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 Même les chatons ont des griffes

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MessageSujet: Même les chatons ont des griffes   Ven 05 Mai 2017, 17:04
Intervention MJ : NonDate : Juin 2200 RP Tout public
Ravi Vertax ♦ Laecius Primus
Même les chatons ont des griffes




Même les chatons ont des griffes


L’orchestre jouait un morceau qu’il ne connaissait pas, mais qui au vu de l’enchainement des notes, ne pouvait venir que de la terre. Cela collé plutôt bien à l’ambiance de la soirée, à savoir, la définition même de l’ennui mortel. Couples et invités de marque entraient dans une longue queue bien trop ordonnée à son gout. Il aurait juste fallut la présence d’un petit bonhomme avec un bâton pour frapper le sol et annoncer les convives pour que cela paraisse définitivement ridicule à ses yeux.

Pourtant la plupart des convives ce soir étaient ses collègues, des camarades et pour certain même, des amis. Une majorité de superviseurs, comme lui, rassemblait afin de renforcer la cohésion de leur groupe. Pourtant il ne s’était jamais sentit autant éloigner de ses confrères et consœurs qu’en ce genre d’instant. La soirée annuelle des superviseurs, la première fois qu’on lui en avait parlé, il avait crût à une blague, puis il avait dût y participer, un vrai supplice. Et cette année ça recommençait, pour son plus grand malheur.

La plupart auraient rêvés d’être à sa place, soirée grand luxe, avec costumes, uniformes, robes de soirées. De l’alcool valant leurs salaires, un orchestre, d’immenses lustres aux plafonds, et des tables avec une nappe d’un blanc immaculé. Le conseil leur montrait leurs importance, tout en donnant une belle vitrine à tous les riches et puissant de la citadelle présent aussi ce soir. D’ailleurs, Laecius avait vu parmi les convives, deux personnes concernaient par une de ses enquêtes, ce qui l’avait amusé autant qu’agacé. C’était de la politique, de la poudre aux yeux, et c’est sans doute cela qui irritait le plus le turien.

Il aimait son rôle car sa logique était simple. Pas pour les courbettes. Et puis l’alcool avait beau être cher, il ne le trouvait vraiment pas terrible. Même pas de quoi se donner envie de s’enivrait pour faire passer la soirée plus vite. Son verre à moitié plein tournoyé d’ailleurs dans sa main alors qu’il était affalé sur sa chaise. Un coude posé sur la table, ça main libre sous son menton pour éviter que son crâne ne dodeline d’ennui, ses mandibules cliquetant de dépit.

On l’avait bien invité deux ou trois fois à danser, et il avait même accepter une fois avec une asari qu’il voyait souvent lors de ses enquêtes. Mais la jeune femme… enfin jeune, elle devait avoir facilement quatre fois son âge ! Bref. Elle s’était avérée un peu trop saoule pour rendre la chose intéressante, et Laecius avait bien vite trouvé une raison bidon pour s’éclipser.

L’orchestre commençait une nouvelle valse, et le turien sentit ses yeux roulés. Il avait besoin d’échapper un instant à ce carnaval. Il se leva et marcha d’un pas presque pressé vers l’immense balcon qui bordait la pièce, séparait d’elle par des tentures immenses. A peine eut-il mis le pied dehors qu’il se sentit revivre. Même l’air lui sembla plus pur. L’épais tissu coupait bien le brouhaha intérieur, l’isolant du reste de la plèbe.

Du moins de presque tous. L’ayant visiblement précéder, une turienne se tenait en appui sur la rambarde, le regard vers le vide. Laecius ne se priva pas d’un petit coup d’œil appréciateur sur celle-ci. Il aurait pu l’ignorer, ou s’éloigner dans une autre direction vu la taille du balcon, mais l’intimité des lieux réveiller sa sociabilité. Et le fait qu’elle soit elle aussi ici, loin des convives, le laissa espérer d’un moment plus agréable que la fête. Il s’approcha d’un pas tranquille.

-Si vous êtes entrain de chercher un point de sortie, je veux en être.

Feat. Ravi

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MessageSujet: Re: Même les chatons ont des griffes   Sam 06 Mai 2017, 03:09
Même les chatons ont des griffes
On avait tous nos petites habitudes. Chez certains, il s'agissait d'un claquement de mandibule à chaque rire, d'autres touchaient leurs tentacules quand elles stressaient, certains cassaient des gueules et d'autres se léchaient les lèvres avec nervosité s'ils se retrouvaient dans une situation épineuse. De la même façon, on disait globalement que chaque race et organisation avaient elles aussi leur petite manie. Qui était pour l'honneur, qui s'assurait de la paix galactique, qui vantait la beauté de ses traits...
Le SSC était naturellement soumis à ces lois des manies et des habitudes. En l'occurrence, il s'agissait du traditionnel bal annuel des Superviseurs. Une façon qu'avait le Conseil de remercier chaleureusement ceux et celles qui luttaient pour maintenir l'ordre, quitte à le payer de leur vie.

Comme chaque chose immuable, le bal se déroulait de la même façon. Dans un premier temps, à part de la salle de bal où se tenaient tables dressées, petits fours et champagne, on organisait dans le Hall une commémoration, les invités sagement réunis. On, à savoir les grandes pontes, faisaient un discours commémoratif, évoquant les noms de ceux qui étaient morts et dans quelles circonstances, on rappelait les médaillés, les blessés graves - ceux qui avaient demandés plusieurs mois de repos, on rappelait le contexte politique actuel et on rappelait que les races du Conseil était fière de ses représentants, et qu'elles souhaitaient un futur paisible et prometteur, une entente cordiale et continue. Après une salve d'applaudissements polis ou patriotiques, la réunion se clôturait par l'ouverture des portes et la promesse d'une soirée nantie et reposante. Après quoi, la foule se dispersait, plus ou moins proche de la nourriture ou des bouteilles. Une habitude finalement plus rassurante qu'utile, aux vues des serveurs qui passaient régulièrement, portant tantôt des canapés, tantôt des flûtes pleines. Ils avaient eu le bon goût d'entourer d'un ruban le pied des verres, les uns d'un tissus rouge pour les lévo, et les autres de tissus bleu pour les dextro. Une marque simple et distinguée qui évitait beaucoup de désagrément; dans une galaxie à double voir triple vitesse et aux organismes divers, il était utile de ne pas mourir suite à une intoxication alimentaire. Évidemment, les Volus avaient eux aussi des verres particuliers, mais la Turienne suspectait fortement qu'ils les tenaient plus par politesse que par réelle soif. A vrai dire, elle ne savait même pas si leur combinaison leur permettait de boire sans un système compliqué. Un peu comme les Quariens et leur fameux "port d'entrée d'urgence".

Sans surprise, cette fête rassemblait une bonne partie du SSC, puisque certains Superviseurs avaient réussis à récupérer des invitations pour des collègues, à moins que, dépourvus de cavaliers, ils n'aient emmenés des amis proches, avec lesquels ils travaillaient quotidiennement. Sans compter que les équipes des Superviseurs étaient invités d'office. Il s'agissait d'un événement social connu et reconnu, et dont certains s'arrachaient même la fameuse invitation dorée.
Il n'était pas difficile de deviner qu'il fallait une sacrée bonne excuse pour ne pas se présenter. De préférence une blessure au combat et non pas un "mon Spuma est malade, je dois filer, vous savez ce que c'est". Pas que Ravi ait essayé, bien qu'elle en ai mourut d'envie. C'était la raison pour laquelle elle était présente, ses trois doigts serrant fermement le pied d'une flûte alors qu'elle jouait par moment avec un bout du ruban. Sur ses lèvres se tenaient le "Sourire poli mais figé" reconnu universellement et approuvé par tous ceux qui discutaient avec un groupe de personnes dont ils ne savaient foutrement rien, mais hochait poliment de la tête quand ils vantaient les mérites du SSC. Au moins avait-elle échappée à la robe, se réfugiant derrière son statut pour porter l'uniforme et ses grades. Le bonheur avait néanmoins été de courte durée; sans le savoir, elle s'était déguisée en cible géante pour les dignitaires qui venaient faire part de leur admiration pour son métier et glisser, l'air de rien, leurs noms, des fois qu'on aurait un petit dossier sur eux, ou qu'ils pouvaient espérer une coopération future pour montrer au Conseil toute leur bonne volonté. Des lèches-bottes en puissance donc. Un ré-ga-leuh. Et ils refusaient de la lâcher, tentant de changer le sujet de la discussion dès que la femme faisait mine de s'éclipser. Par les Esprits, qu'on lui vienne en aide.

- Mesdames, Messieurs, je vous prie de m'excuser mais je souhaiterais vous emprunter la Superviseure Vertax.

- L'appel du devoir. Je vous remercie pour cette charmante conversation. Mesdames, Messieurs.

Un bras se glissa dans son dos, la poussant vers un autre endroit de la pièce. Les yeux verts de la Turienne hurlait un milliard de remerciement à l'adresse de Watson. Celui-ci finit par la guider près d'une petite table ronde où l'attendait une femme, une Asari et sa compagne Galarienne, ainsi qu'un second Galarien, réputé pour être l'un des anciens des équipes. Finalement, des gens sains d'esprits. On avait entendu ses prières.

- Watson, vous venez de me sauver la vie. Faites moi penser à signer votre prochaine demande d'augmentation dès qu'elle sera sur mon bureau.
Officier A'Reak, Madame Salok, Monsieur Jibs, c'est un plaisir de vous revoir. Et vous devez être Madame Watson, c'est bien cela?


L'Humaine était indienne, lui avait un jour précisé Watson, comme si l'information était utile à une femme qui n'avait jamais foutu les pieds sur Terre. Malgré tout, elle avait pris bonne note et c'était renseignée sur l'extranet. Ces origines expliquaient la peau brune, ainsi que les yeux un peu en amande, avec des reflets noisettes et les cheveux soigneusement attachés dans une coiffure traditionnelle que portait fièrement l'épouse d'Abaigh. Elle lui tendit une main portant quelques bagues et bracelets discrets mais présents, ainsi qu'un étrange tatouage qui devait lui aussi être typique.

- Madame Abaigh à vrai dire, mais Eran m'a raconté de nombreuses fois que vous l'appeliez "Watson". Je vous en prie, vous pouvez m'appeler Ambuja.

Il y eut un instant de silence, suivit d'un claquement de mandibules.

- Puis-je continuer à vous nommer "Madame Watson", si cela ne vous dérange pas?

L'Humaine ria. Un petit rire cristallin des gens biens nés, qui restaient polis dans le moindre de leurs gestes.

- A condition que vous me permettiez de vous appeler Ravi. Votre nom est, coïncidence amusante, un nom assez commun en Inde. Je n'aurais jamais imaginé que des Turiens puissent le porter, pour tout vous avouer.

Il s'en suivit un échange bien plus amusant qu'auparavant, ou chaque convive apporta sa petite contribution sur les prénoms les plus communs ou les plus étranges qu'on portait sur les planètes d'origine. On se découvrit des points communs, des différences flagrantes et même des sens très différents qui provoquèrent tantôt l'hilarité, tantôt une gêne pudique.

- Oh... Je dois vous avouer que j'ai toujours eu du mal avec la capitale de Palaven... Il est vrai que ce nom a des consonances quelques peu ... particulières chez nous.

- Chérie... Superviseure Vertax, puis-je vous emprunter ma femme le temps d'une danse?

Le couple parti après une approbation, suivit de A'Roak et Salok. Même Jibs s'éclipsa pour rejoindre des amis à lui. Désormais seule, l'ancienne Cabale ne bougea pas tout de suite. Elle passa un moment à balayer la salle du regard, observant une fois les groupes qui discutaient, une fois ceux qui dansaient sur la piste réservée à cet effet. Ils avaient l'air heureux.

Avalant sa coupe d'un trait, la femme reposa le verre sur la table, puis longea discrètement les murs, évitant de s'éloigner trop de la foule pour ne pas se faire repérer, mais évitant aussi de s'en approcher de trop afin de ne pas se faire happer par des mains désireuses de reconnaissances. Elle louvoya ainsi jusqu'à atteindre la porte du balcon et se glissa à l'extérieur sans faire de bruit.
La porte se referma doucement derrière elle. Ses traits s'adoucirent soudainement, et elle soupira de bonheur. L'intérieur avait une ambiance trop... trop. Trop guindée, trop amoureuse trop... Vraiment, vraiment trop. Le genre de trop dont on savait ce qui était trop mais sans avoir vraiment envie de le nommer directement.

Les alentours étaient calmes, même pour cette heure de la "nuit" sur la Citadelle. Le Présidium était sans doute le seul dont l'activité connaissait une baisse, même si à peine sensible, par rapport aux autres quartiers. Le QG du SSC avait des équipes de jour comme de nuit, de même que les ambassades ou les différentes grandes infrastructures administratives, mais on sentait que les visites n'étaient pas autant attendu qu'en "journée". Pour cette raison, on ne voyait presque aucun taxi survoler le lac, et très peu d'habitants déambulaient les rues en contrebas.

La Turienne s'accouda à la rambarde, laissant son regard dériver sur chaque élément sans trop les voir. Elle n'appréciait pas cette soirée. Chaque année, c'était la même obligation forcée, dont elle s'éclipsait comme elle pouvait au plus tôt. Si Latis avait été là, encore... Ils auraient pu se mêler aux autres couples, se supporter l'un et l'autre. Lui aurait roulé des yeux alors qu'elle aurait commenté ceci ou cela des autres invités. Et la présence des autres ne l'aurait pas fait se sentir si seule.
Merde, elle détestait vraiment cette foutue soirée.

Un nouveau soupire passa ses mandibules, sans doute plus soufflé que le précédent. Elle se jura, comme chaque année, qu'elle trouverait une bonne excuse pour ne pas y participer l'année d'après. Elle trouverait, qu'importe la raison. Peut-être mieux que le coup du frère malade, cette fois-ci. Elle essayerait avec une crise familiale. Ou soudoierait un gars de l'équipe technique pour qu'il lui créé une hologramme. Ce plan là pouvait peut être marcher... Oui, c'était une piste à creuser, maintenant qu'elle y pensait.

-Si vous êtes entrain de chercher un point de sortie, je veux en être.

Une autre âme errante, venue chercher une grande bouffée d'air et un peu de solitude. Un Turien, d'après l'effet Flanger de sa voix. Sa collègue continua de fixer le vide.

- A vrai dire, je crois l'avoir trouvé. Il suffirait de sauter. Je suis persuadée que j'arriverais à freiner ma chute en utilisant ma biotique... On doit être à trois étages de hauts non? Quelque chose comme ça. Oui, ça a l'air faisable.

Elle se pencha un peu plus en avant, scrutant la semi-obscurité éclairée par les éclairages décoratifs. Elle pouvait le faire. Seule facilement, moins accompagnée. Mais il y avait là une idée, un moyen de filer à l'anglaise et sans qu'on la remarque. De toute façon, ce n'était pas comme s'ils notaient chaque invités. Une fois qu'on les avait vu arriver, on ne se souciait plus de savoir si on les avait vu partir ou non. Encore moins si on avait un coup dans le nez.
Reprenant son sourire habituel, elle grimpa sur la balustrade, tenant son équilibre à l'aide de ses bras dans un premier temps, puis sans balancier par la suite. Elle fit quelques pas sur la gauche et la droite, cherchant le meilleur point de chute.

- Là. Au pire, si je me foire, il y a toujours les buissons.

Elle se retourna en tournant sur elle même, se bloquant face au Turien. Beau gosse. Blanc avec des tatouages noirs, mais un port altier et un petit quelque chose dans sa posture qui faisait que. Un Turien plutôt Turien, dans le bon sens du terme. Un petit quelque chose de Latis peut-être, selon ce que lui soufflait l'alcool et ses regrets. Elle les chassa vite, ne faisant pas apparaître autre chose que sa bonne humeur éternelle.

- Ravi Vertax au fait. Ça te tentes de partir pour une aventure, collègue?

Il aurait difficilement pu cacher son insigne et ses grades.

Elle lui tendiat la main, légèrement penchée vers lui. Il pouvait décider de la ramener vers lui, la faisant revenir en sécurité sur le balcon, ou tenter le pari un peu risqué de voir si une biotique assez entraînée pouvait éviter une jambe cassée à deux fuyards.


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MessageSujet: Re: Même les chatons ont des griffes   Sam 06 Mai 2017, 13:11


Même les chatons ont des griffes


La surprise, c’était là un sentiment qu’il appréciait, mais qu’il ne vivait que trop peu. Après presque vingt années de services, il connaissait bien les réactions des gens. Mais il dût admettre qu’il n’avait pas vu venir la réaction de cette nouvelle rencontre. Et il trouva cela extrêmement agréable.

Elle était belle, même parmi les turiennes, aussi sombre qu’il était clair. Les traits de son visage ravivé par des marques d’un bleu clair indéfinissable, soulignant plus encore l’intensité de son regard rieur. Une superviseuse au vue de sa tenue aussi décorée que la sienne, même si son attitude et ses gestes presque dansant rappelèrent plus à Laecius un félidé géant qu’un soldat.

Ses mandibules remuèrent de surprise, alors qu’il cherchait dans les paroles de la nommée Ravi Vertax la moindre trace d’humour. L’amusement était évident, mais le projet lui semblait tout à fait sérieux. Il ne sut vraiment dire si c’était le goût pour l’inconnu, ou une envie irrépressible de quitter cette soirée où ni l’un ni l’autre ne semblait être à sa place. Mais quand il saisit la main de la turienne, voulant la ramenée vers lui, il se sentit bondir à son tour sur le balcon.

Il jeta un regard dans le vide. La distance était tout de même conséquente, si sa nouvelle acolyte ne possédait pas la parfaite maîtrise de ses pouvoirs, ils y perdraient quelques plumes. Il reporta son regard vers la sombre turienne. Il aurait pût hésiter, la questionner, ou lui proposer plutôt de boire un verre tranquillement. Si ça se trouve elle n’était même pas biotique. Il haussa les épaules.

-Après tout, on ne vit qu’une fois.

Il passa un bras autour du bassin de sa compagne et la serra contre lui. Il ne comptait pas prendre le risque d’être hors de la zone d’influence de ses pouvoirs, et puis ce n’était pas désagréable d’avoir une belle créature contre soit pendant une chute potentiellement mortelle. Il lui sourit, et d’une simple impulsion du pied, les projeta vers le vide.

Il y eut un instant de battement, pendant lequel il regretta son bord de balcon, mais l’excitation prit le dessus. Et Ravi Vertax tendit les bras autour d’eux, une vague d’énergie bleue quitta ses mains et les engloba. Leur vitesse décrut considérablement sans pour autant stopper leur mouvement. Le sol se rapprocha en quelques instants. Et Laecius relâcha son étreinte à deux mètres du sol, leur permettant à tout deux d’atterrir sans encombre. Il sentit une vibration parcourir sa solide ossature quand ses pieds heurtèrent le sol, mais il sut immédiatement qu’il n’y avait pas de casse. Il se redressa et se tourna vers la biotique.

-Je...

Une patrouille du SSC débarqua au bout de l’allée dans laquelle ils avaient atterri. Laecius saisit machinalement la main de Ravi et l’entraina dans les buissons bordant le chemin. Ils regardèrent la patrouille passer, et il trouva particulièrement drôle d’esquiver les policiers chargés de la sécurité de leur soirée. Dès qu’ils furent hors de portée de voix, il reprit.

-Une réussite totale, les hôtesses sont très accueillante, je repasserais par votre compagnie.

Il fit un clin d’œil amusé à sa collègue et ses mandibules claquèrent de joie. Là, dans ce genre de situation, il s’amusait bien plus. Ils se faufilèrent entre les patrouilles pour finir par débouler dans la zone principale du présidium, à quelque rue de la soirée. Il aimait la tranquillité ambiante des nuits ici. Les fontaines jaillissaient à quelques mètres d’eux, une clarté au reflet bleue dans l’obscurité des lieux. La scène ressemblait étrangement au visage de celle qui se tenait à côté de lui.

-Laecius Primus. Tu as sauvé ma soirée Ravi.

Il avait naturellement tutoyé la jeune femme. Comme un compagnon de jeu dans une cours d’école, il avait laissé la proximité de l’instant guidé son comportement. Elle le corrigerait dans le pire des cas. Il posa ses mains sur ses hanches.

-Alors, où nous mène notre aventure ensuite ?

Feat. Ravi

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MessageSujet: Re: Même les chatons ont des griffes   Lun 08 Mai 2017, 02:24
Même les chatons ont des griffes
Il grimpa. Ou plutôt il bondit sur le balcon d'un saut puissant, se rattrapant avec force. Donc, il se laissait faire. Impressionnant; avait-elle bien pensé à préciser le potentiel degré de mortalité de leur petite escapade? Elle était sûre que oui. Mais en tout cas... Il n'avait pas froid aux yeux. C'était plaisant, bien qu'attendu pour un Superviseur.
Elle lui sourit, ses bras désormais croisés sur sa poitrine, alors qu'elle l'observait évaluer les distances. Pas froid aux yeux, très bien, mais pour combien de temps ? Parce que, pour se jeter dans le vide au bras d'une inconnue, il fallait plus que du courage. Une bonne dose de folie était demandée. Une que tout le monde n'avait pas. Oh, et une confiance aveugle aussi.

- Après tout, on ne vit qu’une fois.

Le contact inattendu eu de quoi troubler. Comme s'il y était invité, son confrère se colla contre elle, pressant son corps tout contre le sien. Ravi tenta un mouvement de recul, bien vite entravé par la prise ferme qu'il avait alors qu'il refermait ses bras sur ses hanches. Il fallait l'avouer, le Turien venait de la surprendre. Mais il avait quelque chose de ... réconfortant. Elle se surprit à fermer un peu les yeux, évitant de justesse un ronronnement.
La mélancolie ne lui allait pas. Elle lui faisait faire des choses stupides. Mais... C'était une simple accolade serrée. Tu parles. Rien de plus. Et puis, il le fallait bien. Il devait vouloir la ramener sur le balcon malgré tout. Trouves toi des excuses.

....

Ouuuuuuu il ne voulait pas la lâcher alors qu'il se projetait sans prévenir dans le vide, laissant la gravité accomplir son travail. Vive, la biotique écarta les bras autour d'elle, relâchant soudainement l'ezo pour créer une zone de "vide" autour d'eux, troublant la physique de ce monde pour la plier à sa volonté. Leur chute ralentit et, ses paupières mi-closes, elle affichait le sérieux et la concentration d'une femme qui évitait à deux êtres de sacrées blessures.
Elle était belle, sereine, puissante, imperturbable. Un masque d'argile, qui cachait bien ce que pensait le cerveau. Lequel eu la conversation suivante :

Oh putain mais le con ! Comment il croit que la biotique marche lui ?! Et si je n'avais pas réagit à temps, on aurait eu l'air malin bon sang.
Allez ma fille... On se concentre... Voilà, un filet de gravité. Ok, tu gères. Bien... on évite de tomber dix mètres plus bas. Cooooncentration... Bien. Bon, il est mignon, mais qu'est-ce qu'il est lourd... Lui, il a dû abuser des petits fours tout à l'heure. Eh bien, pour quelqu'un qui n'a jamais fait ça à deux, tout se passe bien. Et hop, le sol. Zéro casse.

Je suis gé-ni-ale.


Le duo atterrit souplement au milieu des buissons. L'éclat bleu disparu alors que Ravi relâchait la pression, soufflant tandis que la fatigue venait couvrir ses épaules comme un manteau. Elle s'en accommoda, s'en emmitouflant avec habitude. Le pire, c'était la sensation de faim qui allait venir après ça. Au moins, contrairement à un certain Turien, elle pouvait grignoter sans prendre trop de poids.
Fière, elle claqua des mandibules, regardant son "passager" qui se remettait de la sensation de chute contrôlée.

- Merci d'avoir utilisé Vertax Airline. Nous vous rappelons pour les prochains vols que la limite de poids est d'un bagage à main et un en soute. Notre compagnie vous souhaite une bonne journée et espère vous revoir prochainement sur notre vol.

- Je...

Sans finir sa phrase, il l'entraîna vers les buissons. Un coup d’œil hors de la zone lui apprit la raison de ce mouvement soudain. Des collègues patrouillaient, cherchant ce qui pouvait avoir provoqué le soudain éclat. Ils passèrent à côté d'eux sans les remarquer. Ils devaient chercher quelqu'un en mouvement, et non deux adultes qui se cachaient comme des enfants. D'ailleurs, ils n'avaient aucune raison de se camoufler de la sorte. Ils étaient Superviseurs après tout et leurs uniformes et grades affichés en attestaient. Et pourtant...
Pourtant, c'était amusant. Se dissimuler des collègues, comme s'ils étaient deux fuyards... La Turienne se laissa prendre au jeu, portant un doigt sur ses lèvres pour faire signe à Laecius de se taire. L'hôpital qui se foutait de la charité; elle même étouffait un léger rire entre ses mandibules, les yeux pétillants. Ils émergèrent une fois que les pas s'étaient suffisamment éloignés.

- Une réussite totale, les hôtesses sont très accueillante, je repasserais par votre compagnie.

Elle esquissa une demie révérence en guise de remerciement. Puis, lui attrapant la main, ellle le guida à travers les ruelles. Ils sautèrent de buissons en buissons, se camouflèrent à des angles, passant entre les patrouilles comme des anguilles. Ils finirent par débarquer dans la rue principale du Présidium, déserte.
Ravi s'étira, "roucoulant" se faisant. La fatigue commençait à refluer, mais la faim elle restait, réclamait son corps comme conquête de la soirée, refusant d'y partir sans une lutte âpre et acharnée. Elle allait devoir sortir les grands moyens.

- Laecius Primus. Tu as sauvé ma soirée Ravi.

- Allons, c'est la moindre des choses. Ravi, Cabale, Superviseuse, défenderesse de la veuve et des collègues en détresse... Esquiveuse des soirée ennuyeuses? Ça le fait, comme titre?

Il posa ses mains sur ses hanches. Elle ne les enleva pas. Bravo. A vrai dire, elle se surprenait à apprécier le contact. Ah ! Après tout, pourquoi pas? Hmph. C'était un jeu. Tout n'était qu'un jeu. Mes mandibules. A vrai dire, elle posa même sa main gauche sur sa hanche, comme si la main de son confrère n'y était pas, alors qu'elle se tapota la mandibule d'un doigt. Vraiment ? Elle lui souriait, dévoilant ses dents avec amusement. C'est ça, sourit, sourit. Tu es...

- Alors, où nous mène notre aventure ensuite ?

- Et bien... Nous sommes devenus deux fuyards recherchés maintenant. Son ton sérieux contrastait mal avec son air rayonnant. Il va falloir qu'on fuit. Peut-être même qu'on se renomme. Je te propose "Velrun Albirian". Quant à moi, je serais... Junea Aper ? Mmmh, non.... Sidonia peut-être ? J'ai une tête à m'appeler Sidonia à ton avis ? Ravilla Aper? Trop évident, hein ?

Elle secoua la tête négativement.

- Oublions les fausses identités. Il va nous falloir de nouveaux vêtements, une planque ... De quoi manger. J'ai faim, tu n'as pas faim ?

Elle s'approcha un peu plus de lui, comme si elle examinait attentivement son visage, avec toute l'application dont elle pouvait faire preuve. Elle s'amusait de la proximité, cherchait à le troubler.
Hey bien. On pleure Latis pour se jeter dans les bras du premier venu ? Ce n'était qu'un jeu. Tu l'as déjà dis. Je ne te crois toujours pas. Une façon de s'amuser. Il avait voulu la troubler, elle ne faisait que se venger à son tour. Mais oui, répètes le, si ça te rassure. Et puis, elle était veuve, pas morte. Belle excuse! Un jeu, innocent, tout au plus. Tu mens. Elle avait bien le droit de vivre, après tout. Pleure puis oublie. Quelle garce cette petite voix pernicieuse qui essayait de la troubler. Qu'elle siffle. Je sifflerais. Elle n'y ferait pas attention. Tu essayeras tout du moins.

- Trop de petits fours, piqua-t-elle avec un ricanement. Pas de place pour... disons un Burritos? Je tuerais pour un Burritos. Et je crois qu'il y en a un au début des secteurs.

Ravi baissa les yeux sur sa tenue, hocha des épaules et retira les grades accrochés à sa poitrine avant de se débarrasser de sa veste, l'attachant autour de ses hanches. Elle la repasserait une nouvelle fois. En attendant, sa tenue était plus passe-partout; bottes cirées, pantalon noir mais débardeur, petite folie vestimentaire qu'elle s'était permise, sachant très bien qu'elle ne déboutonnerait pas sa veste de la soirée. De la soirée officielle, en tout cas.

- Métamorphose achevée. On y va?

Elle n'attendit pas son consentement, lui attrapa le bras et marcha dynamiquement jusqu'aux ascenseurs, adressant un petit signe de la main aux gardes du SSC qui montaient la garde. Un la regarda avec un haussement de sourcil, les deux autres ne réagirent pas. Elle poussa le Turien dans la cabine, pressa le bouton et s'appuya contre le panneau, désormais séparée de Laecius de quelques pas. S’il faisait mine de s’approcher, elle reculait. S’il reculait, elle s’approchait. C’était une danse. Se chercher, se fuir. De la séduction oui. Ils auraient bien dansé de toute façon, à la soirée. Pas dans ce contexte. Ni de cette façon. Elle se régalait à le voir chercher ce que cela signifiait. Les enquêtes, c'était un peu le quotidien des Superviseurs après tout. Excuses, hein ?. Quelle originalité. C'était ironique, au cas où.
Elle échappa à son contact d'un bond agile lorsque les portes s'ouvrir, lui adressant un clin d'oeil.

- Trop lent. Dépêches toi !

Tournant les talons, elle se mise à trottiner, esquivant les piétons déjà plus nombreux dans cette zone, tout en s'assurant que Primus la suivait bien, ni qu'il la perdait du regard. Ils avaient de toute façon cinq-cent mètres maximum à faire.
Il la retrouva devant le restaurant, l'air concentré sur le menu. Le problème d'une biotique qui avait faim, c'est qu'elle commandait la moitié de la carte. Ce qui laissait une moitié à éliminer de ses choix.



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MessageSujet: Re: Même les chatons ont des griffes   Lun 08 Mai 2017, 03:52


Même les chatons ont des griffes


Elle parlait encore plus vite qu’elle ne pensait, et c’était une chose peu facile au vu de la fulgurance de ses idées. L’une de ses mains avait rejoint la sienne sur sa hanche ? Il se l’était permis sans vraiment s’en rendre compte, avec le naturel du complice intime. Il avait failli les ôter avant que les trois doigts de la fine main de Ravi ne vienne recouvrir la sienne. Il hochait la tête à chaque idée de sa congénère comme pour valider le plan de vie qu’elle était entrain de tracer pour les deux hors la loi qu’ils étaient devenus. Mais il n’arrivait pas à gommer son sourire pour prendre un air aussi sérieux qu’elle.

Seule ombre à leur monde idéal en construction, était le débat intérieur que semblait mener la turienne derrière ses yeux rieurs. Toutes les deux ou trois secondes, il percevait un mouvement de fuite dans son regard avant que celui-ci ne se braque à nouveau sur lui. Elle avait l’esprit plus complexe que les fous qu’ils s’amusaient à jouer. Il ne prit pas la peine de lui faire remarquer, ils étaient là, tous les deux, dans l’instant présent, et c’était agréable.

Elle se rapprocha de lui, d’un seul pas, mais cette simple distance changé énormément de chose dans la perception de leur échange. Il n’envisagea même pas de reculer, bien que ses mandibules cliquetèrent d’amusement autant que d’étonnement. Il ne se permit pas non plus de voir là une avance concrète, tout au plus ses longs doigts serrèrent-ils un peu plus les hanches de la belle.

-Ah si tu me prends par les sentiments, je pourrais bien faire l’effort de manger un burritos ou deux… hum peut être quatre. Enfin si tu n’as pas tout mangé.

Elle s’écarta de nouveau de lui, et ses mains la laissèrent s’échapper, à contre cœur, il dû se l’avouer. Alors qu’elle entamait la création très sommaire d’un déguisement passe partout, lui prit tranquillement la pose en la regardant faire, tel un styliste observant un modèle. Elle eut finit bien vite.

-Très seyant !

Elle le tira par le bras et il la suivit docilement en pouffant. Il eut tout juste le temps d’arracher ses blasons de sa main libre et de les enfouir sous sa veste avant qu’il n’arrive aux ascenseurs. Les seuls regards furent pour Ravi et sa tenue légère, les portes se fermèrent sur eux sans qu’il eut besoin de dire un mot. Une étrange valse débuta alors, sans vraiment qu’il ne comprenne comment, ni le sens des pas qu’ils effectuaient, mais il aimait ça. Il avait simplement voulu se rapprocher d’elle, elle avait subitement reculé, pour se rapprocher plus prestement encore quand il fit mine de se détourner. Un jeu de chat et de souris où les rôles s’inversaient en permanence.

Il essayait de la décrypté tout en s’amusant franchement de cette lutte silencieuse. Enfin il la coinça, ou se laissa-t-elle attraper ? Il n’aurait vraiment pu l’affirmer. Elle avait les bras croisés dans le dos, contre la paroi, les siens l’encadraient formant une barrière plus imaginaire que physique. Leurs mandibules claquèrent presque en même temps. Mais les portes s’ouvrirent et elle fila entre ses doigts comme une anguille. Elle le narguait déjà en se mettant au pas de course.

-Saleté…

Il rit et se lança dans un sprint effréné, la rattrapant en quelque foulées, qu’elle s’amusa à élargir en accélérant son propre rythme. Leur trajectoire se divisa à la rencontre d’un étal, chacun le contournant par un coté. Laecius bondit de justesse par-dessus un banc et pila devant un petit jardin artificiel. Ravi venait tout juste de rentrait dans un restaurant. Il fut bien plus amusé que déçu, il se pencha puis la rejoignit.

C’était un restaurant qui ne payé pas de mine, presque une buvette, bien qu’un peu plus grand, mais cela correspondait bien plus à son style que les grand plateaux d’argent de la soirée qu’ils avaient fui. La clientèle aussi, des soldats, de citoyens de second plans, quelque gars de la maintenance, bref, ceux qui étaient les vrais habitants de cette station. Il s’affala sur son siège l’air faussement épuiser, et déposa la fleur qu’il venait de cueillir dans le verre le plus proche.

-Je me suis dit qu’un peu de verdure serait agréable dans le vaisseau qui nous servira à fuir.

Par-delà la carte brandie entre eux, il ne voyait que les yeux de la turienne, remontant fréquemment vers lui. Vifs, triste mais rieur. Il posa le dos sa main sur son front dans un geste théâtral.

-Oh point de moquerie gente demoiselle, il me fallut affronter une meute de spuma sauvage et un yagh pour vous porter ce présent.

Il s’empara d’un petit gâteau apéritif posé dans un bol sur la table et croqua dedans avant d’ajouter en la pointant du doigt.

-Ce qui est bien sûr la seule raison pour laquelle tu as gagné ! Prend ce qui te chante, je t’invite, après tout je te dois la vie. Bon c’est aussi toi qui m’as proposé de la risquer, mais ce n’est qu’un détail.

Des années de combat lui avaient appris le cout à payé pour un biotique puisant dans son don, et même si ils avaient trouvés ça très amusant, l'effort de Ravi n'était pas si loin que ça d'un exploit. Il lui fit un clin d’oeil amusé avant de contempler la carte. Il avait décidément bien envie de Burritos.

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MessageSujet: Re: Même les chatons ont des griffes   Mar 09 Mai 2017, 20:17
Même les chatons ont des griffes
La carte faisait office de mur, faux fort destiné à la cacher. Ou plutôt à la cacher partiellement, car elle sortait d'elle même la tête de temps à autre, guettant le moment où Laecius arriverait pour la rejoindre. Il était difficile de voir en elle une Turienne de 35 ans. Pour sa défense, elle venait de les avoir depuis peu, mais quand bien même. Que les rageux ragent ; elle s'amuserait et vivrait comme elle l'entendait. Elle avait passé des années à apprendre cette leçon et était désormais bien décidée à la garder en tête.
Un serveur déposa à côté d'elle un petit bol de biscuits apéritifs; elle le remercia d'un signe de tête. Avait-elle semé son compagnon d'arme, ou bien n'avait-elle aucune patience ? Un peu des deux, un peu des deux... Plutôt que de continuer à guetter, elle reprit la lecture fort passionnante du menu, naviguant d'un burritos à l'autre, d'un accompagnement aux desserts, parcourut la liste des boissons en diagonale, étudiant finalement les menus avec l'air intéressé de celle qui ne sait pas quoi choisir mais qui finira bien par se décider.
Laecius arriva lors de cette étude minutieuse. Il prit l'air de l'homme qui venait d'affronter vents et marées et glissa une fleur pâle dans son verre. Des pétales allongées, d'un rose discret au centre qui s'étendait ensuite pour passer à un blanc légèrement coloré. Elle venait sans doute d'un monde Asari; même coupée, elle laissait échapper un peu d'ezo violet, comme un dépôt de pollen qui disparaissait bien vite. Elle avait un certain charme ; dommage qu'elle cesserait bientôt d'en produire, finissant par devenir une simple fleur, puis faner.

- Je me suis dit qu’un peu de verdure serait agréable dans le vaisseau qui nous servira à fuir.

Elle leva un sourcil. La carte faisait toujours barrage et masquait une partie de son champ de vision, mais elle ne manqua pas le grand moment de théâtre du Turien lorsque celui-ci porta la main à son front, gémissant dramatiquement.

- Oh point de moquerie gente demoiselle, il me fallut affronter une meute de spuma sauvage et un yagh pour vous porter ce présent.

Elle lui répondit par un sourire moqueur. Elle ne l'aurait pas cru romantique. En même temps, ils ne se connaissaient pas réellement. Et dire que tu veux te jeter dans ses bras. Je n'ai jamais dit ça. Juste que je ne le connaissais pas. Oui, mais il te tente. Après tout, pourquoi pas. Tu me le reprocherais ? De vouloir vivre, et ne pas être une veuve éplorée ? Non; mais regretter Latis et te jeter au cou du premier venu, si. Jalouse. Non. Mais tu l'oublies lui. Non. Tu vois, dès que j'en parle, tu te replies. ...

- Evidemment. Je suis touchée de voir que même en cavale, un bandit tel que toi a un certain sens du romantisme.

Romantisme ? Pardon, en quel honneur ? Pour avoir sauté avec toi ? Vraiment tu ... Tu sais pourquoi je suis venue dans ce restaurant ? Par faim. Et pour la Tequila. ... Héhé.
La voix se tut, vexée. Mais je reviendrais.

- Ce qui est bien sûr la seule raison pour laquelle tu as gagné, reprit-il après avoir avalé un des biscuits apéritifs. Prend ce qui te chante, je t’invite, après tout je te dois la vie. Bon c’est aussi toi qui m’as proposé de la risquer, mais ce n’est qu’un détail.

- La risquer, la risquer, allons. Je savais parfaitement ce que je faisais, lâcha-t-elle alors qu'elle caressait une pétale entre deux doigts. Elle était douce, un peu comme du "velours". Ou la fourrure d'un Spuma, justement.

C'était rare de trouver des végétaux de cette sorte sur Palaven. Après tout, le monde natal des Turiens était de fer, tout comme eux. Alors, quand on voyait de la nouveauté, il y avait de quoi être étonné. Quand bien même la "nouveauté" n'en était plus une quand on travaillait dans le centre galactique depuis plus ou moins six ans. Mais il restait la surprise; la galaxie restait grande.

Ravi finit par lâcher la fleur pour reporter une nouvelle fois son attention sur la carte, désormais abandonnée sur la table. Elle parcourut la liste d'une griffe, lâchant de temps à autre un petit "hein hein" ou un "mmmnop" en fonction de ce qui la tentait ou la rebutait. Elle continuait de faire ce petit manège lorsque le serveur vint une nouvelle fois, cette fois-ci pour s'enquérir de leur choix.

- Je vous prendrais... Deux burritos, lui et lui, cet accompagnement... Celui-ci aussi pour le coup. Tequila Quarienne ? Tequilla Quarienne. Rajoutez moi votre version dextro des "nachos" pendant que vous y êtes. Avec le supplément là. Merci.

Elle adressa un clin d'oeil à Laecius.

- On verra pour les desserts après je pense.

Il allait sans doute regretter de l'avoir invitée. D'un autre côté, la biotique n'abusait même pas dans ses choix. La maîtrise de l'ezo avait un coût, et celui-ci se comptait en poids de nourriture. Bien sûr, elle aurait pu refuser l'invitation. Mais quand un charmant jeune homme se proposait comme ça, il était impoli de décliner. Et au pire elle pouvait toujours payer sa part; le salaire des Supeviseurs était plutôt confortable après tout.

Ce fut son tour de piocher dans le bol de biscuits. Celui qui fut attrapé ne fut pas engloutit tout de suite, mais servit dans un premier temps de baguette à la femme, qui l'agita devant son compagnon au fil de son monologue.

- Bien. Nous avons un vaisseau, une décoration florale, et notre repas arrive. Maintenant, il va nous falloir savoir où on va atterrir. Trouverons nous refuge dans un bunker isolé - le cinéma du coin passe "Le sens du devoir", les critiques l'ont bien noté -, à moins que nous ne nous cachions parmi d'autres criminels - mais sérieusement, les bars... après cette soirée, non merci ... - ? Resterons nous ensemble, ou nous séparerons nous pour brouiller les pistes ?
Tant de questions. On oublie parfois à quel point la vie de fuyard peut être éprouvante
, ajouta-t-elle rieuse.

Mais...

Le biscuit fut une nouvelle fois secoué alors qu'elle pointait Laecius avec.

- J'aime savoir avec qui je fuis les autorités, cher collègue. Alors dit moi...

Elle goba finalement son apéritif, le faisant craquer sous ses dents aiguisées. Puis, satisfaite, elle posa sa tête sur ses mains croisées.

- Qui est donc Laecius Primus ?

Enfin elle s'y intéresse...



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MessageSujet: Re: Même les chatons ont des griffes   Mar 09 Mai 2017, 22:01


Même les chatons ont des griffes


Il la regardait commander la moitié de la carte sa tête posée sur sa paume ouverte, ses mandibules s’agitaient alors qu’il retenait difficilement un rire. Un vrai petit ventre, même pour une biotique. Au moins pourrait-il profiter lui aussi de la tequila. Il réagit plus à son clin d’œil qu’à sa phrase.

-Oh je suis presque certain que tu trouveras de quoi réveiller ton appétit dans les desserts.

Il indiqua au serveur trois burritos différents sur la carte avant de le laisser l’éloigner. A peine furent-ils hors de portée des oreilles indiscrète que leur plan d’évasion revint sur le tapis. Ravi avait des idées, il ne se voyait pas vraiment non plus enchainer les verres dans un bar, même en si charmante compagnie. Surtout en si charmante compagnie ! Non il avait envie que cette aventure continue encore un peu. L’alcool pouvait bien être un compagnon de route, mais pas une destination.

-ça fait longtemps que je ne me suis pas fait une toile, ça pourrait être un bon moyen de disparaître le temps que la prime sur nos têtes soit levée. Même si notre aspect Yin Yang nous rend peu discret !

La question le surpris, il dut l’admettre. Il n’avait pas vraiment pensé au fait de partager leur personnalité, du moins pas en faisant autre chose que vivre celle de l’autre pendant cette soirée. Cela ne le dérangeait pas, au contraire, l’enchainement des événements avait simplement occulté la simplicité d’une rencontre entre deux inconnus. Il s’indiqua du bout du doigt.

-Eh bien, c’est moi !

Un rire quitta sa bouche qu’il ne sut pas retenir.

-C’était trop tentant désolé.

La tequila arriva à cet instant, accompagné de deux verres. Il les remplis sans vraiment demander, si elle l’avait commandé, c’est sans aucun doute qu’elle y gouterait. Il fit tourné le siens sur la table en réfléchissant à la question. Il pouvait répondre simple, une description formelle et assez exacte de son histoire et donc de sa personnalité. Mais Ravi ne lui donnait pas envie de simplement résumé sa vie. Il avait envie de communiquer avec elle, purement. Il la fixa un instant avant de se lancer.

-Laecius avait un frère, Velkan, le plus turien des turiens, un exemple pour son peuple et pour lui. Il lui arrive d’espérer que son esprit ne juge pas trop sévèrement son choix de quitter l’armée de son peuple. Il aime la lecture, notamment la poésie, c’est un monde à part qu’il aime parcourir.
Depuis la guerre, Laecius se réveille souvent la nuit, pas à cause des horreurs qu’il a vu, mais à cause des actes qu’il a accepté de commettre pour la survie des Turiens. Il a honte parfois, mais ne regrette pas pour autant.
Il aime boire, et chanter, même si il ne l’avouera pas même sous la torture. Il croit avoir de l’humour, mais se fait surtout rire lui-même. Il rêve de la paix, mais ses mains ne savent faire que la guerre. Et l’amour.


Il pouffa.

-Il fait preuve d’assurance, car il connait ses capacités, mais il ne s’est jamais sentit capable d’être celui qui changerait les choses. Il lutte contre lui-même autant que pour lui-même. Parfois il aime se rendre dans un endroit secret sur la citadelle quand il se sent seul, un lieu où il aimerait peut être t’emmener.

Son regard s’était perdu dans le vide à mesure de son court monologue. Il le laissa revenir doucement sur Ravi.

-Voilà qui est Laecius, grossièrement.

Il se permit de boire son verre. Il venait surement de griller toute la soirée avec cette étrange crise d’honnêteté qu’il ne s’expliquait pas.

Et voilà, la seule fille intéressante que tu ais croisé en quatre ans et tu gâches tout…

-Et toi acolyte, qui es-tu ?

Feat. Ravi

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MessageSujet: Re: Même les chatons ont des griffes   Mer 10 Mai 2017, 00:48
Même les chatons ont des griffes
Pour une fois, moment si rares chez elle, Ravi était restée silencieuse. Elle avait écouté.

Comme on pouvait s’y attendre, elle avait sourit lorsque Laecius avait commencé son discours par un simple mais efficace « Laecius c’est moi ». Une introduction légère à un sujet qui l’était beaucoup moins. Et il avait parlé.

Il avait parlé de son frère, avec une pudeur qui laissait pourtant entendre le destin tragique de celui-ci. Il avait parlé de ses espoirs à lui, et de ses doutes. De ses goûts, de ses peurs. De comment il se réveillait la nuit, de sa culpabilité. De ce qui lui dévorait le coeur, l’air de rien, petit à petit.
De son goût pour la boisson et du chant, qu’il tenait à garder si secret. De sa capacité à tuer et à aimer. Mélange de vie et de mort dont il riait. Et de cet endroit caché, son jardin à lui, où il l’emmènerait peut-être un jour. Comme une fleur posée délicatement en dernier, sur le tas qu’il venait de vider.

- Voilà qui est Laecius, grossièrement. 

Oh.

Oh.

Il y avait difficilement autre choses à ajouter. Mais au moins, elle le connaissait maintenant, n’est-ce pas ?



N’est-ce pas ?

Fait ce que tu veux. Tu es grande. Vraiment ? Que m’importe. Mais n’oublies pas de ne pas oublier. Je crois que je m’en souviendrais. J’en doute.

Et la Voix s’éteignit, du moins pour le moment. Mais elle était comme sa propriétaire ; elle finirait par revenir. Sans doute plus apaisée.

- Et toi acolyte, qui es-tu ? 

Attendait-il qu’elle ouvre son cœur autant que lui avait fait pour le sien ? Pour dire autant face à une femme qu’on ne connaissait presque pas, il fallait plus que du courage. Une bonne dose de folie était demandée. Une que tout le monde n’avait pas. Oh, et une confiance aveugle aussi. Un peu comme lorsqu’on se jetait du vide dans les bras d’une inconnue.
Un mélange que Ravi n’avait peut-être pas ce soir. Ou peut-être que si.

Ce fut son tour de boire le verre, quoiqu’un peu plus cul sec que son comparse. Elle verrait bien. Mais il y avait des secrets qu’on gardait pour soi. Des portes verrouillés à la clef « égarée » depuis longtemps.

- Ravi Vertax. De la famille Vertax. De l’entreprise pharmaceutique du même nom, comme tu t’en doutes sûrement déjà. Biotique, fille de biotique. Une tradition que certains aimeraient voir sans lendemain. Ou peut-être morte, je ne sais pas vraiment.
Ravi a grandit avec le poids de son héritage, comme on peut en attendre d’une aînée dont le père est l’héritier d’une grande entreprise et dont la mère était une Générale de Palaven. Un fardeau que son frère, Apnus, aura eu moins à porter.


Pendant un instant, elle eut cet air sévère et digne qu’on pouvait attendre d’une héritière. Le temps d’un battement d’aile d’ange ; elle reprit son air doux et rieur alors qu’elle se resservait.

- Elle aurait pu devenir quelqu’un de différente, la petite Ravi… Une entrepreneuse Turienne, tout ce qu’il y a de plus Turienne. Une militaire, à la régulière, menant une brillante carrière durant ses quinze ans de service. Officier, évidemment. Et à ses trente ans, l’entreprise lui reviendrait et avec elle le sens du devoir et de la responsabilité. Des milliers de mains entre les siennes.


Elle porta son verre à ses lèvres, une mandibule baissée pour dévoiler ses dents de côté dans un sourire en coin.

- Loupé. La petite était biotique. Chez les Cabales et qu’on en parle plus. Tant pis pour la carrière tant désirée par Maman Vertax, au moins, elle pourrait reprendre l’entreprise.
Encore loupé, mais par choix cette fois.


Un nouveau cul-sec. Une tequila dans un si petit verre, ça se buvait d’un coup ou ne se buvait pas.

- Tu sais ce que c’est, les Cabales ? Une seconde famille. A force d’être rejetés, on apprend à se serrer les coudes. « Unis contre tous »… C’est encore plus triste lorsqu'ils nous quittent.


Elle s’arrêta un instant, les yeux dans le vague. Des souvenirs remontaient avec nostalgique. Elle ne répondait pas à la question posée, hein ? Fallait-il qu’elle vide à son tour son sac ? Non. Pas du tout. Elle reprit son sourire, quoiqu’un peu faux désormais.

- Enfin. Plusieurs choses se sont passés, mais Ravi Cabale y est restée. Ravi SSC, c’est une autre histoire. Elle est bien différente. Et elle se fout de savoir ce que les autres pensent de sa carrière ou de qui elle est.
Elle aime toujours la musique remarque, et ne compte plus les instruments qu’elle a ou que son père lui a fait découvrir. Elle chante toujours aussi bien, mais avec cette voix, ce n’est pas si étonnant.

Son rire avait des accents véritables.

- Elle connaît ses talents et ne les cache pas. A quoi bon ? Quand on est capable de soulever des Krogans dans les airs ou de faire voler des soldats d’une simple onde de choc, on apprend à reconnaître ce qu’on sait faire. La fausse modestie, non merci.
Elle aime rire, évidemment. Pour elle avant tout. Et puis, c’est amusant de voir un ennemi perdre ses repères grâce à quelques phrases bien placées. Ils n’en deviennent que plus prévisibles.


Un clin d’œil avant la suite.

- Sinon, que dire d’autres… ? Elle est sans doute moins habituée que toi à faire l’amour, comme tu le dis si bien. Tu découvriras peut-être la raison un jour, qui sait.
Elle adore son équipier, Watson - pas son vrai nom, mais chaque Sherlock a besoin de son Watson- qui doit être présentement en train de se demander où elle est passée.


Elle regarda l’heure sur son omnitech.

- Qui se demande où elle est passée, corrigea-t-elle.
Et…

Elle remit sa tête dans la paume de ses mains, observant cette fois-ci Laecius droit dans les yeux.

- Elle est curieuse. De cette endroit dont Laecius a parlé, et de lui. Un Turien si éclatant et pourtant avec une part d’ombre, et une Turienne si sombre, qui rayonne pourtant tant… Que dit l’expression déjà ? « Les opposés s’attirent », c’est bien ça ?


S’attirent ? Es-tu sérieuse ?
Au moins pour une nuit peut-être. Avec un collègue ? Pourquoi pas… Pourquoi pas...

Une nouvelle rangée de dents dévoilées. Elle ne remarqua presque pas le serveur qui se fit discret en posant leur commande avant de repartir comme une ombre. Des années d’expérience dans le service de la restauration lui avait appris quand se rendre présent et quand s’éclipser, même pour une personnalité aussi fantasque que celle d’un Galarien. Il ne fit donc pas long feu.

Finalement, la femme rompit le charme, grignotant petit à petit ce qui se présentait devant elle.

- Une Turienne vraiment bien ordinaire en fin de compte
, acheva-t-elle dans un sourire après avoir grignoté un nacho.

Bien, maintenant que nous nous connaissons d’avantage, tu aimerais faire ce « casse » dans le cinéma ? Tu connais l’histoire du film ? Mis à part qu’il est Turien, j’entend. Le « Sens du devoir » a été noté quatre étoiles sur cinq. Un bon film historique, bien qu’il prend plusieurs libertés. Notamment sur le moment de la Huitième Légion. Et je crois qu’ils ont fait du Major Resus un rôle un peu plus important que ce qu’il n’avait été réellement. Encore que, certains historiens se disputent sur le sujet.
A moins que tu n’aies autre chose en tête ?


Il était temps de s’attaquer à ce burritos. Et tant pis pour le manque d’élégance qu’on pouvait avoir quand on essayait de manger ces trucs là.



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MessageSujet: Re: Même les chatons ont des griffes   Mer 10 Mai 2017, 15:45


Même les chatons ont des griffes


-Tu n’as rien d’ordinaire Ravi Vertax.

C’est tout ce qu’il avait eu à répondre à cette longue tirade. Une personne pouvait-elle se confier intimement sans rien dire sur elle-même ? Visiblement c’était le cas. Il avait vu passer sous silence nombre d’événement de la vie de son interlocutrice, mais ces silences étaient presque aussi parlant que des mots. En lui racontant ainsi la turienne qu’elle n’avait pas été, ou celle qu’elle n’était plus, elle lui donner les contours de la femme qui existait devant lui sans jamais la détailler. Cela pouvait paraître frustrant, mais Laecius se sentit honoré qu’elle prenne la peine ne serait-ce que d’essayer de répondre à ses propres révélations. Elle souffrait, sans aucun doute bien plus que ses mots ou sa solitude ne pouvait le retranscrire, mais elle vivait, malgré la douleur elle poursuivait sa route.

Il aurait eu envie de la prendre dans ses bras s’ils avaient été seuls, et s’il n’avait pas craint de la brusquer. Uniquement un instant, pour que l’espace d’un clignement des yeux, ils ne soient pas seuls, juste un instant. Ils existaient en marge de leurs propres histoires, témoins actif de celle-ci sans avoir pu décider des instants décisifs. La perte, il la sentait en elle, autant qu’en lui, différente mais si familière. Elle n’en avait pas parlé, mais il était facile de reconnaître son reflet dans un miroir. A quel point était-elle différente depuis l’absence de celui ou celle qu’elle avait perdu ?

Il se rendit compte que la nourriture était arrivée devant eux, et que Ravi parlait de nouveau. Il avait laissé l’analyse de la situation l’emmenait un peu trop loin de la situation elle-même. Il réfléchit à ses paroles en croquant dans son burritos. Il ne savait plus vraiment si il avait envie qu’ils s’enferment dans une salle sombre à regarder un film, surtout que Ravi semblait connaître les événements de celui-ci presque aussi bien que lui.

La nourriture était sacrément bonne, et la tequila encore plus, déliant leurs langues autant que leur humour. Ils passèrent la majeure partie du repas à poursuivre leur petit jeu de fugitifs en cavale. Ravi expliquant comment ils allaient désactiver la moitié de la station pour s’enfuir, et Laecius rebondissant en dévoilant son plan pour kidnapper le conseil et tous les ambassadeurs au passage. Il y eut beaucoup de rire, et de sourire. C’était un moment agréable. Après avoir engloutit une bonne partie des stocks du restaurant, Ravi se permit le luxe de prendre deux part de gâteaux différent, tandis qu’il commandait une coupe glacée dans laquelle elle se servit régulièrement sans gêne.

Laecius régla une note salée, mais ne regretta pas du tout l’offre faîtes. L’instant était maintenant venu de décider pour de bon quoi faire. Mais le turien avait pris sa décision.

-Tu te sens de crapahuter un peu ? Enfin, un peu plus ?

Il rit avant de tendre sa main à la turienne, qui la saisit sans trop d’hésitation. Et il l’entraina à travers le secteur sans lui révéler leur destination. Heureusement ils étaient dans la bonne zone, leur évitant d’emprunter une navette. Ils descendirent ainsi plusieurs niveau pour arriver dans les zones de maintenance et d’entretiens. Arriver près d’un local il s’arrêta, et elle fit de même, il se rendit compte qu’il n’avait pas lâcher sa main durant le trajet, il le fit alors, doucement. Il la scruta de pied en cape avant de parler.

-Attend moi là, j’en ai pour une seconde.

Il lui fit un clin d’œil et s’engouffra seul dans le local, pour réapparaitre quelques instant plus tard avec un colis enroulé de tissu sous le bras.

-On est repartis !

Ils reprirent la route mais Laecius l’emmena toujours plus profondément dans la station jusqu’à ce qu’ils finissent même par emprunter un tunnel de maintenance des veilleurs pour ce balader dans les entrailles de la station. Il se proposa de l’aider dans les passages les plus acrobatique, elle lui rit au visage et les franchit sans effort, ce qui le fit sourire et passer pour un crétin, galant certes, mais un crétin tout de même. Ils finirent par arriver dans une impasse. Laecius tandis le colis à Ravi et en extirpa un autre de sous un conduit. En les déballant ils dévoilèrent deux combinaison de maintenance adaptée à la morphologie turienne. Une masculine, et une féminine qu’il avait récupérer dans le local.

-Enfile ça, on aura besoin des bottes magnétique.

Là s’avéra la partie la plus délicate. Composée pour épouser la morphologie, la combinaison ne permettait pas vraiment le port d’autre chose que d’un sous-vêtement fin au mieux. Il n’y avait pas vraiment pensé, mais maintenant ils étaient sur place. Il toussota et se tourna pour lui accorder un peu d’intimité au moins visuelle alors qu’il commençait à enlever sa tenue.

Il ne put empêcher son regard de dériver une ou deux fois, peut être trois grand maximum, pendant l’opération. Et le peu qu’il entrevit fit claquer ses mandibules avec intérêt, et surtout peu de discrétion. Afin de dédramatisé l’instant il décida de s’expliquer un peu.

-J’ai découvert cet endroit pendant une descente, des truands, plus bête que méchant qui stockaient leurs produits ici. Ils ne se sont même pas rendu compte de la perle qu’ils avaient dénichée.

Ils se retournèrent vêtus, et Laecius se demanda s’il existait une tenue qui ne mettait pas en valeur la turienne. Il s’approcha du mur du fond et posa sa main sur une partie légèrement plus claire qui se révéla être un panneau holographique qui clignota avant que la paroi ne se mette à glisser sur le coté, l’espace se révélant à eux. Ils ne furent pas happé par le vide, ni ne manquèrent d’air, non, tout resta comme l’instant précédent, mais le vide spatial était devant eux.

-Active tes bottes.

Il passa le premier et se retrouva sur la face externe de la station, en plein espace, d’une main il aida Ravi à s’extirper de le gravité artificielle interne. Il ne lâcha pas sa main une fois qu’elle fut à ses côtés. Il n’en avait pas envie.

-Apparemment, lors de la réparation de cette zone après la reprise de la citadelle, un surplus d’énergie a été oublié dans la répartition. Ce qui a eu pour effet d’étendre le champ protecteur et l’atmosphère. On est dans un hémisphère d’une dizaine de mètres de diamètre. Au milieu de l’espace.

Autour d’eux il n’y avait que nébuleuse lointaine, étoiles, et planète en rotation. Il était étrange de respirer à l’air libre sous cette voute céleste. Comme une règle brisée. Un absolu vaincu. Cet endroit donné de l’espoir à Laecius.

-Je sais que ce n’est pas grand-chose, mais ici, je me sens chez moi. Tu es la première à y venir, ne soit pas trop sévére.

Il pouffa, mais son regard était perdu dans l’immensité jusqu’à se poser sur la turienne.

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MessageSujet: Re: Même les chatons ont des griffes   Mer 17 Mai 2017, 20:26
Même les chatons ont des griffes
- Tu n’as rien d’ordinaire Ravi Vertax. 

Elle le regarda un instant avant de hausser les épaules, avalant sa bouchée de burritos. Elle était elle-même avant tout. En l’occurrence, une elle-même affamée qui était bien décidée à piquer tout ce qui passait sous son nez, que le plat lui appartienne ou non. Elle grignota un Nachos, goûta un peu de ce que Laecius avait commandé non sans lui avoir posé la question préalablement – mais pas en ayant attendu la réponse – reprit un bout de son plat … Petit à petit, la surface des assiettes réapparaissaient tandis que la nourriture disparaissait. La bouteille de Tequila Se’lai – Port d’entrée d’urgence fourni – diminua elle aussi avec le temps, quoique partagée un peu plus équitablement.

Ils continuèrent de discuter, parlant de la cavalcade qui les attendait, de leur vie de fuyards et de leur future prise de pouvoir sur la Citadelle. Elle introduirait le chant et la danse dans les concours du SSC, lui obligerait le port de l’uniforme léger, voir très léger. Elle réussit à négocier la même chose côté homme.
Ils finirent sur une note sucrée, où une nouvelle fois Ravi écouta son envie, piquant ce qui ne lui appartenait pas et partageant un peu moins que Laecius. Pour sa défense, il ne cherchait même pas à lui en prendre. Et il n’était pas très bon en combat de cuillères.

La femme lécha un reste de tiramisu sur sa cuillère, fit bien attention à ramasser toutes les miettes de la tarte au citron et finit par déclarer le repas finit en soupirant, ses mandibules cliquetants de satisfaction. Laecius avait la chance, si on pouvait le voir ainsi, de ne pas être biotique. Elle se rappelait les sorties au restaurant, quand elle en faisait avec Latis et la partie de la solde qui s’envolait plus vite qu’un oiseau effrayé.
Ne confonds pas. Je sais.

Elle contorsionna son corps, s’étirant dans un bâillement aussi long que prononcé. La soirée avait avancé ; au Bal les petits fours devaient commencer doucement mais sûrement à être en rupture de stock et ils devaient être passés du champagne au vin rouge. D’ici… Disons trente ou quarante-cinq minutes, ils sortiraient sans doute les mignardises.
Elle jeta un oeil sur son omnitech. Watson avait tenté de l’appeler une fois, avait laissé deux messages vocaux et un écrit. Ce dernier était celui d’un homme qui avait tout compris, puisqu’il lui assurait qu’il se débrouillerait avec l’Ambassadeur. Et il lui souhaitait une bonne soirée. Que ferait-elle sans lui ? Peut-être autant, mais sans un support fidèle et patient.

- Tu te sens de crapahuter un peu ? Enfin, un peu plus ?

Ce n’était pas le moment de consulter ses messages. Elle éteignit la machine une nouvelle fois et regarda le Turien. Il n’était pas si tard que ça après tout, sans doute dans le coup des vingt-trois heures ou minuit. Elle pouvait bien pousser la nuit un peu plus loin….
Sa main dans la sienne, la biotique se laissa entraîner dans le sillage de son collègue. Elle fixait son dos, trottinait parfois jusqu’à sa hauteur, se laissait distraire par ce qu’elle voyait autour d’elle… En somme, elle le laissait lui montrer la voie. De toute façon, à chaque fois qu’elle lui demandait où ils allaient ou qu’elle faisait des suppositions - « Un…. Club ? Non ? Mmmh… Magasin de peluche ? Arène ? Salle d’arcade ? Bordel Asari… ? » - il ne lui répondait pas, se contentant d’un « Tu verras » quand il ne riait tout simplement pas à ses tentatives. Elle avait donc finit par abandonner et attendre. Aussi incroyable que cela pouvait paraître, elle était capable de rester muette elle aussi.
Le couple remonta ainsi les allées. La masse d’habitants et de travailleurs étaient encore présents, bien que l’endroit ne soit pas aussi plein qu’en heure de pointes. Ils passèrent devant une petite place, comprenant une minuscule fontaine, se frayèrent un chemin entre deux Elcors, empruntèrent une rue éclairée par des néons aux tons rosâtres, passèrent une ruelle étroite et sombre, revinrent sur leurs pas pour la traverser, marchèrent tranquillement dans une avenue bardée de commerces généraux et d’autres un peu plus spécialisés...
Ils firent un arrêt rapide à un local de maintenant avant de repartir, Laecius désormais encombré d’un paquet sous un bras et de Ravi sous l’autre. Il eu le droit à une nouvelle série de questions - « Hanari en boîte ? Télescope ? Un masque pour pouvoir dormir lors d’une représentation de Hamlet par la Compagnie Elcor ? C’est un objet, c’est ça ? Tu sais quoi, répond par « Chaud » ou « Froid » d’accord. Je recommence ... » - auxquelles il ne répondit toujours pas. Au mieux, il les éluda, au pire il reprit ses rires.

Il finit par s’arrêter enfin devant un tunnel de maintenance et l’ouvrit nonchalamment après un petit bidouillage à l’omnitech. Elle leva un sourcil. Il lui sourit. Elle haussa les épaules et y pénétra après lui.

- Tu sais qu’on doit violer au moins cent trente sept lois de la Citadelle ici ? Je ne pensais pas que tu avais pris tellement à cœur cette histoire de fuyards, piqua-t-elle.

Ils continuèrent d’avancer dans les boyaux. Laecius avait le pied sûr et connaissait son chemin. Il essaya par moment de l’aider mais elle refusa, se jouant des passages « délicats » comme il les avait appelée. Finalement, au bout de ce qui parut une éternité mais s’avéra en réalité cinq minutes, ils firent face à une porte fermée. La femme tapota la paroi, laquelle renvoya le son auquel on pouvait s’attendre quand on était devant dix à quinze centimètres de métal pur.

- Et donc… Tu comptais nous trouver un petit nid douillet dans les conduits ? On a pas pensé à prendre une bouteille, alors je ne sais pas ce que tu as en tête mais…

Il lui tendait une tenue. Une combinaison de maintien, dont l’intérêt, il lui assurait, était surtout pour les bottes magnétiques. La Turienne baissa le regard jusqu’à ses propres bottes cirées, puis à la porte, puis fronça des sourcils une nouvelle fois. Quelque chose lui disait que la surprise serait de taille. Il devait y avoir une bulle de gravité zéro derrière… Quelque chose du genre.
Guidée par la surprise, elle prit les vêtements, les déployant pour les observer d’un œil critique. Moulants, évidemment. On ne plaisantait pas avec la sécurité dans la maintenance, et évitait de laisser traîner quoique ce soit qui risquait de se retrouver coincé dans une conduite, entre deux portes ou, pire, dans un générateur.

- Bon. Tourne toi.

S’il s’exécuta, son compagnon laissa tout de même traîner une ou deux fois un œil derrière lui, l’air de rien. En faisant semblant de se gratter, de bailler… Tout ce qui pouvait impliquer un mouvement de tête imperceptible et un œil un peu fermé mais pas trop. Elle le laissa faire, lui répondant même par un clin d’oeil une fois. Sans parler de pudeur, elle n’était pas spécialement opposée à passer la nuit avec lui, alors pourquoi jouer les effarouchées ? Et puis, elle se fit plaisir aussi, bien qu’une seule fois. Verdict : la gueule collait avec le corps. Et même plutôt bien.

- Donc…, reprit-elle après les explications, c’est une perle, que des contrebandiers utilisaient comme caches, et sans gravité… Un trou d’air ? Non, il nous manque le casque… Une zone en gravité zéro… Une zone de maintenance, ça n’irait pas parce que l’entretien passerait régulièrement. D’accord, je m’avoue vaincue là.
Montre moi.


Il posa sa main sur le panneau holographique. La porte s’ouvrit en réponse, s’ouvrant sur … le vide. Mais pas le vide « il n’y a rien derrière ». Enfin, si. Mais en pire. C’était du vide spatiale. Du vide-vide. Sans rien derrière. Du néant. Et des étoiles. Et un brin de traces d’ezo due aux résidus des moteurs. Donc du vide avec quelque chose derrière, mais surtout sans rien entre. Et ils n’avaient pas de casques. Et il y allait.
Il fallut plusieurs secondes pour que la voix de Ravi ne lui revienne.

- Tu… es fou.

Il est fou ? Il est fou. Il est dans l’espace là, hein ? Oui. Sans respirateur ? Oui. Sans casque ? Oui. Et il est encore en vie ? Apparemment. En vie-vie hein. Oui.

Elle eut un mouvement de recul, instinctif, mais Laecius lui tendit la main. Il était vraisemblablement vivant. Dans l’espace. A la surface de la Citadelle. La chose l’aurait moins choquée s’ils avaient été en armure intégrale. Mais là, ils n’avaient qu’une tenue d’entretien, sans casque. C’était un point important, si vous ne l’aviez pas remarqué.

- Active tes bottes. 

Elle poussa le bouton, plus par automatisme que par réelle conscience. Son esprit était trop obnubilé de questions pour se concentrer. Elle le regarda lui, puis le vide derrière.
D’accord. Elle voulait savoir. Sa curiosité la tuerait un jour mais… Espérons très fort que ce ne soit pas aujourd’hui. Ou pas dans le temps qu’elle serait dans l’espace. Ou pas avant deux ans et de nombreuses péripéties. Elle ne crachait pas non plus sur un petit rab’ d’espérance de vie mais…

Ses pieds, lassés que l’esprit se retrouve bloqué, décidèrent de mener la cadence. Ils firent un premier pas, s’arrachant de l’attraction magnétique pour se laisser retomber avec fracas un peu plus loin, et ainsi de suite. Ses doigts s’agrippèrent à ceux de Laecius, peut-être un peu plus fort qu’il ne s’y était attendu. Elle ne voulait pas le lâcher. Parce que, dans une partie profondément enfouie du cerveau de la Turienne, le côté reptilien – sans mauvais jeux de mots – venait de se réveiller, prendre sa tasse de café et traîner ses pieds anciens jusqu’aux yeux. Après avoir jeté un œil au spectacle qui se jouait devant lui, il avait avalé une gorgée de café, regardé ce qui se passait autour de lui, puis posé la question suivante.

« C’est quoi ce bordel… ? »

Alors oui, si on voulait résumer les choses grossièrement, on pouvait éventuellement s’accorder à dire que Ravi Vertax, apprentie Spectre, biotique compétente, ancienne militaire d’expérience et Superviseure capable, avait peur. Mais pas une peur panique, allons ! C’était juste une légère angoisse. Et puis de toute façon, même si elle l’avait voulut, elle n’aurait pas été capable de s’enfuir à toutes jambes. Tout au mieux se dodeliner rapidement jusqu’à l’entrée, non sans maudire les bottes qui la ralentissaient, même si dans le même temps, elle ne s’était pas encore envolée grâce à eux.

- Comment ?

La curiosité était parfois capable de prendre le dessus sur des réflexes de survie basique.

- Apparemment, lors de la réparation de cette zone après la reprise de la citadelle, un surplus d’énergie a été oublié dans la répartition. Ce qui a eu pour effet d’étendre le champ protecteur et l’atmosphère. On est dans un hémisphère d’une dizaine de mètres de diamètre. Au milieu de l’espace.

- Oh. D’accord. Très bien. Je vois. Oui, évidemment. Parfait. Parfait parfait parfait. Ahahah… ah… ahaha… ah.

Les explications ne la rassurèrent pas. En même temps, chez certaines personnes, rien ne pouvait atténuer l’angoisse qui rongeait le ventre face à certains événements. Allez expliquer à un craintif des ascenseurs qu’il n’y avait rien à craindre, qu’il s’agissait d’un jeu de poulie, de câbles d’acier d’une épaisseur de cinq centimètres au moins et qu’il y avait plus de chance de se faire écraser dans la rue plutôt que de mourir d’une chute d’ascenseur… Au final, vous aviez plus de chance de lui faire craindre à la fois les ascenseurs ET les voitures que de le guérir.

Pourtant, de base, la Turienne n’avait pas peur de l’espace. C’était même plutôt l’inverse. Elle pouvait passer des heures, assise à la baie d’observation, à regarder le ballet des vaisseaux qui venaient et partaient, des étoiles filantes qui passaient, de la surface de la Terre et des nuages qui se mouvaient tout doucement. Ou bien s’arracher petit à petit de l’attraction des bottes magnétiques pour avancer dans une station abandonnée, vidée d’air, ou bien sur la surface d’un vaisseau brisé.
L’espace avait quelque chose de magnifique et de terrifiant à la fois. Mais surtout magnifique quand on portait une protection, qu’on avait des équipiers qui savaient où on était ou encore une vitre épaisse entre les deux. Et, à contrario, terrifiante quand on était dans ce qu’on pouvait appeler une « bulle sans rien autour et qui pouvait sans doute arrêter de fonctionner d’une minute à l’autre. Ou subir une panne. Ou n’importe quoi ».
A la limite, s'il avait s'agit d'une rupture dans la Citadelle, et qu'on avait déployé un champs d'atmosphère et de gravité... Oui, pourquoi pas. Ils resteraient dedans et pas... dehors.

- Je sais que ce n’est pas grand-chose, mais ici, je me sens chez moi. Tu es la première à y venir, ne soit pas trop sévère.

Ravi ne pouvait pas se montrer sévère. Pas alors qu’elle tentait de broyer la main de Laecius sans s’en rendre compte. Une partie de son cerveau refusait de lâcher celui qui était pour le moment son seul lien avec la Citadelle. En dehors de la surface de la Citadelle elle-même.
Oui, l’endroit était beau. Oui, il y avait même un petit quelque chose de magique dans tout ça, voir féerique. Mais ça ne restait pas normal. La petite boule d’angoisse restait. Ils avaient du mal à respirer, non ? Ah non. C’était elle qui l’imaginait.
Elle resta là, à côté de lui pendant un moment avant qu’elle ne finisse par reprendre le contrôle de ses sens.

- C’est… beau, oui. Très beau. Magnifique… On rentre ?

Elle le tira un peu en arrière, alors qu’elle tentait elle-même de reculer. Finissant par se rendre compte qu’elle le tenait toujours, elle lui lâcha la main, sourit et finit par revenir prudemment jusqu’au sas, duquel elle le regarda.

- Fait chaud dans ces combinaisons, non ? Difficile de croire qu’il fait un froid polaire dehors hein, ahaha. Ahem.



Elle n’était pas ridicule. Elle répondait juste à un instinct de survie basique.

Tout à fait.






Dernière édition par Ravi Vertax le Ven 19 Mai 2017, 01:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Même les chatons ont des griffes   Mer 17 Mai 2017, 21:19


Même les chatons ont des griffes


Il vit la peur naître, non, plutôt se dévoiler dans les yeux de la turienne. Il en fut réellement surpris, son esprit avait tellement fait preuve de correspondance avec le siens jusqu’ici qu’il n’avait pas envisagé un seul instant sa réaction. Il ne l’empêcha pas de s’éloigner, et pris consciences alors de l’étau de fer qu’avaient été ses doigts sur les siens. Les avait-elle écrasés ainsi tout du long ? Il les remua doucement avant de la suivre à l’intérieur comme elle le demandait.

Certaine personne avaient des peurs, certaines rationnelles, d’autres moins, celle-ci se classait plutôt dans la première catégorie, même si la zone était techniquement sûre, avoir peur du vide spatiale resté assez raisonnable pour que Laecius ne se moque pas, enfin pas trop. Il pouffait légèrement en reprenant place à l’intérieur, mais sans refermer la cloison. Tous les secteurs fonctionnaient sur ce principe, mais la distance du bouclier par rapport aux habitations avait tendance à faire oublier ce fait aux gens. Là, le vide était à portée de main.

-Tu sais la première fois que j’ai ouvert ce panneau, je pensais trouver une autre cache de contre bande. En voyant ça, je me suis crût mort pendant une bonne seconde, et il m’a fallu plusieurs semaines pour oser retenter l’expérience. Alors tu t’en es plutôt bien sortit au fond.

Il repassa sa main dans l’endroit où il avait caché sa tenue, et en sortit une bouteille d’un alcool turien, suffisamment pleine pour être partagée. Il revint près de la turienne se laissa glisser au sol, dos contre la paroi, en débouchant sa trouvaille. Il en but une ample lampée, qui le réchauffa agréablement. Il tendit fit glisser la bouteille vers la turienne.

-Là dehors, je me sens infime, presque inexistant. Un grain de sable dans un désert que dont je ne connais même pas les frontières. Si elles existent.

Il leva son regard vers elle.

-C’est là que je me sens le plus vivant. C’est étrange n’est-ce pas ? Que notre impuissance nous révèle l’importance de vivre notre vie. Le désert se fiche bien d’un grain de sable, il n’y a que nous pour nous soucier de notre existence.

Etait-ce trop philosophique pour leur rencontre ? ou pas assez ? Certainement très niais en tout cas. Mais il aimait ce rappel à l’ordre. Velkan lui avait dit une fois que personne ne vivrait sa vie à sa place, et que s’il ne s’en donnait pas la peine, elle ne ferait que défiler près de lui. Ce lieu lui rappelait cette phrase quand il en avait besoin.

-Et je ne suis même pas ivre !

Ses mandibules cliquetèrent alors qu’il retenait un rire, il se saisit à nouveau de la bouteille et but une seconde fois.

-Je ne sais pas trop ce que l’avenir nous réserve, mais je serais bien pour une ou deux autres soirées comme ça. On ne rit pas assez chez les superviseurs. Et en bonne compagnie c’est toujours mieux !

Il se redressa.

-Tu sais Ravi, tu croiseras surement pas mal de crétins à l’avenir. Des empereurs autoproclamés, des diplomates obtus, ou des soldats trop sûr de leur talents. La moitié d’entre eux penseront te manipuler, l’autre moitié sera trop occupé à partager leurs plans de conquête pour prendre conscience de ta présence.
Mais ce soir, tu as fais un turien heureux en le sauvant d’une mort certaine que tu as provoqué, et en mangeant la moitié de ses économies. Cette Ravi là, elle doit continuer d’exister.


Il activa son omnitech et une musique s’enclencha avant qu’il ne tende la main vers la turienne.



-Danse avec moi Ravi Vertax.

Feat. Ravi

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MessageSujet: Re: Même les chatons ont des griffes   Dim 21 Mai 2017, 01:51
Même les chatons ont des griffes
La Turienne fixait le vide. Ou plutôt, elle tentait de foudroyer celui-ci du regard. Une tentative qui, hélas, n'était pas vraiment couronnée de succès. Déjà parce que l'espace, en tant qu'abysse immense et infinie, se fichait bien de savoir si on l'appréciait ou non. Il existait, et même plus puisqu'il dominait l'existence même de sa simple présence. Ensuite parce que pelotonnée comme elle était au loin de la porte, il n'était pas difficile de savoir qu'elle n'était pas à l'aise. Ce n'était pas évident de se montrer féroce quand on était occupée à ne pas claquer des dents. A noter que Ravi ne claquait pas des dents. A la limite, on pouvait dire que ses mandibules avaient frissonné sur une courte période, le temps qu'elle vienne trouver refuge dans les doux boyaux en métal de la Citadelle. Maintenant... Bon, peut-être pouvait-on concéder sur le fait qu'elles s'agitaient un peu de temps à autre. Mais de fatigue cette fois-ci. Oui, sans doute de fatigue... Ce n'était que ça.
Laecius, en gentleman avisé, tenta de l'aider, bien qu'il ne se doutait pas que l'effet fusse tout autre. En effet, alors qu'il parlait du mal qu'il avait eu au début, craignant "lui aussi pour sa vie", il mettait tant de zèle qu'elle ne le croyait que moyennement. La biotique roula des yeux sur le côté et soupira, posant son menton sur ses bras croisés.

Une nouvelle fois, son regard fut attiré vers l'espace. En arriver à craindre quelque chose qu'elle aimait en temps normal, sous prétexte d'un risque de mort imminente... C'était logique, après tout. Une réaction purement logique et naturelle, dont elle ne devait pas avoir honte. Un premier essai loupé, en quelques sorte. Peut-être qu'elle se laisserait tenter par un second? Un frisson parcouru son échine alors qu'elle repensait à la sensation d'étouffement.
Oui, non, laissez tomber en fait.

Laecius se laissa choir à ses côtés, bouteille en main dont il avala une partie du contenu avant de le lui tendre. Elle le regarda un petit temps sans rien dire. Où l'avait-il trouvé... ? Il l'avait caché dans le paquet de tout à l'heure ? Donc... Il avait prévu le coup depuis un moment, pour une de ses escapades solitaires ? Ou bien l'avait-il amené d'ailleurs ?
Elle l'étudia de haut en bas avant de s'intéresser à ses vêtements. Non, elle l'aurait vu. Ou alors il l'avait caché dans un endroit ... Il avait trop bien couru pour que ce soit envisageable, mais l'idée imbécile eu le mérite de la faire sourire. Sa main attrapa la bouteille et elle trinqua dans le vide en direction de son collègue, avant d'en avaler une gorgée. L'alcool lui réchauffa le corps, la remettant un peu d'aplomb. Une illusion de fausse force et fausse chaleur qu'elle acceptait volontiers à ce moment.

- Là dehors, je me sens infime, presque inexistant. Un grain de sable dans un désert que dont je ne connais même pas les frontières. Si elles existent.

C'est triste... Oui. Un peu.

Elle reprit une gorgée, fixant encore une fois l'espace, ignorant le regard que lui portait le Turien. Petit à petit, une frontière semblait être franchie. Une qu'elle préférait voir solide et bien bâtie. Ou se faisait-elle une idée, à force de ne plus connaître les règles du jeu ... ?

- C’est là que je me sens le plus vivant. C’est étrange n’est-ce pas ? Que notre impuissance nous révèle l’importance de vivre notre vie. Le désert se fiche bien d’un grain de sable, il n’y a que nous pour nous soucier de notre existence.

...

Et je ne suis même pas ivre !

D'accord. Ils touchaient à quelque chose de très personnelle là. Peut-être beaucoup trop.
La femme jeta un coup d'oeil à travers le goulot, comme si elle cherchait à examiner le fond avec une ardeur évidente. Elle pouvait balayer ce moment d'une phrase, et prendre le risque de blesser son comparse, ou bien essayer d'aller dans son sens et... Et bien, risquer d'aller dans une direction qu'elle ne souhaitait pas prendre. La bonne ambiance du début de soirée, la complicité des grands enfants et leur escalade à qui sortirait le plus de conneries semblait bien loin, tout d'un coup.
Elle comprenait les mots de Laecius. En tout cas, elle les entendait, mais semblait avoir du mal à les démêler pour en comprendre le sens. Pour un peu, elle se retrouvait englué avec tout ça, à chercher la petite bête là où elle n'était finalement peut-être pas.

Oh, et puis merde. Ces précautions, ces soucis... Ce n'était pas elle. Qu'elle cesse de voir ce qui n'existait pas. Elle aviserait si un tel scénario arrivait, voilà tout. Elle avisait souvent et jusqu'à présent, ça ne lui avait jamais causé de torts.

Il y a une première fois à tout.
Je t'aime, mais ferme là.

Elle haussa les épaules avant de lui repasser l'alcool.

- Triste. Compréhensible d'un certain point de vue. Mais bordel, c'est à se tirer une balle, si tu veux mon avis. Ou à se balader dans l'espace sans casque... Merde, je crois que je commence à comprendre, lui sourit-elle.

- Je ne sais pas trop ce que l’avenir nous réserve, mais je serais bien pour une ou deux autres soirées comme ça. On ne rit pas assez chez les superviseurs. Et en bonne compagnie c’est toujours mieux !

- Ravi, Cabale, Superviseuse, défenderesse de la veuve et des collègues en détresse et compagne sublime ! C'est définitivement mieux que ce que j'avais trouvé tout à l'heure.
Et encore, c'est dommage, je suis sûre qu'on aurait pu trouver un stand de tir à la carabine avec lots à la clef. Que tu ais un Hanari en peluche, pour te souvenir de cette soirée.


Voilà. Railleuse, fière, à l'aise. C'était elle, Ravi. Un moment d'égarement était vite passé, pour peu qu'on ne se concentre pas dessus pendant des heures.

Laecius se redressa. Emporté par un on ne sait quoi de farouche, l'alcool et une fouge soudaine, il parla de l'avenir, l'enjoignit de ne pas s'oublier face aux imbéciles qui peuplaient la galaxie. Parmi tous ça, un remerciement à peine dissimulé. Elle ria en réponse, attrapant sa main pour qu'il l'aide à se relever.

- Encore sur cette histoire de mort certaine ? C'était parfaitement contrôlé, tu l'as vu ! Et puis, pour ma défense, je n'ai pas mangé la moitié de tes économies. J'ai mangé le repas que tu as payé et qui t'as coûté la moitié de tes économies. La nuance existe et a son importance.
Pour finir...


Une musique douce, de la guitare humaine, s'échappa de l'omnitech. Le son était d'avantage entremêlé de notes que celles Turiennes. Plus de doigts pour eux, mais un plus grand talent pour les Turiens, comme elle aimait le dire. Celui qui jouait en tout cas savait y faire.
La femme termina sa phrase dans un souffle.

- ... j'existerais toujours, comme je suis.

- Danse avec moi Ravi Vertax.

Elle lui attrapa la main et l'entraîna, se laissant guider par le rythme qu'elle découvrait à chaque note grattée.

- Je te préviens, je ne sais pas danser. J'espère que toi oui, parce que sinon, nous serons deux imbéciles qui essayent de se remuer dans un conduit.

...

D'accord, une seule imbécile, au temps pour moi. Jolis mouvements.

Hey, qu'est-ce que tu ... Oh, d'accord. Je vois. Un pas, un pas, arrière ? C'est obligé qu'on soit si serrés ? Non, ne dit rien, ton sourire parle pour toi. Allez, vas-y mène moi. Ne fais pas le timide, tu n'étais pas si gêné il y a quelques secondes ...


Elle le laissait la guider, mais pas autant mener la danse pour autant. Elle chantonnait par dessus la guitare, se rattrapant quand l'air changeait brusquement, essayant de suivre comme elle pouvait la danse et la musique.

- Tin, tin, tin... C'est agréable. Je crois que je vais apprendre à le jouer. Oui, définitivement. J'ai un Irka à quatre cordes sur la Citadelle. Il y a moyen d'en faire quelque chose.


Elle se sépara de son cavalier, dansant au fil de son envie, même si celle-ci passait parfois pour un simple sautillement sur place. On devait danser aussi au Bal, mais sur des airs bien moins entraînants. A moins que les convives ne commencent déjà à partir ? Il aurait fallu voir l'heure, mais il s'agissait présentement du cadet de ses soucis.

- Je t'avais dit que je ne sais pas danser ! Oh, arrête de rire, je ne m'en sort pas si mal. Une autre que moi se serait déjà cassé la gueule depuis longtemps.

Elle fit une révérence à la fin, mimant grossièrement les dignitaires auxquels ils avaient échappés.

- Très cher - elle exagéra le ton au possible - je vous remercie pour ce divertissement fort sympathique dont vous avez décidé de m'honorer. Je n'avais point connu une telle extase depuis ... Mmmh, à vrai dire, continua-t-elle normalement, ces Burritos étaient vraiment très bons, alors on va dire que vous êtes à égalités.
Maintenant... Que faire ?


La bouteille traînait sur le sol, en grande partie vidée. Ils ne s'étaient pas rendus compte qu'ils avaient une telle descente durant la soirée. Ravi la ramassa, portant le reste à ses lèvres mais prit soin d'en laisser une gorgée et demi à Laecius.
Elle n'avait pas spécialement envie de retourner dans l'espace, aussi magnifique la vue soit-elle.

- Tu sais... maintenant que j'y réfléchis, il est sans doute encore l'heure de trouver ce fameux Hanari en peluche.

Elle balança sa combinaison sans la moindre pudeur, enfilant ses vêtements en sautillant plus ou moins pour le pantalon. L'alcool la désinhibais d'avantage qu'elle ne l'était en temps normal, mais commençait à lui faire perdre le sens de l'équilibre, même si elle gérait pour le moment.
Sa ceinture bouclée, elle tendit la main à Laecius.

- Alors, tu te laisses guider, ou tu préfères rentrer chez toi ?

Secteur commercial, troisième étage... Elle était sûre qu'elle pouvait trouver quelque chose du genre à cet endroit.



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MessageSujet: Re: Même les chatons ont des griffes   Lun 29 Mai 2017, 11:31


Même les chatons ont des griffes


Certaines choses vont à l’encontre de notre nature, faisant s’éveiller chez nous une intense sensation de répulsion, notre corps tout entier rejetant le principe même de cette action. Ce sentiment varie beaucoup d’une personne à l’autre, parfois une tension, rappelant la nausée, d’autres fois une douleur si vivace que sa simple évocation ressemble au mouvement d’une lame dans notre chaire. Devons-nous alors suivre notre instinct, et repousser mentalement et physiquement ce concept ? Ou faut-il savoir faire plier notre volonté à ce besoin au risque de perdre une partie de nous-même dans l’opération ?
Plus d’une fois dans sa vie, un turien devait faire face à ce genre moment, ce genre de choix intrinsèque opposant son devoir et sa volonté. Leur éducation leur apprenait à toujours sacrifier au groupe, peu importe le prix. Mais il n’était finalement pas si rare de voir l’un d’entre eux renier cet état, ce serment implicite, pour se jeter à corps perdu dans l’allégresse de leur libre arbitre. Laecius n’avait jamais failli.

Il avait tué, sacrifié, trompé d’autres êtres vivants, car la volonté du groupe avait pris pas sur la sienne. Il s’était dégouté un temps, jamais en regrettant, mais toujours en se jugeant. Il avait bien failli craquer, rompre sous le poids de ses pêchés, tout abandonner. Pourquoi ne pas devenir pirate, ou même choisir la mort après tout cela ? Mais au moment de faire son choix, un murmure c’était insinué dans son esprit, inaudible au début, il avait gagné en puissance et en clarté jusqu’à obnubilé totalement ses pensées. Il avait été le premier surpris en comprenant qu’il s’agissait là de son envie, sa volonté propre d’essayer autre chose, d’apporter le bien de la manière que LUI le déciderait. Ce murmure l’avait conduit à renier sa vie pour rejoindre la citadelle.

Ce soir il avait l’impression de l’entendre de nouveau, sans parvenir à distinguer ses paroles. Ravi dansait, ou plutôt remuait devant lui au rythme de la musique, lui arrachant rire et sourire sans qu’il puisse vraiment le contrôler. Cela lui faisait peur, tout en l’emplissant de vie, entendre de nouveau ce murmure dans cette situation. Il tenta d’en comprendre le sens, mais ce n’était qu’un souffle, un ensemble de notes dont il ne parvenait pas à saisir la nature ou à deviner la partition. Après lui avoir rendu sa révérence, son regard suivit celui de la turienne. Il était possible qu’il soit simplement ivre aussi, contrairement à son affirmation précédente. Mais il en doutait.

-Oui, il est sans doute assez tôt p…

Elle s’était dénudée sans la moindre gêne devant lui, et il avait regardé ses plaques corporelles apparaître une à une, toujours plus fine et gracieuse, juste sous ses yeux. Mais avant la moitié il avait fait le choix de se tourner et ainsi de se priver du reste du spectacle en se changeant à son tour. Une pointe de pudeur ? Non. De la gêne ? Clairement pas. Il avait simplement estimé que le spectacle offert ne saurait être savouré dans son intégralité à cet instant, de cette manière. Il fermait tout juste le haut de sa tenue quand elle reprit la parole en lui tendant la main.

-Oh mais je me laisse guider voyons, sans hésitations.

Il saisit sa main et ils repartirent sous la direction de la turienne. Et elle était clairement moins attentionnée qu’il n’avait pû l’être à l’aller. Leur avancée se transformant peu à peu en un jeu d’obstacle par-dessus lesquels elle bondissait ne variant le rythme de sa course, souvent en accélérant. Elle gloussait comme une enfant quand Laecius passait de justesse l’un de ses défis et repartait aussi sec sans un mot. Mais à son grand désarroi, il se rendit compte que lui aussi pouffait à ces instants-là. Dur de se plaindre quand on s’amusait.

Le chemin lui parut d’ailleurs bien court. Ils étaient tellement occupés dans leur jeu qu’ils faillirent bien louper leur étage. Ravi stoppa en freinant des quatre fers, ses mandibules cliquetant, et Laecius manqua de peu d la percuter, ce qui colla une fois de plus leurs corps, et encore une fois, il ne chercha pas à rompre ce contact.

-Ah en effet c’est là ! On a été rapide.

Ils entrèrent dans cette sorte de galerie marchande, ressemblant presque à une foire en réalité, les animations étaient aussi nombreuses que les boutiques. Comme des explorateurs ou des aventuriers, ils avançaient entre les étales en découvrant les lieux comme si ils étaient les premiers. Ils se faisaient de grands signes séparaient pourtant par uniquement quelque mètres, indiquant un objet ou un plat qu’ils trouvaient remarquable. Ravi finit par héler son nom en ayant trouvé leur bonheur, un stand encore plus colorer que les autres, où pendaient mille et une peluches différentes, se balançant tranquillement au gré des mouvements d’air créer par la foule. Des cibles holographiques apparaissaient et explosaient au rythme des tirs des participants. Un volus tenait le stand, et encourageait, péniblement vu son timbre vocal, les passant à tenter leur chance.

Laecius s’approcha et se plaça au côté de la turienne, un grand nombre de style d’armes, reproduction de vrai équipement militaire, étaient disposé sur le comptoir, laissant le choix aux participants. Le turien tendit le doigt vers une peluche. Un hanari de presque un mètre avec ses tentacules, mais il n’était pas de leur rose habituel, non son corps principal était d’une teinte violette, et variait dans un long dégradé pour finir sur une couleur différentes sur chaque appendice. Les extrémités luisant faiblement.

-Je veux celui-là !

Il s’empara d’un fusil ressemblant à un mattock d’une couleur jaune vif presque aveuglant, et pris la pose devant Ravi, imaginant tout à fait le ridicule que l’arme devait donner à son apparence.

-Alors très estimée et sexy collègue, prête à prendre une raclée ?

Feat. Ravi

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MessageSujet: Re: Même les chatons ont des griffes   Dim 04 Juin 2017, 02:03
Même les chatons ont des griffes
Le retour, moins calme qu'à l'aller, avait tout d'un jeu. Ravi ne s'en privait pas. Enivrée par les secrets des dédales, l'alcool et l'idée de perdre Laecius, elle filait comme une flèche. Tantôt elle escaladait un passage d'une pulsion du pied, tantôt elle esquissait un saut sur le côté au dernier moment, repartant de plus belle dans un éclat de rire cristallin. Par moment, il lui collait au train, par d'autres il se faisait distancer, ses précieuses secondes envolées face à un obstacle un peu trop retord. Pourtant, c'était lui qui connaissait l'endroit, pas elle. Son omnitech le montrait pour elle et au pire "tous les tuyaux menaient à la Citadelle". Quand ils ne donnaient pas sur l'espace intersidéral protégé par une bulle d'atmosphère artificiel.
Un arrêt brusque et un presque-carambolage plus tard - lequel aurait donné le droit à une scène hilarante de contrôle de police improvisé si la Turienne n'avait pas été trop occupée à retirer ses mandibules de la paroi et ne pas repousser Laecius tout de suite - ils se glissèrent dans la ruelle l'air de rien, sous le regard étonné-absent d'un Veilleur. Au moins le témoin était-il muet et n'irait raconter nul part la "légère" torsion aux règles qui venait d'être faite. Ils lui passèrent à côté sans un mot, tout juste un vague sourire, et rejoignirent le commun des mortels. Ce n'est qu’après cela qu'elle lui lâcha la main, laissant ainsi le loisir à chacun de découvrir la galerie. Le bâtiment entier était dédié à l'animation, mais on trouvait aussi des boutiques divers et variées qui, bien que colorées et se voulant attrayantes, ne réussirent pas à arracher un seul coup d'oeil curieux à la biotique. A la place, elle furetait, voguant de stand en stand jusqu'à trouver l'objet de son désir. Mais cela n'arriva pas tout de suite, aussi parce que Laecius avait fait de même et que chacun s'interpellait dès que le moindre objet les détournait de leur but premier. Quid d'un chapeau ridicule, quid d'une peluche énorme au prix aussi exorbitant, d'un marchand de confiseries ou tout ce qui pouvait amuser deux grands enfants pompettes. Soit beaucoup de choses donc.

- LAECIUS ! ICI !


Le Volus les regarda arriver sans un mot. Si sa combinaison ne laissait pas le douter, son visage affichait bien un air contrit. Il avait l'habitude de tenir son stand de tir depuis un moment, et les Turiens étaient toujours les même à ce niveau. Fins tireurs, ils avaient leurs habitudes militaires qui étaient à l'opposé du but du jeu. Non pas de tirer sur des cibles - c'était le but officiel - mais bien de se faire un paquet de crédits pour un effort minimal. Enfin, ils s'intéressaient à son jeu et il voyait déjà les cordons des bourses se desserrer alors que l'homme examinait soigneusement l'étalage de peluches, s'attardant sur les spécimens les plus grands. Une bonne affaire commençait à se dessiner; certains prix n'étaient pas gagnable avant plusieurs parties, même s'ils alignaient tout.

- Vous avez *SHK* bon goût *SHK*. La fourrure est très *SHK* douce *SHK* croyez moi *SHK*.

Il s'interrompit un instant pour vérifier les écrans des cibles et distribuer les prix ou empocher les crédits de ceux qui voulaient continuer. Parfois, il regrettait que son jeune fils soit parti poursuivre ses études sur Irune, au lieu de l'aider à gérer l'établissement de divertissement. Mais au moins pourrait-il reprendre l'entreprise familiale une fois rentré. Quand à payer une aide, il n'y pensait même pas. Il pouvait gérer et avec les bons contrats, même la plus petite récompense lui coûtait cinq fois moins cher qu'un seul essai. Et contrairement à d'autres espèces, sa combinaison pouvait filtrer les bruits gênants, l'empêchant d'écouter les nombreuses musiques qui passaient et le brouhaha ambiant. Qu'on ne le lance pas sur le sujet des machines et de leurs "cling cling" assourdissants, sinon il ne finirait jamais de vanter les mérites de vivre avec des filtres.

Ravi leva le nez vers la peluche géante. Ses tentacules pendaient mollement, coulant du violet en plusieurs couleurs différentes. On aurait dit une sorte de croisement entre un Hanari et un arc-en-ciel, avec une tentative de rendre le tout légèrement réaliste en collant un léger effet luminescent. Une oeuvre d'art, pour peu qu'on aime les choses étranges.
La femme étouffa un petit rire alors qu'elle regardait Laecius.

- Ok, alors là, je suis juste curieuse de voir ta décoration d'intérieur.

Elle attrapa à son tour un faux Mattock d'un orange criard - qui ne jurait pas avec sa couleur de peau ou ses vêtements mais qui s'était mis à les insulter en allemand tant la différence faisait mal aux yeux. Face à elle, son ancien allié de crime et désormais vrai rival la défia dans un sourire éclatant, tentant d'effacer l'aura de ridicule pure qui émanait de l'arme presque factice. Elle ne tirerait pas réellement d'ailleurs; trop de règles sur la Citadelle interdisait l'utilisation ou le transport d'armes létales ou potentiellement létales. Tout ce qui pouvait permettre l'ajout d'éléments comme un emplacement de cartouche thermiques était interdit. Aussi les canons des armes étaient-ils complètement bouché. De l'embout jusqu'au scellement électronique, permettant au laser d'apparaître, il devait y avoir à peine deux centimètres, pour donner l'illusion du tir.
L'intéressée répondit au défi dans un sourire.

- Charmant collègue... Ou plutôt devrait-je dire rival... Tu vas regretter ce que tu viens de dire !

D'un geste vif, elle écrasa le bouton de lancement, choisissant le programme le plus ardu de la gamme, apportant par là même le plus de point. La peluche en coûtait cinq cent. Une victoire complète pouvait apporter cents points sur cette partie. En six parties à eux deux, soit un défi en trois manches, ils arriveraient à remplir l'objectif. Du moins s'ils faisaient réellement montre d'un vrai talent pour les armes à feu.

Le programme s'avéra être un enfer; les cibles apparaissaient, restaient trois secondes maximum en immobile, cinq alors qu'elles se mouvaient rapidement de façon archaïque, apparaissaient parfois deux voir trois en même temps, leur taux d'apparition à peine décalé d'une demi seconde. Le temps de se mettre dans le bain, Ravi avait déjà loupé trois cibles sur sept, mais réussi à finir la partie sans autre erreur. Elle tira la langue à Laecius, le raillant. Il n'avait pas forcément brillé, prit lui aussi au dépourvu. Mais à terme, il était possible qu'il se débrouille bien mieux; après tout, sa spécialité reposait en premier sur la biotique. Si elle savait tirer de façon militaire, elle avait besoin d'un peu plus de temps que du tir réflexe. Il faudrait qu'elle pense à s'entraîner sur ce point.
Derrière eux, attirés par leurs piques et le côté impressionnant du défi, on s'arrêta, commenta et applaudit entre chaque round. Le Turien recevait des encouragements, tout comme Vertax, mais il semblait que les siens venaient d'un peu plus de femmes qu'elle. Néanmoins, elle rangea sous sa bannière la grande majorité des Turiennes qui s'étaient arrêtés, et même un Elcor se prit au jeu.

- Encourageant : Chaque participant peut réussir.
Confession : Même si je ne connais pas le but.
Encourageant : Mais j'espère que vous réussirez votre objectif.


Le verdict final tomba; Laecius remporta la victoire, avec un écart correct de trente points. A deux deux, ils cumulaient les cinq cent points requis, mais pas bien plus. Reconnaissant sa victoire, elle l'applaudit comme le reste de leurs spectateurs alors que lui pavanait, portant bien haut son prix dont les tentacules lui tombaient devant le visage. On aurait dit un enfant qui venait de recevoir sa première arme. Elle leva les yeux au ciel alors qu'il tentait de lui frotter un bout de peluche sur le visage pour mieux la narguer.

- D'accord, d'accord, j'ai compris, dit-elle alors qu'elle le repoussait. Monsieur Primus, vous êtes très doué dans le maniement des armes.
Quoi ? Non, je ne suis pas vexée ! Oh, et puis merde, je vais me prendre un truc, je reviens. Tu ne seras de toute façon pas difficile à rater avec ta peluche géante.


Elle bondit hors de sa portée, se frayant un chemin sans difficulté dans la foule éparse jusqu'à arriver face au marchand qu'elle avait repéré un peu plus tôt, proche de l'entrée. Après un échange de crédit, elle attrapa le bâtonnet que l'Humain lui tendit. Le sucre vert était facilement remarquable de celui - violet - des lévo. Au moins pas de mauvaise surprise ici. Elle arracha un morceau de la confiserie vaporeuse et le laissa fondre sur sa langue avec un petit soupir satisfait. Elle n'était pas mauvaise perdante. Pas du tout. Mais... Oh, et puis à quoi bon les explications. Ses justifications seraient retournées contre elle quoiqu'il arrive. Pas du tout allons, qu'est-ce qui te fait croire ça ? La preuve était là. Tu ne vas vraiment pas chercher des excuses ? Nop.

Trottinant entre les allées, elle chercha des yeux son repère alors qu'elle entamait bien ce que les Humains nommaient "Barbe à Papa". Il fallait le reconnaître, le goût du sucre brûlé avait un petit "quelque chose" qui donnait envie d'y revenir.

Ravi tourna sur sa gauche, regarda vers la droite, devant elle puis derrière. Elle fit un tour sur elle-même, fronça les sourcils puis revint au stand de tir. Elle s'arrêta finalement, se léchant les doigts, pensive.
Sans savoir comment, elle avait réussit à perdre un Turien surmonté d'une peluche d'un mètre de Hanari aux couleurs multiples. Il allait falloir qu'on lui explique comment elle avait fait. Peut-être dans un magasin couvert ?

Elle se mit en chasse, cherchant son confrère en arrachant de temps à autre un morceau de confiserie pour mieux le grignoter. Elle ne s'inquiétait pas plus que ça de l'avoir perdu de vue. Si vraiment ils ne se retrouvaient pas et bien... Ils bossaient au même endroit, elle pourrait retrouver son nom et sa faction sur la liste. Et son bureau, si elle cherchait bien.





Dernière édition par Ravi Vertax le Mer 14 Juin 2017, 00:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Même les chatons ont des griffes   Jeu 08 Juin 2017, 21:25


Même les chatons ont des griffes


« Rattrape-la ! » Cria la petite voix dans son crâne. Et pourquoi faire ? Ce n’est pas comme si elle s’enfuyait, elle avait même annoncé son retour. Ou alors elle partait ainsi ? Sans un aurevoir, sur une défaite à un jeu stupide. Laecius se sentit à cet instant particulièrement crétin, debout au milieu de la foule avec une peluche de hanari géante entre les mains à hésiter entre courir et s’asseoir sans rien faire. Et même si il lui courait après, que pourrait-il bien lui dire pour la faire changer d’avis si jamais elle avait décidé de partir, et si ce n’était pas le cas, il aurait juste l’air du gars bizarre qui traque une demoiselle partit s’occuper d’elle un instant. Il lâcha un râle agacé. Pourquoi ce prenait-il autant la tête pour une inconnue ?
Si au moins elle lui avait rappelé Memya, mais elle en était presque aux antipodes par instant. Non il n’y avait pas d’explication, il appréciait simplement sa présence près de lui, sans avoir de quoi l’expliquer autrement que par son ressenti.

Il prit conscience qu’il s’était remis à marcher, sans but, alors que sa réflexion avait pris de l’ampleur. Il ne reconnaissait plus vraiment les étales autours de lui, bien qu’il n’ait pas quitté la zone. Et pas de Ravi en vue. Il pouffa pour lui-même et haussa les épaules. Après tout, se perdre ne serait pas la chose la plus folle de la soirée. Il avança encore un peu sur la trajectoire pour finir par déboucher sur une petite place artificielle formées par la disposition de étales et au centre de laquelle trônait une fontaine circulaire. Il s’installa sur le bord de celle-ci en calant son nouveau compagnon coloré à côté de lui. A bien le regardé, c’était une horreur, mais il l’adorait.

-Comment je vais t’appeler toi ?

Blasto lui semblait bien trop évident, et Ravi aurait surement vexé un peu plus la turienne disparue. Peut-être un nom tiré d’un de ces livres ? Ou un de leurs auteurs ? Un nom lui vint et il éclata de rire, faisant tourner la tête à plusieurs passants. Il souleva la peluche pour la hausser au niveau de son regard, comme pour croiser le siens, bien que comme l’espèce qu’il représentait, il était dépourvu du moindre organe oculaire.

-Jules ! Je vais t’appeler Jules ! Ça me semble parfait.

Au cours de ses années sur la citadelle, Jules Vernes, un auteur humain, était devenu une de ses lectures favorites. Analysant souvent plusieurs situations à travers le prisme du fantastique, pour en fournir un récit à plusieurs niveaux de lectures. Et il trouvait qu’un prénom de ce style, avec cette histoire, correspondait parfaitement à l’étrange créature arc-en-ciel en mousse qu’il tenait entre ses mains. C’est en reportant son attention sur la foule qu’il retrouva le trésor perdu. Ou la turienne fugueuse, les deux définitions lui semblaient valables.
La demoiselle mangeait ce qui ressemblait à une barbe à papa, invention humaine là aussi, mais vu qu’elle ne se tordait pas de douleur au sol, il supposa qu’il s’agissait d’une version dextro de la chose. Elle contournait la fontaine par son autre coté sans l’avoir remarqué apparemment affichant un air presque boudeur. Il bondit sur le rebord de la fontaine et couru vers elle en en suivant le tracé, pour esquiver groupes d’individus et étales. Il eut droit à quelques regards réprobateurs, mais ne les remarqua même pas, sa propre vision centrée sur une unique personne.

Il bondit à ses côtés et manqua de peu de la percuter en atterrissant. Il se redressa vivement en tendant le hanari devant lui, à quelque centimètre seulement du visage de la turienne.

-Jules, voici Ravi ! Ravi, je te présente Jules!

Il rapprocha la peluche de lui en posant sa tête dessus, ses mandibules cliquetant.

-Jules et moi on se demandait si on pouvait faire quelque chose pour enlever le masque de grincheuse que quelqu’un c’est amusé à mettre sur ton visage pendant que tu ne regardais pas.

Sa langue jaillit un court instant pour appuyer sa moquerie, rapidement accompagnée d’un clin d’œil.

Feat. Ravi

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MessageSujet: Re: Même les chatons ont des griffes   Mar 13 Juin 2017, 15:46
Même les chatons ont des griffes
Dans la salle d'arcade ? Nulle peluche surélevée, portée par un blanc Turien qui s'acharnait à défoncer les scores, ou la borne.
Devant le casino ? Pas l'ombre d'une mandibule, si on oubliait celles de tous ceux qui allaient et venaient, entrant et sortant en fonction de leur chance ou de leur envie. Ils ne l'intéressaient pas.
Et à l'entrée, en train d'attendre ou de la chercher du regard ? Perdu, merci d'avoir joué, retentez votre chance ou partez.

Ravi se renfrogna, les sourcils froncés, alors qu'elle déposait un morceau de barbe à papa sur sa langue. Il fondit immédiatement, lui laissant le goût du sucre brûlé en souvenir. Une chose agréable mais qui ne l'avançait pas plus.
Ignorant, pour le moment, la question du comment, elle préféra se concentrer sur le où. Il lui semblait avoir fait le tour de la totalité du bâtiment et pourtant elle restait bredouille. Peut-être que Laecius s'était retrouvé vexé de la voir si sèche et avait estimé l'affaire close ? Elle ne le connaissait pas vraiment au vu de leur récente rencontre, mais il ne lui avait pas paru potentiellement goujat, alors qu'il s'en aille sans un mot... Si c'était le cas, elle s'en avouerait étonnée et déçue. Ce qui était un peu plus possible bien que rare, c'était qu'ils s'étaient croisés sans s'en apercevoir ou tout du moins se manquer de peu.
La femme jeta un oeil à son omnitech. Il se faisait tard. Les derniers invités du bal devaient partir l'un après l'autre, les équipes finissaient de vider les bouteilles ouvertes, mettaient à l'abri les pleines, chipaient un ou deux restes par gourmandise avant de finir leur rangement. La danse habituelle des après cérémonies et gala. La nuit n'était pas si avancée que ça, mais pour qui était en service le lendemain - comme Vertax et Watson - l'heure de partir avait sonné. Et sans une moitié des invités, la salle se faisait moins chaleureuse. Il était fort à parier que ceux dépourvus de la moindre obligation organisaient des contre soirées dans ces petits bars chics et branchés dont les deux Turiens s'étaient éloignés avec hâte.

En somme, une Ravi raisonnable aurait laissé tomber l'affaire et se serait excusé le lendemain, quitte à apporter un petit quelque chose.

Une Ravi raisonnable, oui. Une qui aurait été Cabale, pas Superviseur.

Ainsi, la Turienne fit demi-tour, repartant à la chasse pour - elle se le jura - la dernière fois de la soirée. Si Monsieur Primus décidait de rester introuvable, elle ne lui courrait pas après. Oh ? C'était si étonnant ? Je n'ai rien dit. Sa mandibule oui. Disons que tu avais l'air d'avoir autre chose en tête. ...

La biotique prit donc ... Tu m'ignores ? ... la route vers ce qui ressemblait le plus à une "place" dans la zone. Elle contourna la fontaine par la droite, cherchant à dominer la foule présente, quitte à se mettre sur la "pointe" des pieds au sens Turien du terme. Il avait peut-être décidé de se mettre la peluche sous le bras, plutôt que de la porter comme un trophée. Une décision qui l'embêtait bien; si Laecius pouvait se fondre dans une foule, une peluche bariolée aurait eu moins de chance. A moins qu'il n'était retourné sur les stands.
Le râle qu'émirent ses cordes vocales traduisait son ressenti et un Volus lui jeta un drôle de regard avant de repartir comme si de rien était ; l'affaire commençait doucement mais sûrement à lui taper sur les nerfs. La faute lui revenait, d'un côté, puisqu'elle avait décidé de s'éloigner sans indiquer là où elle allait. Mais cette hypothèse, elle refusa même de la prendre en compte. Elle s'en serait retrouvé encore plus agacé sans ça.

Ses mandibules cliquetèrent un moment, puis se stoppèrent sous le coup de la surprise alors qu'un bruit sourd retentit derrière leur propriétaire. Laquelle se retrouva face à une peluche bariolée de Hanari dont, caché derrière elle, un Laecius faisait les présentations.

Oh. Au moins, c'était réglé. Et Laecius ne semblait pas lui tenir rigueur. Bien. Parfait pouvait-on supposer ?

Son bâtonnet dans une main, la Superviseur attrapa une des longues tentacules qu'elle secoua doucement. Celle-ci s'agita dans tous les sens, gigotant sottement au rythme des soubresauts. D'abord légers, ceux-ci se firent plus importants alors qu'elle se prêtait au jeu.

- Jules ! Enchantée, je suis Ravi. C'est toi le nouveau colloc' de Laecius, c'est ça ?

Laecius cliqueta des mandibules, sa tête posée sur le fourrure violette. Sans avertissement, sa compagne lui enfonça le reste de sa confiserie - sans le bâton, elle n'était pas un monstre - entre les dents. D'une part pour s'assurer qu'il se taise, de l'autre parce que c'était amusant. Elle sourit, sa vexation un peu effacée, mais pas pour autant oubliée.

- Et bien tu...

- Celui-ci est choqué par la façon dont vous traitez une représentation de son espèce. Celui-ci voit que vous n'avez pas entendu la parole des Portes-Flammes. Il demande des excuses.

Et m... Nul besoin de se retourner pour deviner le Hanari derrière elle. Il luisait doucement, flottant dans les airs alors que le bout de ses tentacules s'agitaient eux aussi, seuls signes visibles de la colère qui l'animait. Enfin, visibles pour qui connaissait les façons de décrypter les indices subtiles. La bioluminescence pour s'exprimer, étrangement, ce n'était pas un langage très universel, même sur la Citadelle.

- Bien évidemment, citoyen - déclama Ravi alors qu'elle attrapait Laecius sous le bras. Je vais moi même aller mettre ce gredin en prison pour une blague honteuse autour d'une peluche. Veuillez l'excuser pour la façon qu'il a eu de rire voir même respirer.
Maintenant... On me suit, vous. Toi. Vous ? Tu crois que ça le fait plus, le vous ?


Le duo s'éloigna alors que le Hanari restait un instant silencieux.

- Celui-ci pense que vous vous moquez de lui...

Ils avaient déjà disparu au milieu de la foule, se frayant un passage jusqu'à l'entrée. La Turienne n'avait pas lâché son compagnon et elle continuait de l'entraîner vers les ascenseurs.

- Tu m'as entendu non ? Allez, en taule. Enfin, non. Ayant décidé de juger moi même ce crime honteux que tu as fait... Comment ça, nous ? C'est toi qui m'a présenté Jules. Donc, ça en plus de ta fuite d'un événement privé organisé pour les SSC... d'accord, NOTRE fuite, si tu insistes... Bref, arrêtes de m'interrompre. Quoiqu'il en soit, je te condamne à être assigné à résistance jusqu'à demain matin, et ordonne à Miss Vertax ici présente d'exécuter la sentence.

Ce sera fait, votre Honneur Vertax.

Merci, Miss Vertax.

Allez, montre moi le chemin.


Ils prirent les ascenseurs et remontèrent quelques rues, s'arrêtant parfois pour observer la splendeur de la Citadelle "de nuit". Le secteur était calme, presque purement résidentiel... Et exactement le même que celui de la biotique. Elle attendit un moment, voir s'ils arriveraient au même immeuble. La suite lui démontra que non puisqu'il n'emprunta pas sa rue mais continua un moment, arrivant un quartier plus loin à un ensemble de petites résidence sur deux étages. Ce genre d'habitations, bien qu'assez inhabituelles, faisaient un retour timide et certains promoteurs avaient préféré miser sur le luxe d'une "maison à soit" plutôt que sur le nombre de place.

Ravi s'arrêta devant la demeure, l'observant avec attention.

- Et bien, grand luxe dis moi !

D'un doigt, elle tapota Jules sur le nez, souriant à son collègue.

- Donc... Par rapport à ma question de tout à l'heure ; est-ce que ta décoration intérieure est assortie à ton nouveau colocataire ?

La décoration intérieur, hein ...

Tout à fait. L'innocence même se voyait sur ses mandibules. Si on plissait les yeux et qu'on se mettait la main devant le visage.



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MessageSujet: Re: Même les chatons ont des griffes   Mer 21 Juin 2017, 16:52


Même les chatons ont des griffes


Alors ça il ne l’avait pas vu venir. Il était là à la taquiner sur sa propre implication dans les crimes commis au cours de la soirée, laissant la voix du hanari se perdre dans le brouhaha de la foule. Et soudain elle le tirait par le bras comme trainant un boulet inerte. Chez lui ? Et elle semblait sérieuse en plus. Il avait tenté de décrypter sur ses traits d’une noirceur stellaire une quelconque trace d’humour ou de piège dans lequel elle voulait le faire tomber, mais non, sous son jugement infligé sans avocat ni juge autre que elle, elle souhaitait bien rejoindre son antre.
Il avait bien sûr plus d’une fois dans la soirée envisager de finir dans les bras de la belle… il aurait fallu être d’un fer bien plus solide que le sien pour qu’il en soit autrement. Mais ça tenait plus d’une sorte de fantasme, un pur délice de l’imagination. Non, en réalité elle lui avait semblé inaccessible presque à l’instant où elle avait parlé pour la première fois. Leurs jeux de séductions n’avaient jamais entrainé l’espoir pour lui d’obtenir plus. Elle lui semblait si lointaine, enfermée dans une armure de volonté qu’il avait crût inébranlable pour un être tel que lui.

Peut-être imaginait-il juste des choses, elle ne lui avait pas proposé une coucherie, juste d’aller chez lui. Mais son esprit avait du mal à ne pas imaginer ce résultat. Il avait de nombreuse fois ramené une demoiselle pour une nuit. Et apparemment cette fois lui c’était lui la demoiselle, et Ravi le « Don juan » comme disait les humains. Etrangement cette idée le dérangea, du moins en partie.
Oh pas qu’il était contre le fait d’être un simple outil de plaisir en général, mais cela le gênait de n’être que cela pour la turienne. En quelques heures ils avaient partagé une intimité plus grande que la simple recherche de plaisir physique, et l’idée de perdre cette sensation l’inquiétait sans qu’il ne parvienne à s’expliquer la raison de cette peur.
La turienne ne s’était pas ouverte à lui, il n’était pas aveugle, mais elle lui avait accordé une proximité qui lui semblait précieuse. Avait-il tort ? N’est-il qu’un passe-temps ?

-Pourquoi tu te demandes tout ça crétin ?

Il avait murmuré, mais Ravi lui avait jeté un coup d’œil se croyant interpellée, mais il se contenta de claquer des mandibules et l’entraina vers sa demeure. Il avait déboursé presque toutes ses économies accumulées à l’armée et au SSC pour acheter ce bien. Laecius avait souhaité une vue et de l’isolement, un luxe sur la citadelle. Un ensemble de bâtisse qui remontait en sur plusieurs étages décalé tel un escalier immense où les bâtiments se mêlaient à une verdure artificielle mais rafraichissante. Le turien guida Ravi jusqu’à l’une des habitations de la résidence dans les étages inférieures de l’escalier, il n’était pas primarque non plus.
La maison en elle-même ne possédait qu’un étage munie sur sa façade d’un balcon sur toute sa largeur. Les murs étaient d’un mélange de pierre et de métal blanc. La turienne fit d’ailleurs remarquer le luxe relatif de l’endroit avant de poursuivre un questionnement basé sur la présence de jules.

-Il n’a pas encore installé trop d’affaire, mais il a déjà quelques petites habitudes. Je vais te faire la visite.

Il passa sa main sur le pavé holographique proche de la porte en détachant difficilement son regard du visage de Ravi dont les yeux semblaient flambés malgré leur vert intense. Il la laissa pénétrer dans l’habitation avant de la suivre. La porte donnait directement dans un salon ouvert, un canapé circulaire était installé dans une cavité d’un mètre de profondeur, de telle sorte qu’une fois installé seule la tête dépassait généralement du niveau du sol. Au centre le cavité une plaque circulaire flottante servant autant de table que de projecteur holographique scintillait paisiblement. La pièce s’éclaira lentement en suivant l’intensité d’une série de lampe longeant les murs au niveau du sol révélant le reste de la pièce. Un escalier central menait à l’étage qui semblait être une vaste mezzanine. Sous celle-ci une cuisine bar habillait le vide disponible.

Juste à côté se trouvait une table de Lokili, un jeu turien rappelant les échecs en trois dimensions. Divers plateaux se superposaient dans un enchevêtrement complexe, chacun quadrillé d’une manière différente et offrant donc une latitude de déplacement variable. Chaque unité avait une méthode d’attaque et de déplacement propre, mais leur positionnement sur les plateaux étaient à la guise du joueur. Ce qui rendait dangereux la composition des plateaux était la capacité des unités à changer de plateau en atteignant des zones précises. Une composition de pièces avantageuse sur l’un des plateaux pouvaient virer au drame si une unité dangereuse se déplaçait d’un plateau adjacent pour participer à la bataille en cours. La pièce maîtresse de ce jeu était une sphère disposée elle aussi à la guise du joueur représentant Palaven. Un subtil rappel de l’importance de la planète d’origine des Turiens pour toute leur espèce. Si Palaven tombait, les turiens tombaient.
Laecius n’avait pas apprécié grand-chose de l’académie Militaire, mais la découverte de ce jeu s’était révélé une passion pour lui. Au point de lui faire acheter et restaurer cette vielle table de jeu en lieu et place des modèles holographiques actuels.

Les meubles étaient rares dans l’appartement en dehors de la cuisine équipée. Quelques étagères où étaient disposées diverses breloques étranges. Une tulipe de verre, une montre à gousset, et d’autres choses toutes aussi originale. Laecius s’avança pour poser Jules sur l’une d’entre elle à côté d’une peluche à sa propre effigie dont il ne se rappelait plus la provenance. Les longs appendices de la peluche pendaient dans le vide avec un équilibre précaire. Juste à côté se trouvait une bibliothèque avec ses vrais trésors, des livres de papier, originaires de presque toutes les cultures. Il ne parvenait toujours pas à lire les ouvrages asari, mais faisait un net progrès dans le dialecte écrit des galariens, et la proximité de la terre lui avait vite fait connaître la langue humaine. Bien sur son traducteur universel aurait pu tout déchiffrer pour lui, mais où aurait été le plaisir ? Ces livres avaient une histoire à raconter, avec leur propres mots et sens.

Peu de personnes de son entourage avaient consciences de son gout pour la lecture papier. En le voyant, on imaginait surement difficilement amateur d’aventure rocambolesque ou poésie, voir quelques tragédies par fois. Il se tourna vers Ravi et engloba l’appartement d’un geste.

-Voilà ma planque. A l’étage se trouve mon lit, une salle d’eau et l’accès au balcon. Si tu veux jeter un œil…

Alors dis comme ça, cela faisait très sous-entendu peu discret. Ses yeux roulèrent de dépit face à son manque de trait d’esprit en cet instant. Il n’aimait pas se sentir ainsi. Trop habitué à être maître de sa situation, de ses rencontres, de ses envies, il avait soudain l’impression d’être revenu à sa première rencontre intime avec une turienne des années auparavant, ou comme face à... un sourire de nacre s’imposa à son esprit et il en chassa l’image. Il allait bien finir par se ressaisir non ? Ce n’était qu’une fille dans son appartement bon sang ! Non ?

-Jules à soif en tout cas. Je te sers quelque chose ?

Feat. Ravi

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MessageSujet: Re: Même les chatons ont des griffes   Sam 24 Juin 2017, 22:18
Même les chatons ont des griffes
Ravi était une jeune Turienne bien éduquée. Elle ne s'invitait pas chez les autres, par exemple, mais leur demandait poliment si elle pouvait entrer. Et elle attendait la réponse avant d'esquisser le moindre geste.
C'est avec toute cette politesse qu'elle entra dans la demeure d'un pas de conquérant, juste derrière son hôte. Et si son corps suivait le chemin de son guide, quitte à poser ses pieds exactement là où lui avait posé les siens, son esprit comme son regard avaient décidé de visiter en courant les lieux, arrachant métaphoriquement le moindre bibelot pour l'examiner sous ses moindres coutures avant de passer à autre chose. Et ses yeux devançaient toujours son esprit, qui s'attardait un peu plus sur les détails.

La presque absence de meubles dans la pièce ? C'était en général un signe de luxe, surtout lorsque le peu de meubles se voulaient chers, presque à la manière d'oeuvre d'art. En tout cas, le but n'était pas de les fondre mais en tout cas de leur faire habiter tout l'espace de leur simple présence. L'inverse de la Cabale, laquelle avait un appartement qui croulait sous le poids de nombreux objets. Ne serait-ce que ses instruments.
Un canapé enfoncé dans le sol ? Une idée de confort et de bulle de sérénité, surtout en étant couplé au projecteur.
La mezzanine ? Il appréciait d'avoir de la hauteur et de diriger ? En tout cas, elle adorait avoir la vue sur tout son appartement du haut de la sienne.
Le Lokili ? Il avait été formé pour être un stratège, voir peut être était nostalgique de Palaven.
La peluche à son effigie ? Il...

...

D'accord, sur ce point, elle séchait un peu. Il était si égocentrique que ça ? Les yeux verts passèrent du modèle à la reproduction, sans rien dire. Les mots auraient été moins probants que le sourire en coin qui venait éclairer son visage et qu'elle tentait de cacher dans un vain effort de ne pas le froisser. Effort qui dura le temps d'une seconde, avant qu'elle rit doucement.

- Et bien ! Je vois que Jules a un autre compagnon de chambrée. Sinon les chevilles, tout va bien ? Je me disais que tu étais plus lourd que tu en avais l'air, au début de soirée.


Son corps s'arrêta devant la bibliothèque. Elle tapota une mandibule en crépon, testa la différence avec de texture en touchant celle de Laecius Premier sans en avoir demandée la permission, puis hocha la tête d'un air entendu.

- Je crois qu'il te bat d'une crête pour le côté mignon. Tu le bas d'un pouce en terme de plaisir à toucher par contre ...

Elle franchit la distance qui les séparait d'un pas, lui souriant. Le jeu commençait, à moins qu'il ne reprenne suite à une courte interruption.
Ceux qui ne la connaissaient pas pouvaient l'imaginer volage, changeante. C'était presque vrai. Mais une vérité morcelée, séparée aux quatre coins de la galaxie et dont on avait exhumé un fragment après des années de recherche. Ravi était constante. A sa manière.
Latis n'aurait pas voulu qu'elle dépérisse, se couvre d'un voile noir et passe son temps enfermée chez elle, vivant en ermite dans un temps révolu. Ou peut-être cherchait-elle à s'en persuader. Quoiqu'il en soit, elle avait le droit de s'amuser. Vivre un peu.

Besoin de te justifier ?


... Non ?

La Voix ne la crû pas. Ce n'était pas difficile à comprendre. Peut-être qu'effectivement, si on retournait l'idée et qu'on l'observait attentivement, on pouvait estimer, après de longues minutes d'observation attentives, que Ravi se justifiait un tout petit peu. Pour cette partie d'elle même qui s'agrippait encore, voyait en chaque nouvel arrivant une chance de lui retirer son trésor. Une partie enterrée qui revenait à chaque fois qu'elle voyait ce qu'elle interprétait comme un risque. Un zombie increvable, malgré de nombreux efforts.
Elle s'inquiétait pour un rien, cette petite part qui se cramponnait sans accepter de lâcher complètement. Ce ne serait qu'une partie de jambes en l'air comme une autre. Peut-être régulière, peut-être pas. Elle mettrait la distance qu'il faudrait, quand elle le souhaiterait. Que cesse ce signal d'alarme d'une angoissée chronique qui tapissait les murs de son espace cérébrale alloué de souvenirs.

Tout être en ce bas monde se voulait complexe, tant dans la forme de son ADN, sa façon de fonctionner que celle de réfléchir. Vertax tendait peut-être à l'être un peu trop, conciliant une multitude de forme et d'idées qu'elle ne prenait que rarement la peine d'harmoniser. Mais c'était sa petite touche à elle. Un cerveau en ébullition derrière un sourire.

Et quel sourire elle adressait à Laecius. Celui du prédateur qui a trouvé sa proie, en toute amitié. Qui attends avec courtoisie le signal pour jouer à nouveau mais donne des petits coups de pattes de temps en temps dans l'idée de lancer la partie. Qui, si elle accepte d'attendre, souhaite mettre en branle les choses - sans mauvais jeu de mot.
Le genre de prédateur à se prélasser sur sa mezzanine et dominer le monde qui l'entoure.

- Voilà ma planque. A l’étage se trouve mon lit, une salle d’eau et l’accès au balcon. Si tu veux jeter un œil…

Sourcil levé, dents dévoilées. Il n'aurait pas pu s'attendre à autre chose. Pas avec cette proposition. Elle prit ce signal comme un premier essai.

- Oh ?, se contenta-t-elle de lancer d'une voix douce.

Un autre pas, les mains derrières son dos. Pour un peu, elle se serait imaginé dans ce film, avec ce requin là. Le nom lui échappait, mais l'air faisait quelque chose comme ... tintin... TinTin... TINTIN.... TINTINTINTINTINTIN.... Quelque chose du genre.

Il détourna la conversation, l'air de rien. La femme garda son sourire, quoiqu'un peu hésitante. Il lui faisait quoi là ?

- Un verre d'eau s'il te plaît. Ou du vin tiens. J'ai envie d'un petit quelque chose un peu sucré.

Les pupilles vertes se posèrent sur le dos de son hôte. Trop brutale ? Elle rentrerait les griffes alors.
Ses doigts agrippèrent le verre, frôlèrent exprès ceux de l'homme. Un gant de velours pour une main bien décidée à se poser sur certains endroits bien précis du Turien.

- Merci.

Elle sifflota son verre alors qu'un silence inconfortable essayait de se faire une place entre eux. Elle le chassa d'un hochement de tête, suivit d'un petit soupir. Ils n'allaient jamais s'en sortir si personne ne brusquait les choses. Oh, elle avait imaginé lui agripper la taille et se coller contre lui, l'inviter à répliquer. Mais il y avait une différence entre harcèlement sexuel et drague. Et vu l'absence de signes favorables, elle allait devoir préférer la voie des mots.

- Bon
, finit-elle par dire. Je te sens tendu. C'est le fait que je sois une collègue ?

Droite, précise et cash. Elle n'avait pas envie de perdre des heures dans ce qui serait une danse de prétendues jeunes gens qui regardaient leurs chaussures, murmuraient des mots gênés et pour qui se tenir la main serait un grand pas, alors copuler... En plus elle n'avait pas envie qu'ils se tiennent la main. Du cul, oui, de l'amitié, pourquoi pas, mais pas au-delà. Qu'il ne partage pas cet état d'esprit ne lui effleura pas l'esprit. Pas alors qu'il avait l'air intéressé un peu plus tôt.

- Je sais, le règlement, tout ce bordel... C'est ça qui te bloque, non ? On est du même grade, ça c'est bon. Pas la même équipe, double accord. Et on a pas besoin de dire à tout le monde ce qu'on a fait. D'accord, les plus observateurs auront peut être remarqué notre disparition après que nous soyons tous les deux partis faire un tour sur le balcon. D'accord, suite à ça, les rumeurs vont peut être fuser. Le truc, c'est de les ignorer. Ou de rajouter pleins de détails scabreux et voir les incrédules gober tout ça, puis se couvrir de ridicule quand ils essayeront de propager la rumeur.

Au niveau du coin gauche de son visage, une rangée de dents brillèrent sous les lampes.

- Technique qui marche parfaitement bien avec ceux qui ne connaissent rien de la sexualité turienne. Une fois, j'ai fais croire à un Humain qu'il fallait une pince à fruit de mer. Je ne sais toujours pas ce que c'est, mais je me suis bien marrée quand il a essayé d'en parler au Lieutenant Erus.


La Superviseure rompit sans gêne l'espace vital de son collègue. Il n'avait qu'à tendre le bras pour l'attraper, s'il le souhaitait. Qu'il saisisse sa chance ou ne la saisisse pas, mais qu'il se montre clair.

- Ou bien... C'est autre chose qui te dérange ? Si c'est la timidité... On peut commencer en douceur. Un massage pour te détendre ?

...

Là, c'est le moment de m'annoncer que tu as une femme, deux enfants et un Spuma
, souffla-t-elle avec amusement.


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Même les chatons ont des griffes

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