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 Les fantômes du passé

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MessageSujet: Les fantômes du passé   Sam 15 Avr 2017, 16:17
Intervention MJ : NonDate : 11 avril 2202 RP Tout public
Shaun McAvoy ♦ Caelan A. Fitepatrick
Les fantômes du passés



Shaun M. & Caelan F.


Les nuits se faisaient plus longues et plus difficiles. Les cauchemars revenaient à la charge, ne laissant que très peu de répit à une femme déjà bien éprouvée. Caelan ouvrit les yeux, bien avant que son réveil ne sonne. Mais elle restait là, allongée dans son lit, à attendre que le temps passe. C'était la même chose, le même rituel depuis des mois. Et pourtant, les médecins avaient considéré que son état s'était consolidé sans séquelle. Et pourtant, elle les ressentait encore dans sa chair, dans son être. Quand son regard avait le malheur de se poser sur une photo de lui ou même ne serait-ce que sur une veste, qu'il avait oublié il y a des années de cela... Et qu'elle n'avait jamais eu à cœur de jeter. Consolidation de l'état général sans séquelle. Ce n'était pas elle qui allait courir pour avoir des indemnités ou quoi que ce soit. Caelan était bien plus courageuse que ça, bien plus plus déterminée à prendre sa revanche. Et pourtant... Pourtant, ces derniers mois, il y avait quelque chose qui n'allait pas. Comme une ombre sur son cœur qui l'empêchait d'avancer correctement. Pourtant, tout se passait bien : son chef de service était satisfait de son travail, ne comprenant pas que l'Alliance ne reprenne pas un médecin compétent comme elle l'était. Certes, elle n'était pas la meilleure mais, Caelan ne visait pas l'élite, elle voulait seulement redevenir médecin militaire. Pour elle... Et peut-être un peu pour lui.

Le réveil sonna enfin et Caelan se redressa. Pourquoi ne pas s'être levé plus tôt ? Après tout, elle aurait peut-être pu gagner du temps. Puisque du temps, elle en avait eu très peu. Elle avait pas mal travaillé et avait enchaîné les gardes et les remplacements afin d'éprouver sa résistance tant au stress qu'à la fatigue, parce qu'elle voulait prouver ce dont elle était capable. Que malgré un corps n'aspirant plus qu'au repos, elle était capable d'avoir l'esprit. Comme avant qu'elle ne fasse cette si regrettable erreur. L'irlandaise avait son rituel. Elle prendrait d'abord une douche, permettant à ses muscles et son esprit de se détendre afin de pouvoir affronter une nouvelle journée. Puis après sa douche, elle se ferait un café et penserait, ou non, à manger quelque chose afin de ne pas avoir l'estomac vide jusqu'à sa pause... Si elle en avait une.

Et puis elle irait travailler. Elle partirait en avance, comme toujours, pour pouvoir avoir le temps de bien prendre les transmissions entre les équipes. Pour savoir exactement ce qu'il y avait à faire ou non, les patients qui avaient été admis et, éventuellement, ceux qui étaient sortis. Et fidèle à ce programme parfaitement huilé, la jeune femme s'activa. Elle ne perdait aucune minute, aucune seconde, maximisant chaque instant de sa vie devenue si mécanique au fil des dernières années. L'irlandaise quitta son appartement et pris un taxi pour se rendre au Mémorial de Huerta. Elle avait quitté l'hôpital civil de Vancouver, demandant une mutation il y a plusieurs mois afin de pouvoir, de temps en temps, être en contact avec des soldats. Pour ne pas perdre pied avec son précédent univers. Elle n'avait eu que le temps de s'asseoir que déjà son Omnitech s'activait, indiquant une urgence. Elle n'était même pas encore arrivée que déjà, la journée s'annonçait bien chargée. Calme, elle demanda au chauffeur s'il pouvait aller plus vite ou prendre un raccourcis. Conciliant, le conducteur obtempéra et la fit arriver rapidement sur son lieu de travail. Comme si elle avait des ailes, elle courut en direction des urgences.

Un médecin l'attendait. C'était son superviseur depuis son arrivée dans le service et il s'amusait presque de la voir déjà active. Pourtant, son service ne commençait que plus tard. Sans attendre et sautant les salutations coutumières, l'homme expliqua la situation. C'était une mission de l'Alliance qui avait relativement mal tournée pour le soldat blessé. En plus d'avoir plusieurs côtes cassées, les médecins avaient dû faire face à une hémorragie interne au niveau du bassin, qu'ils avaient eu quelques difficultés à endiguer. C'était donc désormais à elle et son superviseur de prendre les choses en charge. Elle rentra alors dans la pièce, faisant face à un soldat en piteux état et commença alors son ouvrage. Méticuleuse et précise, elle opérait des gestes mécaniques sous le regard attentif de son chef de service. L'homme avait été un certain âge et avait été très patient avec elle, quand elle était arrivée. Bien évidemment, le dossier de la jeune femme l'avait suivi et il avait choisi de lui apprendre des choses que lui savait, du fait de son âge et son expérience. Et puis, il l'avait un peu prise sous son aile, elle, le médecin au regard triste, pour l'aider à retrouver son accréditation auprès de l'Alliance. Il espérait, tout comme elle, qu'elle puisse retrouver sa voie.

L'opération fut longue mais une fois les derniers bandages posés, Caelan se redressa satisfaite. Il ne restait plus qu'à mettre un protocole anti-douleur en place pour éviter des souffrances inutiles. Elle posa son regard sur le visage encore inconscient du soldat. Le chef de service la félicita avant de devoir s'attacher à une autre urgence. C'était de toute façon, toujours la même chose : des urgences, des patients à soigner, d'autres à réconforter. Une infirmière rentra dans la pièce attendant les directives de l'irlandaise. Caelan lui expliqua ce qu'elle songeait mettre en place puis sortit à son tour. Elle devait préparer désormais le dossier médical de ce soldat, afin qu'un suivi correct soit établi. Mais dans le couloir, là, non loin d'elle, ce fut comme si un fantôme venait juste de se poser devant elle. Si ce matin on lui avait dit que Caelan la reverrait, elle n'y aurait pas cru et aurait même eu tendance à rigoler jaune. Interdite, l'irlandaise resta sur place alors que les rouages de son cerveau tournaient à mille à l'heure. Quand elle comprit et réalisa pleinement qui était devant elle, une vague de rancœur commença doucement à remuer en elle. Froidement, le seul mot qui franchit le barrage de ses lèvres fut.

« McAvoy... »
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MessageSujet: Re: Les fantômes du passé   Dim 16 Avr 2017, 02:08
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Les fantômes du passé
Caelan Fitzpatrick & Shaun MacAvoy



Il y a des jours qu’on sent et des jours qu’on sent pas. Aujourd’hui était définitivement une journée pourrie. Je m’étais levée avec un mauvais pressentiment. L’intuition certaine que ce jour à l’apparence commune et habituelle assaisonné avec un soupçon de routine allait merder. Pourtant je n’avais pas spécialement mal dormis ou fait une sorte de rêve prémonitoire. Non. C'était juste de l’instinct.

L’Alliance avait trouvé un ancien entrepôt reconvertit en planque pour quelques mercenaires et nous avait demandé de faire le ménage. Rien de bien exceptionnel. La reconnaissance s’était bien passée et en plus nous avions les plans ainsi que quelques photos du bâtiment ce qui nous facilitait grandement la tâche. Nous avions facilement infiltré les lieux et nous étions divisés en trois commandos. Un couvrant l’entrée pour éviter d’être pris à revers et l’autre s’occupant de l’étage pendant que mon équipe passait au centre. Tout se passait bien. La résistance n’était pas bien rude dans les premières salles. Ce n’est qu’à partir du hangar principal que notre progression fut bloquée. Nous dûmes rester longtemps à couvert derrière des conteneurs et avancer difficilement mètre par mètre jusqu’à approximativement le milieu de la pièce. Il y avait des impacts de pistolet un peu partout dans le hangard mais également des signes d’utilisation d’armes lourdes. Apparemment les mercenaires n’en étaient pas à leur première échauffourée. Par contre ils n’avaient pas encore sorti la grosse artillerie pour endiguer notre progression ce qui était plutôt étonnant.

J’avais l’intuition que quelque chose se tramait. Nous avions progressé bien trop vite et certaine des salles précédente auraient été plus facilement défendable que cette position. Suivant mon instinct j’ordonnais la retraite à mon escouade. L’enseigne Ts’ui se replia la première vers la sortie. Le Caporal Moore se trouvait à quelques mètres devant moi. Je lui ordonnais une nouvelle fois de se replier mais ce dernier refusa d’obtempérer car il avait une vue dégagée sur l’ennemi. Je pestais face à son insubordination mais n’eut pas le temps de lui répondre car la seconde escouade, sur les hauteurs, me contacta pour annoncer la présence d’explosifs deux conteneurs devant Caporal. J’en avertis ce dernier qui semblait trop préoccupé par ses cibles plutôt que son environnement extérieur mais trop tard le mal était fait. Les mercenaires, voyant que nous n’avancions plus, avaient finalement décidé de déclencher leur piège avant que nous ne nous replions totalement. Le Caporal Moore fut soufflé par l’explosion. Le conteneur derrière lequel le soldat s’était caché se déforma éjectant ainsi le pauvre homme à quelques mètres derrière où il percuta violemment un autre conteneur.

Je jurais avant de déclencher ma bulle biotique pour empêcher les tirs ennemis de m’atteindre et arriver sans issue à hauteur du soldat blessé. Il était encore vivant mais dans un sale état. Je ne pouvais malheureusement pas le déplacer. Je me contenais donc de nous couvrir à l’aide de mon bouclier d’énergie noire. Mais ainsi exposé je ne pourrais pas tenir très longtemps. Le commando resté en retrait vint nous soutenir et l’autre escouade ayant profité de la distraction pour avancer, ils purent rapidement venir à bout des autres mercenaires alors que l’enseigne Ts’ui réalisait des tirs de suppression pour me couvrir. Nous pûmes donc rapidement avoir une évacuation médicale pour le Caporal. Les autres membres de l’équipe n’avaient rien ou alors quelques égratignures. Personnellement j’avais un peu abusé sur l’utilisation de mes biotiques lors de la mission à cause de Moore. Mon implant était un peu secoué mais rien de trop grave. J’avais juste besoin de repos et d’éviter l’utilisation de l’énergie noire pour quelques jours. Par contre l’état du Caporal Moore était inquiétant. Nous n’avions apparemment pas les moyens nécessaires pour s’occuper de son cas sur le vaisseau. Il devait être transféré dans un hôpital mieux équipé au plus vite. Les plus proches étaient ceux de la Citadelle. Nous primes donc cette direction.

Je profitais du temps du trajet pour me reposer un peu et manger un morceau. L’utilisation prolongée de mes pouvoirs m’avaient pas mal fatigué. Une fois le Caporal transféré je me mis à rédiger les différents rapports : incident, intervention etc. Un de mes subordonnés était parti avec les médecins et devait m’alerter en ce qui concernait l’état de notre collègue. Une fois mes rapports terminés je me dirigeais vers le Mémorial de Huerta. On m’avait averti que le Caporal n’était toujours pas sorti de la salle d’opération mais que cela ne saurait tarder. Et effectivement. Je n’eus pas longtemps à attendre pour savoir de quoi il en retournait.

Une tête rousse finit par sortir de la pièce où se trouvait le Caporal Moore. Je me relevais et me dirigeais dans sa direction mais je me stoppais quand le médecin se tourna vers moi. Je grimaçais légèrement à la vue de la silhouette familière de Caelan Fitzpatrick. Un certain nombre de souvenirs bien enfouis refirent surface et pas spécialement des bons. Un sentiment de culpabilité, depuis longtemps atténué par le temps, m’envahie de nouveau. La rousse ne m’avait pas encore remarqué. J’hésitais un instant à faire demi-tour mais ma conscience professionnelle m’ordonna d’aborder le médecin du membre de mon équipe blessé. Perdu dans mes pensées je ne vis pas tout de suite la jeune femme approcher. Par contre je pus constater une fois à sa hauteur que l’accueil ne serait assurément pas chaleureux.

Vu le ton employé par Caelan je supposais qu’elle n’était pas spécialement ravie de me revoir. Je crois avoir rarement entendu plus de dégoût, de mépris dans l’intonation d’une personne prononçant mon nom. Cela faisait 15 ans que je n’avais pas revue la rouquine. Depuis la fin de la guerre en fait… Je crois que j’entends encore ma mâchoire craquer suite à l’annonce que je lui avais faite : que mon frère… son fiancé était décédé… Je revois encore son regard se défaire suivis d’une montée soudaine d’une colère sourde. Après m’avoir frappé Caelan s’était enfuie en courant et je ne l’avais jamais revue. J’avais quelques nouvelles par le biais de mes parents avec qui elle correspondait de temps à autre. J’avais bien essayé de la contacter en personne au début mais mes mails ou mes appels étaient toujours restés sans réponses. Alors après plusieurs mois de tentatives infructueuses je me suis contentée de lui écrire une fois par an. Je n’ai jamais eu de retour mais c’était simplement ma façon à moi de lui dire qu’en cas de besoin elle pouvait toujours me contacter. Caelan comptait beaucoup pour Al. Je m’en voudrais s’il lui arrivait quelque chose.

« Ca… » Commençais-je. Mais je vis le médecin se tendre et ses lèvres se pincer ainsi qu’un air réprobateur se former sur son visage. Je me ravisais pour l’appeler de manière plus professionnelle. J’avais de toute évidence perdu le droit de m’adresser à elle de façon plus familière. « Docteur Fitzpatrick… J’ignorais que vous travaillez sur la Citadelle… » Énonçais-je sur un ton se voulant neutre en souriant maladroitement.

J’étais extrêmement mal alaise et ne savais pas vraiment comment me comporter avec elle. Ni quoi dire d’ailleurs… J’étais heureuse de voir qu’elle allait bien et aurait souhaité lui poser quelques questions mais je voyais bien à son regard qu’elle ne serait pas vraiment disposée à me répondre. Je passais donc directement au sujet principal de ma visite. Au moins là elle n’aurait aucune raison de m’envoyer bouler :

« Comment se porte le Caporal Moore? » demandais-je toujours sur un ton neutre quoi qu’avec une pointe d’agacement. J’avais passé des heures à remplir des rapports à cause de ce dernier et l’utilisation de mes biotiques m’avait franchement épuisé. De plus s'il avait obéit aux ordres au lieux de bailler aux corneilles il ne se serait pas retrouvé dans cette situation où il a compromit non seulement la mission mais également l'intégrité de ses coéquipiers.






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MessageSujet: Re: Les fantômes du passé   Lun 17 Avr 2017, 01:55

Shaun M. & Caelan F.


Il y avait un nombre incroyable de probabilités pour qu'en ce jour, Caelan tombe sur elle. En plus du mépris qui envahissait la moindre de ses cellules, c'était une douleur sourde, indicible qui revenait. Une souffrance qu'elle pensait avoir muselée un peu après toutes ces années. Même si elle n'arrivait pas à l'oublier, lui, cet anglais dont elle était tombée amoureuse alors qu'elle n'était encore qu'une adolescente. Puis, il y avait eu ce jour si particulier qui l'avait déchirée de part en part. Et la personne qu'elle tenait pour responsable se tenait là devant elle. Les deux femmes s'observaient, laissant un certain silence s'installer alors que Caelan n'avait concédé à ne prononcer que le nom de famille de Shaun, laissant transparaître une partie de son mépris. Et c'était encore bien peu par rapport à ce qu'elle ressentait réellement. Tenant une distance raisonnable vis-à-vis de son interlocutrice, le médecin croisa les bras sous sa poitrine, montrant par ce simple geste qu'elle se fermait à toute discussion potentiellement cordiale. Même après quinze ans, Caelan n'arrivait pas à pardonner à Shaun. Elle lui avait pourtant promis de prendre soin d'Al. Et cette promesse, elle n'avait pas été foutue de la tenir. Alors, oui, c'était la guerre et la mort d'un soldat était parfois inévitable sur un champ de bataille. Plus que n'importe qui, en tant que médecin, l'irlandaise le savait. Mais la mort d'Alexander était une pilule qui ne passait pas, même au bout de toutes ces années.

Et pourtant, Shaun avait bien tenté de faire amende honorable. Tout comme ses anciens beaux-parents avaient essayés de rabibocher les deux femmes. Mais l'orgueil et la fierté mal placée de l'irlandaise l'empêchait de faire toute concession vis-à-vis du soldat. Caelan avait en mémoire les nombreux appels auxquels elle n'avait jamais répondu, les mails auxquels elle avait refusé de donner suite. Et même si Shaun se confondait en excuse, ça n'apaiserait pas la douleur de la jeune femme qui avait eu tant de mal à faire son deuil. Et encore, il faudrait qu'elle ait réellement réussi à le faire. Shaun avait tenté de l'appeler par son prénom mais le mouvement subreptice de Caelan, ses lèvres pincées, lui avaient fait comprendre que c'était hors de question. La jeune femme arqua un sourcil quand son homologue parla. Et en quoi au juste est-ce que ça pouvait bien la concerner ? Après avoir mordu l'intérieur de ses joues pour ne pas être trop venimeuse, la voix froide de l'irlandaise s'éleva.

« Il me semble que mes diverses affectations au sein d'unités médicales ne vous concernent pas, McAvoy. »

Si on observait les relations de cause à effet, c'était la mort d'Alexander qui avait fragilisé la jeune femme, la poussant à faire cette erreur médicale qui lui avait valu son reclassement. Or, il n'y avait qu'une seule personne dans cette foutue galaxie que Caelan tenait pour responsable de ce décès et c'était Shaun. Si vraiment Caelan était de mauvaise foi, elle pouvait très bien dire que, de toute façon, tout n'était que de la faute de Shaun. Mais elle ne se leurrait pas non plus : cette erreur médicale était bien la sienne et était uniquement le résultat d'un refus de voir ses propres problèmes. Parce que Caelan avait une fichue fierté mal placée. Inspirant profondément, elle écouta la question suivante de Shaun et roula des yeux. Évidemment... Le Caporal Moore était donc un des subordonnés de Shaun. Caelan la fusilla du regard avant de faire claquer sa langue contre son palais, de désapprobation. Toujours de cette même voix froide et lente, comme si elle s'apprêtait à lui sauter à la gorge, Caelan reprit la parole.

« Pas ici. Dans mon bureau. »

Elle passa à côté d'elle, lui faisant comprendre qu'elle devait la suivre. Caelan se dirigea jusqu'à son bureau, où elle pourrait donc parler de l'état de santé du soldat, encore inconscient. Une fois dans son bureau, Caelan referma la porte derrière elle et s'approcha de son bureau. Elle activa un datapad et chercha le dossier médical de Moore, toujours dans ce même silence lourd et tendu. Une fois qu'elle l'eut trouvé, elle le posa devant les yeux de Shaun.

« Le Caporal Moore revient de loin. Multiples fractures et hémorragies. Je ne vais pas m'étendre sur le sujet, il aurait pu mourir s'il n'avait pas été transféré ici rapidement. »

Lentement, Caelan leva son regard vers Shaun avant de simplement terminer :

« Et... Comme par hasard. Il était sous vos ordres. Encore un qui aurait pu mourir... Alors que vous étiez sûrement censée couvrir ses arrières. »

Et Caelan avait délibérément appuyé sur la dernière partie de sa phrase.
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MessageSujet: Re: Les fantômes du passé   Lun 17 Avr 2017, 12:56
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Les fantômes du passé
Caelan Fitzpatrick & Shaun MacAvoy



Caelan m’expliqua sèchement que ses affaires ne me concernaient pas. Je grimaçais légèrement, désolée de constater que mon ex belle-sœur m’en voulait toujours autant. Sur le même ton, qui n’annonçait assurément rien de bon, elle m’invita à la suivre dans son bureau. Je me tendis, ne sachant pas si je devais me préparer à avoir de nouveau la mâchoire en miette ou non. Dans le doute je restais sur mes gardes car la rousse semblait prête à exploser. Cette dernière s’installa et me tendis un datapad. Je restais debout, droite comme un piquet devant son bureau et pris l’objet qu’elle me tendait. J’examinais rapidement le dossier médical du Caporal alors que Caelan résumait brièvement son état. Effectivement ça n’était pas spécialement beau à voir. Moore allait mettre un certain temps à récupérer. Son état était stabilisé par contre. C’était déjà ça. La rousse fit une pause que quelques secondes avant de me lancer une pique acerbe. Un coup bas , très bas.

Ma main se crispa autour du datapad, je me mordis violement l’intérieur des joues et fronçais les sourcils. J’avais le regard perdu bien plus loin que dans le fils de données de la tablette que je tenais. J’étais de retour en 2187 sur le front. Le bruit d’explosion au loin, le crissement incessant des machines infernales, les vaisseaux nous passant au-dessus, les cris distinctifs des différentes monstruosités nous assaillant, les balles fusant de toutes parts, l’odeur de sang et de brulé omniprésente, la fumée nous irritant les yeux alors que nous avancions vers l’inconnu, les ordres clamés à tout va, le craquement des poutres menaçant de s’effondrer, les hurlements des blessés retentissant dans la ville, le bruissement de la taule sur laquelle on marchait. Puis soudain… plus rien. Une lueur bleu, un flash puis le silence, le froid, un vide. Al, le regard éteint, inerte dans mes bras. Un silence lourd, pesant définissant la fin. Seule la mort s’annonce sans bruit laissant les sons aux vivants. Un air surpris figé à jamais sur son visage, du sang coulant de sa plaie béante, les articulations dans des angles peu naturels. Pas de dernier mot, de dernier au revoir. Pas même une sépulture digne de ce nom. Et de nouveau cette odeur de chaire carbonisée…

Je pris une grande inspiration et fermais les yeux l’espace d’une seconde. Je n’étais plus là-bas. C’était fini et ce depuis longtemps. Je me sentais encore plus épuisée qu’à mon arrivée. Je venais probablement de prendre, visuellement parlant, dix ans d’un seul coup. Je rouvrais les yeux lors de mon expiration. J’étais de nouveau au Mémorial de Huerta dans le bureau de Caelan en train d’analyser l’état du Caporal Moore. Je repris rapidement mes esprits. Les deux situations étaient totalement différentes et n’avaient pratiquement rien de comparable. Durant la guerre la chance avait été un facteur déterminant de la survie de tout à chacun. Mais ça n’était plus le cas aujourd’hui. Nos compétences et notre attention primaient sur le reste. Deux choses dont avait manqué le Caporal:

« Si le Caporal Moore en est là c’est de son propre fait. Mais je suppose que dans son malheur il a eu beaucoup de chance… » Lâchais-je froidement.

La chance de ne pas s’être approché encore plus avant, la chance que l’explosion n’ai pas été plus importante, la chance de ne pas avoir fini écrasé entre deux conteneurs, la chance de ne pas avoir essuyé de tir, la chance d’avoir été appuyé, la chance d’avoir pu être évacué rapidement, la chance d’avoir reçu les soins médicaux adéquat. La chance qu’il n’y ait pas eu de complications. Une chance que bon nombres de plus méritants que lui n’avaient pas eu. Mais je supposais que s’il existait une justice dans ce monde ça se saurait. Si Moore s’était replié comme il le lui avait été expressément demandé à plusieurs reprises il n’en serait pas là:

« Un rappel cuisant des conséquences qu’il peut y avoir quand on ne suit pas les ordres… » Marmonnais-je à voix haute sans vraiment m’en rendre compte.

Si mon chef de section avait à l’époque écouté les ordres de ses supérieurs et était rentré à la base dès la fin de notre reconnaissance Al et beaucoup d’autres soldats ne seraient pas mort pour rien. On aurait simplement fait notre rapport et tout se serait bien passé. Mais non. Il a fallu qu’on aille jouer les héros. Quelle connerie. C’était vraiment pas le moment de faire du zèle et assurément pas pour les couillons qu’on avait sauvé. Ma main ne soutenant pas le datapad se porta à mon visage pour effleurer doucement la cicatrice que j’avais au niveau de la mâchoire. Il y avait des choses qui vous marquaient à vie…






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MessageSujet: Re: Les fantômes du passé   Sam 29 Avr 2017, 01:47

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Caelan n'était pas forcément enchantée d'être tombée sur Shaun. Disons plutôt qu'elle ne l'était pas du tout. Se retrouver face à son ancienne belle-soeur était difficile et douloureux pour l'irlandaise, qui n'avait de cesse d'entendre les dernières paroles prononcées par l'anglaise tourner en boucle dans son esprit. Et il lui était bien difficile d'y faire abstraction. Pour le docteur Fitzpatrick, avaler la pilule était difficile. Un comble pour un médecin. Blague à part... Elle se retrouvait désormais seule dans ce bureau avec McAvoy devant elle. Et plus elle observait son visage, marqué par quelques cicatrices, plus elle voyait celui d'Al. Et ça lui faisait mal au cœur. Plus que de raison. Caelan, en cet instant, ne rêvait que d'une chose : s'enfuir. Ou donner un nouveau coup de poing à Shaun et lui cracher toute sa haine et sa colère. Et c'était ce qu'elle faisait, plus subtilement peut-être, instillant ici et là quelques piques sournoises. Non pas que ça l'enchante de faire souffrir son interlocutrice, mais c'était surtout parce que sa rancoeur était toujours là, bien présente. Et que ça n'était pas prêt de passer.

C'était encore moins prêt de passer quand, bien évidemment, Shaun se justifia. Ce n'était pas de sa faute, c'était celle du Caporal. Et quand bien même ce soit le cas, McAvoy restait la supérieure hiérarchique du soldat blessé. Elle était donc, indirectement, responsable de son état. Toute tête brûlée que soit le soldat, Shaun aurait dû juger autrement la situation. Caelan inspira profondément avant d'arquer un sourcil.

« Bien sûr. C'est plus facile de dire que c'est la faute des autres. »

Elle récupéra son datapad et le reposa sur son bureau, l'alignant parfaitement avec le reste de ses affaires. Si Caelan avait toujours été soigneuse, depuis la mort d'Al, ça c'était légèrement exacerbé. La mâchoire du médecin se serra alors que la voix de Shaun s'éleva à nouveau. Posant les deux mains sur son bureau, l'irlandaise se laissa envahir par le poids de toutes ces années de tristesses. Elle faiblissait à nouveau, incapable de gérer l'émotion qui l'étreignait. Et cette faiblesse, surtout devant cette femme debout devant elle, la rendait malade. Comme pour se redonner un semblant de courage, Caelan passa sa main sur son visage, l'autre toujours appuyé sur le meuble. Elle se redressa finalement, avant de soupirer et de continuer son charabia médical.

« Le Caporal Moore devra rester en observation pendant quelques jours. Il passera de l'unité de soins intensifs à une chambre simple d'ici deux à trois jours. Il faudra limiter les visites pendant ce temps-là. A son retour, il faudra également l'exempter de tout exercice physique comme le sport ou les missions. »

Caelan posa son regard sur Shaun. Elle pinça ses lèvres alors que son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine. Et sans vraiment réfléchir, elle laissa s'échapper de ses lèvres.

« Je ne te pardonnerais jamais. »

Si le coup de poing donné il y a plusieurs années maintenant était déjà suffisamment évocateur de son état d'esprit, Caelan avait besoin de le dire. Non, elle ne pourrait sûrement jamais pardonner à Shaun. Pas quand on faisait une promesse qu'on était incapable de tenir. Et c'était surtout pour ça qu'elle lui en voulait. Parce qu'elle lui avait laissé miroiter l'espoir d'une autre vie avec Al, une vie après les Moissonneurs. Mais qu'au final, tout ça avait été balayé d'un geste de la main. Alors que si Shaun s'était tue, n'avait rien dit... Certes, Caelan aurait sûrement été en colère, elle lui en aurait peut-être voulu. Mais elle se serait reconstruite. A deux. Et non pas seule, comme un chien galeux, sombrant, se noyant dans sa peine et se laissant submerger, jour après jour, par ses démons. Démons, qu'aujourd'hui encore, elle avait bien du mal à chasser.
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MessageSujet: Re: Les fantômes du passé   Ven 19 Mai 2017, 15:09
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Caelan Fitzpatrick & Shaun MacAvoy



Caelan me lâcha une nouvelle pique encore plus dur que les autres à propos de la mort de mon frère. Je me mordis de nouveau les joues pour m’empêcher de rétorquer quoi que ce soit. Inconsciemment j’attrapais les plaques autours de mon cou. Ça m’arrivait souvent quand je pensais à Alexander. J’avais mis extrêmement longtemps à entrevoir la possibilité que la mort de mon frère n’était pas de mon fait. Pendant la guerre je m’étais concentrée sur le fait que c’était les moissonneurs mais une fois disparu et notre abrutit de chef ayant ordonnée d’aller sauver cette putain de navette mort… il ne restait plus que moi… et potentiellement les types de la navette… Mais je ne leur avais pas adressé la parole depuis ce jour funeste. Donc il ne restait plus ou moins que moi à blâmer. J’avais retourné maintes et maintes fois la situation dans tous les sens. Si j’avais insisté pour qu’on rentre au camp, si j’avais déserté, si j’avais demandé à être dans le même commando que mon frère, si je m’étais dépêchée, si j’avais été les couvrir plutôt que de faire ce qui m’avait été ordonnée, si j’avais maîtrisé d’autres pouvoirs biotiques, si j’avais eu une autre arme en main, si j’avais pris un autre chemin et si et si et si etc. La liste était pratiquement infinie. J’avais eu le temps de la peaufiner au fil des ans et de me la répéter inlassablement durant les nuits où je ne trouvais pas le sommeil.

Et pourtant il y a peu j’avais commencé à accepter le fait que ça n’était pas entièrement ma faute. Je ne pouvais pas encore espérer concevoir que ça ne le soit pas du tout. Que c’était la guerre et que c’était la faute à pas de chance. Non ça n’était pas encore imaginable pour moi. Mais je pouvais accepter de me dire qu’à ce moment-là j’avais fait de mon mieux. Peut-être pas ce qu’il fallait mais je m’étais donnée à fond. J’avais eu beaucoup de chance et pas mon frère. Mais je suppose que cette question me hantera toujours « Pourquoi moi ? » Pourquoi est-ce que j’étais toujours debout et pas lui. Syndrome du survivant… comme beaucoup d’autres personnes n’ayant pas succombé à la Grande Guerre. Une interrogation sans réponse à ce jour… et qui n’en aura probablement jamais. Pourquoi mon frère qui allait se marier fonder une famille était mort et moi qui n’avait pas franchement de projet à l’époque et qui n’en avait toujours pas aujourd’hui était encore là… Je suppose que si la vie était juste ça se saurait…

Perdu dans mes pensées je n’avais pas prêté attention à ce qu’avait dit la médecin. J’entendis uniquement la fin de son monologue : « Je ne te pardonnerais jamais. » . C'était de nouveau froid, sec, gratuit..

Et voilà comment 15 ans d’introspections s’envolaient en fumée. Je bouillais intérieurement. Avait-elle raison ? Si elle savait ce qui c’était passé sur le terrain me jugerait elle de la même manière ? M’étais-je fourvoyé ? Et voilà. Je doutais de nouveau. Mon frère était-il mort par ma faute ? Peut-être. Peut-être pas. Pouvait-elle réellement me juger ? Oui ? Non… Peut-être ? Non… Elle ne savait rien… Elle ne comprenait pas… J'avais beau ne pas vouloir la blesser en mémoire de mon frère cette fois je ne pus me contenir :

« Tu ne sais absolument rien de ce qu’il s’est passé ! Dis-je d’une colère sourde en frappant du poing sur son bureau. Mais je suppose que c’est plus facile de dire que c’est la faute des autres » ajoutais-je d’un ton mauvais.

Je me levais brusquement avant de me diriger vers la porte. Je m’arrêtais un instant au niveau de l’encadrement de la porte sans me retourner pour ajouter d’un ton sec :

« Si on jour il te prend l’envie d’apprendre ce qu’il s’est passé tu sais où me trouver »

Furibonde, je sortis de l’hôpital pour aller me réfugier dans l’une des salles de sport de l’Alliance pour me défouler. C’était soit ça soit un verre de toute façon. Beaucoup de verres en fait… surement la salle de sport et une bouteille de Scotch pour finir le tout. Histoire d’oublier tout ça. Peut-être deux bouteilles du coup…Ouais. Super soirée en perspective.








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Les fantômes du passé

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