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 [16+] La fièvre du samedi soir

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MessageSujet: [16+] La fièvre du samedi soir   Ven 13 Fév - 12:12
Intervention MJ : Oui Année 2176RP Tendancieux
Alessa N’Mara ♦ Thomas Dole
La fièvre du samedi soir



Les Chroniques d'Alessa - Prélude 5

Watson. Berceau de Siegfried / Vingt-quatre ans plus tôt.

Qui eut cru qu’être en cavale pouvait coûter si cher en crédits ? Sûrement pas Alessa. Et pourtant, les nombreuses missions qu’elle avait menées dans les Terminus ne lui avaient pas paru requérir autant de crédits que ce dont elle avait dû se séparer pour seulement espérer survivre en terrain conquis. Sans s’en rendre compte, le petit pactole qu’elle avait découvert à son réveil dans la soute de ce mystérieux cargo qui l’avait conduite hors des frontières conciliennes avait fondu à vue d’œil et seulement un an après sa fuite de la clinique psychiatrique de Serrice, elle se retrouvait déjà sans le sou et contrainte de se trouver un boulot à seul fin de pouvoir avoir quelque chose dans le ventre et un toit au-dessus de la tête. La vie de fugitive n’était décidemment pas une sinécure. Loin de là.

Watson. Une petite colonie humaine ayant récemment attiré l’attention de la jeune femme. Un petit coin de paradis encore en proie à quelques tensions internes dues à un imbroglio politique des nations appartenant à l’Alliance. Les Humains étant encore jeunes sur la scène politique galactique, Alessa ne connaissait pas grand-chose de leur histoire ou de leur situation géopolitique interne. Elle avait juste entendu parler du fait que les trois principales nations terriennes revendiquaient à titre personnel la découverte de Watson et qu’il avait fallu un traité pour ratifier tout cela et mettre fin aux querelles et permettre de trouver un compromis. Autant dire un endroit rêvé pour une fugitive en cavale comme elle. La Citadelle ne mettait pas son nez dans les affaires politiques se déroulant hors de ses frontières. Et quoi de mieux qu’un bourbier politique comme Watson pour se faire toute petite ?

C’était il y a trois mois de ça maintenant. Depuis, Alessa avait réussi à trouver un travail de nuit qui ne payait peut-être pas de mine mais qui suffisait à assurer ses dépenses élémentaires tout en assurant à la jeune femme un petit pécule sécurisé en cas d’imprévu de dernière minute. Elle avait appris à ses dépends qu’on n’était jamais suffisamment sur ses gardes. Le travail en question ? Danseuse exotique dans un night-club de la capitale américaine. Le salaire était correct et l’établissement bien tenu et de haut standing. Alessa aurait pu tomber sur pire : un bouge digne d’Oméga par exemple. Ici toutefois, c’était tenue correcte exigée et on ne touche qu’avec les yeux. Pour toucher avec les mains, il fallait savoir y mettre le prix et mieux valait être généreux avec les zéros pour s’assurer une danse privée à la hauteur de la somme déboursée. En somme, rien à redire. Un travail de rêve pour une fille de rêve.

— Talia ? Tu entres sur scène dans cinq minutes. Tu es prête ?

Tirée de ses pensées, Alessa leva les yeux dans son miroir pour dévisager son manager : un Humain. Il attendait une réponse. L’Asari hocha donc la tête avant de reporter son attention en face. Elle n’avait pas fermé l’œil de la nuit ; mais cela, c’était une autre histoire. Une histoire qui concernait Alessa ; et non Talia. Aussi endossa-t-elle de nouveau le masque lui permettant de dissimiler sa véritable identité aux yeux des autres. En un sourire, elle redevint la douce et ingénue Talia. Qu’importe la fatigue et la crainte, elle devait montrer le meilleur d’elle-même sur scène afin de pouvoir compter les pourboires d’ici la fin de la soirée. C’était avant tout une question de survie.

Quelques minutes plus tard, Alessa était sur scène, en tenue affriolante. Son corps ondulait avec tant de grâce et de sensualité que c’est tout juste si la jeune femme avait conscience de ce qui se passait autour d’elle. Dans ces moments-là, elle se laissait emporter par la musique et son esprit réussissait, par un obscur procédé, à s’évader quelques instants. Danser pour gagner sa vie était aux antipodes de son ancien travail. Elle qui avait connu le confort matériel et qui avait dédié sa vie entière au service de son peuple, se retrouver sur cette scène à vendre son corps pour gagner sa vie avait quelque chose de quelque peu dégradant. Mais sa survie en dépendait. Elle devait donner le meilleur d’elle-même.

Les minutes s’étirèrent un moment tandis que la musique continuait de pulser à travers le club. Cela promettait d’être une nuit particulièrement animée. Le club était déjà bondé et les crédits pleuvaient déjà sur scène sur son passage. Les clients originaires de différentes planètes en redemandaient. Tous désiraient une autre danse mais Alessa descendit de scène pour se rendre au bar. Elle avait en charge le numéro d’ouverture. Son numéro terminé, elle avait pour mission de se mêler aux clients à seule fin de leur extirper autant de crédits que possible avant son prochain passage sur scène. Elle sentit sur sa peau les regards qui la suivaient tandis qu’elle traversait la pièce d’une démarche plus que suggestive. Plusieurs lui proposèrent à boire et quémandèrent pour une entrevue privée, mais l’heure n’était pas encore venue. Mieux valait ignorer les plus prompts à sortir leur chéquier ; ceux qui éprouvaient plus de réticence au premier abord étaient généralement ceux qui finissaient pas payer le plus. Une simple question d’observation. Et plus elle amasserait de crédits, plus vite elle pourrait changer de vie.

Alessa soupira en reconnaissant un de danseurs du club nonchalamment appuyé contre le bar. Celui-ci posa les yeux sur elle en la voyant approcher et un sourire carnassier se dessina sur ses lèvres :

— Alors ma belle, on est déjà fatiguée ? On ne tient pas la cadence ?
— Et toi, Cupidon ? Déjà en train de monopoliser le bar ? La soirée ne fait pourtant que commencer…

Quelque chose dans le regard du Turien fit sourire Alessa. Oui… Cupidon était un danseur turien déjà occupé à cirer les pompes du manager bien avant l’arrivée d’Alessa. Et pourtant, c’est vers elle que le grand patron se tournait quand il avait besoin d’un service. Le Turien n’avait pu le supporter et il lui en avait toujours tenu rigueur. Mais son nom… Cupidon ? Un nom de scène, bien entendu. Mais c’était à se demander d’où il le sortait. Une Humaine lui avait un jour dit que Cupidon était un Chérubin – une figure angélique humaine symbolisant l’amour. Alessa y avait toujours vu là une bonne blague. Parce que honnêtement, Cupidon le Turien, ange de l’amour ? Un nouveau sourire étira les lèvres de la jeune femme. D’un geste du menton, elle ajouta :

— Si tu veux t’occuper un peu, le type là-bas a voulu me payer un verre, mais j’ai comme qui dirait le sentiment qu’il recherchait plus de « fermeté » que de douceur ; si tu vois ce que je veux dire…
— Ah ?! fit le Turien avec un éclat lubrique au fond des yeux. Eh bien… ma foi. Je m’en voudrais de ne pas te rendre ce… petit service. À charge de revanche, ma belle.
— Ben voyons, répondit simplement Alessa en regardant le Turien partir en chasse. Quel crétin !


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Dernière édition par Alessa N'Mara le Lun 16 Fév - 11:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [16+] La fièvre du samedi soir   Ven 13 Fév - 15:50
Dole regardait le superbe écran ultra-fin et de très très haute qualité qui recouvrait l'intégralité du mur de la pièce. C'était une vielle série qui passait, commençant avec une prise de vue sur une gigantesque capitale, avant que la musique d'intro ne commence.

« WAT-SON !
Ton univeeeers impitoyable !
WAT-SON !
Glorifie la loi du plus fort !
WAAAAAT-SOOOOOOON !
Et sous ton soleil implacable !
WAAAT-SOOOOON !
Tu ne redoutes que la mort ! »


Sur un écran scindé en 3 parties, on pouvait observer les acteurs sur une prise de vue fixe et le nom du-dit acteur en grosses lettres jaunes : Barbe-à-papa Bel Geddes, Jeans Davis, Patoche Confit, Grounda Grey, l'inspecteur Harry Hagman, Steve Kan-anal, t'as Ken ton Cheval, Victoria chez le Principal et Char en laine Tilton.

« WAAAT-SOOON,
Patrie du dollar et du palladium ! »


Cette série kitch à souhait, qui suivait l'histoire d'une famille originaire du Texas, possédant une exploitation de ressources minières, avec leurs intrigues amoureuses, leurs manipulations et leurs trahisons, était très aimée dans la partie américaine de Watson. Peut-être d'ailleurs que le propriétaire du superbe écran s'y croyait un peu également, qu'il s'imaginait être un gigantesque roublard capable de manipuler tous les autres pour son propre profit.
Thomas Dole était effectivement avec lui, dans une grande pièce, et le propriétaire, Bobby Ewing, adorait les signes extérieurs de richesse. Il vivait dans le faste et le luxe. Il était au milieu de la pièce, sur un bureau, un énorme chapeau texan de cow-boy sur la tête, de grosses bottes crasseuses aux pieds, avec une belle chemise moulée à son gros ventre et un gros collier. Une apparence très contrastée de son avocat, un homme grand, mince, fin, de petites lunettes sur le nez, et de son fils, Christian Ewing, qui pour le coup était un homme très beau, musclé, bien rasé, aux yeux bleus clair qui pénétraient dans l'âme. Il ne le savait pas, mais Christian était le portrait de son père quand il était plus jeune. La richesse et le temps n'avaient vraiment pas épargné Bobby, qui, à bientôt 70 ans, restait malgré tout un homme énergique, passionné et bon-vivant. Il crèverait sûrement d'un AVC ou d'une attaque cardiaque après avoir trop bouffé. Il rigolait en regardant la télévision, et parla en direction de Thomas.

- J'adore cette série ! Vous regardez ?
- Je ne regarde pas tellement la télévision, monsieur Ewing.
- Bah ! Ça vous honore ! Vraiment un truc de beaufs ! Tenez, venez vous asseoir !

Dole s'approcha du bureau. Christian semblait désintéressé, regardant dehors. Bobby se contentait d'observer la télévision en rigolant. Seul l'avocat, maître Antonio Buzzi, prenait cette entrevue au sérieux, ses yeux cruels cachés derrière de petites vitres dirigés droit vers Thomas, qui s'assit doucement sur une chaise. Antonio gardait devant lui une grosse pile de documents papier et deux datapads. Dole posa sa serviette à ses pieds et en tira son propre datapad, de manière à vérifier tous les documents liés à l'affaire, auxquels il avait accès. Et bon sang, ça avait été dur d'avoir accès à tous les documents... Les autorités et l'administration de Watson n'étaient pas vraiment enjouées de travailler avec l'Alliance, qui n'arrêtait pas de les taxer et de leur taper sur les doigts avec des réglementations, même au fin fond des Terminus. Même le compromis de Rekjavik n'était plus respecté, et surtout par monsieur Ewing. Son entreprise, gigantesque, spécialisée dans l'extraction minière et les ressources énergétiques (Palladium, platine, iridium, eezo...) était accusée par des associations et des représentants de travailler sur des propriétés qui ne les appartenaient pas, de polluer massivement sans respecter les réglementations écologiques, de maltraiter ses employés, de corrompre l'administration de Watson, et d'autres choses très rigolotes. 11 ans qu'Ewing était là, et tout ce qu'il trouvait à faire devant Thomas Dole, le juriste envoyé par l'ambassade concilienne pour constater tout ce qui n'allait pas, c'était de rigoler comme un abruti devant sa série préférée.

- Vous voulez boire quelque chose ?
- Monsieur, je n'ai même pas encore déjeuné...
- Et alors, vous êtes pédé ? Ah ouais, merde, c'est vrai que vous êtes français... C'est comment ce pays de merde au fait ? Il paraît que c'est romantique et tout ?
- C'est sympathique. Calme. Agréable.
- Pourquoi vous n’y vivez pas alors, hein ? Avouez que ça doit être plus votre élément que les Terminus, non ?
- J'aime bien voyager.

Dole utilisa son datapad pour afficher le dernier cadastre réalisé par les autorités de Watson. Il était censé indiquer très clairement les différentes propriétés, le terrain, à qui appartenait quoi... Mais bien sûr, Dole s'attendait à ce qu'il ne soit plus à jour, et que Ewing ait foutu des installations sur des terrains dans lesquels il ne percevait quasiment aucune taxe.

- Dites-moi, Dole, vous chassez ?
- Pardon ?
- Il y a plein d'animaux sur Watson ! Des tas ! Il y a 2 semaines j'ai réussi à buter une sorte de mammifère avec une tête de biche et des pâtes de mygale !
- Les espèces de Watson sont soumises à une loi anti-braconnage datée de 2167, vue par le parlement le-
- Oui, oui, oui... Je sais... Je sais... Putain, vous avez toujours un balai dans le cul comme ça ?

Buzzi fit un léger mouvement de main.

- Ce que mon client voulait dire, c'est que votre visite est plutôt importune et peu justifiée. Qu'est-ce que vous espérez ?
- Maître Buzzi, le cadastre qui date de 2171 a de nombreux problèmes, selon un certain nombre de personnes, qui ont porté plainte...
- Et les autorités de Watson ont à de maintes reprises fournis les documents qui prouvaient que non.
- Je souhaite juste faire le tour de vos installations.
- Aucun problème ! Christian ?
- Oui papa ?
- Je te confie monsieur Dole. Fait lui un tour de mon territoire, y compris les bons endroits... Si tu vois ce que je veux dire.
- Oui, bien sûr, aucun problème.

Dole voyait déjà le mec venir. Il allait lui faire le tour d'endroits privés, au calme, puis certainement tenter de le corrompre d'une manière ou d'une autre... Bof. De toute façon, Dole avait un hôtel réservé pour deux semaines, le temps de faire le tour complet de Watson et de dresser un rapport complet pour l'ambassade. Après, ce serait réglé.

--------------------------------

En cette année 2176, Thomas Dole avait 30 ans, et travaillait dans le cabinet juridique de l'ambassade humaine du Conseil. Son travail pouvait, sur le papier, paraître ou bien foutrement passionnant ou bien ennuyeux à mourir. Pour être plus spécifique, Dole avait un peu la même fonction qu'un huissier pour l'Alliance : Il arrivait, il relevait, il constatait, puis soumettait son rapport à l'ambassade. Il était amené à énormément voyager, partout, et à rencontrer énormément de gens, uniquement des choses qui lui plaisaient. Il faut dire qu'alors qu'il était trentenaire, il avait très peu goûté à la vie...

- Ça va te plaire, Thomas ! Le spectacle est gratuit !
- Bien sûr.

Christian Ewing l'avait amené dans un « club de gentlemen » d'un ami de son père. En même temps, être ami avec Bobby était une condition requise pour avoir un business un peu florissant sur cette planète, surtout la partie qui était contrôlée par l'Amérique du Nord. C'était une méthode bien pathétique de corrompre un huissier, et une qui n'irait sûrement pas le toucher... Mais qu'importe. Il aimait bien ça. Il adorait ça.
Christian s'installait avec lui sur un rassemblement de grands canapés juste devant la piste de danse, là où les autres étaient généralement plus condensés à l'écart. Le jeune fils de riche avait passé la journée à l'avocat, à visiter des installations et à contrôler des salariés qui avaient tous leurs papiers en règle jusqu'au dernier. Bien sûr, c'était une façade, tout était prévu à l'avance... Dole aurait juste à s'enfoncer dans deux jours plus dans Watson pour découvrir des irrégularités. En attendant, les Ewings faisaient tout pour que maître Dole se sente à l'aise, pour qu'il puisse peut-être « omettre » certains détails...

- Tu veux boire quelque chose ?
- Bien sûr.

Christian claqua des doigts pour appeler le serveur. « Bien sûr ». C'étaient les seuls mots que Dole arrivait à sortir. Peut-être un peu en partie par côté hautain, comme s'il n'était pas impressionné par les flatteries et les petits cadeaux du richou. Ou bien tout simplement par timidité, ne trouvant pas d'autres choses à ajouter. Qu'importe. L'avocat s'installa bien au fond de son canapé, les mains sur les genoux, et observa bien droit devant lui. Christian souriait, se moquant presque de ce mec qui n'avait vraiment pas l'air à l'aise. C'était toujours ça que Dole dégageait... L'aura d'un homme qui n'était pas à l'aise.

À 30 ans, Dole n'avait jamais eu l'occasion d'être à l'aise. Il avait vécu une enfance plutôt triste et solitaire, élevé dans une famille froide, catholique pratiquante, avec un père souvent absent et mort quand Thomas n'avait que 11 ans. Il avait ensuite passé son adolescence dans un lycée militaire, à tradition également catholique, où il était connu pour être renfermé sur lui-même. Après, il était parti faire de prestigieuses études. Décrit comme un élève studieux et sérieux, il n'avait jamais eu aucun problème scolaire. Mais en dehors de ça, sa vie privée était le calme plat : Il était seul. Il sortait peu, il ne voyait pas beaucoup de gens. Il avait perdu sa virginité sur le tard, à 21 ans. Il n'appréciait pas la musique, il ne se divertissait pas. Il bossait, constamment. Ses quelques amis n'étaient pas particulièrement proches de lui, et ses quelques copines n'étaient que des relations passagères, assez peu intéressantes. Dès que Thomas avait obtenu assez de diplômes, la première chose qu'il fit a été de contacter l'ambassade de la Citadelle. Il n'avait jamais foutu les pieds dans l'espace, mais il mourrait d'envie de voyager. C'était ça qu'il voulait. Avoir une vie, même s'il devait la commencer à la trentaine.
Il ne bossait pas à l'ambassade pour la politique ou pour le salaire. Il détestait ça. Il s'était juré de ne pas finir vieux et aigri derrière un bureau, à faire de faux sourires, à manipuler, à ne voir le monde que pour son propre intérêt et à tout planifier à l'avance... Il vivait au jour le jour, et utilisait ses compétences acquises dans les Écoles et dans les livres simplement comme excuse pour un travail sympathique.

Le serveur arriva avec une belle bouteille en verre remplie d'un liquide brunâtre et deux verres en cristal qu'il posa sur la table. Il remplit les deux, et permit ainsi aux deux humains d'attraper leurs récipients. Dole posa le cristal sur ses lèvres et en prit une gorgée rapide, qui lui traversa l’œsophage. Un alcool assez fort, mais enivrant. Il n'était pas un amateur d'alcool. Il ne voulait pas finir comme Bobby Ewing, au gros ventre à crever d'une attaque... À 30 ans, Thomas Dole était encore un homme assez élégant, fin, et même s'il paraissait extrêmement timide et réservé, il avait tout de même un certain charme. Rien à voir avec Christian, qui gardait une partie de sa chemise ouverte, laissant paraître son torse musclé. Cet homme-là avait l'air d'une véritable gravure de mode. Peut-être que les traitements et thérapies génétiques avaient dû aider un peu, ou bien les Ewings étaient tout simplement beaux de natures.

- Tu te détends, Thomas ?
- C'est un club sympathique.
- Eh ouais ! Et c'est que le début.

Il lui fit un clin d’œil insistant. Thomas l'observa, le visage inexpressif, pendant quelques secondes. Puis, il se décida à regarder la scène, sur laquelle une belle asari masquée venait de s'avancer, en tenue légère. L'avocat croisa les jambes en ayant les yeux rivés vers elle. Il observait silencieusement sa danse, droit, calme, le souffle un peu lent. Il n'était pas habitué à ce genre de spectacles, et avait un peu de mal pour trouver la façon dont il devait réagir. Mais il appréciait malgré tout. Il est vrai que les asari étaient toutes gracieuses et désirables, et la jeune femme qui dansait sur la scène était en tout points attirante. Pendant la durée du numéro, il restait entièrement fixe, sans se préoccuper de l'ambiance machiste de la salle, sans écouter les sifflets, sans prêter attention aux commentaires amusés et rigolards des spectateurs, qui faisaient des commentaires assez... Crus sur la jeune femme. Il se contentait d'observer, la gorge un peu serrée. Mais finalement, elle partait, descendant les marches de la piste, Dole faisant légèrement pivoter la tête pour continuer de la suivre un moment. Une tape dans l'épaule vint le réveiller.

- Alors ?!
- Alors quoi ?
- Ça te plaît pas ?
- Si. Si, bien sûr. Pourquoi ?
- Arh ! Sérieux ? Merde. Je commence vraiment à croire que tous les Français sont pédés.

Christian ricana avant de sauter à l'autre bout du canapé et de se resservir un verre.

- Monsieur Ewing, pardonnez-moi, mais de quoi parlez-vous ?
- Je m'attendais à ce que ça te plaise plus, hein. Mais, si t'es pas de ce bord-là, je peux t'arranger le coup avec un gros turien !
- On s'est mal compris... Si, bien sûr, j'ai apprécié.
- Aaaah.
- C'était bien.
- « Bien » ?
- Elle est belle. Elle danse bien.

Il sourit à nouveau.

- Mon pauvre Thomas... Tu vas être comme ça quand tu vas rendre le rapport sur mon père ?
- Cette affaire ne vous concerne pas.
- Mais comme je l'ai dit, ce club appartient à un ami de mon père... Et papa voudrait que tu sois un peu plus détendu que ça.

Christian prit son verre cul-sec, avant d'en servir un à Thomas.

- Calme toi donc, eh. La soirée fait que commencer...





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MessageSujet: Re: [16+] La fièvre du samedi soir   Sam 14 Fév - 13:57
Quelques minutes à peine s’étaient écoulées depuis qu’Alessa s’était gentiment débarrassée de cette plaie turienne qu’était Cupidon ; mais le voilà qui revenait d’ores et déjà à la charge. Il soupira à pierre fendre en venant s’appuyer nonchalamment tout contre le bar en prenant une pose aussi suggestive que possible. Et sans même poser les yeux sur sa compagne de scène, il lui souffla :

— Ton client là… tu sais, celui auprès duquel tu viens de m’envoyer ?
— Oui ? demanda Alessa en échangeant un regard appuyé avec le barman qui lui offrit son plus beau sourire en guise de lot de consolation. Que se passe-t-il avec ce client ?
— C’est… un Galarien, souffla Cupidon en tournant très légèrement la tête vers l’Asari et en parlant si bas qu’elle avait manqué ne pas comprendre ce qu’il venait juste de dire.
— Et alors ? insista Alessa. C’est quoi le problème ?
— C’est… un Galarien. (Cupidon plongea son regard azur au fond des prunelles de la jeune femme.) Il n’a franchement rien d’un tombeur ; c’est juste une grenouille qui parle. C’est…
— Tu ne l’as jamais fait avec un Galarien ? s’enquit Alessa. (Le Turien hocha la tête. Elle sourit de plus belle.) Eh bien… en voilà une découverte. Il y a donc belle et bien quelqu’un dans cette galaxie que tu ne te serais pas fait finalement. Et toi qui prétends être un véritable tombeur de ces messieurs.

Cupidon fusilla Alessa du regard. Elle avait touché une corde sensible. S’il savait combien elle jubilait ; mais le fait est qu’elle demeura étonnement cordiale lorsqu’elle ajouta finalement :

— Eh bien c’est l’occasion d’essayer quelque chose de nouveau et disons… d’exotique. (Elle désigna le Galarien qui lorgnait du côté de Cupidon avec intérêt.) Ils ne paient certes pas de mine à première vue, mais crois-moi, ils s’y connaissent. Et ils sont très inventifs dès lors qu’il s’agit de pimenter un peu les habitudes du quotidien. Et quand je dis très inventif… (Alessa laissa délibérément sa phrase en suspens.) Et puis ils sont d’une souplesse. Et tu te vantes d’avoir une bonne allonge. M’est avis que vous ferez la paire tous les deux. (Elle lui jeta un coup d’œil en coin.) Tu as tout à gagner dans cette histoire.

Cupidon fit mine de réfléchir un instant. Il hocha finalement la tête et commanda une bouteille d’une liqueur galarienne réputée très enivrante. Puis faisant un clin d’œil à Alessa, il se retira et retourna aux côtés de sa conquête d’un soir : un Galarien qui semblait véritablement comblé.

— Alors comme ça tu as déjà eu une aventure avec un Galarien ? demanda le barman en souriant.
— Tu veux rire ? Jamais de la vie ! La seule nuit que j’ai passée avec un Galarien, c’était celle où j’avais toutes les peines du monde à fermer l’œil. Insomnie. Il a suffi qu’il ouvre la bouche et effet somnifère assuré dans la minute. J’ai dormi comme un bébé cette nuit-là. Je ne regrette vraiment pas.

Le barman éclata de rire avant d’abandonner Alessa. Il venait d’être appelé à l’autre bout du bar pour une commande. Alessa lui souffla qu’elle repasserait plus tard et elle s’éloigna. Elle avait du pain sur la planche elle aussi. Les crédits n’allaient pas venir à elle tous seuls. Elle devait se mettre en chasse. Et c’est justement ce que tous les clients du night-club attendaient : qu’une jeune et jolie danseuse tout en courbes divines et enchanteresses se presse à leurs pieds en leur susurrant des mots doux dans le creux de l’oreille tout en frottant son corps de rêve tout contre le leur en poussant de petits soupirs à même de les faire saliver d’envie. Ces animaux, tellement facile de leur faire tourner la tête et obtenir d’eux tout ce que l’on voulait. Rien d’étonnant de la part d’hommes qui refusaient de se servir de leur cerveau pour réfléchir et qui laissaient leurs bas instincts prendre le relai. Enfin bon…

La musique était aussi enivrante que les litres de boisson forte qui coulaient à flots sans discontinuité. La lumière tamisée ajoutait un soupçon de mystère à l’atmosphère lourdement chargée en testostérone qui permettrait à la caisse de se remplir au-delà des attentes du grand manitou. C’était parti pour être une soirée fort lucrative. Alessa n’en doutait pas un instant. Sur scène, les jumelles drells offraient un numéro de charme aux limites de l’inceste. C’eut été un scandale dans tout autre établissement ; mais ici, c’était un véritable coup de poker. Tous les regards ou presque étaient tournés vers la scène dont les spots mettaient en valeur les douces caresses que s’échangeaient les deux demoiselles.

Se frayant un passage au milieu des habitués, Alessa échangea des sourires avec tantôt un Humain au costume impeccable, tantôt un Krogan à la carrure si imposante qu’il fallait tout un sofa pour parvenir à le mettre à l’aise. Quelques Asari s’étaient également glissées dans la salle ce soir ; ce qui était assez rare côté client – elles avaient tendance à monter sur la scène d’ordinaire. Alessa aperçut également un Drell et quelques Volus. Il n’était pas rare de voir ces derniers passer la soirée dans ce temple de la luxure en groupe. Ils étaient de loin les plus généreux en matière de pourboires. Sûrement un moyen comme un autre de compenser le triste fait qu’ils ne pouvaient que fantasmer sur un lot sur lequel ils ne pourraient jamais mettre la main. Mais une autre hôtesse s’occupait déjà d’eux. Alessa poursuivit donc sa traque incessante au milieu de toutes ces mains baladeuses et ces regards aguicheurs.

— Alors ma jolie, on se sent un peu seule ce soir ? On n’a pas trouvé de vrai mâle pour se tenir chaud toute la nuit ? (Un Turien dont le regard libidineux était sans équivoque.) Je suis tout à toi si tu veux.

Il était rare de croiser des Turiens sur une colonie humaine ; d’autant plus rare que la guerre les ayant opposés ne datait que d’une vingtaine d’années seulement. C’était dire les tensions qui subsistaient encore d’un côté comme de l’autre. Pourtant, Cupidon avait réussi à se faire une réputation ici et ces compères turiens payaient suffisamment pour que le manager daigne les laisser entrer ; tout le monde était gagnant en somme.

Alessa se rapprocha doucement du Turien pour venir se blottir contre sa poitrine. Elle effleura du bout des doigts l’une de ses épaules musclée et sourit du bout des lèvres.

— La proposition est tentante, mais… (Elle se tut brusquement en captant le regard de son manager à l’autre bout de la salle. Il désignait les tables au pied de la scène en levant trois doigts.) Une autre fois peut-être. Mon boss me demande ailleurs. Mais si tu es toujours là plus tard… qui sait.

Elle s’éloigna en lui jetant un regard sous-entendu par-dessus son épaule. Bien sûr, elle n’avait aucune intention de donner suite à la proposition. Mais s’il gardait l’espoir d’un tête-à-tête nocturne avec elle, il resterait sûrement suffisamment longtemps pour dépenser quelques crédits supplémentaires au bar en attendant un fantasme en chair et en os qui ne viendrait jamais. Pour l’heure, elle devait s’occuper de divertir la table trois. Une réservation à l’année au nom de… Hawkins ? Hawking ? Ewing ! Un ponte local ; un magna multimilliardaire qui tirait les ficelles dans l’ombre. Une partie du club lui appartenait justement. Rien d’étonnant donc à ce qu’ils passent avant tous les autres.

— Messieurs, souffla la créature éthérée en venant à leur rencontre. (Elle s’immobilisa à quelques pas seulement du sofa en prenant garde à ne pas rester dans la ligne de mire de la scène. Les sœurs drells n’avaient pas encore terminé leur numéro. Alessa ne voulait surtout pas risquer de gâcher le plaisir de ses clients : deux Humains ; le fils Ewing qui venait se rincer l’œil presque tous les soirs ; et un homme que la jeune femme n’avait encore jamais vu ici. Peut-être un futur habitué que le fils Ewing comptait parrainer.) Comment allez-vous, Christian ? Avez-vous tout ce que vous désirez ? Ou souhaitez-vous que l’on vous apporte une autre bouteille de notre meilleure liqueur ? Tout pour satisfaire le moindre de vos désirs. (Elle avait dit cela en adoptant une voix des plus sensuelles. Elle savait y faire.)

Alessa ne se formalisa pas de sentir le regard de Christian courir sur sa peau. Il était réputé pour être un chaud lapin. Et à son corps défendant, le fait qu’elle ne portait rien d’autre qu’une tenue ô combien suggestive devait l’émoustiller plus encore que d’ordinaire. Mais derrière son masque, Alessa se força à sourire et à se montrer aussi avenante que possible. Le mensonge et la duperie étaient une seconde nature chez elle ; jouer un rôle ne lui demandait aucun effort. Elle était dans le personnage. Alessa ne signifiait rien en cette nuit ; elle était Talia, la jeune ingénue disposée à se plier en quatre pour le bon plaisir de ses clients – dans la limite du raisonnable bien entendu. Elle était danseuse… pas pute !


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MessageSujet: Re: [16+] La fièvre du samedi soir   Dim 15 Fév - 5:26
Le numéro de l'asari était maintenant terminé et la bouteille d'alcool déjà bien entamée. Christian posa les pieds sur le canapé, nonchalamment, et les deux hommes observèrent la prochaine scène. Ce ne fut pas une, mais deux femmes qui entrèrent. Dole fronça les sourcils un moment, observant ces sortes de reptiles étranges, assez similaires aux humains à part pour ces grosses écailles et leurs yeux. Elles semblaient être deux femmes, oui... Il valait mieux ne pas faire d'erreur avec les aliens, ça pouvait mener à des malentendus gigantesques. En tout cas, elles semblaient être des drells. C'était l'une des rares fois où Dole put voir des drells autre part que dans un codex. Au départ, rien n'interpellait spécialement le juriste. Elles étaient plutôt agréables à regarder, même pour des reptiles sur pattes avec des protrusions en forme de boobs. C'est vrai que la xenophilie était assez proche de la zoophilie dans un sens... C'était à se demander comment les aliens voyaient les humains. Ils devaient sûrement les comparer à des singes, pendant qu'on comparait les turiens à des perroquets, ou des quariennes à un scaphandre.

Non, en fait, c'est quand le numéro avait bien commencé que quelque chose n'allait pas trop, ce qui eut pour effet de forcer encore un peu plus les sourcils de Thomas vers le bas. C'est vrai qu'elles se ressemblaient beaucoup. Il lança un regard vers le fils de riche, qui se mordait la lèvre inférieure tout en plissant les yeux. Putain, c'est vrai que c'était des jumelles en vrai. C'était peut-être parce qu'il était humain, ou alors catholique, ou alors peu importe, mais un profond sentiment de dégoût vint remuer ses tripes en les regardant se toucher sensuellement devant des mâles en rut. Peut-être que c'était normal chez les drells, il n’y pensait pas trop. Il n'avait pas très très envie de le savoir. Il ne regardait plus que du coin de l’œil, sans pour autant arrêter de mater.

- Messieurs.

Les deux humains détournèrent le regard pour voir la personne qui venait de se ramener. C'était l'asari de tout à l'heure, qui ne s'était pas rhabillée. Christian retira ses jambes du sofa et décolla son dos du canapé, les coudes sur les genoux, la tête légèrement penchée.

- Comment allez-vous, Christian ? Avez-vous tout ce que vous désirez ? Ou souhaitez-vous que l’on vous apporte une autre bouteille de notre meilleure liqueur ? Tout pour satisfaire le moindre de vos désirs.
- Ouais, ouais, je sais. Et toi Talia, comment ça va ?

Il prenait soin de parler avec une voix assez enrouée, sûrement pour faire genre, ou peu importe. Ils semblaient se connaître, ce qui voulait dire que Christian était un habitué. C'en était presque cliché, dans un certain sens.

- Je te présente Thomas Dole. C'est le mec que l'Alliance envoie pour vérifier que la compagnie de mon père est en règle. Tu te rends compte ? Même au fin fond des Terminus ils viennent pour nous faire chier...
- La loi est la loi, monsieur Ewing.
- Ouais. Donc bref, je lui fais découvrir un peu le coin. Je pense pas qu'il va revenir ici un jour, alors faudrait que ce soit inoubliable, hein ?

Il se servit un énième verre, vidant entièrement la bouteille. Il devait avoir un sacré problème d'alcool ou alors il avait besoin de ça pour carburer. Toujours est-il qu'il continuait d'ingérer la boisson au fond de sa gorge, un large sourire vicieux en coin et les yeux parcourant le corps de l'asari. Il irait probablement se branler en sortant. Ou alors payer une escort, peut-être, on sait pas, c'est sa vie.

- Hey, il m'a dit qu'il avait bien aimé ton numéro.
- Soit.
- T'as vu comment il est pas à l'aise ? Hey, c'est ta première fois dans les Terminus ?
- Heu... Oui.

Le jeune homme ne répondit pas. Il recommença à caler son dos dans le canapé.

- Hey, chérie, tant que t'es debout, tu veux pas nous ramener une bouteille ? Ce que tu veux, hein, c'est moi qui paye.





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MessageSujet: Re: [16+] La fièvre du samedi soir   Dim 15 Fév - 10:15
Christian Ewing méritait bien son titre de pédant chaud comme un lapin. À peine Alessa fut-elle venue à sa rencontre qu’il se mettait pour ainsi dire au garde à vous. Se redressant dans son sofa, il posa les yeux sur la ravissante créature et lui répondit d’une voix enrouée se voulant virile et entêtante. Hélas, il était bien loin de se douter que son numéro de charme n’avait aucun effet sur la jeune femme. Ce petit jeu était même aux antipodes de ses attentes. Tout ce que l’Humain pouvait espérer arracher à la créature éthérée, c’était son dédain et sa pitié. Et encore… ce n’était même pas sûr qu’elle prenne la peine de prendre ce malheureux en pitié. Ce serait vraiment une perte de temps. Et par ici, le temps, c’était de l’argent ; or elle en avait cruellement besoin. Le calcul était donc vite fait.

— Ouais, ouais, je sais, répondit Christian d’un air blasé en réponse à la précédente remarque d’Alessa. Et toi, Talia, comment ça va ?
— Bien, répondit Alessa en demeurant professionnelle jusqu’au bout. La soirée ne fait que commencer et j’ai le pressentiment qu’elle est partie pour être… inoubliable. (Un sourire charmeur fleurit sur ses lèvres et ses yeux pétillèrent de malice derrière son masque. Mais tout ceci n’était encore qu’un écran de fumée ; un vulgaire jeu servant à tromper les apparences. Un domaine dans lequel elle excellait.)
— Je te présente Thomas Dole, poursuivit le fils Ewing sans faire de pause. C’est le mec que l’Alliance envoie pour vérifier que la compagnie de mon père est en règle. (Alessa coula un bref regard au jeune homme.) Tu te rends compte ? Même au fin fond des Terminus, ils viennent pour nous faire chier…

Alessa eut le mérite de demeurer parfaitement silencieuse. Mieux valait ne pas lancer Christian sur le sujet au risque de regretter de ne pas avoir un Galarien sous la main pour abréger ses souffrances. Le fait est que chez les prétentieux de sa trempe, poser la moindre question sur son travail revenait à le questionner sur ses prouesses en chambre ainsi que sur la taille de son… En bref, les hommes comme Christian devenaient soudain très loquaces et il était pour ainsi dire impossible de les couper dans leur élan. Donc mieux valait éviter de laisser la conversation dériver sur les sources de revenus de la famille Ewing. Et justement, la Déesse vint en aide à Alessa et poussa l’autre Humain à prendre la parole à sa place. Se tournant vers lui, elle l’entendit souffler avec un sérieux pompeux :

— La loi est la loi, monsieur Ewing.
— Ouais. (Christian n’avait pas l’air franchement emballé par cette assertion. Pour le coup, Alessa ne pouvait que partager son avis. La loi et elle ne faisaient pas bon ménage depuis qu’elle avait choisi de devenir une fugitive plutôt que de faire face à la triste réalité des crimes qu’elle avait prétendument commis. En somme, les représentants de la loi et elle ne faisaient pas vraiment bon ménage et elle ne les portait pour ainsi dire pas dans son cœur.) Enfin bref, je lui fais découvrir un peu le coin. Je pense pas qu’il va revenir ici un jour, alors faudrait que ce soit inoubliable, hein ?

Une réclamation à peine voilée. Plus qu’une simple demande, c’était même un ordre. Le fils Ewing ne désirait qu’une chose ce soir : que le représentant de l’Alliance passe un si bon moment qu’il en vienne à oublier le but premier de sa venue sur Watson. Un jeu d’enfant pour Alessa et ses nombreux talents. Néanmoins, elle n’appréciait guère d’en recevoir l’ordre d’un petit morveux se croyant au-dessus des lois et de quiconque avait le malheur de vouloir le remettre à sa place. Mais Talia n’était pas du genre rebelle. Elle était simple, naïve, complètement soumise. Une nécessité absolue pour éviter de s’attirer l’attention des mauvaises personnes. Dès qu’une femme se décidait à hausser un peu la voix, tout de suite elle était cataloguée « problèmes » et justement, c’était le genre d’attention qu’Alessa tenait à éviter par tous les moyens. Alors si pour cela elle devait ravaler sa fierté et… lécher les bottes en peau de… elle ne préférait pas savoir en fait, elle était résignée à le faire…

— Monsieur Dole, c’est bien cela ? demanda-t-elle de sa voix ingénue en feignant l’intérêt. Enchantée de faire votre connaissance. C’est un plaisir pour la maison de vous compter parmi nos clients cette nuit. Je me tiendrai personnellement à votre disposition ; compte tenu du fait que vous êtes un proche ami de Christian, c’est vraiment le moins que je puisse faire, ajouta-t-elle en esquissant un sourire.
— Hey ! s’écria Christian, comme frappé d’une révélation. Il m’a dit qu’il avait bien aimé ton numéro.
— Vraiment ? s’enquit Alessa en feignant cette fois la surprise à peine modeste.
— Soit, se contenta de souffler le jeune représentant de l’Alliance. (Il n’avait vraiment pas l’air dans son élément. À cause du night-club en lui-même ou du regard lubrique de Christian assis à ses côtés ?)
— T’as vu comment il est pas à l’aise ? lui demanda le fils Ewing, moqueur. (Il posa les yeux sur Dole et ajouta.) Hey, c’est ta première fois dans les Terminus ?
— Heu… Oui.

Un nouveau sourire se dessina sur les lèvres de l’Asari ; pour le coup, un sourire sincère. Elle s’avança d’un pas vers Christian afin de lui donner une tape sur la tête. Puis passant sa main sur la nuque de ce fils à papa pourri gâté, elle glissa ses doigts dans ses cheveux avec douceur et tendresse. Enfin… c’est ce que lui devait penser compte tenu des caresses de la jeune femme. Aux yeux de celle-ci, c’était un moyen comme un autre de s’attirer ses bonnes grâces. Après tout, n’est-ce pas pour cela que le grand patron lui avait demandé de se charger de cette table ? Il tenait à ce que le fils Ewing passe un moment inoubliable en agréable compagnie. Autant jouer le jeu donc…

— Laissez-le donc se mettre dans le bain tranquillement, Christian. Cela ne sert à rien de le brusquer. Il est encore tôt et la nuit ne fait que commencer. Et puis il n’y a vraiment aucun mal à être un peu timide. Je trouve même cela très mignon. J’ai connu un membre de l’Alliance, un dénommé Alenko. Lui aussi était très timide. (Son sourire s’accentua.) Entre nous, ce n’est qu’une façade. Les gens timides sont le plus souvent ceux qui se révèlent les plus surprenants une fois la glace brisée. (Alessa fit un clin d’œil à Dole.) J’en ai encore des frissons rien qu’à l’idée de lui et…

De toute évidence, qu’une vulgaire catin en tenue de soubrette prenne la défense d’un représentant de l’Alliance venu pour fourrer son nez dans des affaires qui ne le regardaient pas n’eut pas vraiment l’air de plaire au fils Ewing. Ce dernier se cala effectivement de nouveau au fond du sofa avant d’agiter une main en disant :

— Hey, chérie, tant que t’es debout, tu veux pas nous ramener une bouteille ? Ce que tu veux, hein, c’est moi qui paye.

*Et avec ceci, ce sera tout ? Tu veux pas non plus une petite fellation pendant que j’y suis ?* fut ce qui traversa instinctivement la tête d’Alessa avec un accès de dégoût et une pointe de pitié. Bien sûr, elle tourna sept fois sa langue dans sa bouche avant de répondre quoi que ce soit.

— Mais bien entendu, avec plaisir, acquiesça Alessa en se détournant après avoir offert à chacun des deux Humains un sourire envoûteur. Je ne serai pas longue. (Et elle regagna le bar précipitamment.)

— Quelque chose ne va pas ? lui demanda le barman en la voyant se passer une main sur la nuque en poussant un soupir et en tapant du plat de la main sur le comptoir en bois finement lustré.
— Rien. Tout va bien.
— Tu en es sûre ? insista-t-il. (Quelque chose dans sa voix trahissait son inquiétude. Il était sincère.)
— Disons que Cupidon n’est finalement pas le pire crétin qui existe dans cette galaxie.

Le barman lorgna par-dessus l’épaule d’Alessa et il repéra au loin les deux Humains que l’Asari venait tout juste d’abandonner à leur table. Il reporta son attention sur la jeune femme et soupira :

— Ewing ? (Elle hocha la tête.) Ma pauvre… Je compatis.
— Merci, Adrien. (Elle marqua une courte pause.) La nuit promet d’être longue. Le grand patron veut que je m’occupe de lui personnellement. De lui et de son ami ; enfin, si on peut parler d’un ami. (Elle jeta à son tour un coup d’œil par-dessus son épaule. Ses yeux se posèrent sur Thomas qui n’avait pas franchement l’air prêt à se détendre avant encore un bon moment.) Lui non plus n’a pas l’air tellement emballé de passer la soirée avec Ewing. (Elle reporta son attention sur Adrien.) À ton avis, lequel est le plus à plaindre dans l’histoire ? Lui ou moi ?
— En toute honnêteté ? (Elle hocha vivement la tête.) Lui. (Il retint un fou rire en voyant l’air révolté, les yeux écarquillés et la bouche entrouverte de la danseuse.) Je doute que lui sera payé à la fin de la soirée pour avoir dû supporter ce fils à papa plein aux as. Alors que toi…

Pour la première fois depuis le début de la soirée, Alessa laissa entendre le doux éclat de son rire. Un éclat sincère et vivifiant. Rien de tel pour affronter ce qu’elle aurait encore à affronter d’ici la fin de la soirée. D’un hochement de tête, elle remercia le barman et lui passa commande.

— Bourbon ? répéta-t-il, surpris.
— C’est ce qu’il a pour habitude de boire. Le client est roi, ne l’oublie pas.
— Mais quand même… (Adrien demeura pensif un instant. Puis il tira une bouteille d’un alcool ambré dont Alessa ne connaissait même pas le nom.) Essaye plutôt ça. Spécialité krogane.
— Du ryncol ? demanda Alessa.
— Non. Je ne cherche pas à tuer ton client. C’est du vorkov. Rien de comparable à du ryncol. Un Krogan te dirait même que c’est de l’eau en comparaison. Mais c’est tellement rare dans les Terminus que ça vaut son pesant de crédits. Quitte à faire casquer ton client, autant le faire jusqu’au bout.
— Je suis bien d’accord avec toi. Alors va pour ça. Adjugé-vendu.

Le barman fit un clin d’œil à la jeune femme tandis que celle-ci s’en retournait auprès du fils Ewing et de son ami. Elle déposa la bouteille sur la table devant eux et dit :

— Avec les compliments de la maison. Le fin du fin de ce que nous mettons à disposition de nos clients les plus méritants. (Elle marqua une pause.) Puis-je vous être utile autrement ? Peut-être désirez-vous un peu de compagnie ? Je peux mettre à votre disposition n’importe laquelle de nos danseuses – ou de nos danseurs. Et si vous préférez un numéro privé, je peux faire en sorte de libérer un box dans la salle à côté où vous aurez tout le loisir de profiter de la plus belle vue de notre chère Watson en toute intimité. C’est comme vous voulez.

Elle joignit les mains dans son dos en femme soumise et attendit patiemment la décision des deux Humains. N’était-elle pas tombée bien bas ? Non. Ce n’était pas elle et ce n’était pas sa vie. C’était celle de Talia et Talia prenait grand plaisir à n’exister que pour satisfaire les moindres caprices de ses clients. Elle n’avait aucune honte à avoir ; vraiment aucune.


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MessageSujet: Re: [16+] La fièvre du samedi soir   Lun 16 Fév - 9:26
L'asari avait du charme. Elle faisait honneur à sa race dans sa gestuelle, son ton, son attitude... Elle avait une façon de bouger, de parler, assez impressionnante. Dole restait silencieux et l'observait avec Christian, à écouter ses sous-entendus et ses histoires. Puis, finalement, le jeune riche l'envoya chercher une bouteille, ce à quoi elle obéit docilement, s'éloignant vers le bar. Les deux humains continuèrent de la suivre du regard un moment, avant que Christian ne se décide à siffler de manière explicite.

- Oh-oh ! Matte-moi son petit cul ! Putain qu'elle est bonne ! Elle peut venir me siffler mon magnum quand elle veut, elle !
- Hmm.
- Aah, sérieux ! Je m'imagine trop en train de lui mordre la nuque pendant que je l'empale avec-
- Oui, oui. Mais ce n'est pas pour casser vos rêves, mais je pense que vous allez imaginer plus qu'autre chose.
- Bah, peu importe ! J'irais aux putes après, au pire. Je connais une Kroganne, elle te fait des-
- Oui, j'ai compris !

Christian leva les yeux au ciel avant de se rasseoir normalement dans le canapé, et mater à nouveau les jumelles drelles, qui étaient en train de terminer. Il ricana et tapota du pied en les regardant l'une contre l'autre. C'est vrai que c'était répugnant, immonde, mais en même temps, cela avait un certain attrait. Sûrement une sorte de fantasme bestial et primaire ancré en chaque être... Dole n'était pas vraiment confortable avec ce genre d'idées. Il se contenta d'observer, comme tout le monde, en luttant pour ne pas avoir plus d'idées qu'il ne se faisait déjà.

L'asari, Talia, était en train de discuter avec le barman. Cela agaçait un peu Christian, qui tapotait du pied, quand finalement elle revint avec une belle bouteille.

- Avec les compliments de la maison. Le fin du fin de ce que nous mettons à disposition de nos clients les plus méritants.
- Bien sûr. Tu te gênes pas quand il s'agit de pognon, hein coquine ?

Il ricana, toujours la même sorte de rire nasal hautain, avant d'attraper la bouteille dans la main. Il l'agita un peu, observant de quoi il s'agissait, avant de siffler.

- Vorkov ! Eh beh ! Dis-toi que c'est un cadeau à l'Alliance Interstellaire, Thomas !

Alors qu'il commençait à dévisser la bouteille, l'asari repris son beau discours.

- Puis-je vous être utile autrement ? Peut-être désirez-vous un peu de compagnie ? Je peux mettre à votre disposition n’importe laquelle de nos danseuses – ou de nos danseurs. Et si vous préférez un numéro privé, je peux faire en sorte de libérer un box dans la salle à côté où vous aurez tout le loisir de profiter de la plus belle vue de notre chère Watson en toute intimité. C’est comme vous voulez. 

Christian servi deux verres, plutôt bien remplis, avant d'en tendre un à Thomas, qui le prit. Christian tapa son verre dans celui de l'avocat, avant de prendre le sien cul-sec. Il frappa le verre sur la table en crachant.

- Ah ! Putain, ça démonte la langue !

Dole le copia. Il posa le verre sur ses lèvres, pencha violemment la tête en arrière avant de la faire retomber, posant le verre sur la table de manière maladroite. Il posa une main sur sa tempe et commença à la masser.

- Ah ouais ! Ça remue !
- T'as vu ça ?!

Le liquide cramait la tête violent. Pour le coup, Thomas était comme électrisé, un peu tremblant, spontanément agité. Christian, lui, n'avait pas plus l'air hargneux que d'habitudes. Il feint de réfléchir en regardant la scène, avant de recommencer à l'ouvrir.

- C'est quoi ton genre de filles, Thomas ?
- Je sais pas, pourquoi tu poses ce genre de question ?
- Wallah mec, t'as pas envie d'avoir les deux jumelles dans le box ? Ou alors toi ton truc c'est les grands turiens ?
- Sans façon.

Christian se leva de son canapé et s'approcha un peu de la scène.

- Elles ont fini les deux sœurs ? J'ai bien envie de les observer, si tu vois ce que je veux dire...


Il conclut sa phrase en donna une légère claque aux fesses de Talia, avant de faire un mouvement de sourcils censé exprimer sa pensée. Il regarda ensuite l'avocat avec dédain.

- Lui je te le laisse, je sais pas qu'est-ce qu'il veut.





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MessageSujet: Re: [16+] La fièvre du samedi soir   Mar 17 Fév - 10:17
Alessa attendait que Christian et son ami se décident enfin à ce qu’ils veulent faire de leur soirée. Elle était certes à leur entière disposition jusqu’à ce que ces messieurs se lassent d’elle, mais elle préférait encore faire quelque chose plutôt que rester là, immobile comme une statue, à attendre que ces mâles en rut finissent par trancher sur une activité. Se contenteraient-ils de regarder le spectacle sur scène, en enchaînant verre sur verre, ou seraient-ils plutôt tentés par un numéro de danse de charme en privé dans la pièce à côté ? Ou encore, rechercheraient-ils des douceurs plus « olé-olé » ?

Alessa connaissait d’ores et déjà les goûts du fils Ewing. Il n’avait pas que les mains baladeuses si vous voyez ce que je veux dire. Il était plutôt du genre à « se fourrer » là où il le pouvait ; et plutôt deux fois qu’une. Heureusement pour lui, certaines danseuses étaient disposées à franchir la frontière invisible qu’elle-même avait toujours refusé de braver. Elle n’aurait donc aucun mal à trouver une âme charitable disposée à faire plaisir à ce fils à papa arrogant et présomptueux. Mais pour le cas de l’autre Humain, qui semblait passer un moment pour le moins désagréable en compagnie de Christian, elle ne savait pas trop à quoi s’attendre. Son instinct lui poussait à croire qu’il valait bien mieux que le fils Ewing. Peut-être le dénommé Dole n’était-il pas un saint ; mais ce n’était certainement pas un pécheur non plus. Lui saurait se montrer bien plus raisonnable.

Alessa retrouva le fil de la réalité en entendant les verres tinter. Christian venait d’en servir deux et il avait trinqué avec Thomas avant d’avaler le liquide ambré cul sec. De toute évidence, cela avait beau n’être que de « l’eau » aux dires des Krogans, pour n’importe quelle autre espèce, le vorkov restait de l’alcool plutôt fort – voire même particulièrement coriace à en juger par le visage du fils Ewing venant soudain de virer au rouge. À croire qu’il se mettrait bientôt à cracher du feu par la bouche. Un sourire fleurit sur les lèvres de l’Asari ; un sourire empreint de mystère et d’amusement.

— Ah ! Putain, ça démonte la langue ! jura Christian en secouant la tête avec force.
— Ah ouais ! s’écria à son tour le fonctionnaire après avoir descendu son verre. Ça remue !
— T’as vu ça ?!

Alessa demeure silencieuse. Elle se retient de lâcher : « petits joueurs ». Adrien lui avait dit que cela ne valait pas le ryncol et elle avait goûté au ryncol un jour en perdant un pari. Si ces deux-là trouvaient que le vorkov montait à la tête, nul doute qu’ils n’étaient que des petits joueurs. Mais elle n’avait pas à faire le moindre commentaire ; elle était juste là pour les divertir et répondre à leurs attentes et non pour les juger de vive voix en risquant de s’attirer leurs foudres. Un client mécontent était d’autant moins généreux en matière de pourboires à la fin de la soirée. Par contre, un client ravi pouvait se montrer particulièrement disposé à ouvrir sa bourse ; surtout un Ewing qui prenait un malin plaisir à étaler ses richesses au vu et au su de tous en jetant littéralement les crédits par les fenêtres. Ça valait donc bien quelques heures de supplice en fort désagréable compagnie, non ?

— C’est quoi ton genre de filles, Thomas ? demanda Christian en attirant de nouveau l’attention de la ravissante Asari. (Le regard de la jeune femme fit la navette entre Christian et Thomas.)
— Je sais pas, répondit maladroitement l’Humain, pourquoi tu poses ce genre de question ?
— Wallah mec, répondit le fils Ewing, t’as pas envie d’avoir les deux jumelles dans le box ? Ou alors toi ton truc, c’est les grands Turiens ? (Le regard d’Alessa se posa de nouveau sur Dole.)
— Sans façon.

Quelque chose dans la réponse du jeune fonctionnaire titilla la curiosité de l’Asari. Était-ce à cause du fait que sa réponse avait été abrupte et expéditive, ou bien parce qu’elle sonnait horriblement faux à ses oreilles ? Une fois de plus, son instinct lui souffla qu’il y avait anguille sous roche. Alessa se demanda si Thomas ne préférait tout simplement pas que ses secrets soient dévoilés au grand public. Mais si ça ne tenait qu’à ça : la maison savait se montrer très discrète lorsque la situation l’exigeait ; et si discrète même que certains secrets avaient réussi à glisser entre les doigts des Ewing sans que ces derniers ne se rendent compte de rien. Peut-être aurait-elle le loisir d’en discuter plus avant avec l’intéressé plus tard dans la soirée.

Alessa avait toujours à cœur les intérêts de ses clients. Enfin… Talia avait toujours à cœur les intérêts de ses clients. Elle était si dévouée et si serviable. Quand Alessa était dans sa peau, plus rien d’autre ne comptait réellement à ses yeux. Après tout, n’était-elle pas en ce moment même la potiche écervelée se dandinant en soutien-gorge et porte-jarretelles à seule fin de divertir de riches clients qui ne voyaient en elle qu’un vulgaire morceau de viande au sex appeal si excitant que c’est tout juste s’ils parvenaient à dissimuler comme il se doit leur contentement. Soit… c’était une manière comme une autre de se rassurer en se disant qu’on était sur la bonne voie. Et comme de fait, c’était déjà une sacrée poignée de crédits d’assurée. Manquait plus qu’à transformer l’essai et le tour était joué.

— Elles ont fini les deux sœurs ? demanda Christian en quittant le canapé et en se rapprochant un peu de la scène. J’ai bien envie de les observer, si tu vois ce que je veux dire…

Alessa tourna la tête vers la scène à l’instant même où la main de Christian trouvait son chemin jusqu’à sa chute de reins. La claque la prit par surprise mais Alessa se fit violence pour ne pas laisser sa colère prendre le pas sur la raison. Au lieu de quoi elle se contenta de lâcher un petit son étouffé ressemblant à s’y méprendre à un soupir de contentement et un sourire s’étala sur son visage en faisant pétiller ses yeux de malice. Oui… sourire n’était vraiment pas compliqué. Il suffisait simplement d’y mettre un peu du sien afin de rendre le subterfuge suffisamment convaincant. Et ça… elle savait faire.

— Inutile d’en dire plus, Christian, souffla Alessa en hochant la tête. Je suis persuadée que Jax et Jin se feront un plaisir de partager un petit moment en tête à tête avec vous. (Elle tourna la tête vers l’un des hommes qui montaient la garde dans la salle au cas où et lui fit signe de venir à elle.) Monsieur Ewing désirerait passer un moment en compagnie des jumelles. (Elle n’eut pas besoin de préciser lesquelles. Jax et Jin étaient connues du grand public et tout le monde se les arrachait.) Qu’elles préparent donc la salle privée de monsieur et il ne tardera pas à les y rejoindre. Je compte sur elles : qu’elles offrent à monsieur Ewing un moment inoubliable. Après tout, ajouta-t-elle en se retournant vers Christian, n’est-il pas notre meilleur client, un ami de la maison et l’un des piliers de notre fleurissante communauté ? Il mérite bien un juste retour des choses, non ?
— Tout de suite, maîtresse, acquiesça le garde en prenant congé.
— L’affaire est donc réglée, Christian. Si vous voulez bien patienter quelques minutes ; juste le temps que Jax et Jin se préparent. Je puis vous assurer que l’attente en vaut la chandelle. En attendant, vous voudrez peut-être reprendre un verre de vorkov ? lui proposa-t-elle en lui servant une rasade.

À peine le verre eut-il été rempli que déjà Christian l’avalait déjà cul sec en secouant une nouvelle fois la tête pour faire fi de la brûlure qui se répandait tout le long de son œsophage et jusqu’à son estomac. À ce rythme-là, il ne tarderait sûrement pas à avoir besoin d’une greffe de foie ; mais qu’importe… ce n’était pas du tout son problème.

— Lui je te laisse, je sais pas qu’est-ce qu’il veut, décréta finalement Christian en reposant le verre sur la table et en coulant un regard au fonctionnaire de l’Alliance.
— Ne vous en faites pas pour monsieur Dole, tenta de le rassurer Alessa, je suis certaine que nous ne tarderons pas à trouver un divertissement à la hauteur des espérances de notre nouvel ami. Vous me connaissez, je suis très douée dans ce que je fais. Monsieur Dole sera entre de bonnes mains en votre absence. Vous n’avez absolument aucun souci à vous faire.

Comme pour venir appuyer ses propos, la jeune femme remplit à ras bord le verre de Dole de vorkov, et d’un geste agile du poignet le fit passer d’une joue à l’autre tout en vidant le contenu du verre dans sa bouche sans interrompre le mouvement. Le verre alla finir sa course au sol tandis que les joues de la jeune femme se coloraient très légèrement sous l’effet d’une brusque montée de température induite par la descente de l’alcool jusque dans son estomac. Cette fois-ci, ce fut elle qui gratifia Christian d’un haussement de sourcils fort éloquent : elle aussi savait faire la fête, qu’il ne l’oublie pas. Qui sait… peut-être regretterait-il finalement de passer son tête à tête avec les jumelles plutôt qu’avec elle. Mais de son côté, Alessa ne regrettait rien, elle.

L’Humain qu’Alessa avait envoyé transmettre un message revint à ce moment-là. Il lui murmura dans le creux de l’oreille que tout était prêt ; puis il retourna à son poste. Alessa se tourna vers Christian et lui dit simplement :

— Salle numéro 6. Vous trouverez bien votre route par vous-même, n’est-ce pas ? Inutile que je vous montre le chemin. Après tout… vous êtes ici comme chez vous. (Elle plongea ses prunelles améthyste dans celles de l’Humain.) Mieux vaudrait ne pas les faire attendre. Vous avez vu Jax et Jin sur scène ; elles sont impatientes de terminer ce qu’elles ont commencé sous vos yeux ébahis. J’espère que vous vous amuserez.

Ni une ni deux, Christian abandonna son nouvel ami pour aller chercher du réconfort auprès de deux sœurs aussi joueuses que partageuses. Thomas se retrouva donc seul avec Alessa. Le sentant toujours gêné, elle se rapprocha de son siège et prit soin de s’installer près de lui sans pour autant trop envahir son espace vital afin de ne pas le mettre encore plus mal à l’aise.

— Eh bien… On dirait qu’il ne reste plus que vous et moi maintenant. Qu’est-ce qui vous ferait plaisir, Thomas ? Vous permettez que je vous appelle Thomas ? Nous sommes entre amis ici. J’espère que cela ne vous posera aucun problème. Sachez que vous pouvez tout me dire. Vos secrets seront bien gardés avec moi. Dites-moi juste ce qui vous ferez plaisir et je ferai de mon mieux pour rendre vos rêves réalité. Vous n’avez qu’un mot à dire. Je vous écoute…


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Dernière édition par Alessa N'Mara le Jeu 19 Fév - 7:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [16+] La fièvre du samedi soir   Mer 18 Fév - 7:22
Christian venait de quitter la pièce en rigolant du fond de sa gorge, plein d'entrain, l'alcool aidant sûrement un peu. Ce devait être une vie assez monotone qu'il vivait, à être constamment dans le luxe, et à tenter de trouver un peu de joie et d'excitation dans la débauche. Dole tentait de le plaindre, ou d'être répugné par lui, au choix. De toute manière, Christian en avait rien à foutre : Il vivait une vie qu'il trouvait géniale, sans se soucier d'une quelconque responsabilité. Alors que son père, Bobby, était un criminel qui ruinait la planète pour son pognon, son fils se contentait de profiter de la vie en le claquant. Même si Dole revenait à l'Alliance avec un rapport assassin, et qu'il parvenait à faire payer des tas d'amendes à Bobby... Christian devait avoir énormément d'argent de côté, sûrement dans des placements au fin fond des Terminus prévus par son père. Il pourrait finir la fin de ses jours avec toutes les prostituées Drells qu'il voulait, tous les litres de vorvkov qu'il pouvait boire et toutes les superbes navettes de luxes qu'il rêvait.
Au fond de lui, ce que Dole éprouvait, c'était une jalousie tenace. Même après ses années d'études, même après toutes ses humiliations et ses souffrances, Dole ne pourrait jamais claquer du pognon comme ce mec-là. Alors, il se réfugiait dans la pudeur, derrière la religion et le travail, se surélevant au-dessus des autres avec son piédestal de fierté. Il regardait les autres riches qui claquaient leur pognon, et se persuadait que s'il ne serait jamais aussi riche qu'eux, au moins, il serait meilleur qu'eux.

C'est alors que l'asari vint s'asseoir aux côtés de Thomas. C'était sûrement par timidité, ou bien simplement à cause de toutes ses pulsions refoulées... Toujours est-il qu'il n'était pas à l'aise. Néanmoins, il continua à la suivre du regard, à observer son corps assez dévêtu, et écoutait sa voix éthérée s'adresser à lui.

— Eh bien… On dirait qu’il ne reste plus que vous et moi maintenant. Qu’est-ce qui vous ferait plaisir, Thomas ? Vous permettez que je vous appelle Thomas ? Nous sommes entre amis ici. J’espère que cela ne vous posera aucun problème. Sachez que vous pouvez tout me dire. Vos secrets seront bien gardés avec moi. Dites-moi juste ce qui vous ferait plaisir et je ferai de mon mieux pour rendre vos rêves réalité. Vous n’avez qu’un mot à dire. Je vous écoute…


Le discours était tellement mécanique, tellement répété, et il n'arrangeait en rien l'aise de l'avocat. Il avait chaud, et commençait à écraser un peu plus son dos contre le canapé. Il n'avait rien d'un grand politicien, d'un mec charismatique qui dirait des discours devant une grande assemblée. C'était un simple gratte-papier administratif, ponctuel et droit au boulot.

- Mademoiselle... Enfin. Talia... Oui, appelez-moi Thomas.

Il lui sourit. Un sourire assez nerveux et gêné. Ce qui l'ennuyait beaucoup, c'était d'être vu ici, ou que sa présence soit rapportée. Ça rendrait son rapport un peu plus compliqué. Et il avait du mal à croire en la discrétion et la confidentialité de l'endroit. Surtout au fin fond des Terminus...
Le problème, c'est qu'il hésitait maintenant à quoi faire. Il n'allait pas faire fausse compagnie à Christian et retourner à son hôtel, ce serait impoli. Pourtant, ce serait la chose raisonnable et logique à faire, mais une partie de Dole n'avait pas vraiment envie de partir.

- Je n'aime pas vraiment être assis ici, c'est... Assez rempli. Vous n'auriez pas un lieu un peu plus privé ?

Contrairement à Christian, il avait dit ça avec un ton monotone et totalement neutre, qu'on pouvait croire sans aucune arrière pensée. Ou alors c'était juste de la comédie.





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MessageSujet: Re: [16+] La fièvre du samedi soir   Jeu 19 Fév - 13:20
Alessa ne quitta pas Thomas des yeux un seul instant. Elle essayait de deviner ses pensées simplement en observant les traits de son visage. Bien souvent, une contraction involontaire de la mâchoire ou un mouvement subtil des yeux pouvaient en dire bien plus qu’un long discours tout mielleux. Oui… Alessa avait passé bien trop de temps auprès de politiciens ou d’hommes d’affaires vicelards mentant mieux qu’ils respiraient pour savoir à quoi s’en tenir ; même si dans le cas de Thomas, les choses étaient bien différentes : il avait l’air d’être un gentil garçon qui se serait perdu dans un monde lui étant totalement étranger et Alessa ne pouvait s’empêcher de vouloir faire en sorte qu’il se sente à son aise et se détende un peu. À croire que Talia commençait véritablement à déteindre sur elle. Mais était-ce forcément un mal ? Elle n’aurait su le dire.

— Mademoiselle, souffla le représentant de l’Alliance d’une voix fort peu assurée. Enfin… Talia… Oui, appelez-moi Thomas. (Il sourit. C’était un bon début. Il était certes toujours aussi nerveux et très gêné, mais au moins il faisait des efforts.) Je n’aime pas vraiment être assis ici, c’est… assez rempli, ajouta-t-il après avoir rapidement balayé la salle bondée du regard. Vous n’auriez pas un lieu un peu plus privé ?

Alessa demeura silencieuse un moment. Elle continuait d’observer les traits du visage de l’Humain. Et jetant ensuite un regard par-dessus son épaule, elle balaya du regard à son tour la vaste salle remplie de testostérone et de vapeurs d’alcool entêtantes – et peut-être même plus, elle n’en doutait pas un seul instant. Elle commençait enfin à comprendre ce qui mettait semble-t-il son nouvel ami mal à l’aise. Il était vraiment du genre timide ; à tel point en fait que les autres clients étaient la source de sa gêne. Peut-être n’avait-il jamais mis les pieds dans un strip-club ; ou peut-être la manière d’agir de Christian lui faisait-elle craindre la tournure que pourrait prendre un tête à tête en privé avec une jeune et jolie danseuse comme elle. Peut-être appréhendait-il toute forme d’intimité ? Heureusement pour lui, ce n’était pas le but recherché par la jeune femme. Il n’avait donc rien à craindre en sa compagnie.

Alessa reporta son attention sur Thomas avant de lui offrir un sourire à la fois doux et sensuel, mais ô combien compatissant et conciliant. Avec une grâce presque onirique, elle quitta le sofa et offrit à son client sa main.

— Je connais justement le genre d’endroit qui saura satisfaire vos attentes, Thomas.

Sous le loup en velours noir agrémenté de dentelle, le regard d’Alessa se voulut confiant et rassurant. Ses prunelles améthyste brillaient d’un éclat plein de mystère. Elle souriait autant des lèvres que des yeux. Tout ce qu’elle désirait, c’était mettre l’Humain en confiance et le soulager du lourd fardeau de son mal-être et de sa gêne. N’était-il pas là pour s’amuser après tout ? Pour passer un bon moment ? Ce n’était même pas lui qui aurait à signer la note en partant. Il n’avait à se soucier de rien, si ce n’est de profiter de l’instant présent en si galante compagnie. Alors de quoi avait-il peur ? Alessa n’avait pas menti quand elle avait dit que tous ses secrets seraient en sécurité avec elle. Au contraire de certains de ses collègues, elle n’avait jamais abusé de sa position de danseuse pour extirper autre chose que des crédits à ses clients. Qu’ils soient prêts à jeter des centaines de crédits par les fenêtres juste pour avoir le plaisir de s’attirer les caresses d’une jeune femme à moitié dénudée était une chose ; mettre en péril leur vie sociale en divulguant des secrets compromettants, ce n’était franchement pas son genre. Talia était une danseuse qui avait des principes auxquels elle s’accrochait coûte que coûte.

Quand la main de Thomas se glissa finalement dans la sienne, Alessa l’entraîna à sa suite vers le fond de la grande salle. C’est là que se trouvaient les « chambres » où les clients pouvaient s’offrir quelques minutes en tête à tête avec l’élu de leur choix – homme ou femme, toutes races conciliennes confondues. La chambre numéro huit lui était réservée, en clin d’œil au tatouage représentant le symbole de l’infini qu’elle arborait dans le creux des reins. Et quand la porte se referma sur Thomas et elle, tous les bruits en provenance de l’autre côté se retrouvèrent brusquement étouffés. On ne percevait à présent que le son d’une petite mélodie asari pleine de douceur qui donnerait sûrement à l’Humain un avant-goût de ce qu’elle lui préparait.

La chambre privée était un véritable cocon de bien-être. S’y mêlaient des soieries et des voilures dans les tons violets, agrémentés ici ou là de tissus blancs et noirs. Tout contre le mur du fond se trouvait un élégant sofa violet doux au toucher et ô combien confortable. Alessa invita Thomas à y prendre place et à se mettre à son aise. Ce qu’il fit en demeurant toujours aussi maladroit et tendu. Alessa lui accorda quelques instants pour prendre ses marques et tâcher de ralentir les sourds battements de son cœur dont elle percevait faiblement les échos dans le quasi silence ambiant.

— Détendez-vous donc un peu, Thomas. Vous n’avez absolument rien à craindre ici. Considérez cette chambre comme un sanctuaire. Vous êtes en sécurité ici. Durant les quinze prochaines minutes, vous n’aurez à redouter le jugement de personne. Personne ne sait que vous êtes ici et personne n’en saura jamais rien. Vous pouvez me faire confiance. (Elle lui offrit un nouveau sourire rassurant.) Mettez-vous donc à l’aise et retirez-moi tous ces vêtements inutiles.

Se rapprochement lentement de Dole, Alessa passa ses mains sur les épaules de l’Humain avant de se mettre à califourchon sur ses genoux. Plongeant son regard dans celui de Thomas, elle entreprit de le délester de sa veste de costume en défaisant un à un les boutons du vêtement. Puis elle glissa sa main sous la gorge de l’Humain et desserra juste assez sa cravate pour lui permettre de respirer à son aise.

— N’est-ce pas un peu plus confortable ainsi ? lui demanda-t-elle. Désirez-vous boire quelque chose ?

Thomas lui répondit par l’affirmative. Se levant, Alessa s’approcha d’une étagère encastrée dans le mur de droite. Elle s’empara d’un verre et le remplit après avoir demandé au fonctionnaire quel genre de liqueur ou d’alcool il préférait boire. Puis elle lui apporta son verre. Il n’avait pas bougé du sofa. Quand bien même il n’avait toujours pas l’air particulièrement à l’aise en sa seule compagnie, la jeune femme nota qu’il paraissait tout de même capable de respirer beaucoup plus aisément maintenant qu’il était débarrassé de sa veste de costume et que son nœud de cravate était négligemment desserré. Peut-être y avait-il encore un peu d’espoir pour lui dans le fond.

Tournant le dos à l’Humain, Alessa se rapprocha d’un panneau mural discrètement dissimulé derrière une voilure pourpre auréolée de noir. La danseuse pressa l’écran tactile et la musique douce se fit un peu plus présente afin de marquer le début des festivités. Lentement, avec langueur et sensualité, la fugitive asari se mit à onduler du bassin en rythme avec la mélodie qui enveloppait la pièce sans jamais devenir trop assourdissante. Puis ses épaules se mirent en mouvement à leur tour ; et finalement, sa tête. Levant les mains haut au-dessus de sa tête, Alessa offrit un instant à Thomas une vue à couper le souffle sur sa chute de reins et les courbes enchanteresses de son anatomie avant de les ramener sur ses épaules où elles glissèrent lentement sur sa peau en suivant le pourtour de sa silhouette.

Alessa tourna alors légèrement la tête sur le côté pour pouvoir échanger avec Thomas un fugace coup d’œil par-dessus son épaule. Un sourire satisfait fleurit sur les lèvres de la danseuse quand elle découvrit que le représentant de l’Alliance n’avait d’yeux que pour elle. Elle continua de laisser courir ses mains sur son corps en les faisant descendre sur son ventre et glisser le long de ses hanches. Finalement, elle tourna sur elle-même et remonta ses mains au-dessus de sa tête pour dévoiler une fois encore à son client une vue imprenable sur sa gracieuse silhouette.

Alessa garda un long moment ses distances avec Thomas. Non pas qu’elle était rebutée à l’idée de se rapprocher de lui ; elle attendait simplement un signe de sa part l’invitant à le rejoindre. Comme elle n’avait cessé de le répéter depuis son arrivée au club, elle n’était là que pour le satisfaire et rendre sa soirée tout simplement mémorable. Ce n’était sûrement pas en s’imposant à lui qu’elle l’aiderait à se détendre et à oublier son malaise et sa gêne. C’était à lui de faire le premier pas. Et quand bien même cela prit du temps, Alessa nota un subtil changement dans l’attitude du fonctionnaire qui lui confirma qu’il était prêt à passer à une danse disons… un peu plus personnelle. Mais toujours dans les limites de la bienséance et de la légalité, bien entendu !

Elle se rapprocha lentement de lui en ondulant du corps comme une déesse, toujours au rythme de la musique qui se déversait de haut-parleurs invisibles. Quand elle se retrouva tout près du sofa, elle vint gentiment heurter les genoux de Thomas et se pencha en avant afin que leurs regards soient au même niveau. Elle lui souffla alors d’une voix à peine audible :

— On commence à se détendre ? (Elle sourit de plus belle en se doutant que c’était peut-être même plutôt l’inverse. Mais une fois encore, elle ne se formaliserait pas de si peu. C’était là un signe qu’elle avait toute l’attention de son client et qu’elle était sur la bonne voie.)

Posant une main sur la joue de l’Humain, Alessa lui offrit une caresse délicate avant de se redresser et de lui tourner le dos en continuant de faire onduler son bassin et ses épaules en écartant les bras. Elle se laissa un moment emporter par la musique, tournant sur elle-même, encore et encore. Tantôt ses mains dessinaient des arabesques dans l’air tantôt elles caressaient sa peau nue qui devenait de plus en plus chaude à mesure que la température grimpait dans la petite pièce insonorisée.

Au bout d’un moment, Alessa s’immobilisa face à Thomas et d’un bond gracile et léger se retrouva de nouveau à califourchon sur ses genoux.

— Comment vous sentez-vous maintenant, Thomas ? Beaucoup mieux, j’espère…


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MessageSujet: Re: [16+] La fièvre du samedi soir   Sam 21 Fév - 6:14
Thomas s'était vraiment retrouvé dans un sacré trou à rats. Il commençait à regretter d'avoir suivi Christian jusque-là, de regretter de ne pas avoir demandé plus clairement de rentrer directement à l'hôtel. Être ici était à la fois gênant et peu professionnel.

— Je connais justement le genre d’endroit qui saura satisfaire vos attentes, Thomas.

Mais bon, au point où il en était...

Thomas attrapa la main de l'asari et leva son derrière du canapé, avant de la suivre jusqu'aux chambres. Il serait éloigné de Christian et de toutes les personnes dans la salle, ce qui était déjà une bonne avancée. Ils entrèrent à l'intérieur, ce qui permit à l'avocat de migrer vers un autre canapé, plus confortable pour le coup. Le vorvkov commençait à lui monter à la tête.

— Détendez-vous donc un peu, Thomas. Vous n’avez absolument rien à craindre ici. Considérez cette chambre comme un sanctuaire. Vous êtes en sécurité ici. Durant les quinze prochaines minutes, vous n’aurez à redouter le jugement de personne.

Est-ce qu'elle était en train de le traiter d'éjaculateur précoce ? C'est vrai que quand on y pensait ça pouvait presque paraître insultant.

— Personne ne sait que vous êtes ici et personne n’en saura jamais rien. Vous pouvez me faire confiance. Mettez-vous donc à l’aise et retirez-moi tous ces vêtements inutiles.

Thomas se laissait faire alors qu'elle grimpait sur lui pour commencer à le délester de sa veste. Son visage devenait un peu livide, mais tant pis, il allait bien faire avec.

— N’est-ce pas un peu plus confortable ainsi ?  Désirez-vous boire quelque chose ?

— Je veux bien, s'il vous plaît...

Elle se levait et alla chercher un poison dans une étagère.

— Vous auriez de la vodka ?

Au moins c'était simple à boire, ça. Les Russes avaient vécu des générations à se droguer avec ce genre d'alcool, et ils n'avaient jamais eu trop à se plaindre. Ce peuple devait être la bande d'alcooliques la plus puissante de la galaxie. Plus au niveau alcool/puissance que la puissance tout court... Mais ça c'était un autre débat.

Alessa dansait. Thomas ne détournait pas les yeux, sûrement par politesse. Mais malgré tout il gardait la même attitude assez impassible et froide. Le verre de vodka en main, il se le descendit cul-sec. L'ambiance l'emmerdait. L'odeur l'emmerdait. La musique l'emmerdait. L'asari l'emmerdait. Peut-être même que le sexe ou le plaisir l'emmerdait, il savait pas trop, c'était pas son problème. Mais bon, l'alcool, oui, ça aidait. Il ferma un peu ses yeux le temps que le liquide infâme et dégueulasse-lui traverse la gorge. C'était répugnant, l'alcool. Personne ne boit de l'alcool pour le goût de toute manière... Les gens qui prétendent ne pas en boire parce qu'ils « n'aiment pas » ont rien compris à l'utilité de la boisson, dont l'éthanol qui la composait pouvait être utilisé comme solvant ou carburant.

Aidé de la sacro-sainte vodka, qui lui donnait à peu près autant de courage que lire la Bible (C'est-à-dire, très peu. Ça le déprimait plus qu'autre chose, la Bible), il s'enfonçait un peu plus dans le canapé, écartait légèrement les jambes, et avait un sourire niais et béas esquissé sur le visage. Demain il irait probablement dégueuler le reste de ses intestins par gros morceaux jusqu'au fond de son trône blanc de la salle de bain de son hôtel, comme une jeune fille engrossée. N'étais-ce pas formidable comme l'organisme humain était capable d'éliminer ses déchets ? C'était au moins aussi ragoûtant que par la merde, ou bien les gigantesques cailloux qui se formaient dans les reins et traversaient par...

— On commence à se détendre ?

L'asari se donnait du mal, il fallait le reconnaître. Elle avait sa tête juste devant la tronche un peu perdue du juriste. Avec toujours son sourire idiot, il répondit, la gorge un peu étranglé et le ton un peu lent.

— Oui... Oui, oui, ça va très bien.

Le bout du rouleau, la corde, la Bérézina (Expression un peu idiote vu que la Bérézina était une victoire française... Oui la moitié de l'armée française était morte, mais on s'en tapait du moment que le petit Nap avait survécu). Au moins Talia avait l'air d'apprécier. Peut-être.

Finalement, elle revint sur ses genoux, un peu transpirante. Il avait une érection et l'estomac rempli d'alcool, la recette miracle de la moitié des enfants de la galaxie, alors là il fallait faire un peu gaffe.

— Comment vous sentez-vous maintenant, Thomas ? Beaucoup mieux, j’espère…

Thomas eut un hoquet, qui le fit trembler d'un coup.

— Hmmm... Mais ouais, ça va...

Il pencha légèrement la tête vers la droite, posa ses lèvres sur celles de l'asari et glissa sa langue à l'intérieur de la bouche de la pauvre alienne qui se faisait violenter le visage. Heureusement, alors qu'il commençait à sentir la salive de la femme, les yeux de Thomas s'ouvrirent brusquement. Il retira sa bouche, paniqué, eut un autre hoquet puant l'alcool et colla son dos au canapé.

— Putain, je... Je suis désolé...

Il passa une main sur ses yeux et la fit descendre le long de son visage, la bouche ouverte, comme s'il tentait de se reprendre malgré un mal de crâne intense. Il regarda l'asari, paniqué, attendant tranquillement de se faire expulser de la chambre.





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MessageSujet: Re: [16+] La fièvre du samedi soir   Sam 21 Fév - 12:14
À califourchon sur les genoux du juriste humain, Alessa ne se formalisa en aucune façon de la réaction physiologique de celui-ci sur laquelle peu d’hommes avaient le contrôle. Elle se contenta simplement de demander à son client comment il se sentait. Était-il finalement parvenu à mettre de côté sa gêne et son mal-être ? Se sentait-il un peu plus détendu ? Allait-il enfin se laisser aller à profiter un peu de ce moment pour lequel il n’aurait à débourser aucun crédit. Tout était pris en charge par son « ami » et la jeune femme était tout à fait disposée à faire en sorte que le fils Ewing se retrouve avec une note particulièrement salée d’ici la fin de la soirée. Mais tout cela ne tenait en réalité qu’à Thomas.

Ce dernier eut justement un hoquet qui le fit brusquement sursauter avant qu’il ne souffle d’une voix fortement imbibée d’alcool :

— Hmmm… Mais ouais, ça va…

Un sourire fleurit sur les lèvres de la jeune femme. Elle aimait avoir affaire à des clients satisfaits de la prestation qu’elle venait de leur donner. Cependant, elle ne se serait certainement pas attendue à ce qui allait suivre…

Penchant légèrement la tête vers la droite, le jeune Humain avança les lèvres et les posa sur celles de l’Asari avant de glisser insidieusement sa langue dans la bouche de la demoiselle. Instinctivement, les lèvres de la douce créature éthérée se refermèrent sur celles du juriste avant qu’elle ait pu comprendre ce qui se passait. Quand elle se rendit compte dans quel genre de situation elle se trouvait, Alessa se pétrifia et demeura de marbre en sentant Thomas se retirer et mettre abruptement fin au baiser. Lui-même semblait choqué de sa propre hardiesse. Il eut un nouveau hoquet qui répandit dans l’air des effluves fortement alcoolisées tandis qu’il lâchait d’une voix paniquée :

— Putain, je… Je suis désolé…

Il avait l’air sincère. Du moins, c’est ce que laissa penser sa réaction : il se passa une main sur le visage comme pour tâcher d’effacer toutes traces de son geste. Son regard se posa finalement sur l’Asari au bout de quelques instants ; mais celle-ci n’avait toujours pas réagi. Elle continuait de fixer l’Humain en gardant les yeux écarquillés et les sourcils froncés. Elle était comme en état de choc.

Il avait semblé si timide et si prévenant. Si innocent. Et pourtant… il avait tenté de l’embrasser comme n’importe lequel des clients éméchés suffisamment bourrés pour lâcher des milliers de crédits à seule fin de passer quelques minutes en tête à tête avec une femme qui ne leur rendrait jamais leur amour et encore moins les attentions qu’ils désiraient plus que tout recevoir de cette dernière. Ce n’était pas son genre à elle. Cela ne l’avait jamais été. Cupidon et les jumelles n’avaient peut-être aucune estime d’eux-mêmes ; mais Alessa tenait quant à elle à préserver sa part d’innocence. Elle ne voulait pas que ce travail la définisse complètement. Ce n’était pas elle. Elle n’était pas comme ça. Ce n’était qu’un job temporaire le temps de se remette sur pieds. Elle ne voulait pas vendre son âme juste pour se faire un peu plus d’argent. Ne valait-elle pas mieux que ça après tout ?

Contre toute attente, Alessa céda à une pulsion et sa raison fut balayée en un éclair par une puissante vague de désir surgie de nulle part qui la submergea et eut raison de toute retenue. Elle pencha à son tour la tête en avant et offrit de son plein gré un baiser langoureux au juriste humain lui faisant face. Pourquoi ? D’où lui était venue cette soudaine envie ? Elle n’aurait pas su l’expliquer et n’en avait rien à faire dans l’immédiat. On eût dit que son corps avait pris le pas sur son esprit et qu’il n’obéissait plus à sa volonté. Alessa ne contrôlait plus rien. La passion de l’instant présent avait tout emporté et elle ne put que contempler passivement la tournure prise par les événements.

Ses lèvres scellées à celles de Thomas, la créature éthérée glissa les mains dans les cheveux du jeune homme tout en se rapprochant de lui afin de presser son corps contre le sien. Elle sentait sa peau qui s’enflammait là où le juriste la touchait ; ses lèvres étaient douloureuses à force d’écraser celles de son compagnon et des frissons ne cessaient de courir sur son échine dénudée au gré des vagues de désir qui avaient eu raison de toute retenue. Et c’est ainsi que dans l’intimité de cette chambre, elle franchit la frontière invisible qu’elle s’était jurée de ne jamais transgresser de sa vie.

***

Alessa était recroquevillée dans un coin du sofa, le regard dans le vide. Elle ne comprenait pas ce qui venait de se passer à l’instant. Elle refusait de croire que tout ceci avait vraiment eu lieu ; et pourtant, Thomas venait de se remettre debout en remontant son pantalon et ses sous-vêtements tombés à ses chevilles peu après qu’ils se furent lancés dans leur petite affaire intime. Comment les choses avaient-elles pu en arriver-là ? Elle avait toujours tenu en respect même les clients les plus insistants. Et ce quand bien même ils lui promettaient monts et merveilles. Elle n’avait jamais cédé à leurs avances perverses et avait toujours fait son possible pour ne jamais franchir la limite qu’elle s’était imposée. Et pourtant, il avait suffi d’un moment d’égarement pour que l’impensable se produise.

Alessa ne quitta pas Dole du regard. Il lui tournait le dos et luttait avec le bouton de son pantalon. Elle n’arrivait pas à croire qu’elle venait de se donner à lui. Ce n’était pas contre lui. Il n’avait absolument rien à se reprocher ; c’est juste qu’elle avait toujours fait en sorte de ne pas s’aventurer sur ce terrain glissant. D’un autre côté, à quand remontait la dernière fois où elle avait été intime avec un homme, ou une femme ? Cela devait remontait à quelques mois de cela maintenant. Oui… Le soir où ce militaire de l’Alliance et elle s’étaient offerts l’un à l’autre après avoir un peu trop abusé de la bouteille. Était-ce donc ça ? S’était-elle simplement laissée aller afin d’évacuer la pression ? La vie de fugitive en cavale pouvait être exténuante à la longue, à toujours regarder par-dessus son épaule en craignant le pire. Il ne fallait pas s’étonner que le corps finisse par trouver un exutoire afin d’évacuer toute cette pression avant qu’il ne soit trop tard. Était-ce ce qui s’était passé ? S’était-elle abandonnée à cet Humain à seule fin d’oublier sa solitude et de se libérer d’un poids oppressant qu’elle s’était évertuée à ignorer tout ce temps ? C’était sûrement ça, oui…

Dole se tourna vers Alessa qui n’avait toujours pas bougé du sofa. Leurs regards se croisèrent et tous deux détournèrent les yeux en baissant la tête. Thomas était aussi gêné que la danseuse. Tout s’était passé si vite. Ni l’un ni l’autre n’avait eu le temps de comprendre ce qui arrivait. Le juriste s’en voulait-il autant que la jeune femme ? Peut-être avait-elle plus à se reprocher que lui ; après tout, n’était-ce pas elle qui l’avait aguiché toute la soirée ? Mais elle n’avait fait que son boulot et rien d’autre. Ce n’est pas comme si elle avait cherché à provoquer tout cela. Était-elle responsable mine de rien ?

Alessa se redressa d’un bond en prenant soin de garder ses distances avec l’Humain. Elle était couverte de sueur et frissonna malgré la chaleur qui régnait dans la petite pièce. Elle portait toujours sa tenue, que Thomas n’avait même pas pris la peine de lui enlever ; tout était arrivé si vite. Ils n’avaient pas pris la peine de réfléchir ; ils avaient simplement agi. Et maintenant, il était impossible de revenir en arrière. Le mal était déjà fait. On ne pouvait défaire ce qui avait fait. Elle désigna la porte d’un mouvement de tête en croisant les bras sur son ventre, comme si cela aurait suffi à dissimuler son corps dénudé.

— Il est temps que vous partiez, dit-elle simplement. (Il n’y avait aucune agressivité ni aucune froideur dans sa voix. En réalité, il n’y avait même aucune émotion. Rien. Elle s’était contentée de dire la vérité. La danse était terminée. Le moment privé qui avait été accordé au juriste était terminé. Il avait duré un peu plus longtemps que prévu ; mais il était bel et bien temps pour lui de retourner auprès de son ami – si tant est que ce celui-ci en ait terminé avec les jumelles drells.) Je pense que vous pourrez sans mal retrouver votre chemin tout seul ? Je dois me préparer pour mon prochain numéro. Je monte sur scène dans une dizaine de minutes. Je… (Sa voix trembla un instant.) Je crains de ne pouvoir rester à votre disposition plus longtemps. (Elle désigna de nouveau la porte sans rien ajouter de plus.)

Elle évita de croiser le regard de l’Humain jusqu’à ce qu’il eût finalement quitté le salon privé. Lorsqu’elle entendit le bruit de succion de la porte, elle releva la tête et découvrit qu’elle était seule désormais. Il n’en fallut pas plus pour que les larmes inondent soudain son visage et qu’elle se laisse tomber au sol faute de parvenir à garder le contrôle de ses jambes.

*Qu’ai-je fait ?* se demanda-t-elle en ramenant ses genoux contre sa poitrine. *Mais qu’ai-je fait ?*

Le lendemain, Alessa ne se présenta pas pour le numéro d’ouverture et plus personne ne la revit jamais sur Watson. Elle s’était tout bonnement volatilisée. À croire qu’elle n’avait même jamais été là…


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[16+] La fièvre du samedi soir

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