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 [Dhas] Les Ombres de Cerberus

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MessageSujet: [Dhas] Les Ombres de Cerberus   Mer 10 Mai 2017, 21:40
Intervention MJ :NonDate : 10/04/2202 RP Tout public
Anton Ardak ♦ L'Artisan ♦
Les Ombres de Cerberus


Etendue de Pangée
Système Gardien
Planète Dhas
10 avril 2202.


Sagement posée en orbite, laGorgone suivait sa course autour de Dhas. Le secteur était plutôt calme, l’Etendue de Pangée était un coin reculé de la galaxie. On disait que les Prothéens y avaient édifié l’un de leurs derniers bastions avant de succomber avant l’avancée inéluctable des Moissonneurs. C’était vrai. L’Artisan avait pu se rendre brièvement sur Ilos, pour y faire quelques prélèvements. Rien de bien transcendant, la planète était surveillée et il était vite reparti. Mais ce qui intéressait le vieil homme, ce n’était pas les ruines prothéennes probablement allégrement dépouillées de toute trouvaille intéressante par les scientifiques conciliens.

    Non.


C’était une trouvaille d’Euryale qui datait de quelques semaines auparavant. En quittant Cerberus, l’Artisan avait emporté une grande partie de l’océan de données de l’organisation terroriste. Rien de difficile, le vaisseau scientifique avait été un ravitailleur automatisé des bases secrètes de l’Homme Trouble. Et une fois qu’il avait été affecté à des des missions plus techniques, il avait reçu un équipement informatique conséquent. Et depuis douze ans, Euryale passait le temps où elle n’était pas affectée à la navigation ou à l’assistance dans les recherches de l’Artisan à éplucher les centaines de milliers de téraoctets de données. C’était ainsi qu’elle avait trouvé une installation de Cerberus comme il en existait plusieurs dizaines partout dans la galaxie. La plupart avaient été découvertes par le Conseil après les enquêtes qui avaient suivi l’attaque de la Citadelle. Toutefois, la base 341 semblait demeurer toujours inviolée. Pour cause, la seule mention de la base avait été faite dans une note qui avait reçu un avis de suppression quelques jours avant l’assaut final de Shepard sur la Terre. Seule la copie conservée localement sur la Gorgone avait selon toute vraisemblance échappé à l’ordre de disparition de la base 341.

    Cela avait profondément intrigué l’Artisan.


Aucune mention n’était faite nulle part d’une telle base. Même le vieil homme, en dépit de son très haut niveau d’accréditation, n’en avait jamais entendu parlé. Il suspectait donc l’endroit d’être d’intérêt particulier pour l’ancienne organisation. Technologies avancées, savoirs interdits ou artefact unique ? Que pouvait bien renfermer l’endroit ? Ces questions avaient rapidement obsédé l’esprit tourmenté de l’aristocrate qui avait pris la décision de se rendre sur place. Quelques semaines auparavant, il avait donc posté son vaisseau sur la même orbite qu’aujourd’hui. L’activation du puissant scanner Argus n’avait dans un premier temps rien montré de plus que les superstructures mentionnées dans quelques rapports d’exploration préliminaire. Toutefois, en affinant les paramètres de recherche, il était apparu une anomalie énergétique dans une zone montagneuse de la planète inhabitée. En effectuant des scans approfondis sur la zone suspecte, Euryale avait rapidement découvert que profondément enfouie sous la roche se dissimulait une vaste structure artificielle dont le point d’entrée était inconnu. L’Artisan était sur le point d’abandonner lorsqu’il avait eu une révélation, et activé le transpondeur originel de la vieille corvette. L’antique code d’identification de Cerberus s’était propagé dans l’espace jusqu’à atteindre une ensible dissimulée quelque part. Et soudainement, une balise émettant sur l’une des fréquences secrètes codée de Cerberus se réveilla à la surface. Dès que la Gorgone avait coupé son transpondeur, l’émission s’était tue. Satisfait, l’Artisan était reparti. Hors de question d’entrer seul dans une installation si dissimulée sans avoir une autorisation officielle. Difficile à demander, douze ans après la chute de Cerberus… Il fallait donc des mercenaires pour protéger l’Artisan sur place et sécuriser les lieux.

Etablis depuis un moment sur Omega, le vieil homme s’était ouvert de sa recherche de personnel hautement qualifié auprès de l’Asari dirigeant l’Orphelinat des Ombres, espérant pouvoir bénéficier de quelques recrues. Kyreshori l’avait débouté dans sa demande, pour mieux le rediriger vers les Pacificateurs, bras armé du puissant Anton Ardak. Ils avaient effectivement une excellente réputation, et ils avaient l’avantage d’être plus ou moins liés à Kyreshori, que l’Artisan connaissait bien. C’était un gage, pensait-il, que le travail serait fait sérieusement. Il avait donc pris contact avec les mercenaires, offrant une somme conséquente pour une vingtaine de ces combattants. Il leur avait donné les coordonnées et était reparti préparer son départ. Il avait passé deux jours à rassembler tout le matériel de Cerberus encore en état de marche dont il disposait. Quelques badges d’accès dépassés, quelques uniformes et vieilles armures, ainsi que des datapads de l’époque, utiles pour se connecter rapidement aux terminaux qui n’avaient pas évolué avec la galaxie. Puis, il était reparti en orbite de Dhas. Depuis, il attendait les Pacificateurs.

La voix d’Euryale se fit entendre sur la passerelle.

« Artisan, un vaisseau vient d’arriver à proximité. Il renvoie le code d’identification du Kor’Vattra, de classe frégate butarienne. Il est affilié aux Pacificateurs d’Omega. »

L’Artisan se releva du grand siège central et s’étira alors qu’un écran s’allumait, et faisait apparaître par zooms successifs le puissant vaisseau de facture butarienne.

« Très bien, envoie-moi un méca au hangar pour la navette. Et communique-leur les coordonnées de la balise de la dernière fois. Je descends directement. Inutile qu’ils ne voient le vaisseau plus que nécessaire, conserve les contre-mesures électroniques et les systèmes furtifs activés. Je renverrai la navette avant qu’ils n’arrivent. »

L’Artisan souhaitait rester discret sur le matériel Cerberus. Il était incroyablement fiable, même douze ans plus tard, mais le vieil homme savait que Petrovsky, lorqu’il avait mené son opération sur Omega, n’avait guère laissé un excellent souvenir aux locaux. Dhas ayant à peu de choses près les mêmes caractéristiques atmosphériques et gravitationnelles que la Terre, l’Artisan ne se préoccupa guère d’enfiler son armure, préférant une tenue plus pratique. Un treillis pratique de type militaire, c’était bien suffisant. Puis il se rendit au petit hangar de son vaisseau. Il y avait la peine pour la navette alors que tout le reste était encombré d’artefacts et fragments divers. Le méca s’installa au poste de pilotage et – assisté par Euryale à distance – il pilota jusqu’aux coordonnées enregistrées d’où avait émis la balise.

La navette le déposa sur une corniche au sommet de ce qui semblait être une haute falaise. Pourtant, ils étaient en réalité à flanc d’une montagne. Le plat devait faire la taille d’un grand terrain de football humain. Après, la roche repartait à l’assaut des cieux à la verticale. Rien ne trahissait l’existence d’une base ici. L’Artisan en vint à douter de sa déduction. Pourtant, le datapad qu’il embarquait était catégorique. Il était au bon endroit. Il frissonna. Le ciel était gris, le plafond était uniforme, dissimulant les sommets montagneux. Il ne faisait pas chaud non plus, pas plus de quinze degrés. Alors que la navette marquée aux cocardes de Cerberus décollait de nouveau abandonnant son maître seul à la surface de la planète Dhas, il fit quelques pas sur le plateau tapissé de hautes herbes grasses lui arrivant à mi-mollet, balayées par le vent. Dans le lointain, on semblait distinguer l’une des fameuses superstructures dont faisait mentions les rapports.

Au loin, le grondement lancinant d’au moins une navette qui approchait se faisait entendre. Les Pacificateurs étaient enfin là. Pour patienter le temps de leur arrivée, l’Artisan fit quelques pas indécis. C’était là. C’était forcément là. Flegmatique, il se tenait encore planté là, lorsque les mercenaires d’Omega parmi les plus redoutés arrivèrent dans un rugissement aigu des propulseurs. Trois grosses navettes de construction butarienne se posèrent en cercle en bordure du périmètre, permettant de former une zone défensive pour se déployer et potentiellement se replier en toute sécurité. L’Artisan abandonna pour le moment ses recherches et se dirigea vers les vaisseaux encore grondant alors que les mercenaires se déployaient avec une rigueur militaire qui rappela au vieil homme l’Alliance ou les commandos de Cerberus. Tandis qu’il cherchait un responsable, il reconnut un Butarien à l’air patibulaire. Difficile de l’oublier, c’était l’un des hommes les plus puissants d’Omega. L’Artisan cligna des yeux tout en arquant un sourcil surpris.

« Mais vous… Vous êtes… »
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MessageSujet: Re: [Dhas] Les Ombres de Cerberus   Jeu 11 Mai 2017, 20:36
L’Artisan.

Quel étrange surnom, une appellation qui aurait valu le mépris total d’Anton mais qui en vérité poussait simplement le seigneur de guerre à s’intéresser à l’homme derrière le masque. Reconnu dans le milieu, bien que ce fût celui des initiés, l’Artisan était à la hauteur de son titre, et tout le monde reconnaissait ses compétences en robotique.

L’Asimov pratique s’était exclamé Ibrahim lorsque son supérieur l’avait interrogé sur pourquoi l’humain s’était porté volontaire pour cette mission. Habituellement peu intéressé par le métier de mercenaire, le colonel du deuxième régiment de Kima avait réagi avec une grande excitation lorsque l’Artisan avait contacté les Pacificateurs.

D’abord sceptique, Anton avait écouté son confrère d’Anhur préalablement sans grand intérêt mais lorsque les arguments de l’humain étaient tombé, le butarien avait été forcé de se rendre à l’évidence. L’officier du contingent d’affrontement avait eu une idée tenant du génie. Très vite, les vingt meilleurs éléments du deuxième régiment de Kima avaient été rassemblés et Anton en personne se présenta à eux.

***


Les vingt soldats, alignés par cinq, étaient dans une posture parfaite, copie de qualité de la posture martiale Na’Hesit. Principalement butariens et humains, il y avait tout de même un krogan, deux galariens et un vorcha. Une fière équipe, donc chaque membre possédait déjà un palmarès respectable avant et après avoir rejoint les Pacificateurs.

Fièrement alignés, les vingt attendaient avec sérieux les propos de leur supérieur, et quelle ne fut pas leur surprise lorsque le colonel Ibrahim apparut finalement, mais deux pas en retrait vis-à-vis du fondateur des Pacificateurs lui-même.

« Je ne vais pas perdre mon temps en explications. Notre mission aujourd’hui est on ne peut plus simple. Nous rejoignons le point de rendez-vous, nous nettoyons la zone et nous empochons les crédits. Personne ne crève. »

Les regards des soldats passaient de la perplexité à la surprise, ils attendaient tous la seule information importante, c’est finalement Ibrahim qui annonça la nouvelle.

« C’est exact mes fantômes, le dictateur Ardak nous accompagne sur cette mission. »
Certains soldats sourirent, d’autres soupirèrent, mais la majorité reprit sa posture de soldat, tentant de démontrer à leur dirigeant qu’ils étaient dignes de lui.

« Bien, maintenant je veux votre cul dans les navettes sous deux minutes. Les retardataires seront sevrés à la pisse de Shoran. »

Des jurons fusèrent, et les soldats bondirent aussitôt pour rejoindre les navettes pour le plus grand bonheur de leurs deux supérieurs.

***


« La Gorgone vient de nous répondre. Les coordonnées sont connues. »

Le galarien énonçait les nouvelles d’une voix monotone, mais son professionnalisme habituel. Pour cela, Anton était heureux que Deruuk soit affecté à un autre vaisseau, une mère poule n’était pas vraiment la passion de tous les seigneurs de guerre, encore plus si cette mère poule s’avère parfaitement incapable de se concentrer sur le travail.

« Je n’aime pas ça. »

La voix d’Ibrahim résonnait dans l’omnitech d’Anton pour répéter ad vitam aeternam la même réplique. Il était en vérité fort étrange que le vaisseau de son client continue à se maintenir en furtivité, mais le seigneur de guerre avait confiance dans la puissance militaire de sa frégate. Dans le pire des cas, il n’hésiterait pas à faire feu de toutes ses armes, et tout le monde sait à quel point l’Hégémonie aime à s’assurer une puissance de feu impressionnante.

« Je n’aime pas ça du tout. »

Le plus amusant dans les interventions d’Ibrahim était le fait qu’il n’y eut pas la moindre intonation de peur dans sa voix. L’Egyptien était typiquement le genre de type à ne jamais rien craindre, la guerre civile d’Anhur l’avait largement prouvé à Anton.

« Préparez les navettes, nous partons en mission. » Fut tout ce qu’annonça le butarien en quitta son siège de commandant, pas un trône cette fois-ci mais un très large fauteuil copié sur ceux du haut commandement de l’Hégémonie. « Que toutes les équipes se retrouvent dans le hangar. Nous avons notre destination. Vados, que les radars repèrent la navette du client dès que possible. »

Le turien acquiesça tout en effectuant sa tâche, laissant à Anton le plaisir de rejoindre en silence le hangar, et les trois navettes l’attendant. Toutefois à peine eu-t-il effectivement rejoint sa destination, que Vados recontactait son dirigeant.

« Nous avons repéré la navette de l’Artisan, à partir de sa courbe de déplacement et du moment de son apparition sur les radars, nous pouvons deviner l’emplacement de son vaisseau. »

Il était toujours intéressant de pouvoir savoir ou tirer ses torpilles en cas de problème.

« Parfait. Continue à suivre sa navette, que nos armes soient prêtes. »

Puis Anton coupa la communication et scruta avec une certaine fierté son commando fin prêt à agir. Ibrahim avait déjà donné les ordres et chaque équipe se répartie sans plus d’échanges dans les différentes navettes. De son côté, le seigneur de guerre choisi de ne pas investir la même navette que son colonel, afin de maximiser les chances qu’un gradé survive en cas d’embuscade.

Alors seulement, le hangar expulsa ses trois passagers, les navettes gagnant le plus rapidement leur destination, en l’état le flanc d’une montagne sur un monde sans intérêt Durant tout le voyage, Anton réfléchit à certaines choses, et plus particulièrement à son client.

Ses réflexions furent de courtes durées tandis qu’un Pacificateur lâchait un juron particulièrement corsé et sonore.

« Punaise le mec il a le logo de Cerberus sur sa navette. »

Aussitôt, le butarien se redressa, faisant involontairement reculer tous les commandos de sa navette. Tout le monde sur Oméga connaissait la haine profonde, et le sadisme inhérent de l’ancien chasseur envers tout ancien de Cerberus. L’on ne comptait plus les mises à morts grandiloquentes entreprises par le butarien à l’encontre de soldats, scientifiques ou mouchards de la fameuse organisation suprématiste. Même si peu de personne pouvait savoir qu’Anton éprouvait un profond respect pour Oleg Petrovsky et ses méthodes d’un autre temps.

Finalement le seigneur de guerre ne dit pas un mot et s’adossa sagement en attendant la fin du voyage, laissant les Pacificateurs perplexes. Lorsqu’enfin les trois navettes se posèrent, et que la porte s’ouvrit, le colosse butarien bondit toujours sans un mot et s’élança avec vigueur vers un vieil humain en treillis qui semblait attendre le commando. Se plantant à moins de cinq centimètres de son client, Anton plaça son visage bien plus proche que ses habitudes.

« Oui je suis. Maintenant nous allons discuter très intelligemment vous et moi. Je connais ce symbole qui trône sur votre navette, je devine ce que vous êtes venus faire. Maintenant vous allez avoir quelques secondes pour me donner une explication valable, et me dire toute la vérité.

Passé ce délai, je connais une méthode particulièrement prometteuse et amusante de découvrir la vérité. Et n’imaginez pas une seule seconde que votre âge est une barrière pour moi, j’ai déjà commis bien pire. »


Dans son dos, Anton agrippa sa lame cérémonielle d’une vingtaine de centimètres de long et commença à sortir l’arme de son fourreau sans le moindre bruit. Le commando lui se dispersa de manière à couvrir le plus de terrain possible. La suite allait être intrigante.


Je suis la fille d'Anton Ardak. Et accessoirement, reine pirate profitant actuellement de ses congés.
Kydra Lifith, 27 janvier 2202

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MessageSujet: Re: [Dhas] Les Ombres de Cerberus   Ven 12 Mai 2017, 20:17
Anton Ardak, car c’était bien lui, était sincèrement impressionnant. C’était la première fois que l’Artisan rencontrait le plus célèbre des Butariens d’Omega. Le déploiement de force qui l’accompagnait était d’ailleurs impressionnant. A peine le grand Butarien était arrivé devant le vieil homme que ses hommes se déployaient en éventail sur le plateau, arme au poing, prêts à réagir à n’importe quoi.

Une certaine tension s’était installée sur le plateau battu par les vents qui sifflaient entre les sommets rocheux. On aurait dit ces espèces d’entrevues secrètes maintes fois racontées par des films d’espionnage. L’Artisan n’était guère à son avantage ici, il s’en rendait bien compte. Toutefois, il espérait ne pas s’être trompé sur le compte des Pacificateurs d’Ardak. Il les avait engagé pour précisément éviter de finir ses jours dans ce trou perdu pas même habité.

Lorsque le Butarien s’arrêta devant la vieil homme, il était difficile de faire abstraction du personnage. Surtout à une demi-dizaine de centimètres. La surprise passée et sa question posée, l’Artisan obtint une réponse toute prête, toute agressive. Toute Butarienne, en somme.

« Oui je suis. Maintenant nous allons discuter très intelligemment vous et moi. Je connais ce symbole qui trône sur votre navette, je devine ce que vous êtes venu faire. Maintenant, vous allez avoir quelques secondes pour me donner une explication valable, et me dire toute la vérité.

Passé ce délai, je connais une méthode particulièrement prometteuse et amusante de découvrir la vérité. Et n’imaginez pas une seule seconde que votre âge est une barrière pour moi, j’ai déjà commis bien pire.
»

Joignant le geste à la parole, le géant attrapa une lame attachée dans son dos. Dans un premier temps, l’Artisan ne fit rien d’autre qu’hausser un sourcil dubitatif. Pourquoi fallait-il donc que tous les barons du crime et seigneurs d’Omega soient les mêmes psychopathes tous plus enclins à la surenchère les uns que les autres ? Puis, comprenant que la situation était en passe de lui échapper, l’Artisan laissa échapper un petit sourire affable de façade, lui donnant le temps d’examiner très rapidement son interlocuteur.

La peau buriné par des années de lutte et de combats, Anton Ardak était à proprement parler impressionnant. Non pas qu’il dégageait une quelconque forme de majesté, non. Il était plus exact de dire qu’il transpirait la violence et l’inflexibilité par tous les pores de sa peau olivâtre. Ses quatre yeux noirs semblaient morts, comme éteints par toutes les horreurs auxquelles ils avaient été confrontés. Le seigneur d’Omega dégageait aussi une forte odeur de musc, qui même ainsi renforçait son aura violente. Il était évident que l’Artisan ne s’en tirerait pas avec une simple pirouette d’éloquence. Alors qu’il conservait son petit sourire presque innocent de personne âgée, ses yeux gris sondaient l’abîme de ceux qu’ils avaient en face avec une dextérité toute glaciale, toute calculée. Finalement, l’Artisan laissa échapper un petit rire gêné.

« Ah, oui. Cerberus. Mais comment croyez-vous donc que je puisse accéder à une telle installation. Cela demande du matériel d’origine, pour pouvoir interagir avec la technologie enterrée ici. Si cela peut vous rassurer, je suis prêt à cracher sur le premier sigle que nous verrons. »

L’Artisan se tourna ensuite vers le plateau où les hautes herbes oscillaient au gré du vent. Il tendit un bras vers la montagne qui les dominait de toute sa hauteur.

« Bien. Si cela vous a convaincu, peut-être pouvons-nous y aller ? Je me demande s’il ne va pas pleuvoir. »

Sans vraiment chercher à savoir si le Butarien le rattraperait ou non, il commença à avancer vers la paroi rocheuse. Le complexe avait une telle taille qu’il était évident qu’il devait dissimuler un hangar à flanc de montagne. Peut-être quelques vieux chasseurs de l’organisation seraient encore en état. Visiblement, à défaut d’avoir convaincu définitivement, les explications de l’Artisan lui avaient évité un coup d’épée dans les côtes. Il continua donc sa marche tranquille vers les aspérités rocheuses. C’était forcément ici, cela transpirait la froide et logique organisation de Ceberus.

Arrivé au pied de la muraille de pierres, le vieil homme commença ses investigations. Autour de lui, les mercenaires s’étaient disposés en formation circulaire, embrassant à eux tous le large périmètre que constituait le plateau. Durant dix minutes, le vieil homme longea la paroi, cherchant un interrupteur dissimulé, la trace d’une porte ou une poignée. Rien. Ce n’est qu’au bout d’une bonne demi-heure, qu’il se décida à reculer de quelques pas, l’air contrit. Se pouvait-il qu’il se soit trompé ? Qu’il n’y est rien d’autre ici qu’un leurre destiné à tromper l’Alliance et ses sbires ? Non, c’était improbable. Toutefois, cet affreux doute lui tiraillait l’estomac. Et si… ? Et si c’était vrai ? Et s’il n’y avait rien d’autre que des fantômes ici ? Et s’il avait fait déplacé le plus connu des chefs d’Omega pour rien ? Et s’il était finalement destiné à mourir ici ? Et si Euryale s’était trompée ?

Il s’arrêta net. Euryale. Fébrile, il pianota sur son omnitech pour entrer en contact avec l’IV de son vaisseau.

« Euryale. Euryale, tu m’entends ? »

A son habitude, la réponse survint presque immédiatement.

« Haut et clair, Artisan.

- Euryale… Bien. Ecoute-moi. Je veux que tu actives de nouveau le transpondeur. Et que tu transmettes une demande d’accès en vertu du protocole d’assistance d’urgence.
»

En temps normal, toutes les installations de Ceberus étaient paramétrées pour recevoir ce type d’alerte. Si le complexe qui se trouvait dans le coin correspondait aux standards de l’organisation, il répondrait au moins par un accusé de réception. Fidèle à elle-même, l’IV ne répondit rien, se contentant de s’exécuter. Il se passa plusieurs secondes sans que rien ne se passe. L’Artisan sentit une sueur froide lui couler le long du dos alors qu’il croisait le regard d’Anton Ardak. Et finalement, au centre du plateau rocheux, une petite cavité s’ouvrit pour laisser sortir une petite console posée au bout d’un socle métallique qui culminait à plus d’un mètre du sol. Plusieurs soldats, légèrement surpris, avaient levé leurs armes avant de se rendre compte qu’il n’y avait rien à craindre ou à oblitérer. L’Artisan s’avança vers la console. C’était un engin basique, composé d’un clavier, d’un gros levier et de quelques ampoules dont plusieurs semblaient grillées. Malgré les traces de rouille, de poussière et de suie, l’installation semblait fonctionnelle. L’Artisan imaginait sans peine son vaisseau scannant à distance tout ce qui se passait grâce au puissant scanner embarqué.

« Euryale ? » demanda-t-il simplement.

L’IV n’avait effectivement pas chômé, et répondit immédiatement au commandant de la Gorgone.

« Il s’agit selon toute vraisemblance de la commande des officiers d’approches de la base. Il devrait réagir à un badge d’accès. »

L’Artisan se tourna vers Ardak. Il n’était pas très loin. Devait-il utiliser son badge ? Celui-ci avait été rendu anonyme par le vieil homme, effaçant son nom, sa photo pour ne laisser qu’une carte pratiquement vierge. Il décida, pour le moment, de ne rien en faire. Il avait la quasi-certitude que le Butarien finirait par apprendre qui il était vraiment. Le plus tard serait le mieux. Il se saisit d’une carte d’un officier qu’il avait trouvé lorsqu’il avait entrepris de commencer à piller les quelques vestiges de Cerberus. La carte émit un claquement en passant dans la fente prévue à cet effet, le système sembla prendre un temps pour l’analyser.

« Alder Vaductis, responsable armement des opérations extérieures dans les colonies. Autorisation d’accès accordée en accord avec le protocole d’urgence de priorité 2. »

L’ensemble de la console sembla se réveiller alors que l’imposant levier semblait être rétroéclairé comme pour signifier sa mise sous tension. Légèrement circonspect, l’Artisan poussa ledit levier vers le haut. Un ronronnement sourd se fit entendre sous leurs pieds alors que le sol se mettait à vibrer en continu. Des gyrophares oranges s’étaient activés le long d’un immense rectangle faisait pratiquement les deux tiers du plateau rocheux. Au bout de plusieurs minutes, le sol se scinda finalement en deux, dévoilant une immense porte qui s’ouvrit droit dans les profondeurs de la montagne.

Un immense monte-charge montait à leur rencontre. Lorsque ce dernier s’arrêta, arrivé au sommet de sa course, une vaste piste d’atterrissage pour vaisseaux légers venait d’apparaître. Il y avait de quoi loger plusieurs transports et une bonne vingtaine de navettes semblables à celle de l’Artisan. Des colonnes de ravitaillement en carburant étaient disposées à plusieurs endroit et tout un ensemble de conteneurs moyens estampillés Cerberus traînaient encore un peu partout. Une console holographique complète s’activa également dans un coin. L’Artisan se tourna vers Anton Ardak.

« Il me semble que la journée vient de gagner singulièrement en intérêt. Nous y allons ? »

Le vieil homme laissa au Butarien le temps de donner ses ordres en conséquence, et il se dirigea vers la zone d’atterrissage qui avait émergé du sol. C’était étrangement émouvant, pour le vieil homme. Il avait eu son lot d’installations de l’organisation suprématiste pillées à visiter, mais jamais il n’en avait trouvé une qui semblait encore intacte. Cela le renvoyait à ses meilleures années en tant que scientifique. Il ne devait pas penser à ça. Cerberus avait vécu, et appartenait désormais au passé. Il trouverait d’autres organisations, s’il en avait envie. Il arriva devant la console qui semblait attendre un ordre. Il prit quelques secondes pour l’examiner mais elle n’était pas sécurisée. C’était un simple contrôle de la zone et du monte-charge qui l’actionnait. Il patienta que tout le monde soit prêt, puis il activa la descente.

Dans un choc sourd, les engrenages se mirent en route et l’immense plateforme descendit vers le cœur de la montagne. Bientôt, la luminosité chuta dès qu’ils furent quelques mètres sous la surface. Un roulement se fit entendre au-dessus de leurs têtes alors que les portes se refermaient sur eux. Des lumières finirent enfin par s’allumer le long des parois, accompagnant ainsi leur descente. La descente sembla plus rapide que la montée. Ils étaient arrivés assez loin sous la surface, c’était une évidence. Au vu du temps que mettait la zone à se déployer, il ne devait guère s’agir d’une installation militaire. Le temps de réaction était trop long en cas de danger. Finalement, la descente commença à ralentir et les parois disparurent. Ils descendaient encore, mais avaient quitté le puits de descente. Le grand monte-charge s’interrompit dans ce qui semblait être une immense grotte noire. L’obscurité régnait en maîtresse absolue autour d’eux. Seuls de nombreux gyrophares oranges luisaient un peu partout, y compris autour de la zone, pour marquer le danger de la mobilité de la plateforme. Au loin, un klaxon d’alerte retentissait comme pour prévenir des équipes d’être prêtes. Evidemment, personne ne vint. L’Artisan pianota sur son omnitech.

« Euryale ? »

Un silence parcouru de quelques parasites lui répondit. Les communications ne passaient pas. C’était inutile d’insister. Il haussa les épaules et retourna à la console En fouillant dans les fonctions, il trouva rapidement celle qui alimentait les projecteurs de l’endroit. Quelques instants plus tard, de nombreux projecteurs perchés dans les hauteurs d’une immense voûte rocheuse s’allumaient un à un, dévoilant l’immense espace qui s’étalait devant eux. Tout un spatioport miniature s’étalait devant eux. Une bonne dizaine de transports étaient sagement alignés, pour certains encore branchés aux unités de distribution de carburant. Quelques chasseurs de Ceberus étaient parqués à part et une demi-douzaine de navettes était encore ouverte dans une autre zone. Il y avait de la place pour au moins quatre de plus, mais il n’y en avait nulle trace. Au loin, ce qui ressemblait à un contrôle aérien supervisait le tout, dans un bâtiment coiffé d’une bulle vitrée et de plusieurs paraboles sans doute destinées à communiquer malgré la profondeur des lieux. Ce n’était toutefois pas ce qui retint l’attention de l’Artisan. C’était l’immense porte anti-explosion qui barrait l’accès à ce qui devait être la base. Un grand logo Cerberus parfaitement intact après toutes ces années narguait les âges et les visiteurs impudents. Le tout était parfaitement conservé. L’Artisan s’attendait presque à voir débarquer des commandos pour venir les contrôler. Evidemment, personne ne vint et le vieil homme continua à pianoter sur la console jusqu’à ce que les deux grandes portes situées à bien deux cents mètres de leur position ne s’ouvrent enfin.

« Suivez-moi. »

Le ton était tout sauf affable, désormais. Il était complètement concentré et n’avait pas la tête à faire de la diplomatie. Alors qu’ils traversaient la zone d’atterrissage, un immense soupir lugubre se fit entendre alors que toutes les lumières perdaient brutalement en intensité avant de s’éteindre. L’Artisan s’arrêta subtilement alors qu’il entendait derrière lui les mercenaires réagir. Finalement, des lampes d’urgence se mirent à bourgeonner un peu partout, plongeant le grand hangar dans une atmosphère rouge assez oppressante. Face à eux, telle une sombre bouche béante, l’entrée de la base attendait pour les engloutir.

« Bon. Eh bien… Allons-y. »
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MessageSujet: Re: [Dhas] Les Ombres de Cerberus   Lun 15 Mai 2017, 21:36
L’humain venait de s’imaginer snober Anton.

Amusant.

A partir de quel niveau une action devient suicidaire ? Difficile de faire la distinction entre du culot pur et dure et une pulsion du suicide pleinement ancrée dans l’esprit, surtout lorsque l’acte au culot est tenté en face d’un seigneur de guerre butarien particulièrement sadique et dépourvu de la notion basique de pitié.
Toutefois, et peut être à dessin, l’Artisan avait sauvé sa vie par sa propre fonction. Anton avait besoin de l’humain, et l’humain avait besoin d’Anton, un calcul élémentaire qui sauva bêtement la vie à cet humain au passé moins trouble qu’il ne l’espérait. Enfin ça et le fait qu’Ibrahim jetait des regards désespérés à son supérieur pour qu’il ne plante pas subitement son poignard droit dans la colonne vertébrale du taré lui manquant de respect.

Toutefois c’est avec un grand sourire aux lèvres, et une voix extraordinairement amicale que le seigneur de guerre répondit aux phrases immensément osées du probablement ancien sympathisant ou membre de Cerberus. Foutus cafards impossible à éliminer. Il était toujours aussi impressionnant qu’autant anciens soutiens du mouvement xénophobe et suprématiste survive après tant d’années. De vrais vorchas.

« Bien que je suis convaincu. Dans une affaire mutuellement profitable, le doute n’est jamais l’allié du bien. »

Mais impossible de savoir si le vieillard avait entendu quoique ce soit, aussi Anton décida de prendre temporairement le commandement du commando, transmettant ses ordres dans un canal privé.

« On va changer cette fois-ci. On va faire des unités mixtes, deux membres du contingent d’affrontement, un membre du contingent d’insertion et un membre du contingent d’environnement. Le tout répété. Le surplus, vous collez au colonel. »

Donc un ingénieur, deux fusils d’assauts et un fusil à pompe par escouade. Très rapidement deux membres du contingent d’affrontement s’alignèrent à la suite d’Ibrahim, terminant la formation.

« Personne ne sait dans quoi on entre, aussi je veux que chaque porte, chaque pièce soient inspectées. Contingent d’insertion en avant, affrontement en soutien et environnement qui s’assure de la tenue des boucliers et armures. Si ça bouge, vous tirez. On discutera après. Le client ne donne pas d’ordres, vous passez par moi pour toute décision. »

Puis soudain, l’Artisan parvint à ouvrir les portes de la planque secrète. Il parut comme en admiration devant un tel acte, faisant soupirer le colosse butarien. Foutus cafards. Le fait que le vieillard eu utilisé un badge d’accès ne faisant que froncer d’avantage les arcades sourcilières du seigneur de guerre. Mais le plus ennuyant restait sans aucun doute le moyen d’accéder à la base. Par un foutu monte-charge. Les humains étaient-ils vraiment doués d’intelligence ?

« En effet, l’Artisan. Mon intérêt grimpe en flèche. »

Répondit sobrement Anton à l’assertion ridiculement chargée en émotion de son interlocuteur, toutefois le butarien ne ciblait peut-être pas tout à fait la même chose que l’humain pour le coup. Puis la troupe hétéroclite grimpa sur le monte-charge et ce dernier s’activa à la demande de l’Artisan. Ne restait plus qu’à espérer que des survivants de Cerberus s’y terrent et qu’une bonne chasse puisse y être organisée …

Malheureusement, les attentes du butarien allaient vite être douchée, car nul scientifique fou n’attendait la troupe à l’arrête du monte-charge, nul accueil musclé, rien que le bruit abrutissant des alarmes, et le silence pesant de l’absence de vie. Un tombeau à piller en quelque sorte. De son côté, l’Artisan ne perdait pas de temps et pianotait avidement sur la console la plus proche, réactivant les lumières locales, l’humain révéla aux intrus la présence de quatre magnifiques chasseurs monoplaces de Cerberus. Mais aussi six navettes.

Anton ne dit d’abord rien, réfléchissant longuement à ces découvertes, laissant le vieil humain guider la troupe parfaitement dispersée de manière à couvrir tous les angles et potentiels dangers. Le seigneur de guerre était tellement absorbé par ses pensées qu’il n’écoute pas le moins du monde les rares interventions de son client, lui laissant l’illusion du contrôle. Puis, sans prévenir, toutes les lampes cédèrent, plongeant la troupe dans le noir, puis seulement les lumières de secours prirent le relais.

Amusé plus qu’agacé, l’ancien chasseur de prime activa sa vision thermique.

« L’artisan, si possible, désactivez les lumières de secours. Nous pouvons aussi bien travailler sans lumière. Le Blackout d’Oméga nous a bien préparés après tout. »

Quelques Pacificateurs ricanèrent à se souvenir.

« Maintenant on va être clair. Vous restez en retrait, le Colonel Ibrahim assurera votre protection. Toutefois, comme vous êtes un habitué des structures dans le genre, je vous laisse le choix de diriger nos mouvements. Si le moindre danger se présente, vous suivez les ordres à la lettre et si ce n’est pas le cas on vous raccompagne à la surface le temps du ménage.

Est-ce bien clair ? »


La voix d’Anton était tout sauf d’humeur amicale. Et le seigneur de guerre se figea devant l’Artisan, attendant clairement une réponse, affirmative la réponse.



Je suis la fille d'Anton Ardak. Et accessoirement, reine pirate profitant actuellement de ses congés.
Kydra Lifith, 27 janvier 2202

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MessageSujet: Re: [Dhas] Les Ombres de Cerberus   Ven 09 Juin 2017, 03:32
« L’artisan, si possible, désactivez les lumières de secours. Nous pouvons aussi bien travailler sans lumière. Le Blackout d’Oméga nous a bien préparés après tout. »

Le vieil homme se tourna vers le Butarien, l’air surpris, alors que plusieurs mercenaires ricanaient à l’évocation de la gigantesque panne d’énergie de la station minière. Il n’était toutefois pas vraiment serein à cette idée. Les installations secrètes de Cerberus n’étaient pas précisément des endroits dénués de sécurité et il valait mieux rester prudent. Il regarda autour de lui, l’air inquiet, scrutant les nombreux coins d’ombres épargnés par les lumières rougeoillantes.

« Maintenant on va être clair. Vous restez en retrait, le Colonel Ibrahim assurera votre protection. Toutefois, comme vous êtes un habitué des structures dans le genre, je vous laisse le choix de diriger nos mouvements. Si le moindre danger se présente, vous suivez les ordres à la lettre et si ce n’est pas le cas on vous raccompagne à la surface le temps du ménage.

Est-ce bien clair ?
»

L’Artisan hocha du chef. C’était limpide. Il perdait le contrôle effectif de l’expédition. Mais ce n’était peut-être pas plus mal. Ledit colonel lui tendit une paire de lunettes à vision nocturne. Le natif de la Terre soupira et pianota quelques secondes sur son omnitech. Une à une, les lumières d’alertes s’éteignirent. Passé à l’arrière du groupe – mais pas en dernier – l’Artisan enfila ses lunettes et donna ses premières directives.

« Nous devrions pouvoir entrer par la grande porte ouverte. Selon mon expérience, il s’agit du principal module de la base. De là, nous devrions pouvoir trouver assez rapidement des bureaux, une zone dédiée à l’administration. En accédant aux terminaux des directeurs locaux, nous en apprendrons plus sur l’endroit et ce qu’il renferme. »

Prudemment et dans une obscurité si totale qu’on la sentait presque, ils progressaient vers le bord de la vaste grotte. Bientôt, ils passèrent sous l’épaisse porte anti-explosions entrouverte qui marquait la fin du hangar et le début des bâtiments, installations et autres modules scientifiques. Pour ce que l’Artisan en voyait derrière la palissade d’épaules carrées et de fusils d’assauts que constituait son escorte, les lieux semblaient habituels, rien de surprenant par rapport aux installations ordinaires de Cerberus. Les logos jaunes étaient parfaitement conservés et Valerion en venait à se demander si le laboratoire n’était finalement pas encore en service. C’était absolument impossible, et pourtant, le vieil homme continuait de se poser la question. Que faire s’ils tombaient sur d’anciens collaborateurs ? Le plus simple était de le supprimer sans autre forme de procès. Ils ne risqueraient pas de parler. Dans le même temps, il serait dommageable de se priver de potentiels cerveaux sans nul doute bien formés par l’organisation terroriste disparue.

« Oh, merde. »

Le regard du vieil homme venait d’accrocher quelque chose sur le sol. Le long d’un mur, un nombre assez conséquent d’os brisés et de squelettes éparpillés était visible. Visiblement, on avait réservé à ces gens un sort assez difficile. Là question était de savoir s’ils avaient été éparpillés après leur mort ou si c’était la cause directe du décès. Et dans tous les cas, qui ou quoi. Qu’est-ce qui pouvait causer une telle boucherie ? Et surtout, était-ce encore ici ? L’instinct de l’Artisan et la prise en considération de la loi de Murphy, dite de l’emmerdement maximal, lui disaient que oui. Ce qui n’était pas vraiment pour le réjouir.

« Il y a de grandes chances que ce qui a fait ça soit encore dans les parages. Vivant ou non, c’est une autre paire de manches. »

Il allait demander aux mercenaires de se montrer prudent mais ils le savaient forcément mieux que lui, il n’insista pas. Il ne donnait pas les ordres, il l’avait bien compris. Il payait simplement. Le Butarien en chef était susceptible et le vieil homme ne préférer pas heurter sa sensibilité sur l’affaire. Toutefois, l’Artisan donnait encore les directions à prendre. Il montra un couloir qui semblait donner sur un escalier.

« Nous devrions essayer par là. Avec un peu de chance, on trouvera des informations là-bas. »

Ils trouvèrent les escaliers qui les menèrent jusqu’à ce qui ressemblait à un vaste open space. Une bonne vingtaine de bureaux trônaient là, dans un ordre assez relatif. Quelques papiers étaient étalés au sol et le tout semblait avoir été abandonné dans la précipitation. L’Artisan ciblait un bureau isolé, susceptible d’avoir été celui d’un responsable. Il le trouva dans un bureau privé situé dans une pièce attenante. Comme il le pressentait, l’installation était encore sous tension. Quelle qu’ait pu être la mission de cette base, elle était sans doute toujours d’actualité, voire toujours en cours. Les niveaux d’énergie relevés par La Gorgone étaient décidément trop élevés pour n’être que de simples générateurs de secours. L’installation principale était encore en service. C’était d’ailleurs une performance, dix ans après la chute de Cerberus et sans doute la dernière opération de maintenance. Arrivé devant l’écran, l’Artisan s’installa sur le siège qui couina de surprise. Alors que l’écran s’allumait lentement, réchauffant des cristaux pratiquement figés définitivement, Valerion enleva ses lunettes et se concentra sur l’écran, fouillant quelques dossiers, ainsi que la boîte mail principale. Le tout était codé, mais il connaissait suffisamment le système de Cerberus pour passer outre facilement. A force de creuser, il trouva quelques rapports intéressants. Et ce n’était pas bon.

Mais alors, pas du tout.

Il soupira, se sentant blêmir face à la nouvelle qu’il venait de déterrer. Puis, il se tourna difficilement vers Anton, qu’il devinait derrière lui.

« Nous devrions peut-être avortez cette mission tant qu’il est temps. Nous sommes dans un centre de détention d’abominations moissonnées. Autant cela peut-être passionnant à étudier, autant c’est bien trop dangereux pour notre petite équipe. »

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MessageSujet: Re: [Dhas] Les Ombres de Cerberus   Mar 20 Juin 2017, 11:02
Jusqu’à cet instant précis ou les ossements des anciens de Cerberus furent trouvés, Anton s’emmerdait fortement. Il avait déjà connu cette exaltation de la base au premier abord abandonnée, il avait déjà connu la traque d’un survivant désespéré aux confins d’un centre de recherche, tout cela n’était pas nouveau. Alors certes, ce centre était d’une taille impressionnante, et certes l’ambiance était pesante, mais rien ne divergeait de l’habitude.

Ce n’est que lorsque ces ossements furent découverts que les poils du seigneur de guerre s’hérissèrent. Non pas de peur, rien d’aussi trivial, mais d’excitation. Alors certes, les carcasses permettent la plupart du temps d’indiquer qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil, ou qu’il s’agit de la tanière d’un prédateur. Mais ici, dans un centre de recherche des pires raclures de la galaxie ? Dans une base de ceux qui ont lâché les Adjudants sur Oméga ?

L’excitation fit apparaitre un large sourire carnassier sur le visage sauvage d’Anton, qui ne s’exprima dès lors plus qu’en signaux lumineux ou gestes lorsque la vision nocturne le permettait. Désormais les Pacificateurs se muaient en chasseurs.

Dans cette optique, Anton coupa toute communication, de même que ses soldats, seul l’Artisan s’exprimait encore, et les Pacificateurs le laissèrent faire à dessin. Dans toute bonne chasse au prédateur dangereux, il faut un appât. Heureusement, le reste de la situation se déroula sans accrocs, prolongeant infiniment ce plaisir qui perlait à chaque détour, chaque marche, chaque mouvement, chaque respiration.

Tout du moins jusqu’au moment où l’Artisan décida de s’installer mine de rien pour ouvrir les dossiers secrets cryptées de Cerberus avec une décontraction proche de l’hilarant si Anton n’avait pas tant envie de lui coller une balle symbolique dans sa nuque offerte. Toutefois, l’information était bonne à prendre, après tout Anton avait récupéré de nombreux dossiers cryptés au cours de sa carrière de tueur d’anciens de Cerberus.

Bien entendu, ces données avaient été bien supérieures à ses compétences, et l’envie de les remettre à des gens du Conseil lui avait vite passé. Maintenant ces dossiers pouvaient servir de monnaie d’échange, ou de tout autre chose. Mais peu importait, le fait est que l’Artisan avait une déclaration bien plus étonnante en tête.

Réactivant, sans empressement, les communications, Anton ne masqua nullement l’ironie pointant largement sous ses propos.

« L’œuvre de Cerberus résumée en une si petite déclaration. Maintenant je vais être clair. Pour la première fois de ma vie, je vais passer outre le passé d’un homme perdu au sein d’une milice xénophobe dégénérée, mais la contrepartie de cette amnésie est très simple, ce centre va m’être très utile.

Alors nous allons nettoyer cet endroit, je vais récupérer les chasseurs, une copie de toutes les études menées dans les environs et sûrement quelques autres trucs. De mon côté, il se trouve que j’ai récupéré quelques dossiers et autres documents cryptés de Cerberus, et je pense que les personnes capables de les décrypter auront tout à fait la chance d’en récupérer des copies.

Ce que les anciens du mouvement peuvent en faire m’importe peu, tant qu’il en découle une entre aide sincère et mutuellement profitable. Après tout je suis le premier ami des humains d’Oméga. »


Puis Anton communiqua directement à ses combattants.

« Dans le coin, on va se taper les petits frères des Adjudants. Ça va être costaud, alors on s’équipe en conséquence. Munitions Cryo, fusils à pompe. On active les baïonnettes. Je ne veux pas de tirs à longue distance ça fausse les capteurs et ça détourne l’attention.

Ibrahim, tu prends deux soldats et vous collez au nostalgique du bon vieux temps. Les autres on conserve l’organisation actuelle. »


De retour vers l’Artisan.

« Dans ce genre de situation ça ne sert à rien de se disperser, ou de prendre le temps de nettoyer la zone salle par salle. Ça nous prendrait six mois, le complexe est bien trop grand. Alors on va faire à l’ancienne. Un bon vieux siège. Comme on ne connait pas les forces en présence, ni le nombre, on va éviter de se retrouver piégé comme des cons.

Alors vieille ruse. Téléchargez un plan des lieux, on va d’abord trouver la zone ayant le plus de chance d’accueillir nos pensionnaires. La cantine locale. On trouve et évalue les forces ennemies puis on établira la meilleure stratégie. Faut bien que ces saloperies se nourrissent après tout. »


Alors seulement Anton coupa à nouveau ses coms et fit signe à l’Artisan de faire de même. La troupe attendit donc sagement que le plan soit téléchargé, que le vieil humain transmette la chose, puis ils s’élancèrent. Le chemin ne fut en vérité guère long, la cantine étant placée stratégiquement afin que tous les agents locaux puissent s’y rendre rapidement depuis n’importe quel point. Un gain de temps logique.

Arrivés devant l’entrée de la salle, la tension grimpa de plusieurs crans, les mains s’agrippant trop fermement aux manches des fusils, les regards cherchant la moindre trace de vie. Tout cela fit sourire Anton, qui appréciait sincèrement cette tension, ce moment guerrier. Finalement, le seigneur de guerre butarien s’élança enfin, passant rapidement les portes déjà ouvertes … pour tomber sur un charnier tout à fait écœurant.

Partout gisait les corps sans vie d’innombrables abominations. La plupart d’ailleurs laissaient découvrir leur ancienne existence, des turiens, des butariens, des asaris, et d’autres espèces encore. Il n’y avait aucun humain de visibles, juste une masse desséchée et presque momifiée de carcasses immondes. Il y avait du cannibale, de la brute, de la furie ou d’autres choses encore, mais chacun monstre était pourtant bien différent, comme si la transformation n’était que partielle.

Un élément du contingent d’environnement se mit à scanner méthodiquement les cadavres tandis que le reste s’assurait que rien n’avait survécu. Après quelques longues minutes de silence, Anton se dirigea vers l’Artisan et lui déclama d’une voix glaciale.

« Heureusement que mon avidité transcende ma morale hein mon cher ami. » Et cela était tristement vrai, même si l’utilisation de butariens rendait Anton furieux, il savait le vieillard trop utile pour être inutilement sacrifié. « Vous les humains avez du mal à vivre avec les autres. Mais qu’importe, aide moi et tu pourras faire toutes les expériences que tu désires. Mais j’espère pour toi que tu as vraiment les moyens de tes ambitions. »

Puis l’ingénieur Pacificateur intervint à son tour.

« C’est incompréhensible. Toutes les abominations sont mortes de faim et de soif, pourtant on a retrouvé plusieurs tonnes de nourriture dans les réserves. »

Des créations mal foutues, des êtres non destinés à survivre. La création des Moissonneurs et des idiots ayant rêvés maîtriser leurs technologies. Et même si l’idée de lâcher une armée de ces saloperies contre Shoran et les Trois Mercenaires aurait amusé Anton, il était hors de question d’utiliser d’une telle arme sur Oméga.

Pour ailleurs par contre …


Je suis la fille d'Anton Ardak. Et accessoirement, reine pirate profitant actuellement de ses congés.
Kydra Lifith, 27 janvier 2202

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[Dhas] Les Ombres de Cerberus

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