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 Une destination de rêve

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MessageSujet: Une destination de rêve   Mar 28 Juil 2015, 16:25
Intervention MJ : Oui Année 2145 RP Tout Public
Alessa N’Mara ♦ Dashanxa T'Pradma
Une destination de rêve



Les Chroniques d'Alessa - Prélude 6

Illium. Nébuleuse du Croissant / Cinquante-cinq ans plus tôt.

Les mots manquèrent à Alessa pour exprimer le fond de sa pensée. Devant elle se trouvait la femme qu’elle aimait et à qui elle avait ouvert son cœur voilà bien des années. Et cette même femme venait de lui mentir ouvertement. Elle lui avait dissimilé une bien sombre vérité depuis des mois. Et combien de temps encore aurait-elle continué ce petit manège si Alessa n’avait pas découvert le pot-aux-roses par le plus grand des hasards ? Quelques semaines ? Quelques mois ? Plusieurs années ?

Non. C’était la goutte d’eau qui avait fait déborder le vase. Alessa ne pouvait pardonner à Tarana cette trahison. C’est la raison pour laquelle elle referma d’un mouvement sec le sac dans lequel elle venait d’entasser plusieurs vêtements de rechange et ses effets personnels. Elle ne pouvait supporter la vue de celle qu’elle aimait, celle qui l’avait trahie. Elle devait prendre ses distances quelques jours.

— N’essaye pas de me contacter ; oublie-moi pour un temps.

La voix d’Alessa n’avait pas tremblé. Les mots avaient franchi la barrière de ses lèvres avec froideur et dureté. C’est presque si on pouvait sentir poindre une menace derrière l’apparente neutralité de ses propos. Elle venait de mettre sa compagne en garde. Mieux valait qu’elle ne cherche vraiment pas à la recontacter dans les jours prochains. Mieux valait qu’elle se fasse oublier pour un temps.

***

Nevos. Nébuleuse Siléenne / Quelques semaines plus tard.

C’est ainsi qu’Alessa avait quitté l’appartement qu’elle partageait avec Tarana sur Illium. Elle avait fait ses valises et claqué la porte sans un regard en arrière. La semaine suivante, elle était de retour sur le monde natal des Asari et fut reçue pour un entretien exceptionnel en vue d’être mutée dans un autre secteur que celui où elle opérait jusqu’à maintenant avec son ancienne unité. Et le hasard joua en sa faveur : une mission de la plus haute importance venait d’être mise sur pied et les compétences de la jeune femme dans le domaine de l’espionnage et de l’infiltration seraient un atout non négligeable pour cette mission en solo. Il n’en fallut pas plus à Alessa pour accepter la proposition.

C’est ainsi que, confortablement installée dans le siège de la navette publique à bord de laquelle elle avait embarqué sur Thessia, Alessa admirait la vue de la planète Nevos depuis le petit hublot à sa droite. La vue était à couper le souffle. La planète avait des allures de Paradis terrestre. Et ces bleus, ces verts et ces touches de blanc disséminées ici ou là au gré du mouvement des cellules nuageuses étaient de toute beauté. Cela était loin de valoir les nuances bleues et mauves de Thessia, mais Nevos n’avait pas de souci à se faire quant à sa splendeur. N’était-elle d’ailleurs pas une destination de rêves prisée pour ses plages de sable fin et ses lunes jumelles ayant inspiré plus d’un poète romantique ? Ce n’était pas le genre de renommée dont pouvait se targuer Thessia. Mais Alessa n’était pas ici pour profiter ou du soleil ou de la piscine grand luxe de l’hôtel. Elle était là en mission.

La Matriarche Dashanxa T’Pradma.

Le nom de la personne sur laquelle Alessa était supposée enquêter durant son séjour sur Nevos. Une Matriarche asari suspectée de tremper dans un trafic d’esclaves. Les services secrets asari avaient eu vent de la mise en circulation d’une nouvelle drogue de synthèse pouvant être liée aux très récentes disparitions étant survenues sur la colonie asari ces derniers mois. Des touristes qui disparaissaient du jour ou lendemains sans laisser de traces. Le plus souvent des couples, toutes espèces confondues. Et ces disparus refaisaient miraculeusement surface quelques jours plus tard, sous l’emprise d’un nouveau stupéfiant auquel ils finissaient rapidement par succomber en moins de quarante-huit heures. De quoi attirer l’attention des huiles du gouvernement asari.

Nevos était après tout une colonie asari. L’espèce à la tête du Conseil ne pouvait se permettre d’avoir pour publicité la mise sur le marché d’une nouvelle drogue de synthèse conçue sur l’un de ses mondes. Et Alessa n’était pas au fait de toute l’histoire, mais le fait est que cela arrangeait bien les Matriarches du gouvernement. Car ce n’est pas tant la drogue qui posait problème que la femme suspectée d’être à la tête du projet. Nevos n’était après tout pas une sainte. Loin de là même. Elle échappait à la plupart des réglementations en vigueur dans l’espace concilien. Comme dit précédemment, elle avait tout d’un Paradis terrestre : aussi bien en terme de destination de rêve que fiscalement parlant. Et dans ces cas-là, la drogue était de loin le cadet des soucis des autorités. C’était même monnaie courante. Les têtes pensantes de Thessia semblaient néanmoins avoir trouvé le parfait mobile à imputer à la Matriarche s’étant attiré leurs foudres. Mais comme dit précédemment, Alessa l’ignorait…

— La compagnie Ada’Lumia vous remercie d’avoir choisi sa ligne de transports interstellaires et vous souhaite un très agréable séjour sur Nevos, souffla l’hôtesse avant le débarquement.

Alessa récupéra ses affaires et quitta la navette en se mêlant à la foule se déversant dans le grand hall bondé du spatioport. L’espace d’un instant, elle demeura là à prendre la température. Il faisait chaud et les touristes se pressant dans toutes les directions donnaient vraiment envie de rejoindre la plage la plus proche pour profiter du soleil quelques heures durant. C’est le genre de destination qu’Alessa aurait souhaité visiter avec sa compagne. Elles en avaient justement discuté quelques mois auparavant. Mais cela, c’était avant… Beaucoup d’eau avait coulé sous les ponts depuis et Alessa ne voulait pas y repenser pour l’instant. Elle avait une mission à mener à bien. C’était la seule raison de sa présence ici. Elle était là pour faire son travail et oublier complètement sa vie privée pour un temps.

Malheureusement, rien ne se passe jamais comme prévu…


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MessageSujet: Re: Une destination de rêve   Mer 19 Aoû 2015, 22:55
Une destination de rêve
Où tout va mal.

Note HRP:
 

Nevos. Demeure de Dashanxa. 2145.



Nevos ou le décor de carte postale. En cette matinée, le soleil se reflétait sur les feuilles et l'herbe vertes, les rendant brillantes. La demeure de Dashanxa, grande et d'un blanc immaculé, était située plein Sud et en profitait tout autant ; pour le moment, c'était très agréable, mais il était probable quand dans l'après-midi, ses occupants se sentent larves sous la chaleur.

Au moins, cet ensoleillement était bénéfique aux cultures de la Matriarche, juste en face. Dashanxa les observait depuis son balcon au troisième étage. Elle craignait que la chaleur finisse par brûler les plants plutôt que de les faire grandir.

Mais ce n'était pas son sujet d'inquiétude le plus grave du jour, loin de là.

« En un mot, Odra, comment résumerais-tu notre situation ?
— En un mot ? » Elle entendit son amie et conseillère tapoter des doigts sur le bureau. « Mauvaise. Mais tu le savais déjà. »

Dashanxa soupira et pénétra dans le bureau où était assise Odra, sentant ainsi l'odeur des vieux ouvrages de sa bibliothèque. Elle prit place sur un fauteuil matelassé mauve, face à sa consœur. Le bureau de bois les séparaient.

Elle croisa les mains sous son menton. « J'aime résumer les choses en un mot. Tout paraît plus simple, moins... dramatique. »

Parce que l'affaire qui les concernait – et surtout la concernait elle, pour être exact – était vraiment détonante.

Ces sales garces de Thessia !

Pourquoi accuser Dashanxa d'être au sommet d'un trafic d'esclaves ? La faire tomber, bien évidemment ! Ce n'était pas de sa faute si elle testait certaines substances sur Hyetania et qu'elle en demandait quelques caisses ici, sur Nevos. Mais jamais elle ne les avait utilisées sur des touristes, ni ses fidèles !

Déjà qu'ils étaient peu nombreux... Mais les Thessiennes devaient utiliser cet argument ; Dashanxa droguait des gens pour les endoctriner... Echec, ils mourraient. Il fallait l'arrêter.

Mais c'est bien sûr !

La Matriarche se sentait bien seule, avec Odra, dans cette histoire. Gatagog Taur était sur Hyetania, et se contentait de grogner à chaque fois qu'elle l'appelait pour parler du problème. Déjà, elle avait arrêté de recevoir ses caisses pour le moment, et avait caché les autres. Evaza avait disparu depuis deux siècles tout pile, et sa quinzaine de suivants était certes dévouée, mais donc insignifiante.

Heureusement, les gros portes-monnaies de Nevos la sauvaient pour l'instant, parce qu'elle-même avait pas mal de fonds. Et de par les affaires qu'elle menait, il valait mieux pour ses associés qu'elle ne soit pas arrêtée...

La Déesse la sauvait.

Les deux Asari restèrent silencieuses, à méditer sur le problème. Elles savaient l'Azur Stellaire innocent... Mais alors, qui se cachait derrière ce trafic sordide qui gangrenait bel et bien Nevos ?



*



Dashanxa était sortie se promener sur ses terres. Robe mauve éthérée, capuchon léger... Au vu de ces derniers jours, même chez elle, elle n'avait pas intérêt à se faire remarquer.

Les navettes passaient au-dessus de sa tête pour rejoindre le spatioport. Odra viendrait d'ailleurs bientôt la chercher au milieu des épis géants pour y partir. Parce que ses espions avaient découvert qu'un autre espion allait venir. Une Asari qui enquêterait sur l'affaire. Alessa N'Mara. Ils n'avaient eu accès qu'au dossier de la mission, pas à son dossier personnel. Tant pis.

Un peu de défi supplémentaire, au point où nous en sommes... Qu'importe.

En attendant, elle profitait du calme environnant ; Odra s'occupait de gérer la demeure. Dashanxa marchait, paisible, après une prière à Athamé. Si cela ne tenait qu'à elle, elle irait se perdre dans les forêts de la planète quelques jours, histoire de se faire oublier. Puis, elle irait méditer sur une plage. Sauf que... non.

Son communicateur vibra, et elle leva le poignet pour parler. « Oui, Odra ?
— La navette va arriver. Reviens et je t'accompagne ; après, je prendrai soin des fidèles.
— Très bien. J'ai confiance. »

Odra n'avait pas son pareil pour aimer et s'occuper de tout ce qui touchait à l'Azur Stellaire.

Dashanxa s'en retourna donc, et prit place dans un taxi avec sa conseillère. Au préalable, elle avait opté pour une robe d'été, blanche, légère et flottante, et s'était maquillée pour éviter qu'on ne la reconnaisse. Elle aussi allait jouer les espionnes.

Au moment où elle arrivèrent, après à peine cinq minutes de vol, une navette venait de se poser. Dashanxa descendit et laissa Odra repartir. Elle pourrait toujours l'appeler ou revenir à pied, en une petite demi-heure.

Ou commencer son enquête.

Un flot de touristes quitta la navette. Tumulte de valises roulantes et d'enfants soit heureux, soit mécontents. Pourvu qu'ils ne fassent pas partie du prochain lot de victimes...

Dashanxa, n'ayant pas le signalement de la dénommée Alessa, suivit tout ce beau monde jusqu'au hall. Alors, elle se plaqua son plus sourire sur les lèvres, et commença de déambuler parmi les touristes, comme une hôtesse d'accueil.

Son plan tenait en une phrase.

« Bienvenue au Paradis. »

Il n'y avait plus qu'à espérer qu'elle finirait par tomber sur Alessa N'Mara, et que celle-ci serait ouverte à la discussion avec une inconnue dans un spatioport. Mais l'ambiance de Nevos rendait généralement les gens sympathiques, guillerets et ouverts.

« Bienvenue au Paradis. »

Douce ironie !



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MessageSujet: Re: Une destination de rêve   Dim 30 Aoû 2015, 19:01
Oui. Rien ne se passe jamais comme prévu. C’était une dure réalité. On avait beau tirer sur la comète tous les plans que l’on souhaitait, on se retrouvait quoiqu’il arrive à tirer à pile ou face le moment venu. Qu’importe le souci du détail et les nuits blanches passées à mettre sur point un plan d’action, au final, tout ce qui nous restait à faire, c’était croiser les doigts et prier pour que la chance soit de notre côté. Et en l’occurrence, la chance fit défaut à Alessa tandis qu’elle traversait le spatioport bondé de Nevos. Et pour cause : elle avait beau tout faire pour ne pas penser à la trahison de sa compagne, chaque fois que ses yeux se posaient sur un encart publicitaire ou un couple d’amoureux transis déambulant main dans la main, elle revoyait le visage de cette femme qui n’avait éprouvé aucun scrupule à lui dissimuler pendant des mois une vérité dont elle savait pertinemment qu’Alessa désapprouverait.

*Déesse !* s’exclama Alessa en secouant la tête et en se détournant d’une publicité ventant les mérites d’un séjour pour deux dans un centre de thalassothérapie de luxe. La ristourne ne s’appliquait qu’aux couples mariés – ou légalement unis l’un à l’autre par une quelconque autre forme de contrat nuptial. Décidemment, cela ne serait pas aussi simple qu’elle l’avait cru de faire fi de ses problèmes personnels pour ne se concentrer que sur sa mission. Elle venait tout juste de mettre le pied sur la planète et déjà elle se laissait mettre à mal par ses vieux démons. Elle se devait de recouvrer ses esprits et vite. N’était-elle pas une professionnelle ? Bien sûr que si ! Et les professionnels ne laissaient pas la sphère du privé empiéter sur leur travail. Avant aujourd’hui, elle n’avait eu ce genre de souci. Elle pouvait donc le faire. Ce n’était qu’une question de volonté.

Perdue dans ses pensées, Alessa ne remarqua qu’au dernier moment la silhouette drapée d’une robe mauve qui surgit sans prévenir devant elle. Il était malheureusement trop tard pour éviter la collision. Et le choc fut donc inévitable. Par chance, il y eut plus de peur que de mal. Alessa se répandit aussitôt en excuses et chercha à s’assurer que la femme qu’elle venait de bousculer n’avait rien de cassé. Mais cela ne semblait pas être le cas.

— Oh, je suis sincèrement désolée, souffla Alessa en lâchant ses bagages pour venir en aide à la jeune femme. Je ne vous avais pas vue. J’avais la tête ailleurs. Rien de cassé ?

Alessa détailla la femme qui se révéla être l’une de ses congénères à la peau bleue. Probablement une hôtesse d’accueil ou du moins une employée du spatioport. La chasseresse se rappelait l’avoir croisée quelques minutes plus tôt tandis qu’elle souhaitait la bienvenue au Paradis aux touristes venant tout juste de débarquer sur la planète. Paradis ? Vraiment ? Cela aurait pu l’être en d’autres circonstances. Mais Alessa refusait de penser à cela pour le moment. Elle avait bien mieux à faire – ou du moins plus important à faire. Elle n’était pas venue sur Nevos pour passer du bon temps. Elle avait une mission de la plus haute importance à mener à bien. Mais avant…

— Excusez-moi, finit par demander Alessa à l’hôtesse une fois que celle-ci lui eut assuré qu’elle n’avait rien. Pourriez-vous m’indiquer la direction à prendre pour rejoindre l’hôtel Ka’Shira ?

Oui. Nevos et Thessia n’étaient peut-être qu’à quelques heures à peine de voyage, il n’en demeure pas moins qu’Alessa souhaitait d’abord se mettre à son aise avant de débuter véritablement son enquête. Qui plus est, elle devait encore prendre ses dispositions pour rencontrer les représentants des forces de l’ordre de la ville et obtenir ainsi l’accès à tous leurs dossiers concernant l’objet de sa venue ici. Ce n’est qu’une fois en possession de toutes ces informations qu’elle pourrait définir un plan d’action. Ce qui n’était pas gagné encore. Après tout, même Thessia n’avait pas été en mesure de lui fournir toutes ces informations. En cause : la législation si particulière en vigueur sur Nevos. La colonie n’autorisait ni les extraditions ni le transfert d’informations « sensibles » via Extranet. D’où la présence d’Alessa ici-même en chair et en os. Cette mission se jouerait de toute évidence à la vieille école.

— Merci, rétorqua Alessa à la ravissante hôtesse lorsque celle-ci l’eut aiguillée vers sa destination.

Puis quittant le spatioport, la chasseresse ne mit guère plus d’une vingtaine de minutes à rejoindre sa chambre d’hôtel. Elle profita ensuite du restant de la journée pour mettre ses affaires en ordre et se mettre au lit de bonne heure malgré le chant des sirènes l’invitant à profiter des festivités proposées par la chaîne hôtelière dans laquelle elle séjournait. Mais non. Le lendemain serait une journée chargée. Et elle était une professionnelle. L’heure était venue de dormir. Point.

***

Nevos. Nébuleuse Siléenne / Le lendemain matin.

Alessa attaqua sa journée de bonne heure. Non pas qu’elle ait des délais à respecter ; mais il était tout de même question d’enlèvements et de trafic de touristes succombant à une nouvelle drogue quelques heures seulement après avoir refait mystérieusement surface. Mieux valait se mettre au travail dans les plus brefs délais. C’était là le seul moyen d’empêcher d’autres pauvres innocents de subir le même sort.

La chasseresse se présenta donc au commissariat du centre-ville moins d’une quarantaine de minutes après son ouverture. Quand bien même elle était ici pour enquêter en toute discrétion sur la femme suspectée par les Matriarches de Thessia d’être derrière toute cette histoire, le fait est qu’Alessa n’y alla pas par quatre chemins. Le statut de chasseresse pouvait ouvrir bien des portes. C’est donc tout naturellement qu’elle se présenta sous sa véritable identité. On lui donna alors accès à une section du commissariat interdite d’ordinaire au public et on l’invita à patienter dans un bureau le temps que les hautes huiles convoquent l’enquêtrice en charge du dossier traitant des disparitions de touristes. Qui mieux que celle-ci pour faire le point avec Alessa et pour la mettre au parfum ?

Les minutes s’écoulèrent en silence. Au bout d’un moment, à bout de patience, la chasseresse se leva de sa chaise et se mit à arpenter la pièce comme un animal en cage. Combien de temps attendait-elle exactement ? Quelques minutes ? Plusieurs heures ? Elle détestait cela. Elle détestait attendre. Et ce d’autant plus compte tenu des circonstances. Se retrouver ainsi seule avec ses pensées lui offrait tout le temps de repenser à sa récente dispute avec sa compagne. Celle-ci ne remontait qu’à trois semaines seulement. C’était encore bien trop récent. Bien trop douloureux.

Heureusement, c’est le moment que choisit l’enquêtrice pour faire enfin son apparition…


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MessageSujet: Re: Une destination de rêve   Lun 07 Sep 2015, 12:54
Une destination de rêve
L'art de la tromperie... pardon, du déguisement.

Les touristes faisaient la seule chose qu'ils savaient faire. Arriver en masse, et par conséquent se bousculer et bousculer tous les autres. C'est ainsi que Dashanxa, en plein dans l'interprétation qu'elle voulait magistrale de son rôle d'hôtesse, étouffa une exclamation, projetée en arrière.

« Oh, je suis sincèrement désolée. » C'était une jeune asari. « Je ne vous avais pas vue. J’avais la tête ailleurs. » Oui, en effet. « Rien de cassé ? »
— Oh, il n'y a pas de mal, je vous assure. Avec cette cohue... Personne n'est à blâmer. »

Elles s'aidèrent mutuellement à se redresser. La petite asari, très soucieuse - trop soucieuse, ne cessait de demander à Dashanxa si tout allait bien. Vous êtes sûre? Oui, ne vous inquiétez pas.

« Excusez-moi... Pourriez-vous m’indiquer la direction à prendre pour rejoindre l’hôtel Ka’Shira ? »

Elle avait l'air gêné – à cause de leur collision, peut-être... et perturbé. Dans son rôle, Dashanxa ne pouvait pas la laisser comme cela.

« Oh, c'est bien simple: quittez le spatioport, et suivez directement la grande avenue Penshak. C'est le principal hôtel, par ici. Donc, le plus gros. Vous ne pourrez pas manquer son enseigne. J'espère juste que vous avez réservé!
— Merci. »

Et l'Asari partit aussi vite qu'elles ne s'étaient cognées.

La Matriarche resta jusqu'à ce que le flot de passagers soit complètement écoulé. Avec patience, elle attendit, tendit l'oreille, en espérant qu'une hôtesse n'appelle Alessa N'Mara ou qu'une Asari ne donne son nom pour appeler un taxi. Mais rien.

Elle finit donc par s'en aller, après encore une heure au spatioport. Odra revint avec la navette. Pressée, en l'occurrence.

« Quelque chose ne va pas? » Dashanxa s'assit. « Dis. »

Concentrée sur la conduite, Odra ne se retourna pas. Etait-il possible d'être à la fois anxieuse et amusée? A la voix de sa conseillère, on pouvait dire que la réponse était oui.

« Un coup de fil... N'Mara s'est présentée au poste de police. Elle attend une enquêtrice... Si jamais, on peut aussi la trouver à l'hôtel Ka'Shira.
— Ka'Shira?
— Oui. Pourquoi?
— Hmmm... »

Dashanxa raconta ce qu'il s'était passé au spatioport. L'Asari pouvait être Alessa, et pouvait ne pas l'être ; trop de gens se rendaient dans cet hôtel pour avoir des certitudes. Pourtant...

Elles arrivèrent dans la demeure, laissant là les réflexions. Ce qui importait, finalement, c'était d'avoir trouvé Alessa N'Mara... Et de prendre contact, tout en faisant basculer l'affaire en la faveur de l'Azur Stellaire.

Ce sera facile, elle n'a pas l'air d'avoir la tête à accomplir sa mission.

Mais évidemment, réussir allait nécessiter une certaine préparation.


*


Première étape du plan d'Odra et Dashanxa: se faire passer pour l'enquêtrice, Ania T'Olak, et parler avec Alessa N'Mara avant son arrivée. Impossible de neutraliser T'Olak: il y aurait trop de doutes qui planeraient au-dessus de l'Azur Stellaire. Il allait falloir faire avec, et espérer la doubler.

Des papiers récupérés et un uniforme trouvé et enfilé, la Matriarche se mit en route ; elle ne cessait de se répéter qu'elle n'avait pas le droit à l'erreur, et qu'elle devait parfaitement jouer son rôle.

Le commissariat, de l'extérieur, était petit, et à l'intérieur, plutôt sombre. La désormais policière et enquêtrice avançait, droite, dans les couloirs.

Une Asari l'arrêta. « Ania T'Olak? » Hochement de tête de l'intéressée. « Par ici, s'il vous plaît. Vous êtes attendue. »

Elle fut conduite jusqu'à une petite salle, en arrière du bâtiment. L'Asari la laissa ; aussi, repensant une dernière fois à tout ce qu'elle devait dire et cacher, la Matriarche ouvrit la porte. Dans la pièce, elle découvrit une jeune asari qui tournait en rond, les sourcils froncés et la bouche grimaçante. La description correspondait à celle du spatioport. Bon à savoir. Envoyer quelqu'un surveiller l'hôtel dès que possible.

« Hm... Excusez-moi, mademoiselle... Alessa N'Mara, je présume? Je suis Ania T'Olak, en charge de l'enquête des touristes disparus. » Elle la laissa se retourner et digérer l'information. « Nous avons à parler. »

D'un geste, l'enquêtrice invita sa collègue à s'asseoir, puis plaça ses coudes sur la table qui les séparait. « Je suis quelqu'un d'assez direct, alors allons-y. Les faits? Je pense que vous les connaissez déjà. La piste? Dashanxa T'Pradma. Difficile de dire si autre chose peut entrer en ligne de compte... Mais en tout cas, il est fort probable que la "Matriarche" conduise des expériences sur nos touristes. » Elle sourit. « J'ai obtenu un mandat pour fouiller son manoir... Intéressée? » Mandat falsifié mais qu'importe, puisqu'il s'agissait de la base de leur organisation. Si on ne pouvait plus rentrer chez soi...

Alessa avait semble-t-il autre chose en tête.

« Vous m'écoutez? » La policière toussa. « N'hésitez pas à me dire ce qui vous dérange. Si l'enquête échoue parce que vous ne parlez pas et que vous n'arrivez pas à vous concentrer, nous sommes dans de beaux draps, toutes les deux... »

Et au passage, elle pouvait en apprendre davantage sur la jeune femme. Son état actuel... Il était très certainement possible d'en tirer profit.

La Matriarche attendit une réponse à sa proposition de visite, ainsi qu'à son autre question. Elle était un peu anxieuse. La véritable Ania T'Olak pouvait se montrer... Partir le plus vite possible et discuter sur le trajet serait une solution parfaite. Sinon, le commissariat et ses quelques cellules allaient servir leur première utilité.

Que ne ferais-je pas pour l'Azur Stellaire! Déesse, aide-moi!


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MessageSujet: Re: Une destination de rêve   Mar 15 Sep 2015, 17:03
Alessa tournait le dos à l’entrée quand retentit ce bruit de succion si caractéristique accompagnant de tout temps l’ouverture d’une porte. Dans l’encadrement, une Asari portant l’uniforme d’un officier des forces de l’ordre. Alessa la dévisagea un instant en fronçant les sourcils. Était-ce juste une impression où avait-elle d’ores et déjà rencontré cette femme auparavant ? Les traits de son visage lui semblaient vaguement familiers. La sensation de déjà-vu ne dura cependant qu’une fraction de seconde. Car dès que la nouvelle venue ouvrit la bouche et se présenta comme étant la femme en charge de l’enquête ayant conduit Alessa ici, le doute s’évanouit complètement et la chasseresse se concentra pleinement sur l’objet de cette rencontre.

Suite à l’invitation de sa compagne, Alessa retourna à sa place autour de la table et observa en silence sa collègue faire de même en face d’elle. La nouvelle venue entra alors dans le vif du sujet.

— Je suis quelqu’un d’assez direct, alors allons-y. (Alessa se contenta d’un hochement de tête l’invitant à poursuivre sur sa lancée. Elle n’était pas contre l’idée de ne pas tourner autour du pot pour changer. L’administration et leurs protocoles étaient trop souvent plus handicapant qu’autre chose.) Les faits ? poursuivit l’enquêtrice en interrogeant Alessa. Je pense que vous les connaissez déjà. (Nouveau geste du menton pour valider le postulat.) La piste ? Dashanxa T’Pradma. Difficile de dire si autre chose peut entrer en ligne de compte… Mais en tout cas, il est fort probable que la « Matriarche » conduise des expériences sur nos touristes. (L’enquêtrice se mit alors à sourire.) J’ai obtenu un mandat pour fouiller son manoir… Intéressée ?

L’enquêtrice venait plus ou moins de reprendre les éléments du dossier déjà en possession d’Alessa. Des enlèvements. Des touristes dans cent pour cent des cas. Retrouvés quelques jours plus tard sans le moindre souvenir de leur enlèvement et bien incapables de fournir aux autorités le moindre indice concernant le lieu de leur détention. Et puis, moins de quarante-huit heures plus tard, ils décédaient. Cause du décès ? Indéterminée. Plus vraisemblablement, il s’agissait d’un genre d’empoisonnement, mais la substance retrouvée était inconnue au bataillon. Une molécule de synthèse. Le gouvernement asari tablait sur une toute nouvelle drogue dont les victimes n’étaient que des cobayes. Était-ce vrai ? Alessa était là pour s’en assurer et faire la lumière sur toute cette histoire. Mais en serait-elle capable ? Découvrir la vérité sur ces mystérieuses disparitions alors qu’elle avait été incapable de découvrir les secrets de sa propre compagne ? Avait-elle suffisamment les idées claires ?

L’enquêtrice asari faisant face à Alessa toussa pour attirer son attention. La chasseresse se rendit alors compte qu’elle avait laissé ses pensées s’égarer un instant. Elle se souvint pourtant des derniers mots prononcés par son interlocutrice.

— Une perquisition ? (Alessa réfléchit un instant.) Oui. Il faut bien commencer bien quelque part. (Elle n’avait pas l’air particulièrement sûre d’elle.)
— N’hésitez pas à me dire ce qui vous dérange, lui souffla alors l’enquêtrice – la prétendue Ania T’Olak. Si l’enquête échoue parce que vous ne parlez pas et que vous n’arrivez pas à vous concentrer, nous sommes dans de beaux draps, toutes les deux…

La remarque acerbe piqua Alessa au vif et le regard de la chasseresse se fit d’un coup bien plus dur et pénétrant que la seconde d’avant. S’il y a bien une chose que la jeune femme ne supportait pas, c’était qu’on mette en doute ses compétences. Elle souffrait quelque peu d’orgueil. Elle était douée dans son domaine de compétences et elle le savait. Alors qu’on ose douter d’elle… Non. C’est donc avec froideur et sur un ton cassant que la chasseresse répondit :

— Les Matriarches de Thessia soupçonnent effectivement la Matriarche T’Pradma d’être la cause de ces récentes disparitions. Lui rendre une petite visite peut être un bon point de départ. Mais je doute que nous découvrions quoi que ce soit. S’il y a une chose pour lesquelles les Matriarches sont douées, c’est bien de brouiller les pistes. On ne survit pas si longtemps dans cette galaxie sans un minimum de bon sens et d’organisation. D’autant plus que cette Matriarche-ci est loin d’être une blanche colombe. Mieux vaut s’attendre à tout avec elle. C’est bien pour cela que je suis ici. Thessia s’attend au pire et désire que cette affaire soit réglée dans les plus brefs délais et sans mauvaise publicité.

Alessa repoussa alors sa chaise et se leva. Elle avait encore en travers de la gorge la remarque acerbe de son interlocutrice. Aussi ajouta-t-elle sans ménagement :

— Organisez la perquisition. Vous serez en charge des opérations. J’ai été envoyée pour observer et agir en dehors des canaux officiels. Officiellement, Alessa N’Mara est venue sur Nevos pour profiter d’une semaine de congés bien méritée. Je dois donc faire en sorte de garder autant de marge de manœuvre que possible. Je ne puis donc pas me porter garante pour mener à bien cette affaire publiquement. Il faudra que je me fonde dans votre équipe d’intervention. Personne d’autre que vous ne doit être au fait de mon identité. (Elle marqua une pause et ajouta histoire de prendre sa revanche.) Si par hasard vous estimez ne pas être à la hauteur de la tâche, ou si vous êtes incapable de faire preuve d’un tant soit peu de professionnalisme, autant rendre votre tablier dès à présent et de passer le flambeau à un de vos collègues. Le secret de ma couverture dépendra uniquement de vous. Ne me faites pas défaut.

Alessa se dirigea vers la porte. Elle s’arrêta dans l’embrasure une fois les battants ouverts.

— Je vous retrouve sur place dans une heure, dit-elle. Soyez ponctuelle. Des touristes innocents sont certainement victimes d’autres enlèvements à l’heure où nous parlons. Plus vite nous aurons fait toute la lumière sur cette histoire et mieux cela vaudra pour tout le monde.

La chasseresse disparut dans le corridor et la porte se referma dans son dos.

***

Une heure plus tard.

Alessa quitta la navette publique qu’elle avait empruntée pour rejoindre la richissime demeure de la Matriarche T’Pradma. La résidence se situait un peu à l’écart de la ville. Une nécessité compte tenu des champs s’étendant à perte de vue tout autour de la bâtisse orientée plein sud. La demeure était d’un blanc immaculé. Aveuglant. Même depuis le portail où l’attendait d’ores et déjà l’enquêtrice T’Olak. Il y avait cependant un détail qui dérangeait Alessa. L’enquêtrice était seule. Aucun expert technique ni aucun second couteau. Juste elle. Cela avait le mérite d’être pour le moins étrange.

— Où sont vos hommes ? demanda Alessa en parvenant à sa hauteur. Je croyais que vous deviez vous charger d’organiser la perquisition. Où sont vos experts ?

Alessa fusilla l’enquêtrice du regard. Décidément, elles étaient toutes les deux parties du mauvais pied. Mais de toute évidence, Ania avait ses raisons que la chasseresse ne lui avait pas encore laissé le temps d’expliquer. Le fait est néanmoins que les deux femmes semblaient bien parties pour devoir travailler en équipe toutes les deux. Cela promettait de faire des étincelles. Entre une enquêtrice directe qui ne mâchait pas ses mots et une chasseresse sur les nerfs qui désirait demeurer professionnelle mais était incapable de tirer complètement un trait sur ses problèmes personnels risquant d’entraver l’enquête en cours. En somme, ce n’était vraiment pas gagné…


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MessageSujet: Re: Une destination de rêve   Dim 27 Sep 2015, 15:44
Une destination de rêve
Foyer, doux foyer.

Laisser passer la tempête de mots d'Alessa. Mieux valait garder le silence et ne pas détruire une relation déjà branlante. On ne faisait que commencer... Cela dit, la Matriarche, dans le rôle qu'elle s'était donné, fusilla la chasseresse du regard (« Vous croyez m'apprendre que des vies sont en jeu, mademoiselle ? Vous croyez ? Soyez un peu plus agréable et cela ira plus vite !» ) alors qu'elle quittait la pièce.

Le rendez-vous était pris, cependant. Les évènements se déroulaient comme prévu... dans les faits. A voir comment l'Asari allait se comporter. Son comportement était très intéressant à étudier.

« Ania T'Olak » sortit du commissariat, sans cesser de fixer un point invisible à l'horizon. Les autres policiers ? Elle ne voulait pas de leurs regards. Et de toute manière, ils l'évitaient. Sûrement après avoir vu N'Mara sortir comme une furie des locaux.

La porte se referma pour la seconde fois derrière une Asari peu commode.


*


Nevos, parc désert, 30 minutes plus tard.


Un banc. Une oreillette en place, un omnitech qui brille.

« Alors, commença Dashanxa. Odra. Le caractère difficile de N'Mara.
— D'après l'entrevue... Elle ne va pas bien. Complètement lunatique. Thessia n'aurait pas pu envoyer pire agent...
— J'avais remarqué. Ne va pas te plaindre, Odra. » Celle-ci entendit le pianotement des doigts de sa dirigeante sur le clavier d'omnitech. « Elle est explosive, pour nous et pour elle-même. Affaiblie. Si nous arrivons à tirer profit de cela... »

Il y eut un silence.

Odra finit par lâcher: « Pourquoi ne pas plutôt se débarasser d'elle? Le plus discrètement possible bien entendu. Parce qu'elle risque fort de ne pas être coopérative...
— Non. Tous les soupçons seraient sur nous. Déjà que certaines personnes seraient prêtes à nous arrêter pour un simple stationnement gênant...
— ... Certes. »

La conseillère soupira et claqua la langue ; Dashanxa, elle, ne partageait pas le défaitisme qu'elle sentait poindre chez Odra.

« Ne t'inquiète pas, j'ai une idée. Il me reste 30 minutes pour... Allez, il faut filer, sinon nous allons être en retard. Evitons d'énerver N'Mara plus que nécessaire, pour l'instant. »

Les deux asari s'échangèrent des voeux de réussite, et la communication cessa.


*


Entrée du manoir de Dashanxa, 30 minutes plus tard.


La fausse policière attendait, seule, devant le portail de la demeure qui servait de base à l'Azur Stellaire. Pas si grande, en fait, comparée aux domaines des grands industriels. Les champs glissaient, victimes d'une onde de vent. Le grand portail aux barreaux noirs semblait infranchissable.

La Matriarche serrait les dents. Elle venait d'entendre un reportage radio: d'autres touristes venaient d'être retrouvés, hagards, sans souvenirs. Le journaliste s'était laisser aller à faire une comparaison avec des lobotomisés. Et évidemment, il avait par la suite annoncé le décès de trois touristes retrouvés deux jours plus tôt.

Le tourisme de Nevos ne fera pas long feu, ainsi... Ce qui ne serait pas plus mal pour tout le monde.

"Les autorités veulent faire circuler le moins d'informations, avait dit le journaliste. Nous n'en savons pas plus, mais une enquête serait en cours, soyez rassurés."

La policière avait coupé son omnitech à ce moment-là ; Alessa arrivait.

« Où sont vos hommes ? Je croyais que vous deviez vous charger d’organiser la perquisition. Où sont vos experts ? »

Eh bien... C'est mal parti.

Il n'empêche, elle s'était trouvé une bonne excuse, qu'elle s'empressa de sortir. « Longue histoire. Mais... Il faut que vous la connaissiez. » Une pause purement théâtrale. « J'ai... fait partie de l'Azur Stellaire. Si vous avez un commentaire désobligeant à faire, c'est maintenant. »

Elle attendit encore avant de reprendre. « Croyez-moi bien, j'aimerais que ce passé n'ait pas existé. Mais j'ai réussi à partir, disons, à l'amiable. Alors je suppose que l'on comptait sur moi pour désamorcer quelque peu les tensions, pour réussir à enquêter tout de même, bien sûr. De toute manière, que je sois sur l'enquête ou pas, tout une équipe d'experts serait refoulée à l'entrée, plus ou moins pacifiquement. Ce sera nous deux, ou rien du tout. Quelque chose me dit que nous sommes loin d'être amies, ou même bonnes collègues. Mais je connais les lieux, les gens. Je vous demande de me faire confiance. »

Elle secoua la tête, sans cesser de regarder Alessa.

Puis, la Matriarche se retourna, appuya sur une touche du portail, et attendit que leur identité soit confirmée ; ensuite de quoi l'improbable duo pénétra dans la demeure.

« Le plus vite sera le mieux. Sans bâcler non plus, cela va de soi. Au travail. »


*


Dans la demeure...


Malgré le soleil extérieur, il faisait froid entre les murs épais, faits de vieilles pierres. Le manoir respirait le temps jadis – il le sentait ; cette odeur que l'on ne trouve que dans les lieux anciens. Le carrelage était mosaïque, noir, rouge, jaune ; le noir suivait l'arc de la pièce, en demi cercle. Les vitres, elles aussi colorées, donnaient une vision déformée de ce qu'il y avait de l'autre côté. Les portes étaient faites dans un bois lourd et sombre. Un lustre argenté pendait du plafond. Il y avait un escalier central, blanc et large. Les murs, jusqu'à leur sommet, étaient cachés par des étagères pleines, et par quelques plantes et vitrines gardant des objets curieux.

Et ce n'était que l'entrée.

Des fidèles passaient de temps en temps, jetant un regard circonspect aux Asari. Le déguisement de la Matriarche était assez convaincant pour qu'il ne la reconnaissent pas, mais elle se refusait à ouvrir la bouche. Ne pas se trahir.

Par gestes, elle indiquait à Alessa des choses à observer, qui ressemblaient à des notes, ou des passages menant à des pièces plus... secrètes du manoir. Mais toujours pour rien. Il faut dire qu'elles ne pouvaient pas se permettre de pousser davantage leurs recherches sans avoir vu la personne en charge des lieux...

T'Olak finit par mener Alessa dans un petit salon tout de vert. Apparemment, quelqu'un allait venir les accueillir ici. Elles attendirent en tournant en rond dans la pièce, sans s'échanger un mot, dédaignant les fauteuils molletonnés.

« Bonjour, peuple de Nevos. »

La voix venait d'un petit écran inséré dans le mur du fond. C'était Dashanxa.

« Ceci est un message enregistré. Je préfère éviter que l'on me trouve, au vu de la situation actuelle... Mais vous devez savoir une chose: ces enlèvements, ces morts, ils ne sont pas du fait de mon organisation! Je peux comprendre que vous nous considériez comme étranges ou effrayants, mais nous ne ferions jamais cela, notre but est pacifique au contraire! Renseignez-vous, n'écoutez pas tout ce qu'on vous dit. »

La Matriarche se tenait droite, assise à son bureau, les mains jointes.

« Les vrais coupables agissent sans être inquiétés... Il y a de nombreuses personnes pouvant accomplir ces crimes sur la planète : des grands patrons Elcor ou Asari, ou des criminels ! » Un silence. « Mais qu'importe. Assez. Vous ne changerez pas d'avis. Je le sais. Et je sais ce qui est vrai. Du moins en ce qui me concerne. Moi et l'Azur Stellaire. »

Pour tout le monde, la communication cessa. Dashanxa avait calculé son coup ; quelle partie du discours était vraie, que mettait-elle de côté ? Peu importe ; il fallait convaincre Nevos de son innocence, et elle espérait que ses dernières phrases, de rage pure,et donc plus facilement crédibles, changeraient sa façon d'être vue par certains.

Pour tout le monde... Devant Alessa, l'écran se ralluma.

« Mademoiselle N'Mara. Tout comme vous, je ne veux que faire la lumière dans cette affaire. Croyez-moi, ou non. Je ne suis pas loin... Trouvez-moi, j'ai des choses à vous montrer. Si cela vous convainc, je pense que nous devrons nous charger de l'enquête ensemble... quelle ironie ! Et... » Dashanxa ramena ses mains sous son menton. « Si vous m'aidez, je peux vous aider. Je vous laisse y réfléchir. Si vous refusez, je vous montrerai que je n'ai rien à voir là-dedans et je me débrouillerai seule. »

Un silence.

« Trouvez-moi. »

L'écran devint noir. Pas une phrase dédiée à Ania T'Olak. La Matriarche avait essayé de paraître relativement agréable, pour éviter tout refus, mais sèche. Il y avait de quoi.

La fausse policière, qui jubilait intérieurement, s'assit dans un des fauteuils, en attendant le choix d'Alessa. Elle savait ce qu'il faudrait faire ensuite.

L'écran se ralluma encore.

« Trouvez-moi... »

Toutes les deux minutes, il remontrait la même image, il répétait la même phrase lancinante.


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MessageSujet: Re: Une destination de rêve   Lun 05 Oct 2015, 20:52
Alessa n’avait été de prime abord guère emballée par la proposition de l’enquêtrice asari d’effectuer une perquisition au domicile de la principale suspecte : la Matriarche Dashanxa. Le fait est qu’elle était une adepte de l’infiltration, certes. Mais elle préférait également que ses missions se déroulent selon un plan préétabli mûrement réfléchi ne laissant aucune place à l’improvisation. Ceci dit, il est vrai que dans ce secteur d’activité, il fallait également être suffisamment souple pour s’adapter à la situation qui pouvait à tout moment changer sans prévenir à l’avance. Et en l’occurrence, c’était ce qui s’était plus ou moins produit au commissariat quand l’enquêtrice T’Olak avait proposé cette perquisition. Dans le fond, ce n’est pas comme si elles pouvaient faire autrement.

Il leur était tout bonnement impossible d’interroger les victimes. Lorsque celles-ci réapparaissaient de la Déesse seule sait où, il était déjà trop tard. Retrouvées errantes et hagardes, il était impossible pour les forces de l’ordre d’obtenir une déposition en bonne et due forme. Les personnes touchées par cette mystérieuse drogue semblaient, aux dires des médecins, complètement déconnectées de la réalité et délirantes. Une forme avancée et incurable de schizophrénie. Eux-mêmes ne savaient que faire. Une véritable énigme pour la science et le corps médical.

La seconde étape dans ces cas-là aurait été de pratiquer une autopsie sur le corps des victimes. Mais cela débouchait à chaque fois dans une nouvelle impasse. Rien. Nada. Niet. Les experts des forces de l’ordre avaient bel et bien su isoler la molécule incriminée dans toutes ces morts, mais sans pour autant parvenir à en tirer quoi que ce soit. Il s’agissait d’une drogue de synthèse et donc à moins d’en détenir la recette originelle, ils étaient bloqués eux aussi. Leur découverte soulevait plus de questions qu’elle n’apportait de réponses en somme. Retour à la case départ donc.

Non. La seule piste dont disposait Alessa était celle de la Matriarche Dashanxa. Les huiles de Thessia la pensaient responsable de ces multiples disparitions. La perquisition était donc sa seule chance de faire un tant soit peu la lumière sur cet… imbroglio. Elle devait mettre la main sur des preuves incriminant la Matriarche afin de valider les théories de ses supérieurs. Mais ce qui la dérangeait surtout, c’était le fait de ne pas avoir pu suivre le protocole. Elle préférait s’appuyer plus sur les faits et sur ses propres découvertes plutôt que sur les « on-dit » de politiciennes obnubilées par le pouvoir et soucieuses non des innocents victimes de ces rapts et cette étrange drogue mais des retombées socio-économiques que cela risquait de provoquer si le Conseil découvrait ce qui se déroulait ici.

Mais d’un autre côté, la Matriarche était loin d’être blanche comme neige. Elle était une radicaliste et la dirigeante d’un mouvement politique flirtant plus du côté de la secte que du parti indépendant. En somme, elle correspondait au profil et Alessa pensait que ses supérieurs avaient peut-être raison de la considérer comme une suspecte. Après tout, l’état dans lequel se trouvaient les victimes retrouvées errantes dans les rues les laissait vulnérables à toute tentative de coercition ou de suggestion. Autant dire que cette drogue était une arme de choix pour quiconque donnant dans le lavage de cerveau.

D’où le fait qu’Alessa se retrouva en compagnie de l’enquêtrice asari lui ayant proposé de rendre une petite visite à la suspecte numéro un. Mais là où la chasseresse s’était attendue à se fondre au milieu de l’équipe d’experts et autres techniciens de la police afin d’infiltrer incognito la demeure de Dashanxa pour y trouver des preuves pouvant l’incriminer dans cette affaire, elle découvrit en fait avec stupeur qu’Ania était seule et n’attendait vraisemblablement personne d’autre qu’elle.

— Longue histoire, s’était contentée tout d’abord de répondre l’enquêtrice.

*Mais encore ?* avait pensé Alessa en fronçant les sourcils et en faisant clairement comprendre à son interlocutrice qu’elle attendait plus de précisions.

Mais de toute évidence, l’enquêtrice s’y était attendue, car elle enchaîna presque immédiatement en reconnaissant qu’Alessa méritait de connaître cette « longue » histoire. Et pour cause : l’enquêtrice lui révéla qu’elle avait appartenu à l’Azur Stellaire, la secte même dans laquelle elles s’apprêtaient à mettre les pieds. Était-ce une blague de mauvais goût ? Comment avait-elle pu se retrouver en charge de cette enquête compte tenu de son passif avec la principale suspecte ? La chasseresse savait Nevos corrompue jusqu’à la moelle, mais de là à ce que Dashanxa mette sur cette enquête l’une des ses disciples.

Toutefois, il n’en était rien aux dires de l’enquêtrice qui prit le temps de se justifier en affirmant avoir quitté l’Azur Stellaire à l’amiable. Alessa se contenta de hocher la tête. Mais dans le fond, elle doutait à présent de l’impartialité de sa partenaire. Quelque chose ne collait pas au reste chez elle. Mais elle avait encore plus ou moins l’esprit embrouillé par ses propres problèmes personnels pour véritablement mettre le doigt sur ce qui la dérangeait. Quoiqu’il en soit, la Matriarche Dashanxa n’aurait aucunement eu le droit de refouler une équipe d’experts possédant un mandat de perquisition. Quoique… compte tenu de sa réputation ici sur Nevos, nul doute qu’elle aurait effectivement trouvé un moyen de rendre ce mandat caduc. Alessa détestait ces paradis fiscaux. De vrais nids à criminels n’ayant rien à craindre. Pourtant, c’est sur ce genre de terrain miné qu’elle excellait d’ordinaire. Entre mensonge et complot. Secret défense et infiltration dans l’ombre. Mais peu importe…

— Ce sera nous deux, ou rien du tout, acheva Ania en fixant Alessa dans les yeux. Quelque chose me dit que nous sommes loin d’être amies, ou même bonnes collègues. Mais je connais les lieux, les gens. Je vous demande de me faire confiance.

Alessa se contenta de hocher la tête. Que pouvait-elle faire de plus ? Elle était au pied du mur.

— D’accord, ouvrez la voie alors.

Son ton était devenu soudain bien moins cassant et autoritaire. Comme dit juste avant, elle n’avait pas d’autre choix. Et puis une ancienne disciple de l’Azur Stellaire pourrait effectivement se montrer utile. Ania se chargea alors des formalités et les portes s’ouvrirent enfin pour les laisser entrer dans le saint des saints de la secte de leur suspect numéro un.

***

Alessa suivit docilement sa guide connaissant d’ores et déjà les lieux. Son regard faisait la navette entre la décoration et l’architecture à couper le souffle de l’imposante demeure et les nombreux individus résidant en ces lieux. Et nombreux, ils l’étaient. Du moins est-ce l’impression qu’avait la chasseresse en remontant ces longs corridors aux vitraux colorés et au carrelage couvert de sublimes mosaïques. Des portes au lourd battant en bois sombre barraient des pièces se dissimulant à sa vue. Mais la plupart du temps, celles-ci étaient ouvertes et laissaient entrevoir au gré des envies tantôt une salle de lecture et tantôt des espaces de détente plongés dans la quiétude et le silence. En d’autres circonstances, Alessa aurait certainement apprécié arpenter cette somptueuse demeure. Mais chaque fois que ses yeux se posaient sur un disciple de la Matriarche Dashanxa, la chasseresse se rappelait la véritable nature de cet endroit. Un lieu d’endoctrinement et de secrets. Un lieu dont il valait mieux se tenir éloigné.

Finalement, Ania et Alessa se retrouvèrent dans un petit salon où le vert dominait partout. Soit. Pas sa couleur préférée, mais il fallait reconnaître que la décoratrice avait su marier les teintes à la perfection. Mais qu’importe. On les avait informées que quelqu’un viendrait les retrouver ici. Cette personne avait tout intérêt à ne pas les faire attendre trop longtemps. Des innocents continuaient d’être enlevés et de succomber à cette mystérieuse drogue pendant qu’elles perdaient leur temps à attendre.

Et la voix de Dashanxa s’éleva soudain dans la pièce. Alessa se retourna vers un moniteur encastré dans le mur du fond sans avoir fait mine de vouloir prendre place dans le fauteuil molletonné dans lequel on l’avait invitée à s’installer quelques instants plus tôt. La Matriarche se tenait droite et les mains jointes. Elle donna sa version des faits quant aux récents événements survenus dans la colonie. Selon ses dires, l’Azur Stellaire n’avait rien à voir dans toute cette histoire. Ils étaient innocents et on s’acharnait à leur faire porter le chapeau alors que les véritables coupables couraient toujours et restaient impunis.

Puis l’écran tressauta et la Matriarche s’adressa cette fois-ci directement à Alessa. Même son regard était braqué sur elle comme si les deux Asari se trouvaient assises l’une devant l’autre dans le bureau de la cheftaine de l’Azur Stellaire. Elle prétendait vouloir faire la lumière sur toutes ces disparitions et invitait pour cela Alessa à venir à sa rencontre. Elle lui proposait même d’œuvrer ensemble de concert afin de résoudre cette enquête. Elle insista une dernière fois sur son innocence et le message disparut.

— C’est une blague ? demanda Alessa en continuant de fixer l’écran éteint. (Elle se tourna vers Ania.) Elle plaisante, n’est-ce pas ? (Ania haussa les épaules.)

Alessa fronça les sourcils et se retourna vers l’écran. Elle n’avait pas été insensible au discours de cette Matriarche que celles de Thessia accusaient d’être responsable de toutes ces disparitions. Se pouvait-il qu’elle n’ait effectivement rien à voir avec tout ceci ? Difficile à dire. Les supérieurs de la chasseresse étaient mine de rien convaincues de sa culpabilité. Alessa avait beau préférer ne s’appuyer que sur les faits et non les on-dit, il n’en demeure pas moins que sa loyauté envers la milice asari la poussait mine de rien à croire ses supérieurs sur parole. Elle n’était qu’un soldat. De quel droit se permettait-elle de douter de sa hiérarchie ? Mais Dashanxa ne pouvait pas feindre aussi bien l’innocence. Une partie de son discours devait forcément être empreint de vérité.

L’écran se ralluma et l’invitation de Dashanxa à la trouver se répéta avant que le visage de la Matriarche ne disparaisse de nouveau. Alessa demeura encore pensive.

— Qu’en pensez-vous ? demanda-t-elle finalement à Ania. Vous la connaissez mieux que moi. Dit-elle la vérité à votre avis ou n’est-ce qu’une manière détournée de tenter de nous amadouer ?

La chasseresse voulait connaître le fond de la pensée de sa partenaire. Elle continuait cependant de se méfier d’elle. Mais que pouvait-elle faire de mieux ? Elle était venue ici en pensant se fondre dans la masse en vue à terme d’infiltrer l’Azur Stellaire sous une fausse identité. Malheureusement, Dashanxa avait eu vent de sa venue et elle connaissait même son identité. Elle devait avoir le bras sacrément long pour être parvenue à tour de force. Alessa avait beau avoir voyagé sous son véritable nom, son dossier militaire était classé secret défense et seul les gradés du gouvernement y avaient accès. La chasseresse se doutait que tout cela ne présageait rien de bon. Dashanxa avait deux temps d’avance sur elle.

Alessa écouta attentivement Ania sans émettre le moindre commentaire. Elle n’avait pas le choix. Elle allait devoir s’allier temporairement à Dashanxa et voir où cela la mènerait. C’était là le seul moyen de la contrer si tant est qu’elle soit vraiment derrière ces disparitions. Observer et apprendre à connaitre la Matriarche, voilà ce qu’elle devrait faire. C’était là le seul moyen de prédire ses actions et combler le gouffre les séparant. Le seul moyen de rééquilibrer la balance et retirer tout avantage à la Matriarche. « Connais ton ennemi » serait sa nouvelle tactique d’approche.

— Bien. De toute évidence, nous n’avons pas vraiment le choix, finit-elle par dire. Où trouverons-nous la Matriarche Dashanxa ? Elle ne doit pas être loin, je suppose. Une idée, peut-être ?


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MessageSujet: Re: Une destination de rêve   Mar 20 Oct 2015, 14:11
Une destination de rêve
Quand les opposés se rencontrent...

Dashanxa était toujours sérieuse ; ceux qui prétendaient le contraire soit se comptaient sur les doigts d'une main mutilée, soit disparaissait mystérieusement. Il valait mieux que la question d'Alessa restât sans réponse ; et la question, au vu du ton sur lequel elle était posée, n'appelait pas de réponse. La jeune chasseresse ne savait quoi dire, quoi faire ; peut-être cherchait-elle juste à se rassurer, ou à se défouler. Et puisqu'elle en était venue à s'adresser à sa chère Ania, il était plus que probable que ce fût pour cette raison.

La prétendue policière se contenta de hausser les épaules.

« Qu’en pensez-vous ? Vous la connaissez mieux que moi. Dit-elle la vérité à votre avis ou n’est-ce qu’une manière détournée de tenter de nous amadouer ? »

Un fin sourire passa sur ses lèvres. « Si je pouvais répondre clairement, la Matriarche usurperait sa réputation. Mais, peut importe le contenu de son discours, si elle s'est sentie obligée de s'adresser à vous, c'est que la situation est... complexe. Elle doit dire la vérité... Elle pourrait. Peut-être. En partie. Qui sait ? »

Le silence accueillit cette réponse très encourageante. C'était logique, après tout ; quelle confiance Alessa pouvait-elle placer en sa collègue, qui s'était définie comme ex-membre de l'organisation qu'elle devait surveiller ? La policière lui laissa un temps de réflexion. Il fallait espérer que ce petit moment télé fît mouche.

« Bien. De toute évidence, nous n’avons pas vraiment le choix. Où trouverons-nous la Matriarche Dashanxa ? Elle ne doit pas être loin, je suppose. Une idée, peut-être ? »

Sans rien dire, Ania fit sortir Alessa du salon vert, pour ne plus ni voir ni entendre ce satané écran, qui devenait énervant à la longue. La porte refermée, elles s'engagèrent dans un couloir qui les ramena à l'escalier central, qu'elles empruntèrent après avoir encore attendu la personne devant les accueillir.

Appuyée sur la rampe, la policière tournait parfois la tête vers Alessa. Certes, elle n'avait guère le choix, comme elle l'avait dit elle-même ; mais suivre ainsi, sans avoir obtenu aucune information... Pour elle, la solution se trouvait peut-être au bout.

« Habituellement, nous la trouvons dans son bureau... glissa tout de même Ania, pour ne pas laisser le néant s'installer. Puisque nous sommes livrées à nous-mêmes... Commençons par là, que voulez-vous que je vous dise ? »

L'étage était lumineux. La porte du bureau, massive. Et surtout, entrouverte.

« Entrez, Alessa », fit une voix placide. « Odra, tu peux te retirer. Nous parlerons plus tard. »

Dashanxa était là, assise au bureau. Une caisse de métal était posée au sol, devant le meuble. Odra, en retirant son couvre-chef de policière (qui n'était pas le sien, d'ailleurs) fit une révérence à la chasseresse, qui lui jetait un regard indéchiffrable. « Odra T'Ille, conseillère de Dashanxa, pour vous servir. Et ce n'est pas une plaisanterie. Je pense que nous aussi, nous aurons beaucoup à nous dire plus tard. »

Sans un mot de plus, elle s'écarta de la porte et d'Alessa et disparut dans les couloirs.

Dashanxa ne laissa aucun temps à Alessa, après que cette dernière fût entrée dans la pièce. Elle se leva et vint s'appuyer sur le bureau. D'un geste, elle désigna la caisse.

« Regardez, mademoiselle N'Mara. Ceci contient ce que moi je produis. Inoffensif. Enfin, pas plus que les vitamines que vous avalez pour tenir lors de votre entraînement de chasseresse. Prenez-le pour analyses, si vous le souhaitez. Comme preuve de ma bonne foi. »

Il était très certainement impossible de croire à cette histoire, du moins dans la seconde. Mais c'était vrai ; Dashanxa s'était ravisée, avait fait revenir de leur entrepôt l'une des caisses du produit, et l'avait faite monter exprès pour convaincre Alessa.

Autant jouer cartes sur table.

Elle ne l'aurait jamais admis, mais elle avait désespérément besoin de l'aide de la chasseresse. Il fallait juste que celle-ci imagine le contraire. Mais pour cela, la Matriarche se devait de se dévoiler un peu. Bien sûr, sa recherche restait illégale. Elle espérait que N'Mara serait convaincue par ses paroles, suffisamment pour ne pas envoyer le produit au laboratoire. Et si elle en parlait dans un rapport, que pourrait-elle dire ? Elle n'avait aucune idée d'où cela venait, et Dashanxa pouvait détruire le petit stock qu'elle possédait sur place et ne jamais parler du centre de recherches de Hyetania.

Et surtout, le problème le plus gênant résidait dans un autre produit...

« J'espère que vous avez apprécié le petit manège dans lequel nous vous avons embarquée. Vous comprendrez qu'il était nécessaire. Maintenant... Je sais que vous ferez le bon choix. Passons. » Elle prit un datapad et glissa le doigt sur l'écran. « Avez-vous d'autres pistes que moi ? Ce serait triste d'apprendre le contraire. »

Peu de pistes, peu de temps. Mais se dévoiler, certes, mais pas trop vite; elle ne parlerait pas de suite de toutes ses pistes. Dashanxa avait quelques soupçons sur Elina T'Soris, une Asari à la tête d'une industrie pharmaceutique ; mais pourquoi s'en prendre aux touristes alors qu'il y avait trois mille moyens légaux de tester un produit ? Cela n'avait aucun sens. Elle fit part de sa réflexion à Alessa, avant d'ajouter : « Allez-vous être dégoûtée des opérations de terrain en la compagnie d'un membre de l'Azur Stellaire ? N'acceptez que si vous le souhaitez, je trouverai une solution sans vous si nécessaire. Oui, de vraies vacances, comme Nevos les présente. »

Un gong retentit. C'était l'heure de la prière de la mi-journée. Dashanxa joignit les mains sans plus avoir conscience d'Alessa ; elle priait pour se sortir de cette situation.

« Qu'est-ce qui vous soutient dans les moments difficiles, Alessa ? », demanda-t-elle ensuite.
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Objet de tous les désirs
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MessageSujet: Re: Une destination de rêve   Mer 04 Nov 2015, 16:27
La première entrevue entre Alessa et la Matriarche Dashanxa avait laissé la chasseresse sur sa faim. Le face-à-face avait été bref et la conversation s’était faite dans un seul sens. Alessa n’avait pas eu d’autre choix que d’écouter la matrone faire son beau discours et lui proposer une alliance afin de faire toute la lumière sur cette bien sombre histoire. Une offre fort alléchante en soi, à ceci près que la cheftaine de l’Azur Stellaire était la principale suspecte dans cette affaire et qu’elle avait d’ores et déjà démontré ses talents de manipulatrice en parvenant à mettre l’une de ses anciennes disciples sur ce mystérieux cas d’enlèvement de touristes et cette troublante affaire de trafic de drogue. Dans le fond, Alessa était loin d’être dupe. Elle ne faisait pas confiance à cette dénommée Ania. Étrange coïncidence en effet que la jeune femme se soit retrouvée sur cette affaire. Qu’importe ses justifications, Alessa refusait de croire que ses supérieurs avaient vu une opportunité d’infiltration et de manipulation de la Matriarche. Pour avoir été déployée dans les Terminus à de nombreuses reprises, la chasseresse était bien placée pour savoir comment pensait ce genre d’individus véreux. Et véreux, ils l’étaient tous ici sur Nevos. Aussi la jeune femme savait-elle pertinemment qu’aucun officier des forces de l’ordre n’aurait jamais l’audace d’envoyer l’une des leurs sous couverture pour espionner l’Azur Stellaire de l’intérieur. Pas même une prétendue ancienne disciple. Dashanxa les intimidait beaucoup trop.

Mais accusant d’ores et déjà deux coups de retard sur la femme à la tête de cette secte aux intentions douteuses et certainement peu louables, la chasseresse n’avait d’autre choix que de se plier aux règles dictées par la propriétaire des lieux. Le seul moyen qu’elle avait pour reprendre l’avantage était d’être en mesure de prédire à son tour les actions de son adversaire. Et pour cela, elle se devait d’observer et d’assimiler autant d’informations que possible à son sujet en gardant les yeux et les oreilles ouvertes et en jouant le jeu de la Matriarche jusqu’au bout. C’est pourquoi elle avait demandé son avis à sa fausse partenaire. Duperie ou pas, elle restait la mieux placée pour répondre aux questions rhétoriques qu’elle venait de lui poser : à savoir si Dashanxa plaisantait, ou encore si elle était digne de confiance.

La policière s’était alors contentée de sourire et de répondre en termes fort énigmatiques et teintés de mystère. Décidément, les réponses franches n’étaient de toute évidence pas sa tasse de thé. La faute au courant de pensées institué ici par la Matriarche Dashanxa ? Aux quatre coins de l’univers connu, les sectes étaient indéniablement réputées pour leurs lavages de cerveaux et autres méthodes de contrôle de l’esprit et de suggestion poussées. Celle-ci n’échappait certainement pas à la règle. Mais soit. Alessa ne fit une fois de plus aucun commentaire, se contentant d’ajouter qu’elles n’avaient pas le choix de toute manière. L’heure était venue de rencontrer la Matriarche en chair et en os.

Ania guida alors à sa demande Alessa hors du salon vert. Elles remontèrent ensemble un long corridor qui les ramena à l’escalier central s’élevant toujours plus haut dans les étages. Et c’est ce qu’elles firent également. La chasseresse perçut les coups d’œil furtifs que lui lançait sa partenaire. Mais elle s’efforça de garder les yeux rivés droit devant elle, ne détachant son attention de sa destination finale que pour faire semblant de détailler la disposition des lieux et la décoration soignée de mains de maître. En toute honnêteté, elle faisait surtout en sorte de mettre sur pieds un plan d’évasion si jamais cette rencontre avec la Matriarche débouchait sur un dénouement malvenu. Mieux valait être préparé à tout.

La douce voix d’Ania – douce était peut-être fort compte tenu de ce qu’Alessa éprouvait à son égard – retint l’attention de la chasseresse qui tourna très légèrement la tête vers elle sans pour autant lui faire complètement face. Ania l’informa que d’ordinaire, la Matriarche pouvait être trouvée dans son bureau. Aussi est-ce là qu’elle la guidait. Après tout, il fallait bien débuter les recherches quelque part, non ? Et le bureau de la cheftaine semblait l’endroit idéal pour cela. Alessa était entièrement d’accord avec elle.

Les deux Asari parvinrent finalement à destination et avouons que la disposition des lieux était pensée avant tout pour en imposer au premier regard. Un palier inondé de lumière radieuse. Une porte en bois aussi massive que gracieusement sculptée. Une hauteur de plafond à couper le souffle et une très nette propension à vouloir asseoir sa suprématie et sa supériorité. Était-ce le but recherché ou les préjugés d’Alessa lui faisaient-ils voir ce qu’elle avait envie de voir ? Peut-être un peu des deux. Quoiqu’il en soit, la porte était entrouverte et le message ne pouvait être plus limpide : c’était une invitation.

À peine cette idée eut-elle traversé l’esprit de la chasseresse qu’une voix placide s’éleva de l’autre côté du battant. Elle confirma de vive voix l’intuition d’Alessa en l’invitant à entrer dans le bureau. Ce qu’elle fit sans attendre. Bien que massif et imposant, le battant n’offrit toutefois aucune résistance quand la chasseresse le poussa pour entrer dans la pièce. Et il ne grinça pas non plus sur ses gonds parfaitement huilés. Le contraire eut été pour le moins étonnant compte tenu de l’état du reste de la propriété.

Alessa et Ania se retrouvèrent alors face à la Matriarche en personne. Néanmoins, si elle s’était adressée à la chasseresse en l’invitant à entrer dans le bureau, cette fois ce fut sur Ania que son regard se posa quand elle ajouta :

— Odra, tu peux te retirer. Nous parlerons plus tard.

Alessa fronça les sourcils et tourna instinctivement la tête vers sa prétendue partenaire. Celle-ci retira son couvre-chef et fit une révérence polie en lui soufflant :

— Odra T’Ille, conseillère de Dashanxa, pour vous servir. Et ce n’est pas une plaisanterie. (Alessa serra les dents et se retrouva dans l’incapacité d’avaler la bile qui lui était remontée dans la gorge.) Je pense que nous aussi, nous aurons beaucoup à nous dire plus tard.

En guise de réponse, la conseillère qui s’était jouée d’elle tout ce temps récolta un simple regard noir. Le genre de regard qui aurait pu tuer sur le champ si une telle chose était possible. Et sans rien ajouter d’autre, elle disparut en laissant Alessa et la Matriarche seule à seule.

La chasseresse était partagée. D’une part elle était rassurée de savoir qu’elle pouvait toujours compter sur son instinct infaillible. Elle avait effectivement senti qu’il y avait anguille sous roche avec Ania. Mais d’un autre côté, elle s’en voulait terriblement de ne pas avoir percé à jour la jeune femme pour ce qu’elle était vraiment : le bras droit de la Matriarche en personne. Alessa était pourtant une espionne. Ce que Odra avait fait, elle était elle-même passée maître dans cet art. Elle aurait dû reconnaître sur le champ une autre espionne sous couverture. Qu’est-ce qui ne tournait pas rond chez elle ? D’abord Tarana et maintenant Odra. Comment avait-elle pu devenir aussi naïve et crédule ?

Alessa n’eut pas le temps de faire la lumière sur cette histoire ni d’apporter une réponse à sa question. À peine les deux femmes furent-elles enfin seules que Dashanxa brisait déjà le silence en se levant de derrière son bureau et en venant à la rencontre de la chasseresse. Elle désigna alors une caisse en métal posée à ses pieds, devant l’imposant meuble servant de bureau à la maîtresse des lieux.

— Regardez, mademoiselle N’Mara. Ceci contient ce que moi je produis. Inoffensif. Enfin, pas plus que les vitamines que vous avalez pour tenir lors de votre entraînement de chasseresse. (Alessa avait posé les yeux sur la caisse avant de reporter son attention sur Dashanxa en entendant celle-ci faire mention de son entraînement de chasseresse.)

Elle ne devrait pas si étonnée dans le fond. Sa venue sur Nevos devait être tenue secrète. Du moins, la vraie raison de sa venue ici. Mais ayant voyagé sous sa véritable identité et son dossier faisant mention de son statut de chasseresse, c’est autant d’informations sur lesquelles la Matriarche aurait pu mettre la main sans la moindre difficulté. Mais mieux valait demeurer tout de même sur ses gardes.

— Prenez-le pour analyses, si vous le souhaitez, poursuivit Dashanxa en continuant de désigner la caisse. Comme preuve de ma bonne foi.
— Je n’y manquerai pas, rétorqua alors Alessa sur un ton faussement cordial. Mais nous savons toutes les deux que je ne trouverai rien de compromettant dans ce lot, auquel cas vous ne l’auriez pas proposé si généreusement, n’est-ce pas ? (Elle marqua une pause et observa en silence la Matriarche.)

Mais rien à faire. La Matriarche était une véritable page blanche. Impossible de percer ses pensées en observant ses micro-expressions. Elle était passée maître dans l’art de la dissimulation et Alessa ne put pas même deviner ce que la matrone éprouvait face à une chasseresse envoyée pour elle. Rien. Nada. Aussi Alessa décida-t-elle de faire un pas en direction de la caisse. Elle allait quand même faire tester la marchandise pour écarter toute incertitude. Mais elle doutait d’y trouver quoi que ce soit. La Matriarche avait toujours deux tours d’avance sur elle. Si elle offrait librement cette caisse, c’est qu’elle connaissait d’ores et déjà l’issue des résultats.

Quand Alessa posa les mains sur la caisse, la voix de Dashanxa brisa de nouveau le silence. Elle espérait que la chasseresse avait apprécié le petit manège auquel elles s’étaient adonnées. Une nécessité selon elle. Maintenant toutefois, elle savait qu’Alessa saurait faire le bon choix. Autrement dit : elle semblait convaincue que même après avoir été tournée en ridicule tout ce temps, la chasseresse consentirait à s’allier à elle dans cette enquête où elle demeurait à l’heure actuelle le principal et unique suspect. Et Alessa s’était trouvée crédule et naïve tout à l’heure ? Quelle douce ironie.

— Avez-vous d’autres pistes que moi ? demanda Dashanxa. Ce serait triste d’apprendre le contraire.

Alessa se redressa en laissant la caisse au sol pour l’instant. Elle plongea alors son regard dans celui de la Matriarche et lui répondit simplement :

— Pourquoi ne pas envoyer votre conseillère soutirer cette information au poste de police, hein ? Car vous n’obtiendrez rien de plus de moi. S’il y a bien une chose que je ne supporte pas, c’est d’être prise pour une parfaite idiote.

La chasseresse serra les dents. L’espace d’un instant, le visage de sa compagne Tarana se superposa à celui de la Matriarche. Toutes deux lui avaient menti et avaient ou dissimulé la vérité ou altéré celle-ci pour servir leurs propres intérêts. Alessa était furieuse. Dégoûtée. Frustrée. Elle n’avait qu’une envie : mettre son poing dans la figure de la matrone de l’Azur Stellaire. Mais elle n’en fit rien. Peut-être était-ce justement ce que voulait la Matriarche. Qu’elle frappe le première afin de pouvoir contre-attaquer sans avoir à craindre les foudres de Thessia. Alessa ne lui ferait pas ce plaisir. Non.

La Matriarche Dashanxa fit alors mention d’une certaine Elina T’Soris. Une Asari à la tête d’une industrie pharmaceutique. Mais elle fit également part à la chasseresse de ses doutes : pourquoi s’en prendre à des touristes alors qu’il existait tant d’autres moyens parfaitement légaux d’arriver au même résultat, à savoir tester les effets d’un nouveau produit. C’est vrai que cela n’avait aucun sens. À moins qu’il ne s’agisse-là que d’une autre tentative de manipulation.

Alessa ne répondit rien. Elle garderait ce nom sous le coude au cas où. Mais pour l’heure, il est vrai que toutes les preuves pointaient uniquement dans la direction de la Matriarche dirigeant l’Azur Stellaire, et ce indépendamment des préjugés des huiles de Thessia. Alors pourquoi s’encombrer de ce qui avait tout l’air d’une fausse piste ? Parce qu’Alessa était minutieuse. Elle verrait ce qu’elle pourrait trouver sur cette femme. Juste au cas où. Sait-on jamais. Peut-être était-ce une associée dont Dashanxa voulait se débarrasser en lui faisant porter le chapeau. Auquel cas, le bouc-émissaire pourrait lui être fort utile afin de faire chuter Dashanxa de son piédestal au sommet de sa tour de cristal. Mais tout d’abord, elle devait porter cette caisse au laboratoire pour analyse.

Mais Dashanxa n’en avait pas terminé. Elle tenta une dernière fois de s’immiscer dans l’enquête de la chasseresse en lui demandant si elle serait dégoûtée à l’idée de refaire équipe avec un autre membre de l’Azur Stellaire. En cas de refus, elle trouverait de toute manière une autre solution pour palier à ces fausses accusations selon elle infondées.

— Eh bien faites donc, répondit simplement Alessa en se baissant et en récupérant la caisse en métal. Nous verrons bien qui de nous deux trouvera les réponses la première. (Elle se tut et se tourna vers la sortie. Elle ne fit qu’un pas avant de s’arrêter et de se tourner vers la matrone.) Je ne sais peut-être pas ce que vous cachez exactement, mais sachez que je découvrirai.

Un gong retentit alors quelque part dans la majestueuse demeure. Alessa y va là la fin de cette entrevue. Mais Dashanxa avait une dernière chose à lui demander. Et tandis qu’elle était sur le point de franchir la porte, Alessa l’entendit demander :

— Qu’est-ce qui vous soutient dans les moments difficiles, Alessa ?

L’Asari ne répondit rien. Elle demeura silencieuse un moment sur le palier de la porte et finalement, se décida à quitter la pièce sans répondre à la Matriarche. Ce qui la soutenait dans les moments difficiles ? Tarana. Sa compagne avait été le centre de son univers. Un repère dans le chaos et les ténèbres. Une bouée au milieu de cet océan de violence et d’entropie. Mais c’était avant. Avant les mensonges. Avant les cachoteries et les messes basses. C’était fini. Il n’y avait plus de Tarana pour l’instant. Et rien que le fait de l’admettre manqua arracher des larmes à la chasseresse qui se dirigeait vers la sortie.

***

Deux jours plus tard.

Alessa reçut un message urgent de la part du laboratoire d’analyse auquel elle avait confié la caisse de la Matriarche Dashanxa. Les résultats étaient enfin revenus. Ce qu’elle découvrit alors la laissa pour le moins dubitative : les résultats étaient positifs. La caisse contenait bel et bien la drogue responsable de la mort des touristes mystérieusement enlevés et retrouvés quelques jours plus tard, hagards et sous l’effet d’une toxine se révélant mortelle quelques heures plus tard. Dashanxa était responsable de tout cela. Elle était la cause de toutes ces disparitions et toutes ces morts. Alessa en avait la preuve noir sur blanc désormais. Aussi ne lui restait-il plus qu’une seule chose à faire.

***

Moins d’une heure plus tard.

Alessa se présenta aux portes de la demeure de la Matriarche. Elle n’était pas seule cette fois. Elle avait avec elle tout un contingent des forces de l’ordre. Et quand la porte s’ouvrit devant son insistance et qu’une jeune femme lui demanda poliment ce qu’elle désirait, elle répondit :

— Nous sommes ici pour la Matriarche Dashanxa. Voici le mandat d’arrêt. (Elle lui plaça sous le nez le document officiel.) La Matriarche est en état d’arrestation pour l’enlèvement, la séquestration, ainsi que la mort de cinquante-deux touristes. Elle est également en état d’arrestation pour avoir synthétisé et testé illégalement une drogue mortelle. Laissez-nous passer et menez-nous à la coupable. Maintenant !


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MessageSujet: Re: Une destination de rêve   Ven 13 Nov 2015, 21:33
Une destination de rêve
Invitation.

La jeunesse, piquée au vif, sait être dévastatrice.

Ainsi pensait Dashanxa en voyant Alessa lui répondre effrontément, lui rappelant de même ses jeunes années avec Taral. Ainsi pensa-t-elle aussi lorsqu'elle reçut, le lendemain après-midi, un message bref... urgent. Il venait d'un de ses agents thessiens, qui suivait les différents mouvements des informations. Il avait « attrapé » la suivante :

''RESULTATS ANALYSE TRAFIQUES.''


*


Une demi-journée plus tard...

« Alessa, vous avez fait une terrible erreur... même si c'est par ignorance. »

Le message, certes cliché, commençait ainsi sur le datapad. Datapad qui traînait dans le sac d'Ana, une des partisanes asari de Dashanxa. Il fallait réussir à le faire passer à la chasseresse...

Ana était d'un tempérament stressé. Apprendre que la police allait arriver n'améliorait pas son état. Et pourtant, lorsque Dashanxa avait ordonné l'évacuation du manoir, elle s'était proposée pour rester et accueillir les autorités. En réalité, elle avait choisi cette voie de peur de faire une crise de panique, enfermée dans un abri quelconque.

Au moins, son sort serait vite réglé ; soit elle serait arrêtée (et elle n'aurait plus qu'à attendre le retour de la Matriarche, car elle reviendrait, c'était sûr et certain), soit on lui donnerait l'opportunité de partir et de disparaître totalement. Moins de doute.

« Les résultats sont trafiqués. N'avez-vous pas dit vous-mêmes que, si je vous offrais généreusement cet échantillon, c'était parce que j'étais sûre qu'il ne contenait rien qui aurait pu m'être préjudiciable ? »

Bien sûr. C'était évident. Ana avait les mains qui tremblaient, mais au fond, elle savait que la Matriarche était innocente, et que la lumière sur l'affaire serait faite. Elle était naïve, mais par définition, elle ne le savait pas.

L'Asari attendait, assise sur les escaliers du manoir. Tous les autres étaient partis. Depuis une heure, le manoir ne résonnait que du bruit de ses propres pas.

« Alessa, vous me semblez tout à fait capable de comprendre la vraie nature de la situation. C'est pourquoi je m'adresse à vous. Dévoilez cette mascarade. Retirer quelques Asari véreuses de Thessia ne fait et ne fera jamais de mal. A vous. Aux Thessiennes. Comme à moi. »

La Matriarche jouait franc jeu, ici. Mais Ana n'aurait jamais osé le dire devant les autres. Mais la situation l'exigeait peut-être.

« Faites cela, et vous serez certainement plus à même de surmonter d'autres mascarades, d'ouvrir les yeux... et de mieux reconnaître les qualités de celui ou celle que vous avez critiqué. »

C'était une phrase étrange, pour Ana. Beaucoup trop mystérieuse, même par rapport à ce que la Matriarche disait d'habitude. Et complètement en rupture avec la phrase précédente. Seulement cette Alessa devait pouvoir la comprendre.

Ana n'essaya pas d'interpréter. Cela ne la regardait pas ; elle se sentait déjà assez mal d'écouter l'enregistrement, mais elle stressait tant, seule dans cette grande bâtisse, la police en route ! Quelques rouages étaient apparus à ses yeux et l'avaient rassurée. Jamais, par contre, ne le dirait-elle à Dashanxa.

« Rejoignez la destination de rêve, de nuit, et nous pourrons discuter. »

Il y eut soudain des bruits à l'extérieur. La police était là. Ana se leva et se rendit au portail, se mordant les lèvres.


*


« Nous sommes ici pour la Matriarche Dashanxa. Voici le mandat d’arrêt. La Matriarche est en état d’arrestation pour l’enlèvement, la séquestration, ainsi que la mort de cinquante-deux touristes. Elle est également en état d’arrestation pour avoir synthétisé et testé illégalement une drogue mortelle. Laissez-nous passer et menez-nous à la coupable. Maintenant ! »

Très bien.

Ana ouvrit à demi le portail, et tendit un datapad, un autre, à celle qui devait être la fameuse Alessa, puisqu'elle dirigeait l'opération.

« Vous ne trouverez personne ici. Voici un plan du domaine, si vous désirez au moins le fouiller – et vous le voudrez... » Elle s'étonnait de sa spontanéité. « … et non, je ne sais rien... »

Cela était vrai, et bien qu'elle acceptât ce fait, une certaine curiosité la piquait tout de même.

Les agents entrèrent, Alessa suivant derrière. Ana en profita pour lui glisser le datapad avec le message dans les mains.

Comme la chasseresse l'observait durement, elle fut prise de panique.

Elle s'enfuit en courant.


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MessageSujet: Re: Une destination de rêve   Dim 13 Déc 2015, 22:10
L’heure était venue de perquisitionner la demeure de l’Azur Stellaire et de mettre aux arrêts la femme tenant les rênes de ce puissant réseau tenant plus de la secte qu’autre chose. Se présentant aux portes du majestueux manoir dominant des terres fertiles pareilles à un océan de verdure étalant ses pentes légèrement inclinées à quelques kilomètres seulement de la capitale de Nevos, Alessa était déterminée à passer les menottes aux poignets de la Matriarche Dashanxa avant de la traîner de force jusqu’à Thessia où elle serait jugée et condamnée à la prison ferme pour ses crimes aussi nombreux qu’odieux. C’était dans l’ordre des choses. Justice serait rendue au nom de ces cinquante-deux touristes ayant été arrachés à leur famille avant d’être drogués et abandonnés à une mort certaine dans les rues dépravées de Nevos. Alessa éprouvait une certaine fierté et allégresse de voir la justice triompher en ce jour.

Malheureusement, le fait est que Dashanxa avait plus d’un tour dans son sac et qu’elle était loin d’être dépourvue d’alliés et de sources de renseignements fiables. Pour cause : quand Alessa se présenta à la porte du domaine de l’Azur Stellaire, ce fut pour être accueillie par une jeune adepte l’informant sans autre forme de procès que les forces de l’ordre ne trouveraient personne ici. Les lieux avaient été vidés et les disciples de la Matriarche s’étaient évanouis dans la nature avec leur cheftaine. C’était prévisible. Alessa aurait dû s’y attendre. Elle avait pourtant pris toutes les précautions possibles et les dispositions nécessaires pour justement faire en sorte qu’aucune information ne filtre entre le moment où elle avait reçu les résultats d’analyse et celui où son équipe et elle avaient débarqué devant les portes du manoir de la Matriarche. Pourtant, cette dernière avait mine de rien trouvé le moyen d’être informée de son arrivée et du mandat d’arrêt édité à son nom dans le plus grand secret.

Alessa ne cacha pas sa frustration. Elle lança un regard noir à la jeune adepte qui n’y était pourtant pour rien dans cette histoire.

— Passez-moi cet endroit au peigne fin, ordonna-t-elle d’une voix cassante à ses hommes. Mettez-moi sous scellés tout ce qui se rapporte de près ou de loin à cette enquête. Je ne veux rien laisser au hasard. Emportez même le manoir en entier si cela se révèle nécessaire. (Elle marqua une pause.) Et prévenez le central de la disparition de la Matriarche. Je veux qu’un avis de recherche soit diffusé en continu sur tous les holorelais de la planète. Qu’on me prévienne si jamais quelqu’un la repère. Exécution.

Les représentants des forces de l’ordre prirent possession du manoir tandis qu’Alessa se tourna vers la jeune adepte demeurée seule après le départ de ses compagnons. La jeune femme lui avait assuré ne rien savoir de la situation quand elle avait informé Alessa qu’elle et ses hommes ne trouveraient rien ici. La chasseresse ne lui avait pourtant posé aucune question à ce propos. De toute évidence, cette jeune créature était troublée et peu sereine. Peut-être était-ce dû au fait qu’elle avait été laissée en arrière, seule et sans soutien, afin de tenir la chasseresse informée et lui rappeler gentiment que la Matriarche Dashanxa n’était pas le genre de personne à laisser le hasard faire les choses. Alessa était alors loin de se douter que la jeune Asari s’était portée volontaire pour cette… mission.

— Vous ne savez vraiment rien ? demanda-t-elle après l’avoir observée un long moment en silence pour justement accroître son malaise et sa nervosité. Ou alors jouez-vous à un jeu ?

La chasseresse avait encore en travers de la gorge le petit numéro auquel Odra s’était adonnée durant sa précédente visite des lieux. La conseillère en chef de la cheftaine de l’Azur Stellaire s’était fait passer pour un officier de police prétendument en charge de l’enquête des mystérieuses disparitions survenues récemment sur Nevos. Le bras droit de Dashanxa avait joué un rôle tout ce temps et la chasseresse n’y avait vu que du feu. Elle était pourtant elle-même une espionne. Elle était passée maître dans l’art de l’infiltration et du travail sous couverture. Et pourtant, elle n’avait pas été capable de se rendre compte de la supercherie avant que le pot-aux-roses ne soit dévoilé. Alessa était bien décidée à ne pas que cela se reproduise. Elle était déterminée à ne pas laisser Dashanxa se jouait d’elle une seconde fois.

— Alors ? insista-t-elle en croisant les bras sur sa poitrine et en regardant de haut la jeune adepte.

En guise de réponse à ses questions, la jeune fille timide et nerveuse sortit de sous sa veste un second datapad qu’elle présenta à Alessa. La chasseresse fronça les sourcils en questionnant en silence la jeune fille du regard avant de s’emparer du datapad et de baisser les yeux sur lui. La jeune adepte en profita alors pour se glisser avec souplesse dans son dos et passer la porte avant de prendre ses jambes à son cou sans demander son reste. Deux ou trois agents des forces de l’ordre se trouvant encore dans le hall furent témoins de la scène et voulurent se lancer à la poursuite de la fugitive.

— Non, ce n’est pas la peine. Elle n’était qu’un pion de la Matriarche. Continuez à fouiller le domaine.

Et sans quitter des yeux la minuscule silhouette disparaissant au loin dans les champs bien entretenus de l’Azur Stellaire, Alessa resserra les poings sur le second datapad que lui avait remis la jeune adepte. L’appréhender n’aurait effectivement servi à rien. Alessa avait appris à faire confiance à son instinct et celui-ci lui assurait que cette enfant n’était pas une menace et qu’elle ne savait rien de plus à propos de la Matriarche pouvant l’incriminer et représenter une menace pour elle. Si cela avait été le cas, jamais Dashanxa n’aurait permis qu’elle reste en arrière. Elle aurait choisi une autre de ses disciples pour faire office de messager. Car c’est bien ce que semblait être la jeune femme qui venait de quitter le champ de vision de la chasseresse : une simple messagère. Et le datapad sur lequel Alessa posa les yeux devait être un message de la part de la Matriarche lui étant destiné à elle et à elle seule.

Sans se donner la peine de se justifier auprès de qui que ce soit, Alessa s’isola dans une pièce attenante à l’entrée. Un petit salon assez semblable à celui dans lequel elle avait été reçue lors de sa précédente visite, à ceci près que la couleur dominante dans celui-ci était le violet et non le vert. Et s’assurant que personne ne viendrait la déranger durant les prochaines minutes, elle s’avança jusqu’au fond de la pièce et posa le datapad sur une console avant d’activer le message audio préenregistré dans l’appareil.

La voix de Dashanxa s’éleva alors dans le petit salon et une sensation étrange se saisit d’Alessa. Cette voix semblait tellement à sa place dans cet endroit qu’elle n’aurait pas été surprise de découvrir que la Matriarche se tenait dans son dos en ce moment-même. Cette demeure était la sienne après tout. Ce ne pouvait être que pour cette raison que la chasseresse éprouvait cette drôle de sensation. Mais peu importe. L’impression s’effaça aussi vite qu’elle avait surgi dès que l’Asari perçut les premiers mots du message laissé à son attention par la principale suspecte de son enquête.

— Alessa, vous avez fait une terrible erreur… même si c’est par ignorance. Les résultats sont trafiqués. N’avez-vous pas dit vous-même que, si je vous offrais généreusement cet échantillon, c’était parce que j’étais sûre qu’il ne contenait rien qui aurait pu m’être préjudiciable ? (Il y eut une brève pause dans le message.) Alessa, poursuivit la voix de Dashanxa, vous me semblez tout à fait capable de comprendre la vraie nature de la situation. C’est pourquoi je m’adresse à vous. Dévoilez cette mascarade.

Mascarade ? Le mot retint l’attention d’Alessa. Mais elle se contenta de froncer les sourcils et d’écouter la suite du message.

— Retirez quelques Asari véreuses de Thessia ne fait et ne fera jamais de mal. À vous. Aux Thessiennes. Comme à moi. Faites cela, et vous serez certainement plus à même de surmonter d’autres mascarades, d’ouvrir les yeux… et de mieux reconnaître les qualités de celui ou celle que vous avez critiqué. (Cette remarque déstabilisa la chasseresse qui se contenta de serrer les dents.) Rejoignez la destination de rêve, de nuit, et nous pourrons discuter.

Et le message prit fin. Le silence reprit possession du petit salon et les pensées d’Alessa commencèrent à se mettre en ébullition. Une part d’elle-même refusait tout bonnement de prendre en considération le message de la Matriarche Dashanxa. Ce n’était encore qu’une perfide tentative de manipulation et rien de plus. Néanmoins, il fallait reconnaître que plusieurs remarques de la cheftaine de l’Azur Stellaire avaient su retenir l’attention de la chasseresse. Car il est vrai que Dashanxa avait offert un échantillon de la drogue – ou plutôt des « vitamines » comme elle les avait appelées la dernière fois – que ses usines produisaient en sachant pertinemment qu’Alessa ne trouverait rien dedans pouvant l’incriminer et lui porter préjudice. Alessa elle-même lui en avait fait la remarque justement. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle avait été étonnée quand le rapport du laboratoire d’analyse était revenu positif. Mais soit, elle n’avait pas pris la peine de creuser plus loin. La Matriarche s’était jouée d’elle durant leur précédente rencontre, la chasseresse s’était montrée vindicative en s’empressant de faire imprimer un mandat d’arrêt et en prenant d’assaut la demeure de l’Azur Stellaire. Maintenant, à tête reposée, elle voulait bien admettre avoir mis peut-être la charrue avant les bœufs.

D’autant plus que l’allusion de la Matriarche à une mascarade avait su retenir son attention. Quelque chose n’avait pas plus à Alessa depuis le début de cette mission. Ou du moins depuis sa rencontre avec la principale suspecte. Les hautes huiles de Thessia avaient accusé la cheftaine de l’Azur Stellaire d’être derrière cette histoire d’enlèvement et de drogue. Et force est d’admettre que toutes les preuves que la chasseresse avait trouvées allaient en ce sens. C’était même presque trop beau pour être vrai en fait. Une vérité qu’Alessa ne pouvait ignorer quand bien même elle en avait envie par-dessus tout. Il fallait bien admettre que la Matriarche n’avait peut-être pas entièrement tort finalement.

Décidant de réécouter le message, Alessa interrompit l’enregistrement lorsque Dashanxa fit allusion à des Asari véreuses opérant au sein du gouvernement. Était-ce possible ? Alessa était un soldat servant les cités-états de Thessia au sein de la milice. Elle n’était pas en droit de porter le moindre jugement à l’encontre des politiciennes tenant les rênes du pouvoir sur son monde natal. Mais le fait est qu’il était de notoriété publique que toutes les sphères du pouvoir de quelque espèce que ce soit étaient d’une manière ou d’une autre corrompue. Nul doute que Thessia n’échappait pas à la règle. Et la mission de la chasseresse ayant été ordonnée par un représentant officiel du gouvernement, peut-être se pouvait-il que Dashanxa soit dans le vrai après tout. Quelqu’un se servait-il d’Alessa comme d’un pion pour faire tomber la Matriarche et sa secte ?

— Non, souffla Alessa à mi-voix. Impossible.

Elle refusait tout bonnement d’y croire. Mais elle était consciente que c’était en réponse à sa loyauté vis-à-vis de sa nation. Elle était une patriote. Il lui était difficile d’admettre que son propre gouvernement puisse s’abaisser à ces viles manipulations. Néanmoins, elle n’était pas dupe pour autant et elle savait que certaines missions qu’elle avait menées avant cela devaient s’inscrire dans cette logique des jeux de pouvoir et autre coercition. Mais il n’avait jamais été question d’assassiner cinquante-deux individus à seule fin de jeter le blâme sur une femme trop dangereuse pour une poignée de politiciennes de Thessia. Alessa était peut-être un soldat, mais elle avait une conscience et une certaine éthique.

D’une main adroite et entraînée, elle exécuta le programme d’effacement du datapad et fit disparaître le message de la Matriarche. Quand bien même elle ne faisait pas confiance à Dashanxa, la Matriarche détenait peut-être la clé de toute cette histoire. Alessa n’avait donc pas le choix.

— Prévenez-moi quand vous aurez terminé la perquisition, dit-elle en sortant du petit salon. Que tout ce que vous trouverez soit mis sous scellés au central. Personne d’autre que moi n’aura le droit d’accéder à la salle des pièces à conviction sous peine d’être arrêté pour obstruction à la justice. C’est un ordre.

Les officiers de police présents dans le hall hésitèrent avant de hocher la tête timidement. Alessa n’était pas Spectre. Elle ne détenait pas la juridiction nécessaire pour donner de tels ordres. Nevos était après tout indépendante en matière des régulations et de la surveillance. Même Thessia éprouvait d’ordinaire beaucoup de difficultés à faire appliquer quelque loi que ce soit sur cette planète. Mais le ton employé par Alessa ne laissait semble-t-il place à aucune discussion. Alors ces hommes et ces femmes s’exécuteraient et la chasseresse aurait à régler cette affaire avec leur commandant si cela posait problème à celui-ci.

Une fois certaine que ses ordres seraient suivis à la lettre, la jeune femme quitta la demeure de l’Azur Stellaire. Elle avait un train à prendre.

***

Quelques heures plus tard.

Le soleil avait disparu par-delà l’horizon depuis plusieurs heures déjà. Et dans le ciel s’élevaient les deux lunes resplendissantes orbitant autour de la planète dont des milliers de poètes avaient vanté la beauté gémellaire. Le train dans lequel était installée Alessa filait en silence vers sa destination finale : à savoir son dépôt. Le service de nuit prenait fin peu après minuit. Et à ce moment-là, toutes les navettes encore en circulation regagnaient le dépôt en attendant la relève le lendemain aux alentours de cinq heures.

La chasseresse s’était glissée discrètement à l’intérieur de la rame et elle attendait à présent patiemment d’arriver à destination. Lorsqu’elle se retrouva en vue du dépôt, elle attendit pratiquement le dernier moment avant de rouvrir les portes et sauter sur le quai désert en cette nuit douce et fraîche. Quelqu’un semblait attendre son arrivée. Une silhouette familière qu’Alessa reconnut immédiatement lorsque la conseillère de Dashanxa se tourna vers elle.

— Heureuse de voir que vous avez répondu à l’invitation de la Matriarche Dashanxa. Par ici, je vous prie. Je vais vous mener à elle.

Alessa garda le silence. Elle n’avait toujours pas pardonné à Odra son petit tour de passe-passe. Il était cependant trop tard pour faire demi-tour désormais. Maintenant qu’elle avait fait tout ce chemin, autant aller au bout de cette affaire. Néanmoins, avant de disparaître dans les ombre à la suite d’Odra, Alessa prit le temps de jeter un dernier regard au nom figurant à l’avant du train : Arellas. Le Rêve dans la langue maternelle des Asari. Et ce dépôt était sa destination finale : la destination de rêve…


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MessageSujet: Re: Une destination de rêve   Mer 23 Déc 2015, 00:10
Une destination de rêve
Il y a toujours une entrevue dans un coin sombre...

Il faisait nuit, et le vent soufflait sur les quais, léger, frais. Une nuit agréable, même pour quelqu'un en cavale.

Odra, de par son ancienne vie de mercenaire, appréciait chaque instant, adepte de la vie au jour le jour ; une planète entière la recherchait, soit, mais elle savait être dans le vrai, et surtout, la nuit était belle. Il n'empêche, mieux valait faire cesser la chasse le plus rapidement possible... En la faveur de l'Azur Stellaire.

Aussi était-elle en train d'attendre l'arrivée d'Alessa N'Mara. Dashanxa était persuadée qu'elle viendrait... Et elle aussi. Odra n'était pas quelqu'un d’agressif, ni de fermé ; elle s'allierait avec cette Alessa, puisque la chasseresse restait leur seule option pour s'en sortir. Par contre, l'espionne devait encore avoir son petit jeu de déguisement en travers de la gorge...

Les derniers trains arrivaient, petit à petit. Les freins rompaient le silence un long instant ; ils faisaient grincer des dents autant qu'eux ne grinçaient. Pas de chasseresse. Odra ne bougeait pas de sa cachette, dans l'ombre, un châle noir sur la tête, servant à la fois à la dissimuler et à la réchauffer.

Enfin, un ultime train arriva, à minuit passé. L'Arellas, le rêve. Et quelle ne fut pas la surprise d'Odra d'en voir descendre Alessa... La Déesse avait de l'humour, pensait la conseillère en regardant le quai sombre et glauque.

Elle quitta son poste d'observation simplement en se tournant vers la chasseresse et en faisant quelques pas dans sa direction.

« Heureuse de voir que vous avez répondu à l’invitation de la Matriarche Dashanxa. Par ici, je vous prie. Je vais vous mener à elle. »

Elle a toujours l'air perturbé.

Et que ne devait-elle pas l'être ! Pour accepter de venir jusqu'ici, combien de fois la jeune asari avait-elle dû se retourner l'esprit et mettre en doute tous ses principes !

Odra conduisit Alessa avec prudence. Après tout, elle et Dashanxa s'était cachées ici, seules, et si l'endroit était désert à cette heure, il n'était pas non plus un bunker dissimulé sous terre, hors d'atteinte de tout cadran de repérage.

« Attendons un instant. »

Les derniers employés défilaient vers la sortie, alors même que les deux asari devaient s'engouffrer de là d'où ils venaient.

Odra en profita pour regarder Alessa de biais. « Eh bien, l'attente entre nos deux rencontres ne fut pas longue. Comment se porte l'enquête ? » Elle s'accorda un petit sourire ironique. « Toujours fâchée après moi ? » Le même sourire. « Je ne suis pas désolée – et sûrement n'attendez-vous pas d'excuses, c'est une part du travail. Je suis sûre que vous comprenez. C'était une expérience fort intéressante, et d'un côté, je suis sûre que vous saurez en tirer le meilleur... »

Le silence revint sur les quais. « Allons-y. »

Et elles s'enfoncèrent dans les bouches où étaient entreposés les trains. Une odeur d'huile montait aux narines.

« L'idée de se cacher ici ne venait pas de moi, fit Odra en allumant une torche et non le système central, afin que cela ne parût pas louche. Une vraie destination de rêve... L'autre face des quais. » Une pause. « Et ne venez pas me demander pourquoi elle préfère le sol aux sièges ! »


*


Assise par terre dans un wagon solitaire, Dashanxa méditait. Ils étaient partis dans la précipitation...

Je suis trop vieille pour ça.

...Elle avait avec elle un petit éclairage d'appoint, une couverture qu'elle avait dédaignée, et trois rations dont une entamée.

La Déesse me pardonne, mais j'apprécie.

Cette situation lui rappelait bien des choses. Sa vie d'ascète lorsqu'elle avait réfléchi à comment reprendre en main l'Azur Stellaire. Sa vie de mercenaire, et les soirées réglées avec ce que l'on avait sous la main. Et encore plus anciennement, sa vie d'initiée, sur Thessia, lorsqu'elle faisait le mur, de nuit, pour retrouver Taral, pour faire à peu près n'importe quoi.

Là, Dashanxa était seule, avec Odra. C'était risqué. Très risqué. Mais si Alessa venait, et si la Matriarche la convainquait, plus rien ne serait à craindre. Et Alessa viendrait, cela était la partie sûre du raisonnement.

Je la convaincrai aussi.

En cas de problème... elle était une matriarche asari, à la biotique affûtée par des siècles de pratique, et Odra n'était pas en reste.

Alors qu'elle pensait à sa conseillère, un petit coup, sec, fit résonner le métal du wagon ; Odra était de retour, et, puisqu'elle avait frappé d'un coup et non de deux, cela signifiait qu'Alessa l'accompagnait. On ne sait jamais, prudence. Nevos était une planète rutilante à l'extérieure, et gangrenée à l'intérieur. Des trafics divers et variés pouvaient avoir lieu dans des endroits pareils... Elle le savait pour y avoir parfois pris part, même indirectement.

Dashanxa fit un signe de tête qu'Odra, à travers la vitre où elle venait d'apparaître, interpréta comme une invitation à entrer. La porte s'ouvrit avec lenteur, et les deux asari s'avancèrent. Cependant, sans rien dire, la Matriarche ordonna à Odra de retourner dehors. Surveiller les alentours. Parler seule à seule avec Alessa.

La situation à laquelle elle était réduite rendait l'entrevue terriblement cocasse.

« Eh bien, bonsoir, Alessa. » Elle désigna la couverture posée au sol, face à elle. « Asseyez-vous donc, ce sera plus confortable pour parler. »

Quoiqu'elle n'avait pas l'air disposé à cela. La jeune femme était venue en quête de réponses, ce que Dashanxa avait plus ou moins promis dans son message. Elle attendit qu'elle prît place. A partir de là, tout pouvait commencer.

« Cinq touristes supplémentaires ont été retrouvés, fous, et trois sont déjà morts. » Elle tendit un morceau de ration à Alessa. « Et je suis là. A faire l'apéritif. C'est plaisant, dans une certaine limite. J'espère que les résultats de votre enquête laisseront mon manoir en l'état, que je puisse en retrouver le confort... Mais, vous êtes venue! J'aimerais bien savoir ce qui... »

Dashanxa ne finit pas sa phrase, soudain scrutatrice de l'expression d'Alessa. Oui, elle voyait pourquoi elle pouvait tirer les ficelles ainsi. N'Mara avait subi quelque chose de fort ; or, c'était une chasseresse, et les chasseresses ne se brisent pas ainsi. Dans leur rôle officiel, du moins. Sur le plan personnel... ?

Une histoire de cœur, hmmm ?

« Alessa, de ce que je vois de vous, vous reviendrez au moins vers cette personne à qui vous tenez, et inversement, si vous vous êtes choisies pour votre ressemblance. » Allez, j'ai été jeune et amoureuse aussi, entendre ce que l'on désire entendre ne fait pas de mal... et qui sait si je n'ai pas raison ? « Maintenant m'écouterez-vous ? »

Dashanxa s'assura de la prise qu'elle avait sur son auditrice, avant de reprendre : « Elina T'Soris, rappelez-vous. J'espère bien que l'on n'empoisonne pas des civils juste pour me nuire ou pour effectuer des tests. Nous pourrions lui rendre une petite visite, à elle ou ses entrepôts, mais pour des raisons évidentes de facilité d'infiltration, je préférerais pour ma part la seconde option... Me suivrez-vous ? »

Les questions, depuis tout à l'heure, étaient doubles : elles portaient à la fois sur la « mission » et sur l'envie d'Alessa de réellement rejoindre Dashanxa. Suivre la voie de la Déesse, c'était faire un repli sur soi, se rendre compte des défauts, s'améliorer, accorder de l'importance à l'univers entier. Dashanxa l'appréciait assez pour lui donner cette chance... autant qu'elle apprécierait assez avoir une chasseresse dans ses rangs.

Alessa comprenait-elle tous ces sous-entendus ?

« Peut-être cela va-t-il trop vite. Peut-être suis-je trop directe. Peut-être avez-vous des questions. Posez-les, en ce cas. Mais ne perdons pas de temps : des touristes meurent, et j'ai vaguement entendu dire que tout Nevos me recherchait... »

Elle offrit à Alessa un sourire franc, puis encore plus ironique que celui d'Odra au fur et à mesure qu'elle déroulait sa phrase.


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MessageSujet: Re: Une destination de rêve   Ven 08 Jan 2016, 19:52
Alessa venait juste à l’instant de descendre du train l’ayant conduite à la Destination de Rêve. L’Arellas. Le Rêve. Message fort subtil de la part de la Matriarche Dashanxa. La chasseresse serait certainement passée à côté du message crypté sans même s’en rendre compte si sa compagne et elle n’avaient pas profité lors d’un précédent séjour de la visite touristique dispensée par la compagnie. C’est pourquoi cela l’avait à ce point marqué en entendant l’enregistrement de la Matriarche. Mais pourquoi au juste avoir choisi pareil endroit pour une rencontre secrète ? Certes, le dépôt se trouvait loin des principales voies de circulation. Ce qui en faisait un lieu facile à sécuriser et à défendre. Qui plus est… on était loin du grand standing imposant et impérieux de la richissime demeure de l’Azur Stellaire. Tout bien considéré, c’était la cachette parfaite pour la fugitive asari recherchée par les forces de l’ordre.

Le quai avait tout d’abord paru désert et abandonné à la chasseresse quand elle avait quitté la chaleur de son wagon pour affronter la douce nuit et son petit vent. Rien de déplaisant toutefois. C’était même plutôt agréable après cette longue et chaude journée. Néanmoins, la chasseresse s’était très vite rendu compte qu’elle n’était pas seule. Un mouvement furtif avait retenu son attention dans les ombres et la conseillère en chef de la Matriarche Dashanxa avait quitté sa cachette pour venir à sa rencontre.

— Heureuse de voir que vous avez répondu à l’invitation de la Matriarche Dashanxa, lui avait-elle alors dit en guise de salutations. Par ici, je vous prie. Je vais vous mener à elle.

Alessa s’était abstenue de tout commentaire. Elle s’était contentée de fusiller Odra du regard en silence avant de faire un imperceptible mouvement de la tête pour l’inviter à montrer le chemin. La chasseresse avait la rancune tenace. Elle ne pardonnait pas aussi facilement. Et c’est donc dans le plus grand silence que les deux femmes avaient remonté le long quai désert en direction des entrepôts tout proches. Au moment où elles arrivèrent en vue de l’entrée donnant accès aux sections privées de la zone, la rumeur d’une conversation parvint jusqu’à elles et Odra fit un geste pour lui intimer l’ordre de faire halte.

— Attendons un instant, souffla-t-elle alors d’une voix à peine audible après avoir désigné du menton, à quelques mètres de là, les derniers employés se dirigeant vers la sortie du dépôt.

Alessa hocha à peine la tête. Et le silence reprit ses droits entre les deux femmes jusqu’à ce que la jeune conseillère de Dashanxa se tourne à moitié vers Alessa sans perdre de vue les va-et-vient des employés. Elle tenta alors d’engager innocemment la conversation en s’efforçant de garder la voix basse.

— Eh bien, l’attente entre nos deux rencontres ne fut pas longue, dit-elle, cordiale. Comment se porte l’enquête ? (Elle eut un sourire ironique. Alessa s’abstint de tout commentaire. Mais elle ne put retenir le regard noir qui fusilla son homologue asari.) Toujours fâchée après moi ? (Elle eut encore un sourire.)

— Je n’apprécie guère le fait d’être le dindon de la farce. Alors oui… toujours fâchée.

— Je ne suis pas désolée – et sûrement n’attendez-vous pas d’excuses, c’est une part du travail. Je suis sûre que vous comprenez. (Alessa ne répondit pas. Odra avait bien raison. Inutile de lui faire le plaisir d’entrer dans son jeu en le lui disant.) C’était une expérience fort intéressante, ajouta la conseillère de la Matriarche, et d’un autre côté, je suis sûre que vous saurez en tirer le meilleur…

Alessa, qui avait détourné les yeux d’Odra en soupirant d’exaspération, reporta vivement son attention sur l’Asari en la fusillant une nouvelle fois du regard. Elle n’était pas ici pour faire la conversation avec elle. Pas après qu’elle se fut jouée d’elle ainsi. Comme dit plus haut, Alessa était de nature rancunière. Elle avait toutes les raisons de l’être après avoir été ainsi tournée en ridicule à deux occasions en l’espace de seulement quelques jours. Alors Odra avait plutôt intérêt à ne pas insister trop... ou sinon…

Le calme étant revenu sur les quais et les derniers employés ayant quitté le secteur sans remarquer leur présence, Odra se tut et se remit enfin en route. Alessa la suivit sans attendre et elles s’engouffrèrent toutes les deux par la porte que les employés retardataires avaient refermée derrière eux en partant. Le secteur était désert. Pas un bruit. Juste le souffle du vent. C’était quelque peu… sinistre. Et presque inquiétant aussi. Et c’est dans cette atmosphère légèrement tendue et étouffante que les deux femmes passèrent en silence devant plusieurs trains et cabines entreposées ici pour la nuit. Les wagons avaient des faux airs de trains fantômes. C’était vraiment lugubre. Quelle idée de choisir un tel endroit comme refuge. D’un autre côté, elle-même aurait sûrement fait la même chose si les rôles avaient été inversés.

Quelques secondes après avoir pénétré dans l’entrepôt à l’air saturé d’huile de moteur et autres résidus métalliques provenant de la lente usure des moteurs, Odra leva le bras et activa la lampe torche de son OmniTech afin de repousser les ténèbres et voir où elle mettait les pieds. Alessa garda les bras le long de son corps et laissa Odra ouvrir la voie avec sa seule lampe comme phare dans la nuit.

— L’idée de se cacher ici ne venait pas de moi, dit-elle alors pour tenter une dernière fois de briser la glace et engager la conversation avec son interlocutrice quelque peu réfractaire. Une vraie destination de rêve… L’autre face des quais. (Elle marqua une pause.) Et ne venez pas me demander pourquoi elle préfère le sol aux sièges !

La remarque eut le mérite de laisser la chasseresse dubitative jusqu’à ce qu’elle se retrouve enfin face à la Matriarche en personne quelques instants plus tard. Celle-ci était effectivement installée à même le sol quand Alessa fut introduite auprès du puissant leadeur de l’Azur Stellaire devenue, depuis peu, une fugitive recherchée par les autorités. Elle semblait tombée de haut. Passée des suites luxueuses de son impressionnante demeure à la vétusté d’une cabine de train de seconde zone. Quelle tristesse…

Alessa était encore en train d’observer en silence l’environnement tenant à présent lieu de retraite à la toute puissante Matriarche, lorsque celle-ci fit signe à Odra de prendre congé et de leur laisser un peu d’intimité. Alessa et Dashanxa étaient seules désormais. Ce qui n’était pas pour rassurer la chasseresse qui s’était pourtant retrouvée dans des situations bien pires que celle-ci. Malheureusement, elle n’avait pas l’air d’être au mieux de sa forme dernièrement. Elle avait commis bien trop d’erreurs de débutante et avait laissé bien trop de personnes se jouer d’elle bien trop facilement. Peut-être est-ce pourquoi la seule présence de Dashanxa la mettait à ce point mal à l’aise. Elle était en proie au doute. Non pas de la sincérité de la suspecte et du rôle qu’elle avait pu – ou non – jouer dans cette sordide histoire, mais de ses propres capacités. Elle doutait d’elle-même. Mais en aucun cas elle ne devait laisser la Matriarche s’en rendre compte. La cheftaine de l’Azur Stellaire avait déjà bien trop de cartes en main. Inutile donc de lui en fournir plus encore à retourner contre elle et l’enquête qu’elle tentait de mener à bien.

— Eh bien, bonsoir, Alessa, fit Dashanxa d’une voix cordiale. (Elle invita Alessa à prendre place devant elle sur la couverture posée à même le sol.) Asseyez-vous donc, ce sera plus confortable pour parler.

Était-ce une blague ? Une couverture ? Confortable ? Alessa pensait plutôt au fauteuil dans lequel elle était installée durant le trajet l’ayant menée ici lorsqu’elle cherchait une image lui évoquant le confort. Mais force est d’admettre que faute de mieux, elle se devait de relativiser un peu. Elle avait elle-même connu moult environnements bien moins hospitaliers que ce train au gré de ses diverses assignations aux quatre coins de la galaxie. En somme, cette couverture était à ses yeux tout aussi confortable que n’importe quel autre fauteuil, du moment qu’on ne perdait pas de vue le fait qu’elle aurait pu tout aussi bien être morte et ne pas avoir l’occasion de profiter de ce… confort spartiate. Ce n’était qu’une simple question de relativité. Résignée, la chasseresse prit place sur la couverture sans faire de commentaire. Autant en finir le plus rapidement possible. Inutile de tourner autour du pot.

Son empressement dut se lire sur son visage car Dashanxa embraya dans la foulée en disant :

— Cinq touristes supplémentaires ont été retrouvés, fous, et trois sont déjà morts.

De bien tristes nouvelles. Mais cela n’innocentait en rien Dashanxa, car ces cinq touristes étaient déjà portés disparus avant la ratification du mandat d’arrêt édité au nom de la Matriarche. Et compte tenu du fait qu’aucune autre disparition n’avait pour l’heure était recensée, cela ne faisait qu’accuser encore un peu plus la Matriarche. Après tout, comment aurait-elle pu trouver le temps de programmer d’autres enlèvements après avoir été ainsi poussée à entrer dans la clandestinité afin de ne pas finir derrière les barreaux d’une minuscule cellule dépourvue de fenêtre et de tout… confort ?

Pourtant, la Matriarche ne semblait pas plus inquiète que cela de sa situation actuelle. Elle avait même l’air de prendre les choses assez bien. Et pour cause : toujours dans son rôle de l’hôtesse cordiale, elle proposa à son invitée un morceau de sa ration de survie qu’Alessa dédaigna d’un simple mouvement de tête. La chasseresse n’avait pas particulièrement faim malgré l’heure tardive. Elle avait surtout soif… soif de réponses à ses nombreuses questions et soif aussi de vérité.

— Et je suis là. À faire l’apéritif, continua Dashanxa sur sa lancée sans paraître nullement vexée du refus d’Alessa. C’est plaisant, dans une certaine limite. J’espère que les résultats de votre enquête laisseront mon manoir en l’état, que je puisse en retrouver le confort… (L’interlocutrice de la Matriarche eut un mouvement de sourcils suffisamment évocateur pour lui faire comprendre que mieux valait pour elle ne pas entretenir trop de faux espoirs. Elle risquait de trouver la décoration un peu… vide en rentrant chez elle.) Mais, vous êtes venue ! J’aimerais bien savoir ce qui…

Face au soudain silence de son interlocutrice, Alessa plissa les yeux et l’observa longuement en retour. Elle sentit comme un frisson courir le long de son échine. Elle n’aimait pas être ainsi scrutée intensément. Elle avait le sentiment de se retrouver mise à nu devant la Matriarche. Elle soutint toutefois son regard en s’efforçant de dissimuler son ressenti. Elle refusait de montrer son malaise et sa gêne. Elle faisait de son mieux pour durcir sa volonté et attendre que Dashanxa reprenne la parole.

— Alessa, de ce que je vois de vous, reprit la Matriarche après un moment de silence fort gênant, vous reviendrez au moins vers cette personne à qui vous tenez, et inversement, si vous vous êtes choisies pour votre ressemblance. (La mâchoire d’Alessa se crispa. Ce fut le seul signe indiquant à Dashanxa qu’elle était parvenue à entrevoir l’une de ses faiblesses. La Matriarche en fut récompensée par un nouveau regard glacial.) Maintenant m’écouterez-vous ?

— Que les choses soient bien claires entre nous, souffla Alessa d’une voix dissimulant à peine la menace sous-jacente, arrêtez de jouer à ce petit jeu avec moi. Cessez de chercher à me manipuler comme vous le faites depuis notre première rencontre. Je vous interdis de faire allusion à ma vie privée. (La dureté du regard de la chasseresse compensa la boule qu’elle avait dans le creux de l’estomac.) Cela ne vous regarde pas. Je suis ici parce que mon instinct me pousse à croire ce que vous avez dit dans ce message laissé à mon attention. Je veux comprendre. C’est aussi simple que cela. Et quelque chose me dit que… vous détenez une partie de la vérité. (Alessa marqua une pause et observa longuement Dashanxa.) Alors cessez de jouer avec moi et restons professionnelles, voulez-vous ?

Dashanxa ne réagit pas. Du moins pas assez ouvertement pour qu’Alessa lise en elle. La Matriarche était maîtresse des plus infimes réactions involontaires de son corps. Impossible de lire en elle. Rien.

— Elina T’Soris, rappelez-vous. J’espère bien que l’on n’empoisonne pas des civils juste pour me nuire ou pour effectuer des tests. (Alessa s’abstint de tout commentaire, laissant Dashanxa poursuivre.) Nous pourrions lui rendre une petite visite, à elle ou ses entrepôts, mais pour des raisons évidentes de facilité d’infiltration, je préférerais pour ma part la seconde option… Me suivrez-vous ?

Alessa resta un moment méditative. Elle ne répondit pas tout de suite et s’attira les doutes de Dashanxa.

— Peut-être cela va-t-il trop vite. Peut-être suis-je trop directe. Peut-être avez-vous des questions. Posez-les, en ce cas. Mais ne perdons pas de temps : des touristes meurent, et j’ai vaguement entendu dire que tout Nevos me recherchait.

Dashanxa offrit un sourire à Alessa qui demeura de marbre pour sa part. Rien dans toute cette affaire ne prêtait à sourire selon elle. Encore moins l’idée de travailler main dans la main avec la cheftaine de l’Azur Stellaire, la suspecte principale dans son enquête. Mais elle était forcée d’admettre qu’elle-même trouvait toutes ces coïncidences un peu trop… convenues. Et quand bien même elle ne pouvait mettre le doigt sur ce qui la dérangeait exactement, mieux valait selon elle suivre son instinct et voir ce qui en ressortirait. C’est pourquoi il y eut un éclat de détermination dans son regard quand elle reposa les yeux sur Dashanxa et dit finalement :

— Vous avez raison, nous n’avons pas de temps à perdre. (Elle marqua une brève pause.) Mais que les choses soient bien claires entre nous. Nous opérerons à ma manière. Pas de duplicité. Pas de tentative de coercition et de manipulation. C’est après la vérité que j’en ai et je compte bien faire toute la lumière sur cette histoire, que cela vous plaise ou non. Au moindre soupçon de tromperie de votre part, notre alliance prendra fin et cette trêve sera à considérer comme nulle et non avenue. Est-ce bien clair ?

Dashanxa n’eut d’autre choix que d’accepter les conditions de la chasseresse. C’était là le seul et unique moyen de faire avancer les choses et de trouver le fin mot de l’histoire. Alessa accusa toutefois le coup du revirement de situation un court instant. Dashanxa était donc prête à se plier à ses exigences. Une bonne chose. Alessa saurait tirer parti de la situation. Mais cela ne voulait pas dire pour autant qu’elle se fierait aveuglément à la Matriarche et à ses hommes de main. Les deux femmes venaient de forger une alliance, mais Alessa n’était pas naïve pour autant. Elle la garderait à l’œil, juste au cas où…

— Elina T’Soris donc. (Alessa se tut et prit une grande inspiration.) J’ai des doutes quant à son implication dans cette affaire. Cette femme est trop lisse. Sur le papier, elle n’a absolument rien à se reprocher. Du moins officiellement. C’est même trop… parfait. C’est presque trop beau pour être vrai. Mais justement, pourquoi quelqu’un contrôlant à ce point les informations qui circulent à son sujet prendrait-il le risque de s’impliquer dans une affaire comme celle-ci ? Elle dispose de toutes les accréditations officielles en vigueur dans l’espace concilien pour tester ses produits pharmaceutiques avant leur commercialisation. Et nul doute qu’elle dispose également de moyens beaucoup moins légaux pour mener ses recherches annexes dans des laboratoires clandestins des Terminus. Alors pourquoi ici ? Pourquoi Nevos ? Le siège de son entreprise se trouve ici. Cela n’a vraiment aucun sens selon moi.

Alessa se tut et devint méditative un instant. Elle s’efforçait de relier les points entre eux et de trouver des connexions logiques entre les différents événements survenus. Pourquoi s’en prendre aux touristes ? Qu’est-ce que cela pouvait apporter aux commanditaires de cette affaire ? Et quelle était la raison d’être ultime de cette nouvelle drogue ? Pour le moment, elle n’avait fait que provoquer la mort des individus auxquels elle avait été inoculée. De quoi s’agissait-il exactement ? Une drogue hallucinogène ? Ou une nouvelle vitamine ? Un stimulant destiné à accroître les performances des militaires ? Peut-être s’agissait-il tout bonnement d’une drogue destinée au marché des assassinats clandestins. Beaucoup de théories en somme et pour l’heure aucune réponse. Alessa avait l’impression de s’enliser dans cette histoire.

Mais en fait, tout devint clair comme de l’eau de roche. Elle avait effectivement le doigt dessus depuis le début. Mais elle était restée focalisée sur l’arbre qui cache la forêt.

— Ces touristes qui disparaissent et réapparaissent quelques jours après avant de mourir des effets de cette mystérieuse drogue, dit-elle en reposant les yeux sur Dashanxa. Ce ne sont pas des tests cliniques. Ce sont des tests grandeur nature. Cette drogue n’est rien de moins qu’une arme biologique. Enfin c’est la seule chose logique qu’il reste quand on écarte toutes les autres possibilités. Qu’en pensez-vous ?

Alessa attendit une réaction de la Matriarche Dashanxa. Elle venait peut-être d’élucider une partie du mystère entourant les récents événements survenus sur Nevos. Et si elle avait raison, si Dashanxa allait en son sens et confirmait sa théorie, alors peut-être auraient-elles un début de piste pour élucider le reste du mystère et mettre un terme à ces enlèvements et ces meurtres multiples.

Mais le plus dur resterait encore à faire. Il leur faudrait trouver des preuves validant leur théorie et un coupable sur qui rejeter la faute. Il leur faudrait également mettre la main sur la formule de base de la drogue responsable de toutes ces morts car à l’heure actuelle, tout ce que la police avait pu découvrir en autopsiant les corps, c’était des résidus amorphes ne leur étant d’aucune utilité. Et si en plus de tout ça Dashanxa avait dit vrai à propos des Thessiennes corrompues cherchant à lui faire porter le chapeau, alors cette histoire était encore loin de voir arriver sa conclusion. Dans quoi s’était-elle embarquée ?


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MessageSujet: Re: Une destination de rêve   Dim 24 Jan 2016, 11:30
Une destination de rêve
"Nul ne mérite d'être loué de bonté s'il n'a la force d'être méchant."

Oh, oui, comme elle appréciait voir la face d'une personne se remplir de colère ! Ce passage d'un visage inexpressif à un visage glacé, et à la fois ardent, c'était toujours beau ; la preuve que l'on avait atteint la vérité, qu'elle fût incomplète ou pas... même pour la personne en colère.

Dashanxa écoutait sagement Alessa lui faire tous les reproches de la galaxie. Lui dire qu'elle avait peut-être raison. Lui dicter ses volontés pour la suite. La Matriarche ne bronchait pas. C'était vrai, elles avaient joué selon ses règles jusque-là. Pour que la confiance s'établît, il fallait opérer un rééquilibrage certain.

Elle acquiesça donc aux conditions d'Alessa. La vérité et rien que la vérité, c'était ce que voulait la chasseresse. A voir comment l'on pouvait détourner tout cela, encore... Mais l'important restait l'affaire dans laquelle elles étaient toutes les deux fourrées ; sur ce point, elles tomberaient toujours d'accord pour dire que c'était un véritable guêpier inextricable.

« Est-ce bien clair ? demanda la chasseresse avec froideur.
— Très clair. »

Alessa s'était peut-être attendue à des protestations, ou simplement à un discours plus long, détaillant la nécessité de l'alliance, la méfiance restante, voire une tentative pour tenter de justifier le comportement adopté face à elle. Mais autant ne pas alourdir une situation pour n'en rien tirer de plus.

Dashanxa se concentra donc sur les suppositions qu'émettait Alessa quant à Elina T'Soris.

La parfaite petite asari bien gentille.

Etait-ce à cause des ses activités secrètes qu'elle se sentait forcée de donner cette illusion? Enfin, Dashanxa était bien mal placée pour la juger. Il était bon d'être agréable pour mieux faire ressortir son mauvais côté le moment venu, et inversement. Plus choquant. Plus plus frappant. Plus vrai. Donc: plus destructeur.

La Matriarche, qui gardait le menton baissé, le releva à la mention d'une arme biologique. Même si c'était cela, pourquoi, encore? Pourquoi ici, au grand jour? Dans quel objectif créer une telle arme?

Je suis peut-être égocentrique, mais pas au point de croire que tous les tests sont effectués et pour et s'assurer de la qualité du produit et pour me nuire.

Ou peut-être que si? Qui savait? Mais dans tous les cas, même s'il fallait faire tomber Dashanxa au passage, il y avait forcément un objectif plus gros derrière. Une arme biologique, ça ne se crée pas à la légère.

Elle grignota un autre morceau de ration. Seules des conjectures étaient possibles.

« Disons que ce que vous dites est vrai. Il y a deux possibilités: soit T'Soris peut oeuvrer tranquillement parce que le gouvernement est au courant et approuve, soit il ne l'est pas. » Un silence qui aurait pu être assez lourd de sens à lui seul. « Dans le premier cas, il faut se demander pour quelle raison il accepterait, ou financerait toute l'opération, tout en en profitant pour me nuire. Les Asari sont rarement belliqueuses... ou pas de cette manière. Il faut se demander si tout va bien dans nos relations intergalactiques. »

L'utilisation du « nos » n'aura certainement pas échappé à Alessa. « Dans le second cas... eh bien, personne n'est en sûreté. T'Soris travaille-t-elle pour un groupe de mercenaires, en laissant croire qu'elle n'est pas responsable des décès? Pour Aria, sur Oméga? Autre chose? Et ces gens, qu'en feraient-ils, de cette arme? » Dashanxa s'arrêta pour mieux déclarer sa conclusion. « Dans les deux cas, c'est assez effrayant. Nevos ne serait que le début. Et... je crois malheureusement que vous avez raison. »

J'aime être un bouc-émissaire. O Déesse...

« Vous n'avez pas répondu à ma question, Alessa. Quelle approche préféreriez-vous adopter pour récupérer les réponses à toutes ces questions? »

Elles se mirent d'accord sur les entrepôts, d'ici à quelques jours. Ils seraient tout autant gardés, à l'intérieur, que de jour, il ne fallait pas se faire d'illusion. Mais il serait au moins plus facile de s'en approcher.

En attendant, Dashanxa laissa Odra le soin de compléter son dossier sur Elina. Alessa y avait un accès permanent. Transparence. Elle lui transmit les entrées importantes, mais la chasseresse aurait tout à fait le droit de demander à voir le dossier complet.

Le rapport d'Odra était aussi informel parce qu'il devait au départ n'être lu que par Dashanxa, mais elle n'avait pas eu le temps de le remanier. Tant pis. Le contenu y était - bien que tout fût crypté et que les noms fussent effacés, ainsi que toute référence directe à l'Azur Stellaire. Pour le reste... Elina avait bien d'autres concurrents que Dashanxa. Si jamais le message tombait entre les mauvaises mains, les pistes seraient assez brouillées.

Bien entendu, c'était le dossier sur Elina. Celui d'Alessa, c'était encore autre chose...


*


Quelques jours plus tard...


Le jour, ou plutôt, la nuit du passage à l'acte vint. Odra et Dashanxa allèrent, à pied, dans la direction des entrepôts de Medic-X Corp. A bonne distance encore, pour leur sécurité, elles s'arrêtèrent, dans les bois, et attendirent l'arrivée d'Alessa.

Quand celle-ci arriva, portée par la lueur d'une torche, il n'y eut plus de temps à perdre.

« Bien, annonça Dashanxa, la pure infiltration vous convient-elle toujours, Alessa? » Elle tourna la tête vers Odra. « Et à toi aussi? Parce que je ne pense pas que m'exposer moi soit une idée flamboyante...
— Moi, non, souffla la conseillère. Il nous faudrait juste... un déguisement. »

Elle sourit avec ironie à Alessa, en attendant de voir si elle acceptait encore, ou si elle voulait la jouer à l'espion invisible. Une odeur d'humidité agréable flottait dans l'air, l'odeur fraîche des mousses et des troncs. Des entrepôts, les lumières brillaient et cachaient les étoiles. Un petit moment de calme, au milieu de la tempête d'évènements. Alessa accepta bel et bien...

« Il est évident que nous n'arriverons pas à entrer autrement, très chère Alessa, ne me regardez pas comme vous le faites. Maintenant...»

Dashanxa présenta aux deux espionnes en devenir un plan holographique du complexe. « ... Merci, Matriarche. Regardez, Alessa.»

Il n'y avait guère besoin d'ajouter quoi que ce fût. Les entrepôts étaient quatre ; bâtiments rectangulaires, tous bâtis en dur, dont deux minuscules. Les tours de garde, Odra n'avait pu les établir ; mais les surveillants semblaient surtout tourner près du grillage et près des bâtiments. Ils n'étaient pas nombreux, malgré le renforcement des effectifs dû à la crise actuelle, sûrement parce que les entrepôts ne contenaient que des médicaments et non une arme de destruction massive - du moins une "classique". A l'intérieur, aucune idée. Le site était éclairé à chaque coin de la grille. Oui, il fallait ruser pour entrer.

Comment récupérer deux uniformes de gardien?

Odra et Alessa partirent, en gardant contact avec la Matriarche, qui allait certainement retourner en un lieu plus sûr. Elle leur avait donné une arme et une torche chacune. Mais pour elle, la biotique était la meilleure des alliées.

« Je propose que nous coupions une partie du grillage, sans le franchir. Puis d'attirer au moins un garde, de le... l'assommer assez durement, de prendre uniforme et badge. Puis de recommencer et de s'occuper d'un second. Après, tout ne sera question que de jouer avec les ombres...»

En clair, ( oh le jeu de mot! ) cacher leur visage. Même si les Asari se ressemblaient, on ne savait jamais...

Elles approchèrent, sans parler, du grillage, dans la zone la plus éloignée de toute lumière ; c'est-à-dire le côté ouest, collé à la jungle. Elles étaient passées par cette dernière pour y arriver. Assise dans l'herbe, Odra commençait de découper un morceau de grillage, après avoir éteint la torche, pendant qu'Alessa surveillait les allées et venues.

« Déesse! »

Quelqu'un venait alors qu'elle venait de terminer. Elle sourit à Alessa, si tant est qu'elle pouvait la voir dans le noir. Tout se déroula comme elle l'avait imaginé... Mais ce n'était que la partie la plus simple.

«Habillons-nous, et entrons! Que c'est amusant! Et effrayant! » Elle ne criait pas, mais sa voix était pleine d'allégresse. Aimait-elle ou détestait-elle sa vie? Ce n'était pas le moment de se le demander.
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MessageSujet: Re: Une destination de rêve   Dim 31 Jan 2016, 21:51
Alessa et Dashanxa avaient fini par se mettre d’accord. Ou plutôt : Alessa avait fini par consentir à faire alliance avec la Matriarche pour le bien de son enquête. Elle n’était pas encore totalement certaine de l’innocence de la cheftaine de l’Azur Stellaire, mais force est d’admettre que les preuves s’accumulant contre elle étaient bien trop convenues. Certes, les coïncidences existaient. Mais plus Alessa y repensait et plus cela ressemblait à de l’acharnement. Honnêtement, elle trouvait cette idée un peu tirée par les cheveux. Dashanxa n’était pas une sainte. Nul besoin de preuves pour l’admettre. Mais de là à ce qu’on se donne autant de mal pour lui faire porter le chapeau… C’était un peu osé. Absurde même.

Mais peu importe. La chasseresse avait dicté ses conditions et la Matriarche avait accédé à ses requêtes sans faire le moindre commentaire. Cela avait eu le don de surprendre Alessa, mais après tout, Dashanxa désirait autant qu’elle élucider cette affaire au plus vite. Et même plus en fait. Après tout, elle était la bête traquée partout sur la planète par les forces de l’ordre. Plus vite elles faisaient toute la lumière sur cette histoire et plus vite elle serait tirée d’affaire. Si tant est qu’elle soit véritablement innocente. Point sur lequel Alessa avait encore quelques doutes. Mais là n’était pas la question.

La conversation s’était alors portée sur la femme que la Matriarche suspectait d’être le cerveau de cette mascarade. Femme sur laquelle Alessa avait tout de même enquêté après sa précédente rencontre avec la cheftaine de l’Azur Stellaire. Elle n’avait pourtant rien relevé d’incriminant dans le dossier de l’Asari à la tête de Medic-X Corp. – dont elle était également le visage. C’était même trop beau pour être vrai. Cette femme avait tout l’air d’être une sainte. Une vraie mère Thérésa. Difficile de la rattacher à cette sombre affaire de disparition et de drogue qui défrayait la chronique sur Nevos depuis plusieurs mois. Pourtant, Dashanxa semblait persuadée de sa culpabilité.

La Matriarche émit ses propres hypothèses concernant sa rivale. Selon elle, ou bien Elina était libre de mener sa barque tranquillement simplement parce que le gouvernement la soutenait ; ou bien elle était de mèche avec un groupe mercenaire se servant de ses accréditations et de sa notoriété pour faire du profit juste sous le nez des hautes instances. Dashanxa cita même le nom d’Aria. La Reine Pirate ? Elle n’avait pas la prétention de marcher sur les plates-bandes des autres. Elle avait déjà fort à faire dans les Terminus sans pour autant s’attirer plus de rancœur de la part des entités conciliennes. C’était la guerre froide entre les deux principales forces galactiques. Du moment que l’une ne fourrait pas son nez dans les affaires de l’autre, le statu quo était maintenu. La Reine Pirate n’aurait donc rien eu à gagner à être derrière toute cette histoire. Mais elle n’était pas la seule puissance mercenaire de la galaxie. Dashanxa avait sûrement raison en postulant qu’Elina œuvrait pour le compte de l’un de ces mécréants. Enfin, si tant est qu’elle était bien derrière tout ça. Ce dont Alessa doutait encore. Pour le moment.

Dans un cas comme dans l’autre, Dashanxa et Alessa se retrouvaient seules contre des forces dépassant de loin les leurs. Et comme la cheftaine de l’Azur Stellaire l’avait dit elle-même : « c’est assez effrayant. » Déclaration qu’Alessa ne put contredire. Dashanxa avait parfaitement raison. Tout ceci était effrayant. Tant et si bien que la chasseresse en perdit un moment le fil de la conversation.

— Vous n’avez pas répondu à ma question, Alessa, lui dit alors Dashanxa en la tirant de ses réflexions. Quelle approche préféreriez-vous adopter pour récupérer les réponses à toutes ces questions ?

Alessa demeura silencieuse et pensive encore un instant. Puis elle hocha la tête et rétorqua :

— Elina dispose selon vous des moyens et du mobile pour être celle qui tire les ficelles de cette opération dans l’ombre. Mais aux yeux du monde, elle est blanche comme neige. Nous n’obtiendrons jamais de mandat de perquisition. Et compte tenu de sa manie à contrôler la moindre information circulant à son sujet, nul doute qu’elle n’hésitera pas à nous mettre des bâtons dans les roues si elle découvre que nous enquêtons sur elle. Et c’est sans compter en plus sur ses éventuelles attaches avec un quelconque groupe mercenaire ou même le gouvernement de Thessia si tant est que vous ayez aussi raison sur ce point.

Pour l’heure, la chasseresse se réservait tout jugement sur ce point. Elle était un soldat loyal à Thessia et elle ne pouvait mettre en doute la parole de son gouvernement sur de simples accusations venant d’une Matriarche exilée sur un monde sans foi ni loi et tenant les rênes d’une secte galactique. L’heure viendrait où elle réfléchirait aux dires de la Matriarche, mais pas maintenant.

— Rendons visite aux entrepôts d’Elina sous couvert de l’infiltration. Nous verrons bien à ce moment-là ce que nous découvrirons sur place. (Elle marqua une pause.) Mais pourvu que ce soient des réponses.

***

Quelques jours plus tard…

Dashanxa et Alessa eurent besoin de quelques jours pour mettre sur pied leur infiltration des entrepôts de Medic-X Corp. Les informations réunies au préalable par Odra étaient impressionnantes, mais Alessa avait insisté pour faire une contre-expertise des défenses et de la sécurité des lieux. Après tout, elle ne faisait pas entièrement confiance à la Matriarche et à son intrigante conseillère et elle ne doutait pas que si les rôles avaient été inversés, les deux femmes auraient pris exactement les mêmes précautions qu’elle. Et puis… on n’était jamais mieux servi que par soi-même. Alors bon…

Mais le fait est que les recherches d’Odra étaient irréprochables. Rien à redire. Aussi Alessa ne perdit-elle pas plus de temps et confirma à Dashanxa que le moment était venu de passer à l’action. Le moment était enfin venu de pénétrer dans les locaux de la firme que Dashanxa soupçonnait d’être derrière les mystérieux enlèvements et cette sinistre affaire de drogue synthétique – ou arme biologique, si tant est que les soupçons d’Alessa soient fondés. Elle le saurait peut-être pour sûr très bientôt.

— Bien, annonça Dashanxa sur un ton ne laissant pas trahir sa nervosité si tant est qu’elle était nerveuse. La pure infiltration vous convient-elle toujours, Alessa ? (La chasseresse se contenta de hocher la tête. C’était après tout la meilleure approche possible compte tenu des circonstances.) Et à toi aussi ? ajouta la Matriarche en tournant la tête vers Odra. Parce que je ne pense pas que m’exposer moi soit une idée flamboyante.

— Moi, non plus, confirma la conseillère. Il nous faudrait juste… un déguisement.

La jeune femme récolta de la part de la chasseresse un regard noir et lourd de sens. Alessa avait encore en travers de la gorge le petit numéro auquel Odra s’était adonnée pour mieux la berner et la tourner en dérision. Mais le fait est qu’elle avait parfaitement raison. Elles auraient bien plus de chances de passer inaperçues sous couvert d’un déguisement qu’en se contentant de progresser au milieu des ombres.

— Il est évident que nous n’arriverons pas à entrer autrement, très chère Alessa, précisa Odra même si cela n’était pas nécessaire. Ne me regardez pas comme vous le faites. Maintenant…

— Le fait est que vous avez parfaitement raison, la coupa Alessa, assez froidement. Je n’ai fait aucune remarque. Et le fait est que je n’en suis pas à mon premier coup d’essai. Je sais pertinemment que rien ne vaut une cachette à la vue de tous quand on désire ne pas attirer les soupçons.

Eh bien… cette mission promettait d’être pour le moins éprouvante partie comme elle était. Entre une chasseresse frustrée rongeant encore un vieil os périmé depuis plusieurs jours et une conseillère ayant la main lourde sur l’ironie et prenant un malin plaisir à asticoter l’autre. Le genre d’association que peu de gens recommanderaient. Au mieux, les deux femmes parviendraient à causer la perte de l’autre. Pourvu qu’elles parviennent à passer outre leur animosité ou sinon la mission risquait de très mal tourner. Le fait est que c’était surtout à Alessa de prendre sur elle. Aussi se promit-elle de faire des efforts. Pour le bien de la mission. N’était-elle pas une professionnelle après tout ? Si. Alors qu’elle le prouve.

Et de fait, Dashanxa les briefa rapidement sur la disposition des lieux. Odra et Alessa connaissaient déjà par cœur le plan des installations, mais un rapide rappel ne pouvait pas faire de mal. Première étape : atteindre le périmètre de sécurité. Deuxième étape : mettre la main sur des uniformes afin de tromper la vigilance des gardes et pouvoir accéder au site. Dernière étape : trouver des preuves compromettantes sur l’implication d’Elina dans cette histoire et quitter les lieux sans être détecté. Un jeu d’enfant.

Odra et Alessa se mirent rapidement en action et ne tardèrent pas à atteindre le périmètre de sécurité. La conseillère de Dashanxa proposa un plan d’action. Comme il tenait la route, Alessa accepta de suivre l’initiative de sa partenaire. Partenaire. C’est ce qu’était Odra désormais. La chasseresse était déterminée à faire passer le bien de la mission avant tout. Quand bien même elle ne faisait pas confiance à la jeune femme, elles étaient toutes les deux dans le même bateau. Elles devraient donc se serrer les coudes et assurer chacune les arrières de l’autre. Alessa fit donc signe à Odra de mener son plan à exécution. Et en moins de temps qu’il n’en fallut pour le dire, les deux femmes avaient mis la main sur un double jeu d’uniformes et de badges et elles purent se glisser sans crainte à l’intérieur du périmètre sécurisé.

Quelques instants plus tard, Alessa repensa aux paroles qu’Odra avaient prononcées après avoir mis la main sur les uniformes. « Que c’est amusant ! Et effrayant ! » Elle avait bien raison. C’était existant de déambuler au milieu de « l’ennemi » sans que celui-ci ne se doute de quoi que ce soit. En cause : toute l’adrénaline qui inondait leur système. La peur d’être découvertes décuplait leurs sens. Une sensation à laquelle Alessa ne s’était toujours pas habituée après toutes ces années. En réalité, elle était simplement accroc à cette déferlante d’énergie qu’elle ressentait quand elle était sur le terrain. Et pour la première fois en l’espace de ces derniers jours, elle ne pensa pas une seule seconde à ses problèmes domestiques. Seule la mission importait. Le reste s’était comme envolé. Elle était enfin dans son élément.

— Attention, souffla-elle sans tourner la tête vers Odra. Ne levez pas les yeux sur votre droite. Il y a des caméras de surveillance. Continuez d’avancer en ayant l’air naturelle.

Chose qu’elles firent sans attirer l’attention de qui que ce soit. Comme Alessa l’avait fait remarquer un peu plus tôt, la meilleure cachette était encore à la vue de tous. Aussi personne ne daigna-t-il s’intéresser aux deux gardes regagnant le poste de sécurité à l’entrée du complexe après une patrouille le long du périmètre de défense. En pénétrant dans la tour de garde, Alessa et Odra tombèrent nez à nez avec le responsable de la sécurité. Une Asari à la peau verte gardant les yeux rivés sur son datapad.

— Alors ? Au rapport ? demanda-t-elle toujours sans quitter des yeux son appareil.

— Rien à signaler, répondit Alessa. Tout est calme, là dehors.

— Bien. Prévenez-moi si jamais quoi que ce soit sort de l’ordinaire. Les transporteurs ne devraient plus tarder à arriver maintenant. Que tout le monde garde les yeux ouverts et reste sur le qui-vive.

— Compris.

Et sur ces bonnes paroles, la chef quitta le poste de sécurité sans avoir décollé une seule fois les yeux de son datapad. Et elle avait demandé à ses hommes de garder les yeux ouverts ? Quelle ironie. Deux intruses s’étaient trouvées juste sous son nez et elle ne s’était rendu compte de rien. La Déesse devait être de leur côté. Car Alessa doutait qu’un centre de cette taille et de cette notoriété soit sécurisé par une bande d’incapables sans cervelle. Mais mieux valait ne pas compter sur la chance pour la suite des opérations. Raison pour laquelle elle tira de l’une de ses poches une clé informatique.

— Bien, nous devons d’abord mettre la main sur une console sécurisée. (Elle désigna la clé de piratage et ajouta.) Cela nous permettra d’altérer les enregistrements des caméras de surveillance et de court-circuiter les alarmes pour les quarante prochaines minutes. (Elle marqua une pause.) Juste au cas où les choses venaient à mal tourner. (Elle haussa les épaules innocemment.) J’en profiterai également pour parcourir rapidement les entrées système, histoire de repérer la moindre anomalie suspecte. Partons du principe que le temps joue contre nous. Autant éviter d’avoir à passer les quatre entrepôts au peigne fin si on peut l’éviter, n’est-ce pas ? Cherchons toute livraison sortant de l’ordinaire.

Elle attendit une réaction de la part de sa partenaire puis se remit en route en ouvrant la marche. Par chance, elles ne croisèrent aucun garde aux abords immédiats de l’entrée. Mais lorsqu’elles mirent les pieds dans la salle principale du centre de sécurité, les choses se corsèrent quelque peu. La pièce était bondée. Dans le sens où toutes les consoles de sécurité étaient occupées par une technicienne asari et que plusieurs gardes faisaient l’inventaire de leur équipement dans la salle de garde attenante. Ou bien ils revenaient eux aussi de leur patrouille ou ils se préparaient pour leur prochain tour de garde. Dans tous les cas, Odra et Alessa allaient rencontrer quelques difficultés pour se connecter à un terminal de la base. Le seul poste de libre devait être celui de la chef de la sécurité qui venait tout juste de quitter les lieux. Mais comment atteindre son bureau et y pénétrer sans attirer l’attention des autres ? Bonne question. L’une des deux intruses allait devoir faire diversion pendant que l’autre piraterait la console.

— Eh bien, comment on s’y prend maintenant ? souffla Alessa à sa partenaire. (Elle échangea un rapide coup d’œil avec Odra.) Je me charge de faire diversion pendant que vous vous occupez du piratage ou l’inverse ? Dans quel domaine vous sentez-vous le plus à l’aise ?

Alessa serait à l’aise dans l’une ou l’autre des deux situations. Alors autant laisser le choix à Odra plutôt que de la mettre dans une situation pénalisante pour elle. Alors ? Qu’allait-elle choisir au final ?


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MessageSujet: Re: Une destination de rêve   Dim 07 Fév 2016, 15:41
Une destination de rêve
Mission impossible.

La chef des gardes avait une cervelle en pure gelée de Hanari. Sans offense pour les Hanari, bien sûr, il n'y avait qu'un parallèle à faire entre les matières visqu... Odra préféra interrompre son raisonnement.

Elles étaient entrées ! La Déesse soit avec elles ! Alessa avait l’œil vif, et avait repéré les caméras de surveillance. A surveiller, comme ces choses les surveillaient... Odra avançait d'un pas de garde, droit, déterminé et surtout attentif.

Enfin, la chef s'en alla. Alessa en profita alors pour exposer son plan à la conseillère-aux-mille-facettes. « Bien, nous devons d’abord mettre la main sur une console sécurisée. Cela nous permettra d’altérer les enregistrements des caméras de surveillance et de court-circuiter les alarmes pour les quarante prochaines minutes. Juste au cas où les choses venaient à mal tourner. J’en profiterai également pour parcourir rapidement les entrées système, histoire de repérer la moindre anomalie suspecte. Partons du principe que le temps joue contre nous. Autant éviter d’avoir à passer les quatre entrepôts au peigne fin si on peut l’éviter, n’est-ce pas ? Cherchons toute livraison sortant de l’ordinaire. »

Odra se donna l'air de réfléchir, alors qu'elle était d'accord, absolument d'accord. Elle ajouta tout de même : « Si nous pouvions gagner encore plus de temps, nous pourrions aller voir ce que renferment les transporteurs dont a parlé la chef... Qui sait si ce que nous cherchons n'est pas là-dedans. Au pire, ils se transformeront en porte de sortie. Au mieux, en preuves à détourner vers les ''autorités compétentes''. » Elle prit la même pose qu'Alessa et haussa les épaules. « Au travail. Pffiou. »

La chance continua d'être de leur côté ; elles purent rentrer dans le premier bâtiment sans croiser quelqu'un de trop regardant. Alessa ouvrait la marche. Odra jetait des regards furtifs de tous les côtés. Des couloirs gris. C'était tout, mais elle ne pouvait s'empêcher de rester sur le qui-vive. Un juron typique des Asari manqua de lui échapper lorsqu'elles arrivèrent à la salle de contrôle de la sécurité.

Ça ne pouvait pas rester si simple... La surveillance ne dort jamais. Je devrais le savoir...

Toutes les consoles étaient occupées, sauf, en toute vraisemblance, celle de la chef. Alessa et Odra se donnaient une contenance, la meilleure qu'elles pouvaient... après un tel décontenancement, justement. Le point positif de l'affaire, c'était que tous les opérateurs étaient bien trop concentrés pour lever la tête vers les deux intruses.

Et ça se détruit la vue ! Tsss...

Elle n'allait pas s'en plaindre pour l'instant.

Alessa se pencha vers elle. « Eh bien, comment on s’y prend maintenant ? » Elles se regardèrent. Etait-ce un léger stress dans leurs yeux ? « Je me charge de faire diversion pendant que vous vous occupez du piratage ou l’inverse ? Dans quel domaine vous sentez-vous le plus à l’aise ? »

Odra posa ses yeux sur toutes les consoles, une par une. Oui, elle pouvait se débrouiller pour pirater. Oui, elle pouvait se débrouiller pour faire diversion. Elle avait des idées dans les deux cas. Mais si Alessa lui laissait le choix, c'était qu'elle aussi devait être compétente dans les deux domaines. Elle aimait quand le choix dépendait d'elle.

Il ne restait plus qu'à réussir...

« Je me propose pour la diversion. J'ai l'habitude... Et vous aviez l'air de savoir ce que vous disiez, tout à l'heure. » Elle lui fit un clin d’œil, pour une fois sérieux. « Le temps que je vous ouvre la voie, soyez naturelle. »

Et la conseillère se mit à bouger, ne fût-ce que pour éviter que leur immobilité ne finît par paraître suspecte. Cependant, elle évita la salle de garde : le temps de réfléchir à comment mettre un plan en application, c'était le lieu parfait pour être démasquée.

Il y avait beaucoup de paramètres à prendre en compte. La diversion ne devait pas être spectaculaire, sinon, même si Alessa arrivait à pirater le terminal, elles ne pourraient plus agir après. Pour la même raison, elles ne devaient pas être démasquées. Mais c'était l'évidence même...

Odra réfléchissait. Dashanxa ne pourrait pirater aucun poste de l'extérieur, les terminaux devaient être surprotégés. Et un piratage ne ferait que faire revenir la chef à son poste. Ledit poste n'était pas si loin. Au bout de la salle. Le bout du monde. La porte était restée ouverte.

« Ah, quelqu'un de l'extérieur ! » Une Asari avait levé la tête dans sa direction, et Odra essaya de mettre son visage dans l'ombre. « Où en sont les transporteurs ?
— Bientôt là, à ce qu'il semble. » Réponse générique, toujours efficace.
« Pf, y'a jamais plus précis... La chef Tani est lourde sur ça. Comment on fait pour surveiller si on sait pas où se trouve ce qu'on doit surveiller? »

Odra sourit. Elle avait eu une idée. De façon très discrète, elle sortit de nouveau de la salle, et, dans le couloir, envoya un message à Dashanxa. Alessa, pendant ce temps, faisait ce qu'elle pouvait pour passer pour une garde lambda.


*


Pirater son propre omnitech? Elle en a de bonnes!

Dashanxa s'était repliée, et, au milieu de la forêt, priait pour que le plan réussît. Jusqu'à la réception de cette demande d'Odra. La Matriarche avait ouvert son propre appareil, et regardait le message briller dans la nuit.

Le plan était le suivant: pirater, échouer volontairement. Ce n'était pas difficile pour Dashanxa, Odra était imbattable sur la protection de tout type de données. Toutes les informations contenues dans l'omnitech se verrouilleraient, et il se mettrait à vibrer, à virer au rouge, forçant la conseillère à l'enlever. Seule elle réussirait à le débloquer. Pourquoi voulait-elle faire cela? Aucune idée. Dashanxa se demandait ce qu'il pouvait bien se passer dans les entrepôts.

Elle fit bien attention à ne laisser aucune trace concernant son identité, et enclencha ce qui allait sûrement devenir un processus délicat...


*


Odra était entrée de nouveau dans la salle de contrôle après quelques instants. Elle se dirigea vers le vestiaire comme elle en aurait toujours eu l'habitude...

« Ahhhhhh! »

Son omnitech s'était activé "seul". Elle le retira d'un coup sec. Son cri avait bien entendu attiré l'attention de tout le monde.

« Je suis piratée! Attention à vos données! »

Elle affectait la panique comme une comédienne de talent, et elle stressait comme une comédienne de talent. Pourvu que ça marche...

Un brouhaha terrible envahit la petite salle. Les opérateurs se mirent à surveiller les flux de données divers, en se criant de faire attention, sans que personne n'écoutât personne.

« Donnez votre omnitech! » lui cria l'Asari de tout à l'heure. « On va essayer de trouver qui a fait ça... Il y a quelque chose d'important sur votre bidule?
— Les plans du complexe! » Sa voix cassée était admirable.

Odra entendit l'Asari grommeller "évidemment" avant de recevoir l'omnitech. Elle le posa au centre de tous les terminaux et tout le monde se pencha dessus pour essayer de le débloquer et de trouver le responsable. Les talents d'informaticienne d'Odra avaient intérêt à surpasser les meilleurs ici...

Elle fit un signe de tête empressé à Alessa en direction du bureau. Pour le côté non-spectaculaire, c'était raté... Mais avec un peu de chance, elle repartirait avec son omnitech avec pour consigne de le faire débloquer par les grosses têtes de Nevos.

La chef Tani était revenue; on lui expliqua la situation, tout le monde fut traité d'incompétent, et elle alla haranguer les gardes au vestiaire pour qu'ils aillent patrouiller dans le périmètre. Odra paniqua un instant, pensant qu'elle irait à son bureau; mais elle repartit, une goutte de sueur sur le front, car elle devait aller surveiller avec plus d'attention l'arrivée de la prochaine livraison.

Tani soupira. « Il va falloir prévenir Hadama...»

... Qui? La conseillère prit note pour plus tard. Une simple supérieure hiérarchique? Au vu de la situation sur la planète, pourquoi ne pas faire remonter à Elina directement? Elle secoua la tête.

En attendant, pendant ce temps, Odra maintenait les opérateurs occupés. Leurs regards, sceptiques, tournaient entre l'omnitech et leur écran. La conseillère leur expliquait comment son appareil était protégé, elle leur faisait essayer des combinaisons, ils en tentaient de même, mais tout cela, sans qu'ils ne le sussent, n'était fait que pour davantage renforcer la protection anti-piratage...

Alessa. Vite.

Quand ils verraient qu'ils ne pouvaient rien faire... Un rapport serait certainement envoyé et la nuit reprendrait son cours, avec une vigilance accrue.



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MessageSujet: Re: Une destination de rêve   Lun 15 Fév 2016, 20:20
Alessa et Odra avaient réussi à entrer dans le complexe sans attirer l’attention en se faisant passer pour des gardes. Mais elles avaient fini par tomber nez à nez avec la chef de la sécurité. La rencontre tourna toutefois à leur avantage et la capitaine asari quitta le centre de sécurité sans même avoir pris la peine de poser les yeux sur les deux intruses. La chance était avec elles… pour le moment. La chasseresse en profita alors pour exposer rapidement son plan à Odra. Celle-ci fit mine de réfléchir avant de répondre :

— Si nous pouvions gagner encore plus de temps, nous pourrions aller voir ce que renferment les transporteurs dont a parlé la chef… Qui sait si ce que nous cherchons n’est pas là-dedans. Au pire, ils se transformeront en porte de sortie. Au mieux, en preuves à détourner vers les « autorités compétentes ».

Alessa dut concéder ce point à la conseillère. Celle-ci cherchait à maximiser leurs chances en évaluant toutes les issues possibles et tous les cas de figure envisageables. Une très bonne chose. C’est pourquoi la chasseresse lui rétorqua :

— Oui, c’est une très bonne idée. Malheureusement, la clé de piratage ne pourra pas nous donner plus de quarante minutes. Celles-ci ne sont même pas assurées. Cela dépendra de leur système de sécurité. Plus il sera performant et moins de temps nous aurons devant nous. Disons que nous aurons au grand maximum une quarantaine de minutes. Peut-être un peu plus si le programme trouve une faille dans la sécurité, mais je préfère partir du principe que notre chance n’ira pas jusque-là. Peut-être même aurons-nous à nous séparer sous peu. Pour le moment, occupons-nous de trouver un terminal. Il nous indiquera où se trouve la livraison dont parlait la capitaine. En route.

— Au travail. Pffiou, fit Odra avant de se remettre en marche, Alessa sur les talons.

Les deux intruses débarquèrent alors dans le centre de commandement. Quelle ne fut pas leur surprise de découvrir les lieux blindés. Impossible pour elles de mettre la main sur un terminal sécurisé. Le seul de libre devait être celui de la chef qui venait de quitter les lieux. Les autres étaient tous occupés sans exception par une technicienne asari. Alessa proposa alors à Odra de choisir entre s’occuper du piratage ou faire diversion pendant qu’elle s’en chargerait elle-même.

— Je me propose pour la diversion, répondit Odra après avoir pris le temps de réfléchir à la question. J’ai l’habitude… Et vous aviez l’air de savoir ce que vous disiez, tout à l’heure. (Alessa hocha la tête. Elle avait quelques connaissances basiques en matière de piratage. De quoi introduire une clé informatique corrompue dans le système afin d’en prendre les commandes du moins. Odra lui fit alors un clin d’œil complice.) Le temps que je vous ouvre la voie, soyez naturelle.

Alessa leva à peine les yeux au ciel fasse à la remarque. C’était le genre de choses que ses partenaires et elle avaient l’habitude de faire durant leurs missions. Odra apparaissait soudain comme une véritable partenaire et non plus comme l’intrigante conspiratrice l’ayant tournée en dérision. Livrée à elle-même, Alessa fit mine de se diriger vers la salle de garde. Oui, l’endroit même qu’Odra avait de son côté cherché à éviter à tout prix. Après tout, n’était-elle pas censée en être une elle-même ? Qu’une garde arpente la salle de contrôle, pourquoi pas. Deux gardes et la suspicion risquait de mettre la puce à l’oreille aux opératrices asari. Alessa laissa donc le champ libre à Odra en se retirant dans le vestiaire.

En pénétrant dans la salle de garde attenante au centre de contrôle, Alessa salua les quelques femmes présentes dans la pièce d’un simplement mouvement de tête avant de se servir un verre à la fontaine à eau au fond de la pièce. Elle sirota alors sa boisson rafraichissante en laissant son regard courir sur la baie vitrée séparant le poste de garde du centre de sécurité. Elle ne quitta ainsi pas des yeux Odra, prête à réagir dès que la diversion de celle-ci serait effective. La chasseresse vit alors sa partenaire quitter la pièce. Mais avant d’avoir pu ne serait-ce que se décider à lui emboîter le pas pour lui demander ce qui se passait, elle fut accostée par une garde tout en armure lui demandant :

— T’es nouvelle, toi ? Je ne crois pas me souvenir t’avoir déjà vue.

— Pardon ? demanda Alessa en se détournant de la fenêtre. Oui. Enfin non. Je ne suis pas nouvelle. Je suis d’ordinaire affectée au service de jour et non de nuit. C’est… c’est ma première semaine avec ces nouveaux horaires. Disons que…

— C’est fatiguant ? termina l’autre Asari à sa place. (Alessa hocha la tête en esquissant un sourire.) Je te comprends. Ça a été pareil pour moi la première semaine. Mais c’est juste une question d’habitude. On finit très vite par trouver son rythme. D’ici quelques jours tu te sentiras beaucoup mieux.

À ce moment-là, Alessa repéra du coin de l’œil Odra qui venait de remettre les pieds dans le centre de commandement et qui se dirigeait vers la salle de garde. Mais avant d’en avoir passé les portes, la jeune femme poussa un cri et arracha son OmniTech de son bras avant de le jeter au sol. Tous les regards se tournèrent vers elle. Même les Asari présentent dans les vestiaires se turent pour la regarder.

— Qu’est-ce qui se passe encore ? demanda celle qui avait engagé la conversation avec Alessa. Ne me dites pas qu’une de ces idiotes à encore renversé son café sur sa console…

La garde échangea avec Alessa un regard lourd de sous-entendus et de reproches avant de prendre la direction de la sortie. Alessa fit mine de lui emboîter le pas. Mais au dernier moment, elle changea de direction et se glissa derrière une rangée de casiers. Elle remonta silencieusement l’allée pour gagner la seconde porte. Elle capta alors le bref mouvement de tête d’Odra à son attention et se lança. C’était la débandade dans le centre de contrôle. Alessa entendit des techniciennes se lancer mutuellement des ordres tout en pianotant fébrilement sur leurs consoles comme si la fin du monde était imminente. La pagaille était telle que personne ne daigna s’intéresser à elle quand elle se glissa dans le bureau de la capitaine. Mission réussie. La diversion avait été parfaitement exécutée.

Le bureau de la capitaine était toutefois similaire à la salle de garde. Il était question d’un cube tout en verre transparent dont la vue donnait sur le centre de commandement en contrebas. Heureusement, on y accédait justement par une volée de marches et ce faisant, les opératrices asari ne pouvaient voir ce qui se tramait dans le bureau de leur supérieure. Alessa pouvait donc tout voir sans être vue – enfin, du moment qu’elle prenait garde à ne pas coller son visage aux fenêtres…

Se glissant derrière le bureau de la capitaine, Alessa prit place dans son fauteuil et activa la console. Elle pianota sur le clavier haptique qui refusa d’accéder à ses simples demandes. La console était verrouillée. L’intruse aurait besoin du code et de l’empreinte palmaire de la capitaine pour accéder à son contenu. Alessa sortit donc la clé de piratage de sa tenue avant de l’insérer dans le terminal sécurisé. Une barre de chargement apparut à l’écran et une invite de commande s’ouvrit sous ses yeux. Elle pianota quelques lignes de code sur le clavier haptique et la fenêtre de verrouillage disparut. Alessa avait désormais libre accès au contenu de l’ordinateur de la chef de la sécurité.

Comme convenu avec Odra précédemment, Alessa s’occupa tout d’abord d’altérer les enregistrements vidéos des caméras de surveillance. Ainsi, les deux intruses n’auraient plus à s’en soucier pendant leur exploration des locaux. Elle court-circuita également les alarmes afin que celles-ci soient temporairement hors service. La boucle dédiée durerait approximativement quarante minutes. Aussi Alessa s’empressa-t-elle d’ouvrir les dossiers les plus récents à la recherche d’informations pertinentes. La capitaine avait fait mention de transporteurs devant venir récupérer une livraison. Alessa rechercha l’endroit où devait avoir lieu l’enlèvement. Entrepôt C. Quai n°7. À 0130 heures. La chasseresse continua de pianoter sur le clavier pour faire afficher un plan précis des lieux. Elle connaissait déjà la disposition des locaux, mais pas dans le détail. Odra et elle n’avaient que quarante minutes devant elles. Autant éviter de perdre du temps à chercher ce maudit quai n°7.

Une voix coupa soudain le souffle à Alessa qui releva la tête vers la baie vitrée. La voix de la capitaine. Elle en aurait mis sa main à couper et se retint d’aller vérifier à la fenêtre. Il ne manquerait plus que la capitaine la repère et le plan si rondement mené tomberait à l’eau. Alessa s’acharna donc de plus belle sur le clavier et parcourut à la hâte plusieurs dizaines de documents faisant état des diverses livraisons effectuées ces quinze derniers jours. Mais rien ne coïncidant avec les enlèvements. Elle mit également la main sur un inventaire des stocks. Mais une fois encore, rien qui ne coïncida avec ce qu’elle cherchait. La chasseresse quitta des yeux l’écran en tournant son attention vers l’entrée. Pourvu que la capitaine ne décide pas de retourner dans son bureau tout de suite.

Un poids invisible tomba des épaules de l’Asari lorsqu’elle entendit la capitaine dire qu’elle devait aller surveiller la prochaine livraison. Et comme de fait, sur le flux non altéré de la vidéosurveillance, Alessa vit la capitaine quitter le centre de commandement par la grande porte. Elle soupira de soulagement. Mais au moment où elle s’apprêtait à se déconnecter du système et à retirer la clé de piratage, quelque chose retint son attention. Une porte apparaissait en effet sur un des plans du terminal sans pour autant figurer sur ceux que la chasseresse avait mémorisés avant le début de cette mission. De quoi la pousser à se poser des questions. Cette découverte était pour le moins intrigante. Mais Alessa sentit le temps lui filer entre les doigts. Elle retira la clé, éteignit la console et se glissa discrètement hors du bureau.

Profitant que tous les regards étaient encore et toujours tournés vers Odra et son OmniTech possédé, Alessa regagna le vestiaire et fit signe à la conseillère de Dashanxa à travers la vitre. Elle quitta ensuite le poste de garde en faisant mine de partir effectuer sa ronde. Une fois dans le corridor et hors de vue de quiconque, elle s’arrêta et attendit d’être rejointe par Odra. Lorsque sa partenaire lui demanda si elle avait réussi, Alessa hocha la tête et répondit :

— La livraison dont a fait mention la capitaine est censée partir du quai 7 de l’entrepôt C à une heure trente du matin, cette nuit. (Alessa jeta un œil à sa montre.) Dans exactement 38 minutes. Cela nous laisse amplement le temps d’explorer la zone en attendant la fin du chargement. Les entrepôts A et B ne renferment que des matières premières utilisées sur site. Les seules entrées et sorties s’effectuent via l’entrepôt C. L’entrepôt D est condamné depuis plusieurs mois. Cela remonte bien avant les premiers enlèvements. J’ai trouvé des plans et des formulaires pour un démantèlement des infrastructures et un agrandissement. Tout à l’air en ordre. J’ai jeté un œil aux caméras de surveillance. Aucune activité dans cette partie du complexe. (Elle marqua une pause.) Quelque chose à toutefois retenu mon attention… C’est également dans l’entrepôt C : cette porte, précise Alessa en la faisant apparaître sur son OmniTech. Elle ne figure sur aucun des plans en notre possession et n’apparait que sur un seul document parmi tous ceux que j’ai survolés dans la base de données de la capitaine. C’est suffisamment intrigant pour que je propose d’aller y jeter un œil. Qu’en pensez-vous ? demanda Alessa en croisant le regard d’Odra. On sécurise d’abord la zone de livraison et ensuite on va inspecter cette porte mystérieuse ?


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MessageSujet: Re: Une destination de rêve   Mar 23 Fév 2016, 00:10
Une destination de rêve
C'est l'histoire de deux espionnes, d'une navette et d'un entrepôt...

« Mais par la Dée... »

La voix de l'opératrice fut couverte par le terrible bruit de l'omnitech. L'impatience et la frustration la gagnaient, et il en allait de même pour ses collègues. Ils n'arrivaient ni à découvrir qui piratait l'objet, ni à simplement le faire taire.

« Il a l'air protégé, fit l'Asari en s'essuyant le front, je ne note aucun mouvement dans le cryptage des données. Mais bordel, votre pirate est un acharné ! »

Et elle jura encore plusieurs fois, en s'acharnant elle-même contre l’œuvre du terrible méchant pirate.

C'est amusant... Mais, Déesse, que ce son commence à m'énerver, moi aussi !

Odra ouvrit la bouche, mais n'eut pas le temps de s'exprimer. La plupart des ingénieurs était encore en panique, mais la phrase de l'opératrice semblait avoir diminué l'intensité de l'urgence et de la gravité de la situation.

« Il finira bien par se lasser... Apportez l'omnitech dans l'aile gauche de ce bâtiment, il devrait y avoir une tête qui saura vous le calmer. Et amenez-le à la capitale dès demain, au centre technologique, pour vérifier son état. Et surtout, celui des données. Il en va de notre sécurité et accessoirement de votre poste.
— C'est compris. »

Inutile d'en dire davantage. Si Odra se plaignait, elle se ferait jeter ; si elle s'excusait, elle passerait pour une mauvaise garde – et même, elle pourrait ne pas être crédible du tout. Elle saisit l'omnitech fou à bout de bras, avec une mine de dégoût ; et elle quitta la pièce en assurant qu'elle trouverait bien quelqu'un pour faire stopper l'attaque et le sécuriser de nouveau dès cette nuit.

Oh, Alessa, j'espère que toute cette comédie valait le coup, aussi plaisante qu'elle fut...

En effet, elle avait vu la chasseresse se faufiler dans le bureau, et en ressortir après un temps long, très long. Qui avait paru long, très long. Ah, l'inquiétude des opérations comme celle-ci... Agréable et détestable. Alessa lui avait fait signe avant de disparaître dans le vestiaire puis de ressortir par la porte, invisible aux yeux de tous, avec la grâce d'une hackeuse satisfaite. Elle devait avoir trouvé quelque chose.

« La grâce d'une hackeuse satisfaite »... Une vraie poète!

Elle avançait dans le couloir, pendant que l'omnitech continuait de bourdonner. Une fois qu'elle eut croisé quelques employés et gardes de nuit, qu'elle leur eut expliqué la situation, elle fut seule, et put enfin, en cinq minutes, débloquer l'engin.

Odra faisait cela en marchant. Elle poussa un soupir de soulagement quand l'omnitech se tut enfin, et en profita pour envoyer un bref message à Dashanxa. Je te hais. Et la réponse: c'est ce que tu voulais. Oui, mais ce n'était pas nécessaire d'être si... insistante. J'ai joué la prudence. Oh et puis c'est vrai, ma – Reste concentrée.

Coïncidence ou pas, mais c'est à cet instant que la conseillère se retrouva face à Alessa. Elle hocha la tête pour elle-même.

« Alors? »

Et effectivement, la manoeuvre avait valu le coup. Un véritable plan du complexe, pas un pseudo-plan coincé dans l'omnitech piraté d'une garde fantoche parmi d'autres. Quarante minutes pour agir, en sachant que dans trente-huit, la livraison partirait. Et cette porte...

« On sécurise d’abord la zone de livraison et ensuite on va inspecter cette porte mystérieuse ? »

Odra rattacha son omnitech à son poignet avant de répondre. « Je vous suis. Et puis, ce n'est pas comme si nous avions mieux à faire en attendant l'heure de la livraison... »

Entrepôt C, donc. Les deux asari retournèrent dehors en observant les mêmes précautions qu'à l'aller. Ledit entrepôt, une fois qu'elles y furent, ne paraissait pas différent des trois autres. Il faut dire que tous n'étaient que des amas d'ombres.


*


Un garde était posté à l'entrée. Il les arrêta. « Vous venez pour aider à sécuriser la livraison?
— Oui. » Et c'était... plus ou moins vrai. « Pardon pour le retard, nous avons manqué d'être piratés.
— Ah...! » On entendit un claquement de langue. « Oui, Tani est passée nous le dire. Filez, alors. »

Odra et Alessa ne se firent pas prier. Pas de vérifications, rien? Le garde devait penser que personne ne pouvait pénétrer dans la zone. La conseillère avait été un instant tentée d'assommer cette pauvre sentinelle, en prévention. Mais son absence se remarquerait à l'extérieur. Il était donc sauvé... ceux qui se trouvaient sans doute à l'intérieur, il faudrait voir.

Elles traversèrent un couloir, avant de finalement parvenir au coeur de l'entrepôt. De dedans, il parassait immense. Huit quais, plusieurs navettes en sommeil. Odra chercha le numéro sept. Ce ne fut pas compliqué de le trouver: il était le seul où grouillait encore des gens. Une vraie fabrique, malgré l'heure tardive. C'était même assez étrange de les voir s'activer ainsi ; à croire que là encore, il y avait une histoire de stupéfiants. Odra ne critiquait pas, pour y avoir elle-même touché fut un temps. Mais voir cette... usine. Etrange, oui. Tout était éclairé comme en plein jour.

« On fait un tour rapide avant d'y aller, donc? »

La réponse obtenue, Odra partit en tête. Il y avait, finalement, peu de gardes ; ou plutôt, ils se concentraient autour des quais, quand les deux comparses se trouvaient encore sur la plateforme surélevée au-dessus de ces derniers. Mais, avant de se lancer, Odra essayait de se rappeler une chose. Hadama. Le nom cité par la capitaine des gardes. Il lui semblait à la fois familier et étranger. Elle tenta alors quelque chose.

Penchée sur le rebord de la plateforme, elle cria à l'attention des employés: « Message de Hadama: faites ça vite et bien, après le piratage de tout à l'heure, il faut faire attention!
— Elle est sérieuse? Nous sommes des employés modèles, c'est bien connu! » Un ricanement, un silence. « Elle a réussi à escroquer une augmentation pour nous à Elina, au fait?
— Je n'ai eu aucun mot là-dessus.
— Tsss. Elle avait dit que ce serait un jeu d'enfant!
— Comment ça?
— Bah, Elina... »

Pas un mot de plus, comme si le simple nom expliquait tout. Et pourquoi pas? Même si l'idée restait très superficielle, il semblait qu'Elina n'était pas à la tête de sa propre entreprise, du moins officieusement. Odra envoya un message à Dashanxa pour savoir si l'Azur Stellaire n'avait pas quelques informations sur Hadama. C'était malin, au fond: elles s'étaient concentrées sur Elina T'Soris, alors qu'il semblait que cette Hadama possédait également du pouvoir au sein de Medic-X Corp.

D'un signe de tête, Odra fit comprendre à Alessa qu'elles allaient descendre. Mais, une fois hors de vue des employés et des gardes, dans l'escalier, elle se reourna, ayant eu une idée.

« On peut jeter un oeil aux autres quais, mais il ne doit y avoir rien de bien intéressant. D'un autre côté, approcher la cargaison du quai sept, avec ce monde, me semble impossible sans éveiller les soupçons. » Elle regarda l'heure ; il leur restait trente minutes avant le départ. « Nous pouvons voir si des informations sur la livraison, et la destination surtout, ou sur Hadama traînent par-ci par-là... Mais je serais assez pour trouver un moyen de nous embarquer dans la navette, seules, avec le chauffeur au grand maximum. Nous pourrions et quitter cet endroit et observer les produits à loisir le temps du trajet. Qu'en pensez-vous? »





Dernière édition par Dashanxa T'Pradma le Ven 15 Avr 2016, 20:59, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Une destination de rêve   Lun 29 Fév 2016, 18:24
Alessa et Odra fonctionnaient à présent en tandem comme si rien de ce qui était arrivé quelques jours plus tôt n’avait eu lieu. La diversion dans le centre de commandement avait été particulièrement efficace et les deux Asari étaient désormais en possession d’informations fort utiles. Et c’est en suivant la piste de ces mêmes informations de valeur qu’elles avaient pris la direction de l’entrepôt C. La garde postée à l’entrée ne représenta pas une grande menace. Odra réussit à contourner l’obstacle en la manipulant comme elle avait manipulé la chasseresse à son arrivée sur Nevos. Alessa devait reconnaître que dans le fond, elle était particulièrement douée. Elle aurait fait une excellente chasseresse si elle n’avait pas choisi d’offrir ses services à une secte. Quel gâchis vraiment…

Quelques minutes plus tard, les deux jeunes femmes surplombaient les nombreux quais de l’immense entrepôt servant de centre de livraison et de distribution. La zone grouillait d’activité. On se serait cru en plein marché à l’heure de pointe dans l’un des secteurs de la Citadelle. Une vraie fourmilière. Alessa balayait la zone du regard quand la voix d’Odra retint son attention :

— On fait un tour rapide avant d’y aller, donc ? demanda-t-elle.
— Oui, répondit la chasseresse sans quitter le quai du regard pour autant. Essayons de mettre la main sur l’une de ces caisses pour voir ce qu’elles renferment.

Odra prit la tête de la bande et ouvrit la marche. La surprise pétrifia alors Alessa lorsque la conseillère de Dashanxa se pencha par-dessus la rambarde de sécurité et héla quelques ouvrières plusieurs dizaines de mètres plus bas. Les sourcils froncés, elle écouta l’échange et questionna silencieusement du regard sa partenaire lorsque celle-ci se redressa et pianota sur son OmniTech pour envoyer un holomessage.

— C’était quoi ça ? demanda-t-elle d’une voix à peine audible. C’est qui cette… Hadama ?

Alessa avait certes entendu la rumeur de l’échange pendant qu’elle était dans le bureau de la chef de la sécurité, mais elle n’avait pas cherché à comprendre tout ce qu’elle avait entendu. Mieux valait rester concentrée sur sa tâche principale étant donné que le temps lui filait entre les doigts. Elle n’avait gardé les oreilles ouvertes que pour percevoir un éventuel signe indicateur de l’approche d’une menace. Elle ignorait donc tout de cette Hadama. Non pas qu’Odra était plus informée qu’elle, mais quand même.

La conseillère de Dashanxa la mit au parfum en quelques mots. Puis d’un signe de tête, elle informa sa partenaire qu’elles allaient descendre au niveau des quais. Mais une fois parvenue au bout de la longue passerelle, elle s’immobilisa dans l’escalier et se retourna vers Alessa pour partager avec elle une idée qu’elle venait d’avoir à l’instant. Jeter un œil aux autres quais lui semblait être une perte de temps. Elle doutait de trouver quoi que ce soit d’intéressant. Intuition qui fut confirmée dans la seconde par Alessa. Aucun document ne faisait état d’un autre acheminement en cours. La seule livraison qui serait effectuée cette nuit était celle du quai n°7. D’où les projecteurs et la sécurité renforcée autour dudit quai. Point justement sur lequel la conseillère de Dashanxa enchaîna aussitôt : selon elle, elles ne pourraient jamais approcher la cargaison sans éveiller les soupçons vu l’activité grouillante autour du quai. Cela n’aurait d’ordinaire pas été un problème, mais plutôt une opportunité. Alessa n’avait-elle pas fait remarquer à Odra que la meilleure des cachettes était encore à la vue de tous ? Hélas, dans le cas ici présent, cette fichue sécurité renforcée risquait de poser un sacré problème. Les visages des gardes étaient fermés et inexpressifs. Elles étaient sur le qui-vive. En état d’alerte. Le risque n’en valait pas la chandelle.

Alessa était sur la même longueur d’onde qu’Odra. Elles étaient toutes les deux parvenues aux mêmes conclusions sans avoir eu besoin de communiquer à ce sujet. Alessa demanda tout de même :

— Que proposez-vous comme approche ?
— Nous pouvons voir si des informations sur la livraison, et la destination surtout, ou sur Hadama traînent par-ci par-là… Mais je serais assez pour trouver un moyen de nous embarquer dans la navette, seules, avec le chauffeur au grand maximum. Nous pourrions quitter cet endroit et observer les produits à loisir le temps du trajet. Qu’en pensez-vous ?

Alessa prit quelques secondes pour méditer sur la proposition d’Odra.

— Oui, finit-elle par souffler au bout d’un moment. Mais encore faudrait-il avoir confirmation qu’il est bel et bien question de ce que nous recherchons. Ce serait bête d’avoir fait tout ce chemin et pris tous ces risques pour finalement se retrouver avec le mauvais chargement sur les bras. Quoique ce pourrait tout aussi bien être la preuve qu’Elina et son entreprise n’ont rien à voir dans cette histoire. (Elle se tut un instant.) Peut-être que mettre la main sur un manifeste pourrait éclairer un peu notre lanterne ? Je me doute bien que celui-ci sera falsifié pour dissimuler toute éventuelle activité illégale. Mais c’est un risque à prendre. Hors de question de partir d’ici sans une preuve permettant de faire avancer l’enquête. (Elle marqua une autre pause en se tournant vers Odra.) À ce propos justement… Pensez-vous pouvoir vous charger de ça, seule ? Mettre au point notre évasion à bord d’un des transporteurs si tant est qu’il est bien question de la preuve dont nous avons besoin pour incriminer Elina. Je n’arrête pas de repenser à cette porte qui n’apparait sur aucun de nos plans et je tiens à aller l’inspecter de mes propres yeux. Je trouve ça louche et j’ai un mauvais pressentiment. (Elle jeta un œil à son OmniTech.) D’autant plus que le temps joue contre nous maintenant. Mieux vaut qu’on se sépare. Sinon nous ne pourrons jamais sécuriser le quai et notre exfiltration et inspecter cette mystérieuse porte. OK ?

Odra valida le plan de sa partenaire après avoir elle aussi pris quelques instants pour en peser les pour et les contre. Alessa et elle se mirent alors d’accord pour garder le contact radio en continu et pour se retrouver à un endroit bien précis cinq minutes avant la fin du temps qui leur était imparti. Une fois ces formalités réglées, la chasseresse et la conseillère se séparèrent et partirent chacune dans une direction opposée. Alessa ne perdit pas une seconde. Elle remonta à petites foulées le long corridor longeant la zone des quais et menant à la mystérieuse porte. Elle n’avait plus à se faire de souci pour les caméras de surveillance et le couloir était désert. Autant préserver le peu de temps mis à sa disposition.

Moins de cinq minutes plus tard, elle se retrouva finalement devant la porte. À ceci près qu’il n’y avait justement aucune porte à l’endroit indiqué. Juste un mur identique à tous les autres.

— Déesse ! C’est une blague ?!


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MessageSujet: Re: Une destination de rêve   Sam 16 Avr 2016, 21:43
Spoiler:
 

Une destination de rêve
Une plongée dans les ténèbres...

Il restait donc trente minutes ; il était une heure du matin.

Si Odra avait proposé de partir seules avec la navette, c'était pour faciliter les choses, profiter de la nuit ; et, c'était un petit peu – juste un tout petit peu – parce qu'à son âge, à une heure du matin, on dormait.

Comparée à elle, Alessa était un relais cosmodésique fonctionnant à plein régime. La chasseresse accepta le plan, en ajoutant des touches bien à elles. Beaucoup de touches. Qu'Odra accepta de même. Partir seule. Pourquoi pas. Leur duo fonctionnait étonnamment bien, alors pourquoi ne pas en profiter pour réussir à couvrir une zone plus vaste ? La communication entre elles se ferait sans heurts. Difficile à croire après leur débuts mouvementés ; Odra se dit que c'était parce qu'elles connaissaient et partageaient le sentiment d'envie d'une mission bien accomplie. Chose normale, quand ladite mission est d'une importance capitale : se compromettre est bien la dernière chose que l'on souhaite.

Elles convinrent de se retrouver cinq minutes avant le départ, à l'abri des regards, au pied de l'escalier encaissé où elles se tenaient. Alessa partit en petites foulées après des souhaits de réussite mutuels.

Jeune et dynamique. Tout ce que je déteste.

Mais qu'elle regrettait aussi. Enfin, ce n'était pas son genre de verser une larme. Et surtout ce n'était pas le moment ! Odra finit donc de descendre les escaliers, sans trop savoir comment aborder toutes ces Asari, sans trop savoir même si elle allait vraiment les aborder.

Son omnitech vibra. La conseillère fit surgir l'appareil orangé d'un effleurement de l'index, et le porta quasiment à ses lèvres pour cracher à Dashanxa un splendide : « Au nom de la Déesse, sors-moi de là ! »

La Matriarche ne prit pas la peine de répondre de vive voix, et écrivit simplement : moins fort. Le message suivant mit du temps à venir. 800 ans de vie pour se faire attraper car tu as fait l'enfant...

Odra soupira et se força à la concentration. Dashanxa avait des informations pour elle, sinon elle n'aurait pas pris le risque de la recontacter. Quoique...

Tu voulais des informations sur Hadama. Je suis ravie de t'apprendre que nous n'en avons aucune. Odra, malgré tout, rit en son for intérieur. Elle pouvait presque entendre bouillir le sang de sa vieille amie. N'est pas Courtier de l'Ombre qui veut...

… Ce qui est étrange. Autant Elina, au travers de tes nombreuses données, paraissait parfaite, autant Hadama est presque inexistante pour Medic-X Corp. A peine mentionnée sur la page officielle de l'entreprise, alors que de nos jours, n'importe quel sous-chef de sous-chef peut avoir sa biographie dédiée sur l'Extranet ! J'aurais pu croire à de la simple modestie et à de la discrétion, si tu ne m'avais pas rapporté ta conversation avec les employés, il y a deux minutes...

Odra répondit par des points de suspension. Rien de plus ne suivit.

Que faire de cette révélatrice ignorance ?

La conseillère reprit son chemin, et arriva sur les quais. Elle réfléchissait encore à quoi faire ; elle ne pouvait décemment pas se montrer. Jusque-là, elles avaient pu entreprendre des conversations car les lieux étaient peu, voire pas éclairés. Mais cet endroit ? On aurait pu y bronzer. Odra pouvait jouer la carte, encore, de la nouvelle venue. Ou essayer d'éteindre les lumières. Mais cela ne laisserait personne impassible, et paraîtrait étrange, surtout si la navette partait malgré l'erreur... Oui, oui, justement.

Mais d'abord, repérer les lieux, ainsi que des indices ou des informations sur quoique que ce fût.

Inutile de s'attarder sur les six premiers quais. Comme les deux Asari l'avaient vu d'en haut, ils étaient déserts. Odra y passa vite, le temps de noter si le système d'alimentation s'y trouvait ou non. La réponse était non. Quelque ouvrière passait parfois le long des quais, sur le chemin des escaliers, mais, bien trop pressée, elle ne s'attardait guère sur Odra.

Cette dernière ne risqua pas de s'approcher de ce grouillement insupportable autour de la navette. C'était pourtant là qu'elle pouvait tout trouver. Elle refit le chemin en arrière, chercha un quelconque terminal en compensation, mais rien. Par contre, juste au bord de la plate-forme supérieure (là où elles étaient entrées), sur le mur, elle trouva l'alimentation. Elle allait devoir s'accroupir, se pencher, s'étirer...

Pas très pratique tout ça. J'en connais qui auraient des raisons de se plaindre.

Elle fit donc. Une fois contorsionnée, elle ouvrit le boîtier. Il fallait qu'elle fît attention à ne désactiver que l'éclairage, et pas les portes, ni surtout les rampes de lancement. Aussi, elle pensa éteindre la chose en deux temps. Une première fois, courte, qui passerait pour une coupure fortuite et lui donnerait le temps de fouiller ; et une seconde fois, plus longue, à l'heure du départ. Elle se présenterait en sauveuse qui ferait tout de même partir la navette. Quitte à bloquer les rampes un moment, pour les réparer. Mais c'était légèrement au-delà de ses compétences. Ce qu'elle savait faire pour un omnitech – manipuler ses systèmes à loisir… eh bien, c'était pour un omnitech. Elle verrait, mais les risques lui semblaient grands.

Un petit fil débranché puis dévié, et première coupure. En jouant sur le fonctionnement du bouton relié à ce fil, tout reviendrait à la normale d'ici trois minutes. Il était une heure huit. Odra n'avait pas de nouvelles d'Alessa. Elle décida de ne pas interpréter ce silence, pour ne pas imaginer le pire, et se concentra sur ce qu'elle avait à faire. Elle espéra que le soudain noir ne gênerait pas trop la chasseresse... mais elle en doutait, au vu des plaintes qui s'élevaient déjà d'en bas.

Elle descendit de nouveau, en toute hâte ; quelqu'un allait bientôt monter voir l'installation, et elle avait de la récupération à faire. Au milieu de gens maugréant, elle lâchait elle-même des injures pour continuer à passer inaperçue. Et parce qu'elle rentrait dans certains d'entre eux, aussi. Tous finirent par s'éclairer à la torche.

Rapidement, Odra put tout de même recopier un ordre de mission... écrit par Hadama. S'il donnait les mêmes consignes que celles qu'Alessa avait trouvées, il informait aussi le lecteur sur la personnalité de la seconde de Medic-X. En effet, à la suite des ordres, un âpre : « Vitesse, efficacité. » Et plus bas : « Le contenu du chargement ne vous regarde en rien, vous ne devez pas ouvrir une seule caisse. Quiconque manquera à cela se verra renvoyé sans indemnités. »

Est-ce très légal ? En tout cas, les employés sont de petits naïfs innocents, et elle une femme qui outrepasse son rang. Mais avec ou sans l'accord d'Elina ?

Le chargement était, quant à lui, bien suspect. Il contenait sûrement la fameuse drogue, à moins qu'il ne contînt des médicaments réservés à un public privilégié ou particulier – des diplomates stressés ou des combattants d'une des guerres qui se tenaient toujours dans la galaxie.

Odra chercha encore, à moitié aveugle comme tout le monde. Ce message était sujet à interprétation de sa part ; il ne fournissait pas, pour un public ignorant les tenants et les aboutissants de l'affaire, une preuve suffisante pour inculper Elina. Ou plutôt, Hadama. Ou les deux. L'on pourrait inculper l'entreprise de non-respect des droits du travail, avec ces menaces de licenciement (et ce serait déjà un début), mais pas pour cette histoire de drogue mortelle.

J'aimerais me préoccuper de vous, petits rouages invisibles. Mais d'abord, je me préoccupe de mon sort...

Heureusement que la Matriarche ne lisait pas dans ses pensées. Elle soupira et s'écarta bien vite de la navette, sans avoir pu y pénétrer. Alors qu'elle rebroussait chemin, la lumière revint d'elle-même. Bien, personne n'avait réglé le problème. Il était une heure onze.

Elle copia le message et l'envoya à Alessa. Elle lui demanda, par la même occasion, où en étaient ses investigations. En attendant la réponse, elle s'arrêta dans les escaliers, où elle croisa une garde furibonde ; celle-ci avait dû tenter de rallumer les néons sans y parvenir. Odra baissa les yeux, puis monta en trottinant, un rictus moqueur sur les lèvres.

Même manœuvre face au boîtier. La souplesse lui manquait, mais elle refusait de le reconnaître.

Euh ?

Toute la lumière fut coupée.

Définitivement.

Il y avait eu comme un bruit de surcharge dans tout le bâtiment qui ne laissait aucun doute là-dessus.

Alessa n'avait pas pu ne pas l'entendre. Des voix crièrent des « encore ? » et se plaignirent de la vieille installation. Si elles savaient !

Déesse, qu'est-ce que j'ai fait ?

A la lueur de sa lampe, elle vit qu'heureusement, elle n'avait bien coupé que l'éclairage. Elles pourraient partir. Il était une heure quatorze. Encore seize minutes avant le départ, encore onze minutes avant de retrouver sa comparse. Eh bien, Odra n'avait plus qu'à redescendre et tenter de convaincre les autres qu'elle était la meilleure habilitée pour faire décoller une navette dans le noir complet. C'était faux, mais chut. Autre objectif, s'il se trouvait dans les parages : intercepter le pilote, et... l'assommer ?

Inattendu ! Je te hais tellement !

Et, après s'être assise sur une marche d'escalier, elle osa appeler Alessa, qui allait certainement la tuer dès qu'elle la reverrait. Dès que la lumière serait revenue. Odra n'eut qu'une parole.

« Oups ? »
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MessageSujet: Re: Une destination de rêve   Dim 24 Avr 2016, 18:56
Alessa n’en croyait pas ses yeux. Était-ce une blague de mauvais goût ? Elle venait de remonter le long corridor qui longeait l’entrepôt C et au milieu duquel était supposée se trouver la mystérieuse porte qu’elle avait découverte sur des plans conservés sur le terminal sécurisé de la chef de la sécurité. Porte qui ne figurait pas justement sur les plans qu’Odra était parvenue à se procurer en vue de cette mission secrète. L’instinct de la chasseresse l’avait poussée à venir inspecter cette mystérieuse porte. Et l’expérience lui ayant appris à avoir une confiance aveugle en son instinct, Alessa se trouvait donc devant la prétendue entrée secrète. Mais rien. Elle faisait face à un mur blanc uni. Aucune porte en vue.

L’Asari jeta un œil à son OmniTech. Le décompte affichait à présent vingt-trois minutes. Le temps jouait contre elle. De toute évidence, quelque chose clochait. Ou le problème venait des plans découverts sur le terminal de la chef de la sécurité ou alors la chasseresse s’était trompée d’endroit. Ce qui ne pouvait pas être le cas. Elle en était sûre et certaine. Mais par acquis de conscience, elle afficha sur son terminal portatif le plan qu’elle avait téléchargé dans le bureau de la chef de la sécurité et fit apparaître l’instant d’après en surimpression sa géolocalisation. L’OmniTech était formel : elle se trouvait précisément en face de la prétendue porte mystérieuse. Alessa releva les yeux devant elle. Mais toujours rien. Aucune porte en vue. Pas même l’ombre d’une rainure trahissant sa présence.

— Déesse ! souffla-t-elle en se mordant l’intérieur de la joue tout en poursuivant son inspection. Mais où est cette fichue porte ?

La chasseresse s’avança d’un pas et posa la main sur le mur uni. Elle fit ainsi courir sa paume à la surface du matériau lisse sans rencontrer la moindre irrégularité. Elle finit par pousser un soupir et jeta un œil à son OmniTech. Deux autres minutes venaient de s’écouler. Elle perdait du temps. De toute évidence, il n’existait « plus » de porte. Le plan qu’elle avait découvert plus tôt dans la soirée datait peut-être de plusieurs années. Peut-être y avait-il eu une porte ici avant que des travaux de restructuration se soient débarrassés d’elle. C’était l’explication la plus logique et la seule à laquelle Alessa pouvait penser pour l’heure. Autrement dit, une autre impasse. Elle avait gaspillé près de huit minutes de son temps imparti pour suivre une piste ne menant à rien. Un cul de sac encore. Une impasse.

Alessa était sur le point d’en informer Odra lorsque les lumières au-dessus de sa tête se mirent à clignoter un instant avant de se couper d’un coup. Le couloir dans lequel elle se trouvait fut plongé dans le noir total durant quelques secondes avant que les lumières de sécurité ne s’enclenchent. Elles ne permettaient pas de voir à proprement parler mais elles balisaient le chemin menant à la sortie la plus proche. Alessa se demanda ce qui se passait. Une panne de courant ? Une anomalie sur le réseau électrique ?

*Odra…*

Ce ne pouvait être qu’elle. Cette prétendue panne de courant était une diversion pour lui permettre de se rapprocher du mystérieux chargement qui serait expédié dans moins de vingt minutes maintenant. La chasseresse jeta un dernier regard à l’endroit où aurait dû se trouver la porte qu’elle cherchait. Puis soupirant, elle se détourna et se prépara à rejoindre Odra. Elle avait perdu suffisamment de temps. Le fait est toutefois qu’elle eut à peine tourné le dos que le bruit caractéristique de l’ouverture d’une porte étanche sécurisée se fit entendre. Un rectangle doré se dessina dans l’obscurité pesante régnant dans le corridor désert. Et le mur faisant face à Alessa commença à s’ouvrir comme par magie. La chasseresse réagit en une fraction de seconde. D’un bond, elle s’écarta du chemin et se hissa tout en souplesse au sommet d’une étagère. Le temps que la porte s’ouvre complètement, elle s’était collée au mur afin de se fondre complètement dans les ténèbres. Deux femmes apparurent sur le seuil.

— Combien de temps encore avant le départ de la livraison ? demanda une première voix.

— Dans très exactement vingt minutes, répondit la seconde.

— Tout est prêt ?

— Oui. Il ne nous reste plus qu’à vérifier une dernière fois la navette comme l’exige le protocole et on pourra charger les caisses. Quinze minutes devraient suffire amplement. La cargaison partira à l’heure prévue. Il n’y a aucun… (Elle se tut.) Pourquoi il fait tout noir ici ? Une panne de courant ?

— Ce ne serait pas la première de la semaine. Depuis qu’Elina a autorisé le démantèlement de l’autre entrepôt, le système fait des siennes. Les ouvriers ont dû creuser trop profondément. Les fluctuations énergétiques ont triplé depuis qu’ils ont commencé les travaux. Donc soit ils ont coupé un câble auquel ils n’auraient pas dû toucher soit c’est du sabotage. Espionnage industriel et tout le bordel.

— Quelque chose me dit que tu regardes beaucoup trop de holos d’espionnage, plaisanta l’autre Asari.

— Avec ce que la patronne trafique là-dedans ? Non. Mieux vaut s’attendre au pire. Crois-moi.

— Chut ! On n’est pas censées en parler à l’extérieur de l’enceinte.

— Oui. Les murs ont des oreilles, c’est ça ?

— Ce n’est pas toi qui viens à l’instant de dire qu’il faut s’attendre au pire ? Alors ferme-la. (Elle activa son OmniTech.) On ferait mieux de se dépêcher si on ne veut pas être en retard sur le planning.

Les deux Asari s’éloignèrent rapidement tandis que la porte se refermait déjà dans leur dos. Du haut de son étagère, la chasseresse attendit qu’elles se fussent suffisamment éloignées et au dernier moment, elle sauta avec grâce et légèreté et effectua une roulade pour amortir le choc. Elle profita de l’énergie potentielle amassée pour se remettre debout dans le même mouvement. Et se présentant de biais, elle se glissa dans l’étroite ouverture une fraction de seconde avant que le bruit de succion si caractéristique ne confirme la fermeture du sas. Peu importe l’endroit où elle se trouvait, elle était entrée.

Au même instant, son OmniTech vibra et elle découvrit un bref message d’Odra accompagné d’une pièce jointe. La dénommée Hadama qui semblait être en charge des opérations ici avait ainsi ordonné à ses hommes de ne pas toucher aux caisses ? Compte tenu de l’échange que la chasseresse venait à l’instant de surprendre, les soupçons d’Odra se virent confirmés : les caisses sur le point d’être expédiées étaient effectivement le graal qu’elles cherchaient. Ce qu’elle lui confirma en quelques mots en lui résumant la conversation qu’elle avait espionnée. Elle n’avait pas le temps d’entrer dans les détails pour l’instant, elle lui signifia donc uniquement les grandes lignes.

« Ai surpris une conversation. Confirmation au sujet des caisses : c’est ce que nous recherchons. Départ toujours prévu dans vingt minutes. Suis à l’intérieur annexe secrète. On dirait un centre de recherche. Un laboratoire clandestin. Exploration en cours. RDV au point d’extraction dans quinze minutes. »

Alessa envoya le message sur l’OmniTech d’Odra. Elle aurait bien ouvert un canal vocal sécurisé, mais comme elle ignorait toujours où elle se trouvait, elle préférait ne pas prendre le risque d’être entendue et d’alerter ainsi la sécurité. Pourvu qu’Odra remplisse sa part du marché et parvienne à sécuriser le quai d’embarquement, le chargement suspect et la navette devant en assurer le transport. Mais quand bien même les choses avaient mal débuté entre la conseillère de Dashanxa et la chasseresse, le fait est que cette dernière ne se faisait étrangement aucun souci. Elle savait qu’elle pouvait compter sur Odra pour sécuriser leur exfiltration. Question d’instinct. Aussi se concentra-t-elle uniquement sur l’exploration.

Comme elle en avait informé sa partenaire, elle avait tout l’air d’avoir mis les pieds dans une espèce de centre de recherche. La première pièce où se trouvait la porte secrète était un sas. Un corridor menant à une seconde porte : ouverte, celle-ci. Alessa s’en approcha en demeurant sur ses gardes. Aucun bruit. Rien. Elle passa la porte et se retrouva dans un second couloir en forme d’arc de cercle. Un côté partait sur la droite et l’autre sur la gauche. Vers où ? Impossible à dire. Il n’y avait aucune indication au mur. Pas un seul écriteau. Rien. Optant pour un chemin au hasard, elle s’engagea vers la droite.

Force est de constater que dans un cas comme dans l’autre, elle n’aurait pas pu se tromper : les deux extrémités du corridor débouchaient sur la même pièce circulaire d’un blanc immaculé. Elle avait visé juste : c’était bel et bien un centre de recherche et développement. La pièce était envahie de bureaux croulant sous les terminaux informatiques et de tableaux transparents montés sur pieds et couverts de formules mathématiques et chimiques écrites au feutre blanc. Rien qui ne parlait à la jeune femme, ça va de soi. Mais ce n’était pas tout : dans un coin de la salle ronde, une porte était quant à elle surmontée d’un écriteau mettant en garde le personnel : « biohazard ». La chasseresse s’en approcha prudemment et découvrit à travers la vitre que la porte donnait sur deux sas. Un premier contenant tout l’équipement nécessaire pour pénétrer dans le second menant à…

La chasseresse s’éloigna de la porte et s’avança vers la fenêtre enchâssée dans tout un pan de mur en face de l’entrée par laquelle elle était arrivée. De l’autre côté de la vitre : un laboratoire. Un laboratoire à la pointe de la technologie. Et au fond : une section du laboratoire protégée par une tente plastifiée. Alessa plissa les yeux et crut voir des lits à travers la bâche. Et sur ces lits : des individus.

— Non, souffla-t-elle à mi-voix. Dashanxa avait raison. Il faut que je la prévienne immédiatement.

La chasseresse se pétrifia en entendant le bruit d’une arme que l’on charge. Elle se retourna et découvrit avec stupeur qu’elle n’était plus seule. Une Asari à la peau verte se tenait à l’entrée du centre et tenait une arme braquée sur elle. C’était la responsable de la sécurité. Celle-là même qu’Odra et elle avaient croisée à leur arrivée dans le centre de commandement. Que faisait-elle ici ?

— Ma foi, vous n’étiez pas supposée voir ça. (Elle porta son OmniTech à sa bouche et appela.) Ici Tani. Besoin de renfort au centre. (Elle coupa la communication avant d’avoir eu confirmation. C’est elle qui donnait les ordres ici. Elle savait pertinemment que personne ne demanderait la moindre explication. Ils s’exécuteraient sans discuter et c’est tout.) Nous vous avons gardées à l’œil depuis votre entrée dans le périmètre de sécurité. Nous nous attendions à ce que vous trouviez ce que vous cherchiez. Après tout, c’était le but de la manœuvre, non ? Mais ça… (Elle désigna le laboratoire.) Non. Vous n’étiez pas censées voir ça.

— Pourquoi ? demanda Alessa. Qu’est-ce que c’est ?

— Le fruit de plusieurs années de dur labeur et de centaines de milliards de crédits investis dans cette recherche.

— Recherche sur quoi ?

— Oh, Demoiselle N’Mara. (Elle eut un petit rire amusé.) Pour qui me prenez-vous ? Un Hanari ou un Volus décérébré ? Vous attendez-vous vraiment à ce que je réponde à votre question ?

Alessa secoua la tête. Elle avait tenté. On ne sait jamais. Mais de toute évidence, la chef Tani était une ancienne chasseresse. Peut-être même un ancien commando. Elle en avait le profil en tout cas. Ce qui n’était pas fait pour rassurer la jeune femme. Aussi ne s’était-elle pas attendue en effet à ce que l’Asari lui révèle tout le fond de l’affaire. Elle avait tenté sa chance. En vain.

— Que comptez-vous faire de cette drogue ?

— C’est un secret. (Un bruit annonça l’ouverture de la grande porte, à l’entrée.) Malheureusement, je doute que vous soyez encore là pour découvrir de quoi il en retourne exactement. Vous étiez supposée entrer ici et repartir avec le chargement du quai n°7. Votre petite escapade au centre de recherche ne faisait pas partie du plan.

— Quel plan ? demanda Alessa, perplexe.

— Le plan de ma supérieure. Si vous vous en étiez tenu au plan, vous auriez eu la vie sauve. Maintenant, je vais être dans l’obligation de vous tuer pour que vous n’éventiez pas cette histoire.

Deux autres Asari firent leur entrée dans le centre de recherche. Arme au poing. Elles vinrent encadrer la chef Tani et mirent Alessa en joue.

— Vous travaillez pour Elina ? demanda Alessa. C’est elle la « supérieure » dont vous parlez ? C’est elle qui est derrière ces enlèvements et ces meurtres ?

— Pitié, répondit laconiquement Tani en faisant une moue gênée. Et moi qui vous pensais plus futée que ça. Mais de toute évidence, on ne peut pas avoir la beauté et la cervelle qui va avec on dirait. Pourtant, il fallait être sacrément futée pour s’infiltrer dans mon bureau et découvrir le seul document sur lequel vous n’étiez pas censée mettre la main. Je pensais pourtant avoir sécurisé toutes les données sensibles.

— On dirait que tout le monde fait des erreurs. Je ne suis pas la seule. Me voilà rassurée.
— Et elle a le sens de l’humour en plus. Quel gâchis. (Elle se tourna vers la femme à sa gauche.) Où en est le chargement ?

— Terminé, répondit le soldat. Tout s’est passé comme prévu. Aucun problème à signaler.

— Et l’autre intruse ?

— Toujours à tourner autour du quai n°7 en pensant que c’est de là que partira la livraison. C’est à elle que l’on doit la panne de courant dans le reste des installations par ailleurs.

— Bien. (Elle leva son OmniTech.) Hadama ? La livraison est sécurisée. La navette partira comme prévu à 0130 heures. Mais nous avons un petit problème. L’une des intruses que vous attendiez à découvert le centre de recherche et le laboratoire. Que dois-je faire d’elle ? L’éliminer ou… ? (La chasseresse était trop loin pour entendre la réponse de l’interlocutrice de Tani.) Bien reçu. Je m’en occupe tout de suite. Je vous retrouve au quai n°10-B une fois que j’en ai terminée ici. Compris, madame. (Elle reposa les yeux sur Alessa.) Bien, à nous deux maintenant. Où en étions-nous déjà ? Ah oui… (Elle leva son arme.)

Mais elle n’eut pas le temps de faire feu. Alessa leva son bras la première et une vague d’énergie biotique traversa la pièce en direction des trois Asari armées. Les trois combattantes aguerries érigèrent toutes en même temps une barrière qui absorba le choc mais Alessa n’en tint pas compte. Ce n’était là qu’une diversion. Et celle-ci lui offrit une ouverture pour se jeter à terre et rouler derrière un couvert.

— Odra ?! s’écria Alessa dans son OmniTech. Vous avez tout entendu ? (Une réponse.) Oui. Quai n°10-B. De l’autre côté du bâtiment. La navette décolle dans moins de dix minutes. Partez devant. Je vous y rejoins dès que possible. Le temps joue contre nous. Il n’y a pas une minute à perdre.

Alessa coupa son OmniTech pour se concentrer sur les trois adversaires qu’elle allait devoir combattre si elle voulait pouvoir avoir une chance de sortir d’ici vivante.

*Déesse, dans quoi est-ce que je me suis encore embarquée…*


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MessageSujet: Re: Une destination de rêve   Dim 01 Mai 2016, 21:08
Une destination de rêve
Un jeu de pions.

Tout pouvait aller très, très vite.

Après des heures de recherches, Alessa était tombée sur la porte secrète, chose la plus croustillante de ces derniers jours. La chasseresse ne lui tenait pas rigueur des coupures ; elle avait plus ou moins trouvé la salle grâce à elles. Bien ; d'après le message qu'Odra avait reçu, elle n'avait plus qu'à attendre le retour d'Alessa. La fourmilière, sur les quais, était dans une effervescence telle qu'en réalité les deux espionnes n'auraient aucun mal à partir. Le tumulte avait du bon.

Et tout pouvait aller très, très vite.

Odra attendait donc, en tournant dans le noir, en cherchant des moyens de faciliter leur départ. Elle allait enfin s'adosser à un mur quand des voix sortirent de son omnitech.

Déesse, vous êtes impossible, Alessa !

Elle eut la vague envie de la sermonner comme une de ses filles, tout en sachant bien qu'il valait mieux, avant toute chose, s'assurer qu'elle allait bien. Ce qui, semblait-il, était loin d'être le cas. Même si la conseillère ne put s'empêcher de sourire à l'idée qu'au moins, Alessa avait réussi à outrepasser l'intelligence des agents en trouvant ce laboratoire.

Dans ce qu'elle entendait, rien n'était plaisant. Odra passait notamment pour une idiote, à s'escrimer à chercher la sortie et le produit, alors que ce n'était pas là.

Calme, calme... Serre donc le poing au lieu de vouloir balancer ce terminal contre un mur...

Mais le pire était bien évidemment qu'elle et Alessa étaient découvertes, depuis longtemps, et qu'en conséquence, le chargement allait partir d'ailleurs. Et qu'on allait venir les cueillir.

Enfin, Alessa était déjà prise...

De l'omnitech d'Odra jaillit un son saturé. Elle avait dû attaquer. Elle, et pas l'adversaire, il fallait espérer. Mais peu importait le cas, la jeune asari s'en était tirée... pour le moment. Elle cria à Odra : « Odra ?! Vous avez tout entendu ?
— Oui, et franchement, j'ai détesté ça. » Elle? Sérieuse? Oui, et non. « Il faut qu'on s'en aille, et avec notre porte-malheur, cette fichue drogue, ce serait mieux.
— Oui. Quai n°10-B. De l’autre côté du bâtiment. La navette décolle dans moins de dix minutes. Partez devant. Je vous y rejoins dès que possible. Le temps joue contre nous. Il n’y a pas une minute à perdre.
— D'accord, mais... » Bien sûr qu'Alessa se devait de couper la communication! Odra changea de canal. « Dashanxa, trouve-nous une cachette pour quand nous serons sorties de là! »

Elle-même n'attendit pas de réponse de sa supérieure et ferma l'écran de l'omnitech. Son esprit réfléchit à toute allure. Elles pourraient partir sans la drogue avec la navette du quai sept – personne ne s'était mis à l'attaquer, tout le monde continuait de s'agiter, mais après tout, il ne s'agissait pas d'un personnel de sécurité mis dans la confidence – ce qui serait plus simple. Mais si Alessa avait tout vu, elle n'avait pas pu, sans doute, prendre une quelconque image: ce serait sa parole contre celle d'Elina, ou plutôt d'Hadama. Et, bien sûr, ce ne serait pas suffisant pour l'emporter. La Théméssiane de Nevos, El'na L'uos, rappelait un peu Hadama. Et elle-même n'était pas toute blanche, semblait-il... Il fallait le maximum. Etre convaincantes ne suffirait pas.

Si déjà elles parvenaient à sortir d'ici. Le quai n°10-B... Et Hadama y serait. Odra pouvait y parvenir, mais Alessa...?

Je deviens sentimentale...

Et, par malheur, ce type d'émotions requérait du temps. Temps qu'elle n'avait pas. Dix minutes. Avait-elle le temps d'aller chercher – et sauver – la chasseresse ? Sûrement pas, ou alors, après, elles seraient bloquées dans ce bâtiment, encerclées par la sécurité qui sera arrivée, à n'en pas douter. Même la navette du quai sept, avec ce temps perdu, ne pourrait pas décoller.

Non, le mieux qu'Odra pouvait faire, c'était partir au quai 10-B, de dégager le chemin pour leur permettre de partir, d'attendre Alessa, et de s'en aller sans tarder plus longtemps.

Quitte à supprimer la partie « attendre Alessa »...

Odra en eut presque un pincement au cœur. Leur duo s'était révélé bien plus efficace et plaisant que ce que leur rencontre avait laissé supposer. Mais la réussite de la mission passait avant tout, et les deux asari le savaient. On croit toujours que c'est un cliché que de dire cela, jusqu'à ce qu'on le vive.

Choix.

Odra détala alors ; précaution pour le moment inutile, les ouvriers des quais ne se souciant guère d'elle – et il faisait encore noir. Parfait. Comment atteindre l'autre côté du bâtiment ? Elle avait bien le plan du complexe qu'Alessa lui avait transféré ; mais si elle ne pouvait y voir à deux mètres, il ne servait à rien. Enfin, ne rien voir... Les lumières de sécurité, dans les couloirs, donnaient un semblant d'éclairage à qui les traversait.

Mais c'était un rouge couleur éclaboussure de sang dilué dans de l'eau. Très charmant.

Le plan ouvert sur son omnitech, Odra courait au mieux dans le bâtiment. Elle s'étonnait de ne rencontrer personne. Ce devait aussi être une part du plan de Tani et Hadama, Elina vraisemblablement hors de cause. Tani, cette femme qu'elle avait crue si sotte ! Elle s'en voulait. Sûrement que la cavalerie l'attendait sur le quai. Au lieu de s'en soucier, elle n'en avança que plus déterminée.

Odra, en déboulant sur le quai n°10-B, se demanda comment Alessa gérait sa propre situation.

Mais la sienne allait vite devenir tout aussi épineuse.

Le quai était tout de métal. Bien plus large que les précédents, et de fait, il était l'unique quai de ce côté-ci du bâtiment. L'immense sas était déjà ouvert, et donnait sur des masses sombres de végétations. Le départ était proche. Le vent soufflait le visage d'Odra, véritable dopant pour elle qui venait de respirer un air confiné et vicié pendant des heures.

Une navette grise et fuselée, dont deux feux orangés clignotaient à l'arrière, attendait bien sagement de s'envoler. L'entrée était encore ouverte ; la seule chose qui devait manquer, c'était le pilote et les passagers.

Odra stoppa sa course au bas de l'escalier qui menait aux plate-formes de métal. Hadama siégeait en haut, appuyée sur une rambarde. Elle siégeait, triomphante, dans l'ombre. On distinguait une tête au-dessus d'un ensemble sombre. Oui, c'était Hadama. Ce n'était pas un simple garde qui se mettrait en scène ainsi...

« Hadama, lança tout de même Odra pour être sûre.
— Odra T'Ille, répondit-elle. Ne bougez pas. »

Première chose, Hadama connaissait son identité. Deuxième chose, elle était en joue de deux agents postés de part et d'autre d'elle. Elle ne les avait pas vus. Ils étaient sortis de sous les plate-formes.

Hadama tourna la tête vers l'arrière et s'adressa à quelqu'un. « Allez, ce doit être rapide! Il est presque 1h30! » Elle observa de nouveau Odra. « Consoeur conseillère!
— Assommez-moi, tuez-moi. Je ne suis même pas sûre d'apprendre quelque chose dans votre discours.
— Et moi je ne suis pas sûre que vous apprendriez quelque chose de nouveau. Nous allons partir avec la prochaine tournée, et c'est tout. »

Son omnitech s'illumina. Odra n'entendit guère ce qui en sortit, mais la réponse d'Hadama fut claire.
« ... Elle résiste? Frappez encore. J'ai normalement envoyé deux agents en renfort, quand ils arriveront vous ne pourrez que la battre. Ne la laissez surtout pas fuir! »

Alessa, sans aucun doute. Application première de son entraînement de chasseresse.

« Cette fois, poursuivit Hadama, la drogue est parfaitement au point. Après, nous pourrons peut-être même partir nous implanter ailleurs, en paix, et avec de l'argent! Alors frappez! »

Et ainsi Odra entendit-elle tout de même de précieuses informations. Evidemment, Hadama en avait parfaitement conscience; aussi, d'un geste, elle ordonna l'exécution de sa rivale.

Mais Odra était bien plus expérimentée que les deux gardes réunis ; elle sauta sur celui de gauche, avant qu'il ne tirât. Elle ne put le désarmer tout de suite, mais sa proximité avec lui empêchait l'autre de faire feu.

Elle en profita pour envoyer à ce dernier une projection biotique; il alla s'écraser sans trop de mal – façon de parler – contre un conteneur. Son premier adversaire s'immobilisa un instant face à l'Asari entourée d'un halo bleu qu'elle était ; mais bien vite, un corps à corps s'engagea. Odra s'en trouva plus mal que prévu ; l'âge, tout ça.

Mais elle finit par prendre l'avantage grâce à un coup de coude bien placé dans le menton, suivi d'une clé de bras et de sons désagréables. Elle en profita pour saisir le pistolet de l'Asari et envoyer celle-ci dans le décor.

C'est là qu'Hadama voulut réagir, mais Odra eut le meilleur instinct qui fût. Elle souleva l'Asari de terre par une lévitation et la mit dans son viseur. Les deux gardes, qui s'étaient relevés, voulurent l'arrêter. Mais...

« Un geste et je tire. » Après avoir penché la tête vers les deux gardes, Odra se concentra sur Hadama, source de lumière, nimbée du voile d'ezo de la biotique. « Dites à vos suivants d'arrêter le combat face à la chasseresse! » Et comme il n'y avait aucune réaction, elle manqua d'aller l'écraser au sol, avant de la faire remonter. « Maintenant! »

De mauvaise grâce, Hadama s'éxécuta et détacha bien chaque syllabe pour ne pas contrarier Odra. « Cessez le combat. » Une réponse incompréhensible. « Cessez... Et laissez-là quitter la salle. »
C'était malin ; Alessa pourrait toujours se faire poursuivre au-dehors. Odra espéra que sa manoeuvre lui suffirait, et que la chasseresse rejoindrait vite le quai. Mais avant qu'Odra eût pu la reprendre, la co-dirigeante de Medic-X Corp reçut un appel.

« Répondez. »

Ce qu'elle fit. « ... Pas encore terminé? Frappez, oui, mais n'exagérez pas non plus. Rendez-la inconsciente... Elle était juste là au mauvais moment. »

Quoi?

« ... Et... » Elle dévoilait ses plans à son ennemie, et cela la faisait souffrir. « ...faites en sorte qu'elle soit en bon état, qu'on imagine juste qu'elle a eu un faux mouvement au travail. Et admnistrez-lui de quoi oublier ce fâcheux incident. Prenez la clé et les données, et partez. »

Oh, non...

Etaient-ils en train de parler d'Elina?

Et Hadama cria. « Cachez-vous! J'ai été découverte! Soyez d'autant plus vigilant! » L'omnitech s'éteignit et elle s'adressa aux deux gardes. « Agissez! »

L'ordre était sifflant, et après une seconde de stupeur, ils obéirent. Odra n'avait pas menti ; elle tira ; mais le garde de droite se jeta sur elle et le tir fut dévié. Elle perdit sa prise sur Hadama. Il y avait intérêt à ce qu'Alessa arrivât. Elles devaient se jeter dans cette navette et filer.

En attendant, tout le combat était à recommencer...


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MessageSujet: Re: Une destination de rêve   Dim 22 Mai 2016, 20:54
Alessa se trouvait à l’heure actuelle dans une position pour le moins… fâcheuse. C’était le cas de le dire. Recroquevillée derrière une table de travail que ses ennemies arrosaient d’un feu bien nourri, elle faisait face seule à trois adversaires armés jusqu’aux dents. Les deux renforts que la Capitaine Tani avait appelés ne représentaient pas un véritable challenge en soi. Mais leur chef avait des faux airs de commando asari et rien que ça ne laissait présager rien de bon pour la suite. Confirmation que la jeune chasseresse ne tarderait pas à avoir de fait. Mais pour l’heure, elle rentra plus encore la tête dans les épaules en voyant un morceau du bureau être arraché par une nouvelle salve de tirs meurtriers.

*Déesse ! Il faut que je trouve un moyen de me sortir de ce traquenard.*

Mais comment ? Elle n’avait qu’un simple pistolet. Elle était loin de pouvoir rivaliser avec l’équipement de ses adversaires. Un nouveau morceau du bureau fut arraché de la structure. Bientôt, la chasseresse n’aurait même plus de couvert derrière lequel se mettre à l’abri. Le temps jouait contre elle. Elle devait agir et vite. Mourir ici et cette nuit ne faisait pas partie de sa liste de choses à faire. Il fallait à tout prix qu’elle trouve un moyen de quitter cet endroit avant qu’il ne soit trop tard.

— Une diversion, souffla-t-elle à mi-voix. Il me faut une foutue diversion…

Une salve de tirs éventra l’un des terminaux informatiques qui s’écrasa aux pieds de la jeune femme en crépitant. La vue des composants internes de l’appareil qui avait grillé à cause de la surtension donna une idée à la chasseresse qui sentit un sourire fleurir sur ses lèvres. Au même instant, elle prit soudain conscience que les coups de feu avaient cessé. Il régnait un silence pesant dans le laboratoire à présent. Un silence qui ne présageait forcément rien de bon pour elle. Et pour cause, la Capitaine Tani avait ordonné un cessez-le-feu et fait signe à ses subalternes de contourner la pièce pour prendre leur adversaire en tenaille. Alessa était actuellement acculée contre la fenêtre donnant sur le laboratoire secret. Les trois voies qu’elle pouvait emprunter pour fuir étaient désormais barrées par une garde.

*Allez. Pourvu que ça fonctionne. Déesse, faites que ça marche.*

Fermant les yeux, Alessa prit une profonde inspiration. Puis avant de changer d’avis, elle bondit hors de son couvert, visa et pressa la détente après avoir verrouillé son objectif. Les trois Asari armées jusqu’aux dents réagirent au quart de tour et arrosèrent sa position. Mais la chasseresse s’était d’ores et déjà jetée au sol pour se remettre à couvert derrière ce qui restait encore de sa cachette. Il s’en était fallu de peu. Et alors qu’elle était sur le point de se demander si elle avait fait mouche, les lumières incrustées dans le plafond vacillèrent et se coupèrent lorsque le disjoncteur qu’elle avait repéré en entrant dans la salle entra en surtension et explosa. Les ténèbres envahirent la pièce d’un coup et Alessa ne perdit pas une seconde. Elle bondit hors de sa cachette et passa à l’offensive.

L’ennemie la plus proche se trouvait sur sa droite. Alessa fonça sur elle avant qu’elle ait eu le temps de mettre en marche la lampe torche de son OmniTech. Lorsqu’enfin elle parvint à repousser les ténèbres, ce fut pour découvrir la chasseresse lui tombant dessus comme un spectre surgi du néant. Alessa frappa et désarma la garde. Profitant de l’avantage que lui offrait l’effet de surprise, elle passa sous le bras de son adversaire lorsque celle-ci tenta de contre-attaquer à l’aveugle. Et se glissant dans son dos avec la grâce et la souplesse propre à son espèce, elle ramena le bras de la garde en arrière jusqu’à percevoir un craquement fort déconcertant. La garde poussa un cri qui attira sur elle les torches de ses compagnes. Mais son sort était d’ores et déjà scellé. Se propulsant en avant, Alessa passa ses jambes autour du cou de la garde et faisant peser tout son poids vers le bas, elle entraîna son adversaire au sol où elle réduisit sa nuque en morceaux d’une torsion des cuisses. Ni une ni deux, elle roula sur le dos et bondit à couvert au moment où une salve de tirs fusa dans sa direction. Une fois de plus, ce n’était pas passé loin. Mais au moins avait-elle pu se débarrasser d’un de ses adversaires. Le combat était à présent beaucoup plus équitable. Deux contre une était encore jouable. Du moins l’espoir était permis.

Mais bien entendu, les choses ne se passent jamais comme prévu. Et les lampes au plafond clignotèrent de nouveau avant de se rallumer et d’inonder la pièce d’une lumière aveuglante. Alessa ferma les yeux et jura en silence. Elle venait de perdre l’avantage. De l’autre côté de la pièce, la Capitaine souffla :

— Le générateur de secours dédié au laboratoire a pris le relais. On dirait bien que votre chance a tourné, Alessa. Rendez-vous et je ferai en sorte de vous accorder une mort rapide et indolore. Résistez et je ferai de vos derniers instants un véritable calvaire. Le choix est entre vos mains.

La chasseresse ne répondit pas. Elle avait certes perdu l’avantage de l’obscurité, mais quand bien même la lumière était revenue, la Capitaine Tani ignorait sa position exacte. Elle jouissait donc encore de l’effet de surprise. Une carte dont elle ne pourrait toutefois faire usage qu’une seule fois. Mieux valait donc ne pas se trahir avant d’être prête à passer à l’action.

— Alors ? Que choisirez-vous ? Dépêchez-vous. Je n’ai pas toute la nuit. J’ai une navette qui m’attend.

Et justement, au moment où elle fit référence au rendez-vous qu’elle ne voulait manquer pour rien au monde, un grésillement de son OmniTech établit une connexion avec sa responsable. Alessa ne parvint pas à entendre ce que dit la voix dans l’appareil, mais elle entendit Tani répondre :

— La laisser partir ? Mais c’est une blague ? (Une réponse indistincte dans l’OmniTech.) Bien. Comme vous voudrez. (Elle coupa la communication.) On dirait bien que votre petite amie est parvenue à prendre Hadama dans ses filets. Elle insiste pour que je vous laisse partir sans vous faire de mal. (Elle rit.) Mais peu importe. Hadama est pleine de ressources, elle s’en sortira. On ne pourra pas en dire autant de vous, malheureusement. Vous ne passerez pas la nuit, ma chère Alessa.

Le sol était à présent couvert des bris de verre des tableaux qui n’avaient pas survécu à l’onde de choc dont Alessa s’était servie comme diversion au début des hostilités. Aussi la chasseresse perçut-elle un crissement qui trahit la position de l’une de ses adversaires. Celle-ci ignorait où se trouvait la chasseresse, mais elle se rapprochait dangereusement de sa position. Que faire ? Attendre sagement ou prendre le risque de trahir sa position prématurément en tentant de s’en prendre à elle ?

La réponse lui vint de la Capitaine, dont la voix s’éleva plus loin dans la pièce, sur la gauche. La patience n’était décidément pas une vertu à laquelle pouvait prétendre Tani. En ouvrant la bouche, elle venait à l’instant de renseigner Alessa sur l’identité de la femme approchant de sa position : la deuxième garde. La chasseresse savait désormais où se trouvaient ses deux ennemies. Il était temps à présent de tenter le tout pour le tout. Et prenant une profonde inspiration, la chasseresse amassa autant d’énergie noire que possible en vue de déchaîner sur ses opposantes une attaque biotique.

— Alessa ? Je vais compter jusqu’à trois. Si d’ici-là je n’ai toujours aucune réponse de vot…

La Capitaine ne put jamais achever cette phrase. Se glissant hors de son couvert, Alessa propulsa dans sa direction une projection biotique qui la prit totalement au dépourvu. Dans le même mouvement, la jeune femme se tourna vers la seconde garde qui engagea le combat sans perdre un instant. Le fait est toutefois que Tani n’était pas une petite joueuse. Et quand bien même elle fut prise au dépourvu, elle parvint tout de même à générer une barrière qui amortit le choc et dissipa une fraction de la puissance de la vague biotique. C’est tout juste si elle fut repoussée d’un ou deux mètres en arrière. Elle secoua la tête et fusilla Alessa du regard. Elle n’avait pas l’air contente du tout.

Pendant ce temps, la chasseresse échangea quelques coups avec la garde restante. Mais ni l’une ni l’autre ne parvint à prendre le dessus. Ce qui laissa tout le temps à Tani d’amasser assez d’énergie noire pour maîtriser Alessa grâce à une stase. Les yeux de la chasseresse s’écarquillèrent de terreur en sentant ses membres paralysés. Elle ne pouvait plus bouger un seul muscle. Elle était prise au piège.

— Fini de jouer maintenant, décréta Tani en approchant. Comme je l’ai dit, j’ai une navette à prendre. Et je n’ai pas l’intention de la manquer à cause d’une enquiquineuse comme toi. (Elle s’arrêta devant sa prisonnière.) Honnêtement, tu mériterais une bonne correction. Mais le temps joue contre moi et je vais devoir écourter cette rencontre. Mais sache que cette mort n’a rien d’une mort miséricordieuse. Si cela n’avait tenu qu’à moi, tu aurais sou…

Une déflagration retentit et interrompit la Capitaine Tani au milieu de sa phrase. La surprise déforma les traits de son visage. Ou du moins… ce qui en restait. Car toute la partie gauche du visage de l’Asari venait d’être arrachée par le tir à bout portant qui l’avait atteinte à la tempe droite. Il n’en restait désormais plus qu’un trou béant ensanglanté qui manqua de retourner l’estomac de la chasseresse. Le corps sans vie de la Capitaine Tani perdit consistance et s’écroula au sol avec un bruit sourd. Au même moment, Alessa sentit la pression de la stase se dissiper et elle recouvra sa liberté. Étonnée et méfiante, elle dévisagea la garde qu’elle avait combattue quelques secondes auparavant et qui venait d’abattre sa supérieure. Elle ne comprenait pas ce qui venait de se passer à l’instant.

— Est-ce que ça va aller ? lui demanda la garde. (Alessa ne répondit pas.) Vous n’êtes pas blessée ?

— Qui êtes-vous ?

— Cela n’a aucune importance. (Elle se pencha et ramassa le fusil d’assaut de la Capitaine.) Prenez ça et dépêchez-vous de quitter cet endroit avant que d’éventuels renforts ne rappliquent. Rejoignez votre partenaire et quitter la zone aussi vite que possible. Allez !

— Mais qui êtes-vous ? insista Alessa, toujours méfiante.

— Une commando asari envoyée sous couverture pour infiltrer l’organisation secrète de Hadama. Mais nous n’avons pas le temps pour ça maintenant, d’autant plus que ma mission est classée secret défense. Normalement, je n’aurais pas dû intervenir pour vous sauver la peau. Mes ordres étaient de tout faire pour m’assurer la confiance de Tani et Hadama. (Elle marqua une pause.) Mais vous êtes Alessa N’Mara, n’est-ce pas ? (Alessa hocha la tête, plus méfiante encore.) Votre père a été mon instructeur durant ma formation de commando. Par respect pour sa mémoire, je ne pouvais décemment pas rester là les bras croisés. Je ne serais pas là à l’heure qu’il est sans votre père. J’avais une dette envers elle. (Elle prit une profonde inspiration.) Maintenant, filez ! Ne perdez pas de temps. La navette de Hadama doit être sur le point de décoller à l’heure qu’il est. Ne traînez pas. Partez !

— Et vous ?

— Ma mission n’est pas terminée. Je trouverai une explication pour justifier ce… (Elle désigna le corps de Tani.) Mais ne vous occupez pas de moi. Je suis une grande fille. Allez, partez !

Alessa hocha la tête et se rua vers la sortie. Elle s’immobilisa toutefois sur le seuil avant de pénétrer dans le corridor en demi-cercle. Elle se retourna vers la commando sous couverture et souffla :

— Merci.

La commando se contenta d’un hochement de tête et Alessa disparut. Elle traversa le corridor en demi-cercle et le sas en quelques enjambées. Puis elle détala dans le grand corridor désert comme une furie, en direction du quai sur lequel Odra était aux prises avec Hadama et ses deux gardes. Il était une heure et demie du matin passé depuis un moment déjà lorsqu’elle fit irruption sur le quai d’où devait partir le chargement suspect. Au même moment, la chasseresse entendit une déflagration et vit une femme se jeter sur Odra. Ne s’accordant qu’une fraction de seconde pour analyser la situation, Alessa leva le fusil d’assaut et tira deux salves. La première alla cueillir la seconde garde avant qu’elle puisse tenter de faire feu dans le dos d’Odra. La seconde se débarrassa de la garde aux prises avec la conseillère de Dashanxa lorsque celle-ci l’eut repoussée, dégageant ainsi une fenêtre de tir pour la nouvelle venue.

Se détournant immédiatement de sa partenaire qu’elle savait saine et sauve, Alessa braqua son arme sur la dernière silhouette se tenant à bord de la navette : Hadama. Les jeux étaient faits. Le Cavalier et le Fou venaient de prendre la Reine. Échec et mat.

— Hadama, je présume ? demanda Alessa à Odra sans quitter sa cible du regard.


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MessageSujet: Re: Une destination de rêve   Ven 10 Juin 2016, 17:48
Une destination de rêve
Fin ne signifie pas joie. Fin n'est jamais certaine.

Odra n'eut pas le loisir de combattre ; le temps de soupirer intérieurement parce qu'elle pensait qu'elle allait devoir montrer les crocs de nouveau, et les deux soldates commandos d'Hadama étaient à terre, projetées par un tir... de fusil d'assaut.

D'accord, où Alessa a-t-elle bien pu trouver ça ? … Oh, peu importe, nous ne sommes plus à ça près...

La conseillère savait que sa sauveuse était la chasseresse. Sinon, elle flotterait sûrement déjà dans le Néant, près de sa Déesse... Elle ne se demanda pas comment son acolyte s'en était sortie, si elle avait pu partir tranquillement, ou bien si ce fusil avait détaché des têtes de leurs corps. Elle était assez contente de revoir Alessa, il fallait le dire. Elles étaient séparées depuis moins d'une heure, mais quand chaque minute était un pile ou face entre la vie et la mort, une heure, c'était long.

« Hadama, je présume ? » Alessa pointait son arme sur elle, mais c'était à Odra qu'elle s'adressait.

Celle-ci restait braquée, prête à bondir ; prudence toujours de mise ; mais elle était désormais relativement en confiance. « Bien deviné. A croire que vous êtes arrivée sans même froisser votre tenue ! »

C'était faux. Alessa semblait avoir traversé un rude affrontement pour parvenir jusqu'ici. Mais pour Odra, arriver entière sur ce quai était un grand exploit. La tenue, c'était l'enveloppe des chairs même. Et force était de constater qu'Alessa était indemne, même si certainement pas fraîche comme une Demoiselle à peine sortie de l'entraînement.

Mais c'était sur Hadama que le canon du fusil était pointé. C'était suffisant pour que tout allât bien.

« Nous avons gagné. » Parfois, il est utile d'asséner l'évidence à l'adversaire. Aussi puissante qu'un coup d'omnilame. « Vous devriez le dire à celui ou celle qui s'est attaqué à votre pauvre Elina. »

Et, comme Alessa la regardait sans comprendre, Odra lui rapporta la conversation qu'elle avait entendue il y a quelques minutes.

« Que je lui dise ou non, glissa Hadama, qu'elle soit au courant immédiatement, dans deux heures ou dans deux jours, rien ne la fera se rendre.
— Alors nous la chercherons, qui qu'elle soit. » Et Odra jeta un regard entendu à Alessa. « Nous jouerons. »

Un silence suivit, de ceux qui étaient désagréables: ces simples mots parurent pourtant grandiloquents aux propres oreilles d'Odra... et ils annonçaient aussi une nouvelle intrigue des plus pénibles, et peut-être des plus tragiques.

Il était pour le moment mieux de pourvoir au plus pressé. Avant même de partir de ces entrepôts...

Que faire désormais? Hadama était juste là ; Alessa l'avait mise en joue. Il aurait été si simple de faire éclater sa vie hors de son corps, si simple de laisser couler haine et justice dans le chemin d'une balle ; mais, par nécessité, Odra ne pouvait la tuer, du moins pas ainsi. Elle avait trahi Elina, mais si jamais elle mourait, cela retomberait malgré tout sur le dos de l'Azur. Hors de question de prêter à rire, surtout à cette femme, même par-delà la mort. Et puis, Hadama était la véritable coupable. Qu'elle assiste à son propre procès! Et ainsi, ce serait l'Azur qui pourrait rire.

Bien que... Si jamais Hadama montrait quelque velléité de résistance, voire chargeait, Odra ne se chercherait aucune excuse et l'achèverait avec plaisir.

D'un signe de tête, elle fit comprendre à Alessa qu'il était – enfin – temps de quitter les lieux, avant d'ajouter : « vous êtes la loi. Dans mon imaginaire, vous avez forcément sur vous une paire de menottes pour cette chère Hadama. »

Pendant qu'Alessa lui répondait, elles marchèrent jusqu'à la navette, vers la prochainement ancienne main gauche d'Elina T'Soris, proche de l'explosion, mais ne pouvant rien faire. Elles l'appréhendèrent dans les formes. Enfin, avec ce qu'elles avaient. Ce fut fait d'une façon tranquille qui contrastait avec la tumultueuse heure précédente. Les sons résonnaient dans la boîte crânienne vide d'Odra ; en fait, il lui manquait la vibration de l'ezo et le sifflement des balles. La sensation était toujours étrange. La fin de la lutte était à saluer, mais le calme paraissait suspect. Dehors, le vent soufflait encore, mais doucement.

Alessa finissait d'immobiliser Hadama quand Odra se tourna vers l'intérieur de l'entrepôt. Sombre. Avec des Asari étendues au sol. Elle pointa du doigt et écarta les bras, la langue sarcastique. « Qu'est-ce qu'on va faire de ça? » Une réponse. « Oh et puis peu importe, nous ne sommes plus à ça près... »

Elle avait l'impression de se répéter, et elle pensait aussi que ce ne serait pas la seule fois dans les jours à venir. Avec tout ce qu'il s'était passé et tout ce qui allait encore venir... le bilan commençait de se former dans son esprit.

Elle se tourna de nouveau vers Alessa et Hadama. « Partons. »

S'adressait-elle à un autrui particulier? Ou voulait-elle juste se l'intimer à elle-même?

Peu importait, encore une fois ; elle et Alessa encadrèrent Hadama et franchirent le sas de la navette, avant qu'il ne se refermât de lui-même. Odra se sentit comme un agent de police, et elle trouva cela fort ironique.


*


Odra s'assit aux commandes. Le panneau virait d'un ocre de mauvais goût à un bleu ciel ; les écrans sortirent de veille quand elle effleura une touche. La lumière se répandit aussi dans toute la navette.

Enfin un peu de clarté après tant de temps dans le noir! Même si ça ne vaut pas la lumière naturelle...

La chasseresse avait installé Hadama dans la soute, avec la cargaison ; Odra maugréa en cherchant une commande qui permettrait d'activer un champ de protection. Autant l'enfermer, si c'était possible, cela ne coûtait rien. Puis, Alessa parut à côté d'elle, et prit place dans le siège qui devait normalement être réservé à l'aide-communications. Odra souriait avec malice.

« Confortable, n'est-ce pas? » Et en effet, les sièges était molletonnés. « Et vous avez pris la meilleure place! Je vais piloter – oui, vous l'avez remarqué, sans doute. Pendant que je nous fais au moins quitter ce piège à varrens, ce serait bien que vous contactiez les autorités. Je crois que vous serez plus à même d'être crue que moi. »

Oui, que croiraient les gens d'une haute suspecte ramenant la cargaison maudite, après avoir infiltré une entreprise, avoir perturbé des systèmes, avoir battu, tué des gardes...? Définitivement, seule une chasseresse pourrait faire passer la pilule. Alessa pourrait démêler le vrai du faux et le bien du mal, si l'on pouvait dire qu'il y avait un bien et un mal. Non, il n'y en avait pas ; mais elle pouvait dire que l'Azur était innocent, et c'était le principal. Avoir capturé la chef ennemie jouerait en leur faveur, ceci dit.

« Il faudrait qu'elles aillent s'occuper d'Elina, inconsciente dans ses bureaux, et du personnage mystère. » Elle avait envie de montrer une certaine bonne foi. « Et je suppose qu'elles voudront que nous atterrissions à un endroit précis. Bref, je vous laisse faire. Je saurai m'occuper de cette navette en attendant. »

Elle laissa Alessa tranquille.

Odra se demanda où la drogue qu'elle transportait devait aller être répandue dans les rangs des touristes. Et où était l'argent tant recherché par Hadama. Elle le saurait sans doute bientôt, grâce à l'enquête... si elle était bien faite. Nevos allait faire ressortir sa nature crapuleuse et fausse ; ce n'allait pas être facile de prouver quoi que ce fût.

Le travail d'Odra n'était pas fini. Elle se demandait si elles avaient réellement gagné. Le temps le dirait. C'était toujours rassurant de se référer au temps. Ou pas.

---

Dans la soute, Hadama préféra se brûler contre le champ de force plutôt que de chuter de son trône. Odra avait placé la navette en orbite en attendant des instructions, et était allée voir ce que cachait les crachotements suspects qui l'avaient forcée à couper la protection. Elle trouva Hadama ; en la voyant – et en la sentant - grillée, elle se dit que le suicide n'était pas l'action noble qu'il se voulait être. Chez Hadama, cela sortait tellement de nulle part que c'en était presque ridicule. Un caprice. Une fierté ne voulant pas être bafouée. Mais le pire était qu'elle n'était pas morte. Odra soupira, ne prit pas soin d'elle, et remonta. Comme Alessa se retournait pour lui demander ce qu'il se passait, son alliée dit, laconique : « ne vous dérangez pas. »

Et malgré son aversion, elle n'en revint pas de contacter elle-même un hôpital.


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MessageSujet: Re: Une destination de rêve   Dim 19 Juin 2016, 21:15
Le calme était finalement revenu sur le quai de chargement. Les deux ennemies qui affrontaient Odra quelques instants auparavant gisaient à présent dans une épaisse mare violette. Leurs corps avaient été déchiquetés par les salves de fusil d’assaut qui les avaient cueillies en plein vol. Il ne restait plus des deux gardes de Hadama que de petits tas de chairs sanguinolentes réduites en charpie. Mais l’instigatrice de toutes ces péripéties n’avait pas trop à se plaindre. Elle était encore en vie, elle. Du moins pour l’instant. Alessa se contentait pour l’heure de la maintenir en joue après avoir présumé qu’il s’agissait de l’épine qu’Odra et elle avaient dans le pied depuis leur entrée dans les entrepôts sécurisés de Medic-X Corp. La réponse de sa partenaire ne se fit pas attendre. Alessa avait visé juste.

— Ravie de faire votre connaissance, asséna froidement la chasseresse sans baisser son arme. C’est donc à vous que nous devons tous ces retournements de situation. (Elle ajouta à l’attention d’Odra, qui venait de faire une remarque à propos de son arrivée inopinée.) Loin s’en faut. Mais c’est une longue histoire. Je vous expliquerai lorsque nous aurons quitté cet endroit.

Elle avait relevé une pointe d’ironie amicale dans la voix d’Odra et c’est tout naturellement sur le même ton qu’elle avait répondu. Et dire que quelques jours auparavant, Alessa tenait encore cette femme en grippe pour le coup en traître que la conseillère de Dashanxa lui avait fait. La chasseresse avait pourtant fait du mensonge et de la tromperie son métier et elle excellait dans ce domaine. Raison pour laquelle elle avait si mal pris le subterfuge d’Odra. Elle aurait dû flairer le pot aux roses dès le début. Il fallait un fou pour en reconnaître un autre. Et pourtant, elle n’y avait vu que du feu. C’est surtout ça qu’elle avait reproché au bras droit de Dashanxa. Alessa était encore jeune. Comme ses pairs, elle souffrait de cette arrogance qui la poussait à ne pas aimer recevoir de leçons. Mais qu’importe. Beaucoup d’eau avait coulé sous les ponts depuis et les deux femmes se comportaient désormais comme des partenaires de longue date. Aussi la chasseresse n’eut-elle pas besoin de questionner Odra lorsque celle-ci fit mention d’Elina. Un regard suffit pour qu’Odra lui fasse un rapide topo.

— Ceci explique cela, en conclut Alessa après avoir découvert que la pauvre malheureuse n’était qu’un pion de plus sur l’échiquier de Hadama. (Celle-ci répondit d’ailleurs à la remarque qu’Odra lui avait faite plus tôt.) Et comme vous venez de l’apprendre à vos dépens, ajouta la chasseresse après la réponse de sa partenaire, nous sommes plutôt douées à ce petit jeu. Vous avez commis l’erreur de nous sous-estimer une fois. Mieux vaudrait pour vous ne pas tenter le diable… Vous avez tout intérêt à coopérer. Qui sait, les Matriarches se montreront peut-être clémentes avec vous, même si ce ne serait pas mérité après toutes les erreurs que vous avez commises…

Un long silence suivit. Alessa observa Odra du coin de l’œil sans pour autant détourner son attention de sa cible. Elle venait de faire une leçon à Hadama à propos du fait qu’elle les avait sous-estimées. L’heure n’était pas venue de commettre la même erreur sous le coup de l’arrogance. Le doigt sur la détente de son fusil d’assaut, la chasseresse était préparée à toute éventualité.

— Et maintenant ? demanda-t-elle en s’adressant à Odra. Que fait-on ?

La conseillère de Dashanxa lui rappela que c’était elle la loi. Dans son imaginaire, cela voulait dire que la jeune femme devait forcément avoir sur elle une paire de menottes dont elle pourrait gracieusement faire don à Hadama. Alessa eut un sourire en coin.

— Rien n’est jamais aussi simple. Dans mon imaginaire, cette mission aurait dû se dérouler sans accroc et pourtant… nous y voilà. Rien ne se passe jamais comme prévu. La vie est loin d’être un holo. (Alessa s’avança vers Hadama en faisant un geste éloquent avec le canon de son arme.) Ne faites aucun geste brusque ou je vous abats sans sommation. (L’autre Asari lui lança un regard noir qui en disait long sur le fond de sa pensée.) Maintenant, tournez-vous et mettez les mains sur la tête. Doucement.

Alessa n’avait pas de menottes sur elle. Elle n’était pas à proprement parler une représentante des forces de l’ordre. Elle était une chasseresse. Elle officiait exclusivement dans l’armée asari et n’était déployée que sur des missions militaires classifiées. Cette affectation qui l’avait contrainte à faire équipe avec le bras droit de l’Azur Stellaire relevait d’un caractère exceptionnel. Mais la chasseresse était débrouillarde et elle trouva de quoi entraver Hadama pour l’empêcher de tenter de prendre la fuite. Odra s’adressa alors à elle en désignant l’entrepôt dans leur dos. Qu’allaient-elles bien pouvoir faire de tout ça ?

— Honnêtement, ce n’est pas mon problème. (Elle haussa les épaules et désigna la captive du menton.) Hadama aura à en répondre devant les autorités compétentes. On verra bien ce qu’elle aura à dire pour sa défense. Occupons-nous pour l’instant de mettre ce varren pestiféré aux fers. Le reste peut attendre.

Odra était d’accord avec elle. Elle admit qu’elles n’étaient plus à ça près de toute manière et elle décida qu’il était effectivement temps de quitter cet endroit. Et la porte du sas de la navette se refermait déjà dans leurs dos tandis que les deux femmes poussèrent Hadama devant elles. Odra prit la direction de la passerelle tandis qu’Alessa escorta gentiment Hadama vers l’une des soutes. Elle opta pour celle ayant le plus d’espace vide afin de s’assurer que la prisonnière ne tente rien pour leur échapper. Après tout, on n’était jamais trop prudent. Et si la capitaine Tani avait dit vrai, Hadama était pleine de ressources et à même de se sortir de n’importe quel traquenard. Alessa avait bien l’intention d’invalider les propos de l’Asari ayant à présent rejoint la Déesse dans l’après-vie.

— Ne prenez pas trop vos aises surtout. Nous ne mettrons pas plus d’une heure à rejoindre la capitale et je m’assurerai en personne qu’on vous attribue une cellule à la hauteur de votre mérite.

Puis elle quitta la soute après avoir vérifié une dernière fois les liens de la captive. Lorsqu’elle passa le seuil de la porte ouvrant sur le sas, elle perçut un grésillement dans son dos. En se retournant, ses yeux se posèrent sur un champ de force qui venait d’être érigé en travers du chemin. Elle haussa les épaules en pinçant les lèvres : mieux valait prévenir que guérir après tout. Au moins, une chose est sûre, Hadama n’irait nulle part avant qu’Odra et elle aient rejoint le poste de police le plus proche.

La jeune chasseresse finit par rejoindre sa partenaire dans le cockpit. Elle se laissa tomber dans le siège vide à côté d’Odra. Celle-ci lui fit alors une remarque à propos du confort du fauteuil. Alessa la regarda en marquant un temps d’arrêt. Elle commençait seulement à sentir les effets de l’adrénaline se dissiper en elle. Et elle prenait lentement conscience qu’elle était épuisée. L’affrontement avec la capitaine Tani lui avait coûté et cette course éreintante dans l’entrepôt de chargement aussi. Elle ne se rendit compte du confort procuré par le siège qu’une fois qu’Odra en fit mention.

— Maintenant que vous le dites, oui. C’est même très confortable. Ça donnerait presque envie de faire une petite sieste. (Ce qui était effectivement très tentant. Odra devait partager son avis car elle déclara qu’Alessa avait la meilleure place. Sous-entendu : elle pourrait effectivement piquer du nez pendant le trajet du retour car elle n’aurait pas à piloter la navette, elle. Aussi Odra la chargea-t-elle d’une mission afin qu’elle ne puisse pas profiter de ce temps libre pour fermer l’œil.) Oui, je vais m’occuper de prévenir le central d’Astella pour qu’ils préparent notre arrivée. Notre captive devrait être touchée d’être traitée en invitée de marque à son arrivée au poste de police. (Odra fit mention d’Elina.) Qui que soit la complice de Hadama, espérons qu’elle ne s’en soit pas prise à Elina.

Tout en faisant cette remarque, la chasseresse prit contact avec une opératrice du commissariat central d’Astella. Elle demanda à parler au capitaine et après avoir décliné son identité, elle fut immédiatement mise en contact avec elle malgré l’heure tardive. Hasard fortuit ou étrange coïncidence, le fait est que la chef de la police avait décidé de faire une nuit blanche au bureau. Il était question d’une émeute qui avait éclaté dans l’un des quartiers les plus animés de la ville. Aussi n’avait-elle pas une minute à elle. Mais peu importe, cela n’avait aucun rapport avec l’affaire Hadama et Alessa en vint rapidement au but.

En quelques mots, elle mit la responsable au parfum des événements survenus dans les entrepôts de Medic-X Corp et demanda à ce qu’une cellule soit préparée pour Hadama.

— Quoi ? Vous avez… Quoi ?! s’écria la chef du central dans son terminal. Mais vous avez perdu l’esprit. Vous ne pouvez pas entrer dans une propriété privée sans un mandat de perquisition. Il y a des règles et des lois à respecter et un protocole à suivre. Aucune des preuves que vous pourriez avoir trouvées là-bas ne pourront être recevables dans un tribunal. Autant libérer votre prisonnière tout de suite. Aucune charge ne pourra être retenue contre elle.

— En tant que chasseresse déléguée à cette mission par Thessia, j’ai tout pouvoir pour perquisitionner n’importe quelle propriété appartenant au gouvernement. Medic-XCorp inclus. Du fait des nombreux contrats signés entre cette entreprise et les Républiques de Thessia, et du fait que son siège se trouve en territoire concilien, Medic-X Corp tombe sous la jurisprudence de Thessia et…

— Non. Nevos est indépendante. Les lois de Thessia ou du Conseil n’ont pas la même valeur ici et…

— Que m’importe. La Matriarche Hadama a été appréhendée dans le cadre d’une mission officielle. Je me fiche de savoir de quelle jurisprudence elle relève exactement. Peu m’importe vos protocoles. Faites ce que je vous demande, un point c’est tout. Je veux une piste d’atterrissage dégagée à notre arrivée et qu’une cellule sécurisée soit apprêtée pour la prisonnière. Envoyez également une équipe au siège de Medic-X Corp. Leur CEO est certainement retenue captive contre son gré par l’une des complices de la Matriarche Hadama. Procédez avec une extrême prudence. Que votre équipe sécurise les lieux et s’assure que personne n’entre ni ne sorte du bâtiment. Je les rejoindrai aussi vite que possible pour superviser le déroulement des opérations. Appréhendez la suspecte si vous la repérez. Il nous la faut vivante.

— La loi est la loi et…

Le débat continua ainsi durant de longues minutes. Odra avait eu le temps d’amener la navette en vue de la capitale que la discussion houleuse entre Alessa et la chef de la police n’était toujours pas réglée. La chasseresse jeta à peine un coup d’œil vers la conseillère de Dashanxa lorsque celle-ci abandonna son siège pour se rendre elle ne savait où. Lorsqu’elle revint quelques minutes plus tard, le calme était revenu dans le cockpit. Alessa avait mis un terme à l’échange.

— Comme quoi l’habit ne fait pas le moine, souffla Alessa, agacée, en se tournant vers Odra. Nevos est une destination de rêve, c’est indéniable, mais je déteste vraiment cette planète. (Elle marqua une pause en sentant une odeur étrange accrochée à sa partenaire.) C’est quoi cette odeur ? (Odra lui dit que ce n’était pas la peine qu’elle se dérange. Alessa ne comprenait pas.) Qu’est-ce qui s’est passé ?

Elle eut un début de réponse en entendant l’autre Asari contacter un hôpital et demander une équipe médicale spécialisée dans le traitement des brûlures. Hadama avait préféré se faire roussir par le champ de force plutôt que d’affronter les retombées de ses actes ? Cela n’avait aucun sens. Surtout maintenant qu’Alessa s’était prise la tête avec la chef de la police qui avait campé sur ses positions un long moment avant que la chasseresse n’obtienne gain de cause. Hadama pouvait être conduite en garde à vue, mais la chef de police déclinait toute responsabilité quant au manquement au protocole. Alessa avait appris à faire aveuglément confiance à son instinct et celui-ci la mettait en garde : cette histoire commençait à sentir le roussi… sans vilain jeu de mot par rapport à l’effroyable odeur de chair calcinée qui planait désormais dans le cockpit. Alessa redoutait le pire. Et elle fit part de ses craintes à Odra.

— Je savais Nevos moins à cheval sur les réglementations que les autres colonies asari, mais mon petit doigt me dit que rien de bon ne ressortira de cette histoire. (Elle marqua une pause.) À quel point l’état de santé de Hadama est grave ? Si elle peut se passer d’un détour à l’hôpital, je serais d’avis de conduire immédiatement cette navette sur Thessia. Avec Hadama et la cargaison de drogue estampillée Medic-X Corp, nous détenons toutes les preuves pour faire emprisonner Hadama. (Elle leva son bras.) D’autant plus que j’ai une copie des aveux de Tani. Et elle nomme personnellement Hadama. C’est cuit pour elle. (Elle ne releva pas le lapsus involontaire.) Oui, quitter Nevos dès maintenant me paraît être la meilleure option. Peut-elle survivre au voyage ? Thessia n’est qu’à un relais cosmodésique de Nevos. Ce ne serait qu’une question de quelques heures. Quatre à cinq tout au plus.

Alessa attendit une réponse de la part d’Odra.


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Une destination de rêve

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