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 N7: Expérimentations sous les tropiques

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MessageSujet: N7: Expérimentations sous les tropiques   Dim 03 Sep 2017, 23:22

Intervention MJ : NonDate : 01/09/2202 RP violent
Ada J. Raikes ♦ Alec Sykes
N7: Expérimentations sous les tropiques

L’Humanité a longtemps cherché l’incarnation sur Paradis sur Terre, un lieu où il fait bon passer l’éternité et être récompensé d’une existence vertueuse. A travers des millénaires de civilisation, nombreuses furent les cultures et entités à revendiquer la découverte d’un tel lieu, appelant unanimement à protéger les sanctuaires de leur monde. Hélas, l’Histoire est une maîtresse volage, et la nature de l’Homme est l’outil le plus ravageur de son caprice et sa méprise des créations de Gaïa. Ce triste état de fait n’avait malheureusement pas changé à l’aube du vingt-troisième siècle. Les exemples de gâchis ne manquaient pas au sein du monde berceau de la Bulle Locale, encore que ses natifs soient parvenus à limiter les dégâts, voire les contenir et en contrer les effets dans une moindre mesure. A la veille de s’élancer dans les étoiles, les humains n’avaient ainsi plus à craindre les conséquences de siècles d’exploitation sauvage de leur planète, la technologie des plus grandes nations ayant mis un terme aux plus gros problèmes de pollution.

Restait la question de la misère et des inégalités sociales, toujours existantes entre ses habitants, problème aggravé par la sortie du conflit le plus important de l’histoire du dernier cycle galactique des Moissonneurs. Si certains cherchaient également à l’éradiquer avec ardeur, telle l’Alliance au travers d’investissements et programmes d’aide, d’autres virent sur ce sujet des moyens de s’enrichir et prospérer. Les vieilles tares de la dernière arrivée des races au sein du Conseil se réveillèrent d'ailleurs dès leur système natal quitté pour le première fois, se répandant à travers l’espace comme une trainée de poudre. L’expansion rapide et parfois incontrôlée de cette jeune entité qu’était l’Humanité à l’époque entraina l’apparition de multiples occasions de développement, non sans de nombreuses dérives que l’on retrouve encore de nos jours.

Parmi toutes ces itérations, il est un monde à la beauté ensorcelante qui illustre de façon flagrante ce propos…

Trident, planète océan nommée en référence à l’arme et symbole du Dieu des Mers Poséïdon, aurait pu être un havre de paix et de tranquillité pour ceux fuyant les mégalopoles surpeuplées des Systèmes Conciliens. Sa position particulière, en bordure du disque galactique et à la frontière des Systèmes Terminus, interdit malheureusement à jamais une telle éventualité. Située au voisinage d’un système riche en ruines Prothéennes et elle-même abondante en ressources minérales, elle attire la convoitise des investisseurs et consortiums nébuleux depuis sa découverte. On ne compte plus les exploitations sauvages de ses trésors naturels. Les autorités locales, plus sollicitées que de raison par rapport à leurs moyens d’actions limités, se trouvent très souvent démunies et incapables d’agir. Les premiers à en pâtir sont ainsi les habitants de ce monde recouvert à 95% d’eau, mais aussi et surtout sa faune extrêmement riche.

Pourtant, ce ne sont pas de vulgaires considérations sociales ou écologiques qui poussèrent les Opérations Spéciales de l’Alliance à intervenir. Bien qu’à dominante humaine, la région ne représentait aucun intérêt stratégique pour elle. Les données de recherche qu’on lui avait volée en revanche…

Deux semaines plus tôt, un analyste du renseignement militaire remontait la piste de communications suspectes au départ d’un laboratoire de Terra Nova sous contrat exclusif avec l’entité dirigeante des colonies humaines. Contenu du message ? De fréquents rapports cryptés sur l’activité des lieux, un compte-rendu des arrivées de biens et personnes au sein de l’installation, mais aussi et surtout des bribes de recherches. Le tout revenait à intervalles réguliers depuis plusieurs mois, glissé dans des messages et flux de données en apparence anodins. Pourtant le danger était bel et bien présent, en particulier si l’on considère le fait de voir des éléments classifiés de l’épineux domaine de la biotechnologie tomber entre de mauvaises mains… Avec le savoir-faire adéquat, tout ceci pouvait aisément amener au développement d’armement bien plus retors que de banales « bombes sales », ou bombes radiologiques, ce que l’Alliance Interstellaire ne pouvait se résoudre à voir se produire.

La nature même des données volées se trouvaient assez incriminantes sur le plan de l’éthique pour lui nuire si de telles informations fuitaient plus loin que le seul destinataire de ces communications. Il revenait alors aux soldats des Opérations Spéciales de faire le nécessaire en se basant sur les éléments découverts par le Renseignement. Chacun sa part de linge sale à laver dans cette histoire : Alec et ses hommes traiteraient le problème à la racine, tandis que les Affaires Internes se chargeraient volontiers de traiter le cas de la taupe au sein du labo… Destination Trident donc, monde refuge pour industriels peu scrupuleux, criminels en tous genres et dans le cas présent refuge parfait pour des expérimentations contre-nature. Cerberus y avait jadis entretenu des installations pour expérimenter sur les créatures locales puis l’homme. Nostalgie, caractère inspirant de ce passé peu glorieux pour les contrevenants ? Allez savoir… Ce qui était certain en revanche, c’est que les scientifiques en charge de ce projet pouvaient tout à fait être qualifiés de « tordus ».


1er septembre 2202, surface de Trident
Complexe souterrain de recherche « K-28 », Opération Evening Light
Localisation : Classifiée, H+22

La deadline pour rejoindre la ZA se voyait maintenant dépassée de presque 17 heures… Prévue de nuit, l’insertion sur site et l’infiltration du complexe n’avait pas posée de problème. Aidé par la technologie furtive de sa navette, le commando avait quitté le Midway pour rejoindre la surface d’un îlot isolé en pleine mer sans déclencher l’alerte. La pression mise par l’Alliance sur les autorités locales pour éviter que l’affaire ne fuite et laisser à ses forces la priorité sur l’assaut n’avait également pas été de trop. De cette façon, l’équipe du Commandant ne risquait pas de voir débarquer des trouble-fêtes un peu trop zélés dans le cas où l’intensité des combats se faisait trop forte pour ne pas éveiller les soupçons.

Entrée par les quelques puits de ventilation qui parsemaient la surface du rocher insignifiant au sein duquel l’installation avait été creusée, la SO-21 n’avait dans un premier temps rencontrée qu’une opposition limitée. Deux sentinelles furent discrètement neutralisées dans les premières minutes de la mission, permettant à l’unité de pirater à distance les systèmes de détection de mouvement des conduits par lesquelles elle s’introduisit dans le réseau de souterrains. Le secret de leur présence ne pourrait néanmoins durer bien longtemps : le silence radio de leurs victimes à l’issue de leur ronde finirait par se remarquer, sans parler de l’étendue de l’installation. Un paramètre inconnu, mais qui risquait de leur porter préjudice lorsqu’il s’agirait de collecter les données tant convoitées. L’effet de surprise, voilà l’arme la plus puissante de ces soldats d’élite… Ils pouvaient compter dessus pour frapper vite et fort, mais il ne s’agissait que d’un avantage temporaire, surtout durant une mission avec autant d’inconnues comme celle-ci. Les directives de missions à elles seules reflétaient la question : pénétrer le site furtivement, saisir toutes les données et ressources de valeur –personnel de recherche compris – puis balayer toute force d’opposition armée ou non (si élément sans valeur), en condamnant le site pour de bon.

L’escouade se trouvait ainsi largement fournie en matériel, munitions et explosifs, ce qui allait très certainement sauver la vie de ses membres à en juger la tournure des évènements…

A H+1, le secret de leur présence se trouva compromis. Un fait prévu et attendu par le leader de l’assaut lorsque l’absence de réponses des sentinelles de surface entraina la multiplication des patrouilles en attendant de faire la lumière sur la question. S’ensuivit alors un jeu du chat et de la souris d’une demi-heure supplémentaire dans les coursives lugubres, l’unité usant de camouflage optique pour passer les points les plus « chauds ». Quelques sentinelles de moins plus tard, ils avaient été en mesure d’obtenir un plan des lieux et des bribes de recherches en infiltrant momentanément le réseau informatique de la section des serveurs. L’alarme fut cependant déclenchée pour de bon lorsque l’on retrouva les corps sans vie de deux hommes dans un local technique, entrainant le branle-bas de combat général dans tout le complexe.

La sécurité arma de suite tous ses effectifs pour retrouver les fautifs et les châtier comme il se doit, mais aussi et surtout pour assurer la pérennité des installations. Dès lors, les combats gagnèrent en intensité, les silencieux faisant place aux GSS et explosifs de moyenne puissance pour se frayer un chemin jusqu’à l’objectif. S’il disposait de l’avantage de l’entrainement, le contingent de l’Alliance se trouva confronté à un effectif bien plus important de mercenaires et porte-flingues en tous genres équipé de matériel standard mais à l’efficacité éprouvée. S’ajoutait d’ailleurs au tableau quelques mécas LOKI déclassés qui, s’ils ne constituaient pas à eux seuls une force bien dangereuse, représentaient une manne supplémentaire de bras armés pour les dirigeants de cet avant-poste.

Qui étaient-ils d’ailleurs, ces commanditaires aux agissements ténébreux ? Sykes lui-même n’en savait strictement rien. Disposant pourtant des plus hautes accréditations possibles pour un officier de terrain, il n’avait pas été mis dans la confidence. Un mode opératoire somme toute classique lorsqu’il s’agissait d’affaires aussi sordides que celle-ci. Et de toute façon, un tel renseignement ne lui était pas utile à l’heure actuelle. C’est plutôt de dénicher ce pourquoi ils étaient tous venus qui importait. Leur prochaine démarche consistait donc à prendre d’assaut la section des laboratoires, voisine de celles où ils se trouvaient à H+2 : la section technique avec notamment les data centers. C’est là qu’ils trouveraient les données les plus sensibles, mais aussi d’éventuels prototypes et quelques chercheurs confinés à leur poste le temps que l’alerte soit levée. La zone des quartiers de vie serait l’objectif secondaire du commando, des fois qu’il leur soit encore possible d’y accéder.

Seulement, tout ne se passe pas toujours comme prévu au sein d’un briefing…

Les réalités du terrain s’imposent bien souvent au soldat, qui doit alors en tenir compte s’il souhaite survivre. Et ici, c’est la planète elle-même qui allait se retourner contre tous ceux qui évoluaient en son sein. Connue pour la fulgurance de ses tempêtes, certaines impossibles à prédire avec certitude tant elles sont soudaines, Trident n’est pas une destination de rêve tout au long de l’année. Alors que l’on entrait dans la saison des ouragans, c’est l’un de ses monstres météorologiques qui fit sa loi en surface et changea les plans de la SO-21. L’avant-poste s’en trouva coupé de monde, incapable de recevoir la moindre visite ou communication extérieure. Pris au piège, l’officier tenta le tout pour le tout en jouant un coup de poker des plus osé. Depuis le PC de la section technique, sécurisé dans les premières minutes de l’assaut sur les serveurs, il ordonna à son expert en piratage informatique d’intervenir sur la procédure de verrouillage automatique du complexe.

Découpés en plusieurs zones suivant des applications bien précises, les lieux se trouvaient automatiquement verrouillés en cas de tempête. Cela permettait au PC central de connaître la position de chacun durant les accès de rage de Dame Nature et de limiter les dégâts si les éléments se déchainaient avec trop d’intensité. Une partie du centre de recherche étant sous-marine, il aurait été dommage de voir ce petit antre de la fourberie se retrouver inondé, non ? Une telle procédure, bien que drastique par son déploiement, garantissait donc une certaine sérénité aux occupants. L’escouade de Sykes fut dès lors isolée au plus profond du complexe, la section technique se trouvant scellée et impossible d’accès le temps que durerait l’ouragan. Ils ne seraient alors opposés durant ces longues heures qu’aux « quelques » éléments présents au moment de l’instauration de la procédure. Ikeda était parvenu à isoler les commandes du processus pour qu’il ne réponde qu’à un ordre local. La ruse avait toutefois un revers : une fois l’alerte tempête levée par les mesures des capteurs de surface, le verrou sauterait automatiquement. Il s’agissait donc de jouer la montre en espérant qu’une ouverture s’offre à eux. Ils allaient se retrouver sur la défensive pour un temps indéfini…

Le guerrier en armure, dont la bande rouge et la mention N7 reflétaient le statut, résuma de façon très brève ce qui allait suivre aux siens.

- « On se retranche en attendant la fin de la tempête… Ils sont tout aussi acculés que nous le temps qu’elle dure. Le verrouillage de l’installation va réduire leur liberté de mouvement. On reprendra l’initiative à ce moment… »

Un silence de mort accueillit ses premiers mots. Tous savaient qu’ils jouaient là un jeu dangereux. Aucune certitude ne pouvait leur être offerte, la plus probable semblant quand même être la possibilité de quitter les lieux les pieds devant… Mais ils étaient formés pour faire face aux pires situations, non ? On ne rejoignait pas les Opérations Spéciales sans avoir ce qu’il faut. A eux de le faire comprendre à l’ennemi et de lui faire payer chaque mètre de coursive gagné.

- « Sørensen, minez-moi les accès. Charges anti-personnel à fragmentation. Déclenchement et neutralisation manuelle sur fréquence omnitech. Vous penserez ensuite à placer vos charges sur les serveurs. Je veux qu’il n’en reste rien une fois que l’on décolle. Vous rejoindrez aussi Markov. Etablissez-moi une position de tir sur l’accès Nord. Vous prenez l’indicatif Eagle 2. Hamilton et Ziegler, flanc Ouest. Eagle 3. Ne poussez-pas de contre-attaque… »

Son avertissement était particulièrement destinée à la biotique, dont la rage au milieu des combats pouvaient parfois s’avérer… déstabilisante.

- « Flores, en retrait avec Ikeda. Eagle 4. Trouvez-vous un endroit où installer un poste de soins sommaire et faites l’inventaire de nos moyens en attendant… Va falloir que l’on tienne un bon moment avant de voir débarquer les copains… Rapports radios toutes les dix minutes. Brewer avec moi. Exécution. »

Et ce fut tout. Pas même des encouragements ou quoi que ce soit de la sorte. Des ordres et une petite remarque empreinte de cynisme. Fidèle à la façon de commander et d’être d’Alec. Il n’avait de toute façon pas besoin d’en dire plus. Le N7 connaissait la valeur et le professionnalisme de ses hommes. Chacun s’exécuta donc sans mot dire. Prenant quant à lui l’accès Est, Alec s’aménagea une position de tir plus ou moins confortable depuis le couvert qu’il dénicha à la bifurcation du couloir. Bientôt rejoint par celui qui correspondait le plus à la définition du « bleu » de l’équipe, le duo tomba dans une immobilité et un silence angoissants. Ils ne dérogèrent à la règle que pour entrer en communication avec les autres binômes et vérifier l'état de leurs armes et munitions. Le Commandant porta ainsi une attention toute particulière à son fusil d'assaut Saber et au pompe Piranha qu'il emportait en soutien, prêt à faire usage au moindre signe de l'ennemi. Une routine morbide s'installa alors, ponctuée d'explosions modérées lorsque leurs opposants tentaient de progresser et recevaient en contrepartie des tirs peu nourris mais extrêmement précis. Privée de l'effet de surprise et de sa mobilité, élément clé des techniques de guérilla, l'escouade se reposait désormais sur une longue et harassante tactique de retranchement en fortifiant ses positions...

Ils ne pourraient pas sortir de là seuls, quand bien même ils représentaient l’élite des combattants de la Terre. Remplir certains de leurs objectifs paraissait encore jouable, mais se frayer un chemin jusqu’à la ZA et opérer une extraction en urgence ? Infaisable, même pour eux. Une fois l’effectif ennemi libre de se mouvoir à nouveau comme il l’entend, le piège se refermerait sur eux. Une aide extérieure… C’est le seul et unique espoir auquel ils pouvaient encore se raccrocher. Ces données étaient trop précieuses pour voir l’Alliance y renoncer de la sorte. Le Midway saurait plaider la cause de ses effectifs déployés au sol auprès de l’Amirauté…


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MessageSujet: Re: N7: Expérimentations sous les tropiques   Mar 12 Sep 2017, 01:55
Experimentations under the tropics

Ada J. Raikes - Alec Sykes






- 1er septembre 2202, Travée de l'Attique, Bordure de Kepler, Système Newton, environs d'Ontarom
- Pont 1 de l'Okinawa, cabine de l'officier commandant

Je faisais toujours le même genre de cauchemar pendant mon sommeil lorsque j'étais agitée, éreintée ou mal dans ma peau. Je portais mon armure de combat et je me retrouvais dans Londres dévastée et déserte, non loin de Big Ben. J'avais vu de mes propres yeux les dégâts des Moissonneurs après la bataille pour reprendre la Terre, la voir dans mes rêves en est une autre. Il n'y avait pas âme qui vive, seul le vent bruissant doucement sur les décombres des bâtiments en soulevant des nuages de poussière et de cendres, le crépitement des flammes de quelques incendies et le bruit de mes bottines de combat troublait le silence de mort qui y régnait. Je faisais quelques pas parmi les ruines d'une frégate de l'Alliance qui s'était écrasée sur la rive de la Tamise et j'y vis ma sœur cadette, Emilie, blottie dans les bras de mon père John également en armure et à leurs côtés, aussi étrange que cela puisse être possible, mon frère Gary. Je les voyais mais eux ne me voyaient pas et m'ignoraient totalement. Ils semblaient vouloir se cacher de quelque chose mais quoi ? J'avais toujours ma réponse quelques secondes plus tard. Un grondement assourdissant bien trop familier à mes oreilles retentit et un Moissonneur écrasa de toute sa masse Big Ben avant de diriger son canon vers les trois Humains qui se cachaient dans les débris de la frégate. Bouche bée et médusée par ce qui se passait, je leur criai de se cacher ailleurs pour échapper au rayon meurtrier du Moissonneur mais personne ne m'écoutait. L'énorme vaisseau alien cracha la mort qui s'abattit sur les membres de ma famille et ils disparurent sous mes yeux stupéfaits et ma mine effondrée. Le Moissonneur devait ensuite s'apercevoir de ma présence car je sentais son arme dévastatrice se pointer sur moi. J'étais bien trop choquée et paralysée pour esquisser le moindre geste et le vaisseau de ligne synthétique me vaporisa comme ma famille. Je me réveillai toujours à cet instant où dans mon cauchemar, la mort me prenait.

Je jetai un regard vers le réveil sur mon chevet qui m'indiqua 06:00. Maugréant contre moi-même et ma psyché qui me jouait des tours, je pris une douche pour me réveiller pour de bon et attaquer cette nouvelle journée de surveillance. Je venais à peine de m'habiller d'un uniforme d'officier renforcé propre que l'on m'avertit que quelqu'un m'attendait devant ma porte. J'autorisai la porte à s'ouvrir et Haver vint à ma rencontre en posant un mug de café sur le bureau puis de me saluer. Plus en forme que la veille, je lui répondis prestement, une mèche de mes cheveux courts s'agitant légèrement alors que mon bras se mit en mouvement pour saluer.

Lieutenant-Commandant. Je vous ai apporté du café, je me disais que ça vous ferait du bien après votre nuit. Mais je viens aussi vous avertir que l'on a reçu de nouveaux ordres. J'aurai normalement utilisé l'intercom mais je voulais vous voir. L'Amiral O'Neill vous attend via la salle de com. Et... l'appel de l'Amiral est passé en prioritaire sur le canal de com, c'est que ça doit être important.

Merci Lieutenant. Et avec un peu de chance, on nous envoie ailleurs. Peut-être aura-t-on enfin l'occasion de faire quelque chose d'utile et de le faire bien.

Lieutenant-Commandant, permission de vous parler franchement.

Accordé, Lieutenant.

Vous devriez vraiment éviter de vous taper des journées de travail de dix-huit heures, vous n'avez pas pris un instant de pause hier pendant ce laps de temps. Et ça se voit.

Je sais bien, Lieutenant mais c'est cette mission de surveillance d'Ontarom qui me tape sur le système, je n'ai pas oublié Fehl Prime ni nos derniers accrochages. Bref, ne faisons pas attendre l'Amiral.


- Pont 2 de l'Okinawa, CIC et centre de commandement

En compagnie de ma commandant en second, je pris donc la direction du centre de commandement tout en avalant en vitesse mon café légèrement brûlant mais la boisson chaude me revigora un peu plus et je me sentis même d'attaque pour encaisser les ordres de ma supérieure. Je laissai le mug au portique de sécurité, y retrouvant le quartier-maître de la veille que je saluai enfin et avec Haver sur les talons, je fis un salut aux quelques opérateurs du centre de commandement avant de me planter dans la salle des communications. Ma subalterne s'arrêta comme d'habitude à l'entrée pour empêcher quiconque de me déranger. Je vérifiai que mon col était bien visible et mes manches retroussées réglementairement puis je lissai le haut renforcé de mon uniforme avant de prendre l'appel du contre-amiral O'Neill. L'irlandaise apparut peu après, son visage fermé et habituellement sévère mais il y avait comme une perplexité dans son regard. Je la saluai, droite et sérieuse avant que ma supérieure ne me le rende d'un air moins sec que d'habitude. Quelque chose la préoccupait et cela ne me rassurait pas trop.

Amiral. Au rapport.

Lieutenant-Commandant. Je reviens d'une réunion avec l'état-major de la Cinquième, Hoffmann à sa tête, un des Amiraux représentant le Conseil de Défense ainsi qu'un des officiers supérieurs commandants du Renseignement. Je peux vous dire que c'était tendu entre les huiles. Elles ont peur.

Qu'est ce qui se passe, Amiral ?

Il faut que vous sachiez une chose, Lieutenant-Commandant, la mission que je vais vous confier revêt une importance capitale aux yeux de l'Alliance. Qu'il y ait l'état-major de la Cinquième au complet, c'est normal, ça arrive. Qu'on ai un officier du Renseignement, passe encore. Mais qu'un des Amiraux du Conseil de Défense s'implique directement dans la discussion, là c'est inhabituel. Ce n'était pas l'Amiral Shepard mais on en était pas loin. Une opération a mal tournée.

Hm... Le Renseignement, un des Amiraux du Conseil de Défense... Ce serait une opération du genre non publique même au sein de l'Alliance ?

En effet. Je n'en sais pas tout mais je vous fais transmettre les informations nécessaires sur votre terminal du centre de commandement. Une unité des Opérations Spéciales a été envoyée dans la Travée, dans le Nexus d'Hadès, planète Trident pour y effectuer un raid dans un complexe souterrain. Pour quelle raison, je n'en sais foutrement rien mais quoi qu'il en soit, ils ont une bonne raison pour y aller. L'ennui c'est que cette équipe aurait dû rejoindre son point d'extraction et que la deadline de l'opération est dépassé de 22 heures, le temps que les hauts gradés ne se bougent. Vitrifier la zone a été envisagé mais les huiles veulent d'abord savoir ce qu'il est advenu de cette équipe. Vos ordres sont les suivants : vous découvrez ce qui est arrivé à cette unité et s'ils sont encore en vie, mettez vous sous les ordres de leur officier commandant, aidez les à accomplir leur mission puis dégagez avant que les OS ne fassent tout sauter ou qu'on ordonne un bombardement orbital. En clair, c'est vous qui serez leur ticket de sortie s'ils sont encore en vie mais ces foutus ouragans sur cette planète empêchent toute communication. Selon nos renseignements, il y a une éclaircie qui se présentera sous peu, c'est votre porte d'entrée. Je vous fais aussi transmettre un code d'identification propre aux OS. Vous éviterez les tirs amis et vous pourrez contacter l'unité. Le nom de code de votre mission est Restore Evening Light.

Compris, Amiral. Qui est l'officier qui les commande ?

Le Commandant Alec Sykes. Il commande le SSV Midway, actuellement en orbite autour de Trident. Ce nom vous dit quelque chose ?

... En effet, Amiral. J'ai déjà rencontré Sykes à une réunion d'officiers. Il était à l'époque Lieutenant-Commandant. C'est un N7 si je ne m'abuse ? Et il commande donc une frégate. Furtive, je présume ?

Tout juste Raikes. Vous serez sous ses ordres le temps de cette mission.

Bien pris, Amiral.

Une dernière chose, Raikes. Comme je vous l'ai dis, cette mission est de la plus haute importance pour l'Alliance. Je sais ce qui vous est arrivé depuis le début de l'été et le moins que je puisse dire, c'est que votre bilan à la tête de l'Okinawa est plutôt contrasté. Mais je compte sur vous pour me montrer que j'ai eu raison de vous mettre à la tête d'une frégate, c'est pourquoi c'est vous que je charge de ramener Sykes et ses soldats en vie ou de finir leur mission, le cas échéant. L'erreur n'est donc pas permise, Lieutenant-Commandant, ne me décevez pas, vous êtes leur dernier espoir de s'en tirer en vie. Foirez votre coup et je prendrai les mesures qui s'imposent à votre encontre et l'Okinawa. Réussissez votre mission et vous aurez une belle mention dans votre dossier. Vous visez le N7, c'est précisément le genre de mission que vous devez accomplir avec succès si vous voulez espérer et être autorisée à porter un jour ce N7 sur votre uniforme. Suis-je bien claire, Lieutenant-Commandant ?

Claire et limpide, Amiral.

Bien, tenez-moi informée. O'Neill, terminé.

L'appel se coupa et je me tournai vers Haver, le visage fermé mais déterminé. Ma subalterne me rendit le regard, en attente de mes ordres.

Ordonnez à l'équipe d'intervention au complet de se réunir en urgence au centre de commandement, les informations de l'Amiral viennent d'arriver sur le terminal. Briefing dans cinq minutes. Faites démarrer Snakeshit pour le Nexus d'Hadès et déclenchez l'opération Restore Evening Light, faites passer l'Okinawa en code rouge Alpha, état d'alerte maximal. À partir de maintenant, nous sommes en mission. Il y a des soldats de l'Alliance en danger et à sauver.

Mon lieutenant me salua d'un air enjoué mais sérieux et partit donner mes ordres. Quant à moi, j'examinai avec attention les informations envoyées par ma hiérarchie, toute trace de préoccupation ou d'inquiétude avait disparue, j'étais maintenant pleinement concentrée sur la mission. Bien entendu, aucune information concernant le véritable but du raid de Sykes et de ses hommes, mon objectif prioritaire était de le faire sortir lui et son unité. Je notai donc de m'en remettre à Sykes lorsque je le verrai, en espérant qu'il soit encore vivant. En revanche, les OS avaient clairement préparé avec minutie l'opération car un plan du complexe souterrain m'avait été donné et les lieux étaient plutôt étendus, de la taille d'une base. J'eus l'information de la dernière communication de l'unité de Sykes vers le Midway, juste avant qu'un ouragan ne s'abatte sur la zone et ne brouille tout. Il y eut une présentation très sommaire des membres de l'unité de Sykes, rien de surprenant lorsqu'il était question des OS et mon regard s'attarda légèrement sur Sykes, mes yeux se plissant légèrement. Du peu que je me rappelle de notre rencontre, elle s'était plutôt bien déroulée. J'étais déjà N5 à notre rencontre et voir le N7 sur son uniforme m'avait remplie de fierté et d'admiration car j'avais rencontré le genre de soldat que je voulais devenir. Je ne le connaissais pas assez pour le considérer comme un modèle mais du peu que j'en savais, je devais admettre que j'aurai volontiers servi sous ses ordres. Pour le coup sur cette mission, j'allais certainement agir sous son commandement direct. Combattre avec un N7... Les huit soldats de l'unité d'intervention firent leur arrivée au sein du centre de commandement, Haver à sa tête et chacun me salua avant de se mettre en place pour le briefing. Quelques nouveaux se trouvaient parmi eux.

Soldats. La mission que nous avons aujourd'hui revêt une importance capitale pour l'Alliance. Nous avons pour la plupart d'entre nous, eus notre lot de missions classifiées, celle-ci est particulièrement cruciale, elle nous vient d'en haut, voire de très haut. Quoi qu'il en soit, voici la situation : nous avons une unité des Opérations Spéciales du nom de SO-21 dirigée par le Commandant Alec Sykes qui est présumée portée disparue dans un complexe souterrain sur la planète Trident dans le Nexus d'Hadès. Comme vous pouvez le voir sur les informations transmises par l'état-major de la Cinquième, le complexe souterrain est assez étendu, présence hostile confirmée, armée et nombreuse. Un ouragan est actuellement sur zone et d'après le Renseignement, voici d'où est venue la dernière communication de SO-21. Notre objectif est de découvrir ce qui est arrivé à nos collègues des OS. S'ils ne restent rien d'eux ou sont introuvables, l'unité sera classée KIA et nous n'aurons d'autres choix que d'évacuer leurs restes ou leurs plaques si l'on en retrouve avant de bombarder depuis l'orbite le complexe. En revanche s'ils sont encore en vie, notre mission sera de faire la jonction avec eux, leur porter assistance dans la mesure du possible et les évacuer. Voici nos règles d'engagement : on n'attaque que si l'on est d'abord attaqué ou si l'on a pas d'autres choix pour avancer, le but est de se frayer un chemin vers Sykes et ses soldats, les OS se chargeront de tout faire sauter avant qu'un éventuel bombardement orbital ne termine le boulot. Le plan est le suivant, il est inutile de s'infiltrer, ils savent déjà qu'ils sont attaqués, nous allons donc privilégier l'attaque en force. Parmi plusieurs entrées disponibles qui dépassent du sol, nous mènerons un assaut ici, à ce petit poste de garde, il débouche ensuite dans le complexe. Une attaque massive ici là où nous pensons que la position est la moins défendue. Nous progresserons ensuite vers les zones en surbrillance ici et là, à l'aide de nos OmniTechs pour ensuite chercher ce qu'il est advenu de SO-21. L'idéal serait d'attaquer rapidement le poste de garde et les empêcher de les alerter sur une seconde attaque puis de prendre l'ennemi à revers si jamais SO-21 est assiégé quelque part. Une fois dans la base, nous essaierons de communiquer avec eux.

Pendant que je fis le briefing, Haver se chargea d'animer les informations à notre disposition sur le terminal du centre de commandement.

Nous avons un code d'identification afin de pouvoir communiquer avec les OS, il va falloir l'intégrer dans vos OmniTechs. Notre unité est désignée sous l'indicatif ON-01, nous nous en tiendrons à SO-21 pour eux. Des questions ?... Très bien. Il va sans dire, soldats, que cette mission doit être une réussite. Je ne vais pas vous mentir, c'est une opération extrêmement risquée. Certains d'entre nous n'en reviendront pas. Mais nous savons pourquoi nous portons cet uniforme. Vous n'êtes pas des OS mais vous êtes des soldats et vous devez vous montrer digne de la confiance que l'Alliance a placé en vous pour la défendre. Je refuse d'admettre que ces soldats sont morts, il est donc de notre devoir d'aller les tirer de là car ils courent un danger de mort. Ils ont signés pour ça tout comme nous mais cela ne veut pas dire qu'ils doivent obligatoirement en crever. Ils ont comme nous de la famille, des amis, des conjoints et si nous les tirons de là, ils pourront revoir les êtres qui leur sont chers et cela grâce à notre intervention. Allons sauver ces soldats, ramenons-les. Départ dans dix minutes.

Chaque soldat me salua en quittant le centre de commandement et je fus la dernière en partir, Haver était partie d'abord pour organiser le rassemblement. Comme mes soldats, j'intégrai le code d'identification dans mon OmniTech avant d'y faire rentrer toutes les informations puis je quittai également la pièce. Je fis rapidement un passage au cockpit où mon pilote de frégate entra en communication avec le vaisseau de Sykes, le SSV Midway. L'Okinawa, de taille plus imposante que la frégate furtive vint se placer non loin de cette dernière et nos deux vaisseaux se synchronisèrent en orbite, l'une proche de l'autre. L'opérateur du Midway nous prévint qu'il y avait une éclaircie sur la zone du complexe, c'était le signal que j'attendais. Confiant l'Okinawa à Snakeshit, je descendis immédiatement au hangar.


- Travée de l'Attique, Nexus d'Hadès, en orbite autour de Trident
- Pont 5 de l'Okinawa, hangar et armurerie

Mes pensées remuant sans cesse les informations acquises pendant ce briefing et j’eus une pensée pour Daichi et ma mère. La légère bouffée de stress à cet instant se dissipa alors que je repris mes esprits et que je sortis de l'ascenseur, aussitôt saluée par Reeves. Je me mis en tenue au milieu de mes hommes dans l'armurerie, vérifiant qu'armes et munitions soient parées. À compter de cet instant, rien ne me détourna de ma mission, je pensai beaucoup aux enjeux et aussi à moi-même. Cette mission était l'opportunité pour moi de redresser la barre et retrouver du crédit aux yeux de ma hiérarchie, j'allai la saisir à n'importe quel prix. Machinalement, mon corps se mut et enfila de lui-même les pièces d'armure alors que mon esprit me martela que cette opération devait réussir. En rejoignant peu après la navette d'Atkinson, ma pilote me salua et entra immédiatement dans le cockpit, prête à décoller tandis que je me postais à l'entrée du Kodiak. Nul mot ne fut échangé avec mes soldats, nous nous contentions uniquement de poignées de mains franches comme geste de solidarité. Haver fut la dernière de la file et les yeux rivés dans les siens, notre poignée de main fut ferme et virile avant que je ne lui donne un coup sur son arrière-train et je fus la dernière à embarquer. Personne ne pipa mot et alors qu'Atkinson décollait, mes soldats vérifièrent mutuellement leur équipement et leurs armes. La carlingue du Kodiak secoua légèrement alors que l'on quittait l'Okinawa. Dans nos oreillettes, Snakeshit nous souhaita bonne chance alors que j'ordonnai à Atkinson de prévenir le contre-amiral O'Neill que la mission débutait. La rentrée dans l'atmosphère de la planète nous secoua bien plus mais je me tenais au plafond du Kodiak, quelques pas derrière ma pilote qui s'énerva toute seule contre les mauvaises conditions climatiques. Cela faisait presque vingt-quatre heures que Sykes et ses soldats devaient être coincés dans le complexe et je demeurai plutôt inquiète de leur sort.

Comme prévu, Atkinson nous déposa à quelques pas de l'entrée que nous avions déterminé pour entrer dans la base. Nous n'étions pas encore repérés, c'était tout bon pour le moment. Je mis pied à terre la première, le Mattock en avant, aussitôt suivie par mon unité en formation d'attaque. Atkinson quant à elle, fila droit dans le ciel de Trident. Nous étions dans une petite clairière au sein d'une forêt de type tropical qui paraissait avoir miraculeusement résisté au passage de l'ouragan. Néanmoins, le vent que l'on ressentit tous et les quelques petits débris qui s'envolaient dans les airs étaient annonciateurs de la prochaine tempête qui allait s'abattre. Mon OmniTech m'indiqua que le poste de garde à l'air libre était bientôt en vue. Il apparut quelques minutes plus tard et les arbres couchés à terre non loin de l'entrée en forme de tunnel nous offrirent une bonne couverture. Il y avait une poterne ouverte dans le bout de mur qui dépassait du sol, un garde casqué se tenant à côté tandis qu'un autre de ses collègues balaya du regard les alentours. En relevant légèrement le regard, je vis une caméra de surveillance qui surplombait l'entrée. Par signes discrets, j'indiquai à mes hommes de se préparer à l'assaut et aux snipers de mon unité de se préparer à ouvrir le feu. Une bourrasque de vent souleva des branches à terre et comme si elle avait été guidée par une main invisible, l'une des branches heurta violemment la caméra de surveillance qui se fracassa contre le mur. Les deux gardes levèrent la tête et je saisis cette opportunité pour ordonner le tir de mes tireurs d'élite. Pour cette mission, Haver et une soldat du nom de Griest se chargèrent d'expédier ad patres les deux gardes, l'un d'eux la tête presque explosée. Les mercenaires furent tués sur le coup et j'ordonnai l'assaut vers la poterne. Assaut qui se déroula sans encombre jusqu'à ce que l'on entre dans le complexe par cette entrée. Je rentrai la première en m'assurant que l'endroit qui ressemblait à un petit vestibule avant un escalier qui descendait soit vide avant de refermer la porte derrière Griest. À cet instant, j'envoyai le code d'identification à l'OmniTech de Sykes puis je tentai une communication. S'ils étaient en vie, ils pourraient nous entendre.

SO-21, ici le Lieutenant-Commandant Raikes de la Cinquième Flotte de l'Alliance. Me recevez-vous ? ... SO-21, me recevez-vous ?... Ici le Lieutenant-Commandant Raikes, Commandant Sykes, si vous pouvez m'entendre, sachez que les renforts arrivent.





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MessageSujet: Re: N7: Expérimentations sous les tropiques   Aujourd'hui à 01:30

L’Espoir. On le dit être la source de bien des accomplissements et parfois même miracles dans les situations les plus improbables. Il est la notion derrière laquelle nombre de gens se plaisent à canaliser leurs pensées et actions lorsque les choses tournent mal ou qu’ils ont de grands projets pour un avenir tout aussi incertain et impalpable que cette disposition de l’esprit. Il est commun à toutes les races, motivant les aspirations de grandeur pour les uns ou encourageant les actes qui entretiennent une meilleure entente entre les différents acteurs de cette galaxie pour les autres. Pourtant, s’il est véritablement un élément essentiel au développement et la construction de tout à chacun et de toute chose, il existe des individus qui ont depuis bien longtemps choisi de ne pas s’y fier. Alec faisait partie de ceux-là. Désabusé par la réalité du combat contre les Moissonneurs et tout ce qu’il entraina en termes de destructions, sacrifices et retombées sur le long terme, il était devenu par bien des aspects un homme cynique et parfois irascible. Cela pouvait se ressentir dans sa façon de commander et de combattre, pourtant il parvint très vite à gagner le respect et l’obéissance de ses hommes de par son efficacité et la façon qu’il avait de se soucier d’eux. C’est sans doute la raison pour laquelle son commando acceptait de le suivre les yeux fermés dans un guêpier comme celui-là. S’il avait abandonné la notion d’espoir pour son avenir et ses missions, ses subordonnées instillaient les leurs dans leur supérieur. Ce lien de confiance faisait donc la véritable force de la SO-21. Il permettait à l’unité de rester soudée, même dans les pires enfers où l’Alliance décidait de l’expédier…

Et soudée, elle avait grandement besoin de l’être dans cette situation. Ne serait-ce que pour survivre. Bloquée au plus profond du complexe souterrain, l’équipe ne pouvait compter que sur elle-même pour tenir assez longtemps avant de voir débarquer des renforts. Il n’y avait pas de vain espoir dans les attentes de l’officier. Les renforts finiraient par pointer le bout de leur nez, c’était certain. Quand bien même l’Alliance devait essuyer de lourdes pertes, elle enverrait quelqu’un à leur rencontre. Les informations que recelait ce lieu lui étaient trop précieuses. Ne serait-ce que pour ne pas entacher son image auprès de l’opinion publique et la scène politique. La nature des données qu’on lui avait dérobées était bien trop compromettante pour risquer de les voir filer entre de mauvaises mains. Quant à la question de bombarder la zone depuis l’espace quitte à tirer une croix sur les infos en question pour effacer toute trace de passage… Il n’y croyait pas une seule seconde. Les éléments dans les mains de l’Amirauté se trouvaient être bien trop fragmentaires pour motiver une frappe orbitale. A coup sûr une partie de l’édifice résisterait au déchainement de feu, plus particulièrement toute la section sous-marine. Ce qui signifiait d’éventuels survivants et d’éventuelles fuites qui vont avec. Un cas de figure inconcevable au vu des enjeux.

Il « suffisait » donc de patienter aussi longtemps que nécessaire. Ce qui relevait au mieux d’un doux euphémisme. Retranchés tant bien que mal autour de la salle de contrôle auxiliaire qu’ils occupaient, les soldats eurent fort à faire pendant la vingtaine d’heures que dura leur calvaire. Dans l’incertitude quant à l’identité réelle de leurs assaillants, les forces de sécurité de l’avant-poste commencèrent par engager le combat de façon quelque peu timide pour jauger l’adversaire. Une manœuvre prudente et adaptée à la situation, mais qui permit d’ores et déjà au commando de gagner une heure ou deux. Les échanges de tirs se firent ainsi dans un premier temps sporadiques, quelques mercenaires étant envoyés en éclaireur dans les coursives occupées par Alec et son unité. Usant à outrance de camouflage optique, ils retrouvèrent très vite leur créateur lorsque les assiégés remarquèrent leur approche. Aidés d’yeux formés à déceler la moindre déformation de l’horizon et de la vision thermique de leurs casques, le N7 et ses subordonnées n’eurent guère de mal à aligner ces imprudents de quelques salves bien placées. Le premier sang versé fut ainsi celui de quelques gardes assez malchanceux pour avoir été envoyés en avant sans réel espoir de réaliser une percée. Aussi discutable soit-il sur le plan éthique, ce stratagème permit au moins à chaque camp de d'évaluer l’autre.

- « Eagle Leader à tous. Maintenant ils savent que l’on a les moyens de riposter. Restez en position et laissez faire les mines dans la mesure du possible. Leur réponse sera bien plus musclée sous peu… »
déclara par radio le Commandant sitôt les derniers corps tombés au sol.

Faisant écho à ses mots qui relevaient davantage de l’évidence que de la prophétie, l’ennemi pressa ses forces à la rencontre des intrus sitôt leurs éclaireurs tombés et la situation un minimum analysée. Mais s’il savait avoir face à lui un opposant un minimum entrainé et avec du matériel en quantité et qualité, le degré d’exactitude de ces critères paraissaient encore échapper partiellement aux responsables de la zone. Ils ne devaient pas imaginer devoir combattre une unité de forces spéciales conciliennes. Dans le coin paumé que représentait Trident, on voyait rarement ce genre de visiteurs. Ce qui devait expliquer le mode opératoire borderline visant à traiter une force d’opposition composée de mercenaires quelconques plutôt que de véritables professionnels de l’art de la guérilla…

La SO-21, bien qu'elle aussi sous le feu d’opposants à l’identité encore bien floue, pu donc leur faire pleinement comprendre l’erreur commise dans la façon de mener ce premier assaut d’envergure. De toutes les directions des silhouettes humaines en armures convergèrent en vitesse sur la planque de l’Alliance, comptant très certainement les submerger sous le nombre plutôt qu’autre chose. Mais quand on se précipite tête baissée vers l’inconnu en jouant un coup de poker aussi hasardeux, il est courant de devoir ramasser les pots cassés de sa propre hardiesse. C’est ce qui arriva cette fois-là : confortés par le fait de n’attirer aucune riposte d’aucune sorte alors qu’ils parcouraient en vitesse les coursives vers l’objectif, les commandos improvisés pressèrent bien vite le pas pour mettre fin à cet « incident ». Hélas pour eux, des champs de mines et charges à mise à feu différée croisèrent la route de leur victoire annoncée. Ce qui devait être un assaut éclair se transforma alors en cauchemar de bruit, de flashs lumineux en tout genre et de corps et débris humains volant en tous sens. Dans la confusion la plus totale, ceux en queue de colonne paniquèrent et tentèrent de revenir en arrière en se ruant à la rencontre de leurs propres lignes. Certains y parvinrent tant bien que mal, couverts de shrapnels et le souffle court. Pour d’autres, la fin fut tout aussi brutale. Lorsque les tirs du commando ne les abattirent pas comme des chiens dans le dos, les quelques mines n’ayant pas encore détonnée firent le reste du boulot.

Ne restait alors que des coursives noircies par les explosions, des éclats par milliers, et restes humains en nombre. Du membre arraché aux corps fumants exposés aux flammes des charges incendiaires. Quelques blessés graves trainaient bien ça et là dans le no man’s land qu’était devenu ces couloirs si âprement défendus, mais personne ne prit la peine de venir les évacuer, les soigner ou même abréger leurs souffrances. Les Opérations Spéciales ne faisaient ni dans dentelle ni dans le propre lorsque la situation l’imposait…

Après cela, les choses tournèrent bien moins à l’avantage de l’Alliance. Désormais plus prudents, leurs opposants usèrent d’ingénieurs et de drones pour déceler et neutraliser les explosifs qu’ils rencontrèrent lors des attaques suivantes. Les feux des Enfers furent désormais remplacés par des coups de feu bien plus nourris, chacun usant du moindre atout de son arsenal. Le fusil d’assaut Saber de Sykes fut rarement aussi sollicité que durant ces interminables heures à soutenir un siège. Conçue sur mesure pour son propriétaire, l’exceptionnelle précision et puissance de sa munition se trouva être d’un grand secours pour la défense de la section dont il avait la charge. Un tir ou deux suffisaient généralement passer outre les boucliers cinétiques et ainsi nourrir le cimetière improvisé qui se dessinait devant lui et Brewer. Pourtant, la défense du périmètre devenait en plus complexe à chaque manœuvre de l’ennemi. Si ses tactiques s’espaçaient dans le temps du fait que ses effectifs ne cessaient de diminuer, elles étaient toujours plus efficaces à gagner du terrain et proches de réaliser une percée. Cette dure vérité s’illustrait parfaitement sur les fronts Est et Ouest, là où les biotiques de l’escouade étaient déployés. Toujours sur la brèche, leurs pouvoirs étaient sollicités avec une intensité et une fréquence qui dépassait de loin le raisonnable pour des sujets humains. S’en ressentait donc une fatigue de plus en plus croissante qui risquait de mettre en péril leur survie à tous…

Mais la délivrance arriva enfin après vingt-deux heures d’une résistance acharnée sous la forme d’une comm’ radio. Comme prévu, on venait donc les ramener au bercail… Eux ou les infos en leur possession. Une certaine Raikes était en charge de cette tâche ingrate s'il fallait en croire ses propres mots. Raikes ? Raikes. Raikes… Où avait-il déjà entendu ce nom ? Le vague souvenir d’une réunion stratégique de préparation d’exercices coordonnés entre les Quatrième et Cinquième Flottes refit très vite surface alors que le message résonnait dans son casque et qu’il vidait l’avant-dernière cartouche thermique à sa disposition sur une colonne d’infanterie progressant à couvert. Qu’ils connaissent ou non l’officier en question, tous captèrent la portée de ce signe, puisque Brewer redoubla d’efforts au péril de sa condition défaillante pour endiguer le gros de l’offensive afin de donner le temps à son supérieur de répondre. La hargne et la combattivité de ses hommes parvenait encore parfois à l’étonner par moments et malgré les années...

- « Sykes pour Raikes. Content de vous entendre, on y croyait plus vraiment. Mais cette unité répond au nom de code Eagle. Vous prenez l’indicatif Nomad pour le reste de la mission. Dites-moi que vous avez pensés à maintenir la liaison avec l’orbite ainsi qu’au ravitaillement. On va avoir besoin des deux d’ici très peu de temps... »
répondit-il dans un premier temps d’un ton qui trahissait l’impatience.

Munitions, fournitures médicales, rations d’urgence pour les biotiques de la SO-21… Du support au moins aussi nécessaire que les bras armés supplémentaires qui venaient à leur rencontre. Néanmoins des bruits de combat de plus en plus violents ponctuèrent ses dires, se faisant de plus en plus sonores à mesure qu’il expliquait la situation. Une oreille attentive remarquerait que les détonations de fusils d’assaut laissèrent la place à celles de fusils à pompe et armes de poing. Un signe révélateur de la distance d’engagement grandement réduite. Le point de rupture n’était pas loin…

- « ... Nous sommes retranchés dans ce qu’il reste de l’aile technique du complexe. Coordonnées transmises à la suite de ce message. La fin de la tempête a levé le verrouillage global de la structure. Vous rencontrerez une résistance armée conséquente qui converge vers notre position. On va faire le nécessaire pour tenir la ligne. Magnez-vous de nous rejoindre et signalez-vous avant d’approcher, sans quoi vous serez vaporisés par ce qu’il reste du champ de mines et des charges incendiaires de notre périmètre défensif. Eagle termi… GRENADES, A COUVERT ! » hurla soudainement une autre voix que celle du N7 alors qu'il s'apprêtait à clore sa transmission.

Suivirent des grésillements et un sifflement violent, puis plus rien. On prenait de nouveau d’assaut leur position, et cette fois avec bien plus de violence que tout ce qui s’était fait précédemment. Rassurés par l’arrivée de leurs propres renforts qui convergèrent vers eux suite à la levée du verrouillage général du complexe, les assiégeants survivants lancèrent un ultime raid coordonné sur les positions de l’Alliance. Usant à outrance de fumigènes, de grenades incapacitantes comme létales et de camouflage optique, ils progressèrent de façon bien plus soudaine et marquée qu’auparavant. Aidés en cela par la fatigue qui commençait à se faire ressentir dans les rangs du commando et les manques logistiques de l’unité, les mercenaires risquaient d’acculer pour de bon Eagle dans son ultime refuge : la salle de contrôle. Quant à Alec… Les choses étaient bien incertaines. Impossible de le contacter de nouveau pour s’assurer de sa situation. Sa position avait essuyé le gros de l’attaque, et les corps s’y comptaient en nombre. Quelques gémissements de douleur et tirs sporadiques étaient perceptibles, mais c’est bien l’épaisse fumée recouvrant la scène qui lui donnait cet aspect aussi sinistre…


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N7: Expérimentations sous les tropiques

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