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 Xénothérapie

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MessageSujet: Xénothérapie   Mar 01 Mar 2016, 19:17
Intervention MJ : PossibleDate : 15 juillet 2200 RP Tout public
Edgar Roth VaärminenRavilla Aper
Xénothérapie



Xénothérapie

Une fois de plus, ni la première ni la dernière, la Citadelle s’ouvrait à celles et ceux qui y trouvaient leur compte. Que ce soit au luxueux Présidium, ou plus modestement dans les Secteurs, toute une vie grouillait sans cesse, dans un océan de variété culturel. À son propre bord, Roth y naviguait à loisir, tant qu’il le pouvait. Et naviguer... cela en signifiait des choses. Mais pour l’heure, il était question de souquer ses tripes par l’alcool. La manière se voulait certes récurrente, mais jamais le Finlandais ne s’en lassait. À force de pratique, il avait même dressé tout un carnet d’adresse, véritable répertoire à comptoirs. Lesquels se distinguaient les uns des autres à leur façon.

Les discussions de comptoir valaient ce qu’elles valaient, et pas toujours grand-chose, mais elles avaient au mieux ce mérite de rapprocher les gens, même juste le temps d’une soirée, ou d’un simple verre.

Ce soir-là, le comptoir qui accueillait Roth proposait toute une gamme de cafés curieusement variée, mais tout au plaisir des amateurs parmi lesquels il se comptait. Un détail amusant n’échappait à personne : l’heure de fréquentation de la principale clientèle du Grain de folie, comme se nommait la maison, portait à croire que celle-ci se levait particulièrement tôt, ou bien se couchait vraiment tard. Pour ce que ça changeait, Roth s’amusait à penser qu’il appartenait aux deux catégories.

Quant à une autre personne dont il avait fait la connaissance, celle-ci appartenait manifestement à la première catégorie. Il s’agissait d’une Turienne, qui n'avait pas semblé fermée à la discussion. Néanmoins, Roth l'avait senti tracassée. Par quoi ? La question demeurait toute entière. Ce fut lorsqu'il révéla sa formation en psychologie et, plus improbablement encore, son statut provisoire que la discussion prit le tournant qui valut la suite des évènements.

[...]

>> 15 juillet 2200, 19h17
>> Citadelle, cabinet du docteur Sa'Ti


Le lendemain, en fin d’après-midi, Roth patientait dans un local qui lui était dédié, parcourant son OmniTech à la recherche d’anciens documents potentiellement en mesure de lui être utiles.

D’une pierre deux coups, le Finlandais était parvenu à se trouver un poste en intérim dans une clinique des Secteurs, en tant que psychologue remplaçant. Soit, de quoi s’occuper tout en arrondissant ses fins de mois de congés payés, lesquelles ne le laissaient pas pour autant dans une précarité alarmante. En plusieurs points, cela restait bon à prendre.

Parmi les documents recherchés, d’anciens cours figuraient en bas de page. Il se trouvait que plusieurs années avaient passées sans que ces derniers ne soient réemployés à quoi que ce soit ou même ne serait-ce que consultés. Il était temps !

Quelqu’un posa un pied dans la salle d’attente vide de la clinique quelques minutes plus tard seulement, tandis que Roth lisait passivement un article sur les sciences cognitives. C’était la Turienne rencontrée la veille. Elle était à l’heure, peut-être même en avance de quelques minutes. Une telle ponctualité ne pouvant être qu’applaudie, le Finlandais se sentit quelque peu gêné par l’état de son bureau, qui reflétait à merveille sa tendance à s’éparpiller. Enfin, ce n’était rien de bien méchant, et quel que soit l’état de son bureau, on l’attendait. Il partit alors à la rencontre de sa patiente, la saluant et lui adressant une expression naturelle de bienveillance, malgré ses cicatrices que ses implants ne rendaient pas plus facile à supporter visuellement.

Ayant invité la Turienne à le suivre, il reprit simplement sa place, laissant à sa patiente la liberté de s’installer comme bon lui semblait. Deux chaises faisaient face à son bureau. Un canapé était également disponible plus loin.

« Je vous en prie, installez-vous comme vous le souhaitez. Le canapé est à disposition, ou bien une chaise. Faîtes comme chez vous. »

De plus amples présentations avaient certainement lieu d’être. Se voulant le plus rassurant possible, le Finlandais commença par se présenter lui-même, simplement, une fois sa patiente convenablement installée à son goût.

« Bonsoir à vous. Je m’appelle Edgar Vaärminen, ou plus simplement Roth. Je remplace le docteur Sa'Ti dans sa fonction le temps d’une semaine à peu près. »

Il présenta sa paume droite, invitant manifestement la Turienne à une poignée de main, puis prit une brève inspiration, comme s’il cherchait une réponse dans sa tête. Ou plus précisément, dans celle de son interlocutrice.

« Pourriez-vous... vous présenter à moi ? De la manière que vous préférez. Me dire qui vous êtes. Éventuellement, avec les premiers mots qui vous viennent à l’esprit. Ou même avec des gestes, pourquoi pas. Ce que vous voulez, en fait. »

L’exercice était moins évident qu’il n’y paraissait, mais avant tout, c’était une étape intéressante pour l’un comme pour l’autre. Un exercice de formulation, passant par le choix de la méthode de communication. Une nouvelle perspective, étrangère, d’où sa richesse.

[...]



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MessageSujet: Re: Xénothérapie   Lun 21 Mar 2016, 16:06

    Certaines choses ne changeaient jamais. A commencer par la plante de la salle d'attente. Sérieusement.

    Depuis que la Turienne venait dans ce cabinet - cela devait faire un ou deux ans? Impossible d'en être sûre. La réponse était immuablement "trop" aux yeux de la femme, de toute façon - la plante n'avait pas bougé d'un iota. Elle restait à la même place, aussi immobile que tout végétal était supposé être. Mais c'était un immobilisme louche. Du genre qui nous fait hésiter sur la structure même des choses. Ce qui était certain, c'est qu'elle n'était pas en plastique. Aucun objet au monde ne pouvait produire de l'ézo, du moins à la connaissance de la militaire.
    Car oui, la plante en produisait. Faiblement, certes, mais suffisamment pour qu'elle brille d'un léger éclat bleuté, ses feuilles recouvertes d'une fine brume mouvante au grès des respirations et des passages.
    Et mis à part ça, le plant n'avait jamais, au grand jamais, bougé. Pas une fleur, pas une feuille morte, pas une petite pousse à son pied. Absolument rien de rien. Comme s'il était condamné à rester figé dans le temps et ne devenir que le témoin de l'évolution.

    Tout au plus avait-il était décoré, une fois, avec un bonnet de "Noel" par un patient farceur. Mais mis à part ça...

    Beaucoup diraient qu'il est idiot de se concentrer avec tant d'étonnement sur une plante. C'était le propre même des végétaux de progresser lentement, tant et si bien qu'il était difficile de savoir s'ils avaient changé ou non. En en temps normal, Ravilla aurait rejoint ce mouvement.
    A situation extraordinaire, comportement extraordinaire.

    Les habitudes avaient cela de bien qu'elles étaient, justement, habituelles. On se levait le matin, prenait son café, allait travailler pour tant d'heures (là, on s'autorisait l'inconnu, comme un petit bonbon de découverte dont il ne fallait pas abuser) et on revenait le soir pour recommencer le lendemain.
    La douce, calme et emmerderesse routine, Oh combien salvatrice. Tout le monde n'appréciait pas l'incertain, encore moins quand il touchait à un pan d'une vie qu'on préférait réduire au minimum.
    "Tout le monde" était ici Aper et sa vie personnelle arrivait en première sur le banc des accusés. L'inconnu et l'armée étaient liés, pas de problème avec ça, bien au contraire. C'était approuvé, validé, définitivement ancré. A vrai dire, elle préférait casser la routine des missions de surveillance avec d'autres d'intervention, plus promptes à se différencier les unes des autres.
    Mais quand elle n'était pas au travail, que ça la touchait elle? Oh non, par les Esprits. Les choses devaient être réglées comme du papier à musique. Et là, elles ne l'étaient pas.

    Sa blessure passait encore. C'était les risques du métier, aussi agaçants étaient-ils. Être condamnée à rester sur la Citadelle? Sa récente prise de conscience (spirituelle, mystique, hallucinée ou médicamenteuse, chacun choisira son idée) l'aidait à faire passer la pilule. Mais avoir un nouveau praticien, voilà qui lui restait en travers de la gorge.
    Ravilla était un mystère sur patte qui s'entêtait à le rester au maximum. S'entêtait au passé, les choses commençant doucement à changer. Enfin, disons qu'il était prévu au programme de ses nouvelles résolutions qu'elle travaille plus sur son passé. Ce qui allait être fait, bien évidemment.
    Alors certes, la Lieutenante avait toujours voulu changer de médecin. Mais là, le changement était trop brutal à son goût.

    Enfin, il ne servait à rien de tergiverser dessus plus longtemps. La plante aurait sans doute été de son avis.

    - Madame Aper? Le docteur Vaärminen va vous recevoir.

    Et quand il fallait y aller... Fuir ne servirait à rien, si ce n'était payer dans le vent et recevoir une remarque acerbe de son Commandant. Les dossiers médicaux, plaies et vertus.

    C'est avec l'allure souple mais réticente comme celle d'un condamnée à mort que la Turienne prit le chemin trop familier du bureau. Elle n'eut le temps que de faire quelques pas avant d'être devancée par un Homme qui sortit en trombe. Les implants et cicatrices tranchaient avec la bienveillance qu'il s'efforçait de faire transpirer par tous les pores de sa peau.
    Un cliquètement de mandibules fut la seule réaction obtenue, si on oubliait le signe de tête alors que la femme consentait à le suivre. La porte se referma derrière eux.

    Dans la salle d'attente, la plante rejeta un peu d'ézo, brillant avec un tout petit peu plus d'éclat qu'auparavant.



    - Je vous en prie, installez-vous comme vous le souhaitez. Le canapé est à disposition, ou bien une chaise. Faîtes comme chez vous.

    Ce fut le canapé qui fut élu. Elle s'y assit, légèrement droite, jamais totalement détendue. Prête à bondir si besoin et sauter par la première fenêtre, fusse-t-elle ouverte ou non. En somme, comme lorsqu'il s'agissait de Sa'Ti.

    - Bonsoir à vous. Je m’appelle Edgar Vaärminen, ou plus simplement Roth. Je remplace le docteur Sa'Ti dans sa fonction le temps d’une semaine à peu près.

    Elle ne dit rien, se contenant de l'observer. Elle lui serra tout de même la main, comme il l'invitait à faire. La militaire ne gardait pas ses yeux sur un seul endroit. Cela aurait été malpoli. Mais elle observait, tic de son métier. Les gestes, les mimiques, les petits tressautements dans la joue ou la paupière, molle chez les Humains. Parfois, oui, elle regardait les cicatrices un bref instant avant de continuer son observation minutieuse. Ces traces étaient bien le cadet de ses soucis. A la limite, les implants appelaient à rester sur la défensive.
    Les Krogans adoraient les cicatrices. Chez les Turiens, ça n'était pas exactement le même genre d'adoration, mais plutôt la naissance d'un certain respect. Un vrai guerrier n'était pas forcément couturé de stigmate. Néanmoins, il était rare de tomber sur un vétéran à la peau aussi lisse qu'un nouveau-né. Alors certes, ce n'était peut-être pas le cas chez tous les Turiens, mais cela aidait Aper à trouver l'homme, si ce n'était sympathique, au moins intriguant. Les combattants étaient dignes du respect. Bien plus que des bleuettes aux yeux de biches roucoulant d'insupportables vérités.

    Le changement n'allait peut-être pas être un si grand mal que ça, finalement. Tant qu'il posait les bonnes questions.

    - Pourriez-vous... vous présenter à moi ? De la manière que vous préférez. Me dire qui vous êtes. Éventuellement, avec les premiers mots qui vous viennent à l’esprit. Ou même avec des gestes, pourquoi pas. Ce que vous voulez, en fait.

    - Lieutenante Ravilla Aper, actuellement assignée au vingt-quatrième régiment, armée de la Hiérarchie.

    Il sourit en réponse, comme s'il en attendait plus. Les mandibules claquèrent d'étonnement avant qu'elle ne continu.

    - Franc-tireuse, spécialisée dans les missions d'interventions et d'éliminations des cibles.

    Il continuait de sourire. Que voulait-il de plus?

    - ... Troupes au sol?, tenta-t-elle vainement, à court d'idée.

    Elle avait oublié que les Humains aimaient être étranges. Un comble pour qui en fréquentait un, avec plus ou moins d'assiduité.








    Désolée Ed pour le retard, gros blocage rp que j'espère désormais réglé!




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MessageSujet: Re: Xénothérapie   Dim 10 Avr 2016, 06:00

Xénothérapie

En laissant temporairement sa place au Finlandais, le docteur Sa’Ti lui avait également donné accès à une partie du dossier de Madame Aper. Autant d’éléments dont il lui était favorable d’avoir conscience au cours des entretiens qui s’en suivraient. « Traumatisée de guerre... » Dès qu’il lut cela, Roth sut qu’il allait en baver. À n'en pas douter, Madame Sa’Ti retrouverait bien vite sa place, sans qu’il n’ait le temps d’apporter une plus grosse pierre à cet édifice thérapeutique que ce qui lui serait donné de pouvoir supporter lui-même. Les épaules de son esprit quarantenaire fatiguaient avec le temps, peut-être pas au point de faire de lui un vieux sénile, mais tout de même. Après-tout, il avait ses propres maux à traiter, et ces derniers n’avaient pas rien à voir avec la mort et ses satellites.

Une approche neuropsychologique lui semblant ici mal appropriée, il prit un temps, en amont de ce premier entretien, pour réfléchir, se demander en quoi une autre approche conviendrait davantage, avant d’en conclure que celle de la clinique l’emporterait. Encore que, dans le cas d’un tel type de traumatisme, les choses ne devenaient pas plus simples du jour au lendemain par le miracle de l'échange verbal à lui seul. C’était toute l’essence même de l’approche clinicienne telle qu’elle lui avait toujours apparu : prendre le temps de connaitre la personne en face de soi pour pouvoir répondre au mieux à ses besoins individuels, dans une démarche empathique... Mais surtout prendre le temps.

Les solutions immédiates qui se proposaient à Madame Aper - depuis un moment déjà - ne l’épargnaient pas d’un traitement médicamenteux, notamment à base de somnifères. Les psychotropes savaient certes avoir des vertus dans certains cas, en particuliers en tant que transitions, en vue d’un traitement personnalisé mieux approprié sur le long terme, mais le Finlandais ne cessait d’y voir un risque notoire d’accoutumance.

Enfin bref ! Le temps s’écoulait, tandis que la Lieutenante Ravilla Aper s’était présentée.

« Lieutenante Ravilla Aper, actuellement assignée au vingt-quatrième régiment, armée de la Hiérarchie. »

Un bref silence eut lieu, mais fut brisé avant de devenir gênant.

« Franc-tireuse, spécialisée dans les missions d'interventions et d'éliminations des cibles. »

Roth haussa les sourcils. C’était là... une description qui ne laissait pas indifférent le tireur isolé anti-matériel qu’il était, quand il ne jouait pas les apprentis sorciers.

« ... Troupes au sol ? »

« Militaire donc. Je vois. »

Le ton était loin d'être méprisant, au contraire, mais quelque chose sonnait faux dans sa voix. À dire vrai, de tous les propos péjoratifs que son père avait toujours tenu en lui évoquant l'armée, certains des plus coriaces lui étaient comme restés en travers de la gorge. Ce qui ne l'avait pas empêché d'intégrer une milice à la fin de ces études, cela-dit. Roth passa brièvement sa main cybernétique dans sa barbe, soignée pour l’occasion, songeant à ce qu’il pourrait rajouter...

« Avant de partir, Madame Sa’Ti m’a permis d’avoir accès à une partie de votre dossier. Rien de compromettant, de ce que vous me dîtes déjà. Je gage que vous êtes actuellement en permission, sans doute une occasion de vous changer les idées. Peut-être. Comment vous sentez-vous, ces temps-ci, en l’occurrence ? »

Cette dernière question qui ponctuait son intervention était l'une de celles que l'on attendait à un moment ou à un autre de la part d’un psychologue, mais comme toutes les autres à venir, ce n’était en rien une question piège. Car il n’y avait ni bonne ni mauvaise réponse.

Un bruit sourd fut produit par l’OmniTech du Finlandais, lui indiquant qu’il venait tout juste de recevoir un message. La lentille de son implant oculaire - produisant à son tour un très léger bruit électronique - se tourna imperceptiblement vers l’OmniTech incriminé avant de regagner sa position initiale. Roth n’avait pas bougé d’un cil, de sa position qui témoignait de toute l’attention qu’il accordait en ce moment même à la personne en face de lui, aussi sceptique fut-elle quant à l’image qu’il lui renvoyait.

[...]



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MessageSujet: Re: Xénothérapie   Mar 12 Avr 2016, 15:59

    - Militaire donc. Je vois.

    Claquement de mandibules. Ravilla claquait TOUJOURS des mandibules quand elle était décontenancée, ou intriguée. En l'état, c'était un peu les deux. Son médecin avait semble-t-il voulu se montrer gentil mais... quelque chose n'allait pas. Comme s'il avait tenté de feindre un semblant d'admiration caché derrière une fine couche de dégoûts. A moins qu'il ne s'agisse de l'inverse. Difficile à dire avec les Humains.
    La Turienne préféra s'enfoncer un peu plus sur son siège, bras croisé et lèvres décidément scellés. Il s'agissait d'une phase d'approche, de comprendre comment l'autre fonctionnait. Alors elle étudiait elle aussi. Comment le médecin passait sa main mécanique dans sa barbe, produisant d'imperceptibles cliquètement, venant des rouages et des engrenages qu'elle pouvait plus imaginer que réellement entendre. Comment ses yeux se plissaient, et les petites rides qui se creusaient dans l'épiderme molle en réponse.

    Les Humains avaient un côté fascinant, il fallait l'avouer. Au-delà du vieux goût d'interdit qu'ils se traînaient encore, sans vraiment le savoir, ils étaient... différent sur bien des points. Leurs sentiments n'étaient pas trahis par un mouvement de mandibules mal contrôlé ou une pupille qui se rétrécissait. Enfin, si pour ce dernier point, mais pas seulement. Ils avaient tout un réseau de muscles qui parcouraient sous la peau fine comme du papier, annonçant clairement ce qu'ils ressentaient... pour qui savait lire les messages. Ce n'était pas un art qu'Aper maîtrisait. Mais peut-être qu'un jour, elle saurait ce que signifiait un tressautement au coin des lèvres ou un soubresaut de la main.
    D'une façon vulgaire, on pouvait déjà dire qu'elle connaissait quelques signes, parmi les plus évidents.

    ...

    Elle ne préférait pas y penser pour le moment. Aussi sa pensée fut soigneusement balayée par une curiosité non feinte.

    Comme il était su, dit et répété, la militaire n'avait jamais aimé les Asaris. Alors, dans ses séances avec Sa'Ti, il n'était jamais ressorti d'autres que des aveux arrachés et un retrait froid, voir hostile dans les pires moments. Peut-être était-ce sa blessure qui la déliait ainsi, à moins qu'il ne s'agissait de la race de ce remplaçant ? Bien des questions, très peu de réponses.

    - Avant de partir, Madame Sa’Ti m’a permis d’avoir accès à une partie de votre dossier. Rien de compromettant, de ce que vous me dîtes déjà. Je gage que vous êtes actuellement en permission, sans doute une occasion de vous changer les idées. Peut-être. Comment vous sentez-vous, ces temps-ci, en l’occurrence ?

    La femme, dans d'autres conditions et à une autre époque, aurait basculé la tête sur le côté, en même temps qu'elle aurait froncé des sourcils. Mais ici, elle se contenta d'un sourire et d'un rire un peu amer.

    - Ce n'est pas tout à fait exact, Monsieur. Je suis en repos pour blessure en mission. Je m'étonne que le docteur Sa'Ti n'ait pas mentionné cela, puisqu'elle s'est rendue à mon chevet lors de mon hospitalisation.

    Ça y est, les mandibules se remirent à claquer une fois brève. Peut-être était-ce justement le but de l'Asari? Lui faire amener elle-même son opération récente et ce qui en avait découlé ? Cette chouette millénaire en aurait bien été capable. Elle voyait mal l'Homme tenter de lui tendre un tel piège.

    - Alors, pour répondre à votre question Monsieur... Je vais aussi bien qu'on peut aller lorsqu'on se remet d'un poumon perforé, lâcha-t-elle avec une neutralité perturbante.

    Puis, elle posa ses coudes sur les accoudoirs dédiés à cet effet, entrelaçant ses doigts à hauteur de son visage. Si son côté la lançait de temps à autre, elle n'en montrait rien. Un frémissement de la mandibule, tout au plus, lorsque la douleur perçait comme une lance.

    Aper n'aimait pas parler. Il fallait se battre pour lui arracher quelques mots, surtout lors d'une consultation visant à fouiller son esprit, creuser avec les ongles chaque recoin de ses secrets, gratter la surface pour tomber dans les abysses les plus sombres de ses pensées et ses doutes.

    Mais, aussi secrète était-elle, elle n'en restait pas moins une femme polie. Et joueuse, par moment.

    - Et vous Monsieur ?, questionna-t-elle avec un sourire... presque moqueur.

    Si elle avait été bavarde, elle lui aurait demandé s'il était sur la Citadelle depuis longtemps. Ou elle aurait remis sur le tapis leur brève rencontre au bar.

    Que nenni.






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MessageSujet: Re: Xénothérapie   Mer 18 Mai 2016, 10:30

Xénothérapie

Ces claquements de mandibules avaient quelque chose de tout à fait caractéristique. Était-ce un geste commun à tous les Turiens ? Que signifiait-il ? Dans le cas présent, on pouvait supposer une certaine forme malaise. Comme si la Turienne ignorait où se placer par rapport à son interlocuteur. Une situation que Roth devinait désagréable, mais à laquelle il ne pouvait pas grand-chose de plus que ce qu’il tentait déjà pour rendre cela facile. Autant dire que pour un entretien de ce type, ce n’était pas franchement gagné. D’autant plus que le psychologue remplaçant avait faux sur toute ligne.

« Alors, pour répondre à votre question Monsieur... Je vais aussi bien qu'on peut aller lorsqu'on se remet d'un poumon perforé. »

« Madame Aper, je... Veuillez m’excuser, je suis sincèrement navré pour ce malentendu. »

À leur première rencontre, Ravilla semblait certes traverser un période difficile physiquement, mais pas à un point donnant à imaginer que l’un de ses poumons avait été perforé. Une méprise que le Finlandais ne se pardonnait pas. Comment le docteur Sa’Ti avait-elle pu omettre de mentionner une telle chose ? Cela le dépassait complètement. S’il ignorait le rapport qu’entretenait Madame Sa’Ti avec sa patiente, il n’en demeurait pas moins que celle-ci se trouvait en face de lui en ce moment-même, et qu’il devait assumer cet état de fait.

« Le dossier était assez... obscure, à vrai dire, quant à ce que j'ai pris pour votre permission. Enfin bon, ça ne m’excuse en rien. »

Roth toussota, signifiant par là sa gêne.

« En tout cas je suis désolé de l’apprendre, pour votre poumon. Je vous souhaite un bon rétablissement. »

De belles paroles ne guérissent pas tout, mais dans les meilleurs des cas, elles y contribuent. Un peu. Roth connaissait mal les Turiens, en règle générale. Non pas que ces derniers ne l’intéressaient pas, tout au contraire, mais les occasions de les "étudier" n’étaient pas si fréquentes. En cela qu’il n’en connaissait que très peu personnellement. Si lui ne s’opposait pas à aller vers eux, ce n’était pas toujours réciproque. Peut-être fallait-il blâmer cette vieille querelle du Premier Contact qui existait entre Humains et Turiens et ne savait que trop bien renaître à partir d’un rien. Ou peut-être était-ce dû à la méfiance que provoquait son apparence. Ou bien les deux, très certainement.

« Et vous Monsieur ? »

Sortie de son contexte, la question sortait de nulle part, mais elle lui était bel et bien adressée. Et fait, la Turienne ne faisait que retourner la question qui lui avait été posée un peu plus tôt. Son sourire circonstanciel fut contagieux.

« Honnêtement, j’ai connu de meilleurs jours, mais dans l’ensemble ça va. Merci. »

Après tout, il n’y avait aucune raison qu’il soit le seul à poser les questions. La plupart des psychologues font face à des questions de la part de leurs patients et c’est naturel, souvent des questions autrement plus compliquées à satisfaire que celle-ci en l’occurrence.

« Votre dossier mentionne une prise régulière de somnifères. Comment décririez-vous la qualité de votre sommeil en ce moment ? Pratiquez-vous ou envisagez-vous la pratique d’une activité annexe susceptible d’améliorer vos conditions de sommeil ? »

Beaucoup de choses passent par le sommeil, et les études démontrant l’importance de ce dernier ne se comptent plus. Se changer les idées est une chose, bien dormir en est une autre.

« Par ailleurs, il semble que vous consommez beaucoup de café. Or le café à forte dose est reconnu pour défavoriser le sommeil. À consommer avec modération de préférence, donc. »

Sans pour autant vouloir s’improviser en prétendu expert du bien-être, Roth croyait tout de même en ce qu’il avançait. Ceci-dit, il n’était peut-être pas le mieux placé pour parler de modération... et ça, même Ravilla le savait. Au fil d’un de leurs précédents palabres, elle avait eu l’occasion de se douter que quelque chose ne tournait pas rond à ce niveau-là.

[...]



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MessageSujet: Re: Xénothérapie   Dim 19 Juin 2016, 23:04

    Son sourire à lui avait quelque chose de plus doux et moins moqueur. Comme s'il n'avait pas pris ombrage de ce revers ou qu'il ne l'avait pas remarqué.

    - Honnêtement, j’ai connu de meilleurs jours, mais dans l’ensemble ça va. Merci.

    La Turienne ne répondit rien en retour. Il n'y avait rien à répondre de toute façon. Pas même un vague acquiescement à faire, une grimace ou quoi. La femme restait stoïque car il n'y avait aucune autre réaction à attendre de sa part. Elle se contenta de reprendre son observation, fixant l'Humain, passant des cicatrices aux yeux, aux cheveux, à tout ce qui titillait sa curiosité. Toujours avec cette ferme idée que, s'il l'étudiait, elle avait le droit légitime de l'étudier en retour. Mais lui avait de quoi questionner plus en profondeur, ce foutu dossier emplit de ses antécédents et de son état actuel.
    La mine se renfrogna alors que le docteur parlait des somnifères.

    - Votre dossier mentionne une prise régulière de somnifères. Comment décririez-vous la qualité de votre sommeil en ce moment ?

    - J... Bien. Globalement. J'essaye d'éviter les somnifères. Un demi-cachet si je me réveille et que je ne réussit pas à me rendormir.
    Le résultat tend à être... meilleur.


    Mmpf. Elle parlait plus qu'avec Sa'Ti. Ses mandibules cliquetèrent un instant. Elle baissait trop sa garde, à moins qu'elle l'avait surtout trop haute depuis qu'elle avait été "obligée" de consulter. Il ne fallait pas qu'elle se prenne la tête avec ça mais... tente de se détendre? Face à un psychologue et un dossier qui pouvait être amené à être consulté plus tard? Peu de chances.

    - Pratiquez-vous ou envisagez-vous la pratique d’une activité annexe susceptible d’améliorer vos conditions de sommeil ?

    La militaire leva un sourcil, réfléchissant à la réponse la plus politiquement correcte qui lui venait à l'esprit. Pour s'aider, elle parcourut le bureau des yeux, s'arrêtant sur les livres de papiers, si rares à trouver de leurs jours et si luxueux, la plante dans un coin, avant de revenir à l'Humain et son sourire qui se voulait rassurant. Il l'était dans un sens. Mais Ravilla était Ravilla, et elle se comportait toujours comme si une mine allait exploser dans peu de temps au moindre faux pas.

    - Je danse parfois, souvent lorsque je sors boire un verre. Je... suis assez détendue après ça, mais je ne pense pas pouvoir dire que cela améliore particulièrement mes conditions.
    J'ai parfois moyen de passer... "une bonne nuit".


    Les guillemets étaient faciles à entendre. Au moins n'avait-elle pas parlé de l'origine de la "bonne nuit". A moins que Sa'Ti ait noté les visites d'Adrien à l'hôpital... Merde. Cette fouine aurait été foutue de mettre son nez dans cette histoire. La santé de sa patiente avait bon dos lorsqu'il s'agissait de commérage.

    Par politesse, ou parce qu'il se réservait le plaisir de foncer sur le sujet plus tard, il resta sur la question du sommeil, mais dans un autre registre.

    - Par ailleurs, il semble que vous consommez beaucoup de café. Or le café à forte dose est reconnu pour défavoriser le sommeil. À consommer avec modération de préférence, donc.

    La femme avait l'air offusqué, comme si ce qu'il venait de dire était une offense. Certes, il avait été prouvé que le café avait effectivement un effet qui empêchait de bien dormir mais... Il parlait du café merde!

    - Je bois ce qu'il faut en quantité suffisante, répondit-elle sèchement.

    Elle finit par reprendre, un peu moins agressive.

    - Croyez-moi, il y a une différence entre avoir du mal à s'endormir et se réveiller en pleine nuit à cause...

    Elle s'arrêta, sans désir de continuer davantage. A la place, elle recommença à observer le bureau. Avant, elle avait pu botter en touche, mais là... Lui demander comment était son propre sommeil aurait été stupide; parler café débile et il était hors de question qu'elle commence à sortir des ragots ou des questions sur la vie de son interlocuteur.

    A la place, elle fit ce qu'elle savait faire de mieux.

    A savoir garder le silence.






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