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 [Intrigue #Prologue] ж Crépuscule ж

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MessageSujet: [Intrigue #Prologue] ж Crépuscule ж   Mar 12 Aoû 2014, 12:42
Intervention MJ : Courtier de l'OmbreDate :  Août 2199 RP a tendance violente / gore
Josh "Ataan" Ivrancic ♦ Krelek Aelos
Crépuscule






La petite flottille de trois navettes armées se laissaient dériver le long du parcours que représentaient les balises. Elle semblait inoffensive, peu rapide et désintéressée. C'était tout le contraire. Elles étaient à l'affût, dotées d'une capacité de propulsion puissante et étaient suffisamment armées pour, à trois, réduire une frégate a l'état de ruines. Leurs occupants espéraient cependant ne pas avoir a agir de la sorte. Ce n'était pas rare qu'ils aient à intervenir, mais le moins il y avait d'intervention, le mieux ils se portaient. Les navettes semblaient être peintes aux couleurs des Soleils Bleus à l'aide de leur signe caractéristique.

« Reaperswatch, contrôle radio. »
« Raider Unité, on vous reçoit fort et clair. »
« Avec Raider Deux et Trois on est a mi-parcours, RAS pour l'instant. On s'apprête a rentrer dans le Cimetière entre B4 et B5. »
« Bien reçu Raider, on valide. On reste en standby. Reaperswatch terminé. »

Le trio de navettes bifurqua alors sur tribord et pénétra le périmètre simulé par les dites balises, qui s'activèrent à leur passage. Cependant rien ne se passa, la base lunaire ayant alors été prévenue. Le pilote de la navette de tête, Grigz, un butarien aux airs espiègles, avait la chair de poule à chaque fois qu'il assistait a ce spectacle. Devant lui gisait une bonne dizaine de milliers de moissonneurs qu'on ne voyait plus distinctement dans la masse malgré qu'ils soient relativement espacés.

Le Cimetière des Moissonneurs.

Un cimetière spatial, un champ de débris de loin, une nuée d'insectes morts. Un lieu étrange, maudit selon les rumeurs, méconnu du grand public de cette galaxie. Depuis la fin de la guerre, les Soleils Bleus ont récupéré toutes ou presque carcasses afin de les entasser dans un coin sombre de la Voie Lactée dans le but d'éviter toute récupération sauvage ou pire, surtout lorsqu'on considère la technologie qu'ils employaient. Dans un premier temps, des spectres, des agents spéciaux gouvernementaux ou autres étaient venus négocier pour obtenir de précieux morceaux de ces Moissonneurs déchus amassés là telle une déchetterie. Les Soleils Bleus étaient cependant impassibles : nul ne récolterait le fruit de ce mal. Bien sûr, les Soleils Bleus n'étaient pas connus pour leur bienveillance ni leur sens du dévouement; ils l'étaient cependant pour l'accomplissement d'un contrat. A savoir qui avait fixé le dit contrat, à quel montant, et pour combien de temps. Quoi qu'il en était, cela arrangeait pas mal les têtes pensantes conciliennes. Moins ils entendraient parler d'eux, mieux ça serait; en plus de vider la galaxie de leur malsaine présence.
Par la suite, ils continuèrent d'accomplir leur devoir en protégeant ce cimetière de toute agression extérieure. Pour ce faire, ils réduiront au silence au maximum l'existence du cimetière, à tel point que même le Courtier de l'Ombre n'eût de concrètes informations à ce sujet. Seul les proches du cimetière au sein des Soleils Bleus ou encore des mercenaires ayant tenté de voler de la technologie Moissonneur seraient au courant.
Le cimetière, pour assurer sa protection et son contrôle, a été entouré de balises spéciales permettant de prévenir la dérive trop grande d'une des carcasses, ou bien encore pour alerter d'intrusion dans le périmètre. Ce qui permet aux Soleils Bleus de pouvoir intervenir rapidement sur place. Il n'était pas rare de voir le cimetière tenté d'être pénétré pour des morceaux de Moissonneurs, 97% des intrus étaient interceptés et neutralisés par les Soleils Bleus. Il y avait tout de même une marge d'erreur.

Le point de regroupement et de gestion du Cimetière était la base lunaire nommée Reaperswatch sur Kopis, une petite lune en orbite autour de la planète Makhaira, à l'intérieur d'une ancienne base de Cerberus dans le cadre de son projet Firewalker. La base, qui se situe à une demi-heure de voyage SLM du cimetière, avait servi de cache de vivres et de matériel militaire pendant la grande guerre, ce qui était une aubaine pour les Soleils Bleus quand ils investirent la place afin d'en faire un QG logistique. La base fut agrandie en fonction des besoins. La base sert désormais dans un premier lieu de pénitencier sous haute surveillance, comme ils l'avaient déjà fait avec le Purgatory. Une annexe a été construite afin de gérer le Cimetière comme il se doit en question de sécurité et de surveillance. Les prisonniers servent souvent de monnaie d'échange contre des espèces sonnantes et trébuchantes, ou alors se font miniers au service de l'extraction d'Iridium et de Palladium, riches sur cette lune.


***

Base lunaire Reaperswatch, Kopis, à une centaine de klicks du cimetière.

« Les paramètres ne sont pas optimaux. Débuter la procédure maintenant serait une grave erreur, et provoquerait une cascade de résonance, une réaction en chaîne qui plongerait le site dans le chaos et la mort. »
Le docteur trépignait. Il observait cet objet maudit qui autrefois faisait partie des plus grands ennemis que la galaxie ait connu : les Moissonneurs. Contenu dans un socle cylindrique translucide dans lequel il semblait léviter, le dit objet était la source du plus grand intérêt du docteur Vayaa Halazzi Impare, galarienne de son état. Dans son armure adaptée à la morphologie de sa race, elle observait longuement l'artefact, jusqu'à en oublier ce qu'il se passait autour d'elle. C'était comme si elle était aspirée, comme si tout s'assombrissait autour d'elle pour ne plus voir que l'artefact. Le dit objet, nommé Artefact D-42, fut retiré de la carcasse d'un des Moissonneurs du cimetière  qui se trouvait à une demi-heure de saut SLM.

« Peu importe. Il nous faut des résultats au plus vite. On ne vous paie pas pour faire joujou avec des artefacts Moissonneurs. Des prototypes, c'est bien, mais il nous faut du concret, Halazzi. »
Jim Gravonheart se tenait face à la vitre, mains croisées dans le dos, qui surplombait une petite salle de test où se tenait le docteur ainsi que son laboratoire. Il portait une armure personnalisée, taguée N7, mais aux couleurs des Soleils Bleus. Des étoiles dorées étaient visibles sur sa plaque d'épaule gauche. L'équivalent d'un général dans une armée conventionnelle. Sauf que Jim Gravonheart et ses Soleils Bleus étaient tout sauf conventionnels. A côté de lui se tenait une femme, d'allure plus discrète mais non moins intéressée, répondant au doux nom de Mira. Elle secondait Jim dans ses œuvres, s'amusant parfois a terroriser les prisonniers en les menaçant de les jeter dans le Cimetière ou dans la carcasse d'un Moissonneur, afin de tester les théories de l'endoctrinement selon elle.

« Les prototypes militaires sont encourageants, certains sont presque prêts à l'emploi. Pour le noyau, les études montrent que les sujets réagissent de mieux en mieux à la greffe du cœur. Les taux de pertes de sujet sont malgré tout trop élevées pour l'instant. A tel point qu'il nous faudra de nouveaux prisonniers si on veut pouvoir assurer la pérennité du projet. »
« Tu sais autant que moi que ce n'est pas à moi de décider. Je transfère les demandes de notre chère docteur ici présente, et ensuite les ressources arrivent. Ou pas. Je peux agir comme je le désire concernant Reaperswatch, le laboratoire, en revanche, c'est une autre histoire. »



***

Dans un coin sombre de la galaxie...

Assis sur un confortable fauteuil qui faisait face à une baie vitrée, il pouvait observer à travers celle-ci l'espace, ou plus exactement un objet spatial artificiel, fait de la main d'être vivant, ressemblant de loin à un marteau piqueur. Dans le fond se matérialisait une étoile en pleine santé, qui était clairsemée de petits points ou traits représentant des vaisseaux passant ravitailler ou simplement patrouiller autour de la station isolée.

« Lance la communication, Edje. »
C'est alors que se matérialisèrent deux formes de vie face à lui. Un drell et un humain, à vrai dire. L'humain était de grande carrure, armuré en conséquence et arborant une posture dédaigneuse et détachée, le drell lui semblait plus sérieux, concerné et concentré. Debout face à lui, le Courtier de l'Ombre décida de prendre la parole. Une asari se présentait alors face à eux, une asari qu'ils avaient l'habitude de souvent voir, cependant.

« Bien. Le cimetière des moissonneurs, donc. Bonne idée, messieurs. Quoi qu'il en soit, n'oubliez pas ce que je cherche, Ataan. Une source d'énergie moissonneur. Une clef capable de déchaîner les enfers pour le faisceau. N'oubliez pas pourquoi vous êtes là. Rapportez là ensuite directement à Prometheus. On ne peut pas perdre davantage de temps. Courtier, terminé. »

Le Courtier de l'Ombre porta à ses lèvres un délicieux breuvage alcoolisé d'origine humaine alors qu'il croisait les jambes. Il comptait beaucoup sur la mission de ses deux agents. Deux agents bien spécifiques en soi, et parfaitement désignés pour la tâche qui leur avait été confiée. Ils étaient nés pour ça.


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MessageSujet: Re: [Intrigue #Prologue] ж Crépuscule ж   Jeu 14 Aoû 2014, 02:33






    Il était assis à son bureau. Aussi serein qu'il pouvait l'être. Il gigotait son verre dans le vide, le liquide chromé qui s'y trouvait voyageait ainsi d'un bout à l'autre par petites vagues. Perdu, il fixait l'autre bout de la pièce sans pour autant trouver de point précis. Il regardait son mur. Plus que ça, il le perçait. Comme si ce dernier était devenu transparent. Voire... inexistant... Mais soudainement, un corps apparut devant les yeux de l'homme navigant dans ses sombres pensées. Il sortit de sa démence de la manière la plus brusque. « Monsieur Ivrancic, il est 23h00. Dois-je ajouter des tâches particulières pour demain ? » lui demanda t-on, gentiment. Elle avait une voix sympathique, bien qu’assez aseptisée. Ne sachant que répondre dans un premier temps, le dérangé revint à la réalité en reprenant conscience qu'il avait un verre entre les mains. Il l'approcha de lui, en aperçu vaguement le contenu et grimaça. Cette boisson était infecte. Spécialité quarienne faite par ses soins. Enfin, les soins de sa société. Il devrait penser à revoir la politique concernant les alcools. Afin de les rendre buvable par tous. Cela pouvait constituer un pont commercial intéressant... « Monsieur Ivrancic, il est 23h01. » annonça t-on sur le même ton qu'auparavant. On ne pouvait donc plus réfléchir aux affaires. Nonchalamment, il avala une gorgée de l’infâme breuvage.

    Devant cette épreuve, il en toussa une partie. « C'est absolument dégueulasse. » affirma t-il. Sa subordonnée n'éprouva aucun avis. « Il est 23h02. » se contenta t-elle de réajuster au bout de quelques secondes. Son patron lui lança un regard méprisant. « Je suis au courant, Denimi. » « Dois-je ajouter quelque chose aux tâches de demain ? » insista t-elle. En face, on soupirait. « Je ne serais pas là demain. Je pars pour quelques jours. » Un silence s'installa. Brièvement. « Dois-je l'annoncer ? » On haussait un sourcil. La chaise vacilla légèrement. Il esquissait un sourire. « Non. Laisse-les croire que je suis mort. » Un silence s’installa de nouveau. « Je ne suis pas certaine que cela soit très intelligent. » Se frottant le menton, le boss s'amusait à se délecter à chaque fois qu'elle ne détectait pas son sarcasme. « Tu as raison. Disons que j'ai un rendez-vous très important avec un client et que les négociations peuvent durer longtemps. Note ça. »

    Durant le temps où Denimi notait son planning, il se redressa et s'éleva légèrement de son siège. Encore un effort et le voilà debout, du haut de ses deux mètres. Plus ou moins. « Monsieur Ivrancic, qui s'occupera de vos tâches ? » Voilà une question étrange. Habituellement, cela était transmis au vice-président ou parfois à son assistante de direction. Ils devaient se la couler douce quelque part, eux aussi en prétextant un quelconque rendez-vous avec un client ou encore un meeting sur une nouvelle loi concilienne sur les fruits krogans. Quelque chose d'aussi crédible que la liaison qu'ils entretenaient et du secret qui n'existait pas autour. Soupirant une nouvelle fois, il fallait bien qu'il donne un nouveau nom. « Le Docteur Vas Sysnah. Je l'ai rencontré une fois, il fera l'affaire. » « Mais le Docteur Vas Sysnah n'a pas les affectations nécessaires pour pouvoir assurer votre travail. C'est un chef-ingénieur. » « Et bien... Disons qu'il a une promotion. Tu te chargeras de lui annoncer. » rétorqua t-il, fatigué. Il termina son verre au passage, par politesse pour lui-même. Il était fin prêt à partir. « Ce sera tout, Denimi. » Elle ne répondit pas, à priori impassible. Ce n'était pas les affaires de l'autre qui se contentait de ranger un minimum avant de laisser la clé sous la porte pendant plusieurs journées d'affilée. Une fois cette tâche rapidement accomplie, il en profita pour filer vers la sortie. Il n'avait plus rien à faire ici, de toute évidence. « Bon voyage, Monsieur Ivrancic. » Cette phrase l'arrêta net. Il se retourna. « Il sera long. Et je risque de ne pas revenir. » chuchota t-il. « Mais ne t'inquiètes pas. Tu me manqueras. » « Mais, Monsieur Ivrancic, je suis une IV. » Ivrancic cligna des yeux. « Certes. »


    Reaperswatch. Deux jours plus tard.


    « Alors, le drell, tu es incapable d'encaisser ? »

    Le pied de l'agresseur vint infliger un lourd coup au drell, à terre. Il ne ronchonnait même pas, alors que l'ornement armuré qui avait enjolivé le pied devait être plus que douloureux. Mais il encaissait sans rien dire. Les autres gardes présents autour ne disaient rien, trop occupés à apprécier le spectacle. Accepter d'être dans une telle prison, c'était soit être à moitié fou, soit être à moitié psychopathe. Et parfois, un peu des deux. Les autres prisonniers, eux, étaient trop effrayés pour n'avoir ne serait-ce qu'une vague réaction. Ils se foutaient d'ailleurs pas mal du corps sans vie qu'il y avait au milieu de la foule. Un pauvre butarien, une pointe mal placée lors d'un combat... Et voilà le résultat. Un véritable meurtre sans le moindre état d'âme. En plein milieu du "déjeuner". Ce n'était pas seulement téméraire, c'était simplement idiot. Mais cela n'avait étrangement pas déclenché de bagarre ou de rébellion. Juste l'effroi mélangé au désintéressement complet des compagnons du criminel. Ils avaient regardé la scène avec dégoût mais n'avait pas réagit. De fait, quand les gardes ont débarqué, ils s'étaient facilement faufilés. Ironiquement, une fois l'alerte donnée, les trois-quarts des surveillants étaient convoqués au même endroit. Pas tous dans la même salle pour autant, mais tous dans le même coin. L'émeute n'avait pas eu lieu mais ils avaient l'air de prévoir le coup.

    Quoiqu'il en soit, l'instigateur prenait cher. L'immense casqué qui le tenait en laisse n'avait aucune pitié pour lui. « Tu as voulu jouer au plus fort donc tu n'as ce que tu mérites. » clamait-il sans vergogne. Sa détermination n'avait d'égale que dans celle du drell, qui tenta quand même de se redresser. Une tentative suivie d'un violent coup de poing, le remettant sur le carreau. Cela faisait bien dix minutes que ça durait. Tout le monde le laissait faire. Chaque fois que le courage avait repris le dessus sur le hors-la-loi, il se faisait remettre les idées en place. Et là, son état se dégradait. Probablement. En tout cas, il ne bougeait plus. Satisfait, l'armure bomba le torse. « Hé ! » cria t-on. « Que se passe t-il ? » continua l'homme, qui débarquait de nulle part. Au fil de ses pas, les gardes s'écartaient, retenant leur souffle. Il respectait celui qui venait. Et pour cause, il avait un bel habit, décoré par les étoiles, le N7 et tout le tralala. Les yeux écarquillés, il regardait la scène. Son subordonné, un peu tâché de sang et sa... victime, à terre. « Relevez-le ! » ordonna t-il à qui bon pouvait lui obéir. Sans attendre, deux Soleils Bleus accoururent vers le prisonnier. Ils attrapèrent un bras chacun et tentèrent de le relever. Chose non-aisée mais deux soldats bien entrainés pouvaient quand même soulever un drell. « Qui est-ce ? » aboya t-il. Toujours occupés dans leur redressement, les larbins se regardèrent mutuellement et au bout d'une demi-seconde, ils s'activèrent pour trouver le matricule. Mais leurs recherches devenaient vaines. « Alors ? » « On, on... on trouve pas ! » balbutia l'un d'eux. « Mais c'est un nouveau ! Sigmad quelque chose... »

    « Krelek Aelos. » gronda l'armure, entre le drell et celui qui faisait office de Général. Gravonheart fronça les sourcils. Ce nom lui disait quelque chose mais il ne pouvait pas retrouver d'où il pouvait provenir. C'est là qu'il s'arrêta sur l'homme qu'il avait en face. Grand, une armure aux couleurs des Soleils Bleus... Mais légèrement sophistiquée. Il fit le tour autour de lui. La plupart de ses soldats étaient présents, sans compter ceux qui raccompagnaient affectueusement les prisonniers dans leur cellule. Certains optaient pour garder leur casque, mais ils avaient tous un équipement similaire. Intrigué, il ignorait les balbutiements de l'aide-cadavre et ses "Non mais c'est pas Sigmad Machin" et se concentrait sur celui qui lui avait répondu. « Je ne te connais pas, je crois... » fut-il pris d'un doute foudroyant. « C'est quoi ton nom ? »

    Son interlocuteur prit une inspiration. Ils avaient longuement préparé ça mais, dans le fond, rien n'y prépare totalement. Le coup du Cheval de Troie était l'un des plus connus et il marchait à chaque fois et force était de constater que ça avait relativement fonctionné. Ensuite de quoi, l'improvisation et les compétences des deux agents étaient mises à rude épreuve. Ils avaient eu trois mois. Trois mois pour prévoir et anticiper les mouvements de l'ennemi. On ne pouvait pas entrer ici et juste voler quelque chose comme l'aurait fait la légendaire Kasumi Goto. Mais la solution purement frontale n'aurait pas été plus intelligente. Il fallait faire preuve de subtilité avant de vouloir frapper un grand coup. Et après presque 48h passées là-dedans, les deux savaient que le moment venu. Nul doute que celui qui avait l'apparence du dur mercenaire avait conscience que son allié s'était probablement "réveillé" et avait déjà analysé ses premières victimes. Si ce n'était pas le cas, il ferait avec. Toutefois, la politesse l'obligeait à répondre aux questions qu'on lui posait. De fait, il se rapprocha quelque peu du Général, qui commençait visiblement à s'impatienter. Derrière son masque de fer, il l'observait. Plus, il le perçait. Comme s'il était devenu transparent. Voire presque inexistant. « Ataan. » dit-il. Simplement.




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MessageSujet: Re: [Intrigue #Prologue] ж Crépuscule ж   Jeu 14 Aoû 2014, 22:21

    Nos Astra, Illium


    Allongé sur mon lit, une Asari allongée à mes côtés, j'étais perdu dans mes pensées, comme bien souvent cela m'arrivait ces derniers temps. J'étais en bonne compagnie - très bonne compagnie, pour dire vrai -, mais malgré tout, je ne pouvais m'empêcher de penser à la mission qui m'attendait. Le cimetière des Moissonneurs... Voilà bien un endroit que j'aurais voulu éviter. Le nom à lui seul était sinistre. Mais je m'étais lancé dans cette quête en m'engageant à travailler pour le Courtier de l'Ombre, je devais à présent en assumer les conséquences. C'était pour le bien de tous, après tout et c'était en parfaite connaissance de cause que j'avais accepté l'offre du marchand d'informations. La question que je me posais : allais-je m'en sortir vivant ? Je ne pouvais le savoir. Les Soleils Bleus n'allaient pas être les seuls ennemis à affronter, loin de là. Parmi les ennemis que nous allions devoir faire face, il y avait également nos propres personnes. Oui "nos", car j'allais avoir un collègue pour cette mission, comme le maître courtier me l'avait annoncé en m'engageant. Josh "Ataan" Ivrancic. Un ancien combattant ayant de toute évidence une fausse identité. Le Courtier de l'Ombre n'avait pas voulu me dire qui il avait été et, au fond, je m'en fichais éperdument. Tout ce qui comptait était de mettre la main sur ce cœur de Moissonneur. Mais qui parle de ces machines, mentionne aussi l'endoctrinement. Il allait nous falloir être extrêmement prudent, pour non seulement éviter un conflit ouvert avec les mercenaires gardant l'artéfact, mais également pour nous protéger nous-mêmes. Nous avions pris des précautions, mais allait-ce être suffisant ? Impossible à dire.

    Lassé de ces pensées qui étaient toujours les mêmes, je quittai le lit, non sans faire attention à ne pas réveiller l'Asari encore endormie. Pratiquement nu, je gambadai à travers mon vaste appartement, avec un air presque nostalgique. Je secouai la tête et jura à mi-voix. Je me comportais comme si je n'allais plus jamais revenir en ces lieux. J'étais défaitiste, alors que c'était vers la victoire que nous allions, avec le Courtier de l'Ombre. Pour la première fois, une solution avait été trouvée pour contrecarrer le danger que représentait l'énergie noire. Il y avait de quoi être optimiste ! Mais, au fond, je savais que je n'allais pas sortir indemne de cette histoire. Personne ne le pouvait. Ce genre de quête, dangereuse et ambitieuse, changeait les personnes s'y impliquant pour toujours. C'était un des nombreux sacrifices auxquels il fallait se préparer. J'espérai simplement ne pas avoir à en faire trop. Le corps pouvait guérir, mais pas l'esprit. Je me rassurais en me disant que cette mission n'était que la première étape de cette quête, mais d'un autre côté, je savais qu'elle faisait partie des plus dangereuses également. Nous allions être deux face à une armée de mercenaires, entourés de milliers de carcasses de Moissonneurs susceptibles de nous bousiller le cerveau. Et si nous survivions à cette première aventure, la suite n'en serait pas plus facile, ni moins dangereuse, pour autant. Les Traque-Ombres étaient toujours là, cachés, mais prêts, et il y avait l'énergie noire en elle-même qui était un danger à ne pas sous-estimer. Nous n'étions pas sortis de l'auberge.

    C'est à ce moment que mon IV domestique se matérialisa en face de moi, sous la forme d'une sphère holographique et émettant un petit signal sonore pour indiquer la présence d'un nouveau message. Je regardai l'hologramme d'un air vide, dénué de toute envie de lire ce qui m'avait été envoyé. Je savais déjà qui était l'expéditeur et ce qu'il voulait. De qui d'autre que le Courtier de l'Ombre pouvait m'envoyer un mail ? Je n'étais plus un chasseur de prime, mais un agent à part entière du marchand d'informations. C'est donc d'un air nonchalant que je fis se matérialiser le contenu du message, qui ne contenait qu'un «Il est temps. ». Soupirant, je renvoyai l'IV accomplir ses tâches ménagère et m'appuyai contre le dos d'un des canapés de mon salon.

    - Tu n'as pas l'air de très bonne humeur... dit une voix derrière moi, qui était celle de l'Asari.
    - Ce n'est rien, Aela... Que dis-tu d'un bon p'tit déjeuner et d'un bonus avant de partir ?



    Reaperswatch, deux jours plus tard



    J'encaissai le coup d'Ataan comme j'avais encaissé les autres et je ne ripostai pas. Je le laissai me battre comme nous l'avions prévu avant de rejoindre la base des Soleils Bleus. Il ne ménageait d'ailleurs pas ses coups, à croire qu'il avait réellement une dent contre moi. En parlant de dents, je commençai à me faire du souci pour le miennes ! Mais au moins, tout cela rendait crédible la scène et personne ne se doutait que nous étions des agents infiltrés cherchant à mettre la main sur un artéfact Moissonneur. Je crachai un coup pour me débarrasser du sang qu'il y avait dans ma bouche et tentai de me relever, avant d'être remis à terre par une puissante droite. Je me faisais passer pour un prisonnier venant d'avoir assassiné un autre, pendant que l'Humain jouait le rôle d'un membre des Soleils Bleus me donnant une flagrante punition. Pendant la rixe, Ataan avait discrètement glissé dans ma main un petit outil qui allait me permettre de m'échapper de ma cellule pendant la nuit. Bien entendu, dans la confusion du pugilat, personne n'avait vu l'échange et le tout était passé pour un simple règlement de compte. Je restai à terre complètement assommé et la suite des événements furent assez confus, bien que je me concentrasse assez pour identifier les gens autours de moi. On m'avait relevé et deux soldats me tenaient pas les bras, ou plutôt, me soutenaient. Un homme en armure faisait face à mon collègue. Jim Gravonheart, le chef des Soleils Bleus. La confusion ayant laissé place au calme, je profitai de ma position pour noter la présence des gardes autours de nous et observai le terrain. Nous étions dans une coure octogonale typique des prisons, encadrée par les balcons servant aux prisonniers et gardes de circuler devant les cellules. Rien ne sortant de l'ordinaire, en somme. Je notai également la présence de certains gardes, ayant maintenu leur ronde, puis je simulai la perte de connaissance, ayant récolté toutes les informations qu'il me fallait.

    Le soir venu, je quittai enfin mon inconfortable lit et me dirigeai vers le minuscule lavabo pour me laver le visage et la bouche, encore pleine de sang. Je me regardai dans le miroir. Je n'avais pas bonne mine. Mais mon visage était encore intact. Ma mâchoire me faisait mal, mais c'était loin d'être handicapant. J'entrepris alors de retirer l'outil que m'avait donné Ataan, caché dans les mécaniques de mon augmentation cybernétique. Une fois fait, je guettai du mieux que je le pus le couloir sur lequel donnait ma cellule. Ne voyant personne, je me mis à écouter. Aucun bruit de pas, seules les quelques lamentations des prisonniers se faisaient entendre. Je me mis donc à trafiquer la porte de ma cage, ce qui me prit bien cinq minutes, les sécurités étant robustes. Mais à force de patience et de travail que seul un Drell pouvait effectuer, je vins à bout de l'obstacle. Il me fallut cependant attendre encore un peu avant de l'ouvrir, car un garde arriva. Je patientai jusqu'à ce qu'il soit passé devant ma cellule, puis quittai la minuscule pièce. Je m'avançai derrière l'homme, puis, d'un coup net et précis, lui frappa la nuque, pile à l'endroit où se trouvait le nerf atlas, ce qui fit perdre connaissance à ma victime. Je la trainai à l'intérieur de ma cellule et entrepris de la débarrasser de son armure. J'échangeai nos accoutrements et m'équipai de ses armes. Puis je réfléchis quant à le laisser en vie ou non. Sa perte de connaissance allant être trop courte pour nous être pratique, je préférai éviter les risques et lui brisai les cervicales d'un coup rapide. Son cadavre allait être découvert dans huit heures au minimum et cela nous laissait amplement le temps de mettre la main sur le cœur de Moissonneurs, complications comprises.

    Je ressortis de la cellule, la verrouillai, puis repris mon chemin. Le casque que je portai ayant été façonnée pour contenir le crâne d'un humain, il était plus qu'inconfortable pour moi, mais je devais m'y faire, c'était ma seule couverture. Etre un Drell n'avait pas que des avantages. Il me fallut quelques minutes pour trouver la sortie, mais je parvins à ma destination. En franchissant la porte, je pus voir Ataan qui m'attendait, visiblement en train de perdre patience.

    - T'as pas retenu tes coups, bordel ! lui dis-je avec un soupçon d'énervement. Je m'en souviendrai la prochaine fois...! Où est-ce qu'on va ?














Dernière édition par Krelek Aelos le Lun 16 Fév 2015, 23:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Intrigue #Prologue] ж Crépuscule ж   Lun 18 Aoû 2014, 15:13





Rapport du Docteur Halazzi a écrit:

Prototypes Militaires
Les premiers prototypes militaires font état d'impressionnantes avancées technologiques. Ils ne sont pas encore prêts cependant à être développés en série ou encore à être présentés a d'autres organismes plus officiels. Ils n'ont pas encore été testés en situation réelle, et doivent être envoyé au Cimetière pour confirmer la check-list. La cargaison est partie hier et aucun rapport n'a pour le moment été reçu à Reaperswatch. L'officier Mira a été dépêchée à l'Observatoire pour recueillir davantage d'informations. Vous trouverez en pièce jointe les différents prototypes répertoriés :
- AZX « Empaleur » > Observatoire
- AZV « Incinérateur » > Laboratoire
- ZDV « Bouclier-marteau » > Laboratoire
- IIS « Beam » > Laboratoire


Projet Réacteur
Le Projet Réacteur est désormais actif depuis maintenant trois semaines. Les premiers résultats sont encourageants. Les sujets sont désormais réceptifs au dispositif et ne meurent qu'approximativement entre 4 à 7 heures après implantation. Malgré la perte élevée de sujets et au vu des résultats actuels, nous pensons pouvoir à terme stabiliser le cœur et l'amélioration des compétences qui s'en suit.
Nous recueilli récemment un nouveau Coeur, que j'ai pu étudier brièvement à l'Observatoire avant l'attaque de vagabonds.

Je vous tiens au courant.


***

Quelque part, dans le Cimetière. 00:19

« Sommes-nous prêt, Kamak ? », lança une voix grave dans l'air.
« Les préparatifs sont achevés. Sur notre ordre, l'offensive sera menée. », répondit une voix qu'on aurait dit venir d'un sèche-cheveux.

Ce butarien a l'esprit vif et aux terribles ambitions se nommait Kamak Ñass. Il était le chef d'une petite troupe de mercenaires qui avait déjà accompli quelques actes habiles de piraterie ou de contrebande. Indépendants, mais ne refusant jamais un contrat, cela faisait quelques temps qu'ils traînaient dans ce Cimetière où ils étaient caché pour fuir les patrouilles des Soleils Bleus. L'enjeu était de taille et ils savaient tout à fait où le trouver. Cependant, jamais ils n'avaient tenté un assaut frontal contre cette petite base nichée dans les entrailles du plus gros Moissonneur qui se trouvait dans cette déchetterie spatiale : l'Augure lui-même. Le groupe du butarien travaillait de concert avec une entité semblable, dirigée par un Lystheni. Les Lystheni étaient une minorité ethnique des galariens qui étaient plus grands, plus forts physiquement et, le plus souvent, agissant davantage du côté des criminels que des bienfaiteurs. Ces êtres avaient certainement troqué le savoir-faire scientifique de la majorité ethnique pour la soustraire à une force et une ruse semblable. Ce Lystheni, nommé Soldan Kräedyn, était ici pour l'appât du gain et non sur ordre. Il s'était donc rapidement allié avec le butarien pour apprendre les ficelles du lieu, comment se cacher efficacement, établir un campement dans une des carcasses abandonnées... et surtout planifier un assaut sur ce que les Soleils Bleus semblaient appeler L'Observatoire. L'Observatoire semblait être une installation créée dans les méandres du cadavre de l'Augure, en plein coeur du Cimetière des Moissonneurs, ce qui laissait prétendre que son contenu devait être à la fois écarté et protégé. Cela faisait trop longtemps qu'ils attendaient le moment propice; les allées et venues qu'ils avaient pu espionner laisser penser que l'Observatoire était de nouveau actif. Actif, et... source de leur richesse future.

« Parfait, on entame la phase une. Envoyez les scouts. »

C'est ainsi que quatre être vivants, dans des combinaisons spatiales équipées de discrets propulseurs, quittèrent les entrailles d'un morceau de moissonneur pour s'élancer dans l'immense déchetterie, sautant sur la multitude de débris pour avancer discrètement en direction de l'impressionnant Augure, bien que mort. Le silence pesait dans leurs casques, la tension presque palpable, impression appuyée par la pression nulle de l'espace, qui assourdissait leurs pas, et leur donnaient l'impression de voler. L'homme de tête, un humain, déploya un bras sur sa droite paume baissée, qui leur donna ainsi l'ordre de s'arrêter. Il réduisit sa silhouette en s'agenouillant et sortit un scope, duquel il observa le moissonneur plus en détail. Les quatre hommes étaient impatients, sans se laisser tenter par la précipitation punissant sans sommation. Zleimmer, active le récepteur radio, glissa-t-il par l'intercom de leurs casques. Le concerné fit un signe de la main, confirmant l'activation. Ils étaient tous tapis comme ils le pouvaient dans divers débris, de moissonneurs ou d'anciens vagabonds ayant tenté de se cacher dans l'immensité du cimetière, truffé de capteurs qu'il fallait avoir la ruse de tromper. Fort heureusement, la prolifération des intrus qui trompaient les capteurs internes avaient obligé les Soleils Bleus a se concentrer sur la détection périphérique, les patrouilleurs s'occupant de l'intérieur du cimetière. Tactique qui s'était montré bien plus efficace.

« ù$=#*ù$#igne. ùù'*ù$^"''{{}% »
L'humain de tête se retourna vers Zleimmer, semblant s'énerver pour avoir une meilleure réception. Encore une fois, le concerné sembla entreprendre une maintenance express, fouillant dans les divers méandres de cette petite boite de télécom jusqu'à trouver la bonne fréquence, qu'il redirigea sur en réception sur le réseau intercom des quatres éclaireurs.
« ù$=#*ù$#... ... pppphon. Le Typhon arrive pour amener l'Officier sur place selon la note de service du jour. Préparez les quais. Raider Deux et Trois s'occuperont de la patrouille, Raider Leader escortera le Typhon. »
« Bien reçu, Raider, le Typhon est prévu d'amarrage dans approximativement trente-cinq minutes. Poursuivez la ronde habituelle. Reaperswatch, terminé. »

L'humain refit un signe du bras, bref mais visible, qui indiqua aux éclaireurs de reprendre la route vers l'Augure.



***

Reaperswatch, bloc de détention C, aire numéro 3. 18:23

« Je ne te connais pas, je crois. Quel est ton nom ? »
« Ataan »

Dans cette aire octogonale qui faisait office d'aire centrale pour le bloc C, les surveillants qui n'étaient pas sur le balcon supérieur s'étaient écartés, entourant le prisonnier tumultueux tenus par deux Soleils Bleus, Jim Gravonheart et le mystérieux Ataan. La salle donnait accès à quatre couloirs aux points cardinaux qui eux-mêmes rejoignaient des aires octogonales au nombre de quatre en comptant celle où ils se trouvaient. La méfiance de leur supérieur les mirent sur leurs gardes, certains même empoignèrent leurs armes. Les prisonniers enfermés générèrent un vacarme assourdissant, qui se réjouissaient presque du spectacle. Ceux-ci étaient presque fous et n'aspiraient qu'au chaos, leur présence ici ne relevaient que de leur non-capacité à être contenus dans des instituts pénitenciers de seconde zone ou dans des blocs moins sécurisés. A cet instant, ils frappaient ce qu'ils pouvaient avec ce qu'ils avaient sous la main afin de manifester un sentiment indescriptible dans les esprits de ces damnés. Le bloc C de Reaperswatch était la zone réservée aux études faites par le laboratoire de la base. Gravonheart sembla hausser les sourcils, à mi chemin entre l'interrogation et l'amusement.

« Ataan. », Jim eût un bref rictus. « Ce qu'il faut pas pour vous faire passer pour des gros durs... hors de ma vue. », conclut-il en observant l'armure partir dans une direction aléatoire.

Il se tourna vers l'assemblée présente, bien trop grande à son goût. « Fini le spectacle ! Retournez à vos postes, et faites moi fermer leurs gueules à ces chiens ! ». Les gardiens s'exécutèrent et le général se déplaça vers le prisonnier tenu fermement vers le drell, qui était vraisemblablement tombé dans l'inconscience. « Celui-là à l'air d'avoir reçu une correction méritée. Marquez le moi sur le registre et taguez le d'un numéro avant de le remettre sous clef. Il m'a l'air parfait pour Halazzi. » Le général semblait avoir davantage parlé pour lui-même que pour les deux Soleils Bleus, qui n'y comprenaient sans doute rien si ce n'était les ordres prescrits quelques instants auparavant.

Jim Gravonheart observa alors tout son beau monde reprendre son poste, mâter les prisonniers enragés jusqu'à ce que tout redevienne à la normale. Il repensa à ce "Ataan". Ce n'était pas la première fois qu'il voyait un Soleil Bleu s'affubler d'un pseudonyme, cependant il admit que celui-ci inspirait davantage d'intérêt qu'un quelconque nom mettant en valeur les parties génitales ou son ardeur au combat. Il y avait là presque quelque chose de mystique. Il retourna près des offices et des zones d'administration, où Mira était encore.
« Tu as vu les caméras ? ». Elle acquiesça.
« Oui. Je ne sais pas comment le drell est arrivé en plein milieu de la pièce, ni pourquoi il l'a tabassé comme ça, mais ça me semble assez louche. »
« Ca arrive tout les jours Mira. Mais j'avoue que ce... Ataan, est bizarre. »
La concernée haussa les épaules. Elle pointa du doigt les moniteurs représentant le dispositif de sécurité audiovisuel d'un air impassible.
« Tout est là, si tu veux voir et calmer ta parano. Au moins le drell sera marqué, et si tu insistes je guetterais Ataan du coin de l'oeil. Déjà voir comment il est arrivé sur Reaperswatch. », elle marqua une pause, pendant que Jim s'installait près des moniteurs, comme en pleine et intense réflexion. « Je vais appeler le Typhon pour aller au cimetière. Peut-être des bonnes nouvelles ! »

Puis elle quitta la pièce. Le général semblait perdu dans les différentes caméras du Bloc C, remontant un peu en arrière pour identifier le moment précis où a commencé le mâtage du drell. Il la repassa en boucle, encore, et encore, et encore...


***

Reaperswatch, Bloc C, 00:19

« A3, on a un contact manquant à A3, compte-rendu à 00:00. »
« Faites des check up caméra, c'est sûrement un oubli. On a aucun cadavre ni aucun prisonnier libéré, on l'aurait entendu. »
« Ok, check up caméra à A4, il manquait bien un garde a A4. Je confirme. Envoyez quelqu'un sur place. »
« Bien reçu, on envoie l'élément d'intervention... Je relaie au général. »

Mira était déjà en chemin pour l'Observatoire. Le général Gravonheart, qui était dans ses papiers, s'est fait extraire de ses pensées par un bip qu'il ne connaissait que trop bien. Après le renseignement donné par ses hommes, la première pensée qui lui passa par l'esprit fut le lien avec ce qu'il s'était passé quelques heures plus tôt. Le drell et Ataan. Le Drell était, selon les caméras, toujours dans sa cellule. Un homme manquait et Ataan était introuvable.

« Retrouvez moi Ataan. Ce n'est pas un hasard si ça se passe dans ce foutu bloc C. Et vérifiez bien que le drell est à sa place ! »





***
BILAN MJ


- Il est 00:19
- Krelek et Ataan se situent à l'infirmerie, au Bloc C, et n'ont pas été repérés.
- Krelek est marqué sur le registre des sujets de Reaperswatch.
- Krelek n'est pas à 100% de ses capacités.
- Ataan est sous vigilance.
- Des hommes sont en direction de l'Aire Trois, où le drell a été mâté quelques heures plus tôt. Deux autres gardiens sont déjà présents dans l'Aire Trois, où ils renforcent le dispositif.
- Aucun corps n'a été découvert.
- Aucune alarme n'a été déclenchée.
- Aucun renfort particulier n'a été appelé.



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MessageSujet: Re: [Intrigue #Prologue] ж Crépuscule ж   Jeu 21 Aoû 2014, 02:44






    Les bras croisés, l'homme fait d'armure patientait calmement. Il observait les lieux d'un œil avisé. Tout était si contrôlé, si aseptisé. Reaperswatch ne ressemblait en rien à une prison normale. Elle semblait avoir été construite en tant que tel, mais pour cause, lui-même avait assisté aux premières poses de l'édifice. En tant que Général des Soleils Bleus, il aurait été hautement improbable qu'il ne soit ni au courant du "partenariat" qui avait été passé avec le Conseil ni de la construction de la base. Il demeurait néanmoins que le projet était louable... Tout du moins, il avait été présenté tel quel. Bien occupé ailleurs, on avait laissé cela à celui qui en était l'instigateur... Celui qui se disait être son mentor. Et ce dernier avait, sans scrupule, aisément usé des ressources des mercenaires au point d'engager deux de ses agents les plus précieux pour s'adonner à la lourde tâche de gérer l'endroit. Il fallait comprendre le contexte qui avait survolé la création de l'endroit : le Général avait ses projets dans les Terminus et avait tant bien que mal tenté de faire régner une quelconque harmonie sous son égide sur quelques planètes que de vortchas affamés accompagnés d'avides butariens tentaient d'assaillir. Certaines étaient tombées dans un chaos sans nom. D'autres pouvaient s'estimer reconnaissantes envers le "groupe de scélérats" qui les avait sorti de là. Ce jeu de conquête était responsable de la distraction de l'homme s'appuyant actuellement contre l'un des murs froids du Bloc C du pénitencier qui, malgré l'allure, renfermait quelque chose d'autre... Quelque chose dont il s'était rendu compte trop tard. Quelque chose que son ordre n'aurait sans doute pas permis.

    Perdu dans ses pensées, il soupira. Et fut très vite extirpé de ses souvenirs lorsque soudainement, un bruit se fit entendre. Il tendit l'oreille et détourna le regard. Il vit un garde, uniforme basique, sortir. Celui-ci fit un pas vers lui.

    « T'as pas retenu tes coups, bordel ! Je m'en souviendrai la prochaine fois...! Où est-ce qu'on va ? » dit-il sur un ton de protestation. En retour, il ne pouvait que simplement admirer le casque de son allié, cachant par ailleurs un rictus. « En réalité, j'ai retenu mes coups » lâcha t-on avec une nonchalance particulière. Se détachant de son mur, Ataan se mit à avancer. « Suis-moi. »



    Infirmerie de Reaperswatch.


    Les deux compères étaient arrivés à destination sans trop d'embrouilles. L'infirmerie était relativement conséquente, puisqu'elle pouvait accueillir un certain nombre de patients au même moment. Cela dit, elle était assez peu visitée la nuit tombée. Il devait peut-être avoir une sorte de médecin de garde quelque part... Mais Ataan avait d'ors et déjà vérifié les lieux avant de vouloir y accueillir. C'était tranquille, à l'écart et on pouvait toujours y trouver des éléments utiles pour une mission quelconque. L'armure avait, à ce propos, souhaité profiter des tiroirs et de leur contenu. Hâtivement, il s'était précipité dessus tandis que Krelek analysait la pièce. Il n'y avait qu'un seul lit occupé et qui que ça pouvait être, celui qui l'occupait était mal en point. Cela dit, on pouvait sentir le doute.

    « Il est endormi. Et amoché. Il ne va rien te faire. » lança t-on, le dos tourné. Il surestimait peut-être les craintes de l’exécutant préféré du Courtier. Toutefois, son seul objectif était de trouver... un scalpel. Même à l'approche du 23é siècle, on les utilisait encore. Tout du moins, on pouvait en avoir l'utilité ponctuelle. Pour soigner les gens... comme pour ne pas les soigner. Satisfait de sa trouvaille, Ataan refit face au drell. « C'est quoi le plan, maintenant ? » pressa t-il.

    Il allait droit au but. Pour une fois. Il faut dire qu'ils n'étaient pas en position de force... A deux contre un groupe de mercenaires. Matons qui plus est. « L'émeute n'a rien donné. On a juste vu à quel point ils pouvaient être nombreux et à quel point les autres prisonniers sont des larves. » lâcha l'ex-Général, amère. « Ça aurait été trop facile, de toute façon. » continuait-il. « Nous avons deux problèmes : ils ne vont pas tarder à trouver que tu n'es plus dans ta cellule et on ignore où est ce qu'on cherche. Néanmoins, je sais qu'il y a des laboratoires. Probablement non-loin d'ici. Je ne sais pas ce qu'ils étudient en détail mais ça mériterait un détour. »

    Il marqua un temps d'arrêt. Il disait la vérité : il ignorait ce qu'ils y faisaient exactement... Quoiqu'il s'en doutait. Il avait juste un peu de mal à le concevoir. Cela était si évident pourtant... Construire une base d'observation, dite minière, à quelques lieux du légendaire cimetière des Moissonneurs, c'était l'occasion rêvée pour toucher à des jouets que personne ne devrait avoir en main. Croisant les bras, Ataan se dit qu'il ne pouvait rien y faire dans l'immédiat. Il devait se concentrer sur la mission.

    « Et on a notre troisième problème : tôt ou tard, ils finiront par savoir que tu t'es échappé et que tu te balades dans cet accoutrement. Le seul moyen de calmer les esprits, c'est d'atteindre ce qui leur sert de tête. » affirma t-il. « Du coup, je vais te faire gagner du temps. Je vais trouver Gravonheart. Et toi, tu t'infiltres dans les labos et tu y prends chaque information qui pourra nous aider. Quoi, où, comment... »

    Il avait, pensait-il, tout dit. Puisqu'ils ne possédaient qu'un plan à peu près moins foireux que de foncer dans le tas, l'armure n'estimait pas très pertinent de rester se taper la discut'. C'était sans compter sur les questions impromptues de Krelek. « Et je fais comment au juste ? » s'offusqua t-il. Ataan s'arrêta dans sa course vers la sortie. « J'en sais rien. Fais tes trucs de drell. Vous savez faire ça, vous... les drells. » Son air désintéressé suffirait à traduire l'immense "Démerde-toi" que ça signifiait. Il patienta quelques secondes et devant le manque de réaction de son interlocuteur, il décida de sortir. Une sortie de nouveau freinée. Cette fois par l'irrémédiable envie de "faire pardonner" les offenses dont il avait fait grâce un peu plus tôt. « Au fait, y a des médigels à profusion ici. Sers-toi. »



    Retour au Bloc C.

    Libéré de sa brève conversation avec son cher collègue, l'agent s'en était allé d'un pas décidé. Une seconde chose avait freiné sa marche droite : un appel, ou plutôt un avis, qui était apparu sur son omni-tech. Il s'était en effet arrangé pour capter le réseau de la prison. Ce qui ne semblait pas incohérent vu ce pourquoi il se faisait passer. L'appel parlait de la venue imminente de renforts dans le coin et surtout d'une vérification de la cellule du drell... Mais aussi du fait que l'éminent hôte voulait "recevoir" Ataan. C'était un plus, en dépit du fait que l'évasion allait être mise à nue. Même avec toute la volonté qu'il voulait, il ne pouvait pas s'occuper des gardes qui pourraient éventuellement repéré le manque flagrant du détenu recherché et s'occuper de Gravonheart. D'autant que sa position ne lui permettait pas d'être au courant du nombre de nouveaux venus. Il pouvait s'agir d'un groupe de deux comme de dix. De fait, il devait continuer son chemin, arme à la main, faisant mine de faire une ronde. Pour le plaisir des quelques caméras qui seront trop lentes à réagir, quoiqu'il arrive.

    Quelques mètres plus loin, un nouvel appel arriva sur la fréquence. « Vérifiez la cellule C-13 ». L'avantage de capter un réseau, c'est qu'on pouvait écouter et... parler. L'armure se posa un petit instant pour réfléchir. Encore une fois, il serait difficile d'arrêter qui que ce soit. Mais il pouvait toujours tenter de les perturbant. Repartant de plus belle, il configura son omni-tech pour que celui-ci envoie un message. « Rectification : cellule C-16. Vérifiez la cellule C-16. » clama t-il en continuant son bonhomme de chemin. Il y avait extrêmement peu de chances pour qu'ils tombent sur un autre drell. S'ils étaient intelligents et qu'il n'y avait pas un contre-ordre derrière, ils iraient vérifier les deux. L'agent aura au moins vaguement tenté de reculer l'échéance. On ne savait jamais. Et puis, dans tous les cas, il fallait se reconcentrer.

    Moins d'une minute plus tard, il put percevoir les vagues paroles de quelqu'un. En se rapprochant de la cible, il vit se dessiner une silhouette. Plusieurs silhouettes. Trois pour être précis. « Non mais c'est qui le con qui a donné le mauvais emplacement ? Si je mets la main dessus... » héla t-on du côté des gardes. Ah. C'était l'heure d'aller demander son chemin. « Hé !. » cria Ataan. Les regards se tournèrent vers lui. Machinalement, les canons aussi. L'immense "soleil bleu" débarquait et éveillait quelques soupçons... Soupçons qui furent amoindris lorsqu'ils aperçurent les ornements qui recouvraient son plastron. « Il parait que le Général me cherche. »

    On le regardait bizarrement. Celui qui avait parlé un peu plus tôt était sans nul doute le plus gradé. « C'est toi, Ataan ? » fit-il, penaud. Avant d'enchainer. Question rhétorique, en sommes. « Ouais ben il te cherche et il a pas l'air content. Tu f'rais bien de te grouiller. » Il haussa les épaules. « Négatif à la C-16. Elle n'existe pas, en fait... » Le capitaine s'énerva, marmonnant des insultes en butarien. Sûrement. « Bah ouais, ducon. Retournez à la C-13 ! » beugla t-il avant de lancer un regard noir à Ataan, qui n'avait pas bougé. « T'es encore là toi ? »

    Pour le coup, il allait falloir être très convaincant. Heureusement, il n'avait pas l'air d'être tombé sur le plus futé de tous. Un chef qui correspondait à son équipe, à priori. « Disons que j'ai été affecté il y a peu de temps et j'ignore où... » « Ouais, ouais, du coup tu veux que je te prenne par la main ? » Le butarien soupira. « Bon, viens, ils m'font tous chier ici. » C'était vraiment une calamité. Pas le genre de recrue qui aurait fini ici. Les Soleils Bleus n'étaient plus ce qu'ils étaient.



    Bureau du Général Gravonheart


    Le Capitaine Danthrax - oui, il portait un nom assez défavorable - avait profité de la balade en ascenseur pour raconter sa vie, ses émois et ses déboires. Autant de choses inintéressantes. Ils avaient ensuite longé un couloir, saluant plusieurs gardes au passage. Et au bout de quelques tours en rond, ils avaient franchis l'entrée d'un nouveau couloir. Dix mètres plus tard, ils tournaient à gauche. Et dès lors, Ataan savait qu'il n'était pas loin de revoir son successeur pour la seconde fois. « Attends là. » lui ordonna Danthrax. Calmement, on ne pouvait que lui obéir. On en profita pour regarder les alentours. Il était tard, les soldats faisaient leur ronde mais les bureaux semblaient inoccupés. Silencieux, tout du moins. Alors, il n'avait plus qu'à attendre que Gravonheart l'invite...

    Il inspira un bon coup. Son scalpel était bien dissimulé le long de sa main, son fusil d'assaut rangé. Évidemment, il n'avait plus qu'à prier pour que Krelek réussisse sa part, auquel cas... il devrait continuer seul. Et d'autant plus faible.




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MessageSujet: Re: [Intrigue #Prologue] ж Crépuscule ж   Ven 22 Aoû 2014, 02:57
Crépuscule
"...Lorsqu'un cœur devient important..."

Dakel City - Rakhana, Janvier 2186

- Ce que tu peux être coincé des fois !

Dalka était en face de moi, les bras croisés, son visage affichant une moue rechignée  qui lui était propre et qui pouvait m'ensorceler parfois. Or, en ce moment, c'était plutôt de l'exaspération que je ressentais face à ses expressions faciales. Une heure qu'elle m'ennuyait avec cette soudaine idée farfelue qui lui avait traversé l'esprit et persistait à la pousser vers la bêtise ! Une heure que je m'évertuais à lui faire comprendre qu'il était hors de question de sortir du campement pour aller observer l'ancien musée de la ville ! Une chose était sûre, il n'y avait pas plus têtu dans le clan. Et puis d'où venait donc cette envie soudaine d'explorer des ruines qui ne contenait probablement plus rien d'intéressant ? Cela faisait un siècle que notre espèce s'était effondrée, un siècle que l'Exode avait eu lieu. Nos cités, notre culture, notre planète entière avaient été réduits à l'état de ruines. Nous avions beau être dans notre quatorzième année de vie, les belles gens n'existaient plus ; il n'y avait plus de place pour la naïveté et l'innocence. Nous étions nés dans la guerre et nous vivions dans la guerre. Nous n'avions pas le temps de nous perdre à explorer les vestiges de notre civilisation ou se prêter au jeu. Mais il semblait que Dalka n'eût que faire de tout cela. Sa passion pour la vie me fascinait et elle ne semblait pas avoir de limite. Malgré notre situation, malgré les horreurs auxquelles nous assistions, elle restait une personne qui voyait la joie là où certains ne verraient que du vide. Naïve, on la qualifiait, infantile, d'autres disaient. Mais pour la connaître mieux que personne, je savais que cela était loin de la vérité. Elle avait simplement une grande imagination, trouvait le réconfort en s'inventant des histoires, rêvassait en jouant avec des cailloux paraissant à première vue banals. Elle vivait d'espoir et de positivisme et elle était celle qui me faisait avancer. Lors d'escarmouches, elle concentrait toute cette énergie et se battait avec une férocité animale et ne laissait aucune chance à ses adversaires, sortant ainsi toujours vainqueur de ses combats.

« Tu ne comptes pas laisser tomber, hein ? », demandai-je, las de cette dispute. Le signe négatif du mouvement de sa tête me fit lâcher un soupir. Dans ce genre de situation, parler à un mur n'était pas en soi tellement différent. Et se montrer aussi inflexible qu'elle résulterait inévitablement en une période de hiatus, où la jeune Drell m'ignorerait, me boudant purement et simplement. Autant ne pas prendre le risque, sachant qu'elle pouvait être une véritable peste lorsqu'elle était vexée. Nous allions bientôt être fiancés, comme d'autres de nos compères, et ce pour assurer la survie du clan, le tout indépendamment de notre jeune âge. Nous disputer n'était vraiment pas ce dont nous avions besoin en ce moment. Mais la vérité était que j'avais peur. Je craignais ce qui se trouvait de l'autre côté des murs de notre bastion et je ne voulais pas que Dalka se mette en danger pour satisfaire sa curiosité et ses petites fantaisies. Il y avait des Rôdeurs, des prédateurs affamés et les bâtiments de la ville en eux-mêmes - dont le temps rongeait les structures internes, les fragilisant petit à petit -, qui représentaient un danger mortel. Alors pourquoi prendre le risque de visiter les ruines d'un musée qui avait été depuis longtemps dépouillé de ses possessions ? Qu'espérait-elle y trouver ? Et encore fallait-il que les intérieurs du complexe de se soient pas effondrés sur eux-mêmes ! Mais le temps des questions était révolu ; elle voulait une réponse et j'allais lui en donner une.

- Très bien...! finis-je par dire, exaspéré. Mais j'exige que l'on revienne avant le crépuscule !

***

Reaperswatch, infirmerie, 00:19

Le trajet jusqu'à l'infirmerie se fit sans encombre. De toute évidence, Ataan avait quelque peu zoné le terrain pour trouver des repères. Je l'avais suivi silencieusement, ne répondant pas à sa provocation, lorsqu'il m'avait répondu avoir retenu ses coups contre moi. En trois mois, j'avais appris à connaître le personnage et je savais qu'il était inutile de se lancer dans ce genre de débat avec lui. Il tenait toujours à avoir le dernier mot. C'était une personne fière et n'ayant pas une basse estime de lui-même. Il était sûr de lui et n'hésitait pas. Froid et calculateur, il était tout désigné pour la mission que le Courtier de l'Ombre nous avait confiée. A deux contre une armée de mercenaires, il fallait une parfaite maîtrise de soi et un sang-froid implacable. Et puis nous n'avions pas toute la nuit, il n'y avait pas de place au doute. Il fallait agir, et vite. L'imposant homme n'avait d'ailleurs pas perdu son temps et semblait avoir un plan. Ce n'était en effet pas par hasard qu'il nous avait dirigés vers l'infirmerie, car celui-ci, une fois dans la pièce, se jeta sur les tiroirs et placards de la salle, décidément à la recherche de quelque chose. Un Butarien reposait sur un lit, Ataan m'assura qu'il n'était pas une source de danger. En attendant que mon collègue trouvât ce qu'il convoitait, j'analysais les lieux, plus par réflexe que par besoin. Il n'y avait qu'une caméra de surveillance et celle-ci souffrait d'un grand nombre de points morts. Autrement, nous nous trouvions dans une infirmerie conventionnelle et n'ayant rien sortant de l'ordinaire.

Puis Ataan se retourna face à moi, un scalpel dans la main. A l'intérieur de mon casque, je haussai un sourcil. Pourquoi diable voudrait-il un tel outil ? Mais je me gardai de lui poser la question. S'il avait voulu cet objet en particulier, c'est qu'il avait un plan précis, qui nécessitait la lame. C'est donc tout naturellement que je lui demandais quelle allait être notre course d'action. L'Humain m'expliqua donc que l'émeute ayant été un échec, il nous fallait faire face à certains problèmes. Premièrement, mon escapade n'allait pas rester indéfiniment ignorée ; des hommes allaient me chercher. Deuxièmement, il nous fallait trouver l'emplacement du cœur de Moissonneur, et les laboratoires du complexe des Soleils Bleus étaient tout désignés pour nous apporter la réponse. Et finalement, le chef du groupement allait être un problème pour nous deux. Ainsi, suivant le plan de mon collègue, j'allais devoir m'occuper de fouiller le centre de recherches des mercenaires, pendant qu'il s'occuperait de "couper la tête de l'hydre". Un plan intéressant, mais se basant clairement sur l'improvisation plus qu'autre chose. Je ne savais d'ailleurs pas comment procéder et demandai des précisions, ce à quoi Ataan me répondit de me montrer créatif. En somme, je devais me débrouiller. Avant de partir, il précisa que la pièce était remplie de médigel, puis il disparut. Je soupirai et me dirigeai vers un des points morts de la caméra de surveillance. A l'abri des regards, je retirai mon casque et, ouvrant un tiroir d'une commode, pris un peu de médigel, que j'appliquai sur mon visage endoloris. Le contact du liquide visqueux et froid contre mes écailles me fit frissonner, mais ce fut extrêmement agréable. Je laissai le produit commencer à faire effet, puis remis délicatement mon casque, renfermant à nouveau mon crâne dans son inconfortable cage.

Enfin, je quittai l'infirmerie et me lançai dans les couloirs du complexe, suivant les panneaux ornant les murs pour me diriger vers les laboratoires de la base. Je n'avais pas envie d'y aller. Le temps que j'avais passé dans le rôle de prisonnier m'avait fait savoir qu'on y amenait des détenus... et qu'ils ne revenaient jamais. On parlait d'une scientifique folle qui expérimentait sur des cobayes vivants et leur faisant subir d'atroces souffrances. Quoiqu'il pût s'y trouver, cela n'avait rien de bon, d'autant plus que les lieux devaient être hautement surveillés. Mais vu l'heure et l'endroit où nous étions, perdu dans l'espace, cela devait s'agir surtout de caméras de surveillance, chose dont je pouvais m'occuper. Mais en cas de mercenaires... il m'allait falloir improviser. J'en croisai d'ailleurs deux, en chemin. Ceux-ci semblaient de diriger vers les cellules. Avait-on déjà remarqué la disparition du garde ? Me je restai de marbre et les saluai d'un hochement de la tête lorsqu'ils en firent de même. J'arrivai donc tranquillement, feignant la routine, devant les portes du laboratoire. Je pris une inspiration, regardai autours de moi, puis fit ouvrir les panneaux métalliques pour accéder au centre de recherche. Je haïssais mon manque de discrétion. Mais sans mon armure et mon armement spécialisé, je ne pouvais rien faire ; mon équipement de Soleil Bleu était une entrave et j'étais dans la tanière du loup, dans la peau de l'agneau...

***

Dakel City - Rakhana, Janvier 2186

Les ruines du musée avaient quelque chose d'envoûtant, de mystique. J'avais imaginé que nous allions faire face à des tas de décombres sans intérêt, des ruines dépouillés, mais la réalité était tout autre. Dans les faits, les lieux étaient relativement bien conservés, bien que certaines parties du plafond reposassent à présent au sol, et la guerre n'avait pas arrachés les trésors que ces murs protégeaient. C'était à croire que la guerre mondiale que nous avions connu n'avait eu pour cible uniquement les ressources de la planète, comme si les Drells s'étaient totalement désintéressé de l'art et de leur histoire, devenant des brutes affamées et ne désirant que dépouiller ses voisins de leur nourriture. De son côté, Dalka était rayonnante et c'est avec sourire sarcastique et plein de fierté qu'elle me dit :

- Alors ? Toujours aussi pourri ? Faut être moins parano, Krelek...!

Je ne répondis que d'un grognement, peu désireux de donner raison à l'adolescente. A la place, je commençai à m'enfoncer dans ce qui dût être le hall d'entrée du musée. La réception était toujours intacte et un énorme squelette d'une créature oubliée de nos connaissances reposait derrière, trônant sur un socle le mettant bien en vue des arrivants. En explorant les lieux, nous explorâmes les différentes zones du bâtiment, nous émerveillant des trésors oubliés de notre planète et culture. La visite tenait presque du rêve et Dalka était de toute évidence aux anges. La méfiance avait fait place à la joie et j'avais fini par ranger mon sabre pour joindre mon amie dans un jeu de cache-cache, chose que nous ne pouvions pratiquement jamais faire. Pour la première fois de ma vie, je me sentais vivant et je découvris les joies de la paix. J'avais l'impression d'être un enfant à nouveau et je riais bêtement, courant dans les couloirs du musée avec Dalka et oubliant pratiquement l'existence du monde extérieur.

Mais la réalité me revint violemment, comme un démon qui me poursuivait sans relâche. Alors que j'avais trouvé une pièce en ruine offrant de bonnes cachettes pour me dissimuler de la Drell, j'entendis des bruits de pas et des voix. Paniqué, je compris que nous avions dû faire trop de bruit et avions attiré des Rôdeurs, ou peut-être pire : des membres d'un clan adverse ! Je n'eus pas le loisir de savoir, car lorsque je me retournai pour m'échapper, je reçus un coup violent au visage et tout devint noir, perdant connaissance...









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MessageSujet: Re: [Intrigue #Prologue] ж Crépuscule ж   Ven 22 Aoû 2014, 14:38







Docteur Halazzi a écrit:

Le Projet Réacteur est l'accomplissement de toute une vie, général. Transcender les barrières génétiques, améliorer l'ADN, transformer un potentiel en réalité. Vous n'imaginez pas le pouvoir que renferme ces cœurs que nous miniaturisons pour nos expériences. De véritables bibliothèques de pouvoirs divers et variés.

Nos premiers tests font état de réactions différentes selon les espèces. L'espérance de vie ne dépasse pas à l'heure actuelle le mois pour les meilleurs sujets d'expérience. Dans tous les cas les sujets subissent une mutation physique dû a l'implantation qui semble créer des excroissances, plus ou moins similaires à ce que nous avons pu voir pendant la guerre. Les excroissances sont le plus souvent d'ordre militaire, comme un code génétique soigneusement étudié pour transformer dans ce but précis.

L'on a également perçu que les hôtes émettent des ondes bêta que nous pouvons capter. L'éventualité donc d'un dialogue par émission radio est possible, mais pas encore au stade du prototype.



***

Reaperswatch, puits d'atterrissage. 00:25

Le puits d'atterrissage faisait partie de ces zones qu'on ne comprenait guère comment il avait été façonné ou encore construit, il pouvait accueillir une frégate en son sein, pour peu que son timonier soit agile, et un certain nombre de navettes. Des petits hangars étaient disposés autour de ce puits afin d'y ranger les navettes inutilisées ou encore pour stocker des fournitures ou marchandises prévues pour export. Ce puits faisait partie des anciennes structures de l'ex base de Cerberus pour le Projet Firewalker, et en avait extrait, selon les données de l'Alliance, un artefact Prothéen, par le commandant Shepard lui-même, ne manquant pas dans la même occasion de tenter de détruire l'endroit en partant. Cependant, le commandant lui-même était loin de deviner l'étendue de la base et surtout sa résistance. La base ayant été construite à l'intérieur d'une énorme colline sur la surface lunaire, il était difficile de répertorier complètement le dédale de couloirs et de pièces qui avaient été creusées. Les Soleils Bleus, en reprenant l'endroit, ont en premier lieu récupéré toutes les fournitures que Cerberus avait tenté de planquer pendant la Grande Guerre, avant de remettre en marche les mines d'extraction de palladium et d'iridium. Ces mines leur permirent de commencer à recevoir de nouvelles recettes, avec lesquels ils ont pu finalement construire le centre pénitencier, réparti en cinq blocs. Chaque bloc pouvant accueillir jusqu'à quatre-vingt personnes, cumulant donc le centre pénitencier à 400 personnes maximum.

Pour gérer un tel flux de prisonniers, il fallait la main d’œuvre nécessaire, ce pourquoi les Soleils Bleus reçurent de nouveaux dons, venus de nulle part, avec un cahier des charges précis. Du moment qu'on les payaient, les soleils bleus et leurs dirigeants n'en avaient que faire de ce qu'il se passait dans la base.

« Docteur, il est temps de monter maintenant. », pressa Mira qui faisait face maintenant à la porte d'entrée du Typhon, une petite frégate aux couleurs des soleils bleus. Apparemment surarmée, elle avait sûrement du sacrifier la résistance de sa coque à la puissance de ses canons. La dite frégate avait cependant été compensée en de meilleurs boucliers pour pallier a cette faiblesse structurelle qu'imposaient ces lourds canons. Elle était sans doute le fleuron de la flottille de Reaperswatch. Le Typhon n'utilisa en réalité ses canons qu'à une seule occasion, quand ce fut une frégate brigande qui s'aventura dans le cimetière. Autant dire qu'elle ne fit pas long feu pour venir s'ajouter aux épaves gisant dans le cimetière.

« Oui, oui Mira, je suis là. Allons allons, ne perdons pas davantage de temps. », fit une galarienne d'un pas pressé en un habit mêlant la protection d'une armure et la praticité d'une tenue de laborantin. Elle pénétra le seuil de la frégate, suivie par Mira. Elles empruntèrent un ascenseur, dépassèrent le pont pour aller au poste de pilotage, qui était plus grand que d'habitude, pour y recevoir une sorte d'espace de commandement. La Docteur Halazzi et Mira s'assirent donc dans cet espace privilégié. Le pilote lui était concentré dans ses manœuvres de décollage, le puits obligeant toute manœuvre d'être très précise. La Docteur ne se fit pas prier et activa son omnitech, révélant en holographie une représentation en trois dimensions d'une sorte de sphère dont les détails n'étaient pas perceptibles en holographie. Cependant, quelques données figuraient autour.

« Vous dites qu'ils l'ont découvert au sein de l'Observatoire ? »
« Oui. L'épave semblait être inutilisable quand l'Observatoire y a été installé. C'est en voulant améliorer la gravité artificielle de l'endroit que certains endroits nous ont été révélés, dont la partie centrale de l'épave. »
Le Docteur Vayaa Halazzi Impare, de son nom complet, semblait presque jubiler. Les conclusions des dires de Mira étaient telles qu'elles semblaient animer Vayaa d'une vivacité d'esprit encore pis que d'habitude chez ces hommes-reptiles. La nouvelle découverte semblait lui ouvrir de nouveaux horizons dans le cadre de ses projets actuels.
« Attendez avant de sabrer le champagne, vous n'avez pas même encore vu le cœur. » Vayaa ne sembla pas comprendre ce qu'elle voulait dire par là étant donné l'expression humaine, mais elle s'en ficha bien. Son attention était toute vouée à ce cœur, si bien qu'elle aurait aimé pouvoir le toucher via l'hologramme. Cette excitation était palpable à chaque fois qu'elle percevait un nouveau cœur de moissonneur et ce depuis le premier extrait qui donna lieu au Projet Réacteur. L'excitation était cependant la même à chaque fois, car à chaque fois, elle approchait davantage du but.

Mira et Vayaa sentirent la frégate faire hurler ses moteurs et s'envoler petit à petit avec de petites secousses verticales résultant du calcul de l'ordinateur afin d'éviter de rentrer en contact avec les parois qui faisaient le puits. Peu de temps après, la frégate atteignit la surface et activa le SLM en direction de l'observatoire.

De nouveau, les trente prochaines minutes seraient les plus longues du docteur Halazzi.


***

Reaperswatch, Bureaux, Bureau du Général Gravonheart. 0:23

Jim Gravonheart était un homme occupé et d'importance sur la base. Il avait la main mise sur toute la base : service pénitencier, service d'extraction minier, plateforme commerciale d'export, service d'équipage, gestion des laboratoires et des laborantins. Certaines personnes géraient ces services ou zones, cependant, Jim se devait d'avoir un œil sur tout. Mira se chargeait vraisemblablement de la base pénitencière, le docteur Halazzi des laboratoires et des laborantins, d'autres têtes inconnues géraient les autres services. Jim Gravonheart s'insinuait généralement dans les affaires du labos et l'export des marchandises afin d'assurer le contrôle des ressources de la base. Malgré son statut de général Soleils Bleus et ses gentilles plaques d'épaules étoilées d'or, il avait des comptes à rendre.

Il était assit confortablement sur un fauteuil qui faisait face à un bureau en forme de boomerang blanc immaculé. Le sol aussi était comme un miroir blanc nettoyé régulièrement par un service robotisé. Le tout se voulait niquel, pour refléter une image professionnelle et soignée. La décoration immaculée n'était véritablement visible que dans les bureaux et les labos et quelques blocs qui avaient été remis à neufs récemment. La base ne datait pas d'hier et son but n'était clairement pas d'être esthétique à l'époque. Jim avait cependant insisté pour asseoir une certaine image de Reaperswatch, car elle avait pour but de demeurer longtemps en fonctionnement afin d'assurer son utilité première : la surveillance du cimetière.

Face au général, une image holographique bleutée était visible sur la surface blanche du bureau, sur un petit socle qui diffusait la lumière afin de refléter un homme. Un turien, en vérité. Il se tenait d'une droite posture et affichait un visage sérieux, ridé et tourmenté par des années de labeur, ou de combat. L'on put presque dire de ce turien qu'il était fier dans sa prestance.
« Le Projet Réacteur avance a grand pas. Les tests ont déjà commencé et affichent une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c'est que la miniaturisation que nous en faisons conserve encore les pouvoirs originaux, à tel point que les sujets en subissent presque la puissance. » L'hologramme du turien s'autorisa un sourire, qui en disait long sur ses intentions. « La mauvaise, c'est que nous n'arrivons justement pas à en contenir suffisamment les pulsions. Les sujets de tests subissent des mutations violentes, semblables aux husks ou aux autres immondices affrontés pendant la guerre. Le docteur Halazzi pense pouvoir aussi contrôler les sujets complètement transformés, sur le même principe que les moissonneurs contrôlaient leurs troupes. »

Un bip sonore averti le général que quelqu'un attends pour entrer dans son bureau. Sans même jeter un œil au petit terminal qui lui permet de voir qui est de l'autre côté, il appuya sur le bouton indiquant à ses visiteurs d'attendre.

« A-t-elle donné un délai ? »
« La découverte récente du cœur de Harbinger raccourcira le temps nécessaire à la stabilisation. Elle table sur deux à trois semaines. Elle a signalé aussi que certaines des... modifications physiques ne pourraient être complètement supprimées. »
« Je suis prêt à courir le risque. D'autres ennemis guettent dans l'ombre, il faut parfois rompre l'éthique pour asseoir une victoire assurée. »
« Seamus. Je sais très bien que l'Ordre a essuyé un revers important, mais en venir à ça ? C'est de la folie ! »
« L'Ordre de l'Accompli est là pour se salir les mains quand les autres ne le peuvent ou ne le veulent pas. Si je dois être le porte étendard de la solution, ainsi soit-il. Le Projet Réacteur ne concerne que moi, mais les possibilités offertes par ces cœurs de moissonneurs sont bien plus vastes. Il y a là de quoi offrir de nouvelles technologies à la galaxie. J'attends vos rapports concernant l'avancée. Seamus, terminé. »

L'apparition holographique disparu dans un nuage de pixels en trois dimensions. Jim soupira d'une longue expiration de lassitude. Il se rappela alors que quelqu'un patientait, et malgré l'heure, il espéra que ce ne soit pas une mauvaise surprise. Le boulot reste le boulot, néanmoins. Il appuya sur un autre bouton d'un dispositif haptique terminal qui fit s'ouvrir la porte coulissante. Le lock énergétique rouge se mouva en vers et la porte fit apparaître un chef d'équipe, accompagné par une silhouette colossale en armure. Jim sut directement qui ils étaient, mais il n'avait pas remarqué quelques heures plus tôt la véritable silhouette d'Ataan. Sa taille, sa corpulence, son armure. Il semblait bien plus impressionnant que tout à l'heure. Il ne fut guère surpris de le voir là, il en avait fait la demande après tout.
« Où est le drell ? », lança-t-il a Danthrax.
« On ne l'a pas encore trouvé. »
« Alors que fous-tu là encore ?! », cria-t-il, le butarien refaisant le chemin inverse en courant.

Il y avait deux gardes qui patrouillaient devant le bureau de Gravonheart. Ils faisaient littéralement le planton et veillaient à la sécurité de leur patron. Évidemment, porte fermée, ils ne pourraient intervenir à temps pour protéger leur chef. C'est pourquoi Jim prit la précaution de laisser cette dernière ouverte. De toute façon, à cette heure-ci, les déplacements dans les bureaux sont quasi inexistants à part pour ramener de la racaille telle Ataan. Les gardes demeuraient de part et d'autre de la porte afin de ne pas voir cependant ce qu'il se passait tout en pouvant entendre.
Jim se leva et fit face à l'énorme armure, qui de visu lui semblait faire deux bons mètres.
« Ataan. Trop peu de temps que tu es là, comme ce drell a priori, et tu me causes déjà des emmerdes. Pourquoi tu l'as tabassé tout à l'heure ? Bloc C certes, mais on ne traite pas comme ça ces damnés. Surtout quand on est de la chair fraîche. »
Ataan était resté à distance du bureau. Jim posa ses poings sur la table et fixa la grande armure.

« Pourquoi t'es là, Ataan ? Pourquoi le drell et toi, êtes là ? »

Un bip retentit à ce moment précis, son terminal, visible par Jim uniquement par l'inclinaison, lui indiqua un message retransmis par le Central : Prisonnier drell n°14D4 du Bloc C échappé. En uniforme SB. Protocole d'alarme silencieuse enclenché. E.I renforcé au niveau section.
Après un bref coup d’œil, il leva à nouveau les yeux sur Ataan, qui n'avait pas bougé.
« Apparemment ton copain drell a réussi a s'échapper. Que vais-je faire de toi ? »



***

Reaperswatch, Bloc C, Laboratoires, 00:25

Les laboratoires étaient censé être la zone la plus "secrète" de Reaperswatch. En soit, c'était vrai, de l'extérieur, personne ne connaissait l'existence de ces laboratoires d'études secrets implantés dans cette base des soleils bleus. En revanche, à l'intérieur, son existence est soupçonnée à défaut d'être devinée. Les signes ne trahissent pas : un bloc de sécurité renforcé construit à l'écart et en profondeur, des matériaux étranges dans des caisses scellées, des convois particuliers, des galariens à l'allure plus scientifique que militaire; et le docteur Vayaa Halazzi Impare, qui effraie davantage les gardiens de la base qu'autre chose. Évidemment, ce qu'il se passe à l'intérieur du laboratoire n'est connu que de ceux qui y rentrent; l'entrée nécessitant un badge d'accès spécial. A cette heure-ci, le laboratoire est quasiment vide, excepté la personne censé passer de temps en temps afin de surveiller l'évolution des sujets en observation. La personne désignée parmi l'équipe laborantine vient simplement prendre des relevés et se coucher ou patienter en attendant l'autre tour de passage, intervenant toutes les deux heures théoriquement. En fonction des personnes de surveillance, celles-ci préfèrent passer leur temps dans les labos plutôt que de tenter de dormir toutes les heures et demi.

Les grandes salles rassemblent les gros des tables de travail, des artefacts, des objets divers et étranges entreposés çà et là. Deux plus petites salles rassemblent les prototypes en attente de test ou encore des caisses de matériaux encore non utilisés. Quand Krelek ouvre les portes avec un badge magnétique d'un laborantin peut prévoyant, un couloir se présente face à lui et des petites lumières s'allument le long du couloir, faibles pour simuler le cycle jour/nuit. Après une quarantaine de mètres se trouve au loin une autre porte au bout du couloir, avec au dessus marqué Labo Un. De part et d'autre du couloir se trouve d'autres portes. Deux de chaque pour être précis, à gauche, indiqué Dépôts et matériaux Un et Deux, à droite, la première indiquant Labo Deux, et la deuxième indiquant Baie d'observation.

A ce moment-là, la première porte de droite s'ouvre, laissant apparaître un humain, pareillement habillé que le docteur Halazzi, a savoir une mi-armure mi-blouse de travail, non armé, tenant un datapad dans sa main. quand il voit le drell curieux et semblant chercher son chemin. L'humain s'arrête et lève le regard du dispositif électronique sur le nouveau venu. Blond, d'allure plutôt fine et portant des lunettes électroniques teintées qui ne laissaient pas apparaître ses yeux, il s'interroge :
« Tiens. Vous savez pourtant qu'il n'y a pas besoin de rondes ici. Comment êtes-vous rentré ? Mais. », il eût un temps d'arrêt. « Vous... vous êtes pucé. I-Il doit y avoir une erreur. Qui êtes-vous ? »


***

Reaperswatch, Bloc C, Aire 3, 00:25

L'élément d'intervention, trois hommes armés jusqu'au dents et prêts à l'action, arrivent en discrétion près de la dite cellule, afin d'éviter d'alarmer et d'exciter les prisonniers du bloc C durs a calmer. Ils constatent que la cellule est fermée mais non verrouillée, et qu'un corps, d'homme, et d'autant plus nu, git sur le lit qui sert de couchage aux damnés.
« Central ici E.I, on a un prisonnier évadé qui est habillé en uniforme. Je répète, on a un prisonnier évadé qui est habillé en uniforme. On se met en recherche au niveau -UN. Ascenseur niveau -UN sécurisé. »

Et il se remettent en chasse dans le bloc C et ses alentours...


***
BILAN MJ


* Krelek Aelos
> 98%
> Pucé.
> Sur le registre.
> Évasion remarquée, non repéré par Central.
> Central sait qu'il est en uniforme.

* Ataan
> 100%
> Implication fortement soupçonnée.

* Ensemble
> Mira et Halazzi M-30 avant d'atteindre l'Observatoire, le Typhon a décollé.
> L'assaut des vagabonds n'est pas encore lancée.
> Central a déclenché l'alarme silencieuse (contact radio pour chaque personnel concerné), afin d'éviter d'ameuter les prisonniers.
> Un corps découvert dans la cellule C-13.








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MessageSujet: Re: [Intrigue #Prologue] ж Crépuscule ж   Lun 25 Aoû 2014, 22:28









    2197 ■ Bellethium

    L'immense cuirassé parcourait l'un des tréfonds de la Galaxie, quelques jours après avoir causé la fin de l'insurrection d'Omega dans une irrémédiable souffrance. Et pendant que l'astéroïde comptait ses victimes et qu'Aria T'Loak reprenait, tant bien que mal, sa station d'une main de fer, les Soleils Bleus et leur figure de proue devaient faire basse mine. La plupart des vaisseaux composant la flotille étaient restés sur place, leurs réputations toujours à mi-chemin entre terroristes et protecteurs. Mais le Bellethium ne s'était pas avisé de demeurer près de ses subordonnés. Ses objectifs s'étaient dirigés vers d'autres horizons... Et légèrement préoccupé, le Général - qui sera toujours connu comme étant l'un des légendaires bourreaux des Terminus - descendait l'un des nombreux escaliers composées de nombreuses marches qui arpentaient les nombreuses salles du gigantesque édifice. Il était toutefois rare de le voir sortir de sa cabine et de la cage dans laquelle il avait l'habitude de s'enfermer, à quelques mètres de là. De temps en temps, il allait contrôler les timoniers et leur travail, s'informant au passage des éventuels déroutes que pouvaient connaître son admirable bombardier. Mais le croiser en dehors de ses fonctions habituelles étaient un luxe et une exception. Il allait sans dire qu'il ne bougeait pas sans bonne raison.

    En l'occurrence, il conversait assez peu avec ses hommes. Il était connu pour être à la fois proche de son armée et extrêmement distant. Il n'agissait pas comme un Général le voudrait. Il fallait dire que ce n'était pas la Hiérarchie Turienne ou l'Alliance Interstellaire. Il s'agissait d'un groupuscule moins impressionnant sur la papier et étant donné les conflits environnants, il ne plaçait que des agents de confiance là où il pouvait en mettre. Au sein même du Bellethium, il n'en avait que cinq. L'un d'eux le liait aux autres. Il s'agissait de son assistante personnelle, qui avait le droit à son grade pompeux. Le Lieutenant-Commandant Lindsay Bolton l'avait ainsi informé d'un problème relevant de sa compétence entre deux des autres agents de confiance qu'il avait avec lui. Il allait sans dire qu'il ne pouvait faire autrement que de se rendre compte de sa situation. Il descendait alors directement dans les "cachots" pour démêler cette histoire.

    « Vous n'avez pas votre mot à dire, Commandant ! Cessez de contester mes décisions. » entendit-il au loin. Les mains dans le dos, il enjamba une sorte de dos d'âne placé aléatoirement près de sa destination et arriva dans une petite pièce qui faisait office de contrôle. Là se tenaient un humain, taille et corpulence moyenne devant un turien bien amoché par le temps. Celui-ci était vêtu d'une armure de Soleils Bleus noircie, similaire à celle que portait le Général. Son interlocuteur portait, quant à lui, une armure des plus banales aux couleurs du même groupe de mercenaire... à l'exception près de la présence d'un signe N7 légèrement effacé. Varto les regarda l'un après l'autre. « Octavius ! Laisse-nous. » aboya t-il.

    Le turien se retourna. Ses yeux s'écarquillèrent. Il souffla, se contenta d'acquiescer et céda la place à son allié et - accessoirement - chef qui tenait à régler la situation par lui-même. Ce dernier se posta devant le Commandant et patientait, le temps que l'Amiral Octavius s'en aille par la petite porte. « Gravonheart. » fit-il, promptement. « Pouvez-vous, peut-être, m'expliquer ? » Son ton était suffisamment calme pour que l'autre ne s'offusque pas. Juste après avoir terminé un bref salut, il tenta de s'éclaircir la voix. « Nous avons mis la main sur le... traitre. » « Et bien ? Je croyais avoir été clair. Je vous ai donné l'ordre de le trouver et de le neutraliser. » Un léger silence s'empara de la conversation. « Je regrette, je ne peux pas. »



    2199 ■ Bureau du Général Gravonheart

    Il fallait se rendre à l'évidence : le plan original n'avait pas fonctionné. Ils avaient mis, relativement, trois mois à l'élaborer. Il était pourtant simple et par expérience, cela aurait dû fonctionner tel quel : provoquer l'ultime diversion, confronter les gardes aux prisonniers, déjouer les défenses et une fois cela fait, faire de la tête des lieux un exemple. Ce n'était pas aussi gore qu'il pouvait y paraître. Mais une fois que le chef était soumis, rares étaient les rebellions opportunes. La force d'Ataan et l'agilité de Krelek auraient inévitablement jouer en leur faveur. Mais le détail inoubliable était qu'ils ne seraient que deux contre une base de Soleils Bleus, quoiqu'il advienne. Et l'agent drell ignorait qu'Ataan savait, vraisemblablement, ce qu'il se déroulait réellement sur Reaperswatch. Il savait pertinemment que les prisonniers seraient soit inefficaces soit dociles. Il savait pertinemment qu'ils seraient en difficulté et qu'il faudrait... improviser afin que la suite des évènements se passent pour le mieux. Chose qui serait particulièrement délicate... Alors, une seule partie du plan était valable : dompter le dragon.

    Conscient d'avoir un rôle à jouer dans l'histoire, l'ex-Général se tenait devant son ex-subordonné. Et pour lui, c'était une première rencontre... Enfin si on comptait, une deuxième. Toutefois, l'armure connaissait Gravonheart. Il ne pouvait pas se vanter de l'avoir complètement formé, ni d'avoir été un leader d'exception pour lui. Par contre, il l'avait analysé, étudié et il lui avait confié plusieurs boulots qui avaient tous - ou presque - été accomplis avec brio. Il connaissait, par conséquent, l'homme d'action. Un homme capable de mener ses soldats au combat et d'en faire des vainqueurs mais qui avait inévitablement essuyé des pertes. Or, c'était un survivant. Et pour survivre, il fallait bien faire savoir preuve d'intelligence. Il n'était pas comme les autres. Il ne fonçait pas tête baissée dans des décisions hâtives. Il savait écouter et convaincre. De surcroît, Ataan savait qu'il ne négocierait pas avec le Général impitoyable que lui-même avait été autrefois...

    Pour cette raison, il décida d'ôter son casque. Sans répondre aux quelconques allégations de son actuel interlocuteur, qui le fixait d'un air bizarre, l'agent du Courtier se mit à retirer sa protection sans la moindre mauvaise intention. Jim se contenta de hausser un sourcil à cette suite. « Vous ne me connaissez sans doute pas. » argumenta Ataan. « Car je ne suis qu'un exécutant. Rien de plus. » expliqua t-il ensuite. Il choisissait soigneusement ce qu'il révélait. Avant de continuer, il tira la seule chaise qui s'était visiblement perdue devant le bureau du maitre des lieux. « Vous comprendrez que je ne peux révéler l'identité de mon commanditaire. En revanche, étant donné ma position, j'aurais éventuellement quelque chose à vous proposer. » « Parce que vous pensez que je serais intéressé ? » rétorqua t-on en face, avec un petit rictus. « Nous le saurons tous deux que si vous acceptez de m'écouter. Ceci étant dit, je suppose que vous préféreriez que ça reste discret... »

    Jim fronça les sourcils. Ils s'étaient compris. Le marchandage allait être très opportun et pouvait révéler quelques informations que de jeunes pousses ambitieux n'avaient besoin de savoir en détail. Constatant l'allure décontracte de l'homme qu'il avait en face, le Général soupira et se leva pour aller fermer cette porte qu'il avait peureusement laissé ouverte. « Faites un mouvement et je vous écorche vif. » s'indigna t-il, contraint d'accéder à la demande de son adversaire du moment. Satisfait, le faux mercenaire se contenta de s'asseoir, histoire d'apaiser les tentions. Il patienta, le temps que l'autre redevienne attentif. Jim ne daigna pas s'asseoir. Il croisait les bras, indécis. « Bien. » fit-on. « Voyez-vous, Général, mon employeur ne lésine pas sur les moyens. Krelek et moi ne sommes pas les seuls à avoir été engagé pour ce travail. Il se fout pas mal de savoir avec qui il traite. Il essayera de vous atteindre. » « Nous avons d'excellentes défenses. » garantissait le Soleil Bleu. « Mais vous serez incapables de riposter longtemps tant que vous ignorerez le nom de celui qui s'en prend à vous. »

    Devant ce sérieux évident, Gravonheart poussa de nouveau un petit rire. L'arrogance allait de paire avec le poste. « Tôt ou tard, ce nom fuitera. » « Peut-être... Quoique vous avez beau être puissants et discrets, plus le boucan sera fort ici, plus le Conseil l'entendra. Donc si vous pouviez opter pour une solution qui arrive plus tôt que tard... » enchaina t-on sans précédent. Un second soupire s'empara du Général. « Où voulez-vous en venir ? » s'énerva t-il.

    Son impatience et son impétuosité découlaient sans aucun doute des enseignements de Seamus. Ataan avait néanmoins atteint son but : piquer la curiosité. « Je suis disposé à vous donner cette information. En échange d'une autre information. » annonça t-il en se mettant à fixer son interlocuteur dans le blanc des yeux, afin de prouver sa sincérité dans le futur marché qui semblerait peut-être peu équitable... Il fallait être convainquant. « Révélez-moi tout sur les expériences que vous menez. Je parie qu'elles doivent être intéressantes au possible. Et je vous donnerai le nom de mon employeur. »




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MessageSujet: Re: [Intrigue #Prologue] ж Crépuscule ж   Mar 26 Aoû 2014, 20:52
Crépuscule
"...Lorsqu'un cœur devient important..."

L'entrée dans le laboratoire fut étonnamment facile ; pas de garde, un système de sécurité simple à déjouer, j'avais l'impression d'avoir affaire à des amateurs. La vérité était évidemment toute autre. Sans doute les Soleils Bleus s'estimaient-ils intouchables depuis leur base et n'avaient pas misé sur un système de surveillance adéquat. Sans doute également  la garde du cimetière des Moissonneurs coûtait déjà très cher en soi pour s'attarder sur d'autres détails. Cependant, je restais prudent et prêt à tuer si le besoin s'en faisait sentir ; dans en endroit pareil, il était hors de question de baisser ses gardes, d'autant plus que les apparences étaient bien trop souvent trompeuses. Ce qui pouvait à première vue se montrer simple au possible, pouvait se révéler par la suite être un véritable casse-tête. Quoi qu'il en fût, infiltration facile ou piège, j'entrai dans les lieux tel une mouche s'infiltre dans une chambre et découvris un laboratoire propre et rempli de matériel de qualité, le genre de luxe que seul de riches groupements pouvaient s'offrir. Il était d'ailleurs étrange que le gang ait réuni un tel équipement en ce complexe en particulier, le même qui était responsable de la surveillance du cimetière des Moissonneurs. Garder jalousement les carcasses géantes, empêchant même le Conseil d'y avoir accès, et installer un laboratoire garni d'outils de haute technologie juste à côté, cela était tout sauf une coïncidence. Les Soleils Bleus manigançaient quelque chose et cela ne s'annonçait pas comme étant une bonne chose, surtout lorsque les concernés disposent d'un accès privilégié à la technologie Moissonneur. Comptez en plus le fait qu'il s'agît d'un groupe mercenaire à la réputation controversée, et soyez sûr d'obtenir un résultat peu réjouissant. Quelque chose ne tournait pas rond ici et je comptais savoir quoi. J'espérai simplement ne pas tomber sur un complot galactique à la sauce Cerberus, avec des expériences défiant l'éthique et les lois de la nature pour créer des monstruosités basées sur la technologie des synthétiques géants.

Mais avant que je ne puisse faire quoi que ce soit, une porte à ma droite s'ouvrit et un laborantin quelque peu ordinaire entra dans la pièce où je me situais. Il s'agissait d'un Humain de taille moyenne et de corpulence fine, loin de celle d'un combattant ; une cible facile, en somme. Il était cependant trop tard pour se cacher, l'arrivant m'avait déjà vu et mon armure était trop gênante pour me permettre de faire ce qu'un Drell pouvait habituellement faire. J'allais devoir improviser, et vite. Malheureusement, ma voix étant ma faille. Physiquement, je pouvais facilement me faire passer pour un Humain, voire un Butarien ; deux races que l'on trouvait en majorité au sein des Soleils Bleus. Mais la voix de mon espèce étant particulière et grave, il était impossible de tromper qui que ce fût. Or, devant le désarroi du concerné, il me fallait répondre quelque chose. Je n'en eus pas l'opportunité. Alors que l'homme me demandait la raison de ma présence dans le laboratoire, il s'interrompit et, avec peur, fit remarquer que j'étais pucé. A cette dernière remarque, je fronçai les sourcils, clairement interloqué. Mais cela ne pouvait impliquer qu'une chose et elle n'était pas réjouissante. Les Soleils Bleus marquaient leurs prisonniers, ma couverture était donc de toute évidence grillée. Je ne possédais pas un panel de choix très large et le tout était même fortement contraignant. J'aurais pu tuer avec facilité le scientifique, ne représentant tout sauf une menace physique, mais mon instinct - qui, il fallait l'admettre, me faisait quelque peu défaut depuis le commencement de la mission - me criait, m'hurlais d'épargner le malheureux, m'implorant de trouver une solution plus intelligente. Mais que pouvais-je faire face à une telle situation ? J'étais un fugitif, on allait très certainement trouver le cadavre de ma première victime dans un laps de temps proche du moment présent, j'étais pucé, ce qui indiquait que l'on pouvait me retrouver facilement et, pis encore, on venait de me démasquer. Le meurtre me semblait être ma seule solution. Mais cela n'allait pas arranger mes affaires, seulement me faire gagner un peu de temps, mais pas suffisamment pour mener la mission à bien. Non, il me fallait trouver une alternative. Je me trouvais dans un laboratoire, face à un homme effrayé qui n'avait aucun moyen de s'enfuir, mais qui savait faire usage du matériel nous entourant.

Une idée émergea alors soudainement dans mon esprit, tel un morceau de bois remonte à la surface de l'eau lorsqu'il est trainé au fond du bac, une idée terrible, mais qui pouvait fonctionner. C'était une entreprise risquée, mais cela valait la peine d'essayer. Si en revanche le plan se montrait être un échec, le laborantin était suffisamment proche pour que je puisse le faire taire et l'empêcher de fuir. Il était coincé avec moi et n'avait nulle part où aller. Au moindre faux geste, il était un homme mort ; j'avais beau porter une armure lourde, j'en gardai encore ma rapidité, largement supérieure à celle des Humains. Mais avant d'envisager de mettre fin à la vie de la personne, il me fallait d'abord mettre en œuvre ma pensée, qui consistait bêtement à corrompre le scientifique. L'argent, ce concept qui pervertissait toute espèce depuis sa création, commune à tout peuple évolué. Elle faisait la force de certains, mais pouvait représenter la faiblesse d'autres. J'étais en face d'une personne travaillant pour les Soleils Bleus, qui étaient tout sauf un groupe honorable. C'était un gang de mercenaires aux activités parfaitement illégales ; ses membres étaient par conséquence pour la majeure partie des criminels, ou en tout cas des personnes pas très clean. Chez ces spécimens, l'appât du gain était une faim insatiable qui avait sur eux le même effet qu'une lampe pour les insectes nocturnes. Scientifique ou militaire, qui trempait dans le bain du crime ne pouvait être une personne de vertu. Mais outre la promesse d'un butin généreux, il me fallait également exercer une légère pression pour pousser ma victime à accepter la proposition, une motivation pour convaincre qu'il s'agissait là du meilleur choix possible, une menace imperceptible - mais bien présente - sous-jacente aux belles paroles qui l'accompagneraient, telle une ombre pesante, mais dont la source est inconnue. Il s'agissait là d'un pur coup de poker, mais il fallait bien tenter le coup, car le scientifique représentait une opportunité en or de me débarrasser de mes soucis. Je pris donc la parole, m'éclaircissant la gorge et choisissant avec précaution chaque mot que j'allais utiliser.

- Pas de panique, je ne suis pas là pour causer des ennuis - à moins que vous m'y poussiez -, commençai-je, levant les mains - vides - pour indiquer mon désir de discuter de manière pacifique. Discutons simplement, en deux personnes civilisées, sans tromperies, ni rien. Je suis pucé, oui, je suis donc un fugitif. Mais, avant que vous n'appeliez la sécurité, j'ai une offre  vous faire, aussi étrange cela puisse vous paraître. Vous pourrez la refuser ensuite, et me faire capturer, bien entendu. Au point où j'en suis, je n'ai pas vraiment d'autres solutions que de me rendre en cas de complications.

Pause. J'attendis une réaction de la part de l'Humain, qui, pour le coup, était réellement effrayé. Mais au bout de quelques secondes, celui-ci réussit à balbutier une réponse, qui se montra être positive. Cela me réjouit, mais la partie n'était pas encore gagnée.

- Si j'ai pu m'enfuir, c'est que j'ai eu les moyens de le faire, ce qui implique également que j'ai été mis volontairement dans une cellule de cette base en particulier, repris-je. Vous comprendrez donc que l'instance que je représente n'est pas une petite entreprise ; nous avons les moyens de nous infiltrer là où nous le désirons, passer outre les barrières invisibles que certains se forgent en les pensant infranchissables. Mes employeurs ne désirent cependant pas d'effusions de sang. Mais croyez-moi sur parole, si la manière "douce" ne fonctionne pas, ils déploieront des moyens biens plus drastiques pour parvenir à leurs fins, et vous ne voulez pas que les choses en viennent à là, surtout qu'ils disposent des moyens pour cela.

Encore une courte pause, le temps de réfléchir à la suite et permettre au scientifique d'assimiler les informations que je lui confiais.

- Mon offre est simple ! continuai-je. Je vous offre l'opportunité de m'aider et en échange, je vous promets que vous serez généreusement récompensé. Par la suite, vous pourrez reprendre votre vie et votre travail paisiblement, en profitant de votre butin de la manière qui vous convient le mieux. Pas de morts inutiles, la base sera toujours là, les Soleils Bleus toujours en contrôle du cimetière et vous sortirez gagnant de l'affaire. Tout ce qu'il vous faut faire est me débarrasser de cette puce, me donner quelques informations, et m'aider à parvenir à mon objectif, si possible. Simple, n'est-ce pas ? Vous êtes quelqu'un d'intelligent, assurément, je suis certain que vous ferez le bon choix. Dans le cas contraire... Eh bien nous nous retrouverons très bientôt en enfer !

Tout avait été dit, je n'attendais plus que le laborantin prenne sa décision et je priai tous les dieux du panthéon Drell pour que le bougre acceptât mon offre. Tout pouvait tellement se simplifier si celui-ci se laissait tenter par la promesse d'une juteuse récompense ! Mais j'étais également prêt à bondir sur lui dans le cas opposé, cela n'allait simplement pas m'aider plus que je ne le voudrais.









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MessageSujet: Re: [Intrigue #Prologue] ж Crépuscule ж   Dim 31 Aoû 2014, 21:32







Mira a écrit:

Date du rapport : 17 Août 2199

Nombre de prisonniers actuels : 312

Répartition :
- Bloc A : 75
- Bloc B : 68
- Bloc D : 80
- Bloc E : 39

- Bloc C : 50 (dont 12 en étude)

Répartition des races :
- 99 humains
- 93 asaris
- 51 turiens
- 24 vorchas
- 3 krogans (sous sédatifs)
- 17 galariens
- 23 butariens
- 2 drells
- 1 volus

La situation est stable, nous sommes encore capable d'accueillir théoriquement 88 prisonniers, sous réserve du maintien du nombre d'ici là. La perte de prisonniers au Bloc C varie entre 10 et 30 détenus par mois.


***

Reaperswatch, Bureaux, Bureau du Général Gravonheart. 0:35

Le moins qu'on puisse dire c'est que Jim Gravonheart, du haut de ses plaques d'épaules étoilées, de son armure personnalisée et de ses hauts postes dans les diverses organisations parallèles dans lesquelles il travaille, était surpris, si ce n'est curieux, vis à vis de Ataan. Clairement, les choses n'allaient pas comme d'habitude : cette nuit allait être particulièrement chiante. Déjà, il aurait Halazzi sur les bras en train de piailler vis à vis du coeur de Harbinger, dont il avait vraisemblablement rien à carrer; en plus de Mira qui, énervée par la docteur, viendrait passer ses nerfs sur la patience légendaire du général; et ceci sans compter un drell en fuite, et un mystérieux personnage venu ici dans un sombre but dont il n'avait absolument aucune idée. Ceci dit, jusqu'à présent, tout était en ordre.

Ataan se révélait être un personnage mandaté pour un rôle bien précis dans cette base, accompagné du drell, qu'il avait nommé "Krelek". Cela ne lui disait rien. Le mercenaire tentait de marchander des informations, un service contre un service. Le marché était tentant, bien que ça manquait cruellement de preuves mis à part ces deux personnes qui, à priori, savaient ce qu'elles faisaient. Il était désormais seul avec le mystérieux Ataan. Jim dut maintenant lutter entre suivre son instinct ou sa raison. Son instinct le poussait à la curiosité, quitte a révéler ces secrets bien gardés, tandis que sa raison l'incitait à se taire et a faire fi du bluff d'Ataan. Jim se laissa emporter par son instinct, bien que certains points le tracassait.
« Uniquement son nom me paraît faible, par rapport à ce que tu me demandes. Je peux te donner mes rapports, cependant ils se gardent bien de conserver le gros des détails pour eux. Je ne sers que de relais entre le laboratoire et ceux qui les gavent de crédits et de ressources. »

Le général, toujours debout, se déplaça dans la pièce jusqu'à une petite zone où se trouvait un projecteur holographique implanté dans le sol, permettant ainsi d'animer une grande zone en trois dimensions. Avec un petit boitier qu'il avait prit soin de prendre en se déplaçant, il l'activa, révélant un objet sphérique.
« Je te dis ce que c'est et ce qu'on fabrique avec, et je veux plus que simplement son nom. Je veux ses moyens, ses projets, et pourquoi il vous a envoyé ici, toi et le drell. »
« Mon offre n'est pas négociable. »

Sous cape, Jim se morigéna. Il avait au moins tenté d'en apprendre plus, peut-être Ataan serait-il plus loquace une fois les cœurs de moissonneurs expliqués. Au fond de lui, le général savait qu'il se faisait rouler, mais dans le pire des cas, il mettrait tout en œuvre pour qu'il pourrisse ici, vivant ou mort. Il se décida donc à parler, et, après un nouveau clic sur le boitier, de nouvelles données apparurent autour du cœur.
« Ceci... est un cœur de moissonneur. Nous en avons repêché une demi-douzaine dans le cimetière. Apparemment, d'après les binoclards qui nous servent de scientifiques, ces cœurs auraient survécu à l'énergie dégagée par le creuset et renfermeraient un potentiel énergétique phénoménal d'une façon inouïe jusqu'à présent. » L'animation holographique se décomposa, la sphère moissonneur, représentée taille réelle, se décala tandis qu'une autre, beaucoup plus petite, apparu à côté d'une silhouette de ce qui pourrait être un humain. la sphère miniature se déplaça vers la poitrine, au niveau du sternum et alors ce qui semblait être le réseau de vaisseaux sanguins de la silhouettes s'animèrent avec comme épicentre la petite sphère. « Après un temps nécessaire à la miniaturisation sans en perdre le potentiel, ils ont réussi a rendre possible la cohabitation du cœur énergétique avec un être vivant. Les résultats actuels sont très... probant, selon les rapports. »

Les rapports défilaient petit à petit afin de pouvoir être lus, en fonction de l'avancée de l'hologramme. Jim semblait être en réalité assez perturbé par ce qu'il voyait, malgré qu'il travaillait au mieux une façade impassible devant le mercenaire. « En fonction des races, l'énergie réagit différemment, faisant croître des excroissances particulières renforçant leur puissance. En l'état actuel des choses, la stabilisation est difficile au delà d'un ou deux mois, mais ils progressent vite. » Peut-être trop vite, s'inquiéta sous cape le général étoilé.

Après un nouveau clic où de nouvelles données apparaissaient pour corroborer avec les dires de Gravonheart, il se tourna vers Ataan. Il avait respecté sa part du marché, il espéra qu'il en ferait de même. Le boitier était aussi conçu pour alerter les gardes au cas où, évidemment. C'était peut-être une base théoriquement ultra sécurisée, mais Jim avait sa petite paranoïa depuis qu'il travaillait de façon plus personnelle au sein de la société militaire privée Soleils Bleus. Après avoir dévisagé le mercenaire, il dit :
« A ton tour, Ataan. »

***

Reaperswatch, Bloc C, Laboratoires, 00:35

« Vous êtes quelqu'un d'intelligent, assurément, je suis certain que vous ferez le bon choix. Dans le cas contraire... Eh bien nous nous retrouverons très bientôt en enfer ! »

Le laborantin était désormais plus en confiance vis à vis de lui-même, bien moins vis à vis de son interlocuteur. Cependant, une vérité éclatait dans son esprit de déductions logiques et de réflexions arithmétiques : il ne ferait pas le poids une seconde face à ce drell, espèce dont on connait la réputation de leurs assassins. Il se dit qu'il n'était pas là pour lui, sinon il serait déjà mort à moins qu'il ne voulusse lui extirper des informations avant de l'assassiner. Soit il s'était véritablement perdu comme un prisonnier tentant de s'échapper sans avoir la moindre idée ce qu'il se tramait... soit il était là pour le laboratoire. Étant donné le mal qu'il avait du se donner pour arriver ici, c'était sûrement l'hypothèse la plus fiable. Voilà qui ne renforçait pas le peu de confiance qu'il attribuait au drell en armure.

Le scientifique estima qu'il voulait gagner du temps, éviter que l'alarme ne soit donnée, éviter qu'il ne soit repéré. Cependant, entre sa vie ou les expériences réalisées ici... certes il y avait consacré beaucoup de temps et d'investissement personnel mais cela ne valait clairement pas le coup.
« Je n'ai guère le choix, à priori. Vous me tuerez sinon. Mais ce n'est pas l'argent qui nous motive, nous en avons a foison. Pourquoi devrais-je alors vous aider ? », fit-il, visiblement peu rassuré.

Le laborantin avait percuté sur un point dans le discours du drell pour l'amadouer. Il pensait qu'il était affilié aux Soleils Bleus et qu'il n'était intéressé que par les espèces sonnantes et trébuchantes ainsi que les comptes aux nombreux chiffres avant la virgule. C'était là une erreur cruciale du drell vis à vis de son analyse du scientifique de garde. Tant que Krelek n'arriverait pas à trouver de quoi convaincre l'humain, il devrait traiter différemment avec lui.
« Le sens moral peut-être ? Si vous en avez. Et puis ce n'est pas moi qui m'occuperai de vous tuer. Il y a des gens bien plus qualifié pour cela et ils sauront vous faire regretter votre décision. Enfin, à vous de voir. L'argent que vous "possédez" n'est pas le vôtre, il est celui de vos employeurs. Mon offre concerne bien quelque chose de matériel qui sera votre propriété. »

Le drell avait l'air terriblement confiant et pragmatique dans son discours. Le laborantin médita une fraction de seconde sur le "sens moral". Il eût soudainement une idée, qu'il préféra partager, qui ne tente rien n'a rien, après tout. Cette nuit allait définitivement être pleine de surprises, ou de terreurs...
« Et si... et si vous m'offriez la liberté ? Emmenez moi en partant ! Je partirais avec vous. Dans ce cas seulement je vous aiderais du mieux que je le peux, oui. », proposa-t-il au drell, une lueur d'espoir dans les yeux.

***BILAN MJ***


* Ensemble
> Il est 00:35 AM
> Mira et Halazzi arriveront dans 20 minutes à l'observatoire.
> Les Vagabonds n'ont pas encore attaqué.
> Alarme silencieuse activée (contact radio).
> L'élément d'intervention (renforcé en trois équipes de 8.), fouillent la base. Une équipe fouille le Bloc C et se dirigera bientôt vers l'infirmerie. Les deux autres sont dans les niveaux supérieurs.

* Krelek Aelos (laboratoires)
> 98%
> Pucé.
> Évasion remarquée; n'a pas été repéré, Central sait qu'il est en uniforme.
> A le choix entre offrir la liberté au laborantin ou non, ou le tuer.
> Identité confirmée : "Krelek"

* Ataan (bureau de Jim Gravonheart)
> 100%
> Implication confirmée.
> A le choix entre révéler l'implication du Courtier de l'Ombre ou non, ou bluff.
> Est au courant de la principale préoccupation des laboratoires.








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MessageSujet: Re: [Intrigue #Prologue] ж Crépuscule ж   Ven 05 Sep 2014, 03:27









    2199 ■ Bureau du Général Gravonheart

    Le casqué avait attentivement écouté le discours du Général, celui-ci ayant vaguement tenté de renégocier un marché qu'Ataan avait décidé de conclure seul. Il était, admettons, assez difficile en affaire. Il fallait dire qu'originellement, il avait toutes les caractéristiques du parfait tueur. Et de surcroît, cela faisait de lui une sorte de psychopathe. En affaire, plus on était froid et impitoyable, plus on pouvait être efficace. Évidemment, cela ne s'accordait que très mal avec le pouvoir. Car les businessmen doivent leur réputation au fait qu'ils veuillent garder un peu de pouvoir dans ce bas-monde... Un pouvoir caractérisé par l'argent. Mais donnez à ces gens une autorité et une influence au-delà de l'entendement... Et rien ne va plus.

    Pour cause, il fut un temps où Ataan avait cette autorité et cette influence. Un temps révolu mais qui s'était évidemment inséré petit à petit jusqu'à devenir omniprésent. Oui, il fallait avouer que diriger les Soleils Bleus lui... manquait. Il avait vécu de nombreuses expériences et celle de Général était la plus longue qu'il avait sur sa liste. Il avait été habitué à mener des projets et des batailles pour son mentor tout en faisant de ses mercenaires une force surprenante. Et aujourd'hui, il regardait l'un de ses anciens subordonnés mener la barque. Nul doute que James Gravonheart avait du potentiel. Sans ce potentiel, il ne serait jamais monté sur le Bellethium. Et il n'aurait probablement jamais autant gravit les échelons. Mais d'un autre côté, il demeurait trop inexpérimenté. Il n'avait pas la force qu'avait eu son prédécesseur. Et s'il pouvait faire preuve d'autant de pragmatisme que de dangerosité, il demeurait moins froid, moins impitoyable, moins calculateur. Il n'y avait qu'à voir son comportement et la forme qui l'enveloppait. Même après tout ce temps, il avait gardé son écusson N7. Par fierté ? Par arrogance ? Non. Pour rappel. Le rappel qu'il vouait sa vie à défendre la Galaxie. Un bien beau dessein qui n'était qu'illusoire.

    Il n'y avait qu'à voir sa mine pleine de désarroi lorsqu'il livrait à son interlocuteur toutes ces improbables informations sur les cœurs de Moissonneurs et les expériences menées sur ses prisonniers. Il faisait preuve de talent lorsqu'il s'agissait de lâcher ça comme si de rien n'était. Mais dans la réalité des faits, le ton de sa voix était tremblant et ses phrases à demi-mot horrifiée. Et horrifiante. Lui qui avait vécu dans le rêve de procurer à la communauté galactique une sérénité véritable, pensait-il sincèrement que cela était le meilleur moyen ? Même avec toute la bonne volonté de l'univers, de telles études démontraient un grand manque de discernement accouplé à une folie pure et dure. Un genre de lubie dont sa chère Galaxie se passerait bien. Ah, Gravonheart était un personnage étrange et imprévisible par moment. Mais il s'était perdu en chemin. Et c'est ce qui pouvait le rendre malléable.

    « A ton tour, Ataan. » avait-il conclut, l'air convaincu de son coup. Ayant bien écouté ses fabuleuses histoires accompagnées de ces intéressantes illustrations, Ataan s'était relevé suite à l'invitation relative qu'il avait relevé. « Bien sûr. Je tiens toujours promesse. » affirma t-il. L'ironie de cette phrase était palpable lorsqu'on savait ce qu'il allait sortir. Veillant bien à ne pas être trop brusque pour son adversaire, l'agent de Courtier croise les bras. « Je suis ici à cause de Seamus Diosys. » finit-il par prétendre.

    Les yeux de Jim s'ouvrirent comme jamais. Il voulut balbutier quelque chose mais pas une traite syllabe souhaita s'échapper. Bouche bée - c'était le cas de le dire - il fronça les sourcils. D'un certain point de vue, en face, on n'avait pas mentit. Le bluff commençait juste après. « Vous connaissez Seamus. Il préfère garder un œil sur ses investissements. » Jim fit quelques mouvements avec la tête. « Il m'aurait prévenu. » protesta ce dernier dans un souffle qui était venu lui redonner la parole un court instant. « Justement. Cela n'aurait fait que compromettre ma petite expérience. » rétorqua t-on, avant d'enchainer aussi sec. « Voyez-vous, il était quelque peu... inquiet, suite à sa dernière visite. Il m'a alors demandé de tester la sécurité. Et regardez où je suis. » Désappointé, l'ancien soldat d'élite acquiesça machinalement afin de connaître la suite.

    Lui tournant autour, Ataan fit mine de consulter l'endroit. Dans ses moindres recoins. Comme s'il devait l'analyser lui aussi. A l'intérieur, il était juste en train de réfléchir. Chaque phrase allait peser dans la balance. « Je suis dans votre bureau et je connais déjà de multiples façons de vous neutraliser tandis que vous me soupçonniez de comploter. Je vous ai même amené à me révéler des informations qui, logiquement, ne devraient jamais sortir d'ici. » expliqua t-on. « Et puis, j'ai réussi à entrer avec le premier drell venu sur le marché. Lui croit qu'il est venu pour dérober un objet de valeur. Toutefois, nous nous attendions à des installations hautement sécurisées et fiables. Or, il faut avouer que ce n'était pas très complexe de s'infiltrer. »

    Abasourdi, le Général se redressa afin de tenir droit et de faire face aux affronts de son invité surprise. Il fallait dire qu'il avait du mal à croire que Seamus ait pu envoyer un inconnu vérifier l'intégrité de la prison et des laboratoires... Bien que dans un sens, on pouvait aussi comprendre que prendre un visage connu de Gravonheart n'aurait pas été intelligent. Et le turien qui lui servait de supérieur était sans doute assez malicieux pour faire ce genre de coup. Mais perdu dans ses pensées, le Général laissait Ataan continuer. « Par contre, je dois reconnaître que l'entrée est nettement plus praticable que la sortie. Qui plus est, vos hommes ne sont pas des génies mais ils appliquent à la lettre des mouvements exemplaires. Presque exemplaires, en tout cas. Tout n'est donc pas à jeter. » tempérait-il. Il laissait un peu de leste au pauvre homme, subitement agressé sans qu'il ne sache trop pourquoi.

    Et maintenant qu'Ataan avait essayé d'introduire sa ruse, il fallait qu'il plante la graine. La graine qu'il voulait voir pousser en arbre. Son seul et unique but depuis le début de la conversation. « Seamus souhaite également que je vérifie comment sont gardés les cœurs de Moissonneurs et si l'endroit où les analyses sont menées est hors-de-portée d'ennemis. Il ne faut pas oublier que le Conseil analyse attentivement les rapports. Tant que ceux-ci restent factices, ils seront favorables et le Conseil ne cherchera pas à en avoir plus. Mais s'il y a des témoins, il risque fortement de ne pas apprécier la démarche. Il faut donc éviter d'attirer son attention. J'espère, ainsi, que tout est en ordre. »

    On avait lourdement insisté sur le mot "ordre". Il pourrait y voir ce qu'il voulait, l'important était qu'il croit - ne serait-ce qu'un peu - les mensonges d'Ataan.




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MessageSujet: Re: [Intrigue #Prologue] ж Crépuscule ж   Jeu 11 Sep 2014, 21:47






Mira a écrit:
Jim. Jim écoute, je sais que j'en ai strictement rien à foutre de ce qui se passe ici, et surtout que c'est toi qui gère le bordel, mais là... c'est différent. Tu as vu ce qu'ils font à ces mecs ? Ils les transforment ! LITTÉRALEMENT ! On dirait des putains de zombies. Tu laisses faire ça ? Pour l'argent ? Pourquoi ? A cause de cet fou furieux de Seamus ?

Sois encore heureux que quelqu'un ait pas encore fouillé de trop près nos labos et nos petits secrets. Parce que le jour où ça sera le cas, ça va péter de partout. Des têtes tomberont. Je te soutiendrais, Jim, mais pas dans le suicide.



***

Cimetière des Moissonneurs, non loin de l'Observatoire, 00:45

Cela faisait un moment qu'ils patientaient là, dans l'ombre, leurs combinaisons scellées et équipées pour le combat prêtes à bondir de leur cachette pour foncer en direction de l'immensité qui se dressait devant leur yeux - parmi tant d'autres, il fallait l'avouer -. L'Augure était immensément grand pour un être qu'on pouvait qualifier de vivant, mais à côté de ses semblables à peine plus petit que lui, il était beaucoup moins impressionnant. Il fallait déjà ne pas être impressionné de se retrouver dans une véritable décharge de moissonneurs, ce qui était plutôt difficile pour le commun des mortels de cette galaxie.

« Dans combien de temps ? », fit une petite voix à peine réveillée dans le communicateur intégré au casque de leur combinaisons.
« Dix minutes, environ. On l'entendra venir. C'est une frégate après t-. Chhhhht. Silence radio ! »

La silhouette en combi fit un geste qu'on aurait pu interpréter comme quelqu'un se cache en contractant son cou, s'enfonçant ainsi dans ses propres épaules. Leur positionnement sur ses débris flottant était pourtant très bien trouvé, les rendant indétectable à moins de le vouloir. Le réflexe ainsi exécuté, le galarien put ainsi admirer une de ces nombreuses patrouilles de navettes qui, entre l'Observatoire et la périphérie du cimetière, se baladaient ça et là, canons armés et prêts à faire feu. Le trio de navettes éclaira la zone avec leurs phares vers l'avant tout en laissant un halo lumineux sur les débris et obstacles qui se trouvaient derrière eux à cause de l'effet éblouissant de leurs moteurs. Après avoir patrouillé dans la zone, ils disparurent derrière un moissonneur, continuant leur ronde.
« Encore combien de temps ? »
« Ferme-la, tu me fatigues. »
« La baston arrive bientôt alors que ça fait des jours, voir peut-être des semaines qu'on traîne ici, ça blase. »

L'interlocuteur ne répondit pas, il se contenta juste d'envoyer un rapport rapide à ses chefs qui organisaient l'assaut sur la frégate puis la base. Il espéra en effet ne pas tomber sur une caisse vide d'intérêt. Ils se faisaient peut-être chier pour rien. Peut-être feraient-ils une razzia sur la base des Soleils Bleus non loin du cimetière, histoire de ne pas repartir les mains vides.
« Recon en place, on est prêt à attendre l'ordre d'attaque. »


***

Cimetière des Moissonneurs, dans les méandres d'un moissonneur détruit, 00:45

Un petit bip réveilla l'humain qui, pieds sur le tableau de bord, fut ébloui par la lumière bleue puissante du terminal qui dilata brusquement ses pupilles afin de le faire revenir à la réalité. Un message était inscrit de l'équipe d'éclaireurs. Il restait approximativement dix minutes avant l'amorçage de la phase suivante de l'attaque. Tout le monde n'était a priori pas autant à cran que le technicien encore la tête dans le derrière, mais ils étaient enhardis par autant de temps d'attente avant l'appât du gain. Tout en retirant ses pieds du tableau de bord, repliant ainsi ses jambes, il avait observé le message et le transmit à voix haute pour quelqu'un qui apparemment se trouvait non loin derrière lui. D'une allure beaucoup plus sérieuse.

« Merci. Ducon. », acquiesça une voix rauque, concentrée dans quelque chose de beaucoup plus important que de surveiller un terminal. « Kamak. Dix minutes avant phase deux. Préparez les chasseurs et les pods. Ça va dépoter. », conclua-t-il avec un rire bref par a coups. Il était en train d'observer une représentation virtuelle holographique en deux dimensions d'une représentation de l'espace géographique de l'Observatoire jusqu'à eux, afin de pouvoir suivre les mouvements de leurs propres troupes ainsi que de celles de l'ennemi une fois pris à parti. Ils avaient passé beaucoup de temps à planifier et a envisager les éventualités. Des deux leaders, Kamak le butarien avait les moyens et Kraëdyn le lysthenis, la ruse.

« Ils sont déjà prêt, qu'est-ce que tu crois. Ils ont qu'une envie c'est de dégommer quelque chose. J'ai déjà de la chance de les avoir retenus jusque là. »
« Tes mecs. Ton boulot. »
« P'tet bien, mais ils font le sale boulot que tes gars veulent pas faire. »
Le Lysthenis réagissait immédiatement à la provocation et en un geste éclair mais brutal se retrouva près du butarien qui faisait près d'une tête et demi de moins que lui et lui agrippa solidement le col de son armure, le levant de quelques centimètres.
« Tu cherches quoi ? A m'énerver ? Tu veux m'voler ce que possèdent les Soleils Bleus peut-être ? Vaurien. », termina-t-il avant de le jeter en arrière avec sa prise de col, ce qui déstabilisa Kamak pendant quelques instants avant qu'il ne s'agrippe à la table holographique.
« Ouais, ouais, descends d'un étage Sol'... 60/40, j'me rappelle... Mais oublie pas qui t'aura aidé, plus tard. »

L'être à la voix de sèche-cheveux n'aura eu que pour seule réaction qu'un bref grognement alors que le faux galarien lui tournait le dos pour se replacer à son emplacement d'origine, face à la table holo. Il reprit aussi instantanément son air pensif, comme s'il méditait avant la tempête qui approchait.

Il espérait, en effet, déferler telle une tempête nocturne dans ce mystérieux cimetière. Peut importe qui serait sur son chemin.


***

Reaperswatch, Bureaux, Bureau du Général Gravonheart. 0:45

Jim Gravonheart avait écouté avec attention et méfiance le discours qui petit à petit gagnait en mystère. Quand il arriva au terme de son dialogue, le général était véritablement perplexe. Seamus aurait envoyé quelqu'un tester ses défenses ? Cela lui paru insensé, voir complètement déplacé. Bien qu'à y réfléchir, à connaître quelque peu le phénomène, le responsable de la base imagina que Seamus ait pu tenter une telle exaction à son encontre. Il fallait savoir que certains projets de la base concernait directement l'obscur turien et il tenait peut-être vraiment à voir son bébé protégé de la meilleure manière qui soit. Des moyens colossaux avaient été mis en œuvre exprès, dans cette optique paranoïaque de protection et de secret.

Jim, alors qu'il fixait Ataan qui n'attendait qu'une réaction de la part du général, était véritablement partagé dans son opinion sur l'authenticité des propos du curieux mercenaire ou envoyé de Seamus. Le drell restait introuvable et tentait peut-être en effet de pénétrer les locaux des labos, voir, dans le pire des cas, y était déjà et foutait la pagaille. N'était-ce qu'un tissu de mensonges visant à s'emparer des secrets de Reaperswatch ? A côté de ça, le mercenaire lui avait clairement fait comprendre qu'il avait l'ascendant physique et de la situation sur Jim, ce qui ne le convainquit guère pour le coup. Il avait aussi mentionné une sorte de protection qu'invoquait le mercenaire vis à vis de factices rapports au Conseil pour camoufler la base, et menaçait implicitement de la faire disparaître; ce qui avait par conséquent pas de sens étant donné que - si Seamus était bien à l'origine du fait - il se tirerait une balle dans le pied.

Jim se fit une raison, il devait ne serait-ce qu'afficher une réaction, dire quelque chose, approuver ou désapprouver. Après ces quelques fractions de secondes de réflexion, il leva la tête et...

Jet de dé MJ : 22
0-45 : Échec de la tentative de persuasion par Ataan.
45-92 : Jim Gravonheart est convaincu, mais se méfie d'Ataan.
92-100 : Ataan obtient la confiance de Jim.



« Non, je ne te crois pas. Le drell est la variable qui pèche, Ataan. »

Jim put directement constater une fine déception sur les traits d'Ataan, pourtant impassible de prime abord. Il était évident que l'issue de cette conversation ne se déroulerait pas comme il l'entendait à l'origine. C'est à dire : bien. Cela ne peut désormais se terminer que d'une façon. Par la mort de l'un ou de l'autre. Cependant, avant que les hostilités ne débutent, Jim avait encore un point à aborder avec Ataan. Une question qui répondait à une pique qui faisait même le fondement de l'argumentaire d'Ataan. Seamus Diosys. Le leader de l'Ordre de l'Accompli. Cela pourrait-il être possible qu'il connaisse l'Ordre ? Il devait être sûr.

« Avant que tu ne tentes de me tuer, réponds moi : d'où connais-tu Seamus Diosys ? Je sais qu'il ne t'a pas envoyé, alors comment ? »

Jim Gravonheart se déporta lentement vers son bureau au cas où Ataan déciderait de lui sauter à la gorge, il aurait ainsi de quoi avoir des solutions de défense, peut-être, avec de la chance, appeler des renforts.  L'issue de cette entrevue ne dépendrait que d'Ataan, et, au fond de lui, il avait l'impression qu'Ataan en ressortirait vainqueur.


***

Reaperswatch, Bloc C, Laboratoires, 00:45

« Et si... et si vous m'offriez la liberté ? Emmenez moi en partant ! Je partirais avec vous. Dans ce cas seulement je vous aiderais du mieux que je le peux, oui. », proposa-t-il au drell, une lueur d'espoir dans les yeux.

Krelek, qui était toujours caché derrière son armure de soleil bleue trop étroite à son goût, en resta perplexe, si ce n'était de marbre. La demande était en soit plutôt étrange et inattendue. Après réflexion, il se dit que ça restait du domaine du possible. Quoi qu'il en soit, s'il s'avérait être un menteur, Krelek le tuerait sur-le-champ et ce serait de l'histoire ancienne... s'il était en mesure de sortir d'ici en un seul morceau et en vie après coup. Un bref silence s'était installé entre les deux interlocuteurs, le laborantin priait ses saints dieux pour qu'il accepte et Krelek parce qu'il était surtout en train de réfléchir à cette proposition pas si anodine que ça.

« Très bien, j'accepte. Si vous faites un pas de travers, parcontre, vous risquez de le regretter amèrement. »
« Bien sûr, bien sûr », acquiesça le scientifique. « Donc... que puis-je faire pour vous ? »
« La puce. », répondit-il au tac-au-tac, presque sèchement.

Sans doute Krelek en avait assez de se considérer comme du bétail qu'on aurait marqué au fer rouge. Peut-être aurait-il pu se la faire enlever par le Courtier de l'Ombre par la suite, mais l'urgence de la situation faisait qu'il avait décidé de profiter de l'occasion pour se la faire retirer le plus tôt possible. Le laborantin lui sourit, encore sous l'effet de l'euphorie de l'idée selon laquelle il allait quitter cet endroit. Il se recula de quelques pas, revenant devant la porte de laquelle il était sorti quelques minutes plus tôt.

« Je comprends, c'est tout à fait faisable, venez avec moi. »

Krelek lui emboita le pas, passant ainsi la porte du laboratoire numéro Deux. L'accès se referma derrière eux avec le sifflement caractéristique des portes coulissantes de bâtiments modernes. Un sceau holographique vert apparu finalement devant la porte, indiquant la possibilité de la réouvrir. Quand Krelek posa les yeux sur l'intérieur de la pièce, un subtil mélange entre l'impression d'être dans un environnement souterrain et l'univers de haute technologie qui l'entourait. De plus, la luminosité de la pièce faisant un fort contraste avec les blocs pénitenciers et les couloirs qu'avaient emprunté l'assassin drell avant d'atterrir ici. Des tables, des tubes, des pods contenant des contenus mystérieux, des assemblages inconnus et étranges sur de petits piédestals, des câbles électriques traînant sur le sol immaculé si ce n'est par... du sang ? L'impression d'environnement aseptisé était troublé par cet instinct que quelque chose de louche s'était emparé de l'endroit. Quelque chose de malsain. Voilà qui ne rassurait pour rien au monde le pauvre Krelek prit au piège dans la gueule du loup.

Le laborantin s'était approché d'un siège qu'on avait fortement incliné aux formes confortable afin qu'un être bipède de corpulence humaine pouvait s'y loger et presque trouver le siège douillet. Il y avait un petit terminal relié au siège, qu'il configura pour relever le siège afin que Krelek puisse s'y asseoir. S'aperçevant que le nouveau venu n'était clairement pas rassuré ni à son aise dans cet environnement si singulier, il leva le regard vers le drell qui s'était arrêté, observant autour de lui comme s'il s'attendait à ce que quelque chose lui saute à la gorge.

« Ce n'est qu'un siège. Les instruments qui lui sont intégrés ont été désactivé. Je vous en prie, monsieur. La puce est normalement implantée dans l'épaule, et elle a été malheureusement créée pour éviter que les pauvres fous du Bloc C ne se la retire en s'arrachant des morceaux d'eux-mêmes. Sans rire, c'est déjà arrivé. Il y a donc naturellement des protections et je vais devoir les désamorcer. »
« Hors de question que je m'asseois là-dessus. »
« Je vous conseille très fortement de vous y asseoir pour me laisser vous retirer la puce en sécurité. C'est pas une mince affaire, vous savez. », insistait-t-il fortement.

Alors qu'il allait s'asseoir, Krelek se rappela qu'il portait encore l'armure et donc que son protégé ne le reconnaissait donc pas comme un drell. Il lui demanda quelle partie allait-il opérer. Le laborantin lui répondit qu'il s'agissait de l'épaule gauche, proche du coeur du porteur. Après un soupir de lassitude, l'assassin drell décrocha alors une partie de l'armure de Soleils Bleus, révélant... une peau écailleuse, orange, visqueuse à cause de ce qu'on pourrait appeler de la sueur. Quelque part, l'agent du Courtier fut presque heureux de retirer ne serait-ce qu'une partie de l'armure, car l'étroitesse de l'armure le comprimait et le dérangeait.

Le laborantin tiqua sur l'apparence réelle de son patient.

« Oh. Je... Je vois. Bon. La puce est installée dans la partie basse de l'épaule, généralement entre celle-ci et la cage thoracique, afin de pouvoir atteindre le coeur et les poumons en cas de semonce trop extrême des vigiles. Je n'ai encore jamais vu de puce encore utiliséeé à cet effet par les gardiens, mais c'était dans le cahier des charges. », expliquait-il à Krelek alors qu'il cherchait deux-trois outils afin de pouvoir charcuter le pauvre drell. Il avait en main une sorte de pistolet à seringue avec un conteneur afin de pouvoir retirer la puce quand il aurait accès à celle-ci. Pour le moment, il devrait scanner et certainement ouvrir. Ce pourquoi il avait aussi son omnitech programmé en scanner local et ce dernier avait déjà façonné dans son mini-atelier des outils, ajoutés à la structure de l'omnitech, pour pouvoir opérer. Au moins, le problème de la salubrité des outils ne se posait pas.

« Je commence à couper. Au fait... vous ne m'avez pas même dit votre nom. »


***BILAN MJ***


* Ensemble
> Il est 00:45 AM
> Mira et Halazzi arriveront dans 10 minutes à l'observatoire.
> Les Vagabonds n'ont pas encore attaqué.
> Alarme silencieuse activée (contact radio).
> L'élément d'intervention (renforcé en trois équipes de 8.), fouillent la base. Une équipe fouille le Bloc C et se trouve maintenant à l'infirmerie. Les deux autres sont dans les niveaux supérieurs.

* Krelek Aelos (laboratoires)
> 98%
> Pucé.
> Évasion remarquée; n'a pas été repéré, Central sait qu'il est en uniforme.
> Est avec le laborantin, qui l'aide.
> Identité confirmée : "Krelek"

* Ataan (bureau de Jim Gravonheart)
> 100%
> Implication confirmée.
> Est au courant de la principale préoccupation des laboratoires.










Dernière édition par Maitre du Jeu le Jeu 11 Sep 2014, 22:19, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: [Intrigue #Prologue] ж Crépuscule ж   Jeu 11 Sep 2014, 21:47
Le membre 'Maitre du Jeu' a effectué l'action suivante : Jeu de hasard

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MessageSujet: Re: [Intrigue #Prologue] ж Crépuscule ж   Ven 19 Sep 2014, 00:32









    2199 ■ Bureau du Général Gravonheart

    Au grand désarroi de l'armure, le Général n'avait pas été dupe. Les bras croisés, le grand protagoniste constatait qu'il n'avait plus la fibre d'un manipulateur... Ou alors que son ancien disciple avait bien appris de ses erreurs et qu'il était dorénavant beaucoup plus méfiant et observateur. Néanmoins, il s'était mis lui-même dans une impasse en souhaitant jouer les obtus. Il avait beau avoir suivi une formation de N7, il était physiquement moins imposant que son interlocuteur était près de lui. Trop près de lui pour qu'il s'en éloigne suffisamment... Il était donc dans une situation inconfortable. Mais pourquoi s'était-il mis lui-même là-dedans ? Il était assez improbable de penser qu'un si haut-gradé, aussi mercenaire soit-il, puisse se mettre en danger de la sorte. Un tel étourdissement était totalement contrasté par sa méfiance.

    D'un autre côté, peut-être que cela était du bluffe pur et simple. Il s'agirait d'une mascarade des deux côtés : l'un qui ment, l'autre qui voudrait que l'on mente mieux pour pouvoir plonger pieds joints dans un piège. Mais est-ce qu'Ataan avait le temps de continuer dans cette négoce inutile, qui ne menait à rien ? Depuis le début, il ne jouait qu'un beau rôle qu'il remplissait pour le simple plaisir de pouvoir discuter avec un... vieil ami. Sauf que tout ceci devait mener à l’exécution de ce vieil ami. Or, il lui avait déjà tendu une perche. C'était suffisant.

    Qui plus est, il avait le loisir de constater que monsieur craignait réellement pour sa peau. Discrètement, faisant semblant de patienter pour avoir le fin de mot l'histoire, il portait une de ses mains sur un des boutons divers. Sans doute pour appeler les gardes à la rescousse. Le traitre. Soupirant, Ataan baissa les yeux. Il allait devoir faire ça efficacement et rapidement, sans compter qu'il pourrait avoir de meilleurs réflexes qu'à l'époque...

    « Il a tué mon frère. » affirma t-on, distrayant Gravonheart au passage. Ce dernier haussa un sourcil, visiblement surpris que son futur assaillant parle avec "franchise" et cède du terrain aussi vite. Freinant son envie de se faire sauver comme une jouvencelle en détresse, il voulut répondre à son tour mais fut de nouveau distrait. L'écran à quelques centimètres de lui clignota. « Général ? Nous avons un problème ! »

    Subitement pris à part, son regard virevolta en direction du fameux écran. Il tourna un peu la tête, puis reporta son attention sur l'armure... Les yeux écarquillés, il constata avec effroi que la chose avait bougé. Et pour cause, elle avait atterrit près de lui. Sans avoir le temps de faire quoi que ce soit, un coup de boule vint s'écraser sur son nez. Sur le coup, il prit un peu de recul. Reprenant ses esprits à une vitesse supraluminique, il releva le menton et voulut asséner un coup de poing en retour. Mais Ataan s'était trop préparé et avait ainsi eu le temps de bloquer la rétorque. Rétorque immédiatement récompensée par un solide coup dans la gorge. Croyant s’étouffer, le Général s'écroula quelque peu au sol en tentant de tousser tant bien que mal. Le prédécesseur, analysant son état, se résigna à sortir le scalper qu'il avait soigneusement préparé un peu plus tôt. « Je n'ai pas le choix. » précisa t-il.

    Il agrippa l'épaule de sa proie afin de la relever. Relativement abattue, elle ne sembla pas broncher... Jusqu'au moment propice où une énergie surgit de nulle part et se transforma en un coup que l'autre ne put éviter, cette fois. Ataan vacilla et laissa de l'espace à son adversaire. « Moi non plus. » héla t-il, satisfait de ce retournement de situation. Mais sa déception fut aussi forte, lorsqu'il se rendit compte qu'il n'avait plus son arme. Le pistolet qu'il n'avait pas eu le temps de dégainer était passé dans les mains du faux Soleil Bleu. Face à un soldat lambda, Jim aurait pu s'en sortir. Mais pour le coup, l'élève n'avait pas dépassé le maitre.

    Et tenant son élève en joug, le "maitre" était cette fois sûr de lui. Un mouvement brusque et la balle partirait se loger directement dans le crane du boss. Et par ailleurs, ce serait la solution la plus abordable. Josh... Le rôle qu'il portait, en plus de l'armure et du surnom en bois... Ou plutôt Varto... Peu importe. L'homme n'avait pas changé. Il était impitoyable et il savait que le plus raisonnable était de ne pas laisser de trace. Mais serait-ce faire preuve de pitié ou de faiblesse que d’adopter un autre jugement ? Une partie de lui voulait en finir. Qui plus est, il lui avait montré à quoi il ressemblait. Et il ressemblait trait pour trait au patron de Black Horse Foods, ce qui pourrait lui être préjudiciable. Vu d'un autre œil, il avait besoin d'alliés... Faudrait-il ensuite ajouter qu'une quelconque balle ferait du bruit, alertant au passage les gardes. Qui étaient peut-être déjà en alerte. Cela dit, dans le doute, mieux valait faire preuve de discrétion.

    Soupirant une seconde fois, Ataan pria Gravonheart de se mettre dos à lui. Grognant un peu, ce dernier n'avait guère son mot à dire et se contenta de lever les mains avant de se retourner. « Tu n'es pas capable de faire ça en face ? » Bien trop conscient que le coup fatidique allait conclure ce combat, il ferma les yeux. « Si je voulais te tuer, si. » lui répondit-on. « Tu te rappelleras ma clémence. » enchaina son assaillant, qui avait ajusté le pistolet dans le bon sens pour pouvoir assommer. Et une demi-seconde plus tard, c'était plié : le corps de Jim s'était écroulé par terre. Il ne bougeait plus, mais il était en vie.

    On se contenterait de ça, du côté de l'agent du Courtier. Et maintenant qu'il avait mis fin aux discussions, il devait s'occuper d'un problème plus urgent. Voire de deux, puisqu'il y avait encore son drell qui était on-ne-savait-où et probablement pas au mieux de sa forme. Pour cela, il avait accès au bureau du chef des lieux... Ce qui était non-négligeable. D'autant que le subordonné attendait toujours une réponse. Une réponse qui allait être donné par un tout autre type de Général. « Que se passe t-il ? Et ne tournez pas autour du pot. »




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MessageSujet: Re: [Intrigue #Prologue] ж Crépuscule ж   Lun 22 Sep 2014, 20:30
Crépuscule
"...Lorsqu'un cœur devient important..."

J'étais intrigué par la requête du scientifique. Pourquoi voulait-il s'échapper de la base ? Etait-il mal traité ? Ou peut-être que la nature des expériences menées dans les laboratoires le dégoûtait ? Je ne pouvais encore savoir. Mais quoi que fût la réponse, il me fallait accepter de jouer le jeu. En effet, il était la seule personne à même de pouvoir me retirer la puce qu'on avait installée dans mon corps. Il était donc un allié potentiel, le seul avec Ataan. Je ne pouvais donc pas louper une occasion de me faciliter la tâche. Certes, cela n'allait pas régler tous mes problèmes - comme l'alerte sur ma fugue - et il allait très probablement être un poids, n'ayant certainement pas suivi une formation militaire, mais en temps que membre de l'équipe scientifique de la base, il allait m'être utile par la suite. C'était pour ces raisons que j'avais accepté sa condition. Je n'avais pas tellement le choix, en même temps. C'était ça, ou le tuer et garder la puce en moi. Et puis il avait très probablement des choses à me dire à propos des lieux, sur la nature des expériences menées dans les locaux où nous nous trouvions, sur la raison de la disparition des prisonniers et, avec de la chance, aurait-il des réponses à apporter sur le cœur de Moissonneurs, sur la location ou autre information bonne à prendre. La présence du sang sur les sièges de la pièce était la preuve que quelque chose se tramait dans la base, quelque chose de sale et des cobayes étaient utilisés. Je n'étais donc pas du tout rassuré lorsque je dus m'allonger sur  l'un d'entre eux pour laisser le scientifique me retirer la puce ; je ne lui faisais pas encore confiance. Mais j'étais prêt à réagir s'il tentait quoi que soit.

Je retirai donc la plaque métallique qui me couvrait l'épaule et tirai sur le tissu qui me couvrait la peau pour mettre cette dernière à nu. Le scientifique m'avertit qu'il allait commencer l'incision et ajouta qu'il ne connaissait pas mon nom. Pourquoi voulait-il connaître ce détail ? Pour détendre l'ambiance ? Avait-il l'habitude de parler lorsqu'il travaillait ? Je ne savais pas et je n'avais pas envie de savoir. Je ne connaissais pas son nom en retour et je me contrefichais de le savoir. Il n'était qu'un outil entre mes mains que j'allais peut-être laisser vivre, ou m'en débarrasser. Je n'avais pas encore décidé. Mais s'il voulait tellement avoir un nom pour me désigner, alors il en aurait un, mais il aurait un pseudonyme, rien d'autre de ma part. Je ne désirais pas lui donner un quelconque moyen de me doubler. Mais juste avant que je ne puisse dire quoi que ce soit, une sensation de brûlure assez aigue se fit sentir au niveau de mon épaule. L'Humain m'opérait sans même m'anesthésier !

- Bon sang, faites un peu attention ! m'exclamai-je. Appelez-moi Némésis, il vaut mieux pour nous deux qu'on s'en tienne à ça.

Le scientifique parut quelque peu déçu, mais n'argumenta pas. Il semblait très concentré et s'appliquai à atteindre la puce pour la retirer. Si au début, grâce à la précision chirurgicale du scalpel, la douleur était supportable, elle était à présent assez soutenue, me poussant à serrer des dents pour ne pas broncher. Finalement, lâchant un claquement de langue satisfait, l'homme retira le dispositif ensanglanté, avant de se mettre à recoudre ma peau, tout en appliquant du médigel pour accélérer le processus de cicatrisation. Une quinzaine de minutes s'étaient écoulées, tout au plus, mais au moins n'avais-je plus cette puce en moi. Je remis délicatement mon protège-épaule, remuai un peu l'épaule et me relevai. Je me tournai vers mon allié d'infortune ; le moment était venu d'avoir une petite séance de question-réponse.

- Bon, maintenant que cette puce est... ailleurs, j'ai des questions auxquelles je veux des réponses, dis-je. Quelle est la nature des expériences menées ici ? Pourquoi utiliser des prisonniers ? Est-ce que cela a un quelconque lien avec les Moissonneurs ?

J'eus une petite hésitation, puis ajoutai finalement :

- Que savez-vous à propos des cœurs de Moissonneurs ? Je sais que les Soleils Bleus ont quelque chose à faire avec ça.

Alors que j'avais posé ces questions, laissant par la même occasion entendre que je cherchais à obtenir des informations sur le cœur de l'Augure, ce qui révélait partiellement la raison de ma présence ici, je commençais à préparer un plan pour la suite des événements, pour me permettre de m'échapper avec le scientifique et rejoindre Ataan, pour enfin quitter la station. Je savais qu'en révélant une partie de mes attentions à l'homme, celui-ci pouvait tout à coup remettre en question son alliance avec moi. Mais je comptais bien évidemment lui faire comprendre que je n'étais pas de ceux voulant user de la technologie Moissonneur pour leur gain personnel. Mais dans l'état actuel des choses, je ne pouvais encore lui dire, il fallait qu'il m'explique ce qui se tramait ici, pour qu'ensuite je puisse justifier mon intérêt pour cette affaire. C'était aussi simple que cela et je croisais les doigts pour le scientifique ne devienne pas une complication dont je devrais me débarrasser.  









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MessageSujet: Re: [Intrigue #Prologue] ж Crépuscule ж   Mar 23 Sep 2014, 23:31






Jim Gravonheart a écrit:
Je sais que l'Observatoire présente des failles de sécurité, qui sont comblées par les rotations permanentes et les troupes présentes sur place. Un périmètre entier qui nous a coûté la peau du cul est installé tout autour du Cimetière...

Si l'Observatoire se fait attaquer... en fonction du type de l'attaque, on le perdra à coup sûr. La flotte de navettes armées arrivera sûrement à la fin de la guerre. Nous avons au total près d'une quinzaine de navettes surarmées. Il y a de quoi riposter, tu ne trouves pas ?



***

Cimetière des Moissonneurs, à l'extérieur de l'Observatoire, 00:55

Ce furent de longues minutes qui les séparaient du chaos à venir. Ils s'étaient préparés pendant longtemps, tapis dans l'ombre, à cet instant présent. Ils allaient ravager la base des Soleils Bleus dans le Cimetière, et rafler tout ce qu'il contient. Les sbires des deux groupes mercenaires n'attendaient que cela. Ils voulaient répandre la violence, répandre le sang, répandre la mort dans un unique but de gains qu'ils transposeraient ensuite en espèces sonnantes et trébuchantes. L'heure était à présent venu de frapper, et de détruire.

Toujours cachés sur le petit débris en dérive entre les différentes carcasses des gigantesques moissonneurs déchus, la petite équipe était fin prête. Le suspense allait bientôt toucher à sa fin. L'homme de tête alluma son omnitech et tapota avec sa main libre sur les touches holographiques de l'interface haptique de commande qui se trouvait sous la visière de son casque hermétique. Après quelques instants, une série de données s'afficha. Il leva la main pour faire signe à ses camarades, placés à quelques mètres derrière lui.
« Le moment arrive, les gars, tenez-vous prêts. ». Il brancha sa liaison omnitech avec les leaders. « Ici Recon, la frégate est en visuel. Elle est accompagnée de deux navettes. Je répète. Frégate Typhoon en visuel, deux navettes l'accompagne. »

En effet, grâce à ses optiques intégrés dans son casque, il eût une version numérisée d'un zoom grossissant afin de percevoir le trio de vaisseaux spatiaux pénétrer le Cimetière sans alarmer les balises, qui scintillaient de rouge jusqu'à ce que la lueur disparaisse. La frégate avait grandement diminué sa vitesse dû au nombre de carcasse densément concentré dans la zone. Si des couloirs s'étaient naturellement créés pour naviguer sans encombre, y aller plein gaz demeurait un risque non négligeable voir mortel; ou il fallait s'appeler Jeff Moreau.

Les éclaireurs en place comptait quatre personnes, un chef d'équipe et trois subordonnés. S'ils ne faisaient pas tous parti du même groupe à l'origine, ils n'en demeuraient pas moins tous animés de la même volonté morbide et sanguinaire tout en étant armés en conséquence. Deux d'entre eux disposaient de lance missiles anti-blindages ML-77, un autre d'une mitrailleuse modèle typhon et le dernier était armé d'un arc projector bricolé pour considérablement affaiblir les boucliers de la frégate une fois a portée. Cela grillerait l'arme quasi instantanément mais les dommages au bouclier seraient colossaux, suffisants néanmoins pour qu'une ou deux petites frappes le fasse disparaître.

« Ici Kamak. Dès qu'ils sont à portée, balancez la sauce, on suivra derrière. »

Le chef d'équipe relaya le message. Ses trois coéquipiers s'avancèrent, afin de se placer auprès de leur collègue afin de pouvoir faire feu de front. Ils placèrent des intervalles entre eux, au cas où les choses dégénèreraient. Ils étaient installés à la va-vite sur des déformations métalliques afin de ne pas être vus au premier coup d’œil de la part de la frégate ou de ses ailiers. Chacun armèrent leur engin de mort, fin prêt à déverser leur bile. Une petite vérification de routine réflexe afin de vérifier son bon fonctionnement et d'éviter un coup foireux les rassuraient machinalement. On ne pouvait pas dire qu'ils étaient réellement stressés. Juste surexcités.
« Ok les gars, c'est bientôt le moment. J'ai sa trajectoire en calcul. Je commence le compte à rebours, ne tirez que sur mon ordre, pigé ? Suivez mes ordres de tir. 15... 14... 13... 12... 11... 10... »

Un des coéquipiers lâcha une blague vaseuse qui ne fit rire qu'un autre mercenaire qui était plutôt du genre bon public et fit sourire les autres. Ce n'était pas leur premier abordage ou coup de main, mais à chaque fois, ils savaient que des gens mourraient. Autant que ça soit leurs ennemis.
« 9... 8... 7... 6... 5... 4... 3... 2... 1... OK LES GARS ! SUR LA FRÉGATE FEU A VOLONTÉ ! »


***

Cimetière des Moissonneurs, Frégate Typhoon, 01:00

Le Docteur Halazzi Impare était assez difficilement supportable pour Mira. Si bien que cette dernière avait dû hausser le ton suffisamment fort pour exprimer son mécontentement et son envie irrépressible de l'étrangler à chaque mot qu'elle employait. Ceci en prenant compte du débit de parole naturel des galariens, ça n'allait pas en s'arrangeant. De son côté, la scientifique était plongée dans ses fantasmes, comme si elle tenait déjà la mystérieuse sphère, ce cœur de moissonneur, entre ses mains. Nul doute que, considéré la taille de la carcasse dans laquelle ils allaient plonger, il était ici question de l'Augure. La tête des Moissonneurs et leur maître. Autant dire que le mot excitation demeurait encore un euphémisme pour exprimer l'état d'esprit de la doctoresse galarienne. L'agente de Jim Gravonheart s'était donc exilée sur la passerelle, d'où, grâce à des petites baies vitrées, l'on pouvait observer les étoiles.

Elle put, d'ailleurs, constater loin sur la droite une immense zone sombre cacher les étoiles en une masse grouillante transie qui s'approchait doucement, jusqu'à venir encombrer son champ de vision. Entre temps, la luminosité avait révélé les carcasses, faisant tomber la silhouette obscure et les transformant en de véritables poupées d'acier dont certaines avaient servi de punching ball ou avait été simplement maltraités par une fillette peu souciant et teigneuse. L'agente demeurait encore et toujours impressionnée par le cimetière, à en être presque apeurée. Les plus superstitieux mercenaires des Soleils Bleus racontaient sans cesse de sombres récits et rumeurs sur l'endroit, ternissant et mystifiant encore sa réputation. A tel point que pour certains, se retrouver seul dans le cimetière demeurait un sort pire que la mort, de crainte d'être endoctriné ou pire encore. En ce qui la concernait, Mira ne prêtait pas attention à ces fables, néanmoins, l'endroit lui inspirait un court frisson à chaque venue, tandis qu'Halazzi se plaignait presque de ne pas venir assez. La doctoresse galarienne était généralement considérée comme folle à lier jusqu'à ce que certains la supposent endoctrinée. A tort, bien entendu.

« Halazzi est toujours sur le pont ? »
« Oui, madame. », confirma un des patrouilleurs sur le pont. « On devrait arriver dans une ou deux petites minutes. »
« Parfait. », conclut-elle simplement.

Le mercenaire sembla repartir, continuant sa ronde. Mira espéra de pas rester encore trop longtemps ici. Dans le pire des cas, elle repartirait avec une navette, loin des cadavres de ces antiques machines qui ont bien failli raser toute existence organique dans la galaxie. Peu rassurée, elle croisa machinalement les bras, jonglant de position avec ses jambes afin d'être dans une posture plus confortable afin d'observer le contenu de cette lugubre déchetterie spatiale. Du coin de l’œil, elle put entrevoir de loin leur destination : l'Observatoire. Derrière ce nom se cachait toute une ambition de l'Ordre de l'Accompli à travers les cœurs de moissonneurs et de leur étude. Comment camoufler au mieux leurs secrets que de travailler dans une zone où très peu de gens sains d'esprits s'aventureraient ? Là était fait le pari du gestionnaire et de l'administrateur de l'endroit, à savoir Jim Gravonheart. Halazzi y passait de nombreux jours ou semaines, beaucoup trop de temps selon l'agente du général des Soleils Bleus.

Mira lâcha un long soupir de lassitude. La première chose qu'elle irait faire une fois arrivé, c'est de se préparer un café bien chaud et de se prélasser en refaisant le compte de ses prisonniers. Et de prendre des nouvelles de la fameuse traque aux mystérieux prisonniers fugueurs. Mira héla un patrouilleur de la passerelle.
« Prévenez le navigateur et contactez la base pour faire prép-. », Mira fut coupée dans son élan par le bruit assourdissant et pénible son des alarmes du vaisseau

« Tout le monde à son poste de combat ! Nous sommes atta- ». Le vaisseau fut alors sévèrement secoué et les lumières et terminaux à bord clignotèrent et baissèrent d'intensité de façon épileptique jusqu'à ce qu'elles reviennent en atténuées, dû à l'utilisation des générateurs de secours. « -mes attaqués ! Préparez les modules d'évacuation ! »

Mira, dans un acte réflexe, dégaina son phalanx puis le rangea quand elle se rendit compte de l'inutilité immédiate de son action. Elle jeta son regard ensuite dans la dite baie vitrée et observait les restes d'une sorte de rayon énergétique puissant émanant d'un débris de moissonneur dérivant là. Les particules énergétiques blanchâtres fuyaient, perdant de leur superbe jusqu'à disparaître dans la nuit éternelle de l'espace. Entre temps, une petite nuée de roquettes fonçaient à vive allure sur la frégate. Mira put aussi observer les deux navettes qui l'escortaient partir en chasse des agresseurs. Après avoir lâché un bref juron, elle s'élança rapidement à grandes enjambées vers le poste de pilotage, où la doctoresse et la timonière demeuraient encore. Les vitres paraboliques montraient les entrailles travaillées de l'Augure et une navette coupa pendant une fraction de seconde leur champ de vision en direction du débris. Une explosion secoua l'appareil.
« Qu'est-ce que vous foutez-là, Halazzi ? Mais dégagez de là bon sang ! Et pourquoi on avance pas ?! », gueula l'agente dans le capharnaüm que provoquait les alarmes.
« Les moteurs sont HS, on dérive complet là ! », une série d'explosions secoua encore la frégate. « On vient de perdre les boucliers ! »
« Non, non non non ! Ils vont voler le Cœur ! Je vais tous les tuer ! »
« Fermez-là Halazzi et DÉ-GA-GEZ ! Ok redirigez la puissance de l'armement et des systèmes auxiliaires dans les boucliers. Donnez-nous du temps ! Je contacte Jim. »

La galarienne, visiblement furax, sortit en trombe du cockpit, laissant ainsi la place du copilote à Mira qui ne se fit pas prier pour s'y installer le temps de récupérer des données à fournir au général des Soleils Bleus. Pendant ce temps, son omnitech s'activait afin de contacter son camarade et ami.
« Jim ? JIM ? Putain, j'arrive pas à le recevoir, contactez le et envoyez lui un message, je vais tenter de joindre les patrouilles du cimetière. »

L'agente de l'Ordre observait sur les échos radars de nombreux autres signaux. Clairement, cela commençait à sentir gravement le roussi. Elle envoya un message sur le canal d'urgence des patrouilles périphériques et internes du cimetière afin de venir leur fournir un soutien. De leur côté, les agresseurs semblaient avoir aussi reçu du renfort avec des chasseurs et navettes. Cependant, pas de frégate ou corvette pour le moment, et c'était pour le mieux.
« Message envoyé, aucune réponse. On a des boucliers mais toujours pas de moteurs ! »

Son interlocuteur lâcha un nouveau juron et se demanda bien diable ce que foutait Jim, toujours trop occupé à chasser des fantômes alors que ce qui se passait ici était bien réel et allait très certainement coûter cher à son porte-monnaie et peut-être bien à sa vie si Seamus l’apprenait. Mira allait gérer avec ce qu'elle avait sous la main, c'est à dire pas grand chose; et elle avait besoin de la flottille de Reaperswatch et ce, urgemment.
« Les patrouilles ont répondu à l'appel et arrivent dès que possible. Attention des navettes ennemies débarquent des troupes pour saborder le Typhoon ! Les boucliers ne tiendront pas des masses ! La moitié des modules d'évacuation ont été lancés. », lança la timonière à l'attention de Mira qui se disait qu'ils n'avaient plus d'armement spatial pour se défendre. L'agente suivait sur le radar l'avancée des choses. L'Observatoire n'étant pas équipé en défenses extérieures, il ne pouvait offrir aucun soutien si ce n'était deux navettes entreposées là. Ce qui faisait assez peu face à l'escadron - voir deux escadrons - de chasseurs qui leur arrivaient sur la tronche.

« Bon. Oubliez les boucliers, essayez de redonner du jus aux moteurs et qu'on se barre en vitesse, au moins pour éviter de ce faire saborder. Je vais organiser la défense de bord. », dit-elle en se levant en direction du pont.
« Madame, le Général pour vous. Je vous l'ai transféré sur Omnitech. », intervint-elle entre deux secousses pas très rassurantes de la frégate.

Mira lâcha une brève mais puissante expiration de soulagement avant d'activer son omnitech.
« Que se passe t-il ? Et ne tournez pas autour du pot. »
« Jim ? Jim on a été arraisonnés par des pirates près de l'Observatoire ! Ils sont en supériorité numérique et le Typhoon est immobilisé pour le moment. Halazzi a été évacuée et se dirige vers l'Observatoire pour sécuriser l'endroit et le Cœur. J'ai rappelé les patrouilles mais c'est clairement la merde ici. Il nous faut du renfort tout de suite ou on perd l'avant poste et tout ce qui s'y trouve ! »

***

Reaperswatch, Bureaux, Bureau du Général Gravonheart. 1:00

Mains au dessus de la tête et dos à son ravisseur, Jim Gravonheart était ainsi à la merci d'Ataan, qui allait sans doute le tuer froidement. Jim cependant se savait confiant : il ne sortirait pas de Reaperswatch indemne, surtout s'il passait par les laboratoires pour chercher un de ces fameux Cœurs de moissonneur. Le drell restait introuvable, malheureusement. Les chances du mystérieux mercenaire augmentaient. De plus, il n'était clairement pas envoyé de Seamus. Cette situation ne se serait jamais produit dans ce cas là.
« Tu n'es pas capable de faire ça en face ? », lança Jim à Ataan, une pointe d'énervement dans le timbre de voix.
« Si je voulais te tuer, si. Tu te rappelleras ma clémence. »

Avant qu'il ne put dire quoi que ce soit, ses réflexions allaient à vive allure, pensant à tout le temps passé ici à servir Seamus, à bâtir Reaperswatch sur des ruines, à édifier le cimetière et veiller à son entretien dans le seul but de servir les directives de ce turien fou à lier. Bien que Jim n'avait pas eu sa réponse sur l'affiliation du mercenaire, il se dit qu'il finirait peut-être en vie selon la clémence d'Ataan. En retour, cependant, Jim n'avait pas été clément ni tolérant. L'alerte silencieuse de proximité avait été déclenchée et malgré le verrouillage de la porte et l'heure tardive, des renforts ne tarderont pas longtemps à arriver pour en terminer avec les éléments perturbateurs.

Avant qu'il ne sente la crosse du pistolet d'Ataan s'écraser sur sa nuque, il se jura qu'il retrouvera cet Ataan qui, en dehors de connaître Seamus, l'avait vaincu et fait mordre la poussière aussi facilement.

***

Reaperswatch, Bloc C, Laboratoires, 01:00

Le laborantin n'avait pas pris le soin d'anesthésier à cause du temps qui courait contre eux, ou, du moins, contre le fugitif qui s'avérait être un drell. Il avait rarement eu l'occasion de disséquer un drell. Donc, malgré la simplicité d'une découpe dans l'épaule pour en retirer la puce, il en profitait pour observer attentivement ce qui se trouvait dans cette épaule, en l'occurrence la gauche. Lorsqu'il posa la question, il sentait cependant bien que son patient temporaire n'était pas docile et encore moins sympathique. Malgré qu'il douta de son honnêteté sur l'hypothétique ticket de sortie, il termina son œuvre et accepta le semblant de réponse qu'il lui donna et ne fit aucun commentaire sur la façon dont il avait été opéré. Le laborantin ne faisait pas plus d'efforts que cela, car il se doutait bien que la future séance de questions-réponses établirait cette simili-confiance.

« Bon, maintenant que cette puce est... ailleurs, j'ai des questions auxquelles je veux des réponses, dis-je. Quelle est la nature des expériences menées ici ? Pourquoi utiliser des prisonniers ? Est-ce que cela a un quelconque lien avec les Moissonneurs ? Que savez-vous à propos des cœurs de Moissonneurs ? Je sais que les Soleils Bleus ont quelque chose à faire avec ça. »

Dans le laboratoire où de temps à autres se faisait entendre des bips de machines de mesures biométriques, des terminaux d'analyses ou plus sordides technologies, il fut a moitié étonné des questions. Surtout concernant les cœurs de Moissonneurs. Soit il était sacrément bien renseigné, soit il était tombé par hasard sur des informations dans sa fuite. Le bluff était exclu étant donné la spécificité même de la question. Ce fut au tour du laborantin de se voir prendre un temps d'hésitation, qui résultait d'un mélange d'appréhension sur les secrets de Reaperswatch et de savoir si, éventuellement, il y avait besoin d'un tri des informations pertinentes pour le drell qui lui offrait une nouvelle vie.

L'humain à lunettes prit une petite inspiration pour se donner du courage et, tout en regardant autour de lui comme pour engranger des informations, commença à répondre à Krelek.
« La nature des expériences menées ici ? Elles sont toutes liées, d'une manière ou d'une autre, à la technologie moissonneur. Au début, ce n'était que des fragments de technologie dont nous tirions le maximum de potentiel afin de fabriquer armes ou autres petits gadgets. Cependant, pour Halazzi, cela manquait d'ambition. », le laborantin se déplaça petit à petit dans la pièce, passant devant diverses tables. Et s'arrêta devant un fragment métallique d'une partie qui, à l'origine, devait être sphérique. « Un jour, une équipe à ramené un cœur de moissonneur. Nous n'avons compris que plus tard ce que cela impliquait, une fois que nous les avons testés de toutes les manières possibles et imaginables. Une source d'énergie non pas intarissable mais a la durée de vie exorbitante lorsque tirée brute. Nous avons donc créé de nouveaux prototypes d'armes et développé encore plus d'améliorations technologiques au quotidien. Dites vous qu'un seul cœur, si bien conservé, pourrait alimenter à lui seul une colonie de taille moyenne pendant plusieurs décennies. »

Il reposa le fragment d'artefact et se tourna vers Krelek, le regard partagé entre la terreur et l'intéressement.« Mais ils avaient des effets secondaires. Ils répandent un certain type de rayons qui, sans autre modification, peut avoir des effets imprévus sur ce qui est électronique ou encore sur nos propres corps. Halazzi fut la première a avoir testé l'énergie d'un cœur de moissonneur sur un être vivant. C'est à partir de là que nos travaux ont été redirigés vers quelque chose de bien plus lugubre et morbide. On a eu comme règle d'or de rendre viable et absorbable l'énergie d'un coeur transplanté chez un être vivant, en particulier Turien. Ne me demandez pas pourquoi, je ne sais pas. »

Il lâcha un soupir de lassitude, puis il fit demi-tour vers une porte menant vers une autre salle de laboratoire. Avant de passer le pas de la porte, il s'adressa à Krelek.
« Pour comprendre, il faut le voir. Sans doute ne me donnerez vous pas crédit le cas contraire. Venez. », dit-il, passant ainsi le pas de la porte, sans doute suivi par le drell, s'imaginait-il. Ils traversèrent un petit sas, dans lequel de part et d'autre étaient entassés des matériaux d'entretien des machineries d'études présentes dans le laboratoire et ne présentant donc que peu d'intérêt. Ils arrivèrent face à une autre porte qui donna accès à une autre pièce.

La porte coulissante dévoila, après un caractéristique sifflement, une autre aile de laboratoire. Cependant, comparé à la salle précédente, il y avait clairement davantage de matériel biologique pour moins de machines techniques. Des pods et des sortes de mini-cellules enfermaient soit des corps en lévitation dans des sortes de liquides physiologiques afin d'entretenir le matériel biologique, soit c'était des corps inertes ou sommeillants prisonniers de l'étude des scientifiques du laboratoire. Plus loin, une arche sembler donner accès vers une aile plus technique, avec un écriteau holographique indiquant Complexe technique. De loin, la salle traînait pas mal de câbles sur le sol.

« Après avoir longuement travaillé sur un projet de miniaturisation des cœurs par rapport à leur taille de base, maintenant d'une taille d'un cœur humain, c'est ici que nous expérimentions les cœurs sur les sujets que l'on nous ordonnaient de traiter. Inutile qu'aux débuts, c'était une vraie boucherie. Les sujets ne survivaient pas du tout, puis petit à petit l'espérance de vie augmentaient en dépit d'une souffrance atroce. », dit-il, se déplaçant vers une série de cellules isolées. « Je conserve la lumière tamisée afin de ne pas les exciter. Comme vous pouvez le voir, on a réussi a faire durablement porter le cœur à un sujet à la physionomie proche d'un turien en commençant par les humains étant très maniables au niveau de l'ADN. Mais... »

Le laborantin s'arrêta et tourna la tête avant de s'attarder sur une cellule en particulier, qui sembler contenir, de loin, un humain à la silhouette normale. Il était assit sur le sol, semblant reposer en paix. Un petit terminal à gauche indiquait ses constantes, ce que le scientifique ne tarda pas de consulter.
« ... Les cœurs de moissonneurs transforment leurs porteurs en... choses, inexplicables. Très semblables aux créatures moissonneurs, mais sans le commandement de leurs maîtres. On a aussi découvert qu'ils étaient sensibles à un certain type d'ondes, très singulières, et qui bien traitées, permettent de leur communiquer des informations, des ordres. Halazzi était absolument obnubilée par ce contrôle. Sauf que la longévité des sujets augmentant, on se retrouve actuellement avec trop de personnel transformé pour son projet. C'est... terrifiant. Une équipe travaille sur la longévité et l'autre sur le contrôle. Le docteur Halazzi devrait faire de nouveaux progrès, les équipes au cimetière on découvert un nouveau Cœur. Mais pas n'importe lequel. »

Le laborantin, malgré l'aisance avec laquelle il expliquait à Krelek les profonds secrets des équipes scientifiques du docteur Halazzi, semblait véritablement perturbé voir terrifié par ce qui l'entourait. Il était conscient qu'il touchait à un domaine fascinant mais qui les mèneraient certainement à leur perte.
« Celui de l'Augure, lui-même. Ils sont partis le récupérer il y a quelques heures, je crois. »

***BILAN MJ***


* Ensemble
> Il est 01:00 AM
> L'Observatoire est attaqué par la coalition pirate.
> Mira est à bord du Typhoon et organise la résistance.
> Halazzi est à bord d'un module d'évacuation en direction de l'Observatoire.
> Les Vagabonds sont organisés et ont lancé l'assaut.
> Une équipe de recherche est aux portes du laboratoire, mais ils ne peuvent rentrer sans clef.

* Krelek Aelos (laboratoires)
> 98%
> Évasion remarquée; n'a pas été repéré, Central sait qu'il est en uniforme.
> Est avec le laborantin, qui l'aide.
> Identité confirmée : "Krelek"
> Est au courant des secrets de Reaperswatch.

* Ataan (bureau de Jim Gravonheart)
> 99%
> Implication confirmée.
> A neutralisé Jim Gravonheart et prit contrôle de la radio du général.
> Est au courant de la principale préoccupation des laboratoires.








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MessageSujet: Re: [Intrigue #Prologue] ж Crépuscule ж   Mar 30 Sep 2014, 23:05
Crépuscule
"...Lorsqu'un cœur devient important..."

Le discours du scientifique avait de quoi faire peur. Les Soleils Bleus, qui s'étaient proclamés gardiens du cimetière des Moissonneurs, profitaient de leur statut et blocus pour mener des expériences à l'éthique douteuse, un peu comme l'avait fait un autre groupuscule illégal, tristement célèbre pour son implication controversée dans la Grande Guerre, Cerberus. Tout comme eux, le groupement mercenaire étudiait la technologie Moissonneur, chose que personne ne devrait faire, connaissant l'étendue du danger que cela représentait. Trop de scientifiques avaient succombé aux effets pernicieux de l'endoctrinement, commettant certaines atrocités plus que regrettables. Mais si le début des paroles du laborantin avaient de quoi refroidir, la suite faisait tout à fait peur. Si l'intention était au départ noble - comme beaucoup d'expérience scientifique -, ce qui découla de leurs idées ne fut que la conséquence inévitable de l'utilisation de cette technologie ; la dénaturation des êtres se situant à proximité. Mais la bêtise étant quelque chose s'apparentant presque comme une seconde nature chez les scientifiques, ceux-ci avaient cherché à implanter des modèles réduits de ces cœurs dans des êtres vivants. Je ne savais même pas ce qu'ils avaient espéré en faisant une telle chose, mais ce qui en découlait n'était pas beau à voir, comme je pus le constater grâce aux bons soins de mon "collègue". Les premières expériences avaient tout simplement détruit les cobayes, les réduisant à un état déplorable et les rendant méconnaissables. Et cela, ce n'était que pour des copies de cœur "conventionnel", et non-pas encore celui de l'Augure en personne, que les Soleils Bleus semblaient convoiter. Les plus récents étaient encore en vie, mais n'avaient plus rien des personnes qu'ils avaient été par le passé. Ils n'étaient plus que des créatures torturées, l'ombre de ce qu'elles avaient été. En les voyant, je n'avais qu'une envie : mettre fin à leurs jours pour mettre à terme leurs souffrances. Seul un sujet semblait ne pas avoir subit trop de mutations. Il s'agissait d'un Humain, assis en tailleur dans sa cellule, semblant méditer, l'esprit dans un autre monde.

Les Soleils Bleus étaient tombés bien bas et il était regrettable qu'un groupe que j'avais appris à respecter se soit rabaissé au niveau de Cerberus, car c'était de cela dont il s'agissait. Ce qu'il se paissait dans ces laboratoires était du même niveau, sans morale, défiant l'éthique, inacceptable. Je détournai le regard, dégoûté. Je me demandais réellement comment l'on pouvait ne serait-ce imaginer faire subir de telles choses à des êtres vivants.

- Vous êtes de grands connards... dis-je simplement, l'esprit consterné. Comment peut-on oser faire de telle chose ? Au nom de la science ? C'est des conneries, le coeur de l'Augure ? Vraiment ? Mais où avez-vous la tête..... En tout cas, tout ça, c'est fini.

Je pesais mes paroles, car j'avais bel est bien l'intention de détruire les laboratoires de Reaperswatch. Je n'allais pas partir et laisser ces atrocités continuer. Je n'allais bien entendu pas tout faire péter maintenant, ce serait compromettre toute l'opération qu'Ataan, le Courtier de l'Ombre et moi-même avions mis trois mois à organiser. Non, il s'agirait plutôt d'un cadeau d'adieu ; une bombe à retardement. J'avais de toute évidence tout ce dont j'avais besoin ici. Tout ce qu'il me fallait était l'aide du scientifique, que j'allais avoir.

« Bon, il faut faire vite, apportez-moi des pièces métalliques de petites tailles, des fils électriques et des produits de nettoyage. », expliquai-je, préparant de mon côté d'autres composant pour faire ma bombe artisanale à retardement. C'était là quelque chose que je devais souvent faire sur Rakhana ou Omega. J'étais donc familier avec cet artisanat, qui, en soi, n'était pas réellement compliqué. La difficulté reposait sur la confection du retardateur, qui se devait d'être un compte-goutte qui, à force de se remplir, finirait pas enclencher un mécanisme électrique qui enclencherait la détonation. Le tout serait de cacher bien-entendu tout cela de manière efficace, pour qu'il ne soit pas repéré, et fasse un maximum de dégâts aux laboratoires. Je comptais d'ailleurs utiliser tous le matériel électronique disponible comme relais explosifs, les mettant à plein jus pour que la détonation électrique soit le plus dévastateur possible. En somme, ma bombe ne serait qu'un élément déclencheur d'une puissante réaction en chaîne.

Le processus dura plusieurs minutes, pendant lesquelles nous travaillâmes d'arrache-pied. Le scientifique avait l'air de toute évidence mal à l'aise, créant pour la première fois, apparemment, des armes. Sans doute avait-il un peu de peine à devoir détruire une telle place de travail, avec un matériel de si haute qualité. Mais je n'avais que faire de ses états d'âme, il était temps de purger ces lieux des atrocités qui l'habitaient. Cependant, notre entreprise fut interrompue par la voix d'un homme, s'adressant à nous depuis l'autre côté de la porte d'entrée des laboratoires, un des soldats à ma recherche. Celui-ci demandait à ce qu'on lui accorde l'accès aux lieux pour l'inspecter. Mais, alors que je pensais que la fatalité s'acharnait sur moi, une bonne étoile sembla me prendre en pitié.

- A toutes unités, le cimetière est attaqué, rendez-vous immédiatement aux quais pour renforts immédiats. L'alerte est levée pour le Bloc C, surveillez les prisonniers. Agent K, veuillez vous charger du cœur du problème.

L'annonce me fit l'effet d'une baffe, la dernière phrase étant un message caché m'étant directement adressé. Ataan s'était donc occupé avec succès de Jim Gravonheart et avait pris le contrôle du commandement de la base. En revanche, je ne savais pas si son alerte était un coup de bluff pour me libérer des équipes de recherches ou s'il disait la vérité. Mais il n'était pas temps de se poser des questions. Il me fallait rapidement agir pour m'éclipser des laboratoires et retrouver mon collègue. Alors que je terminais d'installer mon cadeau d'adieu, j'entendis les soldats de l'autre côté de la porte discuter, puis annoncer que l'on pouvait laisser tomber et continuer nos expériences. Je lâchai un soupir de soulagement, puis me relevai.

- Il faut bouger, et vite, dis-je au scientifique. Vous venez avec moi aux quais, vous vous rendrez sûrement utile au cimetière. Vous me mènerez au cœur de l'Augure, il est hors de question que votre Halazzi mette ses mains dessus.

Puis nous quittâmes les laboratoires, non sans omettre de mettre en marche le compte à rebours de notre bombe artisanale. Les couloirs étaient vides, l'équipe qui était là un peu plus tôt était déjà partie. J'étais enfin sorti de cette situation délicate de fugitif, mais la lumière au bout du tunnel n'était pas encore à portée de vue ; nous avions encore beaucoup à faire et beaucoup d'obstacle à franchir. Cela en faisait simplement un de moins à affronter. Quoi qu'il en fût, je n'allais plus être seul longtemps, allant retrouver Ataan et ayant un scientifique pour m'aider...









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MessageSujet: Re: [Intrigue #Prologue] ж Crépuscule ж   Mer 01 Oct 2014, 11:52









    2199 ¦ Bureau du Général Gravonheart

    Lentement mais sûrement, Jim s’était écrasé à terre, l’arrière de la tête légèrement amoché par le coup abrupt qui lui avait été porté. Durant sa carrière – ô combien satisfaisante – il avait de nombreuses fois eu à gérer ces situation totalement dangereuses et optionnellement mortelles. Et s’il avait, jusque là, survécu à ces divers kidnapping et autres banalités du genre, il en était resté une habitude presque indissociable de cet état malencontreux qui nous balance entre la conscience et l’inconscience. Il s’agissait de rêves ou de flashbacks, voire de cauchemars… La plupart du temps, ils demeuraient assez flous. Qui plus est, ils n’avaient pas de rapport, ou très peu, avec les évènements précédents. C’était un petit peu comme si le cerveau s’était bloqué sur un rembibonage cliché et malgré une condition plus favorable, il continue à rediffuser une parcelle d’un souvenir qu’il aurait vécu. Sauf qu’ici, de manière aléatoire, la dernière phrase qui était parvenue aux oreilles du Général avait continué à résonner dans sa tête...



    2197 ¦ Bellethium

    « Et pourquoi ? » questionna le Général, légèrement offusqué la désobéissance de son subordonné. Jim Gravonheart, ce soldat au grand cœur, se tenait en face de lui avec un air de défi qui était sans égal. Enfin : il s'agissait à la fois de défier et de quémander. Puisque dans la réalité des faits, il pouvait difficilement tenir tête très longtemps et être trop insistait pouvait s'avérer dangereux. Il fallait donc qu'il soit aussi convaincant que juste dans ses propos. « Pour être honnête, il y a deux suspects... » commença t-il. « Mes hommes les ont capturés et interrogés mais... » « Mais quoi ? » interrompit Varto, en levant le menton. « Je me fous de savoir qui ils sont, tue-les juste. »

    Sans en attendre plus, le chef tourna les talons. « Attendez ! » haussa Jim, le ton relativement affolé. Soupirant, ce dernier s'arrêta. Même en ayant que faire des états d'âmes de ses soldats, il devrait gérer ceux de l'un de ses disciples les plus brillants. Et non pas car il avait une vision similaire, mais précisément car il avait tout l'air d'un boyscout qu'on aurait pervertit... Sans pour autant qu'il ne perde l'essence de son existence. Il ne fallait, néanmoins, ne pas être trop permissif. Empathique, Varto daigna encore accorder de son temps. « Je crois avoir été clair. Il y a des règles à suivre et ce sont MES règles. » beugla t-il. L’empathie lui avait, fallait-on croire, échappé aussi vite qu’elle était apparue sur son visage. Mais devant cette démarche, le commandant restait impassible. « S’il vous plait. Je vous en serai toujours redevable… » priait-il. Il jouait mal ses cartes, tentant de faire un tapis là où seul une paire de trois pouvait le faire gagner. Varto considéra tout de même l’idée saugrenue qu’il puisse rendre ce… service. Jim avait vendu son âme au diable depuis longtemps déjà. Il avait juré une loyauté sans faille à la cause de son supérieur et il ne remettrait pas cela en cause. Pour l’instant. Et puis même en essayant de feindre des émotions, le Général était complètement désintéressé. Une nouvelle fois, il s’agissait uniquement de contrôle. Contrôler son disciple, un peu trop vaillant à son goût. « Bien. J’entre seul et je jugerai par moi-même. » finit-il donc par concéder. Les paupières de son interlocuteur se plissèrent. Il était soulagé que quelqu’un l’ait écouté, en dépit d’un caractère trempé et peu indulgent. Varto, quant à lui, devait maintenant tenir promesse. Sans faire plus attention que ça à la réaction aussi enjouée qu’intérieure de Jim, il partit en direction de la porte la plus proche et, supposait-il en toute logique, de la pièce qui contenait les deux êtres malheureux et torturés que l’ex-N7 avait péniblement tenté de sauver. Arrivé à la hauteur de l’entrée, il lança un dernier regard. Et une parole. « Tu te rappeleras ma clémence. »



    2199 ¦ Bureau du Général Gravonheart

    Seul devant le bureau de son successeur, Ataan avait désormais accès à une ressource extrêmement utile qu’il devrait utiliser avec autant d’efficacité que d’efficience. Trop en dire pourrait se réveler indiscret car tout commandeur a ses propres coutumes et expressions qui ne tiennent qu’à lui. Une vérité qui s’appuyait également sur la voix ; heureusement, Gravonheart et lui-même avait un timbre que l’on pouvait confondre si l’attention n’était pas là. Et il pourrait jouer là-dessus, étant donné que personne ne pourrait imaginer que leur leader s’était fait bêtement assommé pour finir allongé sur le sol de ses lieux, devant complètemnet inutile. Et immédiatement, la première chose qu’il souhaita faire était de vérifier où se trouvait son drôle de compagnon sur les caméras. Puis, il pensa que si c’était aussi simple de le retrouver, Jim y aurait songé avant lui et le drell serait dans de beaux draps. Et avant qu’il ne puisse trouver une solution alternative.

    Jim ? Jim on a été arraisonnés par des pirates près de l'Observatoire ! Ils sont en supériorité numérique et le Typhoon est immobilisé pour le moment. Halazzi a été évacuée et se dirige vers l'Observatoire pour sécuriser l'endroit et le Cœur. J'ai rappelé les patrouilles mais c'est clairement la merde ici. Il nous faut du renfort tout de suite ou on perd l'avant poste et tout ce qui s'y trouve ! cria une femme, l’accent subtil. A l’autre bout, on ne l’avait pas reconnu. La transmission était saccadée et l’oreille de l’ex-Général pas omnisciente. Toutefois, son accès lui permettait d’obtenir un petit lot d’information. Il rechercha tous les renseignements dont il pouvait disposer sur ce fameux Typhoon et sur cet Observatoire mystérieux. Il fit aussi vite que possible, ponctionnant chaque utilités relatives à ces sujets, lisant en diagonale. Dans le fond, ce qui l’intéressait, c’était plus leur emplacement et l’objectif qu’ils poursuivaient. Mais il fallait aussi répondre et donner des ordres, dans le feu de l’action. Un court instant, il reteint son souffle. « J’envoie des renforts mais ils vont mettre du temps à arriver. Tenez la barque mais ne meurs pas pour ces conneries. » commença t-il, assez fier de son imitation. « J’envoie aussi des agents pour Halazzi. Le Cœur est ce qui importe. Préviens-le si tu peux. » lâcha t-il pour conclure. La demoiselle réagirait comme elle voulait, elle était coincée pour un petit moment, de toute évidence.

    Conscient qu’il devrait se trouver un taxi, Ataan s’attarda ensuite sur les véhicules que la base contenait. Heureusement, les Soleils Bleus n’étaient pas trop à plaindre et Seamus savait mettre les moyens qu’il fallait lorsqu’il le voulait. Une corvette suffirait, théoriquement. Il en trouva une parmi d’autres, qu’il réquisitionnerait après avoir donné l’alerte. Et c’est là que ça la frappa de nouveau : le drell ! Ce stupide amphibien qui se planquait on-ne-savait-où du côté des laboratoires. Bon, dans un sens, on pouvait en déduire qu’il ne s’était pas fait arrêter parce qu’aucun rapport n’était parvenu par ici. En sommes, il n’avait plus qu’à user de son joker. Configurant les haut-parleurs pour que tout le monde entende sa mélodieuse voix, il orchestra la secousse. « A toutes les unités, le cimetière est attaqué, rendez-vous immédiatement aux quais pour renforts immédiats. L'alerte est levée pour le Bloc C, surveillez les prisonniers. Agent K, veuillez vous charger du cœur du problème.. »

    Il reconfiguera, enfin, . « HX-33, je vous envoie des agents. Votre destination est l’Observatoire. Préparez-vous. » Son travail était terminé. Il n’avait plus qu’à s’extirper du bureau, s’occuper des gardes tout à fait penauds qui pourraient s’avérer curieux de l’état de leur supérieur et donner l’alerte et partir rejoindre ses camarades. Chose aisée, comparée à ce qui devrait les attendre sur place. Relativement confiant, il éteigna la connexion et attrapa son casque. Il était temps que ça bouge.



    2199 ¦ Quais d’embarquement

    Ayant laissé les appartements de sir Gravonheart aussi silencieux que possible, Ataan avait rejoint au pas de course les fameux quais qui étaient assez similaires à la plupart des stations qu’il avait visité. Stations de Soleils Bleus. Autrement dit : y a du matos mais c’est un sacré foutoir. Il fallait demeurer positif : l’effervescence des lieux lui profitait car personne ne se préoccuperait de voir un drell débarquer parmi l’ensemble des patrouilles. L’armure patientait, de fait, près de la corvette qui les conduirait jusqu’à Halazzi, l’Observatoire et le précieux Cœur – des notios que l’agent assimilait toujours.

    Il fallut déjà une dizaine de minutes avant qu’il n’aperçoive enfin la tête de son allié. Sans perdre une minute de plus, il pressa les évènements et l’attrapa au vol… Constatant qu’il n’était pas seul. Haussant un sourcil, il remarqua l’habit usuel des scientifiques. « Tu t’es fait un nouevl ami ? » questionna Ataan, taquin. Avant d’enchainer, sans attendre une quelconque réponse de Krelek, qui pourtant aurait bien voulu en fournir une. « Peu importe, notre carosse nous attends. »

    Un silence parcourut les esprits pendant quelques secondes. Il fallait qu’il arrête de prendre des airs théâtraux à chaque fois qu’il annonçait une broutille. Et comme il disait : peu importe. L’urgence de la situation voulait qu’il rejoigne leur véhicule le plus vite possible. Ce n’était que des pirates, certes, mais ce qu’ils cherchaient se trouvaient là-bas… Quelque part… Et ces sauvages seraient capables de l’endommager avant même qu’eux-mêmes puissent démarrer. De facto, l’armure avait emboité le pas au drell et à son pote, fonçant vers HX-33. L’équipage réduit était déjà prêt à décoller et attendait les agents que leur « grand Général » avait envoyé. Ils ne se doutaient pas qu’ils allaient transporter les ennemis du dit-Général. Enfin, on espérait. Auquel cas, le voyage serait long, compliqué et sanglant.



    2197 ¦ Bellethium

    Comme convenu, Varto franchit la porte et la referma aussi sec. Les prisons n’étaient pas pensées pour être des plus accueillantes et la pièce était donc froide, grisonnante... Et un peu sordide, lorsqu’il remarqua que les deux suspects avaient été presque traités comme du bétail et suspendu par les mains. Si ses idiots de Soleils Bleus avaient osé faire l’inverse, un interrogatoire détaillé aurait été beaucoup plus hardi.

    Les traitres avaient une sale mine. L’un était plus pâle que l’autre. Un comble pour un couple qui, originellement, avait tout à fait l’air d’être métisse. Voire plutôt basané. Les mains derrière le dos, le Général les analysa rapidement et distinctement. Seul la femme était réveillée, puisqu’elle venait de lui lancer un regard. Il s’approcha d’elle, sans faire plus attention à l’autre – endormi, assommé. Ou mort.

    En un mouvement, il attrapa le visage de la demoiselle d’une main ferme. Il le releva. « Mira. C’est une surprise. »







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MessageSujet: Re: [Intrigue #Prologue] ж Crépuscule ж   Mer 01 Oct 2014, 14:25








***

Cimetière des Moissonneurs, à l'extérieur de l'Observatoire, 01:10

La zone environnante du cadavre de l'Augure s'était transformé en un véritable enfer. C'était le chaos. Des navettes, des chasseurs, des corvettes volaient dans tous les sens. Les tirs et faisceaux lasers fusaient. A côté de ça, l'Observatoire, qui avait une partie de sa base donnant sur l'extérieur, tentait de se défendre des assauts répétés des forces mercenaires conjointes. Le rapport de force entre les Soleils Bleus et leurs assaillants étaient clairement indescriptible : les quelques navettes en patrouille s'étaient regroupées le plus rapidement possible sur la zone de combat pendant que, de leur côté, les bandits avaient des renforts qui se dirigeaient vers l'Observatoire.

Le Typhoon, l'imposante et unique frégate qui avait pénétré le secteur, était aux abois, sans boucliers, et tentant désespérément de ce sortir de ce guêpier. La masse de cadavres moissonneurs transformait petit à petit le passage en un goulet inextricable où quiconque y rentrerait aurait du mal à en ressortir. Cependant, dans leur tentative de fuite, le Typhoon avait été arraisonné par une escouade de francs-tireurs mercenaires.

« J’envoie des renforts mais ils vont mettre du temps à arriver. Tenez la barque mais ne meurs pas pour ces conneries. J’envoie aussi des agents pour Halazzi. Le Cœur est ce qui importe. Préviens-le si tu peux. »
Mira, à bord de la frégate assiégée, était soulagée de savoir que les renforts arriveraient. Elle ne répondit que par un accusé réception, étant occupée à mettre en place une défense de fortune à bord. Ils mettraient en effet du temps pour arriver, une demi-heure précisément. Ils devraient donc tenir la frégate - ou au minimum l'Observatoire - pendant une demi-heure. Après un bref jet d’œil par les hublots, cela lui paraissait impossible. Au moment où elle regardait, une navette bleutée venait d'être réduite en morceaux par trois chasseurs bandits.

« Madame, les moteurs redémarrent, mais on a ni boucliers, ni puissance dans les moteurs. On peut même pas activer les SLM ! », fit la timonière par comlink relayé par l'Omnitech de la femme basanée.
Une secousse secoua la frégate, ainsi que de brèves vibrations. Mira craigna le pire. Ils n'avaient pas été assez rapides et elle le paierait probablement de sa vie, ou bien de son vaisseau. Bien que les alarmes de bord étaient déjà toutes actives, elle beugla pour rameuter les derniers tenants du vaisseaux. Ils étaient à peine une poignée d'hommes, contre probablement un groupement entier de francs-tireurs. Mira les avaient répartis sur la passerelle de façon à ce qu'ils soient le plus à couvert possible.

De brèves explosions, puis une plus grosse se fit ouïr : les assaillants venaient de percer la coque et s'y infiltraient probablement. Heureusement pour les personnels de bords, déjà équipés d'armures pressurisées ou d'équipement adapté pour Mira, ils n'imploseraient pas dans les minutes qui suivraient. Ils mourraient juste probablement de façon stupide dans ce vaisseau bon à jeter. Cependant, une idée survint dans l'esprit de Mira. Ils n'étaient guère loin des modules d'évacuations et il restait une dernière option qui résidait davantage du baroud d'honneur que d'un combat à mort.
« Vous me recevez ? », enquit-elle la timonière. Après réponse positive, elle enchaîna : « Redirigez absolument toute la puissance dans les moteurs. Même les systèmes de survie, toute once d'énergie je les veux dans ces moteurs. Je veux que vous les bloquiez pour faire imploser les propulseurs SLM. On cherchera à se dégager le plus vite possible et vous venez avec nous. »
« Mais vous êtes. ça.. devrait être possible. Je m'occupe de ça. Attention les intrus arrivent sur la passerelle ! »

Mira intervint pour alerter les derniers défenseurs, et prendraient la poudre d'escampette sur ordre de la timonière. Deux-trois secondes après, une porte ainsi qu'un trou dans le sol explosa, secouant davantage la frégate qui perdit ses compensateurs d'inertie, les faisant perdre pied au sol. De sourds "clacs" sonores se firent entendre, qui traduisaient l'activation des armures afin de pouvoir attirer leurs pieds sur le sol malgré le manque de gravité. Petit à petit le monde s'assourdissaient avec le manque d'oxygène ambiant. L'instant d'après, les premiers coups de feu furent tirés. Mira avait solidement son pistolet Phalanx en main et arrosait du mieux qu'elle pouvait ses ennemis. L'absence d'atmosphère et d'oxygène faisait disparaître quasi immédiatement quelconque once de fumée ou de feu, ce qui les empêchaient de se camoufler. D'un côté ou de l'autre, leur vies se jouaient sur cet instant.

Un des défenseurs tomba. Mira se demandait si cela valait le coup. Mais pendant ce temps, ces précieuses minutes gagnées, les renforts étaient sur le chemin et l'Observatoire était assiégé. En face, ils tombaient plus aisément, malgré une véritable soif de sang. Mais ils étaient plus qu'une escouade. D'où les importants dégâts infligés à la frégate. S'ils comptaient s'en emparer, c'était pas vraiment la meilleure méthode.
« C'est tout bon ! On a approximativement deux-trois minutes pour foutre le camp ! »
Après analyse rapide de la situation, atteindre les modules d'évacuation serait difficile en deux minutes. A moins de tout jeter dans un assaut qui leur coûterait plus qu'autre chose... L'autre solution restait à fuir par une brèche au moment propice afin que leurs assaillants ne puissent comprendre la supercherie.

Elle choisit la première solution.
« Allez, il faut forcer aux modules d'évacuation, sinon, dans deux minutes on est tous morts. », dit-elle calmement dans le communicateur, désormais obligatoire en absence d'atmosphère. Quand la voix fut entendue dans leurs casques, les défenseurs se regroupèrent en intensifiant le feu sur l'ennemi, les forçant à se retrancher plus loin. Ainsi, chacun leur tour en se couvrant l'un l'autre, ils foncèrent vers les modules. Mira fut la dernière a passer, mais leur lanca une grenade fournie par un des mercenaires à la défense. La timonière avait suivie avec un maigre pistolet Shuriken. Ainsi, très rapidement ils se retrouvèrent dans un module qui, comme par magie, était encore resté là. Une fois lancé, le compte à rebours était lancé. Le module était redirigé vers l'Observatoire et pendant ce temps, Mira était scotchée à l'une des vitres qui permettaient de voir le Typhoon en gruyère. Quelques instants après, l'on vit la poupe rougir de l'extérieur puis déchaîner les enfers localement. L'arrière explosa, en disloquant les parties de la frégate qui, de la poupe à la proue, se fracassèrent en de nombreux autres morceaux. Le cockpit explosa aussi dans la réaction en chaîne. Le Typhoon gisait là, telle une épave morcelée.

Mira s'enfonça dans le petit siège inconfortable devant lequel se dressait des sortes de ceintures de compression afin, lors de l'atterrissage, d'éviter de se faire expulser contre la paroi d'en face. Elle regarda les armures qui étaient autour de lui, les visages étaient assombris, et la timonière, clairement attristée mais renfermant une certaine colère.
« Tout n'est pas perdu, il reste l'Observatoire. Il faut le défendre le temps que les renforts du Général arrivent. »

Mira vit par le hublot, sortir entre deux épaves, une corvette au modèle plus imposant que la normale. Ils l'avaient transformé en une sorte de mini-vaisseau amiral. A l'échelle de mercenaires, bien sûr. De loin, il semblait plutôt bien armé.

L'agente de Jim se dit qu'elle aurait mieux fait de ne pas se lever.

***

Reaperswatch, Bloc C, Laboratoires, 01:10

« Vous êtes de grands connards... dis-je simplement, l'esprit consterné. Comment peut-on oser faire de telle chose ? Au nom de la science ? C'est des conneries, le coeur de l'Augure ? Vraiment ? Mais où avez-vous la tête..... En tout cas, tout ça, c'est fini. Bon, il faut faire vite, apportez-moi des pièces métalliques de petites tailles, des fils électriques et des produits de nettoyage. »
Le laborantin, yeux grands écarquillés, observait son nouveau camarade s'activer pour clairement fabriquer une bombe. L'humain à lunettes fut comme animé d'une nouvelle énergie qui ne lui ressemblait pas.

« Vous êtes complètement fou ! Je comprends que vous voulez en finir mais vous ne pouvez pas simplement tout détruire ! Vous allez ravager toute la base voire détruire la lune, avec les conséquences que cela implique pour la planète autour de laquelle elle est en orbite ! »
Sa voix petit à petit s'interrompait en voyant que Krelek n'avait que faire de ses dires. Le laborantin était assez d'accord pour y mettre un terme, mais pas de cette façon là. Il était clair que le drell ne comprenait pas de quoi il s'agissait. « Avec les cœurs de moissonneurs enfermés ici, ce n'est pas que Reaperswatch que vous allez détruire ! Je ne sais pas moi... prévenez le Conseil ou quelqu'un d'autre ? Ou votre employeur ! Par pitié ne faites pas ça ! »

N'ayant clairement pas le choix, plutôt que de faire la fine bouche, risquant ainsi de prolonger leur temps de présence ici, le laborantin se morigéna et aida Krelek dans la confection de ses bombes artisanales, visiblement mal à l'aise. Il resta silencieux par la suite, ruminant les conséquences des actes d'un seul être.
Peu de temps après vint l'alerte générale pour la base. Ne concernant pas les laborantin, il savait cependant que son souhait de partir l'obligerait certainement à passer par la case Observatoire. Lieu qu'il ne connaissait que trop bien.
Après que le drell l'invitait à venir, ils firent route jusqu'aux quais d'embarquement, le drell ayant prit soin d'amorcer la bombe. Cependant, ce que le drell ne sût pas, c'est que le laborantin avait trafiqué l'amorceur afin de pouvoir être activé à distance grâce aux relais de Reaperswatch. Il pouvait donc activer la minuterie ou la désactiver à loisir. Du point de vue du scientifique, il ne pouvait simplement détruire la lune Kopis au détriment de la planète Makhaira autour de laquelle elle orbite. Si Krelek s'en rendait compte, il le tuerait certainement, mais il aurait au moins évité la destruction d'une planète.

***

Reaperswatch, Puits d'atterrissage, quais d'embarquement.

Krelek et le laborantin avaient parcouru l'ensemble de la base pour rejoindre Ataan dans le Puits. Les pilotes et soldats qui allaient et venaient dans les allées étrangement n'avaient que faire de l'étrange duo. Néanmoins ils arrivèrent sains et saufs dans le puits.

« Tu t’es fait un nouvel ami ? Peu importe, notre carosse nous attends. »
Le laborantin jugea donc, en étudiant du regard la grande armure qui, de toute évidence, différait des autres ensembles des gardes et pilotes Soleils Bleus présents sur la base, qu'Ataan était un allié secret de Krelek. Vis à vis des informations qu'il lui avait données, cela le rassura, mais il devait faire part de ses craintes à ce nouvel "allié". C'est ainsi qu'une fois rentré dans la corvette, et à l'écart - car les vaisseaux, bien que mobilisés, n'étaient pas bondés -, le scientifique dit à Ataan en retirant ses lunettes qui le gênait plus qu'autre chose.
« Je ne sais pas si vous le savez, mais d'ici un instant à l'autre, la base entière va exploser. Votre ami ici présent a posé une bombe à retardement dans les laboratoires ! Les coeurs de moissonneurs qui s'y trouvent pourraient tout simplement détruire Kopis ! Avec les conséquences qui en découlent, projection de débris, sans parler de la perte des donn-. »

Ataan avait levé la paume de sa main. Il en avait clairement assez entendu. Il avait déjà fait la grâce d'écouter le nouvel ami de Krelek, mais point trop n'en faut. Alors qu'il tournait son regard vers Krelek, la corvette décolla, ainsi que la flotille de navettes qui étaient affectées aux renforts. Ils émergèrent du Puits pour ensuite filer à vive allure vers le Cimetière qui, de si loin, ressemblait davantage à une grosse tâche sombre dans l'espace étoilé. Sauf que, malgré les apparences, le chaos y régnait.



***BILAN MJ***


* Ensemble
> Il est 01:10 AM
> Les renforts alliés arriveront dans 25 minutes.
> L'Observatoire est attaqué par la coalition pirate.
> Mira est en train de rejoindre l'Observatoire.
> Halazzi est dans l'Observatoire et organise la défense.
> Les Vagabonds sont organisés et ont lancé l'assaut.
> Le Typhoon, est réduit à l'état d'épave.
> La Corvette améliorée Ersatz mercenaire est arrivée sur le champ de bataille avec les derniers renforts ennemis.
> L'issue de la bataille est a l'avantage des mercenaires.
> Les poursuites envers Krelek et Ataan ont été arrêtées.
> Le laborantin a bloqué la minuterie des laboratoires.

* Krelek Aelos (Corvette alliée)
> 98%
> Évasion remarquée; n'a pas été repéré, Central sait qu'il est en uniforme.
> Est avec le laborantin, qui l'aide.
> Identité confirmée : "Krelek"
> Est au courant des secrets de Reaperswatch.

* Ataan (Corvette alliée)
> 99%
> Implication confirmée.
> Est au courant de la principale préoccupation des laboratoires.
> Est au courant de la présence d'une bombe dans les laboratoires.








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MessageSujet: Re: [Intrigue #Prologue] ж Crépuscule ж   Mer 01 Oct 2014, 22:40









    2199 ■ Corvette HX-33

    L'ex-Général pouvait au moins se vanter d'avoir inculquer une docilité et une efficacité sans faille à ses diverses équipes de Soleils Bleus, qui s'étaient chargées de transmettre leur ultime savoir aux suivants. En effet, il avait pu constater que l'équipage n'avait pas posé de question. Ni précédemment, lorsqu'il était venu les voir pour leur annoncer le départ imminent. Ni ultérieurement, lorsqu'ils avaient pu apercevoir la présence d'un drell - race très peu commune chez les mercenaires, habituellement - et d'un laborantin. Non, ils étaient là pour exécuter les ordres et ils le savaient. Peut-être n'avait-il pas non plus envie de se mettre un type de deux mètres sur le dos et leur supérieur le plus gradé avec, puisqu'il avait expressément demandé à cette corvette, en particulier, de se préparer à la mission de leur terrible carrière d'illégaux. Enfin, en interne, on savait bien que seul l'Armure était responsable de cet ordre et qu'il s'agissait d'un transport... Rien de plus. Bien qu'il faudrait un minimum de compétences de manière à éviter les combats si opportuns dont le Cimetière devait être témoin à l'heure actuelle.

    L'équipage, quant à lui, était principalement pourvu d'humains et de turiens. Rien d'étonnant, c'était ce qu'ils croisaient le plus. Le pilote, lui, avait l'air d'être plus du style butarien. Peut-être butarienne... Qu'est-ce qu'une butarienne viendrait foutre là, d'un autre côté ? Rien. Donc il s'agissait d'un butarien. Pas des pires pilotes de la Galaxie, en sommes. Et globalement, le tout formait un petit groupe qui était loin d'être en surnombre. Sans doute une question d'efficience un peu mal dosée : on utilisait peu de ressources pour faire fonctionner les vaisseaux parce que de toute évidence, ils ne servaient pas à grand chose. Cela leur permettrait d'être plus discrets, que ce soit Krelek, son nouvel ami ou bien lui-même.

    En parlant de ce fameux nouvel ami, il semblait bien concerné par l'affaire. Suffisamment concerné par s'approcher d'Ataan de très près, jusqu'à lui glisser des informations. « Je ne sais pas si vous le savez, mais d'ici un instant à l'autre, la base entière va exploser. Votre ami ici présent a posé une bombe à retardement dans les laboratoires ! Les cœurs de moissonneurs qui s'y trouvent pourraient tout simplement détruire Kopis ! Avec les conséquences qui en découlent, projection de débris, sans parler de la perte des donn-. » avait-il commencé à bafouiller, d'une traite. Sans vouloir en apprendre plus dans l'immédiat, il le fit taire, plaçant une paume sur ses lèvres désormais muettes. Il s'agissait surtout d'éviter d'être entendu. Évidemment, devant de telles révélations, l'Armure lança un regard imperceptible - de par son casque - à son allié. Lui-même avait jeté une oreille par delà les chuchotements et devait savoir que l'autre agent était au courant de ses projets... explosifs. Mais le Drell décida de détourner le regard et de partir là où bon lui semblait. Ataan soupira. Vu le temps que pourrait durer le voyage, ils auraient le temps de parlementer de la suite des évènements. Sans faire plus attention au scientifique, qui se poserait des questions morales dans l'ombre sans faire chier quiconque - espérons - il se dirigea vers la cabine du pilote.


    ***

    Cela devait faire environ six minutes qu'ils étaient sur le chemin. L'agent regardait successivement les écrans et le cockpit, tandis que l'unique timonier s'occupait de ses affaires, dans un calme aussi paisible que jamais. Jusqu'à ce qu'il ne souhaite plus ne s'occuper que de ses affaires. « Alors, vous êtes nouveau ? » lança t-il hasardeusement. Haussant un sourcil à l'intérieur de son casque, l'autre ne réagit pas. Jusqu'à ce qu'il se dise que finalement... Cela pouvait sembler bizarre de ne pas se sociabiliser. Après tout. « Pas vraiment. » souffla t-il, très concis.

    Un silence se posa. Varto n'a jamais été réputé pour être bavard, sauf quand il s'agit d'impressionner ou de fabuler. De facto, Ataan avait un comportement similaire. Mais le butarien n'allait pas abandonné pour autant. « Ah. C'est logique, en même temps. Sinon le Général ne vous confierait pas une mission comme ça. » rétorqua t-on. Silence. « Et... vous le connaissez bien, le Général ? »

    L'interlocuteur principal soupira. « Assez, oui. » Encore très concis. Suffisamment pour poser de nouveau un malaise. La curiosité du pilote masquait sans doute son inquiétude. « Je vois. Moi, je le connais pas plus que ça. » affirma t-il, plus aisé. Bon, il admit intérieurement que ça ne pouvait intéresser personne. « J'ai pas vu beaucoup de drell dans nos rangs, n'empêche. » ajouta le mercenaire, toujours plus aisé. « C'est mon assistant. » répondit le faux Soleil Bleu, assez amusé. Ce n'était pas tout à fait vrai, dans les faits. Krelek était quelqu'un de tout à fait compétent. Eux deux n'avaient juste pas la même expérience et pas la même façon de voir les choses. Une relation relativement basique, en sommes.

    Et tiens, le timonier avait fini par se taire. Brièvement. « Et Hala... » débuta t-il avant d'être coupé. « Orlok ? Y a du grabuge dans les quartiers du capitaine. » dit une fine voix, sortie de nulle part. Ataan soupira de nouveau. A tous les coups, il allait devoir aller voir. « Les quartiers du capitaine ? Bah c'est vos quartiers, du coup. » lui fit-on. Évidemment. Pas moyen d'être tranquille...


    ***

    Bon, dans un sens, ce n'était pas normal qu'il y ait du grabuge quelque part sur ce vaisseau. Il fallait donc que quelqu'un aille régler la situation. Et l'intuition faisait sentir à l'ex-Général que ses alliés n'étaient pas étrangers à ce changement soudain dans l'état global du véhicule. En quelques instants, il avait pu débarquer près d'une porte. Deux hommes étaient postés devant. Machinalement, on leur ordonna de relâcher la pression et d'aller voir ailleurs si d'autres faisaient chier leur monde. Sans plus attendre, Ataan débarqua à l'intérieur de ses nouveaux quartiers très provisoires.

    « Allez, avoue ! » beugla le Drell, d'une force étrangement anormale. Il avait projeté son laborantin préféré - enfin plus maintenant - contre le mur tribord de la pièce. Et il avait décidé de le maintenir là, l'air un peu fâché. Très calmement, du côté du troisième larron, on referma la porte. Il venait de débarquer, il ignorait ce qu'il se passait... Mais, bordel. « Krelek ? » lança t-on, sur un ton doux. « Tu peux m'expliquer ce que tu fous ? »

    En remarquant la présence de son partenaire, Krelek décida de relâcher un peu la pression sur le pauvre, qui n'avait rien demandé. A priori, ça bouillait intérieurement et ça pourrait mal finir pour lui. A sa place, l'Armure en profiterait pour bien se reposer. « Le laboratoire aurait dû sauté y a deux minutes. Mais rien. Je suis sûr que c'est de sa faute. » précisait le Drell, ayant adopté une conclusion hâtive qui pouvait s'avérer vrai... comme fausse. Il faudrait, toutefois, être peu malin pour invoquer le manque de preuve et demander plus de détails. Qui plus est, ils passaient tous une mauvaise journée remplie de pression et d'explications qui pouvaient facilement monter à la tête. Être diplomate, ça commençait à bien casser les c... « Le laboratoire aurait dû sauté ? Et pourquoi est-ce que, parmi toutes les idées aussi saugrenues que tu aurais pu avoir quand je t'ai laissé seul, t'as voulu faire sauter les labos ? » démarra t-on, bien comme il faut. « On a un objectif : trouver le cœur de Moissonneur le plus puissant possible. Et ce cœur se trouve dans le Cimetière. Cela doit être notre seule considération. »

    Toujours sur un ton tout à fait posé, il énonçait un fait dont Krelek était au courant... S'il ne l'était pas déjà avant. Ce dernier voulut d'ailleurs réagir, d'une quelconque manière. Connaissant le bonhomme, sans doute pour protester. « MAIS. Si jamais nous échouons, où est-ce qu'on va trouver un cœur de Moissonneur ? » questionna t-il, presque rhétoriquement. « Dans les laboratoires. Or, s'il n'y a plus de labos, il n'y a plus de cœurs et si on se plante là-bas, on aura l'air de deux parfaits idiots. Surtout qu'il est fort probable que faire péter la base pourrait distraire les renforts que j'ai promptement envoyé pour nous libérer le chemin. »

    Etait-il clair ? Il était clair. Très clair. Et il ne laisserait pas le Drell se défendre. « Donc tu tu vas te calmer et tu vas réfléchir à ce que tu fais avant que l'équipage se pose des questions. » demanda t-il, évitant d'aboyer par la même occasion. Discrétion, discrétion. « Allez, pose ce gars. On fera exploser ce que tu veux quand la mission sera terminée. »




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MessageSujet: Re: [Intrigue #Prologue] ж Crépuscule ж   Dim 05 Oct 2014, 16:03
Crépuscule
"...Lorsqu'un cœur devient important..."

Le scientifique ne soutenait clairement pas l'idée de faire exploser les laboratoires de Reaperswatch. C'était pour lui une terrible idée qui pouvait avoir des conséquences drastiques sur les alentours, pouvant détruire Kopis - la planète sur laquelle nous nous trouvions -, endommageant donc considérablement une partie de la surface de Makhaira, autours de laquelle nous orbitions. Un tel scénario était pour moi de la science-fiction et je n'en crus pas une parole, voyant en l'entreprise de l'homme une tentative de sauver ses recherches. Je n'en avais que faire. Et même si la lune qui nous soutenait explosait, cela ne me dérangeait absolument pas dans la mesure où l'astre se situant en-dessous de nous n'était qu'un caillou bouillant et n'abritant pas une seule forme de vie. Les seules victimes de l'explosion ne seraient que quelques Soleils Bleus, qui n'avaient pas un respect exemplaire de la vie, leurs laboratoires démontrant bien cela. Le laborantin me proposait des alternatives, mais je me montrais impassible. Seules une d'entre elles était réalisable ; je n'avais aucun moyen d'avertir les Conseillers et je ne comptais pas le faire, ils ne devaient pas être au courant de ce qu'il se passait en ce moment, ils risquaient d'entraver les opérations du Courtier de l'Ombre et ralentir sa progression en son entreprise, plus qu'importante. Et je ne comptais pas déranger ce dernier pour l'avertir que j'allais détruire un laboratoire. Il était certain qu'il ne soutiendrait pas l'idée, sans doute voyant une certaine utilité aux données contenues à l'intérieur, mais ce n'était pas de ce genre d'informations dont mon employeur avait besoin. Savoir comment miniaturiser des cœurs de Moissonneurs et dénaturer totalement les sujets des expériences ? Si le Courtier de l'Ombre en personne s'adonnait à ces recherches et commençait également à défier le sens moral comme l'avait fait Cerberus et à présent les Soleils Bleus, il allait devoir trouver d'excellentes raisons pour justifier cela et me garder en ses rangs. Il s'était montré spécifique en ses motivations et entreprises, et défier la Nature en usant de technologie Moissonneur n'avait pas fait partie de la liste.

Quoiqu'il en fut, nous atteignîmes  les quais d'amarrage et nous y retrouvâmes Ataan, encore en un seul morceau, chose à laquelle je m'attendais sans grande surprise ; il connaissait bien les Soleils Bleus et, en temps qu'Humain, il se fondait parfaitement dans la masse, si l'on faisait fi de sa taille, gigantesque. Le scientifique, m'accompagnant toujours, compris tout de suite qu'il était mon associé et se rua sur lui pour lui expliquer ce que je comptais faire des laboratoires. A moitié étonné, je vis l'amure lever la main, intimant le binoclard à se taire. A moitié, en effet, car je m'étais au moins attendu à ce qu'il me fasse une remarque, comme il en faisait toujours. C'était presque une seconde nature chez lui de critiquer tout ce qui n'était pas fait ou décidé par lui. Au moins avait-il le mérite d'être extrêmement efficace, ce qui compensait un peu sa nature dirigiste. Peut-être était-il tout simplement trop préoccupé par la situation actuelle pour s'intéressé à ce que je pouvais faire subir à Reaperswatch. Il avait le sens des priorités, et la nôtre, actuellement, était d'atteindre le Cœur de l'Augure le plus vite possible, avant que ceux l'attaquant mettent les mains dessus en premier.

Nous nous empressâmes donc d'entrer dans le vaisseau qui nous attendait et partîmes chacun de notre côté, Ataan s'étant dirigé vers le cockpit, alors que je décidai de rejoindre les toilettes. Une fois arrivé, je retirai mon casque et vérifiai l'état de mon visage, en bien meilleur état qu'il ne l'avait été une heure avant ; le médigel faisait très bien son travail. Aussi, je ne m'empressai pas tout de suite de remettre la masse métallique sur mon crâne, profitant de la liberté que je lui apportais. Trop serré, le casque m'était trop inconfortable, mais au moins avait-il eu le mérite de m'empêcher d'être repéré lorsque j'étais encore recherché. En ce moment particulier, il ne me servait à rien, mais il allait encore remplir une fonction bien utile, car lorsque nous allions atteindre le cœur du conflit, il m'allait bien falloir me protéger. Je me versai un peu d'eau froide au visage, puis remis la pièce d'armure, à contrecœur. Il était temps d'observer le feu d'artifice que j'avais créé.

Je rejoignis donc la baie d'observation du vaisseau, où se trouvait également le scientifique, qui semblait stressé. Il prenait cette affaire bien trop personnellement et s'inquiétait trop des conséquences de l'explosion. Ne réalisait-il donc pas qu'il ne s'agissait que d'un énorme caillou en orbite d'un autre caillou, plus chaud, mais tout aussi dénudé de vie que le premier ? Il était tout de même amusant de voir comment l'on pouvait accorder autant d'importance à des choses pareilles. Je me posai donc debout, devant la baie vitrée et attendis. Nous étions déjà loin de Kopis, mais si l'explosion faisait effectivement sauter la planète, alors elle serait bien visible. Mais il ne se passa rien. Il était 1:20 du matin, la bombe aurait dû exploser, il n'y avait eu aucune erreur de confection, je savais ce que j'avais fait. Elle aurait dû détoner... à moins d'avoir été sabotée. Je me retournai vers le laborantin, furieux. Il n'y avait pas d'autre possibilité, cet imbécile d'Humain avait trafiqué le détonateur ! Je me jetai sur lui, le plaquant contre le mur et m'écriai :

- Qu'est-ce que tu as foutu ?! La bombe aurait dû exploser ! C'est toi qui as fait quelque chose ! Allez avoue !

C'est alors qu'Ataan entra dans la pièce, me demandant, après une petite analyse de la situation, ce que j'étais en train de faire. Je lui expliquai donc que les laboratoires auraient dû partir en poussière depuis le temps et que le scientifique je tenais contre le mur était forcément à l'origine de la non-détonation. L'armure me demanda donc très calmement les raisons de cette entreprise, me faisant très bien comprendre qu'il ne soutenait pas ce plan, car le laboratoire pouvait être notre seule chance si nous ne mettions pas les mains sur un Cœur Moissonneur suffisamment puissant. Il m'intima de reposer le laborantin et de ne rien faire de regrettable. Je pris une inspiration et répondis :

- Ataan. Je n'ai rien à te justifier. Il y a des cœurs de Moissonneurs dans les laboratoires, et alors ? Je ne crois pas qu'on en soit en manque, je vois des milliers de ces merdes autours de nous. De plus, ne pas mettre la main sur le Cœur de l'Augure n'est PAS une option. Tu m'as bien entendu : le Cœur de l'Augure en personne. Tu crois vraiment qu'on va le laisser se faire prendre par des pirates ? Ce serait encore plus con que de faire sauter une lune. Concentre-toi donc sur ce qui est important.

Je redirigeai mon regard sur le scientifique et le lâchai.

- Essaie de me doubler encore une fois, et je te jure que tu finiras avec une balle dans la tête.

Puis je remarquai un petit objet métallique, tout en longueur, dépassant légèrement de la poche de sa blouse de laboratoire. Rapide, je l'attrapai et le sortis de sa cachette. Cela ressemblait grossièrement à un détonateur. Voilà donc pourquoi la bombe n'avait pas explosée, le minuteur était à présent relié à l'outil que je portais, et non-plus au compteur d'eau que j'avais préparé. Je me tournai vers Ataan, l'objet bien en évidence, avant de le glisser dans un repli de mon armure.

- On récupère le Cœur de l'Augure, et, ensuite, je fais péter les laboratoires, dis-je simplement. Des compromis, Ataan, des compromis. Si tu as de plus amples questions sur les cœurs, je peux te partager ce que notre ami à lunette m'a dit. Juste passe le mot.

Puis je quittai la pièce, me dirigeant vers l'armurerie ; nous nous approchions de notre destination et il fallait se préparer, car le sang allait couler. C'était là que la mission se compliquait. Il nous fallait à Ataan et moi nous débrouiller pour atteindre l'Observatoire et voler le Cœur de l'Augure aux Soleils Bleus, sans laisser les pirates mettre les mains dessus. Nous étions seuls contre deux camps en large supériorité numérique. Une petite mission suicide, en somme. Une petite mission suicide très dangereuse.











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MessageSujet: Re: [Intrigue #Prologue] ж Crépuscule ж   Lun 06 Oct 2014, 14:55








***

Cimetière des Moissonneurs, à l'extérieur de l'Observatoire, Corvette Ersatz, 01:25

« Kamak, ils se regroupent au niveau de l'avant-poste. »
« Tout se passe donc comme prévu. »
« Non, les renforts de Reaperswatch arriveront dans une dizaine de minutes. Regroupe tes chasseurs et prépare à les accueillir. Je vais diriger l'assaut terrestre sur la base. Leurs défenses s'amenuisent, mais le nouveau comité risque de faire pencher la balance. Dans le pire des cas, fait nous juste gagner du temps pour rafler le plus de choses possible. »

Le butarien Kamak Ñass acquiesça de sa voix de sèche-cheveux, et se dirigea vers les postes de communication et de commandement afin de réorganiser ses forces. Clairement, jusque là leurs pertes étaient minimes comparées aux mercenaires tenant l'endroit. Les chasseurs étaient bien plus maniables face aux navettes des Soleils Bleus, qui elles étaient plus lentes à cause de leur armement lourd. Elles constituaient donc une menace de taille pour l'Ersatz, qu'il fallait protéger étant donné qu'elle contenait la majorité des forces d'attaque au sol. Les chasseurs pirates étaient accompagnés d'une unité nommée Claymore, qui constituait un escadron aux caractéristiques plus proches des navettes Kodiak des Soleils Bleus. Dorénavant, il faudrait compter avec une nouvelle vague d'assaut provenant directement de Reaperswatch, il fallait donc s'attendre à un rapport de force retour à l'équilibre. Cependant, une nouvelle fois, les deux escadrons de chasseurs avaient l'avantage face à leurs navettes. Ce serait donc un combat long, mais probablement gagné d'avance, sauf évènements inopinés.

Les forces de Kamak se regroupèrent donc le temps de faire pression avant l'arrivée des renforts. La zone demeurait toujours un champ de bataille spatial où les tirs fusaient de partout, mais, par rapport à une vingtaine de minutes plus tôt, les camps s'étaient davantage formés.
« Quid des troupes de choc sur le Typhon ? »
« Plus de rapports depuis l'implosion des moteurs. Ils sont sûrement morts. On a vu parcontre de nombreuses capsules de sauvetage se diriger vers l'Observatoire. Ils sont piégés. »
« Amène l'Ersatz à l'emplacement prévu pour débarquer les troupes, je vais m'équiper. »

Le butarien fronça les arcades sourcilières en observant les échos ladars. Les renforts arrivaient, mais ils étaient prêts. La bataille finale allait avoir lieu incessament sous peu. Il espéra de son côté que le Lystheni serait aussi rapide et efficace qu'il le proclamait. Il voulait avoir du temps, il allait lui en donner. La récompense a la clef était trop belle.
« Préparez-vous a accueillir nos invités. Escadrons, en position. Claymores, continuez l'harcèlement sur les défenses de la base. »

***

Cimetière des Moissonneurs, Observatoire du Cimetière, 01:25

Les pods de sauvetage, bien qu'intelligemment pensées et construites, n'étaient pas vraiment optimisées pour un atterrissage en douceur. Les deux dernières s'écrasèrent contre la paroi du chef moissonneur déchu, écartant ainsi une brèche dans la coque dans laquelle les occupants pouvaient s'extraire afin de pénétrer dans l'Observatoire, dont les installations occupaient une bonne partie du cadavre de l'Augure. Les installations étaient initialement prévues pour simplement avoir un avant-poste important dans la zone afin de diriger les patrouilles et organiser une défense de proximité en cas d'incursion forcée dans le Cimetière. Il était clair à présent que la mission demeurait un échec sur toute la ligne. Ce genre d'assauts ayant été mal anticipé, ils devraient faire avec.

Mira, accompagnée peu de temps après sa sortie par les quelques mercenaires et la timonière, chercha un peu son chemin dans la base implantée dans ce monstre géant et mort. L'architecture était un mélange d'apparence extraterrestre du aux matériaux trouvés et comme grignotés dans les méandres du moissonneur et des couloirs de la base Reaperswatch sur Kopis. Mira était personnellement déboussolée sinon perturbée par l'idée même de se retrouver dans un moissonneur, qui il y a un peu plus de dix ans terrorisait et menaçait de détruire toute vie dans la galaxie.
Après quelques minutes de recherche, elle se retrouva dans les quais, juxtaposés avec les quartiers principaux de la base, les plus proches de l'extérieur. Il y avait des baies vitrées de partout, et tout ce qui était en contact avec l'extérieur depuis le trou béant qui défigurait la carcasse de l'augure où se trouvait la base était protégé par de puissants boucliers qui avaient leurs générateurs dans la base. Si à la base ces boucliers les isolaient du vide spatial, ils avaient été renforcés en énergie suite à l'attaque afin de pouvoir résister quelque temps jusque l'arrivée des renforts.

« Agent Mira, Agent Mira ! »
La concernée distingua la voix qui s'approchait rapidement d'elle. En effet sur sa droite apparue la docteur Vayaa Halazzi Impare, qui avait quitté le Typhon bien plus tôt qu'elle. Elle avait déjà organisé un semblant de groupes de résistance pour ralentir la progression des futurs assauts terrestres des pirates qui sans nul doute étaient déjà en route.
« Halazzi. »
« Les défenses ont été renforcées et organisées pour ralentir les pirates. Ils arriveront d'un instant à l'autre ! Je prends deux soldats pour m'accompagner récupérer le Coeur dans les profondeurs de la carcasse. »
« Faites, faites. Vous et vous. », désigna-t-elle deux mercenaires en les pointant du doigt. « Assurez sa survie, qu'on ne soit pas venus pour rien. »

Les deux gardes acquiescèrent et emboitèrent le pas du docteur dans la direction opposée, s'enfonçant dans les couloirs de la base, qui petit à petit changeraient d'apparence et de largeur pour atteindre la salle du noyau. De leur côté, Mira et le reste du groupe s'avancèrent vers les quais, pour ensuite bifurquer dans un bâtiment en dôme qui les surplombaient avec de nombreux points d'observation. Deux scientifiques étaient déjà dans la salle et enchaînaient les touches dans des terminaux. L'Observatoire devait aussi compter son laboratoire, d'une taille bien moindre - une pièce, tout au plus - afin de pouvoir, sans avoir a tout rapatrier sur Reaperswatch, faire des travaux mineurs sur les artefacts récupérés dans le Cimetière.

« Où en est l'ennemi ? »
« Les scanners montrent des échos... sur le châssis de l'Augure. Ils seront là d'ici de brèves minutes. Leur corvette est en stationnaire à côté de la base, frôlant la structure. »
« Et les renforts ? »
« Cinq à dix minutes, peut-être. Il leur restera de toute façon l'armée spatiale pirate a affronter, qui a déjà acculés nos navettes. »
« Je vais récupérer une navette pour défendre l'avant-poste, je ne vous servirais pas plus ici. », intervint la timonière avant de courir vers les quais.

De temps à autre, des tirs venaient s'écraser sur les boucliers renforcés par les quelques têtes pensantes de la base. Si ils étaient craints pour leurs travaux, Mira se dit que ce fut un mal pour un bien...

***

A proximité du Cimetière, Corvette HX-33, 01:25

Krelek avait donc suspecté a raison le laborantin d'avoir modifié si ce n'est saboté la bombe sensée détruire les laboratoires de Reaperswatch - et donc la lune, selon lui -. Après diverses menaces et intervention de son compère, il avait été épargné mais détroussé du détonateur sensé amorcer ladite bombe. Il était clair que le scientifique ne tenait plus ses pensées et, pire, était terrifié par ce qui pouvait se produire. Ils avaient parlé de s'emparer du Coeur de l'Augure, d'objectifs et... de au final, détruire les laboratoires. Cependant, il n'y pouvait plus rien et s'il était bien motivé pour s'enfuir de cet enfer, dorénavant, il était plus épris de terreur qu'autre chose.

Le drell l'avait assez menacé pour qu'il évite de tenter d'autre choses afin de sauver la destruction d'une lune. Son état d'esprit de scientifique - donc de conservation - ne pouvait l'accepter. Il essaierait donc un autre moyen, plus subtil. Pour le moment, il suivrait les ordres, car il savait qu'ils auraient besoin - tôt ou tard - de lui. Il s'était dirigé vers le cockpit où progressivement la lointaine tâche sombre s'était agrandie pour petit à petit laisser se fondre en détails, en carcasses, l'on put presque distinguer les faibles lueurs des balises installées par les Soleils Bleus dans la périphérie du Cimetière.

Le laborantin était presque autant curieux que sous l'emprise de frissons à l'idée même de pouvoir - éventuellement - voir ou toucher le Coeur de l'Augure. Coeur qui semblait déchaîner les passions, entre Halazzi, les pirates, et maintenant les deux mystérieux agents...

***BILAN MJ***


* Ensemble
> Il est 01:25 AM
> Les renforts alliés arriveront dans +/- 10 minutes.
> L'Observatoire est attaqué par la coalition pirate.
> Mira organise la défense de l'Observatoire.
> Halazzi est en direction du Coeur de l'Augure, accompagné de gardes du corps.
> Les Vagabonds sont regroupés, prêts à accueillir les renforts.
> Le Typhoon, est réduit à l'état d'épave.
> La Corvette améliorée Ersatz mercenaire est arrimée à la structure moissonneur, en retrait de l'Observatoire, et déverse ses troupes d'assaut.
> L'issue de la bataille est a l'avantage des mercenaires.
> Les poursuites envers Krelek et Ataan ont été arrêtées.

* Krelek Aelos (Corvette alliée HX-33)
> 99%
> Est avec le laborantin, qui l'aide.
> Est au courant des secrets de Reaperswatch.
> Est en possession du détonateur de la bombe des laboratoires.

* Ataan (Corvette alliée HX-33)
> 99%
> Implication confirmée.
> Est au courant de la principale préoccupation des laboratoires.








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MessageSujet: Re: [Intrigue #Prologue] ж Crépuscule ж   Mer 08 Oct 2014, 10:55









    2199 ■ Corvette HX-33

    Penaud, Ataan avait regardé son collègue avec un certain désarroi, à l'intérieur de son casque qui - lui - n'affichait aucune émotion. L'argumentation du drell était fondé mais l'humain ne pouvait s'empêcher d'y voir un comportement aussi rebelle qu'égoïste. Pourtant, au cours de leurs nombreuses réunions, il lui avait semblé que Krelek avait déjà passé la puberté. Alors pourquoi agissait-il ainsi ? Peut-être que les expérience l'horrifiait à un point qui avait d'ors et déjà franchi la limite. Une différence de point de vue, en sommes. Les projets de Seamus étaient lugubres, voire potentiellement dangereux. Un tel laboratoire détruit, ça lui ferait une belle jambe. Mais arrêterait-il cette mascarade ? Loin de là. Il y avait fort à parier que des études similaires étaient menées aux quatre coins de la Galaxie, celle-ci n'étant que le pilier qui alimentait ses cousines.

    Encore une fois, Ataan comprenait l'assassin et ses motivations à l'égard de Reaperswatch. Mais chacun camperait sur ses positions, étant donné que l'armure était toujours d'avis qu'il fallait garder des cœurs sous la main. Déjà, parce que c'est précieux. Ensuite, parce que récupérer un cœur de Moissonneur n'était peut-être pas l'entreprise la plus facile à accomplir. Si c'était aussi simple, ces derniers n'auraient pas eu la puissance nécessaire pour envahir toute une Galaxie. Même morts, leur carcasse était celle d'un mastodonte imposant dont les protections étaient multiples, complexes et optionnellement solides. Ainsi, on aurait pu rétorquer à l'adolescent capricieux mais il avait choisit de décamper, laissant le scientifique - finalement plus magouilleur qu'il semblait - au bord de l'arrêt cardiaque et avec le détonateur en main. Comme il disait : un compromis. Trouver le cœur de l'Augure et dès que celui-ci est sécurité, Reaperswatch pourra se faire amputer tranquillement. De facto, le débat continuerait entre les deux agents... Mais plus tard.

    Soupirant, l'armure jeta un œil au laborantin, avec qu'il était désormais seul. Il l'analysa de bas en haut. Était-il réellement terrifié ? Il avait l'air d'un calibre plus solide. Sans compter qu'il avait bel et bien eu la témérité passagère pour faire fi des états d'âmes de sa menace en s'appropriant la bombe. Chose qui interpellait Ataan. Il était arrivé, un temps plus tôt, pour faire part de ses motivations altruistes. Alors pourquoi diable avait-il préféré garder un moyen d’enclencher la destruction des laboratoires ?  « Bien. » fit-on. « Discutons de ces… cœurs. »


    ***


    Dix minutes s’étaient écoulées. L’ex-Général était alors revenu sur le pont, avec la marche la plus nonchalante de l’histoire. Il rejoignait ainsi le poste de pilotage, se demandant où la corvette se situait. Il était conscient que le voyage durerait un certain moment, étant donné la distance qui séparait le Cimetière et ses corps célestes de la lune abritant la station des Soleils Bleus. Mais à un moment ou à un autre, ce voyage toucherait à sa fin et ils entreraient… dans le vif du sujet. Et pendant que son compère était il-ne-savait-où, il se devait de s’assurer de la bonne mise en marche de leur plan.

    Arrivé à la hauteur du cockpit, l’Armure pénétra à l’intérieur. N’étant pas connu pour sa furtivité, il se fit remarqué et le butarien tourna la tête. Celui-ci souhaita faire une réflexion quelconque, telle une salutation opportune ou une remarque sur ce qui c’était passé plus tôt, mais il fut coupé dans son élan par une lumière vive qui abondait soudainement la minuscule pièce. Naturellement, le timonier tourna la tête et ses quatre yeux s’écarquillèrent. Ils avaient débarqué à point nommé, à l’instant exact où une frégate « alliée » avait reçu un comité d’accueil peu chaleureux. Cette dernière s’était brisée, provoquant une sorte d’explosion très vite contenue par l’absence d’oxygène de son environnement. Fonçant droit dessus, HX-33 ne put éviter une collision avec les débris qui venaient de naitre, tranchant ainsi ce qu’il restait de l’engin. « Bordel de merde. » souffla le butarien, en réponse à ce spectacle pertinemment inattendu. Le plus étrange était sans doute qu’ils n’avaient pas remarqué ni le vaisseau ni ses assaillants. Peut-être que ses radars avaient été coupées, peut-être que le pilote était plus incompétent que prévu... Cela n’avait pas d’importance. Ils étaient entrés, malgré eux, dans la bataille.


    ***


    « Attention à bâbord ! » beugla Ataan, plein d’adrénaline. Les deux minutes qui suivirent la chute macabre de leur amie frégate furent pour le moins... mouvementées. En effet, les pirates étaient bien organisés. Mieux que la majorité des pirates que l’on pouvait avoir le loisir de croiser dans les Terminus ou dans les systèmes sous une coupe indépendante. Et en soit, il ne restait plus grand-chose des défenses Soleils Bleus. L’un des uniques acteurs lourds de la bataille avaient rendu l’âme devant eux. Les renforts arriveraient par la suite – ils avaient par ailleurs un léger retard – et ils arriveraient en groupes bien déterminés, pas en bordel. Et le temps qu’ils débarquent, HX-33 et ses occupants avaient le temps de se crasher une dizaine de fois.

    Pour défendre sa cause, l’ex-Général avait remis la main à la pâte et aux manettes en s’accordant avec son subordonné temporaire. La corvette avait prévu la possibilité d’accueillir un co-pilote et jusqu’à ce qu’il y ait un changement inopiné, on maniait les armes d’un côté tandis que l’autre s’occupait de d’éviter au maximum les poursuivants et leur tir. C’était donc un joyeux foutoir qui avait rempli le cockpit, entre Ataan qui essayait de viser au mieux en indiquant bien fort les positions de faiblesse et le butarien qui gueulait à travers son micro pour que ça coordonne aux machines. Et bien évidemment, Krelek débarqua avec un pas plus que précipité tandis que tout le monde se rendait plus ou moins utile et efficace. Constatant bel et bien une présence, l’armure s’était retourné et voyait que son cousin casqué portait une grande attention au paysage environnant.

    Dans cette course effrénée, aucun des deux pseudo-timoniers n’avaient cru bon de remarquer où ils se trouvaient. Le combat avait commencé à l’orée du Cimetière mais il faisait aussi rage plus loin, autour de ce qui avait tout l’air être... un monstre disparu, depuis plus d’une décennie. Et pas n’importe lequel. Et même mort, il était bien défendu. « C’est ça l’Observatoire ? » questionna Ataan, avec dégoût. Le butarien acquiesça et se reconcentra aussi vite sur le combat. « Il faut s’en rapprocher ! Les chasseurs auront moins de marge. » Et en plus, c’était la destination. Le pilote principal posa un léger doute, mais motivé par les deux « Soleils Bleus », il se résigna à prendre les assaillants à contre-pied, entreprenant un virage presque à 90°. Derrière, le Drell vacilla et s’accrocha tant bien que mal à ce qu’il pouvait. Les chasseurs étaient plus flexibles et prendre un tel virage ne devraient pas trop les déranger. Toutefois, en utilisant une telle tactique, la corvette avait pris de l’avance et se dirigeait droit vers les quelques restes de la flotille « alliée » qui résistait tant bien que mal. A un détail près : HX-33 était une vraie mobylette de l’espace à en juger par la vitesse avec laquelle les poursuivants étaient revenus, tentant ainsi de refaire des avances à la coque et à son bouclier qui avait de plus en plus de mal à tenir le coup. Alors que celui-ci arrivait à son presque dernier souffle, les tirs s’arrêtèrent. Ou, plus exactement, plus de dégâts.

    Jetant un coup d’œil au radar, l’Armure nota avec autant de joie que de désarroi que le nombre de ces petits vicelards était en baisse. Dans la seconde qui suivit, de nombreuses navettes aux magnifiques couleurs bleutées – enfin supposait-on – passèrent devant eux. Les renforts étaient là. Enfin ! Euphorique, le butarien leva les bras au ciel et cria victoire. Sauf qu’il ne faut jamais crier victoire trop vite. L’intervention des navettes avait été grandement profitable mais ils étaient arrivés bien proche de l’Augure. Trop proche. Interpellé, Ataan se remit droit sur son terminal et s’appropria le pilotage. Tant bien que mal, il allait tenter une manœuvre d’urgence…

    Réussite : Ataan réussit sa manœuvre et le vaisseau est sauf.
    Echec : Ataan rate sa manœuvre et le vaisseau entre en collision avec la coque.


    Les restes du soldat n'étaient pas pauvres. Merci l'expérience et les nombreuses formations qu'il avait pris au cours de sa carrière. Avec une chance inouïe, la corvette se contenta de froler le Moissonneur. Heureusement. Durant la Guerre, quand un Moissonneur rencontrait un véhicule stellaire quelconque, ce n'est pas le Moissonneur qui se plaignait d'un quelconque bobo. Et là, ils étaient passés bien trop proches de la catastrophe. Une nouvelle fois, Krelek avait été trainé avec un tel virage inopiné et avait terminé sur l'autre mur. De son côté, confortablement assis, le pilote principal reposa ses paumes sur les commandes en lâchant un juron. L'Armure tourna la tête, lança un regard méprisant et soupira. Maintenant, il ne restait plus qu'à se faire conduire aux quais.


    ***


    Le butarien avait naturellement fait preuve d'énormément de politesse et de savoir-faire en demandant la permission de pouvoir s'arrimer aux quais. Comme si cela avait une quelconque importance dans cette océan de chasseurs et de navettes qui se chassaient. Mais bref, l'opératrice - parce que y avait une foutue opératrice qui opérait encore dans son centre d'opération - daigne accorder l'atterrissage. Peut-être le dernier atterrissage en bonne et dûe forme qui aurait lieu sur l'Observatoire.

    Longeant l'Augure, HX-33 était arrivé sans trop de difficultés. Aussi avait-elle reçu l'ordre de ne pas stationner et de repartir batailler. De facto, dès qu'ils furent bien arrimés, Ataan avait conscience qu'il ne reverrait ni le laborantin qu'il avait gentiment laissé "dormir" à la place du capitaine, ni le timonier qui s'était révélé aussi sympathique qu'handicapant. Bien qu'ils pourraient s'en sortir, mais on en doutait. Et n'en ayant globalement rien à cirer, l'Armure se contenta d'emboiter le pas à son collègue et de se mettre en face de la porte. Une minute après, ils entrèrent dans le sas où ils passèrent un moment privilégié entre deux entrées complètement scéllées. On profita alors de cette discrétion offerte et sans prévenir, le plus fort des deux plaqua l'autre contre le mur. « Reste tranquille, ok ? » chuchota t-il. « Jusqu'à preuve du contraire, les Soleils Bleus sont nos alliés alors ne fous pas tout en l'air sous prétexte que tu veux un feu d'artifice. » Une fois cela clairement annoncé, Ataan relâcha prise et se repositionna à côté de l'assassin. Dire qu'il n'avait pas apprécié l'audace mal placée du compère serait un euphémisme.

    Mais la discussion était de nouveau close, prenant cette fois fin quand la porte s'ouvrit. Derrière, un très petit comité d'accueil, composé du nombre improbable d'un soldat, patientait. Il fit le garde à vous. Un héritage de la période Varto. « L'agent Anandi voudrait vous parler. » déclara t-il. Ah. Les ennuis débutaient.






Dernière édition par Josh "Ataan" Ivrancic le Mer 08 Oct 2014, 11:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Intrigue #Prologue] ж Crépuscule ж   Mer 08 Oct 2014, 10:55
Le membre 'Josh "Ataan" Ivrancic' a effectué l'action suivante : Jeu de hasard

'Hasard Joueur' :


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MessageSujet: Re: [Intrigue #Prologue] ж Crépuscule ж   Dim 12 Oct 2014, 22:59
Crépuscule
"...Lorsqu'un cœur devient important..."

Ataan ne me retint pas lorsque je quittai la pièce, ce qui me convint parfaitement, n'ayant pas eu l'envie de polémiquer sur mes intentions, pour le moins drastiques. Il ne partageait de toute évidence pas mon point de vue, mais avait la tête suffisamment sur les épaules pour se rendre compte qu'il n'était pas temps à la réflexion sur la question des laboratoires de Reaperswatch, mais qu'il fallait effectivement se concentrer sur le cœur de l'Augure. Et puis je me contrefichais éperdument de son avis sur le sujet, ce n'était pas à lui que je répondais, ni à lui que j'obéissais. La seule et unique personne à qui je devrais rendre des comptes, et à même de me faire changer d'avis, était le Courtier de l'Ombre en personne. Mon collègue n'était qu'un pion sur l'échiquier, un moyen pour le marchand d'information d'atteindre le but qu'il s'était imposé, rien de plus. Il n'était pas mon supérieur, il n'était personne, sinon mon équipier et seulement mon équipier. Pas mon supérieur, pas mon subordonné, juste mon équipier. Je savais qu'il avait l'habitude de diriger, qu'il avait été un leader et qu'il était normal pour lui qu'on suive ses directives sans se poser de question, que l'on se repose sur son jugement, mais c'était là pour lui une époque révolue ; il allait bien falloir qu'il accepte sa position, qui n'était pas en puissance. Il était malin, ne manquait pas d'intelligence et d'audace, mais cela n'en faisait pas pour autant mon chef d'opération. Nous étions ici à deux, ensemble, dans le même bac, au même niveau de cheni. Peut-être avais-je tort, peut-être était-il crucial de garder intact les laboratoires, mais peut-être faisais-je bien de vouloir les détruire. Qu'est-ce qui nous garantissait que les pirates qui s'attaquaient en ce moment même à l'Observatoire, n'allaient pas également s'en prendre à Reaperswatch, pouvant potentiellement mettre les mains sur les cœurs de Moissonneurs contenu dedans ? Cela serait sans doute pire encore que de perdre quelques uns de ces artéfacts. Mais il n'était pas temps de débattre sur la question. J'avais repoussé le moment crucial à plus tard, décidant de remettre la prise de décision à plus tard ; il était nécessaire que nous nous préparions à l'intervention à l'intérieur de l'Augure.

C'est donc ainsi que je me dirigeai vers l'armurerie pour rassembler les préparatifs nécessaires à ce qui allait ensuite arriver. Lorsqu'Ataan et moi allions mettre les pieds dans l'Observatoire, il nous allait être important de jouer parfaitement nos rôles, mais également être prêts à déplacer le cœur de l'Augure - chose qui n'allait pas être aisée - et pouvoir se défendre. Certes, nous étions tout deux des experts du combat rapprochés, moi plus que l'Humain, mais que pouvaient faire nos poings contre des fusils d'assaut ? J'avais bien un Avenger avec moi, mais ce n'était absolument pas mon arme de prédilection, pas en son état actuel. L'armurerie avait sans doute tout ce dont j'avais besoin pour répondre à mes attentes. Ce fut presque le cas. Il y avait effectivement des modes d'armes et quelques gadgets, mais le matériel disponible était quelque peu maigre quant à ce que j'espérai. J'équipai malgré tout mon fusil d'assaut d'un chargeur étendu, pour tenir plus longtemps en cas de fusillade, et une extension de canon pour faire plus de dégât. Si cela allait me faire perdre en précision, je ne me faisais pas de soucis, car je savais comment contrecarrer ce désavantage ; il fallait simplement tirer en plus courtes rafales. Je m'armai également d'un Carnifex qui trainait dans un coin. Pistolet de poing à la puissance dévastatrice à courte distance, c'était là l'une de mes armes de prédilection, que je maîtrisais parfaitement. Assez rare, je m'estimais chanceux de tomber sur cela. Je pris également au passage quelques grenades, avant de m'estimer prêt. Je n'avais pas l'habitude de porter un tel attirail, mais j'allais faire avec. Je ne manquais pas d'entrainement et cela n'allait pas me ralentir. J'espérai simplement que nous allions éviter les situations explosives et sortir du cimetière avec le cœur, comme prévu, sans trop de dégâts.

Mais, avant de quitter l'armurerie, je pensai à informer le Courtier de l'Ombre de la situation. Un court rapport pour lui expliquer où nous en étions avec Ataan et lui signaler que nous étions encore en vie. J'activai donc mon Omni-tech et commençai à écrire un bref texte résumant brièvement les récents événements.

Message:
 

Puis je quittai l'armurerie une fois le message envoyé pour rejoindre la baie d'observation et retrouver le scientifique. Il était temps de mettre au clair ce qu'il allait se passer prochainement, dans le but de lui faire comprendre qu'il avait tout intérêt à ne pas essayer de me doubler encore une fois. Je tenais mes promesses et je lui avais promis de le sortir de cette situation et le nettoyer de ses liens avec les Soleils Bleus. Mais je pouvais faire cela seulement s'il m'accordait sa confiance et qu'il n'essayait pas de me planter un couteau dans le dos. De plus, il me semblait étrange qu'il ait gardé un détonateur avec lui, au lieu de simplement désactiver le moniteur de la bombe. Mais il n'était pas temps à la réflexion, car, en arrivant dans la pièce voulue, le laborantin n'était pas présent. Il s'était peut-être réfugié ailleurs après sa discussion avec Ataan, qu'en savais-je ? Mais avant de partir, je remarquai une goute de sang au sol, rouge, donc Humain. Je regardai autours de moi, cherchant l'origine de la tache, avant de remarquer un placard mal fermé. J'ouvris le meuble et y découvris le scientifique, mort. Je haussai les épaules et refermai les portes, laissant la victime dans son tombeau. Mon collègue avait sans doute ses raisons pour s'être débarrassé de notre pion. Manque de fiabilité ? D'utilité ? Qu'en savais-je ? Il était de toute manière trop tard pour se poser la question ; l'homme était mort et rien n'allait le faire revenir.

C'est alors que le vaisseau se mit à trembler dans tous les sens, secoué par de puissants coups, qui étaient de toute évidence des impacts de tirs. Je quittai la baie d'observation, me dirigeant droit vers le cockpit de l'engin, où je pariais trouver Ataan, chose qui fut le cas, car celui-ci s'était même mis aux commandes pour assister le pilote dans ses manœuvres pour éviter les pirates ennemis. Cela nous sauva probablement la vie, car il nous évita de justesse une collision avec la titanesque carcasse de l'Augure. Quoi qu'il en fût, la cascade nous permit de rejoindre l'Observatoire et nous y garer, sans subir une quelconque perte... si l'on excluait le scientifique.

S'en suivit donc un allé simple vers le sas de sortie de la corvette, où, profitant de notre moment de solitude, Ataan décida de jouer les gros bras pour me dire de ne pas faire sauter les laboratoires, invoquant l'argument de notre "alliance" avec les Soleils Bleus. Si s'infiltrer dans leur camp dans leur but de leur voler un artéfact très puissant faisait d'eux nos alliés, alors oui, ils étaient avec nous. Je ne partageais pas cette vision des choses ; pour moi, ils n'étaient qu'une foule servant à nous camoufler. Ils avaient donc leur utilité, mais celle-ci était limitée, tout comme notre liberté d'action l'était si nous nous accordions à ne pas prendre de risques.

- Ce ne sera pas à toi d'en décider, glissai-je juste avant qu'il ne sorte.

Le comité d'accueil était d'ailleurs là, et il voulait nous rencontrer. Bonne ou mauvaise chose, je ne pouvais le savoir, mais j'étais prêt à réagir si le besoin s'en faisait sentir. Je faisais tout de même profil bas pour laisser paraître que tout allait bien et que la situation était parfaitement normale, si l'on faisait fi de la bataille spatiale en dehors de l'Augure. Je me contentai donc de suivre sans mot dire Ataan et notre guide. Il n'était pas temps de faire la moindre bêtise ; il fallait suivre les directives. Nous étions proche du but, proche du cœur, ce qui nous rapprochait un peu plus de notre objectif final.









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