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 Sur le fil de la glace

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MessageSujet: Sur le fil de la glace   Mer 22 Juil 2015, 19:07
Intervention MJ : NonDate : Juin 2200 RP Violent
Adrien AnnazRavilla Aper
Sur le fil de la glace



Sur le fil de la glace


« Antirumgon est une planète de roche et de glace, souvent utilisée par les pirates comme point d’ancrage. En effet, les bactéries sous-terraines produisent un anti-gel naturel, très utile pour les vaisseaux. L’Alliance a déjà tenté de déloger les pirates via divers bombardement, mais ces derniers reviennent toujours. De plus… »

Adrien coupa le son de la machine, interrompant sa description de la planète. Désormais, seul tournait l’hologramme de celle-ci, au milieu d’une salle de réunion. Autour de la table se trouvaient vingt autres militaires de l’Alliance. Et parmi eux, Lynda Hyle, médecin et sergent. Elle écoutait avec attention le descriptif d’Antirumgon, et attendait maintenant la suite du débriefing.

« Maintenant que vous en savez un peu plus sur notre point de chute, voyons un peu l’ordre de mission. Comme dit, les pirates ont tendances à se rendre un peu trop souvent sur Antirumgon, malgré les tentatives de l’Alliance de les déloger. Il se trouve qu’encore une fois, certains mercenaires se sont installés sur la planète. Comme vous l’avez deviné, c’est à nous de les faire dégager.
Autre chose, l’Alliance veut renforcer ses liens avec la Hiérarchie Turienne. Une escouade nous rejoindra ou nous attendra pour nous assister. J’ignore si vous avez des griefs envers eux, mais je compte sur vous pour les mettre de côté le temps de la mission. J’espère que c’est clair.
Concernant la chaine de commandement, pas de changement : la moitié de l’équipe avec Hyle, l’autre avec moi. Pour ce qui est des Turiens, bien évidemment, je suis le seul à pouvoir donner des ordres à leur officier. Si jamais vous avez une bonne idée et que je ne suis pas là, essayez de la présenter de la meilleure façon possible pour ne pas les froisser.
C’est tout, vous pouvez partir vous préparer.
»

La petite salle de réunion se vida, laissant Adrien seul. Il savait que cette fois, il risquait d’y avoir des morts, et pas seulement chez les pirates. Pour oser se poser sur Antirumgon, les mercenaires devaient s’être préparés à une intervention, car ils savaient que l’Alliance ne les laisserait pas partir tranquille. Les militaires allaient donc devoir faire face à une forte résistance. Et même s’ils allaient être assistés, l’avantage du nombre n’empêcherait pas les morts.

Penser aux Turiens fit dévier ses pensées vers celle qui le hantait dans ses périodes de repos. Il ne pouvait pas vraiment qualifier de relation ce qu’il vivait avec Ravilla. Certes, ils partageaient parfois le même lit, et se montrait même agréable dans ces moments là. En revanche, dès qu’elle quittait la chambre, elle redevenait froide et distante, comme si elle essayait d’oublier ce qui venait de se passer. Et elle disparaissait ensuite, jusqu’à la fois suivante. Adrien avait essayé la faire changer de comportement, notamment en établissant une correspondance quand ils étaient séparés. Quelques sous-entendus dans les messages, au milieu de banalités. Mais les sous-entendus étaient restés sans suite, soit parce qu’elle ne voulait pas y répondre, soit parce qu’elle ne les voyait pas. Annaz se contentait donc pour l’instant d’une simple relation ponctuelle, mais il espérait bien remporter la bataille un jour.

Une heure après le débriefing, les soldats se retrouvèrent dans la cale, prêt à embarquer dans les navettes. Comme prévu, ils se séparèrent en deux groupes, dans deux navettes différentes pour causes de capacité de transport, et se retrouveraient à la zone d’atterrissage. Les portes du hangar s’ouvrirent pour laisser passer les deux véhicules, ce qui fut fait. A travers les vitres du Kodiak, ils virent la planète entièrement blanche, recouverte sans doute de neige, en plus de la glace. Adrien regarda les informations climatiques fournies par la navette et entra en contact avec la deuxième navette, tout en restant audible par les hommes qui l’accompagnait.

« Comme vous pouvez le voir, Antirumgon mérite son titre de planète gelée. Pas de vent, pas de neige qui tombe, température approximative : ça caille. » Il essayait de décrisper un peu ses soldats avant la bataille, et fut récompensé par un petit rire sortant des gorges. Une fois ceux-ci calmés, il reprit.
« Plus sérieusement, il fait environ moins dix degrés. Heureusement que nos casques sont équipés d’antigel. Je vois conseil donc de rester équipés, je ne veux pas qu’un éternuement nous signale par accident. Et pensez à passer en visière claire lorsque nous rencontrerons nos alliés, question de respect. Autant ne pas déclencher d’animosité pour une bêtise. Apparemment, il n’y a personne à la ZA, nous arrivons donc en premier. Rester prêt à recevoir les Turiens, ils ne devraient pas tarder.
Pour ce qui est de la ZA, nous serons à une douzaine de kilomètres du camp supposé des pirates, pour éviter de se faire repérer. Vérifiez vos armes, mettez les crans de sureté, et en avant.
»

Adrien coupa la connexion et retourna s’assoir en attendant d’arriver, ce qui fut fait quelques minutes plus tard. Les soldats descendirent des Kodiak en ordre, et s’installèrent derrière Annaz en discutant entre eux. Le lieutenant resta silencieux pour sa part, appréhendant un peu la rencontre. Même un demi-siècle après, il savait que certains Turiens continuaient d’avoir en travers de la gorge la guerre du Premier Contact. Il espérait que les militaires que la Hiérarchie envoyait n’étaient pas de ce genre, sinon la mission risquait d’être tendue. Il n’eut cependant pas longtemps à s’inquiéter car la navette Turienne arriva quelques minutes après le départ des Kodiak de l’Alliance. Derrière Annaz, les discussions moururent, laissant place à un silence tendu.

Les Turiens descendirent, en armure complète aussi évidemment, et se mirent au repos, bras dans le dos. L’un d’entre eux se détacha du groupe et s’avança vers Adrien, qui fit de même tandis que ses soldats restaient immobiles. L’un comme l’autre avaient programmé leurs visières pour que leur visage soit visible. Face à face, il regarde le Turien dans les yeux, en tendant la main, et…

« Rav… ? » Il se reprit à temps, et adopta une posture et un ton plus réglementaire. « Lieutenant Adrien Annaz, votre allié pour cette mission. Avez-vous des questions ou pouvons nous nous mettre en route ? »


Pourquoi est-ce qu'à chaque fois que quelqu'un dit "avec tout le respect que je vous dois", j'entends "ta gueule" ?


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MessageSujet: Re: Sur le fil de la glace   Mer 22 Juil 2015, 23:25

    PFS Proelium

    Sur le bureau, la représentation holographique d'Antirumgon tournoyait doucement. Derrière le meuble, le Commandant Fera jetait un oeil sur un dossier, laissant à Ravilla le loisir d'examiner l'hologramme sans mot dire, caressant du regard les étendues verglacées qui avait été fidèlement reproduites. Quelque chose lui disait que, pour la première fois de sa vie, elle allait être bonne pour affronter le froid et la glace, elle au sang pourtant si chaud. Les Turiens avaient du mal avec le concept même de "fraîcheur". Elle d'autant plus qu'elle portait un véritable amour à la canicule. Ce serait une expérience à vivre. De toute façon, honteux aurait été le soldat prêt à refuser une mission sur un argument aussi bancal que les conditions météorologiques. Cependant, si elle était prête à affronter le blizzard et l'hiver, une question vint lui caresser l'esprit: Pourquoi se risquer à intervenir à la frontière de la Bordure Skyllienne? Ni les Butariens, ni les Humains ne seraient en mesure d'apprécier une telle intrusion.
    Comme s'il lisait dans ses pensées, son supérieur daigna finalement lui accorder son attention. Il posa le datapad sur la table et croisa ses mains devant lui. Signe qu'il allait enfin se lancer dans des explications.

    - Major Aper, connaissez-vous la situation d'Antirumgon?

    Les mandibules battirent en silence alors que l'intéressée tentait de se remémorer les quelques choses qu'elle avait bien pu entendre sur le sujet.

    - Une planète glaciaire défendue par l'Alliance Monsieur?

    - Presque, lui répondit-il d'une voix impassible. Il s'agit d'une planète aux ressources intéressantes pour l'aéronautique. Or, il se trouve qu'il s'agit aussi d'un point d'ancrage pour de nombreux pirates, lesquels sont vu d'un mauvais oeil par l'Alliance. Malgré leurs nombreuses tentatives, la vermine revient toujours à l'assaut.

    Il était difficile de passer à côté du sous-entendu évident de la part de l'officier supérieur. Bien qu'il ait à coeur une entente globale, les humains tendaient à l'exaspérer par moments. Pas assez organisés, trop brouillons étaient les critiques qui pouvaient souvent revenir de sa part. Jamais devant les intéressés cependant. Après tout, il s'agissait plutôt d'un reproche inhérent à leur nature, comme les Turiens étaient connus pour leur trop grande rigidité, d'après lui. Sans doute que s'il n'en avait tenu qu'à l'homme, les criminels et autres fripouilles n'auraient jamais remis les pieds dans le système.

    - Comme vous vous en doutez, un nouveau gang a décidé d'y installer ses quartiers, sans que cela ne plaise aux humains.
    Et...


    Il attrapa à nouveau sa tablette, lisant d'un oeil sévère le message qui lui avait été adressé par ses propres supérieurs.

    -... "Ils seraient gré que nous participions à l'opération afin d'approfondir l'entente qui unit nos races afin de rappeler à tous la paix qui unit les membres du Conseil.", conclut-il par un mouvement léger de ses mâchoires.
    Ou comment vouloir calmer les foules qui grognent encore sur l'Incident du Relais.

    Face à lui, sa subordonnée ne disait pas un mot, attendant. Il la sonda un instant du regard, cherchant à percer le visage droit et neutre qui lui faisait face. Rien. Il reprit comme si de rien était.

    - Vous aurez une escouade de dix hommes sous votre commandement. Leurs noms et rôles sont dans le dossier, fit-il en le lui tendant.
    Une fois sur place, vous serez sous le commandement d'un Lieutenant de l'Alliance. Votre priorité et d'accomplir la mission; qu'ils puissent voir ce qu'est la rigueur Turienne.
    Faites honneur à la Hiérarchie, Major.


    Il se leva sur ses mots, ses poings appuyés sur le bureau.

    - Nous arrivons d'ici une demi-heure, départ en Kodiak maximum dix minutes après notre arrivé. Rassemblez vos hommes d'ici là.
    Vous pouvez sortir.


    L'air digne et neutre fut conservé jusqu'à ce que la porte se referme derrière elle. Ce ne fut qu'à partir du moment où elle entendit le doux chuintement du mécanisme que la femme se permit un léger soupir. Elle se reprit bien vite; une mission était une mission, même s'il s'agissait de coopérer avec l'Alliance. Malgré ce qu'on disait d'eux, ils restaient de bons militaires. Un peu désorganisés, et encore. Ils faisaient partis des meilleures forces armées quoiqu'on en dise.
    Tant que le Destin évitait de se montrer rigolard, il n'y avait pas de raisons que les choses se passent mal...

    Sur ses pensées rassurantes, la sous-officier alla rassembler son équipe.



    Antirumgon





    Mené d'une main de Maître, le Kodiak semblait glisser dans l'atmosphère, entamant la descente jusqu'au point de rassemblement. Debout, fixant au travers de la fenêtre, Aper étudia le paysage austère un instant. Pas d'émerveillement de gamin face à la poudreuse, mais plutôt un claquement consterné.

    - Messieurs, Mesdames, fit-elle en se retournant, je vous rappelle la mission: Assistance des forces de l'Alliance présente et éradication des forces ennemies. Cette coopération a pour but de renforcer les liens entre nos peuples; montrez leur la dignité et fermeté qui nous caractérisent!
    Nous sommes placés sous les ordres du Lieutenant en place; il est le seul à pouvoir nous commander et ceci sera fait par mon intermédiaire.


    Le véhicule de transport entama les manœuvres atterrissages. Au sol, ils pouvaient déjà voir la présence de deux autres navettes ainsi que d'une vingtaine d'individus humains.

    - La planète est froide, gardez votre équipement quoiqu'il arrive.

    Inutile de blablater d'avantage. La porte s'ouvrir à quelques mètres du sol, laissant la vague de froid frapper les habitants de l'habitacle. Malgré la protection chaude de leur armure, il était facile de sentir la différence de température. Foutu temps.
    Ils descendirent, ses soldats en arrière, tenant une posture de repos, tandis que la Major s'avançait. Chez les humains, l'officier se détacha lui aussi de son groupe de façon à ce que chacun se retrouve à distance égale des siens. D'un geste, la femme désactiva l'assombrissement de son casque, afin que celui-ci puisse voir son visage, tout en exécutant le salut de rigueur. En face de lui, l'homme faisait la même chose à la différence qu'il lui tendait la main. Ils se figèrent tout deux alors qu'ils reconnaissaient la face de chacun.

    - Rav… ?

    Les yeux de l'intéressée s'écarquillèrent légèrement tandis que son coeur rata un battement. Le Destin avait décidé une nouvelle fois de jouer les putains. Adrien se reprit, adoptant une posture plus professionnelle après leur rapide poignée de main.

    - Lieutenant Adrien Annaz, votre allié pour cette mission. Avez-vous des questions ou pouvons-nous nous mettre en route ?

    Le claquement de mandibules était difficile dans un espace aussi étroit et heureusement peu visible de l'extérieur, malgré son visage visible. Deux secondes durent passer avant qu'elle ne réussisse à parler.

    - Major Aper. La Hiérarchie m'envoie ainsi que mes hommes afin de vous assister.

    Que dire de plus? "Qu'est-ce que vous foutez là" était certes intéressant, mais hors de question. Les deux allaient devoir jouer les ingénus qui ne se connaissaient pas ou peu. En espérant que l'humain réussisse à le faire.

    Bordel. Depuis un mois, les deux menaient une relation sans sérieux, couchant parfois ensemble. Le seul moment où Adrien pouvait la voir plus "ronronnante" qu'à son habitude. Caractère qui se terminait bien vite une fois que les deux se séparaient. Par ailleurs, et comme elle l'avait prévenu, elle ne restait jamais longtemps après leur union. Le temps d'une douche. D'un café aussi, lorsqu'il tentait de la retenir un peu plus longtemps. Mais jamais plus. Lui en voulait d'avantage, évidemment. Comme il tentait de lui signifier d'une façon "discrète" au travers des messages qu'ils s'envoyaient parfois. Quelques sous-entendus, glissés çà et là... Elle ne réagissait jamais, faisant semblant de ne pas les avoir compris ou vu. Quand bien même cela crevait les yeux.
    Aper l'avait prévenu depuis le début son refus de s'attacher - raison de son comportement paradoxal qui plus est, même s'il l'ignorait - et pourtant, Annaz ne semblait pas arriver à s'y faire. Si ça continuait, les choses devraient cesser.
    Et alors qu'elle pensait à discuter sérieusement avec lui de son attitude, voilà qu'ils finissaient sur la même planète, et elle devant obéir à ses demandes. Ironique, réellement.

    - Nous sommes prêts Monsieur. Puis-je vous suggérer que nous avancions vers la base ennemie?, questionna-t-elle tout en assombrissant à nouveau son casque.

    Il accepta d'un léger hochement de tête. Chacun fit signe à son groupe qu'il était temps d'avancer. La marche, rendue quelque peu difficile par la neige au sol pour qui la découvrait, dura presque une heure dans le silence et le froid. Le temps pour eux d'être assez proches pour voir la base à quelques kilomètres d'eux, point gris logés au creux de deux montagnes. Il fallait la lunette d'un sniper pour pouvoir étudier l'extérieur plus en profondeur. Ce qui leur laissait de bonnes chances de ne pas avoir été repérés. En passant par le col, il devait être possible de se rapprocher assez pour avoir une meilleure vue, voir les contourner pour les prendre par surprise.

    - Monsieur, quels sont vos ordres?

    Tenter de s'en tenir à des conversations courtes et garder son professionnalisme pour les prochaines heures. Ignorer qu'ils se voyaient dans leur vie privée et faire comme si de rien était. Ne pas se trahir face à ses hommes... C'était faisable.
    Quand bien même la situation lui paraissait étrange. La dernière fois qu'elle avait appelé Adrien "Monsieur" remontait à bien longtemps...








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MessageSujet: Re: Sur le fil de la glace   Jeu 23 Juil 2015, 16:25

Sur le fil de la glace

Adoptant le même comportement d’Adrien, bien qu’il ait vu un éclair de… colère ? De dépit ? Passer dans les yeux de la Turienne, elle fit mine d’ignorer leurs liens. Comme il s’en doutait. Il se souvenait qu’elle n’aimait pas mélangée vie personnelle et professionnelle. Dans tous les cas, elle ne semblait pas ravie de le voir là, mais ne pouvait pas se plaindre ouvertement. Les mains se relâchèrent de manière la plus naturelle possible, tandis que Ravilla se présentait, avant de signaler qu’elle n’avait pas de question particulière sur la mission et qu’ils pouvaient se mettre en marche. Ce qui fut fait.

Le destin réservait parfois des surprises. Adrien avait supposé que ce serait effectivement Ravilla qui dirigerait l’escouade la Hiérarchie. Supposition que dura à peu près un quart de secondes, avant de disparaître. Les chances que ce soit elle spécifiquement, parmi l’armée Turienne étaient quasi infimes. Voir même encore plus faible. Et pourtant… Si il prenait bien les choses, Aper ne semblait pas être dans le même état d’esprit. Logique, vu comme elle s’efforçait de l’éviter en dehors de leurs rendez-vous. Et maintenant qu’ils étaient sur place, elle ne pouvait plus faire machine arrière et aller devoir faire contre mauvaise fortune bon cœur. Normal qu’elle apprécie peu ce coup du destin.

La marche se fit en silence, rendue plus difficile par la neige qui tapissait le sol et dans lequel les chaussures s’enfonçaient. Sans compter le froid, qui transperçait les armures malgré tout. Cela ne gênait pas Adrien, qui avait les habitudes de ce genre de condition, même s’il ne les appréciait pas plus que ça. En revanche, il croyait savoir que les Turiens préféraient les températures chaudes, voir caniculaires. Ils devaient plus souffrir des conditions climatiques que les Humains. Pourtant, personne ne se plaint, du moins pas assez fort pour être entendus. Et aucun des hommes sous ses ordres ne faisait de faux-pas, diplomatiquement ou militairement parlant.

La base dans laquelle s’était logée les pirates se trouvait logée entre deux montagnes. Elle était bien placée pour résister à un assaut, si elle était remplie. Le groupe mixte l’aperçu alors qu’ils étaient encore à quelque kilomètres de celle-ci. Point gris au milieu d’un océan blanc, elle n’était pas forcément invisible, mais à moins de savoir quoi chercher ou de poser son regard dessus, il était possible de passer à côté. Raison pour laquelle elle avait été construite à cet endroit, afin de pouvoir observer sans forcément être vu. Les pas des militaires ralentit petit à petit, jusqu’à s’arrêter. S’avancer plus serait dangereux.

- Monsieur, quels sont vos ordres?

Il n’y avait pas à dire, Adrien avait encore du mal à entendre Ravilla lui donner du « monsieur ».

« Installons nous ici un moment. Pour l’instant, nous sommes trop loin pour qu’ils nous repèrent avec un simple coup d’œil. Et ils s’attendent plutôt à une attaque depuis l’orbite, ils n’auront pas le regard porté sur nous. Ra… Aper, si vous voulez bien me suivre, j’aimerais qu’on essaye de savoir à quoi s’attendre. »

Malheureusement pour elle, il s’agissait d’un ordre direct d’un supérieur hiérarchique, elle ne pouvait pas désobéir. Ils partirent donc un peu plus loin, à une dizaine de minutes à pied, afin d’avoir une meilleure vue. Outre l’accès principal, le col permettrait de contourner les premières défenses et investir la base de manière un peu plus discrète. C’était toujours mieux qu’une attaque frontale. A côté de lui, la Turienne s’installa et colla son œil à sa lunette. Une lunette qui rappelait étrangement quelque chose à Adrien.

« Ha, belle lunette. Je me demande d’où elle vient. » Se reconcentrant sur la mission, il reprit d’un ton plus sérieux « Les informations de l’Alliance nous signalent une quarantaine de pirates, mais on ignore leur équipement. Essayez de voir si vous trouvez quelque chose. » Tout en parlant, il se pencha, restant hors de vue de la Turienne. « Des mécas, des tourelles de défenses, leur type d’armure ou d’armement, une entrée cachée… » Ramassant un peu de neige, il la malaxa pour en faire une petite boule. « N’importe quoi qui puisse nous être utile. »

Cette fois, la boule de neige était prête. Il laissa deux secondes de silence avant de la jeter sur le haut du casque de la Turienne. Impossible que le choc lui fasse mal, mais elle le ressentit forcément, puisque l’impact lui fit baisser la tête.

« Désolé Ravilla. C’était trop tentant. » Il dit ça avec un grand sourire, sans doute visible à cause de la visière claire et malgré le casque. Puéril, mais il n’avait pas pu résister.


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MessageSujet: Re: Sur le fil de la glace   Jeu 23 Juil 2015, 17:51

    - Installons-nous ici un moment. Pour l’instant, nous sommes trop loin pour qu’ils nous repèrent avec un simple coup d’œil. Et ils s’attendent plutôt à une attaque depuis l’orbite, ils n’auront pas le regard porté sur nous.

    La Turienne approuva d'un léger hochement de la tête. Il était vrai que l'Alliance préférait gérer les pirates avec des frappes orbitales. En tout cas, pour la planète. Quelques débris d'anciennes habitations étaient encore visibles parmi les dunes blanches, tout comme il était possible que la base qu'ils allaient attaquer était un vestige d'un ancien complexe plus important. Sans doute lassé de voir que cela ne marchait pas, ou bien pour que les deux espèces puissent travailler de concert, les têtes pensantes avaient préférés revoir leur stratégie. Il était fort probable que ces derniers n'y aient pas pensé, mais cela leur permettait d'obtenir une diversion plus que bienvenue. Le dossier de mission parlait d'une bonne quarantaine de forbans à l'équipement inconnu. Et s'ils venaient des Terminus, la qualité pouvait aller de "minable" à "redoutable".
    D'un geste, la Major indiqua à son collègue Aertus, franc-tireur lui aussi, de se mettre en position. Pas à des fins d'attaques, mais plutôt d'observation. Ils étaient un peu trop loin pour observer avec assez de détails, mais au moins ils pourraient avoir une idée globale de la situation. Elle même s'apprêtait à en faire de même lorsqu'Adrien décida d'un "meilleur" plan.

    - Ra… Aper, si vous voulez bien me suivre, j’aimerais qu’on essaye de savoir à quoi s’attendre.

    Derrière le masque, les pupilles fendues se murent légèrement. C'était la seconde fois où il manquait de l'appeler par son prénom. Si la première avait pu passer en raison de leur isolement relatif, cette bourde aurait pu être plus grave. Quelques Turiens avaient relevés la tête en l'entendant. Heureusement qu'il avait su s'arrêter à temps. La syllabe avait été interprétée comme un râle; déjà les soldats retournaient leur attention sur leur objectif, sans s'interroger plus en avant.
    Ses yeux d'or le fusillèrent derrière la visière obscurcie. Il la connaissait sans doute assez pour se douter de son humeur que sa voix ne trahit pas.

    - Bien Lieutenant, finit elle par sortir avec autant de neutralité que possible.

    Remettant son Phaëton en place, elle emboîta le pas de l'humain. Ce genre de boulot aurait dû être réservé aux autres soldats tandis qu'eux seraient restés à parler d'éventuels plans. Ou alors ils auraient dû prendre un petit groupe avec eux. Au moins deux autres personnes en compléments. Mais non, Annaz avait préféré qu'ils ne soient que tous les deux. Ce qui ne laissait rien présager de bons chez la militaire. Tout cela puait la discussion en privée qu'il cherchait tant à avoir et qu'elle fuyait. Pourtant, la femme espérait sincèrement que son amant soit assez professionnel pour ne pas mettre le sujet sur le tapis tandis qu'ils étaient en mission.

    Leur marche les mena plus loin dans la montagne, les rapprochant de la base qu'ils visaient. Ils avancèrent avec prudence, s'attendant à rencontrer d'éventuels ennemis sur le chemin. Les pirates auraient été imbéciles que de laisser un accès à eux sans surveillance. Cependant, ils ne rencontrèrent aucuns soucis. Il était possible que les bandits aient préférés éviter de s'enfoncer trop loin, surveillant la sortie du chemin, celle qui les ramenait le plus vers eux, plutôt que de vadrouiller un peu partout dans les collines enneigées et prendre le risque de se perdre.
    A moins que comme elle, ils n'apprécient pas le froid et se contentent de surveiller les alentours à l'aide de caméras.
    Le duo finit par déboucher sur un petit plateau caché par quelques rochers, surplombant la plaine sous leurs pieds. L'endroit leur convenait à tout deux. Sur demande de l'officier, Aper s'allongea dans la neige, grimaçant alors que le froid se répandait d'avantage sur son armure, la transperçant avec un peu plus de force qu'auparavant. C'était supportable; l'intérieur rembourré permettait de garder une température relativement agréable. Ou tout du moins admissible. Néanmoins, le contact même avait quelque chose de dérangeant. Trop... glacial.
    Il fallait serrer les dents et accepter de supporter autant que possible.

    Épaulant son arme, elle tenta d'aligner au mieux son oeil avec la visée, malgré la présence dérangeante de son casque.

    - Ha, belle lunette. Je me demande d’où elle vient, commenta Adrien en arrière-plan.

    - C'est une bonne lunette. Je m'y suis habituée, expliqua calmement l'intéressée après un court temps de silence.

    Chacun savait bien à quoi l'autre pensait. Le mod était vieux, rayé par l'utilisation et les années. Toujours entretenu toutefois; le système interne avait même été amélioré une ou deux fois, avec l'installation de nouvelles lentilles ou quelques calibrations. Mais dans l'ensemble, elle restait le même cadeau qu'elle avait reçu, il y avait un moment de cela...
    Bien sûr, Ravilla aurait pu le jeter. Le balancer quelque part et ne plus jamais s'en servir, ni même y penser. Mais elle avait continué, sans se soucier de son origine. Comme elle l'avait dit... Elle s'y était habituée. Et le mod restait bon.

    Elle reprit son observation tandis que derrière elle, l'humain reprit la parole, comme à son habitude.

    - Les informations de l’Alliance nous signalent une quarantaine de pirates, mais on ignore leur équipement. Essayez de voir si vous trouvez quelque chose. Des mécas, des tourelles de défenses, leur type d’armure ou d’armement, une entrée cachée…
    N’importe quoi qui puisse nous être utile.


    Un léger hochement de tête en signe d'accord. Si lui aimait bavarder, elle préférait souvent le silence. Surtout lorsque la concentration était de rigueur. Laissant son doigt le long du corps de l'arme, elle commença à balayer la zone du regard, tapotant parfois le métal, songeuse. Il fallait trouver une aiguille dans une botte de foin. Un petit replis de neige suspect, un éclat de métal ou un mouvement furtif si elle ne trouvait rien de plus visible. Quelque chose qui pouvait leur mettre la puce à l'oreille.

    Ses observations furent cesser lorsqu'un impact vint la frapper à l'arrière du crâne, lui faisant perdre sa visée. Vive, elle se retourna, portant la main à son Paladin, cherchant qui en était la cause. Le tout pour tomber sur un Lieutenant hilare et apparemment très fier de sa connerie.

    - Désolé Ravilla. C’était trop tentant.

    Se relevant rapidement, l'intéressée alla se planter juste sous son nez, activant la transparence de son casque, les très durs et sans faire preuve d'amusement quant à la situation.

    - Adrien, bon sang! Nous sommes en mission.

    Les humains n'arrivaient vraiment pas à distinguer le devoir de leur vie privée. Elle porta la main à l'arrière de son casque.

    - Et qu'est-ce que vous m'avez...

    Les yeux ambrés se posèrent sur la neige qu'elle avait récupérée. Puis l'humain. Puis la neige et finalement le coupable une nouvelle fois.
    Une partie d'elle se sentait épuisée. L'autre un peu amusée. Mais l'une comme l'autre convenait sur l'idée qu'il était irrécupérable.

    - ... C'est une coutume humaine que de lancer ça sur ses collègues?

    Enfin, quoiqu'il en soit, je ne sais pas comment ça se passe dans l'Alliance, mais s'il vous plaît, faites preuve de sérieux. Et par pitié, ne m'appelez pas Ravilla. Le "copinage" est mal vu au sein de la Hiérarchie. Le fait que nous soyons d'armée différente peut passer, mais éviter de mêler ce qui se passe entre nous à ce qu'il se passe sur le terrain.

    Si vous voulez bien m'excuser désormais...


    Elle reprit sa position et finit rapidement d'observer l'entrée de la base, examinant avec attention tout ce qui pouvait lui paraître suspect. Finalement, après de longues minutes, elle finit par se relever, retirant la fine croûte de glace qui avait commencé à envahir le métal. Foutu temps.

    - Il y a deux tourelles postées à l'entrée. Mon groupe contient un expert de piratage; cependant, je crains qu'il nous faille nous rapprocher pour qu'il puisse mettre les tourelles HS. A défaut, nous devrions peut-être pouvoir nous glisser jusqu'à la porte en passant par la montagne sans nous faire remarquer. J'ai pu observer plusieurs mécas de défense à l'extérieur. Six ou huit. Pas de forme de vie organique; j'imagine qu'ils préfèrent rester au chaud et laisser les systèmes mécaniques les prévenir en cas d'attaque afin de pouvoir répliquer au plus tôt.
    Nous ne pourrons connaître l'état de leur équipement qu'une fois que nous aurons lancé une attaque frontale. Cependant, s'ils ont préparés une telle stratégie, j'imagine qu'ils sont biens retranchés et prêts à en découdre. A partir du moment où nous entrerons, je doute qu'ils puissent sortir par un autre chemin que celui où nous serons arrivé.

    Nous pourrions passer par le col en petit groupe; deux éclaireurs, dix soldats. D'ici, les franc-tireurs pourront supprimer une partie des mécas. Dix autres hommes pour protéger nos arrières si jamais nous nous sommes fait détecter. Mon expert tech en avant pour pouvoir prendre le contrôle sur les tourelles au cas où. Les autres selon votre convenance.
    Cela vous conviendrait-il?


    Ce n'était pas tant une demande que cela à sa voix mais une proposition ferme. A lui cependant de décider.







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MessageSujet: Re: Sur le fil de la glace   Dim 26 Juil 2015, 22:56

Sur le fil de la glace

Etait-il utile de préciser que Ravilla n’avait pas du tout appréciée la blague ? Adrien savait qu’elle allait s’énerver, mais tant pis. Enfin, il avait quand même espéré, l’espace d’un très court instant, qu’elle se décrisperait, une idée bien vite abandonnée. Elle n’était pas du genre à s’amuser quand elle était victime.
Et en effet, elle ne rigolait pas du tout en se relevant et en se rapprochant d’Adrien. La visière passée en transparence, les yeux durs et son pas très… Militaire en était la preuve. Plus, bien entendu, le ton sur lequel elle s’adressa au Lieutenant.

- Adrien, bon sang! Nous sommes en mission. Et qu'est-ce que vous m'avez...

Elle toucha l’arrière de son casque, ses doigts se posant sur la neige qui glissait dessus. Pas difficile de comprendre ce qui c’était passé. Elle regarda alternativement Adrien et la neige, semblant ne pas savoir qui elle devait prendre et jeter au loin.

- ... C'est une coutume humaine que de lancer ça sur ses collègues?
Enfin, quoiqu'il en soit, je ne sais pas comment ça se passe dans l'Alliance, mais s'il vous plaît, faites preuve de sérieux. Et par pitié, ne m'appelez pas Ravilla. Le "copinage" est mal vu au sein de la Hiérarchie. Le fait que nous soyons d'armée différente peut passer, mais éviter de mêler ce qui se passe entre nous à ce qu'il se passe sur le terrain.
Si vous voulez bien m'excuser désormais...


Elle s’écarta et reprit sa position, observant la base. De longues minutes durant lesquelles le seul son qu’on entendait était celle de la glace qui se fendillait dans les hauteurs des montagnes. La Turienne finit par se redresser, enlevant la glace qui commençait déjà à se former sur son armure, avant de faire son rapport.

- Il y a deux tourelles postées à l'entrée. Mon groupe contient un expert de piratage; cependant, je crains qu'il nous faille nous rapprocher pour qu'il puisse mettre les tourelles HS. A défaut, nous devrions peut-être pouvoir nous glisser jusqu'à la porte en passant par la montagne sans nous faire remarquer. J'ai pu observer plusieurs mécas de défense à l'extérieur. Six ou huit. Pas de forme de vie organique; j'imagine qu'ils préfèrent rester au chaud et laisser les systèmes mécaniques les prévenir en cas d'attaque afin de pouvoir répliquer au plus tôt.
Nous ne pourrons connaître l'état de leur équipement qu'une fois que nous aurons lancé une attaque frontale. Cependant, s'ils ont préparés une telle stratégie, j'imagine qu'ils sont biens retranchés et prêts à en découdre. A partir du moment où nous entrerons, je doute qu'ils puissent sortir par un autre chemin que celui où nous serons arrivé.

Nous pourrions passer par le col en petit groupe; deux éclaireurs, dix soldats. D'ici, les franc-tireurs pourront supprimer une partie des mécas. Dix autres hommes pour protéger nos arrières si jamais nous nous sommes fait détecter. Mon expert tech en avant pour pouvoir prendre le contrôle sur les tourelles au cas où. Les autres selon votre convenance.


-Cela vous conviendrait-il?

Au moins, l’observation n’avait pas été inutile. Deux tourelles de défense, ce n’était pas vraiment une bonne nouvelle, même si c’était évident. Un instant, Adrien regrette l’absence de l’ingénieure qu’il avait rencontrée sur Yandoa. Marichkin, ou quelque chose du genre. Elle avait fait du bon travail, ce jour là. Les mécas, ils en feraient leur affaire. Aper aurait été plus agitée s’il s’agissait d’YMIR ou de choses aussi grosses. Donc, il ne devait y avoir que quelques LOKI. Et les pirates n’étaient pas fou, ils évitaient de sortir s’ils pouvaient l’éviter. Bon, Annaz avait eu l’espoir que l’un d’entre eux soit de sorti à ce moment là, mais ça aurait été un gros coup de chance. Et l’idée du Major n’était pas mauvaise, même si il ne s’agissait pas tant d’une proposition que d’un ordre.

« C’est une bonne idée. Pour les francs-tireurs en tout cas, ils pourront nous couvrir en cas de souci, mais dès qu’on va s’enfoncer dans la base, ils deviendront inutiles. Six ou huit mécas ? Mettons que deux snipers resteront là pour s’en occuper. En revanche, y aller par petits groupes, ça me semble pas être une bonne idée. Mieux vaut rester grouper. Cela dit il va nous falloir une diversion. Mais je pense avoir une idée. Allez, on retourne rejoindre les autres. »

Et ils se remirent en route, laissant des traces de bottes dans la neige. Un léger vent commençait à se lever, faisant voler des volutes de neige dans l’air, se collant sur les armures et sur la visière.

« Au fait, c’est bien habituel de jeter de la neige sur ses amis chez nous autres Humains. » Ils étaient à mi-chemin du reste des soldats quand Adrien prit la parole. « Quand au copinage, c’est tout à fait exact. Et c’est justement la raison pour laquelle je t’appelle Major. Mais ne me dis pas que tu n’as pas été tenté de m’appeler Adrien lorsque de m’a vu. Ce n’est pas parce que je m’amuse avec toi en privé, à tes dépends pour cette fois, que je ne peux pas rester professionnel en public. »

Ils arrivèrent dans un camp calme, avec deux trois discussions en cours entre soldats. Apparemment, les militaires de chaque race n’avaient pas pensés nécessaire de se mélanger, les Humains discutaient donc d’un côté, les Turiens de l’autre. Laissant Aper s’occuper de ses francs-tireurs, Adrien se dirigea vers ses hommes. Il interpela Ackles, un des jeunes soldats sous ses ordres, et l’envoya posé un pain de C4 installé dans le sac d’un autre soldat sur une montagne non loin, à environ deux kilomètres de là. Pendant ce temps, il expliqua à ses hommes le plan : deux francs-tireurs Turiens non loin pour éliminer les mécas, couvrir l’expert en piratage qui se mettrait en première ligne, et veiller les uns sur les autres.

Un quart d’heure plus tard, le jeune Ackles revint, essoufflé, mais le travail effectué. Adrien hocha la tête, et fit signe à ses hommes de se préparer à repartir. Il retourna ensuite vers le groupe de Turiens, et repéra Ravilla vers qui il se dirigea.

« Major, si vos hommes sont prêts, nous y allons.

Il ne doutait pas que les Turiens étaient prêts à en découdre, mais c’était plus poli de demander. Le groupe se mit donc en marche, passant par le col de la montagne, à peu près cachés. La neige tombait cette fois, et le vent sifflait autour d’eux. Les conditions s’étaient passablement dégradées depuis leur arrivée, et il devenait difficile de voir devant soi. La marche en était ralentie, et quelques grognements discrets se faisaient malgré tout entendre. Adrien aurait eu du mal à leur jeter la pierre, tant il commençait aussi à en avoir marre du temps. Il ne voulait même pas imaginer l’humeur massacrante d’Aper.

Le col les mena à l’est de la base, eux qui avaient montés le camp au nord. Adrien demanda une pause à un kilomètre de la base, avant un dernier virage qui les camouflaient du bâtiment, et rejoignit Ravilla non loin.

« Sale temps, hein ! Bon, on va bientôt arriver en vue de la base, votre expert va pas avoir beaucoup de temps, et j’espère que vos francs-tireurs n’ont pas les doigts gelés. Bref, on a une diversion. A votre feu vert et à celui de votre pirate technologique, je ferais sauter un pain de C4 qui devrait déclencher une avalanche au nord. Si tout va bien, ils devraient plus s’inquiéter de ce qui se passe là-bas qu’ici, on pourra donc s’occuper des tourelles en premier, pendant les mécas seront envoyés de l’autre côté. Dès que vous êtes prêt, je déclenche l’explosif ! »

L’avalanche allait faire comprendre aux pirates qu’ils étaient attaqués, évidemment. D’un autre côté, deux tourelles se mettant en marche au même moment, ça aurait fait le même effet. Au moins là, les mécas devraient être distrait. Si ils étaient programmés pour patrouiller et non pas juste pour abattre ce qui passe à portée. C’était un coup à tenter. Les yeux rivés sur Aper, Adrien attendait donc son feu vert, prêt à faire exploser le C4.


Pourquoi est-ce qu'à chaque fois que quelqu'un dit "avec tout le respect que je vous dois", j'entends "ta gueule" ?


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MessageSujet: Re: Sur le fil de la glace   Lun 27 Juil 2015, 19:32

    Même si tout n'était pas à son goût, la proposition de base plut assez au Lieutenant pour qu'elle l'accepte en tant que telle. A ses côtés, sa subordonnée rangea son arme, camouflant à nouveau son visage derrière sa visière. Elle se sentait et devait sans doute afficher un air gêné maintenant. Alors qu'elle venait de le rabrouer sur le copinage, elle s'était permis de lui parler comme jamais elle n'aurait parlé à un officier supérieur. Même si son ton n'avait pas été agréable ou encore mielleux et qu'elle était restée professionnelle. Elle lui avait adressé un simili d'ordre que n'importe qui d'autre qu'Adrien (et même lui à vrai dire) aurait été en droit de prendre pour de l'insubordination. Mais l'humain ne l'avait pas compris. Ou alors, il avait préféré ne pas en tenir compte. Peut-être à cause de leur lien justement et de la tendance de la Major à diriger dans un domaine qui ne les intéressait que tout deux.

    Annaz fit demi-tour. Elle le suivit de près, frissonnant légèrement alors que le vent se mit à souffler autour des pierres, créant des illusions de murmures et de chants lointains. La Turienne tourna légèrement la tête derrière elle, observant la pente enneigée et les rocs noirs, semblables aux dents éparses d'une quelconque créature fantastique. Pendant un court moment, elle se prit à imaginer que les voix qu'elle croyait entendre étaient celles des Esprits de la planète. La partie la plus fantasque de son inventivité alla même jusqu'à fantasmer qu'il s'agissait d'une berceuse des anciens, lesquels gardait le monstre endormit jusqu'à la fin des temps.
    Ce moment de déconcentration fut rapidement éparpillé et son sérieux reprit. Rapidement, elle réduisit la distance entre elle et son amant pour suivre un rythme de marche plus militaire, malgré la difficulté qu'elle éprouvait par moment.
    Le silence fut rompu. L'humain expliqua calmement que jeter de la neige les uns sur les autres était effectivement une coutume des siens. Une drôle de coutume de l'avis d'Aper. Nécessitant sans doute un esprit masochiste et beaucoup de folie. Néanmoins, les Terriens et leurs colons semblaient en être dotés. Au final, ce rituel collait bien à leur mode de vie étrange.

    - Quand au copinage, c’est tout à fait exact. Et c’est justement la raison pour laquelle je t’appelle Major. Mais ne me dis pas que tu n’as pas été tenté de m’appeler Adrien lorsque de m’a vu, dit-il, concluant sur le fait qu'il s'avait distinguer le public du privé.

    - Non, l'envie ne m'en a pas pris.

    Plutôt vrai. Le voir l'avait abasourdie au point qu'elle avait dû se ressaisir afin de retrouver ses sens, mais l'idée même d'appeler le Lieutenant "Adrien" ne l'avait pas effleurée un seul instant. Son comportement de tout à l'heure était autre chose là aussi. Et pas vraiment digne de la Hiérarchie, avec le recul.

    Leur arrivé calma quelques discussions qui avaient lieu parmi les deux groupes distincts. Pas de mélange, quand bien même la mission avait pour but de rapprocher les deux espèces. Chez les Turiens, ceux qui s'étaient laissés aller se remirent droit alors que leur supérieur se rapprochait d'eux pour les mettre au courant de la situation et des futurs ordres. Elle désigna Aertus et Minaër comme les Francs-tireurs chargés de protéger Pertium, l'expert tech dont elle avait parlé un peu plus tôt. Deux soldats eurent pour ordre de rester en arrière eux aussi afin de protéger les snipers, quoi qu'en disait Adrien. Concentrés sur leurs cibles, ils pourraient difficilement se rendre compte si on les prenait à revers. Et Aper refusait de courir le risque de perdre ses hommes aussi bêtement. Plus cinq soldats, dont la Major, pour défendre l’ingénieur alors qu'ils s’enfonceraient en première ligne pour atteindre la tourelle la plus proche. Leur canon ne pouvait pas se baisser assez pour toucher ce qui se trouvait à son pied. Bien placés, ils pourraient éviter les tirs de l'autre défense (si jamais elle était déclenchée) et pirater les systèmes en toute quiétude. Resterait uniquement les mécas à gérer. Dangereux mais rien de proprement compliqué à vrai dire. Dans le doute, le médecin du groupe resterait en arrière afin de pouvoir intervenir dès que les choses se seraient calmées.

    - Major, si vos hommes sont prêts, nous y allons.

    Un signe de tête lui répondit par l'affirmative. En rang, les soldats de la Hiérarchie se mirent à avancer avec leurs collègues humains dans le froid et la neige, passant par le col étroit. Désormais, le vent hurlait, reproduisant un brouhaha dans une langue inconnue. La glace et la poudreuse voltigeaient çà et là, souvent projetées avec force contre le groupe qui devait redoubler d'efforts afin de continuer leur marche. Chaque pas était rendu difficile et la visibilité était mauvaise. Des conditions qui demanderaient aux tireurs d'élites de redoubler d'attention et de prévoyance pour ne pas voir leurs tirs déviés par les conditions météorologiques. De nombreux grognements fusaient ça et là, plus ou moins discrets selon qui les prononçaient. Ravilla elle-même en étouffa un entre ses mandibules. Le froid s'évertuait à vouloir transpercer son armure pour la saisir et la température se faisait ressentir. Ses dents claquèrent rapidement une fois, tant de colère que par frisson. Sa position n'avait toujours pas changé; elle et Adrien marchait presque épaules pour tenter de casser les rafales.
    Ils finirent par s'arrêter non loin de leur objectif. Le Lieutenant parti rapidement observer les alentours avant de revenir vers eux. Déjà, la franc-tireuse avait séparé ses hommes, prenant les quatre dont elle avait besoin, plus son expert technologique.

    - Sale temps, hein ! Bon, on va bientôt arriver en vue de la base, votre expert va pas avoir beaucoup de temps, et j’espère que vos francs-tireurs n’ont pas les doigts gelés. Bref, on a une diversion. A votre feu vert et à celui de votre pirate technologique, je ferais sauter un pain de C4 qui devrait déclencher une avalanche au nord. Si tout va bien, ils devraient plus s’inquiéter de ce qui se passe là-bas qu’ici, on pourra donc s’occuper des tourelles en premier, pendant les mécas seront envoyés de l’autre côté. Dès que vous êtes prêt, je déclenche l’explosif !

    Ça ne leur laisserait tout de même que peu de temps. Elle hocha la tête rapidement avant de contacter le groupe resté en arrière.

    - Soldats, tenez-vous prêts. Aevus, Minaër, les mécas vont être attirés au Nord, non loin de votre position. Attendez qu'ils viennent à vous pour vous charger d'eux. Soyez précis dans votre tir et faites attention aux bourrasques. Ils devraient être huit tout au plus. Les tourelles ne devraient pas réussir à vous toucher mais restez à couvert autant que possible dans le doute.

    Elle raccrocha après s'être assurée qu'ils l'avaient bien reçu. Ce n'est qu'une fois ceci fait qu'elle s'adressa à Adrien.

    - Nous sommes prêts. Vous pouvez donner votre ordre.

    L'explosion retentit au loin, créant une avalanche qui se répandit jusque dans la plaine, s'arrêtant après avoir parcouru presque un kilomètre de plat. Comme prévu, les LOKI s'y dirigèrent, de leur pas lent et rendu instable par la neige. Pendant ce temps, Aper fit signe à son petit commando de continuer le chemin du col, marchant d'un pas rapide à défaut de pouvoir courir.
    Ils arrivèrent ainsi au pied de la base. Le canon le plus proche était situé à leur gauche, à un peu plus de cinq cent mètres. L'autre, bien plus à droite, était à un kilomètre et demi tout au plus, à vue de nez. Leur allure devint une semi course forcée, ralentie par la neige. Ils finirent par arriver au pied du mécanisme. Branchant son omnitech, Pertium créa une sorte de tournevis afin de retirer la plaque lui permettant d'accéder directement aux branchements. Pendant ce temps, au loin, des coups de feu retentirent plusieurs fois. Plus de huit d'ailleurs. La sous-officier grimaça. Soit ils avaient mal calculé la trajectoire, soit les mécas étaient au final plus que ce qu'elle avait compté. Les deux tours se mirent en branle, cherchant d'éventuels ennemis tandis que derrière, une porte s'ouvrit, déversant une petite dizaine de robots armés. Et il n'y avait aucun endroit où se mettre à couvert. Merde.

    - Demande de soutien urgent; nouveaux ennemis à l'entrée de la base!, ordonna-t-elle sur la fréquence globale que les deux corps d'armée avait.

    Les boucliers ne résisteraient pas longtemps. Heureusement, la visibilité restait mauvaise et les LOKIs avaient l'avantage d'être visibles grâce à leurs lumières contrairement aux soldats. Cependant, ils se dirigeaient vers la tourelle dont les perturbations avaient sans doute attiré l'attention des pirates.

    - Pertium, une fois la tourelle piratée, utilisez là pour détruir la seconde. Soldats, tirez!

    Un feu nourri, venant tant du petit groupe que des francs-tireurs restés en arrière, vint mettre à mal les machines. Elles eurent cependant le temps de riposter assez pour tirer plusieurs fois. La plupart des balles furent désintégrées au contact des boucliers, mais certaines réussirent à passer, égratignant sévèrement un soldat au bras et l'épaule d'un autre. Néanmoins, aucune perte ne fut à déplorer.
    Peu de temps après que les défenses soient mises hors d'état de nuire, les deux tourelles s’entre-détruisirent à force de se tirer l'une sur l'autre, chacune étant agressée par l'autre.

    Adrien les rejoignit avec son groupe tandis qu'Aper vérifiait que le médigel avait été correctement appliqué et que leurs armures avaient bien été rafistolées à l'aide d'une pâte spéciale afin de les isoler un minimum du froid.
    Il ne restait plus qu'à rentrer dans la base désormais où devaient les attendre plusieurs mercenaires préparés et surtout piégés...







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MessageSujet: Re: Sur le fil de la glace   Dim 02 Aoû 2015, 00:40
Sur le fil de la glace

Aper ne mit pas beaucoup de temps à s’organiser. Elle connaissait son travail et eut vite fait de placer ses soldats de façon à protéger l’expert technique et en position de combat si nécessaire. Ce qui ne serait pas le cas, si tout se passait bien, mais la prudence n’était jamais un luxe. Et de toute façon, les soldats étaient là aussi pour ce genre de travail.

- Nous sommes prêts. Vous pouvez donner votre ordre.

Obéissant, Adrien appuya sur le détonateur. A plusieurs kilomètres de là, le C4 reçu le signal et alluma une étincelle. Les explosifs s’embrasèrent, déclenchant l’explosion. La montagne déversa des tonnes de neige sous la force de la secousse, glissant jusqu’à la surface plane à sa base. Le tout, bien sûr, dans un vacarme apocalyptique. Bien suffisant pour attirer l’attention des mécas loin de la position du petit groupe, et leur laisser la voie libre. Les Turiens en profitèrent donc pour charger les deux tourelles automatiques.

Pendant que le groupe Turien se précipitait dans la base, les francs-tireurs restés au niveau du campement ouvrirent le feu sur les mécas désormais en vue, comme convenu. Au grand désarroi d’Adrien, il y eu plus de huit tirs. Soit les snipers avaient tirés à côté, ce qui n’était pas impossible vu les conditions, soit il y avait plus de machines que ce qu’avait compté Ravilla. Tant pis, la diversion était quand même faite. Hors de vue d’Adrien, des coups de feu commencèrent à se faire entendre, en provenance de la base. Merde, il ne devait pas y avoir de tir normalement. Il n’eut pas longtemps à attendre avant que le pourquoi se trouve résolu.

- Demande de soutien urgent; nouveaux ennemis à l'entrée de la base !

La voix du Major retentit dans le canal de communication d’Adrien. Encore un truc de pas prévu. Faisant signe à ses soldats, ils partirent en courant jusqu’à l’entrée de la base. En espérant que Ravilla ne soit pas blessée. Le temps qu’ils atteignent leur but, de nouveaux coups de feu retentirent, puis le silence retomba. Ils arrivèrent en vue de la base juste à temps pour voir les deux tourelles s’entredétruire, sous l’impulsion de l’expert qui les avait piratés. A l’intérieur de la base, Aper était penché sur l’un des soldats à terre, immobile sous les doigts d’un autre Turien qui mettait une sorte de pâte sur l’armure, censée reboucher le trou et empêcher le froid de passer. Autour d’eux, des carcasses de mécas gisaient. Ils s’en étaient globalement bien sorti, quelques blessés légers et ils avaient un pied dans la base. Du bon boulot. Et, intérieurement, Adrien soupira en voyant que la Turienne allait bien.

La suite serait sans doute plus compliquée. Les pirates avaient sans doute eu le temps de se préparer pour accueillir les forces conciliennes, et sans doute aussi de piéger l’intérieur de la base depuis qu’ils étaient arrivés sur Antirumgon. Ca n’allait pas être une partie de plaisir que d’aller les déloger. Adrien laissa le temps à Ravilla et à ses hommes de souffler avant de prendre la parole.

« Bon travail Major. On a un pied dans la base, et sans trop de dégâts. Mais le plus dur reste à venir, il serait idiot de la part des pirates qu’ils n’aient pas posés quelques pièges pour nous recevoir. Je vous laisse vous reprendre, de toute façon ils ne viendront pas à notre rencontre, et on y va.

Il abandonna là les Turiens avant de retourner vers ses soldats. Ils étaient encore en pleine forme, ce sera donc eux qui ouvriront la marche à l’intérieur de la base, en cas d’embuscade. L’un des soldats était expert technique, et avait installés quelques mods militaires pour détecter les pièges : scanner thermique et scanner électronique. Pas grand-chose, mais ça pourrait peut-être éviter quelques pièges camouflés.

Les deux groupes réunis, les premiers soins distribués, le souffle reprit et les armes rechargées, ils s’engagèrent dans la porte qui s’était ouverte pour faire passer les mécas d’assaut, les Humains en premier, malgré la présence du Major toujours aux côtés d’Adrien. Devant eux, le soldat Halcion, les yeux penchés sur son omni-tech, activait ses mods pour anticiper de potentiels pièges. De chaque côté de lui, un soldat était placé pour le couvrir en cas d’embuscade. C’est dans cette position qu’ils s’engagèrent dans la pente descendante derrière la porte. La base était légèrement sous-terraine, raison pour laquelle un simple bombardement ne serait pas suffisant.

Le sol descendait sur un bon mètre avant de redevenir plat, débouchant sur un large couloir. Celui-ci était vaguement éclairé, les pirates avaient réussis à remettre le courant, mais le temps avait rendu plusieurs ampoules hors service. Par conséquent, le couloir était éclairé de manière irrégulière, certaines zones presque dans l’obscurité tandis que d’autres étaient pleinement lumineuses. Au bout du corridor, une grande porte donnait sur le centre névralgique de la base, d’où les chemins déversaient aux différentes ailes du complexe. Du moins, d’après les plans de l’Alliance.

Le soldat Halcion leva une main, paume tendue, pour demander à tous de s’arrêter. Devant lui, derrière une porte latérale, se trouvait plusieurs formes vraisemblablement Humaine. Les tâches de chaleur n’étaient pas assez précises pour savoir grand choses, mais ils étaient debout derrière la porte. Une embuscade, bien sûr. D’après l’œil qu’il jetait par-dessus l’épaule de son soldat, Adrien comptait une dizaine de soldats. Ils espéraient garder l’effet de surprise, mais n’était sans doute pas idiot : s’ils constataient que le groupe n’avançait plus, ce qui n’était pas difficile à analyser vu le bruit que faisait une trentaine d’hommes et de femmes en armure intégrale, ils risquaient de passer à l’attaque. Faisant signe à ses hommes de se mettre en face de la porte, et demanda de la même manière à Ravilla de mettre ses soldats en position pour couvrir devant eux. Une fois tout le monde en place, Adrien souffla un coup avant de lancer le piratage rapide de la porte. Il fit en sorte que, au lieu de s’ouvrir doucement, elle s’ouvre à pleine vitesse. Habituellement, ce n’était pas le cas pour cause de sécurité : si elle s’ouvre vite, elle se referme de la même manière, et cela pouvait être dangereux pour les extrémités du corps.

La porte grande ouverte, Adrien se jeta à genoux, pour éviter de se prendre des balles perdues de derrière lui. Ou de devant. Ce qui fut une très bonne idée, car les tirs des pirates se concentrèrent sur l’ouverture de la porte. Heureusement, à terre, les balles passèrent au dessus de lui, sans faire de mal à qui que ce soit. Pendant ce temps, les soldats autour ouvrirent le feu aussi, faisant tomber les boucliers pirates très rapidement. Mais les embusqués ne se laissèrent pas faire et reprirent vite leurs esprits. Ils savaient qu’ils n’allaient pas pouvoir gagner un combat d’arme à feu, n’ayant aucun endroit où se cacher. Une partie d’entre eux, soit quatre soldats, foncèrent sur les militaires, l’omni-lame en marche, tandis que quatre autres continuaient de faire cracher leurs armes. Les deux derniers étaient à terre, et le nombre d’impacts de balle sur leurs armures ainsi que le sang qui s’écoulait ne laissait pas de doutes sur leur état.

Adrien, toujours un genou à terre, lâcha son Avenger quand il vit l’un des pirates lui foncer dessus, l’omni lame droit en direction de son visage. Stupidement, il se dit qu’il n’avait pas le droit de mourir devant Ravilla. Comme s’il allait choisir de se faire transpercer ou non. Il attendit le dernier moment, et que le pirate abaisse son arme pour porter le coup de grâce, pour faire une roulade sur la côté. Pas évident avec une armure sur le dos, et sa roulade ressembla plus à un cachalot qui s’échoue sur la plage qu’un mouvement d’artiste. Mais elle eut l’effet escomptée, c'est-à-dire le mettre hors de la trajectoire de la lame. Le pirate était déséquilibrer, et le temps qu’il mit pour se remettre sur ses appuis fut mis à profit par Adrien pour sortir son Carnifex et vider son chargeur. A cette distance, les balles pénétraient plus profondément, et le bouclier déjà bien entamé ne résista à cette nouvelle salve. Les deux premières balles furent absorbées, mais les trois suivantes transpercèrent l’homme et son armure. L’homme fit un pas en arrière sur la puissance du choc, tandis que les balles se logèrent dans sa poitrine. Refusant de mourir, il fit deux pas en direction d’Adrien avant que son corps ne refuse de le porter. Il tomba tête la première sur le sol, agonisant. Le lieutenant se releva et acheva le pirate d’une balle dans la tête pour abréger ses souffrances. Même s’il n’était pas du bon côté de la loi, personne ne méritait de vivre ses derniers instants dans la souffrance.

Le combat alentour se terminait, les pirates rapidement éliminés. Faisant un état de santé de ses hommes, Adrien fut plutôt satisfait. Les boucliers avaient encaissés les chocs, et les kamikazes à l’omni-lame n’avaient pas fait de dégâts. Un seul avait été trop lent à esquiver et s’était fait découper son armure et avait récolté une longue estafilade sur son bras. Déjà Hyle, le médecin, était sur le coup, appliquant un peu de médigel sur le bras du blessé et colmatant l’armure avec la même pâte qu’utilisée par le médecin Turien. Le soldat pourrait donc continuer à se battre sans souci. Le couloir n’avait pas reçu d’autre visite, ce qu’Adrien prit pour une bonne nouvelle : apparemment, l’embuscade avait été faite pour les encercler, et pas pour les coincer pendant qu’il se passait autre chose.

« Bon, Major, nous allons arriver dans une sorte d’autoroute. C’est… La zone centrale de la base, par où on peut accéder à tous les lieux du complexe. Zones du personnel, zone de travail, zone de commandement… Bref, vous avez compris. Je pense que les pirates se fichent de tout ça et se sont rendus directement dans la zone la plus profonde de la base, où les chercheurs étudiaient les organismes présents en sous-sol. Quelques laboratoires de recherches et des zones de forage, et c’est à peu près tout. Mais ils doivent nous attendre maintenant, et ils doivent savoir que leur embuscade est tombée à l’eau. Ils n’auront sans doute pas le temps de poser de pièges, et ne l’auraient pas fait dans une zone où ils circulent beaucoup, nous sommes donc tranquilles. Mais entre ici et les derniers laboratoires de recherches, on peut s’attendre à du monde. Et peut-être d’autres embuscades. Voila à peu près l’état des choses. Je vous laisse organiser vos hommes comme vous le voulez, et nous ouvrirons la marche. Cette fois plus question de faire dans la discrétion, ce n’est plus utile. »

Un long monologue, mais qui servait de topo utile. Si Adrien ne pouvait pas, pour une raison ou une autre, assurer le commandement des opérations, le fait que le Major sache à quoi s’attendre était une bonne chose. Après tout, il n’était pas passé loin du drame quand le pirate lui avait foncé dessus. S’il avait eu un peu plus de jugeote ou Adrien un peu moins de réflexes, il se serait retrouvé empalé sur la lame. On ne sait jamais comment les choses vont tourner, autant ne pas prendre de risques.


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De Sang et d'Acier
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MessageSujet: Re: Sur le fil de la glace   Dim 02 Aoû 2015, 23:33

    Bien. Ses hommes n'avaient rien de plus que des blessures superficielles. Rien qui ne soit dérangeant ou, pire, trop handicapant pour les empêcher de se battre. Cependant, leur supérieure caressa un instant l'idée de les faire changer de place avec les autres soldats restés en arrière. Il était peu probable que les francs-tireurs risquent quoi que ce soit et la surveillance qu'elle leur avait affectée était plus un excès de prudence qu'une véritable inquiétude. Toutefois, les blessés ne l'étaient pas tant que ça. L'échange leur aurait fait perdre un temps précieux sans que cela ne soit nécessaire; dès lors, elle oublia son projet.
    Ses réflexions furent de toute façon brisées lorsqu’Adrien s'approcha pour un discours aussi inutile que... inutile.

    - Bon travail Major. On a un pied dans la base, et sans trop de dégâts. Mais le plus dur reste à venir, il serait idiot de la part des pirates qu’ils n’aient pas posés quelques pièges pour nous recevoir. Je vous laisse vous reprendre, de toute façon ils ne viendront pas à notre rencontre, et on y va.

    Tous ici s'en doutaient, mais si le Lieutenant se sentait rassuré d'annoncer des évidences, alors tant mieux pour lui. D'un geste, la Major intima aux Turiens de se remettre en position. L'ordre fut réalisé sans la moindre latence, à son plus grand bonheur. Ce n'était pas à en douter: depuis qu'ils savaient qu'ils devraient coopérer avec l'Alliance, ses gars avaient pris la décision de se montrer à la hauteur de leur réputation. La Hiérarchie ne se verrait pas entachée de manque de professionnalisme. Encore moins sous la garde d'Aper.
    Militaires des griffes jusqu'à la crête, le petit groupe rejoignit leurs confrères humains. Ces derniers installaient des mods chez certains de leurs collègues afin de contrer d'éventuels pièges. Bien; ils passeraient devant alors. Un éclaireur ouvrait le chemin, servant de radar vivant, suivit du couple. Venait ensuite leurs hommes respectifs, lesquels prenaient soin de ne pas trop se mélanger.

    Ce fut dans cet ordre qu'ils descendirent la légère pente et pénétrèrent dans le complexe, laissant la porte se refermer derrière eux. Au moins l'intérieur était sec et surtout coupé du froid mordant de l'extérieur. Sans aller jusqu'à dire qu'ils avaient chaud, les militaires - surtout ceux au sang chaud - avaient moins de raison de grelotter. Pour un peu, certains auraient même pu s'estimer "biens"; encore que ce n'était pas vraiment le cas de leur chef. Peut-être était-ce à cause de son armure qui avait été face au gel trop longtemps, ou son dégoût total pour l'hiver, mais l'impression de moiteur glacée lui collait à la peau. Au sens propre.

    Ils continuèrent ainsi sur quelques mètres avant que le soldat de tête ne leur fasse signe de s'arrêter. D'un doigt, il désigna la porte qui se trouvait à leur gauche. Sur le scan, des tâches de chaleurs indiquaient la présence de mercenaires. Une embuscade, voir même une tentative de les cerner.

    D'un signe de tête, Annaz indiqua à son amante de positionner sa troupe en avant. Ils seraient chargés de surveiller le couloir face à eux tandis que les membres de l'Alliance s'occuperaient des pirates. Elle s’exécuta, non sans prendre position à côté de la porte, dos collé contre le mur. Il était hors de question qu'elle ne participe pas. D'autant plus qu'Adrien se mettait en première ligne afin de pirater l'ouverture. Non, la femme n'agissait pas par inquiétude. C'aurait été ridicule. Il était tout simplement hors de question que les humains tirent la couverture à eux. Rien de plus. Vraiment.

    Dès qu'il eut ouvert la porte, le Lieutenant eut l'intelligence de se jeter au sol. Idée lumineuse car à peine avait-il touché le sol que les deux groupes échangeaient déjà des tirs. Les militaires étaient plus nombreux, réduisant rapidement les barrières mais leurs adversaires bien plus désespérés. Alors que deux des leurs mourraient, quatre se jetèrent sur leurs ennemis, omni-lame au poing, tandis que leurs camarades les couvraient en faisant cracher leurs armes. L'un des hommes au poignard se rua sur l'homme au sol alors qu'un autre tenta d'agripper Ravilla, ses doigts cherchant à l'immobiliser pour mieux la planter.
    D'un geste habile, cette dernière posa son main sur celle de son adversaire, dérivant le coup qui se perdit dans les airs alors qu'elle plaqua son avant-bras gauche sur sa gorge, le faisant heurter violemment le mur. Puis, sans la moindre hésitation, elle frappa. Une fois, deux fois, trois fois la vitre du casque de son coude, jusqu'à ce que la visière casque sous le poids du coup multiplié à la résistance de l'armure. Le brigand se retrouva sonné lorsque le poing ganté vint percuter son nez, le brisant instantanément, en plus d'enfoncer les débris de verre dans la peau. Il s'écroula au sol, hurlant alors que ses réflexes le poussaient à poser ses doigts sur son visage, comme si ce geste désespéré pouvait l'aider d'une quelconque façon. Il se tortillait sous la douleur, cherchant à reprendre l'usage de ses sens sans y parvenir. Un de ses yeux était crevé.
    Il continua de se débattre ainsi jusqu'à ce que la botte lourde se pose sur son torse, l'empêchant de bouger d'avantage. Il n'eut pas le temps de s'interroger plus en avant sur son sort. Bien vite, une première balle vint lui perforer le crâne, suivit d'une deuxième. Juste au cas où. Pour s'assurer qu'il ne se relèverait pas.
    Il y avait après tous des sorts biens pires que la mort...

    Le combat n'avait pas duré bien longtemps. Ils n'avaient affrontés qu'un tiers des pirates et ceux-ci n'avaient même pas eu l'idée de les encercler. Non, simplement une bête embuscade pour les affaiblir. C'en était presque kamikaze à ce niveau. Sans doute que leurs ennemis se doutaient qu'ils ne gagneraient pas et faisaient de leurs mieux pour augmenter leurs chances de survie. Leurs équipements, par ailleurs, semblaient laisser à désirer. Ils ne devaient être que de petites frappes sans grandes prétentions s'étant attaquées au mauvais poisson.

    Au final, les pertes du côté de l'union humano-turiennes étaient quasiment inexistantes. Quelques blessures légères chez les humains, tout au plus. Et Adrien n'avait rien. Aper ne put s'empêcher de ressentir un léger soulagement. A cause de leur entente et amitié évidemment. Sans compter la mission! Il aurait été dommage que le Lieutenant se retrouve gravement atteint. Ses hommes auraient sans doute rechignés à suivre une Major Turienne. Et puis, il fallait bien se l'avouer, leurs soirées auraient sans doute manqué à la franc-tireuse. Au moins un peu.
    Qu'importe ce qui aurait pu se passer. Il allait bien et était toujours aussi bavard qu'à son habitude. Ou alors, il aimait s'entendre parler. Un long monologue que la femme écouta poliment. Il parla pour présenter la base, les différentes pièces et supposer fortement de l'endroit où le reste des pirates pouvait bien se trouver. Sur ce dernier point, leurs idées étaient bien différentes.

    - Avec tout le respect que je vous dois Monsieur, et même si nos adversaires semblent appartenir à un gang sans prétentions, il serait idiot de leur part de ne pas avoir investi la salle de commandement, ne serait-ce que pour pouvoir contrôler notre avancée. De plus, s'ils ont envoyé des mécas dès que nous avons commencé à pirater la tour, j'imagine qu'ils ont gardé un visuel sur nos actions depuis.
    Je vous recommanderais grandement d'examiner ladite salle avant que nous descendions. Dans le cas contraire, nous risquons de les voir s'enfuir ou pire, nous encercler.


    Après un court moment de réflexions, Adrien acquiesça, acceptant son point de vue. Elle lui rendit l'approbation d'un signe de tête avant de continuer.

    - Si vous l'acceptez, mes hommes et moi allons nous rendre jusqu'à la salle afin d'examiner les lieux. Il faudrait qu'un autre groupe reste ici afin de surveiller l'ascenseur voir les autres salles si jamais ils ont prévu de nous tendre une autre embuscade.

    Le Lieutenant lui signifia une nouvelle fois son accord. Cependant, précisa-t-il, il détachait aussi une partie de son équipe pour l'assister. Si le reste des mercenaires était effectivement là-bas, le petit groupe de la Hiérarchie ne ferait pas long feu avant de succomber. Et le second groupe serait trop loin pour arriver à temps, quand bien même la pièce en question n'était qu'à cinq cents mètres de leur position. Avec un renfort supplémentaire, ils étaient au moins sûrs de pouvoir tenir la ligne jusqu'à ce que le reste des soldats puisse arriver. Et si leurs adversaires se retrouvaient au final moins nombreux que ce à quoi il s'attendait, la victoire n'en serait que facilitée.
    Ainsi, cinq humains rejoignirent les six turiens, partant vers le couloir derrière l'élévateur qui, selon les plans, les mèneraient jusqu'à leur objectif. Même si leur arrivée était sans doute connue, ils avancèrent lentement, prenant la peine de scanner les alentours pour vérifier la présence de pièges ou d'ennemis. Rien. Comme Adrien l'avait prévenu, les indépendants ne semblaient pas avoir eu le temps d'installer quoique ce soit. Sans doute qu'ils avaient fait de l'étage inférieur une véritable forteresse impénétrable. Ou bien du centre de commandement.

    Ce n'était pas le moment de relâcher leur vigilance. Ce genre de manque de prudence ne pouvait que conduire à l'échec. Rester inflexibles et vigilant jusqu'à la fin. Telle était la clef.

    Leur stratégie fut la même que celle utilisée précédemment. En un peu plus prudent cette fois-ci. Leurs adversaires avaient l'avantage d'être dans une pièce meublée et non un couloir. Ils pouvaient d'avantage se cacher des tirs que les militaires. Au moins le scan leur indiqua qu'ils étaient dix, pas plus. Avec un peu de chance, le reste, soit une vingtaine de têtes, étaient en bas et non pas caché quelque part à attendre de les prendre à revers.
    Pertium se plaça devant la porte, en position telle qu'il était prêt à sauter sur le côté. La plupart des soldats étaient de chaque côté. Le but, au final, n'était pas d'entrer dans la salle, mais plutôt de déloger ceux qui s'y trouvaient. Deux grenades flash balancées en même temps suffiraient à étourdir au moins une grande majorité des criminels pour qu'ils entrent et en tuent assez avant que ces derniers ne repartent à l'assaut. Plus aurait pu être un gaspillage.

    Tous détournèrent la tête, fermant parfois les yeux après que la porte n'ait été ouverte et les bombes balancées, le temps que le bruit de l'explosion ne se fasse entendre, suivit de nombreux jurons. Après quoi, ils pénétrèrent dans l'immense bureau. Effectivement, plusieurs corps s'agitaient, aveuglés, leurs armes inutiles. Certains cherchèrent tout de même à se défendre, tirant n'importe où pourvus qu'ils entendent le bruit des balles perforants la chaire. Quelques boucliers furent abaissés à l'occasion, dans l'un comme dans l'autre des camps. Le plus important était fait: désormais, l'escouade n'était pas piégé à l'extérieur et pouvaient profiter eux aussi de couverts.
    Un mercenaire fut tué par un de ses confrères dans le dos alors que trois avaient gardé leur vue. Ils furent éliminés en priorité. Chaque soldat évoluait en trio, se concentrant sur une cible désignée sans se préoccuper d'une autre, à moins qu'un appel à l'aide n'attire leur attention. Rapidement, les hors-la-loi tombèrent sous les assauts impitoyables; il ne resta que des corps mourants ou morts de leur côté alors que les hommes de Ravilla avait quelques blessures légères, là aussi rapidement prises en charges. Néanmoins, l'un des soldats turiens avait été touché à l'épaule, la perforant totalement. La balle était encore coincée entre un bout d'os et de muscles, arrachant des grimaces douloureuses chez le blessé. Il tentait pourtant de garder un air stoïque et fier, sans vraiment y arriver.
    La Major s'agenouilla à ses côtés alors que le médecin de leur bataillon tentait de retirer la munition à l'aide d'une pince avant de pouvoir appliquer le médigel. Il avait injecté un anesthésiant local mais, à juger les tressautements de mandibules du mutilé, l'effet était faible comparé à ce qu'il aurait désiré.

    - Docteur, y a-t-il besoin de l'extrader?

    - Non Madame.

    - Bien. Dans ce cas Sergent, vous resterez à l'arrière le temps que nous éradiquions les dernières poches de résistance ennemie. Je ne veux pas vous voir à l'avant, sauf ordre contraire de ma part.

    - Bien... Major, articula-t-il difficilement alors que le projectile venait d'être retiré.

    Aper se releva, regardant autour d'elle. Pas d'autres blessés à déplorer, notamment au niveau des humains. Elle pourrait ainsi rendre à Adrien ses hommes en état, ce qui ne serait pas pour manquer de lui plaire, elle s'en doutait.
    Avant de quitter la pièce, la femme jeta un regard sur les écrans de surveillance, faisant défiler les différentes caméras. Comme le Lieutenant l'avait prédit, les pirates s'étaient retranchés dans les laboratoires. La vingtaine au grand complet, ainsi que plusieurs mécas LOKI de défense, placés en première ligne. Elle observa un instant, cliquetant des mandibules.

    - Pertium?

    - Madame.

    - Piratez-moi ces mécas.

    - Tout de suite, s'exclama l'ingénieur en se mettant à l'ouvrage.

    Il aurait été plus conciliant de simplement les désactiver. Une sorte de façon de se montrer "beau-joueur". Ou faire preuve de gentillesse. Au diable la gentillesse dans ce genre de cas. Elle n'allait pas risquer la vie de ses hommes pour un peu de bonne conscience. A la guerre comme à la guerre, disait l'expression, et que tous les coups soient permis, tant qu'ils gardaient un minimum d'honneur. Retourner les armes de leurs opposants contre eux ne faisaient pas partie des actes considérés comme déshonorants.
    L'air grave, elle regarda les mécas se tourner contre leurs anciens maîtres, commençant à ouvrir le feu, en tuant au moins cinq avant qu'ils ne se fassent détruire à leur tour, explosant dans une gerbe d'étincelle.
    Une femme en armure, apparemment la chef du groupe, sembla aboyer plusieurs ordres à ses brigands. Ils se mirent à soigner les blessés et balancer les morts devant la porte pour ralentir l'avancée des militaires. Idée astucieuse pour qui était pris au piège, il fallait le reconnaître. Puis, l'inconnue lança un regard mauvais à la caméra. Elle avait compris qu'ils étaient les derniers et que les militaires ne tarderaient pas à les chercher. Elle détruisit la caméra en lui tirant dessus, brouillant définitivement l'image.
    D'un signe de la main, Ravilla fit signe à ses hommes de bouger. Ils allaient retrouver le reste de la troupe.








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MessageSujet: Re: Sur le fil de la glace   Mar 04 Aoû 2015, 22:57

Sur le fil de la glace

Les soldats des deux races écoutèrent poliment la présentation de la base par Adrien. Il ignorait s’ils prenaient des notes mentalement ou s’ils s’en foutaient royalement, mais mieux valait donner trop d’informations que pas assez. Lorsqu’il indique que les pirates se trouvaient certainement dans les laboratoires, le Major à qui il s’adressait tiquait, mais le laissa terminer avant de le contredire.

- Avec tout le respect que je vous dois Monsieur, et même si nos adversaires semblent appartenir à un gang sans prétentions, il serait idiot de leur part de ne pas avoir investi la salle de commandement, ne serait-ce que pour pouvoir contrôler notre avancée. De plus, s'ils ont envoyé des mécas dès que nous avons commencé à pirater la tour, j'imagine qu'ils ont gardé un visuel sur nos actions depuis.
Je vous recommanderais grandement d'examiner ladite salle avant que nous descendions. Dans le cas contraire, nous risquons de les voir s'enfuir ou pire, nous encercler.


C’était logique, bien sûr. Adrien doutait cependant que la salle de commande soit toujours en état de marche après autant de temps passée à l’abandon, mais ils ne risquaient rien à attendre. Ils étaient devant l’ascenseur qui devait les mener aux laboratoires, donc même si les pirates tentaient une sortie, ils n’iraient pas bien loin. Il hocha la tête à l’adresse de Ravilla, qui lui rendit son signe de tête.

- Si vous l'acceptez, mes hommes et moi allons nous rendre jusqu'à la salle afin d'examiner les lieux. Il faudrait qu'un autre groupe reste ici afin de surveiller l'ascenseur voir les autres salles si jamais ils ont prévu de nous tendre une autre embuscade.

Une nouvelle fois, Adrien acquiesça. Si ça pouvait rassurer les hommes, pourquoi pas. Et deux précautions valaient mieux qu’une. Autant fouiller l’endroit avant de descendre et s’éviter de mauvaises surprises. Il observa rapidement les soldats sous les ordres d’Aper. Six Turiens, sept en la comptant. Cela faisait peu, si jamais ils tombaient sur un os.

« Bonne idée, mais même si je n’ai aucun doute sur vos talents militaires, je ne pense pas que la salle de commandement, si elle est occupée, ne le soit que par un seul homme. Si vous le voulez bien, je vais vous prêter quelques soldats pour vous accompagner.

La Turienne ne refusant pas, il détacha un groupe de cinq soldats qu’il plaça sous les ordres du Major, avec comme instruction de lui obéir sans condition et de ne pas tenter le diable. Consignes inutiles, Adrien savait que ses hommes ne lui feraient pas honte. Mais une piqûre de rappelle ne faisait jamais de mal, et pouvait leur rappeler qu’ils n’étaient pas immortels.

Les onze militaires contournèrent l’ascenseur pour se diriger vers le poste de commandement. Adrien les regarda partir sans pouvoir faire taire son inquiétude. Se séparer n’était pas forcément une bonne idée, mais laisser l’élévateur sans surveillance et prendre le risque de voir les pirates s’enfuir ou piéger le mécanisme était pire. Il devait garder des hommes avec lui en cas de problème, mais restait à contrecœur. D’abord parce qu’il n’aimait pas ne pas participer aux combats. Non pas qu’il y prenait plaisir, mais le travail n’est jamais aussi bien fait que par soi même comme le dit le proverbe, et il aimait être sûr que tout se passait bien. Et pour ça, il n’y avait pas beaucoup de moyens hormis être sur place en personne.

La deuxième raison de son inquiétude était bien sûr pour les soldats qui partaient. Ils étaient onze et donc à même d’affronter pas mal de soucis, mais pas tout. Un imprévu un peu gros et ils pouvaient tous se faire tuer. Il n’avait pas vraiment envie d’expliquer à un ponte de la Hiérarchie pourquoi l’intégralité de l’escouade placée sous son commandement avait été tuée sans qu’il agisse. Et, bien sûr, il s’inquiétait pour Ravilla. Le fait de détacher une partie des soldats de l’Alliance était un moyen de s’assurer de sa sécurité. Sécurité toute relative si elle se jetait effectivement dans la gueule du loup. Mais cinq fusils de plus pouvaient largement faire la différence.

La salle était plongée dans le silence, dans l’attente d’un événement. Deux explosions simultanées, puis des échanges de tirs furent l’événement qui les tirèrent de leur léthargie. Adrien croisait les doigts pour que ce ne soit qu’une petite escarmouche. Le combat cessa, et l’inquiétude gagna les traits des soldats autour du Lieutenant. Encore une fois, il ne pouvait se permettre d’envoyer des hommes vérifier que tout allait bien. Pas question de se séparer de la moitié de ses soldats alors qu’il n’y en avait peut-être pas besoin. Ils prirent donc leur mal en patience en espérant que tout allait bien.

Quelques minutes plus tard, le groupe mixte revint vers le gros des troupes, le Major à leur tête. Adrien poussa un soupir presque audible – sans doute l’était-il pour Ravilla et quelques uns des soldats autour de lui – mais ne fit aucun commentaire. Aper ne lui pardonnerait pas une telle familiarité. Quelle bêtise, mais il respectait sa décision. Le soldat de queue semblait blessé. En fait, il était blessé, la façon dont son bras se comportait le prouvait. Il était raid, et son armure semblait perforée. Pas difficile de deviner que l’épaule qu’elle protégeait devait être dans le même état. Pourtant, il ne demanda pas à rester en arrière, ni ne se plaignait. Belle maîtrise de soi.

« Heureux de vous revoir en un seul morceau. Même si vous n’êtes pas tous en pleine forme, j’en suis bien désolé. Vous avez vu des choses intéressantes dans le poste de Commandement ? »

C’était le cas. Le Major lui expliqua que les commandes des mécas se trouvaient là-bas, et que leur expert les avait piratés pour les retourner contre leurs propriétaires. Pas très fair-play, mais efficace. Et d’un autre côté, le fair-play était très secondaire quand sa vie était en jeu. Cinq pirates en moins grâce à ça, c’était peut-être une vie de sauvegardée. La deuxième information était intéressante aussi. Le chef des pirates semblait être une femme en armure, potentiellement Humaine d’après son armure. Difficile d’être affirmatif cependant, mais c’était une nouvelle importante. Si ils arrivaient à la tuer, peut-être cela mettrait fin au combat. Ou déstabiliserait assez les survivants pour que les militaires prennent l’avantage. Et même si ça ne faisait rien de tout ça, ils avaient identifiés le cerveau de l’opération.

« Bon. Bon travail en tout cas. Essayons de tirer parti du bordel que vous avez mit en bas. »

Ils montèrent tous dans l’ascenseur, qui avait sans doute été conçu pour transporter des chariots de transports que des hommes. Ils étaient serrés, mais au moins ils tenaient tous. Ca éviterait des allers-retours inutiles et longs. Collé à Ravilla, Adrien essayait de ne pas avoir l’air gêné plus que ça. Ou de faire des gestes mal interprétés. Bref, il faisait le mort, la situation étant assez délicate sans qu’il rajoute une crise d’énervement à cause d’un mouvement trompeur pour la Turienne. Hormis se coller un peu plus à elle. Mais avec le peu d’espace disponible, sans doute le mouvement passerait inaperçu, ou en tout cas ne serait pas suspect. Heureusement, le trajet se déroula sans accro et sans remarque, et les portes s’ouvrirent sur une grande pièce blanche, vide. Pas de trace de vie par ici. Par mesure de précaution, Adrien déploya ses hommes comme si des pirates pouvaient se cacher là, et attendit que la pièce fût fouillée pour se permettre de se détendre. Au moins, ils pouvaient sortir tranquillement de l’ascenseur, sans se faire tirer dessus.

Ils avancèrent dans les couloirs, se mélangeant cette fois sans distinction raciale. Jusqu’à maintenant, les choses étaient relativement calmes dans cette mission. Mortelle, bien sûr, mais rien de particulier quand on était militaire. Les risques de blessures existaient toujours, mais pour l’instant, ce n’était pas plus dangereux qu’un entraînement grandeur nature. Les choses s’étaient corsées dans le poste de commandement, rappelant à tout le monde qu’ils n’étaient pas en simulation. Maintenant qu’ils approchaient des derniers pirates, lesquels ayant eu le temps de se retrancher, ils étaient concentrés sur leurs objectifs, et sur leurs couvertures mutuelles. Bien sûr, les choses seront un peu différente une fois le combat engagé : quand on se bat avec les mêmes personnes depuis un moment, on a tendance à se faire naturellement confiance. Mais c’est aussi dans le feu de l’action que les liens se nouent les plus vite.

Pièce après pièce, ils vérifièrent que rien ne les attendait, ni embuscade ni piège. L’un des laboratoires était grossièrement piégé, et ils n’eurent aucun mal à désamorcer l’amorce de l’explosif, un simple fil tendu. Ils n’avaient sans doute pas eu le temps de faire plus discret ou plus efficace. Adrien insulta en silence les pirates : l’édifice n’était pas vieux, mais une explosion en sous-sol aurait été particulièrement stupide. Pas besoin d’être un génie pour comprendre que les risques d’éboulements existaient. Les autres pièces réservaient parfois le même genre de surprise, parfois doublée par un autre piège plus discret pour punir les distraits. Mais aucun des pièges ne marcha, tous étant désamorcés et rendus inoffensifs. Jusque là, tout allait bien.

Ils arrivèrent en bout de couloir, avec en face d’eux le dernier laboratoire, numéroté 24 à en croire l’énorme chiffre peint sur le mur à côté. Devant la porte, des traînées de sang et des cadavres de mécas tâchaient avec le blanc des murs et du sol. Sur le mur à droite du couloir, faisant face à la porte, une caméra fumait doucement, son boitier de commande explosé. Difficile de ne pas comprendre que c’était ici que les droïdes s’étaient retournés contre leurs maitres, sous l’impulsion du pirate informatique de la Hiérarchie. C’était ici aussi que le Major avait observé le manège des pirates et de leur chef, à entreposer de l’autre côté de la porte. Porte qui était d’ailleurs verrouillée. Sérieusement, pourquoi verrouiller une porte ? Pour gagner deux secondes ? Les pirates savaient qu’ils avaient un expert en piratage avec eux. Ils espéraient vraiment que le hacker allait se faire tuer par les pièges posés dans les laboratoires ? A côté de lui, Ravilla envoyait son homme s’occuper de contourner le verrouillage.

« Attendez. Les Humains comme les Turiens tournèrent la tête vers lui, surpris de son interruption. Les soldats sous ses ordres devaient se demander pourquoi il suspendait un ordre direct du Major Turien alors qu’il avait explicitement demandé la plus grande coopération, quitte à mettre leur animosité potentielle de côté. De leur côté, les soldats de la Hiérarchie devaient se poser la même question.

« Ce n’est pas logique qu’ils aient fermés la porte derrière eux. Ils savent que nous avons quelqu’un capable de contourner le verrouillage. Et ils ne sont pas assez stupides pour se tourner les pouces en nous attendant. Enfin, pour ne rien faire pendant qu’on les rejoints. Même s’ils espèrent que leurs pièges pourraient tuer quelques un d’entre nous, ils doivent savoir maintenant que leurs surprises n’ont pas marchés. Donc, ils nous attendent de pied ferme. Alors pourquoi essayer de gagner deux secondes de plus qui ne leur serviraient à rien ? Halcion, venez » Le jeune soldat d’approcha d’Adrien. « Scannez la porte et les alentours. Je veux savoir s’ils nous réservent quelque chose.

Le jeune soldat se pencha sur la porte, son omni-tech en main, et passa par tous les mods installés dessus. Rien. Il se tourna ensuite en direction des murs dans lesquels coulissaient les portes et recommença l’opération. Rien à droite. A gauche, en revanche, un bloc compact était sur le rail qu’empruntait la porte. Il passa plusieurs mods par-dessus, mais il ne pouvait pas en savoir plus. Hormis que quelque chose bloquait le chemin. Adrien réfléchit. Pirater la porte la forcerait à s’ouvrir brusquement, le piratage désactivant les freins automatique. Le côté droit s’ouvrirait donc normalement, mais le gauche se bloquerait rapidement. Quel intérêt ? Bien sûr, ils seraient moins nombreux à pouvoir passer d’un coup, mais ils auraient un point de couverture. Les cadavres devant la porte gêneraient aussi, mais ils pourraient malgré tout passer avec un tir de couverture. Par mesure de sécurité, Adrien demanda à percer autour du bloc incriminé. Cela prit plusieurs minutes, durant lesquels les soldats gardèrent leurs armes braquées vers la porte, au cas où les pirates feraient une sortie. Mesure inutile, car ils ne tentèrent rien. Rien de visible, en tout cas. Le mur percé, Adrien passa son bras à travers pour toucher cette forme indéterminée. Mou. Plusieurs fils. Continuant à triturer, il essayait de se souvenir à quoi lui faisait penser ce qu’il touchait. Il savait qu’il avait pris en main quelque chose du même genre récemment, mais quand… La mémoire lui revint. Retirant doucement sa main, il soupira presque discrètement de soulagement, avant de voir que Ravilla était à côté de lui. Impossible qu’elle n’ait pas entendu.

« Du C4. Un gros paquet de C4. Je suppose qu’ils voulaient qu’on pirate la porte, pour que celle-ci soit débarrassée de son frein de sécurité, et qu’elle déclenche l’explosion en tapant les explosifs. Ceux qui auraient survécus n’auraient pas eu longtemps pour savourer, les pirates les auraient achevés. Rencis, Otral, dégagez moi ce carré. Fiez vous à l’omni-tech d’Halcion, et ne percez pas où il faut pas. »

Ils avaient évités le drame de peu. Mais cette fois, les pirates savaient qu’ils n’avaient plus aucun atout en main. La bataille allait être féroce, et ils n’allaient pas se rendre. Pas après avoir tenté de tuer les militaires avec autant d’ardeur. Dans le silence perturbé par le forage de la pièce, pas un mot ne s’échangeait. Quelques signes de tête ou de main, pour communiquer, mais pas plus. Adrien regarda Aper pendant qu’elle ne prêtait pas attention. Tant qu’à faire, il espérait bien qu’elle s’en sorte indemne aussi. Il décida de veiller sur elle, avec ou sans son accord. C’était aussi son boulot, après tout.

Un ‘‘poc’’ brisa le silence, le mur enfin percé et le carré de C4 ôté. Cette fois, il laissa l’expert en piratage déverrouiller la porte, et se tenait prêt. De même que tous les autres soldats, d’ailleurs. Ils s’étaient collés contre les murs, mis à genoux devant la porte, n’importe quoi pour être à couvert ou offrir le moins d’espace à découvert. Le morceau de mur qui contenait les explosifs fut posé plus loin, là où il ne risquait pas de prendre une balle perdue et de faire sauter l’édifice. La serrure de la porte changea plusieurs fois de couleur, passant du rouge au vert en passant par l’orange, pendant que l’expert s’écartait en vitesse. S’arrêtant sur du vert, les deux parties de la porte s’ouvrit brusquement, faisant courant d’air aux hommes les plus près.

L’enfer se déchaîna. A peine la porte ouverte, les premiers tirs se firent entendre, d’abord par les pirates, puis les militaires. La plupart de ces balles se perdaient, heurtant le sol ou le mur, projetant des éclats. Les soldats avec un genou à terre se précipitèrent dans le labo n°24, se jetant derrière des bureaux ou des paillasses d’expérience. Certains parmi eux prirent les cadavres devant ou pour s’en servir de bouclier, couvrant autant que possible leur avancée ou celle de leurs alliés. Les boucliers encaissèrent les balles qui arrivaient à passer malgré tout. A l’œil, Adrien dirait que 7 des 10 hommes n’avaient rien eu, et que les deux derniers avaient leurs boucliers à 50%. A peu près. Cette fois, ce fut au tour des militaires collés aux murs de la porte de passer. Suivant la même tactique, ils prirent quelques cadavres pour s’en servir comme bouclier, aidés par les tirs de couverture des soldats déjà passés, et de ceux qui attendaient leur tour pour entrer. Adrien prit l’un des cadavres devant lui tandis qu’une balle tapait le corps devant celui dont il se saisissait. Il chercha des yeux Ravilla et la vit prête à s’élancer. Il s’approcha d’elle en essayant de tirer avec son Avenger, mais c’était inutile tant ses tirs n’étaient pas assez précis avec une main. Il finit donc par ranger son arme pour prendre le corps du pirate à deux mains, et s’arrêta devant la Turienne. Ensemble, ils arrivèrent à atteindre une couverture plus consistante où Adrien lâcha son bouclier de fortune.

A son tour, il couvrit les derniers hommes à passer. Un Turien et six Humains. Mais les pirates avaient compris la manœuvre et tirez à l’aveugle sur le tas de cadavre, sans s’inquiéter plus que nécessaire des soldats déjà entrés. Adrien vit l’un de ses hommes s’écrouler sur le tas de cadavre et glisser en arrière, en direction des portes qu’il venait de franchir. Impossible de savoir s’il était mort ou simplement blessé. Le Turien et cinq des Humain se précipitèrent vers une couverture pendant que les pirates rechargeaient et comptèrent sur leurs boucliers pour absorber les tirs. Ils arrivèrent à destination, mais ils avaient subis des dégâts. Leurs boucliers ne devaient plus être très utiles maintenant. Le dernier soldat ne franchit pas la porte et porta secours à son collègue.

La bataille devenait un peu plus claire, maintenant que tous le monde étaient entrés. 23 soldats contre à peu près 15 pirates. Adrien n’avait pas le temps de lever la tête pour compter. Les injures et les balles volaient dans la pièce, faisant exploser des morceaux de bois ou de cimenterie, ou témoignage d’un impact ou d’un manque de munitions. Adrien vit un autre de ses hommes s’écrouler, trois balles dans le bras, rapidement tiré à couvert par Hyla, la doctoresse de l’équipe. Quelques instants plus tard, c’était deux pirates qui s’écroulaient, touchés l’un au cou, l’autre à l’entrejambe. Le premier se vida rapidement de son sang tandis que le deuxième hurlait à la mort, avant d’être définitivement réduit au silence pas une rafale d’Avenger.

Le combat continua pendant de longues minutes. Etonnamment, les pirates n’utilisaient pas de grenades, eux qui n’avaient pas hésité à piéger les autres labos. Est-ce qu’ils se rendaient enfin compte de la bêtise de l’action ? Adrien constata que ce n’était pas le cas. Ils avaient simplement un espoir de rentrer encore vivant, et voulaient protégés leur cargaison. Ils savaient que si l’un d’entre eux envoyait une grenade, elle lui serait vite retournée. Du coin de l’œil, Adrien vit l’un des pirates essayer de les contourner. Il quitta son couvert pour se rendre à la paillasse un peu plus loin, et élimina le pirate qui ne l’avait pas vu faire, concentré sur son objectif. Trois balles à courte distance lui rappelèrent de faire attention à ce qui l’entourait, et une balle de Carnifex lui mit un peu de plomb dans la tête.

Il se retourna en direction de la Turienne, qui était maintenant à une trentaine de mètres de lui. Elle était en train de tirer en direction des pirates, visant quelque chose qui n’intéressa pas Adrien. Derrière elle, il venait de voir quelque chose d’étrange. Une chaise venait de bouger toute seule. Il fit tourner son cerveau à plein régime, avant de se rendre compte d’un problème. Où était la chef dont le groupe avait fait rapport, observée par les caméras ? Il n’avait pas eu le temps de demander le nom de tous les pirates dans la pièce, mais… Pourquoi n’entendait-il pas d’ordre ? Son cerveau finit par trouver la réponse. Il ne réfléchit pas, hurlant pendant qu’il cherchait son Avenger dans son dos.

« Ravilla ! Derrière toi ! »


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MessageSujet: Re: Sur le fil de la glace   Dim 16 Aoû 2015, 13:56

    - Attendez.

    Aper fit signe à son expert technique de s'arrêter, les mandibules claquants difficilement dans l'espace restreint de son casque. En attendant, ses yeux restaient fixés sur la porte. L'épisode de l'ascenseur lui avait mis les nerfs en pelote. Dès le départ, la proximité qu'ils avaient partagée avait été gênante pour la Turienne. Elle avait fait mine de rien, préférant faire comme si elle s'en accommodait. Comme si l'étroitesse de la cabine était simplement une épreuve agaçante puisque les obligeant à renoncer à un minimum d'espace vital. Et puis, Adrien avait cru pouvoir en profiter. Il s'était rapproché un peu plus d'elle, l'air de rien. Faisant semblant d'avoir été poussé, ne pas avoir cherché un peu de contact. Balayés, les avertissements qu'elle lui avait adressé à l'extérieur; il avait préféré jouer au con. Littéralement.
    Heureusement, personne n'avait semblé avoir remarqué ce geste déplacé. A moins que ce ne soit la Major qui s'était fait des films. Mais illusion ou pas, elle s'était sentie en colère. Ce qui était important à ses yeux semblaient n'être qu'un jeu pour le Lieutenant. Il ne semblait pas savoir ce qu'il y avait en jeu. L'honneur des Turiens était une chose importante de base; chez Ravi, cela était pire encore.

    Elle avait espéré pouvoir se défouler sur les pirates. Mais d'eux, il n'y avait eu aucune trace dans les couloirs. Quelques pièges grossiers disposés çà et là, tout au plus. Rien qui ne puisse l'aider à se détendre.
    Couplée à l'appréhension d'éventuels coups de feu, la tension de la femme n'avait fait que monter. Et maintenant qu'ils étaient dans le dernier couloir où le sang en train de sécher côtoyait les cadavres de mécas, elle n'en pouvait plus d'attendre. Elle savait que derrière les lourds panneaux de métaux se trouvaient leurs ennemis, coincés comme des rats qu'ils étaient. Des promesses d'un combat acharné et sans pitié alors que la mort et la réussite valseraient pour savoir qui l'emporterait. Une façon de tout rejeter, tout oublier: La gêne, les souvenirs, la honte. Sa drogue à elle, en quelque sorte.
    Et voilà qu'Annaz la lui refusait. Ou en tout cas tentait de la retarder.

    - Monsieur...?, interrogea-t-elle d'une voix lourde.

    Le contre-ordre avait été accepté, en bonne Turienne qu'elle était. Mais elle n'approuvait pas, attendait un minimum d'explication quant à ce geste. Et gardait un peu de reproches envers son amant.

    La paranoïa de l'Humain, ou son calme, l'avait poussé à la réflexion. La fermeture des portes lui semblait louche, alors autant perdre un peu de temps pour scanner les murs alentours.
    Derrière eux, la Major grogna silencieusement. C'était une réflexion qui pouvait être jugée comme intéressante mais aussi terriblement frustrante. Les pirates étaient là depuis quelques temps, certes, mais ils ne s'attendaient pas à une attaque au sol. Les rares pièges qu'ils avaient installés l'avaient été à la va-vite. Attendait-il vraiment quelque chose de sophistiqué de leur part? Ils pourraient déjà être en train de mener l'assaut en ce moment même! C'était... terriblement crispant.
    Cet excès de prudence fut toutefois salvateur. Ils se mirent à ouvrir la cloison de gauche, prenant un temps qui lui parut interminablement long. Ils y allaient avec les matériaux du bord, progressant avec une lenteur frustrante. Lassée de rester en arrière, Ravilla finit par se rapprocher silencieusement des deux humains qui s'affairaient. Le gradé soupira au bout de quelques tâtonnements. Il ne pouvait pas voir le regard mi curieux, mi furieux qu'elle lui adressait. Tant qu'il avait fini ses enfantillages...

    - Du C4. Un gros paquet de C4.

    Oh... C'était impossible que les mercenaires aient installés ce piège d'eux même en si peu de temps. Toutefois, le complexe sur lequel ils se trouvaient avait été la cible de nombreux autres forbans. Et avant eux de propriétaires légitimes. Les explosifs avaient dû être placés à des temps plus anciens; leurs ennemis avaient dû en retrouver les traces et les installer. A moins que ce lieu ne leur servait d’entrepôt depuis suffisamment longtemps pour qu'ils aient prévu de protéger leurs précieux antigels d'autres pillards.

    Heureusement que la visière obscurcie camouflait son air renfrogné. Sans rajouter un mot, elle retourna vers les soldats restés en arrière. Elle tenta de ne pas parler d'une voix trop vive.

    - Opération de forage en cours; visez la porte et apprêtez-vous à tirer s'ils tentent de nous attaquer durant ce laps de temps.
    Sergent Heraes, occupez-vous de transporter le C4 dans une pièce à l'arrière. Je ne veux pas qu'un seul tir perdu puisse le toucher.


    Elle-même s'équipa de son arme alors qu'elle prenait position, regardant la porte avec un mélange d'envie et de colère. L'envie pour le combat qui s'annonçait enfin, la colère pour s'être montré si idiote. Elle était parti du postulat que les mercenaires n'étaient là que depuis peu et qu'ils avaient investis la base depuis trop peu de temps pour que leurs défenses soient un tant soit peu correcte. De ce fait elle s'était uniquement concentré sur les pièges les plus visibles, ne prenant pas en compte le fait que leurs adversaires puissent être retord ou simplement préparés.
    Sans Adrien, leur mission aurait pu être un échec cuisant ou marqué par de nombreuses pertes. Et, quand bien même elle l'appréciait sur bien des points (et d'autres qu'elle niait farouchement), il fallait admettre que cela l'agaçait considérablement.

    L'expert reprit son piratage, rajoutant d'insupportables secondes à l'attente, avant de se jeter sur le côté, laissant le champ libre à ses collègues. Les lourds panneaux s'ouvrirent brutalement, sans qu'une explosion sourde ne les précède. Dans la salle, il n'en fallut pas plus pour que les pirates comprennent que leur plan avait échoué. Ils s'y étaient attendus; une salve de tir marqua le début de l'affrontement.

    Lorsque ce n'était pas les boucliers qui absorbaient les impacts, les balles se perdaient non loin du groupe, tintant contre le sol ou les murs, laissant de profondes balafres dans le métal. En avant et profitant de leur protection, plusieurs soldats s'engouffrèrent dans la pièce, se jetant derrière la première paillasse, des bureaux ou des armoires. Tout était bon pour servir d'abri de fortune à la résistance plus ou moins relative, l'essentiel étant que la plupart des rafales soient arrêtées. Pour avancer, certains se servirent sans scrupules des cadavres entassés devant l'embrasure, économisant la batterie de leur barrière grâce à ce stratagème morbide. Quelques-uns restèrent dans le chemin, déchargeant quelques munitions pour empêcher les pirates de répliquer ou s'en prendre à leur compagnon. Lorsqu'ils sentaient la situation devenir trop critiques, les militaires se repliaient, laissant la tâche à d'autres. Ainsi, petit à petit, le groupe armé avait réussi à pénétrer en bonne partie de la salle. Restaient encore à passer quelques hommes, dont l'officier et la Major.
    A son tour, Adrien attrapa un des corps et vint rejoindre Aper. Cette dernière était déjà prête à s'élancer, attendant le moment où les tirs seraient moins nourris afin de réduire au maximum les risques. L'utilisation des dépouilles était loin de la gêner, mais il n'en restait plus beaucoup. En "galant homme", le Lieutenant lui fit signe de passer avec lui. Ils avancèrent tous deux jusqu'à un couvert assez résistant, lui tenant leur "protection" à deux mains tandis qu'elle lui tenait légèrement l'épaule, le poussant doucement en avant ou le retenant en arrière lorsqu'il manquait de tomber, lui assurant un équilibre supplémentaire en l'empêchant de tomber. Ils se réfugièrent derrière la paillasse la plus proche. Les autres soldats s'étaient éparpillés petit à petit, laissant ainsi la place à leurs compagnons.
    Quelques hommes n'arrivèrent pas jusque-là, repoussés par les balles, tombant sans qu'on sache s'ils étaient blessés ou morts. Le médecin turien, resté en arrière, s'en occupait comme il pouvait selon son ordre de priorité. De son côté, la doctoresse humaine s'occupait de ceux qui étaient touchés dans la pièce, comptant sur ses collègues pour repousser ceux qui voudraient la mettre hors d'état de guérir.

    Petit à petit et malgré leurs pertes (légères, il fallait l'avouer), le duo de l'Alliance et la Hiérarchie prirent le dessus, réduisant les forces ennemis. De quinze, ils passèrent à une petite douzaine, pour ensuite se retrouver à six ou sept.

    Aper rechargea son Phaëton tandis que le soldat à côté d'elle continuait de tirer. Adrien venait de quitter son côté pour se déplacer vers la gauche, tuant un des pirates qui avait voulu les contourner. Ne restaient plus que cinq ennemis. Six, si on comptait la chef.
    Des éclats de carrelage et de verres vinrent s'écraser sur son casque alors qu'une balle s'était enfoncée profondément dans la table. Le désespoir rendait les mercenaires plus féroces, mais aussi moins précis. Cependant, ils gardaient des feux nourris. Deux qui tiraient alors que trois rechargeaient et inversement. C'était plus des tirs de couvertures désespérés qu'une réelle tactique.
    Le jeune Septus s'effondra en étouffant un cri aigu tandis qu'une balle venait d'éclater son bouclier, s'enfonçant assez loin dans son torse, pas trop loin de la clavicule.
    Jurant à son tour, sa supérieure lâcha son arme pour le rapprocher contre le meuble, tentant d'examiner la blessure tandis que sous ses doigts, l'homme se crispait et toussait, cherchant à reprendre son souffle. Le plus dangereux, mis à part la perforation d'un organe, était les risques que des éclats d'armure se soient enfoncés dans l'organisme, vaquant dans les veines et pouvant causer des lésions importantes. Impuissante, la Major ne pouvait qu'appliquer un peu de médigel pour empêcher une hémorragie trop importante et prier les Esprits pour que le combat cesse rapidement. Deux autres pirates venaient de tomber; il n'y avait pas de raisons pour que l'inverse se passe. Quelques minutes, tout au plus, avant leur victoire écrasante malgré les six soldats qui avaient été blessés dans l'opération.

    - Ravilla ! Derrière toi !

    Bordel de...

    La Turienne se redressa légèrement, regardant Adrien. Ou plutôt, elle le fusilla du regard un court instant avant qu'elle ne sente un poids s'écraser contre elle, la projetant à demi contre la paillasse. Malgré son casque, elle sentit le choc du comptoir heurtant son crâne, lui laissant les sens légèrement engourdie. La militaire tenta un instant de se relever, son poing appuyé sur le sol, avant qu'elle ne sente une vive douleur exploser dans son côté droit. Il lui fallut un peu de temps pour qu'elle comprenne ce qu'il venait d'arriver alors que l'omnilame restait profondément enfoncée dans son torse. Devant elle, le camouflage tactique s'épuisa, laissant voir son adversaire à demi-assise sur ses jambes. L'humaine, cheveux blonds et court, lui sourit d'une façon cruelle alors qu'elle retira son arme d'un coup sec. Puis, se désintéressant définitivement de la Franc-tireuse, la chef des pirates s'élança vers les portes, fuyant pour sa vie à défaut de préserver celle de ses gars.


    Bordel fut la première pensée qui traversa l'esprit de Ravilla alors qu'elle tenta d'attraper son Paladin, le souffle court. Trop tard. Déjà, son agresseur n'était plus dans son champ de vision. Elle renonça, tentant de se redresser légèrement avant d'abandonner là aussi son idée. Le moindre mouvement réveillait la brûlure atroce qu'elle ressentait dans ses côtes et ne faisait que diminuer sa respiration devenue faible.
    Le sang bleu gouttait le long de l'armure, s'infiltraient au travers des doigts posés sur la plaie béante, formant une flaque qui s'élargissait avec le temps. Le fil de ses pensées lui échappait petit à petit et les bruits du combat devenaient lointains.

    C'était ironique. Treize années durant, la soldate avait cherché la mort à la moindre mission, y réchappant toujours. Et ce n'était que maintenant que cette sublime garce venait, tout sourire. Alors qu'elle s'était découvert une raison pour survivre un peu plus.
    Vindex... Bordel, il ne comprendrait pas. Le sacrifice pour la Cause, l'armée, ça n'avait jamais été son truc. Il s'en était libéré dès qu'il avait pu, sans un regard en arrière. Alors que sa sœur meurt en mission... Il serait en colère. Désespéré, peut-être. Haineux, sûrement. Il en voudrait sans doute à la Hiérarchie, à Adrien, à la galaxie entière si ça se trouvait. Il ne verrait pas l'honneur de l'acte. La fierté.

    Ravilla étouffa un hoquet, douleur et pleurs mêlés dans son sanglot. Elle ne voulait pas le laisser. Ne pas faire comme Hécarion et l'abandonner. Pas alors que l'univers était trop solitaire et froid pour qu'il y erre sans personne à ses côtés pour le soutenir. Elle ne voulait pas qu'il se retrouve à nouveau seul, comme elle auparavant. Elle ne...

    Le goût du sang se retrouva sur sa langue alors qu'elle crachotait, ses poumons tentant de se débarrasser du liquide qui commençait à s'y infiltrer. Les ombres dansaient devant ses yeux, formant d'étranges silhouettes tandis que les vivants semblaient être de pâles fantômes. Il lui sembla reconnaître les traits, encore qu’un peu déformé d'Adrien. Il aurait dû l'écouter, arrêter de vouloir lui courir après.
    Une nouvelle fois, elle lui briserait le cœur. Elle en était désolée, même si les mots restaient coincés dans sa gorge, laissant place à des éructations indistinctes.

    Pendant ce temps, le médecin faisait de son mieux pour la garder avec eux et la stabiliser, à défaut de pouvoir totalement la soigner. Le combat entre les pirates et les militaires avaient cessés, se terminant par la victoire écrasante de ces derniers. Mais pour les blessés, c'était une autre lutte qui s'offrait à eux...






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MessageSujet: Re: Sur le fil de la glace   Ven 28 Aoû 2015, 22:20

Sur le fil de la glace

Le bras dans le dos, sa main agrippa directement l’Avenger qui se trouvait à sa place. Les reflexes acquis au cours de ses entrainements et de ses missions ne lui firent pas défaut, et en un temps record, l’arme se retrouva épaulée, prête à faire feu. Ce n’était pas une seconde trop tard, car la pirate venait de désactiver son camouflage. Ravilla n’aurait eu aucun mal à réagir, si elle avait regardée dans la bonne direction… Au moment où elle se faisait sauter dessus, Adrien appuya sur la gâchette de son arme, en visant du mieux possible. Avec le recul, ce n’était pas forcément évident d’être précis, mais il n’avait pas le choix.

Bizarrement, il ne sentit pas l’arme sauter dans ses mains, et n’entendit pas le bruit des tirs. Et pour cause. L’arme fonctionnait parfaitement, mais encore plus quand elle avait des munitions. Impuissant, Adrien ne put que regarder la Turienne se faire poignarder et la pirate s’enfuir, pendant qu’il courait vers elles. A cet instant, l’idée qu’il puisse se faire tirer dessus ou que la chef s’enfuit lui était sorti de la tête. Il avait autre chose qui occupait ses pensées. Comme par exemple essayer d’aider la Turienne qu’il aimait. Heureusement pour lui, le temps qu’il arrive jusqu’au bureau derrière lequel était réfugié Ravilla, peu de tir avaient fusés. La principale raison était que les pirates n’étaient plus qu’une poignée et qu’ils essayaient de tenir le plus longtemps possible. Ils furent bientôt tous éliminer.

A côté de Ravilla, un autre Turien se tenait déjà, en train d’essayer de lui prodiguer les premiers soins. Mais même sans être un médecin de renommée galactique, Adrien savait qu’il était difficile de guérir quelqu’un qui venait de se faire percer le poumon de part en part avec un peu de médigel. Le Major avait besoin de soins plus importants, et sans doute d’une opération. Mais ici, ils ne pourraient rien faire. Oui, il le savait, et pourtant Adrien n’arrivait pas à faire fonctionner son cerveau pour donner les ordres nécessaires. Il était entièrement concentré sur le corps à côté duquel il était, et du sang qui coulait. Il fallut que le médecin lui donne un coup de poing sur l’armure pour qu’il reprenne conscience de son devoir et qu’il se remette au travail. Entre temps, les soldats avaient commencés à prendre des nouvelles de l’état de santé des uns et des autres, et s’étaient rapprochés des plus grand blessés, comme Ravilla ou les soldats touchés lorsqu’ils essayaient de franchir les portes. Se redressant, Adrien balaya des yeux la pièce avant de commencer à donner des ordres.

« Bon heu… Ok… Ok tout le monde. Vous là » Il pointa du doigt un groupe de trois Turiens. « Essayez de fabriquer des brancards. Cassez des bureaux ou je ne sais pas quoi, mais nos blessés ne seront pas en état de se déplacer. Il va falloir les transporter. Il se tourna ensuite vers un groupe d’Humains plus nombreux. « Vous, vous partez à la poursuite de la fuyarde. Sécurisez l’ascenseur pour être sûr qu’elle ne puisse pas le saboter, mais faites attention à vous, je ne veux pas d’autres pertes. » Un petite dizaine de soldats furent désignés ensuite. « Vous, dégagez le passage avec la pile de cadavre. » Enfin, il désigna un Turien. « Prévenez vos collègues qu’ils se tiennent près à faire feu sur la pirate si elle se montre. Son camouflage devrait être hors-service, mais qu’ils mettent malgré tout leurs lunettes thermiques, au cas où. Demandez aussi une évacuation d’urgence à la base, nous n’aurons pas le temps de nous balader. Allez tout le monde, exécution. »

Les soldats s’activèrent et le groupe désigné partit en direction de l’ascenseur. Essayant de reprendre le contrôle de la situation, Adrien se força à ne pas regarder en direction du médecin et de sa blessée et se dirigea vers ses soldats touchés. Le premier avait pris trois balle dans le bras droit, et s’il n’était pas en danger de mort, il avait perdu pas mal de sang et souffrait. Hyla, le médecin de l’équipe, s’était occupée de lui rapidement avant de passer aux autres blessés. Adrien s’enquit de l’état de l’homme avant de le laisser aux bons soins de ses amis et de se diriger vers la porte d’entrée. Là, il avait vu un de ses hommes s’écrouler sans doute bien plus méchamment blessé que le précédent. Un peu anxieux, le lieutenant dépassa le tas de cadavre en train d’être désempilé.

En effet, l’autre soldat était grièvement blessé son bouclier avait vite était détruit, et avant qu’il ait eu le temps de se mettre à couvert, il avait reçu une balle dans l’estomac, une dans la jambe et une dans l’épaule. Autant dire qu’il était dans un sale état. L’un de ses collègues lui avait porté assistance immédiatement, mais les dégâts internes avaient déjà été faits. Les hémorragies externes avaient étés réduite par le médigel, heureusement. L’homme était inconscient, ce qui était sans doute une bonne chose à cause de ses blessures. Mais tout comme Ravilla, il allait devoir être évacué rapidement pour recevoir des soins plus poussés.

Le travail se termina heureusement rapidement, plusieurs bureaux furent cassés à coup d’omni-lame pour en faire des brancards, le chemin fut dégagé et les blessés chargés dessus. Le groupe se mit en marche pour quitter le bâtiment le plus vite possible. Ils arrivèrent jusqu’aux ascenseurs sans encombre, où ils retrouvèrent deux des soldats laissé en surveillance au cas de tentative de sabotage. Il n’y en eu heureusement pas, de ce côté-là en tout cas. Le groupe se sépara en deux pour laisser les blessés monter en premier, faute de place suffisante dans l’ascenseur. Adrien entra avec les blessés, laissant la moitié des hommes en bas attendre le prochain voyage. Même s’il essayait de ne pas le montrer, il s’inquiétait plus pour Ravilla que pour son soldat. Les coups d’œil qu’il jetait, il espérait discrètement, n’aurait pas trompé quelqu’un d’observateur.

Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent au rez-de-chaussée, devant les deux soldats d’Adrien. Encore une fois, aucune trace de sabotage, et pour cause. D’un mouvement d’arme, l’un des deux militaires montra un corps sur le sol. La pirate au camouflage tactique, qui semblait avoir voulu effectivement saboter l’ascenseur, et qui avait été arrêtée avant. Au moins, elle ne causerait plus de souci. Le groupe se dépêcha de quitter la base et d’atteindre la cour extérieure, où attendait une navette Turienne en vol stationnaire. Plus haut dans le ciel, un Kodiak aux couleurs de l’Alliance tournait en attendant que la place se libère. Les Turiens embarquèrent, aidant leur Major à monter dans la navette. Celle-ci, à moitié consciente, se laissait plus porter que tout le reste. Adrien regarda la porte se refermer et la navette s’envoler. Il espérait que la navette serait assez rapide pour permettre à la Turienne de rejoindre la Citadelle où elle serait prise en charge.

La navette Humaine se posa rapidement après pour embarquer à son tour les blessés, suivit par la deuxième navette pour récupérer les soldats restants. Le blessé grave fut rapidement emmené à l’infirmerie pour essayer de lui prodiguer des soins plus poussés, tandis que l’homme au bras blessé y allait par ses propres moyens. Le vaisseau quitta l’orbita d’Antirumgon, au grand plaisir d’Adrien et sans doute de plusieurs autres soldats. Même si la mission était une réussite, ils avaient eu beaucoup plus de blessés que prévus, certains étant même mortellement touchés. Et personne ne se plaindrait de quitter le temps glacial de la planète.

S’isolant pour faire son rapport, Adrien restait inquiet. Pour ses soldats, bien sûr : l’un d’entre eux n’était pas tiré d’affaire, et le deuxième pouvait ne plus pouvoir se servir de son bras. Mais c’était surtout l’état de Ravilla qui l’inquiétait, et le fait de ne pas savoir comment elle allait. Dès qu’il le pourrait, il irait lui rendre visite… En espérant qu’elle s’en sorte. Et il faudrait prévenir son frère, aussi. Ce qui n’allait pas être une partie de plaisir.



RP TERMINÉ


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Sur le fil de la glace

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