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 La colère des Dieux

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MessageSujet: La colère des Dieux   Sam 04 Nov 2017, 21:13
Intervention MJ : NonDate :  2 Novembre 2202 RP Tout public
Ayyn VenaShura Fender
La colère des Dieux



Un léger courant d'air vint momentanément faire voler la crasse qui recouvrait le sol avant qu'elle ne retombe presque délicatement un peu plus loin, à peine perturbée par cette intervention. La couleur rouillée du métal se fit plus vive, réfléchissant fièrement sa lumière ambrée dans les quatre coins de la pièce. Au centre de cette dernière se trouvaient deux hommes qui se faisaient face, n'accordant aucune forme d'intérêt à ce léger changement d'ambiance inopiné.

L'un d'entre eux, un krogan, fixait son interlocuteur de ses yeux perçants transpirant la vie sauvage. L'imposante corpulence qui venait accompagner ce genre de regard était généralement un argument de poids pour gagner un débat sans avoir à parler davantage. Mais son homologue humain ne semblait pour l'instant pas se laisser démonter.

80%.


70, et ce sera bien le dernier palier auquel je consentirai à monter pour une qualité aussi exécrable.

La voix profonde et grave du krogan résonna quelques instants encore à l'intérieur de la pièce, comme pour s'assurer que l'implacabilité de son jugement avait été retenue par tous. Derrière l'humain se trouvait en effet un petit groupe de personnes de toute race et de tout genre, encadré par des mercenaires. L'état de leur tenue vestimentaire et la mine soumise ou apeurée s'affichant sur leur visage était suffisante pour comprendre quel était leur rang.

On envisagera de négocier nos tarifs lorsque tu auras appris à dresser de vrais esclaves. Mais si ça ne te convient pas, tu peux toujours venir en parler en tête à tête avec Morlak.

Le sourire carnassier qui vint ponctuer la phrase du natif de Tuchanka aurait suffit à étouffer toute tentative de contestation de la part de bon nombre de personnes. Mais encore une fois, son interlocuteur ne sembla pas le moins du monde intimidé par ce nom que le krogan avait prononcé aussi sinistrement.

J'y compte bien.

Une sensation étrange se dégageait de cet échange, comme s'il n'était pas naturel, comme si les deux hommes n'étaient rien d'autre que des acteurs, camouflant par de belles tirades un dialogue soigneusement préparé à l'avance. Le simple fait que la montagne de muscle s'écarta pour laisser l'humain pénétrer dans une autre pièce fut suffisant pour avancer cette théorie. L'homme échangea un petit signe de tête avec le krogan avant de rejoindre l'autre salle, laissant dans son sillage le groupe d'esclaves dont la liberté s'arrêtait subitement au bout des armes que les mercenaires pointaient un peu trop dangereusement dans leur direction.

Bien moins spacieuse que la précédente, c'est une pièce sombre et dépourvue de toute fantaisie qui accueillit l'humain, succédant à un couloir au grillage sinistre animé par la seule ventilation qui passait au travers. Les ténèbres qui envahissaient l'endroit agissaient comme de terrifiants murs invisibles et pour la première fois, un certain malaise se ressentit chez l'esclavagiste qui venait de pénétrer en ces lieux. Si la vie pouvait façonner un homme en une machine de guerre ou en une raclure sans morale, certaines peurs demeuraient instinctives et bel et bien perceptibles pour tout esprit qui n'était pas gravement atteint par la folie.

Des tréfonds de cette cage métallique dans laquelle venait de pénétrer l'humain se fit entendre un craquement. Ce fut un krogan bien plus massif que le précédent qui s'avança vers son invité. Dans l'obscurité partielle il était impossible de décrire réellement sa tenue, mais l'odeur elle, était particulièrement forte, et l'esclavagiste ne la connaissait que trop bien.

S'arrêtant à un mètre de l'humain, le grand krogan demeura silencieux quelques instants, faisant davantage peser l'ambiance de la situation. Celui qui mesurait presque la moitié de la taille de son interlocuteur n'osa briser cette règle que venait d'imposer le mastodonte. Ce fut donc après de très longues secondes d'attente que le krogan prit finalement la parole, prononçant ces mots avec une intensité telle qu'il semblait les avoir préparé tout ce temps durant.

Les données ?

Oui, je les ai.

L'humain tendit un datapad vers le krogan. Ce dernier s'en empara et le parcourut des yeux en silence.

J'ai perdu une dizaine d'hommes pour les récupérer, j'espère que vous al...

Il ne termina jamais sa phrase, son corps déjà sans vie s'effondrait au sol dans un bruit sourd.

Ramenez les esclaves sur la planète et tuez le reste de son équipage.


Le mastodonte disparut de nouveau dans l'obscurité tandis que ses hommes s'apprêtaient à exécuter sa sentence sur les mercenaires encore inconscient du danger mortel qui pesait sur eux.


***

2 Novembre 2202
Orbite de Trident



L'infinité d'étoiles était peu à peu camouflée par une gigantesque masse, une planète quasi entièrement bleue dont les nuances colorées auraient pu rivaliser avec celles de la Terre. Une main en armure noire se posa le long de la vitre tandis que l'astre semblait se rapprocher de plus en plus. Une légère buée venait recouvrir le verre au gré des respirations de l'humaine qui se penchait le long de la fenêtre, son regard glacé perdu dans l'immensité qui s'offrait à elle.

La petite navette voguait paisiblement en orbite autour de la planète. A son bord, des combattants représentants l'élite des armées conciliennes, vétérans de nombreux conflits et tous sous les ordres de Shura. L'intégration de la N7 dans les rangs de l'UCIP était encore récente, mais sa position lui avait permit d'obtenir une petite équipe en attendant d'avoir une véritable affectation. Cette mission était la première qu'elle effectuait en dehors de l'alliance, un fait qui pouvait sembler anecdotique, mais qui avait son importance. Ses habitudes au sein du SSV Carthage au milieu de l'alliance étaient désormais de l'histoire ancienne.

La N7 s'arracha à la vision de la planète qui s'assombrissait déjà, les gigantesques étendues bleues recouvertes partiellement par une gigantesque concentration nuageuse, bien visible depuis l'espace. Cette mission allait s'effectuer en effectif réduit. L'objectif ? Infiltrer un complexe suspect et récolter le plus d'informations possible. Toutes les données en orbite autour de Vard avaient été détruites, mais la MEDC avait volontairement laissé s'échapper un faux réplica des données, et ces dernières avaient été interceptées, changeant de nombreuses fois de mains. Opportunistes ou agents de l’œil peu prudents, quoi qu'il en soit la piste menait à l'une des nombreuses organisations peu réglementées de Trident. Il pouvait très bien s'agir d'une simple société écran ou d'une gigantesque fausse piste, aucune hypothèse ne pouvait être écartée pour le moment.

Shura enfila son casque et vérifia une dernière fois les verrous de son armure avant de rejoindre la cabine principale. Une petite dizaine d'hommes s'y préparaient, turiens rengainant leurs armes, asaris faisant crépiter des étincelles bleues aux alentours mais également des anciens de l'alliance, comme elle. Tous se redressèrent pour lui faire face à son arrivée.

La N7 agrippa l'une des parois pour anticiper les futures secousses lors de l'entrée en atmosphère avant de prendre la parole.

Nous arrivons bientôt à la surface, Void 1 et 2, les drones sont il prêts ?

Oui Commandant.
Oui Commandant.

Parfait, vos deux escouades seront les premières à partir une fois sur zone, je prendrais la tête de Void 3.

Le casque de Shura sembla se pencher en direction de la cabine de pilotage.

Combien de temps avant l'arrivée de la tempête lieutenant ?

A cette allure je dirais une dizaine de minutes après le droppage Commandant.

Elle se retourna vers le reste de l'équipe.

C'est notre temps imparti pour pénétrer dans l'infrastructure. Une fois sous l'ouragan il n'y aura plus aucune donnée entrante ou sortante de la surface. Nous devons jouer sur cet avantage. Progressez à l'intérieur et ne brisez le silence radio qu'en cas d'absolue nécessité. Récupérez tout ce que vous trouverez d'utile, réduisez au silence ce qui dérange votre progression et n'oubliez pas de couvrir votre retraite. Si les choses tournent mal, reprenez contact et dirigez vous vers la ZA, mais la navette ne pourra se poser que lors d'une accalmie, alors pas de faux pas précipités.

La cabine fut alors prise d'une secousse tandis que la navette pénétrait dans l'atmosphère de Trident.

Bonne chance à tous.


***

La navette furtive décolla après avoir largué son précieux chargement. Void 3 se positionnait déjà à couvert tandis qu'ils analysaient leur environnement. Shura se retrouvait aux côtés d'un turien et d'une chasseresse, tout trois silencieux et attentifs à ce qui les entourait. Ils se trouvaient actuellement à l'extrême sud de l'île, en théorie à quelques centaines de mètres de l'objectif. Une plage de sable large d'une dizaine de mètres se trouvait à leur droite, bordée d'un côté par la mer et de l'autre par une végétation dense dans laquelle le commando avait trouvé refuge.

Le vent s'était déjà levé, et il était puissant. Une énorme masse nuageuse s'approchait de l'île par le Sud, et l'intensité des vagues ainsi que le ploiement des arbres pouvait donner un bon aperçu de la proximité de la tempête aux trois individus protégés par leur armure. Shura fit un léger signe de tête à ses compagnons et ils entamèrent leur progression au sein de la forêt. Il ne leur fallut pas longtemps pour finalement apercevoir leur objectif.




Parmi la végétation dense se dessina les contours d'une crique, un complexe construit à même la roche en son sein. Plusieurs ramifications semblaient se prolonger de l'autre côté de l'île mais également sous la surface. Une alarme retentissait au loin, avertissant les travailleurs de la ligne nuageuse menaçante qui se dressait à l'horizon. Le spatioport semblait d'ailleurs déjà se refermer, le temps était compté.

Void 3 entama donc la descente le long de la roche avant de faire une pause dans sa progression à couvert. Shura tapa à deux reprises son casque afin de chasser le sable qui s'y était collé. Le turien lui, tendit son bras en direction de la chasseresse, chassant de son armure une bestiole insectoïde de la taille de sa main.

Le trio reprit sa route après avoir activé leur camouflage optique, trois ombres se déplaçaient le long de la jonction entre la base et le complexe, ne redevenant visible qu'une fois collés à la paroi. De multiples instructions étaient hurlés de ci de là tout autour d'eux, les ouvriers inconscients du véritable danger qui était sur le point de pénétrer entre leurs murs.

Un groupe de travailleurs étaient en train de faire rentrer des véhicules dans un hangar, le commando en profita pour se diriger vers un sas laissé sans surveillance. Une surcharge sur une caméra positionnée sur un pylône voisin et un piratage de verrou rapide leur permirent de pénétrer dans le ventre de la structure métallique. Le turien reverrouilla le sas derrière eux tandis que les deux femmes avançaient dans le noir avec leur vision thermique dans ce qui semblait être un gigantesque entrepôt. Un violent éclair se fit entendre à l'extérieur, et Shura espérait que les autres escouades s'en sortaient aussi bien qu'eux.


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MessageSujet: Re: La colère des Dieux   Mar 07 Nov 2017, 19:31
Le complexe semblait en effervescence. Avec la tempête en approche, tout le monde se pressait de se réfugier à l'intérieur et de protéger le matériel. Il restait quelques gardes, mais compte tenu de la taille de la base, il était assez évident qu'il ne s'agissait que d'un effectif minimal. Il faut dire aussi que l'ouragan n'était prévu que dans une petite heure, il valait donc mieux éviter de laisser trop de monde dehors. D'autant qu'on pouvait raisonnablement penser qu'aucune force hostile ne serait en mesure d'attaquer le centre pendant l'orage. Il faudrait en effet déployer des moyens conséquents pour prendre d'assaut cette place forte, et les dits moyens se feraient sans aucun doute balayer par les bourrasques. Cela représenterait donc un gâchis conséquent d'hommes et de matériel. De fait, ce n'était pas vraiment étonnant qu'il reste si peu de vigiles à l'extérieur.

A travers ses jumelles, Ayyn avait pu les compter. Du moins, ceux qui étaient visibles. Une grosse dizaine tout au plus. Deux sur la plateforme d'atterrissage, environ le double en train de patrouiller sur les toits et une demi-douzaine qui parcourait la digue. Autant dire que l'asari ne risquait pas grand chose compte tenu du chemin qu'elle avait prévu d'emprunter. D'autant que d'ici à ce qu'elle atteigne le pied du complexe, certains d'entre eux seraient sans doute déjà rentrés se mettre à l'abri. Il restait bien quelques véhicules qui circulaient sur la digue, mais on semblait plutôt être sur la fin du convoi que le début.

- Pourquoi c'te citadelle vous intéresse tant qu'ça ?

La "capitaine" du bateau sur lequel la biotique avait embarqué était un vieil humain un peu bourru. Le cheveux grisonnant, le dos légèrement vouté, il venait de quitter sa cabine de pilotage pour rejoindre le pont de son "navire". Vena avait plus l'impression d'être sur une coque de noix semi-submersible (et semi submergée aussi), mais ce matelot était ce qu'elle avait trouvé de plus "fiable" pour l'amener là où elle le souhaitait pour pas trop cher et sans trop de questions indiscrètes. Elle ne pouvait pas garantir qu'il garderait le silence sur sa passagère, et la bleue ne lui avait d'ailleurs rien demandé à ce sujet, mais elle doutait que quiconque accorde la moindre valeur à la parole de cet ancêtre.

- Qui vous dit que ce sont les bâtiments qui m'intéressent ? Je regarde peut-être la faune locale.
- Bin voyons. Et ça vous prend souvent de faire de l'ornithologie en tenue de plongée avec un ouragan en approche ?
- Je suis peut-être une ornithologue inconsciente férue de plongée sous-marine.
- Je vois... Et vous avez l'habitude d'essuyer beaucoup de rafale dans vos excursions sub-océaniques ? Si vous voulez pas me dire ce que vous faites ici, libre à vous, mais je ne suis pas un idiot. J'ai bien vu que vous portiez une armure de combat sous votre bazar d'homme-grenouille.

Ce type était plus observateur qu'il n'y paraissait. Non pas que la tenue de plongée masque efficacement la cuirasse qui se trouvait dessous, mais elle n'était pas non plus repérable d'un simple coup d'œil. Mais peut-être le fait que le batelier ait passé la moitié de la traversée à reluquer sa passagère était pour quelque chose dans sa déduction. Néanmoins, on ne pouvait pas retirer à ce marin qu'il n'était pas né de la dernière pluie. Pour arriver à un âge aussi avancé sur une planète telle que Trident, il avait sans doute dû faire montre d'une certaine ruse. Surtout quand il ne semblait avoir pour seule activité que de faire voyager des personnes et des marchandises sur son épave.

- Bon, quoi qu'il en soit, je voudrais pas vous paraitre impoli, mais si vous pouviez faire ce que vous avez à faire rapidement, ça m'arrangerait. J'aimerais bien pouvoir rentrer au port avant que la tempête nous tombe dessus.
- Elle atteindra la côte d'ici combien de temps ?
- Une cinquantaine de minutes d'après la météo.
- Alors vous avez raison, il est plus que temps que je vous laisse. Et si vous pouviez éviter de trop parler de notre petite escapade...
- Ne vous en faites pas. On reste pas longtemps en vie sur Trident quand on est trop bavard
- Oh, alors vous êtes surement arrivé très récemment.

A ces mots qu'elle avait lancés d'un ton amusé, Ayyn se laissa basculer en arrière pour rentrer dans l'eau. Elle attendit de couler un peu grâce au poids de ses bouteilles puis activa ses propulseurs. La biotique avait estimé qu'il lui faudrait une dizaine de minutes pour parcourir le kilomètre qui la séparait de la base. Bien sûr, à la nage c'eut été beaucoup plus long et fatigant, mais là, les petits moteurs fixés sur l'attirail de l'ancienne commando faisait tout pour elle. Et surtout, cela permettait à la bleue de conserver ses forces pour la suite. Car elle risquait d'en avoir besoin. Compte tenu de la proximité de la tempête, elle ne pourrait pas se permettre de trainer en arrivant. Vena avait certes prévu un peu de marge de manœuvre, mais elle avait été contrainte de garder un planning assez serré pour être sûre de ne pas rencontrer trop de gardes au moment de son infiltration.

Quoi qu'il en soit, après une dizaine de minutes sous l'eau, l'asari atteignit la côte. Compte tenu de son angle d'approche, elle n'avait plus de vue sur la digue. Cela dit, cela marchait dans les deux sens. La native d'Illium sortit aussi prestement de l'eau qu'elle le put et entreprit d'enlever sa combinaison une fois sur un morceau de roche. Cela lui faisait un peu mal d'abandonner un tel matériel, mais elle ne pouvait pas se permettre de trimballer un poids mort pendant son opération. Et de toute façon, l'ex militaire n'avait pas prévu de repartir comme elle était venu. Cela faisait partie de ses paramètres de mission de trouver un véhicule pour quitter le complexe, une fois son objectif principal accompli.

Toujours est-il que la bicentenaire se tenait à présent devant le premier obstacle de taille de son intervention : une falaise à escalader. Il ne s'agissait certes pas d'une difficulté insurmontable, mais ce serait assurément plus compliqué à franchir que ne l'avait été le kilomètre sous l'eau. D'autant que cette fois ci, Ayyn ne disposait d'aucun matériel pour l'aider. Elle allait devoir grimper à la seule force de ses membres. Et le tout sans aucune sécurité et de préférence assez rapidement pour éviter que l'ouragan ne finisse par lui arriver dessus. Cela dit, la paroi fortement érodée semblait tout de même présenter bon nombre de prises.

La bleue commença donc son ascension. Elle était loin d'être experte dans le domaine, mais elle eut l'impression de gravir l'escarpement relativement rapidement. Il fallut tout de même un bon quart d'heure à l'asari pour atteindre le sommet, cette dernière préférant s'assurer de choisir de bonnes prises que de risquer une chute funeste. Elle put d'ailleurs constater quand elle passa à sa hauteur que la plateforme d'atterrissage avait été désertée. Les derniers gardes avaient probablement dû se réfugier à l'intérieur. Compte tenu des bourrasques qui commençaient à frapper la falaise, cela semblait logique. Si le gros de la tempête devait encore être à une vingtaine de minutes de là, le vent soufflait déjà bien. C'est pourquoi Vena fut soulagée quand elle atteignit enfin le sommet.

La biotique termina de se hisser sans grande agilité et marqua une très légère pause pour reprendre son souffle. Les arbres commençaient à ployer et la structure métallique de l'immense tour de transmission elle même propageait un bruit légèrement inquiétant. L'ancienne commando se demanda même si l'antenne survivrait à la tempête. Mais au fond, cela l'importait guère. Pour l'instant, elle devait surtout de mettre à l'abri rapidement. La bicentenaire redescendit donc en direction du complexe, en pressant un peu le pas. Au moins cette fois ci pouvait elle y aller à pied. La combattante indépendante atteignit assez rapidement le toit et ne mit guère plus de temps pour trouver une porte.

Cet accès n'était pas très sécurisé, pour ne pas dire carrément négligé. Mais cela ressemblait plus à une sortie de service. Sans doute celle qu'empruntaient les techniciens quand ils avaient besoin de tripatouiller les antennes. Toujours est il que la porte avait beau ne pas être protégée, elle n'en demeurait pas moins verrouillée. Mais cela ne devrait pas prendre très longtemps à Ayyn de contourner ce blocage. Il s'agissait d'un système assez ancien, à base de digicode. Il ne faudrait pas plus de 5 minutes à la native d'Illium pour le craquer. Cette dernière s'attela donc à la tache, en commençant par arracher le boitier. Il n'y avait plus qu'à bidouiller les fils avec l'assistance de l'omnitech.

Quelques instant plus tard, l'asari refermait la porte derrière elle. Elle était enfin à l'abri. Enfin, façon de parler. Elle venait aussi de se jeter dans la gueule du loup et risquait d'y rester coincée pour au moins quelques heures le temps que la tempête passe. L'ex-militaire dégaina donc son pistolet muni d'un silencieux, et emprunta l'escalier qui lui faisait face, lentement et aussi silencieusement que son armure le lui permettait. L'endroit semblait calme et elle ne voyait pour l'instant aucune caméra. Tant mieux, cela lui permettait d'économiser son camouflage optique pour des situations plus... problématiques. Il ne restait plus qu'à trouver un terminal pour découvrir pourquoi cette base avait importé autant d'esclaves et ce qu'ils en faisaient...




Ce n'est pas parce que je suis fou que je suis de mauvaise compagnie.
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