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 Serenity, mais pas sérénité

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Messages : 102

MessageSujet: Serenity, mais pas sérénité   Ven 02 Oct 2015, 00:00
Registre Galactique des espèces
Deruuk Khätk

Informations primaires

Sexe : Mâle
Race : Butarien
Âge : 73 ans
Faction : Indépendant
Poste / Grade : Contrebandier
Parenté : /
Situation maritale : Célibataire
Planète d'origine : Kar'Shan


Histoire

-On y est...

La porte extérieur du sas du SSV Providence s'ouvrit, laissant échapper dans le vide l'air qui était à l'intérieur. Aussitôt cet air expulsé, Deruuk entra dans la petite pièce désormais libre de tout oxygène. Malcolm Baldwin en profita pour prendre une petite pause. Accroché à la paroi du vaisseau, il se retourna pour observer l'espace. On ne voyait que le noir infini, tacheté de blanc. Un vide sombre et froid contrasté par ces points de chaleur et de lumière, le tout se mélangeant dans un spectacle magnifique. Il n'entendait rien d'autre que le son de sa respiration, calme et reposée, qui rythmait la scène. Clairement, il ne connaissait pas d'autre vue plus agréablement sereine. Un sourire s'échappa de ses lèvres lorsqu'il remarqua que le docteur Ledra n'était pas du tout du même avis. Impatient, il collait Khätk aux talons. Le salarian ne comprenait pas le plaisir que l'on pouvait trouver à rester dans un endroit où, au moindre hic, on pouvait mourir dans d'atroces souffrances avant de pouvoir dire 'ouf'. Deruuk se retrouva devant la porte intérieure du sas, qui était également verrouillée.

-Mal ! Arrête de rêvasser et vient ouvrir cette porte.
-Oui chef !

Malcolm leva les yeux pour jeter un coup d’œil à Serenity qui, tel un gardien, flottait doucement au dessus d'eux. Il se projeta à l'intérieur et atterrit directement contre la porte fermée, les yeux déjà rivés sur son omni-tool. Ledra regardait frénétiquement autour de lui.

-Eh, doc, ça va ?
-Hein ? Bien sûr que non ça ne va pas ! Nous sommes dans l'espace ! Ça ne peut pas bien aller !
-Le doc à peur du vide, se moqua Malcolm sans quitter son omni-tool des yeux.
-Riez donc ! Nous verrons bien qui rira le plus lorsqu'au moindre hic, votre combinaison se fissurera ! En un couple de secondes, votre sang entrera en ébullition, et dans le double de ce temps, vous pourrez vous ressentir vomir vos entrailles par vos orbites, désormais libres après que vos globes oculaires aient explosés !

Malcolm regarda Deruuk en souriant avant de se remettre au travail.

-Allons, doc, les combis sont solides...
-Ah ! Me voilà rassuré ! Ainsi, si nous avons un problème, plutôt que de mourir instantanément dans d'atroces souffrances, je me verrai me battre contre la suffocation pendant plusieurs heures avant de mourir par manque d'oxygène, seul au milieu du grand rien ! Et encore ! Cela n'arrivera que si je ne rentre pas en collision avec un objet, comme un astéroïde, ou bien encore une planète ! Oh, oui, ça serait le pied, je pourrai ainsi mourir enflammé dans la combustion spontanée de mon entrée en atmosphère !
-Relax, doc, je vais vous l'ouvrir, cette porte... répondit Baldwin d'un air mesquin.
-Je ne comprends pas pourquoi vous avez tant tenu à ce que je vienne avec vous.
-Qui sait, il y a peut-être encore des survivants à bord, et ils ont peut-être besoin d'attention médicale. J'ai enfin un médecin dans mon équipage, je compte bien en fait usage.
-Après autant de temps ? Impossible ! Et puis quand bien même il y aurait des survivants, vous pensez vraiment qu'ils nous laisseront piller leur cargo ?
-S'il y a des survivants, ce que je doute, alors ils nous paieront cher pour leur sauvetage et la sauvegarde de leur cargo. Mais aucun signal de détresse n'a été émis, je pense qu'on devrait avoir la voie libre. Et par pitié, ne dites pas piller. Nous récupérons simplement ce dont personne n'a besoin.

La porte extérieure du sas se referma et Baldwin regarda autour de lui l'air consterné.

-L'intelligence virtuelle est désactivée...
-Désactivée ?
-Oui... mais je ne pense pas que ça été fait manuellement.
-Hm... Etrange. Réactive-là, mais sois sûr de ne rien déclencher d'imprévu.
-Oh, pas de soucis...

Une voix se fit entendre.

-Dé...ation...ours...bou...as...
-J'ai réactivé les systèmes primaires, du moins ce qui n'était pas trop endommagé.

L'air s'engouffra dans le sas de tous les cotés, et les trois hommes retombèrent sur leurs pattes dans un bruit sourd. La porte s'ouvrit et ils entrèrent sur le pont. Malcolm déverrouilla son casque, ce qui fit sursauter le docteur.

-Eh ! N'enlevez pas votre casque ! On ne sait pas si c'est sûr !

Pour toute réponse, Baldwin enleva son casque et prit plusieurs grandes bouchées d'air avant de regarder Ledra d'un air mesquin.

-Votre expertise, doc, c'est les corps. Moi, c'est les machines. Si je dis que l'air est respirable, c'est que c'est le cas.

Deruuk enleva son casque à son tour avant de jeter un coup d'oeil autour de lui. Les lumières, vacillantes, étaient presque toutes endommagées. Aucun dégât matériel majeur pouvait être constaté, et surtout, on ne voyait aucun corps.

-Comment ce vaisseau s'est-il retrouvé dans cette situation, seul dans le vide, alors qu'il n'y a personne à son bord ?

Baldwin regarda autour de lui et se dirigea vers le poste de pilotage.

-Je vais voir ce que je peux tirer de ça, capitaine, vous devriez vous diriger vers le cargo.
-Essaie de réparer ces foutues lumières.
-Oui chef !

Deruuk regarda Ledra, qui avait toujours son casque. Ce dernier lui lança un regard désespéré avant de finalement enlever son couvre-chef. Les deux compères se mirent en route avant de rapidement tomber sur un couloir plus sombre que sombre. Le capitaine posa deux doigts à son oreille.

-Baldwin.
-*Capitaine ?*
-C'est le noir complet ici. Tu as trouvé une solution ?
-*Hmm... pas encore, mais je nous ai trouvé un problème. On dirait que le vaisseau a été victime d'une décharge électromagnétique.*
-Et en français ça donne quoi ?
-*Imaginez une bombe qui n'affecterait que l'électronique, et qui foutrait en l'air à peu près n'importe quel système électrique non protégé.*
-D'où le fait que personne n'ai envoyé de signal de détresse, mais ça n'explique pas pourquoi on n'a trouvé personne sur le chemin. Pas un corps, pas une âme, rien.
-*Quelque chose ne va pas, capitaine. Faites attention.*
-Roger. Fais venir Graam, juste pour être sûr.
-*Aye Aye, capitaine.*

Il allumèrent leurs lampes torches accrochées à leur épaule avant de se remettre en route.

Au même moment, assis les pieds sur la table, un krogan somnolait doucement. Un son se fit entendre émanant de l'ordinateur posé sur la table. Le krogan ne bougea pas. Le son se répéta encore, et encore, jusqu'à ce que l'énorme masse finisse par se remuer. Dans un grognement sourd, la bête se releva et appuya sur une touche du clavier. La voix de Baldwin se fit entendre.

-*Eh ben mon cochon ! T'as pris ton temps !*
-Ferme-là, Mal...
-*T'es toujours aussi désagréable, hein ?*
-Un jour je te tuerai, Malcolm Baldwin. Et à ce moment là, tu comprendra ce que désagréable veut réellement dire.
-*Un jour, Graam, un jour.*
-Qu'est-ce que tu veux, Mal. Tu ne m'as pas appelé pour ça.
-*Le capitaine te veux à bord.*

Le krogan resta un instant dans le vide à regarder sa main.

-Je viens armé ?
-*A toi de voir.*

Il referma son poing en souriant d'un rictus effrayant. Deux minutes plus tard, il terminait de s'équiper. Il verouilla son casque et attrapa un M-300 Claymore qu'il chargea d'un geste brusque de la main. Il ouvrit le sas du Serenity et attendit impatiemment que la porte extérieure s'ouvre. Il se projeta en direction du Providence et s'écrasa lourdement contre la porte du sas quelques secondes plus tard.

-Mal ! J'y suis, ouvre la porte.

La porte s'ouvrit, et Graam entra sur le pont. Baldwin, allongé sous le poste de commande en train de triturer des fils et des câbles, s'adressa à lui sans même se relever.

-T'es réveillé, toi ?
-La ferme, Mal. Je dormais pas.
-Mais bien sûr. T'as bien rêvé d'une belle krogan aux formes généreuses ?
-Non. J'ai rêvé de t'exploser le visage en mille morceau et de repeindre Serenity avec ta cervelle en utilisant pour seul outil ce fusil à pompe.
-Je paierais cher pour voir ça.
-Quand tu veux, mon chou.


Pendant ce temps, le capitaine et le docteur Ledra avançaient en direction du cargo dans un noir quasi total, éclairé par la simple lumière produite par leurs lampes torches. Ils passèrent devant l'infirmerie. Le salarian l’observa du coin de l’œil.

-Oh, étrange.
-Hein ? Qu'est-ce qui est étrange ?
-Non, rien.
-Doc. Qu'est-ce qui est étrange ?
-Eh bien...

Il se mit à genou et tâta le sol de la salle. Il fit de même pour les murs et finit par donner deux coups contre la paroi.

-Oui, c'est bien ce que je me disais. Les parois de cette salle diffèrent entièrement du reste du vaisseau.
-En quel sens ?
-Ce n'est définitivement pas le même matériau. Je ne vois pas de vitre ou quoique ce soit de similaire... J'ai l'impression que cette med-bay est complètement isolée. Ce qui est très étrange pour une med-bay. Mais nous ferions mieux de ne pas plus nous attarder.
-Oui, nous ne devrions plus être très loin.

Ils continuèrent sur une demie-douzaine de mètres avant de rencontrer une grande porte verrouillée.

-Merde...

Il voulu porter deux doigts à son oreille lorsqu'un son sourd se fit entendre. Quelques lumières se rallumèrent, éclairant les deux hommes, et la porte du cargo se déverrouilla. Baldwin se fit entendre.

-*Et ça, messieurs, est la façon de réparer une coupure de courant par électromagnétisme.*

Deruuk sourit avant d'entendre une voix inconnue suivie d'un son qu'il ne connaissait que trop bien. Celui d'un pistolet qui se charge.

-Hey !

Ledra et son capitaine se retournèrent lentement pour découvrir un pistolet predator dirigé directement en leur direction. Un jeune, d'une vingtaine d'année tout au plus, en habits d'officier tenait l'arme d'une main fébrile. Deruuk leva doucement les mains au ciel, suivi du docteur.

-Pas de survivant, hein ?
-Pas maintenant, doc.

Le jeune fit un pas en avant.

-Qu... Qui êtes-vous ? Que faites vous ici ? Je... Je suis armé !

De toute évidence, il savait à peine comment tenir une arme, à voir la façon que le pistolet avait de trembler entre ses mains. Cette méconnaissance de l'arme rendait, d'une certaine manière, le jeune homme encore plus dangereux.

-Doucement garçon... Tu vas tout de même pas tirer sur un vétéran de la grande guerre, hein ?
-Reculez ! Mon... Mon père est un homme important, vous savez ! Il va me sortir de là, et, et... et tout ira bien ! Reculez ! Essayez quoique ce soit et je vous promets que je tire ! Ne... Ne m'obligez pas à tirer !

Le capitaine pensa rapidement à une façon de tourner les tables. Il devait distraire le gosse pour lui prendre l'arme des mains avant qu'il ne tire accidentellement.

-Où est le reste de ton équipage, gamin ?

Soudain, le jeune sembla effrayé. Il baissa un peu l'arme et recula de deux pas. On avait l'impression qu'il allait perdre ses moyens et se mettre à pleurer.

-J'ai... J'ai tout fait pour empêcher le... le... je... je...

Soudain, sa tête explosa dans un vacarme effroyable, et des bouts de visages s'étalèrent un peu partout dans le couloir et sur Deruuk, qui avait sursauté comme jamais, et qui avait adopté une grimace affreuse lorsqu'une flaque de sang lui avait repeint le visage en une seconde. On entendit un fusil se recharger et Graam s'avança en rigolant.

-On dirait que je viens de vous sauver le cul, capitaine.
-*Capitaine ? Tout va bien ? J'ai entendu un coup de feu, là !*
-T'inquiète, Mal, j'ai réglé le problème.

Les bras encore en l'air, Deruuk resta le regard dans le vide pendant de longues secondes, avant de finalement réussir à articuler des mots.

-Graam ?
-Oui chef ?
-Tu peux m'expliquer pourquoi tu viens de massacrer un officier de l'alliance ?
-Quoi ?

Le krogan retourna le cadavre de sa victime avant de constater avec horreur le costume de cette dernière.

-Eh merde...


Une minute plus tard, on ne pouvait entendre que des cris émanant du couloir du Providence.

-Bordel de merde Graam ! Qu'est-ce qui t'es passé par la tête ?
-Mais, capitaine ! Il vous menaçait, j'ai agi !
-Combien de fois est-ce que je te l'ai répété, Graam ? Réfléchis ! Avant ! D'agir ! Mais pourquoi est-ce que tu est venu avec un putain de fusil à pompe ?
-Je sais pas, capitaine ! C'est... J'suis un krogan, c'est dans ma nature !
-Oh, bien sûr ! Parce que c'est dans ta nature, tu vas chier avec un shotgun à la main !
-J'ai pas à répondre à ça !

Un silence de gêne s'installa pendant quelques secondes, les regards portés sur le corps du jeune homme, désormais méconnaissable.

-Peut-être... Peut-être que le doc peut le, je sais pas... réparer ?
-Non, Graam, je ne peux pas 'réparer' un coup de fusil à pompe dans la tête à bout portant. Je suis médecin, pas faiseur de miracle.
-Ces humains sont vraiment pas solides, aussi.
-Graam !

Une voix de femme se fit entendre.

-*Capitaine ? On a problème.*
-Je sais, Harley.
-*Hein ?*
-Non, rien, qu'est-ce qui se passe ?
-*J'ai une frégate de l'Alliance qui fonce droit sur nous d'après les radars de longue portée. ETA cinq minutes.*
-Comment ça droit sur nous ?
-*Avec le signal de détresse, c'est normal, non ?*
-Quel signal de détresse ?
-*C'était pas prévu ?*

Deruuk regarda le cadavre qui se trouvait à ses pieds. Si l'Alliance trouvait le corps d'un de leurs officiers dans cet état, c'était fini.

-*On s'amarre et on fait bonne figure devant l'Alliance, cap ?*
-On fait rien de tout ça, Harley, on récupère le cargo et on se tire d'ici ! Aligne Serenity avec le Providence !
-*Quoi ? Pourquoi ?*
-Ne discute pas Harley ! Baldwin, ramène ton cul, on récupère un maximum de cargo et on se barre, ne prenez que ce qui est important ! Il faut qu'on soit partis avant l'arrivée de la cavalerie !
-Et que fais-t-on du cadavre, capitaine ?
-On le laisse, doc, on a pas le temps !

Baldwin arriva devant le cadavre l'air étonné. Graam lui passa devant avec une énorme caisse sur l'épaule.

-Pose pas de question, Mal.

Trois minutes plus tard, ils avaient rassemblés une demie-douzaine de caisses dans le sas du Providence. La porte extérieur s'ouvrit.

-On y est ! On va jeter les caisses directement dans la cale de Serenity !

De l'autre coté, le sas s'ouvrit et Holly leur fit signe de jeter les caisses. Sans y faire attention, Graam se projeta en direction du vaisseau, son énorme caisse à la main, et atterrit exactement là où il avait prévu. Il jeta un regard mesquin à Holly, qui lui répondit avec un sourire sincère. Baldwin et Deruuk jetaient les caisses le plus vite et le plus précisément possible, si bien que deux caisses fut perdues en chemin. Malcolm sauta et atterrit juste sur le rebord du sas, avant d'être attrapé par Graam qui le tira à l'intérieur. Khätk sauta jusqu'à l'autre coté et atterrit correctement avant de se retourner vers Ledra qui n'osait pas sauter. Le pauvre était paralysé de peur. L'idée de se retrouver plusieurs secondes dans le vide sans rien pour le rattacher au sol le terrifiait.

-Doc ! Sautez ! Je pars pas sans vous !

Ces paroles donnèrent un peu de courage au docteur Ledra qui poussa le plus possible sur ses jambes et sauta en direction du capitaine... avant de se rendre compte qu'il avait très mal sauté, et qu'il partait dangereusement sur la gauche.

-Non. Non. Non non non non non !

Il s'écrasa violemment contra la paroi du vaisseau, juste à coté de l'ouverture, avant de se faire rattraper in-extremis par Deruuk, qui le tira à l'intérieur à son tour.

-On est tous là Harley, dégage-nous d'ici !
-*Okay ! On est partis dans dix, neuf, huit...*

Deruuk couru jusqu'au poste de pilotage, jeta son casque et agrippa fortement le siège d'Harley.

-...deux, un...

L'énorme frégate sortie de la vitesse FTL et s'arrêta juste au dessus d'eux, donnant des sueurs froides au capitaine. On pouvait lire 'SSV VALIANT SWORD' sur la coque du navire.

-...zéro !

Serenity partit à toute vitesse, bien loin du cuirassé de l'Alliance.

-Ils ont pu nous identifier ?
-Je... Je ne sais pas...
-Harley ! Est-ce qu'ils nous ont identifier ?
-Non ! Non, je ne crois pas...

Deruuk se laissa tomber sur la chaise qui se trouvait derrière lui en un soupir de soulagement. Il se massa le front quelques instants avant de se relever.

-Emmène-nous à un endroit sûr. Tranquille. Je vais rejoindre les autres.
-Compris.

Il redescendit à la cale, où l'équipage terminait d'enlever leur équipement. Graam se tourna vers lui.

-Alors ?
-On est bons, pour l'instant.
-Ça veut dire quoi, ça ?
-Ça veut dire ce que ça veut dire, Graam.

Le regard noir du capitaine fit bien comprendre au krogan qu'il avait merdé, et sec. Holly s'approcha et aida Deruuk à enlever sa combinaison. Ledra s'approcha, hésitant.

-Capitaine ? Allons-nous parler de ce qui s'est pass...
-Non, doc, on ne vas pas en parler.
-Et que s'est-il passé, au juste ? Demanda Holly, avec tout l'innocence du monde.
-Em... Eh bien...
-Graam a explosé la tronche d'un officier de l'Alliance !
-Mal !

Holly eut un sursaut suivi d'un regard vide pendant quelques instants. L'air interrogatif, elle avait cru avoir mal entendu.

-Il... Il a fait quoi ?
-Il menaçait le capitaine, se défendit Graam, j'ai fait ce que je devais faire !

Pour toute réponse, Holly explosa d'un rire chaud et sincère et tapa amicalement sur l'épaule du krogan.

-Tu... Tu n'es pas en colère ?
-Pourquoi je le serais ? Répondit-elle en essuyant la larme qui avait coulé de son œil.
-Eh bien... euh...
-Allons, Deruuk, si j'avais le moindre problème avec le fait de s'attaquer à l'Alliance, je ne t'aurais pas laissé toucher au Providence en premier lieu.

Elle se tourna vers le cargo et tapa dans ses mains.

-Bon ! Ouvrons donc ces caiMgn...

Elle s'attrapa la jambe droite, vacilla et manqua de tomber, Deruuk fonça sur elle pour la rattraper.

-Ça va ?
-Oui... J'ai juste mal à la jambe.

Graam lui tendit sa canne.

-Merci, dit-elle en attrapant sa canne pour se stabiliser.
-Bon, Holly a raison, ouvrons ces caisses.

Il se dirigea vers le petit container que le krogan avait ramené. Déjà déverouillée, elle s'ouvrit facilement. A l'intérieur, une dizaine de fusils Avenger de l'Alliance étaient proprement rangés.

-Graam ?
-Oui chef ?
-Peux-tu me dire ce qui t'échappe dans la phrase 'ne prenez que ce qui est important' ?
-Mais... rien ?
-De la nourriture. Des fournitures médicales. Ça c'est important, Graam !
-Eh ! Des fusils de première qualité ça se revend super cher sur Omega !

Deruuk laissa tomber sa tête sur le rebord de la caisse dans un bruit sourd, accompagné du rire éclatant d'Holly.
Un peu plus loin, Ledra alla s’asseoir sur les marches près de Malcolm.


-C'est une belle équipe que vous avez-là.
-Hm ? Oh ! Ce n'est pas la mienne hahaha. Mais c'est un joli groupe de rebuts de la société.

Le salarian ne releva pas le commentaire. Il regardait Graam se faire engueuler par son capitaine.

-Quelle est l'histoire de ce krogan ?
-Graam ? Eh bien croyez le ou non, doc, mais Graam et moi étions mercenaires y'a quelques années.
-Vous ? Vraiment ?
-J'étais l'un des meilleurs tireurs des Soleils Bleus. Et lui probablement l'un des plus violents du Blood Pack.
-Comment vous êtes vous retrouvés ici ?
-Eh bien, après la guerre, les organisations essayaient de se relever et de reprendre du business. Sur Omega, ça bardait pas mal. Des petits groupes avaient des escarmouches un peu partout, et même quand les Talons ne nettoyaient pas les deux camps très vite, peu de survivants restaient généralement à la fin de la bataille, même dans le camp gagnant. Et puis, je me souviens, il y a trois ans...

Il prit un temps, comme pour se remémorer l'instant. Il se mordit les lèvres et prit un instant avant de lever les mains, comme pour essayer de mimer le souvenir.

-La bataille avait été courte, mais très violente. En une dizaine de minute, on avait tué presque tous les vorchas et quelques krogans. Le Blood Pack était réputé pour être des vrais tanks sur pattes, et on avait du mal à se débarrasser des derniers en vie. A ma droite et ma gauche, mes camarades étaient tous tombés au combat. J'ai perdu quelques bons amis. Mais à ce moment, je pensais plus à ma survie. On avait récupéré des boucliers impénétrables, vraiment solides. Une vraie bulle indestructible. Je m'en souviens comme si c'était hier. J'étais là, une balle dans le bas ventre, coincé dans ce bouclier que je ne pouvais désactiver. Si je le faisais, les deux krogans restants qui étaient calmement assis en face de moi se seraient fait un plaisir de me massacrer lentement. Ces deux krogans étaient Hamarsh HammerHead, un vieux maître de bataille, et notre ami Graam ici présent. Si le combat avait été long, le temps resté dans cette bulle me parut interminable. J'avais soif, et la fatigue s'alliait parfaitement à la douleur horrible qui me tiraillait le ventre. Et à ce moment, il est apparu. Le capitaine est sorti du coin de la rue nous as vu, et s'est dirigé vers nous. Il a discuté longuement avec les deux krogans, et, bien que je n'ai jamais entendu ce qui s'y est dit, j'ai vu Graam écraser la tête de HammerHead avec son propre marteau. Le capitaine est venu vers moi, s'est présenté, et m'a fait l'offre de ma vie. Un médecin et un nouveau boulot, en échange d'une obéissance totale. Ça paye mieux, et les risque de mourir sont moindre comparé aux Soleils Bleus.
-Cela me semble si difficile à croire...

Pour toute réponse, Baldwin releva son t-shirt pour laisser découvrir une cicatrice circulaire dans son bas ventre. Ledra l'observa une seconde avant d'hocher la tête, avouant son erreur. Un long silence s'installa. Ledra regardait Deruuk en train de forcer une caisse de l'Alliance.

-Pourquoi a-t-il fait ça?
-Ah... Le capitaine est difficile à cerner.
-A cerner ?
-Un moment le capitaine vous fera un grand sourire, un autre il vous menacera de vous balancer par le sas. Ne pensez jamais le connaître.
-Quelle est son histoire ?
-Ah. Hm. Le capitaine aime pas trop qu'on parle du passé en réalité. Mais si vous voulez tout savoir, le capitaine faisait partie des forces de l'ordre de Kar'Shan avant l'arrivée des Reapers. Il a fui la planète comme les autres. Mais il a très vite prit les armes contre l'ennemi. De là, si j'ai bien compris, il a combattu quelques fois aux cotés des forces unies de l'Alliance et a participé à la bataille de Londres. Pour être franc, je ne sais pas grand chose de lui de ce coté là.
-Mais comment a-t-il terminé en tant que... que... que fait-il au juste ?

Malcolm regarda Ledra d'un air très étonné, puis très amusé.

-Attendez... Le capitaine vous as engagé sans vous dire ce que vous alliez faire, et vous avez accepté ?
-Le capitaine m'a dit qu'il possédait un vaisseau sans médecin, je n'ai pas vraiment posé de question. ''Transports de biens et de personnel'' m'a-t-il dit.

Baldwin manqua d'exploser de rire, mais il contena l'éclat de celui-ci en se mettant rapidement la main sur la bouche. En pouffant, il se dit que c'était une excellente définition du travail de contrebandier. Le salarien ne comprenait pas bien le rire de son camarade, et décida de l'ignorer à nouveau.

-Oui, dit Malcolm en essuyant la larme qui avait perlé de son œil, c'est une manière de dire les choses.

Il failli repartir dans un fou rire, mais il se reteint.

-Pour répondre à votre question, continua-t-il, notre capitaine bien aimé est un criminel pour les forces de l'ordre butariennes.
-Vraiment ?
-Eh bien... Oui et non. Il y a de cela quelques années, les journaux ont fait la une. Le fils d'un haut dignitaire de la Nouvelle Hégémonie avait été assassiné par un groupe terroriste.
-Je ne m'en souviens pas...
-L'histoire avait rapidement été étouffée. C'était l'histoire officielle, mais la vérité était tout autre. Deruuk Khätk était un officier dans une colonie non loin de Kar'Shan, appréciant le calme et la sérénité que lui offrait son poste, un repos bien mérité après la Grande Guerre. Je pense que ça devait faire sept ou huit ans quand un jour, il aurait reçu un tuyau anonyme. Les terroristes avaient pour plan de faire s'écraser un vaisseau gréé d'explosifs au cœur de la capitale. Si c'était vrai, on estimait les pertes d'une centaine de milliers d'innocents. Trois jours plus tard, un vaisseau non identifié entra dans le système et se dirigea à vitesse réduite en direction de la colonie. Deruuk fonça au seul système de défense de la colonie, un canon orbital. D'après le tuyau, les explosifs seraient nucléaires. Ainsi, si l'explosion se faisait dans l'atmosphère, on aurait pu dire bonjour à un Tutchanka 2.0.
-Et donc ? Que s'est-il passé ?
-Un autre tuyau. Le fils du dignitaire se serait trouvé à bord. Porté disparu depuis des semaines, le tuyau donna espoir à son père, qui ordonna qu'on aborde le vaisseau pour le sauver. Mais il était clairement impossible de sauver les deux, le temps manquait. Ainsi, il fallait faire un choix. Le fils du dignitaire, ou la colonie.
-Et ? Ensuite ?

Malcolm regarda le capitaine avec un regard plein d'admiration.

-Il ignora tous les ordres qu'on lui avait donné, et fit exploser le vaisseau avant qu'il ne pénètre dans l'atmosphère. Assassinant un batarien pour en sauver des milliers.
-Êtes-vous en train de me dire que le capitaine est considéré comme un héros ?
-Non. Si la Nouvelle Hégémonie n'a jamais fait ébruité l'affaire ni fait de demande au conseil, le haut dignitaire le fait activement rechercher. Si on le retrouve, c'est la peine capitale.
-Vous voulez dire que la Nouvelle-Hégémonie recherche activement ce vaisseau ?
-Bien sûr que non, sinon on ne pourrait pas travailler en paix. Non, l'Hégémonie ne sait pas où le capitaine se trouve. De plus, il n'est clairement pas des plus dangereux, et les forces de l'ordre le savent très bien. Par conséquent, cette chasse à l'homme est menée par le dignitaire, mais de ses propres moyens. En secret si vous voulez. Du moins, c'est ce que le capitaine a conclu quand un mercenaire lui a sauté dessus avec une omniblade en criant justice au nom du dignitaire. On a juste besoin de faire attention à qui se fier. J'ai par ailleurs, hahaha, hem, tué bien plus d'innocents pendant ma vie de mercenaire que le capitaine pendant l'intégralité de son existence, ce n'est pas un secret ici. Cependant, si nous nous faisons attraper par les butariens, il est probable que nous y passions tous. Vous avez le droit de le savoir.

Le médecin prit un air bien plus sérieux.

-Je vois... mais ne vous inquiétez pas. J'ai... l'habitude, disons.
-Oh, je sens une belle histoire là dessous.
-Oui, répondit le salarien en souriant, une histoire que je vous raconterai un jour peut-être.
-Eh bien, conclua Malcolm en se relevant, si le capitaine vous a emmené à bord, c'est qu'il vous fait confiance. Et si le capitaine vous fait confiance, je vous fait confiance tout autant. Cela va de même pour le reste de ce navire.
-Le Serenity ?
-Ah, non, juste 'Serenity'. Le capitaine y tient. Je crois qu'il l'a récupéré sur Omega une année ou deux après s'être enfui de Kar'Shan. Il est arrivé avec Harley. Ou Harley est arrivée avec le vaisseau...? Je ne sais plus. Ça n'a pas vraiment d'importance. La chose à retenir, c'est que le capitaine vous fait confiance. Je ne sais pas pourquoi ni comment il vous a fait rejoindre l'équipage, mais s'il l'a fait, c'est qu'il vous fait confiance, et est persuadé que vous êtes meilleur que la moyenne. Et s'il vous fait confiance, alors moi aussi. Nous, aussi.

Malcolm se gratta la nuque, gêné.

-Je vais y aller, je crois.
-Une dernière question, Baldwin.
-Hm ?

Ledra porta son regard sur Holly, se tenant debout à l'aide de sa canne.

-Qui est-elle ?
-Ah, dit Malcolm en se rasseyant. Holly était commandant de l'Alliance. N quelque chose. Je ne sais plus combien. 6, peut-être. Enfin peu importe, il paraît qu'elle a combattu avec le capitaine pendant la Grande Guerre. Ça je ne sais pas si c'est vrai, mais je peux vous assurer que le doc qui se trouvait sur le champ de bataille lorsqu'elle s'est prise cette balle dans le genou a fait un travail incroyable.
-Pour qu'elle puisse tenir debout à l'aide d'une simple canne, il devait l'être, incroyable.
-Oui. Mais, euh, doc, ça, ça reste entre nous. Si le capitaine n'aime pas parler du passé, je vous conseille de ne même pas essayer avec Holly, sauf si vous voulez vous faire éjecter dans l'espace hahaha...

Malgré le rire, le salarien avait remarqué une certaine peur dans les paroles de son coéquipier. Sur ces paroles, Malcolm remonta les escaliers pour rejoindre sa chambre. Sur Serenity, chaque membre de l'équipage disposait d'une cabine personnelle de taille égale. Ainsi, chacun pouvait profiter de moments d'intimité et de repos, semblant nécessaire au développement d'un être – du moins si cet être tient à garder la tête saine.


Quelques heures plus tard, Deruuk entra dans le poste de pilotage et alla s'asseoir près d'Harley.


-Tu voulais me voir ?
-Capitaine, dit elle faiblement sans se retourner.

Elle tenait un journal dans la main. L'aggripant fermement, elle semblait toujours pas s'être remise de ce qu'elle venait d'y lire. Après une courte seconde d'observation, Deruuk posa la main sur le journal.

-Harley.

Elle lâcha prise, n'osant pas le regarder dans les yeux. Quelque chose n'allait pas. Il prit le journal et commença a lire l'article affiché sur le pad. C'était un article de l'ANN datant d'une heure ou deux.

« Breaking News, il y a quelques minutes, la frégate SSV Valiant Sword est rentré en port avec des nouvelles des plus troublante. Le SSV Providence a été retrouvé aux abords du système solaire Pax, complètement vidé de son équipage et d'une partie de son cargo. Le petit vaisseau, qui transportait des biens de l'Alliance, devait faire un simple chemin de la Terre jusqu'à Horizon. L'équipage était dirigé par le capitaine Sergio Meradas et secondé par le tout nouvel officier John Vincent. Son père, Marcus Vincent, ex-général de l'Alliance, avait lancé un appel à l'aide auprès des autorités, le vaisseau ayant été porté disparu il y a quelques jours. Malheureusement, une fois à bord, les braves hommes du Valiant Sword n'ont trouvé que très peu de choses, si ce n'est que le corps sans vie de John Vincent, difficilement reconnaissable. Le reste de l'équipage est introuvable, et une partie du cargo est manquante -d'après le cargo de départ, une demie-douzaine de caisses, dont un groupement de fusils. La seule piste présente, est la présence d'un cargo non identifié, qui s'est échappé juste avant de pouvoir l'aborder. Marcus Vincent a affirmé vouloir se lancer lui même à la poursuite des responsables. Des funérailles seront effectués pour... »

La batarian se laissa tomber sur sa chaise en un long soupir.

-Merde...

Harley se tourna vers lui, les yeux rouges.

-Cap, c'est vous qui... C'est nous qui avons fait ça ?

Deruuk la regarda droit dans les yeux, cherchant ses mots.

-Rassemble tout le monde dans la cantine, répondit-il après un long silence. Les emmerdes ne font que commencer.


Debout devant son équipage, le capitaine Deruuk Khatk était adossé en silence contre le bar, faisant face aux autres, assis à la table ou sur des chaises posées à coté. Malcolm était en train de terminer de lire l'article à haute voix.

-...écrit par Jana Heindahl... C'est pas la nana bien roulée d'AN...
-Mal.

Un silence s'en suivit. Deruuk pouvait sentir le regard lourd d'Harley qui pesait sur lui. Il se devait de lui expliquer ce qui s'était passé, mais comment le dire correctement ?

-Comme vous le savez tous, le Providence n'est pas un... un succès, disons.
-Un succès capitaine ? Coupa Harley l'air énervé, vous... on, a assassiné un officier de l'Alliance !

Baldwin et Deruuk se regardèrent gênés.

-Non, répondit sèchement mais doucement Graam. J'ai fait feu sur un homme qui menaçait le capitaine de mort. J'ai fait ce que j'avais à faire Harley.

Il la regarda dans les yeux mais ne put soutenir son regard, et détourna les yeux.

-Je suis désolé, conclua-t-il.

Elle sembla reconsidérer l'idée, puis se rassit en silence.

-Considère ça comme de la légitime défense, reprit Malcolm avec un sourire qu'il se dépêcha de raviser lorsque son regard croisa celui du capitaine.
-Le plus important, c'est de savoir où nous en sommes. Ils n'ont pas eu le temps de nous identifier, ils savent seulement que c'est un vaisseau de classe cargo, rien de plus.
-Tant mieux, continua Baldwin, avoir l'Hégémonie à éviter est déjà de plus en plus difficile, mais avec l'Alliance, on ne pourrait plus aller nulle part.
-Non, l'Alliance ne sait rien. Cependant... Comme Malcolm vient de le lire, nous avons un plus gros problème.
-Si j'ai bien compris, dit Ledra en levant légèrement la main, ce Marcus... Vincent ?
-A décidé de faire sa propre chasse aux sorcières, c'est ça, doc.
-N'est-ce pas un peu... illégal ?
-John Vincent est un ancien général de l'Alliance, répondit doucement Holly. Très compétent, et surtout très apprécié. Ses relations ne manquent pas. S'il voulais tuer quelqu'un de ses propres mains et s'en tirer en toute impunité, il le pourrait.
-Mais il n'est plus dans l'Alliance, répliqua Baldwin, faut pas déconner non plus!
-Je ne pense pas qu'il ait besoin de l'Alliance pour nous traquer, rétorqua Holly.
-Alors on fait quoi ? Demanda Malcolm, bien embêté.

Un long silence de réflexion se mit en place dans la cantine, avant que Graam ne donne un coup sur la table.

-Si on tue le gaillard avant qu'il ne nous tue, on pourr...
-La ferme Graam !

Deruuk avait crié, presque hurlé ses mots. S'il était humain, il serait rouge de colère. Le krogan lui-même avait sursauté. Et on pouvait lire une sorte de peur dans ses yeux. Il savait qu'il avait franchi une ligne qu'il n'aurait pas du franchir.

-Tu penses que c'est une putain de blague ? Que ta connerie va se résoudre comme par magie ? Non Graam !

Deruuk frappa les deux mains sur la table, faisant sursauter le krogan une deuxième fois.

-La prochaine fois que tu agis, ou que tu ouvres ta foutue gueule de krogan sans réfléchir, tu finis le voyage dans l'espace ! Et si je t'entends une fois te plaindre. Une seule fois ! Je...
-Deruuk.

Il se tut. Holly avait prononcé son nom avec une douceur et un calme inégalé. Après une seconde d'hésitation, il donna un coup sur la table, se recula et se retourna pour poser ses mains sur le bar. La pièce resta dans le silence pendant une longue minute.

-Videz les caisses, balancez-les dehors. Baldwin, Graam, rassemblez les fusils et effacez les emblèmes. Doc, vous rangez les médicaments. Harley, occupe toi de la nourriture. Une fois que vous avez terminé, je veux que tout le monde ait une nuit de sommeil convenable.

L'équipage se regarda un instant, puis tous se levèrent sans un mot. Chacun alla effectuer l'ordre donné par leur capitaine. Baldwin et Graam allèrent gratter les emblèmes de l'Alliance sur les fusils à l'aide de couteaux, puis les placèrent dans des caisses vides qui étaient placées dans le cargo. Pendant que le krogan se préparait à éjecter les caisses dans le vide intersidéral, Malcolm alla vérifier que tout allait bien dans la salle du réacteur. Étant le membre maîtrisant le plus l'électronique, Malcolm Baldwin était en réalité le membre clef de Serenity. Sans lui, le vaisseau aurait beaucoup de mal à avancer facilement. Le plus incroyable, c'est probablement qu'il ne s'en rendait même pas compte. A partir de là, chacun savait ce qu'il avait à faire pour les heures à suivre. Harley et Baldwin allaient se relayer au poste de pilotage pendant que les autres dormiraient dans leur cabine. De cette manière, chacun pouvait dormir correctement tout en gardant un membre à la barre, afin d'éviter tout imprévu. Harley étant celle qui restait au pilotage toute la journée, c'est Malcolm qui prendrait la première partie de la 'nuit'.



Deruuk était seul, debout dans une grande plaine. Le sol était vert, les herbes recouvraient l'intégralité du sol, et le vent caressait doucement les tiges de la nature, dessinant des lignes de nuances de vert qui couraient en direction des montages, siégeant fièrement derrière les collines, leurs pointes de blanc couronnant leur corps de pierre. Il était là. Observant la scène. Sa respiration étant la seule chose qu'il pouvait entendre, allant de concert avec le battement de son cœur, qui était la seule chose qu'il pouvait sentir. Ce battement de cœur, d'abord calme et reposé, se trouva chamboulé par un événement soudain, froid, et terrifiant. Un rempart de métal vint s'écraser violemment près du batarian. Des dizaines et des dizaines de figures se mirent à courir. Elles semblaient toutes vouloir s'échapper de ce fer de lance, d'où un son de grincement sourd et horrifiant se fit entendre. Sans réfléchir, Deruuk se mit à courir. Il suivait les figures, courant vers les montagnes. Mais plus il s'en approchait, plus elles semblaient fuir ce mouvement de peur et de terreur. Ce battement de cœur, d'abord calme et reposé, s’accélérait, se renversait, se faisait de plus en plus fort, de plus en plus douloureux. Mais son mal de poitrine et sa difficulté à respirer n'était pas sa préoccupation première. Quelque chose explosa derrière lui, le projetant en avant. Il tomba à terre, mais se releva immédiatement. Il avait échangé ses habits pour une armure de combat, et se trouvait désormais au milieu de débris de bâtiments, la nuit étant rythmée par des sons de guerre. Des explosions, des tirs, des cris. Non, pas des cris, des hurlements. Certains humains, certains de métal. Il vida son chargeur sur un cannibale, véritable abomination. Une fois fait il se tourna vers une asari qui se battait à ses cotés. Il se dirigea vers elle et voulu poser sa main sur son épaule. Soudain, tout devint trouble autour de lui. Le sol se déroba sous lui, et il tomba. Il tenta de se rattraper ou d'appeler à l'aide, mais rien n'y fit. Il tomba. Le noir total autour de lui.

Deruuk ouvrit soudainement les yeux. Allongé sur son lit, il était trempé de sueur. Il se releva et prit un moment pour reprendre sa respiration. Dans le noir, dans sa cabine, il parvenait à distinguer les formes des meubles et des différents éléments de sa cabine, impeccablement rangée. Il s'essuya à l'aide d'une serviette puis, sans allumer la lumière, se rhabilla. Il alla rejoindre le poste de pilotage, où Baldwin était tranquillement installé les pieds sur la table de commande en train de mater un magazine équivalent aux playboys de la vieille époque. En entendant le capitaine entrer, il tourna légèrement la tête, avant de se remettre à sa 'lecture'.


-Le doc a posé pas mal de questions aujourd'hui.
-Et...

Il se reprit. Il venait de se lever, et le premier son après un somme était toujours médiocre.

-Et tu lui as dit quoi ?
-Ce que je savais. Sur vous. Sur nous.
-Hm...

Le batarien resta sans rien dire. Il regardait les étoiles au travers de la vitre ultra-blindée du vaisseau, qui flottait doucement au milieu du grand rien. Dès que les autres auraient terminé de se reposer, ils partiraient à pleine vitesse, filant à toute allure vers le prochain travail, en multipliant les esquives des forces de l'ordres, comme toujours.

-Un vrai fiasco, hein ?
-Hm.
-J'ai beaucoup réfléchi...
-Sur quoi ?
-Le Providence. Ce n'était pas normal. Je veux dire, d'accord, décharge électromagnétique, ça, c'est sûr. Mais pourquoi ils ne l'ont pas réparé, et pourquoi ils ne l'ont pas dégagé ?
-Pirates ? Corsaires ?
-Mais alors pourquoi est-ce que le gamin a survécu ? Et pourquoi est-ce qu'on a aucune trace de bataille ? Ces gars-là s'asseyaient sur des caisses d'armes, ils auraient pu se défendre, mais là, rien. Quelques lumières cassées, une I.V. détraquée et un gosse traumatisé.
-Il ne l'est pas resté très longtemps.
-Il doit y avoir plus que ça.
-On verra bien.

Il resta encore quelques instants puis se releva pour sortir.

-Je nous ai mis loin des radars, vous pouvez dormir tranquille ce soir.

Pour toute réponse, Deruuk lui adressa un petit sourire forcé, puis sorti sans un mot.

Il passa devant la cabine d'Holly, puis s'arrêta. Il hésita un instant, puis donna quelques coups sur la porte.

-Entre.

Spoiler:
 

Il ouvrit la porte, et se retrouva face à Holly, allongée sur son lit, adossée contre le mur. Elle avait les yeux fermés et écoutait une musique a cappella.

-Je t'attendais, dit-elle calmement sans ouvrir les yeux.

Deruuk hésita, puis s'avança doucement.

-Tu m'attendais ?

Elle ouvrit les yeux doucement et le regarda, amusée.

-Tu cauchemarde toujours sur la guerre pendant un moment de stress, et tu viens toujours me voir après un cauchemar de la guerre, dit-elle avait un calme olympien.
-Ah, parce que je suis dans un moment de stress, ironisa-t-il en s'asseyant sur le rebord du lit.
-Deruuk...

Il hésita.

-Je repensais à Alia.
-Oh...

Il y eut un moment de silence.

-C'était la meilleure d'entre nous.
-Je... Elle...

Holly posa doucement sa main sur celle de Deruuk.

-Elle me manque à moi aussi. Harley me fait beaucoup penser à elle.
-Elle n'avait pas l'air bien.
-Elle est jeune, et encore très proche de l'Alliance. Laisse-lui un peu de temps, ça lui passera. Il m'en a fallu aussi.

Elle le regarda droit dans les yeux. Il détourna le regard.

-C'est euh... très beau.
-Ah, dit-elle en levant les yeux au ciel. De simples souvenirs. Mes parents voulaient que je participe à cette chorale religieuse...
-De là où tu viens ? L'O... L'Ostrulie ?
-L'Australie, le corrigea-t-elle en souriant. Oui. D'une certaine manière, c'est tout ce qui me reste de... là-bas.
-Tu sais qu'on peut y aller à n'im...
-Non, le coupa-t-elle. Non. Surtout pas.

Un moment de gêne et de silence s'instaura dans la chambre. Leurs regards se croisèrent à nouveau. Holly avait toujours ce regard calme et reposé. C'était un regard où se mélangeait expérience, compassion et douleur, créant un mix hypnotisant. La plupart des humains ne savaient jamais où regarder lorsqu'ils parlaient aux batariens. Mais Holly, elle, savait exactement où regarder. Deruuk n'entendait plus que la musique, et se laissa un peu aller. Il ressenti soudain une gêne incompréhensible et se leva.

-Je vais y aller.
-Non, rétorqua-t-elle en lui aggripant le bras. Reste un peu. S'il-te-plait.

Il la regarda, puis regarda la sortie. Après un très court moment d'hésitation, il alla attraper le fauteuil se trouvant un peu plus loin, et le tira près du lit. Il s'y installa lourdement. Lorsqu'il se posa dans ce fauteuil, bien plus agréable que l'intégralité des autres chaises combinées, il se rendit compte à quel point il était fatigué. Il n'entendait plus rien d'autre que la musique et se laissa doucement aller. Il ferma les yeux et laissa le son des chants l'enlacer. Il senti la main d'Holly attraper doucement la sienne. Gêné, il voulu se lever, mais il n'en fit rien. Pour la première fois depuis longtemps, il venait de fermer les yeux. Il n'entendait ni les cris, ni les tirs, ni les explosions. Cette guerre avait laissé une marque indélébile sur Deruuk. Cette guerre avait laissé une marque indlébile sur tous. Tous sans exception. Ils y avaient tous laissé quelque chose. Une jambe, un ami, ou un sommeil tranquille. Il serra la main d'Holly. Elle était tout ce qui lui restait, avec les autres et Serenity. Tous faisaient partie de sa nouvelle vie, et rien ne pourrait lui enlever ça. L'Hégémonie, L'Alliance, le Conseil, ou même une autre Guerre. Qu'ils viennent. Là maintenant, il était prêt. Prêt à défendre sa nouvelle famille coûte que coûte. Et il le ferait.


Apparence

Deruuk Khätk est un batarien tout ce qu'il y a de plus classique. De multiples yeux et narines, un teint grisâtre et une carrure sportive. Il se distingue malgré tout avec une grande tâche rouge sur le menton, le rendant plutôt facilement reconnaissable, même auprès des autres espèces. Subissant par contre une grande crise de nerfs sur la mode concilienne, il ne porte que très rarement des vêtements contemporains. Il s'est épris, il y a quelques années, pour une vieille mode humaine. Ayant plus ou moins la même corpulence, il apprécie porter un long manteau qu'il porte par dessus chemise et pantalon, rentrant habilement dans de grandes bottes confortables. Bien évidemment, si besoin, il s'équipera d'un équipement plus adapté, comme une armure ou une combinaison.


Caractère

Deruuk Khätk est un batarien difficile à cerner. Pris au mauvais moment, il semble être froid, calculateur, méfiant, irrespectueux. Ce qui est le cas lorsqu'il est de mauvaise humeur, ou plus simplement lorsqu'il effectue un job qu'il n'apprécie pas vraiment -cela inclus tuer des personnes qu'il juge innocentes. Cependant, un job est un job, et le bon salaire est rare quand on a cinq bouches à nourrir. Mais parfois, l'acteur de paix qu'il était avant refait surface. Dans ces moments-là, il fait une bonne action. Cela relève souvent de défendre quelque chose ou quelqu'un. Mais cela reste un simple batarien, pas une armée. Il sait malgré tout quand battre en retraite. S'il s'avoue rarement vaincu, il n'est pas idiot. Certains pourront le traiter de lâche, Deruuk choisira, en cas de défaite assurée, presque toujours la fuite. Il a d'ailleurs optimisé sont équipement pour sa propre survie, et est plutôt doué dans tout ce qui implique de prendre la poudre d'escampette. Malgré tout, lorsqu'il ne travaille pas, il apprécie se prélasser dans des endroits distingués, comme Chora's Den ou Afterlife.


Compétences / Équipement





Compléments

Signe(s) distinctif(s) : Tâche rouge sur le menton, vêtements d'époque.
Relations avec les autres : Cynique, voir parfois pragmatique.
Des liens prédéfinis ? : /


Hors Personnage

Comment avez-vous connu le forum ? : Forum Mass Effect le plus chiadé, c'est sûr.
Est-ce un double compte ? : nope
Des remarques ? Un accueil des plus chaleureux !



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MessageSujet: Re: Serenity, mais pas sérénité   Dim 04 Oct 2015, 23:17
Ca me semble tout bon.

Je te donne le lien pour trouver des partenaires RP : ->ici<-. N'oublie pas de bien respecter la fiche modèle.

Si tu veux chercher des liens avec les autres joueurs, je te conseil de lire les Journaux de Bord. et t'encourage à faire le tien.

Bienvenue parmi nous. Moi, je dois rajouter un Butarien sur le forum : ça fait facilement un an que je l'avais pas fait Trollface


Pourquoi est-ce qu'à chaque fois que quelqu'un dit "avec tout le respect que je vous dois", j'entends "ta gueule" ?


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MessageSujet: Re: Serenity, mais pas sérénité   Lun 05 Oct 2015, 16:42
Mais, c'est incroyable ! Ne réduit pas le fait Annaz ; ça fait des années que je n'ai pas vu un nouveau Butarien sur ce forum ! Watching you

Et Bienvenu, le : "d'office incroyable Butarien", hé hé hé. Noelman





« En les noms de paix et d'égalité, nous nous unissons en une fraternité. En le but de préserver ces idéaux de tous les maux ! allons-nous tenir notre rang, et combattre ? »
Argonar Dal'Shan, 2191, Discours d'investiture au rang de Galant'ark de l'Hégémonie Butarienne, final marquant la nouvelle inflexion idéologique gouvernementale.

Un Journal de Bord ; un Butarien ; un Dirigeant.



Une Race ; une Hégémonie ; une Destinée.:
 
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MessageSujet: Re: Serenity, mais pas sérénité   Lun 05 Oct 2015, 17:31
Salutations camarade!

Enfin camarade. Presque. Mais tu vois, quoi.
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Faction : Ravageur
Rang : Pacificateur
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Messages : 1087

MessageSujet: Re: Serenity, mais pas sérénité   Lun 05 Oct 2015, 19:02
Tant de beauté dans une simple couleur SuperVortcha

Bienvenue à nouveau Deruuk, et vive les butariens !


Je suis la fille d'Anton Ardak. Et accessoirement, reine pirate profitant actuellement de ses congés.
Kydra Lifith, 27 janvier 2202

Spoiler:
 
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Messages : 272

MessageSujet: Re: Serenity, mais pas sérénité   Lun 05 Oct 2015, 22:03
Il faut apporter une touche de turiannisation à cette présentation pour entacher le rouge Butarien.

Cela dit, Bienvenue 4 oeil.


https://www.youtube.com/watch?v=AGVD9Og1pm4



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MessageSujet: Re: Serenity, mais pas sérénité   Lun 05 Oct 2015, 23:01
Batarian FTW.





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MessageSujet: Re: Serenity, mais pas sérénité   
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Serenity, mais pas sérénité

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