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  Qui ne tente rien n’a rien

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MessageSujet: Qui ne tente rien n’a rien   Lun 08 Jan 2018, 02:00
Intervention MJ : NonDate : 7 Janvier 2203RP Tout public
Beeythia Moraios ♦ Tori Jorunn
Qui ne tente rien n’a rien



#Fin décembre 2202
# Ehra

La drelle s’étira, quel ennui ces convocations. La voilà qui se faisait vieille et ne gambadait plus à chaque éventuelle mission qu’on lui confiait, certainement, parce que ses missions étaient plus … tranquille. Oh, il y en avait des sacrements corsées, puisqu’elle faisait partie de l’élite désormais, mais les petites missions lui manquaient un peu. L’action constante, l'adrénaline à chaque sortie, même si cela voulait dire attendre des heures à observer un fichu entrepôt, pour au final ne pas mener d’assaut. Ah, les frustrations de la jeunesse.

Derrière la porte, ce n’est pas Brim’na qu’elle retrouva mais Lour Denka. Elle le trouva amaigri, il n’était pas compliqué pour elle de faire appel à sa mémoire pour avoir une image parfait d’avant. Elle le salua poliment. Plus jeune, elle avait de la peine avec lui, son côté marchand, chef d’entreprise, très orienté sur ses chiffres et intérêts lui avait déplut. Ce n’était pas une mentalité qu’on inculquait aux combattants. Plus tard, elle se rendit compte que sans lui, les illuminés rêveurs qu’ils étaient aurait périt faute de moyen. Elle lui devait le respect et le lui offrait désormais très volontiers.

« Tori, merci d’être venue rapidement. J’ai demandé tes services à Brim’na. J’ai besoin de toi et de tes capacités un peu spéciales. Je m’intéresse à une entreprise asari : La Lumiena Corporation. »

Il marqua une pause, Tori secoua la tête pour indiquer qu'elle ne connaissait pas cette corporation.

« L’entreprise ne m’intéresse pas en elle-même, mais plutôt sa dirigeante, Beeythia Moraios. C’est une jeune asari qui l’année passée en a repris la gestion suite à un scandale. »
Il agita une main agacée. « Corruption blanchiment d’argent, rien de surprenant pour Illum, mais fâcheux. Ce qui peut servir l’intérêt de personnes comme nous. Je n’ai fait aucune démarche officielle, car j’estime qu’une approche plus … subtile nous serait sans doute plus favorable. »

« Voici ton billet pour Illium, voit ce que tu peux tirer de cette Moraios. »


« Bien. »


# début janvier 2203
# Illium

Elle qui parlait de mission d’observation, la voici servie. Elle bailla dans ses jumelles. Elle avait pris soins de bien s’éloigner et d’éviter tout piratage, d’une installation d’un QG aussi important pour éviter de griller ses chances. Il ne fallait pas qu'elle se sente oppressée ou observée si elle le faisait de trop près. Son but était simple, repérer quelques habitudes de sa cible pour l’aborder au moment le plus opportun. Cela lui permettait aussi de se fondre dans la foule et de développer des habitudes et repères. Aussi fréquenta-t-elle bar et magasins comme toute bonne touriste ferait.


#7 Janvier 2203, en soirée.
# Illium

Elle sortit de sa douche et acheva d’essuyer ses écailles. Quelques instants plus tard, elle enfila une tenue décontractée et très étudiée. Pas de robe aguicheuse, la séduction ne faisait pas partie de son plan de base. Cela restait une option, a priori, mais professionnellement, elle détestait pousser ce genre d’action plus loin qu’un peu d’aguichage. Elle enfila t-shirt très court et vaporeux qui dévoilait son ventre. Eh, quand on a un superbe ventre d'athlète, il faut savoir le montrer. Avec cela, un pantalon, moulant qui était muni de bretelle. L’ensemble était moderne et l’avantage des bretelles, c’est qu’elles maintenaient un minimum le t-shirt plaqué sur sa poitrine. C’est pas parce qu’elle était aussi plate qu’une planche qu’il fallait tout montrer. Elle s’observa dans le miroir, bon, ça va, elle avait une tête potable. Elle accrocha son holster de cuisse. Un accessoire aussi décoratif qu’utile. Elle y ajouta un sac à main, a priori, super à la mode selon la vendeuse qui le lui avait vendu. Ces trucs de … fille, pouah. Les chaussures maintenant, talon, ou pas, non… bah, les bottes à talon plat feront très bien l’affaire. Un manteau par-dessus le tout, elle tourna sur elle-même. Apparence soignée, c’était fait. Elle sortit de son hôtel, confiante, et consulta l’heure.

Elle avait le temps. Et en effet, elle poireauta un moment avant d’apercevoir la silhouette convoitée avancer dans sa direction. Elle attendit, bien discrètement dissimulée dans un coin d’allée. Le camouflage naturel faisait partie de ses talents plutôt innés.

Elle ne put s’empêcher de trouver, de près, l’asari charismatique. Elle avait une peau absolument magnifique. Sa tenue de travail plutôt formelle n’entachait pas ce sexappeal qu’on les bleutées. Elle lui emboita pas, rapidement et du presser l’allure. C’est qu’elle avançait vite ! Sa main à quatre doigts avança délicatement et saisi l’épaule de l’asari pour infléchir sa course.

« Beeythia ! »
S’exclama-telle d’un ton tout à fait naturel et amical. Histoire d’éviter de se manger une baffe d’entrée de jeu.

Une fois le regard émeraude posé sur elle, elle lui sourit largement. Sa main a bien évidemment quitté l'épaule sans brusquerie.

« Quelle heureuse surprise que de vous rencontrer là ! Enfin… » Elle émit un rire léger et chantant. « … je crois que ce n’est pas si surprenant puisque nous ne sommes pas si loin de votre lieu de travail. Je ne sais pas si vous vous souvenez de moi, Tori Jorunn. Je ne pense pas… on s’est vue si rapidement à ce colloque… » Elle a un mouvement de main délicat, contrit. « Après tout, vous avez l’avantage de vivre des siècles, mais vous n’avez pas la mémoire d’une drelle. »

Elle tapote sa tempe, le trait d’humour n’est pas forcé et a l’air de l’amuser.

« J’étais ici pour un contrat et je profite maintenant d’un peu de temps libre. Ça vous dirait d’aller boire un verre avec moi ou souper ? Je dois avouer… bien que ce ne soit pas très bienséant, que j’ai toujours rêvé de pouvoir faire un peu plus connaissance. »


Les doubles paupières clignes, elle joue distraitement d’une main avec son sac à main.

« C’est pour cela que quand je vous ai vue, je me suis permise de vous alpaguer. J’espère que vous me pardonnerez l'offense et que l’offre vous tente ? »

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MessageSujet: Re: Qui ne tente rien n’a rien   Lun 08 Jan 2018, 17:49
Les mains enfoncées dans mes profondes poches de mon long manteau, je marchais dans une rue éloignée d’une centaine de mètres du siège de la Lumiena. Celle-ci, particulièrement large et illuminée, traversait tout un quartier comblé de boutiques en tout genre. Un amas cosmopolite de personne déambulait et, sans être trop serré, je devais bien faire attention où je posais mes pieds. Les vitrines projetaient des couleurs chaudes et d’agréables senteurs venaient titiller mes narines. Les fêtes étaient maintenant finies mais l’effervescence continuait toujours pendant une à deux semaines sur Illium. Je soufflais, exténuée et en proie à un lancinant mal de tête battant derrière mes yeux. Mes paupières étaient d’ailleurs fermées à moitié pour voir que ce qu’il était nécessaire de voir. 
 
Sale journée ! Si elle avait commencé de la meilleure des manières, un café chaud pour braver la fraîcheur du matin et la bonne humeur au visage, j’avais ensuite appris qu’une série entière d’armes possédait un défaut de fabrication particulièrement grave. Un défaut qui empêchait l’arme d’être utilisée sans risque pour le porteur. Par la suite, les réunions de crise s’étaient enchainées : rappel des armes en urgence grâce au carnet des ventes, communications d’avertissement sur toutes les plateformes disponibles et j’avais insisté pour la mise en place d’une politique d’indemnisation protectrice des clients lésés malgré quelques réticences du conseil d’administration qui préférait se contenter du minimum. Il faudrait ensuite réparer les dégâts, rechercher l’origine de la dysfonction, se déplacer sur les usines concernées… Bref, je n’étais pas prête de voir la fin de cette affaire. C’était une importante perte pour la Lumiena et le genre de nouvelles sur l’entreprise dont tout le monde se serait volontiers passé, moi la première ! . Au rythme du sang battant dans mes oreilles, les remarques fusaient encore dans mon esprit : « Et comment on a pu laisser passer ça ?! » ; « Qu’est-ce que nos ingénieurs, payés grassement – grâce à vous, Madame Moraios – ont foutu pour nous laisser cette merde ? ». Je bouillais intérieurement. Il fallait qu’ils trouvent un bouc émissaire et j’étais sans doute la cible la plus facile, eux qui n’avaient sérieusement pris aucune décision. Je ne me laisserai pas faire ! 
 
Je secouais doucement la tête pour chasser tout ça et m’éviter une dure migraine persistante cette nuit. Je ralentis ma marche, plus attentive à ce qui m’entourait. Les odeurs, les couleurs – tant qu’elles n’étaient pas trop flamboyantes –, les paroles et quelques chants, au loin. Je m’arrêtais devant plusieurs vitrines, étincelantes. Des robes, des parures, des manteaux. D’un sourire entendu avec moi-même, je rentrais dans l’une de ces boutiques luxueuses par ailleurs et craquait pour l’une des magnifiques tenues. Cintrée, bleu nuit, j’écoutais les conseils de la vendeuse aux petits soins qui trouvait cela « harmonieux ». A défaut de l’être, elle me plaisait et je repartis, les yeux toujours semi-ouverts mais joyeuse d’avoir plus retirer quelque chose de plaisant de cette journée harassante. 
 
Mon sac dans une main, une viennoiserie dans l’autre et un bonnet fixé sur ma tête, je continuais ma route vers mon appartement. Légèrement revigorée, ces soirées étaient toujours agréables. Les sourires sur les visages étrangers, les enfants surexcités, les artistes de rues, tout contribuait à cette ambiance doucereuse. C’était même presque inhabituel pour Illium ! 
Cette soirée prit une tournure encore plus mémorable lorsqu’une main se posa sur mon épaule et qu’un « Beeythia » résonna derrière moi alors que je venais de passer, d’un pas léger, une allée sombre perpendiculaire à la rue. Je fus assez surprise sur le coup, de sorte que ma viennoiserie tomba sans ménagement de ma main. Presque personne ne m’appelait Beeythia sur Illium hormis quelques amis très proches. Souriante, je me retournais. C’était sans doute l’un d’eux venu comme moi ce soir ! D’un mouvement peu rapide, eu égard à ma pauvre tête, je finis donc par faire face à l’inconnu pour voir… une drelle ! Je ne pus tenir le sourire plus long et j’écarquillais les yeux se qui eut pour effet de déclencher une onde tellurique qui déchira l’intérieur de mon front. Malgré tout, cette personne paraissait amicale tant un joli sourire barrait son visage que je trouvais fin. Si elle était surprise de me rencontrer, je l’étais encore plus ! Je… ne savais même pas qui c’était ! Je baissais les yeux sur la personne. Sa tenue… moulante laissait entrevoir un corps très musclé mais gracieux. Sa peau était d’une émeraude saisissant et sa voix paraissait chaleureuse dotée d’uniques sonorités drelles. A son écoute, je finis par me détendre un peu et resserrait mon manteau, une grippe n’était pas la bienvenue. 
 
« Je… hum… Non, je suis vraiment désolée, je ne me souviens pas de vous, non… Désolée... ». 

C’était une position gênante pour moi. Ma voix s'était faite toute petite. J’avais l’impression que si elle se rappelait de moi, le respect que je lui devais était de se rappeler d’elle et… je n’y parvenais pas. Je laisse échapper un sourire amusé à l’humour de cette amicale drelle. 

« Je… je ne sais pas. Pourquoi pas. » 

Le mal de tête vrillait toujours et se déplaçait doucement, comme un lion en cage. Je massais doucement ma tempe avec la main libre, puisque la pauvre viennoiserie était maintenant par terre. Tant pis, la jeune femme paraissait agréable et je ne pouvais me résoudre à lui refuser cela après avoir été si irrespectueuse… Je prendrais sur moi. 
 
« Vous connaissez une adresse particulière ? » Elle parut acquiescer. Je marquais une pause, impressionnée. « Vous… rêviez de faire ma connaissance ? » C’était… vraiment surprenant ! « M’alpaguer… » laissais-je passer dans un souffle. Je ne savais même pas ce que signifiait ce mot et le notait dans un coin de ma tête. « Eh bien… Allons-y alors. Je vous suis. ». Je concluais d'une voix plus légère, moins crispée. J'adorais toujours découvrir une nouvelle personne !
 
Voilà un changement de soirée plus… radical. 


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MessageSujet: Re: Qui ne tente rien n’a rien   Lun 08 Jan 2018, 23:11
Sa proie avait été très rapidement ferrée. Elle avait dû largement gagné en compétence de comédienne depuis le temps. Il faut dire, que depuis 2195 et sa promotion, il s’était écoulé plusieurs années. Bientôt dix ans. Le sentiment vaguement nostalgique qu’elle avait ressenti quelques jours plus tôt revint à la charge. Une douce mélopée dans son esprit qu’elle chassa pour se concentrer sur le moment présent. Elle avait réfléchit rapidement et s’était dit qu’un restaurant sympathique, de qualité sans être trop huppé, pourrait être parfait. Heureusement qu’elle connaissait Illium et qu’elle avait fait ces repérages. Un travail préparé rend une mission bien plus facile. Elle ne put s’empêcher de la trouver particulièrement adorable.

« Oui, j’avais trouvé votre participation particulièrement intéressante. Naturellement, j’ai eu envie d’avoir le privilège d’approfondir cette rencontre au-delà des minutes qu’elle a brièvement compté lorsque nous nous sommes rencontrées. Je suis assez curieuse et j’aime autant découvrir des individus que la cuisine. »

L’once de soulagement, saupoudrée de ravissement n’était pas tout à fait feinte. Elle était heureuse que la discussion se profile de manière aussi prometteuse. Elle aurait eu plus de chance de se faire envoyer paître et elle était reconnaissante envers la politesse de son invitée.

« Ce n’est pas très loin, c’est un restaurant que j’ai essayé une fois et que j’avais envie de découvrir plus en profondeur. Ma première impression avait été largement positive. »

En effet, à peine quelques minutes plus tard, elles se trouvèrent face à une devanture. La vitrine promettait un cadre moderne et le lieu n’était pas bondé. Ce qui serait plus agréable pour discuter. Elle entra en premier et annonça au serveur qui la réceptionna, qu’elles étaient deux. Il les plaça dans la salle et elles purent s’assoir et tomber les manteaux. La drelle était en effet joliment apprêtée. Ses muscles fuselés dessinaient les courbures de son corps et aucune graisse superflue ne venait gâcher l’allure sportive. Les lumières du restaurant réfléchissaient doucement sur la peau écailleuse, lui donnant des reflets irisés selon le spot qui les éclairait. Elle ne correspondait, outre cela, pas du tout aux standards de la galaxie, aucune rondeur féminine n’était à déclarer. Si elle n’avait pas sa tenue, ses bracelets et sa corpulence plus fine, quelqu’un de peu connaisseur pourrait la prendre pour un mâle.


« L’année passée, vous aviez visiblement beaucoup de projets, se sont-ils réalisés ? »

Elle posa la question en feuilletant le menu, la question a été posée de manière banale. La réponse cela dit l’intéressait beaucoup. Elle affichait toujours une expression agréable. Pourtant sa cervelle fonctionnait aussi vite que possible. Les grands yeux sombres l’observait parfois à la dérobée. Elle savait qu’il était généralement difficilement pour les autres espèces de tout à fait décrypter leurs langages non-verbaux. Le peu de drell qui existaient dans cette galaxie et leur principale localisation dans les mondes hanaris, faisait que cette expérience était trop peu courante. Un drell aurait pu lire un peu de nervosité en fonction de la position de ses mandibules. Heureusement, ses lèvres fendues qui s’éclairaient d’un sourire ingénu, était le seul message réellement compréhensible pour l’asari.

« Par les Trois, je suis vraiment heureuse que vous ayez accepté ce repas avec la presque inconnue que je suis. Qu’est-ce que vous désirez boire ? »

« Il est évident que je vous invite, commandez ce qu’il vous plaira ! »


Elle savait pour sa part déjà ce qu’elle voulait prendre. Hm. Leurs viandes rôties étaient absolument divines et par Amonkira, elle en salivait d’avance. Le regard brillant et gourmand n’avait pas dû être feint quand elle avait survolé la carte. Quand on pouvait allier travail et plaisir, il ne fallait pas se priver, n’est-ce pas ?
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MessageSujet: Re: Qui ne tente rien n’a rien   Mer 10 Jan 2018, 00:54
Le sac que je tenais toujours en main tapait par à-coups contre ma jambe gauche alors que nous marchions vers le restaurant dont la jeune Drelle parlait. Le ton chaleureux qui me parvenait me permit de gagner en assurance et de passer outre cette arrivée inattendue.

« La cuisine ! Nous avons là un point commun ! » repris-je en riant. « Malheureusement… je ne me souviens pas de ma participation qui vous a retenue. Mais je serais ravie de pouvoir en discuter avec vous ! J’espère que vous me… pardonnez, Madame Jorunn. » dis-je en continuant de sourire.

La route ne fut pas longue et était emplie des mêmes sensations que tout à l’heure. L’endroit où nous nous trouvions rassemblait plus de restaurants, ainsi plus d’odeurs venaient subtilement – ou non – se mélanger. Je décelais une odeur de poulet curry particulièrement alléchante, un peu plus loin, c’était des fritures. Le sol récemment mouillé par la pluie faisait résonner nos pas de petits “shlacs“ légers et reflétait les devantures illuminées. Aussi beau que cela pouvait être, je continuais d’éviter d’exposer mes yeux à de trop grandes sources lumineuse et je me repérais à la silhouette de Tori non loin.
Le restaurant, quoique standard, promettait une douce soirée et la décoration épurée lui seyait à merveille. Je grinçais des dents lorsque de petits clochettes vinrent tinter d’un son aigu lorsque nous passâmes la porte et pouvoir enfin m’asseoir eut pour effet une réelle sensation de bien-être pour mes jambes lourdes. Il faisait chaud à l’intérieur, c’était une note agréable par rapport la température extérieure de cette soirée et je quittais maladroitement mon manteau pour le laisser sur le dossier de la chaise. Le sac était posé sur la gauche, sous la table.

« Une année remplie, oui, vous avez raison. Ça n’a pas été facile mais j’ai enfin pu convaincre les têtes de l’entreprise pour améliorer le traçage de nos produits. Je n’ai absolument pas envie qu’ils tombent entre de mauvaises mains… » Ce n’était pas une information cruciale et cela ne me dérangeait pas, au contraire, qu’elle fut connue de tous. J’avais mis un point d’honneur à ce que la transparence de la Lumiena soit exemplaire. « Et nous avons mis en place un programme de financement des études supérieures pour les plus défavorisés, sans distinction d’ethnie ou d’origine. J’en suis… assez fière, je dois dire ! Ce sont les deux projets qui me tenait le plus à cœur. » Et c’était vrai. Pouvoir offrir un tremplin professionnel – et bénéfique pour le développement personnel – à des jeunes qui souhaitaient faire de la recherche leur passion m’avait emplie de joie et je n’avais d’ailleurs pas pu retenir quelques larmes alors que nous avions distribué les premières bourses d’études.

« Je parle trop... je sais... Et vous donc plutôt ? Je n’en sais pas beaucoup, si ça n’est pas indiscret de ma part bien sûr. » rajoutais-je sur un ton neutre mais intéressé. C’était toujours flatteur de rencontrer une personne qui appréciait nos travaux ! Le sourire sur les lèvres de la Drelle eut pour effet de me rassurer une nouvelle fois. Ç’aurait été stupide de ma part de la vexer…

Une sensation de chaleur m’envahit. « J-Je… ne sais pas vraiment quoi vous dire… Merci beaucoup ! » dis-je avec humilité. « Mais sachez que ça me rend heureuse aussi et c’est hors de question ! Je vous invite et vous n’avez pas votre mot à dire ! » m’exclamais-je avec une fausse fermeté amusée.

Le serveur, un humain, choisit ce moment pour arriver, d’un pas feutré, vers notre table. Il était tiré à quatre épingles dans un smoking parfait : un pantalon et un gilet noir qui recouvrait une chemise parfaitement blanche, retroussée aux coudes et conclue par un nœud papillon. « Vous avez choisi ? » demanda-t-il d’une voix respectueuse teinté d’un léger accent dont je ne connaissais pas l’origine. J’acquiesçais doucement et laissait le soin à Tori de s’exprimer avant de le faire moi-même. « Et nous prendrons deux coupes de champagnes également. Merci ! »

Celles-ci ne tardèrent pas à arriver dans l’attente des plats choisis. Etouffé par une porte à double battant, on entendait parfois le cuisinier et ses commis brailler quelque chose dans un arrière-plan d’une musique d’ambiance à peine audible.

« A votre santé, Madame Jorunn ! » lançais-je en levant mon verre.


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MessageSujet: Re: Qui ne tente rien n’a rien   Ven 12 Jan 2018, 00:26
« Je ne connais pas parfaitement les coutumes asaris. Cependant, chez moi, lorsque l’on est invité… il n’est pas bien vu d’aller contre cet honneur. Ayant la primauté de ce souhait, sans vouloir me montrer autoritaire, l’addition me revient. Une aussi jolie dame que vous devrait avoir l’habitude de se faire inviter, hm ? »

Le regard de la créature reptilienne la fixa pendant une poignée de seconde qui fila lourdement. Il ne semblait y avoir aucune fausse fermeté dans la déclaration. Son ton n’était pas hostile ou agressif, mais il ne souffrait d’aucune protestation. Les mots prononcés dans le calme le plus complet sont souvent ceux qui ont le plus de poids.

« Quoique vous êtes peut-être trop jolie et vous intimidez trop vos prétendants pour qu'ils osent le faire ? Ah. Je vous taquine, j'arrête... ce n'est pas gentil. »


Elle rit. Le sourire et la détente débonnaire de la drelle ne semblent pas avoir été entachés.

« A votre santé. »

Elle leva le verre puis le porta à ses lèvres. La première gorgée lui tira une petite exclamation. Elle avait oublié à quel point ce genre de boisson gazeuse, pétillante, piquait le nez. Sa main se porta à son museau qu’elle frotta. Elle ne savait pas si les autres espèces avaient ce genre de désagréments naseaux au niveau de la structure osseuse de leur visage. Peut-être était-ce même une exception parmi les siens, elle n’avait jamais posé la question. Ce n'était pas très important, elle décida plutôt de tirer avantage de sa grimace.

« Oups, j’avais oublié que ça piquait le nez ce genre de boisson. »

Quelques pitreries détendent toujours l’atmosphère, autant profiter de son inattention. Elle avait envie de passer une agréable soirée malgré tout. Elle était là pour le travail, mais il n’était pas impossible de joindre l’utile à l’agréable. En tout cas, c’est ce que dit un proverbe.

« Mon année a été plutôt chargée. »
Elle agita une main désinvolte. En quelques flashs elle pouvait distinctement revivre certains des moments. La petite asari n'avait certainement pas envie de savoir comment elle avait fait exploser la cervelle d'untel, ni même à quel point la diplomatie avec les hanaris est compliquée. Peut-être pourrait-elle lui parler de Lasjae, une mission d'exploration, cela vend toujours du rêve. « Mon patron avait hésité à investir auprès de votre entreprise, mais avait été quelque peu refroidis par vos soucis... La nouvelle d’un traçage agrémentera peut-être son humeur, je lui en toucherai un mot. Mais est-il vraiment fiable ? »

« J’ai toujours eu l’impression que ce genre de mesure c’était un peu une quête utopique. Pas qu’il ne faille pas s’y atteler, car c’est important, mais dans la finalité, un petit malin trouvera tout de même le moyen de le détourner, contourner… »

« Pardon, ma nature d’espèce en voie d’extinction me rend parfois un peu pessimiste. Mais je crois que voici nos plats qui arrivent. Voilà qui va remonter sérieusement le moral ! »


En effet, deux plats fumants furent bientôt posés devants les deux clientes. Le serveur bien que professionnel, ne put s’empêcher de dévisager la drelle. Si elle avait voulu augmenter l’effet tragique de sa précédente déclaration, elle ne s’y serait pas mieux prise. Sa besogne terminée, il dut heureusement s’éloigner et la drelle soupira ostensiblement. Même si elle était habituée à ce genre de réaction, cela l’agaçait toujours. A sa décharge, on croisait peu de drells dans cette galaxie, déjà parce qu’ils étaient peu nombreux, ensuite parce qu’ils se concentraient aux mondes hanaris. Quelques spécimens erraient librement, les autres évoluent en toute discrétion. En faisant partie des rares personnages publique, elle faisait naturellement partie de cette catégorie qui se fait voir. Elle aurait donc dû être habituée à ce genre de regard étonné. Après tout, dans quelques temps, il était bien possible que les seuls spécimens visible soient derrière les vitrines d’un musée, en holo ou empaillé.

Elle observa son assiette, une viande rôtie garnie de nombreux légumes. Le fumeux lui permettait déjà de dire qu’elle ne serait pas déçue par le gout. Miam !

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MessageSujet: Re: Qui ne tente rien n’a rien   Ven 26 Jan 2018, 08:12
Durant les quelques longues secondes, qui s’étiraient dans le temps, je ne sus pas quoi penser alors que je tenais bêtement mon verre devant moi. Je crois que les Humains avaient une expression amusante toute choisie pour ce genre de situation. C’était… euh… « Je ne sais pas si c’est du lard ou du cochon ». Je ne connaissais ni l’origine ni la réelle signification de celle-ci et je l’avais apprise alors que je rencontrais un assistant de l’ambassadeur humain au sens de l’humour aiguisé. Il nous avait alors, devant nos mines déconfites et nos regards rieurs, expliqué que c’était lorsque l’on n’arrivait pas à faire la différence entre l’humour et le sérieux lors d’une conversation… ou quelque chose comme ça. Et je supposais qu’elle s’adaptait très bien au moment présent.

Je ne pipais mot, d’abord interdite puis gênée avant de comprendre que ce n’était que pure taquinerie. Je riais à mon tour, plus légèrement, et trinquais doucement mon verre contre le sien. Face à la grimace et aux paroles révélatrices de la Drelle, je manquais de m’étouffer et de tout recracher sur elle. Cachant ma bouche avec la serviette en main, j’avalais rapidement le liquide qui… finit lui aussi par me piquer le nez.

« Ah, effectivement ! » dis-je en toussant. Je fermais les yeux le temps que cela passe avant de reprendre progressivement mon sérieux. Même si je n’accordais pas une attention particulière aux personnes qui nous entouraient, j’imaginais sans peine leur regard peut-être gênés, ennuyés ou amusés.

« Votre patron a hésité à investir dans la Lumiena ? » dis-je avec l’intérêt soudain piqué au vif. Si l’incident en question l’en avait dissuadé, c’était alors plusieurs années auparavant.

« J’ai... Je ne peux que comprendre. Nous fûmes tous aussi surpris les uns que les autres. La plupart des employés n’avaient bien sûr pas connaissance et c’est ce qui a rendu l’affaire encore plus tragique. L’arrogance et l’avarie de certains, une grande minorité, a failli porter – et a porté, en quelque sorte… - préjudice à des milliers de personnes. Et j’en étais la première indignée. Moi qui avait fait confiance à… Enfin, bref. Je m’égare. » Je repris contenance. Les temps après cette gigantesque affaire avaient été difficiles et nombres de travailleurs qui n’avaient strictement rien demandé, rien d’autre qu’un travail et un salaire pour nourrir leur famille. Je les avais souvent vu passer l’entrée du siège, la démarche pesante et le regard chargé d’un désespoir poignant. Et j’avais juré, au jour où j’étais devenu PDG, que jamais je ne décevrais ses gens là.

« Utopique ? Ça l’est totalement, vous avez tout à fait raison. Mais est-ce que ça n’est pas l’utopie, la créativité et la persévérance qui rendent le monde meilleur ? Nous nous battons toujours contre des forces qui nous paraissent supérieures mais ça n’est pas une raison. Ça n’a jamais été une raison pour moi. Alors je prends des mesures, je me bats pour les appliquer, les améliorer. Si des personnes mal intentionnées contournent nos systèmes, nous les modifierons. Je ne peux pas garantir une fiabilité sans faille d’un système technologique. Je peux toutefois vous assurer que nous sommes au meilleur de nos capacités. Si l’on venait me voir demain dans le cadre d’une enquête pour une quelconque exaction commise grâce aux armes de la Lumiena, sachez que nous serons les premiers à offrir l’entière coopération pour envoyer ses… ses… » Encore une fois, je m’égare. Je perds le fil, enveloppée par la passion et la chaleur environnante.

« Excusez-moi, je pourais sans doute… en parler des heures. Je pense… que vous m’avez comprise. » dis-je d’un ton d’excuse plus léger.

Les plats arrivèrent, portés par un serveur obnubilé par la Drelle. Je ne réalisais pas bien son obsession sur le coup. Le fumet des plats vint titiller mes narines et mon estomac affamé commençait à lancer des appels heureusement encore inaudibles. Je lançais un sourire à celui-ci en le remerciant poliment et je continuais d’un « bon appétit ! » guilleret en direction de la jeune Tori.

Je ne revenais sur les paroles de la jeune femme que plusieurs minutes après un silence religieux où nous mangions en échangeant des regards satisfaits de temps en temps. « Ma nature d’espèce en voie de disparition ». Par la Déesse ! Que voulait-elle dire par là ? Mon naturel ouvert et conciliant et le fait que je passais mon temps à voyager ne m’avait pas permis de me rendre compte de certaines réalités qui étaient, malheureusement, passées à un plan plus éloigné dans l’ordre de mes priorités. Je sentais que c’était un terrain glissant, un terrain fort peu joyeux. Mais… La jeune femme ne l’avait sans doute pas lancé de la sorte pour que cela tombe dans l’oubli de la conversation. Bête que j’étais !

« Euh… excusez-moi. » repris-je donc poliment, brisant le silence. « Vous… venez de dire « espèce en voie de disparition ». Les… votre… Les Drells sont menacés… à ce point ? » Ma tentative était sans nul doute si maladroite que je m’en mordais l’intérieur de la joue. Je savais pertinemment que les Drells ne vivaient pas dans des conditions agréables et je connaissais rapidement la maladie qui les rongeaient. Enfin, je pensais. Mais je ne me doutais certainement pas qu’ils étaient « en voie de disparition ». J’en étais toute secouée. Pour autant, dans le but de ne pas m’enfoncer plus loin dans ma bêtise, j’attendis que la réponse de la Drelle.


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MessageSujet: Re: Qui ne tente rien n’a rien   Lun 29 Jan 2018, 00:02
« Je vous ai comprise » La rassura-t-elle.

« Presque. » Elle porta une fourchetée à sa bouche, puis reprit. « C’est une exagération, cette qualification n’a pas été officiellement prononcée. Je vais me permettre de vous exposer l’histoire de mon peuple, cela vous permettra de mieux comprendre cette allusion. L’effondrement environnemental de Rakhana conduisit les miens à une guerre des ressources impitoyable. Les plus forts écrasants les plus faibles, comme il est traditionnel en ce genre de crise. Il y eu beaucoup de morts. Énormément de morts. C’est dans ce contexte que les hanaris ont trouvés les miens aux environs des années 2015. Notre race serait probablement morte sans leur secours. Notre exode commença donc et c’est environ 375'000 drells qui gagnèrent Kahjé. Le manque de place, d’aide des autres races, du conseil… » Ses mandibules grincèrent. « La seconde vague d’exode fut annulée, car les mondes hanaris ne pouvaient tolérer une population plus dense. Forcément, ces planètes sont formées d’océans, habitat naturel de ces êtres aquatiques… »

Elle posa ses couverts, posément. Elle réfléchit brièvement, aux mots à employer.

« En 2025, le reste des habitants de Rakhana fut abandonné. Condamné à une lente agonie. »


La colère lui fit serrer les dents. Depuis enfant, elle n’avait jamais pu comprendre cette injustice et en avait toujours énormément voulu à ces autres espèces, ce conseil inapte à prendre une décision secourable. Elle cligna à deux reprises de ses doubles paupières, les yeux de la créature reptilienne semblèrent un instant vouloir chasser un trop plein d’émotions. Elle reprit cependant d’une voix posée, égale.

« Il est dit que de milliards, ils restèrent milliers et régressèrent à une erre primitive. S’ils ont réellement survécu au vu des conditions. La race originelle drelle s’est donc déjà éteinte… si on veut. Notre histoire, nos coutumes ont faits naufrages et n’ont été que partiellement sauvegardées par des individus cherchant à s’intégrer à la nouvelle vie qui s’offraient à eux. »

« Le Synacte est un lien sacré, respecté. Reflet d’une symbiose basée sur une profonde gratitude. Cependant, il n’y a qu’un pas entre la servitude et le service. »


Elle laissa filer l’allusion, il ne s’agissait pas là de politique, mais d’informer son interlocutrice quant à cette histoire d’extinction. Elle ne voulait pas s’égarer en folles digressions, de peur de perdre le fil concret de leur échange.

« La croissance de la population est freinée par le manque de place et notre espérance de vie rongée par le syndrome de Képral. A long terme, si aucun facteur ne change, il n’y a aucun avenir pour notre espèce. Malgré toutes nos prières, les Trois en soient témoins, notre avenir n’est éclairé d’aucune lumière. »

« Les miens s’emploient à préserver notre culture, notre histoire, notre religion et toute tradition nous étant propre. En sus, de solutions à long terme pour un établissement autonome. Notre existence sera toujours liée aux hanaris. Si jadis, leur générosité, sauva les miens, il nous faut trouver une autre dimension à notre entraide. Cela passe par une planète, un environnement sain pour les nôtres. »

« Avez-vous déjà entendu parler des Enfants d’Amonkira ? »


Elle reprit ses couverts et réattaqua son plat. Il serait dommage de le manger froid. Elle voulait aussi donner du temps à son interlocutrice pour intégrer son discours. Elle préparait tranquillement le terrain d’une éventuelle négociation commerciale. L’asari avait l’air plutôt réceptive, ce qui était positif. Elle envisageait donc cette mission avec tranquillité et sérénité. Par ailleurs, la nourriture était tout à fait délicieuse, fidèle à sa réputation et son souvenir, l’établissement ne la décevait pas.

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MessageSujet: Re: Qui ne tente rien n’a rien   Dim 11 Fév 2018, 02:58
Alors que nous continuions de manger dans cette ambiance qui paraissait légère de prime abord, les mots de la Drelle vinrent frapper, criants de désespoir, d’une sourde rage. Sa voix se voulait posée et calme mais je le ressentais. Sans le vouloir, j’avais finalement posé la mauvaise question. Celle qui devait blesser.
J’écoutais, happée et angoissée. Je souhaitais manger mais je n’y arrivais pas. Les morceaux étaient fades malgré la succulence de la nourriture. Ce vécu, raconté par une personne qui fait plus que le réciter, mais qui le vit m’atteint droit au coeur. Droit dans tous ce que je défends, tout ce en quoi je crois. Je ne vois que l’abandon d’une espèce, lâchée à son propre sort. Je n’en avais jamais connu autant sur les Drells et c’était l’une des plus terribles histoire que j’entendais.

Je ne réalise pas tout de suite que la jeune femme m’a posé une question. Je reste plusieurs dizaines de seconde, les yeux dans le vide. Ma voix se fait un peu plus tremblotante, loin de la confiance que j’avais prise un peu plus tôt.

« Je… je… Je suis vraiment d-désolée pour… Si je le pouvais... Je voudrais tellement vous aider. ». Je ne savais pas pourquoi j’étais désolée mais je l’étais pour tout ce que son espèce avait vécu, pour tous les moments difficiles que ce peuple avait vécu et vivrait sans doute encore et… c’était ce qui me bouleversait le plus. « Notre avenir n’est éclairé d’aucune lumière ». Entendre ces paroles, d’une fatalité gorgée de pessimisme venant d’une Drelle sur… son propre avenir était déchirant. J’étais subitement presque aussi accablée qu’elle ne l’était. Je revenais vers la question. Instinctivement, d’un geste dont je ne me rendais presque pas compte, je posais ma main sur la sienne, posée sur le côté droit de la table. Mes mots n’arrivaient pas à exprimer plus que des bribes. J’avais lancé ma main comme j’aurais pu lancer une vaine bouée de sauvetage pour cette jeune Tori. 

«  Je… Non, je ne connais pas… Qu’est-ce que c’est ? » C’était vraiment un nom qui m’était particulièrement inconnu. Tout ce que le restant de mon esprit logique pouvait juger, c’était que cela devait avoir un rapport avec la situation des Drells.

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MessageSujet: Re: Qui ne tente rien n’a rien   Dim 11 Fév 2018, 15:43
« Je ne cherche pas à vous apitoyer. »

Elle laissa sa main sur la sienne, ce geste n’était que gentillesse et il serait mal venu de la froisser par orgueil. La peau écailleuse était lisse et douce, légèrement plus fraiche que celle de l’asari, mais pas froide pour autant.

« Il s’agit de l’un des mouvements indépendantiste drell pacifique les plus conséquents. Amonkira est le dieu guerrier de la religion drell des Trois. Et il est né sur Ehra, une lune de notre planète mère. Cette lune offre bien peu de ressources, mais grâce à son atmosphère viable, elle a permis à une petite communauté de 300 têtes de prospérer. Actuellement, nous cherchons une nouvelle maison, car à terme, au vu de l’expansion démographique, il faudra une autre terre. Nous frôlons la surpopulation actuellement. »


C’était un souci bien épineux qui torturait leur dirigeant. Le dernier diplomate hanaris rencontré avait semblé très ouvert, mais pour l’instant aucun résultat de concret ne s’était fait ressentir. Par ailleurs, la proposition avortée des butariens était un souvenir étrangement lancinant. A la fois un regret et un soulagement, au vu de la complexité évidente d’une telle alliance. La politique était un vrai casse-tête pour une colonie si fragile qui cherchait à prospérer vainement.

« Toute aide est bienvenue, pour ce qui est de notre histoire… malheureusement, nous ne pourrons que réparer partiellement ce qui a été brisé. »

Elle souffla délicatement.

« Il ne faut pas que vous preniez cela trop à cœur, madame. Cela fait bientôt deux siècles que cela a commencé et peu de personnes s’en est guère souciées. »
A la fois si loin, et si proche… « Sans oublier le passé, nous cherchons à avancer à présent. »

Elle reprit le fil de la discussion principale et son sujet commercial.

« Si mon patron s’est intéressé à votre entreprise, c’est que très pragmatiquement, il voulait renforcer les défenses de notre colonie. Il avait dans l’idée de tourelles défensives. Jusqu’à cette histoire de scandale et il a quelque peu renoncé, je crois savoir que les autres appels d’offre ne lui ont pas convenu. C’est toujours très compliqué d’avoir de la qualité avec des moyens limités. »


Puis, avec une délicatesse certaine, elle fit pivoter légèrement son poignet, sa main qui fut auparavant sous celle de l’asari changea de position. Les quatre doigts vertes se mêlèrent à ceux de la bleutée. La drelle se pencha en avant et tendis son second bras jusqu’à l’asari. Ses doigts centraux jointifs furent apposés sur son front.

Ses lèvres fendues articulent ensuite une prière susurrée.

A Toi, Mère de la vie, je remets mon foyer
Puisse-t-il être bienheureux et sauf
A Toi, Chasseur, je remets mon chemin
Puisse-t-il être abondant et protégé
A Toi, Maîtresse Céleste, je remets mon âme
Puisse-t-elle trouver la voie juste

A Vous, je dédie ma vie,
celle du passé, du jour présent
et celle à venir

La main se retira à sa fin et la drelle reprit une position normale.

« Nos âmes sont en paix. Par-delà les océans, Kalahira y veille. Puisse ton cœur aller en paix Beeythia. Ce qui est arrivé, devait l’être et ce qui arrivera le sera pour une excellente raison. Ne soit pas attristée, car, mon cœur est en paix. »




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MessageSujet: Re: Qui ne tente rien n’a rien   Mar 20 Fév 2018, 18:34
HRP:
 


Le contact entre ma main et la sienne était apaisant. L’était-il pour elle ? Parler d’un passé aussi difficile devait être éprouvant alors que nous étions venues pour dîner paisiblement. Tout à coup, ma lancinante migraine ne me paraissait plus si grave et j’eus presque honte de m’être autant apitoyée sur mon propre sort, à peine une heure plus tôt. 
 
J’opinais, respectueusement silencieuse, afin de bien comprendre les informations et leurs enjeux. Un groupe, « Les Enfants d’Amonkira », pacifique, vivait laborieusement sur une maigre lune. Trois cents âmes. Et ils voulaient être indépendants. Ma première pensée fut d’en douter, mon esprit logique prenant curieusement le dessus. L’indépendance les avaient conduits à vivre péniblement, par manque de place et de ressources. Puis je me maudis pour cette pensée. Ils ne souhaitaient pas leur indépendance personnelle, animée par un sentiment égoïste. Ils souhaitaient l’indépendance de leur peuple, une indépendance à qui toute espèce pouvait normalement prétendre alors que les Drells, eux, en étaient privés parce qu’aucun gouvernement, aucune association et encore moins le Conseil n’étaient prêt leur venir en aide. Je fus prise de culpabilité même. Comment avais-je pu ignorer cela ?
 
D’un coup de l’œil, derrière Tori légèrement sur sa droite, j’aperçus le serveur diriger son regard vers notre table. Il changea de direction pour venir dans la notre, sans doute pour s’enquérir de notre soirée, professionnel qu’il était ou bien simplement parce que la compagnie d’une Asari et d’une Drelle était trop peu commune pour qu’il ne loupe l’occasion. Poliment, je lui adressais en retour un signe de tête négatif. Reportant mes prunelles sur la Drelle, je souris pour m’excuser et la laissait poursuivre.
 
La jeune Tori me lança ce qui pourrait être le moyen de réparer mes erreurs.
 
« Je suis tellement peinée d’entendre une telle histoire… Personne ne mérite de vivre de la sorte… ». C’était pitoyable… Mes paroles étaient sincères mais sonnaient tellement… creuses. Comme dans un holo-film dramatique de mauvaise qualité. Je poursuivais toutefois, d’un ton diplomate et bienveillant :
 
« Si vous êtes prêt, votre patron et vous-même, à nous donner votre confiance malgré notre passé, passé que je ne peux effacer non plus mais dont je mets tout en œuvre pour que justice soit faite, sachez que nous pouvons vous aider. Je ne saurais personnellement laisser cette situation perdurer. » dis-je, la voix cassée. « Nous pourrons rentrer en contact avec vous rapidement afin de prendre en compte vos besoins et d’apporter toute l’aide que nous pouvons. » Même si j’étais prise d’une profonde compassion pour ce peuple qui, soudainement, se dévoilait à moi au travers de Tori, je me devais d’agir professionnellement ce qui m’attristait. Ce qui ne m’empêchait pas d’évoquer des projets plus personnels.
 
L’instant suivant fut intense et chargé en émotions. Tori était si délicate, c’était comme si elle ressentait mes émotions. Étais-je si lisible ? Une boule se forma dans ma gorge, je déglutis difficilement. Mes yeux, brillants, fixaient ceux de la Drelle dans un fort échange silencieux. J’eus l’impression que ce moment était sorti du temps, qu’il s’était arrêté durant les paroles de la jeune femme en guise de respect puis qu’il avait repris son chemin monotone.
 
« C’est magnifique… mais… m’en voudriez-vous vraiment d’être attristé ? » demandai-je en écrasant une larme qui descendait doucement sur ma joue. Nos mains étaient toujours liées. Je repris contenance, après quelques dizaines de secondes. Je bus une gorgée d’eau et je repris, un peu stressée :
 
« Vous savez… En toute honnêteté, m’investir dans la communauté galactique, en tant que soutien qu’il soit financier, matériel ou autre voire en tant que porte-parole pour des groupes, des peuples ou des personnes en difficulté a toujours été une fin en soit pour moi. Tant d’événements sont venu retarder, l’argent également fut un problème. Mais… » Je marquais une courte pause, le temps de trouver mes mots. Je décidais d’être transparente. « Mais il n’est plus. Grâce à mon rang et mes revenus actuels, je peux enfin participer de manière significative au financement d’une association à but non lucratif dans ce but. Et… Il ne manquait qu’une impulsion…
Madame Jorunn, si vous le souhaitez, nous pourrions créer cette association et œuvrer ensemble ? »
 
Cela faisait de nombreuses années que j’y pensais. Je voulais agir autrement que ce que je pouvais faire actuellement. Je voulais me libérer de cette contrainte des résultats et de la pression du conseil d’administration dès que je souhaitais mettre en place des actions caritatives d’aide grâce à la Lumiena. Et c’était l’idée qui s’était tout naturellement imposée à moi : une association. Pour une fois, je pourrais profiter de mes moyens, de mon réseau et de ma notoriété pour exercer une pression positive pour tout ces gens qui vivaient – survivaient – dans des conditions déplorables qu’elles soient naturelles, du fait d’oppresseurs ou du déni général.
 
Certes, Tori et moi ne nous connaissions que depuis… quelques trente minutes seulement environ. Mais je la sentais sincère, je la sentais impliquée de tout son être dans ce combat pour son futur et ce pourrait être pour elle un moyen supplémentaire de subvenir à leurs besoins. J’étais presque ravie, même si ce mot était maladroit au vu de la situation, que cette impulsion provienne d’elle. Au pire, elle refuserait ce qui ne nous empêcherait pas de collaborer.


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MessageSujet: Re: Qui ne tente rien n’a rien   Jeu 01 Mar 2018, 01:30
Oh la, voici une réaction passionnée. Perplexe, elle se demanda si son talent d’oratrice avait à ce point grandit pour obtenir de telles faveurs sans effort. C’est une hypothèse qui lui semblait peu logique, tout comme le fait qu’une asari marchande puisse être aussi portée sur la bienfaisance. Son ignorance ne l’étonnait pas, leur destinée s’étant tant de fois voilée d’oubli, que leur chemin était parmi les ombres désormais. Les larmes sincères la touchèrent plus qu’elle ne voudrait bien l’admettre. Il était toujours plaisant de voir que leur destinée importait, tout du moins l’espace d’un instant à quelqu’un qui était étranger à ce sort.

« Je ne vous aurais pas alpaguée de la sorte dépourvue d’intérêt, Beeythia. »
Elle parla doucement pour tenter d’apaiser la tension et l’agitation qui avait gagné l’asari. Les émotions de la bleutée était palpables.

« Ce sont là de nobles intentions. »

« Par contre, je ne suis pas sûre de vous suivre sur cette idée d’association. Ce que je veux dire, c’est que je ne suis pas sûre de vous avoir comprise. Je..hm… n’ai rien contre une participation à ce genre d’engagement, mais je vous avouerai que ma communauté nécessite déjà un engagement à plein temps. Je sais qu’il y a dans cette galaxie, beaucoup d’êtres nécessitants de l’aide. Je me suis engagée à aider les miens. Je ne sais pas ce que j'aurais à vous apporter...»


Cette déclaration spontanée était certainement due au jeune âge de l’asari qui lui faisait face. Elle avait déjà croisé des bleutées dont l’intelligence ou la réflexion n’était pas le fort. Cela dit, quand on vit un millénaire, on a tendance à vivre les choses plus lentement. Ce qui faisait sens, elle ne le niait pas, mais qui créait entre elles et les autres races, un certain décalage comportemental. La discussion qui se profilait promettait tout de même d’être intéressante. Elle aurait plaisir à la continuer et était curieuse de savoir ce que l’asari avait en tête. L’idée lancée était bien trop résumée pour qu’elle ne puisse en saisir l’essence. Elle était tout de même rassurée d’avoir reçu une réaction positive qui promettait dans tous les cas un contrat, voire un soutient plus désintéressé.

Elle inspira.

Kalahira lui en soit témoin, elle s’appliquait pour faire usage de toute sa sagesse. Elle qui avait tant l’habitude de laisser son sang bouillir sous les impulsions guerrières d’Amonkira. La figure guerrière du dieu devait se trouver bien perplexe de voir une arme telle que Tori s’abaissait à pareil marchandage. Pourtant on ne gagne toujours une guerre par les armes, surtout dans une situation pareille.

Elle expira.

Un sourire fin vint ourler ses lèvres, elle s’appliqua à donner à ce signe non-verbal toute la signification qu’il fallait pour l’être qui lui faisait face. Il lui aurait été facile de pleurer, d’éclater en sanglot, pour achever de la convaincre. Il lui aurait suffi de penser à mère… là-bas, laissée sur son lit d’hôpital. Elle préféra chasser cette réflexion au loin, elle s’était promis de ne pas y penser durant cette mission. Le sourire s’effaça et rien ne parut plus qu’une légère crispation de ses mâchoires.

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MessageSujet: Re: Qui ne tente rien n’a rien   Dim 18 Mar 2018, 05:24
D’un mouvement doux, je retirai mes mains des siennes. Tout autour de nous paraissait si léger, si ignorant de notre échange. Dehors, les passants continuaient de s’affairer, criards et joyeux. Ils gesticulaient avec vigueur, s’égosillaient pour couvrir le tohu-bohu ambiant et portaient à bout de bras leurs sacs chargés de milles et une victuailles sous la lumière tombante. A l’intérieur, le calme et la retenue étaient de mise dans cette salle légèrement surchauffée et les amoureux, là-bas au fond de la pièce, s’échangeaient de longs regards en gloussant. Et nous, nous dinions. Et pendant cela, nous évoquions les souffrances d’un peuple, le soubresaut d’hommes et de femmes qui ne souhaitaient que leur survie, le droit le plus élémentaire de chaque être.

Je tentais de prendre un peu de recul. La Drelle sembla le respecter. D’un geste lent, je piquais quelques morceaux et mastiquais, mes pensées étaient loin de réaliser le goût succulent qu’avait ce repas. Plusieurs minutes s’écoulèrent et autant que je pus m’avancer, mon indécision n’avait pas faiblie. Cette envie, aussi saugrenue qu’arrivée spontanément, ne trahissait pourtant pas un engagement pris à la légère. Pour aucune autre raison que mes propres convictions, j’en avais fait un but. Jusqu’ici, je n’avais juste pas… eu le courage de m’y lancer, de prendre à bras le corps tous ces projets et d’envisager concrètement toutes ses idées. Mais là, en compagnie de Tori qui contait l’histoire de son ethnie avec un tel détachement grave et solennel, cet engagement diffus avait pris la forme d’un objectif réaliste, tangible. Et il n’avait fallu rien de plus pour que le projet, abstrait, ne me vienne en tête.

Dans les paroles de la jeune femme, je décelais la perplexité, je ressentais sa réaction mitigée et j’imaginais même qu’elle ne pouvait raisonnablement pas me prendre au sérieux avec « mes nobles intentions ». Et malgré tout, je ne savais que dire, quelles justifications personnelles donner.


« J’évoquais une association à but non lucratif, tout ce qu’il y a de plus banal. Jusqu’ici, je ne savais par où commencer, quels moyens, pour qui. Mais… cela ouvrirait les dons de la Lumiena à autre chose que des armes, de la guerre et du sang. Mais ne vous méprenez pas ! Je…Je sens mes joues s’empourprer de gêne, d’appréhension.Je fais cela par conviction, par volonté d’user des ressources à ma disposition, de mon influence pour aider, pour soigner, pour reconstruire et permettre à tout un chacun qui vit dans la nécessité de pouvoir exister sans se soucier de problèmes qui n’ont pas lieu de demeurer aujourd’hui. Votre peuple en est l’exemple. J’ai été touché, vous m’avez… bouleversé par le combat que vous menez.J'écrase une nouvelle larme, piteusement.Vous pourriez être tout d’abord une intermédiaire entre ce que vous appelez « les Enfants d’Amonkira » et cette association et, par la suite, si vous le souhaitez, vous pourrez continuer à agir avec nous pour toutes les âmes qui ont besoin d’une intervention, pour améliorer le futur de personnes qui le méritent. Nous rechercherions des partenariats, des dons, des bénévoles, comme vous le faites, nous sensibiliserions à votre cause et aux autres causes, il y a tant de choses à faire ! »

Les mots étaient sortis tels que je les avais sur le coeur. Bruts, tel que mon esprit venait de les penser. Pour moi, ils étaient d'une sincérité pure, doués d'une volonté que je souhaitais, du plus profond de mon être, vouloir concrétiser.



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MessageSujet: Re: Qui ne tente rien n’a rien   Jeu 24 Mai 2018, 10:25
« Ce dont nous manquons le plus, c’est d’une planète... je ne crois pas que vous ayez cela en stock quelque part… ? »

Elle laissa filer un rire.

« Cela ne me dérange pas de faire l’intermédiaire, c’est mon rôle. Je suis une diplomate, si l’on veut, autant qu’une prospectrice. Je n’ai cela dit pas l’avantage de vivre plusieurs centaines d’années et ma vie serait trop courte pour me consacrer à plusieurs causes. »

Elle sourit vaguement.

« Il est évident que je ne manquerai pas de vous transmettre toute information utile lors de mes pérégrinations. D’ailleurs, notre contact avec les Lasjae nous a redonné espoir en l’exploration. Tout comme la certitude de le faire par nous-même. Entre les guerres d’influences et les pirates, Lasjae a un avenir sombre. Et nous pourrons nous trouver ce monde nouveau. Nos fonds sont particulièrement insuffisants à ce projet. Nous priorisons les affaires courantes. Vous m’y faites penser à présent que vous parlez de cette association. »

« Toute exploration et amélioration demandent une liberté de mouvement qui n’est possible qu’aux propriétaires d’un vaisseau performant. Nous n’avons que des navettes vieillissantes… pensez-vous qu’il soit possible que vous agissiez en ce sens. Donnez-moi vos condition, nous avons plus à offrir que vous ne le pensez. Peut-être pourrais-je vous mettre une équipe au service de votre association ? Nous avons beaucoup de jeunes compétents qui sont parfois désœuvrés… »

« C’est un peu brouillon, navrée, je parle au file de ma réflexion. C’est assez inattendu une main tenue comme la vôtre et j’aurais peur d’abuser de vos bons sentiments. »


Un petit bip de son omnitech la distrait et en marmonnant une excuse, elle consulta le message. Le message audio s’égraina.
| Bonjour Tori, comme promis un petit contre rendu… son état est stable, les médicaments agissent positivement pour l’instant. Je te fais signe s’il y a quoique ce soit comme évolution, mais les médecins ont dit qu’il n’y avait pas de risques d’aggravation dans les jours à venir. Les Trois t’embrassent. |

Elle pianota rapidement, puis referma l'écran projeté.

« Navrée, il fallait que je le consulte, un de mes proches est hospitalisé. » Elle dut produire un effort certain pour que les mots sortent et filent sans se casser. « Nous en étions où … ? Ah, oui, donc je disais, en contrepartie d’une dotation de votre part, nous pouvons vous allouer les services de jeunes drells au sein de votre association. A vous de déterminer le nombre, mais une dizaine ne devrait être un chiffre raisonnable, plus, il faudra en discuter. Nous pourrions vous autorisé à utiliser nos laboratoires, si vous en avez le besoin ou tout autre infrastructure pertinente. Collaborer me semble une chose très bénéfique et nous le ferons, même sans contrepartie. »

Elle changea immédiatement de sujet, ne laissant pas le temps à la bleutée de réagir. Elle préférait oublier et focaliser ses pensées sur le fil de leur discussion.

« Ce principe vous conviendrait-il ? »


Son interlocutrice était sincère, généreuse, elle savait que quoiqu'il se passe, elle pourrait compter sur un soutien. Il était naturel qu'elle montrer sa volonté à soutenir son projet à elle également. Ils savaient ce que c'était que de souffrir d'une situation compliquée sans aide. La moindre des choses qu'elle pouvait faire c'était de saisir la main tendue et d'apporter la maigre aide dont il pourrait faire preuve.

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MessageSujet: Re: Qui ne tente rien n’a rien   Jeu 31 Mai 2018, 01:26
Mes yeux fuient. Ils ne savent pas où se poser, gênés. J’avais agi avant de réfléchir. Pas cette réflexion que l’on fait sur le moment, ces trois justifications qui nous semblent plausibles quand on y pense à chaud. Non. Y réfléchir vraiment, essayer de dénouer — pas de faire taire, bien sûr — les sentiments dans la prise de décision. D’instinct, j’avais balayé tout cela. Et j’avais lancé cette proposition que Tori refusait, partagée entre l’humour et la désinvolture. Je relâchai ma mâchoire qui s’était serrée. Je ne lui en voulais pas, bien au contraire. Elle avait désespérément raison, peut-être aurais-je dit la même chose dans son cas. Mais j’avais espéré. J’avais espéré que d’une cause naisse quelque chose de plus grand, de plus ambitieux. Tori m’avait prévenue indirectement cependant, sa venue se voulait très pragmatique : ils avaient besoin de ressources, de matériaux, de vaisseaux. Et pourtant, je me sentis frustrée, un peu triste aussi.

— Je pense… que je comprends, oui. J’ai été trop ambitieuse, dis-je sur le ton de l’excuse.

Et mes yeux qui n’arrivaient toujours pas à se poser quelque part.

— J’œuvrerai pour qu’une coopération se fasse, bien sûr. Ce ne devrait pas être difficile de vous faire parvenir plusieurs navettes de petite capacité. Elles sont suffisantes pour des opérations de groupe et peuvent embarquer entre quatre et huit personnes, plus le pilote. À défaut, elles possèdent des boucliers légers et fragiles et un système d’artillerie rudimentaire. Elles ne sont pas faites pour combattre. Je pourrais m’arranger pour que les frais de ces navettes soient à la charge de l’entreprise.

Ma voix n’était pas très posée. Je n’avais pas envie de revenir sur la proposition précédente et, malgré mes efforts, mon élocution laissait à désirer en matière de clarté. Mais l’habitude commençait à prendre le dessus, involontairement.

— Pour le reste, je pense que le mieux serait que votre patron fasse directement une demande auprès de la Lumiena. Je donnerai ma bénédiction personnelle et je négocierai pour que les prix soient réduits. Que pensez-vous…

Je pris une petite minute, laissant la phrase en suspens, le temps de la réflexion cette fois. Il n’était pas question de lancer des promesses vaines et je connaissais ceux avec qui je devais traiter. Les actionnaires, le conseil d’administration et, secondairement, la commission des directeurs. Les premiers et les derniers, quoiqu’intransigeants, restaient abordables et compréhensifs. Heureusement même qu’ils étaient présents, certaines fois. Le conseil, lui… Il ne dérogeait pas à la règle, attiré par les profits sans concession. Quel pourcentage pourraient-ils accepter ? Dix pour cent sans doute, et il faudrait que je leur vante — à contrecœur, amère même — les bienfaits que cela engendrerait pour notre image. Un profond sentiment de dégoût s’immisça en moi. En venir là pour aider un peuple, les vies se monnayaient comme les marchandises. Je soufflai avant de reprendre la parole.

— Que pensez-vous de dix pour cent de remise ? Vous savez, je… je ne suis pas la seule à prendre les décisions, je suis désolée. Mais nous pourrions ensuite, si votre patron le désire, effectuer les premiers plans pour établir ce qui est nécessaire pour la défense de votre communauté, pour vous éviter de dépenser des crédits inutilement. Je pense que ce sera également négociable pour des vaisseaux de taille supérieure, une frégate par exemple.

À mon goût, trop de « je pense » ponctuaient mes paroles. Mais je ne me résolus pas à promettre, autant que ma bouche veuille le crier. Et si ? Et si je n’arrivais pas à outrepasser le conseil ? Et si j’échouais à les aider ?

— Je ne cherche pas…

Je fus coupée par ce « bip » électronique. Mes yeux se baissèrent enfin sur mon assiette, on aurait dit qu’une bataille avait eu lieu dedans. Tout était mélangé, découpé. Je pris une nouvelle bouchée, la viande était maintenant froide, mais cela n’enlevait rien à la qualité du repas.
Je m’apprêtai à réconforter Tori, mais elle reprit la parole immédiatement. Les sourcils arqués et le regard à nouveau sur son visage, je décelai le malaise de la Drelle, mais je restai silencieuse. Je relevai ma main et la déposait sur son bras que j’accompagnais d’une légère pression et d’un mouvement du pouce. C’est tout ce que je pus faire face à sa détresse.

— Oui, euh… Pardon. Je ne cherche pas à vous soutirer, repris-je, quelque chose en échange à tout prix… Votre peuple a besoin de tout ce qui peut lui être utile. Si toutefois de jeunes Drells et Drelles souhaitent venir travailler et gagner de l’expérience ainsi que des connaissances au sein de la Lumiena, ce sera avec plaisir que je les accepterais !


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MessageSujet: Re: Qui ne tente rien n’a rien   Ven 08 Juin 2018, 16:44
« Nous vieillissons bien plus vite que vous, pourtant nos vieux proverbes louent bien souvent la patience. Vous n’êtes pas trop ambitieuse, vous êtes tout simplement trop pressée. »

Elle regrettait de constater la gêne de son interlocutrice. Cette bleutée lui inspirait une étrange tendresse.  Elle était véritablement adorable et la drelle se demandait comment elle pouvait faire pour concilier ce tempérament à sa profession.

« Nous acceptons tout don et louons la générosité, Beeythia. J’indiquerai à nos commerçant de procéder ainsi. Ne vous blâmez pas, ce biais me semble des plus honnêtes. Nous commerçons et connaissons la dure réalité des rouages pragmatiques. »

« Comprenez bien, j’ai été sensible à votre bonne volonté et votre altruisme. Je sais que je vous ai fait de la peine en ne vous accordant pas une réponse plus positive à votre proposition. En faisant cela, je vous rends service, vous vous en rendrez compte ultérieurement. Cependant, si je vous propose ces jeunes âmes travailleuses gratuitement… c’est pour vous aider à mettre en place votre projet. Usuellement, nous vendons nos services, car nous possédons peu de ressource. »



« Si vous voulez d’une cause noble qui aide tout à chacun, soyez indépendante. Ne vous laissez pas acoquiner ou attendrir par les premiers nécessiteux croisés. L’avidité est une loi du marché tout aussi triste que celles qui vous empêche de disposer de votre entreprise sans vous soumettre à son conseil, rendre des comptes à vos actionnaires … etcetera. »

Elle posa sa main sur celle de la bleutée qui s’était posée sur son bras écailleux. La peau de la créature reptilienne n’était pas froide, simplement lisse et visqueuse. Elle ne connaissait pas de cause réellement désintéressée dans cette galaxie.

« Si vous changez d’avis et que l’emploi des miens vous sera utile, contactez-moi. Si vous avez besoin, d’un tout autre service, contactez-moi. Nous avons aussi des rabais applicables pour ceux qui nous sont amicaux. »


Elle se leva et se pencha pour porter ses lèvres au creux du cou de la bleutée. Laissant filer des mots chuchotés dans un souffle.  

« Par cela, comprenez, si vous avez le besoin d’un quelconque bras armé, pour protéger ou annihiler une menace, obtenir une information, … de manière… discrète. »


Elle recula, lui sourit de manière entendue.

« Je marche un chemin de cendre, le votre Beeythia, est fait pour la lumière. Soyez bénie. »


Elle s’inclina et tourna les talons, quittant la table et avec une étrange facilité, contourna serveurs et tables pour s’engouffrer dans la porte derrière un client qui sortait. La créature reptilienne s’étira et inspira. Elle avait fait de son mieux. Elle cligna des doubles paupières, chassant ainsi des larmes qui roulèrent sur ses joues. Elle n’aurait pas pu tenir sérieusement ce tête à tête avec cette créature asari plus longtemps. Elle se mit en marche. Elle avait pris soin en partant de projeter sa fiche de contact à l’omnitech de Beeythia. Elle avait juste besoin de réfléchir. Et de respirer. L'air était frais et agréable. Elle inspira profondément.

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MessageSujet: Re: Qui ne tente rien n’a rien   Lun 25 Juin 2018, 17:59
De ce soir, je ne retenais que la bonté de la Drelle. Attentivement, alors que ces lèvres mouvaient, je détaillais son visage reptilien si fin, aux mille couleurs et reflets. Je détaillais ses yeux perçants, enhardis d’une flamme puissante qui rendait hommage à sa combativité. Je détaillais ses mouvements, mus par le pragmatisme, mais portés par l’espoir. À l’écouter, je ne pouvais m’empêcher d’être triste de ne pas avoir une telle personne à mes côtés, me prodiguant ses conseils et sa sagesse comme elle l’avait si délicatement prodiguée durant le repas. Mais ç’aurait été égoïste. Au moins, me consolais-je, je n’avais pas loupé l’opportunité. Et nous repartions toutes deux satisfaites. Elle avait obtenu un futur contrat, du matériel et des moyens et j’avais découvert une cause, un peuple et une personne que j’appréciais déjà. Peut-être nous retrouverions-nous ?

Je me préparais à lui expliquer que j’acceptais volontiers de recevoir des Drells à la Lumiéna, mais que, pour d’évidentes raisons, je ne les emploierais pas gratuitement. Pour eux, ce serait une coquette somme d’argent, et divers bonus en fonction de leurs capacités et expériences respectives en plus d’acquérir des connaissances qu’ils pourront ensuite mettre au service de leur peuple. D’une voix chuchotée, douce, elle s’imposa et je demeurais une fois de plus silencieuse. Puis, tout aussi rapidement qu’elle était arrivée plus tôt, elle disparut ne laissant que ses derniers mots flotter autour de moi. « Je marche un chemin de cendre, le votre Beeythia, est fait pour la lumière. Soyez bénie. » Ils m’arrachèrent une larme que je laissais rouler le long de ma joue. Je réalisais que j’utilisais sans doute plus mes yeux pour pleurer que pour voir. Assise, dorénavant seule dans ce restaurant maintenant rempli, impassible, je ne bougeais pas. Mon OmniTech émit un bip et je vis sa fiche de contact. Heureuse, un sourire étira mon visage. Ne dit-on pas que le phénix renaît toujours de ses cendres ?




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Qui ne tente rien n’a rien

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