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 La guerre ne change jamais

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MessageSujet: La guerre ne change jamais   Lun 16 Fév 2015, 21:13
Intervention MJ : NonDate : 2187 RP Tout public
Adrien AnnazRavilla AperLéonardus Seneca
La guerre ne change jamais



La guerre ne change jamais

La Citadelle était dans un triste état. Quelques jours après l’assaut sanglant de Cerberus sur la station, celle-ci pansait encore ses plaies. Des traces d’explosions couvraient toujours les murs, des impacts de balle serpentaient le long de certains couloirs, et si les corps et les tâches de sang avaient étés nettoyés, l’odeur de la mort hantait encore les lieux.

Si l’esthétique de la Citadelle faisait peur à voir, ce n’était rien à côté de l’état de l’administration. De nombreuses personnes indispensable au bon fonctionnement de la Citadelle étaient mortes pendant l’assaut, propulsant des personnes sous-qualifiés à des postes qu’ils ne connaissaient pas. Il n’était pas rare de recevoir deux ordres contradictoires, ou aucun ordre. Cerberus avait aussi fait en sorte que les services importants tournent au ralenti. Les conséquences se faisaient ressentir chaque jour, aussi bien au Présidium que dans les camps de réfugiés.

En résumé, la Galaxie avait subit un rude coup. Son point névralgique allait tourner au ralenti pendant un certain temps, pendant que la guerre faisait rage ailleurs. Pourtant, de manière paradoxale, cette attaque fit prendre conscience à la population civile que la guerre était partout. De nombreux volontaires affluaient afin d’aider les autorités, et une milice était en cours de formation. Ces soutiens étaient encore hésitants, parfois maladroit, mais assistaient les forces conciliennes dans leurs efforts de stabilisation et de régulation des réfugiés.

Un autre point important remontait le moral de tous : les Turiens se faisaient de plus en plus nombreux à louer les efforts Krogans. Partout, des vétérans Turiens, un alcool plus ou moins fort à la main et dans le sang, racontaient leurs faits de guerre. Des Moissonneurs en surnombre, des amis qui meurent par dizaine, le désespoir… Puis l’arrivée providentielle des Krogans, qui éliminaient méthodiquement chaque adversaire. Des actes héroïques d’ennemis ancestraux mourant pour sauver la vie d’un inconnu. Ces histoires de soldat avaient tendance à remonter à bloc le moral de tout ceux qui l’entendaient : comment perdre une guerre quand les deux armées les plus puissantes et disciplinées de la Galaxie coopéraient ? A cela s’ajoutait une interview du légendaire Shepard qui était en train de devenir la vidéo la plus vue de la Galaxie. Il ne s’agissait que de blabla militaire, pointant du doigt les erreurs de Cerberus ou louant le courage des soldats qui mouraient chaque jour, mais ces simples mots rendaient une ardeur nouvelle aux auditeurs.



Au milieu de cette activité Galactique, Annaz n’avait qu’une envie : étrangler cette stupide méduse. Le Hanari devant lui n’avait qu’une idée en tête, accéder à une partie des Secteurs qui était fermé. La zone n’avait pas encore été sécurisée après le passage de Cerberus, et n’allait pas être vérifiée avant encore un moment. Pourtant, l’alien insistait pour passer par là, afin de se réduire du temps de trajet.

Adrien avait été envoyé dans les secteurs afin d’y renforcer la sécurité, et de s’occuper de ce genre d’individus. Malheureusement, il n’avait plus du tout la patience de rester calme face à ça. Il bouillait encore intérieurement des combats contre Cerberus, ne tenait plus en place, et considérait qu’il avait tout à fait autre chose à faire qu’à discuter avec un Hanari têtu. Cependant, alors qu’Adrien allait exploser pour de bon, l’alien sembla se décider à lâcher l’affaire avant de tourner les talons. Lâchant un soupir fort peu discret, Annaz essaya de se détendre. Il savait que tous étaient à bout de nerfs, mais il n’arrivait pas à décompresser. Cela faisait plusieurs mois qu’il était coincé sur la Citadelle, à éviter les combats sur ordre direct de l’amiral Hackett. Toute la sixième flotte devait rester en retrait afin d’éviter les combats, avant une possible contre-attaque. Les seuls combats qu’il avait vu dataient de quelques jours, et avaient emportés une bonne partie de ses amis. Il n’était bien sûr pas le seul à avoir perdu des proches, mais rajouté à la frustration du manque d’action, Adrien ne se contenait plus.

Il avait d’ailleurs demandé quelques jours plus tôt à changer d’affectation. Sa requête n’avait pas abouti, mais peu de temps après, il reçu quelques jours de permissions. Permission qui commençait d’ailleurs à la fin de son service. Il avait prévu de descendre dans un bar de la Citadelle, n’importe lequel, et de trouver des compagnons de beuverie. Il avait besoin d’alcool, de conversation, et d’oublier la guerre. Mais il n’y était pas encore, et cru qu’il allait définitivement péter un câble quand il vit un Elcor avancer lourdement en direction des barrières sur lesquelles était marqué « zone dangereuse - passage interdit». Inspirant un grand coup, il parti en direction de l’alien pour lui couper la route et lui expliquer le sens du mot « interdit ».



En début de soirée, la relève arriva enfin, et Annaz fut libéré de son poste. Une dizaine de personnes avaient encore essayés de passer, parmi lesquelles un couple de Turien des plus agaçants et un Volus qui avait essayé de verser un pot de vin à Adrien. La journée avait été ce qui se rapprochait le plus d’un cauchemar. Mais il était enfin en permission, et comptait bien en profiter. Il retourna dans sa « caserne » de fortune, se changea, pris un Predator avec lui au cas où, puis retourna dans les secteurs. Il avait aperçu un bar fréquenté par des militaires et raisonnablement calme pendant ses diverses affectations, et avait décidé de s’y rendre.

Le bar Venerae était un endroit assez calme par rapport aux autres bars de la station. Il ne subissait pas la foule du Purgatory, le bar le plus fréquenté de la Citadelle, et était bien moins malfamé que l’Antre de Choras. C’était un bar parmi d’autres, qui n’avait pas de clientèle précise. Il était cependant assez grand pour qu’une certaine ambiance s’installe, comme c’était le cas aujourd’hui. Une piste de dance était vaguement remplie dans un coin de la salle, et plusieurs couples hétéroclites se déhanchaient. Un Turien et une Asari, deux Humains ensemble, une dizaine d’autre couples… Une vingtaine de table étaient occupés au milieu de la pièce, et autant étaient disponibles. Les deux bars étaient pris d’assaut, et seuls quelques tabourets étaient encore libres. Les serveurs étaient un peu débordés par le nombre de demande, mais arrivaient encore à satisfaire les consommateurs.

Adrien s’installa sur l’un des tabourets de libre, à côté d’un Turien pensif et d’une Turienne effacée. Le Turien tourna la tête vers lui et lui adressa un hochement de tête auquel il répondit, mais la Turienne ne bougea pas. Adrien n’en fit pas grand cas, et demande un Temple de Thessia au barman. Celui-ci mis quelques minutes à lui apporter, mais il finit par déposer le cocktail et la note, avant de repartir. Du moins, il essaya, avant de se faire attrapé au vol par la Turienne à côté d’Adrien. Elle demanda un nouveau verre au barman, qui refusa net. Pas très commercial. Cependant, Annaz comprit rapidement la raison de ce refus, la Turienne semblait ne pas en être à son premier verre. Celle-ci semblait ne pas se rendre compte de son état, et agressa verbalement le serveur, qui se mit à reculer sous l’assaut. Adrien décida de voler à son service, posa une main sur l’épaule de la Turienne et essaya de la calmer.

« Servez lui ce qu’elle demande, ça vous évitera des problèmes. » dit-il à l’adresse du serveur. Se tournant vers la Turienne, il découvrit que celle-ci avait pleurée, et qu’elle n’avait apparemment pas noyée son chagrin.« Un souci ? Vous ne seriez pas la seule. Vous voulez en parler ? Adrien Annaz, sergent dans l’armée de l’Alliance. »

A peine avait-il terminé sa phrase qu’un groupe d’une vingtaine d’Humains pénétra dans le bar, et arrangea la configuration des lieux pour pouvoir s’installer et discuter entre eux. Ce n’était pas inhabituelle de voir des tables déplacées, mais le nombre de nouveaux arrivant ne laissaient plus qu’une petite poignée de table de disponible. Le serveur qui avait pris la commande de la Turienne blêmit en voyant la foule arriver d’un coup, et encore plus quand la commande arriva. Le pauvre allait avoir du travail ce soir.



Pourquoi est-ce qu'à chaque fois que quelqu'un dit "avec tout le respect que je vous dois", j'entends "ta gueule" ?


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MessageSujet: Re: La guerre ne change jamais   Mer 18 Fév 2015, 16:37

    Vaisseau militaire turien "Karvy" - Jour de l'attaque


    La salle d'entraînement était peu remplie. Une dizaine de soldats tout au plus s'entraînaient. Un duo jouait des poings, affinant leurs techniques défensives et se calmant quelques peu les nerfs. Le silence était brisé par les informations, diffusées via l’Extranet, qui passaient. C’était une motivation supplémentaire pour certains, de se rappeler qu’ailleurs, d’autres soldats se battaient. Pour d’autres, il s’agissait d’apprendre des petits riens destinés à leur remonter le moral. Comme des interviews de Shepard, ou bien de hauts-gradés qui annonçaient l’arrivée de nouvelles troupes, de nouveaux vaisseaux, leurs victoires, etc, etc… Chacun prenait ce qu’ils pouvaient pour aller mieux.
    Aper était pour sa part dans un coin, monopolisant un des tapis de la salle. Poings sur le sol et jambes écartés, elle comptait silencieusement le nombre de pompes qu'elle avait réalisé depuis le début. Huitième série sur dix, vingt exercices à chaque fois, dix secondes de pause entre. Ça lui faisait du bien. C'était un peu comme un exécutoire. Sentir les muscles travailler sous la peau, lutter contre la fatigue et pousser ses limites lui donnait l'impression qu'elle maîtrisait encore quelque chose dans cette foutue guerre. C'était sans doute ce que devait ressentir tous ceux qui étaient présents. Une tension ténue mais bien présente emplissait l'endroit. S'il fallait le dire grossièrement, tous étaient à bout. A cause de la mission qui s'était déroulée la veille. Envoyés sur Digeris, ils avaient été chargés de tenir une position afin de permettre l'évacuation de scientifiques turiens. Presque toutes les espèces de la galaxie envoyaient leurs chercheurs. Des rumeurs avaient fini par se propager. Pour certains, ils préparaient une super arme dans le plus grand secrets. D'autres avançaient que, comme les Prothéens l'avaient fait avant, ils créaient et aller envoyer des balises un peu partout afin d'avertir les futures générations. Il y avait aussi ceux qui parlaient de bases secrètes afin de faire survivre une élite; de créations de virus informatiques dans l'espoir d'altérer partiellement les Moissonneurs; de supers soldats... Rien n’était clair. Et ils n'avaient pas à savoir.
    Ils s'étaient donc retrouvés au sol à protéger le laboratoire pendant que les cibles grimpaient dans les navettes. Le mouvement n'avait pas échappé aux ennemis. Rapidement, des hordes de zombies, cannibales et brutes s'étaient avancés, bien décidé à les abattre. C'était presque arrivé. Sous le feu nourri, ils avaient perdu plusieurs hommes. Une des navettes avait été abattue en plein vol par un tir de Moissonneur. La mission aurait bien pu échouer, si des Krogans n'avaient pas attaqués par le flanc, créant une percée qui avait permis de finir l'évacuation et d'anéantir les assaillants avant l'arrivée de renforts. Si tout c'était bien terminé, le bilan restait lourd. Naefrus, Zirtha, Elum, Yleth.... Ce n'était que quelques noms parmi tous les morts, mais des noms qui, pour la 67ième division, étaient importants. Chaque équipe avait perdus des leurs, mais le deuil était plus dur à porter lorsqu'il s'agissait de camarades qu'on avait côtoyés chaque jour depuis plusieurs années.
    La franc-tireuse grogna, les muscles tremblant sous la fatigue, se forçant pour une nouvelle série. Onze sur dix. Ainsi, elle ne pensait pas aux lits désormais vides dans le dortoir, ni aux morts qui s'accumulaient. Ou aux disparus. La seule lueur d'espoir qui lui restait était de savoir qu'au milieu de ce génocide de masse, Hecarion était en sécurité. L'attaque de Saren et le manque d'agents au sein du SSC lui avait permis de rejoindre la police avant l'arrivée des Moissonneurs. Et pour l'instant, la Citadelle ne les intéressait pas. C'était maigre, mais c'était déjà ça.

    La turienne se laissa tomber sur le sol avant de rouler sur le dos, commençant une série d'abdominaux. Leurs parents étaient portés disparus depuis maintenant plusieurs semaines. Injoignables depuis l'attaque sur Palaven. La capitale avait été la première visée. Là où ils résidaient, évidemment. Hecarion et elle avaient refusé de penser au pire tant qu'il n'y avait pas de preuves. Le monde était déjà assez dur comme ça, il ne fallait pas s'angoisser pour rien. Mais plus le temps passait, plus elle avait du mal à rester positive. L'hécatombe continuait et les Moissonneurs ne semblaient pas faire grand cas de leur opposition. Les victoires que la Hiérarchie remportait restaient maigres et souvent contrebalancées par de nouvelles défaites. Difficile de rester enjoués en de pareils temps.

    - Flash spécial: La Citadelle vient d'être attaquée par l'organisation terroriste de Cerberus.

    Les occupants de la salle se figèrent sur place, interrompant leur activité pour regarder l'écran, ébahis. La présentatrice continuait de débiter d'un air peu affecté les nouvelles. La Citadelle avait toujours été présentée comme un bastion, une sorte de sanctuaire. Ses occupants n'étaient pas vraiment touchés par la guerre et, aux dires de son frère, ils ne s'en apercevaient pas. Sur les champs de bataille, on mourrait. Là-bas, on vivait comme si de rien était. Et voilà qu'ils venaient de se prendre une attaque de plein fouet? L'Extranet parlait de plusieurs centaines voire milliers de morts, dont un grand nombre faisaient partie du SSC. Le coeur de Ravilla manqua un battement. On se foutait d'eux, hein? La Citadelle n'avait pas pu être attaquée! C'était tout bonnement impossible! Et par Cerberus en plus? Ces foutus xénophobes auraient soudainement décidé de venir décimer des civils et membres des forces de l'ordre pour un coup d'état? En pleine guerre? Le Conseiller Humain, Udina, était mort, mais les autres membres du Conseil étaient en vie. Ils restaient vagues, n'entrant pas dans les détails. Mais le plus important était dit. Le cœur de la galaxie, celui qu'on nommait Citadelle et qui avait de quoi l'être, dans tous les sens du terme, venait d'être touché. Et des gens avaient été tués.

    La journaliste expliqua que les communications étaient réservées pour les urgences et qu'il ne fallait pas tenter de contacter de quelconques proches, afin de laisser les secours faire leur travail. Comme pour toutes situations d'urgence. Puis, elle passa à d'autres nouvelles qui n'intéressèrent pas vraiment les turiens. La plupart étaient encore en train de digérer ce qu'ils venaient d'apprendre. Beaucoup connaissaient au moins un ami qui résidait sur la Citadelle. Il y en avait d'autres qui, comme Aper, avait un membre de leur famille là-bas.
    Une vague d'inquiétude envahit la pièce. Plusieurs soldats échangèrent un regard qui voulait tout dire. Il fallait qu'ils restent concentrés, mais l'angoisse prenait certain à la gorge. La franc-tireuse ne pouvait pas les critiquer; elle aussi se trouvait dans le même état. Quelques personnes sortirent leur omnitech, écrivant un message ou un mail malgré les conseils. C'était moins prenant qu'un appel direct.

    La femelle était toujours assise à fixer l'écran sans le voir lorsqu'elle sentit qu'on s'asseyait à côté d'elle. Naerys, une amie de toujours, venait de prendre place. Elle ne dit rien dans un premier temps, semblant hésitante. Elle savait très bien à quel point la sniper adorait son frère et sa famille. Si elle avait fait en sorte de ne pas le montrer, la turienne restait jeune. Penser qu'ils n'étaient plus là était un coup dur. En avoir la confirmation... Voilà qui serait plus rude d'avantage. Elle-même connaissait une Asari sur la Citadelle, répondant au doux nom de Par'tys. Seul le fait qu'elle ait deux ans de plus et qu'elle avait déjà perdue sa mère la rendait plus posée. Ainsi, les deux turiennes étaient unies dans la peur. La plus âgée posa sa main sur l'épaule de la plus jeune, souriant doucement. C'était une moue de façade, et ni l'une ni l'autre n'était dupes. Mais voir un visage amical était toujours une bonne chose dans ce genre de situation. Encore que, pour cela, il aurait fallu que Ravilla ne daigne tourner son regard, lequel était toujours agrippé par l'Extranet. Mais ses mandibules avaient claquées légèrement quand elle l'avait touché, aussi Naerys se doutait qu'on l'écoutait.

    - Hey, Ravi... Ça va?

    Un faible hochement de tête lui répondit. L'intéressée gardait un visage de marbre, mais le frémissement qui agitait ses mâchoires la trahissait. Doucement, sa comparse raffermit un peu sa poigne. On ne faisait pas de câlins dans l'armée turienne. Mais ça n'empêchait pas de réconforter ceux qui en avaient besoin par une présence. Il lui sembla que les muscles contractés se détendaient quelque peu.

    - Ouais..., lui répondit Ravilla d’une voix nouée. Ça va... Et toi?

    - Ouais.

    C'était faux. Les deux femelles le savaient. Mais ni l'une ni l'autre ne voyait l'intérêt de le souligner. La plus jeune finit par se relever, aidée de son amie. Elle lui donna une tape sur le dos, essayant de se donner l'air de celle qui n'est pas soucieuse sans vraiment bien y arriver. Aucune des deux n'était bonne à ça aujourd'hui.

    - Entraînement au combat à mains nues? Je crois que j'ai besoin de me défouler.

    - Ouais. Même chose.

    Ça ne valait pas le tir. Naerys savait pertinemment que la franc-tireuse adorait ça. Elle, c'était plutôt une adepte du corps à corps, justement. Le genre de soldat en première ligne, avec un fusil à pompe et un d'assaut. Le genre première ligne. Quoiqu'il en soit, même si elle savait que son amie préférait les stands de tir, le combat à main nue leur permettait de passer leur frustration de rester coincées ici. Chacune prit position, l'une adoptant une garde basse tandis que la seconde préférait celle plus classique dite "mixte". Les techniques étaient maîtrisées et rien n’était fait pour se faire mal. Il ne s'agissait pas d'un vrai combat, juste d'un entraînement, mais les frappes restaient sèches et rapides, plus qu'à l'habitude.
    Leur équipe avait une permission dans quelques jours. Tous ou presque compteraient jusqu'aux minutes qui les séparaient de leur arriver sur la Citadelle. Cela semblait être le seul moyen de savoir ce qui c'était passé, et ce qui était arrivé aux leurs. En attendant, ils ne pouvaient que se préparer à leur future mission. Et se foutre joyeusement dessus sous arbitrage.


    La Citadelle - Quelques jours après l'attaque




    Le Quai 57 était aussi noir de monde que bruyant. La plupart des individus présents était des réfugiés qui occupaient comme ils pouvaient le minuscule espace qui leur avait été alloué. Il y avait des représentants de chaque espèce; certains discutaient entre eux, racontant leurs péripéties et leur malheur à des interlocuteurs plus ou moins réceptifs. D'autres s'entassaient devant les comptoirs, suppliant qu'on les laisse entrer ou qu'on leur donne des vivres qu'ils ne possédaient pas. Si les employés se montraient compatissants aux doléances, ils étaient hélas les poings liés. Quand bien même ils désiraient réellement les aider, expliquaient-ils patiemment pour la cent-cinquantième fois, ils ne pouvaient rien faire; seuls les Spectres et autres gradés pouvaient prendre de telles décisions sans en référer à un supérieur, conseil ou autre. Ils n'étaient pas rare qu'on s'énerve parfois, mais la misère dans lequel ils étaient tous les avaient rendus solidaires; ceux qui étaient là depuis le plus longtemps calmaient ceux qui étaient en rage, les réconfortaient même lorsqu'ils finissaient par éclater en sanglots, puis ils s'excusaient pour eux auprès des agents administratifs. Et ainsi de suite.
    C'est au milieu de cette marée vivante qu'Aper, Naerys, Baetor, Eryn, Spion et d'autres débarquèrent en armure. On s'écarta de leurs chemins, leur jetant parfois des regards compatissants. Pour quelques-uns, les soldats n'étaient rien de plus que des morts qui marchaient. Ils avaient de quoi le penser. Les pertes journalières, tant civiles que militaires, restaient lourdes. Rien ne disait qu le guerrier qu'on avait croisé la veille serait encore vivant le lendemain. Si les demandeurs d'asiles vivaient dans des conditions plutôt misérables, au moins étaient-ils sûrs de rester en vie. Encore que, depuis l'attaque, cette certitude n'en était même plus une. Disons que les risques restaient moindres pour eux.
    Si en temps normal, cela aurait pu amuser ou agacer les membres du groupe, il n'en était rien aujourd'hui. L'un des flics en charge de la sécurité leur fit signe de passer les scanners afin de vérifier leur identité et l'absence d'armes. Si l'armure était autorisée, les armes restaient interdites pour la plupart des passants. Parfois, on pouvait autoriser que certains gardent une arme de poing, et encore. Il fallait que son porteur soit blanc comme neige. Par mesure de sécurité, les équipiers avaient préférés laisser les leurs dans le vaisseau. De toute façon, ils n'avaient pas à coeur d'être retardés.

    - Bonjour. Identité je vous prie.

    Ils donnèrent chacun leur nom. Le policier tiqua un instant, relevant soudainement la tête pour regarder la franc-tireuse

    - Attendez, vous êtes...

    Le coeur d'Aper s'accéléra, attendant la suite. Il savait quelque chose sur Hecarion?

    - Spion Sulz? Le frère de Vaer Sulz?

    La turienne jeta un regard derrière elle. Spion se tenait effectivement un peu en retrait. Il hocha la tête, le visage grave. Elle y avait crut. Sincèrement, elle s'était laissé prendre, un peu trop omnibulé par le devenir de son frère. Pendant un instant, elle avait failli en devenir égoïste. Failli seulement. Le garde continua, n'ayant pas remarqué le faux-espoir qu'il venait de causer.

    - Vous savez quelque chose?

    - Il m'a souvent parlé de vous. J'étais avec lui lors de l'attaque. Il a reçu un sale coup mais je crois qu'il va bien. Vous en saurez plus en vous rendant au poste du SSC. Prenez l’ascenseur. Quatrième étage; au bout à gauche.

    Il leur fit signe de passer, ayant fini les vérifications. Pas un mot sur les Aper. En même temps, c'était normal. Les agents étaient nombreux, et on ne pouvait pas décemment espérer que chacun se connaisse. D'autant plus qu'Hecarion n'avait pas été gradé. Pas encore tout du moins. On pouvait se souvenir d'avantage du Lieutenant d'une section différente que d'un soldat.
    Le petit groupe entra dans l'élévateur, sans mot dire. Chacun était tendu, nerveux. Ça se sentait. Ils n'avaient pas envie de parler. Ils anticipaient, chacun à sa manière, le moment où ils sauraient. On essaya tout de même de détendre l'atmosphère, lançant des banalités, voir des blagues pour les plus motivés d'entre eux. Mais personne n'accrochait vraiment. Il n'y avait que Spion qui était un peu moins crispé. Encore que, il ne prenait pas pour argent comptant ce qu'on venait de lui dire. Pas un mot ne sortait de ses mâchoires. Il ne voulait pas paraître rassuré alors que ses équipiers étaient encore dans le doute.
    Le voyage parut long. Plus long encore que les jours qu'ils avaient passés en mission. Plus on se rapprochait de l'objectif, moins le temps semblait passer, disait l'adage. Il ne pouvait être plus cruellement vrai qu'en ce moment. Lorsqu’enfin les portes s'ouvrirent, la hâte et la frustration mélangées vinrent les frapper. Car si les quais étaient emplis de monde, il n'en était pas moins vrai pour les bureaux. Encore que, c'était sans doute moins rempli que les premiers jours. Mais malgré les deux comptoirs, chacun étant occupés par deux membres du personnel, il y avait au moins une dizaine de personnes qui faisaient le pied de grue devant. Certains semblaient venir tous les jours, toujours sans nouvelles, tandis que d'autres venaient pour la première fois. Les turiens se retinrent de grimacer. Ils allaient devoir attendre. Et plus les minutes passaient, moins ils en avaient la patience. Ils prirent place derrière un Elcor. Ce n'était pas de toute façon comme s'ils avaient le choix. Leur permission allait durer de toute façon quelques jours. Une heure de leur temps ne serait pas grand-chose, n'est-ce pas? Derrière eux, un employé informa que le poste de droite concernait les civils, le gauche étant pour les membres du SSC. Spion, Aper, Baetor et deux autres des leurs rejoignirent celui qui les intéressait tandis que Naerys, Eryn et le reste ne bougèrent pas. Et l'attente commença. Une attente aussi prenante que l'angoisse.

    Au final, pour chacun des groupes, il fallut attendre environ une demi-heure. Lorsque vinrent leur tour, Aper laissa ses camarades se renseigner en premier. D'un côté, elle avait peur. De l'autre, elle voulait savoir. Mais la réponse l'effrayait autant qu'elle la désirait. Ses compagnons étaient plus sûrs d'eux. Il valait mieux qu'ils sachent en premier. Au final, le frère de Spion était bel et bien vivant, quoique en convalescence. La mère de Baetos se portait comme un charme physiquement, mais l'attaque et la perte de ses hommes lui avait pesé. Les deux autres apprirent le décès de leur sœur et frère. Vint ensuite la question que Ravilla redoutait. Elle s'approcha du comptoir, ne pouvant empêcher ses mains de trembler. Son coeur, lui semblait-il, allait exploser dans sa poitrine.

    - Ravilla Aper... Je cherche mon frère. Hecarion Aper. Affecté au Présidium, si je ne me trompe pas, dit-elle doucement.

    Les mots lui avaient brûlés la gorge comme de l'acier chauffé à blanc. Une partie d'elle était désormais soulagée de poser la question de vive voix. L'autre ne voulait pas savoir ce qui allait se dire.
    Son interlocuteur était un responsable. Lieutenant, habitué au bureau. Depuis quelques jours, habitués à annoncer la mort ou la vie. Il consulta son registre, puis prit un air grave. Il fit de son mieux pour ignorer le regard suppliant en face de lui. Elle avait compris et refusait qu'il n'en dise plus. Mais c'était son boulot. Comme pour les deux autres avant elle, il se leva afin de lui parler en face. Sans compter que c'était moins pédant. Il posa ses mains sur le meuble. Les yeux de la femelle se firent plus suppliants. Qu'il ne le dise pas. Qu'il la laisse douter, croire, espérer. Mais surtout qu'il ne prononce pas ces mots honnis.
    Il n'avait pas le choix. Il prit la parole avec le ton de l'homme qui a déjà prononcé cette phrase milles fois, et qui continuerait à le prononcer jusqu'à la fin de la guerre. Toujours avec ce visage dur, entre compassion et fatalisme.

    - Madame. J'ai le regret de vous annoncer que votre frère a été tué lors de l'attaque de la Citadelle par Cerberus. Par ses actes, il a réussi à sauver une dizaine de civils avant d'être abattus. Cette perte est regrettable pour tous.
    Au nom du Service de Sécurité de la Citadelle, je vous présente toutes mes condoléances.


    La franc-tireuse ne répondit rien, le regard vide. Elle était sous le choc de l'annonce. Naerys sembla surgir de nulle part, lui attrapant l'épaule comme elle l'avait fait quelques jours plus tôt. Elle interrogea du regard Baetor, dont la moue suffit à lui répondre. La plus âgée jura silencieusement, regrettant presque d'avoir appris que sa tendre était en vie alors que son amie apprenait la mort de son parent. Elle remercia d'un signe de tête l'officier et l'entraîna un peu à l'écart. Ravilla ne disait rien. Ses yeux semblaient voir quelque chose au loin et elle se laissait guider, molle comme une poupée de chiffon. Sur les dix soldats présents ce jour-là, six avaient appris le décès d'au moins un de leurs proches. Et trois semblaient être sans vie, les trois autres digérant la nouvelle avec amertume. La décision d'aller noyer leur chagrin s'imposa d'elle-même, sans qu'aucun n'ait à la proposer.
    Au final, dans l'ascenseur qui les menait vers le débit de boisson, ce fut Ravilla la première à fondre en larmes. Et pour la première fois, balançant le règlement aux oubliettes, Naerys la pris dans ses bras, lui chuchotant des paroles réconfortantes tandis qu'à côté d'elles, leurs comparses se laissèrent peu à peu aller, pleurant de joie ou de tristesse.


    Bar Venerae - Quelques heures plus tard




    Elle était seule au bar, regardant le fond de son verre à demi vide comme s'il contenait la vérité. Leur petite équipe avait passé plusieurs heures ici. Ils étaient arrivés donc, monopolisant deux tables entières sous le regard désabusés des serveurs déjà débordés. L'alcool avait coulé à flot, comme les pleurs. Ils avaient échangé des anecdotes, chacun. Même ceux dont les amis étaient encore en vie. Naerys évoqua, rêveuse, la première fois où elle était tombée sur Par'Tys alors qu'elle faisait des courses à la Citadelle; Hylek parla de sa fille la gorge serrée, et comment celle-ci avait l'habitude de le surnommer; Spion de la façon dont son frère crânait après qu'il l'ait battu aux séances de luttes qu'ils organisaient souvent entre eux. Elle-même avait raconté avec une petite voix comment Hecarion lui racontait ses journées au SSC. Il avait pris l'habitude de faire un roman d'un rien. Une plainte pour vol prenait des tournures incroyables quand il en parlait. Elle avait encore les mails. Elle ne les effacerait pour rien au monde.
    La soirée avait avancé, et les verres s'étaient empilés. Ils avaient eu l'idée, saugrenue s'il en était, de danser. Ils avaient été maladroits, pour ne pas dire nuls. Mais étrangement, cela avait plu à la jeune femme. Elle avait légèrement oublié sa peine ainsi. Disons plutôt qu'elle avait réussi à la mettre de côté un instant. La foule avait formé comme une grande vague de chaleur humaine. Là, sous la musique entraînante, portée par ses camarades, elle s'était peu à peu lâchée. Ils avaient ressemblé à une belle brochette de crétins, mais elle s'en était complètement foutue. Elle était devenue une anonyme, sans pensée, se laissant guider uniquement par les chants. Elle s'était sentie bien. Plus rien n'avait compté à ce moment, aussi idiot que cela pouvait paraître. C'était la première fois qu'elle avait dansé et elle y avait pris goût. Ils étaient ensuite revenus à leur table et avaient continués de boire et parler. Puis, petit à petit, chacun s'était retiré. Soit par fatigue et afin de faire leur deuil, soit pour retrouver ceux qui étaient en vie. Il n'était resté que Naerys. Les deux femmes avaient discutés entre elle, la plus vieille soutenant moralement la plus jeune. Et puis elle avait reçu un message sur son omnitech. Un venant de sa bien-aimée. Elle avait pris un air gêné, hésitante, faisant comme si ce n'était pas important. Ravilla savait qu'elle mentait. Les turiens étaient mauvais à cet exercice, de toute façon. Elle avait enjointe son amie à rejoindre celle qui serait, avait-elle fait en rigolant, sa future femme. La soldate avait répondu à la raillerie en lui disant qu'elle serait son témoin d'honneur. Après quoi elle avait filé.
    Aper s'était alors retrouvée seule au milieu des tables. Elle les avait laissées à des futurs clients, préférant rejoindre le comptoir. Elle s'était assise, tranquillement, avait commandé son sixième verre de la soirée puis, une main posée sur son visage, sa boisson dans l'autre, elle avait commencé à sangloter silencieusement. L'alcool la désinhibait, aussi mauvais que cela puisse être pour sa santé et son image. Son frère avait toujours été son modèle et son héros. Une source d'inspiration, de motivation. Depuis la mort de leur soeur Leath, ils s'étaient d'avantage rapprochés et soutenus l'un l'autre. A partir de cet instant, leur complicité s'était accrue et leur relation était presque devenue fusionnelle. Maintenant qu'il n'était plus là... la franc-tireuse ne savait plus quoi faire. Elle se sentait perdue; le monde qu'elle avait toujours connu se dérobait sous elle. Et ses parents, portés disparus... Ce serait à elle de leur annoncer la nouvelle si un jour ils revenaient. Elle se sentit plus seule que jamais, malgré la foule qui était présente dans le bar. Ça la tuait. Et son verre était vide.

    Le Barman passa devant elle. Avec des réflexes étonnants pour quelqu'un ayant autant bu, elle lui agrippa le bras.

    - Un autre, dit-elle d'une voix rendue rauque par l'alcool et le chagrin.

    L'humain ne répondit pas tout de suite, lui jetant un regard inquisiteur. Après quoi il se dégagea d'un mouvement sec.

    - Non. Vous avez trop bu.

    Il reçut un grognement agressif en guise de réponse. De quel droit refusait-il? C'était devenu un crime de boire désormais? Elle devait à peine être au huitième verre. Ou au dixième. Quelque chose dans le genre. Elle ne savait plus. Elle s'en foutait bien d'ailleurs.
    La femelle tenta de l'agripper à nouveau, mais il esquiva adroitement. Cependant, elle gardait la langue bien pendue.

    - Pardon?! Je n’en ai rien à foutre de ton avis. C'est ton boulot d'ouvrir ta gueule? Non? Alors ferme la et renquille!

    Elle sentit une main se poser sur son épaule et se retourna, vive et hargneuse.

    - Naerys? Je t'ai dit de...

    Ah, non, ce n'était pas elle. C'était un humain en fait. Un qui réussit à convaincre le serveur de faire son job. Elle ne l'avait même pas vu arriver. Pourtant, malgré son cerveau rendu brumeux par l'alcool, elle était persuadée qu'il n'était pas là lorsqu'elle s'était installée. Boarf. Elle s'en foutait. Plus rien n'avait d'importance de toute façon.
    Son"sauveur" sembla en tout cas vouloir continuer ce rôle.

    - Un souci ? Vous ne seriez pas la seule. Vous voulez en parler ? Adrien Annaz, sergent dans l’armée de l’Alliance.

    Elle lui jeta un regard torve, grognant de nouveau. Si un de ses supérieurs l'avait vu dans cet état, il lui en aurait foutu une. Ça aussi, ça lui semblait peu important sur le moment. Elle finit par répondre au bout de quelques secondes. Si elle avait été moins en peine, elle se serait sans doute rendue compte que l'humain avait un comportement agréable, et non pas moqueur comme elle croyait le percevoir. Moins saoule, elle aurait pu même se rendre compte qu'il avait une bonne tête.

    - Soldat de la Hiérarchie. Ravilla Aper...

    Les larmes lui montèrent à nouveaux aux yeux. Elle avait atteint un stade ou le simple fait de prononcer son nom était semblable à s'enfoncer un coup de poignard dans le coeur. Elle fit de son mieux pour se cacher à la vue de cet étranger, mais c'était difficile. Sobre, elle se serait dit qu'elle était ridicule. Là, elle n'était pas en état. Mais il ne l'empêchait pas qu'elle éprouvait une certaine honte dans son comportement. Elle était une mauvaise turienne pour le coup. Penser ça lui faisait presque autant de mal que se rappeler que son frère n'était plus qu'un corps sans vie, reposant dans l’une des morgues de la Citadelle. A côté de nombreux autres.

    - Hecarion....Bordel...

    Elle sentit à nouveau un poids se poser sur son épaule. Le dénommé Adrien cherchait sans doute à la réconforter. La franc-tireuse craqua. Elle attrapa la chemise de l'humain, posa sa tête sur son épaule, continuant de pleurer. Elle avait honte. De sa réaction et de sa façon de se comporter. Sérieusement honte. Mais elle ne pouvait pas s'en empêcher. Elle avait besoin de réconfort. Et elle était en train de faire payer les frais à un étranger qui devait sans doute regretter son élan de gentillesse. Elle avait beau être forte, elle n'en pouvait plus. Des membres de son régiment étaient encore morts récemment, dont de bons amis. Ses parents disparus. La galaxie entière qui souffrait. Et Hécarion... C'était plus qu'elle ne pouvait porter.
    Elle sera les dents.

    - Cerberus... Je les hais... Je les hais tellement, cracha-t-elle d'une petite voix.







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MessageSujet: Re: La guerre ne change jamais   Ven 20 Fév 2015, 11:48




Comme d’habitude, ce même rêve qui arrivait à chaque fois qu’il était en permission, chaque fois qu’il abandonnait ses camarades pour se reposer à l’arrière.
Le déroulement changeait à chaque fois mais le thème ne se modifiait pas d’un poil ; une orgie de violence où Léonardus n’était que simple spectateur, observant ses camarades tomber au combat, finir démembré où grièvement blessé par terre. Chaque fois une bataille qui lui aurait donné un travail monstre, pourtant ces visions de morts n’avait rien de prémonitoire, le Turien voyait simplement l’une des nombreuses façons dont ses collègues pouvaient finir sans lui.
Certains auraient fermé les yeux et se seraient laissé porter par l’inconscience, lui préférait encore voir le carnage de ses propres yeux. Pour se rappeler que son devoir était de se battre : d’arracher des mains de la mort les agonisants pour leur rendre la vie telle qu’il l’avait connu.
Quelque chose le piqua à la main et le médecin se retourna ; un exterminateur qui n’avait pas eu son compte, ça différait de l’habituel. Réunissant toutes ses forces, le docteur serra le poing et l’envoya s’écraser contre la carcasse infâme du rachni synthétique. Hélas la bête ne bougea pas et chargea le militaire qui encaisse l’impact de plein fouet avant de se retrouver par terre. Tournant son regard vers sa mort imminente, il jura une dernière fois alors que l’immonde bête lui assenait le coup de grâce.
Léonardus ouvrit les yeux, le contact froid de ses vêtements contre sa peau lui rappela que contrairement à d’autres il était en vie et dans la plus froide de réalité.

-Chef, chef, on a besoin de vous d’urgence. Lui annonça un soldat.
-Enlevez votre main de mon épaule...

En guise de premier réflexe le Turien regarda sa montre ; dix heures du matin.
Sept heures, il avait dormi sept heures alors qu’il venait d’enchaîner trente heures de travail. Il fallait vraiment qu’il se calme sur les amphétamines sinon il allait finir par claquer d’une crise cardiaque.
Toutefois une chose était sûre ; les militaires étaient au courant que quand le toubib pionçait après autant de temps à soigner des gens le réveiller par la force était inutile tellement il risquait d’être dans les nuages. Pourtant à cet instant précis, le médecin sauta hors du lit, ce qui lui occasionna un léger mal de tête et un petit vertige, le coeur et le cerveau avaient du mal à passer brusquement de la position allonger à debout.
Si on le sortait de son lit c’était qu’il y avait une bonne raison.

-Je dois couper qui ? Demanda spontanément Léonardus sans qu’il ait encore totalement repris le contrôle de son système moteur.
-Personne, il y a eu une attaque sur la citadelle il y a de cela deux heures et une navette fait le tour de la planète pour prendre les docs qui voudraient y aller. Il y a beaucoup de Turiens à la citadelle, ne serait-ce que les agents du SSC.

Comme preuve de ce qui venait de se passer, le seconde classe lança un enregistrement audio attestant bien ses dires.
Le toubib ne dit rien et resta silencieux un bref instant, même si ça remontait à loin il se souvenait des informations que lui avaient dit les instructeurs militaires lors de sa formation en tant que médecin ; les premières forces de réponses appropriées avaient pour consigne d’abattre les menaces potentielles, pas de secourir les blessés.
En ce moment les seules personnes aptes à soigner des gens sur la Citadelle devaient être les généralistes, infirmiers et autres personnels médicaux présents pendant l’attaque.
Sans doutes que Léonardus ferait partie des premiers docteurs à débarquer de l’extérieur de la station géante.

-J’y vais.

Le soldat eut un sourire ; exactement la réponse à laquelle il s’attendait.

-Monsieur ; le transporteur arrive dans cinq minutes et restera un petit quart d’heure, le temps que tout le monde embarque. Ne perdez pas de temps et prenez le minimum vital.

Le Turien fouilla dans sa poche ; un flacon d’amphétamines et une photo de sa femme et ses gosses. Il avait son omni tech.
Juste le besoin de changer de vêtement, inutile de se présenter avec des frusques couvertes de sang ; il n’allait pas sur la citadelle pour effrayer les gens.
Après s’être changer, le médecin prit avec lui quelques doses de médi-gel et se précipita à la piste d’atterrissage ; au final l’engin qu’il s’imaginait n’était rien d’autre qu’une toute petite navette. Le genre a tombé en morceaux en prenant un relais cosmodésique, s’ils avaient prit un si petit engin c’était que la récolte avait dût être bien maigre. Dès que le véhicule aérien ouvrit ses portes, Léonardus se précipita dedans et s’installa à une place avant de compter les passagers ; deux plus lui.

-Enfin un nouveau ! S’exclama un interne.
-Surveillez votre langage quand vous vous adressez à un supérieur, Arsonus. Répondit sans attendre sa supérieure hiérarchique.

A en jugé par l’allure des autres docteurs, il était le moins frais de tous. Il fallait avouer qu’avec son retard de sommeil le médecin n’avait pas une gueule d’ange et les stupéfiants n’aidaient en rien.
Mais la remarque du jeune Turien éveilla la curiosité de son confrère plus aguerri.

-Comment ça « enfin » ?
-C’est la cinquième base qu’on fait et il n’y avait personne pour venir.

Nouvelle détestable, il ne s’attendait absolument pas à voir si peu de médecins en partance pour la citadelle.
Seule solution : dormir.
Il allait sans doutes travailler pour quatre, alors autant qu’il profite une dernière fois d’une longue séance de repos avant de reprendre des amphétamines comme si c’était des bonbons. Prévenant ses collègues de son état mental et physique légèrement chaotique, Léonardus se plongea dans un demi-sommeil paranoïaque où se mélangèrent rêve, cauchemar et parole censées de ses camarades, seul ligne de vie qui l’empêchait de tomber dans l’inconscience totale.

Le sommeil est la moitié de la santé.

-Vous êtes enfin là ! Se plaignit l’agent du SCC devant les quais. Je pensais que vous n’arriveriez jamais.

Vingt huit heures que l’attaque sur le satellite géant avait eu lieu et comme d’habitude pour Léonardus quand il avait l’occasion de dormir, il avait passé presque autant de temps à sommeiller.
C’était presque un rituel ; le médecin militaire purgeait son retard pour l’accumuler de nouveau avec l’aide de ses petits cachets qui faisaient de lui un bon docteur capable de passer des jours à réparer les gens.
Certains se seraient interrogé sur la portée philosophique de l’acte qu’avait commis Cerberus en attaquant le tas de ferraille aux dimensions planétaires mais ce n’était pas son cas. Pour lui il s’agissait d’une attaque rondement bien menée et voilà.
Les conneries sur le symbolisme, la haine et tous les livres en carton qu’on appelait « réflexion sur les actes d’autrui » ou plus simplement « analyse de », c’était bien pour les autres.
Lui voyait des gens se faire réduirent en pâté sans aucune forme de procès par des robots et des cyborgs, pourtant il n’allait pas écrire un torchon infâme dessus.
A un moment il fallait savoir faire la part des priorités entre l’utile et le reste.
L’utile par exemple était le fait que d’autres médecins aient rejoint la navette, puis le transporteur qui les avaient mené jusqu’à la station, ils étaient donc seize, dix de Digéris, six de Palaven.
Comme il s’y attendait, l’Asari du SCC les envoya dans un hôpital qui était débordé et qui donc ne cracherait pas sur quatre toubibs Turiens.
La routine revint à ce qu’elle était, mais en pire : beaucoup de civils qui étaient pour la première fois gravement blessé, des traumatisés qui cherchaient du réconfort et des médecins pompeux qui le prenaient de haut car pas sorti d’une université de médecine. Pourtant les méthodes acquises sur le front étaient celles qui marchaient le mieux en matière de rendement.
Contrairement à d’autres, Léonardus n’était pas du genre à vomir pour un rien, mais voir des brûlures au troisième degré, gens avec le torse barré en deux à cause du sabre d’un fantôme où les tripes en sauce bolognaises à cause d’une rafale de tourelle lui donnaient toujours un frisson.
La violence était une solution, mais la façon dont elle était appliquée lui faisait froid dans le dos.
Un coup ses mains empestaient le sang, un autre l’iode.
Ainsi pendant plusieurs jours à mesure que les patients venaient, que des gens rendaient visite aux malades tandis que d’autres claquaient dans l’indifférence générale. Le Turien soigna du mieux qu’il pût les gens qui passaient sous son nez, la plupart du temps étalé sur une civière voire carrément avec des morceaux en moins.

-Léo, tu peux aller faire une pause tu sais. Lui sortit l’un de ses collègues.

D’habitude il répondait d’un laconique « la flemme », mais cette fois-ci le docteur se résigna à prendre un instant de répit.

-Balcon ou cafétéria ?

Comme à chaque fois qu’il prenait une pause, son collègue s’éclipsait soit sur un balcon soit à la cantine de l’hôpital où ils bossaient.
Comme la soirée était déjà là sans doutes que ce serait la cafétéria.

-Non, je veux dire, prends une vraie pause de quelques heures ; va dans un parc, en boîte. Prends un peu de distance par rapport au taff quoi. Je te remplace.

Sans chercher à opposer une particulière résistance à l’ordre du Galarien, Léonardus enleva sa blouse et partit déambuler à la recherche d’un bar sans même quitter son uniforme. De toute façon il n’y avait aucune trace d’hémoglobine dessus, donc le médecin était parfaitement présentable.
Au bout de quelques minutes à rôder, le Turien se stoppa net devant un bar ; le Venerae, rien qu’au nom l’endroit lui plaisait. Aussi il s’y engouffra et fût heureux de voir que l’endroit n’était pas bondé au point que toutes les tables soient prises. Le docteur se posa un peu à l’écart, à un endroit où il pouvait observer les autres et commanda un jus de fruit, chose qui lui valut un regard sceptique du serveur qui croyait à une blague, mais le toubib n’avait nullement envie de se torcher.
Sobre, voilà la qualité qu’il fallait pour retourner à l’hôpital en tant que médecin.
En s’adossant à son siège, Léonardus sentit quelque chose presser contre ses côtes : sa seringue d’adrénaline qu’il gardait pour les cas d’urgence.
Bah, inutile de retourner aux urgences maintenant que sa boisson était commandée.
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MessageSujet: Re: La guerre ne change jamais   Sam 21 Fév 2015, 12:14


Le sourire sur les lèvres d’Adrien disparut rapidement. Il était évident que la Turienne n’allait pas bien, et s’il avait de prime abord pensé que son état était lié à l’alcool, la cause semblait bien plus profonde que ça. Il s’attendait à quelques explications, plus ou moins compréhensible à cause de l’alcool. Quelques mots de réconfort, un verre de plus et une histoire de guerre plus tard, les choses se seraient calmés. A la place de quoi, il avait bien eu une phrase presque incompréhensible, même si il avait réussi à saisir le nom de la Turienne. Ravilla… Aper, si il ne se trompait pas. Jusque là, tout allait bien. Puis… La Turienne détourna la tête en prononçant un mot qu’Adrien ne comprit pas. Avec sollicitude, Annaz posa sa main sur l’épaule de l’alien, qui semblait perdue. Peut-être la pire chose à faire. Elle se retourna brusquement et s’effondra en larmes sur l’épaule d’Adrien. Celui-ci se retrouva un peu bête, à ne trop savoir quoi faire. Il finit par prendre la Turienne dans les bras en lui tapotant le dos, vague geste de réconfort. Elle se reprit suffisamment pour cracher sa haine envers Cerberus. Cela suffit à Adrien pour faire le lien, ce qui n’était pas bien difficile non plus. Pas besoin d’être un génie pour comprendre que la Turienne avait vraisemblablement perdu une personne chère au moins pendant l’attaque de la Citadelle par l’organisation. Tentant maladroitement de se défaire du contact de la Turienne, Adrien recula légèrement, laissant la soldate se prendre ses distances et le contrôle d’elle-même. Annaz finit par se redresser totalement, ainsi que la Turienne. La crise de nerf semblait être passée, au grand soulagement de l’Humain. Saisissant son verre afin de se redonner une contenance, Adrien prit le temps de boire avant de prendre la parole. Pas simple de gérer les larmes d’une parfaite inconnue. Il ne savait pas trop s’il devait essayer de consoler la Turienne, ou la motiver. Dans le doute, un petit mélange des deux serait le meilleur moyen d’obtenir un résultat. Mais avant toute chose : diversion.

« Venez, allons nous installer à une table. On sera mieux pour parler. »

Sans laisser le temps à la Turienne de réagir – il doutait qu’elle soit en état de protester après sa crise de larme – Adrien se dirigea vers une table au fond de la pièce, son verre à la main. Il fit signe au passage au serveur débordé d’apporter la consommation de la soldate à la table, ce à quoi l’homme répondit d’un hochement de tête avant d’essuyer le cocktail qu’il venait de renverser. Adrien tira une chaise et s’assit, attendant que la Turienne le rejoigne, ce qu’elle fit. Il laissa passer quelques instants avant de reprendre la parole.

« Connaissez-vous ce jeu Humain «Trouvez le crime » ? Il consiste à partir de l’idée que tout le monde est coupable d’un crime, et de le trouver. Celui-ci a déjà volé des crédits, celle-là tuer son époux… C’est un divertissement comme un autre, quand on s’ennuie. Et le concept est adaptable à l’infini. Par exemple… « Trouvez le drame », pour savoir quelle perte ils ont vécu. Cette même personne, qui a tuée son époux, peut au contraire l’avoir perdu à cause de Cerberus. Cet homme ayant volé des crédits, peut très bien être ruiné après que son magasin ait été détruit… » Soupirant un instant, Adrien reprit sa respiration avant de reprendre la parole. « Ce que je veux dire, c’est que tout le monde ici à une histoire à cause de ces enfoirés. Pour autant, ils savent que ce n’est pas en s’écroulant que les choses vont s’arranger. Vous le savez aussi. Et… »

Adrien s’interrompit quand le serveur arriva. Chargé de plus d’une vingtaine de cocktails en tout genre, celui-ci tanguait sous le poids et en essayant de ne pas en renverser. Il saisit un verre sur son plateau et le posa devant la Turienne, avant de repartir en vitesse. Peut-être parce qu’il avait du travail, mais sans doute aussi pour éviter de se faire attaquer à nouveau. Adrien le regarda zigzaguer entre les tables, les boissons oscillant dangereusement dans les verres. C’était un miracle qu’il n’ait encore rien mis par terre, et Annaz lui rendit honneur en silence. Mine de rien, l’homme se débrouillait bien. Adrien tourna à nouveau son attention sur la Turienne, et prit la parole avant qu’elle ne commence à descendre son verre.

« Je disais donc, tout le monde à subit une perte avec cette attaque. Pas forcément la mort d’un proche, mais personne n’en est ressorti indemne. A vous voir, je pense que vous avez perdu au minimum un époux ou un membre de votre famille. Je comprends votre douleur. Enfin, je pense, j’ai la chance de ne pas savoir si ma famille est morte ou non. Ils sont encore sur Terre… » Inutile d’en dire plus, quelque soit la race ou la planète, là où se trouvaient les Moissonneurs, tout les habitants pouvaient être considérés comme mort jusqu’à preuve du contraire. Les rares lieux sûrs étaient la Citadelle, ou le « Sanctuaire » dont les pubs rabâchaient les oreilles de qui voulait bien les écouter. Ne voulant pas se perdre dans des pensées moroses, Adrien ne se laissa pas emporter par la nostalgie et reprit. « Pour autant, malgré la perte que vous avez subit, est-ce une raison pour vous mettre dans cet état ? Bien sûr, vous avez perdu un proche, mais est-ce qu’il aurait voulu vous voir réduit à cette condition ? Imbibée d’alcool, en larme ? Vous êtes une militaire, vous savez que vous risquez votre vie tous les jours. Vous avez sans doute perdu des collègues, des amis. Est-ce qu’à chaque fois qu’un cannibale tuait l’un des membres de votre équipe, vous vous écrouliez en larme ? Vous posiez votre arme, sortiez votre flasque d’alcool et descendez une gorgée avant de vous rouler en boule ? Bien sûr que non, vous vous releviez, et vous continuiez à tirer jusqu’à ce que la menace soit éliminée. Ensuite, peut-être portiez vous un toast à l’honneur de ceux tombés au combat une fois rentré dans vos lignes. Ou peut-être est-ce que vous oubliez les morts, tout simplement, pour éviter d’être hanté. En tant que soldat, vous savez que la mort est omniprésente. Il faut faire avec, et ne pas se laisser arrêter par elle. Alors battez vous. Je vous propose… »

Adrien n’eut pas le temps d’aller au bout de sa phrase qu’une explosion de verre cassée retentit. En alerte, Annaz tourna la tête en direction du bruit, une main sur le Predator accroché à sa ceinture. Pour lui, le bar était attaqué. En réalité, il s’agissait juste du suicide d’une vingtaine de verre à cocktails du haut de leur plateau jusqu’au sol. Le serveur était immobile, presque en larme, gisant au milieu d’une mer multicolore de boisson. Autour de lui, après le silence qui suivit la chute des cocktails, un immense éclat de rire secoua la salle devant la détresse de l’homme. Un deuxième serveur arriva à côté du premier, lui hurlant dessus quand à sa maladresse. Ensemble, ils entreprirent de nettoyer les dégâts pendant qu’un troisième homme s’affairait à préparer à nouveau les cocktails. Détachant le regard de la scène, Adrien prit son verre et le leva.

« Je vous propose donc de porter un toast aux absents. Qu’ils soient ailleurs sur la Citadelle, dans la Galaxie ou autre part, nous ne les oublieront pas, et nous continueront à aller de l’avant pour eux. Aux absents ». Et sur ces mots, il vida ce qui restait de son cocktail.




Pourquoi est-ce qu'à chaque fois que quelqu'un dit "avec tout le respect que je vous dois", j'entends "ta gueule" ?


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MessageSujet: Re: La guerre ne change jamais   Dim 22 Fév 2015, 23:12


    Les sentiments de tristesse et de honte luttaient pour savoir qui devait prendre le pas. Si la peine lui broyait autant le coeur que l'âme, il n'empêchait qu'elle était Turienne. L'Honneur avec un grand H avait sa place dans le coeur de la femme. Et voilà qu'elle le perdait à son tour en s'épanchant ainsi sur l'épaule d'un pauvre sergent de l'Alliance. Ce dernier avait d'ailleurs bien du mal à savoir comment réagir. Il tapota maladroitement son dos dans un geste de réconfort, ne faisant pas pour autant cesser les sanglots. Pour autant, ce petit geste aida la femme à se calmer un peu. Mais sans doute pas pour les raisons escomptées. Si sa dignité se retrouvait brisée à cause de l'alcool, autant qu'elle tente de récupérer les morceaux comme elle pouvait. Ainsi, elle finit par rompre l'étreinte, luttant pour ravaler ses larmes. Le mâle avait eu la même idée, car il recula un peu, l'air gêné. Aper ne s'en rendit pas compte, toute occupée qu'elle était à sécher ses pleurs. Il lui fallait essayer d'avoir l'air un peu plus présentable.
    Un long silence suivit la rupture, l'un occupé à boire, l'autre à se morfondre. Silence qui finir par être rompu lorsque le sergent décida de proposer qu'ils s'asseyent à une table, plus propice à la discussion et moins pour se donner en spectacle. La militaire approuva d'un hochement de tête absent. Elle n'était pas d'une nature des plus rebelles et, même en temps normal, elle n'aurait pas trouvé à redire sur cette proposition. Aussi se contenta-t-elle de le suivre avant de tirer une chaise et s'asseoir en face de lui, restant cloîtrée dans son mutisme. Ce n'était pas elle qui lancerait une discussion. D'autant plus que son éloquence devait être sérieusement entamée avec son ivresse. Une partie d'elle regretta amèrement de ne pas avoir lancé un discours quelconque lorsque son "collègue" se mit à parler, évoquant un jeu humain des plus incompréhensibles comme s'il s'agissait d'une bonne idée. Il fallait trouver le crime, mais cela pouvait être étendu à "trouver le drame", à savoir imaginer pourquoi quelqu'un avait commis un crime à cause d'un drame. Ou alors, dire qu'en fait, il avait connu un drame? Ou alors un drame l'avait fait commettre un crime. A moins que... Par les Esprits, à quoi s'attendait-il pour lui parler de coutumes humaines alors qu'elle n'était même pas en état de se contrôler elle-même? Brouillon, il tenta de s'expliquer d'une façon plus claire que la précédente.

    - Ce que je veux dire, c’est que tout le monde ici à une histoire à cause de ces enfoirés. Pour autant, ils savent que ce n’est pas en s’écroulant que les choses vont s’arranger. Vous le savez aussi. Et…

    Le serveur passa, déposant leurs commandes et faisant s'interrompre le dialecte pour le moins singulier du dénommé Adrien. Malgré l'importante charge sur son plateau, l'employé attrapa adroitement les boissons afin de les poser devant leur propriétaire respectif. Il fallait reconnaître qu'il savait y faire. D'autant plus qu'il ne devait pas se tromper dans les commandes, encore moins lorsque la clientèle était composée d'organismes dextro et lévo aminés et que certaines se ressemblaient à s'y méprendre. Chaque bar avait son propre système pour savoir qui était quoi, allant du code couleur des verres, au service direct voir à un quelconque signe distinctif comme une paille. Mais en général, ils évitaient de servir tout sur un même et unique plateau. A moins d'avoir autant de monde que cette nuit. Telles étaient les réflexions que Ravilla ne se faisait pas, trop contente de voir une nouvelle possibilité de noyer son chagrin se pointer devant elle. D'un geste vif, elle attrapa le récipient, prête à le porter à ses lèvres lorsque le sergent repris son discours. Un cliquètement un peu sec retentit, accompagné par le bruit du verre contre le métal de la table. Elle était déjà déprimée comme ça, ce n'était pas pour recevoir un regard désapprobateur de la part du sous-officier si jamais elle buvait en même temps que lui daignait lui adresser la parole.

    - Je disais donc, tout le monde à subit une perte avec cette attaque. Pas forcément la mort d’un proche, mais personne n’en est ressorti indemne. A vous voir, je pense que vous avez perdu au minimum un époux ou un membre de votre famille. Je comprends votre douleur. Enfin, je pense, j’ai la chance de ne pas savoir si ma famille est morte ou non. Ils sont encore sur Terre…

    - Et les miens sur Palaven.

    Le ton avait été sec malgré les quelques larmes qui reprenaient leur course folle. Il s'agissait de lui faire comprendre qu'elle était déjà assez blessée pour qu'il ne se sente pas obligé d'en rajouter une couche. Elle avait des raisons de craquer, quand bien même il ne le savait pas et n'avait pas à le savoir. Se dire ceci aurait été fait preuve d'une logique que la turienne n'était pas en état de solliciter. Elle passa la main sur son visage, fatiguée, tentant vainement de chasser les pleurs. Voilà qu'elle repensait à l'attaque qui avait eu lieu il y a de cela trop longtemps, et qui continuait d'avoir lieu. Plus généralement, ses pensées s'étendirent à toutes les attaques qui se passaient. Et par extension aux missions auxquelles elle avait participé. Les compagnons qu'elle avait perdus aussi. Elle revoyait encore les créatures immondes, les yeux vides et sans âme, défigurés pas d'innombrables tuyaux, hybrides organico-synthétiques de cauchemar. Comment pouvait-on supporter la vue de membres de son espèce si horriblement transformés, d'une façon presque constante? Elle-même ne savait pas comment elle pouvait faire. Bien évidemment, ces "joyeuses pensées" n'amélioraient pas son état. Pire, il l'envenimait.
    Le combattant repris la parole, ne se rendant pas forcément compte de l'état dans lequel était son interlocutrice. D'un autre côté, voilà un moment qu'elle était déprimée et saoule. Il était difficile de faire pire. D'autant plus qu'elle n'avait pas encore eu l'occasion de descendre son verre d'alcool. Au moins, cette interruption avait permis à l'homme de faire plus simple que sa sombre métaphore sur un jeu de crime qui n'en était pas vraiment un.
    Il fit appel au côté militaire que tout turien porte en lui. C'est en tout cas la façon dont l'intéressée l'interpréta. Car il se mit à tenter de la motiver en racontant que son proche dont il ne connaissait rien n'aurait sans doute pas voulu qu'elle se démolisse ainsi. Et qu'en tant que militaire, elle avait déjà vu plusieurs personnes mourir devant elle. Ce que la turienne interpréta légèrement comme un "bon, vous n'allez pas chialer pour un mort de plus ou de moins". Ce qui n'est pas forcément bien prit par une personne sobre. Evidemment, avec quelques coups dans le nez, c'est pire. Aper grogna donc, mandibules claquants férocement alors qu'il lui disait de se relever et de se battre jusqu'à ce que la paix soit en place. A part raviver sa honte de se laisser tant aller, que croyait-il faire? L'aider? Les humains ne savaient vraiment pas réagir face à d'autres espèces. Ce coup de colère finit bien vite. Elle n'était pas d'humeur à se battre pour ce genre de broutilles. Elle n'en avait pas non plus la force. Pas avec ce sergent belle-gueule. Pas alors qu'elle portait le deuil de son frère. Frapper un humain, voilà quelque chose qu'Hecarion n'aurait pas voulus qu'elle fasse.
    Sans doute que ce mâle énervant avait raison. Son cher frère n'aurait pas voulu qu'elle passe sa nuit à ingurgiter des masses d'alcool et à s’apitoyer sur le monde et elle. Pourtant, elle ne pouvait pas s'en empêcher. A nouveaux, des sillons d'eaux trouvèrent leur chemin sur sa plaque faciale. Il y avait des combats qu'on pouvait mener, gagnant ou abandonnant selon leur difficulté. Et d'autres qui étaient perdus d'avance.

    Le bruit de cassure fit une nouvelle fois s'interrompre Annaz, lequel, une main sur son arme, était en alerte. Elle ne réagit pas. D'une par car elle n'avait rien d'autres que ses poings pour se défendre. D'une autre parce qu'elle s'en foutait un peu. Et pour finir, sans doute parce qu'une partie d'elle ne voyait pas de problème à ce qu'elle crève. Elle en était là. Bien sûr, si on s'en prenait à elle, elle se défendrait. Elle protégerait sa planète et la galaxie. C'était son devoir; elle ne le fuirait pas. Cependant, la militaire ne ferait pas grand cas si elle devait mourir se faisant. Peut-être même qu'elle espérait. La salle entière ria à la maladresse qui venait de se produire, mis à part les employés qui étaient blêmes de devoir rattraper une telle erreur, mais elle restait morose.
    Son attention se retrouva reportée sur l'humain quand celui-ci décida de se lever de sa place. La turienne le regarda d'un air torve, une main sur le visage. Il n'allait quand même pas le faire? Si...? Oh bordel, il le faisait.

    - Je vous propose donc de porter un toast aux absents. Qu’ils soient ailleurs sur la Citadelle, dans la Galaxie ou autre part, nous ne les oublieront pas, et nous continueront à aller de l’avant pour eux. Aux absents.

    Après quoi il vida le contenu de son verre, en guise d'hommage. La femelle ne dit rien dans un premier temps, le regardant fixement, cherchant à savoir s'il était sérieux. Il l'était. Petit à petit, elle se mit à pleurer et rire à a fois. Réellement. Courbée sur la table, son coude posé sur la table et le front sur le poignet, elle hoquetait, s'étranglant à la fois de rire et de peine. L'alcool ne l'aidait pas à avoir un comportement cohérent, mais Esprits en soit témoins, l'humain et ses idioties ne l'aidaient pas plus.

    - Ah...ahah... AHAHAH! Vous... Vous êtes sérieux?

    C'était ridicule. Bien plus qu'elle et son déshonneur. Il était animé d'une telle envie d'aider et d'une telle maladresse que la femelle ne pouvait s'empêcher de pouffer face à ses tentatives. Pour autant, ce bref accès d'humeur ne suffisait pas à chasser son désespoir. Elle s'en voulait même de ricaner ainsi, entraînant donc cette réaction contradictoire.

    - Ahah... Vous êtes... sérieux oui. Vous pensez vraiment que tout cela va suffire? Lever nos verres, faire comme si rien de tout ça n'était grave et repartir comme si de rien était?

    Quelques larmes continuaient à perler, quand bien même elle avait cessé sa crise de fou rire et de pleurs. Son regard d'or se posa sur celui bleu de son comparse. S'il était observateur, il pouvait se rendre compte du peu d'effet que ses paroles avaient eu sur elle. Du désespoir qui se nichait au fond d'elle aussi, peut-être. Allez savoir.
    Elle attrapa son verre, un air fatigué prenant possession de son visage. Même ses mandibules ne cliquetaient plus que faiblement, comme si cela lui demandait un effort considérable.

    - Mon frère est mort, fit-elle d'une voix qu'on sentait faible et usée. Sur cette putain de Citadelle. A cause de Cerberus.
    Mes parents, s'ils sont vivants, doivent être quelques parts sous les décombres, à tenter de survivre comme ils peuvent. Et je ne peux rien y faire.
    Mes compagnons d'armes crèvent devant moi. Régulièrement. A chaque foutu mission. Par ces choses horribles que sont les Moissonneurs.
    Je continuerais à me battre. Mais pour cette nuit... Laissez-moi être triste putain.


    Bien que ce soit en substance ce qu'elle ait dit, son discours avait été moins fluide. Souvent plus hésitant, avec plus de cafouillages. Mais c'était bien ce qu'elle avait tenté de communiquer à l'autre. Après quoi, elle avait raflé son verre et l'avait descendu cul sec. Puis, elle avait enfoui son visage dans ses mains, les yeux fermés, murmurant.

    - C'est... pitoyable...

    Et c'est à partir de ce moment-là que les choses avaient commencé à déraper. Sa gorge commença à lui brûler, comme si elle venait de boire du feu liquide. Il lui devint difficile de respirer, au point où elle se retrouva à tenter de haleter, happant difficilement l'air. Ses doigts montèrent à son cou, l'enserrant. Comme si ça pouvait aider en quoique ce soit. C'était le geste réflexe de ceux qui s'étouffaient, rien de plus. Son coeur battait aussi plus rapidement, au point que la partie sobre de son cerveau se demanda s'il n'allait pas se déchirer. Le manque d'oxygène lui faisait tourner la tête, à moins que cela ne soit dû au poison qu'elle venait d'avaler. La militaire ne savait pas vraiment. Quant à essayer d'y réfléchir plus en avant, il était sans doute inutile de préciser que là n'était pas le moment.
    Elle finit par basculer en arrière, entraînant la chaise avec elle, tombant lourdement sur le dos, les bras en croix. Les yeux voilés, elle regardait sans vraiment le voir le plafond, éructant toujours, son corps luttant pour grappiller quelques molécules d'oxygènes qu'elle n'arrivait pas à trouver. Une silhouette floue sembla se pencher à côté d'elle. L'humain devait aussi passer une foutue journée. Se faire pleurer dessus par une inconnue, puis la voir s'écrouler en suffoquant n'était sans doute pas plaisant.
    Oh, elle? Elle était sans doute en train d'y passer. Et elle ne voyait pas vraiment en quoi cela pouvait être si dérangeant.

    Après quoi, elle sombra dans l'inconscience, déjà aveugle depuis plusieurs minutes du monde qui l'entourait.







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MessageSujet: Re: La guerre ne change jamais   Mer 25 Fév 2015, 17:47
Une jolie mare multicolore se forma alors que les différentes boissons s’étalaient au sol, laissant le serveur prendre conscience de l’énorme bourde qu’il venait de faire. L’hilarité générale enfonça le clou d’un cran, laissant au personnel du bar le temps de constater les dégâts. Heureusement on l’avait servi avant la catastrophe, aussi il coupait à un temps d’attente particulièrement long. Ca tombait bien, Léonardus n’était nullement pris d’une fièvre acheteuse et déboursé des crédits n’était pas son hobby favori. Le médecin sirota une petite gorgée de son jus de fruit qui lui rafraîchit la gorge, prendre une petite pause et voir comment le monde tournait sans interagir avec. D’habitude il n’aimait pas être simple spectateur mais la perspective de pouvoir penser à lui le réjouit ; ça faisait longtemps que le Turien n’avait pas pris une pause.
Contrairement à d’autres, le docteur préférait oublier ses problèmes autrement qu’avec de l’alcool ou des clopes. De toute façon se torcher au ryncol où un autre alcool fort n’était pas le mieux à faire pour un toubib, encore plus quand le travail et le sang allaient couler à flots pendant un bon moment. La mort s’invitait régulièrement au côté de Léonardus, mais pour une fois la faucheuse avait décidé de passer son tour.
Que les esprits lui en soient témoins la soirée s’annonçait bonne et pour une fois on ne risquait pas de lui faire la peau pour un oui ou pour un non sur le champ de bataille et il ne rentrerait pas dans ses quartiers en empestant le sang.
Avec un plaisir non dissimulé le médecin reprit une gorgée de sa boisson.

Boum

En fait si ce n’était pas la faucheuse qui s’invitait à sa table, ça pouvait bien être un esprit malicieux qui aimait le voir bosser. Le Turien se leva en voyant une de ses congénères s’écrouler par terre en s’agitant, comme d’habitude ceux qui étaient témoins ne faisaient rien et rejetaient la responsabilité sur les autres. Sauf exception d’un individu qu’il n’arrivait pas à voir qui appelait à l’aide.
Ecartant les curieux qui venaient voir, le toubib se précipita vers sa compatriote alors qu’un humain procédait tant bien que mal aux premiers secours.

-Ecartez-vous ! Je suis toubib.

C’était moche ce qu’il voyait ; une Turienne en plein choc anaphylactique qui avait le cou gonflé. Le verre vide confirmait l’hypothèse de Léonardus qui sortit sa seringue hypodermique en s’assurant qu’il s’agissait bien de cela ; arrêt respiratoire à en juger par les mains au cou, inconscience et sans doutes bientôt un arrêt cardiaque. Enlevant le cache aiguille d’une main professionnelle, le médecin enfonça l’extrémité pointue dans le cou de l’allergique qui reprit enfin des signes vitaux à peu près stable après injection de l’épinéphrine. Maintenant que la dame était en vie et continuerait à l’être pour au moins les vingt quatre prochaines heures sauf rechute aussi spectaculaire qu’inattendue, il fallait s’occuper de la mettre en sécurité. Ou au moins dans un coin où elle ne risquait pas de se faire dépouiller par des bandits le temps qu’elle se réveille mais pour ça il fallait déjà trouver une planque.

-Hm, excusez-moi mais disons que votre amie ne peut pas rester ici en plein milieu de la salle. Bredouilla un serveur Galarien.

Pas celui qui avait renversé tous un plateau mais la remarque était quand même assez malvenue compte tenu des événements. Surtout que c’était à cause d’eux si la Turienne s’était empoisonnée, elle n’avait pas commandé expressément un cocktail qui allait la tuer. Ou alors elle avait bu à grande gorgée celui de l’humain, chose improbable. Léonardus s’apprêta à massacrer verbalement l’odieux individu qu’il avait devant ses yeux avant que ledit Galarien ne rajoute :

-Je sais que l’arrière-salle est libre et qu’elle n’est pas trop fréquentée. Si vous voulez veiller sur votre ami au chaud c’est sans doutes le bon endroit.

Voilà une proposition qui s’avérait intéressante.
D’un commun accord il fût décidé que l’humain et lui l’emmène à l’arrière-salle le temps qu’elle récupère ou que des autorités compétentes se ramènent. Aussi ce fût le Turien qui se chargea d’emmener sa congénère au lieu-dit, les femmes de son espèce pesaient lourd contrairement à ce qu’on pouvait dire.

-Vous vous connaissiez où alors vous êtes une âme charitable ? Demanda Léonardus. Je ne veux pas être indiscret mais si vous saviez si elle a déjà fait des réactions comme ça avant ça m’aiderait.
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MessageSujet: Re: La guerre ne change jamais   Mer 25 Fév 2015, 23:47


Et encore une fois, la Turienne prit Adrien complètement à contrepied. Même si il ne pensait pas que son discours la remotive, reboost ou n’importe quoi, il ne s’attendait pas à une telle agressivité. Il commençait même à regretter son élan de générosité. Cela dit, Adrien comprenait la tristesse de la Turienne. Elle venait de perdre son frère, d’après l’histoire qu’elle bégayait, tué par Cerberus comme Annaz l’avait deviné. Et elle se mit à raconter sa vie à Adrien. Entre deux larmes, elle raconta que sa famille était sur Palaven, et elle n’avait aucune nouvelle de leur part. Comme beaucoup de monde. Et elle continuait à pleurer sur ses camarades tombés au combat, tout en argumentant qu’elle continuerait à se battre. La logique de la chose dépassait Adrien, qui ne comprenait pas comment on pouvait s’écrouler en larme et avancer le fait de continuer à se battre dans la même phrase… L’alcool ne devait pas forcément aider à tenir un discours cohérent. Elle rajouta quelque chose d’incompréhensible pour Adrien, aussi bien à cause de la puissance de la voix que de l’articulation avant de… se tenir la gorge ? Mais que ce qu’elle foutait ?

Sur le moment, Adrien se demandait réellement ce que faisait la Turienne. Elle lui en avait déjà tellement fait pendant la soirée qu’il ne savait pas s’il s’agissait encore d’une démonstration de tristesse. Ou de colère. Ou des deux. Au final, le doute disparut quand la Turienne tomba à la renverse de sa chaise. Adrien bondit de la sienne, la renversant aussi, et se précipita sur la militaire en hurlant à l’aide. Dans le même temps, il entreprit un massage cardiaque, ainsi qu’on lui avait appris lors des cours de premier secours. Bon, ce n’était sans doute pas aussi bien réalisé qu’en théorie, mais dans l’urgence, il ne s’en sortit pas trop mal. Quand à savoir si c’était utile, il n’en savait strictement rien. Après quelques coups sur la poitrine de la Turienne, et constatant que son état ne s’améliorait pas, Adrien tenta le bouche à bouche. Il se pencha sur la femelle, pris une grande inspiration et expira aussitôt en tournant la tête. Elle n’en était pas à son premier verre, il avait oublié. Recommençant l’opération, il inspira et expira cette fois de la bonne manière, mais avec guère plus de résultats. Elle continuait de s’étouffer. Soudain, un autre Turien se dressait à ses côtés.

-Ecartez-vous ! Je suis toubib.

Adrien laissa volontiers sa place. Il ne douta pas un instant que le Turien dise la vérité. Non pas parce qu’il avait une blouse, ou tout autre habit de médecin, mais simplement parce qu’il ne pensait pas que quelqu’un puisse mentir à ce sujet, dans ces circonstances. Même si la Galaxie avait son lot de dingue, se faire passer pour un médecin quand quelqu’un était en train de mourir était d’un tel niveau de folie qu’Adrien ne pensait pas que quelqu’un puisse vraiment le faire. Il eut cependant un petit doute quand il vit le médecin auto déclaré sortir une seringue et la planter dans le cou de sa « patiente ». Très dérangeant, quand on ne s’y attend pas. Annaz eut même un léger geste de recul au moment de la piqure. Il n’aimait pas voir ça. Mais dans tout les cas, l’injection était efficace, puisque la Turienne recommença à respirer un peu mieux, puis presque normalement après quelques secondes. Elle semblait être sauvée, du moins pour le moment.

Malgré tout, il fallait encore trouver un endroit où lui permettre de reprendre conscience, de préférence au calme. Adrien n’allait pas l’abandonner par terre, au plein milieu du bar. Il se voyait cependant mal la trainer dans les rues de la Citadelle jusque… Jusqu’où, déjà ? Pas la moindre idée. Et l’emmener à l’hôpital, alors qu’il y avait encore des blessés suite à l’attaque était inenvisageable. Le SSC ? Pas la peine d’y penser… Il était encore à réfléchir à un endroit où mettre la Turienne au repos lorsque l’un des serveurs, un Galarien qui avait assisté à la scène, s’approcha d’eux en dandinant, gêné.

-Hm, excusez-moi mais disons que votre amie ne peut pas rester ici en plein milieu de la salle.

Adrien fit la moue. Si c’était pour énoncer une évidence, il n’avait pas besoin d’aide. Le Galarien ne faisait que son travail, bien peu facile aujourd’hui, mais n’aidait vraiment pas Annaz à trouver une idée.

-Je sais que l’arrière-salle est libre et qu’elle n’est pas trop fréquentée. Si vous voulez veiller sur votre ami au chaud c’est sans doutes le bon endroit.

Voila qui était beaucoup mieux. L’arrière salle. Ce n’était sûr pas le meilleur endroit pour une convalescente qui venait d’échapper à la mort, mais c’était toujours mieux qu’au milieu du passage. Et faute de meilleure idée à proposer, cela ferait l’affaire. Avec un hochement de tête approbateur en direction du serveur, Adrien se saisit des bras de la Turienne tandis que le médecin la prit par les pieds, et ils la transportèrent ensemble en direction de l’arrière-salle, guidés par le Galarien. La Turienne restait une soldate en pleine forme, et les muscles pèsent toujours lourd. Pendant le trajet, le médecin, à l’autre bout de la Turienne, entreprit de faire la causette.

-Vous vous connaissiez où alors vous êtes une âme charitable ? Je ne veux pas être indiscret mais si vous saviez si elle a déjà fait des réactions comme ça avant ça m’aiderait.

Adrien grogna. Il n’était pas sûr que le moment était parfaitement bien choisi pour discuter, pas avec une Turienne de quatre-vingt kilos dans les bras. Il aurait préféré que le médecin attende un minimum, par exemple qu’il soit déchargé de son fardeau, pour répondre aux questions. Mais il comprenait l’empressement du Turien, qui voulait sans doute éviter que quelqu’un lui crève entre les mains. Adrien aussi, d’ailleurs.

« Je ne la connais pas. Enfin, si, depuis… Dix minutes ? Quand je suis arrivé, elle était en train d’hurler sur le serveur, celui qui passe la plus mauvaise journée de sa vie. Je suis intervenu, et voila. Je la connais pas, donc, je peux pas vous aider. »

Ils débouchèrent enfin dans l’arrière-salle, qui accueillait en effet quelques tables et chaises. Dans un coin de la pièce, vers une table rectangulaire, deux canapés se faisaient face. Sans doute la table de luxe du bar Venerae. L’endroit étant libre, ils demandèrent au Galarien de déplacer la table et installèrent la Turienne sur le canapé, du mieux qu’ils purent. Encore une fois, ce n’était pas un lit d’hospitalisation, mais pour une convalescente, ça ferait l’affaire. Une fois son fardeau déposé, Adrien souffla et s’écarta du canapé. Il regarda autour de lui et s’installa sur une chaise non loin, afin de garder un œil sur la Turienne. Du pied, il poussa la chaise en face de lui et lui fit décrire un quart de tour afin qu’elle soit orientée de façon à permettre au médecin de s’installer.

« Installez-vous un moment, personnellement je compte m’assurer qu’elle se réveille, si elle ne reste pas dans les vapes jusqu’à la fin de la semaine. Et j’aimerais autant avoir quelqu’un avec qui passer le temps. Croisant les jambes sous la table, Adrien s’installa de manière un peu plus confortable. « Alors dites moi, que ce que vous faites dans un bar de la Citadelle alors qu’il y a tant de blessés à soigner ? Non pas que je vous accuse, je suis bien content de vous voir ici, j’ai l’impression que si ça n’avait tenu qu’à moi, jamais votre compatriote n’aurait survécue. Cela dit, je suis curieux de savoir quelle histoire vous a fait atterrir ici.
C’était d’autant plus vrai qu’Adrien n’avait que rarement rencontré de médecin en dehors de ceux a qui il devait rendre visite pour ses bilans de santé, ou les médecins de terrain. Un docteur qui n’était pas dans un hôpital, c’était presque une première pour Annaz, pour autant qu’il sache. D’un autre côté, il ne demandait pas à toutes les personnes qu’il rencontrait quel métier ils exerçaient. Et puis, tous les moyens sont bon pour tuer le temps.
« Voulez vous quelque chose à boire ? C’est ma tournée. Pour… Disons, pour vous remercier d’être au bon endroit au bon moment. C’est le moins que je puisse faire. Au fait, je ne me suis pas présenté : Adrien Annaz, sergent de l'Alliance. Et vous êtes ? »



Pourquoi est-ce qu'à chaque fois que quelqu'un dit "avec tout le respect que je vous dois", j'entends "ta gueule" ?


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MessageSujet: Re: La guerre ne change jamais   Ven 27 Fév 2015, 17:14
-Je ne la connais pas. Enfin, si, depuis… Dix minutes ? Quand je suis arrivé, elle était en train d’hurler sur le serveur, celui qui passe la plus mauvaise journée de sa vie. Je suis intervenu, et voila. Je la connais pas, donc, je peux pas vous aider.

L’inverse l’aurait étonné ; à vrai dire le médecin n’aurait même pas été étonné que l’humain lui avoue essayer d’avoir profité de la faiblesse de la Turienne pour la draguer ou une connerie du genre. Le manque de respect dont les gens pouvaient faire preuve était parfois affligeant, mais pourtant c’était ainsi que le monde s’était fait. Le Galarien leur dégagea une table pour pouvoir installer la dame sur un canapé, ce qui provoqua un grand soulagement chez l’homme qui souffla avant de s’installer sur une chaise. Sans attendre il dérangea une autre du pied pour que Léonardus puisse s’installer.

-Installez-vous un moment, personnellement je compte m’assurer qu’elle se réveille, si elle ne reste pas dans les vapes jusqu’à la fin de la semaine. Et j’aimerais autant avoir quelqu’un avec qui passer le temps.

Et peut-être évité qu’elle ne claque entre ses doigts ; après tout avoir un docteur à portée de main pour soigner une grosse buveuse qui avait bu la mauvaise boisson était toujours utile. Surtout quand on avait une formation médicale qui s’approchait du néant ; faire un massage cardiaque à quelqu’un qui subissait de plein fouet un choc anaphylactique, c’était très con. Le toubib n’avait que rarement vu une telle nullité médicale au point que s’il avait filmé la scène ça aurait pu finir sur Extranet avec des millions de vues.
Enfin, l’humain lui avait gentiment arrangé une chaise, la moindre des politesses était de s’asseoir, aussi c’est ce que fit le Turien.

-Alors dites moi, que ce que vous faites dans un bar de la Citadelle alors qu’il y a tant de blessés à soigner ? Non pas que je vous accuse, je suis bien content de vous voir ici, j’ai l’impression que si ça n’avait tenu qu’à moi, jamais votre compatriote n’aurait survécue. Cela dit, je suis curieux de savoir quelle histoire vous a fait atterrir ici.

Une question vint à l’esprit de Léonardus ; devait-il mentionner la présence de pervitine dans son sang ? Ou alors omettre ce type de détail ?
Sans doutes que ne rien dire sur la dope dans son sang serait le mieux ; après tous les gens n’avaient pas une bonne image des junkies. Lui non plus d’ailleurs.
Toutefois certains faisaient la distinction entre ceux qui prenaient des drogues à usages récréatifs et ceux qui se camaient pour tenir la cadence, il entrait dans la seconde catégorie et haïssait la première. Pour lui s’évader dans un autre monde ne servait à rien, si l’on n’était pas capable d’affronter la réalité aussi glaciale et dure soit-elle, le retour ne serait que plus dur encore.

-Voulez-vous quelque chose à boire ? C’est ma tournée. Pour… Disons, pour vous remercier d’être au bon endroit au bon moment. C’est le moins que je puisse faire. Au fait, je ne me suis pas présenté : Adrien Annaz, sergent de l'Alliance. Et vous êtes ?

Le Turien nota que l’humain était une grande gueule bien bavarde ; il n’avait même pas eu le temps de répondre à la première question qu’il s’en prenait d’autre. Enfin, là il semblait attendre une réponse à en jugé par sa dernière phrase. C’était tant mieux le médecin n’aimait pas user sa mémoire à retenir des questions qui s’empilaient les unes sur les autres pour qu’au final elles sortent toute.

-Je m’appelle Léonardus Seneca, médecin-chef.

De la très connue légion Armiger et ses célèbres barbares? De l’une des nombreuses mythiques compagnies qui avaient marqué Palaven par leur détermination hors du commun ? Non, c’était un toubib qu’on affectait au gré du vent.

-Un jus de fruit me conviendra très bien, merci. Pour répondre à votre question j’étais en poste sur la colonie de Digéris avant d’apprendre l’attaque de Cerberus. J’ai pris la première navette en partance pour la Citadelle, je suis arrivé environ vingt quatre heures après l’attaque. Depuis tout ce temps j’ai soigné des blessés et j’avais décidé de m’accorder une pause au moment où la Turienne ici présente a avalé la mauvaise chose. Pas de proche présent au moment du drame, je suis ici aussi bien sur ordre de la hiérarchie que sur initiative personnelle.
Mais et vous ? Vous m’avez posé trois questions je vais donc me permettre de vous en poser une en retour ; êtes-vous en permission ou alors vous êtes venu ici après une journée à surveiller ce satellite géant.


Satellite géant qui était une véritable passoire sur un point de vue militaire ; avec juste la présence du SCC pas étonnant que Cerberus ait percé les défenses de l’endroit comme dans du beurre. Le service de sécurité était plus un service de maintien de l’ordre, c’était incontestable que pour une guerre ouverte le SCC se ferait laminer en quelques heures. Enfin, au moins les lieux étaient redevenus sûrs.
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MessageSujet: Re: La guerre ne change jamais   Sam 28 Fév 2015, 01:37


Beaucoup plus détendu que ce qu’il aurait pensé pu être seulement quelques minutes plus tôt, Adrien profitait enfin de sa permission. Pas exactement de la manière prévue, c’était évident, mais il passait enfin un moment calme et tranquille. Le Turien en face de lui, après avoir considéré sa proposition un instant, s’était décidé à s’installer sur la chaise que l’Humain lui avait proposée. Ainsi face à face, Adrien pourrait presque se croire en paix. Mais ce n’était qu’une illusion, la Turienne allongée dans un état semi-comateux à côté d’eux en était l’une des nombreuses preuves. Et même si il était plus détendu qu’une dizaine de minutes plus tôt, Adrien n’en était pas moins inquiet pour la soldate, qui n’était pas passé loin du drame. En lui-même, Annaz se demanda si la Turienne aurait vraiment fait grand cas de sa mort. Enfin non, elle aurait été morte, elle n’aurait plus eu l’occasion d’en faire état. Mais il ignorait si au moment où elle avait bue son verre, elle tenait toujours autant à la vie. Adrien espérait que ses paroles avaient eu un minimum d’effet, même si la Turienne semblait se moquer de ses tentatives de réconfort. Redressant la tête, Adrien écouta la réponse du médecin. C’était la moindre des choses.

-Je m’appelle Léonardus Seneca, médecin-chef.
Un jus de fruit me conviendra très bien, merci. Pour répondre à votre question j’étais en poste sur la colonie de Digéris avant d’apprendre l’attaque de Cerberus. J’ai pris la première navette en partance pour la Citadelle, je suis arrivé environ vingt quatre heures après l’attaque. Depuis tout ce temps j’ai soigné des blessés et j’avais décidé de m’accorder une pause au moment où la Turienne ici présente a avalé la mauvaise chose. Pas de proche présent au moment du drame, je suis ici aussi bien sur ordre de la hiérarchie que sur initiative personnelle.
Mais et vous ? Vous m’avez posé trois questions je vais donc me permettre de vous en poser une en retour ; êtes-vous en permission ou alors vous êtes venu ici après une journée à surveiller ce satellite géant.


Un médecin oui, mais un médecin-chef vraisemblablement. Adrien ne pensait pas que ce genre d’animal avait le temps de prendre des pauses par ces temps. Entre les morts et les blessés suite à l’attaque, les réfugiés et les millions de choses à faire, Annaz était étonné qu’un médecin ait le temps de faire une descente dans un bar. Mais il n’allait pas s’en plaindre, la présence de ce Turien était providentielle. S’il était resté dans son hôpital à soigner ses patients, la Turienne n’aurait pas survécue à la soirée, et mine de rien, la soirée d’Adrien aurait été gâchée. Il n’était pas fan de l’idée de voir quelqu’un tomber raid mort à ses pieds à la base, alors dans un bar de la Citadelle en plus… Les morts du champ de bataille lui suffisaient largement. Et quand à la question qu’on venait de lui poser…

« Et bien… Vous aurez votre réponse une fois que je serais de retour avec nos boissons. Autant s’installer confortablement, non ? »

Et sur ces mots, Adrien se leva et repartir en direction de la salle principale du bar. Celui-ci semblait métamorphosé depuis qu’Annaz l’avait quitté. Les chaises autour de la table à laquelle s’était trouvé Adrien et la Turienne avaient étés remises en place, la table nettoyée, comme si rien ne s’était jamais passé. Plus loin, le sol avait été nettoyé de son mélange de cocktail renversé, et seul des panneaux « sol glissant » indiquaient que quelque chose s’était passé. Les conversations semblaient s’être calmées avec l’évanouissement de la Turienne, et chacun scrutait le fond de son verre, perdus dans leurs pensées. Seuls le bar semblait plus animé, avec quelques discussions enjouées. Le reste de la pièce semblait ressasser les événements récents, aussi bien ceux des dernières minutes que des derniers jours. Dans cette ambiance morose, Adrien se rendit au comptoir, avec l’impression d’avoir les yeux fixés sur lui. Ce qui n’était pas loin d’être le cas. Il héla un barman et demanda un jus de fruit, et se retrouva un peu bête quand le serveur lui demanda de quel fruit. Heureusement, son collègue se souvint de la commande, somme toute assez peu banale dans un bar, et il fut servis en un temps record. Pour sa part, après une hésitation, Adrien opta pour un cocktail sans alcool, ne voulant pas finir dans le même état que la Turienne. Il se décida donc pour un « Betau », du nom de la divinité Galarienne. Un verre dans chaque main, il retourna dans l’arrière-salle, en faisant bien attention à ne rien renverser.

De retour dans l’arrière-salle, il dépose les deux verres à table, le jus de fruit devant le Turien et son Betau devant sa chaise, et s’installa, non sans avoir jeté un coup d’œil à la forme allongée non loin d’eux. La Turienne ne semblait pas pressée de se réveiller, et Adrien n’avait pas l’intention de rester toute la nuit sur place, malgré sa bonne volonté. Jetant un œil à sa montre, il décida que si dans quarante minutes, sois à minuit, horaire Terrien, elle n’était pas réveillée, il se débrouillerait pour lui trouver un autre endroit où se reposer. Peut-être le médecin pourrait-il l’aider à ce propos, il devait bien connaitre un ou deux coins pour ce genre de choses. Même si il n’était pas originaire de la Citadelle. Tournant à nouveau son attention vers le Turien, il se décida enfin à répondre à sa question, après l’avoir fait patienter un bon moment.

« Pour vous répondre, il s’agit un peu des deux points. Je suis en permission depuis un peu plus de deux heure, après avoir passé les derniers jours à faire le piquet dans les Secteurs afin d’éviter à des civils inconscient d’aller se balader devant une tourelle que Cerberus à gentiment laissé en cadeau. Malheureusement, on ne peut pas dire que les civils soient très coopératifs, et j’ai plus l’impression de me battre contre eux que tout le reste. Avant ça… Disons que je fais partie des forces non-combattantes de l’Alliance, en attendant l’opportunité de contre-attaquer. Je m’occupe donc d’essayer de calmer les réfugiés les plus excités, de régler des petits conflits, de patrouiller, et de botter de cul des organisations terroristes qui essayent de prendre le contrôle de la station. J’avoue que j’ai plus de mal avec le dernier point, il n’était pas prévu dans mon contrat. Mais ce n’est pas comme si j’avais le choix. Du coup, maintenant que j’ai un peu de temps libre, je me suis dis que descendre dans un bar pour discuter avec un quidam serait une bonne idée. Malheureusement, le quidam en question est allongée après avoir fait… D’ailleurs, c’était quoi ça ? Bref, après avoir failli y passer. Ce n’est pas tout à fait comme ça que j’imaginais ma permission, mais au moins, ça me change de rester debout à expliquer à des civils entêtés pourquoi ils ne peuvent pas aller se faire tuer dans la portion des Secteurs que je surveille. Et vous donc, vous étiez sur Digéris ? Comment ça se passe ? Hormis les infos, on ne sait pas grand-chose. La Citadelle est très… Coupée du reste de la Galaxie, comme si elle était dans une bulle. Ca va aussi mal qu’on nous le dit ? »

Ils restèrent ainsi à discuter pendant une bonne demi-heure, parlant de la guerre, de charcutage, de tir, de blessés et plus généralement des événements actuels. Le niveau de boisson diminua dangereusement à l’issue de cette demi-heure, mais Adrien l’ignora. Il allait bientôt partir, et devait donc trouver un autre endroit où la Turienne pourrait se reposer. Aussi étrange que cela puisse paraitre, ce n’était pas si simple. Encore une fois, les hôpitaux étaient blindés, il ignorait si la Turienne avait un appartement, et ne voyait pas où l’installer autrement. Il s’apprêtait à demander de l’aide au médecin quand la Turienne bougea légèrement. Le mouvement n’échappa pas à Adrien, qui restait quand même entrainé à se battre et à repérer des mouvements, même faible. Il restait un soldat, même avec un peu d’alcool dans le sang. Coupant la parole à son interlocuteur qui n’avait pas vu le geste, Adrien lui signala que la Turienne était en train de se réveiller. Avant que celui-ci ne puisse bouger, la Turienne sembla revenir complètement parmi les vivants, et Adrien se dirigea à son chevet. Il espérait qu’elle se rappelait de lui, sans quoi il risquait une bonne baffe dans la figure, à se demander ce que cet Humain faisait au dessus d’elle. Mais bon… Ca ne serait que la consécration de cette soirée. Une fois sûr que les sens de la convalescente étaient totalement réactifs, il essaya de ramener son esprit parmi eux.

« Vous m’entendez, Ravilla ? Vous allez bien ? Vous vous souvenez de ce qui c’est passé ? »

Il ignorait si le médecin avait bougé depuis qu’il lui avait signalé le réveil de sa « patiente », car il lui tournait le dos. Cependant, il espérait bien ne pas être le seul à s’inquiéter de l’état de la Turienne, qui revenait du monde des morts. Il fallait juste croiser les doigts pour qu’elle ait ramenée avec elle une once de lucidité, et qu’elle aie laissée l’alcool ingurgité dans la soirée là-bas en échange. Une discussion sans bégaiement avec elle serait la bienvenue.




Pourquoi est-ce qu'à chaque fois que quelqu'un dit "avec tout le respect que je vous dois", j'entends "ta gueule" ?


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MessageSujet: Re: La guerre ne change jamais   Lun 02 Mar 2015, 20:39


    Aper s'agita légèrement alors qu'elle sortait de l'état semi-comateux où elle s'était trouvée plongée. Elle lutta un moment afin de pouvoir entrouvrir les paupières, lâchant un faible grognement lorsque la lumière artificielle lui frappa l'iris. Elle réussit, un peu fébrile, à remonter sa main jusqu'à ses yeux, cachant en partie la lueur assassine des néons. Son cerveau vrillait dans son crâne, comme s'il s'agissait d'un carillon et des flashs de lumières continuaient de danser malgré ses yeux fermés. Rajoutons à cela une envie de vomir, la bouche pâteuse et une sensation d'épuisement, tant physique que moral. Ouais. Elle était, heureusement ou malheureusement, encore en vie. Et avec ce qui pourrait ressembler à une gueule de bois. Jamais elle n'aurait cru qu'il était possible d'avoir mal à la crête mais... eh, apparemment, c'était une chose faisable. Son désarroi fut traduit par ce qu'on pourrait appeler "L'éternel phrase à énoncer lorsque la cuite est telle qu'on a mal jusqu'aux cheveux/crête/tentacule/carapace, rayez la mention inutile", à savoir:

    - Bordel ma tête...

    Une main sur le front, comme si cela était d'une quelconque utilité, la militaire tenta de respirer calmement. En tout cas, de ne pas avoir trop mal en respirant. Il fallait essayer de voir les choses de façon positive. Son semi-coma lui avait fait plutôt du bien. Disons au moins qu'il lui avait permis de dessaouler un peu. Par contre, quant à connaître les raisons d'un tel blackout, c'était une autre chose. La turienne jeta un regard un peu vide au plafond, tentant de collecter ses derniers souvenirs. Lesquels comportaient beaucoup, beaucoup d'alcool. Et un humain. Et des pleurs. Des pleurs et un humain. Oh... non...
    Maintenant que les pièces du puzzle, bien que grandement incomplètes, se mettaient en place, l'auto-apitoiement dans lequel elle s'était enfermée plus tôt commençait à s'effacer au profit d'une honte grandissante. Parce que, si elle ne l'avait pas rêvé, elle avait, ivre, pleuré sur l'épaule d'un confrère militaire - bien qu'humain- pour ensuite l'envoyer se faire foutre. Après quoi... tout était devenu noir. Elle se rappelait vaguement s'être sentie mourir. Pour le reste... Impossible de savoir. Néanmoins, malgré les trous, l'essentiel était là: Elle s'était laissée allée. Elle s'était fucking laissée allée, même, pour ne pas rester polie. Ses mandibules claquèrent sèchement. En tout cas, elles essayèrent mais son manque de force était tel qu'elles finirent par simplement cliqueter doucement. Elle était encore à cligner lourdement des paupières, tentant de revenir totalement dans le monde des vivants et priant tous les esprits du Panthéon Turien qu'aucuns de ses supérieurs ne l'avait vu ainsi, lorsqu'un visage presque inconnu, presque familier, apparu devant elle. Un qui avait l'air plus ou moins inquiet.

    - Vous m’entendez, Ravilla ? Vous allez bien ? Vous vous souvenez de ce qui c’est passé ?

    L'intéressée tenta dans un premier temps de se relever afin de tenir la position assise. Elle abandonné bien vite l'idée lorsque, à peine s'était-elle trouvée un peu hissée, elle s'était trouvée prise de vertiges; ses bras avaient pliés et elle s'était retrouvée allongée comme au départ. Elle avait donc opté pour un entre-deux, s'appuyant sur un bras, toujours couchée mais le buste légèrement redressé. C'était au moins ça.
    Après quoi, elle avait levé une main vers le Sergent pour lui demander d'attendre et s'était d'avantage penchée au-dessus de la banquette, une sévère envie de vomir lui remontant à la gorge. Envie qui monta... Puis descendit... Remonta un petit peu... Fit une feinte en lui laissant croire que ça allait et puis en fait non... Au final, après quelques secondes d'indécisions, son corps décida que ouais, non, pas envie en fait, et la nausée passa. La militaire soupira doucement et leva un pouce pour répondre à la question qui lui avait été posée.

    - Génial... Le meilleur jour de ma vie...

    L'ironie était encore mordante chez elle. Après quoi, elle se roula en boule, les yeux fermés, regrettant amèrement l'absence de médicaments contre la gueule de bois à proximité. Et d'un sceau. Ouais. Un sceau et de l'Alka-Seltzer turien. Voilà tout ce qui lui manquait en ce moment. Avec le fait de savoir son frère en vie plutôt que mort...
    Elle grogna, se repliant un peu plus sur elle-même. Esprits qu'elle avait été pitoyable. Si Hecarion avait été encore de ce monde, il lui en aurait foutu une belle et l'aurait engueulé comme jamais. Malgré son regard vide, un fin sourire s'étala d'une façon presque imperceptible sur son visage. Ouais. L'engueulade qui aurait suivi aurait été digne de rentrer dans les annales. Se dire qu'une telle chose n'arriverait plus jamais lui brisait le coeur. Presque littéralement. Mais, et si ses vagues souvenirs du discours dans lequel s'était lancé l'homme plutôt étaient exacts, il n'était pas l'heure de s'effondrer en pleurant. Intérieurement, elle avait beau se sentir presque morte, il fallait qu'elle continue. Au moins d'attraper son arme et de défendre la galaxie. Et si au passage elle pouvait buter certains de ces enfoirés de terroristes pro-humains... Oh, elle ne se gênerait pas. Loin, mais alors très très loin de là... Ses pupilles d'or à nouveaux ouvertes sur le monde fixait devant elle, sans pour autant s'arrêter sur un objet quelconque. Elle les tuerait méthodiquement, un par un, d'une balle en pleine milieu du crâne. Après les avoir immobilisé en leur explosant la jambe, voir même l'artère qui circulait là-dedans. Les voir gémir et supplier, comme avait dû le faire certaines de leurs victimes...

    Si la flamme de la haine pouvait briller au fond de ses yeux, la franc-tireuse n'était pas capable de s'en rendre compte. D'ailleurs, elle les ferma même, maintenant que son cerveau s'agitait dans sa boîte crânienne comme un prisonnier désespéré de défoncer les portes de sa cellule. Au moins son envie de redécorer le sol du bar n'était plus trop-trop présent. Elle grogna un peu alors qu'une nouvelle douleur se faisait ressentir, puis claqua deux fois des mandibules avec une faiblesse voulue cette fois-ci. Elle réfléchissait. Histoire de pouvoir répondre à la seconde question qu'on lui avait posée. Et force était de dire que rien ne lui venait à l'esprit que les débris de mémoire qu'elle avait sous la main.

    - J'ai bu... J'ai étouffé. Et m'suis réveillée là. 'Sais rien d'plus.

    Voilà que sa gorge recommençait à lui brûler. Elle toussa quelques peu, une main sur la poitrine et les yeux toujours clos. A la question "quelle partie de son corps ne lui faisait pas un mal de chien", la réponse devait sans doute être "aucune". Encore que, les pieds allaient à peu près. Plus ou moins.
    Son mal de crâne la laissa un peu tranquille mais elle ne sortit pas pour le moins de sa position, comme l'aurait fait une personne blessée. D'une certaine façon, elle l'était, tant de corps et d'esprits. Sans compter que désormais, c'était son honneur qui allait en prendre un coup. Ravilla finit par réussir à articuler d'une façon assez distincte et plutôt digne pour quelqu'un qui se retrouvait dans son état:

    - Désolée... pour mon comport'ment d'avant. Et de m'être laissée allée. Excuses plus officielles plus tard S'rgent ... Drinaz...

    Oh bordel... Elle et les noms humains. C'était quelque chose d'assez difficile alors qu'on avait toutes ses facultés, mais dans son cas... Bon, si elle se trompait, elle rajouterait cela aux excuses du lendemain. Ouais... Elle le ferait bien, avec le salut militaire, le corps droit et tout le bordel. Pour l'instant, elle luttait déjà suffisamment pour rester éveillée. De plus, elle n'était même pas sûre de pouvoir se lever sans se casser la gueule. Hors de question qu'elle rentre au vaisseau dans un tel état.
    Après un petit instant de silence, une question, du genre à laquelle quelqu'un de sobre aurait posé assez rapidement, finit par être lâchée.

    - Vous m'avez mise 'ci seul?







Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: La guerre ne change jamais   Mer 04 Mar 2015, 20:43
Des sujets futiles mais divertissants, d’autres qui faisaient pleurer dans les chaumières, ils avaient parler du taff, de toutes les conneries possibles et imaginables durant le laps de temps durant lequel la Turienne était en train de cuver son vin et son choc anaphylactique. Puis à un moment de la conversation Adrien se retourna spontanément et alla voir sa compatriote qui était apparemment dans un état de demi-conscience.

-Vous m’entendez, Ravilla ? Vous allez bien ? Vous vous souvenez de ce qui c’est passé ?

Juste une réaction allergique généralisée assortie d’une sale gueule de bois pour s’être torché à la bibine toute la soirée. En bon médecin Léonardus se rapprocha et jeta un coup d’oeil discret à la dénommée Ravilla qui semblait émerger du pays des comateux. L’humain fit comme toujours preuve d’un tact médical alarmant ; les rares fois où le docteur s’était rendu ivre par la force des choses ses réveils avaient toujours été accompagné d’une intolérance au bruit. Apparemment ça ne la dérangeait pas plus que ça. Tant mieux pour le sergent qui aurait déjà gobé toute sa dentition si le toubib avait été à la place de la convalescente.

- Génial... Le meilleur jour de ma vie...

Ca rassurait son compatriote qui se disait qu’elle avait enfin une réaction censée en affichant une mauvaise humeur latente. Le regard d’assassin dans ses yeux aurait dissuadé Léonardus d’essayer de la soigner mais dans son état ce serait un miracle si elle arrivait à se lever d’un bond sans faire un malaise où avoir des vertiges. Ce n’était pas un excellent combattant mais il connaissait quelques ruses.

- J'ai bu... J'ai étouffé. Et m'suis réveillée là. 'Sais rien d'plus.

La ça dépassait ses compétences, la mémoire n’était pas son fort d’un point de vue médical mais savoir si ne pas se souvenir de son accident relevait d’un état de connerie avancé où un symptôme d’un choc anaphylactique. Mais à vrai dire la première option était la plus probable. Avec la quantité d’alcool dans le sang de la Turienne le fait de ne plus se souvenir de grand-chose était compréhensible.

- Désolée... pour mon comport'ment d'avant. Et de m'être laissée allée. Excuses plus officielles plus tard S'rgent ... Drinaz... Vous m'avez mise 'ci seul?

La dernière question était intéressante car d’un point de vue technique, le médecin avait laissé l’humain se trimballer la carcasse de sa compatriote. Mais s’il n’avait pas été là il était tout à fait probable que ce soit un légiste qui trimbalerait son corps inerte, vidé de toute vie, dans un four ou un cercueil.

-J’ai un peu aidé. Se signala Léonardus. Vous avez fait une grosse réaction allergique.

Ce n’était pas son genre d’être sous les feus des projecteurs et vu l’état de Ravilla utilisé des mots simple semblait judicieux.
C’était d’ailleurs une réaction surturienne que de se relever comme ça après un choc de ce genre. En même pas trois quarts d’heures elle était de nouveau d’attaque, sa compatriote devait avoir un métabolisme en béton et un corps en acier pour encaisser comme ça.
Encore plus spectaculaire qu’un syndrome du génie acquis.

-Normalement la gueule de bois devrait passer d’ici une heure où deux, peut-être moins.

Dans tous les cas, une petite visite chez un généraliste compétent s’imposerait un peu plus tard ; ce n’était pas anodin de frôler la mort comme ça. Enfin, lui aussi avait côtoyé la faucheuse plusieurs fois et même si ce soir il ne traînait pas son odeur la non-vie ne lui faisait plus vraiment peur à force de vivre avec.
Par contre ce qui se passerait juste avant si.
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MessageSujet: Re: La guerre ne change jamais   Ven 06 Mar 2015, 01:40

Ayant réussi à éviter le coup de poing dans la figure en guise de remerciement, Adrien voyait les choses de manières positives. Outre ce détail, la Turienne semblait en forme, pour autant qu’on puisse l’être après ce genre d’aventure. Elle n’était bien sûr en une forme olympique, mais elle était consciente, se rappelait vaguement de ce qu’il s’était passé et semblait de fort mauvaise humeur, ce qui semblait être son état habituel. Aussi ne fut-il pas surpris quand la Turienne elle répondit avec ironie à une question simple et qui se voulait amicale. Mais il passa l’éponge, mettant ça sur le compte d’un réveil plutôt compliqué. Qui plus est, il était heureux de ne pas avoir à chercher un endroit où longer la Turienne, qui allait pouvoir rentrer chez elle d’elle-même. En tout cas, si elle n’était pas en grande forme, elle semblait consciente que son comportement récent était pour le moins étrange, et s’en excusa. Enfin, c’est ce que pensa Adrien, il n’était pas sûr d’avoir tout compris au monologue de la Turienne.

« Pas besoin de vous excuser, je comprends. Je n’ai pas fait preuve de beaucoup de tact non plus, et je tenais à m’excuser aussi. J’aurais pu prendre en compte votre peine. »

Bon, il n’en croyait pas un mot et pensait que son discours restait une bonne idée, mais tant qu’à être dans l’excuse, Adrien pouvait faire un effort. Il s’était bien rendu compte que sa tentative de bottage de fesses verbal avait plus agacé la Turienne que tout le reste, aussi pensait-il que s’excuser pouvait être une bonne chose. Après, est-ce que ça la calmerait… C’était une autre question. Toujours était-il que la Turienne semblait avoir le cerveau en état de marche, plus que sa langue, puisqu’elle posa une autre question à peine plus compréhensible que son excuse précédente. Est-ce qu’Adrien l’avait transportée là tout seul… Question intéressante en effet, avec peut-être une pointe de suspicion derrière. Difficile de la blâmer. Jetant un œil derrière lui, Adrien n’eut pas le temps de lui répondre que le médecin le faisait déjà.

-J’ai un peu aidé. Vous avez fait une grosse réaction allergique.
-Normalement la gueule de bois devrait passer d’ici une heure où deux, peut-être moins.

Voila qui était clair et concis. Le médecin était peut-être bon dans son boulot, mais niveau psychologie, il était du niveau d’Annaz. Aussi pensa t-il que ce serait une bonne chose de faire les présentations de rigueur, surtout pour la Turienne qui devait se demander qui était ce type.

« Aper, voici Leonardus Seneca, médecin-chef. C’est surtout à lui que vous devez la vie. Il était là par hasard et vous a injecté un produit qui vous a empêché de passer de vie à trépas. Heureusement pour vous qu’il était là, car ce n’est pas avec mes tentatives de massage cardiaque et de bouche à bouche que vous auriez été sauvée… »

Hum, oui, vraiment, niveau psychologie, Adrien s’imposait. La présentation était bonne, mais difficile de rater ce genre de choses. Il aurait put s’arrêter là, avec la mise en avant de l’intervention du médecin. Ca aurait été une très bonne chose, préciser qu’elle devait la vie à son compatriote plutôt qu’à un inconnu auquel elle avait, à la suite, pleurer sur l’épaule, puis rit au nez. A la place de quoi, Adrien avait enchainé sur le bouche à bouche et le massage cardiaque. Ho, il ne le regrettait pas, dans la panique, il aurait dansé une petite salsa si ça avait pu la sauver. Mais Annaz doutait qu’elle prenne les choses aussi bien. Une intuition. Tant pis, c’était dit, c’était fait. Il n’allait pas pouvoir ravaler ses paroles, alors autant passer à autre chose.

« Ne bougez pas, je vais vous chercher à boire. Rien de dangereux, promis, juste un peu d’eau. Ca devrait vous faire du bien. »

Se redressant, Adrien tourna le dos à la Turienne, la laissant seul avec le médecin. Il retourna à nouveau dans le bar, qui semblait s’être bien vidé. Seul quelques couche-tard étaient encore présent, à vider leurs verres, et l’un des serveurs avait disparu, ayant sans doute finit son service. Le deuxième était occupé à nettoyer le bar, n’ayant rien d’autre à faire. Redressant la tête à la venue d’Adrien, il s’enquit de l’état de la Turienne, et fut rassuré de savoir qu’elle était réveillée. Il servit volontiers un verre d’eau à Annaz, et lui fit signe de retourner la voir. Un verre d’eau offert par la maison, voila de quoi fidéliser la clientèle. Enfin, il n’allait pas se plaindre non plus… Faisant le chemin en sens inverse, Adrien évita le sol encore un peu humide des cocktails renversés, et retourna dans l’arrière salle. Il déposa le verre sur la table à côté de la Turienne, afin que celle-ci puisse boire quand elle se sentirait un peu mieux. Il lui laissa encore quelques instants de répits avant de reprendre la parole.

« Excusez mon empressement, mais… Je pense que notre nouvel ami médecin va bientôt devoir retourner à l’hôpital, et pour ma part, je vais bientôt rentrer chez moi. Je n’ai guère envie de vous laisser ici après ce que vous venez de subir, alors je voulais savoir : avez-vous un endroit où dormir ? Que je puisse vous raccompagner. »

Sans ouvrir la bouche, la Turienne fit un signe de tête négatif. Merde, ce n’était pas pratique ça, de ne pas avoir d’endroit où la déposer. Il n’allait tout de même pas la laisser là, même réveillée. De toute façon, le gérant du bar refuserait. Adrien étudia les autres possibilités, avant d’arriver à la conclusion que, s’il voulait être sûr que la Turienne dorme dans un endroit sûr, il n’en connaissait qu’un seul. Pas fou de joie, Annaz savait pourtant qu’il ne pourrait pas être satisfait s’il ne posait pas la question… Et s’il n’était pas sûr que la Turienne soit en sécurité.

« Ne le prenez pas mal, mais je ne vois qu’un seul endroit où vous remettre sur pied. Les hôpitaux et autres camps de réfugiés étant pleins à ras bord, il ne reste que… Chez moi. Au moins, vous dormirez dans un vrai lit, si vous êtes d’accord. Mais je comprendrais que vous refusiez, nous ne nous connaissons pas. »





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MessageSujet: Re: La guerre ne change jamais   Sam 07 Mar 2015, 21:07


    La turienne fermait les yeux, luttant comme elle pouvait contre son mal de crâne et ses hauts de coeurs. Ils la harassaient, tantôt un seul, avec plus ou moins de force, tantôt travaillant en duo pour mieux lui faire regretter de ne pas y être passée. Les paroles autour d'elle se répercutaient avec fracas dans son crâne, lui donnant l'impression qu'une main invisible s'évertuait à lui scier la tête avec un manque de précision diabolique et une ténacité des plus cruelles. Seulement, rien de ce qu'elle ne pouvait faire n'avait un réel impact bénéfique. Car les bruits de la salle du bar était audible d'ici, même si ténus, bruit de fond constant qui semblait par moment assourdissant pour la femelle. Et l'éclairage était présent, lui brûlant les pupilles à chaque fois qu'elle tentait d'ouvrir les paupières. Elle resta donc, roulée sur la banquette qu'elle occupait, une main sur les yeux, tentant d'améliorer au moins un peu sa condition. Elle fit pourtant l'effort de tenter d'observer le monde qui se trouvait autour d'elle lorsqu'une autre voix, inconnue, se fit entendre. Une voix à l'effet un peu métallique, qui ne laissait que peu de doute quant à l'appartenance de celui qui parlait: un turien. Lequel se manifesta, modeste, pour souligner sa présence et avancer l'aide qu'il avait apporté dans l'affaire qui s'était déroulée un peu plus tôt.

    - J’ai un peu aidé. Vous avez fait une grosse réaction allergique.

    Il utilisait des mots simples au lieu de ceux, compliqués, du jargon médical qu'il devait avoir l'habitude d'employer et qui, il n'y avait pas de doutes à avoir, aurait mieux décrit la situation. Si Ravilla avait pu le constater, elle l'aurait remercié. Car oui, son état ne lui permettait pas de supporter tout un charabia médical en ce moment. A vrai dire, elle avait même du mal à lier les mots les plus simples. Ainsi, elle avait fait "une grosse réaction allergique". Elle n'allait pas chercher plus loin que ce qu'on venait de lui annoncer. Elle aurait le temps de réfléchir demain. De comprendre que cela signifiait qu'elle avait ingurgité quelque chose, alcool, jus de fruit ou quoi que ce soit d'autre, qui était lévoaminé. Et que cela voulait dire que le barman avait, par erreur ou non, manqué de l'empoisonner. Non pas que cela lui tienne à coeur plus que ça. Surtout qu'il était improbable qu'on cherche à la tuer comme ça. A moins d'être endoctriné, ou fanatique de Cerberus, et encore. Mais, que cela ait été fait volontairement ou non, il y avait tout de même des conséquences, un risque pour les autres clients, une enquête à mener, comprendre comment cela avait pu arriver. Sauf que, tout cela, notre franc-tireuse s'en foutait royalement. Bien plus que royalement. Elle n'avait qu'une seule envie, qu'un seul désir: trouver un endroit calme, s'y allonger, roulée en boule sous une couverture et dormir le temps qu'il lui faudrait pour récupérer. S'enfermer dans une bulle de silence, sans que rien ne vienne la déranger, sans qu'elle ait besoin de réfléchir à quoi que ce soit. Qu'elle puisse panser ses blessures, le temps qu'il lui faudrait.
    Ce n'était pas possible. Une partie d'elle, même alors que l'univers autour d'elle lui semblait intangible, le savait pertinemment. Alors, juste dormir dans un coin lui suffisait. Elle était fatiguée. Le moindre mouvement lui semblait être un effort immense. Et elle ne pouvait pas rester ici. A défaut de voir son rêve de silence se réaliser, elle remonta ses genoux un peu sur la poitrine, toujours allongée sur le canapé, une main posée sur son front afin de cacher, au moins partiellement, la lumière assassine. L'humain commença à discuter, ignorant, et c'était son droit, la fatigue qui assaillait celle qui avait failli mourir quelques heures plus tôt. La première réaction à laquelle il eut le droit fut un grognement. Après quoi, plus rien.

    - Aper, voici Leonardus Seneca, médecin-chef. C’est surtout à lui que vous devez la vie. Il était là par hasard et vous a injecté un produit qui vous a empêché de passer de vie à trépas. Heureusement pour vous qu’il était là, car ce n’est pas avec mes tentatives de massage cardiaque et de bouche à bouche que vous auriez été sauvée…

    Plus rien, car elle essayait de digérer ce qui était, à son niveau immédiat, un flot d'informations. Le nom du turien, pour commencer, que l'intéressée décida d'appeler "Docteur" pour plus de simplicité. Le fait qu'il lui ait sauvé la vie aussi, grâce à un mystérieux "produit" qui avait de quoi faire lever des sourcils interrogateurs à sa mention. Puis, le fait que le sergent ait tenté de la sauver comme il pouvait. Après quoi, les nouvelles plus ou moins intégrées, la sniper décida de les laisser de côté. Elle s'en rappellerait bien demain et pourrait agir en conséquence. Là, elle n'arrivait qu'à toussoter, la gorge sèche. Sans oublier la bouche pâteuse des plus désagréables.
    Adrien l'avait-il remarqué? Possible, car il se proposa spontanément pour aller lui chercher à boire, se levant rapidement et quittant la pièce avec une discrétion plus ou moins relative. L'absence de bruit et de babillages était un soulagement pour la malade, laquelle y goûta avec délice pendant un temps. Puis, un bruit, un mouvement, lui rappela qu'elle n'était pas seule. Elle claqua doucement des mandibules, toujours un peu à l'ouest. Le médecin, oui. Il l'avait sauvé, même si elle n'était pas vraiment sûre de l'avoir voulu. Qu'importe, c'était un fait qui était arrivé. Elle n'allait pas bouder la politesse la plus élémentaire juste parce qu'elle ne savait pas si elle devait être heureuse d'avoir survécu ou non. C'était deux mots, très simples à prononcer en temps normal, mais que la soldate prit un temps minutieux à préparer. Il n'était pas question de foirer ça. D'autant plus que, petit à petit, elle commençait à se sentir un peu mieux. Disons que ses nausées passaient de "tout le temps" à "fréquentes". C'était déjà ça.

    - Merci Docteur...

    Pfiou. Elle l'avait dit avec une clarté des plus normales et sans qu'on sente qu'elle avait fait particulièrement travaillé cela. Après quoi, elle ne dit plus rien, retournant dans sa semi-somnolence. Laquelle dura jusqu'au retour de son sauveur. Un bruit de verre posé sur une table en métal le lui indiqua, avec les bruits de pas. Sa soif lui reprenait et elle ouvrit de nouveau les yeux, les plissant tandis que des larmes montaient. Un peu à cause d'Hécartion, qui ne cessait d'hanter un coin de son esprit, un peu à cause de la sensation de brûlure qu'elle ressentait. Elle fit des efforts pour parvenir à se redresser à demi, enfonçant presque ses griffes dans le rembourrage de son lit de fortune alors que les vertiges lui reprenaient. Elle resta ainsi le temps que ça passe, puis attrapa avec moins d'adresse qu'à l'habitude son verre, le vidant presque d'une traite, toussant à nouveau après. Plus qu'à dormir et elle serait sans doute de nouveau d'attaque. Le lendemain. Pas avant. Elle restait groggy, épuisée et dans l'incapacité, elle en était sûre, de marcher sans se casser la gueule. Dans un bel état, vraiment. La fierté de la Hiérarchie... Ah... Non, il valait mieux qu'elle ne pense pas à ça. S'effondrer en pleurs devant un seul homme était bien assez humiliant pour qu'elle n'ait pas envie de retenter l'expérience alors qu'ils étaient deux.

    - Excusez mon empressement, mais… Je pense que notre nouvel ami médecin va bientôt devoir retourner à l’hôpital, et pour ma part, je vais bientôt rentrer chez moi. Je n’ai guère envie de vous laisser ici après ce que vous venez de subir, alors je voulais savoir : avez-vous un endroit où dormir ? Que je puisse vous raccompagner.

    Elle secoua la tête, gardant les mâchoires serrées pour éviter qu'on remarque les trémolos dans sa voix. Juste le temps que ça passe. Elle n'avait de toute façon pas envie de rentrer sur le Karvy. Si elle croisait un de ses supérieurs, elle était bonne pour finir avec un blâme. Tout sauf ça. Elle ne le supporterait pas. Elle ne risquerait pas d'être virée dans le contexte actuel, surtout pour s'être "juste" salement saoulée. Mais un blâme serait une marque de honte permanente dans son dossier. Le fait qu'on ne puisse pas lui reprocher son ivresse, justement à cause du contexte actuel, n'était même pas imaginable. Même dans les temps les plus durs, les turiens restaient pour la plupart drapés de leur fierté. Et les comportements déshonorants, pour soi ou les autres, restaient considérés comme inadmissibles. Non, elle préférait ne pas tenter les Esprits du Vice et des Malédictions. On pouvait bien la laisser dans la rue, elle s'en foutait tant que l'endroit où on la déposait était assez discret pour qu'on ne la voit pas. Le soldat de l'Alliance ne sembla toutefois pas vraiment partager son état d'esprit.
    Il fit le tour des solutions envisageables, les rejetant l'une après l'autre pour des raisons toutes logiques pour lui proposer de rester chez lui. Ce qui provoqua un léger fou-rire de la part d'Aper, vite suivit d'une quinte de toux.

    - Ahah... C'est ça la "fameuse" drague humaine? Qu'importe. Je prends.

    Ce n'était pas prudent. Du tout. Mais c'était bien le cadet de ses soucis. Elle pourrait tenter de se battre, de contre-attaquer s'il s'en prenait à elle pour la tuer ou la violer. Qu'importe si cela lui coûtait la vie. Au mieux, donc, elle dormait tranquillement, au pire elle repartait les pieds devant. Rien de transcendant.
    La franc-tireuse tenta de se relever un peu plus, sans plus tellement de succès que ça. Elle tendit la main à Annaz afin qu'il l'aide à se remettre debout, ce que celui-ci fit. Elle continua à se servir de l'humain comme d'un appui, plus afin de garder l'équilibre que par faiblesse. C'était de toute façon préférable pour lui.
    Après avoir remercié une dernière fois son sauveur, le duo improbable se dirigea vers la sortie du bar. A Adrien de la guider désormais. En tout cas, elle nota mentalement de se démerder pour retrouver le turien le lendemain, afin de pouvoir le remercier réellement, et comme il se devait.







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MessageSujet: Re: La guerre ne change jamais   Mar 10 Mar 2015, 18:41
-Aper, voici Leonardus Seneca, médecin-chef. C’est surtout à lui que vous devez la vie. Il était là par hasard et vous a injecté un produit qui vous a empêché de passer de vie à trépas. Heureusement pour vous qu’il était là, car ce n’est pas avec mes tentatives de massage cardiaque et de bouche à bouche que vous auriez été sauvée…

Encore heureux qu’il était là, sinon elle serait dans un sac mortuaire. Léonardus ne dit rien et écouta patiemment l’humain lui annoncer qu’il allait chercher un verre d’eau, rien d’empoisonné heureusement. Depuis l’attaque de Cerberus des rumeurs couraient sur l’utilisation de poisons par l’organisation pro humaine sur certains aliens.

-Merci Docteur...
-C’est mon devoir. Répondit le médecin en prenant soin de ne pas monter le volume sonore trop haut.

C’était toujours agréable de recevoir des remerciements en sachant que certains patients passaient leur temps à gueuler pour un rien. Ravilla semblait ne pas trop avoir envie de parler, quand bien même elle n’était même pas en état de tenir une conversation intelligible. Adrien revint vite avec un verre d’eau et commença à causer, causer, causer.
Une minute.
Il l’invitait à dormir chez lui sans aucune gène ?
Léonardus réfléchit un instant ; à vrai dire ça valait mieux étant donné que les hôpitaux étaient submergés et que rentrer sur un vaisseau Turien où une caserne de la Citadelle en trimbalant avec soi une compatriote torchée était tout sauf utile étant donné qu’on risquait surtout de la foutre en dégrisement avec un blâme.
Enfin, ça n’enlevait rien au fait qu’Annaz avait formulé sa demande avec autant de subtilité qu’un char d’assaut chargeant à pleine vitesse un mur.

- Ahah... C'est ça la "fameuse" drague humaine? Qu'importe. Je prends.

Elle avait raison d’accepter. De toute façon sa soirée avait été quelque peu gâchée par ce sauvetage qu’il ne regrettait nullement, mais le médecin devait avouer qu’il aurait préféré autre chose comme divertissement.
Etant donné que la paire allait s’en aller, le docteur salua les deux et quitta les lieux à son tour. Une bonne nuit de sommeil l’attendait, où tout du moins une longue nuit étant donné que ça faisait un bout de temps que le toubib était éveillé. Reprenant le chemin de la caserne de fortune où son inconscience l’attendait de pied ferme, le Turien salua les quelques rares personnels médicaux encore debout et se jeta sur son lit attitré.
Comme d’habitude Léonardus se laissa entraîner dans les limbes du repos.
Contrairement aux autres fois, il ne rêva pas des Moissonneurs mais d’un humain chétif, cherchant à servir l’unique trace d’ordre dans son pays en ruine sans succès hélas pour lui. Celui-ci regarda un instant le médecin ;

-Il est temps de se réveiller.
-Pourquoi ?

Une étrange sensation à l’épaule attira son attention, elle bouge toute seule.
Puis la lumière ambiante qui lui fit plisser les yeux. Le docteur se retourna pour tomber sur un infirmier qu’il avait vu la veille. Apparemment il fallait retourner au charbon.
Comme d’habitude.
Le toubib ne se fit pas prier une deuxième fois, enfila son uniforme et émergea hors du bâtiment en préconstruit qui lui servait d’habitation ; juste à côté de l’hôpital dans lequel il bossait. Si ça ce n’était pas du luxe.
Léonardus prit une inspiration ; une nouvelle journée qui s’annonçait sanglante pour lui et ses collègues se présageait à en juger par les nouvelles têtes dans le hall.
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MessageSujet: Re: La guerre ne change jamais   Mar 10 Mar 2015, 23:45


La Turienne semblait réfléchir à la proposition d’Adrien. Il était clair que c’est le genre de demande à laquelle on ne répond pas tout de suite : quand un inconnu vous propose de dormir chez lui… Difficile de ne pas y voir une invitation mal cachée. Annaz ne pensait pourtant pas à mal, mais il devait avouer que même lui voyait à quel point la proposition pouvait paraitre suspecte pour la Turienne. Et Adrien n’imaginait même pas ce que devait penser le médecin de son comportement… En y réfléchissant bien, il avait sans doute été un peu con, sur ce coup. Ou du moins, pas très délicat. Et la Turienne ne laissa pas passer l’occasion de lui signaler, avec une remarque bien sentie.

« - Ahah... C'est ça la "fameuse" drague humaine? Qu'importe. Je prends. »

Fermant la bouche avant de dire une nouvelle connerie, Adrien hocha la tête. Il n’avait pas réellement prévu que la Turienne accepte, et fut un peu surpris. Elle devait vraiment être désespérée pour accepter la proposition. Elle tenta de se redresser, mais ne sembla pas y arriver et tendit la main vers Adrien. Celui-ci l’aide à se relever, et la laissa prendre appui sur lui. Une fois debout, Adrien fit passer le bras gauche de la Turienne derrière sa tête, et la prit par la taille de son bras droit à lui afin d’éviter qu’elle ne tombe. Dans cette position, on aurait dit qu’elle était simplement trop saoule pour marcher. Une fois tous les deux à peu près stables, ils prirent la direction de la sortie du bar en clopinant. En passant devant le médecin, Adrien le remercia encore une fois, et lui proposa de le contacter si jamais il avait un souci. Ce n’était pas une promesse qui engageait à grand-chose, mais c’était mieux que rien. En attendant, Adrien avait une Turienne à soutenir. La portant à moitié, il l’aida déjà à sortir du bar. Ils traversèrent la salle principale, maintenant complètement désertée à l‘exception d’une poignée de retardataires et d’un serveur, qui regarda passer le ‘’couple’’ d’un œil curieux jusqu’à la sortie.

A l’extérieur du bar, l’air semblait déjà plus pur. Il s’agissait d’une illusion, bien sûr, mais Adrien n’était finalement pas triste d’en sortir. Il ne s’attendait pas à une telle soirée, et encore moins à la manière dont elle allait se terminer. Supportant toujours la Turienne, il tourna à droite et s’engagea dans l’une des rues des secteurs, direction la zone résidentielle du secteur Zakera. Adrien y possédait effectivement un petit appartement, relativement épargné par la récente attaque. Le seul souci était que ce n’était pas la porte à côté… Surtout avec une Turienne dans les bras. Il fit donc appelle à un taxi sur le chemin, pour le rapprocher le plus possible de chez lui. En définitive, il ne gagna que quelques minutes sur un trajet habituel, mais sans doute beaucoup plus en prenant en compte le fait qu’il avait une Turienne à transporter. Au final, il finit par arriver devant chez lui, et déverrouilla la porte de la main gauche avant d’y pénétrer avec son fardeau.

Allumant la lumière à tâtons, l’éclairage dévoila un petit couloir de quelques mètres de long. Une porte de chaque côté était fermé, et Adrien continua à avancer jusqu’au bout du couloir en question, qui débouchait sur une autre pièce. Il alluma une nouvelle lumière, qui éclaira un salon assez grand, composé d’une table près d’un mur, deux canapés et un écran de télévision accroché en face de la table. Se dirigeant vers l’un des canapés, il posa la Turienne le plus délicatement possible sur l’un d’entre eux. Il s’installa dans l’autre et prit la parole.

« Voila, bienvenue chez moi. Ce n’est pas très grand, mais bon… Je vous laisse le lit pour la nuit, je dormirais sur le canapé. La chambre est dans la pièce derrière vous. La salle de bain se trouve dans le couloir, porte de droite, si vous voulez prendre une douche. Et si vous avez besoin de quoi que ce soit, n’hésitez pas à me le demander. »

Adrien se demandait quand même des fois s’il ne devait pas réfléchir un peu plus avant d’ouvrir la bouche. Proposer presque dans la même phrase à la Turienne de prendre une douche puis de venir le voir en cas de souci… Il avait le tact et la délicatesse d’un bulldozer dans un magasin de porcelaine. La Turienne se contenta pourtant de refuser la douche, sans faire de commentaire sur la délicatesse d’Adrien. Ainsi, plutôt que de commencer à se préparer pour la nuit, Adrien se contenta de l’aider à nouveau à se relever, et l’accompagna jusque dans la chambre à coucher, où il l’aida à s’allonger. Elle n’opposa pas vraiment de résistance, ni n’essaya d’aider Adrien à l’installer, et fut plus un poids mort que tout autre chose. Une fois la Turienne allongée, Annaz lui adressa un bonne nuit, et ferma la porte.

De nouveau seul dans son appartement, Adrien commença à se préparer pour la nuit. Il sortit une couverture d’un placard, et un oreiller d’un autre. Il installa les deux dans l’un des canapés, en vrac, et s’installa dessus avant de sortir son Omni-Tech. Comme d’habitude, il essaya de joindre sa famille, mais sans grand espoir. Etrangement, l’histoire de la Turienne lui avait fait prendre conscience à quel point il ne s’était pas assez préoccupé de ses proches. Il envoya un mail à sa sœur en utilisant les canaux privilégiés de l’Alliance de l’Extranet, puis posa son Omni-Tech sur la table basse. Eteignant les lumières, il s’installa dans le canapé et commença sa nuit.

Elle ne fut cependant pas bien longue. A peine quelques heures après s’être endormi, il fut réveillé par des gémissements venant de sa chambre à coucher. Un peu dans le potage, Adrien se réveilla difficilement et se dirigea en direction des bruits sans allumer la lumière. Il en profita au passage pour taper son pied contre la table de salon, enchainant avec une petite danse pour essayer de calmer la douleur. Grimaçant, il poussa doucement la porte de chambre pour voir la Turienne gesticulant et couinant dans son sommeil. Pas très compliquer de deviner qu’elle faisait un cauchemar. Il hésita : devait-il aller la rejoindre pour essayer de la calmer, ou la laisser ? Bof, après tout, il n’était plus à ça près… Il se dirigea vers le côté gauche du lit, celui laissé vide, et s’installa aussi discrètement que possible pour ne pas réveiller la Belle au bois dormant. Il posa sa main sur l’épaule de la Turienne, délicatement, toujours afin de ne pas la réveiller et en une légère tentative pour la calmer. Aussitôt, celle-ci roula dans son sommeil, et se colla contre lui. Un bras coincé sous le corps de la Turienne, Adrien avait une fois de plus l’air très con. Si la Turienne venait à se réveiller, bon courage pour lui expliquer la démarche logique qui avait finit par emmener Annaz dans le lit d’une alien, endormie après avoir bue, avec un bras sous son corps. Ouais, aucun avocat ne pourrait justifier ça. Bon, bloqué comme ça, autant essayer de terminer sa nuit… Le bras gauche endolori par le poids de la Turienne, Adrien s’endormit d’un sommeil peu reposant. Mais au moins, la Turienne semblait s’être détendue.

Le soleil finit par se lever. Enfin, pas réellement le soleil, en tout cas pas dans l’appartement d’Adrien. Et plus généralement, le soleil n’est pas ‘’levé’’ à six heure du matin, heure à laquelle Annaz ouvrit les yeux. La nuit avait été courte et pas très reposante, et il profita du fait que la Turienne se soit déplacée dans son sommeil pour quitter le lit. Inutile d’essayer de cacher les traces de son passage, c’était peine perdue. Il aurait le droit à une bonne séance d’explications plus tard. Quittant le lit et la chambre à coucher, Adrien se dirigea vers la cuisine pour y faire du café. Ouvrant ses placard, il tomba sur du café dextro-aminé à côté des autres. Que ce qu’il foutait avec ça ? Sans doute un cadeau oublié, ou une bêtise du genre. Bah, pour le coup, ça pouvait être utile. Laissant le café sorti pour le réveil de la Turienne, il fit couler le sien et en profita pour prendre une douche, pensant à bien fermer la porte à clé avant de se déshabiller. Autant éviter de commencer la journée par une rencontre fortuite avec la Turienne. Une fois sa douche prise et Adrien à nouveau habillé, il se mit sur son Omni-Tech et consulta les dernières infos, sur la guerre et sur tout ce qui c’était passé en général dans la Galaxie pendant sa nuit de sommeil, en buvant son café, attendant le réveil de la Turienne. Celle-ci finit par se réveiller, ouvrant la porte de la chambre. Levant les yeux de son Omni-Tech, Adrien observa sa tête, essayant de voir si elle s’était remise de ses émotions de la veille. En tout cas, sa nuit ne lui avait pas fait du mal, elle avait une meilleure tête qu’au coucher, et semblait plus vive. Elle était même plutôt jolie, quand elle n’était pas en train de pleurer, d’insulter ou de mourir. Jugeant qu’il pouvait prendre ce risque, Adrien se décida à lui dire bonjour.

« Ha, Aper, bonjour. J’espère que vous avez passée une bonne nuit. Un café ? Promis, il est dextro-aminé, vous pouvez vérifier. »




Pourquoi est-ce qu'à chaque fois que quelqu'un dit "avec tout le respect que je vous dois", j'entends "ta gueule" ?


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MessageSujet: Re: La guerre ne change jamais   Dim 15 Mar 2015, 22:54


    Le duo peu ordinaire sorti du bar, sous des regards parfois étonnés. Ravilla ne fit même pas mine de les remarquer et c'était d'ailleurs à se demander si elle les voyait. Officiellement, la réponse serait sans doute qu'elle s'en foutait totalement. Officieusement, c'était plutôt qu'elle somnolait, se laissant à demi traîner par l'humain, trop K.O pour faire attention au monde qui l'entourait. Elle dodelinait souvent de la tête, fermant les yeux pour les ouvrir un peu plus loin, sans réussir à compter ou se rendre compte du chemin parcourut. Si elle tentait de se concentrer un tant soit peu sur les bâtiments alentours, il lui semblait qu'elle se téléportait, tant les devantures n'étaient jamais les mêmes et qu'elle ne se souvenait pas de les avoir ne serait-ce qu'aperçus. L'Humain finit par avoir pitié, ou plein le dos, car ils s'arrêtèrent à une station de taxi et grimpèrent à bord de l'un d'eux. La turienne se hissa difficilement à bord de l'engin et il ne fallut que quelques secondes de vol pour qu'elle plonge dans un demi-sommeil, tout juste réveillée par moment par les rares secousses qui secouaient par moment le cockpit. Hélas, le chemin fut trop court pour qu'elle puisse se reposer totalement. Pire même, la fatigue avait pris le dessus et sa mini sieste n'avait fait la renforcer. Aussi, ce fut dans un état d'épuisement bien plus avancé qu'auparavant que son comparse fut obligé de la guider jusqu'à son appartement. Il devait supporter une bonne partie de son poids et la femelle ne l'aidait pas dans sa tâche, trébuchant parfois ou traînant le pied. Mais, aussi étonnant que cela puisse paraître, ils finirent par arriver à destination. La native de Palaven ne fit pas attention aux pièces, ni même aux meubles. De même qu'elle ne réalisa pas tout de suite qu'il l'aida à s'asseoir dans un canapé. C'était toutefois confortable. Et il invitait pas mal au sommeil. Tentant de reprendre ses esprits, la militaire se força à se redresser quelque peu et passa ses mains sur son visage. Ce qui n'aida en rien. Mais au moins arriva-t-elle à jeter un regard mi désespérée, mi absent lorsque Adrien prit - encore une fois, peut-être même une fois de trop - la parole de la soirée.

    - Voilà, bienvenue chez moi. Ce n’est pas très grand, mais bon… Je vous laisse le lit pour la nuit, je dormirais sur le canapé. La chambre est dans la pièce derrière vous. La salle de bain se trouve dans le couloir, porte de droite, si vous voulez prendre une douche. Et si vous avez besoin de quoi que ce soit, n’hésitez pas à me le demander.

    Un grognement sourd lui répondit tandis que l'intéressée recommençait à dodeliner de la tête, prête à s'effondrer. Une nouvelle fois, la maladresse du soldat de l'Alliance ressortait. Et une nouvelle fois, il avait beaucoup de chance qu'Aper ne soit pas en état de lui balancer une réponse sèche dans les dents. Bien sûr, ce qu'il venait de dire ne sous-entendait pas forcément qu'il souhaitait que Ravilla la rejoigne une fois sortie de la douche pour grimper sur ses genoux, mais c'était possible. Pour ce que la franc-tireuse connaissait du mâle, tout était possible. Du Saint "Nitouche" au pervers au dernier degré, rien ne lui indiquait qui il était vraiment. Sans oublier que certains étaient doués pour se donner l'air de ce qu'ils n’étaient pas réellement.
    Si elle n'était pas sûre de sa vraie personnalité, une chose était cependant certaine: il était vraiment un être dépourvu de la moindre logique. Pensait-il vraiment que la turienne qui avait échappé à la mort il y a à peine plus d'une heure et qui semblait on ne peut plus épuisée allait vraiment décider de se laver? Sérieusement? Ou alors les Humains étaient particulièrement résistants à la fatigue. Impossible à dire. Quoiqu'il en soit, elle n'avait pas envie de réfléchir plus en avant à ce genre de détails. Non, maintenant qu'il avait parlé d'un lit, c'était le seul objet de sa concentration. Aller dormir, enfin. Et ne plus avoir à écouter les palabres incessantes d'Annaz. Ce serait sans doute la seule bonne chose qui lui serait arrivé de la journée.

    Après lui avoir fait "non" de la tête, Ravilla fit mine de se relever, très vite aidée par le mâle qui alla jusqu'à la guider dans la chambre. Dès qu'elle fut allongée, la militaire se roula en boule, tournant le dos à son sauveteur de la soirée, pour sombrer dans un sommeil qui se voulait réparateur, voir même bienheureux. Ce qui fut le cas. Au début en tout cas. C'est après que ça avait empiré, lorsqu'elle avait commencé à rêver. Des rêves teintés de sang, de Moissonneurs et d'agents de Cerberus. Rien de bien joyeux, ni même réconfortant. Elle trembla dans son sommeil, s'agita aussi, sans le savoir. Pleura un peu, de nouveau. Cela dura jusqu'à ce qu'une douce chaleur ne s'installe à son côté. D'instinct, la militaire s'y colla, se lovant même contre elle. Sa respiration se fit plus calme, de même que ses lamentations se turent, petit à petit. C'était son frère, notre femme n'en douta pas. Son esprit, pour être plus exacte, venu la rassurer. Il avait raison. La guerre devait être sa priorité. Les morts... Ils pourraient être pleurés plus tard.
    Apaisée, dorénavant calmée, elle put poursuivre une nuit bien plus calme...




    C'est donc quelques heures plus tard que la franc-tireuse se réveilla. Pour un peu, on aurait pu croire qu'elle n'avait jamais bougé de sa position initiale. Elle était toujours dos à la porte, le corps légèrement plié, les draps en partie sur elle. Pour une fois dans sa vie, et surtout depuis que les Moissonneurs avaient lancés leur attaque, elle pouvait se réveiller doucement, s'accorder une mini grasse-matinée qui n'était qu'un fantasme en temps normal. Ce moment, entre endormissement et éveil, lui fut bénéfique. Notamment pour se remémorer des événements de la veille. Un claquement sec de mandibules résonna dans la chambre. Ah, oui. Le ridicule, les insultes et les excuses qu'elle devait au sous-officier. Et au médecin. Se levant, la turienne se jura de ne plus jamais boire autant. Son egard fut attiré par l'arrangement du lit, et plus exactement au côté opposé de là où elle avait dormi. Il semblait qu'un autre avait partagé l'endroit. Le sergent? Dans le doute, elle vérifia que ses habits étaient bien en places et que rien n'avait été dérangé. Non, apparemment, il n'aurait pas profité de la situation, si ce n'était pour dormir à ses côtés. Mouais. L'hospitalité restait étrange. Il ne semblait pas pourtant être le genre d'homme à profiter d'une telle situation. Mais comme elle l'avait pensé plus tôt, entre l'air et la chanson, il y avait une grande différence. Cependant, elle était toujours vêtue et les abuseurs n'étaient pas du genre à rhabiller leur victime. Lui laisser le bénéfice du doute? Non, tout de même pas. Mais pas l'accuser directement non plus. Le confronter plutôt. Après s'être excusée... Voilà qui ne rendait pas les choses faciles.
    Doucement, la soldate ouvrit la porte de la pièce, regardant à gauche et droite, cherchant ou son "sauveur" pouvait bien se trouver. Elle put l'apercevoir dans la cuisine, fixant son Omni-tech avec intérêt. Le bruit attira son attention et il lui fit signe, plutôt jovial, de le rejoindre. L'intéressée hocha de la tête, s'approchant prudemment, toujours concernée quant à ce qui avait bien pu se passer plus tôt. Contrairement à elle, il n'avait pas semblé passer une nuit des plus agréables. Était-ce une preuve? Pas forcément. Toutefois, cet état ne faisait que renforcer les suspicions que la damoiselle pouvait avoir.

    - Ha, Aper, bonjour.

    - Sergent Annaz.

    - J’espère que vous avez passé une bonne nuit. Un café ? Promis, il est dextro-aminé, vous pouvez vérifier.

    - Bonne, je vous remercie.

    Elle attrapa le paquet, vérifiant que les composants étaient bien dextro-aminés, tentant de cacher son air gourmand. Elle adorait le café. C'était presque un péché mignon. En tout cas, elle ne connaissait qu'une autre chose qui permettait de bien commencer la journée. Et ce n'était pas son genre que de le faire avec un inconnu. Bref. En tous cas, Aper ne se fit pas prier pour se servir, vérifiant la propreté tant de la tasse que de la cafetière. Elle ne put s'empêcher d'afficher un air plus doux lorsqu'elle but le breuvage, dégustant au moins la première gorgée. Cela faisait trop longtemps à son goût qu'elle n'en avait pas eu le droit. Encore moins dans un endroit plus ou moins calme. Et puis, il lui fallait des forces pour ce qui allait suivre. Elle se permit de boire un peu plus, vidant à demi son récipient, avant de le reposer sur la table. Elle toussota, épousseta ses vêtements et salua officiellement Adrien.

    - Monsieur. Je vous prie d'accepter mes excuses pour le comportement inacceptable dont j'ai pu faire preuve hier. En aucun cas je n'aurais dû agir de la sorte.
    Qui plus est, suite à l'incident d'hier, vous avez fait en sorte, avec l'aide du Docteur Seneca, de me venir en aide. Sachez que j'ai une dette envers vous.
    Je souhaiterais aussi retrouver le Docteur, afin de m'excuser. Puis-je vous emprunter votre douche avant d'aller tenter de le retrouver?


    Elle se mit au repos un instant. Voilà qu'allait commencer la partie la plus délicate...

    - Cependant, Monsieur, je me permettrais de vous notifier que j'ai cru remarquer que vous aviez dormi avec moi la nuit dernière... Vous êtes-vous trompé ou bien était-ce voulu?

    Son ton n'avait pas été accusateur, en tout cas, aussi peu que possible. Elle lui était redevable, elle le savait, mais n'avait pas non plus à écarter les cuisses pour le remercier. Encore moins à se faire écarter les cuisses alors qu'elle dormait. D'ailleurs, ce n'était pas flatteur pour lui; si quoi que ce soit c'était passé, elle ne se souvenait de rien. Inutile de dire que cela ne lui avait pas laissé de souvenirs impérissables...
    En attendant la réponse, elle reprit son café, tapotant des griffes sur la porcelaine.







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MessageSujet: Re: La guerre ne change jamais   Lun 16 Mar 2015, 22:28


Adrien observa la Turienne s’approcher de la table pour se server une tasse de café. Même s’il l’avait dit sur le ton de la plaisanterie, elle vérifia qu’il s’agissait bel et bien de café dextro. La confiance règne, même après lui avoir sauvée la vie. Pensait-elle qu’il avait envie de la revoir s’étouffer par terre, surtout dans son appartement ? Ou alors, plus probablement, elle allait devenir très prudente là-dessus. Dans tout les cas, la proposition d’Adrien semblait lui convenir, et il la regarda se servir. Une fois la boisson servie, elle s’installa dans le canapé en face d’Annaz, et sembla hésiter. Il sentait qu’elle avait quelque chose à dire, et ce quelque chose ne semblait pas simple à sortir. Elle se lança finalement, après avoir remâché ses mots.

« - Monsieur. Je vous prie d'accepter mes excuses pour le comportement inacceptable dont j'ai pu faire preuve hier. En aucun cas je n'aurais dû agir de la sorte.
Qui plus est, suite à l'incident d'hier, vous avez fait en sorte, avec l'aide du Docteur Seneca, de me venir en aide. Sachez que j'ai une dette envers vous.
Je souhaiterais aussi retrouver le Docteur, afin de m'excuser. Puis-je vous emprunter votre douche avant d'aller tenter de le retrouver?
»

Le temps du discours, Adrien avait eu un petit sourire. Pas dans le but de se moquer de la Turienne, mais surtout du ton officiel qu’elle prenait, comme si elle s’adressait à un supérieur. Ca, plus le fait qu’elle avait eu autant de mal à sortir des excuses. Elle ne devait pas avoir l’habitude d’en donner sans doute. La droiture d’esprit, ce genre de choses Turienne. La quasi impossibilité de s’écrouler à cause de leur éducation. Bref, Adrien appréciait ces excuses, mais il ne les attendait pas. Pour lui, la Turienne était tout à fait en droit de s’apitoyer sur elle-même, surtout en étant saoule. Il s’apprêtait à lui répondre lorsqu’elle enchaina avec quelque chose qu’Adrien avait, hélas, anticipé.

- Cependant, Monsieur, je me permettrais de vous notifier que j'ai cru remarquer que vous aviez dormi avec moi la nuit dernière... Vous êtes-vous trompé ou bien était-ce voulu?

Évidemment, elle avait des doutes. Adrien n’allait pas lui jeter la pierre, il savait qu’il allait y avoir le droit, à ce genre de questions. Enfin, il avait espéré que la Turienne allait avoir assez confiance pour ne pas lui demander, mais il y avait peu de chances que cela arrive. Il était quand même un peu vexé qu’elle doute de lui après tout ce temps passé à prendre soin d’elle. Aussi sa réponse fut plus sèche qu’il ne le voulait, mais tant pis.

« Ne prenez pas ce ton officiel avec moi. Vous n’êtes pas en face d’un supérieur, mais de quelqu’un qui comprend votre peine. Pas besoin de donner du ‘’monsieur’’, appelez moi Adrien. Pour la douche, il n’y a aucun problème à ce que vous l’utilisiez, ma proposition de la veille tient toujours. Quand à votre doute… Je pense que vous vous doutez que je ne vous ai pas sauvé de la mort et proposé de dormir chez moi pour vous violer. Je n’ai guère de goût pour les femmes saoules, fussent-elle aussi belle que vous. Pour vous résumer, vous étiez vraisemblablement en train de faire un cauchemar, et j’ai pensé qu’une présence vous aiderez à vous en débarrasser. Ce qui c’est apparemment passé. Inutile de me remercier, c’est tout naturel.
Concernant le médecin-chef Seneca, ça ne doit pas être très compliqué de le retrouver. Des médecins, il y en a plus qu’on en cherche en ce moment sur la Citadelle. Il suffit de se renseigner au bon endroit, sans doute près du bar où il s’est rendu. Autrement, pour une soldate de la Hiérarchie, il ne doit pas être trop compliqué de trouver des collègues, si ? Dans tout les cas, si vous voulez encore de moi, j’aimerais vous accompagner. Il m’a rendu service aussi en vous sauvant la vie, ça aurait gâché ma soirée que de vous voir mourir.
»

Se levant de son canapé, Adrien indiqua à Ravilla la salle de bain, au cas où elle ne s’en souvenait plus. Ce qui n’aurait rien d’étonnant vu son état de la veille. Il lui assura qu’il n’en profiterait pas pour l’observer sous la douche. Après tout, il n’était plus à ça près, et si ça pouvait la rassurer… Une fois la Turienne enfermée, Adrien s’occupa de nettoyer les tasses à café et ranger le café en question, puis tout remettre dans les placards. Une fois fait, il vérifia une dernière fois les informations, puis se mit à chercher les hôpitaux autour du bar Venerae. Une poignée d’entre eux étaient à un bon quart d’heure de marche du bar. Cela dit, ce n’était pas pour autant que le médecin-chef venait d’un de ceux là. Peut-être avait-il au contraire voulu s’éloigner de son lieu de travail. Il n’y avait qu’un moyen de le savoir, c’était de s’y rendre. Une fois la Turienne sortie de sa douche, ils quittèrent l’appartement, direction le bar Venerae. Un endroit comme un autre pour débuter les recherches.

Le trajet se déroula sans accroc, et à pied, cette fois. Les traces de l’attaque de Cerberus étaient toujours visibles, entre impact de balles et murs calcinés, mais les équipes de nettoyages faisaient disparaitre ça du mieux possible. A ce rythme, il n’y aurait plus aucune trace physique du passage de l’organisation d’ici à quelques semaines. Physique, car il serait difficile de faire revenir les morts à la vie, et de guérir les blessés d’un mot… Ils croisèrent finalement peu de monde sur le chemin, par rapport à la population des Secteurs. Sans doute les gens préféraient-ils rester chez eux, encore un peu effrayé par l’attaque. Difficile de leur jeter la pierre. Adrien resta silencieux tout le long du trajet, et la Turienne sembla l’imiter dans le mutisme. Est-ce qu’elle avait vraiment cru à ses explications sur la raison de sa présence dans le même lit qu’elle ? Difficile à dire. Et poser la question n’était pas forcément une très bonne idée. Lorsqu’ils arrivèrent enfin en vue du bar, Adrien s’arrêta, alluma son Omni-Tech sur le plan de la Citadelle préalablement enregistré, et indiqua à la Turienne les trois hôpitaux qu’il avait marqué, en expliquant son plan.

« Bien, puisque nous ne savons pas où trouver le médecin-chef, hormis dans un hôpital, je suis parti du principe qu’il travaille dans l’un des hôpitaux proche du bar. Ces trois là sont les plus proches, je pense donc qu’il peut être dans l’un d’entre eux. Sauf, bien sûr, s’il a eu envie de s’éloigner énormément de son lieu de travail pour penser à autre chose, et dans ce cas là, nous auront juste tous les hôpitaux de la Citadelle à fouiller. On va dire qu’on aura de la chance. »

Fermant son Omni-Tech, Adrien prit les devant et se dirigea vers le premier hôpital, choisi après une longue réflexion basée sur le hasard. Ils mirent effectivement un gros quart d’heure à arriver à l’hôpital, où une réceptionniste débordée les informa qu’il n’y avait pas de docteur Seneca ici. Premier échec. Retournant sur leurs pas, ils se dirigèrent vers le deuxième hôpital, pour obtenir la même réponse, dans les mêmes conditions. Voila près de trois quart d’heures qu’ils étaient en train de chercher le médecin, et Adrien commençait à en avoir légèrement marre. Il espérait que le dernier hôpital serait le bon.

Il était presque midi quand ils entrèrent dans le dernier hôpital de la liste d’Adrien. A l’intérieur, il y avait autant d’animation que dans les autres hôpitaux visités précédemment, avec autant de patients impatients et de médecins débordés. Se faufilant jusqu’à la file d’attente devant la réception, Adrien attendit son tour. Une fois arrivé, il demanda si un médecin du nom de Seneca travaillait ici. Nouveau retour négatif de la part de la réceptionniste, et nouvelle déception pour Annaz. Tout n’était cependant pas perdu, car alors qu’il tournait les talons, l’un des patients l’attrapa pour lui signaler qu’un Turien du nom de Seneca travaillait dans un hôpital à une heure d’ici. Il en venait, et avait été transféré dans celui-là car il n’y avait plus de place dans celui du Turien. Une fois ces informations en poche, Adrien retourna vers la Turienne afin de les lui transmettre, et ils repartirent un peu plus motivé vers ce nouvel hôpital.

Aux trois quart du trajet, Adrien regarda l’heure. Midi quarante. Son estomac l’avait déjà prévenu qu’il commençait à se faire tard, aussi Annaz n’était-il pas surpris par l’heure. Cependant, il n’y avait apparemment rien pour s’arrêter manger dans les environs. A peine Adrien se faisait-il la réflexion qu’une enseigne lumineuse attira son attention. ‘’La cloche’’, avec un dessin de cloche alimentaire sur la devanture. Il s’arrêta et proposa à Ravilla de s’arrêter manger ici, précisant qu’il offrait le repas. Celle-ci accepta sans faire de commentaire, pour une fois. Ils pénétrèrent donc dans le bâtiment, et demandèrent une table pour deux. Un serveur les accompagna jusqu’à une table, dans un coin du restaurant.

Très classe, le restaurant semblait avoir évité le gros des conflits, et affichait une fréquentation honorable et hétéroclite. Un Volus, un Hanari et même deux Elcors prenaient leur repas ici. En plus de ça, une bonne partie de la clientèle était Humaine ou Turienne, avec quelques Asaris. Seul les Galariens n’étaient pas représentés dans le restaurant parmi les races concilienne. La carte proposait une large variété de plat dextro et lévo-aminé, ce dont la Turienne ne se plaindrait sans doute pas. Passant commande auprès du serveur, Adrien prit un menu simple et demanda un Temple de Thessia en boisson. On ne change pas ses habitudes. Il laissa la Turienne passer commande avant d’essayer d’entamer la conversation.

« Dites moi, que comptez vous faire face au médecin ? Des remerciements officiels, comme pour moi ? Permettez-moi de vous éviter l’embarras : évitez ça. Il n’a pas l’air du genre à apprécier ce genre de choses.
Ceci étant dit, je crois que nous n’avons jamais fait de présentation officielle… Je ne compte pas celle d’hier soir, bien entendu. Je sais que vous vous appelez Ravilla Aper et que vous faites partie de la Hierarchie. Et que vous avez subit une perte récemment… Mais c’est tout. Parlez moi donc un peu plus de vous. Ce n’est pas tout les jours que je mange avec une belle Turienne comme vous. Peut-on se tutoyer, au fait ?
»





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MessageSujet: Re: La guerre ne change jamais   Dim 22 Mar 2015, 19:22


    L'humain avait semblé être blessé dans son égo. Bien évidemment, quand on accusait à demi-mot quelqu'un d'avoir profité d'une tierce personne, il y avait de quoi se sentir blessé si l'on était innocent. Mais en ces temps de guerre, personne ne l'était. En tout cas, pas vraiment. Chacun avait peur et voulait profiter de l'instant comme il pouvait, que ce soit via le sexe, la boisson ou les achats compulsifs. Alors, dans ce climat de tension permanente, le consentement d'autrui pouvait devenir accessoire pour certains. Sans compter que ce n'était pas comme si la turienne connaissait Adrien depuis toujours. Si on voulait être précis, ça ne faisait même pas vingt-quatre heures qu'ils s'étaient rencontrés, alors bon, elle était quelque peu en droit de mettre sa parole en doute. Voir même de ne pas du tout le croire. En tout cas, face à l'accusation, l'intéressé se montra sec... Pour adopter un comportement totalement paradoxal. Comme lui demander de ne pas parler d'une façon officiel et non pas d'une militaire du rang à un sous-officier. Esprits, les humains étaient-ils tous aussi étranges? Aper n'avait pas vraiment eu l'occasion d'en côtoyer plusieurs, aussi ne savait-elle pas vraiment de connaissances assez poussée pour savoir si c'était normal ou si c'était juste une particularité.
    Enfin, il se défendait d'avoir voulu profiter mais réitérait son offre de la veille. A savoir prendre une douche. Sachant qu'il avait rajouté qu'elle pouvait lui demander quoique ce soit si elle en avait besoin... Bon sang, c'était possible d'être aussi maladroit que cela? Apparemment oui, elle en avait la preuve vivante sous les yeux. Mais, s'empressa-t-il d'ajouter, il ne couchait pas avec les femmes saoules "fussent-elles aussi belles". Un claquement des mandibules lui répondit, à la fois interloqué et peut-être une pointe choqué. On ne lui disait pas souvent qu'elle était belle. Et à raison. Elle n'était pas faite pour être belle, mais pour être une guerrière. Le genre de femme qui ne s'écroulait pas comme hier. Comme quand elle avait appris le funeste destin de son frère. Elle se sentit l'envie de pleurer un moment, puis cela passa. Elle l'avait senti durant cette nuit; Hecarion n'aurait pas souhaité cela. Allez, il fallait qu'elle reste cette battante qu'elle avait toujours voulu être. La fierté dans chaque mouvement et la rage des batailles dans son coeur. Elle releva d'ailleurs un peu le menton, bras croisés sur sa poitrine, regardant toujours le sergent se justifier. D'après lui, la franc-tireuse avait cauchemardé la nuit dernière, raison pour laquelle il s'était glisse dans son lit. Oh. Ceci pouvait effectivement expliquer cela... Dont ce qu'elle avait cru être la présence réconfortante de son frère... Oui, non. Ça, elle restait persuadée que c'était lui qui avait voulu la rassurer. Et non pas un confrère ayant voulu l'aider à passer un repos plus calme.

    - Concernant le médecin-chef Seneca, ça ne doit pas être très compliqué de le retrouver. Des médecins, il y en a plus qu’on en cherche en ce moment sur la Citadelle. Il suffit de se renseigner au bon endroit, sans doute près du bar où il s’est rendu. Autrement, pour une soldate de la Hiérarchie, il ne doit pas être trop compliqué de trouver des collègues, si ? Dans tous les cas, si vous voulez encore de moi, j’aimerais vous accompagner. Il m’a rendu service aussi en vous sauvant la vie, ça aurait gâché ma soirée que de vous voir mourir.

    -Avec tout le respect que je vous dois, je ne suis pas vraiment sûre de pouvoir retrouver le Docteur Seneca d'un claquement de doigt. Voyez-vous, je suis même presque persuadée que tout le monde au sein de l'armée a autre chose à faire que de chercher et nous indiquer où nous pourrions le trouver.
    Oh, et désolée d'avoir failli gâcher votre soirée. Heureusement, j'ai survécu; cela a du vous éviter pas mal de paperasse j'imagine.


    Si le ton d'Annaz avait été sec auparavant, celui de la femelle avait été carrément mordant, voir même d'un froid glacial. Il agissait comme un foutu imbécile pour le coup. Le plantant là, se drapant de la dignité qui lui restait après avoir tour à tour pleuré, puis engueulé, puis failli claqué, puis avoir été porté par l'humain, elle se dirigea vers la salle de bain - indiquée par le maître de ces lieux - où elle s'enferma à double tour avec un soin particulier. N'ayant pas beaucoup d'affaires, de temps et d'envie avec elle, la douche ne prit pas longtemps. Elle aurait préféré pouvoir porter des vêtements propres d'ailleurs, mais pour cela, il lui faudrait retourner au Karvy. Ce qui n'était pas vraiment possible pour l'instant. Tant pis; ce n'était pas comme si elle avait prévu de rester dehors bien longtemps. Elle prit tout de même un instant pour se regarder dans un miroir. La "belle turienne" avait vraiment une sale gueule. On voyait qu'elle avait mal dormi depuis un moment et ses mandibules tressautaient par moment de nervosité. Son attitude indiquait sa fatigue, quand bien même on pouvait sentir qu'elle la cachait. Bref, pour qui connaissait les habitants de Palaven, on avait plus envie de lui demander si ça allait que de dire qu'elle était agréable à regarder. Elle passa une serre sur les peintures faciales vertes qu'elle arborait. Après quoi, elle se détourna de l'objet, grommelant presque en s'habillant.
    Dans son salon, l'occupant du coin l'attendait toujours. Il se leva de son siège à son arrivé et l'invita à le suivre jusqu'au bar de la veille. Ce à quoi la sniper ne pouvait qu'approuver. Peut-être pourraient-ils les renseigner plus en avant. Au moins, cela leur permettait d'avoir un point de départ pour leur recherche. Au mieux, on pourrait les orienter directement. Au pire, ils avaient une liste d'hôpitaux à proximité qu'ils pouvaient toujours explorer. Bien sûr, pour faire plus simple, la militaire aurait pu tenter de contacter le service chargé de recenser les médecins turiens présents dans la Citadelle, mais elle restait persuadée qu'ils avaient mieux à foutre.
    Ainsi, ils se mirent en marche.

    Le trajet fut relativement paisible. En tout cas, en termes d'interventions, il ny en eut pas. Néanmoins, les rues étaient encore sévèrement marquées par la récente attaque. Que ce soit par les membres du SSC qui travaillait, les traces d'impacts ou même les tâches de suies ou de sangs (ténues, mais encore présentes pour certaines), tout rappelaient les événements. Cela était suffisant pour profondément dégoûter la turienne, laquelle avait du mal à retenir ses hauts-le-coeur. Penser à ceux que Cerberus avaient tués suffisait à la rendre malade. Penser à Hécarion, la mettre au bord des larmes. Sauf qu'elle devait ravaler tout ça. Garder le visage fermé, faire celle qui ne voyait rien ou s'en foutait totalement. Respirer, ne pas s'arrêter sur ça. C'était un effort qui la blessait plus qu'il ne l'aidait, mais on ne pouvait même pas dire qu'elle avait le choix.
    Fort heureusement, le cheminement ne dura pas longtemps et le bar fut vite en vue. La militaire se retint de soupirer à la vue de l'établissement. Elle avait pensé qu'on pouvait les renseigner. En soit, la réflexion était valable. Il n'y avait cependant qu'une toute petite faiblesse dans son raisonnement. Le débit de boisson faisait partie de la catégorie "ouverts surtout dans l'après-midi/nuit" plutôt que du "24/24" ou même du simple "toute la journée et une partie de la nuit". Ainsi, les portes étaient fermées et les employés devaient sans doute récupérer de la veille. Bon... L'humain avait, apparemment, pris ce détail en compte.

    - Bien, puisque nous ne savons pas où trouver le médecin-chef, hormis dans un hôpital, je suis parti du principe qu’il travaille dans l’un des hôpitaux proche du bar. Ces trois-là sont les plus proches, je pense donc qu’il peut être dans l’un d’entre eux. Sauf, bien sûr, s’il a eu envie de s’éloigner énormément de son lieu de travail pour penser à autre chose, et dans ce cas-là, nous auront juste tous les hôpitaux de la Citadelle à fouiller. On va dire qu’on aura de la chance.

    Le haussement d'épaule qui lui répondit était des plus éloquents. Qu'il fasse, elle suivrait. Ce qui lui importait était de finir par retrouver le turien, qu'importe le moyen de faire. S'ils avaient de la chance, tant mieux. Dans le cas contraire, les recherches allaient être plus compliquées. Et évidemment, ils n'en eurent pas. Les trois hôpitaux leur offrirent une réponse négative, après une longue marche. Encore que, dans leur malheur, ils avaient un peu de chance: un patient du dernier hôpital revenait de la clinique où bossait le docteur Seneca et purent leur indiquer où le trouver. Après une partie de la matinée passée à chercher, ils savaient enfin où aller. Pfiou. Cependant, ils allaient encore devoir marcher, d'autant plus que le sergent ne semblait pas brûler d'envie de prendre un taxi. Pendant tout ce temps, la femelle avait gardé le silence, observant l'humain faire. Il n'était pas forcément des plus doués dans ses démarches. Enfin, il faisait compliqué alors qu'il était possible de faire plus simple. Mais il était obstiné; c'était tout à son honneur.
    Leur nouveau trajet, donc, avait pris un moment. Il devait être dans le milieu de la journée désormais. Une heure peut-être? Notre franc-tireuse n'avait pas l'envie de regarder son omnitech et préférait faire des suppositions. Quoiqu'il en soit, elle commençait à avoir un peu faim, mais n'y prit pas tellement attention que ça. Ces derniers temps, pouvoir manger trois fois par jour étaient un luxe. Et comme tout luxe, c'était quelque chose dont on pouvait se passer. Cependant, son collègue n'avait pas vraiment le même état d'esprit et l'invita, presque manu militari, dans le premier restaurant qui passait. Inviter était le mot, puisqu'il lui dit clairement ne pas lui laisser le choix quant au payement du repas. L'intéressée ne dit rien. En tout cas, pas tout de suite. Car s'il pensait qu'elle le laissera lui offrir ça, il se fourrait le doigt dans l'oeil. C'était plutôt à elle de lui payer le déjeuner, vu ce qu'elle lui avait fait subir hier. Enfin, ils en reparleraient par après.

    Le restaurant, connu sous l'enseigne et le nom de "la cloche" était du genre classieux. Enfin, pas non plus étoilé. Le genre honorables, tant dans les prix que les plats proposés et qui devait avoir une bonne clientèle. Il fallait savoir se tenir un minimum et venir d'un milieu, si ce n'était fortuné, au moins un minimum aisé. Autant dire que Ravilla ne s'y plut pas vraiment. Bordel, c'était la guerre dehors! Les Moissonneurs étaient en train d'envahir des planètes! Elle aurait réellement préféré se trouver dans un restaurant de rue, aux côtés d'autres soldats fatigués, racontant ce qui se passait dehors, plutôt qu'au milieu de cette foule affichant pour certains des faux-sourires, venant enfin d'être frappé par la réalité. C'était au moins ce qu'on pouvait reconnaître à ces enfoirés de Cerberus. Ils avaient permis aux habitants de la Citadelle de prendre conscience que les batailles qui se passaient n'étaient pas des farces. Et encore...
    Le serveur se pencha légèrement vers elle, datapad à la main, pour prendre sa commande, répétant une nouvelle fois ce qu'il venait de dire.

    - Madame? Que souhaiteriez-vous ?

    - Votre formule midi. Avec de l'eau, s'il vous plaît.

    Ses mésaventures d'hier ne la poussaient pas vraiment à s'offrir de l'alcool. Elle ne s'en offrirait sans doute pas avant un moment. En tout cas, tant qu'elle était dans un endroit mixte. Par contre, dans un bar purement dextro, elle ne se ferait pas prier pour boire. Au moins un peu.
    Le serveur partit, Adrien tenta de converser un brin, parlant tout autant qu'à son habitude.

    - Dites-moi, que comptez-vous faire face au médecin ? Des remerciements officiels, comme pour moi ? Permettez-moi de vous éviter l’embarras : évitez ça. Il n’a pas l’air du genre à apprécier ce genre de choses.
    Ceci étant dit, je crois que nous n’avons jamais fait de présentation officielle… Je ne compte pas celle d’hier soir, bien entendu. Je sais que vous vous appelez Ravilla Aper et que vous faites partie de la Hierarchie. Et que vous avez subi une perte récemment… Mais c’est tout. Parlez-moi donc un peu plus de vous. Ce n’est pas tous les jours que je mange avec une belle Turienne comme vous. Peut-on se tutoyer, au fait ?


    - Excusez-moi...?

    Il était VRAIMENT peu doué. Pour ne pas dire absolument pas. Le menu fut refermé d'une façon un peu violente.

    - Premièrement, il semble que vous ne connaissiez absolument pas la mentalité turienne, Adrien, lança-t-elle d'une voix qui se voulait calme. Il est peut-être commun pour les humains de faire comme si rien ne s'était pas passé, mais pas pour nous. Je vais présenter mes excuses, qu'il l'apprécie ou pas. Mon comportement était intolérable, et il est hors de question que je m'enfonce dans la honte en faisant comme si je niais mes actes.
    En second, vous êtes réellement en train d'essayer de me draguer? Ne faites pas semblant que non, s'il vous plaît. Vous avez beau avoir, vous aussi, une belle gueule, je me vois obligée de vous dire que vous vous y prenez de la pire des façons.


    Elle croisa les mains devant elle, claquant des mandibules. Elle avait l'air un peu amusée, un peu consternée. Mais surtout amusée. Il était divertissant et ça, elle en avait bien besoin.

    - Pourquoi? Déjà, je déteste ce genre d'endroit un peu guindé. Bon, ça, je ne peux pas vous en vouloir. On se connait depuis hier, autant dire que ce n'est pas le genre de chose qui se devinent. Le geste est tout de même appréciable, même si c'est quelque peu maladroit.
    Ensuite, pour quelqu'un qui a dormi dans le même lit que moi, c'est, une nouvelle fois, maladroit que de tenter une drague aussi ouverte que cela. Disons que ça vous décrédibilise un petit peu.
    En dernier lieu, associer "vous avez perdu un proche récemment" et "vous êtes belle" est sans doute la PIRE - et j'accentue bien sur le "pire" - des façons de draguer. Réellement. Avec sans doute "dites, je sais que nous sommes en train de marcher sur un monceau de cadavres, mais ça vous tente qu'on aille prendre un verre?".


    S'asseyant de nouveau confortablement dans sa chaise, elle croisa les bras, regardant le sergent. Elle n'était pas en colère. Enfin, elle l'avait été quand il lui avait suggéré de mettre son honneur au rencard. Pour la partie "dragouille maladroite", pas vraiment. Bon, il était à baffer dans sa façon de faire, mais il en était presque mignon. Un peu comme un faon qui tente de marcher mais se casse la gueule à chaque fois qu'il arrive à se mettre à peu près debout.

    - Tu peux retenter.

    Elle posa son visage sur le dessus de sa main.

    - Oh, et avant que j'oublie. Je déteste qu'on m'offre le repas la première fois.







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MessageSujet: Re: La guerre ne change jamais   Dim 22 Mar 2015, 23:04


Décidément, la Turienne ne semblait pas très ouverte à la conversation. Même si Adrien n’était pas très doué pour entamer et tenir une discussion, Aper semblait être qualifiée dans l’art de les couper court. Le plus souvent, en passant à la limite d’insulter Adrien. Alors certes, Annaz paraissait maladroit dans ses paroles, ce qui était le cas, mais il avait le mérite d’essayer. La Turienne n’ouvrait la bouche que lors d’une question directe, et la refermait aussitôt. Difficile de trouver plus agréable comme compagnie.

« C’est une blague ? Je ne connais pas forcément la mentalité Turienne, mais vous semblez avoir du mal avec les interactions sociales. Vous ouvrez la bouche uniquement quand on vous y oblige, ne répondez qu’en agressant les autres et accusez les autres des pires maux. Je ne suis certes pas doué pour les conversations, mais vous décrochez le pompon. Alors pour vous répondre, je ne dis pas de nier vos actes, je me permettais de vous donner un conseil, pas forcément très bien présenté. Libre à vous de l’accepter ou non, je ne vous force pas la main, contrairement à ce que vous semblez croire. Ne croyez pas que tout le monde essaye de vous manipuler.
Ensuite, je ne nierais pas votre accusation. Mais comme vous le signalez, le moment n’est pas forcément propice, donc je ne pousserais pas vice jusqu’à confirmer. Après, comme vous le dites, j’ignore vos gouts, tout comme j’ignorais quel type de restaurant était cet endroit avant d’y mettre le pied. Je vous ai proposé un restaurant car nous sommes à l’heure du repas, et que notre ami médecin ne nous attends surement pas en tapotant du pied en se privant de déjeuner. Il mange, comme tout le monde. Pour cette nuit, je vous ai expliqué ce qu’il en était. Libre à vous de me croire ou non, mais je ne vais pas me tuer à essayer de vous convaincre de ma bonne foi. Sois vous me croyez, sois vous ne me croyez pas. Mais si vous croyez réellement que je vous ai violée, c’est que vous manquez réellement de confiance en moi – ce que je pourrais comprendre si je n’avais pas essayé de vous sauver la vie il y’a quelques heures de ça et tout fait pour que vous vous remettiez sur pieds – et à ce moment là, autant nous dire au revoir.
Enfin, même si je sais que vous avez perdu un proche – et même si ça vous étonne, sachez que je compatis – ce n’est pas pour autant que cela enlève à votre charme. En revanche, le fait que vous preniez tout du mauvais côté, si.
» Adrien soupira un coup, et enchaina « Bon, excusez moi, je me suis un peu emporté. Je n’aurais pas dû vous répondre comme ça. Hum. Je n’aurais pas du TE répondre comme ça. J’ai simplement été vexé que tu m’accuse malgré ce que j’ai fais, mais je comprends ta prudence. En revanche, pas question de partager le repas : c’est mon idée, c’est donc moi qui invite. Et tant pis si tu déteste ça, il fallait m’inviter avant que je ne t’invite.»

Oui, Adrien avait était énervé. Il avait passé plusieurs heures à faire de son mieux pour que la Turienne se rétablisse du mieux possible, et recevait accusation et insulte à demi mot en échange. Pas forcément le type de remerciement qu’il attendait. Néanmoins, il n’avait pas à s’énerver comme ça, car il comprenait le point de vue de la Turienne. Oui, son comportement était suspect, oui, il était très maladroit dans son comportement et dans ses paroles. Et oui, il draguait un peu. Il fallait être honnête envers soi même.


Une demi heure plus tard, Adrien terminait de payer le restaurant. Comme il l’avait dit, c’était son idée, c’était donc à lui de payer. Et tant pis si ça ne plaisait pas à la Turienne. Une fois l’addition réglée, ils se remirent en marche en direction de l’hôpital, le ventre un peu plus rempli et le pas un peu moins rapide. Vingt minutes plus tard, ils arrivèrent devant l’hôpital indiqué par le patient du centre médical précédent. Comme tous les autres hôpitaux, celui-ci était rempli plus qu’à son habitude, même s’il semblait moins débordé que les autres. Paradoxal avec ce qu’avait dit l’homme qui les avaient informés plus tôt. Toujours était-il qu’ils avaient moins longtemps à attendre avant de pouvoir porter leur doléance auprès de la réceptionniste.

« Bonjour, nous cherchons le médecin-chef Seneca, est-ce qu’il se trouve ici ? » La femme regarda son écran avant de confirmer qu’un Turien répondant à ce nom travaillait bien ici « Pouvez-vous lui demander de venir ? Dites lui que le sergent Annaz aimerait lui parler, et que nous nous sommes vu hier soir. Peut-être se souviendra t-il mieux de nous comme ça. Nous l’attendrons à l’extérieur. »

La femme le regarda d’un œil sceptique, mais obtempéra. Adrien sortit donc en compagnie de la Turienne, afin d’éviter de gêner le travail des membres du personnel médical. Une fois que le médecin sera là, ce sera au tour d’Aper de faire ce qu’elle voulait faire. Adrien en profiterait pour remercier Seneca une nouvelle fois en même temps, histoire de justifier sa présence. Ensuite… Et bien, il aura le temps de voir comment les choses allaient se passer. De toute façon, ce n’était même pas sûr que le médecin ait du temps à leur accorder, à la Turienne et à lui.




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MessageSujet: Re: La guerre ne change jamais   Lun 23 Mar 2015, 23:12


    Le claquement sec et le regard froid que l'humain eut en retour en disait suffisamment long sur ce que la turienne pensait désormais de l'humain. Elle qui était en droit de se méfier du sergent, et même de l'engueuler après ses tentatives les plus maladroites, voir offensantes, se faisait à son tour injurier. Pour des reproches qui, s'ils pouvaient être partiellement compris par l'intéressées, étaient pour certains dûs à une mauvaise compréhension. En tout cas, l'agression répondit à l'agression et ce fut une Ravilla énervée, prête à montrer les crocs, qui s'adressa à Adrien.

    - C’est une blague ? Je ne connais pas forcément la mentalité Turienne, mais vous semblez avoir du mal avec les interactions sociales. Vous ouvrez la bouche uniquement quand on vous y oblige, ne répondez qu’en agressant les autres et accusez les autres des pires maux. Je ne suis certes pas doué pour les conversations, mais vous décrochez le pompon. Alors pour vous répondre, je ne dis pas de nier vos actes, je me permettais de vous donner un conseil, pas forcément très bien présenté. Libre à vous de l’accepter ou non, je ne vous force pas la main, contrairement à ce que vous semblez croire. Ne croyez pas que tout le monde essaye de vous manipuler.

    - Ayez votre frère de tués récemment, vos compagnons d'armes qui se font presque égorger sous vos yeux, et ensuite nous verrons si vous aussi vous êtes propice à la conversation!

    Ne pas pleurer. Se montrer en colère et agressive. C'était bien ça. Ça lui permettait de refouler un peu la tristesse qui remontait d'un coup. Faire croire que sa gorge était nouée à cause de la rage; que ses poings tremblaient par l'envie de lui en foutre une. Comme c'était un peu le cas. Pour autant, la lassitude était plus présente que l'envie de frapper. Elle en avait marre et n'en pouvait plus. Mais voilà qu'elle continuait de jeter de l'huile sur le feu, par son comportement. Or, c'était tout ce qui lui restait. Une pseudo fierté bonne à jeter aux orties vu comme elle desservait plus qu'elle n'aidait. Plusieurs envies contradictoires animaient la femme. Notamment entre l'envie de lui balancer son eau à gueule et se barrer avec son reste de dignité, et celle de tout simplement abandonner. Déposer les armes, laisser la carapace se fissurer... Fuir, d'une certaine façon? Possible. Mais elle ne pouvait pas se le permettre. Ce serait lâche; elle n'avait pas le droit de l'être. Ne lui restait plus que le choix de prendre sur elle, faire comme si de rien était. Elle en était capable.
    A côté d'eux, quelques conversations s'étaient tues. L'engueulade ne laissait personne indifférent. Si quelques-uns avaient la politesse de faire comme si de rien était, d'autres épiaient, curieux de savoir ce qui se passaient. Comme s'ils assistaient à un foutu spectacle de rue. Même pas la décence de faire croire que cela ne les intéressait pas. Ni même celle de respecter la douleur d'autrui. Non, il fallait qu'ils se jettent sur le moindre divertissement comme s'il s'agissait d'une foire, d'un moyen d'oublier la guerre et l'attaque récente. Putains de goules. Les habitants de la Citadelle la dégoûtaient de jour en jour. Le respect était bien la dernière chose qui semblait les étouffer. Tous n'étaient pas comme ça, évidemment ou sans doute. Mais pourtant, il semblait à la turienne que c'était les seuls qu'elle croisait. Elle préféra faire mine de les ignorer pour préférer se concentrer sur ce que l'humain avait à dire. Qu'elle ait une bonne raison de l'engueuler.

    Il ne nia pas avoir tenté de la draguer. Heureusement pour lui. Elle détestait ceux qui niaient leur acte. C'était tout sauf un comportement honorable que cela. Et ce n'était pas ce qui plaisait à Ravilla. Elle préférait ceux qui assumaient ce qu'ils faisaient. C'était, en même temps, la mentalité de son peuple. Le mensonge n'existait pas. Les demi-vérités, par contre, oui. Quoiqu'il en soit, il se défendit de l'avoir invité ici dans le but de la séduire. Selon lui, c'était plutôt parce que le médecin devait être occupé à manger. Il avait sans doute raison. Encore que, au vu de la masse de blessés qu'il y avait eu récemment, il fallait se demander si le personnel médical avait vraiment un instant pour lui. Quant à la partie où il la soupçonna de ne pas avoir confiance en lui, il se trompait lourdement. D'une voix ferme, quoiqu'un peu lasse, elle se sentit obligée de préciser sa pensée.

    - Vous n'y comprenez rien. Je ne vous ai pas accusé de me violer. Si je vous soupçonnais de l'avoir fait, croyez bien que vous seriez déjà à genoux, en train de tenter de récupérer vos valseuses. De la même façon, je ne vous aurais jamais suivi tout ce temps.
    Je soulignais juste qu'il était maladroit, après s'être glissé dans la lit de quelqu'un, de tenter d'une façon si ouverte de la séduire. Disons que cela n'aide pas à justifier le côté "en tout bien, tout honneur, sans arrières pensées" que vous avez défendu si vaillamment auparavant.


    Elle soupira, posant sa tête entre ses mains, les coudes appuyés sur la table d'une façon à la fois élégante et quelque peu impolie pour le restaurant. Sous prétexte que ce n'était pas le genre de chose à faire, ou une connerie du genre. La franc-tireuse s'en foutait, à vrai dire, royalement. De même qu'elle fit de son mieux pour ne pas remarquer les chuchotements, mi indignés, mi amusés, qui secouaient certains de leurs voisins de tablée. Elle se contenta de haïr consciencieusement l'endroit et imbécillité de son comparse. A vrai dire, tout autour d'elle la fatiguait et l'enrageait à la fois. Prendre sur elle, tout ça. Respirer. Ne pas craquer. Continuer.

    - Enfin, même si je sais que vous avez perdu un proche – et même si ça vous étonne, sachez que je compatis – ce n’est pas pour autant que cela enlève à votre charme. En revanche, le fait que vous preniez tout du mauvais côté, si.

    Une dernière remarque, plutôt acerbe, pour être poursuivie par des excuses et un tutoiement en signe de tentative de paix. Avec la proposition, ou plutôt l'exigence de payer quoiqu'il en soit. Ah... Il était donc masochiste? Ou en tout cas, Adrien semblait aimer se faire insulter et payer pour cela. Au milieu de ce tumulte à deux, le serveur en question arriva avec les plats, comme s'il avait été invoqué. S'il posa tranquillement devant l'humain qui accepta sans se faire prier, cela fut impossible pour la militaire. Elle l'interrompit d'un geste.

    - Virez ça. Je n'ai pas faim.

    - Pardon?

    - Vous m'avez entendu. Ne vous inquiétez pas, cela sera payé. Donnez-le à quelqu'un qui a réellement faim au point d'en souffrir.

    L'employé eut du mal à cacher son outrage, mais se plia aux demandes. Le client était roi. Ce bon vieux dicton pour justifier de ne pas casser la gueule au premier capricieux qui se pointait dans son établissement. En attendant, la turienne, les traits tirés, regardant Annaz un instant.

    - Félicitation, vous venez d'offrir le repas à quelqu'un qui en a besoin.

    Elle soupira, caressant une mandibule du bout des doigts, pensive.

    - Pardon. Je ne voulais pas paraître agressive. Je n'ai pas faim, réellement. Enfin, plus vraiment. Je préfère que cela soit utile à quelqu'un plutôt qu'à moi. Mais... Merci. C'était une proposition agréable de... mh... ta part.
    Le geste me touche, honnêtement. Mais tu l'as dit toi même; je me suis comportée comme la dernière des garces. Je me sentirais honteuse que d'accepter ton invitation alors que je n'ai fait que t'insulter une partie de la journée. Je préfère sincèrement que ce "sacrifice" serve à quelqu'un qui en a besoin. Pardonnes moi.

    Un petit flottement s'installa un court instant. Pendant ce temps, Ravilla descendit son verre d'eau comme si le contenu avait été de l'alcool. Elle regretta de ne pas en avoir réellement commandé. Si elle avait su...

    - Désolée pour mon comportement. Je suis un peu sur les nerfs dirons-nous, fit-elle avec un rire amer.
    Je n'ai plus que l'agressivité pour moi en ce moment...

    Elle n'avait pas le coeur à rire. Seul l'amertume et la colère semblait être les tons sur lesquels elle arrivait à s'exprimer. Son amusement de tout à l'heure venait d'être balayé alors qu'Adrien lui avait balancé tous ses reproches. A raison, oui, pour certains. Elle s'était comportée comme une garce, ce n'était pas vraiment niable. Elle ne voulait dès lors pas que le pauvre humain, qui s'était tout de même, malgré ses maladresses, montré des plus sympathiques, ait à subir de ses lubies. Cela comportait notamment le fait de payer pour elle.
    Aper lui jeta un regard rapide, tenant toujours son verre comme s'il s'agissait d'un cocktail bien tassé qu'elle descendait pour oublier.

    - Manges. Je me sentirais mal que tu te prives de repas par ma faute.

    De plus ou moins bonne grâce, il s'exécuta. Au bout d'une demi-heure, tout fut fini. Le sergent finissait de payer alors qu'à côté, les bras croisés sur la poitrine, sa comparse attendait, observant la foule. Certains clients étaient partis, d'autres prenait leur temps. En tout cas, la petite scène avait bien vite désintéressé les badauds, lesquels étaient passés à autre chose pour tenter d'oublier les récents événements. Sans avoir laissé -fort heureusement - une trace mémorable dans les esprits, ils partirent. Une vingtaine de minutes fut nécessaire pour rejoindre l'hôpital où le turien travaillait. Là-bas, et comme à son habitude, se fut Anaz qui prit les choses en mains, se renseignant auprès de la réceptionniste et demandant à voir le docteur Seneca. Ils attendraient dehors, précisa l'humain. La femme, une Asari, finit par opiner du chef et ils quittèrent les lieux, attendant près de la façade du bâtiment.
    Est-ce que le médecin allait venir? C'était la question. Tout ce que la soldate espérait, c'était qu'elle ne le dérangerait pas spécialement. C'était un peu bête de dire ça, sachant qu'il devait sans aucun doute bosser. On ne pouvait pas dire que le personnel hospitalier était particulièrement libre en ce moment. Un instant, elle se demanda si le sergent n'avait pas eu raison de la prévenir. Possible. C'était en tout cas trop tard pour changer d'avis. Qu'il considère ses excuses comme triviales ou non elle se montrerait têtue. Elle pourrait aussi tenter d'en profiter pour chercher un moyen de prouver aux deux mâles sa gratitude.
    Ah, sa gratitude... Comme si elle avait réellement. Toutefois, vu qu'elle avait failli mourir et qu'on l'avait sauvé, elle était censée se monter un minimum reconnaissant qu'on l'ai empêché d'y passer. Et pourtant...







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MessageSujet: Re: La guerre ne change jamais   Jeu 26 Mar 2015, 19:05
-C’est quoi deux chirurgiens qui se rencontre ? demanda l’urgentiste à Léonardus.

Une synapse, quand deux neurones se croisaient on appelait cela une synapse et c’était exactement ce qu’il était : une petite chose qui exécutait en boucle la même tâche. Toute la matinée il avait travaillé en alternant entre le bloc opératoire et le service de traumatologie où son expertise était demandée. Jambe cassée, épaule démise, côte fêlée, crâne défoncé, rien ne lui avait été épargné et même en se lavant les mains à la bétadine ses deux paluches sentaient encore le sang. D’habitude les hôpitaux de la Citadelle suffisaient largement mais là ils étaient débordés et la cause était simple ; le système médical de la station était conçu pour soigner à l’unité et pas en masse. Cela signifiait le retour de méthodes militaires qui avaient fait leurs preuves mais nécessitait une certaine rigueur mentale pour ne pas flancher. Scie de Gigli, omni-gel, les blessures graves étaient traités avec autant d’efficacité que possible, quitte à ce que soi parfois au détriment des sensations positives. Même si les anesthésies étaient encore possibles le Turien ne miserait plus longtemps dessus si les victimes continuaient d’arriver à cette cadence. Les stocks de morphine se réduisaient comme peau de chagrin et il y avait toujours les tourelles de cerberus encore en marche dans certains secteurs qui contribuaient au renouvellement des blessés.

-Une synapse évidemment.

Le médecin prit un plateau, des couverts et fit comme tout le monde en se mettant dans la file de la cantine en espérant que le menu du jour soit à la hauteur des efforts fournis. A force de voir des tripes et de la viande pendant des heures et des heures il avait faim, aussi immonde cela puisse paraître.
Au final la même chose que d’habitude ; des crudités avec cette fois-ci du poisson, le tout dextro-aminé bien évidemment. Léonardus s’enfonça dans sa chaise en soupirant alors que ses collègues prenaient place ; l’après-midi allait être long. Le toubib commença à attaquer son plat avec gourmandise, sachant que son prochain repas était dans un bon bout de temps.
Les minutes s’écoulèrent alors que le Turien commençait à se détendre réellement, laissant de côté les problèmes de l’hôpital pour se concentrer pleinement sur la sauce de sa salade qui pour une fois était bonne.

-Seneca, y a deux personnes qui veulent te voir dehors.

Le docteur empala sur sa fourchette un gros morceau de son repas et l’encastra presque de force dans sa bouche de sorte qu’aucun mot intelligible ne puisse sortir et lâcha un gémissement d’approbation. Il ne pouvait pas faire attendre ses hôtes mais il pouvait encore faire des provisions en prenant une dernière bouchée et il allait la faire durée. Au bout d’une minute de mastication, tout ce que le médecin s’était fourré de force dans le gosier venait de finir dans son estomac, Léonardus vérifia qu’il était présentable avant d’enfiler sa blouse blanche et de rejoindre les deux individus ; Aper et Annaz.
A vrai dire si son esprit avait collé à la Turienne l’étiquette « allergique », l’humain avait reçu « bourrin de la drague » en réponse à son tact de bulldozer hors de contrôle. Mais bon, il n’allait pas inonder de reproches quelqu’un qui avait eu le cran de faire les premiers secours à une inconnue, aussi mauvais sauveteur soit-il.

-Hey, je ne m'attendais pas à vous recroiser si tôt, c'est rare les gens qui viennent remercier les urgentistes. La soirée n'a pas été trop dure?
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MessageSujet: Re: La guerre ne change jamais   Jeu 26 Mar 2015, 22:12


    Le dos appuyé sur le mur, ses doigts cliquetants contre son armure, Aper observait les allées et venues. Beaucoup de brancardiers passaient par la porte, portant un flot de nouveaux malades ou blessés. En plus de ça, il y avait les victimes d'accidents du quotidien, qui requéraient tout de même l'attention des médecins. Et bien que le bon-sens ait pris le dessus, il restait certains patients qui venaient pour un rien et dramatisaient comme s'ils étaient sur le point de mourir. Même dans les situations les plus graves on trouvait toujours des connards égoïstes. Etait-ce rassurant? Sans doute que non. En tout cas, le personnel médical semblait pour le moins stressé et pressé. Les infirmières de l'accueil, que la turienne pouvait voir au travers des portes vitrées, tentaient tant bien que mal de répartir les cas par degré de gravité. Ce qui n'était pas facile lorsqu'un hypocondriaque jouait les divas, s'offusquant qu'on ne le traite pas en priorité. Mais la tension et les mauvais caractères semblaient être le pain quotidien de ces braves employés, car ils remettaient vite en place les importuns, avec une sécheresse qui n'était sans doute pas bien vu. Face à ce qui semblait être des insultes, ils restaient de marbres, se désintéressant totalement du cabotin, le laissant se couvrir de ridicule.
    Un claquement de mandibule et un hochement de tête approbateur pris la militaire alors qu'une infirmière humaine regarda dans sa direction. Un peu ragaillardie, elle lui rendit un sourire, puis reparti à l'assaut de la tâche monstrueuse qui l'attendait. La franc-tireuse avait énormément de respect pour les médecins et leurs acolytes. Leur métier était dur, ingrat mais ils l'assuraient avec brio. Ils sauvaient des vies aussi. A côté les soldats comme elle tuaient, voir même leur apportait plus de boulot en risquant leur vie et leur santé. Les plus poétiques diraient "un qui donne la vie, l'autre la mort". Les moins prises de tête parleraient d'un métier de protection dans les deux cas, mais d'une manière différente. Qu'importe qui avaient raison. Ravilla se contentait d'éprouver presque de l'admiration.

    Elle sentit l'humain s'agiter à côté d'elle. Il n'avait pas l'air particulièrement réjoui. Sans doute qu'il avait encore au travers de la gorge le coup qu'elle venait de lui faire. Les turiens et les humains avaient une mentalité très différente. Elle ne pouvait pas espérer qu'il la comprenne. Cependant, ce n'était pas une raison pour le laisser ainsi, sur le seul argument que "il faudrait expliquer". Il l'avait sauvé et devait sans doute avoir l'impression, comme il l'avait souligné plus tôt, de faire face à un Varren agressif la plus part du temps. La femelle posa une main sur l'épaule du mâle, cherchant son regard. Elle tenta d'afficher un air doux, qui avait du mal à cacher sa fatigue.

    - Ecoutes, par rapport à tout à l'heure... Je suis désolée. Réellement. Ce n'est pas à toi de m'offrir quelque chose, mais plutôt l'inverse. Je ne pouvais pas accepter ton invitation sans me sentir déshonorée. Je ne sais pas exactement comment les humains considèrent l'honneur et la dignité. Ni comment ils la conçoivent. Mais pour nous... pour MOI en tout cas... C'est important.
    C'est la seule chose qu'il me reste en ce moment
    , souffla-t-elle d'une voix presque imperceptible.

    Ce n'était sans doute pas ça qui le calmerait, mais c'était bien la seule chose qu'elle pouvait lui offrir. Une tentative pour lui de la comprendre. Pour elle de chercher à expliquer ses raisons. Restait à lui le fait de les accepter ou non.
    Aper releva brusquement la tête, retirant dans le même temps sa main, alors que le docteur passait les baies vitrées de l'hôpital. Il ne semblait pas avoir passé une bonne nuit, lui non plus, mais semblait à la fois surpris et un peu ravi de revoir les deux compères. En tout cas, il les salua chaleureusement et leur questionna sur leur nuit.
    La militaire se tint droite face à son sauveur, cachant la lassitude qui l'habitait par un sourire et un claquement de mandibules qui se voulait francs. Elle n'alla pas jusqu'à le saluer, mais tout dans son attitude laissait supposer une gratitude, voir reconnaissance de la part de la sniper. C'était faux, bien sûr, mais ça, ils n'avaient pas à le savoir. Et elle, pas à le montrer.

    - Docteur Seneca! C'est un plaisir de vous revoir.
    Je vous prie de m'excuser de vous avoir dérangé en plein travail. Ou en pleine pause. Vous êtes débordé et j'espère réellement ne pas vous interrompre.
    Je souhaitais vous voir, effectivement pour vous remercier d'une part. Vous étiez en repos et vous avez été obligé de me venir en aide. J'espère que cela n'a pas gâché votre soirée.


    Il n'y avait là aucune remarque envers une quelconque réplique antérieure d'Adrien. Vraiment. Ou à peine un petit peu. Enfin, ce n'était pas appuyé, aussi l'humain était le seul à pouvoir dire s'il la percevait ou non. Aper ne souhaitait pas être en conflit avec lui, mais leur tendance à ne pas se comprendre l'un l'autre ou voir le mal partout pouvait être problématique.

    - En second lieu, je suis venue pour m'excuser. Je n'ai pas fait assez attention à mon comportement et mon état, ce qui a sans doute précipité l'accident.

    Elle fit enfin le salut comme elle l'avait dit. Avec la posture fière, le regard droit, de la plus militaire de toutes les façons.

    - Monsieur. Je vous prie donc de bien vouloir accepter mes excuses. Et de me laisser vous renouveler mes plus sincères remerciements pour m'être venu en aide.

    Ça ne sonnait pas faux. Un peu discordant, tout au plus. Elle était réellement sincère dans ses remerciements. Sauf qu'elle aurait préféré rester au sol. Enfin, ce n'était que son affaire que ceci. Elle refit son sourire.

    - Qui plus est, je souhaiterais vous montrer ma gratitude envers vous, ainsi qu'envers le Sergent Annaz. Je doute que vous soyez disponible dans l'après-midi, mais je souhaite vous proposer une soirée. Ce que vous souhaitez: stand de tir, bar, restaurant, holo ou que sais-je. Vous seriez mes invités.

    Entre temps, elle avait cessé son salut pour se mettre au repos.

    - Bien évidemment, cela n'enlève pas la dette que j'ai envers vous. Mais je ne sais pas si je pourrais vous la rendre avant l'inévitable... Rien n'est prévisible en temps de guerre, je le crains.

    Continuer d'afficher un air paisible, neutre, voir joyeux. Ne pas craquer. Juste intérieurement. Garder le masque... Et respirer. Rien n'était prévisible, en effet. Même pas une foutue attaque de la part de Cerberus! Non... Rester concentrée.

    - C'est donc la moindre des choses que je puisse faire envers vous deux, avant de pouvoir rembourser cette dette.
    Si vous le désirez, vous pouvez le voir comme une sorte de garantie.







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MessageSujet: Re: La guerre ne change jamais   Ven 27 Mar 2015, 19:03


Attendant le Turien, Adrien faisait le point sur ces dernières heures en compagnie d’Aper. Dans l’ensemble, on ne pouvait pas dire qu’Adrien était très calme. S’il pouvait comprendre les derniers coups d’éclats de la Turienne, le coup du restaurant lui restait en travers de la gorge, sans mauvais jeu de mot. Sous couvert de ne pas vouloir abuser de la gentillesse d’Adrien et ne pas ‘’mériter’’ l’invitation, elle venait de refuser complètement de manger en compagnie d’Annaz. Extrêmement vexant. Et même si elle se défendait de parler de viol, Adrien avait des doutes… Bref, la Turienne baissait dans son estime. Et même s’il comprenait cette carapace qu’elle se forgeait, ça n’en était pas moins très désagréable. Aussi se demandait-il ce qu’il allait faire une fois que la Turienne aurait présentée ses… remerciements au médecin.

Médecin qui ne tarda au final pas à arriver. Il semblait presque… détendu, ou du moins pas aussi stressé qu’Adrien aurait pu croire. Il semblait même enthousiaste à la perspective de revoir Adrien et Aper. Impression confirmée par son discours enjoué à son arrivée auprès d’eux. A la suite de quoi, Adrien se désintéressa de la discussion, ou plutôt du monologue, ne l’écoutant plus que d’une oreille discrète. Il connaissait déjà la chanson pour en avoir déjà entendu l’air le matin même. En revanche, il fut intéressé par l’invitation d’Aper. Quoi, proposer un restaurant après le fiasco d’il y a moins d’une heure. C’était plus que osé. Presque de la provocation, en fait. Néanmoins, l’idée semblait plaire au médecin, et puisqu’il avait été convié, Adrien ne pouvait pas vraiment décliner l’invitation.

Une fois le rendez-vous pris, le Turien repartit à l’intérieur du bâtiment, laissant Adrien et Aper seuls. Annaz se demandait un peu ce qu’il allait faire, maintenant qu’ils étaient seuls. La Turienne n’avait plus besoin de lui, et ce n’était pas sûr qu’elle veuille de toute façon rester avec lui. L’inverse était vrai également, cela dit. Cependant, Adrien n’avait rien de prévu pour l’après-midi, et il se voyait mal se morfondre seul dans son appartement. Autant passer ces prochaines heures en ‘’bonne’’ compagnie. Et mettre les choses à plat, aussi, pour éviter un nouveau fiasco comme pendant celui du repas, tant qu’à faire. Voir son invitation refusée comme ça, Adrien ne voulait pas vivre ça deux fois dans la même journée. Pas même de fois dans la semaine. Et si possible, pas deux fois dans sa vie.

« Dites moi, si vous n’avez rien de prévu cette après-midi, que diriez-vous de retourner chez moi. Je pense que ce serait une bonne chose que nous ayons une discussion avant le repas de ce soir »

La Turienne accepta l’offre, à la surprise d’Adrien. Pour le coup, il s’attendait à un refus clair et net, pas à ce qu’elle soit d’accord pour revenir avec lui dans son appartement. Bon, il n’allait pas s’en plaindre, évidemment. Mais il était surpris. Cela dit, cette fois, il n’allait pas imposer une marche forcée à la Turienne, d’autant qu’elle n’avait pas mangée depuis un sacré moment. Il fit donc appel à un taxi pour retourner à son appartement, accompagné d’Aper, aussi silencieuse qu’à son habitude. Le manque de conversation était tout un art avec elle. Mais de toute façon, ils allaient bientôt pouvoir parler. Et la discussion conditionnerait la venue d’Adrien au restaurant du soir. Perdu dans ses pensées, il ne se rendit pas compte tout de suite que le taxi était arrêté, et mit quelques instants avant de comprendre qu’ils étaient arrivés. Adrien paya le taxi, et ouvrit la porte de son appartement, laissant la Turienne passer en premier.

Allumant les lumières de l’appartement, Adrien prépara le terrain pour la discussion. Après avoir proposé à boire à la Turienne et s’être lui-même servi un verre, il s’installa dans le canapé en face de celui pris par Aper, et laissa passer un moment. Il ne savait pas trop par où commencer sans se prendre un direct dans la figure après trois mots. Finalement, il finit par se lancer et sortir ce qu’il avait sur le cœur. Et tant pis pour cette histoire de poing Turien qui rencontre son nez. Il n’était plus à ça près, après tout.

« Bon, je ne voulais pas être impoli devant le médecin, mais… Cette histoire de restaurant, je ne sais pas si je vais venir avec vous. En tout cas, il va falloir mettre les choses à plat pour éviter de s’entretuer pendant le repas, si je viens. Alors plusieurs choses. Tu pourras me frapper après si tu veux.
Alors premièrement, pour mettre au clair cette histoire : j’ai bel et bien dormi dans le même lit que toi. La raison, je te l’ai déjà donnée, et même si tu n’y crois pas, ça reste la vérité : tu faisais un cauchemar, et j’ai pensé qu’un contact humain pourrait te réconforter. Ce qui semble avoir marché, mais c’est une autre histoire. Alors même si tu ne m’accuse pas de viol, un ‘’merci’’ me semble plus approprié qu’une accusation.
Deuxièmement, le restaurant. Je comprends ton point de vue, mais quand j’invite quelqu’un à manger, il ne faut pas y voir un message caché, simplement une envie de ne plus mourir de faim. Je ne pense pas que le serveur ait réellement donné ce repas à un réfugié, mais si ça peut soulager ta conscience d’y croire…
Troisièmement, ton comportement. Je sais que tu as perdue un proche, et je ne doute pas de ton chagrin, et sache que je compatis. Mais tu n’es pas la seule à avoir perdue des amis et de la famille, pour autant la galaxie n’est pas devenu un ring de combat ou tout le monde s’insulte. Enfin si, mais ça c’est à cause des Moissonneurs, ça ne compte pas. Arrête d’être agressive envers tout le monde, ça ne peut que faire du bien, pour toi aussi.
Dernière chose, pour que ça aussi ce sois bien clair, et puisque tu me posais la question : oui, je te drague. Ouvertement peut-on même dire maintenant. Et je suis particulièrement pas doué pour ça, n’est-ce pas ? Et pourtant, malgré tes accusations, malgré ton comportement et tout ce qui va avec, je continue. Pourquoi ? Va savoir… Peut-être parce que je t’apprécie réellement ? Peut-être parce que derrière ce caractère de merde qu’elle essaye d’avoir, je trouve que la Turienne vaut mieux que ce qu’elle montre ? Ou peut-être parce que je la trouve réellement belle ? Bonne question, n’est-ce pas ? Moi, je pense que c’est un peu de tout ça.
Bon, maintenant que les choses sont claires, c’est à toi de voir ce que tu veux faire. Pour ma part, j’ai dis le fond de ma pensée. Si tu veux m’en coller une, n’hésite pas. Si tu veux prendre la porte, ne te gêne pas. Et si tu veux essayer de me parler de ton frère, je suis là. Tu as le choix.
»

Voila, c’était dit. Ca faisait du bien, quand même, de se lâcher. Au moins, plus de faux fuyant, de sous entendu ou autre, rien que la vérité. Et voir ce qui allait en ressortir.



Pourquoi est-ce qu'à chaque fois que quelqu'un dit "avec tout le respect que je vous dois", j'entends "ta gueule" ?


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MessageSujet: Re: La guerre ne change jamais   Ven 27 Mar 2015, 21:16


    L'appel du devoir rappela le médecin. Il partit après avoir confirmé le rendez-vous de ce soir, retournant sauver qui il pouvait d'un coup de scalpel ou grâce à leur possiblement faibles réserves de médicaments. La turienne, gardant son expression prétendument heureuse, lui adressa un signe à son départ. Elle redescendit la main une fois qu'il passa les portes, son air se disloquant petit à petit pour une neutralité presque inquiétante. Comme si elle tentait de se réconforter, elle s'enserra, une main posée, voir agrippée sur son épaule, l'autre sur sa hanche. Ses griffes frottaient contre ses vêtements par moment, trahissant la légère nervosité qui la traversait. Maintenant quoi? Voilà bien la question qui hantait les pensées de la femme. Elle devrait sans doute retourner au vaisseau. Contacter ses collègues, pour leur dire qu'elle allait bien. Vérifier l'état de son équipement... C'était la chose logique à faire.

    - Dis-moi, si tu n’as rien de prévu cette après-midi, que dirais-tu de retourner chez moi. Je pense que ce serait une bonne chose que nous ayons une discussion avant le repas de ce soir.

    - Bien. Je te suis.

    La logique pouvait, à première vue, aller se faire voir. Pourquoi continuer à suivre cet homme alors qu'il y avait plus raisonnable à faire? Elle ne pouvait pas l'expliquer. Enfin, si. Elle l'appréciait, ce demi-inconnu capable de supporter son sale caractère sans - trop - s'énerver. Aussi parce qu'elle avait besoin de fuir tout ce qui lui rappellerait son frère ou bien la guerre. Sans pour autant se retrouvée isolée. Alors certes, Adrien était un militaire lui aussi. Néanmoins, il faisait fi de cela, ayant même demandé le tutoiement de lui-même. Dès lors, entre ses camarades qui partageaient les mêmes douleurs et portaient les mêmes cicatrices qu'elle et un inconnu qui n'avait rien de commun, elle préférait ce dernier. Plus reposant, d'un certain côté. Même si le comportement qu'elle avait envers lui lui faisait honte. Pour autant, elle ne réussissait pas à se contrôler. D'autant plus que, sans le vouloir, l'humain ne l'y aidait pas.
    Ils repartirent donc. Pour une fois, l'accro de la marche bavard ne semblait pas d'humeur à crapahuter partout. Il préféra opter pour la station de taxi la plus proche, où ils attendirent quelques minutes qu'un véhicule ne parvienne. Ni l'un, ni l'autre ne semblaient vouloir discuter. Un mutisme qui plaisait bien à Ravilla. Il ne fallait pas être diplômé d'ingénierie pour deviner que la discussion qu'Annaz voulait avoir tournerait autour des événements de la journée. Il était parfaitement dans son droit, bien évidemment. Mais la femelle était à fleur de peau aujourd'hui. Elle se doutait dès lors fortement que les remontrances qu'il lui adresserait ne seraient pas à son goût. Au moins, le paysage qui défilait au travers de la vitre la divertit un peu, assez pour ne pas trop réfléchir à ce qui se dirait. Il valait mieux qu'elle attende de voir le moment présent. Histoire d'éviter de se mettre elle-même sur les nerfs pour rien. Ou de se faire des films, comme on le disait vulgairement.

    Lorsque le taxi arriva, le militaire se montra aussi gentleman qu'à son habitude, payant la course, puis laissant la franc-tireuse entrer la première dans ses appartements. Le côté gentleman devait être important chez les humains, pour qu'ils puissent se comporter d'une telle façon avec un invité. A moins que ce traitement n'était dû à son genre? Impossible de savoir avec eux. Leur culture était bien trop hétéroclite et étrange pour que des étrangers comme Aper ne réussissent à n'en comprendre ne serait-ce que le quart. Sans doute que tout le monde ressentait cela envers les espèces qui n'étaient pas sienne.
    L'homme lui fit signe de s'asseoir avant de lui proposer à boire. Elle choisit de l'eau, évidemment. Pas tellement parce qu'elle voulait fuir l'alcool. Depuis le restaurant, elle en voulait, et tant pis pour ses réticences. C'était plutôt qu'elle doutait réellement qu'il ait une quelconque boisson dextro-aminé à son goût. Après tout, c'était déjà une chance qu'il ait pu lui proposer un café tout à l'heure... Mince, voilà qu'elle en avait envie d'un désormais. Pourtant, elle n'osa pas le demander, préférant se contenter de son premier choix. Elle abusait déjà assez de sa gentillesse, ce n'était pas pour jouer en plus les divas.
    Une fois le service fait, le propriétaire des lieux s'assit dans l'autre canapé, faisant face à son invitée. Il y eut un temps de flottement, durant lequel personne ne parla, chacun buvant. Elle, c'était parce que ce n'était pas son rôle. Enfin, ce n'était plutôt pas elle qui avait dit vouloir discuter. Lui... il devait sans doute avoir ses raisons. Après quoi, il décidé de finalement briser le silence.
    Comme à son habitude, il se lança dans un véritable monologue. Il revint sur l'histoire de cette nuit, notamment, se sentant obligé de réexpliquer la situation, lui reprochant même de ne pas l'avoir remercié pour cela. Oh, il y aurait pu y en avoir, des remarques acides, des piques acérées à ce sujet. Pourtant, sa réponse fut bien plus simple. Plus sincère. Et, ironiquement, vraie.

    - Excuses moi, mais tu m'avais pourtant dit que des remerciements n'étaient pas nécessaires. Notamment parce que tu as dit que c'était quelque chose de naturel. J'ai alors estimé que tu n'avais pas envie que je t'exprime ma gratitude envers quelque chose qui ne te semblait pas si extraordinaire que cela.

    Il enchaîna ensuite sur l'histoire du repas. Là, elle fit en sorte de ne pas trop le regarder. Il se défendit à nouveau, lui reprocha encore son attitude. C'était son droit, oui. Il la prenait aussi un peu pour une conne naïve. Oui, elle savait bien que le serveur avait dû balancer le plat ou le refiler au premier client venu. Mais quitte à refuser un repas, autant vouloir bien faire plutôt que de balancer un "j'en veux pas, jetez le". C'était déjà un tout petit peu moins offensant pour celui qui invitait. Voilà que sa gorge se serrait de nouveau. Respirer... Respirer...
    Il enchaîna, déblatérant toujours un flot de paroles qui ne semblaient pas vouloir finir. Voilà que sa violence lui était reprochée. Bon sang, c'était sans doute une première pour un turien ça. Ils étaient d'une nature combative et si l'agressivité n'était pas forcément un comportement de base, elle restait relativement normale selon les situations. Oui, sa fureur pouvait sembler anormale, surtout que, comme il le soulignait, elle n'était pas le seul à avoir perdu quelqu'un. Ou plusieurs personnes. Ou être sans nouvelles. Ah, mais s'il avait connu Hécarion... S'il connaissait la relation quasi-fusionnelle qu'ils entretenaient, surtout depuis la mort de leur jeune sœur; s'il savait qu'il avait été un peu son mentor, beaucoup son héros, son confident, presque son seul foutu point de repère dans les moments difficiles... Alors peut-être que oui, l'humain pourrait comprendre, ne serait-ce qu'un peu, pourquoi elle avait du mal à s'en remettre. Merde. Voilà qu'elle sentait les larmes monter. Bordel, elle se faisait honte. Allez. Ne pas y penser. Se concentrer sur autres chose. Tiens, sur le reste du monologue par exemple!

    - Dernière chose, pour que ça aussi ce soit bien clair, et puisque tu me posais la question : oui, je te drague. Ouvertement peut-on même dire maintenant. Et je suis particulièrement pas doué pour ça, n’est-ce pas ? Et pourtant, malgré tes accusations, malgré ton comportement et tout ce qui va avec, je continue. Pourquoi ? Va savoir… Peut-être parce que je t’apprécie réellement ? Peut-être parce que derrière ce caractère de merde qu’elle essaye d’avoir, je trouve que la Turienne vaut mieux que ce qu’elle montre ? Ou peut-être parce que je la trouve réellement belle ? Bonne question, n’est-ce pas ? Moi, je pense que c’est un peu de tout ça.

    Ce qu'il put dire ensuite n'intéressa pas la soldate. Tout ce qu'elle retenait, hors le masochisme flagrant de son collègue, ainsi que son obstination, était une foi envers elle, une inconnue pourtant, presque touchante. Il se faisait mal traiter et pourtant il continuait, persuadé qu'elle avait plus à offrir que des remarques acides et un comportement balançant entre fierté mal placée, sauvagerie et respect de l'autorité tout turien. Cela pouvait bien être une tentative de drague, mais vu le peu de subtilité dont il avait fait preuve avant - réussissant à parler de son frère et à la complimenter dans le même temps - il serait étonnant qu’il arrive soudainement à en faire preuve. De toute façon, il venait de lui dire clairement qu'il tentait de la séduire, alors il avait peu d'intérêt à jouer cette carte à ce moment.
    En tout cas, la réaction à laquelle Adrien s'attendait ne fut sans doute pas celui que la turienne eut. Car elle finit par craquer. Elle commença à pleurer avant de cacher son visage dans ses mains pour conserver un peu son reste de dignité. Plus qu'à fleur de peau, voilà ce qu'était son état. En attendant, elle s'épanchait une nouvelle fois et en moins de vingt-quatre heures devant le sergent qui devait sans doute finir par regretter ses choix. A moins que non. Car il finit par se lever pour la rejoindre, s'asseyant à côté d'elle. Un peu maladroit, il finit par la prendre dans ses bras, sans oser trop l'enserrer, sans doute ne sachant que vraiment faire. Le contact lui fit du bien et la franc-tireuse le lui rendit, posant son front contre l'épaule de son compagnon. Elle fut un peu trop brusque, ou lui n'avait pas le sens de l'équilibre; ils finirent plus ou moins allongées sur le sofa, elle à demi sur lui. Elle se blottit un peu contre lui, fermant les yeux, tentant de se calmer comme elle pouvait. Cela lui un peu de temps, quelques minutes, mais elle finit par y arriver. Ses épaules n'étaient plus agitées de soubresauts et les sanglots avaient cessés. Pour autant, la femelle ne quitta pas sa position. Pour un peu, on aurait pu la croire endormie. La seule chose qui la trahissait était le pouce de sa main droite, qui caressait le cou d'Annaz. Le fait qu'elle finisse par ouvrir les yeux, quelques secondes après, aussi.

    Doucement, elle se releva un peu, à demi sur l'humain. Tout aussi délicatement, elle finit par poser son front contre le sien, à la façon des turiens.

    - Merci.







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MessageSujet: Re: La guerre ne change jamais   Sam 28 Mar 2015, 01:52


Bon, alors. Jusqu’à quel point la Turienne allait lui mettre ses remarques dans les dents. Et surtout, si les remarques allaient arriver seules, dans les dents. Ca, c’étais pas sûr. Et pourtant… Voila que la Turienne ne réagissait encore d’une manière imprévue. Enfin, pas totalement. Adrien avait envisagé cette éventualité. La crise de larme. Mais il pensait que la colère et l’agressivité d’Aper prendrait le dessus. Et pourtant, non. La crise de larme fut la plus forte. Et c’est donc en larme qu’elle se retrouva, en face d’Adrien, qui malgré le fait d’avoir un peu prévu ça, ne savait pas trop comment réagir. Au final, Annaz se leva pour s’installer dans le canapé de la Turienne et la prendre dans ses bras. Il ne savait pas si c’était la meilleure chose à faire, mais c’est ce qu’Adrien pensait être mieux. Bon, il ne s’attendait pas à ce que la Turienne réponde de manière… Disons… Positive, à son initiative.

Surprenant, comme la Turienne pouvait passer d’un état à l’autre. Il y avait encore quelques heures, elle n’était que colère et énervement, et maintenant, elle s’était transformée en montagne de larmes. En sois, ce n’était pas totalement incompréhensible. Cette carapace qu’elle s’était forgée avait fini par craquer, sans doute devant les critiques d’Annaz. Le but n’était bien entendu pas de la faire pleurer, mais bien de poser les choses à plat. Difficile de nier la réussite de la manœuvre. La Turienne plus ou moins dans les bras, celle-ci posa son front sur l’épaule d’Adrien. La brusquerie du coup couplé au manque de stabilité d’Annaz les fit s’étaler à moitié sur le canapé, dans une position des plus inconfortables d’un point de vue physique, le haut du corps allongé et les jambes à moitié pendues sur le canapé, à moitié allongée aussi. Et avec la Turienne à demi sur Adrien. Aper ne sembla pas se souciait de la position, car elle restait dans cette position pendant plusieurs minutes, ses yeux fermés laissant toujours couler ses larmes. Elle finit par reprendre le contrôle de ses émotions au bout de ces quelques minutes, mais ne se redressa pas pour autant. Adrien ignorait ce qu’elle faisait. Jusqu’à ce qu’il sente le pouce de la Turienne caresser son cou, une sensation loin d’être désagréable. Annaz ne fit aucun geste pour arrêter la femelle, et apprécia le moment. Trop court à son gout, puisqu’elle finit par ouvrir ses yeux quelques instants plus tard, et se redressa à moitié. Adrien suivit le mouvement, pour se retrouver avec le front de la Turienne collé au sien. D’une voix claire et beaucoup plus douce que ces dernières heures, elle prononça un unique mot.

- Merci.

L’ouverture de la Turienne. La promiscuité. Et ce simple mot. Peut-on parler de geste inconscient ? Pas vraiment, ce serait mentir de dire qu’Adrien ne cherchait pas ça, au final. Mais pas dans ces conditions. Et pourtant, après ce simple remerciement, prononcé le front collé à celui d’Annaz, après un moment de complicité comme celui là… Faisant glisser son visage, il vola un baiser à la Turienne, avant de se redresser et d’essayer de trouver une position un peu plus confortable. Est-ce qu’il était gêné ? Oui, un peu quand même. En l’état, il abusait de la faiblesse de la Turienne. Mais est-ce qu’elle était vraiment faible à un moment, hormis à l’article de la mort… Regrettait-il son geste ? Pas le moins du monde. La question était de savoir si la Turienne allait apprécier cette… Initiative.

« Mmmmh, j’espère que pleurer t’a fait du bien. Sache que même si je suis maladroit et que je semble être aussi compatissant qu’un Krogan, ça n’empêche pas que je suis là pour toi si tu as besoin, de pleurer ou de parler. Et si tu veux autre chose, n’hésite pas, fais comme chez toi. »

Magnifique transition, à n’en pas douter. Cependant, Adrien ne voyait pas quoi ajouter. Tout avait été dit, de son côté. Et fait, aussi. Maintenant, seule comptait la réaction de la Turienne, qui pouvait tout à fait mal le prendre. Ou pas, d’ailleurs. Tout l’intérêt de faire comme si de rien ne s’était passé, afin de laisser à la femme le choix d’y réagir ou non. Mais pour Annaz, et bien… Il était plus ou moins suspendu à la réaction d’Aper, pour son avenir immédiat. Si elle avait appréciée l’initiative d’Adrien, qui sait jusqu’où les choses pourraient aller ? Si non… Il devait lui rester des pâtes dans le frigo.




Pourquoi est-ce qu'à chaque fois que quelqu'un dit "avec tout le respect que je vous dois", j'entends "ta gueule" ?


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La guerre ne change jamais

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