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 Deux lapins ? Ça doit être Pâques !

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MessageSujet: Deux lapins ? Ça doit être Pâques !   Lun 10 Avr 2017, 23:14
Intervention MJ : NonDate : 2 Avril 2202 RP Tout public
Maccharius Dorn ♦ Ravi Vertax ♦
Deux lapins ? Ça doit être Pâques





Deux lapins ? Ça doit être Pâques !
Quand on commence par évoquer la Citadelle, les mots sont toujours les mêmes. Animée, bruyante, occupée, toujours en mouvement, vivante, noire de monde, dynamique, turbulente ... Bref, une foule de synonymes longue comme le bras pour dire, qu'au final, il y avait beaucoup de gens et pas vraiment d'heure. Au coeur de la Voie Lactée, le temps était un concept à géométrie variable. Certains allaient se coucher quand d'autres se levaient, on pouvait faire les boutiques à ce qui était plus ou moins minuit et même si le Conseil avait voulu installer un système de "Jour / Nuit" à base de lumière naturelle, cela ne faisait de toute façon pas grande différence vu que :

1. Comme dit précédemment, de toute façon lorsqu'une partie dormait, l'autre travaillait ;
2. Certains endroits étaient bourrés de néons et plongés dans une semi obscurité due à l'absence de ciel artificiel et à leur position, coincés entre deux immeubles immenses.

Donc, on pouvait passer d'un Présidium rayonnant à un sous-sol tamisé avec pour toute lumière l'enseigne d'une quelconque boutique et quelques lampes par-ci, par-là. C'était encore pire lorsqu'on était dans un bar.
Les bars, comme tout débit de boisson digne de ce nom, avaient leur logique propre. Soit ils ne souhaitaient pas que les clients puissent voir le fond de leur verre, même vide, soit ils faisaient des économies sur l'électricité, histoire de pouvoir payer la sono et les lasers. En tout cas, il fallait être doté d'une sacrée vision nocturne pour réussir à se louvoyer entre les clients sans se casser la gueule. Ou bien ne pas être épileptique. Ou un peu des deux.
Etait-ce exagéré? Peut-être un peu. Mais l'exagération étaient à Ravi Vertax, apprentie Spectre, ce que le Varren était au Krogan : Un compagnon jamais trop loin et qui pouvait se retrouver à foncer vers vous, lèvres retroussés et dents dévoilés dans ce qui était soit une fin douloureuse, soit une marque d'affection tout aussi funeste. Toujours l'exagération, pas la Turienne. Elle se serait contentée d'une projection propre. Ou d'un baiser sur la - Mandibule / Joue / Autre / Rayez la mention inutile - en fonction de la situation.

Pour le moment, elle hésitait encore sur la réaction à avoir. Du coup, elle jouait avec la paille de son verre, faisant tantôt tourner un glaçon qui n'avait rien demander à personne, tentant poignardant distraitement un pauvre morceau de citron piégé au fond de son verre.
Elle adorait son frère, les Esprits en soient témoins. Mais quitte à poser un lapin à sa soeur surbookée, la décence aurait été de prévenir. Ou au moins d'y mettre les formes. En toute logique "Désolée, réunion, boit pour moi - PS ne met pas tout sur ma note. PS Bis : Au fait, Keron va bien. PS bis bis : Je te jure que je suis vraiment occupé. PS bis bis bis : T'es pas en colère hein ? Ps Bis bis Bis Bis : Je te préviens dès que je sors. Ps bis bis bis bis bis : Tu me lis encore ? " n'était pas spécialement acceptable. Drôle à la relecture, quand elle le lirait à haute voix à l'intéressé qui tenterait de se fondre en explications babillantes, mais là, tout de suite ... C’était ennuyant et ennuyeux, comme on pourrait dire.
De par ses fonctions, elle avait peu de repos. Enfin, peu de temps sur la Citadelle, encore moins sur Palaven. Surtout que Lymuciir profitait du moindre instant de flânage pour la forcer à rejoindre l'entraînement. Ce n'était pas une mauvaise chose, entendons nous tout de suite. Mais au bout de plusieurs jours à plusieurs heures de combat, biotique, tir, dissimulation, interrogatoires, mise en situation, analyses et questionnaire surprise (on ne se mettait jamais aussi vite au garde-à-vous quand quand l'Asari rugissait "Alors Vertax, pouvez vous me dire....". Elle ne rugissait même pas, elle murmurait. C'était encore pire), se glisser hors du QG des Spectres ou du Vaisseaux pour boire un verre, c'était un luxe appréciable. Et voir son frère, occupé à gérer l'entreprise familiale, donc tout autant occuper, était la cerise sur le soufflé en train de s'écrouler. Avec un peu de chance, elle le croiserait quand elle serait appelée pour revenir s'entraîner, à moins qu'on ne la convoque pour une mission... Encore que, les choses étaient un peu calme pour le moment.

Les yeux verts balayèrent la salle alors qu'elle rayait au fur et à mesure les activités possibles. Danser ? Bof, elle avait prévu de le faire pour se moquer d'Apnus. De toute évidence, l'absence de ce dernier contrecarrait ses plans... Pour l'instant. Picoler ? C'était toujours la réponse, mais ça allait finir par vite tourner en rond, jusqu'à ce que les décors s'y mettent aussi. Parler ? Oui, pourquoi pas. 90 % des rencontres sur la Citadelle étaient faites dans un bar de toute façon d'après un récent sondage. Les 10 autres pour-cent évoquaient vaguement les autres activités possibles ici. Et il comprenait aussi les rencontres dues aux obligations professionnelles.
Du coup, il s'agissait désormais de se trouver une cible. Les couples qui bavardaient? Non, ça faisait squatteuse, et il y avait une chance qu'on lui jette un regard froid et que d'une voix ferme mais polie, on la renvoie. C'était presque la même chose avec tout ce qui était à partir de trois et plus. Ceux déjà plus ou moins atteint par la boisson? Bof, elle voulait se divertir, pas tenter de déchiffrer des expressions humaines prononcées avec un accent approximatif dans une langue pseudo extraterrestre. Restait donc les gens sobres mais seuls. Les piliers de comptoir étaient à exclure pour ceux qui affichaient les épaules rentrés, le visage en partie caché sous leur col et l'air renfrogné de ceux qui ont un rendez-vous important entre eux et Monsieur Verre-Plein. Celui qui tentait de discuter avec le Barman pas trop réceptif ne la tentait pas, pas plus que celle qui tentait de radiner des cacahuètes à son voisin, trop occupé à regarder la carte pour se concentrer sur le bol. La piste de danse comprenait des danseurs, donc non. Sur les quelques tables, il devait bien y avoir une personne isolée... Bingo. Un Turien, l'air grave dont les yeux semblaient chercher quelque chose ... ou quelqu'un. Le visage ne lui était pas inconnu.

Dans le cerveau de la Turienne, à l'étage des archives, une mini-elle représentative farfouilla les tiroirs, dénicha un portrait et tout un dossier l'accompagnant, puis envoya le tout à la mémoire centrale, lequel l'envoya à la conscience, lequel finit par chuchoter la réponse.
Fonction ? Général de la Hiérarchie depuis... un moment ? C'était sans doute un moment. La date exacte lui échappait. Maccharius Dorn, Invictus. Réputé pour sa grande rigueur militaire. En même temps, c'était facile à deviner. Même s'il tentait d'aborder un air neutre tout de sa posture jusqu'à sa façon de tenir son verre en passant par son air un peu gauche en tenue de civile hurlait "Turien". En fait, pour être plus Turien que ça, il aurait fallu qu'il porte un post-it sur le front avec marqué "Je suis un Turien des plus turiesque, bien de chez nous, formé à la façon Turienne, dans une famille tout ce qu'il y a plus de Turien".
Il n'avait pas l'air d'être là pour affaire. D'abord parce qu'en toute logique, aucun Général de la Hiérarchie n'allait tenir conciliabule dans un bar où le moindre péquenot pouvait noter ce qui se disait malgré la musique hurlante. Ensuite, parce qu'un Général n'aurait pas eu à faire de la filature ou quoique ce soit. Enfin, parce que sinon, c'était soit que la Citadelle était soudainement devenue un territoire de la Hiérarchie et qu'une guerre civile se déroulait derrière la bouteille de Vodka soigneusement rangée sur son étagère, soit de l'ingérence pure.

Pour résumer, il y avait, dans un des nombreux bars quelconque de la Citadelle, un Général Turien en train de chercher quelqu'un sans la moindre signe de présence de l'intéressé et une Ravi en train de s'ennuyer. La chimie qui devait s'opérer s'opéra, de par la volonté d'un seul de nos protagoniste.

D'un signe de la main, elle commanda deux verres d'un cocktail Dextro, insista bien sur la présence obligatoire de la "Petite ombrelle rigolote dans le verre"(TM), régla la note et se dirigea d'un pas décidé vers sa proie. Après tout "Jouer à l'imbécile heureuse face à un dirigeant qui ne se doute pas de qui je suis" était une des seconde activité préférée de l'ancienne Cabale, à côté de "Appeler Watson pour lui raconter cette idée brillante de suite de Sherlock Holmes qui se passerait en 2185 et ... WATSON NE RACCROCHEZ PAS BON SANG, Y AURA DES HANARIS", "Tirer la mandibule gauche d'Apnus à exactement 35 degrés puis relâcher d'un coup sec", "gratter Kenon derrière l'oreille" et une liste longue comme le bras d'occupations qu'il aurait été trop long de citer entièrement.
Elle ne laissa pas le temps à son interlocuteur de s'inquiéter de sa présence. Le secret, c'était de parler subitement, histoire de prolonger l'étonnement.

- Bonjour ! Vous aussi on vous a posé un lapin ? C'est une plaie, hein ? On reçoit un message de confirmation, du genre "Je prends un taxi et j'arrive", on commande deux verres et là, BAM "Ah non en fait, je ne peux pas".
Du coup, y a pas de raison que je sois la seule à en profiter.


Vertax plissa des yeux, tentant de deviner la couleur qu'avait le cocktail. C'était un ... gris clair un peu... Non, un gris foncé avec des nuances de ... Elle renonça.

- Je crois qu'il y a de la noix de coco... Possiblement, finit-elle par lâcher dans un soupir. Je peux m'asseoir ?

Il n'eut pas le temps de répondre qu'elle partit sur le principe d'une réponse positive et s'assit, les mains sous les mandibules et les coudes sur la table. Elle sourit avant de prendre une gorgée.

- Ravi Vertax, enchantée. Vous êtes en perm'?

Le secret pour une incrust' réussie, c'était définitivement l'ombrelle.



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MessageSujet: Re: Deux lapins ? Ça doit être Pâques !   Mer 12 Avr 2017, 20:22
« Ce n’est pas avec des larmes que l’on éteint un incendie. »

Une simple phrase. O combien douloureuse mais sincère, mais pourtant elle avait mis un terme à une relation longue de plusieurs années, et autrefois heureuse. Tout s’était déroulé extraordinairement vite, presque de manière surnaturelle, et les années n’avaient rien arrangées. Désormais le souvenir était presque flou, difficile à revenir en mémoire et à chaque fois les évènements se retrouvaient mélangés.
Pourtant un fait était clair. L’incendie avait bel et bien eu lieu, et les larmes n’avaient clairement pas suffit.

Et il était tout aussi clair que ce simple souvenir avait emporté Maccharius loin de ses enfants, alors même qu’ils partageaient des souvenirs normalement joyeux. Mais à un moment, tout avait basculé, et voilà déjà que le général s’enfuyait loin de ses deux plus belles réussites. Oui deux et non trois. Ce simple constat avait rendu Maccharius si amer que le fait de respirer suffisait à le faire souffrir.

Quelques heures plus tard, Dorn se trouvait sans trop savoir comment dans un bar plutôt chic de la Citadelle. Massivement envahit par des couples et des groupes d’amis, les lieux écœuraient profondément le turien, mais en même temps parvenaient à l’apaiser. Sa haine des individus en ce lieu suffit à réduire peu à peu la souffrance du général, mais sans complètement parvenir à l’effacer.

Puis, sans que Maccharius soit parvenu à comprendre tout à fait comment elle avait fait, une turienne tout à fait charmante apparut subitement devant lui, deux verres en mains. Et sans préambules aucun, elle entreprit de s’incruster à la table du général. La seule réaction immédiate de Dorn fut d’agiter ses mandibules de manière à indiquer son questionnement intérieur. Accepter ou refuser ? Déverser sa colère sur cette inconnue ? Ou … ?

Vertax. Ce nom interpella Maccharius et ferma, pour le moment, le robinet de colère bouillonnant en lui. Ravi Vertax, une biotique hautement compétente qui avait connu de nombreuses missions mais craqué lors du décès de son conjoint lors d’une opération à risque. Mutation au SSC et autres idioties du genre avaient suivi. Pourquoi se souvenait-il d’ailleurs encore de cette turienne ayant tourné le dos à la Hiérarchie sous l’excuse de la perte.

Peut-être s’imaginait-elle qu’il n’y avait qu’elle qui connaissait la douleur d’une perte.

« Asseyez-vous cabale, enfin ex cabale. » La voix était un mélange entre l’amical et le désintéressé, une espèce de gentillesse clairement feinte.

« Va pour la noix de coco, possiblement ou non. » Continua le général tout en jetant son premier regard en direction des yeux de son interlocutrice surprise.

« Général Maccharius Dorn, neuvième légion d’Invictus. Et oui soldat, je suis en permission. » Conclut d’un ton de moins en moins amical le turien tout en attrapant son verre. Le regard du général se perdit dès lors dans l’observation assidue de sa boisson qui parvenait non sans mal à refléter une partie du visage bourru de Dorn.

Puis soudain, après un silence sûrement malaisant, Maccharius releva son visage et scruta tout sérieusement sa partenaire de table.

« Je m’excuse, Ravi, si je peux me permettre, mais il est parfois des moments où l’on a la tête trop lourde pour l’avoir dans les nuages. Et pourtant c’est de cela dont j’aurais besoin ce soir. Aussi recommençons donc. »

Et Maccharius héla un serveur qui s’empressa de rejoindre cet imposant client.

« Deux verres de ce cocktail. »

Puis retour vers la turienne.

« Maccharius, en perm m’dame. » Intérieurement, le turien s’amusait grandement à parler ainsi. En vérité il tentait, en espérant être crédible, la manière de faire de son fils lors de leurs rares sorties en famille.


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MessageSujet: Re: Deux lapins ? Ça doit être Pâques !   Jeu 13 Avr 2017, 23:50
Deux lapins ? Ça doit être Pâques !
En quoi cette ombrelle était-elle si importante? La question avait été posée maintes fois, sans jamais connaître la réponse. Car c'est là le but de toute botte secrète : rester invisible jusqu'au dernier moment puis être révélée pour éliminer la menace. Tous les Turiens l'apprenaient, et tous s'en servaient, d'une façon plus ou moins efficace.
L'ombrelle, donc, avait un rôle que nul autre ne pouvait avoir. Une chose simple auquel pourtant personne ne pensait : Il était tout bonnement impossible de s'énerver ou d'agir sous le coup de la colère lorsqu'on tenait un verre qui en contenait une. Bien sûr, on pouvait toujours essayer ; ce n'était qu'une décoration de papier, elle n'empêchait pas quelqu'un de faire ce qu'il souhaitait. Mais s'il le faisait... Et bien le résultat n'en serait que plus ridicule. Essayez si vous le souhaitez ; vous verrez bien vite qu'il est difficile d'être pris au sérieux. Même si vous posez le verre, l'image continuera de hanter l'esprit de vos interlocuteurs et tout vos beaux discours, toute votre hargne n'en seront que mieux effacés.

C'était ça, le pouvoir de l'ombrelle. On l'avait doté d'une capacité propre, savamment dosée et qu'elle pouvait utiliser malgré son absence de conscience. Car elle n'avait pas besoin de penser pour avaler à grandes goulées les ambiances moroses et la haine. Il lui suffisait simplement d'exister. Quelque part dans l'univers, une loi avait décidé qu'il en serait ainsi. Elle s'était éclaircit la voix, avait levé son verre d'un air solennelle et avait déclaré d'un ton grave :

" Ainsi, je vous le dit ; qui aura dans ton verre une "Petite Ombrelle Rigolote" ne pourra jamais être pris au sérieux, quelque soit la situation. "

Et puis, il fallait se l'avouer, sa seule présence rendait tout bougrement drôle.


Le Général lui même avait capitulé face au pouvoir universel. Il avait essayé un court instant, fronçant les sourcils, s'apprêtant peut-être même à parler, mais il n'en avait rien fait. Ainsi avait parlé l'Existence, ainsi fut-elle respectée. Amen, comme disaient les Humains.

Les mandibules repoussées, Ravi dévoila toute une rangée de dents étincelantes. Elle avait gagné. Elle adorait gagner, surtout que ce n'était pas si dur que cela ; il suffisait de connaître les ficelles. Certaines étaient plus faciles à découvrir que d'autres, c'était tout. Mais qui les connaissaient avait l'univers au creux de sa main. En tout cas, la partie de l'univers malléable, qui accepte de se plier un peu pour faire plaisir à celui ou celle qui essayait de négocier un brin de coopération à grand coup de "allez quoi, soit sympa pour une fois".

- Asseyez-vous cabale, enfin ex cabale.

La belle rangée de dents disparut derrière les lèvres rocailleuses, scellées derrière des mandibules impénétrables, le tout couronnés de sourcils froncés et du regard de celle qui tente de déchiffrer son adversaire, clairement ennuyée.

D'accord, c'était un Général. Un Général de la Hiérarchie qui plus est. Très bien. Il connaissait ses troupes, c'était normal... Non, en fait pas du tout. Il ne connaissait pas ses troupes; il connaissait le visage et le nom d'une Cabale. Même pas d'une Cabale encore en activité, non. D'une Cabale qui avait quitté la Hiérarchie il y a de cela... déjà huit ans? Le temps filait vite... Mince, huit ans que Latis l'avait quitté? Elle avait l'impression que c'était plus récent que cela.
Quoiqu'il en soit, un Général n'aurait pas dû la connaître. Les Cabales étaient des isolés, des "rebuts" d'une société pas forcément encline à reconnaître les biotiques et préférant les ranger dans un coin entre eux, afin de ne pas avoir à les chercher partout. Ce n'était pas une si mauvaise chose que ça, mais c'était l'essence même des Cabales. Une famille, entre eux et rien qu'eux, qui veillaient les uns sur les autres... Dorn n'aurait pas dû savoir. Et pourtant, il savait. Quelque part dans ce cerveau malade, une partie de lui s'était réveillée un beau matin et avait clairement dit "Tiens, et si je me renseignais sur cette jeune femme?" voir pire, sur l'ensemble de sa section ou, horreur suprême, sur l'ensemble du millier de Turiens qui formaient leur ordre.

Cet homme était un psychopathe.

La femme s’assit et attrapa la paille du bout des lèvres après l'avoir poussé avec sa mandibule droite. Le poing gauche installé sous sa mâchoire, fermement serré, elle continuait de fixer son aîné avec son air mi circonspect, mi agacé. Elle accepta de lui concéder la première manche. Mais elle n'avait pas dit son dernier mot.
L'alcool fut lampé à petites gorgées mais à grands slurps pendant quelques secondes. Dans l'esprit agile de la Turienne, la contre-attaque virevoltait déjà, prête à frapper comme un jeune fauve (ou un très grand chat). Mais pas encore ... Pas tout de suite. Il fallait savourer d'abord, attendre le meilleur moment.

- Va pour la noix de coco, possiblement ou non. Général Maccharius Dorn, neuvième légion d’Invictus. Et oui soldat, je suis en permission.

Il avait tenté de prendre un air bougon, puis avait fixé l'ombrelle l'espace d'un instant. Un partout. La bête s'apaisa; elle aurait le temps de revenir. Vertax aussi, puisqu'elle abandonna son propre renfrognement. A la place, elle mordilla sa paille, souriante.

- Pouin Pouin Pouin ... Perdu. En plus, vous l'avez dit vous même : "Ex Cabale". Enquêtrice aurait pu convenir. Agent... Bon, j'aurais fermé les yeux sur cette erreur. Allez, pour être gentille "Poulet" aurait même été accepté. Disons toléré plutôt.

Être dans les Spectres permettaient de garder un titre factice. Après tout, mis à part certains imbéciles qui allaient hurler leur titre sur tous les toits et vanter les mérites d'une boutique par cet intermède, en échange de moins dix pour cents pour l'achat de son prochain poisson rouge, faire partie des Forces Spéciales demandait un peu de discrétion.

- Je m’excuse, Ravi, si je peux me permettre, mais il est parfois des moments où l’on a la tête trop lourde pour l’avoir dans les nuages.

Slurp, eut-il pour toute réponse.

- Et pourtant c’est de cela dont j’aurais besoin ce soir. Aussi recommençons donc.

Sluuuuurp ...? fit la paille.

- Deux verres de ce cocktail.

Sluurrrpp !, approuva l'apprentie, dont le bruit décroissait à force qu'elle finissait par aspirer de l'air et non plus de l'alcool.

Note à elle même : Penser à se calmer sur la consommation d'alcool. Ça allait être son troisième verre et elle avait mangé pour la dernière fois il y a ... Si on comptait le morceau de chocolat moins le thé au carré, exponentielle du curry Quarien ...

...

Elle allait faire attention. Ou commander un petit truc à manger. Ils faisaient des planches ici? Viande séché, fromage? La carte n'indiquait rien de tout cela. Dommage.

- Maccharius, en perm m’dame.

Tiens, curieux. Un instant on lui aurait donné trente ans de moins. Ravi l'observa attentivement. Il venait de se passer un truc étrange, dont elle ne mettait pas, pour le moment, le doigt dessus. Quelque chose de trop privé pour être accessible au premier venu.
Chouette, une énigme ! Une qui demandait de farfouiller, de questionner, de deviner. Le genre appréciable et un peu croustillant qu'on retrouvait parfois. Cette soirée promettait d'être intéressante au final.

- 'Gent Vertax M'sieur. Nouvelle sur la Citadelle M'sieur. Heureuse de servir.

...

Dites, il y a une raison pour laquelle on essaye tous les deux d'agir comme si on était de grands enfants ?


Une interrogation toute en douceur, une petite fleur de délicatesse pour commencer.

Autour d'eux la musique battait son plein. Une table se vida de ses occupants. Le serveur qui venait de leur déposer leurs boissons en profita pour passer un coup de chiffon humide sur la surface, enlevant une partie du sucre collé et de la saleté. Dans la pénombre, les futurs clients ne remarqueraient de toute façon rien, et lui aurait le temps de s'y attarder plus minutieusement vers la fin de la journée. Ce petit moment d'accalmie, le temps de refaire le plein et un coup de ménage avant de repartir de plus belle, au coeur de la Cité qui ne dormait jamais.
L'Elcor derrière eux était parti aussi, en compagnie d'un Hanari et d'une Asari. La Turienne avait cru les entendre parler affaires mais n'y avait pas prêté plus attention que cela. Un quart des danseurs s'en étaient allés eux aussi, se dispersant à travers la salle, voir quittant les lieux pour l'instant. Le temps de fumer ou de partir se coucher.
Sur la table voisine, un trio de Turiens venaient de s'accaparer les lieux.


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MessageSujet: Re: Deux lapins ? Ça doit être Pâques !   Ven 14 Avr 2017, 16:05
Cette turienne faisant face à Maccharius était la plus déroutante des individus qu’il avait eu à rencontrer au court de ses voyages. Et ce n’était ses charmes qui avaient ce pouvoir, mais simplement sa mentalité, ses réactions, et ses regards un peu trop passionnés envers de pauvres ombrelles sans grandes inspirations. Sûrement une passion personnelle, mais qui pouvait vite devenir gênante tant cette Ravi pouvait couver amoureusement ces ombrelles du regard.

Toutefois Dorn était surtout particulièrement intrigué par l’usage des mots et des terminologies utilisées par cette prénommée Vertax. Se proclamant enquêtrice, ou agent, la turienne semblait sous-entendre une certaine importance dans son rôle, indiquant clairement aux yeux de Maccharius qu’elle n’était pas un simple agent de la paix du SSC. Généralement seuls les superviseurs utilisaient le terme d’enquêteurs, ou quelques fonctions bien précises dans les rangs supérieurs de la fonction.

Cette question en tête, Maccharius changea déjà d’approche, afin de comprendre plus sérieusement ce que le terme agent recouvrait. Avait-il en face de lui un sac à merde de superviseur ? Ou simplement une employée du SSC un peu plus gradée que la moyenne ? Après tout il était hors de question pour Dorn de partager un verre ou une table avec l’un de ces fouilles merde de superviseurs. Toutefois, avant de pouvoir en apprendre plus, Maccharius allait devoir entrer dans le jeu de celle qui l’avait abordée.

« Nul besoin de raisons Ravi, deux adultes peuvent très bien tout envoyer chiez pour s’assurer une soirée réussie. Après c’est cela qu’on cherche tous les deux, je ne me trompe ? »

Et le serveur revint pour déposer discrètement les deux verres précédemment commandés. Maccharius lui fait immédiatement signe de remettre le couvert, puis absorba cul sec celui qui avait été gentiment fourni par sa nouvelle meilleure amie.

« Bien agent Vertax, à qui ais-je l’honneur de parler ? »

Sachant la question extrêmement vague, le turien se reprit avant toute réponse de l’invitée autoproclamée qui s’était installée à sa table.

« Je n’aime pas boire au contact d’inconnus, et rarement avec des turiens qui ont quitté la Hiérarchie. Et bien que je respecte le SSC, il m’est difficile de faire confiance à quelqu’un qui a jugé plus utile de mettre œuvre ses capacités auprès d’autres peuples que le sien, même s’il existe de nombreuses exceptions bien évidemment. »

La pensée pouvait paraître presque xénophobe, et carrément fermée d’esprit, mais en vérité parmi les haut gradés de la Hiérarchie actuellement en mesure de prendre encore un galon, Dorn était sûrement de loin le plus xénophile et ouvert d’esprit existant. Puis il y avait aussi le peu d’estime que ressentait le général pour les Républiques et l’Alliance, les deux gouvernements les plus impliqués dans la gestion du SSC.

Puis il y avait aussi le faible capitale sympathie de Maccharius pour le SSC lui-même. Le Conseil avait fait fausse route en créant cette entité aux résultats guères probants. Bien sûr il y avait pire, Ravi aurait pu être un superviseur, des individus aux idéaux plus pathétiques qu’intéressants et à la morale plus que mal placée. Des individus qui n’avaient jamais réussi à prouver que leur existence n’était pas simplement une perte de temps, et d’argent.

Toutefois il n’était pas encore le moment de faire le moindre procès d’intention à cette turienne au demeurant amicale. Ce qui n’aurait sûrement pas été le cas avec une superviseur étant donné le passif de Dorn avec cette organisation.

« Vois-tu je suis un individu qui aime connaitre son interlocutrice, qu’elle soit enquêtrice, agent ou un simple « poulet ». Maintenant, on peut aussi complètement oublier ces questionnements et simplement discuter entre … turiens. »

Léger flottement sur l’appellation, car Maccharius ne savait réellement pas comment nommer ce qu’ils pouvaient être l’un pour l’autre. Possiblement amis ? Ennemis ? Tout dépendait de tant de choses et de révélations à venir. D’ici là, Dorn tenta une première tentative de déstabilisation. En effet le turien attrapa l’ombrelle décorant son premier verre et entreprit de le faire virevolter dans ses doigts afin d’hypnotiser Ravi. Vu sa passion cela allait sûrement fonctionner …


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MessageSujet: Re: Deux lapins ? Ça doit être Pâques !   Mar 18 Avr 2017, 01:23
Deux lapins ? Ça doit être Pâques !
- Nul besoin de raisons Ravi, deux adultes peuvent très bien tout envoyer chiez pour s’assurer une soirée réussie. Après c’est cela qu’on cherche tous les deux, je ne me trompe ?

- Bzzz, Bzzzz.

Le bruit, semblable à un buzzer, était imité à la perfection par la Turienne et assuré par l'effet Dopler de ses cordes vocales. Oh, évidemment, elle avait eu besoin d'un peu d'entraînement mais le résultat était satisfaisant; perturbant, réaliste et amusant à la fois.

- Presque, Dorn, presque... Au départ, je pensais trouver un compagnon d'infortune et boire à nos misères. Mais je pense que la soirée s'annonce ... Plus prometteuse.

Au fond de ce verre aux couleurs indéfinissable se tenait un bout d'ananas empalé sur une pique de bois. Il avait déjà rendu l'âme et son jus s’était répandu dans l'alcool et la noix de coco. Au moins, une énigme était résolue : Entre ça et le léger goût de vodka et de rhum qu'elle sentait à chaque gorgée, on pouvait qualifier le cocktail de "Plage d'Argent". La version Turienne d’une boisson qui connaissait un rival humain, du nom de "Pina Colada". La première était meilleure bien évidemment, grâce à un énorme avantage par rapport à sa concurrente : Elle était dextro.
Grâce à cette observation, on pouvait tirer deux déductions : premièrement, le contenu du verre devait donc être un blanc un peu jaune, ou un jaune très pâle. La question était réglée.
Ensuite, qu'à défaut d'avoir trouvé la réponse à "L'énigme Maccharius", celle "Mais que contient donc ce foutu verre à la fin et le contenu est-il gris à reflet blanc, ou blanc à reflet gris?" pouvait être close et on pouvait penser à autre chose, l'esprit serein. C'était déjà ça.

Les yeux verts plantés dans jau... rou... ve... bl... ceux de son homologue, l'apprentie lui dévoila ses dents dans un sourire de défi avant de croquer le fruit. Ou plutôt de le trancher proprement en deux d'un coup de dents bien placés. La découpe se fit dans un petit bruit spongieux audible uniquement de la bourreau, et continua avec le goût subtil et acide du fruit. Un filet de jus essaya de s'écouler ailleurs, mais la femme le rattrapa d'un mouvement du pouce habile et le lécha sans autre forme de procès.
Pas de mine charmeuse, d'air un peu aguichant ou de "houla, quelle maladroite je fais" suivi d'un gloussement digne d'une Asari. Juste une Turienne concentrée bien décidée à ne pas gâcher la moindre miette d'un plaisir trop rare ces derniers temps. Lymucirr avait déteint sur elle; la phrase assassine moqueuse et vengeresse était déjà prête à siffler et fouetter les airs en cas de remarque déplacée.

Pourtant, elle n'avait rien contre Dorn. Il l'intriguait même, et elle le défiait par envie de provoquer, de le forcer à sortir des sentiers battus qu'il arpentait sereinement, les discours polis et répétés, la motivation des troupes soigneusement millimétrée, et de s'enfoncer un peu dans la jungle inconnue de la spontanéité, voir des échanges d'insultes cordiales, accompagnées de "T'es pas cap de". Peut être plus tard pour ce dernier point, à bien y réfléchir ... Encore que, est-ce qu'il y avait un Elcor ici? Il y avait quelque chose qu'elle avait toujours rêvé de faire faire et ...
Non, plus tard.
Pour le moment, ils en étaient au stade où chacun tournait autour du pot, prenant des précautions et souriant à pleine dent en faisant semblant de. Bien évidemment, Ravi se prêtait au jeu, parce qu'elle ne refusait jamais une petite partie. C'était une prolongation de "Qui sera le plus con des deux et qui craquera avant?". Une version un peu plus évoluée des règles, mais tout aussi amusante à jouer. Moins que son idée avec l'Elcor, mais toutes les idées ne pouvaient pas être aussi géniales.

Le Général ne la lui faisait pas. Pas plus qu'elle ne le trompait lui. Chacun avait progressé dans sa branche et dans un milieu où "se montrer direct" voulait au mieux signifier exposer un point faible, au pire tout foutre en l'air. Alors non, personne ne parlerait directement, franchement ou honnête-honnêtement. Un terme très différent d'honnêtement, parce qu'on pouvait se montrer le plus honnête du monde à ne pas dire tout ou à jouer sur les demi-vérités. Alors que l'honnête-honnêtement était la définition même des actions d'un Turien : assumée, découverte et exposées au grand jour, pourvue qu'on se soucie de seulement poser la question.

Autant le dire tout de suite, dans certains métiers, les honnêtes-honnêtes étaient foutus d'avance. Sélection naturelle ma bonne dame.

Dans un autre registre sans le moindre rapport, il faudrait sérieusement dire au barman de faire quelque chose pour cette putain de luminosité. En plus les néons et jeux de lasers rendaient les couleurs trompeuses. Ce n'était pas forcément important mais merde, parfois il était utile de pouvoir dire si quelqu'un portait un vert bleu d'eau ou un vert turquoise.
Le moindre petit détail avait son importance, de visu comme en parole.

- Bien agent Vertax, à qui ais-je l’honneur de parler ?
Je n’aime pas boire au contact d’inconnus, et rarement avec des turiens qui ont quitté la Hiérarchie. Et bien que je respecte le SSC, il m’est difficile de faire confiance à quelqu’un qui a jugé plus utile de mettre œuvre ses capacités auprès d’autres peuples que le sien, même s’il existe de nombreuses exceptions bien évidemment.
Vois-tu je suis un individu qui aime connaitre son interlocutrice, qu’elle soit enquêtrice, agent ou un simple « poulet ». Maintenant, on peut aussi complètement oublier ces questionnements et simplement discuter entre … turiens.


Quel homme, ce général. A la tutoyer, à payer sa tournée - il avait intérêt à les prendre en charge, tous ces verres. A croire qu'il était capable d'essayer de l'avoir en utilisant le piège le plus vieux du monde : Un air amical et beaucoup d'alcool. Voir BEAUCOUP d'alcool.
Oh, il pouvait essayer; qui lui en voudrait de ne pas tenter le cliché absolu de toutes les rencontres de bar, où chacun essayait de faire parler l'autre en en disant le moins possible? Il allait juste se retrouver bredouille; il allait devoir se montrer plus malin s'il voulait l'attraper.

Mais elle pouvait bien accepter un dernier petit verre. Le tout tout tout dernier de la soirée, promis. Histoire de ne pas se retrouver face à une Asari sévère qui lui demanderait d'une voix glaciale pourquoi on l'avait aperçut en train de danser sur les tables à 2h03 la veille. Et la Spectre s'y connaissait en voix glaciale. Merde, même Novéria était moins froide que ça en plein blizzard.
Vertax frissonna. Rien que d'y penser ...

Ça discutait sec à côté du duo. Les Turiens de la Hiérarchie s'agitaient dans une discrétion précipitée, jetant tour à tour coups d'oeils et commentaires à voix basse. Ils devaient être des soldats de la Hiérarchie; de simples civils auraient été impressionnés, mais pas à ce point. Et puis, les militaires apprenaient tôt à reconnaître qui ils servaient, ou ceux qui pouvaient être amenés à les diriger, si jamais ils intégraient l'escouade d'une colonie. Ou, survie élémentaire, à qui ne pas parler avec trop de légèreté une fois en permission.
Dorn imaginait-il avoir un visage passe partout? La question pouvait se poser; ses traits étaient trop marqués par la sévérité pour que ce soit pensable, même avec une haute estime de soit même. A moins que le Turien ne se soit jamais vu dans un miroir. Une option possible, même si elle aurait été regrettable. Il n'avait pas une gueule trop cabossée pour son âge et son grade.
Le trio débattait à petite voix. Chacun y allait sur son hypothèse ou sa petite théorie, à moins qu'ils ne s'inquiétaient juste de la présence d'une grande ponte à moins d'un mètre d'eux. Il fallait se serrer les coude, se rappeler à chacun de ne pas faire de conneries, se surveiller et, dommage pour la soirée, boire avec parcimonie. Quoiqu'ils disent, c'était amusant à voir; un retour en arrière d'un peu moins de quinze ans, lorsque les Cabales étaient de sortis. Et sur les traits désormais plus âgé de la biotique, une mine de nostalgie teintés de souvenirs heureux.

- Toi, tu es une vrai star parmi tes groupies. Ce n'est pas difficile à remarquer.

Moi ...

Elle laissa le poids de son corps l'entraîner en arrière, heurtant doucement le dossard de la chaise avant de se tordre un peu, cherchant un appui solide mais agréable pour son dos. Tel un chat, elle prit ses aises sur l'étroite chaise, allant même jusqu'à conquérir les terres qui s'étendaient au-delà de sa moitié de table, laissant traîner un bras victorieux. Elle fit tant et si bien qu'elle se retrouva positionnée de trois-quarts, une jambe balançant doucement dans le vide au grès de la musique électro battant son plein à une sono d'ici, croisée par dessus sa jumelle elle-même étirée vers l'avant.

- J'ai été agent du SSC. Puis Inspectrice. Puis Superviseure.

L'espace d'un instant le visage de l'homme avait cillé avant de reprendre sa neutralité polie. Pas de précipitation; il attendrait la suite et, si elle ne venait pas, réagirait en conséquence. Le mouvement avait été fugace, aussi pouvait-il s'en vanter. Un œil moins averti l'aurait raté, ou l'aurait confondu avec un mouvement sans aucun rapport, une preuve de fatigue voir d'intérêt. Qu'il se console; peu de gens pouvaient évoluer au sein du SSC sans avoir un minimum d'observation. Et dans ce domaine, Ravi avait un œil de lynx - et le flegme d'un lion en pleine sieste.

Un jour, il faudrait qu'on lui dise pourquoi on comparait tant les Turiens aux félins. Même Watson l'avait comparé à un chat mal réveillé, un jour qu'elle lisait un rapport, les yeux mi-clôt et avait roucoulé un bâillement.

Dorn, donc, n'avait pas beaucoup d'empathie pour les Superviseurs. Il n'était pas le seul. Combien de fois était-elle tomber sur un militaire qui l'avait prise de haute, retenant entre ses dents tout ce qu'il pensait de l'ingérence du Conseil dans leur mission? Plus qu'elle n'avait de doigts.

- Toi aussi, hein?, soupira-t-elle exagérément. Elle jeta la tête en arrière dans un dramatisme tout mesuré, essuyant une larme imaginaire. Pauvres de nous, toujours rejetés, méprisés, haïs. Alors que nous dédions nos vies à la Galaxie..
Je joue mal, c'est ça?

Tu n'es pas le premier à détester nous voir fouiller les bureaux à la recherche des merdes qu'on peut enterrer sous un monceau de paperasse. Crois moi, j'ai déjà vu très drôle en la matière. Sur le Présidium, on peut même voir des ordinateurs être balancés depuis une fenêtre à certains moment de la journée.

Enfin, c'était avant. Je suis retournée sur le terrain depuis. Une biotique dans un bureau, c'est le meilleur moyen de s'ennuyer et de vider le frigo de la réserve en une demi-journée.


On oubliait parfois que la biotique creusait au sens figuré ET propre du terme. Les Cabales avaient toujours eu des rations plus protéinés que leur collègue, quand ce n'était pas carrément une double dose. Bon, les plats étaient plus nourrissant que travaillés, mais quand votre estomac se rappelait à votre bon souvenir toutes les deux heures, personne ne faisait la fine bouche. Encore moins à la fin d'une session d’entraînement intensive.

- Quand à ta remarque sur le départ de la Hiérarchie... Tu joues très mal les idiots. Ne va pas me faire croire que tu as lu mon nom sur ma plaque - d'ailleurs, je sais que je suis en tenue civile, mais remontes les yeux de mes mandibules, mes yeux sont un plus haut, merci -, que tu fais parti des amis de ma famille ou quoique ce soit de ce tonneau.

Les Vertax étaient connus depuis bientôt trois générations pour leur entreprise pharmaceutique d'envergure. Si la guerre l'avait diminuée et que son père, Kacus, avait distribué des médicaments à tour de bras à prix coûtants, voir gratuitement dans certaine occasion, le temps avait permis à la firme de remonter la pente. Ravi n'avait plus rien eu à faire avec la direction depuis qu'elle avait cédé sa place à Apnus, mais cela ne l'empêchait pas de garder un œil sur les relations qu'entretenaient les siens avec les grandes têtes de ce monde, que ce soit en pure amitié ou à des fins plus lucratives.
Le nom de Maccharius Dorn ne se retrouvait définitivement pas chez eux, elle pouvait l'assurer.

- Pour une raison ou une autre, tu as pris la décision de te renseigner sur moi et, vu ton grade, on a dû te filer le dossier complet, avec la copie de ma demande de mutation - cinq pages détaillées de mémoire -, ainsi que les accords de ma hiérarchie de l’époque, les recommandations et tout le bordel. Tout était en ordre, d'ailleurs j'avais même fait un code couleur pour qu'on s'y retrouve.
Je sais que vous les "Réguliers" allez avoir du mal à comprendre, mais quand un Cabale quitte sa "famille", il y a souvent une raison derrière. Une très bonne. Si on pouvait juste ne pas en parler ce soir, ça serait sympa.


Il jouait avec l'ombrelle en papier, la faisant tourner entre ses doigts. Allons, ça n'allait pas marcher avec elle; son ton était un peu sec, mais elle n'était pas en colère. Juste un peu .. agacée? Sans doute parce qu'elle commençait à avoir faim.... Quelle plaie. Et puis, l'alcool commençait à lui doucement tourner la tête. Et la musique en devenait un peu trop forte.

- Donc, pour résumer ta question au plus simple: Oui, je sers le Conseil, et non, je n'oublie pas de lever un verre à la santé de la Hiérarchie. D'ailleurs...

Le geste joignit la parole et, radoucie, la Turienne pencha son verre à moitié plein vers le Général.

- Aux nôtres.

Un "chtong" un peu violent retentit sur la table, alors que le récipient désormais vide lui donnait un léger écho. Suivi un peu après d'un grognement d'abord ténu, puis légèrement plus important, mêlée au soupir désabusé de la propriétaire de ce corps.

- Je ne vais pas dire qu'un biotique doit manger à heures précises et très régulièrement, mais ... J'ai la dalle, pas toi? Et je crois que tu gênes tes "groupies" Dorn, continua-t-elle après avoir lancé un coup d'oeil appuyé aux Turiens qui faisaient mine de ne rien avoir entendu, voir de ne pas être totalement là.
De toute façon, mon rendez-vous est aux prises avec le sien, alors foutu pour foutu...

Je connais un bar à nouille plutôt sympa pas trop loin. C'est moi qui invite, en remerciement pour les verres.
Et ça serait l'occasion de discuter "entre Turiens".


D'un signe de la main, elle refusa une nouvelle commande au serveur et pencha la tête en direction de l'homme, indiquant par ce mouvement subtil à qui il fallait refiler l'addition.

- Bon, j'ai besoin d'air frais, je t'attends dehors. Si jamais tu es intéressé, sinon je suis sûre qu'il y a moyen de se barrer par le conduit d'aération des toilettes. Tu sais, si jamais la présence d'une ancienne Superviseure te hérisse le poil.

Sur cette pique totalement assumée et un air mutin, la femme attrapa ses affaires, louvoyant entre les silhouettes d'un pas assuré mais beaucoup trop guilleret comparé à d'habitude. Puis, une fois dehors, elle s'appuya sur le mur juste à côté de la porte et inspira de grandes bouffées d'air avec bienvenue. Les yeux un peu fermés, la Cabale écouta le bruit de la Citadelle, beaucoup plus naturelle et chantante que la musique électro d'avant.



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MessageSujet: Re: Deux lapins ? Ça doit être Pâques !   Sam 22 Avr 2017, 10:36
Cette turienne était vraiment étrange, presque anormale. Son comportement dénotait complètement avec la rigueur martiale de son espèce, mais ne semblait pas non plus appartenir à une autre espèce. Etait-elle ainsi depuis toujours, ou était-ce l’assimilation culturelle naturelle des habitudes xénos qui transformait peu à peu une parfaite soldat en un hybride indéfinissable ? La chose devrait être creusée un jour ou l’autre, mais pour l’heure autre chose rendait Maccharius très curieux.

Qu’était ce que ce bruit de coléoptère que tentait de reproduire Ravi lorsque semblait vouloir contredire le général ? Une habitude prise pendant son enfance, son service militaire au sein des cabales ou durant son métier de peigne cul du Conseil ? Bzzz Bzzz, étrange sonorité mais étonnement fonctionnelle. Aisé de comprendre que l’on se trompe lorsque résonne le bruissement d’ailes d’un coléoptère furieux.

Et il y avait aussi cette invitation très … subtile de la part de la turienne. Une soirée prometteuse ? Une rixe contre une bande de pirates ? Une partie de jambe en l’air post combat ? Un duel martial suivi d’une partie de jambe en l’air pré combat ? A moins que ce soit une occupation toute civile, soirée film, discussions ennuyeuse autour d’une table tout en subissant cette musique lancinante et infiniment énervante. Après tout c’est que montrait les Holos de Valaya des soirées mondaines du tout Citadelle.

Un essai tentant, mais avec une expatriée ? Pire une expatriée devenue superviseur ? Pouvait-on se contredire autant en acceptant chez quelqu’un une telle chose alors que Maccharius n’avait eu de cesse de dénigrer et mépriser ces roquets sans idéologie du Conseil. Ces vermines bonnes à voir du « mal » dans les actions nécessaires ? Il fallut déjà un effort hors du commun pour que le contenu du dernier verre du général ne termine pas dans le visage de la turienne, alors accepté de passer une soirée.

Puis il y avait cette morale, cette vision hautement auto satisfaisante provenant de Ravi qui hérissait les mandibules de Dorn. Une bonne raison de quitter la Hiérarchie ? La mort d’une personne aimée ? Quelle blague, Maccharius avait perdu sa mère, ses frères et sœurs, son … fils, et avait-il fuit ses responsabilités ? Avait-il décidé que travailler ailleurs allait lui faire oublier le visage des disparus ? Non il était un patriote zélé, et rien n’avait pu dévier le turien.

Quelques secondes, la colère prit le contrôle de l’esprit du général qui se voyait hurler au visage de Ravi. Mais soudain sa colère disparu complètement, le laissant telle une coquille vide. Ravi Vertax avait fait ce qu’elle estimait juste, une part de lâcheté, une part de courage. Lui-même n’était pas mieux. Aussi il trinqua malgré tout avec cette turienne si unique en son genre. Toutefois son toast fut quelque peu différent, comme pour montrer que colère il y avait eu.

« Aux miens. »

Puis il y eut l’invitation en bonne et due forme, avec l’opportunité de s’éclipser. Et la turienne laissa le général seul à ses pensées, et à son addition. Chose rapidement réglée, Maccharius resta pourtant de longues minutes ainsi, attablé et perplexe. Une partie de lui désirait le pardon pour cette turienne atypique, très intéressantes et clairement rusée, mais la plus grande partie comprenait qu’un accord équivaudrait à renier de nombreux principes que le turien avait érigé comme des règles de vie.

Etait-il ce genre de général ? Capable d’emporter des Gardes Noirs comme garde du corps, capable d’accepter l’UCIP tel qu’il avait été proposé, capable de contredire tous ses principes par ambition personnelle ? Evidemment que non. Maccharius était le Boucher, le Demi-Krogan, le général implacable et impartial devenu le père d’une légion complète. Pouvait-il aussi facilement trahir la vénération de ses soldats ? Le respect de ses pairs ? Non, il était et resterait le général proche des troupes, proche de l’aile dure, le général xénophile mais patriote, le général capable d’insulter un Primarque parce qu’il est idiot, le général emmenant une légion dans son exil car personne ne pouvait espérer l’égaler.

Il était Maccharius Dorn, général de la Légion, neuvième légion d’Invictus. Première armée en effectif dans les colonies, le général sans défaites, le général qui avait tenu Irune, le général ayant survécu au terrorisme, à la piraterie, aux raids, aux Moissonneurs, aux incapables à la tête de la Hiérarchie post Grande Guerre, qui était revenu d’un exil voulu éternel. Il était Maccharius Dorn.

Décidé, le général gagna la sortie d’un pas vif et assuré, les badauds se jetant hors de sa route sans hésiter. Puis une fois à la sortie, Maccharius rejoignit la turienne l’attendant encore malgré le temps passé.

« Ravi Vertax, je vais rentrer chez moi. Mes deux enfants .. . » Et non trois « … m’attendent. Il m’est aujourd’hui impossible de manger avec une superviseur, une expatriée, quel que soit sa raison. Mais j’ignore de quoi demain sera fait. Un jour peut être nos chemins se croiseront à nouveau, et là je suis sûr que nous pourrons nous entendre. Mais d’ici là, faites honneur à la Hiérarchie, au Conseil et à l’avenir. Bonne soirée cabale. »

Puis Maccharius commença à s’éloigner avant de se stopper quelques pas plus loin.

« Au fait belle imitation du coléoptère. »

Et le général disparu dans les dédales de la Citadelle, pressé de rejoindre les deux amours de sa vie, ses réussites.


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MessageSujet: Re: Deux lapins ? Ça doit être Pâques !   
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Deux lapins ? Ça doit être Pâques !

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