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 Jungle Book

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MessageSujet: Jungle Book   Dim 10 Sep 2017, 00:12
Intervention MJ : NonDate : Mai 2202 RP Tout public
Alec Sykes ♦ Shaun McAvoy
Jungle Book



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Jungle Book
ALEC SYKES ♦ SHAUN MCAVOY

La Lieutenant-Commandant avait hésité avant d’accepter l’invitation au N1. Repartir en formation à la base alors qu’elle était officier et avait sa division à gérer… Cela l’avait laissé pensive. De plus McAvoy savait pertinemment qu’elle se retrouverait dans les plus vieux de sa promo. Son invitation s’était faite quelque peu… tardivement dirons-nous. Mais d’un autre côté la suite logique pour son évolution de carrière était de passer Commandant de la division biotique. Et la jeune femme ne souhaitait pas finir cloitrée dans un bureau pour le moment. La seule autre option qui lui semblait profitable et en accord avec ses ambitions était d’intégrer les forces spéciales. Cela lui permettrait d’évoluer encore un moment au sein de l’Alliance tout en restant proche de l’action et en acquérant un maximum d’expérience qui lui serait plus que profitable par la suite. La contrepartie étant de ravaler sa fierté pendant un temps et de quasiment repartir de zéro.

Shaun s’était d’ailleurs étonnée de recevoir une invitation tout court. Avoir le N1 en étant aussi proche de la quarantaine n’était pas chose courante. La Lieutenant-Commandant ne considérait également pas son action sur Lasjae comme la plus brillante de sa carrière. D’autres missions plus difficiles et gratifiantes auraient pu lui valoir un ticket pour le N1 ou même la guerre contre les moissonneurs. Les invitations pour le N1 suite à cela avaient été nombreuses car beaucoup de soldats s’étaient démarqué pendant le conflit et il fallait également remplacer les effectifs... McAvoy avait une vague idée de pourquoi elle n’avait pas pu intégrer l’unité d’élite plus tôt mais cela se confirmerait certainement par la suite avec un entretient.

La brune s’était rapidement décidée à faire cette formation malgré les quelques inconvénients. Ses craintes se confirmèrent rapidement quand elle fit un tour d’horizon pour voir de quoi été composé cette session N1. A son grand regret la demoiselle se trouvait être la doyenne du groupe et de loin. Leurs instructeurs étaient plus près de son âge que ses collègues qui étaient plus dans la vingtaine ou une petite trentaine. Le plus jeune du groupe devait tout juste avoir vingt ans, soit dix-sept ans d’écarts avec elle. La presque quadra soupira. Les siens remontaient à loin maintenant, elle était en train d’étudier à Grissom à cette époque. Encore jeune, insouciante et non marquée par les tristes évènements qui avaient suivis peu de temps après.

Les soldats fraichement recrutés par les forces spéciales avaient eu la chance d’assister à une semaine de cours accélérés couplé d’une batterie de tests physiques pour dégrossir les rangs avant d’attaquer les choses sérieuses. Les premiers jours se faisaient volontairement difficiles et sélectif pour éviter que les nouveaux s’acharnent dans une formation qui n’avait aucune chance d’aboutir et que les instructeurs perdent leur temps pour des personnes n’ayant pas les compétences ou la mentalité nécessaire pour réussir. Les N1 nouvellement sélectionnés avaient donc enchainé courses avec poids supplémentaires, combat au corps à corps, parcours du combattants, escalade, corde, nage en eau vive ainsi que d’autres exercices tout aussi difficiles et éreintant. Si à l’entrée les postulants étaient une soixantaine à se présenter, il n’en restait plus que vingt-sept à la fin de ces quelques jours étant donné que chaque épreuve était éliminatoire. La brune fut surprise de constater que le benjamin du groupe était encore là. Il discutait tranquillement avec deux de ce qui semblait être ses amis en attendant la suite des évènements. L’anglaise se tendit brusquement en entendant un lointain chuchotement qui semblait sonner à ses oreilles comme : « Elle a aussi été retenu la vieille balafré ?! » suivit d’un : « T’exagères elle est bien foutu pour son… ». La lieutenant-Commandant, sentant un mal de crane approcher, préféra s’épargner la suite de cette conversation et se diriger vers un autre groupe pour s’occuper avant le retour des instructeurs.

Après ce début de semaine bien chargé les candidats étaient ensuite passés aux choses sérieuses, autrement dit un stage de survie dans la forêt amazonienne. Les postulants étaient largués à différents endroits en pleine jungle avec un sac à dos, un couteau, une gourde, une carte et une boussole et avaient une semaine et trois jours pour arriver au point de rendez-vous indiqué. Etant donné que cette session avait pour vocation de tester les capacités individuelles, ils étaient à distance raisonnable des uns des autres mais risquaient probablement de se croiser en s’approchant du point d’évacuation. Ils étaient également munis d’une balise GPS indiquant leur position et leur permettant d’appeler les secours en cas d’incident. Cette mesure était faite par précaution mais était éliminatoire. Entre la fatigue accumulée et la tâche qu’ils avaient à accomplir l’exercice n’allait pas être simple. Au vu des kilomètres à parcourir, leur marge d’erreur sur la route à prendre était relativement mince. Ils avaient tout intérêt à ne pas traînasser. De plus ils auraient également à chercher leur propre nourriture et point d’eau ce qui ne les aideraient aucunement dans leur soucis de timing.

L’exercice était loin d’être inconnu à la biotique mais elle n’en souffrait pas moins pour autant. La dernière fois que l’exercice avait été aussi long et intense c’était pendant la Grande Guerre où elle s’était retrouvée plusieurs fois en éclaireur ou en guérilla coupée de la ligne de ravitaillement pendant plusieurs jours à cause d’un trop grand nombre de moissonneurs entre elle et le camp de base. C’était arrivé quelques fois par la suite mais rien de comparable. Son expérience l’avait certainement avantagé dans cette épreuve mais pas de là à en faire une promenade de santé. Entre la fatigue, le manque de nourriture et de sommeil, la balafrée avait beau être résistante elle n’était pas moins sensible à ces privations. Shaun s’était contentée de manger des plantes, racines, insectes et fruits qu’elle avait trouvés sur sa route. Chasser lui aurait fait gaspiller trop de temps elle préférait donc s’en abstenir pour le moment. Les seuls détours qu’elle s’était autorisé étaient pour le ravitaillement en eau. Cela faisait déjà six jours que l’épreuve de survie avait commencé. Par chance elle n’était pas encore tombée sur un animal hostile. A moins que ça ne soit de la malchance… Contrairement aux non-biotique la brune était également avantagée dans ce domaine. Elle n’avait pas juste un couteau si jamais un jaguar, serpent, crocodile ou autre réjouissances lui tombaient dessus. Cela lui aurait permis de manger quelque chose de plus consistent que des fruits et des racines…

La forêt était dense, humide et chaude. Au moins le froid ici n’était une des préoccupations principales de McAvoy. L’orientation, le temps et ses ressources limitées par contre… A la fin du sixième jour Shaun avait bien avancée et d’après ses calculs elle était dans les temps. Elle n’avait pas croisé d’autre candidats bien qu’elle ait cru une ou deux fois en entendre un au loin. La fatigue commençait à se faire plus que sentir. Elle avait à parcourir de nombreux kilomètres par jours et dormait peut et mal la nuit ne pouvant alterner des tours de garde avec un éventuel coéquipier. Cela l’obligeait à avoir le sommeil léger et à toujours être attentive. Alors que l’anglaise consultait sa boussole, des cris suivis de grognement la firent réagir. Au vu de l’intensité ça n’était pas très loin d’elle. La biotique se précipita dans la direction d’où provenait le son car il était plus que probable que cela soit un des candidats N1. Elle ralentit en se rapprochant de la cible restant cachée derrière des végétaux le temps d’analyser la situation. Elle tomba sur l’un des jeunes soldats de leur promotion, à terre, faisant face à un animal sauvage. McAvoy balança une onde de choc sur la bête, l’envoyant ainsi valser contre un arbre. Le jaguar se brisa la nuque en percutant le tronc de plein fouet :

« Tout va bien ? demanda la brune essoufflée par sa course.

- Je crois que je me suis cassé la jambe en tombant. Grinça le soldat en palpant son membre meurtri.

- La balise ?

- Je l’ai fait tomber en tentant d’échapper au jaguar. » Expliqua le blond en se grattant la nuque.

La biotique soupira avant d’activer la sienne. Une voix s’éleva pour s’enquérir de la raison de l’appel. La lieutenant-commandant expliqua succinctement la situation. Mais apparemment cause de la brume qui s’était levée au-dessus de la jungle, les secours ne pourraient pas se déplacer avant le lendemain matin à moins que ça ne soit une urgence vitale. Or une jambe cassée n’entrait pas dans cette catégorie. La brune pesta avant d’aller chercher autour d’eux de quoi faire une attelle de fortune ainsi que du feu. L’anglaise se mise également à dépecer le jaguar et à découper des morceaux pour le faire cuire. Avec ça elle allait certainement perdre une bonne demi-journée de marche. Si Shaun voulait espérer arriver dans les temps, elle allait non seulement devoir accélérer sa course mais potentiellement avancer de nuit. Avec un peu de chance la lune serait suffisamment visible pour éclairer ses pas et lui permettre de continuer sa route. De manière ralentie certes mais elle pourrait avancer au moins :

« Vous avez l’air d’être une habituée de l’exercice…

- Le privilège d’être une vieille balafrée… Répliqua Shaun avec un léger rictus.

-Ah... Vous aviez entendu ? Hum… Désolé pour ça… fit le jeune homme d’un air gêné. Vous restez ? Demanda soudainement le blond, incertain.

- Si un autre jaguar rapplique je doute que vous puissiez courir pour y échapper. Répondit simplement la biotique en continuant de dépecer la bête.

-J’ai eu de la chance que vous passiez dans le coin alors ahah… Vos hommes doivent vous appréciez. Ils savent qu’ils peuvent compter sur vous. Dit-il avec un petit sourire.

Shaun se raidis. Le pouvaient-ils vraiment ? Si la mission avait été de récupérer des documents importants pour ensuite les emmener au point d’extraction et que son coéquipier s’était blessé de façon à ne plus pouvoir se déplacer se serait-elle arrêtée ? Aurait-elle mis en péril sa mission ? Probablement pas. Elle serait surement revenu ensuite mais sa tâche serait passé avant. Et rien ne garantissait que son collègue ait survécu pendant ce laps de temps.

-Ouais… » Marmonna la biotique sombrement en faisant cuire leur repas du soir. Le reste de la soirée se fit plus silencieusement. Le blond ayant senti que sa collègue n’était pas d’humeur à papoter.

La nuit se passa sans incidents majeurs. Une ou deux bêtes s’étaient approchées pendant de tour de garde du jeune homme qui avait donc dû réveiller McAvoy pour qu’elle s’en occupe mais autrement rien de spécial. L’équipe médicale était arrivée dans la matinée une fois le brouillard levé et qu’il faisait suffisamment jour pour permettre à l’équipe de voler en toute sécurité. Ils avaient proposé de prendre la biotique avec eux si elle n'était pas sure de pouvoir continuer mais Shaun refusa.

La lieutenant-commandant arriva malgré ce contretemps avant la deadline. De peu certes, mais dans les temps tout de même. Elle était d’ailleurs la dernière à arriver dans le temps impartit. Essoufflée, en sueur avec des valises sous les yeux et les cheveux un peu en pagaille mais elle y était arrivée. On pouvait clairement voir qu’elle en avait bavé. La brune avait eu du mal à rattraper sa demi-journée de perdu et avait dû forcer sur la fin pour arriver avant la fin du compte à rebours. Shaun avait également dû se taper une falaise à escalader à défaut de pouvoir la contourner. Ses mains avaient quelque peu morflé du coup. Les autres candidats étaient déjà partis se doucher, faire un tour à l’infirmerie pour un check up, manger ou encore se reposer. Les examinateurs nous accordaient quelques heures de repos le temps qu’ils visionnent les vidéos et préparent le débriefing. Apparemment des drones avaient suivis notre progression dans la jungle Amazonienne ce qui fait que nos superviseurs avaient globalement vu tout ce qu’il s’était passé.






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MessageSujet: Re: Jungle Book   Ven 15 Sep 2017, 21:40


Londres, ville symbole de deux millénaires de civilisation et de la plus grande victoire de l’histoire galactique… Ravagée il y a plus d’une décennie et aujourd’hui relevée de ses cendres par les efforts de la Reconstruction. La cité gagnait en importance et beauté à mesure que les années défilaient, son allure n’étant remise en question que par la météo peu clémente des îles Britanniques. Pourtant, Alec n’aurait pu concevoir un lieu où se sentir davantage chez lui sur la Terre. Car s’il appréciait les vastes étendues encore sauvages d’Amérique du Nord, là où s’enracinaient les origines de sa famille, c’est bien au pied de Big Ben restauré qu’il se sentait le mieux. Vancouver avait beau être le QG des hautes instances de l’Alliance sur la planète bleue et avoir le statut de capitale mondiale, elle ne pouvait rivaliser avec l’agglomération Londonienne en termes d’importance historique.

Pour sa part, Sykes avait vécu des moments tellement forts dans ces rues lors de l’invasion des Moissonneurs qu’il se sentait lié à elles par bien des aspects. Qu’il s’agisse de moments déchirants comme la perte de camarades, du souvenir des exactions que la lutte contre l’envahisseur le força à commettre ou bien de la joie éphémère d’apprendre de bonnes nouvelles (bien trop rares) quant au déroulement des combats… Tout ceci faisait partie de lui à un niveau qu’il est difficile de concevoir pour quiconque ne s’est pas retrouvé à combattre au sol, dans les ruines de son monde, durant de long mois de sacrifices et privations. Peut-être fallait-il y voir là une forme de culpabilité du survivant, mais l’officier s’évertuait à vivre ses rares moments libres en dehors de la Citadelle dans ces mêmes rues.

Tel était donc le cas en ce mois de mai 2202. Après une mission de longue durée au sein des Terminus, où le Midway avait pu démontrer tout l’intérêt de son système furtif, l’appareil fut envoyé en cale sèche sur Séléné pour révision et réapprovisionnement complet de ses stocks. Cela laissait à son équipage deux semaines complètes de permission, uniquement troublées par un long débriefing de fin de déploiement en ce qui concerne son Commandant. Ce dernier avait ensuite rejoint son appartement proche de la City londonienne, où il avait passé les premiers jours à renouer avec de vieilles connaissances. S’ensuivit ensuite la sacrosainte visite auprès de l’imposant Mémorial du spatioport, ainsi qu’une visite auprès de sa sœur qui travaillait toujours dans un hôpital sous tutelle de l’Alliance au sein du Présidium de la Citadelle. Difficile pour ceux ne le connaissant qu’à travers le service de l’imaginer être « très famille » c’est vrai, mais sa cadette était la dernière parente qu’il lui restait. Sans doute existait-il d’autres branches de la lignée Sykes sur Terre, mais Alec n’avait jamais véritablement eut le courage ou même l’envie de les rechercher après la disparition de ses parents et la fin de la guerre.

La différence d’âge entre les deux rejetons de Henry et Janet Sykes, près d’une dizaine d’années, n’aidait pas spécialement à une bonne compréhension dans certains cas, mais tous deux s’adoraient. Le fait d’avoir vécu les premières années de leur vie dans un espace clos comme celui d’une station d’extraction au beau milieu d’une atmosphère impropre à la vie devait certainement y être pour quelque chose… Quoi qu’il en soit, les petites piques que le duo s’envoyait à longueur de journée, rythmées par des moments de complicité parfois bien improbables, suffisaient bien souvent à faire décrocher pour un temps l’aîné des préoccupations de son boulot. C’est ce genre de petit plaisir simple et d’interactions sociales qui lui permettait de ne pas perdre pied. Vivre pour et uniquement par l’armée pouvait s’avérer dangereux, il le savait pour en avoir lui-même fait l’expérience. Le risque de se transformer en simple machine prête à exécuter les ordres avait signé la perte de plus d’un bon soldat. Lorsque l’on se voyait contraint de commettre tout un tas d’exactions au nom d’une cause, il valait mieux avoir les moyens de dissocier vie privée et « professionnelle ». Sans quoi il était alors aisé de perdre le moral, voire même la raison et le soutien de ses hommes et proches…

L’officier des Opérations Spéciales s’employait donc à décompresser du mieux qu’il pouvait en mettait son séjour sur Terre à profit, lorsqu’une opportunité bien particulière s’offrit à lui. Quant à savoir si elle contribuerait ou non à poursuivre dans cette voie… Sans doute que le petit voyage qui s’annonçait le lui dirait bien assez vite.

***

L’Amazonie. Autrefois surnommée le « Poumon Vert de la Terre », et aujourd’hui devenue le lieu d’entrainement de ses meilleurs soldats. Des siècles d’exploitation intensive auraient très certainement finit par venir à bout de cette région encore vierge si l’Humanité n’avait pas trouvé de s’élever vers l’espace il y a maintenant plus de cinq décennies… Aujourd’hui, grâce aux changements de mentalité et l’évolution des technologies aptes à lutter contre la pollution, l’endroit retrouvait une part de son aspect sauvage de jadis. L’environnement parfait pour préparer les plus endurants à des exercices bien plus complexes encore au-delà de l’orbite terrestre...

Pour sa part, le Commandant se sentait chaque fois un peu nostalgique en remettant les pieds à Rio. Et plus particulièrement à la Vila Militar. C’est dans ce lieu, plus communément appelé « la Villa » ou « l’école N », qu’il était devenu l’homme qu’il était aujourd’hui. Formé parmi les premières sessions post-conflit, Alec avait eu la chance d’évoluer au milieu des meilleurs soldats ayant combattu l’invasion Moissonneur. Son mentor de l’époque, le Commandant Füller, dont il avait repris les rênes de l’unité après sa disparition, faisait elle-même partie de la toute première session N depuis le rétablissement du programme. Ce qu’il avait appris à ses côtés ainsi que la personnalité de celle qu’il qualifiait aisément de meilleur soldat qu’il n’ait jamais connu le confortait d’ailleurs en une chose. De son point de vue, les officiers les plus prometteurs et qualifiés qui sortiraient jamais de ce programme étaient les vétérans de 86-87. Et plus particulièrement ceux formés alors que la Reconstruction débutait. Jamais on ne vit de combattants et meneurs d’hommes plus lucides quant à la réalité des combats et combattifs que ceux-là.

S’il fallait donc reconnaitre la valeur de ceux invités en ce début de siècle à suivre ce prestigieux cursus, Alec ne pouvait s’empêcher d’avoir certains aprioris sur la question. Les recrues d‘aujourd’hui étaient les gamins d’alors. Ceux-là même qui vécurent les horreurs du conflit comme des civils livrés à eux-mêmes et dépendants du bon sens et souvent de la chance pour survivre. Les sacrifices et les pertes qu’ils consentirent à l’époque ne devaient pas être minimisés, il est vrai. Mais rien n’est comparable à ce que ressent alors un individu qui prend les armes face à un adversaire dont la force semble incommensurable.

Aussi se montrait-il intransigeant lorsqu’on l’invitait occasionnellement au CFCI en tant que consultant de terrain afin de donner un avis extérieur sur certaines sessions. Cette façon de faire des instructeurs et responsables du programme avait pour avantage de glaner des témoignages et opinions de combattants en service actifs. Une manne bien souvent mise à contribution dans l’évolution des critères d’évaluation et de la nature des exercices… Ses récentes expériences en matière de contre-terrorisme, qu’il s’agisse d’opérations sous mandat de l’UCIP ou pour le seul crédit de l’Alliance devenaient alors de précieux atouts pour donner un avis aussi constructif que possible.

Néanmoins, s’il y a bien une chose à laquelle le N7 ne s’était pas attendu en se rendant sous la canopée brésilienne, c’est bien de croiser une tête connue durant la session N1 qui se déroulait devant ses yeux. Concentré sur les écrans de contrôle transmettant les images des différents drones parcourant la forêt, l’attention du commando se trouva très vite attirée par une candidate donc l’allure ne lui était pas étrangère. A dire vrai, confondre un visage aussi reconnaissable semblait difficile à concevoir tant il était marqué par les années de service. Toutefois, il lui fallut bel et bien quelques secondes pour réaliser la chose. Consulter à deux reprises la liste des candidats l’y aida très certainement…

A sa grande surprise, on avait donc accepté dans le programme le Lieutenant-Commandant McAvoy. Non pas qu’il doutait de sa valeur, mais il est vrai que proposer une invitation à un officier de cet âge relevait de l’exception. Sans doute que son statut de vétérane (oui oui, ça se dit !) du combat contre les Moissonneurs avait pesé dans la balance. Du moins le pensait-il à ce moment-là, ignorant qu’il était des derniers états de service de la concernée. Intrigué par la question, il accorda donc une attention toute particulière à la progression de la « jeune » femme, bien que gardant un œil sur la majeure partie de l’effectif dispersé dans les bois. Ce qui en ressortait pour le moment était difficilement discernable… Après tout, il ne s’agissait là que d’une course d’orientation dans les bois. Un exercice certes intense et complexe dans sa réalisation au vu de la condition physique amoindrie par la fatigue des candidats, mais pas vraiment le genre qui déterminerait qui avait l’étoffe d’un N7 ou pas.

L’évaluation représentait un tout, la somme de bien des souffrances et accomplissements qu’il faudrait consentir pour l’objectif final. Et c’est pourquoi l’officier se garda d’émettre un jugement définitif sur chaque postulant. A peine se permit-il quelques remarques aux instructeurs sur les actions de certains éléments, qui accueillirent pour la plupart ses mots par des mines renfrognées mais approbatrices.

C’est durant la phase de repos accordée aux rescapés de cette course folle à travers la jungle qu’il commencerait véritablement à se faire un avis sur chacun. A commencer par une certaine biotique qu’il connaissait bien mieux que les autres… Le N7 profita donc du rapatriement de l’effectif envoyé crapahuter pour se glisser parmi les examinateurs et le personnel de santé dépêché sur place afin d’évaluer la condition de chacun. Passant inaperçu du fait de son uniforme de terrain, de la casquette grise estampillée de son grade et de l’oreillette qu’il arborait à l’oreille droite, tenue commune à tous les examinateurs, il comptait profiter de ce temps mort pour analyser le comportement d’un maximum de monde. Que ce soit en nouant un contact avec certains ou en observant la façon de faire d’autres, il espérait se faire une première idée du niveau et du professionnalisme de ce cru 2202.

Sans surprise, après avoir écouté les conversations de quelques candidats, il se dirigea donc vers la seule en mesure de le reconnaitre. Intrigué par sa présence et sa nomination, Alec comptait passer un petit moment à ses côtés avant de se remettre au boulot. Et comme il fallait s’y attendre, il se signala par une entrée comme il lui seul en avait le secret.

- « Ils changeraient certainement d’avis s’il savaient ce qui se cache sous cet uniforme… » déclara une voix par-dessus l’épaule de la « balafrée ».

Faisant bien évidemment référence aux avis très tranchés de plusieurs autres prétendants au N7, il espérait déclencher chez elle une réaction de surprise, mais aussi éveiller une certaine hargne ou combativité chez le Lieutenant-Commandant.

- « Alors comme ça on s’est sentie l’âme charitable pendant sa promenade dans les bois ? Et on a eu quelques soucis avec la faune locale parait-il ? Pas étonnant vu la caractère... » renchérit-il donc de plus bel.

Entre ça et le fait d’entendre une voix familière, nul doute qu’elle avait désormais plus d’une raison de se retourner en direction du trouble-fête…
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