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  Qui ne tente rien n’a rien

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MessageSujet: Qui ne tente rien n’a rien   Lun 08 Jan 2018, 02:00
Intervention MJ : NonDate : 7 Janvier 2203RP Tout public
Beeythia Moraios ♦ Tori Jorunn
Qui ne tente rien n’a rien



#Fin décembre 2202
# Ehra

La drelle s’étira, quel ennui ces convocations. La voilà qui se faisait vieille et ne gambadait plus à chaque éventuelle mission qu’on lui confiait, certainement, parce que ses missions étaient plus … tranquille. Oh, il y en avait des sacrements corsées, puisqu’elle faisait partie de l’élite désormais, mais les petites missions lui manquaient un peu. L’action constante, l'adrénaline à chaque sortie, même si cela voulait dire attendre des heures à observer un fichu entrepôt, pour au final ne pas mener d’assaut. Ah, les frustrations de la jeunesse.

Derrière la porte, ce n’est pas Brim’na qu’elle retrouva mais Lour Denka. Elle le trouva amaigri, il n’était pas compliqué pour elle de faire appel à sa mémoire pour avoir une image parfait d’avant. Elle le salua poliment. Plus jeune, elle avait de la peine avec lui, son côté marchand, chef d’entreprise, très orienté sur ses chiffres et intérêts lui avait déplut. Ce n’était pas une mentalité qu’on inculquait aux combattants. Plus tard, elle se rendit compte que sans lui, les illuminés rêveurs qu’ils étaient aurait périt faute de moyen. Elle lui devait le respect et le lui offrait désormais très volontiers.

« Tori, merci d’être venue rapidement. J’ai demandé tes services à Brim’na. J’ai besoin de toi et de tes capacités un peu spéciales. Je m’intéresse à une entreprise asari : La Lumiena Corporation. »

Il marqua une pause, Tori secoua la tête pour indiquer qu'elle ne connaissait pas cette corporation.

« L’entreprise ne m’intéresse pas en elle-même, mais plutôt sa dirigeante, Beeythia Moraios. C’est une jeune asari qui l’année passée en a repris la gestion suite à un scandale. »
Il agita une main agacée. « Corruption blanchiment d’argent, rien de surprenant pour Illum, mais fâcheux. Ce qui peut servir l’intérêt de personnes comme nous. Je n’ai fait aucune démarche officielle, car j’estime qu’une approche plus … subtile nous serait sans doute plus favorable. »

« Voici ton billet pour Illium, voit ce que tu peux tirer de cette Moraios. »


« Bien. »


# début janvier 2203
# Illium

Elle qui parlait de mission d’observation, la voici servie. Elle bailla dans ses jumelles. Elle avait pris soins de bien s’éloigner et d’éviter tout piratage, d’une installation d’un QG aussi important pour éviter de griller ses chances. Il ne fallait pas qu'elle se sente oppressée ou observée si elle le faisait de trop près. Son but était simple, repérer quelques habitudes de sa cible pour l’aborder au moment le plus opportun. Cela lui permettait aussi de se fondre dans la foule et de développer des habitudes et repères. Aussi fréquenta-t-elle bar et magasins comme toute bonne touriste ferait.


#7 Janvier 2203, en soirée.
# Illium

Elle sortit de sa douche et acheva d’essuyer ses écailles. Quelques instants plus tard, elle enfila une tenue décontractée et très étudiée. Pas de robe aguicheuse, la séduction ne faisait pas partie de son plan de base. Cela restait une option, a priori, mais professionnellement, elle détestait pousser ce genre d’action plus loin qu’un peu d’aguichage. Elle enfila t-shirt très court et vaporeux qui dévoilait son ventre. Eh, quand on a un superbe ventre d'athlète, il faut savoir le montrer. Avec cela, un pantalon, moulant qui était muni de bretelle. L’ensemble était moderne et l’avantage des bretelles, c’est qu’elles maintenaient un minimum le t-shirt plaqué sur sa poitrine. C’est pas parce qu’elle était aussi plate qu’une planche qu’il fallait tout montrer. Elle s’observa dans le miroir, bon, ça va, elle avait une tête potable. Elle accrocha son holster de cuisse. Un accessoire aussi décoratif qu’utile. Elle y ajouta un sac à main, a priori, super à la mode selon la vendeuse qui le lui avait vendu. Ces trucs de … fille, pouah. Les chaussures maintenant, talon, ou pas, non… bah, les bottes à talon plat feront très bien l’affaire. Un manteau par-dessus le tout, elle tourna sur elle-même. Apparence soignée, c’était fait. Elle sortit de son hôtel, confiante, et consulta l’heure.

Elle avait le temps. Et en effet, elle poireauta un moment avant d’apercevoir la silhouette convoitée avancer dans sa direction. Elle attendit, bien discrètement dissimulée dans un coin d’allée. Le camouflage naturel faisait partie de ses talents plutôt innés.

Elle ne put s’empêcher de trouver, de près, l’asari charismatique. Elle avait une peau absolument magnifique. Sa tenue de travail plutôt formelle n’entachait pas ce sexappeal qu’on les bleutées. Elle lui emboita pas, rapidement et du presser l’allure. C’est qu’elle avançait vite ! Sa main à quatre doigts avança délicatement et saisi l’épaule de l’asari pour infléchir sa course.

« Beeythia ! »
S’exclama-telle d’un ton tout à fait naturel et amical. Histoire d’éviter de se manger une baffe d’entrée de jeu.

Une fois le regard émeraude posé sur elle, elle lui sourit largement. Sa main a bien évidemment quitté l'épaule sans brusquerie.

« Quelle heureuse surprise que de vous rencontrer là ! Enfin… » Elle émit un rire léger et chantant. « … je crois que ce n’est pas si surprenant puisque nous ne sommes pas si loin de votre lieu de travail. Je ne sais pas si vous vous souvenez de moi, Tori Jorunn. Je ne pense pas… on s’est vue si rapidement à ce colloque… » Elle a un mouvement de main délicat, contrit. « Après tout, vous avez l’avantage de vivre des siècles, mais vous n’avez pas la mémoire d’une drelle. »

Elle tapote sa tempe, le trait d’humour n’est pas forcé et a l’air de l’amuser.

« J’étais ici pour un contrat et je profite maintenant d’un peu de temps libre. Ça vous dirait d’aller boire un verre avec moi ou souper ? Je dois avouer… bien que ce ne soit pas très bienséant, que j’ai toujours rêvé de pouvoir faire un peu plus connaissance. »


Les doubles paupières clignes, elle joue distraitement d’une main avec son sac à main.

« C’est pour cela que quand je vous ai vue, je me suis permise de vous alpaguer. J’espère que vous me pardonnerez l'offense et que l’offre vous tente ? »

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MessageSujet: Re: Qui ne tente rien n’a rien   Lun 08 Jan 2018, 17:49
Les mains enfoncées dans mes profondes poches de mon long manteau, je marchais dans une rue éloignée d’une centaine de mètres du siège de la Lumiena. Celle-ci, particulièrement large et illuminée, traversait tout un quartier comblé de boutiques en tout genre. Un amas cosmopolite de personne déambulait et, sans être trop serré, je devais bien faire attention où je posais mes pieds. Les vitrines projetaient des couleurs chaudes et d’agréables senteurs venaient titiller mes narines. Les fêtes étaient maintenant finies mais l’effervescence continuait toujours pendant une à deux semaines sur Illium. Je soufflais, exténuée et en proie à un lancinant mal de tête battant derrière mes yeux. Mes paupières étaient d’ailleurs fermées à moitié pour voir que ce qu’il était nécessaire de voir. 
 
Sale journée ! Si elle avait commencé de la meilleure des manières, un café chaud pour braver la fraîcheur du matin et la bonne humeur au visage, j’avais ensuite appris qu’une série entière d’armes possédait un défaut de fabrication particulièrement grave. Un défaut qui empêchait l’arme d’être utilisée sans risque pour le porteur. Par la suite, les réunions de crise s’étaient enchainées : rappel des armes en urgence grâce au carnet des ventes, communications d’avertissement sur toutes les plateformes disponibles et j’avais insisté pour la mise en place d’une politique d’indemnisation protectrice des clients lésés malgré quelques réticences du conseil d’administration qui préférait se contenter du minimum. Il faudrait ensuite réparer les dégâts, rechercher l’origine de la dysfonction, se déplacer sur les usines concernées… Bref, je n’étais pas prête de voir la fin de cette affaire. C’était une importante perte pour la Lumiena et le genre de nouvelles sur l’entreprise dont tout le monde se serait volontiers passé, moi la première ! . Au rythme du sang battant dans mes oreilles, les remarques fusaient encore dans mon esprit : « Et comment on a pu laisser passer ça ?! » ; « Qu’est-ce que nos ingénieurs, payés grassement – grâce à vous, Madame Moraios – ont foutu pour nous laisser cette merde ? ». Je bouillais intérieurement. Il fallait qu’ils trouvent un bouc émissaire et j’étais sans doute la cible la plus facile, eux qui n’avaient sérieusement pris aucune décision. Je ne me laisserai pas faire ! 
 
Je secouais doucement la tête pour chasser tout ça et m’éviter une dure migraine persistante cette nuit. Je ralentis ma marche, plus attentive à ce qui m’entourait. Les odeurs, les couleurs – tant qu’elles n’étaient pas trop flamboyantes –, les paroles et quelques chants, au loin. Je m’arrêtais devant plusieurs vitrines, étincelantes. Des robes, des parures, des manteaux. D’un sourire entendu avec moi-même, je rentrais dans l’une de ces boutiques luxueuses par ailleurs et craquait pour l’une des magnifiques tenues. Cintrée, bleu nuit, j’écoutais les conseils de la vendeuse aux petits soins qui trouvait cela « harmonieux ». A défaut de l’être, elle me plaisait et je repartis, les yeux toujours semi-ouverts mais joyeuse d’avoir plus retirer quelque chose de plaisant de cette journée harassante. 
 
Mon sac dans une main, une viennoiserie dans l’autre et un bonnet fixé sur ma tête, je continuais ma route vers mon appartement. Légèrement revigorée, ces soirées étaient toujours agréables. Les sourires sur les visages étrangers, les enfants surexcités, les artistes de rues, tout contribuait à cette ambiance doucereuse. C’était même presque inhabituel pour Illium ! 
Cette soirée prit une tournure encore plus mémorable lorsqu’une main se posa sur mon épaule et qu’un « Beeythia » résonna derrière moi alors que je venais de passer, d’un pas léger, une allée sombre perpendiculaire à la rue. Je fus assez surprise sur le coup, de sorte que ma viennoiserie tomba sans ménagement de ma main. Presque personne ne m’appelait Beeythia sur Illium hormis quelques amis très proches. Souriante, je me retournais. C’était sans doute l’un d’eux venu comme moi ce soir ! D’un mouvement peu rapide, eu égard à ma pauvre tête, je finis donc par faire face à l’inconnu pour voir… une drelle ! Je ne pus tenir le sourire plus long et j’écarquillais les yeux se qui eut pour effet de déclencher une onde tellurique qui déchira l’intérieur de mon front. Malgré tout, cette personne paraissait amicale tant un joli sourire barrait son visage que je trouvais fin. Si elle était surprise de me rencontrer, je l’étais encore plus ! Je… ne savais même pas qui c’était ! Je baissais les yeux sur la personne. Sa tenue… moulante laissait entrevoir un corps très musclé mais gracieux. Sa peau était d’une émeraude saisissant et sa voix paraissait chaleureuse dotée d’uniques sonorités drelles. A son écoute, je finis par me détendre un peu et resserrait mon manteau, une grippe n’était pas la bienvenue. 
 
« Je… hum… Non, je suis vraiment désolée, je ne me souviens pas de vous, non… Désolée... ». 

C’était une position gênante pour moi. Ma voix s'était faite toute petite. J’avais l’impression que si elle se rappelait de moi, le respect que je lui devais était de se rappeler d’elle et… je n’y parvenais pas. Je laisse échapper un sourire amusé à l’humour de cette amicale drelle. 

« Je… je ne sais pas. Pourquoi pas. » 

Le mal de tête vrillait toujours et se déplaçait doucement, comme un lion en cage. Je massais doucement ma tempe avec la main libre, puisque la pauvre viennoiserie était maintenant par terre. Tant pis, la jeune femme paraissait agréable et je ne pouvais me résoudre à lui refuser cela après avoir été si irrespectueuse… Je prendrais sur moi. 
 
« Vous connaissez une adresse particulière ? » Elle parut acquiescer. Je marquais une pause, impressionnée. « Vous… rêviez de faire ma connaissance ? » C’était… vraiment surprenant ! « M’alpaguer… » laissais-je passer dans un souffle. Je ne savais même pas ce que signifiait ce mot et le notait dans un coin de ma tête. « Eh bien… Allons-y alors. Je vous suis. ». Je concluais d'une voix plus légère, moins crispée. J'adorais toujours découvrir une nouvelle personne !
 
Voilà un changement de soirée plus… radical. 


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MessageSujet: Re: Qui ne tente rien n’a rien   Lun 08 Jan 2018, 23:11
Sa proie avait été très rapidement ferrée. Elle avait dû largement gagné en compétence de comédienne depuis le temps. Il faut dire, que depuis 2195 et sa promotion, il s’était écoulé plusieurs années. Bientôt dix ans. Le sentiment vaguement nostalgique qu’elle avait ressenti quelques jours plus tôt revint à la charge. Une douce mélopée dans son esprit qu’elle chassa pour se concentrer sur le moment présent. Elle avait réfléchit rapidement et s’était dit qu’un restaurant sympathique, de qualité sans être trop huppé, pourrait être parfait. Heureusement qu’elle connaissait Illium et qu’elle avait fait ces repérages. Un travail préparé rend une mission bien plus facile. Elle ne put s’empêcher de la trouver particulièrement adorable.

« Oui, j’avais trouvé votre participation particulièrement intéressante. Naturellement, j’ai eu envie d’avoir le privilège d’approfondir cette rencontre au-delà des minutes qu’elle a brièvement compté lorsque nous nous sommes rencontrées. Je suis assez curieuse et j’aime autant découvrir des individus que la cuisine. »

L’once de soulagement, saupoudrée de ravissement n’était pas tout à fait feinte. Elle était heureuse que la discussion se profile de manière aussi prometteuse. Elle aurait eu plus de chance de se faire envoyer paître et elle était reconnaissante envers la politesse de son invitée.

« Ce n’est pas très loin, c’est un restaurant que j’ai essayé une fois et que j’avais envie de découvrir plus en profondeur. Ma première impression avait été largement positive. »

En effet, à peine quelques minutes plus tard, elles se trouvèrent face à une devanture. La vitrine promettait un cadre moderne et le lieu n’était pas bondé. Ce qui serait plus agréable pour discuter. Elle entra en premier et annonça au serveur qui la réceptionna, qu’elles étaient deux. Il les plaça dans la salle et elles purent s’assoir et tomber les manteaux. La drelle était en effet joliment apprêtée. Ses muscles fuselés dessinaient les courbures de son corps et aucune graisse superflue ne venait gâcher l’allure sportive. Les lumières du restaurant réfléchissaient doucement sur la peau écailleuse, lui donnant des reflets irisés selon le spot qui les éclairait. Elle ne correspondait, outre cela, pas du tout aux standards de la galaxie, aucune rondeur féminine n’était à déclarer. Si elle n’avait pas sa tenue, ses bracelets et sa corpulence plus fine, quelqu’un de peu connaisseur pourrait la prendre pour un mâle.


« L’année passée, vous aviez visiblement beaucoup de projets, se sont-ils réalisés ? »

Elle posa la question en feuilletant le menu, la question a été posée de manière banale. La réponse cela dit l’intéressait beaucoup. Elle affichait toujours une expression agréable. Pourtant sa cervelle fonctionnait aussi vite que possible. Les grands yeux sombres l’observait parfois à la dérobée. Elle savait qu’il était généralement difficilement pour les autres espèces de tout à fait décrypter leurs langages non-verbaux. Le peu de drell qui existaient dans cette galaxie et leur principale localisation dans les mondes hanaris, faisait que cette expérience était trop peu courante. Un drell aurait pu lire un peu de nervosité en fonction de la position de ses mandibules. Heureusement, ses lèvres fendues qui s’éclairaient d’un sourire ingénu, était le seul message réellement compréhensible pour l’asari.

« Par les Trois, je suis vraiment heureuse que vous ayez accepté ce repas avec la presque inconnue que je suis. Qu’est-ce que vous désirez boire ? »

« Il est évident que je vous invite, commandez ce qu’il vous plaira ! »


Elle savait pour sa part déjà ce qu’elle voulait prendre. Hm. Leurs viandes rôties étaient absolument divines et par Amonkira, elle en salivait d’avance. Le regard brillant et gourmand n’avait pas dû être feint quand elle avait survolé la carte. Quand on pouvait allier travail et plaisir, il ne fallait pas se priver, n’est-ce pas ?
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MessageSujet: Re: Qui ne tente rien n’a rien   Mer 10 Jan 2018, 00:54
Le sac que je tenais toujours en main tapait par à-coups contre ma jambe gauche alors que nous marchions vers le restaurant dont la jeune Drelle parlait. Le ton chaleureux qui me parvenait me permit de gagner en assurance et de passer outre cette arrivée inattendue.

« La cuisine ! Nous avons là un point commun ! » repris-je en riant. « Malheureusement… je ne me souviens pas de ma participation qui vous a retenue. Mais je serais ravie de pouvoir en discuter avec vous ! J’espère que vous me… pardonnez, Madame Jorunn. » dis-je en continuant de sourire.

La route ne fut pas longue et était emplie des mêmes sensations que tout à l’heure. L’endroit où nous nous trouvions rassemblait plus de restaurants, ainsi plus d’odeurs venaient subtilement – ou non – se mélanger. Je décelais une odeur de poulet curry particulièrement alléchante, un peu plus loin, c’était des fritures. Le sol récemment mouillé par la pluie faisait résonner nos pas de petits “shlacs“ légers et reflétait les devantures illuminées. Aussi beau que cela pouvait être, je continuais d’éviter d’exposer mes yeux à de trop grandes sources lumineuse et je me repérais à la silhouette de Tori non loin.
Le restaurant, quoique standard, promettait une douce soirée et la décoration épurée lui seyait à merveille. Je grinçais des dents lorsque de petits clochettes vinrent tinter d’un son aigu lorsque nous passâmes la porte et pouvoir enfin m’asseoir eut pour effet une réelle sensation de bien-être pour mes jambes lourdes. Il faisait chaud à l’intérieur, c’était une note agréable par rapport la température extérieure de cette soirée et je quittais maladroitement mon manteau pour le laisser sur le dossier de la chaise. Le sac était posé sur la gauche, sous la table.

« Une année remplie, oui, vous avez raison. Ça n’a pas été facile mais j’ai enfin pu convaincre les têtes de l’entreprise pour améliorer le traçage de nos produits. Je n’ai absolument pas envie qu’ils tombent entre de mauvaises mains… » Ce n’était pas une information cruciale et cela ne me dérangeait pas, au contraire, qu’elle fut connue de tous. J’avais mis un point d’honneur à ce que la transparence de la Lumiena soit exemplaire. « Et nous avons mis en place un programme de financement des études supérieures pour les plus défavorisés, sans distinction d’ethnie ou d’origine. J’en suis… assez fière, je dois dire ! Ce sont les deux projets qui me tenait le plus à cœur. » Et c’était vrai. Pouvoir offrir un tremplin professionnel – et bénéfique pour le développement personnel – à des jeunes qui souhaitaient faire de la recherche leur passion m’avait emplie de joie et je n’avais d’ailleurs pas pu retenir quelques larmes alors que nous avions distribué les premières bourses d’études.

« Je parle trop... je sais... Et vous donc plutôt ? Je n’en sais pas beaucoup, si ça n’est pas indiscret de ma part bien sûr. » rajoutais-je sur un ton neutre mais intéressé. C’était toujours flatteur de rencontrer une personne qui appréciait nos travaux ! Le sourire sur les lèvres de la Drelle eut pour effet de me rassurer une nouvelle fois. Ç’aurait été stupide de ma part de la vexer…

Une sensation de chaleur m’envahit. « J-Je… ne sais pas vraiment quoi vous dire… Merci beaucoup ! » dis-je avec humilité. « Mais sachez que ça me rend heureuse aussi et c’est hors de question ! Je vous invite et vous n’avez pas votre mot à dire ! » m’exclamais-je avec une fausse fermeté amusée.

Le serveur, un humain, choisit ce moment pour arriver, d’un pas feutré, vers notre table. Il était tiré à quatre épingles dans un smoking parfait : un pantalon et un gilet noir qui recouvrait une chemise parfaitement blanche, retroussée aux coudes et conclue par un nœud papillon. « Vous avez choisi ? » demanda-t-il d’une voix respectueuse teinté d’un léger accent dont je ne connaissais pas l’origine. J’acquiesçais doucement et laissait le soin à Tori de s’exprimer avant de le faire moi-même. « Et nous prendrons deux coupes de champagnes également. Merci ! »

Celles-ci ne tardèrent pas à arriver dans l’attente des plats choisis. Etouffé par une porte à double battant, on entendait parfois le cuisinier et ses commis brailler quelque chose dans un arrière-plan d’une musique d’ambiance à peine audible.

« A votre santé, Madame Jorunn ! » lançais-je en levant mon verre.


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MessageSujet: Re: Qui ne tente rien n’a rien   Ven 12 Jan 2018, 00:26
« Je ne connais pas parfaitement les coutumes asaris. Cependant, chez moi, lorsque l’on est invité… il n’est pas bien vu d’aller contre cet honneur. Ayant la primauté de ce souhait, sans vouloir me montrer autoritaire, l’addition me revient. Une aussi jolie dame que vous devrait avoir l’habitude de se faire inviter, hm ? »

Le regard de la créature reptilienne la fixa pendant une poignée de seconde qui fila lourdement. Il ne semblait y avoir aucune fausse fermeté dans la déclaration. Son ton n’était pas hostile ou agressif, mais il ne souffrait d’aucune protestation. Les mots prononcés dans le calme le plus complet sont souvent ceux qui ont le plus de poids.

« Quoique vous êtes peut-être trop jolie et vous intimidez trop vos prétendants pour qu'ils osent le faire ? Ah. Je vous taquine, j'arrête... ce n'est pas gentil. »


Elle rit. Le sourire et la détente débonnaire de la drelle ne semblent pas avoir été entachés.

« A votre santé. »

Elle leva le verre puis le porta à ses lèvres. La première gorgée lui tira une petite exclamation. Elle avait oublié à quel point ce genre de boisson gazeuse, pétillante, piquait le nez. Sa main se porta à son museau qu’elle frotta. Elle ne savait pas si les autres espèces avaient ce genre de désagréments naseaux au niveau de la structure osseuse de leur visage. Peut-être était-ce même une exception parmi les siens, elle n’avait jamais posé la question. Ce n'était pas très important, elle décida plutôt de tirer avantage de sa grimace.

« Oups, j’avais oublié que ça piquait le nez ce genre de boisson. »

Quelques pitreries détendent toujours l’atmosphère, autant profiter de son inattention. Elle avait envie de passer une agréable soirée malgré tout. Elle était là pour le travail, mais il n’était pas impossible de joindre l’utile à l’agréable. En tout cas, c’est ce que dit un proverbe.

« Mon année a été plutôt chargée. »
Elle agita une main désinvolte. En quelques flashs elle pouvait distinctement revivre certains des moments. La petite asari n'avait certainement pas envie de savoir comment elle avait fait exploser la cervelle d'untel, ni même à quel point la diplomatie avec les hanaris est compliquée. Peut-être pourrait-elle lui parler de Lasjae, une mission d'exploration, cela vend toujours du rêve. « Mon patron avait hésité à investir auprès de votre entreprise, mais avait été quelque peu refroidis par vos soucis... La nouvelle d’un traçage agrémentera peut-être son humeur, je lui en toucherai un mot. Mais est-il vraiment fiable ? »

« J’ai toujours eu l’impression que ce genre de mesure c’était un peu une quête utopique. Pas qu’il ne faille pas s’y atteler, car c’est important, mais dans la finalité, un petit malin trouvera tout de même le moyen de le détourner, contourner… »

« Pardon, ma nature d’espèce en voie d’extinction me rend parfois un peu pessimiste. Mais je crois que voici nos plats qui arrivent. Voilà qui va remonter sérieusement le moral ! »


En effet, deux plats fumants furent bientôt posés devants les deux clientes. Le serveur bien que professionnel, ne put s’empêcher de dévisager la drelle. Si elle avait voulu augmenter l’effet tragique de sa précédente déclaration, elle ne s’y serait pas mieux prise. Sa besogne terminée, il dut heureusement s’éloigner et la drelle soupira ostensiblement. Même si elle était habituée à ce genre de réaction, cela l’agaçait toujours. A sa décharge, on croisait peu de drells dans cette galaxie, déjà parce qu’ils étaient peu nombreux, ensuite parce qu’ils se concentraient aux mondes hanaris. Quelques spécimens erraient librement, les autres évoluent en toute discrétion. En faisant partie des rares personnages publique, elle faisait naturellement partie de cette catégorie qui se fait voir. Elle aurait donc dû être habituée à ce genre de regard étonné. Après tout, dans quelques temps, il était bien possible que les seuls spécimens visible soient derrière les vitrines d’un musée, en holo ou empaillé.

Elle observa son assiette, une viande rôtie garnie de nombreux légumes. Le fumeux lui permettait déjà de dire qu’elle ne serait pas déçue par le gout. Miam !

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