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 De Sang et d'Acier

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De Sang et d'Acier
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MessageSujet: De Sang et d'Acier   Jeu 12 Nov 2015, 18:54
Intervention MJ : NonDate : Septembre/Décembre 2200 RP Tout public
Ravilla Aper
De Sang et d'Acier




    Base militaire de Palaven





    Ils étaient tous alignés dans la cour, le regard fier et le visage droit. Personne ne bougeait, ou ne faisait mine de vouloir broncher. Pourtant, ils étaient arrivés depuis une demi-heure, et ils attendaient depuis aussi longtemps. Le soleil avait déjà commencé à décliner doucement, mais la chaleur restait importante, même pour la fin des saisons chaudes. Et malgré l'attente, le poids de leur armure qui leur pesait sur les épaules, ils étaient restés telles des statues, attendant qu'on leur donne un ordre, une indication ou qu'on leur permettre de rejoindre leurs quartiers.
    Evidemment, pas un ne s'attendait à ce qu'on leur laisse la nuit. Dans l'imaginaire de quelques-uns, ils s'imaginaient déjà attendre jusqu'au matin. Mais toujours sans montrer le moindre signe d'impatience ou de fatigue.
    Ils étaient un petit groupe; une quinzaine de personnes, tout au plus, de grades et de passés différents. Dans deux semaines, ils seraient moins. D'ici à la fin des trois mois, leur nombre aurait sans doute encore réduit.

    Sur les visages, tant féminins que masculins, on voyait des marques de toutes les planètes turiennes. Les peintures des clans de Palaven, évidemment, mais aussi de Digéris, Impéra, Pheiros, Erros et bien d'autres. Ces aspects de leur personnalité, de même que leurs traits, n'étaient finalement que des détails. Ils n'étaient pas ici pour leur apparence, ni pour la personne qu'ils étaient. Chaque personne présente en ce début de soirée l'était en raison de ses actes. Qu'ils se soient illustrés en situation de danger mortel, lors d'une mission périlleuse, en défendant des dignitaires quitte à risquer leur vie, voir même en réussissant à limiter les dégâts, il s'agissait de leur ticket pour l'entrée pour les commandos. Ce n'était pas la Garde Noire pour autant, mais cela restait un grand pas en avant pour qui souhaitait les rejoindre. Ou, dans le cas de Ravilla, pour augmenter ses chances de se faire remarquer, et celles de devenir Spectre.
    Pour beaucoup, quelle que soit la finalité, cela restait une chance unique. Personne n'allait la gâcher en se plaignant de choses aussi triviales et futiles que la fatigue ou la soif. Car tous savaient que ce qui les attendait serait bien pire qu'une quarantaine de minutes à attendre sans parler et en restant debout.

    Les ombres grandissaient dans la cour, s'étendant de bâtiments en bâtiments alors que quelques lumières, notamment dans les secteurs administratifs, s'allumaient. Il n'y avait personne d'autres qu'eux, et l'instructeur qui les observait.
    Il avait la mine sévère de ceux qui ont vu défiler les années, les générations et les visages. Cela faisait après tout presque trente ans qu'il exerçait son métier. Il avait fait lui aussi parti des commandos dans sa jeunesse. Puis, d'élève et de soldat, il était devenu professeur, de telle sorte qu'il avait, comme il le disait parfois "tout vu, tout fait". Il avait vu les volontés se faire et se défaire; assisté à la gloire de ceux dont on pensait le glas sonné, et l'échec des héros en devenir. Il avait vu les plus battants et déterminés des militaires repousser leurs limites, les plus faibles se révéler. Mais aussi les traits humbles de ceux qui reconnaissaient leur défaite, comprenaient qu'ils n'auraient pas le niveau.
    Les abandons et les échecs n'étaient pas mal vus. Ceux qui partaient ne devenaient pas des lâches honnis de tous qui avaient gâché leur chance. Les Turiens préféraient ceux qui étaient bons dans leur domaine, aussi "bas" soit-il considéré par les autres espèces, plutôt que ceux qui tentaient de gravir les échelons sans avoir ce qu'il fallait. Et connaître sa force et ses capacités étaient bien plus louée que le rang social. C'était cela, la force de la Hiérarchie.

    Dès lors, le Capitaine Vicnis se contentait d'observer sans juger. Il verrait bien qui resterait ou non, qui lutterait et montrerait les capacités nécessaires à dépasser les deux semaines d'entraînement dit "de sélection". Mais malgré toute sa patience et son expérience, il restait curieux de voir le résultat de chaque promotion.

    Il se racla la gorge, montrant ainsi qu'il commençait à s'intéresser aux jeunes gens qu'il avait en face de lui. Il leva un sourcil, attendant de voir si quelqu'un réagissait, s'il pouvait lire un signe de curiosité ou de soulagement. S'il en trouva, ce n'était que quelques bribes vite cachées ou contrôlées. Mis à part ça, tous gardaient la même mine sévère et une impassibilité toute turienne.
    Ce n'était pas étonnant. Les fortes têtes étaient rares à ce niveau.

    - Bienvenus à vous à la base militaire 74 de Cipritine.

    Autant couper court; vous savez pourquoi vous êtes là, et ce que vous avez fait pour mériter votre place. Mais ça ne suffit pas. C'est maintenant que les choses commencent.


    Il commença à faire des allers-retours devant le groupe, continuant de parler, laissant ses yeux se promener d'un individu à l'autre. Il s'agissait d'un petit coup de pression, utilisé depuis la nuit des temps, mais toujours efficace. Alors pourquoi s'en priver?

    - Vous avez montré des capacités au combat, à la gestion des groupes, dans votre domaine... Tout qui pourrait laisser à croire que vous méritez de passer à un niveau supérieur. Il s'agit désormais à vous de le prouver!

    Il s'arrêta soudainement, jeta un regard à la recrue devant lui. Elle ne moufta pas, bien que ses pupilles se rétractèrent légèrement sous le coup de la surprise.
    Vicnis reprit sa marche, d'une façon peut-être légèrement plus nonchalante qu'avant.
    Le groupe lui semblait prometteur.

    - Durant les deux prochaines semaines, vous allez être poussés jusqu'aux extrêmes limites de vos capacités. Vous les surpasserez, ou vous partirez.
    Qui abandonnera l'entraînement pourra repartir dans sa faction d'origine. Ceux qui seront blessés, et croyez-moi qu'il y en aura, pourront prétendre à une place lors de la prochaine session afin de poursuivre la formation.
    Ceux qui réussiront jusqu'au bout...


    Un sourire mi cruel, mi goguenard dévoila les dents aiguisées du Capitaine.

    - ... Pourrons passer aux choses sérieuses.

    Certains cachaient mal leur excitation, mais tous semblaient motivés à bloc. Bien. C'était même très bien.

    - Vous avez cinq minutes pour prendre vos paquetages et revenir ici. Départ en navette pour les Montagnes. Les retardataires seront considérés comme déclarant forfait.
    On se bouge!


    C'était le signal que tous attendaient, le début des choses sérieuses et de l'épreuve de force et de volonté. Pas un n'arriva en retard, évidemment. Les navettes décolèrent dans la nuit naissante. Derrière eux, la base éclairée ne semblait plus qu'être un point sur la terre, avant qu'elle ne disparaisse totalement de leur vue.






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MessageSujet: Re: De Sang et d'Acier   Dim 06 Déc 2015, 12:52

    Forêt de Palaven





    Le poing levé brutalement fit s'arrêter toute la compagnie. Comme un seul homme, ils profitèrent des épaisses fougères de la forêt pour se camoufler à moitié, attendant les ordres, observant. Il y eu un long moment durant lequel seul le silence, percé parfois par quelques cris de la faune locale, régna. On tendait l'oreille, cherchait à repérer un bruissement de feuille, une branche qui se casse... Tout qui aurait pu prévenir d'une présence. Plus que ça, d'une présence intelligente. Mais il n'en fut rien. Dans le doute, le chef du groupe fit signe à deux éclaireurs d'aller plus en avant. Aux autres, il fit signe de rester baissés, suivant sa propre consigne. L'opération devait bien se passer; mieux valait se montrer prudent plutôt que trop confiant. C'était la dernière des deux semaines de sélections, ce qui entendait d'une part de finir en beauté. De l'autre, parce que c'était Ravilla qui en était à la tête.
    Derrière elle, elle sentit une vague de soulagement émaner de ses troupes. Ils profitaient de ce moment de répit pour se reposer. Vu la position du soleil, ils devaient être au milieu de l'après-midi. Ils étaient partis à pied voilà presque trois heures. Cela n'aurait été rien de très grave s'ils n'étaient pas partis directement après cinq heures d'entraînement intensifs et sans avoir le temps de manger ou souffler. La plupart avait avalé leur gamelle rapidement, profitant des instants tels celui-ci pour cela. D'autre avait pris le parti de continuer à avancer le ventre creux, à l'instar d'Aper, se contentant de l'eau de leur gourde ou de coupe-faim, histoire de tenir le coup. Bien évidemment, ils ne se laisseraient pas affamer. Mais ils n'allaient pas non plus se retrouver les mains prises, l'arme au flanc alors qu'il existait des risques de se faire surprendre. Ils trouveraient bien un moment, quitte à attendre la fin de leur mission.

    Les éclaireurs finirent par revenir, glissant parmi la flore avec le plus de délicatesse et de discrétion possible. Leur supérieur les regarda, leur adressant un signe du menton, sourcils froncés et mandibule claquant par deux fois. Ils répondirent d'un signe négatif mais, par une série de mouvement des mains, indiquèrent que l'objectif n'était plus très loin. Moins d'un kilomètre de là. L'un d'eux grimaça toutefois tout en mimant avoir vu plusieurs système de défense activés. La Turienne jura doucement. Voilà qui compliquait l'affaire.
    Leur objectif était une prise de position stratégique. Un centre de commandement - bien que fictif - qui transmettait directement les informations à des troupes au sol ainsi que divers chasseurs et vaisseaux pouvant entrer dans l'atmosphère. Dans le scénario, elles étaient plus loin à l'Ouest, en marche vers le champ de bataille. Ce n'était pas tant cela qui les intéressait plutôt que les commandes d'engin explosifs qui s'y trouvaient. Assez pour faire exploser les principaux spatioports où se situaient une grande partie de la flotte ennemie, de même que quelques bases militaire parmi les plus importantes. Prendre le centre signifiait réduire au moins de moitié les forces ennemies, et plus tôt il serait entre leurs mains, plus tôt leur victoire serait assurée.
    Néanmoins, les défenses étaient préoccupantes, selon le type dont il s'agissait.

    D'un signe, elle adressa à ses hommes qu'ils tenaient cette position pour le moment. Rodés à l'exercice, ils se mirent en position. Une partie assurait la défense, à moitié cachés sous les immenses fougères. D'autres s'installèrent plus loin, à portée de voix, s'assurant de pouvoir prévenir les autres s'ils apercevaient une patrouille ennemie. Enfin, parmi ceux qui restaient, se créèrent des binômes. Ceux qui le désiraient pouvaient se rouler en boule dans un coin, grappillant quelques minutes d'un sommeil relatif alors que leur camarade veillait sur eux, prêt à les réveiller en cas de besoin. Ce n'était pas interdit, tant que le soldat était capable de se défendre dès qu'il le fallait; c'était la raison pour laquelle presque tous dormait avec leur fusil d'assaut contre eux. Quelques-uns en profitaient pour engloutir rapidement leur gamelle, leur arme à portée de mains.
    Ravilla, quant à elle, s'avança prudemment à travers la forêt. Elle se déplaçait en silence, comme on lui avait toujours appris, veillant à ne pas faire frémir les feuillages plus que nécessaire, jusqu'à pouvoir voir le campement adversaire de ses propres yeux. A travers les arbres, elle distinguait des reflets de métaux, sans doute les tourelles. Ou les bâtiments; difficile d'en être certaine. La Turienne jeta un œil à l'arbre qui se trouvait à côté d'elle. Il était doté de plusieurs branches basses, pouvant lui permettre d'escalader et d'avoir une meilleure position de vue.
    Les Turiens n'étaient pas par nature d'excellents grimpeurs. Ils restaient agiles, mais leur poids pouvait les handicaper lorsqu'il s'agissait de prendre appui sur des branches fragiles. Ce que leur carapace leur offrait comme protection les dévaluaient dans d'autres domaines. Un peu comme dans le cas de la nage. Pourtant, ce n'était pas impossible. Plus problématique dans le cadre de l'escalade. Carrément "moche" pour la natation d'après certains.

    La femme vérifia la solidité des rameaux qu'elle pouvait atteindre avant de sortir de son barda deux lanières servant à assurer sa sécurité. Puis elle commença son ascension d'une façon plus rapide qu'on aurait pu le croire. Bien mauvais était le franc-tireur incapable de se hisser vers les meilleurs angles de tirs, ou souffrant milles maux pour cela.
    Par moment, la militaire délaissait ses protections, grimpant sans filet. Parfois il fallait mieux s'en passer plutôt qu'être ralenti par eux. Même lorsqu'elle manqua de tomber alors que son pied glissa, l'obligeant à pousser sur ses bras pour se hisser, tâtonnant du bout de la botte pour trouver une nouvelle prise. Elle savait ce qu'elle risquait mais continuait tout de même. Il n'était pas rare d'avoir un ou deux morts lors des entraînements commandos. Ceux de la Garde Noire étaient pires niveau statistiques. Et dans les deux cas, ceux qui se faisaient blesser d'une façon plus ou moins grave étaient légions. La seule différence qui existait entre les exercices et la réalité étaient les balles, tirées à blanc, ainsi que certains explosifs qui étaient remplis de plâtre. Tout le reste était sanctionné de la même façon, qu'il s'agisse d'une chute ou d'un mauvais mouvement.


    Elle finit par atteindre son objectif, se situant à une dizaine du mètre du sol. D'ici, au travers le faîte des arbres, elle pouvait distinguer bien plus clairement le bâtiment. On pouvait dénombrer sept tourelles, réparties en cercle autour, dont deux qui gardaient la porte d'entrée. Il y avait sans doute d'autres pièges aux alentours, qu'il faudrait désactiver. Le centre était dans une pseudo clairière qui supposait marcher moins d'une dizaine de mètre à découvert. Il restait encore des feuillages sur quatre ou cinq mètres, ce qui entendait d'avoir un couvert pour au moins cette distance. Mais pour le reste...
    Les mandibules frémirent alors que l'esprit s'échauffait. Il y avait une solution, comme pour tout, mais qui n'excluait pas le danger. Et les chances de réussites pouvaient augmenter avec un peu de patience.
    Relevant la tête, la femme examina un instant le ciel qui commençait à rougir. Une heure, tout au plus, pour qu'ils se préparent et que les ordres soient donnés. C'était largement réalisable.


    ***



    Le Lieutenant Aper claqua de la langue, indiquant qu'il était l'heure. Le temps n'était pas encore à la pénombre totale, mais plutôt une semi obscurité. C'était suffisant pour eux. Le groupe se remit en marche, à moitié couché dans les herbes et les fougères, avançant aussi prudemment qu'à leur habitude. Durant l'attente, ils avaient aperçu plusieurs rondes, dont une qui était passé presque au milieu d'eux sans les voir. Pourtant, au moins dix soldats étaient prêts à leur sauter dessus à ce moment-là pour les neutraliser. Mais ils avaient continués sans rien remarquer, traçant leur chemin dans la forêt jusqu'à disparaître au loin. L'atmosphère était restée tendue après ça. Il suffisait d'un seul faux pas pour que toute l'opération soit un fiasco, et la disparition d'une patrouille aurait suffi à faire retentir l'alarme. On sentait la tension qui animait chacun alors que petit à petit, ils se rapprochaient de la fin.

    Lorsqu'ils arrivèrent à la lisière des bois, ils profitèrent des bosquets pour observer les changements de situation. La différence notable était les projecteurs qui balayaient la zone. Ils étaient fins et en perpétuels mouvements, pour éviter de permettre à des vaisseaux ou troupes ennemis de repérer les lieux. Ils avaient donc préféré sacrifier une bonne vision des alentours pour gagner en discrétion. C'était une tactique.
    En plus de cela, il y avait quelques silhouettes qui allaient et venaient sur les toits, profitant du faisceau lumineux pour voir.

    Derrière sa supérieure, allongée comme les autres, l'experte technique Maryk lança une détection technologique. Afin de ne pas se faire repérer, elle passa par un programme détectant les ondes électromagnétiques. Son signal était trop faible pour être perçu, mais elle pouvait lancer plusieurs détections étalées dans le temps (au moins une dizaine de secondes d'intervalles) afin de voir si ce qu'elle captait était d'origine organique ou technologique, ainsi que la position exacte. Une fois qu'elle récolta les données, elle les transmit à ses collègues, sur leur omnitech. Ces derniers avaient d'ailleurs étaient passés en mode furtif; la lumière qu'ils émettaient était faible et terne, leur permettant tout juste de voir ce qui était écrit.

    Comme on pouvait supposer, la zone était couverte de plusieurs mines de proximité. Elle était cependant assez distante les unes des autres pour permettre de se frayer un chemin, pourvu qu'on marche avec un radar et dans la plus grande prudence. Elles s'arrêtaient à peu près à trois mètres de la base, pour éviter de causer des pertes parmi les troupes, si jamais quelque chose provoquait l'explosion. Il était donc possible de se déplacer en rampant dans les hautes herbes sur quatre mètres, puis de pouvoir courir librement sur trois, ce qui laissait trois autres mètres à découvert et entre les explosifs.
    Dangereux, mais faisable.

    Parmi la quinzaine d'hommes qu'elle avait, Aper était la seule à avoir reçu une formation de franc-tireur depuis le début. Elle n'était donc pas à sa première mission où elle devait réussir à se glisser d'un point à un autre sans se faire voir. La seule nouveauté était les explosifs à éviter. Ainsi, elle avait pris la décision d'être celle qui se glisserait jusqu'aux tourelles. Une fois là-bas, il était prévu qu'elle serve de "relais" entre l'omnitech de Maryk et le système de défense, à défaut de pouvoir s'en occuper elle-même. Il était évident que ce genre de sécurité demandait un haut niveau de connaissances informatiques, que peu de gens pouvaient se targuer d'avoir.

    La militaire confia son Phaëton et son Kyrase à un des soldats, ne gardant sur elle que son Paladin pour se défendre. Elle aurait besoin d'être légère; c'était tout juste si elle n'hésita pas à retirer son armure.
    Puis, elle commença à ramper. Centimètre par centimètre, son scan allumé qui lui passait devant le visage, éclairant parfois faiblement les feuilles mais fort heureusement trop faible pour être perçu de loin. Elle s'arrêtait souvent. Dès que l'éclairage passait sur elle, la femme cessait le moindre mouvement, les yeux levés vers les toits, attendant de voir si elle avait été vue. Elle retenait son souffle, plaquée au sol, attendant que la pénombre revienne. Puis, elle reprenait sa route. Elle se figeait aussi lorsqu'il lui semblait être trop proche de la zone d'une des mines. Elle regardait l'image biper faiblement d'un rouge carmin. Puis, doucement, elle se déplaçait sur la gauche ou la droite, voir faisait mine de reculer, jusqu'à ce que les lumières s'arrêtent avant d'essayer un autre chemin. Il lui fallut plusieurs revirements et faire un peu le chemin en sens inverse avant qu'elle n'atteigne finalement les dernières limites de la flore. Arrivé à ce niveau, elle coupa son omnitech. Même avec un éclairage risible, il y avait des risques d'être vue. Elle serait guidée par la technicienne, qui lui dirait où aller ou s'arrêter, écoutant ses moindres remarques, lui faisant une confiance absolue.

    Ravilla attendit que le projecteur passe une fois de plus sur son abri, puis elle progressa à nouveau, à moitié accroupie. Elle avait observé les va-et-vient de la lumière et savait qu'elle pouvait progresser une dizaine de secondes sans avoir à enclencher son camouflage optique. Même si elle devrait progresser plus rapidement qu'avant, le timing restait serré. Elle pouvait rester difficilement visible durant trente secondes, une minute au maximum, si elle économisait chacun de ses gestes et avançait précautionneusement, évitant à la batterie de se décharger trop rapidement. Dix secondes étaient un luxe qu'elle ne pouvait pas se permettre de perdre.

    La marche repris ainsi. La Turienne avait le sentiment d'être une funambule qui progressait sur un fil et dont le moindre coup de vent s'avérait fatale. Dans son oreillette, elle entendait sa collègue lui souffler le chemin, la poussant tantôt à faire un pas de côté, tantôt à faire demi-tour, tantôt continuer.
    Comme prévu, elle enclencha son camouflage un peu avant que le faisceau ne passe sur elle. Les quelques éclairs qui crépitèrent lors de la mise en place furent noyés dans le flot de lumière. Mais elle ne s'arrêta pas pour autant, continuant inexorablement, attendant l'information salvatrice, celle qui l'informerait qu'elle pouvait se précipiter. Elle finit par arriver, juste avant que la batterie ne s'éteigne, la rendant à nouveau visible.

    Aper n'attendit pas d'avantage et parcourut les derniers mètres baissée à la vitesse la plus rapide qu'elle pouvait avoir dans cette position jusqu'à la tourelle. Elle se tapit à son pied, enclencha son omnitech et le posa contre le métal, permettant de réduire au maximum la distance entre son appareil et les câbles électriques qui se trouvaient à l'intérieur. Dans son oreillette, on l'informa que l'opération était en cours. Etant donné qu'elle passait par un "relais", l'experte aurait besoin d'une vingtaine de secondes, voir une trentaine, presque le double qu'à son habitude. Si ce n'était pas étonnant, cela n'en restait pas moins contraignant. Durant un temps qui lui sembla indéfiniment long, le cœur battant à ses oreilles, aussi tendue qu'un arc, la femme glissa son regard tout autour d'elle, à l'affût du moindre signe de débuts d'emmerdes. Même si elle était à l'abri du projecteur, rien ne l'empêchait d'être vue par une patrouille ou surprise par un soldat qui l'avait repéré et se glissait derrière elle. A moins qu'il ne fasse que sonner l'alarme. Dans tous les cas, cela aurait marqué la fin de l'opération, les obligeant à un assaut frontal potentiellement destructeur.
    Fort heureusement, il n'en fut rien. Maryk réussit à pirater le système, inscrivant leur signature omnitech (factice, bien évidemment) comme étant acceptée par les tourelles. Ils ne seraient pas pris pour cible si ces dernières les percevaient. Elle en avait aussi profité pour désactiver une partie des mines, leur laissant tout un couloir pour passer. Il leur suffit d'attendre que la lumière finisse de balayer ce secteur pour qu'ils se précipitent au pas de course jusqu'à l'autre bout, après avoir vérifié que personne ne regardait dans cette direction.

    La Lieutenante reprit ses armes et adressa un signe de tête en guise de remerciement à celui qui les lui avait portées. Puis, elle et trois de ses hommes se calèrent contre le mur, faisant la courte échelle à leurs collègues, dont Maryk. Le bâtiment n'avait qu'un étage et en prenant un peu d'élan, sautant et se faisant aider, ils purent rapidement atteindre les toits. Méticuleusement et dans le silence le plus absolu, le trio entreprit de neutraliser les quelques hommes qui patrouillaient, laissant à la technicienne le champs libre jusqu'à l'antenne où elle se connecta. Dès que l'assaut serait mené, elle couperait les communications satellites. Ou plutôt, elle créerait une "boucle d'information" venant de l'intérieur. Ce genre de bâtiment envoyait des signaux réguliers, souvent préenregistrés, pour faire savoir s'ils étaient sous le feu ou si tout allait bien. De cette façon, elle éviterait qu'une demande de renfort ne soit envoyée, ou bien une attaque aérienne, coupant leurs ennemis de toute aide et évitant que leur mission ne soit complexifiée par une arrivée imprévue.
    Ceci fait, les deux soldats redescendirent vers leurs autres collègues. Ils venaient de neutraliser une patrouille de quatre soldats alors que ceux-ci venaient tout juste de tourner à l'angle du bâtiment. Un autre soldat était en train de pirater une porte de service alors que ses collègues attendaient que les battants s'ouvrent. Ils étaient prêts, n'attendant plus que le chuintement des portes comme signal.

    - Qu'est-ce que...?

    - Maintenant!, ordonna la supérieure.

    Une grenade flash fut jetée à l'intérieur, aveuglant ceux qui se trouvaient là, puis le groupe commando infiltra les lieux. Sans l'ombre d'une hésitation, ils progressèrent dans les locaux, "abattant" tous ceux qui se trouvaient sur leur chemin sans le moindre signe d'hésitation. Ceux qui étaient touchés restaient immobiles sur le sol, feignant la mort alors qu'ils observaient les tactiques de leur camarade.
    A chaque salle, lorsqu'ils entendaient des bruits et percevaient des mouvements, ils envoyaient une grenade incapacitante avant de pénétrer et réduire toute forme de menace à néant. Petit à petit, ils nettoyèrent l'endroit, trouvant par la même occasion la salle qu'ils cherchaient. Il s'agissait d'une immense salle où se trouvaient auparavant sept gardes, plusieurs techniciens et gradés, désormais tous au sol. Au milieu se trouvait une console et derrière elle une carte holographique, indiquant les positions de leurs troupes, ainsi que de celles de leurs ennemis. Sur la gauche se trouvait plusieurs écrans, ainsi que les commandes pour les explosifs.

    Aper ne garda avec elle que trois hommes. Les autres membres de sa division partirent finir d'exterminer toute forme de résistance ou de menace.
    Pour sa part, elle prit soin dans un premier temps d'envoyer les informations à son propre supérieur, rôle que jouait ici leur instructeur. Les cartes, positions des régiments, derniers échanges écrits et vocaux enregistrés ainsi que les effectifs furent envoyés sans plus de détails que leur propre contenu. Puis, elle se dirigea vers les commandes qu'elle reprogramma pour viser les objectifs, à savoir les statioports ainsi que divers bases militaires, parmi les plus importantes connues. Il y eut un bref message, indiquant la présence de civils et demandant confirmation de l'envoi, après qu'elle eut reprogrammé les mots de passes et autorisations grâce à Maryk qui venait de les rejoindre.

    La Turienne ignora le message. Si l'armée avait bien pu lui apprendre une chose durant toute sa carrière, leçon qui fut renforcée par l'attentat sur Palaven, ainsi que ses deux semaines dans les commandos, c'était bien qu'on ne gagnait pas de guerre et n'aidait personne en faisant dans le sentimentalisme.

    Elle confirma l'envoi des missiles. Sur l’écran, un message s'afficha, indiquant que l'ordre avait été bien accompli.






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MessageSujet: Re: De Sang et d'Acier   Mar 12 Jan 2016, 21:54

    Base militaire





    Ravilla recula dans un grognement, la douleur tintant comme une clochette dans sa mâchoire droite. Il ne fallut pas longtemps avant que la voix de l'instructeur ne fuse de quelque part sur sa droite.

    - Aper, je peux savoir ce que vous foutez? Vous êtes là pour vous battre, pas pour prendre le thé. Concentrez-vous!

    - Chef, oui Chef!

    Elle reprit sa garde, jambe droite légèrement avancée, mettant un peu plus de poids sur la pointe, prête à bondir. Si elle gardait le visage fermée, la Turienne restait pourtant amère. L'entraînement tirait vers sa fin, et la moindre des choses à dire était qu'elle ne s'était pas particulièrement démarquée. Loin de là. Cela devait être la seconde fois qu'elle reculait suite à un assaut et que sa défense en pâtissait. Il fallait qu'elle se concentre.
    Face à elle, le Turien restait stoïque, adopta lui aussi une garde haute. Il avait cependant déséquilibré son poids vers l'arrière, indiquant qu'il préférait partir sur une stratégie plus basée sur le recul que sur l'attaque. Il ne faisait pas mine d'être perturbé par l'analyse minutieuse dont il faisait l'objet. Au contraire, il ne semblait pas s'en soucier. Et il continuait de la regarder dans les yeux. Ou tout du moins de chercher son regard. C'était la base de tout combat évidemment. Mais en tant que sniper, Aper avait surtout l'habitude de décrypter les mouvements de sa cible. Sa position, sa façon de bouger, les petits gestes inconscients qui indiquaient là où elle pensait aller, ce qu'elle envisageait de faire. Garder ses pupilles sur un endroit fixe était le meilleur moyen de rater ces signaux.

    Pour l'instant, ils ne bougeaient pas, immobiles et silencieux. Ils s'étudiaient, prêts à attaquer. Tendus. A vrai dire, tout le monde l'était. Même pour de simples entraînements, aucun des militaires ne se détendait réellement. D'autant plus que la rigueur de l'instructeur ne faisait que les pousser d'avantage.
    Dur, il l'était. Il trouvait des critiques, même aux meilleurs. La vivacité avec laquelle il les prononçait était bien l'unique indice quant à la satisfaction qu'il éprouvait envers eux. Et rares étaient ceux qui ne recevaient de lui qu'une critique douce-amère sur un petit détail insignifiant. La plupart du temps, sa voix claquait comme un fouet, sanctionnant la moindre erreur qu'il captait. Et il les voyait toutes à l'entendre.
    Il rôdait autour des rings, observant sans cesse, se glissant d'un duo à l'autre comme une ombre, profitant de la largeur de la salle et la petitesse des arènes pour déambuler. Il aurait pu rappeler un requin par moment, si la moindre personne avait pris la peine de se concentrer sur lui. Mais sa seule présence suffisait à les dissuader de détourner le regarde de leur adversaire.


    Il fallait bien bouger un jour. Ravilla prit les devants, profitant de son appui pour s'élancer. Un crochet du droit habilement esquivé par son adversaire. A vrai dire il n'eut pas grand-chose à faire. Juste se laisser légèrement tomber vers l'arrière, profitant de son déséquilibre. Elle s'était d'avantage attendue à un pas au moins, ou à un recul bien plus franchement marqué. C'était tout l'inverse. L'homme profita de n'être que sur un pied pour pivoter sur le côté; d'un geste qui se voulait calculé, il essaya de lui saisir le bras pour l'immobiliser. Elle ne se laissa pas faire, se jetant en avant pour éviter de lui laisser cette chance. Elle n'avait hélas pas beaucoup de marge de manœuvre. La taille réduite du ring les obligeaient à mener un combat serré, où la fuite était impossible.

    Une élite ne fuyait pas. Surtout pas dans un simple un contre un.

    Mais la femme aurait aimé pouvoir bénéficier d’un espace un peu plus grand. Au moins pour pouvoir se déplacer plus librement, mettre assez d’espace pour lui laisser quelques secondes de plus. Quelques secondes. De quoi lui laisser le temps de réfléchir, d’envisager au moins quelques possibilités, établir une stratégie. Mais là, dans ces conditions…. Il fallait réagir immédiatement. Elle se sentait déstabilisée. Et cela l’enrageait.
    Elle était dure avec elle-même. Elle le savait. Mais la chance qu’on lui offrait était unique ; il fallait qu’elle s’en montre digne. Plus que ça même ! Qu’elle se montre capable, la meilleure. Reculer ainsi face à l’un des majors de leur promotion ne faisait que lui donner l’impression qu’elle était loin derrière. C’était faux, la Turienne le savait. Au tir il n’était pas rare qu’elle atteigne le haut du tableau. Son score global était l’un des meilleurs de son groupe.
    Pourtant, elle n’arrivait pas à s’en satisfaire. Encore moins alors qu’elle ne faisait que parer les coups avec une maladresse qui s’accroissait avec le temps. A chaque fois que la militaire faisait mine de vouloir répliquer, son adversaire reculait, esquivait voir feintait pour reprendre l’avantage.

    Leur danse enragée continua un moment. Petit à petit, Aper perdait du terrain. Ses gestes se faisaient moins souples, moins rapides ou précis. Elle finissait par parer au petit bonheur la chance, abandonnant l’idée de forcer une ouverture, préférant s’assurer qu’elle tiendrait la distance.

    Elle sut qu’elle avait perdu au moment même où ses yeux furent attirés par un mouvement sur sa droite. Elle bloqua le coup de poing d’un bras, grimaçant alors que la force se répercutait dans ses muscles. Lorsqu’elle tenta de lever sa jambe droite pour parer le coup de genou, il était trop tard.

    - FIN DE L’ENTRAINEMENT

    Le coup ne vint jamais. Immobilisé à quelques centimètres de sa peau, le Turien interrompit gracieusement son geste. Il la remercia d’un signe de tête, puis quitta le ring comme les autres. La salle se désemplissait petit à petit, chacun allant chercher ses affaires, boire un coup et se changer.

    La militaire attrapa sa bouteille, dépitée. Elle avait tenu jusqu’au bout, évitant d’être touchée durant la dernière série.
    Pourtant ce n’était pas une victoire. Plutôt l’amer constat d’une défaite qui n’avait même pas pris la peine d’être réalisée.


    ******




    Les bruits familiers du mess n’empêchaient la militaire de se concentrer. Enfin, pouvait-on plutôt dire d’essayer. Son échec de tout à l’heure continuait de hanter une partie de son esprit. Elle se racla la gorge et entreprit de reprendre sa lecture. Face à elle, un plateau à moitié touché reposait, froid. Elle ne faisait même plus mine de picorer par ci-par là. De toute façon elle n’avait plus d’appétit. A contrario, cela ne l’empêchait pas de boire beaucoup et régulièrement. Soit que le sport l’avait épuisé, soit qu’elle cherchait à noyer une partie du feu qu’elle couvait intérieurement. Dans ce dernier cas, la méthode qu’elle utilisait était pour ainsi dire inefficace.

    Un toussotement léger essaya d’attirer son regard. Pari réussi puisque la Turienne finit par lever les yeux pour les poser sur un confrère. Grand, plus épais qu’elle pour la même taille, les épaules larges, l’homme tenait un bol de café dans chaque main. Face au regard circonspect, il finit par lui adresser un signe de la tête. Il l’agrémenta d’un claquement de mandibule on ne peut plus cordial. Rien chez lui ne respirait l’hostilité. En tout cas jusqu’à ce qu’on le voit sur le terrain ou à l’entraînement. Là, il changeait du tout au tout.

    - Lieutenant, la salua-t-il. Je peux m’asseoir ?

    - Faites donc Major.

    Refermant son livre, sa supérieure lui fit signe de s’installer. C’était inutile de se forcer ; lire la même ligne pour la cinquième fois lui avait mis la puce à l’oreille. Ce n’était pas aujourd’hui qu’elle réussirait à avancer dans ce manuel de stratégie. Tant pis.
    Elle ramena le plateau jusqu’à elle. Son ancienne place fut très vite occupée par la tasse fumante. L’odeur était celui d’un café filtre d’une qualité médiocre mais Ravilla n’était pas en état de faire la fine bouche. Sans aller jusqu’à évoque une sensation de manque ou de besoin vital… Disons simplement que par moment, un bon café améliorait tout et adoucissait les humeurs.
    Sinon… Il fallait bien reconnaître que certains faisaient des efforts.

    Ici, on pouvait tout de même attribuer au bol qu’il contenait ce qui se rapprochait le plus de la définition de café. Même si on parlait de la définition trouble de quelqu’un qui n’en avait jamais bu mais tout juste vaguement eu un aperçu. Une fois. De loin. En plein brouillard. Et par une nuit sans lune.

    Il fit tout de même l’affaire, même s’il n’enleva rien à l’air maussade d’Aper.

    Gaus prit un instant pour choisir ses mots. Il finit par adopter l’art ancestral du « Allons-y et on verra bien », art à la délicatesse subtile et étrangement partagé par les trois-quarts des habitants de la Galaxie. Une loi universelle l’attribuait d’ailleurs plus souvent aux hommes qu’aux femmes, mais uniquement par sexisme.

    - Dur matinée ?

    Le silence seul aurait été suffisamment éloquent. Mais qu’il soit interrompu par un soupir et un hochement de tête… Voilà qui était inattendu. Il était rare que l’officier se laisse aller à une telle démonstration.
    Les deux s’étaient rencontrés très tôt au début de leur aventure. Ils avaient eu l’occasion de faire quelques entraînements ensemble (que ce soit contre ou alliés). C’était évidemment lui qui avait fini par l’aborder. Et puis, profitant de l’effet de surprise, il avait réussi à lui offrir un verre. Si sa tentative de départ c’était soldé par un échec retentissant (et qui aurait pu être cuisant s’il s’était montré un tant soit peu insistant), ils avaient pris l’habitude de se voir par moment. Au début des petites discussions sans grandes importances, les soldats étaient rapidement devenus amis. Un peu grâce à son entêtement à lui, un peu parce que, dans le fond, la femme n’était pas si asociale que ça. Distante oui, doté d’un sens des relations professionnelles encore plus féroce, mais consciente de l’importance du travail d’équipe et du respect de ses coéquipiers.
    Quoiqu’il en soit, c’était bien la première fois que son ami la voyait dans un tel état depuis les bientôt deux mois et demi qu’ils se fréquentaient quotidiennement. Sur les nerfs plus d’une fois mais jamais aussi abattue.

    - Vous voulez en parlez… ?, tenta-t-il innocemment, comme s’il ne s’agissait que d’une proposition naïve.

    - Entraînement.

    Il avait déjà un bout de réponse. Il aurait dû ramener une cafetière entière. Le résultat aurait été plus probant.

    - Mauvais ?

    - Très.


    Les mandibules cliquetèrent alors que son cerveau s’activait, repassant les différents emplois du temps qu’il connaissait. Aper n’était pas la seule Turienne d’un groupe différent du sien avec laquelle il s’était liée d’amitié, mais il pouvait se targuer d’avoir une bonne mémoire. Et surtout une mémoire très bien organisée.

    - C’était le corps à corps, c’est ça ? Echauffements, Rings, un contre un en free fight ?

    Soupire renouvelé. Il s’approchait du but. De toute façon il était difficilement crédible que la Turienne soit affectée par autre chose. Elle faisait partie des meilleurs éléments du tir (surtout à distance longue) et n’avait pas à rougir dans les autres domaines, même si, comme le prouvait ce moment, tout n’était pas parfait partout.
    Gaus grimaça.

    - C’était si terrible ?

    Il y avait terrible et terrible. Chez Ravilla, tout ce qui n’était pas parfait était exécrable. Mais cette fois-ci s’était peut-être révélée pire que les autres. Allez savoir.
    L’homme attendit patiemment qu’on lui réponde, tapotant des griffes sur sa tasse vide.

    - Oui, finit-elle par soupirer. J’ai passé l’entraînement en duo avec le Sergent Agados. Parmi les meilleurs de notre section.
    Si je n’ai pas été mise à terre à la fin, c’est uniquement parce que l’entraînement s’est terminé avant, lâcha-t-elle avec amertume.


    Le tapotement régulier s’interrompit un instant avant de reprendre. Cette fois-ci il ne pouvait pas nier que c’était effectivement mauvais. Surtout en gardant en tête que la Lieutenante visait toujours le haut du tableau. Ne pas réussir à tenir, même si c’était compréhensible, n’était à ses yeux qu’un échec.
    Dans un coin de son esprit, Nazadas se promit de ramener toute la cafetière la prochaine fois.

    - Nous pourrions peut-être nous entraîner ensemble durant les temps libres, tenta-t-il après un moment de silence. Dans le meilleur des cas vous trouvez vos défauts et vous pourrez vous améliorer. Dans le pire… Vous saurez au moins que vous êtes meilleure avec un canon entre les mains que sans !


    Le regard noir qu’il reçut scella leur accord.



    *******





    Gaus sautillait sur place, lançant une série de petit coup dans le vide. Les rings étaient presque vides, mais pas totalement. D’autres groupes avaient eu la même idée qu’eux et s’entraînaient au-delà des heures obligatoires. Avec une politesse implicite, chacun avait réussi à prendre un terrain de façon à s’isoler des autres. Ainsi aucun duo ne se retrouva collé à un autre, leur laissant la possibilité de discuter en paix. A moins de parler fort et de façon exaltée, il était difficile d’épier les discussions. De toute façon, personne n’avait une telle chose en tête.

    Ravilla se mit en position face à l’homme, adoptant sa garde habituelle. Il hocha la tête, visiblement satisfait avant de se mettre lui aussi en place.

    - Cinq minutes de combat libre. On voit ensuite ce qui ne va pas. C’est bon pour vous ?


    Hochement de tête, très vite suivit des coups. Ils ne parlèrent pas durant tout le temps que cela pris, trop concentré. Lui d’observer tous les défauts qu’il pouvait noter, elle de montrer ce qu’elle savait faire, les dents serrées.
    Nazadas avait l’avantage d’être lui aussi le major de sa section, notamment au corps à corps. Il appréciait la proximité et la violence qui en résultait. Plus jeune, alors qu’il n’était encore qu’un garçon, il avait grandi dans des quartiers peu famés de sa planète d’origine. Il avait le choix de se battre ou se faire battre ; ses pas s’étaient naturellement portés vers la première option. Depuis, l’homme avait démontré un certain talent que l’armée avait aidé à développer. Et s’il pouvait l’utiliser pour une cause qui se voulait plus noble, alors autant en profiter.

    Il contra un coup de poing, tordit le bras de la femme et l’obligea à s’arrêter. Tout en douceur, simplement pour lui faire comprendre qu’il aurait pu gagner.

    - Le temps est écoulé.


    Il relâcha sa prise, faisant comme si de rien était. Face à lui, sa compagne faisait de même. Ou plutôt essayait. Les yeux ne mentaient pas.
    Il la laissa boire un peu avant de s’éclaircir la gorge.

    - Votre technique n’est pas mauvaise. A peaufiner sur certains points mais globalement, elle est bonne.
    Votre problème porte plutôt sur le regard. Vous avez des habitudes de sniper, ça se voit. Vous portez trop votre attention sur les petits détails au point d’en oublier le reste.

    Le regard
    , fit-il tout en tapotant sa tempe d’un doigt, le plus proche possible de son œil. C’est le plus important. Sans un regard posé au bon endroit, impossible de bien voir le coup venir. La façon de voir les choses comme vous le faites est sans aucun doute parfaite à distance, mais à proximité… Ça ne vaut rien, sans vouloir vous offenser.
    Regarder son adversaire dans les yeux la plupart du temps, c’est l’une des clefs.

    Et puis… Vous n’y allez pas assez à l’instinct.


    Il se remit en place, comme sa collègue, sans cesser de fixer ses prunelles.

    - Vous avez hésité plus d’une fois. En plein cœur du combat, c’est inutile de trop réfléchir. Pire, ça peut vous mettre en danger. Une seconde d’hésitation peut suffire à vous faire perdre.
    On recommence ?

    - Allez-y.

    Cette fois-ci, l’échange fut plus rapide et un peu plus correct. Ça n’empêchait pas Gaus de reprendre la Turienne de temps à autre, tout en continuant à se battre.

    - Votre regard. Plus… comme ça oui.

    N’hésitez pas, allez-y !

    Le…


    Le Turien fléchit sous le coup. Il finit par se redresser, les mâchoires écartées révélant ses dents aiguisées. Il souriait, se tenant la mandibule du bout de doigts.

    - Et bien, vous voyez que vous prenez le pli…, lâcha-t-il face au regard d'or, plein de défi.






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De Sang et d'Acier
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MessageSujet: Re: De Sang et d'Acier   Dim 31 Jan 2016, 11:03

    Canyon de Palaven





    Le vent glissait dans la plaine, grondant autour des rochers, mordant le vide de ses crocs invisibles avant de s'arrêter dans un sifflement à l'orée du bois. Ce n'était pas une forêt large et luxuriante, emplie d'arbres épais et millénaires, mais bien un bosquet de joncs chétifs et métallisés, ayant réussi à pousser bon gré mal gré dans l'étendue rocailleuse. Il s'étendait là au milieu de la plaine semi-désertique, se frayant un chemin jusqu'au pied de la montagne et des canyons. Derrière eux se tenait l'objectif, perdu quelque part dans une crevasse, caché des cieux et de l'essentiel des radars.
    Le soleil n’était pas très haut dans le ciel. L’après-midi devait être tout juste entamée et le froid repoussé par la présence de l’astre. Elle avait encore un peu de temps devant soit, ne serait-ce que pour faire quelques repérages.

    La Turienne profita de cet abri bienvenu pour faire une pause. Elle débarrassa ses épaules de la lanière de son sac et du poids de son fusil avant de retirer son casque. Par habitude, elle passa sa main sur sa tête, effleurant sa crête semi-formée pour mieux retomber sur les écailles de son cou. Elle se sentit un peu moins fatigué, comme si ce simple geste avait suffi pour exorciser sa fatigue.
    Elle prit soin de dissimuler ses affaires près d'elle avant de se nicher dans un creux situé entre une pierre et un de ces arbres fins. Ses racines s’accrochaient au bout de terre, tombant parfois dans le vide infime qui existait, mais il tenait bon. On pouvait dire que même la végétation avait un côté obstiné sur Palaven…
    Sur le dos, s’aplatissant du mieux qu’elle pouvait sur le sol, Ravilla se permit de souffler avant de boire quelques gorgées de sa gourde. Elle n’avait plus sa lourde armure de d’habitude mais une combinaison renforcée, conçue pour la discrétion et les déplacements plus silencieux qu’à l’accoutumé. Sans parler de l’agilité dont elle devrait faire preuve.
    Le regard doré parcourut l’ensemble de la chaine montagneuse au loin. Il lui restait encore du chemin à faire. Une demi-heure de marche, tout autant voir le double d’escalade. Il ne valait mieux pas traîner.

    Quelques rayons de soleil passèrent au travers des cimes alors que le vent soufflait un nuage qui les dissimulait jusqu’à présent. C'était une belle journée pour une mission. Et même si elle n'avait pas le temps d'en profiter, la militaire se laissa un court instant pour respirer profondément. Puis, sa soif étanchée et son repérage terminé, elle remit son casque avant de récupérer son paquetage.
    Lentement mais sûrement elle traça sa route à travers les arbustes et les buissons, écoutant les bruits du monde qui l’entourait. Le bois vivait agréablement, mais ce n’était pas les chants ni les cris de la faune qui l’intéressait. Elle épiait des mouvements et des murmures venus d’espèces plus intelligentes que celles vivant normalement ici. Par excès de prudence, elle avait aussi allumé son scanner et l’utilisait pour confirmer et infirmer ses soupçons quant à la présence d’ennemis éventuels. Mais ils ne semblaient pas avoir voulu se déployer au-delà des montagnes, sûrement pour éviter de se faire repérer. Il y avait une certaine logique, laquelle avait en plus l’avantage de lui laisser une marge de manœuvre plus libre. Cependant, elle ne baissa pas sa vigilance pour autant. Ils pouvaient très bien se trouver à l’entrée du canyon, avoir placé des capteurs ou même des mécas.

    Il lui valait de toute façon mieux être doublement méfiante étant donné qu’elle était seule. Les commandos et élites se retrouvaient rarement sans compagnon à leur côté. En général, si ce n’était pas par groupe, ils travaillaient au moins en duo. C’était une constante globale, qu’on retrouvait parmi chaque espèce. C’était d’autant plus vrai pour les snipers, puisque les missions d’élimination étaient souvent longues et pouvaient parfois prendre, si ce n’est des heures, un jour. Mais il pouvait toujours avoir un moment ou un facteur qui isolait un soldat. Il était impensable d’annuler une mission à cause de la perte d’un membre, qu’elle soit partielle ou définitive. Même en dehors de ça et dans le ca de mission qui devenait suicidaire, on pouvait envoyer une seule personne ; il fallait donc faire ses preuves.
    Et puis, se plaisait à penser Aper, les missions en solitaire donnaient un peu l’impression de marcher sur les pas des Spectres.

    Ah, les Spectres… Ils étaient les rares élites à privilégier la solitude à telle point qu’il était considéré comme exceptionnel qu’ils évoluent en groupe. Parce qu’ils étaient assez fort pour gérer une situation seul, ne serait-ce que pour enquêter ou qu’ils avaient leurs membres d’équipage personnels, triés sur le volet et choisit par eux, pour les aider si le besoin s’en faisait sentir. Mais pour qu’un tel cas arrive, il fallait que la mission demande une attaque directe plutôt que de l’infiltration.
    La méthode choisit dépendait de la personne, évidemment.
    Mais les missions en solo restaient grisantes pour qui savait les apprécier.

    La Lieutenante finit par arriver au pied des canyons. Les rochers formaient des dents acérés, pointant vers les cieux, comme s’ils provenaient du cadavre d’une bête disparue et dont les os avaient séché au soleil au fil des ans. Même le reste des montagnes avait un côté bestial, rappelant sous certains angles une bête écailleuse endormie.

    Palaven lui avait manqué malgré la répulsion qu’elle ressentait toujours à son égard. La pensée avait chuchoté dans son esprit alors qu’elle fouillait dans son sac à la recherche de gants d’escalade qu’elle enfila sans s’en rendre compte.
    Treize ans après l’événement, la planète avait repris son aspect d’avant. Les cicatrices étaient encore présentes et, si on faisait attention, on se rendait compte que certains décors étaient loin d’être naturels. Un éboulis avec des traces de brûlures, un creux qui indiquait que quelque chose de lourd était tombé ou bien qu’il avait été provoqué par une explosion… C’était sans doute le cas partout ailleurs. Des traces encore fugace de l’horreur qui avait été. Y penser continuait à la dégoûter et le fait de devoir se concentrer sur son objectif lui permettait de ne pas trop s’attarder dessus.

    La Turienne commença à escalader le flanc de la montagne, vers la corniche qu’elle avait repéré un peu plus tôt.

    Même sans se dire qu’elle avait une mission à accomplir et l’idée rassurante qu’elle était au combat, elle pouvait se rendre compte que son dégoût était amoindri. Avant, il suffisait d’y penser pour qu’elle entende ses démons lui chuchoter toutes sortes de choses horribles. Sur ce qui s’était passé, ce qu’elle-même avait vécu ailleurs. C’était toujours le cas, mais elle pouvait repousser ces idées plus facilement, de même qu’elle était capable de se calmer plus rapidement quand l’angoisse lui prenait la gorge.
    Comme Palaven, elle gardait des traces du passé. Mais ces dernières commençaient à s’estomper, même si elles ne se fermeraient jamais totalement.

    Le pied de la militaire glissa mais elle réussit à se rattraper, poussant sur ses bras alors qu’elle cherchait une prise à tâtons. Lorsqu’elle la trouva, elle n’était plus très loin du bord. Elle prit son élan, s’assurant d’avoir un bon appui avant de sauter, attrapant le rebord adroitement. Elle finit de se hisser jusqu’à lui, puis commença à longer la paroi.

    Il y aurait toujours des moments, aux heures les plus noires de la nuit, où elle serait réveillée par les souvenirs et la culpabilité. Où elle serait seule avec l’écho des remords passés et pourtant bien présents. Isolée des autres par sa propre volonté.
    Mais elle survivrait. Comme toujours. Et puis, elle ne serait plus seule. Pas comme avant, même si elle chercherait à s’éloigner d’eux en de tels moments.

    Une sorte de grotte naturelle creusait la montagne. Quelques trouées dans le plafond permettaient de voir dans une semi-pénombre. La sniper s’y infiltra, lampe éteinte et avancement prudemment. Elle tapotait du bout du pied avant d’avancer, évitant ainsi de se tordre la cheville ou de se bloquer une jambe dans un des trous qui parsemaient parfois le sol.

    Elle avait encore du mal à se dire qu’elle n’était plus seule. Elle l’oubliait par moment, mais les choses lui revenaient bien vite. C’était impossible de nier à quel point la présence de Vindex ou Danora avait quelque chose de reposant. Pas toujours certes, étant donné le côté têtu et tête brûlé de son frère. Et même s’il restait hors-normes, comme quand il avait refusé la médaille, il n’empêchait pas qu’elle tenait à lui.
    Il y avait Adrien aussi. Il lui était difficile de se dire qu’ils étaient en relation, mais c’était un fait. Ils ne se voyaient pas souvent, leur profession oblige. Cependant, il restait un soutien indéniable.

    Elle guérissait en somme. Petit à petit, avec des bandages épars et hétéroclites, devant parfois rouvrir d’anciennes blessures pour mieux les laisser se refermer. Il faudrait qu’elle le fasse pour d’autres, encore profondément enfouies, bien qu’elle retarde toujours le moment.

    Un claquement de mandibule fut étouffé dans le casque alors que sa main rencontrait ce qui semblait être un cul-de-sac. La luminosité était trop faible pour lui permettre de bien voir. Ravilla avait donc préféré longer les parois, ses doigts sur la pierre pour mieux se rendre compte des passages et de là où elle allait. Il ne lui restait plus qu’à faire demi-tour.
    Ses recherches finirent par lui faire trouver une fente dans la roche, quelques mètres plus loin. Un passage étroit qu’elle vérifia avec sa torche avant de l’emprunter. Il était difficile de s’y glisser ; il lui fallut se contorsionner pendant quelques secondes pour qu’elle puisse passer. Elle faillit se tordre la cheville dans l’opération mais finit par s’extirper tant bien que mal.

    Une brise vint caresser son casque. Elle ne pouvait pas le sentir mais il était facile d’imaginer la fraîcheur venir de l’extérieur. Palaven restait une planète chaude et les températures hivernales devaient se situer au-delà d’une quinzaine de degré. Il faisait pour le moment bon, bien que la grotte soit bien plus froide que l’extérieur.
    Comme un papillon attiré par une flamme, la Turienne suivit le courant d’air. Elle plissa des yeux lorsque la lumière du soleil perturba sa vision. Il ne lui fallut pas longtemps pour se réhabituer et sortir au grand jour. La corniche s’arrêtait brusquement à deux mètres de la sortie. Quelques pierres tombées et d’autres en équilibre marquaient la délimitation avec le bord. La base se trouvait plus loin en contre-bas, nichée dans une vallée creusée à même la roche. En partie par le temps, en partie par des machines. L’ouverture du bâtiment principal disparaissant partiellement dans la montagne ; à son pied se situait une large cour dans laquelle était entreposées quelques caisses et véhicules. Si on observait bien, on pouvait repérer une tourelle dissimulée sur la gauche et une seconde, toute aussi discrète, sur la droite.
    Il n’y avait pas besoin de plus de surveillance. La seule façon de rejoindre la caserne était, pour une armée en tout cas, d’emprunter le dédale de ravins naturels. Qu’importe la formation, un régiment pouvait être repéré de façon quasi immédiate et massacré à distance grâce aux tourelles. Ils ne s’attendaient sans doute pas à devoir affronter une unité, seule et prudente. Ce qui était une erreur tactique pour les uns offrait un avantage pour les autres – en l’occurrence Aper.

    La militaire profita d’un rocher un peu plus imposant que les autres pour y prendre couverture et sortit une paire de jumelle. Son introspection rapide lui permit de voir plusieurs silhouettes. Des patrouilles et des gardes, mais rien qui n’indiquait la présence de sa cible. Quoi de plus normal ; elle n’était pas censée arriver avant une à deux heures.
    Ce battement lui permit de s’installer. Dans un premier temps, toujours sur son promontoire, elle passa sa couverture optique sur ses épaules avant de grimper. Le principe était à peu près le même que le camouflage, à la différence que moins perfectionné. Partant sur un principe de réflexion de l’environnement, elle était faite pour les missions d’éliminations, celles qui demandaient à son porteur de rester immobile un long moment. Dès lors, les mouvements étaient facilement repérables, pour peu qu’on regarde dans la zone. Mais c’était suffisant pour le moment ; au moins cela lui évitait-il d’être d’avantage repérable.
    Puis, elle escalada quelques mètres de pierre, plantant ses griffes dans le moindre creux qui puisse servir d’appui, jusqu’à ce qu’elle puisse arriver au sommet d’une des collines de roc. De là elle put s’allonger. Entre deux pierres, la Lieutenante réussit à planter un dispositif de sécurité, lequel lui permettrait de descendre en rappel une fois la balle tirée. Ensuite, avec une lenteur toute calculée, elle plaça son Kyrase de façon à ce qu’il soit le plus stable possible. Il avait été matifié, tout comme ses autres armes, afin d’éviter qu’un rayon de soleil mal placé ne s’y reflète et dévoile sa position.
    Après quoi, elle attendit.

    Esprits que Ravilla appréciait ce moment. Le calme avant la tempête, l’appréhension mêlée à l’excitation. Et puis surtout, ce silence… Au loin on pouvait entendre les échos ténus des soldats de la base, portés par le vent. Il y avait par moment des éclats de voix alors qu’un ordre était donné ou que quelqu’un avait parlé un peu trop fort. Parfois, ce n’était presque que des murmures que chuchotaient les Esprits du mistral à son oreille. C’était le sentiment d’être seule au monde, mais dans le bon sens. Cette impression tenace d’être à l’écoute de tous les Esprits, un peu à la fois hors du monde et du temps.
    Si on lui avait demandé, la Turienne n’aurait jamais pu vraiment l’expliquer. Tout ce qu’elle savait, c’était qu’elle se sentait bien dans ces instants. Sereine, vivante, le fusil à l’épaule, doigt sur la gâchette alors qu’elle s’apprêtait à tuer. C’était peut-être ironique, mais elle s’en foutait bien.

    Le temps passa alors qu’elle profitait. Son corps avait beau être tendu, ses entraînements lui avaient appris à ne pas s’en soucier et détendre assez de ses muscles pour être capable de tirer.
    La détonation retentit enfin, quelques secondes après qu’un Mako ne soit arrivé difficilement jusqu’à la base.

    La soldate courait déjà quand l’alerte fut donnée.






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