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 Jungle Book

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MessageSujet: Jungle Book   Dim 10 Sep 2017, 00:12
Intervention MJ : NonDate : Mai 2202 RP Tout public
Alec Sykes ♦ Shaun McAvoy
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ALEC SYKES ♦ SHAUN MCAVOY

La Lieutenant-Commandant avait hésité avant d’accepter l’invitation au N1. Repartir en formation à la base alors qu’elle était officier et avait sa division à gérer… Cela l’avait laissé pensive. De plus McAvoy savait pertinemment qu’elle se retrouverait dans les plus vieux de sa promo. Son invitation s’était faite quelque peu… tardivement dirons-nous. Mais d’un autre côté la suite logique pour son évolution de carrière était de passer Commandant de la division biotique. Et la jeune femme ne souhaitait pas finir cloitrée dans un bureau pour le moment. La seule autre option qui lui semblait profitable et en accord avec ses ambitions était d’intégrer les forces spéciales. Cela lui permettrait d’évoluer encore un moment au sein de l’Alliance tout en restant proche de l’action et en acquérant un maximum d’expérience qui lui serait plus que profitable par la suite. La contrepartie étant de ravaler sa fierté pendant un temps et de quasiment repartir de zéro.

Shaun s’était d’ailleurs étonnée de recevoir une invitation tout court. Avoir le N1 en étant aussi proche de la quarantaine n’était pas chose courante. La Lieutenant-Commandant ne considérait également pas son action sur Lasjae comme la plus brillante de sa carrière. D’autres missions plus difficiles et gratifiantes auraient pu lui valoir un ticket pour le N1 ou même la guerre contre les moissonneurs. Les invitations pour le N1 suite à cela avaient été nombreuses car beaucoup de soldats s’étaient démarqué pendant le conflit et il fallait également remplacer les effectifs... McAvoy avait une vague idée de pourquoi elle n’avait pas pu intégrer l’unité d’élite plus tôt mais cela se confirmerait certainement par la suite avec un entretient.

La brune s’était rapidement décidée à faire cette formation malgré les quelques inconvénients. Ses craintes se confirmèrent rapidement quand elle fit un tour d’horizon pour voir de quoi été composé cette session N1. A son grand regret la demoiselle se trouvait être la doyenne du groupe et de loin. Leurs instructeurs étaient plus près de son âge que ses collègues qui étaient plus dans la vingtaine ou une petite trentaine. Le plus jeune du groupe devait tout juste avoir vingt ans, soit dix-sept ans d’écarts avec elle. La presque quadra soupira. Les siens remontaient à loin maintenant, elle était en train d’étudier à Grissom à cette époque. Encore jeune, insouciante et non marquée par les tristes évènements qui avaient suivis peu de temps après.

Les soldats fraichement recrutés par les forces spéciales avaient eu la chance d’assister à une semaine de cours accélérés couplé d’une batterie de tests physiques pour dégrossir les rangs avant d’attaquer les choses sérieuses. Les premiers jours se faisaient volontairement difficiles et sélectif pour éviter que les nouveaux s’acharnent dans une formation qui n’avait aucune chance d’aboutir et que les instructeurs perdent leur temps pour des personnes n’ayant pas les compétences ou la mentalité nécessaire pour réussir. Les N1 nouvellement sélectionnés avaient donc enchainé courses avec poids supplémentaires, combat au corps à corps, parcours du combattants, escalade, corde, nage en eau vive ainsi que d’autres exercices tout aussi difficiles et éreintant. Si à l’entrée les postulants étaient une soixantaine à se présenter, il n’en restait plus que vingt-sept à la fin de ces quelques jours étant donné que chaque épreuve était éliminatoire. La brune fut surprise de constater que le benjamin du groupe était encore là. Il discutait tranquillement avec deux de ce qui semblait être ses amis en attendant la suite des évènements. L’anglaise se tendit brusquement en entendant un lointain chuchotement qui semblait sonner à ses oreilles comme : « Elle a aussi été retenu la vieille balafré ?! » suivit d’un : « T’exagères elle est bien foutu pour son… ». La lieutenant-Commandant, sentant un mal de crane approcher, préféra s’épargner la suite de cette conversation et se diriger vers un autre groupe pour s’occuper avant le retour des instructeurs.

Après ce début de semaine bien chargé les candidats étaient ensuite passés aux choses sérieuses, autrement dit un stage de survie dans la forêt amazonienne. Les postulants étaient largués à différents endroits en pleine jungle avec un sac à dos, un couteau, une gourde, une carte et une boussole et avaient une semaine et trois jours pour arriver au point de rendez-vous indiqué. Etant donné que cette session avait pour vocation de tester les capacités individuelles, ils étaient à distance raisonnable des uns des autres mais risquaient probablement de se croiser en s’approchant du point d’évacuation. Ils étaient également munis d’une balise GPS indiquant leur position et leur permettant d’appeler les secours en cas d’incident. Cette mesure était faite par précaution mais était éliminatoire. Entre la fatigue accumulée et la tâche qu’ils avaient à accomplir l’exercice n’allait pas être simple. Au vu des kilomètres à parcourir, leur marge d’erreur sur la route à prendre était relativement mince. Ils avaient tout intérêt à ne pas traînasser. De plus ils auraient également à chercher leur propre nourriture et point d’eau ce qui ne les aideraient aucunement dans leur soucis de timing.

L’exercice était loin d’être inconnu à la biotique mais elle n’en souffrait pas moins pour autant. La dernière fois que l’exercice avait été aussi long et intense c’était pendant la Grande Guerre où elle s’était retrouvée plusieurs fois en éclaireur ou en guérilla coupée de la ligne de ravitaillement pendant plusieurs jours à cause d’un trop grand nombre de moissonneurs entre elle et le camp de base. C’était arrivé quelques fois par la suite mais rien de comparable. Son expérience l’avait certainement avantagé dans cette épreuve mais pas de là à en faire une promenade de santé. Entre la fatigue, le manque de nourriture et de sommeil, la balafrée avait beau être résistante elle n’était pas moins sensible à ces privations. Shaun s’était contentée de manger des plantes, racines, insectes et fruits qu’elle avait trouvés sur sa route. Chasser lui aurait fait gaspiller trop de temps elle préférait donc s’en abstenir pour le moment. Les seuls détours qu’elle s’était autorisé étaient pour le ravitaillement en eau. Cela faisait déjà six jours que l’épreuve de survie avait commencé. Par chance elle n’était pas encore tombée sur un animal hostile. A moins que ça ne soit de la malchance… Contrairement aux non-biotique la brune était également avantagée dans ce domaine. Elle n’avait pas juste un couteau si jamais un jaguar, serpent, crocodile ou autre réjouissances lui tombaient dessus. Cela lui aurait permis de manger quelque chose de plus consistent que des fruits et des racines…

La forêt était dense, humide et chaude. Au moins le froid ici n’était une des préoccupations principales de McAvoy. L’orientation, le temps et ses ressources limitées par contre… A la fin du sixième jour Shaun avait bien avancée et d’après ses calculs elle était dans les temps. Elle n’avait pas croisé d’autre candidats bien qu’elle ait cru une ou deux fois en entendre un au loin. La fatigue commençait à se faire plus que sentir. Elle avait à parcourir de nombreux kilomètres par jours et dormait peut et mal la nuit ne pouvant alterner des tours de garde avec un éventuel coéquipier. Cela l’obligeait à avoir le sommeil léger et à toujours être attentive. Alors que l’anglaise consultait sa boussole, des cris suivis de grognement la firent réagir. Au vu de l’intensité ça n’était pas très loin d’elle. La biotique se précipita dans la direction d’où provenait le son car il était plus que probable que cela soit un des candidats N1. Elle ralentit en se rapprochant de la cible restant cachée derrière des végétaux le temps d’analyser la situation. Elle tomba sur l’un des jeunes soldats de leur promotion, à terre, faisant face à un animal sauvage. McAvoy balança une onde de choc sur la bête, l’envoyant ainsi valser contre un arbre. Le jaguar se brisa la nuque en percutant le tronc de plein fouet :

« Tout va bien ? demanda la brune essoufflée par sa course.

- Je crois que je me suis cassé la jambe en tombant. Grinça le soldat en palpant son membre meurtri.

- La balise ?

- Je l’ai fait tomber en tentant d’échapper au jaguar. » Expliqua le blond en se grattant la nuque.

La biotique soupira avant d’activer la sienne. Une voix s’éleva pour s’enquérir de la raison de l’appel. La lieutenant-commandant expliqua succinctement la situation. Mais apparemment cause de la brume qui s’était levée au-dessus de la jungle, les secours ne pourraient pas se déplacer avant le lendemain matin à moins que ça ne soit une urgence vitale. Or une jambe cassée n’entrait pas dans cette catégorie. La brune pesta avant d’aller chercher autour d’eux de quoi faire une attelle de fortune ainsi que du feu. L’anglaise se mise également à dépecer le jaguar et à découper des morceaux pour le faire cuire. Avec ça elle allait certainement perdre une bonne demi-journée de marche. Si Shaun voulait espérer arriver dans les temps, elle allait non seulement devoir accélérer sa course mais potentiellement avancer de nuit. Avec un peu de chance la lune serait suffisamment visible pour éclairer ses pas et lui permettre de continuer sa route. De manière ralentie certes mais elle pourrait avancer au moins :

« Vous avez l’air d’être une habituée de l’exercice…

- Le privilège d’être une vieille balafrée… Répliqua Shaun avec un léger rictus.

-Ah... Vous aviez entendu ? Hum… Désolé pour ça… fit le jeune homme d’un air gêné. Vous restez ? Demanda soudainement le blond, incertain.

- Si un autre jaguar rapplique je doute que vous puissiez courir pour y échapper. Répondit simplement la biotique en continuant de dépecer la bête.

-J’ai eu de la chance que vous passiez dans le coin alors ahah… Vos hommes doivent vous appréciez. Ils savent qu’ils peuvent compter sur vous. Dit-il avec un petit sourire.

Shaun se raidis. Le pouvaient-ils vraiment ? Si la mission avait été de récupérer des documents importants pour ensuite les emmener au point d’extraction et que son coéquipier s’était blessé de façon à ne plus pouvoir se déplacer se serait-elle arrêtée ? Aurait-elle mis en péril sa mission ? Probablement pas. Elle serait surement revenu ensuite mais sa tâche serait passé avant. Et rien ne garantissait que son collègue ait survécu pendant ce laps de temps.

-Ouais… » Marmonna la biotique sombrement en faisant cuire leur repas du soir. Le reste de la soirée se fit plus silencieusement. Le blond ayant senti que sa collègue n’était pas d’humeur à papoter.

La nuit se passa sans incidents majeurs. Une ou deux bêtes s’étaient approchées pendant de tour de garde du jeune homme qui avait donc dû réveiller McAvoy pour qu’elle s’en occupe mais autrement rien de spécial. L’équipe médicale était arrivée dans la matinée une fois le brouillard levé et qu’il faisait suffisamment jour pour permettre à l’équipe de voler en toute sécurité. Ils avaient proposé de prendre la biotique avec eux si elle n'était pas sure de pouvoir continuer mais Shaun refusa.

La lieutenant-commandant arriva malgré ce contretemps avant la deadline. De peu certes, mais dans les temps tout de même. Elle était d’ailleurs la dernière à arriver dans le temps impartit. Essoufflée, en sueur avec des valises sous les yeux et les cheveux un peu en pagaille mais elle y était arrivée. On pouvait clairement voir qu’elle en avait bavé. La brune avait eu du mal à rattraper sa demi-journée de perdu et avait dû forcer sur la fin pour arriver avant la fin du compte à rebours. Shaun avait également dû se taper une falaise à escalader à défaut de pouvoir la contourner. Ses mains avaient quelque peu morflé du coup. Les autres candidats étaient déjà partis se doucher, faire un tour à l’infirmerie pour un check up, manger ou encore se reposer. Les examinateurs nous accordaient quelques heures de repos le temps qu’ils visionnent les vidéos et préparent le débriefing. Apparemment des drones avaient suivis notre progression dans la jungle Amazonienne ce qui fait que nos superviseurs avaient globalement vu tout ce qu’il s’était passé.






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MessageSujet: Re: Jungle Book   Ven 15 Sep 2017, 21:40


Londres, ville symbole de deux millénaires de civilisation et de la plus grande victoire de l’histoire galactique… Ravagée il y a plus d’une décennie et aujourd’hui relevée de ses cendres par les efforts de la Reconstruction. La cité gagnait en importance et beauté à mesure que les années défilaient, son allure n’étant remise en question que par la météo peu clémente des îles Britanniques. Pourtant, Alec n’aurait pu concevoir un lieu où se sentir davantage chez lui sur la Terre. Car s’il appréciait les vastes étendues encore sauvages d’Amérique du Nord, là où s’enracinaient les origines de sa famille, c’est bien au pied de Big Ben restauré qu’il se sentait le mieux. Vancouver avait beau être le QG des hautes instances de l’Alliance sur la planète bleue et avoir le statut de capitale mondiale, elle ne pouvait rivaliser avec l’agglomération Londonienne en termes d’importance historique.

Pour sa part, Sykes avait vécu des moments tellement forts dans ces rues lors de l’invasion des Moissonneurs qu’il se sentait lié à elles par bien des aspects. Qu’il s’agisse de moments déchirants comme la perte de camarades, du souvenir des exactions que la lutte contre l’envahisseur le força à commettre ou bien de la joie éphémère d’apprendre de bonnes nouvelles (bien trop rares) quant au déroulement des combats… Tout ceci faisait partie de lui à un niveau qu’il est difficile de concevoir pour quiconque ne s’est pas retrouvé à combattre au sol, dans les ruines de son monde, durant de long mois de sacrifices et privations. Peut-être fallait-il y voir là une forme de culpabilité du survivant, mais l’officier s’évertuait à vivre ses rares moments libres en dehors de la Citadelle dans ces mêmes rues.

Tel était donc le cas en ce mois de mai 2202. Après une mission de longue durée au sein des Terminus, où le Midway avait pu démontrer tout l’intérêt de son système furtif, l’appareil fut envoyé en cale sèche sur Séléné pour révision et réapprovisionnement complet de ses stocks. Cela laissait à son équipage deux semaines complètes de permission, uniquement troublées par un long débriefing de fin de déploiement en ce qui concerne son Commandant. Ce dernier avait ensuite rejoint son appartement proche de la City londonienne, où il avait passé les premiers jours à renouer avec de vieilles connaissances. S’ensuivit ensuite la sacrosainte visite auprès de l’imposant Mémorial du spatioport, ainsi qu’une visite auprès de sa sœur qui travaillait toujours dans un hôpital sous tutelle de l’Alliance au sein du Présidium de la Citadelle. Difficile pour ceux ne le connaissant qu’à travers le service de l’imaginer être « très famille » c’est vrai, mais sa cadette était la dernière parente qu’il lui restait. Sans doute existait-il d’autres branches de la lignée Sykes sur Terre, mais Alec n’avait jamais véritablement eut le courage ou même l’envie de les rechercher après la disparition de ses parents et la fin de la guerre.

La différence d’âge entre les deux rejetons de Henry et Janet Sykes, près d’une dizaine d’années, n’aidait pas spécialement à une bonne compréhension dans certains cas, mais tous deux s’adoraient. Le fait d’avoir vécu les premières années de leur vie dans un espace clos comme celui d’une station d’extraction au beau milieu d’une atmosphère impropre à la vie devait certainement y être pour quelque chose… Quoi qu’il en soit, les petites piques que le duo s’envoyait à longueur de journée, rythmées par des moments de complicité parfois bien improbables, suffisaient bien souvent à faire décrocher pour un temps l’aîné des préoccupations de son boulot. C’est ce genre de petit plaisir simple et d’interactions sociales qui lui permettait de ne pas perdre pied. Vivre pour et uniquement par l’armée pouvait s’avérer dangereux, il le savait pour en avoir lui-même fait l’expérience. Le risque de se transformer en simple machine prête à exécuter les ordres avait signé la perte de plus d’un bon soldat. Lorsque l’on se voyait contraint de commettre tout un tas d’exactions au nom d’une cause, il valait mieux avoir les moyens de dissocier vie privée et « professionnelle ». Sans quoi il était alors aisé de perdre le moral, voire même la raison et le soutien de ses hommes et proches…

L’officier des Opérations Spéciales s’employait donc à décompresser du mieux qu’il pouvait en mettait son séjour sur Terre à profit, lorsqu’une opportunité bien particulière s’offrit à lui. Quant à savoir si elle contribuerait ou non à poursuivre dans cette voie… Sans doute que le petit voyage qui s’annonçait le lui dirait bien assez vite.

***

L’Amazonie. Autrefois surnommée le « Poumon Vert de la Terre », et aujourd’hui devenue le lieu d’entrainement de ses meilleurs soldats. Des siècles d’exploitation intensive auraient très certainement finit par venir à bout de cette région encore vierge si l’Humanité n’avait pas trouvé de s’élever vers l’espace il y a maintenant plus de cinq décennies… Aujourd’hui, grâce aux changements de mentalité et l’évolution des technologies aptes à lutter contre la pollution, l’endroit retrouvait une part de son aspect sauvage de jadis. L’environnement parfait pour préparer les plus endurants à des exercices bien plus complexes encore au-delà de l’orbite terrestre...

Pour sa part, le Commandant se sentait chaque fois un peu nostalgique en remettant les pieds à Rio. Et plus particulièrement à la Vila Militar. C’est dans ce lieu, plus communément appelé « la Villa » ou « l’école N », qu’il était devenu l’homme qu’il était aujourd’hui. Formé parmi les premières sessions post-conflit, Alec avait eu la chance d’évoluer au milieu des meilleurs soldats ayant combattu l’invasion Moissonneur. Son mentor de l’époque, le Commandant Füller, dont il avait repris les rênes de l’unité après sa disparition, faisait elle-même partie de la toute première session N depuis le rétablissement du programme. Ce qu’il avait appris à ses côtés ainsi que la personnalité de celle qu’il qualifiait aisément de meilleur soldat qu’il n’ait jamais connu le confortait d’ailleurs en une chose. De son point de vue, les officiers les plus prometteurs et qualifiés qui sortiraient jamais de ce programme étaient les vétérans de 86-87. Et plus particulièrement ceux formés alors que la Reconstruction débutait. Jamais on ne vit de combattants et meneurs d’hommes plus lucides quant à la réalité des combats et combattifs que ceux-là.

S’il fallait donc reconnaitre la valeur de ceux invités en ce début de siècle à suivre ce prestigieux cursus, Alec ne pouvait s’empêcher d’avoir certains aprioris sur la question. Les recrues d‘aujourd’hui étaient les gamins d’alors. Ceux-là même qui vécurent les horreurs du conflit comme des civils livrés à eux-mêmes et dépendants du bon sens et souvent de la chance pour survivre. Les sacrifices et les pertes qu’ils consentirent à l’époque ne devaient pas être minimisés, il est vrai. Mais rien n’est comparable à ce que ressent alors un individu qui prend les armes face à un adversaire dont la force semble incommensurable.

Aussi se montrait-il intransigeant lorsqu’on l’invitait occasionnellement au CFCI en tant que consultant de terrain afin de donner un avis extérieur sur certaines sessions. Cette façon de faire des instructeurs et responsables du programme avait pour avantage de glaner des témoignages et opinions de combattants en service actifs. Une manne bien souvent mise à contribution dans l’évolution des critères d’évaluation et de la nature des exercices… Ses récentes expériences en matière de contre-terrorisme, qu’il s’agisse d’opérations sous mandat de l’UCIP ou pour le seul crédit de l’Alliance devenaient alors de précieux atouts pour donner un avis aussi constructif que possible.

Néanmoins, s’il y a bien une chose à laquelle le N7 ne s’était pas attendu en se rendant sous la canopée brésilienne, c’est bien de croiser une tête connue durant la session N1 qui se déroulait devant ses yeux. Concentré sur les écrans de contrôle transmettant les images des différents drones parcourant la forêt, l’attention du commando se trouva très vite attirée par une candidate donc l’allure ne lui était pas étrangère. A dire vrai, confondre un visage aussi reconnaissable semblait difficile à concevoir tant il était marqué par les années de service. Toutefois, il lui fallut bel et bien quelques secondes pour réaliser la chose. Consulter à deux reprises la liste des candidats l’y aida très certainement…

A sa grande surprise, on avait donc accepté dans le programme le Lieutenant-Commandant McAvoy. Non pas qu’il doutait de sa valeur, mais il est vrai que proposer une invitation à un officier de cet âge relevait de l’exception. Sans doute que son statut de vétérane (oui oui, ça se dit !) du combat contre les Moissonneurs avait pesé dans la balance. Du moins le pensait-il à ce moment-là, ignorant qu’il était des derniers états de service de la concernée. Intrigué par la question, il accorda donc une attention toute particulière à la progression de la « jeune » femme, bien que gardant un œil sur la majeure partie de l’effectif dispersé dans les bois. Ce qui en ressortait pour le moment était difficilement discernable… Après tout, il ne s’agissait là que d’une course d’orientation dans les bois. Un exercice certes intense et complexe dans sa réalisation au vu de la condition physique amoindrie par la fatigue des candidats, mais pas vraiment le genre qui déterminerait qui avait l’étoffe d’un N7 ou pas.

L’évaluation représentait un tout, la somme de bien des souffrances et accomplissements qu’il faudrait consentir pour l’objectif final. Et c’est pourquoi l’officier se garda d’émettre un jugement définitif sur chaque postulant. A peine se permit-il quelques remarques aux instructeurs sur les actions de certains éléments, qui accueillirent pour la plupart ses mots par des mines renfrognées mais approbatrices.

C’est durant la phase de repos accordée aux rescapés de cette course folle à travers la jungle qu’il commencerait véritablement à se faire un avis sur chacun. A commencer par une certaine biotique qu’il connaissait bien mieux que les autres… Le N7 profita donc du rapatriement de l’effectif envoyé crapahuter pour se glisser parmi les examinateurs et le personnel de santé dépêché sur place afin d’évaluer la condition de chacun. Passant inaperçu du fait de son uniforme de terrain, de la casquette grise estampillée de son grade et de l’oreillette qu’il arborait à l’oreille droite, tenue commune à tous les examinateurs, il comptait profiter de ce temps mort pour analyser le comportement d’un maximum de monde. Que ce soit en nouant un contact avec certains ou en observant la façon de faire d’autres, il espérait se faire une première idée du niveau et du professionnalisme de ce cru 2202.

Sans surprise, après avoir écouté les conversations de quelques candidats, il se dirigea donc vers la seule en mesure de le reconnaitre. Intrigué par sa présence et sa nomination, Alec comptait passer un petit moment à ses côtés avant de se remettre au boulot. Et comme il fallait s’y attendre, il se signala par une entrée comme il lui seul en avait le secret.

- « Ils changeraient certainement d’avis s’il savaient ce qui se cache sous cet uniforme… » déclara une voix par-dessus l’épaule de la « balafrée ».

Faisant bien évidemment référence aux avis très tranchés de plusieurs autres prétendants au N7, il espérait déclencher chez elle une réaction de surprise, mais aussi éveiller une certaine hargne ou combativité chez le Lieutenant-Commandant.

- « Alors comme ça on s’est sentie l’âme charitable pendant sa promenade dans les bois ? Et on a eu quelques soucis avec la faune locale parait-il ? Pas étonnant vu la caractère... » renchérit-il donc de plus bel.

Entre ça et le fait d’entendre une voix familière, nul doute qu’elle avait désormais plus d’une raison de se retourner en direction du trouble-fête…
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MessageSujet: Re: Jungle Book   Dim 08 Oct 2017, 01:30
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Après avoir profité d’une douche, dont la brune avait longuement rêvé durant son séjour dans la forêt amazonienne, la jeune femme s’était dirigée vers l’infirmerie pour un check-up. Rien de bien grave apparemment. Quelques égratignures, une épaule légèrement abimée de même que ses mains lors de sa petite session d’escalade et un peu déshydratée. Pas d’infection ou quoi que ce soit de cassé. Shaun avait été plutôt chanceuse, ou efficace, contrairement à certains de ses camarades. En même temps la biotique n’avait pas eu à s’inquiéter de la faune contrairement aux soldats non-biotiques. Elle n’était pas juste armée d’un couteau en cas d’altercation ce qui lui avait quelque peu facilité la tâche dans le cas présent. La Lieutenant-Commandant, une fois propre, soignée et habillée retourna vers la pièce principale avec le reste du personnel pour se restaurer. Un repas chaud l’attendait. Ça aussi cela faisait un moment qu’elle y pensait. La vétérane n’avait pas réalisé ce genre « d’échappée sauvage » depuis longtemps. Très longtemps. A force de monter en grade la brune s’était de moins en moins retrouvée dans une situation susceptible de la conduire à être coupé de ravitaillement ou de sa chaine de commandement. Finir par devoir manger des racines ou chasser en forêt s’était donc fait plutôt rare dernièrement. McAvoy était d’ailleurs loin de se plaindre de cet état de fait.

Une fois son repas terminé la Lieutenant-Commandant se déplaça pour s’installer un peu plus confortablement dans un fauteuil dans un coin de la pièce dans un état semi-somnolant. La biotique sirotait tranquillement sa bouteille d’eau en écoutant vaguement les conversations autour d’elle. La plupart d’entre-elles tournaient autour de l’épreuve savoir ce qu’il s’était passé pour les uns et les autres ainsi que des spéculations diverses et variées sur les candidats. Qui avait une chance de réussir ? Qui avait échoué ? Qui semblait en avoir bavé ou non etc etc. Rien de vraiment exaltant aux yeux de la jeune femme qui était bien plus intéressée par le rapport final que les commérages auxquels s’exerçaient ses collègues. Shaun n’était pas d’un naturel très bavard et la fatigue accumulée ces derniers jours n’améliorait aucunement le caractère taciturne du soldat. McAvoy porta une nouvelle fois sa bouteille d’eau à ses lèvres quand une voix lui semblant familière s’éleva derrière elle. La brune stoppa son geste, prenant une seconde pour se rappeler à qui pouvait bien appartenir cette voix. La biotique arriva rapidement à une conclusion au vu du ton employé. Peu de personnes lui parlaient de cette façon. La jeune femme soupira avant qu’un léger rictus n’apparaisse sur son visage :

« J'aurais dû me douter que vous passeriez en revue les nouvelles recrues… Lieutenant-Commandant Sykes… » Dit-elle en se retournant.

Le N7 renchérit pour se moquer un peu plus de la biotique. Shaun se leva pour faire face à… sa connaissance ? Ami ? Amant ? Epine dans le pied ? Collègue ? Cause de son mal de crâne qui risquait de poindre ? Partenaire d’entrainement ? Difficile de décrire la relation entre ces deux soldats. La seule chose récurrente entre eux était les piques qu’ils s’envoyaient à longueur de journée.

« Ma BA de la semaine pour contrebalancer mon karma de merde dû à "mon caractère". Mais vu que vous êtes là je me demande si cela a fonctionné. »

Vu qu’ils étaient dans un contexte professionnel Shaun s’en tenait au vouvoiement. Elle qui d’habitude évitait de mélanger vie privée et vie pro pour le coup c’était raté. La situation était quelque peu délicate pour elle car la Lieutenant-Commandant préférait éviter d’être notée par quelqu’un avec qui elle avait couché. Cela perdait grandement en crédibilité et faisait quelque peu désordre. Le fait qu’Alec sous entende le sujet sur son lieu de travail la mettait légèrement mal à l’aise mais la brune enchaina :

« Et je suppose qu'un "A laissé un de ses camarades se faire bouffer par un jaguar par ambition" ferait tâche dans mon dossier... »

McAvoy avait déjà perdu récemment un homme sous ses ordres et sa compagnie était connue pour avoir des pertes au-dessus des moyennes de l’Alliance. Rajouter en plus cela n’arrangerait rien à sa réputation.

« En ce qui concerne la faune locale je n’irais pas jusqu’à la qualifier de « problème »… Mais je comprends que du point de vu d’un simple soldat cela puisse en être un… lui fit Shaun avec un sourire en coin. L’épreuve avantageait clairement les biotiques pour peu que ces derniers n’aient pas abusé de leurs pouvoirs » Constata simplement la jeune femme.

L’anglaise considérait qu’elle n’avait aucun mérite à s’être sortie aisément de son altercation avec la bête sauvage, contrairement à d’autres collègues qui avaient probablement dû faire preuve d’ingéniosité ou de technique de combat au corps à corps.

« Je ne m’attendais pas à vous revoir si tôt. Mon « agréable » compagnie vous manquait à ce point ? » Demanda la Lieutenant-Commandant sur un ton sarcastique. Sykes faisait suffisamment référence à son… « Caractère bien trempé » pour savoir que ça n’était pas pour cela qu’il était là. Le membre des forces spéciales était probablement plus là pour la pèche aux infos ou alors la narguer.

Depuis leur première rencontre il y a à peu près un an de cela Alec et Shaun s’étaient revu plusieurs fois que ce soit pour « évacuer la pression » ou se balancer des gnons. Après que le N7 se soit casé leur échanges s’en étaient tenu à quelques verres après des entrainements musclés. Mais apparemment l’Idylle du Lieutenant-Commandant n’avait pas duré très longtemps, comme beaucoup de relations comprenant des soldats de l’Alliance.






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MessageSujet: Re: Jungle Book   Jeu 19 Oct 2017, 21:22

Les individus avec lesquels il pouvait se montrer un minimum familier se faisaient véritablement de plus en plus rares au fil des années. Après deux décennies de service actif et l’évènement traumatisant représenté par le conflit contre les Moissonneurs, Alec avait vu disparaitre ou s’éloigner nombre de connaissances et amis de longue date. Le fait de s’exprimer dans ce registre alors qu’il se trouvait en uniforme était même encore plus rare. Mais là n’était pas la question. Le contexte n’aidant pas à soutenir plus longtemps cette pratique, le N7 retourna au ton et au vouvoiement protocolaire dès les premiers mots échangés, imitant en cela l’Anglaise.

L’accueil qu’il reçut de l’intéressé ne manquait pourtant pas de cette pointe de complicité, ou provocation suivant les points de vue, qui marquait tous leurs échanges. Et ce sur tous les « plans »… Le soldat ne manqua pas de s’en amuser intérieurement, ne s’autorisant toutefois aucun signe révélateur qui pourrait attiser la curiosité d’un acteur étranger à la conversation. Non, au lieu de cela, il préféra mettre au point certaines questions avec la biotique.

- « A vrai dire, c’est Commandant Sykes depuis la mort de Machiavel… Et disons que votre présence était suffisamment étonnante pour motiver mon déplacement depuis la salle de contrôle… Les modalités en sont certainement peu communes… » confia-t-il d’un ton très honnête.

La mention de sa participation à l’opération de chasse et élimination du terroriste n’était pas vraiment ce qui s’apparentait à un respect du secret, il est vrai. Mais dans la mesure où l’implication de forces conciliennes était désormais connue de tous… Cet élément paraissait bien accessoire. Toujours est-il que l’officier ne s’attarda pas sur la question, préférant le faire pour ce qui est du ressenti de la brune vis-à-vis de son expérience dans la jungle. Car si elle s’en était bien sorti avec cette escapade dans les bois, il était important de garder à l’esprit de cette session n’était que le point de départ d’un très long et laborieux voyage.

- « Quant à la question de vos performances sur cette session, disons que l’ensemble parait satisfaisant de ce que j’ai pu en voir jusqu’ici. Vous apprendrez cependant à maitriser d’une façon encore plus poussée vos capacités et à dépasser vos limites à l’extrême s’il vous est permis de progresser dans les échelons. Gardez simplement à l’esprit que si l’on va vous apprendre à décupler votre biotique pour la rendre aussi efficace que possible pour un combattant humain, on cherchera également à vous enseigner comment ne pas trop vous reposer sur ce potentiel en mission. Les forces spéciales de l’Alliance se doivent d’être aussi polyvalentes que possible au combat, biotique ou non. »

Traduction : la biotique c’est bien beau, mais attention de ne pas trop s’y fier. Aussi mortel ou salvateur pouvait-il être, ce don de Dame Nature n’en restait pas moins une arme parmi d’autres. Une arme capable de faucher ou défendre des soldats, mais aussi de puiser drastiquement dans les réserves de son utilisateur au point de le rendre vulnérable. Maitrise de soi, discipline, esprit de corps, expertise et polyvalence du combattant… Si toutes ces notions étaient encouragées et enseignées dans toutes les unités et les corps de l’Alliance, ils étaient ici élevés au sein d’une véritable religion. Les officiers sortant du CFCI se devaient de pouvoir faire face aux pires situations en matière de commandement ainsi que de gérer tous les profils imaginables d’adversaires. Une vérité qui allait de soi pour la plupart des recrues, mais qu’il convenait tout de même de marteler un maximum histoire que tous s’en imprègne. Aussi expérimentés ou déterminés étaient-ils avant d’arriver ici, ils n’en restaient pas moins humains et ignorants du monde très fermé des forces spéciales de l’Alliance Interstellaire. La réalité du terrain et de la mission changerait très vite de ce dont ils avaient l’habitude, et avec elle les comportements à avoir.

Désormais, suffisance et certitudes ne devaient plus faire partie de leur façon d’être et de faire...
Ce qui s’apparentait donc à une mise au point quant à la façon de McAvoy d’appréhender l’exercice ne dura pas plus longtemps que ces quelques mots. Très vite, Alec préféra retourner à son rôle d’examinateur. Ou du moins d’observateur plus ou moins actif selon les cas. Histoire de se mettre dans le bain, il dégaina sans plus de cérémonie le dossier du Lieutenant-Commandant, dont il détailla à voix haute les points clés. La manœuvre devait lui permettre de mieux cerner le cas de l’intéressée, mais également de déceler les réactions qu’elle pourrait avoir à la mention de certains éléments.

- « Alors… Voyons ce que l’on a dans le cas présent…. Lieutenant-Commandant Shaun McAvoy, 37 ans. Fille de Andrew et Elisabeth McAvoy, respectivement médecin militaire et Contre-Amiral de l’Alliance, douée de capacités biotiques et formée à Grissom. Actuellement à la tête de la compagnie Arès de la Division Biotique, unité reconnue pour son efficacité mais au taux de pertes anormalement élevé. Recommandée pour le programme N en reconnaissance de la valeur de son commandement et de la gestion des opérations armées inter-espèces lors des négociations sur le monde nouvellement découvert de Lasjae. Opération au cours de laquelle on note notamment la disparition d’un soldat qualifié N2. »

L’espace d’un instant, le regard du militaire sembla disparaitre sous l’ombre de la casquette qu’il pourrait. Il était alors impossible de distinguer sa réaction, mais certains évènements tragiques du programme N, endeuillé en de multiples occasions ces derniers mois, remontaient en cet instant. Le malaise ne dura toutefois pas bien longtemps, et le tout s’enchaina de façon somme toute assez naturelle.

- « Comme je disais, votre présence est peu commune. Au-delà même de la notion d’âge ou de mérite, il est étonnant de voir un officier subalterne à la tête d’une unité de la taille d’une compagnie au sein du CFCI. Vous êtes consciente que cette voie vous amène vers des chemins totalement opposés ? Vous poursuivez votre évolution au sein de la Division Biotique et cet entrainement ne vous aura servi quasiment à rien. Ou bien vous choisissez de le mettre en œuvre pour au mieux quelques années au sein d’une équipe d’élite, mais vous vous privez de plusieurs possibilités d’avancement et ne serez très certainement pas seule maitre à bord… »

Un dilemme que Shaun devait déjà avoir résolu en acceptant l’invitation du CFCI, mais dont son interlocuteur était curieux de connaitre la teneur…


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MessageSujet: Re: Jungle Book   Dim 29 Oct 2017, 19:09
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Alec Sykes - Shaun McAvoy


La brune haussa un sourcil en entendant que son collègue avait été promu.

« Commandant hein?... Je ne me rappelle pas avoir fêté une quelconque promotion... » Dit l’anglaise en croisant les bras avec un léger rictus.

Dans le cercle d’amis du Lieutenant-Commandant McAvoy il y avait certaines règles en ce qui concernait les avancements en grade… Une tradition même. Monter en grade n’était effectif qu’une fois que cela ait été dignement fêté entre amis. Sykes n’était probablement pas au courant de ce petit rituel… ou alors la jeune femme n’avait pas été invitée à la fête. Il était bien rare qu’un membre de l’alliance ne célèbre pas une promotion. Shaun se retint de lever les yeux au ciel quand le N7 commença son sermon sur les pouvoirs biotiques. Elle n’était plus une bleue depuis bien longtemps maintenant et ses années à Grissom dataient de plus d’une décennie. Elle connaissait les forces et faiblesse de ses pouvoirs et ne les utilisaient en général qu’en dernier recours. Lui rabâcher cela comme si elle venait d’entrer à l’académie était inutile.

Alec commença à lire le dossier sur la Lieutenant-Commandant à haute voix. McAvoy pouffa légèrement en entendant le commandant réciter quelques passages de son dossier. Notamment le passage sur les ‘’négociations’’. Si elle avait été recrutée pour ses capacités de diplomate la définition avait clairement changé dernièrement ou alors l’Alliance envisageait clairement des relations interespèces plus musclées.

« Hum… un gamin fraichement sortit de l’école d’après ce que j’ai lu… Il n’a pas eu de chance… » Déclarais-je sur un ton las.

Il avait été dommage de perdre un membre de l’Alliance et la Lieutenant-Commandant ne se réjouissait pas que ce fut sous son commandement. Mais au fond d’elle, la biotique préférait largement avoir perdu le jeune asiatique qu’elle connaissait à peine que l’un de ses propres hommes faisant partie de sa compagnie depuis de nombreuses années. Cette façon de penser n’était pas des plus honorables mais c’était la dure réalité. Elle avait vaguement parlé deux ou trois fois au jeune homme et donc était plus endeuillée par le fait d’avoir perdu un soldat de l’Alliance que l’individu en lui-même.

« Je suis rentrée dans l’Alliance pour servir l’humanité et ses intérêts. Pas pour faire carrière. Si l’Alliance m’a offert la chance d’intégrer ce programme c’est qu’elle a jugé que je pouvais être plus utile ailleurs que devant le bureau qui m’attendra si je continue dans la division biotique. Je prendrais le poste qu’on me dira de prendre, je jouerais le rôle qu’on me demandera de jouer tant que cela joue en faveur de ce pourquoi je me suis engagé. Ne pas être aux commandes ne me dérange pas dans l’absolu. Je ne cours ni après la gloire, ni les titres, ni le pouvoir, ni les crédits. Je ne cherche pas un poste de planqué, je ne cherche pas la facilité. En ces temps troublés je souhaite simplement faire mon devoir et si cela implique d’en baver dans des entrainements impossible, d’être sous le commandement d’un tiers sur un vaisseau ou de participer à des opérations délicates alors je le ferais.

La biotique avait énoncé un discours quelque peu passionné et des plus patriotiques. En même temps elle avait cela dans le sang. L’Alliance ne constituait pas seulement une partie de ce qu’était McAvoy. Toute la vie de la brune tournait autour de l’Alliance.

« Cela répond t-il à vos questions Commandant Sykes ? » Déclara Shaun en appuyant bien sur le ‘’commandant’’.




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MessageSujet: Re: Jungle Book   Jeu 09 Nov 2017, 22:02

La discussion finirait-elle sur quelque chose de constructif ? Rien ne permettait hélas de conjecturer sur la question à ce stade. Il était bien dommage de penser que les propos qu’il venait de tenir quant à la biotique relevait d’un quelconque sermon. Habitué à ne parler plus que nécessaire, Alec ne tenait ce genre de discours que lorsqu’il pensait le tout réellement important. Pour avoir lui-même vécu ce à quoi McAvoy serait peut-être confrontée un jour, le N7 savait mieux que personne ce dont il parlait dans le cas présent. On pouvait le qualifier de bien des choses, mais le fait de parler pour ne rien dire était tout sauf dans sa nature. Le sujet était tout aussi douloureux qu’adapté à la situation de son point de vue…

En effet, évoquer sa promotion ne pouvait mieux coller au sujet de la biotique au sein du programme N et tout ce qui en découle. Détaché pour faire partie des forces conciliennes chargées d’abattre Machiavel, et ce durant la première opération de l’UCIP, il avait été contraint de commettre un acte qu’il se voyait mal oublier un jour. Dans une situation extrêmement dangereuse, à deux doigts de voir sa mission se terminer en même temps que sa vie, il avait retourné son arme contre son homologue au sein du commando. La cartouche thermique chambrée dans son fusil à pompe Piranha avait trouvé sa cible en la personne de l’autre N7 du groupe, une biotique sous l’influence d’un agent pathogène développé par le terroriste pour soumettre les êtres disposant de tels pouvoirs à sa volonté. La malheureuse s’était ainsi retournée contre ses alliés, en décapitant un de son omnilame juste après avoir poignardé dans le dos le Lieutenant-Commandant d’alors en révélant sa « trahison ». La panique engendrée par l’évènement n’avait pourtant pas empêché le blessé d’abattre son bourreau en vidant sur elle son arme à bout portant, fauchant ainsi la vie d’un autre soldat d’élite de l’Alliance.

Une fois remis de ses blessures et jugé apte au service, l’officier avait alors fait en sorte d’entrer en contact avec la famille de sa « victime », peut-être poussé par une certaine culpabilité du survivant vis-à-vis de la jeune femme. A croire que le fait de porter tous deux ce sigle tant prisé sur leurs armures respectives signifiait bien plus et induisait un lien d’une nature bien étrange…

Toujours est-il qu’à propos de fêter la promotion qui avait découlée de tout ceci, Sykes se contenta de balayer la chose de manière très évasive et abrupte.

- « Les conditions de cet avancement n’appelaient pas à le célébrer, voilà tout. »
mentionna-t-il sur un ton qui n’invitait à aucune réplique.

La question relevait de toute façon du secret le plus total, quand bien même la mort de Machiavel été désormais actée et connue du grand public. Les conditions d’un tel évènement ne seraient, elles, probablement jamais révélées au commun des mortels.

Le soldat ne s’attarda donc pas plus que nécessaire à ce propos, et après s’être montré catégorique, il amena très vite la discussion sur l’analyse des derniers propos de la brune. Après tout, il n’avait pas manqué une seule seconde la réaction de son interlocutrice concernant sa question sur l’avenir qu’elle s’imaginait désormais avoir dans l’Alliance. Pour l’avoir scrutée avec une attention toute particulière tandis qu’elle parlait, Alec était persuadé de la véracité et de la profonde foi qu’elle avait en ses propos. Et s’il ne pouvait qu’accorder du crédit et approuver ceux-ci, certains points valaient selon lui la peine d’être creusés voire éclaircis. Car si tout officier du programme N se devait d’avoir des convictions aussi fortes que le savoir-faire et l’expérience qu’il acquerrait au fil des différentes sessions et missions, un certain équilibre se devait d’être maintenu au sein de la psychée du combattant.

Nombre de candidats avaient montrés leurs limites sur cet aspect particulier, ne pouvant concilier leur vision des choses avec la réalité du terrain ou les sacrifices/concessions qu’impliquaient d’évoluer au sein des forces spéciales. Il fallait tout simplement trouver le juste équilibre. Le soldat ne pouvant accepter la notion de sacrifice ou de logique calculatrice pour le salut de la mission n’avait pas sa place ici, pas plus que celui prêt à envoyer au trépas son unité entière pour un mince espoir de succès. Cela ne faisait pas pour autant d’eux de mauvais éléments, bien au contraire… Mais devant la logique parfois retord de certaines missions des forces spéciales et les enjeux particulièrement importants, l’erreur ne pouvait être permise. Voilà pourquoi on formait ces officiers à devenir les décisionnaires les plus efficaces et réfléchis de toute l’Alliance…

Rapidité d’analyse, de décision, et d’action. Voilà ce qui faisait un N7 à la carrière prolifique au même titre que ses compétences martiales.

Prenant son job très à cœur dans le cas présent, le Commandant choisit donc de s’attarder plus en détail sur le parcours de la biotique.

- «Joli discours. Vous êtes passionnée, ça s’entend, ça se voit et ça se ressent. Mais tous les soldats qui finissent ici le sont à un certain degré. Voyons des éléments plus concrets… Votre dernière évaluation psychologique en date par exemple… » déclara-t-il d’un air tout à fait neutre.

Il n’y avait plus réellement là d’aspect personnel dans la démarche du N7. Le passif particulier qu’il entretenait avec l’intéressée ne rentrait plus en ligne de compte. N’importait désormais que son avis professionnel sur elle et son potentiel. Alec illustra donc ses propos en affichant une version synthétisée du dossier mécidal de Shaun sur son omnitech, duquel il éplucha avec attention certaines lignes en scrutant tantôt son écran, tantôt le sujet le son « étude ».

- « Intéressant… Ca explique certaines choses… »
commença t-il d’un ton énigmatique.

Mais si McAvoy serait très certainement tentée de le questionner avec vigueur sur cette remarque qui pouvait sembler déplacée, il ne lui en laissa hélas pas l’occasion. Du moins, pas dans l’immédiat. Au lieu de cela, l’officier enchaîna avec de nouvelles questions.

- « Qu’est-ce ça vous ferait de savoir que le programme N a de particulier que les affectations qui en résultent sont parmi les plus variées et incertaines de toute l’Alliance ? Les places sont chères, les opportunités encore plus rares. Vous pourriez aussi bien intégrer une unité de terrain que superviser la garnison d’une colonie frontalière à risque. Fehl Prime, ça vous parle ? Assurer la sécurité d’un VIP de premier plan ou celle d’un complexe militaire durant de nombreux mois… Et mettre votre vie entre les mains d’un Turien, d’un Galarien, d’un Krogan ou même d’une Asari, ça vous gêne ? »



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MessageSujet: Re: Jungle Book   Sam 11 Nov 2017, 19:20
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Jungle Book
Alec Sykes - Shaun McAvoy


La réponse du Commandant fut sèche, froide. Shaun fronça légèrement les sourcils et regretta sa précédente remarque. Apparemment Sykes n’avait pas apprécié ce pourquoi il avait été promu ou n’était pas fier de ce qu’il avait fait pour monter en grade. La brune connaissait ce regard pour l’avoir déjà vu dans les yeux de certains de ses camarades. Elle se doutait que le sujet devait encore frais et douloureux et s’abstint dont de faire tout commentaires supplémentaire histoire de ne pas aggraver son cas. Elle aurait bien aimé en savoir plus mais savait faire preuve de retenue et de discrétion.

Alec passa au point suivant autrement dit : son dossier. L’anglaise grimaça légèrement. Le passage en revue du dossier psychologique n’était jamais quelque chose de plaisant et ce pour personne. Surtout que la brune connaissait le N7 ce qui était encore moins appréciable en particulier quand on pensait au caractère taquin de son homologue. Il n’hésiterait probablement pas à la charrier pendant des lustres avec certaines infos qu’il y avait là-dedans.... La Lieutenant-Commandant avait une vague idée de ce qui se trouvait dans ce dossier. Assurément une partie sur son mauvais équilibre vie professionnelle, vie personnelle. Pas l’idéal certes mais c’était assez courant dans l’Alliance. Un comportement quelque peu autodestructeur en début de carrière. La guerre contre les moissonneurs avait laissé des séquelles chez beaucoup de monde. Surement quelques mots sur son côté sévère et sa façon de manager sa compagnie. Pour ce qui était du reste elle n’en était pas certaine. Normalement sa xénophobie latente n’y était pas. Elle prenait garde de ne pas en faire étalage et relativement peu de personnes étaient au courant. Une poignée de proches tout au plus. Ses missions inter-espèces s’étaient bien déroulée également donc pas de problèmes de ce côté-là non plus.

Shaun fronça les sourcils devant la remarque du Commandant. Qu’est ce qui expliquait quoi ? Mais elle n’eut pas le temps d’interroger son homologue à ce sujet. La biotique haussa légèrement un sourcil devant la myriade de questions que lui posait Sykes et pris quelques secondes avant de répondre à ses interrogations.

« Hum… j’ai fait un nombre de missions assez diversifiées mais je suppose qu’avec le programme N je devrais m’attendre à toutes les situations possible et surtout celles qui ne le sont pas. Le fait qu’un déploiement soit à risque m’importe peu. Notre génération sait particulièrement bien ce qu’est que de s’embarquer dans une mission suicide ou à faible taux de réussite. Je ne souhaite pas particulièrement mourir mais je ferais ce qui est nécessaire pour accomplir mon devoir. » Explique Shaun, pensive.

Contrairement à ses homologues N1 quand on parlait de mission à risque la biotique savait à quoi s’attendre et dans quoi elle s’engageait. Pendant la Grande Guerre chaque sortie aurait pu être la dernière. Les situations étaient extrêmes tant physiquement que psychologiquement. Il était peu probable que de nouveaux évènements rivalisent avec ce qu’ils avaient déjà vécu. Ou en tout cas la soldat ne l’espérait pas.


« En ce qui concerne les missions inter-espèces mes états de services parlent d’eux même. J’en ai effectué un certain nombre et elles se sont bien déroulées. La dernière en date étant sur Lasjae. La diversité permet de compenser les forces et faiblesses de chacun. Même si cela laisse parfois place à des situations… incongrues dirons-nous… »


Shaun repensa notamment au Krogan qui lui avait fait de l’œil lors de sa dernière mission… Mehnir. Un personnage… particulier dirons-nous mais intéressant. Habituellement elle s’entendait plus avec les Turiens à cause de leur droiture et leur côté stricte mais cette fois les krogans c’étaient montré… raisonnable ? Voir même diplomate songea McAvoy en repensant à leur petit face à face avec les Laksals. La lieutenant-commandant se fit violence pour ne pas penser aux Galariens ou aux Asaris. Il lui serait probablement difficile d’établir des relations avec eux. En même temps quand on vous envoyait bouler pendant la fin du monde il était difficile de remonter la pente ensuite…


« Puis-je savoir qu’est ce qui explique quoi ? » Demanda ensuite la brune sur un ton un peu froid.


Elle aurait préféré ne pas avoir à tirer les vers du nez à Sykes mais si un truc faisait tâche dans son dossier elle préférait largement être au courant plutôt que ça ne lui tombe dieu sait quand dessus. Surtout que les questions du Commandant étaient assez orientées ce qui l’inquiétait un peu. Shaun espérait que si son dossier était vraiment foireux sa mère aurait eu la décence de la prévenir.




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