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 Bouteille à l'amer ?

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MessageSujet: Bouteille à l'amer ?   Sam 06 Aoû 2016, 01:44

Intervention MJ : NonDate : 13 Mai 2201 RP Tout public
Kalia T'Surek ♦ Alec Sykes
Bouteille à l'amer ?


Six heures après, je me repassais encore en boucle les dernières scènes. Aurais-je pu éviter la mort de l’agent ennemi ? Aurais-je dû continuer à rentrer dans son jeu, quand bien même le risque d’y rester aurait été d’autant plus grand ? Je refaisais les évènements avec des “et si ?”, cherchant à analyser mes erreurs et me demandant ce que j’aurais pu découvrir si j’avais suivi l’humain dans sa fuite comme je l’avais initialement envisagé.

Mais les autres avaient fini par débarquer, faisant éclater un combat mortel pour l’ennemi. M’avaient-ils en définitive sauvé la peau ? C’était une question qui resterait là aussi sans réponse, car quand bien même j’aimais à penser le contraire, l’agent m’aurait peut-être liquidée... L’idée que je puisse avoir une dette envers autrui, et surtout en vers l’N7, m’agaçait. Probablement que cette raison m’avait poussée à rester le moins possible auprès de lui lorsque tout fut fini.

Probablement aussi était-ce parce que je n'avais toujours pas été capable de traiter l'information de sa présence sur Haratar... et que je ne savais toujours pas comment réagir par rapport à Anhur...


De toute façon nous avions tous eu quelque part où aller. Le geth démembré s’était fait récupérer par ses congénères pour être réparé. La blonde au nom qui m’était toujours inconnu et dont je m'étais demandé son lien avec son supérieur avait terminé sa journée à l’infirmerie du coin où Sykes l’avait accompagnée, et moi… Et bien moi j’avais suivi Vakarian au QG pour faire le point avec l’Amirale.

Quant au cadavre du hackeur, il avait terminé à la morgue...

Dans les heures qui avaient suivi, nous apprenions la nature cybernétique de l’individu. J’eus moi même la possibilité d’examiner son corps et de constater que les éléments biomécaniques qui le constituaient ne nous apporteraient rien de plus parce qu’intraçables. En définitive, de son équipement nous n’aurions rien de concret. Pas plus de ses empreintes ou de sa reconnaissance faciale compte tenu qu’un système d’auto-destruction intégré à son casque s’était chargé de rendre la chose impossible. Seul un curieux tatouage présent sur la face antérieure du poignet de l’individu pouvait nous donner une piste quant à l’organisation qu’il servait.

Si aucune base de données d’Haratar ne connaissait ce symbole, peut-être n’était-il pas inconnu de celles du Courtier de l’Ombre...

C’est ce que Garrus et moi espérions en échangeant quelques mots sur le quai C-103 du spatioport de la station. Le turien ayant ensuite eu à “régler quelques affaires personnelles” avec l’Amirale Zorah, nous nous étions quittés en nous souhaitant une bonne continuation pour la suite.

J’avais brièvement suivi l’ami de Shepard des yeux, égarant mes pensées sur cette sombre période qu’avait été la Grande Guerre, et les liens qu’elle avait permis à certains de tisser. C’est un quarien venu me faire signer de la paperasse pour le stationnement de l’Arion qui m’avait finalement ramenée à la réalité, m’indiquant au passage que l’approvisionnement alimentaire commandé à mon arrivée venait d’être chargé dans la soute, et que le plein de carburant serait bientôt terminé.

Le remerciant, je procédai au transfert de crédits demandé, puis montai à bord du vaisseau, loin d’imaginer qu’une présence inattendue m’y rejoindrait très vite.

Comme annoncé, j’aperçus à l’arrière de l’appareil plusieurs caisses de provisions. Je jetai un œil au numéro de chacune, avant d’ouvrir celle qui m'intéressait pour en sortir une bouteille souvenir d’alcool estampillée d’une somptueuse étiquette que mes yeux azur se mirent à examiner, sans avoir vu la silhouette qui venaient d'embarquer là derrière...

J'avais besoin de faire passer le goût amer que cette mission m'avait laissé.





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MessageSujet: Re: Bouteille à l'amer ?   Dim 07 Aoû 2016, 22:59

Bilan mitigé que celui du 13 mai 2201… Un pirate tué en dépit d’une tentative désespérée pour le prendre vivant, des données envolées au contenu tout aussi mystérieux que précieux, sans parler d’un niveau technologique qui avait de quoi faire réfléchir : une sale journée à tous les égards. Les choses avaient bien vite dérapé au-delà de toute attente, causant une panique générale qu’il fut difficile à contenir. Encore maintenant, plusieurs heures après la fin des évènements, on observait la présence d’individus peu rassurés et des artères principales totalement bouclées par les forces du GIP. La station retrouvait cependant petit à petit son calme, sa population étant peu à peu reconduite dans les différentes sections d’habitation ou vers les quais pour les voyageurs.

Un rapport immédiat sur l’état du VIP et les évènements survenus s’avéra de rigueur pour Alec dès lors que la menace fut maitrisée, un devoir dont il s’acquitta sans grand enthousiasme. Le dénouement pris par la crise sonnait pour lui comme un douloureux rappel à l’ordre, un échec qu’il lui serait nécessaire de porter pour de nombreux mois à défaut d’avoir une nouvelle occasion d’obtenir des informations de valeur. Il est vrai que le N7 n’était de base présent sur Haratar qu’en tant qu’escorte, ou plus vraisemblablement comme outil de propagande/dissuasion, pourtant le soldat semblait prendre la chose personnellement. Que serait-il advenu si, au lieu de se focaliser sur la bombe, il avait directement foncé vers les Archives ? Une question dont la réponse n’arriverait peut-être jamais, à moins que l’analyse approfondie des nombreux implants du hacker inconnu ne soit d’une grande aide.

Ajoutez à cela le fait que son équipière du moment, Vaylee, écopa d’une blessure – mineure en soit – pour avoir un début d’idée de l’état d’esprit de l’officier. Cela dit, tout ceci n’était rien en comparaison de la rage qui l’habiterait d’ici quelques jours lorsque les propos de Grimson, relayés par l’extranet, mettraient en avant « l’héroïsme de soldats de l’Alliance ayant neutralisé la menace d’une bombe synthétique sur Haratar ». Oui, leurs noms ne seraient pas cités, mais il y avait toujours de quoi être écœuré par le personnage et tous les politiques en général, prêts à faire leur beurre sur tout et n’importe quoi…

Pour échapper à toute cette pression et se vider l’esprit quelques heures, c’est un soldat exténué qui quitta le service de son « paquet » dès lors que celui-ci fut embarqué à bord de son vaisseau privé. Le départ de l’appareil, retardé au lendemain à cause de la confusion, laissait de précieuses heures à Sykes pour faire ce qu’il avait prévu. Aussi, après s’être assuré de la sécurité du colon d’Eden Prime et de l’état de santé de Sara, le Lieutenant-Commandant déserta le dispositif de sécurité. Comme le lui avait préconisé son supérieur de l’Amirauté qu’il avait eu en communication par ansibles la demi-heure précédente, le N7 se devait de profiter de ce court répit pour souffler et évacuer ses doutes avant de repartir.

Suivant en quelque sorte les ordres à travers cette petite escapade, l’occupation qu’il choisit fut toute trouvée. Trois ans qu’il attendait d’en avoir l’occasion et elle se présentait enfin… Alors pas question de la manquer.

De ce fait, Alec se présenta sur les docks quelques dizaines de minutes après son entretien terminé, une surprise en main pour celle qu’il partait rencontrer. En chemin, l’humain s’était en effet permis une courte halte chez un grossiste des quais, faisait par la même occasion une petite folie qu’il espérait ne pas regretter tant la ressource s’avérait rare dans ce coin de la galaxie. Suivant les indications de l’officier de quart à ce moment-là, il se retrouva très vite face à un vaisseau qu’il ne connaissait que trop par son allure, mais en ayant seulement passé quelques heures à son bord. Là se trouvait l’intéressée, occupée sur son omnitech au sommet de la rampe d’embarquement laissée ouverte. Tous les préparatifs semblaient fait pour son départ à en juger l’état de l’engin, ce que ne put s’empêcher de noter le N7 à voix haute pour révéler sa présence.

- « Vous tenez à vous éclipser au plus vite pour retourner à vous mystérieuses affaires, n’est-ce pas ? Dommage, car je souhaitais m’entretenir avec vous Agent… Spyder si j’en crois ceux que vous avez côtoyée sur cette station ? Ou peut-être devrais-je dire Mademoiselle T’Surek ? » questionna-t-il l’Asari en gravissant la rampe sans attendre d’y être invité.

Employer le véritable nom de la belle la troublerait très certainement tout autant, mais il est après tout facile pour un soldat avec des relations comme celles de Sykes d’obtenir de telles informations à partir d’une immatriculation de cargo...

- « Vous avouerez au moins que nos rencontres ne se font jamais dans des conditions qu’un citoyen lambda pourrait appeler "normales". Enfin, je suppose que l’on pourrait dire que nous renonçons à toute notion de normalité en prenant des jobs comme les nôtres, non ? »

L’air béa et les yeux écarquillés de la bleue ne faisaient que renforcer sa beauté et le ridicule de la situation, ce que le trentenaire ne put qu'apprécier à en juger son petit sourire en coin. Ce qui l’intéressait d’avantage, c’était surtout de connaître et d’échanger avec la représentante de l’espèce la plus sage du Conseil. Après tout, quelque chose s’acharnait à les réunir, et l’un comme l’autre semblait y avoir pris goût, comme le démontrait la vague d’émotions ressentie par la belle sur Korlus puis Anhür, ainsi que le curieux malaise quelques heures plus tôt au QG du GIP.

Affublé de son uniforme à manches relevées au lieu de l’habituelle et intimidante armure lourde estampillé N7 et une splendide bouteille d’un grand cru Terrien en main, le Lieutenant-Commandant semblait en tous les cas avoir une idée précise de comment passer sa soirée. Ce dont il fit part à son interlocutrice.

- « Je viens de m’entretenir avec ma hiérarchie, mon "colis" est en sécurité à bord de son vaisseau et mon équipière reçoit les soins nécessaires à sa guérison rapide. J’ai donc quelques heures devant moi si l’offre vous tente… Je n’ai pas oublié le dîner que je vous dois, comme vous avez pu le constater au QG. Et puis… J’aimerais vous faire goûter à un délice de la Terre après ceux de Thessia que vous avez généreusement partagé avec moi lors de notre première rencontre… » lança-t-il cette fois d’un ton nostalgique, un sourire charmeur sur les lèvres et son regard vert plongeant au plus profond de l’océan azur des prunelles de l’Asari.

Une allusion à peine subtile aux baisers qu’il lui avait volés ce jour-là, bien que la « victime » se soit montrée plutôt coopérative. Une phrase qui ferait très certainement son petit effet, tant par son impertinence que les souvenirs qu’elle ferait remonter…
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MessageSujet: Re: Bouteille à l'amer ?   Lun 08 Aoû 2016, 02:13

Cette bouteille ferait royalement l’affaire, me fis-je après réflexion lorsqu’un bip sonore provenant de mon Omnitech attira mon attention. Posant celle qui me servirait ensuite de réconfort, j’allumai mon terminal holographique pour y constater qu’il s’agissait seulement de l’alerte que j’avais programmée six heures plus tôt pour me rappeler de prendre contact avec Orion. Je soupirai intérieurement à l’idée du trop mince rapport qu’il me fallait lui faire, lorsqu’une voix provenant de derrière moi me fit sursauter.

Me retournant immédiatement, j’aperçus là devant moi son propriétaire dans un accoutrement que je ne lui connaissais pas mais que je ne remarquerai que dans un second temps, mon esprit venant de se focaliser sur ses premières paroles. D’où connaissait-il mon nom ?! Retraçant tous les événements d’Haratar, je ne parvins pas à déceler l’erreur que j’avais pu commettre, jusqu’à ce que… Par la Déesse ! Je l’avais rencontré sur Korlus à une période où l’Arion n’était pas encore immatriculé sous l’une de mes fausses identités… Je serrai la mâchoire en prenant conscience de cette faute, et de ce qu’elle impliquait. Sykes, déjà bien trop suspicieux sur ma présence ici, allait être un problème.

À moins que… ...

Mon regard, qui s’était finalement mis à apercevoir la tenue non désagréable de l’N7, venait de descendre au niveau de ses bras aux manches retroussées. L’une de ses mains tenait une bouteille. Mes yeux azur restèrent figés dessus quelques secondes, sans que mon visage ne laisse toutefois transparaître ce qu’il pouvait bien dissimuler derrière son air insondable. Mon esprit, lui, demeurait à la fois aussi distrait par les paroles de l’humain qui résonnaient encore dans ma tête, que par le problème qu’il m’était devenu.

Que cherchait-il en venant me trouver ? J’avais bien une petite idée sur la question, et elle m’était dérangeante. On ne venait pas sans arrière pensée accompagné d’une bouteille d’alcool et d’un air charmeur… Etait-ce comme ça qu’il les séduisait toutes ? Parce que depuis Korlus, c’était l’impression qu’il m’avait laissée. Celle d’être un homme à conquêtes. Et le fait qu’il devait un resto à sa subordonnée qui le tutoyait en retour venait renforcer mes soupçons. Me prenait-il pour ces asari faciles, et qui donnent mauvaise réputation à ma race ? Je comptais bien lui faire comprendre ne pas en faire partie. Il était hors de question qu’il me rajoute à son tableau de chasse. De toute façon, il n’était pas mon genre.

Vraiment pas.
Vraiment pas ?

Mes yeux bleus finirent par se détacher de la fameuse bouteille, faisant trajet inverse pour finalement remonter jusqu’au visage du militaire, qui, il fallait l’avouer, était empreint d’un certain charisme. Je maudis instantanément ces iris verts, les mêmes qui m’avaient tenu compagnie ces trois dernières années. Sykes avait été un sacré calculateur en me forçant à adopter Arán… Et je lui en voulais toujours autant que je lui en étais reconnaissante…

Je serrai à nouveau la mâchoire, frustrée et agacée par ce conflit intérieur.

Plantée là devant lui, il allait bien falloir que je finisse par réagir. Oui mais comment ? Passée la surprise de son intervention, c’est pensive que je l’observai à présent. Une voix intérieure me murmurait qu’il était risqué d’accepter. Une autre me rappelait que l’humain détenait des informations qu’il n’était pas censé connaître…

- « J’ose espérer que vous n’êtes pas si naïf que ça, et ne croyez pas que l’identité que vous m’avez découverte est mon identité véritable... » déclarai-je sérieusement, brisant le court silence qui s’était installé.

J’ajoutai à mes propos lancé sur un ton narquois, un sourire en coin amusé. Autant vous dire qu’intérieurement, je ne l’étais pas, ni n’était fière de moi… Le laissant ainsi dans le doute, je remballai mon Omnitech, tout en ajoutant :

- « Mais je vois que vous avez fait vos devoirs… Sachez que vous n’avez pas été le seul. » laissai-je en suspens.

Ne m’étalant pas sur ce que je pouvais bien savoir de lui parce que je devais trouver plutôt plaisant le jeu de le laisser croire ce qu’il voulait, je remplaçai ensuite dans sa caisse la bouteille précédemment sortie et plus d'actualité, puis refermai celle-ci avant de me diriger vers cette fameuse paroi contenant mon armurerie. Comme sur Korlus trois ans plus tôt, j’ouvris la cache avec le scanner biométrique, puis rangeai à l’intérieur mon armement.

Je quittai alors la soute pour rejoindre la cabine, et tandis que je disparaissais dans l'autre pièce, Sykes m'entendrait conclure :

- « Vous n’avez vraiment pas intérêt à allumer l’un de vos infâmes cigares cette fois-ci. »




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MessageSujet: Re: Bouteille à l'amer ?   Lun 08 Aoû 2016, 22:36

Une véritable petite victoire que celle d’avoir été accepté à bord par la mystérieuse Asari. Sans être une machine à tuer de par ses aptitudes martiales, celle à qui il avait affaire ne manquait pas d’idées et de stratagèmes pour arriver à ses fins par des moyens détournés. Pour en avoir été témoin, et même victime, l’humain savait de quoi pouvait être capable la belle inconnue. Raison de plus de se montrer aussi prudent qu’intéressant durant cette soirée improvisée. Une chose était sûre dans tous les cas, le N7 aurait fort à faire pour lever les barrières et l’auto-préservation dont faisait usage la native des Terminus pour s’extirper d’une situation qui semblait lui être étrangère.

Car oui, sans être un fin psychologue ou profiler, Alec disposait de bases en termes d’analyse de comportement chez les espèces les plus répandues au sein de la galaxie. Un sujet complexe et ô combien vaste, mais étonnement pratique pour un commando qui doit gérer maintes situations et autant - si ce n’est plus – de réactions différentes chez ses opposants. S’il lui était pour le moment impossible de tirer le vrai du faux parmi les propos de l’espionne, Sykes pouvait au moins se dire que cette approche particulière et axée sur son expérience du combat pouvait faire la différence.

Aborder les femmes comme une mission à surmonter… Approche plutôt originale, pas vrai ? Pourtant, cette technique avait fait ses preuves, aussi imparfaite soit-elle, alors pourquoi en changer maintenant ? A la guerre comme en amour, il convient d’utiliser toutes les armes à sa disposition, non ? Son assurance plus que déstabilisante pour l’Asari représentait très certainement son meilleur atout dans le cas présent, l’intéressée lui ayant même reconnu un certain charisme à force de l’avoir devant elle. Ça, évidemment, le N7 ne pouvait pas le savoir, mais rien ne l’empêchait de faire usage de ce qu’il maîtrisait le mieux…

C’est donc un homme plutôt sûr de ses chances mais en proie au doute quant à la véracité des propos de son interlocutrice qui s’aventura à sa suite dans la navette. Bluffait-elle à nouveau comme il y a de cela quelques heures face au hacker ? S’agissait-il d’un simple mensonge pour assurer ses arrières – au passage très agréables à contempler - ? Des questions dont il aurait peut-être les réponses à la fin de cette entrevue… A moins que tout ceci ne fasse qu’en ajouter de nouvelles à la part d’ombre déjà très importante de la bleue.

A défaut, tenter d’extirper les parts de vérité représentait un défi aussi intéressant que celui d’abaisser les barrières dressées par Kalia...

Quelle que soit l’issue de cet échange, le tout promettait dans tous les cas d’être divertissant, et c’est bien ce dont avait besoin le soldat après une journée aussi mouvementée. Parler, boire un verre avec une inconnue dans une ambiance très étrange et pleine de sous-entendus, peut-on imaginer un meilleur passe-temps dans ce coin paumé de l’espace ? La fille, la fine bouteille et… un cigare, oui c’est bien ce qu’il manquait pour que le tableau soit complet. Hélas, tandis qu’il se faisait la remarque, celle dont le métier consistait à fouiller partout pour obtenir ce qu’elle veut semblait l’avoir fait dans l’esprit de l’officier, quelque peu pris au dépourvu. Incapable de dissimuler son étonnement – et une pointe de frustration -, le militaire se contenta d’un sourire contrit et d’un soupir de résignation avant d’esquisser un semblant de réponse.

- « C’est de toute façon plus simple de trouver une bouteille de qualité dans une station habitée par des synthétiques et une espèce dextro que des cigares. Vous imaginez un Quarien en fumer, vous ? Je me demande bien par quel tuyau ou orifice il ferait ça… »
lâcha-t-il sans trop réfléchir au sens ou même l’intérêt de ses paroles.

Qu’elle réponde ou non à ses paroles, l’intéressée s’éclipsa de toute façon très vite dans ce qui lui tenait lieu de salle de bain pour se débarrasser de son armure et passer quelque chose de plus confortable. Signe encourageant d’une soirée inoubliable ? Cela restait encore à voir… Car une fois la propriétaire du vaisseau envolée, le trentenaire restait bien seul dans ce qui tenait lieu de pièce de vie.

Enfin, en apparence…

Comme il est de coutume pour cet animal, c’est le moment exact que choisi un autre pensionnaire du bord pour de manifester. Là, planté au milieu de la coursive entre la table et ce qui tenait lieu de canapé, Alec pu admirer une paire d’yeux à la couleur semblable aux siens le guetter. Ceux d’un petit être curieux que l’humain reconnut immédiatement comme le chaton qu’il avait sournoisement offert à l’Asari lors de leur dernière rencontre. Certain que la belle craquerait pour la bouille du matou, il le lui avait fait porter par un gamin du spatioport local histoire qu’elle ait un souvenir de lui. Et quel souvenir ! Le chaton était désormais devenu un chat en pleine santé à l’allure aussi fière que son poil soyeux, ce qui dénotait d’une attention toute particulière de la part de sa maîtresse. Au moins ne s’était-il pas trompé en jouant ce petit tour à l’espionne, à défaut d’avoir oui ou non deviné sa véritable identité…

- « Je vois que vous avez plus que choyé mon cadeau depuis Anhür… J’espère qu’il ne vous aura pas trop ennuyé. » ne manqua pas de remarquer l’intrus à bord.

En apparence plutôt craintive, la bête ne se fit pourtant pas prier pour faire siens les genoux de l’officier dès lors qu’il plongea ses fesses sur le canapé et rendre l’attente moins pénible. La bouteille de vin avait elle rejoint la table, attendant d’être dégustée et spectatrice de ce petit manège. C’est donc devant cette scène que se retrouverait Kalia lorsqu’elle sortirait de son antre, accompagnée d’un concert de ronrons de son passager le plus fréquent. Un passager qui se tortillait sous les caresses et les gratouilles de Sykes, qu’il avait définitivement adopté en se frottant sur l’uniforme autrefois impeccable de l’Alliance.

Premier bon point pour le commandant du Midway… Avoir la côte auprès du confident à poils d’une femme représente une avancée majeure dans sa séduction comme disaient de vieux Marines… bien éméchés en général.
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MessageSujet: Re: Bouteille à l'amer ?   Mer 10 Aoû 2016, 00:41

Je redoutai la suite, mais il fut trop tard pour faire machine arrière. C’est ce que je me disais tandis que là derrière, celui qui m’inquiétait me sortit une phrase qui fit marquer un temps d’arrêt au fil de mes pensées. Cet humain était très étrange… Ses références également.

Après notre première rencontre, j’avais d’ailleurs fait quelques recherches sur ces fameuses expressions qu’il avait employées. Par curiosité, et aussi pour enrichir ma culture des formules humaines. J’avais ainsi découvert que cette Cendrillon qu’avait mentionné Sykes datait d’une époque où ni moi, ni lui, n’étions de cette galaxie. Issue d’un conte de plus de cinq siècles, j’avais trouvé curieux qu’il puisse connaître de si anciens écrits, tout comme j’avais trouvé surprenant ses goûts pour des créations cinématographiques de deux cent vingt-quatre ans. Mais au moins serai-je en mesure de le comprendre cette fois-ci, s’il me parlait encore de Force ou de Padawan.

Je devais reconnaître à la race humaine qu’elle avait beaucoup d’imagination, et une imagination guère si inepte que ça. Dans leurs anciennes œuvres dites de « science fiction », il y avait finalement beaucoup de vrai, ou tout au moins de choses s’en rapprochant. Nombre des leurs à l’époque avaient en définitive eu un esprit bien plus ouverts que certaines autres espèces avant qu’elles ne découvrent l’existence des autres formes d’intelligence peuplant la Voie Lactée.

Jugeant le questionnement existentiel de l’humain toutefois bien trop déconcertant pour ma compréhension, je ne m'attardai plus à chercher à le saisir, trouvant une utilité bien plus grande à reconcentrer mon esprit sur la situation en elle-même. C’est donc préoccupée par la présence d’un N7 armé d’une bouteille que je pénétrai dans le compartiment faisant office de salle de bain. Y actionnant un bouton au niveau de l’entrée, l’une des parois s’ouvrit pour me laisser accéder aux étagères sur lesquelles je déposerai chaque pièce de mon armure. Je me changeai donc, ne voyant plus l’intérêt de cet accoutrement et préférant revêtir une tenue moins encombrante. Un simple débardeur blanc, accompagné d’un treillis noir.

Mais si je troquai mon équipement de mission pour des vêtements plus légers, mes pensées elles, demeurèrent les mêmes. Toute présence extérieure dans mon vaisseau me rendait nerveuse, et celle de l’humain dans la pièce d’à côté ne faisait pas exception. Elle avait d’ailleurs tendance à me préoccuper davantage…

Chercherait-il, en supplément de son idée première et bien trop manifeste, à me soutirer des informations ? Menait-il une quelconque enquête sur moi ? J’apprendrais sûrement plus de ses intentions dès lors que je le rejoindrais, mais je semblais retarder ce moment que je vivais comme une confrontation. Sykes n’avait en tout cas pas du tout ma confiance… Comme je n’avais pas vraiment la sienne au vu des propos qu’il avait tenus quelques heures plus tôt.

Fixant mon propre reflet dans le miroir, je restai les bras appuyés quelques secondes sur le lavabo, observant dans mes yeux interrogations et incertitudes.

Je fus tirée de ma méditation par la voix satisfaite de l’N7 remarquant la présence de l’être qu’il m’avait contrainte d’accepter trois ans plus tôt… Celui à cause duquel pas un seul jour ne s’était écoulé sans qu’il me rappelle comment et par qui je l’avais eu… Foutu stratège qu’avait été Sykes pour m’obliger à ce qu’il soit dans mes pensées.

Ne pouvant le fuir éternellement, j’abandonnai alors mon refuge pour me lancer dans l’inconnu.

C’est une scène aussi improbable qu’un quarien entrain de fumer un cigare qui s’offrit à moi à l’ouverture de la porte. Là, sous mes yeux, confortablement assis sur mon canapé, l’humain, et grassement installé sur ses jambes, un Arán ronronnant.

Qu'est-ce que... ?!

Je me figeai en les voyant, étudiant l’un puis l’autre alternativement. Ce fut la toute première fois que je voyais mon animal auprès d’autrui et se laissant ainsi faire. Toujours fuyant avec les rares passagers que j’avais pu avoir depuis, ce fut comme s’il reconnaissait et remerciait celui qui l’avait confié à moi.

J’en fus agacée, quand bien même au plus profond de moi, je pus trouver la scène touchante.

- « Vous n’avez pas idée… » grommelai-je en réponse au questionnement de l’humain.

Mon ton refléta sûrement plus l’irritation que j’avais eue envers l’N7 à cause de ce qu’avait impliqué son cadeau que la contrariété qu’avaient pu générer chez moi les premières bêtises de l’animal. Refermant la porte de la salle de bain, je passai devant les deux complices pour me diriger vers la table sur laquelle s’était retrouvée posée la fameuse bouteille. J’avais décidément besoin d’alcool… Saisissant l’objet, je me mis à analyser celui-ci. Un vin rouge, en provenance directe de la Terre. Un « Bordeaux », d'après l'étiquette. Et un « Bordeaux » d’avant-guerre. Je devais bien m’avouer impressionnée par la date de cette bouteille, mais c’était probablement ce que le militaire cherchait à générer chez moi tout comme ce qu’il devait chercher à générer chez toutes les autres. Alors je ne montrai rien.

J’avais définitivement besoin d’alcool…

Je me mis en quête de ce foutu ustensile servant à ouvrir les vins humain, farfouillant peut être un brin nerveusement dans chacun des tiroirs voisins. Ce n’était pas vraiment le genre de boisson dont j’avais effectivement l’habitude… Ne parvenant pas à mettre la main dessus, je laissai tomber tout en lâchant un « J’imagine que vous avez ce qu’il faut… » , en parlant bien entendu d’un moyen d'ouvrir la bouteille. Mais je ne doutai pas un instant que Sykes aurait pu faire un commentaire graveleux à mes mots...

Le laissant ainsi gérer l'objet apporté, je m'occupai de sortir les verres tout en jetant un œil à mon félin heureux de cette présence indésirable. L'était-elle réellement ? Je ne voyais même pas pourquoi cette question avait germé dans mon esprit, la balayant aussitôt. Décidant finalement de percer l'abcès quant aux dernières actions de l'humain trois ans plus tôt, je me tournai vers lui, un verre dans chaque main, et m'exprimai :

- « Votre bouteille n'effacera pas tout ce que vous me devez, Commandant. J'ai une facture de réparation de mon appareil suite à vos exploits sur Korlus qui attend toujours d'être remboursée... »

À vrai dire, ce ne fut pas vraiment les paroles que j'avais initialement prévues. Celles dans mon esprit ciblaient bien plus la lâcheté dont avait fait preuve ce satané voleur de baisers dans les dernières secondes de sa présence au spatioport d'Anhur, mais peut-être eus-je crains qu'une telle phrase puisse être retournée contre moi considérant que... ... qu'il y avait sûrement pire à endurer.

Ce serait néanmoins probablement ce qui allait se passer avec les mots que venaient de laisser filtrer mes lèvres.





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MessageSujet: Re: Bouteille à l'amer ?   Jeu 11 Aoû 2016, 02:33

Plaisir simple mais ô combien relaxant que celui de jouer avec un animal de compagnie. Ce genre de divertissements, Alec pouvait malheureusement les compter sur le bout des doigts. Son choix de vie ne lui autorisait pas vraiment de partager son quotidien avec une petite créature du genre, si l’on exclut les poissons ornant l’aquarium massif de ses appartements évidemment… En cet instant, Alec s’approchait donc plus de l’image du gamin amusé que de celle de l’officier exemplaire qu’il s’évertuait habituellement à entretenir. Un rire amusé discret mais bien présent, un regard pétillant qu’il portait sur les faits et gestes du matou, voilà un état dans lequel très peu de monde dans son existence ne le verrait jamais…

L’apparition de la propriétaire des lieux auprès de ses deux passagers ne coupa même pas court au petit manège, qui se prolongea au final jusqu’à ce que l’intéressée ne porte son attention sur le cadeau de son invité. La voir considérer de la sorte le présent et se dépêtrer afin de trouver de quoi l’ouvrir avait quelque chose de réellement cocasse. Aussi les traits du N7 se détendirent-ils encore un peu plus devant ce spectacle, pour se fixer en un sourire encore plus large qu’auparavant.

Décidemment, la soirée s’annonçait propice à l’amusement et à lâcher prise, ce qui représentait déjà une avancée majeure, même sans en connaître le dénouement.

L’aveu d’impuissance de l’Asari vis-à-vis de cette simple bouteille força l’humain à courir de nouveau à la rescousse de la belle, ce qu’il fit sans se faire prier. La boule de poils qui ornaient son uniforme fut ainsi déposée avec déférence sur le coussin d’à côté pour lui permettre de se lever, tire-bouchon en main. L’ustensile jusque-là dissimulé dans une poche trouva très vite le chemin du grand cru, le préparant à être consommé dans un son tout à fait caractéristique. On pouvait d’ores et déjà ressentir les arômes prononcés du liquide rouge sang en se trouvant au-dessus du contenant, ce qui promettait une dégustation riche en saveurs. Après tout, le seul fait d’imaginer que ce breuvage avait survécu à la Grande Guerre au fin fond d’une cave de campagne constituait un sujet de discussion et réflexion pour tout amateur d’alcool de renom…

Néanmoins, le sujet principal de cette entrevue ne serait probablement pas l’œnologie, bien que tous deux partageaient un intérêt commun pour les produits de qualité à en juger la collection de l’espionne. Non, c’est dans l’espoir de discuter des évènements de ces dernières heures et à terme du détail de leurs rencontres que Sykes avait abordé la navette. L’idée de chercher à mieux connaitre la belle ne lui était également pas étrangère, lui pour qui rencontrer cette femme aussi mystérieuse qu’attrayante avait quelque chose « d’inexplicablement » attirant.

Oui, le commando avait plus ou moins mordu à l’hameçon laissé (involontairement ?) par la bleue dans son sillage. Elle qui cherchait avant tout à se préserver derrière un masque de professionnalisme et un goût du secret encouragé par sa profession venait en quelque sorte de se trouver un admirateur. Un admirateur bien décidé à régler pour de bons leurs comptes laissés en suspend trois années auparavant pour repartir sur des bases plus saines. Un admirateur bien conscient de l’effet que sa présence et la proximité avec son interlocutrice pouvaient avoir sur elle. Certains signes ne mentaient pas, et ceux laissés involontairement par une biotique sont sans doute les plus parlant.

Tandis qu’il approchait T’Surek pour remplir les deux verres qu’elle avait en main, le trentenaire la considéra quelques instants du plus profond de son regard vert. Comme pour y déceler une trace de crainte, de gêne ou de méfiance, il se résolut à s’exécuter une fois rassuré de n’avoir rien constaté de dérangeant. Le complexe exercice de verser sans en mettre à côté s’accompagna d’ailleurs d’une réponse aussi mystérieuse qu’empreinte de la même assurance dérangeante pour l’Asari.

- « Si ce n’est qu’une affaire de crédits, ça peut s’arranger. Je sais depuis peu ce que c’est de faire attention à son appareil, en particulier lorsque celui-ci a coûté quelques millions à de vieux emmerdeurs d'Amiraux. Cela dit, vous savez aussi bien que moi qu’il aurait normalement été de mon devoir de vous appréhender ce jour-là pour vous remettre à l’Alliance. Mais au final, ces informations sont bel et bien arrivées au commandement. Et puis… Si j’avais agi ainsi, je n’aurais pu profiter de votre compagnie. Et des petits extras à côté, que vous avez également appréciés si mes souvenirs sont bons… » lança-t-il en guise de provocation de ce ton toujours aussi confiant qu’elle lui connaissait.

Mais si cette allusion à peine déguisée pouvait paraître osée, c’est sans compter sur le geste suivant du N7. En effet, conformément au mode opératoire déjà bien éprouvé d’Alec, ce dernier profita de se trouver au plus près de son hôtesse pour lui offrir un autre de ces « extras ». Très lentement, il s’approcha des lèvres de la belle, apposa délicatement d’une caresse sa main libre sur une de ses joues au teint aussi pur que les plus belles eaux de la Terre, avant de les faire siennes à nouveau, comme plusieurs années auparavant. Un geste inattendu mais à l’exécution facilitée par l’effet de surprise et le bug momentané qui sembla se faire dans l’esprit de la concernée.

Appréciait-elle ce moment ou imaginait-elle déjà une option pour le débarquer ? Impossible à dire, mais ce qui ressemblait à un miaulement de contentement résonna derrière eux. Un sentiment partagé par l’officier, pour qui ce baiser aussi bref que passionné s’avéra bien trop court à son goût. Il avait cherché à embraser les traits de la jolie captive, espérant au moins que la chose la dériderait un peu. L'homme au comportement spontané, fort de son image toujours aussi provocatrice, se fendit d’un énième sourire satisfait en s’éloignant quelque peu, la bouteille toujours en main. La laissant plantée là, les mains aussi pleines que les verres transportés, il se permit même de faire écho à ses derniers mots et son petit manège.

- « Osez me dire que ça n’a pas été le cas à ce moment-là et pour celui-ci. »
lui glissa-t-il à l’oreille avant de scruter avec attention une quelconque réaction.
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MessageSujet: Re: Bouteille à l'amer ?   Ven 12 Aoû 2016, 01:38

Ainsi donc, il avait hérité du commandement d’un vaisseau... Je me demandai s’il y avait un but à cette précision, d’autant que Sykes ne se priva guère de mentionner son prix de “quelques millions” de crédits. Cherchait-il à m'impressionner ? À m’intriguer ? À me rendre complexée par la taille modeste du mien ? Ou plutôt à vérifier par mes réactions si j’avais déjà ces informations en ma possession ? Après tout, il devait se questionner sur ce que je devais savoir de lui…

Mais l’humain ne s’attarda pas plus sur le sujet, faisant progressivement dériver celui-ci vers le thème que je redoutais précisément. Je baissai inconsciemment les yeux, rompant le contact avec les siens pour plonger et noyer mon regard dans l’un des verres qu’il remplissait. Les souvenirs de Korlus et d’Anhür, eux, remontèrent à la surface...

Le premier fut cette scène, alors même que nous n’avions pas encore quitté le cimetière de métal. Je l’avais provoquée en réduisant en poussière son cigare, et en déversant les cendres de celui-ci dans le verre que Sykes s’était servi. Un joli coup d’ailleurs, mais une provocation qui avait eu un prix. Celui du moment qui avait suivi et dans lequel l’N7 m’avait volé un premier baiser. Je me souvenais trois ans plus tard, et avec une précision un peu trop dérangeante, du tumulte intérieur que j’avais ressenti cette nuit là et de combien j’avais haï ma biotique de s’être manifestée sans le lui avoir demandé… J’avais fait des progrès de ce côté là, ou du moins le pensai-je.

Le second fut au spatioport d’Anhür. Ces quelques secondes avant que l’humain ne fasse lâchement usage de son camouflage optique. Je m’étais toujours demandée si le second baiser qu’il m’avait prit avait véritablement servi de manoeuvre pour ne pas attirer l’attention d’un chasseur de primes qu’il avait dit connaître, ou bien si ce fameux butarien qui était passé à côté de nous n’avait été qu’un prétexte à l’action de l’N7… Il m’avait en tout cas planté devant mon vaisseau tout juste après, ne me donnant jamais l’opportunité de lui dire le fond de ma pensée…

J'avais cette occasion à présent. Mais trois ans plus tard…

Avais-je apprécié ces moments en dépit de la profonde et intense irritation qu’avait généré chez moi celui que m’agaçait toujours autant ? Le fait de m’en parler me faisait malgré tout me questionner. Et mon trouble et mes interrogations n’étaient pas prêts de cesser…

Un contact soudain et chaud sur ma joue droite me força dans une très mauvaise idée à relever la tête. Je vis alors le visage de Sykes se rapprocher du mien. Un peu trop près. Beaucoup trop près. Mais qu’est-ce qu'il ... ?! Mes sens se mirent tous directement en alerte à cet empiètement sur mon espace vital, mais mon corps se retrouva paralysé devant le danger. Je n’eus même pas l’idée sur l’instant de me servir des verres que je tenais pour repousser l’envahisseur, me contentant de les tenir bêtement en l’air. Sykes passait à l’attaque tandis que je restai plantée devant lui, sans défense, et se servant même probablement du fait que mes mains soient occupées pour ne pas courir le risque d’une gifle… Quel espèce de… !!! Quel foutu… !!! Quel… Qu...

L’assaut dévastateur de ses lèvres me désarma du terme grossier que j’avais eu en moi. Déversant un violent frisson le long de mon échine, aucune de mes défenses ne parvint à le combattre, et il se propagea dans tout mon être, me faisant perdre tout contrôle. Je ne pus que subir cette frappe ravageuse et être témoin de la déferlante émotionnelle que son onde de choc propagea. Au retrait de sa bouche, la libération me donna comme un goût amer. Avais-je trouvé l’occupation trop courte ? Le frisson s’en était allé lui aussi, mais seulement après avoir pris le soin de déployer une vague de chaleur qui m’empêcha de réorganiser mes pensées en des idées bien plus intelligentes que celle de vouloir lancer une contre offensive sur les lèvres ennemies que je m’étais mise à fixer.

Par la Déesse… ! me fis-je, finissant par prendre conscience du désir secret et inavouable qui était entrain de naître à cette vue. Quel espèce de foutu… … !!!

Je ne trouvai pas de terme approprié mais continuai de rager intérieurement et d’autant plus fort depuis les paroles que le camp opposé m’avait assénées dans un fichu murmure mielleux à vous faire capituler sur place. C’est un regard non pas bleu mais noir qui s’était finalement redressé des maudites lèvres souriantes de l’humain vers ses yeux brillant de malice. Je le fusillai silencieusement sur place, avant de finalement reprendre vie et me servir de ce que j’avais sous les mains, ou plutôt dans les mains, pour me remettre de cet assaut sournois.

Ce n’est donc pas un, mais bien deux verres d’un grand cru de 2185 que je m’enfilai l’un après l’autre et d’une seule traite. Très mauvaise idée, oui, je vous l’accorde… On mettra ça sur un besoin de se réhydrater après avoir eu un coup de chaud… Mais l’alcool n’allait probablement pas faire bon ménage, seulement mon esprit embrouillé y avait songé trop tard… Toutefois il m’aiderait à affronter la satanée expression victorieuse que me renvoyait Sykes ainsi que la mauvaise foi magistrale dont je fis immédiatement preuve avec un aplomb en contradiction totale avec mon action précédente :

- « Je ne vois vraiment pas de quoi vous voulez parler… Toutefois je saisis mieux à présent l’expression de chez vous affirmant que jamais deux sans trois » fis-je en référence à ses baisers volés.

S’il croyait que j’allais lui céder…

- « Vos petits tours fonctionnent peut-être chez les autres que vous essayez de mettre dans votre lit, mais vous n’obtiendrez rien de moi, Commandant. »

Voilà, appuie bien sur l’emploi de son grade vu la remarque qu’il avait eue au quartier général du GIP tout à l’heure, ça mettra de la distance.

... - Un ange passe intérieurement - ...

Par la Déesse, le vert de ses yeux était tout de même absolument, fichtrement, magnifiquement, foutrement captivant… Il devrait être interdit par les lois conciliennes !

- « Pardonnez-moi de vous déranger pendant l'une de vos rares distractions mais vous étant mise en retard sur l'heure de votre prise de contact, Orion est entrain de vous appeler... » résonna soudainement la voix sortie de nulle part de l'I.V de bord.

Hum ?

- « ... en holo-conférence. Voulez-vous prendre son appel ? »

Hein ?!!

Grosse panique de par mon oubli mais surtout grosse panique à cause de la présence de Sykes dans le vaisseau. Et de ce qui venait de s'y produire... Orion ne devait pas le voir ici et avec une bouteille, ou il allait poser des questions !! Merde, merde, merde !!

- « Je ne suis pas joignable. Je suis... très...occupée... à..ailleurs. »
- « Entendu. Vous en avez pour longtemps ? »
- « Andvar ? »
- « Oui ? »
- « Désactive toi. »

Une brève alerte audio signala alors la mise en veille de mon I.V, et un silence relativement très gênant s'installa dans la cabine.

- « ... Puisque jamais deux sans trois, je crois qu'il va m'en falloir un troisième... ... De verre... »







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MessageSujet: Re: Bouteille à l'amer ?   Dim 14 Aoû 2016, 02:12

Une réaction typique de l’être aculé devant la réalité et qui se cherche une échappatoire : voilà comment Alec analysa le comportement de son interlocutrice. La fourberie à laquelle il venait de s’adonner avait assurément fait mouche d’une façon ou d’une autre, sinon comment interpréter le malaise qui habitait l’Asari ? Pour être honnête, la voir ainsi engloutir deux verres d’un millésime classé et à la rareté manifeste se révéla aussi intriguant que déstabilisant pour l’homme lui faisant face. Une part de lui, celle possédant une inclination pour les alcools particuliers et de qualité, lui murmura d’ailleurs de faire quelque chose dans l’instant. Lui arracher le tout des mains en criant à l’hérésie ? Se servir à son tour avant qu’il ne reste plus rien ? S’enfuir à toute jambe avec la bouteille en main pour la préserver « d’une rustre sans aucun goût » ?

Autant d’options qui passèrent à la vitesse de l’éclair dans l’esprit de l’humain. Pourtant, si c’est sans doute la toute dernière qui aurait le plus arrangé la propriétaire des lieux, son passager n’en fit rien…

A l’inverse, il se contenta de poser un regard éberlué sur celle « dégustant à l’arraché », bien incapable de cacher l’étonnement qui fut le sien pendant ces brèves secondes. Sa léthargie se révéla néanmoins de courte durée, puisque les propos de la bleue, et plus particulièrement l’accent mis sur son grade, l’en sortirent dans l’heure. Il y avait là une véritable volonté de se démarquer de l’instant présent, mettre le maximum de distance entre eux, et ça, Sykes le devinait et comprenait aisément. Pourtant, ce n’est pas une telle attitude que le ferait abandonner, loin de là. Il n’avait pas survécu deux jours enseveli sous les ruines de la banlieue londonienne il y a quinze ans de cela en suivant le sens du mot « renoncement ».

C’est d’ailleurs l’une des rares qualités sur laquelle tout son entourage s’accordait à lui attribuer. Famille et amis, ses subordonnés comme ses exs, tous lui reconnaissaient une patience comme on en fait peu, du genre lui ayant plusieurs fois sauvé la mise. Encore une fois elle se trouvait mise à l’épreuve, mais peut-on seulement imaginer qu’il en soit autrement vu le profil de la personne avec laquelle il « échangeait » actuellement ? Difficile…

En proie à une réflexion forte-à-propos, le N7 eut un autre sujet de soucis lorsque l’IV à l’image d’un Drell émergea entre eux, visiblement programmée pour rappeler l’Asari à ses devoirs premiers : son business extrêmement louche. La mise au rencard d’une prise de contact immédiate avec son agent de liaison, nom de code « Orion », valait la peine d’être signalée compte tenu du caractère inédit de la situation. Une remarque que l’officier ne manqua pas de faire dès le lézard disparu.

- « Heureux d’apprendre que vous considérez cette entrevue comme suffisamment prenante pour reléguer vos affaires au second plan… » dit-il avec ce même sourire en coin que la belle voudrait très certainement effacer à coups de baffes.

Le silence qui s’ensuivit lui laisse le temps de l’examiner de la tête au pied, comme pour déceler une attitude hostile ô combien prévisible avec ce petit manège. L’intérêt maladif de l’Agent pour le contenu de la bouteille qu’il tenait en main se révélant au final trop fort, Alec fit un pas en arrière pour lui refuser une nouvelle consommation, tout en lui communicant son analyse de la question.

- « Une expression qui colle mieux aux gestes et évènements agréables selon moi. Alors… Loin de moi l’idée de vous couper dans votre… dégustation, mais cet alcool n’est pas vraiment le mieux adapté pour masquer son déni, noyer une sensation de trouble ou oublier la réalité. Et contrairement à l’opinion que vous semblez avoir de moi, il n’est pas dans mes habitudes de profiter d’une beauté dans un état second. » lança-t-il avec toute la sagesse qu’il lui était possible de rassembler.

Histoire d’illustrer ses mots, la bouteille vint rejoindre le plan de travail tout proche dans un « toc » qui résonna à travers tout l’appareil. Un signe de tête accompagna ensuite le geste, signe d’une invitation qu’il s’apprêtait à faire histoire de se retrouver dans de meilleures conditions pour la suite des festivités.

- « Vous feriez peut-être mieux de vous asseoir le temps de laisser passer ces verres. Difficile d’avoir une conversation s’ils vous montent à la tête… » lui proposa-t-il en désignant le canapé où un félin régnait toujours en maître.

La réaction de « Spyder » vis-à-vis de cette proposition se fit sans attendre, se caractérisant par un refus muet mais très net à en juger l’expression d’hostilité prise par ses traits. Le regard noir qui le fusillait interdisait toute notion de confort pour la suite, ce que le soldat se contenta d’accueillir par un profond soupir de frustration. En revanche, ce n’est pas pour autant qu’il en oublia la raison de sa présence auprès de l’inconnue. Enfin, inconnue par principe… Car si le mot convenait à leur relation actuelle, le trentenaire n’était pas venu les mains vides.

Bien décidé à faire part de ses trouvailles et avoir un semblant de réponse, il exposa le fruit de longues recherches entamées trois ans plus tôt, alors même qu’un cargo avec une fausse immatriculation Butarienne rentrait à bon port avec un prisonnier.

- « Très bien, mademoiselle T’Surek, car tel est votre nom si j’en crois les quelques preuves qui trainaient encore dans de vieux tiroirs de Thessia. L’information et sa maitrise sont peut-être le gros de votre travail, mais je sais aussi comment me débrouiller avec l’aide de quelques contacts voyez-vous. Un analyste des services de renseignements, voilà le genre d'individu que j'aime avoir au sein de mon cercle social pour vérifier l'authenticité d'un document... Alors si vous n’êtes pas disposée à dialoguer, autant vous mettre face à l’évidence. »
confia-t-il sur le ton de la résignation.

Sykes bidouilla quelques instants son omnitech, comme y cherchant quelque chose, avant d’arborer un sourire satisfait. Très vite, un écran holographique et une vidéo à volume minimal firent leur apparition. On put y voir les images saccadées et à la qualité parfois défaillante d’une zone de combat en proie aux flammes et parsemée de débris. Là, au milieu de l’agitation se débattait une Asari cernée par deux ou trois zombis, desquels elle tentait de se défaire à grand renfort de pouvoirs biotiques et d’un Carnifex. Non loin, une petite forme pouvait également être aperçue, recroquevillée sur elle-même et à l’affût de la moindre ouverture pour fuir.

Un enregistrement bien difficile à localiser, car stocké au plus profond d’antiques archives de presse post-conflit, conservées en vertu du devoir de mémoire et pour de possibles sujets futurs. La légende l’accompagnant, à savoir « Une civile fait preuve de courage pour soustraire une enfant aux Moissonneurs » et le relevé d’identité joint au fichier ne laissaient aucun doute sur l’identité de la bienfaitrice. Un témoignage probablement laissé de côté ou oublier par les réseaux du Courtier car jugeant l’espionne comme un agent de second ordre jusqu’à récemment…

Un oubli qui pouvait coûter cher entre de mauvaises mains... Heureusement, ce n’est pas un individu avec des intentions malveillantes qui se trouvait là, bien au contraire. Pourtant, l’instinct d’auto-préservation de la belle parla avant les mots, ce qui mit commando dans une position peu enviable. Enfin si, pas si mal que ça en fin de compte lorsque l’on prend du recul…

- « Pourquoi enquêtez-vous sur moi ?! Qu’est-ce que vous me voulez ?! » beugla-t-elle en empoignant son interlocuteur.

Lui fonçant littéralement dessus, elle boucla la distance de deux ou trois pas qui les séparait en une fraction de seconde, agrippa d’une poigne peu commune le haut d’uniforme de l’humain, tout en plaçant sous bras libre sous la gorge du malheureux. Ce dernier se retrouva plaqué avec une force étonnante contre le meuble le plus proche, tandis qu’un océan de flammes brulait dans les prunelles azurs de son tortionnaire. Etait-il allé trop loin ? Peu importe, puisqu’il s’agissait là de la raison principale de sa présence.

S’il ne chercha pas à masquer sa surprise, Alec n’en fut pas pour autant paniqué, ce qui put se ressentir dans sa réponse toujours aussi... décalée en comparaison de la situation.

- « Déformation professionnelle, associée à un intérêt et une curiosité personnels, j’aime savoir à qui j’ai affaire. Vous savez, la dernière fois que j’étais momentanément à la merci quelqu’un de la sorte, c’était un Butarien, son Omnilame et une haleine à rendre un Varren végétarien, édenter un Vortcha et déplumer un Ralois… Tout ça dans un même souffle. Je dois dire que je préfère vraiment cette situation-là, c’est toujours plus agréable lorsque le bourreau vous attire… » avoua-t-il sans gêne aucune, tout étant véridique.

Ce furent très certainement ses derniers aveux qui lui donnèrent l’ouverture nécessaire pour renverser – littéralement – la situation. Profitant du trouble de l’Asari, dont les pupilles semblèrent se dilater l’espace d’un instant, il exécuta une manœuvre peu commune dans tout corps à corps…

Sous le coup de la surprise, le « bourreau » vit donc son emprise être brisée par une attaque sournoise de la victime. Alec empoigna sans forcer la taille de la jolie Asari, tandis que son autre main exerça une pression suffisante pour que le bras lui compressant la gorge s’écarte. Spyder se trouvait ainsi maitrisée par la poigne virile du N7, qui en profita pour étancher un énième caprice. La faisant virevolter sur elle-même pour échanger leurs places, il la fit basculer tête en arrière avec pour projet de lui couper le souffle à sa façon.

- « Et si on jouait franc-jeu désormais au lieu de nier l’évidence ? » lui proposa-t-il d’un air honnête, le visage à quelques centimètres du sien dans cette position peu commune.

Comme dans ces vieux holos, le trentenaire lui asséna un coup en fourbe : un nouveau et langoureux baiser sur ses lèvres bleues ma foi extrêmement attirantes… Un stratagème quand même moins dangereux pour la santé, et surtout bien plus inoubliable, non ? Du moins, si cela ne l’était pas assez, le regard profond qu’il lui lança ferait office de signature.

Drôle de façon de concevoir les préliminaires. Mais après tout, dans une galaxie aussi cosmopolite, il devait bien en exister une infinité…
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MessageSujet: Re: Bouteille à l'amer ?   Mar 16 Aoû 2016, 00:40

- « Ce n’est pas du tout ce que … »

Mais on ne me laissa pas finir ma phrase, et on ne me laissa pas non plus cette bouteille qui me faisait définitivement de l’œil. À la place, on l’écarta de moi tandis que je m’étais avancée pour la saisir. Ma proie s’envola pour se poser plus loin, et entre elle et moi, cet obstacle dont il semblait impossible de se débarrasser. Il était un problème, et le deviendrait d’autant plus dans les minutes qui suivraient.

C’est un refus silencieux mais catégorique que je lui asséna d’un regard noir lorsque l’humain m’invita à m’asseoir. La réponse à mon hostilité ne fut pas du tout celle que j’eus imaginée… Au fur et à mesure de ses dires, je sentis mon rythme cardiaque s’accélérer, ainsi qu’un nœud dans mon ventre se former. De quelles preuves parlait-il ? Était-ce encore cette histoire d’immatriculation ? … Un analyse des services de renseignements ? Qu’est-ce que… J’eus alors bien vite et sous mes yeux, ce que Sykes avait découvert.

Mon visage se décomposa au fil des secondes.

L’environnement qui défila sous mes yeux m’était familier. Cette architecture au design si singulier n’était autre que celle de Thessia, et mon estomac se resserra à l’enregistrement apocalyptique que l’N7 semblait s’amuser à me montrer. Flammes et ruines remplaçaient les sublimes tours qu’avait abrité la Capitale. En arrière plan, les ombres noires des Moissonneurs, et quand bien même il n’y eut pas de son, j’entendis le souvenir de leurs cors raisonner dans mon esprit. Ce même bruit qui hantait nombre de mes cauchemars depuis. J’eus bien du mal à ne pas détourner le regard de ces images insupportables. Mais je regardai... Je regardai pour comprendre ce qu’il me voulait.

Apparut alors le plan suivant, et tout devint plus clair. Mais bien plus douloureux aussi.

Dans le reflet de mes yeux scintillants, ma propre image. Je me voyais, quinze ans plus tôt, épuisée de tout mon être mais continuant à me battre, la rage au ventre, prête à périr pour sauver Livia. Toutes les scènes qui avaient précédé jaillirent dans mon esprit, et je me mis à me mordre la lèvre inférieure presque jusqu’au sang pour essayer en vain de contenir mes émotions. Je me sentis bouillir de l’intérieur. Le mal que j’avais cru apaisé depuis, mon rongea à nouveau comme au premier jour. L'enregistrement ne montrait pas le reste… Peut-être était-ce mieux, mais pour moi ce fut pire, car j’eus honte de ce qu’il y avait écrit dans la légende de la vidéo. La fureur m’envahit aussi intensément que la culpabilité. L’instant suivant, je me jetai sur l’humain, le poussant violemment contre la cuisine en l’empoignant d’une main et en plaquant mon avant-bras contre sa gorge.

- « POURQUOI ENQUÊTEZ-VOUS SUR MOI ? QU'EST-CE QUE VOUS ME VOULEZ ?!! » lui hurlai-je dessus.

La situation tournait à l’interrogatoire. Je n’étais plus d’humeur à quoique ce soit, ou peut-être seulement à terminer la bouteille toute entière, seule. Ma biotique elle même devenait incontrôlable. Je la sentais se manifester autour de moi dans ce bleu électrique, et je la laissai ainsi faire, car c’était bien la volonté d’une attitude menaçante que j’avais là. Les réponses de Sykes auraient plutôt intérêt à me satisfaire puisque je ne comptais pas laisser passer ce que je ressentis comme une provocation particulièrement ignoble.

Mais lui bien sûr, n’avait pu se douter de ce qu’il s’était produit d’autre ce jour là.

Seulement dans l’instant, et devant tout ce qu’il venait de faire ressurgir en moi, cette réflexion fut absente de mes pensées. Alors, lorsqu’il me sortit à nouveau son numéro de charme en me répondant et me flattant avec un calme déconcertant, la rage qui m'habitait demeura. Mon regard furieux fixa le sien sans ciller. Le vert qui colorait ses yeux ne m’importait plus, mais je pus tout de même percevoir la sincérité que ses pupilles dégagèrent. Elle me troubla un instant. Un temps suffisant pour perdre l’avantage.

Et surtout l’équilibre...

Je me retrouvai subitement à la renverse, m’accrochant automatiquement à ce que je pus. Mes bras trouvèrent pour prise le cou de mon otage autour duquel ils s’enroulèrent. Les rôles venaient d’être inversés. Mes sentiments aussi. Ou du moins… Tout devint confus.

Nouvel assaut. Sa fourberie le rendit plus dévastateur encore que le précédent. Retrait ou fuite étaient impossibles. J’étais suspendue dans le vide, seulement retenue par les bras de l’humain et les miens autour de lui. Je les resserrai machinalement d’ailleurs, sous l’évidente peur de tomber… Je sentis alors mes paupières chercher à se baisser par réflexe lorsque les lèvres de Sykes se scellèrent aux miennes, mais quelque chose d’incompréhensible se produisit tandis que je perdais la notion du temps et de l’environnement.

Celui-ci se transformait.

De la cabine de l’Arion au rideau noir de mes yeux se fermant, il y eut une vive et aveuglante lumière blanche. Je ne saisissais pas. C’était étrange. Je me sentis aspirée par ce couloir lumineux, et alors mon corps devint douloureux, comme si je venais d’être blessée aux côtes. J’eus mal, et s’ajoutait à la douleur physique, une douleur intérieure. La lumière disparut, laissant place à des flammes. Autour de moi, tout n’était que cendres. Les fumées des incendies rendaient le ciel opaque et sombre, mais on devinait parfaitement l’identité des géantes et terrifiantes silhouettes au-dessus des rares bâtiments encore debout. Tentant d’échapper à une furie, je pris la première ruelle à ma droite. Sous mes pas, les corps entassés et inanimés des miennes. Certaines d’elles avaient encore les yeux ouverts. Dans leur regard vitreux, on pouvait lire l’épouvante de ce qu’avait été leur dernière vision. Plus je progressais, et plus l’odeur du chaos consumait mon cœur. Au bout de cette désolante allée, je découvris mères et petits paralysés par la peur. Dans d'intenables sanglots, l’une d’elle me pria de retrouver sa fille disparue.

J’hésitai. Il était peu probable qu’elle s’en soit tiré, et nous ne pouvions rester là. Mais le regard suppliant de sa mère me broya le cœur, et j’acquiesçai en pensant à la mienne qui devait me chercher et pour laquelle j’étais là. Derrière, les cris stridents de cette asari transformée se rapprochaient. Je cachai tout le monde et me mis en quête de l’enfant. En pénétrant dans ce qui restait des habitations voisines, j’aperçus les scènes désolantes de familles massacrées et d’asari démembrées. L’odeur de la chair et du sang m’étaient insupportables quand bien même j’étais bercée dedans depuis des jours. Épuisée par les combats et par la douleur à mes côtes, je chutai parfois sur les corps que j’avais à enjamber. C’est finalement recroquevillée sous un pan de mur démoli que je retrouvai la gamine. Ses larmes et ses tremblements en disant long sur son état. Ne voulant pas quitter sa cachette, il me fallut trouver les mots. C’est finalement après lui avoir promis de la conduire auprès de sa mère, que la petite sortit.

Il y eut un flash lumineux. Les ruines changèrent. Je me retrouvai avec l’enfant dans mes bras, devant cette scène qui me marquerait à jamais. Sous mon regard, la cache que j’avais pensé sûre et dans laquelle j’avais fait se réfugier tout le monde se trouvait sous le siège ennemi. La furie qu’accompagnait une horde de zombis venait de se saisir de l’une des mères, et sous les yeux de tous sauf de ceux de Livia parce que je lui avais fait enfouir sa tête contre moi, la furie transperça sa proie de son bras, avant de pousser un cri sinistre à m’en déchirer les tympans. À cinquante mètres de nous, je vis les esclaves des Moissonneurs se jeter sur mes soeurs, n’ayant pas plus de pitié pour les enfants. C’est la peur et la culpabilité au ventre que je fuis en voyant la mère de celle que je tenais dans les bras devenir la prochaine victime de la biotique ennemie.

Il y eut ensuite un nouveau flash. Je me trouvai accroupie devant Livia. Elle pleurait, et sa souffrance me prenait aux tripes. Elle demandait après sa mère, et je ne parvenais pas à trouver les mots.

- « Tu avais promis ! »

Et je n’avais pu tenir paroles… Mon cœur fut comme transpercé à ses reproches. Et la scène se renouvela, dans des lieux différents, à des moments différents. Mais avec une douleur toujours plus grande à chaque fois.

Puis, à nouveau cette lumière vive et aveuglante. Mais plus de flash. La lumière s’éloigna, et j’eus l’impression cette fois-ci de tomber dans le vide. L’obscurité revint. Comme si mes yeux étaient clos. Et ils l’étaient. La douleur à mes côtes se dissipa. Celle dans mon cœur, elle, subsistait. Je ne me sentis plus épuisée comme je venais de l’être. Il y avait de la fatigue, une importante fatigue, mais différente. Il y avait également un contact. Curieux. Agréable. Chaud, mais se rafraichissant étrangement. Sous mes doigts, la douceur d’une nuque qu’il me plaisait de découvrir, et de cheveux qu’il me plu de caresser. Sur mes lèvres, un goût sucré et une pression fascinante. Ces sensations m’étaient bien préférables à celles que je venais de revivre en cauchemar. Mais il y avait quelque chose de dérangeant dans ce rêve. Le frisson qui me parcourait ne semblait pas être seulement dû au baiser qui me faisait fantasmer, et qui semblait d’ailleurs beaucoup trop réel pour être issu de mon imagination…

J’ouvris les yeux à cette pensée. Pour les écarquiller alors. Tout me revint.

J’étais avec Sykes, dans mon vaisseau, sur Haratar. Plus ou moins à l’horizontal, d’où le sentiment de tomber en arrière. Il s’agissait de ses lèvres, de sa nuque, de ses cheveux… Je ne parvins pas à bien m’écarter de lui vu la position dans laquelle je me trouvai et comme il me retenait de tomber, mais quelque chose clochait… Déjà la situation en elle même clochait vu que je n’étais pas censée apprécier son contact, mais quelque chose de plus n’allait pas. Il ne bougeait plus. Il se trouvait totalement figé sur place, comme s’il avait été..

Stasé ?!

Une expression de stupéfaction s’afficha sur mon visage. Je venais de le staser ?!! Je fus instantanément partagée entre peur et engouement d’une telle réussite, mais bien vite je me fis la réflexion que cette stase allait probablement être interprétée comme une envie d’arrêter le temps dans un tel moment… Dans le quart de seconde qui suivit, mon esprit compris également que le cauchemar que j’avais fait n’en avait pas été un. Sous la colère, ma biotique était devenue hors de contrôle et j’avais, je ne sais trop comment, involontairement fusionné mon esprit avec celui de l’humain pour partager avec lui les souvenirs et les sensations autant physiques que psychologiques qu’il m’avait forcé à revivre en me montrant l’enregistrement vidéo.

Mon coeur s'emballa comme rarement. Une telle chose ne m’était jamais arrivée, et n’arrivait que dans de très rares cas aux asari. Terrifiée par ma biotique, par ce qu’elle devenait au contact de Sykes, par ce qu’il avait certainement être vu et ressenti, par l’attirance qu’il me trouvait et ce que j’avais moi même éprouvé tout juste avant de rouvrir mes yeux, je paniquai totalement, ne sachant pas du tout comment réagir et constatant que son corps devenait de plus en plus froid…

Mais heureusement que mon pouvoir, quand bien même incontrôlable, n’atteignait pas un niveau avancé. La stase prit fin brutalement, et celui qui avait été figé en pleine action perdit soudainement l’équilibre, nous faisant nous écrouler au sol tous les deux. Lui dessus. M’écrasant, et me coupant donc le souffle une nouvelle fois… J’eus une grimace de douleur sous le choc, mais la situation me fit rapidement oublier le poids que l’humain me fit endurer. Cette épreuve m’était beaucoup moins pénible que celle d’être ensevelie sous les ruines de Thessia…

Par la Déesse, que m’arrivait-il…

Des frissons me parcouraient de toute part, et je les mis instantanément sur le compte du corps tout juste sorti de stase et donc glacé de Sykes. Un étrange vertige me saisit alors que j’étais pourtant immobile et allongée. Je me sentis bizarre. Comme harassée. Vidée de toute mon énergie. Au point même de n’avoir aucune envie de me bouger de là. Ce qui était totalement anormal considérant la position très embarrassante dans laquelle l'N7 et moi nous trouvions... Son buste chercha à se redresser, et je découvris alors ma propre main tenant fermement ses plaques militaires. J’avais dû m’agripper à elles dans la chute. Je les observai pendre au-dessus de moi, mes doigts les faisant toujours prisonnières, sans raison particulière…

Un silence s’installa, accompagnant ce moment très étrange.

Que dire ? Que faire ? Je ne me sentais plus vraiment en état de réfléchir. J’étais exténuée par la puissance biotique que m’avait demandé cette stase et ce partage de mémoire, mais aussi complètement déroutée par Sykes : l'intérêt qu’il me portait, ses recherches sur moi, les émotions totalement contradictoires dans lesquelles il parvenait à me mettre, jusqu’à faire sortir mes pouvoirs de leurs gonds… Et puis je me sentais coupable de lui avoir imposé cette stase, mais aussi et surtout ces sinistres souvenirs et sentiments déchirants. Même si une partie de moi trouvait qu’il l’avait bien cherché...

Si ma main resta accrochée à ses plaques, mes yeux eux, s’en ôtèrent, cherchant courageusement à rencontrer le regard de celui qui venait sûrement de vivre une expérience aussi inédite que dérangeante. Je ne parvins pas à clairement déchiffrer ses pensées, ce qu’il pouvait bien ressentir par rapport à l’expérience de mes souvenirs de guerre dont il se serait probablement passé. Je crus déceler de l’inquiétude, mais finalement je me sentis trop épuisée pour chercher à le sonder plus longtemps. Tirant sur sa chaîne, je le forçai à se baisser vers moi, et sans trop comprendre ma propre action tant je semblai avoir perdu tout contrôle depuis tout à l’heure, mes lèvres vinrent lentement mais sensuellement embrasser les siennes, dans un baiser d’une douceur surprenante, avant de s’expliquer dans un murmure qui trahirait mon état second :

- « Seulement pour vous faire oublier ce que je vous ai infligé... »




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MessageSujet: Re: Bouteille à l'amer ?   Jeu 18 Aoû 2016, 00:35

S’il s’était attendu à ça… Le pauvre Alec pensait bien produire une réaction quelconque chez sa « prisonnière » en s’adonnant au geste qu’il avait précédemment imaginé, mais pas vraiment dans ce registre d’émotions. Les lèvres collées à celles de l’Asari, il se retrouva bien incapable de s’en éloigner dans la seconde qui suivit son assaut soudain. Et il ne s’agissait cette fois pas là d’un caprice de gamin amoureux, loin de là. C’est physiquement qu’il se retrouva bloqué dans cette drôle de position au milieu d’un vaisseau à quai, échangeant en moins d’une demi seconde le rôle de détenu avec l’espionne.

Une sensation extrêmement désagréable d’engourdissement de tous les membres, associée à une impression grandissante de froid de plus en plus marquée… Ce fut comme si on le congelait de l’intérieur d’une façon brutale dans le but de le stopper pour de bon. Un but aisément atteint, puisque aucun mouvement ne lui était plus possible. Entouré de cette sorte de bulle propre à une stase en règle, le soldat put seulement balayer les alentours d’un regard effaré. Du moins l’espace d’un instant, car très vite, c’est dans un tout autre univers qu’il se mit subitement à évoluer…

Des colonnes de fumée qui montent, une odeur de chaire brûlée si familière au point que s’en est dérangeant, un vrombissement qui déchire les cieux et annonce la mort aux êtres assez malchanceux pour l’entendre… Ce tableau, Sykes ne le connaissait que trop pour en avoir été acteur de trop long mois. Pourtant, quelque chose clochait. Là, au loin, ce n’était pas l’architecture dévastée de la Terre qui flambait sous les assauts répétés de l’envahisseur extragalactique. Non, les lignes et arrêtes droites et froides des buildings de la Terre ne ressemblaient pas à cela. Ces courbes, ce raffinement dans les constructions pour la plupart millénaires… Il ne pouvait s’agir que d’un monde Asari sur lequel il se trouvait.

Mais s’y trouvait-il vraiment ? La chose se trouvait difficilement envisageable, car même s’il vivait ces évènements en direct, le corps duquel il assistait à tout cela n’était définitivement pas le sien. Pas d’armure, son fusil d’assaut M-8 Avenger envolé, sans parler de ce halo bleu l’entourant entre deux pluies de projectiles biotiques… C’est en tant qu’Asari qu’il tentait de protéger les « siennes ». Au-delà de tout fantasme malsain que cela aurait pu éveiller chez le premier maniaque venu, c’est une situation totalement inédite que le N7 vivait actuellement. Un déferlement d’émotions puissantes et une fatigue chronique, due à l’emploi intensif de « ses » pouvoirs, donnaient à ce récit du passé un caractère tout à fait réel pour celui s’en trouvant spectateur malgré lui. L’impuissance en assistant à la mise à mort de ces civils par des créatures autrefois de la même race, les sentiments d’abandon et d’échec pour ne pas avoir pu tenir cette promesse faite à une gamine apeurée…

Tout ceci resterait à jamais gravé en lui, même si ces souvenirs ne représentaient pas sa propre expérience de ce que l’on appelle depuis la « Grande Guerre » de par son ampleur.

Fascinante capacité en vérité que celle des Asaris à partager leurs moments les plus marquants et intenses avec d’autres êtres conscients qu’elles estiment, ne trouvez-vous pas ? C’est plus ou moins la remarque que se ferait intérieurement Alec en émergeant de ce cauchemar éveillé. Celle-ci ne viendrait cependant pas dans l’immédiat, car une douleur bien plus physique cette fois lui retira toute capacité de réflexion durant un moment. Libéré de l’effet de masse produit par la détresse mémorielle et affective de la bleue, l’officier s’effondra lourdement sur la concernée, une chute qui leur arracha à l’un comme à l’autre quelques complaintes de douleur.

Pourtant, c’est davantage celle dont il était désormais sûr de l’identité qui lui importait. A dire vrai, si cet échange avait été éprouvant pour lui, il paraissait probable que l’effet s’en trouvait décuplée pour elle. Aussi s’empressa-t-il de la libérer de son poids dans l’espoir de pouvoir sonder la réaction de l’Agent à un évènement aussi… singulier. Seulement il se trouva coupé dans son élan, se trouvant une fois encore prisonnier, mais d’une étreinte ô combien plus souhaitable, agréable et mémorable que précédemment. Là, à quelques centimètres, des doigts délicats agrippaient avec force et une insistance peu commune ses plaques militaires. Geste volontaire ou simple réflexe inhérent à leur chute récente ? Difficile d’analyser le pourquoi du comment. Du moins jusqu’à ce qui suivit…

Sans opposer aucune résistance tant sa surprise fut grande, il se sentit happé vers la belle, dont le visage se rapprocha de nouveau du sien pour le gratifier d’une marque d’affection à laquelle il n’osait espérer. Un baiser qu’il savoura d’autant plus qu’il ne s’agissait pas d’une initiative de sa part, mais bien d’un geste prémédité et, espérait-il, agréable à effectuer pour la jolie égarée. Un baiser qui chassa en lui toute sensation de froid glacial et d’engourdissement grâce à une puissante onde de douce chaleur… En outre, la justification qu’elle avança, en dépit de son état de fatigue extrême, ne put qu’arracher un sourire amusé et complice au trentenaire, qui savait désormais réellement à quoi s’en tenir.

- « Difficile de faire plus agréable comme remède. C’est le genre que je recevrais volontiers chaque jour que Dieu fait… » lui confia-t-il d’une douceur et avec une honnêteté que peu lui connaissaient.

Et puisque le sol glacial d’une navette n’est pas vraiment le meilleur endroit pour recouvrer ses forces, le N7 entreprit une manœuvre qui lui aurait probablement value une paire de baffes quelques minutes auparavant. Ainsi, malgré un souffle haletant sous le coup de l’émotion provoquée par cette expérience, c’est avec fougue qu’il arracha l’espionne au revêtement métallique en la prenant dans ses bras. Tandis qu’il l’observait alors d’un air inquiet en tentant de capter la moindre de ses réactions, ses pas le menèrent jusqu’au canapé autrefois royaume du félin de l’Arion. Le matou avait d’ailleurs disparu un peu plus loin sous un meuble, sans doute effrayé pas tant d’agitation…

Une réaction salutaire pour la propriétaire des lieux, qui se retrouva délicatement déposée sur le divan par son passager. Allongée là, avec un trouble-fête au-dessus d’elle et la fixant d’un air tourmenté par ses actions, elle eut tout le loisir d’écouter ses maigres excuses en comparaison de ce qu’il venait de lui faire vivre.

- « Je… Je n’aurais pas dû… C’était stupide et inutile. Si j’avais su que cela ferait remonter en vous un souvenir de cette ampleur et entrainerait une telle réaction en chaine… Je m’en serais abstenu. Disons que le mystère qui vous entoure n’est pas facile à percer, et c’est bien la seule pièce concrète dont je disposais… Il faut au moins vous reconnaître ça, lorsqu’il s’agit de disparaitre et de manipuler les sources, il n’y a pas beaucoup qui pourraient attendre votre niveau. »

Le profond regard vert et soucieux de l’humain se mit à la fixer avec insistance tandis qu’il parlait, comme à la recherche de la moindre trace de réaction ou d’amélioration dans l’état de l’Asari. Preuve supplémentaire s’il en est de son sentiment de culpabilité, le Lieutenant-Commandant s’évertua à dresser un bilan sommaire des constantes de la belle au moyen de gestes experts, un savoir médical inter-espèces hérité de ses multiples stages au sein du CFCI. Il ne laissa d’ailleurs à Spyder aucune occasion de refuser ses bons soins, préférant continuer de lui parler pour détourner son attention et une éventuelle protestation.

- « Je doute que c’est ce que vous souhaitez entendre, ou que même le sujet vous intéresse, mais je sais ce que l’on peut ressentir dans une telle situation… Partage de souvenirs ou non. Tenter de défendre les siens et se trouver totalement impuissant, ou devoir les abattre car ils se trouvent sous l’influence d’une entité extérieure et vous mettent en danger… J’ai fait et vu des choses qui me hanteront à jamais durant cette année… Poser de bombes en faisant fi des pertes humaines, combattre des milices endoctrinées qui appellent à soutenir l’envahisseur, l’incertitude de ce qui se passe dans l’espace et de voir un jour arriver ou non de l’aide… Pas vraiment le genre d’expérience que l’on aimerait revivre. Et j’étais déjà soldat à l’époque, entrainé au combat et prêt à tuer, à mourir si nécessaire... J’imagine aisément que l’expérience en est d’autant plus décuplée pour un simple civil dont le monde s’effondre en quelques secondes et qui ne cherche qu’à survivre à de tel évènements avec ses proches… » fit-il d’un air sincère.

Le bilan final se trouvant satisfaisant, Alec décida qu’il était allé trop loin dans son argumentaire précédent. Il était temps pour lui de s’éclipser et de laisser la jolie espionne récupérer au calme de ce qui ressemblait à un syndrome d’épuisement biotique. L’effort et l’émotion avaient momentanément vidés ses batteries, qu’elle serait en mesure de recharger par un repos salvateur et une collation en règle.

- « Enfin… Tout ça pour dire que je crois comprendre ce que vous pouvez éprouver. Dans tous les cas, je partirais dès que j’aurai la certitude que vous pourrez vous lever sans aide extérieure. J’en ai fait plus qu’assez ici… Je peux simplement vous promettre que le secret concernant votre identité véritable et ce que venez de me montrer sera sauvegardé. Je ne compte pas l’ébruiter, et encore moins évoquer cet échange avec quiconque en dehors de cette navette. Je suis de toute façon loin d'en être fier... Vous pourrez retourner à vos affaires sitôt sur pieds, avec le reste de cette bouteille comme maigre consolation d’un tel "échange"… » lança-t-il presque comme une proposition, toujours accroupi à son chevet.
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MessageSujet: Re: Bouteille à l'amer ?   Ven 19 Aoû 2016, 01:11

Je ne sus dire ce qu’il m’avait pris d’agir ainsi. Je ne le connaissais pas, ou si peu… Et pourtant, sur l’instant, j’avais eu l’impression de savoir tout ce qu’il y avait eu à connaître. Comme si le contact de mes lèvres sur les siennes m’avait murmuré qui il était… S’en fut déroutant. Mes yeux depuis, observaient les siens. Ce vert qui ne m’avait plus ni importé ni affecté, redevenait fascinant. Tout comme le message silencieux qu’il exprimait.

Je restai sans un mot, mon action m’ayant rendu muette tant elle me dépassait, et tant l’énergie me faisait défaut. Spectatrice du Lieutenant-Commandant, je me laissai faire, avec une confiance elle aussi troublante. Je me retrouvai ainsi dans ses bras, portée et déposée jusqu’à la banquette derrière nous. Autrement plus moelleuse que le sol peu commode de la cabine, je m’y sentis bien. Peut être même un peu trop à mon aise avec celui au-dessus de mon visage, qui prenait soin de moi naturellement. Mon regard ne semblait plus pouvoir s’en détacher. L’inquiétude qu’il me portait m’était préoccupante. Je n’avais pas souvenir dans le siècle qui venait de s’écouler, avoir un jour suscité autant d’attention chez un humain.

Probablement aussi n’avais-je jamais prêté intérêt à l’un d’eux…

Il s’excusa, tout en me faisant savoir qu’il avait bel et bien vu et ressenti tout ce que je venais de traverser à nouveau. Mes yeux se détournèrent des siens à cette révélation. J’avais honte, et sûrement aussi m’était-il plus supportable de cacher les émotions qu’avaient dû trahir mes pupilles à cet instant. Dans cette idée d’évitement, je cherchai à lui demander d’une voix faiblarde ce qu’il faisait parallèlement, mais son discours me coupa dans mon élan. Mon regard demeura fuyant, se posant étrangement sur la seconde paire d’yeux vert présents dans la pièce. Je fixai Aran qui me scrutait en retour, tandis que nous écoutions les paroles du soldat.

La Grande Guerre était un sujet que j’avais rarement abordé, et encore moins partagé par la fusion. Si j’entendais chacun des mots prononcés par l’N7, mon esprit méditait également sur ces deux phénomènes surprenants que j’avais expérimentés avec l’humain. Il l’ignorait, mais il était la première personne que je parvenais à staser. J’étais consciente posséder ce pouvoir rare, Mère l’ayant aussi, mais depuis toutes ces années passées à tenter de le provoquer, je n’avais jamais réussi à figer un individu de la sorte. Deux rencontres avec lui, et il me faisait y parvenir…

À ce fait incroyable, s’ajoutait celui d’une fusion involontaire. Je n’avais jamais fait l’expérience d’une telle chose, et ce qui me troublait d’autant plus était bien le fait que Sykes m’avait laissé accéder à son esprit, comme si celui-ci devenait en ma présence et à mon contact, complètement vulnérable. Ce qui ne pouvait me laisser indifférente… Et cet attrait m’était déstabilisant. Je n’avais jamais porté attention aux humains, autrement que par intérêt professionnel, et Sykes semblait changer ça. Tout comme il bouleversait mon esprit plus profondément encore. Au point d’amplifier mes capacités, et de générer en moi une peur étrange…

Ce fut sa promesse de garder secrète mon identité qui me fit relever mes yeux jusqu’aux siens. Je les sondai, mais n’y lus rien d’autre que de la sincérité. C’était perturbant combien il parvenait à me faire me sentir sereine et en même temps en insécurité la plus totale. Je ne savais où tout ceci allait nous mener, et l’inconnu m’était particulièrement angoissant. La confiance ne m’avait jamais été quelque chose d’aisé à donner. Sûrement parce que j’avais commencé à trahir très tôt celles des autres… Et les choses avaient empiré depuis que je travaillais pour le Courtier. Je ne comprenais pas vraiment en quoi une menteuse et manipulatrice professionnelle pouvait attirer de la sorte un homme comme celui à mon chevet.

Il finirait déçu, et peut être même trahi…

Alors, et bien trop consciente de ça, je ne le retins pas lorsqu’il m’annonça sa décision de me laisser tranquille. À la place, je me redressai sur la banquette, lui démontrant que ma tête ne tournait plus en position verticale.

- « Je crois que vous en avez fait effectivement assez, Commandant. » fis-je d’une voix calme mais peut être d’une manière un peu trop directe envers celui qui ne me voulait vraisemblablement que du bien.

N’étant pas très à l’aise avec ma propre phrase, je rajoutai :

- « J’espère que vous tiendrez votre promesse. Ebruitez ce que vous savez pourrait vous attirer des ennuis. Maintenant si vous voulez bien m’excuser, ma hiérarchie attend mon rapport. »

Et pour illustrer mes paroles tout en rassurant Sykes sur le fait que je puisse me tenir debout, je me levai, lentement certes, mais je me levai, pour alors le laisser seul puisque je me rendis aussitôt au cockpit. Il connaissait de toute façon la sortie…

Prenant place dans mon fauteuil, j’attendis quelques minces secondes le temps d’entendre l’humain quitter la cabine, puis je consultai mon terminal. Aucun email d’Orion, il n’y avait seulement qu’un holo appel en absence. Rien de bien urgent en définitive… J’affichai alors à l’écran la caméra présente dans la soute de l’appareil. Je vis Sykes y entrer et se diriger vers la passerelle d’embarquement pour quitter le vaisseau. Et ma vie. C’était probablement la dernière fois que je le verrai... L’espace était si grand que les chances de se recroiser étaient infimes.

N’y pense même pas.

Mais trop tard. J’avais déjà quitté mon siège. Et ma résolution précédente…

Elle n’avait pas terminé aux oubliettes, mais sur le moment, elle s’était volatilisée… Sykes et son alcool semblaient définitivement m’atteindre, car depuis qu’il avait mis les pieds avec dans mon vaisseau, je dysfonctionnais totalement. Alors, et sans sur l’instant penser aux conséquences, je le rattrapai. Apparaissant brutalement dans le sas séparant cabine et soute, je m’exclamai pour le retenir :

- « Commandant ! »

Les mots me furent toute de même fort difficiles à trouver. Les relations sociales, en dehors de mes missions, n’étaient absolument pas quelque chose de naturel chez moi… Je balbutiai en le voyant s’arrêter :

- « En fait, je… je voudrais… Il y a quelque chose que vous devez voir. Donnez-moi cinq minutes. »

Le laissant en plan sur la rampe d’embarquement sans même savoir s’il m’attendrait ou non, je disparus. Retournant dans le cockpit, je m’empressai de boucler le mail commencé avant d’être rejointe par Vakarian un peu plus tôt.

[...] Rien d’autre à mentionner, hormis la présence du N7 croisé sur Korlus. Il s’est montré suspicieux quant à ma présence sur Haratar,

J’hésitai. Et conclus : mais ne sera pas un problème.

J’espérais qu’il n’en serait pas un. Une partie de moi me criait que ce qui était entrain de me passer par la tête s’avérait une très mauvaise idée. Mais je ne l’entendais pas. Ma raison paraissait s’être mise en veille au moment même où j’avais demandé à Andvar de faire pareil... Alors, après avoir crypté puis envoyé mon message, j’abandonnai le poste de pilotage pour rejoindre celui que j’aurais probablement dû laisser partir. Sykes me reverrait surgir dans la soute quelques minutes plus tard, en se demandant sûrement lui même ce que j’avais à l’esprit… Actionnant l’ouverture d’un casier adjacent à mon armurerie, j’en sortis deux objets, et lui en lançai un.

- « Mettez ça. » fis-je sans lui donner le temps de me questionner.

Le laissant revêtir un casque, j’enfilai une veste en cuir avant de me rapprocher de celle que l’humain connaissait déjà pour l’avoir expérimentée sur Korlus. J’enfourchai ma Black Stormia, invitant cette fois ci bien volontiers Sykes à s'asseoir derrière moi, et tandis qu’il prenait place, je déverrouillai mon engin au moyen de mon OmniTech.

- « J’espère que le vide ne vous fait pas peur... » commentai-je d’une voix alors malicieuse.

Sachant déjà ce qui l’attendait, j’attrapai les mains du militaire pour les resserrer autour de ma taille. Un geste contre lequel mon passager ne verrait probablement aucun inconvénient… Puis j’enfilai mon casque et démarrai la bécane, la faisant descendre avec précaution de l’Arion, avant d’actionner la fermeture de la rampe de celui-ci. Je verrouillai mon vaisseau, puis remballai mon OmniTech tout en tournant légèrement la tête pour m’assurer que Sykes était prêt. Il ne savait, certes, pas dans quoi il s’embarquait, mais on ne pouvait devenir N7 sans goût du risque, n’est-ce pas ?

La seconde suivante, nous décollâmes en trombe, filant droit vers ce qui faisait office de cieux pour la Cité d’Haratar. Cette métropole de l’espace était vaste. Bien moins merveilleuse que celle de la Citadelle, mais avec de l’altitude, les lumières des milliers d’infrastructures rendaient tout de même le panorama magique. D’autant plus pour quelqu’un n’ayant jamais mis les pieds ici avant… Vers où l’emmenai-je ? Les destinations auraient pu être multiples. Mais je n’en avais qu’une seule à l’esprit. La frontière de l’écosystème interne à ce secteur de la station atteint, je nous mis en vol stationnaire, pour nous faire profiter un instant de cette vue imprenable et de cette altitude vertigineuse. Puis, je ne fis voler jusqu’à l’une des vieilles tours excentrées, où je nous posai sur une discrète plateforme aujourd’hui condamnée. Mon mystérieux passage sur la station cinq ans plus tôt devait y être pour quelque chose…

Constatant l’entrée au bâtiment bloquée, et toujours sans donner la moindre explication à l’humain, je nous offris un accès à l’intérieur en piratant très rapidement la porte nous faisant obstacle. Là, je pénétrai dans les lieux, laissant libre choix à mon précédent passager de me suivre ou bien de rester derrière… Nous n’aurions plus qu’à traverser ce dernier étage désert du bâtiment, et se trouverait dans la pièce du fond ce que Sykes devait voir. Je nous donnerai là également les accès nécessaires au passage… Et devant nous s’ouvrirait cette fameuse pièce, silencieuse. Sous nos yeux se dressait non seulement une lounge avec canapés, mais surtout une large baie vitrée qui leur faisait face. Elle nous offrait une vue à vous couper le souffle. La plus belle vue d’Haratar. Celle qui donnait sur le Berceau de Siegfried. Ce Berceau dans lequel j'avais grandi.

- « Je ne pouvais pas vous laisser partir d’Haratar sans vous avoir donné une plus belle image des Systèmes Terminus. »





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MessageSujet: Re: Bouteille à l'amer ?   Dim 21 Aoû 2016, 02:25

Il allait rembarquer sans tarder sur le vaisseau de sa délégation, là où un politique véreux savourait déjà les retombées de sa "mission diplomatique". Tout ceci serait bien vite oublié et n’aurait jamais existé, tant par soucis de discrétion en réfléchissant aux enjeux que par une volonté manifeste d’Alec de se remettre en cause après ce qu’il venait de vivre. La scène étrange qu’ils avaient partagées, les émotions ressenties qui n’étaient pas les siennes et cette attirance inexplicable pour une femme aussi mystérieuse que dangereuse par son affiliation… Autant d’éléments sur lesquels revenir pourrait s’avérer dangereux pour sa santé mentale comme physique.

Conscient de cela et avec les mises en garde de l’Asari en tête, il finit par quitter les lieux l’air morose, bien décidé à se trouver une autre bouteille - cette fois nettement moins chère - pour finir de passer la nuit. L’idée de se prendre une bonne cuite en règle s’avérait séduisante pour le N7, dont l’alcool ne lui avait pas fait perdre la tête depuis un paquet d’années. Tant d’années de restriction, passées à se modérer, voleraient en éclat ce jour, l’aidant à digérer un double échec : la capture du pirate et celui encaissé dans ce vaisseau au nom si particulier. Sans évoquer ses propres démons réveillés par ce douloureux rappel de l’invasion des Moissonneurs… Oui, un bon whisky et une boîte de cigares, voilà qui ferait très certainement l’affaire.

Ayant donc désormais un projet en tête pour le temps qu’il lui restait à passer sur cette maudite station, l’humain pressa le pas en direction de la sortie lorsqu’une voix bien trop familière l’interpella pour le garder plus longtemps aux alentours. L’espionne revint mystérieusement vers lui pour proposer de lui montrer quelque chose. Au-delà même du caractère étrange de la demande compte tenu de ce qu’il venait d’arriver, c’est davantage l’hésitation dans le ton de T’Surek qui attisa la curiosité de son interlocuteur. Drôle de revirement après ce qu’elle venait de lui asséner comme mise en garde… Devait-il y voir un signe de quelque chose en particulier ? C’est pour obtenir la réponse à cette question que l’officier resta inexplicablement planté sur place à l’attendre.

Quant à savoir s’il devrait regretter ce nouvel excès de confiance plus tard… Les minutes suivantes lui donneraient au moins un début d’explication.

Quelle ne fut pas sa surprise de voir un casque voler vers lui, très vite suivi par un engin qu’il connaissait déjà pour l’avoir enfourché en tant que passager trois années plus tôt. A croire que le mode opératoire de l’Agent concernant ses déplacements n’avait pas changé depuis le temps… Ce qui en soit n’était pas vraiment un mal pour un fan de vitesse comme l’était Sykes. En tant que gosse des colonies élevé dans une installation minière austère, les loisirs de son enfance se trouvaient plutôt rare. Il n’y a qu’en rejoignant l’Alliance que le jeune homme de l’époque avait eu l’impression de vivre pour la première fois, découvrant la vie et de nouveaux endroits au gré des affectations. De la même façon, il avait façonné l’homme qu’il était aujourd’hui au gré de ses voyages, passions et hobbies ne dérogeant pas à la règle.

Un goût et un talent certain pour la petite mécanique avait émergé durant son affectation sur Séléné, ce qui se traduisit par l’achat d’un premier véhicule à retaper avec ses premières soldes. Parquée dans un box sordide de New York, il lui fallut de nombreuses permissions et dépenses supplémentaires pour remettre en état de voler sa première moto. Un petit plaisir coupable qui pouvait coûter cher, mais dont il avait fini par étoffer l’effectif au fil des années. Se sont deux de ces engins qui prenaient désormais la poussière avec son appartement de Londres, tandis que son véhicule de transport personnel se cantonnait à lui servir de navette sur la Citadelle. Dire que celui qui allait sur sa quarantaine apprécia la ballade aurait donc été un doux euphémisme…

La vitesse, ce panorama inédit pour l’officier et la proximité d’une motarde de charme… Un cocktail qu’il est plaisant de prendre son temps pour déguster !

Hélas, l’escapade se révéla de courte durée, et lorsqu’ils attinrent la mystérieuse destination de la bleue, c’est encore plus de questions qui germèrent dans l’esprit de son « invité ». Pourquoi ici ? Y avait-il une raison particulière à cet endroit précis, oublié de tous ? Fallait-il s’attendre à un dénouement particulier ? Un instant, l’hypothèse peu réjouissante d’avoir été trainé ici pour qu’elle se débarrasse d’un témoin gênant en sa personne fut même de la partie. L’absence d’armement porté par sa conductrice, et désormais pirate en bidouillant quelques consoles de façon peu réglementaire, chassa cependant cette pensée comme elle était venue.

Au lieu de cela, c’est un véritable besoin d’obtenir une justification à sa présence dans cette section abandonnée depuis un moment qui se fit le plus fort. Si la question lui brûlait les lèvres, tandis que tous ses sens se trouvaient en alerte comme rarement en dehors des missions, se furent ses yeux qui tirèrent l’affaire au clair. Les prunelles vertes du N7 furent mises en présence d’un cadre à la beauté peu commune pour un homme de sa trempe, peu enclin à s’émerveiller de la sorte par manque de temps et à cause du poids des responsabilités. Un véritable gamin devant un chef-d’œuvre, voilà comment il aurait été possible de le décrire. L’immensité de l’espace recelait décidemment de magnifiques panoramas, et ceux les appréciant suffisamment pour les faire partager méritaient autant d’attention.

C’est bien pourquoi le regard du Lieutenant-Commandant s’égara également sur sa jolie guide. En dépit du masque de professionnalisme et d’indifférence qu’elle se plaisait à aborder durant ses activités, cette dernière cachait décidemment de nombreuses facettes. Des facettes que le militaire se plut à découvrir et qui lui coupèrent littéralement le sifflet, à son grand étonnement. Lui qui ne faisait que brandir sa confiance en lui pour aborder l’Asari en temps normal se trouvait scotché face à la scène. Fini le registre de l’humain rentre-dedans juste ce qu’il faut, il se transforma plutôt en victime de son propre trouble. Comme si les rôles s’inversaient dans ce lieu oublié de tous les êtres pensants vivant alentours.

- « Je… Voilà un cadre qui… » bredouilla-t-il après s’être approché juste ce qu’il faut pour admirer la baie vitrée, laissant entre eux une distance peu commune.

Puis plus rien pendant une longue minute d’un silence de plomb ô combien pesant. C’est comme si le cerveau d’Alec s’évertuait à rebooter en faisant fi des programmes les plus importants… Parmi eux, la Raison. Au diable la Raison ! Cet endroit, sa vue magique et celle qui l’accompagnait venaient de lui tourner la tête pour de bon, le motivant à adopter une toute autre approche. Il n’était désormais plus question de se dire au revoir sans un mot, inconcevable, tout simplement ! Non, en bien ou en mal, il se passerait quelque chose ici, un déclic ou un évènement du genre, mais il se passerait quelque chose qui influencerait la relation déjà ambigue qu’ils s’évertuaient à combattre. La native du Chalkhos ne cherchait-elle d’ailleurs pas à le tester ou provoquer un élément déclencheur en l’amenant en ce lieu enchanteur ?

Ne pensant plus qu’à cela et à rien d’autre, l’humain mit en action l’approche dictée par son impulsivité plus qu’autre chose. D’un pas leste totalement inaudible pour celle plongée dans sa contemplation, il réduisit petit à petit la distance entre eux. Très vite il se trouva dans le dos de la belle, qu’il s’empressa de faire sa prisonnière par un stratagème aussi efficace que redoutable pour qui possède une once de romantisme. En effet, les mains autrefois hésitantes du N7 se glissèrent sous la veste en cuir ouverte de l’Asari, venant tout juste effleurer l’étoffe du débardeur en dessous d’une divine caresse. L’espionne se trouva dès lors enlacée par la taille dans une tendre étreinte, tandis que l’imposante carrure de son « bourreau » vint se coller en douceur à sa délicate silhouette. Elle pourrait désormais sentir le cœur de l’humain battre la chamade de plus en plus vite à travers ce contact rassurant pour lui, tandis qu’une voix commença lentement à lui susurrer à l’oreille.

- « Notre rencontre m’en a offert une impression bien plus belle encore. Une image dont l’azur fait aisément pâlir celui de cette vue par son éclat et sa profondeur. Un azur qu’il me plairait même de contempler dans un dernier souffle. » glissa-t-il en référence aux derniers mots de la belle.

Peut-être sous le coup de la magie de l’instinct présent, de la surprise engendrée par une telle manœuvre ou encore par le poids de ces mots, leur destinataire ne lui opposa aucune forme de résistance immédiate. C’est probablement ce qui conforta le trentenaire dans sa démarche, et motiva son geste suivant.

Durant de trop brèves secondes, les lèvres du soldat descendirent quelque peu pour aller trouver le cou délicat de celle qu’il détenait. Incapable de résister à la tentation causée par cette proximité avec la raison de son bouleversement intérieur, il y déposa plusieurs baisers avec tendresse, lui offrant plusieurs passages sur cette peau d’un bleu immaculé. Une complainte de contentement s’échappa de ces mêmes lèvres lorsqu’elles se résolurent enfin à s’en arracher, avant de murmurer de nouveau dans un souffle haletant qu’elle ressentit le long de sa nuque.

- « Pas question de disparaitre à nouveau. Je ne peux pas vous laisser partir et disparaitre à jamais après ceci, pas devant cette vue et dans un cadre aussi magnifique. Pas après ce qu’il s’est passé dans ce vaisseau et ce que tous les deux nous avons ressenti. La folle idée de vous garder pour moi seul et d’arrêter le Temps sur ce moment me semblerait nécessiter moins d’efforts et s’avérerait moins douloureux que cela. Ma Raison a peut-être disparu, mais je m’en moque complètement. Malgré ce qui est contre nous, je me dis que cela vaut la peine de tenter le coup… »
lui confia-t-il, bien conscient du poids que pouvait avoir sa déclaration…
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MessageSujet: Re: Bouteille à l'amer ?   Mer 24 Aoû 2016, 01:57

Chalkhos se trouvait là, quelque part. Perdue cet amas d’étoiles scintillantes et dans ces nuages aux couleurs enivrantes. Je n’y suis jamais retournée. Quelque chose m’en empêche, et pourtant, c’est vers elle que je lève souvent les yeux. Peut-être par nostalgie d’une mère différente de celle que j’ai aujourd’hui. Peut être aussi par nostalgie d’un véritable foyer... Je regardai sans la voir celle qui était un monde eden depuis l’espace. Me perdant dans mes souvenirs des belles contrées éloignées des vices de Murzak, je me revis observer le ciel depuis là bas, me demandant si la vie était meilleure ailleurs.

Elle le fut en cet instant.

Je sentis soudainement le contact de celui qui partageait cette vue avec moi. Un succinct sursaut me saisit. Mais il fit rapidement place à de chaleureux frissons… Sur ma taille, ces mains d’homme qui me tenaient avec tendresse. J’aurais pu m’en détacher, seulement je ne trouvai pas en moi la force de le faire. Être leur prisonnière m’était plus plaisant que de m’en évader. La voix de ma Raison me soufflait de m’échapper, mais elle résonnait en moi comme un écho lointain. Si lointain qu’il finit par disparaître, pour ne laisser sur l’instant place qu’à un paisible silence intérieur.

Je fixai devant moi ces étincelantes nébuleuses, mais mon regard perdu ne les distinguait plus. Mes sens semblaient m’abandonner tout comme ils paraissaient s’amplifier. Je devinai la distance entre moi et le corps de l’humain se réduire, jusqu’à ce que l’espace nous séparant ne soit définitivement effacé. Un tressaillement mêlant peur et plénitude me parcourut, réveillant bien plus encore mon coeur fragile. Je sentis son rythme battre à la manière des ailes d’un oiseau en plein vol. Il était irrégulier. Planant parfois, et prenant soudainement une vitesse inattendue dans de puissants battements.

Je crus le perdre aux paroles du commandant.

Les propos susurrées à mon oreille me figèrent un peu plus sur place. Une partie de moi s’interrogeait sur la dernière phrase que les lèvres du militaire avaient laissée échapper. Aimerait-il réellement avoir pour dernière image celle de mon visage ? Ou était-ce seulement des mots qu’il employait avec toutes celles qui l’attiraient…

Sa déclaration m’ébranla, quand bien même je demeurai aussi immobile qu’une statue. Je me laissai aller ainsi à la rêverie que me communiquait sa voix, livrant ma sensibilité à ce piège délicieux. Ce guet-apens qui d’ailleurs se ferait d’autant plus implacable par la suite, car si déjà je me sentais sombrer dans cette délectation, celui qui se complaisait dans mon trouble se plut à l'intensifier. Mon coeur, que j’avais cru perdre l’instant d’avant, résonna si fort en moi que j’eus l’impression qu’il implosait à ce contact de ses lèvres si chaudes dans ma nuque. J’en fus tant ensorcelée que ma tête se pencha inévitablement en arrière, dans un soupir à la fois râleur et accueillant, offrant de la sorte mon cou entier à celui qui l’explorait.

Mes yeux quant à eux, ne distinguaient guère plus que précédemment les étincelantes nébuleuses nous faisant face. Pour la bonne raison qu’à présent, ils étaient clos…

Mon corps ne répondait plus, et mon esprit l'imitait. J’étais là sans l’être. Perdue dans le tumulte de ces ineffables sentiments qu’engendrait en moi cet homme déroutant. Mon coeur perdait la tête et ma tête l’équilibre. Comme une douce ivresse venant remplacer ma précédente tristesse. Cette étreinte était de celles qui vous font défaillir l’âme, et de celles dont il était impossible de s’exiler. La danse sensuelle de ma biotique enflammait depuis ma silhouette au gré de celui qui me faisait perdre tout contrôle. Celui qui me devenait un peu plus magnétique au fil des secondes alors impossible à estimer. La volupté m’avait envahie, et avec elle, les vagues d’ardents frissons qui allaient et venaient inlassablement.

Dictée par le sort qu’il me jetait, je me surpris à poser mes mains sur les siennes, non pas pour les éloigner, mais pour au contraire, les inviter jusqu’à mon ventre. Le tissu les séparait de ma peau, mais leur douceur m’était évidente. De mes lèvres filtra la complainte du vertige qu’être enlacée de la sorte me donnait, et ma tête un peu plus, s’appuya contre la sienne. Je me sentais protégée dans ces puissants bras qui me rendaient prisonnière. Mais les échos de ma Raison se ravivèrent...

L’angoisse grandit à l’endroit même où ses mains viriles se trouvaient, et quand bien même leur tiède contact était bienveillant, elles ne parvinrent pas à la congédier. Qu’étais-je entrain de faire et de ressentir ? Cette exaltation ne m’était possible. Je craignais sombrer dans ces maux qui m’avaient pris Mère. Ce fameux “Lien Céleste”, dont elle disait que nous pouvions en être frappées n’importe où, n’importe quand, par la dernière personne que l’on aurait envisagée. Cette description m’était en cet instant trop familière.

Athamé, que devais-je faire ? Déesse des Prophéties et du Destin, était-ce toi qui a fait se recroiser nos chemins ?

Mon coeur, bercé par l’étreinte, fut réveillé par le doute.

Ce que Mère avait vécu pouvait-il être héréditaire ? Si la plupart de mes soeurs apprenaient à vivre avec les revers de notre longévité, je sentais en moi une différence. Je n’étais plus si jeune pourtant, mais elle semblait sommeiller là, quelque part, depuis toujours. La peur de connaître à mon tour ce lien que d’autres appelaient malédiction ne pouvait être présente en cet instant sans raison. Mon coeur était-il si frêle pour succomber à un tel maléfice ? Mère disait que les plus tendres sont ceux qui ont reçu les coups les plus durs, et le sentier de mon existence avait été pavé d’embûches. Avais-je heurté trop d’entre elles pour être différente des autres ? Une telle introspection suffisait probablement à répondre à ce questionnement. Pourtant je continuai à me demander, peut être par espoir que ce qui était pour nous une anomalie, ne soit pas présente chez moi.

Le tableau que peignait cette vue sur l’espace se refléta à nouveau dans mes yeux. Je regardai à présent devant moi, au sens propre comme au figuré. Que me réservaient mes prochains siècles d’existence ? Lui qui n’en n’avait qu’un à vivre, qu’en ferait-il ? Le gâcherait-il avec un être mystérieux dont la fourberie était le métier ? Si lui savait ce qu’il voulait, quel était moi, mon propre souhait ? Ma sagesse me criait de le fuir, mais mon coeur m’appelait à le suivre. J’étais devant un choix qu’il me fallait prendre, celui de l’inconnu devant celui de la facilité. Jamais je n’avais perdu avant mon contrôle comme je le perdais avec Lui. Ma biotique d’ailleurs perdurait dans sa danse, se plaisant à valser entre nos corps enlacés.

Un silence de réflexion accueillait depuis plusieurs secondes la déclaration de celui me faisant devenir une rêveuse en perdition. Dépourvu de biotique, il n’en demeurait pas moins sans pouvoir. Et celui qu’il avait sur moi rendait mon coeur palpitant ce soir, au point que son appel à nouveau, ne se fasse plus fort que le cri de mon esprit. Alors, l’une de mes mains vint effleurer l’une de ses joues. La caresse lui fut si agréable qu’elle finit par se poser dessus, réchauffant ce visage de sa paume. Mais il me fallait faire face à présent à celui qui attendait de moi une réponse. Je me retournai en conservant son étreinte car m’en défaire entièrement m’était infaisable. Remplaçant la vue de l’espace par celle de cet azur qu’il aimait contempler, je portai mon regard hésitant dans le sien, tandis que ma main descendit vers sa nuque, y trouvant la chaîne de ses plaques et descendant alors vers celles-ci.

Comme pour me rappeler à qui son allégeance allait.

- « La confiance que vous me portez dépasse mon entendement. Je ne sais si la Déesse y est pour quelque chose mais je n’aurais jamais cru vous revoir un jour, quand bien même vous étiez chaque instant avec moi de part le cadeau que vous m’avez fait et pour lequel je vous en ai un temps voulu. Nous n’avons pas toujours servi les mêmes intérêts, et les miens sont bien moins nobles que les vôtres. En êtes vous conscient ? Que ferez vous si à l’avenir mes ordres desservent l’Alliance ou ce pour quoi vous vous battez ? Ne craignez-vous pas que je puisse vous doubler ? Que je puisse ralentir votre carrière voire la faire s’écrouler ? Que nous puissions chacun mettre l’autre en danger ? C’est un jeu dangereux dans lequel nous sommes chacun entrain de tomber. »





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MessageSujet: Re: Bouteille à l'amer ?   Dim 28 Aoû 2016, 21:38

Quelle joie que de sentir l’Asari réceptive à ses avances ! En agissant de la sorte, il faut dire qu’Alec avait été tout sauf sûr du résultat qu’il obtiendrait. Il y avait certes une attirance mutuelle entre eux, mais les réserves et craintes de la belle vis-à-vis de la viabilité d’une telle relation constituaient un obstacle de taille. Ce genre d’aprioris, l’humain en avait lui aussi, même s’il se trouvait bien plus sourd à ce genre d’opposition. Depuis des années qu’il se refusait à toute tentative pour nouer une relation durable. Des années qu’il ne faisait qu’enchainer de brèves conquêtes entre deux missions le plus souvent aux enjeux obscurs et à la conclusion incertaine. Depuis le passage à un nouveau siècle et avec la quarantaine approchant à grand pas, le soldat finit par se dire qu’il était peut-être temps de s’intéresser un peu plus à la sphère privée de son existence.

Ajoutez à cela les incessantes questions et invectives d’une sœur cadette protectrice et au caractère de Krogan, et vous aurez plus ou moins une impression de tout ce qui pesait sur le trentenaire concernant la question…

Hélas, l’occasion de faire des rencontres se trouvaient plutôt rares pour un homme occupé et toujours en mouvement comme il l’était. Par ailleurs, il est évident que peu supporteraient les aléas d’une telle vie et la nécessité du secret l’entourant, si bien que les candidates sérieuses ne se bousculaient par vraiment… A tel point que le militaire avait fini par se résigner à voir la chose arriver au gré de ses affectations ou pas du tout.

La fascination que provoquait chez lui l’Agent à l’allégeance pourtant inconnue semblait aller contre toutes ces prévisions. L’avoir là, contre lui, et resserrant un peu plus leur étreinte, s’offrir un peu plus à ses baisers tout en les englobant du halo de sa biotique devenue folle… De quoi accélérer davantage son rythme cardiaque. Était-ce donc lui qui devenait irraisonné et absurde dans son comportement et ses réactions, ou bien y avait-il une raison valable ? Pour être honnête, en cet instant et dans ce cadre idyllique, Sykes n’en avait cure, tout abandonné à la passion qu’il était. Ses capacités de raisonnement et d’analyse se trouvaient en sommeil, l’aidant d’autant plus à apprécier l’instant présent comme il l’avait rarement fait jusqu’à ce jour au sein de son existence.

L’officier s’en serait très certainement lui-même questionné si Kalia ne retint pas toute son attention par son désir de rechercher un peu plus son contact. Sa main qu’elle déposa sur la joue de son « geôlier » tira ce dernier d’une douce léthargie, pour le ramener en douceur à la réalité de l’instant. L’heure du choix s’imposait à l’un comme à l’autre, et les paroles de l’espionne résumaient à elles seules la situation originale dans laquelle ils se trouvaient. Étaient-ils prêts à s’engager dans quelque chose en dépit de tous les obstacles mis sur leur route ? Vivre dans le secret, profiter de l’instant présent sans être sûrs du futur ? Alec le faisait depuis un moment déjà, et tandis qu’il contemplait l’océan d’azur dans lequel il se surprit déjà à aimer se noyer, son début de réponse reflétait la chose.

- « J’ai passé plus de deux décennies à servir l’Alliance de mon mieux, au point d’en faire mon crédo. Pour vous, cela représente peu de temps, mais c'est la moitié de mon existence dont il est question. J’ai menti, volé, détruit des biens, tué et combattu toutes sortes d’opposants pour son compte. Aujourd’hui, j’ai fini par comprendre qu’avec le temps qui passe, je ne peux plus laisser une opportunité d’avancer sur le plan personnel. On peut dire qu’elle me doit bien un minimum de bonheur… Ce que je ressens à vous avoir là, dans mes bras. » lui confia-t-il tout en resserrant un peu plus leur étreinte.

Mais cette fois-ci, il ne s’agissait pas d’une énième approche pour lui voler un baiser, non, mais bien d’un désir de l’avoir plus près de lui pour la faire décoller du sol… Alec profita en effet de l’émoi provoqué à son aveu à la belle pour la soulever délicatement de terre. Comme il l’avait fait précédemment dans la navette, l’égarée se retrouva dans ses bras, serrant toujours ses plaques d’identification en main et interloquée par la manœuvre, ne sachant trop qu’en penser.

- « Que… Que faites-vous ? » questionna-t-elle d’un ton hésitant.

- « Je nous offre simplement un cadre plus adapté pour discuter d’un sujet crucial… » répondit-elle en posant sur elle un regard confiant.

Très vite elle retrouva le plancher des Quariens lorsque son N7 la déposa sur le canapé lounge le plus proche, celui donnant directement sur l’imposante baie vitrée. C’est là, assis pour admirer le magnifique spectacle de cette nébuleuse, que l’humain avait décidé de poursuivre leur échange. Un cadre idyllique au calme reposant, et dont la possibilité de se blottir contre l’élue de son petit cœur fragile se trouvait plus que bienvenue. Sykes ne se fit ainsi pas prier pour s’exécuter, puisqu’il rechercha la proximité de l’Asari dès qu’il se trouva à côté d’elle.

Le petit couple se trouva ainsi à admirer les étoiles, blottis l’un contre l’autre dans cette pièce oubliée de tout être conscient depuis plusieurs années. Un bras par-dessus l’épaule de Kalia pour la garder près de lui et l’autre agrippant avec tendresse une main de la jolie espionne, il entreprit de poursuivre le développement de son point de vue.

- « Pour en revenir à la question de la confiance… Disons que notre première rencontre m’a peut-être suffit. Vous auriez pu me laisser être tué par ce Krogan sur Korlus, me laisser pour mort dans cette décharge ou bien me vendre sur Anhür et filer avec les infos. Au lieu de ça, vous avez préféré me ramener auprès des miens. Sans compter ce que vous avez partagé avec moi sur votre vaisseau… Je ne suis pas familier du processus de Fusion des vôtres, mais j’en connais le principe dans les grandes lignes. Ce que j’en ai surtout retenu, c’est que les deux partis doivent être réceptifs l’un envers l’autre pour assurer sa réussite. »

Il se permit la petite extravagance de déposer un baisemain sur celle dont les délicats doigts s’entremêlaient avec les siens, qui se transforma en une pluie de baisers remontant le long du bras de la belle et qui vint mourir sur son épaule mise à nue par le débardeur qu’elle portait.

- « Le fait est qu’en omettant votre présence dans mon rapport à ma hiérarchie il y a trois ans, je commettais déjà une faute grave qui pourrait un jour me nuire… Avec les années, j’ai appris à accepter les risques et vivre avec. Je ne sais trop s’il s’agit d’une intervention divine comme vous le soupçonner, mais je sais que vous avoir là pour moi seul, auprès de moi et devant une vue pareille pourrait me forcer à devenir croyant… » murmura-t-il avec conviction tout fixant la baie vitrée d'un regard émerveillé et rêveur.
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MessageSujet: Re: Bouteille à l'amer ?   Jeu 01 Sep 2016, 22:01
Une nouvelle fois, je me sentis perdre l’équilibre. Si mon cœur et ma tête vacillaient déjà, ce fut mon corps, qui à présent, perdait pied.

- « Que… Que faites-vous ?! »

Je me retrouvai entièrement au-dessus de vide, portée par les seuls bras de cet homme qui se plaisait à me désorienter. Les deux miens autour de son cou, je m’accrochai à lui comme si ma vie en dépendait. Un réflexe qui d’ailleurs me serait lui même déstabilisant...

Je fus déposée avec toute la tendresse d’un ange sur le divan faisant face aux Cieux. Un sourire timide s’était peint sur mes lèvres au tableau que l’on aurait pu faire de nous. Une toile improbable à mes yeux, mais pourtant aussi réelle que la discorde qui m’habitait. Je retirai ma veste inutile, préférant la chaleur des bras du commandant à celle d’un cuir encombrant. Et je la retrouvai sans la demander, car bien vite, mon souhait silencieux et inconscient fut exaucé. Il se rapprocha de moi, m’entourant d’un bras et saisissant l’une de mes mains de l’autre. Sa voix apaisante s’était donnée pour mission celle de me rassurer. J’avais envie de l’être.

Mais je ne l’étais qu’à moitié.

Il était de ceux qui vous font vous sentir autant en sécurité qu’en détresse. De ceux auprès desquels l’envie de vous abandonner vous saisit, mais où la crainte de vous perdre vous enraye. Rares dans ma vie avaient été ceux capables de générer en moi ces sentiments contradictoires, et aucun avant lui n’avait un jour rendu ma biotique hors de contrôle. Alors la peur était intense, autant même que ces inlassables frissons qui continuaient à me décrire combien ce contact m’était plaisant. Mes yeux avaient d’ailleurs à nouveau succombé à l’envie bien trop forte de se fermer. La pression de ses lèvres sur mon bras nu m’était d’un supplice sans nom. De l’une de ces insolites tortures que l’on souhaiterait éternelle. C’était comme s’il avait eu à l’avance le guide de mon coeur que j’avais pourtant cru inaccessible. Chacune de ses paroles ou de ses caresses en semblait l’une de ses pages, et il paraissait les tourner les unes après les autres, comme un lecteur passionné par l’ouvrage.

La conviction qu’il mettait dans ses mots parvenait à faire défaillir celle que j’avais en mes doutes. Mais ceux-ci demeuraient toujours, quand bien moins ils furent moins nombreux. La crainte que j’avais d’emprunter la route qui avait fait s’égarer Mère m’était comme immuable. J’avais conscience qu’il n’y avait ni panneau, ni carte. Que le chemin qu’il m’était proposé de prendre n’avait aucun parcours défini ni même une arrivée certaine. Je me sentais comme prise au piège par ce croisement qu’Athamé m’offrait, mais je ne pouvais plus ignorer les signes que la Déesse m’envoyait.

Il ne pouvait être dû au hasard que cet homme m’ait retrouvée sur Haratar.

Dispersée dans mon questionnement, je ne m’étais pas aperçue m’être un peu plus encore blottie dans ses bras protecteurs. Ma tête se reposait depuis contre l’épaule de l’humain, et le pouce de ma main qu’il tenait s’était inconsciemment mis à caresser la sienne. Je rouvris finalement mes yeux, pour me mettre comme lui à me perdre dans cette vue édénique.

- « Je suis née là bas. » finissai-je par révéler. « Sur Chalkhos. Il y a trois siècles... »

Mentionner mon âge me renvoya douloureusement à la souffrance de ma longévité. Beaucoup d’espèces nous enviaient, et je ne les comprenais pas. Elles ne voyaient que ses avantages et moi seulement ses revers. Parmi eux, celui de trop nombreux deuils. Le prochain serait celui d’Orion.

- « Je n’ai pas eu l’éducation que l’on peut retrouver sur les grandes planètes de ma race. J’aurais pu naître sur Thessia, mais le parcours sentimental de ma mère en a décidé autrement. Je crois que je serais devenue chasseresse si ma vie avait été différente. Je les ai toujours admirées, quand bien même plusieurs ont voulu ma peau. Les choses seraient plus simples aujourd’hui si j’en étais une... »

Un sourire de regret se dessina sur mes lèvres à cette pensée. Je ne savais dans quoi nous nous embarquions, mais nul doute pour moi que mon allégeance était et serait problématique.

- « Si vous avez délibérément omis de me mentionner dans votre rapport, j’ai de mon côté eu à faire connaître votre existence à ma hiérarchie… Vu de quoi ils sont capables, je ne sais pas si je parviendrai à leur dissimuler longtemps ce que nous sommes entrain de devenir. »

Je marquai un temps d’arrêt qui souligna probablement mon inquiétude tout autant que la décision que je semblais avoir prise… Redressant ma tête de l’épaule du N7 pour alors me tourner vers lui, je me mis à le regarder d’une intensité que je n’avais jamais eue.

- « La stase est un pouvoir particulièrement rare, puissant et complexe à maîtriser. Il est héréditaire, mais le porteur du gène peut très bien ne jamais parvenir à le développer. Ce que vous avez déclenché en moi tout à l’heure… *soupir/grande inspiration* … Vous n’étiez même pas né que j’essayais déjà depuis des années de le provoquer. Je pensais faire partie de celles dont le gène reste passif toute leur vie et… … Et vous débarquez. Vous rendez ma biotique incontrôlable tout autant que vous l'amplifiez. Je n’ai jamais expérimenté une telle chose. »

Dans ma confidence, mes yeux avaient fini par s’égarer sur ses lèvres. Elles m’appelaient en silence, et j’entendais leurs mots résonner toujours plus fort dans mon esprit. Tel l’air d’une chanson familière qu’il vous est impossible d’ignorer. Et les tambours de mon cœur palpitant les accompagnaient, rendant la mélodie de mon désir d’autant plus dure à étouffer... Alors, ma main libre vint réchauffer de sa paume la joue de cet homme. Et mon pouce à nouveau, vint caresser sa peau.

Mon visage s’était rapproché, et mes lèvres lentement, s’étaient scellées aux siennes. Comme l’on scelle une promesse. Celle de l’accompagner sur ce chemin dont aucun de nous ne savait où il mènerait... Mon baiser timoré devint bien plus assuré et audacieux au fil des secondes, se livrant finalement à celui qui m’était rendu et dont l’intensité m’enivrait. Mon corps à nouveau, fut bercé par cette valse bleue, et alors je vins me saisir une fois de plus de cette chaîne au bout de laquelle pendait l’identité de cet homme.

- « Ma peur est aussi grande que mon désir qui ne cesse de croître pour vous, Commandant. »

Dans ce murmure, je tirai sur l’objet, basculant mon corps en arrière pour m’allonger et faisant basculer celui de l’humain sur le mien pour m'y abandonner. Je ne savais ce que le sentier inconnu dans lequel je m’engageai me réservait, mais l’aventurière que j’étais ne pouvait laisser passer un tel voyage.

Quelle que soit sa destination.
Celle de cette nuit serait assurément dans les étoiles.





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MessageSujet: Re: Bouteille à l'amer ?   Mer 07 Sep 2016, 22:32

Quelle nuit ! Et quel réveil ! Emerger au côté d’une créature de rêves aux courbes enivrantes blottie contre soi et encore assoupie… difficile d’imaginer une meilleure expérience. Alec eut d’ailleurs du mal à réaliser lorsqu’il émergea du plus profond de ses rêves. Aucun cauchemars, un sommeil reposant comme il en avait peu connu depuis la guerre : tout pour se détendre au maximum. Pourtant le soldat ne parvint pas à identifier le cadre dans lequel il se trouvait en ouvrant les yeux. En premier lieu un plafond inconnu, puis cette lumière artificielle très peu présente, donnant la part belle aux étoiles de la baie vitrée adjacente. Cet endroit ne lui était pas familier le moins du monde.

Enfin, sur le papier. Car lorsque son esprit embrumé commença à retrouver ses capacités de calcul et d’analyse, la réaction du N7 fut tout autre. Ce corps serré contre le sien, la chaleur en émanant et la sérénité sur le visage de la belle encore endormie… De quoi vous apaiser dans les pires moments. C’est cette sensation de paix intérieure, peu commune pour un homme tourmenté comme lui, qui fit remonter les paroles que l’espionne eu la veille à son égard. Tout comme il l’avait fait quelques heures plus tôt dans la navette de l’Asari, cette dernière avait fini par se confier à lui sur des sujets très personnels. Peut-être était-il même le seul avec qui elle aborda ces questions.

L’idée qu’un lien de confiance spontanée et surnaturel existe entre eux était rassurant en un sens, et ce même en dépit de l’inconnu…

Au final, malgré des parcours différents, on retrouvait dans le passé de chacun les mêmes grandes lignes. Un lieu de naissance et où grandir s’avérait difficile, une famille réduite à son strict minimum et une volonté de transcender leur condition par tous les moyens possibles. S’ils n’avaient pas choisi le même genre de destin, ce n’était que par la force des choses et leur environnement de l’époque. Lui s’était orientée vers une existence martiale et de service en rejoignant l’Alliance pour échapper la la vie morne de colon, tandis qu’elle n’avait eu d’autres choix que de percer dans un secteur criminel en tant que native des Terminus.

Deux égarés du temps de leur jeunesse, victimes du choix de vie de leur famille, et qui finirent par faire du leur une raison de vivre…

Nul doute qu’ils risquaient d’essuyer de nombreux revers et difficultés au sein de cette relation naissante, et pourtant ils avaient signés au travers de cette nuit un engagement difficile à briser. La folle et irréaliste idée d’embarquer avec la belle pour ne plus revenir traversa même la tête encore embrumée de souvenirs du militaire. Pour être honnête, devoir escorter un individu aussi infect que Grissom avec des idéaux et manières opportunistes au nom d’une « grande cause » jouait peut-être sur ses délibérations intérieures… L’Alliance ne pouvait décidemment être qualifiée d’institution « saine et sûre » à tous les étages, les serpents pullulant dans certaines de ses branches. Cela se trouvait encore plus vrai depuis la Guerre, bien trop coûteuse en vie de bons éléments. Tomber sur un homme de cette trempe était donc désormais chose commune, ce que tout soldat un tant soit peu patriote et appliqué ne pouvait que déplorer à chaque fois.

Voilà qui explique une façon de penser aussi particulière chez l’officier en ce début de matinée, pour qui l’existence prenait peut-être un nouveau tournant…

Oui, ce matin-là, Sykes cogitait décidément beaucoup. Et il y avait de quoi compte tenu du chemin sinueux et dangereux sur lequel il venait de s’engager. Pourtant, aucun regret ne l’habitait, bien au contraire. L’adversité, il y faisait face depuis quarante longues années désormais, et aujourd’hui, il était plus que prêt à le refaire… pour elle. Les défis il les surmontait un par un depuis qu’on l’avait extirpé de cette tombe de gravats sur Terre, et cela ne s’arrêtait pas avant longtemps. A moins qu’on le refroidisse sous peu, évidemment.

Finalement, lorsqu’un discret gémissement se fit entendre, semblable à un tendre bougonnement de s’être réveillée, le cerveau de l’humain ne se concentra plus que sur une chose et une seule : celle qu’il tenait enlacée et tant son plus simple – et bel – apparat tout contre lui. Les grands yeux bleus qui lui firent chavirer à nouveau le cœur et le fixèrent la seconde suivante, ainsi que ce petit sourire en coin amusé finirent d’installer le tableau de tendresse qui régnait dans cette pièce oubliée.

- « La vue vous plaît ? »
glissa-t-elle à quelques centimètres de son visage d’un ton encore endormi, faisant bien sûr référence au fait qu'il la dévorait des yeux depuis de longues minutes.

Ce fut au tour du militaire de sourire longuement, l’air presque hébété par la beauté et l’innocence du visage de l’espionne à cet instant. Lorsqu’il finit enfin par se décider à articuler quelques mots, c’est après avoir fait parcourir à sa main jusque-là posée sur une hanche de la jolie Asari le long trajet jusqu’à sa joue dans une caresse qui effleura les courbes de la délicate silhouette de « sa prisonnière ».

- « Je me faisais justement la réflexion que l’on ne pouvait pas faire mieux comme réveil. » avoua-t-il sans aucune gêne.

Il fit de nouveau siennes les lèvres de Kalia en guise de bonjour, puis finit par s’en éloigner à contrecœur pour se redresser. Le N7 contemplait maintenant les étoiles, assis sur le bord du canapé leur avait servi de couche ces dernières heures.

- « Et j’espère ne pas trop m’avancer en espérant que nous en aurons bien d’autres. Si la chose a bien évidemment été aussi agréable pour vous que pour moi… » dit-il d’une façon qui invitait plus à comprendre ceci comme une véritable question.
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MessageSujet: Re: Bouteille à l'amer ?   Mar 13 Sep 2016, 23:38

C’était une plénitude comme j’en avais rarement ressentie. Une plénitude que j’aurais aimé aussi immuable que ces nébuleuses qui en avaient été témoins. Bercée par les battements de nos coeurs respectifs, j’avais sombré dans ce précieux sommeil sans cauchemar et sans pensée. Un lâcher-prise comme je ne m’en donnais jamais. Mon corps enlacé et mon âme chérie s’étaient laissés transporter par la douce ivresse de notre déraison.

Le temps avait filé, emportant avec lui ces heures que je n’aurais su compter. Mes repères s’étaient tous envolés dès lors que mes doigts avaient attiré vers mon corps celui qui reposait contre moi à présent. Mes sens et mon esprit s’étaient perdus dans un désir déboussolant. Seul m’avait importé l’épanouissement de nos êtres, et c’est parmi les étoiles que nous l’avions trouvé.

Quand bien même nous étions toujours sur Haratar, la mission qui m’avait incombée ici me paraissait à des lieues de là. J’étais dans un état de flottement, étourdie par l'essence enivrante d’une passion singulière. Son parfum exaltant enchaînait ma lucidité, me faisant presque oublier la dangerosité d’une pareille relation. Je sentais contre moi la chaleur accueillante de ce corps protecteur. De mes yeux clos, je me savais admirée, car je percevais mon âme transcendée par ce regard au vert ardent. Je restai comme endormie encore un temps, savourant l’idée de ces yeux me fixant. Peut-être aussi craignais-je retourner à la réalité. Que cette nuit lumineuse ne soit seulement qu’une parenthèse à mon existence obscure…

Mais ne pouvant dissimuler plus longtemps mon éveil, je finis par le manifester. Lentement, mon regard vint saluer le sien, et devant l’aveu que celui-ci dégageait, mon cœur ne put s’empêcher d’à nouveau chanceler. Mes lèvres s'entrouvrirent et s’étirèrent dans un sourire peint par le malice sensuel d’une complicité nouvelle.

- « La vue vous plaît ? »

Pour première réponse, j’eus celle du reflet de ma propre bouche. Puis, celle d’une exquise caresse me parcourant le corps jusqu’à ma joue. Les délicats frissons qu’elle me fit ressentir eurent la même trajectoire, avant de se transformer en une déferlante renversant fabuleusement tout mon être. Ses premiers mots amplifièrent mon sourire, et mes lèvres alors, furent invitées par les siennes à valser quelques secondes dans cette danse tendre, lente, et passionnante qu’était celle d’un baiser amoureux.

Lorsque mes yeux se rouvrirent à nouveau, ils découvrirent un homme assis, au regard perdu dans l’immensité de l’espace et aux songes tournés vers un futur incertain. Je restai à l’observer, là, dans ce sérieux et ce questionnement qui l’habitaient, et qui m’imprégnèrent à mon tour. Ma plénitude s’effaça pour laisser ressurgir ces peurs qui m’avaient un temps agréablement délaissée. La crainte de vivre m’était finalement plus grande que celle de mourir. Depuis des années je fuyais l’attachement car je n’avais que trop été témoin et victime de la souffrance qu’il pouvait provoquer. Mais quand bien même je m’en protégeais, il m’était impossible d’y être pleinement hermétique. Lui me faisait céder. Lui générait en moi une biotique que je n’avais jamais eue, et ce sentiment contradictoire d’être autant en sécurité qu’en danger. Il bouleversait mes convictions, et ce contrôle sur moi même qui m’était pourtant si cher.

Cette nuit m’avait prouvé combien son contact parvenait à m’atteindre. Lui que j’avais fui et repoussé, que j’avais même songé à abandonner à une mort certaine trois ans plus tôt... Il avait balayé toutes les mauvaises impressions que j’avais eues, et me dévoilait depuis celui qu’il était vraiment. Cet homme là me faisait me sentir fragile et forte à la fois. Je devais craindre que notre relation existe par peur qu’elle cesse un jour. Mais mes songes se tournaient également vers le danger dans lequel je le mettrai. Être une chasseresse m’aurait assurément décidée plus rapidement à me lancer dans ce qu’il nous proposait de vivre… Mais traîner dans des affaires répréhensibles, avoir des ennemis qui pourraient s’en prendre à lui pour m’atteindre, travailler pour une organisation qui me demanderait probablement de trahir sa confiance un jour… Ces pensées étaient un frein dans ma décision.

Alors, c’est silencieuse que je demeurai un instant. Perdue à mon tour dans mes songes d’un futur incertain, mon sourire s’était un temps fané pour laisser émerger sur l’azur de mon visage mes obscurs tourments. Mon regard s’était lui aussi égaré dans le vide, tandis que mon corps avait imité celui de l’humain. Assis à côté de lui, j’observai à nouveau mais sans les voir ces nébuleuses colorées qui semblaient être le reflet de ma propre personne.

- « Oui. » , avaient fini par laisser échapper mes lèvres.

Dans mon inflexion, mon affirmation prévalait à ma discorde. Un temps d’arrêt avait suivi mon unique mot, comme pour ponctuer la force et le sens à donner à ses trois lettres. Ma brève déclaration venait dissiper les deux inquiétudes du militaire sans pour autant faire disparaître les miennes. Mais elle marqua ma volonté de les combattre.

Pour souligner cette décision, mes doigts vinrent rechercher les siens, s’y entremêlant avec tendresse. Ma main dans la sienne, je me levai, l’invitant par cette action à faire de même. Alors face à lui, je redressai mon regard pour sonder à nouveau le sien. Mon sourire fané refleurit, et si mon esprit tremblait, mon choix demeura fixe.

- « Oui. » répétai-je. Oui, il y en aura de nouvelles. Oui cette nuit m’a été agréable. Bien trop pour parvenir à me passer d'autres maintenant que j'y ai goûté... »

Mes bras s’enroulèrent autour de son cou et mon corps nu se pressa contre le sien, savourant ce précieux contact dont nous serions privés bientôt et pour un temps incertain. J’effleurai ses lèvres des miennes dans une caresse raffinée, puis les laissai s’éprendre un peu plus ardemment de cette bouche fascinante dans un bien plus profond baiser.

- « Je ne peux pas vous garantir une relation simple. Je ne peux pas vous garantir de me voir aussi souvent que vous l’aimeriez. Je ne peux pas non plus vous garantir ne jamais reculer ni vous parler de ce que je fais. Mais je peux vous promettre d’essayer d’être meilleure. D'essayer d'être la plus digne possible de la confiance imprudente que vous me portez, et que j'espère ne jamais blesser.»







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MessageSujet: Re: Bouteille à l'amer ?   Mar 04 Oct 2016, 17:52


Un instant aussi divin qu’il fut bref, voilà comment décrire de façon réaliste ce qu’ils vivaient à la veille d’une séparation dont aucun d’eux ne connaissait l’échéance… Planté là, blotti contre elle, tous les deux dans leur plus simple apparat, l’humain savourait ce moment à sa façon. Méditant sur le poids des mots de celle qu’il pouvait désormais appeler son amante, il resta silencieux de longues minutes à contempler l’intéressée, sublimée par l’éclat des étoiles brillant à travers la baie vitrée dans son dos.

Il y avait quelque chose de magique dans cette vision, dont il ne se résolut à s’arracher que pour à nouveau soulever de terre sa belle. Slalomant à travers leurs vêtements épars sur le sol de la pièce, il la ramena sur ce canapé témoin de leurs ébats et la nuit passée l’un contre l’autre. Le N7 souhaitait tout simplement profiter un peu plus longtemps, avant de se résoudre à définitivement quitter Haratar sur cette note inattendue mais parfaite.

- « De mon côté, je ne peux évidemment promettre d’évoquer mes missions et affectations, ou à mon grand regret, prévoir quand il m’est possible de vous revoir… Je n’oublie cependant pas que je vous dois toujours un dîner. »
glissa-t-il tendrement à l’oreille de l’Agent pelotonnée contre lui.

Main dans la main, le jeune couple en devenir ne tarderait pas à déserter les lieux pour retourner à la trop pressante réalité de leur vie respective. Pouvait-il y avoir plus longue attente et torture que celle de patienter pour revoir l’être aimé ? Difficile à dire… Toujours est-il que malgré les obstacles, chacun n’aurait de cesse de se battre pour voir ces occasions se concrétiser. Restait l’aspect le plus compliqué : concilier leur idylle avec les allégeances différentes et la plupart du temps contraire en termes d’intérêts… Les derniers mots de l’Asari reflétaient parfaitement la chose, si bien qu’ils résonnaient encore dans l’esprit de l’officier tandis qu’il communiquait un début de projet à la bleue.

- « Que diriez-vous d’un rendez-vous sur la Citadelle lorsque l’occasion se présentera ? Vous ne manquez pas de ressources en termes de communications de ce que j’ai pu en voir, et Dieu merci, la technologie permet désormais d’échanger par-delà les systèmes… Je pense à un repas dans un restaurant des Secteurs, ou peut-être quelque chose de plus intime dans l’appartement que j’occupe… » dit-il à demi-rêveur.

Le Lieutenant-Commandant n’obtint en premier qu’un profond regard songeur, au sein duquel il se plut à se noyer comme auparavant. Il y avait véritablement quelque chose chez elle qui parvenait à lui faire perdre ses moyens, brisant toutes les barrières qu’il arborait en temps normal avec son entourage. Cette coquille, qu’il avait constituée depuis les horreurs de la Guerre, volait en éclats en sa présence, le rendant à la fois plus détendu et expressif qu’à l’accoutumée. On pourrait même dire que se trouver avec la jolie Asari dans les bras le rendait tout simplement plus… humain. Une facette de lui que bien peu dans cette galaxie avait un jour put admirer.

- « On dirait que l’on s’engage dans quelque chose d’aussi passionnel que possiblement destructeur, n’est-ce pas ? » fit-il cette fois d’un ton aussi solennel qu’étrangement distant l’espace d’un instant.

Cette simple question qui plongeait plutôt dans la rhétorique signifiait beaucoup. C’était l’axe autour duquel ils évolueraient pendant le temps que durerait leur relation. Le genre d’interrogation qu’il est difficile de balayer d’un simple revers de la main…

C’est peut-être pour cette raison que celles de Sykes se firent à nouveau plus câlines après un silence pesant, tout décidé qu’était leur propriétaire à profiter d’une dernière heure de cette retraite pleine de tendresse. Le duo resta donc plus longtemps que prévu dans cet endroit oublié de tous les êtres conscients alentours. Entre plaisirs charnels et mots doux, leurs adieux se firent ainsi sous les meilleurs auspices envisageables pour un couple comme le leur. Le N7 n’était dans tous les cas pas prêt d’oublier cette mission et ses retombées, lui qui n’espérait pas autant quelques jours plus tôt, à l’annonce de la tâche ingrate qu’on lui avait confiée en premier lieu.

Hélas, lorsque le maudit bip strident de son omnitech se manifesta quelques temps plus tard, Alec sut que plus rien ne pouvait retarder leur départ. Cette alarme, réglée la veille par son propriétaire, signalait que son embarquement à bord de la corvette diplomatique de Grimson devait se faire dans la demi-heure suivante. Au placard la détente et la passion, place au Devoir et un départ vers de nouveaux horizons. Il était temps d’appareiller… dans tous les sens du terme. Aussi le soldat s’employa-t-il à préparer son départ, sans trop d’entrain, il est évident. Chacun finit par se rhabiller sans vraiment dire mot, le N7 étant de toute façon incapable d’articuler quelque chose de compréhensible tant sa gorge se trouvait serrée.

Au lieu de cela, l’humain gratifia son amante de ce qu’il pensait être leur dernière étreinte avant un long moment tandis qu’ils approchaient de son véhicule. C’est d’ailleurs un véritable baiser d’adieu qu’il asséna à la belle, incertain quant à la teneur du message qu’il transmettrait par ses agissements. Mais au final, peut-être l’objet « abandonné » furtivement dans une poche du blouson en cuir de l’Asari durant ce contact signifierait davantage ?

L’Agent du Courtier ne pourrait hélas prendre conscience de sa présence qu’une fois l’officier déjà loin, embarquant pour une destination que lui-même se pouvait déterminer. En attendant, il lui restait toujours cette sensation qui embrasait ses lèvres comme jamais, Sykes y déversant tout sa frustration sous la forme d’un langoureux baiser…
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