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 C'est deux Turiens et un Humain dans un bar...

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MessageSujet: C'est deux Turiens et un Humain dans un bar...   Mar 09 Juin 2015, 00:34
Intervention MJ : NonDate : Avril 2200 RP Tout public
Vindex Treyn ♦ Ravilla Aper ♦ Adrien Annaz
C'est deux Turiens et un Humain dans un bar...


Le réveil sonna, faisant un bruit insupportable. Il faisait sombre dans la chambre malgré l'éclairage ambiant de la Citadelle. Une main se tendit et chercha désespérément la source de ce raffut, après une dizaine de secondes à taper sur la table de nuit, la main trouva finalement sa cible et appliqua sa sentence : l'arrêt de la sonnerie du dit réveil.

Le Turien présent dans le lit s'étira et bâilla, une larme coula sur le côté de son visage qu'il essuya du revers de sa main. Il se releva légèrement, se calant contre les énormes oreillers. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas passé une aussi bonne nuit. Son lit dans le Harfang était agréable mais un peu spartiate. Là, la chambre était immense avec des couleurs apaisantes. Plusieurs toiles devant valoir une fortune étaient accrochés au mur. Le lit fait dans un bois verni pouvait contenir au moins trois personnes, il y avait un peu plus de dix oreillers à disposition et la matelas était divin.
Vindex alluma la lampe de chevet, il cligna des yeux quelques secondes ses yeux n'étant plus habitués à la lumière. Les volets s'ouvrirent laissant apparaître un joli panorama de l'une de ses avenues. Dehors la vie battait son plein, les rues étaient pleines de vies, les véhicules défilaient : une journée normale sur cette station.

Le mercenaire se leva et attrapa un datapad pour consulter les dernières actualités. Il en profita pour demander au room service de lui apporter le petit déjeuner. Aujourd'hui il allait revoir sa sœur, il était à la fois excité et un peu anxieux. C'était la deuxième fois qu'ils allaient se voir, la sœur et le frère échangeaient des mails plusieurs fois par semaine pour prendre des nouvelles, savoir si tout allait bien. Mais entre discuter par messages et se voir il y avait une sacrée différence.

Il repensa aussi à Danora. Il n'en avait toujours pas parlé à sa sœur, un jour peut-être il lui en parlera mais pas maintenant. Le natif de Palaven partit vers la salle de bain ou il put profiter d'une splendide baignoire en marbre, utilisant sans modération la fonction jacuzzi. Il lui fallait ça dans son vaisseau. Une serviette enroulée autour de la taille il sortit et constata que son repas avait été servi. Fruits, viennoiseries et autres douceurs étaient présentes ainsi que différentes boissons. Il regarda l'heure et se hâta de manger pour ne pas faire attendre Ravilla. Il se vêtit d'un pantalon et d'un pull à capuche noire.
Il quitta l'hôtel à bord de la navette sportive qu'il avait loué, et demanda à l'IV de programmer la destination jusque chez sa sœur.

Il conduisit rapidement, zigzaguant dans le flot de la circulation. Il lui fallut quelques minutes pour arriver à l'endroit indiqué. Il se gara dans la rue ou était sensé habité la Turienne puis lui envoya un message lui annonçant qu'il l'attendait au pied de son habitation. Il n'attendit pas longtemps car cette dernière sortit rapidement. Il ouvrit le cockpit du véhicule afin de lui permettre d'embarquer. Une fois à bord, il redécolla et adopta une vitesse plus modérée et douce.

« Bonjour ma sœur, comment vas-tu ?

-Je vais bien merci.... Bien joué pour ta promotion, je voulais te le dire de vive voix. Donc c'est Major Aper maintenant ?

-Ça se fête! Une petite séance de tir ça te tente? Cette fois c'est moi qui paye.

-Inutile de vouloir me faire changer d'avis, je suis sûrement plus têtu que toi, dit-il avec une pointe d'humour. »

Sa sœur lâcha un soupir qui en disait long. Le Turien revint à sa conduite tout en continuant à discuter de tout et de rien. Il atterrit dans le secteur Chocran, réputé pour les attractions qu'il proposait.

« Tiens Ravilla, c'est pour toi. »
Le Turien lui tendit une petite boite emballé. Il avait acheté ce cadeau pour l'anniversaire de sa sœur, dedans se trouvait une carte permettant d'accéder une journée complète dans un spa, différents soins du corps étaient également offerts. Vindex avait eu beaucoup de mal à choisir un présent pour sa sœur. Il savait qu'elle aimait les armes et le combat à main nues. Mais il se voyait mal lui offrir un fusil de précision ou une arme de poing. Il avait donc opté pour une journée de détente. En général la plupart des femmes appréciaient.

Ils descendirent du véhicule et allèrent vers les salles de tirs.Chaque ruelle était destiné à une seule animation. Celle des stands de tirs était relativement simple à trouver, du fait que l'on entendait le tir des armes. Les deux Turiens en trouvèrent un peu occupé ou ils purent louer une salle. Vindex paya d'avance au moins il serait sûr que sa sœur ne le doublerait pas.

Sa sœur enclencha la simulation, abattant les cibles avec une formidable précision. Au final : 91% de réussite. Vindex congratula sa sœur sur sa performance.

Il chargea l'arme et choisit le même mod que celui de sa sœur. Il fallait être rapide tout en évitant les cibles civils qui apparaissaient. Le Turien enchaîna les tirs sans s'arrêter une seule seconde. Il reposa l'arme, calme et détendu et regarda le score : 95%.

« Pas trop mal pour un tour de chauffe. »

Vindex regarda sa sœur.

« Attends laisse moi deviner, tu veux ta revanche ? »S'amusa son frère.

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MessageSujet: Re: C'est deux Turiens et un Humain dans un bar...   Jeu 11 Juin 2015, 00:13

    Midi trente. Voilà ce que les chiffres orangés affichaient fièrement sur le réveil, lequel était posé sur l'un des rares meubles de l'appartement. Un petit soupir accompagna le bruit du sac plastique qu'on posait sur la table de bar. Au final, elle avait eu le temps. Depuis sept heures ce matin, la Turienne était réveillée. A nouveau, les somnifères semblaient perdre en puissance, lui faisant parfois passer une mauvaise nuit, entrecoupée de cauchemars, lorsqu'elle n'était pas tout simplement courte. C'était presque triste de se dire qu'elle commençait doucement à s'y faire, augmentant doucement mais sûrement la posologie. Un demi, lorsque ça n'allait vraiment pas. Pas plus de deux par contre. Histoire d'avoir l'impression qu'elle contrôlait un minimum son cycle de sommeil. Certes, ce n'était rien de plus qu'une illusion, mais cela avait l'avantage d'être une illusion rassurante.
    Le regard doré parcouru le studio, s'assurant qu'il ne restait rien à faire pour lui occuper l'esprit. Son studio, même, désormais. Avant, il ne s'agissait que d'une petite location, histoire d'avoir un pied-à-terre sur la Citadelle. Le seul endroit où rester ne lui posait pas trop de soucis. Et puis, petit à petit, elle avait commencé à apprécier le logement. La propriétaire s'était décidée à le vendre, Ravilla à l'acheter. Pour la première fois depuis le début de leur contrat, les deux femmes s'étaient parfaitement entendues sur un point.
    Il était d'une taille plutôt confortable pour un studio, et pour qui vit seule. Sombre, à cause des volets quasiment tout le temps fermés. Lorsque ces derniers étaient relevés, la vue donnait sur les Secteurs. Au final, il était devenu son sanctuaire. Peu de personne ne pouvait prétendre n'avoir ne serait-ce que dépassé l'entrée. Aucun de ceux avec qui elle avait couché n'avait ne serait-ce qu'eu l'idée qu'elle habitait dans le coin. A vrai dire, les seules personnes physiques à connaître son appartement étaient les jumeaux Kori et Naki, ainsi que son propre frère, Vindex. Et pas un des trois n'avaient, effectivement, passé la porte.

    Maintenant, les diodes indiquaient qu'il était midi trente-cinq. Rapidement les courses furent rangées et, après une dernière inspection rapide, la militaire s'autorisa un petit hochement satisfait. Tout avait été nettoyé depuis huit heures ce matin et elle avait même pu s'offrir le luxe de quelques achats. Bien. Très bien. Tout ça alors qu'il n'était même pas moins le quart. Encore quinze minutes avant que Treyn ne vienne donc. Il avait insisté pour qu'ils ne se voient pas avant treize heures, à la grande incompréhension de sa parente. Il était du genre lève-tard, c'était un fait. Mais ce trait de caractère était loin d'être partagé. Ainsi, il lui fallut prendre son mal en patience tandis qu'elle s'occupait comme elle pouvait. L'ennui - couplé à la faim - la poussa à manger un peu, contrairement à son habitude. Trois fois rien et sur le pouce, mais cela eu au moins l'avantage de l'occuper.
    Enfin - et avec un peu de retard sur l'horaire - son omnitech sonna. Le mercenaire était arrivé et l'attendait. Il ne fallut pas en dire plus pour que la femme ne sorte d'un pas rapide, attrapant ascenseur de justesse.

    L'air de la Citadelle était particulier. Très artificiel, les courants d'airs étaient simulés, de même que la température. Tout était programmé pour que tous se sentent aussi bien que possible mais cela manquait cruellement de... surprise dirons-nous. Pas de d’intempérie, de grosses chaleurs ou de tempête. Le temps suivait une routine millimétrée qui, à la longue, devenait insupportable.
    Non loin de la résidence, une portière s'ouvrit. La face familière, presque identique, la héla. Une fois qu'elle eut grimpé à l'intérieur, il décolla, engageant la conversation d'un ton qui se voulait léger.

    - Bonjour ma sœur, comment vas-tu ?

    Dans l'immédiat, seul un claquement de mandibule fut sa réponse. Ma soeur... Ils s'étaient certes appelés ainsi au travers de leurs mails, mais l'entendre était étrange. L'écrit donnait un côté irréel, rendait difficile de se rendre compte de la réalité de leur relation fraternelle. Comme un jeu qui se retrouvait ébranlé lorsqu'on en parlait de vive-voix. Il lui fallut un peu de temps avant que la turienne ne réussisse à prononcer quelques mots.

    - Bien, mon ... frère, dit-elle après un court temps d'hésitation. Je vous remercie. Et vous, comment allez-vous?

    Sa voix était de nouveau ferme et assurée, maintenant que le cap de la nouveauté était passé. Devant les vitres déferlaient les bâtiments et autres navettes que Treyn esquivait d'une habile façon, se faufilant dans la foule comme si de rien était.

    - Je vais bien merci.... Bien joué pour ta promotion, je voulais te le dire de vive voix. Donc c'est Major Aper maintenant ?

    - En effet.

    Que dire de plus? Ce n'était pas très intéressant. Encore que son parent ne semblait pas partager son avis.

    - Ça se fête !, finit-il par chantonner joyeusement. Une petite séance de tir ça te tente? Cette fois c'est moi qui paye.

    - Et bien, avec plaisir, mais je ne vois pas en quoi ma promotion justifierait que vous avanciez le moindre frais pour...

    - Inutile de vouloir me faire changer d'avis, je suis sûrement plus têtu que toi !, l'interrompit-il avec humour.

    Le soupir qui suivit sa phrase en disait long sur ce que la Major pensait. En effet, les deux étaient proches de caractères. Encore que, l'homme, comme il le disait fièrement, plus bâté qu'elle. Et puis de toute façon, la franc-tireuse n'avait pas l'envie de se battre. Surtout pas avec lui. Leur lien restait encore compliqués et neuf. Une dispute amicale, ou bénigne, pouvait bien empirer sur un malentendu. Alors dans le doute, mieux valait s'abstenir et céder. Elle trouverait bien une façon de se venger plus tard.
    Sans doute afin de s'assurer qu'aucun grief n'existait entre eux suite à son trait d'humour, le jumeau se mit à discuter sur tout ce qui lui venait à l'esprit. Moins encline au bavardage qu'il ne l'était, Aper répondit d'une façon succincte, approuvant parfois par de vagues onomatopées. Tout ceci dura jusqu'à leur arrivée au secteur Choran, spécialisé dans les divertissements. On pouvait y trouver presque tout ce qu'on désirait, pour peu que l'attraction ait les licences nécessaires.
    Une main agrippa sons bras alors qu'elle s'apprêtait à ouvrir la porte.

    - Tiens Ravilla, c'est pour toi.

    Le cliquètement qui échappa à la femme était teinté de surprise alors qu'un petit paquet cadeau était agité sous son nez. Drôle d'idée qu'il avait eu, pour une occasion qui lui échappait qui plus est. Finalement et après une petite hésitation, elle tira délicatement sur le ruban afin de pouvoir soulever le couvercle. A l'intérieur, sur un coussin rouge, une carte reposait, lui annonçant qu'elle se voyait offrir une journée de spa complète ainsi que le numéro à joindre pour prendre rendez-vous. Le haussement de sourcil qui lui échappa dû révéler sa pensée, malgré ses paroles qui se voulaient rassurantes.

    - Et bien... Merci. Je suppose. Vous n'étiez pas obligé, vous savez?
    Je ne suis jamais allée dans un tel endroit.


    En même temps, elle n'en voyait pas forcément l'intérêt. Peut-être que ce serait tout de même amusant... Au pire, ça l'occuperait tout simplement pour une journée.
    La carte prit place dans une poche.

    - C'est une attention réellement touchante, quoi qu'il en soit. De nouveau merci.

    Sur ces bons mots, leur périple commença. En premier lieu, il leur fallut trouver un stand de tir peu occupé, afin qu'ils n'attendent pas leur tour plusieurs heures. En plus de cela, la salle devait avoir un minimum de réputation, des armes dont l'entretien ne serait pas douteux, à un prix tout de même abordable... Ils finirent par arrêter leur choix sur une qui réunissait la plupart des critères.
    Toutes les pièces comprenaient de larges fenêtres, permettant d'observer ce qui se passaient à l'intérieur malgré la porte close. Mesure de sécurité, précisa l'employé qui encaissa Vindex. Quand bien même les balles étaient "à blanc", s'empressa-t-il de rajouter face aux regards suspicieux. Après quoi, il les dirigea vers un carré situé non loin de l'entrée. Comme toutes ces activités, il y avait des râteliers d'armes à disposition, un comptoir au milieu de la pièce qui les séparaient des cibles ainsi que des munitions à disposition. Plus un banc pour les autres participants.
    Galant, le frère indiqua à la soeur de commencer. Cette dernière haussa les épaules en guise d'approbation. Son choix se porta sur un Kyrase, pour une fois. Après tout, elle avait changé récemment d'équipement. Sans forcément se séparer de sa vieille armure ou de ses vieilles armes - lesquelles étaient entreposées chez elle - quelque chose l'avait poussé à raccrocher ses reliques, leur offrant une retraite méritée depuis treize ans. Depuis donc, le Kyrase faisait partie de son équipement de mission. Un semi-automatique intéressant, mais qu'il était toujours bon de travailler.

    Le claquement féroce d'un bouton accompagna la lancée du programme. L'un des plus durs en guise d'échauffement. Les cibles se mouvaient d'une façon presque aléatoire, tantôt rapide, tantôt lente. Disparaissant parfois pour réapparaître. C'était amusant, et le fusil de précision remplissait agréablement son rôle, encore qu'elle se montra un peu trop maladroite avec à son goût. Sept minutes plus tard, les lumières de la simulation s'éteignirent. La voix robotique annonça sobrement un taux de 91% de réussite avant de faire le détail.

    Le tour de Treyn fit honneur à ce dernier. Il prit son arme et partit sur le même exercice durant lequel il se montra plus doué. Meilleure concentration, meilleure précision, sans se laisser le temps de souffler un peu. Son entraînement, s'il en suivait encore un, portait ses fruits. Seuls de rares moments d'hésitation lui raflèrent la perfection. A cinq pour-cents près et il aurait rejoint la liste des meilleurs tireurs à avoir mis les pieds ici. Pour le classement, c'était le temps mis qui le définissait.
    L'applaudissement franc de Ravilla fut suivit de plusieurs autres. Un rapide coup d'oeil derrière elle lui annonça que cette démonstration de force avait rameuté du monde. Les curieux observaient, semblant attendre la suite avec impatience. Des amateurs du sport, ou des militaires, au choix. En tout cas, cela sembla piquer l'envie de Vindex.

    - Attends laisse-moi deviner, tu veux ta revanche ?

    Le sourire qui accompagna la réponse avait de quoi être clair.

    - Dire que j'ai voulu me montrer agréable avec vous... Vous allez regretter de m'avoir défié, mon cher...

    Plus de pitié cette fois-ci. Si elle perdait, au moins la Turienne le ferait avec dignité. C'est ainsi qu'elle activa le dernier programme. Il s'agissait presque du même que le précédent, à la différence que les mouvements étaient totalement imprévisibles. De plus, les cibles restaient moins longtemps en vue, obligeant d'allier réflexes, précision et anticipation. Ainsi qu'une petite dose de chance. Pour le coup, Aper se coupa du monde, n'ayant d'yeux que pour son objectif. Ils dansaient, elle les abattait. L'un après l'autre, malgré quelques ratés, ils tombèrent. Le monde aurait pu s'écrouler autour de la militaire qu'elle n'aurait pas sourcillé.
    Lorsqu'elle posa son fusil sur le comptoir, la voix annonça un taux de 98% de réussite, ce qui arracha un sourire des plus fiers à la compétitrice.

    - Et bien, vous pensez faire mieux ? , questionna-t-elle innocemment.

    Lorsqu'elle se retourna, le sourire de Ravilla s'estompa quelque peu.







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MessageSujet: Re: C'est deux Turiens et un Humain dans un bar...   Jeu 11 Juin 2015, 23:05



Le réveil mural indiquait sept heure et deux minutes quand Adrien ouvrit l’œil pour la première fois. Allongé dans le lit de son appartement, il dressa mentalement le planning de sa journée.
En permission depuis deux jours, lui et son équipe pouvaient encore profiter de cinq jours de repos. Une véritable aubaine, les permissions étaient rarement aussi longues, et tous comptaient bien en profiter. Ils avaient fait la fête -de manière modérée- le premier soir, et ils faisaient leurs vies de leurs côtés depuis. Pour sa part, Adrien n’avait pas grand-chose à faire, et plutôt que de passer ses journées seul chez lui, préférait s’astreindre à un petit entrainement quotidien. Histoire de garder la forme.

Se levant à sept heures zéro cinq, Adrien se prépara un petit déjeuner. Depuis quelques mois, il habitait un nouvel appartement, un peu mieux placé que précédemment, c'est-à-dire plus loin des secteurs. Depuis la fin de la guerre, il avait connu plusieurs logements : son appartement avait été détruit en 2 187, et il avait investi quand la Citadelle avait été reconstruite. Depuis son récent changement de grade, il avait pu s’acheter quelque chose de plus grand. Plus au calme, et à la vue donnant sur l’une des artères principales de la station, sans pour autant laisser passer le bruit. Il lui arrivait parfois de se prendre quelques minutes à regarder les gens déambuler dans la rue, afin de se détendre. Une activité comme une autre.

Après son petit déjeuner, Adrien consulta son programme de la journée. La matinée serait consacrée à quelques exercices physiques et l’entrainement à venir pour ses hommes. Un repas aux alentours de midi, puis quelques tirs sur cible au stand après. Enfin, une soirée au calme chez lui, sans doute à suivre les informations sur l’Extranet. Une journée active et une soirée plus calme. Rien de particulier donc.
Comme quoi, on pouvait parfois se tromper lourdement.

Ainsi donc, la matinée fut rythmée par quelques exercices physiques suivis d’une douche, puis la préparation des exercices d’entrainements. Pas forcément très passionnant, mais non moins utile au final. Même si ses hommes allaient le haïr. Ayant fini son travail plus tôt que ce qu’il avait prévu, il s’accorda le luxe de quelques minutes pour prendre des nouvelles de sa sœur, toujours sur Terre. Un de ces quatre, il irait la voir… Quand il s’en sentirait le courage. Une visite familiale inclurait des discussions auxquelles il n’avait pas envie de faire face. Il se contentait donc pour l’instant de messages Extranet interposé.

A midi quarante cinq, et après son repas, Adrien parti en direction du stand de tir. Il y avait réservé sa place, plus par précaution que par crainte de ne pas trouver de place : même si le stand était bien réputé, il était loin d’être très connu, et avait donc une fréquentation relativement moyenne. A pied, le trajet pris une dizaine de minutes. Exceptionnellement, les rues n’étaient pas bondées de monde, ce qui lui permit d’arriver plus rapidement que d’habitude. Il avait en effet l’habitude de venir là quand il était en permission, et mettait habituellement plus de temps à s’y rendre. Il n’allait pas se plaindre de gagner quelques minutes.

Se présentant à l’accueil, il échangea quelques mots avec l’employé, qu’il connaissait légèrement à force de fréquenter le stand. Sont choix se porta sur le Carnifex, changeant de son habituel Avenger, qui sont ses deux armes de terrains. Maitrisant un peu moins bien le fusil à pompe Katana et le Viper, le stand de tir n’était pas l’endroit idéal pour s’entrainer avec ces armes, trouvait-il. Il se rendit donc à l’armurerie pour prendre son arme, et en ressortir avec un pistolet en bon état. S’engageant dans le couloir menant aux différents champs de tir, il rencontra une foule assez compacte de races hétéroclites autour de l’une des zones d’entrainements. Curieux, Adrien s’engagea à son tour.

Bien sûr, il ne voyait strictement rien de là où il était. Jouant des coudes et d’excuses pour le dérangement, il se fraya un chemin jusqu’à un meilleur point de vue. Heureusement pour lui, il n’y avait ni Krogan ni Elcor dans la foule, ce qui lui permit d’avancer de manière assez rapide. Pas simple de faire déplacer un mastodonte de plus de trois fois le poids d’un Humain. Bref, la foule s’était rassemblée pour assister à la compétition entre deux Turiens. Consultant du regard les scores, Adrien comprit pourquoi. 91, 95% de précision. Des scores impressionnants pour des amateurs, et même des professionnels. Derrière la vitre, un Turien tirait sur les cibles qui apparaissaient devant lui, avec une expérience toute militaire. Un vrai spectacle à regarder.

La série commençant à toucher à sa fin, Adrien se détourna du champ de tir pour se concentrer sur la foule. Plus exactement, sur un moyen de ressortir. Derrière lui, la masse était trop compacte pour qu’il tente sa chance. A sa droite, un mur. Ne pouvant pas encore marcher dessus, c’était une option à oublier. Devant lui… La vitre donnant sur le champ de tir. Il ne restait plus qu’à aller sur sa gauche pour sortir. Longeant la vitre, il se déplaça, jusqu’à tomber sur un autre Turien, qu’il bouscula aussi en s’excusant. Ce fut à ce moment là qu’il remarqua que le Turien avait un visage connu.

« Ravilla ? C’est toi ? »

Comme quoi, la galaxie était parfois petite. Les chances de retrouver la Turienne avec qui il avait eu une relation pendant presque la moitié de la Guerre étaient plutôt faible, surtout si on partait du principe que leur relation s’était terminée plutôt brusquement. Cela dit, depuis 13 ans, les choses avaient sans doute pu changer, et la Turienne pouvait avoir changée de mentalité. Au moins, peut-être pouvait-elle enterrer le passé et adresser la parole à Adrien.


Pourquoi est-ce qu'à chaque fois que quelqu'un dit "avec tout le respect que je vous dois", j'entends "ta gueule" ?


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MessageSujet: Re: C'est deux Turiens et un Humain dans un bar...   Ven 12 Juin 2015, 14:25
Vindex était tiraillé entre deux émotions. La première était le remord d'avoir ainsi provoqué sa sœur, alors qu'elle n'avait rien fait pour mériter ses moqueries. Mais l'autre était la satisfaction de savoir que l'honneur de Ravilla était une corde sensible. Certes il ne fallait pas trop tirer sur celle-ci mais il était toujours amusant de provoquer... dans les limites du raisonnable.

- Dire que j'ai voulu me montrer agréable avec vous... Vous allez regretter de m'avoir défié, mon cher...

La réplique avait été quelque peu cinglante, pourtant cela fit sourire le Turien qui détourna légèrement la tête pour qu'elle ne puisse pas le voir. Une lueur brilla dans les yeux de la militaire, il ne la connaissait que trop bien : elle était prête à en découdre. Tout dans ses mouvements l'indiquait, la façon dont elle prit et tint son arme, sa position de tir. Il se décala derrière la femelle pour éviter qu'elle ne l'accuse de la déconcentrer. Le spectacle commença, au même moment quelqu'un le percuta avec une certaine force et s'excusa aussitôt. Irrité il tourna la tête vers le gêneur en question. C'était un Humain, à peu près de sa taille, carré, les cheveux courts et à voir sa tête on pouvait croire qu'il avait vu un revenant.

« Ravilla ? C’est toi ? »


Confondre un Turien et une Turienne il fallait vraiment le faire. Vindex ne trouvait pas qu'il faisait efféminé, le sens de l'observation de son interlocuteur laissait vraiment à désirer. Il scruta quelques secondes son interlocuteur avant de répondre.

« Vous voulez parler de Ravilla Aper ?

-Je suis désolé de vous décevoir, mais ce n'est pas moi. C'est la Turienne qui est en train de sauver son honneur au stand de tir. Vous la connaissez ? Et vous êtes ?

-Moi c'est Vindex Treyn, je suis son frère. Mais venez ne restez pas planté là ! Eyh Ravilla ! »

Cette dernière venait tout juste de terminer sa session affichant un score de 98%. Un très bon score, il pourrait sûrement l'égaler mais faire mieux allait être vraiment difficile. Tout autour la foule applaudissait, attendant impatiemment la suite pour savoir qui allait gagner. Ci et là on pouvait observer des parieurs misant sur l'un des deux natifs de Palaven.

- Et bien, vous pensez faire mieux ?


La question posait avait été dit avec un tel ton que cela éveilla le désir de défi de son frère, il en oublia presque Adrien. Vindex se moquait bien de l'honneur, employer des méthodes peu orthodoxes pour arriver à ses fins ne le dérangeait pas. Sa sœur voulait jouer alors il allait la jouer hard. Elle se retourna avec un sourire qui disparut aussi vite qu'il était arrivé.
Le Turien suivit le regard de sa sœur pour comprendre ce changement d'humeur. Les yeux de Ravilla se posaient pile sur l'Humain.
Le mercenaire sentit subitement l'atmosphère changer, un sentiment de malaise flottait dans l'air. Vindex se demanda s'il n'avait pas fait une énorme connerie, Il voulut dire quelque chose mais se ravisa. La leçon qu'il voulait donner à sa sœur allait sûrement attendre un peu.
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MessageSujet: Re: C'est deux Turiens et un Humain dans un bar...   Ven 12 Juin 2015, 17:55

    Un pas en avant, deux en arrière. Une danse qui ralentit pour se précipiter avant de garder un mouvement fluide. Le temps de la surprise, puis de la réalisation. Le cœur d'Aper suivait le rythme avec une attention toute consciencieuse.
    Un pas en avant. Les yeux ambrés observaient la scène. L'esprit s'éveilla à la vue des traits troublants et reconnaissables malgré le nombre d'années passés. Un peu de réflexion ; chercher où ils avaient été déjà vu et à qui ils appartenaient. Et des années d'efforts jetés à la poubelle alors que le nom était tiré des archives de la mémoire. Adrien Annaz. Treize ans de cela, sur un lit d'hôpital. Une séparation douloureuse et un avenir qui se traçait dans la solitude. Et maintenant...
    Deux pas en arrière, suivit de nombreux autres. La réalisation donc. Oui, c'était bien lui qui se trouvait à quelques pas de là, avec Vindex en guise d'interlocuteur. Surpris, lui aussi, par une telle situation. Mais toujours aussi agréable à regarder, avec son visage quelque peu vieilli par les années. Il semblait plus mature. Comme elle, sans doute. Ils s'observèrent un moment, sans savoir comment réagir, ni que dire.

    Et puis, fin de la danse. Le rejet. L'enfermement. La Turienne tourna le dos aux deux mâles, le temps de reposer son Kyrase. Et de prendre une grande inspiration.

    Le destin était décidément une vulgaire putain.

    Treize ans. Treize foutues années. Il lui refaisait le coup, comme en Novembre. Lorsque Vindex et elle s'étaient rencontrés. Une décennie de tranquille errance lui avait été arrachée pour la remplacer par la rassurante et angoissante présence d'un parent proche. Elle avait fini par s'y faire. Par accepter. Certes, la peur était toujours là. Parfois lorsqu'un message officiel arrivait, une voix pernicieuse lui chuchotait l'horreur. La mort de son frère, encore. Pas toujours, mais lorsque ça arrivait cela suffisait à réveiller d'autres souvenirs douloureux, qui se remettaient à la harceler. D'un autre côté, cette relation rendait la femme sereine. Notamment sur sa propre fin.
    Ce n'avait pas été facile, mais au final, ce bouleversement était rentré dans sa vie sans trop lui rappeler la période de la Guerre. Il y avait cependant des limites.
    Son frère passait encore. Ils s'étaient découverts, jamais connus. Mis à part les pics de culpabilités, de temps en temps, les choses se passaient biens. C'était encore jouable.
    Mais le Sergent... C'était différent. Sa seule présence suffisait à faire remonter un flot de souvenirs. Notamment ce jour, sur Terre. Enfin, ces. Et puis, au milieu de tout cela, quelque chose d'autre. Une qu'elle préférait oublier et ensevelir.
    Elle n'avait pas passé une dizaine d'année à oublier, courir les bars, les danses et la compagnie pour que tout soit détruit d'un claquement de doigts.

    Un élégant revirement, une démarche agile qui la mena près du duo. Un peu en retrait, comme à son habitude, elle s'arrêta, les bras croisés sur sa poitrine. Ses mandibules cliquetèrent doucement alors que la Major observa. A sa droite, le pauvre Treyn affichait l'air de l'homme qui se demandait dans quelle situation il venait de se mettre. Lui qui avait espéré une après-midi plaisante avec sa soeur voyait ses plans contrariés. Peut-être lui et l'humain étaient-ils amis. C'était possible, encore que peu probable. La Galaxie était petite, la Citadelle plus encore, mais il y avait des frontières à ne pas dépasser. A moins que la vie ne prenne réellement plaisir à rire d'eux, rien n'indiquait que les hommes se soient connus sans jamais se douter qu'ils avaient une connaissance commune. Et c'était sans doute mieux comme ça.

    - Bonjour, Adrien.

    La voix douce dû leur paraître aussi étrange qu'elle ne le fut pour elle. Malgré la distance qu'elle s'imposait envers eux, son ton proche et amical créait un étrange contraste.

    Derrière la foule, le brouhaha continuait. Il avait beau être atténué par la vitre, ce n'était pas pour autant qu'il n'existait pas. Dans les rangs, les questions fusaient. Ceux qui avaient vu l'étrange trio se former avait choisis de quitter les lieux, ne s'attendant plus à rien. Mais d'autres s'accrochaient à leur pari, l'argent mis en jeu avec leur ami ou bien l'impatience de voir la suite. Des regrets s'élevaient, des piaffements d'impatiences et l'attente semblait en torturer plus d'un au milieu des débats polis. La techniquement, l'entraînement, la précision était devenu un sujet de discussion prisé dans le groupe. Le tout sous la surveillance assidue du personnel du stand, prêt à intervenir au moindre signe de débordement. Sans qu'ils ne l'aient vraiment voulu, les jumeaux étaient devenus le centre de l'attention de biens des clients. Et désormais, Adrien l'était aussi.

    Rien de bien intéressant, donc, pour venir les perturber.

    - Ça faisait longtemps, finit-elle par murmurer après quelques secondes de silence.

    Une phrase bien banale, dites d’une façon presque teintée de honte. Oui, une douzaine d'années pouvait être rangées dans la catégorie "longtemps" depuis leur séparation. Surtout alors qu'elle avait fait de son mieux pour l'esquiver, abandonnant la Citadelle pendant un temps. Deux ans sur Palaven, huit à courir les missions, éviter les permissions, prête à se tuer à la tâche pour ne pas avoir à chercher un lieu où les passer. Jusqu'à ne plus pouvoir.
    Vindex semblait un peu perdu, et à raison. Autant aller dans le vif du sujet.

    - J'imagine que vous étiez en train de vous parler. Vous vous connaissiez déjà où...?

    Inutile d'aller plus loin, les regards disaient tout. Bon.

    - Adrien Annaz, Vindex Treyn. Mon... frère. C'est une histoire compliquée.
    Vindex, Adrien. C'est... Nous avons été ensemble durant la guerre.


    C'était tout aussi compliqué. Mais ça, le turien n'avait pas à le savoir. En attendant, cette déclaration avait de quoi laisser perplexe. L'un car il se souvenait sans doute d'un Hécarion décédé et d'une Ravilla esseulée. L'autre car il découvrait un passé sur lequel sa parente s'était toujours montré évasive.

    - J'imagine que vous avez des questions.

    Ce n'était pas une question, mais plutôt une affirmation. Pas besoin de faire semblant de ne pas être curieux ou abasourdi par ce qui se passait. C'était compréhensible.
    La femme jeta un œil à son omnitech et plus précisément à l'heure qu'il lui indiquait.

    - Vindex, la location est bientôt terminée. J'imagine que vous ne voyez pas l'intérêt de payer une demi-heure supplémentaire pour simplement discuter.
    Il y a des bars non loin. Adrien, si vous le souhaitez, vous pouvez nous accompagner.


    Après tout, il lui faudrait quelque chose de fort pour l'aider à se délier la langue. Ou garder un minimum de sérénité. Et de la musique. Beaucoup de musique. Quand au Sergent... Elle lui devait bien quelques explications, s'il voulait en apprendre plus. Il méritait au moins ça, après ce moment passé à supporter ses peines. A moins que ce ne soit qu'une excuse pour... Non.
    Les deux acceptèrent, suivant Aper. Cette dernière évita de s'ennuyer avec des longues recherches pour un endroit à peu près comme-ci ou comme ça. Le premier club ouvert promettant alcool fort et piste de danse fut celui qu'elle choisit. Même s’il était à moitié remplit, de nombreuses chaises et tables étaient libres et les serveurs disponibles. Un Galarien leur fit signe de s’installer et vint dans la foulée poser la cartes des boissons. Carte qui lui réatterrit directement les mains lorsqu'il la tendit à la militaire.

    - Une Rivière Pourpre je vous prie. Ou n’importe lequel de vos cocktails dont la recette s’en rapproche.

    Sa voix s’éleva une fois l’employé partit.

    - Bien. Commençons par le plus simple.
    Adrien, comme je vous l’ai annoncé, Vindex est mon frère. Nous nous sommes rencontrés par hasard sur la Citadelle en Novembre. Notre ressemblance nous a intrigués et, après enquête, nous avons découverts que notre ADN est semblable à plus de la moitié.
    Bref, nous sommes faux-jumeaux.
    Sachez que jusqu’à Novembre dernier, seul Hécarion pouvait avoir la prétention d’être appelé « frère ».


    Inutile de s’étendre sur des détails. Les commandes furent rapidement posés devant leur propriétaire respectif, coupant le récit qui, de toute façon, changeait.

    - Vindex… Lors de l’attaque de la Citadelle, Hécarion, un Aper donc, a été tué par Cerberus. J’ai rencontré Adrien à ce moment. Il m’a apporté son soutien et, une chose en entraînant une autre…
    Nous ne nous sommes plus vus depuis la fin de la guerre.


    Beaucoup plus court et abrupt, certes, mais il y avait des choses qu’il valait mieux laisser enterrer. Au risque de les voir, comme maintenant, tenter de sortir de la tombe cadenassée.
    De toute façon, toute cette histoire c’était passée il y a longtemps. Sans doute qu’Annaz était passé à autre chose, lui aussi. Ou qu’il s’était trouvé une humaine.

    En attendant, elle s’accorda une gorgé.






Spoiler:
 


Dernière édition par Ravilla Aper le Ven 12 Juin 2015, 22:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: C'est deux Turiens et un Humain dans un bar...   Ven 12 Juin 2015, 21:47



Adrien, pas observateur ? Tout ça parce qu’il confondait UN Turien et UNE Turienne ? C’était tout à fait juste. A sa décharge, il avait des excuses. Tout d’abord, le fait qu’il n’avait fait que jeter un œil rapide au visage de ‘’Ravilla’’. Il avait tout de suite reconnu les traits de la Turienne, et la phrase était sortie toute seule. Maintenant qu’il regardait plus attentivement, il voyait en effet les marques d’un Turien mâle. La deuxième excuse était qu’il ne s’attendait pas du tout à une telle surprise. Il se contentait de se frayer un chemin parmi la foule, bousculant Turien après Humain après Asari après Turien… Encore et encore. De surprise, il avait effectivement confondu.

Heureusement pour lui, le Turien ne prit pas contre lui cette erreur. Ce qui ne l’empêcha pas de dévisager Adrien, sans doute un peu choqué par l’erreur. Après quelques instants, il lui répondit que non, ce n’était pas lui Ravilla. Logique, puisqu’aux dernières nouvelles, Ravilla était une Turienne. En revanche, elle était sur le champ de tir, en train d’essayer de ‘’sauver son honneur’’. Ce qui lui rappelait bien la jeune soldat qu’il avait côtoyé pendant la guerre, et qui mettait son honneur au dessus de tout. Reprenant le fil de la conversation, Adrien se vit demander s’il connaissait Aper. Et qui il était, accessoirement.

« Oui, on peut dire que je la connais… Adrien Annaz, de l’Alliance. Et donc, puisque vous n’êtes pas Ravilla, vous êtes… ? »

Vindex Treyn, son frère donc. SON FRERE ? Pour le coup, Adrien eut quelques secondes de désorientation. Dans ses souvenirs, et il était plutôt sûr de lui cette fois, son frère avait été tué par Cerberus quand ces derniers avaient attaqués la Citadelle. Et même s’il ne se rappelait pas vraiment du prénom du défunt, il était à peu près sûr qu’il ne s’appelait pas Vindex. Alors, très franchement… D’où sortait-il ?

Avant qu’il ait eu le temps de poser la question, de manière un peu plus subtile quand même, le Turien appelait Ravilla qui venait de terminer sa séance. Celle-ci les rejoignit d’une démarche agile mais qui semblait plutôt tendue. Tout comme le mouvement de ses mandibules traduisait… Adrien ne savait pas trop comment définir ça. Une sorte de surprise mêlée de fatigue. Elle ne semblait pas ravie de revoir l’Humain. Et pourtant, son ‘’bonjour Adrien’’ était beaucoup plus cordiale que le ton de ses dernières paroles dans l’hôpital sur Terre. En revanche, ce qui n’avait pas beaucoup changé était le physique d’Aper. Malgré plus d’une décennie depuis la dernière fois qu’il l’avait vu, elle restait toujours aussi charmante, les années apportant une certaine maturité à ses traits. Même si plus que la maturité, c’était la dureté de son regard qui était la plus prononcée. Le genre de regard de quelqu’un qui à déjà vu bien des horreurs.

Dire que cela faisait longtemps qu’ils ne s’étaient pas vus. Quel doux euphémisme. Malgré tout, tout comme Adrien n’avait jamais oublié sa relation pendant la guerre, Aper semblait en avoir fait de même. Malgré la brusque séparation qu’elle avait provoquée. Mais ces moments étaient enterrés, aussi Adrien voulait repartir du bon pied. Autour d’eux, la foule semblait commencer à comprendre que le spectacle était terminé, et les paris amicaux annulés. Petit à petit, ils finirent par se retrouver moins entourés, tandis que les trois se regardaient sans trop oser parler. Puis Ravilla se décida à faire les présentations, après s’être inquiété de savoir s’ils se connaissaient déjà. Mais sans attendre la réponse. Peut-être ne voulait-elle pas savoir, après tout.

Donc, Vindex Treyn, frère de. L’adjectif ‘’compliqué’’ était bien en dessous de la vérité. Présentation inverse, Adrien Annaz, ancien compagnon de Ravilla. Là encore, c’était compliqué. Pas tant sur la relation que la fin de celle-ci. Et oui, il avait quelques questions, comme à quel moment elle s’était trouvé un frère dont elle n’avait jamais parlée. Même s’il ne prétendait pas connaitre tous les secrets et toute la vie d’Aper, Adrien se souvenait quand même qu’elle avait perdu son unique frère pendant la guerre. Difficile de l’oublier, puisque c’était à ce moment là qu’ils s’étaient rencontrés. Mais il gardait ses interrogations pour lui, car le lieu n’était pas vraiment propice à ce genre de questions.

Le problème fut réglé par Ravilla. Elle annonça que le temps de location était bientôt terminée, et qu’elle ne voyait pas l’intérêt de rester une demi-heure de plus pour discuter. Elle proposa aussi à Adrien de les accompagner. Et comment. Ces histoires de frère avait piqué sa curiosité, et il voulait connaitre le fin mot de l’histoire. Entre autre raisons. Retournant poser son équipement inutilisé, il suivit les deux Turiens à travers les rues de la Citadelle jusqu’à un bar/piste de dance non loin. Décidément, Aper aimait ce genre d’endroit… Bon, Adrien aussi, mais il n’avait jamais risqué de mourir dans un bar. Ils s’installèrent les trois à une table, commandèrent leurs boissons (toujours la même pour Adrien, un Temple de Thessia) et Ravilla se mit à raconter.

- Bien. Commençons par le plus simple.
Adrien, comme je vous l’ai annoncé, Vindex est mon frère. Nous nous sommes rencontrés par hasard sur la Citadelle en Novembre. Notre ressemblance nous a intrigués et, après enquête, nous avons découverts que notre ADN est semblable à plus de la moitié.
Bref, nous sommes faux-jumeaux.
Sachez que jusqu’à Novembre dernier, seul Hécarion pouvait avoir la prétention d’être appelé « frère ».


Bordel. Si ça c’était le plus simple, il n’imaginait même pas comment elle envisageait de parler de leur relation passée. Un frère caché à ADN semi-identique rencontré par hasard sur la Citadelle quelques mois plus tôt, lui faisant retrouver une famille. Ce n’était pas vraiment le genre d’histoire qu’on entend dans tous les coins de rue.

- Vindex… Lors de l’attaque de la Citadelle, Hécarion, un Aper donc, a été tué par Cerberus. J’ai rencontré Adrien à ce moment. Il m’a apporté son soutien et, une chose en entraînant une autre…
Nous ne nous sommes plus vus depuis la fin de la guerre.


Et ça, c’était un résumé très succinct d’une demi-année de relation. Une période de sa vie qu’elle préférait oublier peut-être ? Ou ne pas se souvenir pour d’autres raisons ? Adrien n’en savait strictement rien, mais il ne comptait pas laisser l’histoire aussi inachevée que ça. Après tout, ce Vindex était bien son frère non ? Alors, il avait le droit de savoir aussi.

« Voila, en très résumé, c’est ça. Ravilla essayait de se noyer dans l’alcool après la mort de son frère – l’autre, bien entendu, pas vous – et il se trouve que j’étais là ce jour là. Vu qu’elle a failli mourir à cause d’une erreur de cocktail, on peut dire qu’elle à eu de la chance. Nous sommes restés ensemble pendant la guerre, si tant est qu’on puisse parler de relation quand l’un est sur le terrain et l’autre sur la Citadelle, et jusqu’à l’opération Marteau, où elle a décidée de… Quel était le terme… Me libérer des mes engagements, je crois. Bref, dans le langage courant, elle a rompue. A mon grand désarroi, je précise, bien que je respecte sa décision. Et voila donc que le destin nous réunit. Belle ironie, n’est-ce pas ? J’ose espérer que depuis treize ans, elle a trouvée quelqu’un avec qui elle partage sa vie. Autre que vous Vindex, je précise. Même si je suis bien placé pour savoir qu’en tant que militaire, ce n’est pas simple.
Bref, assez parlé du passé. Dites moi Vindex, que ce que vous faite dans la vie ? Vous êtes soldat aussi ? Où est-ce que votre principale activité est d’égratigner l’honneur de Ravilla ? Et toi d’ailleurs, que ce que tu deviens depuis ces treize dernières années ? Toujours sur le terrain ?
»

Oui, dit comme ça, ça fait un peu mitraillage de questions. Mais Adrien se disait qu’il avait assez parlé de lui pour le moment. Il était invité, et n’allait donc pas monopoliser la conversation. En plus de ça, il était curieux. Surtout envers la vie de Ravilla : après tout, si elle n’avait pas rompue, qui sait où ils en seraient aujourd’hui. Et il n'avait encore rien bu, erreur qu'il s'empressa de corriger.


Pourquoi est-ce qu'à chaque fois que quelqu'un dit "avec tout le respect que je vous dois", j'entends "ta gueule" ?


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MessageSujet: Re: C'est deux Turiens et un Humain dans un bar...   Dim 14 Juin 2015, 21:23
Vindex avait l'impression de ne pas être à sa place entre Adrien et Ravilla. Sa sœur avait déposé son arme, s'était immobilisée quelques instants avant de revenir vers eux, d'un pas léger, mais en s'arrêtant à bonne distance du duo.
Elle parla d'une voix douce, ce qui rassura quelque peu le Turien qui avait affichait une légère anxiété à l'idée d'avoir commis une bourde. Elle les présenta l'un à l'autre, il avait toujours un peu de mal à entendre la Turienne l'appelait mon Frère, c'était bizarre, bien qu'agréable à entendre il n'arrivait pas à décrire cette émotion, Treyn crut cependant avoir mal entendu quand elle annonça qu'ils avaient eu une relation lors de la guerre. Ce qui fait au bas mot treize ans.

Vindex ne s'intéressait guère aux histoires de cœurs des autres. Fouiner là dedans c'est s'exposer à beaucoup d'emmerdes. Moins il y était mêlé, mieux c'était. Pourtant cela éveillé en lui de la curiosité. Il connaissait sa sœur depuis six mois environ, et avait apprit certaines choses sur elle. Mais Ravilla s'était toujours montrée très évasive sur son passé. Le jour de leur première rencontre en Novembre elle avait souhaité ne pas en parler et Treyn avait toujours respecté cette décision. Plusieurs fois il eut envie d'en savoir plus, se retenir de poser des questions avait été parfois difficile.

Aujourd'hui, c'était différent. Cet Humain qui était arrivé, venait de changer la donne. Les interrogations se bousculaient dans la tête du Turien. Il avait une chance d'en apprendre plus, de découvrir une facette de sa sœur qui lui était inconnu. Alors lorsque celle-ci leur proposa d'aller en discuter ailleurs bien sûr qu'il accepta. L'idée d'aller dans un bar ne le dérangeait pas plus que ça, mais il commençait à éviter maintenant tout ce qui touchait de près ou de loin à l'alcool.

Manque de chance pour lui, sa sœur opta pour un bar branché offrant de la danse ou l'on ne pouvait pas vraiment dire qu'il excellait même s'il se débrouillait et de l'alcool fort en grande quantité. Vindex était un grand consommateur de courage liquide il y a encore quelques mois ce ça, au point d'être considéré comme un alcoolique chronique par les spécialistes. Il avait commencé une thérapie visant à le débarrasser de ce problème en début d'année. Les premiers jours furent vraiment durs, l'effet du manque s'était fait ressentir, sueurs froides, tremblements, des symptômes similaires à ceux de la gueule de bois mais en bien plus prononcés. Son humeur s'était également dégradé lors de cette période le rendant bien plus irritable, le manque de sommeil n'aidant en rien. Mais les insomnies et quelques idées noires avaient persisté durant plusieurs semaines.

Son conseiller le suivait toujours, Vindex avait fait d'énormes progrès réussissant à se contrôler petit à petit jusqu'à réussir à contrôler lui même sa consommation, songeant à arrêter définitivement. Il avait pu constater les ravages de cette saloperie sur son organisme, lui grillant le cerveau, lui faisant perdre ses réflexes etc... Ce n'est que grâce à des exercices acharnés qu'il avait retrouvé son niveau d'avant.

Lorsque le serveur lui demanda ce qu'il voulait boire, Vindex déclina la proposition. Il préférait garder les idées claires pour la conversation à venir qui s'annonçait intéressante.
Ravilla expliqua brièvement la rencontre entre eux deux, soit disant simple, mais au vu de la tête qu'affichait Adrien...ça n'avait pas l'air si simple. Elle expliqua ensuite sa relation avec Adrien après que la Galarien ait posé les verres.

- Vindex… Lors de l’attaque de la Citadelle, Hécarion, un Aper donc, a été tué par Cerberus. J’ai rencontré Adrien à ce moment. Il m’a apporté son soutien et, une chose en entraînant une autre…
Nous ne nous sommes plus vus depuis la fin de la guerre.


Plus court, tu meurs. Treyn se demandait s'il réussirait à extirper quoique ce soit de sa sœur vis à vis de son passé. Heureusement Adrien trouvait sûrement lui aussi ce résumé bien trop court. Après tout il avait partagé un moment de sa vie avec sa sœur, il avait bien son mot à dire.

« Voila, en très résumé, c’est ça. Ravilla essayait de se noyer dans l’alcool après la mort de son frère – l’autre, bien entendu, pas vous – et il se trouve que j’étais là ce jour là. Vu qu’elle a failli mourir à cause d’une erreur de cocktail, on peut dire qu’elle à eu de la chance. Nous sommes restés ensemble pendant la guerre, si tant est qu’on puisse parler de relation quand l’un est sur le terrain et l’autre sur la Citadelle, et jusqu’à l’opération Marteau, où elle a décidée de… Quel était le terme… Me libérer des mes engagements, je crois. Bref, dans le langage courant, elle a rompue. A mon grand désarroi, je précise, bien que je respecte sa décision. Et voila donc que le destin nous réunit. Belle ironie, n’est-ce pas ? J’ose espérer que depuis treize ans, elle a trouvée quelqu’un avec qui elle partage sa vie. Autre que vous Vindex, je précise. Même si je suis bien placé pour savoir qu’en tant que militaire, ce n’est pas simple.
Bref, assez parlé du passé. Dites moi Vindex, que ce que vous faite dans la vie ? Vous êtes soldat aussi ? Où est-ce que votre principale activité est d’égratigner l’honneur de Ravilla ? Et toi d’ailleurs, que ce que tu deviens depuis ces treize dernières années ? Toujours sur le terrain ? »


Visiblement c'était de famille de se torpiller le caisson, bon certes il y avait bien la mort d'un proche comme excuse mais au point d'en crever il fallait le faire. Cependant d'après ce qu'il racontait, c'était lui, cet Humain qui avait sauvé sa sœur.

« Et bien je pense que je peux vous remercier d'avoir sauvé Ravilla, sinon je n'aurai pas eu la chance de la rencontrer. Quand à ce que je fais et bien... je suis quelqu'un qui met les mains dans la merde pour éviter que certaines personnes se salissent les mains. Quand au fait d'égratigner l'honneur de ma jumelle, il regarda Ravilla, c'est un passe temps familial. »


Il laissa ensuite l'ancien couple discutait, préférant se concentrer sur leur conversation et ce qui avait été dit. S'il avait tout suivi jusque là, Adrien était le parti lésé de cette histoire vu que Ravilla l'avait plaqué juste après la guerre. Pour le peu qu'il l'avait vu et entendu parler, ça avait l'air quelqu'un de plutôt sympathique et simple. Le fait que sa sœur se soit battue sur Terre lors de l'opération Marteau le surprit quelque peu. Il avait pu lire quelques rapports de cet événement et même si passer un an à survivre sur Palaven n'avait pas été de la tarte, l'opération Marteau avait été un cauchemar d'après les témoignages.
Il se laissa emporter par un flot de questions, la plupart sans réponses. La discussion entre les deux protagonistes battait son plein.

« Vous savez que vous allez plutôt bien ensemble ? »

Quelques secondes passèrent ou plus un seul d'entre eux ne dit un mot. Le Turien mit quelques secondes pour réaliser l'étendu de sa connerie. Hélas pour lui il avait pensé un peu trop fort.
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MessageSujet: Re: C'est deux Turiens et un Humain dans un bar...   Lun 15 Juin 2015, 16:34

    Le bar n'était pas des plus bruyants à cette heure de l'après-midi. Malgré la présence d'une piste de danse, un demi-étage plus haut, la musique n'était pas hurlante. Ainsi, les clients qui le souhaitaient pouvaient uniquement boire et discuter en bas sans être dérangés par les danseurs. Danseurs qui, par ailleurs, étaient d'un nombre honorables. Ils devaient être une petite vingtaine à se déhancher sur la piste, dans une tradition toute "Citadelienne". Comme bien d'autres grandes villes de l'espace le temps était une notion superflue. On pouvait écumer les magasins qu'il soit dix-sept heure du soir ou quatre heure de matin, trouver n'importe quel divertissement ouvert n'importe quand et si aucun des clients d'un club ne dansait, quel que soit le moment, c'était qu'il y avait anguille sous roche.
    Sans qu'elle ne le montre vraiment, le regard d'Aper glissait de temps à autre en direction de l'étage. Seule la réaction de ses compères vint, parfois, faire cesser ses œillades. Ce qui fut le cas lorsque Adrien finit par réagir à son commentaire.

    L'humain se sentit obligé, dans un premier temps, de détailler leur relation passée. Il ne semblait pas comprendre que le manque de détails était volontaire. Ou bien l'avait-il au contraire remarqué et il se faisait un malin plaisir à rajouter son grain de sel pour d'obscures raisons. Le désir qu'elle avait pour taire son passé lui était donc arraché sans pitié, détruit petit à petit et remplacé par quelques anecdotes que la femme avait - il fallait l'avouer - hésité un court instant à énoncer avant d'y renoncer, justement.
    Ainsi, le claquement froid de ses mandibules fit écho au passage narrant leur première rencontre, et le sauvetage peu glorieux après l'empoisonnement dont elle avait été la victime. Le tout en soulignant agréablement sa tentative de s'enivrer jusqu'au-delà de la raison.
    Pourtant, malgré le début de rancune et d'agacement qui commençaient à naître, la franc-tireuse ne lâcha pas un mot, ni même un commentaire. Elle avait été, après tout, dans son droit le plus propre. Certes, il ne s'agissait pas d'un récit des plus glorieux, mais c'était juste. La mort de son frère l'avait blessée, tout comme celle de Vindex le ferait sans aucun doute. Elle avait cru Hécarion en sécurité, seul membre de sa famille à avoir la moindre chance de s'en sortir. Au final, une balle dans la nuque avait mis fin à son maigre espoir. L'alcool était bien la moindre des choses qui pouvait, à ce moment, l'aider à noyer sa tristesse. Ce qui, au final, n'avait même pas été le cas.
    Au final, les détails sur leur début de relation se montrèrent succincts, eux aussi. Point d'histoire sur la façon dont elle lui avait pleuré dans les bras, l'esprit embrumé, ou l'avait copieusement invité à se faire foutre, le lendemain midi. A moins qu'il n'ait totalement oublié ces événements. Chose dont la Turienne doutait fortement.

    - Nous sommes restés ensemble pendant la guerre, si tant est qu’on puisse parler de relation quand l’un est sur le terrain et l’autre sur la Citadelle, et jusqu’à l’opération Marteau, où elle a décidée de… Quel était le terme… Me libérer de mes engagements, je crois.

    Se rendait-il compte de la façon dont son reproche même pas déguisé était glacial pour la Major? Non, sans doute que non. Pourtant, tout ceci lui donnait l'impression d'une basse vengeance, réalisée des années après. La façon dont il le disait lui donnait l'impression d'avoir été injuste. Ce qu'elle avait sans doute été, après tout. S'il savait... Cette rupture lui avait déchiré le coeur autant qu'à lui. Et pourtant, elle n'avait été motivée que pour le bien être d'Annaz. Même si ce raisonnement paraissait stupide, il était, à l'époque, le plus juste possible. Surtout pour quelqu'un dont la pensée première tournait autour de la mort. Sujet qui continuait toujours d'habiter un coin de son esprit, et qui ne le quitterait jamais. Alors oui, la soldate avait préféré prendre le mauvais rôle dans cette histoire pour que lui passe à autre chose. Ils auraient sans cela souffert tous deux de son état, s'ils avaient continué.
    Toutefois, même s'il était ignorant de ses raisons, son attitude était quelque peu décevante pour son ancienne compagne. Elle l'avait toujours imaginé meilleur que cela. Apparemment non, puisqu'il se permettait une telle pique, des années plus tard.

    - Bref, dans le langage courant, elle a rompue. A mon grand désarroi, je précise, bien que je respecte sa décision.

    Parce qu'il l'avait vraiment imaginé heureuse de se "débarrasser de lui"? Peut-être, vu ce qu'il racontait.
    Ravilla avala quelques gorgées de son verre, tant pour se redonner un peu de contenance qu'étouffer le sentiment pernicieux qui tentait de se glisser dans son esprit. C'était il y a treize ans de cela. Il avait oublié. Enfin, n'avait gardé d'elle qu'un mauvais souvenir basé à juste titre sur leur rupture. A raison.
    En attendant, un énième regard fut jeté sur la piste de danse. Toujours le même nombre de danseurs, et une musique plus vive sur laquelle se déhancher.

    - Et voilà donc que le destin nous réunit. Belle ironie, n’est-ce pas ? J’ose espérer que depuis treize ans, elle a trouvée quelqu’un avec qui elle partage sa vie. Autre que vous Vindex, je précise. Même si je suis bien placé pour savoir qu’en tant que militaire, ce n’est pas simple.

    Vindex fut le premier à réagir, remerciant Adrien pour avoir empêché sa soeur de mourir, puis répondant vaguement aux quelques questions qui lui étaient adressées. Après quoi, il se détacha clairement de la discussion, laissant l'ancien couple "régler leur affaire".

    - Bien, puisque vous me le demander avec autant d'amabilité, lança-t-elle avec une légère acidité.
    Comme je vous l'avais énoncé, j'ai servi la Hiérarchie depuis notre séparation. Je suis désormais Major. Enfin, j'imagine qu'une montée en grade ne vous surprend pas, de la même façon que je doute que vous soyez encore Sergent.
    Pour votre autre question, celle que vous n'avez pas osé poser directement, sachez que non, personne n'a la chance de... Comment avez-vous dit déjà? "Partager ma vie"? Tous ceux qui ont essayé d'avoir une telle prétention se sont fait éconduire. Ou, si vous voulez une version moins délicate, je prends soin de ne jamais revoir ceux qui partagent ma couche une fois. Heureux?
    Voulez-vous que je vous renvoie la question? J'ose imaginer que, contrairement à moi, vous avez suivi ma demande. Une humaine, des poissons rouges et un superbe appartement dans les Présidiums. Ou qu'importe ce qui colle à votre définit "d'être heureux".


    Mi sarcastique, mi amicale. Au moins Adrien savait désormais qu'elle lui faisait reproche de son comportement de tout à l'heure. La femme aurait pu se montrer bien plus mordante. Pourtant, elle n'en avait, curieusement, rien fait.
    Quand à l'exception qu'elle avait omise... Il n'avait pas à le savoir. Dans tous les cas, Xern ne partageait pas vraiment sa vie.

    - J'espère ne pas m'être montré un peu trop virulente.
    Donc? Que devenez-vous?


    Un peu plus douce, cette fois-ci, pour indiquer que son agacement n'avait été que passager. Encore que, il n'était pas forcément le plus affable possible.

    - Vous savez que vous allez plutôt bien ensemble ?

    La phrase surprit tant ceux qui l'écoutèrent que celui qui l'avait prononcé. Déjà, Vindex semblait se décomposer sous les regards qu'il venait de s'attirer. Et sous le sens de sa phrase. Car, il fallait l'avouer, sortir une telle chose à deux personnes en train de se balancer des reproches mutuels à demi-mots n'étaient pas forcément la meilleure idée du siècle.
    Et ce n'était même pas ça, le pire.

    Le pire, c'était qu'il avait raison, d'une certaine façon. Ils s'étaient quittés l'un et l'autre avec regret lorsqu'Aper avait préféré se replier de tout, sauf de l'armée. Et les reproches que chacun semblait avoir envers l'autre, celui de ne pas avoir dit, de ne pas savoir, semblait renforcer l'ironie de la situation. Avec une pointe de jalousie mal placée en toile de fond, de son côté en tout cas.
    Bref, même enterré, rien ne semblait jamais avoir été vraiment mort. Et comme un mauvais film de zombies, ce qui avait été enfouis semblait vouloir ressortir dans un grognement d'outre-tombe.

    Il était temps de lui balancer un coup de pelle pour que tout redevienne silencieux. A ce qui avait été, pas Adrien bien sûr. Encore que...

    Le verre vidé d'une traite fut reposé sur la table alors que la franc-tireuse se releva.

    - Je vais aller danser.

    Sans rien de plus, elle laissa le duo à leur table, empruntant l'escalier qui menait à la piste de danse.
    Elle avait besoin de ça pour se vider la tête. Et oublier ce "Je sais" resté coincé dans sa gorge.






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MessageSujet: Re: C'est deux Turiens et un Humain dans un bar...   Dim 28 Juin 2015, 18:07



Un passe-temps familial. Adrien étouffa un rire devant la réponse du Turien. Adrien savait à quel point Ravilla tenait son honneur en haute estime, et à quel point c’était divertissant de la titiller un peu. Sans trop insister, bien sûr. Il comprenait donc parfaitement le plaisir que prenait son frère à cet exercice. Quand aux restes de ses réponses, il resta assez vague sur le sujet. «Mettre les mains dans la merde pour éviter que d’autres le fassent » pouvait regrouper beaucoup de choses. Adrien n’insista pas, comprenant que le Turien préférait éviter le sujet. Il accepta aussi ses remerciements d’un mouvement de tête, sans rien dire. Il s’agissait plus de remerciement de formalité que tout le reste, et il y avait prescription, depuis le temps.

Ce fut ensuite la Turienne qui reprit la parole, avec son absence de tact et de délicatesse habituelle. Elle retraça à Adrien sa vie depuis leur séparation, et son existence au service de la Hiérarchie qui lui avait value diverses promotions, puisqu’il fallait maintenant l’appeler Major Aper. S’en suivit un monologue sur sa vie sentimentale plutôt vide, avant qu’elle ne renvoie à Annaz sa propre question à la figure. Où elle lui souhaitait, apparemment, d’avoir une vie amoureuse un peu plus remplie que la sienne. Il ne pouvait pas contre pas dire si elle espérait vraiment ça ou non, tant son ton était acide. Difficile de savoir si elle se moquait de lui ou non. Un sentiment dissipé par ses excuses pour son ton un peu… Virulent, d’après ses propres termes. Elle reposa sa question, de manière plus calme.

Adrien ouvrait la bouche quand il fut pris de vitesse par le Turien jusqu’ici silencieux. Il avait lui aussi écouté le monologue de sa sœur, sans réagir. Ce qui rendit sa remarque encore plus inattendue. Ainsi donc, alors qu’Adrien était sur le point de répondre, ce fut Vindex qui prit la parole à sa place en déclarant « qu’ils allaient bien ensemble ». La justesse ou non de la remarque passa au second plan tellement elle choqua le groupe. Adrien et Ravilla venaient de lui raconter qu’ils s’étaient séparer plus ou moins à contrecœur, qu’ils se retrouvaient après 13 ans sans contact (et visiblement au grand désarroi de la Turienne) et voila qu’il sortait une telle remarque. Bon, au moins, il s’était rendu compte de sa connerie.

Les regards se tournèrent vers un Vindex qui ne savait pas trop comment réagir. Sans doute aurait-il aimé pouvoir disparaitre maintenant, mais ce n’était pas possible. Le silence fut brisé par le choc d’un verre sur la table, suivi d’un raclement de chaise sur le sol et de l’annonce de la part de Ravilla comme quoi elle allait danser. Les deux hommes se retrouvèrent donc seuls à la table, regardant partir la Turienne vers la piste à moitié replie. Préférant prendre la remarque à la rigolade malgré la justesse de celle-ci, Adrien s’adressa à son homologue masculin.

« Vindex, mon ami, j’admet que titiller Ravilla est très distrayant, mais il faut savoir où s’arrêter… Là, je crois que tu es allé un peu loin. » Adrien termina son verre avant de se lever « Si ça ne te dérange pas, je vais la rejoindre et essayer de faire en sorte qu’elle ne te casse pas en morceau de colère quand elle reviendra. Ou pire, qu’elle me casse en morceau moi pour avoir eu le malheur d’être de retour dans sa vie, même temporairement. Souhaite-moi bonne chance. »

Ce fut donc ainsi qu’Adrien se retrouva aux côtés d’une Ravilla pas forcément enchantée de le voir. En tout cas, il ne voyait pas pourquoi elle le serait. Mais bon. Avec ses talents de danseur, il devait être plutôt drôle à voir. D’abord à une distance respectable de la Turienne, il se rapprocha petit à petit au fur et à mesure de la musique, jusqu’à être à portée de voix sans avoir besoin d’hurler pour couvrir le bruit ambiant.

« On peut dire que ton frère est du genre direct. Ou maladroit, j’hésite encore. Cela dit, ce n’est pas moi qui vais lui donner tort. On dirait moi à une certaine époque… Tu me demandais donc ce que j’étais devenu : tout comme toi, je suis resté au service de l’armée, et comme tu t’en doutais, je ne suis plus sergent, mais lieutenant.
Et pour répondre à ta deuxième question, j’ai bien un appartement à la Citadelle. Si tu veux tout savoir, l’ancien à été détruit, pendant la guerre ou l’attaque d’il y a quelques années, je n’en sais rien. Mais il n’est pas dans les Présidiums, simplement dans un quartier assez calme des Secteurs. Par contre, contrairement à ce que tu imagine, j’y suis seul. Pas même un poisson rouge. Quand à être heureux… Je l’avais été, il y a quelques années de cela. Non pas que je ne l’ai plus été depuis mais… C’est différent. Et vraisemblablement enterré, vue comme tu semble ravi de me revoir. C’est dommage.
» Autour d’eux, la musique s’estompa avant de reprendre de plus belle. Adrien tendit la main à la Turienne. «Tu m’accorde cette danse, ou est-ce que tu préfère qu’on retourne vers ton frère ? »


Pourquoi est-ce qu'à chaque fois que quelqu'un dit "avec tout le respect que je vous dois", j'entends "ta gueule" ?


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MessageSujet: Re: C'est deux Turiens et un Humain dans un bar...   Mar 30 Juin 2015, 23:59

Vindex se maudissait intérieurement, il était tellement curieux vis à vis de sa sœur qu'il n'avait pas pu s'empêcher de tenir sa langue pour sortir une telle connerie... Bon certes il fallait le reconnaître, Adrien et Ravilla avait l'air de plutôt bien se compléter. L'un avait l'air d'avoir de l'humour, un bon caractère, chaleureux tandis que l'autre était plus froide, sérieuse et donnait quand même l'impression d'être sacrément coincée. Un vrai couple.

L'air mal à l'aise après sa remarque, il réussit néanmoins à retrouver sa contenance et son sang froid. C'était surtout l'air ahuri des deux protagonistes qui lui permit de se reprendre. Un lourd silence s'installa, personne ne sachant que dire. Au final ce fût la Turienne qui désamorça la situation. Elle termina le contenu de son verre avant de le reposer bruyamment sur la table, puis se leva dans un raclement de chaise et signala qu'elle allait danser.

Le mercenaire regarda Ravilla s'éloignait vers la piste de danse ou s'agitaient quelques dizaines de personnes, certaines d'une manière plus stupide que d'autres. Une fois celle-ci suffisamment éloignée pour ne plus l'entendre, il laissa échapper un léger soupir.

« Quelle caractère de merde, ronchonna t-il. »

Heureusement l'humain avait plutôt bien prit la chose, même s'il se leurrait sur un point. En aucun cas, Vindex n'avait voulu offenser sa sœur ou s'amuser d'elle. C'était une simple constatation, une vérité... qui avait plutôt l'air d'être dur à entendre vu la réaction de Ravilla. Il aurait bien aimé la soutenir mais ne savait pas comment s'y prendre du fait de l’ambiguïté de sa jumelle. Adrien termina son verre et annonça qu'il partait rejoindre la Turienne pour tenter de la raisonner d'éviter de les démolir tout les deux. Le Turien se contenta de hocher simplement la tête. Il était en colère. En colère contre lui même, contre Ravilla et contre Adrien. Cette journée aurait pu être des plus tranquilles, sans soucis, sans penser à rien à part passer un bon moment avec sa frangine.

Hélas, entre l'arrivée de cet homme et l'humeur de sa sœur qui se dégradait continuellement rien ne s'était passé comme prévu. Boire lui permettrait sûrement d'oublier ça... Non il ne devait pas céder à la tentation. Treyn fit un intense effort de volonté pour se retenir de commander un verre d'alcool. Il devait trouver autre chose pour passer sa mauvaise humeur. Regardant la piste de danse il put apercevoir Adrien se trémousser en s'approchant de Ravilla. Décidément il aurait mieux fait de rester au lit aujourd'hui.

Vindex les regarda, l'humain avait l'air de parler beaucoup, sûrement trop. Il tendit la main pour l'inviter à danser. Une musique plus douce se lança, les deux anciens amants commencèrent à suivre le rythme imposé. Quelque part il les enviait, de l'autre il était heureux pour sa sœur jumelle. Le menton posait sur son poing il observait silencieusement. Une Asari l'air visiblement éméchée passa à proximité du Turien, il l'interpella, lui faisant signe d'approcher.

« Vous voyez la Turienne à bas ? Celle qui danse avec l'humain. Si vous faites en sorte que l'un des deux bouscule l'autre et ce sans vous faire prendre, ces deux mille crédits sont à vous, dit-il en pianotant sur son omnitech.

Visiblement, l'appât du gain était plus fort que la raison. L'Asari se dirigea d'un pas décidé vers le couple, arrivé près d'eux elle commença à baller. Détendons un peu l'atmosphère, se dit le Turien un rictus mauvais sur le visage.
Au bout de quelques secondes elle fit preuve d'un habile jeu de jambe, d'un rapide mouvement du bassin et de coude elle poussa Ravilla contre Adrien qui se retrouva collée contre lui, sûrement un peu trop vu le baiser involontaire qu'ils échangeaient. La femme ayant réussit son coup disparut rapidement dans la foule avant de revenir vers Treyn. Il lui adressa un clin d’œil satisfait et lui versa la somme convenue. Cette scène n'avait durait qu'un cours instant mais elle eut au moins le mérite de le distraire un peu lui faisant oublier son animosité.
Quelques minutes plus tard, une fois que la musique fut terminée, ils revinrent tout les deux vers Vindex qui affichait un air amusé.

« Je ne savais pas que tu étais aussi directe pour mettre fin à tes problèmes ma sœur. »
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MessageSujet: Re: C'est deux Turiens et un Humain dans un bar...   Mer 01 Juil 2015, 18:48

    La musique qui résonnait fortement à ses oreilles, les basses qui faisaient vibrer les corps alors que les danseurs se mouvaient avec un plaisir non dissimulé, suivant le rythme intensif de la techno... Tout ceci aurait dû permettre à Ravilla de lâcher prise avec le monde réel. D'oublier, de se laisser aller et ne faire que danser pour la bonne demi-heure qui suivait. Elle en aurait profité pour se concentrer et raffermir sa volonté, histoire de chasser les souvenirs qui commençaient à se faire trop insistant. Evidemment, ce ne fut pas le cas. Cela aurait été trop facile. Pourquoi se détendre, après tout, lorsqu'on pouvait rester perturbée?

    La Turienne chaloupait doucement sur la gauche de la piste, un peu à l'écart de la foule. Ceux qui étaient devant semblaient si... insouciants. Qu'ils soient en groupe ou seul, cherchant à fuir leurs propres soucis ou bien simplement s'amuser, ils paraissaient passer du bon temps.
    Le claquement envieux et frustré à la fois se perdit alors que la mélodie s'accélérait plus violemment. Elle n'était pas aussi dedans qu'eux. En temps normal, son esprit n'était qu'harmonie sur le parterre. La musique chassait la moindre pensée, le moindre souvenir un tant soit peu agaçant ou douloureux. Les percussions et les cordes étaient les seules choses qui guidaient ses pas dans de tels moments. Mais là... Treize ans de culpabilité lui remontaient à la gorge, accompagnés de reproches insidieux adressés par sa conscience à elle-même. Le trouble était trop important pour pouvoir être correctement bouté.

    Non loin de la femme, un Turien s'approcha vers elle d'un sourire charmeur. Il fut remercié proprement d'un signe de tête, indiquant le refus de l'intéressée de former le moindre duo. Un haussement des épaules plus tard et elle se retrouvait de nouveau seule, à pouvoir réfléchir en paix.

    Adrien, donc et sa présence inopinée qui ne faisait que dégrader l'humeur de la militaire avec leurs engueulades, détruisant ainsi ce qui aurait dû être une paisible sortie de famille avec Vindex.
    C'était être mauvaise langue que de dire cela. Une petite partie d'elle, les rares débris de qui elle avait été il y a treize ans de cela, restait heureuse de le savoir en vie et en bonne santé. Malgré toutes les fois où elle avait évité de ne serait-ce que penser à lui. La plus grande majorité continuait de lui en vouloir pour sa simple existence. Après tout, s'ils ne s'étaient pas recroisés, ses vieux démons ne se seraient pas réveillés. Encore moins s'il ne s'était pas obligé de lui rappeler leur rupture et à quel point il l'avait regretté. Comme s'il pouvait ne serait-ce que l'apprécier encore, après tout ce temps... Il aurait mieux fait de l'oublier et passer à autre chose. Si cette seconde option était une possibilité, la première était, quant à elle, clairement irréelle au vue du comportement de l'humain.

    - On peut dire que ton frère est du genre direct.

    Quand on parlait du loup... Il se faisait un malin plaisir à la hanter et la torturer. A croire que cela lui plaisait. A moins que tout ceci ne soit qu'une hallucination créé par son cerveau à cause des somnifères. Non. Son frère n'aurait pas discuté avec une chimère.
    Restait donc l'idée que l'humain était un sadique et qu'il aimait sans doute cela. Dommage qu'elle préfère la douleur physique à celle mentale.

    La venue du Lieutenant fut donc accueillie par un signe de tête, d'une façon un peu froide, sans doute. Il ne semblait pas vouloir la laisser tranquille et continuait à vouloir lui faire toujours plus de mal en remémorant un passé qu'elle aurait préféré fuir.

    - Ou maladroit, j’hésite encore. Cela dit, ce n’est pas moi qui vais lui donner tort. On dirait moi à une certaine époque… Tu me demandais donc ce que j’étais devenu : tout comme toi, je suis resté au service de l’armée, et comme tu t’en doutais, je ne suis plus sergent, mais lieutenant.

    Oh, bien. Parfait. Il était venu continuer à lui faire un brin de causette, comme si de rien était. Bon sang, il n'avait pas changé sur certains points. Toujours aussi maladroit, même s'il lui assurait l'être bien moins qu'auparavant.
    Abandonnant l'idée de danser, Aper s'arrêta pour le regarder, les bras croisés.

    - Félicitation, Lieutenant.

    Ce n'était pas forcément de circonstance, mais soit.

    - Et pour répondre à ta deuxième question, j’ai bien un appartement à la Citadelle. Si tu veux tout savoir, l’ancien à été détruit, pendant la guerre ou l’attaque d’il y a quelques années, je n’en sais rien.

    Ah oui, c'est vrai. L'attaque. Elle évitait la Citadelle à cette époque et passait son temps à enchaîner la moindre mission. Elle n'avait suivi l'information que vaguement, préférant éviter entendre ne serait-ce que le nom de la station. Apparemment, le combat avait fait rage un peu partout.
    Bien, pensa-t-elle malgré le léger pincement au coeur que lui fit la nouvelle. Un souvenir de moins.

    - Mais il n’est pas dans les Présidiums, simplement dans un quartier assez calme des Secteurs. Par contre, contrairement à ce que tu imagines, j’y suis seul. Pas même un poisson rouge. Quand à être heureux… Je l’avais été, il y a quelques années de cela. Non pas que je ne l’ai plus été depuis mais… C’est différent. Et vraisemblablement enterré, vue comme tu sembles ravie de me revoir. C’est dommage

    Le cliquètement de ses mandibules aurait dû être plus sec et combatif. Il n'en fut rien. La femme se sentait fatiguée. Il continuait de la harceler, de laisser croire sans forcément vouloir. Qu'importe ce qui c'était passé durant ces dix années, il était devenu cruel.

    - Adrien...

    - Tu m’accorde cette danse, ou est-ce que tu préfères qu’on retourne vers ton frère ?

    Elle accepta, sans grande envie ni goût pour l'exercice. Avec un peu de chances, mouvoir son corps l'aiderait à délier sa langue.
    Ainsi, le duo improbable reprit place sous les projecteurs, se tenant à une distance de quelques pas tout juste. Pas de quoi être serré/collé mais au moins assez pour qu'ils puissent se parler sans devoir élever la voix. Tant mieux. La Major n'avait de toute façon pas envie de montrer les crocs. Il l'avait autant lassée qu'attristée.

    - Que vous est-il arrivé pour que vous ayez changé à ce point Adrien?

    Elle ne se sentait pas d'humeur à prendre des détours, des petits mots, avancer à tâtons ou faire des ronds de jambe.

    - Avez-vous pris goût à la cruauté, ou bien désirez-vous seulement vous venger?

    Ravilla se glissa à côté de lui d'un mouvement subtil pour aussitôt reculer dans une vrille. Ils étaient assez loin des autres danseurs pour qu'ils leur fichent la paix, mais ils risquaient de se heurter sans y faire attention.

    - J'ai compris que vous avoir quitté vous avait brisé le cœur, mais faut-il que vous me harceliez tant avec cela? Je suis la méchante de l'histoire, je le sais et ne le nie pas. Cependant, cr...

    Sa phrase ne se finit pas alors que quelque chose - ou quelqu'un - tirait sa jambe en arrière tout en poussa son bassin et son épaule, la faisant chuter en avant. Bordel, fut la première pensée qui traversa l'esprit de la Turienne. Mayday fut la seconde, tandis que ses réflexes la poussèrent à chercher la première chose qui lui passait sous la main. Première chose qui se trouva être le cou d'Adrien. Pour ne pas tomber à son tour, l'humain se pencha en arrière, la jambe arrière à moitié plié pour s'assurer l'équilibre alors que celle en avant glissa quelque peu, histoire d'empêcher Aper de tomber complètement. Si le bas du corps avait une certaine stabilité, le haut, donc, fut entraîné sous le poids de la militaire. D'une façon presque clichée, cette demi-chute se conclut par un baiser.
    Comme quoi, même le hasard avait un humour des plus troublants.

    Voilà donc que la franc-tireuse se retrouvait dans les bras d'un ancien amant, à l'embrasser qui plus est. Un qui, quelques minutes plus tôt tout juste, estimait intéressant de la couvrir de reproches à demi déguisés. Elle le détestait pour ça. Pour le fait qu'il lui rappelait à la fois des événements qu'elle aurait préféré oublier et d'autres plus doux qu'elle s'interdisait.
    Alors pourquoi par les Esprits s'était-elle senti obliger de l'attirer à elle, quelques secondes, pour approfondir leur baiser non voulu? Impossible à dire, mais elle le repoussa un peu sèchement une fois qu'elle s'en rendit compte.

    En fait, elle ne lui en voulait pas à lui. Elle se haïssait elle. Pour être si faible après une décennie de sacrifices et de volonté de fer.

    - Croyez bien que vous auriez été plus malheureux en restant avec moi que l'inverse, finit-elle, achevant sa précédente phrase comme si rien ne s'était passé.
    Si vous voulez bien m'excuser désormais, je dois retrouver l'esprit de Lukesh qui me sert de frère.

    Pour certaines familles animistes de Palaven, les esprits de Lukesh était les âmes factieuses du désert, lesquelles adoraient jouer des tours au vivant, pouvant causer quelques désagrément au mieux, la mort au pire. Être comparé à eux n’était dès lors pas le plus grand compliment qui pouvait être fait.
    En tout cas, Vindex semblait prendre son rôle à cœur puisqu'il se vendit lui-même comme auteur de la blague lorsqu'une Ravi peut ravie s'approcha de lui.

    - Je ne savais pas que tu étais aussi directe pour mettre fin à tes problèmes ma sœur.

    La seule chose qui le sauva réellement fut l'amour que lui portait sa sœur. Il n'aurait pas été de son sang que le Turien se serait retrouvé au sol, sonné.
    Ce qui ne l'empêcha pas de se retrouver mandibules à mandibules avec une parente au regard et à la voix plus froide qu'une planète glaciaire, malgré son murmure. Le claquement de sa paume sur la table fut sans doute un autre indicateur de la colère qui l'habitait.

    - Avec tout le respect que j'ai pour vous, mon frère, je vous prierais de cesser de mettre votre nez dans mon passé.

    Je vais me commander à boire
    , reprit-elle normalement, malgré la colère sourde qui continuait de l'habiter. Si vous ou Adrien désirez quelque chose, dites le maintenant. Et croyez bien que je ne vous laisserais pas ingurgiter une seule goutte d'alcool, mon frère, aussi sentez-vous libre de demander un jus de fruit ou un soda.

    Elle se fraya un chemin jusqu'au bar sitôt les désirs et refus entendus, pour revenir peu de temps ensuite.






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MessageSujet: Re: C'est deux Turiens et un Humain dans un bar...   Jeu 02 Juil 2015, 01:19


La Turienne accepta la main tendue d’Adrien, bien qu’à contrecœur apparemment. Comme à peu près toutes ses propositions et remarque depuis le début de la journée. Une danse proche, sans être collé l’un à l’autre. Suffisamment pour discuter sans hurler. Une danse qui était surtout l’occasion pour Ravilla d’accuser Annaz de cruauté. Un comble, quand même. Comme quoi, il la harcelait en permanence sur leur rupture. En admettant pour autant qu’elle était la méchante de l’histoire, en étant celle qui avait rompue, ect… Bref, elle se posait en victime assumée. Adrien résista à hausser les yeux pour montrer sa fatigue. Mais il ne céda pas à la tentation. En grande partie parce que son regard venait de se poser sur une Asari, derrière Ravilla, qui se rapprochait d’eux bizarrement.

Et en effet, pour être bizarre, ça l’était. De plus en plus près d’eux, jusqu’à… Bousculer Ravilla, qui s’effondra sur Adrien. Celui-ci avait plus ou moins senti le coup venir, et ses réflexes militaires prirent le dessus. Le pied gauche en arrière, à moitié pliée. Les bras tendus pour essayer de rattraper la Turienne. Peine perdue, la force de la bousculade doublée de son poids… Autant dire que même préparé, il ne pouvait pas empêcher la chute. Sa jambe gauche se déroba et glissa sur la piste, emportant en arrière le reste de son corps. Au dessus de lui, la Turienne chuta à son tour, bien évidemment sur lui. Tentant d’amortir sa chute, elle tendit les bras, ses deux mains se posant autour de la tête d’Adrien. Et sa tête, bien que le mouvement de balancier fût réduit par les mesures de survie prises, se dirigea sur lui. Et ses mandibules de se poser (plus ou moins) délicatement sur la bouche d’Adrien.

Un bond dans le passé de plus d’une décennie pour Adrien, qui se retrouvait avec la Turienne sur lui, comme lors de leur première rencontre. Il la retint contre lui pendant un instant, une étreinte partagée par la Turienne. Puis le moment prit fin, Ravilla se redressant et repoussant un peu sèchement Adrien au sol. Il se releva à son tour, sans aide mais sous le regard d’Aper. Celle-ci reprit sa dernière phrase, interrompue par la chute, comme si de rien n’était. Et comme toujours, elle insistait sur le fait qu’il aurait été malheureux avec elle. Avant qu’il n’ait le temps de répondre, elle tourna les talons, se rendant à la table qu’ils occupaient, gardée par son frère.

Celui-ci semblait parfaitement content de lui-même. Un air amusé sur le visage, celui-ci les accueillit d’un « Je ne savais pas que tu étais aussi directe pour mettre fin à tes problèmes » à l’attention de sa sœur. S’il n’était pas en train de mâcher ses futures réflexions, il aurait rit à la remarque. Ce qui n’était pas du tout le cas de sa partenaire de danse. Celle-ci se pencha vers son frère, et claqua la main sur la table. La phrase ne fut que murmurée mais la température autour de la table chuta de plusieurs degrés. Quand elle le voulait, elle pouvait être particulièrement impressionnante, cette Turienne. Une fois son sermon terminée, elle reprit un ton normal pour demander si quelqu’un voulait commander à boire. Tout en précisant à son frère qu’elle ne le laisserait pas boire une goutte d’alcool. Adrien haussa un sourcil mais resta silencieux. Mieux valait ne pas se mêler des histoires de famille. Déclinant la proposition, il observa la jeune femme se rendre en direction du bar, et attendit qu’elle passe commande avant de se pencher vers Vindex.

« Je sens que tu as une idée derrière la tête… Et je ne sais pas trop quoi en penser, ni ce que tu prévois. Dans tous les cas, fais attention à ne pas attiser sa colère. Ca, je m’en charge… Et désolé par avance pour ce qui va se passer. »

Oui, il avait prévu de la faire réagir. Elle ressassée le passé sans arrêt, se donnant le mauvais rôle et s’imposant un rôle de victime. Cette fois, Adrien avait l’intention de trancher dans le vif. Il laissa la Turienne s’installer avant de prendre la parole. Ca risquait de faire mal.

« Je crois que tu m’avais posé des questions Ravilla, avant que nous ne soyons… Interrompus.
Bref, dans l’ordre. Que m’est-il arrivé ? Beaucoup de choses, et ça prendrait trop longtemps de tout raconter. Passons donc à la question suivante.

La deuxième donc, il ne s’agit ni de cruauté, ni de vengeance. Mais à ma connaissance, nous n’avons jamais pu mettre les choses au point. Ce qui amène à la troisième question. Qui n’en est pas une d’ailleurs.

Oui, j’ai compris que tu es la méchante dans l’histoire, et tout ce que tu veux. Mais deux choses. La première, il faut arrêter de te tourner vers le passé. Le passé est passé. La deuxième chose maintenant. Peut-être est-ce que j’aurais été plus malheureux avec toi. Peut-être que ça aurait été une relation qui n’aurait pas tenue après la guerre. Mais c’est à moi de choisir mon malheur, quoi qu’il arrive. J’ai respecté ta décision, même si je ne l’ai pas comprise. Oui, ça m’a brisé le cœur, mais je suis passé à autre chose. J’ai fait ma vie de mon côté, mais je ne t’ai jamais oublié. Toi, tu as vécue, et tu t’es découvert un frère, à qui tu tiens, ce qui est une très bonne chose. C’est preuve que malgré toutes tes tentatives, tu as encore un cœur. Alors pourquoi est-ce que tu t’efforce avec autant d’ardeur à le cacher ? Arrête de repousser toute les tentatives de relation sous le prétexte du passé : quoi qu’il y ait eu à ce moment là, c’est enterré depuis longtemps. Le ressasser ne te fera que te détruire, un procédé déjà bien avancé.

Bref. C’est dit. Désolé si c’est brutal, mais il fallait que ça sorte. Ce n’est ni de la cruauté, ni de la vengeance comme tu le pense. Simplement un sentiment de… Gâchis, à propos de ta vie. Et certaines personnes tiennent à toi, et essaye de t’en faire prendre conscience.

Vindex, encore une fois, désolé de t’avoir fait assister à cette… Mise au point. Je suis sans doute en train de te gâcher la journée, je m’en excuse.
»

En fait, il aurait peut-être dû demander quelque chose à boire. Il avait la gorge sèche d’avoir autant parlé. Mais il était un peu tard maintenant pour s’en plaindre. Vu ce qu’il venait de balancer au visage de la Turienne, partir chercher à boire serait la pire chose à faire. De quoi détruire tout son monologue. Et puis… S’il pensait juste, peut-être son frère allait-il appuyer les paroles d’Adrien. Au moins en partie, en tout cas.



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MessageSujet: Re: C'est deux Turiens et un Humain dans un bar...   Ven 03 Juil 2015, 00:34
Ravilla avait presque collé son visage contre le sien au point qu'il pouvait sentir le souffle de la Turienne. Cette dernière avait l'air visiblement peu satisfaite du tour que son frère lui avait joué, ainsi que du fait qu'il se mêle de ses affaires. Ses yeux étaient froids tout comme ses mots lorsqu'elle parla.

- Avec tout le respect que j'ai pour vous, mon frère, je vous prierais de cesser de mettre votre nez dans mon passé.

Elle accompagna ses paroles avec un claquement de sa paume contre la table signe de possible énervement. Le Turien n'ajouta rien, préférant éviter de remuer le couteau dans la plaie. Après tout était il vraiment coupable. Adrien déballait tout, il n'avait qu'à écouter. Il fixa sa sœur jusqu'à ce qu'elle recule toujours avec cet air amusé accompagné d'un rien d'arrogance. L'avantage avec Ravilla, c'est que dès qu'elle s'énervait on pouvait lire en elle comme dans un livre et prévoir ses réactions. Il fallait juste ne pas pousser le bouchon trop loin, n'ayant jamais vu la colère de sa sœur atteindre son paroxysme, Vindex préférait rester soft.

Elle informa le groupe qu'elle partait se commander une boisson et que si l'un d'entre eux désirer étancher sa soif qu'il se manifeste.

- Et croyez bien que je ne vous laisserais pas ingurgiter une seule goutte d'alcool, mon frère, aussi sentez-vous libre de demander un jus de fruit ou un soda.

- J'ai pu constater les dégâts de l'alcool sur la piste de danse, un verre d'eau me comblera ma sœur.

Les deux hommes la regardèrent partir en direction du bar. Vindex se gratta l'une de ses mandibules comme pour vérifier si elle était toujours en place. Il nota que dès qu'elle perdait son sang froid elle l'appelait bien plus facilement mon frère, cela ne lui déplaisait bien au contraire, il était même heureux que Ravilla le considère ainsi, il se remémorait leur début de fratrie plus que difficile... Mais cela l'attristait qu'elle soit furieuse pour le nommer ainsi sans sentir d'hésitation dans sa voix. Adrien se pencha légèrement vers lui.

« Je sens que tu as une idée derrière la tête… Et je ne sais pas trop quoi en penser, ni ce que tu prévois.

-J'ai vraiment la tête de quelqu'un qui une idée, plaisanta t-il.

-Dans tous les cas, fais attention à ne pas attiser sa colère. Ca, je m’en charge… Et désolé par avance pour ce qui va se passer. »

L'humain avait attisé sa curiosité, finalement cette journée n'était pas si mal il n'aurait jamais pensé s'amuser autant. Sa sœur revint avec deux verres et lui tendit le sien, il le prit en la remerciant poliment. Puis Adrien attaqua. La première partie ne le concernait guère et il l'écouta d'une oreille distraite. Ce n'est que lorsqu'il entendit le mot frère qu'il se replongea sans la conversation.

-es découvert un frère, à qui tu tiens, ce qui est une très bonne chose. C’est preuve que malgré toutes tes tentatives, tu as encore un cœur. Alors pourquoi est-ce que tu t’efforce avec autant d’ardeur à le cacher ? Arrête de repousser toute les tentatives de relation sous le prétexte du passé : quoi qu’il y ait eu à ce moment là, c’est enterré depuis longtemps. Le ressasser ne te fera que te détruire, un procédé déjà bien avancé.

Lui aussi avait connu un passage similaire dans sa vie. Après la guerre, lorsqu'il avait apprit la mort de ses parents, il s'était mis à boire pour oublier tout ses problèmes. A l'époque Treyn était peu sociable mais après la perte de ses proches il le fût encore moins. Au final il était devenu dépendant de la boisson et en avait presque oublié la raison pour laquelle il avait commencé, et toujours resté renfermé sur lui même. La rencontre de sa sœur l'avait complètement transformé. Il avait suivi une thérapie pour arrêter de boire, s'était ouvert aux autres petit à petit. Mais il ne comprenait pas sa sœur, elle restait un mystère. Elle souffrait en silence.

-Bref. C’est dit. Désolé si c’est brutal, mais il fallait que ça sorte. Ce n’est ni de la cruauté, ni de la vengeance comme tu le pense. Simplement un sentiment de… Gâchis, à propos de ta vie. Et certaines personnes tiennent à toi, et essaye de t’en faire prendre conscience.

Adrien avait raison sur toute la ligne. Ce qu'il disait était loin d'être cruel, c'était être mis en face de la vérité. Il avait plusieurs fois voulu dire ceci à Ravilla via leurs échanges écrits mais n'avait jamais vraiment su comment le formuler de peur qu'elle ne coupe les ponts avec lui.

- Vindex, encore une fois, désolé de t’avoir fait assister à cette… Mise au point. Je suis sans doute en train de te gâcher la journée, je m’en excuse. »

Adrien regardait Vindex l'air vraiment désolé mais dans les yeux de l'humain, il y avait un message clair : DIS QUELQUE CHOSE !
Avant même que sa sœur n'est pu ouvrir la bouche, son frère prit la parole.

« Il a raison Ravi, dit-il d'une voix douce. Tu fuis sans cesse ton passé, tu penses que l'oublier te protégera de tes chimères. Mais tant que tu ne seras pas décidé à l'affronter une bonne fois pour toute, nous ne pourrons pas t'aider ou te soutenir.
Tu joues un rôle qui n'est pas le tien et qui ne te va pas. Qu'est ce que tu veux que l'on te dise ? Qu'est ce que tu cherches à faire ? Que l'on te prenne en pitié ? Que l'on te supplie ? Mais regardes toi, tu es pétrie de remords, et à la limite de la paranoïa.
Tu t'es enfermée toute seule dans un cercle sans fin. Tu te détruis toute seule en plus d'affecter tes proches. Putain ! Je suis ton frère. La dernière personne de ta famille encore de ce monde. Et quoi ? Je ne sais rien de toi ! Je sais à peine ce que tu aimes, je n'ai rien à partager avec toi car tu te mures dans ce mutisme qui me rend fou.
Tu es ce que j'ai de plus cher au monde, la seule personne pour qui je suis prêt à tout perdre. Pourtant je ne peux rien faire pour toi à cause de ton foutu entêtement. Je sais que tu as fais des efforts durant ces six derniers mois mais il suffit qu'une seule personne de ton passé surgisse pour que tu redeviennes comme avant ? Non ma sœur. Maintenant il faut arrêter de se voiler la face et parler ! Je ne supporterai pas plus longtemps de te voir ainsi !


Vindex ne se recala pas dans le fond de sa chaise pas plus qu'il ne toucha à son verre. Il ne ressentait pas l'envie de boire malgré le fait que sa bouche soit assécher. Il fixait sa sœur, son ton s'était fait de plus en plus ferme pendant qu'il parlait. Les mots s'étaient empilés les uns après les autres. Il avait dit ce qu'il avait à dire, au plus profond de lui il espérait ne pas avoir blessé sa sœur. Se faire remettre à sa place n'était jamais plaisant.
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MessageSujet: Re: C'est deux Turiens et un Humain dans un bar...   Ven 03 Juil 2015, 15:57

    - Vous voulez commander ou régler?

    Le barman lui avait adressé un rapide coup d'œil sans pour autant s'occuper de ses différentes tâches. Actuellement, il plaçait rapidement quelques verres sales à la machine, laissant son regard glisser sur toute la partie du comptoir étant sous sa responsabilité.

    - Les deux.

    Un hochement de tête lui indiqua qu'il avait entendu. Il finit rapidement son nettoyage, passa un coup de chiffon sur le comptoir puis pianota rapidement sur la caisse. Le tout d'une façon très professionnelle.

    - Je vous écoute.

    - La table là-bas. Normalement, il y a un Temple de Thessia et une Rivière Pourpre. Rajoutez un verre d'eau et ... Qu'avez-vous en cocktail fort?

    Le Turien claqua des mandibules un court moment.

    - Dure journée, hein? On a l’Engrenage en nouveauté dextro. C’est à base de fruits verts, pas trop sucré. Je peux vous le corser un peu plus si vous le désirez ; vous avez la gueule de quelqu’un qui a passé un mauvais jour, finit-il en riant, tentant de détendre l’atmosphère.

    - Vendu, répliqua-t-elle sans sembler sensible à la plaisanterie. Je règle l'ensemble.

    La transaction fut rapidement faite et l'homme s'attela à la préparation, non sans aller de sa petite danse personnelle pendant ce temps, s'amusant à lancer le Shaker et à tourner sur lui-même avant de le rattraper. Les employés d'ici faisaient partie du spectacle qu'offrait la boîte, à leur façon. C'était aussi pour eux une bonne façon de se divertir dans des moments aussi calme que celui-ci.
    Appuyée sur le comptoir, Ravilla le regardait sans vraiment trop le voir. Elle tentait de retrouver son calme et faire le point. Si Vindex n'avait pas été là, cela aurait fait longtemps que la femme aurait tourné les talons pour rentrer chez elle, laissant Annaz seul avec lui-même. Et ni l'un ni l'autre ne se seraient plus recroisés après ça, à ne pas en douter. Ce qui n'aurait pas été un mal, au moins pour lui.

    Souvenirs et émotions lui revenaient petit à petit, malgré les tentatives infructueuses de la militaire pour les étouffer. C'était pire depuis leur baiser involontaire qui, au final, avait été renforcé par les deux.

    Bordel. Treize ans de volonté et de discipline de fer qui commençaient à s'envoler à cause de la décision stupide de Treyn. Avait-il vraiment pensé lui rendre service? C'était avoir une idée biaisée de sa sœur. Quand à Adrien, il aurait été préférable qu'il reste l'une des rares ombres agréables de son passé. Une chimère agréable mais tellement lointaine que les rares fois où on y pensait, on ne savait plus s'il avait été réel ou non. Et non pas une amère réminiscence de sentiments que la franc-tireuse aurait préféré endormis à jamais.
    Il fallait qu'elle se raffermisse et cesse de se laisser aller à ce point. Ce n'était qu'un moment délicat à passer, voilà tout. Respirer, oublier, renier s'il le fallait. Et tant pis si l'humain refusait de comprendre que c'était pour son propre bien. Elle le sauverait contre sa volonté s'il le fallait.

    - Vous allez bien?

    En face d'elle, le mâle attendait. Il semblait avoir posé les verres depuis un moment sans que sa cliente ne semble le moins intéressée du monde.
    Sortant de ses rêveries, le Major attrapa les verres, un pauvre sourire qui se voulait rassurant sur les mandibules.

    - Comme vous l'avez dit. Journée de merde.

    Puis, elle repartit se frayer un chemin à travers les tables pour atteindre la sienne où l'attendaient Adrien et Vindex. Les deux avaient sans doute concocté un plan durant son absence. Pour une étrange raison, ils semblaient bien s'entendre. Qu'ils parlent entre eux si ça leur faisait plaisir. Elle resterait dans son coin à écouter. A la limite, peut-être ferait-elle semblant de suivre la conversation en dodelinant la tête de temps à autre, ou en répondant par de courtes onomatopées.
    De toute façon, elle ne pensait pas rester encore longtemps. Elle se sentait trop agacée pour avoir envie de s'amuser. Sans compter sa mémoire qui la harcelait et l'épuisait. Elle n'avait qu'une hâte: rentrer et se laisser tomber dans son lit. Qu'importe si elle ne pourrait s'empêcher de penser à ce moment-là. Ils l'avaient de toute façon trop épuisée pour qu'elle se sente l'envie de lutter une fois au calme.

    L'eau fut posée juste sous le nez du mercenaire alors que sa parente s'assit sur sa chaise, buvant une gorgée de son cocktail. Pas mauvais, par ailleurs.
    S'appuyant contre le dossier de son siège, un bras posé sur le ventre et le coude de l'autre sur sa main, Ravilla jeta un regard aux deux, avec la féroce impression de s'être jeté toute seule dans la gueule du Dévoreur. Impression qui fut confirmée lorsque le Lieutenant se décida à prendre la parole. Il semblait décidé à répondre aux questions rhétoriques qu'elle lui avait posées un peu plus tôt, lors de leur danse.
    Il passa bien vite sur sa propre histoire, arguant qu'elle serait trop longue à raconter. Pour mieux revenir la harceler sur ce qui s'était passée. A se demander s'il se rendait compte de sa propre hypocrisie.

    Lui qui n'avait cessé de parler d'événements antérieurs depuis qu'ils s'étaient revus venait l'accuser de ne pas pouvoir lâcher prise sur le passé. L'audace la laissa sans voix. Ne se rendait-il pas compte, cet abruti, que c'était lui qui ramenait le sujet sur le tapis? Pis, qu'il était LA personne qui, depuis le début, faisait en sorte de réveiller de vieilles blessures, grattant des plaies difficiles à refermer?
    Non, bien sûr que non. Sans la moindre pitié, le moindre remord, il se posait en victime alors qu'il était bourreau. Sous prétexte qu'il ne l'avait pas oublié, avait accepté de renoncer à elle mais qu'il restait meurtri de la voir tenter "de cacher son cœur". Avait-il vu toute l'intégralité de Flotte et Flottille avant de venir?

    - Vous vous foutez de moi? C'est vous qui....

    - Il a raison Ravi, dit Vindex d'une voix douce mais implacable.

    Trop choquée pour pouvoir répondre, sa sœur le regarda un instant tandis que lui continua de parler, exprimant plus ou moins l'inverse que ce que l'humain avait dit. Si le premier lui disait qu'elle se raccrochait sans cesse à son passé, le second estimait qu'elle le fuyait beaucoup trop pour son propre bien.
    Et les deux avaient raisons. C'était bien là le plus frustrant.

    Là où elle craqua fut lorsque Vindex l'accusa, d'une façon détournée, de lui faire du mal par son refus de s'exprimer. Le blesser était bien là la dernière chose que la militaire souhaitait faire. Elle avait déjà fait trop de mal aux siens pour avoir l'envie de recommencer.

    - Maintenant il faut arrêter de se voiler la face et parler ! Je ne supporterai pas plus longtemps de te voir ainsi !

    Silencieuse dans un premier temps, elle finit par rire un peu, doucement, alors qu'elle se foutait d'eux. Elle sentait les derniers pans de sa retenue s'effondrer, malgré le calme qui continuait de l'habiter.

    - Vous voulez que je parle? Très bien, parlons! Après tout, mon cher frère, vous ne demandez que ça, en connaître plus sur moi. Et vous Adrien, j'imagine que vous serez ravi d'en apprendre plus, après toutes ces années.

    Elle les regarda, l'un et l'autre, les dents serrées alors qu'elle claqua sèchement des mandibules. Elle refusait la moindre larme, mais sa voix était suffisante pour qu'on sente la colère et le reproche, même légèrement camouflés.

    - Alors, je commence par quoi? Le fait de fuir mon passé, celui de me raccrocher à lui? Pourquoi pas les deux!
    Que voulez-vous savoir? Le fait que je me considère chanceuse si je réussis à dormir plus de quatre heures avant qu'un foutu cauchemar ne me réveille? Qu'il faut que je prenne des somnifères si je veux espérer bien dormir? Ou plutôt des moments où je ne fais qu'errer chez moi à essayer de trouver le sommeil après ça?

    Ah oui, c'est vraiment magnifique de se rappeler le passé ainsi, hein? Qui ne voudrait pas continuer à vivre de pareils moments?!

    Pas assez intéressant peut-être? L'angoisse permanente à l'idée de vous perdre, Vindex, comme j'ai perdu Hécarion? Bravo! Vous êtes l'égal de l'une des rares personnes que j'ai jamais autant aimé qu'admiré dans cette foutue galaxie!

    Le fait que je n'arrive pas à me sentir bien sans avoir une arme à proximité doit être une information plus croustillante j'imagine.


    Elle se tourna vers Adrien.

    - Un sujet qui devrait vous plaire tiens: Ce qui se passe dans mon lit! Ou, comment la seule fois où j'ai dormi avec quelqu'un, je lui ai foutu une droite en le prenant pour une horreur. Réjouissez-vous, j'imagine que vous n'attendez que ça! Oh, et ça fait partie du "malheur" que vous auriez été prêt à affronter, j’en suis sûre.
    Soyez comblé : je fais en sorte de ne jamais passer une nuit auprès de quelqu’un depuis que je vous ai quitté, sauf cette exception !

    Elle finit son verre en quelques gorgées avant de se détourner d'eux.

    - Passez une bonne soirée. Et ne vous inquiétez pas que la mienne a été mirifique!

    Le sarcasme était on ne peut plus appuyé. Et elle fuyait, encore une fois. Toujours quand il s'agissait d'elle.
    Elle s'en voulait et se sentait honteuse. Ils l'avaient poussée dans ces derniers retranchements, la forçant à avouer des choses qu'elle aurait préféré garder pour elle. C'était d'autant plus effroyable qu'elle avait finit par "délirer", parlant de choses qui n'étaient même pas en rapport avec leur interrogation première. Esprits que la Turienne aurait adorée que ceci ne soit qu'un nouveau mauvais rêve. Et vu la confusion qui l'habitait présentement, cela aurait pu l'être. Si seulement.
    Sans trop savoir comment, elle réussit à sortir, se frayant un chemin parmi les gens qui tentaient d'entrer dans le bar. Il commençait à être l'heure de plein. Le temps était passé plus vite qu'elle ne l'aurait cru.

    Ses pas la menèrent vers la station de taxi la plus proche. Vide, hélas, mais l'appareil la rassura en affichant le message que "le véhicule le plus proche viendrait dès que possible". Il ne lui restait plus qu'à attendre, les bras croisés alors qu'elle tentait de se calmer.
    Elle s'était couverte de honte, montrée sous son jour le plus faible. Face à son frère, qui plus est. Elle n'oserait-plus jamais le voir en face... Si tant est que lui voudrait bien la revoir.

    Aper tenta de respirer normalement, ignorant l'angoisse qui revenait à la charge. Elle n'allait pas craquer en pleine rue. Pas ici. Elle était Turienne, membre de la Hiérarchie de surcroît. Il fallait qu'elle garde la dignité et le sang-froid qu'on attendait d'elle.
    Et puis, elle aurait tout le temps de laisser ses démons se déchaîner, à l'abri dans l'obscurité de son studio.







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MessageSujet: Re: C'est deux Turiens et un Humain dans un bar...   Dim 05 Juil 2015, 01:12


Adrien s’attendait à voir la Turienne prendre la parole, il n’en fut rien. Ou plutôt, son début de réponse fut interrompu par son frère. Étrangement, ce ne fut pas pour accuser l’Humain de gâcher sa soirée ou autre, mais au contraire pour le soutenir. Celui-ci se lança dans un témoignage à charge contre sa sœur, à base de remarque sur l’autodestruction qu’elle faisait de sa vie et son manque d’affection envers lui. Principalement des histoires de famille qui ne regardaient pas Adrien, mais qui renforçait son monologue auparavant. Pour le coup, Annaz plaignait un peu Ravilla. Se faire remettre à sa place n’était jamais agréable, alors deux fois de suite… Surtout de manière aussi virulente.

Dire qu’il y avait de la tension à la table serait en dessous de la vérité. Il y avait de quoi mourir foudroyé rien qu’en s’approchant du trio. D’un côté, Adrien et ses accusations sur le passé, tout en demandant de ne pas s’y accrocher. Paradoxal mais logique, dans son esprit. De l’autre, Vindex et d’autres accusations, sur le manque d’ouverture de sa sœur envers lui. Et au milieu, Ravilla, qui se prenait tout ça de plein fouet. Adrien savait qu’il y était allé un peu fort, voir beaucoup, mais ne regrettait rien. Pour le moment. De même, Vindex avait frappé là où ça faisait mal, et cumulé avec « l’agression » d’Annaz juste avant, ils se retrouvaient avec une Turienne prête à en découdre. Comme le prouvaient le claquement de mandibules et sa voix lorsqu’elle prit la parole.

Et, comme prévu, elle était plus que furieuse. Dans son énervement, elle partie dans des explications plus… poussées que ce qui avait été demandé. Sur ses nuits agitées et trop souvent interrompues, sur l’angoisse qu’elle avait de perdre son frère, son angoisse si elle n’avait pas une arme à proximité… Et ça, ce n’était que pour répondre à Vindex. Elle commença à partir en hors-sujet en répondant à Adrien, et à lui parler de ce qui se passait dans son lit. Impassible, il l’écouta raconter comment elle fuyait toute relation plus longue qu’une nuit depuis qu’ils s’étaient séparés, et que la dernière fois où elle avait passée la nuit avec quelqu’un s’était terminé par un coup de poing involontaire. Elle termina ensuite son verre avant de quitter définitivement les deux hommes en les remerciant pour cette magnifique soirée. Hum.

Adrien observa la Turienne quitter le bar avant de saisir son verre. Qui était vide, et qu’il reposa donc avec un soupir. Il se doutait bien que la réaction serait explosive, mais il avait espéré autre chose quand même, dans un coin de son esprit. Il avait espéré que ses accusations briseraient, du moins en partie, la carapace que la Turienne s’était forgée depuis la dernière fois qu’ils s’étaient vus. Vraisemblablement, c’était peine perdue. Sans doute Vindex devait-il regretter aussi d’avoir assisté à un l’éclat de colère plutôt qu’une prise de conscience, même faible. Mais au moins, elle avait dévoilé ses sentiments envers lui. Adrien n’était pour sa part pas plus avancé. Tant pis.

« Et bien, ce fut… Explosif. Au moins, vos relations semblent un peu mieux établie : tu sais qu’elle tient à toi. » Adrien quitta sa chaise. « Je pense que j’ai assez fait de bordel pour une seule journée. Je vais donc te laisser. Encore une fois, excuse moi d’avoir gâché ce qui semblait s’annoncer comme une belle journée dans un stand de tir en… ça. »

Fendant la foule à son tour, Adrien quitta le bar. Décidé à rentré à pied, pour se changer les idées. Revoir Ravilla avait été une expérience plutôt inattendue, et il aurait aimé qu’elle soit plus agréable. L’expérience tout comme la Turienne. A la place de quoi… Disons qu’il en avait pris pour son grade. Sa tentative de mettre les choses à plat pour repartir sur de bonnes bases avait été un échec retentissant, et c’était un euphémisme. Bon, il pouvait toujours se consoler en se disant qu’il avait permis à la fratrie de jouer cartes sur table, ce qui n’avait pas été le cas jusqu’à présent semblait-il. Autant chercher du positif où il y en avait. Ses pas le menèrent jusqu’à la station de taxi, où attendait justement l’objet de ses pensées. Elle semblait attendre qu’un véhicule vienne la chercher, puisqu’il n’y en avait pas à proximité. Logique. Adrien s’arrêta, hésitant. Voulait-il aller la voir ? Oui. Le devait-il ? La réponse était bien plus complexe. Ho, et après tout… Ce n’est pas comme si leurs relations pouvaient se dégrader.

Il franchit donc les quelques mètres qui le séparait de la Turienne. Celle-ci ne semblait pas l’entendre, ou du moins ne fit pas de mouvements laissant croire le contraire. Il s’arrêta quelques pas derrière elle, cherchant comment entamer la conversation. Pas vraiment simple, vu leurs derniers éclats.

« Excuse moi. » Devant lui, la Turienne sembla sursauter. Ou au moins être tirée de ses pensées brutalement, signe qu’elle ne l’avait vraiment pas entendue. C’est un peu tard pour dire ça, mais j’ai sans doute été plus qu’indiscret. Ce n’était pas mon but. J’ai simplement, si on peut dire, voulu savoir ce qui c’est passé, il y’a treize ans. Je n’ai pas besoin de te dire que ça m’a brisé le cœur, tu le savais et tu le sais toujours. Mais il me fallait une réponse, que j’ai eue, de manière indirecte. Sache que oui, j’aurais été prêt à partager avec toi le supplice que tu as vécu ces dernières années. Et si tu te souviens de cette partie de ta vie aussi bien que moi, tu sais pourquoi. Et j’ai peu de doutes sur la qualité de tes souvenirs. Et même si les années sont passés et que nous avons fait nos vies chacun de notre côté, je n’ai jamais voulu t’oublier. C’est aussi pour ça que je m’inquiète pour toi : je tiens à toi. Plus que tu ne sembles le croire. Mais au moins autant que ton frère.
Aussi, encore une fois, excuse-moi d’avoir été aussi… Brutal. Je ne voulais pas faire remonter d’anciens souvenirs douloureux. Simplement essayer de savoir. De savoir ce qui c’est passé il y a treize ans, si tu avais une vie, ce que j’espérais autant que je le redoutais, et bien d’autres choses sans doute. Parce que je m’inquiète. Mais… Si tu trouve que je suis trop… Envahissant, dis le moi. Et je partirais.
»

Difficile d’être plus honnête. Adrien n’avait pas vraiment l’habitude de montrer ses sentiments : déformation professionnelle. Et pourtant, c’est ce qu’il faisait, tout en gardant une certaine réserve. Aussi bien pour se mentir à lui-même que pour enfoncer encore plus la Turienne dans ses démons intérieurs.


Pourquoi est-ce qu'à chaque fois que quelqu'un dit "avec tout le respect que je vous dois", j'entends "ta gueule" ?


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MessageSujet: Re: C'est deux Turiens et un Humain dans un bar...   Dim 05 Juil 2015, 23:52

Ravilla riait, mais ce n'était pas un rire heureux ou plein de joie non. C'était un rire désagréable à entendre, moqueur, furieux... Celui d'une personne acculée, démente dont l'esprit s'effritait petit à petit, laissant place à une folie sourde.
Certes ni Vindex ni Adrien n'y étaient allés de main morte et chacun avait couvert de reproches la Turienne sans vraiment lui laisser le temps de répondre.
Quand elle commença à parler, sa voix était emprunte d’agressivité et de hargne.

Elle commença par évoquer ses problèmes de sommeils ou ses insomnies, sommeil troublé par des cauchemars dont il ignorait la provenance. Pour elle le passé n'était que la guerre, la guerre et encore la guerre à croire qu'elle n'avait connu que ça. Lui aussi l'avait vécu, lui aussi avait pataugé dans la merde pour tenter de survivre, la peur au ventre de ne jamais se réveiller le lendemain matin tué par les moissonneurs. Lui aussi avait en avait perdu le sommeil. Il avait trouvé un échappatoire grâce à l'alcool et au peu d'amis qu'il avait. Il avait tourné la page comme beaucoup d'autres. C'était un Turien, il avait la guerre et la mort dans le sang. Il ne voulait pas remuer les fantômes du passé, les morts ne revenaient pas à la vie.

Puis il avait rencontré sa sœur qui l'avait aidé à sortir de sa froideur, de ses vices et de bien d'autres choses qui l'habitaient. Elle avait eu un impact psychologique sur lui bien plus important qu'il ne l'imaginait. Pourtant aujourd'hui à la place de l'épauler, il s'était laissé aller lui dire ce qu'il pensait. Certes jouer faux jeu n'était pas le mieux pour une relation, mais ce n'était que la deuxième fois qu'ils se voyaient.

Puis la vérité arriva comme une claque, ramenant Vindex à la réalité, lui qui avait été si cru dans sa façon de parler. Ravilla lui avoua qu'elle tenait à lui tout autant qu'il tenait à elle, vivant dans l'angoisse permanente de le perdre, qu'elle le considérait comme l'une des rares personnes qu'elle avait aimé et admiré. Il mit du temps à assimiler ces paroles car jamais sa sœur n'avait jamais vraiment exprimé ses sentiments envers lui. Lui non plus, et le pire c'est qu'il ne savait pas comment s'y prendre bien que ceci ne constituait pas une excuse.

Elle évoqua ensuite les problèmes que pouvaient rencontrer ses amants s'ils dormaient avec elle, ainsi que d'autres détails qui concernait plus l'humain que lui. Après ce long monologue acerbe, elle termina son verre à une vitesse impressionnante, se leva et les quitta sur une phrase on ne peux plus ironique. Un lourd silence s'installa à la table, Vindex remua son verre d'eau méditant sur les paroles de Ravilla, un bruit le tira de ses pensées. C'était Adrien qui avait pu constaté à son plus grand regret que les verres ne se remplissaient pas tout seul. Il poussa un soupir puis s'excusa une fois de plus le fait d'avoir gâché cette journée en « famille » avant de quitter les lieux laissant le mercenaire seul jouer avec son récipient en pleine réflexion.

Il libéra finalement la table au bout de deux minutes, laissant un pourboire dans le cendrier. Dehors tout était toujours allumé, il haïssait vraiment cet endroit qui donnait l'impression de ne jamais se reposer. Il ne savait pas trop quoi faire. Se mettre minable seul n'avait rien de plaisant pas plus que d'aller au stand de tir sans compagnie. Il y avait bien d'autres lieux de détente mais il n'avait pas la tête à ça. Il repartit au final vers sa navette, l'hôtel restait la meilleure solution.

En chemin, son omnitech bipa. Nouveau message. Il l'ouvrit. C'était de Garrus Vakarian. Ce dernier avait besoin de lui sur Tuchanka, non pas pour compter fleurette au Krogan mais pour participer à une bataille décisive qui pourrait modifier le cours de l'histoire actuelle. Au moins il avait son programme, boucler ses valises et partir sur un caillou aride. Il y avait mieux comme destination pour prendre du bon temps mais le devoir n'attendait pas.

Il repensa à Ravilla. Devait il fuir la station comme un voleur sans lui dire au revoir malgré les récents événements qui s'étaient déroulés entre eux ? Ce qu'elle lui avait dit, lui revint en tête. Elle tenait à lui plus que tout, il avait osé douter de sa sœur. Comment avait il pu faire cette erreur. Il s'était montré égoïste, aveugle. Treyn savait que sa sœur était aussi fier que lui et qu'elle aurait du mal à accepter de l'aide pourtant il savait qu'elle en avait besoin. Et lui qu'avait il fait ? Il avait douté de l'amour que lui portait sa sœur, l'accusant sans aucun fondement. Il s'était montré humiliant et sans aucune pitié. Vindex s'en voulait d'avoir agi de cette manière, il avait blessé sa sœur, c'était bien la dernière chose qu'il avait envie de faire dans cette galaxie.

Un klaxon retentit, il leva les yeux. Tellement absorbée par ses pensées, le Turien n'avait pas vu que son véhicule avait dérivé sur la file d'en face. Il tira brusquement sur la droite pour revenir à sa place. Il devait retourner voir sa sœur. Il braqua sur la gauche coupant la file inverse et accéléra, reprenant rapidement de la vitesse il slalomait dangereusement entre les véhicules à toute allure. Il devait arriver avant elle sinon il était bon pour poireauter plusieurs heures, car il doutait que sa sœur veuille bien lui ouvrir. Vindex se souvenait plus ou moins de sa destination. Pendant une bonne partie du voyage il se maudissait d'avoir fait preuve d'une telle stupidité.

Treyn arriva devant l'immeuble de Ravilla et gara son véhicule en face de celui-ci. Devant la porte une humaine visiblement âgé essayait tant bien que mal d'ouvrir la porte, les bras chargés de divers produits. Le Turien sortit de sa voiture et alla demander si elle avait besoin d'aide, elle lui jeta d'abord un regard suspicieux puis accepta son aide l'air résigné voyant que l'extra-terrestre ne tentait pas de lui dérober ses effets. Elle fila vers la cage d’ascenseur sans le regarder ou le remercier.
Visiblement la grande guerre n'avait pas fait assez de dégâts, se dit il intérieurement. Au moins il était rentré, maintenant trouver l'appartement de sa jumelle.
Coup de chance ou simple hasard, un autre Turien apparut de la cage d'escalier. Vindex lui demanda s'il savait à quelle étage logé Mlle Aper.

« Vous voulez parler de la Turienne super bonne et qui vous...., ses mots se perdirent entre son système nerveux et ses cordes vocales.

-Celle là même, répondit Vindex en le fusillant du regard.

-Onzième étage.

-Merci... »

Il grimpa les marches deux à deux jusqu'à arriver à l'étage onze. Vindex regarda les écriteaux près des portes cherchant le nom de sa sœur. Arrivé devant celle-ci il approcha sa main de la sonnette, hésitant à appuyer. Il appuya une fois, deux fois, trois fois. Pas de réponse. Elle ne devait pas être encore rentrée. Il alla s'asseoir dans les escaliers en se prenant la tête entre les mains. Quel abruti il faisait. Une bonne demi heure plus tard il entendit le bruit de l’ascenseur qui montait, les portes s'ouvrirent.

Sa sœur apparut, les traits tirés. Elle avait une aussi mauvaise mine que lui. La Turienne avança jusqu'à sa porte et commença à ouvrir la serrure.

« Grande sœur... »

Elle se retourna l'air surprise de le voir ici. Il se leva et s'approcha d'elle, arrivé à sa hauteur il releva la tête. Il s'attendait à se faire frapper mais rien, elle ne lui en voulait pas et c'est tout ce qui importait pour lui. Une larme se forma et glissa le long de son visage, suivie d'une deuxième. Il avança et prit sa sœur dans ses bras.

« Je suis désolé, lui murmura t-il en resserrant un peu son étreinte, je n'aurais pas dû... »

Il avait la gorge nouée et sèche. Il n'eut pas besoin d'en dire plus. L'un et l'autre savaient ce qu'ils pensaient. Cet simple étreinte était bien plus puissante que les mots. Elle les liaient.
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MessageSujet: Re: C'est deux Turiens et un Humain dans un bar...   Lun 06 Juil 2015, 19:38

    Ne pas se laisser aller. Respirer, tenter de s'apaiser. Garder le sang-froid, l'air impassible.
    Ces idées avaient fini par être comme des mantras qu'elle se répétait en boucle dans ce genre de cas. Lorsque ses mains recommençaient à trembler, que son souffle voulait se faire irrégulier ou lorsque ses vieux démons tentaient de l'assiéger avec plus de forces qu'auparavant. L'illusion que ces mots avaient le moindre pouvoir, la moindre force sur son état.

    - Excuse-moi.

    Son redressement soudain aurait pu passer pour un sursaut. A vrai dire, il l'était un peu, camouflé derrière une fausse curiosité. Comme d'habitude. C'était toujours des faux-semblants avec elle, l'assaillit d'avantage sa culpabilité. Même lorsqu'elle manquait de craquer, ou s'effondrait un peu, comme avant. Le peu de vérité qui était relâché finissait par être rapidement cloisonnée. Et le masque reprenait sa place, tout comme sa carapace. Une forme de mensonge permanent. Ironique, pour une Turienne comme elle.

    Ravilla ne fit pas semblant de se retourner, ou même le vouloir. Adrien, quand à lui, ne semblait pas vouloir la forcer à lui faire face. Tant mieux. La femme n'aurait sans doute pas réussit à soutenir son regard.
    Alors, sans mots dire, elle l'écouta s'excuser. Pas le moindre reproche, pour une fois, mais un sincère repentir. Avec douceur, il lui expliqua sa position. Qu'il avait simplement voulu à savoir ce qui s'était passé il y a treize ans, comprendre tout simplement le "pourquoi" de cette rupture, qu'Aper avait toujours gardé pour elle. Qu'elle continuait de garder, d'ailleurs, même encore maintenant malgré les quelques pistes qu'elle avait dévoilé. De nouveau, l'humain affirma qu'il aurait été prêt à la supporter sous son jour le plus faible et le plus meurtri. Il illustra son propos par le temps qu'ils avaient passé ensemble autrefois, et qu'il n'avait jamais voulu l'oublier. Treize ans avaient beau être passés, il continuait à se soucier d'elle comme avant. A l'aimer aussi, très probablement.
    Bordel. Si pour lui harceler quelqu'un était une façon de séduire à nouveau, il s'y prenait mal. Très mal.
    Et pourtant. C'en était touchant, de voir à quel point il avait continué d'y croire et d'espérer, comme si la dernière décennie n'était pas grand-chose. Il n'avait même pas réussi à la détester pour ce qu'elle avait fait, c'était dire.

    - Aussi, encore une fois, excuse-moi d’avoir été aussi… Brutal. Je ne voulais pas faire remonter d’anciens souvenirs douloureux. Simplement essayer de savoir. De savoir ce qui c’est passé il y a treize ans, si tu avais une vie, ce que j’espérais autant que je le redoutais, et bien d’autres choses sans doute. Parce que je m’inquiète. Mais… Si tu trouves que je suis trop… Envahissant, dis le moi. Et je partirais.

    Oui, vous avez été envahissant. Repartez. Je ne veux plus vous voir.

    Des mots violents, qu'il aurait pourtant été sage de prononcer. Ah. Depuis qu'elle avait rencontré Vin, elle s'était trop adoucie. Elle avait pu le remarquer avec Xern. Alors, avec Adrien...

    - Je continue de vous en vouloir, Adrien. Vous et mon frère n'arrivez pas à comprendre que je veuille taire certaines choses. J'espère au moins que désormais, votre curiosité a été satisfaite, et que vous ne vous sentirez plus obligé d'amener le sujet sur le tapis.

    Un soupir en guise de point. La militaire tourna légèrement la tête, juste assez pour apercevoir Annaz. Son corps quant à lui restait droit, ses bras toujours croisés sous son plexus.
    Elle était trop fatiguée pour vouloir se battre de nouveau. Ou même revêtir son armure de glace, jouer la sans-cœur. Le masque était déjà fissuré depuis tout à l'heure; pour la première fois depuis longtemps, la Major préféra laisser tomber les armes.

    - Et quand bien même vous vous êtes efforcé de me pourrir la soirée avec un sujet que j'abhorre, ignorant mes demandes de cesser... une partie de moi a été heureuse de vous revoir en bonne santé.

    Trop sentimentale. Il y a trois ans de cela, voir même juste un, elle aurait envoyé Adrien aller voir ailleurs, le maudissant comme s'il était la cause de tous les malheurs, juste pour le voir fuir et l'oublier enfin. Vraiment, elle était devenue trop tendre. Pour un peu, elle en aurait même fini par accepter certains sentiments qu'elle se refusait violemment.
    Non, elle réagissait ainsi par fatigue et lassitude, rien de plus. Et même s'il lui était plaisant de le retrouver, elle ne dépasserait pas ses propres limites.

    - Je suis désolée de vous le dire ainsi, Adrien, mais ce qui existait il y a treize ans est terminé. Si vous imaginez que nous pourrions former un couple heureux, l'appartement, le Varren, les poissons-rouges ou je ne sais quoi, vous vous trompez.

    Elle finit par se retourner totalement vers lui, non sans garder sa gestuelle corporelle, trahissant sa légère angoisse. Quand à le regarder dans les yeux, il lui fallut parler encore un peu avant de finir par oser.

    - Je vous l'ai dit: j'évite de rester en contact avec ceux qui partagent une nuit avec moi. Mais... il peut y avoir... des exceptions.
    Vous pouvez l'être.


    Une demi-invitation, qu'il pouvait prendre au vol s'il le souhaitait, ou ignorer. Si ce n'était pas suffisant pour lui, qu'il voulait plus, alors elle ne pourrait pas lui offrir. Il ferait mieux dès lors de repartir et faire une croix définitive sur eux.
    Maintenant que ceci était fait, il y avait une autre interrogation qui restait en suspend et où l'horrible réponse était tant anticipée qu'angoissée.

    - Adrien... Ne me dites pas que Vindex est resté seul au bar?

    Merde. La mine qu'affichait le Lieutenant était assez éloquente; sans rajouter quoique ce soit, Aper couru jusqu'au club, écartant quiconque qui tentait de passer devant elle. L'entrée était libre et ils n'employaient pas de videurs, aussi n'eut-elle qu'à se glisser entre les passants pour se frayer son chemin.
    Dans la salle bondée, la table qu'ils avaient occupée était vide. Un serveur se chargeait de passer un rapide coup de serviette humide dessus et la lui désigna.

    - Vous pouvez vous asseoir, j'arrive dans un ...

    - Le turien qui était là. Un peu petit, le physique presque humain et qui me ressemble. Vous savez où il est?

    Déjà, le regard de la femme balayait le comptoir, cherchant son frère. S'il avait recommencé à boire à cause d'elle, jamais elle ne se le pardonnerait...

    - Il est sorti il y a quelques minutes.

    Après avoir lâché un rapide "merci", Ravilla fit marche arrière pour mieux observer les alentours éclairés de la boîte. Les rues étaient plus remplies que tout à l'heure, et il devenait difficile de reconnaître une seule personne perdue dans la masse. Merde. Que les esprits aient pitié et qu'il ne soit pas en train de faire une connerie.
    Elle put sentir à côté d'elle Adrien. Il ne l'avait pas quitté et il tentait de se montrer rassurant, cherchant à la convaincre que Vindex n'aurait rien fait qui soit qualifiable "d'idiot".

    - Je ne le croirais qu'une fois que je le verrais. Il est peut-être retourné à son hôtel... Je dois avoir l'adresse chez moi.

    Quelques minutes plus tard, le duo était assis sur la banquette arrière d'un taxi, attendant que les kilomètres soient avalés et que le taxi se pose. En tout cas, pour Aper. Plus vite l'engin serait arrivé, plus vite ils repartiraient en direction de l'endroit où logeait son frère.
    Elle le connaissait pourtant. Treyn était un Turien fort, avec tellement de caractère qu'on pouvait aisément le qualifier de têtu. Quand bien même ce soit ce qui semblait être un trait de famille. Mais il venait de sortir de son addiction et un rien pouvait le faire replonger. Et vu comme sa sœur avait été agréable envers lui... Il pouvait avoir décidé de se faire du mal à sa façon.

    Le souffle court, les mains qui tremblaient... L'angoisse alliée à la culpabilité revenait la ronger. L'idée même que son parent soit blessé suffisait à l'inquiéter. Alors, si c'était de sa faute...
    Les griffes presque enfoncées dans sa chaire, la franc-tireuse ferma les yeux, en oubliant presque la présence d'Adrien alors qu'elle cherchait à trouver un minimum de quiétude. Ce fut lui qui se rappela à elle alors qu'il passa son bras autour de ses épaules, lui murmurant quelques mots de réconforts. Son cerveau n'était pas en état d'en comprendre le sens ni de les reconnaître, trop occupé qu'il était à se contrôler, mais le ton était là. Peut-être eurent-ils même un effet apaisant. Quoiqu'il en soit, la femme se retrouva calmée avant même que le taxi ne soit posé.

    - Restez ici s'il vous plaît. Je reviens dans un instant, furent les mots qu'elle lâcha avant de marcher d'un pas rapide jusqu'à l'entrée de l'immeuble.

    Deux Asaris venaient de descendre de l'ascenseur, lui permettant d'atteindre rapidement le onzième étage. Rentrer, retourner le studio s'il le fallait, ressortir avec cette foutue adresse et y aller. Elle doutait de le faire assez rapidement à son goût, mais il faudrait bien. Il lui avait envoyé un message sur son datapad lorsqu'il lui avait annoncé qu'il passerait le week-end sur la Citadelle... Si elle se souvenait bien, il lui avait précisé où il logerait durant son séjour.
    Autant commencer les recherches par là.

    - Grande sœur...

    Hein?
    Derrière elle se trouvait Vindex. Doucement, il se leva des marches sur lesquelles il s'était assis et avança jusqu'à elle, penaud. Ce n'est qu'une fois proche qu'il releva la tête, l'air aussi fatigué qu'elle.
    Il était là. Il allait bien et surtout, il n'avait pas eu l'air d'avoir envie de faire quoique ce soit d'inconsidéré. Le soulagement était visible, tant sur ses mandibules qui cliquetèrent doucement que dans sa voix.

    - Vindex... vous allez bien. J'ai eu peur que...

    Ses mots s'étranglèrent dans sa gorge alors qu'en face d'elle, quelques larmes commencèrent à perler le long des joues de son frère. Juste avant qu'il ne se jette dans ses bras, la surprenant sur le coup. Pendant quelques secondes, elle ne sut pas trop quoi faire alors que les murmures lui parvenaient.

    - Je suis désolé, je n'aurais pas dû...

    A son tour, sa sœur le prit dans ses bras, resserrant leur étreinte, le laissant pleurer sur son épaule. Littéralement, pour le coup. Sans rien dire, pendant un instant. Les mots auraient été inutiles. Tout ce qui aurait pu être dit, l'un et l'autre le comprenait par cette simple embrassade. C'était la première fois qu'ils s'étreignaient. Leur contact était en général plus distant, timide.
    Chacun s'inquiétait pour l'autre sans oser le dire. Jusqu'à maintenant.

    Elle retira le masque alors qu'à son tour, Ravilla laissa échapper quelques pleurs, presque imperceptibles, dans le couloir vide.

    - C'est à moi de m'excuser mon cher frère... Vous avez toujours cherché à me connaître, sans que je vous en donne le droit. Je... Je ne voulais pas vous blesser. Jamais je ne pourrais le faire.
    Vous êtes ce qui m'est de plus cher dans ce monde...


    Ils restèrent ainsi en silence encore un moment - court ou long? Elle n'aurait pu le dire - avant qu'ils ne se relâchent finalement.
    La femme hésita un instant. Que dire sans sembler maladroite? Elle ne savait pas quoi faire, n'étant pas douée dans l'exercice. Elle finit par tenter, timidement.

    - Je suis désolée. Je devrais vous inviter à entrer et boire quelque chose mais... Pardonnez-moi. Cet endroit... C'est mon sanctuaire. Je suis la seule à jamais y avoir mis les pieds et...

    Et donc? Disait-elle littéralement qu'il était hors de question qu'il fasse partie de sa vie? Merde. Elle était vraiment une foutue incapable.

    - Pardonnez-moi mon frère. Je sais que ça doit être dur pour vous. Mes refus, mes craintes... J'aimerais que tout soit différent. Que vous ayez une sœur "normale", au moins en partie...

    Sa voix se serra.







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MessageSujet: Re: C'est deux Turiens et un Humain dans un bar...   Sam 11 Juil 2015, 01:04


Adrien attendait, les yeux fixés sur le dos de la Turienne, qui n’avait pas fait mine de se retourner pendant qu’il faisait son mea-culpa. Hormis son léger sursaut au début de la prise de parole, elle n’avait pas fait le moindre signe pouvant faire croire qu’elle avait écoutée ce qu’il disait. Pas de réaction lorsqu’il lui fit part de ses sentiments. Pas sûr de savoir s’il s’agissait d’une bonne ou d’une mauvaise nouvelle… Il se retrouvait donc à attendre, une partie de son avenir suspendus aux futures paroles de la Turienne.

Et comme il fallait s’y attendre, elle ne fut pas tendre. Bien sûr, elle avait des raisons pour être agressive. Reprochant à Adrien, et à son frère, leur curiosité envers un sujet qu’elle ne voulait pas dévoiler. Là-dessus, il ne pouvait pas lui en vouloir. Il savait qu’il avait été insistant, et le nier aurait été de mauvaise foi. Un mouvement de corps plus tard, la Turienne se retrouva avec la tête tournée vers lui. Difficile de ne pas voir la lassitude sur son visage. Elle avait abandonné son masque qu’elle avait gardée toute la journée, du moins jusqu’à son explosion de colère, et semblait ne plus vouloir se battre. Vu son état, Adrien se préparait à s’excuser une nouvelle fois, et à s’en aller. Il ne se faisait guère d’illusion.

Avant qu’il n’ait pu ouvrir la bouche, la Turienne recommença à parler, pour l’accabler un peu plus. Au moins maintenant, il savait ce qu’elle avait ressenti dans le bar, à se faire attaquer de tous les côtés. Il n’avait pas besoin de ça pour comprendre que cette guerre était perdue. Pourtant, après cette cascade de contre-accusations, alors qu’Adrien s’attendait à un refus définitif de se revoir, le discours de Ravilla changea. Au moment où il n’avait plus aucun espoir, elle repartit sur le plaisir qu’elle avait eu à le revoir, en bonne santé. Un plaisir tout relatif, cela dit : elle était loin d’en sauter de joie.

Et alors que le moral d’Adrien remontait, elle s’arrangea pour le refaire chuter. En enterrant toute possibilité de relation future entre eux. Elle affirmait avoir changée depuis treize ans et il n’allait pas dire le contraire à ce sujet. La Ravilla qu’il avait en face de lui était à des années lumières de celle qu’il avait fréquentée lors de la guerre. Il ignorait ce qui l’avait fait changer à ce point, et doutait de le savoir un jour. Le corps cette fois totalement tourné vers lui, il devinait la difficulté qu’elle avait à s’ouvrir ainsi. Et sans doute à lui faire la proposition actuelle. Pas une vraie relation, mais quelque chose de plus… Superficiel. Pas ce que cherchait Adrien, mais c’était déjà mieux que rien. Et surtout, cela lui laissait l’opportunité de la faire changer d’avis. Il hocha la tête, acceptant cette situation. Pour le moment.

Il n’eut pas le temps d’aller plus loin dans son assentiment que le visage de la Turienne changea à nouveau. Merde, Adrien n’avait pas pu faire de connerie en hochant la tête quand même ? Il s’avéra que non, quand même. Il en avait fait une en laissant Vindex seul au bar. Au pas de course, ils se rendirent au bar qu’ils venaient de quitter, et malheur à celui qui oserait se mettre sur le chemin de Ravilla. Déjà que ceux qui n’étaient pas à une distance de sécurité raisonnable furent écartés sans ménagement… Dans la salle, la table qu’ils avaient occupée était vide. Il accompagna la Turienne à l’intérieur, et l’écouta interroger le serveur. Elle avait décidément des problèmes avec le personnel des bars : déjà lors de leur première rencontre, elle harcelait un barman…

Vindex étant sorti depuis seulement quelques minutes, il n’avait pas pu aller bien loin. Ressortant du bar à la même vitesse qu’ils y étaient rentrés, et fouillèrent du regard la rue. Après tout, il n’était pas impossible qu’il soit dans les environs, s’il n’était parti que depuis peu. Mais la foule était trop compact pour voir à plus de quelques mètres de distances, aussi la recherche n’eut guère de résultats. Adrien tenta de rassurer Ravilla, en lui disant que son frère n’était pas du genre à faire des choses idiotes. Une tentative bien médiocre, vu qu’il ne connaissait Vindex que depuis une heure. Il ignorait si sa tentative avait été efficace, mais elle avait au moins fait réagir la Turienne. Retournant à la station de taxi, ils attendirent que celui-ci arrive. Heureusement qu’il ne mis pas longtemps, grâce à l’appel de Ravilla quand elle fuyait le bar.

Les deux installés sur la banquette arrière, ils se rendaient à l’appartement de Ravilla. En silence, car la Turienne était plongée dans ses pensée, et Adrien ne voulait pas la déranger. Il attendait donc, sans dire un mot, un œil sur sa compagne de voyage. Ce qui fut une bonne idée, car elle commençait à se recroqueviller de plus en plus. La tête dans les genoux, haletante. Une crise de panique, en somme. Sans avoir de certitude, il devinait pourquoi : son frère avait été plutôt méchamment corrigé, et elle craignait être allée trop loin. Passant un bras à travers les épaules de la Turienne, il essaye de la réconforter. Mais encore une fois, il ignorait s’il s’adressait à un mur ou non. Il n’y eut aucun signe indiquant qu’elle avait entendue ses paroles. Néanmoins, elle retrouva sa sérénité avant d’arriver devant chez elle. C’était toujours ça de prit.

Descendant de sa voiture, la jeune femme l’invita… A rester dans le véhicule. Acceptant son sort, il ne bougea pas, et observa la Turienne pénétrer dans l’immeuble. Un bel immeuble, plutôt bien placé par rapport à certains coins mal famés de la Citadelle. Il garda le regard sur le bâtiment un instant avant de penser à autre chose. En l’occurrence, ‘‘ l’opportunité ’’ que lui proposait Ravilla. Ce n’était pas ce qu’il attendait, ni ce qu’il espérait. En même temps, depuis le début de la journée et les retrouvailles, il savait bien qu’il ne devait pas espérer grand-chose : elle le lui avait bien fait comprendre. Mais, optimiste comme il l’était, il avait quand même continué d’y croire. Ses espoirs avaient été douchés par la Turienne, tout en lui laissant une lueur d’espoir. Quand bien même elle lui avait bien fait comprendre que c’était peine perdu. Il avait espéré retrouver son amour de jeunesse, et était tombé sur… Difficile à définir. Quelqu’un de beaucoup plus sombre et beaucoup plus torturé que ce qu’il pensait. Et qui refusait de s’ouvrir aux gens. Dire qu’apparemment, son frère avait eu un effet très bénéfique sur elle… Maintenant, Adrien se donnait pour objectif de la rendre un peu moins sombre. Un sacré challenge, mais il avait bon espoir : vu comme elle tenait à son frère, il pourrait peut-être s’arranger pour travailler de concert.

Tiré de ses pensées, il regarda la Turienne remonter dans le taxi. Il la laissa s’installer avant de l'interroger.

« Alors ? Des pistes ? »


Pourquoi est-ce qu'à chaque fois que quelqu'un dit "avec tout le respect que je vous dois", j'entends "ta gueule" ?


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MessageSujet: Re: C'est deux Turiens et un Humain dans un bar...   Lun 13 Juil 2015, 00:25
Il sentit les mains réconfortantes de sa sœur se poser sur son dos, chaudes, chaleureuses et bienveillantes. Une sensation indescriptible l'envahie, un mélange de joie, de bonheur, de sécurité et de bien d'autres sentiments. Vindex laissa sa retenue se briser, des larmes coulaient le long de ses joues, son corps secouait par de légers spasmes. Il avait toujours gardé ce qu'il l'habitait, ses doutes et peurs envers Ravilla pour lui sans jamais en parler, mais avec ce qu'il s'était passé aujourd'hui, il ne pouvait le contenir plus longtemps, il aurait craqué tôt ou tard.

La tête posait contre l'épaule de sa jumelle, il pouvait sentir la chaleur qui émanait d'elle. De tels moments avec elle était plutôt rare car leur contact était plus distant et réservé. Il sentit une goutte tomber sur son cou. Sa sœur aussi pleurait, la carapace d'acier qu'elle s'était forgé durant toute ces années se fissurait et s'émietter, preuve qu'un cœur habitait cette armure impénétrable jusque là. L'un et l'autre se consolant.

- C'est à moi de m'excuser mon cher frère... Vous avez toujours cherché à me connaître, sans que je vous en donne le droit. Je... Je ne voulais pas vous blesser. Jamais je ne pourrais le faire.
Vous êtes ce qui m'est de plus cher dans ce monde...


Ces paroles résonnèrent dans la tête du Turien qui ne put se retenir d'étouffer un sanglot.

- Merci, dit il dans un murmure, serrant un peu plus sa sœur.

Il ne savait pas quoi dire de plus et se sentait stupide. Pourtant il était dans les bras de la personne qu'il chérissait le plus dans cette galaxie, celle pour qui il aurait tout donné jusqu'à sa propre vie. Il n'avait plus qu'elle. Puis ce fut le silence ni l'un ni l'autre ne dit un mot. Vindex avait l'impression que le temps s'était arrêté sur ce moment précis et il ne sut jamais vraiment combien de temps ils étaient restés accrocher l'un à l'autre. Ils se détachèrent l'un de l'autre, se regardant les yeux gonflés par le chagrin.

- Je suis désolée. Je devrais vous inviter à entrer et boire quelque chose mais... Pardonnez-moi. Cet endroit... C'est mon sanctuaire. Je suis la seule à jamais y avoir mis les pieds et...

Sa voix était douce, légère et pourtant emprunte de remords à l'idée de ne pas pouvoir l'accueillir chez elle comme il se devait.

- Pardonnez-moi mon frère. Je sais que ça doit être dur pour vous. Mes refus, mes craintes... J'aimerais que tout soit différent. Que vous ayez une sœur "normale", au moins en partie...

Elle ne put terminer sa phrase, comme si elle avait perdue toute volonté. Son visage était triste et sincère. Une dernière larme perla de son œil. Treyn posa ses deux mains sur les joues de Ravilla, essuyant d'un revers la gouttelette d'eau, plongeant son regard dans celui de la Turienne, un sourire timoré sur le visage.

- Je t'aime ma sœur, je t'aime comme tu es et comme tu seras. Tu représentes tout pour moi, je n'ai pas été correct avec toi. Je serais toujours là pour t'aider. Je suis fier d'être ton frère.

Vindex décala son index et fit une légère pression sur le nez de sa jumelle.

« Shboup... »

Son sourire se fit plus franc. Il enleva ses mains du visage de sa sœur.

« Tu veux faire quelque chose pour terminer la journée ? Ou tu as quelque chose de prévu ? 

Bien qu'il ne devait pas tarder à partir, il n'était pas à quelques heures près, et préférait partir avec le souvenir d'un bon moment avec Ravilla que d'une réconciliation d’engueulade.

-Un tour à l'Armax Arena, ça te tenterait ?

Elle acquiesça, sans oublier de lui mentionner le fait d'aller chercher Adrien.

Ils prirent l’ascenseur, ni l'un ni l'autre ne dit un mot, se regardant simplement. Juste avant de sortir, Vindex attrapa sa sœur par la main.

« Je... Je vais devoir partir sur Tuchanka pour prêter main forte à des amis. Je te promet de faire attention, dit il d'une voix sincère. Je tenais à te le dire.

Au moins c'était dit, il savait que sa sœur allait s'inquiéter, lui aussi était inquiet, il ne savait pas ce qui l'attendait. Les combats contre les Krogans étaient très souvent une boucherie. Ce n'était pas de mourir dont il avait peur, c'était de ne pas savoir s'il allait pouvoir tenir sa promesse. Il ne voulait pas de nouveau laisser Ravilla seule et sans famille, lui aussi savait à quels points c'était dur de se retrouver sans personne.
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MessageSujet: Re: C'est deux Turiens et un Humain dans un bar...   Ven 17 Juil 2015, 20:12

    De la compréhension. Voilà une chose à laquelle Aper ne se serait pas attendue de la part de Vindex. Surtout depuis l'événement du bar, il y avait moins d'une heure de cela. Il avait fait preuve de contrition, certes. Mais son frère était curieux de nature et ses derniers avertissements ne l'avaient pas détourné de son idée.
    Cependant, il acceptait. Sans poser de question, sans vouloir reporter ses demandes à plus tard. Il préféra présenter une nouvelle fois ses excuses et lui signifier tout l'amour fraternel qu'il lui portait. A elle et ses défauts ou ses faiblesses. Comme si rien n'était grave.

    Merde. Elle se sentait toute chose alors que les larmes voulaient poindre à nouveau. Il ne connaissait pas la vérité, ni la honte qu'elle portait depuis des années. Pourtant... Il semblait tout accepter chez elle. Comme si elle était pardonnable.
    Non. Non, il le faisait par ignorance uniquement. Si un jour il apprenait la vérité... Mieux valait qu'il ne l'apprenne pas. La Major ne savait pas encore exactement comment il la percevait, mais si l'image qu'il avait d'elle lui faisait du bien... Autant la garder jusqu'au bout. Il ne s'agissait que de se voiler la face une nouvelle fois et faire semblant. Elle n'avait aucune raison de ne pas réussir. Elle commençait à être douée dans l’exercice.

    - Merci mon frère.

    Son soupir, ponctuant presque sa phrase, avait été imperceptible. La turienne aurait pu le jurer. Pourtant, il semblait que le mercenaire l'avait entendu. A moins qu'il n'ait eu envie de faire une "folie". Ou qu'il agissait tout simplement de façon aussi originale qu’à son habitude. En tout cas, l'homme avait levé la main pour poser son doigt sur le nez de sa sœur, appuyant doucement dessus. Le geste fut ponctué d'un petit "shboup" curieux, qui provoqua chez l'intéressée un cliquètement quasi silencieux. Son esprit passa rapidement l'étendue de son vocabulaire afin de comprendre ce que cela pouvait dire. Rien ne lui vint. Est-ce qu'elle ne connaissait pas ce mot, ou bien avait-il inventé cette... "expression"? Difficile à dire. Mais connaissant le franc-tireur, la solution était sans doute la seconde.
    Bien. Elle avait une pseudo-explication. Lui manquait maintenant plus que la réaction. Fallait-il le remercier? C'était un rituel peut-être? Ou juste un peu d’excentricité? A force de se questionner, la femme ne réagissait pas. Elle observait plutôt, un sourcil vaguement levé, ses mandibules continuant de s'agiter sans bruit. Son désarroi avait de quoi faire sourire Vindex, lequel finit par mettre fin à son calvaire en retirant son doigt, faisant comme si rien ne s'était passé.

    - Tu veux faire quelque chose pour terminer la journée ? Ou tu as quelque chose de prévu ?

    - ... Je n'avais pas vraiment prévu quoique ce soit pour tout vous dire. Encore moins après la rencontre... imprévue avec Adrien, finit-elle par lâcher après quelques secondes de silence.

    Imprévu était le moindre mot pour évoquer la semi catastrophe et semi réconfort qu'avaient été les retrouvailles.

    - Un tour à l'Armax Arena, ça te tenterait ?

    Elle finit par accepter après un petit temps de réflexion, non sans avoir oublié de mentionner qu'Adrien attendait dans un taxi et qu'il serait sans doute heureux de ne pas attendre des heures pour rien. Treyn sembla accepter cette présence impromptue puisqu’il accepta – le crut-elle tout du moins – qu’il les rejoigne. Ironique, d'ailleurs, que les deux ex se retrouvent une fois encore dans cette arène. Enfin, c'était passé. Qui plus est, ils seraient trois et non deux.
    Bref. Pas le sujet.

    La fratrie quitta le pallier pour préférer l'ascenseur, rejoignant de ce fait le rez-de-chaussée. Une occasion d'ailleurs pour voir si le Lieutenant envisageait sérieusement leur "marché". Il était possible qu'il ait décidé de partir au final. L'un ou l'autre ne la dérangeait pas de toute façon, se mentit-elle un peu.
    La petite musique caractéristique de l'élévateur, accompagnée d'une voix monocorde annonçant l'étage, se déclencha lorsqu'ils atteignirent leur objectif. Esquissant un pas pour sortir, la Turienne fut arrêté par son semblable, lequel semblait soudainement peiné.

    - Je... Je vais devoir partir sur Tuchanka pour prêter main forte à des amis. Je te promets de faire attention. Je tenais à te le dire.

    Il lui fallut monopoliser tout son sang-froid pour que Ravilla garde pour elle la vague de panique qui commençait à l'envahir. De base, la planète des Krogans n'était pas "tranquille". Mais depuis Farixen, les choses semblaient avoir empiré. L'Extranet évoquait une différence d'intérêt grandissante et le début d'une possible guerre de clan. Qu'importe qui étaient ces "amis" dont Vindex parlait, les faits étaient là: il allait risquer sa vie dans un endroit impitoyable. Difficile dès lors de se montrer rassurée.
    Pourtant, sa sœur fit un effort pour sourire malgré l'inquiétude qui commençait doucement à la broyer.

    - Vous êtes un très bon franc-tireur mon frère. J'ai confiance en vous; mais s'il vous plaît, ne faites rien d'inconsidéré, souffla-t-elle d'une voix douce.

    Intérieurement, elle hurlait son angoisse. Il lui serait difficile de rester calme jusqu'à ce qu'elle sache qu'il aille bien. Mais ce n'était pas le moment de le stresser. Il était celui des deux qui allait le plus risquer sa vie. Il fallait qu'il garde l'esprit clair pour rester concentré sur sa mission. Ce qui ne risquait pas d'arriver s'il savait que sa parente se faisait un sang d'encre pour lui.

    Cette précision faite, ils finirent par sortir. Le parvis était quasiment désert malgré la rue éclairée. C'était à peine si quelques personnes passaient de temps à autre, entrant ou sortant des habitations alentours. Même le petit parc vert situé non loin semblait vide du moindre occupant malgré l'heure relativement raisonnable.
    En face d'eux, le taxi noir et rouge était toujours en place. Bon. Il semblait qu'Annaz avait fait son choix. La femme laissa ses pas la porter jusqu'à la portière alors que son frère allait chercher sa propre voiture. Elle se glissa rapidement dans l'habitacle, tapotant l'écran face à elle et grimaçant doucement en voyant le prix que les diodes orangées affichaient.

    - Alors ? Des pistes ?

    - Il attendait devant ma porte, lança-t-elle simplement. Vindex va bientôt partir et il souhaiterait que nous allions faire un tour à l'arène d'Armax Arsenal.

    Elle marqua un petit temps d'arrêt, hésitant sur la façon de faire. Pendant ce temps, elle laissa ses doigts courir sur la surface holographique de son omni-tech, lançant la communication de données entre l'appareil et le transport afin de réaliser le payement.

    - Votre présence ne le dérange pas. Si vous voulez nous accompagner, sentez-vous en libre, finit-elle par préciser d'un air désintéressé.

    Elle se comportait de façon paradoxale. La Major le savait très bien. En général, elle se montrait plus séductrice avec ses amants, qu'ils soient de passage ou non. Et là... La distance qu'elle tentait de mettre entre les deux tenait plus d'un canyon que d'un fossé. A croire qu'elle essayait encore de le dégoûter, le pousser à tourner la page pour son propre bien. Tout en lui proposant qu'ils se revoient dans un cadre plus intime.
    Un côté d'elle se doutait très bien de ses raisons. Et le savoir ne faisait que renforcer son attitude plus en retrait que la normale.

    Le véhicule de Vindex se posa à côté d'eux alors qu'ils sortaient. Alors que les portes s'ouvraient, le conducteur leur fit un signe de tête, désignant la banquette arrière avec un de ses sourires caractéristiques. Le regard qu'elle lui jeta était noir; il lui répondit avec un air faussement suppliant. Pendant ce temps, Adrien prit place à l'arrière, ignorant ou préférant ignorer la communication visuelle qui avait lieu entre les deux parents.
    La plus âgée finit par céder à la supplique et s'installa à contrecœur sur le siège de droite, laissant à l'humain celui de gauche. Elle marqua son désaccord silencieux en s'intéressant au paysage, claquant seulement des mandibules de temps à autre, durant toute la durée de leur courte pérégrination.

    L'arène n'avait pas changé malgré les années. A l'extérieur tout du moins. A l'intérieur, le système était évidemment souvent remis à neuf, pour des hologrammes encore plus performants que la version antérieure, des ennemis plus "dans le temps" et de nouveaux systèmes de combats ou de nouveaux champs de bataille. Il fallait cependant avouer que, depuis la fin de la Guerre, l'endroit était moins fréquenté. Bien évidemment, il s'agissait toujours d'une référence et la qualité des services avaient été plus que prouvés. Mais les citoyens de la Citadelle se sentaient moins l'envie pressante de prendre les armes. Et les militaires ou membres du SSC de se défouler sur ceux qui tuaient leurs collègues jours après jours.
    Les formules avaient ainsi changé. Au lieu de préférer les combats avec public demandant un spectacle plus grandiloquesque, la société avait créé d'avantage de petits boxes où les participants pouvaient enchaîner plusieurs combats. Certains étaient retransmis via les écrans du hall. Mais globalement, les estrades étaient moins nombreuses que les grandes salles et attiraient moins de monde. Ces dernières pièces étaient surtout utilisées lors de concours à but publicitaire ou événementiels.
    Pour accélérer le passage et favoriser les parties dites rapides, des consoles avaient été installées, permettant aux clients d'éviter de faire la queue. De là, ils pouvaient choisir une des stalles libres, leur ennemis et même préchoisir le type d'équipement, s'ils savaient déjà quoi prendre.

    Les comptoirs vendant les armes et armures de l'entreprise étaient quant à eux toujours là.


    Aper prit les devants, avançant d'un pas chaloupé entre les différentes personnes qui peuplaient l'accueil, se frayant un chemin sans difficulté jusqu'à la borne. Elle esquiva agilement un Geth et une Turienne qui semblait discuter vivement de leur dernière partie à la difficulté que le premier estima comme "Modérément motivante" alors que la seconde parla de "carrément ennuyeuse". Ils finirent par s'accorder sur un combat plus corsé. La combattante évoqua une revanche sur ces, je cite "foutue boîtes de conserves" qui provoqua chez son compagnon un réglage de lampe évocateur.

    La Major laissa le choix du décor en aléatoire, rentra le nombre de participants maximum, à savoir trois, sélectionna son propre équipement en se basant sur leur catalogue, puis fit défiler la liste d'ennemis proposés, évitant soigneusement la catégorie "Légendaires" qui regroupaient les belligérants d'autrefois. A savoir Cerberus - la femme aurait sans doute essayé de poignarder un hologramme avant de le rouer de coup -, les Récolteurs - Connus sous le charmant surnom de "Nop" par certains -, les Geths - malgré des manifestations de la part d'un groupe en faveur de l'entente Quario-Geth-Conci qui jugeaient qu'elle stigmatisait le GIP - et évidemment... les Moissonneurs.
    Un léger frisson parcouru l'échine de la franc-tireuse à cette pensée qu'elle chassa bien vite en explorant la section des mercenaires. Des Krogans? Histoire de vérifier que Vindex était vraiment en état de se défendre en cas de conflit sur Tuchanka? Idée intéressante mais peut-être trop flagrante pour ne pas trahir son inquiétude. Un groupe mixte peut-être? Avec une difficulté un peu plus corsée pour permettre une équivalence?
    Afin d'éviter toutes représailles, Armax Arsenal avait, hélas, évité de rajouter les trois grands groupes de mercenaires d'Oméga dans leurs logiciels. Pas moyen de combattre les Berserker dès lors.

    Par dépit, elle finit par appuyer sur le bouton "aléatoire" du groupe des indépendants. Au final, tant pour le lieu que l'affrontement en lui-même, la machine allait choisir.
    La militaire fit un pas de côté, laissant l'accès à la console pour son frère et Adrien.

    - Si cela vous convient, je vous laisse choisir votre équipement, dit-elle en croisant les bras sur son torse.







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MessageSujet: Re: C'est deux Turiens et un Humain dans un bar...   Lun 20 Juil 2015, 22:40


Le visage un peu moins tendu que lorsqu’elle avait quitté le véhicule, la Turienne lui annonça que son frère l’attendait devant la porte de son appartement, tout simplement. C’était une bonne nouvelle, même si Adrien se doutait que Vindex n’était pas du genre à faire des bêtises pour un oui ou pour un non. Après, il ne le connaissait pas vraiment non plus. Puis, payant le taxi, elle proposa à Annaz de se joindre à eux pour aller faire un tour à l’Armax Arsenal, précisant que sa présence ne le dérangeait pas. Pourtant, elle se comportait à nouveau comme si Adrien était un inconnu. Encore un revirement de la part de la Turienne, cette fois d’autant plus incompréhensible qu’elle semblait rassuré. C’était agaçant, à la fin. Malgré tout, il accepta l’invitation et quitta le taxi pour rejoindre le véhicule de Vindex.

A sa grande surprise, Ravilla ne s’installa pas à la place du mort, mais à l’arrière, à l’opposé d’Adrien. Mais elle ne devait pas agir de son propre chef puisqu’elle passa le trajet à claquer des mandibules, la tête tournée vers le paysage. Annaz finit par l’imiter, et le voyage se déroula en silence jusqu’à l’arène, et sans incident.

Armax Arsenal avait reconstruit son arène, en « plus ». Plus grande, plus imposante, proposant plus de choix… Adrien n’y avait pas mis les pieds depuis la réouverture et inaugurait donc en compagnie des deux Turiens. De plus, l’intérieur et les zones de combat avaient étés réaménagées pour accueillir plus de participants. Ravilla les précéda et s’installa devant une borne, paramétrant la salle qui allait les accueillir. Elle laissa le choix du décor en aléatoire, dont Adrien ne connaissait de toute façon pas les lieux proposés, rentra le nombre de participants, laissa à la machine le soin de choisir les opposants parmi une gamme de mercenaires en tout genre et sélectionna son équipement, avant de laisser la place aux deux hommes pour choisir leur équipement. Annaz s’installa en premier devant la console, et porta son choix sur un M-23 Katana et sur son fidèle Carnifex. Une armure (Armax Arsenal bien sûr) plus tard, il céda sa place à Vindex et s’installa en silence aux côtés de la Turienne. Toujours sans un mot, vu comme elle semblait fermée à toute tentative de communication, sauf peut-être venant de son frère.

Une fois les préparatifs terminés, ils se dirigèrent les trois vers le box qui leur était attribué pour s’équiper. Les rangements contenant leurs armes s’ouvrirent, de même que les étagères avec les armures. Encore une fois, tout été nickel, sans une trace d’utilisation alors que les armes avaient dû passer par quelques milliers de main. Une fois équipés, ils actionnèrent le bouton démarrant la simulation, et pénétrèrent dans la pièce.

Les portes se refermèrent derrière eux, tandis que le sol, les murs et le plafond se modifiaient. Ils s’arrêtèrent sur un paysage gelé, battu par la neige. Sans doute une simulation de Novéria ou de tout autre coin où on se caillait méchamment. Peut-être même la planète bien connue des mercenaires, Antirumgon. Heureusement, il ne s’agissait que d’une simulation, et ils n’avaient pas à subir le froid qui allait avec. Armax avait dû penser qu’il était contre-productif de geler ses visiteurs, avec raison. Par conséquent, hormis une neige artificielle qui tombait, et un sol blanc, ils n’avaient pas d’autres handicaps. Laissant les deux Turiens se mettre en position, Adrien en fit de même, dans l’attente des ennemis.

Les premiers hologrammes apparurent, et prirent la forme… De plusieurs races différentes. Galariens, Humains, Krogans, Asari et même Quariens firent leur apparition dans l’arène, tandis que le tableau d’affichage au dessus de l’arène indiquait le nom de l’ennemi : les Rugicards. Adrien les connaissait de nom, il s’agissait d’un groupe de mercenaire plutôt cruel qui commençait à se faire connaitre dans les Terminus. Le genre de groupe que tout le monde détestait, et donc qu’il était possible d’affronter sans heurter la sensibilité de personne. Sous le nom, un compteur de points était affiché, avec le nom des trois participants. Enfin, un petit symbole en forme de caméra, signe que le combat avait été sélectionné aléatoirement pour être diffusé avec d’autre dans la salle d’accueil de l’arène. Et ces deux dernières informations ne faisaient ni chaud ni froid à Adrien. Compter les points, c’était bon pour les personnes qui voulaient montrer qu’ils étaient meilleurs que leurs amis. Ce qui ne se faisait plus depuis belle lurette quand on avait un peu d’expérience dans l’armée. De même, le fait d’être filmé n’était pas vraiment intéressant, sauf si on voulait se montrer ou qu’au contraire, on avait le trac. Adrien avait l’habitude de montrer à ses soldats certaines manœuvres et globalement, en tant que lieutenant, il avait l’habitude de prendre la parole devant ses hommes. Bref, il ignora royalement le compteur de points et le fait que leur combat était filmé.

Les Rugicards donc commencèrent à « tirer », rappelant à Adrien à la réalité. Comme d’habitude, le combat était composé de 11 « vagues », avec un certains nombre d’ennemis à tuer, et la difficulté augmentant à chaque fois. Les mercenaires commencèrent en étant maladroit et sans coordination, puis devinrent de plus en plus précis et organisé au fur et à mesure du temps. De plus, il ne s’agissait que de quelques soldats dans la première vague, qui furent plus nombreux la vague suivante, puis accompagné de quelques Varrens, puis par des méca Loki… Jusqu’à l’inévitable YMIR, clou du spectacle. Les premières vagues ne posèrent aucun problème au trio, qui tua rapidement leurs adversaires. Adrien était un peu surpris de la maîtrise de Vindex. Il lui avait dit se salir les mains pour les autres, mais ignorait toujours sa profession exacte. Mais apparemment, elle nécessitait d’utiliser des armes assez souvent. Il nota intérieurement de lui demander plus de précision, car il était tout de même curieux de savoir d’où il tirait une telle maîtrise. L’entrainement obligatoire Turien n’expliquait pas tout.

Les dernières vagues furent plus intenses. Les ennemis commençaient à arriver en nombre et il fallait être stratégique pour ne pas voir les boucliers de son armure tomber à zéro sans avoir le temps de s’en rendre compte. Ils s’organisèrent donc, mettant en place des diversions, faisant courir les hologrammes dans l’arène et utilisant les quelques explosions dues aux mécas pour semer la confusion. Adrien ne passa pas loin de la mise hors-jeu à deux reprises, ayant été contourné pendant qu’il se concentrait sur d’autres ennemis. Heureusement, il réagit assez vite pour éviter la catastrophe la première fois, et fut sauvé par ses alliés Turiens les autres. Il en fit de même à quelques reprises, sans savoir si cela avait été vraiment utile ou non. Au final, ils acculèrent l’YMIR et le tuèrent à petit feu, l’obligeant à changer de cible et attaquant ses points faibles. Ils furent récompensés par l’explosion de la machine, et la disparition temporaire du décor pour laisser place au fond gris habituel de l’arène quand celle-ci était inactive. La porte par laquelle ils étaient entrés s’ouvrit, et ils s’y engouffrèrent. Adrien ne jeta même pas un œil au tableau des scores.

Se délestant de leurs armes et retirant leurs armures, ils se retrouvèrent tout les trois à l’accueil de l’Armax Arena, entourés des badauds. Certains parlaient de leur futur combat, d’autre de leurs achats, et certains du combat auquel ils venaient d’assister. Adrien entendit un couple Asari-Krogan parler avec passion du combat entre un Geth Prime et une Cabale Turienne d’un côté, et des hérétiques Geth de l’autre. Un combat vraisemblablement épique vu l’animation qu’ils avaient à parlé de ça. Les deux concernés sortirent de leur box aussi, se précipitant à la boutique pour voir s’ils avaient de quoi s’acheter un pack de jeu, leur permettant de débloquer de nouvelles zones, de nouveaux ennemis voir des armes exceptionnelles. Se désintéressant d’eux, il se tourna vers les deux Turiens.

« Voila qui était stimulant. Vous voulez refaire une partie, ou est-ce que vous avez prévu autre chose ? ».

Après tout, la journée était censée être consacrée à eux deux. Adrien n’aurait pas été étonné s’ils avaient prévu de manger ensemble ou de se rendre à un coin spécifique de la Citadelle.


Pourquoi est-ce qu'à chaque fois que quelqu'un dit "avec tout le respect que je vous dois", j'entends "ta gueule" ?


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MessageSujet: Re: C'est deux Turiens et un Humain dans un bar...   Lun 27 Juil 2015, 23:29

Il sentit un malaise flotter entre Ravilla et lui après son annonce, pendant quelques secondes il eut l'impression de ressentir le malaise que vivait sa sœur. Cependant elle avait l'air de prendre sur elle.

- Vous êtes un très bon franc-tireur mon frère. J'ai confiance en vous; mais s'il vous plaît, ne faites rien d'inconsidéré.


Malgré ses paroles se voulant rassurantes, Vindex avait le sentiment qu'elle tentait de refréner ses peurs, mais il était aussi stressé qu'elle, si ce n'est que sa sœur l'était encore plus.

Quand ils sortirent, les lieux étaient vides, aucune âme qui vive. Même le petit parc était désert. Le quartier était extrêmement calme au point que cela en devenait dérangeant. Certes l'endroit avait l'air agréable à vivre mais le cadet ne supportait guère de vivre dans les lieux fortement peuplés. Il préférait les grands espaces dégagés et de préférence loin du bruit, là ou on ne le dérangeait pas.

Sa sœur se dirigea vers le taxi pour régler le prix du trajet et récupérer Adrien, lui en profita pour aller chercher son véhicule, quand il revint devant l'immeuble, l'Humain et la Turienne l'attendaient. Il ouvrit l'habitacle, Ravilla voulut s'installer à côté de lui. Il lui désigna la banquette arrière d'un rapide coup de tête, un sourire en coin. Elle lui jeta un regard noir, au point qu'un frisson le parcourut le long de l'échine. Treyn se força à adopter un regard suppliant digne d'un Xarion (petit animal de compagnie d'origine Turienne ayant quelques ressemblances avec un chat).

Finalement elle abdiqua et se résigna à accepter le sort que son frère lui réservait. Adrien s'installa également à l'arrière. Le système coulissant se referma et la navette décolla en direction de l'Armax Arena. Le voyage fut calme, les deux passagers regardant le paysage, le conducteur laissa son esprit vagabonder, essayant de ne pas penser à sa future mission.

Ils arrivèrent devant l'entrée principale de l'arène qui était comme à son habitude bien peuplée par les diverses races de la galaxie. Certains se pavanaient devant leurs amis clamant haut et fort leur score final. D'autres rigolaient de leurs mésaventures et du bon moment qu'ils avaient passaient entre eux. Les lieux étaient toujours d'une propreté impeccable et bien plus grand que dans ses souvenirs. Adrien et lui suivirent sa sœur jusqu'à une borne. C'est elle qui choisit les ennemis à affronter, ainsi que le terrain ou ils allaient devoir combattre.

Pour Vindex, peu lui importait l'ennemi combattu. Il avait passé des centaines d'heures en compagnie de trois de ses meilleurs camarades dans ces arènes. Même si cela devait bien faire deux ans qu'il n'avait remit les pieds en ce lieu, il avait une certaine expérience dans ce jeu. Quelques souvenirs lui revinrent en mémoire, des défis débiles comme ne pas utiliser de pouvoirs tech, ou tenir la même position durant toute la partie etc...

Ravilla les invita à choisir l'équipement qu'ils souhaitaient utiliser lors de la partie. Adrien passa en premier pour choisir son matériel puis ce fut à son tour. Il opta comme à son habitude pour une armure légère Armax et d'un M-99 Sabre équipé d'une lunette de visée.
Le Turien vouait une véritable admiration pour les armes humaines, puissante et fiable, il n'y avait peu voir rien à leur reprocher. Sans oublier un design accrocheur. Les Turiens n'étaient pas connus pour leur amour de la fioriture et du détails, il fallait quelque chose de fonctionnel et c'était tout. Pourtant Vindex adorait les ornements et autres agréments parfois totalement inutile, mais de son point de vue, absolument indispensable... Après tout c'est le détail qui fait la perfection.

Ils entrèrent ensuite dans les vestiaires, enfilant leur armure de combat et chargèrent leurs armes. Treyn arriva en premier devant la porte du box qui leur avait été attribué. Sa sœur arriva peu après,
c'était la première fois qu'il la voyait en tenue de combat. Non pas que cela le dérangeait, c'était juste bizarre. Elle paraissait encore plus impressionnante que d'habitude, plus forte. Un frémissement d'excitation le parcourut pendant quelques secondes. C'était la première fois qu'il allait se battre aux côtés de sa sœur. Certes ce n'était qu'une simulation, et il espérait vraiment partir un jour ou l'autre en mission avec sa jumelle. L'humain arriva, les informant que tout les préparatifs étaient fin prêt. Il appuya sur un bouton et le combat commença.

Les hologrammes des Rugicards firent leur entrée, les premières vagues laissaient apparaître des hordes hétéroclites d'ennemis en majorité des Quariens, Turiens, Humain etc... et quelques Krogans de temps à autre. Plus les vagues passaient, plus l'ennemi s'organisait, usant de tactiques peu orthodoxe digne de mercenaires. Des méchas vinrent en renfort ajoutant de la difficulté au combat, allant du commun LOKI au terrifiant YMIR.

Le trio faisait preuve d'une certaine habilité dans leur organisation, se couvrant mutuellement, parlant peu, chacun étant concentré sur sa tâche : l'élimination des ennemis. Ravilla et lui même se trouvait à distance raisonnable du combat couvrant le soldat de l'alliance qui faisait preuve d'un certain courage et parfois de témérité. Adrien leur rendait la pareille en massacrant les ennemis qui s'approchaient d'un peu trop près des positions d'un des deux Franc-Tireurs. Vindex ne put s'empêcher d'achever quelques fois les cibles de sa sœur laissant échapper des rires amusés. Le cadet prêtait souvent attention au score surtout quand il jouait entre camarades. Cela s'appelait le concours de Qui à la plus grosse.
Cette fois ce n'était pas le résultat final qui l'intéressait mais bien le taux de précision entre lui et sa jumelle. A son plus grand étonnement ou dam, ils terminèrent sur une égalité parfaite.

Après une bonne demie heure de jeu, ils sortirent, se changèrent et se retrouvèrent dans la hall d'Armax.

- Voila qui était stimulant. Vous voulez refaire une partie, ou est-ce que vous avez prévu autre chose ?

Il aurait pu refaire une autre partie ou même manger quelque chose mais le mercenaire se sentait de trop parmi les deux anciens amants. On ne pouvait pas vraiment dire qu'il était pressé de partir pour Tuchanka, il aurait préféré passer encore quelques moments avec la personne à laquelle il tenait le plus dans cette galaxie. Hélas on avait besoin de lui ailleurs.

- Désolé, mais je vais devoir décliner la proposition. J'ai du travail, le natif de Palaven tendit sa main au militaire. Adrien ce fut un plaisir, à une prochaine fois.

Il se tourna vers sa sœur, et se regardèrent de longues secondes, l’inquiétude se lisait dans les yeux des jumeaux. Vindex hésita quelques secondes avant d'enlacer sa sœur, profitant de ces derniers moments avec elle.

- Je reviendrai, je te le promets
, lui murmura t-il. Prend soin de toi grande sœur.

Il se détacha d'elle, se forçant à sourire. Treyn partit sans se retourner, il détestait les adieux et préférait que celui-ci ne s'éternise pas, son avenir était plus qu'incertain.
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MessageSujet: Re: C'est deux Turiens et un Humain dans un bar...   Ven 31 Juil 2015, 22:53

    L'armure n'avait pas un défaut, brillant doucement sous la lumière artificielle des néons. Pas une rayure, pas un éclat ni même un cabossage ne déformait les plaques noires. A l'odeur, elle avait aussi été polie récemment. Même l'intérieur embaumait d'un parfum discret mais agréable, sans zone d'humidité recouvrant les parties matelassées. Pour des plastrons de location, leur entretien était réellement exceptionnel. Leur qualité aussi, ce n'était pas à dénier. C'était après tout la réputation d'Armax Arsenal qui était en jeu; ils présentaient leur produit à travers l'arène. Autant les rendre aussi attrayant que possible.

    La Turienne retira doucement sa capuche, faisant glisser le haut de son pull le long de ses épaules alors qu'elle le dégrafait. Un côté d'elle loua ses préférences vestimentaires. A défaut d'avoir sa combinaison, les vêtements serrés qu'elle portait gêneraient le moins possible ses mouvements.
    Que l'armure ne soit pas usée, songea-t-elle en s'équipant, n'était pas étonnant. Après tout, les combats étaient fictifs. Les adversaires que tous affrontait était de simples hologrammes dépourvus de matière ou de pensées. Sans l'IV qui les contrôlait, augmentant petit à petit la difficulté, ils ne seraient que des images inertes. Même les tirs n'étaient pas vrais. Des capteurs donnaient l'impression de choc et provoquaient de légères surcharges dans les boucliers, les faisant baisser. Lorsqu'une blessure était jugée comme trop handicapante ou même mortel, le joueur recevait un signal l'indiquant qu'il devait rester au sol. Ensuite, des données concernant le "médigel" pouvaient être apportées par un coéquipier, donnant l'illusion de soins et le permettant de ramper ailleurs. Ou il devait attendre la fin de la partie, selon.
    Une copie risible et largement déformée de la réalité.

    Les armes aussi étaient en bon état, voir même très bon. L'entretien, encore une fois, était sans reproches.

    Ravilla aurait dû être ravie. S'entraîner avec un équipement réservé à l'élite était toujours grisant. Dans des décors inconnus, aux côtés de son frère qui plus est... Voilà qui aurait dû l'enchanter. Mais elle ne réussissait pas. Pour une putain de fois, même la douce présence des fusils la laissait presque de marbre. Elle angoissait. Voilà quel était le problème.
    Profitant de la solitude de sa partie de vestiaire, la femme se laissa tomber sur le banc, la tête entre les mains, tentant de calmer sa respiration et le flot de ses inquiétudes. Depuis que son frère lui avait dit qu'il combattrait sur Tuchanka, la même foutue sensation de malaise qu'après l'attaque de Cerberus la hantait. Un mélange d'inconnu, de peur, de réalisme et d'espoir venaient de se jeter violemment sur elle pour mieux la déchirer intérieurement.
    Le temps semblait faire une boucle cruelle et les Esprits de la destinée vouloir jouer le même jeu. Les situations n'étaient pas comparables pourtant. Hécarion aurait dû être en sécurité sur la Citadelle. Il ne l'avait pas été. Et là, Vindex se lançait lui-même dans la gueule du loup pour flirter avec le danger - sous la forme de Krogans enragés. Mais rien à faire; la logique n'avait pas place dans son petit monde de terreur.
    Dans un cas comme dans l'autre, la franc-tireuse ne pourrait rien faire.

    En attendant, il lui restait les illusions.

    Elle finit par se relever, repoussant ses peurs grâce à un déterminisme qu'elle puisait du plus profond de sa volonté.

    Loin de lui, elle ne pouvait rien faire pour aider son frère. Mais tant qu'elle serait à ses côtés, rien ni personne ne lui ferait de mal.
    Pas même un seul de ces foutus hologrammes.



    Les deux hommes étaient déjà prêts lorsqu'Aper pointa le bout de ses mandibules. Adrien était à son aise. Normal après tout; cette séance n'était qu'un entraînement comme un autre pour lui. Vindex paraissait être lui aussi dans son élément. C'était au moins un bon point. Cependant, le regard qu'il eut en la voyant arriver était teinté d'une sorte d'admiration, couplée à un enthousiasme certain. C'était la première fois qu'il la voyait ainsi. La réciproque était vraie aussi. Après tout, les deux n'avaient jamais eu de raison de se mettre en armure devant l'autre. Et ils allaient se battre ensemble. Qu'importe si ce n'était qu'un jeu, une simulation. Ce genre de moment ne pouvait être, de surcroît chez des Turiens, que la marque de leur confiance mutuelle.
    L'aînée adressa un petit signe de tête à son cadet avant de prendre position devant la porte, reprenant des traits durs emprunts de concentration. Pas un seul voxel ou fragment de voxel ne viendrait ne faire que l'effleurer. Elle s'en faisait le serment, à défaut de pouvoir agir autrement.

    Ils entrèrent tous les trois dans la zone de combat. Un paysage enneigé à l'aspect austère se matérialisa, leur donnant l'impression d'être sur un terrain naturel. Quelques rochers pouvaient servir d'abris de fortune et des plateformes en hauteur donnaient l'illusion d'avoir un recoin de montagne duquel tirer dans une sécurité relative. De l'autre côté du terrain, plusieurs portes se matérialisèrent, répartie sur trois points plutôt éloignés les uns des autres. En haut, flottant de façon à ne pas les déranger, le tableau des scores apparus, de même que le logo particulier indiquant qu'ils étaient diffusés. Deux informations qui ne firent ni chaud, ni froid à la Major. Son objectif personnel était trop important pour qu'elle se laisse par de telles trivialités.
    Le décompte habituel eut lieu, lancé par la voix sans émotions de la machine et leurs ennemis apparurent. Le groupe violent de mercenaires, connus comme étant les Rugicards, s'élancèrent. Au début maladroits, presque imbéciles dans leurs tactiques, ils gagnèrent en intelligence et fourberie au fur et à mesure que le temps passait, envoyant d'avantages de soldats, plus féroces et mieux armés, allant même jusqu'à recourir à des mécas ou des unités spécialisées.

    Le trio leur opposait une résistance tout aussi farouche. Sans avoir besoin de discutailler, ils s'organisaient par quelques informations sommaires et prises de positions, chacun se rendait sur la partie de terrain où il était le plus doué. Treyn, naturellement, resta en arrière afin de couvrir un maximum de zone à l'aide de son fusil de précision. Ravilla et Annaz étaient chargé de le protéger, chacun occupant une partie du terrain plus ou moins importante.
    Comme elle en avait fait le serment, la franc-tireuse veilla jalousement sur le mercenaire, éliminant méthodiquement la moindre menace qui pouvait entraîner un risque pour lui, allant jusqu'à s'utiliser comme un leurre par moment. Elle failli se faire mettre hors-jeu à un moment, mais ses réflexes et ceux de ses partenaires lui sauvèrent la mise. De son côté, le Lieutenant failli par deux fois être expulsé. De son côté, le frère de la Major connu une tranquillité relative, protégé qu'il était.
    Comme celles des Rugicards, la technique des militaires se complexifia, les faisant recourir à la diversion, les explosions des mécas et aux tirs croisés. Face au YMIR, boss final proposé par la machine, ils se retrouvèrent tout à tour à servir de cibles alors que l'autre s'attaquait aux points faibles de la machine de guerre. Ils finirent par l'épuiser assez pour qu'il se détruise, signant leur victoire et la fin de la simulation. Une fin qui ne fut pas pour déplaire à la femme. Appréhender le moindre ennemi pouvant blesser son frère, chercher le moindre signe, craindre de l'entendre crier en cas de décharge ou qu'il les avertisse que son bouclier avait été abaissé avait été une grande partie de l'occupation de son esprit durant la partie. Et même s'il allait bien, le doute persistait.

    Le jeu venait de finir, mais la réalité continuait implacablement.



    Ils se changèrent, plus rapidement qu'à leur venue, se retrouvant dans le hall au milieu de la foule toujours aussi dense. Sur les écrans, une partie était consacrée à de nouveaux matchs tandis que l'autre passait des rediffusions pour quelques minutes encore. Les comptoirs de vente connaissaient leurs petits succès alors que ceux des choix était plus sollicités qu'à leur arrivée.

    - Voilà qui était stimulant. Vous voulez refaire une partie, ou est-ce que vous avez prévu autre chose ?

    La Turienne claqua doucement des mandibules, hésitante alors qu'elle regardait le mercenaire. Tout dépendait de lui à vrai dire. Il avait sa mission qui arriverait bientôt d'après lui. D'ici vraiment peu de temps même. Plus il accepterait de rester avec eux, moins vite il partirait. Ce qui n'aurait pas été pour déplaire à sa sœur.

    - Désolé, mais je vais devoir décliner la proposition. J'ai du travail, lâcha-t-il, implacable, alors qu'il tendait sa main pour saluer le Lieutenant.

    Derrière lui, la Major fit de son mieux pour ne pas afficher l'inquiétude qui l'habitait. Il partait. C'était officiel. L'angoisse allait reprendre doucement mais sûrement sa place jusqu'à ce qu'elle obtienne des nouvelles de son état.
    Après avoir fait ses adieux à l'humain, le Turien finit par se tourner vers elle, hésitant quelques secondes. Puis, il la prit dans ses bras. Elle lui répondit automatiquement, le serrant avec toute la fermeté qu'elle avait, se nourrissant presque de leur étreinte. L'aînée voulait garder en tête ce moment. Son frère, vivant, l'enserrant, lui parlant... Pas un fantôme mais bien un être de chair et d'os.

    - Je reviendrai, je te le promets. Prend soin de toi grande sœur.

    - Je vous le jure Vindex, dit-elle d'une voix un peu étouffée. Ne trahissez pas votre promesse et revenez moi...

    Il finit par la lâcher, un sourire forcé et faux collé au visage. Elle lui rendit la même grimace. L'un et l'autre avait le cœur lourd, ça se voyait. Et puis, faisant semblant que tout allait bien, il s'en alla, laissant les deux anciens amants entre eux. Les yeux ambrés ne quittèrent pas le cadet jusqu'à ce qu'il passe les portes, disparaissant de son champ de vision. Elle resta ainsi sans bouger encore un peu, ses bras enserrant sa taille comme si elle cherchait à se rassurer, le regard dans le vague.

    - Venez.

    Elle s'avança aussi, laissant l'humain le rejoindre, quittant à son tour le bâtiment. A l'extérieur, aucunes traces du tireur d'élite. Sa voiture était garée un peu plus loin. Elle ne le verrait pas partir. Il n'aurait pas aimé la voir l'observer avec l'air mouillé d'un chien abandonné. Elle non plus n'aurait pas apprécié qu'il la voit ainsi. Aussi fragile et apeurée.

    Il y avait des taxis non loin, dont plusieurs vides. Parfait. Sans attendre, Ravilla grimpa dans le premier disponible qui s'offrait à elle, se calant confortablement dans le siège alors qu'elle tapotait doucement des doigts sur le siège. Adrien ne mit pas longtemps avant de la rejoindre, s'installant à son tour après avoir fermé la porte.
    La Major le regarda un instant avant de se glisser jusqu'à lui, caressant doucement la joue de l'homme, puis se rapprocha un peu plus afin de pouvoir poser son front contre le sien. Elle avait besoin de penser à autre chose, quitte à se laisser aller un peu. Elle saurait se retenir, étouffer ses sentiments. Que ce soit la peur ou l'affection. Ne jamais dépasser ses propres limites...

    Il lui fallait juste pouvoir penser à autre chose et tout irait bien...

    - Je ne resterais qu'une partie de la nuit mais... j'aimerais la passer avec vous.

    Son visage se rapprocha du sien, esquissant un timide baiser dans l'attente de la réponse de l'intéressé.








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MessageSujet: Re: C'est deux Turiens et un Humain dans un bar...   Dim 02 Aoû 2015, 23:34


A la non-surprise d’Adrien, sa proposition fut refusée par Vindex. En revanche, la vraie surprise résidait dans le fait que ce même Turien se dérobait au reste de la journée, sous le prétexte du travail. Après tout, il avait prévu de passer la journée avec sa sœur, non ? Pourtant, il laissait Ravilla et Adrien ensemble, serrant la main de l’Humain avant de se tourner vers la femme. Ils semblaient hésitants, ne voulant apparemment pas se dire au revoir. Au final, le frère finit par enlacer la sœur avant de lui dire quelques mots, puis les laisser là.

Adrien et Ravilla se retrouvèrent seuls dans l’arène, le premier sans trop savoir que faire. Il n’avait pas prévu en début de journée de se retrouver avec la femme qu’il avait aimée treize années plus tôt, et qui l’avait laissé sans désir de le revoir. Et même aujourd’hui, elle ne semblait pas manifester un plaisir fou à le revoir. Les échanges qu’ils avaient eux depuis qu’ils s’étaient retrouvés étaient, au mieux, froids. Au pire, explosifs, comme dans le bar quelques heures plus tôt. Du coup, Adrien ne savait pas si c’était une bonne chose qu’ils soient réunis au même endroit sans personne pour les modérer. D’autant que la Turienne ne semblait pas réellement présente, mentalement parlant. Elle s’inquiétait pour son frère, son regard ne quittant pas la sortie de l’Armax. Ça, plus la position de ses bras, entourant elle-même, comme pour se protéger.

Elle finit cependant par se reprendre, mettant fin à un instant gênant pour Adrien. A sa demande, il la suivit, quittant l’arène à ses côtés. Il chercha un instant des yeux le véhicule du Turien, mais celui-ci semblait déjà être loin. Ignorant ce que souhaitait faire Ravilla, il fut surpris de la voir se diriger vers la station de taxi. Plusieurs d’entre eux étaient vides, sans doute à cause de l’heure peu avancée de la journée. Elle se hissa à l’intérieur, et après un instant d’hésitation, il monta aussi à bord, sur le siège opposé à celui de la Turienne. Puis il attendit, ne sachant pas ce qui allait lui tomber dessus.

Il capta le regard de Ravilla, qui se rapprocha de lui dans la foulée. Une main sur la joue d’Adrien, le front se collant au sien, toujours plus proche. Voila bien une attitude à laquelle il ne s’attendait pas, l’affection. Elle lui avait fait comprendre qu’elle n’était pas contre une relation… Sans amour, littéralement. Juste se voir quelques nuits, de temps en temps. Mais il ne s’attendait pas à ce que ce soit le soir même. Il devait y avoir des raisons derrière ce brusque changement d’attitude, entre le ton froid d’avant le match à l’arène et maintenant. Et Adrien doutait qu’elle soit retombée sous son charme en le voyant combattre. Pourtant, il ne réfléchissait pas aux motivations de la Turienne, profitant du moment.

- Je ne resterais qu'une partie de la nuit mais... j'aimerais la passer avec vous.

Adrien était un Lieutenant, habitué à analyser ce qu’il voyait, les informations qu’il entendait et à donner des ordres sans hésitation. Bref, il était habitué à comprendre les événements, chercher à les comprendre puis à agir. Pourtant, il n’essaya même pas. A ce moment, il était redevenu un simple homme qui retrouvait la femme qu’il avait aimé, et même s’il ne se l’était pas avoué, qui lui avait manqué. Treize ans s’étaient écoulés depuis leur dernière rencontre, mais il se rendait compte qu’il l’aimait toujours autant. Bien sûr, il lui avait dit au cours de la journée, parce que c’était la vérité : il l’avait aimé, et aurait été prêt à subir bien des nuits de cauchemars pour elle à l’époque. Mais c’était à l’époque, et même s’il ressentait toujours de l’amour en la voyant, il mettait ça sur le compte de son esprit d’il y avait treize ans. A cet instant, il se rendit compte que son esprit passé et actuels étaient d’accord sur un point : il aimait toujours Ravilla Aper.

Il savait qu’elle attendait une réponse, qu’il lui donna en l’embrassant, le front toujours collé. Difficile de faire plus expressif que ça. Il se sépara de Ravilla le temps de programmer la destination du taxi, à savoir le nouvel appartement d’Adrien. Il retourna ensuite aux côtés de la Turienne, se collant à elle à nouveau. Il ne vit pas le trajet se faire, occupé qu’il était dans les bras d’Aper. De son côté, elle était beaucoup plus douce qu’auparavant, n’hésitant pas à prendre l’initiative d’un baiser ou autre. Elle ressemblait beaucoup plus à la jeune femme qu’il avait rencontrée qu’à celle qu’il avait retrouvée. Leurs jeux continuèrent jusqu’à l’appartement devant lequel le taxi les déposèrent. Ils se séparèrent le temps de descendre du véhicule, avant qu’Adrien ne reprenne la main de la Turienne, la guidant jusqu’à la porte de son appartement dans lequel ils entrèrent, le propriétaire ne prenant que le temps de verrouiller avant de retrouver sa chère et tendre.

Ils ne firent pas le tour de l’habitation, ni l’un ni l’autre ne s’inquiétant de ça. Les deux amants se retrouvaient après plus d’une décennie de séparation, et la discussion était le cadet des soucis d’Adrien. Tout du moins, pour le moment. Il avait bien l’intention de reconquérir le cœur de la Turienne, même si celle-ci était réticente. Mais cela ne se ferait pas en quelques jours, et il profitait de l’instant présent, et de ce qu’acceptait de lui donner Ravilla.



[RP TERMINÉ]


Pourquoi est-ce qu'à chaque fois que quelqu'un dit "avec tout le respect que je vous dois", j'entends "ta gueule" ?


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C'est deux Turiens et un Humain dans un bar...

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