcils, elle les aurait haussés.

« Sérieusement ? J’en ai strictement rien à faire. »

Elle observa le plafond et les volutes de fumée qui y montaient. Elle trouvait cela fascinant et plutôt hypnotisant.

« Tu es devenue sacrément paranoïaque... J’avoue, cela dit, que se mettre à dos une probatrice n’est pas une bonne idée. Tu aurais dû la tuer… je te donnerais des cours. » Elle ricana, l’observant du coin de l’œil. « A moins que tu aies compromis ton identité, et là… même moi je n’ai pas de solution… »

Elle soupira.

« Parfois, j’aimerais être aussi extrême que toi dans ma manière d’agir. Cela dit, la philosophie de mon organisation a la paix en guise d’objectif. La guerre on la fait donc avec parcimonie. On a déjà frôlé l’extinction, on va éviter un génocide suicidaire de plus en agissant la fleur au fusil. »

Plus jeune, elle avait tant pesté contre ce pacifisme.

« Si tu ne nourris aucun regret, c’est la seule chose qui compte. La paix de l’âme. C’est vraiment ce qu’il y a de plus important. Les Trois m’en sont témoins ! »


« Et puis, petite humaine… tu devrais arrêter de jouer la carte de la criminelle persécutée à côté d’un assassin drell... »
Elle fait claquer sa langue contre son palais. Elle n’appréciait pas ce terme réducteur et prompt au préjugé, mais Kydra avait visiblement besoin de sous-titre. « J’agis sous contrat et ma conception de la vie m’empêche toute culpabilité puisqu’il est évident que le poids des morts pèse sur la conscience du commanditaire… mais… mais voilà, ces morts, ils sont mon œuvre tout de même. »

« J’ai eu le temps de grandir, d’observer les autres cultures… je me suis rendue compte que malgré tous les bons sentiments… malgré notre protectionniste, ce n’est pas juste… ce qu’ils ont fait à l’enfant que je fus. »


Même si les souvenirs étaient emprunt de lourdes émotions, cela ne la dérangeait pas de les partager. La confiance était de mise, après tout.

« Une mère ne devrait pas avoir à offrir son enfant à une armée lorsqu’il n’a que sept ans. On ne devrait pas apprendre au même enfant à se battre et se servir d’arme. Je devrais être haineuse, mais je n’ai que gratitude et compréhension. C’était nécessaire. Ma vie, je la leur donnerai encore et toujours. »

« Donc, des criminelles dans le Terminus, on en trouve à la pelle. Ailleurs aussi. Et ça ne m'empêche pas de dormir. L'Alliance et le Conseil peuvent aller se faire voir... je ne les aiderais jamais spontanément... »

« Si, par hasard, on me mandate pour te tuer. Je me récuserais. Rassure-toi, nous avons le droit d’invoquer un droit de véto. Si tu as besoin d’aide, tu peux toujours me la demander. Parce que… quoique tu penses de moi, je ne te veux aucun mal. »
Une main à quatre doigts se pose sur celle de l’humaine.

« J’ai peu d’amis, mais je chéris ceux que j’ai, Kydra. J’ai été heureuse de te revoir. Le reste n’a guère d’importance. »

« Lorsque l’on côtoie la mort, on apprend la vie.
Lorsqu’on chante, on apprend le silence.
Lorsqu’on rêve on apprend la réalité.
Lorsqu’on est une arme, on apprend la douceur.
Lorsqu’on est prédatrice froide, on apprend la passion.
Lorsqu’on est moi, il y a mon corps et mon âme.
Je suis une chasseresse poète »

Elle souffla doucement.

« Je l’ai inventé un soir où je cherchais des réponses sur des sujets bien trop profond et existentiels. Lorsqu’au fond de moi… je vous haïssais tous. Le Conseil, les asaris… tous ceux qui nous ont regardés mourir. Même les hanaris qui avaient si bien commencé, mais furent stoppé. Même vous, les humains, que Mars sauva du même sort que nous. Vous et votre stupidité. Quelle injustice... Tu vois. Jeune, j’étais plutôt révoltée et violente... »

Jeune, elle avait été bien différente, qu'il était bon de pouvoir observer cet ancien soi avec une nostalgie maternelle.

« Tu as le temps de grandir et de t’assagir. »


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MessageSujet: Re: La croisée des destins   Lun 19 Fév 2018, 00:29
Ah, une ouverture de l'esprit, une fenêtre sur l'âme, voilà qui était intéressant. Il ne s'agissait pourtant là que d'une simple réponse courtoise, Kydra venait tout juste de faire le même processus. Mais il était agréable de sentir Tori s'ouvrir ainsi, livrer cette vision, cette image d'elle même, déformée par les expériences et par l'âge. L'humaine ne remettait pas le moins du monde en cause la moindre de ses paroles, elle avait passé l'époque de la paranoïa contrairement à ce que sa compagne écailleuse semblait penser. Enfin tout du moins, à son niveau à elle.

Mais au delà de tout ceci, quelque chose toucha Kydra bien plus qu'elle ne l'aurait pensé. Cette nonchalance extrême avec laquelle Tori avait réagi, se débarrassant des paroles de Kydra comme d'un simple insecte fort envahissant. Le moindre de ces aveux pouvait pourtant coûter la vie à Kydra, et ce quasiment n'importe où dans la galaxie. Mais la drelle s'en était tellement peu formalisée que la jeune humaine préféra s'abstenir de la moindre remarque. La réaction de sa compagne avait été spontanée, et elle ne voulait pas gâcher cela en rebondissant lourdement sur le sujet.

Pire encore, Madame se permettait même de la faire passer pour une râleuse. Kydra se pinça les lèvres et dû faire de gros efforts pour se retenir de lui sauter dessus armée d'un redoutable coussin.

Une sage décision, elle en apprit légèrement plus sur ce qu'avait vécu Tori par le passé. Un résumé des plus austères mais des plus efficaces, la drelle n'avait pas choisi la vie qu'elle menait désormais mais ne la regrettait pas le moins du monde. Il aurait cependant été hypocrite pour Kydra de faire le parallèle avec sa propre vie, elle était seule responsable de ce qui lui était arrivé, quoi qu'elle puisse en dire parfois.

La main de Tori vint alors se poser sur la sienne et l'humaine la contempla, ce contact physique venant souligner les dires de la drelle.

De bien douces paroles à mes oreilles Tori. Mais si par mes actions, je venais à mettre indirectement ta communauté en danger, je deviendrais ton ennemie, c'est ainsi.

Kydra se pencha en avant, la tête tournée vers sa compagne tandis qu'elle continuait de fumer à son rythme.

Je ne joue pas la persécutée, petite drelle, mais tu sembles ne pas te rendre compte à quel point tu réagis de façon atypique à mon égard.

Elle se mit à sourire.

Pour mon plus grand plaisir bien évidemment. Il est si agréable de parler ainsi sans avoir à peser le poids de chacune de nos paroles de chacun de nos actes passés. C'est quelque chose que je ne peux faire qu'avec trop peu de gens, hélas.

La jeune femme écrasa ce qui restait du joint dans un cendrier improvisé et le posa au sol avant de reporter à nouveau son attention sur Tori.

Cette paix dont tu fais mention, je n'en donne peut être pas l'impression mais je l'ai bel et bien trouvée. Et il m'en a fallut du temps... Elle n'est pas totale ni parfaite, certes, et de toute manière je ne pense pas que j'atteindrais un jour un véritable équilibre comme le tien. Mais je peux au moins décider de quand lâcher la bête.

Kydra serra un peu plus la main de Tori et la leva au niveau de leur visages.

Cette simple marque d'affection veut déjà dire tant de choses... Je suis tout aussi heureuse d'avoir recroisé ta route Tori. Et j'irais même jusqu'à remercier la décision de maman drelle sans qui je ne t'aurais sans doute jamais rencontrée.

A l'aide de quelques déplacements hasardeux sur le matelas, Kydra se rapprocha de Tori, sa main toujours dans la sienne.

Mais tout de même Tori, m'assagir ? Tu es devenue bien ambitieuse tout à coup.

Elle gloussa un instant et posa sa tête sur l'épaule de la drelle.

Je te dois des remerciements. Ça te paraîtra certainement vide de sens étant donné que c'était hors de ta volonté et que tu ne pouvais pas savoir mais... Merci, merci d'avoir été si ouverte avec moi il y a deux ans. Même si ce ne fut que le temps d'une fugace journée, ça a été redoutablement salvateur pour l'esprit déséquilibré d'une jeune humaine perdue, bien plus que tu ne peux le penser.

Elle cligna des yeux un instant, appréciant le parfum si exotique que sa compagne dégageait.

Merci d'être là à mes côtés, Tori.



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MessageSujet: Re: La croisée des destins   Mer 28 Fév 2018, 23:59
« A toi de me prouver, en contrepartie, que tu auras l’amitié et l’intelligence de ne pas t’attaquer à ce qui m’est cher. »

Elle inclina la tête délicatement. Oui, pour les siens, elle n’aurait aucune peine à loger une balle entre ces si jolis yeux d’humaines. Cette pensée la rendit légèrement amère. Elle aurait pourtant voulu pouvoir affirmer qu’elle n’aurait jamais ce choix à faire, mais l’humaine avait raison de le souligner. Si elle commettait cette erreur, elle obligerait la drelle à faire un choix. Ce dilemme déchirant pourrait être le ciseau qui trancherait un jour leur lien. On aurait pu trouver cela affreux, mais l’esprit cartésien de la drelle fonctionnait avec son pragmatisme usuel.

« Sans ambition, on ne va nulle part… tu devrais le savoir. Je te ferai remarquer que tu t’es déjà assagie pendant ces deux années… »

Elle observa le plafond brièvement. Les volutes de fumées se dissipaient en brume distendue. L’odeur particulière berçait encore les narines de la drelle. Elle aimait ce parfum herbeux et fort de cette plante.

« Pour le reste, je suis profondément touchée par tes mots. Je suis heureuse que ma rencontre te fût si bénéfique. Je n’en avais aucune idée, en effet. J’ai toujours fonctionné ainsi, avec spontanéité. J’aime beaucoup découvrir d’autres êtres et cultures. Comprendre les rouages du monde et tenter de déchiffrer l’invisible. Je n’y parviens pas très bien, cela dit. »

« Je sais simplement que ce n’était pas un hasard, ces rencontres. »

Elle profita de la proximité de l’humaine pour jouer, de sa main libre, avec une mèche de ses cheveux sombres. Ces choses mortes qui leur pendait du crâne étaient définitivement étranges. Elle n’arrivait pas à trouver cela autrement que bizarre, jadis elle avait même trouvé que cela frôlait le dégout. Elle avait ensuite appris l’importance de cette caractéristique physique, a priori inutile, dans leurs liens sociaux. Elle avait oublié son étroitesse d’esprit d’être non pileux pour considérer cela plus indifféremment. Toujours est-il qu’elle avait rarement l’occasion d’en voir de si près.

Elle inspira profondément et se laissa délicatement tomber en arrière, pour ne pas trop secouer l’humaine avachie sur elle.

« Je ne sais pas toi, mais cette journée était particulièrement remplie et fatigante me concernant. Je ne suis pas contre fermer les yeux quelques instants. Nous pouvons continuer cette discussion dans une poignée d’heure, une fois que mon métabolisme aura récupéré. Je n’ai pas besoin de beaucoup, mais il devient vital que je me repose un peu. »


La fatigue des combats, la biotique, le repas abondant… tous ces facteurs pesaient sur ses doubles paupières qui clignaient, suppliant pour une fermeture immédiate. Si l’humaine devait avoir une preuve de la confiance que la créature lui vouait, la poitrine plate qui se soulevait désormais à un rythme lent et profond en était le parfait témoin. Le sommeil l’avait rapidement emportée et avec la simplicité des soldats, elle avait su gagner un repos salvateur. Avant de s’endormir, elle eut le temps de songer qu’il faudra qu’elle ait voir mère en rentrant. Cela faisait plusieurs mois qu’elle n’avait pas pris le temps de s’arrêter dans ce petit restaurant poussiéreux. Peu de temps qu’elle n’avait échangé des mots laconiques et banaux, mais pourtant nécessaire à ce restant de relation qui les liait. Il est vrai qu’elle ne regrettait rien de sa vie et des choix faits, même s’il était dommage que cela les ait éloignées de la sorte. Avec le temps, peut-être éprouverait-elle le besoin de se rapprocher.

Son sommeil, fut sans rêve, pour ainsi dire. Ceux qui l’agitèrent, elle ne s’en rappellera pas. C’est une chose bien commode que l’esprit.


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MessageSujet: Re: La croisée des destins   Jeu 01 Mar 2018, 12:15
Pas un hasard, mh ? Il était en soi difficile d'évoquer le hasard en parlant d'une humaine qui n'avait fait qu'être le pantin du destin et de son bon vouloir depuis quelques années. Oui, Kydra était du même avis que Tori, même cette soudaine replongée dans son passé sur cette colonie asari ne pouvait être en rien qualifiée de chanceuse. C'était à double tranchant, se savoir ainsi arpenter des voies dont on ignorait l'objectif et la destination était à la fois rassurant et terrifiant. Mais la jeune femme avait déjà vécu son lot d'horreurs et elle ne s'en formalisait plus le moins du monde.

Tori s'endormit en quelques instants à ses côtés, une rapidité telle que Kydra se demanda si la drelle ne faisait pas semblant. Elle se retrouva donc soudainement seule dans cette chambre aux côtés d'une merveilleuse créature qui avait déjà quitté ce monde pour un autre. Le silence pesa un instant avant que l'humaine ne continue de parler à voix basse comme si la drelle était en mesure de l'entendre. Kydra venait en effet de se rendre compte que cette discussion lui plaisait, bien plus qu'elle n'en avait laissé paraître en tout cas.

Mais c'était comme toujours, seule une perte permettait de prendre réellement conscience de l'importance d'une chose. Elle s'imagina se retrouver de nouveau seule, enfermée sous une armure et une identité qui n'était pas sienne, observant Tori s'éloigner alors que la jeune femme était condamnée à un séjour prolongé sur cette maudite planète...

Et voilà, elle venait de recommencer, encore. La fumette provoquait parfois un trip plus néfaste que bénéfique. Mais pour le moment, il n'y avait aucun inquiétude à avoir, bien au contraire. Tori ne pouvait pas être plus vulnérable qu'en cet instant précis. Il était d'ailleurs amusant d'observer cette si fascinante créature, cette puissante guerrière portée par les doux fleuves du sommeil, son corps en paix. Elle paraissait si proche et si accessible mais à la fois, si lointaine.

Kydra se rapprocha davantage et souleva délicatement le T-shirt de la drelle, dévoilant la peau écailleuse qui venait recouvrir son ventre. Elle passa alors ses doigts le long des muscles finement dessinés de son abdomen, fascinée par la sensation que cela lui procurait et sans doute aussi légèrement émoustillée par ses courbes. L'humaine approcha alors ses lèvres et frissonna un instant au contact des écailles. Elle parcourut la peau de Tori, s'enivrant des narines et de la langue de la substance qui la recouvrait et qui lui montait déjà à la tête.

Fascinantes créatures les drells. Tout chez eux transpirait d'exotisme, et s'en était presque excitant, difficile de penser autrement lorsque l'on avait la langue recouverte de leur venin. Kydra lécha les écailles encore quelques instants avant de s'arrêter, même si l'envie était présente, elle n'osa pas s'aventurer plus haut ou plus bas sur son corps. L'humaine se redressa donc, la bouche entrouverte et les yeux levés au ciels alors que le venin venait amplifier les effets du joint, faisant tourner sa tête d'une façon merveilleuse.

La jeune femme vint donc finalement se lover contre Tori, son trip lui faisant tourner la tête si magistralement que cela l'endormait. L'une de ses mains dans les siennes comme pour s'assurer qu'elle ne disparaîtrait pas dans la nuit, Kydra ferma donc les yeux, emportée avec force dans les torrents sinueux du sommeil.



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MessageSujet: Re: La croisée des destins   Lun 05 Mar 2018, 18:30
La sucette géante ne broncha pas. Profondément endormie et ayant pris le parti de la confiance, son esprit s’était déjà trop éloigné.

La surface d’Ehra était balayée par ses vents usuels. Les bourrasques soulevaient des nuages du sol poussiéreux. Il valait mieux être équipé d’un foulard ou d’un masque. A moins d’être drell et d’être bâtit pour vivre dans les déserts. Seule au milieu de cette zone désolée, elle observait le vague. La sensation de perdition était cuisante. Où aller. Où allaient-ils bien pouvoir aller ? Cette lune n’était basiquement vouée qu’à n’être qu’une étape. Il n’était pas permit d’espérer un retour immédiat sur Rakhana, se poserait aussi la question des poignées de drells vivant toujours à sa surface. Ces êtres jadis pareils qui selon les informations qu’ils avaient régressé à un stade de l’ère du Sommeil, au mieux celle de l’Éveil. Ces êtres nomades, libres.

Si libres. Comme les animaux, vivants parmi les esprits. Elle les enviait tant. L’amertume la gagna, si seulement elle avait pu naître dans ce désert inhospitalier plutôt que sur la surface empoisonnée de Kahjé. Comme les persévéraient-ils seulement ? Eux qui avaient été abandonné et qui avaient été contraint de recommencer. Repartir de zéro, quelle chance. Jamais ils ne quitteraient Ehra, veillant sur leur planète de loin et s’assurant que personne ne viennent en troubler le renouveau. C’est ce à quoi elle pensait dans ce désert.

Elle tendit les mains devant elle, les sentant poisseuse. Elle constata qu’elles étaient couvertes de sang. Son sang. Sa vie qui s’écoulait. Teintant de rouge les grains de sables à ses pieds.

« Ce cours est très important, il est nécessaire que vous connaissiez la biologie de toutes les espèces de notre galaxie, de manière à pouvoir viser et impacter leurs systèmes vitaux avec efficacité. On ne tue pas un humain, espèce très fragile, de la même manière qu’un krogan. »


Avec l’expérience, elle appréciait les tirs de sniper, c’était un confort absolu. Au corps à corps, elle avait une préférence pour le tranchage de gorge. Il avait l’avantage de réduire instantanément les cordes vocales à néant en sus de l’hémorragie. Elle ne comptait plus le nombre d’artères que son omnilame avait tranchées. Pour les siens aucun sacrifice n’était trop pesant.

Elle s’accroupit. Le rêve bascula. Elle n’en garda qu’une espèce souvenir flou de course effrénée.


Son omnitech la réveilla, alors qu’elle somnolait, après consultation du message, elle posa sa main de libre sur l’épaule de l’humaine.

« Réveille-toi, on va bouger plus tôt que prévu. »

Elle libéra doucement sa main, prise en otage par l’humaine. Elle eut vaguement un petit remord de réveiller celle qui semblait si bien dormir contre elle. Elle glissa hors du lit, parfaitement reposée, malgré la courte nuit. Le matin se levait gentiment, la lumière de l’étoile déchirant progressivement la pénombre. Un étirement plus tard, son corps d’athlète était déjà en fonction. Elle attrapa sa tenue et rangea ses affaires en quelques gestes efficaces. Elle ne se priva pas de secouer gentiment sa compagne de route afin qu’elle émerge rapidement.

Un point de rendez-vous avait été fixé plus rapidement que prévu, elle ne voulait pas manquer le timing de l’équipe de l’exfiltration. Il faudra qu’elle étudie un chemin sécurisé. Rien de très exceptionnel. On lui avait communiqué qu’après analyse des systèmes d’alarme n’étaient pas en vigilance maximale et les forces mobilisées raisonnable. Il ne serait donc pas trop compliqué de déjouer leur vigilance. Elle ferma son omnitech et se tourna vers Kydra pour voir où en était l’humaine.

« J’ai un itinéraire assez sportif, j’espère que tu ne t’es pas encroutée dans ton armure… »

Elle savait par définition que les talents drells pour l’acrobatie n’était pas une donnée aussi généralisée chez les humaines. Un peu de sport au réveil, rien de mieux pour commencer la journée.
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MessageSujet: Re: La croisée des destins   Mar 06 Mar 2018, 00:05
Kydra connu une nuit sans rêves, seules quelques effluves lumineuses vinent peut être perturber le courant incroyablement calme de son sommeil. Elle fut cependant soudainement réveillée par du mouvement, entrouvrant difficilement un œil, l'esprit encore complètement embrumé de fatigue. Il lui fallut de longues secondes ainsi que quelques secousses supplémentaires de la part de sa compagne pour qu'elle puisse de nouveau accéder à ses souvenirs et comprendre où elle se trouvait.

L'excitation se mit alors à rapidement envahir son corps et la jeune humaine s’extirpa de la couverture en quelques bonds, se redressant peut être un peu trop soudainement alors que son esprit lui faisait pourtant bien comprendre qu'il n'était pas encore complètement reposé. Elle s'étira alors de tout son long, se frottant les yeux dissimulés sous sa tignasse en pagaille un court instant en écoutant Tori. Kydra s'approcha alors d'elle, attrapant son visage et venant déposer un baiser sur son nez écailleux. Elle lança ensuite sur un ton ironique :

Moi aussi j'ai bien dormi.

La jeune femme se voûta alors légèrement et donna quelques coups de poings dans le vide.

Ce serait dangereusement me sous estimer ça très chère ! Je vais t'en mettre plein la vue.

Kydra jeta ce qui devait l'être et rassembla ses maigres affaires dans sa sacoche, s'apercevant rapidement qu'elle n'avait ni à manger ni aucun remontant à avaler à la va vite. Déçue par cette nouvelle, elle reposa ses fesses sur le matelas et pencha sa tête vers Tori, apercevant la drelle entre deux de ses mèches rebelles. L'écailleuse avait le visage plongé dans son omnitech, l'air concentré.

En réalité, Kydra n'aurait pas été contre rester quelques jours de plus ici, mais la drelle était sans doute plus en danger qu'elle, et il valait peut être mieux qu'elles se séparent toutes les deux pour regagner leur foyer. Mais une immense frustration s'empara de la jeune femme, l'excitation qu'elle avait ressentie la veille en s'imaginant passer du temps avec Tori était toujours présente, mais rien, absolument rien ne permettait de la consommer. Pire encore, la frustration s'évaporait elle aussi pour laisser place à un sentiment de vide au vu de l'empressement que la situation provoquait.

Kydra ferma un instant les yeux, rabattant la protection de sa sacoche et s'engouffrant dans la salle de bains pour tenter de rappeler à l'ordre sa chevelure sombre devenue incontrôlable.

***

Elles avaient dû partir plus tôt que prévue, Kydra devant effectuer un détour afin de récupérer presque à contre-cœur ses affaires qui traînaient toujours dans son premier hôtel. L'humaine avait ironiquement moins de soucis à se faire en ce qui concernait la sécurité. Elle rendit le badge de sa chambre à la réception qui avait vu le locataire changer de sexe du jour au lendemain et reprit sa route pour retrouver la drelle qui était restée cachée, quelques quartiers plus loin.

Décrochant une deuxième lanière de sa sacoche, Kydra l'équipa comme un sac à dos, le serrant fortement dans son dos et facilitant les mouvements abruptes qu'elle pouvait faire. L'architecture asari était beaucoup moins verticale que celle d'Oméga, mais cela ne l’empêchait pourtant pas d'arborer des cimes et des tours vertigineuses. Se déplaçant entre les différents niveaux de structures comme elle le pouvait, Kydra se concentrait dans l'effort pour éviter de trop réfléchir.

Elle retrouva finalement Tori dans une ruelle, reprenant sa respiration, son corps désormais chauffé par l'effort. Elle n'avait pas d'armure, pas de camouflage tactique, pas de protections et un armement très léger. Mais cette carence d'équipement allait sans doute lui permettre de voyager, de la façon que la drelle semblait le plus apprécier, avec plus de facilité.

C'est bon, je suis prête, je te suis.

Mais lorsque Tori lui tourna le dos et s’élança, Kydra attrapa l'une de ses mains pour la stopper. L'humaine resta silencieuse quelques instants, se rendant compte que son corps avait agis avant sa tête.

Je voulais que tu saches Tori, tout ça c'était... Sympa ? Enfin je veux dire, j'ai vraiment apprécié te revoir. Et donc, si jamais dans le futur on est encore en vie toutes les deux, ça serait cool qu'on se contacte, histoire de se rencontrer dans un cadre calme et pas dangereux pour une fois. Enfin si c'est seulement possible...

Les sentiments négatifs poussaient au renfermement, mais Kydra se savait devoir garder les êtres proches à ses côtés, particulièrement alors que son existence allait connaître un nouveau grand chamboulement. Elle n'était pas en mesure de véritablement qualifier ce lien qui l'unissait à la drelle, mais elle était heureuse à ses côtés et c'était suffisant. Et c'était idiot, mais elle avait besoin de savoir que c'était quelque chose d'"officiel". Peut être que leur exfiltration allait de nouveau les séparer abruptement alors, son bras avait saisi la toute dernière chance qui s'offrait.

Un sourire se dessina sur le visage de Kydra.



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MessageSujet: Re: La croisée des destins   Mer 07 Mar 2018, 19:23
Toute exfiltration rapide se base sur une rapide efficience. Plus elles attendaient, plus elles laissaient au système de sécurité le temps d’analyser les données vidéos et autres pistes. Malgré toutes les précautions, flâner n’était pas une option raisonnable. Tori était par définition quelqu’un de très raisonnable. Elle ne nota pas l’humeur en demi-teintes de sa compagne, certainement parce qu’elle était humaine, en sus de sa concentration sur leur évasion. Le langage non-verbal des autres espèces était quelque chose qu’elle avait étudié, mais elle n’en maîtrisait pas toutes les subtilités. Surtout sur une personne aussi nébuleuse que Kydra. Un vrai défi cette alienne !

Heureusement, Kydra était tout de même capable d’un certain sens pratique et elle n’eut pas à attendre trop longtemps dans cette ruelle. Son mouvement de départ fut interrompu par une main. C’est une Tori plutôt intriguée qui observa l’humaine. Elle faillit rompre le silence qui s’était installé et devant la mimique qu’elle arborait, elle s’abstint. Elle fit bien, ces mots simples semblaient couter à l’humaine. Elle lui sourit.

« Bien sûr, je ferai en sorte de croiser ta route plus souvent. Tant que je respire, bien sûr. »

Elle posa sa seconde main sur celle qui avait cueillit au vol la sienne. Elle la serra, y imprimant une pression certaine, sans qu’elle ne soit douloureuse.

« Par ailleurs, notre évasion n’est de loin pas finie, tu devrais te coltiner mes écailles encore un moment, un jour ou deux… Allez, viens, allons-y… »

Elle se glissa dans les ruelles. Rien de bien sorcier jusqu’à un certain point, non loin du statioport. Il était évident qu’au filtrage et contrôles d’identité les deux comparses seraient instantanément grillées. Il était aussi évident que les autorités attendaient cela. Ses camarades lui avaient signifié par un message crypté que le niveau avait été augmenté et que de plus nombreuses patrouilles se trouvaient dans les couloirs. La solution était assez simple et reposait sur les capacités aux fuyardes de gravir un mur pratiquement lisse, entre autre chose.
Au pied de l’immeuble qui représentait leur premier obstacle, elle observa l’humaine.

« Je passe en premier. » L’Ecdysis qu’elle avait été un jour refaisait surface, s’exprimant de son ton calme, mais qui ne souffrait d’aucune discussion. « Je ne remets pas en cause tes capacités, mais il nous faut une précisions drelles pour que ça marche, alors pas d’initiative d’humaine. Bon. Je t’enverrai un câble de treuillage une fois l’ascension faite. »

Oui, parce qu’elle n’avait pas perdu son temps à attendre. Elle avait fait jouer quelques contacts pour retrouver un équipement de base valable. Au matin, elle n’avait eu qu’à aller chercher son paquetage contre monnaie trébuchante. Elle activa son camouflage tactique qui faisait merveille avec la discrétion naturelle de ceux de son espèce.

« Mère des Ombres, me voici. » Murmura-t-elle.

Devant les yeux de l’humaine, une forme translucide s’éleva, une brève course d’élan la propulsa haut. Très haut. Bien plus haut que les braves muscles humains, auraient pu espérer porter leurs espèces. Aux légers graviers qui chutèrent de l’infime corniche, les mains de la créature devaient avoir trouvé une prise là-haut. D’ailleurs, l’ombre translucide brouilla légèrement l’air en effectuant un mouvement rapide. La course et l’escalade étaient après tout les deux domaines de prédilection de Tori. Elle avait un gabarit idéal pour ces domaines et un entraînement d’élite. Elle se concentra cela dit pour ne pas commettre d’erreur. Ce qu’elle escaladait était un entrepôt, ce qui expliquait qu’il n’y ait pas de fenêtre à cette paroi. L’endroit était plus discret, mais d’une difficulté ridiculement corsée pour y grimper. C’est certainement pour cela, que cet endroit revêtait également une faille sécuritaire. On ne pouvait pas imaginer que cela soit possible de parvenir sur ce toit, par ce chemin.

« Ah. » Elle grogna quand il fallut s’arque bouter pour franchir le dévers qui lui permettrait de se percher sur ledit toit. Elle laissa filer une prière reconnaissante. Elle s’était faite quelques frayeurs durant la poignée de seconde qu’avait demandée l’ascension de ces 20 mètres. Elle clipa la fixation du treuil et le déroula rapidement. L’humaine n’eut donc qu’à le lier à son corps pour se voir hissée avec une rapidité à vous mettre des papillons dans le ventre. La drelle avait choisi la vitesse maximale, se disant que ce genre de sensation devait plaire à Kydra.

Elle ne perdit pas de temps une fois sa complice à ses côtés. Le treuil portatif regagna son sac à dos. Elle bondit ensuite dans le vide pour gagner le toit adjacent. Au vu de la distance, elle ne douta pas que ce soit dans les cordes de Kydra, aussi ne prit-elle pas la peine de ralentir. Il fallut encore franchir quelques obstacles. Le plus fastidieux fut l’atterrissage dans la zone arrière de déchargement du statioport. Ayant gagné en hauteur, il ne fallait que se laisser tomber. Que. Elle observa le contrebas. Fichtre, il devait au moins y avoir une cinquantaine de mètres.

« Bon. »
Elle observa l’humaine, affichant une mine joviale. « C’est là qu’on va s’amuser. »
Elle fixa le treuil et l’accrocha à sa ceinture. « Tu me fais confiance, n’est-ce pas ? »

Elle ne laissa cela dit pas le temps à l’humaine le temps de répondre. La saisissant par les hanches, elle la posa vulgairement sur son épaule et sauta dans le vide. Par les Trois, fallait-il qu’elle fasse des âneries pareilles encore aujourd’hui ? Le plus terrible, c’est qu’elle adorait ça, ce risque, cette adrénaline qui la remuait de fond en comble. Trente mètre plus tard le treuil ralenti et s’arrêta avec un stonck mate. Plus de longueur, les voici à jouer les pendules. Un mouvement de balançoire ou deux plus tard, les voici qui s’envolèrent, portée par l’élan de la courbe et le crochet défait par la drelle au moment idoine. Pourquoi s’était-elle encombrée de Kydra ? La raison était très simple, humaine ou drelle… aucune des deux ne pourrait survivre à ce genre de décente sans un petit coup de pouce. Elle ne pouvait pas prodiguer ce coup de pouce salvateur sans qu’elle ne soit avec elle. Voici pourquoi, elle dût jongler avec le poids sur son épaule, tout en effectuant ses manœuvres de ralentissement périlleux. L’omnilame qui griffa le mur de protection n’eut qu’un effet restreint. La décharge biotique fut plus efficace. Rien de tels qu’une rétrofusée maison pour ralentir une chute.

Ces mesures n’étaient en fait qu’un moyen de ralentir leur chute de manière à ce qu’elles n’arrivent pas trop rapidement dans la toile tendue par trois drells. La bâche amortit leur chute puis les envoya rebondir et leur chute s’amortit en définitive dans un tas de carton à l’odeur douteuse.

Tori éclata de rire.

« Je ne referais pas ça tous les jours. »


« Jolie arrivée, venez on a peu de temps, on vous embarque discrètement dans la navette. »

Tori se releva et observa Kydra.

« Encore entière ? »


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MessageSujet: Re: La croisée des destins   Dim 18 Mar 2018, 17:54
Kydra croisa les bras et afficha une mine frustrée. Tori avait une fâcheuse habitude à aimer la laisser poireauter en bas de ce qui ne représentait qu'une surface d'escalade pour elle. Il n'y avait rien d'agréable à se sentir ainsi être un poids, et pire encore pour une créature qui était dénuée de toute forme de patience. Fort heureusement, le treuillage rapide qui la fit atteindre à son tour le sommet avait au moins eu l'avantage de valoir ce temps d'attente.

L'humaine suivit Tori, sautant au dessus du vide sans réellement s'en rendre compte, elle était familière avec ce genre de sensations. Pendant la période durant laquelle elle avait servi d'assassin sur Oméga, elle avait dû rapidement s'habituer aux escalades et aux hauteurs vertigineuses caractéristiques de l'architecture verticale de la station pirate. Une habitude qui était devenue presque un jeu pour elle, elle se souvenait de ces expéditions périlleuses avec Dashanxa ou encore de la planque de Narak qui n'était accessible qu'en escaladant ce fameux bâtiment en ruine au dessus du vide.

Mais tout ceci lui était presque inutile ici, tant sa carence en équipement était flagrante. Au moins, elle pouvait se permettre de dévorer l'adrénaline comme une folle sans se soucier d'avoir à se concentrer ou de fournir un effort. Juchée sur l'épaule de Tori, elle savoura la balade en riant. Elle s'attendait à ce que la drelle amortisse sa chute avec sa biotique, comme elle avait déjà vu la Matriarche le faire, mais c'est une toile qui les accueillit, dressée avec une précision parfaite à l'endroit même où elle aurait pu percuter le sol.

Le rebond propulsa Kydra dans une pile de carton, sa tête se logeant dans l'un d'eux. Elle s'empressa de le retirer de sa caboche après avoir humer l'air à l'intérieur, loin d'être motivée à l'idée de savoir ce qui s'y trouvait réellement. En quelques rebonds, elle s'éloigna de la pile et salua l'équipe drelle après avoir donner une tape amicale sur l'épaule de Tori.

C'est donc uniquement à ça que je te sers hein ?

Le duo emboîta le pas aux drells, Kydra soudainement excitée à l'idée de s'embarquer dans l'inconnu. La navette furtive des Enfants attendait silencieusement à côté de l'une des parois qui délimitait le spatioport. Qu'il était galvanisant de se faire exfiltrer par autre chose que ses propres hommes. Mais au moment où Kydra se pencha vers Tori pour s'adresser à elle, la jeune humaine entendit un bruit sourd dans son dos. Elle se tourna et avisa une brume biotique qui s'évaporait déjà autour d'une personne qui avait visiblement reproduit le même parcours que les deux combattantes.

Les yeux de Kydra s'écarquillèrent un instant quand elle reconnut la silhouette et le visage de celle qui venait d'amortir sa chute. Borgne et la moitié du visage brûlée, l'asari avisa Kydra qui se trouvait dans la ruelle un peu plus loin. Mais l'humaine s'était tant de fois imaginée vivre cette instant qu'elle y était préparée mentalement.

Foncez jusqu'à la navette, vite !

Elle dégaina son pistolet berserker et ouvrit le feu sur l'asari, sa barrière biotique encaissant ses balles pourtant de gros calibre. Une charge et une nova furent les seules réponses, la puissance déployée souffla Kydra à travers une fenêtre et elle percuta le sol une dizaine de mètres plus loin, au milieu de la foule soudainement inquiète qui peuplait le spatioport. La jeune femme se releva en grimaçant et avisa la probatrice qui l'avait déjà rejointe, amortissant son arrivée dans le bâtiment avec grâce, tel un ange descendu du ciel.

La jeune reine pirate n'était plus en mesure de rejoindre Tori, elle devait fuir par tous les moyens possible. Elle commença donc à sprinter au milieu de la foule, espérant que la masse grouillante empêcherait la probatrice de déployer de puissants pouvoirs de zone pour la massacrer. Kydra profita de ce court répit pour mettre le plus de distance possible entre elle et l'asari, et même tenter de la semer.

L'humaine arriva au niveau des quais et s’élança sans réfléchir davantage sur une passerelle qui menait à une petite corvette. Une fois à l'intérieur, elle pénétra dans le cockpit et braqua son arme sur le pilote.

Décolle.

L'homme la regarda soudainement pris de panique et levant ses mains.

Mais je...

DECOLLE, MAINTENANT !

En un sursaut, il fit apparaître l'interface ambrée de navigation et l’intérieur de la corvette se mit à trembler tandis que les systèmes de propulsions se mettaient en marche. Le vaisseau se détacha de la passerelle et se propulsa en dehors du spatioport, gagnant peu à peu en altitude. Kydra soupira un instant, une grande partie du stress était redescendue.

Quitte l'orbite de la planète et diriges toi vers le relais le plus proche.

Elle dégaina sa lame et l’enfonça dans l'une des cuisses de l'humain.

La moindre entourloupe et c'est ta gorge que je plante, compris ?

Elle retira la lame et s'éloigna du cockpit en ignorant les hurlements du pilote. Aucune arme n'était à sa portée, mais il était encore en mesure de prendre l'avantage en prenant une quelconque trajectoire douteuse. L'humaine avisa depuis l'une des fenêtres la surface de Lusia qui se faisait de plus en plus uniforme tandis que la corvette quittait l'atmosphère.

Kydra se dirigea dans la salle des machines et vérifia rapidement qu'aucune avarice que le pilote aurait passé sous silence ne viendrait entacher la bonne progression du vaisseau. Elle s'aperçut alors qu'elle était encore en train de légèrement trembler. Elle ferma son poing et ses yeux et se concentra un instant, prenant de grandes inspirations et réfléchissant posément. Elle avait une nouvelle fois été séparée de Tori d'une façon abrupte, qui aurait cru que de tout les moments, la probatrice aurait frappé pendant celui ci ?

Kydra ne sut jamais ce qui la força réellement à se baisser soudainement à cet instant. Sa paranoïa soudainement réveillée par la peur que la probatrice lui insufflait ? Son instinct qui lui avait hurlé de le faire ? Un réflexe exagéré après avoir entendu ce cliquetis dans son dos ? Quoi qu'il en soit, Kydra se recroquevilla subitement, évitant de justesse une lame qui fendit l'air à l'exact endroit où se trouvait sa nuque l'instant d'avant.

Elle se retourna, se retrouvant face à face avec la probatrice. Son bras para l'attaque qui suivit, attrapant le poignet de l'asari qui tenait l'arme. Sur le point de la force pure, il y avait au moins des chances que Kydra puisse la surpasser. Un coup de genou biotique vint annihiler ce petit espoir, envoyant de nouveau la jeune humaine s'étaler quelques mètres plus loin.

Kydra trouva refuge sous une table de travail, légèrement sonnée, elle tenta de tirer dans les conduites qui recouvraient la pièce. Une matière sous pression se mit à jaillir de multiples ouvertures, offrant à l'humaine la courte diversion qui lui fut nécessaire pour quitter la pièce. Elle retourna dans le cockpit et verrouilla le sas qui y menait, prenant place sur le siège du copilote.

Kydra activa la soudaine décompression de l'intégralité de l'appareil, ouvrant toutes les écoutilles et les sas et espérant aspirer la catin bleue dans le vide pour s'en débarrasser.

Mais qu'est ce que...

Un coup de poing mis brutalement fin aux interrogations du pilote qui commençait à être dans un sale état. Mais elle s'en branlait royalement au vu de la dangerosité de ce qui la poursuivait. La jeune femme se mit à espérer que sa tactique avait fonctionné en voyant que personne ne tentait de broyer le sas qui menait au cockpit. Mais cet espoir fut de courte durée. La probatrice apparut devant les fenêtres du cockpit, son masque désormais refermé, et s'accrochant à la coque de la corvette.

Kydra ne put qu'être admirative face à la ténacité et aux capacités de survie que déployait la probatrice, même s'il s'agissait de son ennemie. Mais lorsque que cette dernière commença à fragiliser le verre qui recouvrait le cockpit à grand coup de nova, la jeune femme quitta son siège et commença à enfiler en toute hâte la seule combinaison qui était accrochée dans un coin de la pièce, enroulant la sangle de son pistolet sur l'une des manches.

Le pilote abandonna les commandes en comprenant la situation et tenta tant bien que mal de se jeter sur Kydra avec sa jambe blessée. Il se vautra au sol dans un hurlement de douleur mais agrippa néanmoins avec férocité la combinaison, tentant de la retirer de la jeune femme. Une ténacité propre à ceux qui se savent n'avoir plus aucune autre chance de survie.

Mais crève sac à merde !

Un coup de botte brisa le nez du pilote qui relâcha sa combinaison. Le verre céda alors que Kydra referma le casque sur son crâne. Elle tenta de s'accrocher à l'une des poutres métalliques lorsqu'elle fut soudainement aspirée, les hurlements du pilote devenant brutalement silencieux alors qu'il était absorbé par le néant.

Plus aucune pression ne tira alors sur le corps de Kydra, cette dernière se retrouvant désormais totalement en apesanteur. S'assurant de rester accrochée au vaisseau d'une main, elle utilisa l'autre pour tirer à nouveau sur la probatrice. Cette dernière relâchait justement une nouvelle décharge biotique dans sa direction, faisant comprendre trop tard à Kydra qu'elle essayait simplement de la décrocher du vaisseau.

Et elle y parvint, la projection propulsa Kydra en arrière, et elle se retrouva en plein néant, sans aucune matière à portée pour s'y accrocher. L'humaine eut cependant le réflexe d'activer le grappin à sa taille, mais il vint se planter sur l'armure de la probatrice et non pas sur le vaisseau. L'asari fut attirée jusqu'à elle tandis que la corvette s'éloignait du duo, réduisant quasi à néant leurs chances de survie.

Mais le combat n'était pas terminé, l'asari profita de l'inertie qui l'attirait jusqu'à Kydra pour lui asséner un puissant coup de poing biotique. L'humaine dans l'incapacité de l'esquiver tenta de le parer, mais le coup percuta son abdomen et lui fit cracher du sang. Elle avait au moins un avantage ici, dans le vide, la biotique était moins dangereuse. Et l'ancienne de l'alliance avait été entraînée à se battre en gravité zéro, un entraînement qui avait très certainement également été prodigué à la probatrice, mais elle n'avait sans doute pas une expérience débordante en la matière malgré son grand âge.

Combien de temps cette scène dura ? Quelques secondes ? Plusieurs minutes ? Des heures ? Kydra n'aurait su dire réellement. Une danse de la mort infatigable s'était amorcée entre les deux combattantes. Les coups vifs et agiles de Kydra contre les attaques boostées à la biotique de la probatrice. Mais le bal cessa aussi brusquement qu'il avait commencé. Une nova percuta le casque de Kydra qui se fissura et l'humaine profita de l'inertie provoquée par le coup pour laisser son corps effectuer une rotation, l'un de ses bras activant son omnilame. Une impulsion biotique propulsa l'asari hors de portée de l'humaine, mais Kydra activa à nouveau son grappin, plongeant sur la probatrice et enfonçant son omnilame dans son casque.

C'est donc désormais subitement seule que Kydra se retrouva à dériver dans l'espace, les fissures sur sa visière semblant s'aggraver. Un petit opercule de verre sauta, faisant apparaître une minuscule ouverture pourtant suffisante pour aspirer l'air hors de la combinaison de l'humaine. La respiration de Kydra s'accéléra tandis que la panique commençait à la gagner. Elle tenta tant bien que mal de colmater la brèche avec ses gants, malheureusement trop volumineux pour faire preuve d'autant de précision.

Elle se secouait vainement dans le vide, recouvrant son casque avec autant de surface de ses bras que possible, mais rien n'y faisait, l'air continuait d'être aspiré. Son corps entier commença à trembler lorsqu'elle comprit qu'elle allait mourir ici, et de l'une des façons les plus horribles qui soit.

Lorsque sa combinaison fut vidée de son oxygène, Kydra sentit l'air s'échapper subitement de ses poumons et ses tympans commençant à gonfler face à la soudaine différence de pression. Les parois métalliques d'un sas qui l'entouraient fut la dernière chose dont elle se souvint alors qu'elle perdait connaissance.



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