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 La diplomatie à son meilleur

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MessageSujet: La diplomatie à son meilleur   Dim 25 Juin 2017, 17:27
Intervention MJ : NonDate : 1 juin 2202 RP Tout public
Ada J. Raikes ♦ Urdnot Ante ♦
La diplomatie à son meilleur



Diplomacy at its finest
- Londres, Spatioport de l'Alliance, quai C27
- Salle d'embarquement, hall d'entrée




J'étais assise sur un des sièges dans la salle d'embarquement du quai, là où l'on attendait normalement patiemment que l'on vienne annoncer que le vaisseau à bord duquel on est censé embarquer, soit enfin prêt à recevoir ses passagers. Dans mon cas en revanche, je commandais le vaisseau en question et pour le moment, il était cloué à la baie d'embarquement du quai. Cela faisait un peu moins d'un mois que je commandais le SSV Okinawa, dernier vaisseau à rejoindre la flottille de frégates de la Cinquième Flotte de l'Alliance et comme il n'avait encore jamais eu de véritable accrochage, les mois suivant son lancement étaient destinés à s'assurer que la frégate toute neuve ne vienne pas causer des problèmes inattendus. Malheureusement, une batterie de problèmes s'était annoncée lors d'une patrouille non loin du relais de Charon et le contre-amiral O'Neill m'avait sur-le-champ ordonné un retour au spatioport afin de régler ces soucis d'ordre technique et mécanique au plus vite. En discutant avec les techniciens de l'Alliance, je m'étais aperçue que les ennuis semblaient un peu plus graves que prévus initialement et allait nécessiter une immobilisation plus longue qu'escomptée, de l'ordre d'au moins soixante-douze heures minimum. Je donnais quartier libre à mon tout nouvel équipage pendant cette période de permission inopinée et le lieutenant Haver, ma commandante en second, avait pris congé de moi il y a peu en me laissant seule avec mes pensées et ma légère frustration. À peine la blondeur -fait rare à notre époque- des cheveux de Haver quittait la salle d'embarquement que j'ouvris mon OmniTech pour le consulter.

Ce fut donc non sans une certaine irritation que je perdis pour l'instant mon temps dans la salle d'embarquement à vérifier et à suivre en temps réel l'avancée des travaux via mon OmniTech et à lire les différents rapports envoyés par les techniciens ou de lire les messages de l'état-major de la Cinquième. Même clouée au sol, je ne cessais de me focaliser sur mon rôle d'officier commandant alors que les membres du personnel de l'Alliance, qu'il soit militaire ou civil continuaient de déambuler autour de moi sans véritablement me prêter attention et de vaquer à leurs occupations. J'avais auparavant prévenu ma mère et Daichi que j'étais en ville pour deux jours et l'on se mirent toutes d'accord pour se retrouver du côté de St James's Park à la fin de leur journée de bureau chez Hahne-Kedar. Constatant avec dépit que j'avais encore plusieurs heures à tuer devant moi et fermant mon OmniTech après que je ne reçus rien de nouveau depuis plusieurs minutes, je commençai véritablement à me demander ce que j'allais faire et je me levai de mon siège pour quitter la salle d'embarquement, réajustant au passage ma veste d'officier d'uniforme quotidien et la lissant légèrement de mes deux mains alors que je me mis donc à marcher vers la sortie de la salle d'embarquement. Mes pensées tournèrent dans mon esprit, je repensai sans cesse à mon propre vaisseau. Une fois passée l'euphorie de la promotion à la tête de la frégate, -la cérémonie avait été tout ce qu'il y avait de plus formel et militaire- la réalité était bien moins enchanteresse et je ne m'attendais pas à me retrouver avec déjà de tels problèmes sur les bras. Les constructeurs de la frégate avaient mal fait leur boulot et cela se répercutait maintenant sur moi et mon équipage, quelqu'un ou plusieurs quelqu'un avaient foiré leur coup pendant la fabrication de l'Okinawa et j'avais du mal à le supporter car cela me rendait inactive. Il était vrai, j'étais contente de revoir ma famille même pour quarante-huit heures mais j'étais censée me trouver dans un autre coin de la galaxie et non dans ma ville natale.

Quelque chose vint me tirer du fil de mes pensées alors que j'arrivais dans le hall d'entrée bondé du spatioport de l'Alliance. Ce fut mon OmniTech qui se mit à clignoter et dans un geste mille fois répété, je l'ouvris en tendant le bras pour y lire avec une petite surprise, un message provenant d'une assez vieille connaissance, un Krogan du nom d'Urdnot Ante. Mon esprit ne mit que quelques millisecondes pour savoir de qui il était question et l'image d'un Krogan en costume légèrement trop petit me revint en mémoire. Riant légèrement pour moi-même au risque de passer pour une timbrée aux yeux de quiconque posait les siens sur moi à cet instant, je me rappelais alors la dernière fois que j'avais rencontré le représentant du clan Urdnot pendant que je sortis à l'air libre. La rencontre s'était déroulée à bord du SSV Saipan, la frégate de ma supérieure, le contre-amiral O'Neill qui y avait installé le centre de commandement de sa flottille et de fait, le lieu de la rencontre avec la délégation krogane. L'un des deux vice-amiraux de la Cinquième s'y était pointé et la réunion portait sur la présence militaire de l'Alliance dans la DMZ krogane, la zone démilitarisée instaurée par le Conseil suite aux incessantes guerres kroganes. C'était donc à l'occasion de cette réunion que je faisais connaissance avec l'ambassadeur des Urdnot, Ante. Pour un Krogan, il était étonnamment ouvert et pacifique. Pour avoir combattu des Krogans durant mes missions, j'en étais stupéfaite de voir que cette race pouvait aussi avoir des êtres bien plus paisibles que la plupart de leurs pairs et Ante faisait partie de ceux-là. Pendant le dîner donné au terme de la réunion afin de sceller l'accord entre Krogans et Humains, au dam de certains officiers haut gradés de l'Alliance, j'avais pu accaparer une majeure partie du temps du diplomate krogan et la discussion qui s'en était ensuivi était fort intéressante.

À l'époque où nous nous étions rencontrés, je n'étais lieutenant-commandant que depuis un an et j'en étais encore à devoir commander aux côtés des commandants à bord mais aussi aux côtés d'O'Neill. Je connaissais étonnamment bien le contre-amiral pour quelqu'un de haut gradé mais j'en étais au final satisfaite car s'il y avait bien un officier avec qui j'étais heureuse de servir, c'était bien l'irlandaise. Quant à Ante, j'appréciais beaucoup le temps passé avec lui et la vision qu'il voulait donner à la galaxie, des Krogans. J'étais heureuse intérieurement de voir que cette race si belliqueuse voire dangereuse avait à sa tête, un chef qui voulait guider son peuple vers une ère bien plus pacifique que par le passé et un diplomate aussi enthousiaste et motivé à l'idée de devoir représenter sa race et de donner une autre image. Cependant, je savais pertinemment qu'en cet être si bienveillant sommeillait un monstre comme dans chaque Krogan et je me gardais bien de devoir contrarier le diplomate bien que je partageais pas entièrement tout ses points de vue sur beaucoup de question. Certainement pour reprendre de telles discussions, le Krogan m'invitait à le retrouver dans un bar assez chic et huppé non loin de Buckingham Palace, au pied d'un building, un hôtel de plusieurs étoiles reconstruit peu après la guerre contre les Moissonneurs. Mon hilarité de tout à l'heure passée, j'écrivis une réponse positive au Krogan en lui indiquant l'heure à laquelle je serais dans ce bar tout en espérant secrètement que le Krogan me payerait bien un verre ou deux par galanterie. Esquissant un fugace sourire à la pensée de cette idée, je me mis à foncer à toute vitesse à l'Okinawa qui bien qu'en maintenance, restait ouvert aux membres d'équipage et je me préparais pour le rencard proposé par le diplomate krogan.


- Londres, Spatioport de l'Alliance, quai C27
- Cabine de l'officier commandant, SSV Okinawa

Sortant toute rafraîchie de ma salle de bains, je m'habillais dans une tenue dans laquelle il ne m'avait encore jamais vu mais que je connaissais très bien. J'enfilais un de mes tailleurs que je portais en civil, de couleur noire mais avec le chemisier blanc, laissant un joli décolleté et seyant bien à mon tatouage de collier en dentelle, la jupe noire moulante avec une échancrure à mi-cuisse avant de compléter par une paire d'escarpins noirs mat sans reflets ou brillance. Je ne fis pas de folies sur le maquillage, un discret passage sur les sourcils et les joues, un léger coup sur les lèvres et je ressortis quelques minutes plus tard de ma cabine, le bruit de mes talons se répercutant doucement contre les parois de l'Okinawa alors que je vérifiai une dernière fois mes manches de veste dont celles du chemisier ressortaient légèrement. En prêtant un peu plus attention si quelqu'un venait voir de plus près, on pouvait voir quelques bouts de mes tatouages de roses noires que j'avais sur tout le bras droit qui dépassaient discrètement. Ne regardant aucunement les regards qui se tournaient vers moi sur mon passage, je me mis alors en route pour le bar cossu où Ante m'avait invité.


- Rues de Londres, non loin de Buckingham Palace

Mes pieds ne mirent que quelques pas pour se réhabituer à l'esthétique et à la démarche avec des escarpins, les légères douleurs à chaque pas occultées par mon esprit qui retrouvait une situation plantaire qu'il connaissait bien. Le temps à Londres était aujourd'hui radieux, les passants semblaient même vouloir profiter de ce beau temps au dehors et je ne pus que les comprendre. Je me surpris même à fermer un instant doucement les yeux en sentant les rayons du soleil chauffer doucement la peau de mon visage avant de repartir pour ma destination, toujours suivie par quelques regards sur mon passage. Le palais du souverain anglais, reconstruit depuis un certain temps après la guerre contre les Moissonneurs se trouvait un peu plus loin, derrière une série de bâtiments, le drapeau britannique flottait au dessus du palais et entre les bâtiments, les grilles de Buckingham pouvaient être aperçues malgré le fait que l'endroit attirait toujours autant de monde. Je prévins Ante via mon OmniTech que j'étais en route avant de traverser une rue remplie d'étudiants du lycée voisin qui se déplacèrent vers le parc voisin afin de profiter du soleil de l'après-midi. Les jeunes adolescents s'écartèrent sur mon passage, certains intimidés, d'autres étonnés, d'autres encore... assez intrigués si je pouvais ainsi le qualifier mais j'ignorais complètement leurs regards et je marchais encore pendant quelques minutes avant d'arriver au rez-de-chaussée d'un building.


- Hôtel Four Seasons

À l'entrée, une portière asari m'ouvrit la porte avec un grand sourire et l'agitation et le bruit de la ville de Londres s'estompèrent presque comme par enchantement alors que je pénétrais dans le hall d'entrée de l'hôtel chic. Les réceptionnistes, une Humaine et une Asari étaient occupées sur leurs terminaux tandis qu'un Humain était en train de pianoter sur son OmniTech tout en s'adressant aux deux employées de l'hôtel. Un groom attendait dans un coin avec des bagages, le temps qu'une femme humaine termine de discuter avec un Turien, ce dernier m'accordant un regard froid pendant quelques secondes avant de regarder son interlocutrice. Une légère musique de jazz cool humain était diffusée via des enceintes invisibles et le sol dallé ainsi que les tapisseries datant d'il y a plusieurs décennies donnait un côté calme, riche mais aussi assez sobre au cadre de l'hôtel. Plus loin il y avait des tables basses et quelques datapads ainsi que des gros fauteuils moelleux de couleur bordeaux, posés sur des tapis un peu plus sombre et contrastant avec la couleur des dalles qui tendaient vers du marbre ocré. Je levais légèrement le regard pour apercevoir une inscription sur un des murs de la même facture que le sol dallé indiquant le bar de l'hôtel. Souriant en coin pour moi-même, je partis donc pour le bar, mes talons résonnant un peu plus fortement que lorsque je marchais dans les rues de Londres ou dans le spatioport.

Parvenue à l'entrée de l'établissement de débit de boissons, je m'annonçais alors qu'un employé de l'hôtel s'occupait de réceptionner les clients qui se pointaient au bar.

Bonjour, madame. Navré de vous arrêter de la sorte mais le bar est strictement privé et réservé aux clients de l'hôtel à moins que vous ne soyez invitée ou cliente. Vous êtes ?

Bonjour, je suis invitée par le Krogan Urdnot Ante, je suis le Lieutenant-Commandant Raikes, de l'Alliance.

... Hmmm... Je... suis désolé madame mais... nous avons bien monsieur Ante parmi nos résidents mais pas de Lieutenant-Commandant Raikes... Je ne vous trouve pas sur la liste.
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Dernière édition par Ada J. Raikes le Dim 27 Aoû 2017, 14:30, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: La diplomatie à son meilleur   Mar 04 Juil 2017, 21:19
On lui avait fait une fleur en logeant Urdnot Ante au Four Seasons, l'un des hôtels les plus anciens et les plus prestigieux de Londres. Si le Diplomate n'était pas habitué à un tel luxe, il n'y était pas réfractaire et la proximité de l’hôtel avec les hauts lieux de la ville, comme Buckingham Palace et le centre-ville, était un plus non négligeable.
Mais la mission qui avait amené Ante sur Terre touchait à sa fin et il n'avait plus qu'une journée avant de repartir. Journée qu'il décida d'employer à prendre des nouvelles de ses contacts humains qui pourrait se trouver à proximité. La première personne qui lui vint à l'esprit fût une soldat de l'Alliance, le lieutenant-commandant Raikes. Une humaine que le Krogan avait rencontré lors d'une visite protocolaire à bord d'un vaisseau militaire. Ada et Ante s'était assez bien entendus, ils avaient échangés leurs idées, leurs opinions et leurs points de vue sur la Galaxie, l'avenir des races mais aussi sur leurs tracas quotidien. Ils avaient partagés et disserté, refait quinze fois le monde et avait eu plus d'accords que de désaccords. Cette discussion avait été une véritable bouffée d'air frais, un entracte bienvenu au milieu d'une réunion un peu guindée. A la fin de la journée, le duo avait convenu de se revoir, mais les emplois du temps chargés des deux avaient pas mal retardés ses retrouvailles. Dans l'espoir de rattraper le temps perdu Ante lui avait envoyé une invitation à le rejoindre au bar du Four Seasons. Après les évènements de ces deux semaines, Ante avait bien besoin de quelque chose de calme, doux et spirituel...


... Hmmm... Je... suis désolé madame mais... nous avons bien monsieur Ante parmi nos résidents mais pas de Lieutenant-Commandant Raikes... Je ne vous trouve pas sur la liste.

Une imposante patte atterrit en douceur sur l'épaule du groom :

-Pas de soucis mister Torrance, cette admirable jeune femme est sur la mienne.

Ante venait tout juste de surgir derrière l'humain, haletant. Le Four Seasons était un hôtel fantastique, mais ses ascenseurs n'étaient pas destinée à une clientèle... imposante. Si bien que Ante devait utiliser les escaliers en permanence ; ne voulant pas être en retard et faire attendre Ada, il avait dû courir et se ruer. Ce qui n'était pas aisé lorsque l'on portait un large kilt vert...



Londres avait toujours été une ville cosmopolite. Déjà avant le Premier Contact, une flopée d'ethnies humaines si était rassemblée et la mixité de la métropole avait atteint des sommets lorsque la Citadelle était apparue dans son ciel.
Après la Guerre, une large communauté Krogan s'était installée, temporairement au départ, pour aider à la reconstruction, puis de manière plus permanente lorsque un nombre important de sauriens avaient trouvé un cadre de vie plus agréable que la toujours austère Tuchanka.

C'était ces expatriés que le Diplomate était venu rencontrer. Pour voir comment ils s'étaient intégrés à la communauté Londonienne.
Dix jours durant, Ante avait écumé les conférences multi-raciales, les réunions entre les représentants Krogans et les autorités locales et les exposés sur la vie quotidienne de son peuple au sein de la cité.
Ante avait un rapport bien propre à présenter à ses supérieurs, remplis de beaux discours fédérateurs, de chiffres tous plus positifs les uns que les autres et de citations enjouées de Krogans bien assimilés. Tout le monde était bienveillant et très heureux que les originaires de Tuchanka aient rejoint la métropole. Le parfait petit séjour qui brossait bien dans le sens des écailles les Clans. Ce rapport aurait surement un impact très positif pour l'image des Krogans, mais Ante avait surtout l'impression que le travail lui avait été mâché et que la vérité n'était pas aussi blanche, surtout connaissant son peuple. S'il rêvait de pouvoir présenter un tel document positif sans scrupule, il savait que la vérité en était malheureusement éloignée. Restait au Diplomate à sortir du sentier battu, enquêter pour savoir ce qu'il en était vraiment...
Ante savait que si l'on voulait réellement prendre la température d'un peuple, il fallait passer outre les formalités et plonger dans le quotidien.
Grimé pour ne pas sortir du lot, Ante c'était mêlé à la population, il avait été voir où et comment les Krogans travaillaient, mangeaient et surtout, ce qu'ils faisaient pour se défouler...
Les ressortissant de Tuchanka s'étaient installés dans un vieux quartier du Nord Ouest de Londres, Kilburn, un endroit où ils cohabitaient avec une population tout aussi fascinante et agitée qu'eux : les Irlandais.

Et alors Ante comprit pourquoi les autorités étaient si promptes à louer son peuple. Les deux groupes, aux mœurs communes, trouvaient dans l'autre un parfait exutoire et se canalisaient, évitant au reste de la populace de subir leurs foudres et leurs caprices. Partageant un gout prononcé pour la querelle et la boisson, les soirées de Kilburn étaient devenus légendaires dans la ville, retentissantes de cris et de rires. Du coup, dans le seul but de peaufiner son rapport et d'offrir une version plus véritable et authentique de la vie des Krogans de Londres, Ante avait dû prendre quelques jours de plus, à titre de complément d'enquête purement professionnel bien entendu.

Si comme il le soupçonnait tout n'était pas aussi rose qu'on avait voulu lui faire croire, la communauté Krogan s'en sortait assez bien : ils étaient reconnus, avaient des amis et des habitudes, n'étaient pas en colères ou particulièrement violents avec les autochtones.
Concours de coup de boule, concerts et tournées des pubs, Ante se mêla aux activités culturelles. Si bien que lui aussi finit par s'intégrer rapidement et se faire une bonne tripotée de camarades. Quand il annonça son départ imminent, il y eu des larmes, des jurons en argots, des échanges de présents, des tables renversées, du vomi, et un Krogan plus verdâtre que de coutume endormit contre le mur de son hôtel luxueux.

Et le voilà le lendemain, un peu plus dans son assiette, le cœur un peu lourd et le souffle un peu court. Pour faire honneur à ceux qui avaient accueillis les siens il avait décidé de se draper de cette longue étoffe de laine verte qui couvrait sa taille et barrait son torse imposant, par dessus une de ses chemises blanches.
Le matin il avait été réveillé par les jappements des corgis virtuels liés à l'IV Elisab II de sa chambre d’hôtel. Ante s'était lavé, habillé et avait envoyé son message à Ada Raikes, espérant qu'elle ne serait pas en mission dans un des quatre coins de la galaxie.
Et le voilà donc maintenant, glissant quelques crédits dans la poche de l'agent d'accueil.

-Ada ! Je suis content de te voir !

N'ayant pas fait que boire lors de son séjour, il avait aussi pris quelques leçon, alors en "GentleKrogan", le lieu s'y prêtait, il proposa son bras droit à la jeune femme afin de l'accompagner vers le bar de bois massif orné de motifs dorés. La pièce richement décorée était baignée dans la chaude lumière de l'après-midi. Il y avait peu de clients dans les gros fauteuils du bar mais lorsqu'Ada et Ante entrèrent, tout les regards se tournèrent vers eux. A cause de l'élégance de la jeune femme ou de l'incongruité de la tenue du diplomate...
L'impeccable serveur derrière son comptoir lui-même ne put retenir son flegme tout britannique et afficha un sourire, charmeur ou moqueur, Ante ne savait pas, et n'en avait pas grand chose à faire d'ailleurs, trop occupé qu'il était à essayer de formuler un compliment pas trop maladroit...

-De ce que je sais des humains, je dois dire que ta tenue te va aussi bien que ton uniforme.


Après avoir indiqué discrètement au serveur que tout ce qui serait commandé devrait aller sur le compte de sa chambre, Ante proposa de se mettre à une des petites tables rondes dans un coin de la pièce, assez loin pour ne pas être dérangé mais assez proche pour être servit rapidement.

-Alors, en parlant d'uniforme, comment vas-tu ? J'ai entendu dire que tu avais ton propre vaisseau maintenant ?


Urdnot Ante, Krogan Diplomate.

Make Tuchanka Great Again !


Couleur de dialogue : #ff6600
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MessageSujet: Re: La diplomatie à son meilleur   Jeu 06 Juil 2017, 02:10

Diplomacy at its finest

- Londres, Hôtel Four Seasons
- Bar de l'hôtel, une des tables rondes réservées




Ce ne fut qu'une demi-surprise que de voir l'impressionnante patte du Krogan qui lui servait de bras, se poser sur l'épaule du réceptionniste du bar. La voix de mon ami diplomate me parvint aussitôt, l'air essoufflée et haletante. Je fis alors un pas de côté pour apercevoir Ante qui arrivait de je ne sais où pour être derrière le groom qui filtrait les entrées du bar, légèrement étonnée. Mais ce qui m'étonna le plus fut l'accoutrement du Krogan et passé mon étonnement, je ne pus retenir un léger rire. Ante portait en effet ce que je crus d'abord être un kilt de couleur verte mais à voir en plus l'étoffe qui lui barrait la poitrine avec en dessous une large chemise blanche, je penchai plutôt pour un tartan. Je ne m'attendis pas vraiment à voir le diplomate du clan Urdnot dans une telle tenue mais je pus stopper mon hilarité en le voyant afin qu'il ne croie pas que je me moquais de lui. Mon rire n'avait rien à voir avec la moquerie, l'apparence d'Ante était juste tellement incongrue, surtout dans ce lieu plutôt huppé où tout le monde portait soit les dernières robes asaris à la mode ou encore d'assez vieux costumes qui dataient de la même époque que le style de mon propre tailleur ou veste. Le Krogan avait décidément le don pour se faire remarquer, je gageai que s'il allait dans un pays d'Asie, il s'habillerait comme un moine Shaolin ou s'il allait en Amérique Centrale, il serait vêtu d'un poncho et d'un sombrero. Mon esprit ne fit pas un énorme effort d'imagination pour affubler mentalement le diplomate krogan d'un large chapeau de type sombrero puis avec une grande pièce de tissu d'une couleur assez criarde comme un poncho et je me remis à rire, toujours aussi discrètement cela dit, le lieu ne se prêtait pas tellement à une grande démonstration de joie, je dus me ressaisir alors qu'Ante me clama sa joie de me revoir. Il en était de même pour moi et je lui souris respectueusement comme je le faisais à chaque fois que je voyais un ami.

Je voyais alors Ante qui me proposa son bras droit, comme lorsqu'un homme humain se proposait d'accompagner une femme dans un endroit plutôt guindé, un peu comme cet hôtel. Je ne m'attendais pas vraiment à un tel traitement de faveur de la part de mon ami krogan mais je pris donc son bras sans trop hésiter. Je supposai alors que durant son séjour ici à Londres, peut-être lui avait-on appris des manières de gentleman. Cela fut néanmoins assez hilarant de voir ce Krogan faire de grands efforts pour agir comme un être humain tout en trouvant cela gratifiant et respectueux. Il était ici dans une ville humaine sur Terre et s'adaptait donc en conséquence malgré le fait qu'il appartienne à une espèce différente, habituellement bien plus belliqueuse et bien moins subtile sur ce qui est à propos de l'étiquette. Urdnot Wrex avait véritablement choisi le Krogan idéal pour en faire son ambassadeur c'était certainement pour ça que mon premier contact avec lui à bord du SSV Saipan s'était aussi bien passé. J'avais besoin d'une bouffée de relâchement après cette réunion sur la frégate de ma supérieure et heureusement que la conversation avec le Krogan m'avait été bénéfique. Alors que l'on marchait dans le bar, je sentis plusieurs regards se poser sur moi et loin de me mettre mal à l'aise, j'arborai mon subtil sourire en coin en sachant que plusieurs paires d'yeux me fixaient avec le diplomate. Peut-être les autres clients de l'hôtel dans le bar imaginaient que j'étais la maîtresse ou la partenaire d'Ante mais honnêtement je m'en balançai. À nous deux, on contrastait déjà beaucoup dans ce tableau un peu trop propret du bar du Four Seasons qui était pourtant ravissant à observer. Le bar était en bois massif avec des motifs imitant le style et les couleurs du logo de l'hôtel, les tables et les chaises étaient dans un style assez ancien de mobilier, datant d'une époque qui devait se trouver un peu avant le début du vingt-et-unième siècle. Je sentis contre mon bras et sous ma main, l'épais muscle de sa patte écailleuse qui se contracta légèrement en arrivant devant le barman. Ce dernier fit un sourire étrange en croisant mon regard mais je ne changeai pas mon expression pour autant et préféra rire légèrement en entendant Ante.

Flatteur... Merci Ante. Je dois dire que ce tartan te sied aussi, il va bien avec ta couleur de peau.

Aucune remarque raciste ou déplacée là dedans, je trouvais simplement que le tartan était bien raccord avec la couleur de ses écailles et l'on s'installa à la petite table ronde que le Krogan avait désigné. Je m'installai de manière élégante alors qu'Ante me tira le siège afin de m'assoir. Décidément, le diplomate avait fait un grand effort pour bien se comporter. Peut-être essayer de m'impressionner ? Je n'en demandai pas autant mais je devais reconnaître que c'était louable. Bien adossée contre le siège et les bras posés sur les accoudoirs, assise confortablement avec les jambes croisées, je regardai le Krogan s'installer. Le siège était un peu trop petit pour... l'arrière-train bien plus imposant qu'un être humain normal du diplomate. Le serveur à qui Ante s'était adressé tout à l'heure le remarqua et entreprit de donner un siège plus large pour le reptilien afin que ce dernier soit bien plus à l'aise pour notre échange. L'homme de l'hôtel annonça nous apporter la carte des boissons, il se mit à parler dans un anglais avec un accent typiquement british londonien. Pour être née et pour avoir vécue dans cette ville, son accent me renvoya aux quartiers du sud de Londres mais je ne saurai dire de quel quartier. Je lui répondis brièvement également en le remerciant. Lorsque je parlais, c'était un peu plus différent. Si le serveur du Four Seasons paraissait n'être jamais sorti de l'Angleterre malgré l'évolution de notre planète depuis plus de deux siècles, j'étais issue d'un brassage inter-ethniques bien plus important et mon accent était bien plus américanisé lorsque je m'exprimais. Mes deux parents étaient tous les deux anglais mais mon père avait sa famille dans le New Jersey tandis que ma mère avait vécue à Shanghaï puis à Chinatown dans Londres, j'imagine que je tenais la majeure partie de mon accent du côté américain de mon père avec un léger soupçon d'asiatique, presque imperceptible par ma mère alors que j'avais passé une bonne partie de ma vie à Londres. Le serveur disparut alors pendant quelques minutes, nous quittant d'un pas rapide mais digne, certainement mû par l'habitude de son métier car l'homme ne paraissait pas très jeune. Je quittai néanmoins très rapidement la vue du serveur qui partait pour regarder mon ami krogan qui rentra dans le vif du sujet. J'accueillis sa question de mon sourire en coin taquin et je fixai pendant quelques secondes le bord de la table avant les yeux d'Ante, pupilles lumineuses qui ne me lâchaient pas de leur attention.

Les nouvelles vont toujours aussi vite à ce que je vois... En effet, je suis maintenant aux commandes de ma propre frégate de l'Alliance. Mais qui dit vaisseau neuf dit aussi ennuis potentiels, pour le moment ma frégate est immobilisée et en maintenance jusqu'à nouvel ordre. Pas de réaffectation pour le moment donc permission disons... forcée.

Mon sourire demeura sur mes lèvres, quoique teinté d'une petite moue mais je ne fis pas d'autres commentaires sur ma situation et le serveur revint avec la carte du bar. Inutile de dire que les prix des consommations m'auraient faite sauter au plafond mais ici, je me maîtrisais. C'était le tarif habituel pour la maison et je gageais que ce devait être une habitude pour Ante. Je pris alors quelques dizaines de secondes en parcourant rapidement la carte des vins, ma main gauche tenant entre mon pouce et l'index la carte donnée par le serveur, les doigts de la main droite passant de façon négligée sur mon tatouage de collier en dentelle autour du cou avant de finalement opter pour un verre de vin rouge, un Pinot noir de Bourgogne produit et mit en bouteille quelques années avant la guerre contre les Moissonneurs. Je ne fis pas attention au prix demandé en crédits, certaine qu'Ante allait m'offrir la consommation. Il était vrai que cela était pour me dépeindre comme étant une profiteuse de la situation du diplomate krogan mais c'était lui qui m'avait invité et dans ce bar, personne ne savait que j'étais officier de l'Alliance, mes ID tags habilement dissimulées. Tout le monde devait être persuadé que j'étais sa maîtresse ou une escort mais cela m'arrangeait, je préférais donner le change. Moins d'autres savaient ma véritable condition, mieux je me portais et notre conversation fut assez couverte par celle des autres. Le serveur opina à ma commande avant de prendre celle du Krogan et repartit à nouveau. Alors qu'Ante le regardait partir, je tirais un peu plus sur la manche droite de ma veste pour dissimuler un peu mieux le tatouage qui s'étendait sur tout mon bras. Relevant alors la tête, je m'installai de nouveau confortablement, la jambe droite posée sur la gauche, mon pied en suspension balançant légèrement mon escarpin.

À part ma nomination à la tête d'un vaisseau, qu'est ce qui doit bien intéresser la galaxie en ce moment ? Il se murmure quelque chose parmi les hautes sphères de la diplomatie galactique ? Et puis à propos de murmures...

Je regardais Ante droit dans ses yeux, un sourire un peu plus sournois sur les lèvres sans aucun mépris ou moquerie, je ne réservais ma moquerie que pour les gens que je détestais. Je savais en revanche faire usage de sarcasme mais Ante me connaissait assez pour savoir que je lui posai la question d'une manière assez originale et non pas pour me foutre de lui. Du coin de l'œil j'aperçus le serveur qui attendait avec impatience que le barman lui fasse sa commande pour nous.

J'ai... entendue une rumeur qui circulait dans les Flottes de l'Alliance et certainement ailleurs.

Je quittai ma position pour me redresser sur mon siège et m'approcher un peu plus de la table pour engager sur un ton un peu plus discret et confident. Je fus d'abord interrompue par l'arrivée du serveur qui vint apporter nos consommations à Ante et à moi, l'homme posa un dessous de verre à vin sur la table avant de poser le verre à pied rempli de vin rouge puis il s'occupa d'Ante. Pas de sourire ou de trace de joie n'accueillit l'arrivée de l'employé et je le remerciai d'un simple signe de tête puis j'attendis que le serveur nous laisse tranquille et aille prendre une autre commande avant de poursuivre, un peu plus sérieuse. Il n'y avait pas de désir de soutirer des informations à un représentant d'une race alliée dans l'espace concilien car contrairement aux apparences, nous étions deux amis qui discutions sérieusement autour d'une verre. Une amitié peut très bien signifier parler et évoquer des sujets importants et graves, voire un peu sensibles.

Il parait qu'on a découvert un nouveau secteur à partir du relais du Nid du Milan et qu'un détachement de l'Alliance y a été déployé dont des biotiques. Tu en sais un peu plus ou c'est encore des conneries ?
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MessageSujet: Re: La diplomatie à son meilleur   Mer 12 Juil 2017, 12:50
Le rire avait de beau qu'il était universel dans la galaxie et lorsque Ante vit Ada lutter pour contenir son hilarité après son apparition, il en fût à son tour amusé. Il n'ignorait pas que lorsqu'il faisait preuve d'originalité vestimentaire, ses initiatives étaient souvent la cible de plaisanterie. Mais au moins cela donnait une image un peu moins bestiale de son peuple, quitte à se tourner en ridicule. L'important pour Ante était de ne pas offenser, voilà pourquoi il ne portait que des cadeaux.
On donnait rarement matière à outrage et Ante tachait toujours de mettre en valeur les cultures qui l'accueillaient.
Le rire d'Ada ne lui posa donc aucun problème, au contraire, Ante savait que même si elle riait de lui, ce serait avec bienveillance. C'est pourquoi lorsqu'il vit l'humaine se retenir de rire, il lui fit un clin d'oeil complice, comme si elle avait son appui pour se laisser aller, alors qu'Ada lui retournait son compliment.

A contrario son humeur s'assombrit le temps d'un battement de coeur, lorsqu'il constata que le fauteuil n'était pas adapté... Trois fois hélas, il ne se passait pas une semaine sans qu'il souffre d'inconfort dans des lieux où les espèces à la carrure plus imposante n'étaient pas souvent croisées. Il espérait qu'un jour il n'aurait plus qu'à se battre pour que tous les sièges de la galaxie soient adaptés à toutes les morphologies... Heureusement le serveur fut prompt à réagir et lui permit de s'installer confortablement dans une causeuse en bois sombre et en velours, assorti au reste du mobilier. Ante avait l'impression d'un peu moins déteindre dans le tableau avec un siège à sa taille.

La question du Diplomate fut reçu par un sourire en coin. Ce n'était pas une manifestation de joie ou de contentement, plutôt de la frustration masquée et contenue, la raison en devint évidente. Oui Ada avait son propre vaisseau, mais il n'était pas opérationnel. Bim, bravo Ante, en plein dans le mile...

-Je suis désolé d'apprendre ça, te voilà clouée au sol avant même de pouvoir vraiment profiter de tes nouvelles ailes... Mais je vais essayer de faire en sorte que tu ne regrettes pas entièrement ces vacances !


Avant qu'il puisse ajouter quelque chose le serveur arriva muni de la carte. Et si le cadre ne le montrait pas assez, les numéros en face du nom des boissons indiquaient bien que l'on était pas dans la dernière taverne des Secteurs... Si le Four Seasons s'appelait ainsi c'est surement parce que personne n'avait les moyens de rester dans l'hôtel plus d'un an...

Avec un nouveau sourire avenant, Ante glissa à sa partenaire pendant qu'elle faisait son choix, sa main glissant sur le tatouage ornant son cou. Un motif qu'il avait cru discerner la première fois qu'ils s'étaient rencontrés sous le col de son uniforme. Maintenant qu'Ada avait libérée son col, il pouvait admirer le fin motif de dentelle. C'était bien plus délicat que les marques guerrières qui décoraient sa carapace, mais ça n'en était pas moins admirable...

-Hum, ne t'inquiètes pas pour les prix, je me ferais surement un peu taper sur la bosse, mais Wrex me doit bien une avance de salaire, ou deux !

Les Krogans découvraient tout juste les notes de frais, et si Ante n'avait pas pour habitude d'abuser, s'en sortant toujours en minimisant les dépenses, il lui faudrait faire preuve de beaucoup de diplomatie pour justifier les comptes de son séjour à Londres... Les Krogans commençaient à aimer autant l'argent que la violence... Ils s'intégraient de plus en plus aux autres espèces !
Alors qu'Ada commandait un verre de vin humain, Ante opta pour une pinte d'Akantha. La douce eau-de-vie asari lui conviendrait parfaitement.

Après avoir fait montre de tout son registre de politesse d'usage envers le serveur, Ante reporta son attention sur Ada.
Elle avait assuré sa position sur son fauteuil, croisant les jambes. Son sourire s'était fait plus complice, un brin comploteur même, allant de pair avec son propos et sa question sur les murmures.
Ante aurait bien aimé répondre à Ada sur le même ton, jouer avec ses taquineries, mais la vérité était bien plate pour le pauvre Krogan, qui n'avait ni projet secret, ni complot, ni grosse négociation en vue.
Ces derniers temps, Ante avait surtout servi de porte parole et de représentant, un peu éloigné des décisionnaires.
Il se contenta alors d'un mince sourire franc.

-Je te rassure, pas de pression, ce n'est pas toute la galaxie qui s’intéresse à toi, juste un ami à écaille, un ami que les hautes sphères de la diplomatie laissent un peu de côté en ce moment...


Sur le même ton de confidence, la jeune femme se pencha vers Ante et mentionna une rumeur, mais elle fût interrompue par le groom qui apportait leur commande et ne put en dire plus. Cette fois-ci la tournure de la conversation semblait plus important qu'au début du rendez-vous, si bien qu'Ante resta concentré sur Ada, l'imitant dans la sobriété de sa réaction pour le serveur.
Un ange passa avant qu'elle ne lâche discrètement sa question sur le nouveau secteur.
Avant de lui répondre, Ante porta son verre à ses épaisses lèvres, l'Akantha ressemblait assez aux whisky tourbés, au gout légèrement fumé, mais avec un soupçon de douceur typiquement asari.

Le Diplomate en savait peu sur Nar'Jamon, on ne lui avait fait parvenir qu'un bref résumé, et les communications avec le secteur n'étaient pas faciles. S'il se demanda brièvement s'il devait partager ses informations, il se rappela très vite qu'il n'y avait aucune raison de ne pas le faire : il n'y avait plus de camp, aucun intérêt à faire de la rétention d'informations, et surtout il était avec une amie... Toutefois il se pencha lui aussi afin d'éviter les oreilles trop indiscrètes.

-Non, cette fois c'est pas des conneries.

Le Krogan laissa un petit couple de seconde en l'air le temps qu'Ada digère l'information, et un peu pour soigner son effet dramatique aussi...

-Nar'Jamon, au-delà de la Travée de l'Attique. Ouais, on a trouvé un nouveau système solaire, assez beau de ce qu'on m'en a dit. Mais surtout on y a trouvé une nouvelle race consciente apparemment. L'Alliance, mais aussi des Turiens et des Krogans y sont partis, établir un premier contact j'imagine...

Les Clans lui avaient d'ailleurs proposés de se joindre au corps diplomatique, et bien que l'idée d'aller découvrir une nouvelle planète l'avait enchanté, ses obligations étaient passées devant et il avait dû décliner. Il espérait toutefois faire partie de la seconde vague, au cas où il faudrait s'entretenir avec les habitants de ce secteur.

Ante savait aussi que des membres de l'Hégémonie y prenaient part, mais il avait eu un aperçu du peu d'affection que sa partenaire leur portait et préférait ne pas évoquer la présence des Butariens pour ne pas la froisser, rajouter une couche à sa frustration et assombrir un peu plus ça journée. Enfin, tant que le nom du système en lui même ne lui mettait pas la puce à l'oreille...

Avec un peu plus d'entrain qu'auparavant il murmura :

-J'espère que nous serons rapidement amenés à nous y rendre, je n'imagine même pas les répercussions que cette découverte va avoir sur le reste de la galaxie, tout ce qu'il va y avoir à découvrir, à bâtir...

Ante s'arrêta, jetant un regard autour de lui. L'information n'était pas confidentielle, mais il valait mieux éviter que n'importe qui l'entende.

-Et surtout c'est une grosse opération inter-espèce, je sais qu'un de nos meilleurs Chefs de Guerre y participe à la tête d'un groupe de Turiens, c'est un très bon signe pour mon peuple


Le Krogan prit un nouveau moment pour chercher dans sa mémoire, tentant de recouper les informations qu'il avait pu voir passer.

-Je crois que pour ce qui est de l'Alliance, et si mes souvenirs sont bons, c'est une certaine McAvoy qui dirige les troupes, ça te dit quelque chose ?


Urdnot Ante, Krogan Diplomate.

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MessageSujet: Re: La diplomatie à son meilleur   Dim 16 Juil 2017, 00:46

Diplomacy at its finest

- Londres, Hôtel Four Seasons
- Bar de l'hôtel, une des tables rondes réservées




Juste après ma question, mon verre de Pinot noir réapparut dans mon champ de vision et je m'en emparai pour l'observer quelques instants alors qu'Ante prenait ce laps de temps pour sa réflexion. La couleur du vin ou sa robe comme appelé dans le milieu viticole était d'un rubis vif et brillant. Au nez, plusieurs arômes s'en échappait me rappelant entre autres les fruits rouges et la cannelle. Je remuais très légèrement le verre avant d'en boire une gorgée. La boisson était fraîche, comme si la bouteille venait d'être ouverte. En bouche, le vin était un peu acide, signe que le contenu de la bouteille datait bien d'il y a déjà plusieurs années mais ce Pinot noir était affirmé tout en étant d'une grande délicatesse. Quelque part, je trouvais que ce vin me ressemblait beaucoup et je souris pour moi-même en sachant que mon choix était le bon. Mais il y avait plus important que de faire de l'œnologie, Ante me confirma une chose : que les rumeurs que j'avais entendu étaient bien fondées. L'apprendre me soulagea quelque peu intérieurement, je n'aimais pas trop que des rumeurs ne se répandent au milieu des soldats, à fortiori ceux qui étaient sous mes ordres. Ainsi donc on avait bien découvert encore une nouvelle zone de la galaxie à partir du Nid du Milan... Apprendre la nouvelle me fit me rassoir contre le dossier de mon siège, retrouvant la posture de tout à l'heure, la jambe droite sur la gauche, le bras droit posé sur l'accoudoir et la main gauche juste au dessus de ma bouche, l'index formant comme une alcôve, mon pouce sur la joue dans une gestuelle de réflexion. Je me demandai à cet instant si Ante ne voulait pas faire un effet dramatique comme une révélation incroyable mais pour le coup, il ne faisait que confirmer ce que je pensais. Le diplomate Krogan compléta sa confirmation de cette rumeur qui n'avait fait qu'enfler au cours de ces dernières semaines et mois.

Une force concilienne sans Asaris donc... Nar'Jamon...

Le style et l'origine du nom de ce nouveau système me firent soudainement bouillir de colère mais intérieurement, j'arrivai à me maitriser en présence de mon ami krogan mais aussi parce que ce n'était pas le lieu le plus approprié pour péter soudainement un câble. Ma main sur l'accoudoir se crispa sur celui-ci et heureusement que j'avais reposé mon verre à vin sur la petite table car je pense que je l'aurais brisé si je le tenais encore. C'est sans aucune peine que je sus donc que des Butariens étaient impliqués dans l'affaire. Si c'était un nouveau système qui avait été découvert et qu'il portait un nom pareil, il avait dû être renommé en un foutu honneur d'un putain de chef butarien. J'ignorai comment ce système avait été découvert mais il était évident qu'un gros bonnet butarien était compris dans cette histoire. Merde mais comment pouvait-on faire confiance à ces connards qui vendraient leur famille et leurs amis s'ils en avaient pour obtenir ne serait-ce que de l'avancement dans leur misérable existence ? Comment pouvait-on leur rendre hommage en nommant un système à partir de l'un d'entre eux ? Des charognards et des putains de terroristes tous autant qu'ils sont... Cela me dépassait. Si on déclenchait un jour une guerre contre les Butariens, j'aurais été la première à la rejoindre et à la mener. Qu'on affronte n'importe quel ennemi de la galaxie que je serais partisane d'épargner leur population civile dont les femmes et les enfants, de bien traiter les prisonniers s'ils se rendent et d'accepter de négocier une reddition mais si on affrontait les Butariens, je n'aurais eue aucune pitié à raser leurs villes entières et à massacrer leur population jusqu'au dernier membre. Cette haine qui était en train de me consumer se résorba et fut éteinte par ma raison qui nuança mon jugement car obscurci par la mort de mon frère. Je me ressaisis alors pour tenter d'oublier les Butariens et mon désir d'extermination de cette race de parasites, les mots d'Ante sonnant comme de doux appels à oublier ma haine. L'imitant, je me penchai à nouveau pour l'écouter continuer de m'expliquer.

Oui tu as raison. Rencontrer une nouvelle race est toujours intéressante, peut-être ont-ils eu la chance de n'avoir jamais rencontré les Moissonneurs si c'est une race ancienne, qui sait ce que nous pourrions découvrir et apprendre de leur part... En espérant que cette race ne soit pas hostile. Suffirait qu'ils nous voient comme des envahisseurs au lieu d'alliés et on serait mal barrés.

Mon ton avait le sérieux de mon rôle d'officier militaire mais je devais encore éteindre intérieurement les derniers brasiers de la bouffée de haine et de désir de mort que j'avais en moi. Je mis quelques secondes de plus pour sentir mon niveau de colère descendre pour de bon en dessous du seuil acceptable avant de continuer d'écouter ce que le diplomate du clan Urdnot avait à m'apprendre. Je repris à cet instant, mon verre de vin pour en boire une nouvelle gorgée, le liquide rubis sirupeux s'écoulant le long de ma gorge pour rejoindre mon estomac et le goût légèrement âpre de la boisson alcoolisée se transforma en une légère traînée de plusieurs arômes, les fruits rouges tels que la framboise, la mûre ou encore la cerise furent les plus révélés et ressentir cette petite explosion de saveurs en bouche me donna légèrement faim. Il nous fallait bien quelque chose pour accompagner nos verres... Je mis dans un coin de ma tête de demander au serveur de revenir nous voir mais pour le moment, le vin m'avait fait retrouvé un état plus calme et bien plus à l'écoute d'Ante. Encore une fois, il avait raison de souligner le caractère multi-racial de l'expédition dans ce nouveau système, cela montrait que le Conseil avait à cœur d'impliquer le maximum d'espèces de l'espace concilien. Je me disais bien maximum car Ante n'avait pas fait mention des Asaris ce qui me surprit un peu. Comment ces aliens que l'on considérait encore comme les meilleures diplomates malgré la méfiance que l'on éprouvait envers elles depuis la fin de la guerre contre les Moissonneurs en avaient été oubliées ainsi ? J'arquais rapidement un sourcil en détournant le regard quelques secondes avant de fixer à nouveau les prunelles brillantes du Krogan. L'un des siens à la tête du détachement turien ? Je n'y crus pas une seconde, on avait certainement envoyé un chef turien pour commander les siens. Certes les Turiens avaient la discipline et le professionnalisme requis pour cette expédition mais je doutai fortement qu'un Krogan puisse les commander. De plus, je me disais aussi que pour une telle opération, on n'envoyait pas des recrues ou des novices, ce devait être des soldats expérimentés qui devaient en être. Puis Ante en vint à parler de l'Alliance.

Attends, tu parles bien du Lieutenant-Commandant Shaun McAvoy ? Pas du contre-amiral Elisabeth McAvoy ? Elle n'est pas dans ma flotte, s'il y avait un contre-amiral McAvoy dans la Cinquième, je le saurais.

Ce fut la partie qui m'intéressa le plus car mon ami diplomate me fit une révélation à laquelle, en revanche, je ne m'attendais pas du tout. Accoudée à la table, les bras parallèles, tapotant d'un air absent dessus sans bruit avec mon index droit, à peine le nom de McAvoy fut prononcé que mon index s'arrêta net sur la table et j'écarquillai les yeux pendant une fraction de seconde, montrant une surprise non feinte. Il parlait bien de la McAvoy que je connaissais, il parlait bien de Shaun McAvoy ? Pendant encore un laps de temps court, mes joues devinrent doucement écarlates. Je demandai alors confirmation à Ante qui approuva et confirma sans trop d'hésitation qu'il était bien question de Shaun. Merde alors... Savoir que ma meilleure amie voire ennemie d'enfance s'était retrouvée à la tête de cette troupe me fit ressentir une sensation incompréhensible et ambivalente. J'éprouvais une espèce de détestation à son égard depuis ma plus tendre enfance, nous n'avons eues de cesse de nous retrouver opposées malgré le fait que nos parents s'entendaient très bien tout les quatre. Je n'avais gardé étrangement aucun souvenir du frère de Shaun mais à contrario, je me souvenais très bien de cette petite fille qui était devenue une femme adulte au même titre que ma personne, elle n'avait qu'un an de plus de que moi. C'était une biotique mais à mon instar, j'ai su qu'elle était devenue officier. Nous avons eues plus d'une fois l'occasion de nous retrouver au cours de différentes réunions interarmes au sein de l'Alliance ou par le hasard du temps et au gré de nos mutations. La revoir était quelque part rassurant, mis à part ma famille, c'était encore la seule témoin de l'époque d'avant les Moissonneurs, représentante d'un passé si lointain mais également si proche. Néanmoins notre rivalité et notre détestation reprenait inlassablement le dessus même si, toujours en oppositions de styles totales, elle affichait une froide indifférence alors que je partais en provocations et moqueries. Oh elle ne restait jamais bien longtemps de marbre et pétait assez souvent un câble, je la connaissais bien depuis le temps, à force de la taquiner. Je répondis alors à la question d'Ante, rougissante, le sourire presque jusqu'aux oreilles et me retenant de rire, tâchant de calquer mon ton sur le sien mais bien hilare à la pensée d'entendre parler de Shaun alors qu'elle était pourtant à la tête d'une expédition pour le compte de l'Alliance dans un système tout juste découvert.

Si je connais Shaun McAvoy ? Et comment que ce nom me parle, on se connaît depuis qu'on est gamines, on a grandit ensemble ou presque. Elle est... ce que je pourrais appeler de plus proche comme d'une amie d'enfance mais pas exactement. On se déteste mais... il y a quelque chose entre elle et moi comme si malgré notre détestation, on ne pouvait se résoudre à éliminer l'autre. Je la déteste mais si j'étais la seule à pouvoir être en mesure de la sauver et personne d'autre, je le ferais sans hésiter.

Je détournai le regard vers la fenêtre qui donnait sur la rue et je repris mon verre, absorbant une autre gorgée de vin tout en fixant la rue et enchaînant, avant de baisser le regard en cours de route sur mon verre de Pinot noir.

Je n'aime pas les méthodes de l'officier ni comment elle traite ses hommes, elle est... distante avec ses soldats comme si elle avait peur de se mêler à eux, froide et dure. Elle personnifie le rôle de l'officier poigne de fer dans un gant de fer si tu veux rien à voir avec moi, du moins, c'est comme ça que je me vois. En revanche, je n'ai rien à dire sur ses compétences de commandement et sur son aptitude au combat, c'est un très bon soldat, biotique qui plus est. Mais ça ne m'empêchera pas de la charrier et de me moquer d'elle.

Sur cette dernière parole, je fis un petit rire pour moi-même mais suffisamment fort pour que seul Ante puisse aussi l'entendre, c'était un rire assez sinistre avec très peu de joie à l'intérieur mais plutôt de la jubilation presque sadique. C'était toujours un plaisir de voir qu'elle essayait de me résister chaque fois que je la charriais mais je savais que ce n'était qu'une question de temps. Plus petites, on passait pas mal de temps à se battre entre fillettes, nos parents nous séparaient parfois mais on ne pouvait pas toujours s'en empêcher. J'aimais notamment lui claquer les fesses, ça avait au moins le mérite de la mettre hors d'elle alors qu'elle ne devait pourtant pas avoir honte de son beau fessier. Je comprenais néanmoins que se faire fesser surtout par quelqu'un que l'on détestait ne devait pas être très agréable mais j'aimais la faire sortir de ses gonds. Seulement dans le cas où nous travaillerions ensemble sur une mission, je mettais ma mesquinerie de côté pour me concentrer sur notre tâche. Sitôt notre mission achevée, je n'hésitais pas à remettre une couche de provocation envers elle. Je brûlais maintenant de retrouver ma souffre-douleur qui me rendait bien les coups mais je me devais de penser à autre chose. Au moins il s'était passé beaucoup de choses entretemps dans la galaxie dont cette opération dans ce nouveau système solaire.

J'espère que ça se passe bien pour eux si l'opération est toujours en cours. Si on doit y faire un saut, je serais toujours ravie d'aller retrouver cette bonne vieille Shaun... Bon et côté Krogan, comment on se porte ? Comment il va Wrex ?
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MessageSujet: Re: La diplomatie à son meilleur   Dim 23 Juil 2017, 13:37
La réaction avait été immédiate, épidermique même. Ante avait voulu éviter à Ada toute inquiétude, mais elle avait rapidement fait le lien entre le nom du système et la race qu'elle abhorrait. Maîtrisée, sa colère n'en était pas moins apparente pour un observateur proche et attentif... Pendant une fraction de seconde la jeune femme sembla s'hérisser comme les pics d'un varren, les muscles tendus à l'extrême. Elle semblait prête à frapper, à exploser de fureur sur place...

Le Krogan n'avait aucune idée d'où lui venait une telle haine pour les Butariens, mais pour que ce soit à ce point viscéral, Ada ne devait pas manquer d'une bonne raison... Et la seule chose qu'il pouvait faire était de continuer à lui parler sur un ton calme, armé d'un sourire bienveillant, pour la dévier de ses idées noires. Chez les Krogans, le réconfort se procurait souvent par un "doux" coup de plaque frontale, mais Ante avait appris, à ses dépends, que ça ne marchait pas ainsi avec les autres espèces. Il se contenta alors de faire glisser l'un de ses gros doigts vers la main de la femme tourmentée, les phalanges blanchies par la pression qu'elles exerçaient sur son accoudoir. Signalant simplement une présence amicale, offrant un contact momentanée qu'il espérait bienfaisant sans être trop intrusif.

Il concevait qu'on n'aimait pas les Butariens, aussi bien qu'il comprenait que son propre peuple n'était pas aimé... Les deux espèces lui semblaient intimement liées, ayant souffert de l'autorité et des dictats du Conseil, mais loin d'être des enfants de cœurs, avaient souvent justifié ou légitimé la haine qu'ils suscitaient, autant pour l'Hégémonie que pour les groupes indépendants. Et pourtant, malgré des dissensions internes, les deux races s'étaient ouvertes aux autres, les natifs de Khar'Shan tendant même au rapprochement avec l'Alliance, leur ennemie de toujours. Il n'y avait pas besoin de beaucoup d'imagination pour faire le parallèle avec les relations Kroganno-Turienne.

Dans les systèmes Terminus il avait fréquenté pas mal de salopards, toutes races confondues, mais même défoncé au Minagen, à deux griffes du suicide, il ne comprenait pas comment on pouvait tomber aussi bas que les esclavagistes Butariens. Aussi proche qu'il se soit senti des Butariens, les asservisseurs le répugnait. Si certains Krogans, comme il l'avait fait, se perdaient et prenaient de mauvais chemins, ils restaient rattrapables. Il n'y avait en revanche aucun pardon possible pour ceux qui se jetaient volontairement dans un tel niveau d'horreurs et de destructions. Ils en devenaient plus proches des Moissonneurs que des espèces conscientes, et ça, c'était intolérable.

Les paroles d'Ante semblèrent trouver leur chemin dans le cœur d'Ada, surement bien aidées par son self-control tout militaire. Elle ne s'attarda pas sur le sujet ou ne l'interrogea pas sur les Butariens, enchaînant plutôt sur les perspectives d'avenir. Ante lui en fut reconnaissant.

La tempête semblant être passée sans faire de dégât à l'humeur du moment ni au bar de l'hôtel, Ante joignit ses pattes devant lui, l'une tenait son verre sans le porter à ses lèvres, l'autre soutenant son menton du poing. Il n'imaginait pas le gâchis qui résulterait d'un premier contact hostile. Les militaires comme les diplomates sur place avaient une terrible responsabilité sur les épaules. Un geste mal interprété, une simple incompréhension, et tout le destin d'une planète entière pouvait basculer.

Ante en eut un frisson en réaction au constat de son interlocutrice et réajusta l'épaisse étoffe qui barrait son torse, resserrant la prise du tissu sur son corps. Un geste inconscient de protection, un reflet des mouvements qu'il faisait lorsqu'il revêtait son armure. Si ça se passait vraiment mal, la Galaxie partirait à nouveau sur le chemin de la guerre et de la conquête...

Heureusement pour lui, la tension diminua quand la discussion prit une tournure plus légère : une Ada surprise apprit à Ante qu'en effet, elle connaissait la responsable des opérations. Mieux que ça, c'était une vieille connaissance... La jeune femme en face du Krogan semblait avoir perdue toute trace de rage, son humeur avait virée du tout au tout et elle arborait un grand sourire derrière lequel se devinait de nombreux souvenirs.

Elle lui expliqua brièvement sa relation avec son homologue, une sorte de rivalité, un mélange d'amour et de haine curieux mais que Ante comprenait parfaitement. Ada eut un nouveau rire, discret celui-ci et teinté d'une once de saine cruauté. Les deux militaires devaient se tourner autour, jouant ensemble un jeu qui n'appartenait qu'a elles, comme souvent le faisait les membres d'une même ponte...

-Je pense que je vois ce que tu veux dire. "Qui châtie bien, aime bien", je crois que c'est comme ça que certains humains disent... Tu lui casserais la gueule mais tu prendrais aussi une balle pour elle c'est ça ? Autant ses méthodes ne collent pas avec ta conception des choses, autant tu ne peux t’empêcher de reconnaitre qu'elle a du talent...

Le verre d'Akantha, jusque là délaissé trouva son chemin jusqu'à la bouche d'Ante. Lui aussi il connaissait des sales types à qui il aurait volontiers appris à ramasser leurs dents avec les bras cassés. Et pourtant il aurait plongé au cœur du Vide pour sauver leurs culs... La liste en était même longue. Ante ne savait pas si c'était une bonne chose...

Il but quelques gorgées avant de reposer son verre et de reprendre :

-J'imagine aussi que votre rivalité a dû pas mal influencer ta carrière. Il n'y a pas mieux pour repousser ses limites. Ce n'est surement pas un hasard qu'elle soit à la tête d'un contingent précurseur et que toi-même tu sois une des meilleures soldats humaines... Votre duo doit littéralement faire des étincelles sur le champ de bataille...


Quand bien même il ne connaissait pas la dénommée Shaun, il arrivait aisément à se peindre l'image des humaines courants côte à côte, se couvrant, sauvant la vie l'une de l'autre mais échangeant des coups de coudes vicieux en même temps... Il eut un sourire en écho à celui d'Ada.

Cette dernière porta ensuite la discussion sur le peuple de Tuchanka, demandant à leur représentant ce qu'il en était. Question épineuse, tout comme la situation globale des Krogans. En général, quand on lui demandait comment ça se passait, il était dans l'obligation de dresser un portrait avantageux, diplomatie oblige. Mais s'il lui fallait être honnête avec son amie le constat n'était pas aussi positif qu'il l'aurait voulu.

Avec un froncement de ses arcades supérieures et un léger avancement de la tête, il mit la jeune femme dans la confidence :

-J'aimerais te dire que tout va bien, et c'est en partie vrai, nous avons fait de gros progrès, et si beaucoup reste à édif...


Son choix de mot lui arracha un raclement de gorge, ravalant le "édifier" qui rappelait trop les Galariens, il changea de phrasé.

-... bâtir. Si les autres espèces nous tolèrent de mieux en mieux, c'est toujours chez soi que l'on trouve ses pires ennemis... Wrex passe tellement de temps sur son trône qu'il va finir par attraper des escarres à la carapace. Ça le rend fou mais depuis le coup d'état, il pense que s'il relâche sa vigilance, le premier Krogan venu lui volera sa place et nous ramènera à l'hiver nucléaire. Bon il est toujours à des siècles de virer paranoïaque et de foutre en l'air notre rêve et puis il est assez bien entouré...

Ante lâcha un clin d’œil complice, laissant croire un instant à Ada qu'il s'autorisait une vantardise et parlait de lui. Il laissa un dévoreur passer avant de partir dans un rire tonitruant :

-Bakara lui fait bien trop peur ! Lorsque les deux sont présents dans la même pièce, tout le monde préférerait être ailleurs.

Ante fit un effort pour refréner le frisson d'effroi qui lui lacéra la colonne vertébrale à l'évocation de tels souvenirs... Plus d'un Chef de Guerre tremblait quand le "Roi et la Reine" des Krogans n'étaient pas d'accord...

Le Diplomate eut tout de même un sourire, il connaissait assez bien les deux pour savoir qu'il n'y avait pas que des conflits dans leur relation. Il finit par une note positive, avec un haussement d'épaule :

-Héhé. Ils sont adorables.


Urdnot Ante, Krogan Diplomate.

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MessageSujet: Re: La diplomatie à son meilleur   Mer 26 Juil 2017, 00:54

Diplomacy at its finest

- Londres, Hôtel Four Seasons
- Bar de l'hôtel, une des tables rondes réservées





Ma dernière question devait avoir touché un point légèrement sensible, j'en voulais pour preuve le fait qu'Ante se soit ressaisit et qu'il eut corrigé au dernier moment un des mots de sa phrase en remplaçant édifier par bâtir mais même ce mot là, je ne le trouvai pas si approprié que cela. Les Krogans n'étaient pas connus pour leurs talents de bâtisseurs ou de constructeurs, c'était même plutôt l'inverse mais sous l'égide, voire le règne d'un Krogan comme Wrex dont on disait beaucoup de bien, cela ne pouvait aller que mieux. Ante souligna le coup d'état dont avait été victime le chef krogan il y a peu et cela indiquait aussi autre chose : que le gouvernant du peuple krogan commençait à être contesté. Cela n'était pas une bonne chose car l'espace concilien et le Conseil en lui-même faisaient plus confiance à Wrex pour mener les siens désormais débarrassés du génophage plutôt que n'importe quel autre chef de clan. La méfiance d'Urdnot Wrex s'en trouva justifiée quelque part et personne ne voulait d'un autre chef krogan qui répèterait les mêmes erreurs que ses prédécesseurs. Contrairement aux Butariens, j'appréciais les Krogans et bien que je ne le connaissais pas aussi bien qu'Ante, je faisais intérieurement confiance à Wrex. Il avait servi aux côtés du commandant Shepard et pour que le plus grand héros de notre espèce lui fasse à ce point confiance, en arrivant à éliminer cette arme biologique galarienne qu'était le génophage mais aussi de l'encourager à prendre la tête de son peuple et d'aider l'humanité à reprendre sa planète mère la Terre, Wrex méritait notre confiance. Et comme Ante le souligna encore, il était bien entouré. Pendant un court instant, je me demandai si mon ami diplomate n'était pas en train de parler de lui même en gonflant légèrement son ego mais ce dernier se fendit d'un rire plutôt sonore et il évoqua celle qui était l'épouse de Wrex, la femelle krogane qui à elle seule, avait porté l'espoir de toute une espèce et le porte toujours d'ailleurs. Je me mis alors à rire légèrement en compagnie d'Ante.

Je veux bien te croire... Je n'ai jamais eue la chance de rencontrer une femme krogane, je n'ai rencontré que rarement des Krogans à vrai dire, la plupart n'étaient que des mercenaires qui voulaient ma peau parce qu'ils étaient payés pour se battre ou que je portais l'armure et l'emblème d'une entité qui ne leur revenait pas, j'ai donc eu encore moins la chance de rencontrer Wrex en personne. Même ma supérieure le contre-amiral O'Neill n'a pas eu cet honneur. Je me souviens que tu disais que tu étais un de ses proches les plus étroits en t'en vantant un peu. C'est normal quelque part, il t'envoie faire la promo de ton peuple. Mais je suis contente du choix qu'il a fait. Tu es bien le seul Krogan que je connaisse qui m'invite à partager un verre dans un hôtel huppé de Londres.

Je repris une gorgée de mon Pinot noir, les arômes et les odeurs du breuvage alcoolisé encore plus fortes que la précédente gorgée. Cela faisait déjà un petit moment que j'avais été servie et bien que le vin était encore frais, j'avais l'impression qu'il était en train de "s'ouvrir" peu à peu voire "d'éclore" comme une fleur au printemps après avoir passé tout un hiver à rester renfermée sur elle-même pour se protéger de la saison froide. Ce vin était vraiment bon et je prenais mon temps pour savourer ce vestige d'une époque datant d'avant la guerre contre les Moissonneurs. Je laissai délibérément planer un instant de silence entre le Krogan et moi, les seuls bruits nous parvenant étant les conversations des autres clients, ni trop bruyantes, ni trop discrètes. C'était ici que l'on pouvait voir si l'on était à l'aise avec son interlocuteur autour d'un verre, ce genre de moment où personne ne dit rien au lieu de raconter des banalités et de pouvoir profiter un instant du silence. La légère petite musique de jazz cool que j'avais entendue en rentrant dans l'hôtel remplissait son rôle de musique ou de bruit de fond tranquille et relaxant au sein de ce bar qui pouvait aussi apparemment faire restaurant. En parlant de cela, je fixai depuis tout à l'heure Ante qui me paraissait un peu trop concentré sur son verre d'Akantha et je tournai légèrement la tête pour appeler du regard le serveur guindé de tout à l'heure. Mû par des années d'expérience au service de gens autrement plus puissants que lui, l'employé du Four Seasons était à mon côté en un clin d'œil alors que j'avais retrouvé une position confortable, le dos contre le dossier du siège et les bras sur les accoudoirs. En réalité, le Pinot noir m'avait un peu ouvert l'appétit et bien que nous n'avions pas l'intention de faire un repas ici, je n'étais pas contre un véritable apéritif voire de grignoter quelque chose. Mais il n'était ici pas question de cacahuètes ou d'olives ou encore de biscuits.

Dites-moi... Alfred... fis-je en fixant le prénom porté en badge sur le costume impeccable du serveur ... j'ai une petite faim et votre Pinot noir m'a un peu ouvert l'appétit. Vous me conseillez quoi avec ce Pinot ? ... Ahh... Ma foi c'est une bonne idée je trouve. Vous pouvez me resservir ? Et vous m'apportez ces petites bouchées que vous me recommandez. Merci à vous.

Je fis mon petit sourire en coin taquin au serveur et pendant que ce dernier prenait la commande d'Ante si tant est qu'il commandait quelque chose, je pris une grande gorgée de mon Pinot pour n'en laisser qu'un petit fond en attendant d'être resservie. La boisson me fit une très légère grimace alors qu'Alfred repartit au bar et je laissais mon verre là où il était. De l'extérieur, je devais vraiment donner l'impression que j'étais entretenue par ce diplomate krogan car en regardant le serveur partir, je vis que quelques regards s'étaient portés sur moi, certains incompréhensifs, d'autres dubitatifs. Comme réaction, ma jambe gauche passa doucement sur la droite pour inverser le croisement et je haussai très légèrement les épaules, avant donc de reprendre la conversation avec mon ami krogan d'un air mi-hilare, mi-sérieux. Les réactions presque étonnées voire peut-être outrées de la part des autres convives du bar m'amusèrent tout en m'irritant légèrement. Je laissai encore passer un instant de silence alors que je raffermis ma position sur le siège, donnant presque l'impression d'une reine sur son trône. Je tournai légèrement ma tête pour regarder Ante de biais avant de relever mon avant-bras et de poser mon menton dans le creux de ma paume, nul mépris ou condescendance dans mon regard, simplement l'intention silencieuse de poursuivre la conversation d'un air un peu plus décontracté avec le diplomate du clan Urdnot.

Pour rebondir sur ce que tu disais sur Shaun, on peut tout à faire dire que cette expression nous colle bien elle et moi. Je lui casserai volontiers son joli minois mais... disons que je prendrais une balle pour elle si y a pas d'autres solutions. Sinon, je l'enverrai contre le décor. Au moins ça la sauvera et en plus je pourrais me payer sa tête. Après si ça a influencé ma carrière... Oui et non je dirais. Oui parce qu'on se chamaillait souvent gamines pour savoir qui sera la meilleure soldat de l'Alliance quand on grandira et que ça m'est resté en mémoire. Ben d'ailleurs quand on s'est retrouvées, nous étions déjà officiers et elle était dans sa division biotique tandis que moi j'avais déjà faite mon entrée dans le N7. Mais aussi non parce que je ne me suis pas engagée dans l'Alliance pour rester Second Maître toute ma vie. C'était d'abord pour suivre les traces de mon père mais aussi parce que je ne m'imaginais pas faire autre chose. Genre si j'avais fait comme ma sœur Daichi d'être recrutée chez Hahne-Kedar et me retrouver dans un bureau toute la putain de journée, je serais devenue dingue au bout d'un moment.

Je m'interrompis alors qu'Alfred, le serveur du bar du Four Seasons vint m'apporter des petites bouchées salées que j'avais commandé et j'accueillis son arrivée par un air plutôt ravi. Il posa les bouchées devant moi et resservit mon verre. Je ne regardai pas ce qu'il faisait ensuite, concentrée sur mon assiette avant de voir les mocassins impeccablement cirés d'Alfred quitter la table. Je pris alors une des bouchées pour la manger et je portai de nouveau mon intention sur Ante.

Donc pour reprendre où j'en étais, j'ai préféré l'Alliance plutôt que de devenir cadre dans une boîte comme ma mère ou ma sœur benjamine. J'ai préféré l'action sur le terrain que de pianoter sur un bureau.

La bouchée était véritablement excellente et la gorgée suivante de Pinot noir ne faisait qu'accentuer les intenses saveurs que j'avais en bouche, n'occultant en rien celles-ci. L'accompagnement de mon vin était admirablement choisi de la part du serveur du bar du Four Seasons. Je m'accoudai de nouveau à la table, mon menton reposant sur mes mains jointes, regardant directement le regard brillant d'Ante.

Comme je t'ai dis, j'ai commencé par l'école de sous-officier, ce que je ne t'ai en revanche pas dit, c'est que mon véritable baptême du feu a été l'invasion des Moissonneurs sur Terre. Les deux ans entre mon engagement et la guerre n'ont été que du menu fretin, il ne se passait rien. Et puis les Moissonneurs ont décidés de se pointer. J'avais 20 ans bordel de merde, je m'en souviens comme si c'était hier... J'étais à Vancouver quand c'est arrivé, on devait réarmer notre croiseur et une de ces saloperies s'amène pour écraser de toute sa masse un building de bureaux au spatioport. Le ciel s'était assombrit et il y avait d'énormes boules de feu qui traversaient les nuages, j'avais jamais vu ça... On a été attaqué par des zombies, on a perdu des gars alors qu'on se repliait au croiseur. On a tâché de donner un coup de main à la résistance dans Vancouver mais on a reçu l'ordre de rejoindre l'Amiral Hackett. Pendant qu'on traversait Vancouver, on a vu le Normandy passer à toute vitesse entre des tirs de gars à nous et un Moissonneur.

Je m'interrompis, la gorge se serrant un peu et je pris une grande gorgée de Pinot noir, vidant de moitié mon verre avant de poursuivre un truc que je n'avais pas sorti depuis longtemps, prouvant le niveau de confiance que j'avais en Ante.

Je n'oublierai jamais ce que j'ai vu ce jour-là de toute ma chienne de vie... Pendant qu'on s'arrachait de la Terre, on entendait le timonier du croiseur qui pleurait. Je me suis pointé au cockpit en compagnie de plusieurs soldats et merde alors... On a vu le truc le plus glaçant de toute notre vie. Les boules de feu qu'on voyait dans le ciel, ce n'était pas des chutes d'astéroïdes. C'était pire et on a compris pourquoi notre pilote pleurait de toutes les larmes de son corps. On avait sous nos yeux toute la Quatrième Flotte de l'Alliance en pièces, c'était notre dernier rempart pour arrêter les Moissonneurs et ces fumiers ont taillés dedans comme dans du beurre. Il y avait un de ces cuirassés, le vaisseau-amiral certainement, un machin de classe Kilimandjaro dernier cri avec au moins soixante dix-huit canons de chaque côté, complètement éventré et coupé en deux qui dérivait... Les boules de feu étaient en fait les débris de nos propres vaisseaux qui retombaient sur Terre.

Je détournai à nouveau le regard, prenant conscience que je venais peut être de plomber l'ambiance de notre rencard mais je ne racontai cela pas par pur désintérêt. J'étais en présence d'un ami proche en qui j'avais confiance et à part Haver et Rebecca ma médecin de bord ainsi que bien évidemment ma famille, personne d'autre ne savait donc ce que j'avais vécu ce jour là. Haver n'avait pas eu le même parcours, elle n'était encore qu'une civile à New-York et se préparait aussi à entrer dans l'Alliance tandis que Rebecca se trouvait à Osaka dans un collège. Je venais de faire entrer Ante dans mon cercle de mes plus proches et j'espérais qu'il le comprenne.

Donc bon affronter le pire ennemi de la Voie Lactée comme premier fait d'armes ça forme la jeunesse.

Espérant détendre un peu plus l'atmosphère, je me fendis d'un sourire désolé et se voulant drôle à la fois.

Je ne sais pas comment ça s'est passé sur Tuchanka, j'avais cru comprendre que Shepard s'était pointé et que le génophage avait été guéri dans la foulée ?
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MessageSujet: Re: La diplomatie à son meilleur   Lun 31 Juil 2017, 12:57
Ada se joignit au rire d'Ante, sa plaisanterie semblait avoir fait mouche, évacuant le sombre constat qu'il avait pu dresser. L'attention des autres clients se focalisa un peu plus sur eux. Rompre le silence et le calme qui régnait dans le bar ne semblait pas vraiment bienvenue. Ante n'en avait pas grand chose à faire, mais il se rendit compte d'un élément qu'il avait jusqu'à maintenant occulté : de nombreux regards étaient dirigés vers eux, en particulier sur Ada. Le Krogan n'était pas un expert en physionomie humaine, mais il pouvait aisément lire sur les visages des vieillards constipés et du reste de la clientèle pompeuse... Ante recevait la curiosité et la peur, comme à son habitude, Ada elle était la cible à la fois d'attirance, de jalousie et de dégout. Elle était détaillée... et jugée. Ante était devenu familier avec l'habitude qu'avait certains de ses "homologues" à s'adjoindre la compagnie et les services d'une "belle plante"... Était-ce ainsi que le duo était perçu ? Etait-il si dur d'imaginer qu'une Humaine et un Krogan puissent simplement se retrouver entre amis ? Et surtout, manquaient-ils d'assez d'instinct de survie pour ne pas voir les muscles de la militaire ? Ada était loin de manquer de charme ou de grâce, mais elle était tout de même bien trop musclée pour coller aux stéréotypes dans lesquels les indiscrets essayaient de la faire rentrer...

Et quelle hypocrisie ! Si l'assistance semblait répudier une telle pratique, il n'était pas compliqué de lire le désir sur les visages... Ante savait qu'il n'était pas des plus vif pour se rendre compte de ce genre de choses, mais une fois fait, il était le premier à se scandaliser à voix hautes, faisant étals de toute sa puissance et de son "imposance" pour effrayer les persiffleurs. Mais Ada elle, devait l'avoir remarqué depuis un bon moment, elle devait même être familière avec ce genre de situation, et elle n'avait pourtant pas réagi... Si la jeune femme avait choisi de ne pas se défendre, Ante devait suivre sa volonté, mais l'envie de glisser un petit pique à la ronde le titillait beaucoup.

Lorsqu'il reprit la conversation avec Ada, son ton se faisait aussi doux que d'habitude...

-Il n'est pas étonnant que tu n'ai jamais croisé de femelle Krogan, même après la guerre, il est rare qu'elles quittent Tuchanka, soit parce qu'elles participent activement à la reconstruction de la civilisation et la repopulation, soit, pour les moins chanceuses parce qu'elles sont toujours retenues contre leur grès par des clans passéistes. Nos femelles ont longtemps été considérées comme de simples objets de valeur, à protéger à tout prix. Les mentalités ont encore du chemin à faire avant que l'on ne voit les premières Krogannes s'aventurer hors de notre système... Les mâles ne voient pas leurs départs d'un bon œil, c'est un terrible risque... Pensent-ils... Et même elles s'imaginent rarement avoir la capacité de partir, c'est comme encré dans leurs mœurs... Ce que tu me dis sur le choix de Wrex me va droit aux cœurs. Je ne peux m’empêcher d'être content que nous ne soyons pas nombreux à t'inviter, mes congénères ne savent pas ce qu'ils ratent... Pour ce qui est des mercenaires, je ne peux que m'excuser de la mauvaise presse... Mais si tu te sens trop dépaysé avec moi...


Ante inclina légèrement la tête sur le côté, gardant Ada proche dans son champ de vision, mais s'orientant de manière à faire face à une des tables derrières elle, il capta le regard torve de ceux qui y étaient assis, et avec un de ses plus grands sourires, un de ceux juste à la frontière entre l'amabilité et la menace, il prononça un peu plus fort afin d'être entendu :

-... Je peux toujours te tirer dessus dans ce bar !

Ça avait parfois du bon d'être considéré comme une brute épaisse pleine de violence. Toute couleur quitta les visages de ses cibles et certaines d'entre elles quittèrent même l'endroit avec un certain empressement. Voilà qui devait un peu rappeler aux autres de se mêler de leurs affaires, calmer les messes basses, sans tourner la scène en jeu de massacre...

A l'entrée de l'établissement, l'employé chargé de l'accueil se tourna vers le Diplomate avec un regard désapprobateur, quoiqu'un brin amusé. Ante ne répondit que par un bref clin d’œil.

A la suite de ce petit esclandre, s'installa un silence, loin d'être pesant il permit plutôt au binôme
d'apprécier le lieu, la présence de l'autre sans avoir à prononcer de mot, juste être là et en profiter le plus simplement possible, bercés par la musique qui s'échappait du hall.

Après un instant presque contemplatif Ada tourna la tête et fit venir le serveur d'un regard. Professionnel, il se retrouva à côté de la table très rapidement pour prendre de nouvelles commandes. Cela n'était pas venu à l'esprit d'Ante que la jeune femme puisse avoir faim, lui-même sentait qu'un de ses estomacs ne tarderait pas à se manifester, mais il était encore trop tôt dans l'après-midi pour rejoindre un des nombreux restaurants de la ville. En guise d'amuse-bouche donc, elle opta pour ces étranges petits rouleaux de pâte croustillante, généralement fourrés, que l'employé de l'hôtel lui conseillait. Le Krogan était déjà tombé dessus un soir, et si la bataille avait été rude, les petites douceurs n'avaient pas fait long feu. Il approuva le choix de son interlocutrice d'un sourire et comme il avait appris que ça ne se faisait pas de laisser une dame diner seule à sa table, il commanda lui aussi de quoi manger. Simplement pour l'accompagner donc, il fit rajouter à la liste du serveur un imposant plateau de pâtisserie, d'habitude fournies avec du thé. Ce n'était absolument pas de la gourmandise, juste de la politesse...

En parlant de thé, Ante termina sa liqueur asari d'une traite et demanda à ce que les gâteaux soient accompagnés comme il se fallait. Quitte à se prêter au jeu du Krogan raffiné et s'immerger complètement dans la culture du pays autant le faire jusqu'au bout. Il demanda toutefois à ce qu'on lui apporte ce qui se faisait de plus fort, de plus gouteux, sachant que son palais était loin d'être assez délicat pour apprécier une des rares boissons à pouvoir se targuer d'être plus ancienne que la plus vieille des Asaris.

La position d'Ada changea, son verre presque terminé, la promesse de pouvoir bientôt se nourrir et l'agréable conversation lui firent prendre une posture à la fois plus noble et désinvolte. Ses longues jambes croisées et le port de tête haut, soutenue par son avant-bras. Se faisant, la manche de son chemisier glissa légèrement, dévoilant un aperçu des roses noires que la soldate portait sur le bras. Tout en écoutant Ada lui expliquer ce qu'il en était vraiment vis à vis de Shaun McAvoy et sur sa carrière, Ante admira les motifs sombres. Il avait déjà vu ce genre de plante, sur Terre comme sur la Citadelle. Le Krogan n'y connaissais pas grand chose en botanique, mais il avait pu comprendre que les Humains attachaient à cette fleur une haute symbolique, majoritairement romantique, mais la couleur qu'arboraient celles d'Ada semblait porteuse de bien plus de morgue. En même temps elle restait une militaire hautement qualifiée, elle était en effet bien loin de la simple employée de bureau...

Ante acquiesça aux paroles d'Ada, il comprenait parfaitement qu'elle n'ait pas aspiré à ce genre de carrière, la vie sédentaire ressemblait beaucoup à un gâchis, surtout lorsqu'il y avait tant de choses à faire dans la galaxie... Le serveur rejoignit leur table avec ce qu'ils avaient demandé juste après. Ce dernier posa les bouchées devant Ada, resservit son verre, présenta une théière fumante et une tasse, qui ressemblait davantage à un bol, à Ante et lui apporta un massif plateau à étage garni d'une multitude de gâteaux. L'ensemble aurait pu filer du diabète à un Dévoreur.

Près à gravir la montagne de douceur, Ante tendit une patte avide vers le pic, avant de s'arrêter l'air presque coupable. Juste avant qu'Ada reprenne son histoire, il lui proposa de se servir si l'envie lui venait ; et se fit promettre d'en laisser quelques-uns, au cas-ou.

Son attitude juvénile fut vite prise de court par le récit que lui fit la jeune femme, Ada lui parla de la guerre, de ce qu'elle avait pu traverser. Ante n'avala qu'une poignée de pâtisserie lorsqu'elle s'arrêta pour reprendre son souffle. L'histoire avait fasciné le Krogan. Il avait lu quelques récits de la première vague de combat sur Terre, mais le traumatisme était encore trop vivant pour bien des soldats et le Diplomate n'avait jamais eu la possibilité d'en parler aussi frontalement avec quelqu'un. Il restait la propagande, ou les épopées des grands héros, mais la plupart de ceux qui avaient vécus ça ne le partageaient pas... Beaucoup d'espèces gardaient une chape de plomb sur ce qui était arrivé à leurs planètes lors de l'apparition des Moissonneurs. Des milliards d'histoires, similaires et différentes, comme autant de blessures, qui malgré le temps, n'étaient pas encore guéries.

À nouveau un silence se fit autour de la table, Ante le laissa un moment, laissant la gravité de la situation se reposer. Il comprenait qu'avec ce partage de souvenir à cœur ouvert, Ada le faisait rentrer dans un cercle qui dépassait celui de la simple amitié. Ante fut profondément touché par cette marque de confiance, ne sachant comment il devait montrer sa reconnaissance devant un tel égard.

Ada avait le regard tourné vers l'extérieur, l'air triste, mais aussi un peu soulagée, soulagée d'être parvenue à sortir ce poids qui devait lui peser. Après un moment lourd de sens, la militaire se retourna vers Ante, un sourire attristé sur son visage fin. Elle parvint à formuler une blague, un euphémisme, qui fit rire Ante et détendit un peu l'atmosphère, avant de lui demander ce qu'il en avait été de sa terre natale. L'ambiance de confidence était toujours là, mais celle de gravité avait un peu été évacuée.

Avant de lui répondre directement, Ante pris son temps, à son tour. Il devait choisir les bons mots, se montrer à la hauteur de l'estime qu'elle lui avait témoignée...

Pour montrer à l'Humaine qu'il avait bien compris qu'elle venait de se livrer à lui, Ante glissa sur le même ton de plaisanterie :

-Il n'y a rien de mieux qu'un Krogan pour porter un lourd fardeau !

Et puis il reprit un peu plus sérieux :

-Lorsque les Moissonneurs sont arrivés sur Tuchanka, je travaillais déjà pour le clan Urdnot. On a eu de la chance, notre race était trop éparpillée, trop disséminée pour accuser toute l'ampleur de la chose. Aralakh nous offrait un ennemi commun, tout droit tombé du ciel. Un ennemi contre lequel nous nous sommes réunis... On a mis du temps avant de savoir, avant de voir même, ce que ça avait été pour les autres, et même là on a eu de la chance d'être relativement épargné et de pouvoir se battre, grâce à Wrex, à Shepard, aux Turiens... Et au professeur Solus... Ils nous ont aidés, nous ont donné de l'espoir et une raison d'affronter l'envahisseur et de lutter pour notre propre destin. Wrex avait lancé cette dynamique de renouveau chez les Krogans, mais les Moissonneurs nous ont obligés à travailler ensemble, clans avec clans d'abord, puis avec les autres espèces ensuite. Ils nous ont obligés à laisser de côtés nos intérêts pour être à la hauteur. Ça nous a insufflé une dose de gloire, une envie de se démarquer autrement que par la sauvagerie...

Ante s'arrêta un instant pour se servir du thé. L'eau qui jaillit dans sa tasse était sombre et dégageait une forte odeur d'agrume et de menthe. D'un souffle Ante chassa la fumée et but une gorgée. Le serveur avait bien fait son travail et les arômes parvinrent à percer le blindage de son gout, ne permettant pas à son rude organisme de transformer cette boisson traditionnelle en quelque chose de fade. C'était assez agréable, peut-être même qu'il y avait un moyen de l'adapter à Tuchanka, ça changerait du ryncol... Le Krogan enchaîna quelques nouvelles gorgées avant de reprendre :

-Je ne crois pas, et égoïstement peut-être, j'espère que je ne pourrais jamais concevoir ce que ça a dû être de traverser tout ça. De devoir laisser derrière soi ceux que tu avais jurés de protéger, de quitter tout ce que tu avais pour ce qui était à l'époque un infime espoir de les revoir. D'être obligé de fuir et de lâcher prise sans savoir si un retour serait possible... Même si ça n'a pas été joli à voir pour nous non plus, notre situation était déjà pas terrible, on avait pas grand chose à perdre. Mais je vous admire vraiment vous les Humains, j'admire Shepard, je t'admire toi Ada, pour être sorti de cet enfer si soudain...


Urdnot Ante, Krogan Diplomate.

Make Tuchanka Great Again !


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MessageSujet: Re: La diplomatie à son meilleur   Mer 02 Aoû 2017, 01:25

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Je me mis à rire à ce qu'Ante venait de dire alors que les regards autour de nous s'étaient faits bien plus insistants, surtout envers ma propre personne. J'avais appris depuis longtemps à ne plus me sentir plus gênée par les regards qu'on pouvait me lancer, tantôt lubriques, tantôt intéressés, tantôt dégoûtés. Je ne pouvais rien y faire de toute manière, je ne pouvais pas empêcher n'importe quel homme qu'il soit plus vieux ou même plus jeune que moi de fantasmer en me regardant et c'est avec philosophie que je me disais que tant que ça restait de l'ordre du fantasme et qu'il ne se passait rien d'autre, je faisais aisément l'impasse dessus sans y penser. Ici, dans le bar du Four Seasons, j'avais capté cette attention envers moi et je croisai quelques regards avec ce sourire en coin taquin que j'avais affiné et maîtrisé à la quasi perfection avec le temps et les années, mais aussi légèrement mauvais et menaçant. Si quelqu'un se montait de toute façon beaucoup trop entreprenant, il allait très vite s'apercevoir que je ne paraissais pas aussi fine que mon tailleur ne le suggérait. D'ailleurs en venant plus près on pouvait voir que j'avais de la carrure et du muscle en dessous, cela refroidissait généralement n'importe quel prétendant ou même prétendante. Je me demandai ce qu'Ante pensait de toute ça, tel que je le connaissais et savais de lui, cela l'aurait certainement scandalisé et il serait rapidement monté au créneau pour me défendre contre toute cette envie, attirance et dégoût particulier que j'engendrai autour de moi. Je lui en aurai été de toute façon reconnaissante de se dresser ainsi mais cela aurait été inutile. Notre rire à moi et à mon ami krogan fit fuir un vieux couple alors qu'Ante s'était mis dans une position assez particulière... Peut être pour voir ceux qui partaient ? Je ne fis que légèrement tourner la tête pour les regarder de biais dans mon dos et de sourire, satisfaite de voir ce genre de gens s'en aller ainsi, effrayés par un Krogan même drapé dans un tartan vert écossais.

La commande d'Ante était arrivée en même temps que la mienne et bien que je n'avais commandé qu'une assiette de bouchées, sorte de petits amuse-gueules salés, lui avait carrément demandé un plateau massif de pâtisseries. Assez impressionnée par le volume de petites choses présentes, je fis une moue très discrète en me rappelant que malgré sa condition de diplomate et ses manières, Ante n'en demeurait pas moins un Krogan et avait par conséquent plusieurs estomacs à certainement satisfaire. Légèrement dubitative sur l'intérêt d'une telle montagne de nourriture, je chassai bien vite cette pensée de mon esprit pour entamer donc mon assiette de bouchées et enchaîner sur ma confession. Visiblement ça avait fait mouche car le Krogan ne réagit pas immédiatement, même après ma question. Il tâcha de plaisanter également peu après moi mais je ne rebondis pas sur ce qu'il disait, j'étais même plutôt curieuse de ce qu'il allait m'apprendre sur ce qu'il s'était passé sur Tuchanka pendant ces sombres temps de la guerre contre les Moissonneurs. Quelque part l'arrivée de la race de machines exterminatrices avait été salvatrice pour la race krogane car elle avait pu les unifier autant qu'ils le pouvaient et cette alliance voire cette unification n'aurait jamais pu se faire si Wrex et le commandant Shepard en tout premier lieu n'avaient pas pu y être. C'est donc bien à ce moment et sous l'égide du chef krogan autrefois mercenaire lambda de la Voie Lactée, que les Krogans sont véritablement apparus comme un peuple uni et entier, non comme une race explosée en une multitude de clans hétéroclites. Je compris le message que le diplomate du clan Urdnot voulait me transmettre, nous nous comprenions sans aucune difficulté à travers nos différentes confessions. Nous étions assez différents lui et moi mais nous avions traversés cette tragédie à travers une tempête furieuse qu'était l'armée des Moissonneurs et nous y avions survécus. Je ne réagis pas immédiatement et je le laissai se resservir en thé avant de le laisser poursuivre en l'écoutant, attentive.

Je me mis à rougir alors qu'il me témoigna son admiration envers mon espèce, Shepard et moi-même. Comme en réaction à cette guerre et aux souvenirs douloureux réveillés par notre conversation, ma main droite tremblota légèrement mais les années d'entraînement et de service au sein de l'Alliance reprirent le dessus et j'arrêtai de trembloter de la main avant de m'emparer d'une bouchée et de faire comme si de rien n'était pendant que je l'enfournais. Du discours d'admiration de mon ami krogan, seule demeurait la teinte écarlate de mes joues.

Merci Ante, vraiment... Je n'avais jamais vraiment réalisé ce que nous avions perdus dans cette guerre jusqu'à ce que je fus autorisée à parler trente secondes via mon OmniTech à ma famille qui était dans un camp de l'Alliance sur Terre. C'est là que j'ai appris par la bouche de ma mère que mon père et ma sœur cadette n'ont pas survécus à l'attaque de la Terre. Tu comprends, on avait dû s'arracher à toute vitesse de la Terre pour sauver notre peau. C'est après qu'on a réalisé qu'on avait abandonné les nôtres et notre planète. Mais nous n'avions pas le temps de pleurer nos morts, il y avait une guerre à gagner et un ennemi à détruire.

Je pris un air presque attristé et malheureux alors que je déblatérais mes remerciements, je crus que j'allais d'abord balbutier mes mots mais il n'en était rien et malgré mon ton calme mais mélancolique, je lui parlai clairement. Puis je me mis à fixer le verre de Pinot noir légèrement à ma gauche, quittant alors mon air abattu pour retrouver une expression plus farouche et plus sérieuse. Le liquide pourpre agissait presque comme un aimant à mes tristes pensées et m'insufflait à la place une sorte de détermination. De l'autre côté, il fallait aussi dire que je ne revoyais plus dans mon esprit les images de la destruction et des morts de cette guerre, j'avais à cet instant autre chose en tête, quelque chose de beaucoup plus fort. Toujours en fixant mon verre, je me remis à parler à Ante comme pour faire écho à ses paroles précédentes lorsqu'il évoqua la guerre sur sa planète, Tuchanka.

Il n'y a pas eu de gloire dans cette guerre, Ante. Seulement un enfer prêt à tous nous consumer comme tu le disais.

Je relevai le visage vers lui, mon expression d'officier militaire imprimée sur le visage et amenant mon verre près de moi en longeant l'assiette des bouchées. J'avais accompli ce geste lentement et tout en fixant le Krogan, sans un regard pour le verre et lorsque ce dernier se trouva près de moi, je laissai nonchalamment mon index droit suivre la courbe du verre de vin avant de laisser ma main retomber le long de l'assiette, mon index tapotant doucement mais sans bruit contre la table ronde que nous partagions avec mon ami diplomate du clan Urdnot.

Nous avions eus des milliards de morts mais les Moissonneurs n'ont pas tué l'Humain qu'il fallait s'ils voulaient tous nous exterminer. Ils n'ont pas tué le Commandant Shepard. Chez les Humains, on dit que les époques les plus sombres forgent les plus grands hommes mais Shepard les surpassent tous. Nous avions besoin d'un symbole aussi fort que lui, il fallait qu'on le croie invincible et indestructible. Il a accompli plus que quiconque dans cette galaxie et a uni tout les peuples de la Voie Lactée sous une seule bannière pour combattre ce qui devait être notre fin. Dans l'Alliance, il était devenu un modèle voire une sorte de dieu que rien ne pouvait arrêter. Propagande bien sûr mais foutrement utile car sinon, il ne servait à rien de combattre.

Je détournai un instant le regard vers le bar où Alfred réprimanda en silence un jeune barman et je poursuivis, revenant vers Ante pendant que je parlai.

Je n'étais pas au sol lorsque l'on a lancé la contre-offensive pour reprendre la Terre, j'étais à bord de mon croiseur. Je n'ai jamais rencontré vraiment en face à face le Commandant Shepard, je ne l'ai aperçue que de loin et vue sur les écrans mais cet homme... il dégageait une aura de dingue. Je l'aurais suivi sous le feu de toute l'armée des Moissonneurs s'il me l'avait demandé... Je n'oublierai jamais son discours, j'en frissonne en y repensant. Est ce qu'il savait qu'il n'allait pas s'en sortir ? S'est il demandé pendant un instant si on allait échouer ? Je ne le saurais sans doute jamais mais il a réussi à galvaniser tout le monde et on s'est tous battus comme des lions. On en a aussi prit plein la gueule en l'air, faut pas croire, notre croiseur avait méchamment morflé, il y avait des pertes parmi l'équipage. Mon supérieur était bien trop occupé, j'ai dû prendre en charge toutes mes équipes moi-même pour réparer ce qui pouvait l'être et faire en sorte que le poste d'artillerie fonctionnait toujours et que toutes nos munitions partent vers ces foutues machines. Et puis il y a eu ce rayon lumineux...

Je relevai un instant le regard pour fixer le haut du bar en bois avec imprimé en grosses lettres dans un style démodé FOUR SEASONS mais ce n'était pas pour admirer le style du bar que je relevai la tête, plutôt pour me rappeler ce que j'avais ressenti en voyant la lumière meurtrière du Creuset percer chaque Moissonneur. J'expliquai mon ressenti à Ante avant de baisser la tête puis de regarder mon ami.

C'était presque irréel, surnaturel. La lumière était extrêmement forte et a transpercé chaque Moissonneur. Notre croiseur avait été pris pour cible par un de ces énormes machins et d'un coup... Un putain de rayon de lumière qui le fait voler en éclats comme... comme si il avait été frappé par une lumière divine, on en était médusés à bord. Après on a tous sautés de joie car on avait compris que le Commandant avait réussi son coup. Malheureusement on a apprit bien plus tard que le plus grand combattant de tout les temps était allé mourir lors de l'activation du Creuset. Je pense que c'est là que l'on voit qui sont les plus grands héros, ils se sacrifient pour le bien de tous et pour préserver le maximum de vies, il a maintenant sa propre statue au QG de l'Alliance à Vancouver mais aussi à New-York là où il y avait avant la Statue de la Liberté. Comme tout un chacun mais à fortiori chaque soldat de l'Alliance, nous avons été fiers et attristés de sa mort car il a aussi fait son devoir de soldat. Tout le monde le croyait immortel, les héros meurent mais nous qui restons, devons faire en sorte que son sacrifice n'ait pas été vain. Dans le N7, nous qui sommes l'élite de l'Alliance, il n'y a nulle gloire à aller chercher, nulle reconnaissance de héros à trouver. Shepard n'a jamais voulu être déifié comme il l'est maintenant, il n'a cherché qu'à sauver son cul et celui des autres parce que c'était un putain d'officier N7.

Inconsciemment, je remontai légèrement ma manche droite de veste et de chemisier pour me gratter une partie de l'avant bras avant le poignet, mon index et mon majeur gauche grattant le bout d'un canon de pistolet Predator presque caché au milieu du feuillage et de mes roses noires tatouées.
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MessageSujet: Re: La diplomatie à son meilleur   Dim 03 Sep 2017, 18:54
Le duo partagea ses souvenirs de la Guerre, si l'ambiance n'était pas à la légèreté, le sentiment de confiance et de confidence qui transparaissait dans cet échange traduisait la création d'un véritable lien entre l'Humaine et le Krogan.
Pendant un moment, en réponse à ce qu'avait dit Ante, Ada parla du Commandant Shepard, de son influence sur la guerre et la galaxie, de ce qu'il avait laissé, et comment il avait marqué les esprits humains.
Focalisé sur elle, le Diplomate ne toucha pas à son plateau, ne s'autorisant que quelques gorgées de thé lorsqu'elle marquait une pause pour reprendre son souffle ou changer de position.
Il n'était pas difficile de voir les similarités entre Shepard et Wrex, Ante aurait tenu le même discours qu'Ada sur son leader, tentant de retranscrire les mêmes émotions d'inspiration et de conviction.
A juste titre, l'Humanité avait quasi déifié le commandant. Cette espèce avait la culture des martyrs, une longue tradition de sacrifice d'un héros pour le bien commun... Encore un concept que les Krogans recommençaient tout juste à assimiler... Si le chef du clan Urdnot avait connu une fin tragique, aurait-il eu le droit à sa statue dans la capitale ? Y aurait-il seulement eu une capitale Kroganne ?

Ante chassa ses pensées défaitistes avec une nouvelle poignée de sucrerie, quand il eut la gueule vide, il répondit à Ada :

-Je comprend ce que tu veux dire. J'ai rencontré le Commandant lorsqu'il est venu lever le Voile, il dégageait la même chose que Wrex, la même aura... Et c'est pas une mince affaire ! Sur un ordre de l'un ou de l'autre, n’importe quel Krogan respectable se serait jeté sur le Moissonneur sans frémir...

Une nouvelle accalmie s'installa, un doux silence presque méditatif après avoir abordé un sujet aussi important que celui-là.
Il ne restait plus qu'une bande isolée de gâteau, Ada avait presque fini son verre et Ante sentait le besoin de bouger, de sortir de ce bar pour s'aérer un peu, peut-être retrouver une conversation plus légère aussi... Et puis malgré ses menaces à peines voilées, il restait encore un bon nombre de curieux à les épier.
Il se pencha vers la jeune femme et lui murmura :

-Dis, je commence à prendre racine, que dirais-tu de changer de paysage ?


Ada sembla réfléchir un instant, elle avala une bouchée et but la dernière gorgée de son verre de vin tout en fixant Ante dans les yeux. Son air grave changea rapidement en quelque chose d'autre, son regard et son sourire se firent enjôleurs, presque mutins. Elle se cala dans son fauteuil et croisa lentement ses longues jambes, se tourna légèrement pour faire ressortir toute la féminité de son buste, déjà en valeur, et d'une voix dont le ton n'était pas familier à Ante elle susurra :

-Tu m'emmènes ailleurs, mon Krogan en sucre ? Je veux prendre l'air avant autre chose...

Le Krogan eut comme un mouvement de recul, un sursaut de surprise. Comment Ada venait-elle de l'appeler ? "Krogan en sucre" ? Ante n'était pas habitué à ce genre de surnom affectif encore moins quand peu de temps auparavant les paroles et l'humeur étaient bien plus sombres.
L'Humaine commençait à lui faire des avances ou était-ce simplement une marque de chaleur amicale ? Avait-elle abusée de son vin ou le duo était passé à un autre stade de la relation sans qu'Ante ne s'en rende compte ?
Ses manières soudaines étaient confondantes et puis ce "autre chose" qu'elle avait mentionnée sonnait presque comme une promesse sensuelle...
La surprise passa, qu'Ante était toujours à se demander comment lui répondre lorsqu'il perçut brièvement ce que l'Humaine essayait de lui faire passer.
A défaut d'être séductrice, elle était surtout joueuse.

Elle avait saisi l'opportunité que lui donnait Ante pour s'offrir une sortie fracassante, donner une dernière leçon aux autres.
Le Krogan se laissa prendre au jeu. Il eut une courte pensée pour sa réputation mais elle ne risquait pas grand chose et de toute façon il quittait Londres dans peu de temps... Si quelqu'un lui faisait des reproches pour un tel comportement, il n'aurait qu'à répondre qu'il avait voulu gouter tous les produits locaux, il passerait pour un vrai Krogan...
Il finit rapidement les dernières pâtisseries et se leva bruyamment de table.
Si le Diplomate n'y connaissait pas grand chose au jeu de la séduction humaine il avait pas mal observé comment les autres se comportaient.
Avant de se plonger dans le jeu, Ante fit un signe de tête au barman : remerciements, dernières salutations et assurance tacite que la note serait payée plus tard.
Ses politesses exécutées, il était maintenant temps de mettre un coup au GentleKrogan !
Il se rapprocha d'Ada qui s'était elle aussi levée et passa son bras autour de sa taille, l'attirant contre lui, finit les manières douces et la délicatesse dont il avait fait preuve avant, les spectateurs allaient en avoir pour leur argent !

L'entraînant avec lui, le faux couple se dirigea vers la sortie du bar. Juste avant de se retrouver à l'abri du regard des autres clients, Ante lâcha à voix haute :

-Bon c'était bien agréable, mais il est temps d'y aller, allons prendre l'air avant de nous mettre au travail. Enfin, surtout toi !

Il ponctua sa saillie par un rire gras qui résonna dans la pièce avant de rajouter une claque sonore sur les fesses d'Ada. Bien entendu il fit de son mieux pour allier crédibilité et douceur, il ne voulait pas blesser sa partenaire. Néanmoins il dût bien admettre qu'un tel jeu de rôle l'amusait, il pourrait presque y prendre gout...
Ils traversèrent le hall du Four Seasons ainsi, Ante tenant Ada près de lui le plus doucement possible, espérant ne pas trop la serrer ou lui faire peur. Pour donner le change il affichait un large sourire confiant, déclarant qu'il faisait exactement ce qu'il voulait et qu'il en avait pleinement le droit.
Une fois dehors, après avoir passé les larges portes battantes, Ante lâcha la jeune femme, réalisant ce qu'il avait fait. S'il avait pu rougir il serait devenu aussi écarlate que le sol de Tuchanka, heureusement que c'était avec Ada et que ce n'était qu'un personnage d'un instant, car un tel comportement avait un peu trop le gout de celui qu'il était avant de devenir un Urdnot. Mais son inconfort fût de courte durée lorsqu'il repensa aux visages outrés de l'assistance lors de l'échappée des deux comédiens.
Le Krogan partit alors dans un grand rire, bien plus vrai que le précèdent, il rit aux éclats, le son se répercutant dans la rue et rebondissant sur les habitations alentour.
Une fois calmé, il reporta son attention sur la femme à ses côtés :

-Nous sommes juste à côtés de Hyde Park et l'après-midi est bientôt terminée, ça te dirais de finir cette journée loin dans le jardinle mieux rénover depuis les combats ?


Urdnot Ante, Krogan Diplomate.

Make Tuchanka Great Again !


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MessageSujet: Re: La diplomatie à son meilleur   Ven 15 Sep 2017, 01:19

Diplomacy at its finest

- Londres, Hôtel Four Seasons
- Bar de l'hôtel, une des tables rondes réservées




Ces bouchées étaient véritablement excellentes et le Pinot noir, loin de s'en ressentir brouillé avec la saveur des bouchées salées, les accompagnait avec brio. Mon second verre de vin rouge me montait très légèrement à la tête, il m'en fallait bien plus pour être pompette voire ivre, l'alcool commençait seulement à me rendre un peu plus joyeuse. Néanmoins, je savais également me tenir, c'était mon ami mais aussi un diplomate, il n'y eut donc nulle démonstration de joie exubérante de ma part et le silence s'installa à nouveau entre nous. Il ne me restait plus qu'une paire de bouchées et un voire deux doigts de vin dans mon verre à pied. Je méditai sur les mots d'Ante après mes longues tirades. Quelque part, j'étais jalouse du Krogan pour avoir eu l'insolente chance de rencontrer le commandant Shepard de son vivant, j'aurais tellement aimée rencontrer et pouvoir discuter avec la légende de l'Alliance même ne serait-ce que cinq minutes. Que n'aurai-je pas non plus donné pour pouvoir servir à bord du Normandy aux côtés du célèbre commandant mais également auprès de tout ses amis et combattants comme l'Asari Liara T'Soni, le Turien Garrus Vakarian ou même encore la fameuse lieutenant-commandant Ashley Williams devenue Spectre pour le Conseil... Le destin en avait décidé autrement pour moi mais il n'appartenait qu'à moi de forger ma propre destinée au sein de l'Alliance. Jamais je ne pensai avoir la même épopée que Shepard, c'était le genre de choses qui n'arrivaient qu'une fois en d'innombrables générations, quelque part et au fond de moi, je n'espérai même pas devoir suivre le même parcours et subir le même sort que lui, je n'aurai jamais accepté d'avoir le sort de toute la galaxie sur mes épaules. Inconsciemment, alors que je remuai mes pensées, ma main s'était emparée d'une des deux dernières bouchées restantes pour que ma bouche ne l'avale mais je ne ressentis même plus la saveur de l'amuse-gueule, bien trop perdue dans mes réflexions et mon imagination qui dansait dans mon esprit. Ma tête se tourna légèrement sur le côté, présentant mon profil à Ante pendant que mon regard erra sur les convives des autres tables.

Ce fut la question du diplomate du clan Urdnot qui me réveilla et me sortit de ma légère léthargie. Il se pencha vers moi sans que je ne le regarde tout d'abord puis sa question me fit pivoter la tête vers lui pour lui faire face et comprendre sa question. Il voulait donc bouger... Je dus admettre que je me dégourdirai bien les jambes et que j'irai bien dans les rues de Londres pour quitter cet endroit qui commençait par me mettre un peu mal à l'aise à cause de l'hostilité silencieuse des autres personnes. J'eus alors une idée, pour scandaliser un peu plus tout ces croûtons qui nous regardaient de travers car nous n'étions pas de la même portée qu'eux. Ils nous croyaient certainement ensemble pas vrai ? Autant s'amuser un bon coup pour se foutre d'eux. Tandis que l'idée fit doucement son chemin dans ma tête, je finis donc mon dernier amuse-gueule puis mon verre de vin en fixant mon ami Krogan. J'allais lancer la pierre dans la mare la première pour donner le change et j'espérai qu'Ante comprenne mon intention. Reposant mon verre, je pris mon air de séductrice, mon sourire en coin s'élargissant doucement en quelque chose de sensuel alors que je me mordis la lèvre inférieure discrètement. Mes yeux ne le quittèrent plus et je me plaçai de telle sorte à ce que mon décolleté plutôt bien creusé soit bien en vue pour Ante. La pensée fugace d'avoir un Krogan comme amant me traversa un instant et je devais admettre que je me demandais pendant quelques secondes comment les Krogans étaient pourvus au niveau de leur entrejambe. Peut-être étaient-ils mieux lotis que les hommes ou peut-être qu'au contraire, la nature et les éléments ont fait des Krogans des forces de la nature mais en ce qui concernait la reproduction, elle devait être bien plus ardue que celle des Humains. Toutefois, cette réflexion quitta très vite mon esprit car si j'avais par le passé déjà manifesté une attirance pour d'autres Humains, des Turiens, des Asaris ou même avoir pensé que des Quariens pouvaient être sexys, il n'en fut jamais rien pour les Krogans, je n'avais jamais ressentie une attirance particulière, étrange voire peut-être malsaine envers l'espèce massive reptilienne.

Tu m'emmènes ailleurs, mon Krogan en sucre ? Je veux prendre l'air avant autre chose...

Le ton lourd de sous-entendus était délibéré et dit assez fort malgré mon susurrement, il fallait que les autres l'entendent. Ante eut un mouvement de recul qui trahit sa surprise et cela m'irrita légèrement car il semblait qu'il n'ait pas compris le but de ma manœuvre. Afin de lui donner à nouveau un signe pour dire que l'on jouait la comédie pour effectuer une sortie mémorable, je lui fis un clin d'œil peu discret. Les autres comprendront cela comme un étalage d'un comportement de dévergondée, lui comme le signal pour dire que je jouais et que je n'étais pas sérieuse. Il mit un peu de temps pour voir ce que je voulais dire avant qu'il ne se mette à agir à son tour et le moins que je puisse dire, c'est qu'une fois qu'il avait compris ce que j'attendais de lui, il y allait plutôt franchement. Il se mit à manger de manière fort peu discrète ses dernières pâtisseries, presque comme un glouton qui avait peur de mourir d'anorexie et sa chaise grinça bruyamment alors qu'il bougeait son imposant séant. Pour ma part, j'avais déjà terminé ma collation et je me levais d'une façon assez lascive en laissant bien mon tailleur court mouler mon fessier. Comme une bonne maîtresse, je rejoignis mon prétendu amant qui se contenta de signes de tête à Alfred et ses sbires, puis je sentis la main puissante du Krogan se poser sur ma taille pour l'attirer à lui. Nullement gênée, je pris son bras musculeux dans mes mains et je le laissai m'entraîner vers la sortie. Je tournai la tête vers lui alors qu'il lança une réplique, toujours avec mon air langoureux dans la démarche et une expression discrètement lubrique, mon sourire en coin s'élargissant doucement. En revanche, je ne m'attendais pas à recevoir une claque sonore sur les fesses et ce fut un visage franchement surpris que je renvoyai à Ante. J'espérai qu'il me suive sur cette voie mais pas de manière aussi motivée.

Le coup était sonore mais je ressentis à peine l'impact et j'étais maintenant plus embarrassée que douloureuse. Le chemin jusqu'à la sortie se fit un peu dans le même style que notre sortie du bar, bras dessus bras dessous, le bruit de mes escarpins résonnant doucement sur le dallage au sol de l'hôtel avant que l'on ne débouche à l'air libre. J'étais rougissante alors qu'Ante se mit à rire franchement puis je le rejoignis dans son hilarité mais je préparai doucement ma vengeance pour sa main sur mes fesses. Il jouait certes mais je n'allai surtout pas laisser cela impuni. Je m'interrompis dans mon rire alors qu'il me posait sa question d'aller ailleurs, je trouvais que c'était une bonne idée mais j'avais quelque chose à faire avant de lui répondre. J'accueillis donc son interrogation en partant dans un autre rire, plutôt moqueur celui là alors que j'avais le teint cramoisi puis en me rapprochant de lui, je lui envoyai un soudain coup de tête en plein sur son pif. Il n'y avait pas de haine, pas de méchanceté dans mon geste mais j'y mis un peu de force et de brutalité, connaissant un peu des mœurs des reptiliens mais aussi à cause de la robuste constitution du diplomate ainsi je me disais que lui avait dû ne sentir qu'un coup sur le visage mais j'espérai que le message soit passé. Je ne voulus pas le provoquer, c'était plutôt une manière de lui répondre pour m'avoir touché une partie du corps que je n'autorisai qu'un cercle très restreint de personnes à toucher, Ante n'en faisait pas partie. Malgré tout, ma nuque ressentit les répercussions du coup et je dus me masser le cou pour me soulager. J'affichai cependant un sourire à Ante pour le rassurer quant à mes intentions envers lui.

Ça c'est pour la main aux fesses. Je ne m'y attendais vraiment pas mais on a bien réussi notre coup. Bien joué Ante, on aurait presque dit que t'étais authentique. Et oui, on va au Hyde. C'est pas aussi gros que Central Park à New-York mais c'est une vraie bonne idée.


Londres, environs du Hyde Park

Je me mis à marcher aux côtés du diplomate krogan en sortant du Four Seasons. L'on dut alors rejoindre les trottoirs en grande partie reconstruits de cette partie de Londres. Il y avait auparavant beaucoup plus d'hôtels dans le quartier mais le Four Seasons fut l'un des rares déjà sur pied et fonctionnel, les autres hôtels pour la plupart, même quinze ans après la fin de la guerre contre les Moissonneurs étaient toujours en reconstruction. En débouchant sur une rue conduisant à une aire d'atterrissage pour voitures, un affichage en forme de panneau holographique indiquait aux automobilistes la direction d'autres hôtels, d'un restaurant et de plus loin encore, l'ambassade des États-Unis. L'entrée principale du Hyde Park se dressa devant nous sous la forme de trois arches reconstruites après la guerre contre les Moissonneurs. Auparavant, l'arche centrale représentait une procession militaire ancienne mais aujourd'hui reconstruite, elle montre plutôt un assaut victorieux par les airs et la terre contre des Moissonneurs. L'artiste avait prit soin de représenter un maximum de races sur la frise, on y voyait bien entendu en tête un Humain qui ressemblait à s'y méprendre à Shepard, suivi d'une Asari, d'un Turien, d'un Galarien, d'un Krogan... L'œuvre était en tout points très bien faite à mon goût et sans mettre trop en avant l'humanité, illustrant surtout la coopération entre races.

Je suis contente que ça ai été vite reconstruit ici, ça vaut mieux que des hôtels de luxe... En premier à Hyde, ils ont retapés ici l'entrée principale dont cette frise sur l'arche du milieu mais aussi le Princess Diana Memorial Fountain, je ne sais pas si tu en as entendu parler de cette personne ? La Princesse Diana était une membre de la famille royale très populaire à la fin du vingtième siècle. Je te parle de ça, on avait même pas encore découvert le relais de Charon et ça ne faisait que quelques décennies qu'on maîtrisait le voyage spatial. C'était il y a seulement deux, presque trois siècles quand même... Et donc malheureusement, cette princesse royale a connue une fin tragique en France, à Paris dans un accident de voiture dont elle n'a pas réchappé. Ça a été un évènement très traumatisant pour beaucoup de Britanniques de l'époque car elle était très aimée et on a érigé beaucoup de monuments en sa mémoire. Paraît que c'est un très joli memorial. J'attends aussi de voir celui qu'on va dresser pour les morts de la guerre contre les Moissonneurs, paraît qu'il sera prêt dans quelques mois et qu'il ressemblera beaucoup à un memorial déjà existant à Washington. Plus loin, juste à côté c'est Kensington Gardens, y avait des galeries d'art et encore un palace mais je crois que c'est toujours en reconstruction.

Je fis une légère pause alors que je franchis l'arche centrale en compagnie du Krogan, les mains jointes dans mon dos, imposant un rythme de marche légèrement ralenti, presque solennel. On n'entrait pas dans Hyde Park comme l'on rentrait dans un moulin. Un léger chant d'oiseau accueillit notre arrivée dans le parc. Des souvenirs remontèrent en moi et je les racontai avec une certaine hilarité avant de parler d'un ton un peu plus calme voire un peu plus nostalgique.

J'aimais beaucoup venir ici plus jeune. C'était comme se retrouver ailleurs alors que l'on n'avait jamais quitté Londres. Avant la guerre contre les Moissonneurs, ma sœur cadette Emilie venait ici pour dessiner, je l'accompagnais chaque fois que je pouvais. C'était un peu un havre de paix. On pique-niquait ici des fois en famille. Avec la famille de Shaun aussi... J'adorais lui piquer ses sandwichs et les engloutir alors qu'elle était pas loin, ça la foutait en rogne. Elle avait beau être une biotique, elle ne me faisait pas peur, au contraire j'adorais l'emmerder. Bon elle m'a déjà balancé dans le lac de Hyde Park, le Serpentine mais bon quand elle a commencé à faire ça, j'apprenais déjà à nager. Elle a peut-être déjà oublié tout ça remarque... J'espère pas, ça serait dommage parce que ce sont des souvenirs avant les Moissonneurs et mieux vaut les préserver. Si jamais je la recroise et j'espère que ça sera bientôt le cas, j'aimerai savoir comment s'est passé la guerre pour elle. On s'est déjà revues après la guerre contre les Moissonneurs mais en plus de quinze ans, on n'a jamais pris le temps de s'assoir autour d'un verre pour en parler. Du moins avant que les verres et les chaises ne se mettent à voler...
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