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 Retour sur les lieux du crime [terminé]

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MessageSujet: Retour sur les lieux du crime [terminé]   Ven 06 Fév 2015, 21:25
Intervention MJ : Oui Début septembre 2199 RP Tout Public
Alessa N’Mara ♦ Ishra T’Cyalii
Retour sur les lieux du crime



Les Chroniques d'Alessa - Chapitre 3

Alessa débarqua finalement sur la Citadelle après un séjour de trois jours à bord de sa navette. Elle ne rencontra aucun obstacle lors de sa demande d’amarrage et c’est avec un soulagement à peine voilé, un poids en moins sur ses épaules même, qu’elle mit le pied sur la station concilienne sans voir toutes les alarmes du secteur se déclencher sur son passage. Usant de faux papiers, elle passa sans encombre les contrôles du spatioport dans lequel elle s’était amarrée. La sécurité avait beau être plus renforcée que dans ses souvenirs, elle n’en trouva pas moins étonnement facile de mettre les pieds sur la station tenant lieu de cœur à la galaxie sans rencontrer plus de résistance. Après tout, elle était une fugitive en cavale. Elle était supposée être recherchée à travers tout l’espace concilien ; et pourtant, voilà qu’elle arpentait tranquillement une avenue fébrile d’activité du secteur Zakéra – l’une des cinq branches de la station étoilée. Se mêlant à la foule, la jeune femme passa pour ainsi dire inaperçu.

Une fois arrivée à destination, Alessa quitta la chaussée et s’engagea dans une haute tour dont le nom ne lui rappelait rien. Pourtant, elle était formelle : il s’agissait bien de l’endroit où s’étaient déroulés les tristes événements qui l’avaient à jamais privée de sa chère et tendre épouse. Elle reconnut en partie la forme du bâtiment. Néanmoins, c’était bien la seule chose qui lui sauta véritablement aux yeux. Ce qui n’était guère étonnant... Depuis les terribles événements survenus en 2174, la Citadelle avait tout d’abord essuyé une première attaque de la part de Sovereign et son armée geth ; et environ trois ans plus tard, c’est pour ainsi dire les trois quarts de la Citadelle qui avaient été réduits en ruines dérivant dans l’immensité de l’espace suite à la bataille finale contre les Moissonneurs. Rien d’étonnant donc à ce que le paysage ait quelque peu changé de tête en un peu plus d’une quinzaine d’années.

Traversant un grand et majestueux hall rempli à craquer de citadins allant et venant ici ou là au gré du flux et du reflux s’écoulant des portes se succédant tout le long de la façade, Alessa s’engouffra dans un ascenseur et pressa le bouton du 66ème niveau. L’ascension fut rapide et c’est tout juste si la jeune femme sentit le mouvement de l’appareil tandis que les portes s’ouvraient déjà devant elle. Sûrement une amélioration récente. L’Asari avait souvenir que les ascenseurs étaient bien plus lents que ça du temps où elle avait visité la Citadelle avec sa compagne ; mais vraiment bien plus lents…

— Bienvenue au Dramorra Plaza, récita une voix monocorde d’un ton enthousiaste. Que puis-je pour vous ? (Une femme se tenait derrière un comptoir avec un sourire étincelant placardé sur le visage.)
— Une chambre, répondit poliment Alessa en rendant son sourire à l’Humaine. J’aimerais réserver la suite 609. Est-elle libre ? (Alessa connaissait déjà la réponse. Aussi ne fut-elle pas surprise d’apprendre que la chambre en question était effectivement libre.) Merci, termina Alessa en récupérant son pass et en s’engageant dans le couloir qui la mènerait à sa destination finale.

Debout devant la porte de la suite 609, Alessa demeura interdite un moment. Sa main tremblait et elle ne parvint pas à se décider à déverrouiller l’entrée qui barrait la voie. Au bout d’une minute interminable, son bras finit par se lever et un bruit de succion accompagna l’ouverture soudaine de la porte. Au-delà, une suite somptueuse qui valait sans contexte les dix-mille crédits la nuit qu’elle venait de débourser à l’instant. Cependant, tandis qu’elle avançait dans la pièce en laissant la porte se refermer en silence derrière elle, ce n’est pas tant le luxe de la décoration qui lui sauta aux yeux que les souvenirs de ce à quoi ressemblait cet endroit la dernière fois qu’elle y avait mis les pieds.

En lieu et place du lit à baldaquin trois places trônant au sommet d’une petite estrade, du sofa d’une blancheur immaculée disposé devant l’âtre rougeoyant d’une cheminée, ou encore du bar en marbre thessian dont les couleurs auraient dû lui rappeler son enfance sur sa planète natale, la fugitive ne vit que la longue table en verre qui occupait jadis le centre de la salle de réunion qu’était autrefois cette pièce. Elle revit le sang qui en maculait l’extrémité tournée vers le mur du fond et la large baie vitrée. Et elle revit le corps inerte d’une femme, jonchant le sol dans l’espace séparant la table de la fenêtre. Mais pas le corps de n’importe quelle femme : celui de son épouse. Sa Tarana à elle.

Comme si cette scène se rejouait de nouveau devant elle, Alessa se revit approchant du corps sans vie au ralenti. Elle refusait d’y croire. Elle refusait d’admettre que cela puisse être vrai. S’approcher était au-delà de ses forces. Le souffle coupé, aucun son ne sortit de sa bouche quand elle desserra les lèvres sur un cri d’horreur muet. Une douleur à nulle autre pareille lui déchira les entrailles et, la main posée sur sa poitrine, elle sentit ses jambes se dérober sous elle et elle tomba à genoux à même le sol. Elle était à seulement deux mètres de sa femme, qui gisait là les yeux grand ouverts et rivés vers le plafond qu’elle ne pouvait plus voir désormais. Son regard était voilé, vide… mort. Il y avait du sang tout autour d’elle. Du sang qui continuait de se répandre lentement du trou qui barrait sa tempe droite. Un haut-le-corps manqua lui faire restituer le maigre contenu de son estomac. Mais toujours aucun bruit. Pas un souffle d’air ni aucun sanglot. Rien. C’était la dernière chose dont elle se souvenait. Le souvenir le plus récent qui venait après était son réveil dans la clinique psychiatrique de Serrice, un an plus tard.

Le téléviseur disposé non loin du grand sofa s’enclencha et la voix de la présentatrice asari présentant le résumé des actualités sur la Citadelle tira la jeune femme de ses pensées. Remettant brusquement les pieds sur terre, Alessa eut besoin de quelques secondes pour se resituer et se souvenir de la raison de sa présence ici. Cela n’avait absolument aucun rapport avec la chambre en elle-même. Quand bien même elle aurait certainement apprécié séjourner dans un hôtel comme celui-ci, le fait est que celui-ci en particulier lui rappelait de bien trop mauvais souvenirs. C’était ici que sa femme était morte ; ici qu’elle avait pressé la détente et arraché la vie à celle qu’elle aimait. Du moins, c’est ainsi qu’elle avait fini par concevoir les choses. Après tout, ne s’était-elle pas tenue au sommet de l’immeuble d’en face, l’œil rivé à la lunette du fusil longue portée de Tarana qui avait mystérieusement disparu ? Elle n’avait pas compris à ce moment-là ce qui se passait. Sa femme aurait dû se trouver à son poste et pourtant, en regardant à travers la lunette, Alessa l’avait découverte dans cette pièce. Elle ne se rappelait plus exactement pourquoi Tarana s’était trouvée là. En fait, elle ne l’avait jamais su. Tout comme elle n’avait jamais vraiment su si elle était véritablement coupable ou non de la mort de son épouse.

Les joues couvertes de larmes, Alessa les fit disparaître du revers de la main avant de laisser courir son regard dans toute la pièce. Comme elle s’en était douté, venir inspecter la chambre d’hôtel ne servait à rien. Plus d’une quinzaine d’années s’étaient écoulées depuis le tragique incident. Qui plus est, avec les deux attaques subies entretemps par la station, cela aurait relevé du miracle de trouver un nouvel indice permettant de comprendre ce qui s’était réellement passé ici. Elle l’avait su au moment-même où l’idée de remettre les pieds ici lui avait traversé l’esprit. Mais elle avait tout de même tenu à venir s’en assurer par elle-même. C’était comme venir se recueillir sur la tombe de sa bien-aimée.

Estimant s’être finalement suffisamment attardée, Alessa tourna les talons et quitta la chambre. Cela n’avait effectivement servi à rien. Pourtant, le mystérieux message lui disait bien de revenir là où tout avait commencé. Et il s’agissait de cet endroit justement. Pourtant, comment pouvait-on s’attendre à mettre la main sur une preuve aussi longtemps après le déroulement des faits ? Cela n’avait vraiment aucun sens. À moins que…

*Peut-être ne faut-il pas prendre le message au pied de la lettre* se dit Alessa en s’immobilisant sur le pas de la porte de la suite. *Ou justement… peut-être faut-il vraiment le prendre au pied de la lettre. À savoir retourner en 2174. Au moment où a eu lieu le drame. Là où « tout a commencé » en somme.*

Cette idée lui avait traversé l’esprit quand, en sortant de la chambre, son regard s’était posé sur l’une des caméras de surveillance de la chaîne hôtelière. À défaut de pouvoir avoir accès à la véritable scène de crime, peut-être pourrait-elle accéder aux archives de vidéosurveillance datant du jour du drame. Le fait est que ses compagnes et elle s’étaient occupées ce jour-là de pirater le système afin de faire en sorte que personne ne sache ce qui s’était passé ni qui était impliqué dans l’assassinat de ce cruel esclavagiste qui menaçait les intérêts des Républiques asari. Cependant, cela valait de coup d’y jeter un œil ; peut-être qu’avec un peu de chance, il subsistait des images de cette nuit dont Alessa pourrait se servir pour remettre les pièces du puzzle à leur place. C’était mieux que pas de plan du tout.

Le fait est cependant que cela la mena dans une impasse. Il lui était impossible de retrouver les traces des images de vidéosurveillance du jour où avait eu lieu le terrible massacre. Elle était pourtant assez douée en termes de piratage pour se forger à chaque fois une nouvelle identité à même de berner les contrôleurs qui vérifiaient son identité à chaque spatioport qu’elle était amenée à fréquenter. Mais le fait est que là, elle n’arrivait à rien. Elle avait accédé aux ressources Extranet et retrouvé la trace de la société ayant occupé les locaux avant le Dramorra Plaza… mais rien. Elle avait fait choux blanc. Elle ne comprenait pas. Elle eut beau plancher sur la question trois jours durant, elle n’arriva à rien. Ce n’est qu’à ce moment-là, dépitée de ne pouvoir parvenir à ses fins, qu’une nouvelle idée avait germé dans son esprit. Tarana avait fait mention d’une hackeuse dans le mémo qu’Alessa avait écouté voilà de ça quelques jours maintenant, quand elle était encore à bord de sa navette en transit pour la Citadelle. Avec de la chance, cette hackeuse était toujours en activité et peut-être pourrait-elle lui venir en aide. Cela valait la peine de tenter sa chance. Sait-on jamais. Aussi Alessa se décida-t-elle à prendre contact avec cette dénommée Ishra. Elle obtint rapidement une réponse et le rendez-vous fut fixé à la semaine suivante, dans une zone commerciale du secteur Zakéra.

Alessa se présenta la première à l’endroit préalablement convenu avec la hackeuse. Mais elle n’eut pas à attendre très longtemps avant d’être rejointe par la principale intéressée. Qui sait : peut-être était-elle arrivée la première et avait-elle observé Alessa de loin avant de se décider à la rejoindre. Cela ne l’aurait pas étonnée. Elle avait coutume d’agir ainsi dans une autre vie. Une autre vie avec laquelle elle était sur le point de renouer incessamment sous peu.


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Dernière édition par Alessa N'Mara le Mar 05 Mai 2015, 15:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Retour sur les lieux du crime [terminé]   Ven 06 Mar 2015, 12:40
La Citadelle ? Je n’y avais pas mis les pieds depuis un temps qui me semblait si lointain. Cela devait remonter à quelques mois après la disparition de ces horribles Moissonneurs. Déesse, j’en avais des frissons dans le dos rien que d’y penser. Et ironiquement, depuis lors, mon seul but dans la vie était de découvrir ce qu’ils étaient, qui ils étaient, ce qui les avaient motivé à provoquer toutes ces destructions. Comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Une quête que je ne n’arriverai jamais à achever. Mais c’était plus fort que moi … et puis ça m’occupait.

Du moins, quand il s’agissait pas de ma principale occupation depuis longtemps : le vol. Mon petit péché mignon de toujours. Mais cette fois-ci, ce n’était ni pour l’un ni pour l’autre que je me rendais sur la Citadelle. J’avais reçu un message sur Extranet des plus curieux d’une certaine Alessa qui se disait la femme de Tarana T’Vora. Ce dernier nom me parlait déjà plus, bien que depuis le temps, j’avais bien oublié pourquoi cette Asari m’avait contacté. Il s’en était passé des choses en une quinzaine d’années !

Mais, cela avait attiré mon attention. Et curieuse comme j’étais, je ne pus me retenir de répondre par l’affirmatif. Du coup, j’avais pris le premier transport public reliant Illium à la Citadelle. Le rendez-vous avait été donné dans le Secteur Zakéra, ce qui me ferait encore un peu de chemin à parcourir. Mais j’avais pris de l’avance. De mémoire, c’était déjà le plus occupé par les humains du temps où la station concillienne se trouvait dans la Nébuleuse du Serpent. Alors maintenant qu’elle était au-dessus de la planète Terre … cela devait être pire que tout !

Mais cela dit, avoir la vue d’une si belle planète depuis la station devait être géniale ! Il faudra que je jette un coup d’œil par une baie d’observation quand j’aurai le temps… Mais pour l’heure, je sortis du transport public où j’avais transité une fois qu’il atteignit le quai prévu à cet effet. Je me faufilai rapidement dans la foule. Une Asari comme moi dénotait un petit peu avec ma robe blanche immaculée mais parmi la multitude de couleurs en mouvement, j’étais telle une luciole dans le ciel étoilé. Si tant est qu’on puisse utiliser une expression du genre à la Citadelle…

Je me mis en chasse d’un taxi. Tâche plus qu’ardue quand on déboulait ainsi en plein milieu de la Citadelle avec d’autres nouveaux arrivants. Comme quoi, malgré tout ce qui s’était passé sur la station concilienne, les habitudes de ses occupants perduraient. Mais au bout de quelques minutes d’attente et recherche, je finis par trouver une pilote humaine qui m’amena à ma destination au bout de quelques minutes de vol.

Le Secteur Zakéra. Enfin. Maintenant, il ne me restait plus qu’à rejoindre la partie commerciale dudit secteur. J’avais souvenir que c’était un endroit agréable et divertissant avant l’arrivée des Moissonneurs. Je me demandai si c’était toujours le cas. Traversant différents coins du secteur à pied, vérifiant tout de fois que je ne prenais pas trop de temps à flemmarder ainsi, je pus constater que même si la disposition et les habitants avaient changé, l’esprit propre à Zakéra était resté. Cela me mit de bonne humeur. J’avais vraiment peur de ne plus rien reconnaître et avoir l’impression de découvrir un nouveau lieu.

Constatant que j’étais finalement bien en avance à l’heure de mon rendez-vous avec cette fameuse Alessa, je décidai donc d’aller boire un verre dans le bar le plus proche. M’installant dans un coin discret et sombre, je commandai un simple cocktail sans alcool. La première règle élémentaire que je m’étais fixée avant un rendez-vous avant une mission, si c’était bien sensée en être une de mission d’ailleurs : être la plus sobre possible.

Buvant tranquillement, j’en profitai pour suivre les informations locales de la Citadelle ou plus globalement galactique. C’est là où je me rendis compte que j’avais complètement décroché de l’actualité au fil des années. Les noms de certains politiciens ou célébrités du moment ne me disaient mais absolument rien. D’un autre côté, ça venait, ça partait …

L’avantage de suivre les infos en direct, c’était que j’avais l’heure en permanence. Aucun risque que je ne pas puisse pas voir le temps passer et louper le rendez-vous. C’était la raison pour laquelle je me détendais tranquillement. Bon, j’avais du entretemps refoulé un Turien ivre qui me trouvait à son goût, un peu trop pour moi, d’ailleurs. Mais un vigile eut tôt faire de renvoyer l’importunant à l’extérieur. Ce qui me fit sourire.

Finalement, je décidai de quitter le bar après avoir payé ma commande quelques temps plus tard. Si Alessa décidait d’arriver à l’heure, elle serait là d’ici une douzaine de minutes. Me dirigeant vers le lieu, j’avisai une rambarde qui donnait vers un large couloir de la Citadelle au sein du quel circulait de nombreux véhicules volants. Je jetai entretemps des coups d’œil derrière moi pour voir si ma correspondante asari était arrivée ou non.

Je n’eus guère longtemps à attendre. Visiblement c’était elle. Une Asari débarquant là et cherchant quelqu’un du regard, il fallait vraiment que je n’ai pas de chance pour que ça ne soit pas elle ! M’avançant timidement vers elle, ma nature ressortant évidemment à son grand jour, je m’approchais et demanda à l’Asari devant moi.

« Bonjour. Excusez-moi. Vous êtes Madame N’Mara ? » lançai-je d’une voix douce en fixant l’Asari à la peau mauve, un petit sourire timide sur les lèvres.


HRP : Désolé pour l’attente Brille (un peu court à mon goût le message mais voilà c’est répondu en tout cas Wink)


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MessageSujet: Re: Retour sur les lieux du crime [terminé]   Ven 13 Mar 2015, 16:26
Scrutant la foule à la recherche de son contact, Alessa finit par entendre une douce voix s’élever dans son dos. Elle n’eut nul besoin de son traducteur universel pour comprendre ce qu’on venait à l’instant de lui dire car elle reconnut sans mal les douces intonations propres à son espèce. Les Asari avaient ce don d’être naturellement ensorcelante. Les mots qui sortaient de leur bouche étaient dans la majorité des cas porteurs d’un pouvoir à même d’envoûter quiconque en percevait les échos. Des sorcières… C’est ainsi que les races « primitives » avaient longtemps dépeint les Asari lors des premiers contacts que celles-ci avaient multipliés au cours de leur long règne à la tête du Conseil. Car oui, les Asari étaient celles à qui l’on devait la découverte de la Citadelle et tout naturellement, ayant un don inné pour les relations publiques et la diplomatie s’étaient autoproclamées ambassadrices du Conseil à travers toute la galaxie. Mais là n’était pas la question. Quand bien même la douce voix était plaisante à entendre, le fait est qu’elle fit courir un frisson d’appréhension le long de l’échine d’Alessa…

— Bonjour. Excusez-moi. Vous êtes Madame N’Mara ? (Une question anodine en soi ; mais tellement surprenante pour Alessa qui n’avait plus entendu son nom prononcé dans la bouche d’une étrangère depuis bien des années. Mais la source de sa soudaine appréhension fut surtout qu’elle craignait que des oreilles indiscrètes ne les espionnent et ne vendent la mèche aux autorités. La paranoïa était une vieille ennemie d’Alessa qui n’arrivait hélas pas à s’en défaire.)

Alessa se contenta de hocher la tête en silence à la question de son interlocutrice. Puis faisant mine de prendre une vieille amie par le bras, elle jeta un coup d’œil furtif par-dessus son épaule et se mit en marche en entraînant la dénommée Ishra le long de la promenade. Mieux valait se fondre dans la foule plutôt que de demeurer planté là en brandissant une pancarte : une fugitive en cavale rencontre une pirate informatique – avis aux autorités : venez, on vous attend…

— Peut-être serait-il plus prudent de ne pas faire mention de certains noms, souffla Alessa sur le ton de la conversation en faisant semblant de flâner dans la rue bondée. Disons que ce pseudonyme n’est guère tenu en très haute estime par ici. Il pourrait attirer l’attention de… représentants officiels dont je ne souhaite guère entendre parler à l’heure actuelle. Si vous voyez ce que je veux dire…

Un sourire se dessina sur ses lèvres comme si elle venait de faire mention d’une vieille anecdote des plus rocambolesques ; puis sans se départir de ce masque jovial, elle ajouta on ne plus sérieusement :

— Peut-être avez-vous été surprise à la lecture de mon message, avança Alessa. Vous n’avez pas eu de nouvelles de Tarana depuis de nombreuses années et voilà que soudain une parfaite inconnue se met à user des protocoles que vous aviez toutes deux établis d’un commun accord. J’avoue avoir été très étonnée de recevoir de vos nouvelles. Honnêtement, je me serais attendue à ce que vous ignoriez ce message. C’est probablement ce que j’aurais fait à votre place en voyant soudain resurgir du passé ce nom. (Alessa se tut. C’est exactement ce qu’elle avait fait. D’abord en fuyant Joab ; puis en faisant de nouveau la même chose durant son très court séjour sur Oméga. N’avait-elle pas été à deux doigts de s’exiler aux confins de la galaxie avant de finalement se laisser convaincre par le mystérieux individu se faisant passer pour sa défunte épouse ? Heureusement que la dénommée Ishra n’avait pas réagi ainsi ou sinon Alessa n’aurait pas su vers qui se tourner pour trouver l’aide dont elle avait besoin.)

Les deux Asari poursuivirent leur route tranquillement le long de la promenade en passant devant les devantures de nombreux commerces grouillant de vie. Sur leur droite s’offrait le long de la rambarde une vue imprenable sur le reste de la Citadelle. Le bal des automobiles volantes étaient presque aussi enivrant que la profondeur du champ de vision qui se déroulait presque à l’infini. Et au-dessus de leurs têtes trônait cette mystérieuse planète dont Alessa n’avait entendu parler que très récemment. Cette planète qui avait été au cœur de la Grande Guerre et dont la défense avait été le point culminant de la funeste bataille qui devait décider du destin de tous. La Terre. Une planète aux couleurs envoûtantes, mélange de bleus et de verts et de bruns auréolés de taches blanches duveteuses tout simplement à couper le souffle. Quel panorama ! Avec sa minuscule lune en orbite : Séléné. Alessa en était presque désolée de ne pouvoir s’attarder et profiter d’un moment pour aller explorer ce monde dont elle avait si souvent entendu parler ces dernières années ; un monde qui avait marqué l’Histoire à jamais. Celui pour lequel le célèbre Commandant Shepard avait donné sa vie, sauvant par la même occasion le reste de la galaxie d’un funeste destin.

S’étant absentée un moment en contemplant ce magnifique panorama, Alessa reprit le fil de la réalité en entrant dans le vif du sujet. Cela faisait plus d’une semaine maintenant qu’elle se trouvait dans une impasse et elle espérait de tout cœur qu’Ishra pourrait lui venir en aide et trouver une solution à son problème. Tarana lui avait fait confiance par le passé ; Alessa devait donc pouvoir en faire autant.

— Comme cela était dit dans mon message, c’est de votre expertise dont j’ai besoin, dit-elle en faisant mine de s’arrêter un instant devant une vitrine de magasin pour désigner à sa compagne la robe de soirée, une merveille soit dit en passant, exposée à la vue de tous. J’ai besoin d’accéder à des enregistrements de vidéosurveillance remontant à plusieurs années – une quinzaine d’années en fait. J’ai passé plus de trois jours à retourner tout l’Extranet sans mettre la main sur ne serait-ce qu’une preuve de l’existence de ces enregistrements. Ils doivent pourtant forcément exister ; il doit obligatoirement y en avoir une copie quelque part. Mais rien. Je dois admettre que je suis dépassée. Pensez-vous être en mesure de réussir là où j’ai échoué ? Il va s’en dire que ces données sont pour moi d’une importance capitale. Je dois à tout prix mettre la main dessus afin de comprendre ce qui s’est passé. Puis-je compter sur vous et sur votre discrétion ? (Alessa tourna la tête vers Ishra. Quelque chose sur le visage de l’Asari laissa un instant transparaître toute l’urgence de la situation. Ce n’était pas un banal entretien d’embauche. Il y avait plus que ça : c’était un appel au secours. Alessa avait vraiment besoin de l’aide d’Ishra. C’était comme une question de vie ou de mort ; et dans le fond, il est vrai que c’était en quelque sorte le cas.)

Ishra représentait le dernier espoir d’Alessa ; du moins en partie. Comme dit précédemment, la pirate était une vieille connaissance de Tarana. Les deux femmes avaient travaillé de concert durant l’enquête menée par cette dernière à propos du mystérieux décès de la mère d’Alessa. Pour que Tarana ait fait mention de cette jeune hackeuse, c’est qu’elle avait confiance en elle. Alessa préférait de loin passer un accord avec elle qu’avec l’intimidant Courtier de l’Ombre. C’est pourquoi elle espérait de tout cœur qu’Ishra pourrait lui être utile. Si cela s’avérait être également une impasse, alors Alessa n’aurait pas d’autre choix que de faire un pacte avec le diable. À ses risques et périls cependant…

*Déesse, pourvu que nous n’ayons pas à en arriver là* pria en silence l’Asari en attendant une réponse de la part de son interlocutrice.


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MessageSujet: Re: Retour sur les lieux du crime [terminé]   Mer 18 Mar 2015, 19:23
La réaction de cette Alessa m’avait prise de court. M’attraper ainsi par une inconnue était typiquement le genre d’action qui me mettait mal à l’aise très rapidement. Mais face à l’explication que me souffla l’Asari à la peau mauve, je pus comprendre ce genre de réaction.

Mais cela n’enleva en rien mon sentiment de gêne bien que je ne le montrai que peu, souriant simplement, essayant de rentrer dans le personnage qu’elle voulait que je sois. Néanmoins, elle aurait tout de même pu me prévenir de ce genre de détail, qui n’en était pas vraiment un d’ailleurs.

— Peut-être avez-vous été surprise à la lecture de mon message. Vous n’avez pas eu de nouvelles de Tarana depuis de nombreuses années et voilà que soudain une parfaite inconnue se met à user des protocoles que vous aviez toutes deux établis d’un commun accord. J’avoue avoir été très étonnée de recevoir de vos nouvelles. Honnêtement, je me serais attendue à ce que vous ignoriez ce message. C’est probablement ce que j’aurais fait à votre place en voyant soudain resurgir du passé ce nom.
- Je dois avouer qu’en effet, cela m’a beaucoup surpris, avouai-je en souriant. Et non, quelle idée ! Au contraire, vous n’avez fait qu’attiser ma curiosité en procédant de la sorte. Il est même plus fortement probable que je n’aurais pas répondu si vous m’aviez contacté différemment. Et puis j’ai un bon souvenir de Tarana. Bien que le fait qu’elle est rapidement coupée contact par la suite m’ait plus ou moins surprise je dois dire. »

Une réponse qui sembla la surprendre. Du moins, ce fut le ressenti que j’eus mais je pouvais tout aussi bien me tromper. J’avais toujours un peu de mal à saisir les expressions des inconnues, même parmi mes consœurs bleues. Même si Alessa n’avait pas la peau bleue en l’occurrence…

Je l’accompagnai donc le long de la promenade du Présidium. Cela avait fini par m’amuser de me prêter à ce petit jeu. Je n’étais toujours pas encore tout à fait à l’aise, apprendre qu’Alessa n’était pas très bien vue ici était un point qui m’inquiétait malgré tout, bien que je n’aie pas voulu aborder à nouveau le sujet.

Alessa finit par s’arrêter pour contempler le paysage de la Citadelle. Je remarquai au passage qu’on voyait également la Terre et sa lune. Cela me faisait bizarre, j’avais l’impression de ne voir plus que ça. Il fallait dire que cela changeait du décor que j’avais connu une quinzaine d’années auparavant, dans la Nébuleuse du Serpent.

Ma consœur sembla se perdre dans ses pensées. De mon côté, je me mis à regarder les passants. Sans réfléchir, j’avais déjà trouvé six façons de voler quelque chose à quelqu’un sans me faire remarquer. Mais bon, je n’étais pas là pour ça. Et tout ce mystère autour d’Alessa et sa demande ne faisait qu’augmenter mon impatience de savoir le fin mot de l’histoire. Ou tout du moins, pourquoi elle avait besoin de moi, là, maintenant. Mon expertise, certes, comme elle le souligna une fois qu’on s’arrêta devant une vitrine de magasin. Déesse, cette robe de soirée, qu’elle était splendide ! Mais ma pensée se focalisa de nouveau sur Alessa quand elle reprit la parole.

— J’ai besoin d’accéder à des enregistrements de vidéosurveillance remontant à plusieurs années – une quinzaine d’années en fait. J’ai passé plus de trois jours à retourner tout l’Extranet sans mettre la main sur ne serait-ce qu’une preuve de l’existence de ces enregistrements. Ils doivent pourtant forcément exister ; il doit obligatoirement y en avoir une copie quelque part. Mais rien. Je dois admettre que je suis dépassée. Pensez-vous être en mesure de réussir là où j’ai échoué ? Il va s’en dire que ces données sont pour moi d’une importance capitale. Je dois à tout prix mettre la main dessus afin de comprendre ce qui s’est passé. Puis-je compter sur vous et sur votre discrétion ?

J’étudiai avec attention la proposition d’Alessa, remarquant pour le coup sans difficulté qu’il s’agissait plus d’une demande désespérée qu’anodine. Mais j’avais le sentiment qu’elle ne me disait pas forcément tout. Vu ce qu’elle me disait, j’en déduisais qu’il devait s’agir d’enregistrements enregistrés sur un support physique, ici sur la Citadelle, auquel elle n’avait pas accès. Sinon pourquoi me faire venir ? Mais c’était un challenge que j’aimai bien réalisé.

« Ma discrétion ? Mais je le suis naturellement. Je peux être une ombre si vous me le demandez. Néanmoins, il faudra m’en dire un peu plus sur ce que vous voulez que je fasse. C’est très vague ce que vous me demandez. Je ne peux pas non plus faire l’impossible. Qu’en dites-vous d’aller en discuter autour d’un verre ma chère amie ? » lançai-je soudainement.

En effet, deux agents du SSC venaient de passer à côté de nous. Une simple patrouille de routine et c’est à peine s’ils avaient jeté un coup d’œil dans notre direction. Mais bon, un mot de trop pouvait échapper et attirer l’attention.

Alors certes, un bar ou un autre lieu bondé pouvait sembler ne pas être le meilleur endroit pour parler de ça, mais je m’étais rapidement rendu compte avec le bruit ambiant et fort de ce genre de lieu, il était ironiquement au final plus facile de parler tranquillement. Tant qu’un petit malin ne s’amusait pas à vous écouter évidemment.

« Ou on peut tout aussi bien faire une petite pause sur un banc non loin aussi, à la réflexion. C’est comme vous très chère. »

Disant cela, je regardai à nouveau la robe de soirée et notai dans ma tête le nom de ce magasin. Je devais absolument penser à revenir me l’acheter. Elle m’irait si bien ! Je fixai ensuite Alessa en souriant un peu timidement, me demandant ce qu’elle choisirait. C’était également une façon pour moi de voir sa réaction. Et de comparer avec Tarana. Je m’étais subitement souvenue que j’avais posé le même genre de question à l’époque.

Et puis, je n’avais aucune certitude que cette Alessa était bien la personne qu’elle prétendait bien être. Certes elle avait utilisé le même protocole mais cela ne voulait en soit rien dire à mes yeux. J’en vins à me demander pourquoi elle préférait éviter que son nom soit énoncé ainsi à haute voix. Je me mordis doucement la lèvre, suis-je bête, j’aurai du vérifier avant…




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MessageSujet: Re: Retour sur les lieux du crime [terminé]   Sam 21 Mar 2015, 19:38
La réponse d’Ishra ne se fit pas attendre. À peine Alessa lui eut-elle exprimé ses attentes – en prenant soin d’ajouter que la discrétion de sa partenaire de crime était vivement recommandée – que celle-ci lui rétorquait déjà :

— Ma discrétion ? Mais je le suis naturellement. (L’ombre d’un sourire parut transparaître au coin des lèvres de l’Asari.) Je peux être une ombre si vous me le demandez. (C’est exactement ce dont Alessa allait avoir besoin. Ishra n’aurait pas pu mieux choisir ses mots.) Néanmoins, il faudra m’en dire un peu plus sur ce que vous voulez que je fasse. C’est très vague ce que vous me demandez. Je ne peux pas non plus faire l’impossible. (Alessa s’en doutait. Elle avait d’abord souhaité aborder le sujet en douceur de peur de refroidir les ardeurs de la jeune voleuse si elle venait à lui annoncer de but en blanc ce qu’elle attendait exactement d’elle. Aussi ouvrit-elle la bouche pour répondre aux attentes de la créature à la peau bleue lorsque celle-ci lui coupa l’herbe sous le pied.) Qu’en dites-vous d’aller en discuter autour d’un verre, ma chère amie ? demanda-t-elle en esquissant de nouveau un de ces sourires rayonnants. Ou on peut tout aussi bien faire une petite pause sur un banc non loin aussi, à la réflexion. C’est comme vous voulez, très chère.

Du coin de l’œil, Alessa aperçut dans la devanture du magasin le reflet de deux silhouettes portant les couleurs du SSC. Elle ne les avait pas vues se rapprocher autant. Le bref moment où elle avait manqué laisser ses émotions transparaître complètement sur son visage avait eu raison de son attention. Elle avait négligé sa sécurité en se laissant envahir par l’urgence de la situation, la nécessité de mettre les mains sur ces vidéos de surveillance afin de comprendre enfin ce qui s’était exactement passé la nuit où sa vie avait basculé dans l’horreur à tout jamais. Heureusement qu’Ishra s’était montrée plus alerte qu’elle. Alessa ne pouvait que saluer sa prise d’initiative. Cette petite était futée et rusée aussi.

Un sourire se dessina sur ses lèvres et elle répondit :

— Ce serait avec grand plaisir très chère, cela fait si longtemps que nous n’avons pas eu la chance de profiter l’une de l’autre. À quand remonte la dernière fois ? L’Académie ? Oh ! Ça ne nous rajeunit pas du tout toute cette histoire. (Alessa laissa échapper un délicat éclat de rire.) Allons-y pour un verre, en souvenir du bon vieux temps. Je vous suis.

Toujours bras dessus bras dessous avec sa partenaire de crime, Alessa se laissa entraîner par Ishra en direction d’un bar se trouvant non loin de la boutique vendant la robe de rêve sur laquelle leurs yeux à toutes les deux s’étaient attardés un instant. En toute nonchalance, avec toute la discrétion qu’une ancienne espionne savait faire montre en terrain hostile, elle risqua un coup d’œil innocent par-dessus son épaule. Les deux officiers du SSC avaient poursuivi leur route sans même faire un arrêt ou laisser leur regard s’attarder sur elle et sa prétendue amie de longue date. Le soulagement s’empara d’Alessa et elle sentit ses muscles se détendre très légèrement.

Elle se savait un brin parano. Elle n’avait pas à s’inquiéter autant. Elle n’était qu’une fugitive en cavale dont le nom figurait parmi des centaines de milliers d’autres sur un registre sans fin s’étendant sur des centaines et des centaines de pages. Les probabilités pour qu’un représentant de la loi la reconnaisse en posant simplement les yeux sur elle durant son séjour sur la Citadelle étaient aussi infimes que risquer une collision dans l’espace avec un autre vaisseau SLM. En somme, elle n’avait aucune raison d’avoir aussi peur de son ombre. Elle était virtuellement en sécurité. Qui se serait attendu à ce qu’une femme recherchée à travers tout l’espace concilien vienne se réfugier sur la station servant de cœur politique à la puissance ayant la mainmise sur cette portion de la galaxie ? Personne. Alors à quoi bon continuer de stresser autant ? Elle devait se détendre et s’autoriser un moment pour respirer un bon coup.

Alessa soupira en sentant l’appréhension disparaître. Elle prit alors seulement conscience qu’Ishra et elle venaient de mettre les pieds dans un bar branché à l’ambiance déjà bien installée. Elle échangea un regard avec sa campagne avant de lui désigner du menton une petite table dans un coin tout près de l’entrée. Déformation professionnelle oblige, la fugitive se glissa à la table en prenant soin d’avoir la porte d’entrée en face d’elle histoire de garder un œil sur les allées et venues des clients entrant et sortant de l’établissement. Ce n’était pas de la paranoïa ; juste une précaution que tout bon criminel en terrain hostile se devait d’avoir : c’était ça ou risquer de se retrouver avec une arme à feu braquée sur la nuque si un ennemi parvenait à se glisser dans votre dos à votre insu. Mieux valait rester sur ses gardes. La prudence était mère de sureté. La paranoïa aussi dans le cas d’Alessa…

— Qu’est-ce que je vous sers ? demanda une Humaine qu’Alessa avait suivi des yeux tandis qu’elle se dirigeait vers leur table pour prendre leur commande.

Alessa opta pour une boisson faiblement alcoolisée. Elle préférait rester maîtresse de son corps tout du long de son séjour sur la Citadelle ; mais compte tenu du sujet qu’elle allait devoir aborder avec sa compagne sous peu, mieux valait s’autoriser un petit remontant afin d’y puiser un peu de courage. Le fait est que ce qu’elle avait à dire risquait fortement de rouvrir de vieilles blessures qu’elle n’avait pas encore réussi à complètement refermer ou même oublier ; mais c’était là le prix à payer pour découvrir enfin ce qui était vraiment arrivé cette nuit-là.

— Bien, reprit Alessa une fois sa commande servie et l’Humaine repartie. Vous vouliez que je vous en dise plus sur ce que j’attendais de vous ? (Elle but une gorgée brûlante du liquide bleuté contenu dans son verre.) J’ai besoin que vous pénétriez dans un secteur hautement sécurisé de la Citadelle. (C’était justement le genre d’entrée en matière brutale qu’elle avait tenu à éviter autant que possible. Mais il était trop tard pour revenir en arrière à présent.) Je soupçonne les données que je recherche d’être à juste titre sauvegardées dans une antenne du SSC de Zakéra. Ces enregistrements ont dû être mis sous scellés vu qu’ils tiennent lieu de preuve dans une enquête officielle du SSC. À mon avis, ces images de vidéosurveillance ont de fortes chances de se trouver là-bas. Du moins c’est la seule explication que je puisse trouver pour justifier le fait que je ne trouve aucune trace de leur existence sur l’Extranet.

Alessa marqua une pause afin de laisser le temps à Ishra d’assimiler cette information. Elle se doutait que ce n’était sûrement pas tous les jours qu’on lui demandait de commettre un vol dans un secteur aussi bien protégé qu’un poste du SSC. Quand bien même ces antennes étaient loin d’être aussi bien sécurisées que celle du Présidium, il n’en demeure pas moins que s’y attaquer revenait à s’attaquer au reste de l’entité suprême qu’était le Conseil en personne. Cela pouvait représenter un risque de loin non négligeable pour quiconque se retrouverait pris en flagrant délit de vol ou de piratage. Toutefois, devant l’absence de réaction de son interlocutrice, Alessa ajouta :

— Le fait est que j’ai à tout prix besoin de ces enregistrements. Ils concernent la… (Elle se tut brusquement. Son regard se perdit dans le vide et l’éclat brillant de ses prunelles se volatilisa subitement. À croire que quelque chose venait à l’instant de s’éteindre en elle.) Vous avez dit avoir trouvé cela surprenant que Tarana ait soudainement coupé tout contact avec vous, reprit Alessa au bout d’un moment. C’est… C’est parce que Tarana est décédée. Elle… (Alessa ne put terminer sa phrase. Elle avala d’une traite la fin de son verre.) Les vidéos que je recherche concernent la nuit de sa disparition. J’ai besoin d’en apprendre plus sur ce qui s’est passé cette nuit-là. Je… (Elle se tut en sentant un sanglot menacer d’avoir raison d’elle.)

Alessa baissa les yeux et prit une lente inspiration pour calmer ses émotions. L’heure n’était pas à une confession en bonne et due forme. Elle ne connaissait pas Ishra et ne savait pas si elle pouvait oui ou non lui faire entièrement confiance. Mieux valait ne pas trop lui en révéler pour le moment. Autant se contenter du strict nécessaire à l’heure actuelle. Non pas qu’elle cherchait à manipuler sa compagne, mais une fois encore : prudence était mère de sureté. La révélation de la disparition de Tarana devrait suffire à s’attirer la sympathie de la pirate informatique sans la pousser à poser trop de questions. Le temps viendrait peut-être plus tard pour une confession complète. D’abord, les enregistrements. Les autres révélations devront attendre…


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MessageSujet: Re: Retour sur les lieux du crime [terminé]   Jeu 26 Mar 2015, 18:14
Ce fut donc le bar qui fut choisi. Tant mieux ! J’avais une petite soif ! Le long du trajet, j’avais observé furtivement Alessa après avoir fait son petit numéro. J’étais étonnée de la voir ainsi aux aguets en permanence, bien que pour le coup, elle était passée à côté de la vue de ces deux agents du SCC. Cela ne faisait qu’amplifier ma curiosité de me renseigner sur elle, savoir ce qui la poussait à agir ainsi, si c’était lié avec la disparition de Tarana. J’aurai de toute façon bien l’occasion de le savoir à un moment ou un autre, j’en avais l’intime conviction…

Et tout comme je voyais son anxiété, je notai également son relâchement à la proche du bar. Ne serait-ce parce qu’elle prenait mon bras avec un peu moins de poigne, non pas qu’elle me faisait mal, mais c’était le genre de changement subtil que je remarquais facilement.

C’est le moment que je choisis pour nous diriger dans un bar branché. Non pas par goût mais parce que c’était le premier sur lequel on était tombé depuis notre rencontre. Il y avait de l’ambiance et surtout pas mal de bruit ambiant. Après un regard, on se dirigea d’un commun accord vers une table libre. Alessa s’empressa de se mettre face à la porte, ce qui me fit lâcher un sourire. On sentait l’habituée à être prête à déguerpir en un temps record. Ce qui n’était pas mon cas. Du moins dans ce cas précis. Je m’installai tranquillement donc dos à la porte, jetant un simple regard curieux dans le reste du bar.

L’approche d’une serveuse humaine me fit diriger mon regard vers elle. Plutôt mignonne. Si Alessa opta pour une boisson peu alcoolisée, de mon côté, ma commande ne le fut pas du tout. Avisant un cocktail simple et fruité affichait sur un hologramme, je décidai d’opter pour celui-là.

Il ne fallut pas plus d’une minute pour que la serveuse revienne avec leur commande. J’avais entretemps continuait à jouer un peu le jeu, commentant avec Alessa la robe de soirée vue quelques instants plus tôt. Mais une fois que nos boissons furent servies, ma consœur eut un regard soudain différent. J’en déduis naturellement qu’on allait enfin venir au but du sujet.

Je la laissai parler, l’écoutant attentivement. Pénétrer dans secteur hautement sécurisé de la Citadelle. J’hochai la tête. Pénétrer, je pouvais faire ça. Après sortir tranquillement l’air de rien, c’était une autre histoire … La suite. Oh … une antenne du SSC dans le secteur Zakéra. Bon, déjà, ce n’était pas dans le Présidium, on diminuait un peu la complexité de la tâche … enfin au lieu que cela soit très, très difficile, ça devenait simplement difficile en somme.

Récupérer des documents d’une enquête du SCC mis sous scellé ? Ce n’était pas une commande basique, loin de là. Surtout que depuis le temps, peu de chance qu’une intrusion dans leur réseau ou un vol physique pur et simple ne soit remarqué. Une fois le souci de s’introduire réglé, bien évidemment.

Je me mis à réfléchir sur comment opérer tandis qu’Alessa reprenait son monologue, ayant hochant la tête pour indiquer que je comprenais bien l’idée. J’en profitai pour continuer à goûter à ma boisson, ayant fini à moitié mon verre.

Je me mis à hocher la tête quand elle me demanda pourquoi elle n’avait pas entrepris ce vol elle-même. A vrai dire, c’était plus pourquoi passer par moi. Mais ce genre de détail pouvait peut être me renseigner tout autant. Mais elle me rappela pourquoi elle ne pouvait pas, tout simplement. Au détail près que cette fois-ci, j’appris que c’était en réalité non pas le SSC directement qui avait un souci avec elle, enfin, façon de parler, mais le gouvernement asari. Ce qui me laissa perplexe à vrai dire mais je n’interrompis pas Alessa pour autant, la laissant continuer.

Un moment de silence s’installa après que l’Asari à la peau violette s’interrompit avoir indiqué qu’elle avait absolument besoin de ces enregistrements. Une remarque qui me fit tiquer. Pourquoi j’avais le sentiment que c’était une urgence pour Alessa … alors que c’était une scène qui s’était jouée plusieurs années plus tôt ? Elle sembla se perdre dans ses souvenirs. Peut-être une information récente qui avait réveillé de vieux démons ? C’était en tout cas le sentiment qu’elle me donnait avec ce regard.

« Vous avez dit avoir trouvé cela surprenant que Tarana ait soudainement coupé tout contact avec vous
- Sur le coup oui, mais après, le temps est passé plus vite que je ne le pensais et j’ai oublié. Encore plus avec le passage des Moissonneurs …
- C’est… C’est parce que Tarana est décédée. Elle… »
- Oh. Je suis désolée … dis-je doucement une fois qu’elle se tut, ne sachant pas trop comment réagir, gênée par la peine d’Alessa et cette brusque révélation, n’ayant pas pensée une seule fois à ce cas de figure.
- Les vidéos que je recherche concernent la nuit de sa disparition. J’ai besoin d’en apprendre plus sur ce qui s’est passé cette nuit-là. Je…»
- Oui, je comprends… finis-je par dire. J’aurai réagi de la même manière dans les mêmes circonstances… Ce que je vous propose, c’est qu’on voit ma rémunération après, en fonction du résultat. Oui, ça peut surprendre, mais je n’ai pas besoin de … travailler … à l’heure actuelle. Si cela peut aider une consœur dans le besoin, ça me semble être le principal. »

Je me forçai à sourire, bien que le cœur n’y fût pas. Dans le fond, peu m’importait. Alessa était une inconnue et pouvait tout aussi bien baratiner n’importe quoi pour voler quelque chose de particulier. Je n’y croyais que peu, son histoire tenait tristement la route, et il aurait fallu que je tombe sur une tordue si elle me mentait...


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MessageSujet: Re: Retour sur les lieux du crime [terminé]   Sam 28 Mar 2015, 15:03
Alessa sentit comme un étau se refermer brusquement autour de sa poitrine. Elle venait d’annoncer à Ishra la disparition de Tarana. En faire mention de vive voix et annoncer ainsi de but en blanc la mort de son épouse était un coup dur pour la jeune femme. Mais c’était un mal nécessaire. Elle le devait à Ishra d’une certaine manière. Son épouse et elle s’étaient connues voilà plusieurs années de cela. Et quand bien même elle ignorait tout de cette relation avant la semaine précédente, Alessa estimait sa compagne en droit de savoir ce qu’il était advenu de cette vieille connaissance. Mais cela ne faisait en aucun cas disparaître la douleur de cette perte… bien au contraire.

Cette triste révélation prit Ishra complètement au dépourvu. Alessa n’eut aucun mal à lire la surprise et la gêne transparaître sur le visage de la douce Asari. Elle exprima maladroitement ses condoléances sans véritablement parvenir à trouver les mots justes. Alessa dut se faire violence pour ne pas laisser sa tristesse prendre le pas sur sa raison. Elle devait garder les idées claires et rester concentrée sur le but final de cette entrevue. Elle avait fait son deuil de Tarana voilà bien longtemps. Elle pouvait donc bien mettre de côté la douleur de cette plaie nouvellement rouverte le temps de mener à terme cette discussion. Le plus important à l’heure actuelle était de mettre la main sur ces enregistrements vidéo. Et c’est justement là qu’Ishra devait entrer en jeu. Mais celle-ci paraissait à présent hésitante.

— Oui, je comprends, finit-elle par dire après un court silence. J’aurais réagi de la même manière dans les mêmes circonstances… (De nouveau un court silence.) Ce que je vous propose, c’est qu’on voit ma rémunération après, en fonction du résultat. (Alessa fronça les sourcils. Elle était perplexe. D’ordinaire, dans ce genre de négociations, une partie du paiement était effectuée immédiatement et le reste une fois la livraison de la marchandise effectuée. Aussi Ishra prenait-elle quelque peu son interlocutrice au dépourvu.) Oui, ça peut surprendre, mais je n’ai pas besoin de… travailler… à l’heure actuelle. Si cela peut aider une consœur dans le besoin, ça me semble être le principal.

Ishra eut beau sourire, Alessa se rendait bien compte qu’elle n’y mettait pas tout son cœur – et elle la comprenait dans le fond. Elle-même n’avait pas vraiment le cœur à sourire depuis qu’elle avait amené le sujet de la disparition de Tarana sur la table. Elle avait beau avoir fait le deuil de son épouse voilà de ça bien des années, les mystérieux messages qu’elle avait reçus dernièrement avaient eu le don de la mettre dans tous ses états. Mais le fait est qu’il fallait maintenir les apparences, au cas où des yeux et des oreilles indiscrètes trainaient dans les parages. Alessa en doutait, personne ne sachant qu’elle était là, mais mieux valait rester sur ses gardes juste au cas où. On ne sait jamais.

*Cesse un instant d’être parano. Tu as besoin d’elle. Elle seule pourra mettre la main sur les données dont tu as besoin. Alors ne gâche pas tout.*

La petite voix dans la tête d’Alessa avait raison. Elle avait besoin d’Ishra. Elle n’avait personne d’autre vers qui se tourner pour mener à bien cette mission. Certes, les deux femmes ne se connaissaient pas et Alessa n’avait aucun moyen de savoir si la pirate était oui ou non digne de confiance. Son jugement était uniquement basé sur les notes de sa défunte épouse. Des notes datant de presque une trentaine d’années maintenant. Qui pouvait dire si Ishra n’avait pas décidé de changer de bord entretemps et de vendre ses services aux plus offrants quitte à les poignarder dans le dos à la première occasion. Alessa avait déjà vu cela se produire dans le passé. Ishra était-elle toujours la même Asari que celle qui était entrée en contact avec Tarana il y a si longtemps de ça maintenant ? N’était-elle pas devenue depuis une criminelle à part entière, ne faisant preuve d’aucun scrupule pour parvenir à ses fins ?

Alessa se morigéna une nouvelle fois. Elle ne devait pas se laisser gagner par la paranoïa. Surtout pas maintenant. Il y avait bien trop en jeu pour douter d’Ishra. Tarana lui faisait confiance, elle l’avait tenue en haute estime d’après ses notes éparses ; Alessa était prête à faire de même et à laisser le bénéfice du doute à la hackeuse. Aussi Alessa finit-elle par hocher la tête et accepter de différer le paiement à la demande de son interlocutrice. Il en allait ainsi des négociations ; chacun des deux partis se devant de faire des compromis pour ainsi mener à terme la transaction. Et puis dans le fond, elle n’avait rien à perdre. Elle serait même gagnante : si Ishra ne remplissait pas sa part du contrat, si elle ne parvenait pas à lui remettre l’objet de sa convoitise, elle n’aurait pas à virer les fonds. Ishra serait perdante dans ce cas. Mais Alessa espérait de tout cœur que l’issue de cette transaction serait toute autre…

Alessa glissa alors sa main dans l’une des poches de sa tenue et elle en tira un petit disque circulaire ; un disque on ne peut plus banal comme on en trouvait un peu partout à travers la galaxie. Elle le tendit ouvertement à Ishra sans chercher à dissimuler l’échange et en affichant un sourire rayonnant sur son visage. De loin, si tant est que les deux femmes soient surveillées, on aurait pu tout naturellement se dire qu’une amie offrait à sa compagne le dernier holofilm à la mode récemment sorti sur les écrans. Le dernier Blasto peut-être, qui était sur toutes les lèvres depuis quelques semaines déjà. Cependant, Alessa souffla à mi-voix à Ishra sur le ton de la confidence :

— Vous trouverez sur ce holodisque toutes les informations qui pourraient s’avérer utiles pour mener à bien votre mission. Il contient toutes les données que j’ai été en mesure de récolter depuis l’envoi de mon message sur votre terminal Extranet. Vous y trouverez le plan des installations, les heures de relève des patrouilles, ainsi que l’emplacement supposé du serveur où sont stockées les informations. Je n’ai malheureusement pas pu mettre la main sur les codes d’accès. Ces derniers sont régulièrement renouvelés par mesure de sécurité. Impossible d’obtenir des codes valables à l’avance. Il vous faudra vous les procurer par vous-même. (Elle marqua une pause et porta son cocktail à ses lèvres.) Ce dont j’ai besoin : les enregistrements vidéo de la nuit du 24 novembre 2174 relatifs au secteur où se trouve aujourd’hui le Dramorra Plaza. Et plus particulièrement la plage horaire s’étendant de dix-neuf heures à trois heures du matin. La priorité va aux images du Plaza lui-même ; mais si vous parvenez à mettre la main sur des enregistrements montrant les environs du bâtiment qui était alors le siège d’un grand groupe d’import-export butarien – Kada’har Inc – alors je suis également preneuse. (Alessa se tut un instant.) Ces informations sont vitales pour moi. Je compte sur votre réussite.

L’Asari finit par se taire. Sa bouche était sèche à présent et ses mains tremblaient imperceptiblement sous la table. Elle se fit violence en serrant les poings pour faire disparaître les tremblements. Elle ne devait pas perdre son sang froid. Surtout pas maintenant. La mission avant tout. Si Ishra remplissait sa part du contrat, alors elle pourrait enfin avoir un début de réponse à ses questions. Des questions que la malheureuse avait cherché à éviter depuis de bien trop nombreuses années maintenant. Elle allait devoir se montrer forte et affronter enfin ses vieux démons en face. Mais la vérité avait de quoi faire peur et Alessa angoissait à l’idée de découvrir ce que révéleraient ces images une fois en sa possession. Et si elle était bien coupable de tout ce dont on l’avait accusée ? Et si elle était bien cette meurtrière et ce monstre sanguinaire qu’on avait si longtemps cherché à mettre en cage ? Si tout était vrai ?

Alessa sortit une main de sous la table et s’empara de son verre avant de s’accorder une bien longue rasade de cocktail. Quand finalement elle le reposa, ses mains ne tremblaient plus – de même que sa voix lorsqu’elle ajouta :

— Quand vous aurez la marchandise en votre possession, prenez contact avec moi en suivant le même protocole que celui que vous employiez avec Tarana. Je vous communiquerai à ce moment-là l’heure et le lieu où nous pourrons nous rencontrer pour faire l’échange. (Elle se tut de nouveau, pensive.) Je crois bien avoir fait le tour de la question... Si vous avez des questions, c’est probablement le moment ou jamais de les poser avant qu’il ne soit trop tard.

Alessa porta de nouveau son verre à ses lèvres. Il ne lui restait plus que deux gorgées à boire. De toute évidence, la rencontre touchait à sa fin. Si Ishra n’avait pas de questions, alors Alessa n’avait plus rien à lui dire. Elle pouvait lui rendre sa liberté. Plus vite Ishra se mettait au travail et plus vite elle pourrait mettre la main sur ces précieuses informations qui décideraient de sa culpabilité une bonne fois pour toutes. Que ce soit pour le meilleur ou… pour le pire.


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MessageSujet: Re: Retour sur les lieux du crime [terminé]   Mar 14 Avr 2015, 18:04
Je pris l’holodisque l’air de rien, souriante, puis hocha la tête en écoutant les éléments d’informations que me donnaient Alessa. Je fis glisser discrètement l’holodisque dans mon sac puis reprit la dégustation de ma boisson.

« Hm, je vois, très bien, commentai-je pendant le court instant où ma commanditaire s’était tue, avant de la laisser reprendre la parole, m’indiquant de suivre le même protocole que Tarana, ce à quoi j’hochai une nouvelle fois la tête.
- Je crois bien avoir fait le tour de la question... Si vous avez des questions, c’est probablement le moment ou jamais de les poser avant qu’il ne soit trop tard.
- Hm. A priori, non, pas de questions particulières, répondis-je tandis que je me remémorais ce que venait de me dire Alessa. Non, c’était explicite et j’imagine que ce qui me manque se trouve dans votre petit cadeau », conclus-je en souriant.

Après avoir dit cela, je finis mon verre, paya ma note et saluant Alessa comme deux amies normales le ferait, je quittai le bar. Au bout de quelques pas, je pris l’holodisque dans une main, jouant un peu avec. La question était de trouver un coin tranquille pour regarder son contenu sans être dérangé.

J’optai pour mon classique : louer une chambre d’hôtel. De préférence, avec vu direct sur ladite antenne du SSC. Une tâche qui était en général plus facile à dire qu’à faire. L’intérêt étant de pouvoir espionner tranquillement l’entrée de l’antenne, et vérifier les infos d’Alessa. Dans le pire des cas, j’avais toujours la carte d’entrer dans un appartement inoccupé. Les agences immobilières ne se doutaient jamais qu’elles étaient un nid à opportunité pour quelqu’un comme moi qui n’avait, en règle générale, que peu de difficulté à rentrer à l’intérieur. Et vu que je ne volais jamais rien dans ces cas-là, rien d’important en tout cas, personne ne le remarquait …

Mais je n’eus pas à me préoccuper de cela, trouvant rapidement un hôtel qui donnait, via un balcon, en partie sur l’antenne du SSC. J’allais pouvoir me mettre au travail. Rentrant dans la chambre après avoir donc fait un tour du balcon, je m’installai sur un lit simple pour découvrir le contenu de l’holodisque.

Comme me l’avait annoncé Alessa quelques temps auparavant, la disposition des lieux y étaient indiqués. Je me rendis ainsi compte que je n’avais au final que peu de visu sur l’antenne. Mais au moins, il s’agissait de l’entrée principale. Parcourant du regard l’hologramme, je remarquai plusieurs conduits de ventilation suffisamment large pour que je puisse m’y glisser. Cela ferait des bons points d’infiltration. La question était qu’il fallait que ça coïncide avec l’absence des patrouilles à ce moment-là.

Je pris donc les informations données par Alessa sur les rondes des agents du SSC autour de l’antenne. Dans un premier temps, je fis faire à mon OmniTech une estimation du nombre de personnes à l’intérieur. Le résultat que j’eus droit oscillé entre une quinzaine et une trentaine, ce qui me fit froncer les sourcils, c’était rare que mon programme soit aussi vague. J’en conclus qu’il devait y avoir pas mal de circulation à l’intérieur des installations, ce qui ne risquait pas de me faciliter la tâche.

Par la suite, après quelques manipulations informatiques, je fis coïncider les patrouilles avec le plan des installations. Un premier résultat évident se dessina : impossible de passer par l’entrée principale. Et même en utilisant mon camouflage tactique, cela me semblait compliqué. Et c’était bien sur sans compter les codes de sécurité que m’avaient annoncé Alessa…

J’optai donc logiquement pour les conduits. Mais là encore, je constatai que c’était rare que l’un d’entre eux soit isolé. Sans compter les passants. Je passai donc une bonne heure à dénicher le bon angle d’approche, en profitant au passage pour comparer les patrouilles indiquées par Alessa et celles que je voyais passer à l’entrée. Jusqu’ici tout concordait et je finis rapidement par ne plus vérifier.

« Bon eh bien va pour celle-ci » lâchai-je à haute voix, m’étant finalement décidée.

En effet, un conduit de maintenance, placé derrière un arbre, était situé dans un angle qui faisait qu’il était rare qu’une patrouille passe à proximité. Néanmoins, il y avait l’air d’avoir pas mal de passants dans le coin. Ce qui impliquait de le faire au moment où il y avait moins de monde. Or, dans les Secteurs, puisqu’il n’y avait pas de cycle jour et nuit, difficile de trouver un moment peu fréquenté.

N’arrivant pas à me décider, j’optai donc pour faire un premier repérage visuel du conduit. Sortant de la chambre puis de l’hôtel, je me dirigeai vers le lieu adéquat, longeant l’antenne du SSC l’air de rien, comme s’il s’agissait que de mon parcours vers une autre destination, ce que j’allai d’ailleurs faire pour ne pas attirer l’attention.

Jetant un coup d’œil nonchalant une fois à portée, je remarquai en effet l’arbre dissimulant en grande partie le conduit de maintenance. Au final, c’était encore mieux que je ce à quoi je pensai, je pourrai m’infiltrer discrètement sans soucis. Le tout était d’arriver derrière l’arbre sans éveiller les soupçons.

J’y réfléchissais intensément tandis que je continuai mon chemin. Je fis mine de m’intéresser aux vitrines des boutiques que je croisai. Je rentrai même dans l’une d’elles, un magasin de vêtement. Je n’étais pas vraiment venue habillée pour faire de l’infiltration. J’optai ainsi après quelques essayages pour un haut gris foncé et un pantalon noir. Léger à portée mais qui ne me poserait pas de problèmes pour me mouvoir facilement.

Ressortant du magasin avec mes achats, je rentrai à ma chambre d’hôtel. Je me décidai à laisser le temps passer. Être pressée était la dernière chose à faire. Et le coup de louer une chambre d’hôtel pour y être quelques minutes étaient un cliché pas possible que je me refusai de suivre. J’en profitai pour prendre une douche, grignoter quelque chose, allumer la télévision et m’autoriser même une petite sieste…

« Bon aller ma grande, c’est partie ! »

Me levant du lit après ma petite sieste j’enfilai ma tenue achetée quelques heures plus tôt et quitter la chambre d’hôtel. Vérifiant qu’il n’y avait personne dans le couloir et ayant remarqué l’absence de caméras de surveillance à ce niveau-là, j’activai mon camouflage tactique pour disparaître. Me déplaçant lentement et attentivement, je réussis à atteindre l’entrée de l’hôtel sans encombre, évitant au dernier moment une jeune humaine dissipée courant partout qui manqua de peu de me percuter.

Le plus ennuyeux fut d’attendre que quelqu’un ne traverse la porte pour que je puisse sortir discrètement. Car oui, le coup de la porte qui s’ouvre toute seule et que le personnel ne tiltait pas, ça ne marchait en général que dans les holofilms…

Mais je n’eus heureusement guère à attendre longtemps et je rejoignis rapidement les « rues » du secteur Zakéra au niveau de l’antenne du SSC et marchant rapidement, je finis par atteindre le coin isolé entre l’arbre et le conduit de maintenance. Je désactivai mon camouflage tactique à ce moment-là. Je préférai en effet éviter de trop solliciter mon OmniTech. On en en était encore qu’au début …

« Alors, à toi, maintenant » murmurai-je en m’approchant du conduit.

Une simple grille a priori. Cela me fit froncer les sourcils. Je trouvai ça un peu trop primaire. Même si on n’était pas au Présidium, même si c’était qu’un « bête conduit », je trouvai ça très suspect qu’il ne soit pas plus sécurisé que ça.

Et mon intuition fut juste. Scannant les alentours de la grille, mon OmniTech détecta un système d’alarme qui se serait activée si j’avais bêtement enlevé la grille. Cela me fit lâcher un sourire en coin. Voilà qui était mieux. Dirigeant mon OmniTech dans la direction de l’alarme, je pianotai pour reconfigurer cette dernière de telle sorte à ce qu’elle reste branchée mais ne transmette plus rien. Coupée une alarme totalement était la pire chose à faire ; à moins que la personne chargée de la surveillance se soit assoupie devant son écran, cela faisait le même effet que la faire sonner.

M’engouffrant dans le conduit, j’avançai lentement. J’avais entretemps allumé mon OmniTech en continu, celui-ci présentait un petit hologramme sous forme de flèche : la direction à suivre pour rejoindre le serveur où se trouvaient les données que recherchaient Alessa. Prête à activer mon camouflage tactique à tout moment, j’avançais prudemment, guettant le moindre bruit qui signifierait la présence d’un membre du SSC.

Je pus ainsi éviter deux Turiens et une humaine qui arpentaient un couloir en me glissant à temps dans une pièce, heureusement, inoccupée. Outre ce petit « incident », je pus avancer sans encombre. Et, enfin, j’arrivai destination. Activant mon camouflage tactique - on ne savait jamais, peut-être y avait-il quelqu’un dans cette salle de serveur – j’ouvrai la porte. Personne. Bon, une bonne chose. J’aurai bien été embêtée de devoir assommer un agent du SSC…

Désactivant le guide de mon OmniTech, je concentrai désormais tout son potentiel à fouiller dans les données. J’avais en tête les éléments que m’avaient indiqués Alessa : archives allant de 19h le 24 novembre 2174 à 3h le lendemain, dans le secteur du Dramorra Plaza. Elle m’avait également parlé d’un groupe commercial Butarien, mais chaque chose en son temps.

Une barre de chargement apparut sur son OmniTech tandis que l’appareil cherchait. J’en profitai pour regarder derrière moi, au cas où la porte s’ouvrirait. J’étais prête à envoyer contre le mur le premier ou la première qui passerait par là avec ma biotique.

Déesse … qu’est-ce que c’était long ! Je n’aurai pas cru au vu de la recherche spécifique. Quelques minutes filèrent tandis que je m’impatientai. Au final, j’eus deux résultats. Bien maigre à mon goût. Hésitante à entamer la recherche sur Kada’har Inc, la boîte que m’avait citée ma commanditaire, au vu du temps déjà trop long que j’avais passé dans la salle des serveurs à mon goût, je finis tout de même par entamer les recherches. Quelques extraits vidéos se présentèrent au bout de quelques instants. Cela ne me parlait pas, mais peut-être serait-ce utile à Alessa, du coup dans le doute j’en profitais pour les télécharger.

J’utilisai ce temps pour regarder ce que j’avais trouvé pour ma première recherche. Une scène de crime … certes. Puis … quoi ? Cela devait être une blague ? Alessa avait été accusée du meurtre de Tarana et était activement recherchée par le SSC ?

Je ne savais plus quoi en penser. Cela confirmait en tout cas pourquoi elle était aussi mal à l’aise à la vue du moindre agent du SSC … Cela me rendit furieuse. Je détestai ce genre de cachotterie. Enfin, je détestai quand ça me tomber dessus. Et, pour une fois, moi qui me décidais à faire confiance … voilà comment j’en étais remerciée.

Il me fallut une bonne dizaine de minutes pour me calmer et retrouver mon calme. La mission à finir avant tout. J’aurai bien le temps de calmer mes nerfs une fois les crédits en poche et loin de cette antenne…

Néanmoins, en parlant de mission, je n’avais au final pas obtenu je pense ce que cherchait Alessa. Me grattant les excroissances et étant désormais un peu plus au courant de la situation, je me mis à chercher des données relatives à la demande d’arrestation de ma commanditaire ou même globalement sur Tarana. On ne savait jamais, peut-être cela me mènerait-il à des informations plus intéressantes …

Et, pour le coup, je n’eus pas à aller chercher loin. Dès mon premier résultat de recherche, je tombai sur un message d’alerte m’indiquant que les accès à ces informations n’étaient pas suffisants. Surprise, je continuai mes recherches. Mêmes résultats à plusieurs reprises. Tout me renvoyait à l’agence du SSC au Présidium. Et impossible à pirater d’ici …

Je dus donc me résoudre à laisser tomber. Mais cela en soit, c’était déjà une information capitale je pensai pour ma commanditaire. Qui ne risquait pas de lui plaire d’ailleurs…

Prenant quelques minutes pour effacer la trace de ma connexion aux serveurs et de mes recherches, je finis par activer mon camouflage tactique et quitter la pièce. Faisant le trajet inverse de mon arrivée, je pus retrouver mon petit conduit de maintenance. J’avais de la chance, je n’avais croisé personne !

Je pus ainsi quitter l’antenne du SSC pour rejoindre, plus ou moins, tranquillement ma chambre d’hôtel non loin, ayant pris garde à remettre la grille à mon départ. Une fois à l’intérieur de l’hôtel, je désactivai mon camouflage tactique et m’allongeai en soupirant sur le lit, ruminant intérieurement. Le paiement allait valoir la peine d’avoir pris ce risque et ainsi être prise pour une conne …

Entamant le protocole que j’avais employé avec Tarana, j’indiquai à Alessa que j’avais le « colis », omettant bien évidemment mes récentes découvertes. Chaque chose en son temps…


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MessageSujet: Re: Retour sur les lieux du crime [terminé]   Mer 15 Avr 2015, 20:04
L’entretien terminé, Alessa et Ishra s’étaient séparées après avoir fait mine une dernière fois de jouer leur rôle de vieilles amies de longue date. Chacune était partie de son côté. L’une avec une mission de la plus haute importance à mener à bien et l’autre… en fait Alessa avait les miens liées. Elle ne pouvait rien faire tant qu’elle n’aurait pas eu de nouvelles de la voleuse. Flâner dans les rues noires de monde des secteurs n’était guère la chose à faire quand on était sous la menace d’un avis de recherche édité par le SSC en personne. Et sans les informations détenues dans les archives de ce même SSC, elle était incapable de prévoir la prochaine étape de son enquête. Elle avait cruellement besoin de ces données. Mais le fait est que la balle n’était plus dans son camp désormais. C’était à Ishra de jouer ; et tant que la voleuse n’aurait pas donné signe de vie, Alessa ne pourrait rien faire… si ce n’est attendre.

C’est donc ce qu’elle fit : elle attendit. Elle savait pertinemment que cela prendrait du temps. Peut-être quelques jours. Elle savait que s’en prendre au SSC n’était pas une mince affaire. On ne décidait pas de forcer les portes de l’entité assurant la sécurité de la Citadelle sans s’y être préparé à l’avance. Quand bien même elle avait fourni à Ishra autant d’informations qu’elle avait pu collecter en attendant qu’ait lieu leur rencontre, Alessa se doutait que la voleuse aurait besoin d’un peu de temps pour compulser toutes ces données et mettre au point un plan d’attaque de sa propre facture. Elle-même aurait agi de la sorte si les rôles avaient été inversés. La confiance n’avait guère de valeur dans ce métier ; la plupart du temps, on ne pouvait compter que sur soi-même. C’était là une bien triste vérité ; et non la paranoïa d’Alessa qui parlait. Dès qu’il était question de s’infiltrer dans un lieu hautement sécurisé, mieux valait ne pas s’appuyer uniquement sur les dires d’autrui. Alessa l’avait appris à la dure…

Les heures avaient donc défilé les unes après les autres. Comme errer comme une âme en peine dans les secteurs était hors de question, Alessa avait rapidement repris la route du Dramorra Plaza. Prendre une seconde chambre lui avait traversé l’esprit un moment, mais la prudence avait su lui remettre les idées en place. Qui irait réserver deux suites dans un hôtel ? Deux suites… pour une seule personne ? Cela n’aurait fait qu’attirer l’attention sur elle. Un risque qu’elle ne pouvait pas prendre. Pas tant que les données du SSC ne seraient pas en sa possession. Aussi avait-elle finalement utilisé la clé de la suite 609 que ses vieux démons continuaient encore de hanter même vingt-cinq ans après les faits.

Alessa traversa la chambre à la décoration somptueuse et vint se percher au bord du lit à baldaquin de trois places. Elle laissa son regard courir à travers la pièce en s’attardant sur le mobilier de luxe n’ayant absolument rien à voir avec les souvenirs qu’elle avait gardés de cette lointaine époque. Et soupirant, elle s’était débarrassée de ses chaussures et s’était reculée sur le lit afin de s’étendre complètement. Les yeux fixés sur le plafond de sa suite, elle avait laissé ses souvenirs défiler un moment dans sa tête et rapidement, la fatigue avait fini par avoir raison d’elle et elle avait sombré dans l’inconscience.

Le souffle court, Alessa courait au sommet de l’immeuble en sentant un nœud se resserrer lentement dans son ventre. Quelque chose n’allait pas. Elle pouvait le sentir et elle savait que son instinct n’avait jamais failli. Mais elle était incapable de mettre le doigt dessus. Elle éprouvait seulement le besoin de se rendre auprès de sa femme. Elle avait le sentiment que c’était là une question de vie ou de mort. Il fallait qu’elle retrouve Tarana au plus vite et qu’elle s’assure que sa tendre moitié était indemne.

— Tarana ? appela-t-elle en vain. (Sa voix produisit dans le lointain un écho qui aurait dû la renseigner sur le fait que rien de tout ceci n’était réel. Mais le rêve était devenu sa réalité et Alessa ne se douta de rien.) Il se passe quelque chose de pas normal. (Alessa venait de vérifier le canal de communication. Les fréquences étaient brouillées. Elle ne recevait rien si ce n’est des parasites.)

Aux pieds de la Chasseresse inquiète, le fusil à lunette de Tarana. Il s’était comme matérialisé devant elle en sortant de nulle part. Mais une fois de plus, Alessa était trop égarée dans son cauchemar pour se rendre compte que ce n’était qu’un rêve. Celui-ci paraissait si réel. Et comme à chaque fois que ces images resurgissaient dans son esprit, elle entendit de nouveau sa radio émettre un léger grésillement. La voix de Tarana couvrit cependant les parasites et Alessa put entendre :

— Un Krogan. J’ai besoin d’aide. Je suis au 66ème niveau. Venez m’aider !
— Tarana ? Tarana ? (De nouveau des échos qui se répercutèrent dans le lointain. Elle n’obtint aucune réponse de son épouse. Le canal était de nouveau éteint.)

Machinalement, sans savoir pourquoi au juste elle effectuait cette action, Alessa s’étendit au sol face au fusil longue portée et elle vint coller son œil à la lunette. La mire était d’ores et déjà alignée avec ce que son esprit la condamnait à revivre sans pouvoir changer un seul détail de la scène. Dans l’immeuble d’en face, une Asari était aux prises avec un puissant Krogan. Elle avait beau faire feu avec son arme, la malheureuse avait peine à maintenir le mastodonte à distance. Pour dire vrai : c’est tout juste si les tirs avaient ne serait-ce que ralenti la montagne de muscles se précipitant sur elle. Alessa était tendue. Elle redoutait le pire et ne savait que faire pour s’en prémunir et sauver la vie de sa femme.

— Tarana ? Est-ce que tu m’entends ? (Encore des paroles issues d’une autre époque. Des vestiges de ce passé qu’elle avait pratiquement effacés de sa mémoire inconsciemment. Pourquoi ? Parce qu’elle ne pouvait supporter le poids de la culpabilité ? Était-ce l’horreur de son geste qui avait fait qu’elle était incapable d’accéder à ses souvenirs de cette terrible nuit ? C’est ce que les médecins avaient suspecté. À leurs yeux elle était responsable. Mais elle continuait d’en douter encore.) Tire-toi de là, tout de suite. (Un ordre qui ne servirait à rien. Il était déjà trop tard.)

— Alessa… Alessa, pardonne-moi. Je suis désolée…

Alessa se redressa en sursaut dans le lit de sa suite, le front couvert de transpiration, tandis que l’écho du coup de feu ayant arraché la vie de Tarana continuait de résonner dans sa tête. Le cauchemar avait pris fin au moment où elle avait senti son doigt presser la détente du fusil longue portée en voyant sa femme entrer dans la ligne de mire. C’est tout ce qu’elle avait vu. Quand bien même elle tremblait de tout son être et frissonnait dans la pénombre de sa suite, Alessa se sentait soulagée de n’avoir pas eu à être témoin de la scène suivante : celle où ses yeux se posaient ensuite sur le corps de sa compagne. Elle lâcha un soupir de soulagement en se passant une main sur le visage.

— Ce n’était qu’un mauvais rêve, souffla-t-elle à mi-voix pour tenter en vain de trouver du réconfort. Juste un mauvais rêve. (Elle prit une longue inspiration et quitta le lit.)

Prenant la direction de la salle de bain, Alessa passa la main devant le robinet avant de se rafraîchir le visage avec l’eau cristalline. Puis relevant la tête vers le miroir en face d’elle, elle observa un moment les traits de son visage en se demandant une fois de plus s’il était possible qu’elle ait été l’instrument de la mort de la seule femme qu’elle ait jamais aimé plus que sa propre vie. Était-ce une chose qu’elle aurait pu faire ? Achever Tarana d’une balle en pleine tête ? Elles avaient eu leurs différents toutes les deux ; mais jamais au point de vouloir la mort de l’autre. Jamais. Qui plus est, cela faisait des mois, des années mêmes qu’elles s’étaient expliquées et s’étaient finalement réconciliées. Alessa n’avait donc eu aucune raison de s’en prendre à son épouse. Aucune ! Et pourtant…

Perdue dans ses pensées, il fallut un moment à la fugitive pour se rendre compte que quelque chose tentait d’attirer son attention : son terminal extranet émettait un signal sonore pour l’informer qu’elle avait reçu un nouveau message. Alessa demeura perplexe un instant. Était-ce encore un message de cet énigmatique individu se faisant passer pour sa défunte épouse ? Ou Ishra avait-elle d’ores et déjà repris contact avec elle en vue d’organiser une seconde rencontre ? Alessa espérait de tout cœur que la seconde hypothèse était la bonne. Après le rêve qu’elle venait de faire, elle n’aurait pas supporté de poser les yeux sur un prétendu message venant de la femme qu’elle avait perdue.

De fait, il s’avéra qu’il s’agissait effectivement de la voleuse. Elle suivait le protocole établi voilà de cela plusieurs années avec Tarana pour prendre contact l’une avec l’autre. Elle l’informait avoir le « colis » en sa possession et qu’elle était disposée à faire la livraison dans les plus brefs délais. Une surprise des plus agréables. Elle avait fait vite. Bien plus vite qu’Alessa ne s’y était attendu. L’heure de vérité allait donc enfin sonner et elle avait très bientôt pouvoir obtenir de plus amples éclaircissements.

Usant du même protocole que Tarana, Alessa informa Ishra qu’elle la retrouverait dans un restaurant de Zakéra quelques heures plus tard. Cela lui laisserait ainsi le temps de repérer les lieux – et s’assurer que celui-ci soit sécurisé pour l’échange. Ce qu’elle fit sans perdre un instant. Mais avant de quitter la suite du Dramorra Plaza, Alessa prit le temps de s’accorder un moment de « détente » sous la douche. Les images de son récent cauchemar étaient encore brûlantes de vivacité dans son esprit. Elle devait au préalable se vider la tête avant de se mettre en route pour rencontrer Ishra.

***

Quelques heures plus tard…

Le restaurant choisi par Alessa pour leur seconde entrevue n’avait rien de très enviable. Un modeste établissement se situant à quelques pâtés de maisons du Dramorra Plaza. Suffisamment prospère et accessible aux bourses les plus communes pour ne pas manquer de clients à même de dissimuler sans le savoir l’échange qui aurait bientôt lieu à l’une des tables, mais sans pour autant être un endroit de luxe que la haute société avait pour habitude de fréquenter activement. En somme, la sécurité y était assez basique et Alessa et Ishra n’auraient pas à craindre une rencontre… malvenue.

Arrivée la première sur les lieux, Alessa prit place à une table dans le fond. Comme la fois d’avant dans le bar dans lequel Ishra l’avait emmenée, la fugitive prit soin de s’installer de façon à avoir l’entrée en face d’elle. Elle préférait garder un œil sur les allers et venues des clients. Et si jamais elle était amenée à devoir prendre la fuite, la porte de service se trouvant à seulement deux mètres de là lui permettrait de prendre la poudre d’escampette sans demander son reste. Elle avait tout prévu… Sauf peut-être le fait que la rencontre avec Ishra risquait d’être bien plus électrique que la dernière fois…


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MessageSujet: Re: Retour sur les lieux du crime [terminé]   Lun 04 Mai 2015, 13:29
Quelques heures après avoir entamer le protocole à Alessa, j’arrivai devant le lieu de rendez-vous qu’elle m’avait indiqué. Un restaurant auquel je ne me rendrais pas en temps normal. En tout cas pour y manger …

Durant le temps séparant mon arrivée devant le restaurant populaire et ma sortie de l’antenne du SSC, j’avais calmé mes nerfs comme j’avais pu. Pas facile vu mon niveau d’énervement mais j’avais finalement réussi à retrouver mon calme habituel. J’en avais profité pour noter sur l’holodisque que m’avait confié Alessa les résultats de mes recherches. Cela n’avait au final pas pris beaucoup de temps. Du coup, j’avais somnolé, activant un réveil sur mon OmniTech au cas où je me serai endormie, ce qui n’était pas arrivée au final. Sans doute encore un peu sur le coup de la frustration …

Bref, ce restaurant. J’y entrai donc et ne fut pas des plus surprises de voir Alessa placée de telle façon à voir les allées et venues à l’intérieur de l’établissement. Elle était par contre située au fond, ce qui me laissa perplexe. Elle devait avoir prévue de rester un petit moment-là. Elle risquait pourtant de ne pas vouloir être là longtemps après ce que je risquais de lui dire…

Jouant notre rôle de vieilles amies s’étant donné rendez-vous ici, je m’installai face à elle, légèrement de biais pour qu’elle puisse continuer à s’amuser à surveiller l’entrée si cela l’amusait. Echangeant quelques banalités pour le jeu, j’entrai rapidement dans le vif du sujet, me retenant tant bien que mal de lui lâcher comme une bombe ce que j’avais appris.

« J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne c’est que … »

Je fus interrompue du regard par Alessa qui m’indiqua qu’elle préférait que l’on en discute ailleurs. Cela me fit froncer les sourcils. Pourquoi me faire venir ici pour ensuite ne pas vouloir en discuter ? Je jetai quelques coups d’œil furtif. Des personnes lambda à côté qui ne s’intéressaient qu’à leur propre discussion.

Elle me suggéra de se rendre aux toilettes, de manière distinguée et suffisamment bas pour que je ne puisse être que la seule à l’entendre. Hochant les épaules, je la suivais donc, esquivant au passage une serveuse qui s’approchait de nous et fronça les sourcils en nous voyant faire mais oublia tout aussi rapidement, appelée par un autre client.

Une fois à l’intérieur des toilettes pour femmes de l’établissement, vérifiant que personne n’était là, ce qui était le cas, je demandai ironiquement si je pouvais enfin parler ou pas. Mon ton un poil agressif dut se faire sentir mais je ne fis pas attention.

« Je disais donc. La bonne nouvelle, c’est que j’ai avancé dans vos recherches puisque j’ai pu m’infiltrer à l’intérieur de l’antenne du SSC. A priori, je n’ai pas été repérée. J’ai tout noté dans l’holodisque que vous m’aviez confié. »

Disant cela, je sortis ledit objet de mon sac et le tendit à ma consoeur Asari. Je repris rapidement mon compte rendu.

« La mauvaise, c’est que je n’ai pas les informations que vous m’avez demandé. Et pour cause, c’est impossible d’y avoir accès depuis cette antenne du SSC. Toutes les archives ont été déplacées et effacées. A chaque fois ça me renvoyait … au siège du SSC au Présidium. »

Je laissai un petit moment de silence pour qu’Alessa saisisse bien ce que je venais de lui dire. Cela ne risquait pas de lui faire plaisir, mais la suite allait être pire pour elle … Prenant un ton plus furieux, ce qui ne fut pas des plus difficiles à vrai dire, j’enchainai, sans trop hausser le ton pour ne pas attirer des curieux.

« Mais cela dit, j’ai appris plusieurs choses … que vous savez déjà, évidemment. Comme par exemple la raison pour laquelle vous ne voulez pas vous montrez. Même si cela s’avère faux, vous auriez pu au moins me dire que l’accusée du meurtre de Tarana … c’était VOUS ! lâchai-je en la pointant du doigt. Vous auriez due vous renseigner un peu plus avant de m’engager. J’accorde très difficilement ma confiance. Vous étiez la compagne de Tarana, une femme que je respectai, je vous ai donc accordé le bénéfice du doute. Je vois que j’ai fait une erreur … »

Respirant un bon coup pour me calmer, je repris un ton plus professionnel et conclut.

« Bref. Procédons au paiement de mes services et restons-là. Je vous souhaite bonne chance pour la suite … mais sachez que le cœur n’y est pas. »


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MessageSujet: Re: Retour sur les lieux du crime [terminé]   Mar 05 Mai 2015, 15:14
Quand les yeux d’Alessa se posèrent sur Ishra, un mauvais pressentiment s’empara de l’Asari. Quelque chose n’allait pas. Elle n’aurait pas su mettre le doigt dessus et rien dans l’attitude de la nouvelle venue ne trahissait la fureur dont elle allait faire montre quelques minutes plus tard. C’était juste viscéral. Un nœud au niveau de son estomac qui ne présageait rien de bon. Aussi quand Ishra ouvrit-elle la bouche pour faire son rapport à Alessa, celle-ci lui fit signe de la suivre dans la pièce d’à-côté. Des toilettes, où elles pourraient s’entretenir loin des oreilles indiscrètes.

Alessa avait appris avec le temps à faire confiance à son instinct. Aveuglément. Alors quand celui-ci se réveillait au début de ce qui semblait pourtant être un banal débriefing et un échange d’informations consentis par les deux parties, Alessa préférait mettre toutes les chances de son côté en prenant soin de ne pas ignorer ce signal de détresse. Cela lui avait valu par le passé de payer les pots cassés. C’est le genre d’erreur qu’elle ne ferait pas deux fois dans sa vie.

Poussant la porte des toilettes, Alessa s’était au préalable assurée que la pièce était déserte avant de se tourner vers Ishra pour lui faire signe de poursuivre sur sa lancée. Elle s’attendait au pire. Peut-être Ishra avait-elle été incapable d’accéder aux donnés dont elle avait besoin. Ou peut-être ces données étaient-elles cryptés et illisibles. Ou peut-être n’avait-elle pas pu tout simplement mener la mission à terme à cause d’un quelconque imprévu. Autant de cas de figure possibles auxquels Alessa pensa sans pour autant se douter un seul instinct de la véritable source de la colère de la hackeuse. Car en colère, elle l’était. Le ton de sa voix était agressif et un frisson d’angoisse remonta le long de l’échine d’Alessa.

— Je disais donc, reprit Ishra. La bonne nouvelle, c’est que j’ai avancé dans vos recherches puisque j’ai pu m’infiltrer à l’intérieur de l’antenne du SSC. A priori, je n’ai pas été repérée. (De toute évidence, le problème ne venait pas de là, en effet. Une telle intrusion aurait sûrement fait la une du journal télé, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Or elle n’avait rien entendu du tout à propos d’une telle histoire.) J’ai tout noté dans l’holodisque que vous m’aviez confié.

Alessa posa les yeux sur le disque que sa compagne tira de son sac et lui tendit. Elle s’en empara tout en reportant son attention sur son interlocutrice. Elle lui souffla alors :

— Vous avez parlé d’une « bonne » et d’une « mauvaise » nouvelle. De quoi s’agit-il ?
— La mauvaise, c’est que je n’ai pas les informations que vous m’avez demandées. (Alessa écarquilla les yeux de surprise avant de baisser la tête pour inspecter le disque qu’elle tenait dans la main. Ishra ne venait-elle pas de lui dire qu’elle avait tout noté dans cette unité de stockage ? Alors comment ne pouvait-elle pas avoir obtenu les données recherchées si elle avait effectivement fait une copie d’une information ? Cela n’avait aucun sens.) Et pour cause, poursuivit Ishra avant qu’Alessa ait eu le temps de l’interrompre, c’est impossible d’y avoir accès depuis cette antenne du SSC. (Les yeux de la fugitive plongèrent de nouveau dans ceux de la hackeuse.) Toutes les archives ont été déplacées et effacées. À chaque fois ça me renvoyait… au siège du SSC au Présidium.

La nouvelle fit l’effet d’une bombe. Alessa demeura muette de stupeur un moment. Elle avait anticipé cette éventualité. Ou plutôt : elle avait prié la Déesse pour ne pas se retrouver face à cette éventualité. Et pour cause, cela compliquait tout. Le Présidium ? C’était le cœur de l’entité politique contrôlant tout l’espace concilien. Jamais elle ne pourrait y mettre les pieds sans faire retentir toutes les alarmes de la Citadelle. Si elle s’estimait d’ores et déjà en danger du fait de sa seule présence sur la Citadelle, tenter d’infiltrer le Présidium revenait à se livrer en personne aux autorités. Elle ne pourrait pas ne serait-ce qu’en franchir les portes d’accès. Alors de là à pénétrer au sein du SSC. C’était peine perdue.

Alessa soupira et se détourna d’Ishra le temps d’assimiler la nouvelle. De tous les scénarii envisagés, il avait fallu que cela tombe sur celui-là. Qu’allait-elle faire à présent ? Laisser tomber toute l’opération ? Non. Hors de question. Elle avait besoin de ces informations. C’était important. Une question de vie ou de mort. Elle ne pouvait pas quitter la Citadelle sans elles. Elle refusait. Mais dans ce cas, que faire ? Le Présidium était l’endroit le mieux gardé et protégé de toute la galaxie. Elle n’avait aucune chance.

Alessa soupira de nouveau en se passant une main sur le visage. Elle avait encore besoin d’une minute pour réfléchir à tout cela. Elle devait dresser un nouveau plan d’attaque et réfléchir à la tournure que prendrait son séjour sur la station spatiale. Néanmoins, Ishra ne lui en laissa pas l’occasion. Le ton de sa voix se fit vibrant de fureur quand elle reprit la parole après un moment de silence.

— Mais cela dit, j’ai appris plusieurs choses… que vous savez déjà, évidemment, souffla-t-elle tout en prenant garde à ne pas que sa voix porte hors de la pièce. Comme par exemple la raison pour laquelle vous ne voulez pas vous montrer. (Alessa se retourna vers Ishra, sa curiosité piquée à vif. Et les sourcils froncés, elle dévisagea son interlocutrice en silence en attendant la suite de sa déclaration.) Même si cela s’avère faux, vous auriez pu au moins me dire que l’accusée du meurtre de Tarana… c’était VOUS ! (Les yeux d’Alessa s’écarquillèrent d’horreur tandis que l’accusation venait la heurter de plein fouet.) Vous auriez dû vous renseigner un peu plus avant de m’engager, poursuivit la voleuse. J’accorde très difficilement ma confiance. Vous étiez la compagne de Tarana, une femme que je respectais, je vous ai donc accordé le bénéfice du doute. Je vois que j’ai fait une erreur…
— Non, tenta de se défendre Alessa. Ce n’est pas ce que vous croyez… (Mais elle fut coupée avant de pouvoir se justifier et tenter de défendre son cas.)
— Bref, reprit Ishra en adoptant de nouveau un ton professionnel dépourvu de toute cordialité et de toute chaleur humaine. Procédons au paiement de mes services et restons-en là. (Alessa s’exécuta en tirant de sa poche un datapad qu’elle remit à la jeune femme.) Je vous souhaite bonne chance pour la suite… mais sachez que le cœur n’y est pas.

Alessa ouvrit la bouche pour tenter de retenir Ishra et faire en sorte qu’elle entende sa version de cette funeste histoire avant de se forger sa propre opinion, mais c’était trop tard. La voleuse poussa la porte et quitta les toilettes du restaurant sans même un regard en arrière. Alessa, quant à elle, demeura un long moment silencieuse, le regard fixé sur la porte qui s’était refermée derrière son associée. Elle ne s’était pas attendue à tout cela. Elle ne savait pas comment réagir ni quoi faire. Elle était venue ici dans un but précis et tous ses plans étaient tombés à l’eau. Peut-être aurait-elle pu tenter de s’en prendre au SSC avec l’aide d’Ishra… mais là aussi tout avait capoté par sa faute. Son excès de méfiance et cette paranoïa qui lui avaient pourtant sauvé la vie durant ces vingt-cinq dernières années. Voilà ce qu’il lui en avait coûté d’être fugitive : elle avait perdu toute sociabilité. Elle était seule… Qu’allait-elle faire ?

Captant son reflet dans le miroir sur sa gauche, Alessa observa un moment son propre visage avant de prendre une profonde inspiration et de faire disparaître la larme qui avait coulé sur sa joue. Ce qu’elle allait faire ? C’était très simple. Elle allait faire ce qu’il fallait pour mener à bien le projet qu’elle s’était mis en tête. Et si pour cela elle devait infiltrer par ses propres moyens le Présidium et le siège du SSC, eh bien c’est ce qu’elle ferait. Elle avait une mission : comprendre ce qui s’était passé la nuit où Tarana avait été tuée. Elle était persuadée de ne pas être coupable. Comment aurait-elle pu tuer la femme de sa vie ? Cela n’avait aucun sens. Et si ce n’était pas elle, alors c’est qu’il y avait un autre coupable. Elle était déterminée à faire toute la lumière sur cette histoire et à retrouver celui ou celle qui lui avait ôté sa tendre moitié et avait fait de sa vie à elle un véritable cauchemar.

Déterminée, Alessa sortit des toilettes et quitta le restaurant avant de regagner sa suite au Dramorra Plaza. Elle avait une délicate opération d’infiltration à mettre sur pied et des renforts à recruter de toute urgence. Cela n’allait certainement pas être une partie de plaisir pour elle. Mais c’était une nécessité.

— Pour Tarana, souffla Alessa avant de disparaître au milieu de la foule agglutinée dans le secteur de Zakéra comme si elle n’avait jamais été là.

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Retour sur les lieux du crime [terminé]

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