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 Des Ténèbres à la Lumière

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MessageSujet: Des Ténèbres à la Lumière   Ven 08 Avr 2016, 19:51
Intervention MJ : NonDate : 8 avril 2201 RP Tout public
Krelek Aelos
Des Ténèbres à la Lumière



    Nos Astra, Illium


    L’infirmière entra dans la vaste chambre, tel qu’elle le faisait chaque jour depuis maintenant six mois. C’était devenu une routine à laquelle elle s’était faite et qu’elle avait même finie par apprécier. Son patient était silencieux, ne faisait jamais rien qui pût la déranger et la laissait même profiter de ses appartements, de leur confort. Ou tout du moins, elle se le permettait, car cela ne pouvait le déranger, l’intéressé étant dans un profond coma depuis huit mois. Il avait passé les neuf premières semaines à l’hôpital, mais l’absence d’améliorations de son état et l’insistance d’une certaine personne, aussi mystérieuse qu’influente, avaient mené à son transfert. Il avait donc été ramené chez lui, libérant sa chambre par la même occasion, à la grande joie de l’administration sanitaire, qui n’avait plus à l’héberger. Néanmoins, grâce aux services de son assurance, il devait être pris en charge, raison de la présence de la jeune femme.
    Cette dernière avait en premier lieu pris en mal sa nouvelle fonction, n’ayant strictement aucune motivation à se déplacer deux fois par jour pour s’assurer qu’un légume ne mourût pas. Mais lorsqu’elle avait découvert les quartiers de son patient, lorsqu’elle avait vu le luxe dans lequel il vivait, elle avait rapidement changé d’avis. Elle avait donc vite pris ses aises, s’accordant des pauses un peu plus longues que ce que le protocole médical permettait, s’allongeant sur le sofa du salon pour se reposer lorsqu’elle en avait besoin, et allant même jusqu’à utiliser les toilettes si le besoin s’en faisait sentir. De plus, le jeune homme avait à sa disposition une IV domestique des plus agréables, qui était toujours disponible pour rendre des services, quels qu’ils fussent. Elle vivait dans cet appartement une vie qu’elle ne pouvait avoir ; chacun de ses passages était tel un rêve, le genre qu’on ne voulait pas voir se terminer, qu’on ne voulait interrompre sous aucun prétexte.
    Au fil des jours, la demoiselle avait commencé à prendre certaines habitudes, certaines étranges, d’autres innocentes, mais aucune qui manquât de respect au propriétaire des lieux. Quand elle entrait dans sa chambre, par exemple, elle le saluait toujours, comme s’il allait lui répondre. Lorsqu’elle lui apportait ses soins quotidiens, qu’elle le lavait, elle s’amusait à lui raconter des anecdotes sur sa vie et son quotidien, ou simplement des choses dont elle avait été témoin. Elle lui posait des questions, elle lui racontait parfois même des plaisanteries. En fin de journée, elle lui résumait simplement ce qu’elle avait fait durant son absence.
    En six mois, le jeune homme était devenu une sorte de confident silencieux, qui ne la jugeait pas, qui ne lui reprochait rien. Elle ne savait pas s’il pouvait l’entendre, s’il l’écoutait, ou si, lorsqu’il se réveillerait – s’il se réveillait un jour –, il se souviendrait de tout ce qu’elle lui avait raconté. Elle préférait ne pas le savoir, car elle en tirerait trop de honte ; elle avait partagé des secrets suffisamment intimes pour qu’elle ne voulût pas qu’ils se sachent. Ce n’avait pas été très astucieux de sa part, mais elle s’était lancée dans une voie qu’elle ne pensait pas voir se développer ainsi ; elle ne s’était pas attendue à ce qu’elle dût s’occuper si longtemps du même patient.

    La chambre était grande, sa surface égalait presque celle de l’appartement de l’infirmière, qui admirait toujours la pièce lorsqu’elle y pénétrait. Il fallait être très fortuné pour s’offrir un tel logement. Quelle profession avait bien pu exercer son patient pour acheter une telle propriété ? Il était si jeune, il n’avait certainement pas pu se créer un empire suffisamment puissant pour lui apporter autant d’argent en si peu de temps de vie. Il vivait forcément d’un généreux héritage, il n’y avait pas d’autres solutions possibles. Ou tout du moins, la jeune femme ne pouvait en envisager d’autres. Pouvait-elle imaginer une seule seconde que son patient avait été le Courtier de l’Ombre en personne ? Non, bien entendu, et c’était bien là le but recherché. Ce Drell dont elle s’était occupé si longtemps avait été pendant l’espace d’une année l’une des personnes les plus puissantes de la Galaxie, et elle ne se doutait de rien. Elle pouvait s’en estimer heureuse, car la connaissance d’un tel secret était souvent synonyme de mort ; le mythique marchand d’information n’avait jamais été connu pour partager son identité avec qui que ce fût, à l’exception d’une personne : Liara T’Soni.

    Le seul son audible qui remplissait la pièce était le bip sonore d’un cardiogramme, qui assurait que le comateux fût encore en vie. Son état était stable, ainsi qu’il l’avait été depuis huit mois. Rien n’indiquait qu’il se réveillerait, mais rien n’excluait cette possibilité non plus. Les pas de l’infirmière étaient étouffés par la délicate moquette qui couvrait le sol, la laissant traverser silencieusement l’espace qui la séparait du lit. Tout avait été conçu afin d’optimiser le confort et le calme ; il n’était pas difficile d’imaginer que le lieu était utilisé à des fins méditatives. La chambre garantissait un sommeil de qualité, du repos.
    Sa décoration était sobre, mais luxueuse. Il n’y avait rien qui fût superflu, rien qui fût inadapté, si ce n’était le matériel médical, qui créait un contraste presque dérangeant. Il était évident que son propriétaire n’y passait pas beaucoup de temps et qu’elle lui servait avant tout de refuge, plus qu’autre chose. La large baie vitrée qui couvrait la totalité de la surface d’un des murs inondait la pièce de lumière, apportant une douce chaleur à l’espace, mais également une atmosphère relaxante et une vue simplement splendide ; l’altitude à laquelle se trouvait l’appartement était idéale pour profiter d’un panorama plus que plaisant de la mégapole qu’était Nos Astra.
    Le lit qui siégeait au centre de la pièce était large et visiblement confortable. Il était difficile de ne pas succomber à la tentation de se jeter dessus et s’endormir. Malheureusement, ce n’était pas là une option envisageable. Dirigé en direction de la baie vitrée, il était tel un doux trône duquel l’on pouvait admirer la vaste étendue de métal et de verre qu’était la capitale d’Illium. Et c’était là que gisait le Drell dont devait s’occuper quotidiennement l’infirmière. C’était là qu’il reposait depuis maintenant six mois, sans que son état ne changeât.

    La jeune femme arriva à hauteur de son patient et, comme elle en avait pris l’habitude, elle le salua:

    - Bonjour Monsieur Aelos ! C’est une magnifique journée, si seulement vous pouviez voir dehors, vous en profiteriez très certainement ! »

    Bien entendu, elle ne reçut aucune réponse, mais elle ne s’attendait pas à en recevoir une dans tous les cas. Elle ne pouvait s’expliquer cette attitude, celle de parler à une personne inanimée, peut-être déjà morte spirituellement. Il s’agissait là sans doute d’une tradition d’infirmier, une habitude qui se prenait avec le temps, à force de fréquenter un certain type de patient.

    - Voyons donc comment vous vous portez aujourd’hui ! » poursuivit-elle, avant de se pencher sur le Drell pour examiner l’état de son corps. Il s’agissait là d’un contrôle qu’elle devait faire une fois par semaine afin de s’assurer que la victime gardât toutes les fonctionnalités de ses membres. Après plusieurs semaines d’inactivité, les muscles s’atrophiant et perdant de leur consistance, il était nécessaire de les vérifier et de les masser afin que leur utilisateur ne se retrouvât pas paralysé et dût passer par d’intenses et désagréables séances de thérapie. Si après huit mois, cela était à présent inévitable, il était tout de même important de continuer de lui apporter ces soins particuliers.
    L’infirmière s’étonnait toujours, lors de ces séances, des changements qu’avait subis le physique de son patient. Elle se rappelait que lorsqu’elle l’avait vu pour la première fois, outre ses graves blessures, on pouvait clairement voir qu’il était musclé, athlétique à en rendre jaloux plus d’un, à en faire tomber plus d’une. Même alors qu’elle n’était pas de la même espèce que lui, elle n’avait pu s’empêcher de laisser quelques fois son regard s’attarder sur la définition musculaire du Drell et lâcher un discret soupir, avant de se ressaisir et redevenir professionnelle. Maintenant, s’il était totalement guéri, il n’était plus que l’ombre de lui-même. Sa masse s’était réduite et il avait pratiquement la peau sur les os. Il était devenu frêle et fragile en apparence. C’en était triste, mais les conséquences d’un coma prolongé n’étaient jamais des plus positives. Si le plan physique en prenait un coup sévère, le plan cérébral souffrait également de séquelles la plupart du temps. Ce n’était pas toujours le cas, mais il ne fallait pas partir du principe que la victime serait épargnée, bien au contraire ; dans le monde médical, il fallait rester cynique, bien que l’espoir fût permis, à petite dose.
    Le contrôle une fois terminé, ainsi que le massage qui s’en suivît, elle entama un court lavage. Ce dernier pouvait être fait moins fréquemment pour les espèces reptiliennes que les pour les mammifères, mais il n’était pas moins important ; un manque d’entretien pouvait mener à l’endommagement des écailles, et même à leur perte. Ce n’était pas la partie la plus agréable à exécuter pour l’infirmière, ayant à bouger plusieurs fois le Drell – qui pesait encore un certain poids malgré sa perte de masse – et devant le déshabiller, et le rhabiller ensuite. Si les premières fois avaient été délicates et embarrassantes, l’opération était à présent devenue normale pour elle, qui ne se gênait plus.

    Lorsque ces premières étapes de la routine de la jeune femme furent conclues, elle se dirigea vers la salle de bain avec ses affaires afin de procéder à un court nettoyage de son équipement, ainsi qu’une petite séance de remaquillage – l’une de ses habitudes prises en travaillant dans l’appartement. Il était temps pour elle de remettre en places les mèches de cheveux qui s’étaient libérées de son attache et de s’assurer de toujours être coquette.











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MessageSujet: Re: Des Ténèbres à la Lumière   Lun 11 Avr 2016, 14:43


    Krelek se trouvait sur la colline qu’il avait eue l’habitude de prendre comme lieu de méditation. Autour de lui s’étendait la surface d’une île bien étrange, perdue au milieu d’un océan calme et profond. Cela faisait quelques mois qu’il était coincé sur l’archipel, sans qu’il y eût moyen de s’en échapper. Il avait perdu la notion du temps, il ne savait ni quel jours il était, ni le mois. L’année lui était également inconnue. Était-il encore en 2200 ? Il était difficile de répondre à cette question. Cela était d’autant plus difficile qu’une armée d’autres lui occupait l’esprit.
    En effet, le lieu dans lequel il se trouvait était tout sauf anodin. Il était même particulièrement étrange, presque dérangeant, impossible. Il avait eu le temps de l’explorer, et ce qu’il y avait découvert avait simplement transgressé les limites du réel ; une plaine couverte d’hautes herbes bercées par un vent constant de sentiments, qui pouvait avoir la douceur d’une brise, ou la violence d’une bise, une forêt de souvenir, un désert propice à la réflexion et même un marais de peurs. Krelek avait tôt fait de se rendre compte que l’île était la représentation physique de son esprit et de tous ses aspects. La colline qui surplombait l’archipel lui permettait d’englober la surface de sa personne et en comprendre toutes les facettes, se voir tel qu’il était vraiment ; pour la première fois de sa vie, le Drell se découvrait réellement, et cela lui en donnait des frissons.
    Plusieurs jours durant il avait parcouru la forêt de souvenirs, s’arrêtant devant chaque arbre afin de revivre un moment de sa vie. Sa mémoire eidétique lui permettait de garder une trace indélébile de chaque instant de sa vie. Cette caractéristique propre à son espèce représentait aussi bien un avantage qu’un inconvénient ; cela pouvait même être un véritable cauchemar, suivant les événements vécus. C’était bien là la raison pour laquelle Krelek n’arrivait tout simplement pas à accepter le décès de sa fiancée, morte depuis déjà bien des années. Ce funeste jour était gravé dans l’esprit du Drell, et ce dernier l’avait revécu lors de son exploration de la forêt. Une expérience peu ravissante, mais qu’il avait surmonté.
    Tout cela avait mené le jeune homme à se comprendre mieux que jamais. Des secrets à propos de sa personne qu’il avait ignoré – ou simplement refusé d’accepter – lui avaient été révélés ; il avait reconnu ses peurs, accepté la vie qu’il avait mené et l’homme qu’il était devenu. Il s’agissait là de quelque chose qu’il pensait avoir déjà fait ; il avait en effet longtemps cru avoir été en accord avec sa personne, avoir obtenu l’équilibre recherché par la stricte discipline des arts martiaux drells. Il s’était rendu compte que ça n’avait jamais été le cas. Il avait vécu dans le déni pendant de nombreuses années, à renier une part de lui, à vivre un mensonge. A présent, s’il ne pensait pas avoir corrigé son erreur pour autant, s’il ne pensait pas avoir atteint le niveau de ses maîtres, il s’était en revanche découvert, à nu, et savait qui il était vraiment, et non pas qui il pensait être. Il se comprenait mieux que jamais, et cela lui apportait une certaine sérénité qu’il n’avait jamais connue.
    Lorsque qu’il eut atteint ce point, une colline était apparue au centre de l’île. La gravir n’avait pas été un défi et Krelek en avait rapidement atteint le sommet. De là-haut, il pouvait englober l’archipel, sa personne et se rassembler en un. C’était là qu’il avait passé le reste de son temps, les huit mois qu’il avait perdu, mais en même temps retrouvé, aussi paradoxal cela pût paraître.

    C’était là qu’il se trouvait lorsqu’un nouvel événement, jamais survenu avant, se manifesta.

    Le Drell était alors assis au sommet de la colline, en tailleur, les yeux fermés. Il explorait un souvenir prenant lieu dans un bar déchaîné de Nos Astra, pendant ses années de Chasseur de Prime. Alors qu’il traquait sa cible du temps, un détail survint, qui n’aurait pas dû être présent. Quelque chose entra en contradiction avec sa mémoire, un élément étranger. Il s’agissait d’une voix, lointaine et presque inaudible. Pourtant, malgré le fait que le son fût étouffé par la distance, il couvrait presque le brouhaha qui emplissait la salle. Krelek s’extirpa de son souvenir pour revenir à la réalité qu’était devenue l’île afin de vérifier que sa conscience ne lui jouait pas un tour. La voix était toujours présente. Elle couvrait l’archipel tel un vent perturbateur. Le jeune homme se concentra et tenta de déchiffrer ce qu’elle disait, sans succès. Étrangement, plus il insistait, plus il sentait l’environnement qui l’entourait se voiler ; à se concentrer sur les murmures incompréhensibles, l’île semblait se dissiper, tel un rêve qui prenait fin. C’était à croire que la voix l’arrachait à son monde.
    Soudainement, Krelek se retrouva dans le noir et il se rendit compte qu’il avait les yeux fermés. Il avait pourtant semblé qu’ils étaient restés ouvert. Il ouvrit les yeux, avant de les refermer aussitôt : la lumière était trop vive et l’éblouissait. Progressivement, il écarta ses paupières, laissant le temps à ses pupilles de s’adapter à la luminosité ambiante. Il était dans sa chambre, à Nos Astra, ce qui le troubla encore plus. Il était certain que quelques instants auparavant il se trouvait… Il se rendit compte qu’il n’était pas sûr de la réponse. D’un côté, il lui semblait qu’il avait été dans une ancienne infrastructure Prothéenne, mais d’un autre, il avait la certitude d’avoir été ailleurs, sans pouvoir dire exactement où. Ce qu’il savait, c’est qu’il n’avait pas été dans sa chambre depuis quelques temps. Et pourtant, le voilà qui se trouvait allongé sur son matelas, se réveillant d’un rêve dont il n’arrivait pas à se souvenir.
    Le Drell se redressa pour se mettre en position assise. Ce simple mouvement lui demanda presque un effort et cela l’étonna. Jamais il n’avait eu la moindre peine à utiliser ses muscles abdominaux, et pourtant, il peinait à simplement se relever. Que se passait-il ? La gravité d’Illium avait-elle soudainement augmenté ? Il l’aurait cru, s’il ne savait pas cela impossible. Krelek commençait à soupçonner qu’une certaine période de temps s’était écoulée pendant son sommeil. Avait-il été dans un coma ? Tout semblait l’indiquer. L’esprit rendu clair, il se souvenait clairement que lors son dernier instant de lucidité avant son absence, il se trouvait sur la planète perdue LV-2185. Il combattait une IA Prothéenne dans la Bibliothèque avec ce qu’il restait de son équipage et le combat avait été intense. Trop intense, car il ne pouvait se souvenir de ce qu’il s’était passé par la suite, preuve de sa perte de conscience.
    On l’avait donc ramené sur Illium. Il ne pouvait dire depuis combien de temps il était allongé sur son lit, mais au vu de sa perte de force, cela faisait apparemment quelques mois. Comment son équipage avait échappé la planète tropicale ? Il ne le savait pas. Cela lui avait semblé impossible, mais, fort heureusement, il s’était trompé. Le Drell se demandait également ce qui était advenu du Réseau. Pendant son absence, quelqu’un avait forcément pris la relève et était devenu le Courtier de l’Ombre. L’organisation n’avait pu se mettre en pause le temps qu’il se réveillât, c’était impossible et contreproductif ; une personne dans le coma pouvait ne jamais se réveiller. La question qu’il se posait donc était : qui était son successeur ? La logique suggérait que l’Agent Kole eût pris la relève, étant son bras droit direct. Mais l’Humain n’avait jamais été des plus ambitieux, et il avait toujours été particulièrement modeste. Il se pouvait qu’il eût refusé de prendre la cape du Courtier de l’Ombre. Si cela se révélait être le cas, alors quelqu’un d’autre avait pris les pleins pouvoirs.

    Soudain, la porte de la salle de bain s’ouvrit et une jeune Humaine en sortit. Un simple regard suffit à Krelek pour l’identifier. Il s’agissait d’une infirmière ; sa tenue la trahissait. Elle devait avoir un peu plus de vingt ans. Ses cheveux étaient d’un roux flamboyant et sa peau pâle faisait ressortir ses yeux d’un bleu glacial. Une belle vue sur laquelle poser son regard après des mois d’absence, se disait le Drell. A la manière qu’elle avait de se frotter les mains, elle venait de se les laver et elles étaient encore légèrement moite de l’eau qui les avait rincées. Le maquillage qu’elle portait, léger mais présent, était trop net pour avoir été appliqué dans la matinée, elle venait donc de se refaire une beauté. Elle était donc entretenue, caractère amplifié par sa ligne, fine et saine. Tout cela suggérait qu’elle était célibataire, ou en couple depuis peu.
    Krelek se félicitait d’avoir toujours un instinct d’analyse aussi précis et efficace. S’il avait perdu de son physique, son esprit, lui, était toujours aussi affuté. On ne lui retirait pas l’une de ses armes les plus redoutables aussi facilement !

    La jeune femme, remarquant alors que son patient n’était plus allongé, mais assis sur son lit, s’arrêta net et retint un cri de surprise. Elle ne s’était absolument pas attendu à ce que son patient se réveillât un jour et le voir la fixer alors que quelques minutes auparavant il était inerte tel un mort la prit au dépourvu et lui inspira un petit mouvement de panique, le même que ressentaient les voleurs lorsqu’ils se faisaient attraper, celui qui poussait à fuir. Or, elle n’avait rien fait de mal et elle se trouva plutôt ridicule de réagir de cette manière alors qu’il était de son rôle de s’assurer de la bonne santé de son patient, et de son éventuel réveil.

    - Vous êtes réveillé ! » lâcha-t-elle, surprise.

    Après un court instant, cherchant quoi répondre, Krelek lâcha simplement :

    - Oui, je suis réveillé… »











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MessageSujet: Re: Des Ténèbres à la Lumière   Mar 12 Avr 2016, 16:12


    Malgré ses efforts, Krelek n’arrivait pas à se souvenir de son rêve, celui qu’il avait eu tout du long de son coma. C’en était frustrant, car il sentait malgré tout qu’il avait été important, que quelque chose s’était passé dans les méandres de son esprit. Il avait le sentiment constant de sérénité et il ne savait pas d’où il venait. Il avait l’impression de mieux se connaître, sans savoir comment, ni pourquoi. Et puis, ne pas réussir à se souvenir de quelque chose était pratiquement impossible pour un Drell, leur mémoire étant parfaite. Il était donc particulièrement difficile pour lui de ne pas pouvoir mettre le doigt sur cette page précise de ses souvenirs. Pour la première fois de sa vie, il savait ce que les autres races vivaient en permanence, et cela l’effrayait. Ne pas pouvoir se souvenir de quelque chose était en effet désagréable, c’était comme si la mémoire se désintégrait, comme si l’esprit se fragmentait et glissait vers la folie. Bien entendu, il savait que ce n’était qu’une question d’habitude, que lorsqu’on avait vécu toute sa vie à oublier certains passages de sa vie, ce n’était pas effrayant, mais pour un Drell, c’était une punition terrible.
    S’avouant vaincu, Krelek se détourna de la baie vitrée de son salon pour faire face à Rune, son IV domestique. L’hologramme bleu avait reçu la tâche de chercher tout fichier lié au Réseau du Courtier de l’Ombre auquel il avait eu par le passé accès et de tenir au courant son maître de tout ce qu’il trouvait. Il avait été silencieux depuis.

    - Alors, Rune, as-tu trouvé quoi que ce soit ? » demanda le Drell.
    - Non, Monsieur Aelos, il n’y a plus une trace du Réseau dans mes fichiers, j’en ai peur », répondit la voix synthétique.

    Krelek hocha silencieusement la tête et se retourna vers la fenêtre. Il avait définitivement été remplacé, et plus encore : on l’avait écarté de l’organisation. Tout ce qu’il possédait sur le Réseau lui avait été retiré, comme s’il n’en avait jamais fait partie, comme s’il n’avait jamais été à sa tête. Il ne savait vraiment comment le prendre. D’un côté, il se sentait trahi, volé, il voulait récupérer ce qu’on lui avait arraché, ce qui lui revenait de droit, mais, en même temps, il ressentait un certain soulagement ; il se sentait plus léger, comme si on poids lui avait été retiré des épaules. Le rôle de Courtier de l’Ombre avait été de loin le plus difficile qu’il avait eu à tenir, le plus lourd en termes de responsabilité et de travail. Il n’avait pas été rare qu’il ne dormît qu’à peine quelques heures par nuit, tant il avait à faire. Se retrouver libre de ces fonctions le soulageait de tout cela, lui promettait un avenir différent. Il était de nouveau maître de sa destinée et il était libre de faire ce que bon lui semblait. C’était un luxe dont il n’avait pas profité depuis un certain moment déjà.
    Avec cette liberté nouvelle, une question se levait : qu’allait-il faire ? Il était à présent littéralement au chômage. Si la fortune qu’il avait amassée grâce au Réseau lui permettait de vivre confortablement pendant une longue période, elle n’était pas suffisamment grande pour qu’il pût s’en suffire jusqu’à la fin de ses jours. Et puis ne rien faire de ses journées jusqu’à sa mort n’était pas une option qui l’intéressait ; Krelek était un homme d’action, un homme du terrain. Il avait besoin de bouger, de rester actif, il avait besoin de se sentir utile. Ses années en tant que chasseur de prime lui avait manqué, lorsqu’il était encore le Courtier de l’Ombre ; trop de paperasse et pas assez d’adrénaline, trop de discours ronflants et pas assez d’action. Mais pouvait-il redevenir ce qu’il avait été une fois ? Pouvait-il retrouver sa réputation d’antan ? Il avait été un mercenaire de renom et redouté à travers la Travée de l’Attique et les Systèmes Terminus. Mais cela faisait à présent quatre ans qu’il n’avait pas eu un seul contrat, il avait sans doute été oublié depuis. Mais devait-il vraiment abandonner sans même essayer ? N’avait-il pas commencé tout en bas de l’échelle, il y a dix ans de cela ? Ne s’était-il pas construit lui-même sa réputation pour être au final engagé par le Courtier de l’Ombre en personne, et prendre sa place ? Il avait les capacités et les moyens de retrouver sa renommée perdue. Il s’agissait du seul métier qu’il connaissait, qu’il savait exercer et qu’il maîtrisait. Il avait fait partie des meilleurs, il pouvait le redevenir.

    Krelek soupira et observa le panorama métallique de Nos Astra. La ville était toujours aussi magnifique et imposante. Il appréciait la mégapole et la quantité phénoménale d’activités qu’elle offrait ; il était impossible de s’y ennuyer et de ne pas trouver de quoi faire. Les opportunités étaient nombreuses, les contrats foisonnaient. Il s’agissait d’un paradis pour tout mercenaire qui se respectait. On y trouvait de tout, et un chasseur de prime, s’il savait où chercher, pouvait trouver tout ce qu’il voulait. Les hauts de la cité offraient les travaux les plus juteux en terme de récompense, mais pas forcément les plus excitants ; les riches, lorsqu’ils ne s’entretuaient pas, s’espionnaient et se volaient. Les bas-fonds, aussi sombres et dangereux qu’Omega, offraient la plus grande variété de contrats, les plus intéressants, mais également les moins bien payés. Le danger de ces derniers était qu’ils étaient souvent liés à des gangs ou autres organisations. Il fallait savoir ne pas s’attirer les foudres des groupes adverses, éviter de tomber dans un piège et se retrouver esclave d’un gourou, esquiver les fraudes. En soi, c’était similaire aux contrats des hautes figures, celles-ci n’hésitant pas à disposer des mercenaires qu’ils avaient engagé pour effacer les preuves de leur implication. Les criminels étaient simplement plus sanguins.
    Le Drell connaissait la mégapole comme sa poche, il savait où aller pour trouver du travail et les endroits qu’il fallait éviter. Il savait quelles personnes étaient dignes de confiance, et celles qui ne l’étaient pas. Il connaissait les trucs et astuces, les bons fils et les mauvais. Il avait toutes les cartes en main pour se refaire un nom et briller tel qu’il le faisait autrefois. Tout ce qu’il lui restait à faire était de récupérer sa masse perdue, s’entrainer à nouveau pour retrouver le niveau qu’il avait avant son coma. Oui, c’était bien ce qu’il ferait : il redeviendrait le chasseur de prime qu’il avait un jour été. Il avait les contacts et les connaissances qu’il fallait, il ne lui manquait plus que franchir le pas.

    - Rune, prépare-moi un programme de remise en forme, il est temps pour moi de revenir parmi les vivants », ordonna le Drell, en se retournant.

    Krelek se sentait renaître. Il lui semblait passer des Ténèbres et revenir à la Lumière…











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