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 L’apprentissage de la vie

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MessageSujet: L’apprentissage de la vie   Lun 13 Juil 2015, 21:43
Intervention MJ : OuiMai 2200 RP Tendancieux
Ashaa Jakari ♦ Krelek Aelos
L’apprentissage de la vie


Ashaa avait le souffle court. Elle haletait. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine. Et son corps tremblait. Mais non de froid. Ses muscles étaient tendus et son corps couvert de transpiration. Elle ne quittait pas des yeux son adversaire. D’un même mouvement, ils se tournèrent autour en formant un cercle. L’un comme l’autre cherchant une ouverture dans la défense de son opposant. Mais Ashaa était loin de posséder les mêmes compétences que le Drell qu’elle affrontait. Et quand elle pensa avoir mis à jour une faille dans sa posture, elle passa à l’offensive. La contre-attaque fut dévastatrice et la jeune femme se retrouva au sol avec une douleur lancinante à la mâchoire qui lui fit voir des étoiles.

***

Khar’Shan. Nid du Milan / Deux semaines plus tôt.

Ashaa avait les poumons en feu. Krelek et elle venaient de piquer un sprint dans les rues animées de la capitale butarienne. Et à présent que tout danger était écarté, les deux Drells s’autorisaient une brève halte. C’est à ce moment-là que le sauveur de la jeune femme avait décidé de mettre les points sur les i et de lui faire comprendre à quel point elle s’était montrée insouciante. Elle avait laissé ses émotions prendre le pas sur sa raison et manqué leur coûter la vie à tous les deux. Il s’en était fallu de vraiment peu. Mais heureusement, le pire était derrière eux maintenant et ils n’avaient plus rencontré aucune résistance jusqu’à ce qu’enfin ils furent en sécurité à bord de la navette de Krelek.

Là, Ashaa avait pu baisser sa garde et s’octroyer un moment de répit. Mais même de se savoir loin de son tortionnaire n’avait pas permis à la jeune femme de fermer les yeux. Elle était demeurée sur une couchette dans un état catatonique durant les premières heures du trajet retour vers Illium. Et quand finalement la fatigue avait eu raison d’elle et l’avait fait sombrer dans l’inconscience, ce n’avait été que pour la faire affronter de nouveau ses vieux démons.

— Tu feras ce qu’on te dira de faire et quand on te le dira, Ashaa. (La voix de Gorbak résonnait dans la tête de la Drell. Un écho surgi des profondeurs insondables de sa mémoire.) Que tu le veuilles ou non. C’est bien compris ? Tu m’appartiens. (Ce mot arracha un gémissement de détresse à la jeune femme.) Ta seule raison d’être en ce bas monde est de satisfaire le moindre de mes caprices. Rentre-toi ça dans le crâne une bonne fois pour toutes. (Une pause. Ashaa sentit un mouvement au milieu des ténèbres la ceignant de toutes parts.) N’oublie pas qui est le maître ici. Est-ce que c’est bien clair ?

La question se répercuta en écho dans le crâne d’Ashaa avant qu’elle ne se redresse en sursaut sur sa couchette. Elle avait le souffle court et la poitrine en feu. Sa peau était couverture de transpiration et elle tremblait comme une feuille. Elle revoyait le visage de son tortionnaire flotter devant ses yeux comme s’il se trouvait juste là devant elle. Elle avait beau balayer la navette du regard pour se convaincre qu’elle ne risquait rien désormais, le fait est qu’elle ne parvint pas à chasser de son esprit le souvenir de son ancien maître. Son tortionnaire. L’homme qui avait fait de sa vie un véritable enfer et qu’elle avait été incapable de tuer le moment venu. Non par manque de volonté et de détermination. Mais par manque de compétence. Manque d’entraînement. Manque de savoir-faire.

Des images surgirent brusquement dans la tête d’Ashaa et elle se retrouva dans la ruelle même dans laquelle Krelek lui avait fait un sermon quelques heures auparavant. Elle n’eut presque aucun mal à se convaincre que cette scène était bien réelle. Elle se trouvait présentement dans le même état d’esprit qu’alors : essoufflée, le cœur au bord de l’explosion, le corps tremblant sous l’effet de l’adrénaline et terrorisée à l’idée que Gorbak avait survécu et reviendrait tôt ou tard s’en prendre à elle. Elle entendit alors clairement les mots prononcés par son sauveur à ce moment-là :

— Ça ne valait pas la peine de prendre ce risque inconsidéré, c’était stupide et voué à l’échec. Il faut parfois se rendre compte de l’évidence et l’accepter, afin de préparer le mouvement suivant. Ce n’est pas en tentant désespérément de réaliser son objectif, que l’on réussit, c’est même ainsi qu’on échoue. Et ce n’est pas en se lamentant qu’on accomplit quoi que ce soit. Vous voulez mettre fin à ses jours ? Alors battez-vous, au lieu de pleurer. Vos larmes ne vous sauveront pas.

Ses larmes ? Ashaa sentit l’air s’engouffrer soudain dans ses poumons tandis qu’elle reprenait contact avec le présent. Ses joues étaient inondées de larmes fraîches. Elle avait gémi et pleuré dans son rêve. Mais ses larmes ne la sauveraient pas. C’est ce que Krelek avait dit. Les larmes n’étaient pas les armes dont elle avait besoin pour mener à bien sa vendetta. Elle avait besoin d’autre chose. De plus que des larmes. Elle avait besoin d’un mentor et d’un guide. Quelqu’un à même de la former et de lui montrer la voie à suivre pour parvenir à ses fins. Et ce quelqu’un, c’était lui : le Drell venu à son secours.

***

C’est ainsi qu’Ashaa se retrouvait étendue sur le ventre aux pieds de Krelek. Le Drell aux écailles dorées à qui elle devait sa liberté la dominait de toute sa hauteur et jetait sur elle un regard dépourvu de toute compassion. Lui-même n’était pas ici pour faire dans la sympathie. Ashaa lui avait demandé s’il pouvait l’entraîner et Krelek avait accepté face à la détermination de la jeune femme. N’était-ce pas lui qui lui avait dit de se battre ? N’était-ce pas lui qui avait dit que se lamenter ne lui permettrait pas d’accomplir quoi que ce soit ? C’est lui qui lui avait mis cette idée en tête. Et Ashaa était déterminée à suivre au pied de la lettre son conseil. Elle voulait tuer Gorbak et pour cela, elle devait devenir elle-même l’arme qui lui permettrait de mener à bien sa vendetta. Et pour devenir cette arme, elle avait besoin d’un guide.

— Debout, ordonna sèchement Krelek avec cette autorité dont il faisait preuve durant l’entraînement.

Ashaa secoua la tête. Elle continuait à voir de petites étoiles argentées flotter devant ses yeux. Sa tête tournait toujours et elle se sentait nauséeuse. Quand Krelek ordonna une nouvelle fois qu’elle se lève, la Drell perçut sa voix de très loin. Les bruits étaient assourdis et la voix de Krelek déformée. Mais cela ne changeait rien au fait qu’elle n’arrivait pas à se remettre sur pied. Ses bras refusèrent de porter son poids quand elle tenta de s’appuyer sur eux pour se redresser. Elle était encore faible. Beaucoup trop faible. Ce qui n’avait rien d’étonnant une semaine seulement après le début de son entraînement. La jeune femme aurait besoin de temps pour prendre du muscle et s’endurcir aussi bien physiquement que mentalement. Mais justement, le temps était un luxe qu’elle ne pouvait se permettre.

Gorbak avait été blessé dans son orgueil. Il ne se lancerait pas à sa poursuite immédiatement. Il aurait besoin de temps pour ressasser la trahison de sa Favorite et attiser son désir de vengeance. Mais une fois qu’il aurait décidé de s’en prendre de nouveau à elle, il serait impossible de l’arrêter ou le pousser à abandonner sa quête. Ashaa se devait d’être prête pour le jour où ce moment viendrait. Elle n’avait donc pas une minute à perdre. Deux semaines s’étaient déjà écoulées depuis son sauvetage sur Khar’ Shan. Et après avoir consenti à s’accorder une semaine de repos le temps de se remettre de ce qu’elle avait affronté durant son emprisonnement dans cette cage dorée qu’était le manoir de Gorbak, Ashaa avait décidé que le moment était venu de commencer l’entraînement. Mais le fait est qu’il lui faudrait fournir des efforts surhumains pour espérer atteindre ses objectifs. Elle partait avec un handicap : son incapacité à contrôler ses émotions et la rage qui l’animait.

*Debout !* s’ordonna la jeune femme en tapant de la main sur le sol. *Allez, debout !*

Mais autant cela pouvait être un handicap, autant cette rage était également ce qui la poussait à faire tout son possible pour atteindre ce même objectif. Elle pouvait se servir de cette rage pour forger dans son cœur ardent l’arme dont elle aurait besoin pour tuer ce sale chien de Gorbak. Et serrant les dents, Ashaa se redressa et fusilla son entraîneur du regard tout en s’efforçant d’oublier la douleur irradiant dans toute sa mâchoire. Elle avait exigé de lui qu’il fasse d’elle son égale. C’était là le prix à payer pour qu’il en soit ainsi.

— Encore, souffla Ashaa entre ses lèvres serrées en se remettant en posture de combat. Encore…
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MessageSujet: Re: L’apprentissage de la vie   Dim 19 Juil 2015, 01:36

    Nos Astra, Illium


    A peine avait-elle quitté Khar’Shan qu’Ashaa avait fait comprendre à son sauveur qu’elle voulait apprendre à se battre. Elle était fatiguée de fuir et de ne pas pouvoir se défendre ; elle ne voulait plus être la victime de Gorbak. Suite à cela, Krelek avait bien entendu pensé à quelques maîtres d’armes pour lui enseigner les arts martiaux, mais la femme n’avait pas réellement suivi ce raisonnement. Elle voulait que ce fût le Drell en personne qui lui enseignât les arts du combat et ne semblait pas vraiment lui laisser le choix. Sans doute aurait-elle pensé à deux fois avant de plus ou moins exiger de l’homme ce service si elle avait su qu’il était le Courtier de l’Ombre en personne. Mais, fort heureusement pour les deux parties, elle ne savait pas à qui elle avait affaire.
    Dans un premier temps, Krelek ne pouvait se résoudre à prendre sous son aile une femme qui n’avait strictement aucune discipline et aucune connaissance en matière de combat. Maîtriser les arcanes ancestraux de Rakhana demandait des années et des années d’entrainement et commençait dès le plus jeune âge. Comment pouvait-elle espérer s’en sortir ? Et comment devait-il s’y prendre, lui qui n’avait jamais enseigné quoi que ce soit à qui que ce fût ? Il n’avait pas de temps à consacrer à la jeune Drell, ses responsabilités étaient trop importantes. Mais, dans un second temps, il se rendit compte qu’il n’avait pas vraiment le choix ; il devait garder Ashaa près de lui, garder un œil sur elle. Il n’était pas question de soudainement prendre bonne conscience et devenir un ange gardien, il n’était pas question de compassion et d’altruisme, mais bel et bien d’intérêt purement personnel. Comme elle le répétait bien trop souvent à son goût, Gorbak ne lâcherait jamais l’affaire et n’aurait de cesse de l’attraper et lui faire payer son outrage. Sauf que cette histoire ne concernait plus simplement Ashaa, mais également Krelek, qui, lui aussi, allait être poursuivi. S’il n’avait pas trop de soucis à se faire grâce à sa position de Courtier de l’Ombre, qui le rendait parfaitement invisible et, surtout pratiquement omniscient, il n’en était pas de même pour la jeune femme, qui ne profitait pas d’une position avantageuse dans la plus puissante organisation de la Galaxie. Elle était le maillon faible qu’exploiterait le Butarien pour l’atteindre, elle serait sa cible principale et elle n’avait pas de moyens de protéger du courroux de son ancien maître. Ainsi, tant que l’esclavagiste était en vie, le Drell devait garder Ashaa près de lui, et ce malgré le fait qu’il n’eût aucune envie de l’avoir dans les pattes en permanence.

    Ce fut donc ainsi que commença le travail à temps partiel de Krelek et qu’il prit la responsabilité d’enseigner à sa protégée les arts du combat. Il allait sans dire que la tâche n’était pas aisée et que le Drell n’avait strictement aucune idée de comment s’y prendre. L’enseignement qu’il avait suivi n’était pas applicable à Ashaa, car étant trop âgée et, surtout, Illium n’étant pas Rakhana. Il allait devoir improviser et il n’aimait pas cela. Si l’improvisation avait toujours fait partie de son quotidien, et ce depuis sa naissance, il n’aimait pas cela pour autant. Il préférait lorsqu’il y avait un plan et que les choses se déroulaient en accord avec. Il allait donc lui falloir trouver une manière de lui enseigner son savoir de manière efficace, sans perdre son temps ; il devait continuer à assumer son rôle de Courtier de l’Ombre en parallèle.
    Les premières semaines s’étaient révélées particulièrement difficiles. Outre la difficulté de trouver un appartement pour héberger Ashaa et la cacher aux regards indiscrets, la jeune femme avait un sale caractère et était particulièrement capricieuse. Sans doute s’était-elle imaginer faire des progrès rapidement, sans doute avait-elle pensé qu’apprendre à se battre était aussi facile qu’apprendre à cuisiner un plat. La réalité l’avait rattrapée et l’avait frappée de plein fouet, ce qui avait pour conséquence de la rendre particulièrement désagréable lors des premières séances. Mais Krelek ne se laissait jamais faire et se montrait impassible, dur comme l’acier et intransigeant. Dans ce genre d’art, il fallait bien comprendre la position du maître et de l’élève, il fallait installer une hiérarchie et la faire respecter. Il n’y avait pas d’ordre sans discipline et c’était bien là l’une des premières choses que le Drell comptait enseigner à son disciple. Si elle voulait survivre face à Gorbak, si elle voulait l’affronter et le tuer de ses propres mains, il fallait qu’elle pût se contrôler et faire taire ses impulsions. Un combattant qui ne peut se contrôler est un combattant qui a déjà perdu son combat.
    Il fut compliqué d’implanter cette notion fondamentale dans l’esprit d’Ashaa, dans un premier temps. Mais, au fur et à mesure que les sessions d’entrainement se succédaient, elle commençait à finalement comprendre ce principe et changer sa manière de percevoir les choses. Ce n’était pas parfait et la jeune femme était toujours compliquée et têtue, mais pas autant que lors des premières fois. Elle commençait finalement à laisser son esprit être pragmatique, plutôt que passionnel. La passion était le piège de tout guerrier ; se laisser aller à ses émotions était le meilleur moyen de se faire tuer. Il fallait savoir séparer ses émotions de son objectif et se concentrer sur ce dernier. C’était là seulement que l’efficacité pouvait combler les failles du concerné.

    Ce fut au bout d’un mois d’acharnement qu’Ashaa commença à afficher les premiers signes de progrès. Alors qu’il suffisait généralement de quelques coups à Krelek pour la mettre à terre, souvent sans y mettre le moindre effort, elle commençait enfin à pouvoir parer certains coups. Ce n’était pas grand-chose, mais c’était un bon début et cela indiquait au Drell qu’il s’y prenait de la bonne manière. Il avait fini par avoir des doutes quant à l’efficacité de sa méthode, ne percevant pas de progrès chez son élève, mais, à force de patience, il avait pu se rendre compte qu’il s’était inquiété pour rien. S’il y avait bien une qualité qu’il devait reconnaître chez la jeune femme, c’était sa persévérance, souvent poussée par son entêtement. Cela la menait à souvent se faire du mal et, parfois, se blesser, mais elle avait la volonté de progresser, et c’était ce qu’elle faisait, quoique lentement. Mais cela avait été à anticiper ; on n’apprenait pas à utiliser des techniques de combat millénaires en quelques jours ; il fallait du temps et de la patience, et l’un des deux manquait sûrement à Ashaa.
    En effet, il était évident que Gorbak finirait par mettre la main sur la Drell, un jour ou l’autre. La question était : Quand ? Krelek ferait en sorte que cela soit le plus loin possible du présent. Mais la jeune femme ne pouvant constamment être aux côtés de son protecteur – ce qui lui assurerait de ne jamais être retrouvée -, il viendrait un moment où elle serait découverte. Mais, avant que ce jour ne vint, elle aura appris les rudiments du combat au corps à corps et aura eu le temps de profiter des plaisirs d’une vie qu’elle n’avait jamais eue, celle d’une vie de citadine libre, vivant dans le confort et ne manquant jamais de rien. C’était plus qu’elle n’avait pu espérer. Krelek avait bien pensé à l’enfermer dans un hangar pour garantir sa discrétion, mais cela aurait nuit à l’apprentissage de la Drell, qui n’aurait fait que mépriser celui qui était censé la protéger. Cela, il ne pouvait le cautionner.

    Deux mois plus tard...

    Ashaa tomba lourdement à terre, n’ayant su parer le coup que lui avait porté Krelek. Impassible, il la regarda à terre, lâchant un léger soupir de lassitude. Il répétait ce mouvement au moins trois fois par entrainement, et à chaque fois la jeune femme ne pouvait l’esquiver. Depuis le temps, elle devait être capable de voir l’assaut arriver, d’autant plus qu’il n’était pas des plus compliqués. Il s’agissait d’une parade basique, exécutable pour toutes personnes avec un minimum d’entrainement. Ce que le Courtier attendait de son élève n’était pas simplement de parer la technique, mais également de la reproduire. L’une des bases fondamentales des arts martiaux était l’apprentissage par l’observation, or, Ashaa ne semblait toujours pas l’avoir compris et c’était frustrant, autant pour lui que pour elle. Comment était-elle sensée défaire Gorbak, si elle ne pouvait apprendre de ses erreurs ?
    Les mains croisées dans le dos, Krelek observa son élève tenter de se relever. Elle était exténuée et sonnée par le coup qu’elle avait subi. Tout son corps tremblait de l’effort qu’elle avait fourni lors de cet entrainement. Elle donnait toujours le meilleur d’elle-même, mais ce n’était pas suffisant, de toute évidence. Elle possédait la volonté de se surpasser, de réussir et de progresser, mais il fallait plus que cela, il fallait passer de la parole à l’acte. L’ex-assassin savait qu’Ashaa était capable d’atteindre ses objectifs, ses progrès l’attestaient, mais elle n’allait pas au bout de sa pensée, elle ne se donnait pas les vrais moyens d’améliorer. Il y avait une part de flemmardise en elle, une part de naïveté qui lui faisait sans doute penser de manière inconsciente que le progrès se ferait de lui-même, à force d’entrainement. Ce n’était pas le cas, et il fallait qu’elle le comprenne.
    Mais Krelek n’allait pas le lui dire, elle devait s’en rendre compte d’elle-même. Les arts martiaux n’étaient pas seulement le développement du corps, mais également de l’esprit. Il fallait que la jeune femme cessât de se reposer sur les autres et qu’elle se rendît compte qu’elle était vouée à elle-même. Le Drell était son guide, mais il ne devait que lui indiquer le chemin à suivre, pas lui tenir la main pendant qu’elle faisait son voyage ; cela, elle devait le faire seul.

    - C’est tout pour aujourd’hui, déclara Krelek. Il n’y aura pas d’entrainement demain, je veux que tu médites sur les raisons de ton échec aujourd’hui. Encore une fois.

    Puis l’homme se détourna et se posta devant la baie vitrée qui bordait la pièce dans laquelle son élève et lui se trouvaient. Il avait spécialement acheté un appartement avec une vue sur l’océan pour effectuer les entrainements. Pas qu’il était un romantique dans l’âme, mais simplement parce que sur Rakhana, l’enseignement qu’il avait suivi s’était déroulé dans un lieu avec un panorama spectaculaire. La nature était source d’inspiration et ouvrait l’esprit à la réflexion. Si Nos Astra n’était pas vraiment – voire pas du tout – riche en végétation et autres lieux bucoliques, elle offrait néanmoins de belles vues à ceux qui pouvaient se l’offrir. C’était mieux que rien et il s’en contenterait ; cela ferait amplement l’affaire pour ce dont il était question : apprendre à une jeune femme à se battre, ou en tout cas, les rudiments.












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MessageSujet: Re: L’apprentissage de la vie   Dim 26 Juil 2015, 14:58
Encore. Encore. Encore. Ashaa n’avait que ce mot à la bouche depuis qu’avaient commencé les séances d’entraînement. La hantise de voir Gorbak débarquer sur Illium du jour au lendemain hantait ses nuits et mettait à rude épreuve la jeune femme en permanence. Elle savait pertinemment qu’elle finirait tôt ou tard par manquer de temps. Elle se devait donc d’assimiler en moitié moins de temps les techniques que son mentor tentait de lui inculquer et les concepts moraux et spirituels qu’il s’efforçait de lui faire entrer dans le crâne. Mais rien à faire… Les progrès n’étaient pas aussi significatifs que ceux auxquels s’était attendus la jeune femme. Elle avait le sentiment de ne pas progresser d’un iota et de demeurer au même point que plusieurs semaines auparavant. C’était frustrant…

Ne donnait-elle pourtant pas le meilleur d’elle-même ? Ne faisait-elle pas de son mieux pour être à la hauteur des attentes de Krelek ? De toute évidence : non. Il n’y avait qu’à entendre le dédain dans sa voix quand il l’informa que c’était tout pour aujourd’hui et qu’il n’y aurait pas d’entraînement pour le lendemain. Il semblait désespéré et se dire que c’était peine perdue. Ashaa pouvait-elle lui en vouloir ? Lui maîtrisait toutes ces techniques de combat rapproché et de self-defense. Le problème venait donc obligatoirement d’elle. C’est elle qui éprouvait toutes les peines du monde à assimiler les enchaînements de coups et les parades pourtant simples que tentait de lui enseigner le Drell. Alors que faire ?

— Méditer ne servira à rien, répondit la jeune femme avec une pointe d’arrogance et d’insolence dans la voix. C’est mon corps que je dois forger en arme, pas mon esprit. Il suffit de continuer l’entraînement. Encore et encore. C’est le seul moyen de progresser et d’atteindre mon objectif. Rester là assise à fixer des yeux l’océan ne fera pas avancer les choses. Il faut juste que je sois plus rapide. Et que j’anticipe. C’est tout. Voilà les raisons de mon échec. Reprenons. Encore une fois.

Krelek lui tournait le dos. Il gardait toute son attention focalisée sur le paysage riche et spectaculaire s’étendant de l’autre côté de la baie vitrée. Il semblait avoir l’esprit ailleurs. Mais c’est bien le point sur lequel Ashaa butait tant. Elle restait convaincue que seul son corps était l’arme dont elle avait besoin pour mettre Gorbak hors d’état de nuire. Elle peinait à assimiler le fait que l’esprit était une arme toute aussi meurtrière. L’un et l’autre étaient supposés ne faire qu’un. Et tandis que Krelek fixait l’extérieur sans daigner s’intéresser à elle, nul doute qu’une partie de son esprit était tourné vers elle en tentant de comprendre pourquoi il avait accepté pareil défi.

— Est-ce que m’écoutez au moins ? demanda Ashaa devant le silence du Drell. Nous devons continuer sur notre lancée. Encore. C’est à force de persévérance que les résultats finiront par apparaître. Alors remettons-nous au travail sans plus attendre.

Elle se remit en position et attendit une réaction quelconque de la part de son mentor et guide. Mais toujours rien. Si elle pouvait se montrer trop souvent butée, lui aussi était du genre à camper sur ses positions quand il avait une idée derrière la tête. Ashaa soupira en passant une main sur son visage. La peau écailleuse de la jeune femme était toujours douloureuse au niveau de la mâchoire. Mais ce n’est pas tant la douleur qui la mettait hors d’elle. C’était surtout le comportement dédaigneux du Drell. Ce n’est certainement pas en restant les bras croisés qu’ils arriveraient à quoi que ce soit. Autant laisser tomber la méditation donc et reprendre l’entraînement là où il avait été laissé.

Mais peut-être était-ce justement la persévérance aveugle et sans limite de la jeune femme qui posait vraiment problème. Elle passait le plus clair de ses journées à tenter de reproduire avec plus ou moins d’efficacité les enchaînements de plus en plus complexes que Krelek accomplissait devant elle. C’est tout juste si elle s’accordait un moment de répit entre deux séances d’entraînement. Et la nuit n’était guère une source de réconfort pour elle. Peut-être était-ce même pire. Car quand ce n’étaient pas les cauchemars qui la maintenaient éveillée jusque tard dans la nuit, elle suffoquait sous les assauts d’une angoisse qu’elle ne pouvait réprimer malgré tous ses efforts. Peut-être était-il là quelque part. Peut-être la surveillait-il en ce moment-même, la laissant succomber lentement mais sûrement à sa terreur et sombrer dans la psychose. Peut-être était-ce la nouvelle méthode qu’il avait trouvée pour parvenir enfin à briser son esprit. Gorbak.

Ashaa prit une profonde inspiration. Cela n’avait aucun sens. Elle laissait trop ses pensées divaguer et craindre le pire. Peut-être que si elle dormait plus la nuit elle ne succomberait pas aussi facilement à la folie. Peut-être aussi récupérerait-elle mieux des séances d’entraînement et peut-être son corps serait-il au final moins endolori et plus apte à assimiler les leçons de Krelek. Car la privation de sommeil jouait autant sur le corps que sur l’esprit. C’était sûrement pour cette raison qu’Ashaa était aussi peu réactive ces derniers jours et aussi lente à parer les coups de son adversaire. Elle était probablement déphasée. L’esprit et le corps déconnectés l’un de l’autre. Peut-être qu’une heure ou deux de méditation…

*Non !* se dit-elle en secouant la tête. *Ce serait une perte de temps. Reste focalisée sur la formation martiale. Reprends tes esprits et reste concentrée sur la tâche.*

Ashaa jeta un œil par-dessus son épaule en direction de Krelek. Était-il décidé à reprendre la séance là où il l’avait interrompue ou alors allait-il lui refaire une leçon de moral en critiquant son empressement et le fait qu’elle n’arriverait à rien si elle ne se disciplinait pas un peu ? La discipline. Ce qu’elle avait le plus de mal à accepter dans le fond. Elle avait demandé à Krelek de la former et de ce fait, il se devait d’être intransigeant et d’exiger d’elle qu’elle agisse selon un certain code de conduite. Mais cela avait le malheur de lui rappeler parfois sa vie passée et les règles auxquelles elle avait également dû se plier pour contenter ses anciens maîtres. Elle avait tout fait pour tenir tête à ses tortionnaires. Et Krelek se comportait parfois comme l’un d’eux. C’est pourtant ce dont elle avait besoin. Elle avait vu cet homme se battre et faire montre d’un calme olympien en situation de combat. Elle devait devenir son égale si elle voulait avoir une chance de survivre. Et tant pis s’il était dur et autoritaire avec elle. Elle se devait de prendre sur elle et de faire la part des choses de manière posée et rationnelle. Krelek n’avait rien à voir avec Gorbak et son père. Il n’était pas dur pour le plaisir d’être cruel. Elle ne devait pas l’oublier.

Mais changer pouvait être si difficile quand on avait été habitué à mener sa vie d’une certaine manière. Ashaa ne pouvait exiger de Krelek qu’il comprenne. Elle ignorait tout de sa vie à lui, même si ses longs silences en disaient long sur ce que lui-même avait dû vivre. Mais cela n’était pourtant pas une excuse. Krelek lui dirait que c’était se montrer faible que de rejeter la faute sur autrui et de ne pas assumer la responsabilité de ses propres erreurs. Changer sa manière d’être était peut-être difficile, mais c’était un mal nécessaire. Elle devait cesser de se braquer continuellement. Elle n’était pas en terrain hostile ici. Elle pouvait se permettre de baisser sa garde sans crainte. Mais les mauvaises habitudes avaient la vie dure et accorder sa confiance n’avait jamais été un luxe que la Drell avait pu se permettre jusqu’à maintenant. Mais le temps n’était-il pas venu de changer tout cela justement ?

— Désolée, souffla finalement la jeune femme à mi-voix. Je suis désolée. (Elle se tut un instant. Sa voix était grave et rêche. Elle était assoiffée à cause de l’effort fourni jusqu’à maintenant.) Je n’aurais pas dû m’emporter de la sorte. Je retire ce que j’ai dit.

Elle baissa la tête et alla se servir un verre d’eau. Elle préférait éviter de croiser le regard lourd de son mentor et concentra donc toute son attention sur la carafe posée devant elle. Le verre qu’elle remplit d’eau trembla dans sa main et finit par lui échapper pour venir se briser en mille morceaux à ses pieds. Ashaa garda les yeux fixés sur ses doigts recourbés. Ses muscles étaient saillants et douloureux. Et de temps à autre, ils frémissaient et se contractaient tout seuls. Elle était exténuée. Complètement vidée. Elle avait surestimé ses capacités et tenté de pousser au-delà de son corps était capable d’endurer. La proposition de Krelek ne semblait finalement pas si stupide que ça.

Une pause lui ferait certainement le plus grand bien…
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MessageSujet: Re: L’apprentissage de la vie   Lun 27 Juil 2015, 00:55

    Comme il s’y était attendu, Ashaa refusa d’interrompre l’entrainement ; elle voulait continuer à se battre, même alors que ses jambes la supportaient à peine, même alors qu’elle était à bout de force. Il s’agissait presque d’un rituel qui se répétait à chaque fois que les deux Drells se voyaient ; depuis qu’elle avait retrouvé la liberté, la jeune femme ne pouvait s’empêcher de s’insurger contre les ordres de son professeur. Parfois, Krelek se demandait si elle le faisait par principe plus qu’autre chose. Peut-être qu’à présent libre, elle refusait qu’on lui dictât sa conduite ? Peut-être savait-elle parfaitement qu’elle ne pouvait continuer son entrainement, mais faisait opposition pour rappeler à son mentor qu’elle n’était plus une esclave ? Un comportement bien puéril, mais l’ex-assassin n’y prêtait pas attention, car Ashaa finissait toujours par accepter, sans doute par raison que par envie. Au fond, Krelek ne savait pas ce qu’il se passait dans la tête de son disciple, mais en deux mois, il avait su en découvrir les mécaniques. Il ne prétendait pas la connaître, mais il savait de quel fer elle était forgée. Il avait donc appris à faire la sourde oreille lors de ses moments de rébellion, ne faisant plus attention à ce qu’elle pouvait dire. Elle devait comprendre qu’elle n’était pas en place de négocier, que ce n’était pas à elle de décider. Elle devait apprendre à rester à sa place.
    Mais Krelek écoutait tout de même ce qu’Ashaa disait, il ne l’ignorait jamais réellement. Il était toujours utile de savoir ce que pensait son élève, savoir quel mensonge l’habitait, pour ensuite le briser et lui faire voir la vérité. Beaucoup se faisaient une fausse image d’eux-mêmes, se croyant invisibles, indestructibles, et la jeune Drell en faisait partie, s’imaginant pouvoir repousser ses limites toujours plus. Mais l’homme savait mieux qu’elle ce que son corps subissait, il le voyait alors qu’elle l’ignorait en se berçant de ses fantasmes naïfs. A force de se forcer à donner plus, son corps était au bord du décrochage. Elle tenait à peine debout et, malgré cela, elle refusait de se reposer, elle refusait de suivre les ordres de son mentor. Elle imaginait que l’esprit ne servait à rien, qu’il n’y avait que le corps qui comptait. Krelek se demandait si elle pensait réellement ce qu’elle disait, ou si ces paroles n’étaient sorties que par un excès de colère, car elle ne pouvait avoir plus tort qu’en ce moment. L’esprit était essentiel à toute activité sportive, même le combat. S’il n’était pas en parfait équilibre avec le physique, alors la personne concernée ne pouvait accomplir quoi que ce soit correctement. Dans les arts martiaux, il n’y avait pas de progrès sans travail sur soi-même. Il fallait se connaître parfaitement, savoir où se trouvaient ses faiblesses pour les combler par un renforcement mental réfléchi. Si Ashaa ne comprenait pas cela, il n’y avait aucune utilité à ce que Krelek lui enseignât quoi que ce fût.

    Lorsque la jeune femme se calma et s’excusa de son excès de colère, comme elle le faisait souvent, elle voulut se servir un verre d’eau, sans succès. Le verre lui glissa des mains et se fracassa au sol ; Ashaa n’avait même plus la force de tenir un objet aussi léger. Krelek la regarda et s’approcha. La poussant d’un doigt, sans effort, il la fit tomber au sol. Il soupira, avant de lâcher :

    - Pas d’entrainement pour une semaine. Ton corps ne supporte pas le rythme que tu lui impose, et ce parce que tu ne le laisse pas se reposer.

    La jeune femme était sujette à des insomnies récurrentes, et le Drell le savait. Cela était un signe d’un manque de méditations et de spiritualité, mais aussi d’une peur non contrôlée. En somme, elle ne faisait pas ce qu’il lui disait de faire. Elle devait combattre intérieurement ses démons, savoir leur faire face et ne plus laisser les prendre le dessus sur elle. Si elle voulait vaincre Gorbak, elle devait apprendre à ne plus le craindre, ou en tout cas, maîtriser la hantise qu’il lui inspirait. Krelek ne lui en voulait pas, il savait que c’était dur. Il n’avait jamais vécu une telle chose, mais il se rappelait que lui-même se laissait difficilement aller aux méditations. Il trouvait cela ennuyeux, il n’en comprenait pas le concept, et ce jusqu’à ce qu’il se rendît compte à tel point cela l’avait aidé dans son apprentissage, inconsciemment. Ashaa devait en faire de même, elle devait se forcer à se regarder dans un miroir et accepter sa condition. Si elle n’était pas en accord avec elle-même, elle ne pourrait jamais vaincre les fantômes qui la hantaient, et si elle ne pouvait faire cela, elle ne pourrait progresser, et donc vaincre son Némésis : Gorbak.

    A la mine qu’affichait la jeune femme, Krelek sut que la distance qu’il imposait entre sa personne et son élève devenait trop grande. Il recommençait à devenir un étranger qu’elle craignait, il recommençait à devenir source de dégoût. Il ne pouvait pas laisser une telle chose se passer ; s’il n’y avait pas une certaine cohésion entre le maître et le disciple, il n’y avait plus d’apprentissage. Si l’homme se montrait souvent dédaigneux et froid, ce n’était pas parce qu’il méprisait Ashaa, mais bien pour lui apprendre la discipline. Au fond, il avait su apprendre à apprécier la jeune femme, malgré son sale caractère et ses mauvaises habitudes. Elle était le premier membre de son espèce avec qui il passait autant de temps. Il n’avait pas eu une telle proximité avec les Drells depuis sa fuite de Rakhana. La dernière fois où il avait eu un contact plus prononcé avec sa race depuis son exode était la fois où il avait dû assassiner l’Inquisiteur, un bourreau religieux qui tentait de convertir par la force les Drells n’ayant pas accepté la Foi Hanari comme doctrine religieuse. Ce dernier contact l’avait mené à tuer des membres de son espèce, pour au final ne rien changer, vu que l’inquisition continuait sur Kahjé. Ici, il n’était pas question d’assassiner ses confrères, mais d’apprendre à se battre à l’un d’entre eux. Il ne devait pas devenir l’ennemi d’Ashaa ; il était son seul allié et elle était la seule Drell avait qui il avait un contact réel.
    Krelek se pencha donc et aida la jeune femme à se relever. Puis il saisit un autre verre et le remplit d’eau, avant de le donner à l’intéressée, lui intimant de prendre le verre à deux mains. Il lui laissa quelques instants de répit, puis reprit la parole, afin de conclure le cours une bonne fois pour toute :

    - Si tu n’équilibre pas ton esprit à ton physique, jamais tu ne vaincras Gorbak. Imagine que ton corps est un pistolet, une arme. Mais qu’est-ce qu’une arme, sans sa gâchette ? Voilà ce qu’est ton esprit : l’élément qui permet à ton corps d’agir. Si tu n’entraines pas cela, alors tu ne progresseras jamais réellement. Tu te retrouveras devant Gorbak et la peur te paralysera au moment critique. Tu dois te débarrasser de cette peur, elle te bride comme on bride un chien avec une laisse pour l’empêcher de fuir. Tu veux être libre, mais tu ne te libère pas de toi-même et tu t’enchaîne sans t’en rendre compte. Tu n’es plus l’esclave de Gorbak, mais tu es l’esclave de ta peur.

    Puis Krelek se détourna, se dirigeant vers la sortie de la pièce. Avant que la porte ne s’ouvrât, il se retourna et ajouta :

    - Repose-toi et médite sur ce que je viens de te dire. Dans deux jours, reviens ici, je te proposerai un autre exercice, mais il ne sera pas question de combat.

    Et Krelek quitta les lieux, laissant Ashaa à elle-même. Il aurait pu la ramener chez elle, au vu de son état, mais avec ce qu’il venait de faire et de dire, elle devait sans doute être d’une humeur exécrable. Et puis, elle n’habitait pas loin de leur salle d’entraînement, elle n’aurait pas de difficulté à retrouver ses quartiers sans incidents. Elle avait besoin de temps pour elle ; il la ramènerait une autre fois.












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MessageSujet: Re: L’apprentissage de la vie   Sam 01 Aoû 2015, 21:41
Perdue dans ses pensées, Ashaa n’entendit pas Krelek se détourner de la fenêtre et se rapprocher d’elle. Lorsqu’elle sentit finalement sa présence derrière elle, il était déjà trop tard. Le Drell avait levé la main et poussé la jeune femme du doigt. La pression infime fut suffisante pour lui faire perdre l’équilibre et la précipiter à terre où elle serra les dents en sentant ses articulations douloureuses s’écraser contre le sol dur dépourvu de tapis. Krelek soupira alors en lui assénant :

— Pas d’entraînement pour une semaine. (Ashaa voulut protester mais se doutait que cela ne servirait à rien.) Ton corps ne supporte pas le rythme que tu lui imposes, ajouta simplement le Drell, et ce parce que tu ne le laisses pas se reposer.

Ashaa se contenta de relever la tête pour fusiller son mentor du regard. Elle ne chercha pas une seule seconde à se remettre debout. Elle sentait les muscles de ses cuisses et de ses mollets brûler autant que ceux de ses bras. Elle ne doutait pas un instant qu’elle ne tiendrait pas plus de quelques secondes sur ses deux jambes et préférait de loin rester à genoux sur le sol plutôt que de montrer ses faiblesses à Krelek en chutant une seconde fois devant ses yeux. Elle ravala également la remarque acerbe ayant manqué franchir la barrière de ses lèvres devant l’assertion du Drell. Une fois encore, il avait raison. Il était temps qu’elle s’accorde un peu de repos si elle voulait pouvoir être en mesure de poursuivre son entraînement. Mais cela dépassait son entendement. Elle restait dans le fond convaincue que cela ne serait qu’une sacrée perte de temps. Et c’est justement ce dont elle allait manquer : de temps.

La surprise s’afficha sur le visage d’Ashaa quand elle vit Krelek tendre la main dans sa direction. Elle ne fit cependant aucun mouvement pour tenter de s’en emparer et se contenta de l’observer avec plus ou moins de circonspection avant de finalement répondre à l’invitation. Krelek l’aida à se redresser et par miracle, Ashaa parvint à conserver son équilibre. Elle sentait ses genoux trembler légèrement sous elle, mais ils tinrent bon. Elle pourrait ainsi garder un semblant de dignité pour l’instant.

Krelek lui proposa ensuite un verre d’eau. Il lui intima gentiment de s’en saisir à deux mains et c’est ce qu’elle fit pour ne pas reproduire l’accident survenu quelques instants auparavant. Cela n’avait rien de naturel de boire avec ses deux mains, mais c’était jouer la sécurité et Ashaa garda ainsi le contrôle de ses mains sans casser quoi que ce soit d’autre cette fois. Une autre petite victoire en soi. C’était déjà un début. Chaque chose en son temps. N’est-ce pas ce que Krelek s’efforçait de lui faire entrer dans le crâne depuis le début de cette formation accélérée ? Peut-être était-il finalement en train d’y parvenir. Peut-être y avait-il encore de l’espoir pour Ashaa dans le fond. Qui aurait pu le dire ?

— Si tu n’équilibres pas ton esprit à ton physique, jamais tu ne vaincras Gorbak, souffla alors Krelek en conservant cette voix calme et chaleureuse. (Celle-là même dont il avait fait usage lors de leur première rencontre quand il avait tenté de rectifier le tir après la méprise l’ayant poussé à faire enfermer dans un trou à rat une parfaite innocente.) Imagine que ton corps est un pistolet, poursuivit-il en lui faisant un énième discours argumenté sur la nécessité de travailler autant l’esprit que le corps.

Mais Ashaa l’avait déjà entendu le répéter des dizaines de fois. Mais que pouvait-elle faire si ce n’est subir une fois de plus la leçon ? C’est donc ce qu’elle fit en serrant les dents. Sans se plaindre.

Krelek prit alors la direction de la sortie, mais il s’immobilisa sur le seuil pour conseiller à la jeune Drell de se reposer un peu et de méditer sur ce qu’il venait de lui dire. Il lui demanda ensuite de se présenter de nouveau ici même deux jours plus tard afin de poursuivre la formation dans un domaine autre que le combat. Ashaa hocha simplement la tête et regarda la porte se refermer ensuite sur son mentor et prétendument guide spirituel. Méditer ? Ashaa doutait d’y parvenir ; mais elle n’avait pas le choix.

Avalant une autre gorgée d’eau, Ashaa vida complètement son verre et retourna au centre de la pièce. Elle s’assit en tailleur face à la baie vitrée en serrant les dents quand s’éveilla de nouveau la douleur dans ses muscles. Puis elle ferma les yeux et prit une grande inspiration. Elle ouvrit grand les oreilles et fit de son mieux pour se focaliser uniquement sur les battements de son cœur dans sa poitrine. Inspirer. Expirer. Inspirer. Expirer. Insp… Ashaa ouvrit brusquement les yeux en secouant la tête. Elle détestait cela. Elle n’arrivait pas à se détendre et à ne penser à rien. Méditer n’était décidément pas son truc et elle perdait son temps. Inutile donc qu’elle s’attarde ici plus longtemps. Mieux valait qu’elle rentre et qu’elle tente d’oublier ses échecs de la journée. Elle ferait mieux la prochaine fois. Il le fallait !

Ashaa se redressa et attrapa sa veste avant de quitter à son tour l’appartement qui servait de lieu de rencontre avec Krelek. Elle était épuisée. Elle l’admettait enfin. Ce n’était pas plus mal. Elle aurait peut-être enfin l’occasion de fermer l’œil cette nuit et de prendre un repos bien mérité. Du moins l’espérait-elle de tout cœur mais ce n’était pas encore gagné.

***

Ashaa ne vivait pas très loin de l’endroit choisi par Krelek pour la former aux arts martiaux dont il était passé maître depuis des années. Il ne lui fallut qu’une vingtaine de minutes tout au plus avant qu’elle entende le verrouillage de la porte indiquer qu’elle était enfin saine et sauve dans son sanctuaire. Ici, personne ne pouvait s’en prendre à elle. Elle y était à l’abri et c’est bien la raison pour laquelle elle n’en sortait pratiquement jamais. Elle ne voulait prendre aucun risque. Et quand bien même elle faisait de son mieux pour ne pas y penser et l’admettre, Krelek avait encore raison : la peur qu’elle éprouvait à l’idée de faire une mauvaise rencontre en quittant son appartement sécurisé la paralysait et c’est cela qui l’empêchait de profiter de la vie en dehors des séances d’entraînement avec l’autre Drell. La peur de voir surgir Gorbak au détour d’une ruelle. La hantise d’être de nouveau arrachée à la liberté du jour au lendemain, comme cela avait été le cas au spatioport il y a quelques mois de cela. Ce chien hantait ses rêves et même ses moments de veille. Il était là tout le temps à rôder dans un coin de son esprit. Il ne la laissait jamais tranquille. Ashaa ignorait ce qu’était la paix depuis la mort de son ami Dalyn.

Ashaa secoua la tête et s’efforça de ne pas repenser à l’Elcor décédé. Elle ne tenait pas à être la proie d’un nouveau souvenir qui lui briserait une fois de plus le cœur comme à chaque fois qu’elle en venait à repenser à l’homme sans qui elle n’aurait probablement jamais pu survivre sur Oméga. Elle préféra se rendre dans la salle de bain et se glisser sous la douche. L’eau chaude lui détendit les muscles et la caresse de l’eau sur sa peau l’aida à se vider la tête le temps que dura la douche. Puis sans perdre un instant, Ashaa se glissa sous les couvertures de son lit et ferma les yeux. À peine sa tête eut-elle touché l’oreiller qu’elle avait déjà sombré dans l’inconscience. Mais pour combien de temps ?

Quelques heures seulement. Avec un cri étouffé dans la gorge, Ashaa se redressa dans son lit en nage. Elle sentait une sueur froide couler le long de son échine. Ses draps étaient trempés et ses vêtements imbibés. Elle alluma les lumières de la chambre et repoussa les couvertures avant de se précipiter vers la salle de bain. Elle s’aspergea le visage d’eau froide. La morsure du froid la ramena pour de bon à la réalité et fit disparaître les derniers lambeaux de sommeil qui la tétanisaient littéralement. Gorbak. Le Butarien était une fois de plus la cause de ses terreurs nocturnes.

Ashaa mit un moment à recouvrer une respiration posée. Elle étancha sa soif et s’accorda encore une minute ou deux pour s’assurer qu’elle était définitivement calmée. Puis elle quitta la salle de bain.

De retour dans la chambre, le regard d’Ashaa s’attarda un instant sur le lit, les draps en désordre et la couverture traînant à moitié à terre. Jamais elle ne pourrait refermer l’œil de la nuit. Pas après que le visage de Gorbak se fut imposé à elle dans ses rêves. Pas après qu’il l’eut poursuivie jusqu’ici avant de la jeter sur ce même lit en enroulant ses mains autour de son cou. Pas après qu’il eut tenté de l’étrangler en poussant de petits cris de contentement en savourant sa victoire tant désirée. Non. Jamais.

Du coin de l’œil, la Drell capta son reflet dans le miroir en pied disposé dans un coin de la pièce. Ashaa se retourna complètement pour se faire face à elle-même et se contempla un moment. Elle tremblait indépendamment de sa volonté. Encore une fois. Elle était presque tétanisée et avait la chair de poule. Pas à proprement parler vu qu’elle n’avait aucune pilosité. Mais elle sentait courir des frissons de peur sur sa peau et elle détestait cela. Elle détestait avoir à vivre continuellement dans la crainte.

— Si tu n’entraînes pas cela, souffla la voix de Krelek émergeant d’un souvenir récent en faisant allusion à la méditation, alors tu ne progresseras jamais réellement. Tu te retrouveras devant Gorbak et la peur te paralysera au moment critique. Tu dois te débarrasser de cette peur, elle te bride comme on bride un chien avec une laisse pour l’empêcher de fuir. Tu veux être libre, mais tu ne te libères pas de toi-même et tu t’enchaînes sans t’en rendre compte.

Ashaa observa encore un instant son corps. Elle reconnaissait son visage, mais elle avait des difficultés à reconnaître le reste de son corps. Depuis qu’elle avait débuté sa formation avec Krelek, ses bras et ses jambes s’étaient musclés. Son ventre avait gagné plus en fermeté et de nouvelles formes étaient apparues à mesure qu’elle prenait du muscle au rythme des jours passés à parer ou esquiver les coups de son mentor drell. Ashaa pouvait noter ce changement au niveau de son physique. Mais elle n’aurait pu en dire autant sur le mental. Elle restait la même créature fragile ayant supplié Krelek de l’aider à ne plus être une victime. Elle n’avait pas mûri sur ce plan-là et n’avait pas fortifié son esprit comme le Drell le lui avait demandé.

Que savait-elle au juste à propos de tout ceci ? Rien. Elle ne connaissait rien aux arcanes du combat et à la discipline des arts martiaux. C’est bien pour cela qu’elle avait demandé à Krelek de l’initier à cette spécialité. Mais têtue comme elle était, elle n’avait pris que ce qui l’intéressait des enseignements du Drell. Elle avait fait ses choix comme on fait son marché dans une boutique. Et elle s’était trompée. Elle n’avait pas de choix à faire. C’était tout ou rien. Ou elle suivait aveuglement les enseignements de cet homme qui savait ce qu’il faisait ou alors elle abandonnait immédiatement tout espoir de devenir un jour l’arme dont elle avait besoin pour s’affranchir une bonne fois pour toute de la menace que Gorbak faisait peser sur son existence. C’était l’un ou l’autre. Et elle avait fait son choix.

Se détournant du miroir et de son reflet, Ashaa alla s’asseoir en tailleur au pied de son lit et ferma les yeux en ralentissant sa respiration. Le silence se fit peu à peu autour d’elle mais elle resta concentrée sur l’air qui entrait et sortait lentement de ses poumons au rythme des battements sourds de son cœur qu’elle pouvait presque ne plus entendre désormais. Plus les secondes s’égrenaient et plus elle sentait son esprit se détacher de la réalité pour se perdre en elle-même.

Et soudain, le visage de Gorbak s’imposa de nouveau à elle, surgissant de nulle part. Ashaa rouvrit les yeux en poussant une exclamation horrifiée. La lumière du petit jour filtrait à travers les stores tirés de la fenêtre de sa chambre. Elle était restée plongée dans sa méditation presque deux bonnes heures. C’était plus que ce qu’elle était parvenue à faire jusqu’à maintenant. Mais sa concentration avait volé en éclats au souvenir de son ancien tortionnaire. Elle était encore loin de parvenir à maîtriser ses peurs. Mais au moins avait-elle réussi à atteindre un état de méditation profonde auquel elle n’avait jamais pu accéder avant aujourd’hui. Une petite victoire en soi. Elle était sur la bonne voie.

***

Deux jours plus tard.

Ashaa avait passé les deux jours ayant suivi sa séparation d’avec Krelek à tenter de méditer avec plus ou moins de réussite. Elle ne maîtrisait pas encore cet aspect de sa formation. Et ses résultats étaient au bas mot très aléatoires. Elle parvenait tantôt à demeurer maîtresse de son esprit presque une heure, tantôt elle perdait tout contrôle après seulement une dizaine de minutes de concentration. Mais elle était confiante dans ses chances de parvenir à maîtriser les leçons de Krelek. Elle n’avait pas le choix de toute manière. L’échec n’était pas permis. Elle se devait de réussir coûte que coûte.

Et c’est bien plus fraîche que la dernière fois qu’ils s’étaient vus qu’Ashaa se présenta devant Krelek. Elle avait eu l’occasion de récupérer un peu mais pas totalement. Elle passait encore des nuits courtes et agitées. Cela ne faisait guère bon ménage avec le désir de prendre du repos. Mais c’était un début. Son corps était toujours crispé et ses muscles douloureux, mais elle avait pu fermer les yeux quelques heures durant et elle avait des cernes moins prononcés sous les yeux. Un début, oui.

— Salut, lança-t-elle avec légèreté en refermant la porte derrière elle. Belle journée, n’est-ce pas ?
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L’apprentissage de la vie

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